La Nature
-
-
- LÀ NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET 1)E LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- p.n.n. - vue 1/536
-
-
-
- ^|Bi8LIOTHÊ0IJÉ/s)
- •ai
- *>»
- ,-C
- N>
- V*
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- Paris. Un an . . — Six mois.
- 20 fr. » 10 fr. »
- Union postale. Un an. . — Six mois.
- Départements. Un an. . — Six mois.
- 26 fr. » 13 fr. t>
- 25 fr. » 12 fr. 50
- Prix du numéro : 50 centimes
- LES SOIXANTE-TROIS VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC TROIS TABLES DECENNALES
- l’aris. — Imprimerie Laiilre, rue de Fieurus, 9
- p.n.n. - vue 2/536
-
-
-
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- TRENTE-TROISIÈME ANNÉE
- 1905
- PREMIER SEMESTRE ’
- PARIS
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120
- Page de titre n.n. - vue 3/536
-
-
-
- 4
- V
- %
- r
- »
- Y
- *
- 9
- \
- %
- i
- k
- c
- %
- «
- B
- m
- y t r -'
- 9*
- p.n.n. - vue 4/536
-
-
-
- 55” ANNÉE. — N° 1045
- 3 DÉCEMBRE 1904.
- LÀ NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LES NOUVELLES MACHINES A ALLUMETTES DE LA MANUFACTURE D’AUBERYILLIERS
- Un important progrès mécanique dans la fabrication des allumettes a été récemment réalisé à la Manufacture de l’Etat d'Aubervilliers près de Paris ; on y a mis en fonctionnement, avec quelques perfectionnements définitifs, la remarquable machine dont
- la plupart des visiteurs ont pu admirer le spécimen à l’Exposition universelle de 1900.
- MM. Sevène et Cahen, ingénieurs des manufactures de l’Etat, qui l’ont établie, en ont fait un ensemble absolument complet depuis l’introduction
- Les nouvelles machines automatiques pour la fabrication des allumettes, fonctionnant à la manufacture de l’État, à Aubcrvilliers.
- du petit morceau de bois jusqu’à l’emboîtage, et l’on aura une idée de l'énorme besogne que feront ces laborieux appareils en apprenant que les seize nouvelles. machines de la manufacture d’Aubervilliers produiront douze milliards d’allumettes par an.
- Nous ne reviendrons pas ici sur l’ancienne fabrication des allumettes ni sur ses inconvénients qui se résumaient par la terrible « nécrose phosphorée », ou, « phosphorisme » ; nos lecteurs en ont suivi, à 33e année. — icl semestre.
- diverses reprises, les cruelles péripéties, depuis que s’opéra la reprise des usines par l’État en 1890. Cette nécrose professionnelle était un véritable fléau; on l’enraya par la suppression de l’emploi du phosphore blanc, par une ventilation meilleure des ateliers, et par un surcroît de surveillance.
- Au phosphore blanc on substitua le sesquisulfure de phosphore presque inolfensif. Puis, on perfectionna, comme nous l’avons dit, les machines
- 1
- p.1 - vue 5/536
-
-
-
- LA A ATI HL.
- 9
- automatiques, en niellant les ouvriers à l’abri de toutes les opérations nuisibles. Finalement, la nécrose phosphorée ne sera plus, dans un avenir prochain, qu’un fâcheux souvenir ; on aura vu avec un véritable soulagement disparaître ce fléau qui affligeait profondément les sentiments humanitaires.
- Voici en quoi consiste et comment fonctionne, la machine automatique qui a vaincu le phosphorisme.
- 1 Finie façon générale, on l’alimente, à une extrémité, en petites tiges de bois blanc, en soufre, en paraffine, et en pâte dé sesqiiisulfure ; puis, à l’autre extrémité, en petites boites de bois et de carton qu’elle remplit avec unedocilitéet une régularité exemplaires. L’organe qui porte les allumettes pendant toute la fabrication, et que l’on nomme « Presse », est formé par une plaquette d’acier large de cinq centimètres et longue de un mètre vingt, dans laquelle sont percées cinq rangées de trous équidistants. Chacune des rangées comprend 110 trous pouvant fournir, à volonté, une boite de cent allumettes, ou, deux boites de cinquante : quelques trous supplémentaires, en nombre que l’expérience a indiqués, pourvoient « aux manquants ».
- Les trous sont circulaires, d'un diamètre sensiblement égal au côté du carré que forme la section d’une allumette : il en résulte que les petits bâtonnets de bois, une fois entrés dans les trous, y restent encastrés par une compression relativement énergique. L’ensemble des plaquettes est réuni sur une chaîne de Galle, sans fin, dont l’entrainement par des cliquets assure la marche régulière et continue. Pour alimenter la « Presse », une ouvrière remplit continuellement un réservoir avec des tiges puisées dans les caisses d’alimentation. Sous l’influence des trépidations répétées, les tiges tombent dans des rainures creusées dans une table horizontale en fonte : elles en sont expulsées à chaque coup de machine par une rangée correspondante de poinçons qui les amènent dans un organe appelé « chariot-transporteur ».
- Ce « chariot-transporteur » consiste en une tablette de fonte animée d’un mouvement de va-et-vient et dans laquelle sont creusées cent dix rainures placées bien en face de celles dont les tiges sont expulsées. Lorsque le chariot est garni de tiges, il s’avance horizontalement vers la presse verticale : pendant ce mouvement, un couteau se relève à l’arrière des rainures et les tiges ne peuvent plus reculer. La plaquette de fonte étant moins large que les tiges ne sont longues, celles-ci débordent en avant et elles sont obligées, quand elles rencontrent les trous de la presse, de s’y enfoncer et d’y rester fixées lorsque le chariot prend son mouvement de recul.
- Mais, cet enfoncement « à force » nécessite une pression élevée qui pourrait occasionner des ruptures par flexion : une pièce de l'on te horizontale en « arasant » le haut des rainures empêche cette flexion. Voilà donc les tiges entraînées par le mouvement de la chaîne : elles vont devenir « allumettes ».
- A cet effet, tout d’abord, elles plongent par
- leur extrémité libre dans un bain de paraffine qui les imprègne, et de soufre. Luis, un rouleau-trem-peur les attend, garni de pâte par sa rotation dans un réservoir ; les tètes d’allumettes, en traversant cette couche de pâte, y prennent bien régulièrement « le bouton » inflammable. Elles sèchent tout aussitôt sur le parcours (pii les conduit au « dégarnissage ». Le « dégarnissage », c’est-à-dire l’expulsion des allumettes engagées dans les trous de la « Presse », a donné beaucoup de soucis à MM. Sevène et Cahen. 11 fallait faire pénétrer avec une extrême précision, dans les 110 trous de 2 millimètres de diamètre, les 110 poinçons expulseurs : et ces poinçons n’ont pas 2 millimètres de longueur. On y est parvenu en employant la douceur au lieu d’employer la force : cela réussit souvent, même en mécanique.
- Dans ce but, le banc des poinçons de dégarnissage est muni de ressorts très doux qui lui permettent de suivre le mouvement de la plaquette comme le ferait la main d’un ouvrier adroit voulant faire coïncider les deux pièces ; sans choc, l’adaptation se fait.
- Les allumettes « dégarnies » tombent alors, par petits paquets de cinq, dans des alvéoles d’où elles sont expulsées par un jeu de pistons qui les poussent dans les boîtes. Celles-ci sont introduites en piles dans la machine par une ouvrière, ouvertes mécaniquement, remplies en passant devant le garnissage, refermées automatiquement.
- Une machine battant 45 coups par minute produit, en dix heures de travail, 50 000 boites de 50 allumettes, soit quinze millions de boîtes par an.
- Toutes les opérations de fabrication et d’emboîtage sont, on le voit, mécaniques ; la main humaine n’intervient que pour l’alimentation de la machine en matières premières, et deux ouvrières suffiraient pour le fonctionnement d’une machine. Pour assurer une parfaite fabrication, on en adjoint une troisième qui examine et classe les boites à la sortie.
- Il est instructif de rappeler que, dans les anciens et dangereux procédés de fabrication, pour effectuer le même travail, il fallait employer vingt ouvriers et ouvrières : et de plus, le résultat dépendait beaucoup de l’habileté personnelle de ces braves gens.
- Le rôle que joue l'allumette est considérable, primordial. Si, d’une façon définitive, comme on peut l’espérer, les machines nous donnent des petites boîtes bien solides, avec le nombre d’allumettes convenu, et bien inflammables, nous leur en serons, d’une façon générale, tout à fait reconnaissants.
- Max de Naxsoutv.
- PHASES ET DURÉE DE LA FLORAISON
- DES DOSES
- Depuis plus de trois siècles qu’un poète leur a fait cette réputation imméritée de ne durer que « l’espace d’un matin », les roses passent pour les plus éphémères des fleurs ; et à la question « combien vivent les roses », on a toujours prête la
- p.2 - vue 6/536
-
-
-
- L A N AT U LE.
- réponse de Malherbe, qui renferme une grosse part de fiction. En réalité, dans la quantité considérable des variétés cultivées, il y a des roses qui accomplissent vite et d’autres qui parcourent lentement les phases de leur floraison ; mais je n’en connais pas qui restent fleuries moins de 24 heures.
- À ce point de vue, les roses de la race des « lîen-gales » sont, par nature, les moins persistantes de toutes, et il faut attribuer la facilité avec laquelle s’altèrent quelques roses pourpre foncé de la race des Hybrides remontants comme « Directeur Al-phand », « Prince Camille de Rohan», «Préfet Lim-bour », « Van lloulte », etc., à la propriété de leur couleur sombre, douée, comme on sait, d’un pouvoir
- absorbant tel, qu’il peut faire monter la température de ces roses à un degré dangereux pour leur conservation. Les roses blanches ou pâles, au contraire, semblent mieux douées pour résister à l’action du soleil,. et, de fait, la radiation les altère généralement, peu. En somme, qu’elles soient rouges, jaunes, blanches ou roses, il ressort des expériences suivantes que la durée des roses est, «avant tout, un caractère acquis des variétés, caractère plus ou moins modifié par les conditions de milieu.
- Voici, à ce sujet, les expériences que nous avons faites cette année, du 211 juin au 14 juillet, sur une douzaine de rosiers. Les variétés dont les roses ont persisté le plus longtemps sont en tète du tableau suivant.
- Tableau des observations faites sur les phases et la durée de la floraison des roses.
- Expériences : (lu 29 juin au li juillet.
- VARIÉTÉS EN BOl'TON FLECHIES FANÉES 01 DÉFLEURIES DURÉE EN HETRES DE LA KLECR ÉPANOUIE' OBSERVATIONS
- 1. Crimson Rambler .... 20 juin, midi 50 juin, midi 1 i juillet, midi 530 heures Variété à fleur simple.
- .... 11 — 8 h. mat. 200 — \ ariétô ordinaire.
- 2. Maréchal Niel — 2 juillet, midi 0 — 8 h. soir 170 — Rosier thé.
- 5. Madame üemazin .... — 50 juin, midi 7 — 8 h. mat. 113 — Rosier thé.
- 4. Bengale tvpc — 1 — 8 h. soir 104 — Très résistante à la chaleur.
- 5. Viscountess Folkcstonc. . — 5 juillet, midi 7 — 8 h. mat. 02 — Ilvbride de thé.
- 6. Directeur Alphand. . . . G juillet, midi 8 juillet, 8 h. mal. 11 —• 8 h. soir 81 — Hybride remontant. Rose protégée du soleil par un écum.
- 7. Gustave Regis 20 juin, midi 2 juillet, midi 1 — 8 h. soir 50 — Hybride da thé.
- 8. Souvenir de la Malmaison 5 juillet, 8 h. soir 8 juillet, 8 h. mat. 10 — 8 h. mat. 48 — Rosier Bourbon.
- 9. Directeur Alphand.... 0 juillet, midi — 0 — 8 h. soir 36 — Hybride remontant. Rose non protégée comme le n° 7.
- 10. Auguste Mie. ...... 20 juin, midi Le bouton de cette rose a grossi outre mesure, ne s’est pas ouvert, et s’est flétri après 0 jours.
- 11. Madame Moser — Même phénomène que dans la variété précédente, flétri après 7 jours.
- 12. La Reine — Même phénomène que dans la variété précédente, flétri après 5 jours.
- Toutes ces roses appartenaient à des buissons nains plantés en terrain découvert. Sauf une exception, elles recevaient le soleil 12 heures par jour, et voici les températures maxima et minima des journées d’expérience :
- DATES TEMPÉRATURE
- DES JOUAS D’EXPÉRIENCE EN DEGRÉS CENTIGRADES
- — Maxima. Minima.
- 20 juin 24 10,5
- 50 — 28 42,5
- 1er juillet 22,5 11,5
- 2 21 11,5
- 5 — 24 11,5
- 4 — 22,5 10
- 5 — 25 11
- (5 — 25 12
- 7 - 50 12,5
- 8 — ....*. 51,5 14,5
- 9 — 50,5 15
- 10 — 50,5 15
- 11 — 50,5 10,5
- 12 — 51 17,5
- 15 — 20 15
- 14 — 52,5 15
- La persistance extraordinaire des roses « Crimson Rambler » (556 et 260 heures) s’explique par la texture des pétales de cette variété, qui ont une consistance un peu scarieuse, approchant de celle des bractées de nos immortelles. Celle des deux roses Directeur Alphand, qui a persisté le moins long-
- temps (56 heures), appartient comme l’autre, à la classe des hybrides remontants ; sa fin rapide est due à trois causes combinées : couleur sombre de la fleur (couleur absorbante), radiation intense et températures élevées qui ont régné pendant les 8 et 9 juillet, journées de floraison du Directeur Alphand. Sous un écran la préservant du soleil, une rose semblable a persisté 84 heures, près de quatre jours, au lieu de deux à peine pour la première.
- Les boutons floraux des roses «Auguste Mie»,
- « Madame Moser », « La Reine», après avoir grossi démesurément et pris la forme globuleuse d’un bouton floral de pivoine, ont avorté .et péri au bout d’un temps <pii a dure de 4 à 6 jours, comptés à partir du début de l’observation. Ce phénomène, dû à la grande sécheresse, s’est manifesté par la suite, pendant les chaleurs anormales des 14, 15, 16, 17 et 18 juillet, sur d’autres variétés telles que « Ilermosa», « Maréchal Niel », « Madame Boll », etc., et nous avons pu nous convaincre, en mouillant copieusement le sol au moment où les rosiers étaient atteints de cette impuissance d’épanouir leurs fleurs, qu’on pouvait enrayer le mal par des arrosages donnés à propos. Cependant nos arrosages n’ont pas eu d’effet curatif immédiat, c’est-à-dire que les boutons hypertrophiés n’en ont subi aucun changement. Seuls, les boutons normaux ont ressenti l’influence du traitement et se sont épanouis normalement.
- p.3 - vue 7/536
-
-
-
- LA NATURE.
- Les phases de la lloraison varient de deux à quatre selon les variétés. Quelques roses s’arrêtent à la seconde; d’autres à la troisième ou à la quatrième.
- En partant du bouton floral ayant seulement son calice épanoui, la première phase est celle du bouton mi-clos, à pétales extérieurs béants (fig. 1); puis les autres pétales s’écartent de plus en plus, et on a la rose cntr’ouvertc (fig. 2). Un certain nombre
- de variétés : « Maréchal iNiel », « Niphetos », « Homère »,etc., arrêtent là leur épanouissement et se flétrissent dans cet état; d’autres s’ouvrent davantage, s’évasent en coupe, comme « La France », « Caroline Testout » (fig. 3), ouse déploient jusqu’au cœur et ont l’air de roses plates, comme « Gloire de Dijon », « Souvenir de la Malmaison », etc., qui arrivent à cette phase après avoir parcouru les trois autres (fig. 4).
- Fig. 1. — Première phase de l’épanouissement : « bouton mi-clos ». — Fig. 2. — Deuxième phase : «rose entr’ouverte». Fig. 3. — Troisième phase : « rose en coupe ». — Fig. 4. — Quatrième et dernière phase : « rose plate ».
- En somme, on voit que certaines roses peuvent rester épanouies depuis un jour et demi (Directeur Alphand) jusqu’à deux semaines (Crimson Kambler), et cela dans des conditions plutôt défavorables, c’est-à-dire en restant exposées au soleil près de 12 heures par jour.
- Faute d'un degré suffisant d’humidité dans le sol, des variétés (Madame Boll, Madame Moser, Auguste Mie, etc.) à floraison naturellement oaresseuse n’ouvrent pas leurs boutons lloraux, oui avortent et se
- fanent après avoir grossi d'une façon anormale.
- Enfin, à l’endroit des variétés de couleur foncée, l’interposition d’un écran entre leurs fleurs et le soleil double leur durée. C’est là, d’ailleurs, une pratique bien connue des fleuristes, et qu’ils emploient souvent dans la culture des Glaïeuls, des Lis et de quantité d’autres plantes dont ils veulent protéger les fleurs contre les températures excessives des journées ensoleillées de l’été.
- Georges Bellair.
- p.4 - vue 8/536
-
-
-
- LÀ NAÎTRE.
- UNE EXPOSITION DE CHAMPIGNONS AU MUSÉUM
- Au commencement du mois de juillet dernier, une chaire de Cryptogamie a été créée au Muséum. Le premier titulaire, M. le professeur Mangin, connu par ses intéressants travaux relatifs aux
- maladies des plantes, a pensé que la meilleure manière de faire connaître et de présenter au public cette création, à laquelle on a de toutes parts applaudi, devait être une exposition de champi-
- Champignons.
- 1. Oronge vraie. — 2. Fausse-Oronge. — 3. Girole. — i. Volocinc. — 5. Cèpe. — 0. Helvelle. 7. Champignon de couche. — 8. Clavaire. — 9. Fistuline.
- gnons. Depuis quelques années ces cryptogames ont eu le don de devenir populaires et le grand public semble s’y intéresser de plus en plus. Les amateurs sont maintenant légion ; tout le monde veut connaître et récolter les espèces comestibles et l’on cherche plus que jamais à éviter les accidents trop nombreux
- qui résultent de l’utilisation des espèces vénéneuses.
- Dans ces conditions une exposition devait réussir ; c’est en effet ce qui est arrivé pour celle qui a eu lieu du 22 au 30 octobre dernier, au laboratoire de Cryptogamie, 63, rue Buffon. Des excursions dans la région parisienne, des envois faits par des amateurs
- p.5 - vue 9/536
-
-
-
- dévoués et complaisants ont permis de montrer aux. visiteurs, environ 500 espèces. Les environs de Paris, Compïègne, l’Aube,la Marne, l'Yonne, le Loiret, le Jura, les Landes, l’Ille-et-Vilaine étaient représentés dans cet ensemble, imposant, en raison surtout de la saison, peu favorable cette année, qui a nui considérablement au développement des champignons.
- Sur de longues tables s’étalaient ces 500 espèces, soigneusement étiquetées et toutes, dans la mesure de nos connaissances mycologiques actuelles, munies d’une indication relative à leurs qualités nuisibles ou comestibles. Les échantillons étaient disposés pour les Agaricinées (les champignons charnus), qui intéressent surtout les amateurs, suivant le système de Fries, basé sur la coloration des spores : espèces à spores blanches, roses, ocracées ou noires.
- Dans le premier groupe on remarquait tout particulièrement une belle série d’Amanites : « Amanita muscaria », la Fausse-Oronge, aux teintes éclatantes du chapeau, indiquée par prudence comme vénéneux quoiqu’il soit consommé sans inconvénient en certaines parties de la France et même aux portes de Paris; « Amanita pantherina, phalloïdes, citrina, Mappa », qui sont des poisons redoutables, causes de fréquents empoisonnements; « Amanita rubes-cens », la Goulmotte, le Royal, le Pied-Rouge, d’excellente qualité; « Amanita ovoidea, junquillea, soli-taria », espèces rares également comestibles. Puis venaient les « Lépiotes », avec le géant du genre, le « Lepiota procera », bien connu sous le nom de Coulmelle; 1’ « Armillaria mellea » ou Agaric de miel dont le Mycélium, formant des cordons, s’introduit entre l’écorce et le bois des arbres qu’il fait périr; la série des Tricboiomes, des « Clitocybe », des « Collybia », nombreuse, aux formes variées, telles que « Tricboloma nudum » ou Pied-Bleu de très bonne qualité; « Clitocybe nebularis, geotropa », etc., qui peuvent être mangés impunément; « Tricboloma sul-phureum », brillamment coloré, à odeur désagréable, qui passe pour vénéneux, etc.
- Nous glissons sur les petites espèces, qui n’ont d’intérêt que pour les mycologues, pour arriver aux Lactaires et aux Russules, dont l’ensemble forme une série. Les Lactaires laissent échapper un lait diversement coloré quand on, les casse; les Russules en sont dépourvus. Signalons le « Lactarius deli-eiosus », à suc rouge, le « L. subdulcis », tous deux comestibles, le « L. theiogahis » à lait jaune, le L. plumbeus, d’aspect peu engageant et tout au moins suspect; parmi les « Russules », les « Russula cyanoxantha, virescens » comestibles, « emetica, Queletii », etc., dangereux.
- Les Pleurotes étaient représentés par les « Pleuro-tus ostreatus » et « ulmarius », ce dernier en très beaux exemplaires, tous deux très recherchés. La « Girole » (Cantharellus cibarius) se trouvait près du « G. aurantiacus », des bois de pins, qu’on mange quelquefois, mais dont il vaut mieux s’abstenir par prudence.
- Dans les champignons à spores roses nous pou-
- ,vinns voir : « Clilopilus Orcella, Pluleus cervinus», très bons à manger à côté de 1' « Kntoloma lividum » et du.« Yolvaria gloiocephala », ce dernier aussi vénéneux que les amanites et qui a à son actif de nombreux cas d’intoxication.
- Aux spores ocracées appartiennent les « Cor tin a-rius », variés à l’infini et dont l’étude déconcerte le mycologue ; les Pholiotes, souvent d’aspect élégant et dont quelques espèces sont comestibles, tel le « Pholiota ægerita », une des Pivoulades du Midi de la France; les « Ilebeloma », réputés dangereux; le « Paxillus involutus », très abondant partout, comestible peu estimé et de digestion difficile.
- Dans les spores brunes ou noires ce sont : les Pra-telles ou Psalliotes, les vrais Agarics avec le « champignon de couche » sous plusieurs formes et le « Psal-liota llavescens », suspect sinon vénéneux ; les « llypho-Ioma»,en touffes élégantes et fournies,dangereux;le « Stropharia æruginosa », vénéneux, auquel sa teinte a valu le nom de « Vert-de-gris », très justement donné; le « Gomphidius viscidus », abondant dans les bois de Conifères et consommé là où il croit; les Coprins qui se développent de préférence au voisinage des fumiers, dans les jardins et dont les jeunes individus sont assez recherchés. La plupart d’entre eux se résolvent en une eau noire, qui doit sa coloration à l’abondance des spores qu’elle tient en suspension et qu’on a pu utiliser comme encre.
- Après les Agaricinées, nous trouvons des espèces à chapeau portant des pores et non des lames à la surface inférieure. C’est le cas des Bolets avec le Cepe « Boletusedulis », les « B. scaber, granulatus, luteus », etc., que l’on consomme sans danger, les « B. chrysentoron » et « piperatus » à qualités encore peu connues. Le « B. Satanas », répandu autour de Paris en temps ordinaire, manquait complètement cette année : c’est une espèce vénéneuse. C’était également le cas du Faux-Cep, le « B. luridus ».
- Près de là s’étalent de gigantesques Fistulines bien connues sous les noms de « Langue-de-Bœuf, Foie-de-Beuf », d’assez bonne qualité quand elles sont jeunes; des Polypores de toutes sortes, de consistance ligneuse ou spongieuse qui intéressent peu le mangeur de champignons, mais dont la singularité des formes ne peut laisser le visiteur indifférent. Le Polypore du Bouleau est remarquable par la blancheur de sa chair qui a été utilisée pour la confection de cuirs à rasoir ; le Polypore amadouvier fournit l’Amadou du commerce, etc.
- Non loin de là on pouvait voir des Ilydnes, à face inférieure du chapeau formé de longs aiguillons et tout spécialement P « llydnum repandum », le Pied-de-Mouton, comestible et assez délicat, l’Uydne cure-oreille « H. Auriscalpium » qui se développe sur les cônes des Pins et des Sapins.
- La Trompette-des-Morts (Craterellus cornueo-pioides), le « Sparassis crispa », les Clavaires, comestibles cà divers titres étaient également bien représentés.
- Les Gastéromycètes figuraient avec les Yesses-de-
- p.6 - vue 10/536
-
-
-
- LA NA T 11 R R.
- 7
- Loup ou « Lycoperdon » dont une espèce, le « L. giganteum ou L. Bovisla », ni toi ni des dimensions considérables et peut se consommer quand elle est encore jeune.
- Dans l’ordre des « Discomycètes » nous signalons I du sieurs Pézizes, des Helvelles qui remplacent les Morilles en été et à l’automne, également comestibles, mais moins délicates.
- Enfin pour terminer cette longue série de champignons, les organisateurs n’avaient pas oublié 1’ « Oidium », qui cause une redoutable maladie de la Vigne et le « Plasmodiophora Rrassicæ » qui s'installe dans les racines des choux et commence à faire parler de lui sous le nom de « Maladie de la Hernie ».
- L’époque un peu tardive n’avait pas permis de faire figurer l’Oronge vraie « Amanita cæsarea », très rare dans la région parisienne; le Mousseron « Tricholoma (ieorgii » qui ne paraît qu’au printemps et (pie la plupart des visiteurs réclamaient. Inutile d'ajouter que s’il était trop tard pour les Morilles, il était un peu tôt pour les Truffes.
- Quoi qu’il en soit, l’Exposition des champignons, organisée par M. le professeur Mangin, a eu le plus grand succès et jdus de 2000 visiteurs sont venus la voir, s’intéressant vivement aux spécimens exposés, demandant de nombreuses explications qui leur ont toujours été données avec la plus grande complaisance. Ce succès fait bien augurer de l’avenir et nul doute qu’à l’automne 1905 le public se pressera encore plus nombreux. P. II viuot,
- Préparateur au Muséum (Cryptogamie).
- ENGINS DE LEVAGE ET ACCIDENTS
- DE CHEMINS DE FER
- Dans tous les accidents de chemins de fer, on a besoin de recourir à des appareils de levage, lors môme qu’il s’agit seulement de machines ou de véhicules partiellement déraillés et qu’il faut remettre sur les voies. Il est du reste nécessaire que ces opérations se fassent au plus vite, d’abord parce que parfois il s’agit de dégager des victimes demeurées sous des débris, et toujours parce qu’il faut rapidement rendre les voies à la circulation. Les compagnies de chemins de fer européennes possèdent, bien un certain nombre de grues roulantes, montées sur plates-formes, qui peuvent rendre des services dans de semblables occasions ; mais ces grues sont généralement d’une puissance unitaire un peu réduite, qui ne leur permet à coup sûr point de soulever une machine à elles seules ; et le plus souvent on recourt à cet instrument d’une puissance énorme qu’on nomme le vérin, qui peut soulever les plus lourdes charges, au moins si on l’emploie par couples, mais qui, par contre, n’agit que lentement. Il va sans dire également qu’il doit être secondé par des appareils de traction, par des palans, car il se horne à soulever l’objet sous lequel on le glisse suivant son axe, et il ne peut pas effectuer les ma-
- nœuvres qu’il est possible de demander à une grue quand elle est de puissance suffisante.
- Les Américains, qui ont celte grande qualité de pousser à l’extrême les applications du machinisme, se sont dit qu’il y avait là un ensemble d’appareils de soulèvement dont la construction et l’usage s’imposaient : peut-être y ont-ils été poussés par ce lait que les accidents de chemins de fer sont particulièrement fréquents sur leurs réseaux, et aussi que leur matériel roulant est très lourd. Toujours est-il que les compagnies américaines possèdent toutes des grues roulantes d’une puissance exceptionnelle, qu’on appelle du nom caractéristique de « Wreeking crânes » (le mot wreeking signifiant étymologiquement un naufrage, mais par extension aussi une catastrophe de chemin de fer entraînant des avaries matérielles). Ces grues sont construites par des maisons spéciales, et nous signalerons celles de la Société des « Industrial Works », de Ray Lily, dans le Michigan, qui a bien voulu met Ire à notre disposition les documents que nous utilisons ici.
- Bien entendu, cette Société construit et les compagnies de chemins de fer emploient aussi des grues à bras, qui ont des puissances atteignant jusqu’à 15 tonnes, mais nous n’en parlerons point, car il n’y a rien là de vraiment original ; tout au plus ferons-nous remarquer qu’on en groupe fréquemment deux sur une même plate-forme roulante, ce qui permet de soulever un poids de 50 tonnes. Mais ce qui est intéressant, c’est la série des grosses grues à vapeur, dont quelques-unes sont même automobiles. Nous signalerons d’abord celles qui sont montées par couple aux deux extrémités d'une longue plate-forme, elle-même portée par deux bogies, ce qui est la pratique courante aux Etats-Unis, et ce qui s’impose pour des longueurs comme celle du wagon où sont installées deux grues de cette sorte. C’est qu’en effet les deux appareils ont leur centre de rotation, et aussi les extrémités de leurs crochets, à une distance suffisante pour pouvoir saisir et soulever par ses deux bouts un grand wagon de marchandises. Chaque appareil de soulèvement tourne sur une large plaque de base, fixée sur la plate-forme juste au-dessus du bogie correspondant, ce qui assure une bonne stabilité, et le bras de soulèvement est équilibré par le générateur à vapeur, en porte-à-faux. On fait aussi de ces grues isolées, montées seules sur une plateforme un peu moins longue, soulevant un poids de 20 tonnes et pouvant le déposer à l’extrémité libre de la plate-forme, pour déblayer les voies et emporter le véhicule, la machine, etc., loin du lieu de l’accident. Darmi les grues automobiles, en voici une de 25 tonnes de force, dont la plate-forme très courte est néanmoins montée sur bogies, ce qui a pour effet et pour but de répartir dans de bonnes conditions, sur la voie, le poids de l’appareil et surtout de la charge qu’il soulève; une poutrelle transversale, supportée par des vérins, permet de soulager le bout de la plate-forme quand on soulève un poids considérable; cette grue ne soulèverait
- p.7 - vue 11/536
-
-
-
- 8
- LA NATURE.
- assurément pas une locomotive, mais elle peut aider à la faire tourner sur elle-même, et sa chaîne sert facilement à « riper » un poids très considérable. Le bras de cette grue a une portée moyenne de4m,88 et maxima de 7m,60 ; le système de propulsion lui assure une allure de déplacement de 10 kilomètres environ à l’heure, et on peut du reste le débrayer, de manière que l’instrument de levage soit attelé dans un train ordinaire ou derrière une locomotive.
- C'est suivant les mêmes principes, mais dans des échantillons supérieurs, comme de juste, qu’est établie la grue roulante de 40 tonnes, dont nous donnons précisément une vue au moment où elle soulève une locomotive hors de l’eau. On y peut voir
- les caractéristiques principales de cet engin et la plate-forme exceptionnellement solide qui lui sert de base. Ce châssis a une longueur de 7m,30 sur 2m,89 de large, et bien entendu il est tout en acier, les tôles étant renforcées partout où cela est nécessaire par des profilés en U. On retrouve ici les deux bogies à quatre roues qui sont plus imposés que jamais : les roues qui les portent ont 0m,81 de diamètre, et les essieux n’ont pas moins de 186 millimètres. Nous n’avons pas besoin d’insister sur la résistance exceptionnelle que doivent présenter ces trucks. La plaque massive de rotation de la grue proprement dite pèse 5 tonnes ; elle est tout en acier, et on y a disposé un chemin de roulement soigneusement tourné. Au
- point de vue mécanique, une série d’arbres assurent le soulèvement de la charge, la rotation de la grue, les variations d’inclinaison du bras de soulèvement. Les machines à vapeur employées sont au nombre de deux, avec des cylindres de 203 millimètres de diamètre et de 504 millimètres de course; la vapeur leur est fournie par une chaudière du type submergé, de lm,27 de diamètre et de 0m,22 de haut, munie d’une enveloppe isolante en magnésie. Les câbles flexibles passant sur la poulie de l’appareil ont une longueur de plus de 20 mètres, ce qui permet d’aller accrocher et tirer une charge qui se trouve relativement loin de la machine. Le rayon d’action du bras varie de 4m,88 à 7m,60. Le poids total de l'appareil n’est pas moins de 69 tonnes en ordre de marche, se répartissant sur un empattement de base
- de 5m,25. Ici aussi, comme pour tous les dispositifs de ce genre, des traverses permettent d’appuyer l’engin sur le sol au moyen de vérins.
- En somme, une grue de ce genre pourrait soulever la plupart des locomotives ordinaires détachées de leur tender, ou même, dans bien des cas, avec leur tender ; mais on construit aussi des engins plus puissants. Et c’est ainsi que les ateliers de Bay City fabriquent couramment des « wrecking crânes » de 50 et de 60 tonnes de force. Les premières sont montées sur un châssis de 7m,50, et elles soulèvent aisément des wagons du type le plus lourd, sans qu’ils soient débarrassés d’aucun accessoire ; le rayon du bras de l’engin peut atteindre 6 mètres, et cela est largement suffisant. Quant aux grues de 60 tonnes, on y a porté au maximum tous les échan-
- p.8 - vue 12/536
-
-
-
- LA NATURE
- !)
- Fig. 5. — Emploi d'une grue pour redresser une locomotive et la mettre sur rails.
- tillons, eu égard aux charges exceptionnelles qu’on était appelé à leur confier, et leur construction s’est
- imposée par suite du poids de plus en plus considérable qu’on donne aux machines et aussi aux wagons
- p.9 - vue 13/536
-
-
-
- 10
- LA NATURE.
- On se heurtait toutefois à de nombreuses difficultés I dans l’établissement d’une machine de ce genre, en ce sens qu’il ne fallait pas que son poids par mètre courant dépassât la charge que peuvent supporter les ponts des voies ferrées, et qu’on était limité également par le gabarit de ces voies, qui, aux États-Unis, est cependant bien supérieur au gabarit des lignes européennes. Dans ces conditions, on est arrivé à établir un engin dont la plate-forme a une longueur de 7m,55 pour une largeur de 2m,89, et est formé essentiellement de poutres métalliques de «09 millimètres de haut pesant 149 kg au mètre courant. Les roues des trucks sont du genre de celles des grosses grues dont nous avons déjà parlé. Mais la plaque de rotation est ici du poids de 8 tonnes, elle est venue de fonte comme de coutume, et supporte un chemin de roulement en acier tourné de 2"',89 de diamètre. Machines à vapeur, générateur, engrenages, etc., ne dilièrent pas sensiblement de ce que nous avons vu. La grue comporte deux crochets de levage, dont le supérieur sert seulement à une charge de 20 tonnes et aux soulèvements à allure rapide: ces deux crochets peuvent du reste fonctionner simultanément et indépendamment. La portée du crochet inférieur varie de 4m,88à I (>n‘,'» et celle du crochet supérieur de 0m,70 à 9"',55. Ajoutons qu’on a prévu, sur la plate-forme portant la grue, un cabestan qui permet d’exercer facilement des efforts de traction dans le sens horizontal. Cette machine monstre pèse bien près de 77 tonnes et rend les plus grands services dans les déblaiements de voie.
- Mais nous devons dire que les compagnies américaines n’y ont pas seulement recours dans les cas d’accidents, qui sont assez rares pour laisser ces engins inoccupés une grande partie du temps : on les emploie donc, généralement par couple, à mettre en place des tabliers de ponts, à replacer des poutres de plaques tournantes, à effectuer en un mot tous les travaux de construction ou de réparation où l’on a à manœuvrer de lourdes pièces. Et l’on s’en trouve au mieux, puisqu’elles économisent la main-d'œuvre et les dépenses, et donnent le moyen d’effectuer beaucoup plus vite des opérations qui demandent toujours une grande rapidité. Pierre de Mérier.
- PHOTOGRAPHIE DIRECTE DES COULEURS
- SANS APPAREIL SPÉCIAL
- Depuis l’année 1891, époque à laquelle M. Lippmann fit connaître sa découverte de reproduction directe des couleurs par la photographie, ce procédé, cependant si attrayant, a été fort peu pratiqué. Cela tient probablement à ce qu’on le considère comme très difficile et pas à la portée de l’amateur photographe : si on entend par là celui dont l’ambition se borne à pousser un bouton pour obtenir le portrait de ses amis dans des villégiatures estivales, il est certain que la crainte de ne pas réussir serait justifiée. Mais heureusement on compte parmi les amateurs des esprits plus sérieux, et c’est parmi ceux-là que devraient se recruter les adeptes du procédé Lippmann. Ceux qui sont effrayés par la présence du petit matériel
- spécial, qui consiste à avoir un châssis à mercure, peuvent être rassurés, car M. E. Rothé vient de découvrir qu’on peut s’en passer et il a communiqué le résultat de ses travaux à l’Académie des sciences. En examinant la différence de teinte que présente un spectre obtenu par la méthode Lippmann, suivant qu’on le regarde au recto ou au verso, M. E. Rothé a été amené à se demander si la faible couche d’air, qui doit très probablement exister entre la surface sensible et le mercure, ne suffirait pas à produire le phénomène des interférences. 11 a donc supprimé le miroir de mercure et utilisé comme surface réfléchissante la surface de séparation gélatine-air. Ses prévisions ont été justifiées par l’expérience : on obtient un cliché reproduisant les couleurs du modèle en plaçant, dans un appareil quelconque, une plaque sensible, en ayant soin de tourner vers l’objectif le coté du verre, et en posant un temps suffisant. La plaque à employer n’est pas quelconque, il faut jusqu’à présent la préparer soi-même; mais, comme on le verra plus loin, cette préparation est à la portée de tout opérateur un peu soigneux. Le temps de pose exigé par la méthode de M. E. Rothé est naturellement beaucoup plus long que si on employait le miroir de mercure, puisqu’une grande partie des rayons lumineux traverse la couche d’air et qu’une faible partie seulement est réfléchie par elle pour produire les interférences. La photographie du spectre d’une lampe à arc exige environ 15 minutes; pour d’autres sujets : branche de houx, bouquets, oiseaux empaillés..., présentés par M. E. Rothé à l’Académie, la pose a varié de 50 minutes à 2 heures suivant que le sujet était plus ou moins éclairé. Ces photographies sont beaucoup moins brillantes que celles obtenues avec le miroir de mercure, mais toutes les teintes les plus diverses, depuis l’orangé jusqu’au violet, sont fidèlement reproduites.
- 11 y a donc là un procédé intéressant pour l’amateur en ce sens que, ne nécessitant pas d’appareil spécial, on pourra facilement l’essayer et, nous sommes bien persuadé qu’après avoir ainsi obtenu directement une épreuve en couleur, on voudra avoir mieux et qu’on n’hésitera pas alors à employer le châssis à mercure, qui abrège considérablement la pose, tout en donnant des couleurs plus brillantes. Dans un cas comme dans l’autre il faut employer des plaques dont l’émulsion soit transparente et non pas laiteuse comme celle des plaques ordinaires. MM. Lumière et Yalenta ont publié des formules permettant d’obtenir une émulsion transparente au gélatinobromure, mais on ne trouve pas de plaque toute préparée dans le commerce parce que la conservation n’est possible que pour quelques semaines.
- Il faut donc les préparer soi-même, ce qui n’est pas très compliqué. On fait au bain-marie A grammes de gélatine dure dans 90 cm"’ d’eau et on y ajoute 0gr,55 de bromure de potassium. On porte alors cette émulsion dans le laboratoire très faiblement éclairé par une lumière inactinique, dans lequel se poursuivront les opérations subséquentes. Quand la température est arrivée à 32° on ajoute 0sr,75 d’azotate d’argent pulvérisé qu’on a fait dissoudre dans 10 cm3 d’eau distillée et on agite une ou deux minutes. Pour rendre l’émulsion isochromatique on ajoute 3 cm3 d’une solution alcoolique de cyanine à 1/500 et 10 cm3 d’une solution alcoolique de rouge glycin également au 1/500.
- Il n’y a plus alors qu’à filtrer sur du coton de verre et à couler l’émulsion sur des plaques de verres, tièdes et bien nettoyées, qu’on laisse sécher à plat à l’obscurité complète. Les plaques ainsi préparées peuvent se con-
- p.10 - vue 14/536
-
-
-
- LA NATURE.
- server six semaines environ ; pour l’usage il est préférable de lui faire subir une seconde sensibilisation au moment de les employer, ainsi que l’ont indiqué MM. Lumière. On verse à leur surface la solution suivante :
- i
- Alcool concentré............100 grammes
- Azotate d’argent............ 0,5 —
- Acide acétique..............gouttes
- On égoutte la plaque qui sèche en quelques minutes; la sensibilité augmente au bout de quelques heures; mais au bout de 12 heures la plaque commence à se gâter. On fera donc bien de ne sensibiliser définitivement que i ou 5 heures avant l'usage. Le développement préconisé par M. Lippmann est l’amidol, formule Lumière, mais très étendue d’eau; on d ût obtenir une image très faible qu’on renforce au moyen du bichlorure et d’un second développement à l’amidol ; cette opération du renforcement est du reste la même que pour les clichés ordinaires.
- Au point de vue pratique le procédé indiqué par M. E. Rothé nous paraît surtout intéressant parce qu’il pourra encourager les amateurs à tenter des essais de photographie directe des couleurs avant de faire l’achat du matériel, très simple cependant, nécessité par le procédé de M. Lippmann; mais celui-ci reste le seul donnant des images vives et de temps de pose assez réduit pour obtenir même le portrait. G. MlRESCII.iL.
- —»<>«—
- PERFORATEURS CHIRURGICAUX
- A RESSORT
- Dans une foule de circonstances, le chirurgien a besoin d’exécuter rapidement des perforations dans les os : et le dentiste en particulier, qui est un chirurgien spécial, a comme outil indispensable son perforateur à ilexible, qui lui permet d’ouvrir les cavités dentaires pour y donner les soins nécessaires; en chirurgie générale, ce qu’il faut mener à bien, ce sont des trépanations, des percements dans les os pour passer des fils de suture, etc. Evidemment on n’a pas attendu à ce jour pour posséder des appareils répondant à ces besoins, et le tour au pied du dentiste, avec celte merveilleuse petite transmission qu’on appelle le câble flexible, rend des services signalés; toutefois il faut s’astreindre à le faire mouvoir au moyen d’une pédale, Pour la chirurgie ordinaire, on a le vilebrequin, dont l’action est lente et prolonge considérablement la durée de l’opération, parce qu’il est mû à la main, à la manière du vulgaire vilebrequin des menuisiers, et que d’ailleurs les os sont le plus souvent fort durs à pénétrer. On a bien construit et l’on emploie des tours électriques, qui marchent avec une grande rapidité et suppriment les longueurs dont nous parlions, en même temps qu’ils suppriment toute préoccupation de mise en mouvement; maison n’a pas toujours l’électricité à sa disposition quand il faut se transporter à domicile, même dans nos maisons modernes, et à plus forte raison quand il faut faire dé la chirurgie à la campagne ou sur un champ de bataille.
- Pour remédier à ces inconvénients, M. Bercut, chirurgien-dentiste de l’École polytechnique, a combiné une série d’appareils perforateurs basés tous
- sur le même principe, celui de la force motrice fournie par un ressort logé dans l’instrument, avec une disposition régulatrice de la puissance fournie, de façon que l’appareil tourne régulièrement en dépit des résistances qu’il rencontre. Disons tout de suite que cet effet régulateur est obtenu, de la manière la plus ingénieuse, au moyen d’un volant assez lourd, dont le poids est naturellement proportionnel à la puissance que l’on veut donner h l'instrument, aux opérations que l’on entend lui confier. Une fois qu’il a été peu à peu lancé par le ressort, il renferme une puissance énorme, par suite de sa masse et de sa vitesse acquise, et l’outil qu’il commande va tourner régulièrement en dépit de la dureté plus ou moins grande qu’offrira l’os à percer.
- L’appareil, comme nous le laissions entendre, se fait dans des tailles et des puissances variées. Et tout d’abord M. Bercut l’a établi sans aucune transmission Ilexible, avec outil perforateur, fraise, scie circulaire, monté immédiatement au bout de l'axe entraîné par le ressort et le volant. Alors l’appareil se présente sous .l’aspect d’un cylindre métallique massif, assez court, portant l’outil à une de ses extrémités; nous n’avons guère besoin de faire remarquer qu’il est assez aisé de loger dans ce cylindre un mouvement d’horlogerie à ressort, et aussi le volant régulateur. Quand on prend en main un de ces appareils, même du plus petit format, de ceux qu’on a construits plus particulièrement pour les dentistes, on est d’abord étonné de son poids relatif; mais ce poids n’est pas assez élevé pour être une gêne dans le maniement, de l’instrument ; de plus, il résulte de la nécessité où l’on est d’avoir une masse suffisante de volant, et enfin c’est un garant que l’appareil tiendra bien en main et ne subira pas de ressauts sous l’influence de la résistance que l’outil perforateur rencontre en attaquant dent ou os. Le remontage du mouvement d’horlogerie se fait à l’aide d’une clef que l’on introduit dans la culasse de l’outil ; quant à la mise en marche, elle s’obtient d’une façon fort originale, par pression d’un bouton pressoir, que l’on voit faire relief à la surface du cylindre. Ce bouton, en s’abaissant, entraîne une pièce, qui normalement forme frein à frottement sur le volant, et, quand le bouton est abaissé complètement, le frein se trouve desserré, si bien que le mouvement d’horlogerie peut imprimer toute sa puissance au volant; si, au contraire, on laisse le poussoir se relever peu à peu, peu à peu aussi le frein vient agir sur le volant en ralentissant sa rotation : par conséquent, on a le moyen de graduer l’allure de l’outil de perforation. Ce sont là les principes de fonctionnement qui se retrouvent dans tous les appareils Bercut, ils sont fort ingénieux et intéressants au point de vue mécanique pur, en dehors même de leurs applications pratiques.
- Pour arriver à obtenir, certaines puissances et à exécuter certaines perforations chirurgicales, il ne fallait pas penser à em loyer un appareil tenu entiè-
- p.11 - vue 15/536
-
-
-
- 12
- LA NATURE.
- rement en main, et l’on devait recourir à une transmission par cable flexible entre l’axe mis en rotation par le mouvement à ressort et le volant, d’une part, et, d’autre part, l’outil perforant ou sciant. C’est pour cela que l’inventeur a combiné des appareils analogues, mais dont toute la partie motrice est enfermée dans une boite. De cette boite sort une tige tournante où l'on fixe le flexible au bout duquel on monte la fraise, la scie circulaire à trépanations, etc. 11 est bien évident que, dans une boîte qui reste cependant tout à fait maniable et peut s’emporter chez le malade, sur un champ de bataille, comme nous le disions, il est loisible pourtant d’enfermer un puissant mouvement d’horlogerie, un volant régu-
- lateur d’un bon poids, grâce auquel le perforateur tournera plus d’une minute, d’une minute et demie, et aura la puissance suffisante pour perforer, en un temps beaucoup moindre, un crâne, même en son point de plus grande dureté, et ouvrir sans peine un trou de trépan de deux centimètres et demi de diamètre.
- Du reste, depuis que ces appareils Bcrcut ont été présentés à l’Académie de médecine par MM. d’Ar-sonval et Lannelongue et ont été expérimentés pour la première fois devant des techniciens, ils ont subi des transformations secondaires qui les ont perfectionnés néanmoins très grandement.
- C’est ainsi que le remontage ne se fait plus au
- f’ig. i. — Les deux types principaux de perforateurs Bercut. —
- moyen d’une clef, ce qui aurait nécessité un effort considérable et gênant avec les appareils de plus en plus puissants que l’on fait pour répondre à tous les besoins de la chirurgie : ce remontage s’opère il l’aide d’une corde métallique qu’on tire à soi, et qui met en rotation une poulie à gorge dont l’axe agit naturellement sur le mouvement d’horlogerie ; quand on a tiré une première fois la corde à fond de course, on la laisse revenir doucement en arrière, entraînée qu’elle est par un ressort de rappel qui fait tourner la poulie en sens inverse, puis le même mouvement de traction se répète aussi souvent que cela est nécessaire pour le remontage. D’autre part, pour opérer la mise en marche, le freinage ou l’arrêt complet, il n’est plus nécessaire de porter la main sur un bouton dépendant de la
- 1. Appareil de transmission. — 2. Emploi de l’appareil à flexible.
- boîte contenant le moteur, et cela laisse toute indépendance à l’opérateur : la commande du frein, dans un sens ou dans l’autre, est assurée par un bras de levier approprié qui vient au contact d'une poche à air disposée à l’intérieur de la boîte. Cette poche est en relation par un tube de caoutchouc avec une poire de même substance, que l’opérateur a sous le pied : lorsque cet opérateur presse sur la poire, la pression se transmet à la poche à air et agit par conséquent sur le levier du frein, qui laisse partir le volant, sous l’action du moteur, à pleine vitesse si la pression a été complète; quand le pied se soulève un peu, il se produit un vrai freinage, un ralentissement du volant, et, par conséquent, de l’outil commandé ; enfin l’arrêt absolu survient si l’opérateur retire complètement son pied.
- p.12 - vue 16/536
-
-
-
- LA NATURE.
- ir»
- En somme, ce genre d’appareil est h même de rivaliser avec les moteurs électriques, et sans aucune complication ; il commande sans peine les fraises les plus puissantes et les plus diverses. Ajoutons que M. Bercut a eu une idée fort ingénieuse, pour permettre
- à un dispositif de ce genre d’actionner une scie droite à mouvement alternatif se faisant suivant l’axe du porte-scie, et en prolongement du lïexilde. Ce dernier met en rotation une pièce comportant à sa périphérie un chemin évidé suivant une hélice, et, dans cette
- Fi". 2. — Les perforateurs chirurgicaux à ressort. — 1. Appareils divers de massage. — 2. Mode d’emploi de la boule de massage.
- 5. Trépans, scies circulaires ou alternatives, fraises, etc. — i. Perforation d’une boîte crânienne. — 5 et 6. Vues intérieures de l’appareil.
- hélice, se déplace un ergot solidaire du porte-scie : si bien que l’ergot prend un mouvement alternatif et l’imprime à la scie. Une combinaison analogue permet d’actionner avec cet appareil et un flexible une sorte de boule à massage, qui vient comprimer par des chocs successifs et répétés, dont on peut du reste graduer la
- violence, les muscles au contact desquels on l’amène. 11 y a là une invention qui doit rendre des services multiples, non seulement en dentisterie, en chirurgie, pour le massage, mais encore en général dans l’industrie. Daxiel Beleet.
- p.13 - vue 17/536
-
-
-
- 14
- LA NAIT;HL.
- MÉLANGEUR UNIVERSEL HALL
- la très intéressant mélangeur a été récemment construit par J. S. lfall, de Newark-on-Trent, pour les sables de fonderie, les phosphates, le sucre, les produits chimiques, le charbon, le coke, etc. (l’est pourtant surtout les sables de fonderie que le constructeur a eu en vue en construisant sa machine.
- On sait en effet, depuis une date assez récente, que pour produire des pièces fondues à surface line et fisse, il est nécessaire de mélanger soigneusement et de bien travailler les sables à employer pour tes moules de façon que les particules argileuses et les autres matières corde-nues dans le sable soient concassées et bien mélangées avec le sable. On permet ainsi aux gaz produits de s’échapper régulièrement et facilement, (l’est ce résultat qui est obtenu par le « Mélangeur Universel ». La surface des fontes et leur solidité en sont singulièrement améliorées.
- La vitesse de la machine est de 1000 tours par minute ; chaque axe tourne en sens contraire ; la force nécessaire
- Mélangeur universel Hall.
- est de 4 à 6 II. P., suivant la naturecet la qualité du sable. Le sable brut est déversé dans une trémie et passe entre des barres tournant rapidement. Chaque série de barres est d’autant plus rapprochée qu’elle est plus près de la périphérie de la machine. De là, le sable tombe dans le puits disposé sous le mélangeur, où il s’emmagasine et d’où il est enlevé par un élévateur, déversé sur un tablier sans fin et transporté aux machines à mouler prêt à l’usage ou dans la fonderie prêt à être distribué aux mouleurs. Avant de fournir le sable à la machine il est passé par un petit tamis pour éliminer tous les blocs de fer ou les matières étrangères qui peuvent avoir été mélangées au sable.
- En employant concurremment avec le mélangeur un élévateur et un convoyeur pour amener le sable brut et emporter le sable mélangé dans la fonderie et le déverser en tas auprès de la machine à mouler, le coût de la manutention du sable dans une grande fonderie se trouve réduit au strict minimum. Grâce à la nouvelle machine, une grande économie de temps et d’argent pourra désormais être faite dans les fonderies, car elle permet de diminuer le coût de la manutention et du moulage. E. Guarini.
- CHRONIQUE
- La profondeur à laquelle l'action des vagues se fait sentir. — Certaines des communications qui ont été faites ces temps derniers au congrès du Génie civil, tenu à Saint-Louis, ont fourni des chiffres assez curieux sur la profondeur à laquelle les vagues remuent les fonds marins. C’est ainsi qu’on a constaté qu’une tempête avait apporté du sable dans des trous ménagés dans une maçonnerie à une profondeur de 25 brasses, ce qui revient à 47 mètres à peu près; on a fait des constatations analogues à une profondeur de 50 brasses. M. Matthews a cité des blocs de 41 tonnes, au brise-lames de Peterhead, qui ont été déplacés alors qu’ils se trouvaient à 11 ra,14 au-dessous du niveau des basses mers, ce qui laisse à supposer la puissance qu’a encore la lame à pareille profondeur.
- Disette de coton. — L’industrie de la filature et du tissage du coton se trouve actuellement dans une situation critique, par suite de l’insuffisance de la matière première. Les États-Unis, ces immenses producteurs et fournisseurs de l’Euiope, arrivent aujourd’hui à consommer par eux-mêmes et dans leurs usines la plus grande partie de leur récolte ; de plus, comme les moulins à huile demandent de plus en plus les belles et grosses graines de coton, la culture ne peut plus employer que des graines inférieures, qui ne donnent naturellement pas d’aussi belles récoltes que jadis. Aussi les pays industriels d’Europe s’inquiètent et tentent de créer de nouveaux champs de production. C’est ainsi que s’est fondée en Angleterre la « British Cotton Groxving Association», qui s’efforce de développer la culture du coton sur la cote occidentale d’Afrique; elle essaye également de pousser vers cette culture les habitants des Antilles. En Allemagne, s’est créé-de même un « Kolonial Wirlschaftliches Komitee », qui dirige ses efforts à la fois vers le Togo, le Cameroun et l’Afrique orientale allemande. Enfin, en France, s’est fondée l’Association cotonnière pour le développement de la culture du coton dans les colonies françaises ; elle songe principalement à l’Afrique occidentale française, surtout vers le Moyen et Bas Niger et le Haut Sénégal.
- La vie d’une roue et d’un frein. — M. Endean, ingénieur des Tramways de Devonport, en Angleterre, vient de donner des indications curieuses, pittoresques même, peut-on dire, sur l’usure des roues et des freins des tramways, et sur le temps qu’ils peuvent rester en service sans être remplacés. Les roues, qui sont en fonte trempée, pèsent 147 kg, quand elles commencent leur service, et elles ne pèsent plus que 125 quand on les met au rebut : le frottement sur les rails et aussi celui des freins leur ont donc enlevé 22 kg, et cela à la suite d’un parcours total de 56 000 kilomètres. Pendant le même temps, les freins se sont bien autrement usés, puisqu’ils ont dû être remplacés 18 fois; et cela s’explique immédiatement par ce fait qu’on tient à ne leur donner qu’une dureté relative, afin que, dans le freinage, ils s’usent au lieu de détériorer les bandages des roues. La série des freins d’un véhicule pèse 51 kg au moment de sa mise en place, et quand on les retire, ils n’ont plus qu’un poids total de 31 kg : c’est-à-dire que, en douze mois, le freinage use 24 kg de matière.
- Tuyaux en deux pièces. — Une grande usine de Glasgow, la maison Stewarts and Lloyds, commence de vendre en Angleterre des tuyaux métalliques désignés sous le nom de tuyaux Mephan Ferguson, et qui sont bien
- p.14 - vue 18/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 15
- curieusement constitués. Ils sont formés en réalité de deux demi-cylindres faits de tôles courbées en gouttière, dont les bords longitudinaux sont recourbés en une sorte de queue d’aronde cette queue vient pénétrer dans une cannelure longitudinale ménagée dans une baguette métallique qui s’allonge le long du tuyau, et à la partie inférieure ou supérieure de cette baguette, suivant qu’il s’agit de la gouttière inférieure ou supérieure. Ouand ces queues sont en place, on rabat mécaniquement et hydrauliquement les ailes latérales, bordant de chaque côté la cannelure, sur la queue d’aronde, et cela en liant comme en bas; et la même opération se faisant de part et d’autre de la conduite, on obtient quatre joints absolument étanches. On affirme que cela vaut autrement mieux qu’un rivetage, et que les tuyaux de ce genre, en pesant moins que les autres, coûtent beaucoup meilleur marché.
- In transporteur aérien de longueur. — Il est sur le point d’être terminé en Espagne, et servira au transport du minerai de fer. Le parcours en sera de plus de 19 kilomètres, partant de Culativi, centre d’extraction de la Sierra Alhamilla, à une altitude de 1550 mètres au-dessus de la mer, pour aboutir à Casa-Fuerte, sur la côte, à moitié chemin entre Alméria et Gabo de Galo. 11 se terminera naturellement sur une jetée de chargement des navires. La dépense de construction de celte voie aérienne doit dépasser 800 000 francs; mais ce n’est pas exagéré, si l’on songe que les mines dont il s’agit d’expédier les produits contiennent au moins 1 million de tonnes d’hématite, d’une teneur de 52 pour 100 de fer et de -4 pour 100 de manganèse.
- llines sous-marines. — Une grande Société vient de se fonder pour exploiter une étendue considérable de gisements houillers qui se trouvent entièrement sous la mer, à l’est du Cap Breton, en Nouvelle-Ecosse (on pourrait dire plus exactement hors de Nouvelle-Ecosse). L’étendue qu’on veut exploiter atteint au moins 70 kilomètres carrés, et l’on pense en pouvoir tirer 240 millions de tonnes de combustible. 11 faut dire qu’en 1800 on avait commencé l’extraction dans cette région en s’avançant sous l’Océan, et que les galeries demeuraient parfaitement à sec.
- La traction électrique sur les chemins de fer russes. — 11 ne s’agit encore que d’un projet qui a été présenté par le comte Lubienskv : il estime qu’en adoptant la traction électrique sur le chemin de fer transsibérien, on pourrait augmenter considérablement la \itesse de circulation des trains, avec le système à unités multiples, et sans modifier la voie ni rectifier les courbes. Les rivières et les chutes d’eau fourniraient la puissance nécessaire; l’auteur du projet voudrait voir, du reste, adopter une distribution à une tension de 100 000 volts ! Un parle aussi de recourir à la traction électrique sur les lignes du Caucase, en plein pays de montagne où les chutes d’eau ne manquent point.
- Nouveau lype de cuirasse anglais. — On vient de mettre sur chantier un cuirassé anglais, le « Lord Nelson qui présente, à certains égards, des dispositions particulières. II porte 4 gros canons de 304 millimètres et 9 pièces de 254 millimètres; la longueur de ces canons est respectivement de 45 et de 50 calibres. Tous ces engins seront au moins à la hauteur du pont supérieur. Au-dessus seront répartis les canons à tir rapide, 15 pièces de 12 livres, 25 de 5 livres et 2 Maxim, qui commandent l’horizon à une assez grande distance, et seraient, par suite, redoutables pour des torpilleurs se livrant à une attaque. Les parties vitales du « Lord Nel-
- son » seront défendues par une ceinture cuirassée offrant une résistance particulière, qui s’étend depuis lra,50 au-dessous de la ligne de flottaison jusqu’au pont supérieur; ce dernier est même protégé aux abords des carions, et le cuirassement se prolonge jusqu’à l’avant, avec une épaisseur, il est vrai, inférieure à 50 centimètres. Ce type de cuirassé n’aura pas moins de 5 tubes lance-torpilles submergés. La machinerie sera d’une puissance de 10 750 chevaux indiqués, chaque moteur à triple expansion marchant à 120 révolutions; 15 chaudières fourniront la vapeur à 19,55 kg, mais elle sera employée seulement à 17,50 kg dans les machines.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 novembre 1904. — Présidence de M. Mascart.
- L’état des connaissances en géométrie. — M. Dar-boux rappelle qu’il a été invité, ainsi que plusieurs membres de l’Académie, à prendre part aux Congrès qui ont été tenus à Saint-Louis à l’occasion do l’Exposition. Sollicité de présenter un rapport, M. Darboux a choisi comme sujet d’étude le développement des méthodes géométriques, parce que ce sujet lui permettait de mettre en relief la valeur prépondérante de savants français du siècle dernier, savoir : Monge, Poncelet et Chasles pour la géométrie synthétique ; Bonnet et Bertrand pour la géométrie infinitésimale. 11 dépose la brochure qui contient son travail.
- La fabrication de la fonte. —M. A. Picard qui a fait dans la dernière séance une communication sur les avantages de l’emploi de l’air desséché pour la fabrication de la fonte d’après les résultats obtenus aux hauts fourneaux d’Isabella près de Pittsburg, présente une Note de M. Lodin, ingénieur en chef des mines, sur les causes de l’écono-
- O .
- mie de combustible réalisée grâce à l’emploi de l’air desséché. Ces causes sont les suivantes : absorption moindre de chaleur, puisqu’il n’y a plus consommation de chaleur pour la dissociation de la vapeur d’eau ; conditions meilleures d’accomplissement des phénomènes physiques et chimiques dont l’ouvrage est le siège. Suivant lui, des effets comparables pourraient être obtenus par le relèvement de la température du vent, selon le procédé déjà pratiqué par M. Gaslv. M. Carnot présente, au nom de M. Lechatelier, une Note sur le même sujet.
- Cristallographie. — M. de Lapparent résume une Noie de M. Wallerant sur la constitution intime des corps cristallisés. L’auteur, se basant sur les circonstances qui caractérisent la dissolution du soufre et de l’iodure mercurique, ainsi que sur l’allure des cristaux mous comme ceux de l’oléate d’ammoniaque, montre que les choses se passent comme s’il existait dans les solutions des groupements de particules déjà formés en vue de la cristallisation. 11 y aurait dans ce fait un puissant argument en faveur de l’existence, à titre de derniers éléments d’un corps cristallisé, de particules cristallines ou molécules complexes déjà pourvues d’une symétrie qui commande celle du cristal.
- Observation des Lêonides. — M. Deslandres présente une Note de M. Lucien Libert indiquant les résultats obtenus par l’auteur pour la détermination des points radiants lors du dernier passage de l’essaim des Lêonides à proximité de la Terre.
- Élection. — M. Dastre, professeur à la Fàculté des sciences de Paris, est élu membre de la section de médecine et de chirurgie par 54 voix, contre 2 à M. Glev et 1 à M. Marage. Gu. de Yieledeuil.
- p.15 - vue 19/536
-
-
-
- 16
- LA NATURE.
- TREUIL AUTOMOBILE
- On a remarqué au dernier Concours agricole de Meaux, et l’on a vu fonctionner avec intérêt, un treuil automobile combiné par M. André Castelin. Destiné à remplacer, pour les travaux de culture et pour les défoncements, les anciens treuils à vapeur lourds et coûteux, cet appareil est actionné et mis en mouvement par un moteur à pétrole. 11 est fort léger, et facilement déplaçable : on peut donc se demander comment, dans les divers travaux de défoncement à la charrue, ce n’est pas la charrue qui, engagée dans le sol, attire le treuil vers elle, accident fâcheux qui se produisait assez souvent, d’ailleurs, avec les treuils à vapeur? L’auteur y obvie en munissant son appareil d’une bêche en acier analogue à celle dont on munit les pièces de canon pour empêcher le recul.
- Cette bêche, longue de 1 mètre à lm,20, tombe à terre, et sous l’effort de traction qui peut varier de quinze cents à trois mille kilogrammes, elle s’enfonce d’environ 50 centimètres; dès lors, le treuil est solidement fixé. Veut-on le déplacer? On fait faire à son moteur un petit mouvement de machine en arrière, la bêche est soulagée, et on peut la remonter sans aucune difficulté avec un simple petit treuil à main.
- Le treuil Castelin mérite son nom d’automobile, car il ne se contente pas de travailler « au point fixe ».
- Il peut servir aussi comme tracteur et comme porteur. Comme tracteur, il peut remorquer, en palier, grâce à son moteur de 12 chevaux, une voiture portant elle-même un chargement de une tonne et demie à deux tonnes. Comme porteur, il peut véhiculer une charge de une tonne placée dans sa camionette d’arrière, et cela à une vitesse variant de 5 à 15 kilomètres à l’heure; il reçoit trois personnes en arrière et une
- à coté du conducteur. Lorsqu’il rencontre, en fonctionnant comme tracteur, une pente trop forte, il va, tout d’abord, se jucher au haut de la pente, se fixe avec sa bêche, et, au moyen d’un cable, attire vers lui le véhicule resté en panne.
- On peut signaler quelques exemples de défoncements intéressants effectués avec cet appareil : un, entre autres, de 40 centimètres de profondeur dans l’ïle Rohtschild, à Puteaux, près de Paris; un autre de 15 à 18 centimètres de profondeur à Suresnes. Selon la résistance du sol, la surface travaillée varie entre un et trois hectares par jour.
- On se préoccupait, depuis quelque temps, de fournir à l’agriculture un outillage de ce genre avec moteur à pétrole supprimant les lourds et encombrants approvisionnements en eau et en charbon du matériel à vapeur. La solution fournie par M. Castelin parait satisfaisante, car les moteurs à pétrole, dans ces conditions, ne consomment guère plus de 0,400 kg de combustible et 0l,5 d’eau de réfrigération par cheval et par heure.
- Enfin, il y a une utilisation supplémentaire de ce dispositif à considérer. Lorsque le treuil automobile est remisé, il constitue, par le fait, un petit centre de production de force motrice. En le reliant à une dynamo génératrice « par doublejointàlaCardan » dont M. Mildé a récemment donné la formule, on pourra, dans d’utiles conditions et sans difficulté, actionner, par poulies et par courroies, toutes les machines de la ferme, barattes, malaxeurs, broyeurs, concasseurs, scies mécaniques, pompes, hache-paille, batteuses, égrenoirs, etc.... Le treuil automobile peut donc devenir en définitive une petite' usine de force motrice simple et facile à diriger. M. de N.
- Le Gérant : P. JIasson.
- Paris. — Imprimerie Laiiüiie, rue de Flcurus, 9.
- p.16 - vue 20/536
-
-
-
- S* 10il». — 10 DÉCEMBRE 1904. LA NATURE.
- gBiBLiOlHEÇUra
- LES MYINS DE ROSIÈRES
- Parmi les innombrables leçons que nous recevons à chaque instant de la nature, il en est une qui doit spécialement nous frapper parce qu’elle vient plus directement à l’encontre de nos instincts les mieux enracinés. Elle concerne l'efficacité souveraine des agents qui, à première vue, nous semblent insignifiants, et la résistance des objets auxquels nous attribuerions de nous-mêmes une extrême fragilité. Darwin, dans ses célèbres théories, a cédé à notre penchant ordinaire en accordant la victoire, dans la lutte pour la vie, aux espèces robustes et volumineuses; et c’est en cédant au même instinct que le public lui a fait le succès que l’on sait.
- Mais la nature, par les vestiges fossiles quelle nous a conservés de toutes les époques géologiques, nous apprend que les choses se sont en réalité passées à l’inverse de ce qu’a supposé le grand naturaliste-philosophe et de ce que tout le monde a pensé avec lui. Ce sont, de fait, les petites espèces, frêles et sans impor-. tance apparente, qui ont traversé sans dommage le fameux « struggle for life » et, pendant que les gigantesques batraciens des temps permien et triasique, n’ont fait que paraître et disparaître; tandis que les reptiles colossaux du jurassique et du crétacé se sont remplacés les uns les autres dans le minimum de temps ; tandis que les monstrueux oiseaux et les énormes mammifères du tertiaire ont duré « ce que durent les roses » — il est telle forme de mollusque qui a à peine changé pendant toute la durée des temps sédimentaires (des nautilidés, par exemple) et des foraminifères ou des radiolaires microscopiques qui sont restés identiques depuis la première apparition de la vie sur la terre.
- De même, et dans un autre ordre d’idées, ce sont les causes d’apparence si tranquille qu’elles passent 33“ année. — 1er semestre.
- d’abord inaperçues qui réalisent la grande besogne géologique, pendant que les actions violentes, avec beaucoup de bruit, ne déterminent que des effets de dimension médiocre. A cet égard, le parallèle entre la mer démolissant ses côtes à grand fracas et la pluie sculptant tout doucement la surface des continents contient un enseignement incomparable. Malgré l'idée qu’on s’en fait d’abord, la pluie est l’outil le plus puissant que l’érosion puisse mettre en œuvre.
- Parmi les exemples les plus éloquents à cet égard,
- j’ai cité naguère les ravinements pluviai-res si visibles dans beaucoup de pays montagneux : le Jura, les Alpes, les Pyrénées en offrent à chaque pas, et nos lecteurs ont eu sous les yeux une figure relative à une localité exceptionnellement caractérisée du canton de Vaud.
- C’est donc avec un très grand plaisir que j’ai reçu il y a peu de temps, de M. le Frère Sylvéris (d’Athis-Mons), la communication de très belles photographies relatives à une région où je n’avais pas eu l’occasion de voir les ravinements pluviaires, le Plateau volcanique de la France centrale.
- Comme on le voit par un coup d’œil jeté sur la figure jointe à cet article, il s’agit d’une localité appelée Rosières ; elle est située à une quinzaine de kilomètres du Puy-en-Velay. Les ravinements y ont près de 200 mètres de profondeur et s’étendent sur une grande longueur des flancs de collines du voisinage. Leurs formes sont exactement celles des sulcatures décrites à « En Saumont »,. bien que le terrain soit composé de matériaux notablement différents. Et, ce qui est plus remarquable encore, ces formes reproduisent exactement celles des ondulations des roches les plus cohérentes soumises longtemps à l’action de l’intempérisme. Les variantes principales viennentdel’inclinaisonplusou moins forte des pentes.
- Ainsi, sur les versants très abrupts, comme il s’en
- 2
- p.17 - vue 21/536
-
-
-
- 18
- LA NATURE.
- trouve dans la vallée du Rhône antérieur, près du lac Léman et spécialement au-dessus de Villeneuve, on voit des érosions ramifiées qui vont de bas en haut du mont d'Arvel et qui affectent d'autant plus l'aspect de végétations qu’elles croissent progressivement en s’élevant vers la ligne de crête, ce qui leur permet, chemin faisant, de se livrer à des captures réciproques dont l’étude est des plus instructives.
- Sur des pentes plus douces comme celles du Cubly, près des Avants et sur celles du mont L’olly, non loin de l’Alliaz, on retrouve, surtout par l’éclairage rasant du soleil près de se coucher, dans les molles ondulations des Alpages, un système de dépression qui est établi exactement sur le système précédent et qui suffirait seul à en démontrer l’origine exclusivement pluviaire.
- De plus en plus, on arrive à reconnaître qu’il faut substituer l’action tranquille de la pluie à la supposition de grands cours d’eau dans l’histoire de la sculpture du sol. Les « cheminées des fées », dont nos lecteurs ont eu antérieurement des descriptions, constituent à cet égard un type de phénomènes dont on retrouve des variantes de tous les côtés. Après avoir témoigné, par la persistance de leur fragile architecture sur les lianes des ravins très abrupts, que des torrents ne sont pas les artisans du creusement du sol, puisque leur passage aurait tôt fait d’emporter les pilastres de terre, ces élégants obélisques nous apprennent que tout ce qu’on a dit sur l’évolution géométrique des vallées et sur l’acquisition d'un profil d’équilibre définitif, demande impérieusement à être révisé.
- En effet, c’est une variante de la cheminée des fées qu’une colline qui doit son existence à un chapeau de roche spécialement résistante à la pluie. Ur, c’est là ce que nous offrent maintes petites montagnes d’Auvergne dont la plus célèbre est Gcrgovie, de mémoire illustre, depuis l’héroïsme de Vercingétorix.
- Eh bien ! l’examen des lieux apprend que le sommet de Gergovie, comme des innombrables sommets de collines bâties comme elle, est un reste de coulée basaltique. Les coulées de lave se faisant exactement comme les coulées de tous les lluides et avant tout comme les coulées d’eau, ruisseaux ou rivières, il suit de cette remarque qu’au moment où le basalte s'est épanché hors du cratère qui Ta vomi, le point qui forme aujourd’hui le sommet de Gergovie était compris dans une ligne de thalweg, dans un fond de vallée.
- Cette vallée, suivant les idées classiques, marchait vers son profil d’équilibre, mais on voit qu’elle y a bien renoncé puisque la résistance du basalte a déjoué pour un temps l’énergie des causes érosives et que les filets d’eau ruisselant sur le sol se sont détournés. Ils ont attaqué les lianes de la vallée, moins résistants que son fond et par un renversement complet de la topographie, ce qui était ligne de dépression est devenu ligne de crête.
- Je me rappelle avoir rencontré dans la chaîne du Caucase, aux environs de Mleîty, une disposition
- analogue à celle de nos collines d’Auvergne avec celte circonstance qu’entre la roche stratifiée principale et la coulée qui la recouvre, persiste une nappe de galet témoignant de l’allure torrentielle du cours d’eau que la lave a jadis dépossédé de son lit.
- Il faut d'ailleurs ajouter qu’il n’est pas besoin nécessairement de coulées de basaltes pour détourner ainsi les rivières de la poursuite de leur profil d’équilibre. A chaque instant les progrès de la dénudation font surgir, sur le sol des thalwegs, des masses plus résistantes que celles du voisinage, comme des roches éruptives ou simplement des bancs de grès et, alors encore, les prévisions des géomètres sont complètement déjouées. La nature, riche en ressources, au moment où il semblait qu’elle terminait son œuvre dans un point donné la recommence sur de nouveaux frais.
- Et la conséquence digne de méditation, c’est que les vallées atteindraient à un profil d'équilibre si la terre était construite tout autrement quelle ne Test en effet. G’est la répétition de la remarque dont il faut pourvoir toutes les prétendues lois mathématiques proposées pour expliquer les phénomènes naturels. Ceux-ci sont toujours beaucoup trop complexes pour que nous puissions les réduire à des formules.
- Stanislas Meunier,
- professeur de géologie au Muséum.
- YISION STÉRÉOSCOPIQUE
- SANS stéréoscope
- Nous avons souvent rencontré des amateurs de stéréo-scopie qui voient le relief sans appareil, par habitude, par entraînement, en faisant converger les yeux vers la séparation des deux images : au bout de quelques instants on a l’impression qu’il y a trois images, dont une, celle du milieu, est en relief. Mais la plupart dû temps on a peu de goût pour ce genre de strobisme volontaire et momentané, qui est assez fatigant et dont le plus grand nombre essaye en vain de se servir. En géiiéral; il est de beaucoup préférable de prendre un appareil. •
- 11 a été assez souvent question ici*de stéréoscopie pour qu’il ne soit pas nécessaire de revenir sur les principes qui président à la perception du relief dans les images de ce genre. Nous rappellerons seulement que tous les dispositifs imaginés, pour regarder les images stéréoscopiques, sont disposés de façon que chaque œil ne puisse voir que l’image qui lui est destinée. Bien que M. Ives, l’inventeur du « Parrallax stereogram », ne donne à l’observateur aucun appareil, il emploie, lui aussi, un dispositif qui remplit cette condition. Nous avons pu juger des résultats très complets qu’il obtient par les belles diapositives que M. Gaumont a rapportées de l’Exposition de Saint-Louis et qui ont été dernièrement présentées à l’Académie des sciences ; il suffit de se placer à une distance convenable de l’image pour trouver rapidement une position dans laquelle on perçoit le relief avec un modelé superbe.
- Pour arriver à ce résultat, M. ives emploie deux images stéréoscopiques obtenues avec un appareil muni de deux objectifs, légèrement déviés de leur position normale, de façon que les deux images se superposent à peu près
- p.18 - vue 22/536
-
-
-
- LA NATURE.
- sur la plaque; la superposition complète ne pourrait se faire, puisque les deux images sont prises d’un point de \ue différent, mais elle est en outre incomplète à dessein, l’une des images dépassant l’autre de 10 à 15 millimètres. En avant de la plaque sensible, à une distance de 1 ou 2 millimètres, il place une plaque de verre sur laquelle sont tracées verticalement des lignes, parallèles, au nombre de 4 environ par millimètre, chaque ligne étant plus large que l’intervalle qui les sépare : c’est en quelque sorte un gril à barreaux très rapprochés. Son but est de masquer une partie de l’image et on comprend que cette partie ne peut pas être la même pour chaque objectif.
- Avec le négatif ainsi obtenu on tire, par les procédés ordinaires, une diapositive sur verre ; on l’encadre en plaçant, derrière, un verre dépoli et, devant, à une faible distance, un gril identique à celui qui a servi à obtenir le négatif.
- 11 résulte de celte disposition que, lorsqu’on regardera la diapositive, des lignes opaques du gril masqueront pour chaque œil l’image qui ne lui est pas destinée. On peut s’en rendre compte en faisant une petite expérience très simple : on trace sur une feuille de papier deux lignes, l’une pleine, l’autre pointillée, à un centimètre l’une de l’autre; ensuite, au-dessus du papier, on tient un crayon entre ces deux lignes à une distance d’environ 2 centimètres. Si on ne bouge pas la tète, on voit parfaitement les deux lignes, mais par cette seule raison qu’on a les deux yeux ouverts ; en effet, si l’on en ferme un, on ne voit plus que l’une des deux lignes. On peut pousser l’expérience plus loin en prenant plusieurs autres lignes et plusieurs crayons dans les mêmes conditions : on peut alors supposer que les lignes pleines sont les éléments de l’image prise pour l’objectif de droite, par exemple; tandis que les lignes pointillées sont les éléments de celle de gauche, et que les crayons constituent le gril.
- Pour réaliser le système de M. Ives, ce gril peut être obtenu en photographiant une feuille de papier blanc sur laquelle sont tracées des lignes à l’encre de Chine? On obtiendra ainsi un négatif type qui peut servir à tirer autant de grils que l’on veut. 11 est clair qu’il faut réaliser, au moins pour le négatif, certaines conditions d’opacité des noirs, de pureté des blancs que donnera seul le col-todion. Mais il est probable qu’il sera plus simple d’acheter le type à un spécialiste, comme cela se fait pour les trames qui servent dans la simili-gravure.
- Les images en relief obtenues par le procédé de M. Jves nous paraissent surtout indiquées pour le portrait et il sera probablement avant peu exploité dans ces conditions. G. Mareschal.
- PROCÉDÉ RAPIDE DE SÉCHAGE DD BOIS
- D’innombrables procédés ont été imaginés, avec plus ou moins de succès, pour assurer le séchage rapide du bois : c’est qu’en effet, lorsqu’on laisse cette dessiccation s’accomplir sous la seule influence de l’air et du temps, elle ne se fait que fort lentement, et le capital énorme représenté par les approvisionnements qui subissent le « seasoning », suivant le mot anglais pittoresque, est immobilisé durant des mois et des mois. Et pourtant il est absolument nécessaire, pour tous les emplois qu’on en désire faire, que cette matière première précieuse qu’est le bois soit, avant mise en œuvre, privée de toute l’humidité contenue dans sa masse.
- Or, on fait grand bruit en ce moment en Angleterre autour d’un procédé l'owell qui permettrait, en quelques
- jours, de sécher du hois nouvellement abattu, et cela en lui donnant plus de résistance, en augmentant sa durée de conservation et son homogénéité, en diminuant par suite sa porosité.
- Ce procédé est basé sur l’emploi de la saccharine. Les pièces de bois sont disposées sur des wagonnets de telle façon que la solution de saccharine où on les plongera ait librement accès à chaque pièce; quand le wagonnet est chargé convenablement, on l’amène jusqu’au-dessous d’un porteur aérien qui le soulève et l’introduit dans le cylindre horizontal où s’effectue le traitement principal. Ce cylindre est long de it mètres pour un diamètre de
- Appareil de traitement du bois à la saccharine.
- ln',D7,et il comporte inférieurement des rails sur lesquels glisse le wagonnet; le bois introduit, on en ferme hermétiquement la porte. Toute la paroi intérieure du cylindre est garnie de tuyaux dans lesquels peut se faire une circulation de vapeur pour chauffer la solution, et qui servent aussi plus tard à refroidir cette même solution par circulation d’eau froide.
- On fait le plein du cylindre avec une solution aqueuse de saccharine qu’on porte à l’ébullition : cela chasse l’air enfermé dans les pores du bois et coagule l’albumine de la sève ; on refroidit ensuite et on laisse le bois s’imprégner un certain temps. On évacue alors la solution de saccharine au moyen de pompes centrifuges, on ouvre le cylindre, on retire le wagonnet avec sa charge, et l’on fait entrer le tout dans une chambre de dessiccation, où des ventilateurs amènent de l’air chauffé par un four spécial. La température doit être très haute. Finalement on laisse refroidir la chambre et on retire le bois, qui peut être parfaitement travaillé, à ce qu’on nous affirme, lors même qu’il a été traité tout à fait vert encore.
- Le procédé ne serait pas coûteux, surtout avec les dispositifs de manipulation des bois auxquels on recourt. Disons toutefois qu’il faut attendre un peu avant d’en juger pleinement. P. üe M.
- L’AURORE POLAIRE
- M. E. G. C. Baly a comparé récemment le spectre dü krypton, corps découvert par Sir William Rarnsay, avec le spectre de l’aurore polaire observé par Sykora. Cette comparaison a révélé une ressemblance étroite dans les lignes des deux spectres, ce qui tendrait â faire supposer que l’aurore polaire est produite par l’illumination électrique du krvpton contenu dans l’atmosphère terrestre. Ceci est d’autant plus frappant que, dans l’expérience
- p.19 - vue 23/536
-
-
-
- ‘20
- LA NATURE.-
- faile par M. lîalv, le spectre du krypton était produit par une décharge électrique traversant le gaz rarétié.
- L’auteur se trouve ainsi d’accord avec les observations de ltunge, mais en contradiction avec l'aulsen qui compare le spectre de l’aurore à celui du pôle négatif d’un Inbe contenant de l’oxygène, de l’azote et de l’acide carbonique, c’est-à-dire les principaux éléments de l’air atmosphérique. ________ E. Touchet.
- LA PIIOMICTION
- DU SUC GASTRIQUE NATUREL
- Sur la route de ilougival à Versailles, au point culminant du plateau qui domine la vallée de la Seine, au milieu des bois et des grands domaines de llocquencourt et de la Cellc-Saint-Cloud (Seine-et-
- Fig. 1. — Vue d’une opération au Laboratoire du Puits d’Angle.
- de la sécrétion naturelle de cette muqueuse vivante. Aussi, depuis quelques années, Pavlow en Russie, Frémont en France, se sont efforcés d’obtenir la sécrétion de l’estomac dans un état de pureté suffisante pour l'emploi thérapeutique. Mais leurs études ont exclusivement porté sur la sécrétion gastrique du chien. Or, aux inconvénients que présente au point de vue thérapeutique la sécrétion de cet animal (acidité exagérée, odeur désagréable, répugnance générale de l’homme pour tous les produits canins) s’ajoute la difficulté d’opérer et d’entretenir en bon état de santé une certaine quantité de chiens réunis. C’est pour ces divers motifs que le l)r llepp a eu l'idée de renouveler sur le porc, animal omnivore, les expériences physiologiques des auteurs cités plus haut et qu’il est parvenu, après plusieurs années d’essais, à obtenir de cet animal, par une méthode
- Oise), est située la ferme du Puits d’Angle, qui, depuis un an, a reçu une destination originale : elle est transformée en laboratoire industriel pour la production du suc gastrique naturel.
- Ce suc gastrique naturel est un produit thérapeutique. Il appartient au groupe des médicaments opothérapiques et est destiné au traitement des maladies de l’estomac. On sait que l’opothérapie est la méthode qui consiste à soigner l’organe malade par l’extrait ou la sécrétion du môme organe sain pris sur l’animal. La fragilité de la muqueuse stomacale qui s’altère immédiatement après la mort et qui n’entre en fonction qu’au moment de la digestion, empêche en réalité d'obtenir, par les moyens chimiques ordinaires, des extraits possédant les vertus
- Fig. 2. — Salle de filtrage du suc gastrique.
- opératoire toute personnelle, une production régulière du suc gastrique telle qu’elle a pu faire l’objet d’une véritable industrie.
- Il y a déjà de nombreuses années quo, par une simple fistule gastrique, divers physiologistes ont pu recueillir du suc gastrique, mais on ne pouvait songer à utiliser un suc mélangé aux aliments pour l’administrer à des malades. 11 fallait obtenir le suc pur et l’estomac ne sécrète que pendant la période digestive. Four recueillir la sécrétion de cette période, il fallait donc détourner les aliments de l’estomac, tout en respectant les connexions normales de cet organe. Pour obtenir ce résultat, le D1' llepp sectionne l’œsophage au-dessus du cardia en respectant les nerfs pneumo-gastriques et implante cet œsophage sur le duodénum, pratiquant en dernier lieu une fistule gastrique qui permet de re-
- p.20 - vue 24/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 21
- cueillir la sécrélion. De celle façon, les aliments ne traversent pas l’estomac, qui cependant sécrète abondamment au moment de leur ingestion, et il suffit d’introduire après le repas une sonde dans la fistule stomacale pour recueillir une quantité notable du suc gastrique dont le surplus, déversé dans le duodénum par le pylore resté ouvert, maintient l’équilibre physiologique des animaux opérés.
- En dépit de cette opération chirurgicale dont la gravité et la complexité n’échapperont à personne, les animaux qui l’ont subie continuent à vivre, à se nourrir et à prospérer, fin effet, comme l’on peut s’en rendre compte, par la figure ci-dessous (fig. 3), des animaux opérés à l’àge de 3 ou 4 mois et pesant une quarantaine de kilogrammes arrivent à un développement énorme et l’on peut voir, à la ferme du Puits d’Angle, des bêtes opérées depuis trois ans et qui atteignent le poids de 220 kilogrammes. La prospérité de ces animaux mon Ire que leur santé reste parfaite, condition indispensable pour utiliser thérapeutiquement, sans arrière-pensée, leurs sécrétions organiques. Il va sans dire que des soins tout spéciaux sont don-
- nes aux animaux et que la porcherie du PuitS Fig. 3. - Ponction
- d’Angle ne rappelle en rien les trous noirs et empuentis où il est d’un usage légendaire d’élever les porcs. Les animaux vivent toute la journée au grand air et leur nourriture, toute d’aliments de choix, se compose de pommes de terre, son, farine d’orge, viande boucanée, petit-lait. Environ trois quarts d'heure après leur repas, les animaux sont suspendus au moyen de harnais spéciaux qui permettent l’extraction aisée de leur sécrétion par un simple sondage à travers leur fistule préalablement aseptisée (fig. 5). Les animaux, florissants et heureux, se prêlent avec aisance à cette manœuvre biquotidienne à laquelle ils s’accoutument rapidement.
- Le suc recueilli est aussitôt porté au laboratoire où il est traité par simple décantation, puis filtration sur bougies en porcelaine d’amiante stérilisées (système Mallié). A la sortie des filtres il est rigou-
- reusement stérile et se présente sous l’aspect d'un liquide ambré d’une limpidité parfaite, dont la conservation est assurée indéfiniment à la seule condition d’un embouteillage opéré dans des conditions toutes spéciales d’asepsie absolue.
- Les résultats thérapeutiques obtenus par l'emploi du suc gastrique naturel sont aujourd’hui nombreux et du plus haut intérêt. 11 agit dans tous les cas où les fonctions de l’estomac se montrent insuffisantes, soit par suite d’une maladie de l’organe lui-même, comme dans les gastrites, dilatation, etc., soit par suite d’une affection intestinale, particulièrement dans les diarrhées chroniques, gastro-entérites infantiles, où son action est-des plus promptes et des plus remarquables, soit par suite d’une maladie générale consomptive , particulièreme n t 1 a tuberculose pulmonaire, où il jouit de la propriété précieuse de restituer très vite l’appétit et les facultés digestives, même aux malades parvenus à un degré avancé de la maladie et de permettre ainsi la suralimentation qui est, comme on le sait, le seul procédé efficace de traitement et de guérison pour ces malheureux malades.
- 11 nous a paru intéressant de si-clmi animal opéré. gnaler à nos }ec_
- leurs un établissement d'un genre tout nouveau où l’on peut dire que, pour la première fois, les méthodes les plus complexes et les plus modernes de la chirurgie abdominale sont appliquées avec assez de certitude pour recevoir un véritable développement industriel.
- l)r E. M.
- LA SÉRICULTURE EN INDO-CHINE
- L’Annam et le Tonkin sont les deux provinces de l’Indo-Chine qui offrent le plus de ressources pour la sériculture. Le Cambodge, la Cochinchine' et kle Laos ne produisent guère que la soie nécessaire à leur consommation. D’après l’opinion la plus probable, les Annamites connurent seulement, au ne siècle de notre ère, les méthodes séricoles usitées en Chine trois mille ans auparavant et, depuis lors, ils semblent conserver jalousement ces procédés aussi antiques que primitifs.
- p.21 - vue 25/536
-
-
-
- 90
- LA NATURE.
- Ils cultivent le mûrier blanc et le mûrier noir, qu’ils plantent indistinctement le long des rivières. D’ordinaire les exploitations se trouvent divisées en plates-bandes par des fossés parallèles ou perpendiculaires au cours d’eau et communiquant avec lui afin de faciliter l’irrigation. Sur les languettes de terre ainsi ménagées, on creuse des sillons dans lesquels on place, vers la fin de novembre ou le commencement de décembre, deux ou trois rangées de boutures de mûrier. Comme soins, il suffit de sarcler et, deux mois après, les jeunes pousses se développent si bien que pendant l’année elles donnent cinq récoltes de feuilles. Au bout d’un an, on sectionne les mûriers au ras du sol et on procède de la sorte, pendant dix ans, sans avoir besoin de renouveler les plantations.
- Mais pas plus en Annam qu’en Chine il n’existe de magnaneries proprement dites; l’élevage du ver à soie se fait chez les petits propriétaires pour qui il constitue une industrie accessoire de leur exploitation agricole. Les indigènes se procurent la graine nécessaire soit en conservant les plus beaux cocons de la récolte précédente, soit en s’approvisionnant dans les marchés. Les œufs sont reçus sur des feuilles de papier et, quinze jours plus tard, se produit l’éclosion. On dépose alors les jeunes vers au fond de grandes corbeilles rondes superposées les unes au-dessus des autres sur des étagères. La nourriture des pensionnaires se compose naturellement de feuilles de mûrier qu’on hache pendant les premières mues, mais qu’on leur distribue entières à partir du cinquième âge. Au bout du 27e jour, on transporte les vers pour le coconnage soit sur des fascines suspendues en plein air sous les arbres, soit sous des tentes en nattes ou sous des vérandas.
- Les cocons du ver annamite sont jaunes, ou plus rarement blancs, allongés en ovale, satinés, tissés lâche et floconneux. Il en faut 1400environ pour faire un kilogramme. Enfin en Indo-Chine,on ne pratique pas l’étouffago, on file les cocons frais et les grèges résultantes sont si grossières qu’on doit les redévider sur des guindres afin d’enlever les nœuds et les défectuosités. Ces soies s’exportent principalement à Singapour, à Hongkong et de là à Canton, mais la plus grande partie se tisse dans le pays car, bien que de qualité supérieure, la soie annamite étant mal filée, se vend, en effet, à bas prix aux fabriques européennes. Aussi, pour amener les sériculteurs indo-chinois à perfectionner leurs procédés, on vient d’établir à Aam-dinh (Tonkin) une station séricole qui comprend un champ d’essai pour la culture du mûrier, une magnanerie modèle, une petite filature à vapeur et une chambre d’hibernation pour la graine de ver à soie.
- Quant aux espèces séricigènes sauvages de l’Indo-Chine elles sont peu connues. L’une d’elles cependant porte, d’après M. J. de Cordemoy, le nom de « con-cuoc » et sa chenille se nourrit des feuilles d’un arhre appelé « càv-sao ).'. Les Annamites du Ven-thé, dans la province de ltac-Giang, en retirent un fil analogue au crin de Florence. Pour cette exploitation, ils procèdent de la manière suivante. Ils surveillent le développement de ces chenilles et les récoltent lorsque leur peau, au lieu de sa teinte verte primitive, devient jaune. Ils mettent alors les glandes séricigènes à nu, les plongent dans un vase contenant du vinaigre. Après deux à trois minutes de ce bain, ils les étirent en un fil long de 2 à 5 mètres et qui, une fois séché, est très résistant. Dans tout le delta tonkinois, on utilise ce produit pour confectionner des lignes de pêche, des cordes d’instruments de musique; pour coudre les chapeaux ef pour différents autres usages.
- Jacques Boyer.
- LES PLÛMES JV REFLETS CHANGEANTS
- Les plumes des oiseaux, au point de vue de leur coloration, peuvent être divisées en deux groupes : les « plumes ordinaires )) et les « plumes optiques ».
- Les plumes ordinaires doivent uniquement leur coloration aux pigments qu’elles renferment ; elles ont la même coloration à la lumière réfléchie et à la lumière transmise (plumes rouges pectorales de la Linotte, par exemple).
- Les plumes optiques ont une coloration qui résulte de leur structure; la couleur de la lumière transmise n’est plus la même que celle de la lumière réfléchie. Elles renferment bien un pigment habituellement noir, mais ce dernier ne participe pas directement à la coloration.
- M. Fatio a distingué parmi les plumes optiques deux catégories distinctes. La première comprend les plumes dépourvues de reflets métalliques, dans lesquelles la coloration du pigment intérieur est profondément modifiée par la présence d’une couche épidermique superficielle transparente et autrement colorée, « l’émail ». Il les a désignées sous le nom de « plumes émaillées ». La seconde renferme les plumes caractérisées par l’éclat métallique et leur structure particulière. Ce sont les « plumes optiques proprement dites »,dont l’éclat métallique et changeant peut rivaliser avec les plus belles pierres précieuses : les admirables plumes du Couroucou, du Jacamar, du Lophophore, du Sifilet, du Paon, des Oiseaux-Mouches sont bien connues à cet égard.
- A quoi sont dus ces reflets changeants? On dit souvent qu’ils sont provoqués par ce qu’on appelle en physique le phénomène des réseaux. Mais il n’en est rien; les plumes, même vues à un très fort grossissement, ne montrent nullement les stries très fines qui seraient indispensables pour la production de ce phénomène optique. M. II. Mandoul, qui vient d’étudier la question avec soin, a démontré que ces colorations changeantes doivent toutes être rattachées aux phénomènes d’interférence par les lames minces, phénomènes que tout le monde a pu constater dans la mince pellicule des bulles de savon.
- Dans toutes les barbules étudiées, M. Mandoul a toujours trouvé extérieurement des lames cuticulaires transparentes et très minces (de l’ordre du centième de millimètre) .
- D’autre part, en faisant varier l’épaisseur de la couche cornée des plumes, sous l’action d’agents incolores ne modifiant pas sa nature (par exemple l’acide acétique ou la glycérine), on obtient des changements de coloration concomitants et on sait que les teintes des lames minces dépendent entre autres choses de l’épaisseur des lames. C’est donc dans celles-ci que doivent se produire les phénomènes d’interférences.
- Un autre fait, important pour la coloration, réside dans la présence du fond sombre formé par l’écran pigmentaire placé au-dessous de la substance cornée. Par suite de la présence de cet écran absorbant la lumière, colorée par son passage à travers les lames minces, n’est mélangée que d’une très faible proportion de lumière blanche; cette dernière étant en grande partie absorbée par le fond. En supprimant le fond absorbant par la destruction du pigment au moyen de l’eau oxygénée, M. Mandoul a observé, en effet, la disparition de cet aspect. Les teintes ne se présentent plus avec la même intensité; elles rappellent les irisations de la nacre de perle.
- Il semble, en outre, que le pigment puisse jouer un
- p.22 - vue 26/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 25
- rôle encore plus important, quoique indirect, dans la manifestation des couleurs des lames minces dans les plumes. Son abondance, en eflet, est un des principaux caractères des barbules à reflets métalliques. Dans les plumes qui en sont dépourvues, et où il est remplacé par de l’air, la coloration devient, en effet, blanche. Il se peut donc que, malgré l’existence des conditions requises (minceur de la pellicule, etc.) pour la production de ces colorations, celles-ci ne puissent se manifester parce qu’elles sont noyées dans la lumière blanche réfléchie par l’air.
- Les barbules dans lesquelles se produisent la coloration ayant souvent une structure identique sur toutes leurs faces, on peut se demander comment il se fait que les plumes optiques ne présentent de coloration qu’à leur face supérieure. Ces différences doivent être attribuées à l'orientation des barbules. Les rangées de barbules que porte la barbe, sur ses parties latérales, forment entre elles un angle dièdre ouvert vers l’extérieur. Dans cet angle dièdre, se produisent les réflexions multiples à la suite desquelles la lumière sort colorée. Sur la face interne, ces plumes étant vues par leurs extrémités basilaires, les rayons lumineux sont tangents à l’axe des barbules et la coloration disparaît. On sait en effet que, même par les barbules vues par la face externe, il y a une position pour laquelle la coloration s’éteint. Cette position correspond à celle dans laquelle l’observateur voit les barbules par leurs extrémités libres.
- Comparées aux autres plumes, les plumes optiques offrent des différences portant non seulement sur leur structure, mais aussi sur leur position. Les plumes de l’aile et de la queue, par exemple, sont généralement formées par une tige très forte garnie de barbes et de barbules résistantes. Celles-ci sont reliées les unes aux autres par des crochets s’adaptant dans des cannelures et des encoches correspondantes qui les maintiennent solidement dans leurs positions respectives. L’ensemble constitue une lame plane et résistante, sorte de rame destinée à battre l’air.
- Les barbules elles-mêmes, de forme prismatique ou cylindrique, sont entourées d’une cuticule épaisse d’une grande solidité. Cette structure en relation avec la locomotion aérienne est peu propre à la production des jeux de lumière. Aussi les colorations de ces plumes locomotrices sont-elles plutôt pigmentaires.
- Les plumes à structure très simple comme le duvet qui recouvre les jeunes et persiste chez l’adulte dans les parties profondes parmi les plumes locomotrices, et les vibrisscs encore plus atrophiées, ne présentent jamais de couleurs métalliques, peut-être à cause de la simplicité de leur structure et du peu d’abondance de pigment noir. Aussi leur couleur est-elle généralement claire.
- Au contraire, les plumes qui recouvrent, certaines parties du corps (la tète, le cou, la gorge), par suite de leur disposition imbriquée et des particularités de leur structure (absence de crochets, peu de barbules, tendance à l’aplatissement), sont éminemment propres à la production des teintes de lames minces.
- Toutefois, il ne faudrait pas croire que toutes les belles couleurs des plumes soient dues à des phénomènes d’interférence. C’est ainsi que la couleur bleue des plumes émaillées, bien qu’ayant une origine purement sculpturale, est produite par un phénomène différent. Elle est liée à un phénomène de diffraction par les milieux troubles. D’ailleurs cette couleur ne change pas avec l’angle d’incidence. II. C.
- LA GORGE DE BOUCHARO
- Dans les Pyrénées, sur le versant espagnol, Bou-charo est le premier point habité que l’on rencontre, passé le port de Gavarnie. On ne peut guère considérer ce lieu comme un hameau ; il n’y existait, au moyen âge, qu’un « hôpital » ou asile, dans le sens littéral du latin « hospilium », à l’usage de ceux qui traversaient le col réputé non sans raison comme très dangereux par les tourmentes ; cet asile n’est plus aujourd’hui qu’une vulgaire auberge, d’hospitalité beaucoup moins écossaise, à laquelle s’est adjoint un poste de gahe’ous. Les Espagnols écrivent « Buja-ruelo ». Par suite delà prononciation difficile du « jota » castillan, Bujaruelo pour les Barégeois s’est transformé en Boucharo; on a tellement employé ce dernier terme, que je crois devoir en tenir compte. Le bassin de Boucharo dessine une ellipse plane et n’est pas complètement la proie des fureurs printanières de l’Ara. On y ensemence quelques guérets pierreux ; vis-à-vis l’auberge, poussent de superbes pommes de terre. Alentour, les pentes, noires de pins, se redressent avec violence, et le spectacle de cette forêt amphithéàtrale, inconnu dans les gorges arides, démantelées, de Gavarnie et de Héas, explique, par un contraste réellement saisissant, l’admiration que l’on éprouve pour les gargantas aragotiaiscs, au retour d’une excursion en Espagne.
- Le chemin qui conduit de Boucharo à Torla suit d'abord la rive droite de l’Ara. Contournant la cuvette où il débute, son ruban s’élève légèrement, et, du haut d’un amas de débris rocailleux, laisse derrière lui une vue générale du site, dont les bâtisses s’abritent du vent du nord. Une double cime s’élance ; des lointains s’observent ; on reconnaît le profil du barranco conduisant en France; le bassin de Boucharo apparaît comme un nid paisible et velouté digne de tenter un misanthrope. On profite d’une corniche; de l’autre côté, les parois ont l’aspect d’une construction mégalithique. Les arbres foisonnent, se pressent, envahissent, montent à l’assaut. Le rio s’enfonce. Quelques taches de rouille marbrent le ton gris des rochers. On est à l’aise; des huis plus que jamais; une pente à droite et une muraille à gauche ; en face, des escarpements atteints de pelade, surtout au sommet. Le chemin, aussi confortable que possible, laboure une terre rougeâtre ; on passe sur du gazon. Des aiguilles et des pylônes couronnent le soubassement de l’Escuzana. A T envi, hêtres, pins et sapins se confondent; tous ces troncs verticaux, superposés, étendant horizontalement leurs branches, créent un paysage boisé des plus touffus, dont la fraîcheur rehausse la calcination des rochers crayeux suspendus dans l’espace.
- En approchant de l’ermitage de Sainte-Hélène, la gorge se ferme, tout en conservant entièrement son ampleur. Un pauvre champ de blé y végète. De part et d’autre, toujours des murailles, des pentes livides rayées de corniches et de lignes de pins.
- p.23 - vue 27/536
-
-
-
- 24
- LA NATURE.
- Voici que les traces de la chute d’une avalanche se décèlent devant le spectateur : les branches des huis pendent, tordues ou cassées, avec des feuilles jaunies, mortes; des troncs rompus, des souches s’éparpillent lamentablement, tandis que le rio Ara, qui battait tout à l’heure les bases du versant opposite, s’amuse à faire des îles dans une plaine de galets. D’un côté, la montagne affecte beaucoup de douceur ; del’autre, elles’escarpe, cyclopéenne, sévère, coiffée d’un diadème arborescent. On foule un instant la berge de l’Ara. Sous 1’ « ermita », bâti à distance, il faut franchir deux ruisseaux, le premier provenant d’une source intermittente coulant tantôt le matin, tantôt le soir, et le second vomi par le Rarranco del
- Rozo sous la forme d’un maigre jet que Packe qualifia de « Cascade de Sainte-Hélène » ; cette cascade n’est guère intéressante qu’au moment de la fonte des neiges, et, sans cette circonstance, ne mériterait aucune mention. Quatre troncs écorces, calés par des blocs, imaginent un ponceau que l’on est parfois heureux de rencontrer. La chapelle, perdue à demi dans les frondaisons, a plutôt l’air d’une grange que d’un lieu saint; il y a auprès d’elle un hangar pour les mulets, très utile, quand, le lendemain de la Pentecôte, Torla s’y rend en procession. Les villages voisins pèlerinent également à Santa-Elena : Rroto, le 13 juin; Fragen et Oto, le 17 août, et Sarvisé, le 10 septembre. Personne n’a pu m’expli-
- Fig. i. — La gorge de Boucharo. Au fond, la Peila de Duascaro.
- qucr la raison d’ètre de ce sanctuaire ; je sais seulement que les Aragonais, en temps de sécheresse, vont y demander de la pluie.
- La garganta, qui s’était close, se rouvre, et la Pena de Duascaro, annonçant l’orée de la vallée d’Arrasas, surgit magnifiquement au sud, direction dans laquelle on s’est avancé sans relâche. On traverse un peu plus loin l’Ara sur un pont agrémenté depuis quelque temps de garde-fous de fer, le « puente de Santa Elena ». Le vieux chemin restait autrefois sur la rive droite du rio, où, en escaladant la Pena de Lomenas, un des deux piliers du portail de sortie de lagorgedeRoucharo, il représentait ce qu’on appelle encore aujourd’hui 1’ « Escala de Torla ».
- C’est à partir du pont de Sainte-Hélène que la garganta de Boucharo, vigoureusement pourfendue
- entre la montagne de Cebollar et les murs de la Gatera, acquiert toute sa beauté : on dirait qu’elle a conscience de border le grand massif qui résume ce qu’il y a de particulier et d’extraordinaire dans la chaîne entière. Une façade gigantesque, haute en couleur et bombée comme un front, se montre et écrase, par la proximité de ses énormes assises, le mur blanchâtre qui surmonte les pentes occidentales. Le chemin, assez désagréable à la marche, descend peu à peu le long de l’étroit thalweg, tantôt parmi des arbres, tantôt sous la protection d’un parapet, sans se soucier le moins du monde du torrent qui l’accompagne et dont le pittoresque semble l’avoir depuis longtemps blasé. La dénivellation continuelle du terrain oblige le rio Ara à se hâter malgré lui. Aucune cascade toutefois ne pousse sa fureur au
- p.24 - vue 28/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 2Ù
- paroxysme ; parmi les blocs monstrueux qui tout à coup l’encombrent, il se borne à écumer, à bramer plus fort. Un auvent se projette, qui garantirait une petite caravane en cas d’orage ; la roche pleure ; de longues herbes retombent. Des coulées d’éboulis sillonnent le moutonnement du hallier. En avant, la Pena de Duascaro, tronquée, caractéristique, est encadrée par des môles majestueusement profilés h droite et à gauche. Les arbres s’éclaircissent ; puis, il n’y en a plus. Quelques rares troncs noircis, squelettes décharnés, droits comme des poteaux, lugubres, jalonnent des pentes dépouillées qui commencent à se reboiser d’elles-mêmes. Une raillère dégorge un filet d’eau claire. D’une autre sorte de ravine rocheuse
- tombe une fine cascatelle : ce dernier égout a nécessité un caniveau sous le chemin. Des dômes couleur de chaux, très loin en arrière, se perdent dans les cieux. Avide du spectacle de la gorge, une sapinière intacte s’étage par là de gradins en gradins. Une des douves du torrent offre des marches dégagées et polies par l’érosion. En même temps, le chemin coupe le Barranco de Sopeliana, et, soutenu par une maçonnerie qui part du fond du bief tumultueux de l’Ara, tourne contre une sorte d’éperon formidable où s’excave une anfractuosité, une « cueva » bizarre. Une paroi à pic s’avançant en sens inverse, il se produit un étranglement. La garganta de Boucharo se termine ici avec, beaucoup d’à propos et en tout
- Fig. 2. — La gorge de Boucharo. L’étranglement. (D’après des photographies de M. Lucien Briet.)
- honneur; à la fois solide et croulant, son étroit goulet semble plein de mystère, et quand on sait que plus bas, dans les sierras, il y a beaucoup mieux, on ne s'étonne plus que les défilés du llaut-Aragon aient été mis, par ceux qui en ont signalé quelques-uns, au premier rang parmi les merveilles de la nature.
- Le ponceau, grâce auquel on franchit le Barranco de Sopeliana, était autrefois en hois. Cette année (1904), un glissement de terres et de cailloux l’a renversé presque. Un désastre moins réparable avait en 1902 altéré la physionomie du site. Des masses chaotiques, détachées de la falaise, tombèrent sur la piste et oblitérèrent l’abri naturel où les troupeaux en exode vers les hauts pâturages gîtaient parfois la nuit. Cette chute eut lieu à huit heures du soir,
- comme venait de passer un douanier. On coudoie ces effrayantes ruines ; on monte ; on double le redan qui surplombe, taillé comme à grands coups; la façade correspondante se rapproche encore davantage; la gorge n’est plus qu’une fissure, une lézarde dans les profondeurs de laquelle le rio s’engloutit. Des arbustes jaillissent, débordent; le muret protecteur en est par moments empanaché. Rappelons qu’une source suinte sur ce point, peu abondante, maiscxcellenteetd’une grande fraîcheur ; elle se trouve juste à l’endroit où la prise d’eau « del Azute », amorcée au seuil du barranco de Sopeliana, commence à couler le long du chemin. L’ « estrecho » de la gorge de Boucharo, malheureusement, ne se poursuit pas; il manque de souffle. On n’a pas plutôt fait cent pas qu’il s’élargit. Là-dessus, le jour
- p.25 - vue 29/536
-
-
-
- 26
- LA NATURE.
- revient, et, sans autre transition, avec toujours l’alnme h droite, on débouche dans la vallée de liroto, large, cultivée, verdoyante, ceinte de montagnes adoucies; ces montagnes se prolongent au delà du village de Torla dont les maisons se groupent sur un monticule, auprès d’un clocher en forme de tour. L’elfet produit par ce changement de décor est tel que l’on croit avoir traversé les Pyrénées de part en part. Le pont des Navarrais ramène immédiatement sur la rive droite. Pour peu que vous ayez entendu parler avec éloge du « puente de losNavarros », vous éprouverez à sa vue une déception complète.
- Ce n’est pas une arche fine et élancée, comme on en souhaiterait une pour clôturer hardiment la gorge, mais un grossier tablier étriqué entre des parapets sans charme; au milieu de ce pont, le regard plonge, en outre, très mal dans le gouffre, trop puissamment embroussaillé. Sa dénomination provient des ouvriers, originaires de la Navarre, qui l'édifièrent en 1850. Les ruines de la cabane, où ils habitèrent pendant la durée des travaux, indiquent l'embranchement du sentier qu’il faut prendre pour se rendre dans la vallée d'Arra-sas, largement ouverte, sans qu’on s’en doute, et barrée par des assises de calcaire pommelées de touffes de buis. On gagne l’autre rive ; un magnifique pignon rouge se dresse comme un immense panneau de porphyre ; P « acequia » clapote de nouveau gaiement : son eau a passé le pont à l’aide d’un conduit clandestin. La joie de toucher le but redonne alors des forces, on accélère, et, grâce à l’horizontalité du chemin, désormais acceptable, on atteint rapidement Torla, après avoir arpenté d'un bout à l’autre un vaste bassin d’au moins trois kilomètres de longueur, égratigné de deux ou trois ravines, et où s’entremêlent des champs et des prés. Lucien Briet,
- LA LOI DE NIVEAU
- DES SOUCHES SOUTERRAINES
- Les personnes qui herborisent savent bien que l’on trouve toujours à peu près à la même profondeur les diverses parties souterraines persistantes des végétaux et notamment les rhizomes, les tubercules et les bulbes, chaque espèce, d’ailleurs, ayant sa préférence pour une profondeur déterminée. On a fait de nombreuses observations et expériences sur ce phénomène et l’on n’a pas tardé à s’apercevoir qu’il n’était pas dù à un simple hasard. Si l’on place, par exemple, un rhizome tout près de la surface du sol, l’année suivante on le retrouve — lui ou ses descendants — revenu à la profondeur normale qu’il a l’habitude d’occuper. Si, au contraire, on le place trop profondément, il remonte et revient de nouveau à son niveau ordinaire. A ce point de vue il n’y a rien d’aussi têtu qu’un rhizome, dette « loi de niveau », comme je le disais plus haut, était bien connue, surtout depuis 1881, époque où Ch. Royer l’avait indiquée
- dans sa « Flore de la Cote d’Or )). On était moins fixé sur la manière dont se faisait la montée ou la descente des souches souterraines; M. Jean Massait vient de la faire connaître, d’après ses propres observations et celles de M. Rimbach, dans ses formes qui, on va le voir, sont très variées.
- Occupons-nous d’abord de l’ascension des rhizomes, c’est-à-dire de leur montée quand ils sont trop profondément enterrés dans le sol.
- Chez la violette, les bourgeons qui se trouvent sur le
- rhizome s’allongent beaucoup à leur base et ne s’arrêtent de croître que lorsqu’ils sont arrivés à la hauteur habituelle où le rhizome se trouve le mieux. A ce moment, la partie qui s’est allongée se détruit et les bourgeons sont abandonnés dans le sol où ils ne tardent pas à donner des racines, puis des plantes ordinaires, avec leurs rhizomes (B).
- Chez le Tradescantia, les bourgeons placés sur le rhizome se conduisent de même, mais en outre la tige qui naît au bout du rhizome porte aussi des bourgeons : ceux-ci ne persistent qu’au niveau normal de la plante et-s’ajoutent aux précédents (C).
- Chez d’autres plantes, ce dernier phénomène se présente seid, c’est-à-dire que se sont les bourgeons se développant sur la tige verticale qui persistent seuls et au niveau habituel (D).
- Dans ces divers cas, on vient de voir que les bourgeons hivernants — futurs producteurs de rhizomes — sont amenés à la bonne hauteur grâce à la croissance seule. Dans d’autres groupes, une nouvelle réaction, le tropisme (c’est-à-dire l’accroissement inégal des organes) vient s’ajouter à la croissance, ou même suffit à elle seule à assurer la reprise du niveau. Dans l’exemple le plus simple, le rhizome se recourbe vers le haut, mais ses entre-nœuds restent courts, il faut plusieurs années pour que la plante reprenne son niveau. C’est ce qui s’observe chez l’asperge. D’autres fois les entre-nœuds dressés s’allongent fortement. Il suffit donc d’un petit nombre d’entrenœuds pour que la plante regagne la bonne hauteur; dès qu’elle s’y trouve, ‘elle se remet à pousser horizontalement et à former des entre-nœuds courts et gros : cela se rencontre chez la renoncule âcre et F « acorus calamus » (E).
- Les procédés de descente des souches placées trop haut dans le sol sont un peu différents de ceux de la montée. Quand la plante drageonne, comme c’est le cas chez certaines Euphorbes, des bourgeons se forment sur les racines (B), et, par suite, plus bas que le rhizome, et celui-ci
- Il i1 Ü '
- A
- • D
- Surface du sol
- D
- Les souches souterraines. — En haut : Ascension des rhizomes ; A, niveau normal. En lias : Descente des rhizomes et des bulbes; A, niveau normal.
- p.26 - vue 30/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 27
- disparaît. Si la plante possède une souche verticale, mais ne produit pas de bourgeons sur les racines (c’est le cas du Géranium à grosses racines), elle reprend son niveau en donnant la prépondérance aux bourgeons situés le plus bas.
- La plupart des souches s’abaissent par la simple courbure vers le bas de l’extrémité de la souche (C) et en créant au bon niveau soit un rhizome, soit un bulbe. Ce dernier cas se voit, par exemple, chez la Tulipe où le bulbe plus profond prend la forme d’une masse pâteuse que l’on aurait étirée (E). D’autres fois, le rhizome émet vers le bas une lige qui se recourbe ensuite vers le haut (D). Au niveau de la courbure se forment des bourgeons qui seuls persistent et, plus tard, donnent des petits rhizomes enterrés ainsi à l’endroit voulu.
- Enfin la descente des souches peut s’opérer par un mécanisme tout dilièrent. Beaucoup de végétaux, en effet, peuvent raccourcir leurs racines après qu’elles ont atteint toute leur longueur. Comme elles sont alors solidement fixées à leur extrémité inférieure par les radicelles et par les poils radicaux, leur contraction a pour effet de faire descendre le collet de la plante. Chez divers Oxalis bulbeux, les individus placés trop haut ont une racine dont la partie contractile, charnue, est très longue et peut déterminer une descente notable, tandis que ceux placés au bon niveau ont une racine qui reste grêle et non contractile dans la majeure partie de son étendue. Le Crocus présente un phénomène analogue : quand il est placé trop haut, et alors seulement, il produit, outre des racines absorbantes grêles, une ou deux racines charnues, fortement contractiles ; comme elles sont disposées sur un bord du tubercule, celui-ci est attiré obliquement ver le bas. Pour l’Ornithogale à ombelles, on observe également que les racines contractiles n’existent que lorsque la plantation a été faite trop près de la surface du sol. Enfin, chez la Belladone, les individus trop superficiels forment des racines descendant verticalement et contractiles, tandis que ceux qui sont à la profondeur convenable donnent des racines horizontales non contractiles.
- En terminant, on peut — et on doit — se demander quelles sont les sensations que perçoi vent les souches pour se rendre compte du niveau où elles se trouvent. Comment comprennent-elles qu’elles sont trop haut, — et, par suite, risquent d’être dévorées par les herbivores — ou trop bas, — et, par suite, sont menacées de ne pouvoir faire sortir leurs pousses de terre? La question est encore à l’étude. Dans un travail récent, M. Dauphiné semble avoir démontré que la question d’humidité du sol a un certain rôle sur cette « conscience » de la profondeur.
- Il a obtenu la descente des rhizomes en desséchant la surface du sol dans des pots où étaient plantés des exemplaires de Lysimaque. Une légère humidité était entretenue à la partie inférieure des pots. Très rapidement, quatre ou cinq jours après la mise en expérience, les rhizomes en voie de croissance avaient pris une direction descendante verticale, formant un angle droit avec leur direction primitive, alors que rien de semblable ne se produisait chez les témoins. A la fin de l’expérience, c’est-à-dire au bout de deux mois, les rhizomes avaient ainsi gagné un niveau de 5 ou 6 centimètres.
- D’autre part, M. Massart et d’autres botanistes ont manifestement montré que la quantité de lumière reçue par la souche influe sur sa sensibilité, mais on ne voit pas encore très bien comment cette sensibilité peut être influencée sous une épaisse couche de terre. La question, en réalité, est plus complexe à résoudre qu’elle ne le paraît.
- Henri Courts.
- LE NOUVEAU FEU-ÉCLAIR
- DU PHARE n’ HÉUGOUANR
- Dans un précédent article1, nous avons montré, les progrès considérables de l’éclairage des phares, dans ces dernières années, progrès résultant de l’emploi des « feux-éclairs », dus à l’initiative de M. Bourdelles, Inspecteur général des Ponts et chaussées. Nous avons montré que l’augmentation de puissance de ces feux était obtenue par la meilleure utilisation de l’appareil optique, en diminuant le nombre des panneaux, tout en leur donnant la plus grande surface possible, et par la concentration, au moyen de ces panneaux, des rayons lumineux de la source en un faisceau aussi peu divergent que possible et dont l’intensité est d’autant plus grande que la durée de l’éclat est plus faible et suffisante pour impressionner l’œil de l’observateur. Nous avons montré que cette durée d’éclat pouvait être réduite à 5/10 de seconde et, même, à 1/10 de seconde, à condition que ces éclats se reproduisent de cinq en cinq secondes. On obtient alors d’une source éclairante le maximum d’effet utile, tout en permettant de faire les relèvements nécessaires pour connaître la position du navire. On a pu ainsi porter la puissance lumineuse des phares électriques de grand atterrage à 5 millions de becs Carcel « absolus » avec des optiques-jumelles. Les feux-éclairs qui sont appliqués d’une manière générale à l’éclairage des côtes de France ont reçu également nombre d’applications dans le monde entier.
- Tout en conservant la durée des éclats des feux-éclairs, ainsi que leur espacement, l’administration des phares du gouvernement allemand vient de faire, cependant, une dérogation à l’emploi, aujourd’hui exclusif, des panneaux d’optique du système Fresnel, formes, comme on sait, de lentilles à échelons et d’anneaux catadioptriques. Elle vient, au nouveau phare d’Héligoland, feu de grand atterrage pour tous les navires qui se dirigent vers l’Elbe ou le Weser, c’est-à-dire vers Hambourg, le canal de la Baltique ou Brême, de remplacer les panneaux d’optique par des réflecteurs paraboliques en verre argenté. Ce feu est en service depuis juin 1902.
- On revient ainsi à l’emploi des réflecteurs adoptés, pour la première fois, en 1791, au phare de Cordouan et remplacés, en 1825, par les optiques de Fresnel. Ces réflecteurs, qui étaient métalliques, soit en acier, soit en cuivre et dont la surface intérieure était argentée au moyen de feuilles superposées et au foyer desquels était placé un bec de lampe à double courant d’air, absorbaient environ la moitié de la lumière incidente et ne donnaient, par suite, qu’un faible rendement lumineux. De plus, ces appareils étaient lourds. Les lentilles à échelons de Fresnel n’absorbant, au contraire, que 1/10 environ de la lumière incidente et donnant un rendement lumineux supérieur, il n’est
- 1 Voy, n° 1586, du 17 octobre 1903, p. 310.
- ‘<x—
- p.27 - vue 31/536
-
-
-
- 28
- LÀ NATURE.
- pas étonnant qu’à partir de 1825 on ait pris le parti, en France et à l’étranger, d’abandonner les réflec-teurs et d’employer exclusivement les panneaux d’optique Fresnel. Les constructeurs de projecteurs ne se considérèrent cependant pas comme battus et, grâce aux progrès de l'industrie du verre et à la création de nouveaux appareils permettant son travail, grâce aussi aux besoins nouveaux de la marine où l’emploi de projecteurs puissants se faisait de plus en plus sentir, on est arrivé actuellement à construire des projecteurs en verre mince argenté dont la puissance devient comparable à celle des panneaux d’optique Fresnel. Nous citerons, dans cet ordre d’idées, les projecteurs étudiés par MM. Saut-ter-Ilarlé et ceux construits par M. Schiickcrt, de Nuremberg, qui sont précisément ceux qui sont appliqués au phare d’Hé-ligoland.
- Le nouveau phare d’Hé-ligoland (fig. 1) se compose d’une tour à base octogonale, surmontée d’une partie tronconique, au sommet de laquelle se trouve la lanterne destinée à recevoir l’appareil d’éclairage. Le plan focal se trouve à une hauteur de 82 mètres au-dessus du niveau des hautes mers.
- L’appareil d’éclairage (fig. 2 et 3) se compose de trois réflecteurs paraboliques en verre argenté dont les axes principaux font entre eux un angle de 120° dans le plan horizontal.
- Au foyer de chacun de ces projecteurs de 0ra,75 d’ouverture et de 0m,25 de distance focale se trouve la source lumineuse produite par une lampe électrique dont les charbons sont placés horizontalement suivant l’axe principal du réflecteur et dont le cratère du charbon positif occupe le foyer. L’arc est produit par un courant continu de 54 ampères sous 45 volts. Avec cette intensité de courant, le diamètre du cratère positif est de 9,7 millimètres et la divergence des rayons lumineux de 2° 14'. Les trois réflecteurs sont fixés sur une même plate-forme horizontale faisant sa révolution en 15 secondes. 11 en résulte que la durée des éclats est évaluée à 1/10 de seconde et que la répétition de ces éclats se reproduit de 5 en 5 secondes.
- Cette durée d’éclat de 1/10 de seconde est un minimum que le service des phares français a cru devoir, dans ses dernières installations, porter à 5/10 de seconde. Toutefois, afin de-se rendre compte
- expérimentalement de l’influence d’une diminution de la durée d’éclat au-dessous de 1/10 de seconde, le service des phares allemand a installé au phare d’IIéligoland un quatrième projecteur placé au-dessus des trois autres. Ce projecteur, dont l’intensité lumineuse est égale à celle de chacun • des trois autres, fait sa révolution autour de son axe vertical de support en 5 secondes, mais la durée des éclats qui se répètent également de 5 en 5 secondes n’est plus que de 1/50 de seconde. Reste à savoir quelle sera l’influence d’une aussi courte durée d’éclat sur la portée lumineuse de l’appareil, comparativement à celle obtenue avec les trois projecteurs et une durée d’éclat triple. Cette portée sera vraisemblablement diminuée, celle-ci étant proportionnelle à la durée de l’éclat.
- Le plateau horizontal sur lequel sont fixés les trois projecteurs et qui entraîne ceux-ci dans leur mouvement de rotation, roule sur des billes. De plus, afin de diminuer le frottement et l’effort nécessaire pour la rotation de l’appareil, tout l’ensemble repose, comme dans les phares français, sur un flotteur annulaire plongeant dans une cuve à mercure de même forme et dont la poussée équilibre le poids de l’appareil. Une disposition analogue est adoptée pour le projecteur supérieur. Dans la cavité cylindrique intérieure formée par ce flotteur à mercure sont installés six cables électriques : quatre amènent le courant aux trois projecteurs et au projecteur supérieur, le cinquième à l’électromoteur qui donne le mouvement de rotation au projecteur supérieur et le sixième sert de retour au courant. Un second électromoteur, placé à la hase de l’appareil, donne le mouvement de rotation au plateau qui supporte les trois projecteurs inférieurs. Ces différents cables aboutissent à un tableau de distribution permettant de régler, suivant les besoins, la marche des divers appareils. Le courant continu amené de l’usine productrice de l’énergie au tableau de distribution, au moyen d’un câble de 100 millimètres carrés de section, est produit par deux dynamos de chacune 210 ampères sous un potentiel de 65 à 75 volts. Une des dynamos sert de réserve.
- Il résulte d’expériences faites à l’état fixe, à Nuremberg, au moyen d’un photomètre de Weber et à une distance de 1290 mètres, que l’intensité « abso-
- Fig. 1. — Vue de nuit du phare d’IIéligoland.
- p.28 - vue 32/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 29
- lue » du faisceau lumineux du projecteur de 0m,75 d’ouverture et de 0m,25 de distance focale, est, en moyenne, de 5 955 000 carcels avec un courant de 54 ampères sous 45 volts. Cette même intensité est de 5 410000 carcels avec un courant de 20 ampères sous 45 volts.
- Ces résultats appellent une certaine réserve et méritent d’être examinés de plus près. 11 n’est pas douteux que les réflecteurs paraboliques à courte distance focale, comme ceux d’Iléligoland, rassemblent un flux lumineux plus considérable que si le réllecteur avait une plus grande distance focale. Mais il ne faut pas oublier, d’autre part, que la zone lumineuse éclairée par le réllecteur et envoyée à grande distance vers l’horizon n’est pas homogène.
- Fig. 2. — Coupc de l’appareil optique.
- Si on applique les formules de M. Blondel aux réflecteurs paraboliques d’Iléligoland dont l’ouverture est de 0,75 et la distance focale de 0,25, on trouve que ce degré d’homogénéité, c’est-à-dire le rapport du diamètre de la zone centrale MN au diamètre total du faisceau PQ, est de 0,18.
- Il en résulte que la divergence de la source lumineuse qui était de 2° 14', par rapport au centre du miroir, ne sera plus, en réalité, qim 0,18 de celle-ci, c’est-à-dire de 24 minutes ou, en chiffres ronds, 20 pour 100 de la première. La durée de l’éclat qu’on admettait de 1/10 de seconde ne sera réellement que 20 pour 100 de cette dernière, c’est-à-dire 1/50 de seconde.
- Or, on sait que l’intensité lumineuse du faisceau, lorsque la durée de la perception est inférieure à 1/10 de seconde, est proportionnelle à la durée de
- Elle se compose (tig. 4) d’une partie centrale où l’éclairement est maximum et d’une couronne circulaire où l’intensité lumineuse va en diminuant du centre vers le bord. C’est cette zone centrale, seule, qui, à grande distance, éclaire le navigateur, la zone marginale étant absorbée dans l’atmosphère.
- Or, il résulte des études faites par M. Blondel, ingénieur attaché au service des phares français, que cette zone d’éclairement est d’autant moindre comme diamètre, par rapport au diamètre du réflecteur, que la distance focale de celui-ci est elle-même plus faible. C’est ce rapport de la zone centrale du faisceau à la section totale du même faisceau, c’est-à-dire le rapport de MN à PQ, que M. Blondel a appelé le « degré d’homogénéité » du faisceau lumineux.
- Fig. 3. — Vue (le l’appareil optique.
- l’éclat. On peut donc en conclure que l’intensité lumineuse de 5955000 becs carcels, indiquée à l’état fixe, par les expérimentateurs allemands, sera réduite « pour l’observateur en mer » à 20 pour 100 de cette valeur, c’est-à-dire à 800 000 becs.
- Il serait intéressant de comparer ces résultats théoriques avec des expériences photomélriques donnant l’intensité « réelle » des rayons lumineux envoyés en mer par les projecteurs d’Iléligoland, mais nous ne savons si ces expériences ont été faites. Elles seraient d’autant plus intéressantes qu’elles permettraient de résoudre définitivement la question de l’emploi des projecteurs à l’éclairage des phares.
- Ceci montre, comme l’a fait remarquer M. J. Rey, combien l’emploi des réflecteurs paraboliques à court foyer présente, pour les feux-éclairs, de diffi-
- p.29 - vue 33/536
-
-
-
- 30
- LA NATURE.
- cultes pratiques, puisque l’avantage de la courte distance focale est plus que compensée par la réduction de l’intensité perçue et, par suite, de la portée. Ceci explique encore pourquoi le service des phares allemands n’a pus persévéré dans la construction des leux-éclairs avec projecteurs paraboliques. Le nouveau feu-éclair d’Arkona, dans l’ile de Riigen, est muni d’un optique Fresnel.
- Avec les lentilles Fresnel, le degré d’homogénéité est supérieur à celui des miroirs paraboliques. La source lumineuse peut être utilisée dans toutes les directions de l'espace et on peut donner au faisceau une durée de passage notablement plus élevée.
- Fn résumé, dans les appareils français l’intensité lumineuse est vraiment utilisée pour l’œil de l’observateur, tandis que dans l’appareil allemand, elle est notablement réduite.
- De plus, on peut se demander si l’emploi de trois projecteurs n’amènera pas certaines complications,
- Fig. 4. — Section longitudinale du faisceau lumineux des projecteurs à grande distance, montrant la variation d'éclairement. — AFB, divergence totale = 2” 11'; CF B. divergence delà zone centrale = 21' 5 : F 0, distance locale = 0"’.2o.
- en ce qui concerne le réglage des appareils. On sait, en effet, que, pour obtenir le rendement, maximum d’un appareil d’éclairage quelconque, il est de toute nécessité que le cratère du charbon positif reste invariablement au foyer de l’appareil optique. Toute variation, quelque faible qu’elle soit, est la cause d’une perte de rendement importante. Toute l’attention du gardien doit donc se porter sur le maintien invariable de la position des charbons. Or, au phare d’iléligoland, il y a trois foyers à surveiller au lieu de deux dans l’appareil français. N’en résultera-t-il pas, en pratique, une difficulté assez sérieuse, d’autant plus que, dans l’appareil d’iléligoland, les appareils de réglage des charbons tournent avec l’ensemble de l’appareil, ce qui complique encore le réglage des foyers.
- On peut aussi se demander si l’argenture des projecteurs ne se détériorera pas rapidement sous T influence de la chaleur intense produite par l’arc électrique et si le renouvellement fréquent de cette argenture ne sera pas une cause d’augmentation de dépense importante.
- Il ne faut pas oublier que les projecteurs en service dans un phare fonctionnent, en hiver, plus de 16 heures consécutives, tandis que les projecteurs de la marine, auxquels on les compare, ne fonctionnent généralement que pendant un temps relativement court. R. Box ma.
- L’HORLOGERIE CLUSIENNE
- Au moment où l’industrie horlogère de la Haute-Savoie, dont le centre est Cluses, subit une crise, il est de circonstance de jeter un coup d’œil en arrière et de rappeler par quelles péripéties passa cette colonie ouvrière.
- L’histoire de l’horlogerie savoisienne a été écrite avec de nombreux et curieux détails par M. Narcisse Perrin, ancien directeur des écoles publiques de Cluses dans un charmantpetitvolume qui en est en quelque sorte la cinématographie1. Ce fut un nommé Ballaloud qui importa l’horlogerie d’Allemagne dans son pays — Saint-Sigismond de Cluses, — vers 1715. Les premiers débouchés des horlogers savoisiens furent l’Allemagne, puis Genève et Neuchâtel. Besançon ne vint que plus tard.
- Les Clusiens n’eurent pas beaucoup à se louer de leurs rapports avec Genève. Ils confiaient leurs marchandises à des messagers qui les allaient offrir aux comptoirs genevois. Les chefs de ces derniers se renvoyaient les malheureux commissionnaires qui finissaient par céder leurs mouvements à des prix ridiculement bas, pour n’ètre point forcés de les emporter, et qui acceptaient encore en paiement, au moins pour partie, de vieilles marchandises défraîchies.
- La conséquence de ce système fut qu’en 1790, le Fau-cigny était réduit à la sombre misère. Il comptait alors 1115 ouvriers répartis entre 16 communes dont les principales étaient Cluses (590 horlogers) Scionzier (147) et Saint-Sigismond (142). Sous le premier Empire la situation s’améliora et, en 1807,1a vallée de l’Arve comptait 1470 ouvriers horlogers. En 1815, on atteignait le chiffre de 1800.
- A partir de 1810 l’industrie retombe et décline pour recevoir le coup de grâce en 1844, époque à laquelle un incendie terrible détruisit Cluses. Le nombre des horlogers descendit à 50 au milieu des ruines fumantes de la petite cité. Grâce à l’énergie et à l’activité du syndic Firmin Guy, le gouvernement piémontais vint en aide aux Clusiens et fonda, en 1848, l’École d’horlogerie qui devait devenir célèbre sous la direction de M. Benoit, artiste renommé, lequel la gouverna pendant quarante et un ans, après l’avoir organisée de fond en comble. En 1819 le nombre des horlogers — qui était descendu dans la vallée de l’Arve à_595 à la suite de l’incendie — remontait à 078 pour atteindre 1125 en 1851. En 1805, année de l’annexion de la Savoie à la France, on comptait 2100 ouvriers faisant un chiffre d’affaires de 2 200 000 francs et répartis dans 24 communes. En 1901 le chiffre total de la population ouvrière horlogère de la région était monté à 5050 personnes, dont 900 à Scionzier, 700 à Cluses, 650 à Mont Sacconex, 600 à Magland, 500 à Marnaz et 400 à Araches.
- La fabrication actuelle comprend la montre complète, les mouvements en blanc, c’est-à-dire non montés, les fournitures d’horlogerie, les fraises, les pignons et le décolletage des métaux. Les usines comptent en général, au plus, de 50 à 00 ouvriers. Une des parties les plus intéressantes de la fabrication est le taillage des pignons. Chaque montre comporte 6 pignons qui forment un jeu, et 12 jeux valent en moyenne 5 francs, roues comprises. Dans ce prix la matière première, acier pourles pignons proprement dits, entre pour 55 centimes, et le cuivre des roues pour 18 centimes. On exporte annuellement 4 millions de jeux
- 1 L'horlogerie Savoisienne, par Narcisse Perrin, à Tlionon, chez Haflin et C'\ 1902.
- p.30 - vue 34/536
-
-
-
- LA NATURE.
- en Suisse, 2 millions en France et un demi-million dans les autres pays. La journée de l’ouvrier en pignons est de 2tr,50 en moyenne, chiffre qui a plus de valeur qu’en France à cause de la situation particulière du pays, situé dans la zone franche.
- Nous avons dit que l’Ecole d’horlogerie de Cluses était très prospère. Elle le doit à l’activité et au zèle de sa direction comme au dévouement de son corps enseignant. Après la mort d’Achille Benoit qui la dirigea, et sous les ordres duquel elle fut successivement royale, impériale et nationale, italienne et française, elle jiassa, en 1881), entre les mains de M. Peltre qui en avait été sous-directeur pendant trois ans. M. Peltre, après avoir continué les traditions de M. Benoit, laissa en 1809 la direction à M. Lavaivre, ancien élève et ancien chef d’atelier de l’École, et digne successeur de ses deux devanciers.
- L’Ecole de Cluses a eu jusqu’à ldi élèves, venant de tous les points de la France. En l’année de l’Exposition elle en avait 140, l’année dernière 151. L’instruction, à la fois théorique et pratique, s’étend sur trois années. Dans la première année elle est commune à tous les élèves. Bans les deux années suivantes il y a bifurcation, une partie des jeunes gens se spécialisant dans la mécanique et l’autre dans l’horlogerie, ainsi que cela se pratique dans les Technicums suisses du Loclc, de la Chaux-de-Fond, etc. Les bâtiments de l’Ecole ont été reconstruits entièrement et le nouvel établissement, capable de contenir deux cents élèves, a été inauguré en 1880. L’État accorde une subvention annuelle de 00 000 francs auxquels le département ajoute "2000 francs. Telle est cette curieuse région du Faucigny. ____^_____ L. Reveuciion.
- CHRONIQUE
- La comète d'Kncke. — La comète d’Encke dont nous annoncions récemment le retour1 augmente moins rapidement d’éclat qu’on ne l’avait espéré tout d’abord. Elle n’est pas devenue visible à l’œil nu et est restée presque à la limite de visibilité dans les instruments de faible puissance optique. On a pu la suivre toutefois avec une bonne jumelle. Les observations récentes ont montré que les premières éphémérides publiées, comportaient une grande incertitude. Celles qui ont été données récemment par M. Smart sont beaucoup plus exactes. A l’aide des indications suivantes, on pourra trouver la visiteuse céleste en s’aidant d’une bonne carte et d’une lunette de force moyenne. Le 11 décembre, la comète sera à peu près à égale distance entre les étoiles x Dauphin et 71 de l’Aigle. Fille arrivera, le 15, à environ 2 degrés au nord-est de 0 Aigle et passera très près de cette étoile vers le 17 décembre. Ce sera une bonne occasion pour la trouver. Elle se dirigera ensuite vers l’étoile v Aigle qu’elle atteindra le 25 décembre. De nombreuses plaques en ont été prises dans les divers observatoires astro-photographiques du monde entier.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 décembre 1904. — Présidence de M. Mascàrt.
- Réalité des Rayons N. — M. Blondlot a déjà entrepris de démontrer la réalité des rayons N au moyen de la photographie. M. Bordier, de la faculté de médecine de Lyon, s’est également proposé de donner une solution du pro-
- 1 Yov. n° 1041, du 5 novembre 1904, p. 500.
- blême par le même moyen 11 trace deux raies dans une feuille de carton, et y laisse tomber du sulfure de calcium, puis soumet la feuille à l’insolation. Il recouvre ensuite l’une des raies avec une lime, c’est-à-dire avec une substance émettant des rayons N, et l’autre raie avec une lame de plomb de même forme que la lime. La plaque est ensuite portée sur la chambre noire. Le cliché obtenu donne pour les deux raies des images differentes. Celle couverte par la lime est plus étendue. L’auteur varie ensuite l’expérience en remplaçant la lime et la laine de plomb par des boites de carton contenant des billes d’acier et des billes de plomb. Le résultat est le même.
- Synthèse de la sorbiérile. — M. Maquenne expose les résultats obtenus par M. Gabriel Bertrand en poursuivant l’étude de la sorbiérile, sucre extrait des baies de sorbier. Fin combinant l’emploi des réactifs avec l’action d’un microbe, la bactérie du sorbose, M. G. Bertrand est parvenu à reproduire artificiellement la sorbiérile. Ce travail établit la véritable nature du nouveau sucre; il présente, en outre, un très grand intérêt, au point de vue de la synthèse naturelle chez les végétaux, en montrant les relations qui unissent entre eux les divers sucres rencontrés dans les sorbes et présente le premier exemple, dans un végétal, d'un sucre obtenu exclusivement par les pi’océdés de laboratoire.
- Les animaux des Cavernes. — M. Ed. Perrier expose que M. Armand Viré, qui s’est livré à l’étude de la faune des cavernes, a reconnu l’existence de 1500 espèces et s’est appliqué à déterminer leur origine. Il a trouvé que celle-ci était double. D’abord des animaux issus de ceux de la surface et offrant des modifications secondaires et graduelles, ensuite des animaux sans équivalents à la surface que l’on retrouve dans la mer ou dans le tertiaire voisin. Les premiers ont pu être l’objet d’une vérification expérimentale en laboratoire. Mais les conditions biologiques en laboratoire sont médiocres; de telle sorte qu’il y aurait lieu de recourir à un laboratoire naturel. On pourrait utiliser dans ce but le gouffre de Padirac au fond duquel coule une rivière qui ne tarit jamais et qui forme de véritables lacs. 11 serait alors aisé de rechercher si les animaux d’autres cavernes peuvent y vivre et d’étudier les modifications de ceux transportés de la surface. Un tel ensemble de recherches comportant une durée fort longue pourrait être entrepris sous la direction de l’Académie.
- Un parasite de la sardine. — M. Marcel Baudouin signale l’existence, sur les sardines des côtes de Vendée, d’un crustacé parasite tout à fait voisin du lerniscus prattus. Ce parasite se fixe sur diverses parties du corps; l’animal qui le porte est toujours de petite taille. Or, il est à remarquer que les sardines du large ne portent presque jamais le parasite. Peut-être existe-t-il une relation entre l’apparition du parasite sur nos rivages et l’éloignement de la sardine.
- Propriétés osmotiques des tissus des poissons. — M. E. Perrier dépose une Note de M. Quinton relative aux propriétés osmotiques des tissus de certains poissons dont il s’est déjà occupé (poissons cartilagineux : raies, torpilles, requins), poissons qui bien que vivant dans l’eau de mer dont la concentration est de 55 grammes par litre, maintiennent leur milieu organique inférieur à une concentration de 20 grammes par litre. Ce déséquilibre, contraire aux lois de l’osmose, donnait à penser que ces poissons cartilagineux sont isolés du milieu extérieur par quelque disposition anatomique inconnue. Or,
- p.31 - vue 35/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 52
- le problème serait plus complexe. M. Quinton, d’après des expériences portant sur plusieurs types de sélaciens, montre qu’il suffit de les placer dans l’eau de mer diluée pour voir se produire les phénomènes d’osmose, c’est-à-dire la tendance à l’équilibre des milieux extérieur et intérieur. Les tissus de l’animal absorbent de l’eau, le sang se dilue et peut tomber en quelques heures à 14 grammes de concentration.
- Publication paléonlologique. — M. A. Gaudrv présente, au nom de la Commission géologique de Portugal, un atlas des mollusques du tertiaire portugais.
- Cil. DE VlLLEDEl'lL.
- UNE STATION DE NETTOYAGE
- UES WAGOXS
- 11 a été question à plusieurs reprises ici du nettoyage par le vide, par aspiration, et cette méthode essentiellement hygiénique est tout indiquée pour l’enlèvement des poussières qui se logent dans le capitonnage des banquettes, dans les tapis, dans les tentures des voitures de chemins de fer. Il y a là une pratique qu’il importe de voir se généraliser, au lieu de la méthode aussi ridicule que malsaine qui consiste à brosser et battre les coussins, en plein air même, et à frapper les tentures à l’intérieur des compartiments. On doit savoir du reste que, depuis longtemps, on s'efforce, au milieu de difficultés de toutes sortes, de créer une réglementation spéciale aux chemins de fer, pour tâcher d’empêcher la contagion de se faire quand des malades atteints de certaines affections sont transportés dans des compartiments. Or il est bien certain que le nettoyage par le vide peut rendre de grands services en la matière, s’il est appliqué fréquemment, puisqu’il assurera l’enlèvement des germes qui peuvent s’êlre déposés, bien mieux que les pulvérisations.
- On peut recourir, pour nettoyer par le vide les wagons de chemins de fer, à une petite station mobile comme celles qu’on emploie pour le nettoyage des appartements, et qu’on déplace le long des voies où stationnent les véhicules à nettoyer ; mais l’Administration allemande s’est dit avec raison qu’il serait plus rationnel et plus logique de créer une station fixe, le long de laquelle on amènerait les convois de voitures
- devant passer au nettoyage. Des tuyaux flexibles viendraient aisément de la station jusque dans les compartiments aspirer les poussières, un grand nombre pourraient fonctionner simultanément, et un train serait bien vite mis en état.
- C’est pour répondre à cet objet que les chemins de fer de l’Etat allemand viennent d’installer à Gru-nevvald, près de Berlin, la station de nettoyage par le vide « Vacuum Ileiniger Anlage », dont nous donnons une photographie. On constatera immédiatement que le bâtiment en a été construit dans les conditions les plus économiques, puisque, sur un soubassement de briques, on s’est contenté de monter un corps de fourgon fatigué de rouler, qui prend ainsi fort utilement ses invalides. Cela suffit pour abriter une pompe à vide très puissante, du système Rooth, avec les filtres ordinaires pour arrêter les poussières entraînées par l’aspiration. De cette pompe partent des tuyaux atteignant facilement les véhicules garés sur les voies voisines. La pompe comporte 2 cylindres dont le diamètre est de 50 centimètres pour une course de 24 ; elle marche à raison de 130 révolutions à la minute; elle est du reste actionnée par un moteur électrique de 14 chevaux, auquel le courant arrive de la distribution que possède la gare de Grunewald. Les filtres ont une hauteur de 0m,90 pour un diamètre de Om,77 ; six tuyaux d’aspiration aboutissent dans un filtre.
- Grâce à cette installation, un homme peut complètement nettoyer un compartiment aussi sale qu’on le supposera, en moins de 20 minutes. Le nettoyage de tout un train ne demande donc que bien peu de temps quand plusieurs hommes s’y mettent simultanément, et surtout quand il s’agit de wagons subissant régulièrement cette opération.
- Les chemins de fer allemands possèdent aussi une station mobile analogue montée dans un vieux wagon à marchandises. Et nous ajouterons que les deux Compagnies anglaises Grcat Central Ilailway et Midland Railway ont fait également établir de ces stations fixes de nettoyage dans quatre de leurs dépôts de matériel roulant. D. R.
- Le Gérant : P. JIassox.
- La station de nettoyage de Grunewald.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleuras, 9.
- p.32 - vue 36/536
-
-
-
- IV 1 6 47. - 1 7 DÉCEMBRE 1904.
- LA NATURE.
- oo
- AUTOMOBILISME ET ASTRONOMIE
- On lira sans doute avec un certain étonnement le titre du présent article. Quel rapport peut-il bien exister, en effet, entre ce sport terrestre, qui a pour objet de parcourir notre planète h des vitesses plus ou moins grandes et la sublime science du ciel et de ses merveilles?
- Disons immédiatement qu’il s’agit d’une nouvelle application, la première sans doute, des automobiles à l’étude des étoiles filantes et que ces rapides véhicules servent uniquement, en la circonstance, à transporter des observateurs en des points choisis à l’avance. Ils jouent ainsi le rôle d’ « observatoires automobiles », ce qui contraste un peu avec la stabilité que l’on est habitué à rechercher dans les établissements astronomiques fixes.
- Les récentes pluies des Léoni-des et des Andro-médides ont donné un regain d’actualité à la question, toujours ouverte, des étoiles filantes.
- Il est impossible de retracer ici la brillante histoire des Léoni-des auxquelles on doit les pluies extraordinaires de 1766, 1799,
- 1853 et 1866. On sait que Schiaparelli a montré la relation élroite qui unissait ces météores à la comète deTempel (18661). Les orbites dans l’espace sont confondues comme si la comète, en se désagrégeant, avait peu à peu semé sur son chemin ces milliers de petits corpuscules. La Terre, tous les trente-trois ans, traversait le gros de cet essaim, d’où les chutes mémorables observées. On attendait pour 1899 un nouveau retour de ces beaux phénomènes, et de grands préparatifs avaient été faits, mais inutilement, car la pluie fut plus maigre que les années précédentes. Les perturbations planétaires ont modifié légèrement la position du plan de l’orbite des météorès dans l’espace, et 33e année. — 1er semestre.
- actuellement la Terre ne traverse plus diamétralement cet essaim. Elle en rencontre toutefois encore un certain nombre, comme cela a eu lieu en 1905, de sorte qu’à la fin du compte, les nuits du 15 au 16 novembre sont toujours classées parmi les plus riches en météores de toute Tannée.
- Les premières tentatives pour déterminer la hauteur des étoiles filantes remontent à 1798. Brandes et Benzenberg, observant à une assez grande distance l’un de l’autre, et notant les trajectoires sur des cartes, obtinrent 16 étoiles filantes communes qui donnèrent pour hauteur de pénétration dans l’atmosphère de 68 à 170 kilomètres. Nous avons déjà exposé, ici même', les recherches entreprises par la Commission des Étoiles filantes de la Société astronomique de France et quelques-uns des résultats obtenus. Lorsque Ton a en vue la détermination des hauteurs des météores, il y a avantage à choisir convenablement les stations qui, par leur écartement, formeront la base d’un triangle dont le météore est, à chaque instant, le sommet. Si Ton considère un point de la trajectoire d’une étoile filante, ce point, vu de chacune des stations, se projette en des points différents du ciel et cette déviation apparente ou parallaxe permet de calculer sa distance quand on connaît celle des stations. Les personnes qui ont observé des étoiles filantes savent combien est soudaine leur apparition. Celle-ci surprend d’autant plus qu’on ne regarde généralement pas exactement le point du ciel d’où le météore jaillit, et qu’il est nécessaire de détourner le regard pour le voir nettement. De ce fait, la position du point d’apparition est très erronée, celle du point de disparition Test moins. S'il y aune tramée, la direc-
- 1 Voy. il01 551, du 27 septembre 4902, p. 259. .
- Observatoire automobile avec ses accessoires pour l'étude des étoiles iilantes.
- p.33 - vue 37/536
-
-
-
- 54
- LA NATURE.
- lion et lu position de la trajectoire peuvent être assez exactement repérées par rapport aux étoiles voisines. Mais ce qui reste très indécis dans une étoile Liante, ce sont les deux extrémités de la trajectoire.
- On doit donc rechercher, pour la détermination des hauteurs, à obtenir un etî'et de parallaxe dirigé non dans le sens du mouvement des météores, mais dans un sens perpendiculaire. Un tel résultat est obtenu par un choix raisonné des deux stations. La ligne qui joint celles-ci doit être perpendiculaire à la direction des météores, c'est-à-dire à peu près à 90 degrés de l’azimut moyen du radiant. De la sorte, les trajectoires d’une même étoile filante, tracées sur les cartes des deux stations, sont déplacées parallèlement à elles-mêmes et, dans ce cas, Terreur commise atteint, en général, sa plus petite valeur.
- Il est facile de se rendre compte des difficultés (lue Ton rencontre lors de l’organisation pratique de plusieurs stations pour l’élude des étoiles filantes, stations réunissant à la fois les conditions de distance, d’orientation et de confortable indispensables, d’autant plus que très souvent les observateurs, des « volontaires de la Science », selon l’heureuse expression de M. Radau, ont des occupations qui les obligent, chaque jour, à des déplacements forcés.
- On conçoit ainsi qu’en raison de toutes ces conditions contradictoires, on ait songé à employer, pour organiser des stations de quelques heures, le concours des automobiles qui permettent de transporter, en très peu de temps, à de grandes distances, des observateurs munis des accessoires indispensables et aux endroits convenablement choisis.
- En 1905, dans la région de Paris, l’apparition des Léonides a été marquée par un temps magnifique et d’une pureté exceptionnelle. Les nuits des 15-14, 14-15 et 15-16 novembre, furent très claires entre 1 heure et 5 heures du matin.
- Des observations simultanées furent entreprises entre l’observatoire fondé à Chevreuse par M. Maurice Farman et une station auxiliaire. Celle-ci, convenablement orientée par rapport à Chevreuse, d’après les considérations précédentes, fut choisie à Authon-la-Plaine, près d’Auneau (Eure-et-Loir), à un croisement de routes bien déterminé et en pleins champs. La distance rectiligne des deux stations est de 28,700 km. Les observateurs se rendaient en automobile à Aulhon-la-Plaine, et tel est l’avantage de ce procédé que le soir du 14, le ciel s’étant découvert à 1111 50‘", on put observer simultanément comme la veille, à partir de 1 heure du matin.
- MM. Maurice Farman et 11. Chrétien observaient à Authon-la-Plaine et M. Em. Toùchet, seul, à Chevreuse. Les trajectoires étaient reportées sur des cartes spéciales dressées par la Commission des Étoiles filantes de la Société astronomique de France. L’heure était obtenue au moyen de chronomètres comparés avant et après les observations. L’enregistrement de l’heure exacte, impossible à réaliser par. un observateur seul, était fait à Chevreuse par un enregistreur électrique actionné au moment de
- l’observation et que Ton comparait ensuite, par un second pointage, avec le chronomètre. La seconde de temps a pu ainsi être obtenue facilement par un seul observateur, ce qui est impossible ordinairement lorsqu’on ne possède pas de ehronographe spécial. 85 météores furent observés et reportés sur les cartes dans les deux stations et Ton releva 22 coïncidences. Finalement, 12 météores purent être soumis au calcul des hauteurs. Celui-ci a été entièrement effectué par M. II. Chrétien, secrétaire de la Commission des étoiles filantes, qui a trouvé poulies 12 météores les chiffres suivants :
- N- Hauteur du point Hauteur du point Longueur de
- du météore. d'apparition. de disparition. trajectoire.
- 1. . . 119 kiloin. 71 kiloiîi. 55 kilom
- 2. . . 158 — 110 — 02 —
- 3. . . 74 — 74 - 15 —
- 4. . . 154 152 — 27 -
- 5. . . 50 — 43 — 23 —
- 6. . . 82 — 02 — 53 —
- 7. . . 78 — 09 — 21 —
- 8. . . 125 — 100 - 50 —
- 9. . . 150 — 99 — 45 —
- 10. . . 105 — 00 — 47 —
- U. . . 54 — 55 — 31 —
- 12. . . 130 — 90 — 29 —
- La valeur moyenne des hauteurs d’apparition est de 104 kilomètres, celle des hauteurs de disparition de 76 kilomètres et la longueur moyenne des trajectoires de 55 kilomètres.
- Les observations ont révélé un fait curieux, tout à fait en désaccord avec les idées généralement admises, qu’il faut observer pendant peu de temps et après un repos complet de quelques heures. Malgré une journée de fatigues et quatre heures d’observation chaque nuit, sans interruption, les trajectoires enregistrées vers la fin de la nuit ont montré plus de précision qu’au début dans chaque station; elles concordaient mieux le second jour que le premier. Il semble ainsi qu’il y ait là un entraînement progressif et que la qualité des observations est augmentée après plusieurs heures. La ligure ci-dessus montre l’observatoire automobile avec ses accessoires : un châssis vitré et éclairé par en dessous, et sur lequel on place les caries, une lunette à faible grossissement pour l’étude des traînées, etc.
- Nous passerons sous silence les autres particularités résultant de l’observation des Léonides de 1905, sur les divers radiants observés à cette époque, etc. A ce sujet, il faut se délier beaucoup dé la tendance que Ton a de vouloir découvrir, à chaque occasion, de nouveaux radiants, ceux-ci provenant, la plupart du temps, d’observations erronées.
- On a observé les étoiles Liantes en ballon, et Ton sait que les résultats obtenus par ce moyen ont été bien peu satisfaisants, ce qui n’est pas étonnant étant données la mobilité de la station aérienne et l'impossibilité de faire le point à chaque instant. Nous croyons que les automobiles, au contraire, sont appelées à rendre de grands services à l’étude de la question des étoiles filantes chaque fois qu’il s’agira de créer des stations volantes ou de rayonner
- p.34 - vue 38/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 55
- autour d’uu observatoire central. Pour notre part, nous serons très heureux de voir surgir des observations similaires à l’occasion des prochaines pluies célestes. Eji. Touchet,
- Secrétaire adjoint de la Société astronomique de France.
- —
- IA TÉNACITÉ DE LA AIE
- CHEZ LES FOURMIS
- Un naturaliste américain qui s’occupe beaucoup des fourmis, M“e À. M. Fielde, a fait connaître tout dernièrement le résultat d’expériences diverses portant sur la ténacité de la vie chez ces insectes. Ses expériences ont été nombreuses et variées; mais je ne retiendrai que les principales.
- Voici, d’abord, ce que Mlle Fielde a constaté en ce qui concerne la résistance à l’asphyxie par submersion. Mais observons d’abord que, pour élucider la question, il est nécessaire de noyer les fourmis dans de l’eau distillée ou stérilisée : autrement il se fait des invasions microbiennes qui sont, bien avant l’asphyxie, la cause véritable de la mort dans la submersion. Mlle Fielde a donc éliminé cette cause d’erreur en noyant ses fourmis dans de l’eau distillée. Opérant ainsi, elle a constaté que la résistance est très grande, selon l’espèce ou l’individu.
- Sur 18 « Stenamma fulvum » restés quatre jours sous l’eau, 17 sont revenus à la vie, et 12 ont survécu. Sur 14 autres fourmis de la même espèce, submergées six jours, 6 sont revenues ; mais une seule s’est entièrement rétablie. Enfin, sur 12 « Stenamma » encore noyés pendant huit jours, 7 ont réchappé. On voit par là que les inondations ne doivent pas être aussi fatales aux fourmilières qu’on serait tenté de le croire.
- Mllc Fielde a opéré encore avec 7 (( Camponotus pennsvi-vanicus » qu’elle a submergés huit jours : 4 se sont entièrement rétablis. De façon générale, les individus qui résistent le mieux à la submersion sont ceux qui se distinguent par leur plus forte taille. Leur résistance, on le voit, est considérable, surtout comparée à celle de l’homme, qui, lui, ne résiste guère à une submersion de quinze minutes, ainsi que le constate la statistique des postes de secours aux noyés à Paris (voir les « Archives d’anthropologie criminelle » de Lacassagne du 15 novembre 1904). La résistance des fourmis à l’inanition n’est pas moins remarquable. Il s’agit de l’inanition alimentaire seule ; car la privation d’eau les tue assez rapidement. Mais si les fourmis privées d’aliments ont de l’eau à leur disposition, elles peuvent vivre plusieurs jours. Dans les expériences de M"e Fielde, les fourmis ont été gardées dans des boîtes de Pétri stérilisées et qui, tous les quatre jours au plus, étaient lavées à l'alcool pour empêcher le développement de moisissures dont les insectes auraient pu se nourrir : les boîtes étaient ventilées et conservées à l’obscurité ou à la lumière faible : un bout d’éponge saturé d’eau donnait aux captives l’eau dont elles avaient besoin. H faut remarquer que, de façon générale, on ne constate pas de signes d'affaiblissement graduel chez les fourmis inanitiées : elles gardent toute leur activité et toute leur force, semble-t-il, jusqu’à la fin : elles tombent tout d’un coup au lieu de décliner lentement. La résistance est très longue dans certains cas. Sur 50 « Crematogaster lineolata », 10 ont survécu 10 jours, et 1, 18 jours. Sur 13 (( Camponotus bercula-neus pictus », 2 ont vécu 7 jours; 2, Il jours; 1, 18 jours ; 1, 23 jours; 2, 24 jours ; 1, 26 jours, et 1,
- 29 jours. 11 faut constater, à l’éloge de ces malheureuses victimes de la physiologie, que leur condition ne les a point incitées à des extrémités devant lesquelles d’autres animaux, l’homme compris, ne reculent point, au cannibalisme. Sur 9 « Stenamma fulvum », la résistance a varié de 18 jours à 46 jours. Ce dernier chiffre est très supérieur à celui qu’on a obtenu, pour le chien, par exemple, qui peut vivre une trentaine de jours sans manger, à condition de boire, d’après J. V. Laborde. Chez 8 « Camponotus pennsylvanicus », la survie a varié de 14 à 47 jours. Les deux individus qui ont subi 47 jours de jeune étaient plus gros que leurs congénères morts plus tôt. Chez 10 « Formica lasiodes », la résistance a varié de 10 à 59 jours. Une reine de cette espèce a vécu exactement 60 jours : et, pendant cette dure épreuve, elle a continué son métier, pondant quelques œufs.
- Chez la « Formica fusca subsericea », à côté d’un individu qui a résisté 10 jours, un autre a résisté 71 jours, et d’autres plus de 110 jours, vivant encore au bout de ce temps, au moment où Mlle Fielde communiquait ses résultats. Chez les « Camponotus », M“® Fielde a également obtenu des résistances de 100 jours.
- Peut-être certaines espèces sont-elles mieux que d’autres en état de résister au jeune : ce pourrait être le cas pour la « F. fusca » ; mais il est bien certain, aussi, que d’un individu à l’autre dans la même espèce, il y a des différences considérables dans l’aptitude à vivre de privations.
- Signalons enfin les expériences de Mlle Fielde sur la ténacité de vie chez les fourmis estropiées.
- Les plus intéressantes, assurément, sont celles qui portent sur la décapitation. La tète coupée de la « Formica fusca » reste vivante pendant un certain temps : les antennes s’agitent encore sept heures après la séparation d'avec le tronc. Le fait est intéressant ; mais, évidemment, on ne peut s’attendre à une survie notable de la tète : celle-ci ne renferme guère de provisions, de réserves. Le corps privé de tète peut, lui, présenter une survie remarquable. 11 renferme des provisions, sans doute ; mais ce qui intéresse le plus dans cette affaire, c’est l’activité de l’organisme décapité, c’est l’indication du haut degré d’organisation des centres nerveux inférieurs. M. Charles Janet a cité une fourmi qui a vécu 19 jours sans tête (C. R. Ac. Sciences, Il juillet 1898). M“® Fielde a constaté des faits analogues, voyant une « Stenamma » vivre 10 jours, une « Formica » 15 jours, etc., sans tète. Sur 7 « Camponotus » décapités, 3 ont vécu 5 jours; 2, 21 jours; 1, 50 jours, et 1, 45 jours. Jusqu’à la dernière journée, ou à peu près, ces fourmis se promenaient dans leur prison, allant de droite et de gauche. M"e Fielde a encore raccourci ses victimes par l’autre bout du corps, leur enlevant l’abdomen au lieu de la tète. Dans ce cas, la survie a été moins longue, mais elle est encore respectable. Les fourmis privées d’abdomen ne semblent pas se rendre compte de leur mutilation : elles vont et viennent comme de coutume, faisant toutes leurs besognes, s’occupant des jeunes, s’empoignant avec les intrus, nettoyant le logis. La survie varie : elle peut n’ètre que de 5 jours; mais elle a été de 14 jours chez une reine de « Stenamma », qui a continué de manger comme si tout était normal en elle. L’appétit, en tout cas, l’était.
- Il faut observer que, dans l’ensemble des expériences de MUe Fielde, les femelles et les ouvrières témoignent d’une résistance vitale très supérieure à celle des milles.
- Henry de Vauiuny.
- --->y"
- p.35 - vue 39/536
-
-
-
- 50
- LA NATURE.
- LES FOUGASSES ET LES TORPILLES TERRESTRES À PORT-ARTHUR
- Avant que les Japonais n’arborent le drapeau du Soleil Levant sur les ruines de Port-Arthur, combien de leurs plus braves soldats tomberont encore sur les glacis des forts, tués, non pas toujours par le fusil ou le canon du défenseur, mais souvent par l’explosion des « fougasses » et des « torpilles terrestres », dont les Russes ont parsemé les abords de leurs principaux ouvrages ! Car, aussi bien qu’autrefois, malgré les progrès de l’artillerie en portée et en puissance, il faut linir par s’aborder, dans la guerre de siège, et les dernières défenses sont les plus meurtrières.
- Il semblait bien, vers la fin du xixe siècle, qu’on aurait de moins en moins recours à des engins qui paraissaient si surannés gasses en 1000,
- fofeT
- Fig. 1. — Expérience comparative des effets d’une poudre lente et d’une poudre vivt
- Rrantôme cite les fouet voilà qu’au seuil du xxe siècle réapparaissent les plus anciens procédés ! (Dans toutes les armées, ne recherche-t-on pas un bouclier pour l’infanterie?)
- Qu’est - ce donc que ces fougasses et ces torpilles terrestres?
- La fougasse (de l’italien « fugace », qui prend la fuite) n’est autre chose qu’un fourneau de mine dont l’éclatement ouvre le sol sous les pas de l’assaillant en projetant de la terre, des débris de roc; quelquefois elle projette des pierres arrangées à l’avance; elle s’appelle alors la fougasse-pierrier. La torpille terrestre, comme la torpille marine fixe ou flottante, est un appareil fermé; placé à fleur de sol, il est mis en œuvre par un mécanisme très simple et pouvant exploser à la volonté du défenseur, ou automatiquement, au passage de l’assaillant.
- Tandis que la fougasse se charge généralement avec de la poudre ordinaire, on se sert plus volontiers de poudres explosives, pour la torpille, car la
- Fig. 2. — Type de fougasse-pierrier.
- A, terre rapportée; B, charge de poudre ordinaire
- torpille n’est, en somme, qu’un gros projectile rendu à pied d’œuvre.
- La fougasse, en effet, placée à une certaine profondeur, doit provoquer un soulèvement du sol, une projection en tous sens, une excavation dite entonnoir;
- il faut que l'explosion soit progressive comme celle de la gargousse dans l’àme de la bouche à feu, d’où l’emploi de poudre lente, poudre de mine ou poudre à canon.
- La torpille, elle, à fleur de sol, doit faire l’effet d’un projectile. Elle doit briser son enveloppe et projeter instantanément un grand nombre d’éclats. Une expérience comparative, bien connue, fait voir la différence d’effets d’une poudre lente et d’une poudre explosive ou vive. Si on place un madrier en porte-à-faux sur un rouleau (fig. 1) et que l’on dispose successivement sur la partie en porte-à-faux A de petites charges de poudre à canon et de mélinite,
- voici ce qui sc passe : lorsque la poudre à canon explose, le madrier se soulève et bascule autour du rouleau, mais il reste intact. Au contraire, l’explosion de la mélinite brise net la partie en porte-à-faux, tandis que le grand bout du madrier reste immobile. Les gaz de la poudre ont un effet élastique ; ceux de la mélinite, se développant instantanément, ont un effet brisant.
- Comment peuvent être organisés ces deux engins qui ont déjà causé tant de pertes aux Japonais?
- La fougasse ordinaire est un simple fourneau de mine au fond d’un forage peu profond, comblé ensuite avec de la terre et de la rocaille. La fougasse-pierrier a déjà la contexture d’une arme de projection (fig. 2). Creusée obliquement pour fournir une gerbe suivant la pente que grimpe l’assaillant, elle
- p.36 - vue 40/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 57
- comporte, au contact de la poudre, un plateau en bois que l’on charge de pierres. On recouvre le tout d’une légère couche de terre afin de ne pas déceler l’emplacement. Ces deux engins sont en communication avec les défenses intérieures de l’ouvrage au moyen d’un conducteur électrique qui permet d’y mettre le feu, ou même simplement d’un conducteur à poudre (cordeau détonant, saucisson, etc.).
- La torpille terrestre est une boîte à enveloppe résistante, contenant la poudre explosive.
- Tantôt le feu peut y être mis à volonté par le défenseur ; tantôt, et cela paraît être le cas général à Port-Arthur, c’est l’assaillant lui-même qui, en mettant le pied sur l’emplacement parfaitement dissimulé, établit un contact électrique (fig. 5), ou arrache le rugueux d’une éloupille (fig. 4). L’engin éclate exactement sous ses pas. Ce sont là deux systèmes faciles d’automatisme. On peut évidemment en imaginer d’autres, tels que le mélange obtenu brusquement de l’acide sulfurique et du chlorate de potasse, etc.
- Dans certains sièges du siècle dernier, poussés jusqu’à leurs dernières limites, le défenseur a interdit à l’assaillant l’accès des fossés et des brèches, au moment de l’assaut, à l’aide de moyens tout à fait analogues. Il préparait des bombes toutes chargées, des barils foudroyants (le nom indique la chose), qu’il enterrait au pied de la brèche ou s’apprêtait à faire rouler, du haut de ce qui restait des remparts, sur l’assaillant grimpant à l’assaut par les décombres de l’escarpe.
- Un souvenir terrible, tiré de l’histoire des sièges de la Péninsule, fera comprendre le jeu de ces engins de destruction. Il s’agit du siège de Badajoz, en 1814, que l’héroïque Rey défendait contre le duc de Wellington.
- Le 4 avril, les brèches des bastions Sainte-Marie
- et de la Trinité étaient praticables, mais les Anglais avaient négligé de rien préparer pour descendre la contrescarpe assez élevée et aborder ensuite les brèches. Le colonel du génie Lamarre en profite. Il fait disposer dans le fossé, sous une mince couche de terre, un chapelet d’une soixantaine de bombes auxquelles on pouvait mettre le feu d’un coup, depuis le rempart, par l’intermédiaire d’un saucisson de poudre garanti par des tuiles creuses. L’assaut a lieu le 6 avril avant le jour. Les Anglais
- se jettent dans le fossé. La fusillade les éclaire. Le feu est mis aux bombes; l’explosion fait un énorme ravage. Les Anglais redoublent d’efforts; des renforts leur arrivent. Ils hésitent. Cependant, « entraînés par leurs officiers, ils sautent et abordent les brèches. Mais là, ils sont renversés par la mitraille des pièces de flanc du bastion de la Trinité, par les bombes et les barils foudroyants qui sont roulés sur eux....
- Le carnage fut affreux. Le fossé était comme un volcan et le feu qui jaillissait des bombes et des barils foudroyants faisait trembler le sol avec un bruit épouvantable. Des gerbes de flamme d’une lumière plus vive que celle du jour, soudain suivies de l’ob-
- Fig. 3. — Type <le torpille automatique électrique.
- A, plateau de bois soutenu par un ressort ; II, C, bornes métalliques/, I), éloupille électrique ; E, charge de poudre explosive dans une enveloppe résistante.
- Fig. i. — Type de torpille automatique mécanique.
- A, plateau mobile autour de l’axe a ; B, étoupille dont le rugueux est attaché au plateau ; G, charge de poudre explosive.
- p.37 - vue 41/536
-
-
-
- LA NATURE.
- scurité la plus profonde, augmentaient encore, aux yeux des assaillants les dangers de cette scène d’horreur....
- Rassemblés en groupes sinistres, appuyés sur le canon de leurs fusils, les Anglais contemplaient avec un sombre désespoir le bastion de la Trinité, tandis que leurs ennemis, se montrant sur les remparts et visant, à la lueur des explosions, leurs victimes, s’écriaient en les voyant tomber : « Pourquoi donc « n’entrez-vous pas dansRadajoz? » Au milieu de cette terrible situation, tandis que les morts s’accumulaient par monceaux, que les blessés se tramaient sur leurs mains pour chercher un abri contre les coups de leur impitoyable adversaire et que les cœurs défaillaient à l’odeur de la chair brûlée des cadavres.... »
- Nous n’irons pas plus loin dans ce récit que le colonel Azibert1 a emprunté au colonel du génie anglais Jones, témoin et acteur dans ce drame. Mais demandons-nous ce que nous réservent les futurs récits des survivants de Port-Arthur, tant des braves qui se livrent à de si furieuses attaques que des débris de l’héroïque garnison! Nous pouvons nous attendre à pire encore. Jean Yézy.
- ' L’IRRIGATION EN AUSTRALIE
- Le continent austral n’a pas toujours eu l’aspect desséché et désert qu’il présente actuellement dans sa pins grande partie. A l’époque secondaire un lac en occupait le centre et des montagnes d’un caractère alpestre s’élevaient sur son bord oriental. Par suite les précipitations atmosphériques étaient beaucoup plus abondantes, une riche végétation couvrait le sol et une faune très variée s’était développée. Elle était carac'érisée par des marsupiaux de taille gigantesque dont se trouve les débris dans les terrains pliocènes du Queensland et de l’Australie du Sud. Plus tard le lac central a été comblé par des dépôts crétacés, en même temps que l’érosion réduisait considérablement la hauteur des chaînes de montagne. Ces deux causes réunies ont amené lé régime sec qui prédomine actuellement.
- Les sécheresses périodiques causent des désastres dans le monde des éleveurs. En 1900 la perte en moutons a été dans le Queensland, de près de 5 millions de têtes, soit environ 52 pour 100. Depuis la fin de 1892 le troupeau s’est réduit de 22 millions de têtes à 10 359 000 à la fin de 1900. Dans la Nouvelle-Galles du Sud le nombre est tombé en 8 ans de 62 millions à 40 millions. Ces chiffres que nous empruntons à un intéressant travail de M. W. Gibbons Cox2, suffisent à montrer de quelle importance primordiale est l’irrigation dans une contrée aussi déshéritée. L’irrigation par le moyen des rivières a donné des résultats très satisfaisants dans l'Inde, en Californie, dans l’Afrique australe et dans certaines parties de l’Australie. Elle est malheureusement d’un usage «assez restreint dans ce pays. En effet le seul système hydrographique de quelque importance, celui du Darling et du Murray n’arrose qu’un territoire très limité. Les autres fleuves se jettent dans l’Océan après un trajet très court ; quant aux rivières de l’intérieur, l’infiltration et l’évaporation les mettent complètement à sec en été, et la construction de réservoirs pour conserver leurs eaux entraînerait à des
- 1 Azibert, colonel du génie, « les Sièges célèbres ».
- 2 « The geographical Journal », vol. XIX, 1902, p. 560.
- dépenses énormes. On a donc été forcé de recourir aux puits artésiens. Ce mode d’irrigation a fait déjà ses preuves dans l’Inde, en Amérique, en Asie Centrale et en Algérie. Pour nous en tenir à ce dernier pays, 580 000 kilomètres carrés sont ainsi irrigués et nourrissent une population de 5 688 000 habitants, dont 260 000 Européens; le nombre des puits est de 15 000.
- En Australie les roches aquifères font partie de la formation crétacée dont il a été parlé plus haut. C’est un grès poreux très favorable à l'absorption et à la circulation de l’eau ; son épaisseur paraît dépasser 250 mètres. Ce grès est bien développé dans l’Australie de l'Ouest, l’Australie du Sud, la Nouvelle-Galles du Sud et le Queensland. Ses affleurements sont situés sur les versants des collines, de sorte que l’eau pénétrant dans la roche à une hauteur plus ou moins grande au-dessus du niveau de la plaine, toutes les conditions nécessaires à un puits jaillissant se trouvent remplies dans la plupart des cas.
- D .ns le Queensland qui fait plus particulièrement le sujet de cette étude, le nombre des puits creusés est de 891 ; leur profondeur moyenne de 400 mètres. Le débit tôt,al de 552 de ces puits est de 1 579 000 mètres cubes par jour; on n’a pas de données précises pour les autres. On voit que les ressources fournies de ce chef sont loin d’être négligeables. Bien que cette exploitation soit encore assez mal comprise, près de 20 000 kilomètres carrés ont pu être irrigués dans le Queensland. C’est surtout le système des canaux qui mérite d’être perfectionné, de façon à empêcher l’eau de tormer des marécages en certains points, en laissant le voisinage à sec. D’ailleurs dans les régions où on s’occupe plutôt de culture que d’élevage, l’amémagement des eaux est meilleur, et, dans le Sud du Queensland et dans la Nouvelle-Galles du Sud, des fermes prospères sont entièrement irriguées par l’eau de puits artésiens. Des villes nombreuses ne reçoivent pas d’autre eau. 11 serait à désirer que le gouvernement se chargeât de cette œuvre de longue haleine; jusqu'à présent, il n’a creusé que 6 pour 100 des puits, les autres sont l’œuvre des particuliers ou des communes.
- M. Cox croit avoir observé que les chutes de pluie sont plus abondantes sur les territoires irrigués que dans les régions voisines. Ce résultat qui ne pourrait s'expliquer que par une condensation de la vapeur d’eau provoquée par la présence d’une nappe d’eau relativement froide mériterait d’être étudié d’une façon sérieuse. D’autre part, on peut se demander si les couches aquifères sont réellement inépuisables et si l’on pourrait impunément creuser des puits assez nombreux pour provoquer la formation de véritables rivières permanentes. Cela dépend évidemment de la quantité d’eau reçue par la zone où viennent affleurer les roches poreuses. Mais même si l’on ne peut entièrement changer l’aspect physique de la contrée, il est déjà intéressant d’y créer des oasis de verdure, de sauver de la soif des milliers de têtes de bétail par an et d’améliorer la condition physique et morale des habitants.
- C’est à ce litre qu’il nous a paru bon de signaler les résultats obtenus. Ils sont d’autant, plus intéressants pour nous que les Australiens n’ont fait que suivre l’exemple qui leur avait été donné par les Français dans le sud de l’Algérie. D’autre part, l’irrigation par les puits artésiens est sans doute susceptible d’un développement considérable et il ne m’étonnerait pas que certaines parties actuellement stériles du sud de Madagascar lui doivent bientôt leur mise en valeur. Le mouvement colonial a pris en France une telle importance que rien de ce qui touche ce domaine ne peut nous laisser indifférents. Dr L. Laloy.
- p.38 - vue 42/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 59
- LES MÉTIS DE CHIEN ET DE CHÆCÂL
- AU JARDIN DES PUANTES
- Dans le courant de l’été M. R. Legros, de Fécamp, a donné gracieusement au Muséum d’Ilistoire naturelle deux animaux très intéressants qui vivent actuellement, en parfaite santé, dans un des parquets de la Ménagerie. C’est un couple de métis provenant de l’union d’une femelle Chacal et d’un Chien collie. De ces deux métis, qui sont de taille un peu plus faible qu’un Chien de berger ordinaire, l’un, le mâle, qui est né au mois d’avril 1903, et qui a reçu de son premier maître le nom de Triboulet, a le museau allongé et effilé, les oreilles dressées, la queue touffue, généralement tombante, le pelage bien fourni, d’un roux fortement mélangé de noir sur la tète, le dos et la queue, d’un fauve pâle sur la gorge et les parties inférieures du corps; il rappelle le Collie par la forme de son museau, mais il en diffère par le port des oreilles et de la queue et par les teintes de sa robe, qui sont toutefois plus rembrunies que chez le Chacal. L’autre métis, la femelle, appelée Cora, qui a juste un an de plus que le mâle, étant née en avril 1902, est plus petite, plus svelte et revêtue d’un pelage moins épais et de teintes plus claires, le bout des pattes étant même d’un blanc pur; par sa physionomie elle ressemble davantage aux Chacals dont on peut voir des représentants dans les parquets voisins, mais elle a la queue un peu 'relevée dans sa portion terminale, à la manière du Collie.
- Sous le rapport du caractère, les deux métis offrent aussi certaines dissemblances, le mâle se montrant, à la Ménagerie du Jardin des Plantes, comme chez M. Legros, plus craintif et plus farouche que la femelle qui est très douce.
- M. R. Legros, qui a réussi à obtenir ces produits curieux et à les élever, non sans de grandes difficultés, sur la terrasse de son habitation où, plus tard, il a été obligé de les tenir à la chaîne, n’a pu, naturellement, dans ces conditions, pousser l’expérience aussi loin qu’il l’eût désiré; mais maintenant que les métis se trouvent réunis, libres de toute entrave, dans un même parquet, on peut espérer qu’ils donneront naissance à des petits, comme l’ont fait d’autres métis d’origine analogue.
- Ce n’est pas, en effet, la première fois qu’on a tenté, avec succès, le croisement du Chacal et du Chien. Si, auxvme siècle, le célèbre naturaliste russe Pallas avait échoué dans une entreprise de ce genre, l’anatomiste Hunter fut plus heureux; en 1835, un second cas fut cité par Seringe, et, il y a une soixantaine d’années, Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire obtint, à la Ménagerie du Jardin des Plantes, trois générations successives de l’union d’un Chacal mâle et d’une Chienne d’Islande. Il exposa, d’abord, dans ses cours au Muséum et dans une Note présentée en 1849 à l’Académie des sciences, et ensuite en 1860 dans son « Histoire naturelle générale des Règnes
- organiques », les résultats de ses expériences qui furent reprises et contrôlées par Fleurons1. Celui-ci obtint de son côté quatre générations de métis issus de l’accouplement d’un Chacal et d’une Chienne, et parvint ainsi à faire reproduire une femelle de Chacal avec un Chien. Dans la poemière expérience de Flourens les petits, au nombre de trois, avaient l’un le pelage gris fauve du Chacal leur père, les deux autres une robe foncée tenant de celle de la mère qui était noire. Ils avaient les oreilles droites, la queue pendante, n’aboyaient pas et, d’après Flourens, tenaient à peu près également du Chacal et du Chien. L'évolution de leur première dentition s’effectua plus rapidement que chez les Chiens ordinaires. Ces métis se distinguaient, en outre, des autres Chiens de leur âge, au milieu desquels ils étaient élevés, par leur caractère brusque et farouche. Il furent appariés plus tard, non pas entre eux, mais avec l’un de leurs parents, et la même méthode fut appliquée aux générations suivantes. En «employant le Chien comme progéniteur, Flourens constata que le métis de seconde génération avait déjà les oreilles retombantes à l’extrémité, qu’il était moins sauvage, mais n’aboyait pas encore, que le produit de troisième génération avait les oreilles pendantes, la queue retroussée, et n’était plus farouche; enfin que le métis de quatrième génération était tout à fait Chien. Le type Chien fut ainsi reconstitué en quatre générations et, comme le dit Flourens, quatre générations auraient également suffi pour ramener le type Chacal. C’est probablement quelques-uns de ces métis qui sont représentés sur une planche de l’ouvrage de M. Eug. Gayot intitulé « Le Chien » et, si l’on en juge par la figure, deux d’entre eux rappelaient un peu l’Épagneul ou le Chien de berger écossais.
- Plus récemment Rlyth eut l’occasion de voir dans l’Inde plusieurs métis de Chacals et de Chiens pa-riahs, c’est-à-dire de Chiens à demi sauvages et il put observer également le produit d’un de ces métis et d’un Chien terrier. Enfin Darwin étudia de son côté un métis de Chacal et de Chien terrier chez lequel il constata la prédominance du type Chacal.
- Contrairement à ce que l’on supposait autrefois le croisement du Chien et du Chacal est donc possible, même dans des conditions de confinement qui entravent souvent la reproduction des animaux et ce croisement s’opère d’autant plus facilement qu’on emploie, comme dans le cas qui nous occupe, un Chien qui, par sa taille et son aspect extérieur, se rapproche un peu du Chacal. Ceci me conduit naturellement à dire quelques mots de la race et de l’espèce auxquelles appartenaient les parents des métis donnés au Muséum par M. Legros.
- Le Collie3 ou Chien de berger d’Écosse dont Ilugh Dalziel, Yero Shaw et M. P. Mégnin ont donné des
- 1 « De l’instincl et de l’intelligence des animaux », 2e édit., 1845, p. 119 et suiv. et « De la longévité humaine », 1854, p. 144.
- 2 On écrit aussi Colley ou même Goal y, mais Collie paraît être le véritable nom écossais.
- p.39 - vue 43/536
-
-
-
- 40
- LA NATURE.
- descriptions et d’excellentes figures, et dont on peut voir maintenant d’assez nombreux représentants à Paris, est un Chien de taille moyenne, mesurant de 50 à 60 centimètres de hauteur à l’épaule et dont l’aspect dénote la souplesse unie à la vigueur. On en distingue deux variétés, l’une à poils courts et lisses, l’autre à poils longs et touffus. La première ressemble au Chien de Beauceet au Chien picard, la seconde se distingue par l’abondance de sa fourrure qui s’allonge en une frange de poils soyeux sur la face postérieure des pattes et sur le dessous de la queue et lorme une magnifique collerette. Celle-ci fait paraître encore plus fine la tête dont le museau est naturellement effilé et qui est surmonté d’oreilles assez pe-
- tites et cassées à la pointe. Le pelage offre des couleurs diverses, du gris moiré, du blanc tacheté, mais la robe la plus estimée est celle où du noir profond couvre la tête et forme manteau et contraste vigoureusement avec le blanc pur de la collerette, du bout de la queue et des extrémités des pattes dont la face interne est de couleur tan, ou roux brûlé, de même que les cotés du museau.
- On peut remarquer que le noir qui domine sur les parties supérieures de certains Collies et d’autres Chiens de berger s’est mélangé au fauve du Chacal sur le dos d’un des métis de M. Legros, tandis que l’autre a hérité de son père des sortes de gants blancs et une queue gracieusement recourbée à l’extrémité.
- Fi'r. 1. — Métis mâle de .Chien et de Chacal « Trihoulet », né en avril 1Ü03.
- J’arrive maintenant au Chacal ou plutôt aux Chacals, car il existe plusieurs races ou variétés de ces animaux. Les plus connues sont : le Chacal doré (Canis aureits), dont les domaines s’étendent sur le pourtour du bassin méditerranéen, en Grèce, en Crimée, en Asie Mineure, en Égypte, en Tunisie, en Algérie et qui s’avance du côlé de l’Orient jusque dans l’Inde et en Birmanie; le Chacal du Sénégal (Canis anthus), qui a été désigné aussi sous le nom de Chacal ou de Loup d’Égypte (Canis lupaster) et qui se trouve non seulement en Égypte et au Sénégal, mais dans d’autres contrées du nord et de l’ouest de l’Afrique; le Chacal à chabraque (Canis mesomelas) et le Chacal brûlé (Canis adustus), qui ne dépassent pas au nord le désert du Sahara mais se rencontrent dans l’est, l’ouest et le sud du
- continent africain ; le Coyote (Canis latrans) de l’Amérique du Nord, etc.
- De toutes ces espèces la première, le Chacal doré ou Chacal commun, est celle que l’on voit le plus fréquemment dans les ménageries ou chez les particuliers. C’est à elle sans doute qu’appartient la mère des deux métis qui, d’après ce que m’a écrit M. Su-chetet, se trouve actuellement en la possession de ce naluralisle distingué.
- Le Chacal doré est un peu plus petit que le Collie et ne mesure guère que 45 à 50 centimètres de hauteur à l’épaule. Son museau est plus pointu que celui du Loup, mais moins effilé que celui du Renard ; sa queue, plus touffue que celle de nos Chiens, tombe jusque sur les talons; ses oreilles sont courtes et dressées; son pelage, de longueur médiocre et
- p.40 - vue 44/536
-
-
-
- LA NATURE.
- \\
- assez grossier, offre des teintes fauves, grisâtres ou jaunâtres, plus ou moins mélangées de noir sur le dos et les flancs et passant au blanc sous la gorge et la face interne des oreilles. Il habite plutôt les cantons montagneux que les pays plats et se tient pendant le jour caché dans les taillis et les forêts; mais, à la nuit tombante, il se met en chasse en compagnie de ses semblables. Souvent il pénètre dans les villages et jusque dans l’intérieur des habitafions pour dérober des vjctuailles, de la viande ou égorger des volailles. Au moment de se mettre en chasse, et même lorsqu’il est repu, il fait entendre des hurlements plaintifs qui lui ont valu de la part des Arabes le nom de « l)ieb » ou « Ribh » (hurleur).
- Pris jeune le Chacal s’apprivoise très facilement et, s’il conserve un certain fond de sauvagerie et de timidité vis-à-vis des personnes étrangères, il témoigne à son maître ou à ses gardiens une véritable affection. C’est ce tpi’Isidore Ceoffroy-Saint-IIilaire avait déjà constaté, et c’est ce que j’ai pu observer moi-même, il y a quelques années, sur des Chacals de Tunisie qui vivaient à la Ménagerie du Jardin des Plantes, et qui étaient aussi dociles et aussi caressants que des Chiens.
- On avait prétendu que le Chacal n’aboyait jamais et se distinguait du Chien par cette particularité, mais comme l’a montré Isidore Geoffroy-Saint-Ililaire, j d’une part, les Chiens de plusieurs pays n’aboient
- Fig. 2. — Métis femelle de Chien et de Chacal « Cora », née en avril 1903.
- pas ou n’aboient que lorsqu’ils ont été placés au milieu de Chiens de nos pays, d’autre part les Chacals apprennent à reproduire la voix de nos Chiens. L’odeur de fauve qu’exhalent les Chacals ne leur est point particulière et se manifeste chez les Chiens mal soignés et nourris trop exclusivement de viande. Enfin d’après Isidore Geolfroy-Saint-Hilaire ce serait par erreur encore qu’on aurait attribué aux Chacals une gestation beaucoup plus courte que celle des Chiens domestiques. En réalité les Chacals portent de 59 à 03 jours exactement comme les Chiens. Comme il est établi désormais que ces deux sortes d’animaux se croisent et ont des produits féconds, rien n’empêche plus d’admettre la théorie, soutenue par Tilésius, Guldenstâdt, Pallas, Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, Jeitteles, Trouessart et d’autres
- naturalistes et d’après laquelle le Chacal ou plutôt les Chacals seraient au nombre des ancêtres de nos Chiens domestiques. On peut déjà, à l’appui de cette théorie, invoquer les ressemblances qui existent entre les Chacals africains, asiatiques et américains et certains Chiens de bergers, quelques Épagneuls, les Chiens pariahs de l’Inde et les Chiens des Peaux-Rouges figurés en 1851 par E. T. Rennett1 ; mais pour la solution de cette question il faudrait surtout des expériences dans lesquelles, au lieu d’opérer comme le faisait Flourens qui avait d’ailleurs un autre but, on unirait entre eux les métis soit de même génération, soit de deux générations successives, en se contentant de retremper de temps'en temps le sang à l’aide d’un des parents, alternativement. Ces expériences, 1 « The Gardcns and Menagcry of the zool. Society », 1.1,p.2-4.
- p.41 - vue 45/536
-
-
-
- 42
- LA NATURE.
- il est vrai, présentent de grandes difficultés, tenant surtout aux conditions de confinement dans lesquelles on est forcé d’opérer et qui, comme l’a montré Darwin, diminuent ou arrêtent la fécondité.
- E. Oustalet,
- Professeur au Muséum.
- UN NOUVEAU TYPE D’ÉCLISSE
- L’éclissage des rails est toujours une grosse question dans l’exploitation des chemins de fer, le joint étant le point faible dans une voie; et, en attendant qu’on arrive, comme nous l’espérons, au rail continu, par soudure électrique ou autre, les inventeurs multiplient leurs efforts pour combiner une éclisse qui solidarise aussi parfaitement que possible les extrémités de deux rails successifs.
- A ce titre, il est intéressant d’attirer l’attention sur un type assez nouveau d’éclisse, qui semble en principe devoir assurer un serrage des plus énergiques et une immobilisation aussi complète que possible des abouts des rails, sans interposition d’éclisse plate du genre ordinaire! Nous devons dire que, primitivement, l’invention était destinée à des voies de tramways, pour donner la
- Nouveau type d’éclisse.
- continuité électrique en même temps que mécanique. Le dispositif Scheinig Hofmann, ainsi que il se nomme, comprend une semelle extérieure A de forme très spéciale, comme on le voit en coupe, puis un bloc C fendu, présentant un évidement horizontal dans lequel vient se loger une partie du patin du rail, et enfin une pièce de clavetage IL Ce que nous avons appelé la semelle est fait d’acier fondu offrant une résistance considérable à la traction et aussi un coefficient d’élasticité très marqué ; la pièce C est de la même matière, et quant au clavetage il est en acier doux. Notons que ce clavetage se place toujours extérieurement aux rails, et la voie est posée à joints alternés. Il vient bloquer et coincer la semelle et la pièce C contre les ailes inférieures du rail, qui est un rail du type Yignole : ce dernier est forcé de porter bien à plat dans l’évidement qui lui est ménagé. Il ne faut pas croire du reste que les angles de ces diverses pièces métalliques aient été choisis au hasard, tout au contraire, ils assurent mathématiquement le résultat poursuivi. En effet, l’un des angles est un peu inférieur à un angle droit, tandis que l’autre angle est un peu plus petit que le premier. Nous noterons que la longueur de la semelle est variable suivant le type de rail auquel on a affaire, mais, d’une manière générale, le poids d’un joint complet est compris entre 7,7 et 24,5 kilogrammes.
- Pour mettre ces joints en place, on recourt à une équipe de 6 hommes, dont un ajusteur et 5 manœuvres, disposant d’une forge portative, de marteaux et d’une pince d’un type spécial prenant le bas du rail; les bouts des rails à amener en contact doivent être soigneusement nettoyés soit à la lime ou au jet de sable, soit à l’émeri. On insère le bloc C en interposant une feuille de zinc entre lui et la base du rail, puis on place la semelle portée au rouge, mais après avoir glissé une autre feuille de zinc sous le patin du rail : celte dernière feuille est destinée à fondre à la chaleur et à boucher toutes les petites dénivellations qui pourraient se présenter dans le métal. Enfin on dispose la clavette 11, et cela en s’aidant de la pince spéciale que nous avons signalée pour soulever obliquement le rail et le bloc (1 et glisser bien d’aplomb cette clavette; d’ailleurs, si le coinçage n’est pas absolu, on peut le compléter au moyen d’une petite tôle.
- Nous croyons que ce type de joint est actuellement surtout employé pour des voies de tramways, où il rend d’excellents services par suite de la continuité électrique qu’il assure ; mais il est d’une application plus générale, et on peut parfaitement, par un excès de précaution, maintenir les éclisses ordinaires tout en recourant à cette semelle, l’éclisse étant évidée pour laisser les blocs de serrage porter directement sur la base du rail. P. de M.
- LA YALISE DE SAUVETAGE DU VOYAGEUR
- Quand on arrive le soir dans un hôtel, qu’on vous donne une chambre située au quatrième, au cinquième étage, au bout de longs corridors desservis par un unique escalier, on se prend parfois, la fatigue aidant et vous faisant voir tout en noir, à se demander comment on pourrait bien se sauver si le feu prenait dans l’établissement. Et pour peu que le sommeil ne vienne point calmer vos inquiétudes, les moindres craquements de meubles ont une allure sinistre.
- Pour tranquilliser ceux de nos lecteurs ou de nos lectrices qui se sont trouvés dans cet état d’esprit, nous leur signalerons l’idée ingénieuse qu’on a eue, et que recommandait M. Fitz-Gerald dans « Scientific American », de combiner un êngin de sauvetage essentiellement portatif. La base même de l’engin est ce petit appareil métallique, fait d’une sorte de lame percée de 4 trous obliquement disposés, qu’on a vu dans plusieurs expositions de sauvetage : on suspend à un crochet dépendant de cette pièce métallique la charge qu’on veut faire descendre doucement le long d’une corde, cette corde passant successivement à travers les divers trous de l’appareil. Les choses sont combinées de telle sorte que, si l’on raidit plus ou moins, on retarde d’autant la descente, le long de la corde, du dispositif métallique et de la charge qui lui est suspendue. On avait songé à utiliser cette particularité et cette combinaison au sauvetage en cas d’incendie, en faisant munir les gens, qui descendraient le long de la corde, d’une ceinture de gymnastique pouvant s’accrocher à la pièce métallique que nous appellerons de « freinage ». Mais bien peu de personnes se sentiraient en sûreté, suspendues aériennement ainsi par la ceinture. Et c’est pourquoi un inventeur, qui nous est du reste inconnu, a eu l’idée de remplacer la ceinture par une véritable nacelle dans laquelle l’habitant d’une chambre, menacée par les flammes, pourra prendre place avec un sentiment de sécurité beaucoup plus marqué.
- Cette nacelle sera simplement une solide valise en cuir, assez grande pour qu’on puisse s’y asseoir, assez
- p.42 - vue 46/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 45
- résistante pour supporter sans danger le poids d’un homme. L’idée de la valise est fort ingénieuse, en ce sens que c’est une nacelle de sauvetage de transport facile, qui rend journellement des services, lors même qu’on n’a pas l’obligation regrettable de l’utiliser à l’occasion d’un incendie : son propriétaire peut y mettre des vêtements, du linge, tout comme dans une valise ordinaire, pourvu qu’il y reste suffisamment de place disponible pour y enfermer aussi l’appareil mécanique de freinage, trois
- L’emploi de la valise de sauvetage.
- ou quatre bouts de cordes à crochet pour suspendre la valise à cet appareil, et enfin le rouleau de la corde de sauvetage proprement dite.
- Survient-il un sinistre, l’heureux possesseur de la valise en tire les cordes et le petit appareil métallique ; il fixe d’une part le bout de la corde de suspension à l’appui de la fenêtre ou au pied d’un gros meuble, puis il suspend la valise à l’appareil de freinage, dans les trous duquel la corde peut demeurer constamment enfilée; il fait passer corde et valise par la fenêtre, et monte (ou, si l’on veut, descend) dans la valise, en retenant le bout de la corde de suspension de manière à éviter tout glissement de la pièce de freinage. Et quand il est assis, assez confortablement en somme, dans le fond de son sac de voyage,, il laisse filer la corde, et commence sa descente sans danger, sinon sans émotion. B. H.
- UN APPAREIL
- POUR SUPPRIMER TANGAGE ET ROULIS
- Son but est tout au moins d’atténuer considérablement les oscillations des bateaux sous l’influence des vagues, en rendant la coque indifférente aux forces qui la sollicitent ainsi ; son inventeur est M. 0. Scldick, un ingénieur naval de Hambourg, et il est basé sur le principe du gyroscope, comme le montre immédiatement la figure que nous en donnons. M. Schlick espère qu’il peut à la fois augmenter considérablement la période d’oscillation dans les mouvements de roulis, et diminuer l’amplitude même de l’oscillation.
- L’invention consiste, ainsi que nous le laissions entendre, à utiliser l’effet gyroscopique d’un volant monté d’une façon particulière à bord du bateau, et que l’on fait naturellement tourner à une allure très rapide. L’axe vertical de l’appareil est placé de manière à pouvoir se déplacer comme un pendule, dans le plan central du
- navire. Et les oscillations rapides et constantes du volant doivent avoir pour résultat de rendre le navire insensible à l’action des vagues, en éliminant en pratique tout mouvement de roulis. Pour M. Schlick, ce dispositif doit exercer une action énergique même sur les oscillations latérales les plus faibles du navire qui en sera muni, et cela rend impossibles la propagation et l’accentuation de ces oscillations, qui arriveraient autrement à se transfor- ' mer en mouvements violents. 11 est bien évident que ce corps mis en rotation oppose à toute inclinaison de son axe une résistance d’autant plus considérable que sa rotation est plus rapide. Le créateur de cet appareil ne l’a encore essayé que sur de petits modèles, et il lui donne la disposition du diagramme qui est figuré ici. Hans un large cadre R R, de forme appropriée, et pouvant osciller, tourner, sur un axe horizontal disposé normalement à l’axe longitudinal du bateau, grâce aux pivots P P, se trouve monté l’axe vertical du volant gyroscopique A ; celui-ci est mis en rotation rapide par un moteur électrique. Et comme les forces suffisantes pour mettre un navire en état de roulis ne sont pas en fait fort élevées, il suffirait, pour un navire de fiOOO tonnes de déplacement, d’un volant de 10 tonnes et présentant un diamètre de 4 mètres. I). B.
- Appareil pour supprimer le langage et le roulis.
- LE THÉ4TRE
- SUR LE THEATRE DE LA GUERRE
- Quelque étranges que ces mots puissent paraître dans la gravité de l’heure présente, ils n’en sont pas moins l’expression de la réalité, En effet, tandis que Russes et Japonais déploient la plus grande activité et le plus grand courage ; là-bas, en Mandchourie, au cœur même des camps, entre deux batailles, tandis que tonne le canon et qu’éclatent les obus, des représentations sont organisées à l’improviste par les meilleurs chanteurs et les meilleurs chorégraphes des régiments.
- Dans les camps Russes, tantôt c’est un groupe de chanteurs qui entonnent en chœur les vieilles can-tilènes nationales, tantôt c’est un danseur bâti comme un hercule, qui bondit tout botté avec une agilité de clown et qui exécute au son d’un air populaire, un de ces vertigineux « cavalier seul » qui suscitèrent naguère notre étonnement et notre admiration au Casino de Paris et aux Folies-Rergère.
- Et pendant quelques instants, officiers et soldats, ambulancières et blessés qui fraternisent sous la même tente, oublient les préoccupations et les souffrances de l’heure présente, et se grisant de rires et de facéties, se laissent même aller à des hurrahs et à des applaudissements frénétiques.
- Dans les camps japonais, le décor change et le gpeotacle est plus raffiné et plus subtil, comme il
- p.43 - vue 47/536
-
-
-
- LA NATURE.
- U
- convient à ce peuple de diletlanti. Ce sont d’abord des récitations de chants guerriers composés en cours de route par les écrivains japonais qui suivent l’armée, puis vient la représentation d'une pièce bâtie à l’impro-viste et traitant toujours des événements qui se sont déroulés la veille. I)e pareils spectacles sont bien faits, comme vous le pensez, pour exciter l’enthousiasme des soldats. On ne saurait, en effet, leur donner une meilleure leçon de courage e t d’énergie.
- Le théâtre a du reste sur les Japonais une influence incontestable.
- Passionnés des spectacles, ils ont établi des scènes jusque dans leurs plus petits villages. Quant aux grandes villes, elles sont pourvues de nombreux théâtres aussi bien aménagés que nos théâtres d’Europe. Depuis le commencement de la guerre russo-japonaise, les représentations dans ces théâtres sont permanentes. Et il convient de remarquer que ce sont toujours des épisodes guerriers qu’on fait défiler devant la foule enfiévrée. A l’heure actuelle du reste, Russes et Japonais semblent avoir à cœur de susciter l’enthousiasme des troupes par
- des représentations théâtrales dans les camps. Lorsqu’il y a quelques mois, les Japonais traversèrent la Corée, ils implantèrent sur la scène du théâtre de Séoul, une pièce qui n’était pas autre chose qu’un corps à corps dans lequel Ilirose l’emportait sur trois gigantesques lutteurs russes, grâce à ses connaissances dans l’art de se défendre au Japon. Et pendant des semaines, des milliers de spectateurs turbulents et enthousiastes se pressèrent dans le théâtre municipal Doutai , d’ordinaire la maison du rire, comme son nom l’indique.
- Rien n’est plus curieux que ce théâtre de Séoul, un soir de représentation. Figurez-vous un vaste cirque avec des gradins tout le tour ; au fond, une scène minuscule séparée des spectateurs par un espace réservé chez nous à l’orchestre, destiné là-bas aux exhibitions des acrobates. Détail amusant : dans ce théâtre il n’y a pas de coulisses, de sorte qu’on voit les employés de la scène coudoyer les artistes en train de s’habiller, et les agents de service bousculer les domestiques qui portent des rafraîchissements aux acteurs
- Fig. 1. — Danseuses « Kissans » du Palais. Derrière elles les professeurs du cours de danse.
- p.44 - vue 48/536
-
-
-
- LA NATURE.
- AU
- ut aux spectateurs. Vers 8 heures et demie le spec- numéros de la représentation sont consacrés aux tacle commence. Comme chez nous, les premiers danseurs de cordes, jongleurs, etc., qui exécutent
- leurs exercices au son d'une musique bonne tout au plus à faire valser les ours. Mais le spectacle le plus intéressant est surtout dans la salle. Partout Coréens et Coréennes s’entassent pêle-mêle dans un désordre plein de charme pour l’observateur. C’est à peine si on peut distinguer les figures, tant le théâtre est mal éclairé et tant est épaisse la fumée qui monte des pipes du public. Dans les loges, paradent, en robes de soie d’une seule couleur, les élégants de Séoul, les fils de mandarins, facilement reconnaissables à leurs lunettes à monture d’or et à leurs grands chapeaux en crin noir, à huit reflets.
- Non loin d’eux, dans des loges également, se tiennent les employés des ministères. Ceux-là affectent déporter,par snobisme,de grosses lunettes à monture d’écail dont les glaces, en cristal de roche enfumée,
- doivent les rendre complètement aveugles, étant donnée la presque obscurité de la salle. Tous ces gandins d’un nouveau style, qui posent comme devant
- l'objectif d'un photographe, cherchent à tout instant à attirer les regards du public, en s’interpellant d’un bout de la salle à l’autre. Leur tenue est absolument scandaleuse, surtout lorsque les danseuses du Palais Impérial font leur entrée sur la scène. C’est là du reste le numéro sensationnel, le clou de la soirée, qui passe comme à Paris, en fin de spectacle. Vêtues de costumes multicolores, coiffées bizarrement, les jolies petites kissans apparaissent au son des fifres, des tams-tams et des violons, telles de mignonnes poupées peintes. Le décor représente une vasque au milieu de laquelle s’épanouit un immense lotus. Deux danseuses déguisées en cigognes de papier de soie, s’en approchent et se mettent à sautiller autour du bassin, cherchant de leur long bec à piquer le lotus. C’est là un simple prétexte à plusieurs figures ravissantes et à mille pas plus ingénieux les uns que les autres. Tout à coup le bec des cigognes effleure le lotus et celui-ci se méta-
- Fig. 4. — Chanteurs russes au cœur des camps.
- p.45 - vue 49/536
-
-
-
- 46
- LA NATURE.
- morphose aussitôt en une délicieuse petite kissan qui, pudique, s’enfuit, toujours poursuivie par les cigognes.
- La représentation est terminée. Aussitôt c’est une cohue indescriptible dans le théâtre, tout le inonde se rue vers la sortie pour voir le départ en chaises des mignonnes kissans. Ces dames habitent, en effet, le Palais Impérial et sont entretenues par l’État.
- Robert Eude.
- L’INDUSTRIE DES FILÉS DE TOURBE
- Il a été question à plusieurs reprises ici des usages variés que l’on fait maintenant de la tourbe, tourbe litière, tourbe ouate pour les pansements, tissus de tourbe, etc. Tout naturellement, pour les tissus, il faut que la tourbe subisse un traitement qui la transforme en de véritables lilés susceptibles d’un tissage. Et il s’est créé dans ce but une industrie importante, dont les procédés viennent de se perfectionner, et sur laquelle des détails ont récemment été donnés par M. J. Kolani. La tourbe se présente bien naturellement sous l’apparence de filaments, d’ailleurs fort élastiques; mais ils avaient à être modifiés grandement pour s’approprier au tissage ; et cependant la préparation qu’on devait leur faire subir dans ce but ne devait point modifier les qualités originelles précieuses, surtout en l’espèce, que présente la tourbe, faible conductibilité au point de vue calorifique, grande puissance absorbante, propriétés antiseptiques et désinfectantes, inaltérabilité, etc.
- 11 a donc fallu, dans ce but, arriver à travailler le filament entièrement à sec, sans adjonction de matières grasses ni d’aucun autre corps étranger.
- La matière première est d’abord amenée à une machine à carder, dont la construction et le fonctionnement sont tout spéciaux : au contraire des machines ordinaires, où la fibre est enroulée en plusieurs nappes, la nappe fibreuse détachée du pcigneur est roulée en un boudin et transformée directement en fil : on se trouve donc en présence d’une carde fileuse. Le fil est ensuite monté sur une ensouple pour chaîne, ou l’on en fait des épontes pour trame. Une seule opération suffit à produire un fil aussi résistant qu’on peut le désirer ; on n’est pas obligé de produire séparément plusieurs fils pour les commettre, pour les réunir ensuite par une commune torsion. Et cependant on a la possibilité de travailler des fibres très courtes ; c’est l’étirage, au moyen de cylindres, du boudin, formé par tassement de la nappe de fibres peignées, qui donne le fil.
- Notons, d’après les renseignements intéressants fournis par M. Kolani, que les filaments de tourbe sont de longueur très variable, comprise entre 2 et 110 millimètres; mais en moyenne cette dimension se rapproche assez de 40 millimètres. Quant à la grosseur de ces filaments, on a constaté, au moyen du micromètre oculaire de Cari Zeiss, qu’elle est généralement de quelque
- 0,058 millimètre. D. L.
- ---------- .
- CHRONIQUE
- Lu troisième comète de 1004. — 11 s’agit du retour de la comète périodique de Tempel. Cet astre errant, découvert en 1875, a une période de 5 ans 281, et on attendait son apparition pour la fin de cette année. Elle n’a pas manqué au rendez-vous après ses derniers
- retours de 1804 et de 1809, et à l’Observatoire de Nice,
- M. Favelle l’a retrouvée le’ 50 novembre. Sa position alors montre que les éphémérides qui avaient été calculées pour sa recherche sont très approchées. La comète Tempel est actuellement dans l’hémisphère austral, c’est-à-dire dans une situation peu élevée au-dessus de notre horizon : elle se trouve entre le Sagittaire et le Capricorne, remontant assez lentement vers le nord-est, à travers cette dernière constellation. En outre celte position est moins que favorable pour l’observateur, parce qu’à cette époque de l’année, cette région du ciel est au couchant, et commence déjà à se voiler dans les brumes de l’horizon lorsque la nuit profonde est arrivée.
- Le centenaire tle Lebon. — C’est par un grand concours de ballons que les aéronautes français ont célébré, le dimanche 4 décembre, la mémoire de Philippe Lebon, l’inventeur du gaz d’éclairage. L’Aéro-Club prit l’initiative de ce concours, et il obtint que ce jour-là le gaz serait livré gratuitement aux aéronautes. H s’agissait d’un concours d’atterrissage au plus près d’un point désigné à l’avance par les aéronautes eux-mêmes. Les ballons pilotes, lancés avant le départ du premier concurrent, s’enfuirent rapidement vers le nord-est. Deux courants bien distincts se montraient dans le ciel, l’un près de terre était franchement ouest, l’autre plus élevé était nord-ouest; ces deux courants et les nuages commençant à 400 mètres furent cause que bien des ballons s’égarèrent et tombèrent loin du point choisi. Les ballons partants étaient : Au parc de l’Aéro-Club de France : « L’Oubli )) (1000 m3), aéronautc, M. André Legrand; passagers, MM. Auriou et A. Le Brun.
- « Aéro-Club 111 )) (1200 m3), aéronaute, M. Nicolleau; passagers, MM. Leblanc, Furet et Martin. « Aéro-Club IV » (550 m3), aéronaute, M. P.Tissandier ; passager, M. Ceorges Le Brun. « Zéphyr » (000 m3), aéronaute, Justin Balzou; passagers, M. J. Balzou, Bans et Levée. « Moriciana » (700 m5), aéronaute, comte Arnold de Contades; passagers, Jacques Faupe, Tony Broet. — A l’usine à gaz du Landy :
- « L’Eterel » (420 m3), aéronaute, M. E. Barbotte. — A l’usine à gaz de Rueil : « Aéronautique-Club I »(500 m5), M. V. Bacon. « Aéronautique-Club II » (900m3), M. Ribeyre.
- « Radium » (050 m3), M. de la llault. — A l’usine à gaz de Nanterre : « Mistral » (800 m3), aéronaute, Paul Dubois. Les commissaires sportifs étaient : commandant lluschauer, comte de Castillon Saint-Victor, G. Besançon, Ed. Surcouf, P. Rousseau. — A Bordeaux deux ballons s’élevèrent: F « Aéro-Club bordelais » (1500 m3), aéronaute, M. Briol. « La Bellc-llélène » (1090 m3), aéronaute, M. Duprat. A Nantes : « Le Cambronne (100 m3), M. David. A Rouen et à Amiens deux ballons s’élevèrent également. Voici les résultats du concours. Les trois gagnants furent trois pilotes de l’Aéro-Club. Le ballon classé le premier est le « Moriciana » conduit pai le comte Arnold de Contades accompagné de Jacques Faure. C’est grâce à leur science aéronautique et au soin avec lequel ils choisirent leur point d’atterrissage que ces aéronautes virent leur ballon classé premier ; le point choisi était le fort d’Écouen, le courant ouest menait vers ce point; le comte A. de Contades décida de tout faire pour ne pas monter au-dessus des nuages. 11 y parvint, aussi atterrit-il à 500 mètres du fort. Le ballon classé deuxième est )’« Aéro-Club IV » conduit par M. Paul Tissan-dier. Tissandier ayant observé attentivement la direction des courants aériens s’aperçut bientôt que le courant inférieur le menait beaucoup trop à gauche de Dammartin, point qu’il avait choisi ; il prit donc le parti de monter au-dessus des nuages pour prendre l’autre courant, après
- p.46 - vue 50/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 47
- un séjour de 45 minutes au-dessus des nuages, séjour que l’aéronaute jugea suffisant pour être amené près de Dam-martin ; il donna plusieurs coups de soupape et la descente s’effectua à tikm 400“ de cette ville. Le troisième ballon classé est 1’ « Aéro-Club II » piloté par M. Nicol-leau ; ce ballon descendit à 11 kilomètres du château, près Yillers-Cotterets qui était pris pour but. Les autres ballons descendirent assez loin des points choisispar leurs aéronau-tes. A Bordeaux, la Compagnie du gaz avait poussé l’amabilité jusqu’à fabriquer un gaz spécial pour les aéronautes, ce gaz enlevait jusqu’à 750 grammes au mètre cube, ce qui est rare; les aéronautes bordelais avaient joint à leur concours de ballon un rallye automobile, tous les ballons furent capturés par les autos. A Nantes, M. David remarquant la bonne direction et la force du vent s’inscrivit pour la coupe du « Gaulois » qu’il conquit brillamment au comte d’Oultremont qui la détenait par 480 kilomètres, et qui l’avait prise au comte de la Vaulx. M. David, accompagné de M. Autron parti de Nantes, à 3 heures, a atteint à 2 heures du matin Maesseyck, à la frontière de Hollande ; il lit ainsi 700 kilomètres en onze heures. Le premier prix du concours du centenaire du gaz était la maquette du monument de Philippe Lebon, monument qui doit être élevé au Cours-la-Reine, à l’endroit où Lebon fut assassiné en 1804.
- Le prix du transport par chemin de fer. —
- On a souvent dit que le matériel puissant qu’emploient les Américains pour le transport des marchandises par chemin de fer, et leurs méthodes simples et expéditives, assuraient une grande économie dans ce transport. Si nous en croyons un de nos confrères, Américain du reste, alors qu’on dépense en France 10 francs pour transporter une tonne à 1600 mètres, llfr,50 en Angleterre, 9fr,40 en Allemagne, les dépenses correspondantes ne dépasseraient pas 3fl',60 aux États-Unis.
- Les puissances hydrauliques en Russie. — A une époque où l’on se préoccupe si justement des chutes d’eau dont peuvent disposer les différents pays, afin de les capter et de les utiliser électriquement, il est intéressant de savoir que la Russie, qui ne semble pas bien dotée à ce point de vue, dispose cependant d’une puissance totale de 11 millions de chevaux.
- Soulèvement d’un bâtiment de 9500 tonnes. — Le principe du déplacement des édifices est parfaitement connu aujourd’hui; mais les exemples de ce genre d’opération sont toujours intéressants quand ils portent sur des bâtiments de très grandes dimensions. Tel est le cas pour l’école qu’on vient de relever de 86 centimètres au-dessus de ses fondations dans un quartier de New-Uirk. Le bâtiment est entièrement en briques et ne mesure pas moins de 48 mètres de long pour 25m,50 de large ; il a quatre étages et pèse environ 7 500 000 kg. On passa, comme de coutume, un gril en bois sous le bâtiment séparé de ses fondations, et 75 hommes eurent à tourner régulièrement les 1200 vérins disposés pour le soulèvement. ________
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 décembre 1904. — Présidence de M. Masuaiit.
- Différence de Longitude Paris-Greenwich. — M. Maurice Lœwy adresse une Note relative à la détermination de la différence de Longitude entre les méridiens des Observatoires de Paris et de Greenwich. La connaissance de cet élément est très importante parce qu’il sert de contrôle à la liaison des réseaux géodésiques anglais et
- français. En 1888, une détermination a été entreprise entre observateurs français et entre observateurs anglais. En raison du désaccord des résultats, le travail a été recommencé dans les mêmes conditions en 1892, sans que l’accord ait pu s’établir. M. Lœwy jugea alors à propos d’intervenir pour régler la question. Des précautions spéciales furent concertées entre lui et M. Christie, directeur de l’Observatoire de Greenwich. Il fut convenu, entre autres choses, que les astronomes anglais et les astronomes français feraient deux séries d’observations distinctes au printemps et en automne. MM. Bigourdan et Lancelin ont obtenu le nombre 9m 20*,974 et les astronomes anglais 9“ 20%94. La différence est donc de 0%054, soit une demi-seconde d’arc; on ne peut guère espérer une plus grande précision dans un travail présentant un si grand nombre de difficultés à vaincre.
- Chronométrie des érosions souterraines. —M. A. Gau-dry présente une Note de M. Martel sur les « résurgences » de Wells (Angleterre) et la chronométrie souterraine. Invité à venir constater les résultats des explorations faites depuis plusieurs années dans les Mendip Hills, l’habile hydrologiste français a eu l’occasion d’opérer des remarques sur ce qu’il appelle la chronométrie des érosions souterraines. Près de la belle cathédrale de Wells se trouve un étang constitué par la « résurgence )) des eaux apportées par des canaux souterrains des gouffres absorbants de Mendip Hills situés à 8 kilomètres de distance et à une altitude de 10 mètres plus élevée. Plusieurs canaux passent sous le chevet de la cathédrale. Peu à peu le passage de l’eau a élargi leur section, si bien que des enfoncements du sol se sont produits et qu’il a fallu exécuter d’importants travaux de censolidation de l’édifice. Ces canaux n’ont guère; *qpe 0m, 15 de diamètre, mais ils sont nombreux; M. Martel a été frappé de cette circonstance que depuis la construction de la cathédrale, c’est-à-dire en 650 ans, l’érosion n’ait pas produit de plus grands vides. 11 y a là un contraste avec ce qui a été observé en d’autres localités. 11 y a donc inégalité dans les destructions causées par les eaux souterraines. Les facteurs de cette inégalité sont de divers ordres : rapidité du courant, composition, température, dureté des roches traversées. A ce dernier point de vue, la durée du calcaire dévonien, dans lequel les canaux se creusent à Wells, fournit l’explication de la lenteur de la progression de l’érosion.
- Les glaciers du Dauphiné. — M. de Lapparent analyse une Note de MM. Jacob et Flusin sur le régime souvent contradictoire des glaciers du massif du mont Pelvoux. Dans tout le massif domine l’influence de l’ablation qui a déjà causé la disparition de plusieurs glaciers et affecte surtout ceux qui n’ont pas de cirque d’alimentation. Les seuls glaciers du Dauphiné qui aient pu traduire par une progression l’excès des neiges qui s’est produit en 1900 sont ceux qui, comme le glacier blanc, se réduisent presque à un cirque de Névé très étendu et très élevé tombant en haute cascade dans une vallée très courte.
- Une plante d'alimentation du bétail. — M. G. Bonnier résume un travail de M. Labergerie qui a réussi à tirer d’une nouvelle espèce sauvage de pomme de terre une plante comestible préférant les terrains humides, alors que la pomme de terre exige les terrains secs. L’avantage est considérable. Le « solanum commersoni », plante de l’Uruguay, était recommandée par M. Ileckel comme plante fourragère pour les terrains humides. M. Labergerie, en ayant cultivé dans ce but, a remarqué un pied ayant des tubercules plus gros et meilleurs que
- p.47 - vue 51/536
-
-
-
- 48
- LA NATURE.
- ceux de la plante sauvage. C’est de ce pied initial que l’auteur a extrait, par sélection, une race violette pouvant donner 10 000 kilogrammes à l’hectare en terrain sec et 90 000 en terrain humide. Les tubercules atteignent le poids de 1000 grammes avec 17 pour 100 d’amidon.
- Ch. de Yilleoeuil.
- ALLUMEUR-EXTINCTEUR AUTOMATIQUE
- A DURÉE VARIABLE
- M. E. Salomon, constructeur électricien, vient d’imaginer un allumeur-extincteur automatique à durée variable à volonté, qu’il nous paraît intéressant de faire connaître.
- Cet appareil comporte un solénoïde a qui, traversé par le courant, attire le noyau de fer R.
- Ce dernier est relié par une chaînette C à une poulie à gorge J) montée d’une manière lixe sur l’axe E d’un barillet faisant partie du mouvement d’horlogerie. La poulie à gorge est munie d’une butée g et d'un certain nombre de trous II dans lesquels on engage une vis I ; les trous H portent des chiffres qui indiquent le nombre de minutes pendant lequel l’appareil doit marcher.
- Sur l’axe E de la poulie à gorge est montée librement une came j.
- En K se trouve une équerre, dont une extrémité est convenablement isolée, et qui est destinée à venir s’engager entre les branches L pour le circuit électrique sur les appareils d’utilisation qu’il s’agit de faire fonctionner. Quand l’équerre est remontée, une goupille ni, qui tenait en arrêt le mouvement d’horlogerie, dégage le balancier N et le mouvement d’horlogerie se met en marche.
- Pour actionner l’appareil, il suffit donc d’envoyer d'un point quelconque un courant électrique dans le solcnoïde a. Le noyau R est attiré, et fait tourner la poulie à gorge I), qui arme le ressort du barillet; en même temps la came j entraîne une extrémité de l'équerre K pendant que l’autre extrémité va se placer entre les deux branches L pour fermer le circuit sur les foyers électriques. Le mouvement d’horlogerie a alors son balancier libre et se met en marche. Mais la vis I, que nous avons placée dans un des trous H, vient s’appuyer sur la camej; cette came étant entraînée par le mouvement de rotation
- de la poulie à gorge D et le mouvement d’horlogerie continuant sa marche, il arrive un moment où le bec de la came échappe de l’extrémité de l’équerre K contre laquelle il frotte. L’équerre n’est plus retenue et retombe par l’action du ressort O ; l’autre extrémité se dégage des lames L et les foyers électriques s’éteignent; la goupille ni retient le balancier N et le mouvement d’horlogerie s’arrête.
- L’appareil de M. E. Salomon comporte un autre dispositif intéressant auquel il donne le nom de « coupe-courant » et qui est placé à la partie inférieure de la figure. Dans ce dispositif, le courant arrive au solénoïde par la borne D' et en sort par la borne e. Au repos, la rondelle R du noyau est placée au-dessus du bec E de la came G. Lors du passage du
- courant le noyau B attiré s’abaisse; la rondelle R appuie sur la branche horizontale J de l’équerre K et l’autre extrémité de l’équerre se dégage de son point de contact L et coupe le circuit qui était fermé sur le solénoïde. L’équerre est maintenue dans cette position par une goupille S, fixée à l’extrémité de la détente H. Par le mouvement de la rotation de la poulie à gorge D, le noyau est relevé ; la rondelle R relève du bec F de la came G, la goupille S se dégage et le contact L se rétablit. L’appareil est alors prêt à fonctionner de nouveau. En résumé, par des dispositifs très simples, l’appareil de M. E. Salomon permet, d’une part, d’allumer d’un point quelconque un foyer électrique pour un temps donné et déterminé à l’avance, temps dont on peut fixer la durée suivant les circonstances et dans des limites choisies. Il permet également d’un point quelconque de couper instantanément un circuit et par suite d’éteindre les foyers électriques allumés.
- On peut donc à volonté faire fonctionner l’appareil automatiquement en utilisant la minuterie, ou faire fonctionner l’appareil instantanément en faisant manœuvrer le dispositif du « coupe-courant ».
- Il se présente bien souvent en pratique des occasions où il est utile de mettre à profit ces divers avantages. J. Laffargue.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie I.aiiuke, rue Je Fieurus, 9.
- Allumeur-extincteur automatique à durée variable.
- p.48 - vue 52/536
-
-
-
- X* 1648. — 24 DÉC KM B HE 1904
- LA NATURE.
- 49
- LES MUTES ALTITUDES ATTEINTES
- Les récits publiés récemment de la magnifique exploration des massifs himalayens, par M. et Mme Rullock-Workmann, attirent de nouveau l’attention sur les hautes altitudes atteintes jusqu’à ce jour. Aussi nos lecteurs pourront sans doute trouver quelque intérêt à l’examen du dessin ci-dessous, où sont figurés proportionnellement les points principaux jalonnant les régions élevées de l’atmosphère et du sol terrestres. L’cchelle de ce dessin, pour les
- hauteurs, est de 5 millimètres par kilomètre. Il est à peine besoin de faire remarquer que l’aspect et les proportions des objets figurés sont purement conventionnels. Les points remarquables sont marqués par des ballons, silhouettes humaines ou autres; comme ces divers objets ont forcément des dimensions exagérées, l’altitude qu’ils ont pour but d’indiquer se trouve marquée par les nacelles pour les ballons et par le pied des silhouettes pour le
- Hauteurs comparées des points atteints en montagne et dans l'atmosphère (échelle, : o 111111= l km).
- reste. Chacun des points est celui maximum atteint dans chaque catégorie. Les principaux points de repère naturels sont : le Mont-Blanc, et le massif de l’Himalaya où se trouve la cime la plus élevée du globe, les limites moyennes des neiges perpétuelles sur ces montagnes, et certains nuages caractéristiques ; les hauteurs des nuages sont représentées d’après les mesures effectuées à Blue-Hill (États-Unis) par M. Botch.
- De bas en haut nous rencontrons donc :
- D’abord en E, la tour Eiffel (500 mètres) : le monument le plus élevé construit par les hommes. Pour nous élever de là jusqu’au sommet du Mont-Blanc, nous traverserons les cumulus C, C, épaisse couche
- 33a année. — lel semestre.
- dont la base est 1470 mètres et le niveau supérieur 2180 mètres. Un peu au-dessus noùs. trouvons la limite des neiges dans le massif alpin, puis en a c inférieur les alto-cumulus inférieurs (5170 mètres); vers 4000, approximativement, ce sont les neiges de l’Himalaya. Nous arrivons maintenant à 4810 mètres au sommet du Mont-Blanc, couronné en J par T Observatoire de M. Janssen : l’observatoire le plus élevé de la Terre.
- Quittons le sol et les neiges pour pénétrer un instant dans l’atmosphère et mous rencontrerons un cerf-volant T-B, planant à l’altitude colossale (pour appareil de ce genre) de 5908 mètres. Cette altitude a été atteinte par un des cerfs-volants sondes, lancés en
- 4
- p.49 - vue 53/536
-
-
-
- 50
- LA NATURE.
- nier pendant une campagne de M. Teissercne deBorl1.
- Reprenons pied maintenant, sur U Himalaya cette fois, et un peu au-dessus du niveau dés alto-cumulus supérieurs (a c supérieur) nous trouvons en C le campement le plus élevé où des hommes aient séjourné un temps appréciable : il s’agit de l’expédition internationale de 1002 pendant laquelle les courageux explorateurs ont séjourné à celle énorme hauteur de 6400 mètres [tendant cinq semaines et dans des conditions plus que pénibles2. Ensuite, à 6680 mètres est le point extrême ( H W) des ascensions de M'"e Bullock-Workmann, la plus haute altitude atteinte par une femme jusqu’alors. On ne saurait trop admirer la courageuse alpiniste quand on songe à la raréfaction de l’air, tellement accentuée déjà en ces régions qu'un peu au-dessus de ce niveau, à 6750 mètres (ligne o, o), M. Berson, que nous allons retrouver plus haut en ballon, dut commencer des inhalations artificielles d’oxygène ! Admirons aussi le tempérament plus que résistant de M. Bul-lock Workmann, grimpant jusqu’au point B W à 7152 mètres, la plus haute altitude atteinte en montagne !5 toujours sous réserves de la vérification de l’ascension Graliam au Kabrou.
- La ligne O, O, à 8000 mètres, est la limite à laquelle les aéronaules tâtant des hautes zones de l’atmosphère commencent la respiration continue de l’oxvgène emporté ad hoc, sous peine de graves catastrophes, dont nous avons, hélas ! de cruels exemples. On se rappelle toujours la tragique ascension du 15 avril 1875 au cours de laquelle Crocé-Spinelli et Sivel sont morts asphyxiés à 8600 mètres (G-S-T), tandis que leur compagnon Gaston Tissandier n’échappait que par miracle à une fin si terrible.. . A 240 mètres au-dessus de ce niveau, nous rencontrons enfin le dernier point du sol terrestre, la cime la plus colossale de notre planète, l’Everest, se dressant à 8840 mètres, dans les régions raréfiées et glaciales de l’atmosphère. Un homme pourra-t-il jamais mettre le pied sur ce sommet?
- Maintenant vers 10 000 mètres est la zone (G) des nuages les plus élevés, les cirrus souvent composés de paillettes de glace. A 10800 mètres B marque l’extrême limite de l'ascension humaine; le 31 juillet 1901 un ballon, monté par M. A. Berson, atteignit cette hauteur formidable, grâce à la précaution prise par l'aéronautc de respirer artificiellement de l’oxygène, à partir de 8000 mètres ainsi que nous l'avons vu précédemment-.
- La ligne I, I est la limite moyenne inférieure de la zone isotherme de M. Teisserenc de Bort. Les nombreux sondages, effectués par le savant météorologiste, lui ont permis de reconnaître que dans cette zone d’une épaisseur paraissant être d’au moins 6 kilomètres (indiquée alors par /, l-ï,V) la température reste à peu près stationnaire, un peu au-dessous de —50°.
- 1 Yoy. n0 162o, «lu 16 juillet 1904, p. 101.
- 2 Yoy. iâ 1613, du 19 novembre 1901, p. 587.
- 3 Yoy. n° 1613, du 19 novembre 1701, p. 390.
- Terminons par un bond prodigieux nous conduisant au S à 22290 mètres, altitude atteinte le 4 décembre 1902 par un ballon-sonde lancé de l’Observatoire de Strasbourg, au cours d’ascensions internationales. Pour employer une expression sportive si usitée maintenant, ce petit ballon en caoutchouc, de 1900 millimètres de diamètre et gonflé à l’hydrogène, détient jusqu’à présent le record du monde! Lucien Rüdaux.
- LA ROTATION DE TÉNUS
- J’ai entretenu déjà les lecteurs de (( La Nature » de l’une des questions les plus intéressantes de l’Astronomie physique : celle de la rotation planétaire. A propos de la rotation d’Uranus je leur ai montré qu’il est certaines planètes dont la rotation, à cause de l’incertitude des détails observés, ne peut être déterminée visuellement et pour lesquelles il faut recourir à la méthode spectrogra-pliique. La planète Vénus rentre dans cette catégorie. Diverses déterminations visuelles ont bien été faites : J.-Ü. Cassini, qui a consigné ses travaux en un opuscule fort rare : « De conversione Yeneris circa axeni suum » ; Bononiæ (1667) a attribué à la planète une durée de rotation de 25 heures et 20 minutes; Bianchini, soixante ans plus tard, lui donnait une valeur de 24jours et 8 heures; Schrôter, Fritsch, Yico donnèrent des chiffres se rapprochant de ceux de Cassini et, à notre époque, le grand astronome de Milan G. Y. Schiaparelli soutint, au contraire, que la durée de rotation était à peu près égale à la durée de révolution qui est de 224 jours. Ces résultats si divers montrent bien l’incertitude de nos connaissances sur Vénus.
- M. Lowell, en 19031, a observé Vénus du 18 février au 25 juillet en s’entourant de toutes les précautions nécessaires pour éliminer les causes d’erreur psychiques; et sa conclusion qui confirme celle de 1896-1897 et de 1901 est que Vénus a une rotation de 225 jours environ. Les taches qu’il a observées ne ressemblent en rien aux canaux de Mars. Ce sont des bandes ou des taches faibles n’avant rien de la régularité des canaux Martiens. Une autre confirmation des résultats de Schiaparelli était nécessaire, et M. Lowell l’a cherchée dans la méthode spectrographique. Cette méthode, excessivement féconde en résultats d’un grand intérêt, est trop complexe pour être exposée ici.
- M. Henri Deslandres a entrepris dès 1893, sur les conseils de M. Poincaré, l’étude spectrale de la planète Jupiter2 au point de vue des variations spéciales de longueur d’onde ou des déplacements que la rotation impose à sa lumière, et j’ai exposé ici ses travaux sur Uranus.
- M. Deslandres s’est appuyé sur le théorème suivant : Pour chaque point de l’image d’un astre le déplacement, dû à la rotation par rapport à la terre, peut être représenté en grandeur et en signe parla distance de ce point à la projection de l’axe de rotation. La conclusion de M. Deslandres, qui s’appuie sur des observations, est de la plus haute valeur : Le principe de Doppler-Fizeau ne doit pas être appliqué de la même manière quand l’astre en mouvement possède une lumière propre ou quand il .réfléchit la lumière solaire.
- Le D‘ A. Belopolskv de Poulkowa3 a étudié Vénus par
- 1 Lowell observatory, bulletin n° 6.
- 2 Comptes Rendus, CXX, p. 417.
- 5 Astronomische Naebriebten, u° 5641.
- p.50 - vue 54/536
-
-
-
- LA NATURE.
- ;)
- cette méthode en 1900. Et M. Lowell s’est occupé de la question en 1902-1903. Des clichés ont été pris par M. Slipher. L’observateur a employé un spectrographe très puissant construit par John A. Brashear et Cie et adapté au réfracteur Clark de 62 centimètres. Le travail de M. Lowell1, où l’auteur rappelle d’abord que si v est la vitesse d’un point de l’équateur de Vénus attribuable à la rotation de la planète sur son axe, d’après le principe de Doppler-Fizeau la relation entre la vitesse de rotation et la vitesse spectrographique est donnée par la formule \s = 2v (1 + cos i), = Ki' où i est l’angle Terre-Vénus-Soleil et \s la vitesse spectrographique correspondant au déplacement opposé des lignes de Fraunhofer aux bords du spectre, la fente du spectrographe étant supposée perpendiculaire à l’axe de rotation, contient tous les détails de mesure des clichés. On a commencé à prendre des clichés en 1902 au moment où Vénus a émergé de la conjonction supérieure. Les meilleurs clichés sont de février et mars 1903. Cette époque était très favorable aux recherches, puisqu’alors Vénus ne présentait pas de phase sensible.
- Le spectre de comparaison employé a été le spectre du fer. Enfin, pour assurer la parfaite impartialité des recherches, les clichés n’étaient pas connus par celui qui les a mesurés. Le résultat est que la rotation en 21 heures ne peut être admise, car, pour cela, il faudrait que la vitesse d’un point de l’équateur de Vénus fût égale à -r Ok"',450 par seconde, et c’est là 90 fois la valeur trouvée. Les résultats de Schiaparelli seraient donc confirmés par le travail de M. Lowell. Lucirx Lun-an.
- L’OXYGÈNE EN MÉDECINE ET EN CHIRURGIE
- ' Depuis les travaux de Pasteur, qui ont démontré d’une façon absolument certaine ([lie l’oxygène avait une action bactéricide énergique sur certaines cultures, le vibrion septique en particulier, la médecine, qui n’utilisait tout d’abord ee gaz que pour des inhalations pratiquées « in articulo mortis », lui a trouvé d’autres emplois.
- Pour ne citer que les plus récents, nous rappellerons la guérison près que instantanée et radicale des furoncles et anthrax, par des piqûres d’oxygène (méthode des Drs Thiriar et Thiery) ; les insufflations d’oxygène gazeux dans la péritonite et la pleurésie; les inhalations d’oxygène pur dans les cas si fréquents d’intoxication par l’oxyde de carbone (méthode du professeur Gréhamt) ou par asphyxie, strangulation, submersion, ou encore par l’acide carbonique ; enfin les travaux si curieux du professeur Raphaël Dubois, de l’Université de Lyon, sur l'action des inhalations d'oxygène contre le mal de mer, travaux qui ont permis à ce savant d’affirmer-(pie, « des nombreuses observations prises, il résulte que ce gaz inoffensif agit le plus souvent sur le mal de mer, qu’il soulage rapidement les nausées, que les vomissements cessent et qu’un sentiment de bien-être se fait sentir auquel succède une période de calme et de sommeil ».
- Quant aux maladies infectieuses l’action désodorisante de l’oxygène est une preuve certaine de son
- action bactéricide. C’est ainsi que l’odeur fétide des cultures de microbes de la septicémie gangreneuse, les émanations fécaloïdes des bacilles pyocyaniques et celles de lait aigri du « staphylococeus aureus », cessent en présence d’un courant d’oxygène. En un mot, en présence d’oxygène, toutes les cultures de microbes anaérobies sont détruites.
- L’action bactéricide de ce gaz vient d’être mise à nouveau en lumière par les travaux de M. le Dr Schmeltz, de la Faculté de Paris, travaux exécutés à l’hôpital Saint-Antoine sous la haute direction du D1 Thiery. Ces travaux ont été résumés dans un opuscule1 de 100 pages. Nous citerons les conclusions de cette importante élude que l’auteur résume comme suit :
- « L’oxygène pur exerce une action certaine el rapide sur tous les processus suppuratifs. 11 produit l’arrêt presque immédiat du phénomène de la suppuration locale et d’empoisonnement septique.
- 11 est le poison des anaérobies. 11 agit par ses propriétés microbicides, et surtout par son action favorable sur la défense organique naturelle. Il est bien supporté en injections et en insufflations par Ions les tissus et les séreuses.
- « Ses propriétés désodorisantes le désignent tout particulièrement p:nir faire disparaître les odeurs fétides des plaies gangreneuses et cancéreuses. Il n’est pas toxique et son emploi est de la plus extrême simplicité. Enfin de nouveaux procédés (oxylithes) permettent de le produire facilement au lit du malade sans appareillage spécial. »
- Comme chacun le comprendra aisément, le gaz oxygène nécessaire à ces diverses applications doit être avant tout « chimiquement pur » et « complètement aseptique », aussi nous semble-t-il utile de décrire un procédé tout particulièrement original de préparation de l’oxygène, qui donne ce gaz précisément dans les conditions requises par la chirurgie et la médecine.
- Disons, tout d’abord, que pour obtenir de l’oxygène chimiquement pur il faut recourir à un procédé chimique. Tous les procédés mécaniques, quels qu’ils soient : électrolyse, fractionnement de l’air liquide, extraction de l’oxygène de l’air par la baryte, donnent un gaz plus ou moins impur. Cela est si vrai que le cahier des charges de l’Assistance publique de Paris n’a pu imposer à l’oxygène, obtenu par les procédés mécaniques, une pureté supérieure à 90 pour 100.
- De tous les procédés chimiques, le plus élégant est sans contredit celui qui utilise 1’ « oxylithe » (pierre d’oxygène) inventée par M. G.-F. Jaubert, dont nos lecteurs se rappellent la description4 et que M. le Dr Schmeltz a utilisée à l’hôpital Saint-Antoine dans le service de M. le D' Thiery, L’oxy-lithe, substance préparée à haute température dans des fours électriques à résistance, est de ce fait
- 1 « L’oxygène pur en chirurgie, contre les processus septiques » (Paris, Jouve, 1904).
- 2 Yoy. u° 1509, du 26 avril 1902, p. 531.
- 1 Luwelt Ohservalory, huile tin n" 3.
- p.51 - vue 55/536
-
-
-
- LA NATURE.
- Nk>
- môme absolument stérile, et par dissolution dans l’eau elle donne, à « l’état naissant », de l’oxygène chimiquement pur (à 100 pour 100).
- L’appareil que reproduit la ligure 5, présenté il y a peu de temps à l’Académie de médecine par le 0' Albert Robin, médecin des hôpitaux, est d’un fonctionnement très simple. Capable de produire le gaz sous une pression de 15 centimètres d’eau environ, il est destiné principalement aux usages pharmaceutiques et médicaux qui exigent de l’oxygène pur. Il se compose essentiellement d’un grand flacon en verre moulé, coiffé d’une garniture métallique nickelée. Le tube central,enmétal émaillé, porte un panier où on place les pains d’oxylithe. La charge est, de 10 pains de 50 grammes pouvant produire, suivant la marque d’oxylithe,
- 75 à 100 litres d’oxygène pur sans rechargement. Cette charge peut évidemment être réduite suivant les besoins.
- Pour faire fonctionner l’appareil on dévisse la partie supérieure métallique, et on la soulève de façon à retirer le panier intérieur. On remplit, à moitié d’eau, le réservoir de verre ; on bourre d’ouate hydrophile très serrée l’intérieur de la cloche nickelée ; on place les pains d’oxylithe à plat et en pile, un par un, sur le plateau du panier.
- Ceci fait, on raccroche le panier chargé d’oxylithe à la garniture métallique que l’on revisse avec soin et à fond. Pour recueillir l’oxygène et mettre l’appareil en marche, on ouvre lentement le robinet porte-caoutchouc. Pour arrêter la production on ferme le robinet. H n'y a aucune surproduction.
- Si l’on veut simplement employer le gaz en insufflation, procédé qui ne nécessite pas de pression, voici la méthode que recommande M. le D1 Schmeltz : « On munira l’extrémité d’un entonnoir quelconque, d'un tuyau de caoutchouc, terminé par une canule flambée. D’autre part, on projette au centre d’une
- cuvette à moitié pleine d’eau quelques fragments d’oxylithe, et on coiffera ces fragments bouillonnants de l’entonnoir. L’oxygène ira se dégager à l’extrémité de la canule que Pou pourra promener dans les plaies infectieuses. »
- Le procédé recommandé par M. le 0“ Schmeltz vient d’être encore simplifié en ce sens, que dans les boites d’ « oxygène médical instantané », dont nous allons donner la description, c’est la boite môme dans laquelle l’oxylithe est vendue qui sert
- de collecteur de gaz, autrement dit qui remplace l’entonnoir de l’exemple précédent.
- La boite d’oxygène médical instantané est une boite d’oxylithe À (tig. 2), dans laquelle les pains sont disposés de manière que l’eau entrant à la partie inférieure les attaque et produise le dégagement du gaz. 11 suffit, après l’avoir munie d'un ajutage, d’un tube en caoutchouc et avoir pratiqué à sa partie inférieure un trou minuscule, de placer la boîte dans un baquet d’eau froide pour recueillir instantanément 50 à 40 litres d’oxygène chimiquement pur, c’est-à-dire la valeur du plus grand ballon vendu par les pharmaciens.
- Pour que l’on puisse juger à tout instant de ce dégagement, l’oxygène passe par un flacon laveur en verre, muni d’un filtre en coton hydrophile qui arrête tout entraînement d’eau. Voici comment on prépare la boite pour l’emploi : on prend de la main gauche la boîte « d’oxygène instantané » et de la droite une punaise (clou à papier) que l’on place dans le renfoncement ménagé au milieu du fond de chaque boite, puis on perfore cette dernière en exerçant une pression un peu énergique. Une fois la boite perforée, on fait sauter la bride soudée qui retient le bouchon et on dévisse ce dernier. On le remplace alors par un bouchon à ajutage que l’on coiffe d’un tube de caoutchouc et relié à la tubulure libre du flacon laveur. La
- 1 Fig. 1. — Boîte de secours. — 1. L'appareil en fonction. Inhalations pratiquées sur un noyé ; de la main droite on fait les tractions rythmées de la langue. — 2. Détail de la boîte de secours. — A. Seau de pompier. — B. Pince tire-langue. — C. Boîtes d’oxygène instantané. — I). Flacan laveur.
- p.52 - vue 56/536
-
-
-
- LA NATCKE.
- 5!
- boite est prête à fonctionner. On se procure alors un baquet, bassine émaillée, cuvette de toilette profonde ou seau de toile (seau de pompier), on le remplit
- presque complètement d’eau froide et on immerge la boîted’« oxygène instantané ». L'oxygène se dégage aussitôt et sans perdre une seule bulle du précieux
- Fig. 2. — Boîtes d’oxygène médical instantané.
- 1. Vue d'ensemble de la boîte et du flacon laveur. — 2. Le percement de la boîte. — 3. La boîte remplissant un ballon de 50 litres.
- A. Boîte d’oxygène instantané. — B. Anneau de plomb.
- Ajutage sur lequel est (ixé le caoutchouc. — I), Flacon laveur. — E. Ballon de caoutchouc extensible.
- gaz, on remplit en dix minutes un ballon de 50 litres.
- Les punaises qui accompagnent chaque boite sont calibrées, de façon à faire débiter à la boîte 2 à 5 litres environ d’oxygène pur par minute, qui est la dose normale pour tous les cas d’asphyxie, aussi peut-on utiliser ces boites pour l’inhalation directe. C’est dans ce but du reste que l’on a groupé dans une boîte de secours, que représente notre tigure 1, les accessoires divers dont on peut avoir besoin en pareille occurence. Cette boite de secours
- très légère, qui ne pèse, en ordre de marche, que o kilogrammes, vient d’être essayée avec succès par le corps des sapeurs pompiers de Paris. Elle contient de quoi préparer instantanément 100 litres environ
- Fig. 3. —• Appareil oxygénateur pour usages médicaux et pharmaceutiques. — 1. Appareil monté et vue d'ensemble. — 2. Uécipient en verre moulé. — 3. Tube central, en A on voit le filtre en coton hydrophile. — i. Détail du panier à oxylilhe.
- d’oxygène pur, c’est-à-dire o boîtes d’oxygène instantané, un tlacon laveur, un seau en toile, une pince pour
- pratiquer les tractions rythmées de la langue, etc.
- Cette trousse est donc tout indiquée pour faire partie de la petite pharmacie des postes de secours, services des mines, usines à gaz, hauts fourneaux, bainspublics,etc.
- Ajoutons que son prix extraordinairement minime permettra à chaque médecin de se créer une petite fabrique d’oxygène, toujours prête, toujours sous la main, et de répandre, pour le plus grand bien de ses malades, la médication par l’oxygène gazeux, ce gaz vital par excellence comme l’appelait déjà Lavoisier. 1K Z. -------------------------><>« —
- p.53 - vue 57/536
-
-
-
- LA NATURE.
- L’AVENIR DES ÉTUDES SCIENTIFIQUES
- L'extension prodigieusement rapide do la science et le flot montant des publications qui lui sont consacrées sont, pour plus d’un bon esprit, un sujet de réel malaise. Eh quoi, se dit-on, tandis que nous pouvons à peine nous tenir au courant du très petit domaine scientifique que chacun de nous a choisi comme sujet constant de ses études, comment feront nos successeurs pour acquérir cette science que nous ne pouvons plus suivre? Comment apprendront-ils ce qu’il faut savoir pour continuer l’œuvre de notre génération ? En d’autres termes, est-il raisonnable que tant d’hommes continuent à enrichir la science, puisque un temps viendra où aucun homme ne pourra plus apprendre ce que ses prédécesseurs auront trouvé ?
- Ainsi posée, la question est en quelque sorte désespérante. Si nous ne pouvons pas prendre connaissance des publications qui paraissent au jour le jour, personne ne pourra, venant au plein de cette production, dominer le passé et suivre le mouvement ambiant.
- Mais, heureusement pour l’avenir des études, le problème ne se pose pas tout à fait sous cette forme ; de nombreux facteurs le simplifient et ramènent, à chaque époque, les nécessités des études fondamentales presque au même niveau. A mesure que le temps s’écoule sur une découverte ou sur une discussion, les détails s’estompent et disparaissent; il demeure un fait tout simple, isolé des contingences, dépouillé des voies et moyens nécessaires à sa mise au jour ; et, plus le temps avance, plus ce fait lui-même diminue d’importance jusqu’à ce qu’il ait complètement disparu. Dans la chaîne des événements, il a été un chaînon nécessaire; mais le temps pendant lequel on a besoin de le connaître est limité. Les faits s’effacent ainsi tour à tour, par l’éloignement dans le temps comme dans l’espace, et la tâche de ceux qui veulent savoir en est d’autant simplifiée. Il n’est pas nécessaire aujourd’hui que tout homme, même très cultivé, sache tous les essais tentés par Kepler pour découvrir ses lois, ou par Galilée pour dégager, de l’ensemble des phénomènes du mouvement, la notion de la masse; il est à peu près inutile à un mécanicien de savoir que les newtoniens et les cartésiens discutèrent pendant longtemps sur la mesure de ce que l’on nommait alors improprement la force; les uns envisageaient l’énergie, les autres la quantité de mouvement; ils ne pouvaient pas s’entendre, et leur querelle emplit, pendant des décades, les publications scientifiques. Qu’en savent, aujourd’hui, ceux qui ne veulent connaître de la science que les principes immuables et toujours utilisables ? A peu près rien ; mais il n’est pas un bon élève des écoles qui n’évolue en pleine liberté à travers les symboles représentant les concepts de la mécanique et qui n’applique correctement les notions qu’ils condensent. Si, plus tard, son esprit est curieux, s’il veut posséder non un outil, mais une conviction philosophique , alors il recourra aux sources et apprendra à connaître les doutes qui ont assailli tout homme auquel la science a dù un progrès quelconque.
- 11 en est toujours ainsi ; les physiciens de notre époque ont suivi avec passion les travaux qui ont conduit à cette notion si simple de l’identité des ondes électriques et des ondes lumineuses ; mais cette notion n’est devenue claire à leur esprit qu’après des années de lectures et de méditation. Dans vingt ans, elle sera si évidente qu’une simple allusion la fera saisir aux jeunes étudiants.
- Ge principe de condensation, grâce auquel le fait
- subsiste, dégagé de son histoire, constitue peut-être le facteur le plus important de l’élimination des contingences devenues inutiles, desquelles a surgi le fait immuable. Mais il est d’autres principes qui concourent à simplifier le problème.
- La substitution en est un ; à une idée en succède une autre; une étude est remplacée par une autre étude. Au moyen âge, la métaphysique était en grand honneur, et tout homme instruit lui consacrait le meilleur de son temps. Les études modernes ne se sont pas juxtaposées à la métaphysique, qui est devenue l’apanage d’un petit nombre d’esprits distingués et peu utilitaires ; elles l’ont supplantée dans son entier, et le temps considérable que lui consacraient les étudiants, il y a sept ou huit siècles, ne compte plus dans la vie de la majorité des hommes cultivés de nos jours. Il fut un temps aussi où l’on étudiait le blason, devenu le privilège de quelques héraldistes, ou tant d’autres sciences utiles un jour et devenues si insignifiantes aujourd’hui, qu’un tout petit nombre d’hommes suffisent à les conserver intactes et à les perpétuer dans la mesure où elles peuvent être considérées encore comme nécessaires.
- Il me souvient que m’étant présenté, dans mon enfance, pour une quête en faveur d’une caisse scolaire, chez un vieillard connu pour sa grosse fortune et l’attachement qu’il lui témoignait, je fus fort mal reçu, sous prétexte que, de son temps, chaque enfant possédait la gnomo-nique, tandis qu’elle avait été bannie de nos écoles. Je me retirai, un peu confus de mon ignorance, et courus m’informer au sujet de cette science qu’on nous reprochait de ne pas connaître. Lorsque je sus qu’il s’agissait du tracé des cadrans solaires, j’aurais pu répondre, mais il était un peu trop tard : nous avions chacun une montre dans notre poche ; l’horloge du clocher sonnait les heures et les quarts, et jamais aucun de nous n’avait eu besoin de tracer un cadran solaire. Ceux qui, au surplus, ont été curieux de le savoir plus tard l’ont appris en dix minutes avec de bonnes notions d’astronomie et de géométrie descriptive.
- Ainsi, le progrès même de l’industrie et l’organisation générale de la vie éliminent des sciences devenues inutiles et donnent la possibilité de les remplacer par d’autres. Aujourd’hui, on apprendra à un enfant à parler au téléphone ou à consulter un horaire de chemins de fer bien plutôt qu’à tracer un cadran solaire.
- Les théories aussi se substituent les unes aux autres ; il fallait autrefois posséder très bien la théorie de l’émission lumineuse ou celle du phlogistique. En apprenant la théorie des ondulations et celle de l’oxydation, nous pouvons ignorer complètement, s’il s’agit d’un enseignement utilitaire, celles qu’elles ont remplacées. On y fait une rapide allusion dans les cours, et on a raison : car rien n’affermit une croyance comme la connaissance des idées qu’elle a supplantées à la suite de la recherche expérimentale.
- En vertu de ce principe de substitution, on peut presque dire que l’équivalence s’établit constamment entre les choses nouvelles et les anciennes, entre celles qui sont conquises dans la marche en avant et celles qui sont devenues du déchet sur le passage de l’esprit humain.
- Un autre principe est celui de la condensation par les méthodes générales. Au début de toute étude, les cas particuliers sont successivement abordés; plus tard, ondes relie par une idée qui les embrasse tous et de laquelle ils seraient découlés tout naturellement s’il avait été donné à l’esprit humain d’apercevoir les ensembles avant
- p.54 - vue 58/536
-
-
-
- LA NAÎTRE.
- de s’ètre frayé péniblement un chemin à travers les détails.
- La géométrie était arrivée, au xvue siècle, au point de faire craindre à bref délai un prodigieux encombrement, à l’époque où Fermât, Roberval, Descartes inventaient, pour chaque problème, une solution ingénieuse bonne pour ce problème seul, et qui, en dehors de la gymnastique à laquelle elle obligeait, et qui assouplissait la pensée, préparait peu à aborder des problèmes différents. C’est par des tours de force accumulés qu’ont été découvertes les propriétés de la cycloïde et des autres courbes célèbres à cette époque. Si la géométrie n’était pas arrivée à un tournant de son histoire, elle eût été bientôt tellement vaste par ses procédés que peu d’hommes eussent pu espérer la faire progresser encore.
- Mais alors, et presque simultanément, apparaissent la géométrie analytique de Descartes et le calcul infinitésimal de Newton et Leibniz. Alors tout se condense en quelques préceptes généraux, qui permettent non seulement de retrouver aisément tout ce qui avait été mis au jour avec tant de peine, mais ouvrent de plus au chercheur un domaine illimité; la science géométrique est alors sans bornes ; tout bon ouvrier au courant des méthodes générales peut l’enrichir avec un très mince esprit d’invention.
- Sans doute, l’esthétique y perd avec l’imprévu; mais qui regrettera le temps où chaque vis était faite en creusant, à la lime triangulaire, un sillon s’enroulant autour d’un cylindre de métal ? Ne vaut-il pas mieux que l’ouvrier conduise un tour à fileter?
- Des condensations analogues ont été opérées par la découverte du principe de la conservation de l’énergie, par celui de la conservation de la matière et, d’une manière générale, par tous les principes conservatifs qui indiquent l’état final d’un phénomène, quelle que soit la voie par laquelle il s’est effectué. Que l’on enseigne la teneur du principe ; qu’on l’illustre de quelques exemples bien choisis, montrant quelle est sa nature et comment il s’applique, et l’on aura enrichi l’esprit de l’étudiant mille fois plus que si on lui avait enseigné un nombre immense de cas particuliers, dont la plupart reviendraient bientôt à sa mémoire incomplets et déformés.
- Or, la découverte des principes généraux suit nécessairement l’évolution scientifique. Il est peut-être sans exemple dans l’histoire du développement de la science que l’amoncellement des cas particuliers n’ait point été, à un moment donné, résumé en un principe général duquel ils procèdent tous et qui rend inutile leur connaissance individuelle.
- Enfin la connaissance est facilitée par une bonne administration. Ce principe administratif n’est pas l’égal des autres.en élévation; il ne constitue pas un phénomène naturel, mais il en a l’importance pratique. Les unifications administratives dans tous les domaines contribuent puissamment au progrès de la science, en éliminant toute difficulté inutile et non inhérente au sujet, et en ménageant par ailleurs le temps et la puissance de conception des travailleurs.
- Autrefois, par exemple, tout homme devait posséder parfaitement un système de poids et de mesures compliqué et d’une acquisition difficile; celui dont les relations étaient étendues, dont les lectures étaient diverses, avait à se mouvoir aisément dans un grand nombre de systèmes compliqués et disparates, et cette obligation persiste, pour certaines sciences, jusqu’à une époque très voisine de la nôtre. Beaucoup de mémoires d’électricité écrits il y a
- plus de trente ans sont presque incompréhensibles aujourd'hui en raison des unités employées, tandis qu’ils deviendraient limpides si l’on en traduisait les résultats en unités C G S. Lord Kelvin a caractérisé le système des mesures anglaises en disant qu’il coûte une année de travail pour son acquisition complète et qu’il est un destructeur de cerveaux. Chacun sait, au surplus, que, sorti de l’école, aucun Anglo-Saxon, hormis ceux dont la profession est de les bien connaître, ne peut se flatter de donner une définition correcte de toutes les unités que comporte le système britannique des poids et mesures.
- Ici, la simplification par un simple acte administratif, qui a été la création du système métrique, a restitué aux travailleurs assez de temps et de liberté d’esprit pour leur permettre d’accumuler un nombre considérable de faits ou d’idées utiles.
- L’organisation du travail scientifique est aussi pour beaucoup dans la possibilité que nous avons, sinon de posséder, au moins de pouvoir utiliser un très grand nombre de faits. Des tables bien faites, des analyses bien condensées et bien ordonnées donnent au chercheur qui sait s’en servir un tableau immédiat et complet de l’état d’une investigation dans laquelle il pense s’engager. Les « Fortschritte dcrPhysik » en sont un admirable exemple. Yeut-on savoir ce qui a été fait sur un sujet spécial de physique, il suffit d'ouvrir la table des matières de la dernière année parue, puis de remonter de proche en proche jusqu’à l’époque au delà de laquelle les faits entrent dans l’histoire et sortent de la connaissance immédiatement utilisable.
- Puis il est une quantité prodigieuse de travaux dont le but unique a été de déterminer la valeur numérique d’une constante naturelle. Parfois deux ou trois cents pages, dans lesquelles les opérations sont minutieusement décrites pour l’usage de quelques dizaines de confrères en métrologie, aboutissent à un nombre, de telle sorte que le résultat utilisable pour tous de ce travail tient en une ligne. Que l’on constitue des tables numériques de tous les résultats ainsi mis au jour, et l’on aura, en un ouvrage de deux ou trois volumes, la substance de toute une bibliothèque.
- Le chercheur qui a besoin de connaître des constantes naturelles en garde une douzaine dans sa mémoire ; s’il est particulièrement doué de ce côté, il en condensera ainsi pour un usage continuel une centaine au plus. Pour tout le reste, une demi-minute de recherches dans le livre lui donne tout ce dont il a besoin.
- Préparer ces tables, faire de l’administration scientifique dans tous les genres et à tous les degrés, n’est peut-être pas le fait des esprits les plus éminents ; ceux-là travailleront plus utilement à la découverte des phénomènes nouveaux et à l’élaboration des grands principes; mais tous ceux qui auront contribué à cette condensation administrative auront bien mérité du progrès de la science, car ils auront épargné le temps des travailleurs.
- Voilà les quelques idées grâce auxquelles nous pouvons regarder l’avenir avec confiance.
- Sans doute, une spécialisation de plus en plus intense sera une nécessité du travail scientifique. Les encyclopédistes deviendront de plus en plus rares et disparaîtront peut-être. Mais les chercheurs peuvent continuer à enrichir notre patrimoine ; le temps n’est pas encore venu où la mesure doit être comble, car la condensation s’opère sans arrêt, débarrassant sans cesse le terrain pour la marche en avant. Cii.-Ed. Guillu me.
- p.55 - vue 59/536
-
-
-
- 56
- LA NATURE.
- IA YENTMTION DES TUNNELS
- i
- La ventilation des tunnels traversés par des trains remorqués par des locomotives à vapeur est une question très importante, mais très complexe. Si, pour les tunnels de longueur moyenne et à déclivités relativement faibles, l’accroissement constant du trafic rend cette ventilation nécessaire, celle-ci devient de la plus grande urgence pour les tunnels de grande longueur, à fortes déclivités, qui, dans ces dernières années, ont été ouverts à travers les Alpes et servent à un trafic international intense. Les locomotives qui
- remorquent les trains dans ces tunnels deviennent de plus en plus puissantes et travaillent presque toujours à leur maximum d’effort. Elles dégagent, outre la vapeur d’échappement des cylindres qui échauffe l’atmosphère et la rend humide, des gaz délétères tels que l’acide carbonique et l’oxyde de carbone provenant delà combustion, qui rendent l’air du tunnel irrespirable et peuvent amener l’asphyxie des agents du train et être la cause d’accidents graves, comme au tunnel de Ronco, il y a quelques années, et dans d’autres cas que nous pourrions citer. En résumé, le but à atteindre consiste à diluer ces gaz délétères, qu’on ne peut supprimer,
- Fig. 1. — Tête de, la prise d’eau servant à l’alimentation des turbines du tunnel du Gotliard.
- dans une masse d’air suffisante pour rendre l’air du tunnel respirable et non toxique.
- Une première question se pose donc. Quelle est la quantité de gaz toxique que peut contenir un mètre cube d’air du tunnel pour rester inoffensif? Pour répondre à cette question, il faut se souvenir que, quel que soit le soin qu’on prenne pour obtenir dans le foyer d’une locomotive une combustion aussi parfaite que possible, il se dégage toujours, outre l’acide carbonique, une certaine proportion d’oxyde de carbone, gaz excessivement dangereux et qui rend l’air toxique dès que la proportion de ce gaz dépasse 1/10 par mille, c’est-à-dire 100 centimètres cubes pour un mètre cube d’air. Or l’expérience démontre qu’en moyenne la quantité d’oxyde de carbone dégagé est 1/15 de la quantité d’acide carbonique produit
- par la locomotive. Il en résulte que, pour maintenir à 1/10 pour 1000 la quantité d’oxyde de carbone contenu dans l’air, le maximum d’acide carbonique que devra contenir l’air du tunnel, pour rester respirable, sera de 1,5 pour 1000 et, en y ajoutant la quantité normale d’acide carbonique contenue dans l’atmosphère, de 1,5 pour 1000. Il faut, pour que. l’air du tunnel soit respirable et ne puisse amener aucun danger d’asphyxie, que chaque mètre cube d’air de ce tunnel ne contienne pas plus de un litre et demi d’acide carbonique. 11 est donc nécessaire, pour cela, de diluer les gaz délétères produits dans une masse d’air frais, introduite dans le tunnel par un moyen quelconque, suffisante pour obtenir cette proportion qui résulte de nombreuses expériences et paraît aujourd’hui admise par tout le monde.
- p.56 - vue 60/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 57
- Le meilleur moyen de réduire au minimum la quantité de gaz délétères dans le tunnel serait la suppression de la locomotive à vapeur et l’emploi de la traction électrique. C’est peut-être la solution de l’avenir, mais actuellement, pour des raisons techniques, financières et économiques, la traction élec-
- trique, sur les grands réseaux de chemin de fer, reste à l’état d'étude. L’application seulement au passage des tunnels de grande longueur, comme on semble vouloir le faire à l’Arlberg, présente des difficultés d’exploitation devant lesquelles les ingénieurs reculent, surtout lorsqu’il s’agit d’un service à trafic intense.
- Fig. 2. — Tuyau du trop-plein du canal (l'amenée aux turbines du tunnel du Gotbard.
- On a également, pour certains tunnels, à l’Arlberg notamment, remplacé le charbon par un combustible liquide, les huiles lourdes, qui donnent une combustion plus parfaite et réduisent la production des gaz délétères. Quoique ce procédé ait donné des résultats plus satisfaisants l’expérience a démontré qu’il était encore- insuffisant pour rendre l’air du tunnel complètement inoffensif. C’est donc, en résumé, à
- l’introduction d’une certaine masse d’air frais dans le tunnel qu’il faut avoir recours pour obtenir un résultat réellement pratique.
- Lorsque le tunnel est de longueur moyenne et, surtout, que la profondeur au-dessous du sol n’est pas trop considérable pour permettre d’établir sans trop grands frais, vers le milieu de celui-ci, un puits, on peut installer dans ce dernier des ventilateurs
- p.57 - vue 61/536
-
-
-
- 58
- LA NATURE.
- aspirants (lig. 5). Ceux-ci prennent l’air vicié du tunnel pour le refouler à l’extérieur, tandis que l’air pur pénètre par les tètes ou par des ouvertures ménagées en différents points et communiquant avec l’extérieur, comme au tunnel du Luxembourg à Paris. La première application de ce système date de 1870 et a été faite par M. Ramsbottem au tunnel de Lime Street, à Liverpool.
- Pour déterminer la quantité d’air à introduire par seconde par les têtes du tunnel, afin d’obtenir la proportion de 1,5 pour 1000 indiquée plus haut, de gaz délétères, en admettant que chaque kilogramme de charbon produit 1,70 m3 d’acide carbonique,il suffit de multiplier le coefficient 0,00046 par le poids de charbon brillé par heure sur la grille de la locomotive et de diviser le tout par le rapport 1,50. Ainsi, pour un tunnel de 1500 mètres de longueur traversé par un train marchant à la vitesse de 25 kilomètres
- „ Puits de ventilation
- Fig. 5. — Schéma de la ventilation par aspiration.
- à l’heure et dont la locomotive brûle 500 kg de charbon par heure, il faudrait introduire, par seconde, 150 mètres cubes d’air frais, par les deux têtes, soit 75 mètres cubes par chacune. Pour un souterrain à voie unique ayant une section de 25 mètres carrés la vitesse de l’air serait alors de 5 mètres par seconde.
- C’est ainsi qu’est ventilé le tunnel sous la Mersey qui sert de passage aux trains du chemin de fer métropolitain qui relie Liverpool avec Rirkenhead. Avec une circulation de 16 trains à l'heure et l’introduction de 150 mètres cubes d’air par seconde par les deux têtes du tunnel, la proportion moyenne d’acide carbonique était de 1,40 pour 1000. Cette proporlion moyenne était, il est vrai, souvent dépassée par suite de l’emploi trop fréquent de charbons fumeux et de basse qualité. Du reste, la traction électrique avec troisième rail a remplacé, en 1903, la traction à vapeur sur cette ligne métropolitaine importante, destinée, en grande partie, à concurrencer les nombreux ferry-boats qui traversent le Mersey. Le même procédé est employé pour la ventilation du tunnel de 7 kilomètres de longueur qui, passant au-dessous de la Severn, sert au passage des trains du chemin de fer qui relie Londres avec le pays de Galles. Avec une circulation de 138 trains par 24 heures et l’introduction de 190 mètres cubes d’air par les deux têtes, on obtient, vers le milieu du tunnel, une proportion moyenne d’acide carbonique de 1,07 pour 1000.
- Au tunnel du Luxembourg, sur la ligne de Sceaux, la ventilation se fait également par aspiration et les
- ventilateurs, installés à la station du Luxembourg, introduisent dans le tunnel un volume de 50 mètres cubes d’air par seconde. La proportion d’acidë carbonique varie entre 0,2 et 1,10 pour 1000.
- Ce procédé de ventilation par aspiration devient inapplicable pour les longs souterrains de grande profondeur. Il faut alors avoir recours au procédé de refoulement de l’air dans le tunnel par les têtes, procédé employé • depuis plusieurs années déjà à divers tunnels avec un succès complet. Appliqué au tunnel du Gothard où il fonctionne depuis longtemps déjà, son installation a nécessité la construction de puissantes turbines hydrauliques destinées à mettre en marche les ventilateurs qui refoulent l’air dans le tunnel. Les figures 1 et 2, que nous devons à l’obligeance de M. 11. de Parville qui a pris ces photographies pendant un de ses voyages en Suisse, montrent l’ensemble des prises d’eau servant à l'alimentation de ces turbines. Nous reviendrons, du reste, dans un prochain article, sur le système de ventilation par refoulement d’air. R. Ronnix.
- ÉCLATS PHOTOGRAPHIQUES DES ÉTOILES
- Peut-on se fier aux grandeurs stellaires déduites des protographies célestes? Autrement dit, ne se présente-t-il pas parfois des anomalies dans l’éclat photographique des étoiles, anomalies pouvant conduire à de fausses interprétations des faits observés? C’est le sujet qu’a étudié M. Max Wolf, de l’Observatoire d’Heidelberg, dans une note parue dans le n° 594'.) des « Astronomische Nachrichten ». 11 trouve que l’ordre des éclats d’une série d’étoiles peut varier dans les photographies prises à un même moment, avec des objectifs de types différents.
- L’éclat apparent d’une étoile conclu d’une image photographique dépend de la couleur propre de cette étoile, de la distribution de la lumière dans son spectre, de la nature et de la sensibilité de la plaque employée, de la longueur de la pose, du développement, de la vue de l’observateur et de la manière d’éclairer la plaque pour l’examiner, etc. 11 dépend, bien entendu, de l’éclat réel de l’étoile et des dimensions et du type de l’objectif.
- Diverses combinaisons de ces conditions peuvent produire des variations notables dans l’ordre des éclats apparents d’une série d’étoiles dont les éclats réels diffèrent peu en réalité. M. Max Wolf pense que certaines variations plus ou moins importantes que l’on a cru constater dans quelques éclats photographiques ne doivent être acceptées qu’avec circonspection, et ne pourront être admises que lorsqu’on les aura vérifiées par des observations visuelles et constaté nettement une oscillation lumineuse. Em. Touchet.
- LE TRANSPORTEUR AÉRIEN DU ZAMRÈSE
- Tout dernièrement, en parlant ici1 de l’immense usine hydro-électrique que l’on doit établir aux fameuses chutes auxquelles s’attache le nom de Livingstone, on a parlé de la construction actuellement commencée du pont qui, dans les environs des chutes, donnera passage sur le puissant fleuve au chemin de fer dit du Cap au Caire. Ce pont, fait d’une arche d’acier immense, le plus haut du
- 1 Vov. n" 1659, du 22 octobre 1904, p. 327.
- p.58 - vue 62/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 59
- monde sans doute, nous y reviendrons certainement quelque jour, car ce sera un ouvrage dont la travée principale aura 152 mètres. Mais les moyens qu’on emploie actuellement pour transporter d’une rive à l’autre les matériaux de la construction méritent d’être signalés dès maintenant.
- Il va falloir faire passer en ce point 40 000 tonnes au moins de matériaux, et les deux rives sont à 198 mètres de distance l’une de l’autre, et le bord de chaque falaise se trouve au moins à 120 mètres au-dessus du niveau de l’eau. Aussi les ingénieurs du pont, sir Douglas Fox et M. Partner, ne pouvant édifier des échafaudages pour la mise en place des pièces métalliques, ont résolu d’établir un câble transporteur aérien et d’édifier chaque demi-arche principale en porte-à-faux en partant d’une des rives. Le câble employé et déjà en place est du système de M. Poole, et fourni par la Clevc-land Bridge Go de Darlington. Il est combiné aussi simplement que possible, et des dispositions ingénieuses sont prises pour assurer sa bonne tension en le faisant se prêter naturellement au passage des charges. Par une de ses extrémités il est fixé à une tour, naturellement rigide, tandis que, par l’autre bout, il se rattache à un support articulé en forme d’A, incliné en sens inverse de la direction dans laquelle le sollicite le poids même du
- Transporteur aérien du Zambèse.
- câble. Ce support peut pivoter autour de ses deux pieds, et il est chargé par un contrepoids qui est naturellement destiné à contre-balancer le poids du câble et de la charge qu’il peut supporter temporairement. (Dans le dessin que nous donnons, on ne voit l’A qu’en profil.) Comme de juste si, à vide, grâce au poids choisi, le transporteur aérien est à peu près absolument horizontal, quand, par contre, il y passe une charge, il s’incurve d’une certaine flèche et soulève proportionnellement le contrepoids, en faisant relever le supporteur A par pivotement.
- Nous n’avons pas besoin d’insister sur ce dispositif, dont le fonctionnement se comprend fort bien. En somme l’action du contrepoids tend à faciliter le déplacement des charges le long du transporteur, puisqu’elle diminue plus ou moins les rampes que le chariot porteur aurait à monter.
- Ajoutons que ce chariot est mû électriquement, en prenant son courant sur un conducteur en cuivre tendu parallèlement au câble porteur ; le châssis du chariot ne porte pas seulement le moteur électrique, puis deux tambours d’enroulement, mais encore un siège pour le conducteur mécanicien, qui franchit le puissant fleuve dans sa nacelle aérienne. Le chariot est de plus suspendu par deux roues porteuses et motrices. Les tambours d’enroulement permettent le soulèvement facile des charges que l’on veut transporter d’une rive à l’autre. Cette installation permet de faire passer quotidiennement 800 tonnes de matériaux à travers l’immense faille. P. de M.
- PÉTROLE ET PÉTROLES
- En dépit des progrès de l’électricité, le pétrole ne perd pas ses droits, bien loin de là : en effet, grâce au développement admirable de l’automobilisme, où il alimente pour ainsi dire tous les moteurs, grâce aussi aux efforts que l’on fait pour l’utiliser au chauffage industriel, il voit son champ d’application s’élargir dans des proportions surprenantes. Mais encore faut-il s’entendre, ne pas laisser s’établir des confusions dans les esprits, même pas, quand cela est possible, dans le langage. Et si on parle de moteurs à pétrole pour les automobiles, de chauffage au pétrole, et aussi d’éclairage au pétrole, il importe de ne pas croire que c’est le même pétrole qui sert à tous ces usages. Il y a pétrole et pétrole, ou plus exactement il y a le pétrole brut et tout ce qu’on en tire, essence de pétrole, huile de pétrole, résidus de pétrole, etc. La confusion s’accentue peut-être encore davantage quand on lit les publications étrangères, quand on voit employer le mot unique d’« oil » pour désigner l’huile de pétrole, etc.
- Il nous a donc semblé utile et opportun de rappeler ce qu’est le pétrole en lui-même, les divers hydrocarbures qu’on en tire induslriellement. Et nous emprunterons les éléments de cette classification à un savant professeur belge, M. J. Demaret Freson.
- Le pétrole brut se présente sous l’apparence d’un liquide plus ou moins fluide, tantôt noirâtre, brunâtre ou verdâtre, à densité oscillant entre 0,75 et 0,95; en fait, sa composition est très variable, tout en étant toujours un mélange d’hydrocarbures. La distillation fractionnée à laquelle on le soumet dans les raffineries donne les produits suivants. En dessous de 125°, le naphte brut, dont on extrait les éthers et les essences, la gazoline, la benzine, l’huile à dégraisser, substances destinées à être brûlées dans des lampes spéciales, à être utilisées comme dissolvants, ou en teinturerie, ou enfin à fournir les vapeurs carburées des moteurs d’automobiles. (Nous insistons sur ce fait que les moteurs dits « à pétrole » sont bel et bien, presque toujours, « à essence » de pétrole, l’huile de pétrole exigeant un certain réchauffage pour fournir les vapeurs voulues.) De 125 à 500°, on recueille l’huile dite lampante, ce que les Anglais appellent souvent « illumi-nating oil » ou « oil » tout court : c’est l’huile à brider, qui fournit le pétrole raffiné tout spécialement pour l’éclairage, et auquel on donne aussi en anglais, et souvent maintenant en français, le nom de kerosene. Au delà de 500°, on recueille un goudron d’où l’on sépare la paraffine et les huiles lourdes, que l’on emploie comme lubrifiants, et qu’on utilise également comme combustible liquide, pour ce chauffage industriel dont nous parlions plus haut.
- Or, il ne faut pas croire que les pétroles de toutes les origines contiennent ces substances en quantité équivalente. Par exemple les pétroles dits légers, d’une densité de 0,80 à 0,82, dont le pétrole pensylvanien est le type, sont riches en hydrocarbures de la série paraffinique, ils ont une haute teneur (00 à 70 pour 100) en huile lampante et en benzine (15 à 25 pour 100), mais au contraire une teneur faible en huile lubrifiante et en résidu. Les pétroles de Roumanie sont différents, puisqu’ils renferment 5 pour 100 de naphte, 65 d’huile lampante et 50 de résidu. Dans ceux de Galicie, qui sont assez voisins, on rencontre 5 pour 100 d’huile lampante, 5 de benzine et 45 de résidu. Les pétroles de Bakou sont lourds (0,85 à 0,87 dé densité) ; ils ont 5 pour 100 d’éther, 35 pour 100 d’huile lampante, mais naturellement et par contre 60 pour 100 d’huile de graissage et de résidu. La propor-
- p.59 - vue 63/536
-
-
-
- 60
- LA NATURE.
- don d’huile lampante est encore plus faible (15 pour 100) dans le pétrole russe, également, de Grosnyi, le goudron représentant 70 pour 100. Terminons enfin avec les nouveaux pétroles américains du Texas et de Californie (pétroles lourds à densité de 0,00 à 0,05), qui donnent surtout du combustible liquide. I). R.
- LES RAMONEURS ET LES M/tRMOTTES
- Il faut se bâter de parler des ramoneurs pendant qu’il existe encore quelques spécimens d’une corporation autrefois nombreuse, qui avait éveillé autour d’elle de vives sympathies.
- Qui ne s’est intéressé à ces petits enfants au visage noir, aux dents blanches, qui erraient dans les rues d’un pas tranquille. Oiseaux de passage, ils apparaissaient au début et h la fin de l’hiver et en cette saison triste on prenait plaisir à les voir sourire avec naïveté et bonhomie.
- Leur sort n'est guère enviable et bien qu’ils aient eu d’illustres amis comme Chateaubriand, ils ont eu souvent à endurer de cruelles privations. D’où viennent-ils? On répond toujours : des montagnes de la Savoie.
- Ce n’est pas absolument vrai ; en Savoie on va jusqu’à dire que c’est une légende. Et cependant l’histoire ne la contredit pas. Au xvme siècle, les ramoneurs faisaient retentir de leur cri : « Ramonez la cheminée de haut en bas », les places de Paris où ils stationnaient, à la Fontaine Saint-Benoît, sur le pont du Petit-Châtelet, au cimetière Saint-Jean. Chaque pays prétendait alors avoir le monopole d’un métier. Les Savoyards avaient l’ambition d’être les maîtres exclusifs des cheminées. 11 leur arriva, jusque sous le porche des églises, de rosser leurs concurrents : cela fit grand scandale.
- Ils avaient tort d’user de procédés aussi vifs : il existe des ramoneurs par tous pays. C’est bien la région des Alpes qui en fournit le plus grand
- nombre. L’émigration y a été toujours très active et ceux qui quittaient leur pays légers d’argent, prenaient de petits métiers pour arriver à la fortune. Les principaux points de départ sont Rarcelonette, Briançon, la Maurienne, la Tarentaise, la vallée d’Aoste. La carte, qui indique l’itinéraire suivi par ces personnages qu’elle qualifie de marmotteurs, reste dans le vague pour le lieu d'origine.
- L’outillage est d’une simplicité élémentaire. Le ramoneur doit monter dans les cheminées, il est pourvu d’un vêtement de couleur indécise, de trame
- solide, en serge ou escot, rude tissu de laine qui ne se déchire pas et s’use très lentement. Le bas du pantalon est cerclé de grosses ficelles pour empêcher la suie fine et ténue d’envahir le corps. On y ajoute aux genoux de la peau pour éviter les écorchures. Les instruments de travail sont la raclette qui est destinée à faire sauter les morceaux de suie que la pluie a durcis, et le « ra-mon », petit fagot de branchages épineux qu'on fait passer du haut en bas de la cheminée à l’aide d’une grosse corde. Le complément indispensable de l’équipement c’est la marmotte, ce petit animal d’un gris roux, à physionomie spirituelle ou drôle. Elle est devenue très rare en France, et les ramoneurs sont obligés de les faire venir de la vallée d’Aoste où elles sont fort nombreuses. On leur apprend à danser ou mieux à sautiller autour d’un petit bâton, pendant que le propriétaire chante une complainte en patois dans une mesure monotone et lente. Le « marmotteur » recueille quelques sous ; sa parade terminée, il cache sa petite camarade sous son paletot. Ces bestioles portent toutes le même nom de « Catharina la gracieuse ». C’est une vraie fortune pour ces artisans de posséder cet animal auquel la légende prête une intelligence bien supérieure à celle dont elle fait preuve en réalité. C’est un rongeur assez indocile et un danseur d’une légèreté douteuse. Les marmottes
- <mrnÊÊiiHmmmÊiKÈiÈÊtÊmiÊmuiÊmÊÊÈKmamÊmimm»imÈHmmmÈimSÊË»KÊi»*
- On a suivi 'Unaunna- tU*u<»n icprùtntù*- t/ê 7a Fransa, Catharina ru pouvant put rautmtaLltmtnt parîtr ntlrtnauvrau Lwjcij* C etgrapluyiu ,rtz Veut paretuntt J'a/ulemtiit. la rcuJt rurttiue. j>*ur ppn qu» vota ntperdit* pat ctl~* Lare pvtttju ’imperttphlïe- t» s»nt d;t Leucj «>. Mminolftn t
- nu natit d*r»nt Itt C-lej & Lite** ...
- Fi<r. 1. — Un vieil album savoyard (fac-similé).
- p.60 - vue 64/536
-
-
-
- LA NATUHE.
- 01
- prisonnières ont une vie très courte, elles sont privées de ces plantes parfumées et fortifiantes dont elles font leur nourriture d’été, le plantin, le trèfle, la berce, l’oseille des Alpes. Elles ne s’amusent pas comme dans la montagne, où elles organisent des courses extraordinaires, qu'on suit très bien avec une jumelle.
- Le triste mode de recrutement employé pour composer une équipe de ramoneurs est assez peu connu. Les bourreaux de la mer ont trouvé des accusateurs : on a oublié jusqu’à ce jour de protéger ces petits serviteurs qui aident au tirage des anciennes cheminées. Un entrepreneur réunit dans un village de la Maurienne des garçons de douze à quinze ans, il les emmène au loin avecla permission des parents et la promesse d’un salaire de saison de vingt à trente francs. Il se charge de la nourriture et du logis de ses ouvriers. Mais à peine la caravane est-elle en route, que le petit ramoneur est obligé de se nourrir comme il peut.
- Il doit rapporter tous les soirs une somme déterminée sous peine d'étrebattu. Tous ceux que nous avons interrogés ne se plaignent pas de leur lamentable sort et de l’inhumanité avec laquelle on les traite; c’est l’usage. Avec patience ils attendent d’étre assez grands et d’avoir un petit pécule pour devenir entrepreneurs à leur tour. Mais combien restent en route que leurs parents ne revoient jamais!
- Ils sont partis cependant avec résignation, poussés pour ainsi dire par l’instinct atavique. L’émigration est un fait social très ancien dans lés Alpes où les familles sont nombreuses et les champs infertiles dans le haut pays. A courir ainsi les routes, ces montagnards acquièrent une force de caractère qui leur permet de vaincre des difficultés qui à d’autres
- paraissent insurmontables, une linesse d’esprit qui les fait arriver à des situations très enviables. Beaucoup de ces ramoneurs reviennent au pays après fortune faite. Dans des vallées pauvres et froides ils construisent de belles habitations avec façades blanches, et, le soir à la veillée, ils racontent leurs courses à travers la France, lorsqu’ils avaient pour tout capital, une marmotte, une raclette, un ramon. Parlent-ils des malchanceux qui les ont abandonnés en chemin et que la misère et le froid ont domptés
- avant l’heure ?
- Au siècle dernier, l’abbé de Pontbriant s’était ému de leurs souffrances, il avait créé, à Paris et à Bordeaux, des maisons de refuge pour ces malheureux pèlerins qui, dans leurs longs voyages, devaient souvent coucher à la belle étoile. 11 en sauva ainsi beaucoup de la maladie et de la mort. Aujourd’hui, son œuvre aurait une utilité moins immédiate. Le rôle du ramoneur a perdu toute importance le jour où ont disparu les larges cheminées qui étaient 1 e meuble principal des maisons campagnardes. Ces deux petits artistes que le photographe a saisis dans une rue enneigée , consti -tuent une espèce qui n’a plus par le monde que de rares représentants. J. Corcelle,
- Agrégé de l’Universilé.
- W4G0N POUR CYCLES
- On se souvient peut-être de l’émotion qui se manifesta dans les compagnies de chemins de fer quand elles virent à quelle manutention formidable de cycles, mettons de bicyclettes, elles étaient entraînées, avec le développement toujours croissant que prenait ce moyen de transport. Des dispositifs ont été imaginés pour « arrimer » le plus commodément et le plus rapidement possible les machines dans les fourgons où elles devaient circuler comme
- p.61 - vue 65/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 02
- bagages, et certains de ces dispositifs ont été décrits ici.
- L’émotion s’est quelque peu calmée, l’habitude aidant ; mais il est certain que, les jours de fêtes, on doit faire des tours de force pour empiler sans graves avaries toutes les bicyclettes dans les fourgons, pour les descendre aux gares de destination. En Angleterre on s’est également beaucoup préoccupé de la question, bien que les cycles ne circulent pas tout à fait gratuitement, et une compagnie Écossaise, le Great INorth of Scotland Railway, s’est décidée à se faire construire des wagons spéciaux à cycles, des « cycle vans », qui ne sont point des fourgons ordinaires munis de crochets ou d’appareils de sustentation, mais bien des véhicules offrant une disposition interne, et même externe, tout à fait particulière. Nous en donnons une photographie prise par l’Ingénieur en chef de la Traction de cette compagnie, M. Pikersgill, «qui fera comprendre aisément cette disposition.
- La caisse du wagon est partagée en deux étages, et chacun de ces étages est divisé lui-même en quatorze cases, ce qui donne dans le wagon vingt-huit cases pour autant
- Wagon anglais à bicyclettes.
- de bicyclettes; et, pour comble de précaution, chaque machine est solidement maintenue en place, dans sa cham-brette, par des guides en bois formant support, comme de coutume, pour les roues. Bien plus une tablette à hauteur variable, rembourée au moyen d’un capitonnage fait de laine de bois enfermée dans une toile, vient appuyer sur le guidon et immobilise absolument la bicyclette, quelle que soit sa hauteur, et de façon qu’elle ne. puisse osciller et subir aucun heurt par les [dus forts cahots.
- Ainsi qu’on le voit dans la photographie, chaque case est munie de sa porte, qui possède un petit panneau mobile sur charnières, d’ouverture très facile, permettant de jeter un coup d’œil dans la case sans l’ouvrir complètement, de voir si elle est libre ou occupée, de constater la destination de la machine qu’elle contient; d’ordinaire même ces panneaux sont en ardoise, et l’on y peut inscrire extérieurement celte destination.
- Le wagon ne présente guère d’autres particularités valant la peine d’être signalées ; disons seulement qu’il a une hauteur totale de 5“‘,85, qui laisse à chaque étage de cases des dimensions verticales largement suffisantes. Nous ne croyons pas que nos compagnies seraient disposées à imiter cet exemple, car il semble qu’on n’économise point la place avec cette disposition. Mais ce nouveau type de véhicule méritait d’être signalé. I). B.
- CHRONIQUE
- Un barrage en bois. — Alors qu’on critique fort la méthode qu’ils emploient souvent de faire des barrages en terre, les ingénieurs américains ne craignent même pas d’établir des barrages en bois. Tel est celui qui vient d’être établi en bois de charpente, il est vrai avec remplissage de pierres et graviers, sur la Penobscot River, aux États-Unis; il comporte un nombre considérable de vannages et panneaux mobiles pour laisser passer les bois flottés. La longueur totale est de 457 mètres, la portion centrale en a 15ra,20 de large à la base et 8 mètres de hauteur, tandis que les ailes ont respectivement 11 mètres et 4m,t)0.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance publicjue annuelle du 19 dée. 1904
- CONÇOIT,S 1)E [/ANNÉE l'JÜi
- Présidence de M. M asc art.
- M. le Président ouvre la séance par un discours dans lequel il commence par signaler l’importance, au point de vue pratique, comme au point île vue théorique, des données de la météorologie, après avoir noté que cette importance avait été indiquée dans l’antiquité par Hérodote.
- « L’eau et la chaleur sont les facteurs principaux des richesses agricoles; le régime des agents naturels est donc la première connaissance à acquérir dans les régions nouvelles et trop de mécomptes sont dus à l’oubli de cette étude préliminaire.
- « Un petit nombre d’années y suffisent, car les changements à longue échéance que prévoyait Hérodote exigent des périodes géologiques.
- « Le temps varie sans doute d’une année à l’autre, mais ces modifications sont passagères ; le régime de l’Europe en particulier, dans ses caractères généraux, n’a pas subi de changement appréciable depuis les temps historiques.
- « Quelques régions cependant se sont transformées : En Égypte, les méandres du Nil n’ont plus la même distribution qu’à l’époque d’Hérodote et un travail continu, trop souvent troublé par les invasions, est nécessaire pour entretenir les digues et régler le cours des eaux.
- a Les documents recueillis sur place prouvent que, depuis quelques milliers d’années, une grande partie de l’Asie centrale a subi un dessèchement progressif : des royaumes entiers ont disparu et des villes prospères ont été englouties par les salîtes. Les habitants ont péri de misère ou se sont expatriés; c’est là sms doute une des causes historiques qui ont amené les grandes migrations en Europe des peuples asiatiques.
- « lie tels changements échappent à l’action de l’homme, mais d’autres modifications locales tiennent à son imprévoyance et à son incurie. Les forêts, qui forment la verte parure des montagnes, ont en même temps la fonction précieuse de retenir les terres, d’emménager les eaux de pluie et de régulariser le cours des rivières ; on les voit se réduire chaque jour, au grand dommage de l’avenir. »
- M. Mascart conclut ainsi :
- « Si mince que soit la couche d’air qui entoure la terre, elle est remuée par des mouvements généraux dont on n’observé à la surface que le contre-coup, modifié par toutes les aspérités du sol. C’est dans les hauteurs de
- p.62 - vue 66/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 65
- l’atmosphère qu’il faut chercher la clef des phénomènes ; les expériences de cerfs-volants et de ballons-sondes, dont on s’occupe maintenant dans tous les pays, et auxquelles la France a pris une si grande part, nous en apprendront beaucoup plus que les spéculations et les théories.
- « Ces mouvements de l’atmosphère sont dus à l’action du soleil, qui est le grand régulateur du régime terrestre, mais on sait maintenant que cet astre est lui-même le siège de bouleversements périodiques, dont nos tempêtes et nos éruptions volcaniques ne sont qu’une faible image. On sc demande alors si les périodes d'activité solaire ne sont pas en rapport avec les modifications, d’allure également périodique, constatées à la surface du sol. »
- Puis après avoir constaté le progrès réalisé par la télégraphie sans lil, il constate une difficulté introduite dans la science par suite de la découverte de l’une des propriétés du radium :
- « En même temps, des doutes se sont élevés sur la solidité des principes qui servent de base à la physique mathématique. Le radium, par exemple, quia déjà causé tant de surprises, ne cesse de dégager de la chaleur ; en moins de six jours, il en produit autant que la combustion d’un poids égal de charbon, et l’effet se perpétue pendant des années, sans limite apparente de durée et sans que le corps éprouve aucune altération appréciable. C’est là une des énigmes scientifiques qui restent à éclaircir, mais il serait prématuré d’en conclure que les principes sont en péril. »
- M. le Président rappelle ensuite les noms de dillérents membres de l’Académie décédés dans l’année, et retrace sommairement l’œuvre de chacun des disparus. C’est d’abord M. Callandreau, puis M. Fouqué, M. Duclaux, M. Sarrau et enfin M. Marey, parmi les membres; M.Per-rotin, M. Salmon (de Dublin), M. Williamson (de Londres) M. von Zittel (de Munich), et enfin M. Laurent, parmi les correspondants.
- Lecture est ensuite donnée des récompenses dans l’ordre ci-dessous :
- Géométrie. — Prix Bordin : M. Servant. — Prix A aillant : Partagé entre M. Emile Borel et M. Bricard. — Prix Francœur : M. Émile Lemoine. — Prix Poncelet : M. Désiré André.
- Mécanique. — Prix Montyon : M. Gustave Richard. ^
- Navigation. — Prix extraordinaire de la marine : Partagé entre : M. Jacob, colonel d’artillerie de marine; M. Gayde, ingénieur en chef de la marine; M. La Porte, ingénieur hydrographe en chef. — PrixPlumey : M. Lucien Mottez, capitaine de frégate.
- Astronomie. — Prix Lalande : M Burnham, de Chicago. — Prix Yalz : M. le vice-amiral de Campos Rodrigues, à Lisbonne. — Médaille Janssen : M. Alexis Uanskv.
- Géographie. — Prix Binoux : M. le commandant Bara-tierpoursa Carte de la Mission Congo-Ail; M. Charles Bénard; M. Alphonse Berget. — Prix Gay : M. Bell Davvson. — Prix Tchihatchef : M. le lieutenant-colonel Lubanski. — Prix Belalande-Guérineau : M. Auguste Pavie.
- Physique. — Prix Hébert : M. Georges Claude. — Prix Hughes : M. le lieutenant-colonel Ariès. — Prix Kastner-Boursault : M. le capitaine Ferrie.
- Chimie. — Prix Jecker : Partagé entre M. Freundler, M. Minguin, M. Lespieau. — Prix Cahours' : Partagé entre MM. Chavanne, Kling, Binet du Jassoneix.
- Arts insalubres. — Prix Montyon : Partagé entre M. Dupont et M. Détourbe.
- Botanique. — Prix Desmazicres : M. Guilliermond. — Prix Montagne : M. Camille Sauvageau.
- Anatomie et zoologie. — Prix Savigny : M. Armand Krempf. — Prix Thore : M. Henri d’Orbigny.
- Médecine et chirurgie. — Prix Montyon : Partagé entre M. le Dr Paul Reclus, M. Kermorgant, M. Cazalbou.
- — Mentions accordées : MM. Launois et Roy, MM. F. Be-zançon et Marcel Labbé, M. Robert Odier. — Citations accordées : M. F. Marceau, M. P. Briquel, M. J. Gagnière, M. R. Voisin. — Prix Barbier : MM. Prenant, Bouin et
- L. Maillard. — Une mention à M. Pierre Lesage. — Prix Bréant (annuel) : M. Frédéric Borel. — Prix Godard : MM. J. Albarran et L. Imbert. — Prix du baron Larrey :
- M. le Dr Conor, médecin-major de 2e classe. — Une mention à M. le Dr E. Lafforgue, médecin-major de 2° classe.
- — Prix Bellion : M. le Dr Jules Delobel. — Une mention à M. le I)r Gabriel Gauthier.
- ' Physiologie. — Prix Montyon : M. J. Joly. — Une mention à M. C. Fleig. — Prix Philipeaux : M. Christiani.
- — Une mention à M. Joseph Noé. — Prix Lallemand : Partagé"entre M. le Dr Maurice de Fleury, MM. J. Camus et Pagniez. — Mentions honorables : M. Laignel-Lavistine, M. J. Vires. — Prix Pourat : M. J. Tissot. — Prix Martin-Damourette : Partagé entre M. Frouin et M. le Dr Manquât.
- Prix généraux. — Médaille Lavoisier (médaille d’or) : Sir James Dewar. —- Médailles Berthelot: MM. Freundler, Minguin, Lespieau; MM. Kling, Binet du Jassoneix; MM. Dupont ; Paul Villard. — Prix Jérome Ponti : Deux prix à MM. Sagnac et Maurain. — Prix Trémont : M. A. Guillemin. — Prix Gegner : M. J.-H. Fabre. — Prix Lan-nelongue : Mme V,e Nepveu. — Prix Leconte : M. René Blondlot, correspondant de l’Académie des sciences. — Prix Wilde : M. Paul Villard. — Prix Houllevigue : Partagé entre MM. Henri de la Yaulx et Henri Hervé. — Prix Saintour : M. Charles Frémont.
- Statistique. — Prix Montyon : Partagé entre M. le IV V. Lowcnthal et M. Paul Razous. — Mentions : M. Henry Guégo, M. E. Maury, M. le IV Ott. — Prix Jean-Jacques Berger : Réparti entre M. J. Resal, M . A. Alby, M. Laurent, M. Grimaud, M. Retraint. — Prix Laplace : M. Léauté (P.-M.-A.), — Prix Félix Rivot : Partagé entre MM. Léauté (P.-M.-A.), Dubois (Paul), Ilecker (R.-J.) et Le Verrier (P.-V.-J.).
- Le grand prix des sciences mathématiques (5000 fr.), le prix Gurman de 100 000 fr. (astronomie), le prix Bréant de 100 000 fr. (méd. et chir.), le prix La Fons-Melicocq de 900 fr. (botanique) ne sont pas décernés.
- M. le Secrétaire perpétuel Berthelot lit ensuite une notice sur la vie et les travaux de Daubrée, inspecteur général des mines, directeur de l’École des Mines, professeur au Muséum, membre de la section de géologie et minéralogie. M. Daubrée a lui-même résumé sa vie dans une lettre :
- « Tout m’a réussi, écrivait-il en 1805, une année avant sa mort, dans ma famille, dans mes affections et amitiés, dans ma carrière d’ingénieur et dans ma carrière scientifique; rare bonheur dont j’ai joui jusqu’au jour où j’ai été subitement privé de ma bien-aiméc et dévouée compagne. ))
- Donc, peu de traits rapportés de la vie de M. Daubrée; mais en revanche un grand développement donné au tableau de ses recherches. Celles-ci ont en effet formé la matière de 1400 communications à l’Académie. Tel est le plan de la notice écrite par M. Berthelot qui a développé particulièrement les recherches de M. Daubrée relatives aux météorites. Cu. ue Yilleueul.
- p.63 - vue 67/536
-
-
-
- LA NATURE.
- (H
- QUELQUES JOUETS NOUVEAUX
- Tous les ans, à pareille époque, on voit paraître sur les boulevards parisiens les petits automates dont M. Martin s’est fait depuis longtemps une spé-eialité et dont beaucoup sont de petites merveilles d’ingéniosité et de vérité de mouvement.
- Tel est le pompier (n° 1) montant à l’échelle qui vient de faire son apparition dernièrement. Les
- jambes sont montées chacune à l’extrémité d'une manivelle, à coudes contrariés, qui tourne sous l’action d’un ressort et de quelques engrenages constituant un mouvement d’horlogerie rudimentaire ; les mains sont munies de deux guides qui glissent le long des montants de l’échelle et maintiennent le pompier en place. On l’installe au bas de l’échelle, un pied sur chacun des deux premiers échelons, puis on déclenche le ressort; les manivelles étant calculées de façon à faire parcourir à la jambe la hauteur d’un échelon, le petit automate monte très naturellement et sans la moindre hésitation jusqu’en haut.
- L’éplucheur de légumes (n° 2) fait manœuvrer son couteau avec aisance, et la voiture à asphalte (n° 5) donne une illusion très suffisante de la réalité. 11 n’y a cependant aucun mécanisme autre que celui qui actionne les roues du véhicule et la manivelle de l’ouvrier. Le mouvement des jambes du cheval, qui est assez nature, est simplc-
- Mouveaux jouets articulés de M. F. Martin. — 1. Le pompier montant à l’échelle. — 2. L’épluclieur de légumes. 3. La voiture à asphalte. — 4. Le joueur de boules.
- ment obtenu par frottement sur le sol ; on a l’impression delà marche des vieux chevaux de fiacre qui trottinent le plus souvent sans plier les jambes. Le joueur de boules (n° 4) est plutôt un jeu d’adresse ; le bras articulé est creux et peut être manœuvré à la main en appuyant sur un bouton placé aux pieds du bonhomme. On introduit une bille par un trou ménagé sur l’épaule ; celle-ci est arrêtée dans la main par deux petits ressorts qui l’empêchent de tomber, mais si on donne un coup sec sur le bouton de manœuvre pour lancer le bras en avant, le poids de la boule est suffisant pour que la vitesse acquise lui
- fasse vaincre la résistance des ressorts; elle va alors rouler avec assez de force dans le jeu de quilles pour en renverser une ou plusieurs, suivant que le joueur aura su plus ou moins bien orienter le bras qui Ta lancée.
- Ces jouets, qui sont de vraies merveilles de simplicité mécanique tout en atteignant la perfection dans la vérité du mouvement, sont le triomphe de la petite industrie parisienne. G. C.
- Le Gérant : P. Masson. l’aris. — hnpruuci'ic Laiilt.e, rue de Flcurus, 9.
- p.64 - vue 68/536
-
-
-
- LA N ATI R K.
- N» 1049. — 51 DÉCEMBRE 1904,
- (35
- LES INSECTES CURIEUX DE L’AMAZONIE
- UN DRAGON EN MINIATURE
- 11 existe en Amazonie une variété d’insectes disposant d’une arme défensive vraiment originale. Ce sont des coléoptères, du genre Cicindèle, au thorax et pattes d’un jaune brun clair, aux élytres noires marbrées de jaune, d’une longueur totale de 16 à 18 millimètres. Bien que l’on aperçoive quelquefois ces cicindèles pendant la journée, c’est la nuit que leur chasse est la plus facile ; dans les allées de mon jardin, en dirigeant vers le sol la lumière d’une lan-
- terne sourde, on les voyait fuir de tous côtés, cherchant refuge dans les anfractuosités des pierres des bordures, ou se dissimulant sous les touffes d’herbes.
- Chaque fois que j’essayais d’en saisir une, un petit bruit se faisait entendre, pareil à celui de la vapeur sous pression s’échappant d’une soupape soulevée par menues saccades, tandis qu’un jet de fumée sortait avec force, le plus souvent de l’extrémité de l’ab-
- liu dragou eu miniature. I’heroptopus œquino.vivalis.
- domen et quelquefois même de la bouche du petit animal, répandant une odeur forte de gaz nitreux.
- En même temps je ressentais à la main une impression de chaleur assez vive ; le corps de quelques cicindèles, que je pus saisir, me parut brûlant. Mes doigts et les parties de mes mains qui avaient été touchés par la fumée chaude furent tachés d’une teinte brune indélébile. Il semble que ce soit un liquide très caustique que l’insecte projette violemment en poussière impalpable contre les ennemis qui le menacent, et qu’il tient en réserve pour les grandes occasions.
- Ce procédé n’est pas absolument anormal, car nombre d’animaux ont ainsi recours, pour leur défense, à des projections de liquides ou d’odeurs effi-
- 33e année. — 1er semestre.
- caces contre leurs ennemis ; mais celui-ci dénote vraiment chez notre insecte à la fois un talent de chimiste spécial et une résistance des intestins que l’on ne peut hésiter de qualifier des plus remarquables.
- En somme, ce petit coléoptère n’est rien moins qu’un dragon, lançant feu et flamme par toutes ses extrémités et ne différant, en principe, du fameux monstre antique que par les dimensions. Il se pourrait fort bien que nos ancêtres eussent encore connu quelque cicindèle géante, reste de la faune antédiluvienne, et ne nous aient point tant menti qu’il paraît en nous contant les méfaits de l’animal merveilleux et terrible commis autrefois à la garde des cavernes où devait être caché tout trésor digne de ce nom. Paul Le Cointe.
- 5
- p.65 - vue 69/536
-
-
-
- (»!>
- LA NATURE.
- LA PHYSIQUE DES CORPS SOLIDES
- d’après les idées actuelles
- Pour l’ancienne physique, la classification des corps suivant trois états était presque un dogme ; l’observation journalière la consacrait de mille façons, et rien ne la contredisait. Puis, en y regardant de près* on a vu surgir des cas douteux ; on a vu des corps pâteux qui, suivant leur quantité ou les forces auxquelles ils étaient soumis, pouvaient passer pour solides ou liquides; on a prêté plus d’attention, d’autre part, aux gouttelettes d’eau ou de mercure qui restent sphériques ou vibrent par leurs propres moyens, tout comme des sphères métalliques, se souciant peu de prendre la forme du vase qui les contient, suivant la définition classique et consacrée des liquides. On a vu les métaux couler dans les expériences deTresca, et les progrès de l’industrie nous ont montré que l’on gagne beaucoup à considérer, pour un instant, les métaux comme des liquides dans une foule d’opérations où l’emboutissage remplace aujourd’hui le coûteux tournage. Alors on en est venu à se demander si les solides le sont autant qu’ils le paraissent ou s’ils ne sont pas en réalité des liquides déguisés grâce à la faiblesse des efforts auxquels ils sont généralement soumis.
- Parallèlement, un même mouvement s’accomplissait sur la frontière qui sépare les gaz des liquides, et que M. van der Waals effaçait définitivement dans son célèbre travail : « La continuité des états liquide et gazeux ».
- La généralisation était tentante ; les exemples familiers que j’ai rappelés, et beaucoup d’autres qui sont d’observation facile pour qui sait voir, devaient faire naître l’idée de la continuité des états solide et liquide. Cette idée a été émise, en effet, et développée d’ingénieuse façon par des savants de grande valeur. Et pourtant, lorsqu’on y regarde encore de plus près, elle apparaît comme nettement erronée. M. II. Le Chatelier l’a dit l’un des premiers, M. Tammann y est revenu dans un magistral ouvrage *, dans lequel il développe une nouvelle théorie de la matière dont je vais essayer de donner une idée succincte.
- Nous pouvons nous figurer la matière comme organisée ou non organisée. Ce dernier état, que l’on désigne sous le nom d’amorphe, est celui dans lequel les propriétés sont les mêmes dans toutes les directions autour d’un point donné; l'élasticité, la conductivité électrique et thermique, les constantes optiques sont égales, quelle que soit la direction dans laquelle ces propriétés sont observées.
- Mais il existe un autre état de la matière qui est l’état cristallin, où chaque direction indique des propriétés particulières qui atteignent leur maximum ou leur minimum dans un petit nombre de directions qui sont les axes du cristal. Le cristal peut être petit ou gros; il peut être associé à d’autres cristaux ou être enseveli dans le sein de la matière amorphe; alors ses propriétés seront moins nettes, et un observateur superficiel pourra penser avoir découvert des propriétés intermédiaires entre celles du cristal et celles du corps amorphe ; mais un peu d’attention lui montrera qu’il s’agit d’une simple superposition où le cristal révèle son individualité. Cette individualité est toujours complète ; lorsqu’elle s’atténue, c’est qu’on a affaire à un mélange; mais toutes les fois qu’on isole le cristal, on le voit avec toutes ses propriétés, sans aucun intermédiaire entre elles et celles de la matière amorphe.
- 11 y a donc, en rialité, une discontinuité absolue entre la matière dirigée et la matière non dirigée, entre le
- 1 Kristallisiren und Schmelzcn.
- cristal et la matière amorphe ou vitreuse. Mais, une fois que cette limite est franchie, on n’en rencontre plus d’autre jusqu’au gaz parfait; il y a alors une véritable continuité entre les trois états ; le fluide sans ménisque, qui est le gaz, le fluide avec ménisque se plaçant de lui-même normalement à la direction de la force qui agit sur lui et qui caractérise le liquide; enfin le corps limité par une surface quelconque, qui est le solide dans les notions vulgaires, c’est-à-dire le corps amorphe très visqueux, tellement visqueux que les efforts ordinaires ne modifient pas sa surface d’une manière appréciable.
- Chaque corps possède, au-dessous d’une certaine température, une naturelle tendance à cristalliser et à constituer ce qu’on pourrait appeler la famille matérielle, où les molécules sont beaucoup plus unies entre elles que dans l’état amorphe, analogue à la foule indifférente C Un cristal se dissout plus difficilement qu’un corps amorphe, en dégageant moins de chaleur; et, si un corps peut cristalliser sous diverses formes, elles présentent entre elles des degrés de stabilité qui les éloignent de plus en plus du corps amorphe.
- La température de fusion est celle du passage naturel d’un cristal à l’état amorphe. Généralement, à cette température, le corps amorphe est très peu visqueux, et le cristal, aussitôt fondu, se met à couler. Mais il n’en est pas toujours ainsi; après la transformation, la viscosité peut encore être si grande, que la poussière du cristal devenu amorphe ne s’agglomère pas; il faut chauffer encore, afin d’augmenter la fluidité, et c’est alors seulement que s’opère la fusion visible. En réalité, le passage d’un état à l’autre est depuis longtemps accompli.
- Dans ces idées, la fusion pâteuse s’explique d’ellc-mème; le cristal est détruit, le corps amorphe subsiste seul. La fusion n’est plus le point fixe marquant le passage d’un état à l’autre, mais simplement la diminution graduelle de la viscosité, telle qu’on l’observe dans le verre ou le quartz fondu, et qui est si utile pour le travail de ces corps.
- La viscosité peut devenir telle qu’on ne l’eût jamais reconnue sans la suite des idées que je viens d’esquisser brièvement. Ainsi, il est peu de corps plus élastiques que le quartz amorphe, avec lequel on fait les précieuses suspensions de galvanomètres imaginées et mises en pratique pour la première fois par M. Boys. La conservation de la forme est ici parfaite, quelle que soit la déformation jusqu’à la rupture, et la plasticité n’apparaît qu’à une température très élevée.
- Sous une pression donnée, un corps cristallisé fond toujours à une température déterminée. Quelles que soient les circonstances dans lesquelles se produit la chauffe (au moins n’a-t-on pas su jusqu’ici en réaliser d’autres), il est impossible d’obtenir une surchauffe. En revanche, la surfusion est fréquente; car, lorsque le corps amorphe traverse, en se refroidissant, la température de fusion, il est rare qu’il cristallise immédiatement en totalité.
- Pour que cette cristallisation s’opère, il faut qu'un germe cristallin commence ; or, à la température de fusion, la tendance à la formation des germes est trè« faible, et cette tendance n’est grande, en général, qu’à une température beaucoup plus basse. Lorsque lés germes sont formés, la plus grande tendance à la cristallisation existe tout près de la température de fusion ; mais cette
- 1 Voir à ce sujettes très intéressantes notes dcM. Brillouin à la suite des Conférences de Lord Kelvin sur la « Constitution de la matière ».
- p.66 - vue 70/536
-
-
-
- LA NAIT II K.
- G 7
- circonstance est généralement masquée par le dégagement de chaleur qui accompagne la cristallisation, et qu’il faut constamment conduire au dehors pour permettre à la température de se maintenir toujours au point voulu le long de la surface du cristal. C’est pour cette raison que la solidification s’opère plus vite par l’action d'un bain réfrigérant que dans les conditions extérieures où elle aurait la plus grande tendance à se produire.
- Lorsque la température de cristallisation a été traversée rapidement, et lorsque le corps a été amené à une température assez basse pour être devenu très visqueux, la tendance à cristalliser est si faible que le corps peut se conserver indéfiniment au même état. On le ramène, en le chauffant, dans les conditions propices à sa transformation, et c’est ainsi que s’opère la dévitrification.
- L’état pâteux peut subsister bien au-dessous de la température normale de cristallisation. Le cas du soufre est classique, bien qu’il soit resté longtemps sans explication. Si l’on jette dans l’eau du soufre fondu, il est plastique à la température ordinaire et ne durcit qu’au bout de quelques jours. Le durcissement s’opère graduellement, à mesure que les cristaux s’accroissent, et nous avons vu que cette croissance se ralentit à mesure qu’on s’éloigne de la température de solidification.
- Si un corps augmente de volume en passant de l’état cristallin à l’état amorphe, sa température de fusion s’élève en même temps que la pression qu’il supporte. Tel est le cas de l’immense majorité des corps, au moins dans les conditions ordinaires ; les deux seules exceptions notables sont constituées par l’eau et le bismuth.
- Mais ce phénomène a une limite; on effet, les..corps sont généralement plus compressibles à l’état amorphe qu’à l’état cristallin ; l’écart entre les volumes spécifiques diminue donc à mesure que la pression s’élève, et le taux de l’élévation de la température pour une augmentation donnée de la pression varie dans le même sens. Un moment vient où les volumes spécifiques sont égaux ; alors la température de fusion atteint son maximum; au delà, elle décroît en même temps que la pression monte.
- Pour la plupart des corps, ce maximum ne se produit que pour des pressions très élevées, qui n’ont pu être atteintes jusqu’ici. Pour le sel de Glauher à 10 molécules d’eau, M. Tammann a pu toutefois dépasser considérablement le maximum, qui se produit sous -400 atmosphères, et ne s’écarte que de un dixième de degré du point de fusion normal. Sous 5000 atmosphères, la température de fusion est déjà abaissée de plus de 5 degrés.
- Une température suffisamment élevée fait toujours passer, nous l’avons vu, un corps de l’état cristallin à l’état amorphe. Mais d’autres interventions peuvent conduire au même résultat.
- Dans des expériences très délicates et admirablement conduites, M. Kahlbaum, à Bâle, et M. Spring, à Liège, ont soumis des métaux à des pressions extrêmement fortes, dans des conditions telles qu’ils se trouvaient déformés et Huaient sous la pression. Dans tous les cas, le bismuth excepté, la densité du métal s’est trouvée abaissée après cette opération. >
- Ce phénomène paradoxal s’explique aisément d’après ce qui vient d’être dit. Les métaux amorphes étant plus compressibles que les mêmes métaux cristallins peuvent posséder une densité plus élevée aux très fortes pressions ; sous l’action de celles-ci, ils ont donc une tendance naturelle à prendre l’état amorphe, et ils le conservent lorsqu’on revient à la température ordinaire sans avoir fait agir les températures où la cristallisation est facile.
- Des expériences un peu différentes ont été faites par M. lieilby, qui a examiné au microscope une lame d’or battue et polie, puis attaquée à l’acide ou recuite. Il résulte de ses recherches que les portions du métal poli voisines de la surface sont amorphes; tandis qu’à une faible profondeur on voit apparaître de petits cristaux brisés, qui deviennent plus évidents à une profondeur plus grande. Le recuit rétablit les cristaux dans leur intégrité. Conformément à ce qui a été dit précédemment, les cristaux constituent la forme stable de la matière, et la partie amorphe est toujours dissoute, même dans les interstices des cristaux, avant que ceux-ci soient attaqués. Celte particularité peut conduire à penser que les chaleurs de formation des dissolutions sont très différentes; en elfet, M. Berthelot a trouvé, pour la dissolution dans le mercure de l’argent martelé, 2,03 calories par gramme, tandis que pour l’argent recuit et pour les cristaux électrolytiques la chaleur d’amalgamation tombe à 0,47 et à 0,10 calorie.
- Cette différence entre les deux états se manifeste par une foule de propriétés. Une pile, constituée par deux électrodes respectivement en argent écroui et en argent recuit, possède une force électromotrice de 0,1 volt; un couple thermoélectrique donne 0,17 microvolt par degré. Mais, lorsque le couple est chauffé à 260°, la force électromotrice baisse graduellement et finit par s’annuler. Alors les deux fils sont au même état, le fil écroui est entièrement recristallisé. En même temps, on constate qu’il est très déformable ; l’écrouissage que lui avait donné l’étirage a complètement disparu.
- Tels sont quelques-uns des faits qu’il faut connaître pour comprendre Dévolution des idées des physiciens sur la constitution de la matière. L’état solide n’est plus ce qu’on pensait autrefois, quelque chose d’immuable, où les molécules se déplacent en de petits cercles fermés autour d’une position d’équilibre dont elles ne s’éloignent jamais. Les phénomènes de cristallisation spontanée des métaux à des températures qui peuvent être de 1000 degrés au-dessous de leur point de fusion, l’électrolyse du verre, observée pour la première fois par M. Warburg, la diffusion de l’or dans le plomb aux températures ordinaires, découverte par le regretté Sir W. Roberts-Austen, et tant d’autres phénomènes récemment étudiés1, nous montrent les solides en perpétuel mouvement vers un équilibre qu’ils atteignent parfois, et dont ils ne s’éloignent plus que si les conditions ambiantes sont changées. Cette adaptation de la matière solide est un phénomène profond et suggestif; il est l’image rudimentaire de l’adaptation des êtres ; il constitue une sorte de vie inférieure insoupçonnée autrefois, mais qui ne saurait plus échapper à l’observateur attentif. Cu.-En. Guillaume.
- —><£«—
- L’OBSERYATOIRE FABRA
- Dans le siècle qui vient de finir, l’astronomie populaire a fait des progrès de géant. A cédé des observatoires officiels se dressent aujourd’hui par centaines de blanches coupoles. Ce grand mouvement de science uranienne ne s’est pas localisé à la terre des Gaules; le monde entier a suivi la France dans celle voie, et notre voisine des Pyrénées, l’Espagne, nous donne aujourd’hui la preuve de l’iu-
- 1 On lira avec un grand intérêt, sur ces questions, le beau travail de M. >Y. Spring, inséré au tome I des « Rapports présentés au Congrès de Physique réuni à Paris en 1900 ».
- p.67 - vue 71/536
-
-
-
- 08
- LA A AT LU K.
- térêt qu’elle porte à l’astronomie populaire. Elle est Lien placée d’ailleurs par sa situation exceptionnelle sous un ciel d’une merveilleuse limpidité pour se lancer dans des études si délicates et si minutieuses. L’Espagne possède, depuis quelques mois, « son observatoire de Nice ». M. Bischoffsheim a trouvé son émule dans la patrie des Ibères, et l’observatoire ofl’ert, en 1881, à l’Institut de France, a aujourd’hui son pendant le long de la même mer bleue, au sommet d’une colline dont l’altitude est presque semblable, au-dessus d’une terre aussi lleurie, sous un ciel aussi merveilleux.
- Le 7 avril 1904 le roi d’Espagne, Alphonse XIII, inaugurait, au milieu d’un immense concours de
- notabilités scientifiques, l’observatoire Fabra, de Barcelone. Cet observatoire est situé dans la montagne Tibidabo, à 420 mètres d’altitude, tout près de la ville de Barcelone1 (fig. 1). L’emplacement est magnifique et tout concorde à faire de l’observatoire Fabra un observatoire de premier ordre. La montagne Tibidabo est suffisamment à l’écart de la ville pour n’avoir point trop à subir les inconvénients qui résultent de la proximité d’une grande cité industrielle et, d’autre part, elle n’est pas trop éloignée de l’agglomération, et y est reliée par des moyens de communication très suffisants. L’observatoire a été créé par M. Camille Fabra, premier marquis d’Abella, qui fit don de l’établissement à
- Fig. 1. — Vue générale de l'Obsenatoire Fabra (Espagne).
- l’Académie royale des sciences et des arts de Barcelone. Cette Académie se chargea de la construction de l’observatoire et de la direction des travaux. M. Fabra lui laissa même le soin de choisir celui de ses membres qu’elle jugerait le plus digne d’être placé à la tête du nouvel observatoire. Les travaux furent commencés en 1902. Tout ce qui regarde la partie construction et bâtiment était terminé lorsque le roi d’Espagne vint l’inaugurer ; mais, à l’heure actuelle, il n’est pas complètement achevé en ce qui concerne la partie optique.
- L’Académie des sciences de Barcelone a chargé de la construction des principaux instruments de l’observatoire Fabra un de nos plus sympathiques opticiens français, M. IL Mailhat, qui a publié ici même de remarquables photographies d’une
- éclipse de lune. Cet hommage rendu à l'industrie française en la personne de notre compatriote sera universellement apprécié, l'ar le soin qu’il a mis à construire lui-même les pièces les plus importantes, à surveiller l’installation de ses instruments à Barcelone, M. Mailhat a répondu à tout ce que l’on attendait de lui. C’est le deuxième observatoire d’ailleurs qui, par ses soins, s’élève en Espagne : le premier était l’observatoire de Grenade, inauguré il y a deux ans.
- M. Mailhat a fourni pour l’observatoire Fabra : 1° un équatorial astro-photographique dont les deux objectifs ont 58 centimètres. C’est le plus gros équa-
- 1 Rappelons que l’observatoire de Nice est situé au sommet du Mont-Gros qui domine la vallée du Paillon, et dont l’altitude est de 372 mètres.
- p.68 - vue 72/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- 09
- lorial d’Espagne (fig. 2). Il a exactement les mêmes dimensions que le second équatorial de l’observatoire de Nice. On sait, en effet, que la grande lunette de cet établissement a 18 mètres de long, et est pourvue d'un objectif de ftm,76 de diamètre, le tout abrité sous une coupole Eiffel à flotteur annulaire d’un diamètre intérieur de 22m,40. L’équatorial de l'observatoire Fabra est abrité par une coupole métallique tournante de 10 mètres de diamètre; 2° un cercle méridien de 20 centimètres d’objectif avec cercle divisé de 80 centimètres de diamètre et douze microscopes micrométriques. C’est le cercle méridien le plus puissant d’Espagne. Cet instrument a
- Fig. 2. — L’équalorial astro-photogrnpliiquc (te 38 centimètres.
- raies, ni les sidérostats. De plus, le Conseil municipal de Barcelone a montré le vif intérêt qu’il porte à la science en décidant de supporter tous les frais nécessaires pour adjoindre à l’observatoire Fabra une station météorologique digne de la station astronomique. Elle comprend, cette station, une collection complète d’enregistreurs Richard, et, pour le cas où ces instruments viendraient à subir une perturbation quelconque dans leur fonctionnement, il y a deux instruments de chaque sorte. C’est là une mesure excellente qui évite ainsi toutes ces interruptions dans les observations, si préjudiciables aux travaux d’ensemble. A cette série d’enregistreurs Richard sera adjoint aussi un anémomètre Bourdon construit par M. Mailhat et enregistrant en même temps que la vitesse du vent sa direction précise. Le même instru-
- élé offert à l'observatoire Fabra par la députation de la province de Barcelone. Cet observatoire ne serait pas complet s’il ne consacrait pas une partie importante de ses recherches à la science spectroscopique. On sait les travaux intéressants qui, depuis plusieurs années, ont été publiés sur la question. En France, notamment, M. Rcslandres a fait faire à cette partie de la science astronomique des progrès de tout premier ordre. L’observatoire Fabra réservera une grande partie de son temps et de ses capitaux à l’étude spectrale du ciel.
- Bien ne manquera non plus à l’outillage astronomique de cet établissement, ni les pendules sidé-
- Fig. 3. — Détails de l’équatorial astro-photographique.
- ment a déjà été installé et fonctionne avec le plus grand succès à l’observatoire catalan de San Félin de Guixols.
- Enfin d’ importants instruments seront réservés à l’étude des tremblements de terre ; ils sont pour la plupart encore en construction. C’est tout d’abord un sismoscope avec horloge sismique pour les secousses de tremblements de terre; puis un sismographe à deux composantes horizontales d’Agammenonne ; un autre sismographe à deux composantes horizontales de Cancani. Ces divers instruments sont construits par Luigi Fascianelli, de Rome. lrn grand microsismographe à trois composantes de Vicentini est construit en ce moment à Bologne sous la direction de M. Vicentini lui-même. On adjoindra à cette installation divers appareils pour l’élude des phéno-
- p.69 - vue 73/536
-
-
-
- 70
- LA NAITRE.
- mènes électriques de l'atmosphère et du magnétisme terrestre. Les deux services seront absolument distincts : il y aura un directeur du service astronomique et un directeur du service météorologique. L’est dire qu’aucun des deux services ne sera sacrifié.
- Pour un observatoire que tout à son début semble favoriser : instrumentation complète et précise, ressources financières considérables, situation sous un climat exceptionnel, il fallait choisir un personnel d’élite. À l’heure actuelle, le directeur de la section météorologique n’est pas encore désigné, mais il y a un an déjà que par acclamation le directeur de la section astronomique a été désigné. Et le choix de l’Académie royale de Barcelone ne pouvait être plus heureux. Il s’est fixé sur un jeune licencié ès sciences mathématiques et physiques de 56 ans, José Comas Sola qui, à l’àge de 10 ans, s’intéressait déjà aux choses du ciel! Cet astronome qui est membre de toutes les associations scientifiques importantes de l’Uijivers, à qui l’Académie royale des sciences et arts de Barcelone et la Société royale astronomique de Londres ont ouvert leur porte, s’est fait connaître dans le monde savant par une remarquable série de travaux . En astronomie physique il a publié de très beaux des>ins de taches solaires; il a l'ait une élude détaillée des courants de la planète Jupiter pendant chaque opposition et j’ai publié ici même, d'après l’un de ses mémoires, un travail sur la Tache Rouge de Jupiter qui a servi de point de départ à mon ouvrage sur « Le monde de Jupiter » ; sur Bars également. J. Comas Sola a fait de beaux travaux; le premier, en Erance, il publia une détermination de la rotation de Saturne déduite de la tache de Bar-nard, et ses travaux sur l’éclipse de soleil de 1600 lui ont valu les plus grands éloges. En astronomie mathématique il a publié, dans le « Astronomisehe Nachrichten » et dans le Bulletin de la « British Astronomical Association », des mesures micrométriques et des calculs d’orbites.
- José Comas Sola est enfin un.vulgarisateur de premier ordre et il a publié plus de 500 articles dans « La Yanguardia », l’un des grands quotidiens de Barcelone; il a fait de nombreuses conférences populaires et c’est certainement de ce mouvement de vulgarisation scientifique qu’est né l’observatoire Fabra. Placé entre les mains de ce savant, la création de Camille Fabra, premier marquis d’Abella, ne peut que prospérer, et tous les vrais amis de la science, tous ceux qui ont une foi profonde dans les révélations de l’astronomie, ne sauront que s’en réjouir, parce que cette fondation montre que l’Espagne possède des esprits nobles et généreux, parce que le choix de l’Académie royale des sciences de Barcelone récompense en José Comas Sola un savant désintéressé, qui a consacré son temps et ses ressources à l’avancement, de la science, sans autre désir que de contribuer au progrès et que d’affranchir les intelligences. Lucien Libert.
- LE SÀL0N DE L’AUTOMOBILE
- SEPTIÈME EXPOSITION INTERNATIONALE OE L’AUTOMOBILE, OU CYCLE ET DES SPORTS
- I
- L’industrie automobile possède ce mérite d’être la seule industrie dont les moindres actes puissent intéresser les foules non seulement pàr les résultats pratiques dont chacun tire profit, mais par l’exhibition même des moyens qui permettent de les obtenir.
- Une exposition de tramways ou de locomotives, de machines électriques, de canons, de machines à imprimer, une exposition minière, etc., bien qu’étant la manifestation d’industries puissantes dont l’importance peut être parfois primordiale pour toute une population ouvrière, n’attirerait que quelques rares visiteurs. Et pourtant tout le monde sans exception lit des journaux, va en chemin de fer, est soldat, se chauffe avec du charbon, etc. Au contraire, peu de gens peuvent faire de l’automobile; dans les campagnes même, une animosité existe encore des gens de la terre envers les voitures qui dévorent l’espace, et cependant des foules puissantes viennent s’écraser chaque année dans le Grand Palais où s’exhibent les produits divers de l'industrie automobile. Pourquoi ? Est-ce le goût sportif, est-ce l’influence attractive qu’ont toujours eue les objets deluxe; est-ce encore autre chose d'indéfinissable’? toujours est-il (pie seules les expositions universelles ont pu rassembler en un même point des affluences plus nom-breusesque celles qui, pendant quinze jours, déroulent leurs remous dans les galeries et les nefs du Grand Palais, aujourd’hui trop petit et des Serres de la Ville de Paris qu’on y a adjointes.
- Au point de vue français, nous devons nous réjouir particulièrement, car, malgré son titre d’exposition internationale, le Salon de l'automobile est bien plus une exposition nationale, les étrangers n’y figurant qu’à l’état d'unités isolées dans la foule, dont la présence même, mieux encore que leur absence, fait valoir l’énorme supériorité de la France dans cette jeune industrie. L’importance de cette industrie se mesure par le luxe même de ses manifestations, qui va en croissant chaque année. Comme un symbole de civilisation, la lumière était partout prodiguée au Salon qui vient de fermer ses portes, et une véritable débauche d’éclairage électrique avait été faite pour assurer l’illumination du Palais et des stands des exposants. On pouvait, sur certains, compter 4 à 5000 lampes de 10 bougies. Au sommet de la coupole centrale, une immense rosace de lampes jaunes répondait aux guirlandes lumineuses qui sillonnaient les arcs de la nef. Beux cent onze mille lampes étaient ensemble allumées dans le Grand Palais et dans les rampes qui illuminaient sa façade, consommant ensemble près de 6000 kilowatts empruntés partie au secteur des Champs-Elysées, partie à l’usine du Métropolitain. Pour fournir un appoint important, on dut même installer sur les berges de la Seine une usine provisoire.
- p.70 - vue 74/536
-
-
-
- LA NAT nu:.
- 71
- Aux Serres de la Mlle, où se cantonnaient les canots, les poids lourds et les industries annexes, l’espace manqua et l’on dut improviser une tente abri pour les canots, placer les moteurs dans le sous-sol et, débordant même sur la Seine, établir un port où de nombreux canaux à essence vinrent s’amarrer côte à côte avec des yachts de fort tonnage. ( n tel épanouissement de l’industrie automobile semble promettre encore un magnifique développement qui sera d’autant plus profitable même que 1 automobile, en tant que machine, semble avoir à peu près atteint sa forme définitive. Le Salon de 1904 fourmille de petits perfectionnements qui assurent une conduite plus commode, font disparaître quelques causes de pannes ou d’usure, mais il n’y a pas, ou presque pas, de ces trouvailles importantes qu’on sent instinctivement être appelées à un grand avenir. C’est donc un type aujourd’hui classique que nous allons décrire rapidement et qui se retrouve dans tous les stands. Ce type est susceptible seulement de deux ou trois modifications qui seront signalées.
- Le châssis, en tôle emboutie, supporte à l’avant le moteur; derrière celui-ci, l’embrayage et le changement de vitesse, à l'arrière le réservoir d’essence, sous pression pour assurer l’arrivée du carburant au carburateur. Le châssis est très allongé, avec un empattement qui atteint 3m,20, dimension favorable à l’installation d’une carrosserie avec entrée latérale.
- Occupons-nous seulement aujourd’hui du moteur. Celui-ci est toujours à quatre cylindres, dès qu’une question de bon marché ne conduit pas à lui préférer le moteur à deux cylindres ou le moteur monocylindrique. Ces cylindres sont verticaux, fondus séparément ou par paires, disposition souvent adoptée par économie. Dans le premier cas, le vilebrequin porte sur cinq paliers; trois suffisent dans le second. On a tellement conservé le « statu quo » que le problème posé l’an dernier : « faut-il, ou non, des soupapes d’admission commandées mécaniquement », n'a pas reçu encore de solution définitive. On semble d’une manière générale conserver la soupape automatique ouverte par l’aspiration du moteur, pour les puissances ne dépassant pas quatre chevaux par cylindre. Si l’on préfère la commander mécaniquement, deux dispositions se disputent la faveur du public. La plus simple consiste à placer la soupape d’admission parallèlement à celle d échappement, dans une chapelle latérale du cylindre, en la commandant par un arbre à cames qui peut être le même que pour l’e'chappement.
- Cette disposition est visible sur notre fig. 2, n° 1 ; moteur C.I.E.M. On lui a reproché de diminuer le rendement thermique du moteur en augmentant la surface de refroidissement de la chambre de compression. Pour réduire au minimum cette surface, certains ont placé la soupape d’admission au-dessus de la soupape d’échappement comme une soupape automatique, et l’ont alors commandée par un culbuteur. C’est le cas du moteur Brillié. On voit sur
- notre gravure (fig. 4, n° 2) à quelle simplicité de démontage on est aujourd’hui parvenu.
- L’allumage de la charge explosive du cylindre s’obtient toujours électriquement, et, comme l’an dernier, la magnéto, source d’énergie électrique inépuisable, semble l’emporter sur les piles et les accumulateurs. On peut remarquer une extension assez importante de l’emploi de la magnéto à haute tension qui permet l’emploi de bougies, et dont nous avons décrit l’an dernier une des plus employées1.
- L’emploi de bougies simplifie, en effet, beaucoup la construction du moteur.
- M. Caron a cherché à donner cet avantage de simplicité à l’allumage par étincelle de rupture en actionnant le rupteur à l’aide d’un petit solénoïde alimenté par le courant qu’il doit couper. C’est en somme le principe du trembleur de Néef appliqué à la bobine de Ruhmkorlf (fig. 3, n° 3).
- Le courant peut être celui d’une magnéto, ou simplement celui d’une batterie d’accumulateurs dont le courant traverse d’abord une bobine de self-induction. Enfin la tendance générale est d’adjoindre à l’allumage par magnéto haute ou basse tension un allumage de secours par accumulateurs.
- Le moteur C.I.E.M., dont nous donnons ici une reproduction, est un exemple pris entre mille du moteur actuel. On y voit nettement les deux cylindres et leurs pistons, les soupapes d’admission et d’échappement placées du côté de l’observateur. Derrière le moteur sont les organes de commande des rupteurs qui produisent l’allumage en coupant au moment voulu le courant de la magnéto visible sur la gauche.
- L’avance à l’allumage est variable, et la variation en est obtenue par un déplacement longitudinal de l’arbre à cames qui actionne les rupteurs. Ce déplacement change la partie active des cames, et par suite l’époque de leur action. Puisque l’avance à l’allumage est fonction de la vitesse, on a utilisé dans ce moteur la vitesse elle-même pour commander l’avance par un régulateur centrifuge. Comme une magnéto donne un courant dont le maximum ne dure qu’un instant très court à chaque demi-tour de l’induit, le déplacement du manchon du régulateur produit en même temps une rotation légère de l’induit de la magnéto qui permet de maintenir toujours en coïncidence l’instant où la magnéto produit son courant maximum et l’instant où celui-ci est coupé par un rupteur. Le réglage de l’allure et de la puissance du moteur est ordinairement obtenu comme l’an dernier par étranglement de l’admission.
- Beaucoup de moteurs à soupape commandées le réalisent par l’interposition d’un coin d’épaisseur variable sous les tiges des soupapes, ce qui produit une diminution à la fois de la durée et de la hauteur de leur levée.
- D’autres fois, c’est l’arbre à cames lui-même qui se déplace pour changer la partie active des cames, 1 Yoy. n° 1597, du 2 janvier 1904, p. 66.
- p.71 - vue 75/536
-
-
-
- celle-ci ayant un profil étudié de façon à produire des hauteurs variables de levée en lui laissant toute sa
- durée. Dans le moteur C. I. E.M., le déplacement de l'arbre à cames est commandé par un deuxième
- Fig. 1. — Moteur à 2 temps Legros. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Coupe intérieure.
- Fig. 2. — 1. Moteur C. I. E. M. à 2 cylindres. — S. Soupapes d'admission; T. Soupapes d'échappement; M. Magnéto;
- H. Récepteur d'allumage; P. Pompe à huile; A. Régulateur d’admission ; R. Régulateur d’avance à l’allumage. — 2. Refroidisseur Renault.
- régulateur à force centrifuge placé sur son extrémité et visible sur la gauche de notre gravure.
- La solution la plus fréquente encore du réglage
- est cependant l’étranglement par un registre placé sur la conduite des gaz carburés à la sortie du carburateur. Ce dispositif est en effet le plus facile à
- p.72 - vue 76/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 77»
- installer. Le gros efïori des inventeurs s’est porté fectionnement devenait nécessaire. En effet, tant que encore cette année sur le carburateur, dont le per- l’on employa exclusivement la soupape automatique,
- Fig. 5. — 1. Carburateur Peugeot. — Inflammateur Caron. — 2. Vue extérieure. — 3. Coupe; A. Bobinage inducteur;
- B. Noyau fixe ; C. Noyau mobile ; D. Rupteur.
- Fig. i. — 1. Carburateur Xénia. — 2. Moteur Brillié. Vue de la distribution.
- l’ouverture de celle-ci se produisant toujours sous l'influence d’une même valeur de l’aspiration, que mesurait son ressort, la dépression produite dans
- le carburateur était constante à l’orifice de jaillissement de l’essence ou gicleur.
- La soupape d’admission commandée mécanique-
- p.73 - vue 77/536
-
-
-
- 74
- LA NAÎTRE.
- ment et l’étranglement de l’admission sont venus troubler cet état de choses. La dépression dans le carburateur ne reste plus constante, et la bonne carburation est impossible. On a paré à ce danger par l’adoption de carburateurs à deux entrées d’air, dont une est fixe et l’autre réglable. On modifie la dimension de l’autre de manière à conserver constante la vitesse de l’air dans l’entrée fixe, où on place le gicleur.
- Enfin en faisant commander par la dépression elle-même le registre qui obture l’orifice de grandeur variable, on a obtenu le carburateur automatique, dont l’un des premiers types fut celui de Krebs '. Ayant assuré par le carburateur automatique une carburation, toujours suffisamment bonne pour éviter tout raté, on a voulu chercher mieux. En effet le réglage pour étranglement de l’admission diminue fortement la compression, et par suite abaisse beaucoup le rendement thermique du moteur, au point que sa consommation se réduit fort peu quand on fait passer le moteur de la pleine charge à la marche à vide dans les mêmes conditions de vitesse.
- 11 était donc logique de chercher à réduire la consommation aux faibles charges en abaissant légèrement la teneur en essence du mélange, par une action plus ou moins directe sur le gicleur.
- Le carburateur Peugeot (tig. 3, n° 1) est un exemple de carburateur automatique à gicleur de débit réglable. A droite, se trouvela prise d’air automatique aujourd’hui classique, à gauche le registre d’étranglement. Entre eux est le gicleur G qui projette l’essence par une fente circulaire. Cette fente peut êlre obturée partiellement par un tube taillé en double biseau qui est mécaniquement relié au registre d’étranglement. On réduit donc simultanément le débit d’essence et la valeur de l’aspiration du moteur. Ce carburateur obtient le réglage du débit de l’essence par un procédé mécanique.
- Dans le carburateur Renault, le procédé employé est tout différent. Ce carburateur possède deux gicleurs, dont l’un débouche dans une entrée d’air d’ouverture constante. Le second débouche dans une ouverture variable et son débit sera proportionnel à la quantité d’air supplémentaire qu’elle laisse entrer. La quantité d’air supplémentaire est réglée par un registre actionné par un disque déplacé par l’aspiration du moteur.
- Le dernier carburateur automatique que nous donnons (fig. 4, n° 1) est le carburateur Xenia dont le principe est curieux. Il ne règle pas le débit de l’essence, mais seulement celui de l’air et assure sur le gicleur une dépression presque constante. Pour obtenir ce résultat, l’inventeur a eu l’ingénieuse idée de mesurer cette dépression par un manomètre à mercure, et d’asservir le registre de réglage de l’admission d’air au déplacement du mercure. Dans ce but, un tube X communique la dépression produite en face le gicleur, à l’espace A vide au-dessus du mercure. Celui-ci monte alors en A et descend d’autant dans les quatre tubes B. Ce mouvemement sou-
- 1 Voy. n° 1552, du 21 février 1905, p. 177.
- lève un llotteur de gaïac qui commande le piston de réglage P. Ce piston a une course d’ouverture de 12 millimètres, la dépression qui produit le giclage de l’essence est donc de 24 millimètres de mercure plus forte quand le moteur demande beaucoup d’air que lorsqu’il en faut très peu. Le gaz obtenu sera donc plus riche quand il faut le maximum de puissance, ce qui assure une certaine économie.
- Le moteur à deux temps est encore loin de la perfection du moteur à quatre temps, mais il y arrivera peu à peu. Le moteur Legros représente un certain progrès sur les moteurs de l’an dernier. Il faut dans ces moteurs comprimer les gaz dans une capacité pour qu’ils puissent, à l’admission, expulser rapidement les gaz brûlés. Cette capacité était le plus souvent le carter. Dans le moteur Legros,on utilise le piston lui-même comme cylindre de compression préalable.
- Ce piston est creux et à son intérieur est maintenu, par deux colonnettes T, un piston fixe qui ferme le cylindre constitué par le piston lui-même (fig. 1).
- Quand le piston monte il aspire, par la colonnelte de droite qui est creuse, les gaz que lui fournit le carburateur A. Quand il redescend il comprime ces gaz. Quand il arrive en bas, cet instant est précisément celui de l’échappement du cylindre supérieur et les gaz s’y rendent en refoulant les gaz brûlés par des lumières placées à la partie basse du cylindre sur les côtés. Des soupapes règlent la marche du gaz frais.
- Quant au refroidissement du moteur, il est toujours obtenu, comme l’an dernier, par une circulation d’eau qui dissipe dans un radiateur des calories empruntées aux cylindres. La circulation de l’eau est obtenue par une pompe, celle de l’air par un ventilateur.
- Chez Renault, l’eau circule par simple différence de densité, l'eau chaude sortant du cylindre parle gros tube visible sur la culasse (fig. 2, n° 2). Le radiateur placé derrière le moteur est à demi recouvert par le capot. L’air, aspiré par le ventilateur rapporté sur le volant, est visible au bas du radiateur, traverse celui-ci en épaisseur pour gagner l’intérieur du capot et de là le ventilateur. Ce dispositif laisse le moteur hors du courant d’air, et diminue Tusurc de ses organes par la poussière. Léo Robiiu.
- CALENDRIER PERPÉTUEL AUTOMATIQUE
- On appelle calendrier « perpétuel » celui qui donne automatiquement le changement de date, en passant d’un mois à l’autre, qu’il y ait 28 ou 31 jours; et qui, en outre, dans les années bissextiles, marque 20 jours au lieu de 28 au mois de février. Nombreux sont les savants et les artistes horlogers qui se sont occupés de cette question en apparence si simple, mais en réalité si complexe ; plus nombreux encore sont les ingénieux dispositifs qu’ils ont imaginés, car certains d’entre eux n’ont pas craint de construire plusieurs systèmes différents. Les premières recherches datent de la fin du xvne siècle ; elles portèrent d’abord spécialement sur l’adjonction aux horloges et pendules d’un mécanisme dit « à équa-
- p.74 - vue 78/536
-
-
-
- LA N A TU II K.
- 75
- lions )) destiné à marquer, concurremment avec le 1 temps moyen, le temps vrai ou solaire.
- Oc mécanisme, presque toujours composé, pour la partie principale, d’un excentrique de forme elliptique irrégulière, uni ou denté, était souvent complété par un cercle donnant, au moyen de deux divisions concentriques, la date — mois et quantième — de la position du soleil.
- La priorité de l’exécution, sinon de l’idée même du calendrier perpétuel complet, semble devoir être attribuée à Quare, habile horloger anglais ( 1649-1721), dont une pendule, munie de cette complication, se voit encore au palais de Hampton-Court.
- En France, à la fin du xvine siècle et au commencement du xixe, tous les grands maîtres de l’horlogerie : Berthoud, Tavernier, Janvier, Breguet, etc., construisirent des horloges, des régulateurs, voire même des montres, munies de calendriers perpétuels donnant le mois, le quantième, le nom du jour et l’àge de la lune. Enfin, de nos jours, d’habiles horlogers, rivalisant d’ingéniosité avec leurs illustres devanciers, entre autres Bally, Bienaimé, Brocot, Gautier, Regnier, etc., ont adapté des quantièmes perpétuels à quelques-unes des nombreuses pièces sortant de leurs ateliers. Jusqu’à ces derniers temps cette adaptation était restée l’apanage des pendules de grand luxe et de prix élevé.
- Des nombreux systèmes précités ou existant, le dernier paru, dénommé du nom de son inventeur « l'Auto-Tilmant », semble détenir le record de la simplicité relative, de la robustesse et du bon marché. 11 se présente sous la forme d’un cadre destiné à être posé sur le bureau ou la table de travail pour donner l’heure dans le cadran supérieur, le mois, le jour et le quantième dans les trois guichets placés en dessous (fig. 1). Le mécanisme comprend à la partie supérieure un mouvement de pendule À, muni d’un échappement circulaire permettant la marche dans toutes les positions. À la partie inférieure se trouve en B le mécanisme du calendrier proprement dit. Chacun de ces mouvements est muni d’un carré destiné à remonter le ressort spécial à chaque organisme; celui de l'heure se remonte tous les huit jours, l’autre tous les six mois. Les deux mouvements sont reliés par un levier L qui, déplacé par une cheville plantée verticalement sur la roue I), qui fait un tour en 24 heures, produit le changement des jours, des quantièmes, des mois. Les noms des mois et des jours sont inscrits sur des tambours cylindriques horizontaux, alors que les chiffres des quantièmes le sont sur deux disques verticaux dont on aperçoit une partie en bas à droite du mécanisme. De ces deux disques l’un, celui qui est le plus rapproché du mécanisme, porte en couronne les dix chiffres 9, 8,... 1, 0; l’autre, qui chevauche sur le premier, est divisé en quatre parties égales dans chacune desquelles on a percé une ouverture rectangulaire. Ces deux disques tournent de gauche à droite; les chiffres du premier, qui fait chaque jour un dixième de tour, apparaissent au travers des ouvertures du
- deuxième, qui, lui, au moyen des chiffres 5, 2, 1, que l’on a marqués à la gauche des ouvertures précitées, est destiné à l’indication des dizaines du quantième. Ce deuxième disque fait un tour complet tantôt en 51, 50, 28 et quelquefois 29 jours, c’est là la partie ingénieuse du mécanisme. Dour obtenir ce résultat variable, ce disque dépend, pour l’amplitude du quatrième quart de sa course, d'une roue analogue à la roue de compte des pendules à sonnerie. Elle est divisée en 48 parties inégales comportant des dents ou plutôt des saillies et des intervalles rectilignes. Ces parties correspondent aux 48 mois compris dans un cycle de quatre années, dont une bissextile.
- Afin de permettre, en cas d’arrêt pour une cause
- Calendrier perpétuel automatique de 31. Tilmant.
- quelconque, de remettre le calendrier à jour, on peut faire mouvoir cette roue à la main au moyen d’une aiguille qui se meut sur un cadran, divisé en quatre parties sur chacune desquelles sont marqués les mois ; l’un des quarts de cercles est destiné à opérer pendant les années bissextiles, les autres pendant les trois autres années. Quand on connaît ce détail, qui est du reste indiqué dans une instruction accompagnant l’appareil, rien n’est plus simple que de faire la mise en concordance dans le cas où l’on aurait oublié de remonter la pendule. C’est, en somme, un appareil très commode à avoir toujours sous les yeux pour ne pas chercher, comme cela arrive souvent, à quel jour de la semaine ou du mois on se trouve. Pour la première fois il est devenu populaire par suite du bon marché auquel sa simplicité a permis de le construire. G. Chaf.marès.
- p.75 - vue 79/536
-
-
-
- RECREATIONS ET PASSE-TEMPS
- 11 est bon de réhabiliter un peu les jeux de combinaisons qui, au moyen âge, étaient plus connus sous le nom de jeux de table.
- I)e nos jours, les grandes personnes jouent peu à tous ces jeux qui demandent de la réllexionet exigent, de la part de celui qui s’y livre, des qualités de straté-giste qui ne sont pas précisément dans le goût moderne.
- Au moyen âge, on désignait sous le nom de jeux de table tous les divertissements qui nécessitaient une sorte de tableau sur lequel manœuvraient les pièces d’échecs ou les pions de damiers.
- Se douterait-on aujourd’hui que le jeu des échecs a été considéré pendant longtemps comme une épreuve à laquelle les parents prudents soumettaient le candidat qui aspirait à entrer dans leur famille par les liens du mariage.
- Olaius Magnus, auquel nous empruntons la figure ci-dessus (fig. 1), nous raconte, en effet, que les seigneurs de Gothie et de Suède, voulant établir leur fille, avaient coutume d’essayer ceux qui la leur demandaient en mariage, en plusieurs façons et principalement aux jeux de tables, car, dit l’auteur de 1’ « Histoire des peuples septentrionaux », « en ce jeur la passion de l’esprit comme le courroux, ennui, amour, avarice, vanterie, folie, lourderie et plusieurs autres telles se découvrent au cours des parties. C’est à savoir si le poursuivant est mal appris, se réjouissant et se moquant indiscrètement quand
- il a gagné; ou s’il est modeste, ne rendant point injure pour injure, mais sachant parer aux coups. »
- Cette coutume, si bizarre qu’elle nous paraisse, n’est cependant pas sans avoir une certaine raison d’être et l’histoire est là pour nous monlrer que d’importants événements historiques ont eu pour cause déterminante des parties d’échecs. En 1001, Hobertetllenri, fils de Guillaume roi d’Angleterre, étant en visite chez le roi de France Philippe Ier, à Conllans, engagèrent une partie d’échecs avec le fils de leur hôte. Louis, fils de Philippe, ayant adressé à Henri une épithète malsonnante, ce dernier le frappa de grands coups d’échiquier et l’eut certainement tué si son frère Robert ne fût intervenu. Ce coup fait, les jeunes princes normands se sauvèrent vers la Normandie et leur père prit fait et cause pour eux. Philippe s’avança vers la Normandie et prit Yernon tandis que Guillaume entrant en France enleva la Saintonge et l’Anjou, puis poussa jusqu’aux portes de Paris.
- Les chansons de gestes du moyen âge sont pleines de souvenirs des luttes qui eurent lien entre les joueurs d’échecs, lesquels s’assommaient à coup de (( roi » ou de « tour ». Nos modernes pièces d’échecs ne nous permettent pas ce sport étrange, mais si nous allons voir à la Bibliothèque nationale le vénérable monument qui est conservé sous le nom de la Tour de l’échiquier
- Fig. 2. — Une séance de prestidigitation, d’après une gravure de Paulus Minguet, extraite d’un Manuel de faiseur de tours, édité en Espagne au xvn* siècle.
- p.76 - vue 80/536
-
-
-
- L A N A T nu:.
- 77
- maux sauvages seraient dispensés de payer la redevance aux gens du fisc à la condition de l'aire travailler gratuitement devant eux leurs élèves à quatre pattes.
- Ces bateleurs joignaient à leur industrie des scènes mimées au moyen de gesticulations et des chants, puis des tours de passe-passe ou des ruses plus ou moins burlesques dont la tradition s’est conservée jusqu’à nos jours dans les parades que l’on voit à la devanture des boutiques. La gravure de la page précédente (fig. 2), nous représente une séance de prestidigitation servant de frontispice à un manuel de faiseur de tours édité en Espagne au xvne siècle. On voit que parmi les assistants se trouvent de grands seigneurs et de nobles dames qui expriment leur admiration de la manière la plus évidente. La vogue des prestidigitateurs ne fit que s’accen-
- de Charlemagne, nous comprendrons facilement que ce morceau d’ivoire, qui pèse plusieurs livres, soit de nature à causer une blessure sérieuse si elle est maniée par un poignet vigoureux.
- Les jeux de tables ont toujours été des jeux silencieux destinés plutôt au délassement des gens graves ; toutefois, un des passe-temps les plus favoris de la foule a consisté dans les jeux forains pour lesquels grands et petits montrent une préférence évidente. Depuis le haut moyen âge, les bateleurs, jongleurs et acrobates ont su se concilier les faveurs de la foule. 11 nous est même resté de ce fait la curieuse expression de « payer en monnaie de singe », qui mérite bien une explication. Au xme siècle, quand fut rédigé le livre des métiers d’Etienne Boileau, il fut spécifié que les pauvres gens dont l’industrie consistait à mener dans les villes des singes ou autres ani-
- Fig. i. — line boutique de marchand de ieux au xvin* siècle, d'après la Belle tabletière, de Rétif de la Bretonne.
- p.77 - vue 81/536
-
-
-
- 78
- LA MIL'U K.
- tuer au xvtiie siècle et Bachaumont dans ses Mémoires parle d’un personnage de son temps nommé Cornus qui jouissait d’une grande renommée : « M. le duc de Chartres, écrit cet auteur à la date du 21 juin 1773, a pris un goût extraordinaire pour Cornus, le joueur de gobelets. Le prince prend des leçons et il est resté mardi depuis H heures du matin jusqu’à 3 heures après midi chez ce faiseur de tours. On assure que Son Altesse a les plus grandes dispositions; elle s’est fait faire une petite maison au haut du faubourg du Roule, et elle s'exerce à ce petit jeu et aux amusements de son âge. »
- Un autre genre de spectacle qui a joui d’une vogue considérable consiste dans le travail des danseurs de corde. De nos jours, où le goût de l’américanisme est considéré comme une marque de bon ton, nous ne considérons plus les danseurs de corde comme dignes de nos suffrages s'ils ont, comme le fameux Blondin, d'illustre mémoire, traversé les chutes du Niagara, de la rive Canadienne à la rive Américaine, sur un simple fil tendu.
- Dans la plus haute antiquité, les danseurs de corde étaient tenus en très grand honneur ; chez les Crées, cet art faisait partie de la gymnastique, et les jeunes gens des meilleures familles ne rougissaient pas de montrer ainsi leur adresse et leur mépris du danger. Les Romains dénommèrent funambuli ces artistes aériens, et Térence, dans ses comédies, ne manque pas de faire plus d’une fois allusion à la vogue dont ils jouissaient alors. Les funambules devaient faire maints exercices; tantôt ils voltigeaient autour d’une corde comme une roue autour de son essieu, et ils s’y suspendaient par les pieds et parle cou; d’autres se laissaient glisser du haut en bas de ce lien fragile appuyés sur l’estomac, les bras et les jambes étendus pour maintenir leur équilibre. Il convient d’ajouter à ces exercices les fioritures que comprend un tel art, telle que la marche en avant ou en arrière, les divers genres de saut périlleux et autres tours de force du meme genre.
- Au moyen âge, les chroniqueurs nous ont conservé le souvenir d’un funambule célèbre qui voltigeait sur une corde tendue de l’une des tours de Notre-Dame jusqu’au Palais. La gravure que nous reproduisons ici (fig. 3) nous montre que cet art était loin d’ètrc tombé en désuétude au xvnil: siècle.
- Notre illustration, ainsi que la figure 4, est tirée d’un ouvrage qui fut extrêmement célèbre il y a quelque 150 ans sous le nom de « Les Contemporaines », et composé par Rétif de la bretonne. Ce recueil dont les gravures sont si précieuses pour tout ce qui concerne les usages, les mœurs et les coutumes de la lin du règne de Louis XV, ne tient malheureusement pas tout ce qu’il promet, et le texte en est d’une lecture assez fade et insipide. La ligure 4 représente la boutique de la Belle tabletière, et elle nous montre tout ce qui rentrait alors dans ce genre d’industrie. Tout au fond de l’échope, nous voyons, soigneusement rangés sur des tablettes, de menus objets en os ou en ivoire, et le personnage qui est
- représenté au second plan semble être occupé à apprendre à se servir d’un tour à l’aide duquel tous ces menus objets étaient facilement exécutés. Le dessinateur n’a pas manqué de nous montrer les matières premières dont se servaient les tabletiers, telles que la dent de Nerval, la défense d’éléphant et les cornes d’élan. Ces diverses matières, débitées en petits morceaux, se transformaient, sous la main d’habiles artistes, en dés ou en dominos. Nous voyons également, pendus le long des murs de la boutique, de nombreux jeux du solitaire qui jouissaient d’une faveur toute particulière à cette époque.
- Nous avons emprunté les diverses gravures que nous venons de signaler à un très bel ouvrage que vient de publier M. Henry d’Allemagne sur tout ce qui concerne les délassements auxquels peuvent se livrer les grandes personnes. 11 y a dans ce volume des recettes infaillibles contre l’ennui, notamment toute la série des jeux de société si en faveur au commencement du xix° siècle. Nous engageons les lecteurs qui aiment les jolies gravures en couleur à se reporter à cet ouvrage qui ne peut certes manquer de les intéresser à tous les points de vue1. A. T.
- CHRONIQUE
- Pour retrouver la date à laquelle a été prise une photographie. — Le professeur William F. Rigge, de l’Université Creighton, dans I’Omha, a donné récemment des indications fort curieuses (dans Scientific American) sur les calculs qui permettent de reconnaître la date à laquelle une photographie a été prise. Il se base pour cela sur les ombres qui apparaissent dans la photographie, et qui dépendent évidemment de la position exacte du soleil au point et au moment où la photographie a été obtenue. Nous n’entrerons pas dans le détail de ses. calculs et tracés astronomiques; mais on comprend que la direction de l’ombre lui donne celle du soleil, et par suite sa position. 11 arrive ainsi à déterminer le jour du mois où l’épreuve a été faite ; et s’il sait, à quelques années près, l’époque où le photographe a opéré, l’examen des bulletins météorologiques, d’une part, dressés pour la station considérée, et d’autre part de l’état de l’atmosphère enregistré par la photographie, lui permet de déterminer l’année cherchée.
- Un cheval calculateur. — On le présente comme un animal savant à Berlin : c’est évidemment un animal suffisamment bien dressé pour que quelques signes, imperceptibles pour le public, quelques ordres conventionnels donnés par son maître et dresseur, lui permettent de répondre convenablement, et d’une façon en apparence raisonnée, aux questions, aux problèmes qu’on lui pose. Ce cheval, que l’on désigne sous le nom de « lier Kluge Hans », Hans le Malin, est présenté par M. Von Hosten, qui prétend lui enseigner véritablement les mathématiques, par amour de la science. Le cheval donne, en frappant du pied, le total des sommes qu’on inscrit devant lui ; il indiquera de même les multiples
- 1 « Récréations et Passe-temps », ouvrage contenant 2î9 illustrations dans le texte et 132 gravures hors texte dont 50 planches coloriées à l’aquarelle, par Henry René d’Allemagne. Paris, Hachette et C''.
- p.78 - vue 82/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 79
- d’an chiffre; il fournit la différence entre deux nombres qu’on lui indique de vive voix. 11 résout des problèmes quelque peu compliqués, connaît la valeur des cartes, la couleur d’une étoffe qu’on lui dira de choisir au milieu d’un paquet d’étoffes diversement colorées. 11 y a évidemment là une supercherie, un moyen de correspondance, si l’on peut dire, entre lui et son maître; mais il est certain que la scène est fort habilement présentée.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 décembre 1904. — Présidence de M. Mascart.
- Éruption du Vésuve. — M. Janssen fait connaître par dépêche qu’en présence d’une reprise d’activité du Vésuve, il a pris îles mesures pour étudier les gaz et rapporter à Paris des échantillons des roches volcaniques.
- L’éruption de la Montagne Pelée. — M. Darboux annonce le dépôt d’un ouvrage subventionné par l’Académie et consacré à la description des phénomènes éruptifs de la Montagne Pelée. Cet ouvrage dont le développement a retardé la publication, est dû à M. Lacroix; il est enrichi de planches précieuses reproduisant des photographies prises sur place par l’auteur.
- La mer soudanienne. — M. de Lapparcnt expose les résultats de l’étude qu’il a faite, avec le concours de MM. Douvillé et Zeiller, des nombreux échantillons rapportés par la Commission française de délimitation du Sokoto, placée sous la direction du capitaine Moll. Dans la région contestée, il existe un gisement de calcaire lutétien très développé reposant sur des marnes très fossilifères. En même temps que la série des fossiles confirme pleinement les affinités égyptiennes et indiennes de la faune du lutétien soudanais, elle permet d’affirmer la présence à Boutoutou, c’est-à-dire à la latitude de 14°, d’un étage beaucoup plus récent d’àge miocène caractérisé par des turritelles. Une couche à végétaux terrestres où abondent les fougères de type moderne, sépare cette assise marine à turritelles d’une autre plus élevée où abondent des cardites de type miocène supérieur. M. de happaient fait ressortir les conséquences importantes de ces découvertes et insiste sur l’influence que devait exercer à l’époque miocène, sur le climat de la région méditerranéenne, l’existence d’un bras de mer africain entre le tropique et l’équateur.
- Description du Mexique. — M. À. Picard fait hommage, au nom de M. S. de Mier, ministre du Mexique en France, d’un ouvrage intitulé « Le Mexique au début du xx" siècle », publié sous le haut patronage du général Por-firio Diaz, président de la République mexicaine. Plusieurs auteurs appartiennent à l’Institut : MM. Gréard et J. Cla-retic, Haller, Levasseur, de Foville, Leroy-Beaulieu et enfin M. A. Picard qui a traité du commerce, de l’industrie, de la navigation.
- La dysenterie des pays chauds. — M Roux présente ensuite une Note de M. Lesage relative au parasite de la dysenterie des pays chauds. Il a cultivé l’amibe qui paraît caractériser cette maladie et, après une série de cultures, il a injecté le produit dans l’intestin d’un chat et a déterminé une maladie analogue à la dysenterie des pays chauds.
- Propriété réductrice du bore. — M. Moissan communique une Note de M. Binet du Jassonneix sur la réduction des oxydes de manganèse par le bore au four électrique et sur la préparation d’un nouveau bonne. Ce
- procédé permet d’obtenir des fontes borées de manganèse non carburées contenant 80 à 97 pour 100 de métal dont on peut séparer, par l’action ménagée du chlore ou des acides étendus, un chlorure défini cristallisé.
- Proportion des produits de fermentation. — M. Schlœ-sing présente une Note de MM. Lindet et Marsais relative à la production comparée de l’alcool et de l’acide carbonique au cours de la fermentation alcoolique. Pasteur a annoncé en 1800 que le rapport des quantités des deux substances est voisin de l’unité, quand on analyse les produits en fin de fermentation. Les auteurs ont constaté qu’il se forme au début plus d’alcool que d’acide carbonique et plus tard plus d’acide carbonique que d’alcool, les deux produits se retrouvant finalement en quantité semblable.
- Mode particulier d'adaptation de la rétine. — M. d’Arsonval résume une Note de M. Polak signalant un mode particulier d’adaptation rétinienne à la vision des couleurs faibles. On éclaire une fenêtre percée dans un écran avec une lumière monochromatique jusqu’à ce que l’on ait la perception minimum ; puis, derrière l’observateur, on fait jaillir subitement une lumière. La fenêtre colorée devrait disparaître, noyée dans l’éclat de la source lumineuse subitement entrée en jeu. Contrairement à ce que l’on devait attendre, on constate que pendant quelques instants la perception de la couleur est bien plus vive. L’expérience réussit d’ailleurs beaucoup mieux avec la lumière bleue. Cii. de Yilledeuil.
- ——
- LES AMM0RPH0SES
- On appelle « anamorphose » une déformation plus ou moins profonde d’un dessin, déformation qui, observée au moyen d’un miroir spécial, peut reproduire sur l’œil l’impression du dessin primitif.
- C’est Simon Stevin qui s'est occupé, le premier, du problème des anamorphoses (1657), et Leupold (1714) construisit un instrument pour les dessiner (Jamin, « Cours de Physique »).
- Les anamorphoses cylindriques sont les plus connues. On trouvait, il y a quelques années, des jouets constitués par un cylindre de verre argenté que l’on posait verticalement sur un dessin approprié. Par réflexion dans le cylindre, l’image apparaissait avec ses proportions réelles, tandis qu’en général, dans la figure déformée, il était à peu près impossible de reconnaître le sujet présenté. Ces jouets, après avoir joui d’une certaine vogue, sont devenus assez rares. On en voit encore parfois aujourd’hui à la vitrine de certains opticiens. Ces anamorphoses cylindriques étaient tracées empiriquement à la main et, à cause des difficultés d’exécution, on se bornait à des dessins au trait peu compliqués.
- Si les anamorphoses cylindriques permettent encore de deviner à quel sujet l’on a affaire, il n’en est plus de môme avec les anamorphoses produites par un miroir conique. Dans ces anamorphoses, l’image est à la fois retournée et déformée. En elle!, dans le cône, les génératrices sont rectilignes et le miroir agit dans ce sens comme un miroir plan : l’image est donc simplement réfléchie et inversée; mais dans le sens perpendiculaire, le miroir est
- p.79 - vue 83/536
-
-
-
- 80
- LA NA T IKK.
- courbe, donc l’image est déformée. Le fait est surtout frappant dans le cas d’un portrait anamor-phique. Si l’œil, par exemple, est visible juste à la pointe du cône, dans l’anamorphose, cet œil occupera toute la périphérie du dessin, c’est-à-dire la circonférence d’un cercle de rayon beaucoup plus grand que celui de la base du cône.
- L’anamorphose obtenue avec un cône est une « anamorphose polaire ». En eiïét, si l’on considère le centre de l’image (c’est-à-dire le point où l’axe du cône perce le plan del’image), ce centre joue le rôle de pôle et à chaque point de l’anamorphose correspond un point de l’image et réciproquement. Le point de l’image et son correspondant de l'anamorphose sont situés sur une même droite passant par le pôle de transformation. Chaque année, le jour de l’an voit éclore des nouveautés d’une réelle ingéniosité scientifique. C’est précisément ce qui vient d’être fait pour les ana-morphos es qui semblent, pour le moment du moins,devoir ressusciter sous forme de cartes postales illustrées.
- On sait, en effet, quel abus on fait actuellement de ces petits bouts de carton. Mais l’innovation présente consiste dans l’application de la photographie à l’obtention directe des anamorphoses, et elle vient d’être réalisée par un physicien, M. II. Chrétien, qui en a fait breveter le procédé industriel de reproduction. Ce procédé, étant photographique, devient purement mécanique et ouvre une large voie aux applications.
- Pour obtenir une vue transformée d’un sujet quelconque, on se sert d’un cliché négatif original
- et, par une projection convenable sur un papier au gélatino-bromure, on obtient la vue anamorphosée qu’il ne reste plus qu’à développer et à reproduire.
- Avec les cônes employés dans les anamorphoses actuelles et dont l’angle au sommet est de 00 degrés, la couronne circulaire obtenue a une largeur égale à la hase du cône. Son diamètre extérieur est le triple de celui de la hase. La ligure 2, réalisée dans les conditions précédentes, représente le portrait ana-morphosé de notre sympathique directeur, M. Henri de Parville. Pour regarder cette photographie, il suffira de placer au centre un cône de 60 degrés au sommet et d’une base égale au cercle central. En se plaçant dans l’axe, le portrait apparaîtra avec ses proportions réelles. Comme les cônes en verre
- argenté sont d’un prix élevé, il a été nécessaire d’en établir d’un prix très faible. On y est arrivé par l’emploi d’un alliage spécial qui, moulé, tourné, poli et nickelé, a permis de réaliser des pièces d’un usage absolument satisfaisant.
- On voit sur la figure 1 un de ces cônes placé sur une carte ana-morphique.
- La nouvelle application de la photographie à l’obtention des anamorphoses sera pour beaucoup un amusement.
- Elle permettra, en outre, de vulgariser une curieuse expérience d’optique réservée, jusqu’à ce jour, aux cabinets de physique. .
- Eîi. Toochet.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 1.
- Vue perspective d’un cône placé sur une carie anamorphique.
- Paris. — Imprimerie Laiiuue, rue de Fleurus, 0.
- p.80 - vue 84/536
-
-
-
- ,v i nr.'o.
- 7 J AN VI EU 11)1)5.
- LA NU TL RE.
- 81
- À NOS LECTEURS
- À partir du premier janvier 1905, le nom de M. Henri de Parville ne figurera plus en vedette sur « La Nature ». Malgré nos efforts, nous n’avons pu empêcher notre savant collaborateur et ami dévoué de réclamer un repos qu’il considère comme mérité après de longues années d’un incessant labeur.
- Nos lecteurs ont apprécié sa profonde érudition, ses éminentes qualités, qu’il ne nous permettrait pas de rappeler ici : ils s’associeront à nous pour lui adresser les remerciements dus à sa longue et précieuse collaboration ; comme nous, ils lui seront reconnaissants de rester « des nôtres », et de nous continuer le concours de ses conseils, la faveur de scs articles.
- La Direction scientifique de « La Nature » est confiée à un Comité composé de M. L. De Launay, professeur à l’École supérieure des Mines, de
- M. E.-A. Martel, vice-président de la Commission centrale de la Société de Géographie, deM. J. Laffargue, ingénieur électricien, notre secrétaire de la Rédaction depuis seize ans.
- Ces noms sont trop connus à « La Nature » pour que nous puissions ici en faire l’éloge, nos lecteurs apprécieront la satisfaction que nous avons eue à pouvoir en grouper les diverses compétences en une savante collaboration.
- MM. Martel et Laffargue ayant bien voulu se charger des fonctions de rédacteurs en chef, et le concours de tous nos collaborateurs nous restant assuré, rien n'est changé ni dans l’esprit, ni dans les traditions du Journal. Le succès toujours grandissant de « La Nature » ne peut que s’affirmer encore entre des mains aussi qualifiées.
- Les Administrateurs-Gérants de « Lu Nature ».
- 4
- -*——•
- LES LOCOMOTIVES A GRANDE VITESSE DU GREAT NORTHERN
- Jusqu’à ces dernières années les compagnies anglaises employaient exclusivement des locomotives de moyenne puissance. Ces locomotives de forme simple et élégante, d’un faible poids spécifique (poids par cheval), suffisaient pour la traction des
- trains légers et fréquents que les compagnies faisaient circuler sur des profils faciles, entre les grands centres manufacturiers, du reste peu éloignés l’un de l’autre et entre lesquels les rapports commerciaux étaient importants. En cas de trains
- Locomotive à grande vitesse du Great Northern.
- lourds on avait recours, malgré les inconvénients qu’elle entraîne, à la double traction. Mais, comme partout ailleurs, le trafic s’est considérablement développé, et il a fallu mettre en service des trains de forte composition, tout en augmentant, d’un autre côté, la vitesse de ces trains. Les locomotives devenant trop faibles, les ingénieurs anglais se sont trouvés dans la nécessité, comme aux États-Unis et sur le continent Européen, d’accroître notablement
- 33e année. — 1er semeslre.
- cette puissance, d’abord par l’augmentation du poids adhérent et, surtout, par l’augmentation de la puissance de la chaudière qui, en réalité, est faute de la machine. On a dû, tout d’abord, abandonner les types à roues indépendantes qui, malgré les avantages qu’ils présentent, devenaient tout à fait insuffisants, pour adopter ceux à deux essieux couplés avec bogie à l’avant. C’est ce dernier type qui est encore le plus répandu en Angleterre et c’est celui que nous retrou-
- 0
- p.81 - vue 85/536
-
-
-
- L A NAT U HE.
- sa
- vous également sur la plupart des réseaux français et des autres puissances continentales. Malgré l’augmentation de puissance qu’il a été possible d’obtenir avec ce type de machine, la chaudière s’est encore trouvée insuffisante lorsqu’il s’est agi de la traction de certains trains de grand parcours, très lourds et très rapides. C’est le cas qui s'est présenté en Angleterre pour les deux compagnies du Créât Northern et du North Eastern, qui font conjointement le service des trains rapides circulant entre Londres et Edimbourg par la cote Est. L’ingénieur en chef de la traction de la Compagnie du Créât Northern, M. Ivatt, a eu alors recours au type connu sous le nom d’ « Atlantic », originaire des Etats-Unis et dont nous retrouvons nombre d’exemples sur plusieurs réseaux français, notamment sur le Nord qui, le premier, l’a employé en France sous la forme compound à quatre cylindres. La locomotive du type « Atlantic » est supportée à l’avant par un bogie, et à l’arrière par un essieu porteur, entre lesquels sont intercalés deux essieux moteurs couplés, comme l’indique la figure 1 qui représente la locomotive construite dans les ateliers de Doneaster du Créât Northern, sous la direction de M. Ivatt. Ce type de machine, par suite de l’emploi du cinquième essieu d’arrière, permet d’augmenter la surface de chauffe tubulaire de la chaudière ainsi que la surface de la grille et cela sans accroissement de poids par essieu. La locomotive du Great Northern est à fonctionnement avec simple expansion contrairement à ce qui se fait sur le continent Européen où le fonctionnement compound est devenu la règle, à peu près générale, pour tous les nouveaux types de locomotives. Sauf M. Webb au London and North Western et M. Johnson, au Midland, qui a fait construire des locomotives compound à trois cylindres ayant donné d’excellents résultats, tous les ingénieurs anglais paraissent jusqu’ici réfractaires à l’emploi du fonctionnement compound. Il y a à cela des causes multiples qu’il nous serait trop long de développer. Nous devons ajouter, toutefois, que la puissante compagnie du Great Western a fait construire par M. de Glehn, dans les ateliers de Belfort', une locomotive Atlantic, compound à quatre cylindres, d’un type entièrement semblable à celui qui est en service sur le Nord français. Cette machine fait, depuis quelque temps déjà, la traction des express du réseau, concurremment avec un autre type de machine à simple expansion et trois essieux couplés. Nous devons ajouter que le Great Western vient de commander à Belfort deux nouvelles locomotives type de Glehn.
- Les essieux couplés de la locomotive du Great Northern, dont le diamètre des roues est de lm,983, sont espacés d’axe en axe de 2m,08-4. L’empattement total entre l’essieu d’arrière et l’axe de hogie est de 7m,08.
- La chaudière, très volumineuse et très élevée au-dessus des rails (2"\GG à son axe), se compose d’un corps cylindrique de lm,G8 de diamètre contenant
- des tubes de i"‘,88 de longueur, dimensions exceptionnelles pour une locomotive anglaise. La surface de chauffe de ces tubes atteint le chiffre de 219,39 m2. Quant à la boîte à feu elle déborde latéralement les longerons au-dessus de l’essieu porteur et sa surface de chauffe est de 15,11 m2. La surface de la grille est de 2,87 m2. La surface de chauffe totale de la chaudière se trouve donc être de 252,50 m2; chiffre plus que double de celui admis jusqu’à ces dernières années pour les locomotives anglaises et qui dépasse même celui de la plupart des machines du môme type construites pour les réseaux du continent européen. Cette chaudière est timbrée à 12,25 kg. Avec un régime de marche normal elle peut produire aisément 15000 kg de vapeur par heure, ce qui correspond, avec le fonctionnement à simple expansion, à une puissance de 1400 chevaux.
- Les cylindres extérieurs, disposition encore exceptionnelle pour une locomotive anglaise, puisque jusqu’ici les cylindres intérieurs étaient une règle immuable pour les ingénieurs anglais, ont un diamètre de 01", 485 et une course de 0m,G10; les pistons actionnent l’essieu couplé arrière.
- Le poids total de la machine en service est de G5 tonnes, dont 5G tonnes, réparties également entre les deux essieux couplés, servent pour l’adhérence. En ordre de marche le poids total de la machine et du tender est de 107 tonnes avec un approvisionnement d’eau dans le tender de 17 mètres cubes.
- Etant donné le gabarit très limité des chemins de fer anglais, cette chaudière atteint, comme dimensions, l’extrême limite que les ingénieurs anglais pourront admettre sur leurs réseaux. Force leur sera donc, quoi qu’ils fassent, si la puissance de ces machines devient encore insuffisante avec l’accroissement constant du trafic, d’avoir recours au fonctionnement compound, qui permet d’obtenir d’une chaudière donnée une augmentation de puissance d’environ 10 pour 100, en attendant qu’un nouvel accroissement de cette puissance, résultant de l’addition de la vapeur surchauffée au fonctionnement compound, soit devenu possible par l’emploi d’un surchauffeur réellement pratique. Uradelle.
- LA COMÈTE D’ENCKE
- On sait que la comète d’Encke a été redécouverte par M. Kopff, à l’Observatoire astrophysique de Kônigstuhl-Heidelberg (Allemagne), le 11 septembre dernier. Cet astronome l’a recherchée et retrouvée par la photographie. Les 11 et 17 septembre, sur deux phototypes ayant reçu une exposition de 3h 50m, la comète se présentait sous la forme d’une nébulosité très faible et diffuse. Le jour de sa découverte, le 11 septembre, la comète avait la position suivante à 15h16,“ : Jt lh46“16s et Déclinaison 25° 24'. Si l’on se reporte aux éphémérides de recherches, calculées par MM. Kaminsky et Ocoulitsch paruesdansles « Astronomische Nachrichten »,n° 5962, on verra que la différence entre la position observée et la position calculée est vraiment petite. En effet, au 11 sep-
- p.82 - vue 86/536
-
-
-
- LA A AT LUE.
- 8ù
- tembre, les éphémérides en question assignent à la comète la place suivante : Æ l1,47m55s et D -j- 25°25',i*
- Cette faible différence est très remarquable si l’on se rappelle que la comète d’Encke, appelée aussi comète de 1200 jours parce que c’est à peu près sa période, présente une anomalie curieuse. On sait que Encke le premier, puis, plus tard, von Asten et Backlund, ont découvert que sa durée de révolution diminuait progressivement, autrement dit, que sa vitesse sur son orbite augmentait. Encke, pour expliquer ce phénomène, admit l’action d’un milieu résistant, qui, à chaque instant, courbant un peu plus la route de la comète, la rapprochait du Soleil et diminuait ainsi la durée de sa révolution.
- De 1819 à 1868, le retour au périhélie s’est ainsi avancé de 12 jours. Puis cette diminution a changé, par suite de causes encore inconnues. L’accélération du moyen mouvement, qui était d’abord de 0",10, n’était plus que de 0",0ô dans les observations faites de 1871 à 1885. Dans ses derniers retours, la comète s’est présentée toujours avec une assez grande exactitude à la place prédite par le calcul. Ainsi, en 1888, la différence avec les excellentes éphémérides de Backlund était seulement de 8 secondes en Al et l',3 en U. En 1891, l’erreur en Ü était de 2'. En 1894, la comète a été, pour la première fois, redécouverte par la photographie par M. Max Wolf à l’Observatoire de Heidelberg, puis à l’équatorial par MM. Perrotin à l’Observatoire de Nice, et Cerulli en Italie. L’erreur était très faible encore. En 1898, l’erreur sur les éphémérides de M. Iwanow s’est trouvée seulement de 3' et, en 1901, elle est passée au périhélie avec une différence de 6 heures seulement sur les éphémérides calculées par M. Thonberg.
- L’hypothèse du milieu résistant, sans être encore complètement abandonnée par les astronomes, semble donc avoir diminué d’importance dans ces derniers temps. D’ailleurs la comète d’Encke offre le seul exemple, jusqu’ici, de cette anomalie. On avait cru un moment rencontrer cette énigmatique accélération pour la comète Fave (d’après M. Mœller), puis pour la comète de Winnecke (d’après Oppolzer). Mais des recherches ultérieures et plus approfondies montrèrent que la comète d’Encke seule faisait exception à la règle.
- En tenant compte, d’une part, pour la comète d’Encke, de la variation soudaine et inexpliquée depuis 1868, puis, d’autre part, de ce fait frappant que la grande comète de 1882, qui s’est considérablement rapprochée du Soleil au point de frôler presque cet astre et n’a subi, malgré cela, aucune action même infinitésimale d’un milieu résistant, on conviendra bien, avec la plupart des astronomes modernes, que l’existence d'un tel milieu devient de plus en plus problématique. Peut-être faudrait-il faire entrer en ligne de compte, comme le pensait d’ailleurs Oppolzer, la densité — peut-être variable — de la matière cométaire avec laquelle peut varier la résistance du milieu. Des modifications dans la constitution physique des comètes entraîneraient donc quelquefois les anomalies observées.
- A notre observatoire de Nanterre, nous avons pu déjà observer la comète d’Encke, les 12,13,14,25 novembre, 3, 7, 8, 1 1, 18,20décembre, et la photographier les 12, 13, 14-15, 25 novembre et 7, 11, 18 décembre. Depuis le 12 novembre, la comète a augmenté progressivement d’éclat et, le 8 décembre, elle était visible dans la plus petite jumelle en connaissant bien sa position dans le ciel. Elle était même juste visible à l’œil nu, comme une étoile de 6e,5 grandeur, ainsi que nous l’avons estimée le 8 décembre. A la lunette, elle présentait l’aspect d’une nébulosité de 6' de
- diamètre environ et offrait cette particularité remarquable d’avoir une chevelure étendue en forme d’éventail du côté W.-S.-W. La condensation occupait une position sensiblement excentrique (vers l’angle de position 70°).
- Cette comète s’est d’ailleurs déjà présentée avec cet aspect irrégulier, particulièrement le 13 août 1858. Le 9 novembre 1871, d’après M. Carpenter, la comète d’Encke avait même la forme d’un éventail dont le som-met était le’point le plus brillant. Pendant l’apparition de cette année-là, elle a présenté, d’après M. Hind, des changements de formes assez rapides. La phologra-
- l’Jiotographie Je la comète d’Encke le 7 décembre 1901 de 20h 11“ à 20" 56»
- à l’Observatoire astrojibotographique de Nanterre.
- phie que nous avons obtenue le 7 décembre, de 20h llm à 20h 56’”, avec un objectif à portraits de Voigtlànder de 0m,135 de diamètre et 01“,505 de foyer, confirme l’observation télescopique en montrant, en effet, un prolongement de la chevelure en éventail vers W.-S.-W. et une condensation ^excentrique assez brillante. Cette étendue de la chevelure, étant située plutôt du côté du soleil, ne constitue donc pas un rudiment de queue, comme on pourrait d’abord le supposer. D’ailleurs les dernières photographies que nous avons pu prendre montrent, toutes, cette étendue de la chevelure vers le Soleil. Elles font voir aussi que la comète a augmenté sensiblement d’éclat en se rapprochant du périhélie (4 janvier 1905). Malheureusement elle est actuellement inobservable à cause de sa proximité du Soleil. Mais peut-être pourra-t-on en faire encore de bonnes observations, en mars, dans les observatoires situés dans l’hémisphère austral. F. Quéxisset.
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE1
- h
- Dans un précédent article, nous avons rapidement exposé les améliorations apportées aux moteurs d’au-tomobiles et surtout aux carburateurs. Les organes de transmission ont, eux aussi, tendu vers trois ou quatre types principaux, mais où l’on trouve toujours, sous une forme ou une autre, un embrayage pour solidariser à volonté le moteur et la voiture, un changement de vitesse pour placer le moteur dans des conditions normales de fonctionnement quel
- 1 Voy. n° 1649, du 31 décembre 1904, p. 70.
- p.83 - vue 87/536
-
-
-
- que soit le profil de la roule, une transmission com-muniquant aux roues arrière du véhicule la puissance
- du moteur après que le changement de vitesse a déterminé le couple et la vitesse angulaire dont le
- Fig. 2. — 1, Moteur à quatre cylindres pour moto F .-N. ; 2, fourche pour moto F.-N.
- produit, au rendement près, est égal à la puissance.
- L’embrayage est métallique pour un bon tiers de voitures; pour les autres, c’est le vieil embrayage
- à cône recouvert de cuir qui reste adopté. L’embrayage métallique présente des formes multiples. Le plus souvent il est constitué, comme les freins
- p.84 - vue 88/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 85
- de roue, par deux mâchoires susceptibles d'adhérer ressort. Le débrayage agit en écartant les mâchoires à la paroi intérieure d’un tambour sous l’action d’un de la paroi du tambour. D’autres constructeurs
- Fig. î. — 1, Dynamo-jiliarc ; 2. embrayage Direct.
- préfèrent la friction plane de deux disques l’un sur l’autre. On retrouve ce type sous diverses formes. Sur les voitures de Dion-Routon à 4 cylindres,
- l'embrayage s’obtient en serrant entre deux plateaux solidaires du volant du moteur un disque solidaire de l’arbre de transmission. Les surfaces de frotte-
- p.85 - vue 89/536
-
-
-
- 86
- LA NATURE.
- ment sont lubréfiées par du graphite. I/embrayage Direct emploie la friction entre deux disques, mais le disque mobile solidaire de la transmission est découpé en un disque central et deux anneaux, et pour embrayer on produit le serrage successivement du disque central et des anneaux. La friction s’exerce sur un rayon de plus en plus grand, ce qui accroît son efficacité et rend l’embrayage progressif.
- En multipliant les surfaces de frottement, la maison Panhard et Levassor a réussi à réduire au minimum la poussée nécessaire et par suite l’effort de débrayage. Son débrayage est placé au centre du volant et comprend cinquante tôles minces. Ces tôles découpées en anneau sont rendues alternativement solidaires ou du volant ou de l’arbre de la transmission, grâce à une saillie qu’elles présentent à l’extérieur ou à l’intérieur de l’anneau et par laquelle elles s’accrochent soit dans une rainure de l’arbre, soit dans une rainure ménagée dans le tambour fixé au volant et qui enveloppe le tout. Un plateau permet de serrer les tôles les unes sur les autres, au moyen d’un ressort. Les tôles sont abondamment huilées pour rendre l’embrayage progressif.
- Le changement de vitesse est peut-être l’organe de la voiture qui a subi le moins de modifications depuis l’an dernier. C’est toujours le train baladeur et unique créé il y a douze ans par Panhard-Levassor, ou le double train baladeur adopté d’abord pour les Mercédès. La prise directe a été étendue aux deux plus grandes vitesses par Pilain. A cet effet, l’arbre qui commande la transmission aux roues est dédoublé en deux arbres placés l’un dans l’autre qui conduisent séparément deux engrenages d’angle. Le train baladeur peut entraîner par des griffes l’un ou l’autre de ces deux arbres concentriques, car des griffes terminent l’arbre intérieur en formant comme une roue dentée, et l’arbre extérieur en formant comme une couronne à denture intérieure.
- Les cours de griffes de ces deux arbres sont dans des plans différents, et un intervalle suffisant les sépare pour que le train baladeur quitte les premières avant de rencontrer les secondes.
- En dehors de ces changements de vitesse, aucun n’est particulièrement nouveau. Signalons celui de La Magnétique qui obtient magnétiquement la soli-darisation d’engrenage avec leur arbre. Tous les engrenages des vitesses sont toujours en prise et, par un courant qui aimante un embrayage magnétique placé en leur moyeu, on obtient la vitesse voulue. Le changement de vitesse conduit la transmission aux roues par un différentiel qui permet le passage du véhicule en courbe sans ripage des roues sur le sol.
- Comme transmission électrique, le Salon de 1904 a vu revenir à côté des transmissions de Krieger et de Gasnier déjà décrites1 un procédé anciennement proposé par Thury, et qui consiste à n’utiliser la transmission électrique que pour amener la voiture à sa vitesse normale. A cet effet, le moteur actionne une dynamo dont le courant alimente une
- * Voy. n” 1598, du 9 janvier 1904, p. 80.
- réceptrice placée en prolongement. Un combinateur permet de régler la marche de celle-ci. Lorsque la voiture est démarrée, les deux induits tournent à la même vitesse et un embrayage magnétique permet de solidariser les deux induits. On désexcite ensuite les inducteurs et l’on se trouve avoir à conduire une voiture ordinaire, avec moteur à explosion en prise directe. La transmission électrique ne servant qu’au démarrage, on l’avait établie avec des dynamos de petites dimensions qui n’avaient pas le temps de chauffer dans une marche intermittente. Cette voiture était exposée au stand du garage Cardinet.
- La transmission du mouvement s’effectue du changement de vitesse aux roues par divers procédés, tous à peu près équivalents comme rendement et comme robustesse quand ils sont bien exécutés.
- La plus ancienne en date emploie deux chaînes pour actionner séparément chaque roue arrière. Ensuite fut imaginé le cardan transversal par la maison de Dion-Bouton qui l’a conservé sur toutes ses voitures, et qui présente l’avantage de conserver un essieu rigide. Celui-ci est contourné autour du carter du différentiel, et les fusées sont creuses. Le différentiel commande les roues par des arbres articulés à cardan qui traversent les fusées pour entraîner le moyeu par des griftes extérieures. Cette disposition, comme la chaîne, permet de suspendre le différentiel et de lui éviter les chocs de la route.
- Au contraire, la transmission dite à cardan longitudinal laisse le différentiel sur l’essieu, et comme lui exposé aux chocs et vibrations. L’essieu se compose de deux arbres courts réunis par le différentiel et qui tournent avec les roues. Ils tournent dans un tube qui leur sert de coussinets et qui s’élargit au milieu pour contenir le différentiel. Ce différentiel se déplaçant avec les roues par rapport au châssis, il faut lui amener l’effort moteur par un arbre articulé placé dans la longueur de la voiture. Tous ces organes sont nettement visibles sur la vue du cardan Gillet-Forest que nous donnons ici (fig. 3). L’essieu tubulaire, E, raidi par des nervures, et coupé en deux pour l’insertion du différentiel dans le carter central, est fixé aux ressorts. On aperçoit au milieu l’arbre articulé C, qui amène la puissance au différentiel. Ce cardan, dont on trouve des analogues chez beaucoup d’autres constructeurs, présente -— et c’est pourquoi nous le reproduisons ici — toutes les pièces nécessaires pour résister sans flexion aux efforts pouvant résulter de la route et de la voiture. L’arbre articulé C possède un emmanchement carré à douille qui lui permet de varier légèrement de longueur pendant les oscillations des ressorts. L’entraînement de la voiture est assuré par deux tiges de poussée T qui, placées près des roues, évitent toute flexion à l’essieu, et dispensent les ressorts d’avoir à transmettre une poussée dans leur longueur.
- Lorsqu’un démarrage ou un coup de frein donné sur la transmission tend à modifier l’allure de la voiture, il en résulte une tendance à la rotation de l’essieu fixe et du carter du différentiel. Une
- p.86 - vue 90/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 87
- bielle spéciale R, réunie au châssis par une butée à ressort, arrête cette rotation et amortit tout choc.
- Dans la transmission Gillet-Forest nous trouvons, en outre, un dispositif destiné à donner de la souplesse à la transmission : un amortisseur élastique est visible à l’articulation du cardan la plus rapprochée de l’essieu. Au lieu de claveter directement le pignon denté sur l’arbre, il est entraîné par l’intermédiaire de deux ressorts à boudin très durs fixés par leurs extrémités d’un côté à un croisillon de l’arbre, de l’autre à des saillies intérieures de la poulie de frein dans laquelle l’ensemble est logé.
- La direction des voitures, organe toujours assez fragile et dont la résistance est cependant une nécessité primordiale, a encore été l’objet des études de beaucoup de chercheurs. La maison Malicet et Blin expose cette année un nouveau modèle très curieux. La tige de direction se termine par une vis creuse qui constitue écrou pour une vis centrale. Les filets de vis sont en sens contraire de façon que la rotation de la tige de direction fasse monter la vis centrale et descendre l’écrou extérieur ou réciproquement. Les deux pièces mobiles, vis centrale et écrou extérieur, appuient toutes deux sur un court balancier dont les oscillations sont transmises aux roues à la façon habituelle. La direction ne prend de jeu que très lentement, et ce jeu peut être rattrapé en serrant la butée à billes de la tige de direction placée au-dessus.
- Les voitures à vapeur conservent toujours comme principal défenseur Léon Serpollet qui, successivement, leur a donné toutes les qualités des voitures à essence, y compris la légèreté. Dans son dernier type, la chaudière a sa cheminée recourbée vers le bas, et un souffleur en assure le tirage; elle est alimentée par un petit cheval qui actionne la pompe à pétrole et dont la vapeur d’échappement va au souffleur. Les quantités d’eau envoyée à la chaudière, de pétrole injectée dans les brûleurs, et d’air aspiré pour la combustion restent toujours proportionnelles et sont réglées une fois pour toutes en vue d’assurer le meilleur rendement. Le petit cheval est commandé automatiquement par un registre dont la manœuvre est assurée par un piston sur lequel agit d’un côté la vapeur, et, de l’autre, un ressort d’équilibrage.
- Serpollet a récemment apporté quelques modifications à ses brûleurs qui permettent d’y employer indistinctement le pétrole lampant ordinaire et une huile lourde, obtenue par épuration des huiles de houille, et dont le prix de revient serait, paraît-il, à Paris, de 17 à 18 centimes le litre, impôts compris.
- Les motocyclettes sont aujourd’hui des engins extrêmement répandus, bien qu’ils n’aient pas encore toute la perfection désirable. Pour leur donner la faculté de grimper toutes les côtes, on a été conduit soit à adopter un changement de vitesse, soit à employer des moteurs fort puissants qui alors fatiguent vite par suite de la légèreté du volant. Ces moteurs sont cette année d’une puissance voisine de trois chevaux. Cette exagération de la puissance a
- tué le tricycle, elle pourrait bien en faire autant à la motocyclette et ce serait plus regrettable.
- L’emploi d’un changement de vitesse permet de s’en tenir aux puissances voisines d’un cheval et demi ou deux chevaux, ce qui est plus que suffisant. Le changement de vitesse est alors constitué le plus souvent par un engrenage différentiel, dont le jeu assure la petite vitesse et qu’on immobilise pour passer à la grande vitesse. Ce mécanisme est simplement une imitation plus robuste de certains changements de vitesse de bicyclette. Les moteurs à plusieurs cylindres commencent aussi à trouver leur emploi. On adopte surtout le moteur à deux cylindres inclinés en V et commandant une manivelle unique. La manufacture d’armes d’Herstell présentait même une moto F. N. à quatre cylindres fort originale, munie d’un débrayage. Le débrayage est d’ailleurs un organe dont l’emploi tend à se généraliser, car il facilite la circulation sur les voies encombrées et le départ en rampe.
- Les bicyclettes aujourd’hui construites sont de deux types bien tranchés : ou bien des machines d’une simplicité idéale, avec un minimum d’organes et de poids, c’est-à-dire en somme la machine de course sur route, ou bien au contraire des machines relativement compliquées, possédant changement de vitesse, roue libre, frein.
- Pour les pays moyennement accidentés, un touriste se contente facilement de deux développements, l’un voisin de 5m,50, l’autre de 5m,50 à 4 mètres. S’il veut aborder la montagne, le petit serait encore trop fort. Il faut descendre vers 5 mètres, ce qui a conduit aux machines à trois développements. Une des plus séduisantes comme simplicité est la trois-vitesses Terrot que nous montrons dans deux positions différentes. La transmission se fait par une chaîne unique, et le moyeu porte un groupe de trois pignons de diamètre différent, montés sur un embrayage à cliquetis de roue libre, et qui peuvent de plus coulisser latéralement sur le moyeu. Un lève-chaîne, représenté successivement au repos et en action, permet de soulever la chaîne pour substituer sous elle un pignon à l’autre. Deux galets tendeurs assurent en marche la tension de la chaîne. Les fourches élastiques, malgré quelques tentatives heureuses en Angleterre, ne semblent pas devoir s’implanter en France pour la bicyclette, grâce à nos routes excellentes ; pour la motocyclette, au contraire, son succès semble s’affirmer et nombreux en étaient les systèmes exposés. Nous en avons reproduit l’un d’eux, placé sur la machine F. N. à quatre cylindres décrite précédemment.
- Une infinité d’accessoires tous intéressants, et souvent fort utiles ont été créés l’an dernier. Nous en signalerons un seul, la dynamo Eyquem pour l’alimentation d’un phare (fig. 4). Elle donne 10 ampères sous 12 à 15 volts. Entraîné par courroie passée sur le moteur, un régulateur à force centrifuge actionne un rhéostat d’excitation destiné à maintenir la tension constante. ^ Léo Robida.
- p.87 - vue 91/536
-
-
-
- 88
- LA NATURE.
- LA. COLÈRE CHEZ LES SINGES
- Les caractéristiques de la colère sont bien connues chez l’homme, mais il n’en est pas de même chez les animaux où ce phénomène physiologique n’a guère été étudié par les naturalistes. Pour les singes, cependant, nous possédons quelques données qu’il est bon de connaître.
- Le Gorille a surtout été bien observé par du Chaillu. Quand il est en fureur, il hérisse les poils de sa tête, pousse des rugissements terribles et se bat la poitrine. Voici, en effet, comment ce voyageur décrit sa rencontre avec l’un d’eux : « Il se tenait là, à la même place, et se battait la poitrine avec ses poings démesurés, qui la faisaient résonner comme un immense tambour. C'est leur manière de défier leurs ennemis. En même temps, il poussait rugissement sur rugissement. Le rugissement du Gorille est le son le plus étrange et le plus effrayant que l’on puisse entendre. Cela commence par une
- sorte d’aboiement saccadé, comme celui d’un chien irrité, puis se change en un grondement sourd qui ressemble littéralement au roulement lointain du tonnerre, si bien qus l’on est parfois tenté de croire qu’il tonne quand on entend l’animal sans le voir. La sonorité de ce rugissement est si profonde qu’il a l’air de sortir moins de la bouche et de la gorge que des spacieuses cavités de la poitrine et du ventre. Ses yeux s’allumaient d’une llamme plus ardente pendant que nous restions immobiles, sur la défensive. Les poils ras du sommet de sa tête se hérissèrent et commencèrent à se mouvoir rapidement, tandis qu’il découvrait ses canines puissantes en poussant de nouveaux rugissements de tonnerre. Il me rappelait alors ces visions de nos rêves, créations fantastiques, êtres hybrides, moitié hommes, moitié bêtes, dont l’imagination de nos vieux peintres a peuplé nos régions infernales. 11 avança de quelques pas, puis s’arrêta pour pousser son épouvantable rugissement ; il avança encore et s’arrêla
- de nouveau à dix pas de nous, et il recommençait à rugir en se battant la poitrine avec fureur. » Le même voyageur dit ailleurs que quelquefois le Gorille s’assied pour se battre la poitrine et pour rugir en regardant son adversaire avec fureur ; puis il marche en se dandinant de droite et de gauche. En même temps ses yeux gris, enfoncés dans leurs orbites, jettent des éclairs sinistres, ses traits contractés se sillonnent de rides affreuses, et ses lèvres minces, en se séparant, laissent voir de longs crochets et des mâchoires formidables, entre lesquels les membres d’un homme seraient broyés comme du biscuit. MM. Savage et Wyman disent aussi que le Gorille, lorsqu’il crie, a les sourcils fortement contractés. D’après M. Ford, lorsque le Gorille est en fureur, il dresse sa crête de poils et la projette en avant; ses narines se dilatent, sa lèvre inférieure s’abaisse. En même temps, il pousse un bâillement caractéristique, probablement dans le but de frapper son ennemi de terreur.
- Le Chimpanzé se met facilement en colère. Il suffit, pour cela, de ne pas lui donner un mets favori
- qu’on a l’habitude de lui offrir, par exemple une banane. « Un jour, raconte le lieutenant Sayers, que je lui en refusais une, il se mit dans une violente colère, poussa un cri perçant et se heurta la tête contre un mur avec tant de violence qu’il tomba sur le dos; il monta ensuite sur une caisse, tordit ses bras de désespoir et se jeta par terre. J’eus tellement peur pour sa vie que je fis cesser la lutte en lui donnant sa banane. 11 en témoigna le contentement le plus vif, en faisant entendre, pendant plusieurs minutes, des grognements et des murmures très expressifs : bref, chaque fois qu’on refusait de faire sa volonté, il se conduisait comme un enfant gâté. Cependant, quelle que fut sa colère, jamais il ne fit mine de vouloir mordre son gardien ou moi, ni de s’attaquer à nous de quelque autre manière. »
- Sous l’influence d’une colère un peu intense, les Chimpanzés et les Orangs avancent fortement les lèvres et émettent un aboiement rauque. « Un jeune Chimpanzé femelle, dit Darwin, offrait, dans un accès de violente colère, une ressemblance curieuse avec un enfant dans la même situation d’esprit ; il pous-
- p.88 - vue 92/536
-
-
-
- U A NATURE
- 89
- sait des cris retentissants, la bouche largement ouverte, les lèvres rétractées et les dents complètement
- découvertes; il lançait ses bras de tous côtés, et les réunissait quelquefois au-dessus de sa tête; il se
- p.89 - vue 93/536
-
-
-
- 90
- LA NATURE.
- roulait à terre, tantôt sur le dos, tantôt sur le ventre, et mordait tout ce qui se trouvait à sa portée. Un jeune Gibbon, dans un accès de colère, se comporta, d’après une relation de M. Bennett, presque exactement de la même façon. Les Chimpanzés jeunes et les Orangs avancent les lèvres quelquefois d’une manière étonnante, dans diverses circonstances. Ils agissent ainsi non seulement lorsqu’ils sont légèrement irrités, maussades ou désappointés, mais aussi quand ils sont effrayés par un objet quelconque, et aussi lorsqu’ils sont joyeux. Toutefois, je crois que ni le degré de cette projection des lèvres, ni la forme de la bouche ne sont exactement identiques dans tous les cas. De plus, les sons émis dans ces diverses circonstances sont très différents. La figure 1, n° 2, représente un Chimpanzé qu’on avait mis de mauvaise humeur en lui reprenant une orange qu’on lui avait offerte. On peut observer un mouvement des lèvres analogue, bien que moins prononcé, chez les enfants maussades. »
- M. Sutton a constaté que le poil des Chimpanzés et des Orangs se hérisse toutes les fois qu’ils sont effrayés brusquement, comme par un coup de tonnerre, ou irrités par des taquineries. Darwin dit avoir vu un Chimpanzé qu’alarmait l’aspect insolite d’un charbonnier au visage noirci : tout son poil était hérissé ; il faisait de petits mouvements en avant, comme pour fondre sur cet homme, sans aucune intention d’en rien faire, mais, disait son gardien, dans l’espoir de l’effrayer.
- Cet hérissement des poils se rencontre aussi chez le Babouin Anubis, où, sous l'influence de la colère, il se produit depuis le cou jusqu’aux lombes. Chez les Cercopithecus niclitans, les poils se hérissent surtout sur la queue. Le Midas œdipus érige sa crinière quand on l’agace pour se donner un aspect aussi effrayant que possible.
- Le Cynopithecus niger renverse ses oreilles en arrière, en même temps qu’il abaisse l’aigrette de poils ornant son front et qu’il montre ses dents, en sorte que, chez lui, la disposition des traits de sa face est à peu près la même sous l’influence de la colère et sous l’influence du plaisir, et qu’il est difficile de distinguer ces deux expressions l’une de l’autre, si l’on n’a pas une grande expérience de la physiologie de cet animal. Le Cercopithecus ruber renverse ses oreilles, tout à fait à la manière des chiens, quand ils sont irrités, et prend alors un aspect remarquablement farouche.
- Les Babouins témoignent souvent leur colère et menacent leurs ennemis d’une manière très bizarre : ils ouvrent largement la bouche comme pour bâiller. M. Bartlett a vu à plusieurs reprises deux Babouins, placés pour la première fois dans la même cage, s’asseoir en face l’un de l’autre et ouvrir alternativement la bouche; cet acte paraît d’ailleurs se terminer fréquemment par un bâillement véritable. M. Bartlett pense que les deux animaux veulent ainsi se montrer mutuellement qu’ils sont armés de formidables rangées de dents. « Cette interprétation,
- dit Darwin, est juste, sans aucun doute. Comme j’avais quelque peine à ajouter foi à la réalité de ce mouvement, M. Bartlett provoqua un jour, en ma présence, un vieux Babouin et l’amena à un état de fureur extrême ; presque immédiatement l’animal se mit à ouvrir la bouche. Le Babouin manifeste également sa colère d’une autre façon, d’après les observations faites par Brehm sur ceux qu’il a gardés vivants en Abyssinie, je veux dire en frappant le sol d’une main, comme un homme irrité frappe du poing sur une table placée devant lui. J’ai constaté, en effet, ce geste chez les Babouins du Jardin zoologique; mais ils paraissent souvent avoir plutôt pour but de chercher une pierre ou quelque autre objet dans leur litière de paille. Chez plusieurs espèces de Babouins, la partie inférieure du front dessine au-dessus des yeux un rebord très saillant, orné d’un petit nombre de longs poils, qui représentent nos sourcils. Ces animaux regardent sans cesse de tous côtés, et relèvent ces sourcils quand ils veulent regarder en haut; c’est ainsi, selon toute apparence, qu’ils ont du acquérir l’habitude de les remuer fréquemment. Quoi qu’il en soit, beaucoup d’espèces de singes, et particulièrement les Babouins, sous l’influence de la colère ou en présence d’une provocation quelconque, agitent leurs sourcils rapidement et continuellement de haut en bas en même temps que le tégument velu de leur front. »
- Certains singes rougissent de colère comme nous : c’est ce qui a lieu, par exemple, et très nettement, sur le visage du Macaque Rhésus, où, en outre, la partie postérieure du corps devient plus rouge. Chez le Mandrill, également, les parties glabres de la peau, qui ont des teintes vives, prennent, sous l’influence de la colère, une coloration plus éclatante.
- Enfin, dans tous les jardins zooîogiques, chacun a remarqué que, lorsqu’on agace les singes, ceux-ci se cramponnent à leurs barreaux et les secouent de toutes leurs forces ou bien s’en prennent à leurs mangeoires qu’ils agitent comme des forcenés : c’est de la rage qui voudrait s’exercer aux dépens de ceux qui les ennuient, mais que la captivité empêche de satisfaire. Certains envoient de la bave (provenant de la bouche ou du nez) sur ceux qui les mettent en fureur et, en tout cas, les fixent d’un regard aigu qui ne présage rien de bon : un Hamadryas, ainsi excité, est d’autant moins rassurant qu’en même temps il montre des dents plutôt solides.
- Henri Coupin.
- LE BORAX
- ET LES MATIÈRES ALIMENTAIRES
- La question de l’influence de l’acide borique et du borax sur la digestion et la santé, quand ils sont absorbés avec des matières alimentaires, est toujours à l’ordre du jour; il y a, en effet, beaucoup d’intéressés qui soutiennent que l’on a exagéré considérablement les inconvénients que peuvent présenter ces substances absorbées en faible quantité et qui s’élèvent contre les lois et arrêtés pris à propos de l’emploi de ces agents conservateurs.
- p.90 - vue 94/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 91
- Évidemment l’élucidation d’une semblable question est fort difficile, et c’est pour cela que nous indiquerons les expériences qui ont été faites à ce sujet par le docteur américain Wiley, pour le compte du département de l’Agriculture. Ces expériences ont commencé à la fin de 1902, et ont eu lieu avec le concours d’un certain nombre de jeunes gens qui s’astreignaient à absorber des aliments additionnés de ces substances, et à se soumettre à des observations systématiques. Nous avions d’ailleurs annoncé le commencement de ces essais, qui ont été conduits au Bureau de Chimie du département, et ont porté sur 12 personnes : celles-ci vivaient dans un salon et une salle à manger disposés pour elles, et composaient pour ainsi dire deux équipes. Les expériences ont duré sept mois, et le compte rendu complet en a été publié récemment.
- On a d’abord constaté que 80 pour 100 de l’acide borique et du borax mélangés aux aliments sont éliminés par les reins, puis une bonne partie par la transpiration et très peu dans les excréments ; ils sont donc absorbés par la circulation dans le canal intestinal. Les urines en accusent la présence peu de temps après la première absorption ; mais le maximum d’élimination n’apparaît1 qu’au bout du troisième jour, dans le cas où les aliments en contiennent une proportion constante; puis le taux d’évacuation demeure régulier. Il n’y aurait donc pas tendance à accumulation dans l’organisme. Quand ces substances ne sont pas données à une dose de plus de o à 4 centigrammes par jour, aucun effet notable ne se produit immédiatement ; mais si cela se continue longtemps, une cinquantaine de jours par exemple, on constate des périodes de perte d’appétit, de sensation pénible, de lourdeur d’estomac, de lourdeur de tête. Cela n’est pas inévitable, et, d’autre part, jamais il ne se produit diarrhée ou augmentation des évacuations urinaires. Au fur et à mesure que les doses sont plus fortes, les symptômes visés s’accusent davantage, et principalement une douleur persistante, une plénitude de la tête; parfois même, et quand la dose quotidienne atteint 3 grammes, surviennent des nausées et des vomissements. Le malaise est général, mais la quantité nécessaire pour entraîner ces effets varie considérablement suivant les individus.
- On n’a pas pu, en réalité, mettre clairement en lumière l’action spécifique du borax ou de l’acide borique sur les phénomènes digestifs, mais on a bien reconnu une diminution des quantités d’aliments effectivement digérés et assimilés, sans pouvoir affirmer que l’organisme y trouve un préjudice bien net. En tout cas, les jeunes gens soumis aux expériences (qui savaient la présence de ces substances dans leurs aliments et en concevaient un certain dégoût) ont vu leur poids baisser notablement et cette baisse se maintient même plusieurs jours après la cessation de l’absorption du borax. Il est bon de noter qu’on n’a pas pu tirer de conclusions nettes pour des doses quotidiennes de moins d’un demi-gramme; mais il semble bien prouvé qu’il est mauvais d’employer des conservateurs de ce genre pour les aliments dont on fait un usage continu ou ordinaire ; le danger est beaucoup moindre pour des matières qui n’entrent qu’accidentellement dans l’alimentation. D’autre part, quand le borax ou l’acide borique sont appliqués simplement en couche externe sur ces matières, pour en assurer le transport dans de bonnes conditions, et que ce transport ne dure pas longtemps, il y a des chances pour que les principes conservateurs pénètrent fort peu à l’intérieur et que par conséquent le danger soit faible. D. B.
- LA DUNE D’HELGOLAND
- L’Elbe et la Weser ont leur embouchure au fond d’une grande baie limitée à l’est par les côtes du Schleswig-Holstein et au sud-ouest par les côtes basses de la Frise allemande. Ces dernières sont bordées d’iles sablonneuses représentant les restes d’un cordon littoral que la mer a rompu pour se répandre ensuite, en arrière, sur des terrains plats; ces terrains s’appellent les « Watten », et bordent eux-mêmes les « marches » alluvionnaires, qui composent les côtes basses de toute cette partie de l’Allemagne. Au centre de cette baie, à 50-60 kilomètres des côtes et à peu près à égale distance de l’embouchure de l’Elbe et de la Weser, se trouve le rocher d’Helgoland dont la composition géologique diffère complètement de celle des rivages qui limitent la « baie allemande ». Cette île, qui avait autrefois une étendue relativement grande, appartient à la formation géologique des grès bigarrés du Trias, sur lesquels repose une couche mince de craie. Sous l’inlluencedes courants et des vents dominants du nord-ouest qui, pendant l’hiver, sont d’une très grande violence, les falaises argileuses qui bordent F île ont subi des érosions successives considérables et, aujourd’hui, File d’Helgoland (fig. 2) se réduit à un rocher de forme triangulaire dont la plus grande longueur est d’environ 1600 mètres et la plus grande largeur de 550 mètres environ. Le plateau qui la couronne est à une hauteur de 60 mètres au-dessus de la mer et forme ce qu’on appelle F « Oberland » (Haute terre).
- Malgré tous les moyens de défense employés jusqu’ici, la mer continue chaque jour à ronger les falaises à raison de 0m,90 par an et à charrier vers le sud-est les matériaux provenant de ces érosions. Ce sont ces apports permanents qui ont formé, à la pointe sud-est de File, une plage basse appelée « Unter-land » (Basse terre) sur laquelle sont construites les habitations principales de File, qui se trouvent ainsi abritées contre les vents dominants du nord et du nord-ouest. Pour diminuer l’importance de ces érosions des falaises, le gouvernement allemand vient de décider de protéger le pied de la falaise ouest, qui est la plus attaquée, par un mur de défense en maçonnerie s’étendant sur toute sa longueur.
- A 1200 mètres à l’est du rocher d’Helgoland se trouve une île de sable qui porte le nom de « Dune » et qui, en 1720, a été détachée d’Helgoland à la suite de la rupture par la mer d’un banc de craie qui formait, à cette époque, isthme entre les deux îles. D’autres îlots de sable, aujourd’hui submergés, constituant dans la direction du nord-ouest le prolongement de l’ilot des Dunes et qui, vers le xme siècle, faisaient partie de l’île, donnent une indication de l’état ancien de File d’Helgoland et montrent combien les érosions ont été persistantes et rapides. L’ilot des Dunes qui, à basse mer, a une longueur d’environ 2 kilomètres et une largeur de 500 mètres, se réduit, à haute mer, à un petit monticule de sable dont lê sommet dépasse d’une dizaine de mètres la
- p.91 - vue 95/536
-
-
-
- 9 2
- LA NATURE.
- niveau delà haute mer. I/ile d’Helgoland, quiappar- l’Allemagne en 1890. Au point de vue militaire elle tenait à l’Angleterre depuis 1806, a été cédée à a une importance très grande pour le gouvernement
- Fig. 1. — Vue, prise du plateau d’Helgoland, de la plage de « Basse Terre » et de l’îlot des Dunes.
- allemand, puisqu’elle commande l’entrée de deux tleuves importants desservant Hambourg, Brème et
- le port militaire de Willhemshafen qui est construit sur ses bords. Aussi a-t-on installé sur le plateau qui
- l’entrée du canal de la Baltique; elle défend, en même temps, l’embouchure de la Jade et abrite ainsi
- couronne le rocher d’Helgoland des travaux de défense très importants.
- Mètres
- 4oo 6oo 8oo
- Pointe Nord
- Helgoland
- D ünc
- «Terre
- Fig. 2. — Plan du rocher d’Helgoland et de l’îlot des Dunes.
- p.92 - vue 96/536
-
-
-
- LA N A Tilt K.
- 95
- Au point de vue maritime ce rocher a également une importance capitale. Il sert de point d’atterrage à un grand nombre de navires se dirigeant vers la baie allemande. Un phare électrique de Ier ordre a été construit dernièrement au sommet de l’île dans l’enceinte du fort. Au point de vue.balnéaire Helgoland a aussi son importance. Tous les ans, à la belle saison, une quantité considérable d’étrangers y viennent en villégiature, et, comme la bosse attenante à l’ile est trop petite et trop rocailleuse, c’est la bosse sablonneuse de la « Dune » qui sert de plage balnéaire.
- L’empereur Guillaume a également projeté d’établir autour d’Helgolund jin port de refuge permettant aux navires de guerre de trouver un abri dans les gros temps. Ce port de refuge, dont le banc de sable des Dunes doit former le côté Est, ne peut avoir chance de succès que si ce banc de sable est lui-même consolidé et s’il cesse d’être soumis aux érosions constantes dues aux vents et aux courants du nord-ouest qui, chaque jour, l’amaigrissent.
- C’est cette raison majeure, jointe à la nécessité de conserver à Helgoland son importance balnéaire, qui décida l’empereur Guillaume, en 1896, à charger M. Franzius, l’éminent ingénieur à qui sont dus les travaux d’amélioration de la Weser, d’étudier et d’exécuter les travaux de consolidation du banc de sable des Dunes. Défendre ce banc de sable au moyen de murs en maçonnerie eut entraîné des dépenses trop considérables et, peut-être, aléatoires et M. Franzius préféra laisser à la mer le soin de consolider le banc, en se
- bornant à l’aider et à la diriger dans ce travail. Dans ce but, il construisit, comme l’indique la figure 2, tout autour de l’ile, des jetées en fascinages, qui, pariant du centre de la Dune, se dirigent en éventail vers le large et donnent à l’ensemble la forme
- d’une grande toile d'araignée. Les jetées, au nombre de huit, sont prolongées au delà de la laisse de basse mer, à des distances variables et dépendant des circonstances locales que l’expérience seule a pu fixer. Sur l’cs-tran, c’est-à-dire entre les laisses de haute et basse mer, les jetées en fascines ont une largeur de 10 à 12 mètres (flg.5). Ces fascines ont été posées à la main et fixées au sol au moyen d’ancres du système Bucking, vissées dans le sol. Au large de la laisse de basse mer, les matelas de fascines, construits sur la
- terre ferme et remorqués à l’endroit de leur emploi, ont, ensuite, été échoués à l’aide de bateaux qui les soutenaient de chaque côté, comme l’indique la figure 5. Un lest de pierre servait à l’enfoncement de ces fascines. Afin d’empêcher le sable, amené par la mer, d’être emporté au reflux, on a établi entre chacune de ces jetées principales, ainsi que l’indique le plan, un certain nombre de jetées transversales servant à retenir ce sable. L’ensemble de ces travaux a eu pour résultat de retenir le sable et le gravier, amenés par la mer, dans les fascines et les pierres qui composent les jetées et de consolider celles-ci d’une manière suffisante pour résister aux lames dans les gros temps. Les jetées transversales, qui avaient pour but, comme nous le disions tout à
- Fig. 3. — Ëehouage d’un matelas de fascines.
- p.93 - vue 97/536
-
-
-
- 94
- LA NATURE.
- l’heure, de retenir le sable entre les jetées principales, y ont complètement réussi. Le sable s’est amoncelé, la dune s’est agrandie d’une manière appréciable et la laisse de haute mer s’est éloignée à certains endroits de plus de 60 mètres. Ce grand travail semble donc avoir donné jusqu’ici les résultats sur lesquels on comptait. Reste à savoir si, dans l’avenir, quelque tempête plus violente ne
- 6'
- . 2,S — ----------------- io jn . -----------------
- Fig. b. — Coupc transversale îles digues eu l'aseiues.
- viendra pas, sinon détruire entièrement les travaux actuels, tout au moins amener des dégradations importantes. Mais il est certain qu’étant donnée l’importance que le gouvernement allemand attache à la conservation de l’ile d’Helgoland, celui-ci ne reculera devant aucune dépense pour assurer sa conservation et permettre l’établissement du port de refuge projeté par l’Empereur et dont l’importance paraît de premier ordre. R. Bokkin.
- LE FUSIL DE GUERRE JAPONAIS
- L’armée japonaise emploie à l’heure actuelle deux fusils de guerre : celui qui date de 1880 et qui a été modifié en 1887, dù à l’ingénieur Mourata, puis celui du colonel Arisaka, qui est tout nouveau, puisque sa création ne remonte qu’à 1897 ; c’est d’ailleurs celui dont se servent les troupes de première ligne, tandis que l’autre n’est donné qu’aux troupes de seconde ligne.
- Du fusil Mourata nous ne dirons rien, sinon que son calibre est de 7.,5 millimètres, le type de 1880 ayant un diamètre ou calibre de 10 millimètres. Pour le nouveau fusil, le seul vraiment intéressant, c’est une arme qui, comme le fusil russe, est de petit calibre (6,25 mm), à répétition, et avec un magasin central pour 5 cartouches : il est évidemment inspiré du fusil Mauser. Le canon est long de 787 mm, avec six rayures tournant de gauche à droite. La culasse est du système à verrou, la partie mobile tourne latéralement. Le magasin, fermé à sa partie inférieure par une plaque, contient une autre plaque mobile élévatrice de la cartouche, et commandée par un ressort : si le magasin se trouve vide, cette plaque, au moment où l’on retire la culasse mobile pour armer, vient se placer en face de la tête mobile, et empêche la fermeture de pouvoir se faire. Le soldat est ainsi averti que son magasin ne contient plus de cartouches. Le rechargement s’opère au moyen d’un petit cadre en bronze muni de 5 cartouches. Puisque nous parlons de cartouches, nous dirons qu’elles comportent d’abord une enveloppe en laiton, puis une amorce au fulminate recouverte d’une feuille d’étain, enfin une charge formée de 2,10 grammes de poudre prismatique Itahaski, poudre sans fumée qui se présente sous la forme de lamelles fortement recouvertes de plombagine. Enfin la balle est en plomb durci, avec une chemise en maillechort; elle pèse 11,5 grammes et a une longueur de 32 mm. En somme, la cartouche tout entière pèse 22 grammes, et quant au cadre de chargement apportant les 5 cartouches dans le magasin, il a un
- poids, une fois plein, de près de 120 grammes. Ces chargeurs sont fournis au soldat dans une boîte en carton affectant une disposition cunéiforme.
- La longueur de cette arme est de 165 centimètres avec la bayonnette, et de 157 sans la bayonnette ; son poids est respectivement de 5900 grammes et de 4560. Ajoutons enfin que la plaque de la mire de ce fusil est graduée jusqu’à 1800 mètres à partir de 560 mètres. La vélocité initiale de la balle sortant du canon est de 725 mètres, avec une tension de trajectoire de 1,15 mètre, pour une distance de tir de 460 mètres. La pénétration de la balle est de 2,50 mètres dans des panneaux de sapin, à une distance de 40 mètres. I). L.
- CHRONIQUE
- Alimentation de Berlin en eaux souterraines.
- — On a créé, en 1877, une prise d’eau souterraine près du lac de Tegel, par vingt-trois puits maçonnés à double enveloppe : l’espace entre les deux enveloppes fut comblé à l’aide de gravier de grosseurs croissantes de l’extérieur au centre. Le fond était établi à 12-20 mètres sous le plus bas niveau de la nappe aquifère. L’eau, limpide au début, se troubla, après six mois d’exploitation, dans le réservoir de Charlottenburg et dans la canalisation ; des dépôts bruns, ferreux, montrèrent l’existence d’un oxy-dule de fer et d’une algue spéciale à certaines eaux de fond, le Crenotlmx polyspora. Cette algue était la conséquence de la présence du fer. En provoquant l’enrichissement de l’eau en oxygène par un large contact avec l’air au moyen d’un ruissellement en cascade, un résultat atteint fut concluant : le fer, sous forme insoluble, était retenu à la surface du filtre, l’eau redevenait limpide et le réservoir se trouvait indemne du Crenothrix polyspora. Berlin a donc adopté la déferrification des eaux souterraines, de plus en plus en usage.
- lia gouffre profond de 460 mètres. — La
- revue mensuelle du Club alpin italien annonçait, en novembre, les préparatifs d’exploration (pour 1905) de l’abîme dit « Bus de la Lume », dans le plateau calcaire du Cansiglio à l’est de Bellune (Vénétie) et attribuait à ce gouffre la profondeur de 460 mètres ! D’après les renseignements que nous avons demandés à l’un des futurs participants de cette dangereuse entreprise, les sondages, quant à présent effectués, n’ont atteint réellement que 259 mètres; le chiffre de 460 mètres n’est qu’une présomption reposant sur la durée (fort mauvais élément de calcul) de la chute des pierres. Le cas est le même que pour le chourun Martin en Dévoluy (Hautes-Alpes) supposé creux d’environ 500 mètres et mesuré seulement jusqu’à 310 mètres. Ce gouffre et ceux de Trébitch (522 m.) et des Serpents (Katchna-Jama, 305 m.), près Trieste, restent donc, jusqu’à nouvel ordre, les trois plus profonds que l’on connaisse.
- Les houillères du Japon. — 11 s’en faut que la production houillère soit négligeable au Japon : il est vrai qu’en 1892 l’extraction ne dépassait pas encore 5 200 000 tonnes, mais aujourd’hui elle est déjà supérieure à 9 700000 tonnes. Rien que dans le nord de Yezo, il existe une exploitation qui occupe 8000 ouvriers.
- Le faux poivre. — On le vend sous le nom de « Erviop », qui est simplement l’anagramme du mot poivre, et il consiste en graines fournies par les espèces « I'isum » ou « Lathyrus », et ressemblant beaucoup
- p.94 - vue 98/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 95
- d’aspect au poivre noir. On les traite du reste savamment, pour leur donner une saveur, car elles sont par elles-mêmes fort insipides. On les trempe d’abord dans une solution de piment, puis, afin de leur faire prendre la couleur voulue, on les plonge dans une solution faible d’un sel de fer, qui agit sur le tanin contenu dans la graine. Quant à 1’ « erviop » moulu, ce sont de ces graines pulvérisées additionnées de piment en poudre; on y ajoute parfois des noyaux d’olives concassés menus. La fraude est fort difficile à reconnaître.
- Un nuage sur la Seine. — C’est le nom qui convient le mieux pour désigner l’épais brouillard qui recouvrait la Seine le 23 décembre dernier et qui était d’une opacité extraordinaire. Vers 10 heures du matin il présentait un aspect particulièrement curieux sur certains points de Paris. Bans la rue des Saints-Pères et un certain nombre de rues parallèles, l’air était à peu près pur et le soleil brillant, assez chaud pour la saison. A quelques mètres des quais, la vue était barrée par un nuage d’une grande opacité, dans lequel le froid était assez vif. Ce nuage s’étendait sur toute la Seine et ne permettait qu’avec les plus grandes difficultés la traversée des quais et des ponts. Au milieu du pont des Saints-Pères, il était à peu près impossible de voir l’eau de la Seine, et, dans le brouillard, tous les objets étaient complètement invisibles à une distance supérieure à 15 ou 18 mètres. Ce brouillard était peu élevé, car on voyait le soleil au travers. De la rive gauche, on distinguait, éclairés par le soleil, les toits du Louvre émergeant de la brume épaisse. La traversée de la place du Carrousel offrait un aspect réellement pittoresque en raison de l’opacité du brouillard. Une personne, placée au milieu de cette place et la connaissant bien, aurait facilement pu, en exécutant 2 ou 5 tours sur elle-même, ignorer complètement dans quelle direction aller. Notons l’aspect particulier offert par la rue de Rivoli dont la traversée était également très difficile. On ne voyait des maisons, de l’autre côté de la rue, que les étages supérieurs éclairés par le soleil. En arrivant place du Théâtre-Français, on sortait du brouillard et la vue s’étendait subitement jusqu’à l’Opéra. On laissait derrière soi un nuage épais de 6 à 8 mètres, presque nettement limité, atteignant le 2° étage des maisons. Nous ignorons si des photographies ont été prises de ce curieux phénomène météorologique, qui, sous cette forme, est assez rare à Paris, et qui rappelait en tous points les brouillards en montagne.
- ---------
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 janvier 1905.
- Présidence de JIM. Mascart et Tnoosr.
- Transmission de la présidence. — Après la lecture du procès-verbal de la dernière séance par M. Berthelot, M. Mascart donne lecture des changements survenus parmi les membres de l’Académie et parmi ses correspondants, puis il remercie les membres de l’Académie de la bienveillance qu’ils lui ont montrée au cours de son année de présidence et s’excuse de quelques mouvements de vivacité relatifs au bruit pendant les séances. M. Troost lui succède ensuite au fauteuil de la présidence et adresse à son tour quelques paroles de reconnaissance à ses collègues bien que, suivant son expression pleine d’humour, on ait depuis longtemps épuisé la façon de les remercier. Puis faisant allusion au bruit pendant les séances, il dit
- qu’il espère que les membres de l’Académie lui faciliteront sa tâche en voulant bien mettre une sourdine à leurs conversations particulières, et termine en ajoutant que l’on doit admirer avec quel tact et quelle autorité M. Mascart a présidé toutes les séances de 1904.
- Déviation des corps pendant leur chute. — M. Léauté présente une Note de M. de Sparre relative à la chute d’un point pesant sur la terre. Ce point subit une déviation vers l’est dans l’hémisphère nord, ainsi qu’une deuxième déviation dans le plan du méridien. D’après l’opinion admise cette deuxième déviation est dirigée vei s le sud. M. de Sparre démontre que les calculs sur lesquels repose cette opinion sont erronés, au moins si l’on suppose, comme il avait été fait, la terre sphérique. Dans cette hypothèse, la déviation est tantôt nord, tantôt sud, parce que la force centrifuge varie en tous les points de la chute. Dans un puits la déviation est sud, mais elle n’atteint que les 3/4 de la valeur admise ; du haut d’une tour elle est nord. Pensant que l’aplatissement de la terre pouvait exercer une action sur le phénomène, M. de Sparre a examiné le cas d’une terre ellipsoïdale et homogène. Dans ces conditions la déviation est toujours vers le sud. Ces résultats ne sont pas vérifiables par l’expérience, car la déviation n’atteint que 1/10 de millimètre pour 1 kilomètre de chute.
- Effets des miroirs rectangulaires. — M. Lippmann fait connaître une conséquence de la réflexion d’un point lumineux placé à l’intérieur de deux miroirs rectangulaires. Si ceux-ci sont géométriquement à angle droit, les images directes donnent une image symétrique du point lumineux par rapport au sommet. Mais si les miroirs font un petit angle on obtient non plus deux images confondues, mais deux images distinctes voisines, et chacune d’elles est le sommet d’un faisceau divergent; si l’on intercepte ces deux faisceaux par un écran, on observe des franges. M. Lippmann remarque qu’inversement une expérience de ce genre peut servir à vérifier la perpendicularité de deux miroirs.
- Préparation de corps nouveau. — M. G. Lemoine présente une Note de M. A. Colson, décrivant un sulfate vert de chrome qui présente tous les caractères d’un sel normal de ce corps tout aussi bien que le sulfate violet. Ce dernier n’est doue pas, comme on l’a cru jusqu’ici, un type unique de sulfate chromique normal et il devient nécessaire de recourir à des formules de constitution pour distinguer ces isomères minéraux. M. Colson fait application au nouveau sel des règles de la chimie organique.
- Élection. — M. Michel Lévy est désigné en première ligne au choix du ministre pour la chaire d’histoire naturelle des corps inorganiques du Collège de France laissée vacante parle décès de M. Fouqué; M. Cayeux est désigné en deuxième ligne. Ch. de Villedeüil.
- UN TRAIN ÉLECTRIQUE EN MINIATURE
- A cette époque de l’année, il n’est question que de jouets de toutes sortes et nous devons ajouter que nos constructeurs parisiens trouvent toujours ces petites inventions ingénieuses qui sont de vraies merveilles et qui amusent toujours et les grandes personnes et les petits enfants.
- Nous avons eu l’occasion de voir dernièrement
- p.95 - vue 99/536
-
-
-
- LA XATUKE.
- 96
- chez M. Brianne, constructeur électricien, une véritable installation de traction électrique en miniature qui fonctionne en réalité et qui comporte tous les engins d’une semblable application. Tout est installé avec simplicité, et tout fonctionne parfaitement. Il s’agit d’un jouet scientifique des plus maniables et de nature à forcer l’attention des enfants qui l’utilisent. Comme le montre la figure ci-dessous, le chemin de fer électrique est à rail de contact central; la voie est établie sur une certaine longueur, elle passe dans une gare dont on distingue les batiments ainsi que tous les appareils pour signaux et avertissements, disques éclairés à l’aide de lampes à arc minuscules, etc. L’énergie électrique est fournie à tout le système par 2 piles au bichromate ou un
- accumulateur'de 2 éléments. L’éclairage est obtenu par des lampes à incandescence minuscules, comme sait en produire aujourd’hui l’industrie électrique.
- La gare est située dans une petite vallée, à la sortie d’un tunnel et non loin de l’entrée d’un autre tunnel. On voit bientôt arriver le soir, dans une demi-obscurité, lorsque tous les disques sont allumés cependant, une locomotive et des wagons (type PO), sortant d’un tunnel avec son fanal éclairant la voie et s’arrêtant quelques instants; les voyageurs pénètrent dans le wagon-restaurant qui s'illumine, et se mettent à tabL pour dîner. Le train repart ensuite et le fanal arrière rouge illumine le second tunnel dans lequel le train disparait.
- Le constructeur a ajouté à la partie supérieure,
- Train électrique en miniature et tramway électrique à trolley et à rail central.
- tout autour de la vallée, sur une même voie, une installation de tramways électriques l’un à trolley, et l’autre à rail central. Les tramways sortent d’une forêt, descendent la voie sans accident et la contournent en suivant une pente de 14 centimètres par mètre. Un peu plus loin, nous les voyons remonter une côte sans ralentir, et bientôt tourner la voie qui présente en cet endroit une rampe de 8 centimètres par mètre.
- Toutes ces petites manœuvres sont vraiment d’un effet saisissant, et c’est avec un réel intérêt que l’on suit la marche de ces trains et de ces tramways en se préoccupant à chaque instant de ce qui va arriver.
- La construction de tous ces objets est faite en utilisant les moyens les plus simples et les moins coûteux ; on forme des résistances électriques avec
- des bouts de fd de fer ; les voies consistent en quelques morceaux de tiges de fer convenablement arrangées. Le jouet scientifique qui fonctionne a le grand avantage de forcer l’enfant à manier un appareil et de fixer déjà son attention sur un point qu’il étudiera plus tard.
- doublions pas, en terminant, de mentionner l’installation que M. Brianne, vient d’ajouter à la précédente dans son magasin et qui n’est autre que la reproduction du chemin de fer suspendu de Barmen à Elberfeld, dont nous avons déjà donné la description depuis plusieurs années1. J. Laffargue.
- 1 Voy. n° 1430, du 20 octobre 1000, p. 527.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleurus, 9.
- p.96 - vue 100/536
-
-
-
- N“ 1G 5 1.
- 14 JANVIER 1905.
- LA NATURE.
- 97
- LE « RECORD DU
- Paris va posséder un nouveau pont en métal : il sera le plus grand, comme ouverture, de ceux qu’elle possède et tiendra une place importante parmi les ouvrages du même genre.
- Il s’agit du viaduc, en une seule travée, avec arc de 140 mètres de portée, que l’on termine en ce moment sur la ligne rive gauche du chemin de fer métropolitain et qui traversera la Seine en face de l’ancienne gare d’Orléans. On se rendra aisément compte de la situation exacte de ce pont en considérant qu’il se trouvera à 200 mètres environ en amont du pont d’Austerlitz.
- Jusqu’à présent c’était le pont Alexandre 111 qui, suivant l’expression usuelle, « détenait le record de portée à Paris » avec 107 mètres d’ouverture d’un seul jet.
- Le nouveau pont de la ligne métropolitaine,
- PONT » A PARIS
- comme le pont Alexandre III, aura trois articulations dans ses arcs : c’est le principe désormais consacré depuis que les énormes charpentes à trois articulations de la Galerie des machines de 1889 au Champ-de-Mars ont démontré que ce système était excellent, tant au point de vue de l’élasticité qu'à celui de la résistance. On ne manque pas de dire malicieusement que les ingénieurs ont soin, de cette façon, de casser tout d’abord leurs ponts afin de les empêcher de se rompre tout seuls par la suite : cela est tout simplement un hommage rendu à la précision de leurs théories et à l’exactitude de leurs calculs : car les ponts articulés se comportent à merveille, au point que maintenant on commence à donner aussi trois articulations aux ponts en maçonnerie et en béton comprimé, ce qui eût certainement terrifié les constructeurs d’une époque encore récente.
- Le nouveau pont du chemin de 1er métropolitain sur la rive gauche, près de l’ancienne gare d'Orléans, à Paris.
- En ce qui concerne le choix du type de pont métallique articulé sur la Seine, voici par quoi il est motivé.
- On ne peut faire sans articulations des arcs très surbaissés et d’une hauteur très réduite à la clé. Or, le surbaissement est nécessaire pour faciliter les accès du pont tout en ne gênant pas la navigation très active sur le lleuve.
- De plus, la triple articulation rend la stabilité de l’ouvrage presque indépendante de la température ; elle diminue donc, dans une très notable proportion, les « moments de llexion » près de la clé, et permet de ne jamais faire travailler les arcs qu’à la compression; elle a l’avantage, en outre, d’assurer, même avec un réglage sommaire, la bonne transmission des efforts. Donc, le nouveau pont, de même que son illustre devancier, le pont Alexandre 111, possède trois articulations. Mais, il y a une différence essentielle dans la façon dont elles se trouvent placées. L’articulation centrale étant, comme toujours, à la clé, les deux autres, dans le nouveau système,
- 33” aimée. — 1er semestre.
- lequel constitue une innovation, se trouvent non pas aux appuis, aux retombées des arcs, mais « aux reins » des arcs. Les constructeurs ont pu, de celte façon, aplatir encore davantage le pont et réduire son emprise artistique sur le fond du paysage.
- Pour qu’un tel système soit stable, il faut que toutes les « lignes de pression » passent dans l’intérieur de la base d’appui des retombées. A chaque position future d’un train chargé roulant sur le pont correspond une a ligne de pression » dans l’arc. Les constructeurs ont eu la bonne idée de prendre, comme lignes de contour extérieur et intérieur des arcs, les lignes enveloppes géométriques de toutes les lignes de pression. La forme effective des arcs se trouve ainsi absolument conforme à la théorie, et le nouveau pont, en dehors de ce qu’il a d’artistique comme habillage et comme disposition, constitue une énorme épure. Il ne faut pas croire que cet aspect mathématique soit disgracieux pour l’œil du spectateur; bien au contraire, comme il est essentiellement logique par principe, il en résulte
- p.97 - vue 101/536
-
-
-
- 98
- LA NATURE.
- une évidente impression, en quelque sorte in-conscientc, de stabilité, d’élasticité, et de résistance. Or, dans l’esthétique des grands ouvrages laborieux, e’e^t l’ensemble de ces trois qualités qui réalise la grâce : aéi o 0soç Ycioptixpei.
- En ce qui concerne la genèse du nouveau pont, voici en quoi elle consista.
- En concours avait été ouvert par la Ville de Paris entre les divers constructeurs spécialistes. Ce concours avait pour base un avant-projet établi par les Ingénieurs de la Ville de Paris, MM. Bienvenue et Biette. La Société de construction de Levallois-Perret, près de Paris, s’engagea à remplir le programme établi par l’Administration, mais en y apportant la légère — et intéressante — variante de disposition des articulations dont nous avons parlé. On aura grande confiance dans le succès futur de celte variante, lorsque nous aurons dit qu’elle est due à M. Maurice Kœchlîn, l’un des Maîtres Ingénieurs qui ont étudié et construit la Tour Eiffel.
- Max de Nansoutï.
- REMARQUABLE DÉPÔT DE GIVRE
- Les promeneurs qui ont exploré, le dimanche 27 novembre dans la matinée, le plateau que parcourt la grande route de Choisy-le-Roi à Versailles ont pu constater un remarquable phénomène de condensation et de congélation, qui s’est produit sur une vaste étendue, mais a pris des proportions considérables notamment à l’angle sud-ouest du plateau, dans l’éperon qui s’avance entre Versailles et Jouy-cn-Josas. Là, surtout, chaque branche
- Direction du vent
- Üéjiôt Je cristaux de glace observés le 27 novembre l'JOi.
- d’arbre, chaque lil de fer d’un treillage, chaque brin d’herbe même servait de support à une série de cristaux de glace, juxtaposés de manière à former par leur ensemble comme une lame de couteau, atteignant en certains endroits une largeur de 12 à 15 millimètres, alors que l’épaisseur dépassait exceptionnellement 1 millimètre. En général, chaque cristal de glace occupait, dans le sens de sa longueur, toute la largeur de la lame, dont le tranchant était échancré en fines dents de scie, constituées par les pointes des cristaux successifs. Une particularité très frappante du phénomène était que, quelle que fût la direction du support, celle des cristaux de glace était en tout point la même, qui était exactement celle du vent dans la nuit du 20 au 27. De plus, le dépôt de glace diminuait très rapidement d’intensité à mesure qu’on s’éloignait des obstacles qui avaient subi le premier choc du vent ; un deuxième obstacle, placé dans le vent du premier, en était complètement dépourvu.
- Le phénomène différait par bien des points du dépôt
- ordinaire de givre par rayonnement nocturne des objets exposés en rase campagne. Ici, les cristaux de glace so.it petits et dirigés dans tous les sens; surtout, ils sont abondants sur les supports horizontaux, qui exposent une large surface au ciel sans nuages, et non point, comme dans le cas qui nous occupe, sur des objets verticaux, qui ne découvrent qu’une partie restreinte du ciel, et pour lesquels le rayonnement nocturne produit une baisse modérée de la température. D’ailleurs la direction des cristaux de glace dans le sens exact du vent montre de façon bien nette que le mouvement de l’air a joué, dans leur formation, un rôle tout à fait prépondérant.
- Le 26 novembre, l’atmosphère était très humide. Dans la nuit, la température fraîchit, et atteignit, dans les vallées, le voisinage de 0°. Mais partout où le vent s’est élevé sur une croupe dépassant suffisamment le niveau de la plaine, la température s’est abaissée par détente, au-dessous de celle de la congélation de l’eau, tandis que l’air, déjà saturé au pied des collines, se sursaturait fortement. On sait que l’air, surtout s’il est bien débarrassé de ses poussières, comme cela se produit nécessairement après quelques jours très humides, peut tenir en dissolution des quantités d’eau beaucoup plus considérables que celles qui correspondent à l’équilibre. Qu’il rencontre alors un obstacle solide, aussitôt l’eau se dépose en rosée, ou en glace si la température est suffisamment basse. Un cristal, qui commence à se former sur un support solide, doit nécessairement croître dans la direction d’où vient le courant d’air; nous savons en effet que, de tous les supports solides, le cristal formé par un corps dissous est celui qui favorise le plus la mise en équilibre de l’eau mère ou du gaz tenant en dissolution un corps de même nature. L’eau en suspension dans l’air avait donc une tendance très grande à se déposer sur la pointe des cristaux, et à en augmenter la longueur. Mais, par ce dépôt, la température de l’air se relevait, en même temps que sa saturation diminuait ; il pouvait donc glisser le long du cristal, et frôler le support, sans que les conditions fussent remplies pour un nouvel abandon de l’eau dissoute. C’est pourquoi les cristaux n’avaient aucune tendance à croître latéralement, alors que leur pointe se trouvait très abondamment nourrie. La cause du phénomène peut ainsi être caractérisée d’une phrase : tandis que, dans le givrage ordinaire, la sursaturation se produit au contact.d’un objet refroidi par rayonnement au-dessous de la température de l’air, généralement en repos, la sursaturation dans celui du 27 novembre s’est produite au sein même de l’atmosphère en mouvement, par une détente attribuable à son ascension le long des collines. Le peu de fréquence du phénomène s’explique par le fait que l’air très humide venant du sud-ouest est rarement froid, et que l’air froid venant du nord-est est rarement humide. S’il en était autrement, les habitants des campagnes auraient plus souvent le plaisir d’admirer le très beau spectacle dont je n’ai pu donner, dans la description qui précède, qu’une idée bien imparfaite.
- Cii.-Ed. Guillaume.
- LES GRILS PHOTOGRAPHIQUES
- EN AMÉRIQUE
- M. \iolle vient de communiquer à l’Académie des sciences le procédé de M. Yves permettant d’obtenir, sans stéréoscope, des photographies donnant la sensation du relief. Déjà quelques personnes réclament la priorité dans l’invention, mais il semble qu’il n’y a pas lieu de beau-
- p.98 - vue 102/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 99
- coup se mettre en peine pour les départager. Le procédé repose sur l’emploi d’un gril très fin dissimulant à chacun des deux yeux ce qu’il permet à l’autre de voir. Or l’emploi des grils est très répandu en Amérique où, depuis dix ans, on essaie, par son emploi, de résoudre les problèmes les plus intéressants de la photographie et de la reproduction en couleurs.
- La vogue des grils en Amérique et leur peu de succès chez nous — au moins jusqu’à présent — expliqueraient les discussions relatives à la priorité des inventions. Les très suggestives expériences, faites de l’autre côté de l’Atlantique, ont été longtemps ignorées du grand public et le moindre emprunt (modifié non sans mérite, je le veux bien) donnait sur le vieux continent l’impression d’une absolue nouveauté.
- Pour éviter un tel retour des choses, il serait bon de signaler un procédé de reproduction, en couleurs, des instantanés, peu connu en Europe et devenu assez courant là-bas. Comme ce procédé utilise un gril ou un écran hachuré, il m’a semblé tout à fait de circonstance de le faire connaître ou de le rappeler.
- On connaît le procédé de la simili-gravure en couleurs dit procédé aux trois couleurs. En deux mots, résu-mons-le. Trois clichés d’un même objet sont successivement pris, mais à travers des écrans colorés. Le premier, par exemple, est celui que l’on obtient à travers l’écran jaune. 11 fournira, en vertu de la théorie des couleurs complémentaires, tous les points bleus du modèle. Le second représentera (à travers un écran bleu) les points jaunes de ce même modèle. Les points rouges seront obtenus à travers un écran vert. Le cliché évidemment ne porte aucune couleur; il ne présente que des points en relief et ces points sont diversement placés sur les trois plaques. Mais qu’on les encre chacune avec une couleur correspondant à celle du modèle dont il devait fournir l’image, ils donneront à l’impression les ponctuations bleues, jaunes ou rouges dans leur disposition naturelle. Si maintenant, après un repérage sérieux, on reçoit ces trois épreuves successivement sur une même feuille de papier, on aura l’image exacte et en couleurs du modèle. Les ponctuations ne se seront pas superposées, mais juxtaposées et notre œil en voyant l’ensemble ne croit voir que des teintes continues.
- Jusqu’ici, avec une photographie, une simple épreuve sur papier, on pouvait obtenir un cliché en simili pour l’impression en noir. Pour obtenir une épreuve en couleurs, il fallait colorier celte épreuve et la traiter ensuite par la méthode indiquée plus haut.
- Deux Américains, MM. Brasseur et Sampolo, ont imaginé un dispositif qui permet, en employant un gril ou plus exactement un écran réglé, de tirer d’une simple épreuve, d'un instantané, les trois clichés en couleurs donnant, après coup et au loin, les teintes mêmes de la scène.
- Voici le procédé ; Sur une lame de cristal sont disposées, en hachures, trois bandes colorées se répétant toujours dans le même ordre et couvrant toute la lame : une bande bleue, une bande jaune, une bande verte. Ces bandes sont de simples lignes excessivement minces, si minces qu’on en peut compter 531 au pouce (soit un peu plus de 21 au millimètre) avec une erreur moindre que 2 [x ! L’opérateur introduit ce gril ou cet écran dans un appareil ordinaire et s’en sert comme pour n’importe quel instantané.
- Le négatif ressemble à tous les autres négatifs. Le positif, obtenu sur papier, ne présente rien d’anormal à
- l’œil ; mais, si l’on regarde avec un microscope, on distingue comme trois images un peu mêlées du même objet ou de la même scène. C’est justement ce qui va permettre d’obtenir séparément les ponctuations jaunes, bleues et rouges du modèle. En effet supposons un autre écran en cristal hachuré comme le précédent et présentant des lignes, exactement de la même épaisseur, séparées par des lignes d’épaisseur double. Les premières sont laissées en clair, les secondes teintées de noir.
- L’interposition de cet écran entre l’image en noir et le cliché coloré que l’on désire, a pour effet de ne laisser
- Ecran tricolore de MM. Sampolo et Brasseur. — A, élément de surface très agrandi de cet écran ; C, l'élément de surface en vraie grandeur ; 15, écran blanc et noir de MM. Sampolo et Brasseur, permettant d’obtenir un cliché monochromatique.
- passer vers la plaque sensible qu’un tiers des radiations, justement les radiations de la même couleur. Les points obtenus doivent être encrés avec la couleur voulue. Puis le gril abaissé de 1/25 de millimètre donnera le second cliché, de 2/25 fournira le troisième.
- MM. Brasseur et Sampolo, pour éviter les erreurs provenant de ces déplacements, fournissent des écrans qui, introduits successivement dans le même châssis, donnent, sans difficulté de repérage, les trois couleurs.
- On saisit l’avantage du procédé. Un reporter, envoyé en Mandchourie, pourra, avec une jumelle ou un appareil quelconques, prendre les instantanés les plus sensationnels. S’il s’est muni d’un gril ou écran coloré, il n’aura qu’à envoyer à New-York ou à Paris sa pellicule et peu après les revues ou journaux illustrés offriront à leurs lecteurs la bataille de Liao-Yang avec les tons exacts des uniformes et les lueurs des incendies lointains. N’oublions pas les avantages qu’en peuvent retirer les portraitistes et mêmes les naturalistes, les histologistes et les biologistes; avec ce système, le microscope ne réservera plus aux seuls observateurs la magie de tons et les surprises de la couleur observées chez les infiniment petits. A. Fantox.
- LA. RADIOGRAPHIE
- AUX ARMÉES EN CAMPAGNE
- Les applications de la radiographie à la médecine et à la chirurgie sont aujourd’hui chose courante dans les hôpitaux, mais il n’avait jamais été question jusqu’à présent de les étendre aux Hôpitaux de Campagne à cause de la fragilité du matériel et de l’en-’ combrement nécessité par une source électrique suffisamment puissante. On reconnaîtra cependant que si la radiographie a pu rendre quelque service en
- p.99 - vue 103/536
-
-
-
- 100
- LA NATURE.
- médecine, c’est surtout en chirurgie qu’elle doit être utilisée pour l’examen des fractures et la recherche des projectiles dans le corps humain et il n’est pas d’endroit plus indiqué qu’un Hôpital de Campagne pour rencontrer des cas de ce genre : c’était cependant la seule circonstance où la radiographie était considérée comme impossible. Il n’en sera plus de môme à l'avenir grâce à l’ingénieux matériel construit récemment par les maisons A. Gaifle et l'anhard-Levassor.
- Le système se compose d’une voiture automobile de 4 mètres de long sur 1 ,n,85 de largeur à l’extrémité des fusées, munie d’un moteur h pétrole de 10 chevaux. Les
- roues de 0m,90 de diamètre sont garnies de pneumatiques compound. La chambre établie sur cette voiture a 2 mètres de long sur 11,1,1 o de large et renferme tous les appareils. Le poids total en ordre de marche est de 2800 kg, et la vitesse maxima, en plat, peut atteindre 25 kilomètres à l’heure ; on monte les côtes h l’allure de 5 kilomètres au minimum. Le matériel renfermé dans la chambre a été spécialement étudié par MM. d’Arsonval et Gaifle de façon à fonctionner sans accumulateurs, ni interrupteur, accessoires toujours délicats même à poste fixe.
- Un système de débrayage ou d’embrayage permet, lorsqu’on est à la position d’arrêt, d’utiliser le moteur
- Fig. 1. — Voilure radiographique Gaill'e-l’aiiliard ayant suivi les grandes manœuvres de l'Est en 1901. M, moteur ; E, embrayage pour la dynamo ; D, dynamo.
- pour faire fonctionner une dynamo I) (fig. 1) placée sous le siège de la voiture et dont l’induit détermine, d’une part le courant continu nécessaire à l’entretien du champ magnétique, d’autre part le courant alternatif destiné à actionner les appareils de radiographie.
- Tous les appareils de réglage de la dynamo et de la radiographie sont fixés sur un panneau de la chambre (fig. 2, n° 1) et les appareils de radiographie proprement dits sont fixés dans un meuble (fig. 2, n° 2) isolé d’une façon particulière, de manière à éviter que les trépidations de la voiture, déjà très amorties, ne puissent les détériorer. Il est monté sur un fort plancher entretoisé par du fer à T reposant sur le châssis de la voiture par l’intermédiaire de gros patins en caoutchouc, et un agencement analogue fixe le meuble à la paroi de la chambre.
- Ce meuble contient, fixés à demeure : 1° un transformateur R (fig. 2, n° 5), à circuit magnétique fermé, servant à augmenter la tension alternative de la dynamo pour l’amener au maximum de 60 000 volts efficaces; 2° des condensateurs à lames de verre C et des résistances liquides II assurant la protection électrique du transformateur contre les ondes de retour, d’après le dispositif imaginé par MM. d’Arsonval et Gaifle, et servant à limiter le débit en emploi de rayons X.
- Sur la partie supérieure du meuble sont fixées les bornes de sortie où l’on vient établir les connexions de tubes à rayons X. Le courant produit étant alternatif, on branche, en S, entre ces deux points, un jeu de soupapes de Villard ayant pour but d’absorber l’une des ondes. On a dans un coffre tous les accès-
- p.100 - vue 104/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 101
- soires nécessaires, tels que les écrans au platino-cyanure pour l’examen radioscopique et toutes les pièces de rechange qui peuvent être utiles.
- Comme l’examen du blessé ne peut se faire que dans l’obscurité, on a disposé des tentures, qui au moyen d’armatures numérotées, se montent rapidement sur l’arrière de la voilure pour former une chambre noire (fig. 2, n° 1) pouvant contenir le médecin et le patient ; l'infirmier chargé de la conduite des appareils monte dans la voiture où il a sous la main tous les appareils de réglage. Le tube à rayons X se place sur un support à mouvement universel et dans ces conditions on peut faire aussi facilement qu’à l'hôpital l'examen radioscopique.
- Si l’on veut faire de la radiographie on trouve aussi tout ce qui est nécessaire: châssis, plaques, cuvettes, lanterne rouge, etc. Un réservoir d'eau de 40 litres, destiné aux opérations photographiques, se trouve à la partie supérieure de la chambre de la voiture qui, une fois fermée, est assez étanche à la lumière pour pouvoir servir de laboratoire; mais il est évident que ce serait, en campagne, une exception.
- Pendant les grandes manœuvres de l’Est, en septembre 1904, M. le médecin-major Jacob, professeur agrégé à l’Ecole d’application de médecine militaire du Val-de-Gràce, a expérimenté cette voiture et l’a soumise à des épreuves très dures. Elle a parcouru près de 5000 kilomètres par toutes les routes
- Fi<t. 2. — 1. Vue arrière de la voiture. D, dynamo; C, condensateur; II, résistances liquides; S, soupapes de Villard. 2. Détail des condensateurs et des résistances. — 5. Transformateur à haute tension.
- où, en temps de guerre, auraient dû passer les voitures composant l’Hôpital de campagne.Tous les jours, soit en cours de route, soit dès l’arrivée à l’étape, la voiture était mise en service, pendant deux ou trois heures, au point de vue radiographique et il a été constaté que toujours les appareils ont parfaitement fonctionné.
- Après une expérience aussi concluante, il est à présumer que le matériel réglementaire des Hôpitaux de campagne sera heureusement complété par l’ingénieuse voiture de MM. Gaiffe et d’Arsonval, d’autant plus qu’elle peut très bien être aussi utilisée pour la télégraphie sans fil.
- Mais elle est appelée encore à rendre des services en temps de paix, ainsi que l’a fait très judicieusement remarquer M. le médecin principal Mareschal
- qui représentait la France au Congrès des médecins militaires tenu dernièrement à l’exposition de Saint-Louis.
- En effet les petites localités sont complètement dépourvues de tout moyen radioscopique et, si les soins donnés à un blessé nécessitent des investigations de ce genre, on est obligé d’y renoncer.
- 11 suffirait qu’au centre de chaque département se trouvât en dépôt une de ces voitures que les médecins de chaque localité pourraient réquisitionner en cas d’urgence. Le matériel serait ainsi entretenu en bon état de fonctionnement et, en cas de guerre, il pourrait être affecté à un Hôpital de campagne.
- En attendant que cette idée soit mise en pratique officiellement et administrativement pour la province, ce qui pourrait bien être assez long, l’industrie privée
- p.101 - vue 105/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 10'
- pourrait en tirer profit pour Paris. En transportant à domicile les moyens de faire une étude radioscopique on rendrait souvent de très grands services au chirurgien et surtout au blessé. G. Chai.marès.
- FIN DE LA SÉCHERESSE
- DANS CA HAUTF-SAVOIE
- Hien que nous traversions la saison habituelle des pluies et des neiges, les effets de la sécheresse se sont fait terriblement sentir dans nos régions et surtout dans les environs d’Annecy. Ce phénomène est d’autant plus curieux que c’est dans cette localité que l’on a observé « le plus grand nombre de journées pluvieuses » parmi tous les chefs-lieux de départements français.
- Dans un article antérieur, nous avons signalé la baisse du niveau du lac pendant la canicule estivale *. Or, cet abaissement des eaux continuait d’une façon anormale jusqu’au milieu de décembre!... Les canaux du Thioux, servant de déversoir au lac et communiquant avec le pittoresque torrent de Fier, étaient presque à sec. Les poissons souffraient de cette situation par trop extraordinaire, et, près du pont Saint-Joseph, nous en avons remarqué plusieurs se débattant avec peine dans la vase.
- La situation était surtout des plus critiques aux usines de Cran, près d’Annecy; car les machines y sont actionnées uniquement par l’eau du lac : les heures de travail ont été diminuées et si la sécheresse persistait, on pourrait s’attendre à un chômage forcé.
- Les observations que nous avons rapportées dans le précédent article s’arrêtent à la date du 1er octobre dernier. Il sera sans doute intéressant de les compléter ici, car, malgré les tempêtes, etc..., qui ont ultérieurement assailli Paris et une grande partie de la France, la situation a été peu troublée dans la région du Mont-Blanc.
- A Bonneville, dont l’altitude ne diffère que de 1 mètre en plus de celle d’Annecy, on n’a noté, en octobre dernier, que huit jours de pluie, donnant 42mm,5 d'eau. Ce sont des nombres faibles, rares en cette saison et dans ces parages. Température assez élevée : (moyenne des max. : +13°,76; des min. : +3°,59; max. absolu, + 19° les 25 et 27; min. absolu, —4° le 10); pressions supérieures à la moyenne avec brouillards du 18 au 51.
- En somme, le temps fut calme et la sécheresse continuait. Les sources qui alimentent la cité bonnevilloise diminuaient peu à peu et certaines furent taries ou perdues.... Durant le mois de novembre la situation s’aggravait encore. Nous avons observé seulement 6 journées de pluie (hauteur mesurée : 21 mm,6 !_)
- En même temps, la température baissait sensiblement à partir du 14, et l’on a noté 16 minima inférieurs à zéro dans la basse vallée de l’Arve, entre Cluses et Genève. Jusqu’au milieu du mois de novembre dernier la température fut douce (maxima absolu + 16°, moyennes comprises entre -f- 5° et -f- 8° à l’ombre). Phénomène curieux et rare, du 10 au 30 nous n’avons eu que 2 jours de pluie (les 22 et 23).
- Dès le début de décembre, la situation atmosphérique changea, et la moyenne thermométrique s’éleva rapidement. Chose bizarre, le temps fut, jusqu’au 12, plus doux et plus agréable que pendant le mois précédent. Ainsi,
- 1 Noy. n° 1657, du 8 octobre 1904, p. 298.
- les maxima montèrent de -f- 3° à -)•- 11°, les minima oscillèrent entre — 7° et -j- 3°; quant aux températures moyennes, elles furent toutes supérieures à zéro, remarque assez rare dans le courant de décembre.
- Dès le 7 de ce mois, à la suite des bourrasques signalées sur nos côtes de l’Atlantique et en Angleterre, la pression barométrique baissa brusquement et jusqu’au 13 l’atmosphère fut très troublée. Le minimum barométrique observé fut de 707m/"\l h1 12, à 9 heures du soir (ait. 449 m.); nous avons eu enfin 6 journées de pluie consécutives. Le niveau de l’Arve, très bas jusqu’à cette époque, s’éleva sensiblement durant la journée du 8 décembre ; puis, la température s’abaissant, la neige recouvrit les sommets voisins et descendit peu à peu jusque dans la plaine. Néanmoins, la quantité de pluie tombée jusqu’ici est presque insignifiante et ne peut compenser la longue sécheresse de l’été et de l’automne 1904.
- Ces phénomènes, excessivement rares dans les Alpes, méritaient d’être signalés. Et ici, dans nos vallées, il pleut... et point de neige!... O. Jullien,
- Licencié ès sciences.
- DISTANCES ENTRE DEUX ÉTOILES
- M. J. E. Gore, de Dublin, a donné dans « The Observa-tory » une note fort intéressante sur cette question. 11 rappelle d’abord que, lorsque les distances de deux étoiles à la Terre sont connues, il est facile de calculer la distance qui les sépare. Le problème se ramène, en effet, à résoudre un triangle, dont deux côtés sont donnés ainsi que l’angle compris (la distance angulaire des deux étoiles).
- Appliqué à Sirius et Procvon, ce calcul montre que leur distance est presque exactement égale à la moitié de celle de Sirius à la Terre.
- Entre •/) et fj. de Cassiopée, l’intervalle se réduit à environ 1 /5 de leur distance commune à la Terre.
- Les étoiles doubles constituant des systèmes physiques sont ordinairement beaucoup plus rapprochées. Dans le cas de la 61° du Cygne qui est, après a du Centaure et l’étoile 21185 du catalogue de Lalande, l’étoile la plus rapprochée de la Terre, la distance des deux composantes atteint actuellement 55 fois celle qui nous sépare du Soleil, soit plus de huit milliards de kilomètres. La lumière, avec sa vitesse de 300 000 kilomètres par seconde, ne met pas moins de 7 heures et demie pour aller de l’un à l’autre de ces deux soleils jumeaux. L’éclat de la lumière reçue par chacune des ces étoiles de sa voisine est 90 millions de fois plus intense qu’on ne les voit d’ici, c’est-à-dire plus brillant que celui de la pleine lune.
- Les deux composantes de a du Centaure sont plus rapprochées encore : 24 fois la distance du Soleil à la Terre. Vue de l’une d’elles, l’autre apparaîtrait comme un éclatant petit soleil, mais serait encore si loin qu’à l’œil nu, elle ne pourrait présenter aucun diamètre apparent. Em. Touchet.
- BANDAGES
- POUR CIRCULATION DES AUT0M0RILES
- SDR RAILS
- A côté des voitures automobiles ordinaires, circulant sur les voies de terre, il existe des véhicules automobiles faits pour circuler sur rails, sur voies de fer; ce sont tantôt des wagons comme nous en avons signalé souvent, des wagons automoteurs, tantôt des draisines, des véhicules légers destinés au service d’inspection ou au trans-
- p.102 - vue 106/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 103
- port du personnel en dehors des heures de passage des trains réguliers. Mais on ne possédait pas jusqu’ici un véhicule automobile qui pût indifféremment rouler sur le sol des routes ou sur les rails des voies. Pour arriver à ce résultat, il n’aurait pas suffi que les roues fussent à la (( voie )) voulue, comme on dit, qu’elles offrissent l’écartement môme des rails : en effet, les bandages à boudins et entièrement métalliques, nécessaires au roulement sur les rails, ne se seraient pas prêtés au roulement sur le sol des routes; par contre, la surface arrondie des bandages pneumatiques — ou môme pleins — n’aurait pas réussi à maintenir les roues sur les rails.
- Une Compagnie américaine d’automobiles, la Waltham Manufacturing C°, qui construit, dans ses ateliers de Wal-Iham, dans le Massachusetts, une voiturette connue sous le nom de a Orient Buckboard », vient d’imaginer une solution ingénieuse du problème. Elle donne la possibilité de mettre, en quelques instants, cette voiturette, qui est à l’écartement voulu pour cela, en état de rouler sur rails et de jouer le rôle de draisine. Puis, en quelques instants
- Le remplacement du bandage en caoutchouc.
- également, on la remet dans son état primitif, et elle roulera aisément sur une route de terre. L’usine en question fabrique pour ce type de voiturette des bandages spéciaux qui peuvent se rapporter et tenir par-dessus les pneumatiques, et ces bandages offrent à leur pourtour le boudin caractéristique des roues de wagons : quand donc ils sont en place, rien n’est plus facile que de faire cir-cu'er le véhicule sur une voie ferrée. Tout naturellement, pour les glisser par-dessus les pneumatiques, il faut commencer par dégonfler un peu ces derniers; puis, quand les bandages supplémentaires à boudin sont posés, on regonfle complètement, et la pression de l’air suffit, paraît-il, pour maintenir en place ces dispositifs à boudin.
- Il va de soi que l’opération de pose ou d’enlèvement se fait vite et sans difficultés; les bandages ne pèsent du reste guère chacun qu’une douzaine de kilogrammes. Les fabricants affirment que la solidarité de ces bandages rapportés avec les pneumatiques est telle qu’on peut sans danger faire marcher sur voie ferrée, à une allure de 45 kilomètres, une automobile qui en est munie.
- IL R.
- MERS DE NUAGES :
- Le phénomène de la mer de nuages est l’un des plus merveilleux qui se puisse admirer. Les moyens que l’on a de l’observer ne sont pas absolument du domaine de la vie courante, car il n’y a pas d’autre situation propice à cette contemplation que de planer dans la nacelle d’un ballon, ou d’ètre posté sur une cime élevée, et en outre il faut que
- Fig. 1. — Avant la formation (les nuages. Vallée de Luz (Barèges),
- les conditions atmosphériques veuillent bien être favorables à la formation de ces nappes continues. 11 va de soi que la montagne est le seul observatoire réellement pratique, car on ne monte pas en ballon tous les jours, tandis que, si l’on séjourne quelque temps dans un pays de montagnes, on peut répéter
- Fig. 2. — Formation des nuages. Vallée de Luz (Barèges).
- les ascensions jusqu’à ce que le spectacle attendu apparaisse dans toute son incomparable beauté.
- Les stations montagneuses se prêtent donc commodément à ce genre d’observations, et entre autres, celle de Barèges, dans les Pyrénées, à cause de son altitude et de sa situation, permet aisément d’épier le phénomène. Nous y avons été fout particulièrement favorisés lors d’un court séjour, au mois d’août passé. Ces observations ont été effectuées en compagnie de mon ami et collaborateur M. Bachim.
- Des ascensions fréquentes et prolongées nous onf
- p.103 - vue 107/536
-
-
-
- L A N A T IJ R K.
- 10-4
- lait assister à des mers de nuages d’apparences un jour donné. Parmi les nombreuses photographies variées, et aussi à la formation même du phénomène que nous avons prises, les principales, réunies ici
- Fig. ô. — Début de la mer de nuages. Vallée de I.uz.
- en séries, représentent ces différentes phases ; il est laquelle ces aspects ont été vus, était particuliè-à noter que la période du 9 au 10 août, pendant rement orageuse. A l’allitude où se trouve Barèges
- Fig. 4. — La mer de nuages couvrant la vallée de Luz.
- — 1256 mètres, — dans la vallée descendant du col du Tourmalet jusqu’à Luz, les nuages se forment très fréquemment, au niveau même de la petite ville,
- traînant parfois, à travers les maisons, des lambeaux distincts pareils à des fantômes. Ou bien encore ils se tiennent un peu au-dessus, comme un lourd et bas
- p.104 - vue 108/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 105
- plafond nébuleux. Cette nappe peut très bien n’être pas épaisse et alors il est aisé de la traverser, de monter vers 1800 ou 2000 mètres d’altitude et de
- fois, une sorte de brouillard monte du fond de la vallée de Luz, plus basse que celle de Barèges, et vient remplir celle-ci de grosses condensations s’étalant en nappes épaisses.
- Les photographies I et 2 montrent, au confluent des vallées de Barèges et de Luz, le début même d’une mer de nuages, par un temps très beau le matin, très orageux l’après-midi. Nous nous trouvions là sensiblement au niveau des premières
- Fig. 5.
- Mer de nuages au-dessus de la vallée de Barèges, vue du col du Tourmalel.
- la contempler d’au-dessus. En général, les nuages remplissent très rapidement la vallée, et il est possible de les voir se former autour de soi spontanément, d’abord en volutes à peine sensibles ayant la structure et les mouvements contorsionnés de la fumée de cigarette (dans certains cas) se tordant le long des pentes. Parfois ces volutes se montrent et se dissipent alternativement, comme si les nuages ne pouvaient se décider à se former vraiment. D’autres
- Fitr. F.
- Mer de nuages au-dessus de la vallée de Barèges, vue de l’Observatoire du Pic du Midi.
- nuées, vers 1700 mètres d’altitude, ressant est montré par
- la ligure 1
- Un fait inlé-c’est l’indice
- Fig. 7. — Mer de nuages au-dessus de la France méridionale, vue du sommet du Pic du Midi de Bigorre.
- de l’apparition prochaine des premières vapeurs à l’état visible. A ce même moment, l’œil pouvait percevoir seulement quelques vagues condensations indécises, tandis que le cliché révèle une
- nébulosité générale, emplissant les parties basses, avec un niveau supérieur assez nettement délimité, et occupé par les petites nuées entrevues. La figure 2, prise quelques minutes après, montre avec
- p.105 - vue 109/536
-
-
-
- 106
- LA NATURE.
- quelle rapidité un nuage important s’est formé.
- Les figures 5 et 4, obtenues d’un point élevé à 2200 mètres, représentent encore, au-dessus de la même région, l’extension de la mer de nuages, couvrant en même temps toutes les vallées environnantes; temps très orageux, nous l’avons constaté à nos dépens! Il existait alors un second niveau de gros cumulus, en masses détachées très élevées, dans lesquelles se noyaient parfois les hautes cimes comme celles du Néouvielle (5092 mètres). L’aspect bouleversé de la figure 5 était très caractéristique, avec ces lambeaux sans cesse déchirés et grimpant le long des flancs escarpés encaissants pour se dissiper dès qu’ils atteignaient un niveau déterminé. Vu de plus près surtout, lorsque ces énormes masses bouleversées sautaient vers le point où nous nous
- trouvions, l’illusion avec une mer démontée battant une haute falaise était presque parfaite. C’était bien là la mer des nuages!... A la fin du jour l’ensemble (fig. 4) était beaucoup plus épais et plus calme; cette nappe a persisté une partie de la nuit que nous avons passée, campés près du lac de Glayre. Au milieu de la nuit nous avons subi un orage violent, puis les assauts d’un vent terrible qui a tout dissipé aux premières heures du matin.
- L’apparence plus calme, (pie la mer de nuages semble prendre à la fin du jour, est montrée encore par certaines des quatre photographies suivantes, se rapportant au même océan nuageux s’étendant le 12 août sur une grande partie de la France, et vu au-dessus de différentes régions. La figure 6, prise de l’Observatoire du pic du Midi, au milieu du jour.
- Fig. 8. — Bords <le la mer de nuages, dans les
- montre toute la vallée de Barèges (limitée au fond par le massif de l’Ardiden, surmonté du Vignemale avec ses glaciers) couverte par des nuages aux formes sautantes, tandis que le soir, la même nappe (fig. 5), vue du col du Tourmalet, avait des formes plus calmes, en grosses vagues arrondies. Ce spectacle était d’une grande beauté. Le niveau de cette mer était compris entre 1800 et 1900 mètres.
- Le même jour, du sommet du pic du Midi, aussi loin que le regard pouvait s’étendre, la nappe blanche couvrait la France méridionale, sans limite apparente (fig. 7). Vue de très haut, cette immensité, aux linéaments presque immobiles, donnait plutôt l'impression de la banquise boréale, telle que Nansen nous l’a décrite merveilleusement et montrée par ses précieuses photographies.
- Cet ensemble général d’un même océan nuageux s’étendant dans des conditions très diverses, était intéressant à observer. Au-dessus de [cej que l’on
- Pyrénées, vus de l’Observatoire du Pic du Midi.
- peut considérer comme la plaine, de grandes étendues tranquilles, commençant à se disloquer dès que la nappe vient rencontrer les premiers massifs montagneux (fig. 8) où elle trouve un état atmosphérique forcément très diversifié.
- Puis, dans les vallées où la couche s’étendait comme en des fjords aériens, ce sont encore des aspects différents, à cause des conditions de ces régions plus encaissées.
- Ces quelques lignes ont eu pour but de présenter un certain nombre de types de ces magnifiques formations, d’une façon bien modeste, il est vrai. Mais aussi fidèle que soit la photographie, elle ne saurait rendre, non plus que le pinceau ou le crayon le plus habile, l'ampleur saisissante de ces paysages aériens, ni l’impression particulière et profonde que l’on ressent devant un aussi admirable tableau.
- Lüciex Rudaux.
- p.106 - vue 110/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 107
- NOS ANIMAUX DOMESTIQUES
- DANS LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE
- LE MOUTON1
- Ainsi que le boeuf, le bélier fut de bonne heure fort apprécié des habitants de l’Égypte. Se vêtissant de sa laine, se nourrissant du lait des brebis qui, tous les ans, leur donnaient une double portée2, ils pratiquèrent l’élevage du mouton dès l’ancien empire; divers monuments, où cet ovidé figure par troupeaux, nous en montrent plusieurs espèces que nous allons successivement examiner.
- Le mouflon à manchettes (Oins tragelaphus Linné). — Dans toutes les contrées rocheuses de l’Afrique septentrionale, en Nubie, dans quelques régions de l’Abyssinie et du Kordofan, vit encore un mouton sauvage dont l’espèce semble être le passage des chèvres aux moutons. Quelques naturalistes la rangent même parmi les premières. Ce quadrupède a une longue crinière sous le cou et deux autres plus courtes à chaque poignet, ce qui lui a valu le nom •de mouflon à manchettes. 11 est plus grand que le mouton ordinaire et mesure parfois jusqu’à 2 mètres de long sur lm,15 de hauteur. Élégant de formes, il a le chanfrein droit ou légèrement concave, les jambes grêles, la queue très courte, les oreilles droites et pointues ; ses cornes, ridées transversalement, se dirigent d’abord vers le haut, puis se recourbent en arrière et en dehors, son poil est roux, fauve ou jaune foncé. C’est ainsi que sous le nom de « abou », il est représenté dans un hypogée de Beni-Hassan, mais avec un poil brun rouge foncé, les pieds et les cornes jaunes (fig. 1).
- On a trouvé des momies de mouflons à manchettes dans des syringes, aux environs de Gizeh ; leur tête était un peu relevée et les membres complètement repliés sous le corps3. C’est ce ruminant qui, avec des transformations successives, dont on suit la trace sur les monuments depuis les temps préhistoriques jusqu’à la IVe dynastie, serait la souche du plus ancien mouton domestique de la vallée du Nil4. Voici d’abord une plaque de schiste, du musée égyptien du Caire, où figurent, superposés, trois rangs d’animaux ; les deux rangs supérieurs représentent des bœufs et des ânes; celui du bas des mouflons aux cornes horizontales et pourvus chacun
- 1 Voy. na 1590, du 14 novembre 1905, p. 378.
- 2 « Diodore de Sicile », liv. I, 87.
- 3 Lortet et Gaillard : « La faune momifiée de l’ancienne Égypte », p. 102-104.
- 4 G. Thilenius : « Das ægyptiscbe Hausschaft » (Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l’archéologie égyptienne et assyrienne, vol. XXII, fasc. 4. Paris, 1900). L’idée suivant laquelle le mouflon à manchettes serait l’ancêtre direct de certains moutons fut aussi soutenue, jadis, par Cuvier. Dans la Faune momifiée de l’ancienne Égypte, p. 19 et suiv., MM. Lortet et Gaillard, se basant sur la structure de quelques fragments de crânes, recueillis à Nagada, dont les cornes sont identiques à celles de l’animal représenté sur la plaque de schiste du musée du Caire, y voient un mouton proprement dit et non le Tragelaphus.
- d’une longue crinière (fig. 2). Sur un cartouche de Khoufou, le nom de Khnoum est écrit avec un mouton de même espèce (fig. 5). Dans un autre bas-relief, hi la crinière a disparu, modification apportée par la servitude, on retrouve tous les caractères du type originel; la queue courte; les cornes sont ici également affaissées et suivent une direction horizontale; les oreilles ont perdu un peu de leur rigidité et commencent à tomber sur la joue.
- Le premier mouton domestiqué nommé « ser », par les Égyptiens, était donc autochtone. Ils l’élevaient non seulement au point de vue de l’alimentation, mais ils s’en servaient aussi, comme auxiliaire, pour le hersage des champs. Un bas-relief de l’ancien empire nous montre des valets qui, à coups de lanières, dispersent un groupe de ces animaux à travers les terres que des bœufs sont en train de labourer (fig. 4). Maigre, sec, vif d’allures, c’est surtout chez celui-ci que se sont maintenues les qualités natives du Tragelaphus.
- Quoique de même origine, le mouton élevé au pâturage semble appartenir à une autre race, tant il forme contraste avec le précédent; il est plus gros, moins élancé, ses oreilles sont plus longues et plus flasques, la queue est aussi plus longue, les jambes moins grêles ; nous ne le trouvons point disséminé en petits groupes à travers champs ; il vit par grandes agglomérations. Voici un troupeau, ne comptant pas moins de 974 têtes de bétail, dans lequel on distingue des brebis aux longues mamelles pesantes de lait.
- Pendant la durée de l’ancien et du moyen empire, ce mouton paraît être le seul connu des Égyptiens ; on ne rencontre que son image dans les scènes de la vie usuelle, et les sujets religieux nous le montrent comme l’emblème du dieu Khnoum, l’antique fabri-cateur de l'univers.
- Ovis aries Linné. — En pénétrant dans la vallée du Nil, les Pasteurs y introduisirent, entre autres animaux, un mouton domestiqué depuis longtemps et dont on voit des reproductions sur les plus anciens monuments d’Àssour et de Chaldee; il descendait de l’Argali, le mouton sauvage d’Asie d’où proviennent les races innombrables de nos bêtes à laine. Cet ovidé avait déjà, sous la XIIe dynastie, fait une première apparition en Égypte ; amené à cette époque, sans doute comme curiosité, il ne figure qu’à Beni-Iiassan, mêlé à des moutons indigènes, dans le tombeau de Khnoum-Hotep. Mais, à partir de la XVIIIe dynastie, il prend une importance tellement considérable qu’il finit, peu à peu, par supplanter le mouton primitif dont on n’arrive à trouver de trace que sur les monuments ayant un caractère symbolique1. Deux béliers de cette race exotique, reproduits au tombeau d’Anna, ont de longues oreilles pendantes, des -cornes assez fortes recourbées d’abord en arrière et vers le bas, puis, en avant, la pointe dirigée vers le haut et en dehors ; ils ont les
- 1 Voir dans le Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l’archéologie égyptienne et assyrienne, vol. XXII, liv. 4, le mouton domestique en Égypte, parole Dr G. Thilenius.
- p.107 - vue 111/536
-
-
-
- 108
- LA NATURE.
- cornes et les sabots noirâtres, la toison rose ; quelques mèches, parfois très longues, semblent indiquer une laine fine et soyeuse.
- Les musées de Londres et de Berlin possèdent des momies de ce quadrupède. Une des variétés de ce ruminant est le mouton à large queue dont parle Hérodote1 et qui, de nos jours encore, est fort répandu dans la haute Égypte.
- Au témoignage de Pline, les habits râpés garnis avec la laine du mouton d’Égypte faisaient encore un long usage. Comme tous les Orientaux, sémites ou autres, les Égyptiens tenaient h calamité de
- mourir sans postérité ; aussi, pleins d’admiration pour la nature prolifique du bélier, ils lui vouèrent
- un culte et le consacrèrent au dieu Khnoum. C’est Bi-en-Nuter, troisième roi de la IIe dynastie qui, pour rendre hommage à la fécondité, institua le culte du bélier. Vivant emblème de l’esprit de Ra, ce bélier s’appelait Binebtat et on l’adorait à Men-dès où s’élevait son sanctuaire. Sur les monuments, cette divinité est toujours représentée avec quatre cornes (fig. 5), particularité n’ayant rien d’extraordinaire, puisqu’on voit des moutons à quatre, six, et jusqu’à
- Fi". 1. — Le mouflon à manchettes.
- Fig. 2. — Fragment de la plaque de schiste du Musée du Caire.
- Fig. 5. — Cartouche de Khoufou.
- huit cornes ; mais ce qu’il y a d’anormal dans cette re- races différentes, celles du haut sont empruntées au production, c’est que les cornes appartiennent à deux mouton africain, les deux autres à l'ovis aries,
- Fig. i. — Le hersage des champs.
- importé d’Asie sous le moyen-empire. Toutefois, comme il ne peut, ici, être question d’un croisement, nous devons y voir le résultat d’une convention pour concilier deux ordres de choses distincts.
- • Liv. II. • * •
- Par les avantages qu'on en retirait et sa grande supériorité sur le mouton africain, le mouton asiatique prit bientôt une extension considérable et pénétra même dans les sanctuaires. A Thèbes, la ville sainte d'Ammon, on en fit l’emblème de cette divi-
- p.108 - vue 112/536
-
-
-
- LA NATURE.
- KH)
- nité, et jusqu’à la lin delà monarchie pharaonique, il servit de modèle aux sphinx criocéphales, dans le genre de ceux qui, à Karnak, ornent les avenues reliant les temples d’Ammon, de Mauth et de khonsou (fig. 6). Quand on voulut représenter Binebtat, on lui donna aussi la forme de Yovis aries ; mais comme il fallait, pour n’èlre point en contradiction avec un usage consacré par les siècles, rappeler l’antique di-viuité de Mendès, on imagina d’ajouter à cette reproduction les cornes du mouton africain; poussant la logique jusqu’au bout, on attribua au dieu khnoum les cornes du bélier d’Am-mon.
- L’esprit religieux des Égyptiens alla même, sans doute par respect des vieilles tra-
- ditions, jusqu’à entretenir, dans le sanctuaire de Mendès, un mouton autochtone lequel, ressemblant plutôt à un bouc qu’à un bélier, était généralement désigné sous le nom de Bouc de Mendès. Ainsi s’expliquerait le récit d’Hérodote, disant que dans le nome de Thèbes, où l’on considérait le bélier comme sacré, on immolait des chèvres et on épargnait les brebis, tandis que dans le nome mendésien, on immolait des brebis et on épargnait les chèvres1.
- Le temple de Binebtat, imposant par son architecture grandiose, était d’une prodigieuse magnificence. Il avait des portes en bois d’acacia revêtu d’or, des colonnes ornées de sculptu-
- 1 Hérodote, II. Suivant Plutarque (traité d'Isis cl d'Osiris, 7i), les Lycopoliles mangeaient seuls du mouton parce que le loup qu’ils vénéraient était son ennemi.
- 2 Plutarque. Que les bêtes ont l’usage de la raison.
- Fig. 5. — Le bouc de Mendès (bas-relief du Musée du Caire).
- res rehaussées de brillantes couleurs; le cèdre, l’ivoire, le lapis en décoraient les soubassements, et de blancs rideaux, lourds de pierreries, dérobaient aux profanes la vue des tabernacles. De toutes parts des amoncellements de lleurs, des plantes odorantes. Un cortège de prêtresses, choisies parmi les femmes les plus belles2, veillaient sur le dieu. Couronnées de lotus, les yeux agrandis par l’antimoine, le corps teint de henné et dont aucun voile n’altérait la beauté des contours, elles le servaient dans une atmosphère de parfums. Telle était la résidence où, les mains chargées de présents somptueux, venaient lui rendre hommage les princes, les reines et les rois.
- On tenait en si grand honneur le culte du bélier, qu’un fds ne pouvait, sans y être initié,
- p.109 - vue 113/536
-
-
-
- 110
- LA NATURE.
- succéder à son père dans les fonctions sacerdotales.
- A l’époque romaine, ce mythe n’avait rien perdu de son prestige; les sculptures du temple d’Esneh nous montrent l’empereur Anlonin en prières devant quatre béliers, symbolisant l’esprit des éléments. Ce quadrupède contribua de môme à personnifier les vents des quatre points cardinaux. Ces différentes brises sont représentées par des animaux criocéphales d’espèces diverses et munis, pour exprimer la vitesse des courants aériens, d’une double paire d’ailes éployées. Au vent de l’est, direction du soleil à son lever, on donne l’image du scarabée, emblème de perpétuelle renaissance; la vigueur prolifique du bélier le désigna pour exprimer la forte brise du nord (lig. 7); on figura par le lion criocéphale, la brûlante haleine du midi et par l’épervier, le souffle de l’ouest.
- Ce n’est pas seulement dans les régions célestes, mais encore à travers les replis du sombre Tiaou1, que le bélier promenait sa face rayonnante. Sur les parois des syringes royales, nous le voyons parcourir l'abîme des ténèbres, écraser les monstres typhoniens et reparaître triomphant à la lumière.
- Vénéré des Mendésiens, autant qu’Apis pouvait l’ètre des habitants de Memphis, le bélier était, après sa mort, conduit en grande pompe à une nécropole spéciale où on le déposait dans un sarcophage de granit ou de basalte noir. Des prêtres se mettaient aussitôt à la recherche d’un successeur que des signes particuliers leur faisaient reconnaître.
- Suivant une coutume, perpétuée des temps anciens, la consécration du nouveau bélier devait être faite par le roi en personne. Elle donnait lieu à des fêtes splendides. Une stèle du règne de Ptolémée Philadelphe raconte les divers épisodes de cette cérémonie : « L’an 22 on vint dire à Sa Majesté :
- « Voici qu’un Bi-ank2 3 4 s’est produit dans la campagne « occidentale de Mendès..., pour que ta Majesté l'ins-« talle en sa place. Qu’aillent donc les scribes savants « dans les livres des cités où est honoré le bélier, pour « voir s’il a bien les signes » .Un amena donc cinq experts de leurs villes et après que les scribes savants l’eurent vu..., ils certifièrent qu’il présentait les signes voulus et lui donnèrent son titre d’àme vivante. Accompagné des prophètes, des prêtres, des hauts officiers et des chefs des nobles, le roi accomplit tous les rites, selon qu’il est prescrit dans les livres et, après cela, célébra dans le temple la consécration. Mendès reprit sa vie et la ville entière fut en fêter>. »
- Le bélier est l'un des animaux dont les médailles reproduisent le plus souvent l’image. 11 figure surtout sur les monnaies des localités pratiquant le culte d’Ammon, tels sont les nomes : Hypsélites, dont le nom signifie bélier blanc, Mendésius, Xoïtes, Diospolites, Gynœcopolites, Maréotes, LibyaL
- 1 L'autre monde,
- a Ame vivante. Nom officiel du bélier de Mendès.
- 3 Mariette : Monuments divers recueillis en Égypte et en Nubie. PI. 43, 45.
- 4 Zoëga : « Numi Egyptii », p. 124, note 224, — J. de Rongé : « Monnaies des nomes de l'Égypte ».
- La place qu’occupe le bélier dans la décoration est aussi fort importante. Tous les objets en usage pour le culte d’Ammon, meubles, couronnements de naos, voiles tendus devant les tabernacles, vases à libations, etc., etc., portent son effigie. A la proue et à la poupe des barques divines s’élève, généralement, surmontée du disque solaire, une tète de bélier, la gorge entourée d’un large collier d’or, constellé de pierreries. Toujours habiles à tirer des exigences symboliques un merveilleux parti, les artistes égyptiens surent, en exécutant ces compositions variées, produire des œuvres d’art originales et d’un grand effet monumental.
- P. Hippolyte-Boussac.
- NÉCROLOGIE
- l*aul Henry. — Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. Paul Henry, astronome à l’Observatoire de Paris; il a succombé aux suites d’une congestion. Au mois d’août 1903, M. Prosper Henry1, le frère le plus jeune, avait déjà été victime d’un accident de montagne.
- Les deux frères avaient été attachés à l’Observatoire par M. Le Verrier, qui avait remarqué leurs aptitudes pour l’astronomie d’observation. Ils étaient excellents opticiens, et ils ont construit les plus grands objectifs du monde. Ils ont découvert ensemble quatorze petites planètes. Leur œuvre principale, à partir de 1882, a été la construction de la carte du ciel, à laquelle travaillent en ce moment dix-huit Observatoires répartis sur la surface terrestre.
- Nous ne pouvons oublier que M. Paul Henry, comme M. Prosper Henry, a été collaborateur de La Nature, et a bien voulu préparer pour nous pendant de longues années le Bulletin astronomique, que nous publions tous les trimestres et qui donne la position des principales planètes et indique les principaux phénomènes astronomiques. __><>o— L L.
- CHRONIQUE
- Locomotives à pistons verticaux. — Il ne faut pas croire qu’on ait complètement abandonné ce dispositif qui avait fait fortune aux débuts des chemins de fer : en réalité on y recourt souvent dans les grandes exploitations forestières américaines, et l’on vient de l’appliquer sur une machine du Chesapeake and Ohio Railroad, qui présente cette particularité d’avoir en ordre do marche un poids adhérent de f 50 tonnes réparti sur huit paires de roues. Sur le côté droit de la machine, on avant du foyer, sont 5 cylindres verticaux avec manivelles calées à 120°, et qui actionnent par des bielles un arbre horizontal se prolongeant tout le long de la machine et du tender, pour transmettre le mouvement à chaque essieu : naturellement cet arbre est composé de segments articulés, un par bogie.
- La construction des bateaux au patron. — C’est aux États-Unis que nous rencontrons cette tentative intéressante, qui permet évidemment de construire beaucoup plus vite et beaucoup moins coûteusement, puisqu’on travaille en série : on sait du reste que les Américains affectionnent, avec raison, cette méthode, qu’ils la suivent notamment pour la construction des ponts, au moins
- 1 Yoy. n° 1576, du 8 août 1903, p. 158.
- p.110 - vue 114/536
-
-
-
- LA NATURE.
- lit
- d’une faible portée, les maisons spéciales ayant en magasin des collections de ponts d’un type uniforme pour une portée unique ou pour différentes séries de portées. Naturellement, pour travailler ainsi, il faut être assuré de vendre par grandes quantités, et, en l’espèce, on avait à construire 120 bateaux absolument semblables. Disons de plus qu’il s’agit d’embarcations de faibles dimensions, puisque ce sont des embarcations de 0 mètres, destinées à la marine de guerre et spécialement à la pose des mines sous-marines. Pour exécuter cette fourniture d’importance, la Société qui en était chargée, l’Electric Launch Co, de Bayonne (dans l’Etat de New Jersey), a établi un premier modèle, puis a fait dresser des gabarits et patrons de toutes les pièces diverses entrant dans la composition de ces bateaux, et 119 séries de ces pièces ont été établies d’après ces gabarits. Le découpage se fait grâce à un dispositif mécanique qui suit avec le couteau ou la scie le contour du gabarit et livre une pièce terminée.
- L’utilisation des gaz des fours à coke et leur application à la force motrice. — On commence d’appliquer les gaz perdus des fours à coke à peu près de même façon que les gaz perdus des hauts fourneaux. On s’est aperçu qu’on en peut tirer parti pour le chauffage même des fours ou pour celui de générateurs à vapeur, pour l’éclairage, et aussi et surtout pour l’alimentation de moteurs tournants. On ne compte pas encore un grand nombre de ces installations, mais nous en pourrions citer à Altemvald, dans le bassin de la Saar, à Neunkirchen, à Minsterstein, où fonctionnent des moteurs de 125 et de 550 chevaux alimentés de la sorte; aux établissements Borsig, il en existe un de 600 chevaux.
- Un réservoir d’eau de dix millions de mètres cubes. — Bien entendu nous ne parlons point d’un lac formant réserve pour une captation d’eau, mais bien d’un réservoir construit pour pourvoir directement aux besoins d’une grande ville. Il s’agit du réservoir de Jérome Park, à New-York, qui est commencé depuis 9 ans et demandera encore une année pour être achevé. Il est en grande partie installé en déblai; sa longueur est de 1768 mètres, sa largeur atteint jusqu’à 800 mètres, il comportera une surface couverte de 97 hectares, et sa capacité sera de
- 10 millions de mètres cubes. La profondeur moyenne de l’eau y sera de bien près de 8 mètres.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 janvier 1905. — Présidence de M. Tboost.
- Dusage de l'oxyde de carbone dans l'air. — M. A. f.autier rappelle que si l’on ajoute une petite quantité d’oxyde de carbone à de l’air complètement dépouillé de ce gaz et si l’on fait passer le mélange sur de l’acide iodique chauffé, on peut retrouver tout l’oxyde de carbone. MM. Albert Lévy et Pecoul ont utilisé cette expérience pour construire un appareil qui permet à une personne, étrangère aux procédés de laboratoire, de déterminer sûrement et de la manière la plus simple la proportion d’oxyde de carbone contenue dans l’air atmosphérique. Cet appareil occupe une caisse peu volumineuse ;
- 11 se compose essentiellement d’un réservoir faisant l’office d’aspirateur, d’un tube à acide iodique pouvant être chauffé à 60 ou 80° au moyen d’une lampe à alcool, enfin d’un tube contenant du chloroforme dans lequel l’iode mis en liberté vient s’échapper. Sous l’action de l’iode, le liquide se colore en rose plus ou moins vive-
- ment, suivant que la quantité d’iode est plus ou moins considérable. On conçoit qu’en opérant avec des mélanges d’air et d’oxyde de carbone titrés d’avance, il est possible de préparer des tubes étalons. Si ensuite on opère sur de l’air atmosphérique, on connaîtra la teneur par comparaison de la coloration du tube d’expérience avec les tubes étalon. Les tubes de même coloration correspondent à des teneurs identiques. Ce procédé, bien que très simple et très pratique, permet de doser des quantités infinitésimales, telles que 5/100 000. Les auteurs n’ont pu trouver trace d’oxyde de carbone dans l’atmosphère parisienne, malgré le volume énorme des gaz de combustion qu’elle reçoit.
- Constitution de météorites. — M. II. Moissan présente, en collaboration avec M. F. Osmond, une Note sur l’étude micrographique de la météorite de Canon Diablo. En étudiant une surface métallique de cette fameuse météorite, ces savants sont arrivés à démontrer que, même dans les parties qui paraissent homogènes, on rencontre souvent des noyaux formés de couches superposées de phos-phure et de carbure de fer. De plus, l'étude des nodules leur a fait voir que ces derniers sont formés de troïlite, c’est-à-dire de sulfure de fer entouré aussi de couches successives de phosphure et de carbure. La composition de cette météorite est donc très complexe et cet examen micrographique permet de conclure que la masse métallique a été soumise à des pressions violentes, car dans certains nodules, la troïlite a été comme laminée et a pris une structure schisteuse.
- La sensibilité de l’oreille. — M. d’Arsonval analyse un travail de M. le Dr Marage sur la perception des voyelles, la note d’émission et la distance à laquelle la perception a lieu. Les expériences de M. Marage ont été faites au moyen de la sirène à voyelles, attendu que dans le chant de l'homme on ne peut mesurer le débit d’air. En résumé, à une distance constante, chaque voyelle est perçue, pour un minimum d’énergie déployée, sur une note déterminée. Par suite, l’oreille entend mieux certaines voyelles quand elles sont émises sur certaines notes. Cela explique pourquoi les chanteurs sont conduits à déformer certains mots pour les chanter. L’é et Yi ne portent que sur des notes aiguës; l’o et l’a portent la voix. L’éducation de l’oreille n’est pour rien dans les constatations, car les expériences d’audition ont été opérées sur un chanteur de profession et sur un homme de la campagne dépourvu de toute pratique de la musique. Ces faits sont d’ailleurs importants à connaître pour le médecin qui veut mesurer l’acuité auditive d’un malade. L’acumètre doit pouvoir rendre, comme la sirène à voyelles, des sons dont le timbre et la hauteur sont constants, l’intensité seule étant variable. M. Marage conclut qu’il y aurait probablement lieu de modifier la note émise par les sirènes des phares, note qui est actuellement le ré5 ; il y aurait, en effet, d’autres notes portant plus loin avec une dépense d’énergie moindre.
- 1 Ch. de Villedeuil.
- L’INTRODUCTION DES PLANTES RARES
- AUX ÉTATS-UNIS
- Le Département américain de l’Agriculture a eu l’idée assez originale, et fort pratique, au moins en principe, de charger un de ses représentants de parcourir pour ainsi dire le monde entier à la recherche
- p.111 - vue 115/536
-
-
-
- LA N A TME.
- lh>
- de plantes, de graines, qui puissent être cultivées, introduites sur le sol des États-Unis, et donner lieu à de nouvelles industries agricoles. C’est ainsi que, dans une mission au sud du continent Américain, l'envoyé du Ministère a recueilli le coton brun du Pérou, dont l’utilisation normale est du reste de servir à frauder les laines.
- Une croisière prolongée dans l’archipel Malais permit de rapporter des graines intéressantes à bien des égards, et susceptibles de pousser parfaitement sous le climat des parties méridionales de l’Union. Des dattiers de la fameuse région de Pagdad ont été rapportés et plantés dans l’Arizona ou même en Californie. On a récolté des orges de Moravie, des raisins de la variété Sultaninc ; on a importé et planté en Californie et dans les Étals du Golfe du Mexique les bambous du Japon, à contexture si dure; de même on a introduit sur le sol américain l'arbre à papier japonais, et i’on compte bien faire du papier japonais dans la Confédération. Comme les citoyens des États-Unis sont très friands de fruits tropicaux, on a également planté sur certains points les fameux m a n -gliers de Porlo-Itico, et l’on compte récolter bientôt des « mangos » aussi délicieux que ceux qui proviennent de la nouvelle possession. Qu'on ne s’étonne pas, du reste, de voir introduire sur le sol de l’Amérique du Nord des fruits, des plantes, des graines provenant de régions si différentes, de climats si variés; il faut en effet se rappeler que les États-Unis jouissent des climats les plus divers dans leur immense étendue.
- UN LABORATOIRE BOTANIQUE
- DANS LE DÉSERT
- Les laboratoires et stations botaniques, zoologiques, se multiplient un peu dans tous les pays, sous la forme d’établissements destinés à l’expérimentation ou simplement à l’observation : c’est qu’en histoire naturelle, il importe au premier chef de pouvoir saisir la nature sur le vif, et il est indispensable pour cela que les observateurs aient à leur disposition une sorte de poste leur permettant de vivre dans le milieu même où ils veulent faire leurs
- observations. On comprend que cela est particulièrement indispensable quand il s’agit de travaux à poursuivre dans une région désertique, tellement inhospitalière qu’on n’y rencontre, pour ainsi dire, aucune agglomération, aucune habitation humaine. C’est le cas pour certaines parties de la vaste Confédération américaine, dont il a parfois été parlé ici ; et c’est pour cela que le Comité consultatif de botanique de l’Institution Carnegie a décidé assez récemment de créer une station désertique. Nous pouvons montrer, d’après une publication même de l'Institution, la région qui a été choisie, et son aspect lamentable de solitude et de sauvagerie. C’est un coin de l’Arizona, près de Tucson, où l’on peut étudier tout à loisir les relations qu’il y a entre la végétation et un climat particulièrement sec et aride, en même temps qu’un sous-sol d’une nature toute spéciale. D’ailleurs, avant de faire ce choix définitif, deux
- botanistes distin-
- ~ : | gués, MM. F. -Y.
- I Colville et le docteur Mac Dou-gal, avaient reçu mission de parcourir les régions les plus désertiques des États-Unis, afin d’éclairer le Comité, et de permettre de choisir un pays aussi exceptionnel que possible au point de vue de sa végétation. Les deux botanistes en ont profité pour rapporter une moisson ample et bien curieuse des plantes désertiques des différentes régions de l’Union. Ils ont pu faire notamment des observations caractéristiques, non seulement sur tous ces cactus dont les tissus charnus forment pour la plante des réserves d’humidité, mais encore sur le yucca radiosa, qui réussit à ne point se laisser engloutir par les sables mouvants. Il allonge graduellement son tronc au fur et à mesure que s’épaissit la dune qui se forme à son pied, et l’on en a trouvé qui dépassaient de leurs feuilles une dune de 9 mètres de haut, après avoir pris racine primitivement au niveau de la plaine non encore envahie par les sables.
- On peut voir, d’après la photographie ci-jointe, prise à la porte de la nouvelle station botanique, ipie les observateurs auront devant eux des kilomètres et des kilomètres de désert.
- Le Gérant : I’. Masson.
- Vue du désert où s’installe le laboratoire.
- Paris. — Imi>riincrie Lahkre, rue de Heuros, 3,
- p.112 - vue 116/536
-
-
-
- N# 1652. — 21 JANVIER -19 05.
- LA NATURE.
- nr>
- LA. FORMATION DE LA STRUCTURE TERRESTRE
- Parmi toutes les merveilleuses conquêtes de la science moderne, celles de la géologie ont assurément moins de popularité et d’éclat que bien d’autres d’égale valeur. Cela tient un peu à ce que la géologie est une science très jeune, dont les méthodes n’ont que récemment acquis la rigueur et la précision nécessaires pour forcer les convictions et entraîner la certitude; c’est un peu aussi la faute des géologues eux-mêmes, qui n’ont pas toujours su faire comprendre leurs procédés spéciaux de raisonnement et d’expérimentation, ni mettre en lumière, dans une langue claire et compréhensible, la grandeur des résultats obtenus. Pourtant ni les conséquences pratiques, ni la valeur philosophique ne manquent à ces découvertes de la géologie. Pratiquement, n’est-ce pas quelque chose que d’apprendre à chercher, sous 1000 ou 1500 mètres de terrains stériles, un gisement de houille, de pétrole ou de sel, que rien à la surface ne décèle ; philosophiquement, la curiosité scientifique ne trouve-t-elle pas le plus vif intérêt à découvrir comment la Terre s’est constituée au milieu de l’espace, à reconnaître son rôle et sa place entre tous les astres, qu’étudie, d’autre part, l’astronomie, à deviner comment se sont groupés ses atomes, à pouvoir enfin résumer en une grandiose opération de métallurgie interne, la formation de ses roches et de scs minerais1 '! Je vais essayer d'exposer sommairement cette histoire géologique de la Terre, de sa structure et de son relief montagneux, telle qu’on peut aujourd'hui la
- 1 Ce sont ces méthodes de recherches et ces résultats acquis, ces découvertes de la géologie, que j'ai cherché à faire connaître dans un ouvrage en publication sur la Science géologique (Paris, Armand Colin), en montrant comment s’est formée historiquement cette méthode et comment elle a acquis peu à peu une rigueur comparable à celle des autres sciences physiques ou astronomiques.
- 33' année. — 1er semestre.
- concevoir par la synthèse d’innombrables travaux; ce n’est pas là, comme on le croirait d’abord, un simple roman en l’air ni une hypothèse plus ou moins fantaisiste, ainsi que les naturalistes du xvme siècle pouvaient en imaginer sur un tel sujet ; les phénomènes dont il va être question, et dont les proportions grandioses, dans l’espace comme dans le temps, étonnent l’esprit, peuvent être considérés comme déduits des observations avec une approximation déjà satisfaisante, qui devient chaque jour plus forte. Les lois géologiques, qui vont être
- énoncées, sont donc véritablement des lois scientifiques.
- La première idée, un peu surprenante au premier abord, à laquelle il faut s’accoutumer avant tout pour comprendre une telle histoire, c’est que les chaînes montagneuses sont, dans le relief terrestre, en des appa-, un élément très récent, très jeune et très éphémère, de même que certaines dépressions océaniques, dont l’Atlantique est la principale. 11 est facile, en etlet, de déterminer l'âge d'une montagne, de rattacher l’àge de celle montagne à une des périodes qui ont reçu un numéro d’ordre bien déterminé dans la série chronologique établie par les géologues. Il suffit de retrouver, dans cette montagne, à l’état disloqué, bouleversé, plissé, des dépôts marins d’un âge déterminé, des sédiments datés par leurs fossiles marins comme par des médailles, pour pouvoir affirmer que le mouvement, auquel est due la surreclion de la chaîne montagneuse, est postérieur à l'àge de ces dépôts, puisque, pendant leur formation, il existait, sur cette même place, où se dressent aujourd'hui des cimes et des glaciers, une mer, dont les sédiments, d’abord horizontaux, ont été ensuite soulevés en l’air et plissés comme une feuille de papier par les forces internes.
- Un semblable travail d’identification, de détermi-
- JKrcctions de plissement ----------Axas de fracture tertiaires
- Carte générale des zones de |dissemenl terrestre dans l'hémisphère boréal, en projection polaire.
- p.113 - vue 117/536
-
-
-
- m
- LA NATURE.
- nation chronologique, ayant été fait peu à peu dans toutes les parties de la Terre, les géologues sont arrivés à reconnaître l’àge de toutes les montagnes actuelles, à voir que cet âge différait suivant les points et, résultat peut-être encore plus imprévu, à démontrer, avec la même précision rigoureuse, qu’il a existé, sur des parties du globe aujourd’hui absolument aplanies et nivelées, des chaînes orographiques plus anciennes, jadis semblables à nos Alpes ou à notre Himalaya, mais ensuite érodées, détruites jusqu’à la racine par le travail prolongé des eaux, des actions glaciaires, des altérations atmosphériques et des vents.
- 11 n’y a, dans de semblables constatations, pour ainsi dire, aucune part d’hypothèse et, si tel ou tel point de détail peut demeurer discutable, surtout pour les continents dont l’exploration est encore incomplète, les résultats divers concordent dès à présent assez bien sur toute l’étendue du globe pour qu’on puisse en dégager la loi.
- Or cette loi, que met en évidence la petite carte ci-jointe, est bien curieuse et bien nette. A l’inspection seule de cette carte, où j’ai représenté par des teintes de plus en plus claires les parties de la Terre dans l’ordre où elles se sont plissées, c’est-à-dire transformées en chaînes montagneuses, et, après ce plissement, consolidées, on voit aussitôt que, pour la partie septentrionale de notre hémisphère boréal, la consolidation, partie du pôle, a gagné progressivement vers l’Équateur oh existait, d’autre part, une seconde ceinture primitivement consolidée et les plissements se sont propagés dans le même ordre.
- Cela revient à dire que les premières saillies montagneuses de notre hémisphère ont d’abord surgi en deux couronnes concentriques : l’une autour du pôle arctique, l’autre entre le Tropique et l’Équateur, dans une série de régions, telles que la Sibérie, le Canada, le Groenland, la Scandinavie, l’Afrique Centrale, l’Inde et le Brésil, où les paysages ont pris aujourd’hui un aspect de plateaux si caractéristiques, précisément parce que les saillies montagneuses, étant plus vieilles, ont été plus complètement détruites. Puis une autre ride semblable 's’est dressée autour des premiers môles arctiques à travers les régions de l’Europe qui constituent aujourd’hui le Plateau espagnol, le Plateau central français, le Plateau de Bohême, le Plateau russe. Enfin toutes les saillies orographiques actuelles du globe forment un troisième ensemble de plissements particulièrement récent, dont l’unité géologique apparaît par ce rapprochement d’âge; les Alpes, avec leurs rameaux divergents, tels que les Pyrénées, la Cordillère bé-tique, l'Apennin, les Alpes dinariques, etc., vont ainsi, par le Caucase, se rattacher à l’Himalaya et à l’Archipel Malais, pour remonter par le Japon rejoindre les rides Ouest-Américaines.
- Aujourd’hui, la zone réservée aux plissements futurs, celle où, si l’histoire géologique se continue comme elle a commencé, pourrait surgir un jour une nouvelle chaîne alpestre, est celle qui rattache
- la Méditerranée au golfe du Mexique et à la mer des Indes et sur laquelle l’action des forces internes, l’instabilité de la croûte terrestre se manifestent à nous par la fréquence des tremblements de terre.
- On peut même aller plus loin et saisir plus exactement le mécanisme de ces plissements, en concevoir par conséquent la cause, sans faire intervenir pour cela aucune considération technique. Le principe général de tous ces mouvements, c’est en elfet la contraction progressive de la sphère terrestre, dont le noyau interne tend de plus en plus à se réduire en se refroidissant : ce qui détermine, dans l’écorce superficielle, comparable à une croûte de scories disloquée et cabossée par l’affaissement de son support, des mouvements de plissement ou d’effondrement. Sans cesse, le pôle s’aplatit et tend à se rapprocher de l’Équateur en comprimant, en refoulant, en plissant de plus en plus la zone intermédiaire. Par suite de ces déplacements constants, qui se sont produits depuis l’origine dans cette enveloppe scoriacée, celle-ci a pris, suivant les régions, une très inégale épaisseur ; car on se rend compte aisément que le résultat d’un plissement, en déterminant une saillie montagneuse et provoquant par contre-coup dans les terrains des injections de roches éruptives profondes, a dû consolider la zone de cette enveloppe correspondante et y amener un accroissement d’épaisseur.
- C’est ainsi que, d’un côté au pôle Nord, de l’autre entre le Tropique et l’Équateur, ont dû se constituer dès l’origine deux couronnes solides (1) (plus ou moins disloquées et tronçonnées par les fractures et les effondrements ultérieurs), deux anneaux résistants, deux mâchoires d’étau, entre lesquelles la zone intermédiaire plus faible, moins épaisse, plus élastique, a dû ultérieurement se plisser, fléchir ou se dresser, quand la contraction interne a rapproché peu à peu ces mâchoires l'une de l’autre.
- Une première série de mouvements semblables, auxquels on donne les noms de calédonien et d’hercynien, a alors enveloppé les voussoirs, les môles antiques primitifs d’une couronne périphérique (2), qui, suivant la même loi, s’est consolidée par le plissement même et ajoutée à ces môles pour en accroître l'étendue, ainsi que la glace se prend autour de piliers plongés dans un étang.
- Les phénomènes s’étant toujours continués dans le même sens, quand on est arrivé à la période tertiaire, qui est, en géologie, la plus voisine de nous, la zone, où les derniers plissements (3) pouvaient encore se produire, était devenue très restreinte et l’on doit supposer qu’il en est résulté pour ces plis (Alpes, Caucase, Himalaya, etc...) des dimensions inusitées. Mais, en outre, ces derniers plis ont dû être particulièrement compliqués. On conçoit, en elfet, qu’une telle contraction d’une sphère inhomogène n’a pas dû présenter la régularité théorique, à laquelle je la réduis dans l’exposition pour en faire mieux comprendre le principe. Chacune des irrégularités primitives a nécessairement entraîné, dans la suite des
- p.114 - vue 118/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 115
- temps, des irrégularités correspondantes, de plus en plus accentuées. Par exemple, un noyau solide, intercalé accidentellement sur la place des plissements futurs, a forcé ceux-ci à se dévier autour de lui, comme les vagues autour d’un écueil. C’est ainsi qu’aux grands plis réguliers et parallèles entre eux des périodes primitives ont fini par succéder les sinuosités compliquées des chaînes montagneuses récentes dans l’Europe méridionale. La cause générale de ces sinuosités est aujourd’hui si bien établie que, lorsqu’on en constate une, on peut chercher aussitôt le « récif )> dont elle provient; un tel accident est, pour le géologue, l’équivalent des perturbations, qui ont fait découvrir en astronomie l’existence de Neptune. ________ L. De Lausaï.
- LE SIXIÈME SATELLITE DE JUPITER
- On se rappelle l’impression produite par la découverte que fit, le 9 septembre 1892, à l’Observatoire Lick, au mont Hamilton, en Californie, l’astronome américain Bar-nard, du cinquième satellite de Jupiter. Ce satellite tourne autour de la planète principale en llh57m25‘. H est très faible, de la 15° grandeur.
- Plus récemment, en 1899, M. Pickering découvrit, également en Amérique, et par la photographie, un neuvième- satellite à Saturne. Cet astre ne fut pas immédiatement admis par tous les astronomes, et ce n'est que l’année dernière que la découverte fut confirmée visuellement et photographiquement. Il est extrêmement petit et il a fallu l’emploi des instruments les plus puissants pour l’apercevoir. MM. Barnard et Turner l’ont entrevu, le 8 août dernier, à l’aide de l’équatorial de lm,05, de l’Observatoire Yerkes. Comme un point imperceptible de 15° 1/2 ou de 16° grandeur, son diamètre ne doit pas excéder 160 kilomètres. Son mouvement est rétrograde, en sens inverse des huit autres lunes connues. Il était à présumer qu’avec les progrès croissants de l’optique, les recherches faites dans cette voie seraient couronnées de succès, et que d’autres satellites seraient trouvés. Yoici, en effet, qu’un télégramme nous informe d’une nouvelle découverte, faite encore à l’Observatoire Lick, par M. Per-rine, dont le nom est déjà célèbre dans la science, d’un sixième satellite de Jupiter. C’est en examinant des clichés photographiques pris tout récemment, du 5 décembre au 4 janvier, que l’on a reconnu l’existence de ce petit corps. Son éclat serait de la 14e grandeur, et il était à la distance de 45' de la planète le 4 janvier. Le môme jour, son observation directe aurait été faite au réflecteur Crossley du même établissement.
- Cette nouvelle addition à la famille de Jupiter est due à la photographie dont l’influence, comme moyen de recherches en astronomie, s’affirme de plus en plus chaque jour par des découvertes d’une grande importance scientifique. 11 ne faut pas oublier que Jupiter, par son grand éclat, rend ces investigations très difficiles en raison de l’illumination qu’il produit et dans laquelle tous les petits détails environnants sont éclipsés. Em. Touchet.
- LES 4LLI4GES DILUMINIUI
- Quels que soient les défauts que" l’on ait pu reconnaître à l’aluminium, à la suite de l’enthousiasme du premier moment, il ne faudrait pas que l’on tombe dans une exa-
- gération en sens inverse; ce métal peut rendre de très grands services, au moins dans certaines conditions, sous certaines formes, et en particulier sous celle d’alliages divers offrant des qualités spéciales.
- Et comme ce sont naturellement les fabricants d’aluminium qui sont les premiers intéressés à ce que la connaissance de ces alliages se vulgarise, la Compagnie des aluminiums de Neuhausen a demandé au Bureau des Essais de matériaux de l’Ecole Polytechnique de Zurich de faire pour elle une série d’essais sur le bronze d’aluminium, et aussi de rechercher quelle influence peut avoir sur le bronze l’addition de quantités déterminées d’aluminium.
- A ce dernier point de vue, on a constaté que, jusqu’à une certaine limite, le cuivre devient plus dur au fur et à mesure que la proportion d’aluminium augmente, puis, comme souvent en de semblables matières, le métal s’amollit brusquement du fait de cet alliage. Pour les alliages durs de cette sorte, le maximum de résistance est obtenu avec 1,4 pour 100 de métal ajouté, tandis que pour les alliages mous le maximum de stabilité, comme disent les textes allemands, se trouve vers la proportion de 3,4 pour 100. La résistance à la traction diminue parallèlement à l’augmentation de la proportion, et en fait, il suffit de 2 pour 100 pour rendre le mêlai obtenu absolument inapplicable à aucun usage.
- De faibles proportions de silicium, ajoutées à l’aluminium, augmentent de façon considérable sa dureté, mais en même temps abaissent grandement l’effort de rupture. On a reconnu, d’autre part, que du bronze d’aluminium contenant 10 pour 100 d’aluminium, et renfermant également un composé de fer et de silicium dans la proportion de 1,5 pour 100 du total, devient trop cassant pour un emploi quelconque; cela a été vérifié et par des essais à la rupture et par des expériences de fracture à froid sous le marteau. Dans ces essais à froid, plusieurs des bronzes montrèrent une ténacité tout à fait remarquable ; des constatations analogues ont été faites pour les bronzes chauffés au rouge et jusque vers une température de 600°. D’une manière générale, le chauffage les rend mous et très plastiques, ils sont malléables, se laminent, se moulent : par conséquent, ils semblent donner d’excellents résultats quand il s’agit de les poinçonner, de les étirer, de les transformer en tôles. La température la plus favorable au point de vue de la ductilité est celle du rouge cerise clair; d’ailleurs, l’augmentation des proportions de silicium et d’aluminium abaisse la température nécessaire à ces opérations.
- On a procédé à des essais d’usure par frottement au contact d’un disque en fonte continuellement huilé. Les bronzes les plus durs, ceux qui contenaient moins de 89,6 pour 100 de cuivre, accusaient moins d’usure que du métal à coussinet, qui était soumis simultanément aux expériences; mais c’était le contraire pour des bronzes plus mous. Ceux qui contenaient moins de 6 pour 100 d’aluminium chauffaient tout de suite et s’usaient vite au contact du disque métallique.
- Parmi les conclusions qui ont pu être tirées de ces expériences, on est arrivé à cette opinion, qu’en somme l'emploi des bronzes d’aluminium pour les portées et coussinets n’est nullement impraticable. L’alliage qui offre les meilleures conditions de stabilité, pour le laminage, est celui qui contient entre 10 et 8 pour 100 d’aluminium et de silicium; au-dessus de 10 pour 100 la fragilité est très marquée, au-dessous de 8 la stabilité est très basse. P. de M.
- --->$<---
- p.115 - vue 119/536
-
-
-
- !l()
- LA NA Tl LL.
- TOULA.
- [/arrivée à Torla, pour peu que la nuit tombe, est fort disgracieuse, sur un sol atroce, transformé souvent en mare par les arrosages. En y entrant, le chemin devient une ruelle tout à fait baroque, au beau milieu de laquelle serpente un caniveau, (/est la « Galle Mayor ». Un plan incliné, traître aux souliers ferrés, pénètre dans une autre ruelle parallèle. A droite, un cul-de-sac est occasionné par une porte muletière arrondie, du plein cintre pur, avec encadrement de pierres de taille, que décore un blason et que coiffe un toit en bàtière.
- Une date, 1565, s’inscrit dans un coin de mur.
- Poussez le vantail sculpté de cette porte seigneuriale, et entrez : « Votre Grâce », comme disent si galamment les Espagnols, aura alors sous les yeux la « casa » de Yiu, qui remplit ici le rôle d’auberge.
- Torla est un village aragonais, le premier que baigne l’Ara, un torrent né au mont Yignemale. Moins « villa » que Bielsa qui, sur l’autre flanc du massif, lui fait pendant, il se montre en revanche plus agricole ; ses habitants n’ont pas besoin d’aller chercher du travail en France, chaque famille possédant un petit bien dont elle vit. D’après le dernier recensement, il réunit environ 70 maisons, soit un peu plus de 000 âmes, et forme une commune, la plus au nord de la vallée de
- llroto. A ne pas tenir compte de l'ancien hospice de Boucharo, ce village n’a qu’une seule et unique dépendance, le hameau de Fragen, sur la route de Biescas. Torla s’entasse frileusement au bord d’un ravin qui sépare une montagne boisée, protectrice du pays, la Sel va de Torla, où il est défendu de couper des arbres, et un superbe fronton de roche, appelé Uena Pillera : avec son teint cramoisi tigré de longues bavures noires, ce fronton a l'air d’un monstrueux pilier emprunté aux voûtes du Tartare
- et toujours en flammes. Les quelques maisons, mises à l’écart par le Barranco de la Selva, paraissent postérieures à la partie principale du village, très dense, et qui comprend la mairie, la grande place et l’église. Cénac Moncaut donne Torla pour une corruption de « torella », petite tour, et son étymologie acquiert quelque justesse quand on aperçoit une sorte de donjon trapu, d’aspect fort ancien,
- englobé à l’ouest parmi des masures. Les rues ressemblent à des couloirs; les maisons, d’un brun roux, parfois blanchies à fa chaux, projettent peu de balcons saillants ; mais de charmantes baies géminées, avec colonne et chapiteau, semblent, là où on les rencontre, autant de sourires du moyen âge. Enfin, des « escudos de armas » ornent quelques porches, la casa « de los Olubanes »
- ' notamment .
- La « Plaza de la Cons-titucion », datée de 1884, occupe le centre du village. Des ruelles en partent, irrégulièrement; on y voit une maison antique, qui n’est pas la mairie, et trois ou quatre cornières, refuges appréciables par le grand soleil. Sa surface a été dallée probablement en vue de faciliter la danse; deux meules hors de service figurent à même ce piètre carrelage. Pour visiter la « Casa de l’Àyun-tamiento », il faut pénétrer dans une cour voisine de la place et que vous désignera extérieurement la boite aux lettres « Correos ». On monte un escalier en hors-d’œuvre chapé d’un toit.
- Les heures d’arrosage auxquelles chaque citoyen a droit sont affichées sur l’huis municipal. Au fond de la salle des séances, une table, derrière laquelle siègent les sept conseillers dont le maire, qui se place au milieu, sur une sorte de chaire, puis un parchemin fané, indéchiffrable aux profanes, d’où pend un seau fruste fusiforme, et que m’a exhibe triomphalement l’alcade. Les traités conclus autre-
- Fig. 1. — Torla. Croix de l’église
- p.116 - vue 120/536
-
-
-
- LA N A TUBE.
- 117
- fois avec la vallée de Barèges sont conservés dans les archives de Broto. C’est là qu’il faut aller pour les consulter ; ils ont d'autant plus de valeur pour les Espagnols qu’ils leur accordent la propriété d’une grande partie de la vallée d’Ossoue qui, tout dernièrement, était encore l’objet d'un litige.
- La plate-forme de l’église de Torla avance en demi-lune escarpée du coté de l’est. La vue est magnifique au sud, sur la vallée. H y a trois nefs et une coupole. Le grand autel s’embellit de colonnes torses, d’ors et de sculptures peintes. Les orgues datent de Charlcs-Quint. Une croix fameuse, en argent doré du xvie siècle, est renfermée dans un placard de la sacristie. Elle ferait l’orgueil d’un
- muséum. Des trèfles d’une délicatesse exquise terminent ses quatre branches; des médaillons, des figures l’enrichissent; sa base représente une tour gothique flanquée de deux clochetons, le tout ciselé, découpé à jour. Le bénitier mérite également une mention; des noms de saints sont gravés sur sa cuve et sur son support. Derrière l’abside, sur un emplacement ruineux, l’église de Torla apparaît gretïée sur des substruclions antiques (restes d’un escalier, épaisseurs de murs). Un castillo se serait élevé sur ce point au temps des Mores....
- Le torrent coule à distance et fort en contre-bas : on ne l’aperçoit pas de la terrasse de l’église. Deux arches unissent ses deux rives, l’une en
- Fig. 2. — Le village de Torla (Haut-Aragon). (D’après une photographie de M. Lucien Itriel.)
- amont et l’autre en aval. La première est celle que l’on franchit en arrivant d’Arrasas ou de Diazès. L’Ara s’est creusé un fossé rocheux : elle l’enjambe fièrement. Sur des culées naturelles les restes d’un pont beaucoup plus ancien et plus hardi persistent encore. Décidément, les Mores, à la suite de leur conquête de l’Espagne, pourraient bien être venus jusqu’ici. Sur le coup de douze heures, quand le soleil luit, les sombres murailles de l’église et des bâtiments adjacents, en haut de leur luron, s’assombrissent davantage; aussi Torla a-t-il été traité par Lequeutre de village noir.
- Tout autre est la vue générale de Torla prise, au delà du ravin de la Selva, sur le chemin qui descend à Broto. Le village se déploie en entier, gaiement, de l’est à l’ouest, terminé par son église dé-
- tachée suffisamment, tandis que l’antique donjon transformé en habitation domine l’amalgame des toits ramassés à gauche. Deux maisons, au premier plan, rayonnent, avec leurs pignons proprets, bien éclairés et festonnés de galeries extérieures. La gigantesque carrure du môle de l’Escuzana est le clou sensationnel du tableau, et on songe d’autant plus à une toile de fond que les Défias de Lomenas et de Duascaro l’encadrent verticalement de chaque côté comme deux coulisses. Grâce à l'étonnante falaise qui lui sert si avantageusement de contrefort au sud-est, l’Escuzana remplit à Torla le rôle que les parois du grand cirque jouent en sens inverse : c’est le Marboré de ce Gavarnie. Arc-boutées, enracinées dans des pentes ravinées et de couleur verte, se dressent de grandes murailles rouges, pareilles
- p.117 - vue 121/536
-
-
-
- 118
- LA NATURE.
- aux remparts d’un château fort en ruine. Un cône bistre et obtus couronne cette masse géométrique réellement attachante par la vivacité, l’opposition et l'harmonie de ses couleurs, et que la nature habile a su placer, en parfaite connaissance de cause, à l’orée d’un site célèbre entre tous, le divin canon d’Arrasas.
- Il y a à Torla, en comprenant bien entendu le poste de Roucharo, vingt-deux carahineros commandés par un « 2° teniente » ou sous-lieutenant. Ces braves gabelous habitent chez les particuliers, ceux du moins qui ont une chambre ou un quartier à louer. Nos douaniers de Cèdre sont logés à la même enseigne. Leur nombre par exemple est plus restreint, car il ne dépasse pas dix hommes, dont un sous-brigadier et un brigadier ; en outre, l’officier auquel ils ont affaire, un capitaine, nullement astreint à vivre dans un trou, demeure à Pierrefitte. Les carahineros de Torla n’appartiennent pas à la même compagnie que ceux de Bielsa, et leur capitaine a pour résidence Biescas d’où il vient, selon les exigences de ses fonctions, inspecter les deux détachements chargés de surveiller la vallée de Rroto.
- A l’instar de Saragosse, Torla célèbre la fête de « Nuestra Senora del Pilar », Notre-Dame du Pilier, patronne de l’Aragon, qui a lieu le 12 octobre. Les Espagnols invitent alors cordialement leurs voisins français avec lesquels ils entretiennent des relations d’affaires ou d’amitié, et qui s’empressent d’accourir, heureux de pouvoir savourer le vin épais des plaines de Huesca qu’ils apprécient fort. De leur propre aveu du reste, cette réception « tra los montes » l’emporte sur celle qu’ils rendent à leur tour, lors des foires de Gèdre et de Gavarnie. L’Àra-gonais, qui chante, danse et gratte plus ou moins bien la guitare, est d’un caractère plus gai, plus amical, plus hospitalier que le Barégeois qui semble refléter son ciel brumeux dans sa taciturnité et dans ses vêtements de bure. La fête de Torla dure trois jours. Lucien Briet.
- A PROPOS DES PAPILLONS DIURNES
- EXPOSÉS AU MUSÉUM PAR M. BOULLET, PE CORBIE
- L’exposition de Lépidoptères qui fut ouverte au public, il y a quelques jours, dans une des salles du Muséum, me fournit l’occasion de rendre hommage à un donateur très généreux et de montrer dans quelle mesure se développent et pourraient se développer les collections entomologiques de l’Etat.
- Les Papillons exposés font partie d'une riche collection de Lépidoptères diurnes que M. Eugène Boullet, de Corbie, a offerte au Muséum. Cette collection représente le fruit d’un travail et de coûteuses acquisitions effectuées pendant près de vingt-cinq ans ; pour l’estimer à sa valeur, il convient de jeter un coup d’œil sur le mouvement du service entomologique au Muséum et sur les ressources dont dispose ce service.
- Grâce au développement de notre domaine colonial, et à l’activité de nos explorateurs, les récoltes entomologiques, surtout depuis dix ans, affluent au Muséum ; jamais cet établissement n’a reçu plus de matériaux d’études, jamais il n’a réuni un pareil concours de bonnes volontés et de généreuses initiatives. Le malheur, c’est que les ressources lui manquent pour utiliser et mettre en valeur toutes les richesses qu’on lui apporte. Actuellement le service entomologique du Muséum prépare chaque année 70000 insectes, il conserve dans l’alcool environ 5000 autres articulés, et soumet aux spécialistes déterminateurs 20000 à 25 000 exemplaires des divers groupes. Cela fait, en somme, un mouvement annuel d’à peu près 100000 spécimens, dont la mise en œuvre épuise totalement les faibles ressources du service, et l’activité du personnel. Malgré l’importance de ce mouvement et le labeur qu’elle suppose, il est évident que le service entomologique se trouve débordé par sa tâche. S’il prépare annuellement 75000 spécimens, il devrait en déterminer ou en faire déterminer autant, et nous avons vu qu’il n’en peut soumettre qu’un tiers, soit 25000 aux spécialistes; bien plus, lorsque ces 25 000 exemplaires reviennent déterminés, il faudrait les répartir à leur place dans la collection générale, mais ce travail important reste en souffrance faute de personnel, de sorte que les richesses qui nous arrivent ne sont pas facilement utilisables pour les gens de science. Ce noir tableau n’est pas encore l’expression exacte de la vérité; car de nos jours, il entre annuellement au Muséum plus de 75 000 articulés, ce qui revient à dire que la préparation ne suffit pas à son travail. Ainsi, de toutes parts, le service est débordé, au détriment manifeste des études scientifiques.
- Il est trop clair que, dans une situation pareille, le service entomologique du Muséum ne peut faire aucun achat de quelque importance. C’est très fâcheux, à coup sûr, parce que bien des espèces intéressantes nous échappent; mais comment se livrer à des achats quand les crédits ne suffisent pas, tant s’en faut, à la besogne courante? On objectera qu’il est bien inutile de faire des acquisitions lorsque les récoltes entomologiques affluent de toutes parts au Muséum. Cela est vrai dans une certaine mesure1 pour la plupart des Articulés, mais non pour les Lépidoptères. Il est relativement facile de rapporter en bon état des Coléoptères, des Myriapodes, des Crustacés, etc., parce que ces animaux sont peu fragiles et se conservent aisément à sec ou dans l’alcool; au contraire, la récolte des Papillons est particulièrement délicate et réclame des soins qu’on ne peut exiger des voyageurs ordinaires. Les personnes qui ont visité l’exposition de M. Boullet comprendront sans peine la justesse de cette remarque;
- 1 Je dis dans une certaine mesure, car très souvent sont mises en vente des collections riches en types qu’il serait très désirable d’ajouter à nos collections propres; je reviendrai plus loin sur cette question.
- p.118 - vue 122/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 119
- en admirant les plus beaux Papillons du globe, plusieurs se sont demandé, à coup sur, comment on peut prendre et rapporter intacts des Insectes aussi brillants et d'une semblable fragilité. En fait, ce genre de capture réclame une habileté particulière, surtout quand il s’agit des espèces diaprées et de forte envergure; c’est par le moyen de chasseurs particuliers, envoyés à grands frais dans les régions chaudes, que les spécialistes et les marchands se procurent de beaux Papillons, si bien que ces Insectes sont toujours très coûteux et par conséquent hors des ressources du Muséum.
- De cela faut-il conclure que les collections lépido-ptérologiques de l’étahlissement sont vouées à une médiocrité sans issue ! Grâce à l’initiative de spécialistes généreux, il n’en est heureusement pas ainsi, et des dons assez fréquents apportent au Muséum les échantillons coûteux qu’il ne pourrait se procurer. C’est ainsi que le savant Ragonot nous a légué sa collection de Microlépidoptères, si précieuse pour les types qu’elle renferme, et le regretté Fallou un ensemble remarquablement beau de Papillons français; c’est ainsi également que deux spécialistes libéraux, MM. de Joannis, ont disposé en notre faveur des richesses lépidoptérologiques qu’ils ont réunies et qu’ils étendent chaque jour, enfin c’est par un acte non moins généreux que M. Roullet a donné au Muséum sa splendide collection de Papillons diurnes.
- Les collections Ragonot et Fallou sont entrées au Muséum il y a quelques années, à la mort des savants qui les avaient réunies, celles de MM. de Joannis y entreront dans la suite plus étendues et plus riches en types ; quant à la collection Roullet, dont je vais entretenir le lecteur, elle se confondra peu à peu avec celle du Muséum, suivant un plan méthodique et avec le concours précieux du donateur.
- C’est M. Roullet lui-même qui a établi ce plan et offert son concours ; non content de nous apporter ses richesses et de consentir à leur dissociation en proposant de les fusionner avec les nôtres, il a manifesté le désir d’être l’agent actif de cette fusion et de la rendre aussi parfaite que possible en procédant famille par famille, au fur et k mesure du classement. Ces conditions avantageuses et très pratiques sont la marque d’un esprit libéral et très généreux ; elles furent acceptées avec reconnaissance et depuis deux ans le travail de fusion est commencé. Ce travail s’elfectue selon les règles suivantes : le Muséum réunit tous les Papillons qu’il possède dans une famille déterminée, il les adresse à M. Roullet qui compare ces matériaux avec les siens, fait le tableau des espèces qui manquent à l’ensemble; puis, dans la mesure du possible, se procure ces dernières, les ajoute aux deux collections réunies, et nous renvoie le tout pour la distribution et le classement définitifs. Faut-il dire qu’après un travail de cette sorte les collections nous reviennent singulièrement augmentées et rajeunies, que les beaux et rares spécimens y abondent, et qu’elles constituent un matériel précieux pour les études scientifiques?
- C’est par la famille des Salyrides que ce groupement a commencé et c’est au classement des nombreux spécimens de cette famille que M. Boullet, secondé par le personnel, travaille depuis deux ans. Les visiteurs de l’exposition Roullet ont pu examiner, dans une vitrine spéciale, 25 cadres de Papillons qui, par leur médiocre taille et leurs couleurs modestes, faisaient un contraste frappant avec les Morphos nacrés et les splendides Ornithoptères de la salle. C’étaient les derniers Satyrides des deux collections réunies; ils vont aller prendre place dans nos meubles, à la suite des spécimens bien plus nombreux qui les y avaient précédés. Le classement de cette famille touchant à son terme, il est possible de fixer par des chiffres l’importance des richesses que nous apporte M. Roullet; avant la fusion, notre collection de Satyrides comptait à peu près 500 espèces ; elle en renferme aujourd’hui 1475. Sa valeur scientifique a donc très sensiblement triplé! J’ajoute que sa valeur vénale a augmenté dans des proportions plus considérables encore, car les spécimens (2000) que M. Roullet a introduits parmi les nôtres (1500) sont en général mieux conservés et d'une fraîcheur beaucoup plus grande.
- Actuellement, M. Boullet a commencé un travail identique pour les Ilespérides et, afin de donner k cette œuvre toute la rigueur qu’elle comporte, il s’est mis en relations avec un de nos plus savants lépidoptéristes, M. Mabille. Les Papillons de la famille des Ilespérides sont en général d’une capture difficile et par conséquent assez rares dans les collections, surtout dans celles du Muséum; autant qu’on en peut juger dès maintenant, ils y seront quatre fois plus nombreux après avoir passé entre les mains de M. Boullet.
- Ainsi se réuniront peu à peu, famille par famille, les Papillons diurnes du Muséum et ceux de M. Boullet. A l’heure actuelle, la collection de ce dernier comprend un peu plus de 25000 spécimens, mais elle s’enrichit tous les jours, surtout par les achats complémentaires effectués au moment de la fusion définitive. Pour la seule famille des Satyrides, ces achats de la dernière heure se sont élevés à près de 200 espèces représentées par 1000 spécimens. On voit que M. Boullet ne recule devant aucun sacrifice pour rendre notre collection propre aux études et digne d’un grand pays comme la France.
- Abstraction faite des 25 cadres de Satyrides et de quelques cadres d’Héliconies, les Papillons récemment exposés au Muséum représentaient la totalité des Morphides et des Ornithoptères collectionnés jusqu'ici par M. Boullet. Ces deux groupes n’entreront que plus tard au Muséum; M. Boullet veut les conserver de son vivant, les enrichir et les mettre à la hauteur des découvertes nouvelles. C’est encore une mesure gracieuse de ce généreux donateur, car les Morphides et les Ornithoptères occupent la première place parmi les beaux Papillons des tropiques, ils sont de grande taille, difficiles à capturer intacts et par suite d’un prix élevé. Dans ces deux groupes
- p.119 - vue 123/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 120
- plus que dans tout autre, les exemplaires rares et Irais peuvent bien être pour le Muséum un objet d’envie ; mais il faut d’autres ressources que les siennes pour en faire l’acquisition. Certain cadre exposé par M. Roullet vaut à lui seul près d’un millier de francs et ne compte pas plus de six exemplaires : trois mâles et trois femelles de YOrnitho-ptera paradisen, espèce recherchée qui n’existait pas au Muséum. Ce n’est point là, tant s’en faut, la seule espèce précieuse parmi les Papillons exposés : je cite au hasard deux exemplaires rarissimes, YOrnithoptera ti-Ihonus dont M. Roul-lct n’a pu se procurer le mâle, et une femelle de Mor]>ho retenor var. cncica qui fut payée plus de 7)00 francs, un groupe intéressant de Morpho æga où l’on voit des femelles acquérir peu à peu les teintes plus brillantes des mâles, un hybride de Morpho hecuba et de sdL\ar.phanodemus, enfin une longue série d’Ornithoptera priamus où sont représentées les curieuses variations locales de celte espèce très répandue. Ces Papillons et tous les autres se font remarquer par une fraîcheur extrême et par l’éclat de leur coloration ; devant les vitrines où resplendissaient les Morpho azurés (M. cypris, retenor, omathonte) et ceux à reflets de nacre (M. aurorn, cytheris, etc.), les visiteurs se groupaient en foule et ne ménageaient guère leurs témoignages d’admira-tion._ L’exposition a eu un succès considérable et d’ailleurs largement mérité, car elle offrait aux yeux un spectacle brillant et rare ; les Papillons se ternissent bien vite à la lumière, et ceux qu’on présente au public sont presque toujours communs et faciles à remplacer. Les Parisiens auront quelque gratitude envers M. Roullet; ils lui doivent d’avoir pu admirer, pendant une semaine, des trésors que l’on conserve de coutume dans l’obscurité des tiroirs, pour les recherches scientifiques.
- J’ai hâte d’arriver à la conclusion de cette note
- un peu longue. Grâce à la libéralité de donateurs généreux, les collections de Lépidoptères du Muséum s’enrichissent de matériaux que l’établissement reçoit en petite quantité ou qu’il ne saurait acquérir; d’autre part, grâce à l’activité et au zèle des explorateurs, les autres Arliculés affluent chez nous en telle abondance que le service de l’Entomologie ne suffit plus à les préparer. C’est donc vers ces derniers, les plus nombreux et d’une étude très difficile, qu’il convient de diriger un effort afin de mettre nos collections nationales en état d’être réellement utiles. Elles sont très riches, mais il faut les mettre en valeur, et pour cela doter l’Entomologie un peu plus largement qu’il y a un siècle, à l’époque où Latreille en créa le service. Un trésor n’est pas nécessaire pour arriver à ce résultat ; les spécialistes de tous pays offrant au Muséum leur concours, il suffit de préparer les matériaux qui nous arrivent et de classer méthodiquement ceux qui nous reviennent déterminés. Ce double travail est de première importance; mais, faute de personnel, il s’effectue mal maintenant. Pour le mener à bien, il suffirait — j’en ai la conviction — de donner au service de l’Entomologie un nouveau préparateur (pour les Diptères) et un nouvel auxiliaire uniquement chargé du travail de préparation et d’étiquetage. Cela représente une augmentation annuelle de 5000 fr. ; est-ce trop pour un service qui s’est décuplé depuis vingt ans, où le nombre des espèces dépasse plusieurs centaines de mille, et qui touche par tant de cotés aux problèmes d’application (agricoles, industriels et médicaux) les plus pressants? Dans tous les grands pays d’Europe, ce service occupe un personnel double ou triple du nôtre, aux États-Unis il dispose d’un vrai bataillon de spécialistes; pour l’honneur et la prospérité du pays, comme pour les progrès de l’histoire naturelle, il est urgent de le développer quelque peu en France.
- Fig. 1. — En haut : Dasyophlalma vertebralis ; en bas : Heliconius Hewifsoni. (Papillons de la collection Roullet.)
- p.120 - vue 124/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 121
- Fig. 2. — En liant: OEtheopiera Victoria, mâle; au milieu: Ornithoptera paradisea, mâle; eii bas : Ornithoptera paradisea, femelle. (Papillons de la collection Boullet.)
- J'ajoute qu’il est non moins nécessaire d’augmenter les crédits généraux du Muséum destinés aux
- achats de collections. L'établissement doit être' lo conservatoire des richesses scientifiques réunies par
- p.121 - vue 125/536
-
-
-
- |Q0
- LA NATURE.
- les naturalistes français, le centre où viennent converger et se réunir tous les types spécifiques décrits dans notre pays. Or, on doit reconnaître qu’à l’heure actuelle ce rêve est loin de la réalité. Sans doute des spécialistes libéraux nous ont légué leur précieux trésor, et c’est ainsi que sont venus s’ajouter au patrimoine national les collections Brolemann (Myriapodes), Eugène Simon (Phyllopodes), Lepelletier de Saint-Fargeau, Sichel, Giraud et Robert du Baysson (Hyménoptères), Noualhier (Hémiptères), Fallou et Ragonot (Lépidoptères), Jacquelin du Val, de Mar-scul, Dufour et Laboulbène (Coléoptères), etc.; mais aussi combien de collections également importantes n'avons-nous pas vues, faute de crédits, prendre le chemin de l’étranger? Je cite en passant la collection Signoret, fondamentale pour l’étude des Hémiptères, et la collection de Diptères réunie par Bigot ; la première est au musée de Vienne, la seconde chez un spécialiste anglais, si bien que nos savants éprouvent aujourd’hui des difficultés de tout ordre pour suivre la voie que deux de leurs compatriotes avaient tracée. Tous les jours nous ressentons les effets de cette perte ; car les Diptères et les Hémiptères offrent un grand intérêt au point de vue pratique, et leur étude a pris, depuis quelques années, un développement inouï.
- En terminant, je veux signaler le mal suprême dont souffre, depuis quelques années déjà, le service entomologique du Muséum : il s’agit du manque de place. Les meubles de la galerie de zoologie sont largement suffisants pour recevoir et permettre de développer nos collections de Lépidoptères, mais ils ne peuvent servir qu’à cet usage, et c’est dans l’étroit local du laboratoire que sont réunis maintenant tous les autres Insectes. Or ce local est plus que comble; ses moindres réduits sont occupés et l’encombrement s’y fait partout sentir. De là un désordre inévitable, une grande perte de temps, et l’impossibilité de répartir en un groupement méthodique les collections qui nous reviennent déterminées. Pour remédier à cette situation, qui s’aggrave de jour en jour, faudra-t-il attendre les grands travaux réclamés par le Muséum1 ? Mais ils demanderont des années, et d’ailleurs ils sont encore à l’état de projet parce qu’ils exigent des millions. Comme l’avait pensé A. Milne Edwards, on évitera cette solution désastreuse en étendant quelque peu le bâtiment occupé par le service de l’Entomologie. A l’exception des Lépidoptères, les Insectes sont peu encombrants et on peut en loger beaucou p dans un étroit espace ; d’après les plans que fit exécuter Milne Edwards, cette annexe du laboratoire, tout aménagée, ne coûterait pas cent mille francs. Faute de cette somme, relativement modeste, devrons-nous assister à la décadence progressive, mais fatale, des collections entomologi-
- 1 Les Invertébrés représentent, pour le moins, les 9/10 du règne animal; or, ils se divisent au Muséum entre deux services : Vers, Mollusques et Zoophytes d’une part, Articulés de l’autre, et ces deux services, on le croirait à peine, sont tout simplement dotés d’un modeste étage (qu’ils se partagent) dans une petite construction annexe de ia rue de Buffon !
- ques nationales? Je le demande aux compatriotes de Lamarck, de Cuvier et de Latreille! E.-L. Bouvier,
- Professeur au Muséum, membre de l'Institut.
- MICROMÈTRE POUR MESURES INTÉRIEURES
- Avec les appareils ordinaires il n’est pas toujours aisé de mesurer le diamètre intérieur d’une pièce de mécanique creuse, et c’est pourquoi une maison de construction anglaise vient d’imaginer le petit dispositif qui est représenté ici en vue partielle, avec arrachement montrant la combinaison chargée de transmettre les dimensions observées, si l’on peut dire, par ses bras. Nous le figurons également en bout, à l’intérieur d’une pièce cylindrique, afin qu’on se rende compte de la disposition et du rôle de ces bras. Ce petit appareil se nomme en anglais « internai micrometer », littéralement micromètre intérieur.
- Des micromètres opt déjà été créés pour mesurer les dimensions internes des cylindres de machines, pour vérifier le résultat d’un alésage; mais ils avaient généralement le défaut de ne toucher la paroi cylindrique que par deux points : et c’était une grande chance d’erreur, car il se pouvait faire que ces deux points de contact ne fussent pas sur un même diamètre. Ici, comme le montre bien une des figures, les points de contact sont au nombre de 5, ce qui est tout différent. En effet, une des extrémités du micromètre porte une tète sur laquelle sont
- micromètre Newall. — 1, vue en lêle; 2, coupe partielle.
- montées trois branches, et chacune de ces branches radiales renferme, coulissant en elle, une tige de mesurage faite d’acier durci et se terminant elle-même par un bout soigneusement dressé suivant une surface courbe. L’autre extrémité de cette tige, comme le laisse voir l’arrachement, est conique, et, sous l’influence d’un ressort à boudin renfermé dans le bras correspondant, cette extrémité conique est maintenue constamment en contact avec le bout, également conique, de l’aiguille du micromètre proprement dit. Si, par suite, on fait tourner cette aiguille, de manière qu’elle se déplace vers la gauche, le cône extrême chasse les cônes des tiges radiales, cela simultanément, et jusqu’à ce qu’elles viennent en contact avec les parois internes du corps creux à mesurer. Nous n’avons pas besoin de dire, puisqu'on le voit sur la figure, que la poignée, le bas de la tige de l’instrument, porte une graduation double correspondant à chaque instant au diamètre du cylindre déterminé par les extrémités des trois bras radiaux. L’instrument, tel qu’il est construit normalement pour l’usage des constructeurs anglais, est gradué en millièmes de pouce; mais rien ne serait plus facile que d’appliquer ce même dispositif à des mesures françaises; il se fait d’ailleurs en tailles diverses pour répondre aux différents besoins. Il nous semble ingénieusement compris, et donne des mesures exactes sans qu’on ait à prendre des précautions particulières. —— D. L.
- p.122 - vue 126/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 125
- L’APPAREIL SACCARDO
- ET LÀ VENTILATION DES TUNNELS1
- ii
- Nous avons, dans un précédent article, indiqué comment, au moyen de ventilateurs aspirants, il est possible de ventiler des tunnels de longueur moyenne et, surtout, passant à une faible profondeur au-dessous du sol. Il existe un second procédé qui est le seul applicable pour les tunnels de grande longueur passant au-dessous de montagnes élevées. Ce procédé, comme nous l’avons dit, consiste à refouler l'air dans le tunnel au lieu de l’aspirer.
- C’est le plus généralement au système Saccardo qu’on a recours pour l’application de ce second procédé. Voici en quoi consiste ce système qui est basé sur le principe de l’éjecteur. Une ouverture annulaire À (fig. 1) entoure le tunnel près de ses parois, en laissant à l’intérieur un passage suffisant pour les trains. Au travers de cette ouverture annulaire on envoie de l’air emmagasiné, au moyen d’un ventilateur, dans un réservoir R, à une pression suffisante pour vaincre toutes les résistances qui pourraient lui être offertes pendant son passage dans toute la longueur du tunnel. Cet air, lancé sous la forme d’un jet annulaire vers le point O, situé sur l’axe du tunnel, entraîne la masse d’air du tunnel dans le sens de ce jet et, en même temps, en donnant h l’angle de convergence ot de l’ajutage une valeur convenable, on aspire, par la tête, une proportion d’air frais qui vient s’ajouter à celui fourni par les ventilateurs et qui passe par l’ajutage. Cette disposition très simple, comme on le voit, ne nécessite pas, comme avec d’autres dispositifs analogues, au Simplon, par exemple, la fermeture de la bouche du tunnel, au moyen de rideaux mobiles qu’on doit ouvrir pour le passage des trains, ce qui n’est pas sans présenter de grandes complications lorsque le nombre des Irains est considérable et, surtout, que le tunnel est à voie unique.
- Le premier essai de l’appareil Saccardo a été fait pour ventiler la galerie de direction du tunnel, alors en construction, de Pratolino, sur la ligne de Florence à Faenza. Il a été, ensuite, appliqué au tunnel de Pracchia, sur la ligne de Bologne-Pistoia, tunnel .à voie unique, de 5 kilomètres de longueur, en rampe de 25 millimètres par mètre, desservant un trafic intense où, par suite de la production énorme de gaz délétères, la ventilation était extrêmement défectueuse. Les résultats ont été très satisfaisants et les cas d’asphyxie qui se produisaient avant l'application du système Saccardo ne se sont plus renouvelés.
- C’est ce même système qui, comme nous l’avons dit, a été appliqué au tunnel du Gothard. Comme cette application est très complète et semblable à celles faites à d’autres tunnels, nous nous y arrêterons un peu plus longuement. Avant l’application delà ventilation artificielle au souterrain du Gothard,
- 1 Vov. n° 1648, du 24 décembre 1904, p. 56.
- il arrivait fréquemment que, par suite de l’état climatérique extérieur, la masse d’air restait stagnante dans le tunnel pendant 12 heures consécutives. La quantité totale d’acide carbonique et d’oxyde de carbone s’élevait alors, en certains endroits, à 15 pour 1000 et quelquefois ce chiffre était dépassé. Cependant, tant que le service des trains de nuit a pu être réduit à deux, il était encore possible aux équipes de la voie de s’occuper de l’entretien, pendant la nuit. Mais, par suite de l’accroissement du trafic, on dut augmenter le nombre des trains et les conditions d’aération empirèrent. Des fumées épaisses s’accumulaient dans le tunnel et y restaient stagnantes, par suite de l’équilibre des pressions à
- Têtedu
- tunnel
- Fig. 1. — Schéma do l’aytparoil Saccardo.
- Goschenen et à Airolo. Tout travail d'entretien devenait impossible et le personnel des trains était lui-même incommodé. Au 1er janvier 1898 on fut même obligé de réduire le nombre des trains. Mais cette mesure radicale ne pouvait être maintenue. Il fallait aviser et trouver un moyen de ventiler le tunnel. C’est alors qu’on se décida à appliquer, en avril 1898,1e système Saccardo.
- Les ventilateurs qui refoulent l’air dans le tunnel sont installés à Goschenen. On a préféré cet empla-
- 63oom
- Fig. 2. — Schéma de la ventilation du tunnel de Ronco,
- cernent à celui d’Airolo parce que c'est dans le sens Nord-Sud que prédomine le courant d’air naturel qui traverse le tunnel et qui vient, de son côté, en aide à la ventilation, en s’additionnant à l’air refoulé. Ces ventilateurs, du type Ser, sont au nombre de deux. Ils aspirent l’air extérieur par l’ouïe centrale et le refoulent par la phériphérie dans des conduits maçonnés (fig. 5 et 4) qui aboutissent, à l'entrée du tunnel, dans des chambres en communication avec l’ajutage conique circulaire Saccardo, par lequel l’air est lancé dans le tunnel à une pression suffisante.
- Ces ventilateurs étaient, au début, actionnés par une locomotive fixe, mais aujourd’hui, cette locomotive a été remplacée par une turbine hydraulique Pelton, actionnée par une chute de 90 mètres de hauteur, débitant 900 litres par seconde. La puis-
- p.123 - vue 127/536
-
-
-
- 124
- LA NATURE.
- sance est de 800 chevaux. L’appareil Saccardo a été mis en fonctionnement en mai 1801) et, depuis, n’a cessé de marcher. Avec une vitesse des ventilateurs de 70 tours par minute, on transforme un courant d’air naturel Sud-Nord d'une vitesse de 2m,50 par seconde, en un courant Nord-Sud d'une vitesse de lm,50; le volume d’air refoulé dans le tunnel, dans ce cas, est d’environ où mètres cubes par seconde. Avec un courant d’air naturel Nord-Sud, d’une vitesse de 2rn,50 par seconde et les ventilateurs marchant à 100 tours par minute, la vitesse de l’air dans le tunnel est portée à 4m,50 et le volume d’air refoulé est d’environ 170 mètres cubes à la seconde. La différence de vitesse de l’air entre la tète Gôschenen et celle d’Airolo est, en général, faible. Ainsi, dans le cas précédent, où elle était de 4m,50 à Gôschenen, elle était encore de 5'n,50 à la bouche d’Airolo. Les pertes dues aux frottements dans le tunnel sont donc faibles.
- Gomme résultat la ventilation artificielle du tunnel
- du Golhard a notablement amélioré l’aérabililé de l’air du souterrain, malgré l’accroissement du nombre des trains. Le personnel des trains ne subit plus aucune gène et les équipes d’entretien travaillent sans difficulté.
- C’est encore au procédé Saccardo qu’on a eu recours pour la ventilation des tunnels de Giovi et de Ronco. Le premier d’une longueur de 5258 mètres,
- et en rampe de 55 millimètres par mètre, se trouve sur la ligne de Gènes à Novi. Les nombreux cas d’asphyxie ont disparu depuis l’installation à la tète Nord du tunnel de l'appareil Saccardo. Deux ventilateurs, actionnés par une machine à vapeur de 150 chevaux, refoulent dans le tunnel, en sens inverse de la rampe,une masse d’air circulant à la vitesse de 5 mètres par seconde. La figure 0 montre l’entrée Nord du tunnel et les bâtiments des ventilateurs et de la machine à vapeur.
- Le tunnel de Ronco, situé sur la nouvelle ligne auxiliaire de Gênes à Novi, a une longueur de 8500 mètres et est en rampe de 12 millimètres par mètre.
- Fift. 5. — Disposition des appareils de ventilation du tunnel du Gothard.
- Fip. i. — Disposition des appareils de ventilation du tunnel du Oolliard.
- Par suite du trafic très intense, on a dû adopter une disposition spéciale intéressante de l’appareil Saccardo (fig. 2). À la tête Sud du tunnel, c’est-à-dire à la partie inférieure de la rampe, on a installé deux ventilateurs actionnés par une machine à vapeur de 500 chevaux, fonctionnant, l’un A par aspiration, l’autre B par refoulement, de manière à accroître le volume d’air introduit par la tète Nord du tunnel. Deux ventilateurs semblables, actionnés par une machine à vapeur de 150 chevaux, sont installés vers
- le milieu de la longueur du tunnel et fonctionnent de la même façon, par aspiration C, d’un coté, et refoulement D de l’autre. Ils viennent aider les deux premiers et accroissent la masse d’air frais qui pénètre dans le tunnel par la tête Nord. La vitesse de l'air dans le tunnel varie entre 2 et 5 mètres. La figure 5 représente la tête Sud du tunnel pendant le passage d’un train.
- Les résultats obtenus avec ce quadruple système de ventilation ont été très satisfaisants. Grâce à la
- p.124 - vue 128/536
-
-
-
- LA NAT URL.
- 125
- Tèto Sud du tunnel de Jhmeo pendant le passage d’un train. A droite et sur le versant de la colline, bâtiment des ventilateurs et de la machine à vapeur.
- plus grande pureté de l’air on a pu installer, vers le milieu du tunnel, un nouveau poste de signaux, ce qui a permis de doubler le nombre des trains circulant dans le tunnel.
- Les
- de 1er de la
- ranee également
- chemins italiens Méditer-viennent d’appliquer le système Saccardo au tunnel du Mont-Cenis. Ici les ventilateurs ne sont pas placés à la bouche même du tunnel, mais à l'intérieur de ce dernier, à 500 mètres de la tète Ust de Bardon-nèchcs. Au nombre de deux et installés • sous le tunnel dans
- Fig. G. — Filtrée Mord du tunnel de Oiovi.
- A droite, bâtiment des ventilateurs et de la machine à
- une chambre en maçonnerie disposée | vitesse angulaire de 560 tours
- à cet elïet, ils sont actionnés directement par deux
- moteurs triphasés de 210 chevaux chacun reliés électriquement à deux génératrices tripha-sées installées dans un bâtiment extérieur, près de l’entrée du tunnel. Ces génératrices, d’une puissance de 260 chevaux chacune, sous le potentiel de 5700 volts, sont reliées directement à deux turbines hydrauliques alimentées par une chute de 46 mètres de hauteur. La puissance normale nécessaire pour la ventilation du tunnel est de 541 chevaux, à la par minute.
- tapeur.
- p.125 - vue 129/536
-
-
-
- 126
- LA NATURE.
- Nous avons encore à citer l’application du système Saccardo, par la Compagnie P.-L.-M., à la ventilation du tunnel de l’Albespeyre, sur la ligne de Langogne à Alais, un peu au Sud du faite qui sépare l'Atlantique de la Méditerranée. Ce tunnel, à voie unique, de 1507 mètres de longueur, est en rampe de 25 millimètres par mètre. L’appareil Saccardo, placé à la tète Nord, refoule dans le tunnel, en sens inverse de la rampe, un volume de 185 mètres cubes d’air par seconde, à la vitesse de 7,00 mètres par seconde, vitesse considérable, mais qui n’est maintenue que pendant la durée du passage des trains. En marche normale, la vitesse de l’air ne dépasse pas 5 mètres. Le ventilateur, du système Farcot, qui marche à une vitesse de 150 tours par minute, est actionné, au moyen de courroies, par une machine à vapeur Corliss, monocylindrique, produisant 150 chevaux à 95 tours. Cette ventilation artificielle a notablement amélioré l’aérabilité du tunnel et permis de continuer la double traction des trains, avec machine de renfort en queue, mode d’exploitation qu’on avait dû supprimer avant l’application du système Saccardo, par suite des dangers fréquents d’asphyxie. Le débit de la ligne a été, de la sorte, augmenté. Nous avons encore à citer l’application du système Saccardo aux États-Unis, notamment au tunnel d’Elkhorn sur le chemin de fer de Norfolk and North Western, dans la Virginie occidentale.
- A l’occasion nous aurons encore à dire quelques mots sur la ventilation des tunnels exploités par la traction électrique et où la ventilation, quoique nécessaire, se présente dans des conditions différentes.
- R. IîoNmn.
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Directeur,
- Je prends la liberté de vous adresser les quelques notes suivantes sur d’intéressants phénomènes météorologiques dont nous avons été les témoins dans les dernières traversées d’Oran à Port-Yendres, et de Port-Vendres à (Iran.
- TKOMBES EX MÉDITERRANÉE
- Le mardi matin 2 novembre, par 40° 50' de latitude nord et 0°5' de longitude ouest, après avoir passé dans la nuit les Baléares, la « Medjerda », ayant le cap sur Port-Yendres, a cotoyé par tribord une ligne de nuages bas et sombres, obscurcissant sur une certaine étendue la surface de la mer et dont le soleil éclairait en dessus les sommets floconneux. La mer était à peu près calme, le ciel légèrement couvert par intervalles.
- A 9h 46 s’est produit à la base des nuages un prolongement conique dont les dimensions variaient sans cesse et dont la pointe s’abaissait vers l’eau.
- Ce prolongemeut présentait à 9h 51 la forme d’un fer de lance à p’ointe en bas, avec étranglement à la base.
- Peu après, on constatait, à la surface de l’eau, un large tourbillon d’air et d’eau, celle-ci semblant pulvérisée sous forme d’un embrun circulaire, légèrement hélicoïdal, qui s’élevait peu à peu vers le prolongement des nuages, redevenu simplement conique, puis cylindrique. Les deux se rejoignirent, la trombe s’effila par en bas, se régularisa en tournant et forma une colonne assez égale de diamètre, un peu oblique sur la surface des eaux.
- Puis l’obliquité augmenta, la trombe ébaucha un S et menaça de se rompre en s’incurvant, s’allongeant et s’effilant; mais dans la rotation, la rectitude peu à peu reparut. La trombe devint une belle colonne perpendiculaire à la surface des eaux et supportant la voûte des nuages.
- A 10b4 la colonne s’estompa dans le bas et finit par ne plus être reliée à la surface de la mer. Elle s'effaça
- peu à peu.... Mais une deuxième protubérance se forma à la base linéaire et nettement dessinée des nuages, tout près de la trombe en voie de désagrégation, et il s’éleva même de la surface des eaux en ce point, à plusieurs reprises, comme une colonne d’embruns tourbillonnants. En même temps, des lignes peu accentuées, comme dessinées par la chute d’une pluie très limitée, formaient une traînée verticale qui reliait la protubérance à la mer.
- A 10h 15, cette trombe avortée disparaissait à son tour. Le samedi 5 novembre, à 5 heures de l’après-midi, par 58° 5' de latitude nord, et 1° 42' de longitude ouest, après avoir passé le golfe de Valence, nous dirigeant sur Oran, nous aperçûmes deux trombes par tribord plus éloignées que les précédentes, et qui durèrent moins. Il semble qu’en ce moment les conditions météorologiques en Méditerranée soient spécialement favorables à la formation des trombes, car ces phénomènes, somme toute exceptionnels, sont présentement signalés de divers cotés.
- Rappelons que tout récemment, le 50 octobre, le « Saint-Brieuc », navire postal faisant le service du sud tunisien, a été mis en péril par la formation d’une trombe au voisinage immédiat de sa route. Il était parti la veille de Sfax par mer calmé. Après avoir dépassé les îles Kerkenna, le temps devint menaçant; bientôt une averse dp gros grêlons tomba sur le navire et autour de lui. Soudain, à quelques mètres seulement, une trombe d’eau se forma, se dirigeant sur le vapeur. Le capitaine put l’éviter et sauver le bâtiment en faisant mettre aussitôt toute la barre à droite.
- La trombe s’écroula à une cinquantaine de mètres, avec lin épouvantable fracas, au grand effroi des passagers.
- Dr L. Murat,
- à bord du paquebot-poste « Medjerda ».
- Trombe du 2 novembre 1901.
- p.126 - vue 130/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 127
- »
- CHRONIQUE
- Les taches et la rotation de Mercure. — Les
- premières observations de taches sur Mercure remontent à 1800 et fuient faites par Schroeter. Harding et Bessel en observèrent en 1801, Prince en 1807, et depuis on en découvrit quelques autres. Les périodes de rotation déduites se rangent entre 24 heures et 24h 5m 50% mais Schiaparelli, en 1882-1885, émit l’hypothèse d’une rotation de 88 jours, c’est-à-dire égale à celle de la révolution de Mercure autour du Soleil. La planète tournerait ainsi à la façon de la Lune autour de la Terre. Récemment, Mc llarg a déduit de l’observation d’une tache noire, vue en avril 1904, une rotation de 24h8m. En outre, de l’observation de la corne australe qui a été vue émoussée, il a calculé une rotation de 24h5m 48\ Cette observation de l’émoussement de la corne australe avait déjà été faite en mars 1800 par Schroeter, et en novembre 1882 par Denning.
- Une enquête sur les coups de foudre. —
- D’après une enquête officielle, durant les quatre années 1897-1900, 000 personnes ont été tuées par la foudre en Hongrie : soit une par 100 000 habitants. Cette proportion est fort inégale dans les différentes parties du pays, puisque le pourcentage est de 1 tué par 50 000 habitants dans îe district de Szilagy. Annuellement la foudre cause une moyenne de 509 incendies, répartis très inégalement suivant les régions ; le tonnerre frappe moins souvent les grandes villes que leurs faubourgs. Enfin les coups de foudre ne semblent pas suivre une progression d’année en année, ainsi qu’on l’a prétendu parfois.
- Locomotive électrique pour marchandises.
- — Elle vient d’être construite pour le trafic des marchandises sur le réseau électrique créé à Newcastle, par la Compagnie anglaise North-Eastern Railway, et comme transformation des anciennes lignes à traction à vapeur desservant les immenses docks de cette ville. Le poids en ordre de marche de cet engin dépasse légèrement 50 tonnes; sa longueur est au total de llm,52. H aflecte la disposition, qui a fait fortune pour tant de locomotives électriques, de plans inclinés à l’avant et a l’arrière, laissant libre la vue du mécanicien dans sa cabine centrale vitrée; elle est montée sur 2 bogies à 4 roues, avec un moteur sur chaque essieu. Elle peut traîner un train de 550 tonnes en palier à une vitesse de 22 à 27 kilomètres à l’heure.
- Une locomotive qui a parcouru 3 millions 400 000 kilomètres. — On citait récemment, dans les publications techniques anglaises, une locomotive qui, depuis 22 ans, n’a pour ainsi dire pas cessé de traîner chaque jour des trains express. Il s’agit de la locomotive « Charles Dickens », appartenant au London and North-Western Railway, locomotive déjà d’une construction un peu arriérée, et qui a, dans sa vie, couvert une distance totale de 5 580 000 km, remorquant quotidiennement, l’express de Londres à Manchester pour faire ensuite le chemin inverse. Pendant cette existence laborieuse, qui ne semble pas encore achevée, la « Charles Dickens » n’a pas dévoré moins de 28 000 tonnes de charbon et transformé en vapeur 207 000 tonnes d’eau.
- Production de l’or nu Transvaal. — La production de l’or au Transvaal a atteint en 1904 le chiffre le plus élevé qui y ait été encore réalisé : 403 millions de francs; soit 270 000 francs de plus qu’en 1898
- (l’année la plus forte jusqu’ici). Depuis 1884 jusqu’au 1e' janvier 1905, le Transvaal a produit plus de 5 milliards (5112 millions). L’interruption de près de 5 ans amenée par la guerre est maintenant terminée et l’on estime que la production de 1905 atteindra 500 millions. La population ouvrière est actuellement de 100 400 travailleurs, dont 70 600 Noirs et 29 800 Chinois. Comme point de comparaison, on peut noter que le total des ouvriers employés aux mines dans toute la France est de 185 000; le chiffre de 107 000 est exactement celui des mineurs occupés en 1905 aux travaux souterrains dans toutes nos mines de combustibles.
- L’augmentation de la puissance évapora-tolre des chaudières. — M. J. Rowan, dans le (( Cassier’s Magazine », vient de signaler le vaste champ qui, pour lui, demeure encore ouvert dans l’amélioration du rendement et de la puissance évaporatoire des générateurs à vapeur. Sans doute il estime que des transformations considérables ont déjà été apportées; mais il ne croit pas qu’on se préoccupe suffisamment des meilleures combinaisons à appliquer au point de vue de la transmission du calorique à l’eau contenue dans la chaudière. A l’heure actuelle la puissance évaporatoire ne dépasse pas, au grand maximum, 4,5 kg d’eau par pied carré (0,0929m‘3) de surface de chauffe et par heure, alors que, selon lui, on pourrait parfaitement atteindre des chiffres de 25, 50. 55 et même 45 kg.
- La propulsion hydraulique des navires. —
- M. l’ingénieur Rankin Kennedy se fait à nouveau l’avocat de ce mode de propulsion, basé sur la réaction d’un jet liquide lancé de l’arrière du navire, procédé qui a été essayé à plusieurs reprises, puis abandonné. II estime qu’on peut arriver à obtenir un rendement de 95 pour 100 pour le jet même, car des expériences faites à l’Institut de technologie du Massachusetts ont donné jusqu’à 99 pour 100; et comme, d’autre part, on peut compter sur un rendement de 80 pour 100 pour la pompe, on arriverait à un rendement final de 70 pour 100, alors que les hélices n’ont jamais donné plus de 71, même dans les conditions les plus favorables.
- —
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 janvier 1905. — Présidence de M. Thoost.
- L'homme, le mammouth et le rhinocéros rue de Rennes, à l'époque quaternaire. — M. le professeur Gaudry, au nom de M. le Dr Capitan, présente une dent molaire de mammouth et une dent de Rhinocéros tychor-rinus qui furent trouvées récemment, en compagnie d’une assez grande quantité de silex taillés très grossiers, au cours des fouilles pratiquées actuellement rue de Rennes pour le Métropolitain. Ces débris ont été rencontrés dans des alluvions sableuses quaternaires, épaisses de 2 à 5 mètres, et à 8 mètres au-dessous du niveau du sol de la rue de Rennes.
- La peau du Néomylodon. — M. Capitan a encore présenté à l’Académie, toujours par l’entremise de M. Gaudry, un fragment fossilisé de peau de Néomylodon, ce singulier animal de la fin de l’époque tertiaire découvert en Patagonie par M. E. Nordenskjôld. Ce morceau de peau, encore recouvert de longs poils blancs et soyeux, a été trouvé dans la grotte de Cueva, dans la République Argentine, en compagnie d’un grand nombre de débris et d’excréments fossilises du même animal.
- p.127 - vue 131/536
-
-
-
- 128
- LA NATURE.
- Contribution it l’étude du sol de lu région du Chari et du Tchad. — Ayant eu occasion d’étudier des échantillons des terres constituant le sol de la région du Lhari et du Tchad, échantillons recueillis par la mission Auguste Chevalier, M. A. Hébert a pu constater que cette contrée doit être peu fertile, encore que le caféier et le cotonnier puissent s’y développer convenablement. Le sol est très riche en matières azotées, mais les phosphates, la chaux et la magnésie y font à peu près complètement défaut. Au point de vue minéralogique, on trouve dans la région des gisements très étendus d’un minerai de fer assez riche. Ces gisements sont exploités par les indigènes, qui en tirent, par des moyens assez primitifs, un fer de bonne qualité.
- La résistance du béton armé. — M. Considère a rendu compte de ses nouvelles expériences qui lui ont
- permis de mettre définitivement hors de doute la faculté que le béton, armé de barres de métal, possède de supporter sans se fissurer des allongements très supérieurs à ceux qui brisent toujours le béton non armé. Si des savants allemands et américains ont pu prétendre le contraire, c’est, déclare M. Considère, que leurs expériences ont porté sur des pièces qui n’avaient sans doute pas été maintenues suffisamment humides pendant la prise du béton. Ch. de Yilledelil.
- UN CHÂTAIGNIER MILLÉNAIRE
- A quoi faut-il attribuer la longévité de certains arbres? Sont-ils vraiment plus vigoureux et plus résistants, ou les hommes, après les avoir involon-
- Vues du châtaignier millénaire, à Arrau,
- tairement épargnés, les protègent-ils parce que lorsqu’ils découvrent ces magnifiques géants ils sont déjà séculaires?
- Dans le petit hameau d’Arrau, en Puisaye, on peut voir sur le hord d’une route un châtaignier colossal qui a plus de neuf cents ans, selon la tradition. II a 15m,65 de circonférence à sa base et sa ramure, malgré de nombreux accidents, est encore magnifique.
- II y a quelque trente ans, l’incendie d’une grange voisine l’endommagea fortement. 11 fallut l'amputer de ses plus belles branches; mais, sur le tronc mutilé, une nouvelle pousse s'élança droite et vigoureuse : elle est aujourd'hui à elle seule un arbre magnifique.
- Détail curieux, l’écorce du vieux tronc, au lieu de suivre verticalement le bois, tourne en pas de vis :
- une petite écorce bizarre, striée à l’infini de menues raies, une écorce usée comme un vieux visage.
- Le terrain, l’air, sont-ils pour quelque chose dans cette végétation si tenace? Toujours est-il, que dans le parc d’Arthé, à quelques kilomètres d’Arrau, on voit un chêne qui était déjà vieux du temps de Sully. Les oiseaux, les insectes, les pluies avaient détérioré toute une partie de son écorce;pour éviter une plus profonde détérioration, la partie malade fut comblée avec du béton, et l’arbre continua à défier les ouragans; pas plus que le châtaignier d’Arrau, il ne semble souffrir de sa vieillesse1.
- 1 Yoy. n° 510 du 10 mars 1883, page ‘239, et n° 836 du ‘2 juin 1889, page 28.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiuihe, rue de Fleurus, 9,
- p.128 - vue 132/536
-
-
-
- N" il. 5 5. — 2S J.V.WIKU I905.
- LA NAT LT» K.
- 12î>
- IA TÉLËSTÉRËOSCOPIE
- Depuis plusieurs années M. llelbronner s’est consacré à la triangulation géodésique des hauts massifs alpins; nous n’entreprendrons pas de décrire cet intéressant travail dans ses détails, ceux de nos lecteurs qui voudraient se documenter complètement seront renseignés par les brochures publiées par
- l’auteur à ce sujet1. Nous exposerons seulement ici quelques idées concernant les applications photographiques et stéréoscopiques aux levés géodésiques.
- On a pensé à tort que les perspectives photographiques pourraient remplacer les méthodes de précision, et fournir les résultats que les mesures angulaires peuvent seules donner dans l'établissement de réseaux géodésiques même à petite échelle. Les me-
- Fijx. 1. — Aiguille du Plan, prise de Gliainouix, à 5,8 kilomètres.
- sures ne peuvent pas être assez précises sur un cliché photographique et à plus forte raison sur une épreuve sur papier; les petites variations dans la mise au point, l’élasticité de la gélatine ou du papier sont autant de causes d'erreur. Cependant cela n’est
- pas une raison pour écarter complètement la photographie, car la supériorité du levé par perspective s’affirmera dans certains cas : par exemple pour relever des points intermédiaires et secondaires dans un réseau géodésique, comme les pointes ro-
- Fig. 2. — Téléslùrûoscoiiie du Mont-Blanc, pris à 100 kilomètres de dislance.
- Dit Puy-Gris, 2011 mètres. Du rocher-Blanc des Scjd-Laux, 2050 mètres.
- cheuses d’une arête; ou bien pour effectuer un remplissage de détails sur des pentes escarpées inaccessibles. Comme on ne peut opérer que de loin et qu’un objectif à long foyer exigerait une chambre à tirage considérable, qui serait fort encombrante, le téléobjectif s’impose dans quelques cas et la méthode stéréoscopique offre de grands avantages, si Ton a soin de choisir judicieusement l'écartement des deux stations. M. Helbronner, qui se servait depuis 1895 du téléobjectif Dallmeyer adapté à une chambre
- 35° année. — 1er semestre.
- h soufflet 18x24, emploie actuellement une jumelle Bellieni munie d’un téléobjectif de Zeiss; nous avons déjh publié ici des résultals obtenus avec cet
- 1 7) iangulafwns géodésiques des massifs d’AUevard, des Sepl-Laux et de la Belle-Etoile. Paris. 1904. Annuaire du Club Alpin français <le 1905. — lélêphotographie simple et stéréoscopique en montagne. Paris. 1905; menu; annuaire, 1902. — Sur les triangulations géodésiques complémentaires des hautes régions des Alpes françaises. C. 1t. Ac. des sc., 7 novembre 1904. — Sur la Téléstérco-scopic. C. II. Ae. des se., 5 décembre 1904.
- 9
- p.129 - vue 133/536
-
-
-
- LA N ATI H L.
- I5<>
- appareil au point de vue de la téléstéréoseopie'. M. Bellieni avait cherché à cette époque à établir une règle permettant de choisir à coup sur les deux stations pour obtenir le meilleur relief et, pratiquement, il était arrivé à des résultats intéressants. Cependant on ne peut établir de formules mathématiques à ce sujet, puisque l’effet du relief est un phénomène physiologique ; mais il y a des limites entre lesquelles on doit rester pour obtenir, d’une part, un relief suffisant et, d’autre part, éviter l’exagération.
- M. Ilelbronner a fait à ce sujet de nombreuses expériences en opérant, pour la mémo chaîne de montagne, avec des stations présentant un écartement très différent. C’est ainsi qu’il a pris à 120 kilomètres de distance, une première fois la chaîne du Mont-Blanc et les chaînes interposées, avec un écartement de 50 mètres, et qu’il a repris ensuite le même panorama avec un écartement de 7500 mètres. Dans le premier cas, les chaînes interposées venaient seules en relief, la chaîne du Mont-Blanc restant à peu près plate ; tandis que, dans le second cas, le relief s’accuse surtout pour cette dernière. Il est vrai que, l’écartement étant exagéré, il faut attendre un certain temps pour que l’accommodement se fasse.
- C’est dans des conditions intermédiaires et, par suite, les plus favorables pour les grands éloignements, que rentre un des deux téléstéréoscopes donnés ici. Les deux téléphotographies prises à huit jours d’intervalle de deux stations géodésiques — sommet du Buy Gris (2911 m.) et sommet du rocher Blanc des Sept-Laux (2950 m.), — écartées d’environ 1300 mètres perpendiculairement à l’axe médian de visée, donnent, à 100 kilomètres de distance moyenne, le relief dans la chaîne du Mont-Blanc : on y distingue 6 plans, depuis celui de l’Aiguille des Glaciers jusqu’à celui des Grandes Jorasses. Les stries du cliché de gauche proviennent du négatif et non de la gravure : elles disparaissent dans le stéréoscope.
- S’il n’y a pas de formule mathématique pour calculer l’écartement, M. Ilelbronner en établit qui permettent de calculer les distances des différents points, lorsque l’écartement est connu. Cette application de la téléstéréoseopie est très intéressante, car elle permet de distinguer les signaux qui peuvent paraître sur un même plan et de reconnaître facilement des points éloignés. Les panoramas les plus surchargés deviennent clairs et facilement lisibles, ainsi qu’on peut s’en rendre compte en examinant au stéréoscope la photographie que nous reproduisons ici. Les alpinistes, en présence d’une télésté-réoscopie, peuvent étudier d’avance le terrain de l'ascension projetée ; les officiers d’État-rnajor peuvent repérer les passages utiles à défendre en cas de guerre ; les officiers d’artillerie peuvent trouver des distances pour le réglage du tir avant l’ouverture du feu. ,
- 1 Yoy. n° 1555. du I i novembre 1003, page 235.
- L’an dernier, M. Ilelbronner a refait un grand nombre de téléphotographies, notamment de la chaîne du Mont-Blanc, d’après des stations très variées de sa triangulation; il se propose de créer des combinaisons, deux à deux, entre ces différentes photographies, de façon à en former une série de vues téléstéréoscopiques qui constitueront par leur succession l’effet que ressentirait un observateur tournant autour d’une maquette en relief du Mont-Blanc réduit au 1/20000 environ.
- Les formules de M. Ilelbronner relatives à la téléstéréoseopie n’ont pas pour but d’établir une nouvelle méthode pratique de levés précis, la délicatesse des mesures s’y oppose; mais, pour des levés de plan où la recherche de la précision est sacrifiée à la rapidité d’exécution, il y a une application pratique très précieuse. L'auteur a présenté dernièrement à l’Académie des sciences le plan d’un secteur des environs de Nancy, déduit d’un téléstéréoscope obtenu avec un téléobjectif Dallmeycr, dont les stations étaient distantes de 2im,50 et qui n’avait demandé que cinq heures de travail de bureau. Dans ses travaux de triangulation des hautes régions des Alpes françaises, ces procédés lui viennent constamment en aide pour la vérification des points visés sur les crêtes se présentant perpendiculairement à leur direction générale, et pour reconnaître les parties éloignées des grands panoramas. Les travaux de M. Ilelbronner et les résultats qu’il a déjà obtenus ont été très remarqués du monde savant et ils sont appelés à rendre de réels services à la géodésie.
- G. Mxheschac.
- LE CANON DE CAMPAGNE AMÉRICAIN
- Les États-Unis tenant à devenir une grande puissance militaire, il est intéressant de donner des détails sur leur artillerie de campagne, qui date de 1002. La pièce type est due au capitaine Wheeler; elle est en acier au nickel, avec une jaquette et une frette de guidage; sa longueur est de 2,23 mètres, ce qui correspond à 28 calibres, pour un poids de 377 kilogrammes. La pièce coulisse sur un berceau reposant sur un porte-beiceau à pivot vertical.
- Le frein de tir sc compose d’un seul cylindre à l’intérieur du berceau, les ressorts récupérateurs étant enroulés autour du cylindre; le recul est de lm,22. Le mécanisme de culasse est du système à vis à fdets interrompus.
- L’affût est pourvu d’un bouclier et monté sur des roues de 1m,42, munies d’un frein à levier. Le poids du canon sur son affût est de 1004 kg, celui de l’avanl-train, chargé de 50 cartouches, de 710 kg. Le poids du projectile est de 8,8 kg et sa vitesse initiale de 510 mètres par seconde.
- UN CH\LA.ND PËTROLÉO-ÉLECIRIQUE
- Cette désignation, en apparence bizarre, répond bien à l’alliance qui est faite à bord de ce bateau du moteur à pétrole et de la dynamo-génératrice ainsi que du moteur
- p.130 - vue 134/536
-
-
-
- LA N AT U H K.
- 151
- électrique. Comme ou peut le pressentir déjà, il y a là une combinaison assez analogue, sous réserve de certaines différences, à celle qu’on trouve pour des voilures automobiles, où l’on a recours au courant électrique comme à un intermédiaire particulièrement souple pour transmettre la puissance motrice du moteur aux roues.
- Nos lecteurs doivent savoir, nous leur avons déjà signalé cette application nouvelle du machinisme, qu’on commence de construire des chalands automobiles, chalands à propulsion mécanique dont l’hélice est commandée, non pus par une machine à vapeur encombrante et coûteuse pour un bateau de ce genre, mais par un de ces moteurs tonnants, dont les services ne sont plus maintenant à compter. Au point de vue commercial, il n’est pas encore démontré que cette solution soit excellente, parce que les chalands sur les canaux ordinaires ne peuvent marcher qu’à une allure extrêmement lente, ce qui ne permet que de tirer un parti tout relatif des avantages de la propulsion mécanique. En tout cas, cette transformation d’un instrument de transport bien connu est fort intéressante en elle-même, et il est assuré qu’elle sera très utile sur de larges nappes d’eau et en matière de navigation maritime. Précisément, le chaland dont nous voulons parler est construit pour la Compagnie générale de Navigation sur le lac Léman, et ici le moteur peut donner une grande vitesse; les constructeurs sont la Compagnie de l’industrie électrique et mécanique de Genève. La puissance motrice nécessaire à la propulsion du chaland, c’est-à-dire à la commande de son hélice, et aussi aux treuils de manutention des marchandises, est fournie par un moteur à pétrole Diesel, mais celui-ci ne fonctionne que dans un sens et à une vitesse déterminée, si bien qu’on a décidé d’avoir recours à des machines électriques, à cause de leur souplesse et de leur élasticité, comme intermédiaires pour assurer les démarrages, les ralentissements, les marches arrière.
- Le moteur Diesel actionne directement une génératrice et une excitatrice placées sur le même arbre, au bout de celui-ci est calé un des plateaux d’un embrayage magnétique, permettant l’accouplement de ce premier groupe à un second comportant un moteur électrique pour la commande de l’hélice ; sur l’extrémité avant de l’arbre de ce second groupe, est calé le second plateau de l’embrayage. Au moment de la mise en route du moteur à pétrole, mise en route qui se fait à vitesse normale, l’accouplement est écarté, l’hélice n’est pas entraînée directement; mais, grâce à l’excitatrice et à un dispositif spécial, on excite la dynamo, et son courant fait démarrer le moteur, qui entraîne l’hélice avec douceur. Quand les deux groupes sont à la même allure, on pousse à fond le levier de la mise en marche, et l’embrayage magnétique, excité par la génératrice, se ferme et assure l’accouplement et la solidarisation des deux groupes. C’est dire qu’on peut désexciter le moteur électrique et que le moteur à pétrole va actionner directement l’hélice, grâce à la connexion rigide. Si l’on veut faire marcher l’hélice en arrière, on ramène au zéro le levier de commande de la mise en marche, l’embrayage mécanique s’écarte, et, si l’on tire en arrière le levier de commande, on inverse le courant dans le moteur, qui tourne en sens inverse, et entraîne par conséquent avec lui dans le même sens l’hélice propulsive. Toute cette manœuvre est douce et facile, d’autant qu’il est possible pour les démarrages d’obtenir une vitesse quelconque sans à-coup, la mise en marche agissant seulement sur l’excitation de la génératrice.
- D. B.
- NOUVEAU CHAUFFAGE A EAU CHAUDE
- P AK LE PELSEER ROUQEAER
- Parmi les questions d’hygiène qui sont plus que jamais à l’ordre du jour, celle du chauffage des habitations est une des plus importantes parce qu’elle préoccupe à la fois l’architecte, le propriétaire, le locataire, sans oublier le médecin. Aussi serait-il regrettable de ne [tas faire connaître un nouveau système de chauffage à eau chaude, qui, par sa nature même, rentre dans la catégorie de ceux préconisés par les hygiénistes, condamnant aujourd’hui d’une manière absolue les poêles à combustion lente et les calorifères à air chaud.
- L’appareil de chauffage par pulsions d’eau chaude, imaginé par M. Kouquaud, a de nombreuses applications, et si la principale est celle du calorifère, général d’une habitation, il permet aussi de constituer des chauffages isolés pour un appartement seul, une chambre ou un groupe de plusieurs pièces et même des poêles fixes ou portatifs. La dernière application, étudiée par le constructeur, est un appareil destiné au chauffage des voitures. Nos lecteurs en ont la primeur, car le seul appareil construit à ce jour a été dessiné pour eux.
- La ligure 2 représente, d’un côté un poêle d'appartement et de l’autre l’appareil pour voitures. Les explications que nous allons donner sur le premier s’appliquent au second, ainsi qu’aux grands appareils dont nous parlerons ensuite. Dans tous les cas, le principe suivi est le suivant ; obtenir une circulation d’eau chaude à 80° environ et au minimum, par des chutes répétées à air libre d’eau bouillante dont le volume est proportionnel aux surfaces chauffantes (poêles, radiateurs, tuyaux, chaufferettes, etc ) que cette eau doit alimenter. Ce volume est quelquefois de plus de 100 litres pour un vaste édifice et il n’est que d’un verre d’eau pour une chambre d’appartement. Il est donc nécessaire, pour qu’il y ait chute d’eau, d'élever d’abord le volume d’eau à faire circuler et, pour avoir des chutes répétées, il faut aussi que les élévations soient automatiques et périodiques.
- L’appareil disposé à cet effet constitue l’àme du système qui lui doit toute son originalité. 11 produit des pulsions d’eau, d’où son nom de pulseur ou d’éjccto-pulseur.
- Dans le poêle de la ligure 2, la source de chaleur est un réchaud à alcool 11, mais il peut être dans d’autres modèles une petite rampe à gaz, voire même un courant électrique, et, s’il s’agit d’une installation fixe, une grille à charbon, qui exige alors un dégagement dans une cheminée. Au-dessus du réchaud à alcool est une petite chaudière à air libre P remplie d’eau et contenant le pulseur en question. Celui-ci envoie périodiquement un certain volume d’eau bouillante dans un petit réservoir intérieur et situé à la partie supérieure de la chaudière qui correspond au point haut du poêle. Par un tuyau l’eau chaude
- p.131 - vue 135/536
-
-
-
- LA NATURE.
- tombe de son propre poids dans le bas de l’appareil de forme circulaire et à double paroi E. Cette eau y ; circule de bas en haut et toute la surface du poêle, interne et externe, contribue, en se refroidissant, au j chauffage de l’air ambiant. La circulation se termine par une rentrée de l’eau dans la petite chaudière où j elle se réchauffe jusqu’à ébullition pour recoin- ; mcncer à circuler par de nouvelles pulsions suivies de chutes. La quantité de vapeur produite à chaque 1 pulsion se condense sous le couvercle de la chaudière ; qui n’est pas hermétique et cette condensation a lieu facilement, car la pulsion de ce poêle n'est que d’environ un cinquième de litre.
- 11 y a donc utilisation complète des calories dégagées par le réchaud, emmagasinées par l'eau qui les restitue par son refroidissement sur une très grande surface.
- L’appareil pour le chauffage de voilures possède une circulation semblable. La chaudière est reliée à une ou plusieurs chaufferettes formant radiateur, par des tuyaux flexibles qui permettent de placer ce radiateur à volonté dans diverses positions. Un voit sur la figure que la petite chaudière est reliée à une chaufferette C, et possède deux tubulures en attente qui peuvent en desservir une autre de la même façon.
- Sur la figure 1 nous avons représentél’instal-lation de l'appareil Rou-quaud dans la cuisine d’un appartement. A coté du fourneau est installée une chaudière avec foyer à charbon qui est enveloppée de briques, avec dessus et devanture en fonte tout à fait analogues au fourneau lui-même. Au-dessus de la chaudière est placé l’éjecto- « pul-seur » et enfin à une hauteur variant avec les installations, se trouve le réservoir d’expansion et de chute, relié à la tuyauterie de circulation qui parcourt l’appartement et revient à la chaudière.
- A coté est une vue à plus grande échelle de l'appareil « pulseur » qui mérite une description détaillée. Rappelons tout d’abord l’expérience classique du ludion : dans un récipient en verre rempli d’eau aux trois quarts de sa hauteur, on place un flotteur
- muni d’une ouverture à la partie inférieure et dont le poids a été réglé de façon qu’étant vide il reste à la surface de l’eau. Le récipient est fermé par une membrane licelée sur son rebord. Si on exerce avec le doigt une pression sur la membrane, cette pression fait entrer dans le flotteur une petite quantité d’eau qui l’alourdit et le fait s’enfoncer dans le liquide.
- M. Rouquaud a imaginé un appareil inverse, c'est-à-dire qu’il a lesté le flotteur de façon à le faire tomber au fond du récipient, dont il a supprimé la membrane de fermeture. H a placé sous le récipient une source de chaleur. Sous l’action de celle-ci le flotteur s’élève graduellement et surnage et si l’appareil n’est plus momentanément chauffé, le flotteur reprend sa position première; s’il est de nouveau soumis à l’action de la chaleur, il fait une nouvelle ascension. Celle-ci est due à l’allègement du llotteur par les bulles de vapeur qui s’y emmagasinent en refoulant une partie du liquide qui le leste.
- Dans l’éjecto-pulseur, dont nous donnons la figure, le flotteur est constitué, à l’intérieur d’un récipient, par une cloche E montée sur un tube concentrique à un autre tube T par lequel l’eau montera au réservoir d’expansion. A sa partie supérieure, ce tube est muni de deux ouvertures O. Le récipient est en communication continuelle avecla chaudière par deux tuyaux a et d dans lesquels s’établit une circulation d’eau chaude. Les bulles de vapeur qui se forment dans la chaudière, passant par l’un de ces tuyaux, viennent s’accumuler sous la cloche, l’allègent et celle-ci s’élève; en même temps le tube concentrique masque les ouvertures. La vapeur, continuant à se dégager dans le récipient, exerce une pression sur l’eau qui y est contenue et l’évacue par une pulsion dans le lube intérieur jusqu’au vase d’expansion et de chute. La cloche, ne flottant plus, retombe, le tube concentrique démasque les ouvertures par lesquelles la vapeur du récipient s’échappe et la pression atmosphérique y
- Fiji. 1. — Chaudière, pulseur et réservoir de chute installés dans une cuisine. En coupe le pulseur Houquaud.
- p.132 - vue 136/536
-
-
-
- I.À N A TIII! K.
- est rétablie. Quelques instants plus tard, il y a une j phénomène se renouvelle automatiquement et c’est nouvelle accumulation de vapeur sous la cloche, le | ainsi que successivement cet ingénieux appareil
- Fig. 2. — Appareils Ilouquaud. — 1. Poète d'appartement, vue extérieure.
- 2. Vue, à l'intérieur, du réchaud à alcool et de la chaudière à pulsions. — ô. Appareil pour le chauffage des voilures.
- Fig.ir». — Schémas d'installations. P, pulseur ; r, réservoir de chute ; V, condenseur de vapeur.
- A gauche : chauffage d'une maison avec chaudière placée, au sous-sol. — A droite en haut : chaudière placée à l'étage supérieur.
- A droite en has : chauffage d'appartement.
- élève par pulsions périodiques le volume d'eau chaude nécessaire au chauffage de l’appariement.
- Sur la ligure n nous avons représenté schématiquement des circulations d’eau chaude à travers les
- p.133 - vue 137/536
-
-
-
- LA NATURE.
- l<>i
- poêles ou radiateurs de plusieurs étages en figurant les trois positions qui peuvent être données à la chaudière par rapport à ces radiateurs.
- 1° Chaudière placée au point le plus has (sous-sol dune maison); 2" chaudière placée en un point plus haut que les radiateurs ; o° chaudière placée au même niveau que les radiateurs, comme c'est le cas d’un appariement.
- Dans les trois cas la circulation se fait par un luvau unique partant du réservoir de chute et revenant à la chaudière après avoir desservi tous les radiateurs. D’autres systèmes de chauffage possèdent une distribution analogue, mais toujours la chaudière est placée en dessous des radiateurs de l’étage inférieur. Aussi est-il intéressant de signaler que le système Rouquaud, en permettant de mettre la chaudière de plain-pied avec les radiateurs et même au point le plus élevé de la circulation, permet de faire des installations impossibles à faire avec les autres systèmes à vapeur ou à eau chaude.
- Il nous reste un mot à dire de l’utilisation de la vapeur produite à chaque pulsion d’eau chaude. Celle-ci est en effet à une température supérieure à 100 degrés et provoque une certaine vaporisation. Pour recueillir la chaleur latente de cette vaporisation il est adjoint au pulseur un réservoir d’eau dans lequel la vapeur se condense, et l’eau chaude ainsi produite peut être utilisée pour les services annexes de la maison, bains par exemple, ou être restituée à la chaudière. 11 en résulte une économie de combustible qui n'est pas à dédaigner au prix où nous payons le charbon dans les grandes villes éloignées des mines. Raymond Périsse,
- IllJ’IMlitMlr il^roiioilio.
- COMMENT A PÉRI LE BISON D’AMÉRIQUE
- A une époque encore récente, la partie centrale des Etats-Unis renfermait une grande quantité de bisons. Ces animaux, au dire des chasseurs et des pionniers qui eurent le plus souvent l’occasion de les rencontrer, formaient des troupeaux immenses, ou plutôt un énorme troupeau subdivisé en nombreuses bandes. En 1870 même, les bisons étaient innombrables : il y en avait encore des millions. Mais la construction de la grande ligne de chemin de fer transcontinentale eut pour conséquence la scission du troupeau en deux parties, au nord et au sud de la voie. A la même époque, la chasse au bison prit un développement extraordinaire. Les Indiens le tuaient pour s’en nourrir; les chasseurs pour la peau, d’autres pour la langue — on a vu des amateurs s’amuser à tuer jusqu’à 2500 bisons en une saison, rien que pour la langue qui se vendait lfr,25. — D’autres encore pour le sport. I/exter-mination d’un animal utilisable comme le bison a été un acte de sauvage ivre de barbarie. Le massacre fut épouvantable, et conduit dans les conditions les plus répugnantes : on ne sait ce qui l’emporte, dans cette affaire, de l’inintelligence ou de la brutalité. En trois ans, de 1872 à 1875, le troupeau sud fut exterminé. Ce troupeau devait compter quelque chose comme 6 millions d’animaux. On sait par les registres du chemin de fer que près de 4 millions de peaux furent prélevés sur ce troupeau.
- Certains camps durent déménager, tant le massacre avait été abondant, et tant il y avait de carcasses en putréfaction à l’entour.
- L’extermination du troupeau nord est de date plus récente. Comme on peut le voir par l’excellent travail de W. T. llornadav, The Extermination of tlie American Bison, le massacre se fit vers 1880, dans les mêmes conditions qu’au sud. Le résultat est que, maintenant, il ne reste aux États-finis que quelques bisons épars, recueillis par le Gouvernement ou par des particuliers. L’espèce est détruite, et on commence à s’apercevoir un peu tard qu’on s’est conduit comme de purs sauvages. Récemment, un éleveur américain, M. R. N. Runn, dans Forest and Slream (29 octobre 1904), a expliqué la destruction du troupeau nord. Cette destruction ne serait pas en entier imputable à l'homme : la nature y aurait pris sérieusement part. Il faut accorder qu’il y a quelque vérité dans la thèse soutenue par M. Runn. En effet, après la destruction du troupeau sud, auquel était dévolu l’habitat le plus favorable, le plus clément, l’espèce ne pouvait continuer à exister qu’à condition que le troupeau nord, exposé à un climat rigoureux, fût protégé. Or, un hiver épouvantable (celui de 1880-1881) acheva le mal commencé par l’homme. Le froid fut intense : mais le pire fut la neige. Celle-ci tomba en abondance, de janvier à mars, arrêtant les trains, faisant obstacle à toutes communications entre les villes et villages, recouvrant toute la végétation, et réduisant, par conséquent, à la famine tous les herbivores. Dans ces conditions, les bisons devaient périr en grand nombre. Plus tard, M. Runn a rencontré de nombreux amoncellements de squelettes de bisons, et il a eu la curiosité d’examiner ces restes.
- Fait singulier, tous ces squelettes étaient intacts. Dans un amas de 200 squelettes, un seul présentait trace d’une blessure : une pointe de flèche dans l’omoplate. Evidemment, ces animaux n’avaient pas été tués par les chasseurs; ils avaient péri de froid.
- Le Dakota et le Manitoba présentent des froids terribles; les blizzards, tempêtes de neige, y sont assez fréquentes, et il n’en fallait pas tant pour tuer les pauvres animaux. Ils erraient de droite et de gauche, cherchant l’herbe que la neige leur dérobait; cherchant à boire aussi, mais en vain; et, de guerre lasse, ils s’assemblèrent les uns contre les autres, non point aux lieux accoutumés, mais dans les rares endroits oii quelque abri leur était offert par un bouquet d’arbres, par un talus, et là, ils moururent de faim, de soif et de froid. Ils étaient peut-être 20 millions dans la région, dit M. Runn : tous ont disparu. Ce n’est pas seulement au Manitoba et dans le Dakota que la neige a tué le bison : elle a opéré aussi dans la région du Saskatchewan. Quand la ligne du Canada au Pacifique fut consPruite à travers la vallée du Saskatchewan, les ingénieurs rapportèrent qu’ils voyaient des prairies blanches de squelettes de bisons. Par mille carré (le mille a 1609 mètres) il y avait en moyenne 5000 squelettes.
- Du moment où le bison a été chassé dans le nord, il était perdu : la nature devait l’exterminer, il n’était pas fait pour les grands froids. Mais il ne faut pas oublier que c’est l’homme qui l’a envoyé au-devant de la mort, en l’obligeant à gagner la partie nord des États-Unis. La responsabilité des Américains reste entière, et je ne vois pas qu’il y ait lieu d’accorder des « circonstances atténuantes » tout en reconnaissant que la thèse de M. Runn est très défendable, et qu’elle explique bien des faits.
- Henry de V umc.ny.
- ---------
- p.134 - vue 138/536
-
-
-
- li A N A TU RK.
- L’OUCiNE DE CHABRIÈRES
- HAUTES-ALPES
- Ce nom est nouveau dans la géographie de la France; il n’a, que je sache, été imprimé nulle part avant les recherches dontje vais dire ici quelques mots.
- L’Oueane de Chabrières, en etVet, — qui a pu être entrevu depuis longtemps par des touristes qui n’en ont pas soupçonné l’intérêt, et près duquel sont notamment passés, il y a nombre d’années, les grands alpinistes J. Bail et 11. Duhamel, au cours de recherches botaniques dans les Hautes-Alpes, — n’a été véritablement découvert qu’en 1897 par mon ami David Martin, conservateur du musée de Gap; déjà je devais à ce perspicace et érudit observateur mes explorations de 1896 et 1899 dans les si curieux chouruns ou abîmes du Dévoluy. Cette fois encore je lui suis redevable d’une intéressante trouvaille au cœur même de nos Alpes françaises : depuis sept ans, D. Martin insistait pour me mener à l’inspection détaillée de la mystérieuse localité. Mais l’entreprise était compliquée, à cause de l’altitude, de la distance, de la nature du sol, de la nécessité de camper plusieurs jours sous la tente, dans la montagne : elle a eu lieu enfin, du 5 au 9 juillet 4904, sous la conduite et par l’organisation de Martin lui-même, et en compagnie de MM. E. Haug, professeur à la Sorbonne, U. Lory, géologue à Grenoble, et le D' H. Yésignié. En voici le sommaire résultat.
- On est mal fixé sur l’étymologie réelle du mol Oueane, appliqué par les bergers gapençais à un véritable lapiaz, c’est-à-dire à une surface de roche calcaire, toute fendillée, tout usée par les intempéries et d’autres causes, comme il s’en trouve tant dans les diverses régions des Alpes (Parmelan et désert de Platé en Savoie, Karrenalp en Suisse, Got-tesacker, Uebergossene Alp, Dachstein en Autriche et Bavière, etc.). Le notre s'étale au pied nord-ouest de la montagne appelée roc de Chabrières (2405 m.), au-dessus du chef-lieu de canton de Chorges (ligne de Gap à Embrun). Ce lapiaz est de petites dimensions (losange de 500 mètres de longueur sur 550 de largeur; environ huit hectares de superficie), — compris entre 2180 et 2250 mètres d’altitude,
- -— et pratiqué dans le calcaire jurassique supérieur (tithonique) avec bancs de marbre rouge dit de Guillestre. Au cours de nos investigations, MM. Haug et Lory ont constaté qu’il est séparé du flanc nord-ouest du roc de Chabrières par une faille orientée de l’E.-N.-E. à l’O.-S.-O., et qu’en outre la présence de grès nummulitiqnes en place (à 400 mètres plus bas sur le versant de Réallon au Aord) et de lambeaux de llysch intercalaires y témoignent indiscutablement d’un de ce s phénomènes de charriage, c’est-à-dire d’un de ces complexes accidents tectoniques qui ont tant bouleversé les Alpes et qui, découverts par 31. M. Bertrand, se montrent de plus en plus universels d’après les travaux de MM. Lugeon, Schardt, Haug, Termier, etc.
- La plus remarquable caractéristique de l’Oucane
- 155
- de Chabrières est le développement considérable de grandes crevasses rectilignes qui, au nombre de plus de vingt, sillonnent la surface rocheuse selon deux directions principales (S.-E.-N.-O. et S.-A.); ces crevasses principales (environnées d’innombrables autres secondaires) mesurent de 10 à 155 mètres de longueur et de 1 à 12 mètres de largeur ; leur profondeur arrive à 25 mètres jusqu’à la neige qui les encombre en partie et qui empêche de scruter leur réelle étendue verticale. Dans aucun lapiaz connu on n’a rencontré jusqu’ici de tissures aussi larges, aussi profondes, ni surtout aussi régulièrement disposées. Les bouchons de neige ne nous ont pas permis de vérifier si, comme le prétendent les bergers, il existerait là de vrais abîmes, pareils aux puits à neige du Dévoluy. Mais, en dehors des crevasses, nous avons trouvé six entonnoirs encombrés de cailloux, qui sont des points d’absorption d’eaux et qui engloutissent sous terre les pluies d’orage et les neiges fondues. J’ai liguré les principaux traits de l’ensemble sur un plan levé au 5()00,‘, trop technique pour être figuré ici.
- Ce crevassement exceptionnel correspond à la fissuration extrême du roc de Chabrières lui-même, dont les parois abruptes sont, sur 200 mètres de hauteur, fendues par un réseau très serré de dia-clases, exactement dans le même axe que les crevasses. Les surfaces planes du rocher sont abondamment accidentées de ces rainures, rigoles et sillons, de formes et dimensions variées particulières aux lapiaz, karren, schrattenfelder ou rascles.
- H en résulte que l’Oucane, avec ses véritables rues de neige, présente un type morphologique exceptionnel parce qu’il sert de transition absolue entre les simples lapiaz proprement dits et les villes de rochers dolomitiques ou gréseux, telles que Montpel-lier-le-Vieux, le Bois de Païolive, Mourèze dans les Cévennes, AVeckelsdorf et Adersbach1 en Bohême. Mes photographies le démontrent surabondamment.
- L’aspect et la situation de l’entrée principale de l’Oucane, de sa grande crevasse de 155 mètres et du ravin de sortie vers le nord-est, indiquent de plus et nettement que des écoulements d’eau s’y sont produits et s’y manifestent encore. A 1800 mètres d’altitude, une triple résurgence, ou source dite vauclu-sienne, qui est justement amenée au jour par le grès nummulitique et qui, par le plus étrange hasard, porte précisément le nom de \ aucluse, est l’émissaire souterrain des eaux et neiges absorbées par l’Oucane ; cela est prouvé par sa basse température (5° C.) puisqu’une source superficielle près de l’Oucane, à 2160 mètres, est à 6Û. Il se trouve donc que toutes les particularités de l’Oucane justifient d’une manière surprenante le rapprochement que j’ai établi récemment2 entre les rascles des hauts sommets, les lapiaz de vallées et de bas plateaux, (Pont des Ouïes à la Valserine, gorges du Fier, de
- 1 Yov. nos 1573 et 1575, des 10 et 30 septembre 1899. p. 241 et 280.
- 2 Yoy. Comptes rendus de l'Académie des sciences, 15 décembre 1902.
- p.135 - vue 139/536
-
-
-
- LA NA TU R K.
- I :>li
- . Fig. 5. -- Flateau des crevasses,
- Fig. G. — lloe de Cliabrières.
- l’Ardèilie, de la Cèze, etc.), tion, — et les résurgences.
- les abîmes d’absorp-
- f'n outre nous avons constaté qu’il ne faut sans doute pas refuser aux glaciers toute influence sur la
- p.136 - vue 140/536
-
-
-
- LA NATURE.
- Fijr. 7 à ‘,1. — L'Oncano do Chabriores. — Los crevasses.
- production dos lapiaz, et qu'il y a lieu de revenir, I nées, de Charpentier, Renevier, Favre, Siinony, ele. sur ce point, aux idées, trop généralement abandon- I Le cirque elliptique de l’Oucane est contigu à deux
- p.137 - vue 141/536
-
-
-
- ir.H
- LA NAITRE.
- autres plus herbeux que pierreux, mais où le moutonnement des roches ne laisse guère de doute sur l'action polissante d’un ancien glacier, dont l'existence est confirmée par la forme du grand cirque de Vaucluse où convergent les trois petits cirques supérieurs. Je compte détailler, avec la collaboration de >1. Ilaug, la géologie et la description de l’Oucane, mais je tiens au moins à résumer ici comment ce la-piaz a dû se former, selon moi, à plusieurs époques et en plusieurs stades.
- 1° La dislocation tectonique résultant des mouvements orogéniques alpestres a fissuré, diaclasé et même faillé le massif de Chabrières d’une façon tout à fait extraordinaire et préparé, comme dans les grottes, le canevas du phénomène;
- 2° Peut-être une première et ancienne série de très puissants ruissellements et d’infiltrations aqueuses a-t-elle, par érosion et corrosion, commencé et poussé plus ou moins loin la transformation des diaclases en ces grandes crevasses si remarquables. Mais la preuve de ce travail est difficile à fournir, ainsi que celle des écroulements souterrains qu’il a pu provoquer, et qui permettraient d’expliquer le très singulier effondrement de plusieurs parties du lapiaz par rapport les unes aux autres ;
- r»° Sons te glacier qui recouvrait l’Oucane, la circulation des eaux de fonte à travers les diaclases, et leur absorption favorisée par une forme générale en cuvette ont dû sinon commencer (v. 2°), tout au moins continuer et achever l’élargissement des crevasses ;
- 4° Après le retrait du glacier, une deuxième série de ruissellements modernes réduits a pratiqué les ciselures habituelles aux lapiaz qu’ils continuent encore conjointement avec l’action végétale.
- En résumé, l’Oucane de Chabrières paraît devoir, à propos de la question, depuis longtemps si controversée, de l’origine des lapiaz, — concilier, en les combinant, plusieurs des opinions contradictoires émises à ce sujet, et surtout infirmer certaines des idées trop exclusives et présentées comme définitives dans les plus récents travaux des géologues suisses et autrichiens. Pour la morphogénie des plateaux calcaires, il y a là toute une étude à reprendre complètement. E.-A. Martel.
- FILTRATION ET STÉRILISATION
- DES EAUX d’aI.ÏMEXTATIOX PU1SLIQUE
- En établissant les relations qui existent entre l’état sanitaire d’une ville et la qualité de l’eau utilisée pour son alimentation, les hygiénistes ont mis en évidence des faits qui ne sont plus guère discutés. D’une façon générale la mortalité totale est d’autant moins élevée que les eaux sont plus pures, c’est-à-dire privées de germes et de matière organique suspects.
- Les maladies transmissibles par l’eau ; fièvre typhoïde, dysenterie, affections cholériformes, fièvres diverses, existent à l’état permanent ou font de fréquentes apparitions dans les pays alimentés en eaux souillées.
- Ces mêmes maladies disparaissent ou diminuent là ou l’on substitue des eaux pures ou des eaux améliorées.
- 11 est beaucoup plus difficile de démontrer rigoureusement, surtout dans une grande ville alimentée par plusieurs espèces d’eaux, des relations détaillées exactes entre l’apparition d’une épidémie et les modifications dans la nature des eaux. Il est presque impossible de démontrer rigoureusement l’apparition des cas de fièvre typhoïde en môme temps que l’apparition du germe typhique dans l’eau et la consommation de cette eau par l’individu frappé, mais généralement il existe un synchronisme parfait entre la souillure de l’eau (tout en ne pouvant mettre en évidence le germe typhique) et le contact de cette eau (alimentation, lavage), avec les individus atteints.
- Ces difficultés d’observations précises provoquent les plus vives discussions au sujet, par exemple, de la valeur des eaux impures filtrées ; les partisans de la filtration des eaux par le sable publient des statistiques tendant à établir l’excellence de ce système d’épuration tandis que, dans une même séance et par l’observation de mêmes épidémies, d’autres hygiénistes démontrent avec des statistiques également favorables que les eaux filtrées peuvent encore occasionner des épidémies.
- En dégageant des résultats avancés certaines exagérations, il est incontestable que la filtration, scientifiquement dirigée, « épure » notablement l’eau, et ce fait a une répercussion heureuse sur l’état sanitaire d’une agglomération : mais cela est encore insuffisant.
- Pour la filtration il sera toujours difficile d’admettre, sans les preuves nombreuses de résultats d’expériences ou de faits indiscutables, la pureté d’une eau originairement contaminée et renfermant par exemple 2000 germes par centimètre cube, dont le B. typhique ou toute autre espèce virulente, et réduite à une teneur de 50 à 100 germes par centimètre cube, ce qui est un beau résultat pour la filtration des grandes masses d’eau; rien n’affirme la disparition totale de ceux de ces germes qui étaient virulents; rien ne prouve que ceux-ci ne soient plus aptes à se multiplier dans les réservoirs et les canalisations, ni capables d’engendrer une épidémie, comme avant la filtration; car depuis longtemps les bactériologistes ont signalé la facilité avec laquelle certains germes traversent les filtres même les plus lins et que le B. cholérique et le B. typhique étaient, après les « microbes invisibles », les premiers à franchir la barrière filtrante.
- Ainsi s’expliquent certaines épidémies occasionnées et entretenues par des eaux filtrées artificiellement.
- Pour expliquer la sélection des germes on a fait jouer un rôle considérable à la membrane superficielle. Or, des observations récentes paraissent démontrer que des filtres sans membranes, submergés ou non, donnent des résultats équivalents, sinon meilleurs.
- On doit, selon nous, toujours préconiser l’adduction soigneuse des eaux souterraines pures et présentant toutes les garanties géologiques possibles; dans les cas seulement où cette solution est impraticable, on devra recourir à un procédé de « stérilisation » avec ou sans épuration préalable.
- La destruction totale des germes de l’eau impure doit être exigée, afin d’assurer la destruction et non la séparation des germes pathogènes; toutefois on peut admettre la persistance des spores particulièrement résistantes, telles que celles du B. subtilis, des Mesentericus, du Meqateriwn et de quelques levures et moisissures. 11
- p.138 - vue 142/536
-
-
-
- LA NATURE.
- faut se résoudre à cette restriction, qui, d’ailleurs (sauf pour le bacille du charbon, lequel, jusqu’ici, n’a pas causé d’épidémies sérieuses d'origine hydrique), ne s’applique qu’à des micro-organismes rigoureusement inoffensifs.
- L’eau, étant privée de lout germe, peut se repeupler ultérieurement de quelques micro-organismes d’espèces banales, inévitables dans les réservoirs et les canalisations, sans que cela présente d’inconvénient.
- Il faut assurer la destruction des germes sans altérer aucune des qualités organoleptiques et biologiques naturelles de l’eau, et même en les perfectionnant dans la mesure du possible.
- 11 existe actuellement plusieurs procédés de stérilisation des eaux d’alimentation par la chaleur, par l’ozone, par les oxydes de chlore, bien expérimentés sur des volumes assez notables d’eaux.
- Le rôle de la filtration plus ou moins fine, généralement indispensable dans l’application de chacun de ces procédés, sera de préparer la stérilisation ou d’effectuer la clarification de l’eau stérilisée.
- Les défauts de ces procédés (encombrement, complication, dépense) tendront à disparaître avec leur utilisation : ils semblent très perfectibles, et c’est ce qui concourt sans doute à entraver leur application. 11 serait pourtant bien désirable que les agglomérations urbaines sujettes aux épidémies d'origine hydrique s’engageassent dans la voie de ces applications; les procédés de « stérilisation )) mériteraient d’être superposés à la filtration qui ne sera sans doute pendant longtemps qu'un palliatif insuffisant.
- Dans de prochains articles nous passerons en revue les procédés de stérilisation des grandes masses d'eau.
- Edmond Bonjkan.
- COURANTS ALTERNATIFS
- OE HAUTE FRÉQUENCE ET RE FAfBUE INTENSITÉ
- Les courants alternatifs de haute fréquence et de faible intensité, tels que les courants téléphoniques et les courants de la télégraphie sans fil, ne peuvent être mesurés avec les appareils électromagnétiques et électrostatiques connus; les appareils thermiques seuls sont applicables. M. Duddell a présenté dernièrement à la Société française de Physique deux appareils basés sur ce principe, appareils qu’il est intéressant de faire connaître.
- Dans un premier appareil, on emploie un fil de platine-argent de 0ram,025 de diamètre; ce fil est laminé pour former un ruban dont on fixe les extrémités, puis que l’on tord par le milieu de façon que les deux moitiés aient des torsions inverses. Sur le milieu est fixé un petit miroir de galvanomètre. Quand un courant échauffe le ruban tordu, sa torsion augmente et le miroir tourne. Un système compensateur particulier empêche l’appareil d’être sensible aux variations de la température ambiante ; le zéro est fixe. Cet appareil donne une déviation égale à 25 centimètres sur une échelle placée à 100 centimètres pour une intensité de 22 milliampères. Il décèle des courants inférieurs au milliampère ; sa self-induction est faible et il est très robuste. Il a permis en pratique de rechercher la cause des irrégularités de tension des alternateurs accouplés ou commandés par une machine à vapeur.
- Dans un second appareil, une résistance traversée par le courant à mesurer échauffe par rayonnement une des soudures du couple thermo-électrique bismuth-antimoine
- I r.u
- d’un radiomicromètre de Boys. La résistance, en krup-pin, or ou platine, a une longueur de 3 à 4 millimètres et une résistance qui peut dépasser 10 000 ohms. Le couple thermo-électrique fait partie d’un cadre rectangulaire placé entre les pôles d’un aimant permanent et soutenu par un fil de quartz. Le cadre tourne quand lfi soudure chauffe, (lot appareil est plus sensible et plus délicat que le précédent; il obéit rapidement et on le rend propre à des mesures variées en changeant la résistance chauffante. Des expériences ont été faites devant la Société avec ce deuxième appareil qui a donné de grandes déviations quand on l’a mis en relation avec un récepteur téléphonique dont on déplaçait la plaque vibrante ou dans lequel on sifflait; il enregistrait même les bruits de la salle. On l’a utilisé ensuite pour mesurer les intensités des courants qui traversaient une antenne réceptrice de télégraphie sans fil, et l’on a fixé ainsi la valeur de la self-induction qui convient pour la meilleure sensibilité du poste récepteur. J. L.
- LA PRODUCTION DU CIDRE
- La récolte des pommes et poires à cidre ayant été cette année d’une abondance exceptionnelle, la production du cidre a dépassé toutes les prévisions : elle atteint, en effet, 40 millions d’hectolitres alors que la moyenne des dix dernières années ne s’élevait qu’à 17 millions. Les années les plus productives ont été les suivantes : en 1883, 25402 2G8 hectolitres; en 1803, 31 608 565 hl; en 1805, 25 586 514 hl; en 1800, 20 835 508 hl; en 1000, 20 408 848 hl. Toutes les autres récoltes, depuis 1875, ont été inférieures à 20 millions d’hectolitres. L. F.
- LES COQS DE MONTRES
- Dans les mouvements de montres des xvie, xvue et xviii0 siècles, toutes les pièces accessoires accompagnant le rouage étaient décorées; elles avaient môme souvent un réel intérêt artistique et étaient exécutées avec une perfection de main-d’œuvre inconnue aujourd’hui.
- Les piliers, les potences, les ressorts, etc., étaient, traités avec une recherche infinie; mais la plus intéressante parmi ces pièces était incontestablement lt coq.
- Les coqs de montres sont ces charmantes petites pièces repercées, gravées, ciselées qui ressemblent plus à des dentelles de métal qu’à des pièces d’horlogerie; on en fit en cuivre doré, en argent, en or et même en joaillerie.
- Ils ont vécu avec des fortunes diverses du xvie siècle jusqu’au milieu du xixe au moins, et ont résisté près de cent ans à leur suppression provoquée par le calibre inventé par Lépine en 1775.
- Le nom de coq leur a tout vraisemblablement été donné parce qu’ils sont placés sur le haut du mouvement comme le coq est perché sur le faite du clocher de l’église.
- L’étude que nous allons faire des différentes formes et des décorations des coqs aux époques successives permettra, grâce aux documents que nous présentons, de comparer les dessins originaux des maîtres avec des coqs réels ayant servi.
- p.139 - vue 143/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 1 40
- Nous aurions souhaité d’établir aussi une comparaison entre les maîtres français et ceux étrangers, mais ces derniers ont souvent borné leur conception à copier servilement les maîtres français, tels de Winter, artiste des Pays-bas, qui, à la fin du xvii0 siècle, a décalqué tout simplement les dessins de Daniel Marot. Léopold, des Pays-bas, au xvne siècle, a cependant -donné un dessin de coq que nous n’avons pas trouvé ailleurs, mais à part une exagération de la queue, l’ornementation est bien française (tig. 2, n° 9). Michel Blon-dus, tout particulièrement, a fait des oeuvres bien siennes.
- Les premiers coqs du xvi° siècle étaient de petite dimension, laissant presque totalement à découvert le foliot ou le balancier; ils offraient alors peu d'intérêt.
- Mais bientôt ils prennent un peu plus de développement, ils sont plus ajourés et très finement gravés en taille douce.
- La figure 1 représente des coqs anciens en nature tandis que la figure 2, nos 2 et o, représente des dessins de coqs composés et gravés par Michel Blondus, né à Francfort-sur-le-Mein,en 1590, mort à Amsterdam en 1050. Ces premiers genres de coqs étaient à queue, c’est-à-dire avec une partie s’appliquant sur la platine du mouvement ( tig. 1, nos 1 à 7 ;
- lig. 2, nos 1 à fi et 8 à 10 ; tig. 5, n0i 5 et 5). Cette queue avait une surface presque aussi considérable que le coq lui-même (celle du coq dessiné par Léopold (lig. 2, n° 9) est une exagération). Ce prolongement servait à le fixer primitivement par une clavette; plus tard il le fut par une vis, afin de lui donner plus de stabilité. Ce genre de coqs à queue fut plus particulièrement employé à l’étranger; cependant on en trouve encore faits en France presque jusqu’à la fin du wm0 siècle.
- Du commencement du x vu 'siècle jusqu’à la fin du règne de Louis XVI les proportions et les formes des coqs se modifient. Sous Louis NIV, ils deviennent
- énormes, et c’est alors que pour les maintenir solidement sur la petite platine du mouvement on a employé deux vis fixées aux deux extrémités de leur diamètre. Ce fut la grande période d’éclat des coqs, ils ont peut-être été aussi intéressants postérieurement, mais ils n’ont pas été aussi somptueux. Leur mièvrerie sous Louis XVI, toute remarquable qu’elle ait été, ne peut rivaliser avec les grandes compositions de l’époque de Louis XIV. Ce sont les
- dessins de ces pièces * que nous ont laissés les grands maîtres français, tels que Pierre Bourdon, maître graveur à Paris en 1705 (lig. 2, nos 7, 1 1, 12, 14 et 1 fi), puis Daniel Marot (lig. 2, nos 2, 5, 15, 15), qui, en 1712, public son
- îrand
- de
- Fijr. 1. — Coqs dos \vi% xvii* ol xviii* siôrlos, d'iipros iiiitiiro.
- pièces d’horlogerie.
- Nous trouvons aussi Gribelin graveur et marchand d’estampes, né à Paris en 1 fifi2, mais qui passa ensuite en Angleterre où il mourut en 1755. 11 a laissé de délicieux coqs à queue, qui malgré l’inlluence du milieu dans lequel il vivait ont conservé un certain caractère français (fîg. 2, nos 1, fi, 8, 10).
- L’ornementation des coqs en tant que détails change complètement dès l’extrême fin du xviie siècle. Au lieu des rinceaux et des feuilles de fraisier qui étaient presque exclusivement employés jusqu’alors, les artistes se laissent aller à la grande décoration architecturale. Ils s’inspirent de l’antique; les animaux, réels ou fantastiques, ainsi que la forme humaine y sont introduits; puis ce sont des dais, des lambrequins, l’éternel écureuil que nous ne cessons de retrouver dans la décoration des horloges et des montres depuis le xvie siècle, les fleurs, les fruits, les chimères, les mascarons.
- Beaucoup comportaient des allégories; ainsi par exemple, en trouvons-nous représentant un amour franchissant une mer en naviguant sur un carquois
- p.140 - vue 144/536
-
-
-
- LA NATURE.
- il
- Fig. i. — Coqs <F.\s xvi'. XMi' cl xmii* siècles, d'uju'ùs des dessins originaux de mailres.
- et ramant avec son arc; le sujet et la devise empruntés à une ancienne gravure sont : « L’Amour est ingénieux ». Dans un autre, c’est Apollon assis sous un portique accompagné de deux amours (tig. 1, n° 10).
- Quelquefois sur le coi} se trouvait un portrait, souvent la plus grande partie de leur surface était pleine et non repercée, leur décoration était alors ex clusivement gravée ou ciselée et parfois une large ouverture permettait devoir une petite lentille placée sur le balancier qui allait et venait lorsque la montre marchait {tig. 2, n" 7 ('l lig. 5, n° 4) comme cela se pratiquait dans certains cadrans de pendules du xvn° siècle, usage qui
- s’est conservé longtemps à l’étranger. Des emblèmes religieux ont quelquefois orné les coqs (tig. T>, n° 0).
- Sous Louis XV et sous Louis XVI, les dimensions des coqs deviennent sensiblement plus petites, comme du reste les montres elles-mêmes ; mais ces pièces n'en sont pas moins intéressantes.
- On en trouve avec des monogrammes, des couronnes ; certains ont toute leur surface garnie par une glace sertie dans un cercle en métal (tig. 3, n° 5); d’autres sont complètement repercés et garnis de pierres lines ou de jargon. Cependant, dès la tin du règne de Louis XVI, les coqs sont moins riches ; on rencontre de fort belles
- p.141 - vue 145/536
-
-
-
- LA NATURE.
- I 42
- montres comme boite et comme mouvement, mais ayant des coqs relativement assez simples.
- Sous la Révolution, les coqs portèrent des emblèmes révolutionnaires, puis aussi des emblèmes maçonniques (lig. T>, n" 8). Sous l’Empire, les coqs sont généralement ornés seulement de rinceaux plus ou moins géométriquement disposés; cependant nous en voyons avec l’Aigle Impériale (lig. Û, n° 9) ou avec la croix d'honneur. Depuis la Restauration jusque sous le Second Empire, le coq n’est plus qu’une banale pièce faite mécaniquement.
- Mat i me I'i.anciiov.
- LE tunnel du simplon
- Dans un numéro précédent de ce journal1, nous avons indiqué les diflicultés de toutes natures rencontrées par les ingénieurs chargés du percement du tunnel du Simplon. Nous avons dit que, du coté Nord, c’est-à-dire suisse, les travaux d’avancement, par suite de venues d’eaux chaudes considérables, avaient dù être suspendus, l’achèvement des travaux devant se faire seulement par la galerie Sud italienne. Nous avons dit également que, dans cette galerie Sud, à la date du 6 septembre 1904, par suite d’une venue d’eau chaude importante dont la température atteignait 45° G., on avait dù aussi suspendre totalement les travaux. A cette date il ne restait plus que •244 mètres pour rejoindre les deux galeries Nord et Sud.
- Après avoir essayé, sans succès du reste, de diminuer la température de ces sources par des injections d’eau froide, on a pris le parti d’abandonner le percement de la galerie de base Sud et de prolonger la seconde galerie parallèle, dans l’espoir de contourner ces sources. L’afflux d’eau a, en effet, diminué et, non sans difficulté, on a pu poursuivre la galerie parallèle sur une longueur d’environ 25 mètres au delà du front de taille de la galerie de base. La source ainsi contournée, on a entrepris, le 10 décembre 1904, la perforation d’une galerie transversale devant rejoindre l’alignement prolongé de la galerie de base abandonnée. Cette galerie transversale étant terminée le 19 décembre, on a repris le percement de la galerie de base ainsi prolongée. A la fin de décembre dernier, le front de taille de cette galerie avait atteint le kilomètre 9554 et il ne restait plus que 109 mètres à percer. L’avancement par jour étant d’environ 5 mètres, il y a tout lieu d’espérer que, à moins dé nouvelles irruptions d’eau, les deux galeries Nord et Sud pourront se rejoindre dans la première quinzaine de février. IL IL
- CHRONIQUE
- lin congrès «•nuire les moustiques. — Les
- moustiques ont eu les honneurs d’un Congrès : cela ne peut pas surprendre nos lecteurs, qui sont au courant des méfaits de ces bestioles, et qui savent que c’est à eux (pie l’on doit la transmission tout au moins de la malaria et de la fièvre jaune. Ce Congrès s’est tenu à New-York, on v a décidé la création d’une organisation permanente pour mener la lutte contre les maudits moustiques.
- Ii«* dérapage des automobiles. — En dépit de tous les antidérapants, ce mouvement spécial et oblique qui tend à faire verser le véhicule et qu’on appelle le dérapage, constitue certainement un des dangers de
- 1 Yoy. ii° KiK, du 12 novembre litOL p. 570.
- l’automobilisme. MM. Darwin et burton ont présenté à l’Association britannique les résultats des expériences qu’ils ont faites à ce sujet : ils estiment que la disposition habituelle consistant à faire des roues arrière les roues motrices et freinées, est essentiellement favorable au dérapage. Quand les roues avant sont motrices et les roues arrière directrices, la fâcheuse tendance diminue sensiblement; malheureusement cette combinaison est peu favorable à la direction. Quant à la disposition (peu fréquente, mais tentée) suivant laquelle les 4 roues sont aux 4 sommets d’un losange, les médianes étant motrices, elle présente des inconvénients pour la stabilité. Les expérimentateurs se montrent favorables à une voiture de ü roues, dont 4 médianes en rectangle et 2 directrices, eu tète et en queue.
- (Jn nouvel usage du carbure de calcium. —
- La consommation du carbure de calcium pour la production de l’acétylène n’est pas assez considérable, pour qu’il n’y ail pas intérêt à signaler le parti qu’on peut tirer de celte matière à d’autres points de vue. Or M. le I)1 O. Frohlich, de Berlin, propose d’utiliser le carbure pour constituer des résistances dans le chauffage électrique par exemple, dans l’établissement des fours électriques, en le substituant aux dispositifs divers qu’on emploie et qui présentent tous [dus ou moins des inconvénients.
- La voiture «‘eole du métropolitain de New-York. — L’Administration du nouveau métropolitain souterrain, du Subway de New-York, s’est fait construire une voiture servant à l’instruction des futurs wattmen ; elle comporte intérieurement tous les appareils de manœuvre et de conduite d’un train électrique, et l’on y fait des cours pratiques aux élèves wattmen.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 janvier 1905. — Présidence de M. Tuousr.
- Observations au Vésuve. — M. Janssen rend compte de ses récentes recherches au Vésuve où il a recueilli, dans l’intérieur du cratère, des gaz qui seront soumis à l’analyse spectrale.
- Matière des offrandes funéraires en Égypte. — M. Berthelot expose qu’ayant été informé de l'existence de résidus dans des vases funéraires égyptiens du musée du Louvre, il a entrepris de déterminer la nature de ces résidus et celle des matières dont ils proviennent. Les vases en question sont de l’époque de la 18e dynastie; ils ont donc une antiquité de 3500 ans. Us ont contenu une matière grasse transformée par l’oxydation qui a fait disparaître la glycérine. dette matière grasse serait de l’huile de ricin.
- Constitution de la Lune. — MM. Lœwy, directeur de l’Observatoire de Paris, et Puiseux présentent une Note sur la surface et le mode de solidification de la Lune. Leurs conclusions sont tirées de l’examen des photographies exécutées à l’Observatoire de Paris pour figurer dans l’Atlas lunaire. La solidification de la masse fluide à l’origine a-t-elle progressé du centre à la périphérie, ne laissant subsister que quelques poches peu importantes près de la surface qui donnent lieu aux phénomènes volcaniques, selon l’opinion de lord Kelvin, G. II. Darwin, King et Barus? Au contraire, la solidification a-t-elle procédé de la surface au centre, n’ayant produit qu’une faible écorce enveloppant une masse incandescente qui oppose un obstacle de plus en plus efficace aux projections volcaniques, selon la conception
- p.142 - vue 146/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 145
- de MM. Suess, de Lapparent et de la plupart des géologues? Ou ignore si sur la Lune la température du sol croit avec la profondeur, c’est-à-dire que l’on n’a pas de données sur une particularité qui s’accorde aisément avec la seconde hypothèse, mais qui se concilie difficilement avec la première. Mais divers faits notés sur les photographies témoignent que la solidification s’opère en partant de la surface. Les formations si variées qui accidentent le sol lunaire révèlent qu’après la constitution d’une première lithosphère, le retrait de la masse liquide s’est opéré progressivement et qu’il est arrivé un moment où elle a perdu contact avec la lithosphère. Celle-ci s’est alors trouvée séparée du noyau par un espace bien suffisant pour l’oscillation des marées. A de certains moments la croûte solide a cédé dans ses parties les moins résistantes sous des pressions exceptionnelles et a été envahie par le liquide de l’intérieur. Ainsi s’expliquent les grands effondrements de ta zone équatoriale, qui constituent les mers, parce que dans celte zone les marées et la force centrifuge ont une intensité maxima. On reconnaît d’une façon indubitable les vestiges de cinq épanchements du fluide sous-jacent, ayant amené des effondrements, et l’on peut affii’mer qu’il s’en produira d’autres jusqu’au jour où la croûte offrira une résistance suffisante. Les photographies lunaires préparent donc pour l’avenir des éléments de recherches. MM. Ltewy et l’ui-seux répondent ensuite à une objection de lord Kelvin relative à l’effet des marées sur un sphéroïde à noyau liquide et à une autre objection tirée de l'effort qu’exercent sur la croûte les massifs montagneux.
- La solidification de la fonte. — M. Moissan rappelle que des opinions contradictoires ont régné dans la science au sujet des variations de volume de la fonte lors de sa solidification et que ces contradictions ont été expliquées en 1880 par des expériences célèbres. On avait depuis longtemps remarqué qu’une gueuse de fonte solide nage sur le bain de fonte en fusion, ce qui indique incontestablement une augmentation de volume. M. Moissan a opéré de nouvelles recherches au moyen du four électrique. Il démontre que le fer pur ou ne renfermant que peu de carbone (celui qui résulte de la fusion du fer au four dans un creuset de magnésie), en passant de l’état liquide à l’état solide, suit la loi générale de la solidification, c’est-à-dire qu’il diminue de volume. Au contraire le fer saturé de carbone, résultant de la fusion dans un creuset de charbon où l’on a mis du charbon de sucre, augmente de volume. Dans ce cas le cylindre de fonte, après s’ètre recouvert d’une légère croûte solide, laisse échapper une masse liquide : il y a donc augmentation de volume. M. Moissan ajoute que ces faits sont confirmés par ses expériences de reproduction du diamant. Il étudie ensuite le rôle des gaz de la fonte dans le phénomène.
- Cristallisation. — M. de Lapparent présente une Note relative à la cristallisation de certains produits de laboratoire, où l’on observe que les faces réalisées dépendent à un haut degré des circonstances extérieures sous l’empire desquelles les cristaux se produisent.
- Recherches sur les vents alizés. — M. le prince de Monaco présente une Note de M. le professeur Hergeseli, de Strasbourg, relative aux vents alizés et basée sur des sondages aériens effectués au cours de la dernière campagne du prince dans l’Atlantique, pendant l’été dernier. Ces sondages ont été opérés au moyen de cerfs-volants munis d’appareils enregistreurs pour lesquels on a pu employer le fil d’acier des sondages marins et profiter ainsi d’une installation existant à bord. Les ascensions
- ont été faites entre la cote portugaise et la région des Canaries. Elles ont révélé que les vents alizés existent à la hauteur de Porto. Dans les couches basses ils présentent une décroissance de température de 1° pour 100 mètres avec l’altitude, mais l’humidité croit en sens inverse. Celle couche a une altitude de 600 mètres; elle est surmontée d’une couche épaisse de 1000 mètres. A la limite la température monte subitement de plusieurs degrés et l’humidité diminue presque de moitié. La température augmente d’ailleurs dans cette 2e couche avec la température tandis que l'humidité diminue. Au-dessus de cette 2° couche on en trouve une 5° dont la richesse hygrométrique est constante : c’est la couche que le prince appelle couche de contre-alizé; elle atteint l’altitude de 4500 mètres et peut-être plus. Dans la zone inférieure on trouve l'alizé N.-E. ; avec la hauteur le vent tourne; à la limite la direction change quelquefois brusquement et la force diminue considérablement. La couche de l’alizé véritable est donc peu épaisse. Un courant correspondant au contre-alizé théorique S.-N. n’a jamais été trouvé par les cerfs-volants en pleine mer; or, comme il a été observé plusieurs fois au pic de' Ténériffe, il y a lieu de penser qu’il s’agit d’un phénomène local.
- Le magnésium et la fièvre typhoïde. — M. Roux présente une Note de M. Diénert, qui a constaté que la poudre de magnésium détruit le bacille coli et le bacille d’Eberth. Gu. de Yjlledeuil.
- PORTES COULISSANTES ET PIVOTANTES
- Les portes battantes qui sont les plus employées ne sont pas pour cela les plus commodes; outre qu’elles exigent pour leur développement une place considérable, si la baie qu’elle clôturent est grande, il est difficile, pour ne pas dire impossible, qu’elles joignent bien : elles pèsent sur leurs gonds et il faut leur donner du jeu de tous côtés pour qu’elles se ferment et s’ouvrent facilement. Pour ces motifs, et d’autres encore, on a eu souvent recours, pour clôturer les baies de communication entre différentes pièces d’un appartement, à des volets qui se déplacent parallèlement au mur. Le moyen le plus souvent employé consiste à faire rouler le volet sur des rails au moyen de galets placés soit à la partie inférieure, soit à la partie supérieure de la base; mais cette disposition donne parfois lieu à un coincement qui rend la manœuvre difficile, elle est dans tous les cas toujours assez bruyante. M. G. Berthier a eu l’idée de suspendre la porte sur un appareil en X combiné de façon que le déplacement se passe toujours silencieusement et sans effort.
- On voit sur la gravure ci-contre (fig. 1 ) que le mode de suspension consiste principalement h avoir deux leviers Al) et BC, réunis en E et pouvant coulisser cnC et en D en pivotant autour des points A et B.
- Les points B et 1), dont l’un est pivotant et l’autre coulissant, sont fixés sur le mur et, lorsqu’on ouvre le volet, l’X se replie comme il est indiqué sur la partie gauche de la gravure. On a représenté ici deux systèmes d'X semblables supportant le même volet, l’un d’eux a ses pivots en bas en A et B, l’autre les a en haut. Cette disposition est prise pour
- p.143 - vue 147/536
-
-
-
- lii
- LA NATURE.
- obtenir l'équilibre complet lorsque, pour clore la baie, ou emploie un seul volet, ou bien, comme on l’a supposé ici, lorsque les deux volets sont indépendants l’un de l’autre. Quand, au contraire, on veut qu’ils soient dépendants, c’est-à-dire qu’ils s’ouvrent et se ferment toujours ensemble, on n’a besoin que d'un seul système d’X pour chacun d’eux ; mais on a soin de placer les pivots en bas pour l’un, en haut pour l’autre et de relier ensuite les deux volets par une chaîne sans fin agrafée sur deux pignons, munis de roulements à billes placés horizontalement sous le parquet.
- Chaque volet est attaché à un hrin opposé de cette chaîne par l’intermédiaire de pièces de fer, dont il est garni dans le bas ou qui servent à la fois de guide et d’attelage.
- On obtient dans tous les cas par l’emploi de la suspension en X une douceur de manœuvre complète.
- Parmi les nouveautés du même genre il convient de citer aussi la porte à panneaux coupes en diagonale de la Société « Indus-tria », qui est très originale et sort tout à fait des sentiers battus; ce qui ne l’a pas empêchée d’être adoptée, en Belgique son pays d’origine, pour bien des appartements et même dans certains théâtres. Mais c’est surtout pour les tramways, wagons et bateaux, là où la place fait toujours défaut pour caser une porte, qu’elle offre des avantages précieux; son application peut du reste s’étendre à toutes sortes de fermetures, tels que des guichets, des fenêtres, etc.
- Le principe consiste à suspendre l’un des pan-
- neaux (ici celui de gauche) sur un axe situé en À et de faire pivoter l’autre sur un axe placé en B; deux panneaux sont réunis par une tige, dont on voit une extrémité en 11 où elle est reliée au panneau de droite et dont l’autre extrémité est articulée à la partie supérieure au levier, pivotant en A,
- qui fait partie du panneau de gauche. Ce système de montage permet un équilibre parfait et un fonctionnement automatique, soit pour l’ouverture, soit pour la fermeture suivant les cas; il suffît, en effet, pour cela, de rompre l’équilibre par une prépondérance de poids dans un sens ou dans l’autre. Un retient alors les panneaux dans la position, fermée par exemple, au mojen d'un accrochage élémentaire qu’il suffit de toucher pour que l'ouverture se produise; on peut aussi par 1 emploi d’un électro-aimant provoquer la manœuvre à dislance. Cette particularité de pouvoir, quel que soif le poids delà porte, provoquer l’ouverture automatique, peut recevoir une foule d’applications et, notamment dans les théâtres, elle offre un intérêt tout particulier. La construction de ce nouveau genre de fermeture présente toutes les garanties de solidité ; la coupe en diagonale, loin d’être disgracieuse, peut se prêter à des conceptions en rapport avec le goût du jour, qui accepte couramment, sous prétexte d’art nouveau, des formes beaucoup plus étranges. G. Chai,marks.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- p.144 - vue 148/536
-
-
-
- N® 1 0 5 i
- LA NATURE
- . — i FÉVRIER 19 05
- LES BESTIOLES QUI SE FONT PORTER
- Bien qu'ignorant les beautés du taximètre, certaines bestioles ont trouvé le moyen de se faire voi-turer sans fatigue jusqu’au lieu précis où elles
- doivent aller, et cela sans donner la moindre adresse à leur cocher, lequel est en même temps leur cheval. Quelques exemples vont mieux faire coin-
- Fig. 1. — Géotrupes (Geotrupes mutatov), 1 *o- -• — Scarabées (Aieuchus laticollts),
- portant des gamases, roulant leur boule et portant des Limosina sacra,
- dont l'un d'eux est figuré en cartouche. dont l’une d’elles est figurée, grossie, en cartouche.
- prendre ce dont il s'agit, que cette donnée succincte qui n’a rien de fantaisiste, comme on pourrait le croire. Il y a, d’ailleurs, plusieurs cas h considérer.
- Dans le premier, celui qui se fait porter n'a que des rapports momentanés avec celui qui le porte et l’abandonne lorsqu’il est arrivé à destination. Ainsi
- Fig. 5. — Méloé (.1k-loe proscarabæus). Sur les Ileurs Fig. i. — Fourmis rousses (Formica ru fa) se portant, grossies,
- ses jeunes larves ou triongulins. En cartel, une larve grossie. En cartel, les mêmes, grandeur naturelle.
- font beaucoup d’Acariens qui sont la lenteur personnifiée. Quand le milieu dans lequel ils vivent est épuisé, lorsqu’ils voient approcher le moment où ils n'auront plus rien à manger, ils se cramponnent à un animal qui passe, les poils d’un insecte, la toison d’un petit mammifère, le plumage d’un oiseau, voire
- 33” année. — lel semestre.
- même nos propres vêlements, et attendent de rencontrer un milieu favorable. A ce moment, ils se laissent tomber et recommencent leur vie de bombance. C'est ce qui explique ce fait maintes fois constaté que l’on rencontre des Acariens ayant l’air de vivre en parasites sur les animaux ou sur nous-
- 10
- p.145 - vue 149/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 1 il)
- mêmes, alors que, le [dus souvent, ils vivent simplement de matières en décomposition. Ce sont en réalité de faux parasites qui ne demandent à leur hôte que de les transporter. Parmi les espèces qui pratiquent le plus volontiers ce genre de locomotion, il convient de citer les Gamases qui, à l’état de nymphes, se cramponnent aux corps des coléoptères et (jue tout collectionneur a rencontrés en abondance sur les Nécrophores et les Géotrupes; l’Uolostaspis femelle qui, pour disséminer ses œufs, a conscience de ne se faire enlever que lorsqu’elle est fécondée; les Uropodes, dont les nymphes se lixent par une mucosité anale, se durcissant en forme de pédoncule; les Tyroglyphes, qui, à l’état de nymphe, se cramponnent très aisément à n’importe quel animal grâce à une ventouse spéciale qu’ils possèdent sous le ventre.
- Dans la même catégorie rentrent des pseudo-scorpionides qui se suspendent aux pattes des mouches; le Leptinm testaceits, coléoptère qui se loge dans le pelage des petits mammifères fouisseurs, tels que les taupes et les mulots, pour se faire transporter dans les nids de Bourdons, et le Limosina sacra, mouche algérienne, qui, d’après MM. Lesne et Chobant, se fait voilurer par des Scarabées sacrés arrivant au vol sur les excréments que ces coléoptères emploient pour former une pelote stercoraire.
- Le deuxième cas à considérer est celui où l’insecte porté a pour objectif d’arriver au nid du porteur et d’y causer des ravages, ce qui est une singulière manière de donner un pourboire à son cocher....
- Le meilleur exemple que l’on en puisse citer est celui des Méloés. Sous ce vocable, qui parait cependant s’appliquera un insecte gracieux ou tout au moins « faisant des manières », se cachent des coléoptères extrêmement répugnants. Ce sont de gros insectes qui se traînent à terre, ne possèdent que des élytres insignifiants, presque racornis et exhibent un abdomen volumineux, gros, pesant, qui provoque le dégoût même des plus enragés entomologistes. Pour augmenter peut-être encore leur laideur, quand on les capture, ils laissent suinter un abondant liquide rouge, qui n’est autre que leur sang, et qui tache les doigts. La démarche des Méloés est d’une lenteur inimaginable, non seulement parce qu’ils ont à traîner le poids lourd de leur abdomen, mais aussi parce qu’ils sont paresseux de nature : pour remuer une patte, il leur faut je ne sais combien de minutes et tout effort parait les épuiser.
- Si j’en parle dans cet article, ce n’est pas que ces Méloés aient trouvé le moyen de se faire véhiculer : ils n’en ont ni les moyens ni'les goûts. Mais ils rêvent — eux qui sont presque des culs-de-jatte — de longues chevauchées pour leurs petits. Et voici comment ceux-ci arrivent à combler les désirs de leur mère.
- Les œufs sont déposés en plusieurs petits paquets dans quelque trou creusé dans le sol, à la base d’une plante, puis recouverts d’un peu de terre.
- C’est là toute la peine prise par la femelle pour la conservation de son espèce, mais il faut lui rendre cette justice qu’elle fait « bonne mesure », car le naturaliste Newport a calculé que le Meloe proscara-bæm était susceptible de pondre 4218 œufs!
- L’éclosion a lieu en mai ou en juin. De chaque œuf sort une sorte de petit pou que, peu de temps après, on retrouve installé dans la toison des abeilles! Autrefois, pour cette raison, on l’appelait le « pou des abeilles » et on était à cent lieues de penser qu’il avait le moindre rapport avec les mastocs méloés. Mais les observations de Newport et de Fabre ont levé tous les doutes. Au moment de l’éclosion, les larves, très agiles, grimpent sur tous les brins d’herbes et sur les Heurs, où, parfois, elles pullulent. Les voilà, par exemple, sur un capitule de camomille. « Ils sont là, dix, quinze ou davantage, à demi plongés dans la gorge des fleurons d’un même capitule ou dans leurs interstices ; aussi faut-il une certaine attention pour les apercevoir, leur cachette étant d’autant plus efficace que la couleur ambrée de leur corps se confond avec la teinte jaune des fleurons. Si rien d’extraordinaire ne se passe sur la fleur, si un ébranlement subit n’annonce l’arrivée d’un bote étranger, les méloés, totalement immobiles, ne donnent pas signe de vie! A les voir plongés verticalement, la tête en bas, dans la gorge des fleurons, on pourrait croire qu’ils sont à la recherche de quelque humeur sucrée, leur nourriture; mais alors ils devraient passer [dus fréquemment d’un fleuron à l’autre, ce qu’ils ne font pas, si ce n’est lorsque, après une alerte sans résultat, ils regagnent leurs cachettes et choisissent le point qui leur paraît le plus favorable. Leur immobilité est, disons-nous, complète; mais rien n’est plus facile que d’éveiller leur activité en suspens. Avec un brin de paille, ébranlons légèrement une fleur de camomille : à l’instant les méloés quittent leurs cachettes, s’avancent en rayonnant de tous côtés sur les pétales blancs de la circonférence, et les parcourent d’un bout à l’autre avec toute la rapidité que permet l’exiguïté de leur taille. Arrivés au bout extrême des pétales, ils s’y fixent soit avec leurs appendices caudaux, soit peut-être avec une viscosité spéciale ; et, le corps pendant en dehors, les six pattes libres, ils se livrent à des flexions en tous sens, ils s’étendent autant qu’ils le peuvent, comme s’ils s’efforçaient d’atteindre un but trop éloigné. Si rien ne se présente qu’ils puissent saisir, ils regagnent le centre de la fleur après quelques vaines tentatives et reprennent bientôt leur immobilité. » (J.-H. Fabre.)
- Mais si la place est visitée par un insecte, les larves se jettent sur lui et se cramponnent à sa toison. C’est ainsi que l’on peut en récolter sur un grand nombre d’espèces d’insectes, où elles restent attachées dans l’immobilité la plus complète. Beaucoup de ces larves sont vouées à une mort certaine, et c’est ce qui explique la richesse de la ponte. Les seules qui arrivent à bon port, et peuvent se développer ultérieurement, sont celles que le hasard — car leur instinct n’est pas parfait — a amenées à se
- p.146 - vue 150/536
-
-
-
- LA NATURE.
- U 7
- cramponner aux abeilles du genre Ànthophorc, lesquelles creusent dans le sol des godets souterrains remplis de miel et contenant un œuf ilotlant. Lorsque l'Anlhophore arrive à son nid, la larve de la Méloé - on l’appelle le Triongulin —- quitte rapidement son bote ou plutôt se glisse sur l’œuf au moment même où il sort du corps de la mère. Voilà le Triongulin enfin arrivé à destination ! 11 s’empresse de dévorer l’œuf qui lui sert de radeau: puis s’attaque au miel et, finalement, par une suite compliquée de métamorphoses, se transforme en un Méloé adulte.
- Les Méloés ne sont pas les seuls insectes qui se font ainsi transporter avec les plus noirs desseins. On peut encore citer comme entrant dans la même catégorie les Anterophayus, coléoptères, qui, à l'état adulte, s’accrochent par leurs mandibules aux pattes, aux antennes ou à la trompe des bourdons dans le nid desquels se développent leurs larves, ainsi que les nymphes de certains acariens, du groupe des Sarcoptides, qui s’attachent aux poils d’ilymé-noptères niditiants pour arriver jusque dans leur nid.
- Le troisième cas à noter est celui où le portage a pour résultat d’éviter au porté d’avoir à suivre son hôte dans ses prérégrinations. M. Charles Janet y fait rentrer celui des fourmis qui se portent mutuellement avec leurs mandibules lorsqu’elles quittent leur domicile pour gagner une autre fourmilière et en prenant des positions particulières, bien définies pour chaque espèce.
- Les Cloportes, qui habitent les fourmilières, se cramponnent aussi aux fourmis au moment d’un grand déménagement et arrivent ainsi sans peine au nouveau domicile. Lund, par exemple, a observé des Fourmis, du genre Myrmica, qui marchaient en colonne et avaient une démarche singulière. Cela était dù à ce que les Fourmis portaient chacune, sous leur abdomen, un Cloporte qui s’y tenait attaché avec ses pattes. Le Cloporte étant plus large que la Fourmi, cette dernière était obligée, en marchant, d’écarter fortement ses pattes, et cela lui donnait une démarche bizarre.
- 11 y a enfin à parler des cas de portage. « indirect » et dont celui-ci, décrit par M. Ch. Janet, est un bon exemple : Il a fait un jour une récolte de Fourmis fusca dans laquelle de nombreux Acariens (Uro-poda anticeps) s’étaient fixés sur les cocons dont ils tenaient un repli serré par leurs pattes antenni-formes. Ainsi installés, ils étaient transportés chaque fois que les Fourmis passaient d’une pierre à une autre mieux exposée. Henri Coufin.
- BAGUETTES DORÉES
- Le cadre est le complément indispensable à toute œuvre de peinture, quelle que soit sa valeur artistique. Son choix approprié exerce même une très heureuse influence par les moulures, les motifs, qui
- entourent, qui limitent la production de l’artiste et doivent toujours s'harmoniser avec le sujet. Mais ce n’est pas pour disserter sur le rôle de l’encadrement que nous avons choisi ce titre « Baguettes dorées ». Nous laisserons à d’autres ce plaisir, nous contentant, pour notre part, d’étudier l’industrie elle-même, ou plutôt la fabrication, beaucoup plus importante qu’on ne serait tenté de le croire. C’est ainsi qu’aux ateliers X. ltamspacher, de Saint-Dié, que nous avons eu le plaisir de visiter récemment, on ne livre annuellement pas moins de 2000 kilomètres de baguettes dorées au commerce. Comme il existe plusieurs autres établissements de ce genre, on peut presque affirmer que la France confectionne, bon an mal an, une longueur de baguettes dorées équivalente à celle du quart du méridien terrestre.
- La plus commune de toutes les baguettes est celle noir et or destinée à faire valoir les chromos et autres articles de bazar ; le modèle le plus ordinaire de ce genre peut être vendu 0 centimes le mètre courant. Mais les autres, ceux de fantaisie et de grand stylé, atteignent jusqu’à 0 à 8 francs le mètre! Les prix sont en raison directe de la largeur et aussi et surtout de la richesse des ornements; on trouve de simples filets dorés de 5 millimètres de largeur et de véritables corniches de 25 centimètres. La baguette ordinaire se fait à peu près toujours de la même manière; ce sont des filets ronds ou plats en noir et or. La décoration des autres suit le mouvement de l’époque; on y trouve le genre « classique », celui dit de « style » et enfin l’inévitable « modern-style ». Ces variétés sont représentées par notre ligure 2.
- Le sapin du nord fournit presque exclusivement la matière première, avec le tilleul et le cyprès. Celui des Vosges, que l’on trouve abondamment sur place, est tout à fait impropre à cette fabrication à cause des torsions impossibles à éviter auxquelles il donne lieu. La Suède et la Norvège sont donc les principaux fournisseurs des bois utilisés dans l’encadrement dont les veines, bien parallèles, procurent de très beaux plateaux atteignant jusqu’à 8 mètres de longueur. Ces bois ne peuvent être mis en œuvre que lorsqu’ils ont atteint un degré de siccité parfaite, après plusieurs années de séjour dans des hangars appropriés. Débités en baguettes de o mètres de longueur, ils passent, au moment de leur emploi, à l’atelier des raboteuses et moulurières qui, avec les scies circulaires et à ruban, constituent l’outillage mécanique de l’usine. Une raboteuse à moulurer porte jusqu’à cinq lames tournantes; elle renferme en outre un appareil d’amenage comprenant quatre cylindres, que l’on élève pour engager la baguette à moulurer, sur laquelle ils s’abaissent ensuite. Les lames sont réglables et permettent d’enlever des copeaux aussi minces qu’on le désire. On change les fers suivant la nature du profil à obtenir. Une amélioration essentiellement humanitaire et intelligente a été apportée récemment à cet atelier. Les raboteuses et moulurières, tournant à la vitesse
- p.147 - vue 151/536
-
-
-
- ! 18
- LA NATURE.
- de -4 à 5000 tours à la minute, dégagent de véritables nuages de sciures et de copeaux ténus très préjudiciables à la santé des ouvriers. Cet inconvénient vient de disparaître par l’installation de buses à poussières placées devant chaque fer à raboter, et à moulurer.
- Un puissant ventilateur aspire tous les déchets par la tuyauterie faisant suite à chaque buse et les emmène à un séparateur cyclone qui se trouve devant les générateurs à vapeur où tombent les déchets. Ce dispositif, qui fonctionne d’une manière parfaite, débarrasse constamment les outils des déchets qu’ils produisent et il en résulte, en même temps que l’assainissement de l’atelier, une sérieuse économie de main-d’œuvre avec la disparition presque complète des dangers d’incendie. Les baguettes sortent moulurées de cet atelier et s’en vont au plâtrage. Toutes, sans exception, reçoivent une application d’un produit spécial désigné sous le nom de « plâtre », mais n’ayant aucun rapport avec le plâtre proprement dit.
- C’est une composition formée de carbonate de chaux et de kaolin, substances que Ton broie d’abord, afin de les réduire en poudre, et que Ton mélange ensuite dans des malaxeurs avec de la colle de peau. Elle prend alors une apparence sirupeuse et peut être étalée sur les baguettes, à la main ou mécaniquement. Dans le premier cas, la baguette est fixée sur une platine et un récipient se promène à plusieurs reprises sur toute la longueur en laissant échapper un filet de plâtre qui durcit rapidement. Notre fig. 5, n° 2, représente une machine à plâtrer :
- on aperçoit à l’avant une série de disques qui appuient sur la baguette et servent à l’entrainement; à l’arrière se trouve le réservoir contenant l’enduit et sur le bâti duquel est monté le fer taillé
- suivant le profil de la moulure. 11 est impossible, en effet, de façonner toutes les moulures dans le bois que l'outil entame seulement suivant des courbes ou nervures assez accentuées, et, lorsque le dessin exige des filets de 1 millimètre d’épaisseur par exemple, le « plâtre » le façonne en passant sous le fer. l)e plus, ce fer à moulurer, (jui remplit en quelque sorte l’office de gabarit, étale régulièrement le produit sur toute la baguette. On est parfois obligé de donner jusqu’à huit et dix couches successives si le fini l’exige.
- Les baguettes à profil uni passent directement de cette machine à l’atelier d’argenture ou de dorure; mais celles de fantaisie et de style font l’objet d’un complément de manipulation très intéressant à suivre : l’application des décors sur les moulures. Ces décors sont variés à l’infini ; on les croit généralement faits de plâtre ou de stuc, mais ces dernières baguettes, qui existent en effet, n’ont aucun rapport avec celles dont nous étudions ici l'intéressante industrie. Les ornements sont « taillés », pourrions-nous dire, dans une sorte de mas lie, appelé « pâte anglaise », capable de prendre la dureté et l’élasticité du bois après séchage, et dans la composition duquel entrent diverses substances : kaolin, colle, carbonate de chaux, huile de lin, résine, etc. 11 est rendu plas-
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de l'atelier mécanique.
- Fig. 2. — Divers modèles de moulures.
- p.148 - vue 152/536
-
-
-
- L\ NATURE
- 149
- Fig. 3. — Machines pour la fabrication des moulures.
- 1. Raboteuse à moulures avec 1 cylindres d'amenage et 5 lames tournantes. — 2. Machine à plâtrer les moulures en bois.
- Fig. 4. — Fabrication des moulures de cadres.
- F.n haut, à gauche, machine à imprimer; à droite, ouvrier collant les ornements sur la moulure à dorer. Eu bas, à gauche, ouvrier appliquant la feuille d’argent : à droite, ouvrières appliquant le vernis.
- p.149 - vue 153/536
-
-
-
- LA NATURE.
- I :>o
- lique à la vapeur et peut être ensuite étiré et aplati en forme de lanières d’épaisseurs variables, que l’on glisse dans la machine « à imprimer ». Cette machine est constituée essentiellement par un disque d’acier, d’environ 15 centimètres de diamètre, qui porte en creux, sur tout son pourtour, les décorations à obtenir; c’est donc une sorte de matrice circulaire animée d’un mouvement de rotation continu, sous laquelle on glisse la bande de pâte anglaise préalablement préparée. Elle en sort plus longue et ornementée très régulièrement ; puis on l’applique, en la collant, sur les moulures des baguettes. Ces dernières se présentent alors sous leur aspect définitif, sauf toutefois l’éclat métallique qui leur fait encore défaut.
- Nous entrons plus loin dans le domaine de la « dorure », terme générique s’appliquant à toutes les opérations, quel que soit le métal utilisé. La dorure se fait de deux façons bien distinctes. La première consiste dans l’application des feuilles d’argent ou bien encore des feuilles d'or lin sur la partie unie de la moulure. Le travail est courant ; les doreurs sur baguettes procèdent exactement de la même manière que les peintres d’enseignes que tout le monde a vus à l’œuvre. On brunit à la pierre d’agate, et les parties brunies et celles restées mates sont couvertes par des vernis gomme laque couleur d’or. Le second genre de dorure est le plus commun et le plus répandu, c’est la dorure au cuivre. Les feuilles métalliques sont appliquées à froid sur les moulures et saillies ornementales au moyen d’un mordant appelé « mixtion ,à dorer », comme dans le premier cas; seule la différence de prix entre les feuilles de cuivre et celles d’or fin rend le second procédé beaucoup plus courant que le premier. Il ne reste plus qu’à vernir les baguettes. On utilise, pour cette dernière opération, des vernis spéciaux à base de gomme laque, dont le véhicule est l’alcool ou l’essence de térébenthine et qui sont coloriés de toutes les nuances : brillant, nuance or bruni, or jaune conser-vÂteur, mat, nuance or mat, noir japonais, émail blanc et de couleurs, etc. Les imitations de bois sont obtenues par des vernis à base d’alcool, préparés pour chaque bois à imiter; mais le travail est fait par des spécialistes. La série des opérations se termine par un méticuleux emballage dans des caisses de 5 mètres, que l’on expédie dans tous les pays.
- -, Cette industrie doit sa prospérité autant à l’ornementation variée de ses produits qu’à la débouché de productions artistiques et surtout de la chromolithographie. Tout s’encadre actuellement, sduf toutefois les épreuves photographiques pour les besoins desquelles cent usines ne suffiraient pas. Il n'est pas de si pauvres logis dont les murs ne soient ornés d’images généralement insignifiantes, mais toujours entourées d’un fdet d’or qui en relève le peu de valeur. Aussi, souvent, très souvent même, le cadre vaut mieux que l’œuvre. Et si, comme l’on dit, l’habit ne fait pas le moine, il peut parfois lui en donner l’aspect. Lucien Fournier.
- OBSERVATION D’UNE TRAÎNÉE MÉTÉORIQUE
- AU TÉLESCOPE
- La soudaineté de l’apparition des étoiles filantes et des bolides empêche de les étudier au télescope. Aussi est-ce une véritable chance quand le phénomène se produit précisément à l’endroit du ciel que l'on observe. M. Shac-kleton, de Londres, recherchant la comète d’Encke avec une lunette, le 12 octobre dernier, fut tout à coup surpris par la brusque illumination du champ de l’instrument. Ayant déplacé la lunette de quelques minutes en ascension droite, il vit un brillant ruban lumineux qui lui parut sinueux et double. Jetant un coup d’œil au ciel, il aperçut une longue traînée laissée par un météore. Avec le pouvoir grossissant de la lunette qui était de AO diamètres, la tramée était irrégulière, offrant une grande ressemblance avec les étincelles électriques dans l’air, à cette exception près que les ondulations étaient moins prononcées qu’on ne le voit ordinairement quand le courant électrique prend le chemin de moindre résistance. Le champ était de 40'50" et, en suivant la traînée par le mouvement du télescope, plus de 5 ou 4 ondulations furent visibles dans chaque champ.
- La traînée du météore était dirigée suivant un cercle d’ascension droite et un mouvement du télescope en déclinaison montra que toute la traînée était marquée par ces ondulations avec, çà et là, des noyaux globulaires, comme si le météore, dans sa fuite, avait lancé des masses de matière incandescente.
- La traînée était tubulaire ou consistait en deux rubans étroits, parallèles : chaque composante ayant, en largeur, environ deux fois le diamètre angulaire de Jupiter, soit 90". Les rubans étaient séparés par un intervalle de 5" à peu près. La traînée resta faiblement visible à l’œil nu pendant plusieurs minutes; mais l’observation télescopique la montra se diffusant en morceaux nébuleux d’une luminosité suffisante pour rendre la recherche de la comète impossible, depuis le début de l’observation, à 1 I,h 59m, jusqu’à minuit. E>i. Todchet.
- INDUSTRIE DE L’ALCOOL DANS LE MONDE
- La fabrication de l’alcool joue un rôle de premier ordre dans l’industrie moderne, non seulement pour répondre aux besoins malheureusement si intenses des buveurs d’alcool ou de liqueurs alcooliques, mais encore parce que bien des industries doivent faire appel à ce produit dans leurs procédés opératoires. Nous pourrions ajouter, bien que, à ce point de vue, on en soit encore un peu aux débuts, que les moteurs et l’éclairage à l’alcool commencent à entraîner une certaine consommation d’alcool.
- Un technicien autrichien, le Dr A. Wiesler, de Prague, a réuni sur la matière des renseignements intéressants recueillis principalement à l’occasion de l’Exposition des Industries de l’Alcool et des Fermentations tenue à Vienne, et nous extrairons quelques données de son étude. Il s’est du reste occupé principalement de l’Europe continentale.
- Il a relevé d’abord les chiffres successifs de la production en Allemagne, et constate qu’elle s’élève parfois, comme en 1901, à un total de 400 millions de litres et plus par an ; il y a du reste des variations intenses dans cette production, qui n’a pas dépassé 540 millions en 1905, dont 127 pour les divers usages industriels. Les emplois techniques (comme on les appelle souvent par opposition avec les emplois soi-disant alimentaires) ne
- p.150 - vue 154/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 151
- représentaient qu’une proportion de 12 pour 100 en 1888; aujourd’hui cette proportion atteint 38 pour 100. Pour l’année 1903, les industries chimiques n’ont pas employé moins de 21 millions de litres, et 88 millions de litres ont été utilisés pour la force motrice, l’éclairage ou le chauffage. Notons à ce propos que les seuls moteurs ont demandé 2 400 000 litres, et que, pour la campagne 1903-1904, dont nous avons pu nous procurer les chiffres, ils en ont exigé 3 650 000 litres. Ajoutons, d’autre part, qu’en 1903 on a brûlé 21 millions de litres pour le chauffage ou l’éclairage, les seuls chemins de fer de l’État usant I 700 000 litres d’alcool pour les becs de leurs gares.
- Au point de vue de la production générale des alcools, la première place appartient à l’Allemagne, qui donne les 22 pour 100 du total; au deuxième rang vient la Russie, avec un pourcentage à peu près identique de 21,5. La part de l’Autriche-Hongrie est de 16,5, celle de la France de 16, de même que celle des États-Unis; signalons enfin 10 pour 100 pour la Grande-Bretagne. Les usages techniques, en France, absorbent 16 pour 100 de la production, 12 en Autriche-Hongrie, moins de 6 en Grande-Bretagne. Remarquons encore que la consommation d’alcool appliqué à ces usages, pour 100 litres absorbés comme boisson par tète d’habitant, ressort à plus de 54 litres en Allemagne, «à 19 seulement en Autriche, à moins de 18 en France, à 14 à peine dans le Royaume-Uni.
- Nous dirons enfin que l’Allemagne surtout et l’Autriche à un moindre degré, recourent principalement;! la pomme de terre comme matière première (80 et 60 pour 100 respectivement pour ces deux pays) ; la proportion correspondante est seulement de 50 pour 100 en Russie, de 20 en France, la Grande-Bretagne ne fabriquant pas du tout d’alcool de pomme de terre. C’est au seigle qu’on recourt dans cette contrée, de même qu’en Espagne et en Italie. Les mélasses et betteraves donnent près des 75 pour 100 en France, le reste provenant des vins et fruits. H. R.
- LE PA.G0SC0PE
- La gelée blanche, personne ne l’ignore, est une ennemie très redoutable, avec laquelle doivent compter fréquemment les vignerons, les horticulteurs et les jardiniers. Combien de récoltes qui s’annoncaient superbes et qu’une gelée a ruinées impitoyablement en une nuit!
- Aussi, pour prévenir ses désastreux effets, on a depuis longtemps préconisé des remèdes plus ou moins efficaces et d’une application plus ou moins aisée.
- Mais, ce n’est pas tout que de disposer de procédés propres à garantir contre les gelées nocturnes les jeunes bourgeons et les pousses tendres; il faut encore savoir quand il convient d’en user. C’est que l’on ne peut songer à produire toutes les nuits dans les vignobles des nuages artificiels destinés à soustraire les ceps aux effets du rayonnement nocturne, pas plus que l’on ne peut entreprendre d’abriter chaque soir les plates-bandes d’un jardin avec des claies ou des paillassons. Aussi bien, de telles manœuvres, d’une exécution laborieuse et onéreuse, ne sont point utiles tous les jours. Si la gelée blanche est fille des nuits étoilées, il ne faut pas oublier qu’elle ne l’est point de toutes.
- En tel état des choses, l’idéal serait donc de disposer d’un moyen sûr, avertissant que la gelée blanche est prochaine. De la sorte, on aurait toute facilité pour prendre les précautions commandées par les circonstances, et on le ferait seulement à bon escient.
- Eh bien ! ce problème en apparence peu aisé, un petit instrument très simple et très pratique, le « Pagoscope », combiné et construit par M. Bernel-Bourette, le résout d’une façon fort élégante.
- Le Pagoscope est une application ingénieuse du psy-chromètre.
- Comme ce dernier instrument, il comporte deux thermomètres, l’un sec et l’autre humide, fixés sur une même planchette. Celle-ci supporte encore un tableau divisé par des lignes horizontales correspondant aux degrés du thermomètre sec : tableau au-devant duquel se déplace une aiguille dont la pointe court le long d’une seconde graduation répondant aux indications du thermomètre mouillé.
- Pour utiliser l’appareil, quelque temps avant le coucher du soleil, soit au printemps, soit en automne entre quatre et six heures du soir, on l’accroche à un poteau isolé, à environ 50 centimètres au-dessus de la surface du sol. Au bout d’une demi-heure environ, les thermomètres sec et humide sont en position d’équilibre et l’on peut procéder à une observation. Pour faire celle-ci, après avoir regardé la température marquée par le thermomètre humide, on
- Pagoscope.
- amène l’aiguille mobile sur le degré correspondant de la graduation le long de laquelle elle se déplace.
- Lisant alors la température indiquée par le thermomètre sec, pour savoir si l’on doit ou non redouter la gelée au cours de la nuit qui va venir, il n’v a plus qu’à regarder en quel point la ligne horizontale répondant à cette température rencontre l'aiguille mobile.
- Si ce point d’intersection se trouve dans la zone du tableau peinte en rouge, la gelée est certaine; s’il est dans la zone verte, la gelée n’est point à craindre; s’il se trouve dans la zone jaune, il y a danger de gel.
- Quant à la détermination sur le tableau de l’appareil de ces diverses zones, rouge, jaune et verte, elle s’obtient .aisément à l’aide d’une table psychrométrique, en portant sur les traits correspondant aux degrés du thermomètre sec des longueurs proportionnelles aux diverses valeurs des points de rosée pour les différentes températures du thermomètre humide.
- Le nouvel instrument combiné par M. Bernel-Bourette est, on le voit, extrêmement simple et d’un réel intérêt pratique pour les vignerons, les jardiniers et les horticulteurs. Georges Vitoux.
- p.151 - vue 155/536
-
-
-
- 152
- LA NATURE.
- L’AUTOCAR ÉLECTRIQUE DE LA.
- Dès qu’on eut reconnu la nécessité de remplacer les longs trains de voyageurs traînés par de lourdes locomotives, par des trains courts et légers, là où le trafic, bien que relativement faible, exige cependant des départs fréquents, on s'attacha à rechercher un type de voiture automotrice à vitesse suffisante et à manœuvre simple. Parmi les nombreux modèles préconisés, un des plus intéressants est certes celui adopté et récemment mis en service par la North Eastern Railway C°. Ainsi qu’on le verra par la description que nous allons en donner, cette voiture est remarquable sous plus d’un rapport. Elle est du type salon à bogies, sa longueur est de 15,50 mètres et sa largeur intérieure atteint 2,40 mètres; elle est divisée en trois compartiments.
- NORTH EASTERN RAILWAY C°
- A l’avant se trouve le moteur à pétrole et le générateur; le compartiment du milieu est réservé aux voyageurs et, à l’arrière, est logée la machinerie nécessaire à la manœuvre de la voilure. Deux rangées de sièges réversibles et rembourrés, séparés par un couloir garni de linoléum, permettent de caser, à l’aise, 52 voyageurs assis. Les fenêtres sont garnies de coquets rideaux et l’éclairage est effectué par 24 lampes à incandescence de 16 bougies, dont le courant est fourni par des accumulateurs se trouvant sous la caisse de la voiture. Les signaux sont également constitués par des lampes électriques. En hiver, la voiture est chauffée par une série de radiateurs, que l’on enlève pendant la bonne saison. Le compartiment des machines a une longueur
- Fif;. 1. — Vue d'ensemble de l’autocar électrique de la North Eastern Railway C".
- de 4 mètres, et contient un moteur à pétrole horizontal de 80 chevaux (au frein) à 4 cylindres de 0m,21 de diamètre et de 0m,25 de course, Le nombre de tours en vitesse normale est de 420 par minute ; mais il peut être porté à 480 pour les démarrages accélérés.
- Les cylindres sont en porte-à-faux sur une solide chambre à manivelle; les couvercles d’inspection se trouvent à leur partie inférieure et l’auge à l’huile en dessous. Le graissage forcé est employé pour tous les coussinets. Le volant, qui est parfaitement contre-balancé, a un diamètre de 0m,9i ; toutes les valves sont mécaniquement commandées par les cames de deux arbres à cames soumis à un renvoi hélicoïdal. L’arbre à manivelle est à deux coudes.
- Les cylindres et les boîtes à soupapes sont à refroidissement à eau; un radiateur Clarkson et un ventilateur Rlackman sont employés pour le refroi-
- dissement de celle-ci. La manœuvre de la machine s’effectue par le modérateur et l’allumage est du système habituel, à haute tension.
- Le moteur est directement couplé avec le générateur, lequel est une machine à courant continu à enroulement compound, excitée séparément, d’une puissance de 55 kilowatts, spécialement construite pour une tension de 500 à 550 volts. Cette machine’ marche à la vitesse normale de 420 tours par minute. Le champ du générateur est divisé horizontalement, de sorte que la partie supérieure peut être enlevée pour donner accès à l’armature et aux bobines de champ. L’excitatrice est du type multipolaire, de 5,75 kilowatts à 72 volts, à excitation shunt, montée au-dessus du générateur principal et reliée, par courroie, à une poulie fixée sur le prolongement de l’arbre. Cette machine est capable d'exoih r le générateur principal et de fournir le
- p.152 - vue 156/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 15a
- courant nécessaire pour alimenter 50 lampes à incandescence de 16 bougies, à 72 volts. La tension peut être portée à Do volts pour charger la batterie lorsque l’excitatrice n'est pas requise pour l’éclairage. Deux moteurs Westinghouse de 55 chevaux, à simple changement de vitesse dans le rapport de 18 h (H, sont montés sur la bogie d’avant. Ces moteurs sont à enroulement série, et sont du type ordinairement employé pour les voitures de tramways à grande vitesse. Les controllers sont du type ordinaire pour tramway, disposés pour le freinage électrique. Des résistances placées sous la voiture permettent d’augmenter graduellement la tension des moteurs au moment du démarrage et de graduer
- le freinage électrique pour les arrêts. La batterie d’accumulateurs consiste en 58 éléments avec plaques en ébonite, disposées dans une boîte en bois suspendue sous la voiture ; chacune de ces batteries a une capacité de 120 ampères-heure.
- L’équipement du freinage électrique est constitué par deux électro-aimants suspendus entre les roues de chaque bogie, immédiatement, au-dessus du rail. Il est conçu de telle façon que le circuit magnétique est fermé par le rail; de sorte que lorsque les bobines sont excitées, l’aimant est attiré vers le rail contre lequel il vient frotter, ralentissant ainsi la vitesse de la voiture. Celte action ralentissante provoque une pression sur le sabot du frein appliqué à
- Fig. 2. — Autocar électrique. Vue de l’intérieur de la salle des machines.
- la roue, ce qui a pour effet de ralentir encore la vitesse de la voiture, laquelle peut être ainsi immobilisée dans un champ très restreint. Les bobines de freins sont excitées par le courant des moteurs agissant comme générateurs.
- Sur le bogie d'arrière se trouve un compresseur d'air actionné par un moteur électrique de 1 cheval et fournissant l’air comprimé nécessaire à la manœuvre d’un sifflet d’alarme. Le système de fonctionnement est le suivant : Le courant passe du générateur, par un coupe-circuit automatique, dans les deux controllers, et le voltage du générateur est réglé au moyen d’un rhéostat dans le circuit de champ placé près du controller à chaque extrémité de la voiture. Le générateur est employé comme un moteur alimenté par le courant de la batterie de
- réserve pour mettre en marche le moteur à pétrole. Lorsque la machine et le générateur sont démarrés et que la tension a été réglée à 400 volts, la voiture est mise en marche de la façon habituelle, par la manipulation du conlroller. Après, la tension du générateur est graduellement augmentée jusqu’à 550 volts en manipulant le rhéostat de champ à proximité du controller. A cette tension, l’allure de la voiture s’accélère jusqu’à ce que la vitesse de 58 kilomètres à l’heure soit atteinte. Dix minutes suffisent pour mettre l’automofrice en service, et elle peut emporter du combustible et de l’eau pour une journée entière. Son poids en service est de 55 tonnes et elle peut être manœuvrée de l’avant ou de l’arrière avec une égale facilité.
- Les résultats obtenus par leNorth Eastern Railway
- p.153 - vue 157/536
-
-
-
- LA NATURE.
- i)A
- avec ce nouvel autocar font entrevoir le moment où les trains chargés de desservir la banlieue et ceux faisant le service local entre des places industrielles rapprochées, seront tous remplacés par des automotrices. Pour ces sortes de trafics, les trains à vapeur présentent, en effet, des inconvénients graves ; d’abord le grand poids de la locomotive et des voitures, ensuite la cherté de la manœuvre : pour chaque train, môme lorsqu’il ne se compose que de la machine et d’ùne voiture, la manœuvre exige au moins trois hommes; tandis que celle d’une automotrice n’en demande qu’un ou deux.
- On doit donc s’attendre à ce que, grâce aux progrès incessants de l’automobilisme, l’emploi des voitures automotrices pour chemin de fer s’étende de plus en plus, et dans cet ordre d’idées, le modèle adopté par le North Eastern Railway nous a paru intéressant à signaler. L. R.
- UNE VIEILLE THÉORIE
- DE LA FORMATION DE IA TERRE
- J’ai, dans un article précédent *, essayé d’expliquer sommairement comment la géologie moderne reconstitue l’histoire de la Terre. Suivant la méthode scientifique inaugurée à la fin du xviu0 siècle, cette reconstitution est fondée sur des observations innombrables et chaque jour précisée par cette sorte d’expérimentation, qui consiste à aller chercher dans l’exploration d’une contrée nouvelle la vérification des lois générales antérieurement établies pour d’autres régions. Ce n’est pas ainsi que l’on procédait au xvm'' siècle et il peut être amusant de mettre en pendant avec nos théories actuelles le roman imaginé de toutes pièces en 1708 par un astronome anglais, Will. .Whiston, qui fut célèbre en son temps. Quarante ans après, Buffon, donnant un résumé de cette « théorie de la Terre », dans son Histoire naturelle, la qualifiait de « supposition ingénieuse et qui, quoique extraordinaire, ne laisse pas d'avoir un degré de vraisemblance, lorsqu’on veut se livrer avec l’auteur à l’enthousiasme du sujet ». Si la vraisemblance nous fait aujourd’hui sourire, on va juger que tous les détails sont, en effet, très logiquement coordonnés et qu’une série d’hypothèses fantaisistes y explique les faits géologiques alors connus ou admis, avec une apparence de raison.
- Suivant Whiston, la Terre, en sortant du chaos, aurait commencé par se condenser en une comète et aurait été alors longtemps inhabitable par suite des vicissitudes terribles que l’excentricité de leurs orbites doit entraîner dans la température à la surface de ces astres errants; « il ne peut donc, remarque "Buffon, y habiter que d’étranges créatures, ou, pour trancher court, elles sont inhabitées ». C’est alors qu’au second jour de la création la main du Tout-Puissant ramena l’orbite parabolique à une forme elliptique et même circulaire. Chaque chose ainsi prit sa place; l’ordre s’établit; la Terre, jusqu’alors fluide, se condensa par sphères concentriques : d’abord un noyau solide et brûlant, qui forme le centre; puis un fluide dense et pesant, sur lequel la Terre flotterait comme le liège sur le vif-argent, constituant la base du « grand abîme » ; et, au-dessus, une nappe d’eau servant de base à l’écorce terrestre proprement dite.
- 1 Voy. n" 1652, du 21 janvier 1005, p. 115.
- Sur cette planète, devenue un lieu de repos, où, la distance au soleil ne variant plus, la température restait constante, Dieu créa alors les êtres vivants, qui pullulèrent sous un climat paradisiaque. « Mais la chaleur, en augmentant les forces du corps, porta malheureusement à la tète des hommes et des animaux1; elle augmenta les passions, elle ôta la sagesse aux animaux et l’innocence à l’homme : tout, à l’exception des poissons qui habitent un élément froid, se ressentit des effets de cette chaleur du noyau interne; enfin tout devint criminel et mérita la mort. Elle arriva, cette mort universelle, un mercredi 28 novembre, par un déluge affreux qui se prolongea ensuite quarante jours; et ce déluge fut causé parla queue d’une autre comète, qui rencontra la Terre en revenant de son périhélie.... Il n’a fallu que deux heures de séjour dans cette queue de comète pour faire tomber autant d’eau qu'il y en a dans la mer; enfin cette queue était les cataractes du ciel : et cataractæ cœli apertæ sunt. Mais, en même temps, les eaux, qui formaient comme nous l’avons vu, dans le grand abîme, la base de l’écorce terrestre, s’échappèrent par les fissures résultant du choc de la comète : et rupti sunt fontes abyssi ».
- La Terre alors continuant sa route, tout ce désordre, amené par la rencontre de la comète, commença à se calmer; les eaux rentrèrent dans le grand abîme par les mêmes fractures qui les avaient projetées au dehors et Noé put envoyer la colombe de l’arche. Il subsista seulement de ce choc terrible un dérangement dans l’orbite terrestre, qui, de circulaire, est devenue elliptique, entraînant les inégalités des saisons telles que nous les constatons aujourd hui.
- Ainsi que le remarque Buffon, tout cela, quoique bizarre, forme un tout bien coordonné. Il n’v a qu’une seule chose qui ait embarrassé Whiston dans son interprétation rationaliste et positiviste de la Genèse, c’est comment l’arche de Noé a pu s’échapper au milieu de tels cataclysmes, dans cette confusion d’une queue de comète avec la rupture du grand abîme.
- L. De Launay.
- L’ÉLECTRICITÉ
- ET LE RABOTAGE DES PARQUETS
- Il existe, au moins dans les grands centres, des corps de métier spéciaux de raboteurs de parquets : ce sont du reste des ouvriers fort bien payés ; car la besogne est fatigante, étant donné qu’il faut pousser le rabot agenouillé à terre, dans une situation particulièrement incommode. Aussi, malgré les ennuis de leur tâche, seront-ils sans doute affligés d’apprendre qu’on vient d’imaginer une machine permettant d’effectuer beaucoup plus rapidement ce travail de rabotage, parce qu’ils seront convaincus que c’est leur métier qui disparaît.
- A la vérité, l’appareil que nous voulons signaler a été inventé tout spécialement pour raboter les ponts de navires, qui nécessitent cette opération assez souvent, et non pas seulement au moment même de la construction du bateau. L’adoption d’un dispositif mécanique est d’autant plus intéressante ici qu’il s’agit de surfaces considérables à blanchir et à aplanir. Cette machine a été imaginée par la maison Mayor and Coulson, de Glasgow.
- On n’a pas songé à la faire complètement automobile, et le fait est que ce n’eut guère été pratique : comme on
- 1 Je cite ici le résumé de Buffon, qui, tout en admirant l’ingéniosité de Whiston, le plaisante légèrement.
- p.154 - vue 158/536
-
-
-
- LÀ NATURE.
- 155
- le voit, elle comporte deux poignées en forme de timons, qui permettent à un homme de la pousser devant lui en la dirigeant; il est aidé par un apprenti, qui s’attelle devant à une corde de remorque et traîne la machine. Cette dernière n’est pas d’ailleurs fort lourde. Quant au mouvement même des outils coupants, des lames rabotantes qui viennent enlever les copeaux des planches du parquet, c’est lui qui est assuré mécaniquement et électriquement. En effet, au-dessus de sa partie inférieure, qui ressemble quelque peu à une tondeuse de gazon, la machine porte un moteur électrique triphasé, d’une puissance de 4 chevaux, et qui marche à une allure de 5000 tours à la minute : c’est à cette même vitesse qu’il fait tourner les lames coupantes, et l’on comprend que, dans ces conditions, le rabotage doit se faire .aussi vite que facilement. Le fait est que, dans des circonstances moyennes, le rabotage s’exécute à raison de 3,5 mètres carrés à l’heure. Aussi faut-il, en dehors de l’ouvrier qui guide l’outil et de l’apprenti qui le tire, un autre apprenti pour balayer les copeaux et dégager la surface du plancher, afin que l’ouvrier juge du travail déjà opéré et constate s’il y a besoin d’y revenir. On évalue que le mètre carré de rabotage ne revient pas à plus de 0tr,40 avec la main-d’œuvre anglaise et dans les conditions où l’appareil a été essayé; mais ce n’est là qu’un prix tout
- L'appareil à raboter les parquets.
- approximatif et pouvant varier, suivant les pays, dans d’assez larges limites.
- Ce qui semble assez bien établi, c’est que cette machine, avec ses trois aides et l’emploi du courant électrique, fait, en une heure, le travail de huit hommes pendant toute une journée ; «n comprend aisément quels services précieux elle peut rendre pour les grands navires ayant de vastes surfaces de ponts. H. R.
- CHAINE DE TRANSMISSION SILENCIEUSE
- Son inventeur la donne comme telle, de même que notre confrère Scienlific American, auquel nous en empruntons le dessin ; cette chaîne est due à M. Cari G. A. Schmidt, de Columbus (État d’Ohio). Elle est destinée à la commande de tous les mécanismes, et elle serait aussi douce que les dispositifs de cuir, légère, résistante.
- Nous n’avons pas besoin de faire remarquer qu’elle est du type à chaînons multiples, et chaque chaînon comporte une sorte de projection, d’ergot, qui pénètre dans un évidement ménagé à la périphérie des roues actionnées, si bien que tout glissement est impossible; des dis-
- positions analogues ont du reste été parfois employées pour des roues et des chaînes de bicyclettes. La constitution des joues des chaînons empêche que l’effort de traction ait tendance à allonger ces chaînons, ce qui est évidemment tout à fait à désirer en la matière ; et c’est pour cela qu’on donne cette chaîne comme pouvant subir
- Chaîne de transmission silencieuse.
- des efl'orls considérables, dans la limite, naturellement, de la résistance des goupilles qui forment les articulations des maillons successifs. On estime que le profil adopté pour les ergots donne d’excellents résultats en dépit de l’usure; du reste, dès qu’un chaînon tend à quitter le pourtour de la roue, l’ergot sort de son logement avec des frottements réduits au minimum; de même, à l’entrée,les frottements sont considérablement réduits : cette diminution des frottements entraînant une diminution de l’usure des ergots comme des évidements des roues. P. df. M.
- UNE CAUSE MÉCONNUE
- DE LA CORROSION DES CHAUDIÈRES
- M. L. Vogt s’est préoccupé beaucoup de la question dans Stctlil und Eisen, et s’est élevé contre la manière dont on apprécie ordinairement les qualités de l’eau d’alimentation. Pour lui la grosse erreur que l’on commet c’est de ne s’occuper que de la dureté de l’eau. Il importerait au plus haut degré de s’assurer aussi des autres substances entrant dans la composition de l’eau, attendu que c’est la présence de certaines d’entre elles qui a le plus d’influence sur les réparations à faire au générateur, et cause même expressément des explosions. La question est d’autant plus importante que les mesures mêmes que l’on prend pour purifier l’eau peuvent finalement amener des corrosions. Dans la plupart des cas, pour précipiter les substances dont on redoute la formation de dépôts, sulfates et bicarbonates, on recourt à de la soude et à de l’eau de chaux, le sulfate de sodium en dissolution se trouvant après aspiré dans la chaudière avec l’eau purifiée à certains égards. Et quand, ensuite, l’eau dans laquelle il était sera vaporisée, il demeurera en fait non dissous dans de l’eau bouillie. Il est facile de comprendre que, à la suite d’opérations répétées de purification, la concentration de ce sulfate de sodium augmentera jusqu’à un chiffre très élevé, de manière à pouvoir exercer un effet corrosif sur la chaudière. M. Vogt ajoute que les nitrates et les chlorures toujours présents dans l’eau des générateurs seront, en présence de l’air, encore bien plus nocifs ; et le plus dangereux de tous serait le chlorure de magnésium, l’emportant sensiblement en nocivité sur le chlorure de baryum ou de sodium.
- Le remède contre leurs ravages serait d’en maintenir la concentration au-dessous de la limite où ils attaquent le fer ; et encore faudrait-il se rappeler à ce propos que le liquide des générateurs ne se trouve bien mélangé et brassé que dans les chaudières où la circulation de l’eau est très active ; si bien qu’en réalité on doit se défier des
- p.155 - vue 159/536
-
-
-
- LA NATURE.
- I 56
- calculs de concentration moyenne et tenir compte uniquement des points de concentration maxima, là où l’évaporation est le plus intense, dans le voisinage immédiat de la source de chaleur. Pour M. Aogt, le fer fondu ne présente pas moins de résistance à la corrosion que le fer forgé, les corrosions étant dues surtout à la nature de l’eau employée. Si l’on se voit obligé de faire usage d’eaux inférieures au point de vue qui nous occupe, on devrait du moins vider une partie du contenu de la chaudière chaque semaine ; puis, toutes les 0 ou 8 semaines, on ferait la vidange complète suivie d’un rinçage soigneux. Et quant à recourir à la soude, il serait utile d’en verser quotidiennement une quantité suffisante pour donner une légère réaction alcaline. IL M.
- LE PÉTROLE EN ROUMANIE
- L’industrie pétrolière s’est considérablement développée en Roumanie, au cours de ces dernières années. L’abondance des gisements de la précieuse huile, la facilité des transports vers l’Europe centrale, par le Danube, et dans le bassin de la Méditerranée, par la mer Noire ou le Bosphore, l’emploi du pétrole brut ou des résidus de sa distillation pour le chauffage, et la consommation sans cesse croissante de l’essence de pétrole pour l’automobilisme ont considérablement facilité l’essor des exploitations.
- Fig. 1. — Puits à main employé en Roumanie pour les faibles profondeurs.
- Pendant le creusage, on renouvelle l'atmosphère environnant l’ouvrier au moyen d’un soufflet, et, lorsque l’huile a rempli le puits, on l’extrait avec des seaux qu'un manège à cheval remonte. (D’après le Moniteur des intérêts pétrolifères roumains.)
- Rien que connu de longue date en Moldavie, le pétrole ne s’y extrait, en effet, d’une façon régulière que depuis 1859. La production annuelle de la Roumanie atteignait alors 5 à 4000 tonnes tandis qu’elle dépasse aujourd’hui 500000 tonnes. Les terrains pétrolifères occupent, dans ces parages, une superficie de 80000 hectares s’étendant sur le versant méridional et oriental des Carpathes, entre Govora (district de Romnicoul-Yaltchei) et Varatécoul (district de Néamtsou) ; leur altitude varie de 250 à 500 mètres au-dessus du niveau de la mer et leur valeur, d’après une évaluation de M. l’ingénieur Coucou, peut se chiffrer par près de 00 milliards de francs! Quelques sondages ont même fourni un rendement inespéré. Ainsi, en 1899, un seul puits
- de la Société « Steaoa Romàna » a débité une moyenne de 70 wagons par jour et a rapporté, en moins de six semaines, 682500 francs. A la vérité, le jet a diminué après ce laps de temps, mais n’a pas cessé toutefois.
- D’après les recherches de MM. le Dr L. Edeleanu et l’ingénieur I. Tanasescu, les pétroles roumains ont pour caractéristique une fluorescence verdâtre; leur couleur va du brun olivâtre au brun noir ; par exception, on rencontre des huiles rougeâtres à Pré-déal (Valea Gardului) et jaunes claires à Campéni-Parjol; leur composition chimique oscille entre 86,17 de carbone avec 15,79 d’hydrogène (pétrole de Campéni) et 87,57 de carbone avec 11,57 d’hydrogène (pétrole d’Ocnitsa); on n’y a constaté que
- p.156 - vue 160/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 157
- (les traces de corps oxygénés, de soufre et d’azote.
- Pour exploiter le pétrole en Roumanie, on se sert de puits à large section (lm,20 à lm,50 de diamètre) si la profondeur de la couche ne dépasse pas 150 mètres. On euvelle chaque excavation en planches ou en tressage continu de branches d’arbres. Pendant qu’un ouvrier creuse un puits, on renouvelle l’atmosphère autour de lui en la débarrassant des gaz hydrocarburés, grâce à un tuyau métallique et à un soufflet, sis à la surface et qu’on aperçoit sur une de nos illustrations (fig. 1). Lorsque les infiltrations de pétrole sont peu importantes, on les épuise au moyen des baquets attachés à des cordes qui permettent l’enlèvement des déblais. Au contraire,
- si l’huile minérale remplit le puits à une certaine hauteur, on l’enlève avec des seaux qu’un manège à cheval remonte. On continue de la sorte l’extraction, pendant des mois, jusqu’au complet tarissement du pétrole. On approfondit ensuite le trou afin de rencontrer un deuxième niveau d’huile, puis un troisième, à moins qu’un éboulement ou une trop grande venue d’eau n’arrète les travaux.
- Quand il s’agit d’atteindre des nappes pétrolifères plus profondes, on doit recourir aux forages à la sonde qui dépassent souvent 400 mètres. Les derricks employés, comme le montre la vue ci-dessous qu’a bien voulu nous communiquer M. Mancas,
- Fig. 2. — Derricks du^la Société Internationale, à Dambovitza.
- , ^D'après une photographie communiquée par M. Mancas, de Bucarest.)
- de Rucarest, ne diffèrent pas des appareils similaires russes ou américains décrits à plusieurs reprises dans nos colonnes1. Aussi nous n’y insisterons pas.
- Sur les lieux d’extraction, l’emmagasinage du pétrole se fait dans des réservoirs en bois ou en tôle et, pour le transport jusqu’à la distillerie, on utilise des fûts ou des pipe-lines, ces canalisations métalliques si usitées aux États-Unis. Enfin nombre d'usines se sont installées principalement à Racau, à Dambovitsa et à Prahova, afin de traiter les produits bruts et d'en retirer des benzines, des motorolines, des pétroles lampants, des huiles minérales de grais-
- 1 Yov. Tables des matières de La Sature, Lomé I 1875-1882;, "tome II (1883-1892), tome III (1893-1902).
- sage et des paraffines. Quant aux résidus de la distillation, ils s’emploient beaucoup en Roumanie, pour le chauffage des foyers industriels, des locomotives de chemin de fer et des chaudières de navires à vapeur. Enfin le pétrole roumain et ses dérivés trouvent chaque jour des débouchés plus nombreux à l’étranger. La Hongrie l’achète brut pour le distiller dans ses usines de Transylvanie et du Banat; la Bulgarie et la Turquie préfèrent l’acheter raffiné; l’Allemagne centrale s’approvisionne également de l’un et de l’autre par la voie du Danube tandis que les raffineurs roumains expédient nombre de tonnes d’huile lampante en Italie, et de benzine pour moteur, en Suisse. Jacques Boyer.
- —
- p.157 - vue 161/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 158
- CHRONIQUE
- Éclipse partielle de Lune du 111 février. —
- Le 19 février, une éclipse partielle de Lune aura lieu, notre satellite se trouvant plongé dansl’oinbre delà Terre, au moment du maximum, à peu près jusqu’à la moitié de son diamètre : exactement 0,410 si l’on représente ce diamètre par 1. Les diverses phases arrivent aux heures
- suivantes (heures de Paris) :
- Entrée de la Lune dans la pénombre. 4h49“ soir.
- — — l’ombre. . 6h 05“ —
- Milieu de l’éclipse ....... 7hÜÜ“ —
- Sortie de l’ombre...................8h 10“ —
- — de la pénombre......................9h30“ —
- Cette éclipse se présente dans des conditions favorables pour être admirée. Sauf l’entrée dans la pénombre, phénomène purement théorique d’ailleurs, toutes les phases seront visibles à Paris, la Lune se levant à 5h2l“. Les régions de l’est seront entièrement favorisées, tandis que le lever retardant pour nos contrées occidentales, celles-ci auront la Lune très voisine de l’horizon au moment de l’entrée dans l’ombre. C’est le pèle nord de notre Satellite qui sera éclipsé.
- Altitude de l'Iiicecagua. — Selon Y Alpiniste (7 juin 1904) la nouvelle mesure de cette plus haute montagne de l’Amérique, mesure récemment refaite par Franz Schrader, n’aurait donné que 0956 mètres. Renseignements pris auprès de M. Schrader, celui-ci nous a déclaré ne pouvoir donner encore un chiffre formel, l’altitude du point de départ de ses observations trigonomé-triques et géodésiques n’étant pas encore suffisamment fixée. Il pense cependant que la cote officielle de 7150 mètres, donnée par YAn/entine Evidence1, est exagérée et que, de tous les nombres contradictoires fournis jusqu’à présent, celui de Gtissfeldt (6970 mètres) est le plus exact.
- Meubles d'acier. — Dans leur désir de prévenir les incendies qui ravagent parfois de façon si terrible leurs grandes agglomérations, les Américains cherchent à supprimer tout aliment au feu dans l’intérieur des bâtiments : et c’est ainsi qu’on vient de commander, pour une série d’édifices officiels de Washington et d’une ville du Mas-achusetts, un nombre considérable de meubles d’acier, tables, pupitres, casiers, bibliothèques, bureaux de toute espèce, tables de dactylographes, armoires, etc.
- Une digue en béton armé. — Voici une application du béton armé qu’on n’avait pas encore réalisée du moins à notre connaissance. Cette digue a 25 mètres de long, ce qui est assez considérable, et elle a été construite dans le bassin de pêche du port d’Ymuiden, en Hollande. Elle est constituée d’une plate-forme reposant sur des poutres transversales portées elles-mêmes par deux rangées de piliers cylindriques, qui sont espacées de 5 mètres dans la longueur et de 6™,50 dans la largeur.
- Une locomotive en acier-nickel. — Elle n’est pas entièrement en ce métal, mais celui-ci y joue un grand rôle, et la chose est intéressante à signaler après ce que nous avons dit à plusieurs reprises sur les avantages de l’acier-nickel. Cette machine, en construction aux ateliers Baldwin, a non seulement ses tôles de chaudière en acier-nickel, mais encore son châssis, ses essieux, ses manivelles, ses bielles, etc. Le coût de la construction en sera certainement majoré, mais on compte sur une usure beaucoup moins rapide de la machine.
- 1 Yoy. n° 1616, du 14 mai 1904, p. 574.
- I,"arrosage «les rues il l'eau «le mer. — H existe maintenant un grand nombre de villes du bord de la mer qui ont recours à l’eau salée pour arroser leurs voies publiques, estimant que c’est une véritable dilapidation que de se servir pour cela d’eau douce. On se félicitait d’autant plus de cette pratique que les propriétés bygrosco-piques du sel marin évitent de renouveler aussi fréquemment les arrosages. Par contre, la boue salée a une action destructive des plus marquées sur la peinture et le vernis des voitures; les commerçants affirment que le sel se répand un peu partout et que sa déliquescence se fait sentir de la manière la plus nuisible. Enfin l’eau salée exercerait une action destructive, nettement corrosive, sur les conduites et les garnitures métalliques; de plus, les fuites des conduites d’eau de mer tuent les plantations des rues et des parcs ou jardins.
- Le rideau li«|iiide comme protection des incendies. — On vient de construire à Londres un bâtiment dont les corniches supérieures, sous le toit même, comportent chacune un gros tuyau horizontal percé de trous à sa partie inférieure ; ces tuyaux peuvent être mis en communication avec une grosse canalisation centrale leur apportant alors de l’eau sous forte pression. Si donc un incendie survient, particulièrement dans une construction voisine du bâtiment ainsi doté, on ouvre les conduites et l’eau tombe devant les diverses façades de l’édifice en formant des rideaux liquides continus, grâce à la forte pression, et qui, paraît-il, seraient susceptibles d’arrêter les flammes venant lécher les murs.
- Les orangs-outangs de Bornéo. — Le Dr Bec-cari, le voyageur naturaliste bien connu, vient de publier à Londres un intéressant mémoire sur les voyages qu’il fait depuis près de quarante ans à Bornéo. Les naturalistes ont souvent pensé qu’il y avait lieu de distinguer des espèces distinctes d’orang-outang. D’après M. Beccari, cette vue serait erronée, et il n’y aurait qu’une seule espèce de Simm SaUjrus, — actuellement. Beccari pense qu’il y a eu autrefois deux espèces d’origines distinctes venues s’établir à Bornéo : là, de nombreux croisements auraient créé le type spécifique unique actuel, type chez lequel la double origine des ancêtres se manifesterait par la présence, dans une même lignée, d’individus appartenant à deux variétés. La première a reçu des Malais le nom de « Mayas kassa » et se distingue de la seconde, « Mayas tjaping», par l’absence des bajoues très développées chez cette dernière.
- ACADÉMIE DUS SCIENCES
- Séance du 50 janvier 1905. — Présidence de M. Tiioust.
- Blanchiment des toiles. —- M. llaller expose un procédé imaginé par M. Jardin pour substituer au blanchiment des toiles de lin par étendage sur le pré, un procédé plus rapide. L’auteur soumet les tissus à l’action d’une lessive alcaline faible, puis à celle d’une faible solution d’acide chlorhydrique, puis enfin à l’action d’une solution d’acide azotique à 5 pour 1000. Ce traitement rend le tissu très blanc.
- Préparation des moûts de pommes. — M. Haller présente ensuite une Note de M. Perrier relative à la stérilisation des moûts de pomme au moyen du formol. Des moûts ainsi préparés ont pu supporter le voyage de l’Amérique du Sud, puis, lors de leur retour, donner de bon cidre, après ensemencement.
- p.158 - vue 162/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 159
- Rôle du parfum dans la vie de la plante. — M. Haller présente une Note de MM. Charabot et Hébert relative au rôle des substances odorantes dans la physiologie de la plante. Les méthodes de la chimie leur ont permis de constater qu’à l’abri de la lumière, la plante consomme une partie importante de ces substances, et ils ont déterminé celles qui disparaissent. Les produits odorants ne sont donc pas des composés d’excrétion désormais inutilisables. Dans l’obscurité, lorsque la plante n’absorbe plus l’acide carbonique de l’air, ils sont détruits pour la formation des tissus.
- Préparation du diamant. — M. Moissan rappelle qu’à la suite de ses recherches sur la constitution chimique de la météorite de Canon Diablo, il a été conduit à répéter ses anciennes expériences sur la reproduction du diamant.
- 11 a ainsi obtenu la confirmation de ses premiers résultats relativement à la nécessité d’une pression élevée pour que le carbone cristallise sous forme de diamant, parce qu’à la pression ordinaire le carbone passe directement de l’état gazeux à l’état solide sous forme de graphite. Ayant rencontré dans la météorite de Canon Diablo du soufre, du silicium et du phosphore, il entreprit l’étude de l’action de ces différents corps simples sur la fonte saturée de carbone. Après avoir fondu 150 gr. de fonte au four électrique il y a introduit soit du sulfure de fer, soit du siliciure. Puis, après avoir refroidi brusquement la masse à l’aide de l’eau, afin d’obtenir la cristallisation sous pression, il a ensuite soumis les lingots à un long traitement chimique ayant pour objet d’isoler les cristaux de diamant. Ces cristaux, dont un certain nombre sont visibles à l’œil nu, offrent toutes les propriétés des diamants naturels. Le sulfure de fer comme le silicium augmente le rendement en diamants. Le phosphore ne produit aucun résultat dans ce sens.
- U accommodation du cristallin. — M. d’Arsonval expose que les déformations du cristallin sont l'objet de deux théories. La première, que l’on peut appeler théorie passive, a été soutenue par Uelmoltz; elle explique les déformations du cristallin par des tiraillements musculaires exercés par la zone de Zinn. La deuxième théorie, qui peut être appelée théorie active, explique les changements de forme en douant le cristallin d’une activit-propre. MM. Gagnières et Bertin Sans ont examiné la couré bure de l’œil sur l’animal vivant et sur l’animal mort. Ils concluent de leurs expériences que la théorie active due à Tschening est seule vraie.
- Constitution géologique de l'Oural. — M. de Lappa-rent résume un travail de MM. Duparc et Pearce exposant que les chaînes de quartzite, formant, dans l’Oural septen-Irional, la région de partage des eaux entre l’Europe et l’Asie, sont accidentées de terrasses qui forment comme autant de gradins. Ces terrasses seraient les vestiges d’une topographie bien antérieure à l’état hydrographique aeluel et auraient été conservées d’une part à cause de la dureté des quartzites, de l’autre parce que l’Oural septentrional a échappé à l’ancienne extension des glaciers.
- Appareil d'embrayage. — M. Leauté présente au nom de M. Hérisson, professeur à l’Institut agronomique, un appareil d’embrayage permettant de transmettre, d’une façon progressive, une puissance théoriquement indéfinie. ‘
- La lumière zodiacale. — M. Janssen fait savoir que M. Hansky a observé au sommet du Mont-Blanc la lumière zodiacale. Dans cette situation si favorable pour celte
- observation il a pu mettre en évidence le rôle de l’atmosphère solaire dans le phénomène et le déterminer.
- Observations à l’astrolabe. —M. le commandant Guyou rappelle que l’Académie a décerné un prix àM. Claude au sujet de l’invention d’un appareil portatif appelé astrolabe par l’auteur. Cet appareil, d’après un essai fait à l’Observatoire de Montsouris, avait paru fournir des résultats aussi précis que les instruments fixes des Observatoires. M. Driancourt, ingénieur géographe, a expérimenté l’appareil à Madagascar et confirme que la haute précision annoncée est réellement obtenue dans la mesure des latitudes. Il semble que la moyenne des déterminations, faites au cours d’une même soirée, ne comporte pas une erreur de plus de une demi-seconde.
- Modifications de plantes. — M. Bonnier analyse une iNote de M. Blarmghem relative à des modifications de plantes produites à volonté par l’auteur en sectionnant les tiges au moment actif de leur développement. Il se manifeste, à la suite des blessures, des bourgeons donnant de nouveaux caractères. C’est ainsi qu’on peut transformer les fleurs mâles qui sont au sommet du maïs en grappes tordues de fleurs femelles, le trèfle à 5 follicules, en trèfle à follicules plus nombreux. En outre les modifications sont susceptibles de persister par l’hérédité dans la proportion des trois quarts. Cm. de Yilledeuil.
- IA SURFACE FERTILE
- DES CHAMPIGNONS SUPÉRIEURS
- Les champignons supérieurs, dont font parlie à peu près tous ceux qu’on foule communément aux pieds sur les pelouses et dans les forêts, produisent leurs spores en nombre pair au sommet et à l’extérieur de cellules mères nommées basides. Ces cellules mères, ordinairement mêlées à des cellules stériles ou ajstides, sont juxtaposées en une membrane nommée hyménium, qui tapisse une partie déterminée du champignon, toujours la même pour chaque espèce. L’hyménium épouse par suite la forme de la surface fertile, dont la figure est en connexion intime avec le type auquel appartient le champignon. A ce point de vue, les champignons supérieurs peuvent se diviser en cinq formes, dont chacune caractérise une grande famille.
- Chez les Théléphorées, la plante consiste normalement en une plaque charnue ou coriace, mal limitée, et étendue de toutes parts, au moins dans sa jeunesse, sur son support. Plusieurs espèces offrent un curieux phénomène de renversement, à la suite duquel la face fertile, d’abord tournée en haut ou latéralement, se détache peu à peu jusqu’à devenir inférieure. Ce phénomène démontre à l’évidence l’obligation où sont les champignons à basides d’avoir leur hyménium tourné vers la terre : loi très générale qui souffre peu d’exceptions, toujours balancées par une structure appropriée. On pourra l’observer dans ses diverses phases successives chez le Thelephora reflexa DC., espèce commune sur les troncs tombés à terre, et où on peut voir côte à côte des plaques encore appliquées, et d’autres déjà tout à fait renversées. L’hyménium des Théléphorées est
- p.159 - vue 163/536
-
-
-
- 160
- LA NATURE.
- toujours primitivement lisse, et ses accidents, irrégulièrement disposés, sont dus aux protubérances du support.
- La surface fertile est encore lisse chez les Clava-riées, mais l'i elle entoure complètement le champignon, et couvre à peu près toute sa partie exposée à l’air. Ce champignon est lui-même typiquement en forme de massue simple, mais plus souvent la massue se bifurque, se divise, se ramifie même en branches très nombreuses, planes ou cylindriques, qui dessinent comme un petit buisson.
- Chez les Ilyd-nées commence à apparaître la forme en parapluie, sous laquelle on se représente le plus ordinairement les champignons. On y distingue un pied stérile, généralement excentrique ou latéral, qui s’épanouit supérieurement en un chapeau charnu dont la face inférieure, seule fertile, émet des lames ou des aiguillons que recouvre l’hyménium.
- La forme en chapeau s’accentue chez les Polypo-rées, auxquelles appartient une espèce bien connue, le bolet comestible; l’hyménium y tapisse des tubes étroitement juxtaposés à la face inférieure, qui apparait par suite criblée d’une infinité de petits trous.
- Enfin, les Agaricinées, qui comprennent des milliers d’espèces, répètent la forme générale des Polyporées, mais le chapeau y est doublé inférieurement de feuillets lamelleux, rayonnants.
- Si l’on étudie ces types dans leur enchaînement, on voit que la tendance qui relie progressivement les plus simples aux plus parfaits est un effort constant vers une plus grande extension de la surface fertile, obtenue sans modifier les proportions relatives des autres parties. Cette surface est réduite à sa plus simple expression chez les Théléphorées, où elle ne couvre strictement qu’une des faces du champignon. Elle est déjà plus ample chez les Clavariées, proportionnellement à la masse générale de la plante, puisque toute la partie exposée à l’air est fertile, et généralement divisée
- en rameaux qui en multiplient la surface sans en augmenter le volume. Les pointes des hydnes, les tubes des bolets, les feuillets des agarics jouent ce même rôle avec une efficacité croissante. Un simple calcul montrera combien cette structure amplifie la surface hyméniale. Supposons un chapeau d’agaric large de 5 centimètres, et recouvert d’une membrane sporifère uniforme, sans reliefs : celte membrane n’aura qu’un développement de 7 cm2. La même membrane doublant un chapeau chargé seulement de 50feuillets larges de 2 millimètres atteint 60 cm2. Et ces chiffres sont au-dessous de la normale. En réalité, grâce à leurs feuillets ou à leurs tubes, un agaric ou un bolet produisent une quantité énorme de spores, qui forment une couche épaisse si on les recueille en masse. L’expérience est très facile à réaliser ; il suffit de disposer, tubes ou feuillets en bas, le chapeau d’un de ces champignons sur un morceau de papier, blanc si les spores sont colorées, noir si elles sont blanches, et de laisser le tout en place pendant une nuit; le lendemain les spores tombées dessineront sur le papier une figure nébuleuse, permettant de reconnaître la disposition des reliefs hyméniens qui les portaient.
- Ajoutons pour terminer que des formes de transition unissent entre eux les divers types des champignons supérieurs. Ainsi les Théléphorées passent aux Agaricinées par le genre non typique Cra-lerella, qui est muni d’un chapeau assez distinct encore, concave, en forme de trompette ; les Agaricinées sont reliées aux Polyporées par les Favolus, les Daedalea, qui ont des tubes fort larges, en quelque sorte constitués par des feuillets rayonnants et transversaux; le genre Hericium, en forme de massue divisée supérieurement en longs aiguillons, unit les Hydnées aux Clavariées. A. Acloque.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 1. —• Les cinq grands types des champignons supérieurs. 1, Théléphore ;
- 2, Clavaire; 5, Ilydne ; 4, Bolet; 5, Agaric. (1 et 2, entiers; 5, 4, 5, en coupe.)
- Fig. 2. — Figure dessinée par les spores d'un Agaric recueillies en masse sur du papier noir.
- Paris. — Imprimerie Laiiurf,, rue de Fleurus, 9.
- p.160 - vue 164/536
-
-
-
- I
- Y I i;;>T). — il FÉVRIER lOtlu. LA NATURE. 11» I
- ________________________________________________________________________________^ I
- UN NOUVEL OBSERVATOIRE D’ASTRONOMIE PHYSIQUE
- Le 8 août dernier on inaugurait à Torlosa, en Catalogne, le nouvel Observatoire d’astronomie phy-
- sique dont la fondation est duc à l'initiative heureuse et savante du R. P. Cirera, ancien chef du
- i
- i’ig. 2. — Observatoire de Torlosa. — 1. Villa Saiiit-Jose|ili. Maison d'habitation et bureau. — 2. Pavillon pour la Météorologie et l'électricité. — 3. Pavillon pour la Sismologie. — i. Pavillon pour l'Astronomie physique. — o. Pavillon pour le Magnétisme (appareils de variation). — G. Pavillon pour le Magnétisme (observations absolues). — 7. Kiosque uéphoscopique.
- service magnétique de l’Observatoire de Manille. Le but du nouvel établissement, merveilleusement
- 33° année. — 1er semestre.
- outillé pour le réaliser, — son but principal du moins — est exposé succinctement de la façon suivante par
- 11
- p.161 - vue 165/536
-
-
-
- LA N AT U HE.
- USÏ
- le fondateur lui-même : « C’est la recherche des rapports qui peuvent exister entre les perturbations magnétiques, électriques et solaires. Enregistrés à la fois et d’une manière continue, ces phénomènes seront réunis dans une étude commune et suivie ».
- U faut reconnaître que rien n’a été négligé en vue de réaliser cette étude avec précision. D’abord l’emplacement choisi est excellemment situé. Les bâtiments au nombre de sept sont répartis sur une petite colline voisine de Tortosa, à l’embouchure de l’Ebre. Le ciel est généralement pur. Il n’y a pas dans le voisinage de causes de perturbations magnétiques. Le sous-sol, compacte et uniforme, sans failles, ne renferme pas de substances métallifères ni de roches éruptives récentes. A deux pas se trouve le Collège d’études supérieures des Jésuites, qui fournira une pépinière d’observateurs et de collaborateurs admirablement préparés. Enfin, ce qui ne gêne en rien, le site est délicieux, dominant la charmante vallée de l’Ebre.
- Nous avons dit que les bâtiments sont au nombre de sept. Notre gravure montre la répartition, autour de la maison d’habitation et des bureaux que surmonte une terrasse, des pavillons affectés aux divers services. Tout d'abord deux pavillons magnétiques. L’un est réservé aux instruments de variation. 11 renferme dans ses caves deux séries complètes d’appareils Mascart, l’une pourvue d’un enregistreur photographique, l’autre de lunettes à observation directe. Dans l’enregistreur photographique, le R. R. Cirera a doublé la longueur habituelle (1 centimètre par heure) du papier sensible développé : ce qui augmentera considérablement la précision des observations. L’autre pavillon magnétique est affecté aux déterminations absolues.
- Le grand pavillon en forme de croix, et surmonté d’une coupole, est réservé à l’étude de l’activité solaire. La lunette équatoriale de la coupole sert à l’étude des taches et des protubérances. Dans les bras sont logés, outre un petit local pour l’observateur, un spectro-héliographe à deux fentes d’Ever-shed, permettant d’isoler une radiation déterminée, un spectro-goniomètre Rowland pour mesurer la vitesse radiale des éruptions solaires par le déplacement des raies du spectre, un cercle méridien et deux horloges, dont l’une synchronisera à chaque seconde par un courant la pendule du pavillon électrique. Ce pavillon est muni d’appareils électriques et météorologiques, électromètre à quadrants de Mascart et collecteur à sel de radium pour déterminer le potentiel électrique de l’atmosphère, galvanomètre Desprez-d’Arsonval pour mesurer deux courants telluriques de directions perpendiculaires, enregistreurs pour ces appareils, enregistreur de tempêtes du P. Eenyi, appareils d’Elster et (foitel [tour étudier la déperdition de l’électricité, actino-mètre, photopolarimètre Cornu.
- Un pavillon est réservé aux appareils sismogra-phiques. Ces pavillons sont complétés par un kiosque néphoseopique réservé à l’examen des nuages. L’ob-
- servatoire se trouvant par-dessus le marché dans la zone de totalité de l’éclipse solaire de 1905, il y aura obligation cette année-là, ainsi que le fait remarquer plaisamment le R. P. Cirera, pour ladite éclipse « de rendre visite à un Observatoire ».
- 11 ne reste plus qu’un désideratum à réaliser pour que cette fondation soit complète $u gré de son initiateur, c’est la publication d’un bulletin mensuel. Il faut espérer que quelque Mécène consentira à faire les frais de ce travail.
- En attendant il convient de féliciter grandement ceux qui ont mené à bien cette tâche et réalisé ce que M. Nordmann n'hésite pas à qualifier d’ « établissement unique », et qui est un nouveau modèle, après déjà plusieurs autres tels que ceux de Grenade, Manille, Tananarive, Zi-ka-wei, Stonyhurst, Kalocsa, Georgetown, etc. L. R.
- UN COMMENSAL DES MOULES
- On trouve assez fréquemment, entre les valves et dans le manteau de la moule comestible, un très petit crabe assez brillant, qui présente au premier abord l’aspect d’une araignée : c’est le pinnotère. 11 est conformé, d’une manière générale, comme les crabes plus gros qui vivent librement sur le rivage, mais on l’en distinguera toujours facilement à sa taille exiguë, à son habitat, et à sa carapace à peu près orbiculaire. L’espèce qui vit dans les moules est le pinnotère pois (Pinnoteres pisam Pen-nant); une autre, qu’on trouve dans la coquille du Pinna nobilis, est le pinnotère des anciens (Pinnoteres veterum Bosc). Ce crabe est connu depuis longtemps; les Grecs le nommaient déjà zwvorriprl<;, de deux mots qui font allusion à ses habitudes : rivva, pinne marine, et Trjpâw, je garde.
- Le pinnotère a été accusé d’être la cause des empoisonnements causés par les moules; et les gens prudents ne manquent jamais de vérifier s’il ne s’en cache pas quelqu’un dans le manteau de ces mollusques, avant d’y porter la dent. Ajoutons qu’en la circonstance le pinno-lère est victime d’une injuste calomnie.
- Outre les deux espèces indiquées plus haut, et qu’on peut rencontrer sur les côtes de France, les pinnotères, ou sentinelles des coquillages, comprennent plusieurs autres types, distribués dans les océans Indien, Pacifique et Atlantique. Presque tous vivent dans les coquilles des mollusques lamellibi anches; on en trouve dans les moules, les modioles, les jambonneaux, les huîtres, les arondes perlières, dans les mactres, les peignes et les tridacnes.
- Quels rapports unissent ces mollusques et les pinnotères, auxquels ils donnent l’hospitalité entre les valves de leur coquille ? Une bizarre légende avait cours à ce sujet dans l’antiquité : « La chaîna1, écrit Pline, est une lourde bète sans yeux, qui ouvre ses valves et attire les petits poissons ; ceux-ci entrent sans défiance et se mettent à prendre leurs ébats dans leur nouveau gîte. Le pinno-f 1ère, dès qu’il voit la demeure envahie par les étrangers; pince son hôte ; ce dernier ferme ses valves, et tue ses trop confiants visiteurs pour s’en repaître à loisir. »
- Notre vieux naturaliste Rondelet fait remarquer qu’une semblable légende repose sur une erreur : « Ces choses ne sont véritables pour une raison nécessaire, qui est que
- 1 Ce nom désigne encore, dans la classification moderne, un genre de Mollusijues de la Méditerranée.
- p.162 - vue 166/536
-
-
-
- LA N AT U HE.
- 103
- ne les nacres, ne les moules, ne les huistres ne vivent de la chair des autres poissons, ains de l’eau et de la lange seulement.... Pourquoi donc les petits cancres se logent-ilz dans les moules, les huistres, et les nacres? Par ce qu’il n’i a beste qui n’ait ce don de nature de pourchasser ce qui lui est nécessaire pour se nourrir, pour se retirer et héberger. Donc les petits crabes couverts de coque inollete, et par conséquent plus aisés à estre offensés, entrent dans le test dur des autres pour i estre plus seurs comme dedans des cavernes.... »
- Rondelet détruit l’erreur enregistrée par Pline; mais, à son tour, il avance une assertion incomplète, et légèrement inexacte en ce qui concerne l’alimentation des mollusques. Excusons-le : il écrivait en 1558, et les recherches sur le commensalisme des animaux datent seulement d’hier. Van Beneden a établi qu’il existe, entre les pin-notères et les mollusques qui les abritent, une association à bénéfice réciproque. Les moules ou les huîtres fournissent aux petits crabes une maison protectrice, et ces derniers chassent pour eux-mêmes et pour leur hôte.
- « Ce n’est pas le goût du voyage qui les pousse, écrit
- Le pinnotère pois, commensal de la moule comestible (1, très grossi; 2, grandeur réelle : 5 millimètres).
- le savant auteur, mais le désir d’avoir une retraite assurée en tout temps et en tout lieu. C’est le brigand qui se fait suivre par la caverne qu’il habite, et qui ne s’ouvre que sur un mot d’ordre connu. L’association tourne à l’avantage de tous les deux : les restes que le pinnotère abandonne sont repris par le mollusque. » Un fait certain, c’est que les mollusques, paisibles et lents, doivent largement profiter des miettes qui tombent des pinces des crabes. Ceux-ci, en effet, prennent leur repas dans les mêmes eaux que leur hôte ; en outre, ils sont très voraces, comme tous les crustacés de ce type, ils sont munis d’armes solides et robustes, et la coquille qui les abrite n’est pas seulement un refuge, mais une embuscade, d’où ils peuvent s’élancer sur leur proie au moment qu’ils estiment le meilleur pour la surprendre et s’en emparer.
- La moule protège la fragile cuirasse du pinnotère, et celui-ci la rémunère de ce bienfait en lui réservant les restes de sa pêche abondante. Lequel donne le plus à l’autre, du crabe clairvoyant ou du mollusque aveugle? A. Acloque.
- SORBIERS ET ALISIERS
- Les Sorbiers et Alisiers forment un petit groupe d’arbres de la famille des Rosacées et de la tribu des l'omaeées bien distinct des genres voisins par tout un ensemble de caractères extérieurs, bien que la différenciation ne soit plus aussi nette quand on s’adresse aux caractères intimes.
- l'our le plus grand nombre des botanistes ils appartiennent au genre S or b lis; pour d’autres, Bâillon en particulier, ce sont des Poiriers, enfin il en est qui ont divisé le genre Sorbus en plusieurs autres genres : Aria, Torminaria, Connus. Pour ces derniers le Sorbus torminalis représenté ici devient le Torminaria Clusii Rœm., tandis que le Sorbus aucuparia L., également figuré, reste un véritable Sorbus. Sans prendre parti pour les uns ou pour les autres nous ferons des Sorbiers et des Alisiers des Sorbus. Les Alisiers sont à première vue caractérisés par leurs feuilles simples, dentées ou lobées ; les Sorbiers, par leur feuillage composé. Aux alisiers appartiennent, parmi les représentants de la flore forestière française, les Sorbus Aria, scandica, latifolia, Hostii, Chamæmespilus et torminalis; les Sorbiers, moins nombreux, ne sont représentés que par les Sorbus aucuparia, domestica et hybrida.
- Le Sorbus torminalis, que nous avons pris comme type des Alisiers, est un arbre qui peut atteindre jusqu’à 15 mètres de hauteur sur 0m,50 de diamètre ; sa cyme est ovale, assez bien garnie. Son écorce est d’abord lisse et gris cendré; elle devient plus tard membraneuse et écailleuse. Ses bourgeons sont écailleux, glabres et verts avec une marge brune étroite. Ses feuilles sont pétiolées, ovales, tronquées, cordiformes à la base, plus rarement cunéiformes, aiguës au sommet, lobées ; les lobes sont triangulaires, aigus, d’autant plus prononcés qu’ils sont situés plus près de la base. Elles sont glabres sur les deux faces, luisantes, fermes, vertes, plus pâles à la face inférieure. Les Heurs sont blanches, à pétales concaves, à anthères blanches, à styles au nombre de deux, glabres et soudés dans leurs deux tiers inférieurs. Les fruits sont ovales, gros comme une petite cerise, plus ou moins recouverts de verrues (lenticelles), verts et acerbes avant leur parfaite maturité ; ils deviennent bruns et acquièrent une saveur vineuse assez agréable, légèrement acidulée; ils blessissent et sont pulpeux quand ils sont mûrs. Ce sont les Alises ou les Alosses, que l’on mange dans les régions où ils sont abondants. Comme d’autres Sorbus ils donnent par la distillation une eau-de-vie agréable au goût.
- Le bois de l’Alisier torminal est dur, pesant, homogène, rougeâtre et plus ou moins flambé de brun noirâtre au centre ; il est recherché des tourneurs et des graveurs sur bois. Il est de très bonne qualité comme combustible et de plus il fournit un charbon excellent. Sa puissance calorifique a été évaluée par Hartig à 93, celle du hêtre étant de 100, mais sa durée de combustion est un peu plus longue.
- p.163 - vue 167/536
-
-
-
- LA NATURE.
- I(U
- Au point de vue forestier c’est un arbre qui supporte bien le couvert et qui repousse peu de souche. Ses graines germent un mois environ après le semis et le jeune plant atteint jusqu’à 50 centimètres dans le courant de la première année. Sa végétation est lente. On le rencontre un peu partout dans les terrains frais et légers ; les sols humides et secs ne lui conviennent pas. Il ne forme pas de massifs forestiers et ne se trouve jamais qu’à l’état de dissémination. 11 est répandu tout particulièrement dans les bois de laChampagne, quoique les pays accidentés ne lui répugnent pas.
- Les autres Alisiers ont les styles libres avec les fruits rouges et farineux. Nous signalerons le Sorbus Aria L., devenu le type du genre Aria, facile à reconnaître à ses feuilles entières, dentées, blanches argen -tées à la face inférieure, recouvertes sur la face supérieure, quand elles sont jeunes, d’un duvet aranéeux qui disparait d’assez bonne heure. Les onglets des pétales sont blancs, tomenteux, tandis qu'ils sont tout à fait glabres dans le précédent. C’est un arbre de taille moyenne, dont l’écorce se fendille moins rapidement que l’alisier torminal. Ses bourgeons sont brun verdâtre avec une bordure blanche duveteuse.
- Son bois ressemble, sauf sa couleur blanche, à celui de l’alisier torminal, il en a toutes les qualités. Les fruits, sans être mauvais, ne sont pas utilisés.
- Le Sorbus Aria recherche les terrains calcaires et atteint une altitude assez considérable dans la région montagneuse. Aux environs de Paris il parait être très rare.
- Autour de lui gravitent les S. scandica l’r. et latifolia Persoou. Le premier a les feuilles plus étroites, grisâtres à la lace inférieure et plus pro-
- fondément dentées. 11 est aussi de taille moins élevée et ne sort pas de la région montagneuse. Le second est fréquemment planté dans les parcs sous le nom à'Alisier de Fontainebleau. Ses feuilles sont larges, assez profondément dentées et grisâtres en dessous, fl n’a pas encore été rencontré à l’état sauvage en dehors de la forêt de Fontainebleau, de quelques points de l’Aube et de l’Yonne où il semble très localisé. Il pourrait ne constituer qu’une forme remarquable du S. Aria. On a pris souvent pour lui ____ _______________________ un hybride naturel provenant du croisement des S. Aria et torminalis, ce qui explique les divergences que Ton observe dans les descriptions des botanistes.
- Quant au Sorbus Chamæmes-pilus Crantz, c’est plutôt un petit arbrisseau à feuilles entières, fermes, glabres et luisantes, à pétales roses et dressés, à fruit ovoïde et rouge, qui se plaît dans les escarpements élevés des montagnes, Vosges, Jura, Alpes et Pyrénées où il monte jusqu’à plus de 2000 mètres. Le Sorbus llostii Jacq., qui lui ressemble beaucoup, a également les pétales blanc rosé ; il est plus élevé et ses feuilles sont to-menteuses à la face inférieure. On l’a considéré, à juste raison, comme un hybride des Sorbus Aria et Chamæmespilus, en société desquels on le rencontre dans la région montagneuse. La floraison des Alisiers a lieu de mai à juin et leur fructification de septembre en octobre.
- Les deux principales espèces peuvent se reconnaître, pendant l’hiver, en l’absence de feuilles et de fleurs, aux caractères suivants, que nous empruntons à l’excellente Flore forestière de Mathieu : Sorbus torminalis. Bourgeons subglobuleux obtus; arbre à écorce gereurée, gris-brun, finement écailleuse, à ramulcs rouge-brun ponctuées de grandes et nom-
- Fig. 1. — Sorbier des oiseleurs « Sorbus aucuparia ».
- p.164 - vue 168/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 1<m
- breuses lenticelles. — Sorbus Aria. Bourgeons ovoïdes, ou coniques aigus; arbre à écorce lisse, brun olivâtre, devenant ensuite faiblement écailleux, ramules olivâtres, marquées de grandes et nombreuses lenlicelles.
- Dans les Sorbiers la différenciation des espèces est très nette. Dans les uns le fruit est rouge corail; dans les autres il est brun. Le Sorbus aucuparia L., très fréquemment planté dans les parcs et comme arbre d’avenue sous le nom de Sorbier des oiseleurs, est un bel arbre, très ornemental, atteignant de 10 à 15 mètres et pou-vant mesurer lm,50 de circonférence. Ses feuilles sont composées, formées de 13 à 17 folioles, sessiles, oblon-gues, aiguës, dentées sur toute leur longueur, à dents aiguës, à peu près glabres et luisantes en dessous à l’état adulte. Les fleurs sont blanches, le fruit est rond, lisse, rouge corail, pulpeux, âpre, et n’est pas utilisé comme comestible. L’écorce lisse, gris clair, ne se gerçure que très tard; les ramules sont rouge-brun, pubes-eentes et d’odeur désagréable au froissement ; les bourgeons sont velus, non visqueux et nettement appliqués.
- Le bois est blanc rougeâtre, brunâtre au centre, satiné et peut être utilisé comme celui des Alisiers. Sa puissance calorifique est à peu près la même que celle de ces derniers. La germination des graines a lieu au bout d’un mois et le plant atteint, 30 centimèlres la première année. En raison de la beauté et de l’abondance de ses fruits, le Sorbier des oiseleurs est très fréquemment cultivé. Son nom vient de ce que les oiseleurs se servaient autrefois des fruits dont les oiseaux sont très friands, pour amorcer leurs pièges. Par la distillation on peut retirer des fruits
- un liquide alcoolique qui rappelle le kirsch; les chimistes en ont extrait un sucré spécial, la sorbose dont les recherches de mon ami G. Bertrand ont fait connaître l’histoire. Le Sorbus hybrida L., s’en distingue par ses feuilles qui ne sont composées que dans une partie de leur longueur et grisâtres on dessous. C’est vraisemblablement un hybride provenant du croisement du S. aucuparia et du S. Aria. 11 est rare à l’état spontané, mais on le rencontre fréquemment dans les parcs où il est
- planté.
- Quant au Sorbus domestica L., c’est le Cormier, devenu le type du genre Cor mu s. Ses feuilles rappellent beaucoup celles du Sorbier des oiseleurs et quelquefois il est difficile de distinguer les deux espèces en l’absence de fleurs ou de fruits. La-motte a indiqué un caractère distinctif qui paraît être suffisamment exact et qu’il est bon de faire connaître : dans le S. aucuparia la partie supérieure du limbe des folioles est échancrée obliquement vers la base, ce qui , fait que, dans cetle moitié, le limbe n’arrive pas aussi bas que dans la moitié inférieure. Dans l’autre espèce, cette échancrure n’existe pas ou est très peu apparente. Dans le S. domestica, les bourgeons latéraux ne sont pas appliqués contre le rameau; de plus ils sont visqueux et l’écorce est brun-noir légèrement fendillée, rugueuse, landis que dans le S. aucuparia les bourgeons sont exactement appliqués, velus, l’écorce gris clair, à la fin longitudinalement gerçurée. Il faut ajouter à ces caractères que, dans le Cormier, les jeunes pousses n’exhalent au froissement aucune odeur désagréable.
- Iæ bois du Cormier est excellent et très recherché
- p.165 - vue 169/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 166
- des tourneurs, armuriers et ébénistes; malheureusement il est rare- et on ne peut pas toujours se le procurer en aussi grande quantité qu’on le désirerait. La croissance du Cormier est lente, tandis que celle du Sorbier des oiseleurs est relativement rapide. Tous deux se reproduisent assez facilement de rejets.
- Les fruits du Cormier, appelés Sorbes ou Cormes, Ëpeires, Éproues, sont en forme de poire, d’abord verts plus ou moins lavés de rouge, puis bruns et pulpeux. Leur âpreté disparait à la maturité et lors du blessissement, ils sont agréables et assez recherchés des enfants. Leur grosseur les distingue de tous ceux des autres Sorbus, car ils atteignent jusqu’à 4 centimètres de longueur et sont de tous points comparables à des poires. On en fait un cidre capiteux qui rappelle le poiré. On les prépare aussi comme pruneaux.
- Le Sorbus domeslica est quelquefois cultivé pour la récolte de ses fruits. Dans bon nombre de localités où on le rencontre, il parait provenir d’anciennes cultures, aussi n’est-il pas très commun à l’état vraiment spontané; il aime les sols calcaires et dans l’Est ainsi que dans le Nord sa fructification n’est pas constante. Le Sorbier- des oiseleurs a, au contraire, une aire de dissémination très vaste, vers le Nord aussi bien que dans les régions montagneuses. 11 lui faut un sol frais, de préférence siliceux. P. Hariot.
- LA MONTRE MODERNE
- Une montre ordinaire se compose de 150 pièces environ. Dans les montres compliquées, chronographes, répétitions, etc., ce nombre s’élève à près de 800. M. Leroy a même été dernièrement jusqu’à 975!
- Parmi ces pièces il en est dont la délicatesse et la ténuité passent tout ce qu’on peut imaginer. C’est ainsi qu’on trouve des spiraux, dont la grosse (144 pièces) ne pèse pas plus de 20 centigrammes. M. Paul Ditisheim en a même, dans une montre ultra-minuscule, employé un qui ne pesait qu’un dixième de milligramme! La précision à laquelle peuvent aujourd’hui atteindre ces petits mécanismes, grâce à la perfection des échappements, est telle que les écarts de marche ne se calculent plus qu’en employant le dixième de seconde comme unité. Et on n’éprouve aucun étonnement de retrouver une montre en bon état au bout de dix ans de marche, alors que le balancier aura battu plus d’un milliard et demi de vibrations et que chacune des dents de la roue d’échappement aura parcouru, sur les plans en rubis de l’ancre, sans trace d’usure, quelque chose comme 52 kilomètres et demi.
- Ces quelques chiffres montrent combien nous sommes loin du début du xvie siècle, époque à laquelle on fait remonter l’apparition des premières montres de poche dont l’invention est attribuée par les Allemands à Pierre Heinlein, de Nuremberg, tandis que Pierre Dubois la revendique
- — peut-être avec quelque raison — en faveur d’un Français. Il faut dire que ces premières montres, réduction des primitives montres de carrosses, ne nous paraîtraient guère portatives, avec leurs formes épaisses, ovales, octogonales et que si leurs boîtes en or, en argent, en cristal, étaient des merveilles de travail, leurs mouvements dépourvus de spiral ne pouvaient donner, même avec l’aide de la fusée, qu’une heure fort approximative. C’est, en effet, le spiral — dont l’invention disputée par l’anglais Uook, le français Hautefeuille et le hollandais Iluyghens paraît bien appartenir à ce dernier seul,
- — qui a introduit dans les mécanismes quelque régularité. Toutefois — et bien que sa première apparition date de 1674 et ait eu lieu à Paris, — ce n’est que vers le milieu du xixe siècle que le spiral put véritablement mériter le qualificatif de réglant pour les montres ordinaires. C’est, en effet, en 1847 que le neuchàtelois Lutz inventa un procédé de fabrication des spiraux en acier trempé, dont le monopole est, jusqu’à ces derniers temps, resté presque exclusivement à la Suisse. Auparavant, seules les belles montres anglaises et les chronomètres de marine étaient munis de spiraux trempés dans leur forme. Les autres devaient se contenter de spiraux d’acier écroui, de qualité fort secondaire.
- Presque au même moment où les spiraux de Lutz entraient dans la fabrication courante, l’échappement libre à ancre, dont le principe est dû à Graham, et au perfectionnement duquel travaillèrent Mudge, en Angleterre, à Genève Pouzait, et plus tard surtout Leschot et les frères Léchaud, voyait son usage se généraliser.
- Aujourd’hui, grâce au spiral si merveilleusement souple, à l’échappement à ancre si admirablement précis, grâce aussi aux progrès apportés à l’établissement des balanciers circulaires et à leur compensation, on peut affirmer que la montre de poche est arrivée à la perfection pratique. Les résultats comparés des divers observatoires chronométriques nous donnent cette certitude. Et les récents travaux de M. Paul Ditisheim et du I)1 Guillaume, sur la délicatesse des réactions barométriques, la confirment pleinement.
- Comment s’établissent ces montres, dont la Suisse à elle seule vend pour plus de 100 millions de francs par an et dont une seule demande au moins 600 opérations différentes? Certains fabricants s’adressent à des fabriques d’ébauches, auxquelles ils soumettent leurs plans et qui leur livrent les mouvements demi-bruts, qu’on terminera à l’atelier ou qu’on fera terminer par des ouvriers travaillant chez eux. Ce système tend à disparaître devant les grosses usines où il n’entre que des matières premières brutes et desquelles il ne sort que des mouvements complètement terminés dans leurs boîtes. Ces usines font en grand et par la division multipliée du travail ce que faisait seul l’horloger ancien. Seulement, au lieu de produire quelques douzaines de montres par an, ces ruches immenses, où des centaines d’ouvriers
- p.166 - vue 170/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 1() 7
- l'ont, mouvoir d’innombrables machines-outils, jettent par centaines de mille les mouvements sur le marché.
- Notre première gravure représente une de ces usines, celle des Billodes, près du Locle, qui occupe 600 ouvriers et emploie une force motrice électrique de 150 chevaux sans compter une machine à vapeur de secours. Non seulement on y fabrique intégralement la montre, mais on y construit même les machines-outils nécessaires à la fabrication mécanique.
- L’automatisme a pénétré jusqu’aux endroits où l’on n’eût jamais supposé qu’il eût pu avoir quelque chose à voir. C’est ainsi qu’on est arrivé à obtenir la fabrication automatique des balanciers compensateurs (fig. 5) et qu’on sertit mécaniquement les pierres fines avec une tolérance maxima de un centième de millimètre sur la hauteur de la sertissure ! (fig. 4). Il suffit, du reste, d’ouvrir le prospectus d’un des constructeurs de machines pour l’horlogerie. On reste stupéfait de l’innombrable variété des tours, des perceuses, des fraiseuses, des tarau-deuses, des meules tournant à 15 000 tours, des machines à adoucir, à aplanir, à tailler, ù diviser qui trouvent leur emploi dans les diverses phases de la fabrication. C’est ainsi qu’il y a des machines à polir le fil pour spiraux, à polir les serges de balancier, à tailler les ancres d’échappement, à retoucher les roues d’échappement, des machines automatiques à tailler les pignons d’acier de 2m/m de diamètre, des tours à sertir, des machines à découvrir les charnières, à fraiser et à limer les passages secrets dans les carrures de boîtes, etc.
- On comprendra qu’il ne nous soit pas possible de donner même une simple énumération des outils qui travaillent aux innombrables opérations dont il est question plus haut. Nous nous contenterons de dire quelques mots et de donner quelques chiffres, à titre d’exemple, au sujet de la machine automatique à tailler les pignons de la Manufacture des montres Oméga, à Bienne. Les mouvements en sont naturellement obtenus au moyen d’excentriques et de cames. Le pignon à tailler est emmanché entre deux contre-pointes dont l’une est forcée sur un arbre portant un compteur diviseur. Le compteur comporte autant de divisions que le pignon devra avoir d’ailes. Le pignon est soumis successivement à l’action de trois fraises tournant à la vitesse de 2000 tours à la minute et avance de 5 centièmes de millimètre par tour de fraise. La première le fend, la seconde le taille de forme voulue, la troisième rectifie le profil des ailes. Une seule femme peut surveiller de 8 à 10 machines. Son rôle consiste à remplacer par une nouvelle la pièce terminée et après l’achèvement de laquelle la machine s’arrête automatiquement. Il suffit de 15 secondes pour qu’elle soit prête à repartir. Chaque machine produit ainsi 560 pignons complètement achevés par jour. L’usine Oméga en ayant 18, il en résulte que chaque jour deux ouvrières livrent aux ateliers environ 6500 pignons. De quoi faire plus de 1000 montres
- simples, puisque chaque montre comporte un jeu de 6 pignons. Les montres dont nous parlons comportent de 42 h 57 vis. L’usine en produisant environ 720 par jour, c’est un total de plus de 10 millions de vis horlogères que la maison consomme dans un an1.
- D’autres usines, non moins importantes comme organisation et production, occupent entre elles des milliers d’ouvriers et jettent sur le marché des montres de toute qualité, depuis le chronomètre fabriqué à Genève par les maisons Patek, Philippe et Co, Vacheron et Constantin, jusqu’aux montres civiles de précision des Longines à Saint-Imier, de Fritz Moeri, à Saint-Imier, et jusqu’aux montres de qualité courante sortant de la Tavanne Watch Co au nombre presque incroyable de 1200 à 1400 par jour !
- Qu'on nous pardonne de ne citer que les maisons les plus anciennes et les plus connues, nous ne pourrions, sans risquer une omission, les nommer toutes.
- La perfection des machines-outils — presque toutes fabriquées dans les ateliers de mécanique toujours en activité dans chaque fabrique — est telle qu’elle assure l’interchangeabilité la plus complète des pièces, non seulement dans les montres simples, mais même dans les pièces compliquées, chronographes, répétitions, quantièmes, etc. C’est ainsi que M. Barbezat-Baillod, du Locle, qui s’est fait une spécialité de ce genre de pièces qu’il établit mécaniquement chez lui d’un bout à l’autre, a pu présenter à notre dernière Exposition une série de douze répétitions toutes munies du bulletin de première classe de l’Observatoire de Neuchâtel2.
- Il ne faudrait pas croire toutefois que la montre de précision, celle qui voyage accompagnée de son bulletin de marche sévèrement contrôlé à Genève, à Neuchâtel, à Besançon ou à Kew, n’ait pas besoin de réglage en sortant de l’atelier. 11 est absolument indispensable qu’elle passe entre les mains de l’artiste qu’on appelle régleur et qui surveillera sa marche quelquefois pendant des semaines et des mois en retouchant méthodiquement à son spiral ou à son balancier. Le coût d’un bon chronomètre de poche augmente de 50 à 75 francs et même davantage pour le fabricant par suite de son passage
- 1 La Fabrique Oméga peut être citée comme t’usine type du genre que nous avons cité comme tendant à prédominer d’une façon absolue et dans lequel tout se fait à l’atelier compris l’outillage. Cette usine occupe 1500 ouvriers, dont 900 fabriquent des mouvements, 550 des boîtes et 250 sont répartis dans d’autres ateliers accessoires (cadrans, aiguilles, émaillage, ctç.). Sur ce total on compte environ 500 femmes. Chaque journée jette au comptoir 720 montres terminées. 100 000 pièces sont continuellement en cours de fabrication. On emploie annuellement plus de 5000 kilogrammes d’argent. Chaque montre Oméga ordinaire comprend LM pièce#, dont 42 vis et nécessite 1662 opérations!
- 2 M. Barbezat-Baillod mérite une mention spéciale pour avoir, le premier et résolument, adopté pour ses montres le svstème métrique jusqu’ici peu en honneur chez les horlogers.
- p.167 - vue 171/536
-
-
-
- LA NATURE.
- lfiK
- chez le régleur. Genève est la capitale continentale du I vend cent sous et même moins se passe des services réglage. C'est dire que la montre de pacotille qu'on j de cet artiste délicat. Elle ignore le fini et le poli et
- ses rouages fonctionnent, malgré cet état rudimentaire, par la puissance exagérée du ressort. Cette montre est munie d’échappement à cylindre ou d'échappement à ancre.
- Inutile de dire quel’échap-pement à ancre dans ce cas ne vaut pas mieux que l’échappement à cylindre, sinon moins!
- La question de l’échappement joue un rôle essentiel, capital, dans l’établissement de la montre. C’est l'échappement, en effet, qui transmet la force motrice à l’organe régulateur du mouvement, soit au balancier circulaire et au spiral. Le spiral ordinaire ou spiral plat a une de ses extrémités attachée à la virole du balancier tandis que l’autre est solidement prise dans un plot fixé dans le pont du balancier et qu’on appelle le coq.
- Au moyen de la raquette on allonge ou raccourcit la lame du spiral pour terminer le réglage. Ce genre de spiral est incapable de donner des résultats supérieurs. Le spiral Rréguet, au contraire, est presque
- exclusivement employé dans les montres de précision et. les chronomètres de poche. Sa lame extérieure est ramenée vers le centre de figure, au moyen d’un coudage qui a fait donner à ce genre de spiral le nom de « coudé ». Philips, Grossmann, Lossier, Antoine, etc., ont étudié ce spiral et déterminé avec précision la forme des courbes terminales qu’il doit présenter pour donner son maximum de précision. MM. Guillaume et Pettavel ont même construit il y a quelques années un petit appareil très ingénieux permettant de réaliser pratiquement ces courfies L De son côté, M. James, professeur de théorie à l’École d’horlogerie de Genève, a publié un petit volume sur le réglage de précision, dans lequel il donne des planches permettant aux hor-ogers de couder leurs spiraux suivant les règles théoriques pour tel ou tel cas particulier.
- 1 Ot appareil a été aussi inventé en Angleterre par tîarher ei AValker. île Coventry.
- p.168 - vue 172/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 1 tilt
- Le balancier, lui, s’il est simplement annulaire, n’admet pas la compensation. Le balancier compensé doit être constitué par deux lames de métaux inégalement dilatables, ordinairement le laiton et l’acier. 11 est coupé en deux points voisins de la barre dia-
- Fipr. 3. — Fabrication automatique des balanciers compensés, aux Billodes.
- métrale qui le supporte, de façon que les changements de température permettent au système des lames de s’infléchir vers le centre ou de s’épanouir vers la périphérie. La compensation s’achève au moyen de masses ou de vis de réglage dispo-
- Fift. 4. — Sertissage mécanique des pierres linos, aux Billodes.
- sées convenablement sur la couronne cylindrique. Il arrive fréquemment que, dans les montres
- Fig. 5.
- Le pivolage eu 1789.
- façon rigide, non séparées, présentant une pseudo-coupure. U va sans dire que ce genre ne vaut pas mieux que le balancier annulaire ordinaire monométallique 1.
- Depuis quelques années M. Guillaume a introduit
- 1 J'ai ouï-dire récemment que les balanciers des montres de l'usine de Wallbam, livrés à raison de 0rr,‘2o pièce par le
- 1 communes et pour tromper le client, on dispose un I balancier constitué par deux lames assemblées d’une
- Fig. 6. — Le pivotage en 1900. (Communiqué par MM. Favre-Jacot et C“, du Loc-le.)
- ! en horlogerie des balanciers, dans lesquels l’acier est remplacé par l’acier au nickel. Ce type donne d’excellents résultats que M. Paul Ditisheim, M. Nar-din, etc., ont pu déjà faire constater, et il permet d’éloigner les coupures des points d’attache des
- chef du département qui les fabrique, ne reviennent à ce dernier qu’au prix fabuleusement bas de 10 centimes !
- p.169 - vue 173/536
-
-
-
- 170
- LA NATURE.
- barres, ce qui augmente la solidité de l’ensemble.
- Nous avons dit plus haut que l’échappement à ancre des montres à bas prix ne vaut pas cher. Il en va tout autrement de l’échappement à ancre soigné. Suivant une heureuse expression de M. Natermann, directeur de l’École d’horlogerie de Genève, « quand il est bien construit, c’est le roi des échappements pour conserver le réglage de la montre portée. Il donne des résultats surprenants ». Les récentes expériences de M. Paul Pitisheim pour la détermination de la longitude Paris-Neuchàtel ont donné de cette vérité une éclatante confirmation. Et, désormais, l’échappement à ancre construit par des artistes peut rivaliser avec l’échappement à détente des chronomètres de marine, lesquels doivent être sus-
- Fip. 7. — Fn balancier compensateur ordinaire et un balancier Guillaume.
- pendus à la Cardan, de manière que le balancier oscille toujours dans un plan horizontal.
- C’est particulièrement dans les petites montres de dames que l’échappement à ancre doit être supérieurement soigné. Le balancier bat d’ordinaire 21000 vibrations à l’heure au lieu de 18 000 qui est le chiffre normal des montres de taille ordinaire. « La faiblesse de la force motrice dans ces petites pièces, disent les techniciens, fait que l’épaississement des huiles a beaucoup plus d’importance que dans les montres d’homme. L’échappement à ancre introduisant un mobile de plus et demandant un balancier plus lourd, on peut presque dire que les toutes petites montres ont avantage à être munies d’un échappement à cylindre. » Disons d’ailleurs, pour les dames qui aiment les montres minuscules, que, si elles veulent avoir une heure exacte, il est prudent de ne pas descendre au-dessous de 24 millimètres de diamètre pour le mouvement.
- On sait qu’une montre présente des variations très sensibles dans sa marche suivant qu’elle est à plat ou pendue, suivant même que le pendant se trouve en haut, en bas, à droite ou à gaucho. Pour remédier à ce dernier inconvénient, Bréguet avait eu l’idée de faire faire à l’échappement tout entier un tour en une minute, de façon à neutraliser ces variations. Les échappements de ce genre sont dits à tourbillon. Ils sont extrêmement précis, mais
- fort difficiles à exécuter. M. Honnikscn, de Coventry, est parvenu à un résultat voisin de celui de Bréguet en faisant tourner ses échappements en une heure au lieu d’une minute. Son système s’appelle échappement à carrousel. Il est très répandu en Angleterre et commence à s’employer en Suisse.
- _ ___ L. Reverciion.
- PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE
- La France a produit, en 1903, environ 35 millions de tonnes de combustibles et en a consommé 48 millions. Sur ce total, les houillères ont pris, pour leur usage, environ
- 3 600 000 tonnes ; la grosse métallurgie 7 500 000 tonnes; les chemins de fer 6 200 000 tonnes. Le reste, soit 62 pour 100 de la consommation totale, a passé aux industries diverses, à l’éclairage età la consommation domestique.
- La production des minerais de fer a été, en 1903, de 6 220 000 tonnes, supérieure d’un quart à celle de l’année précédente. La plus grande partie de ce chiffre, soit 5 282 000 tonnes, vient de Meurthe-et-Moselle, où, en dehors des bassins plus anciens de Nancy et de Long-vvy, le bassin plus récent de Briey prend un développement intense. La France a importé, de plus, 1 800 000 tonnes venant surtout d’Alsace-Lorraine et Luxembourg (1 271 000 tonnes) et d’Espagne (434 000 tonnes) ; par contre, elle a exporté 714 000 tonnes, dont 500 000 tonnes représentent la presque totalité de la production algérienne, qui va : 254 000 tonnes en Angleterre, 200 000 tonnes à Rotterdam. La consommation de nos hauts fourneaux a monté à 7 400 000 tonnes.
- Parmi les mines métalliques, les plus importantes sont celles de zinc, qui ont donné 67 000 tonnes valant 5 600 000 francs (mines de Malines, Bonnettes, Pierre-fitte, etc.), plus 43 000 tonnes valant 5 000 000 en Algérie, et 23 000 valant 2 000 000 en Tunisie; soit, au total, 153 000 tonnes de minerais de zinc (10 000 000 francs). Puis viennent les mines de pyrite de Saint-Bel (Rhône), dont la production de 322 000 tonnes représente
- 4 800 000 francs.
- La production de minerais de plomb est faible : 23 000 tonnes en France, 500 tonnes en Algérie, 12 000 tonnes en Tunisie.
- Les minerais d’antimoine montent au chiffre relativement important de 12 100 tonnes (764 000 francs en France), 490 tonnes en Algérie.
- On a produit pour 724 000 francs de minerai de cuivre, venant surtout de l’Ariège. L’exportation des minerais de nickel, en Nouvelle-Calédonie, a été de 77 000 tonnes valant 5160 000 francs contre 130000 en 1902, par suite d’une baisse de 20 pour 100 sur les prix. La même colonie a exporté 8300 tonnes de minerai de cobalt (à 250 francs la tonne) et 21 500 tonnes de fer chromé (à 52 francs).
- Enfin la production d’or est montée à 11 700 000 francs pour la Guyane et 5 900 000 francs pour Madagascar (2300 kilogrammes contre 1535 en 1902). L’exploitation des phosphates de chaux de Gafsa en Tunisie a produit 352 000 tonnes, valant surplace 6 530 000 francs.
- Au total, les mines de France et d’Algérie ont occupé 187 000 hommes, dont 167 000 pour les mines de combustibles et le nombre des ouvriers tués par des accidents, plus faible proportionnellement que dans bien d’autres industries, n’a été que de 215, dont 170 dans les mines de combustibles. P. Salliop,,
- p.170 - vue 174/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 171
- LES GAZ DES HAUTS FOURNEAUX
- ET LES STATIONS CENTRALES ÉLECTRIQUES
- Nous avons déjà eu à plusieurs reprises l’occasion de montrer tout le parti avantageux que l’on sait maintenant tirer, à l’intérieur des grandes usines métallurgiques, des gaz ci-devant « perdus » des hauts fourneaux : on s’est aperçu que, convenablement épurés, ces gaz peuvent alimenter des moteurs tonnants fournissant la force motrice dans les diverses parties des usines. Mais souvent les hauts fourneaux sont assez importants pour débiter plus de gaz qu’il n’en faut pour les besoins intérieurs des établissements métallurgiques dont ils dépendent. Et l’on s’est dit qu’alors on pourrait complètement utiliser ces sous-produits en installant une vraie station centrale, qui produirait de l’énergie électrique au moyen de moteurs et d’une installation convenable, et la vendrait dans toute la région environnant les usines, (l’est l’idée qu’on vient de réaliser aux usines d’Ilscde, en Allemagne, situées au cœur d’une région où abondent les usines, les établissements métallurgiques divers et où l’on trouve aussi la ville de Peine, qui ne pouvait manquer de fournir des consommations de courant électrique. On a donc crée une station centrale d'une puissance qui est actuel ement de 0000 chevaux, et qui pourra être ultérieurement portée à 12 000 chevaux ; cette station comporte uniquement des moteurs à gaz à 2 cylindres, alimentés par les gaz des hauts fourneaux.
- LA CARTE GÉNÉRALE BATHYMÉTRIQUE
- DES OCÉANS
- Les travaux océanographiques utiles à la télégraphie sous-marine, à l’industrie des pèches et à l’extension des connaissances géographiques ont pris un grand développement dans la moitié du siècle dernier. Comme tout travail à son début, il a consisté en tâtonnements, ne recueillant que des documents épars et produits sans méthode. Il n’existe que des recherches de détail, ne se raccordant pas entre elles. Aussi il est intéressant pour tous les peuples de les réunir dans un grand travail d’ensemble, tel qu’une carte générale du fond des mers.
- Il n’existe actuellement que deux cartes bathymétriques générales : celle de Sir John Murray, exécutée d’après les « reports » de l’expédition du Challenger et celle de la Marine allemande ; toutes deux de valeur, mais exécutées à une échelle trop restreinte pour laisser une place aux détails. Si l’on envisage, par rapport au relief terrestre, les cartes hydrographiques existantes, elles ne présentent pas un caractère d’ensemble suffisant. Comme pour les continents, les côtes des pays civilisés sont amplement pourvues de renseignements, tandis que d’autres en sont privées. Le défaut d’équilibre est à compenser dans une carte générale des mers du globe; mais il sera nécessaire de laisser aux explorateurs futurs le soin de combler les lacunes inévitables dans une opération d’aussi grande étendue.
- Avant de l’entreprendre, on a établi les grandes règles fondamentales en dégageant toutes les particularités propres aux très nombreux documents mis à contribution, en unifiant les termes et les mesures adoptés par chaque nation, en donnant une même valeur aux expressions différentes employées. Le relief est exprimé par des courbes isobathes, espacées de 200 mètres en pleine mer et ramenées à 100 mètres dans le voisinage des côtes.
- Une teinte bleue d’intensité croissante suivant ces courbes donne une impression exacte des profondeurs, sans nuire à la clarté de l’ensemble. Suivant le vœu du Congrès de Berlin on a fait emploi du système métrique et du méridien de Greenwich; une synonymie de termes usuels désigne les accidents du sol immergé. Les sondages exprimés en mètres sont marqués d’un point ou d’une croix, à côté desquels se trouve un numéro d’ordre, correspondant à une fiche portant les coordonnées géographiques de ce sondage, la profondeur, la nature du sol et l’origine du travail hydrographique.
- On porte ainsi un remède à la confusion des termes de la topographie sous-marine, par l’équivalence d’une terminologie dans les diverses langues. Il a été aussi adopté que, pour avoir le droit de nommer un accident topographique, il faut l’avoir découvert le premier et avoir fixé son emplacement par au moins trois sondages distincts. La construction de la carte fut décidée en 1899 au Congrès international de Berlin. La Commission se réunit ensuite en 1905, à Wiesbadcn, sous la présidence de S. A. S. le prince de Monaco pour adopter les bases unifiées du travad. Six cartographes se mirent aussitôt à l’œuvre et le 1er janvier 1904 la première minute était terminée, de façon à pouvoir être présentée au Congrès international de géographie de Washington le 15 septembre de cette même année. Le Congrès exprima un vœu de satisfaction au prince de Monaco « pour avoir mené à bien l’œuvre de la carte des Océans, dont l’exécution avait été décidée par le VIIe Congrès réuni à Berlin ».
- Le Service de la carte a été installé au Musée océanographique de Monaco, sous la direction de M. Charles Sauerwein, enseigne de vaisseau. Les calculs de projection sont dus à M. le professeur Thoulet. La projection de Mercator a été adoptée. L’échelle est à 1/10 000 000*. Elle comprendra 24 feuilles grand-aigle. Il sera tiré deux éditions, l’une en noir et blanc, avec une teinte bistre sur les terres et l’autre en couleur, en teinte bleue sur la mer, suivant une gamme de tons allant du blanc au bleu sombre pour les grandes profondeurs. Un système de numérotage spécial permettra de désigner chaque feuille, soit de la carte type, soit de l’une des feuilles complémentaires à une échelle différente. L’album de 24 feuilles paraîtra au mois de mai prochain. Jules Girard.
- -——
- PESEURS AUTOMATIQUES AYERY
- Le pesage automatique est devenu, pour les usines, les ateliers, les commerçants en grand, etc., une véritable nécessité. Les avantages sautent aux yeux à première vue : économie de personnel et de temps, rapidité et exactitude des pesées, impossibilité des erreurs et par suite des ennuis et des pertes qui en résultent, tels sont les principaux avantages mais non les seuls. Aussi la construction des peseurs automatiques est-elle devenue une industrie importante et de nombreux systèmes, tous plus au moins perfectionnés, ont-ils été inventés pour réaliser ce genre de pesage, qui, avec le temps et les tendances actuelles de la grande industrie et du grand commerce, ne peuvent manquer de prendre une extension plus grande encore. Faut-il s’en réjouir parce que c’est une source de profit pour l’exploitant et une suppression de fatigues pour l’ouvrier? Faut-il le regretter parce que cela supprime beaucoup de personnel et le met
- p.171 - vue 175/536
-
-
-
- 172
- LA NATURE.
- dans l'impossibilité de gagner sa vie? Ce sont là deux questions que nous n'examinerons pas ici, d’abord parce que le problème est trop complexe pour être résolu en deux mots, ensuite parce qu’il sort du cadre de cet article, qui se propose, non d’examiner une question sociale, mais de signaler au lecteur un des peseurs automatiques les plus récents, les plus perlèctionnés et les plus susceptibles d’applications multiples, c’est-à-dire le peseur automatique Avery, de la Soho Foundry de Birmingham.
- Ce peseur se distingue sous bien des rapports de ses congénères. 11 peut fonctionner dans les endroits les plus malpropres et les plus poussiéreux.
- Il se règle sans peine en variant l'arrivée de la
- matière à peser dans la trémie ou réservoir qui est presque toujours annexée à ce genre de machines. La manœuvre de toute la machine est si simple que tout ouvrier peut l'effectuer, soit pour arrêter le pesage, soit pour le mettre en marche.
- L’usure et le frotte-' ment, en dépit de la grande vitesse avec laquelle les pesées s’ellectuent, est pour ainsi dire imperceptible. Ces poseurs se font dans les types les plus divers suivant l’usage auquel ils sont destinés.
- Nous n’en citerons que quelques-uns parmi les plus importants.
- Le premier est destiné aux moulins à farine, aux magasins de grains, aux distilleries, aux «laiteries, etc. La trémie contient 12 000 livres.
- Le second est destiné au pesage du grain sur les
- j navires, il est semi-automatique ou automatique à
- volonté. On peut constater l’exactitude de la pesée avant que se fassent la décharge et l’enregistrement. Lorsque la constatation voulue est faite, l’inspecteur manœuvre un levier et permet ainsi de décharger. Cette manœuvre produit l’enregistrement automatique.
- Les docks du grain de Londres emploient 50 bascules automatiques « Avery » d’un type un peu différent. Le pesage est entièrement automatique, mais il est délivré par les intéressés et par l’inspecteur comme dans le cas précédent.
- A coté de ces peseurs purs et simples, il y a les peseurs mélangeurs, qui permettent de mélanger le grain dans des proportions de 20 pour 100 à 100 pour 100 à volonté. Le
- pesage se fait simultanément.
- Le pesage peut se faire non seulement au tas, mais aussi au sac. Une modification très simple de l’appareil permet cette nouvelle adaptation. Les matières pesées, au lieu d’être déversées dans un wagon ou un con-sont mises
- Fig. 1. — Poseur automatique do charbon pour chaudières.
- Fig. 2. — Peseur automatique de charbon et placé devant les chaudière à la station centrale des Iraimvnvs de Glasgow.
- b'-
- voyeur, en sacs et le poids de chaque sac est rigoureusement exact. Ces peseurs pour sacs sont montés sur un cadre à roulettes ou bien circulent sur une voie aérienne. Rien de plus simple dans ces conditions que de les déplacer à mesure que les sacs se remplissent.
- Un autre type est destiné à mettre en sacs de 1 à 10 ou
- 20 livres de denrées alimentaires, telles que café, riz, sucre, sel, etc., etc. Cet appareil, suscep-
- p.172 - vue 176/536
-
-
-
- tilde du reste de nombreuses autres applications, ' A coté des appareils dont nous avons parlé jus-osl. surtout destiné aux grandes épiceries en détail. | <|U a présent, se rangent les poseurs automatiques
- p.173 - vue 177/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 17 4
- pour matières pulvérulentes telles que farine, ciment, chaux éteinte, etc. Ils se distinguent surtout par la forme de leur trémie et sont de dimensions plus ou moins considérables suivant que le pesage à effectuer doit se faire par doses plus ou moins grandes.
- Citons encore les peseurs automatiques pour charbon, dont la trémie peut atteindre une capacité de plusieurs tonnes. Certaines de ces machines pèsent par heure 40 tonnes de charbon soit par grandes, soit par petites quantités à la fois. Ces peseurs automatiques conviennent notamment pour la répartition des charges de charbon à distribuer aux chaudières des usines et sont très employés dans ce but. E. Guaiuxi.
- CHRONIQUE
- La qualité du tabac et la composition du sol.
- — Lors même qu’on n’est point fumeur... ni planteur de tabac, il est intéressant de connaître les curieuses observations faites par Nessler, de Karlsruhe, au sujet de l’influence, sur la bonne combustion du tabac, du chlorure de sodium et de la potasse qu’il contient. Plus il est riche en chlorure notamment, plus mal il se consume, plus il charbonne. Par contre, plus la quantité de potasse y est grande, plus les cendres seront blanches, plus le tabac continuera de demeurer incandescent une fois allumé. On peut donc en conclure que les engrais qui apportent du chlorure au sol où l’on cultive le tabac abaissent son coefficient de combustibilité.
- Projet de fouilles internationales à llercu-1 anuni. — Dans une lecture faite à l’Académie royale de Grande-Bretagne, le Dr Charles Waldstein a proposé l’organisation de fouilles internationales à Herculanum. Les études des géologues ont en effet montré que les matières volcaniques qui ont enseveli la cité, loin d’être, comme on le croit généralement, des laves extrêmement dures, sont au contraire très friables et se prêteraient aux fouilles. De plus, elles ont constitué un merveilleux préservatif pour les richesses qu’elles renferment, manuscrits, œuvres d’art, etc. Le roi d’Angleterre, le roi d’Italie, le Président des États-Unis, l’empereur d’Allemagne, le gouvernement Français, l’Empereur d’Autriche et le Roi de Suède, ont assuré leur concours. Déjà un comité est formé à Tienne.
- La grande tache rouge de Jupiter. — Dans une note de Aslronomische Naclirichten, AI. Denning donne les résultats des observations qu’il a faites en commun avec le Rev. T. E. Phillipp sur la grande tache rouge, depuis la dernière conjonction de Jupiter. Pour les sept mois antérieurs à septembre dernier, le mouvement de la tache indique une période de rotation, pour la zone dans laquelle elle est localisée, de 9h 55m 38,6*. Cette période est la plus courte que l’on ait observée depuis 1883 : elle était alors de 9h5ôm58,2a.
- Le lac bouillant de l’ile Dominique. — L’ile Dominique présente un curieux phénomène qui est connu depuis une trentaine d’années à peine. C’est en 1875 que le Dr Nicholls découvrit, à 2490 mètres d’altitude, un lac bouillant de 60 mètres de long sur 50 mètres de large, et dont la profondeur, inconnue, est supérieure à 60 mètres. L’eau est parfois tranquille. A d’autres époques, elle bouillonne et tourbillonne au milieu de détonations bruyantes. Ce lac est le centre d’activité volcanique de la
- grande Soufrière; il constitue un des derniers vestiges d’un volcan qui s’éteint.
- L’industrie du corindon. — Le corindon minéralogique tend ’a prendre, comme matière usante et polissante, la place de l’émeri commercial, qui, dans la pratique, renferme souvent une forte proportion de ina-gnétite. On exploite, depuis I960, au Canada, dans l’est de la province d’Ontario, des filons minces de syénites et anorthosites à corindon, dans lesquels les cristaux de corindon peuvent atteindre un décimètre cube. La production a été de 551 tonnes en 1901, 697 en 1902 et 1000 en 1905.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 février 1905. — Présidence de AI. Poincaké.
- Le moelleux du vin. — AL Alüntz résume des recherches qu’il vient d’opérer sur l’origine d’une qualité du vin très prisée sous le nom de moelleux. Cette qualité est due à la présence d’une certaine quantité de pectine. Cette substance se forme pendant la maturation du raisin et persiste dans le vin. Aussi les vins les plus moelleux sont-ils ceux qui sont confectionnés avec du raisin dont l’état de maturité est très avancé.
- La mer saharienne du crétacé. — AL de Lapparent rappelle que de récentes découvertes de fossiles, dues à divers officiers français, ont démontré que la mer avait couvert l’emplacement du Sahara, à l’époque du crétacé. Il annonce qu’il a reçu des fossiles nouvellement découverts un peu au nord-est de Tombouctou par deux officiers français, A1A1. Théveniaud et Desplagnes. Un bloc de calcaire comprenant des fossiles du crétacé supérieur a également été découvert à 350 km de Tombouctou. Donc la mer qui baignait à l’est la région de Bilma s’étendait à plus de 300 km au nord de Tombouctou.
- Géologie du Maroc. — AI. de Lapparent présente une Note de AI. Paul Lemoine et une Note de AI. Brives relative à la géologie du Alaroc. AI. Lemoine a observé près de Alarrakech un curieux pointement de trias qui a redressé jusqu’à la verticale des couches à bélemnites jurassiques ou crétacées, ainsi que des calcaires éocènes. — AI. Brives a constaté le développement dans le Alaroc occidental de calcaires à silex, que leurs fossiles permettent d’attribuer à l’éocène inférieur et sur lesquels repose, en discordance, l’éocène supérieur.
- Les dépôts erratiques. — Al. de Lapparent présente ensuite une Note de AL Paul Girardin signalant la nécessité de distinguer dans les vallées de hautes montagnes plusieurs sortes de blocs erratiques, savoir : l’erratique des glaciers morts, c’est-à-dire des glaciers en voie de disparition enfouis sous leurs moraines; puis l’erratique de névé abondant au pied des pentes tournées au Nord ; enfin l’erratique d’avalanches auquel revient une grande part dans le modelé des hautes montagnes. Bien souvent, ces dépôts ont été confondus à tort avec ceux qu’engendrent les glaciers proprement dits.
- Abaissement du débit de la Somme. — AL de Lapparent expose les recherches de AI. Ilouillier relatives au débit de la Somme. Le bassin de cette rivière a une superficie de 590 000 kilomètres carrés ; il reçoit annuellement une quantité de pluie qui formerait une couche de 0m,63 de hauteur. Le régime des pluies n’a pas changé depuis le commencement du xixe siècle, et cependant on est obligé de constater la diminution constante du débit des sources de la Picardie. Alais on note de grands chan-
- p.174 - vue 178/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 17ô
- gements dans le développement des cultures. Il y a un siècle, un tiers de la surface du sol était en jachère. Or, le sol en jachère conserve peu l’eau. En outre, la culture intensive nécessite une consommation d’eau très importante. L’auteur établit par des chiffres que l’humidité absorbée par ce supplément de rendement de la terre correspond presque exactement à la réduction observée dans le débit de la Somme qui, de 55 m3 par seconde est tombé à 27 m3 en un siècle.
- La stabilité des navires. — M. Bertin dépose un Mémoire qu’il a composé sur la giration des navires. 11 considère le couple de stabilité et le couple de chavirement et déduit diverses conclusions intéressantes au point de vue pratique.
- La lutte contre la grêle. — M. Violle fait connaître les résultats obtenus pour la protection des cultures contre la grêle par un syndicat de cultivateurs qui depuis quatre ans fonctionne dans le Beaujolais. Ce syndicat groupe 28 sociétés locales et rayonne sur une surface de
- 12 000 hectares. Il emploie 462 canons coniques de 4 mètres de hauteur. Les services qu’il rend semblent établis par le rapprochement suivant : en dix années, d’après les contrôleurs des contributions indirectes, les pertes des récoltes dues à la grêle se sont élevées à
- 13 millions, soit 1 300 000 francs par an. Depuis quatre ans que le syndicat fonctionne les pertes n’ont atteint que la somme de 1 million, soit 250 000 francs par an. Le profit réalisé annuellement serait donc de plus de 1 million. L’action de ces engins est caractérisée par la cessation des décharges électriques aériennes. On peut donc conclure qu’ils agissent par égalisation du potentiel.
- Dosage de Vammoniaque. — M. Roux présente une Note de MM. Trillat et Truchet indiquant un procédé de dosage de l’ammoniaque extrêmement sensible. Ils versent dans la liqueur une solution d’iodure de potassium, puis ajoutent de l’eau de Javel. On forme ainsi un précipité noir d’iodure d’azote. On peut arriver par ce procédé à déceler 1/500 000 d’ammoniaque.
- Examen spectroscopique du sang. — M. Roux dépose ensuite une Note dans laquelle MM. Piettre et Vila décrivent un procédé permettant de faire apparaître une deuxième bande d’absorption dans le spectre du sang.
- Physique solaire. — M. Janssen présente une Note de M. Millochau relative à des expériences spectroscopiques qu’il a réussi à opérer à l’Observatoire du Mont-Blanc, nonobstant la difficulté de séjourner à cette altitude. Les conditions atmosphériques, si favorables en ce lieu pour ce genre de recherches, raréfaction et pureté de l’air, lui ont permis d’observer le spectre de renversement, c’est-à-dire la partie du spectre où, en raison de l’absorption par l’atmosphère solaire, les raies brillantes deviennent obscures. De son côté M. Ilansky a procédé à des déterminations de la constante solaire.
- Action de la gravité sur la verticale. — M. Maurice Fouché ayant contesté les résultats publiés par M. de Sparre au sujet de l’action déviatrice de la gravité dans la chute des corps, ce dernier indique les motifs pour lesquels les résultats obtenus par M. Fouché et les siens sont différents. M. Léauté revient sur cette question qui paraissait des plus connues et qui depuis quelque temps donne lieu à de vives discussions. M. Léauté déclare que, dans ces polémiques, c’est M. de Sparre qui a raison, qu’un corps qui tombe à la surface de la terre, supposée sphérique, n’est pas toujours dévié vers le sud dans le plan méridien, que cela est vrai s’il tombe dans un
- puits, mais inexact s’il tombe d’une tour, et qu’il faut corriger sur ce point les ouvrages classiques qui tous, sans exception, commettent cette erreur. M. Darboux remarque, il est vrai, qu’il s’agit alors d’un problème d’analyse et non plus d'une question de mécanique physique, puisque la condition d’une terre sphérique, animée d’un mouvement rotatoire, n’est pas réalisée dans la nature.
- Cryoscopie. — M. Lemoine présente une Note de M. Albert Foison dans laquelle ce dernier, poursuivant l’étude des sels de chrome isomères, montre que les conclusions tirées de la chimie touchant les sels dissous trouvent une importante vérification dans les théories physiques de M. Mathias sur les molécules liquides.
- Élection. — M. Franck est désigné en première ligne au choix du ministre pour la chaire d’histoire naturelle des corps organisés du Collège de France, vacante par suite du décès de M. Marey. M. Tissot est désigné en seconde ligne. Cn. de Villedecil.
- LA BISE DU 4cr AU 3 JANVIER 4903
- A GENÈVE
- Du lei au 5 janvier, par suite d’un concours de circonstances exceptionnelles, la température s’abaissa à Genève bien au-dessous de la moyenne des hivers précédents.
- Un vent violent du Nord-Est, la bise, soufflait avec furie. Sa vitesse moyenne, pour la journée du 1er janvier, fut de 56 km à l’heure et 57 pendant le 2. L’anémomètre de l’observatoire enregistra même des vitesses horaires de 75 km dans la soirée du leI janvier entre 7 et 8 heures et le matin du 2 entre 5 et 6 heures. On estime qu’à certains moments le chiffre de 90 km à l’heure a été atteint, ce qui fait 25 mètres à la seconde.
- 11 est facile de se rendre compte de l’origine de ce vent en comparant les dépressions qui se produisirent en Europe dans les derniers jours de 1904.
- En effet, de hautes pressions s’étaient maintenues sur l’Europe centrale jusqu’à la fin de décembre. Le 29 une grande dépression, produite sur les côtes de la Norvège méridionale, se déplace le lendemain verd le Sud, puis au Sud-Est sur la Pologne en s’accentuant. Il en résulte des vents Nord et Nord-Est soufflant sur la plus grande partie de l’Europe.
- Au matin du 1er janvier la dépression avait gagné la mer Noire et se comblait peu à peu, mais elle avait formé une dépression adventive plus au Sud sur le midi de l’Italie. Pendant ce temps, de hautes pressions envahirent le Nord et l’Ouest de l’Europe et une différence de pression de 15 millimètres s’établit entre les versants Nord et Sud des Alpes, d’où un écoulement rapide de l’air du Nord au Sud et un vent impétueux qui souffla pendant trois jours sans interruption. La température était très basse au Nord de la Russie, —20° le 29 décembre, aussi le vent qui arrivait de ces régions sur la Suisse produisit subitement un énorme abaissement de température. Il pleuvait le 51 décembre à 11 heures du soir. Voici quelques chiffres rele-
- p.175 - vue 179/536
-
-
-
- 170
- LA NATURE.
- vés par le directeur de l’Observatoire de Genève
- Janvier. Movenne.
- \ — 70,3 <:.
- 2 — 12o,5 —
- 5 — 12°, 2 —
- 4 — 7°,5 —
- Minimum.
- — 11°,7 C.
- — 14°,5 —
- — 150,0 —
- __1 ^o _____
- Maximum.
- — 0°,5 C.
- — 11°, 0 —
- — 9°,8 —
- — 4°,5 —
- Du coté de la bise le thermomètre marquait— 17°,5 le 2 janvier au matin, et dans plusieurs localités il descendit à —25° et —28°. Il faut remonter à 1891 pour retrouver un semblable phénomène. Les vagues du lac Léman, en venant se briser sur les enrochements des quais, rejaillissaient en cas-
- i.a bise du 1" au 3 janvier 1903 à Genève. —1. Quai du lac Léman. — 2. Trottoir du quai du Lac Léman. — 3. Parc do Mon llepos. •1. Candélabre électrique du quai du lac Léman. — 3. Autre vue du quai du Lac Léman.
- cades et inondaient d’une eau jaunâtre les arbres, les réverbères, les bancs et les grilles des jardins voisins. Immédiatement congelée, pour ainsi dire au vol, cette eau produisit des ornements bizarres de glaçons, guirlandes, spirales, pendeloques, cuirasses et stalac-
- tites, etc. Des jardins entiers furent aussi recouverts et transformés en palais de givre. L. Vmi.T.
- l.e Gerant : P. Masson.
- Parte. — Imprimerie Laiidriî, rue de Fleurus, 9.
- p.176 - vue 180/536
-
-
-
- N° 1656. — 18 FÉVRIER 1905.
- LA NATURE.
- 1»À
- <$A
- 177
- ""nnnmu
- FORME NORMEE DE CANOT DÉMONTARLE
- \ %
- vt>
- Dans le compte rendu des séances de l’Académie des sciences du 12 décembre 1904, M. le vice-amiral Fournier, traitant des « Carènes à grandes vitesses », conclut que « la carène de moindre résistance serait un trièdre, ayant à l’avant une arête verticale égale à la profondeur de la carène à la llottaison et à l’arrière une arête horizontale égale à la largeur maximum ».
- Or, je fais usage, depuis quelques années, pour mon agrément personnel, d'un canot démontable et portatif particulier, dont la forme, représentée fig. 1 et 2, est précisément celle à laquelle est arrivé l’auteur du mémoire en question, à la suite de conceptions théoriques.
- Ce sont des considérations d’un autre ordre qui m’ont amené à adopter cette lorme pour un canot pouvant] transporter une, personne ; mais je me suis si bien trouvé de l’emploi de ce petit appareil dans une foule de circonstances, que je me permets d'en donner ici la description.
- Un canot démontable et portatif doit offrir des garanties de solidité, qui ne paraissent pas devoir se concilier facilement avec celles de légèreté que l’on en doit exiger d’autre part. Divers constructeurs français et étrangers ont tenté de résoudre ce problème; et plusieurs de leurs solutions, plus ou moins heureuses, ont été déjà exposées dans ce journal. La première idée, qui vient tout naturellement à l’esprit, est de constituer ce canot d’une carcasse légère, 33e aimée. — Ja‘ semestre.
- en tiges de bambous par exemple, revêtue d’une toile légère aussi, et imperméable. Mais si l’on veut assembler ces matériaux pour en faire un canot
- ayant la forme habituelle des embarcations, on arrive à des assemblages compliqués et peu sûrs ; il est une forme qui, par contre, remplit à la fois ces deux conditions de solidité et de légèreté : c’est le tétraèdre. — Une carcasse constituée par des bambous disposés suivant les arêtes de ce solide sera à la fois simple comme construction et indéformable, puisque le tétraèdre est le plus simple des solides invariables ; la légèreté résulte naturellement de la nature des matériaux employés dans le travail. De plus cet esquif présente encore une autre qualité : c’est d’être très stable, en raison de l’inclinaison des parois sur la verticale et de l’élargissement progressif du fond vers l’arrière.
- Les montants de la carcasse sont des bambous assemblés avec de simples crochets : les grands peuvent d’ailleurs se démonteren deux parties. Dans le fond est fixé un siège constitué par une simple planchette; le tout est recouvert d’une toile imperméable fixée sur les bambous au moyen de boucleteaux et contre-sanglons.
- Pour le transport on démonte la carcasse et on roule la toile autour des bambous : la nacelle se porte facilement à dos d’homme, elle pèse 6 kg environ. — Elle se manœuvre avec une pagaie, également démontable, ou à la voile. E. Mérlc.
- 12
- Fig. 2. — Vue de côté du canot.
- p.177 - vue 181/536
-
-
-
- 178
- LA NATURE.
- LES
- INTOXICATIONS PAR L’OXYDE DE CARBONE
- La question des intoxications par l’oxyde de carbone est plus que jamais d’actualité ; une récente communication (9 janvier 1905) à l’Académie des sciences nous engage à l’exposer avec quelque détail.
- L’oxyde de carbone est un des gaz les plus délétères que l’on connaisse ; à des doses des plus minimes il produit des effets dangereux; à doses même faibles il amène l’asphyxie et la mort. Et il est d’autant plus dangereux qu’il n’a ni odeur, ni saveur, ni couleur. La combustion du charbon de bois est le moyen le plus simple de produire, sans artifices chimiques, de l’oxyde de carbone et le procédé est, hélas ! bien connu des malheureux qui ont hâte d’échapper aux misères de la vie. 11 leur suffit d’allumer le classique boisseau de charbon, de clore portes et fenêtres, d’éviter tout renouvellement de l’air pour vicier rapidement l’atmosphère ambiante et permettre au gaz nocif d’accomplir son œuvre fatale.
- Lorsqu’on allume un amas de charbon, comme le pratiquent les ménagères pour le déjeuner du matin, il se produit à la fois de l’oxyde de carbone, de l’acide carbonique et quelques hydrocarbures. Au début, la combustion est incomplète, les charbons enflammés chauffant et réduisant en quelque sorte ceux qui ne sont pas en pleine ignition : à ce moment, l’oxyde de carbone se dégage en quantité bien supérieure à l’acide carbonique ; quand le foyer est en feu, la production d’oxyde de carbone diminue, celle de l’acide carbonique augmente dans les proportions de 5 contre 1 d’oxvde. A la fin de la combustion quand les charbons s’éteignent à moitié, que des cendres les recouvrent et ralentissent leur combustion, la proportion d’oxyde de carbone remonte à nouveau et dépasse celle de l’acide carbonique.
- Supposez qu’à l’une de ces deux phases, celle du début ou de la fin de la combustion, le tirage de la cheminée, du conduit destiné à entraîner les gaz, soit arreté ou modéré, l’oxyde de carbone, au lieu de se dissiper dans l’air de la cheminée, rentre dans l’appartement et vicie l’atmosphère à des degrés variables, suivant l’importance du foyer, la durée de pénétration et la quantité de gaz. C’est là le mécanisme de la plus grande partie des intoxications dans les appareils de chauffage, poêles roulants, braseros, etc. La dose de gaz suffisante pour amener des accidents graves a été déterminée expérimentalement il y a déjà longtemps. Ce fut le chimiste Leblanc qui lit ces premières recherches; il introduisait un chien dans une pièce fermée, y faisait brûler une bougie et un réchaud de charbon. Le chien, malade au bout de quelques minutes, était mort avant que la demi-heure fut écoulée ; la bougie ne s’éteignait qu’après 35 minutes. L’analyse
- dgs gaz de la chambre donnait alors
- 1. Oxygène........................... 19
- ij Azote..............................75
- Acide carbonique................ 4
- Oxyde de carbone................ 0,54
- Hydrocarbure.................... traces
- M. Gréhant, reprenant plus tard ces expériences (1889), arrivait aux mêmes résultats et constatait qu’un chien mourait au bout de vingt-deux minutes dans une atmosphère contenant à peine 1 pour 100 d’oxyde de carbone. Les effets d’intoxication se produisent dès les premiers instants et on peut dire qu’une atmosphère commence à devenir toxique pour l'homme quand elle renferme 0,02 pour 100 d’oxyde de carbone.
- Les accidents d’intoxication par le gaz d’éclairage sont également dus à la présence de l’oxvde de carbone qui entre dans sa composition pour environ 0 pour 100. Mais l’odeur particulière permet, à moins d’intention criminelle, ou de surprise pendant le sommeil, de remédier rapidement à un empoisonnement par ce produit. Le mélange du gaz dans l’atmosphère est nocif, mais dans des proportions infiniment moindres que lorsqu’il s’agit d’oxyde de carbone pur. M. (iréhant a fait tout récemment une série d’expériences intéressantes à ce sujet : un chien, placé dans une atmosphère contenant un dixième de gaz d’éclairage, meurt au bout de vingt-quatre minutes ; le sang contenait 18 cm3, 0 pour 100 d’oxyde de carbone. Un autre animal éprouva des accidents graves dans une atmosphère contenant un trentième et, à coup sûr, la respiration de ce mélange pendant quelques instants serait dangereuse pour l’nomme. C’ést à notre physiologiste, Cl. Bernard, que l’on doit l’interprétation de cette forme d’asphyxie. L’oxyde de carbone se fixe sur l’hémoglobine du sang, formant un composé plus stable que celui que donne l’hémoglobine avec l’oxygène. Dès lors, l’action du globule rouge est annihilée, il n’y a plus d’oxygénation, partant plus d’hématose, c’est l’asphyxie. Si peu que l’on respire ce gaz, on anéantit une certaine proportion d’hématies, on s’asphyxie lentement, ou tout au moins on crée, par défaut d’oxygénation, de vivification du sang, des lésions d’anémie générale, des troubles nerveux, caractéristiques de certaines intoxications lentes. Par contre, si l’on pénètre dans une atmosphère très chargée d’oxyde de carbone, — et l’expérience a été faite avec de pauvres toutous,— le sang se trouve en quelques inspirations chargé d’une telle quantité de gaz toxique que l’hématose est impossible; l’animal, en effet, tombe comme foudroyé.
- La cause principale d’intoxication par l’oxyde de carbone tient à des procédés de chauffage vicieux dans des espaces plus ou moins clos. Une cheminée encombrée par des platras, de la suie, n’avant pas de tirage suffisant, laisse les gaz refluer dans la pièce. Ç’a été la cause, il y a deux ans, de la mort d’un écrivain célèbre ; c’est l’origine fréquente de catastrophes nocturnes; les victimes, surprises pendant le sommeil par les émanations, s’empoisonnent graduellement et alors même qu’elles se réveillent à temps n’ont plus la force de se lever et de fuir.
- IfArcet soutenait qu’une cheminée ne donnait un bon tirage que si 60 pour 100 de la chaleur produite servaient à chauffer le tuyau et à provoquer la montée des gaz. Or, il existe actuellement toute une série d’appareils dont le minimum de chaleur est appliqué au tirage et qui vont de ce fait à l’encontre de la théorie de D’Arcet. En 1889, l’Académie de médecine fut saisie de la question des poêles mobiles. Le Dr Lancereaux rapporta plusieurs cas d’empoisonnement par l’oxyde de carbone échappé de poêles à faible tirage, et montra que ces appareils étaient d’autant plus dangereux qu’ils étaient plus économiques. Depuis longtemps les hygiénistes ont condamné ces systèmes, mais leurs clameurs n’ont pas eu d’écho et je ne crois pas que, du fait de ces débats, fort intéressants, la vente de ces poêles ait diminué sensiblement.
- Il faut dire qu’il n’y a pas lieu d’incriminer un modèle plutôt qu’un autre, tous reposant à peu près sur le même principe. Dans les foyers ordinaires, le combustible brûle en présence d’un excès d’air et se convertit en acide carbonique, ne donnant qu'une faible proportion d’oxyde de carbone. La plupart des genres de poêles incriminés par l’Académie et la Société d’ilvgiène donnent, au contraire, un mélange de gaz où domine l’oxyde de carbone;
- p.178 - vue 182/536
-
-
-
- I,A NATURE.
- 179
- ils réalisent la première phase de la combustion du charbon dont je parlais tout à l’heure. Dans quelques-uns, et c’est ce qui créait l’originalité de ces appareils, les gaz de combustion remontaient à travers une longue colonne de coke pour ressortir par un tuyau de sortie fixé assez bas : l’acide carbonique dans ce passage à travers le coke, dont une partie était à une haute température, se transformait en oxyde de carbone. On donnait le maximum de chaleur dans la pièce avec le minimum de tirage, mais on donnait aussi le maximum de danger d’intoxication, si le moindre refoulement se produisait. Boutmy avait analysé les gaz du poêle dit américain à la sortie du tuyau, et il avait trouvé la même composition centésimale, ou à peu près, que pour les gaz des hauts fourneaux, soit près de 17 pour 100 d’oxyde de carbone; or le gaz est toxique à la dose de un demi pour 10Ü.
- Les dangers des poêles sont peut-être encore plus graves pour les voisins que pour les propriétaires de l’appareil, en raison du refoulement des gaz, de leur pénétration par les gaines communicantes des cheminées ou par de simples fissures. Quand une gaine n’est pas échauffée, les gaz ont tendance à descendre; si le tirage se fait mal dans votre cheminée ils peuvent aller, si les deux communiquent, dans celle du voisin et l’asphyxier, comme cela s’est vu, sans qu’il ait de chauffage ni de poêle chez lui.
- La conclusion, c’est que si ce mode de chauffage est commode, pratique, il offre des dangers et qu’il faut en être averti. Je sais bien que les constructeurs ont notablement perfectionné les appareils, mais ces perfectionnements ne se trouvent pas dans tous les poêles, et il est nécessaire de prendre des précautions; la première est de n’en avoir jamais dans une chambre à coucher.
- Ne croyez pas du reste que les poêles mobiles soient d’invention récente ; notre érudit confrère le Dr Cabanès a publié dans sa Chronique médicale toute une série de documents montrant qu’au xvme siècle il en existait. Bellepaume-Lefèvre,marchand de fer et artificier du roi, avait construit des poêles mobiles à roulettes, munis de tuyaux bronzés et se posant en moins de cinq minutes comme en témoigne une annonce dans le Mercure de 1778. 11 est probable que des accidents d’intoxication furent la conséquence de leur emploi comme avec ceux de nos jours.
- Je me suis quelque peu arrêté sur les appareils de chauffage, parce que c’est l’origine principale des intoxications carbonées. Mais ce n’est pas la seule : la combustion des briquettes dans les chaufferettes portatives ou des voitures a causé plusieurs accidents, et un médecin des plus distingués fut, il y a quelques années, victime d’un empoisonnement de ce genre, qui le laissa huit jours dans un état inquiétant On pourrait citer encore la combustion lente des vieilles poutres, accident heureusement assez rare et qui détermine plus d’incendies que d’asphyxies, les émanations des fours à chaux qui, chaque année, font quelques victimes chez les chemineaux qui pour se réchauffer vont dormir au-dessus des fours et trouvent la mort dans les émanations lentes de l’oxyde de carbone.
- Dans les grands incendies de théâtres, la mort survient souvent par l’empoisonnement par l’oxyde de carbone : les décors donnent en se consumant 2000 litres d’un mélange d’acide carbonique et d’oxyde de carbone par kilogramme de bois roux. Mais, sous l’influence de l’énorme élévation de température, les 2000 litres se dilatent et atteignent 10000,15000 et 20000 litres : ils se répandent partout. Dans le terrible incendie de l’Opéra-Comique, l’expertise médico-légale a prouvé qu’un groupe de victimes avait succolnbé à l’intoxication par les gaz délétères. L’asphyxie
- les avait terrassées avant (pie le feu ne les eût atteintes.
- Le gaz d’éclairage a été la cause d’intoxications variées : des ruptures ou des fissures de conduites des rues ont donné naissance à des fuites de gaz qui s’infiltrait de proche en proche dans les couches perméables du sous-sol et pénétrait à travers les murs jusque dans les habitations. C’est surtout pendant les grands froids d’hiver qu’on a eu l’occasion d’observer ces accidents et cela s’explique : la tension du gaz est plus élevée dans le réseau distributeur en raison de la plus forte consommation ; la porosité moins grande du sol à la surface, par suite des gelées, ne permet pas au gaz de s’échapper de bas en haut; enfin l’air intérieur de l’appartement étant chauffé forme une véritable cheminée d’appel. Le danger n’est plus égal à celui du dégagement de l’oxyde de carbone produit directement parla combustion, mais il n’est pas moins sérieux. Tout récemment des infiltrations de gaz, à travers de vieux planchers, ont occasionné des accidents d’intoxication chez une dizaine de soldats ; la chambre qu’ils occupaient n’avait aucun appareil ni aucune conduite de gaz.
- Peut-on reconnaître facilement dans une atmosphère d’appartement la présence de l'oxyde de carbone? Facilement non, car le gaz est sans odeur; chimiquement, la chose se peut, mais elle n’est guère à la portée de tout le monde. Le professeur fiautier a indiqué jadis un procédé extrêmement sensible, fondé sur la réduction de l’acide iodique anhydre à une température de 80 à 90 degrés. Tout dernièrement MM. Albert Lcvy et Pécoul ont encore simplifié ce procédé en recueillant l’iode dans du chloroforme pur. Le chloroforme se colore en rose avec la plus faible dose d’iode et on peut, d’après une gamme de tubes de chloroforme colorés, estimer la présence d’un deux-cent millième d’oxyde de carbone ou de fuites de gaz. imperceptibles à l’odorat. L’appareil de ces chimistes estraussi simple qu’ingénieux: par le passage de quelques litres d’air, il peut renseigner de suite sur la nocivité de l’atmosphère, même aux plus faibles doses.
- Le diagnostic de la cause de l’empoisonnement chez les victimes d’une intoxication, lente ou rapide, est également facile; l’oxyde de carbone se fixe sur les globules du sang et communique à ce liquide une couleur spéciale, rose ou rouge clair tout à fait remarquable; avec cette couleur, qui n’a pas une valeur démonstrative absolue, le sang présente une réaction caractéristique, c’est la réaction spectroscopique. Le sang à l’état normal présente, entre les raies D et E du spectre, deux bandes d’absorption, l’une dans le jaune, l’autre dans le vert; si on ajoute au sang un corps réducteur quelconque, hyposulfite de soude par exemple, les deux bandes se fondent et se réunissent en une bande unique. Le sang oxycarboné n’est pas influencé par le corps réducteur et les deux bandes d’absorption restent intactes. C’est là un signe des plus nets et qui a une valeur incontestée en médecine légale.
- On voit que l’intoxication par l’oxyde de carbone est une des plus graves et l’on pourrait dire des plus fréquentes. Alors que l’absorption n’est pas suffisante pour amener la mort, elle cause dans l’économie des troubles profonds : troubles nerveux, parésie et même paralysie des membres, troubles de l’intelligence, stupeur, amnésie, etc., lésions graves et durables que les médications les plus énergiques sont souvent impuissantes à modifier. Vérifiez vos becs d’éclairage, éteignez le soir vos feux de cheminée et ne vous servez pas, autant que possible, de poêles mobiles. Les partisans du sommeil la fenêtre ouverte sont les seuls qui n’aient à peu près rien à redouter. Dr Adolphe Cartaz.
- p.179 - vue 183/536
-
-
-
- 180
- LA NATURE.
- LA QUESTION DE L’EAU DANS LE SUD MAROCAIN
- La géographie a bien changé depuis trente ans, et ceux qui l’ont apprise autrefois auraient bon besoin de retourner à l’école. Comme nos aînés auraient ri si on leur avait parlé de fertiliser le Sahara par des sondages et d’y faire remonter au jour des eaux souterraines, dont le plus grand tort est de ne pas couler sur le sol ainsi qu’il convient à de braves rivières qui se respectent! Le Sahara, ou « Grand Désert », c’était la plaine immense de sable aride et infertilisable, le fond desséché d’une vaste mer préhistorique. Ce qui paraissait logique et rationnel, c’était de ramener la mer dans son ancien lit, de rétablir la communication entre la Méditerranée et les dépressions des Chotts, de transformer ainsi le climat et de rafraîchir l’atmosphère.
- Un tel projet obtint en effet, on s’en souvient, un moment d’engouement. Malheureusement, il ne résista pas à l’analyse : Fuchs en démontra péremptoirement l’impossibilité géographique, la surface des chotts inondables étant tout à fait minime. Minime aussi la profondeur d’eau : la mer intérieure n’était qu’un mirage, excusable dans ce pays de soleil.
- Peu après, M.
- Rolland publiait ses premiers travaux géologiques sur le Nord du Sahara (1880). Il démontrait que le bassin quaternaire de l’Oued Rhir, de Ouargla et du Çouf était constitué par des dépôts d’eau douce ou saumâtre. La vieille mer n’était plus qu’un lac ! En outre, ce géologue signalait, au sud de ces formations lacustres récentes, des grès dévoniens qui limitaient leur extension dans l’intérieur du désert. D’autre part, dès 1883, Lenz signalait le premier l’existence du carbonifère inférieur (à ne pas confondre avec le houiller productif qu’il précède dans la succession géologique de nos pays) au sud du Maroc.
- L’installation de nos postes militaires dans la vallée de la Zousfana permettait à M. Ficheur de démontrer, en 1899, l’existence de ce même terrain à lgli, au sud de Figuig. Dans la même année, au cours de sa belle mission scientifique au Tidikelt, M. Flamand le signalait encore. D’autre part, dans l’Est de nos possessions, dès 1893, M. Foureau, dans son rapport de mission au Sahara, avait re-
- cueilli des fossiles carbonifériens dans l’Erg d’is-saouan et sur le plateau d’Éguélé ; enfin dans le courant de l’année 1904, M. Gautier en a rapporté du Touat et du Gourara, et M. Armand Thévenin a décrit ceux du Djebel Béchar.
- Ainsi se trouve désormais établie l’existence d’une vaste bande carboniférienne allant du Maroc à la Tunisie, qui atteint, au nord des escarpements dévoniens du Mouidir, plus de 200 kilomètres de largeur. Bien que rien jusqu’à présent ne permette de prévoir que le carboniférien soit accompagné de dépôts houillers dans tout ou partie de cette vaste région, il faut reconnaître, avec M. Gautier, que « la continuité du carboniférien est fréquemment dissimulée sous une couverture de terrains plus récents, depuis le crétacé jusqu’au quaternaire et aux
- dunes de l’Erg. Cette couverture « arrête noire curiosité au point le plus intéressant, au moment où, d’après l’ordre naturel de succession et les indications de la stratigraphie, nous pourrions attendre du carbonifère inférieur qu’il cède la place au houiller ».
- L’ensemble des formations que je viens de décrire repose sur des roches cristallines qui forment, en arrière de la falaise que dessinent les grès dévoniens redressés, d’immenses « hamadas «faussement considérées jusqu’ici comme quaternaires. Cette erreur a été singulièrement favorisée par la dénomination habituelle de « reg », qui se retrouve constamment dans le vocabulaire des explorateurs et qui signifie une plaine couverte de graviers, ce qui éveille naturellement l’idée d’une plaine alluvionnaire, alors qu’on a, en réalité, affaire à une « pénéplaine » archéenne, c’est-à-dire à un ensemble de terrains azoïques, appartenant à une période très ancienne, restés constamment émergés depuis l'époque de leur formation et arrivés, par l’action des agents naturels d’érosion, à une surface d’équilibre permanent.
- Ce sont ces terrains que M. Foureau, le Commandant Lapérinne, tous les habitués du grand désert, nous signalent invariablement comme couvrant d’immenses espaces. Ces formations se rattachent à celles de la même époque géologique qui constituent le
- Fig. 1. — Un barrage indigène, à Tiout.
- p.180 - vue 184/536
-
-
-
- LA NATUDE.
- 181
- territoire du Soudan, la haute vallée du Niger et aurifères, et j’estime, maintenant que nous possé-rhinterland de la côte d’ivoire, pays connus comme dons des données précises sur l’extension des ter-
- rains azoïques, que les explorateurs du Sahara feront bien à l’avenir d’emporter des instruments de prospection pour l’or. Ils peuvent se dispenser delà hâtée classique, pour laquelle il faut de l’eau, liquide rare,réservé pour l’usage interne; mais on construit à présent d’ingénieux petits appareils portatifs, qui séparent, à sec, sous l'action d’un ventilateur, l’or de ses gangues. J’en prédis le succès.
- Pour compléter cette esquisse géologique, je dirai que le car- ' <• -
- boniférien, dans le sud marocain et oranais, est recouvert par le crétacé : les terrains plus récents font entièrement défaut, contrairement à ce qui se passe dans la région des chotts du sud algérien
- et tunisien. Dans toute la partie située à l’ouest de la chaine de l’Aïn Kahla, la ; énéplaine car-
- honiféricnne est nette de toute terre meuble, nettoyée, raclée par le grand agent modeleur de ces contrées : le vent. On doit aussi à cet agent mécanique la formation et les pérégrinations des dunes, dont l’origine, éolienne et non littorale, est due à la destruction des grès.
- Comment se comporte, au point de vue de la circulation souterraine des
- eaux, l’ensemble des terrains que je viens d’esquisser?
- La réponse est simple : les seuls terrains perméables à l’eau d’infiltration pluviale sont les grès dévoniens et crétacés, séparés par les schistes et
- Nos goumiers h l’nigumle.
- p.181 - vue 185/536
-
-
-
- 182
- LA NATURE.
- argiles du carbonifère, qui constituent une assise imperméable. Imperméables aussi, les formations archéennes qui servent de substratum au dévonien.
- Tl en résulte la possibilité de créer des sondages artésiens à travers la pénéplaine carboniférienne pour aller recouper le niveau des grès dévoniens compris entre deux parois imperméables : c’est la position classique de ce genre de puits artésiens. La région indiquée comme la plus favorable pour la réussite de ce genre de captage se trouve au pied de la falaise dévonienne du Mouidir et de l’Àhnet, déjà indiquée par M. Gautier.
- Le niveau aquifère du crétacé est mieux connu et j'ai pu en déterminer assez exactement la position et même en mesurer approximativement le débit. Voici quelques notions rapides à son sujet :
- On peut se représenter toute la région des hauts plateaux du sud oranais et marocain comme couverte par un vaste manteau de grès rouges, très perméables, alternant à leur base avec des bancs marneux imperméables. Au-dessous vient le jurassique, en concordance de stratification, formé de calcaires et de marnes, imperméable aussi.
- L’ensemble a été régulièrement plissé dans le sens du N. E.-S. 0. ; les plis synclinaux (c’est-à-dire en fond de bateau) occupent les plaines à l'altitude moyenne de 1000 mètres; les anticlinaux (c’est-à-dire les plis en saillie) constituent les montagnes, dont les plus hauts sommets dominent les plaines de plus de 1000 mètres, ce qui donne, pour les lignes des crêtes, des altitudes totales dépassant 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- Sur certaines montagnes, notamment sur le Djebel Aïssa, on trouve de belles forêts de chênes. Les plaines sont arides, sablonneuses, couvertes d’une maigre végétation d’alfa, de térébinthes et de jujubiers épineux, que moutons, chèvres et chameaux consomment avec délices.
- Parmi les bancs marneux du crétacé, il y en a un remarquable à la fois par sa puissance et par sa composition : il est de couleur verte, d'un vert bouteille à sa partie supérieure, passant ensuite au rouge. Au-dessus de lui se présente un banc de grès blanc faisant contraste avec la couleur des autres grès qui sont rouges. Ces grès blancs sont surmontés à leur tour par un poudingue dit « grès à dragées ». Ces caractères spéciaux très nets permettent de suivre très facilement les affleurements de ce contact imperméable, pouvant, suivant les circonstances locales, soit donner de l’eau par déversement de la nappe supérieure, soit, par forages artésiens à travers les marnes vertes, livrer issue à la nappe inférieure. C’est une question d’étude sur le terrain.
- J’ai constaté que toutes les grandes oasis de la région, sauf celle de Figuig qui est alimentée par la nappe d’épandage de la Zousfana, reçoivent leurs eaux du niveau des marnes vertes. J’ai été assez heureux pour en donner une preuve directe grâce à des travaux miniers, entrepris dans un autre but,
- pour des recherches de cuivre à la mine d’El Ilendjir, à 12 kilomètres à l’ouest d’Aïn Sefra. Le niveau des marnes vertes y donnait une venue d’eau, qui n’était pas moindre que 60 000 litres par heure à la faible profondeur de 21 mètres dans le puits ; et une galerie d’écoulement, à peine commencée, produisait un débit de 16 000 litres par heure, sans affecter le débit du puits. De pareils chiffres se passent de commentaires. La source artificielle créée par cette galerie a été immédiatement utilisée par de nombreux troupeaux indigènes, ainsi que le montre notre gravure (lig. 1). L’eau vient en abondance du mur, c’est-à-dire de la nappe inférieure : c’est donc avec une certitude à peu près absolue de succès qu’un forage artésien pourra être pratiqué dans le centre du synclinal d’El Ilendjir. Nombreux sont les endroits similaires où un travail semblable sera couronné d’un pareil succès : c’est dire qu’il sera possible de renouveler, dans ces régions, les transformations si heureuses que les beaux travaux de M. Rolland ont produites dans l’Oued Rhir.
- Toutes ces eaux de l’extrême sud, bien qu’ayant pour origine première l’eau pure des pluies, sont fortement chargées de sels magnésiens et sodiques. Cette contamination tient à la présence d’innombrables pointements ophiliques, accompagnés de sel marin, de gypse et d’autres sels solubles, qui gâtent les eaux pendant la durée de leur circulation souterraine. Aussi les seules eaux réellement potables, au sens strict du mot, sont celles dites « des dunes », c’est-à-dire celles qui exsudent des amas superficiels de sables éoliens, sans pénétration dans le sous-sol. Leur débit est malheureusement très faible.
- Comme il tombe en moyenne 20 centimètres d’eau par an sur les hauts plateaux du sud oranais et marocain, les réservoirs souterrains constitués par les bancs de grès contiennent des provisions d’eau renouvelées, qu’il s’agit de capter et d'utiliser; mais ces eaux sont loin de valoir celles des dunes : il est vrai que tout est relatif dans ce monde et qu’on considère là-bas, au pays de la soif, comme une boisson très acceptable, des liquides qui, à Paris, se vendraient aisément dans des bouteilles d’Hunyadi-Janos sans que le « consommateur » s’aperçût de la substitution. Ce ne sont pas encore là les plus mauvaises eaux en usage dans le pays. Celles que donnent les « r’dirs », c’est-à-dire les affleurements naturels des nappes d’épandage des oueds, ajoutent aux sels magnésiens une nouvelle cause de pollution, les indigènes ayant la déplorable habitude de s’y laver les pieds après avoir étanché leur soif et rempli leur « guerbah » (outre en peau de bique qui se pend à l’arçon de la selle). A la suite de ces opérations répétées, l’eau contracte un arôme spécial, qu’il faut apprendre à savourer.
- Dans ces conditions, l’importance des travaux de captage de l’eau dans ces régions n’échappera à personne. La nécessité de fournir à nos troupes et à nos agglomérations urbaines des eaux abondantes et non contaminées est devenue de nos jours une notion
- p.182 - vue 186/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 183
- banale d’hygiène courante. Malheureusement, dans le sud-oranais, j’ai eu le regret de constater que, faute d’argent, les règles les plus élémentaires, au point de vue de l’alimentation d’eau, sont méconnues malgré les réclamations du corps médical. A Ain Sefra, par exemple, pendant toute la saison sèche, l’eau manque même à l’hôpital, et on comprend sans peine ce qui doit infailliblement se produire lorsque, en temps d’épidémie, les typhiques, évacués de nos postes avancés de l’extrême sud, arrivent exténués par d’interminables étapes sous un soleil de feu dans un hôpital sans eau.
- Ce n’est encore là qu’un côté de la question de l’eau. La création de sources pérennes aura, au point de vue politique, une influence, on peut le dire, décisive. Il est indispensable, en effet, pour assurer la fixité et la soumission des tribus nomades et pillardes, de leur procurer des points d’eau permanents, où elles puissent abreuver en toute saison leurs troupeaux, base essentielle de leur richesse. Leurs moeurs vagabondes et leurs habitudes invétérées de brigandage leur sont bien souvent imposées, il faut lè reconnaître, par la nécessité de trouver, pendant la saison sèche, des r’dirs ou des sources non taris, sous peine de voir leurs troupeaux décimés, anéantis même par la soif, comme le fait s’est produit pendant la terrible année de sécheresse de 1903, au cours de laquelle il n'est tombé que 0 centimètres d’eau.
- Le niveau aquifère des « marnes vertes » jouera certainement son rôle dans la pénétration pacifique par nous entreprise au Marbc. D. Levât,
- Ingénieur civil des mines.
- --<Xy>0-
- UN TYPE VIVANT DE RACE PRÉHISTORIQUE
- LES INDIENS PUEBLOS
- Ces tribus, naguère encore presque ignorées, mais qui, depuis une vingtaine d’années, n’ont cessé d’exciter la curiosité du monde savant, constituent un témoin vivant des grandes migrations mexicaines. On sait aujourd’hui, en effet, qu’à l’époque de la conquête espagnole, il se produisait en Amérique plusieurs grands courants de migration, dont un notamment était dirigé du nord-ouest au sud. Les Indiens policés du Nouveau-Mexique étaient déjà, il est vrai, fixés depuis longtemps dans ces régions; mais il est hors de doute que, de même que leurs frères les Aztèques de l’Anahuac, ils ont précédé dans cette voie les invasions des Atha-bascans Nobajoa et Apaches, leurs terribles ennemis, auprès desquels ils vivent.
- Pimas, Pueblos et Moquis forment plusieurs groupes ethniques assez imparfaitement définis; tandis que les premiers, qui semblent se rattacher à la grande famille shoshone, sont de beaux hommes, bien découplés, droits, musculeux et de haute stature, les autres sont petits, mais bien proportionnés; leurs extrémités sont menues, leurs traits fins et leur peau d’un brun clair. Ils ont de beaux yeux,
- une physionomie ouverte, pleine de franchise et de bonne humeur, mais présentant une forte saillie du nez, qui est aquilin, ainsi que du front et des pommettes; le crâne, d’ailleurs, est brachycéphale, avec un certain aplatissement pariéto-occipital. Ce type représente assez exactement celui des Cliffs-Dwellers des canons du Colorado, aujourd’hui disparus, et même celui des mystérieux constructeurs de tertres, ou Mound-Ruilders. Nos Indiens semblent donc les survivants de la race puissante qui occupa toute la région sud-ouest des États-Unis, à l’époque où elle était « aussi nombreuse que les fourmis ».
- La chevelure qui, chez les Pimas, est noire et rude, est au contraire fort douce dans les aulres tribus. Les hommes la partagent sur le front pour la réunir, derrière, en une queue courte et épaisse ornée d’un ruban rouge; les jeunes filles ont deux énormes tresses, garnies de larges rosettes, et qui pendent à droite et à gauche. Après le mariage, elles les remplacent par un chignon d’une forme singulière : ce sont deux spirales serrées sur les tempes et se dressant comme une paire de cornes.
- Malgré leur très petite taille, les femmes ont une démarche gracieuse et séduisante. Avec leur visage plein et arrondi, leurs dents blanches, leurs traits intelligents et fins, elles peuvent souvent passer pour jolies. Leur costume leur sied à merveille : c’esTun long jupon de couleur sombre, bordé de rouge et recouvert d’un rebozo (voile) ou d’une couverture gentiment drapée autour du corps et retenue sur la tête. Malheureusement, leur esthétique les porte à remplacer la poudre de riz par du sang ou de la chaux. Il y a, parmi elles, quelques cas d’albinisme.
- Les hommes sont vêtus, moitié à la mexicaine, moitié à la façon des ^Peaux-Rouges des prairies : chemises de coton, jaquettes de cuir fauve, larges pantalons, couvertures drapées, guêtres et mocassins; la coiffure, quand elle existe, consiste en un turban de laine. Les armes sont l’arc et les flèches, la lance, la fronde et diverses massues. Il existe aussi un bâton plat recourbé, fort employé pour la chasse au lapin et qui est à ricochet comme le boomerang australien, dont il rappelle la forme.
- Ces Indiens, étant d’un caractère doux et inoffensif, sont peu portés à la guerre — leurs croyances leur interdisent même de verser le sang humain, — ce qui ne les empêche pas d’être courageux et de savoir, au besoin, repousser les attaques des Apaches. Peut-être ont-ils été autrefois occasionnellement et rituellement cannibales? En tout cas, ils ont conservé la coutume de faire et d’entretenir des esclaves : ceux-ci sont, d’ailleurs, bien traités.
- La chasse et la pêche, pour lesquelles ils ont un goût très vif, ne sauraient cependant leur faire négliger leurs champs, car ils sont essentiellement agricoles. S’ils n’ont pas la pomme de terre, qui* tout américaine qu’elle est, ne peut pousser dans leur contrée, ils cultivent le blé, l’orge, le maïs et la vigne; ils ont aussi en abondance des courges, melons, oignons, piments et fruits de toute espèce.
- p.183 - vue 187/536
-
-
-
- 184
- LA NATURE.
- Fig. 1 Masque de fètesjdes Indiens Pueblcs.
- Fig. 2. — Masque de fêtes des Indiens Pueblos.
- Fig. ô. — Intérieur d’une estufa, ou chambre des Indiens Pueblos.
- p.184 - vue 188/536
-
-
-
- Fi
- (T
- r
- i
- Un village d'indiens Pueblos.
- p.185 - vue 189/536
-
-
-
- 186
- LA NATURE.
- Leurs volailles ainsi que leurs troupeaux de moutons, chèvres et porcs, et aussi quelques bœufs, sont parqués dans de grands corra les 'clos de palissades; leurs jardins, bien entretenus, sont également entourés de murs.
- Les Pueblos, habitant un pays en grande partie aride et désolé, ont su le fertiliser le mieux possible, au moyen de longs canaux d’irrigation. Les récoltes sont accompagnées de fêtes et de cérémonies bizarres et compliquées, et c'est le soir, au son du tambour, accompagnant les chants sacrés, que les femmes et les filles écrasent entre deux pierres le maïs destiné à la consommation du lendemain. Il faut ajouter que les céréales ont un tel caractère sacré qu’on répand des pincées de farine, suivant les prescriptions du rituel, dans une foule de circonstances, et que, lorsqu’on reçoit des étrangers (car les Pueblos, Moquis, etc., sont très bienveil-
- Fig. 5. — Plan d’un village d’indiens Pueblos.
- lants et des plus hospitaliers), on ne manque pas de leur offrir des tortillas chaudes et des pâtisseries, peu succulentes, à la vérité, mais qui, en somme, sont dans le goût national.
- Une grande singularité, chez ces populations, consiste dans leurs constructions. Leurs villages, en espagnol pueblos, d’où leur nom générique, sont très nombreux dans les vallées et les sierras du Nouveau-Mexique et de l’Arizona; mais la plupart tombent en ruines, étant abandonnés depuis longtemps. II n’y en a plus que 19 actuellement occupés, et situés presque tous dans les vallées du Rio del Norte et de ses affluents, ce sont : Taos, le plus considérable de tous, Picuriès, Pojuaqué, Nam-bé, Tesuque, Santa Clara, San Udefonso, Cochiti, Pécos, où le traditionnel Montezuma planta son arbre symbolique, San Domingo, San Felipe, Santa Ana, Zia, Jemez ou plutôt Yallatoa, qui entretient encore le feu sacré, Laguna, Àcoma, Zuni, lsleta et Chilili. Ces villages, construits sur des mesas ou tables de grès d’une altitude élevée, ne sont accessibles que par des sentiers périlleux zigzaguant le long des talus presque à pic. Ils se composent de trois, "quatre et parfois neuf ou dix bâtiments, qui ont jusqu’à 150 mètres de long sur 40 de large, et
- dont les deux, trois et même six ou sept étages sont disposés en retrait les uns des autres.
- Aucune ouverture au rez-de-chaussée : on entre chez soi par une ouverture carrée ménagée dans le toit qui est plat, et auquel on accède par de longues échelles. D’autres échelles servent pour descendre dans les chambres, et pour monter aux étages supérieurs qui eux, cependant, sont munis de quelques fenêtres et de portes fermées de châssis à pivots. Les bâtiments sont en briques crues, adobe, et les carreaux des fenêtres en sélénite (sulfate de chaux cristallisé). U y a des gouttières, des cheminées, dont le foyer est placé dans un angle de chaque appartement, et se terminent au dehors par un tuyau surmonté d’une marmite de terre, etc. Mais le plus important, c’est le kiva ou estufa (étuve); comme disaient les Espagnols. C’est une vaste salle, située au centre de la maison et pouvant parfois contenir une centaine de personnes. On y entretenait autrefois le feu sacré : aujourd’ hui le kiva n’a plus d’autre utilité que de servir de lieu d’assemblée pour les chefs, les prêtres et les notables, ou encore d’ateliers pour le ti’ssage de la laine et la fabrication de* la poterie.
- Les murs de l’estufa sont garnis de peintures et de ligures hiéroglyphiques. Divers cultes naturistes y sont représentés et, toujours, ce qui joue le plus grand rôle, ce sont les âges de la vie, le cycle des saisons (il y a 15 mois ou lunes dans le calendrier national), les plantes cultivées, les t animaux qui servent d’emblème ou otem aux divers clans de la tribu, antilope, serpent, etc., sans oublier l’aigle, dont on conserve quelques sujets vivants en cage. Tout cela, ainsi qu’un attirail des plus^ variés et des plus grotesques, véritable bric-à-brac bariolé de couleurs criardes et chamarré de galons et plumes, masques bizarres à nez énormes et à têtes d’animaux, boucliers, coiffures garnies de cornes, autels en bois découpé, hochets, idoles en céramique, bâtons-fétiches, flûtes, tambours et crécelles, tout cela, ainsi que l’eau sacrée que l’on va chercher en grande pompe au bord de l’océan Atlantique, sans négliger le tabac et les inévitables pipes, compose le matériel indispensable aux neuf grandes fêtes annuelles, au cours desquelles se font les initiations à divers rites et mystères religieux, sorte de franc-maçonnerie à plusieurs degre's. Les plus remarquables sont : 1° La danse kâ-kâ « graine des graines », dansée par les hommes vêtus de bleu, accompagnés d’éphèbes masqués et où l’on jette, après une sécheresse prolongée, de la farine aux quatre points cardinaux; 2° les assemblées de la Société du Géant, de celle du Serpent et autres, sous la conduite de leurs Ho-na-ai-te respectifs; 5° enfin, les mystères de l’ordre de Ooh-hoo-hoo-ooh-que, véritables représentations à la Robert-Houdinoù l’on avale des sabres, où la boue se change en pierre et réciproquement, où l’on fait bouillir l’eau par l’inlluence de plumes magiques et racornir à la flamme des plumes d’aigle auxquelles on rend
- p.186 - vue 190/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 187
- ensuite leur forme première, etc., etc. Tout cela est h la fois de la médecine et de la pieté, en attendant que le légendaire Montezuma, dont une sentinelle guette le retour du toit le plus élevé de chaque pueblo, vienne rendre à ses enfants leurs palais et leur splendeur d’autrefois, relever l’arbre de Pécos et rallumer le feu sacré, afin de chasser les hommes blancs et de permettre aux 10 000 Indiens des villages d’aujourd’hui de se multiplier comme autrefois. F. Dkmaisos de Vicz.
- LES PROGRÈS
- DE LA LOCOMOTIVE MODERNE
- Cette question a été traitée récemment, et de main de maître, devant la Société américaine des « Mechanical Engineers », par M. le professeur W. F. M. Goss : il s’agissait plus spécialement de la locomotive américaine. Mais comme les machines européennes se rapprochent maintenant considérablement des engins employés aux Etats-Unis, il est intéressant de citer les points les plus importants mis en lumière par M. Goss. Du reste on verra tout à l’heure que l’auteur n’a point manqué de se préoccuper des caractéristiques des machines françaises, sachant bien quelle place elles tiennent maintenant aux yeux des ingénieurs du monde entier, à une époque précisément où des compagnies américaines se font construire et essayent des engins semblables aux belles locomotives de la compagnie Paris-Orléans, locomotives décrites ici.
- Ce qui a dirigé les constructeurs dans la voie où l’on s’est engagée définitivement à l’heure actuelle, c’est qu’on avait constaté, au fur et à mesure qu’augmentaient les besoins auxquels devaient satisfaire les chemins de fer, que la grille de la machine d’abord classique était insuffisante pour la quantité de combustible qu’on voulait brûler sous la chaudière, et que la puissance de traction obtenue était trop faible. Le fait est que cette puissance est intimement liée à la dimension de la grille. Or, pendant longtemps (surtout dans les locomotives européennes), la boîte à feu était limitée dans sa largeur par l’écartement des longerons, entre lesquels oa la disposait, et, dans sa longueur, par la distance des essieux moteurs. Pour remédier à cet inconvénient, on a éloigné ces essieux ; de plus, on a relevé considérablement la chaudière (ce qui est venu donner un aspect si typique aux machines) afin de faire reposer la boîte à feu sur le haut des longerons, souvent enfin on a incliné la grille et on l’a prolongée par-dessus le second essieu moteur. Pour augmenter la puissance de traction, en tenant compte naturellement de l’adhérence, du coefficient de frottement entre les roues motrices et les rails, il a fallu accroître dans de fortes proportions le poids supporté par chaque roue motrice, les roues n’étant normalement qu’au nombre de 4 pour les machines à grande vitesse. Et ici on ne peut dépasser une certaine charge, tant qu’on n’aura pas trouvé une matière plus résistante pour les rails et les bandages mêmes des roues.
- Dans de certaines limites, la puissance développée par une locomotive est à peu près proportionnelle à la quantité de charbon brûlée : évidemment on a bien accru le poids de combustible qui peut être brûlé dans un temps donné, grâce à l’augmentation des dimensions de la grille et de la surface de chauffe. Mais il faudrait, pour faire
- mieux, augmenter aussi les forces du chauffeur, pour qu’il puisse jeter plus de charbon dans le foyer pendant une période déterminée; et en fait, on estime que le chauffeur, sur son plancher tremblant, ne peut pas arriver à manipuler plus de 2700 kg de charbon à l’heure, ce qui correspondrait à une puissance (moyenne s’entend) de 1200 chevaux. Pour aller au delà, et apporter un nouveau perfectionnement à la locomotive, il faudrait trouver un chargeur automatique débitant plus que les bras du chauffeur.
- Il est évident, pour insister sur un point un peu particulier, qu’on peut espérer voir adopter quelque jour une forme de chaudière qui donnera de meilleurs résultats, et M. Goss se demande si le générateur à tubes d’eau ne nous réserve pas un brillant avenir en la matière, lui qui rend tant de services à bord des navires. 11 semble toutefois que le corps cylindrique de la chaudière ordinaire joue ici un rôle précieux en consolidant toute la machine. Au point de vue de la solidité unie à la légèreté, la substitution générale de l’acier au fer, même pour tous les organes venus de fonte, a constitué une transformation des plus précieuses.
- Bien entendu, et comme dans tous les moteurs à vapeur, comme pour les engins de bateaux, le progrès s’est traduit par une augmentation considérable de la pression de la vapeur; aux États-Unis, en 1880, on était encore aux environs de 9 kg par cm®, et maintenant on atteint au moins 14 kg ; on peut dire que toutes les nouvelles machines françaises ont une pression de 15 kg. Grâce à cet accroissement du timbre, les dimensions des engins, et par suite de leurs organes, n’ont pas crû proportionnellement à la puissance de la machine. Ce sont du reste les pressions plus élevées qui ont conduit à l’emploi de plus en plus généralisé des tiroirs cylindriques. M. le professeur Goss se demande même si l’on n’a pas été trop loin, dans l’accroissement des pressions, du moins au point de vue purement thermo-dynamique, étant donné qu’elles entraînent des fuites et des phénomènes de radiation plus intenses.
- Naturellement il ne faut pas oublier non plus la transformation considérable pruduite par l’adoption du com-poundage, qui s’est imposé d’autant plus que les pressions de régime étaient plus élevées. On a commencé par les 2 cylindres, puis on est arrivé aux machines dotées de 4 cylindres : tel est, aux États-Unis, le type Yauclain, et tel est également le type général auquel répondent les nouveaux engins des chemins de fer français. Saisissons du reste cette occasion pour faire remarquer que le professeur Goss ne manque pas de signaler, comme le type le plus heureux du compoundage, la machine équilibrée dont M. de Glehn, un constructeur français, a donné le premier dessin en 1886, et qui se retrouve maintenant en partie dans les diverses machines étudiées et construites par les compagnies de chemins de fer françaises. Le savant professeur américain a même profité de son observation pour faire une description complète de ce qu’il appelle la « compound française » et pour vanter fort les résultats qu’elle donne.
- Un dernier point est à envisager (et il n’y a point manqué) dans l’examen des progrès et transformations, réalisés ou réalisables, de la locomotive : il s’agit de la surchauffe, dont nous avons déjà parlé ici, et dont les Allemands se préoccupent tant à l’heure actuelle. C’est ainsi que les chemins de fer de l’État Prussien possèdent dès maintenant en service 4 ou 5 locomotives à surchauffa, du type Wilhelm Schmidt, qui fourniraient des résultats
- p.187 - vue 191/536
-
-
-
- 188
- LA NATURE.
- de 25 pour 100 supérieurs à ceux des machines employant seulement de la vapeur non surchauffée. Nous ne donnerons pas de détails sur ce surchauffeur Schmidt, mais nous noterons du moins que M. Goss semble attendre d’excellents résultats de la surchauffe assurée par ce dispositif, et il estime qu’on se trouve, en la matière, aux débuts d’une nouvelle amélioration des plus fructueuses dans le fonctionnement et le rendement de la locomotive. I). 11.
- APPLTCATIONS
- DE L’ÉLECTRICITÉ EN BRASSERIE
- La plupart des brasseries d’installation moderne disposent de sources d’énergie pour la production du courant électrique nécessaire à l’éclairage ainsi qu’à la commande de la plupart des machines.
- Si l’éclairage électrique a été adopté dès son apparition et avec tant d’enthousiasme, en brasserie, c’est parce que les dispositions particulières des installations que l’on rencontre généralement dans cette industrie, rendaient ce mode d’éclairage presque indispensable. La grande teneur en humidité de l’atmosphère des caves, brassoirs et autres locaux, où la clarté du jour ne pénètre que difficilement, exigeait, en effet, l’emploi d’un éclairage artificiel, aux conditions duquel la lumière électrique pouvait seule répondre.
- Mais, en brasserie, pas plus que dans les autres industries, le rôle de l’électricité ne pouvait se borner à l’éclairage, et les Allemands semblent l’avoir compris des premiers. L’Allemagne, comme occupant un des premiers rangs parmi les pays producteurs de bière, se devait de montrer la voie à l’extension des applications de l’électricité dans cette branche importante de son activité industrielle; et c’est ainsi que l’on peut constater depuis quelque temps déjà la transformation de l’outillage de la plupart des grands établissements de malterie et brasserie de la Bavière, en vue de l’adoption de dispositifs électriques remplaçant les anciennes ma-
- chines mues par la vapeur. Ce qui contribua puissamment à généraliser l’emploi de l’électricité en brasserie, non seulement pour l’éclairage mais aussi comme force motrice pour les différentes machines et appareils, fut la facilité avec laquelle on a pu créer, dans presque tous les établissements, même ceux d’importance relative, les installations génératrices de l’énergie électrique. On disposait, en effet, presque partout, d’une machine à vapeur qui pouvait aisément servir à actionner la dynamo; ce qui réduisait considérablement les frais.
- Du moment qu’on disposait d’une installation génératrice de courant pour l’éclairage, l’utilisation pour d’autres buts de l’énergie disponible s’imposait tout naturellement. Toutefois, l’économie de cette
- innovation fut longtemps discutée ; mais les progrès accomplis pendant ces dernières années dans la construction des électromoteurs, le grand rendement de ceux-ci, et surtout leur susceptibilité de s’adapter aux exigences de l’exploitation la plus compliquée, triomphèrent enfin des derniers préjugés.
- En brasserie, plus qu’ailleurs peut-être, la possibilité d’actionner séparément les différentes machines et appareils, grâce à l’emploi du moteur électrique, est un avantage précieux, en ce sens qu’elle permet de supprimer presque complètement les transmissions, courroies et cables encombrant les locaux et interceptant la lumière. En outre, détail important pour toute installation, la dépense provoquée par la consommation de l’énergie, la consommation de l’huile, et l'usure du matériel de transmission qu’entrai-nent les machineries temporaires, disparait, étant donné que le moteur électrique ne consomme jamais que la somme d’énergie strictement nécessaire au travail à fournir. L’expérience semble avoir prouvé que la plupart des machines employées en brasserie peuvent être actionnées chacune séparément par leur moteur propre, avec avantage. La transmission du mouvement s!effectue dans ce cas au moyen de courroies, sans dispositif intermédiaire, le nombre
- p.188 - vue 192/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 189
- de leurs du moteur pouvant être réglé, dans une certaine mesure, suivant les circonstances; ou bien, on accouple directement le moteur à la
- machine lorsque la vitesse requise est très grande.
- Le premier de ces deux modes de transmission est employé, par exemple, pour les machines à
- Fig. 2. — Machine à enduire de poix l’intérieur des luts.
- nettoyer et trier l’orge, ainsi que pour les appareils à germination méeanico-pneumatique, tant pour les
- ventilateurs que pour les tambours à germination ou les malaxeurs. Nos illustrations montrent quel-
- Fig. 5. — Appareil pour le rinçage des bouteilles.
- ques-unes des installations électriques nouvelles effectuées par la firme Siemens-Schuckert de Berlin, dans des établissements brassicoles de Münich et de Nürnberg. 11 va de soi que l’emploi du moteur électrique peut être, suivant l’importance de l’établis-
- sement, beaucoup plus étendu encore; les pompes, machines centrifuges, ventilateurs, souffleries, trémies, etc., sont actionnés de la même façon et avec le même avantage. L. Ramakf.rs.
- p.189 - vue 193/536
-
-
-
- 190
- LA NATURE.
- CHRONIQUE
- Un élévateur à céréales. — Il vient il’èlre construit à Buenos-Ayres, et on peut le donner comme un des types les plus remarquables de ces sortes de greniers-entrepôts, d’où l’on charge ensuite les grains sur les navires pour l’exportation. C’est un immense bâtiment double, qui occupe une surface de 12 000 m2 : dans l’un des batiments, on peut emmagasiner 55 000 tonnes de blé en sacs et plus de 10 000 tonnes en vrac; dans le second, des magasins ou silos peuvent abriter 55 000 tonnes en sacs et 21 000 en vrac. Cela donne donc un total de 101 000 tonnes. Tous les appareils de manutention sont commandés électriquement, l’établissement possédant une station centrale où la force motrice est fournie par A gros moteurs à gaz de 250 chevaux. Ces appareils peuvent, simultanément, introduire 2400 tonnes en vrac et 500 en sacs, et charger, d’autre part, à bord des navires, 500 tonnes en sacs et 1200 en vrac. Toute la construction est en ciment et acier.
- Nouvelle locomotive équilibrée. — Les constructeurs de locomotives tendent de plus en plus à équilibrer ces engins, au point de vue de leurs organes en mouvement, afin que la voie soit moins fatiguée par les efforts subis. Une tentative fort intéressante est faite en ce moment, dans cet ordre d’idées, sous la forme de la locomotive Cole, qui est mise en service sur le « New-York Central and Hudson River Railroad ». En somme, on doit reconnaître dès l’abord qu’on y a emprunté une partie des dispositions mécaniques caractérisant les machines françaises compound dont nous avons parlé, et qu’on désigne maintenant sous le nom de « type de Glehn ». Le poids total de cette machine nouvelle est de 144 tonnes, à peu près exactement, dont un peu plus de 89 pour la locomotive proprement dite, et le reste pour le tender; les essieux couplés supportent et utilisent par conséquent pour l’adhérence plus de 49 tonnes. Ces essieux sont au nombre de deux — suivant une pratique courante aujourd’hui; ils sont complétés par un bogie avant à 4 roues et par une paire de roues arrière offrant un grand jeu latéral. L’empattement rigide est ici de 5m,02, l’empattement total étant de 8m,45 pour la machine seule et de 16m,55 pour la machine avec le tender. Les cylindres haute pression ont un diamètre de 594 mm : ils sont placés entre les pièces de châssis, et considérablement en avant des cylindres basse pression, qui, eux, ont 660 mm de diamètre, et une course de 660 également, comme les autres; ils sont en dehors des longerons. Les pistons de la haute pression actionnent le coude de manivelle de la première paire de roues couplées, tandis que les pistons de basse pression commandent la seconde paire à la façon ordinaire. Chaque piston de la première série travaille à 180° de son correspondant de la basse pression, la paire située d’un même côté travaillant d’autre part à 90° de l’autre. C’est là l’essence de la combinaison équilibrée que l’on poursuit.
- Les propriétés antiseptiques du sulfate ferrique. — M. le I)r Vincent a étudié le sulfate ferrique du commerce, et il lui a reconnu une valeur antiseptique réelle : au bout de quelques jours il détruit parfaitement les microbes de la putréfaction, le bacille du côlon, celui de la typhoïde, du choléra. Toutefois il faut l'employer à haute dose, dans une proportion de 50 kg par mètre cube de matière à désinfecter.
- Le commerce des automobiles françaises.
- — Il est mülaîsé de savoir ce que nos constructeurs
- vendent d’automobiles à leur clientèle française; mais les statistiques douanières permettent du moins de constater l’importance de leurs ventes à l’étranger. Et, à ce point de vue, cette industrie accuse une progression remarquable, en dépit de la concurrence. En 1898, nous vendions seulement pour I 700 000 francs de voitures ou parties de voitures à l’étranger; ce chiffre dépassait déjà 15 millions et demi en 1901, et en 1905 il a pu atteindre bien près de 51 millions.
- Filaments en iridium pour lampes à incandescence. — La question vient d’ètre étudiée par le professeur Russner dans la publication Umschau. Il ne croit pas, avec Guelcher de Charlottenburg, à la possibilité d’employer un fil étiré d’iridium, qui serait trop causant même pour supporter l’étirage. Guelcher a bien réussi à former un filament avec une pâte passée à la filière et faite de colle végétale et d’iridium en poudre, ce filament devant être porté au rouge dans une flamme oxhydrique. Mais on pourrait ne pas songer à l’iridium chimiquement pur et recourir simplement à une poudre précipitée d’une solution : celte poudre d’iridium renfermerait quelques oxydes qu’on chasserait en exposant les filaments, avant chauffage, à un courant d’hydrogène, afin d’éviter qu’ils fassent explosion. 11 faudrait, bien entendu, chauffer à découvert, et non dans un creuset fermé, afin d’amener une combustion complète de l’agglutinant employé à la préparation du filament.
- Une rose géante. — D’après Bolanical Magazine, elle a été trouvée par feu sir Henry Collett dans les forêts du pays des Shans, par conséquent en Birmanie septentrionale : il la nomma rosa gigantea, et il en rapporta des graines au jardin botanique de Kew. Ces graines germèrent et l’un des rosiers a pris des proportions énormes, dans la serre tempérée, sans jamais toutefois porter de fleurs. Aujourd’hui, le parc d’Albury, à Guildford, possède quelques-unes de ces roses, dont notre confrère a pu donner une reproduction. Les fleurs sont blanches ou légèrement teintées de jaune, et elles ont de 10 à 15 centimètres de diamètre. Il parait que cette rose se rencontre à Manipour et dans la Chine occidentale.
- —><><—-
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Scaïïce du 15 février 1905. — Présidence de Jl. Tiiuust.
- Correspondance. — L’Académie reçoit la nouvelle de la mort de M. Féraud, astronome adjoint à l’Observatoire de Bordeaux et professeur à la Faculté de cette ville. M. Féraud n’était âgé que de 58 ans; néanmoins, ajouté M. le Secrétaire perpétuel Darboux, il avait déjà été classé pour la direction d’un Observatoire. M. Féraud était considéré comme un astronome de grand avenir. Sa disparition constitue une perte regrettable pour la science française.
- Lever photographique d’une région. — M. Laussedat annonce que M. Arnold Penther, naturaliste autrichien, a, au cours d’un voyage en Asie Mineure, entrepris de lever par le procédé topographique la carte du massif du Mont Argée qui domine la Cappadoce. Deux mois lui ont suffi pour tirer toutes les photographies qui, rapportées à l’Institut cartographique de Vienne, ont permis de tracer la carte d’une région accidentée offrant une superficie de 600 km*. Les photographies sont au nombre de 271.
- Ionisation atmosphérique. — M. Lœwy, directeur de l’Observatoire de Paris, décrit un appareil imaginé par M. Charles Nordmann dans le but d’enregistrer d’une
- p.190 - vue 194/536
-
-
-
- LA N AT U HE.
- 191
- façon continue les phénomènes d’ionisation et de radioactivité atmosphérique. La découverte dans l’atmosphère terrestre d’une conductibilité spéciale due aux ions, et analogue à celle que le radium produit dans les gaz, a introduit un facteur nouveau très important dans la connaissance des phénomènes de l’électricité atmosphérique et des aurores boréales. Or, malheureusement, les méthodes employées jusqu’ici pour l’étude de l’ionisation atmosphérique exigeaient la présence constante de l’observateur et des manipulations assez compliquées. L’appareil imaginé par M. Nordmann enregistre automatiquement sur un papier photographique, grâce à l’emploi d’un appareil à lent écoulement liquide, les variations successives de la teneur de l’atmosphère en ions. Cet instrument, construit avec le concours de M. Decorse, fonctionne actuellement à l’Observatoire de Paris.
- Propriétés du méthane. — M. Henri Moissan fait connaître des recherches qu’il a effectuées en collaboration avec M. Chavannes sur quelques constantes physiques du méthane pur et sur la combinaison du méthane solide et du fluor liquide. Le gaz méthane a été obtenu par l’action de l’eau froide sur le carbure d’aluminium ; il a été ensuite liquéfié, puis solidifié. Après avoir fait le vide sur le glaçon, on a obtenu, par le réchauffement progressif de celui-ci, un dégagement d’un gaz que l’on pouvait considérer a priori comme très pur. La densité de ce gaz a été trouvée égale à 0,554, c’est-à-dire presque identique à la densité théorique. M. Schlœsing avait précédemment déduit d’une étude spéciale le chiffre 0,558. La température de fusion du méthane solide est de — 181° ; celle d’ébullition du liquide — 04°. Ces chiffres sont très différents de ceux indiqués par M. Olzenski. Enfin si l’on fait arriver, dans un tube contenant du méthane solide à — 187°, du fluor liquide il se produit instantanément une vive lueur accompagnée d’explosion violente. Cette réaction est intéressante parce qu’elle fournit une nouvelle preuve de la remarque que l’affinité chimique peut subsister à une température très basse.
- Déviation de la chute des corps. — M. Poincaré présente une nouvelle Note de M. Maurice Fouché justifiant les résultats de ses calculs relatifs à la déviation de la chute des corps sur un ellipsoïde. M. Darboux fait décider que, pour clore définitivement un débat épuisé, toutes les communications sur la question seront désormais renVbyées à une commission.
- Tache du soleil. — M. Deslandres dépose une Note de M. l’abbé Morcux, relative à l’immense tache solaire visible à l’œil nu, qui est apparue à la fin du mois de janvier dernier. Cette tache, plus étendue que celle de 1858, est peut-être la plus grande que l’on ait observée. L’auteur en donne des dessins ; ils sont caractérisés par l’absence de pénombre sur une partie du pourtour et révèlent des points lumineux.
- La température de l'atmosphère. — M. Mascart dépose une Note de M. Teisserenc de Bort relative à la distribution de la température dans l’atmosphère. 11 rappelle que, depuis longtemps, M. Teisserenc de Bort explore l’atmosphère soit à l’aide de cerfs-volants, soit à l’aide de ballons-sonde. Les résultats de tous ces sondages aériens ont révélé les lois suivantes. Auprès du sol la variation de la température, par rapport à l’altitude, est irrégulière. Puis de 2000 mètres jusque vers 10000, elle devient régulière. Vers 10 km les isothermes s’espacent et à une certaine altitude il existe une zone de température constante. Ces phénomènes imprévus sont très importants au point
- de vue de l’étude des mouvements de l’atmosphère dans laquelle on admettait une décroissance continue de la température.
- Histoire de TÉcole de pharmacie. — M. Guignard fait hommage de son ouvrage consacré à l’histoire de l’Ecole de pharmacie de Paris.
- Transformation de Tamido-cellulose en amidon. — M. Maquenne résume un travail de M. Eugène Roux relatif à la réversion du phénomène chimique de la transformation de l’empois en amido-cellulose, c’est-à-dire en une matière très différente au point de vue chimique. L’auteur a obtenu la réversion en soumettant l’amido-cellulose à l’action de l’eau surchauffée à 455°.
- Action physiologique de Vélectrisation. — M. d’Ar-souval rappelle qu’il a démontré, il va 15 ans, que par l’action des courants de haute fréquence on modifiait la tension artérielle. M. le Dr Moutier démontre aujourd’hui par de nouvelles expériences que les abaissements sont variables suivant le mode d’intervention de l’électricité. H existe, en effet, trois modes : I8 en faisant passer directement le courant de haute fréquence provenant de la décharge des condensateurs dans les muscles du sujet ; 2° en plaçant le sujet sur un support isolant et de façon qu’il représente l’armature d’un condensateur alternativement chargé et déchargé ; 5° en plaçant le sujet à l’intérieur du solénoïde de façon qu’il joue le rôle d’un induit. M. le l)r Moutier a Irouvé que les deux derniers procédés fournissent les meilleurs effets. Chez un sujet, le second a ramené la tension initiale de 29 cm de mercure à 25,5; le troisième procédé a amené ensuite un abaissement à 22 ; chez un autre sujet la tension a pu être abaissée de 5 cm : 5 + 2. L’auteur explique que dans le second procédé l’électrisation est essentiellement superficielle, tandis que dans le troisième toutes les cellules sont induites. '
- Action du radium sur la décharge des torpilles. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Mendelsohn relative à l’action du radium sur la décharge des torpilles. Un fragment de bromure de radium pesant trois milligrammes a été placé successivement sur la peau au-dessus de l’organe électrique, puis sous la peau de la face ventrale. Au bout d’une heure on observe un affaiblissement graduel de l’énergie delà décharge. L’abaissement est;très’ important. On constate à l’intérieur de l’organe électrique des lésions révélant la destruction de la matière.
- Le chloroforme et la tension artérielle. — M. Chauveau adresse une Note de M. Tissot traitant de la relation existant entre la tension artérielle et la dose de chloroforme. L’auteur conclut que l’on peut éviter les accidents de l’anesthésie par le chloroforme en observant les modifications de la pression artérielle; le résultat serait plus certain qu’en observant la respiration.
- Ch. de Viuedeüii..
- MÉTÉORITES GÉAJNTES
- Nous donnons ici la reproduction de deux météorites célèbres à New-York. Elles viennent d’être transférées du Musée de la Marine au Muséum d’histoire naturelle des États-Unis. Elles ont été recueillies, en 1894, par le lieutenant R. E. Peary, au cours de l’expédition qu’il dirigeait alors au Groenland. Elles se trouvaient à quelques milles des côtes de Melvillc-Bay, à trente-cinq milles à l’est du cap York, au
- p.191 - vue 195/536
-
-
-
- 192
- LA NATURE.
- milieu d’un grand nombre de roches analogues, d’origine indiscutablement céleste. Leur chute remonte évidemment à une date assez reculée puisque, déjà, des légendes populaires ont eu le temps de se former à leur sujet. Les Esquimaux
- les ont surnommées la Tente, la Femme et le Chien ; ils croient que ce sont des créatures animées frappées d’immobilité par le diable et leur rendent un véritable culte. La Tente (Ahnighito) est la plus grande des météorites actuellement connues. La rivale qui
- Fig. 1. — La météorite (1e Pearv sur camion en face (lu muséum (l’Histoire Naturelle à New-York.
- l’approche du plus près est Bacubirilo, de l’Etat de Sinaloa, au Mexique, dont le poids n’a pas été déterminé. Ahnighito mesure une longueur de 5m,80 sur une largeur de 2m,60 et une épaisseur de lin,98 ; son poids est d’environ 57 tonnes et demie. L’analyse que le professeur Whitfield a faite de cette roche au Muséum américain a permis d’établir qu’elle contenait 91 pour 100 de fer et 7 pour 100 de nickel. Ces trois remarquables météorites faisaient partie de la moraine frontale d’un glacier, à l'époque de grande extension glaciaire. A la fonte des glaces, elles vinrent reposer sur le sol dans la position où elles ont été découvertes à demi enterrées. Elles ont dû vraisemblablement être diminuées d’abord par l’action du transport morainique, et, d’autre part,
- par les Esquimaux pour qui les nombreuses météorites de cette région constituent un gisement important de minerai de fer météorique où ils puisent sans discontinuer la matière première nécessaire à la fabrication de leurs engins de chasse et de pêche. On trouve à l’entour de ces roches de nombreux fragments de grès bleus qui leur servent à polir les fragments de leur dieu pour en faire des harpons, des hachettes et des couteaux. Le lieutenant Peary a rapporté, en même temps que les trois météorites, de nombreux échantillons de ces outils et de ces armes. J. P.
- Le Gérait l : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauwie, rue de J’ieurus, 9,
- p.192 - vue 196/536
-
-
-
- N° 10;»7. — 2.*i FÉVRIER 1905.
- LA NATURE.
- 10"
- LES LOIS MATHÉMATIQUES DE L’ESTHÉTIQUE
- Existe-t-il des lois mathématiques en esthétique? Le plaisir que nous cause une œuvre d’art et, plus simplement, une combinaison de couleurs ou de
- sons, peut-il être mathématiquement précisé, formulé? La question n’est pas neuve et, depuis longtemps, les physiciens seraient disposés à y répondre
- Fig. 1. — Application de la notation mathématique îles couleurs à la « Vierge au Perroquet » de Rubens.
- par l’affirmative, si la détermination de semblables lois n’offrait pas des difficultés, qui ont paru jusqu’ici insurmontables. Logiquement il semble très vraisemblable que notre jouissance esthétique a pour origine un certain rythme, une certaine relation numérique ou géométrique, analogue à celle que, dans un phénomène plus simple, on a reconnue pour les nombres de vibrations des notes, dont la combinaison en un accord ou en une suite harmonique satisfait notre oreille. Les successions de notes ou d’accords, qui produisent sur nous l’impression mélodique, comme les rapprochements de tons colorés, dont l’ensemble nous
- parait harmonieux, obéissent certainement aussi à des lois, que l’on ne saurait violer sans produire une cacophonie; la sonorité ou l’éclat particulier que
- prennent un accord ou un ton par le contact des accords et des tons qui les préparent, ont une cause physique bien définie et l’instinct artistique subit inconsciemment des prescriptions, qu’il ne devrait pas être impossible de codifier en formules. Celui qui trouverait une telle formule ferait donc, dans un ordre très supérieur, une découverte analogue à celle du premier qui inventa la gamme et fournirait aux artistes le moyen de traduire leur pensée par des procédés, par
- Fig. 2. — Fragments île la « Symphonie perpétuelle ».
- 33' année. — 1er semestre.
- p.193 - vue 197/536
-
-
-
- I‘H
- LA XATI nr>:
- des instruments nouveaux, .Aussi a-t-on beaucoup cherché dans cette voie et non parfois sans quelque bizarrerie ou quelque témérité. Il peut-y avoir intérêt à faire connaître ici et à résumer très brièvement une tentative récente appliquée à la peinture, qui ne résdud probablement pas le problème, mais qui - en--synthétise certains éléments par une méthode originale. Je dirai également quelques mots, à cette occasion, d’une autre théorie, qui prétend, de son coté, résumer et synthétiser les lois de la musique. Toutes deux fournissent, en dehors des systèmes déjà appliqués par tel peintre ou tel musicien, des systèmes encore inutilisés en nombre presque infini; ces systèmes, un artiste pourrait avoir avantage à les connaître; pour en tirer un chef-d’œuvre, il ne resterait plus ensuite qu’une simplecondition à remplir, celle à laquelle les théoriciens de Téstliétique ou de la littérature oublient parfois de penser : avoir seulement un peu de génie.
- ^à. théorie du coloris, à laquelle je viens de faire allifci'on, est due à un prêtre flamand nommé M. de LèÉduze, qui l’a formulée d'une façon quelque peu rébarbative dans un ouvrage dont le premier aspect étonne d’abord et attire l’attention; car, contraire-nrlent à l’usage, la moitié environ des pages sont teintées des couleurs les plus variées sans porter aucun caractère typographique. Heureusement, M. G. Lechalas nous a rendu le service de traduire la thèse à notre usage dans une langue plus accessible aux profanes1. L’idée fondamentale est que chaque peintre emploie un nombre très restreint de couleurs distinctes, couleurs constituant sa palette caractéristique ou sa gamme; la gamme d’un peintre comporte au maximum 52 tons, variables d’un peintre à l’aütre et qui, dans une gamme générale formée de tous les tons colorés, sont reliés par une loi bien définie et solidaires les uns des autres. Pour constituer la gamme générale des tons colorés, l’auteur remarque alors que les couleurs perceptibles à notre œil ont des nombres d’ondulations variables dans un champ assez restreint, puisque ces nombres diffèrent à peine du simple au double entre la moins réfrangihle et la plus réfrangible. Traduit dans le langage de l’acoustique, avec lequel nous sommes plus familiers, cela ferait une octave (les deux notes de l’octave étant dans le rapport de 2 à 1 ) et c’est dans cette octave unique que s’intercalent en peinture toutes les notes.
- Or, en acoustique, on peut supposer que la gamme naturelle est fondée sur la production des harmoniques, c’est-à-dire des sons qui s’ajoutent au son fondamental et fusionnent avec lui d’une façon agréable à notre oreille pour lui donner son timbre.
- Ln représentant un son par le nombre de ses vibrations dans un temps donné, la suite des entiers 1, 2, 3, 4, etc., désigne la suite de ses harmo-
- 1 Les secrets du coloris, par G. de Lescluze, p. 62 (chez Demolin-Dlaeys, Bruges, 1904). — Études esthétiques, par G. Lechalas (chez Alcan, Paris, 1902).
- niques ou la gramme naturelle, dans laquelle les puissances successives de 2 constituent les octaves. Les octaves successives1, qui vont ainsi de 2 à 4, de 4 à 8, de 8 à 16, de 16 à 52, etc., comprennent entre elles un nombre de notes, qui croit de plus en plus, en restant toujours égal à une puissance de 2 (2, 4, 8, 16, 52, etc.), en comptant la note inférieure mais non son octave 1. La gamme ayant été définie dans l’intervalle d’une octave, toutes les autres notes du clavier dans les autres octaves s’en déduisent en multipliant par des puissances de 2.
- Étendant le même principe aux couleurs, M. de Lescluze établit alors une gamme colorée de 27 ou 128 tons (compris par conséquent de 27 à 28, c’est-à-dire de 128, 129... à 256) et ce sont ces tons, correspondant à des nombres de vibrations mathématiquement calculés, qui, reproduits d’après les couleurs du spectre, forment le clavier offert aux peintres2. Les pages colorées du livre, qui nous surprenaient au premier abord, représentent ce clavier théorique : il ne reste plus alors qu’à comprendre la façon dont on en joue.
- Or, avec ce système, on voit aussitê>t comment la notation d’un air coloré peut se faire de même que celle d’un air musical, puisque chaque ton correspond à une note et a également son chiffre représentatif. L’observation, faite plus haut sur la gamme restreinte caractéristique de chaque peintre, équivaut à dire que ce peintre, au lieu de la gamme de 27 tons, en adopte une de 23 ou 52 tons, comprise par conséquent entre 25 et 26 (telle que 52, 55... à 64). Pour ramener ces tons dans l’octave de 27 à 28, que nous avons choisie comme représentative de l’unique octave colorée, il faut multiplier par une puissance de 2 en gardant la même relation ; c’est-à-dire que, sur les 128 tons de notre gamme complète, chaque peintre en choisit seulement 52, dont les nombres de vibration sont entre eux comme la série 52, 55 à 643; mais ce qui caractérise chaque peintre, c’est la tonique qu’il prend comme point de départ. Pour l’un, ce sera, par exemple, l’orange 160 (série 160, 165, 170...); pour l’autre, le rouge 144 (série 144, 148,155...); pour un troisième, le bleu 208, etc.; le choix de cette tonique entraîne alors, nécessairement, mathématiquement, celui de ses 51 harmoniques et il en résulte 52 notes solidaires l’une de l’autre, sur lesquelles le peintre jouera les mélodies les plus diverses, sans jamais sortir de la gamme qui le définit et qui permet de
- 1 La gamme de 8 à 16, qm comprend 8 notes, est la gamme diatonique ordinairement usitée, avec une note supplémentaire, le ré bémol et quelques autres différences légères, tenant à ce que la gamme des musiciens est un compromis pratique, destiné à éviter les changements de notes constants en passant d’une gamme à l’autre.
- 2 Au lieu de 27 on pourrait prendre 28 tons, ce qui donnerait un clavier plus complet ; mais ce n’est pas nécessaire.
- 3 On n’obtient pas ainsi des nombres entiers, mais des fractions très rapprochées des nombres entiers, par une approximation analogue à celle qui constitue le tempérament musical.
- p.194 - vue 198/536
-
-
-
- LA N \TliHL.
- i •>;»
- reconnaître aussitôt sa personnalité aux colorations de sa palette.
- Suivant M. de Lescluze, les peintres n’utilisent guère ainsi que 5 gamines : gamme espagnole (i 60) ; gamme Rubens (224); gamme Jordaens (1-4-4) ; gamme Rembrandt (208); gamme italienne (168); gamme japonaise (176), alors que théoriquement il pourrait y en avoir 128, ayant pour toniques chacun des nombres 128 h 256.
- Notre figure donne, par exemple, l’application de cette méthode sur un tableau célèbre, la Vierge au perroquet de Rubens au musée d’Anvers, avec les nota-lions en chiffres des divers tons. C’est sur ces chiffres que l’on peut alors raisonner pour apprécier les combinaisons qui aboutissent à des accords colorés d’une sonorité particulière, celles qui produisent l'impression de la perspective, etc.... Une conséquence originale de la théorie est qu’on peut transposer le coloris d’un tableau comme une phrase musicale (en ne tenant pas compte bien entendu des objets, auxquels les tons colorés s’appliquent) ; l’harmonie persiste avec un effet différent. Il serait curieux, à ce propos, de construire pratiquement un clavier de piano, dont les touches feraient apparaître des écrans colorés et de jouer ainsi des airs en harmonies colorées.
- Je n’insiste pas davantage sur une idée qui méritait d’être connue pour son ingéniosité, mais dont les applications sont rendues bien arbitraires par la difficulté d'identifier une couleur d'un tableau avec une couleur du spectre et je passe, comme je l’ai annoncé au début, à une autre théorie également originale, relative celle-là aux harmonies musicales, dont je me contenterai, vu son caractère abstrus, d’indiquer le principe.
- M. Josset, l’auteur de cette méthode, qui enseigne aux jeunes aveugles de Saint-Jean de Dieu, est arrivé pratiquement à des résultats extraordinaires, obtenant, par exemple l’improvisation simultanée de 80 musiciens sur un thème indiqué au hasard par un assistant, parce que chacun des musiciens fait rigoureusement dériver son développement d'un point de départ identique, avec des repères équidistants, calculés suivant une loi mathématique, qui permettent de réaliser l’effet d’ensemble. Très rapidement aussi, par ses artifices, un enfant se trouve en état d'exécuter les transpositions les plus compliquées et de donner le trompe-l’œil d’une composition originale dans les harmonies les plus modernes. Mais il est difficile de dégager une théorie physique précise de ce qui consiste surtout en des procédés de métier.
- Autant qu’on peut le comprendre, il n’existe, dans sa théorie, que 57 sons distincts, qui se succèdent par intervalles de quartes et qu’il classe suivant une circonférence pour bien montrer que l’ordre dans lequel se suivent les sons ou les accords en bonne harmonie importe peu : leur groupement devant pouvoir être joué de droite à gauche aussi bien que de gauche à droite. L’union des quartes et des
- tierces échelonnées constitue toute l’harmonie. Chaque note des accords de quarte peut servir de tonique et fait toujours sa résolution, soit à droite, soit à gauche, dans la succession circulaire des sons. La résolution est fatalement commandée par la tonique ; par exemple, en musique ancienne, un accord de fa dièze conduisait nécessairement à un accord de si ; en musique moderne, le même accord amène à un accord de la dièze, si l’on veut obtenir un effet sonore, ou à un accord de ré, si l’on veut un effet sombre : soit une tierce majeure au-dessus ou au-dessous. De même, en musique moderne, l’accord de si exige les résolutions en ré dièze dans un sens, en sol dans l’autre, etc.
- La conséquence de cette théorie est de supprimer presque absolument l’initiative du compositeur, puisque son point de départ choisi au hasard entraîne une conclusion harmonique inévitable. 11 n’y a pas la musique de tel ou tel compositeur : il y a la musique universelle, ou ce que l’auteur appelle la symphonie perpétuelle et il arrive ainsi à nous donner une collection de quelques centaines de ronds enfilés sur une tige et contenant chacun trois ou quatre accords (fig. 2), eu nous disant : jouez ces ronds dans un ordre quelconque, dans un sens quelconque, absolument au hasard, avec quelques notes de passage et vous aurez une composition harmonieuse. On joue et l’on est tout étonné, en effet, de s’apercevoir qu’il avait raison. L. Dr: Launay.
- UNE MÉNAGERIE D’ANIMAUX QUATERNAIRES
- Depuis longtemps, le professeur de Paléontologie du Muséum caressait le projet de réunir, dans une grande vitrine de sa galerie, les squelettes des principaux animaux féroces contre lesquels nos ancêtres préhistoriques ont eu à lutter. Mais ce projet présentait de grandes difficultés, nos ressources pour les acquisitions nouvelles ou pour les travaux d’installation étant tout à fait dérisoires. Grâce à M. Edmond de Rothschild, il est aujourd’hui réalisé.
- La nouvelle vitrine vient d’être inaugurée par M. le Ministre de l’Instruction publique. C’est une véritable ménagerie d’animaux quaternaires renfermant, dans des attitudes variées, comme à l’état de vie, les squelettes de trois Ours, de trois Lions, d’une Hyène et d’un Loup des Cavernes. Je ne crois pas qu’aucun autre musée paléontologique possède une collection si complète des grands fauves préhistoriques.
- Nous avions depuis quelques années deux des squelettes d’Ours; le troisième, qui est le plus grand, a été offert au Muséum par M. Edmond de Rothschild. Nous possédions aussi les squelettes d’IIyène et de Loup trouvés, avec le petit Ours, dans la caverne de Gargas (Hautes-Pyrénées), par M. F. Régnault. Les squelettes de Lions sont des pièces magnifiques entrées tout récemment.
- En 1900, Alphonse Milne-Edwards nous légua les restes à peu près complets d’un grand Chat trouvé
- p.195 - vue 199/536
-
-
-
- 190
- LA NATURE.
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la vitrine des grands Carnassiers quaternaires. l)e gauche à droite : Hyène des Cavernes, Petit Ours, Grand Ours des Cavernes dressé, Grandeurs sur’ses quatre pattes Lion de la caverne de L’Herm s’appuyant sur un crâne d’Auroclis, Lion de Cajarc, Loup de la caverne de Gargas.
- Fig. 2. — Squelette de Lion trouvé dans la caverne de L’Herm et offert au Muséum par M. Edmond de Rothschild.
- dans la caverne de Yence (Alpes-Maritimes), par i l’Université, nous fit parvenir le squelette entier d’un Rourguignat. En 1902, M. A. Serres, agrégé de ; énorme Félin provenant d’une poche de terre phos-
- p.196 - vue 200/536
-
-
-
- LA NATURE.
- Il) 7
- phatée près de Cajarc (Lot). Le troisième squelette a été retiré de la caverne de L’Herm (Ariège). M. Edmond de Rothschild a bien voulu l’acquérir également pour le Muséum.
- La reconstitution de ces squelettes a présenté des difficultés.
- Les ossements fossiles sont extrêmement fragiles : ils doivent être maniés avec de grandes précautions. Le nouveau système de montage employé a augmenté encore ces difficultés.
- Autrefois, les diverses parties d’un squelette étaient soutenues par des barres verticales en fer.
- J’ai fait remplacer ces piliers disgracieux par des tiges d’acier aussi minces que possible, épousant la courbure des os, et constituant aux squelettes une armature peu visible. Si j’ajoute que les dessins de ces reconstitutions ont été faits d’après des photographies instantanées d’animaux vivants voisins des animaux fossiles, on comprendra que nous soyons arrivés à obtenir un résultat plus artistique et surtout plus vrai qu’au moyen des anciens procédés. Qu’il me soit permis de faire ici l’éloge de mes collaborateurs. L’assistant de la chaire, M. Tbevenin, M. Papoint, préparateur, les artistes de l'atelier des moulages, MM. Rarbier et Bernard, ont apporté à cette œuvre beaucoup de conscience et de talent. Je dois mentionner d’une façon toute spéciale notre serrurier-mécanicien, M. Marquette, dont l'habileté professionnelle m’était connue depuis longtemps et qui
- a fait preuve d’une ingéniosité et d’une patience sans limites.
- Voici quelques détails sur les animaux dont les squelettes sont exposés.
- L’Ours des Cavernes (Ursus spelæus) différait des
- Ours actuels par sa taille beaucoup plus considérable, son front bombé, les os de ses membres beaucoup plus trapus. Les dents, peu tranchantes, dénotent un régime moins carnivore que celui de ses congénères. Malgré les apparences de cette bête énorme, lourde d’allures, l’Homme paléolithique devait avoir avec elle d’assez bons rapports. L’Ours des Cavernes était représenté par deux variétés ou races ayant vécu ensemble; la petite était beaucoup moins nombreuse que la grande.
- Les ossements de l’Ours à front bombé sont en nombre prodigieux dans toutes les cavernes d’Europe. Dès ltit)7, on a publié des gravures de ces ossements qu'on qualifiait d’os de dragons; après les avoir réduits en poudre on les vendait comme remède contre l’épilepsie. Les temps sont changés ; dans les Pyrénées, les ossements d’Ours des cavernes étaient naguère exploités pour leur phosphate de chaux comme engrais agricoles.
- L’Hyène des Cavernes (Hyæna crocuta, var. spelæa) est la même espèce que l’Hyène tachetée, aujourd’hui vivante dans l’Afrique australe et intertropicale, mais les os de ses membres sont plus
- p.197 - vue 201/536
-
-
-
- LA NAT U HE.
- H»8
- massifs à longueur égale. Les Hyènes ont été communes dans les cavernes de nos pays. Mais comme leur fonction est de faire disparaître les cadavres et qu’elles n’épargnent pas les os de leur propre espèce, on ne rencontre ordinairement que des débris très incomplets. Je ne connais pas en France d’autre exemple d’un squelette entier.
- Le Loup de Gargas a vécu à la même époque que l’Ours et l’Hyène des Cavernes; malgré cela il ne diffère par aucun caractère important des Loups actuels de nos pays. Pourtant sa taille paraît avoir été sensiblement plus élevée.
- Les opinions les plus diverses ont été exprime'es au sujet des Lions des cavernes. On les a tour à tour considérés : comme ne différant pas du Lion ; comme représentant une race du Lion actuel; comme se rapprochant du Tigre; comme étant une espèce distincte. Ces divergences tiennent surtout à ce que jusqu'à présent les paléontologistes n’avaient eu à leur disposition que des pièces isolées ou des squelettes incomplets, reconstitués avec les os de plusieurs sujets. Comme chacun des deux squelettes de Vence et de Cajarc est formé, au contraire, d’ossements d’un même individu, leur étude doit conduire à des résultats certains.
- L’examen du squelette de Cajarc, du squelette de L’Herm et des autres échantillons de nos collections provenant des localités les plus diverses montre que par son crâne, par ses membres, par ses pattes, etc., le grand Félin des Cavernes offre tous les caractères du type Lion et ne présente aucun des traits particuliers au Tigre. Le Lion des Cavernes ne différait du Lion actuel que par de plus fortes proportions. Celui de Cajarc et celui de L’Herm avaient une taille supérieure d’environ 1 /8e à celle des plus grands Lions et des plus grands Tigres de l’époque actuelle. Une mandibule provenant de Grenelle dénote un animal encore un peu plus fort ; la supériorité de Paris s’est affirmée de tout temps.
- Le squelette de Vence avait reçu de Bourguignat le nom de Tigris Edwardsi, en l’honneur de l’ancien Directeur du Muséum. En réalité ce n’est pas un Tigre et toutes ses affinités sont encore avec les Lions. Mais comme il offre quelques traits particuliers indiquant un animal plus lourd et plus trapu, et que, d’un autre côté, il paraît remonter à une époque un peu plus reculée des temps quaternaires, je crois qu’on peut le considérer comme une forme ancestrale du véritable Lion des Cavernes et le désigner sous le nom de Eriis Ico, variété Edwardsi.
- A quelle époque les Lions ont-ils disparu de nos pays’? Nous trouvons leurs débris jusque dans les dernières assises des terrains quaternaires et on ne les rencontre plus dans les dépôts néolithiques. Cela est certain. On a dit souvent que, suivant Hérodote, des Lions attaquèrent en Péonie les chameaux de l’armée de Xerxès. D’après M. Salomon Reinach, ce témoignage d’Hérodote peut s’appliquer à d’autres animaux que le Lion et « parmi les autres textes
- relatifs aux Lions de la Grèce, il n’en est pas un qui supporte l’examen ». Mon savant collègue pense que les légendes grecques où figure le Lion sont toutes d’origine orientale comme les héros tueurs de Lions qu’elles célèbrent.
- Grâce à M. Edmond de Rothschild, le public qui se presse, tous les dimanches et tous les jeudis, dans nos galeries du Muséum, recevra une nouvelle et belle leçon. La vu3 de ces curieux squelettes leur inspirera un sentiment d'admiration pour nos ancêtres préhistoriques qui durent se mesurer avec de tels ennemis.
- Les journaux d’outre-mer ont souvent l’occasion de signaler les libéralités des riches citoyens de l’Angleterre ou des États-Unis pour la science ou les établissements scientifiques de leur pays. Nous sommes particulièrement heureux d’avoir aujourd’hui à exprimer notre reconnaissance à un Français généreux. Puisse le bel exemple donné par M. Edmond de Rothschild, trouver des imitateurs.
- Marcellin Boule,
- Professeur au Muséum.
- ——
- UNE RACE DE TACHES LAITIÈRES
- Les Américains en sont très fiers, et notre confrère, (( Scientific American » lui a consacré un article d’où nous extrayons quelques rapides renseignements. 11 s’agit des vaches Holstein, de Californie.
- Lors d’une exposition tenue en 1902 en Californie, l’une d’elles, Fidessa, remporta tous les prix contre des laitières de Jersey, de Durham, etc. ; cette bête, âgée de quatre ans, avait, en 7 jours, donné 258 kg de lait, qui avaient fourni un peu plus de 11 kg de beurre. Au bout de 60 jours, elle était arrivée au chiffre énorme de 77 kg de beurre.
- Un autre animal, âgé seulement de deux années, avait donné, en 7 jours, 171 kg de lait, d’où l’on avait pu tirer un peu plus de 7,7 kg de beurre. Mais celle qu’on cite comme la merveille des merveilles, c’est la vache qui porte le beau nom de Juliana de Kol. Non seulement on doit noter la finesse de ses attaches, sa tète, sa robe, etc., mais encore — et c’est ce qu’il y a de plus important au point de vue pratique et au point de vue de la valeur vraie de l’animal — cette bête de deux ans a donné en une journée 29,9 kg de lait ; elle a fourni 198, 840 et 1J592 kg de lait pendant des périodes de 7, 50 et 60 jours. Au point de vue de la production du beurre, elle en a donné 1440 grammes dans une journée.
- UN SIÈGE MODERNE
- PORT-ARTHUR
- Après la plus glorieuse défense, Port-Arthur est tombée; et nous venons d’avoir ainsi la dernière de ees expériences que le destin des guerres vient offrir périodiquement aux ingénieurs militaires, artilleurs et fortificateurs. A la vérité nous ne savons pas grand’chose sur ce qu’était cette place, et les Russes ont bien gardé le secret des ouvra-
- p.198 - vue 202/536
-
-
-
- LA NAT URL.
- 191)
- ges construits ces dernières années; c’est seulement plus tard que l’on pourra tirer de ce siège des enseignements, mais il est intéressant de chercher à se figurer aujourd’hui ce que pouvaient être ces fortifications, en s’aidant de la connaissance des méthodes modernes et des quelques renseignements des correspondants de guerre. Nous nous efforcerons enfin de montrer pourquoi la place» s’est rendue le lendemain de la chute des premiers grands forts, contrairement, semble-t-il, à l’attente du public, mais non pas des cercles militaires.
- Et tout d’abord, une explication : les Japonais entreprirent d’investir Port-Arthur le 15 mai, mais ne commencèrent l’attaque de la ligne de défense que le 28 juillet. Dans l’intervalle, ils durent, pour resserrer l’investissement, disputer pied à pied le terrain, et se livrer à de véritables sièges de tous les mamelons défendables, jusqu’à 40 km de la ville. Les Russes faisaient là ce qu’on appelle de la défense eitérieure active; c’est le malheureux général Kondratenko, dont la mort fut si funeste à la défense, qui dirigea ces opérations; leur hut est, comme on le voit, de gagner du temps, et c’est par ces procédés que, en 1870, le colonel Denfert, avec des troupes de dernière qualité et les moyens les plus précaires, réussit à retarder de six semaines (1(1 novembre-15 décembre 1870) l’attaque réelle de la place de Belfort (Azibert). Il ne faut donc pas s’étonner des résultats, ni du nombre d’hommes que les Japonais durent sacrifier, dès cette époque, pour la conquête de ces positions successives, bravement défendues par 50 000 hommes.
- Quant à la place elle-même, comment est-elle constituée'.’ C’est un port : elle présente donc des batteries de côte et un front de terre. Cln sait que Port-Arthur était une place chinoise en 1894; les fortifications ne valaient pas grand’chose; les Japonais, attaquant par le nord-est, comme cette année, les réduisirent d’un coup de canon et les rasèrent.
- Les Russes, en 1898, commencèrent la construction des nouveaux forts sur les mêmes positions au sud et à l’est ; au nord-ouest, ils s’avancèrent au delà delà position chinoise de llisuzan et établirent la nouvelle ligne, dont notre croquis (fig. 7) montre la disposition probable.
- En un mot, c’est une ceinture de forts, constituant ce qu’on appelle la position principale de la défense. Tous les mamelons en avant étaient,comme nous le verrons, fortement occupés, par des redoutes et des batteries. En arrière, on a quelquefois considéré la colline aux Cailles et llisuzan comme une deuxième ligne. | La défense n’a pas résisté sur ces positions.] Et c’était tout. 11 n’y avait ni enceinte fortifiée, ni réduit, analogue à ce qu’était le fameux château de Belfort, taillé dans le roc et défiant toutes les attaques.
- Et c’est pourquoi, les forts de l’unique ligne de défense tombés, ne fût-ce que dans un secteur, la place devait capituler dans les 24 heures : quand il n’y a plus rien devant l'assaillant; il entre.... Et
- toute l’énergie du plus énergique défenseur ne saurait s’y opposer.
- Le front de mer présente toute une suite de batteries. La fameuse position de la Queue-du-Tigre était armée de 80 grosses pièces ; la montagne d’Or de 21 canons de 52 cm, 54 de 18 cm, 50 de 10 cm.
- De plus, le grand fort de Ouang-Shin, qui domiiie la rade, était armé de 7 canons Canet de 55 mm à tir rapide, sous cuirasses probablement1.
- Sur le front de terre, les Russes ont construit, en 1905, trois grands forts : Ei-Kouan au nord-est, An-tse-Chan et E-tse-Chan à l’ouest. Ces forts étaient armés : l’un de 8 canons de de 500 mm, et de 6 de 150 mm, le 2e de 1 1 canons de 500 mm, et de 24 de 150 mm, le 5e de 12 canons de 500 mm, et de 52 de 100 mm. Les gros canons devaient donc être, au moins en partie, dans les forts. Aujourd’hui, on préfère parfois les laisser en plein air, de manière à les changer de place quand ils sont découverts, et ne plus faire des forts que des ouvrages destinés à flanquer les intervalles et à faire de la défense rapprochée. Au contraire, dans un récent ouvrage, le colonel du génie italien Rocchi préconise l’installation dans les forts, sous une épaisseur suffisante de béton, bien entendu. C’est vraisemblablement dans cet esprit qu’étaient conçus tous les ouvrages, grands et petits de Port-Arthur.
- Sur les mamelons en avant (colline du Loup, etc.), qui pendant 2 mois ont résisté aux terribles assauts que l’on sait, qu’y avait-il? On n’en sait rien au juste : ce ne pouvaient être que des redoutes assez sommaires, non bétonnées, mais peut-être creusées dans le roc. On doit se figurer, au sommet d’un glacis (fig. 1), un parapet pour tireurs d’infanterie, quelques emplacements à ciel ouvert pour pièces de moyen calibre, et des abris en arrière. En avant du parapet, un fossé large, paraît-il, et creusé dans le roc. En avant de ce fossé, sur le glacis, un excellent réseau de til de fer, et des fougasses. On sait comment sont constituées les fougasses2. Quant aux réseaux de fil de fer, ils se composent de piquets en bois ou en métal, hauts d’un mètre, plantés en quinconce, et entre lesquels on tend, de toutes les manières possibles, un fil de fer barbelé (fig. I, n°2).
- Ces réseaux, larges de lü mètres, sont parfaitement infranchissables et donnent à l’assiégé tout le temps de fusiller f assaillant. Il n’y a d’autre moyen de les détruire que de glisser, au travers, de longues tringles portant des pétards de mélinite : on arrive ainsi à se frayer d’étroits passages. Les Japonais, dit-on, allaient les couper 5 la cisaille, en avant des colonnes d’assaut.
- On raconte aussi que les Russes faisaient passer dans ces fils de puissants courants électriques, qui rendaient mortel leur contact (!?!) D’abord il ne pourrait s’agir que des grands forts, car on n’a pas une usine électrique dans une redoute. En effet, les
- 1 Journal of United States artillery.
- 2 Yoy. n* 1647, du t7 décembre 1904, p. 36.
- p.199 - vue 203/536
-
-
-
- I
- 200
- LA N A TU UK.
- Fig. 1. — 1. Fort moderne ù Port-Arthur avec abri bétonné. — 2. Réseau de fils de fer. — 5, i. Caponniéres.
- Fig. 2. — 1. Ouvrage des Perelies à Belfort en 1870. — 2. Fort moderne avec abri à l’épreuve. —3. Redoute avec parapet d’infanterie.
- courants dangereux atteignent 600 à 1000 volts : on j cxploseur de poche, qui suffit à faire éclater des ne les produit pas avec une pile Leelanché, ou un | fougasses. Bref, et sans qu’il soit besoin d’électri-
- p.200 - vue 204/536
-
-
-
- I.A NATURE.
- 201
- Fig. o. — Pièce sur affût à éclipse avec masque (la pièce s’abaisse après le tir).
- cité, les réseaux constituent un obstacle merveilleux et expliquent l’anéantissement des colonnes successives que les Japonais lançaient à l’assaut de ces positions. Ajoutons que le flanquement des fossés paraît n’avoir pas été négligé (fig. 1). Des avancements, dits ca-ponnières, permettaient de balayer le fond de ces fossés. Mais c’est tout. Et l’on doit se demander comment ces ouvrages soutinrent, pendant des mois, l’effort de l’assiégeant.
- Nous répondrons tout d’abord que ces ou-vrages, dits
- avancés, ne doivent leur force qu'aux des grands forts, situés en arrière, et qui viennent les appuyer au moment de l’assaut.
- Et nous rappellerons l’exemple tout à fait remarquable et très comparable que fournit le siège de Belfort. Au sud de la ville, se trouvaient deux
- Fig. 4. — Canon de 15 centimètres tirant à embrasure sous abri bétonné.
- ouvrages inachevés, et si peu solides que les prédé-v,# cesseurs du colonel Denfert avaient résolu de ne pas même les occuper. C’étaient les Hautes et Basses Perches (fig. 6). Ces forts, dans l’état où ils se trouvaient, offraient un parapet de 5 mètres de relief, précédés d’un fossé taillé dans le roc, de 3 mètres sur 5. Des abris étaient ébauchésçà et là, à peine maçonnés. Mais, comme un bois situé en avant de la position gênait les vues, on en avait coupé les arbres en laissant des souches de 0m,60; on avait également entre elles tendu des fils de fer.
- Et c’est ce qui rend tout à fait comparable ce cas, aux défenses avancées de Port-Arthur. Or, une attaque de vive force, tentée le 8 janvier 1871, après un furieux bombardement, échoua complètement; les Allemands durent faire de ces misérables re-
- p.201 - vue 205/536
-
-
-
- LA N A Tint K.
- 202
- doutes un siège en règle, avec parallèles, et ne les occupèrent que le 8 février après 98 jours de siège et 68 journées de bombardement (fig. 6).
- Fig. o. — Type de fort (ilaïujueiuent des fossés).
- A. (Jupounière. — lî. Coffre de contrescarpe. — C. Communication souterraine.
- C’est incroyable, et c’est pourtant réel; cà Port-Arthur il n’en fut pas autrement.
- Les grands forts construits en 1905 sont, parait-il, tout à fait conformes aux idées les plus récentes. Mais ces idées, si l’on consulte les traités parus dans certains pays, semblent assez mal déterminées actuellement.
- Le colonel italien Bocchi, dans l’ouvrage cité plus haut, expose divers systèmes qui ont dù être mis en pratique à Port-Arthur — et des derniers assauts nous pourrons déduire certains détails.
- Un fort peut avoir une forme quelconque, commandée par le terrain. Il est entouré d’un mur à pic ou d’un large fossé taillé dans le roc, et précédé des mêmes défenses accessoires que plus haut. Mais g a forme sera toujours telle qu’au moyen d’organes tels que A (caponnières) ou B (coffres de contrescarpe) (fig. 5), le flanquement des fossés soit assuré. Si l’on en croit les renseignements publiés sur la prise du fort de Sang-Chou, ces organes de « flanquement » rendirent les plus grands services.
- En arrière du fossé, on doit se figurer un parapet d’infanterie ; puis, en arrière encore, des abris bétonnés et protégés par tous les procédés en usage. Les dernières expériences laites en Italie ont maontré qu’un seul obus de gros calibre (en tir de plein fouet) perçait une paroi de 2 mètres en béton de ciment. On fait précéder une telle muraille de A mètres de pierraille contre les coups indirects, et on porte l’épaisseur du béton à 4 et 6 mètres dans les parties exposées au tir direct.
- |Les bétons arm en permettent, depuis quelques années, de réduire ces épaisseurs.
- On n’en parle pas à propos de Port-Arthur. ]
- Où sont les canons? Les gros canons sont n’importe où, au centre ou sur la partie culminante. En Europe on les place sous tourelles cuirassées : on dit qu’il n’y avait pas de tourelles à Port-Arthur; ils sont donc
- soit à ciel ouvert, noyés dans des massifs de béton, soit dans des abris, tirant à embrasures. Nos figures 5 et 4 montrent de tels dispositifs.
- Où sont les petites pièces? Évidemment dans les angles, sur affûts à éclipse peut-être, et sous abris bétonnés, elles aussi.
- Si nous prenons par exemple un type de fort moderne, si nous remplaçons le mur à pic par un large fossé, en imaginant des communications souterraines bétonnées, nous arrivons à nous représenter un des ouvrages de la ligne principale de Port-Arthur, par exemple ce fort Sang-Chou dont la prise a déterminé la chute de la place.
- Que peuvent supporter ces forts? Quand l’ennemi tire de loin, et sans voir, même avec de grosses pièces, ces forts peuvent sans dommage souffrir des bombardements qui défient l’imagination.
- On dit que les deux forts An-tse-Chan et E-lse-Cban ont reçu, pendant la seule journée du 28 octobre, 285 obus de gros calibre. Ils n’ont pas dù en souffrir beaucoup puisque ce n’est pas de ce coté que l’assaillant tenta son effort principal.
- Si bien qu’il est assez difficile de dire aujourd’hui combien ils auraient pu résister, s’ils avaient eu des munitions pour se défendre. Mais ils n’en avaient plus et la dernière mélinite servit aux Busses à les détruire.
- Sur le front de mer, on l’a vu, s’étendait une suite de batteries. Qu’étaient ces batteries? Il est vraisemblable qu’on n’y avait pas fait de grandes dépenses de bétonnages : il était suffisant de dissimuler les pièces dans le rocher et l’on s'en contenta probablement ; en effet, de telles natteries dominent la mer de 100 mètres en moyenne et c’est un fait bien connu, qu'elles n’ont pas grand’chose à craindre du tir des grosses pièces des navires. Les défenseurs du front de mer n’ont pas eu à s’inquiéter beaucoup de leur sécurité, tandis qu’au contraire ils pouvaient causer beaucoup de mal aux flottes ennemies.
- Mètres
- H*5 Perches,
- 200 1*00 6s o
- Batterie
- Bs” Perches
- Tranchée du chemin de fer IL—
- - Janvier'
- a a a
- 8a raques
- Baraques
- 1 .
- Fig. 6 — Sape devant les Perches (siège de Belfort).
- p.202 - vue 206/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 205
- Batteriesjat
- !i Kouan’
- ///Hisuzan JSéjng // legr . ;
- I NOUVELLE VILLE A
- NORD
- ( c o
- LiaoTi Chan
- Siège de l’ort-Ai'llmr.
- Disons, pour terminer, un mot de l’attaque d’une telle place.
- Après la période de défense extérieure active (fin juillet) l’investissement se resserre et les Japonais ouvrent le leu des batteries de siège sur les différentes positions avancées.
- La marche est toujours la même : bombardement un peu au hasard, de loin, et sans voir : effet nul, assaut, échec complet. Rebombardement et approche pas à pas des troupes d’infanterie. Ces positions successives, une fois prises, n’étaient pas toujours utilisables ; dominées par les forts et criblées d’obus, difficiles à retourner contre la ville, elles ne pouvaient servir souvent que d’observatoires. Et c’est ce qui explique que, le 15 août seulement, les Japonais trouvent sur la montagne du Loup leur véritable position de batterie * contre le secteur attaqué, et contre la ville.
- Septembre, octobre, deux mois entiers voient les assauts succéder aux bombardements; les Japonais enlèvent diverses redoutes, en avant des forts du nord-est. Ils s’y établissent solidement cl y installent des batteries. Mais les forts demeurent inabordables. Il est vraisemblable qu’au début de novembre l’ennemi est parvenu à 1 km des loris de Kikouan et Sang-Chou ; alors commence la période des sapes. On appelle ainsi des tranchées aussi profondes que le permet la nature du sol, où l’assaillant peut progresser à l’abri. 11 s’efforce la nuit d’y installer des batteries et avance, en zigzag, de manière à rester défilé aux coups. Fin novembre, les assiégeants redoublent d’efforts. Ils occupent des tranchées dites parallèles, sans doute à une distance moyenne de 600 mètres des forts, et tentent, après des hombardéments furieux, des assauts de nuit. On a conservé le souvenir de ces combats inouïs, où 25000 Japonais trouvèrent la mort, où les monceaux de cadavres se putréfiaient sur les glacis des forts.
- Le 25 décembre enfin, les sapes sont arrivées à 150 mètres des fossés, et, par des galeries de mines, les assaillants viennent détruire la contrescarpe de Sang-Chou (fig. 7). Bombardement, assaut, dernier échec. Il faut détruire le mur d’escarpe, soit à la mine, soit au canon, pour qu’enfin l’assaut réussisse. Qu’on se figure ce dernier mois de siège, dans les forts d’Erloung et de Sang-Chou et l’on imagine aisément l’état dans lequel les Japonais durent les trouver.
- Ces forts succombèrent-ils par manque de munitions? On ne peut guère le prétendre. Il arrive toujours un moment où Un fort succombe; c’est lorsque : 1° il est détruit; 2° l’ennemi, s’aidant de sapes et de mines, y prend pied.
- Mais c’eât dans l’action des autres forts que le
- manque de munitions intervint. 11 est certain que, sous le feu des forts voisins, les Japonais n’eussent pas plus occupé Sang-Chou que la colline de 205 mètres. Mais les ressources étaient épuisées ; depuis longtemps les forts répondaient à 1 coup sur 200! C’était l’impossibilité matérielle, la fin mathématique; Stœssel, dans sa lettre à Nogi, nedit pas autre chose. Elus tard, on parlera de Port-Arthur avec des données précises. Nous connaîtrons la fortification de la place ; nous pourrons tirer des événements des renseignements précieux sur la valeur des forts modernes; mais il est certain que cette défense admirablement conduite reste parmi les plus célèbres que présente l’histoire des sièges.
- Z...
- L’INDUSTRIE S4LIC0LE
- DANS l/oü E S T DE LA F U AN UE
- Bien que l’industrie du sel gemme, du sud-ouest et de l’est de la France, fasse une concurrence terrible au sel de Guérande, à cause du prix de vente moins élevé, ce dernier conserve une clientèle fidèle et donne lieu à une industrie encore importante.
- La culture, si j’ose m’exprimer ainsi, et la récolte du sel dans les marais salants de l’ouest de la France, dans le pays de Guérande, sont assez délicates. Elles occupent toute une population de sauniers ou paludiers, aux mœurs spéciales et aux costumes curieux, que l’on peut encore voir les jours de grande fête.
- Ces marais salants du pays Guérandais sont très particuliers et ne ressemblent nullement à ceux des autres parties de la France, sur les bords de la Méditerranée, par exemple.
- Tout l’été, le paludier guérandais s’occupe de récolter du sel; l’hiver souvent, il sè fait cultivateur
- p.203 - vue 207/536
-
-
-
- LA NATUKE.
- 204
- pour occuper ses loisirs. Tout l’hiver, en effet, pour éviter la gelée, les marais restent noyés sous l’eau.
- Le paludier n’est pas un locataire de la saline ou un ouvrier à la journée. C’est une sorte de colon parliaire faisant le travail pour le tiers ou pour le
- quart de la récolte. Les impôts et les réparations restent à la charge du propriétaire.
- Autrefois l’hiver, de père en fils, les paludiers, montés sur des mules, allaient vendre le sel de village en village jusqu’à 50 lieues à la ronde. Aujourd’hui il n’en est plus de même depuis qu’une voie
- ferrée relie les marais salants avec les grands centres.
- Dès la fin d’avril, le paludier laisse écouler l’eau du marais, puis il corroie la terre des œillets ou en unit le fond avec la boguette (pelle concave) et la tousse (pelle plate). Vers le milieu de juin, dès que le beau temps et la chaleur permettent au sel de se déposer dans les œillets, les hommes, munis de grands râteaux sans dents, ou rable, rassemblent le sel sur la ladure, petite plate-forme située au milieu des œillets.
- La porteuse vient alors, pieds nus et jupe retroussée, chercher le sel; avec une grande pelle, la lace, elle emplit sa jède, grande cuvette de bois qu’elle porte sur la tète. Elle va déposer sa charge sur le trernet, plate-forme de ô à 4 mètres de rayon, située sur les talus qui séparent la saline proprement dite de la vasière. Le sel amoncelé constitue un rnulon qui peut atteindre jusqu’à 5 mètres de haut.
- Ce sont ces muions qui donnent un aspect si curieux au pays. Avant l’hiver, les hommes couvrent les muions avec de l’argile sur laquelle poussent les herbes. Cette couverture protège le sel contre la pluie. Des muions se conservent ainsi des années en attendant la vente ; mais il faut entretenir cette couverture d’argile qui doit toujours être en bon état, sans cela le sel pourrait fondre. Les marais salants occupent, dans le pays deGuérande, une superficie d’environ I5o0hec-
- tares, soit environ 25 000 à 50 000 œillets répartis entre 1500 propriétaires.
- A l’époque des grandes marées, l’eau de mer est amenée dans les vasières par les étiers. L’eau boueuse dépose le limon dont elle est chargée, dans la vasière profonde de 20 à 30 centimètres et où vivent de nombreux poissons. Elle y entre par une vanne rudimentaire; elle en sort par une rigole appelée coméladure et se rend ensuite dans des réservoirs qui sont successivement les cobiers, les faces, les adernes. Ces réservoirs ont pour but de concentrer de plus en plus l’eau de mer. Dans les premiers, l’eau se concentre à 0° ou 10°C.; dans les seconds à 21° ou 22°,5 C.; dans les troisièmes à 22°,5 ou 25° C.
- Les étiers représentent 4 pour 100 de la superficie de la saline, les vasières et les cobiers 50 pour 100, les fares et les adernes 40 pour 100.
- Des adernes l’eau passe dans les œillets par des rigoles appelées guiffres et dont l’entrée se ferme par une ardoise. La profondeur des œillets est d’environ 2 centimètres; leur superficie représente 6 pour 100 de celle de la saline. C’est dans l’œillet que l’eau s’évapore et que le sel cristallise en se déposant. Chaque œillet est séparé de son voisin par une petite levée de vase, ou bossis, large de 0in,20 à 0ITi,40, élevée de 0ra,05 au-dessus de la surface de l’eau. Au milieu du bossis se trouve une petite
- Fig.
- Costume (le fiançailles d’un paludier.
- p.204 - vue 208/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 205
- plate-forme ou ladurey dont nous avons déjà parlé et où le saunier rassemble le sel cristallisé dans l’œillet.
- En juin et juillet on renouvelle l’eau des salines tous les deux ou trois jours; en août et septembre tous les cinq ou six jours. En effet, quand le premier sel de cuisine s’est déposé, puis a été enlevé,
- le marais échaudé, il y a saturation de l’eau par les sels de magnésie et de potasse contenus dans l'eau marine. Le chlorure de sodium ne peut plus alors continuer h se déposer si l’eau n’a pas été renouvelée.
- Pour avoir une récolte moyenne il faut, entre
- Fig. i. — Construction <l’un mnlon. Au premier plan, un mulon de l’année précédente. (Cliché Fodéré.)
- juin et septembre, environ 40 à 45 jours de saunaison. Un œillet, dans une année moyenne, produit de 1100 à 1200 kilogrammes de sel gris, et 80 kilogrammes de sel blanc. En 1896, la production en sel a été pour le pays de Guérande, de 60 000 tonnes.
- Ces marais sa-lants donnent naissance, par une association minéralogique bien connue, à des cristallisations de gypse lenticulaire. L’origine des marais salants est assez controversée. Ils ont dû être établis sur des dépôts vaseux nés des particules tenues en suspension dans les eaux marines et provenant delà Loire et de la Vilaine. En même temps que les vases se déposaient dans des endroits à l’abri des courants de marée trop violents, il a pu y avoir un lent mouvement de soulèvement, comme on croit le constater en examinant attentivement certaines parties du rivage du pays de Guérande. Sur le fond du golfe guéran-dais, où l’eau devenait de moins en moins profonde, s’établirent des zostères, algues marines qui fixèrent
- Fig. 5. — Plan des marais salants guérandais.
- les particules vaseuses et formèrent de véritables prairies marines. Ces prairies se transformèrent ensuite plus tard en marécages rarement inondés par la mer. Les hommes purent alors y créer les marais salants, dont le niveau, dans bien des endroits, est souvent
- plus bas que celui de la mer ; les salines ne sont protégées dans bien des cas que par les levées de vases, formant de véritables digues analogues à celles de la Hollande. Il existe du reste encore actuellement dans le trait du Croisic des endroits où ces sortes de prairies marines sont toujours en formation. On y trouve aussi des atterrissements marécageux très rarement inondés par la mer. L’examen des anciennes cartes marines montre très nettement que, depuis quelques siècles, les limites des marais salants ont subi des modifications. Certaines baies guérandaises, aujourd’hui presque entièrement comblées, permettaient autrefois aux barques de naviguer.
- Marcel Chevalier.
- p.205 - vue 209/536
-
-
-
- L A N A TI1 RE.
- 20fi
- LES
- LAMPES A INCANDESCENCE ÉLECTRIQUES
- ET LES COMPTEURS
- Tous les ans, à la même époque, vers la fin de la saison d’hiver, ce sont les mêmes récriminations qui nous reviennent de toutes parts : le prix de l’électricité est trop élevé; les compteurs sont inexacts, ils enregistrent le double ou le triple de la consommation.
- Tout le monde reconnaît que le prix de vente de l’énergie électrique à 0fr, 15 l’hectovvatts-heure, au maximum, soit à 0,r,10 ou 0fr, 12 en moyenne, est de beaucoup trop élevé. Mais si l’on veut bien se souvenir que ce prix a été fixé en 1888, à une époque où l’industrie électrique présentait encore des difficultés qui sont aplanies aujourd’hui, si l’on se rappelle également que des concessions d’une durée de 18 ans seulement ont été accordées à cette époque par la Ville de Paris, on se félicite que des sociétés aient bien voulu accepter toutes les charges de capital pour effectuer dans Paris des distributions d’énergie électrique, même aux prix élevés que nous citons plus haut.
- Il n’en est plus de même aujourd’hui ; le besoin d’énergie électrique pour éclairage, force motrice et utilisations diverses se fait sentir de tous côtés, et l’on ne demande partout que de l’énergie électrique à bon marché. La question est posée; le Conseil Municipal de Paris s’en occupe, et une Commission spéciale a été nommée pour étudier le régime futur de l’électricité à Paris. Nous pouvons donc espérer avoir sur ce point toute satisfaction dans un avenir relativement prochain.
- En attendant, il importe de considérer l’état actuel des choses, et puisque l’énergie électrique est d'un prix élevé, prendre toutes les dispositions pour l’utiliser dans les meilleures conditions; c’est ce qui n’arrive pas en général. Les lampes à incandescence que l’on emploie sont des petits appareils qui demandent à être surveillés, surtout lorsqu’ils sont depuis quelque temps en service. Ces lampes, au début, quand elles sont de bonne qualité (car on en trouve de très mauvaises, vendues, il est vrai, à très bon marché à 0,r,50 et 0tr,35), donnent «ne bonne lumière, avec une consommation spécifique d’environ 5,5 watts par bougie pour des lampes de 10 bougies et d’environ 5 watts par bougie pour des lampes de lfi bougies. Mais ces consommations augmentent avec la vie de la lampe ; à 200 heures, on trouve déjà des dépenses de 4,5 et 4 watts par bougie pour les lampes que nous mentionnons. Enfin vers 4 ou 500 heures, on commence à distinguer le filament incandescent, l’intensité lumineuse a subi une baisse d’environ 20 pour 100; à partir de ce moment la lampe dépense 5 et fi watts par bougie et n’éclaire plus. La vie de la lampe est terminée, il faut la remplacer.
- On peut remédier en partie aux inconvénients signalés, en prenant des lampes d’une différence de potentiel plus faible que la différence de potentiel de distribution normale, de 105 volts par exemple si le réseau de distribution donne 110 volts. Les lampes sont alors poussées ; elles donnent une vive lumière, ont une faible consommation spécifique, mais ne durent pas longtemps, il faut les remplacer souvent. Tous comptes faits, on réalise encore des économies très appréciables. De même, avec les lampes ordinaires, il arrive un moment où il est plus économique de les remplacer; c’est le point de cassage de la lampe. Il importe donc, comme nous le disions, de faire attention à l’achat des lampes et à leur fonctionnement. Nous citerons à ce propos quelques renseignements, que donnait récemment VIndustrie Electrique, sur les lampes
- actuelles à incandescence de 110 et de 220 volts. A la demande de la Commission du régime futur de l’électricité à Paris, le Laboratoire central d’électricité de la Société des Electriciens a entrepris, sous la direction de M. Paul Janet, une série d’essais sur des lampes de 5, 10 et lfi bougies fournies par cinq fabricants différents. Ces essais ont été faits à potentiel constant sur accumulateurs et à potentiel sensiblement constant sur le secteur de la llive (lauche. Les lampes à I 10 volts ont, au début, une consommation spécifique moyenne de 5,fi watts par bougie et après 200 heures, de 5,87 watts par bougie. Les lampes à 220 volts ont, au début, une consommation spécifique de 4,4 watts par bougie, et après 200 heures, de 5,19 watts par bougie. Les lampes à 220 volts consomment 22 pour 100 de plus, et, après 200 heures, 54 pour 100 de plus, que les lampes à 110 volts. Le prix des lampes varie de 40 à fit) centimes pour les lampes de 110 volts, et de 75 centimes à 1 franc pour les lampes à 220 volts. Ces chiffres nous montrent donc qu’il existe actuellement de bonnes lampes à 110 volts, à consommation relativement peu élevée, et qu’elles sont supérieures aux lampes actuelles à 220 volts.
- Mais les abonnés et les consommateurs d’énergie électrique ne se préoccupent pas le plus souvent des dépenses faites par les lampes. Quand il arrive une consommation un peu forte, à la fin de l’hiver par exemple, c’est immédiatement le compteur que l’on accuse. Le compteur électrique cependant, nous tenons à le dire bien haut, est un appareil qui ne laisse rien à désirer. Nous en avons fait précédemment1 une étude complète des principaux modèles, et nous avons vu que tous les organes de ces appareils, tout en étant robustes, se prêtaient à une grande précision. Nous ajouterons aujourd’hui que dans les limites admises, d’avance ou de retard de 5 pour 100, les compteurs électriques fonctionnent parfaitement et en pratique qu’aucun autre compteur, ni compteur à gaz, ni compteur à eau, ne peut même leur être comparé. Ils sont du reste l’objet de constantes précautions. Ils sont d’abord agréés par la Ville de Paris, puis ils sont soumis, dans les secteurs de distribution, à des visites périodiques pour l’entretien et la vérification. Il arrive sans doute que pour diverses causes, accidents d’installations, courts-circuits, etc., un compteur électrique s’arrête ou se dérange; c’est à l’heure actuelle un fait bien rare.
- J. Laffvrgiïe.
- La nouvelle flotte de guerre du Brésil. — Le
- Brésil entend jouer un rôle comme puissance navale, et il prépare des plans pour une nouvelle flotte de 29 navires : 5 cuirassés de 13 000 tonnes et marchant à 19 nœuds, 5 croiseurs cuirassés de 9500 tonnes et 21 nœuds, 6 contre-torpilleurs, 12 torpilleurs, 5 sous-marins et un transport, plus un navire-école.
- Chalands de mer et commerce des bois. —
- On emploie de plus en plus des chalands remorqués, de forte capacité, pour effectuer de nombreux transports maritimes. Voici qu’on commence à les employer pour le commerce des bois entre les côtes de Norvège et les ports anglais, et tout dernièrement plusieurs de ces chalands, portant 1200 tonnes de bois, ont été remorqués de Riga à la Tyne.
- 1 Voy n° 1525, du lfi août. 1902, p. 167 et u° 15|ti, du 10 janvier 1903, p. 8t.
- p.206 - vue 210/536
-
-
-
- LA NATllRK.
- 207
- Les ouvrages métalliques et la fumée des locomotives. — Aous avons donné des exemples caractéristiques des corrosions que peut causer la fumée des locomotives sur les ouvrages métalliques franchissant les voies ferrées. L’Association américaine des « Railway Superïntendents of Bridges and Buildings » s’est préoccupée de la question et a fait une sérieuse enquête à ce sujet. Bile a constaté que certaines peintures à l’huile de lin sont efficaces, à condition d’ètre appliquées sur une surface métallique parfaitement propre et exempte de rouille. L’enduit de ciment paraît suffisant si sa liaison avec le métal est sûre et si son épaisseur atteint au moins 25 mm. Pour l’asphalte, il ne donnerait un bon effet que s’il est appliqué sur le métal chaud, et s’il ne contient pas trop de matières volatiles.
- Le déchargement d’un grand navire. —
- La rapidité s’impose tout particulièrement dans le chargement ou le déchargement des grands navires qui fréquentent les ports de commerce. On perfectionne dans ce but tous les appareils de manutention, les navires portent à poste fixe sur leur pont des mâts de charge, des treuils de toutes sortes. Un exemple caractéristique du résultat auquel on peut ainsi arriver à l’heure actuelle est celui du steamer « Augustus B. AVolvin )), qui navigue plus spécialement sur ces mers intérieures qu’on appelle les grands lacs américains. Il porte indifféremment telle ou telle cargaison en vrac, charbon, minerai de fer, etc. ; lors d’un de ses derniers voyages, il est arrivé au port de Conneaut avec un chargement de 10100 tonnes de minerai, à destination de Duluth. Dès son arrivée, on mit en position au-dessus de ses cales 4 machines à décharger Ilulett, du type à coquilles, puis 4 transporteurs électriques Brown; et, en 4 heures 50 minutes, les cales étaient entièrement vidées de leur contenu, sans qu’on eût recours au moindre manœuvre pour charger le minerai dans des bennes. Disons du reste que la cale unique du « Wolvin » est construite de façon spéciale, avec des plans inclinés, pour permettre ce déchargement entièrement mécanique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 février 1905. — Présidence de 51. Tiioost.
- L'éclipse de iu ne du 20 février. — M. Bigourdan annonce qu’il a pu observer l’éclipse de lune à l’Observatoire de Paris et que les données numériques de la connaissance des temps sur le phénomène se sont trouvées vérifiées.
- Les Carnivores du quaternaire.— M. A. Gaudry présente une Note de M. Marcellin Boule relative au lion des cavernes. 11 fait savoir que le ministre de l’Instruction publique viendra jeudi prochain inaugurer au Muséum la vitrine des animaux quaternaires (vov. ci-dessus, p. 105) ; il termine en disant que divers dons faits au Muséum ont une valeur de plus d’un million, qu’ils intéressent non seulement la paléontologie, mais encore l’entomologie et la botanique. 11 cite l’herbier de Cosson donné par son petit-fils et celui de Drake del Castillo donné après sa mort par la famille.
- Composition des eaux-de-vie de vin. — M. Müntz dépose une Note de M. Rocques, relative à la composition des eaux-de-vie de vin. L’auteur a dosé les acides, les aldéhydes, les éthers, les alcools supérieurs. Il a constaté que le furfurol ou aldéhyde pyromucique est plus abon-
- dant dans les eaux-de-vie fabriquées avec des appareils défectueux.
- Photographie de tache solaire. — M. Janssen fait admirer une photographie de la grande tache solaire apparue le 28 janvier dernier et suivie à l’Observatoire de Meudon depuis le 31. Cette belle photographie est l’œuvre de M. Pasteur.
- Effets divers d’une même infection. — M. d’Arsonva résume une Note de MM. Charrin et Le Play relative à l’influence du terrain dans le développement des maladies parasitaires. Cette influence paraît de jour en jour mieux établie ; on rétablit ainsi en partie l’importance des données de la vieille médecine. Grâce à une série d’expériences longuement poursuivies, MM. Charrin et Le Play montrent que, pour un même parasite, la maladie change d’un organe à l’autre. Ils expliquent ces étonnantes variations en faisant observer que les organes présentent des différences de composition et que, par suite', le microbe, trouvant des éléments différents, se développe, s’alimente plus ou moins, détruit plus ou moins le tissu, et surtout acquiert des fonctions variées en rapport avec la variation des produits. C’est ainsi que dans le foie, il peut former de l’alcool, phénomène impossible dans le rein. Or cet alcool cause une série d’accidents. Donc l’on peut présenter des lésions alcooliques sans avoir ingéré la moindre parcelle d’alcool. Le microbe possède à sa disposition des moyens d’action qui changent suivant les organes.
- Le microbe de la lèpre. — M. Roux présente une Note de M. le Dr Nicolle de Tunis relative à la culture du microbe de la lèpre. Ce microbe a été depuis longtemps découvert en Suède, mais n’a pu être cultivé. M. Nicolle a obtenu des résultats sur deux Macaques en les inoculant avec le virus sitôt après l’ablation de tumeurs lépreuses de l’homme. L’inoculation avait été pratiquée de différentes manières en vue de chercher un terrain favorable. D’abord sous la peau, puis dans la muqueuse de l’œil, dans la muqueuse du nez, enfin en avant de l’oreille et dans le pavillon de l’oreille. Les lésions ont guéri et n’ont, pendant deux jours, donné lieu à aucun accident. Mais alors une nodosité est apparue en avant de l’oreille et dans l’épaisseur du pavillon. Lorsque cette nodosité a eu atteint la grosseur d’une noisette elle a été enlevée et une coupe en a été examinée au microscope. Celle-ci présentait la structure du léprome. On n’a point cependant trouvé les grandes cellules remplies de bacilles mais des cellules contenant plusieurs bacilles. Il y a lieu de croire qu'en laissant vieillir la tumeur elle se rapprochera de plus en plus du léprome par sa structure.
- La nature des impulsions cardiaques. — M. Dastre présente une Note de M. Kronecker de l’Institut physiologique de Berne, ayant pour objet de trancher une question qui divise les physiologistes au sujet du fonctionnement du cœur. Dans ce fonctionnement la part principale revient-elle aux muscles cardiaques ou au système nerveux? La propagation de l’excitation d’un point à l’extrémité est une propriété d’un trajet nerveux, disent les uns; au contraire, disent les autres, la contraction née dans le cœur se propage par les muscles. M. Kronecker pour séparer l’oreillette du ventricule élimine l’intervention d’un faisceau musculaire allant de l’un à l’autre. Le cœur continue à fonctionner; donc l’interruption du pont musculaire ne nuit pas à l’excitation du cœur. Cette constatation décide la question en faveur du rôle prépondérant du système nerveux. Ch. de Villedeuil.
- p.207 - vue 211/536
-
-
-
- 208
- LA NATURE.
- IA GRANDE TÂCHE SOLAIRE
- Nous avons signalé récemment1 l’apparition sur le Soleil d’une tache énorme, colossale; cette dernière appellation n’est pas exagérée quand on sait que ce phénomène est le plus important qui ait été enregistré à la surface du Soleil depuis que cet astre est observé régulièrement.
- Le magnifique dessin reproduit ici, riche en détails d’une extrême importance, donne une excellente idée de cette formation solaire, d’après les observations de M. l’abbé Moreux, le savant astronome si compétent en la matière. En même temps que ces dessins très précis, les mesures faites et les renseignements divers qu’il m’a fournis à l’Observatoire de Bourges peuvent se résumer ainsi : Dans sa [dus
- grande extension, le 2 février, la tache mesurait 173600 km de longueur sur 102 000 km de largeur; ces dimensions donnent, pour la surface occupée, quelque chose comme 15 milliards de kilomètres carrés, 1/20 de la surface du disque! Les photographies que j’ai prises de mon coté, sont absolument conformes. Ce sont ces chiffres qui permettent d’estimer que cette formation est la plus vaste de toutes celles qui ont été mesurées ; effectivement, des longueurs de 200000 km et plus avaient été constatées mais s’adressant à l’ensemble d’un groupe de taches, ce qui n’est, pas du tout la même chose. D’autre part, une immense tache de 250000 km fut mesurée en 1858; c’est la plus grande comme longueur ; mais, à cause de sa forme allongée, elle ne mesurait, parait-il, que I /56 de la
- Tache solaire visible à l’œil nu et mesurant 173 600 kilomètres. (D'après un dessin de l’abbé Th. Moreux. j
- surface du disque solaire; elle était donc notoirement moindre que celle actuelle, dont on appréciera la dimension par rapport à la terre figurée dans un coin du dessin.
- Cette grande tache, qui est passée au méridien central du Soleil dans la nuit du 5 au 4 février, se trouvait dans l’hémisphère austral d’abord à la latitude de — 15°, puis progressivement, par suite d’un déplacement propre du noyau, à celles de —14°,5 le 5 et de —17°,5 le 8 février.
- La trop faible extension de cette Note, qui a pour but surtout de présenter l’aspect et les éléments de la tache, ne permet pas d’insister d’une façon même résumée sur la théorie de ces formations dont l’importance peut être considérée comme capitale.
- Les variations dans l’aspect général et dans les détails ont été très notables. L’ensemble était d’ail-
- 1 Voy. n° 1655, du 11 février 1905. Informations. Nouvelles scientifiques.
- leurs en voie de dislocation. La photosphère tendant à envahir cette région surchauffée, suivant la belle théorie de l’abbé Moreux, cette lutte colossale se traduisait sous l’aspect de langues de feu et de courants de matériaux segmentant la tache en tous sens et modifiant profondément son aspect, même dans le cours d’une journée.
- La rotation du globe solaire a entraîné la grande tache et l’a dérobée à nos regards le 10 février. Mais, malgré la période de dislocation dans laquelle elle se trouvait, il faut espérer qu’elle persistera quelque temps encore et qu’alors elle réapparaîtra vers la fin du mois. Ce retour est à épier et nous procurera sans doute l’occasion de revenir d’une façon plus étendue sur cet important phénomène.
- Lucien Ruraux.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Panure, rue de Fleuras, 9.
- p.208 - vue 212/536
-
-
-
- N° t G58.
- 4 MARS 19 05.
- LA NATURE.
- 20»
- MACHINE A ÉCRIRE
- LA DACTYLE ÉLECTRIQUE
- Dans toute machine à écrire, la lettre qui vient s’imprimer sur le papier doit accomplir un certain travail, plus ou moins compliqué, qui s’effectue sous la poussée de la touche actionnée par le doigt. Bien que cette poussée soit relativement minime, il n’en est pas moins vrai que, quand elle se répète cent ou cent cinquante mille fois dans une journée, elle peut devenir une fatigue; il faut en outre ramener le chariot en arrière à la fin de chaque ligne ; d’où nouvelle fatigue, et, en outre, perte de temps proportion-
- nelle à l’amplitude du mouvement. L’inventeur de la dactyle, M. Blickensderfer, a pensé qu'on pourrait demander tout l’effort à accomplir à une force mécanique; les doigts n’ayant plus ainsi qu’à effleurer les touches pour amorcer la manœuvre, il y aurait suppression de la fatigue et augmentation du rendement. C’est en partant de cette idée qu’il a réalisé la dactyle électrique, dans laquelle la force mécanique a été demandée au moteur électrique, dont la facilité de mise en marche et la souplesse connue offrent de si grandes ressources. Il y a peu de maisons, où la machine à écrire est employée, qui n’aient en même temps l’éclairage électrique et il suffit de relier le moteur, par un fil souple, à la
- La dactyle électrique. — 1. Ensemble de la machine. — t. Détail du mécanisme d’impression automatique. 3. Détail de la manœuvre automatique du chariot porte-papier.
- douille d’une lampe à incandescence pour pouvoir employer la nouvelle machine. Nous n’essayerons pas de décrire par le détail son mécanisme ingénieux, cela nous entraînerait à des développements trop techniques, nécessitant un nombre considérable de dessins; ceux que la question intéresse particulièrement pourront se documenter en lisant la très intéressante communication faite à ce sujet par M. 0. Rochefort à la Société des Ingénieurs civils de France. Nous nous bornerons donc à exposer ici sommairement le principe, sur lequel repose l’impression pour ainsi dire automatique ; car le reste du mécanisme conserve les mêmes fonctions que dans la machine ordinaire qui a été décrite ici1.
- 1 Yoy. ii° 1181, du 18 janvier 189(3, p. 97»
- 33e année. — 1CI semestre.
- Lorsqu’on appuie sur la touche D (fig. 1, nos 1 et 2) son abaissement, de 2 à o millimètres environ, suffit pour préparer le barillet H, porteur des caractères, à présenter le signe désiré en face du papier. L’effort ne commence qu’à, ce moment, lorsqu’il faut entraîner le barillet et l’amener à frapper le papier ; c’est donc ce travail qu’on va demander au moteur. En abaissant la touche, de la faible quantité que nous venons de dire, on a déplacé un levier qui agit sur l’embrayage B, et c’est alors la came A, qui exercera sur le levier correspondant à la touche b l’effort qu’on aurait dû demander au doigt, bès que cette came a fait un tour, le levier reprend sa position primitive et le moteur est débrayé automatiquement; il fait, en ellet, 2000 tours par minute et on
- 14
- p.209 - vue 213/536
-
-
-
- LA N A TLH i:.
- ‘210
- imprimerait plusieurs fois le même caractère si on devait compter sur l’agilité des doigts pour relever la touche. On peut donc laisser impunément le doigt en place et abaisser la touche suivante sans perte de temps; à chaque tour de moteur, c’est-à-dire en 1/55 de seconde, l’impression est faite, le chariot porte-papier avance d’une espace et le barillet se remet en place prêt pour une nouvelle impression. Quand on arrive au bout de la ligne, il suffit d’appuyer sur une touche pour que le chariot revienne en arrière; celui-ci porte, en effet, une crémailierie G commandée par le pignon E (n° 5), qui peut tourner, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, grâce aux pignons d’angle T. Suivant que la poulie A ou sa symétrique seront en prise avec l’arbre M du moteur V, la rotation aura lieu dans un sens ou dans l’autre et le chariot C se déplacera à droite ou à gauche.
- En rendant la machine à écrire pour ainsi dire automatique, on diminue considérablement la fatigue tout en augmentant la rapidité d’exécution et la régularité de l’impression. G. Chalmarès.
- MSEÜRS RATIONNELS
- POUR LA PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE
- Les seuls viseurs pouvant convenir à toutes les circonstances de la photographie instantanée sont ceux destinés à la visée directe et à hauteur de l’œil. Les raisons qui les ont fait imaginer sont trop connues pour qu’il y ait lieu de les rappeler ici ; et, depuis lors, la pratique du décentrement a enlevé toute valeur aux anciens viseurs à prisme ou à miroirs, que l’on voit encore sur les détectives et sur un grand nombre d’appareils pliants.
- On ne s’occupera donc, dans la présente étude, que des viseurs clairs, essentiellement composés d’une lentille divergente (ou, parfois, d’un simple cadre) portant un trait vertical et un horizontal, et d’une mire, cette dernière étant pleine ou à œilleton, et pouvant se trouver en avant ou en arrière de la lentille.
- Disons immédiatement qu’il convient de préférer la mire à œilleton, et qu’il est indispensable de la placer à l’arrière du système, le plus près possible de l’œil. L’œilleton assure une meilleure visée que la mire pleine. Il dégage, en effet, le but, au lieu de le cacher. Et, en outre, quiconque a l’expérience des instruments de topographie ou d’astronomie, ou des hausses des canons, sait qu’une ligne de mire est mieux et plus facilement déterminée par des intervalles de lignes que par des points matériels, lar, si un point n’est pas exactement placé au milieu de l’intervalle de deux lignes, l’œil voit, d’un côté du point, un demi-intervalle plus l’erreur commise, et, de l’autre, un demi-intervalle moins cette erreur; et, en définitive, il perçoit donc une erreur double de celle qui a été réellement commise.
- Quant à la situation réciproque de la mire et de la lentille, il importe de remarquer que cette dernière n’a pas seulement pour objet de fournir par la croisée de ses traits la direction de la visée, mais qu’elle doit aussi encadrer le tableau visé. Pour cela, il faut quelle soit à une distance bien déterminée de l’œil. Or, cette condition ne peut être remplie que si la mire c-t placée a*ï'arrière, et qu’elle soit à œilleton.
- Si, en effet, c’est la lentille qui se trouve à l’arrière, l’œil ne peut pas s’appliquer contre elle, et n’a pas de position fixe (en outre, il faut noter que ce mode de construction impose à la vue une grande difficulté d’adaptation). Si, au contraire, la mire est à l’arrière, mais qu’elle soit pleine, l’inconvénient est le même, car l’œil devra se placer à une distance de la mire au moins égale à celle de la vision distincte; tandis que si l’on emploie un œilleton, l’œil pourra s’appliquer tout contre lui, et sera donc à une distance fixe et connue de la lentille. Avec un œilleton assez grand, rien de plus facile que de centrer exactement le cadre de la lentille dans le cercle de cet œilleton.
- Or, dans la lentille ainsi centrée, on devra apercevoir, nettement circonscrit par le cadre, le tableau qui s’imprimera sur la plaque sensible, e.t cela, en toute circonstance, et jusqu’au moment même où l’on déclenchera l’obturateur. En d’autres termes, le champ du viseur devra toujours être identique à celui de la plaque.
- Quand l’objectif est en face du centre de la plaque, nulle difficulté. On n’aura qu’à viser horizontalement par le centre de l’œilleton et celui de la lentille (ce dernier étant marqué par la croisée des traits). Mais si l’on vient à décentrer l’objectif, il faudra que le viseur subisse une déformation, consistant à déplacer soit l'un de ses organes, soit tous deux. Et c’est ici que la plupart des appareils sont en défaut.
- Dans les uns, le viseur est indéformable, et montre donc, après le décentrement, le tableau correspondant à la position non décentrée. Ailleurs, un des organes se déplace avec l’objectif, mais ce déplacement est mal réglé.
- La solidarité pure et simple d’un des organes avec l’objectif n’est admissible, en effet, que si le viseur comporte un cadre vide égal à la plaque sensible comme dans le système Huillarcl. Mais, dans le cas général où le cadre est plus petit, ou bien où il est remplacé par une lentille qui réduit le tableau perçu par l’œil, il est indispensable que la déformation du viseur, c’est-à-dire le déplacement relatif de ses deux organes, soit non pas égale, mais proportionnelle au déplacement de l’objectif. Beaucoup de constructeurs négligent cette condition.
- Dans certains appareils bien étudiés (par exemple les jumelles Bellieni et Mackenstein), la lentille est solidaire de l’objectif, et on donne la correction nécessaire en déplaçant l’œilleton d’une quantité indiquée par la lecture de deux échelles conjuguées, que porte la chambre.
- La jumelle Poulenc présente une solution plus élégante. L’œilleton et la lentille y sont portés par une règle, mobile dans deux plans perpendiculaires autour d’un point intermédiaire convenablement déterminé. La lentille étant solidaire de l’objectif, l’œilleton se déplace en sens inverse, d’une quantité moindre, de manière à corriger l’excès d’excentrement qu’elle a reçu. Ce dispositif automatique est évidemment supérieur au précédent, qui exige une opération spéciale. Mais tous ces systèmes présentent encore un inconvénient grave.
- Une fois le décentrement donné et la correction exécutée, si l’on vise en tenant l’appareil horizontal, on aperçoit bien dans la lentille le champ qui sera embrassé par la plaque ; mais la difficulté est précisément de viser horizontalement. D’instinct, on tendra à prendre pour ligne de mire la ligne déterminée par le centre de l’œilleton et la croisée des traits de la lentille. xMais le trait horizontal de cette dernière ne correspond plus, après le décentrement, à la ligne d’horizon du paysage ; d’où il suit que la ligne de mire qui vient d’être définie n’est pas hori-
- p.210 - vue 214/536
-
-
-
- LA NA T U HL.
- ‘211
- zonlale. Obligé de tenir son appareil horizontal, et tendant à viser suivant une ligne oblique, l’opérateur se trouve doue Tort embarrassé entre le danger d’incliner son appareil, et l’inconvénient de ne pas se rendre compte du champ embrassé.
- Aussi certains constructeurs (Maekenstein, par exemple) prescrivent-ils de corriger le décentrement pour se rendre compte du tableau, puis de défaire la correction au moment de viser. Soit, une double opération, pour finir par ne pas voir son tableau exactement mis en plaque pendant la visée.
- J’ai imaginé de remédier à cet inconvénient, de la manière la plus simple, en traçant sur la lentille (fig. 1)
- r.' r.
- deux lignes supplémentaires A'H' et Cl)', correspondant à la position de la ligne d’horizon après le décentrement. A supposer, par exemple, qu’un appareil 9/12 puisse se décentrer de 15 millimètres dans le sens de son petit coté (soit 1/6 de ce côté), et que la lentille soit trois lois plus petite que la plaque, la ligne A'B' devra être à 5 millimètres de AB1.
- Cette ligne A'B' représente, sur l’image vue dans la lentille, la ligne d’horizon. Si donc on la superpose à l’horizon du paysage, c’est-à-dire qu’on la fasse passer par un point situé de niveau avec l’œil de l’opérateur, cet œil étant appliqué à l’œilleton, la visée sera horizontale, et l’on apercevra dans la lentille le tableau même qui sera mis en plaque.
- En d’autres termes, on visera horizontalement non par le centre 0 de la lentille, mais par l’un des points 0' ou 0", selon le décentrement donné.
- On objectera qu’on ne donne pas nécessairement à l’objectif tout le décentrement possible, et qu’il faudrait donc tracer sur la lentille toute une série d’horizons auxiliaires. Cela est exact, théoriquement. Mais, en pratique, on ne (( fignole » pas le décentrement à un millimètre près : on décentre à fond, et alors il n’y a qu’à opérer comme il vient d’étre dit.
- Mais on peut aussi employer facilement une position intermédiaire. Si l’on donne la moitié du décentrement, il faudra viser à mi-distance des lignes AB et A'B'. Or, rien n’est plus facile : on a même vu plus haut qu’on appréciera mieux une erreur commise en cherchant à placer un point à mi-longueur de 00' qu’en le superposant à 0 ou O'. Et, dans la pratique, il suffira de pouvoir donner avec cette commodité le décentrement complet ou un demi-décentrement.
- Si l’on se borne à ces deux positions, on pourra même construire un viseur rationnel sans y introduire la complication coûteuse et fragile d’organes destinés à corriger le décentrement soit à la main, soit par un dispositif automatique.
- Supposons, en effet, la mire fixe, et la lentille construite comme il a été indiqué, et fixée à la planchette d’objectif. Si on relève celle-ci de 15 millimètres, l’horizon
- 1 Bien üntendu, si la lentille est remplacée par un cadre vide et égal à la plaque, la distance entre AB et A'B' devra être égale au décentrement.
- auxiliaire A'B' sera relevé d’autant. A ce moment, on devrait viser horizontalement par le point 0', situé à 5 millimètres au-dessous de 0. Mais l’œilleton étant fixe, et à la hauteur où se trouvait primitivement le centre U, l’horizontale passant par le centre de l’œilleton rencontrera la lentille à cette hauteur primitive du point 0, c’est-à-dire 10 millimètres trop bas. Il suffit donc, pour permettre une bonne visée, de munir la mire d’un second œilleton, situé à 10 millimètres au-dessus du premier1.
- En autre œilleton sera disposé, au niveau du premier et de côté, en vue du décentrement dans l’autre sens. Et la mire se présentera donc enfin sous la forme d’une plaque percée de trois trous (fig. 2). Aucune erreur n’est possible sur le choix de l’œilleton à employer, car, si l’on se trompait, l’appareil prendrait une position fortement inclinée.
- Si l’on tient à employer une mire pleine, bien que cet organe soit très inférieur à l’œilleton, on lui donnera la forme d’une tige mince, portant un bras perpendiculaire et trois petits disques (fig. 5). »
- Un remarquera que cette forme de viseur présente, sur celle où l’on corrige le décentrement en déplaçant la mire, l’inconvénient de ne s’appliquer qu’au décenlre-ment maximum, et non à une position intermédiaire. Elle est néanmoins très suffisante dans la pratique; et elle a l’avantage d’étre très peu coûteuse, et de permettre de transformer facilement les appareils dont la lentille est portée par la planchette d’objectif.
- Pour effectuer cette transformation qui améliorera notablement les conditions de la visée, il suffit :
- 1° De tracer sur la lentille les lignes d’horizon auxiliaires définies plus haut ;
- 2° De remplacer la mire par une plaque à trois oscillations (ou, à la rigueur, par une tige à trois points de mire), que le premier mécanicien venu peut confectionner; étant entendu que cette plaque (ou tige) doit /*/
- être à la distance ~ de la lentille, n
- Gaston Moch.
- 1 En général, soient 11 la hauteur de la plaque sensible, h celle de la lentille, D le décentrement maximum correspondant, d la distance entre les lignes AB et A'B' de la lentille.
- On doit avoir évidemment j — ^ •
- Et la distance à laquelle le second œilleton doit être du premier pour réaliser la correction du décentrement, c’est-à-dire pour ramener la ligne de mire horizontale à la hauteur de la ligne A'B' est, aussi évidemment, égale à I) — d.
- M. E. Wallon a montré, dans le Bulletin de la Société française de photographie (1er mars 1901), que le rapport des divisions des échelles Bellieni et Maekenstein est égal
- , t
- “ Y
- t étant la distance focale principale de
- l’objectif et / la
- distance de l’œilleton à la lentille.
- Mais on remarquera que, si le viseur est bien construit, c’est-à-dire s’il a même champ que la plaque sensible, ce
- rapport - est précisément égal
- . H
- ar
- En résumé, étant donnée une lentille subissant le môme décentrement que l’objectif, l’œilleton (c’est-à-dire aussi l’œil
- de l’opérateur) devra être à une distance d’elle égale à q=—
- L’horizon auxiliaire, sur la lentille, sera tracé à une distance
- yp de la ligne médiane. Le deuxième œilleton sera à la
- distance D — (/du premier.
- De nj^me pour le décentrement dans l’autre sens.
- p.211 - vue 215/536
-
-
-
- 212
- LA NATURE.
- LE VENT ET LES ARBRES
- L'action continuelle dn vent a une influence très marquée sur la forme extérieure des objets qui y sont exposés directement. Cette action est particulièrement intense dans certaines régions telles que les bords de la mer où le vent souffle le plus fréquemment suivant une même direction et avec une très grande force.
- Toutes sortes de particularités se rattachent à cette question : l’accumulation des sables en dunes dont la marche est lente et irrésistible dans certains cas; les éléments les plus lins du sable peuvent être aussi charriés dans le courant d’air et produire ces curieux effets d’usure de roches et de dépolissage de certaines substances, telles que les vitres des cabines de bains de mer qui paraissent avoir subi l’action d’un jet d’émeri, etc. Mais ce qui doit retenir notre attention est simplement l’influence des vents dominants sur la végétation, dont quelques exemples assez caractéristiques sont reproduits ici. Sans doute la seule vue de ces aspects est suffisamment parlante et pourrait se passer de commentaires.
- Cependant il n’est pas inutile de les accompagner de renseignements complémentaires sur les conditions dans lesquelles ces arbres ont poussé.
- Ces photographies ont été prises aux environs de Granville, dans le département de la Manche. La cote y est là exposée de plein fouet aux coups de vent d’Ouest et de Nord-Ouest. Sur les falaises élevées d’une cinquantaine de mètres les quelques arbres poussant en avant-garde sont exposés constamment et
- prennent une direction générale avec des lignes fuyantes, comme des êtres tendant le dos à la bourrasque.
- En même temps que le tronc a iini par grandir, incliné plus ou moins, suivant sa structure, sous l’impulsion prépondérante, la tête de l’arbre, formée par la masse totale des branches, a pris aussi une figure oblique presque régulière, comme élaguée.
- Le type le plus parfait qu’ilm’ ait été donné de rencontrer à Don-ville, est celui représenté sur la figure J : c’est une aubépine, d’ailleurs l’arbre le plus exposé de la région peut-être. Elle pousse sur la falaise, en haut d’une longue pente descendant vers la mer. Le vent du large peut souffler là sans obstacle, et le courant d’air y est terrible, sans remous. Cette condition a sans doute contribué à lui donner sa forme presque géo-. métrique.
- C’est l'exagération du type général de tous les
- arbres environnants, et dont la vue d’ensemble est intéressante à contempler. Ormes, chênes, aubépines isolés ou en groupe, buissons, présentent une surface inclinée et arrondie : on croirait que fout est courbé sous l’effort d’une tempête violente.
- La surface limite suivant laquelle l'ensemble se taille a sans doute pour cause principale la mortelle action directe du courant d’air dans certains cas. Au printemps les bourgeons et les jeunes pousses exposés sont presque littéralement « grillés » par les coups de vent au point que Ton pourrait croire aux traces d’un feu passager. Ces effets de bris et de dessèchement des parties tendres sont d’ailleurs bien connus. Aussi le végétal ne progresse-t-il guère que dans ces
- p.212 - vue 216/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 213
- parties relativement abritées. Dans un groupe d’arbres, comme sur la figure 2, on voit nettement que les premiers subissent le principal effort et s’en accommodent au mieux de leur nature, tandis que les autres poussent normalement, les têtes seules se modelant suivant les conditions générales de l’endroit. À ce point de vue, le groupe représenté ici montre une surface supérieure bien caractéristique étant donnée la stature des différents membres qui le composent.
- Le peuplier de la figure 5 est bien curieux encore. Sans doute cette courbure retombante du tronc doit avoir été provoquée par une cassure ou du moins un
- faiblissement considérable, ressoudé par la suite ; le poids de l’ensemble a dû contribuer à accentuer la courbe tombante. La cause première du mal est toujoùrs le vent, car l’orientation reste la même que celle infligée à tous, ainsi qu’on en voit encore un exemple, d’après le second plan de la figure. Nous ne sommes plus là sur les falaises, mais presque au niveau de la mer en arrière de la ligne des dunes, faibles ondulations dont l’effet protecteur peut être considéré comme à peu près nul.
- Cette inclinaison générale de la végétation est sensiblement dirigée vers le Sud-Est, et démontre ainsi, statistique infaillible et naturelle, que les vents domi-
- Fig. 5. — Pmiplier à Bricquevillfi-les-Salines (Manche1).
- nants de la région comme fréquence et comme force soufflent de la direction Nord Ouest, ou mieux de l’Ouest-Nord-Ouest.
- Indépendamment de l’intérêt qui s’attache toujours aux curiosités si captivantes de la science naturelle, ces observations, faciles à effectueren ehaquerégion, ne manquent pas non plus d’importance au point de vue du régime météorologique local. Lucien Rnuux.
- LES LIGNES FRANÇAISES D'ACCÈS
- MJ SIIPLON
- Le percement du Simplon, qui vient d’avoir lieu le 2 i février, présente pour l’industrie et le commerce fran-
- çais une importance, sur laquelle l’attention a été vivement attirée dans ces derniers temps.
- Quand le tunnel sera ouvert à l’exploitation, la ngne Paris-Milan s’établira par la voie de Dijon-Pontarlier, Yallorbe-Lausanne ; malgré le doublement de la voie exécuté récemment entre Mouchard et Pontarlier, la ligne actuelle ne se prêtera que difficilement à un trafic aussi important : la section Pontarlier-Vallorbe, d’ailleurs à voie unique, présente de longues rampes de 25 millimètres par mètre, pour atteindre à 1012 mètres le point culminant de la ligne, alors que le tunnel du Simplon ne s’élève qu’à l’altitude de 705 mètres. -K)U
- En raison de ces défectuosités, on av,§fifTgé depuis longtemps à améliorer la ligne Paris-Milan,’ soit en modifiant le tracé actuel, soit en construisant une ligne nouvelle, complètement distincte de la précédente.
- On s’est efforcé de trouver un tracé réunissant les
- p.213 - vue 217/536
-
-
-
- 214
- LA NATURE.
- avantages suivants : réduire au minimum la dépense d'exécution, réaliser la ligne la plus courte avec le meilleur profil, enfin réserver aux rails français la plus grande fraction possible du parcours total* Malheureusement ces desiderata sont souvent inconciliables.
- Nous allons résumer l’état de la question en insistant particulièrement, sur les conditions de longueur el de profil de la ligne, car c'est à ce point de vue que la discussion des divers projets comporte le plus de difficultés. Si l’on compare entre elles deux lignes d’égale longueur, mais dont l’une est en quasi-palier (c’est-à-dire qu’elle ne présente que des déclivités ne dépassant pas 5 millimètres par mètre) et dont l’autre possède de fortes rampes, on conçoit aisément que la seconde est nettement inférieure à la première parce qu’elle nécessite des frais d'exploitation plus élevés, et qu’elle ne permet pas un trajet aussi rapide. En considérant une ligne à fortes rampes dont la longueur réelle est de 15 km, par exemple, on trouvera qu’elle donne lieu aux mêmes frais <!'exploilation qu’une ligne en quasi-palier de longueur plus grande, égale à 40 km, pour fixer les idées : on dit alors que la ligne à fortes rampes a une longueur virtuelle de 40 km. It’après cela, entre des tracés dillérant à la fois par leur longueur réelle, et par leur profil, il faudrait préférer celui qui aurait la plus faible longueur virtuelle, puisqu’il correspondrait aux frais d’exploitation les moins élevés, et qu’il permettrait d’obtenir la durée du parcours la plus réduite.
- Le tableau suivant donne, pour les lignes actuelles et pour les nouveaux tracés, les longueurs réelles et les longueurs virtuelles du parcours Paris-Milan.
- LONG. LONG.
- REELLE. VIRTI ELI E.
- DÉSIGNATION DES LIGNES1 KM KM
- Paris-Mâcon - Mont-Cenis-Milan...................Oi t 1265
- Paris St-Amour-Mont-Cenis-Milan..................921 1255
- Paris-Belfort-Gothard-Milan...................... 897 1411
- Paris Lons-le-Saunier-Genève-Laü-nmui-Mihu. . 870 1039
- Paris-Lons-/e-SflMni<?r-Gewèee-St-Giiigolpli-Milan. 853 1059 Paris-SGAmoMr-Bt'//<?(7rt/r/f'-Lausantie-Milan . . . 919 1101
- Varis-St-Amour-Heller/ar^e-Sl- Gingolpli-Milaii. . 895 1101
- Paris-Pontarlier-Vallorbe-Milan.............r. . 817 1112
- Même ligne réelifîéeentre Frasneel Ya.’Lrbe . . 850 1059
- — — — Mouchard el Vallorbe. 855 1017
- — — — Mouchard et Lausanne. 826 1016
- Paris-Pont arlier-Berne-L6<.sr/i/w7Y/-Milari .... 836 1135
- Paris-Belfort-Berne-LôfacMerfl-Milan............ 877 1125
- Même ligne rectifiée entre Montier et Uiircn. . 855 1100(env.).
- Parmi les projets de lignes nouvelles, le premier, dit de la Faucille2, aurait pour objet de relier Lons-le-Saunier à Genève par une voie presque rectiligne ne présentant que des déclivités de 10 à 15 millimètres, mais comportant par contre l’établissement de nombreux tunnels (en tout 37 km de parcours souterrain) : la longueur totale à construire serait de 74 km et les frais sont évalués à 120 millions.
- Un second projet consisterait à établir une ligne de 75 km entre Saint-Amour et Bellegarde pour le prix de 62 millions; il faudrait de plus prévoir une dépense de
- 8 millions pour le percement d’un nouveau tunnel doublant le souterrain actuel du Crédo3 * 5.
- 1 Les parties soulignées indiquent les lignes à construire.
- 2 Ce nom provient de ce que, dans un tracé antérieur,
- abandonné depuis, on pensait partir de la station de Morez pour déboucher sur le lac de Genève par un tunnel percé
- sous le col de la Faucille.
- 5 On avait aussi proposé d’y substituer une ligne Lons-le-Saunier-Bellegarde : elle allongerait le parcours et coûterait
- 9 millions de plus ; nous n’en parlerons donc pas.
- Chacun de ces projets comporte deux variantes suivant que l’on emprunte la rive Suisse du lac de Genève, ou la rive sud française, auquel cas il faudrait ajouter aux frais précédents une dépense de 18 millions pour l’amélioration de la ligne actuelle de Saint-Gingolph, sans tenir compte du raccord à exécuter entre les gares de Genève.
- Si nous considérons ensuite les améliorations proposées pour la ligne actuelle de Pontarlier-Vallorbe, nous trouvons d’abord un premier projet comportant l’établissement d’une ligne directe de Frasne h Vallorbe avec tunnel de 6 km sous le Monl-d’Or : ce tracé permettrait d’abréger de 17 km la distance de Frasne à Vallorbe et de substituer aux rampes de 25 millimètres, qui se trouvent entre Pontarlier et Vallorbe, des rampes' de 15 millimètres seulement; le point culminant de la ligne serait abaissé de 1012 mètres à 896 mètres; les frais sont évalués à 27 millions. Ultérieurement on a proposé de faire partir cette rectification de La Joux, ou même d’améliorer la ligne depuis Mouchard.
- Essayons maintenant de faire ressortir les avantages et les inconvénients de ces divers tracés.
- Tout d’abord se pose une question importante : le projet de détournement du trafic Paris-Milan par la rive française du lac de Genève est-il réalisable? Vous ne le croyons pas. Ce tracé offrirait le grand avantage de présenter le plus long parcours possible sur rails français, mais il réduirait le parcours sur rails suisses jusqu’à Brigue de 194 km (par la ligne actuelle Vallorbe-Lausanne) à 121 km seulement : les Suisses s’opposeraient donc, par tous les moyens, à ce détournement de trafic. Pour le transport des voyageurs, cela ne leur serait pas difficile : comme il faudrait toujours que l’on ait des rapides entre Paris et Pontarlier à destination de Berne, rien n’empêcherait les Suisses de faire, en correspondance avec ces trains à Pontarlier, des rapides dû Simplon. Pour les marchandises, on peut admettre qu’on arriverait à conclure un accord, d’après lequel le trafic Paris-Milan serait acheminé par Saint-Gingolph, et le trafic Milan-Paris par Pontarlier; le bénéfice que les intérêts français retireraient de cet accroissement de parcours sur notre territoire ne serait, en aucun cas, proportionné à la dépense : il ne faut donc pas envisager l’éventualité de ce détournement de trafic.
- La voie de Saint-Gingolph étant écartée, le projet Saint-Amour-Bellegarde ne présente plus aucun avantage sur la voie actuelle de Pontarlier, et serait très inférieur au tracé Frasne-Vallorbe, qui nécessiterait une dépense bien moindre (27 millions contre 62 -|- 8 = 70 millions) ; on conçoit donc que ce projet paraisse définitivement abandonné.
- Reste le projet de la Faucille, extrêmement intéressant à tous égards. Au point de vue du trafic Paris-Milan, malgré les difficultés d’exploitation résultant de la longueur du parcours en souterrain, la ligne se prêterait aussi bien à une accélération notable du service des express du Simplon qu’à une exploitation très économique pour les marchandises. Pour le parcours Paris-Genève (ramené de 605 à 488 kil.), cette ligne permettrait de réduire de 5 heures la durée du trajet en express; la taxe des marchandises serait également diminuée. Tout en remarquant que le canton de Genève bénéficierait peut-être plus que la France de ces améliorations, il faut reconnaître qu’elles présentent un intérêt considérable. Pour la compagnie P.-L.-M., elles se traduiraient évidemment par une diminution de recettes ; dans l’évaluation
- p.214 - vue 218/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 2)5
- de la perte qui en résulterait pour les intérêts français, il faudrait toutefois défalquer la diminution, proportionnellement plus grande, du prix de revient des transports, du fait de la grande supériorité de la ligne nouvelle sur les anciennes au point de vue de la longueur virtuelle : le raccourci sur la voie des express serait, en effet, de 20 pour 100 en longueur réelle (parcours de taxation) et de 55 pour 100 en longueur virtuelle (d’après laquelle il faut évaluer les frais).
- Entin cette ligne présenterait pour nous le double avantage de constituer une nouvelle traversée du Jura, complètement indépendante de celle du Crédo, et de desservir des régions aujourd’hui mal partagées au point de vue des chemins de fer.
- En résumé, les avantages de cette ligne semblent l’emporter sur ses inconvénients, et l’on comprend que ce projet, soutenu par les Genevois, ait excité chez nous le plus vif intérêt. Malheureusement, si sa réalisation ne rencontre qu’un seul obstacle, il est à craindre que celui-ci ne soit insurmontable : nous voulons parler de la dépense, évaluée à 120 millions. Sans doute le canton de Genève, pour manifester l’intérêt capital qu’il V a pour lui à se trouver sur la ligne Paris-Milan, — à réduire de 5 heures son trajet sur Paris,
- — et à se mettre en relations directes avec toute une nouvelle partie du Jura,
- — a offert une subvention de 20 millions*. On a estimé en France que cet apport serait insuffisant pour rendre possible la construction d’une ligne qui, pour la Suisse, ne présenterait que des avantages sans avoir comme contre-partie une diminution de recettes. Comme il est peu probable que cette considération suffise pour décider la Suisse à participer largement aux frais d’établissement de la ligne, il faut bien conclure que le projet de la Faucille, si intéressant, a peu de chance d’être exécuté tant que l’état de notre budget ne permettra pas de lui imposer une aussi lourde charge.
- Il en est autrement du raccourci Frasne-laUorbe (ou La Joux-Vallorbe) proposé pour améliorer la ligne actuelle ; le percement du Mont-d’Or constitue le seul travail important que nécessiterait cette ligne. On conçoit donc immédiatement que son grand avantage réside dans l’économie de l’exécution. Pour une dépense de 27 millions seulement, on arriverait à obtenir une distance virtuelle Paris-Milan différant très peu de celle que donnerait le tracé de la Faucille : on pourrait ainsi abréger de trois quarts d’heure à 1 heure la durée du trajet des express du Simplon. L’avantage de ce tracé sur la ligne actuelle n’est pas doutéux puisque, tout en substituant aux rampes de 25 millimètres des rampes de 15 millimètres, on réduit de 17 km la longueur réelle du parcours. Toutefois il est certain que ce raccourci présente quelques inconvénients. Le premier, c’est qu’il donnera lieu pour la Cie P.-L.-M. à une légère diminution de recettes; de plus, en réduisant la distance Mouchard-Vallorbe, on permet aux Suisses de concur-
- 1 Plus récemment, les Genevois ont offert 40 millions à condition de participer pour 1/3 aux bénéfices de la section Lons-le-Saunier-Genève : il est facile de démontrer que cette combinaison est sensiblement équivalente à l’offre primitive de 20 millions à fonds perdus.
- rencer par Vallorbe-Lausanne la voie actuelle de Paris Genève par Dijon-Saint-Àmour. Malgré ces inconvénients, de l’avis même de la Cie P.-L.-M., les avantages du tracé Frasne-Vallorbe (entre La Joux-Vallorbe) justifieraient la dépense de 27 millions. Mais on ne peut guère admettre que le faible avantage que l’on aurait à faire partir la rectification de Mouchard même soit de nature à faire admettre une dépense additionnelle de 11 millions.
- Il nous reste enfin, avant de conclure, à dire quelques mots du projet des Bernois. Le canton de Berne se trouvera, en effet, à égale distance de la voie du Simplon par où passeront les trafics anglo-italien et franco-italien, et de la voie du Gothard, qui continuera à assurer les relations entre l’Allemagne et l’Italie. Dans le but de détourner par Berne le trafic du Simplon, on a étudié le tracé d’une ligne qui partirait de Frütigen à 868 mètres, gagnerait Kandersteg (altitude 1169 mètres) et s’engagerait dans le Gasteron-Thal pour passer par un tunnel de 15 km sous le Lôtschbery (point culminant de la ligne à 1260 mètres)
- avec débouché dans la vallée du Rhône près de Viège, à 10 km de Brigue. Cette ligne détournerait certainement par le Simplon le trafic de la Belgique et de l’ouest de l’Allemagne à destination de l’Italie, actuellement assuré par le Gothard. Pour le trafic Paris-Milan, même en établissant un raccord entre Moutier et Büren (Suisse), ce tracé serait bien inférieur à la voie du Mont-d’Or. Mais les Suisses pourraient s’efforcer de détourner par la Belgique et le Lôtschberg le trafic anglo-italien, que la ligne du Simplon devrait assurer à la France; l’éventualité de cette dernière concurrence est donc un nouveau motif pour chercher à améliorer le plus possible notre ligne actuelle Paris-Milan.
- D’après notre discussion, il ne reste en présence que deux solutions pour arriver à ce résultat : la ligne de la Faucille, et le tracé du Mont-d’Or. Nous concluons donc : si l’on estime que l’état de notre budget permet une dépense de 100 millions (et ce n’est pas à nous de discuter cette question), il serait sans doute avantageux de construire la ligne Lons-le-Saunier-Genève; si, au contraire, on veut limiter les frais à 27 millions, il conviendrait d’exécuter le percement du Mont-d’Or. M.-J.
- FRANCE
- lucen*
- NeucKatel
- Lons/le-Saunier
- Tunnel du' , Lôt3Chberg\
- I T A L I E
- Kilomètres
- Carte d'ensemble des divers projets relatifs aux voies d’accès du Simplon.
- p.215 - vue 219/536
-
-
-
- 216
- LA NATURE.
- L’OSTRÉICULTURE ÀU JA.PON
- Etant donnée la façon habile dont les Japonais tirent parti de tous les produits de la mer, transformant en engrais, comme on l’a vu ici, les plus menus déchets, il va sans dire que l’ostréiculture devait être pratiquée sur leurs côtes, si leurs mers renferment des huîtres comestibles. Effectivement, sur le littoral japonais se rencontrent diverses espèces de ce genre, et les méthodes de culture employées, au moins pour l’une d'elles, viennent d’ètre étudiées de façon fort complète dans un rapport dù • M. le professeur Rash-i'ord Dean, de la Columbia Uni-versily. C’est à lui que nous empruntons les renseignements suivants.
- Les eaux japonaises nourrissent trois espèces d’huitres qui se consomment plus ou moins : une petite, naine même, YOstrea cu-cullata, que l’on rencontre en abondance dans les eaux peu profondes, formant des couches serrées sur les rochers qui se découvrent h mer basse; elle est large commel’on-gle à peu près et sa longueur ne dépasse pas 5 centimètres; elle est, du reste, d’une saveur exquise.
- C’est ensuite une seconde forme de YOstrea cucullata, celle qu’on cultive, et qui est de la taille de l’huître indigène (la native) anglaise; sa coquille nacrée intérieurement, avec des imbrications à l’extérieur, rappelle assez l’huître comestible européenne. Elle abonde dans la Mer Intérieure, dans les petites haies de la côte nord-est de la grande île japonaise, quelque peu à Yezo (fig. a). Son naissain se rencontre dans les eaux peu profondes et légèrement douces; les meilleures, de taille marchande, croissent à une ou deux brasses au-dessous de la limite de basse mer et, dès que les eaux ont plus de 8 brasses, on n’en rencontre plus. La troisième forme de mollusque est YOstrea gigas,
- qui pèse souvent, avec la coquille, 2200 grammes et plus ; elle se rencontre par des fonds de 10 brasses et en quantité relativement faible. Nous ne nous occuperons que de YOstrea cucullata.
- La région ostréicole par excellence au Japon est la Mer Intérieure, qui peut être regardée comme un énorme réservoir naturel de poissons et de coquillages ; c’est presque un vaste lac marin, mais où les animaux, tout en étant abrités, jouissent d’une eau convenablement renouvelée. Cette mer s’ouvre à l’est sur l’Océan par le détroit de Naruto et celui de Izu-
- minada, et à l’ouest, sur la mer du Japon, par le détroit de Shimo-nostki, tandis (pie le canal de Rungo établit, dans le sud, une autre communication avec le Pacifique. Et c’est dans la partie de cette mer où abondent les îles que se trouvent réunies les conditions les plus favorables à la culture des coquillages en général. Les fonds sont de sable ou de gravier, la dénivellation due à la marée varie' entre 5 et 4,50 m., toutes conditions essentiellement précieuses pour l’ostréiculture. Le siège véritable de cette industrie sc trouve, d’une part à Okayamaet,d’autre part, aux environs d’Hiroshima, les établissements de Nihojima, de Kaida et de Kusatsu méritant une mention particulière. Du reste, ces centres diffèrent, quelque peu, par suite des conditions locales, en ce sens que le premier se livre surtout à la production du naissain dans des eaux adoucies par l’afflux d’une rivière, le second pratique la production des jeunes et l’élevage, tandis que le troisième présente la meilleure situation pour l’élevage proprement dit. C’est d’ailleurs ù Kaida que les méthodes sont les plus simples ; elles sont plus compliquées h Kusatsu; enfin la spécialisation des procédés de culture à Nihojima n’est surpassée que sur bien peu de points en Europe.
- Fig. 1. — Bambous portant des huîtres d’àges divers et huîtres marchandes.
- p.216 - vue 220/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 217
- A Kaida, nous entendons dans la baie qui porte ce basse; mais on trouve trop peu d’emplacements où
- nom, de grands espaces plats découvrent à mer les huîtres puissent demeurer constamment sous
- Fig. 2. — Parc à huîtres japonais à mer basse.
- l’eau à toute époque ; et c’est pour cela que les huîtres y croissent peu, après leur deuxième année. A marée basse, on y aperçoit des séries de parcs serrés les uns contre les autres, où les bambous plantés dans le sol, comme nous allons l’expliquer, donnent à l’ensemble un faux aspect de vignobles (fig. 1 et 2). On ne pouvait manquer d’employer ici le bambou, qui répond déjà à tant d’usages, et qui a cet avantage de se conserver trois et quatre années dans l’eau de mer ; on laisse les tiges, ou shibi, garnies de leurs ramilles et de leurs feuilles, ce qui augmente dans une proportion considérable la surface offerte aux jeunes huîtres qui veulent s’accrocher. Ces bambous peuvent être facilement enfoncés dans le sol ou enlevés ; on se les procure partout et à bon marché. On
- les repique chaque année vers la mi-avril sur les concessions accordées par le gouvernement. On en
- trace d’abord des sortes de haies suivant les limites du parc, puis on dispose des haies parallèles entre elles et perpendiculaires au grand axe de ce parc, en laissant au milieu une sorte d’allée qui permettra la circulation facile; de cette allée centrale partent dope des allées latérales qui ont environ 1,80 mètre de large. Les haies s’élèvent à peu près à la hauteur de la poitrine; elles sont généralement formées, sauf au pourtour du parc, de deux rangées de bambous inclinées l’une vers l’autre, une des séries de collecteurs servant aux huîtres d’un an et les autres aux huîtres de deux ans. Les ramilles s’enlacent et donnent de la solidité à la double haie.
- iroshîma.
- S Itsuku -Shima/'
- yvOCÉAN Okoku
- PACIFtQU£
- Fig. 3. — Carte indiquant les centres de culture des huîtres.
- p.217 - vue 221/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 2IH
- À la fin de la seconde année, on a tout simplement à enlever les huîtres marchandes, au moyen d’un crochet spécial ; puis on les ramasse à terre à l’aide d’un râteau, on les met dans des paniers; on les transporte enfin à l’embouchure d’une rivière, pour les faire boire, comme on dit, ce qui les nettoie et leur fait prendre de la taille, puis on les vend.
- A Kusatsu, les huîtres sont cultivées à de plus grandes profondeurs, parce qu’on a reconnu qu’elles se développent alors au bout de leur seconde année. C’est pour cela qu’ici les parcs, ou les fermes, comme on les appelle aussi, sont répartis en trois catégories. Il y a ceux d’eau peu profonde pour le naissain, ceux du début de l’élevage et ceux d’eaux profondes pour la fin de l’élevage. De telle sorte que les concessions s’allongent en bandes relativement étroites, avec leur grand axe perpendiculaire à la ligne littorale, une seule concession offrant toute les profondeurs d’eau voulues. Dans la zone peu profonde nous retrouvons les collecteurs en bambous, les shibi dont nous avons parlé, et disposés un peu de même manière, en lignes parallèles au rivage, séparées par un intervalle de 1,20 mètre; parfois, d’ailleurs, les tiges de bambous sont piquées en terre après avoir été dépouillées de leurs ramilles, on les place alors beaucoup plus rapprochées les unes des autres. De toute façon, les tiges employées ici doivent être plus solides, parce que les courants sont violents, et c’est pour cette raison que souvent on trouve avantageux de faire disparaître les feuilles qui opposeraient trop de résistance à l’eau en mouvement. Le plus ordinairement même, on réunit 7 tiges pour former une sorte de faisceau convergent ou divergent, afin que ce faisceau, ce toya, présente une plus grande force. Et quand les courants sont particulièrement à redouter, on ménage un intervalle de 2,50 à 5 mètres entre les rangées de faisceaux. Le centre du faisceau est fait d’un shibi qu’on plante en terre avec tout le naissain qu’il porte. Du reste, on adopte fréquemment des dispositions de faisceaux assez compliquées. Chaque année, vers le moment du frai, à la fin d’août ou au commencement de septembre, les faisceaux sont déformés, on met de côté les tiges de bambou qui ne semblent plus assez vigoureuses, on détache les huîtres qui ne paraissent plus suffisamment accrochées au bois et on les porte sur les terrains dits ike-ba, dans une zone d’eau plus profonde. Ce sont des fonds de gravier très propres, qui ne découvrent que tout à fait par les fortes marées ; on étend les huîtres en lits minutieusement entretenus jusqu’à ce qu’elles atteignent leur seconde année; il faut les maintenir séparées les unes des autres, tous les quinze jours on passe un vigoureux coup de râteau, qui les isole, enlève les corps étrangers ; on affirme même que cela donne une forme plus régulière aux coquillages, en supprimant les irrégularités qui auraient tendance à se former au pourtour des valves. Celles qui n’ont pas subi ce râtelage durant leur croissance, se brisent assez facilement pendant le transport quand on les
- expédie sur les marchés, l’eau de l’huître a tendance à s’échapper et l’animal en souffre considérablement.
- La culture se complète généralement, à Kusatsu, par le passage sur les terrains de maturation ou miire-ba, où l’on transporte les plus grosses huîtres de deux ans : cela se passe dans les zones de très grande profondeur, parfois par 15 mètres d'eau, à ce qu’on affirme, évidemment à mer haute; on y protège les coquillages par des sortes de petites haies basses formant comme des ailes et empêchant le dépôt des vases. La maturation qui s’y produit fait croître, engraisser et blanchir les huîtres; on les envoie sur les marchés quand elles atteignent leur troisième année.
- Nous terminerons cette excursion dans le domaine de l’ostréiculture japonaise par une visite aux parcs de Nihojima, où des terrains sont appropriés et réservés à la production du naissain pendant que la première période de l’élevage s’effectue sur des points spéciaux du littoral, et que la maturation des mollusques se fait dans d’autres régions de la côte. Aussi bien, dans ces différents parcs, les procédés suivis et les installations adoptées ressemblent considérablement à ce que nous avons expliqué pour Kusatsu. Le naissain est récolté par une profondeur qui n’atteint pas 0,50 mètre à mer basse, dans une eau dont la densité spécifique ne dépasse point 1,017; et trois mois après que ce naissain s’est déposé sur les collecteurs, on déplace ces derniers et on les transplante sur un emplacement mieux disposé pour l’élevage des jeunes; l’opération doit se faire avec toutes sortes de précautions pour ne point blesser ceux-ci : il faut éviter chocs, frottements, sécheresse, coups de soleil, changement de température, orages même. Les jeunes ainsi « transplantés » demeurent en place d’un an à deux ans et demi. On termine l’élevage dans des terrains de maturation et d’engraissement, comme nous l’avons dit plus haut.
- Ajoutons, avant de terminer, que tous les terrains bons pour l’ostréiculture appartiennent à l’État et ne peuvent être vendus, pas plus que sous-loués par les concessionnaires : les concessions sont, du reste, accordées aux enchères et sont susceptibles de renouvellement indéfini. Pierre of. Mérif.r.
- UNE CURIEUSE PLAQUE TOURNANTE
- Cette plaque a fonctionné dernièrement à l’Exposition de Saint-Louis, où elle a servi du reste plus spécialement à montrer une grosse locomotive sous ses différents aspects; mais ultérieurement cet appareil sera mis en service sur quelque grande ligne ferrée; on sait du reste que la plaque tournante est un instrument nécessaire dans l’exploitation des chemins de fer, principalement pour retourner les locomotives arrivant dans une gare terminus. Et, avec les proportions et les poids énormes que l’on donne maintenant aux machines, les plaques doivent elles-mêmes présenter des dimensions considérables, surtout quand on veut avoir l’avantage de tourner simultanément la locomotive et son tender.
- p.218 - vue 222/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 219
- Déjà des modifications ont été apportées, dans certains cas, à cet engin si utile ; et cela principalement sous la forme du recours à une puissance mécanique pour la mise en rotation de la plaque. Tout naturellement l’électricité se recommande particulièrement en la matière ; nous aurions quelques exemples à signaler à ce propos.
- La plaque, dont nous donnons un dessin, et qui a été construite par les « Chicago Bridge and Iron Works », peut porter et tourner une machine de 21,30 mètres de longueur entre tampons extrêmes, représentant un poids respectable de 113 à il4 tonnes, réparti sur les 5 paires de roues de la machine proprement dite et sur les 4 paires du tender; elle pourrait même porter un poids supérieur. La charpente principale de la plaque, la poutre métallique chargée de supporter le poids de l’engin, est constituée et fonctionne d’une façon fort analogue à une travée de pont-tournant; cette poutre est faite de deux poutres secondaires à àme plate, entretoisées entre elles par un treillis, et elle porte sur un pilier de rotation ou plutôt sur un chemin de roulement fixé en haut de ce pilier, mais par l’intermédiaire d’un dispositif qui mérite d’être signalé brièvement. En réalité, les deux poutres
- Plaque tournante à Saint-Louis.
- secondaires, et par conséquent la poutre principale, sont traversées par deux arbres creux en acier qui font comme axe d’oscillation pour la poutre, lorsqu’une machine vient la prendre en bout pour se mettre sur la plaque; ce balancement n’a naturellement qu’une amplitude réduite, mais il peut se faire sans réaction de la base de la pièce reportant la charge sur le chemin de roulement central. Les deux arbres, les deux axes horizontaux, sont portés par des coussinets ménagés dans cette pièce d’acier venue de fonte, et celle-ci, à son tour, porte sur une série de 20 rouleaux coniques, qui peuvent se déplacer sur un chemin, également en acier, disposé à la partie supérieure et périphérique du pilier supportant le centre de la plaque tournante.
- Ajoutons, ce que n’indique point le dessin, que, pour limiter le mouvement de balancement dont nous parlions et aussi la fatigue de la poutre, quand elle sera en fonctionnement normal, un chariot sera disposé à chacune de ses extrémités pour rouler sur un chemin circulaire. Disons enfin que la commande de la rotation de cette plaque se fait au moyen d’un moteur électrique de 15 chevaux, logé entre les deux éléments de la poutre et actionnant un pignon qui engrène avec une crémaillère convenablement disposée. Les fils électriques amenant le courant passent naturellement par le massif de béton qui supporte le pivot de l’engin. D. L.
- BATEAU DE SAUVETAGE INCHAVIRABLE
- ET A MOTEUR
- Nous avions, il y a déjà un certain temps, signalé un bateau de sauvetage dû à un employé de la Marine française, et qui nous semblait offrir des particularités intéressantes, le bateau de sauvetage Henry : son inventeur a poursuivi ses recherches et ses essais, s’est associé à un constructeur habile, M. De-cout-Lacour, de la Rochelle, et il est arrivé maintenant à une disposition qui nous semble définitive, et qui peut rendre en même temps, sous bénéfice de quelques modifications, les plus grands services à la navigation de plaisance.
- M. Henry a cherché à réunir les qualités caractéristiques que doit présenter un bateau de sauvetage, et qui ne se trouvent en réalité qu’imparfaitement satisfaites dans le bateau de sauvetage type, le « life-boat », adopté partout depuis 1852 : stabilité, insub-mersibilité, évacuation spontanée de l’eau embarquée et redressement également spontané en cas de chavirement. Ici la stabilité est assurée dans les meilleures conditions par un abaissement considérable du lest et du centre de gravité du bateau, sans que cela pourtant l’empêche de passer au besoin sur des bas-fonds où le tirant d’eau est extrêmement réduit. Le (! life-hoat » classique a bien une fausse-quille de 500 kg, qui joue le rôle de lest de redressement, mais ce lest ne se trouve qu’à 0m,50 sous la flottaison ; on ne pouvait songera en augmenter le poids, au risque d’alourdir le bateau à la marche, et l’on ne pouvait non plus le descendre davantage du moins d’une façon fixe. C’est pourquoi M. Henry a adopté un bras de levier mobile portant inférieurement le fuseau de fonte de 300 kg, mais avec une portée normale d’un mètre et plus, et ce fuseau est suspendu à des tôles qui offrent une surface de 3 mètres carrés et une résistance considérable au déplacement latéral. C’est en somme le principe du « bulb keel », dont nous avons parlé lorsque nous avons décrit les yachts modernes, mais cet appendice est mobile dans le sens vertical ; descendu complètement, il tire lm,55 d’eau, au-dessous de la flottaison, par conséquent, et, dès qu’il est relevé, ce qui se fait instantanément, il ne tire pas plus de 0m,50. Cette disposition est précieuse quand le bateau doit passer dans des parages où il n’y a que peu d’eau, d’autant que le relèvement s’effectue automatiquement, sans qu’on ait à craindre une avarie ; de plus, elle assure un plan de dérive des plus utiles pour la marche à la voile, en même temps qu’elle permet de tirer très facilement le bateau à sec, sans que son bulbe puisse entraîner la moindre difficulté, ainsi que cela se présente normalement pour les yachts à bulb keel.
- Le bulbe articulé Henry a d’ailleurs été étrangement perfectionné. Pour les bateaux de sauvetage et embarcations analogues, il se compose de deux tôles de quelque 10 millimètres d’épaisseur, dont l’angle supérieur, vers chaque extrémité du bateau, porte
- p.219 - vue 223/536
-
-
-
- 220
- LA NATURE.
- une rainure oblique formant glissière sur un boulon spécial qui sert de suspension quand la quille est dans sa position inférieure extrême; les rainures sont tracées pour aider au mouvement de rentrée des tôles de la quille. En bas des tôles existent des trous de boulons pour l’assemblage à pivot du fuseau de fonte avec ces tôles. Le fuseau est formé de deux moitiés symétriques, qui sont solidarisées par les boulons-pivots dont nous venons de parler, et aussi par un boulon central servant de point d’attache h la suspension de la quille. Celte suspension est assurée par un cordage d’acier souple de 10 millimètres de diamètre, qui offre une résistance à la rupture de 2000 kg; ce câble monte verticalement jusque dans le bateau, par le puits dont nous parlerons tout à l’heure, et vient s’enrouler sur un tambour avec manivelle et pignon, ou sur un guindeau ordinaire.
- On comprend combien la remontée de la quille est facile quand on exerce un effort sur le câble ; et, si ce bulbe rencontre un obstacle sous l’eau, immédiatement il va se relever, d’abord par l’extrémité qui vient en contact avec l’obstacle, par coulissement d’une des tôles sur sa rainure, puis horizontalement, au fur et à mesure que le bateau s’engage complètement sur l’obstacle.
- Tant que le tirant
- d’eau sera insuffisant sous la quille, celle-ci continuera à demeurer soulevée ; elle redescendra au contraire en place si la profondeur d’eau devient suffisante, et tout cela automatiquement.
- Les efforts ne se lont nullement sentir sur le puits de quille, mais bien sur les boulons, qui présentent toute solidité; les tôles remplissent «à peu près exactement le vide du puits, et il ne peut s’introduire ni herbes ni autres corps étrangers. La quille, en remontant, ne dépasse pas le sommet du puits, n’encombre point l’intérieur de l’embarcation, puisqu’elle vient s’y loger en longueur.
- Disons tout de suite que les bulbes imaginés pour les grands bateaux de plaisance par M. Henry, sont assez sensiblement différents, bien que les dispositions aient été prises, ici aussi, pour que la quille vienne se loger « en longueur » dans le puits de quille ou de dérive, comme on voudra l’appeler. Dans j cet autre type de bulbe, on trouve une tôle unique j en forme de dérive latérale hollandaise, en bas de j
- laquelle est articulé le fuseau-lest, par son extrémité antérieure, le boulon d’assemblage passant dans l’angle également antérieur du bas de l’aileron de dérive; l’autre extrémité du fuseau porte un boulon auquel vient se fixer le bout d’un câble de suspension, qui remonte le long de la dérive, et passe ensuite sur une petite poulie avant de se rattacher à un point fixe à l’avant du puits. Les dimensions de ce câble sont combinées de manière que, normalement, la dérive complètement descendue, le fuseau-bulbe se trouve dans une position horizontale. Mais supposons l’avant de la dérive rencontrant un obstacle, ce qui a tendance à la faire se relever dans le puits, ou, ce qui revient au même au point de vue du résultat, que l’on exerce une traction sur le câble de suspension de la dérive, traction ayant pour but de la rentrer parce qu’on va naviguer en eau peu profonde ou pour une
- autre raison : par suite de l’arc de cercle que décrit la dérive, le câble de support du fuseau-bulbe va prendre du mou, et ce mou aura pour effet d’éloigner le bout de ce fuseau de l'extrémité postérieure du bas de la dérive, qu’il enfermait, tout, à l’heure grâce à l’évidement qu’il présente. Si bien que, quand la dérive sera dans sa position extrême de rentrée,le fuseau se trouvera collé horizontalement sous le bateau. 11 est certain que celle disposition (jointe aux autres aménagements combinés plus spécialement pour les embarcations de sauvetage) peut rendre les bateaux de plaisance inchavirables, tout en leur laissant porter beaucoup de toile dans les meilleures conditions au point de vue nautique.
- Pour ce qui est des aménagements auxquels nous venons de faire allusion, nous dirons que, dans le bateau Henry, l’évacuation de l’eau est réellement instantanée, bien autrement que dans le « life-boat » classique : on n’y trouve plus les six tuyaux à clapet qui n’offrent une surface d’évacuation que de 9 décimètres carrés, et cela seulement au centre de l’embarcation, tuyaux qui opposent du reste une résistance sensible à la marche. Ici l’évacuation se fait par deux orifices longitudinaux disposés sur toute l’étendue de la chambre, le long du puits de dérive, et sur une surface de 56 décimètres carrés : des clapets automatiques empêchent les projections d’eau de
- Fig. 1. — Immersion brusque (lu bateau.
- p.220 - vue 224/536
-
-
-
- LA SATURE
- 221
- lias en haut par le puits. Et il est manifeste que la stabilité d’un bateau est d’autant plus grande qu’une lame ne peut pas y demeurer un certain temps roulant d'un bord sur l'autre. On a, de plus, supprimé les caisses à air, encombrantes et lourdes, des bateaux de sauvetage ordinaires, et on les a remplacées par un cloisonnement de toutes les parties du bateau.
- Quant à la navigation à la voile, elle est évidemment possible avec une embarcation qui a un tel plan de dérive, et par les plus mauvais temps, puisque la stabilité est assurée : cette navigation est moins fatigante que l’emploi de l'aviron, elle est plus sûre quand il s’agit d'aborder un autre bateau, et elle demande un équipage réduit, ce qui expose la vie de moins d’hommes. Mais le constructeur de ces bateaux,
- M. Decout-La-cour, a su y appliquer de la façon la plus ingénieuse cet automobilisme qui gagne chaque jour du terrain en toute matière : il existe déjà des bateaux de sauvetage à propulsion mécanique, mais celui-ci est d’un type tout particulier et bien étudié. Le moteur, naturellement à essence de pétrole, est disposé à l'arrière du canot, sous un des tambours, qui le met à l’abri des lames. Il est d’une puissance de 12 chevaux, à deux cylindres de 100 millimètres de diamètre pour une course de 110, avec allumage électrique, ce qui est beaucoup plus prudent en la matière, et s’impose d’ailleurs de [dus en plus. Il est muni d’un régulateur, d’un accélérateur et d un
- carburateur spécial; l’hélice qu’il commande est réversible, pour assurer la marche en arrière, [dus nécessaire ici que nulle part. Le réservoir à essence est à double enveloppe, il est logé dans un compartiment indépendant de celui du moteur et doté
- d’une vidange directe à la mer ; le caisson du moteur est muni d’une porte étanche, de prises d’air et de hublots à fermeture instantanée. La mise en marche ou l’arrêt, la carburation, l’allumage, sont commandés du dehors, et sont sous la main de l’homme de barre.
- Le bateau de sauvetage Henry, tel qu’il se construit actuellement avec ses derniers perfectionnements, a été soumis à des essais variés, à la voile, au moteur, et il donne toute satisfaction; pour éprouver sa solidité et sa
- stabilité, on l'a fait tomber à la mer d’une hauteur de 6 mètres, par déclenchement instantané au moyen d’une grue ; on l’a obligé à chavirer et on l’a vu se vider immédiatement, en reprenant sa position normale ; on a pu sans aucun inconvénient y déverser brusquement un volume de \ mètres d’eau d’une hauteur de A mètres.
- Déjà la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons possède un de ces canots de sauvetage pour le service de la station Brest-Portsall, et ce nouveau type d’embarcation si intéressant va pouvoir subir les dures épreuves de la pratique.
- Daniel Bellet.
- p.221 - vue 225/536
-
-
-
- LA N AT U HE.
- y)y>y>
- CHRONIQUE
- l'n Irateau à repêcher les épaves. — Il n’y a
- guère d'autre mot pour le désigner, ces épaves étant principalement les troncs d’arbres, les bois flottés qu’entraînent les grandes crues. Il a été construit spécialement pour le Mississipi, dont les crues sont des plus violentes; et, quand les eaux baissent ensuite, elles laissent souvent dans les passes, à demi enfouis dans les bancs et créant un grave danger pour la navigation, d’énormes troncs d’arbres qu’il est fort malaisé d’arracher. Le bateau destiné à effectuer cette opération, et qui porte le nom de « General Wright », a une double coque à l’avant, un peu comme celle d’une drague à godets et à chaîne centrale, afin qu’on puisse faire passer dans l’évidement les chaînes de soulèvement des épaves. De puissantes bigues permettent ce soulèvement. Le bateau a 48 mètres de long et une largeur considérable de 50 mètres; il est muni de roues à aubes qui assurent sa propulsion. Son tirant d’eau n’est d’ailleurs que de 0m,60, ce qui lui donne la possibilité de passer sur tous les bas-fonds.
- La lutte contre la rouille. — Les Proceedings de la Chemical Society ont donné récemment des indications curieuses sur diverses substances essayées pour empêcher les ravages de la rouille. On prenait des petits morceaux de tôle de fer complètement nettoyée, et on les enfermait dans des tubes de verre soigneusement scellés et contenant des solutions des matières à éprouver, le tube offrant dans chaque cas, au-dessus de la solution, un espace plein d’oxygène pur. On a essayé le chlorure de sodium, le chlorate de potassium, le sulfate de fer, le ferricyanure de potassium, le nitrate de potassium et le sulfate de sodium, qui laissent se produire la rouille. Au contraire, les substances suivantes paraissent prévenir plus ou moins effectivement la formation de la rouille : carbonate de sodium ou d’ammonium, borax, ammoniaque, bichromate ou ferricyanure de potassium, nitrite de sodium, carbonate de potassium, hydroxyde de calcium, etc. On peut dire en général que les réactifs qui préviennent la formation de la rouille sont ceux en présence desquels se produit la décomposition du peroxyde d’hydrogène.
- Les locomotives françaises aux États*L’nis.
- — Les locomotives compound équilibrées, qui font maintenant fortune sur les divers réseaux français, et qui sont dues à la collaboration des Ingénieurs des Compagnies et de M. de Glehn, le Directeur des Établissements de Belfort, sont en train de pénétrer dans le monde américain. C’est ainsi que le Pennsylvania Railroad vient d’acheter une machine de Glehn pour l’essayer sur son réseau ; d’autre part, l’Àmerican Locomotive Company est en train de construire une grosse machine sur les mêmes données. Le fait est d’autant plus intéressant à signaler, au point de vue de l’industrie française, que les Américains n’aiment guère imiter le Vieux Monde, et que, à l’heure présente même, les machines françaises sont également en essai sur les réseaux anglais.
- Nouvelle plante saccharifèrc. — Une revue technique allemande annonce qu’on vient de découvrir en Amérique du Sud une nouvelle plante à saveur sucrée intense, contenant une proportion formidable de matière sucrée, non fermentescible. Cette plante appartiendrait à la même espèce que celle qu’on nomme en allemand « Kunigundenkraut » (Eupatorium cannabinum) ; elle est herbacée et atteint une taille de 20 à 50 centimètres.
- Le chimiste Bertoni considère qu’elle a une importance de premier ordre au point de vue industriel, et, d’après des essais faits par le directeur de l’Institut agricole de l’Assomption, elle contiendrait 20 à 50 fois autant de matière sucrée que la betterave ou que la canne. Cette plante étonnante aurait pour nom savant « Eupatorium rebandium ».
- Globes de lampes et déperdition lumineuse.
- — On tient généralement à entourer de globes les sources lumineuses, lampes électriques ou autres, parce que l’on considère que cela assure une meilleure répartition de la lumière; mais on ne songe pas assez à la déperdition de lumière qui se fait par absorption. « Scien-tific American » a donné à ce sujet des chiffres comparatifs intéressants. Avec les globes dits holophanes, la déperdition était seulement de 14 pour 100; elle atteignait 19 pour 100 et plus avec des verres prismatiques, 55 avec des globes blanc opale, et près de 60 avec la coloration jaune opale. C’était encore bien davantage si la couleur des globes était rubis, rose, et enfin on arrivait à la proportion énorme de près de 78 pour 100 quand on enfermait la lumière dans un globe vert opale.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 février 1905. — Présidence de M. Tuuost.
- Décès. — L’Académie reçoit la nouvelle de la mort de M. Fernet qui fut, pendant longtemps, le secrétaire des Comptes Rendus.
- Biographie de savant. — M. Lannelongue fait hommage d’un ouvrage de M. Pilastre, sur la vie et les œuvres de Malgaigne. 11 expose que Malgaigne fut un opérateur habile en chirurgie, utilisant heureusement des connaissances étendues en anatomie, mais que ce fut surtout un réformateur. On lui doit en particulier d’avoir institué l’alimentation des blessés en détruisant les préjugés du xvme siècle sur l’origine de la fièvre. En outre, il fut l’introducteur de la statistique dans la pratique chirurgicale, et on lui doit les lumières qui ont éclaté de cette statistique.
- L'audition et les lésions de l’oreille. — M. d’Arsonval rappelle que M. le Dr Marage a employé la sirène à voyelles à l’étude de l’acuité auditive, en mesurant la pression qu’il est nécessaire de donner à l’air pour que la voyelle prononcée soit à la limite de perception. 11 fait connaître les résultats obtenus lorsque les auditeurs sont des personnes atteintes d’otites scléreuses. Ses conclusions sont fondées sur près de 800 cas dont un grand nombre a été suivi depuis six ans. Les courbes qu’il obtient au moyen de la sirène à voyelles sont absolument caractéristiques et leur forme permet d’affirmer si l’on est en présence d’une otite moyenne, d’une otite scléreuse mixte ou d’une affection du nerf auditif. Ces résultats sont précieux si l’on considère combien il est difficile de déterminer, sur un malade atteint d’otite scléreuse, la part qui revient, dans la baisse de l’audition, à la chaîne des osselets ou au nerf auditif.
- Action des rayons X sur le cancer du sein. — M. d’Arsonval, après avoir rappelé l’action atrophique des rayons X sur certaines glandes, expose que M. le Dr Foveau de Courmelles, grâce à un mode spécial d’application des rayons X au cancer du sein, a pu obtenir une régression rapide de lu maladie. La rapidité est en rapport avec l’àge des malades, le nombre, la durée et l’intensile des applications.
- p.222 - vue 226/536
-
-
-
- LA NATLHE.
- oo
- La température des sources à capter. — M. A. Landry présente une Note de M. Martel sur l’application de la température des sources à l’hygiène publique. Contrairement à ce que l’on a cru jusqu’à ces dernières années la température des sources n’est pas constante dans tous les cas. D'innombrables expériences et constatations établissent que, dès qu’une source offre des variations saisonnières atteignant une amplitude de 1° C., on doit la considérer comme une résurgence, c’est-à-dire comme une venue d’eau sujette à des intiltrations plus ou moins lointaines susceptibles de la contaminer. La fontaine de Vaucluse, par exemple, a révélé, en 1905, un écart thermique de 6°,7. Le fait provient de ce que les eaux qui l’alimentent ne remontent pas d’une zone d’équilibre géothermique, mais descendent des puits naturels ou avens. Il faut donc, avant d’autoriser le captage d’une résurgence, observer méthodiquement la température. Il en est de même des puits forés par l’homme : les uns sont à température constante, les autres à température variable. Un puits de la première espèce débouche dans une nappe d’interstices en général non contaminée; un puits de la seconde est en rapport avec les eaux superficielles et leurs pollutions.
- Société d'histoire naturelle d! Autan.— M. A. Gau dry rappelle que la Société d’histoire naturelle d’Aulun fut fondée par Bernard Benault qui sut lui imprimer une féconde impulsion. Cette Société, bien que privée de son fondateur, atteste sa vitalité par la publication d’un nouveau recueil de Mémoires.
- Dépôts carbonifères des Balkans. — M. Zeiller résume une Note de M. de Launay, sur les dépôts carbonifères de l’époque du Sénonien dans les Balkans. De gisements signalés par M. Wonkoff, géologue du gouvernement bulgare, il a rapporté des fossiles qui, étudiés par M. üouvillé, ont été reconnus comme provenant du Sénonien. En outre, il a rapporté des fossiles végétaux que M. Zeiller a examinés. Ces fossiles sont très intéressants parce qu’ils montrent, d’une façon très nette, la présence dans cette région de types australiens tels que drammara et grevillea. M. de Launay a constaté, en outre, l’existence de mouvements orographiques qui ont renversé vers le Nord toute la série des sédiments des Balkans centraux et il est disposé à attribuer à d’autres mouvements récents la surrection de la crête orographique située aujourd’hui à 5 ou 10 kilomètres au sud de la ligne réelle de partage des eaux. Celle-ci présente une altitude plus faible de 500 mètres environ, si bien qu’actuelle-ment les eaux se fraient un passage au travers de la crête par des canons.
- Action du radium sur les venins. — M. Chauveau présente un travail de M. Phisalix relatif à l’action de l’émanation du radium sur la toxicité des venins. Dans un premier travail il a montré que le venin de vipère, exposé pendant 50 à 00 heures à l’action des radiations du radium, perd sa toxicité. 11 a étendu ses recherches au venin du cobra, de la salamandre terrestre et du crapaud. Le premier est pareillement modifié ; quant aux deux derniers ils conservent leur toxicité malgré une exposition de 72 heures. M. Phisalix a ensuite essayé l’action de l’émanation ; elle est plus intense, car elle détruit en 6 heures la toxicité du venin de vipère et de cobra. Mais le venin de salamandre et celui de crapaud ne sont pas modifiés. L’émanation au bout de 7 jours possède encore le pouvoir de détruire la toxicité du venin de vipère et de salamandre.
- Recherches spectroscopiques. —M. Deslandres présente une Note de M. Fabry relative aux spectres des fluorures de calcium, de strontium et de baryum. L’auteur signale des î dations générales entre les trois spectres, relations qui peuvent se traduire par des nombres. Ces constatations sont à rapprocher de constatations analogues déjà faites par Misterlitch sur les spectres des chlorures, des bromures et des iodures.
- L'intensité de la lumière en photographie. — M. Poincaré résume une Note de M. Guiton relative à l’intensité des dépôts photographiques considérée comme fonction de l’intensité lumineuse pendant un temps de durée constante. Il a mesuré ces quantités, puis a représenté les résultats par une courbe. En prenant comme axe des X une droite sur laquelle on porte les intensités lumineuses et comme ordonnées le- épaisseurs des dépôts, il s’est trouvé que la courbe des X s’élevait d’abord presque verticalement, ne s’infléchissant tout d’un coup assez rapidement que dans le sens des X croissant. 11 résulte de là que pour deux intensités voisines de l’intensité initiale les différences d’épaisseur des dépôts sont considérables. Ces dernières sont mesurées exactement au moyen d’expériences d’absorption de la lumière au travers des dépôts. Ces résultats sont à rapprocher de ceux que M. Blondlot a obtenus sur les négatifs dans la photographie par les rayons N. On relevait dans les dépôts des différences frappantes qui étonnaient. Cela parait dùauréglagede l’étincelle. Si l’on est voisin du seuil de la courbe les petites variations d’intensité dues aux rayons N deviennent sensibles sur les dépôts. Ch. de Yilledeuil.
- UN AUTODROME NATUREL EN FLORIDE
- La Floride était, il y a une vingtaine d’années, connue comme un pays très original, mais difficilement accessible, où l’on ne circulait guère qu’en bateau sur l’inextricable réseau des rivières enchevêtrées avec les <1308 et les marais, en avançant lentement, à l’ombre de la forêt vierge d’où pendent les lianes touffues. La découverte, faite en 1891, de grands gisements de phosphate qui comptent parmi les plus considérables du monde, a changé tout cela. Les chemins de fer ont immédiatement allongé leurs tentacules vers ces millions de tonnes à transporter. Les Américains ont découvert la Floride ; ils se sont aperçus qu’il y avait là des plages merveilleuses ; ils y ont créé des stations à la mode, et voici qu’une attraction nouvelle, dont le New York Herald nous montre la curieuse mise en scène, contribue à attirer de plus en plus vers les plages d’Ormond et de Day-tonales milliardaires américains. C’est un autodrome naturel, comme il serait difficile d’en rêver un ailleurs, absolument horizontal, long de plusieurs centaines de kilomètres, large de 100 à 300 mètres, avec un sol résistant comme de 1.’asphalte et ne donnant aucune poussière.
- Cet autodrome, c’est tout simplement la plage, dont un regard jeté sur une carte de la Floride et quelques mots d’explication vont faire aussitôt comprendre les propriétés toutes spéciales.
- Quand on examine la carte de cette longue près-
- p.223 - vue 227/536
-
-
-
- 224
- LA NATURE.
- qu’lie qui forme la Floride, on y remarque, outre les lacs innombrables auxquels je faisais allusion en commençant, une ligne d’étangs côtiers comme nous en avons sur les bords de la Méditerranée, avec une mince frange de côte qui les sépare de l’Atlantique.
- Cette sorte de levée est d’une reclilignité absolue. Le sable en est, de plus, d’une nature particulière, qui fait qu’aussitôt la mer descendue, la zone découverte par les eaux prend une dureté, dont il est, paraît-il, impossible de se faire une idée. Deux
- Fig. 1. — Vingt-deux automobiles de front eu Floride.
- heures après la haute mer, l’autodrome devient disponible et le reste jusque deux heures avant la marée suivante. La Floride est, en effet, un grand récif corallien formé d’un calcaire blanchâtre qui constitue le sous-sol.
- Là-dessus, la mer roule un sable entièrement formé par les débris pulvérisés d’une sorte de coquille propre à cette partie de la côte.
- Ces débris, qui apparaissent au microscope entièrement ronds et qui sembleraient donc ne devoir prendre aucune cohésion, adhèrent, au contraire, remarquablement quand ils contiennent, entre leurs sphères juxtaposées, les minces lames d’eau, les membranes capillaires d’humidité laissées par le retrait de la marée.
- C’est là qu’on a pu voir récemment 22 automobiles se mesurer de front dans des conditions avec lesquelles ne sauraient rivaliser nos plus belles routes nationales (lig. 1).
- En môme temps, la Floride garde la douceur de son climat, qui est celui des Antilles, et qui y a fait, depuis longtemps, établir des stations d'hiver pour les malades ; elle a ses belles forêts tropicales (dont la lièvre et les serpents diminuent, il est vrai, %
- quelque peu le charme), ses bois d’orangers, ses lacs, ses phosphates..., et même, à l’occasion, des pertes de rivières, et des sources vauclusiennes pour
- distraire les spéléologues.
- C’est un spectacle vanté que l’arrivée par eau à telle de ces sources, qui forme, en sortant de terre dans le récif corallien, une immense vasque admirablement limpide, un lac d’argent, le « silver spring » (lig. 2).
- Pour y parvenir, on glisse lentement à l'ombre des arbres géants sur l’eau transparente, où les blancheurs du fond se mêlent aux merveilleux reflets; on navigue ainsi longtemps sans voir le jour, et soudain la lumière semble se faire, le ciel bleu apparaît; en silence on débouche alors sur le lac d’émeraude, entouré, dans les profondeurs de la forêt, par les arbres centenaires, qui se doublent en lui comme dans le plus pur, dans le plus immaculé des miroirs. . T
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Laiiuke, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 2. — Navigation dans les forêts de la Floride et boîte aux lettres accrochée à un arbre.
- p.224 - vue 228/536
-
-
-
- .V 11)59.
- Il MARS 1905.
- LA NATURE.
- 225
- LES NOUVELLES LOCOMOTIVES A GRANDE VITESSE DU P.-L-M-
- Lu Compagnie l'.-L.-M. vient de mettre en circu- qui comptent parmi les plus puissantes actuellement
- iation une série de 20 locomotives à grande vitesse, en service sur les réseaux français. Ces machines
- Fig. 1. — Locomotives C. 01 à C. ISO (type de 1899).
- sont portées sur 5 essieux : les 2 premiers essieux forment bogie à l'avant, et les 5 autres essieux, à
- roues de 2 mètres de diamètre, sont accouplés : la machine appartient donc au type 4-0-0 C A propos
- Fig. 2. — Locomotives 2601 à 2620 (type de 1905).
- de ces nouvelles locomotives, il est intéressant de comparer les différents types de locomotives à grande vitesse employés par les Compagnies françaises.
- Les locomotives construites de 1890 à 1900 pour les divers réseaux français appartiennent presque exclusivement aux deux types 4-4-0 à roues couplées 33e aimée. — lei semestre.
- de 2 m. à 2"’, 15, et 4-0-0 à roues couplées de
- 1 Si l’on considère une machine à ni roues accouplées encadrées entre p roues porteuses à l’avant et q roues porteuses à l’arriére, on désigne ce type de locomotive par le symbole p-m-q ; par exemple 4-4-2 signifie : locomotive à 4 roues couplées précédées de 4 roues porteuses (bogie) et suivies de 2 roues porteuses : c’est le type appelé Atlantic.
- 15
- p.225 - vue 229/536
-
-
-
- LA N AT U HE.
- 22G
- lm,65 à 1111,751. De plus, si l’on excepte quelques machines à simple expansion du début de cette période, toutes les autres sont du système compound à 4 cylindres agissant, par groupes de deux, sur deux essieux distincts et néanmoins accouplés. Le type 4-4-0 était alors seul employé pour les trains de grande vitesse, tandis que le type 4-6-0, convenant également bien au service des express lourds à vitesse moins élevée et à la remorque des trains de marchandises, présentait ainsi une élasticité tout à fait remarquable et extrêmement précieuse.
- Mais les locomotives express 4-4-0 atteignirent en 1000 le maximum de puissance compatible avec les limites de poids imposées par essieu et par mètre courant de voie2 * *. 11 devenait donc urgent de recourir, pour les machines de grande vitesse, à un type porté sur 5 essieux ; deux solutions se présentaient : ajouter un essieu porteur à l’arrière et adopter ainsi le type Atlantic (4-441) déjà fort répandu à cette époque aux États-Unis, — ou bien approprier aux grandes vitesses le type 4-0-0 tant apprécié, en augmentant le diamètre des roues jusqu’à 2 mètres.
- C’est ici que les Compagnies françaises se sont divisées. Dès 1900 le Nord adoptait pour ses rapides des locomotives du type Atlantic à roues de 2 m.,’ landis que la Compagnie de l’Ouest construisait peu de temps après des machines du type 4-6-0 à roues de lm,94 pour la remorque de ses express lourds. Dans la suite, le Midi adoptait le type Atlantic du Nord, et le P.-O., tout en construisant pour ses express lourds des locomotives du type 4-6-0 à roues de lm,83, réservait exclusivement, pour la remorque des trains de luxe et des rapides, des machines du type Atlantic qui sont actuellement les plus puissantes machines françaises à 2 essieux couplés.
- La Compagnie de l'Est, ayant à remorquer des rapides lourds sur des lignes présentant de fréquentes rampes, essayait trois machines du type 4-6-0 à roues de 2"',09 concurremment avec deux locomotives Atlantic, qui parurent inférieures aux premières, eu égard aux conditions très dures de ce service. Enfin la Compagnie P.-L.-M., où des rapides et express de 300 à 400 tonnes ont à franchir des rampes fréquentes et continues de 8 mm. par mètre, n’a pas hésité à adopter, pour ce service extrêmement dur, les machines 4-6-0, dont nous donnons plus loin les principales dimensions.
- En résumé, à l’unanimité des Compagnies françaises avant 1900 en faveur du type 4-4-0 à roues de 2 m. pour les trains de grande vitesse, ont succédé, depuis cette époque, deux tendances distinctes
- 1 Les machines qui ne rentrent pas dans ces deux types sont, soit des locomolives-tcnders pour services de banlieue, soit des machines à 4 essieux couplés pour trains lourds de marchandises.
- 2 En dehors de la charge par essieu, il faut, en effet, con-
- sidérer la charge par mètre courant de voie sous les roues
- de la locomotive : cette considération est indispensable au point de vue de la résistance des ponts qui datent de l’origine
- des chemins de fer.
- dans la construction des locomotives express : certaines compagnies adoptant le type Atlantic, d’autres le type 4-6-0, à roues d’un diamètre voisin de 2 m. dans les deux cas1. Cette divergence est d’ailleurs justifiée : si toutes les Compagnies cherchent, en effet, à lancer des trains de plus en plus lourds à des vitesses commerciales toujours croissantes, il ne faut pas oublier que les voies sur lesquelles doivent circuler ces trains ne sont pas identiques ; c’est donc là qu’il faut chercher l’origine de la préférence de chaque compagnie pour un type déterminé. Il est évident que, pour des profils faciles2, et avec des voies pouvant supporter une charge de 18 t. à 20 t. par essieu, le type Atlantic pourra réaliser des vitesses très élevées avec des trains dépassant 5001. : l’exemple du Nord montre ce dont est capable la locomotive de ce type. Au contraire, avec des voies comportant de longues rampes de 7 ou 8 mm. par mètre, et si l’on s’impose de ne pas dépasser une charge de 15 t. à 17 t. par essieu, l’accouplement d’un troisième essieu deviendra indispensable. C’est ainsi que, sur le P.-L.-M., les machines à 2 essieux couplés étaient arrivées à donner la limite de leur puissance : il n’est pas rare, en effet, de voir les machines du type construit de 1898 à 1901, où les charges par essieu atteignent les limites admises, patiner sur les rampes de 8 mm. quand elles remorquent des express de 500 t. à 400 t.; par suite, puisque l’on voulait construire une machine plus puissante que les précédentes, il était nécessaire d’en augmenter l’adhe'rence, ce qui ne pouvait se faire qu’en accouplant un 5e essieu.
- L’avantage de l’accouplement de trois essieux est donc de permettre de remorquer sur les rampes de plus lourdes charges à de plus grandes vitesses. Mais il faut envisager les objections suivantes formulées contre le type 4-6-0 à grandes roues de 2 m. Les partisans du type Atlantic font d’abord valoir en faveur de ce dernier qu’il permet d’augmenter la surface de grille, puisqu’on a toute liberté de placer celle-ci au-dessus des roues de l’essieu porteur arrière, et par suite de l’élargir sans être gêné par les roues et les longerons5 : mais on peut répondre à cela que, si l’on s’en tient aux surfaces de grille de 3 in2 qu’ont actuellement les plus puissantes locomotives françaises à grande vitesse, ou peut très bien loger sur les machines 4-6-0 la même chaudière que sur les Atlantic : ce n’est que lorsque la grille de 5 m2 sera devenue insuffisante qu’on pourra faire valoir cet argument contre le type
- 1 11 faut noter que si cette unanimité a cessé au point de vue du type de la machine, elle reste absolue en faveur du système compound à 4 cylindres comme avant 1900.
- 2 On désigne ainsi les voies n’avant pas de rampes supérieures à 5 millimètres.
- 3 11 semble, en effet, que l’on ait atteint, avec la longueur de 5 mètres, la limite à laquelle le chauffeur peut charger convenablement le combustible sur la grille : par suite, pour augmenter sa surface, on ne peut que l’élargir : de cette açon, on est arrivé à construire aux Etats-Unis des locomotives Atlantic ayant plus de 7 m2 de grille.
- p.226 - vue 230/536
-
-
-
- LA NAT LUI'
- ou 7
- i-ü-01. Un second inconvénient des 4-0-0 serait de présenter plus de résistance que les 4-4-2 en raison du long empattement rigide formé par les trois essieux couplés à roues de grand diamètre : on dit alors que la machine « court » moins bien. 11 faut cependant remarquer que les machines à 6 roues couplées de lm,80 à lm,85 sont employées sur bien des réseaux d’Angleterre et du continent, sans que ce reproche les ait fait condamner : au contraire, elles tendent à se répandre de plus en plus; on peut donc penser qu’en portant le diamètre des roues de 11U,8Ü à 2 m. on n’introduit pas un bien grand supplément de résistance. D’un autre côté, si les machines Atlantic construites en France joignent à une grande souplesse une grande stabilité, il ne faut pas oublier qu’on ne peut conserver cette dernière qualité qu’en n’exagérant pas la première : c’est ainsi que, dans certaines machines de ce type construites à l’étranger, l’essieu porteur étant placé lortement à l'arrière, très loin des roues couplées, et devant par suite prendre un jeu radial considérable, la locomotive ne possédait plus d’autre base rigide que celle de ses deux essieux couplés très rapprochés, et manquait alors de stabilité contre le mouvement de lacet. Au contraire la machine 4-6-0 possède une base indéformable largement suffisante pour lui assurer une grande stabilité, sans que cet empattement rigide soit assez grand pour lui faire perdre la souplesse caractéristique des machines munies d’un bogie à l’avant.
- Il résulte donc de cette discussion que le type Atlantic est suffisant pour remorquer, aux vitesses les plus élevées, des rapides dépassant même 300 t., toutes les fois que le profil est facile et que l’on‘peut admettre des charges par essieu atteignant 18 à 20 t. Au contraire le type 4-6-0 est préférable lorsque ces mêmes charges doivent être remorquées, soit sur des lignes présentant de longues et nombreuses rampes de 7 ou 8 mm. par mètre, soit sur des voies où les charges limites par essieu sont de lu à 17 t. : ces machines permettent d’ailleurs de réaliser, sur les parties faciles, les mêmes vitesses que les locomotives du type Atlantic.
- Ayant ainsi déterminé le domaine propre de ces deux types de machines, nous terminerons en donnant les principales dimensions des locomotives 4-6-0
- du P.-L.-M. (série 2601-2620).
- Surface de grille................... 5m®,00
- Surface de chauffe totale. ....... 222m®,10
- Diamètre intérieur du corps cylindrique. 1 m,500
- Timbre.............................. 16ke
- Diamètre des cylindres HP (Impression). 5iOmm Diamètre des cylindres BP (bs,e pression). 540mm
- Course des pistons..................650“’"
- Diamètre des roues motrices......... 2m,000
- Poids de la machine à vide.......... 05‘
- Poids de la machine en charge .... 70',7 Poids adhérent (en charge). ..... 50*,5
- 1 Les partisans des trois essieux couplés en arriveront alors probablement à adopter le type 4-6-2, déjà réalisé en Amérique sous le nom de type « Pacific » et permettant de disposer une grille élargie comme sur les machines « Atlantic ».
- Les 4 cylindres sont disposés en ligne au-dessus du bogie : les cylindres 11P extérieurs actionnent le 4e essieu (2e essieu couplé) et les cylindres BP intérieurs, légèrement inclinés, attaquent le 5e. essieu ( 1er essieu couplé) : les manivelles HP sont calées à 90° l’une de l’autre, et la manivelle d’un cylindre BP est calée à 180° de la manivelle du cylindre HP placé du même côté que lui : on arrive ainsi à avoir un auto-équilibrage presque complet des pièces en mouvement alternatif, et il ne reste à ajouter que de faibles contrepoids pour équilibrer complètement la machine. Les 4 cylindres sont munis de tiroirs cylindriques donnant de très grandes sections de passage pour la vapeur : c’est là un point extrêmement important, car la rapide diminution de l’effort moteur des locomotives quand la vitesse croit tient à l’influence de plus en plus grande que prennent, aux vitesses élevées, les étranglements successifs que subit la vapeur en se rendant de la chaudière à l’échappement à travers les tiroirs, les cylindres et les différentes tuyauteries. Comme démarreur, cette machine comporte simplement un robinet permettant d’envoyer, à une pression limitée, la vapeur vive de la chaudière au réservoir intermédiaire : on a renoncé pour ces machines au démarreur complet avec servo-moteur à air comprimé donnant en plus l’échappement direct des cylindres HP à l’atmosphère : à la suite d’expériences, on a étudié une distribution HP permettant d’obtenir dans ces cylindres une admission de 85 à 90 pour 100 au démarrage; dans ces conditions, la simple admission de vapeur au réservoir intermédiaire suffit pour démarrer quand la machine est dans la position la plus défavorable. Enfin, pour donner à la locomotive une grande puissance de freinage, le frein Westinghouse actionne des sabots montés sur toutes les roues, y compris les 4 roues du bogie : c’est là une disposition qui n’est pas courante en France, mais qui semble appelée à s’y répandre de plus en plus, h mesure qu'augmentent la vitesse des trains et le poids des locomotives. M. J.
- LE LAIT FALSIFIÉ AU BEURRE DE COCO
- Un opère assez souvent sur les laits écrémés, ou pauvres en matière grasse par suite d’un traitement quelconque, une falsification qu’on nomme le graissage, et pour laquelle le Dr Quesneville a constaté qu’on employait souvent le beurre de coco, dont il a été parlé ici. Or, on peut séparer ce beurre du lait auquel il est ajouté. Si l’on fait agir sur le lait de la benzine bouillant à 81°, et qu’on .évapore la benzine de la solution obtenue, on recueille le beurre soupçonné et on peut alors l’identifier commodément avec du beurre de coco non douteux. Les falsificateurs mélangent avec de la crème fraîche du beurre de coco désinfecté, et ajoutent le tout au lait, avec un peu de bicarbonate de soude facilitant l’émulsion. Il n’est pas prouvé du reste que, au point de vue alimentaire, ce beurre ait une valeur inférieure à celle du véritable beurre.
- p.227 - vue 231/536
-
-
-
- . 228
- LA NATURE.
- LE PONT EN BÉTON ÂRMÉ
- La route postale de Risti à Léal traverse la rivière Kazarguine— gouvernement de Pensa— au village de même nom ; un gué et un bac y existent, mais la circulation est interrompue pendant la période des glaces, des dégels et des débâcles. La construction d'un pont a été effectuée là, en 1904, par MM. de Moni-court et Egger, agents généraux du système Henne-bique en Russie. Ce nouveau pont est en ciment armé; c’est l’ouvrage le plus important de cette nature qui existe dans le monde entier. Il mesure, en effet, 310 mètres de longueur totale; la distance entre les culées est de 297m,50 et sa largeur de ()'",95. 11 est constitué par 15 travées égales de 21‘",50 d’ouverture, disposées en arcs, ayant une flèche de 1/10 de la portée, soit de 2n,,15. Chaque
- DE KàZÀRGUINE (RUSSIE)
- travée se compose de trois arcs en béton armé reposant sur des piles en maçonnerie de granit par l’intermédiaire d’une semelle horizontale; les arcs sont reliés par des poutrelles transversales qui se prolongent extérieurement à ceux de rive pour porter le trottoir. Enfin le tablier du pont, que supportent les arcs et les poutrelles, a une épaisseur de 120 millimètres.
- On a construit les culées et les douze piles en maçonnerie de granit parce que, pendant plusieurs années, l’administration avait dirigé sur ce point, en vue de la construction d’un pont en maçonnerie, de grandes quantités de pierres que l’on ne pouvait ne pas utiliser. Les piles portent, du côté amont, un brise-glace en béton armé constitué
- Fig. 1. — Vue générale du pont de Kazarguine.
- par une sorte de carapace recouvrant l’avant de la pile sur la zone de passage des glaces; l’arète de ces brise-glace est constitué par une forte cornière en 1er scellée dans le béton. Les garde-corps métalliques sont fixés aux trottoirs et maintenus, à l’aplomb de chaque pile, par un pilastre en béton armé. Le chemin du pont est en pierres de granit reposant sur une couche de sable. La chaussée présente deux pentes de 5 pour 100 se réunissant en un point haut situé au milieu du pont. Des bouches d’égouts en fonte recueillent les eaux superficielles ; celles d’infiltration peuvent s’écouler par des tubes métalliques scellés dans le béton. L’ensemble du pont offre un aspect de grande légèreté et d’élégance malgré l’absence presque complète de décorations.
- L’exécution de cet ouvrage présentait quelques difficultés provenant surtout du climat et de l'éloignement de la voie ferrée la plus proche. Aussi fut-il décidé d’exécuter ce travail en deux périodes :
- l’une d’hiver, l’autre de printemps après la débâcle.
- La glace offrait, en hiver, une base très commode pour l’installation et la mise en place des sonnettes destinées au battage des pieux d’échafaudages et celle des palplanches des batardeaux des piles en rivière. D’après les renseignements recueillis sur place, et étant donnée la hauteur de l’eau au moment de la formation de la glace — environ 1 mètre — il paraissait certain que des pieux battus de façon à dépasser seulement de quelques centimètres le niveau de la glace, se trouveraient, grâce au gonflement presque subit de la rivière au moment de la débâcle, à l’abri du choc des glaces entraînées par le courant. Aussi fut-il décidé de faire le battage en hiver, il eut lieu en février 1904. Dès la fin du mois de mars, les bois ronds destinés à l’étayage étaient prêts pour les 13 travées du pont et les arcs et poutres également pour 8 travées complètes.
- Les maçonneries commencèrent alors et, grâce à
- p.228 - vue 232/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 090
- un nombreux personnel, s’élevèrent en quelques jours, pour les huit premières piles, jusqu’au-dessus du niveau du fond de la rivière. Ces fondations sont généralement descendues à 2m,20 environ au-dessous du sol; le terrain rencontré est une argile très dure mélangée de cailloux, il fallut l’attaquer à la barre de mine ; par contre les parois se maintinrent sanséboulement malgré les infiltrations d’eau, et les épuisements étaient faciles avec des pompes à main.
- La débâcle se produisit le 29 mars ; les eaux se maintinrent hautes jusqu’au 5 avril, puis baissèrent rapidement et l’on put reprendre les travaux. Le 28 avril, la culée de la rive droite était terminée et les trois premières piles élevées à leur hauteur définitive.
- Pour assurer la fabrication du béton en qualité et en quantité convenable permettant une marche aussi rapide et pour faciliter le transport des matériaux,
- plusieurs dispositions avaient été prises. Une bétonnière verticale, actionnée par unelocomobile, produisait le béton qui était placé dans une caisse de wagonnet élevée ensuite par le treuil d’un monte-charge, recevant son mouvement de la locomobile, jusqu’à la hauteur du pont de service. La caisse prenait alors place sur un truc à roues et était conduite à destination sur des rails. La locomobile actionnait en même temps un crible pour la glaise et une petite scie circubire dont les services ont été fort appréciés. Les cintres proprement dits et leurs étais ont été enlevés 45 jours après l’achèvement du béton de chaque travée; on n’a observé, au décintrage, que des abaissements nuis ou insignifiants.
- Le surplus des travaux, qui comportaient notamment plus de 40 000 mètres cubes de terrassements et 10 000 mètres carrés de pavage, a été achevé vers le
- \ 5 septembre 1904. On procéda ensuite aux essais officiels et à la réception provisoire du pont : la réception définitive de l’ouvrage ne devant, d’après le contrat, avoir lieu qu’en mai 1905, après la débâcle. Ces essais, effectués en présence du baron H. de Rosen, inspecteur général des ponts et chaussées au Ministère de l’Intérieur à Saint-Pétersbourg, ont donné d’excellents résultats : les flèches maxi-ma constatées n’ayant pas dépassé 1/7500 de la portée sous la charge normale des 440 kg par mètre carré et 1/4700 de la portée sous une surcharge de une fois et demie la normale, soit 660 kg par mètre carré. Cette surcharge, couvrant toute la chaussée et les trottoirs sur une travée entière, avait été maintenue pendant 16 heures; c’est seulement après ce temps que la lecture des flèches a été faite. On a également procédé à des essais au choc consistant à faire tomber un poids de 200 kg de 2m,50 de hauteur, puis un poids de 400 kg de la même
- hauteur, sur la partie surchargée déjà de 660 kg par mètre carré. Le choc se produisit au milieu d’un panneau, directement sur le pavage du pont; l’amplitude de l’oscillation sous le choc a été de moins de un demi-millimètre.
- Suivant les principes adoptés par M. Hennebique, ce pont n’a ni rotule ni joint de dilatation ; c’est un monolithe de 300 mètres de longueur qui pèse plus de 1 800000 kg, dont toutes les parties sont solidaires et qui offre ainsi, malgré son aspect d’éîé-gante légèreté, une très grande solidité et une résistance croissante avec le temps, car le béton possède cette propriété remarquable et unique de devenir, avec l’âge, de plus en plus résistant.
- Le projet et les calculs ont été faits entièrement dans les bureaux de MM. deMonicourt et Egger, qui se sont également chargés de ce travail, remarquable par son importance et surtout par la rapidité de l’exécution. Lucien Fournier.
- p.229 - vue 233/536
-
-
-
- liA NATURE.
- 2r>o
- FLORE ET FAUNE DU JAPON
- La flore du Japon est remarquable par sa richesse. Le Japon ne renferme pas moins de 900 genres formant 3000 espèces, alors que l’Allemagne ne possède que 718 genres et 2014 espèces. Cette richesse des formes est sans doute en rapport avec l’histoire géologique de l’archipel, qui a été en connexion, tantôt avec le continent asiatique, tantôt avec l’Amérique. La flore du Japon provient directement de la flore de l’époque tertiaire, alors que, dans le reste de l’hémisphère boréal, cette flore a dû reculer devant l’invasion des glaces et n’a pu reconquérir qu’une partie de son domaine primitif après la disparition de celles-ci. D’autre part, le caractère insulaire de la région a permis à certaines formes de s’y maintenir, alors qu’ailleurs elles n’auraient pas résisté à la lutte pour la vie.
- Les forêts occupent 40 pour 100 du territoire de Rondo, 64 pour 100 de Sikokou, et 75 pour 100 de Yézo. Elles se distinguent par la variété des espèces qu’elles renferment. Parmi les Gymnospermes il faut citer les Cryptomérias, les thuyas, les cèdres, les cyprès et le Gingko biloba, arbre rare aujourd’hui, mais dont les débris fossilisés ont été trouvés un peu partout dans les terrains jurassiques. Les arbres feuillus comprennent des chênes, des ormes, des frênes, des peupliers, des noyers, des cerisiers, etc. Parmi les espèces tropicales il faut citer les palmiers, les cycadées, le camphrier, le bambou.
- Le Japonais Tanaka distingue 5 zones florales : 1° la zone du figuier, limitée aux Riou-Kiou et au sud de Kiou-Siou; on y rencontre les Cycadées et on y cultive la canne à sucre. 2° La zone du Pinns Thunbenji Pabst et des cultures subtropicales, thé, oranger, etc. Elle occupe la plus grande partie du Japon, s’élève à 1200 mètres dans le sud, descend à 280 mètres dans le nord. 3° La zone du hêtre, qui comprend, en outre, des bouleaux, des ormes, des tilleuls, etc. ; elle n’occupe dans le sud que le sommet des montagnes, mais descend sur les versants dans le nord de Rondo. 4° La zone du sapin (Abies Veitschi) qui va de 2000 mètres dans le sud à 1000 mètres dans le nord. Enfin, 5° la zone du Pinus cembra, qui constitue en altitude et en latitude la limite supérieure de la végétation.
- Ce qui caractérise la flore du Japon, c’est l’abondance de ses fleurs. Dès février fleurissent les pruniers et les Forsythia, en mars apparaissent les camélias et les pêchers, et, de mois en mois, jusqu’en novembre on voit se succéder les fleurs les plus variées.
- La faune du Japon est proche parente de celle de la partie voisine du continent asiatique. Dans le nord de Yézo on rencontre les mêmes espèces que dans la province maritime russe; l’ours brun, la zibeline, l’hermine et d’autres formes arctiques qu’on ne retrouve pas dans le Rondo. Cette île a dû être séparée de Yézo dès l’époque tertiaire. On y rencontre en revanche d’autres Mammifères asiatiques, comme le loup, le renard, le blaireau, la loutre, l’écureuil, etc. Nos rats sont remplacés par des espèces spéciales. En macaque particulier au Japon abonde dans les forêts du sud et du centre. Il y a aussi un ours, un cerf, une antilope et quelques autres animaux qui ne se rencontrent que dans cet archipel.
- Sur les 390 espèces d’Oiseaux, 49 sont spéciales au Japon. Les autres sont identiques aux formes sibériennes, chinoises, malaises, ou se rencontrent sur tous les rivages du Pacifique ou même dans toute la zone paléarctique.
- Parmi les Batraciens il faut citer la Salamandre géante, qui peut atteindre lm,60 de longueur. La faune ichtyo-logique du Japon est très riche. Dans les eaux douces on rencontre des carpes, des lamproies, des anguilles, des poissons dorés, des truites. Quant à la faune marine elle ne renferme pas moins de 600 espèces, dont beaucoup sont comestibles. On pèche aussi de nombreux Crustacés marins et d’eau douce.
- Il n’y a pas de Scorpions au Japon, mais de nombreuses araignées. Parmi les Insectes, les papillons abondent : les diurnes seuls comprennent 150 espèces. Les uns sont identiques aux formes européennes, les autres appartiennent aux faunes sibérienne, chinoise, ou sont spéciaux au Japon. L’une des caractéristiques du pays c’est l’abondance des cigales; quelques-unes sont nocturnes. Enfin pour finir par un renseignement pratique, qui peut intéresser les voyageurs, il y a beaucoup de puces et de mouches, mais pas de punaises; l’humidité de ce climat ne leur convient pas. Dr L. Laloy.
- PROGRÈS DE L’HYGIÈNE EN FRANCE
- Le Dr Imbeaux, le savant hygiéniste, ingénieur de la ville de Nancy, vient de dresser, d’après les documents statistiques du ministère de l'Intérieur, un tableau comparatif duquel il résulte que l’hygiène des 56 principales villes de France s’est considérablement améliorée depuis 1886. A cette date, la mortalité était, pour l'ensemble des villes, de 26,40 décès pour 1000 habitants (dont 0,521 attribuables à la fièvre typhoïde) ; en 1903 elle e.4 tombée à 20,14 pour 1000 habitants (dont 0,212 pour la fièvre typhoïde).
- Pour Paris les chiffres sont : 1886, 24,50 pour 1000 (dont 0,452 tvph.); 1903, 17,45 pour 1000 (dont 0,1951 typh.). Pour la fièvre typhoïde la plus grande amélioration a été obtenue par les villes qui ont perfectionné leurs alimentations d’eaux et leurs égouts : Paris, Lille, Tourcoing, Troyes, Marseille, Toulouse, Calais, Douai, Saint-Quentin, Besançon, Nice, Pau, Périgueux, Angou-lème, Limoges, Clermont-Ferrand, Tours, Le Mans, le Havre, Saint-Nazaire, Lorient, Cherbourg ont diminué leur mortalité typhique d’au moins 50 pour 100. En revanche Amiens, Versailles, Rennes ont vu légèrement augmenter leur mortalité typhique; Toulon et Avignon l’ont à peine abaissée.
- Les villes plus favorisées que Paris en 1905 sont seulement Roubaix, Tourcoing, Douai, Grenoble, Bourges, Ro-chefort. Le chiffre de 16 à 17 pour 1000 ne devrait pas être dépassé en Europe; on arrive encore (1905) à plus de 25 pour 1000 à Avignon, Marseille, Cette et Brest.
- Nous ajouterons, d’après la Statistique sanitaire des villes de F rance pour 1905, qui vient d’être publiée, que, pour les 71 villes de plus de 30 000 habitants on a, en 1905, comme maximum de mortalité : 27,9 pour 1000 à Rouen; 25,9 à Brest; 25,3 à Avignon; 25,1 à Cette; 25 à Marseille ; 25 à Montreuil-sous-Bois ; — comme minimum, 15,7 à Belfort et 16 à Douai et à Vincennes; — Paris était à 17,24 pour 1000. —La fièvre typhoïde entre dans la mortalité en 1903 à raison de 0,109 pour 1000 à Paris (298 décès) ; 0,395 à Marseille (491 décès) ; 0,608 à Besançon (54 décès); 0,658 à Montpellier (50 décès); 0,784 à Toulon (80 décès); 0,827 à Rouen (96 décès) ; 1,166 à Brest (98 décès) et 1,383 pour 1000 habitants à Avignon (65 décès). Dr Ouadé.
- 1 Ces deux chiffres sont à rectifier • 17,24 et 0,109.
- p.230 - vue 234/536
-
-
-
- LA NATURE.
- LÀ MONTRE MODERNE 1
- Comment sont habillés les mouvements une fois établis ?
- Il leur faut une Imite, un cadran, des aiguilles.
- La boîte de montre a donné naissance à une industrie spéciale et fort curieuse. Elle se fait en métal ordinaire, en argent et en or. Elle ne comprend pas moins de 29 pièces différentes dont 9 pour le tournage et le reste pour l’achevage.
- M. Frainier, de Morteau, a eu l’obligeance de me faire visiter son usine, dans laquelle il établit la boite métal et argent et où il met en œuvre toutes les ressources du machinisme. Des dessinateurs spéciaux combinent un modèle. Celui-ci, aussitôt exécuté et fondu en grand, est installé sur une machine, qui, grâce à un système de réduction basé sur les principes du pantographe, va le transporter en quelques heures et sans aucune surveillance sur un bloc d’acier, coin qui s'ajoutera à tous ceux que possède déjà la maison.
- Pendant ce temps une autre machine a été mise en mouvement. On a introduit entre ses mâchoires l’extrémité d’un long ressort rubané légèrement plus large que ne sera le fond de boite. Cette machine qui peut découper jusqu’à 12 millimètres d’épaisseur, débite ce ruban en rondelles à raison de 5000 à l’heure! Les rondelles passent ensuite sous d’énormes balanciers logés dans des massifs de maçonnerie et qui leur impriment les dessins des coins dont nous venons de parler.
- Les carrures, les lunettes, les cuvettes sont estampées d’autre part. On achève, on tourne et refrotte. On ajuste les charnières, les olives, les pendants. Puis on finit et décore. On polit, on peint, on émaillé, on grave, on dore, on nickèle, on argente et la boîte sort enfin coquette et ravissante, prête à aller costumer le mouvement qui l'attend. On comprend que nous ne puissions entrer dans le détail des opérations par lesquelles passe cette boîte. Nous nous reprocherions toutefois de ne pas citer celle qui consiste à donner aux dessins des teintes mates fort artistiques par injection de silex pulvérisé sur les fonds.
- Les machines à graver sont aussi fort curieuses. Elles sont, comme celle qui sert à faire les coins, basées sur le principe du pantographe et des réducteurs. Mais c’est principalement sur les boîtes d’or qu’elles sont curieuses à examiner.
- Dans la boite d’or, le prix de la matière première joue un rôle tout à fait prépondérant. Le fabricant doit fournir des boites d’un poids déterminé et d’un litre sur lequel il n’est accordé qu’une très minime tolérance. Aussi doit-il s’ingénier à ne donner, pour les prix très serrés qu’on lui impose, que des pièces sur lesquelles il puisse gagner sa vie. 11 est ainsi arrivé à des résultats absolument invraisemblables.
- On fabrique des boites de montres dont la cu-
- 1 Voy. n° 1655, du 1! février 1905, p. 166.
- vettc n’a pas plus de 9/100 de millimètre d’épaisseur et dans lesquelles il n’entre pas plus de 2 grammes d’or. (L’épaisseur moyenne est de 18/100). Et là-dessus le graveur trouve encore le moyen d’enlever des molécules de métal précieux avec ses machines et sans qu’à l’intérieur il en reste de traces. Il faut dire qu’il n’obtient ce résultat qu’en montant ses pièces sur une sorte de ciment marron qui empêche le marquage, lequel ferait refuser les boîtes par le client. Ces chiffres suffisent à faire comprendre le degré de précision auquel on est parvenu avec les machines à graver, dont M. Lienhardt, de la Chaux-de-Fonds, s’est fait une spécialité.
- Nous avons eu la chance de visiter un atelier de gravure de cette ville au moment ou passait la voiture qui emporte les déchets du balayage des escaliers et des parties de l’usine où l’on ne travaille pas. J’ai reçu la confidence que le kilo de cendres de ces déchets est encore expertisé et payé de 15 à \ 8 francs ! Inutile de dire que, dans les ateliers mêmes, dont les parquets sont métalliques et couverts de clayonnages, les cendres valent beaucoup plus cher. Les eaux de lavage sont soigneusement dépouillées des parcelles d’or qu’elles peuvent contenir.
- Parmi les décorations accessoires de la boîte de montre figurent en premier lieu les pierres précieuses. (juand nous disons précieuses, il ne faudrait pas prendre le mot trop au sens strict. Si l’on sertit des brillants de 75 francs et au-dessus, il en est qui n’ont que le tiers de cette valeur. Les roses ne dépassent pas souvent 18 francs. Les petites pierres venant d’Anvers ou d’Amsterdam valent environ lfl,50. Et le plus souvent ou n’utilise que des éclats qu’on appelle grains de sel — ils en ont la parfaite ressemblance — et qui ne coûtent que deux sous !
- J’ai vu à la Chaux-de-Fonds des montres de dames émaillées et garnies de deux rangs de perles qui ne se vendent pas en gros à plus de 10 francs!
- Sans nous laisser entraîner plus loin sur cet inépuisable chapitre de la décoration qui ressortit plutôt à la joaillerie et à l’art décoratif, contentons-nous de dire quelques mots des cadrans et des aiguilles1.
- L’immense majorité des cadrans est émaillée sur métal, cuivre ou argent. Les plaques ont 2 dixièmes de millimètre d’épaisseur environ et les cadrans varient comme prix de quelques sous à 25 francs pour les pièces compliquées. L’émail peut être dur (blanc) ou tendre (blanc teinté ou transparent).
- La plaque découpée (elle a de 5 à 150 millimètres de diamètre) est d’abord passée au feu pour le soudage des pieds qui la rattacheront à la montre, puis décapée à l’acide. Elle est ensuite garnie d’une pâte
- 1 Le lecteur aura compris qu’il ne s’agit que des boîtes destinées aux montres du meilleur marché. Les chronomètres et les montres de précision sont toujours enfermés dans des boîtes de prix dignes d’eux, et qui se distinguent par la force du métal précieux, par leur fini irréprochable, et souvent par une décoration due à la main des meilleurs artistes qui allient quelquefois, sur la même pièce la gravure, la peinture et la joaillerie la plus riche.
- p.231 - vue 235/536
-
-
-
- LA NATURE.
- iT>2
- d'émail soigneusement tamisé, lavé et pilé. Chaque doivent l’une après l’autre sécher dans une fournaise plaque reçoit plusieurs couches successives qui au gaz ou au coke. Certains cadrans ont jusqu’à
- Fig. 1. — Fonds de boîte de montre à Fétat de matière première (usine Frainier)
- Fig. 2. — Fournaise à cadrans de la maison Boulanger-Maillard, de Genève.
- 6 couches d’émail sans compter celle de « contre- tout. La machine à pointer marque ensuite sur émail » administrée en dessous pour renforcer le l'émail la place du centre et celle des cadrans acces-
- Fig. ü. — I.» frappe des fondsjle noîle (communiqué par M. Frainier, à Morteau).
- soires. Puis on procède à la peinture, qui peut se faire à la main, par procédé photographique ou par décalquage à la machine.
- Le procédé photographique inventé par M. Rou-langer, de (ienève, et actuellement employé par la maison Boulanger-Maillard, donne des cadrans par7
- p.232 - vue 236/536
-
-
-
- LA NATURE.
- Ci'TT
- J'),)
- ticulièrement. beaux parce qu’il permet de réduire des le retour des chiffres arabes presque abandonnés dessins de grande dimension. C’est à lui qu’on doit depuis Bréguet à cause de leur difficulté d'exécution.
- Le procédé par décalquage a l'avantage de la rapidité. Un seul ouvrier peut graver de 6 à 800
- cuite au feu. Les cadrans de secondes et autres accessoires sont rapportés ou creusés dans l’émail au moyen de fraises spéciales.
- cadrans par jour. La peinture se fait au noir d’émail, substance qui contient de l’iridium. Elle est ensuite
- La dernière opération est le limage du bord et le perçage des trous.
- Depuis quelques années la mode est venue aux
- Toyer
- —*“ÿcrt-
- —*»-
- -O 10
- -O 11 -012
- -O 13
- -O H
- ----O 19
- >£*&-
- "O 20
- ---H<©^>027
- —^#0 28 —29
- ——*xg>O30
- ——>^<5>0 31
- --—to 32
- 33
- Fig. o. — Types d’aiguilles.
- p.233 - vue 237/536
-
-
-
- 254
- LA NATURE.
- cadrans décorés, nuancés, paillonnés de parcelles d’or, de points, d’étoiles, de fleurs, etc. Ces décorations spéciales sont recouvertes de deux couches d'émail transparent nommé fondant. On fait aussi des cadrans « flinqués » en argent gravé et guil-loché, avec fondant laissant chatoyer en dessous les dessins de la plaque. Dans ce cas, les fonds de boîtes sont assortis aux cadrans. Enfin la mode des montres extra-plates a fait revivre les cadrans métalliques sans émail à peinture directe.
- Sur ces cadrans se promènent lentement, sautillent allègrement ou bondissent instantanément deux, trois, quatre, cinq, six aiguilles et même davantage : aiguilles d'heures, aiguilles de minutes, aiguilles de secondes, aiguilles de quantièmes, aiguilles de chronographes, rattrapantes, foudroyantes, etc. Il y en a de toutes les formes, de toutes les grandeurs et de toutes les couleurs, chaque fabricant ayant ses goûts ou ses manies et tenant à son modèle spécial. Aussi n’est-ce point petite affaire pour un fabricant d’aiguilles de satisfaire tous ses clients. J’ai sous les yeux un prospectus d’une des plus importantes maisons d’aiguilles de Suisse. Il contient à peu près 120 modèles. Et, comme chaque modèle peut en général se faire de 25 tailles différentes à peu près, on voit qu’il ne faut pas moins de 5000 types pour assortir aux demandes.
- Les aiguilles se font d’ailleurs plates ou arrondies, en acier, rouges ou bleues, en composition, en nickel, en or, dorées ou damasquinées. Et tous les jours il s’ajoute aux modèles anciens des modèles nouveaux.
- Malgré cela, la fabrication est tellement économique, que les marchands de fournitures en gros peuvent vendre aux horlogers, leurs clients, des aiguilles d’heures et de minutes à moins de un franc la douzaine et des aiguilles de secondes à six sous !
- Disons toutefois que les belles aiguilles pour montres de qualité ne sont pas à ces prix-là, et que, par exemple, une grosse d’aiguilles pour montres Longines peut valoir 96 francs, soit plus de 7 fois plus cher.
- Nous terminerons cette étude par quelques chiffres curieux et bien de nature à exciter l’admiration pour cette petite merveille de mécanique qu’est la montre, pour laquelle nous avons quelquefois si peu d’égards, en lui demandant tant !
- La montre en général bat le cinquième de seconde1, ce qui donne par jour 432000 oscillations et 864000 coups sur la fourchette de l’ancre. En vingt ans cela représente le joli chiffre de 5 milliards 155600000 oscillations. La puissance nécessaire pour obtenir ce résultat ne dépasse pas un 270 millionième de cheval-vapeur. Il paraît que cette puissance représenterait celle déployée par quatre
- 1 Les montres anglaises battaient autrefois 16 200 vibrations. Les chronomètres de marine battent le quart de seconde, avec 14400 vibrations. Quant aux petites montres de dames elles donnent le sixième (21 600 vibrations) et au-dessous de 2cm,26 (10 lignes) 24 000.
- puces pour exécuter simultanément le même saut, ce qui a fait proposer par un Anglais d’appeler la montre machine de quatre puces (four flea-power).
- Ce même Anglais estime à 5724 kilomètres le chemin parcouru annuellement par un point quelconque du balancier de cette montre, soit près de 16 kilomètres par jour! Et pour entretenir perpétuellement ce mouvement, pour empêcher les grippements des pivots, quelle quantité d'huile est nécessaire? Un dixième de goutte par an!
- Ce dixième de goutte, par exemple, il ne faut point négliger de le faire donner. Encore n’est-il pas nécessaire de passer pour cela tous les ans chez l’horloger. Mais, en règle générale, on ne doit pas rester plus de trois ans sans faire son petit pèlerinage chez l’artiste, si l’on veut éviter des irrégularités de marche.
- Si parfaitement fluides qu’on soit arrivé à faire les huiles d’horlogerie, il ne faut pas oublier qu’elles finissent toujours par s’épaissir au moins légèrement, et qu’un simple écart de un trois-millio-nième du chemin parcouru à chaque oscillation détermine une avance ou retard d’une seconde par jour. L. Rkverc.hon.
- RÉPARTITION DE L’AUTOMOBILISME
- EX FRANCE
- Nous voudrions montrer comment s’est développé l’automobile, comment il se trouve réparti en France, et quelle a été l’influence de la richesse de telle ou telle partie de notre pays, sur les progrès de l’automobilisme.
- C’est au moyen de documents, récemment publiés par le Ministère des Finances, et concernant la matière imposable de l’automobilisme, que nous avons pu effectuer le présent travail.
- FiXaminons avant tout quel a été le progrès de la fabrication de l’automobile, depuis la première année dans laquelle il a été fait un relevé :
- VOITURES AUTOMOBILES TOTAL
- à plus de 2 places. à l et à 2 places. des automobiles.
- 1899. 818. . . 620 . . . 1458
- 1900. 1399. . . 955 . . . 2554
- 1901. 2884. . . 2402 . . . 5286
- 1902. 4768. . . 2512 . . . 7280
- 1903. . 14 340. . . 5546 . . . 19 886
- Il ressort de ce tableau que le nombre des automobiles a plus que décuplé en cinq années, celui des voitures de plus de 2 places est devenu dix-huit fois plus considérable, pendant que celui des voitures légères, à 1 et 2 places est devenu neuf fois plus grand. Sans que l’on puisse établir le prix moyen général d’une voiture automobile, prix qui a diminué d’ailleurs très sensiblement depuis plusieurs années, on peut croire que pour une grosse voiture en y comprenant les accessoires, et sans les réparations incessantes et frais de manutention, de conduite et d’entretien, la dépense n’estpas inférieure à 10000 francs; nous pouvons avancer que le capital total représenté par les automobiles possédés dépasse aujourd’hui 200 millions de francs.
- D’autre part, plus d’un million de vélocipèdes égale à
- p.234 - vue 238/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 235
- peu près 200 millions de fiancs. Ensemble, vélos et autos, en y comprenant les motocyclettes, arrivent à représenter un demi-milliard de la fortune publique.
- Et ce n’est pas tout : il faut tenir compte, pour les ajouter aux automobiles possédés en France, de ceux qui sont exportés : en 1900, cette exportation était de 10 millions de francs, en 1901, elle était de 16 millions, en 1902, de 50 000 millions, et, en 1905, de 52 millions, tandis que l'importation en France de machines étrangères ne se chiffre que par 2 millions au plus.
- En passant, remarquons que les pays qui achètent le plus d’automobiles en France sont l’Angleterre (19 millions de francs), l’Italie, la Belgique et l’Allemagne.
- Dénombrons maintenant les automobiles par département : la Seine compte 4510 automobiles, soit le quart des automobiles de toute la France : Seine-et-Oise, 1146; le Nord, 659; la Seine-Inférieure,
- 590; le Rhône, 509 automobiles; les Bouches-du-Rhônes, 507 : c’est là qu’on trouve les plus grandes villes et le plus grand nombre de personnes riches. On rencontre fort peu d’automobiles dans la Creuse, le Tarn-et-Garonne, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Savoie (de 50 à 50 automobiles), dans les Hautes-Alpes, la Corrèze, la Haute-Loire (de 20 à 30 automobiles), les Basses-Alpes, l’Ariège, le Cantal, le Lot (de 10 à 20 automobiles); et enfin la Corse (3 automobiles) et la Lozère (2 seulement) : ce sont là des départements du Midi, peu peuplés et peu fortunés.
- D’une manière générale, les trois départements de la Gironde, des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes étant mis à part, les automobiles se retrouvent en plus grand nombre dans le Bassin de la Seine, dans le Nord de la France, dans le Rhône, et dans les départements baignés par la Loire, d’Orléans à l’Océan Atlantique.
- En considérant maintenant la proportion des voitures automobiles par rapport à la population, la Corse et la Lozère continuent à se trouver au dernier rang, pour la proportion par 100 000 habitants.
- Mais la Seine ne sera plus au premier rang et cédera la place à Seine-et-Oise. Cela tient à ce que beaucoup de personnes restent à la campagne, tout en allant en automobiles vaquer à leurs affaires dans Paris.
- Dans six départements, la proportion des automobiles dépasse 100 pour 100 000 : l’Eure, le territoire de Belfort, les Alpes-Maritimes, Seine-et-Marne, la Seine et enfin Seine-et-Oise, où l’on compte 162 automobiles pour 100 000 habitants.
- C’est dans la région allant de l’Eure à l’Aube, d’Indre-et-Loire à la Somme, que l’on en compte le plus. Trois autres régions possèdent beaucoup d’automobiles : le littoral de la Méditerranée, Lyon et ses environs, et tout le département du Doubs jusqu’à Belfort.
- D’une manière générale il y a plus de la moitié de la France à conquérir encore par l’automobile.
- Examinons ensuite comment se comporte, en fonction de la richesse des habitants, le goût du sport nouveau.
- Le montant de la fortune privée de la France, est, d’après nos calculs, de 200 milliards : comme nous
- comptons 20 000 automobiles, cela fait juste 100 automobiles pour un milliard; bien entendu, un certain nombre de départements n’atteignant pas un milliard comme fortune privée, nous devrons trouver, pour ces départements, une proportion pour ainsi dire fictive et supérieure au nombre brut des voitures automobiles existant dans ces départements.
- C’est ainsi que, par exemple, la Lozère qui n’a que deux automobiles en accuserait six, en proportion d’un milliard : de même, le Finistère, qui possède 2 milliards, et les Basses-Alpes, qui ne possèdent que 270 millions de francs, présentent, tous deux, 48 automobiles par milliard. Voici comment se groupent les départements, d’après le nombre de leurs automobiles, comparé à la fortune possédée par leurs habitants, mais ramenée à un chiffre uniforme et comparable d’un milliard :
- Répartition (te l'automobilisme en France.
- Le département qui en possède le moins, eu égard à sa fortune, est la Lozère, 6 par milliard (fictif) ; puis viennent, pour une fortune ramenée à un milliard, un nombre de 20 à 40 automobiles dans le Cantal, la Corse, le Lot, la Haute-Loire, d’une part; et, d’autre part, les Côtes-du-Nord, la Manche, le Finistère, le Morbihan.
- Nous avons vu tout à l’heure, que la moyenne, pour l’ensemble de la France, est de 100 automobiles par milliard possédé : les départements qui présentent plus de 100 automobiles par milliard sont : le Doubs en première ligne, avec les Alpes-Maritimes : 228 automobiles par milliard. Cela vient, à notre idée, de ce que ces départements fabriquent eux-mêmes l’automobile et sont mieux placés pour l’apprécier, et pour se le procurer, sur-.tout pour suppléer au très faible nombre de chevaux qu’ils possèdent. Dans les Alpes-Maritimes, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Var, dans le Vaucluse, dans la Drôme, on constate un véritable goût, un engouement pour l’automobilisme, qu’il est intéressant de faire remarquer (de 175 à 227 automobiles par milliard). V. Turquan.
- p.235 - vue 239/536
-
-
-
- fj A NATURE.
- 256
- UNE EXPLORATION DE TRISTAN DA CUNHA
- PAR LES HOLLANDAIS AU XVIIe SIÈCLE
- On désigne sous le nom de Tristan da Cunha un archipel de trois des, situé dans l'Atlantique austral, au sud de Sainte-Hélène et à l’ouest du Cap de Bonne-Espérance. Il fut découvert en 1506 par le navigateur portugais Tristan da Cunha, qui lui donna son nom. Resté longtemps sans maître, il fut occupé en 1817 par la Grande-Bretagne, qui y plaça une petite garnison et en fit le point d’appui des vaisseaux qui devant Sainte-Hélène surveillaient Napoléon.
- Pendant le xixe siècle, cet archipel fut irrégulièrement, mais assez fréquemment visité par des navires européens. Au contraire, on ne connaît qu’un nombre très restreint d’explorations «à Tristan da Cunha pendant les trois siècles précédents. Aussi est-il intéressant de signaler un voyage, ignoré jusqu’à présent, qui fut effectué en 1656, par un navire hollandais, le « Nachtglas », et dont la relation inédite vient d’être publiée1.
- Ce voyage de r e c o n n a i ssance fut ordonné par les Directeurs de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, non par curiosité scientifique, mais pour des motifs d’intérêt commercial. Depuis le commencement du xvne siècle, la Compagnie possédait le riche archipel des îles de la Sonde, qu’elle avait soustrait à la domination hispano-portugaise.
- Aussi entre les Pays-Bas et Java, le mouvement de la navigation était-il actif. Chaque année les navires de la Compagnie transportaient dans l’Inde des fonctionnaires, des troupes, du matériel, certaines denrées et rapportaient à Amsterdam et à Rotterdam, à Delft et à Middelburg, du poivre, du gingembre, des clous de girofle, bref ces « épices », dont la valeur sur le marché européen permettait de distribuer aux actionnaires de la Compagnie des dividendes, qui, en ces années 1650-1660, varièrent entre 12 1/2 et 40 pour 100.
- Or à ces navires il fallait des escales sur la route des Indes; car les escales, où Ton s’approvisionnait d’eau pure, de légumes frais et de viande, étaient
- 1 II existe deux récits du voyage du « Nachtglas » à Tristan da Cunha, l'un par le commandant Jan Jacobssen, l'autre par un officier du bord, Jacob Gommersbach. Conserves dans les Archives de La Haye, ils ont été récemment traduits en anglais, et publiés par M. H. C. V. Leibbrandt, dans « Précis of tbe Archives of the Cape of Good Hope. Letters despatched. 1652-1662». III, p. 344-352, in-8°, Le Cap.
- aussi indispensables aux anciens voiliers, que les dépôts de charbon le sont aux vapeurs actuels.
- Les Directeurs de la Compagnie des Indes avaient déjà en 1652 fondé une escale au Cap de Bonne-Espérance et les navires hollandais commençaient à la fréquenter. Mais, se méprenant sur sa position réelle et sur sa valeur économique, ils supposèrent que l’archipel Tristan da Cunha pourrait devenir un point de relâche favorable pour les navires débouchant de l’océan Indien. Ils invitèrent donc le Commandeur du Cap, Johan van Riebeeck, à y envoyer un navire, de manière à s’assurer, écrivaient-ils le 6 octobre 1654, qu’il possède des ressources suffisantes pour pouvoir être transformé en une « station de rafraîchissement ».
- Le « Nachtglas », le navire désigné pour le voyage, était une « galiote », montée par dix-huit hommes d’équipage seulement; et il ne paraîtra pas déplacé de faire observer en passant la bravoure de ces marins du xvne siècle, qui se risquaient en
- d’aussi frêles esquifs, sur les mers inconnues. Johan van Rie-beeck remit le 22 novembre 1655 au commandant Jan Jacobssen des instructions précises et qui marquent bien le caractère économique de cette expédition. Jacobssen devra étudier la côte, les ports, les lieux propices au mouillage, et les points d’aiguade; il devra encore examiner les plantes, les arbres, se rendre compte si le sol est favorable à la culture, noter s’il y a du bétail dans les îles, et dans leurs eaux des poissons, des phoques, des lions de mer et des requins; il devra enfin dresser une carte des côtes et rapporter des échantillons de bois et des peaux d’animaux.
- Le « Nachtglas » quitta le Cap le 22 novembre 1655. Le 4 janvier 1656, il arrivait en vue de l’ile la plus occidentale de l’archipel Tristan da Cunha. Le commandant Jacobssen trouva malaisément un point où jeter l’ancre; car de toutes parts, la sonde accusait de hautes profondeurs. Enfin le 5 janvier, il réussit à mouiller dans une petite baie, d’ailleurs fort mal protégée contre le ressac, et qui fut nommée : « baie du lion », en raison du grand nombre de lions de mer qui peuplaient le rivage. II resta devant cette île jusqu’au 8 janvier et lui donna le nom de son navire, « Nachtglas », terme qui n’a pas prévalu dans la nomenclature, puisque cette île est appelée actuellement « Ile Inaccessible » (fig. 2),
- Pendant leurs descentes à terre, Jacobssen et
- OCEAN
- AFRIQUE
- Ile Ste Hélène
- DU SUD
- ATLANTIQUE
- Fort du Cap Fondé en 16S2
- Position du Tristan da Cunha.
- Fis. 1.
- p.236 - vue 240/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 257
- Commersbach, son officier, tirent les observations suivantes. Derrière la plage, qui est fort étroite, couverte de galets ou de rochers et en pente raide vers la 111er, se dresse une montagne droite « comme un mur et impossible à escalader ». L’aiguade est diflicile : il faut recueillir dans des barils l’eau qui coule du haut de la montagne, puis les transporter à travers les rochers et malgré la violence du ressac jusque dans la barque. En fait de plantes, il n’y a tjue des buissons misérables et de mauvaises herbes, qui, de loin, donnent à l’ile une couleur verdâtre; mais pas trace d’arbres fruitiers, ni de végétaux comestibles. La faune se compose de phoques, de lions marins, de pingouins et de mouettes; ces dernières sont si nombreuses que le soir, quand elles
- reviennent de la haute mer, « elles ressemblent aux ilocons, qui, en Hollande, voltigent dans le ciel pendant l’hiver ». L’ile est inhabitée.
- Le 8 janvier le « Nachtglas » partit pour la seconde île de l'archipel, celle qui porte en propre le nom de Tristan da Cunha. Pendant la journée du 1) et une partie de celle du 10, Jacobssen croisa devant la côte pour trouver un mouillage sur. N’y ayant pas réussi, il resta sous voiles et envoya une barque à terre.
- Les hommes constatèrent que cette ile ressemblait en tout point à sa voisine : même montagne abrupte s’élevant à petite distance du rivage, même végétation misérable, même faune de pingouins, de phoques et de lions de mer. La seule différence ap-
- Itinéraire suivi par le "Nachtglas”
- Kilomèùvs
- o 5 jo jS zo
- lOJanvier 1656
- Tristan da Cunha
- Ile Nachtglas
- maintenant
- lie Inaccessible
- _>^-8 Janvier 1656
- Ile brisée
- maintenant
- Ile Nightingale
- yi
- i i
- o /Il Janvier 1656
- ------------------------------------------------------------
- Et/
- Retour vers le Cap
- Fie. 2. — Les trois îles de Tristan da Cunha.
- préeiable, c’est qu’iei l’eau était plus facile à recueillir que là-bas. Une planche, fixée à un rocher et portant l’inscription «17 février 1045, tlùte Heem-stede », rappela aux Hollandais que treize ans auparavant des compatriotes les avaient précédés sur cette plage inhospitalière.
- Il est étonnant que ni Jacobssen ni Commersbach ne mentionnent dans leurs relations la principale particularité physique de Tristan da Cunha, cette montagne, haute de 2600 mètres, qui s’élève au milieu de l’ile. L'état de l’atmosphère explique cette omission. Pendant les deux jours où le « Nachtglas » navigua devant l’ile, le temps fut pluvieux et nuageux, et la vue resta par conséquent très bornée.
- Le lendemain, 11 janvier, le « Nachtglas » passa devant une autre ile appelée Y « île brisée » (actuel-
- lement « Nightingale »), et qui fut reconnue aussi peu propice au mouillage des grands bâtiments que les deux autres, puis il reprit la direction du Cap de Bonne-Espérance, où il arriva le 26 janvier 1656.
- Le résultat de cette exploration était entièrement négatif. Tout, d’après le rapport du capitaine Jacobssen, dissuadait les directeurs de la Compagnie des Indes orientales d’établir une « station de rafraîchissement » dans ces îles : la violence des vents et la dureté de la mer en rendaient l’abord dangereux aux grands bâtiments, il était difficile d’y recueillir do l’eau, le sol était rocheux et stérile. Si Jacobssen avait été plus habile ou plus heureux, il n’aurait pas rapporté une impression aussi fâcheuse de son voyage. Au nord-ouest de l’ile principale s’étend une petite plaine longue de 4km,500, et large d’un kilomètre,
- p.237 - vue 241/536
-
-
-
- 258
- LA NATURE.
- qui est habitée depuis environ quatre-vingts ans. La population, qui comptait, en 1903, 75 individus, s’adonne à la pèche, à la chasse, à la culture de la pomme de terre, et à l’élevage du bétail'.
- Mais l’existence de ce canton habitable échappa à Jacobssen, et les directeurs de la Compagnie des Indes renoncèrent à leur projet. Cette expédition de 1056 n’en fut pas moins l'une de ces très nombreuses expériences, par lesquelles les Hollandais fixèrent à leur profit, mais aussi à celui des marines des autres puissances, les détails de la route entre l’Europe et l'Extrême-Orient. Henri Dehérain.
- LES TACHES SOLAIRES
- Le Soleil tient absolument à faire parler de lui en ce moment, et pour nous le prouver voici qu’il nous montre à sa surface une nouvelle tache immense, promettant de rivaliser avec celle du mois de février, telle qu’elle était
- Photographie du soleil avec ses grandes taches, le 5 mars t'Jüo.
- à sa première apparition, c’est-à-dire dépassant notablement 170 000 kilomètres sur une largeur presque aussi considérable !
- Ainsi que le montre la photographie ci-jointe prise à mon observatoire de Donville, le 3 mars au matin, la nouvelle tache se trouvait encore très près du bord oriental à cette date, ayant contourné ce bord le 1er mars sans doute, amenée par la rotation du Soleil; le 2 elle se distinguait déjà bien, environnée d’immenses facules. Cette formation a dû prendre naissance assez récemment, de l’autre côté du globe solaire, et c’est ainsi qu’elle nous est arrivée avec des dimensions comparables à celles de la première grande tache au commencement de février. La structure même de ce magnifique phénomène, avec son immense pénombre, semble indiquer que la période de formation se poursuit encore actuellement. Aussi sera-t-elle splendide sans aucun doute au moment du passage au méridien vers le 7, position dans laquelle d’ailleurs elle ne sera plus déformée par la perspective,
- 1 Meuss. Tristan da Cunha. <i Pctermann’s geographiscbc Mitteilungen », 1904, p. 150.
- car sa latitude, dans l’hémisphère boréal du Soleil, est très faible et elle passera non loin du centre apparent du disque. Au moment où ces lignes paraîtront elle aura déjà dépassé ce point et s’approchera du bord occidental.
- Sur la photographie on voit en même temps, fait intéressant, la première grande tache au méridien central, avec l’aspect déjà bien morcelé et diminué qu’elle présentait à un deuxième retour; sur le négatif on note qu’elle est environnée d’une immense zone de facules. Enfin on voit aussi un troisième groupe très environné également de facules, prêt à contourner le bord occidental.
- Les deux grandes taches ont été naturellement plus qu’aisémenl visibles ensemble, à l’œil nu : c’est un phénomène digne d’ètre remarqué, et la photographie ci-jointe peut être regardée comme un beau spécimen de l’état de la surface solaire en cette époque de grand maximum.
- Lucien Ruraux.
- CHRONIQUE
- La folie che* les nègres. — 11 s’agit des nègres vivant aux États-Unis, sur lesquels il était intéressant de faire des observations, parce qu’ils vivent dans le même milieu et l’on peut dire dans les mêmes conditions que les blancs habitant la Confédération : des comparaisons étaient donc possibles. Or M. le Dr While a pu constater que, dans les États du Sud, qui sont plutôt des États agricoles, la proportion des aliénés chez les nègres est seulement de 1 pour 1277, alors que cette proportion atteint 1 pour 456 parmi les gens de race blanche. Tout au contraire, à New-York et dans les régions industrielles, où il doit lutter pour l’existence contre les blancs, le nègre se voit obligé à un effort intellectuel qui le fatigue, et l’on trouve 1 aliéné pour 335 individus.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 mars 1905. — Présidence de M. Tkoost.
- Présence d’un sctvanl étranger. — M. le Président annonce que M. C. Ray, professeur de chimie à Calcutta, auteur de travaux importants sur les nitryles, ainsi que d’une Histoire des chimistes hindous, assiste à la séance et lui souhaite la bienvenue.
- L’expédition Charcot. — M. le Président donne lecture de la dépêche adressée au journal le Matin par M. Jean Charcot, annonçant son heureux retour.
- Un commensal de l’oursin. — M. Seurat, chargé de la mission d’étudier les huîtres perlières des attolls, a eu l’occasion de découvrir un crabe unique parmi les brachyoures par son mode de commensalité. Celui-ci s’installe dans la région péri-anale de l’oursin ; il se fail une loge dans la membrane, par invagination, et ne laisse sortir que son rostre. Quand on l’attaque, le crustacé essaie de sortir, mais né peut plus passer par l’anneau d’invagination, à cause de sa croissance, de telle sorte que de commensal il est devenu parasite ou à peu près. Aussi subit-il des modifications de forme. M. Bouvier a déterminé l’espèce et ses variations. Il montre que les angles de la carapace se sont arrondis, que la taille est plus grande et que les téguments sont plus lisses.
- La structure de l’Atlas marocain. — M. de Lappa-rent présente une Note de M. Paul Lemoine, relative à la structure de l’atlas marocain, prolongement de l’atlas
- p.238 - vue 242/536
-
-
-
- I. A N A T U K K.
- 259
- algérien incliné à l’est, qui s’élève jusqu’à 4000 mètres. Contrairement à une opinion professée par quelques géologues, il établit que cette chaîne est une chaîne de plissement où la direction des plis diffère sensiblement de celle des dislocations beaucoup plus anciennes, dont se montrent affectées au Maroc les couches paléozoïques.
- Les fossiles du Yunnan. — M. de Lapparent résume ensuite un travail de M. Mansuy sur les résultats auxquels conduit l’examen des récoltes de fossiles opérées dans le Hmnan lors des études du chemin de fer de Lao-Kay. Ces fossiles appartiennent aux étages les plus anciens, depuis le cambrien jusqu’au trias, et prouvent, par leurs affinités avec les espèces de l’Asie centrale et de l’Europe, que, dès les premières époques de l’histoire sédimentaire, il va eu communication marine continueentre l’emplacement de l’Europe et le Pacifique, par un bras de mer situé sur l’emplacement des chaînes himalayennes. Les bords de ce bras de mer se sont resserrés comme les pièces d’une mâchoire et ont donné les chaînes de l’Inde à l’Europe. On conclut que le dessin géographique du globe est de très ancienne date.
- Maladies de la feuille de tabac. — M. M. Prillieux expose que Ceorge Delacroix a comparé les maladies des feuilles du tabac connues sous le nom de rouille blanche, nielle et mosaïque. Dans une précédente étude, faite en commun sur des feuilles données comme atteintes de nielle, ils ont déjà reconnu que la cause réelle de l’altération était une bactérie. D’autre part, il semblait que cette nielle ne différait pas de la maladie décrite précédemment en Allemagne sous le nom de mosaïque. Les nouvelles recherches de M. Delacroix ont montré que la maladie bactérienne des feuilles du tabac est souvent désignée en France sous le nom de rouille blanche, qu’elle se distingue de la nielle véritable. Celle-ci se confond avec la mosaïque ; la nature en est encore fort incertaine. M. Delacroix a tracé les caractères distinctifs de la rouille blanche des feuilles du tabac et cultivé le bacille qui le produit. Ce bacille parait nouveau, il présente celte particularité que sa culture en vieillissant exhale une odeur spéciale comparable à celle du tabac incomplètement brûlé dans une pipe. Répandue sur une feuille saine, la culture y produit des taches de rouille.
- Examen physique des eaux potables. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Chanoz, de Lyon, relative à la surveillance des variations de la conductibilité électrique d’une eau potable pour y déceler les variations des quantités de matériaux qu’elles contiennent. Il a appliqué son procédé à l’étude des eaux puisées dans le Rhône, en amont de Lyon et distribuées pour l’alimentation de cette ville. Chaque jour de l’année 1904, il a déterminé exactement le point de congélation et la conductibilité électrique. Le point de congélation n’a pas présenté de variation supérieure à 0°,01, mais la conductibilité a présenté des écarts fort appréciables et a révélé un minimum en août et septembre, puis une marche ascendante à partir du mois d’octobre avec un maximum en mars. Les faits s’expliquent tout naturellement si l’on réfléchit que la fonte abondante des glaciers dans la seconde moitié de l’été donne des eaux peu chargées de matières salines, tandis qu’au contraire au moment des crues la teneur doit augmenter. Les conductibilités limites correspondent à celle d’une solution de 1,55 et 1,85 de chlorure de sodium dans un litre d’eau distillée.
- Le mode d’activité du rein. — M. Dastre analyse un travail de MM. Henri Lamy et André Meyer sur le mode
- d’action du rein. Depuis longtemps on a remarqué que l’urine est un liquide plus concentré que le sang; par suite, on est obligé de conclure que le rein accomplit un travail propre. Certains ne voient là qn’un phénomène physique, d’autres, au contraire, estiment qu’on est en présence d’un mode d’énergie inconnue. Ces derniers sont les vitalistes. Les auteurs ont injecté dans les veines d’un animal une solution concentrée de chlorure de sodium, ou une solution d’urée ou une solution de glucose et ont recueilli le liquide par l’uretère. La concentration du liquide s’est trouvée la même dans les deux premières expériences, soit qu’on considère celui de la circulation, soit qu’on prenne celui des uretères. La solution sucrée produit la polyurie. La concentration de l’urine est alors supérieure à celle du sang. On constate donc dans ce cas un travail « actif » et « électif » du rein. On peut même noter que ce travail électif est variable avec le temps. Donc, l’action du rein n’est pas explicable par des causes purement physiques.
- La maladie des chiens. — M. Roux résume une Note relative à la cause de la maladie des chiens. Depuis longtemps on a découvert des microbes sur des chiens atteints de la maladie. L’auteur croit que ces microbes ne sont pas la cause de la maladie, mais que celle-ci est déterminée par des microbes extrêmement petits qui à came de cela ne peuvent être aperçus. A cet effet il a filtré le liquide infectieux de manière que le produit ne contint plus de microbes de taille ordinaire. Ce liquide, inoculé à des chiens, leur donne un mal ayant tous les caractères de la maladie. Le sang des animaux inoculés est virulent quoique on n’y trouve point de microbes.
- Les oscillations des wagons. — M. Léauté présente un travail deM. Marié, ingénieur en chef de la Compagnie de P.-L.-M., relatif aux oscillations des voitures en marche sur leurs ressorts de suspension. L’auteur indique le moyen d’éviter les accidents qui peuvent se produire sous l’effet des dénivellations d’un rail au suivant. CH. DE \ILLEDEU1L.
- LE CENTENAIRE DE GARCIA
- La Société royale de Londres va célébrer le 17 mars la centième année de Manuel Garcia et le jubilé cinquantenaire de la spécialité laryngologique, dont le véritable créateur fut en effet Garcia avec l’invention du laryngoscope. La génération moderne, médecins ou spécialistes à part, connaît à peine le nom de ce professeur qui forma tant de brillants élèves ; mais personne n’ignore celui de ses deux sœurs qui ont laissé dans les annales du théâtre une renommée éclatante, Pauline A’iardot, la créatrice de Fidès du Prophète, l’interprète si parfaite des œuvres de Gluck, qui porte vaillamment, comme son frère, le poids des ans, et Marie Garcia, qu’un poète de génie a immortalisée dans les stances célèbres à la Malibran.
- Manuel Garcia est né à Madrid le 17 mars 1805. Son père, originaire de Séville, fut à la fois compositeur et chanteur et parcourut l’Amérique et l’Europe jusqu’au jour où il vint à Paris interpréter, avec un talent incomparable, les opéras de l’époque. Dès son enfance le jeune Manuel suivit l’exode paternel dans les deux mondes et reçut, ainsi que ses sœurs, les premières leçons de son père. 11 s’aban-
- p.239 - vue 243/536
-
-
-
- L A NA TU HE.
- 240
- donna, lui aussi, dès sa première jeunesse, comme toute sa famille, à la carrière artistique et se consacra à l’enseignement du chant; il fut attaché à ce titre en 1855 au Conservatoire de musique de Paris. Sa réputation devint, on peut le dire, universelle. Quelques années plus tard il alla se fixer à Londres, qu’il n’a plus, je crois, quitté depuis cinquante ans.
- Pendant sa longue carrière professorale, Garcia a étudié avec soin toutes les questions relatives à l’art du chant. Déjà, en 1840, il soumettait à l’Académie des sciences un travail relatif aux fonctions du larynx sous le titre bizarre de « Description des produits du phonateur humain ». Dans cette note, il admet trois sortes de voix : voix de fausset qu’il désigne sous le nom de registre sus-glottique ; voix de poitrine, registre glottique, et voix sombrée, registre ar ythéno-épiglottique.
- Les commissaires nommés pour étudier ce travail étaient des physio-logistes de marque et dont plusieurs s’étaient spécialement occupés de la question du son et de la phonation : Magendie,
- Savart, Dutrochet, Sa-varv. Jamais ils n’ont,
- «I 7
- que je sache, publié leur rapport. 11 faillit en advenir autant pour le Mémoire que Garcia faisait présenter, en mai I8ûa, par Sharpey à la Société royale de Londres1. C’était, cependant la découverte du laryngoscope, des moyens d’observer le larynx.
- Bien avant Garcia, des tentatives avaient été faites pour l’examen des parties profondes de la gorge et du larynx en particulier. Bozzini, deFrancfort-sur-le-Mein, avait imaginé une sorte de spéculum avec miroir qui réfléchissait un jet de lumière. Babington, de Londres, avait fait construire un miroir en métal poli avec spatule, qui ressemble beaucoup à ceux dont se servent aujourd’hui les spécialistes. Avery inventa aussi un appareil photogénique pour projeter la lumière dans les cavités, mais tous ces essais seraient restés inconnus sans la découverte de Garcia qui, le premier, examina sur lui-mème et sur d’autres sujets le larynx et put déterminer, par cet examen visuel direct, la position des cordes dans les différentes phases du chant.
- Voici, au surplus, un court extrait de cette note (jui, par une coïncidence curieuse, fut présentée à la
- 1 Observations un ttie Iitunaii voire ' Proeeediiigs or royal surirty uf Lomlon, 24 mai 1855).
- Mancel
- Société royale en même temps qu’une note de \V. Thomson sur la théorie du télégraphe électrique. « La méthode que j’ai adoptée, dit Garcia, est très simple. Elle consiste à placer dans la gorge, contre la luette et le voile, un petit miroir porté par un long manche suffisamment courbé, en se tournant vers le soleil, pour que les rayons lumineux tombent sur le miroir et soient réfléchis sur le larynx. Si l’observateur expérimente sur lui-même, il doit, au moyen d’un second miroir, recevoir les rayons du soleil et les diriger sur le miroir placé dans la gorge. » C’est en dix lignes tout l’exposé de l’examen laryngoscopique, tel qu’on le pratique de nos jours. Mettez la lumière électrique à la place des rayons solaires, c’est la seule différence. Le reste du
- mémoire avait trait aux résultats fournis par cet examen sur l’ouverture de la glotte, les mouvements des cordes. 11 s’en fallut de peu, je le répète, que ce Mémoire eut le y - sort de celui de l’Acadé-
- mie des sciences. Les membres de la Société royale y prêtèrent peu N ' d’attention; d’aucuns
- traitèrent l’expérience de jouet physiologique. Fort heureusement, un praticien devienne,Czer-mak, eut l’intuition de l’avenir réservé à cette méthode ; il l’étudia, l’appliqua aux examens de cas pathologiques : la Iaryngologie était née et l’enfant de Garcia a singulièrement grandi et prospéré dans le cours de ce demi-siècle. Ce fut Garcu‘ une révolution dans l’é-
- tude de maintes questions de pathologie de la gorge, du larynx, de la trachée ; on put voir, et voir de la façon la plus nette, des lésions soupçonnées ou inconnues et pratiquer des opérations, hors des limites de la vue et du toucher.
- C’est pour commémorer cet anniversaire que les médecins anglais ont pris l’initiative d’une manifestation solennelle à laquelle prennent part toutes les Sociétés laryngologiques du monde. On fêtera la centième année du grand artiste et le cinquantenaire de la découverte bien simple qui a permis l’exploration d’un organe laissé dans l’ombre jusqu’à Garcia. Je suis heureux pour ma part de pouvoir lui exprimer ici le souvenir reconnaissant et respectueux d’un spécialiste français. I)1 Adolphe Cartaz.
- Le Gérant
- P. Masson.
- Imprimerie Laiiuke, rue de Pleurus, 9.
- p.240 - vue 244/536
-
-
-
- N° 1000
- 18 MARS 1905
- LA NATURE
- m
- LES GENS DE SCIENCE AU XAIIL SIECLE (LE CHATEAU DE MAISONS-LAFFITTE)
- Fig. 2. — Le château de Maisons. Vue de la façade.
- On a beaucoup admiré en Europe et en France les somptueuses fondations universitaires faites par quelques milliardaires américains, et très justement
- 33' année. — 1" semestre.
- vanté la grâce généreuse qu’ils déploient en organisant de lointaines expéditions scientifiques, comme les recherches entreprises dans les îles de la Sonde
- 16
- p.241 - vue 245/536
-
-
-
- y *2
- LA NATURE.
- pour retrouver le Pithécanthrope; on a dit aussi que de telles libéralités étaient inconnues des hommes riches de notre vieux monde. Nous voudrions montrer, en face de l’empressement apporté par les Américains, celui non moins grand que les nobles fortunés français du xvnte siècle ont mis à faciliter les commencements de la science moderne. Le récent rachat du château de Maisons-Laffitte par l’Etat évoque, à ce propos, une intéressante figure de la Régence, Jean-René de Longueil, chimiste, physicien, botaniste et Mécène scientifique, que sa notoriété n’a pas sauvé de l’oubli, puisque son nom ne figure môme pas dans le Larousse.
- Disons tout d’abord quelques mots du château. Nousen donnons page précédente deux belles planches, ducs au burin habile de Pérelle, célèbre graveur du xvue siècle. Nos lecteurs jugeront aisément, sans qu’il soit besoin d’en dire long, de l’heureuse proportion du bâtiment : la façade allongée et assez basse, flanquée de deux pavillons en saillie légère, tire son effet décoratif de la superposition des trois ordres, dorique, ionique et corinthien, ce dernier réservé à la déiicate miniature de temple grec qui forme le fronton de l’édifice et se détache si élégamment sur le fond bleuâtre des combles. Celle demeure, à la fois grandiose et aimable, semble avoir donné à Voltaire l’idée de son Temple du Goût. Elle fut bâtie de 1642 à 1651 par Mansart pour René de Longueil, président à mortier du Parlement, marquis de Maisons.
- Jean-René de Longueil, le savant, était fils de Claude de Longueil, lui aussi président du Parlement et arrière-petit-fils de René. Jean-René fut un enfant précoce. Né en 1699, il expliquait les poètes latins à douze ans, et, à quinze, quand son père mourut, il était tenu déjà pour un homme de mérite; à dix-huit ans, il était au Parlement, à trente et un ans, président de l’Académie des sciences. Riche et généreux, il attirait à Maisons les gens de lettres et de science de l’époque, pour jouer avec eux au savant, comme le faisaient volontiers les nobles de son temps. Le premier à mettre la main à la pâte, il était toute la journée à ses fourneaux ou dans ses serres à cultiver des plantes rares, car il avait un jardin botanique, un laboratoire de chimie, un cabinet de physique et un cabinet de médailles. Quant à ses titres scientifiques proprement dits, bien que Fontenelle nous assure qu’il a cherché la composition d’un bleu de Prusse et répété les expériences de Newton sur la lumière, il semble qu’ils se réduisent à avoir été le propriétaire du premier café que l’on ait récolté en France. C’est ainsi que l’on entendait très sérieusement la science chez les gens à la mode du xvme siècle, au moins à son début. 11 y avait bien, dans le fond des provinces, quelques grands seigneurs alchimistes, qui recherchaient la transmutation des métaux; mais, la plupart du temps, l’ardeur scientifique se bornait à la répétition d’expériences simples. Mme du Châtelet, la divine Emilie de Voltaire, n’y manquait pas et
- Voltaire lui-mème était transporté d’aise à la vue d’un prisme. Ancien hôte du château de Maisons, peut-être en voyait-il en esprit le laboratoire agrandi et nous en donne-t-il une idée approximative, lorsqu’il nous peint l’admiration de Candide, arrivant dans l’Eldorado, où il visite, dans le palais des sciences : « une galerie de deux mille pas, toute pleine d’instruments de mathématiques et de physique ». Ajoutons, pour être juste, que peut-être René de Longueil fût devenu un grand nom de la science française : il mourut malheureusement à trente-deux ans, d’une atteinte de petite vérole.
- Nous aurions mauvaise grâce à railler celte curiosité attendrie et naïve de gens du monde devant les premières œuvres scientifiques, et, comme nous l’avons dit en commençant, c’est plutôt les services rendus par eux à la Science, que nous voudrions faire ressortir. Les maladroites cuisines qu’ils faisaient sur leurs fourneaux, les timides essais de culture où ils dépensaient beaucoup d’argent ont permis à leurs successeurs, comme eux gentilshommes et riches, de créer la chimie, la physique et les sciences naturelles modernes. L’époque où l’on admirait la science d'un René de Longueil a directement préparé la venue des Rutîon et des Lavoisier. P. Loncoche.
- LA PLANÈTE MERCURE
- Quoique l’une des planètes les plus voisines de la Terre, Mercure peut compter parmi les moins connues, presque à tous les points de vue. 11 faut dire immédiatement que sa situation astronomique la place dans des conditions peu favorables pour l’observation. Très rapprochée du soleil (la plus rapprochée de toutes les planètes actuellement connues) nous la voyons seulement pendant de courtes périodes, aux époques de ses plus grandes digressions, de part et d’autre de l’astre central : ainsi se montre-t-elle seulement dans les lueurs de l’aurore ou du crépuscule. Et bien souvent alors die est voilée par les brumes voisines de l’horizon; cette situation est des plus mauvaises généralement au point de vue de la qualité des images télescopiques, et rend parfois presque impossible l’observation du disque apparent qui justement est très petit, et devrait être vu avec beaucoup de nëtteté. Sans doute toutes ces causes réunies ont fait que l’on s’est relativement peu occupé de la planète Mercure et notre connaissance de ce monde est encore bien imparfaite.
- L’un des points principaux, sur lesquels les opinions sont le [dus divergentes, est certainement la question de la rotation du globe de Mercure, ou, [tour parler plus exactement, la question Je la durée de cette rotation. Ce sujet était encore rappelé ici même à propos de récentes observations1. Le présent exposé n’a nullement pour but de "trancher la ques-
- 1 Voy. n° 1652, du 21 janvier 190j. |i. 120.
- p.242 - vue 246/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 245
- lion; mais,justement à ce propos, il pourra paraître assez utile de rassembler les principaux documents épars se rapportant à l’étude de Mercure, et de mettre ainsi, sous les yeux des lecteurs, les pièces de cette sorte de procès astronomique, dont l’instruction est forcément bien lente. On pourra constater que les fâcheuses conditions e'noncées plus haut ont une réelle influence, capable de rendre assez discordantes les vues obtenues par différents astronomes.
- Rappelons-nous d’abord, rapidement, les principaux éléments de cette voisine céleste. Son orbite très elliptique fait varier son éloignement au Soleil de 11 275 000 à 17 250000 lieues, et sa révolution complète s’effectue en 87 jours, 969 : telle est la durée de son année. En même temps que Mercure est la planète la plus rapprochée du Soleil, c’est aussi, de toutes les planètes principales du système, la plus petite, et les dernières évaluations de son diamètre, plus ou moins universellement acceptées, attribuent à celui-ci une dimension comprise entre 4800 et 4300 kilomètres ; nous rencontrons là déjà un pre-
- mier élément demandant une vérification définitive. Mais la divergence est bien plus grande lorsqu’il s’agit d’évaluer sa masse. La planète ne possédant pas de satellites, fournissant le moyen le plus efficace pour calculer ces cléments, il faut employer d’autres méthodes basées sur les perturbations, causées aux astres environnants, et particulièrement à la comète d’Encke, laquelle passe souvent dans le voisinage de Mercure. Jusqu’à ce jour, l’accord est loin d’être parfait; la valeur généralement adoptée pour la masse, comparée à celle de la Terre, représentée par 1, la fait égale à 0,061 ; mais, d’après ses recherches à l’aide de la comète d’Encke, M. Bac-klund lui attribuait il y a quelques années : 0,034 seulement, et, plus récemment, M. T. J. See conclut à une masse encore plus faible. La divergence est grande on le voit, et l’on est assez embarrassé de choisir entre trois nombres, dont le dernier est la moitié du premier!
- Voyons maintenant l’aspect physique de Mercure. A cause de sa situation entre le Soleil et la Terre, ce globe tourne vers nous une portion plus ou moins grande de son hémisphère éclairé, et nous
- apparaît ainsi avec des phases analogues à celles de la Lune. C’est lorsque la planète est près de la Terre qu’il est le plus difficile de la voir, car alors, inter-
- Fig. 2. — Mercure d’après les observations de Schroter.
- posée entre le Soleil et nous, la presque totalité du coté non éclairé est tournée dans notre direction. Quand, au contraire, il nous est possible de voir une bonne partie de la surface illuminée, Mercure est loin de la Terre, et se montre tout petit. La figure 4 représente, en proportions relatives, le diamètre du disque apparent aux époques des différentes phases. On reconnaîtra qu’il y a là une difficulté notable pour l’observation.
- Ces études des aspects de la surface mer-curienne n’ont pu être entreprises qu’à l’aide d’instruments un peu puissants et surtout perfectionnés. Aussi les premières observations sérieuses que nous connaissons ne commencent guère qu’avec le célèbre astronome allemand Schroter à la fin du dix-huitième siècle. Cet habile observateur avait remarqué que la ligne de la phase ou terminateur
- Fig. 5. — Aspects de Mercure, d’après M. Dumiing.
- présentait des irrégularités, particulièrement dans le voisinage des cornes de la phase; qu’une notable pénombre se voyait au terminateur et que des taches sombres étaient visibles, sous forme de
- p.243 - vue 247/536
-
-
-
- LA NATURE.
- LH i
- bandes. Il avait vu aussi une fois (lîg. 2) deux petites proéminences, semblant être des montagnes ayant respectivement 47 et 95 kilomètres d’alti-
- Fig. I. — Carte de Mercure, d’après les observations de M. Sehiaparelli.
- tude; cequi, entre parenthèses, parait formidable. En étudiant le retour des différents aspects et irrégularités des cornes, Schroter et Harding avaient conclu aune durée de rotation de 24h5m28s, puis, par la suite, avaient abaissé cette période à 24h0m50s. Pendant tout le siècle dernier cette valeur semblait définitivement acquise. De 1876 à 1881, M. Trouvelot fit des observations de Mercure, qui lui permirent de reconnaître quelques-unes des déformations signalées par Schroter et quelques taches blanches aux cornes. Son Mémoire publié en 18921 ne fait pas mention de la rotation. M. Denning en Angleterre a donné en 1882 de bons dessins de la planète, dont quelques-uns sont représentés figure o. On y voit des aspects bien définis et un mouvement des taches, dû à la rotation, a été constaté. Ce mouvement cadrerait avec une période d’environ 25 heures.
- Mais un véritable coup de théâtre se prépare, et il faut avouer qu'il est le point de départ du litige existant actuellement.
- M. Sehiaparelli, l’éminent directeur de l’observatoire de Milan, commença ses observations en 1881 et, quelques années après, il annonçait que la planète Mercure n’était pas animée d’un mouvement de rotation de 24 heures environ ainsi que Schroter l’avait trouvé; mais que, bien au contraire, ce mouvement s’accomplissait en 1 Bulletin de la Soc. astron. de France, 1892, p. 145-147.
- 88 jours! Dans ces conditions, le temps de la rotation égalant celui de la révolution, Mercure se comporte d’une façon analogue à la Lune et par rapport à la Terre, et présente au Soleil toujours la même face. Cependant, certaines inégalités produisent des librations, toujours comme pour la Lune : à cause de l’ellipticité de l’orbite, le mouvement de translation de Mercure est variable, plus ou moins rapide suivant la distance au Soleil ; la rotation, elle, est uniforme, si bien que la coïncidence des deux mouvements n’est juste qu’à deux instants séparés par une demi-révolution. Entre temps, l’un des mouvements est plus rapide que l’autre, et alternativement certaines régions de la surface dépassent le cercle moyen d’illumination, ou bien reculent en arrière. En définitive, ce balancement fait que plus de la moitié du globe peut recevoir la lumière du Soleil et que celui-ci, au lieu de rester toujours au zénith d’un même point, se déplace en apparence de part et d'autre jusqu’aux longitudes marquées sur la carte (fig. 4) par les points A et B. Aussi, à l’aide de ce déplacement des détails visibles par rapport au cercle d’illumination, M. Sehiaparelli expliquait les mouvements que les divers observateurs avaient constatés et qui conduisaient à admettre le temps de 24 heures, les
- Fig. 5.
- Auréole et point blaue vus pendant certains passages de Mercure devant le Soleil.
- apparences pouvant être les mêmes dans les deux cas, si l’observation est effectuée tous les soirs à la même heure. L’ensemble des observations de l’astronome italien lui a montré les détails réunis sur
- p.244 - vue 248/536
-
-
-
- LA NATURE.
- ï )
- Fi?. *>• — Aspecls de Mercure, d’après M. Piekering. Fig. 7. — Mercure, d’après les observations de M. F. Quénisset.
- Fig. 8. — Aspects de Mercure, d’après M. Lovvell. Fig. 9. — Mercure, d’après les observations de M. J. Comas Solâ.
- Fig. 10. — Mercure, d’après les observations de M. L. Rudaux.
- p.245 - vue 249/536
-
-
-
- 240
- LA NATURE.
- la carte (iig. 4), et qu’il n’est guère facile d’identifier avec les autres vues, représentées ici, sinon comme caractères avec celles de M. Lowell (Iig. H). Mais celles-ci, encore plus linéaires, ont un aspect par trop différent pour ne pas croire qu’il s’agit d’une interprétation erronée au point de vue dessin. 11 semble plutôt que l’on ait affaire là à des croquis rudimentaires. Ceci nous prouve une fois de plus la difficulté qu’il y a d’observer nettement les détails mereuriens. Nous trouvons plus de concordance
- Fig. 11. — Photographie de la Lune et dessin fait à l’œil nu.
- quant à la nature meme des détails vus par les différents auteurs et représentés sur les figures 0 à 10.
- M. Pickering conclut à la rotation lente. D’autre part, les observations de mon savant ami J. Comas Solâ, en 1000, me paraissent avoir un grand poids, car cet excellent et scrupuleux observateur a fait des dessins se rapprochant beaucoup de l'aspect moyen, si cette expression peut être appliquée dans
- Fig. 12. — Dimensions comparées de la Terre, la Lune et Mercure.
- un tel cas. En outre, je dois dire que, faites d'une façon indépendante, elles sont conformes en tous points à mes propres observations sur cette planète, et à l’impression qui m’est restée d’une étude poursuivie depuis plus de dix années, et résumée plus loin. Les observations de M. Comas Solâ sont en faveur, dit-il, d’une rotation voisine de 24 heures, sans cependant pouvoir l’affirmer absolument.
- L’année dernière, 1904, M. Mac llarg a vu des taches sombres, en même temps que je les observais moi-même, ce qui indique bien leur réalité, et le déplacement constaté lui a permis de calculer une période de 24h 8,n.
- Enfin, si l’on s’en rapporte aux travaux fournissant des indices par la méthode indirecte, l’astronome américain Rarnard, si célèbre par ses découvertes, ayant mesuré le disque de Mercure pendant ses passages devant le Soleil en 1891 et 1904, lui avait trouvé un aplatissement polaire sensible : la moyenne des déterminations a donné le chiffre de 1/116, ce qui indiquerait, pour s’accorder avec cet aplatissement assez fort, un mouvement de rotation rapide. Notons même à ce sujet que Struve, en 1868, avait trouvé, dans une circonstance analogue, l’apla-lissement égal à 1/8, chiffre évidemment exagéré, et devant avoir quelque illusion pour cause.
- Tel est l’ensemble des principales observations, assez divergentes, convenons-en : divergences dont il faut rendre responsable les conditions défavorables empêchant de voir très nettement ce tout petit disque, et de le suivre avec persistance. Alors, dans de telles conditions, les facultés d’appréciation et d’interprétation par le dessin amènent finalement à des résultats presque incompatibles, lorsqu’il s’agit de comparaison.
- Ce qui en reste surtout, à part la question non Iranchée de la rotation, c’est que la surface de Mercure possède des taches sombres, malgré certains dires qui tendaient autrefois à affirmer le contraire. Ces taches sont plus ou moins apparentes, pour des causes diverses ayant sans doute leur siège dans l’atmosphère de Mercure, mais elles existent, et font certainement corps avec la planète.
- Les études que j’ai poursuivies à mon observatoire de Donville, favorisé de conditions excellentes au point de vue d’une telle observation, peuvent se résumer ainsi, au sujet de l’aspect physique de la surface mercurienne.
- Les taches sombres visibles sur la planète sont très apparentes, presque noires dans certains cas. Ainsi que l’a trouvé M. Comas Solâ, elles sont intrinsèquement aussi apparentes que celles de la planète Mars, plus peut-être parfois. Elles paraissent appartenir au sol de la planète, dessinant des configurations que j’ai fréquemment retrouvées les mêmes. Ces taches sont de larges traînées, ou des surfaces grossièrement circulaires, et, dans ce dernier cas, elles sont généralement plus foncées que les autres. La couleur générale de la planète est d’un jaune orangé ou ocré assez accentué. On voit aussi des taches blanches moins stables, certaines se montrant dans le voisinage des cornes de la phase, et ayant quelque peu l’aspect des taches polaires de Mars. Sont-ce des nuages de l’atmosphère mercurienne? teur variabilité quelquefois rapide s’expliquerait facilement ainsi. D’autre part, certains autres effets indiquent la présence de cette atmosphère : des voiles rendant presque entièrement invisibles une
- p.246 - vue 250/536
-
-
-
- LA N AT U LE.
- m
- grande partie des détails, la grande diminution de la lumière au bord de la phase. Cependant cette apparence dégradée de la limite de la phase, et surtout les irrégularités s’y manifestant, de même qu’un phénomène fort important, celui de la phase apparente plus petite que celle géométrique, semblent aussi avoir pour cause la nature même du sol. A ce point de vue, une comparaison avec la Lune est fort instructive. La figure 11 montre, à petite échelle, une photographie de la Lune et un dessin fait à l’œil nu. Dans ces conditions, la vision n’est pas assez précise pour percevoir les mille petits accidents éclairés obliquement an terminateur et leurs ombres portées très accentuées, et il résulte de cet ensemble, vu confusément, une apparence indécise et une diminution de luminosité, faisant paraître la phase plus creusée qu’elle ne l’est en réalité. L’analogie avec Mercure est frappante, et elle va plus loin encore, car on retrouve aussi les mêmes apparences rendant inégale la ligne du terminateur, différences dues à des surélévations et dépressions du sol. D’après les aspects, les anciens observateurs avaient cru pouvoir attribuer aux massifs mercu-riens des altitudes énormes ; mais, en réalité, la comparaison avec la Lune montre qu’il suffit d’une très petite différence de niveau pour provoquer ces inégalités du terminateur, dont le contraste d’ailleurs est renforcé par l’irradiation, faisant déborder sans doute davantage les parties brillantes. En définitive, la hauteur moyenne des accidents de la surface de Mercure parait être voisine de cinq kilomètres environ.
- L’aspect général de ce monde est quelque peu semblable à celui de la Lune, et il n’est pas défendu de croire à une certaine analogie. Cependant Mercure possède encore une atmosphère notable, dont les effets peuvent être constatés visuellement. L’analyse spectrale a démontré à Yogel, il y a déjà longtemps, que cette atmosphère existait et renfermait de la vapeur d’eau. Mais elle ne parait pas aussi considérable qu’on le croyait jadis, surtout d’après les observations effectuées pendant les passages de la planète devant le Soleil, où certains l’ont vue environnée d’une large auréole, tantôt lumineuse, tantôt sombre. Cet aspect, qui a été contesté, et attribué à une illusion d’optique, est représenté par la figure 5. En même temps on a vu, mais pas à l'unanimité, un point brillant sur la planète; M. Huggins en 1868, M. de Boë en 1878 l’ont positivement constaté alors que d’autres ne le voyaient pas, en le cherchant ! M. Flammarion, rapportant ces faits1, énonce que le plus curieux est que ce point se trouve à l’ouest du centre pour les passages s’effectuant en mai, et à l’est pour ceux de novembre. Il y a là un mystère difficile à élucider.... Revenons à l’atmosphère mer-curienne. Son importance, médiocre relativement, avait été pressentie par Zôllner, à l’aide de mesures photométriques et cette question a été également
- étudiée par M. Millier vers 1893. D’après ce savant, la loi qui régit le degré d’illumination du globe de Mercure est sensiblement la même que pour la Lune, considérée comme privée d’atmosphère, et ainsril est conduit à admettre que celle de Mercure doit être de peu d’importance. Ce sont là des mesures fort délicates; mais, en somme, elles cadrent assez bien avec l’aspect que j’ai toujours trouvé au globe de Mercure, où les détails sont rarement invisibles.
- Cet ensemble, par trop brièvement résumé pour une question si importante, sera peut-être suffisant néanmoins pour montrer l’intérêt qui s’attache à l’étude de ce monde voisin, encore si peu connu. Cependant le résultat de certaines observations et de celles que j’ai effectuées personnellement laisseraient supposer, jusqu’à nouvel ordre, que la planète Mercure, ayant quelque ressemblance avec notre satellite, et de dimensions intermédiaires entre lui et notre globe terrestre (fig. 12), paraît être aussi arrivée à un degré d’évolution moins avancé que celui de la Lune. Lucien Rüdaux.
- LA. QUESTION DES VIPÈRES
- A la séance du 8 février 1905 de la Société nationale d’agriculture, M. Bouvier a de nouveau attiré l’attention sur la question de la destruction des vipères, celles-ci recommençant à pulluler dans certaines régions de la France.
- MM. Tisserand, Brandin et Pluchet ont été d’avis, avec lui, que le meilleur mode de destruction des vipères est la suppression directe, encouragée par l’allocation d’une prime. Dans trop de départements ces primes ont été supprimées par certains conseils généraux. Il importe de rétablir cet encouragement (0fr,50 à 2 francs par tète) aux chasseurs, pour que les accidents causés par les vipères depuis quelques années ne continuent pas à s’accroître dans d’inquiétantes proportions. A Fontainebleau, dans les Hautes-Alpes, dans Vaucluse, etc., il est vraiment nécessaire de prendre des mesures radicales.
- M. Bouvier a montré aussi qu’on ne saurait détruire les vipères en mettant à leur portée du lait additionné de strychnine. Ces reptiles sont surtout carnassiers; ils se nourissent de souris, musaraignes, lézards, oiseaux, insectes vivants, et on ne voit pas comment ils absorberaient volontiers un liquide dont ils ne font jamais usage quand ils sont en liberté.
- En élevant des pintades et des dindons dans les enclos particulièrement infestés, on suscite aussi un ennemi des plus utiles aux vipères ; il en est de même des hérissons qui rendent, à ce point de vue, les plus grands services et qu’il faut bien se garder de détruire.
- On ne saurait trop rappeler les belles étudesdeM. Phisalix sur les vipères, et particulièrement sa dernière Note (Académie des sciences, 27 février 1905) relative à l’action du radium sur la toxicité des venins.
- Notons aussi l’intéressant travail de M. David Martin (Reptiles des Hautes-Alpes,Bull. Soc. d’études des Hautes-Alpes, à Gap, 2° trimestre 1902) qui constate, entre autres faits, qu’une vipère décapitée peut mordre encore et que les crochets restent dangereux longtemps après la mort de l’animal, même immergés dans l’alcool.
- 1 Voy. Terres du ciel, p. 359.
- Dr Oüadé.
- p.247 - vue 251/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 248
- LÀ COLONISATION RUSSE AU CAUCASE (LA « RIYIERA » D’ASIE)
- Depuis plusieurs années la Russie poursuit, à l’extrémité orientale de la mer Noire, sur le revers sud du Caucase
- occidental, la réalisation d'une œuvre économique de premier ordre, si peu connue en France que je ne crois pas sans intérêt d’en dire quelques mots : d'autant plus que, appelé en 1903 par la confiance de S. Ex. Mr A. S. Yermoloff, ministre de l’agriculture et des domaines de S. M. le Tsar, à effectuer, dans cette région, un voyage d’études générales pour le compte du gouvernement russe, et pour contribuer aux travaux en cours, je me trouve tout particulière-
- Fig. 2. — Vallée et forêts de la Mzimta. Cimes de l’Abagua (3253 m.).
- ment à meme d’en parler en connaissance de cause.
- Il s'agit de la création, entre les ports de Novorossiisk et de Soukhum, d’une véritable « Riviera russe asiatique », analogue à notre cote d’Àzur et au littoral de la Ligurie ; voici dans quelles conditions :
- Fig. 3. — Le Caucase occidental vu de la mer Noire.
- La conquête russe des régions Caucasiennes et la soumission de ses nombreuses tribus autochtones, d’une si surprenante variété ethnographique, a duré soixante ans , depuis la cession de la Géorgie à l’empereur Paul par le roi George III (5 décembre 1799) jusqu'à la reddition de Chamyl à Gounib (25 août 1859). L’une des races aborigènes les plus difficiles à dompter fut celle des chevaleresques
- et belliqueux Tcberkesses (Circassiens) ou Adigbé; les annales militaires des multiples et meurtrières expéditions, nécessaires pour les réduire, ne se montrent pas moins héroïques que l’épopée de la résistance lesghienne en Daghestan sous Chamyl. On suppute que, vers 1850, plus de 500 000 Tcher--kcsscs occupaient les vallées des deux versants du Caucase occidental. Une fois vaincus, l’orgueil de
- p.248 - vue 252/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 249
- race et la loi musulmane, et surtout leurs instincts pillards ne leur permirent point de supporter la nouvelle et régulière autorité établie : la plupart
- prélérèrent l’exil volontaire qui commença dès 1858. Eu 1804 on dut recourir à un décret pour l’expulsion de ces réfractaires. Durant ces six années on
- Fi"', i. — Un chemin au Caucase occidental : dans la rivière Sotchi.
- enregistra le départ de 598 000 Tcherkesses. Ce fut 1877-1878 (pour les Abkhases à cause de leurs Y exode des Circassiens, partiellement renouvelé en défections dans la guerre de Turquie) et en 1889-
- 1890 ; tous s’en allèrent végéter dans certaines provinces turques de l’Asie Mineure. Accueillis là avec défiance et n’ayant point su, pour sc faire bien venir, mettre un frein à leur fierté, ni même à leurs rapines, ils déchurent, en pays ottoman, à une si
- misérable condition que, depuis moins de dix ans, beaucoup (surtout des Abkhases) ont sollicité, et obtenu sans peine, le retour au sol des ancêtres, avec, il est vrai, quelques restrictions de leurs droits. J'insiste, pour qu’on l'apprécie comme elle mérite de
- p.249 - vue 253/536
-
-
-
- 250
- LA NATURE.
- l’être, snr la portée exceptionnellement significative de cette rentrée volontaire en terre natale annexée; elle montre toute la grande valeur philosophique des procédés de colonisation russe qui, au lieu d’anéantir l’indigène, l’encadrent soigneusement en respectant ses mœurs et ses croyances ; une discipline tolérante conduit ainsi côte à côte l’autochtone et le nouvel occupant à l’amélioration générale, au rendement perfectionné des vastes territoires si sagement colonisés et si efficacement civilisés. Sous ce rapport, l’œuvre de pénétration russe est universellement admirable. Actuellement il peut y avoir au Caucase 120 000 à 150 000 Tcherkesses (surtout de la tribu des Kabardes sur le versant nord à l’ouest de Piatigorsk); plus, dans l’arrondissement de Soukhum, sur la mer Noire, entre les fleuves Bzib et Rion, 10 000 à 50 000 Abkhases, tribu pacifique et de mœurs plus douces.
- Dès 1804, la Russie se préoccupa rationnellement d’utiliser le vaste territoire abandonné par les Adighé et de repeupler, pour en assurer la bonne exploitation, la région montagneuse susceptible d’alimenter, voire d’enrichir, un nombre d’habitants trois ou quatre fois plus élevé au moins que le demi-million d’anciens occupants. M. Abagua (f 1902) a été le réel initiateur de cette utile entreprise; aussi projette-t-on de lui élever une statue à Touapsé.
- Tandis qu'un ingénieux système de concessions temporaires, — sinon tout à fait gratuites, du moins assujetties à une faible redevance annuelle, ne laissant le bénéficiaire plein propriétaire du sol, au bout d’un nombre déterminé d’années, qu’à la condition de l’avoir dûment et profitablement perfectionné par son travail, —substituait, en maintes plages et vallées, la vigne prospère et les cultures abondantes (maïs, tabac, céréales), aux vergers demi-sauvages des anciens aouls ou hameaux tcherkesses, le moderne courant d’idées hygiéniques, sur les stations climatiques de rivages et d’altitudes, suggérait la pensée de créations de ce genre sur la côte de l’ancienne Circassie : entre Novorossiisk et Soukhum, au pied de la chaîne, s’élevant graduellement vers l’est, 550 kilomètres de grèves sablonneuses s’allongeaient presque sans interruption, merveilleusement préparées pour les bains de mer ; de grandioses forêts, propices à l’ombrage des villas et au rafraîchissement des promeneurs d’été, montaient du sable même de ces grèves jusqu’aux premières cimes glacées du Caucase à plus de 5 kilomètres en l’air, et, sur les pentes inférieures de ces sommets, les vallées déjà montagneuses étaient défendues des vents à la fois du nord et du large pour l’installation idéale de sanatoriums futurs !
- La douceur relative du climat autorisait la conception d’une Riviera caucasienne, faisant pendant, vers l’autre bout du bassin méditerranéen, à celle de Provence et de Ligurie ; le littoral caucasien de la mer Noire est, à tous égards, particulièrement apte à un plus complet développement que la côte de Crimée, où Yalta, la célèbre Nice russe, se trouve
- déjà, avec ses annexes d’Aloupka, Livadia, Alouchta, trop à l’étroit contre les escarpements, de monégasque allure, des calcaires monts laïla.
- Depuis 1898, trois localités principalement ont été l’objet de développements ou de créations considérables, témoignant d’une activité et surtout d’une volonté irrésistible pour la lutte contre les difficultés naturelles à vaincre, dans un pays, sinon désert, du moins à peu près vide et qui veut être fructueusement rempli.
- Sotchi, entre la plage et des collines, d’où se déroule un superbe horizon de montagnes neigeuses, environ à mi-distance des deux grands ports de Novorossiisk et Poti, présente avec le Cannes de la Côte d’Azur une frappante analogie de site et d’allure : ce sera la région préférée des familles amies du repos et de la villégiature tranquille ; elle a toute la sollicitude de M. Yermoloff, qui y a préparé et parachevé le cadre très élégant d’une station accomplie. Gagri, luxueuse création personnelle de S. A. 1. le prince d’Oldenbourg, sortie de terre avec la fantasmagorique rapidité d’une année à peine, représentera (moins la roulette), sur la route de Soukhum, un Monte-Carlo attirant pour l’aristocratie et la finance : antithèse absolue de Sotchi, aussi bien par sa position physique que par son adaptation mondaine. Krasnaïa-Poljana, un site de montagnes que rien ne surpasse en beauté parmi toutes les chaînes de l’Europe, fera, vers ses 500 à 600 mètres d’altitude, à 40 kilomètres de la mer, et à la base de cimes glacées dépassant 5250 mètres, un Inter-laken ou Grindelvvald caucasien savoureux aux touristes, aux ascensionnistes, aux convalescents! En automne 1905, on y achevait la construction d’un pavillon de chasse impérial. Touapsé également aspire à devenir une station d’été. Quant à Soukhum elle joue depuis longtemps le rôle de séjour d’hiver.
- Spécialement appelé, en principe, pour l’étude particulière de l’hydrologie souterraine et des alimentations en eau potable, j’ai eu la surprise, en accostant sur ces rivages, d’y trouver non seulement toutes les beautés d’une nature splendidement neuve, mais encore un ptfys de 550 kilomètres de long sur 10 à 70 de largeur, dont nos géographies de l’Europe occidentale ne savaient, en somme, que peu de chose et ne parlaient qu’à grands renforts d’erreurs ! Si bien qu’en guise de rapport officiel, je m’occupe en ce moment de rédiger un ouvrage entier comprenant la monographie générale du versant maritime du Caucase occidental.
- Assurément nombre de savants russes (Radde, Lagorio, Konchin, Albof, Yoeïkoff, Pasternatzky, Klingen, Litchkoff, Serguéieff, Constantinolf, etc.) ont effectué des études sur place et publié des mémoires du plus haut intérêt ; mais ces travaux de détail n’avaient abouti jusqu’à présent à aucun tableau d’ensemble.
- Je ne puis ici qu’énumérer les chapitres inédits que mes propres recherches introduiront dans ce tableau, pour ce qui concerne, par exemple, les
- p.250 - vue 254/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 251
- mystérieux dolmens de Pchada et de Touapsé, l’orographie générale du versant maritime du Caucase occidental, la coupe géologique de la vallée de la Mzimta, les sources sulfureuses de Matsesta, la gorge rocheuse de l’Agouri, le panorama du mont Okhoun, la beauté pittoresque des massifs de l’Abagua et de l’Arabika, l’hydrologie souterraine du Pré-Caucase calcaire, certaines particularités archéologiques des églises byzantines et des forteresses romaines ou génoises d’Abkhasie, etc.
- Peut-être donnerai-je à La Nature, à l’occasion, quelque autre détail sur certains de ces points. Pour le moment, je me borne à signaler l’intérêt de l’œuvre entreprise sur les rivages de l’ancienne Col-chide et à dire surtout que la forêt est la grande splendeur du pays;la forêt, cette bienfaisante sauvegarde de tant de maux, que l’Amérique et l’Europe occidentale maltraitent avec une si imprévoyante cruauté. Là-bas, c’est jusque dans la mer Noire même que les premiers arbres viennent baigner leurs racines, tandis que les derniers montent à l’assaut des croupes de 1800 à 2000 mètres, à peu de distance des neiges éternelles. Si le Caucase central, le grand Caucase de 5000 mètres, a ses glaciers et ses pyramides plus farouches encore que celles des Alpes, la verdure lui manque, comme à l’Oisans, parce que son socle, ses thalwegs dépassent la limite de la végétation. Sur la route battue de Géorgie, le site grandiose de la station Kasbeck n’a pas un arbre, pour égayer la majesté de son ensemble !
- Ceux qui, avant moi (comme Freshlield, Grove, Merzbacher, etc.), ont, sous la tente, vécu la forêt caucasienne n’ont point manqué d’en montrer la pénétrante séduction ; elle achève de faire du gouvernement de la mer Noire et de l’Abkhasie une accomplie merveille ; il n’y a plus que deux perfectionnements à y introduire, faciles, mais indispensables : la voie ferrée côtière de Novorossiisk à Poti, et la suppression, très aisée à réaliser, du paludisme qui y règne encore par places! Et alors, tout ce littoral, naturellement préparé de tous points à son avenir de Riviera Asiatique, dotera la Russie, et à très bref délai, d’une réelle concurrence nationale à la Côte d’Azur et de Ligurie. E.-A. Martel.
- IA JONCTION DES GALERIES DU SIMPL0N
- On sait que, dans les travaux de percement du Simplon les sources d’eau chaudes, du côté Suisse, arrêtèrent complètement les travaux le 28 mai 1904 à 10 376 mètres de Brigue. Pour empêcher la galerie d’être inondée on dut placer de solides portes en fer à 247 mètres du front d’atlaque.
- Les eaux s’accumulèrent alors en arrière de ce barrage, placé au delà du point culminant du tunnel (705 mètres), et formèrent une vaste poche d’eau. Le travail ne put jamais être repris de ce côté. Du côté Sud, après d’abondantes sources froides, des roches compressives brisant les boisages qu’on dut remplacer par des poutres en fer, on rencontra aussi des sources chaudes qui firent cesser tout travail en octobre et novembre 1904.
- L’outillage d’épuisement de ventilation et de réfrigération ayant été réorganisé et renforcé on se remit à avancer de 52 mètres en décembre 1904 et de 83 mètres en janvier 1905. Le jeudi 23 février il ne restait plus que 5 mètres de roches à perforer. I ne dernière attaque de 12 fourneaux de mines fut préparée par le chef mineur
- Portes en fer t—à2&7my,
- '\W"
- (selle à 0354- nr».
- Débris
- Fig. 1. — Coupe longitudinale.
- Bedassa et le vendredi 24 février à 7 heures 20 une dernière explosion mettait en relation les deux galeries par une brèche d’environ 2 mètres de large sur 0m,80 de haut. Comme la partie la plus avancée de la galerie Nord avait été excavée contre le plafond, et celle de la galerie
- Débris
- Iselle à 9.354
- Brigue:
- Fig. 2. — Plan.
- Sud sur le sol, il y avait, lorsqu’elles se rencontrèrent, environ 2ra,80 de différence de niveau entre leurs sols. Ainsi, dès que la brèche fut ouverte, l’eau chaude de la poche put se précipiter en chute dans la galerie Sud chassant devant elle tout le personnel ouvrier. Il a fallu plus d’une heure pour l’écoulement de cette masse liquide.
- Ce torrent, ainsi libéré, a mis 1h 4 7 m pour atteindre l’ouverture du tunnel distante de 9554 mètres.
- Dès que cela fut possible,
- M. Rosenmund, chargé du contrôle des alignements et des niveaux, pénétra dans le tunnel pour relever l’état des galeries. On constata que la coïncidence était aussi précise que possible, mais que le tunnel avait 2 mètres de moins que ne l’avait indiqué la triangulation par-dessus la crête des Alpes.
- Grâce à l’amabilité de M. Sulzer-Ziegler, directeur de l’entreprise du percement, nous pouvons aujourd’hui présenter à nos lecteurs la reproduction du croquis de M. Rosenmund qui donne l’état du point de jonction au 26 février 1905. La partie du tunnel marquée B constituait la poche d’eau chaude qui forma, en s’écoulant, une cascade de 2m,80. Ainsi se termina la gigantesque percée du Simplon. Roland Bonaparte.
- p.251 - vue 255/536
-
-
-
- 252
- LA NATURE.
- TRACTION ELECTRIQUE DES TRAINS DE RANLIEUE ENTRE PARIS ET JUYISY
- En 1900, la Compagnie d’Orléans a ouvert h la circulation le prolongement de sa ligne principale entre les gares d’Austerlitz et du quai d’Orsay. Cette section de 4 kilomètres de longueur est, en grande partie, souterraine et la gare du quai d’Orsay est elle-même située dans un sous-sol presque entièrement recouvert. Étant donnés le trafic intense et la difficulté de faire disparaître, dans le tunnel et dans li gare, par une ventilation efficace, la vapeur et, surtout, la fumée et les gaz délétères provenant de la combustion dans les foyers de locomoteurs à vapeur, la Compagnie d’Orléans prit le parti d’appliquer, entre Austerlitz et le quai d’Orsay, la traction des trains au moyen de locomotives électriques. Ce mode de fonctionnement a donné d’excellents résultats. Ces locomotives électriques remorquent journellement 150 à 200 trains pesant de 150 à 500 tonnes à la vitesse de 50 kilomètres à l’heure, vitesse qu’on n’a pas cru devoir dépasser à cause de courbes de faible rayon existant sur ce parcours. La durée du
- trajet varie entre six et sept minutes, et le changement de machine n’exige pas plus de trois minutes à la gare d’Austerlilz.
- Le trafic s’étant notablement accru dans ces dernières années, la Compagnie d’Orléans s’est trouvée dans l’obligation de doubler ses voies entre Austerlitz et Brétigny, point de bifurcation de la grande ligne se dirigeant vers Orléans avec celle se dirigeant vers Tours par Vendôme. Elle profita de ce dédoublement, terminé l’année dernière, pour améliorer son service de banlieue, non seulement par l’augmentation du nombre des trains, mais aussi et, surtout, par la réduction de la durée du trajet.
- Les moteurs électriques permettant des démarrages très rapides, il a paru tout indiqué, pour remplir cette seconde condition, d’appliquer la traction électrique pour les trains de banlieue à arrêts fréquents. Ce mode de fonctionnement avait, de plus, l’avantage d’augmenter l’utilisation du matériel électrique fonctionnant déjà entre Austerlitz et le quai
- x - 1 rnSSo _ -X- 'Sïü-x
- -- ^8So. ^. î ^SSo- - *}<- - .1^00.
- Fig. 1. — Plan de l’aulornotriee électrique.
- d’Orsay. En fait, l’expérience a démontré que la traction électrique a permis de réduire de 45 à 25 pour 400 la durée du trajet entre Austerlitz et Juvisy, suivant le type de locomotive à vapeur employé. Actuellement la durée du parcours de 25 kilomètres entre le quai d’Orsay et Juvisy est de 56 minutes, avec 8 arrêts intermédiaires, pour les trains-omnibus et de 26 minutes pour les trains directs, ce qui, dans ce dernier cas, représente une vitesse moyenne de 50 kilomètres à l’heure, (fig. 5).
- Les deux voies sur lesquelles circulent les trains de banlieue et qui forment les voies extérieures ont seules été équipées électriquement, les deux autres voies intérieures étant réservées aux express. Ceux-ci continuent à être remorqués par des locomotives à vapeur, comme par le passé, à partir d’Austerlitz.
- Le mode de traction électrique employé entre Austerlitz et Juvisy est le même que celui déjà adopté dans la première section, c’est-à-dire celui par courant continu avec prise de courant sur troisième rail.
- L’usine centrale génératrice, installée dans la gare aux marchandises d’ivry, produit le courant triphasé à 5500 volts qui est amené, au moyen de câbles souterrains, à deux sous-stations, l’une située à la gare d’Austerlitz et l’autre à la station d’Ablon,
- à 15 kilomètres du point de départ. Ces sous-stations transforment le courant triphasé en coûtant continu à 600 volts qui alimente le troisième rail servant de prise de courant pour les moteurs des automotrices.
- La nouvelle installation de traction électrique a nécessité la création d’un nouveau groupe électrogène à la station centrale d’ivry, qui, déjà, depuis 1900, alimentait la section Austerlitz-quai d’Orsay. Celle-ci contient actuellement trois groupes composés chacun d’une machine à vapeur à triple expansion d’une puissance de 1500 chevaux actionnant directement un alternateur Thomson-Houston d’une puissance normale de 1000 kilowatts, produisant, comme nous l’avons dit, un courant triphasé à 5500 volts.
- La vapeur servant à alimenter ces machines est fournie par douze générateurs Babcock et Willcox avec sur chauffeur s, timbrés à 15 kg par centimètre carré et répartis en quatre batteries. Une installation mécanique très complète permet d’amener directement le combustible des wagons sur la grille à chargement automatique et, en même temps, d’enlever les cendres et les escarbilles.
- Outre la traction électrique, l’usine centrale génératrice assure l’éclairage de tous les établissements de la Compagnie, celui de toutes les
- p.252 - vue 256/536
-
-
-
- LA N A TU HE.
- 255
- Fig. - — Vue d’ensemble de l'automotrice électrique du chemin de 1er d'Orléans.
- gares, celle de Juvisy comprise, sert à actionner des pompes d’alimentation ainsi que celles d’épuisement des eaux du tunnel et nombre d’autres installations accessoires.
- La remorque des trains de banlieue se fait au moyen de locomotives ou d’automotrices électriques. Les premières sont du même type que celles en service entre Austerlitz et le quai d’Orsay, sauf que la caisse est disposée pour recevoir un fourgon à bagages. Ce sont des automotrices qui sont affectées à la traction des trains faisant la navette entre Paris et Juvisy. Dans ce cas, ces trains se composent de sept véhicules dont deux automotrices, l’une en tête, l’autre en queue.
- Les moteurs de ces deux automotrices sont commandés simultanément par un seul agent placé dans l’automotrice d’avant, au moyen de l’appareil à unités multiples Sprague-Thomson-Houston. On évite, avec cette composition de train, les manœuvres de retournement aux points terminus et on simplifie le service. Le poids de ce train à vide est de 175 tonnes et peut
- contenir 520 voyageurs. Les automotrices (fig. 1 et 2) se composent, au milieu, de trois compartiments de
- 5e classe auxquels on accède de l’extérieur au moyen de deux couloirs, et d’un compartiment à bagages. Le nombre des places assises est de 52. À l’avant et à l’arrière se trouvent les cabines de manœuvre pour le wattman. La caisse de 16m,20 de longueur, de 5m,10 de largeur et de 5m,8i de hauteur repose sur un châssis en acier qui, lui-même, s’appuie sur deux bogies espacés d’axe en axe de 12m,40. Ces bogies à deux essieux, espacés de lm,98, sont munis de roues de lm,02 de diamètre. Une double suspension assure la douceur du roulement.
- Chaque essieu de bogie est actionné par un moteur électrique de 125 chevaux avec simple réduction de vitesse dans le rapport de 5,08. Ces moteurs à quatre pôles sont complètement enfermés dans un carter. 11 y a donc quatre moteurs par automotrice, soit une puissance de 500 chevaux et huit moteurs par train de sept véhicules représentant une puissance de 1000 chevaux.
- — Plan de la ligue à traction électrique entre le quai d’Orsay et Juvisy.
- p.253 - vue 257/536
-
-
-
- LA NATURE.
- !25 4
- Le contrôleur et tous les appareils électriques sont placés dans les cabines de manœuvre. Quant aux câbles réunissant les frotteurs de prise de courant d’avant et d’arrière, ceux servant à commander à distance les moteurs, ainsi que ceux destinés au chauffage et à l’éclairage, ils sont placés, pour éviter les risques d’incendie, extérieurement dans des tubes métalliques entourés, en sus d’un isolant, d’une gaine incombustible. La régulation de la vitesse des moteurs se fait par la méthode habituelle série-parallèle appliquée séparément à chaque groupe formé des deux moteurs de chaque bogie.
- Dans la crainte d’incendie, les parties de la caisse de l’automotrice qui ne pouvaient être en métal, tels que les planchers, l’ossature et les cloisons transversales, sont en bois ignifugé. On a recouvert le plancher d’une composition à base d’amiante qui a été doublée par-dessous d’une tôle, à l'emplacement des moteurs. Pour les mêmes raisons, les cabines de manœuvre sont complètement métalliques et séparées du reste de la caisse au moyen d’une cloison en tôle qu’on a recouvert d’une doublure en bois ignifugé avec interposition de carton d’amiante.
- Le chauffage des automotrices se fait électriquement au moyen de plaques Parvillée placées sous les pieds des voyageurs. Quant à l'éclairage il est obtenu au moyen de lampes à incandescence en séries alimentées par un courant pris sur le troisième rail. Le poids de l’automotrice est de 42 tonnes à vide.
- R. Doxwi.n.
- CHRONIQUE
- Un grand croiseur américain. — 11 vient d'être lancé sur les chantiers Cramps, et c’est un croiseur cuirassé qui a une puissance tout à fait remarquable. Sa batterie principale est formée de 4 canons de 25 centimètres à 40 calibres : ces pièces, à une distance de 4570 mètres, peuvent traverser, avec leur projectile à coiffe, une cuirasse d’acier de 286 millimètres; le poids de l’obus'est de 220 kilogrammes, et l’énergie de cette pièce à la bouche est de plus de 8 301 000 kilogrammètres. Le Tennessee porte, de plus, 16 canons de 15 centimètres et toute une série de canons de 75 millimètres. L’épaisseur du cuirassement des tourelles des grosses pièces est de 229 millimètres. La vitesse de ce bateau sera de 22 nœuds; la ceinture cuirassée a 15 centimètres d’épaisseur.
- Les cargo-boats des Grands Lacs. — Ce qui
- justifie encore ce nom de mers intérieures qu’on a donné aux Grands Lacs Américains, c’est que, comme sur l’Océan, on y voit naviguer des steamers de charge, des cargo-boats, aux dimensions de plus en plus considérables. En 1882, la plus forte cargaison qui fût passée par le canal du Sault Sainte-Marie était de 1004 tonnes; en 1895, on avait éclusé un bateau, VAurania, portant 3843 tonnes, et l’on était quelque peu stupéfait de ce chiffre. Aujourd’hui le canal donne passage à des steamers comme le Wolvin, qui porte 10 300 tonnes de minerai.
- L'usure des roues de locomotives. — Les roues des locomotives des chemins de fer de l’État Danois ont été soumises à des mesurages fréquents, depuis quelques années, chaque fois que les machines sont passées par
- les ateliers, et l’on a pu en tirer quelques indications intéressantes. On a constaté notamment que les grandes roues accusent une usure réduite ; d’autre part, on a noté, comme dans plusieurs compagnies françaises, croyons-nous, que les machines à un seul essieu moteur tournent mieux que celles à deux essieux, et ces dernières mieux que celles qui sont dotées de trois essieux moteurs. Enfin, ce qui est tout naturel, l’usure est plus forte là où la voie est moins résistante.
- Le turbinuge dans la fabrication des huiles d’olive. — Jusqu’ici, on n’a guère extrait l’huile des olives qu’au moyen de pressurage : les presses à ce employées ne sont pas sans présenter de sérieux inconvénients, et c’est pourquoi l’on songe à recourir au turbinage, qui rend tant de services dans d’autres industries. Les olives, réduites en pâte aussi fine que possible, sonf placées dans le panier de turbine muni d’un tissu filtrant; sous l’action de la force centrifuge, cette pâte est projetée contre les parois, et, au bout de quelques minutes, une quantité importante d’huile traverse le tissu filtrant, la toile métallique du panier et s’écoule. On injecte de l’eau froide, et l’on met en rotation; l’eau déplace l’huile et il sort une nouvelle quantité de celle-ci plus ou moins mêlée d’eau. On peut même encore, pour obtenir des huiles non comestibles, injecter de la vapeur et recommencer l’opération pour épuiser les geignons.
- Les avantages de l'alimentation automatique des foyers de locomotives. — Le chargement automatique du combustible dans les foyers fixes donne d’excellents résultats : aussi l’essaye-t-on également pour les locomotives. Après essais, une association américaine évalue l’économie de combustible à 7 pour 100 par rapport au chargement à la main. Disons toutefois que les appareils actuellement existants n’ont pas encore un débit suffisant pour répondre aux besoins des grosses machines à grande vitesse, car ces appareils ne peuvent pas lancer sur la grille plus de 1400 kg à l’heure.
- Un avantage des chemins de fer électriques. — l’armi les avantages nombreux qu’on doit reconnaître aux chemins de fer électriques, il n’en est certainement pas de plus manifeste que ce qu’on peut appeler leur plasticité, c’est-à-dire la facilité qu’ils donnent de répondre à des à-coups énormes dans la circulation, en doublant aisément d’un jour à l’autre leur puissance de transport. Nous en trouvons une preuve bien caractéristique dans les services rendus récemment par le South Side Elevated Railvvay de Chicago, qui avait été créé pour desservir principalement l’Exposition de 1893, et qui était primitivement exploité par des locomotives à vapeur. Récemment les tramways qui suivent à peu près le même parcours ont vu leur trafic arrêté complètement par une grève, et les gens qui avaient à se rendre à leurs affaires eurent recours au chemin de fer Elevated. Or celui-ci, qui ne transportait ordinairement qu’environ 90 000 personnes par jour, a pu suffire instantanément à un mouvement formidable de 206 000 voyageurs, en moyenne, durant plusieurs jours, et même accidentellement de 250 000 personnes. Rappelons que, avec la traction à vapeur, et durant l’Exposition, on n’avait jamais pu dépasser le total de 151 000 voyageurs.
- Rome port de mer. — Cette idée fut émise par le comte de Tournon, préfet de Rome de 1809 à 1814; ptiis par le marquis de Roccagiovine qui élabora un projet complet, et par le professeur Moro qui appliqua à
- p.254 - vue 258/536
-
-
-
- LA NATURE.
- son projet les idées de Garibaldi. Elle est reprise par l’ingénieur P. Orlando, qui a fondé un comité : Pro lio-ma maritima, dans l’esprit duquel la mise à exécution de leur projet est la condition première du relèvement de Rome, dont la richesse passée et la grandeur politique tiennent à ce qu’elle lut la première puissance maritime du monde antique. Nous doutons fort que Rome revienne à sa splendeur primitive, mais certainement son commerce et son industrie se relèveraient, la malaria disparaîtrait, la campagne se repeuplerait et les citoyens romains de toutes classes semblent n’avoir qu’à gagner à cette opération.
- L'emploi des machines agricoles. — 11 va de
- soi que les machines agricoles ne peuvent avantageusement être substituées au travail à la main que quand elles doivent fonctionner sur une certaine étendue; mais encore faut-il savoir quelle doit être cette étendue mi-nima. Suivant M. Ringelmann l’emploi des moissonneuses ne devient guère économique que quand on doit faire la moisson annuelle sur une surface d’environ 9 hectares et demi. Bien entendu, en dehors de la question pécuniaire, la moissonneuse a toujours l’avantage de mettre plus rapidement les céréales à l’ahri des intempéries.
- Le poids des œufs. — Suivant le Zoologist, les œufs d’une même espèce d’oiseaux sauvages ont des poids très variables : les observations ont du reste porté sur des charadriidées et sur des œufs n’ayant subi aucun commencement d’incubation. Pour le Vanellus vulgaris, les poids extrêmes sont 106,6 et M7gr,4; pour le Numc-nius arqualus, ces poids sont de 320,1 et de 5486r,l ; les œufs du Chantdrius pluvialis pèsent de 150,1 à 151*r,2.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 mars 1905. — Présidence de il. Troost.
- Im culture du tabac. — M. Müntz présente une Note de MM. A. Ch. Girard et E. Rousseaux sur la culture du tabac en France. Les auteurs se basent sur les résultats obtenus dans 15 départements; ils étudient spécialement les exigences en principes ferlilisants et montrent que, sous ce rapport, cette culture se place parmi les plus épuisants. L’élaboration des feuilles entraîne, en effet, la formation de produits sans valeur, si bien que MM. Girard et Rousseaux ont pu dire que le tabac était une machine végétale à mauvais rendement. Mais ce qui caractérise physiologiquement cette culture, c’est la rapidité extrême de la végéta lion. Pour connaître les besoins réels d’une plante il faut, selon leur conclusion, introduire en agronomie la notion de ses exigences journalières, qui permet de discuter avec fruit toutes les pratiques culturales et notamment le choix et l’application des fumures.
- U excitation musculaire. — M. Dastre présente une Note de M. et M““e Lapicque relative à l’influence de la durée de l’excilation électrique des muscles. Les physiologistes remplacent, pour la mise en jeu des muscles, l’in-ilux nerveux par le courant électrique. Dès lors, il est intéressant de savoir de quelle façon est employée l’énergie électrique substituée à l’influx. M. Dubois Raymond, en faisant agir un courant d’intensité déterminée, avait été amené à professer qu’il élait indifférent que le cou-
- rant passât plus ou moins longtemps, et qu’il suffisait que le courant atteignît une certaine intensité; c’était indirectement soutenir que le phénomène était indépendant de la quantité d’électricité. Engelmann a reconnu que cette loi était inexacte au moins dans certains cas. On se trouvait donc en présence d’affirmations et d’expériences contradictoires, lorsque MM. Hoorvveg et G. Weiss entreprirent l’élude de la question en se fondant sur des considérations d’ordre théorique et mathématique. M. et Mme Lapicque l’ont reprise au point de vue expérimental, et ont montré qu’en réalité, il existe une limite de temps propre à chaque animal, ce qui explique les divergences de résultats des expérimentateurs. En d’autres termes, certaines préparations « répondent » rapidement, d’autres « répondent )> lentement.
- Philosophie naturelle. — M. Michel Lévy présente un ouvrage de M. De Launay, professeur à l’Ecole des Mines, contenant une synthèse philosophique des méthodes et résultats de la Science géologique.
- Cristallographie. — M. Michel Lévy présente ensuite un travail de M. G. Friedel, professeur à l’école des Mines de Saint-Étienne, sur la différence déstructuré entre le minéral et le corps amorphe. Ce travail est d’une importance capitale. L’auteur observe que l’esotropie et l’homogénéité ne sont pas toujours de caractères distinctifs. Il a tiré d’une étude approfondie de la loi d’IIaüy des propositions rationnelles qui caractériseraient le cristal.
- Captures de rivières. — M. Michel Lévy résume enfin une Note de M. Fournier professeur à l’Université de Besançon, qui signale, d’après des documents cartographiques des xviie et xvme siècles, des phénomènes incontestables de captures de rivières. Ces modifications hydrologiques, fréquentes aux époques géologiques, sont rares sous nos yeux. Il en existe trois cas ainsi établis dans la région qui s’étend entre le Jura et Besançon.
- La mer du Sahara. — M. de Lapparent expose que M. Chautard a étudié des fossiles recueillis sur la côte du Sénégal, au sud de Dakar, ainsi que dans l’intérieur du Baol. Les espèces caractérisent-l’étage Lulelien déjà reconnu à l’est du Niger. Elles manifestent des affinités avec celles de l’Égypte et de l’Inde. Ces gisements jalonnent donc le chemin par lequel la mer venant du Nord contournait le massif du Foula Djallon, pour rejoindre le golfe éocène du Cameroun.
- Abaissement de la tension artérielle. — M. d’Ar-sonval présente une Note de M. Moutier sur l’abaissement de l’hypertension artérielle à l’aide de l’induction par les courants de haute fréquence. L’hypertension artérielle est le phénomène prémonitoire de l’artério-sclérosc qui se développe en raison du degré de l’hypertension. L’auteur a montré, dans une précédente communication, que cet état morbide pouvait disparaître sans médication, sous ]’eftêt du traitement par les courants de haute fréquence. On avait même réussi sur des animaux à abaisser la tension artérielle ù la moitié de sa valeur ; mais on n’avait pas osé sur l’homme descendre au-dessous de la pression normale, de crainte d’accident. M. Moutier vient de démontrer que l’opération est possible. De plus, de même qu’on peut abaisser la tension artérielle, on peut la relever sans médication ; il suffit pour cela d’appliquer le courant le long de la colonne vertébrale sous forme d’étincelles. Enfin les modifications obtenues sont durables. Cu. de Yilledeuil.
- p.255 - vue 259/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 25f>
- UN MYAGE EN YERTEBRES DE BAUEINES
- CIMETIÈRE d’a.MMAUX
- La petite ville de Monterey, située sur la côte de l’océan Pacifique, est certainement l’une des plus pittoresques de Californie. Au point de vue historique, elle fut autrefois la première entre toutes les cités des états de l’ouest : elle était, au temps de la domination espagnole, la capitale de la Haute-Californie. C’est dès le mois de juin 1770, voici un siècle et un tiers, plus de six ans après que fut signée la déclaration d’indépendance, que le père Junipero Serra, missionnaire espagnol, débarqua dans la baie de Monterey, où devait s’élever la ville du même nom. Isolé au milieu des peuplades sauvages, le prêtre trouva chez les Indiens une douce hospitalité ; il leur enseigna la foi chrétienne et ne tarda pas à fonder l’église de la mission de San Carlos, qui, aujourd’hui encore, se trouve en excellent état de conservation.
- D’ailleurs, bien d’autres reliques subsistent à Monterey, comme des témoignages pieusement conservés de l’époque espagnole, ainsi que la maison commune, les prisons, etc. Toutefois, aux yeux du naturaliste,
- Monterey présente un intérêt très étranger au fait d’avoir été la capitale d’une province espagnole. La haie de Monterey fut sans doute autrefois, peut-être avant l’apparition de l’homme dans ces parages, un centre important d’existence pour les baleines, ou tout au moins il faut admettre que ces animaux devaient être très nombreux dans les régions marines avoisinantes et que les courants ont contribué à les porter, morts ou mourants, vers cette baie, où leurs squelettes sont assez abondants pour qu’on puisse y voir un véritable cimetière de baleines. L’abondance des débris est même si extraordinaire qu’elle a donné lieu à une véritable utilisation industrielle. C’est ainsi que la grande promenade de Monterey, qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres entre la porte principale de la ville et l’église de San Carlos, est uniquement pavée au moyen de gigantesques vertèbres et d'os variés, côtes, mâchoires, etc., ayant appartenu à ces grands mammifères. Nous donnons ci-contre une photographie de ce pavage d’un nouveau genre, tout à fait inconnu de nos Européens, et que nous empruntons au Scientific A merican.
- Nous devons, en terminant, mettre en garde contre
- une idée fausse que pourrait faire naître le mot de cimetière que nous employons plus haut. Frappés de l’accumulation d’ossements, appartenant à des animaux de la même espèce, en un espace restreint, comme cela se présente dans le fameux gisement de Bernissart, où ont été découverts, entassés les uns sur les autres, les magnifiques lynanodons qui font la gloire du Musée d’Histoire naturelle de Bruxelles, ou dans certains vallons de l’Amérique du Sud où des troupeaux entiers sont morts en un même endroit, plusieurs auteurs ont cru se trouver en présence de cimetières où les animaux blessés ou malades se retiraient volontairement pour mourir. Il y a quelque chose de touchant à imaginer cetle sorte de pudeur suprême et comme un émouvant plaisir à donner raison au poète qui s’était demandé si les oiseaux ne se cachent pas pour mourir.
- Malheureusement, rien ne nous autorise à de telles croyances, et l’accumulation des cadavres en un lieu donné s’explique en quelque sorte mécaniquement : dans le cas des baleines, nous avons montré dans l’action des courants l’explication très simple de l’accumulation des débris dans le fond d’une baie : ce cas est général à tout ce qui est rejeté par la mer. Pour les animaux terrestres, une explication non moins simple a été donnée il y a déjà longtemps : la soif est une des causes principales de la mort en masse; en cas de sécheresse, n’est-il pas naturel que les animaux descendent vers les ruisseaux et les sources où ils ont l’habitude de boire, et que, les trouvant taris, ils finissent par mourir, à l’endroit même où ils avaient le plus de chance de trouver de quoi vivre ? L’homme est le seul animal qui se prépare des asiles destinés au dernier sommeil. Les autres animaux peuvent trouver la mort dans l’endroit où ils se réunissent en cas de danger, et donner ainsi, par coïncidence, l’illusion de cimetières animaux, comparables aux cimetières humains, mais ils y vont pour vivre et non pour mourir.
- Il serait intéressant de chercher par quelle série d’états intermédiaires l'homme est arrivé à passer de l’accumulation accidentelle à l’accumulation volontaire des cadavres dans un endroit spécial. J.-P. L.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Un pavage en vertèbres de baleines.
- p.256 - vue 260/536
-
-
-
- N* 1601. — 25 MARS 19 05.
- LA NATURE.
- 257
- UNE NOUVELLE MACHINE A STÉNOGRAPHIER
- Dans noire numéro du 1er novembre 1902, nous avons publié des renseignements sur une machine à sténographier, (jui, reproduisant la parole au moyen de combinaisons de chiffres, réalisait un progrès sur les tentatives antérieures de même genre ; mais
- l’apprentissage et la lecture présentaient des difficultés assez sérieuses.
- La machine que nous décrivons aujourd'hui, la « sténophile », a l’avantage très appréciable d'écrire en lettres ordinaires, que tout le monde lit à prc-
- Fig. 1. — La sténoidiile. — 1. Vue «l'ensemble (te la machine. — 2. Détail du clavier. — 3. Baude de roulement, i. Detail de l’enroulement de la bande. — 5. Emploi de la machine.
- mière vue. Son apprentissage parait facile et doit permettre de suivre la parole sans une expérience très prolongée.
- Les difficultés de la sténographie manuscrite proviennent surtout de la complication des signes qui, empruntés aux langues orientales, s’écartent des types latins et se déforment avec l’écriture rapide, ce qui rend la lecture presque toujours impossible pour toute personne autre que celle qui a sténographié. D’autre part, la machine à écrire doit surtout 33e auace. — 1“' semestre.
- son merveilleux développement à la parfaite lisibilité de son écriture.
- Ces considérations ont amené M. Ch. Bivort, l’inventeur de la machine en question, à baser son système sur l’application des caractères imprimés et sa méthode sur l’écriture syllabique. En procédant à la décomposition de plusieurs milliers de mots, en divisant les sons, il est parvenu à établir un alphabet rationnel pratiquement combiné. Cet alphabet ne faciliteras seulement la composition rapide et som-
- 17
- p.257 - vue 261/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 258
- vent textuelle de la plupart des mots de la langue française, mais aussi de toutes les langues d’origine latine et même, sauf quelques rares exceptions, de la plupart des langues étrangères.
- Voici l’ordre adopté :
- SJBPEYCKBMDTNLRHIAUEO.
- L’auteur a ensuite supprimé les lettres ayant la même consonance, savoir : le C prononcé S ou K, le 0 prononcé K, l’X prononcé CS, l’Y prononcé 1, le Z prononcé S. Dans cet alphabet l’E représente l’é et l’è; l’e muet est élidé.
- Par contre, il a ajouté une deuxième lettre I pour représenter les sons en 10 et en 01, et les lettres L, N, R, et S comme finales les plus usitées.
- C’est sur ces principes que M. Bivort a construit sa machine, en limitant à vingt le nombre des touches, soit dix pour chaque main. 11 a dù ainsi réduire le nombre des lettres en doublant celles de même consonance, les B et P, les E et V, les 0, K et G, les D et T.
- L’alphabet se trouva alors composé comme suit :
- SJcBVÊIYIUNLRHIA0EUIRNL2f
- La machine de M. Bivort est conçue et exécutée sur un plan entièrement nouveau ; elle ne ressemble en rien aux machines à écrire ou à sténographier qui ont paru jusqu’ici, ni comme mécanique, ni comme aspect extérieur, ni comme résultats obtenus.
- Les touches sont placées sur deux rangs correspondant aux cinq doigts de chaque main. Les lettres, inscrites sur les touches, se suivent dans un ordre méthodique qui permet d’écrire à chaque frappe une syllabe et même des mots de plusieurs syllabes, tels que : crieur, lion, ciel, etc.
- Les mains se trouvent séparées par deux touches intermédiaires dont l’une écrit la lettre H ; l’autre sert à faire avancer le papier.
- Une touche accessoire transpose le clavier des lettres pour l’écriture des chiffres et des signes usuels, ce qui double le nombre des caractères.
- Les chiffres et signes s’impriment dans l’ordre ci-après :
- ç=% : — ..+ M627384950
- . . si:nifie 100 ; .1 signifie 1.000 ; II signifie 1.000.000.
- Pour reproduire les caractères ou types d’impres-
- ^ s < i % ‘B . :. g T) .. L H A . 1 2 0 3 U 4 R s L
- J V x M - N r R 6 A 7 E 8 1 9 N O %
- Fig. 2. — Clavier français.
- sion d'une langue étrangère quelconque, il suffit de remplacer, sur le même type de machine, le « Chariot-transpositeur » qui porte les caractères gravés et dont nous publions le dessin.
- La vitesse de la machine n’est limitée que par l’habileté de l’opérateur et la rapidité ne nuit pas à la netteté de l’écriture, qui reste, dit-on, très lisible, même au delà de 200 mots à la minute.
- L’apprentissage est facilité par l’inscription des lettres sur les touches. D’après l’inventeur, après quelques jours d’exercice, un élève moyen écrit 50 mots à la minute ; en moins de deux mois, il atteint la vitesse normale de 125 à 150 mots par minute. La lecture des bandes et la transcription à la machine à écrire sont, d’autre part, facilitées par le « Dévideur-Lecteur » dont nous reproduisons le dessin.
- Comme avantages accessoires on nous fait remarquer que les aveugles pourront ainsi correspondre en écriture imprimée avec les voyants et leur servir de Secrétaires-Sténographes.
- En appliquant celte sténographie mécanique au téléphone, on pourrait conserver la trace des communications verbales ; dans les maisons de com-
- merce ou les banques, on pourrait, ainsi que c’est devenu l’usage courant, dicter un rapport ou une lettre à l’employé chargé de la machine à écrire, qui commencerait comme d’habitude par le sténographier sous la dictée, mais le ferait avec des facilités et une netteté toutes particulières ; d’une façon générale, il semble bien que la nouvelle machine doive simplifier singulièrement l'étude de la sténographie.
- Mais il ne faut pas oublier que, comme toute sténographie, celle-ci nécessite une seconde opération de mise au net et, par suite, l’achat de deux machines, l’une à sténographier, l’autre à écrire. J. Leroy.
- IA YERDURE DES TRONCS 1) ARBRES
- Il est rare, aussi bien à la ville qu’à la campagne, que les troncs des arbres ne présentent unç teinte verte plus ou moins étendue, qui s’attache aux doigts et aux vêtements quand on vient à s’y frotter. Cette poudre verte est constituée surtout par des algues, sur lesquelles nous reviendrons tout à l’heure et, dans les bois, par des mousses, particulièrement développées à la base du tronc.
- p.258 - vue 262/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 259
- Tout le monde a remarqué que cette « verdure » ne se trouve généralement que d’un seul côté du tronc ; dans la majorité des cas, la face verte est tournée du côté du nord. C’est, du moins, ce que l’on dit dans les livres classiques, où l’on donne, en même temps, le fait comme susceptible de permettre de retrouver son chemin quand on est égaré.
- Il ne faudrait pas croire que ce soit là une vérité absolue. M. 11. Krœmer a, en effet, recueilli une statistique sur l’orientation de cette verdure et a trouvé ce qui suit :
- Dans lOpour 100des arbres, la verdure est sur
- — lüpour 100 — — —
- — 10 pour 100 — — —
- — "20pourl00 — — —
- — 35 pour 100 — — —
- — 15 pour 100 — — —
- la face ouest
- nord-ouest
- nord
- nord-est
- est
- sud-est
- Conclusion : la verdure se trouve de tous les côtés, fort peu du côté du nord, assez souvent vers l’est.
- Je m’empresse d’ajouter que celte statistique a été faite à Philadelphie et n’engage en rien la manière de se comporter des arbres de nos pays. Bien que facile, je ne sache pas qu’une semblable statistique aitété faite enFrance. mais M. Arthur Mansion l’a reprise aux environs d’Apt, dans le llainaut, surtout au point de vue de la direction des faces moussues.
- Dans cette région, l’exposition Est y est presque totalement désertée : le fait doit être attribué à la sécheresse et à l’àpreté des vents qui soufflent de cette direction et qui mettent les mousses dans les conditions les plus défavorables à leur développement.
- L’exposition Nord est des plus favorables aux mousses en Belgique. Régulièrement, la face nord des troncs y est tapissée de mousses depuis la base jusqu’à une hauteur variable, mais qui atteint souvent 2 mètres et parfois même davantage. Cette traînée, généralement ininterrompue, est formée d’espèces relativement peu nombreuses, mais qui végètent en plaques compactes et serrées et dont la coloration est toujours d’un vert gai. Cette particularité est due à l’état constant de fraîcheur qui règne sur la face opposée au midi, et qui maintient les espèces qui l’habitent, relativement délicates et supportant mal la dessiccation, dans une situation convenable à leur prompt et rapide développement.
- L’exposition Ouest plaît assez aux mousses belges. Les espèces qui affectionnent plus particulièrement cette orientation diffèrent beaucoup,' et par l’aspect et par le mode de végétation, et par la couleur, des espèces qui aiment l’exposition Nord. Elles sont généralement d’un vert terne, plus souvent noirâtres ou brunâtres; elles végètent en petits coussinets bombés, isolés les uns des autres, et ne formant, par conséquent, jamais de traînée continue le long des troncs. Les vents d'ouest sont dominants en Belgique et soufflent parfois avec beaucoup de violence, pendant une bonne partie de l’année ; aussi les espèces résistantes, supportant facilement des alternatives de sécheresse et d’humidité, s’accommodent-elles seules de cette exposition.
- Quant à l’exposition Sud, elle n’a que fort peu d’adhérents. Seules les espèces de la face ouest, les plus résistantes à la dessiccation, se répandent du côté sud en petits coussinets rares et le plus souvent stériles. L’aspect de cette face des troncs s’explique par l’ardeur des rayons solaires qu’elle reçoit.
- En Belgique, il est donc aisé, même pour un promeneur étranger à la botanique, de déterminer la direction des
- points cardinaux à la simple inspection des mousses qui se fixent à l’écorce des arbres. La connaissance des .espèces donnera cependant une certitude plus grande de ce mode d’orientation. Quelques mousses, indifférentes par rapport au climat, VHypnuin cupvessiforme notamment, devront être forcément laissées de côté, puisqu’elles se rencontrent sur les arbres, à toutes les orientations. Toutefois, sur l’écorce des troncs dont la section est fort irrégulière, les vieux ormes notamment, les faits pourront paraître en contradiction apparente avec les données précédentes, si l’on néglige de déterminer soigneusement l’exposition des crêtes ou saillies ligneuses, sur lesquelles végètent les mousses.
- Dans les grandes villes, les mousses font entièrement défaut sur les arbres, parce qu’il y a trop de microbes et que ceux-ci tes tuent dès leur tendre enfance. La seule « verdure » y est alors produite par des algues de diverses espèces, dont les plus communes de beaucoup sont les Protocoques et les Pleurocoques.
- Les Protocoques se présentent sous la forme de petites boules vertes de 2 à 5 millièmes de mm de diamètre. Chaque boule renferme un assez grand nombre de noyaux cellulaires. A la maturité, l’intérieur se divise en un certain nombre de compartiments, qui renferment un seul noyau. Toutes ces parties s’isolent et se transforment en autant de petits corps qui s’isolent. La membrane commune se détruit et ces masses arrondies se trouvent isolées dans le milieu ambiant, en redonnant autant de protocoques. Quand le milieu est très humide, le contenu donne naissance à d’autres corps un peu ovoïdes et terminés par deux cils vibratiles : ce sont des zoospores, lesquelles tournoient dans l’eau et finalement se fixent pour donner autant de nouveaux protocoques.
- Les Pleurocoques appartiennent à une autre famille, c(dle des palmellacées. Les boules ressemblent à celles des précédentes, mais elles se coupent d’abord en deux parties formant deux cellules accolées. Chaque cellule se divise à son tour en deux et, finalement, on a quatre cellules réunies, mais qui ne tardent pas à s’isoler. Dans les mêmes taches vertes on voit souvent au microscope des filaments de champignons entourant plus ou moins les boules vertes : ce sont des lichens en voie de formation.
- Henri Coupin.
- LE SPORT DE IA LUGE *
- La luge est un petit traîneau originaire des Grisons (Suisse), rappelant les schlittes des Vosges et (jue, jusqu’à présent, on dirigeait à la main à l’aide de courts bâtons ferrés. L’extension générale des sports dans les stations hivernales de montagnes a accaparé la luge au même titre que cet autre traîneau canadien nommé toboggan ; et, en combinant les deux appareils, on est maintenant parvenu à réaliser un type de luge qui porte plusieurs personnes au lieu d’une seule et qui présente des organes mécaniques de direction. Ces luges, très légères, ont reçu le nom spécial de Bobsleighs : avec 5m,70 de longueur et 4 places, elles ne pèsent que 55 kg. La voie est de 52 centimètres. \
- Nous décrirons d’abord le « Bob de Leysin », le plus anciennement mis en circulation et nous passerons ensuite au « Bob Phénix », dont l’invention
- p.259 - vue 263/536
-
-
-
- 260
- LÀ NATURE.
- est plus récente et la disposition moins connue.
- Le « Bob de Leysin » est constitué par 2 luges canadiennes accouplées, dont la première est directrice. Les corps des sièges sont fixés aux luges par 5 ressorts (2 pour la luge directrice, 5 pour l'arrière-train) destinés à amortir les chocs produits par les petites bosses. Us n’ont pas d’effet contre les montagnes russes des pistes à neige; aussi, pour en atténuer les chocs a-t-on placé, de chaque côté du traîneau, des barres d’appui qui permettent aux équipiers de se soulever sur les poignets, comme le cycliste se dresse sur ses pédales dans les mauvais passages.
- Faire du 80 kilomètres à l’heure et même davantage nécessitait une direction sensible et sîire. En parcourant à l’allure de 22,2 m. par seconde une piste large de moins de 2 mètres, il suffisait d’une déviation de 2 1 /2 degrés ou de 8 millimètres de l’extrémité de la luge directrice, située à 50 centimètres devant sa cheville ouvrière, pour être jeté hors de la piste en moins d’une seconde.
- Le volant de l’automobile semblait tout indiqué et l’expérience a montré qu’on avait eu raison de l’appliquer au bobsleigh.
- Il est en aluminium et se fixe sur le même axe (tube d’acier) qu’une poulie en fonte, sur laquelle s’enroule une courroie torse attachée de chaque côté de la luge directrice de manière que le volant étant tourné à droite, la poulie tire sur la courroie et entraîne la première luge à droite autour de sa cheville ouvrière et vice versa.
- Placé dans une position presque verticale et très 'bas, le volant offre au capitaine un solide point d’appui pour éviter les cahots et faire manœuvrer le frein au moyen du pied.
- Immédiatement derrière le volant de la direction se trouve un double levier que le capitaine pousse en avant du pied droit ou gauche ou des deux à la fois. Il est relié par deux fils d’acier réglables à une double genouillère qui, fixée sous le corps des sièges à l’arrière de la luge, s’appuie sur deux forts crampons qu’elle enfonce dans la neige.
- Le corps des sièges est formé par des châssis composés de deux poutrelles, à section triangulaire, en frêne de carrossier, entre lesquelles sont tendus des sièges en cuir à 16em,05 au-dessus du sol.
- Ainsi construit, le « Bob de Leysin » gagna toutes les courses. On reconnut cependant que l’emploi du bois était défectueux. 11 est impossible d'en faire des assemblages à l’épreuve des fortes secousses et de fixer solidement les patins d’acier. Puis le frein obligeait le capitaine à lâcher prise d’un pied et le volant exigeait un trop grand mouvement dans les contours brusques.
- On construisit alors le « Bob Phénix », entièrement métallique.
- Un cadre large de 70 centimètres formé de gros tubes d’acier constitue une ceinture protectrice entourant les pieds et les jambes des lugeurs et sert de barre d’appui, 11 est relié fortement à un deuxième cadre en cornière, plus étroit, de même longueur, situé à 140 millimètres au-dessous du premier et à 150 millimètres au-dessus du sol, servant de glissière aux sièges des 5 équipiers et portant celui
- du capitaine. Ce châssis repose, par l’intermédiaire de ressorts spéciaux, sur deux luges longues et flexibles dont les patins sont formés d’une seule barre d’acier fondu. La voie est de 56 centime-très. Ces luges sont montées sur pivot, la lie oscillant en tous sens, la 2,! dans le sens de la longueur seulement.
- Dans le « Bob de Leysin », le montage desluges par rapport au plateau des sièges leur permettait peu d’oscillation dans le but dépasser les « vagues » sans plonger ni labourer. Ce fut une utopie et le même inconvénient se présentait avec des ressorts à grande flexion.
- Le « Bob Phénix » est muni de ressorts d’une seule lame épaisse et les patins sont fortement cintrés, ce qui est plus favorable pour les grandes vitesses et permet de passer sans labourer.
- La direction est placée ici un peu plus haut et la corde métallique qui entraîne la luge directrice à droite ou à gauche s’enroule et se fixe sur un tambour ovale et excentré. De cette façon, le bras de levier de l’axe de rotation du tambour à la corde se trouve être très petit quand le « Bob » se dirige en ligne droite et ne demande pas plus de 1/5 de tour au volant pour un tournant brusque.
- On a modifié le frein de façon que la pédale de manœuvre reste constamment sous le pied du capitaine, lui permettant de freiner par un simple mou-
- Fig. 1. — Course de luge.
- p.260 - vue 264/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 261
- vement du pied. Les sièges des 3 équipiers sont montés sur une sangle tendue sur un cadre en tubes d’acier. Ils coulissent ensemble sur galets dans le cadre en cornière.
- Enfin, dans le but d’intéresser davantage les équipiers à la réussite de la course et pour franchir plus rapidement les endroits plats ou de faible pente, on a décidé d’adapter sous la luge directrice un « propulseur », sorte de roue mordant h volonté dans la neige et actionnée par l'équipe.
- Nous attendrons pour parler de ce nouvel appareil que des expériences concluantes aient démontré son utilité. L. Yirkt,
- Docteur os seionros.
- LES LIMITES DE L’ÉTAT SOLIDE
- ET LES TRAVAUX DE M. T AM MA N'N
- La part qu’a prise M. Tammann dans l’évolution de nos idées sur la constitution de la matière est très considérable. Nous indiquions, dans un récent article, comment il avait arrêté la généralisation trop hardie de la continuité des états solide et liquide, en jetant, au travers de son développement, en même temps que M. Le Chatelier, le principe plus correct de la distinction entie l’état ordonné et l’état désordonné de la matière, entre les corps cristallisés et les corps amorphes. Mais M. Tammann a fait mieux peut-être que de donner des idées; il a apporté au débat un nombre considérable do faits, mis j en lumière par des expériences hardies, dans un domaine
- l'ig. ‘2. — Bol) <lo Leysin (eu 1 .ns) et Boli Phénix (en haul).
- difficile, dans lequel de rapides reconnaissances avaient déjà été tentées par MM. Mallard et Le Chatelier, M. Amagat, M. C. Barus, mais où beaucoup restait à faire. Il s’agissait, en effet, pour mettre à l’épreuve les vues théoriques commençantes, d’examiner, dans un intervalle aussi large que possible de pressions et de températures, la fusion d’un grand nombre de corps, afin d’observer les relations entre les deux paramètres, comme aussi les changements de volume et les chaleurs dégagées. Et, si l’on songe que ces délicates expériences ont été régulièrement poursuivies jusqu’à 3000 atmosphères et souvent au delà, on comprendra qu’un tel programme ne pouvait pas être abordé avec succès sans beaucoup de hardiesse et sans une habileté consommée.
- Rappelons d’abord quelques principes, qui, pour n’être pas très vieux, sont cependant courants aujourd’hui.
- L’élat critique d’un corps est l’ensemble des conditions dans lesquelles il existe lorsque s’efface la démarcation
- entre l’étal liquiJc et Eclat gazeux. A toute température inférieure, le corps, s’il n’est pas cristallisé, se sépare en deux couches fluides, dont l’une est liquide et l’autre gazeuse; les deux états sont séparés par un ménisque, des deux côtés duquel la densité du milieu est différente. Mais, si la température s’élève en même temps que la pression, la densité du liquide diminue, tandis que celle de la vapeur augmente. A un certain moment, les densités sont égales, le ménisque devient flottant et s’estompe ; enfin il disparaît, laissant dans le vase un corps complètement homogène, l’our toutes les propriétés du corps, le passage a été graduel ; les propriétés du gaz et celles du liquide se sont fondues les unes dans les autres, sans qu’on ait pu marquer, pour aucune d’elles, l’endroit d’une discontinuité,
- Traçons maintenant un diagramme très simple; portons en abscisses les pressions, en ordonnées les températures (fig. 1 et 2). Nous pourrons marquer, par une courbe AB, la
- p.261 - vue 265/536
-
-
-
- 262
- LA NATURE.
- succession des états représentant, à chaque température, la pression de la vapeur surmontant le liquide et limitant sa vaporisation. Mais un momént vient où la courbe ne peut plus être tracée; il n’y a plus de liquide; la courbe s’arrête, marquant ainsi le point critique. Tout arrêt dans une courbe limitant deux états est un point critique, au delà duquel on n’observe plus de discontinuité.
- Or nous avons vu que l’état cristallin ne peut pas conduire sans discontinuité à la matière amorphe. Il n’existe donc pas de point critique entre les deux états ; la courbe des températures de fusion en fonction de la pression n’éprouve aucun arrêt; c’est donc une courbe qui se ferme sur elle-même, à moins que les axes coordonnés ne l’arrêtent dans son développement.
- Four qu’une courbe de fusion puisse revêtir une forme telle que CDE, il faut que la température de fusion, s’élevant d’abord en même temps que la pression, passe par un maximum, puis redescende. Or voici comment on peut s’expliquer physiquement une telle allure. Si la fusion d’un corps, dans le sens donné à cette expression au cours d’un récent article1, s'effectue avec augmentation de son volume, un accroissement de la pression élèvera la température de fusion. Mais, comme les corps amorphes sont généralement plus compressibles que les cristaux, l’écart de densité entre les deux états ira en diminuant à mesure de l’élévation de la pression. L’inclinaison de la courbe CD s’affaiblira, jusqu’au moment où, la pression devenant suffisante, la plus grande compression du corps amorphe aura effacé la différence des volumes. Alors une faible variation de la pression ne modifiera pas sensiblement la température de fusion, qui aura, de ce fait, atteint son maximum. Au delà, cette température baissera vers les fortes pressions.
- La détermination d’une température de fusion n’a rien de difficile lorsqu’on l’effectue à la pression atmosphérique, et lorsqu’on peut voir le corps sur lequel on opère. Mais, lorsqu’il s’agit de travailler sous des pressions très fortes, le changement doit être constaté par d’autres procédés. L’un d’eux consiste à écouter le choc produit contre les extrémités du tube-laboratoire par une petite baguette d’acier, qui descend lorsque ce tube est retourné. Cela suppose que le tube soit très mobile, condition qui n’est pas toujours compatible avec la mesure de la pression. De plus, la viscosité croissante du liquide, avant même qu’il soit cristallisé, peut atténuer le choc au point de le faire passer inaperçu. De toutes façons, ce procédé ne peut guère servir qu’à fournir des renseignements approximatifs. 11 en est un autre, plus complet et plus précis, dont la description est plus délicate.
- Supposons d’abord que nous augmentions brusquem en d’une certaine quantité la pression qui agit sur un gaz enfermé ; nous provoquons, en même temps, une élévation de température, qui ramène, lorsqu’elle est dissipée, à une valeur de la pression un peu inférieure à celle qui régnait immédiatement après la brusque compression, mais bien supérieure à la pression antérieure. Si la même opération est répétée 'sur une vapeur surmontant une portion liquide du même corps, la pression reviendra, après dissipation de la chaleur de compression, à sa valeur antérieure, et des compressions successives ne feront pas varier la quantité de pression finale ; elles augmenteront seulement le liquide aux dépens de* la vapeur jusqu’au moment où toute la vapeur sera condensée, et où l’appareil sera rempli de liquide. De même, les décompressions laisseront la pression finale invariable, à température
- 1 Voy. n° 1640, du 31 décembre 1904, p. 66.
- constante tant qu’il restera du liquide dans le fond du réservoir.
- Quelque chose d’analogue se passe dans la fusion. Vient-on à diminuer, par compression, le volume occupé par le mélange d’un corps amorphe avec son cristal, on provoquera le passage de nouvelles portions du corps à l’état cristallin, et, si la température est restée la même, on verra la pression, après s’être élevée brusquement, reprendre sa précédente valeur, à laquelle elle reviendra aussi si l’on abaisse la pression. Celle-ci ne monte ou ne baisse indéfiniment à la même température que si le corps est cristallisé en entier ou entièrement amorphe.
- Si l’on a réalisé, à un nombre suffisant de températures, la coexistence, dans le tube-laboratoire, de l’état amorphe et de l’état cristallisé, on a tout ce qu’il faut pour tracer d’un trait continu la courbe CDE dans le domaine accessible à l’expérience.
- Le programme est simple, mais combien difficile dans l’exécution. D’ailleurs le travail apporte un imprévu qui n’est pas toujours sans danger; ainsi, dans une expérience de M. Tammann, la transformation de l’acide cyanhydrique en acide azulmique fit monter la pression dans l’appareil jusqu’à 5000 atmosphères: ce qui produisit une fuite, par où l’acide restant s’échappa en abondance. Par bonheur, une petite veilleuse, destinée à éclairer un thermomètre, brûlait au voisinage immédiat de l’appareil. L’acide cyanhydrique y prit feu, et lança une flamme de hauteur d’homme, et ce fut heureux, car, sans la disparition de ce corps ultra-toxique, c’en était probablement fait du vaillant expérimentateur.
- Il y aurait bien des résultats à rapporter parmi ceux qu’énumère M. Tammann. Il n’est pas banal, par exemple, de faire fondre la benzine à 78°, l’acide carbonique à 15°, la naphtaline et le soufre à 190°. Mais, pour le détail de tous ces résultats et d’un grand nombre d’autres, je ne puis que renvoyer à l'ouvrage déjà cité. Il est deux résultats cependant, sur lesquels je voudrais m’arrêter un instant parce qu’ils frappent par leur étrangeté. Le premier se rapporte au chlorure de phosphonium, ce corps que le Dr Ogier enseigna à préparer, voici un quart de siècle, par la réaction de l’acide chlorhydrique sur l’acide phe-sphydrique, et qui se présente, à 14° et sous 20 atmosphères en beaux cristaux, surmontés de leur vapeur et prêts à entrer en fusion.
- A 50°, et sous 80 ou 90 atmosphères, suivant M. Van’t Hoff, se trouve le point critique de ce corps, qui, au delà de cette température, entre dans le domaine hypercri-tique. Or, en suivant la courbe de fusion sous des pressions de plus en plus fortes, M. Tammann a pu traverser, vers 1000 atmosphères, la température critique sans observer le moindre ressaut dans la courbe, qui s’est poursuivie avec une régularité absolue jusqu’à 102°,4, température atteinte sous 3050 atmosphères. Le chlorure de phosphonium conserve ainsi l’état solide jusqu’à plus de 50 degrés au-dessus de sa température critique, et sans doute bien au delà. La limite pratique des expériences a seule arrêté jusqu’ici cette courbe de fusion dans son ascension progressive.
- Il en est sans doute de même d’un grand nombre d’autres corps; mais, pour dépasser la température critique en conservant l’état solide, il faut généralement soumettre le corps cristallisé à une pression que les appareils ne supporteraient pas. Pour l’acide carbonique, par exemple, elle serait de 6500 atmosphères environ, si l’on en croit la formule établie par des expériences faites jusqu’à une pression moitié moindre.
- p.262 - vue 266/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 263
- Le deuxième résultat dont je voudrais parler est relatif à l’eau, que l’on croyait bien connaître, mais qui réservait encore des surprises.
- L’eau se comporte, comme on sait, de façon anormale, en ce sens qu’elle augmente de volume en se solidifiant, et conséquemment fond à une température d’autant plus basse que la pression est plus forte. Cette particularité, qui est la cause de très importants phénomènes naturels, a été étudiée déjà par divers physiciens, qui ont tracé l’amorce de la courbe de fusion. M. Tammann l’a poursuivie d’abord jusqu’à — 22° et 2200 atmosphères. Puis, comme il l’avait fait pour un grand nombre de corps, il a soumis la glace, à basse température, à une très forte pression ; c’est ainsi qu’il observa un phénomène inattendu.
- La pression ayant été poussée à 2700 atmosphères, sous une température de — 80°, on voit, sans rien changer à l’appareil, la pression baisser d’elle-même, assez rapidement, jusque vers 2100 ou meme 2000 atmosphères. La glace s’est ainsi transformée en un autre corps, beaucoup plus dense, qui est la forme cristalline stable de l’eau dans les conditions de l’expérience. M. Tammann la désigne sous le nom de glace n° 2 (fig. A). Une ascension graduelle de la température avec une modification correspondante de la pression permet de tracer la courbe de
- transformation d’une des glaces dans l’autre, c’est-à-dire la courbe d’équilibre des deux espèces de glace jusqu’au moment où elles se mettent en équilibre avec leur eau de fusion.
- La glace n° 2 est 17 pour 100 plus dense que la glace ordinaire; elle est donc plus dense que l’eau, et sa fusion s’effectue avec augmentation de volume. Elle rentre ainsi dans la loi générale, et pourrait être dénommée la glace normale. Sa température de fusion monte aussi nécessairement avec la pression, jusqu’à la température maxima, qui serait atteinte sous une pression extrêmement élevée.
- Pour rendre ces propriétés de l’eau plus frappantes, M. Tammann les a représentées par un modèle solide, dont il a bien voulu m’adresser la photographie reproduite dans la figure A, qu’explique le diagramme (fig. 3.) La figure fait ressortir, sans qu’il soit besoin d’autres indications, les variations de volume que subit l’eau en passant de l’un à l’autre de ses trois états, l’un liquide, les deux autres solides, le long des deux courbes de fusion et d’une courbe de transformation. C’est là, on en conviendra, un diagramme du plus grand intérêt, qu’il suffit de reproduire sans insister davantage. Cette transformation de l’eau en deux corps d’état cristallin différent n’est pas aussi exceptionnelle qu’on pourrait le croire. L’existence de cristaux d’un même corps est plutôt la règle que l’exception ; il suffit, pour passer de l'un à l’autre, de réaliser les conditions propres à la transformation.
- Les faits dont je viens de donner une rapide esquisse appellent quelques réflexions d’un' ordre général. Les conditions dans lesquelles nous connaissons les propriétés
- de la matière constituent un domaine très étroit, limité de tous côtés par les difficultés d’ordre expérimental auxquelles se sont butés les chercheurs. Assurément, ce domaine s’est élargi considérablement dans ces dernières années; les températures fournies par l’air et l’hydrogène liquides, rapprochées de celles que permet d’atteindre aisément l’arc électrique, ont mis au jour des faits tout nouveaux; à son tour, le domaine des hautes pressions nous a révélé des propriétés delà matière qu’il eût été impossible de soupçonner, parce qu’aucun vestige n’en subsiste aux pressions ordinaires. Mais, tout ce que peut faire le chercheur est de généraliser par la pensée les faits dont il possède l’amorce, ou d’extrapoler des courbes, dont un tout petit segment lui a été révélé par l’expérience. Aucune extrapolation ne peut faire pressentir des faits, tels que l’existence d’une deuxième espèce de glace, plus dense que l’eau, et dont la température de fusion s’élève en même temps que la pression. Toute généralisation, toute extrapolation ne pouvait conduire qu’à une conclusion probable, qui était l’abaissement progressif et indéfini de la température de congélation de l’eau; d’importantes théories ont été édifiées sur cette hypothèse, qui semblait bien naturelle, et ont été généralement acceptées par les savants, et voici qu’une simple expérience les renverse comme un château de cartes, tout comme les expériences à faire casseront net bien des courbes, que notre ignorance actuelle des phénomènes réels nous conduit encore à poursuivre loin du domaine fixé par l’expérience.
- L’intérêt d’une extension de plus en plus grande de nos connaissances dans le domaine des hautes pressions est très considérable. Presque toute la matière de l’univers est soumise, à l’intérieur des corps célestes, à des pressions incomparablement plus grandes que celles dont la réalisation a été possible jusqu’ici. Que l’on descende,
- Glace
- Fig. 4. — Schéma des trois états physiques de l'eau.'
- par exemple, à dix kilomètres à l’intérieur de notre terre, et l’on se trouvera à la limite des pressions atteintes dans les laboratoires; et là nous n’aurons pas encore avancé de la six-centième partie d’un rayon terrestre.
- Un peut donc affirmer que les conditions les plus fréquentes de l’existence de la matière nous sont totalement inconnues, et que toute théorie cosmique basée sur ce que nous savons de positif a seulement et réellement
- atm
- 3000-
- ;Glace N°2
- 2000
- Glace N°1
- 1000-
- Fig. 5.
- p.263 - vue 267/536
-
-
-
- 204
- LÀ NATURE.
- un peu plus de probabilité qu’une simple rêverie.
- Serons-nous jamais outillés de manière à soumettre, dans nos laboratoires, la matière aux formidables pressions qu’elle subit dans les grandes profondeurs des planètes ou soleils? Cela est loin d’ètre certain. Mais plus nous aurons étendu les limites de l’investigation expérimentale, plus aussi deviendront probables les théories, dont les faits matériels bien connus sont l'inévitable point de départ. Oii.-Éo. Guillaume.
- DE L’EMPLOI DE L’AIR SEC
- AUX HAUTS FOURNEAUX
- Un procédé nouveau destiné à débarrasser de son humidité l’air souillé aux hauts fourneaux vient d’ctrc appliqué en grand aux hauts fourneaux Isabella près de Pittsburgh(États-Unis) par son inventeur M. Gai-ley, l’un des techniciens les plus remarquables de l’industrie métallurgique américaine. On sait qu’il faut souffler aux hauts fourneaux, par les tuyères qui se trouvent à leur partie inférieure, des quanlités considérables d’air : cet air brûle le coke de la charge et produit l’oxyde de carbone réducteur, tout en réalisant la température élevée nécessaire aux phénomènes chimiques et physiques dont le haut fourneau est le siège. L’air est aspiré dans l’atmosphère par les machines souillantes, qui le compriment; puis il traverse des empilages de briques portées à une température très élevée, et, ainsi chauffé, arrive enfin aux tuyères. Un haut fourneau américain de grandes dimensions absorbe environ 1100 mètres cubes d’air par minute. Or, cet air est humide et introduit avec lui la vapeur d’eau qu’il conlient. S’il y a 5 grammes d’eau par mètre cube d’air, proportion moyenne par un temps sec, on fait entrer dans le haut fourneau 5 litres 1/2 d’eau par minute. Quand l’air est plus chargé d’humidité, comme dans les mois d’été, il peut entrer trois fois plus d'eau, c’est-à-dire 17 litres par minute. On pressent quelles perturbations ces quantités d’eau, très variables d’un jour à l’autre et
- meme d’un moment de la journée à l’autre, peuvent jeter dans la marche du haut fourneau et l’intérêt qu’il y aurait à les diminuer et à les régulariser.
- C’est l’idée qui a guidé M. Gailey dans ses recherches. Après de longs mois de tâtonnements il a fait établir l'installation suivante. L’air, au lieu d’être aspiré directement dans l’atmosphère par les machines soufflantes, traverse, avant d’arriver à elles, une chambre refroidie à —10 degrés environ (tig. 2) et y dépose, en un mélange de neige et de glace, la majeure partie de l’eau qu’il contient. Cette chambre est occupée presque entièrement par un énorme serpentin formé de 4500 tubes de fer de 50 millimètres de diamètre et de 6 mètres de long, disposés côte à côte en chicane et raccordés deux à deux par leurs
- extrémités. Il y circule de l'eau salée refroidie à — 25 degrés environ par une machine frigori-fiqueàgazammo-niac(fig.l),quise trouve dans une pièce contiguë. Dans ce serpentin 152000 litres d’eau salée sont continuellement en mouvement.
- L’air entre dans la chambre froide avec une humidilé très variable; quand il en sort, il contient une quantité d'eau très constante et aussi très réduite. L’air refroidi ne contenait, pendant les essais de septembre dernier, que 4 grammes d’eau par mètre cube, alors que l’air atmosphérique en contenait 15 grammes en moyenne. Toute la différence s'est déposée sur les tubes du serpentin en une croûte adhérente, qu’il faut détacher de temps en temps, Pour cela on isole une section des tubes et on y fait circuler de l’eau chaude au lieu de la solution froide. La croûte fond et l’eau s’écoule d’elle-même. Il faut faire l’opération tous les trois jours environ.
- Quel fut le résultat de la mise en application de ce procédé sur la marche du haut fourneau? Il fui considérable et semble encore tout à, fait inattendu et surprenant. Jusqu’alors la production journalière d’un des hauts fourneaux Isabella avait élé de 500 tonnes environ, la consommation de coke étant de 970 kilogrammes par tonne de fonte. Dès que l’on se mit à sécher l’air, on commença à augmenter
- Fig. 1. —• Machines frigorifiques pour la production de l’air sec.
- p.264 - vue 268/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 265
- les charges de minerai et de castine, tout en maintenant telles quelles les charges de coke. Le fourneau continua cependant à très bien marcher ; sa production put être portée à 450 tonnes et, par suite, la consommation de coke par tonne de fonte tomba à 770 kilogrammes, c'est-à-dire diminua de 20 pour 100.
- Connaissance de ces résultats fut donnée au monde métallurgique par une communication de M. Gailey à la réunion de l’Iron and Steel Institute qui se tint à New-York en octobre dernier. La question fut signalée à l’Académie des sciences par VI. Alfred Picard et l’intérêt qu’elle souleva se manifesta par les discussions auxquelles elles donna naissance dans les revues spéciales américaines et européennes. On s’attacha immédiatement à expliquer scientifiquement les résultats obtenus, explication queM. Gailey avait négligée ou plutôt à laquelle il semblait avoir renoncé.
- Ilparutévident dès l’abord aux métallurgistes européens qui prirent en main la question que l’économie de 20 pour 100 réalisée sur le coke ne pouvait être attribuée uniquement à ce que l’emploi de l’air sec évitait la décomposition de l’eau par le coke. L’économie de coke réalisée de ce chef ne peut certainement pas dépasser 5 pour 100, soit le quart de celle qu’a obtenue M. Gailey. Il faut donc expliquer comment il a pu arriver à ce résultat, et de la nature de cette explication dépend le plus ou moins de portée de son invention.
- D’après VI. Lodin', l’économie doit être attribuée à l’élévation de température que l’emploi de l’air sec a permis de réaliser au voisinage immédiat des tuyères, et qui a modifié très favorablement les conditions des phénomènes physiques et chimiques qui s’y produisent. Ce n’est plus une question de quantités de chaleur, mais une question de températures. Or, aux hauts fourneaux Isabella, le vent était chauffé à 560 degrés avant l’application du procédé Gailey et à 460 degrés après. En Europe
- 1 Communication à l’Académie des sciences du 28 novembre, 1904,
- l’air est couramment chauffé à 700 degrés ou 800 degrés. L’élévation de température, résultant de l'emploi de l’air sec, aurait donc en Europe une importance relative beaucoup moindre qu’en Amérique, et l’économie de coke par tonne de fonte serait par suite très réduite. Une économie importante a pu être réalisée dans les hauts fourneaux américains, parce qu’ils étaient conduits dans des conditions spéciales et, semble-t-il, mauvaises; les conditions sont différentes pour les hauts fourneaux européens, et, d’après M. Lodin, l’application du procédé, entraînant l’installation d’appareils coûteux, ne parait pas pouvoir leur être faite avantageusement.
- VL H. ï.e Chatelier1 estime que les résultats remarquables annoncés par M. Gailey peuvent être la somme de diverses améliorations partielles réalisées dans la marche du haut fourneau, lors de l’essai du procédé. Les conditions de marche ont pu être modifiées sans que l’on s’en rendît bien compte dans un sens favorable à la réussite de l'essai : par exemple, la température du vent soufflé a été élevée de 100 degrés sans indication bien précise des raisons de ce changement. D’autre part, la composition de la fonte, qui n’est pas indiquée par M. Gailey, a été légèrement modifiée quant à sa teneur en soufre et en phosphore ; mais dans quelles proportions? VI. Gailey ne le dit pas. Or, les variations de composition ont une influence très sensible sur la consommation de coke. En admettant que les résultats obtenus soient dus uniquement à la dessiccation de l’air, il faut d’abord connaître exactement le mécanisme par lequel elle les entraîne, pour pouvoir juger si des résultats analogues peuvent être obtenus en Europe. D’après VL le Chatelier, l’humidité de l’air peut avoir une action de présence importante dans les régions inférieures du haut fourneau. Avec le soufre contenu dans le coke, elle donne aux voisinages des tuyères une certaine proportion d’hy-
- 1 Communication à l’Académie des sciences et Revue de Métallurgie. Déc. 1904.
- p.265 - vue 269/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 266
- drôgène sulfuré, qui s'élève avec les gaz de la combustion et vient se fixer sur l’éponge de fer des régions moins chaudes. Le soufre est ainsi incorporé à la fonte et ne la quitte plus. Si l’air soufflé est au contraire sec, le soufre du coke est, en présence de l’oxyde de carbone, complètement absorbé par la chaux du laitier avant de pouvoir s’élever. Les gaz sulfureux ne sont donc en contact qu’avec de la fonte liquide, qui passe trop rapidement pour pouvoir les fixer. Cette théorie a été confirmée par des expériences de laboratoire qu’a fait faire M. Le Chatelier. 11 en conclut que, dans l’hypothèse où les résultats obtenus par M. Gailey devraient être attribués uniquement à la dessiccation du vent, ils n’auraient pas pour cause une meilleure utilisation du combustible, mais bien la possibilité d’obtenir plus économiquement une fonte plus pure, moins sulfureuse.
- M. Pourcel1 reconnaît une importance réelle à la dessiccation de l’air, en raison de l’intluence directe et nuisible de la vapeur d’eau sur la marche du haut fourneau. La présence de l’eau diminue d’abord, comme l’avait fait remarquer M. Lodin, la température au voisinage des tuyères ; d’autre part, ses éléments dissociés se recomposent dans la partie moyenne du haut fourneau et y élèvent la température en risquant d’y rendre la charge pâteuse et d’y produire des accrochages. Enfin la vapeur d’eau recomposée diminue la valeur du gaz de gueulard comme combustible. Supprimer l’eau est donc certainement une très bonne chose ; mais le procédé de M. Gailey paraît trop coûteux à M. Pourcel et il estime qu’on arrivera à le remplacer par une méthode plus économique.
- A côté de l’explication scientifique à donner des faits observés par M. Gailey, il faut, en effet, examiner aussi si sa méthode peut offrir un avantage réel au point de vue financier. Si l’on économise du coke, on doit installer par contre des appareils coûteux, faire marcher de puissantes machines frigorifiques, les entretenir en bon état ainsi que le reste de l’installation. Cet aspect de la question a été examiné spécialement à la réunion des sidérurgistes allemands tenue à Dusseldorf le 4 décembre dernier2. M. von Linde, spécialiste particulièrement compétent pour les questions de réfrigération, estime à 250 000 francs le prix d’une installation complète, telle que la décrit M. Gailey, pour un débit de 1000 mètres cubes par minute. Quant à la dépense de production d’énergie, nécessaire pour les machines frigorifiques et leurs accessoires, elle est compensée par l’économie réalisée aux machines soufflantes, où le nombre de tours a été diminué de 114 à 96, par suite du volume réduit occupé par l’air refroidi et sec. D’après M. von Linde, si l’air extérieur est très chargé d’humidité, l’économie de travail aux machines soufflantes peut atteindre le double du travail développé aux machines frigofifi-
- 1 Revue de Métallurgie, janvier 1905.
- 2 Compte rendu dans Stahl und Eisen. 1er. janvier 1905.
- ques. Mais il faut, en tout cas, payer la main-d’œuvre nécessaire à celles-ci. Enfin, reste la question de l’entretien des conduites d’eau salée, dont les 27 kilomètres sont continuellement exposés à la rouille. M. von Linde évalue à 40 000 francs environ par an les charges d’intérêt et d’amortissement (en 20 ans), avec les frais de main-d’œuvre et d’entretien, pour une installation correspondant à un débit de 1000 mètres cubes par minute. D’après les chiffres de M. Gailey, il faut 4000 mètres cubes d’air environ par tonne de fonte ; la charge par tonne de fonte serait donc de 0f,',35 seulement. Ce chiffre parait bien faible, puisqu’il en résulterait que, en réalisant seulement une économie de 5 pour 100 sur un coke à 15 francs dont on consommerait une tonne par tonne de fonte, on aurait intérêt à faire la dessiccation de l’air.
- On le voit, la question des avantages de l’emploi de l’air sec dans la fabrication de la fonte, n’est pas encore assez élucidée, pour que des installations analogues à celles des hauts fourneaux Isabella puissent être faites en Europe dès à présent. 11 semble qu’avant d’engager des dépenses aussi considérables, il convienne de résoudre, par des expériences réduites et des calculs précis, ces deux questions : d’une part, par quel mécanisme la dessiccation de l’air peut-elle agir sur la consommation de combustible, et son action peut-elle être importante dans les hauts fourneaux européens? D’autre part, quelle sera la dépense par tonne de fonte pour la dessiccation de l’air et, par suite, quelle économie minima de coke serait-il nécessaire de prévoir?
- G. Theureau.
- LÀ FABRICATION DU AIN* PAR DIFFUSION
- Nos lecteurs doivent connaître les services rendus par le procédé de la diffusion dans l’industrie de la sucrerie : le traitement des cossettes de betteraves par cette méthode a complètement supplanté aujourd’hui l’emploi des presses, et l’on s’efforce depuis déjà un certain temps de rendre la diffusion également pratique pour le traitement de la canne à sucre. Aujourd’hui, il s’agit de recourir à la même méthode pour la vinification.
- Nous devons dire que voici plusieurs années que l’idée a été lancée, et que MM. Roos et Semichon s’en sont particulièrement occupés ; à l’heure actuelle, elle est passée dans la pratique, au moins sur certains points de la France. Il s’agit d’extraire par l’eau les sucs qui sont dans les marcs : on traite ces marcs dans une série de cuves, en déplaçant, par différence de densité et par osmose, le liquide qu’elles contiennent et le remplaçant par un liquide moins riche; la richesse de ce dernier augmente d’une cuve à l’autre ; c’est tout d’ahord de l’eau, finalement c’est du vin pur qui sort de la dernière cuve. Nous n’avons guère besoin de rappeler qu’ici, dans, l’opération qu’il s’agit de mener à bien, l’eau est beaucoup plus dense que le liquide qui se trouve à l’intérieur des cellules végétales. Avec la méthode de la diffusion, qui est due en réalité à M. Roos, on supprime entièrement le pressurage qui suit la fermentation donnant le vin de goutte, et les marcs sont livrés à la batterie de diffusion.
- p.266 - vue 270/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 267
- Celle-ci comprend d’ordinaire 12 éléments, 12 cuves de capacité variable, communiquant entre elles de telle sorte que le liquide pris au sommet de l’une d’elles puisse être conduit au bas de la suivante ou, au contraire, recueilli séparément; une tuyauterie convenable permet aussi d’amener l’eau en bas de chaque cuve. En réalité, neuf éléments seulement sont en marche simultanée, les autres se trouvant en remplissage ou en vidange pour assurer la continuité des opérations. L’eau arrive par le bas de la première cuve et en traverse le contenu de bas en haut en déplaçant et refoulant devant elle le vin renfermé dans le marc, et ce liquide traverse successivement les diverses cuves de la batterie. Quand on constate qu’il ne sort plus de la première cuve que de l’eau, de l’eau telle qu’on l’a versée, on isole cette cuve de la batterie, que l’on complète par une nouvelle placée et réunie aux autres en fin de série ; puis oh amène alors l’eau directement au bas du deuxième récipient, qui devient en fait le premier. Tout naturellement, cette modification s’est imposée parce que les marcs de la première cuve étaient épuisés. Il importe que l’eau de diffusion soit amenée sous un débit constant correspondant à 250 litres à l’heure, au maximum, pour 1000 kilogrammes de marc par élément. Sans insister sur la technique du procédé, qui est maintenant pratiqué sur plusieurs points, à Poussan, à Bédarieu et ailleurs, qui peut même être réalisé avec les appareils les plus simples, avec des futailles défoncées munies de la tuyauterie indispensable et d’un faux-fond, nous ferons remarquer que l’opération n’est nullement un mouillage : l’eau se substitue au vin dans le marc, et le vin sort sans mélange. La diffusion enlève en moyenne 60 pour 100 du poids des marcs, en vin, alors que les pressoirs les plus robustes et les plus perfectionnés en extraient à peine 40 pour 100, tout en faisant sortir certains produits secondaires, éthers et huiles essentielles qui nuisent au goût de la boisson. I). L.
- —o-Çx—
- UN CONCOURS D’APPAREILS D’AYIÂTION
- Depuis l’àge héroïque où Dédale et Icare tentèrent si malheureusement de monter vers les astres, l’aspiration humaine au vol de l’oiseau est restée bien loin du but ainsi rêvé ; et c’est bien plus par des accidents mortels que par des approximations de réussite, que se constitue la statistique des inventions en la matière. L’effort, jusqu’ici quasi inutile, n’a cependant pas conduit encore au découragement : qui sait si la persévérance n’aboutira point quelque jour. C’est la devise du progrès, et surtout du progrès gaulois, quel’ « impossible n’est pas français ».
- Voilà pourquoi, sans aucun doute, le dimanche, 12 février, le public était convié à suivre, dans la Galerie des Machines, un concours d’appareils planeurs, aéroplanes etauties machines aériennes plus lourdes que l’air. En organisant une manifestation aussi nouvelle, l’Aéro-Club avait fait preuve d’une initiative un peu hardie, presque téméraire, car il n’y a pas encore à foison des constructeurs d’aéroplanes, comme il y a des constructeurs d’automobiles, et les inventeurs de machines à voler commencent souvent par voguer en pleine utopie. Bref, ne connaissant pas beaucoup de bons appareils planeurs, on pouvait craindre de n’en pas grouper assez pour constituer un concours.
- Mais, tant il est vrai que l’émulation enfante des merveilles, il a suffi d’annoncer l’épreuve, pour que les inventeurs se missent à l’œuvre. Vingt-neuf ont apporté à la Galerie des Machines le fruit de leur travail et si, dans le nombre, la majeure partie n’était formée que de modèles incapables de subir l’expérimentation, parce que trop petits, ou trop lourds, ou pour d’autres causes, il s’en est trouvé encore assez pour que les expériences se soient poursuivies sans que languît l’intérêt. Les autres constituaient une curieuse exposition et touè ces moyens de locomotion, de formes imprévues, semblaient la mise en œuvre d'une page fantastique" de Robida. Il s’agissait d’appareils non montés, pourvus ou non de moteur ; on pouvait bien prévoir que les appareils sans moteur seraient les plus nombreux, et, en fait, ce sont les seuls qui aient donné des résultats. Pour apprécier les concurrents et réaliser les épreuves du concours, le jury, que présidait le colonel Renard, et où voisinaient MM. Deutsch de la Meurthe, Archdeacon, Surcouf, le commandant Renard, le capitaine Ferber, etc., avait fait érig< r un magnifique pylône, élevé de 58 mètres, au-dessus de la tribune qui longe l’avenue de Suffren. De la plate-forme couronnant ce pylône, on lançait les appareils qui planaient dans les airs avec des destins variés : les uns piquaient du nez immédiatement, pressés de regagner le sol où les sollicitait la pesanteur; les autres, au contraire, descendaient lentement comme sur un invisible plan incliné, ou tournoyaient avec grâce, comme l’oiseau de proie, pour aller parfois frapper du bec et... casser les vitres.
- Pour ce premier concours, on n’avait pas imposé de programme trop restrictif ni de classification trop savante : toute machine était admise à concourir pourvu qu’elle présentât une surface d’au moins
- 1 mètre carré et pût porter un poids minimum de
- 2 kilogrammes par mètre carré. Au-dessous de ces limites, on ne concourait pas, mais on pouvait encore soumettre les appareils aux expériences, ce qui nous a valu de voir les très amusants planeurs et les jolis oiseaux de MM. Mouren et J. Weiss.
- La qualité d’un appareil planeur dépend d’éléments complexes et très longs à déterminer.
- Le critérium adopté et le peu de temps dont on disposait ne permettaient pas de classer d’une manière précise tous ces appareils dissemblables, et le jury s’est contenté de distribuer ses médailles à ceux qui s’étaient fait remarquer par leur stabilité, leur sûreté de marche, le temps qu’ils restaient en l’air. C’est ainsi que les médailles d’argent ont été attribuées aux appareils suivants que nous classons par ordre alphabétique.
- Burdin, poids : 2 kg, surf. : 2 m*,7.
- ' Dargent, poids : lk«,8, surf. : 1 m*,43.
- Ilenrion (Kapferer), poids : 5 kg, surf. : 2 m^,5.
- Peyret, poids : 3k«,5, surf, 1 m2,05.
- Malgré leur poids, ces deux derniers appareils ont mis à descendre : 12 2/5 et 14 4/5 secondes pour celui de MM. Henrion-Kapferer et 15 5/5 et
- p.267 - vue 271/536
-
-
-
- 268
- LA NATURE.
- 16 3/5 secondes pour celui construit par le sergent d’aérostiers Peyret.
- Bien que MM. Mouren et José Weiss aient présenté des appareils qui, par leurs dimensions, ne rentraient pas dans les catégories du programme, le jury a
- récompensé la bonne marche de leurs planeurs en leur accordant à chacun une médaille de bronze.
- En dehors des appareils de vol proprement dit, l’exposition comprenait des engins de toute sorte : nacelle à hélices latérales de M. Deltour; modèle d’aéroplane à moteur de I ch. 5/4, construite par le sergent du Génie 'aulhan et qui, suspendu par un til au laitage de la Galerie, quittant la verticale, décrivait un large cercle sous l'impulsion de ses deux hélices latérales; des cerfs-volants deM. Yareille; une turbine à air de M. de Carlshausen, les ingénieuses
- hélices réversibles de MM. Robert et Pillet, etc., etc.
- 11 y avait là, comme on le voit, de quoi satisfaire la curiosité du public. Si l’on avait eu tout d’abord quelque doute sur le succès de cette première tentative dans une voie encore inexplorée, ce doute a vite disparu et l’on peut espérer que le prochain concours, en 1906, marquera une importante étape vers la solution du problème, surtout si l’on parvient à trouver un emplacement où l’on puisse
- I. Aéroplane île M. Dumoulin. — 2. Le délitas, oiseau mécanique de M. Célit. — 5. Aéroplane de M. Paulhan. I. Nacelle à hélice de M. Deltour. — o. Aviateur de M. Roze. — ti. Aéroplane de M. Sens.
- montrer en plein air les curieuses expériences de planement qu’à la suite des Américains Chanute, Ilerring et les frères Wright, quelques hardis aviateurs, comme MM. le capitaine Ferber et Archdeacon, ont déjà commencé à exécuter, non sans succès.
- L‘-Colonel G. Espitali.ikr.
- p.268 - vue 272/536
-
-
-
- LA NATUKK.
- 209
- LE MONOPHONE
- Il n'est pas jusqu'ici dans l’industrie un appareil aussi sensible, aussi perfectionné que l’appareil téléphonique soit dans son récepteur, soit dans son transmetteur. Et cependant il est encore susceptible d’autres perfectionnements.
- On pouvait reprocher au transmetteur téléphonique d'être un collecteur de microbes, de déchets de toutes sortes, tout aussi bien sur les petites planchettes des appareils ordinaires, que sur les appareils coudés portant à la fois le récepteur et le transmetteur.
- On vient justement de remplacer cette ancienne disposition par une nouvelle, très heureuse, qui
- Fig. 1. — Coupe (lu Monophonc. F
- appareil, mais latéralement à la hauteur des lèvres à coté d’un cornet acoustique. Cette disposition donne complète et entière satisfaction à l’hygiène.
- Mais il est à remarquer que la voix arrive tout de même avec force et netteté dans le cornet acoustique. Du reste, la Société industrielle des téléphones a eu le soin d’employer un microphone tout spécial pour le transmetteur.
- Le meilleur microphone qui ait été employé jusqu’à ce jour est le microphone à poudre ou à grenaille. Il consiste en une plaque ou membrane de charbon artificiel comprimé, très sonore, derrière laquelle se trouvent de la poudre ou des granules de même matière. Cette poudre ou ces granules servent de contact intermédiaire avec un massif de charbon ou de métal poli. L’ensemble est placé dans un circuit électrique parcouru pendant toute la conversation par un courant de pile. On parle sur la
- semble appelée à donner pleine et entière satisfaction.
- Ce nouvel appareil, auquel on a donné le nom de monophone, est formé d’un transmetteur et d’un récepteur en quelque sorte accolés l’un à l’autre et réunis dans un seul boîtier métallique dont le volume ne dépasse pas le volume d’un récepteur ordinaire. Mais comme le montre la figure 1, le microphone transmetteur M a été placé à l’extrémité d’un cornet acoustique C dans des conditions sur lesquelles nous allons revenir. Nous remarquerons tout de suite qu’au-dessus du cornet acoustique est placé l’appareil récepteur avec son microphone spécial K.
- La figure 2 nous donne une vue du mode d'emploi de l’appareil et une vue générale de l’appareil. On ne parle plus devant urie planchette, devant un
- ig. 2. — 1. Mode d'emploi. — 2. Vue de l’appareil.
- face extérieure de la membrane et la parole est transmise d’autant mieux que les vibrations la frappent plus complètement.
- Dans le monophone, il existe deux membranes, et chacune d’elles comporte en son centre une petite cuvette (M, fig. 1). Ces membranes sont rapprochées et maintenues presqu’au contact l’une de l’autre, de telle façon que les cuvettes mises en regard constituent un logement dans lequel la poudre de charbon se trouve comme emprisonnée ; elles sont fixées dans cette position par le boîtier.
- Les ondes sonores envoyées par la parole sont dirigées dans le cornet, de part et d’autre du microphone, de manière à impressionner simultanément les deux faces. Les résultats obtenus sont remarquables et montrent la valeur de cet appareil, dont les qualités hygiéniques constituent pourtant le. principal intérêt. • J. L. — . .
- p.269 - vue 273/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 270
- CHRONIQUE
- Rails *le ÎO kilogrammes. — Le poids d’un rail de chemin de fer s’exprime en kilogrammes, et le nombre des kilogrammes est appliqué au mètre courant; pour l’instant, sur nos voies françaises, ce poids ne dépasse généralement pas 50 kg. Or, voici qu’on annonce que la Ùennsvlvania Steel Co est en train de fabriquer, pour le compte de la Compagnie de chemins de fer Pennsylvania Railroad, un lot considérable de 5400 tonnes de rails pesant 70 kg au mètre courant. Ils n’ont pas moins de 220 millimètres de hauteur. Ajoutons qu’ils sont destinés à des voies installées dans la chaussée même de certaines rues de Philadelphie, et qu’ils sont faits pour supporter l’usure de la circulation des véhicules ordinaires.
- La pierre ponce artificielle. — Il paraît qu’on fabrique en quantité considérable une sorte de pierre ponce artificielle, à Rietigheim, dans la vallée de l’Enz en Allemagne. On la prépare au moyen d’un mélange d’argile et de grès broyé, et l’on en obtient de dix qualités différentes, dont le grain et la dureté varient pour répondre aux divers usages, depuis la qualité qu’on emploie dans la lithographie jusqu’à celle qui est utilisée dans les industries du cuir. On affirme même que cette ponce artificielle a l’avantage, au contraire, de la ponce naturelle, d’être beaucoup plus homogène, plus régulière de grain et de dureté.
- L'École technique de Dantzig. — Cette école supérieure, remarquablement installée, comporte un Institut de chimie, un Institut électro-chimique et une usine laboratoire qui n’est pas la partie la moins intéressante de l’installation. Du reste toutes les machines, nécessaires au fonctionnement normal des services de l’établissement, sont disposées de manière à pouvoir servir à l’instruction pratique des élèves. L’usine, en particulier, comporte une machine à triple expansion, avec dynamo couplée, puis une turbo-dynamo et une grosse batterie d’accumulateurs, enfin un pont roulant de 10 tonnes.
- Navire pour expéditions polaires. — C’est de celui du commandant Peary qu’il s’agit; sa coque, tout en chêne blanc de Yirginie, avec de nombreuses pièces de renforcement, comporte, comme particularité, une lisse faite de grosses charpentes formant une forte saillie sur l’extérieur : et voici pourquoi. Quand le bateau sera pris par les glaces sans que sa machine de 1200 à 1400 chevaux puisse l’en dégager, on placera, tout autour du navire, des vérins hydrauliques prenant appui, d’une part, sur la glace et, de l’autre, sous la lisse. On soulèvera ainsi le navire d’une assez grande hauteur, puis on le laissera retomber aussi brusquement que possible, et son poids, aidé des formes obliques de la carène, fissurera la glace et permettra ensuite d’v frayer un chemin.
- La surchauffe des locomotives au Canada.
- — La surchauffe semble faire des progrès rapides dans ce domaine : voici, en effet, la grande Compagnie Cana-dian Pacific Railway qui vient de commander 10 machines du type Consolidation, à quatre essieux moteurs, dotés de surchauffeurs du système Schmidt.
- Ce que vaut un bon chauffeur. — On ne saurait trop insister sur les avantages que peut assurer un bon chauffeur. M. R. S. Doxvne signale, dans Electrical Review, entre les meilleurs et les plus mauvais chauffeurs d’une usine, une différence de 23 pour 100 dans la puissance et de 18 pour 100 dans le rendement des mêmes chaudières.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 mars 1905. — Présidence de M. Poincaio;.
- Un cas de guérison d'ostéomalacie. — M. Lanne-longue présente, de la paî t de M. Berger, des radiographies prises sur un sujet atteint d’ostéomalacie masculine. Ce malade a été suivi pendant dix ans par M. Berger; il a passé d’abord, pendant plusieurs années, par une phase de décalcification. La maladie a débuté avec les apparences d'un double genu valgunr, elle a successivement atteint les extrémités inféiieures, les extrémités supérieures, le tronc et la tête. La taille est tombée de lm,57 à 0“,95 il y a cinq ans. Les radiographies montrent des torsions, des enroulementsdes os qui donnent l’impression de circonvolutions intestinales. Le thorax était alors aplati, le crâne atteint de crànio-tabes. Les moindres attouchements déterminaient des douleurs atroces; tous les mouvements volontaires étaient devenus impossibles, sauf ceux de la tète. Les urines, presque supprimées, étaient chargées d’albumine; elles étaient remplacées par des sueurs fétides et profuses. Soigné d’abord par le chloroforme, dans l’hypothèse de l’origine microbienne de la maladie, puis par le phosphore, la déminéralisation s’est poursuivie et ne s’est arrêtée que spontanément après l’abandon de toute médication. Le squelette parait avoir subi un commencement de recalcification qui le fixe dans l’état de déformation où il se trouve, de telle sorte que le malade peut de nouveau mouvoir ses membres. Les douleurs et l’albuminurie ont disparu; les urines sont revenues en quantité normale; l’état général est bon. Mais la radiographie permet de reconnaître l’existence de deux gros calculs dans la vessie et de lithiase rénale. En résumé, on est en présence d’un cas très rare d’amélioration ou de rémission de longue durée survenue spontanément dans un cas d’ostéomalacie ayant produit des déformations extrêmes. M. Lannelongue ajoute que cette réduction du squelette peut être comparée à celle observée sur la femme Supiot au milieu du xvme siècle. Le squelette de cette femme est conservé au musée Dupuytren; il ne mesure que 0m,75 de hauteur. M. Lannelongue, au cours de sa carrière, a eu l’occasion d’observer deux cas de guérison spontanée d’ostéomalacie, l’un chez une femme en état de grossesse, l’autre sur une jeune fille. Celte dernière, moins déformée d’ailleurs, n’a pas craint de se marier.
- Une expérience photographique. —M. Violle présente une Note de M. Villard signalant un phénomène qui s’observe fréquemment dans les conditions suivantes : on expose à la lumière pendant quelques secondes, derrière un cliché ordinaire, une feuille de papier au chlorure d’argent. Puis, après cette exposition, on cache une partie de la feuille avec un écran de papier noir et on laisse l’autre partie exposée pendant-assez longtemps à la lumière jaune. Enfin, on développe l’image à l’hvdroquinone. Les deux moitiés se montrent simultanément, mais sont souvent séparées par une raie blanche.
- Commande d'appareils à dislance. — M. de Lappa-rent présente, au nom de M. Rranly, la description d’un appareil distributeur imaginé pour produire à grande distance et par l’action des ondes électriques sur un radio-conducteur, un phénomène quelconque et même une succession de phénomènes dans un ordre variable susceptible d’être modifié à volonté. Cet appareil, disposé au poste de réception, consiste en interrupteurs circulaires montés sur un axe que fait tourner un mouvement d hor-
- p.270 - vue 274/536
-
-
-
- LA NATURE.
- Tl l
- logerie. Chacun des phénomènes à réaliser est commandé par un interrupteur qui lui est propre. L’interrupteur ne peut jouer son rôle que pendant une fraction de tour de l’axe, et c’est pendant cetle fraction précise que le poste de transmission doit faire éclater une étincelle. Les fractions de tours qui conviennent aux différents phénomènes sont connues au poste de transmission par des intervalles compris entre des signaux qui partent automatiquement du poste de réception et qui sont transmis par la télégraphie sans fil au poste de transmission. C’est encore par signaux automatiques que s’opère le contrôle de l’action ellectuée. L’employé du poste de transmission n’est pas exposé à faire éclater en aveugle une série d’étincelles ; chaque phénomène indique son établissement et sa persistance par un signe qui occupe une place lixe sur la bande à dépêches du Morse au poste de réception. Le sigue disparaît avec le phénomène. La description ne se rapporte pas à un projet, mais à un appareil construit, simple et de petit volume qui fonctionne régulièrement au laboratoire de physique de l’Institut catholique de Paris.
- Détermination des longueurs d’ondes. — M. Deslan-dres présente une Note de M. Fabry, professeur à l’Université de Marseille, relative à l’application de la photographie à la mesure des longueurs d’ondes. M. Fabry est l’auteur d’un procédé de mesure de ces éléments, présentant le plus de précision, grâce auquel il a pu rectifier quelques longueurs fondamentales données par Rowland. M. Fabry avec le concours de M. Pérot a introduit l’enregistrement par la photographie dans son procédé.
- Dédoublement du fuie. — M. Dastre expose un travail de M. Sirigé sur le dédoublement du foie. Cet organe serait double ; il y aurait deux foies fonctionnant indépendamment. Les raisons de ce dédoublement sont de trois ordres : anatomique, physiologique et médical. Il faut coupler l’estomac et la rate avec le foie gauche ; le reste de l’intestin avec le foie droit. La démonstration expérimentale s’opère ainsi : dans une veine venant de l’estomac ou de la rate on injecte du bleu de méthylène et on voit la matière colorante se porter sur la partie gauche du foie, et une limite à la coloration se dessiner. Si l’on exécute la même opération sur une veine venant de l’intestin, le bleu se porte au contraire sur la partie droite, 11 résulte de là, que comme les parties du tube digestif entrent successivement en action dans la digestion, les deux moitiés du foie doivent pareillement intervenir successivement. Il en est ainsi, en effet, car si l’on considère la teneur du foie en urée, on voit qu’au début de la digestion, la portion gauche du foie en rapport avec l’estomac contient plus d’urée. Quatre heures après l’ingestion des aliments la teneur des deux portions est renversée. On peut également démontrer expérimentalement, au moyen du ferrocyanure, que les conditions de la circulation sont différentes dans les deux foies. Enfin les médecins, au point de vue de lésions secondaires du foie, ont aperçu une relation entre le côté gauche de cet organe et l’estomac et inversement en ce qui cpncerne le côté droit et l’intestin.
- > Vintoxication phosphorée et le foie. — M. Dastre résume ensuite un travail de M. Doyon, professeur à l’université de Lyon, relatif aux effets sur le foie et l’intoxication lente par le phosphore. Trois particularités s’observent dans ce cas : 1° dégénérescence graisseuse du foie qui devient un mélange de graisse ordinaire et de graisse phosphorée ; 2° incoagulabilité du sang ; 5° disparition du fibrinogène élément générateur de la fibrine. D’après les
- observations de M. Doyon le signe de l’altération du foie est l’incoagulabilité du sang.
- Dynamomètre physiologique. — M. Girard dépose une Note de M. Charles Henry décrivant un dynamomètre enregistreur qui permet de mesurer l’énergie des muscles de fermeture de la main en éliminant l’effet de douleur qui limite l’effort, produit par le serrement du dynamomètre à ressort. L’auteur substitue au ressort une poire en caoutchouc remplie de mercure qui chasse dans une colonne verticale une colonne de mercure portant un index. L’appareil est combiné de manière que les variations de hauteur de l’index s’enregistrent sur un tambour en mouvement. Cet appareil très précis se recommande aux médecins et à toutes les personnes qui ont besoin de noter l’influence du régime et de l’alimentation.
- Ch. de Vjlledeuil.
- A PROPOS DE LA MIGRATION DES OISEAUX
- Depuis une vingtaine d’années le Bioloyical Sur-vey des États-Unis s’occupe à réunir des documents sur les mœurs des oiseaux migrateurs, et c’est ainsi que M. NV.-W. Cooke a fait paraître dans le Yearbook, au Ministère de l’Agriculture pour 1905 — le dernier volume publié — plusieurs informations intéressantes sur quelques oiseaux d’eau, et la longueur de leurs migrations annuelles. Ces oiseaux sont le pluvier doré d’Amérique, le courlis Esquimau, et le tourne-pierre. Leur voyage semble être le plus long qui soit régulièrement effectué par des migrateurs, à la surface du continent américain, et ailleurs aussi bien. Prenons le cas du pluvier doré, et suivons cet oiseau depuis le moment où il arrive à la limite de son voyage vers les régions arctiques.
- Dès la première semaine du mois de juin, les pluviers arrivent à leur territoire de reproduction dans la région stérile et désolée qui s’étend au-dessus du cercle arctique, au nord de la limite septentrionale de la végétation arborescente au nord de l’Alaska et de la baie d’Hudson. Bien que les lacs de cette région inhospitalière soient encore glacés, les oiseaux façonnent à la hâte de petits nids dans la mousse, tout près du sol, y déposent leurs œufs, et les font éclore. Juillet n’est pas achevé que déjà l’œuvre a été menée à bonne fin.
- La migration en sens inverse commence : on abandonne les quartiers d’été pour s’acheminer lentement vers la résidence d’hiver. En août, les pluviers retrouvent les courlis et les tourne-pierre sur la côte du Labrador, qui, malgré sa pauvreté de végétation, leur offre en régal une plante couverte, à cette époque, de petits fruits noirs, juteux, YEmpe-trum nujrum. Pendant quelques semaines, tout ce monde d’oiseaux fait une véritable orgie végétarienne : et la pulpe du fruit est si fortement colorée qu’elle teint la chair des oiseaux d’une façon assez persistante pour que l’on trouve encore la couleur due à YEmpëtrum chez des oiseaux tués à loOO kilomètres au sud du Labrador. « ,
- Après s’être ainsi' rapidement engraissée-,-l’espèce reprend sa route ver« le Sùd^ gagne les côtes de
- p.271 - vue 275/536
-
-
-
- 27 y
- LA NATURE.
- la Nouvelle-Écosse, puis, pleine de forces et de confiance, au lieu de descendre vers l’Équateur en suivant les côtes, prend son vol au-dessus de la mer et se dirige plein Sud, selon la ligne qui va de la Nouvelle-Écosse aux Antilles. Une tempête se met-elle en travers, la troupe se réfugie sur la côte, attendant le retour du beau temps, ce qui fait qu’on a pu voir des pluviers au cap Cad et à Long-lsland. En temps normal, ils évitent les côtes. Leur route les mène dans les parages des Bermudes à 1500 kilomètres environ de la Nouvelle-Ecosse : ils ne s’y arrêtent pas, et souvent les navires les rencontrent à cinq ou six cents kilomètres à l’est. D’habitude le voyage de la Nouvelle-Ecosse aux Antilles se fait tout d’une traite : c’est un parcours de près de 5000 kilomètres (2890 au moins), et, quand les oiseaux prennent du repos, ce n’est point sur les premiers ilôts : ils attendent d’avoir atteint les îles principales. Mais souvent, ils n’éprouvent.point le désir de s’arrê-ler, et continuent leur route; en dépassant les Antilles ils font encore un millier de kilomètres (900 environ) pour gagner l’Amérique du Sud, qu’ils abordent par le Venezuela.
- U ne faudrait pas croire toutefois, que cet énorme voyage se fait sans repos. Le pluvier, bon nageur, se repose à la surface de l’eau, en s’alimentant dans la mer des Sargasses à 1600 kilomètres à l’est de la Floride, où les algues flottant à la surface sont pleines d’animaux marins. La fatigue est grande néanmoins : parti gras de la Nouvelle-Ecosse, arrivé dodu aux Bermudes, le pluvier est déjà maigre à son passage aux Antilles, à la fin de la première moitié — la plus dure d’ailleurs — de son voyage. Ce qu'a duré celui-ci, on l’ignore, pour le présent. Comme toutefois le pluvier vole également de nuit et de jour, le temps passé eu route peut n’avoir pas été très considérable.
- Arrivés au, Venezuela, les pluviers se reposent trois ou quatre semaines sur la côte, après quoi ils disparaissent. Bientôt après on signale leur présence, simultanément dans le sud du Brésil, et dans toutes les plaines de l’Argentine jusqu'au voisinage de la Patagonie, où ils passent la moitié de l’année,
- de septembre à mars, qui est la saison d’été de l’hémisphère sud. A la fin d’avril, on constate chez eux une certaine agitation : c'est le commencement du voyage annuel vers le nord. Mais la route de montée n’est point la route de descente. Les pluviers se tiennent à l’ouest de cette direction, et, par la Bolivie, se dirigent sur l’Équateur, ils suivent l'Amérique Centrale; en mars on les voit apparaître au Gualémala et dans le Texas, en avril dans la Vallée du Mississipi qu’ils remontent en longues files, au début de mai à la frontière du Canada, et, dès la première semaine de juin, au-dessus de la baie d’Hudson et de l’Alaska, où nous les avons pris au début de cet exposé.
- On remarquera que le voyage de retour se fait en
- totalité, au-dessus de la terre ferme (sauf peut-être une heure consacrée à traverser l’extrémité occidentale du golfe du Mexique). En gros, la route aller retour peut être figurée par une ellipse approximative ayant près de 15 000 kilomètres de diamètre, selon le grand axe, et près de 5000 selon le petit. Mais la roule de retour est exclusivement terrestre, la route aller étant pour près de moitié maritime. Et ce voyage prodigieux se fait pour revenir dix semaines sur les côtes de l’Océan Arctique... Est-il véritablement nécessaire? Un ne peut guère répondre à cette question. Car il reste beaucoup de points obscurs dans la question générale de la migration. On dit souvent que les oiseaux migrateurs se mettent en route, chassés par la perspective d’une pénurie prochaine d’aliments. Mais, dans les phares delà Floride, on observe que les oiseaux inseclivores commencent à partir pour le Sud du 1er au 10 juillet, époque où, pourtant, la faune entomologique est le plus abondante. Et quantité de granivores partent bien avant la moisson, d’où la conclusion tirée par M.Cooke, que les mouvements migratoires semblent, actuellement (autrefois il a pu en être autrement), n’avoir aucune eorrélalion avec l’abondance ou l’absence d’aliments. Henry de Varigsy,
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiioie, rue de l'ieurus, 9. .
- p.272 - vue 276/536
-
-
-
- .Y 16l>2.
- I" AVRIL lit Où.
- LA A ATI RL.
- 27,"
- LA. AIE DANS LES POSTES ALPINS D’HIVER
- Fig. 2. — Hameau des Chapieux au dégel.
- Les journalistes qui suivaient les armées en Mand- J million d’hommes réduits à se creuser des terriers chourie nous ont fait connaître la vie étrange d’un | pour échapper aux rigueurs d’un hiver implacable.
- 33e année. — 1er semestre. ^ ^
- p.273 - vue 277/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 27 4
- Nous frémissons volontiers, en lisant ces descriptions, à la pensée que l’on peut vaquer aux soins de la vie militaire lorsque le thermomètre descend à 10, à 20 degrés au-dessous de zéro, plus bas encore.
- Cependant, chez nous, il est aussi des soldats qui subissent de telles rigueurs, et sont exposés, comme les Japonais et les Russes, aux froids excessifs, aux tempêtes de neige qui semblent devoir tout emporter ou ensevelir. Si la latitude parait contredire cette assertion, l’altitude l’explique, les troupiers qui hivernent dans de telles conditions occupent souvent des postes situés à 2500 mètres et plus au-dessus de la mer.
- Ce sont des volontaires de nos troupes alpines. On les maintient tout l’hiver dans des baraquements ou des casernes de pierre construits, soit sur des cols frontières d’une grande importance stratégique, soit en des points servant l’été de centres de ravitaillement. Pour ces camps et ces magasins on a fait des dépenses considérables, on y conserve un matériel et des provisions qu’il faut préserver des cambrioleurs; car les contrebandiers ne se gênent pas pour aller en plein hiver piller les locaux abandonnés. Les Italiens en savent quelque chose : ils ont vu, une année, enlever tout ce qu’ils avaient laissé dans leur poste du col de la Seigne, voisin du poste français de Seloges.
- Ces précautions de bons propriétaires ne sont pas les seules raisons d’une occupation hivernale. Sur plusieurs points on a exécuté des travaux de défense et préparé des surprises qu’il importe de ne pas laisser visiter par les voisins; là, surtout, il faut s’installer à demeure, sans souci des froids polaires des hautes régions et des pires ouragans de neige.
- Les postes les plus élevés ne sont pas les plus rudes d’ailleurs; les vents qui balaient les nuages leur valent de froides mais merveilleuses journées ; ils contemplent au-dessous d’eux la mer moutonnante des nuées qui se résolvent en neige ou en pluie. Au contraire, des camps situés à 1000 mètres plus bas, dans la région des arbres sont parfois lugubres et terrifiants.
- Tel est le cas, par exemple, du poste des Chapieux dans la vallée des Glaciers sur le versant méridional du massif du Mont-Blanc. De là part un sentier, qui va franchir la frontière au col de la Seigne et conduit dans le val d’Aoste par l’Allée Blanche et dans le Valais en remontant le Val Ferret.
- Des Chapieux d’autres sentiers muletiers permettent de gagner Saint-Gervais par le col du Bonhomme et Beaufort par le col du Cormet de Rose-lend; enlin une bonne route militaire conduit à Bourg-Saint-Maurice, centre de la défense dans cette partie des Alpes.
- Rendant tout l’été, des détachements ou de fortes colonnes marchent ou manœuvrent dans ces parages ; les Chapieux sont pour eux le lieu de repos et de ravitaillement; on a donc créé là un camp très complet, pourvu de magasins, d’écuries, d’étables,
- de petits ateliers même. De tous les postes permanents, c’est le plus considérable sinon le plus important.
- C’est pourquoi nous le prenons pour type de ces séjours qui seraient lugubres sans l’énergie des chefs et la gaîté coutumière du soldat.
- C’est tout simplement la réclusion : il est arrivé que les hommes ont été obligés de rester un mois enfermés dans les baraques, sans relations avec le reste du monde. L’épaisseur des neiges rendait longtemps toute sortie impossible; puis, quand la gelée permettait la marche, la route restait infranchissable pendant une partie du parcours des couloirs d’avalanches aboutissant à la vallée; à certains jours, c’est un grondement incessant de ces masses qui se précipitent du haut des monts. Un convoi de ravitaillement fut un jour enseveli ; c’est miracle que personne n’ait été tué.
- Les Chapieux sont à 1500 mètres seulement; mais les tempêtes, accourues par le couloir du Mont-Blanc, y atteignent une inexprimable violence. Il y a quelques années, en plein mois de janvier, j’étais venu visiter le poste sur la tin d’un hiver bénin. Le soir de mon arrivée, il faisait doux, on était tenté de chercher des fleurs printanières sous les bouquets d’érables qui dominent le camp. Pendant la nuit, la tempête est venue, effroyable. Le vent qui chassait la neige accourait avec d’inexprimables hurlements. Au matin, la couche blanche atteignait la hauteur des toits. Huit jours durant, cela continua, avec des accalmies; mais, chaque fois que l’on avait réussi à créer des chemins pour relier les baraques, d’autres chutes venaient effacer les traces du travail.
- Cette création de chemins par la « corvée de neige », principale occupation des reclus, ne peut se réaliser pendant la bourrasque. Alors chacun doit s’ingénier à échapper à l’absolue oisiveté. La vie animale exige d’ailleurs un peu d’activité ; il faut fendre le bois pour les foyers dont sont dotés les baraques, éplucher les légumes, soigner bétail et basse-cour lorsque le chef de poste a été assez débrouillard pour doter la colonie d’une vache, de chèvres, de moutons et de poules ou même d’un porc. Ces animaux finiront tous d’ailleurs par la masse ou le couteau du boucher attaché à chaque poste ; mais on ne les abat que lorsque tout espoir de ravitaillement est pour longtemps abandonné.
- Les chambrées sont chauffées d’une façon suffisante, les soldats ont à discrétion du thé, souvent des grogs et du vin chaud. Des âmes charitables leur ont fourni des jeux et des livres ; il y a toujours quelque musicien et, comme instrument, au moins un accordéon ; on chante, on danse, on organise des représentations théâtrales. Tout cela dépend fort du chef; si le lieutenant connaît l’art d’amuser ses hommes, l’hiver se passera vite.
- Dès que le temps le permet, on reprend la vie en plein air» Les sous-ofliciers conduisent de petits groupes explorer les passages voisins ; on pousse des
- p.274 - vue 278/536
-
-
-
- U N AT U HE.
- 275
- reconnaissances à travers la neige, sur les cimes les plus proches. C’est encore le tir à la cible, sur des buttes dont la neige fait les frais. Dans les postes de Savoie, on a adopté le petit traîneau ou grassolle, sur lequel un homme assis se laisse glisser sur des pentes rapides. Ce sport a ses fervents ; dès que la chute de neige a pris lin on organise des glissades, parlois longues et accidentées comme des montagnes russes. Depuis quelques années, le ski a pris droit de cité et permet les grandes excursions, il y a d’admirables skieurs parmi nos alpins.
- Telle est la vie pour un poste important, mais il en est de plus petits où, parfois, un sergent et sept ou huit hommes se voient enfermés pendant de longues semaines. Ainsi Seloges, à 1780 mètres au pied du col de la Seigne, où les Chapieux détachent un petit groupe qui n a plus de relations avec personne quand le fil téléphonique est rompu.
- La réclusion ne cesse guère qu’au milieu d’avril, en mai parfois ; cela, il est vrai, dépend de l’orientation. Les Chapieux, malgré leurs modestes 1500 métrés, sont encore bloqués alors que, près de là, au-dessus du Petit Saint-Bernard, les gardiens de la Redoute Ruinée aspirent depuis longtemps le vivifiant soleil. Or cette redoute, qui garde un passage militaire fameux, est à 2414 mètres au-dessus de la mer, par delà même la zone des pâturages au milieu desquels s’étend le hameau estival des En-cherts, dont un des chalets sert pendant l’hiver de poste intermédiaire et de refuge, aux ordres d’un caporal.
- Malgré son altitude, la Redoute Ruinée est préférée aux Chapieux, bien que les dangers d’accès ou de descente soient grands et qu’il y ait eu morts d’hommes. Mais la vue aux jours de lumière est merveilleuse. Plus triste, sinistre même serait le poste du Mont-Froid ou de la Petite Turra; quelques hommes et un lieutenant y passent l’hiver à 2601 mètres. Ce camp est au-dessus de l’hospice du Mont-Cenis, il domine les fortifications italiennes. D'autres baraquements occupent les crêtes du Fréjus, sous lequel passe le tunnel improprement appelé du Mont-Cenis; on en trouve d’ailleurs sur toute la frontière, jusqu’à la Méditerranée. L’an dernier, on a terminé le camp des Rochillcs qui garde un col ouvert à 2400 mètres entre le Briançonnais et la Maurienne. J’y ai vu tomber de la neige en août avec 5 degrés au-dessous de zéro.
- Partout régnent le même entrain et la même bonne humeur, les volontaires ne manquent jamais pour aller occuper les postes d’hiver. Les officiers, qui ont pourtant la part la plus dure, leur grade les condamnant un peu à l’isolement, demandent parfois à redoubler l’hivernage qui leur permet d’exercer un commandement absolu avec toute sa responsabilité et une initiative qu’ils n’ont pas au bataillon. Là se forment et se mûrissent les caractères. àrüoiix-Düwazet.
- UNE
- EXPLOITATION INDUSTRIELLE DE LEUCITE
- L’idée d’exploiter industriellement la leucite pourra surprendre plus d’un minéralogiste.
- La leucite (ou amplngène) est une sorte de feldspath potassique, c’est-à-dire un silicate double d’alumine et de potasse, qui constitue, dans certaines laves ou basaltes à leucite, de petits grains blancs à forme de trapézoèdre très caractéristique. Ces grains blancs, gros comme des pois, sont, par exemple, très abondants dans diverses laves du Vésuve ou de la campagne romaine; leurs formes géométriques et leur couleur, qui tranche sur le gris noirâtre de la lave, attirent aussitôt l’attention; mais il ne semble pas, au premier abord, qu’ils puissent servira autre chose qu’à ll,! leucite.
- enrichir les collections de minéralogie.
- Cependant, en bien des points où ces laves à leucite étaient réduites en sable par l’altération superficielle, on a; depuis longtemps, exploité ces sables comme pouzzolane.
- En 1902, une industrie s’est organisée en Italie pour exploiter .les mêmes sables ou roches friables, soit du côté des lacs romains entre Albano et Frascati, soit entre Rome et Naples, et pour en extraire la leucite par une préparation mécanique et électromagnétique, afin d’employer ensuite ce minéral à la fabrication de l’alun (Societâ Romana Solfali, de Rome).
- Le point de départ de l’opération est la facilité avec laquelle on peut pulvériser cette lave désagrégée au-dessous de 6 millimètres sans broyer les grains de leucite, et séparer ensuite ces grains par un triage, en s’aidant de procédés électromagnétiques, puisque les autres éléments de la roche, augite, magnétite et autres silicates, étant ferrugineux, sont plus facilement attirables à l’aimant.
- On prétend ainsi enrichir à 90 pour 100 de leucite : leucite, qui renferme elle-même 55 pour 100 d’alumine et 15 à 22 pour 100 de potasse. D’après des expériences de laboratoire, un basalte à leucite tiendrait, en moyenne, 50 à 35 pour 100 de leucite, et la tonne de leucite préparée reviendrait à 25 ou 50 francs.
- Pour traiter une tonne de basalte à leucite on dépense, parait-il, 1/10 kilowatt à magnétiser et 1/25 en travail mécanique.
- Le résultat donne trois produits : leucite (non magnétique); silicates du magmabasaltique( paramagnétiques); magnétite (ferromagnétique).
- Ayant isolé la leucite, il ne reste plus qu’à y ajouter de l’acide sulfurique pour obtenir de l’alun ; et, comme cette leucite ne renferme pas de fer, on avait pensé, évitant ainsi le plus grand « ennemi de l’alun », obtenir du premier coup, par une seule opération, un alun a-sez pur pour éviter de le soumettre à un raffinage. En réalité, on a eu, de ce côté, des déboires; les cristaux formés retiennent trop d’eau mère, et même d’acide sulfurique, et sont trop acides. Il faut, pour obtenir un produit commercial, redissoudre et recristalliser. Le côté économique de l’opération reste donc fort discutable; mais elle n’en constitue pas moins une curiosité industrielle, qui était à signaler.
- P. Salliok. ‘
- •<>o —
- p.275 - vue 279/536
-
-
-
- 270
- LA N AT URL.
- NOUVEAUTES PHOTOGRAPHIQUES
- JUMELLE A KALLONÜE DE M. MACKEASTEIX. FOCKET-FOCAL DE M. ÎIAA'AU
- L’appareil stéréoscopique offre des ressources nombreuses, et la plupart des constructeurs l’ont
- disposé de façon qu’on puisse en tirer tout le parti possible : on a cherché à le rendre pour ainsi dire universel. 11 y a déjà plusieurs années qu’on a imaginé d’augmenter l’amplitude du décentrement en largeur dans des proportions telles qu’on peut amener l’un des objectifs au milieu de la plaque et obtenir ainsi un cliché de format allongé comprenant
- Fig. 1. — Vue de Paris obtenue avec la jumelle stéréoseo|>i(jue disposée pour le panorama sans inodilieatiou des objectifs.
- tout un panorama. M. Maekenstein a été l’un des premiers à prendre ces dispositions et à imaginer en même temps un dispositif qui faisait disparaître automatiquement la séparation, devenue gênante,
- puisqu’on ne fait plus alors sur la plaque qu'une image au lieu de deux. Mais il a voulu faire plus aujourd’hui et permettre l’emploi d’objectifs de foyers très différents. Üansles chambres photographiques munies d’un
- Fig. 2. — Même vue prise du même point avec lu jumelle munie de sa rallonge et l’un des objectifs dédoublé pour allonger le lover.
- soufflet et d’une crémaillère la chose est facile puisqu’on peut augmenter ou diminuer à volonté, dans d’assez grandes limites, la distance entre la planchette d’objectif et la glace dépolie ; mais dans une jumelle la mise au point pour les objets très rapprochés et pour ceux situés à l’infini ne nécessite qu’un déplacement de quelques centimètres en dehors duquel il n’est pas possible de faire varier la distance entre l’objectif et la plaque sensible. Il y a
- cependant des cas où on serait heureux de pouvoir utiliser un objectif de foyer beaucoup plus long lorsqu’on est gêné par des premiers plans et que, d’autre part, les objets situés au lointain donnent des images trop petites. On a dû remarquer souvent combien un paysage qui séduisait à l’œil perd de son intérêt quand on le regarde sur le verre dépoli ; c’est que dans le premier cas on faisait sans s’en douter abstraction de premiers plans que l’objectif
- p.276 - vue 280/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 1
- ne peut pas éliminer et qui viennent tout gâter. Avec les objectifs symétriques et sans qu’il soit nécessaire de s’embarrasser d’une trousse coûteuse ou de plusieurs objectifs, on a la ressource, en dévissant simplement le verre frontal, de doubler le foyer.
- Cela suffira dans bien des cas pour donner toute satisfaction, soit qu’on fasse deux vues destinées au stéréoscope, soit qu’on veuille obtenir un panorama. On voit, par exemple, dans les gravures ci-contre (fig. 1) qu’avec un foyer trop court on a au premier plan un arbre plutôt encombrant qu’utile à l’intérêt du tableau et que les maisons sont à une échelle trop réduite; tandis qu’en doublant le foyer, par le
- moyen indiqué ci-dessus, l’arbre disparaît (fig. 2) et le paysage prend une importance qui le rend intéressant.
- Pour pouvoir reculer l’emplacement de la plaque sensible dans le second cas, le constructeur a disposé une rallonge (fig. o, n° 5) qui est munie d’un soufflet, et, une fois repliée (n° 4), tient fort peu de place et peut se loger dans la poche. Cn la met en place sur la chambre (n° 2) en la glissant à la place du magasin et on reporte celui-ci sur la coulisse dont est munie la rallonge h son autre extrémité. Au lieu du magasin il est clair qu’on peut employer des châssis séparés si on le désire. Cette petite addition au matériel photographique a donc pour consé-
- Fig. n. — Apimmls photographiques nouveaux. — 1. Pocket-focal Hanau. —2. Jumelle stéréopanoramique Maekenstein munie île sa rallonge. T>. Rallonge permettant île doubler le foyer des objectifs. — 4. Rallonge démontée et repliée.
- quencc de donner au champ d’opération des limites très étendues.
- Pocket-Focal. — Le matériel de l’amateur photographe se complète généralement d’un appareil de poche qu’on peut appeler un « en-cas ». Il y a de nombreux modèles de formats divers depuis le XxlO au maximum jusqu’au 2x2. La petitesse du format ne peut exclure sa finesse, au contraire, parce qu’il sera presque toujours nécessaire d’agrandir. Outre la finesse donnée par l’objectif il faut tenir compte aussi de la finesse qu’on obtiendra dans les parties à l’ombre qui resteraient empâtées au tirage si ce cliché est faible par suite du manque de pose. M. Hanau, qui a adopté le format \ l/2xfi centimètres pour son appareil de poche, a employé l’obturateur de plaque dit « focal plane » afin do permettre d’opérer par faible lumière et
- d’avoir encore assez de pose pour que le cliché donne des détails même dans les ombres.
- Cet obturateur, qui est bien connu maintenant, ne présente rien de particulier ; mais la difficulté était de le monter sur un appareil aussi petit sans être obligé d’exagérer ses dimensions, et le constructeur y est parvenu puisqu’en somme on obtient comme encombrement 5x9x6 centimètres. L’objectif est monté sur une coulisse cylindrique qui se loge dans l’épaisseur de la chambre quand l’appareil n’est pas utilisé et qu’on tire au moment de l’usage. La mise au point est inutile, car avec les objectifs destinés à ce format, on peut la considérer comme exacte h partir de lm,o0. Comme les images sont très petites, M. Hanau a disposé un cône d’agrandissement avec lequel le tirage sur papier au bromure en format 15x1X se fait très rapidement. G. Ma.resc.hai,.
- p.277 - vue 281/536
-
-
-
- 278
- LA NATURE.
- LE BASSIN HOUILLER
- I>F.
- MEURTHE-ET-MOSELLE
- Il y a, géologiquement du moins, un « bassin houiller de Meurthe-et-Moselle ». 11 est découvert depuis six mois à peine. On n’en connaît en aucune façon l’exploitabilité, l’étendue, ni la richesse. Mais il existe, et sa découverte constitue déjà un fait du plus haut intérêt pour l’industrie lorraine et surtout pour la sidérurgie française, dont les intérêts se concentrent de plus en plus en Lorraine.
- L’idée de rechercher la houille en Meurthe-et-Moselle sur le prolongement du grand bassin allemand de Sarrebrück est ancienne. Elle remonte évidemment à la constitution même de ce département à la suite du traité de Francfort, qui laissait à l’Allemagne le bassin houiller du département de la Moselle, prolongement vers Forbach et l’Hôpital de celui de Sarrebrück. L’essor donné, vers 1880, à l’utilisation du minerai de fer oolithique phosphoreux lorrain, par l’invention du procédé Thomas pour la déphosphoration des fontes,’ rendit particulièrement intéressante la recherche de la houille à proximité de la sidérurgie. Un sondage foré à Ménil-FIin, non loin de Lunéville, de 1886 à 1890, poussa cette recherche jusqu’à 901 mètres de profondeur sans parvenir à traverser le terrain permien, sous lequel aurait pu se trouver le terrain houiller, plus ancien.
- 11 faut bien le dire, la question n’était pas mûre, car le problème comportait des difficultés évidentes. Il fallait que les progrès techniques, que les conditions économiques vinssent, d’un côté faciliter les moyens, de l’autre accroître la valeur du but, pour donner à la question un intérêt industriel pratique et véritablement immédiat. C’est ce qui se produisit aux environs de l’année 1900.
- La crise houillère de cette époque et les difficultés qu’en subirent surtout les sidérurgistes, orientèrent nettement ceux-ci vers la recherche des gîtes houillers en leur faisant apparaître la mine de houille comme le complément nécessaire du haut fourneau et de l’aciérie. Les campagnes de recherches, notamment en AVestphalie, en Campine belge et dans le Pas-de-Calais, dans des conditions de profondeur et de rapidité jusqu’alors insoupçonnées, montrèrent cpie les moyens de sondage étaient parvenus à hauteur des buts qui leur pouvaient être assignés.
- En Lorraine annexée, l’exploration du prolongement du bassin de la Sarre dans la direction de la France faisait des progrès particulièrement rapides et la houille était rencontrée jusqu’à Faulquemont et Hémilly, à 25 km de la frontière, plus près de Pont-à-Mousson que de Sarrebrück même (voir la carte).
- Entre temps, les procédés de fonçage de puits se perfectionnaient rapidement, les méthodes d’exploitation, les engins de mines, progressaient au point de permettre d’envisager l’exploitation de la houille à des profondeurs considérables, surtout en présence des hauts prix atteints par ce combustible.
- En 1900, la question était mure. Les recherches furent entreprises par les Sociétés lorraines de charbonnages réunies qui groupaient les principaux éléments industriels du pays et elles aboutirent, au milieu de \ 90-4, dans le sondage d’Eply, à la constatation officielle du terrain houiller (ce qui ne veut pas dire de la houille) à moins de 700 mètres de profondeur.
- La géologie a remporté là un succès qu’il convient de signaler pour mettre en évidence, une fois de plus, l’utilité pratique de la science pure. C’est elle qui a déterminé
- l’emplacement du sondage d’Eply comme le plus propice à une première tentative en se fondant sur les directions générales des plissements.
- Le premier sondage fut commencé en janvier 1903, au bord de la Seille, à 1500 mètres au Nord-Ouest du village d’Eply.
- Dix-huit mois plus tard, vers 680 mètres, après avoir traversé un minimum d’épaisseur de morts-terrains, la sonde remonta des schistes gris, garnis d’empreintes végétales, qui ont permis la détermination de l’horizon du faisceau, reconnu pour le plus riche de Sarrebrück, et veinules d’une houille, inexploitable pour sa trop faible épaisseur, mais dont l’analyse industrielle correspondait bien à celle des belles couches du bassin allemand.
- Cette analyse serait la suivante :
- Humidité........................... 1,50
- Matières volatiles................ 59,40
- Carbone fixe...................... 50,40
- Cendres............................ 8,90
- Total .... 100,00
- Pouvoir calorifique : 7,426.
- Houille collante, fournissant un coke non pulvérulent avec un éclat métallique.
- Un second sondage, commencé un an plus tard à Les Mé-nils, à 4 km plus au nord-ouest, mais exécuté par des procédés plus rapides, parvenait, peu de temps après, aussi au terrain houiller, à une profondeur un peu inférieure à 800 mètres. Le faciès de la formation y est analogue à celui d’Eply. Ces deux sondages ont dû depuis être approfondis aussi soigneusement que l’exige une reconnaissance minutieuse du gîte, dont il s’agit maintenant de déterminer la valeur industrielle, l’existence géologique étant seule prouvée jusqu’ici.
- Sans attendre les résultats de cette détermination, plusieurs entreprises nouvelles de recherches, en grande partie solidaires, se créèrent immédiatement et aujourd’hui une douzaine de sondages sont en marche aux environs de Pont-à-Mousson. L’irrégularité de minéralisation du bassin de Sarrebrück et de la profondeur probable de son prolongement rend nécessaire cette multiplicité immédiate. Pour tous, il s’agit d’atteindre au moins 1200 à 1300 mètres de profondeur. C'est une dépense totale engagée de près de trois millions. Cette campagne n’a peut-être pas encore atteint son complet développement. Il en sortira toujours une solution, positive ou négative, du grand problème posé.
- Ce problème en vaut la peine et cette belle campagne de recherches correspond à un programme d’exploration parfaitement rationnel, dont il peut être utile d’indiquer les éléments économiques, en raison de l’intérêt véritablement national qui se trouve engagé. L’élément capital de la question consiste dans le prix élevé et la forte consommation de la houille en Meurthe-et-Moselle. Dans ce département on consomme actuellement, sous forme de coke ou de houille crue, plus de 5 millions de tonnes de combustible minéral, venant de loin, Sarrebrück, AVestphalie, Belgique, Nord de la France, à un prix dépassant les prix de la houille, sur le carreau des mines, de toute l’importance des frais de transport et, le cas échéant, des frais de douane.
- Si l’on compare le bassin de Sarrebrück à un bassin de même richesse, qui serait exploité près de Pont-à-Mousson, on peut estimer que ce dernier, en raison de sa présence à la fois à l’intérieur de nos frontières et plus près des centres de consommation de la région de l’est,
- p.278 - vue 282/536
-
-
-
- U NATURE
- 279
- aurait un avantage pour les prix de vente d’au moins 2fr,50. Ce chiffre, augmenté du bénéfice unitaire réalisé
- dans les mines de Sarrebrück, conduit à un avantage total d’an moins 4 francs. En admettant donc que le prix de revient de la tonne de houille soit de 4 francs plus élevé en Meurthe-et-Moselle qu’à Sarrebrück, il resterait, pour nos grands consommateurs lorrains, l’inappréciable avantage de devenir indépendants au point de vue du combustible. Il suffit de se reporter à la crise houillère de 1899-1900 pour se faire une idée de l’importance de cet avantage. Si l’on trouve de la houille en Meurthe-et-Moselle, elle sera grevée de quelques frais supplémentaires par rapport aux concurrents allemands de Sarrebrück.
- 1° Des charges financières spéciales résultant des frais plus considérables de fonçages de puits plus profonds et d’installations de sièges d’extraction plus puissants. (La nappe aquifère des grès triasiques, vers 4 à 500 mètres de profondeur, paraît devoir être partout abondante et difficile à traverser. Elle jaillit des sondages avec des débits initiaux de plusieurs mètres cubes à la minute. Cette eau est à environ 50° de température, elle contient quelques grammes par litre de sels minéraux.)
- 2° Des difficultés plus grandes de ventilation créées par la nécessité d’abaisser la température des chantiers suffisamment pour que le rendement de l’ouvrier ne souffre pas de l’élévation de température de la roche, résultant de la profondeur plus grande de la mine.
- 5° Des frais supplémentaires de la remontée proprement dite du charbon et de l’eau, extraits à plus grande profondeur. On peut se faire une idée approximative de ces diverses surcharges.
- Supposons une extraction à 1200 mètres de profondeur, c’est-à-dire 800 mètres plus bas que la moyenne des mines de Sarrebrück (rappelons qu’on fait déjà de l’extraction à 1200 mètres en pleine Belgique houillère).
- Les frais d’extraction et d’exhaure supplémentaires pourraient se chiffrer par environ 0fr,75. L’accroissement de température de la roche au chantier serait d’environ 25° et cette température pourrait atteindre 45°. Pour y avoir une atmosphère convenable il faudrait un surcroît considérable de ventilation, peut-être même un refroidissement systématique du courant d’air. Ces résultats s’obtiendraient simplement et à bon marché par des moyens mécaniques; ils pourront grever encore la tonne de houille d’un surcroît de 0fr,75.
- Les installations d’un siège prévu pour extraire 600 000 tonnes par an pourraient coûter 15 millions au lieu de 5 millions à Sarrebrück, soit 10 millions de plus, représentant en intérêt et amortissement environ 1 franc par tonne.
- Le total de ces charges évaluées ainsi, grossièrement, serait donc d’environ 2fr,50. En admettant que des conditions intrinsèques plus défavorables fassent monter ces charges à 4 francs, il resterait encore pour notre industrie l’avantage de l’indépendance. La question économique se pose donc d’une façon intéressante pour notre compte. Le terrain houiller est trouvé; les sondages sont commencés; il ne reste
- EJMbuTBcr, ££
- Fig:. 2. —• Coupe schématique longitudinale.
- plus maintenant qu’à trouver de véritables couches de bouille1. L. Bailly,
- Ingénieur au corps des Mines.
- APPAREIL MESNAGER
- SERVANT A LA MESURE DU DËRIT
- DES CONDUITES D’EAU
- Nous ne nous étendrons pas sur l’importance qu’il y a à mesurer, d’une manière continue, le débit d’une conduite d’eau qui, partant soit d’un réservoir, soit des pompes de refoulement d’une machine à vapeur ou hydraulique, sert à l’alimentation d’une ville ou à d’autres usages industriels. La comparaison
- 1 Depuis l’impression de cet article, le sondage de Pont-à-Mousson a trouvé 0,70 de houille à 820 m. de profondeur; mais celui des Ménils, un peu en aval, est à 1400 m. sans avoir trouvé de charbon exploitable sur 600 m. de terrain houiller. La question industrielle reste donc en suspens.
- Frankenholz
- iarrebruck
- MEUSE
- Pont à Mousson i
- LORRAI/N E
- THE
- M OSELLE
- Méml-Flin
- 8 Sondages
- Kilomètres
- V \0 S G ES
- Fig. 1. — Carlo des re,cherches de houille en Lorraine.
- p.279 - vue 283/536
-
-
-
- 280
- LA NATURE.
- de ce débit avec celai réellement dépense’ et mesuré par les compteurs ou par d’autres moyens, permet de découvrir les fuites <jui peuvent se produire dans les conduites, en cours de route, ainsi que les gaspillages pouvant exister en certains points du réseau.
- Divers appareils ont été étudiés dans ce Dut. Parmi ceux-ci nous décrirons celui mis à l’essai par la
- ville de Paris et qui est en service à l’usine Saint-Pierre à Montmartre, ainsi qu’au puits artésien de Passy dont les eaux servent à l’alimentation des lacs du bois de Boulogne. Cet appareil étudié par M. Mé nager, ingénieur des Ponts et Chaussées, chargé du service des canaux de la ville de Paris, a été exécuté sous ses ordres, par M. Krir, conducteur principal des ponts et chaussées, attaché au même service. 11 se compose de deux larlics distinctes reliées entre elles par
- Le second n est fermé à son extrémité et est muni à sa partie inférieure d’une ouverture entourée d’un manchon qui a pour but de rendre les filets liquides bien parallèles près de l’orifice. Ces tubes m et n sont enfermés dans un troisième o qui passe dans un presse-étoupe G fixé sur la collerette d’un robinet R fixé lui-même sur la conduite A. Un petit treuil T permet de faire mouvoir le tube o et d’amener les extrémités des tubes m et n au point exact de la conduite où on veut mesurer la vitesse. Des robinets r sont placés à la partie supérieure de chacun des tubes ni et n et c’est à ces points que viennent se souder les deux tubes qui relient le tube de Pitot avec la balance.
- La balance qui sert à enregistrer la pression indiquée par le tube de Pitot se compose de deux petites cuvettes en fonte M et M'. La première est fixée à demeure sur un bâtis fixe. La seconde M' est mobile et suspendue au moyen d’un ressort P, avec une vis de réglage, à la potence Q fixée sur le bâtis. Ces deux cuvettes sont munies d’un couvercle étanche, sur lequel est vissé un robinet purgeur. Les parties inférieures des deux cuvettes
- Â
- deux tubes assez longs et assez minces
- pour être flexibles. La première est un tube de Pitot qui, comme on sait, permet de mesurer la pression résultant de la vitesse de l’eau dans la conduite et, par suite, cette vitesse. La seconde est une sorte de balance qui enregistre des pressions proportionnelles à celles produites dans le tube de Pitot et les transforme, au moyen d’un dispositif ad hoc, en vitesses qu’une plume inscrit sur une feuille de papier enroulée sur un cylindre actionné par un mouvement d’horlogerie. On connaît donc, à chaque instant de la journée, la vitesse de l’eau dans la conduite et, le diamètre de cette dernière étant également connu, il est possible de calculer le volume d’eau débité par cette conduite à chaque heure du jour, ou pendant un temps quelconque, et de le contrôler avec celui réellement dépensé aux différents points d’alimentation.
- L’ensemble de l’appareil est représenté schématiquement par la figure 2.
- Le tube de Pitot se compose de deux tubes en cuivre m et n de très faible diamètre recourbés à leur partie inférieure de manière que leurs extrémités soient dirigées contre le courant de la conduite d’eau A. Le premier m est ouvert à son extrémité.
- r„ ¥nr
- sont reliées par un tube L de 1 mètre de longueur, en acier au nickel, de 8 millimètres de diamètre et de deux dixièmes de millimètre d’épaisseur et d’une flexibilité suffisante pour ne pas offrir de résistance supplémentaire à la cuvette M' lorsque celle-ci monte ou descend, comme nous l’indiquerons. De la partie supérieure des deux cuvettes M et M'partent deux tubes S et S' aboutissant au manomètre V qui, lui-même, est relié, comme l’indique la figure, par les tubes en plomb J et j' aux deux tubes de l’appareil de Pitot. C’est dans le manomètre V que se produisent les pressions résultant de la vitesse de l’eau dans le tube A. Les mouvements de montée et de descente de la cuvette mobile M' sont reportés, avec une amplification de dix fois, sur un cylindre enregistreur C, au moyen d’une plume fixée à l’extrémité d’un stvle tournant autour d’un axe, dont l’autre
- Fip.
- Schéma de l'appareil.
- p.280 - vue 284/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 281
- i
- extrémité est reliée au cylindre M\ au moyen d’une petite bielle. Une disposition spéciale assure la verticalité du mouvement de la cuvette M\ La figure 5 montre la vue perspective de lacuvettte mobile et de l’enregistreur. Pour mettre l'appareil en station, on commence par installer bien horizontalement le bâtis qui supporte la balance, puis on introduit du mercure dans la cuvette fixe M. Ce mercure se rend par le tube L dans la cuvette mobile M'et, au moyen du ressort P, on règle la hauteur delà cuvette mobile de telle sorte que son lond se trouve h 15 millimètres du bâtis et qu’il se trouve dans cette cuvette une couche de mercure d’une épaisseur de 35 millimètres. On introduit ensuite le tube de Pitot dans la conduite A en ayant soin d’orienter les ajutages dans le sens du courant et on fait les raccords du tube de Pitot avec le manomètre V, au moyen des tubes en plomb J et J'. Tout l’appareil se remplit alors d’eau venant de la conduite et, afin d’éviter qu’il reste de l’air emprisonné, on ouvre les purgeurs, qu’on ferme ensuite lorsqu'on estsûrqu’il n’y a plus d’air dans l’appareil.
- Enfin on règle, au moyen de la vis de réglage, le ressort P de manière à rétablir l’intervalle primitif dé 15 millimètres entre le dessous de la cuvette M' et le bâtis. Il ne reste plus qu’à régler le manomètre V, qui, comme nous l’avons dit, mesure la pression de la conduite, en refoulant de l’air comprimé, à la pression de cette conduite, à la partie supérieure du manomètre, au moyen d’une pompe à air fixée au record Z. L’appareil est alors prêt à fonctionner,
- Sous l’influence du courant d’eau de la conduite, le niveau dans le manomètre V monte dans la branche m en communication avec le tube qui reçoit directement, outre la pression statique de l’eau, la pression dynamique, tandis que l’autre branche du manomètre, en communication avec le second tube n, reçoit seule la pression statique. La différence de niveau ainsi obtenue dans les deux branches du manomètre indique donc la pression résultant de la vitesse de l’eau de la conduite au moment considéré ; c’est cette pression qui permet de calculer la vitesse
- de cette eau. Sous l’influence de la charge dans le manomètre le mercure de la cuvette fixe M est repoussé dans la cuvette mobile M'. Le poids de cette cuvette augmente, le ressort P s’allonge et rallongement correspondant est inscrit par le style sur le cylindre enregistreur. Quant à l’eau déplacée par le mercure dans la cuvette mobile, elle retourne à la conduite À par le tube n.
- Lorsque la vitesse varie dans la conduite, la charge dans le manomètre V varie également et le mercure, ainsi déplacé d’une cuvette dans l’autre, agit sur le ressort U, qui fait monter ou descendre la cuvette mobile jusqu’à ce que sa tension et le poids du mercure qui équilibre la charge du manomètre s’équilibrent eux-mêmes. Les indications du style sur le cylindre enregistreur sont donc, à chaque instant,
- proportionnelles aux charges du manomètre V et, par suite, aux vitesses de l’eau dans la conduite. La courbe tracée par le style sur le papier permet donc de connaître à chaque instant la vitesse de l’eau et, par conséquent, le volume qu’elle débite à un moment donné. Une sommation donne le débit pour un temps donné. Elle permet donc, comme nous l’avons dit au début, de contrôler son débit avec celui réellement dépensé. Le tarage de l’appareil se fait expérimentalement en produisant dans le manomètre des charges variant de dix en dix centimètres et en relevant sur le papier du cylindre les hauteurs correspondant à ces charges ; ces hauteurs permettant de calculer les vitesses de l’eau qui les ont produites, on peut ensuite inscrire sur le papier des lignes horizontales correspondant à des vitesses variant de dix en dix centimètres, ainsi que des lignes verticales correspondant à l’horaire. Les espacements des lignes de vitesse vont alors en augmentant de bas en haut.
- Dans ces derniers temps, un dispositif a été imaginé, qui trace directement, sur le papier du cylindre, des courbes dont les ordonnées sont proportionnelles aux vitesses mêmes. Dans ce cas, les lignes de vitesse sont également espacées et la lecture du résultat est plus facile.
- p.281 - vue 285/536
-
-
-
- 282
- LA NATURE.
- La figure 1 montre une courbe relevée dans ces conditions, avec l’appareil que nous venons de décrire, sur une conduite de la rue Louis-Blanc, de ()‘°,60 de diamètre, amenant les eaux de la Marne qui servent au lavage des chaussées et des trottoirs. Les abscisses indiquent les heures et les ordonnées les vitesses par seconde.
- On remarquera un premier maximum vers 5 heures un quart du matin qui correspond au lavage des trottoirs, puis, un second, vers 10 heures un quart du matin, correspondant au premier lavage des chaussées, puis, enfin, un troisième maximum vers 5 heures un quart d’après-midi correspondant au deuxième lavage des chaussées. A partir de 4 heures et demie d’après-midi le débit décroît régulièrement pour atteindre son minimum vers 4 heures du matin.
- La vitesse maximum à 10 heures un quart étant de 2m,05 par seconde et la section de la conduite (0m,60 de diamètre) étant de 0mî,285, le débit maximum par seconde a été de 575 litres. La sommation de la courbe entre 4 heures du matin et 4 heures du soir, par exemple, permettrait de calculer le volume d’eau employé, pendant ce temps, pour le lavage des chaussées et des trottoirs. R. Bonnin.
- LA BANQUE DANS L’ANTIQUITÉ ASIATIQUE
- La banque passe pour avoir été inventée, au xu® siècle, par les changeurs de monnaie italiens ou juifs, grâce à la création de la lettre de change endossable et à l’habitude croissante de faire des dépôts d’argent entre leurs mains. Les Grecs avaient des trapézites, les Romains des (trqentiers, mais c’étaient là des changeurs, non des banquiers. Cette invention, datant du moyen âge, n’aurait reçu tout son développement que de nos jours. Telles étaient, tout au moins, les idées admises jusqu’à ces derniers temps sur l’origine de la banque. Quelques auteurs, il est vrai, prétendaient lui assigner une provenance asiatique : pour eux, la banque, inventée par les Phéniciens, nous avait été apportée par les Juifs. Cependant, ils ne donnaient aucune raison sérieuse pour soutenir cette hypothèse. De récentes recherches semblent venir, en partie, leur donner raison.
- Le professeur Hilprecht vient de faire à Babylone et expose, dans les publications de l’Université de Pennsylvanie, une découverte qui reporte l’origine de la banque au moins à deux mille cinq cents ans. Il a retrouvé, en dirigeant à Nippur les fouilles du temple de Bel, les archives des deux grandes banques Égibi et fils (vu® siècle avant J.-C.) et Muraschu et fils (v® siècle avant J.-C.). Ces banques, qui faisaient des affaires considérables, échangeaient l’argent ou en prêtaient, contre dépôt de titres ou d’objets, au taux respectable de 20 pour 100. Dans une ville comme Babylone, où le commerce était très actif, l’argent et l’or néanmoins étant rares, et les impôts, nécessités par l’importance de la bureaucratie et la grandeur de l’armée, étant exigibles en métal précieux, les mêmes causes qui mettent de nos jours les fellahs d’Égypte aux mains des usuriers grecs, fondèrent la richesse des banquiers. Ils étaient nécessaires aux plus grands comme aux gens du peuple, et l’on retrouve, dans les briques écrites que l’on a déchiffrées, des noms persans, juifs et chaldéens mêlés. La comptabilité était
- minutieuse. Tout dépôt d’argent ou d’objets, tout prêt, toute convention commerciale étaient reportés sur une brique avec le cachet des contractants, et la signature (le cachet ou l’empreinte de l’ongle du pouce) des témoins dont le nombre variait, avec l’importance et la durée du contrat, de deux jusqu’à trente. Toutes ces briques étaient numérotées et classées. Il est intéressant de noter que les briques de la banque Egibi portent des inscriptions en écriture sumirienne mêlée à l’écriture babylonienne, ce qui donne une précieuse indication sur l’évolution du langage en Mésopotamie. D’autre part, sur les briques de la banque Muraschu, plus récente, à côté des idéogrammes et des phonogrammes de l’écriture babylonienne, se trouvent des inscriptions en écriture aramienne. Cette dernière, étant alphabétique, a permis de déchiffrer le nom de certains dieux, inconnu jusqu’alors et de les identifier avec les divinités des autres peuples de l’Asie Mineure. Chaque nouvelle découverte faite parles archéologues nous montre la vérité de l’antique adage : il n’y a rien de nouveau sous le soleil. P. Loncoche.
- LES HERBORISATIONS DU PRINTEMPS
- Le printemps est la saison des premières herborisations.
- La nature sort du sommeil hivernal pendant lequel les plantes se sont reposées des efforts de l’été précédent.
- Toute la végétation, après s’être recueillie durant les longs mois d’hiver et préparée à une nouvelle floraison, nous invite h de délicieuses promenades, en éveillant notre curiosité et nos aspirations champêtres.
- C’est même un fait assez singulier que le retour périodique des mêmes phénomènes botaniques, la répétition des mêmes aspects, des mêmes formes, des mêmes coloris, des mêmes groupements ont le don de toujours nous charmer; on retrouve les plantes comme on retrouverait de vieilles connaissances ; il y a des excursions qui sont de véritables pèlerinages à des lieux où certaines plantes rares ont élu domicile : on rend visite à Yisopyre, on s’assure du retour de 1 ’ophrys abeille.
- C est pour donner le goût des herborisations à ceux de nos lecteurs encore indifférents aux émotions botaniques, que nous entreprenons de leur faire connaître les plantes les plus remarquables qu’ils pourront recueillir, eux-mêmes, dans leurs excursions aux environs de Paris.
- Nous jugerons le but atteint si nous parvenons à leur inspirer le goût de cette science à la fois instructive, attrayante et salutaire.
- Narcisse. Faux narcisse (fig. 1). — Famille des amaryllidées. Narcissus-pseudo-narcissus de Linné. — Noms vulgaires : narcisse jaune, narcisse sauvage, narcisse des bois, des prés, narcisse à feuilles de poireau, narcisse Porion, porillon, jeannette, jeannette jaune, coucou (ne pas confondre avec le coucou des champs qui est une primulacée) ; fleur de coucou, clochette des bois, boulerie, boulris, aiault, chaudron.
- p.282 - vue 286/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 28Ô
- Jolie Heur jaune en gobelet, solitaire, portée à l’extrémité de tiges de 5 à 5 décimètres. Le gobelet est entouré de pétales jaune pale. Feuilles toutes à la base. Bois, taillis, lieux ombragés. Abondant dans le bois de Vincennes, près la Porte jaune et le lac des Minimes. On en vend de grandes quantités à Paris pendant le mois de mars.
- Tussilage pas-d'âne (fig. 2). —Famille descomposées. Tussilago farfara de Linné; petasites farfara de IL Haillon. — Noms vulgaires : pas-d’âne, pas-de-cheval, pied-de-poulain, taconnet, herbe de St-Quirin, herbe de St-Guérin.
- Plante à tleurs jaunes, ressemblant, de loin, au pissenlit. Tige parfois brun rosé, couverte d’écailles veloutées. Abondante dans les plaines argileuses, sur les talus dénudés et le bord des routes. Les fleurs s’épanouissent en mars, les feuilles ne prennent leur complet développement qu’en été.
- Usages : Les fleurs font partie des fleurs pectorales et sont employées en infusion théiforme comme adoucissantes dans les affections des voies respiratoires (d’où le nom de la plante : tussis, toux; ago : je chasse). On en fait aussi un sirop.
- Pétasite vulgaire (fig. 3). — Famille des composées. Petasites vulgaris de Desfontaines, petasites officinalis deMœnch; tussilago petasites de Linné. — Noms vulgaires : pétasite officinal, pétasite, herbe-aux-teigneux, herbe-à-la-peste, chapelière.
- f leurs en grappes purpurines, tige de 2 à 5 décimètres, épaisse, cotonneuse, couverte d’écailles. Comme dans les plantes précédentes, les feuilles ne se développent complètement qu’en été, elles prennent alors de grandes proportions. Assez rare; bords des eaux, lieux humides et ombragés. Je l’ai rencontrée à Ville-d’Avray, derrière le petit étang. Cette plante a été employée autrefois contre la teigne.
- Anémone des bois (fig. i). — Famille des renon-cul acées. Anemone nemerosa de Linné; anemone trifolia de Thuillier. — Noms vulgaires : anémone sylvie; Sylvie, pâquette, fleur du vendredi saint, renoncule des bois, fausse anémone, bassinet blanc, sanguinaire.
- Plante très répandue aux environs de Paris, où ses nombreuses fleurs blanches, quelquefois rosées, plus rarement lilas, égayent en mars le parterre de nos bois encore couverts de feuilles mortes. Trois feuilles très découpées, partant d’un même point de la tige à quelques centimètres au-dessous de la fleur. Hauteur 5 à 10 centimètres. L’anémone des bois est toxique, elle possède des propriétés caustiques, irritantes, semblables à celles de l’aconit; ces propriétés l’ont fait employer en médecine comme révulsif (rhumatisme, sciatique). On prépare un vinaigre d’anémone (une poignée de feuilles dans un litre de fort vinaigre) pour remplacer la moutarde. Ses propriétés actives, très dangereuses pour les animaux chez lesquels elles déterminent une diarrhée et une hématuriemortelles, disparaissent parla dessiccation.
- Ficaire fausse renoncule (fig. 5). — Famille des renonculacées. Ficaria ranunculoides de Mœnch ;
- ranuneulus ficaria de Linné. — Noms vulgaires : renoncule ficaire, ficaire, herbe au fie, éclairetle, petite éclaire, petite chélidoine, herbe-aux-hémor-rhoïdes, herbe du siège, grenouillette; pissenlit doux.
- Très commune dans les bois humides où elle forme un véritable tapis d’étoiles jaunes brillantes sur un fond vert très foncé, du plus agréable effet. Les Heurs, très régulières, sont portées sur des tiges élancées ; les feuilles, luisantes, en forme de cœur, partent pour la plupart de la base. La ficaire est purgative, diurétique et antiscorbutique. Autrefois on la recommandait dans le traitement des hémor-rhoides contre lesquelles son action était tellement efficace, prétendait-on, qu’il suffisait d'en porter quelques feuilles dans sa poche pour se garantir de cet inconvénient. On est revenu aujourd’hui de ce préjugé enfantin. On peut manger les feuilles cuites en guise d’épinards. Les boutons à Heurs se confisent dans le vinaigre comme les câpres.
- Petite pervenche (fig. 6). — Famille des apo-cynées. Vinca minor de Linné. — Nom vulgaire : violette-de-serpent.
- Fleur modeste et sans parfum, rampante et très dissimulée, assez abondante dans les bois, sous le lierre ou l’herbe, sur les talus de chemin de fer (notamment à la gare de Ville-d’Avray), où sa jolie corolle violette, très régulière, invite à herboriser. Les jeunes pousses de la pervenche jouissent de propriétés astringentes qui les ont fait employer contre les hémorragies de toutes natures. Cette plante entre dans la préparation du faltrank ou vulnéraire suisse.
- Saxifrage à trois doigts (fig. 7). — Famille des saxifragées. Saxifraga tridactylites de Linné. — Noms vulgaires : saxifrage tridactyle, saxifrage des murailles ; perce-pierre.
- Petite plante annuelle de 5 à 8 centimètres, assez abondante dans les terrains sablonneux et sur les vieux murs. Elle demande, pour être reconnue, un peu d’attention, car ses fleurs blanches, de 5 à 5 millimètres de largeur, la signalent peu au passant. On la reconnaîtra surtout à son port droit et sans souplesse, à sa tige rougeâtre, à ses feuilles épaisses, gluantes et petites, à trois doigts, s’ouvrant en éventail. On lui attribuait autrefois un certain nombre de propriétés, notamment celles de guérir la jaunisse et les écrouelles. Aujourd’hui, la saxifrage est complètement abandonnée et ne se cultive que dans les jardins botaniques.
- Fumeterre officinale (fig. 8). — Famille des fumariacées. Fumaria officinalis de Linné. — Nom vulgaire : fumeterre.
- Plante herbacée à tige flexible, s’étalant sur le sol ; feuilles très divisées ; fleurs petites rose vif, en grappes allongées à l’extrémité des rameaux. Les tiges cassées laissent écouler une petite quantité de latex jaunâtre. Toute la plante revêt un aspect de légèreté qu’elle doit surtout à son feuillage fin et déchiqueté.
- p.283 - vue 287/536
-
-
-
- 281
- LA NATURE.
- La fume terre est une mauvaise herbe très commune dans les jardins potagers, les champs et les vignes. On la rencontre aussi, mais plus rarement, sur le bord des chemins.
- Autrefois on l'employait en médecine comme dépuratif sous forme de sirop ou d’extrait; aujourd’hui elle est à peu près abandonnée.
- Gléchome lierre terrestre (fig. 0). — Famille (les labiées. Glcchomn hederacea de Linné; nepefa hederacea de Bentham. - Noms val (/a ires : lierre terrestre; herbe St-Jean; gléchome à feuilles de lierre; courroie de St-Jean.
- Le lierre terrestre est une des plantes de nos bois
- les plus répandues. On le rencontre dans les lieux humides et ombragés. Son odeur légèrement aromatique, son feuillage foncé, luisant, rampant et ses petites fleurs lilas, groupées à l’aisselle des feuilles, sont très connus dans les campagnes où la plante est encore employée en infusion comme tonique et pectorale.
- Ado.re muscatelline (fig. 10). —- Famille des caprifoliacées. Adoxa moschatellina de Linné. -Noms vulgaires : muscatelline ; petite musquée, herbe musquée.
- La muscalellinc, abondante dans certains bois, notamment dans le bois de Yincennes, près le lai-
- des Minimes, constitue des touffes très vertes, peu hautes et couvrant quelquefois de grandes surfaces. Si ce n’est son feuillage foncé, rien dans cette plante n’attire le regard, les Heurs sont verdâtres en étoiles larges de b à 8 millimètres, réunies généralement par 5 à l’extrémité d’une tige d’environ 10 à 15 centimètres, ce qui donne à l’ensemble de l’intlorescence un aspect globulaire assez caractéristique. Les feuilles froissées sentent très légèrement le musc. Les fleurs et les feuilles, soumises à la distillation, donnent une huile essentielle, d’odeur musquée, que l’on a prescrite à la dose de 5 à A gouttes comme antispasmodique.
- Endymion penche (fig. 11). — Famille des
- liliacées. Endymion nutans de Dumortier ; hyacinthus non scriptus de Linné; scilla nutans de Smith; agraphis nutans de Link. —Noms vulgaires : jacinthe des bois, jacinthe sauvage, jacinthe bâtarde.
- Jolie fleur en grappes bleu violacé, très parfumée, très décorative. La jacinthe des bois est vivace, assez commune dans les bois des environs de Paris où les promeneurs en font d’énormes bouquets chaque année. La tige a environ 25 centimètres de hauteur; les feuilles allongées sont dressées et toutes à la base. La plante est légèrement vénéneuse.
- Isopyre faux-pigamon (fig. 15). — Famille des renon-enlacées. Isopyrum thalictroides de Linné ; belleborus thalictroides de Lamarck.
- p.284 - vue 288/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 285
- Riante très rare aux environs de Paris où elle n’existe qu’à Vélizy, près Chaville, le long d’un fossé couvert, humide, bordant la lisière du bois. La plante ressemble beaucoup à l’anémone Sylvie avec laquelle on la confond à première vue ; mais son port plus grêle, ses Heurs blanches plus délicates, ses feuilles plus petites sont autant de caractères qui permettent de la distinguer.
- L’isopyfe n’en impose pas par sa taille qui est minime (environ 20 centimètres) ni par son odeur qui est nulle, ni par sa beauté qui est des plus ordinaires. Elle n’a que la valeur qui s’attache aux choses rares et, à ce titre, mérite d'être citée.
- Orchis bouffon (fig. 12). Famille des Orchidées. Orchis morio de Linné. Jolie orchidée, la plus précoce. Fleurs roses, plus rarement blanches, éperon horizontal ou dressé ; la Heur non encore complètement éclose a vaguement l’aspect d’une bouche fendue jusqu’aux oreilles (d’où probablement le nom d'orchis bouffon ).
- Hauteur : 1 à 5 décimètres.
- L’orchis bouffon est assez rare, on le rencontre cependant en abondance, au printemps, dans le gazon environnant la tour de Poquency, près de Lardy.
- Salep. — L’orchis bouffon, comme beaucoup d’orchidées, porte à sa base deux tubercules. Les
- lubercules, riches en matière amylacée, constituent la base du salep, aliment féculent employé en Orient où les orchidées sont très abondantes.
- Ail-des-ours (fîg. 15). — Famille des Liliaeées. A Ilium ursinum de Linné. — Nom vulga ire : ail des bois.
- Plante d’environ 20 à 50 centimètres. Rare. On la rencontre cependant entre autres endroits, dans le parc de Marly et à Montmorency, près du Château de la chasse où elle est abondante. Les Heurs à six pétales blancs, à odeur d’ail sont groupées en gerbes légères (ombelles) à l’extrémité des tiges. Il n’y a que deux feuilles, allongées, à la base.
- On cultive dans les jardins polagers l’oignon et
- l’ail, bien connus des cuisinières, et dans les jardins d’agrément une espèce décorative, Yail doré (alliunv Moly de Linné).
- Parisette à quatre feuilles (iig. 1-4). — Famille des Asparaginées. Paris quadrifolia de Linné. -Noms vulgaires : Ilerbe-à-Pàris, raisin-de-renard (à cause du fruit qui est une baie noire). Étrangle-loup.
- La Parisette est une des plus curieuses plantes des environs de Paris. Sa forme originale fixe le regard quoique son coloris, vert dans toutes les parties, soit des plus insignifiants. La Parisette est peu commune, on la rencontre dans les pâturages humides et ombragés et dans les bois, notamment à
- p.285 - vue 289/536
-
-
-
- LA N AT U HE.
- 286
- l’Isle-Adam à l’endroit dit « les Bons-Hommes », et à Bondy. Son fruit globulaire, bleuâtre est vénéneux ainsi que sa souche qui est purgative et vomitive.
- Il existe exceptionnellement des parisettes à 5 ou 5 feuilles. Pour finir, nous citerons parmi les arbres, le noisetier, le peuplier, le hêtre, le chêne, Yonne, le frêne, Yérable, le charme, le bouleau, le sapin, etc., et le saule marsault dont les beaux rameaux jaunes sont, dans nos bois, la première note colorée de l’année. G. Loücheüx.
- CHRONIQUE
- Marais de sel au C'ongo. — D’après le Mercure de Belgique, les marais de sel se trouvent dans la région du Sambalt et sur la rive gauche de la rivière Lufubu. Ce sont des sortes de poches dans le sol présentant une couche d’argile noirâtre mêlée de sable, avec des cailloux de quartz et de silex, quelques rares coquilles d’huîtres et de moules. Il suffit de creuser un trou en forme d’entonnoir de 2 à 5 mètres de diamètre, sur 0m,80 de profondeur pour que jaillisse une eau tiède, très chargée de sel : celui-ci se précipite au fond de l’entonnoir où il forme une boue noirâtre; on lave cette boue à l’eau chaude pour enlever le sel que l’on recueille par dissolution et cristallisation.
- Stérilisation des moûts de pommes. — M. Pe-
- rier vient de présenter un mémoire à l’Académie à ce sujet. Les pommes stérilisées par lavage à l’eau chargée d’un peu de formol, sont mises en récipient clos. Puis, quand on veut fabriquer le cidre, on soutire le ferment de la pomme. La seconde opération pouvant se faire quand on veut, ce procédé permet d’obtenir du cidre nouveau en tout temps.
- La culture de la coea au Pérou. — D’après la Revue souabe de chimie et de pharmacie, YErythrojcy-lon coca croit et prospère dans les régions montagneuses jusqu’à une altitude de 2000 mètres (température moyenne 15 à 17°). C’est un arbuste cultivé à l’ombre de semis de maïs et taillé de façon à s’étendre en largeur. La première récolte a lieu au bout de deux ans, et se fait trois ou quatre fois l’an. Les feuilles, bien développées, se dessèchent quelques jours au soleil, puis sont comprimées dans des sacs. Pour obtenir la cocaïne on broie les feuilles avec une solution concentrée de carbonate de soude; on obtient ainsi une bouillie qui donne une poudre par dessiccation et que l’on traite alors par la benzine ou le pétrole, puis on agite avec une solution chlorhydrique; enfin, une précipitation par le carbonate de soude met la cocaïne en liberté. Un kilogramme de feuilles donne de 2 à 4 grammes de cocaïne, très exceptionnellement 8 grammes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 mars 1905. — Présidence de M. Titoosr.
- Propriétés des tubes de quartz. — M. Berthelot observe que depuis quelque temps on fabrique, pour l’usage des laboratoires, des tubes de quartz. Ces tubes ont le précieux avantage de n’entrer en fusion qu’à 1500° et de se prêter ainsi à de nombreuses expériences; mais ils ont le désavantage de coûter fort cher. M. Berthelot en a fait une étude minutieuse. 11 indique la manière de travailler la matière dont ils sont formés. Cette matière exige le
- chalumeau à acétylène et hydrogène; l’opération est donc très fatigante pour la vue. Les tubes présentent des variations d’épaisseur importantes qui exposent à des explosions lorsque l’on y porte des gaz à une température voisine de 1400°. En effet, un gaz introduit à la pression de 1 atmosphère correspondant à la température du laboratoire, acquiert une tension de fi atmosphères à 1400°. Par suite, il convient de réduire la pression d’admission des gaz à 1/2 ou même au-dessous si l’on veut éviter les accidents. On peut dire de ces enveloppes qu’elles se comportent à la manière des membranes organiques, car elles se prêtent aux phénomènes d’endosmose et d’exosmose. C’est ainsi que l’hydrogène renfermé dans un tube de quartz scellé, puis chauffé au four électrique, en sort et est remplacé par de l’azote. Mais ce dernier gaz ne remplace pas entièrement l’hydrogène, de telle sorte que la pression baisse. Le formène, chauffé de même, donne après refroidissement un dépôt de charbon. Réchauffé lentement, on voit le dépôt disparaître et l’on trouve, dans le tube, de l’azote, de l’hydrogène et de l’acide carbonique. Un volume d’oxygène considérable a donc dû pénétrer pour brûler le charbon. De tels tubes portés à 1400° peuvent être jetés dans l’eau sans se rompre.
- Le surra indien et h surra mauricien. — M. Lave-ran rappelle qu’il a opéré ses premières recherches sur le surra avec des trypanosomes provenant de bovidés de l’ile Maurice. Depuis, quelques doutes ont été élevés relativement à l’identité des trypanosomes de Maurice et des Indes. M. Laveran a pu comparer les deux espèces. Au point de vue morphologique, la différence est nulle; au point de vue de l’action pathogène, un peu plus de virulence de la part de celui de l’Inde. Mais cette faible différence n’exclut pas l’identité. D’ailleurs, sur un bovidé immunisé contre le surra de Maurice, on a inoculé le surra de l’Inde sans aucun effet. La preuve expérimentale de l’identité des maladies est donc faite.
- Prolongation du bassin houiller de Sarrebriick, en France. — M. Alfred Picard présente une Note de M. Cavallier, administrateur-directeur des hauts fourneaux et fonderies de Pont-à-Mousson, sur la découverte de la houille en Meurthe-et-Moselle. Cette découverte, dont il a été question plus haut, a eu lieu le 19 mars dernier. Dès avant 1859, Jacquot avait étudié le prolongement du bassin houiller vers l’ancien département de la Moselle. Mais les recherches s’étaient heurtées contre de graves difficultés d’exécution. En 1899, ces recherches furent reprises au delà de la frontière de 1871 et donnèrent quelques résultats encourageants. Les métallurgistes de Meurthe-et-Moselle suivirent bientôt le mouvement, guidés par les conseils de savants, tels que MM. Marcel Bertrand, de l’Institut, Nicklès, professeur à l’Université de Nancy et Bergeron, professeur à l’École centrale. Actuellement 14 sondages sont en exécution ou en préparation dans Meurthe-et-Moselle. Celui de l'ont-à-Mous-son a rencontré le premier la houille, et l’a trouvée à une altitude inespérée par suite de l’amincissement des morts-terrains entre le toit des grès bigarrés et le toit du terrain houiller. Mais il y aura lieu aussi de se préoccuper des difficultés dues aux venues d’eau, bien que la technique actuelle soit en possession de moyens consacrés pour les résoudre. M. Zeiller présente ensuite une Note de M. R. Nicklès faisant connaître les résultats actuels de deux autres sondages entrepris à Eply et à Les Ménils et qui ont atteint le terrain houiller, l’un en juillet 1904 à 099 mètres de profondeur, l’autre en août à 772 mètres. Le sondage
- p.286 - vue 290/536
-
-
-
- LA N A TU NE.
- 287
- d’Eply, arrêté par un accidenta mètres, va être remis en train ; celui de Les Ménils, parvenu aujourd’hui à 1570 mètres, n’a encore traversé que des couches stériles. En résumé les résultats de ces sondages, qui sont passés directement du trias dans l’étage westphalien du terrain houiller, c’est-à-dire dans l’étage de Sarrebriick, ont entièrement confirmé les prévisions formulées par l’auteur qui, en 1902, signalait la région de Pont-à-Mousson comme offrant des chances sérieuses, d’après sa structure géologique, pour renfermer l’étage productif du terrain houiller ramené à une profondeur relativement faible et dépouillé de la plus grande partie du manteau stérile permien et stéphanien qui devrait normalement le recouvrir. M. Zeiller fait ensuite connaître les plantes qu’il a observées dans les carottes extraites de ces sondages. Elles lui ont permis de rapporter les couches traversées à l’étage de Sarrebriick, mais ne suffisent cependant pas pour préciser si l’on a rencontré la zone inférieure ou la zone moyenne de cet étage, ou bien si l’on a atteint l’intervalle stérile compris entre elles.
- La solidification d’une planète. — M. Lœwy présente une Note de M. Leduc sur le mode de solidification des planètes. L’auteur se base sur des expériences modernes concernant le point de fusion des corps solides et la diffusion des diverses matières incandescentes lorsqu’elles se trouvent en contact prolongé. Les corps dont le point de fusion est le plus élevé ne sont pas quelquefois ceux dont la densité est la plus forte. Il peut arriver que des matières plus denses que d’autres, dans un mélange incandescent, se refroidissent plus rapidement. Ces faits expliquent donc que la première couche de la lithosphère d’une planète peut se former aisément à l’aide des éléments les plus divers et même renfermer des substances très denses comme cela s’est produit dans l’écorce terrestre. D’autre part, quelle que soit la nature de deux liquides incandescents en contact, il se formera, sauf quelques exceptions, au bout d’un grand laps de temps, un mélange de densité homogène, surtout si ces liquides sont exposés à des agitations fréquentes. M. Leduc en conclut, abstraction faite de la pression, qu’on n’est pas obligé de supposer que la densité des couches à l’intérieur de la terre augmente forcément avec la profondeur. Enfin il admet, en se fondant sur diverses considérations, comme MM. Lœwy et I'uiseux, que le refroidissement s’opère de l’extérieur à l’intérieur. Mais de plus il suppose qu’après la formation de la première couche solide, il arrivera un moment où, à son tour, un noyau solide se constituera au centre de la terre, séparé de l’écorce extérieure par un mélange liquide. En effet, des expériences modernes ont montré que, jusqu’à une certaine limite, le point de fusion devient plus élevé à mesure que la pression augmente. 11 est dès lors facile de concevoir que, sous l’effet des pressions énormes existant à l’intérieur de la terre, la température de fusion a dû être accrue, notamment pour certaines matières denses, qui, par suite, sont restées longtemps liquides et mélangées à la masse fluide environnante de densité moindre. Il en résulte qu’à l’époque où le refroidissement aura commencé à atteindre les couches les plus profondes, ces matières seront solidifiées et tombées au centre de la terre où leur agglomération aura provoqué la formation d’un noyau solide.
- La comète de Tempel. — M. Lœwy présente ensuite' une Note de M. C. R. Gautier, directeur de l’Observatoire de Genève, relative à la première comète à courte période de Tempel. Cet astre, découvert par Tempel en 1807, a été observé lors des retours de 1873 et 1879 ; mais il n’a
- pas été aperçu, malgré toutes les recherches, aux retours prévus de 1885, 1895 et 1898. Les perturbations exercées par Jupiter sur la comète depuis la découverte, ont eu pour effet d’augmenter la distance périhélie de ce corps céleste. Cette distance est le double de ce qu’elle était en 18G7. Le retour de 1898 avait lieu dans des conditions particulièrement mauvaises. Cet astre se trouvait alors à sa plus grande distance du soleil et ne pouvait qu’offrir peu d’éclat. L’apparition de 1905 se présente dans de meilleures conditions et permettra de décider si cet astre existe encore ou a été disloqué par l’attraction des planètes.
- Les fossiles de la Perse. — M. Gaudry expose que les explorations de M. de Morgan, en Perse, ont été aussi fécondes pour la géologie que pour l’archéologie. Il a rapporté un grand nombre de fossiles, qui ont été examinés par M. Douvillé et qui permettent d’établir l’histoire du sol de la Perse pendant les temps du carbonifère, du lias, du jurassique moyen et supérieur et de la plupart des étages crétacés. Le crétacé supérieur donne lieu à cette remarque importante que ses fossiles ressemblent à ceux du tertiaire inférieur. La séparation de la faune est facile en France et en Angleterre, mais il n’en est pas de même en Perse où la continuité du crétacé et du tertiaire est entière. M. Gaudry ajoute que M. de Morgan s’est occupé de la Mésogée, cette mer qui coupait l’Amérique, séparait l’Europe et l’Afrique, traversait l’Asie, Bornéo et Java, faisant ainsi le tour du globe. La Perse a été occupée par elle. Ainsi, à cette époque, l’orientation actuelle N.-S. des continents n’existait pas et la Mésogée séparait les terres en deux parties, l’une septentrionale, l’autre méridionale. Cil. DE VlLLEDEUlL.
- L’ÉCLAIRAGE AU LUSOL
- L’alcool a fait naître, dans l’éclairage, des espérances qui n’ont été déçues que par la mauvaise qualité du dénaturant et par son prix trop élevé. On avait su créer des types d’appareil réellement pratiques destinés à mettre à la portée de tous une lumière douce, agréable, grâce à laquelle l’habitant des campagnes pouvait cesser d’envier l’éclairage de celui des villes. Ces travaux n’ont pas été perdus; ils ont été mis à profit en laveur d’un nouveau liquide capable de donner les mêmes résultats que l’alcool, mais dont le prix de revient est beaucoup moins élevé.
- Ce liquide s’appelle le Lusol. C’est là un nom commercial, en réalité le Lusol n’est autre chose que du benzol ou benzine impure, que l’on extrait du goudron de houille. Il peut être produit en quantité aussi abondante qu’il sera nécessaire pour satisfaire à tous les besoins.
- Ce sont les recherches sur l’incandescence par l’alcool qui ont servi de base à ces intéressants travaux, car la nouvelle lampe au Lusol, inventée par M. Denayrouze, est construite, à peu de chose près, comme celles à alcool, surtout en ce qui concerne les lampes portatives; le diamètre de l’éjecteur, la puissance de la récupération et la capacité des entrées d’air, seuls varient. Nous retrouvons donc notre petite usine à gaz comportant une mèche enfermée
- p.287 - vue 291/536
-
-
-
- 288
- LA NAT U Hiv
- dans un tube central véhiculant le liquide jusqu’à la partie supérieure, où il se vaporise avant de s’échapper par l’éjecteur, pénétrer ensuite par le bunzen et s'enflammer enfin en provoquant l'incandescence d’un manchon Àuer. L’invention prend une portée beaucoup plus considérable si l’on envisage la question de l’éclairage public encore inconnu dans les campagnes.
- C’est aux villages surtout, aux usines, aux châteaux, que l’inventeur a songé en remplaçant l’alcool par le Lusol. Une lampe portative donne une excellente lumière d’appartement, mais si l’on veut obtenir une grande intensité il suffit d'exercer sur le liquide du récipient une légère pression. Les lampes à pression n’ont jamais inspiré qu’un enthousiasme très relatif; on se rappelle, en effet, le discrédit dans lequel tombèrent les appareils pourvus d’une poire de caoutchouc, appareils qui étaient réellement impraticables. Il importait d’éviter une telle mésaventure. C’est pourquoi l’inventeur s’est contenté d’installer près de la lampe un réservoir d’air qui, dans le cas d’éclairage public, occupe la partie inférieure de la colonne servant de support et de protecteur. Au-dessus, immédiatement sous le réservoir à Lusol alimentant le bec, on place un autre récipient rempli d’eau, ou mieux de glycérine ; ce liquide tombe goutte à goutte, par une canalisation, dans le réservoir d’air et détermine une faible pression qui se transmet par un léger tube de laiton au récipient de la lampe. Dans une usine, où les foyers sont suspendus au-dessus des ateliers, un seul récipient à pression d’air suffit pour les alimenter tous. On établit une sorte de collecteur sur lequel les tubes des lampes viennent se souder; des robinets permettent d’en isoler instantanément un nombre quelconque et, non pas de les éteindre, mais de les mettre en veilleuse en les laissant en cet élat aussi longtemps qu’on le désire. Cette commande est aussi simple que celle des commutateurs placés sur les tableaux de distribution que l’on emploie en électricité. 11 est bon d’ajouter également que la rupture d’un tube ne peut avoir d’autre inconvénient que de baisser la flamme de la lampe correspondante ; aucun danger n’est à
- redouter puisqu’ilne circule que de l’air dans ces tubes.
- Malheureusement ces appareils demeurent soumis à un défaut que l'on a très spirituellement appelé « le retard à l’allumage » ; les autres inconvénients de mise en train, à part le retard, sont supprimés grâce à un nouveau procédé qui consiste à garnir deux petites fourchettes, placées de chaque côté de la lampe, d’un morceau d'alcool. M. Denayrouze est parvenu, en effet, à fixer l’alcool, à le rendre sinon solide, du moins à le « bloqua* », en l’incorporant à une substance spéciale qui brûle sans laisser de résidu. On enllamme les deux blocs d’alcool avec une allumetteet,aubout d’une minute, la lampe éclaire. Quant à la dépense, facteur important dans l’intérêt que peut présenter le nouveau mode d’éclairage, on admet, pour la lumière électrique à arc employée dans l’éclairage public à Paris, une dépense horaire de 30 centimes par lampadaire de rue. A la suite d’expériences effectuées récemment et avec le plus grand soin, on a constaté que le Lusol. qui coûte 30 centimes le litre en province et 42 centimes à Paris, apporterait un éclairage égal avec une dépense quatre à cinq fois moindre. Unelampe ordinaire de 32 carcels, par exemple, qui est une jolie lumière de boulevard, ne dépenserait pas plus de 0“’,06 de liquide par heure. En ce qui concerne les lampes domestiques, le coût de la carcel-heure tombe à moins du quart de celui de la lumière au pétrole. Il semble donc que nous soyons en présence d’une réelle révolution de l’éclairage. On pourrait formuler des craintes au sujet du liquide, jusqu’ici presque sans emploi et que peu d’usines pourraient actuellement produire en grande quantité. Mais sur ce point M. Solvay nous rassure : prenons-en note et souhaitons au Lusol un plus brillant avenir qu’à l’alcool. La réussite du Lusol viendrait, d’autre part, donner un nouvel essor à l’industrie de l’extraction des sous-produits de la fabrication du coke, par la quantité énorme de benzol dont elle nécessiterait l’emploi.
- Lucien Fournier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauum:, rue de Ileinus, 9.
- Lampe au lusol. — P, potence; R, bunzen; M, mèche;
- E, cjecteur; Jl, manette d’ouverture et de fermeture de l’éjecteur A, Manchon; V, verre de la lampe; 0, entrées d'air.
- p.288 - vue 292/536
-
-
-
- N» 1605. _ 8 AVRIL 1905. LA NATURE.
- 289
- LE RÉSEAU UE CHEMINS DE FER A NOIE ÉTROITE DU \TVARAIS
- La Nature a déjà signalé, en 1891 l, l’intéressante ligne de chemins de 1er à voie étroite de Tournon à Lamaslre, dans le département de l’Ardèche. Depuis lors, la Compagnie de chemins de 1er départementaux a considérablement développé son réseau du Vivarais. Trois tronçons seulement étaient en exploitation : Tournon à Lamastre (52kl,l,6); La Youlte-sur-Rhône au Cheylard (47k:n,5), La-Voû te-sur-Loire à Ys-singeaux (22km,l). Ces trois tronçons n’avaient aucun lien entre eux.
- D’autre part, une importante et riche région de l’Ardèche et de la Haute-Loire n’avait pas de moyens de communication rapides et économiques.
- Les travaux des nouvelles lignes, destinées à relier entre eux les tronçons précédents, furent menés avec rapidité, et l’inauguration eut lieu en novembre 1902 ; toutefois, par suite d’un accident survenu au via-duc de Bon-Ras — accident dans lequel neuf ouvriers trouvèrent la mort —, le petit tronçon de Saint-Julien-Boutières à Saint-Agrève ne fut inauguré qu'au printemps suivant.
- r Altitude*
- Ce réseau est aujourd’hui très important et comprend une ligne principale (La Youlte-sur-Rhône à La-Yoûte-sur-Loire, 140km,9) et deux lignes de raccordement (Le Cheylard à Tournon, 52km,5, — et Raucoules-Brossettes àDunières, 9km,85), soit un développement total de 205 km en pays de montagne.
- La largeur de voie est de 1 mètre, avec courbes de 100 mètres de rayon. Les ingénieurs ont eu à vaincre des difficultés considérables; de 101m,60 à La Youlte-sur-Rhône, la voie s’élève à 1048m,95 à
- Fig. 1. — liuiues do Kodndjonne et le Mèzenc.
- Au fond de la vallée est le village de Saint-Martin-de-Valamas
- Saint-Agrève pour redescendre à 568“,55 à La-Yoûte-sur-Loire. L’étroitesse des vallées, profondément encaissées, ne permettait pas de grands développements pour racheter une différence de niveau aussi
- importante. La solution fut malaisée à trouver, surtout sur les tronçons de Lamastre au Cheylard et de Saint-Martin-de-Yalamas à Saint-Agrève. L’altitude est en effet de 451 mètres au Cheylard, de 525 mètres à Saint-Martin-de-Yalamas, de 082 mètres à Saint-Ju-lien-Boutières, et enfin de 1048m,95 à Saint-Agrève, qui est seulement à 5km,5 à vol d’oiseau de Saint-Julien. Sur ce dernier tronçon, les ingénieurs ont du abandonner la vallée de l’Érieux, suivie jusqu’alors, pour s’engager dans la vallée d’un petit affluent, l’Aigueneyre, et y décrire les méandres que montre notre carte : la longueur du trajet est ainsi portée à 12 km ; malgré cela, on a dû admettre une pente de 0"1,0525 par mètre, à laquelle nous ne sommes guère nabitués en France. La même difficulté s’est présentée près du 5t.de Sr A g rêve Cheylard> Ajou_
- tons de multiples travaux d’art, tunnels, ponts en maçonnerie dont certains ont jusqu’à 50 mètres de hauteur, et un pont métallique rigide de 80 mètres, dont l’exécution fut nécessitée par des glissements de terrains près de Saint-Martin-de-Valamas.
- Les nouvelles lignes du Vivarais constituent, au point de vue touristique, une réelle attraction avec les décors magnifiques des vallées de 1 Érieux, du Doux et de l’Aigueneyre. De multiples stations d air se créent le long de la ligne, Saint-Agrève, le Cham-bon-de-Tence, Tence, etc. Nombre de voyageurs n’ont pu y trouver un logement pendant 1 été 1904.
- 19
- Altitude j0#8'ӍS
- 17 17 K.760
- I'eulc de la voie des C. F. D. entre Saiut-Murtin-de-Yalamas et Saint-Agrève.
- Voy. n° 950, du 15 août 1891, p. 101. 33e année. — 1e1' semestre.
- p.289 - vue 293/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 290
- Les vallées ravinées, les pies aigus, les forêts de pins sont dominés par le Mézenc, cet incomparable belvédère, et le Gerbier-de-Jonc, au pied duquel la Loire a sa source1. Le chemin de 1er a révolutionné les conditions de la vie dans ce pays naguère ignoré; il a créé un lien qui manquait entre le Rhône et le l'uy-en-Yelay.
- Nous devons ajouter que, au point de vue économique, la construction de ce réseau constitue une brillante opération; bien que la Compagnie, qui ne jouit d'aucune garantie d'intérêt, garde le silence à
- ce sujet, on peut estimer que le prix de revient kilométrique moyen ne dépasse pas 200 000 francs. Le développement du tratic, consistant surtout en bois de chàlaignier, a notablement dépassé les prévisions; à deux reprises, la Compagnie a dù augmenter la puissance de ses locomotives, et elle étudie actuellement un nouveau modèle comparable aux grandes locomotives du P.-L.-M.; la voie des tronçons primitifs, construite d’une façon assez légère, a été renforcée. On fait enfin espérer, pour l’été 1905, la création de trains-express des-
- mhi Lignes der Ch. de ter Départ?
- kouc Ligne___, „____H_____ „__ projetée
- _____Tramwcujs projetés
- Lignes P.L.+H
- S 20 jS 20 K il
- tinés aux touristes, auxquels s’est ouvert ainsi un des beaux coins de la France. Gaston Fontami.ee. .......................—•
- K N IN IlO—CH I NE
- Dans un numéro précédent 2,M. Jacques Loyer a publié un très intéressant article sur la Sériciculture en Indo-Cliine. L’auteur décrit les procédés primitifs employés par les Annamites pour élever les vers à soie et filer les cocons
- 1 Yov. Gaston l'ontauillc. Du Mézenc aux sources de La Loire. Sixième édition. 100t.
- 2 Yov. n° lüiü, du 10 décembre l'JOt, p. ‘21.
- la région du Vivaruis.
- et il constate que les soies annamites, mal fdées, s’exportent principalement à Singapour, Hong-Kong et Canton et ne peuvent trouver en France que de très lias prix en raison des défauts de leur fabrication. 11 ajoute : «Aussi, pour amener les sériciculteurs indo-chinois à perfectionner leurs procédés, on vient d’établir à Nam-Dinh (Tonkin) une station séricicole, qui comprend un champ d’essai pour la culture du mûrier, une magnanerie modèle, une petite filature de soie et une chambre d’hibernation pour la graine de ver à soie. »
- Ces renseignements, très exacts au moment où M. Loyer a fait son enquête, demandent aujourd’hui à être complétés; je prends la liberté de faire connaître la véritable situation actuelle de la sériciculture en Indo-Chine, d’après I les faits nouveaux qui l’ont modifiée. La station séricicole
- p.290 - vue 294/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 291
- de Nam-Dinh a élé créée en 1899; dès sa première année elle produisit des soies de qualité supérieure. 11 fut, dès lors, établi que les cocons indo-chinois, bien que poly-voltins de qualité inférieure, peuvent produire, lorsqu’ils sont fdés à l’européenne et avec des soins appropriés, une soie de bonne qualité, supérieure aux soies de Canton, du Bengale et du Kasmir et pouvant trouver de nombreux emplois sur le marché français.
- Cette démonstration a été le point de départ d’un mouvement qui a amené en 1902 la création en Annam, province de (Juinhon, d’une filature de soie à l’européenne et d’une fabrique de pongés installées avec le plus grand soin. A la même époque, le gouvernement général de l’Indo-Chine transformait la Magnanerie modèle de Nam-Dinh en École de sériciculture et de filature de soie et me concédait différents avantages ayant pour but principal de me permettre de grouper les concours financiers nécessaires à la création d’une grande filature de soie à Nam-Dinh.
- Aujourd’hui la Magnanerie modèle de Nam-Dinh a été doublée et une filature de soie de 150 bassines a été construite à ses côtés. Cette usine modèle a été installée avec tous les perfectionnements de l’outillage moderne et peut rivaliser avec les premières filatures de Shanghai et du Japon; elle a été mise en marche le 1er mai 1904 et ses envois de soie ont produit la meilleure impression sur le marché de Lyon. Chaque année, l’établissement distribue gratuitement 150 onces de graines sélectionnées d’après le système Pasteur et reçoit cinquante élèves, qui lui sont envoyés par l’administration pour étudier les meilleures méthodes d’élevage des vers à soie et de filage des cocons.
- Nous ne sommes donc plus au temps où on pouvait dire que les soies de l’Indo-Chine mal filées étaient uniquement exportées sur Hong-Kong, Canton, Singapour; dès maintenant, des filatures à l’européenne fonctionnent en Annam et au Tonkin et amènent sur le marché français d’excellentes soies.
- Il est à prévoir, et il y a tout lieu d’espérer, que l’exemple donné par les filatures de Quinhon et de Nam-Dinh sera suivi, et que d’autres établissements de ce genre pourront bientôt être créés en Annam et au Tonkin. Dans ce cas, il se produirait, pour notre belle colonie d’Extrême-Orient, la même évolution industrielle que celle dont Canton a bénéficié, il y a une trentaine d’années.
- En 1870, les Cantonnais ne savaient encore filer leurs cocons que par des procédés grossiers semblables à ceux des Annamites; ils ne produisaient aussi que des soies très inférieures et exportaient à peine 500 000 kg, soie grège, par an.
- En 1871 et 1872, des filatcurs français installèrent dans la province de Canton les premières filatures à l’européenne; les Cantonnais suivirent l’exemple, créèrent des filatures à l’européenne et virent leur exportation de soies augmenter au fur et à mesure de la création des filatures.
- Aujourd’hui ils exportent pour près de trois millions de kilogrammes de soie d’une valeur de cent millions de francs.
- Les premiers résultats obtenus en Annam et au Tonkin permettent d’espérer pour l’Indo-Chine un développement semblable de l’industrie de la soie, apportant avec lui dans notre belle colonie un nouvel élément de richesse. Ernest Dadre,
- Chargé de missions en Indo-Chme.
- A QUOI SERVENT
- LES EXPLORATIONS ANTARCTIQUES
- Le retour de l’expédition du D‘ J. Charcot, suivant de si près les réceptions à Paris de Nordenskjold et de Bernacchi ont amené beaucoup de nos lecteurs à nous demander quelle est la raison de l’engouement dont les explorations antarctiques ont été l’objet depuis quelques années. C’est d’ailleurs une question que l’on entend poser de tous côtés et à laquelle il est opportun de répondre.
- Il ne s’agit point seulement, en effet, dans ces assauts vers le Pôle Sud, d’atteindre la plus haute latitude, de faire des découvertes géographiques, d’élucider des faits glaciaires et océanographiques comme dans les régions arctiques.
- Un problème d’une grande portée pratique et utilitaire se rattache à l’investigation des zones australes extrêmes.
- C’est M. Arctowski qui, tout récemment (au 8e congrès de géographie de septembre 1904 à Washington), a rappelé1 que le principal objectif des recherches antarctiques doit être l’étude du magnétisme et de la météorologie, et que cette étude ne pourrait être efficacement accomplie que dans une longue période de temps et par une complète entente internationale. Cette idée de la coopération des nations dans l’investigation scientifique de l’antarctique a été suggérée (M. Arctowski demande qu’on ne l’oublie pas), après les expéditions de Ross, de Dumont d’L'rvillo et de AYilkes, par l’Américain Maury; le premier, celui-ci insista sur la nécessité de développer -l'étude des conditions physiques des régions polaires australes. Dès 1861, il adressait aux différents gouvernements un appel (Annales hydrographiques de l’année 18(32), qui redevient une réelle actualité.
- Maury proposait notamment d’armer des expéditions pourvues, chacune, pour deux ou trois années d'hivernage et capable de multiplier des séries d’observations scientifiques. Il a fallu plus d’un tiers de siècle pour que le programme de Maury reçût un commencement d’exécution. Et c’est ainsi qu’en six années on n’a pas vu moins de sept entreprises dirigées vers le Pôle Sud.
- En réalité le premier hivernage au delà du cercle polaire austral est celui de la Belgica, datant de 1898 et auquel prit justement part M. Arctowski. Il a élé suivi par ceux du Southern Cross (anglais, Borch-grevinsk, 1898-1900, avec lequel M. Bernacchi séjourna quinze mois au cap Adélie), du Gauss (allemand, M. Drygalski), de la Discover y (anglais, Scott et Bernacchi), de l'Antarclic (suédois, Nor-denskjôld), de la Scotia (écossais), enlin du Français (Jean Charcot).
- C’est tout uniment pour l’étude de la marche des tempêtes, pour connaître les lois de la circulation générale de l’atmosphère antarctique, pour y prévoir
- 1 Yoy. Petermann's Mittheilungen, jamier 1905, p. 19 et Ciel et Terre, février 1905.
- p.291 - vue 295/536
-
-
-
- 292
- LA NATURE.
- les routes habituelles des cyclones (comme on le fait pour l’Atlantique Nord), etc., qu’il faudrait un grand nombre de stations fixes travaillant ensemble et longtemps, assez rapprochées et bien dotées d’instruments et appareils. Ce résultat ne peut être atteint que par la coopération internationale permanente, que suggérait M. F. Maury et que réclame à nouveau M. Arc-lowski.
- L’objectif est humanitaire et important au plus haut degré, car on n’ignore point quelle est la fureur des tempêtes et des typhons dans les mers du Sud : rechercher les moyens d’en déterminer les causes et les règles n’est certes pas une œuvre de curiosité pure ou de simple amour-propre.
- Cette manière de voir est singulièrement confirmée par les relations, publiques ou privées, que vient de
- faire à Paris M. Bernaechi, le météorologiste de la grande expédition anglaise de la Discovenj.
- Des explications techniques, trop spéciales pour être analysées ici, que nous tenons de lui-même, il résulte, en effet, que les tempêtes nées dans la région australe peuvent atteindre des vitesses de 150 km à l’heure (42 m. par seconde) supérieures à celles des plus violents ouragans connus, et que les observations magnétiques quotidiennes faites pendant les deux années d’hivernage de la Discover y (par 78 degrés de latitude Sud et 166 degrés longitude E. de Greenwich), au voisinage du pôle magnétique, ont une double portée : elles permettront de compléter la ihéorie, encore incertaine, du magnétisme terrestre et elles fourniront des notions bienfaisantes pour une navigation plus sûre des mers australes. La Société
- Fig. 1.
- Arrivée à la Terre Victoria par nier libre.
- Royale a commencé le dépouillement et l’analyse, qui seront fort longs, de ces innombrables documents : quand on songe qu’il faudra plusieurs années d'observations simultanées de ce genre, par plusieurs observatoires à la fois, en plusieurs points différents, on voit quel immense labeur représente le problème et combien la multiplication des efforts est nécessaire à sa solution. Déjà la publication et la discussion des résuliats obtenus par les sept expéditions de 1898-1904 exigeront plusieurs années et ne peuvent, selon M. Arctowski, être considérées que comme un travail préliminaire ou d’orientation.
- M. Bernaechi ayant eu l’amabilité de nous réserver les photographies ci-contre, on nous permettra, pour leur servir de légendes, de résumer non pas les péripéties si souvent tragiques, mais au moins les faits principaux de l’expédition de la Discovenj à
- laquelle M. Bernaechi était attaché en qualité de météorologiste.
- La mention en est d’autant plus opportune que cette exploration détient le record dans le Sud de la terre; elle a dépassé de plus de 400 km celle de J. Ross en 1841 et de 525 celle de la Southern Cross.
- L’expédition de la Discovenj (1901-1904), richement dotée de 1125 000 francs par le gouvernement anglais (qui fournit le navire et les officiers et matelots de la marine royale), de 625 000 francs par M. Langstaflf et de 2500000 francs par la Société Royale et la Société de géographie, a donc disposé de 4 250 000 francs !
- Organisée par l’amiral Clemens Markham en 1901, elle quitta la Nouvelle-Zélande le 24 décembre 1901. La Discovery mesurait 55 mètres de long, jaugeait 1570 tonnes et était commandée par le capitaine Scott.
- p.292 - vue 296/536
-
-
-
- LA NATURE.
- ‘29T*
- Kig. 2.
- Les Pingouins !
- Fig. 3.
- Un glacier antarctique
- p.293 - vue 297/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 294
- On avait choisi pour zone d'exploration celle où James Ross en 184L-l842 avait découvert la terre Victoria, le mont Melbourne (4570 m.), le volcan Erebus (5765 in.) et le mont Tcrror (5517 mètres) et s’était avancé (février 1842) jusqu’à 78° 10' de latitude Sud. La Discover y fut favorisée par les circonstances et, aux abords de la Terre Victoria (fig. 1), franchit la banquise en 5 jours (au lieu de 50). Le mont Melbourne (semblable à l’Etna) et le Tcrror sont des volcans éteints ; l’Erebus est actif et haut de 4000 mètres. Les deux derniers ne sont pas sur le continent, mais dans une de relativement petite. La barrière déglacé qui avait arrêté Ross et qui mesurait 40 à 80 mètres de liant fut eotoyée pendant sept jours sur 000 km de longueur; elle aboutit à la découverte de la terre du roi Edouard VIL Suivant l’exemple donné par le Gauss en 1001, des ascensions en ballons captifs apprirent beaucoup de choses sur la région. Enfin par 78 degrés de latitude Sud le navire fut pris dans la glace près de l’Erebus pour deux années, employées en observations continues; 5000 photographies ont été rapportées. La faune profonde a donné plusieurs espèces nouvelles. Un seul matelot périt dans une tourmente de neige (blizzard). A l’intérieur du navire on parvenait à maintenir une température de -h 10° C. tandis qu’au dehors le froid descendait à — 55° C., minimum observé. D’ailleurs les vents rendent l’hiver antarctique beaucoup plus rigoureux que l’hiver arctique. Nous renvoyons aux recueils géographiques et aux relations des explorateurs pour ce qui concerne la faune, surtout les phoques et pingouins : disons seulement que diverses espèces de ceux-ci ont des allures tout à fait distrayantes (fig. 2) ; nullement sauvages, ils se laissent, on le sait, assommer à coups de bâton ; sans doute la multiplication des visites civilisées finira par les rendre plus farouches : leur graisse sert de combustible et leur chair de comestible. Les femelles pondent et couvent sur leurs pattes pour protéger les oeufs contre le froid du sol ; cependant 10 pour 100 des petits seulement arrivent à s’élever.
- Plusieurs voyages rayonnants en traîneaux furent exécutés avec succès; le principal, conduit par le capitaine Scott, poussa, à près de 500 km du navire, jusqu’à 82° 17' de latitude Sud (la plus haute atteinte, les 15-29 décembre 1902) et put se rendre compte qu'au moins jusqu’au 85° degré (mont Lang-staff) l’immense continent antarctique se prolongeait à perte de vue, et, depuis le 70e degré, était couvert de véritables glaciers et de splendides montagnes hautes de 4000 mètres (fig. 5). En moyenne ce continent est, un plateau de 5000 mètres d’élévation. Le 5 janvier 1904 deux navires de la marine royale anglaise rejoignaient, au moment où la position devenait critique, la Discovery qui, libérée des glaces le 15 février, regagnait la Nouvelle-Zélande le 1er avril 1904.
- 11 apparaît nettement que peu d’expéditions ont été aussi heureuses et aussi fructueuses. Cela résulte encore de la conférence faite à Londres le 27 février 1905 à la Société royale de géographie par le
- capitaine Scott, qui a montré que, depuis Ross, depuis soixante ans, la banquise a reculé vers le Sud de 52 à 48 km. Ce n’est pas ici qu’on peut donner une idée, même succincte, des terribles épreuves réservées aux pionniers de ces régions : il suffira de dire qu’elles sont pires encore que celles à encourir dans les régions arctiques ! A la même latitude le froid y est bien plus intense. Cependant M. Ber-naccbi a émis l'opinion que le Pôle Sud serait atteint avant le Pôle Nord; il pense que cela pourra être accompli non pas à l’aide de traîneaux à chiens, mais, plus vraisemblablement, par quelque système d’une automobile appropriée, dont il convie les inventeurs à imaginer le modèle! E.-A. Martel.
- STÉRILISATION DES EAUX D’ALIMENTATION
- PAR J.’OZON’E
- C’est plus qu’un devoir pour les collectivités et les individus de prendre les mesures les plus certaines pour anéantir les maladies transmissibles : c’est une obligation sociale.
- Les agglomérations bien dirigées et scientifiquement conseillées doivent chercher à atteindre un état sanitaire parfait en appliquant judicieusement les meilleurs moyens de protection et de défense connus, grâce aux progrès réalisés dans les sciences touchant à l’hygiène : les sacrifices faits dans ce sens sont largement récupérés par l’économie des existences et de l’utilisation des forces humaines ainsi protégées et épargnées.
- Au point de vue purement économique les mesures d'hvgiène assurent la conservation de la plus précieuse des énergies: l’énergie humaine.
- Parmi les moyens de protection et de défense sanitaires on doit placer aux premiers rangs :
- 1° L’alimentation publique en eau potable;
- 2° La transformation en produits inoffensifs des résidus de la vie et leur évacuation ;
- 5° La désinfection des locaux et objets contaminés par les germes des maladies contagieuses.
- Le sont les produits résiduaires d’individus malades qui en pénétrant dans les eaux les souillent gravement et peuvent occasionner des épidémies dans les agglomérations qui utilisent ces eaux. Ces résidus ne sont presque jamais rendus inoffensifs avant leur dispersion : on les fait disparaître tels que dans le sol, escomptant leur épuration spontanée par les agents naturels; c’est alors que par infiltrations et entraînements, microbes et toxines arrivent à gagner la nappe d’eau dans laquelle certains germes pathogènes délivrés d’une forte concurrence vitale et d’un milieu toxique concentré se multiplient parfois avec une virulence extraordinaire.
- Ces dangers d’infection des nappes sont d’autant plus à craindre que les régions sont plus habitées et cultivées : la contamination souterraine peut s’étendre loin de la cité, et c’est ce qui rend si difficile la protection des eaux et par conséquent l’adduction des eaux naturellement et constamment pures comme les hygiénistes le préconisent : de là la nécessité de les épurer et de les stériliser. Tous les efforts utiles que l’on fait pour améliorer la qualité des eaux s’inscrivent au bénéfice de l’état sanitaire.
- La filtration scientifiquement conduite a déjà apporté des améliorations indiscutables bien qu’insuffisantes dans
- p.294 - vue 298/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 295
- l’hygiène des agglomérations : la stérilisation, en perfectionnant au plus haut degré l’épuration, doit permettre d’atteindre les limites des bienfaits que l’on est en droit d’attendre de la qualité des eaux.
- Ces procédés de stérilisation des grandes masses d’eau commencent à pénétrer dans la pratique : on peut les grouper en trois catégories :
- 1° Stérilisation par l’ozone;
- 2° Stérilisation par les agents chimiques;
- 5° Stérilisation par la chaleur.
- Stérilisation par Voione. —- Rappelons que l’ozone représente une combinaison de l’oxygène avec lui-même, dans laquelle o volumes sont condensés en 2. 11 a pour formule O3 = i2 volumes et jouit de propriétés oxydantes beaucoup plus actives que celles de l’oxygène pur.
- C’est Schœnbein en 1840 et Uouzeau qui étudièrent les premiers ce corps sur lequel Marignac, de la Rive, Becquerel, Fremv, Rerthelol, Soret, Carius, Otto, firent d’intéressants travaux.
- L’ozone possède une odeur forte et caractéristique, sensible à l/l 000000 à l’odorat.
- (Test celle que l’on perçoit près des machines électriques en activité ; il s’en produit, en effet, dans l’air traversé par une série d’étincelles, mais surtout par les effluves électriques.
- Il en existe de faibles quantités dans l’air atmosphérique, environ 1/450 000 du poids de l’air. L’ozone, mis en contact avec l’eau dans des conditions déterminées, jouit de propriétés bactéricides remarquables. Des doses infinitésimales d’ozone et un contact intime suffisent pour tuer presque instantanément les germes des eaux.
- En collaboration avec M. Ogier, le savant directeur du laboratoire de toxicologie de Paris, nous avons reconnu que l’on pouvait stériliser industriellement, dans les appareils de Frise, de l’eau de source avec O8'', (100 d’ozone pour 1000 litres d’eau, c’est-à-dire que, d’après nous, l’ozone jouirait de propriétés antiseptiques presque instantanées à la dose de 08r,0000fi pour 100 d’eau, et encore y a-t-il lieu de constater qu’une grande partie de eette dose est inutilisée par l’eau et peut être récupérée.
- Nous ne connaissons pas d'antiseptiques pour les germes dans l’eau comparables à l’ozone. Afin de ne pas égarer l’opinion sur ce fait, je m’empresse d'ajouter que ce phénomène n’a lieu que dans l’eau, l’ozone dans l’air, d’après mes expériences personnelles, paraissant ne posséder qu’une action bactéricide négligeable.
- Il est impossible actuellement d’expliquer le mécanisme de cette action si puissante. Ni la formation d’eau oxygénée, ni celle de composés oxygénés du chlore ne peuvent être prises en sérieuse considération, car, d’une part, Srhutzenberger a démontré que l’ozone décomposait l’eau oxygénée, et, d’autre part, j’ai établi qu’il fallait 60 milligrammes d’eau oxygénée (II2 O21 à l’état naissant pour tuer en 6 heures les germes dans les eaux; enfin, avec Ogier, nous avons cherché à constater la présence del’eau oxygénée au moyen de la réaction si sensible de l’acide perchromique, et nos résultats ont été négatifs : quant aux composés oxygénés du chlore, il ne paraît pas s’en former, car la réaction sensible au 1/2 000 000 n’a plus lieu quelques secondes après le contact de l’ozone.
- Tout au plus, risquerai-je les hypothèses d’une action toxique comparable à celle de l’oxyde de carbone sur les hématies ou l’action de rayons particuliers entraînés avec l’air électrisé dans l’eau.
- 11 est sans doute intéressant de rappeler qu’en 1896, M. Otto a signalé une lumière violette dans l’eau chargée
- d’air ozoné pendant quelques secondes seulement. Ce phénomène attribuable à la présence de matières organiques n’aurait pas lieu avec l’eau distillée pure.
- En tout cas cette stérilisation s’effectue d’une manière parfaite : c’est-à-dire (pie les germes sont bien tués et ne peuvent en aucun cas être revivifiés (Doux, Calmette, Ogier, Ronjean) : les propriétés biologiques de l’eau sont conservées ; car, si l’on ensemence l’eau stérilisée avec une trace d’eau brute, on constate qu’elle est fertile comme avant le traitement par l’ozone.
- Les propriétés chimiques ne sont pas altérées : l’action sur les matières organiques des eaux est négligeable : elle est nvdle sur les substances minérales en solution.
- Les propriétés organoleptiques, c'est-à-dire la saveur, l’odeur, l’aspect, la température de l’eau ne sont pas modifiées.
- Enfin les propriétés physiologiques de l’eau traitée par l’ozone sont celles de l’eau pure : jusqu’ici, l’utilisation et la consommation, limitée, il est vrai, à quelques installations, d’eau stérilisée par cet agent, n’ont occasionné aucune observation suffisamment démonstrative qui puisse entraîner une restriction dans son emploi pour l’alimentation publique.
- L’idée première de l’emploi de l’ozone pour la stérilisation de l’eau parait avoir été donnée par de Méritens, en 1886. Les premières applications ont été faites par Siemens et Halske sur les conseils de Ohlmuller et Frolich, en 1891 ; vinrent ensuite en France, le procédé deTindal perfectionné plus tard par le système de Frise (Société du Sanudor) ; les procédés Marmier et Abraham (Société industrielle de l’Ozone), Otto (Compagnie française de l’ozone), que nous exposerons prochainement. Edmond Ronjean.
- LES CHARBONNAGES DES BALKANS
- 11 existe en Bulgarie, dans le Balkan central, des gisements houillers, qui, sans avoir une grande importance industrielle, montrent cependant des affleurements discontinus sur 70 kilomètres de long, contenant du charbon de forge à 8000 calories, susceptible souvent de donner du coke. Ce charbon offre une particularité, celle d’être situé géologiquement au sommet de l’étage crétacé, dans un niveau que j’ai pu reconnaître comme sénonicn et d’avoir néanmoins l’aspect d’une houille. En outre, son existence vient de contribuer à faire voter par le parlement bulgare, en décembre 1904, la construction d’une ligne transbalkanique, qui présentera, pour toute la région des Balkans, un grand intérêt stratégique et économique. Le sujet mérite donc ici quelques mots d’étude, d’autant plus que les gisements sont situés dans un très pittoresque pays, très peu connu parce qu’il a été jusqu’ici d’accès difficile, au milieu de la magnifique forêt de hêtres des Balkans, à proximité des nombreux villages du Balkan septentrional aux mœurs originales, aux curieux costumes.
- La région charbonneuse des Balkans se trouve au sud de la ville deTirnovo, la vieille et historique cité bulgare, l’antique résidence des anciens tsars de Bulgarie, où Baudouin, comte de Flandre, devenu gendre de l’empereur de Constantinople, fut enfermé
- p.295 - vue 299/536
-
-
-
- 2Û6
- LA NATURE.
- et tué, où en 1878 fut votée la constitution bulgare, où fut élu le souverain actuel, le prince Ferdinand, où enfin est né le fameux ministre Stambouloff.
- Un peu au nord-ouest est la petite ville de l'iewna, qui est assurément l'un des points géographiques du pays les mieux connus en France, h cause du fameux
- Fig. 1. — Le village de fiadevtsi, centre des charbonnages des Balkans. (D'après une aquarelle de l’auteur.)
- siège soutenu par Osman Pacha et de cette longue résistance dont finit par triompher la tactique prudente de Teutle-ven.
- Tout ce pays des Balkans rappelle, d’ailleurs, vivement le souvenir des événements militaires presque contemporains, qui ont abouti à l’émancipation de la Bulgarie par le traite de San Slc-fano après la guerre russo-turque de 1878, et ce souvenir, celui de la campagne d’hiver où lurent franchies péniblement par les Russes les passes de la Schipka, n’est pas étranger à l’idée de sauvagerie, de pays froid, rude, escarpé, qui s’attache, dans la plupart des esprits, aux Balkans. On est tout surpris quand on arrive dans cette chaîne
- montagneuse et qu'on la voit si riante, si lumineuse, sous le beau soleil d’Orient, avec ses pentes
- douces, quipamè-
- ...... " nent à franchir la
- crête au milieu des bois sans presque s’en rendre compte, avec les nombreux villages épars sur ses lianes, où les habitants aimables et travailleurs étalent l’éclat de leurs costumes, avec son admirable forêt aux hêtres centenaires, où serpentent les sentiers comme de longues avenues çle parc.
- Le centre principal de l’industrie houillère, qui se nomme Radevtsi (mine Prinz Boris, fig. 1 à 5), esta peu près directement au sud de Tirnovo, point terminus actuel du chemin de fer, dont on vient de décider le prolongement par la
- Fig. 2. — Le fond de la vallée de Radevtsi.
- (Au centre, la colline où affluent les couches de houille.)
- p.296 - vue 300/536
-
-
-
- LA NAÎTRE.
- 207
- vallée de la mine vers Jeni Zagra. C’est, en même temps, h peu près l’extrémité ouest de la zone charbonneuse, qui se prolonge pourtant un peu vers l’Ouest presque jusqu’à la passe de Schipka et qui, à l'Est, aboutit aux environs de la petite ville manufacturière de Slivno en passant par les aflleu rement s de Boukova (llainska Reka) et de Tschou-merna, que représentent deux de nos figures (4 et 5).
- Dans toute cette zone, les terrains des Balkans présentent un phénomène géologique, qui, pour n’avoir rien d’exceptionnel dans les chaînes plissées,ne mérite pas moins d’être signalé. Un gigantesque mouvement de compression interne a fait, à l’époque tertiaire, avancer l’un vers l’autre horizontalement les deux compartiments solides de l’écorce terrestre, que nous appelons aujourd'hui, du côté nord la Plate-forme russe, du côté sud le massif du Rho-dope. La zone intermédiaire, qui représente pour nous les Balkans, a été alors refoulée, comprimée et plissée et l’intensité de ce mouvement a été telle que, dans tout le Balkan central, les terrains ont été renversés sens dessus dessous, en sorte qu’un stratigraphe novice, arrivant dans ce pays sans connaissance pa-léontologique, serait amené à considérer les gneiss comme le terrain le plus récent et le tertiaire comme le plus ancien. Quand on recoupe les étages géologiques, qui ont un plongemcnt régulier et constant
- vers le Sud, on trouve, les uns au-dessous des autres, de haut en bas (et non de bas en haut, comme, en
- temps normal, ils dc-vaientêtre), le gneiss, le trias, le lias, le jurassique inférieur, le crétacé et le tertiaire.
- Un tel déplacement des couches stratifiées a provoqué en elles des plis, des étirements,des laminages ; les ruptures se sont produites de préférence au contact de roches dures, comme le gneiss, ou comme les dolomies qui constituent ici le trias et c’est ainsi que l’on voit reparaître, au milieu de l’étage charbonneux plus récent (qui correspond au sénonien), ces terrains durs formant des bandes allongées comparables à des récifs, ou à des îlots (dont ils n’ont, du reste, que l’apparence). C’est à la base de la formation sénonienne ou au contact de quelques-unes de ces intercalations anciennes représentant le fond du
- bassin remonté que se trouvent les principales couches charbonneuses. On a reconnu ainsi, à la base, en un très grand nombre de points, des séries de couches minces ayant parfois, sur une certaine longueur,0m,80 à 1 mètre. Plus haut dans l’étage, le charbon apparaît tout à coup, au milieu des terrains stériles, sous la forme d’une boule, d'un amas, d’une lentille atteignant quelques dizaines ou quelques centaines de tonnes. Mais les conditions mêmes du dépôt, auxquelles sont venus se superposer les effets des plissements, ont
- Fis. F. — Le torrent d’IIainska Reka dans la forêt des Balkans, sur l'affleurement d’une couche de houille.
- p.297 - vue 301/536
-
-
-
- LA N A T li li K.
- 298
- mallieureusement rendu ces gisements très irréguliers et la masse même du charbon a subi presque partout un laminage, qui l'a laissé très friable et l’a, en même temps, mélangé avec les schistes encaissants.
- Contrairement à l'idée de sauvagerie qu’on attache à tout ce pays et dont j'ai déjà dit l’inexactitude, cette zone charbonneuse a été explorée avec beaucoup de soin et les moindres aflleurements ont été fouillés par des réseaux de puits et de galeries. Dès le temps des Turcs en 1871, on y avait commencé des recherches; mais il est inutile de dire que, jusqu’à l’émancipation de la Bulgarie, aucune industrie ne put s’organiser. Vers 1880 à 1885, l’attention fut de nouveau attirée sur la région de Badevtsi. Enfin une compagnie française s’est constituée, il y a quelques années, pour organiser la mine de Prinz Boris dans ce district (lîg. 3). Cette compagnie a dû interrompre provisoirement ses travaux, faute de débouchés, jusqu’au moment où la ligne de chemin de fer récemment votée sera ouverte et lui permettra d’at-
- Fi^r. 5. — Le mont Tschoumernn, vu du col de. Tschoumernn.
- teindre le consommateur, c’est-à-dire d’arriver soit jusqu’aux petites villes industrielles qui longent les deux versants du Balkan,Gabrovo,Tirnovo,Elena,etc., au Nord; Slivno, au Sud, soit même jusqu’à la vallée du Danube, oit le charbon bulgare pourrait tenter la concurrence contre les charbons anglais et les résidus de pétrole roumains. Ce coté de la question demanderait une discussion et des restrictions, qui seraient ici hors de propos. J’ajoute seulement quelques chiffres sur la consommation et la production du charbon dans les principaux états balkaniques : chiffres que les professionnels eux-mêmes ne connaissent guère.
- Ea Bulgarie consomme environ 140000 tonnes de houille par an, qui viennent presque uniquement de la mine d’état de Pernik (au S. W. de Sofia), où l’on exploite un lignite tertiaire et, jusqu’à concurrence de 50000 tonnes, d’Angleterre on d’IIéraclée (sur la mer Noire). Ea Serbie produit environ 40 000 ton-
- nes de lignite à Serje et en importe à peu près autant de l’Autriche.
- Enfin la Boumanie, pays beaucoup plus industriel que les précédents, et à peu près dépourvu de charbons nationaux, importait, jusqu’en 1898, par la mer Noire, pour 10 millions de francs de combustibles. Bien que sa consommation ait notablement augmenté, l’importation tend peu à peu vers zéro, en raison du développement énorme pris par l’industrie des résidus de pétrole (qui sera étudiée ici ultérieurement) et, très accessoirement,par suitedel'extensiondonnée à la mine de lignite tertiaire de Margilenca, qui arrive à 90 000 tonnes. L. De Launay.
- —*<>*—
- LE RAVITAILLEMENT DES ARMÉES RUSSES
- ET LE TRANSSIBÉRIEN
- Dès le début de la guerre russo-japonaise on entendit formuler par des gens fort distingués les opinions les plus pessimistes sur la possibilité d’une campagne en Extrême-Orient.
- : Quand la Bussie entreprit de
- constituer une grande armée, on prétendit qu’elle n’y arriverait jamais, et que, les hommes se trouveraient-ils transportés en Mandchourie par un miracle, le Transsibérien ne suffirait jamais à les ravitailler.
- Ces idées étaient courantes il y a un an, et les gens qui les donnaient comme évidentes s’appuyaient sur deux aphorismes :
- 1° En février 1904,1e Transsibérien ne vaut rien. Donc, après un mois d’exploitation intensive, il vaudra infiniment moins encore.
- 2° Ea Mandchourie doit être un immense désert. Comment imaginer là-bas la vie de 200000 hommes reliés au monde par cette unique voie ferrée?
- Et pourtant, les événements sont venus démentir ces prévisions.
- Tout d’abord il paraît avéré que le Transsibérien était alors dans un état fâcheux. Ce n’est un mystère pour personne, aujourd'hui, que certains terrassements avaient été fort négligés, que les garages étaient rares et que la traction, par les locomotives chauffées au bois, était assez mal organisée. Bref, 4 trains par jour dans chaque sens ne circulaient que fort lentement et avec mille avatars. Mais il arriva cette chose naturelle, que, sous la pression des circonstances, on mit à la tête un homme énergique, entendu, à qui ses études en Amérique avaient donné une remarquable expérience (le prince Khilkoff) et que, sous sa direction, fut accompli en quelques semaines un effort gigantesque. Partout la voie était remise en état ; tandis qu’on activait le
- p.298 - vue 302/536
-
-
-
- liA NAT1T.E.
- 21)9
- contournement du Baïkal',on avait l’audace de jeter une voie sur la glace ; si bien qu’au lieu de devenir inutilisable, la voie, désormais solide, fut vite en état de supporter une circulation plus rapide et pour de longues années. Il ne restait plus qu’à augmenter les garages et à organiser l’exploitation.
- Le second aphorisme est plus curieux encore à examiner. Aujourd’hui, les grands quotidiens ont tous publié des relations de la vie en Mandchourie; mais on savait déjà que cette province du nord de la Chine comptait et nourrissait 12 millions d’habitants. Singulier désert, en vérité! et dans lequel il ne doit pas être difficile à des armées, aussi nombreuses qu’on voudra, de subsister.
- lin correspondant de guerre nous le disait en toutes lettres ces jours derniers2 : « Pas une once de farine, pas un grain du blé qu’on écrase dans les neuf grands moulins de Kharbin n’a été importé de Russie.
- « L’Intendance militaire a pu acheter du bétail de Mandchourie et de Mongolie tant qu’elle a voulu, et à des prix relativement bas.
- « Enfin il arrive d’Omsk de la viande gelée, d’Omsk, mais non d’Europe. »
- La question ne s’est donc jamais posée. Mais enfin, si elle se posait? Le transsibérien pourrait-il ou non ravitailler 200 000 hommes?
- Calculons. Et d’abord admettons 2 kg par homme et par jour, pour la nourriture : c’est un chiffre très raisonnable comprenant, viande, farine, et même légumes, ou toute alimentation équivalente. C’est donc 400 tonnes par jour. En supposant même que les trains ne transportent que 200 tonnes utiles (trains comprenant 20 de nos xvagons ordinaires), deux trains par jour suffisent. On voit combien il faut se garder des effrois que viennent causer à l’imagination les grands chiffres.
- 11 est un autre ravitaillement, en tout cas nécessaire, celui-là : le ravitaillement en munitions. Une cartouche pèse 50 gr. Pour ravitailler chaque homme de 100 cartouches, il faudrait transporter 5 kgX200000 — 600 tonnes, soit 2 trains ou 5. On le voit, ce n’est, pas extraordinaire, et une bataille où l’on brûle en un jour 200 000 X100 cartouches ou 20 millions, est une jolie bataille!
- S’il s’agit des munitions d’artillerie, un obus de 100 mm. pèse évidemment 5x S = 24 kg. Un train de 240 tonnes porterait 10 000 obus. Or, l’armée russe n’avait, avant la bataille du Cha-Ho, que quelques centaines de canons. Il est facile de pousser ce calcul.
- Ces derniers transports s’effectuent réellement, et la Russie transporte encore des corps d’armée. On compte qu’un de ces corps comprend, d’après les cor-
- 1 Les travaux du Baïkal sur lesquels nous reviendrons constituent un des plus curieux tours de force des temps modernes.
- - Ludovic Naudeau, dans le Journal.
- respondants : 50000 hommes, 120 canons, 4000 voitures, 17 000 chevaux et qu’il exige, pour son embarquement, 216 trains.
- On peut d’après cela se rendre compte de la composition moyenne de ces trains, par exemple :
- 50 wagons de 50 hommes (format de nos wagons ordinaires) portent 1500 hommes. Donc, ce transport de 50 000 hommes exige 55 trains de 50 wagons, etc.
- On arrive à conclure que ces trains doivent être équivalents à nos trains de 50 voitures et porter 500 tonnes.
- Ils font le voyage en 25 jours; ils parcourent donc 280 km par jour, ou 14 km à l’heure, pendant 20 heures sur 24.
- Ceci nous amène à la plus grave question : combien de trains par jour pourra-t-on mettre en route?
- On sait comment, pour les lignes à deux voies, se prépare l’exploitation : sur une grande feuille quadrillée (fig. 1) on porte, le long d’une ligne verticale, les distances et, sur une ligne horizontale, les heures
- Fis. 1.
- Cicapliiquc <1.3 marche sur ligne à double voie cl profil en long.
- (1 trains ou rames par jour dans chaque sens.)
- (fig. 1). La marche de chaque train sera figurée par une ligne oblique, d’autant plus inclinée que la vitesse est plus grande; un arrêt dans une gare est représenté par un élément de ligne horizontale.
- L’exploitation d’une ligne à 2 voies, avec quatre trains par jour dans chaque sens, également répartis sur 24 heures et marchant à 15 km, aurait l’aspect de la figure 1 ci-dessus. Dans nos compagnies de chemins de fer, ces immenses tableaux, nommés « graphiques démarché », deviennent fort embrouillés et déchiffrer un graphique de la banlieue de Paris est un véritable travail. On les accompagne généralement en marge d’un profil de la ligne avec les pentes en millimètres, de manière à donner au mécanicien tous les éléments de la marche. Une première difficulté vient de la vitesse différente des divers trains : il faut que les rapides dépassent les trains de marchandise, et que ceux-ci, par conséquent, se garent dans les stations. Les graphiques prennent alors l’aspect de la figure 2 facilement déchiffrable. Mais le Transsibérien ne comporte qu’une voie pour la marche dans les deux sens, et alors les difficultés s’accroissent.
- p.299 - vue 303/536
-
-
-
- 500
- LA NAÎTRE,
- Si nous examinons la figure 1 nous voyons que les « marches » montantes et les descendantes se croisent tous les 45 km.
- Imaginons donc, sur une ligne à voie unique, un garage tous les 45 km (fig. 5). Supposons qu’à l’heure 0, le train 1, de gauche à droite, arrive en A, et que les autres trains de même sens soient tous
- 0h 2h 6h 8h 101? 121? 18h 24h
- A Gare
- Kil 90
- Kil 130
- Fig. 2. — Graphique (le marche sur ligne à 2 voies. — a, train de marchandises, vitesse : 20 km à l’heure ; b, train rapide, vitesse : !K) km à l’heure ; c et d, trains sur l’autre voie. — Le rapide b dépasse à la station A le train de marchandises a, garé.
- garés. Les trains 1, 2 se trouvent respectivement en À et à hauteur des autres. On voit alors clairement que si 1 et 2 se mettent en marche, en sens contraire, le garage B est nécessaire à leur rencontre. La ligne à voie unique, pour permettre 4 trains par jour, exige donc un garage tous les 45 km.
- Et, si l’on veut marcher comme aujourd’hui à plus de 10 trains par jour, il faudra des garages tous les 20 km.
- Il est assez pittoresque de se figurer ce que serait une ligne ainsi exploitée et d’imaginer, sur ce long ruban de 7000 km, les positions de tous les trains à chaqueinstant. Les trains, partisle même jour, dans un sens, sont distribués sur 500 km (20 fois 15) ;
- B Kil.45
- C Kil.90
- Kil.135
- Kil 180
- Fig. 3. — Voie unique. Graphique de marche à A trains dans chaque sens (1 garage réel tous les A3 km). Si l’on se reporte au profil, on voit que le garage du km 180 tombe sur une rampe de 8 mm. ; il n'est pas possible aux trains de s’attendre en ce point : c’est une des mille difficultés qui viennent compliquer la question.
- il y a donc, sur la ligne, s’il part 10 trains par jour, 250 trains marchant dans chaque sens, soit près de 500 locomotives suivies de milliers de wagons.
- Qu’on imagine alors un accroc comme il en arrive journellement, et qu’on se figure les retards qui doivent en résulter, les amoncellements si faciles de matériel vide qu’on oublie dans les stations, les trains en panne, les anomalies apportées par les
- inégalités de vitesse, et l’on aura une idée dos perturbations dans lesquelles le moindre incident peut jeter une organisation pareille.
- Pratiquement une telle exploitation et de si nombreux garages seraient impossibles ; on les évite en formant des rames de trains. On peut parfaitement imaginer que le train 1, partant de À (fig. 4), soit suivi à 5 minutes par le train 1', qui croisera, en même temps que lui, à 45 km, le train 2 suivi lui-même de 2'. Et nous aurons ainsi une circulation de 8 trains, à condition que la longueur du garage permette d’y loger 2 trains.
- On peut ainsi expédier des rames de 2, 5, 4 trains qui s’engageront sur chaque tronçon, munies d’un pilote. Il est de toute nécessité, en effet, que la rame 2 parvenue en B ne puisse s'engager sur B A avant l'arrivée en B de la rame 1.
- H y a donc un pilote qui fait la navette entre A et B et sans lequel aucune rame ne peut quitter le garage. Mais ce pilote n’est pas un homme : il faudrait le payer, c’est un simple bâton : c’est le « bâton pilote », objet sacré et digne de respect.
- Les trains évitent ainsi le fâcheux inconvénient de se trouver nez à nez, comme nous voyons tous les
- jours les tramways dans nos rues, et l’on s’épargne les situations inextricables que pourraient créer les retours en arrière.
- Il est bon de faire remarquer enfin que la longueur nécessaire de voies de garage n’est en rien diminuée par l’artifice des rames : leur installation seule est simplifiée. On peut se rendre compte de leur importance en remarquant que, pour exploiter à 8 trains par jour dans chaque sens, avec garages tous les 45 km, il faut que les garages puissent recevoir 2 trains et mesurent 600 mètres. On voit que leur longueur de voie atteint 1/70 de la longueur totale. Et l’on comprend quel intérêt il y a pour la Russie à doubler au plus tôt sa voie sur toute la longueur.
- Nous avons essayé de montrer ce qu’est et ce que peut rendre cet outil extraordinaire, unique au monde, qu’est le Transsibérien.
- On dit qu’actuellement marchent plus de 10 trains par jour dans chaque sens. Le transport d’un corps d’armée en 1 mois n’en absorbe pas plus de 7 par jour et l’on voit qu’il reste une marge très suffisante pour transporter les munitions et même des vivres. A la vérité, il paraît qu’il devient très difficile de nourrir les chevaux sur le pays et il est possible qu’on soit amené à transporter, chose curieuse, non pas la nourriture des hommes, mais celle des chevaux.
- De toutes manières on aurait tort de se figurer le
- __________________6 heures___________________
- Fig. A. — Croisement des trains sur une voie unique.
- p.300 - vue 304/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 501
- transsibérien comme un immense ruban déroulé sur le désert. Il traverse des contrées variées; dans les grandes villes de Sibérie il peut prendre des approvisionnements de toute sorte et son exploitation est certainement divisée en secteurs, où la circulation a des intensités différentes, des vitesses différentes, suivant les transports à faire, et suivant aussi la valeur de l’outil dans la région. Mais, dès maintenant, il est en fort bon état et donne des résultats excellents, si l’on songe aux multiples difficultés que nous avons essayé de faire entrevoir. ***
- CMUFF4GE ET RÉGULATION ÉLECTRIQUES
- DES APPAREILS A TEMPÉRATURE CONSTANTE
- Le chauffage par l’électricité, considéré d’une manière générale, présente de tels avantages, qu’il est appelé à se substituer plus ou moins prochainement aux modes de chauffage actuellement usités, pour un nombre de plus en plus grand d’applications scientifiques, domestiques et industrielles. La rapidité de cette transformation est subordonnée aux modifications économiques qui permettront à cette nouvelle source de chaleur d’entrer en concurrence avec les anciennes au point de vue du prix de revient.
- En ce qui concerne les appareils de chauffage à température constante (étuves, couveuses, etc.), l’usage de l’électricité comme source de chaleur se généralisera sans doute bientôt. Les commodités de tous genres, la grande précision qu’on peut donner à ces appareils et surtout leur faible consommation calorique enlèvent à la question du prix de revient de la chaleur presque toute son importance. Tout appareil de ce genre, quels que soient sa forme, sa disposition et les nombreux détails de construction, variables selon l’usage auquel il est destiné, comprend, comme pièce capitale, un régulateur automatique. On en a proposé plusieurs types ; dans tous, l’interruption et le rétablissement du courant électrique dépendent des variations ther-movolumétriques de corps solides, liquides ou gazeux. Nous avons imaginé et fait construire, M. R. Fouilliand et moi, un de ces régulateurs. Appliqué depuis plusieurs années à de nombreux appareils de chauffage électrique, cet instrument donne toute satisfaction. En voici la description sommaire.
- 11 se compose (fig. 1) d’un tube de verre xiBCD, recourbé en forme d’U et complètement clos. La partie A R, ou ampoule, est relativement large et à paroi mince. Le tube est traversé, en E et F, par
- deux fils de platine. L’ampoule AB contient de l’hydrogène. La pression de ce gaz fait équilibre à une colonne de mercure occupant la partie B CD du
- Fig. 2. — Étuve pour la bactériologie.
- tube; au-dessus du mercure, en D, il y a le vide barométrique. Lorsque le régulateur est vertical et
- Fig. 3. — Couveuse pour enfants nouveau-nés.
- à la température ordinaire, le niveau inférieur du mercure est au-dessus du fil E (fig. 1). Cet instrument est suspendu dans l’appareil de chauffage. On peut l’incliner et le redresser en le faisant tourner
- Fig. 1. Régulateur automatique île température.
- p.301 - vue 305/536
-
-
-
- 502
- hA N'A TUBE.
- autour d'un axe horizontal passant par le collier de suspension C. Les connexions avec le circuit électrique se font par les colliers i et A, auxquels s’attachent, d’une part les fils de platine E et F, et d’autre part les conducteurs ni et n.
- Suivant les cas, on peut disposer le régulateur en série ou en dérivation avec le radiateur. Dans le premier cas, le courant de chauffe traverse le régulateur; il ne passe que lorsqu’il y a contact entre le lil de platine E et le mercure. À chaque interruption il se produit une étincelle; celle-ci éclatant dans de l’hydrogène pur, entre une large surface de mercure et la pointe d’un lil de platine assez gros, est, dans beaucoup de cas, sans inconvénient. Lorsqu’il y a lieu de craindre une détérioration par les étincelles, on ne fait [tasser dans le régulateur qu’une faible dérivation du courant de chauffe, suffisante pour actionner à distance un relais électro-magnétique au niveau duquel se font les alternatives d’interruption et de rétablissement du courant.
- Dans tous les cas, le fonctionnement de ce régulateur est le môme. Le courant ne peut passer dans le radiateur que s’il y a contact entre le fil de platine E et le mercure. Or le niveau du mercure dépend seulement : 1° des variations de température, 2° du degré d'inclinaison du régulateur par rapport à la verticale. Supposons d’abord l’instrument vertical. Après qu’on a fait passer le courant, le radiateur échauffe l’air de l’étuve et l’hydrogène du régulateur; le niveau du mercure baisse peu à peu dans la branche BC jusqu’à ce que le contact cesse entre le mercure et la pointe E. A ce moment, le courant cesse de passer. L’hydrogène se refroidissant le niveau du mercure remonte un peu et le contact se rétablit ; le courant passe de nouveau et ainsi de suite. La température est désormais automatiquement réglée. Mais cette température dépend du degré d’inclinaison de l’instrument. En effet, en inclinant l’instrument, on diminue la hauteur de la colonne de mercure, et on fait baisser le niveau du mercure dans la branche BC : cela d’autant plus (pie l’on écarte davantage le régulateur de la verticale. Bar conséquent on peut, en donnant à l’instrument une position convenable, faire produire l’interruption du courant, c’est-à-dire régler la température au degré qu’on veut.
- Nous avons décrit ce régulateur tel qu’il est en état de fonctionnement. Mais il est clair que si on le renverse et si on le redresse alternativement plusieurs fois de suite, on fera passer de l’hydrogène dans le tube CD tandis que le mercure montera dans l’ampoule. Bref, l’état de fonctionnement est instable. Cela n’a absolument aucun inconvénient, parce qu'il est très facile de faire repasser le mercure et l’hydrogène à la place qu’ils doivent occuper. De tels instruments peuvent être transportés dans une position quelconque; il suffit qu’on les ramène une fois pour toutes dans l’état de fonctionnement ci-dessus décrit au moment de les installer dans l’appareil de chauffage.
- (•n peut donner à ce régulateur des formes et des dimensions très diverses, en rapport avec les caractères et l'usage particuliers des appareils dont ils doivent régler la température.
- La figure 2 représente une étuve de petites dimensions, pour la bactériologie. Elle est chauffée intérieurement par des fils métalliques disposés contre le fond et les parois vitrées. La ligure 3 représente une couveuse pour enfants nouveau-nés. Ce dernier appareil se compose de deux compartiments superposés : une chambre de chauffe, et un compartiment vitré où repose l’enfant. L’air froid traverse d’abord une boite A où il dépose ses poussières sur un voile de gaz humide ; de là il traverse la chambre de chauffe, oii le radiateur lui donne la température voulue et réglée par le régulateur; ensuite il entre dans le compartiment vitré, tout autour de l’enfant, et s’échappe par l’orifice 0, ménagé dans le couvercle de l’appareil.
- Tous ces instruments — et d’autres, construits d'après les mêmes principes — fonctionnent avec une précision parfaite et un automatisme qu’il n'est pas possible d’atteindre avec tout autre mode de chauffage. Leur consommation électrique esL minime, par suite delà bonne utilisation de la chaleur. Leur commodité et leur sécurité sont très supérieures à celles des appareils chauffés par le gaz. Dr Cl. Begaud,
- Professeur agrégé ;i la Facullé de médecine du Lyon.
- CHRONIQUE
- Les poussières de l’atmosphère. — En laissant de coté les poussières introduites dans l’atmosphère par des éruptions volcaniques ou d’autres accidents, l’air ne contient qu’un petit nombre de métaux, dont le sodium, le calcium, le magnésium, l’aluminium et surtout le nickel, le cobalt et le fer. Ils ont une origine terrestre, à T exception de ces derniers, qui peuvent provenir des profondeurs de l’espace. La proportion des matières solides de l’air ne paraît pas assez considérable pour jouer un rôle bien important dans la physique du globe, mais parmi elles, il y a environ un tiers deinatières organiques très combustibles, contenant des germes vivants, qui remplissent un rôle très important par les conséquences pathologiques qu’elles entraînent1.
- Monts Everest et tiiaurisankar. — Le colonel Wood au Népal, en 1905, a définitivement établi que le Gaurisankar de Scldagintweit a été jusqu’ici confondu à tort avec le mont Everest. Le Gaurisankar, haut de 7145 mètres, est placé devant le mont Everest et le masque : celui-ci aurait 871>7 mètres ou 8817 mètres. Le mont Everest ou pic XV reste la plus haute montagne connue, quant à présent.
- La cachette d'un mineur. — Les ouvriers employés aux mines d’or, de diamant, imaginent toutes sortes de subterfuges pour escamoter des pépites d’or, des pierres précieuses. Les mineurs birmans des mines de rubis recourent à une cachette chirurgicale. Ils se font une incision dans telle partie du corps et y logent le
- 1 D après M. llitle, de 1 Institut. Ciel et terre, lfi janvier 1905, p. 535.
- p.302 - vue 306/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 507»
- rubis sous la peau ; ils savent disposer un bandage qui permet une cicatrisation rapide. Us se font ensuite une autre incision pour rentrer en possession de ce bien mal acquis.
- Les conserves à chauffage automatique «le l'armée russe. — On emploie depuis un certain temps dans l’année russe, du moins pour les détachements qui n’ont pas la possibilité d’allumer du feu, des boîtes de conserves entourées d’une double enveloppe partagée en deux compartiments séparés par une cloison : l’un deux contient de la chaux vive et l’autre de l’eau. En établissant une communication entre les deux compartiments, la chaux s’hydrate et sa température s'élève assez pour donner une bonne chaleur aux aliments renfermés dans la boite.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 avril 1905. — Présidence de M. Troost.
- MM. Scott, Olivier et Lercb savants étrangers assistent à la séance.
- Application des lubes de silice fondue. — M. Ber-thelot rappelle les expériences de M. Henri Sainte-Claire Deville sur la circulation de certains gaz ou mélanges gazeux dans le tube chaud-froid. Dans ces expériences, l’une des parois de l’enveloppe est à une température de 0° et l’autre à une température voisine de 1500°. M. Berthelet observe que la température du gaz n’est pas homogène et que rien ne prouve que les corps déposés sur la paroi froide se soient formés sous l’influence de la haute température. Or, des gaz enfermés dans un tube de silice à la température de 1500° peuvent être, en moins d’un dixième de seconde, ramenés à une température voisine de 0°, sans que le tube se brise. Dans ces conditions, on n’obtient plus les corps signalés par M. Sainte-Claire Deville : plus d’ozone dans l’oxygène, plus d’acide azotique dans un mélange d’azote et d'oxygène, etc. M. Ber-thelot estime que la formation de ces corps est le résultat d'actions électriques.
- Développement de la capsule surrénale. — M. Edmond Perrier présente une Note de M. Rémy Perrier, sur une particularité de l’anatomie des édentés. Dans son travail, l’auteur signale ce fait extraordinaire, que chez les Unau, la capsule surrénale atteint deux fois et demie le volume du rein.
- Le rôle possible des charriages en métallogénie. — M. Michel Lévy présente une Note de M. L. De Launay, dans laquelle l’auteur appelle l’attention sur l’importance théorique et pratique qu’il y aurait à faire intervenir la notion nouvelle des charriages horizontaux dans l’étude des gîtes métallifères : la conséquence industrielle pouvant être qu’un tronçon de filon, emporté avec une nappe charriée, se trouve brusquement interrompu à la base de celle-ci. Il applique cette idée d’un déplacement horizontal au gîte cuivreux célèbre de Monte Catini en Toscane. Ce gîte devient beaucoup plus compréhensible si l’on suppose, après la cristallisation des minerais, un transport horizontal mécanique, qui les aurait morcelés, suivi d’une altération chimique qui les aurait transformés avec concentration du cuivre.
- Le carbonifère saharien. — M. de Lapparent analyse un travail de M. Ilaug sur les fossiles carbonifères recueillis par M. Foureau dans le Sahara algérien. L’auteur conclut que les seuls étages représentés dans cette région sont le Moscovien et l’Ouralien. Les grès de la base renferment
- des moulages de Lépidodendrées, qui n’appartiennent pas, comme on l’avait cru d’abord, à l’étage inférieur ou di-nantien. De cette manière, les formations, qui, d’ordinaire, renferment de la houille, sont ici à l’état de dépôts marins et il faut, sans doute, renoncer à l’espoir de trouver du charbon dans la région de l'Erg. Ch. l»k Yii.ledeul.
- LE SANTOS-DUMONT N“ XIII
- Après les dirigeables de course, les dirigeables omnibus et longs courriers. L’actuelle préoccupation de M. Santos-Dumont est d’aborder cette nouvelle face du problème et la construction de son modèle n° XIII est disposée pour satisfaire aux conditions particulières d’une bonne patache aérienne, qui ne tient pas à aller vite, mais qui peut rester longtemps en l'air. Or, le défaut de nos habituels ballons est précisément qu’ils semblent ne fuir le sol qu’à regret, et c’est, entre eux et leurs pilotes, une lutte de tous les instants pour les empêcher d’atterrir prématurément. On ne peut pas, en effet, citer comme pratique courante les magnifiques ascensions qui menèrent le comte de la Yaulx ou M. J. Balsan à des milliers de kilomètres de leur point de départ en passant près de deux jours dans les airs : la caractéristique des voyages en ballon, c’est leur brièveté, et cette brièveté provient de ce que l’on n’a, pour combattre les fantaisies du ballon, que du lest et du gaz ; le gaz, c’est l’unique source de la force ascensionnelle, et l’on doit en user avec parcimonie ; quant au lest, ses dernières parcelles dépensées rendent imminente la fin du voyage.
- On a bien souvent cherché un moyen de manoeuvre moins précaire et celui qui vient tout naturellement à l’idée consiste à agir sur le gaz lui-même, à le dilater ou à le contracter, suivant le cas, ce qui revient à faire varier à son gré la force ascensionnelle.
- Quelques inventeurs ont proposé de réchauffer la masse gazeuse par des injections de vapeur; d’autres, pour éviter le mélange, font circuler celle-ci dans un serpentin ; mais, si l’idée théorique est séduisante, on s’aperçoit, à l’examiner d’un peu près, que sa réalisation se heurte à bien des objections.
- On atteindrait le même but en construisant un ballon mixte, moitié à gaz, moitié montgolfière; et comme, pour la montgolfière, on peut faire varier la force ascensionnelle avec la température, on aurait ainsi le moyen de rétablir à chaque instant l’équilibre vertical, sans dépense de lest proprement dit, la seule diminution de poids provenant de la consommation assez minime de combustible qui se dissipe en fumée.
- Telle est la solution adoptée par M. Santos-Dumont. Pilàtre de llozier l’avait tentée avant lui et l’on sait que l’expérience lui coûta la vie, en 178b; mais on n’avait pas alors, comme aujourd’hui, la possibilité de faire du feu presque en vase clos, ou tout au moins suffisamment protégé, pour espérer y soustraire la dangereuse bulle gazeuse toujours
- p.303 - vue 307/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 504
- prête à faire explosion à la moindre étincelle.
- Le Santos-Dumont XIII est encore un allongé ; mais son constructeur, n’exigeant pas d’aller vite, a donné à son enveloppe une forme trapue. C’est un ovoïde de 19 mètres de longueur pour un diamètre de 14m,50 au maître-couple, soit un allongement très réduit de lm,51. Le volume de la poche gazeuse est ainsi de 1902 mètres cubes. Cette enveloppe est en soie. Elle se prolonge, à sa partie inférieure, par une seconde poche en forme de poire, dont l’enveloppe est en coton verni et qui constitue une petite montgolfière de 171 mètres cubes de capacité.
- Le ballon à gaz proprement dit est muni d’une soupape supérieure de manœuvre, comme à l’ordinaire, et de deux panneaux de déchirure pour les cas extrêmes où il faut descendre à tout prix. Les panneaux de déchirure permettent un dégonflement rapide dans le cas d’un atterrissage mouvementé par grand vent, susceptible de déterminer un traînage dangereux. Enfin, le ballon possède un clapet de sûreté automatique, permettant la sortie du gaz en excès lorsque la pression intérieure est trop forte.
- Ce clapet est situé dans la région équatoriale, assez loin par conséquent de la nacelle pour que l’on ait peu à craindre que le feu atteigne la traînée gazeuse qui s’en échappe. On peut — en dehors de son jeu automatique — ouvrir cette soupape à la main, au moyen d’une corde de manœuvre.
- La suspension exigeait une organisation toute spéciale. Elle part de deux ralingues fixées à l’enveloppe du ballon, un peu au-dessous de la région équatoriale, où s’attachent par des pattes d’oie les suspentes ou cordes de suspension. Celles-ci aboutissent à une poutre armée horizontale formant, en son milieu, un cadre auquel viennent se fixer les lèvres de l’orifice inférieur de la montgolfière. C’est au-dessous de cet orifice et de la poutre armée qu’est suspendue la nacelle, assez bas pour que les réchauds destinés au chauffage de l’air, dans la montgolfière, se trouvent à 7 mètres au-dessous de la poche à gaz, précaution indispensable si l’on veut éviter toute chance d’incendie.
- Ces réchauds sont constitués par deux brûleurs
- à pétrole formés de deux serpentins cylindriques où le pétrole s’échauffe avant de sortir par les becs où il brûle. Le réservoir de 12 litres qui les alimente est mis sous pression au moyen d’une pompe de bicyclette. Comme dans tous les brûleurs de ce genre, on amorce la vaporisation du pétrole et l’allumage, en brûlant un peu d’alcool dans une coupelle placée sous les becs; c’est l’affaire de quelques minutes.
- Le bec et le serpentin de chacun des brûleurs sont entourés d’un cylindre en tôle; mais, en outre, pour que la flamme ne puisse pas se développer à nu, on a recouvert le réchaud d’un capuchon métallique percé de trous par où s’échappe l’air chaud, qui se divise ainsi en filets et se répand dans toute la masse, de la montgolfière.
- Telle est la partie véritablement caractéristique de ce nouveau ballon.
- Quant aux appareils de propulsion, encore qu’essentiels puisqu’il s’agit d’un dirigeable, ils sont un peu sacrifiés au but principal qu’on se propose d’atteindre. Ils comprendront un moteur d’une puissance non encore déterminée, mais assez réduite, actionnant une hélice de 4 mètres de diamètre, en étoffe tendue sur un cadre rigide; cette hélice à orientation variable servira à la fois à la propulsion et à la direction du ballon. La vitesse que M. Santos-Dumont veut réaliser est très modeste; elle ne serait guère que de 5 à 4 mètres, ce qui suppose ({lie les expériences seront exécutées par temps calme.
- Le ballon a été mis en gonflement le 28 décembre 4904, au parc de l’Aéro-Club, à Saint-Cloud; mais pendant le réglage de la suspension, le 31 décembre, une forte rafale s’engouffrant dans le hangar rabattit le ballon dont l’enveloppe fut déchirée. Depuis cette époque, on a procédé à la réparation et, incessamment, le hardi sportsman brésilien va procéder aux essais préliminaires qui doivent permettre d’apprécier le bon fonctionnement des appareils thermiques et la parfaite sécurité de leur emploi, avant qu’il soit prudent de s’aventurer dans les airs. L^colonel G. Espitallier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Le Sautos-Duniont n° XIII.
- Paris. — Iiniuiinerie Laiiuke, rue de Fleurus, 9.
- p.304 - vue 308/536
-
-
-
- Le développement si remarquable du Japon, dans ces dernières années, a été accompagné par un essor parallèle dé son industrie minérale. Il y a longtemps que l’on exploite des mines 'au Japon, et le vieux Japon, le Japon artistique et pittoresque de jadis, a connu les travaux de mines, comme suffirait à le prouver la reproduction donnée ici d'une estampe du peintre célèbre lliroshigué (1786-1858); mais c’est hier que le Japon s’est avisé de devenir l’Angleterre de l’Extrême-Orient, d’alimenter la Chine en charbon, en fer, en acier, en cuivre, par des Cardiff, des Sheffield ou des Swansea. Je dirai d’abord quelques mots des minerais métalliques exploités au Japon, parmi lesquels ceux de cuivre ont seuls jusqu’ici une valeur très sérieuse et je passerai ensuite à la question plus importante de la houille et du fer.
- La plupart des minerais métalliques du Japon se trouvent dans des filons complexes, probablement reliés aux venues éruptives tertiaires et où l’on trouve, en proportions variables, les sulfures de fer, de cuivre, de plomb argentifère, etc. ; il est possible que certains gisements de cuivre appartiennent, en outre, à une formation plus ancienne.
- L’industrie du cuivre est une des plus vieilles au Japon, et le cuivre extrait de ces mines, combiné avec l’étain de Malacca, a permis la fabrication des bronzes fameux, qui sont dans tous nos musées. Cette production de cuivre, qui représentait, en 1892, 14 à 15 millions de francs (environ 20000 tonnes), est montée en 1897 à 20 millions pour un
- 33e année, — lei semeslre.
- tonnage analogue (par suite de la hausse du cuivre) et, en 1902, h 30251 tonnes métriques.
- Les deux principales mines productrices sont celle d’Ashio (Totsigi) au nord de Tokio, qui fournit seule près d’un tiers du cuivre et celle de Besshi dans l’ile de Shikoku, qui contribue pour 20 pour 100 au chiffre total; puis viennent une
- série de petites mines situées dans la province de Akita au nord de la grande île (Üsarusawa, etc.). Dans tous ces points, on exploite des veines de quartz avec pyrites de fer et de cuivre ; mais les conditions de gisements diffèrent. A Ashio, des veines nombreuses et complexes se trouvent à la limite des rhyoli-thes et des terrains paléozoïques; à Besshi, on a, dans les schistes cristallins, une grosse lentille de pyrites avec magnétite et quartz, analogue à celles que l’on rencontre en certains points des Alpes, de la Norvège ou du Na-maqualand, d’où l’on peut extraire des minerais entre 4 et 8 pour 100 de cuivre. Enfin, dans la région d’Akita, les filons plus nombreux et compliqués traversent le tertiaire avec un remplissage de sulfures divers, où l’on recherche les chalcopyrites parfois légèrement aurifères.
- Les mines d’Ashio comportent une installation de préparation mécanique, des stalles et réverbères pour le grillage, six walerjackets pour la fusion et quatre convertisseurs Manhés pour le raffinage; le métal est purifié aux environs de Tokio par la voie électrolytique. A Besshi, oii les travaux descendent
- 20
- p.305 - vue 309/536
-
-
-
- 506
- LA NATURE.
- jusqu’à 544 mètres de profondeur, on fait également le grillage, et deux fusions successives, la première au waterjacket, la seconde au réverbère. Près de la moitié du cuivre obtenu (9 à 10 000 tonnes en 1895) est exportée à Hong-Kong; la même année, 1600 tonnes sont parties pour l'Allemagne, 1000 tonnes pour l’Angleterre et à peu près autant pour la Chine.
- Après le cuivre, les métaux, dont la production atteint les chiffres les plus élevés, sont l’argent (5 à 7 millions de francs par an de 1892 à 1897,
- H Houille,
- Fe 1er-Cu Cuu>rC'
- Sb Antimoine,
- Or*, Ag Or et Argent _____ Chemins d& fèr
- Kilomètres.
- HOKKAlDOj
- ^ ^SoïXU'hî (
- 200 3oo koo
- LOdate
- OCÉAN:
- O N
- Tliogo
- HI K OKU
- COREE
- -PAC! F t QU E
- Fig. 2. — Carte des mines du Japon.
- 15400000 en 1902); l’or (5 millions en 1897, 8 500000 en 1902); l’antimoine (600000 fr.); le plomb (627 000 fr. en 1902); l’étain (55000 lr.); puis, comme substances minérales, le soufre (800000 francs à 1 million) et le pétrole (environ 900000 francs en 1897, plus de 5 000000 en 1902). Parmi les mines à'argent, on cite surtout celles d’innai, au sud de la préfecture d’Akita, qui vient déjà d’être signalée pour ses minerais de cuivre, et celle d’ikuuo (Hiogo). L'or vient en grande partie de la préfecture de Kagoshima, tout à fait au sud de l’ile la plus méridionale (liiushu), où il existe une série de filons quartzeux avec pyrites de fer et de cuivre et or natif, traversant des tufs andésitiques et des andésites amphiboli-
- ques ; on exploite également avec activité la vieille mine d’Aikawa, dans l’ile de Sado, sur la cote ouest de la grande de, où les liions de quartz aurifère et argentifère sont aussi en relation probable avec des roches éruptives récentes.
- L'antimoine est exploité principalement dans la région cuprifère de Saijo et Besshi dans l’ile de Shikoku.
- Le pétrole provient de la région d’Amase, à l’ouest de la grande île, en face l’ile de Sado. Cette production, qui était de 15000000 litres en 1895, est montée à 42000000 litres en 1897 et à 117 000 tonnes (valeur 5 500 000 francs) en 1902. Le reste de la consommation japonaise vient, pour les 4/5, d’Amérique et pour 1/5 du Caucase.
- Enfin le soufre est tiré des solfatares volcaniques.
- La question de la houille et du fer présente, je n’ai pas besoin de le dire, pour l’avenir industriel du Japon, une importance tout autre que les exploitations métalliques ou minérales dont nous venons de parler. Un pays, qui prétend acquérir la prépondérance industrielle et économique autant que politique dans tout l'Extrême-Orient en refoulant les Occidentaux, doit posséder une métallurgie; et cette métallurgie, comme nous allons le voir, on a prétendu, en effet, l’improviser en la créant de toutes pièces. Il ne semble pas, jusqu’ici, que le résultat ait répondu ni aux dépenses, ni aux efforts et l’Europe ou l’Amérique continuent à fournir au Japon sa fonte ou son acier; mais les charbons japonais jouent déjà un très grand rôle, qui intéresse particulièrement nos possessions françaises parce qu'ils concurrencent nos charbons du Tonkin1.
- La production de la houille au Japon était de 5 millions de tonnes en 1892, 5 millions en 1897, elle est montée à 9,5 millions en 1902. 6,5 millions sont’ consommés au Japon, où il arrive en outre 3 millions de tonnes de l’étranger ; inversement, 5 millions sont exportés sur toute la côte asiatique de Vladivostok à Singapour, surtout en Chine et à Hong-Kong : la consommation intérieure, malgré son énorme développement, ne dépassant pas encore 9 millions de tonnes. Les concurrents pour cette exportation sont les charbons du Bengale, qui, ayant doublé leur production depuis six ans, arrivent à 7,5 millions de tonnes (1902), les charbons australiens (7 millions de tonnes en 1902), les houillères permorcar-bonifères de Kaïping dans le Petchili (700000 tonnes en 1902) exploitées par la Chinese mining and Engineering C°, entre Takou et la grande Muraille, et nos mines de Hongay au Tonkin (500000 tonnes en 1902). 11 faudra, en outre, compter dans l’avenir avec les charbons paléozoïques de Mandchourie, situés le long du Transsibérien, par exemple avec les mines d’anthracite de Yentaï, au voisinage desquelles viennent de se livrer de si terribles combats, ou encore les charbons gras d’ilou et de Fou-Choun. Quant aux gisements de la Chine
- 1 Voir, sur cette question, deux excellents articles de M. Heurte au dans les Annales des mines (7 et 8e livraisons de 1904;.
- p.306 - vue 310/536
-
-
-
- LA NATURE.
- o (J 7
- méridionale, on les a beaucoup étudiés dans ces dernières années, mais sans arriver encore à la période d’exploitation active.
- Sur la production japonaise, 82 pour 100 viennent de l'ile du Sud (Kiushu), où l’on exploite, dans le bassin de Chikuho (Shinnyu,Namazuta), à Karatsu et à Miike, des charbons tertiaires pouvant donner du coke. Dans le bassin de Chikuho, le charbon contient 40 à 45 pour 100 de matières volatiles avec 3 à 6 pour 100 de cendres, et, d’ordinaire, beaucoup d’eau ; son pouvoir calorifkpie est de 7 à 8000 calories. II y a généralement deux couches : l’une de 1 mètre à lm',50; l’autre de lm,50 à 2>“,40.
- L ile du Nord, Hokkaido (autrefois Yéso), renferme un long affleurement de charbon tertiaire (Yubari, Poronaï, Sorachi) très gras et assez pur, qui fournit près de 1 million de tonnes et dont il existe, dit-on, près de 600 millions de tonnes.
- Enfin, dans la grande ile, les provinces de Hitachi et de Nagato fournissent un peu de charbon d’âge rhé-tien comme celui duTonkin(450 000 tonnes à Iwaki), qui est de qualité médiocre et utilisable seulement pour la consommation locale.
- En résumé, le charbon ne manque pas au Japon; les mines d’Hokkaido ou de Kiushu peuvent fournir de grandes quantités de houille grasse, qui, tout en étant trop riche en matières volatiles pour une production économique de vapeur, peut être néanmoins utilisée comme charbon à vapeur et à gaz et comme charbon de soute. Les prix franco à bord varient de 15 a 25 francs. Le grand développement des cotes et l’activité de la navigation au Japon permettent, d’autre part, la concentratù n facile, sur un même point, de la houille et du fer, e’est-ù-dire la création d’usines métallurgiques; néanmoins, malgré des efforts énormes de la part du gouvernement, cette question du fer est encore très peu avancée.
- Dès 1875, cependant, le gouvernement avait fait construire, par des ingénieurs anglais, une première usine située à Kamaïchi (Hikuchu), au nord-est de la grande île, au voisinage de quelques amas de magnétite aujourd’hui presque épuisés. L’usine, qui coûta 12500 000 francs, dut être recédée en 1887 pour 100 000 francs à un industriel, qui la ferma peu après.
- En 1801, on a fait établir par des ingénieurs allemands une seconde usine à Wakamatsu, dans l’ile du sud (Kiushu), non plus près des mines de fer, mais près du bassin houiller de Chikuho, à l’ouest du port exportateur de Moji. L’usine, qui est, parait-il, fort belle et très moderne, avec 2 hauts fourneaux, fours à coke, aciérie Besseiner, aciérie Martin, laminoirs, etc., a coûté plus de 70 millions de francs. En 1903, on n’a pu arriver à lui faire produire plus de 35000 tonnes de produits finis, dont 30 000 tonnes de rails ; l’un des hauts fourneaux, après avoir marché deux ans à une production restreinte, a dû être arrêté deux autres années et le second n’a pas été allumé; les deux convertis-
- seurs Dessemer de 10 tonnes ne fonctionnent que pur intermittence.
- Cette usine est surtout alimentée par les mines de fer chinoises de Tayeh (Houpé), qui lui fournissent des magnétites hémalisées à la surface, à teneur de 65 pour 100; il vient également un peu d’hématite friable d’Akadani, près Niigata, sur la cote ouest de la grande île; de \anahala (grande île) et de la Corée. I) une façon générale, le Japon ne parait pas riche en grands gisements de fer. Mais la plus grande difficulté pour l’usine est la question commerciale. La production du train à r ûls et à poutrelles, qui pourrait monter facilement à 90000 tonnes, n’a, comme contre-partie dans le pays, qu’une consommation de 60 000 tonnes de rails et pas de poutrelles. Il est évident que le Japon aurait, pendant longtemps, à meilleur compte du fer et de l’acier en s’adressant aux nombreux fournisseurs concurrents de l’Europe et de l’Amérique. La question nationale, dont 1 importance apparaît spécialement dans une phase comme celle que traverse aujourd'hui le pays, justifie seule, pour le moment, une semblable tentative métallurgique, qui ne pourra trouver sa rémunération industrielle que dans un lointain avenir.
- P. Sxlliou.
- LES ABRIS EN HORTICULTURE
- Les circonstances économiques, la nécessité et le désir d’oblenir des produits de choix ont obligé les arboriculteurs du centre et du nord de la France, et les producteurs de primeurs des contrées méridionales à rechercher des abris efficaces parant à l’influence des gelées de printemps, du rayonnement nocturne et surtout empêchant le contact immédiat des rayons solaires sur les plantes congelées ou recouvertes d’une rosce glacée, désastreuse pour celles-ci. Il suffit, en effet, d’une matinée ensoleillée succédant à une nuit froide pour anéantir en quelques heures le produit d’un labeur de plusieurs mois. Les variations atmosphériques contribuent, en outre, à propager les affections cryplogamiques et sont, de ce chef, importantes à éviter.
- Il ne faut pas oublier que le rôle des abris nocturnes et de tout ce qui lait obstacle au rayonnement n’est pas limité cà la seule protection des végétaux contre les gelées blanches, mais qu’il favorise notablement leur développement. • .'
- En utilisant les abris volants ou mobiles, paillassons, claies, toiles d’une façon continue au printemps, les productions légumières, florales, fruitières sont beaucoup plus belles et le rendement accru.
- Ces abris entravent la formation de la rosée à la surface des feuilles, font obstacle par cela meme à la germination des spores qu’elles peuvent recevoir, et à la propagation des divers champignons parasites i tavelure des poires, (Fusicladum pirinum); mildiou (Peronospom viticola) ; meunier des laitues, (Peronotpora gangliiformis). Employés au prin-
- p.307 - vue 311/536
-
-
-
- 508
- LA NATURE.
- temps comme à l’arrière-saison, ils favorisent également la beauté et la qualité des fruits.
- Les fruits les plus beaux, présentés chaque année dans les expositions parisiennes par un amateur habile, profitent de l’influence des abris qui recouvrent entièrement le jardin.
- En Algérie, en Tunisie, dans le midi de la France même, des abris fixes sont installés à demeure ; mais ils jouent principalement le rôle de coupe-vents, et ils doivent continuer à remplir ce rôle dans les cultures légumières de primeurs : haricots, pois, fraisiers, etc.
- On préfère en général les abris en toile légère dite d’emballage, adoptés, avec différents systèmes permettant de procéder à la pose et à l'enlèvement rapide.
- Pour que ces abris soient pratiques, il convient qu’ils réunissent la simplicité et l’économie d’installation à la rapidité de mise en place et à la plus grande durée possible. Nous conseillons de préférence les toiles comportant des lisières larges et renforcées, dont la durée sera augmentée en les sulfatant par une immersion dans une solution cuprique à la dose de lks,500 à 2 kg de sulfate de cuivre pour 100 litres d’eau ; on peut aussi les passer bien égouttées, dans un bain de tan au dixième, soit un litre d’extrait tannant liquide pour dix litres d’eau. Leur disposition est faite en auvent ou en toiture, au-dessus des arbres en plein vent et des plantes légumières et florales ; dans ces conditions, on les installe de telle façon que, tout en protégeant la plante ou l’ar-
- bre, ces abris ne les privent pas de l’air, de la lumière et de la place nécessaire à leur développement. On conçoit que les systèmes adoptés sont nombreux, plus ou moins pratiques et toujours perfectibles.
- Pour les cultures légumières dans le midi de la France, M. Cha-baud a trouvé un dispositif ingénieux. Sur des piquets enfoncés dans le sol, tous les 6 mètres, suryla ligne et avec un écartement de 2 mètres, sont tendus des lils de fer, sur lesquels glissent les anneaux soutenant la toile.
- La toile, disposée en bandes de 6 mètres de longueur sur 20 mètres de largeur,est tendue horizontalement. Ces bandes sont reliées les unes aux autres par 6 ou 7 et commandées par la même corde, qui les fait manœuvrer simultanément : un ouvrier un peu actif couvre ou découvre donc 84 mètres de surface en une minute. Les photographies (fîg. 2 et 4) montrent précisément un champ de fraisiers, les toiles étant étalées pour la nuit, puis ramassées pour la journée. En prévision des froids on ajoute même des lés de toile latéraux, pour mieux abriter les cultures.
- On a remarqué, dans les expériences faites avec ces abris, quinze jours à un mois d’avance pour les cultures ; c’est ainsi qu’à ilyèrcs, des haricots, semés dans les parties les moins favorisées, ont été récoltés avant ceux des situations les plus chaudes et que des fraises ont pu être récoltées en plein air le 20 avril.
- Cela se conçoit, car ces toiles emmagasinent et con-
- p.308 - vue 312/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 509
- centrent la chaleur, en évitant le refroidissement du sol par le rayonnement nocturne. Elles ont pu préserver les plantes couvertes contre une gelée momentanée de 8 degrés. Ce même système peut servir pour
- abriter les vignes en cepées basses ou en petits contre-espaliers dans le midi; mais il est moins applicable à la protection des arbres fruitiers dans le nord de la France, bien que l’on tende parfois cgale-
- Fig- 3. — Système d’abri Dufour recouvrant les espaliers et contre-espaliers d’un verger.
- ment des abris de toile horizontalement. En général ces abris sont disposés en forme d’auvent (tîg. 5). À cet effet, un fil de fer est tendu au faite du mur et un autre en bas à environ 80 centimètres. Au lieu d’anneaux, des agrafes spéciales à pression en font office et permettent de poser les toiles ou de les enlever à volonté dans la journée, les panneaux glissant à l’aide des agrafes. Afin d’éviter les déchirures, M. Dufour a eu l’idée de faire tisser des fils de laiton dans la lisière.
- On a aussi imaginé des abris spéciaux pour les arbres fruitiers de plein vent, en buisson, en quenouille, en pyramide ou à petites tiges (fig. 1), dont quelques essences, comme les pêchers ou abricotiers, sont exposées, par la précocité de leur floraison, aux gelées tardives ainsi qu’aux pluies froides encore plus néfastes.
- On dresse au milieu de la ramure un bambou de la hauteur des plus grandes branches, et on l’attache solidement contre le tronc <Vplusieurs endroits. Le
- bambou a l’avantage d’être très léger, solide et imputrescible. Au sommet du bambou, on place un support en fil de fer pour soutenir et former l’écartement de la toile abri, qui est ensuite fixée à des piquets enfoncés dans le sol à la façon d’une petite tente. Ce dispositif a été quelque peu per-fectionné par l'adjonction d’une charpente intérieure, ainsi que le montre la fig. 1, qui présente cet avantage d’écarter un peu plus la toile de l’extrémité des branches.
- Ces deux modèles peuvent aussi servir de moyen de défense contre les moineaux, en enveloppant ainsi les cerisiers et, en même temps, de conserver plus
- p.309 - vue 313/536
-
-
-
- SK)
- LA NATURE.
- longtemps les fruits sur l’arbre, après avoir favorisé leur formation au printemps.
- Albert M.vtmexé.
- LES GRANDES
- ÉPREUVES AUTOMOBILES DE 190S
- ALGER-TOU LON
- Les grandes épreuves automobiles de 11)05 seront incontestablement et par ordre de date la course Alger-Toulon et la coupe Gordon-Bennett.
- Chose curieuse et caractéristique de l’année 1005, l'une de ces deux grandes manifestations est nautique. C’est que l’automobilisme, en créant pour la route un moteur robuste, léger, infatigable, avait, du même coup, créé un moteur marin, au premier chef, capable de fournir sans interruption les plus longues étapes.
- On fut long, dans le monde des marins, à reconnaître les qualités avantageuses du moteur à explosion ; mais quelques grandes manifestations, telles que les courses de Paris à la mer, les courses de Monaco, etc., imposèrent à la foule les constatations déjà faites par les techniciens.
- Cependant, des régates en rivière ou le long des côtes ne constituaient pas une démonstration suffisante : elles montraient ce qu’on pouvait réaliser avec le moteur à explosion comme appareil moteur d’un petit bateau, mais elles ne constituaient pas cependant la preuve indéniable que le moteur à explosion pouvait aussi bien, sinon mieux que son frère aîné, le moteur à vapeur, affronter la haute mer et les longues étapes entre le ciel et l’eau.
- Un journal parisien, le Malin, par la personne d’un de ses rédacteurs, M. Lestonnat, ancien officier de marine, conçut alors un projet de course en pleine mer, sur un parcours suffisamment dur pour faire une expérience probante, et cependant d’une distance compatible avec les faibles dimensions des canots et petits yachts qui doivent y prendre part. Ce parcours sera Alger-Toulon avec étape intermédiaire à Port-Mahon dans les Baléares.
- Le trajet ainsi imposé aux concurrents est pratiquement réalisable pour tous et ne constitue pas l’acrobatie dangereuse que serait le parcours le Havre-New-York proposé l’an dernier.
- La commission d’organisation a d’ailleurs élaboré avec méthode le règlement de l’épreuve et de ses annexes, comme nous allons le montrer par une brève analyse.
- L’étape de Mahon permet d’effectuer l’étape en deux croisières : Alger-Mahon (198 milles marins), Mahon-Toulon (207 milles), ce qui supprime à peu près totalement les risques de la navigation de nuit, assez grands pour un bateau ayant un horizon très limité, comme c’est le cas de ces embarcations très rases sur l’eau.
- D’ailieut's- des épreuves préalables, sur des parcours réduits, permettront 'd’apprécier les qualités nautiques des bateaux concurrents et de refuser le départ à ceux qui ne paraîtront’ pas offrir une sécurité suffisante. Il faut être, en effet, très prudent, car cette course doit avoir une importance industrielle et une influence durable sur la dissémination du moteur à explosion dans la marine et non simplement se terminer par une simple victoire sportive acquise au prix des pires imprudences.
- Le départ sera donné d’Alger dans le courant d’avril, lorsque les in lications météorologiques sembleront favorables. « Cependant, dit M. Lestonnat, la traversée Alger-Toulon est divisée en deux bassins par les îles Ba-
- léares, et l’on peut être à peu près certain que, si le temps est beau dans l’un, il sera dur dans l’autre; que, si la mer est unie dans l’un, elle sera hachée dans l’autre. C’est une éventualité presque certaine et qui tient au régime bien connu de la Méditerranée. »
- Aussi tous les concurrents ont-ils cherché à se défendre le plus efficacement possible contre l’embarquement de paquets d’eau par une vague.
- Les épreuves préalables, auxquelles nous faisions allusion plus haut, seront courues sur les parcours Nice-Toulon, Toulon-Marseille, avec une pointe vers la haute mer.
- Le premier parcours (80 milles) par temps calme permettra de vérifier le rayon d’action, la navigabilité du bateau, et de constater si la machinerie annexe est, notamment en ce qui concerne l’épuisement de la cale, suffisante pour parer à toute éventualité. La deuxième, en haute mer, fournira des données précises sur la tenue à la lame.
- Aucune condition restrictive n’est imposée aux bateaux ni aux moteurs; il est seulement exigé une vitesse mi-nima de 12 nœuds par temps calme. Le ravitaillement en cours de route est interdit.
- La grosse difficulté pour de petits navires à grande vitesse est de tenir la route avec exactitude, étant donné l’affolement du compas par les coups de roulis et la brusquerie des changements de direction.
- Elle aurait peu d’importance dans une traversée ordinaire ; dans une course, elle pourrait conduire un concurrent à s’écarter beaucoup de la route la plus directe. Cette difficulté n’existera pas dans Alger-Toulon, grâce à la précaution prise, dans un but de sécurité, de faire accompagner chaque concurrent par un contre-torpilleur, fourni par les marines française et italienne. Enfin, il est exigé l’embarquement d’un marin expérimenté et d’un mécanicien habitué à la mer.
- L’importance pratique de telles courses est plus grande qu’il ne paraît à première vue. Le moteur à explosion est beaucoup plus léger, moins encombrant, plus facile d’installation que le moteur à vapeur et surtout son auxiliaire nécessaire, la chaudière. Aussi permet-il la réalisation commode de navires à voiles avec moteur auxiliaire, dont l’application au cabotage et à la pêche est plus avantageuse que celles du voilier ou du vapeur. Malheureusement l’industrie actuelle n’a guère dépasse 100 ou 120 chevaux comme puissance maxima pour ces moteurs à grande vitesse à explosion, destinés à jouer un rôle auxiliaire, et cette puissance est insuffisante pour des voiliers un peu grands. Si quelques courses comme Alger-Toulon se succèdent pendant quelques années, nous verrons que les constructeurs, poussés par la concurrence et le besoin de vaincre à augmenter chaque fois la puissance, parviendront peu à peu à établir des moteurs de 1000 à 1500 chevaux, qui satisferaient à tous les besoins de la marine à voiles, puisque, pour des tonnages exigeant des puissances plus élevées, on aura toujours avantage économique à abandonner complètement la voile et à revenir au steamer. Léo Robida.
- UN RÉGULATEUR DE ROUE HYDRAULIQUE
- Ce dispositif — imaginé, croyons-nous, par la maison anglaise qui le construit — est spécialement destiné aux roues hydrauliques Pelton ; mais il nous semble qu’il pourrait s’appliquer à beaucoup d’autres engins hydrauliques, où l’eau arrive par des ajutages, et où l’on désire être à même de modifier, de régler l’intensité de l’effort
- p.310 - vue 314/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 511
- exercé pnr le fluide moteur. D’une manière générale, l’étranglement de l’orifice de sortie, la diminution de surface de la section donnant passage à l’eau, n’est pas sans offrir des inconvénients sérieux : c’est qu’en effet, comme l’indiquait notre savant collaborateur, M. Bonnin, à propos des turbines, un coup de bélier peut se produire brusquement par suite de l’augmentation de la pression dans la conduite. Souvent donc on a cru trouver la solution, particulièrement dans les roues Pelton, en recourant à une combinaison qui permet d’incliner l’ajutage, de façon qu’il ne lance que plus ou moins partiellement le jet liquide sur les augets; mais il faut alors, à la base de cet ajutage, un joint flexible, et, comme il est soumis à une pression extrêmement élevée, il demeure difficilement étanche.
- L’invention que nous voulons signaler assure le même avantage sans cet inconvénient : elle se contente de détourner une partie du jet liquide au moment où il sort de l’ajutage, en divisant ce jet en deux parties, plus ou moins importantes, dont l’une va effectivement continuer son chemin primitif, frapper l’auget, mettre la roue en mouvement, tandis que l’autre est détournée au contraire,
- Régulateur de roue hydraulique.
- n’atteint plus la roue et va perdre sa force vive en frappant simplement l’enveloppe de la roue ; c’est une disposition un peu analogue à celle de la lame en éventail qu’on emploie pour étaler l’eau dans certains tuyaux d’arrosage des jardins, mais avec cette différence que le (( de-flector », comme disent les constructeurs, le déviateur, vient, non pas toucher le jet à son pourtour, mais se place dans le cœur de la veine liquide. La lame, pivotant sur deux pivots placés de part et d’autre de l’ajutage, est évidée en conséquence, afin de passer devant le bout de cet ajutage, et elle présente une courbure convenablement étudiée. Quant à la commande du deflector suivant la rapidité de marche de la roue même, elle est assurée de façon fort simple par un secteur denté solidaire d’un des pivots de la lame, et qui engrène avec une vis sans fin ; celle-ci. est montée sur un axe oblique terminé en haut par un pignon d’angle, qui, sous l’influence d’un régulateur centrifuge à boules commandant ou. non un petit embrayage à friction, vient engrener avec une roue d’angle de gauche ou une autre de droite, de manière à être entraînée, par le mouvement même de la turbine, dans un sens ou dans l’autre. Le déflecteur s’abaisse donc ou se relève suivant les besoins, ou demeure dans une situation déterminée si l'état des choses ne se modifie point.
- Évidemment cette déviation du jet fait perdre de l’eau, mais en général, dans les installations hydrauliques, on ne recherche point essentiellement une économie en la matière. D. B.
- L’ESPiGNE PRÉHISTORIQUE
- Nous ne sommes généralement pas très fixés en France sur les découvertes et les explorations archéologiques qui se font à l’étranger. Seuls les États-Unis possèdent un service merveilleusement organisé, qui publie tous les ans les si intéressants volumes que l’on connaît et auxquels La Nature a plus d’une fois emprunté la matière de curieux articles. Nous n’avons pas en France une institution de cette nature qui concentre et publie les nombreuses découvertes faites journellement dans notre sol encore si riche de trésors ignorés. A plus forte raison ne faut-il pas s’attendre à rencontrer en Espagne des publications analogues aux Reports des États-Unis.
- Et cependant, il y a considérablement à faire dans ce pays et les antiquités n’y manquent pas. Certaines populations, sur lesquelles nous sommes fort peu fixés, ont précédé les Ibères, auxquels les Celtes se mêlèrent de bonne heure. Les Phéniciens, puis les Carthaginois fondèrent de riches colonies en Andalousie et nous nous rappelons encore les si curieux tombeaux du musée de Cadix, qui ont été trouvés sur l’emplacement du chemin de fer actuel. Grecs, Romains, Vandales, Visigoths, Berbères, Arabes ont laissé dans le pays de nombreuses traces de leurs séjours. Les matériaux historiques, archéologiques et ethnographiques sont fort abondants et nombre de musées provinciaux, dont quelques-uns très riches, réservent au savant des jouissances aussi variées que profondes. Nous ne voulons parler aujourd’hui que de monuments d’un intérêt artistique fort médiocre, mais qui jettent, sur les populations préhistoriques de la péninsule, un jour assez inattendu.
- L’an dernier, M. Gomez Moreno a été chargé par une Commission du ministère de l’Instruction publique de parcourir les provinces d’Avila, de Salamanque et de Zamora pour y faire des recherches archéologiques. Il ne semblait pas que cette mission dût être bien fertile en découvertes de ce genre, rien, jusqu’alors, ne les ayant fait soupçonner. Aussi fut-ce avec un étonnement toujours croissant que M. Gomez Moreno découvrit des places fortes d’une antiquité très reculée, qui ressemblent aux citanias portugaises et aux castros de la Galice.
- Le Duero et ses affluents paraissent avoir été des voies de pénétration très suivies. Sur leurs bords, les populations primitives s’établirent dans des localités fortes par elles-mêmes, au confluent de rivières, au sommet d’escarpements qui permettaient des vues lointaines.
- Ces places, ces camps, ces cités, comme on voudra les appeler, et nous faisons en ce moment allusion à la cité de Limes près de Dieppe, sont toujours entourés d’une double ou triple enceinte, qui ne s’interrompt que dans les endroits inaccessibles. Les murs sont faits en blocages de pierres d’un mètre quelquefois, plus souvent de 0m,50 à 0ra,50, sans ciment, sans liaison régulière et don-
- p.311 - vue 315/536
-
-
-
- LA NATURE.
- nant tout à fait l’impression d’ouvrages cyclopéens. L’épaisseur de la muraille varie de 4 à 7 mètres, la hauteur totale, en raison de son état de ruine, est difficile à fixer, mais elle atteint encore 4 mètres, son parement n’est pas vertical, il présente généralement 0m,20 de fruit ou de pente, il est encore très difficile à escalader surtout s’il est composé de granit qui a mieux résisté que la pierre calcaire à la griffe destructive du temps.
- Chose remarquable, toutes ces enceintes affectent des formes rondes ou ovales plus ou moins régulières, mais ne présentent jamais de faces droites. C’est seulement dans des constructions très postérieures, comme à Santiago de Villacamps (Zamora), élevées sous l'influence romaine, qu’on rencontre des surfaces droites et des tours, mais certainement ce village était bien antérieur à sa reconstruction ldable aux autres.
- Il n’y avait pas de portes, les murailles se repliaient
- sur elles-mêmes, laissant entre elles un large passage dominé par une sorte de bastion artificiel comme on le verra dans le plan de la ville de Yecla la vieille que nous reproduisons d’après le Bulletin de la Société de géographie de Madrid. Quant aux défenses extérieures, c’étaient des fossés et des rangées de pierres pointues fichées en terre et destinées à rompre les charges de cavalerie et les lignes des assaillants qui se précipitaient à l’assaut.
- C’est surtout près de la frontière portugaise, aux
- Fig. 1. — Enceinte de Yecla
- et devait être sem-
- Fip. 2.
- Plan du château de Yecla la vieja.
- contluents du Duero et de ses tributaires, que se rencontrent ces curieuses cités. Ce sont : Moncalvo, Malgarida, les Merchanas, Yecla la vieja à l’enceinte si bien conservée, Lerilla et Urueila, Bijar, Segura de Plasencia, Ulata, les Cogatas. Mais ces villes
- mortes se pressent aussi dans le pays d’Aliste au point de surpasser en nombre les villages actuels, elles y portent, comme en Galice, le nom de castros et l'on y a trouvé des inscriptions latines et d’autres restes précieux pour déterminer jusqu’à quelle époque elles vécurent. Nous n’avons pas l'intention de suivre l’auteur dans la longue énumération des localités visitées, rappelons seulement les rapprochements qu’il fait avec les citanias de Portugal, auxquelles les archéologues assignent comme date les derniers âges préhistoriques. Ce
- n’est d’ailleurs pas seulement dans les trois provinces espagnoles visitées par M. Moreno que se rencontrent des castros; il en existe dans les provinces de Léon, des Asturies, en Galice dans l’AIava et l’on en attribue la con-
- la vieja.
- n Wn><
- Oi/H Vrrh -s_j
- X|\U^7 'Xw'vVJip VVTflWun
- • ,*'<rfn7^7ÏÏpT'n
- ^CPT\"VJ
- Fig. 3.
- Inscription de Lerilln.
- struclion à un même peuple qui s’étendait dans toute la Cantabrie. Mais, dans ces matières encore si incomplètement étudiées, il ne faut s’avancer qu’à tâtons, avec une extrême prudence et rejeter tout système. C’est
- seulement de l’ensemble des observations et des recherches opérées scientifiquement que pourra jaillir quelque lumière. 11 n’y a aucun renseignement à attendre des habitants actuels : pour eux, toute ruine provient des Maures et renferme quelque trésor caché. De là, tant de recherches faites sans souci historique, de là dispersion ou perte de quantité
- p.312 - vue 316/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 315
- d’objets sans valeur vénale, mais d’un intérêt considérable pour l'ethnographe.
- On a ramassé d’innombrables fragments de creusets, et l’on en a conclu que ces populations primitives s’adonnaient particulièrement à la métallurgie ; on sait d’ailleurs combien sont abondants, en ces régions, les giles de fer, de cuivre et d’étain. Elles possédaient des chars, car on en a retrouvé les ornières creusées par leurs roues à l’entrée de certaines villes, leurs maisons étaient petites, mais en maçonnerie, et ils savaient tailler les roches dont ils faisaient des édifices monolithiques. Quant à l’inhumation, on n’est pas fixé absolument sur son caractère; mais, si à l’époque romaine, l’incinération était pra-
- tiquée, on possède, d’autre part, de nombreux exemples d’inhumation de cadavres dans des fosses recouvertes de dalles et avec une stèle plantée à la tête.
- Dans les cités qui furent abandonnées sans être romanisées, on a trouvé des instruments de pierre et d’os, des fragments métalliques, des pierres de fronde, des tessons de vase faits au tour, les uns d’une facture grossière, les autres plus soignés, de provenance étrangère avec des pâtes de diverses couleurs, des décorations géométriques, gravées ou estampées d’un style très ancien, indiquant une influence orientale, qui rappelle le grec archaïque.
- D’autres de ces villes continuèrent à être habitées sous la domination romaine, et l’on y rencontre les
- Fig. i. — Stèles sépulcrales.
- tuiles à rebords si caractéristiques, des monnaies impériales ou autonomes, quelques bronzes intéressants. Certains animaux sculptés, taureaux, sangliers ou porcs, se trouvent presque toujours et sont un indice certain pour délimiter le territoire de ces peuples : citons Salamanque, Ledesma, Moiileon, Talavera la vieja, Tolède, Segovie, Coca, Arevalo, Toro. Ces figures présentent des particularités tout à fait singulières, et où fou a voulu retrouver des signes alphabétiques ; mais tout cela est encore bien obscur, et l’on ne peut encore dire avec certitude si le peuple, dont nous venons de retracer les travaux, possédait une écriture particulière; celle qu’on nomme ibérique, paraît lui être élrangère, car on ne possède ni monnaie certaine à inscription ibérique émise par ses cités, ni inscription découverte
- sur son territoire, sauf celle de Penalba de Castro. L’absence de ces monuments est un fait typique, alors que leur abondance marque bien les deux régions, en lesquelles se partageait la péninsule, à cette époque lointaine.
- On a rencontré, à Plasencia et dans la province de Salamanque, des plaques d’ardoises à Salvatierra, Santibanez, Linares, couvertes d’inscriptions, qu’on a été dans l’impossibilité d’interpréter jusqu’ici.
- Certains éléments de la langue qui y est parlée, ont passé dans nombre d’inscriptions en caractères romains, qu’on a relevés depuis le Duero jusqu’au Tage; mais tous les efforts pour les expliquer sont jusqu’ici demeurés négatifs, bien qu’on ait eurecours au basque, aux dialectes celtes, au peu que l’on sait d’ibérique; la seule conclusion à laquelle on paraît
- p.313 - vue 317/536
-
-
-
- LA NATURE.
- a 14
- s’ètre rangé, c’est que cette langue est d'origine arienne.
- Des stèles de l'époque romaine ont fourni des noms nouveaux, qui appartiennent évidemment à ces mystérieux primitifs. Avec ces inscriptions, ces monuments nous ont également conservé certains signes d’un fonds antique de tradition, dont la signification nous échappe aujourd’hui complètement, mais qui avaient peut-être encore un sens pour les populations romanisées. L’un des plus fréquents de ces symboles est la roue aux rayons recourbés, le svastica de l’Inde; c’est d’ailleurs l’un des signes que l’on rencontre un peu partout, aussi bien en Grèce qu'en Etrurie, en Lycie qu’en Scandinavie, avec des variantes dans le nombre des rayons, dans leur forme plus ou moins caractéristique et qui sont allées de modifications en simplifications, jusqu’à n’en plus faire qu’une tleur à quatre pétales. On a également rencontré le signe de la lune croissante et certains autres, telle une ligne qui se recourbe à angles droits à ses deux extrémités, dont le sens nous échappe complètement.
- Disons enfin quelques mots des antas, grandes excavations de forme circulaire, accessibles au moyen de tranchées, qui paraissent avoir servi de tombeaux ; certaines de ces excavations, d’un diamètre de 8 à 9 mètres, ne semblent pas avoir été couvertes et l’on y a trouvé des couteaux de silex, des haches de pierre grossièrement polies et deux amulettes en stéatite verte d’un style très archaïque et d’un travail tout primitif.
- On voit, par cette rapide analyse du rapport de M. Gomez Moreno, combien il y a là de recherches nouvelles à faire, archéologiques, ethnographiques ou linguistiques. L’important c’est de réunir un ensemble d’observations faites d’une façon vraiment scientifique, de les comparer, de les analyser, et, si l'on en peut tirer quelques conclusions certaines, partir de ces premiers points acquis pour instituer de nouvelles études. Gabriel Marcel.
- —*<><—
- DISPARITION DE IA FIÈYRE JAUNE
- EN EUROPE
- Le récent article du Dr Adrien Loir1 a exposé comment la chasse et les précautions organisées contre les moustiques du genre stegomyia ont enrayé et à peu près fait disparaître la fièvre jaune à la Havane et au Brésil ; et combien il serait désirable d’employer les mêmes procédés dans les colonies françaises et notamment au Sénégal.
- Plus nouvellement encore, cette importante question a été traitée dans divers travaux qu’il nous paraît intéressant de résumer.
- Selon M. Quitman Kohnke2, les moyens sont scientifiquement et définitivement connus d’épargner les milliers de vies et les millions de dollars qu’ont coûtés jusqu’ici les stegomyia propagateurs de la fièvre jaune : il suffit d’appliquer ces moyens énergiquement et rationnellement.
- 1 Voy. n° 1637, du 8 octobre 1904, p. 289.
- 2 Scientifie American (Supplément n° 1518, 4 février 1905)
- Pour MM. les Drs P. Couteaud et II. Girard1 la piqûre du stegomyia fasciala « est le seul moyen de déterminer la fièvre jaune par l’injection du sang d’un malade dans les tissus d’un individu sain. Le contact des effets, des excréments du malade ne peut pas produire la maladie ».
- Enfin les communications de M\l. le professeur Ghante-inesse et le l)r Bore! aux séances des 7, 14 et 21 février 1905 de l’Académie de médecine montrent que, faute de stegomyia, il n’v a jamais eu, pour l’Europe occidentale, d’épidémie de fièvre jaune en France, en Angleterre, en Autriche, c’est-à-dire au-dessous de la latitude de 45° environ, tandis que l’Espagne, le Portugal, l’Italie en ont présenté de fréquentes, parce que leur climat permet aux stegomyia d’y vivre. Toute une série de faits observés et analysés établissent nettement que l’éclosion des épidémies de fièvre jaune en Europe a toujours été conforme aux règles de l’étiologie du moustique. Mais ce qu’il y a de curieux et ce qui prouve combien est réelle la vérité scientifique de la lutte efficace contre ce moustique, c’est que, depuis une quarantaine d’années, la fièvre jaune a diminué et tend même à disparaître dans ces trois pays du sud-ouest de l’Europe, bien que le système de défense n’y ait pas encore été modifié, et bien que les communications soient devenues de plus en plus rapides et nombreuses avec les pays américains contaminés.
- MM. Chantemesse et Borel ont trouvé, pour expliquer ce fait, des raisons aussi ingénieuses qu’exactes : la modification du mode de construction des navires, c’est-à-dire la substitution du fer au bois, et les progrès de toutes sortes réalisés en matière de navigation.
- Au xvme siècle, l’Espagne souffrit beaucoup des ravages de la fièvre jaune, apportée des Indes occidentales par les navires de ses colonies. De 1850 à 1870, on fit les vapeurs en fer, et, depuis 1870, la majorité des voiliers n’est plus en bois. Cette transformation a assuré désormais l’étanchéité du navire et de sa cale, qui, jadis dans les vaisseaux en bois, contenait toujours un mélange d’eau douce et d’eau salée, nommé par les hygiénistes marais nautique;
- Maintenant les cales en fer sont sèches, ou, du moins, leur eau ne peut être nocive; car les graisses et les huiles écoulées de la machine viennent surnager à la surface et former le meilleur obstacle à tout développement de moustiques.
- En outre, l’usage de l’eau distillée et les récipients où on la conserve, empêchent aussi les ravages de ces insectes.
- L’abréviation des traversées par la vapeur, au lieu de faciliter l’introduction de la fièvre jaune en Europe, a produit un résultat diamétralement opposé. Réduites de quarante ou cinquante jours à une quinzaine, les traversées ne laissent plus aux moustiques qui pourraient s’infecter de fièvre jaune sur un malade du bateau, le temps de terminer leur incubation2, ou, tout au moins, ne permettent plus aux œufs d’arriver à l’éclosion. En pénétrant dans les zones froides, la gent stegomyienne est stérilisée. Donc, l’Europe sera d’autant plus à l’abri de
- 1 L’hygiène dans la marine de guerre moderne. Paris, Challamcl, 1900, p. 420 et suivantes.
- 2 II est établi maintenant que le sang des malades n’est guère virulent que pendant les trois premiers jours de la maladie, — que le moustique n’est dangereux que douze jours après avoir ingéré du sang virulent, — et que sa piqûre est d’autant plus dangereuse qu’il pique plus longtemps après s’être infecté lui-même. (Couteaud et Girard, ouvr. cité,
- p. 620.)
- p.314 - vue 318/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 315
- la fièvre jaune que les traversées seront plus rapides.
- Au cours de l’année 1004, plusieurs médecins maritimes, sollicités par MM. Chanlemesse et Borel de rechercher durant leurs traversées entre l’Amérique centrale et Saint-Nazaire la présence de moustiques et d’en effectuer la capture, ont été unanimes à déclarer que, plusieurs heures après le départ, il leur avait été impossible de trouver un seul moustique.
- C’est ainsi que la lièvre jaune a presque complètement disparu d’Europe depuis 1870 : les progrès de la naviga-gation ayant rendu difficiles, à bord des navires modernes, la conservation et la reproduction de stégomyie.
- Quant à la prophylaxie de la fièvre jaune, MM. les [)" Chantemesse et Bord préconisent, pour l’Europe du moins, les châssis en tôle métallique aux ouvertures des navires, — l’isolement des équipages, — la surveillance de récipients d’eau, —l’aération, la fumigation (à l’acide sulfureux, surtout pour les voiliers), etc., etc.
- Dr OuaDK.
- KESSOURCES EN CHARBON
- DES
- MINES DE LA GRANDE-BRETAGNE
- La provision de combustible dont peut disposer l’humanité est loin d’être illimitée et, en attendant que l’on ait utilisé les ressources de houille blanche, il y a intérêt à évaluer nos provisions de houille noire.
- Le gouvernement anglais a nommé, en décembre 1901, une commission chargée d’étudier la quantité de charbon encore exploitable, à l’heure actuelle, dans les mines de la Grande-Bretagne. Cette commission vient de publier la première partie de son rapport. Elle estime cette quantité à 101 milliards de tonnes, chiffre, supérieur d’environ 10 pour 100 à celui admis pour la commission nommée en 1871. Cette augmentation provient, d’une part, de la différence entre les surfaces exploitables admises par les deux Commissions, et, d’autre part, des sondages récents qui ont permis de mieux connaître la puissance des couches de houille. Dans son estimation elle considère comme exploitables toutes les couches ayant plus de 0m,50 d’épaisseur, jusqu’à une profondeur de 1200 mètres. Si, cependant, suivant l’avis de certains ingénieurs, on admet une profondeur maximum exploitable de 1500 mètres, cette quantité serait augmentée d’au moins 5 milliards de tonnes.
- Si, à ces mines actuellement concédées, on ajoute celles encore non concédées, mais dont l’existence est, toutefois, reconnue, y compris celles au-dessous de la mer, on trouve un supplément d’environ 59 milliards de tonnes, en s’arrêtant à 1200 mètres de profondeur.
- Jusqu’à 1200 mètres de profondeur, 79,5 pour 100 de la masse de charbon exploitable se trouve, d’après la Commission, dans des couches de plus de 0m,60 d'épaisseur et 91,6 pour 100 dans des couches dont l’épaisseur dépasse 0m,45.
- Cette quantité exploitable de 101 milliards de tonnes représente, en admettant l’extraction actuelle de 250 millions de tonnes par an, une durée de plus de 400 ans : durée pouvant être réduite, il est vrai, par l’accroissement de l’extraction annuelle, qui est de 2,5 pour 100 et par l’accroissement de l’exportation qui est, de son côté, de 4,5 pour 100, mais qui pourra être compensée par les 5 milliards en réserve entre les profondeurs de 12 et 1500 mètres. R. B.
- LE DÉCOR INCOMBUSTIBLE
- « On n’est jamais prophète en son pays », dit le proverbe. Encore que les adages populaires ne soient pas sans généralement reposer sur un fond de vérité, ils ne sont cependant point toujours parfaitement exacts. Et je n’en veux pour preuve que la véritable révolution qu’en ce moment même est en train d’accomplir, dans l’art de la mise en scène, l’excellent peintre décorateur, M. Moisson.
- Mais, je m’explique. Il y a quelques mois, dans un petit volume, Le Théâtre de l'Avenir, dans lequel je m’efforçais de préciser ce qu’au point de vue de son installation générale, de son aménagement, doit être un théâtre pour répondre réellement aux diverses nécessités de l’hygiène, du confort, de la sécurité, etc., que les spectateurs sont en droit légitime d’exiger, au cours du chapitre consacré à « la sécurité au théâtre », à propos de la pratique particulièrement vaine de l’ignifugation des décors, j’écrivais les lignes suivantes : « En ce qui concerne les décors, on n’aura de leur côte une véritable garantie que du jour seul où ils seront réalisés en matériaux naturellement réfractaires.
- « Mais, quand fera-t-on des rideaux en toile d’amiante, en verre filé, ou même en laine, comme on l’a proposé à diverses reprises?
- « Quand réalisera-t-on des décors vraiment à l'épreuve du feu, découpés dans une tôle mince de fer ou encore d’aluminium, voire plus simplement en toile métallique supportant le tissu peint que nous soutenons actuellement par des châssis de bois ? »
- Eh bien, grâce à M. Moisson, ce vœu aujourd’hui a reçu sa complète réalisation ! Au contraire de ce qu’affirmaient et de ce qu’affirment encore les machinistes de profession, gens pour la plupart de tempérament routinier, le décor ininflammable existe bel et bien, et, non seulement il est incombustible, mais encore il est de réalisation simple, d’un emploi pratique, et ne nécessite aucun aménagement particulier, circonstance précieuse en l’espèce, puisqu’elle a pour effet de permettre pour le plus grand avantage de tous, son utilisation immédiate sur toutes les scènes, grandes ou petites.
- C’est là, au reste, un fait dès à présent constaté et enregistré par les autorités les plus compétentes, en particulier par la commission technique du service des théâtres contre l’incendie, qui compte parmi ses membres, en dehors du chef du cabinet du préfet de police et de M. May, le chef du deuxième bureau de la préfecture de police, M. le commandant Cor-dier, ingénieur du régiment des sapeurs-pompiers de Paris, M. Flay, architecte expert de la préfecture de police, et M. Girard, le chef du laboratoire municipal de Paris.
- Et cette incombustibilité absolue des décors établis suivant le système de M. Moisson, est si bien reconnue que, dès à présent, l’adminislration de la Préfecture de police, de qui dépend la police des
- p.315 - vue 319/536
-
-
-
- 516
- LA NATURE.
- théâtres, recommande le nouveau système de décoration aux directeurs de scènes jaloux de réaliser chez eux une installation irréprochable quant à la sécurité vis-à-vis du feu.
- Mais, sans plus tarder, voyons exactement en quoi consiste l'invention et quels sont ses réels avantages. Les décors de théâtre, comme chacun sait, sont communément formés démontants et de châssis en bois, supportant des toiles peintes en général marouflées en arrière avec des feuilles de papier, habituellement de vieilles affiches de spectacles. De telles installations, en dépit des badigeons ignifuges dont elles doivent être périodiquement recouvertes en vertu des ordonnances de police, sont par nature essentiellement combustibles. L’expérience lamentable, au surplus, en a été laite à de multiples reprises au cours de ces dernières années,
- 'i^en particulier à Pa->’ ris, lors de l’incendie ^ /du magasin de dé-cors de l’Opéra, rue
- Richer, et, plus récemment, quand brûla la Comédie-Française.
- On voit par ces exemples ce qu’il en doit être quand, pour des raisons d’économie, aux décors de toile sont substitués ces décors en papier — qui, eux, ne sont naturellement jamais ignifugés — dont le décorateur italien Rovescali, de Milan, a la spécialité, etqu’il a réussi à introduire
- sur un certain nombre de grandes scènes françaises, en particulier celles de Rouen, de Nancy, de Vichy, de Dijon, de Nice, de Lyon, etc., ou même des décors peints — comme tel est le cas pour certains des décors de l’Élysée-Palace de Vichy — sur un papier goudronné renforcé d’un treillis de coton à larges mailles.
- Pour remédier radicalement aux graves inconvénients que présentent ces divers systèmes de décorations, M. Moisson a tout simplement supprimé de façon absolue le papier, la toile et le bois, remplaçant tous ces éléments des décors habituels par du métal, fer-blanc ou tôle légère galvanisée et toile métallique.
- Fij.r. 1. — Aspect d’un décor du système Moisson.
- A cet effet, toutes les membrures des décors, les montants, les encadrements, les supports de tous genres sont constitués par des cornières tubulaires formées par des feuilles de fer-blanc convenablement repliées, suivant les nécessités de chaque installation. Ces cornières, qui constituent la charpente des décors, supportent un revêtement formé d’une toile métallique spécialement fabriquée pour cet usage et sur laquelle l’artiste décorateur, après l’avoir enduite d’une couverte convenable, peint exactement comme sur la toile le sujet qu’il doit représenter.
- Pour les silhouettes des châssis, qu'il s’agisse de figurer un paysage, un ensemble architectural ou autre, elles peuvent être réalisées de diverses façons, soit, par exemple, à l’aide de toile métallique soudée sur des lamelles de tôle mince reliées par des fils de fer tendus d’une extrémité à l’autre des cornières, soit au moyen de bande de tôle mince soudée, découpée et remplaçant la mince volige de bois utilisée communément pour les décors, soit encore plus simplement -et ce dernier mode convient surtout aux décors de verdure, de paysages — en prenant la précaution de ne point déposer de couverte sur la toile métallique dans les parties qui seraient à découper. Suivant l’épaisseur de la couche de couleur déposée par le peintre, on obtient ainsi, avec une aisance remarquable des feuillages, des fleurs, des arbres, des silhouettes variées se fondant à merveille dans l'atmosphère ambiante et donnant une impression de vérité des plus artistiques.
- Mais, ce n’est pas tout ; le procédé comporte encore d’autres avantages particulièrement appréciables : il rend inutiles l’opération laborieuse du découpage et l’emploi du filet plus ou moins invisible, qui, dans les décors ordinaires, sert à soutenir les découpures.
- De tels décors métalliques sont, en pratique, particulièrement avantageux. D’une solidité exception-
- p.316 - vue 320/536
-
-
-
- LÀ NATURE.
- 517
- nelle, de plus de deux lois supérieure à celle des décors en bois, ils pèsent au mètre courant à peine le meme poids que ceux-ci pour les châssis de grande dimension, soit de b à 7 kilogrammes, et notablement moins — de trois à quatre kilogrammes seulement — pour ceux de petite taille. Mais, ce n’est pas tout; encore qu’ils soient d'un prix d’établissement un peu supérieur aux décors en bois et toile, ceux métalliques du système Moisson permettent de réaliser à l’occasion de notables économies. C'est que leurs parties constituantes peuvent toujours se voir utilisées. Quand un décor a terminé sa carrière, il suffit de de'tacher des cornières creuses la toile métallique qui y’’est fixée à la soudure molle
- pour trouver une armature toute prête pour un nouvel usage. Les vieux châssis de bois, au contraire, sont réputés sans valeur.
- D’autre part, mieux qu’aucun autre, le système combiné par M. Moisson se prête à réduire au minimum les portants et les châssis que les menuisiers machinistes ont toujours la tendance à construire de dimensions exagérées. Or, cette réduction correspond non seulement à une notable économie, mais encore à une véritable simplification de la mise en scène, simplilication qui se traduit par des manœuvres plus aisées et plus rapides et n’exigeant qu’un personnel réduit. Avec de petits châssis s’élevant à peine à hauteur d’homme, point n’est plus
- Fig. 2. — Construction des décors du système Moisson.
- besoin, en effet, de nombreux machinistes pour manœuvrer les éléments de décoration. Un seul travailleur suffit à déplacer chacun d’eux, qu’une jambe de force et une vrille fixée au plancher maintiennent en place, et rattacher en un instant à l’aide d’une cheville spéciale la feuille de décoration descendue du cintre au portant qui la complète au voisinage de la scène.
- Ue mode de décor en toile métallique se prête encore admirablement, pourvu que le théâtre soit suffisamment élevé, à la réalisation des toiles de fond et à celle des rideaux d’avant-scène et même du manteau d’Arlequin. Pour le rideau d’avant-scène, son établissement, suivant le système de M. Moisson, présente même un avantage considérable, celui de permettre la suppression du rideau
- de fer actuel dont l’installation est si coûteuse et la manœuvre si pénible et si lente.
- Les mérites du nouveau mode de décoration préposé par M. Moisson sont, on ne saurait le contester, multiples et des plus importants. Aussi, plusieurs établissements vont-ils être, sans retard, dotés d’installations faites suivant son système. Déjà le théâtre du Palmarium, au Jardin d’Acclimatation, ne possède que des décors métalliques système Moisson — son répertoire comprend : Robert le Diable, la Juive, Lucie, le Petit Duc, Carmen, Si j'e'tais roi, les Cloches de Corneville, le Trouvère, etc., — et bientôt seront aménagés de même divers spectacles et concerts de Paris, — entre autres le théâtre des Mathurins, le théâtre Grévin, Bobino-Concert, l’Eden-Concert de l’avenue Lcdru-llollin, etc., — pour leur
- p.317 - vue 321/536
-
-
-
- 318
- LA NATURE.
- plus grand avantage du reste, puisqu’ils vont devoir à cette installation nouvelle l’autorisation de la Préfecture de police d’équiper simultanément en scène trois décors au lieu d’un seul.
- Quant aux grands théâtres, ils ne sauraient non plus tarder à suivre cet intéressant mouvement de réformes, à l’exemple de l’Odéon qui aura eu le mérite de donner le premier, au public, cette précieuse garantie de sécurité à l’occasion de la mise à la scène de Y Annule et Gildis, de M. Camille de Sainte-Croix.
- On le voit, c’est bien en toute justice que l’invention de M. Moisson mérite de retenir l’attention de tous. C’est, en effet, qu'elle réalise un progrès considérable et des plus heureux, un progrès grâce auquel seront, sans doute, écartés dans l’avenir de nombreux sinistres et épargnées quantité de vies humaines!... Ukohües Yitoux.
- -^0^-
- CHRONIQUE
- Le IVIont Mae-Kinley (Alaska). — Celle montagne, découverte en 1895 par \V. A. Dickev, est la plus haute de l’Amérique du Nord, elle mesure B191 mèlres d’élévation; sa constitution serait granitique; c’est la plus escarpée et la plus glacée de toutes les cimes connues. A 2k kilomètres au Sud, le mont Foraker atteint 5215 mètres.
- Les canaux de Mars. — Waiss a essayé expérimentalement de montrer qu’ils ne sont que l’intégration sur la rétine de détails trop faibles pour être vus isolément : différents jeunes gens mis en présence de dessins figurant Mars, avec des taches, voyaient, en s’éloignant, ces taches s’agréger en un certain nombre de canaux.
- ——
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 avril 1905. — Présidence de M. Tttoosr.
- MM. Forster, directeur de l’Observatoire de Berlin, Aon Lang, professeur de physique à Vienne, Egoroff, Blaseina, de Bodola de Buda-Pesth, Hasselberg de Stockholm, Gautier, directeur de l'Observatoire de Genève, membres de la Commission internationale du Mètre, assistent à la séance.
- Caractères des plantes d'un plateau hindoustanique. — M. G. Bonnier a étudié les caractères des plantes d’une région curieuse, qui se trouve à plus de 2000 mètres d’altitude au sud de la presqu’île de l’ilindoustan et qui est connue sous le nom de plateau des Wilghirris. Le climat de ce plateau correspond à la même température moyenne que celui de Paris, mais avec une distribution différente. En hiver et au printemps le ciel est découvert, tandis qu’il est le plus souvent nuageux en été. D’où une tendance à l’uniformité, qui rend les feuilles épaisses et persistantes, tandis que les végétaux, par suite des énormes variations journalières de la température, prennent des caractères qui les rapprochent de ceux des régions alpines. M. G. Bonnier montre, en outre, par la considération des plantes cultivées au jardin d’Ootaeamund, que les végétaux européens s’acclimatent facilement sur le plateau des Wilghirris et y acquièrent rapidement les caractères superposés des végétaux alpins et méditerranéens déterminés par son climat spécial.
- Le chloroforme et les (/raines. — M. Bonnier présente ensuite une Note de M. Paul Becquerel relative à la conservation du pouvoir germinatif des graines gardées dans le chloroforme, dans l’éther, ou dans la vapeur de ces substances. Toutes les graines, dont les téguments étaient intacts, ont conservé leur pouvoir germinatif.
- Propriétés des métaux-ammonium. — M. Moissan résume un travail de M. Lebéau relatif aux réactions du chlorure de méthyle, de l’iodure d’éthvle et de l’iodure de propyle sur le sodammonium ou le calcium-ammonium. On obtient le méthane, l’éthane et le propane. Tous ces gaz se préparent avec facilité dans la solution des métaux ammoniacaux dans l’ammoniac liquide. En outre, l’action hydrogénanle de ces métaux ne s’arrête pas aux composés monosubstilués, elle se manifeste encore sur les dérivés polysubstitués. Les essais préliminaires poursuivis dans celte voie permettent d’affirmer que les métaux ammoniacaux seront des réactifs précieux en chimie organique, puisqu’ils conservent leur pouvoir à une température inférieure à celle de l’ammoniac liquéfié et que, à cette température, les polymérisations et autres phénomènes secondaires sont singulièrement atténués.
- Propriétés de l'acide lactique.—M. d’Arsonval expose que M. Charrin a fait une série d’expériences au sujet des propriétés de l’acide lactique dans l’organisme. Cet acide intervient dans une foule de processus physiologiques et pathologiques et, de nos jours, des coutumes alimentaires concernant l’emploi des produits générateurs de ce corps, tels que le képhir, le lait caillé, etc., ont paru parmi nous et vulgarisé des procédés, qui ont pour conséquence que l’intestin en contient beaucoup plus. M. Charrin a reconnu qu’injecté sous la peau ce corps est assez nuisible; au contraire, introduit par la voie stomacale, il se montre peu toxique, son action sur les fermentations digestives putrides est favorablement accélératrice. Le mucus, l’influence de la paroi intestinale ou du foie, les difficultés de son absorption, sa neutralisation par les matières minérales, toute une série de facteurs atténuent ses effets nocifs en laissant subsister au contraire les conséquences heureuses. Encore convient-il de ne pas en user, ni trop, ni trop longtemps, car cet acide à la longue, altère les viscères, détruit les albumines et conduit à l’infection, surtout à la tuberculose. Ces recherches indiquent qu’il faut l’employer avec prudence.
- Cristallographie. — M. de Lapparent présente une Note de M. Wallerant sur les mélanges isodimorphes auxquels donne lieu la cristallisation simultanée par refroidissement des azotates de thallium et d’ammonium. Chacun de ces corps est trimorphe et leur mélange, selon la température ou la proportion relative des composants, engendre trois sortes différentes de cristaux.
- L'âge du granité des Alpes. — M. de Lapparent expose ensuite que M. Sandberg a étudié les rapports qui existent, dans la chaîne der Alpes, entre l’intensité du métamorphisme et l’allure des plis. Le phénomène, peu sensible sur les tètes des anticlinaux, atteint son maximum dans les charnières syncliuales et son allure est celle des actions de contact produite par des masses éruptives non encore consolidées. M. Sandberg conclut que l’âge du granité des Alpes occidentales et suisses doit être de l’àge des derniers terrains qu’il ait affecté, c’est-à-dire oligocène.
- Les radiations du radium aux époques géologiques. — M. M. Mascart présente une Note de M. Egoroff relative aux effets du radium sur une lame de quartz. Elles produisent un noircissement dont la profondeur augmente
- p.318 - vue 322/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 510
- avec la durée de l’exposition. M. Egorotï a pu constater, à l’aide du spectroscope, que la réfraction du quartz ainsi coloré n’est pas modifiée. En outre on voit apparaître sur la lame des stries parallèles. Ce noircissement et ces stries rappellent tout à fait le quartz enfumé du Brésil. Ainsi s’ouvre un champ d’étude aux géologues.
- Photographies de la couronne solaire. — M. Deslandrcs signale dans une Note les difficultés que l’on rencontre lorsque l’on essaye de photographier la couronne solaire en dehors des éclipses. Cu. dk Villedeiil.
- LA BATTERIE AUTOMOBILE
- DK l.'.VIIMKE PORTUGAISE
- L’automobilisme semble peu à peu s’introduire dans les différentes armées, sous forme tantôt de voitures ordinaires destinées à transporter rapidement les officiers généraux, tantôt de camions, d’ambulances, tantôt même de tracteurs chargés de remorquer les chariots régimentaires. À la vérité, voilà bien longtemps qu’on a commencé de recourir aux locomotives routières pour traîner des convois militaires ; mais elles présentent de gros défauts qu’on ne trouve plus dans les véritables véhicules automobiles, notamment dans ceux inunis de moteurs à pétrole. Avec eux, la mise en marche est instantanée, ce qui est précieux en campagne; on n’est plus obligé d’assurer plus ou moins difficilement l’approvisionnement en eau, et le combustible même (nous entendons naturellement le carburant) est bien moins encombrant et moins lourd que le charbon. Le moteur lui-même présente un poids très réduit, ce qui fait que le tracteur peut jouer simultanément le rôle de porteur ; enfin, plus de ces fumées qui peuvent révéler à l’ennemi la présence d’un train automobile militaire.
- C’est pourquoi le gouvernement Portugais a cru devoir recourir à la traction automobile pour une batterie d’obusiers de 150 millimètres qu’il a fait construire récemment par la grande maison du Creusot, et qui a déjà subi victorieusement l’épreuve d’une certaine pratique. Disons que cette batterie est formée de 4 pièces, des howitzers à tir rapide, de 150 millimètres, comme nous l’avons dit, et de 14 calibres; ils sont du système Schneider-Canet si connu, qui a fait lui aussi ses preuves : ces canons peuvent lancer un projectile pesant 40 kg avec une charge de poudre de 1625 kg, atteignant une portée extrême de 8 kilomètres sous un angle de 45°. Ces simples détails balistiques montrent déjà que ce sont de puissantes pièces, auxquelles il est évidemment fort avantageux de pouvoir donner une grande mobilité, ce que seul, semble-t-il, l’automobilisme peut permettre de réaliser. Chaque canon pèse 1555 kg avec sa pièce de culasse ; le poids de l’allut même est de 200 kg. Le berceau où porte l’obusier est muni de deux glissières pour une longueur normale de recul de 0m,98; mais on peut, dans certaines conditions, combiner les choses pour un recul de 1m, 03. Bien entendu, le berceau comporte un frein hydraulique
- avec un récupérateur à air comprimé pour ramener la pièce en batterie. Nous n’insisterons point sur les détails secondaires, car ce n’est point là ce qu’il y a de plus intéressant dans cette batterie. Sa caractéristique, sa particularité réside dans ce fait que les quatre gros canons peuvent être traînés en position, ou de position en position, par un tracteur automobile, et les dispositions prises permettent de se dispenser complètement du secours de fourgons pour les munitions et approvisionnements nécessaires au tir.
- Tout le plan général a été conçu par M. le colonel G. R. du Bocage, qui appartient au corps du génie de l’armée portugaise, et eeffe batterie forme la portion la plus efficace peut-être de l’armement du camp retranché de Lisbonne. Les conditions imposées parle projet étaient assez dures puisqu’il fallait fournir, pour les déplacements des quatre canons attelés en file les uns derrière les autres, un tracteur automobile susceptible de porter une charge utile de 5 tonnes, comprenant les munitions, les accessoires divers et enfin les canonniers de la batterie, à l’exception des 4 qui prendraient place sur l’affût des canons. La charge remorquée était estimée devoir être sensiblement de 14 tonnes; et la vitesse de déplacement devait atteindre au moins 5 kilomètres et demi pour toutes rampes qui n’excéderaient point 8 pour 100. D’ailleurs, le tracteur devait être également à même de monter les canons sur des rampes atteignant jusqu’à 12 pour 100 ; dans ce but, il monterait d’abord seul au sommet du plan incliné à franchir, ou au moins jusqu’en un point suffisamment élevé, puisqu’il mettrait en marche un treuil installé sur sa plate-forme, et oii viendrait s’enrouler un câble auquel seraient attachés les canons. C’était une idée inspirée de la pratique suivie en Angleterre, pendant de récentes manœuvres, avec des camions spéciaux présentés par certains constructeurs.
- Ce programme a été exécuté dans les meilleures conditions par M. Eugène Brillié, un ingénieur dont les automobiles sont bien connues et appréciées, de concert avec les usines du Creusot, qui ont construit le tracteur combiné pour répondre à ce plan.
- Le véhicule proprement dit est fait d’un châssis entièrement métallique, dont toutes les pièces sont des profilés en U ; le moteur est enfermé dans un robuste carter et, au-dessus de lui, est le plancher sur lequel viennent reposer les pieds du conducteur ; en avant est le réservoir à essence (ou à alcool ; car le moteur fonctionne également bien à l’alcool), puis le réservoir à eau de circulation. Le moteur est du type à quatre temps et à quatre cylindres, il est disposé au-dessus de l’essieu avant, qui est, suivant l’usage, l’essieu de direction ; le mouvement en est transmis à l’essieu arrière par un embrayage, un arbre principal, un changement de vitesse et un contre-arbre, qui porte à chaque bout une roue de chaîne pour la commande des roues motrices du véhicule. Les roues avant ont
- p.319 - vue 323/536
-
-
-
- 520
- LA NATURE.
- un diamètre de 0'",90 pour une largeur de jante de O1",20, tandis que les roues arrière ont lm,05 de diamètre et 0m,52 de jante. Notons, comme détail ayant son importance, que deux freins sont prévus : un à mâchoire, agissant sur une poulie qui fait partie intégrante du différentiel, et un frein à sabot sur les roues arrière. Le tracteur, en ordre de marche, pèse 7 tonnes, et, comme il avait e'té prévu, 5 tonnes de plus avec son chargement, projectiles, gargousses, disposés dans un coffre arrière. Les approvisionnements en pétrole (180 litres) et en eau (50 lit res) lui permettent d’effectuer un parcours de 75 km sans renouvellement. Et en fait, les essais auxquels ce tracteur, avec la batterie attelée, a été soumis, ont laissé constater que la vitesse de marche atteint 12 km à l’heure sur de bonnes routes,
- qu’elle se maintient encore à 7 et 8 km sur des routes accidentées et détrempées, et que la consommation en essence lie dépasse pas 0,065 à 0,07 litre par tonne kilométrique, la consommation d’eau étant presque négligeable, puisqu’elle est à peine de 2 litres par jour.
- Mais il est un détail sur lequel nous devons insister : il s’agit du treuil dont nous avons parlé sommairement, et qui permet, soit au convoi entier, soit au tracteur, et ensuite aux canons, de franchir les passages les plus difficiles, qui donne le moyen de mettre les pièces en batterie partout où cela est nécessaire. Ce treuil est disposé exactement sous le siège du mécanicien conducteur, il comporte une roue dentée qui peut être commandée par un pignon sous l’action d’engrenages et d’un embrayage spécial,
- Batterie automobile de l’armée portugaise.
- disposés dans la partie supérieure de la boîte de changement de vitesse du tracteur. D’ailleurs, le câble sortant du treuil est guidé vers l’arrière par deux petites poulies de renvoi placées sous le châssis, rutie immédiatement en dessous du treuil, l’autre un peu plus loin que l’essieu arrière. D’autres poulies ont été prévues qui permettent d’envoyer le brin du câble dans diverses directions. Le treuil est en effet établi pour pouvoir enrouler 200 mètres de câble d’acier dans des directions variées, et pour permettre le halage ou la traction, soit vers l’avant, soit vers l’arrière, soit même latéralement. Dans un passage difficile, le crochet d’attelage de la batterie étant décroché, le tracteur peut partir en avant en déroulant son câble, dont l’extrémité a été au préalable attachée à la première pièce; on l’immobilise au moyen de ses freins et du calage de ses roues, quand il est arrivé à un endroit propice ; le moteur est embrayé sur le treuil, et le câble s’enroule en
- tirant les canons. On peut aussi dérouler le câble à bras, aller accrocher son extrémité à un point fixe naturel ou à un ancrage, et alors le moteur forcera le treuil en enroulant le câble, à haler le train, ou parfois seulement le tracteur, — quitte ensuite à ce que celui-ci haie à son tour et un à un ou simultanément les canons.
- Les plus mauvais passages peuvent être franchis de la sorte et assez rapidement : pendant les expériences pratiques qui ont été faites en Portugal, par une pluie persistante, dans de très mauvaises conditions, la batterie a pu grimper les cotes les plus rudes atteignant 20 pour 100. 11 y a là certainement une nouvelle application de l’automobilisme qui va être fort appréciée en artillerie et en art militaire.
- Daniel Bki.let.
- Le Gérant : P. ÎIa^ox.
- Paris. — Iiniuiincrie Laiilri:, rue de l-leurus, 9.
- p.320 - vue 324/536
-
-
-
- N° 1605. — 22 AVRIL 1905.
- LA NATURE.
- 521
- LOCOMOTIVE ELECTRIQUE
- Le New-York Central Railway, une des lignes principales qui relient New-York avec Chicago, en desservant la région des grands Lacs, a son point terminus au centie même de la ville. 11 pénètre dans cette gare centrale au moyen d’un tunnel de plusieurs kilomètres de longueur, établi au-dessous des rues de New-York, qui, tout d’abord construit pour deux voies, a été ensuite élargi pour quatre voies alîn de faire face à un accroissement de tralic considérable. La traction des trains se faisait jusqu’ici dans ce tunnel au moyen de locomotives à vapeur. Par suite du nombre considérable de trains circulant
- DU NEW-YORK CENTRAI
- sur cette section, il arrivait souvent que le dégagement de la vapeur, de la fumée et des gaz délétères résultant de la combustion du charbon dans le foyer des locomotives, obscurcissait l’air du tunnel au point de rendre invisibles les différents signaux installés sur toute sa longueur. Au mois de janvier 1902, une collision très grave eut l eu entre deux trains qui se suivaient; seize voyageurs furent tués et une quarantaine blessés. Il était donc indispensable de remédier à cet état de choses, dont les inconvénients s'accroissaient chaque jour. Par suite des conditions topographiques toutes spéciales, il était presque im-
- Locomotive électrique du New-York Central.
- possible d’avoir recours, d’une manière efficace, à la ventilation artificielle; d’un autre côté, et pour les mêmes raisons, il était de toute impossibilité de remplacer le tunnel par une tranchée ouverte. C’est alors que la Compagnie du New-York Central se décida à appliquer sur cette section de son réseau la traction électrique, comme l’a fait déjà à Paris la Compagnie d’Orléans entre les gares d’Austerlitz et du quai d’Orsay : section souterraine qui se trouve dans des conditions analogues à celles du New-York Central.
- Elle lit donc étudier, par la General Electric C° de Schcnectady, des locomotives électriques puissantes, dont nous croyons intéressant de dire quelques mots parce qu’elles présentent certaines particularités qui les différencient de celles employées, avec succès 33' année. — Ier semestre.
- du reste, il y a peu de temps, par la C*’ d’Orléans.
- Les conditions imposées par la Compagnie étaient les suivantes. Remorquer sur la section de 55 km de longueur reliant la gare Centrale avec Croton, et, sur celle de 36 km de longueur reliant cette même gare centrale avec White Plains, des trains de voyageurs pesant jusqu’à 800 tonnes, avec une vitesse maxima de 100 km à l’heure. Pour la remorque des trains pesant plus de 450 tonnes, il était admis que la traction se ferait au moyen de deux locomotives électriques accouplées, mais qu’un seul contrôleur de marche réglerait le fonctionnement des moteurs des deux locomotives.
- Le système de traction adopté est celui par courant continu, avec troisième rail, comme à l’Orléans, et la tension dans ce troisième rail de prise de cou-
- 21
- p.321 - vue 325/536
-
-
-
- LÀ NATURE.
- 322
- rant est de 600 volts. Deux stations centrales, d’une puissance de 30000 kvv, produisent des courants triphasés, transformés en courants continus à 600 volls dans différentes sous-stations installées en divers points de la ligne.
- La locomotive électrique, représentée par la figure, repose au milieu sur quatre essieux moteurs dont l’écartement extrême est de 5m,96, munis de roues de lm,12 de diamètre et, aux extrémités, sur deux essieux porteurs disposés en bissel, afin de faciliter la circulation dans les courbes. Chacun de ces essieux moteurs est muni d’un moteur à deux pôles de 550 chevaux de puissance actionnant directement l’essieu et dont la disposition est nouvelle.
- Les moteurs électriques sans réduction de vitesse, actionnant directement l’essieu, forment, généralement, un tout qui, fixé au châssis de la machine au moyen de ressorts, reste indépendant de cet essieu et l’actionne par l’intermédiaire de plateaux reliés aux roues par des ressorts. C’est la disposition adoptée par la Compagnie de l’Ouest pour la ligne des Invalides à Versailles. Un évite ainsi de charger les essieux; mais, d’un autre côté, en cas de réparations, la sortie des moteurs est difficile.
- La Compagnie du New-York Central a adopté une disposition toute différente. L’armature du moteur' est fixée sur l’essieu et l’entraîne. Quant à l’inducteur, il est fixé au châssis de la machine et, par suite, entièrement indépendant de l’armature. Il est donc possible, en cas de réparations, de retirer l’essieu, muni de l’armature, sans aucune difficulté. On peut se demander, toutefois, si ce poids non suspendu de l’armature venant s’ajouter à celui de l’essieu, ne sera pas la cause, comme au Central London, de chocs sur les rails amenant des réparations fréquentes de la voie et de la locomotive. Mais celte indépendance de l’armature et de l’inducteur, l’un fixé à l’essieu et l’autre au châssis, a pour résultat de modifier, sous l’influence des variations de flèches des ressorts de suspension du châssis, la position relative de ces deux organes du moteur. Il a donc fallu couper verticalement les pièces polaires de l’inducteur afin de permellre ces oscillations. Il en résulte une augmentation-du jeu entre les pièces polaires et l’induit, ce qui n’est peut-être pas sans inconvénient au point de vue électrique.
- Quant aux huit inducteurs, deux par moteur, ils sont solidaires et forment, comme l’indique la ligure, un tout dont les pôles sont reliés par une barre en acier coulé, fixé, comme le reste, au châssis de la machine. Le flux magnétique inducteur se trouve ainsi égalisé entre les quatre moteurs, ce qui peut présenter des avantages.
- Des ressorts, à lames reposant sur les boites à graisse des essieux et munis de balanciers, égalisent la charge sur les essieux moteurs et aident à la douceur du roulement.
- La caisse repose sur le châssis. Elle se compose, au milieu, d’une cabine pour le vvattman, dans laquelle sont installés le contiôleur et les autres
- appareils de manœuvre. Ces appareils sont en double afin de permettre la marche de la locomotive dans les deux sens. Aux deux extrémités se trouvent des compartiments contenant les rhéostats. Comme dans toutes les autres locomotives électriques actionnées par un courant continu, la régulation de la vitesse se fait par la méthode série parallèle.
- Des frotteurs servent à la prise du courant sur le troisième rail et des trolleys installés sur le toit de la locomotive permettent, en cas de besoin, de prendre le courant sur un fil aérien.
- La locomotive de llm,30 de longueur hors tampons, de 5m,05 de largeur et de 4m,56 de hauteur pèse, en service, 86 tonnes, dont 62,5 servent à l’adhérence.
- Cette locomotive a été soumise à différents essais. Avec une charge remorquée de 500 tonnes, elle a pu atteindre une vitesse de 101,5 km â l'heure au bout de 200 secondes, avec une accélération de O®, 15 par seconde pendant les 120 premières secondes. L’intensité maxima du courant, pendant le démarrage, a été de 3400 ampères. Avec une charge remorquée de 150 tonnes, cette même locomotrice a atteint une vitesse de 116 km à l’heure au bout de 260 secondes, avec une accélération de 0m,20 par seconde pendant les 120 premières secondes. L’intensité maxima du courant a été de 3000 ampères. Dans un autre essai on a pu obtenir une accélération de 0m,56 par seconde avec une intensité maxima de courant de 4200 ampères, ce qui correspond à une puissance maxima, pendant le démarrage, d’environ
- 2000 chevaux. R. Bonmx.
- —'—
- LE DOSAGE DE L’AZOTE NITRIQUE
- Tous nos lecteurs connaissent l’emploi agricole des nitrates en tant qu’engrais; tous aussi comprennent l’importance que présente l’estimation de leur richesse réelle en azote et plusieurs enfin n’ignorent pas comment, depuis les recherches de Schlœsing, s’apprécie ce taux d’azote. Lorsqu’on traite à l’ébullition un nitrate alcalin, dissous par le chlorure ferreux additionné d’acide chlorhydrique, il se dégage du gaz bioxyde d’azote qu’on recueille et dont le volume est en rapport direct avec la proportion de nitrate actif. Laissons de côte la réaction chimique, la description de l’appareil, les précautions à prendre, la marche de la réaction, il nous suffira de faire ressortir comment un agronome, avec un matériel transportable, simplifié, peu coûteux, arrive à doser rigoureusement un nitrate. La plupart des pièces à assembler pourront d’ailleurs, une fois démontées, servir à d’autres usages de chimie analytique élémentaire.
- Avant de procéder à nos expériences, il nous faut d’abord faire provision de chlorure ferreux en traitant à une douce chaleur des pointes de Paris par l’acide chlorhydrique. 11 suffit que les pointes ne soient pas rouillées : quant à l’acide, mieux vaudrait qu’il fût pur, mais l’esprit de sel commercial suffit très bien, à la condition qu’il ne contienne pas d’acide azotique. Le droguiste, remarquons-le, s’il n’a aucun intérêt à sophistiquer son produit par l’addition d’un réactif bien plus coûteux, peut pécher par défaut de soin ou de propreté, et il faudra pro-
- p.322 - vue 326/536
-
-
-
- LA NATURE.
- céder à un essai au sulfate de diphénylamine, qui ne devra pas se colorer en bleu par l’acide chlorhydrique employé.
- Notre appareil se composera d’un petit ballon A de 500 cm3, d’un bouchon de caoutchouc B à deux trous, l’un donnant passage à un entonnoir Joulie C, l’autre à un tube abducteur 1), — d’un tube à crochet F relié au précédent par un caoutchouc E ; le tube F est semblable à celui du caleimètre Trubert, mais il est percé d’un étroit orilice O inférieurement à la courbure terminale, — d’une petite cuvette à mercure G, — enfin de la cuve à niveau constant et de la cloche à gaz dont la description et la figure ont déjà paru dans les colonnes de ce recueil *.
- Le succès de l’opération dépend de deux circonstances : d’abord de la parfaite étanchéité du système, qui ne doit admettre aucune infiltration d’air pendant l’ébullition préliminaire destinée à expulser l’oxygène; puis de l’absence rigoureuse de toute absorption de l’eau de la cuve lorsque la pression baisse au sein du liquide bouillant. C’est pour éviter un accident de ce genre que le bas du crochet baignera dans le mercure de la cuvette G : au cas où les vapeurs se raréfient à l’intérieur du ballon A, c’est le mercure qui est aspiré et sa grande densité contre-balance vite la succion. Lorsque le mélange a bouilli durant quelques minutes et qu’un tube à essai plein d’eau coiffant l’orifice du dégagement ne recueille aucune bulle d’air, on introduit par l’entonnoir la solution chaude de nitrate, en manœuvrant, non la pince classique à caoutchouc, mais une petite baguette en. verre II garnie d’une bague en caoutchouc et obturant l’entonnoir.
- Les dispositions que nous préconisons ne font en somme qu’appliquer, en les simplifiant, des recommandations pratiques déjà signalées par es auteurs. Nous en rappellerons d’autres non moins connues : remplir la cloche de réception d’eau tiède, récemment bouillie et par conséquent privée d’air, pour éviter toute absorption de bioxyde d’azote par l’oxygène dissous, puis faire circuler dans la cuve un courant continu d’eau fraîche en sens contraire de l’arrivée du gaz.
- On convient ordinairement de faire, sans interrompre l’ébullition, deux expériences comparatives, une sur le nitrate à essayer, l’autre sur un nitrate type, en recueillant dans deux cloches distinctes les gaz dégagés; les volumes gazeux respectifs dénotent la richesse proportionnelle, après refroidissement à la température du laboratoire, et égalisation des niveaux extérieurs et intérieurs.
- Mais, lorsque l’opérateur dispose d’un bon thermomètre et d’un baromètre, il suffit d’une seule expérience bien faite, et donnant du bioxyde d’azote pur, pour résoudre le problème. Le gaz ser a refroidi par immersion de la cloche dans l’eau à température connue, et ramené à la pression atmosphérique; après lecture, le volume brut observé sera réduit au moyen de tables appropriées, à l’état sec, à zéro degré et 700 millimètres. l)u volume net traduit en centimètres cubes on passera au poids en milligrammes en consultant les tables de Y Agenda du Chimiste ou faisant directement le calcul. On s’assurera d’avance de l’exactitude des résultats en opérant avec des poids connus de nitrate de potasse cristallisé, sel non hygroscopique facile à obtenir pur.
- Nous ne croyons pas, disons-le pour finir, qu’il existe une autre opération de chimie analytique courante aussi instructive pour un jeune débutant que celle dont nous venons de dire quelques mots. Bien qu’en dosant soigneusement un nitrate, il se trouve amené à étudier ou à appliquer pratiquement :
- 1 Yoy. nu 1250, du la mai 1807, p. 371.
- La vérification de la pureté de son acide chlorhydrique au point de vue de l’absence des nitrates;
- La préparation du chlorure ferreux et sa transformation en chlorure ferrique, manifestée par un changement de nuance ;
- Comme contre-partie, la réduction des nitrates avec un coefficient différent pour les se’s de potassium ou de sodium, et la naissance de bioxyde d’azote, gaz presque parfait, insoluble dans l’eau;
- La destruction instantanée de ce dernier par la seule présence de l’oxygène de l’air. Les précautions prises pour expulser l’air avant et pendant la réaction se justifient
- Dispositif pour le dosage de l'azote nitrique.
- par l’apparition du image rougeâtre qui envahit la cloche lorsqu’on la débouche à la fin de l’expérience ;
- L’influence des pressions inégales causées par les colonnes liquides aqueuses ou mercurielles ; les phénomènes d’absorption ;
- La réduction d’une masse gazeuse chaude humide et dilatée, à l'état froid et sec sous pression norma'e, en s’aidant à là fois de l'expérience et du calcul ;
- Le poids du centimètre cube du gaz recueilli qui permet de ramener une mesure de volume à une pesée.
- Enfin,le montage de l’appareil, son fonctionnement, s’ils u’offrent aucune difficulté, prouveront du moins qu’en chimie on n’arrive à rien sans un peu de soin et d’adresse, dont l’habitude, une fois prise au bout de quelques tâtonnements, devient instinctive.
- D’autres méthodes simples permettent aux agronomes dépourvus de laboratoire organisé de doser les aub es principes fertilisants des engrais. Nous exposerons ces procédés quelque jour. Antoine lie Sadouta .
- LES MINES DE RADIUM DE J0ACHIMSTHAL
- Lu merveilleuse découverte du Radium par M. Curie a tellement troublé l’ancien Credo de la chimie et nous a Fait faire, pour le moment, un tel saut dans l’inconnu qu’on hésite à employer l’ancien langage géologique pour ce métal subtil, où semblerait presque se manifester une sorte de vie de la matière. Voyons cependant ce que l’on commence à savoir de ses gisements naturels en commençant
- p.323 - vue 327/536
-
-
-
- LÀ NATURE.
- >2 4
- Pechblende' die ! Argile
- Aticascfusi
- aujourd’hui par les plus importants, où le radium s’associe à l’urane. Dans un article ultérieur, nous parlerons des autres conditions où on le rencontre, et nous verrons quelles hypothèses, plus ou moins
- hardies, plus ou moins aventurées, on peut être tenté d’en conclure. Sans préjuger le résultat de recherches à peine commencées et sans apporter trop de rigueur à des conceptions qui attendent encore le progrès des découvertes journalières pour se formuler, ce petit travail de mise au point servira du moins à préciser le genre de concours que la géologie peut apporter à la physique dans un sujet aussi passionnant.
- Actuellement, le principal et, pratiquement, le presque unique gisement de radium dans le monde est toujours la pechblende de Joachimsthal, en
- Bohême, où fut
- Micaschiste, _
- Fis, 1.
- Filon N. S. Geislen
- (330 in. de profondeur).
- Coupe verticale au 1/iO*.
- Légende des figures 1 à 6.
- I Pechblende ! minerai d’urane) q Alicasehiste encaissant "1 Remplissages filoniens divers.
- fcyyqi Pyrite et chalcopyrite-.
- Liens argileuse.
- ryrite
- faite sa première découverte. L’intérêt général qui s’attache à la question nous excusera d’entrer à ce sujet dans des détails un peu techniques. Accessoirement, on trouve des traces de radium avec certains autres minerais, qui me paraissent porter, pour la plupart,
- le caractère d’une altération superficielle, et enfin l'émanation de ce métal existe dans un très grand nombre d’eaux courantes ou eaux thermales. Expliquons et discutons successivement ces trois points pour indiquer dans quel sens et sur quels points il peut y avoir lieu de chercher des gisements nouveaux.
- - Chplcopyritc
- - Filou N. S. Geistergaug (32fi ni. de profondeur). Coupe verticale au 1/4*)*.
- Joachimsthal se trouve à l’extrémité Sud-Ouest de la grande zone métallifère qui commence au Nord à Freiberg, dans ce qu’on appelle l’Erzgebirge. On touche déjà, sur ce point, à l’effondrement tertiaire, jalonné par des manifestations éruptives récentes et des sources thermales, qui limite au Sud cette chaîne métallifère ; aussi, dans le champ de filons de Joachimsthal, les dykes de basalte à néplié-line ou à leucite et de phonolithe sont-ils mêlés aux liions métallifères ; Carlsbad, dont les eaux thermales contiennent des traces sensibles de radium, n’est qu’à 16 km plus au Sud et l’une des mines a recoupé une venue thermale, qui a brusquement envahi les travaux sur ‘200 mètres de hauteur.
- Le champ de fractures métallisées de Joachimsthal1 occupe environ 5 km dans le sens Est-Ouest (qui représente la direction des terrains encaissants) et deux ou trois dans le sens Nord-Sud. On est là au milieu des schistes micacés, et calcschistes, avec schistes amphiboliques, schistes à wernériteet cipo-
- iîon de pyrite, chalcopyrite', m/y rases, minerais de cobalt ‘liiot.jm ii'
- Pechblem
- Fig. 5. — Filou N. S. Junghauerzechergang (400 w. do profondeur/.
- Coupe verticale au 1/40’.
- lins. Les filons, qui sont tous très minces (ordinairement 0,15 à 0,60 centimètre, exceptionnellement 1 mètre), affectent deux directions curieusement orthogonales : les uns Est-Ouest, qui aujourd’hui ne donnent plus grand’chose; les autres Nord-Sud, sur lesquels portent principalement les travaux actuels. Leurs minerais, très complexes comme nous allons le voir, sont surtout exploités pour urane, argent et bismuth. Le radium étant associé à l’urane, c’est sur la disposition des minerais d’urane (ou pechblende) que je vais surtout insister.
- Notons d’abord que la pechblende est un oxyde d’urane. Si la pechblende est bien, comme cela semble, un minéral originel et non altéré, elle s’écarte donc de la plupart des métaux, pour lesquels les oxydes sont toujours des formes superficielles et altérées de sulfures ou sulfosels profonds et se rapproche de l’étain, du tungstène et du zirconium, avec lesquels elle semble, en effet, présenter souvent
- 1 Yoy. L. De Launay, La science géologique, Paris fl)05, p. 004.
- p.324 - vue 328/536
-
-
-
- - LA NATURE.
- .»2.)
- des analogies de gisement : par exemple, comme nous allons le voir, une relation fréquente avec les gra-nulites. Cette pechblende renferme, à titre accessoire, une singulière collection de métaux, qui n’a son pendant que dans les minéraux à terres rares de Norvège (contenant, eux aussi, de l’urane et du radium) : vanadium, molybdène, tungstène, bismuth, manganèse, cobalt, nickel, cuivre, argent, 1er. Très exceptionnellement, on a trouvé encore à Joachimsthal l’urane associé au phosphore sous la forme d’uranite ou autunite et je note aussitôt qu’en dehors de ces phosphates d’urane assez communs dans les régions granulitiques (Plateau Central), on voit ailleurs l’urane uni au vanadium à l’état de carnotite. Ces deux associations avec le phosphore et le vanadium, c’est-à-dire avec deux éléments qui se concentrent toujours dans les altérations superficielles, sont à retenir, quand nous examinerons bientôt 1 influence possible des altérations sur la con-
- ___Filon de dolomie aveo
- fragments des micaschistes encaissants liens argileuse , poches de pechblende et ail leurs poches d argent rouge*
- Veine latérale de quarts , chalcepyrite et argent rouge;
- Veine kdércd&de quarte chalcopyrite et argents rouges.
- Fi?, 4. — Filon N. S. Ifilrfehrandgang (214 in. de profondeur). Foupe verticale au 1/40*.
- centration de l’urane et du radium. A Joachimsthal, le phénomène essentiel est évidemment un phénomène hydrolhermal d’origine profonde, qui a amené la cristallisation de minerais très complexes, et l’oxyde d’urane existe ainsi associé avec des pyrites, chalcopyrites et autres sulfures inaltérés ; son origine première semble à chercher dans les manifestations ignées de l’activité interne : manifestations antérieures aux éruptions tertiaires, malgré certains indices métalliques dans les dykes de basalte tertiaires (Evangelislengang, Schvveizergang). Mais il est probable, et c’est le point sur lequel je crois utile d’insister, qu’ensuitc les phénomènes de remise en mouvement ont dù intervenir, précisément pour ces veines postérieures au basalte; en tout cas, leur action est, d’une façon générale, très manifeste à Joachimsthal.
- Je remarque d’abord, à ce propos, que les filons sont dans des collines, qui dominent de plus de 300 mètres les vallées par lesquelles elles sont traversées ; le niveau hydrostatique, que les mines ont d’ailleurs dépassé d’environ 500 mètres, est donc
- profond et la circulation souterraine des eaux se manifeste sous nos yeux par des venues d’eau froide, qui ont constitué une véritable gêne, notamment sur l’Evangelisfengang. Il faut, en outre, se rappeler, dans cette région immédiatement contiguë aux grands effondrements tertiaires et qu’accidentent des cassures Est-Ouest parallèles à ces effondrements, qu’un compartiment du sol anciennement altéré a pu se trouver descendu au-dessous du niveau hydrosfa-
- Filon de* cala te* , , dolomie et pech blende
- Cedeitf' et dolomie*
- Fig. b. — Filon N. S. Hildehrandgang (220 m. de profondeur). Coupe verticale au 1 (10\
- tique. Quoi qu’il en soit, on a observé indusfrielle-ment, dans ces mines autrefois si riches en argent, .un appauvrissement des parties plus profondes, qui se manifeste toujours dans les filons argentifères quand on passe de la zone superficielle à minerais
- Peehbt
- Pcchh
- Fig. 0. — Filon N. S. Bergkittlergang (575 m. de profondeur).
- Coupe verticale au l/ i0\
- altérés, dans la zone inférieure à minerais intacts et restés complexes. Ces minerais d’argent de Joachimsthal sont précisément ceux que nous sommes habitués à trouver dans les altérations : argent natif', argent sulfuré, argent sulfuré anfimonié et arsenical; ils sont accompagnés de cobalt et de calcitc, par une association qui est également bien fréquente dans ces minerais altérés, tandis que la gangue devient d’ordinaire quartzeuse quand on s’approfondit. Enfin les débris de schistes broyés, qui ont formé le premier remplissage mécanique des filons avant
- p.325 - vue 329/536
-
-
-
- LÀ NATURE.
- ”)2<'
- leur incrustation métallifère, apparaissent très fréquemment transformés en une boue argileuse, dans laquelle ces minerais sont irrégulièrement disséminés. J’ajoute le développement de l’argent rouge en enduits sur certains contacts basaltiques, etc.
- Quelques coupes des filons de pechblende de Joaehimsthal montreront comment les minerais d’urane et de radium s’y présentent1 (fig. 1 à 6). Ces veinules de pechblende, très étroites, dépassent rarement 5 ou 4 centimètres; exceptionnellement, elles atteignent 20 centimètres. Dans la plupart, on trouve la pechblende associée avec des débris des terrains encaissants, des liens argileux provenant de ces schistes broyés, de la dolomie et de la calcite. Parfois, comme sur les figures 2, 3 ou G, un premier dépôt sur les parois, antérieur h la pechblende, est formé de pyrite ou chalcopyrite, que l'on voit à l’occasion se transformer en hématite. Souvent, la veine de dolomie et pechblende renferme des mouches postérieures d’argent rouge ou d’argent natif. Sur la figure 4, on peut voir comment une semblable veine de dolomie avec pechblende et urane recoupe en les rejetant des veines antérieures où se trouve la chalcopyrite ; ailleurs, les veines d’urane, accompagnées de la dolomie qui est leur satellite fréquent, traversent un lilon de quartz, chalcopyrite et arsenic natif, produit secondaire, et l’on voit également l’arsenic intervenir au contact sous la forme d’argent noir arsenical. Dans un autre point encore, la pechblende se trouve au milieu de la galène avec des minerais complexes de nickel, cobalt, bismuth, etc. ; ou elle est encaissée dans une gangue de quartz. Il faut retenir, comme un fait intéressant, le développement simultané près de Joaehimsthal (vers l’Est), de la vvernérite et de la pechblende dans certains schistes à scapolithe, où la pechblende intervient d’une façon constante à l’état microscopique. La production de la vvernérite aux dépens de feldspath accuse, en principe, une introduction de chlorures, qui s’est trouvée, en Norvvège, au Caûada, etc., particulièrement bien marquée au voisinage de grands filons d’apatite en relation avec des venues granulitiques. L’ensemble des phénomènes semble donc indiquer des fumerolles chlorofluorées, émanées d’un magma granulitique profond et ayant apporté l’urane, avec le radium connexe, dans les conditions où s'est produite ordinairement la cristallisation de l’étain, du bismuth, du tungstène et du zirconium. Il a dû se former ainsi des filons primitifs uranifères à gangue quartzeuse, avec quelques sulfures connexes, qui ont dû subir plus tard une remise en mouvement secondaire d’âge très récent avec concentration de l’urane (et, à peu près en même temps, de l’argent et du cobalt) dans une gangue de calcite et de dolomie empruntée aux calcschistes-encaissants.
- La pechblende de Joaehimsthal n’est pas la seule a contenir du radium ; l’association de l’urane avec le radium, dans ces conditions, paraît être générale.
- 1 La description officielle de Joaehimsthal. publiée à Vienne en 1801, contient fit coupes semblables.
- Les gisements de pechblende, qui sont rares dans le monde, se présentent d’ailleurs tous dans des conditions analogues, associés avec des granulites, et particulièrement, ce semble, avec des émanations granulitiques ayant pénétré les schistes en solutions hydrothermales sous pression, dans les mêmes zones où l’on trouve l’étain, le bismuth, le tungstène, etc. Il suffit de citer le Cornvvall, où l’on a exploité un moment, vers 1889, à Grampound Road, une veine uranifère particulièrement riche; les roches à terres rares de Suède renferment parfois un peu d’urane, etc. Enfin, en France, les schistes granu-litisés du Plateau Central contiennent, en plus d'un point, des enduits minces de paillettes verdâtres qui sont des phosphates d’urane plus ou moins cuprifères (autunile, chalcolite)1. J’en ai indiqué autrefois plusieurs points autour de Monlluçon2. Vers Aulun, à Saint-Symphorien, etc., il en existe des exemples étudiés par M. Lacroix, et il suffirait peut-être de chercher dans les anciennes mines d’étain et de bismuth (Meymac, etc.,) pour y trouver du radium.
- Par une loi bien étrange, que vient d’énoncer M. Boltvvood et dont on peut tirer les conclusions les plus imprévues, comme nous le verrons ultérieurement, la proportion du radium à l’urane dans cette catégorie de minerais paraît être constante/’.
- L. De Launay.
- LES TRWA.UX DE TIMGAD
- (thamugadi)
- Un connaît, au moins de nom, les restes célèbres de Timgad, la Pompéi africaine de notre Algérie, et les découvertes toutes récentes qu’on y a opérées ont encore augmenté l’intérêt que présentent ces ruines déjà si visitées par les touristes et les savants de toutes les nations.
- Il a beaucoup été écrit sur Timgad4 dont les descriptions abondent; on a longuement parlé des monuments jusqu’ici inconnus que la pioche de nos travailleurs a heureusement mis au jour; mais, à côté de l’exposition qui a été faite de l’ordonnance architecturale des divers bâtiments, ainsi que de l’étude des textes épigraphiques qui ont été trouvés en grand nombre, il nous paraît utile de dire quelques mots sur le caractère scientifique pratique des découvertes effectuées à Thamugadi et de fournir quelques renseignements sur la nature des matériaux employés lors de la construction de la cité antique.
- Tout d’abord il ne faut pas croire que nos travaux consistent, comme à Pompéi, à enlever sim-
- 1 J’ai signalé [Comptes rendus, 1er février 1904) le rôle du phosphore dans ce groupe dos fdons stannifères.
- 2 Notice de la feuille d’Aubusson au t/80 000e.
- 3 A la dernière heure, il nous parvient un article de MM. J. Step et E. Becke sur le même sujet [Sitzungsber. der h. Ah. der Wissensch. in Wien, i. CXIII, lre partie), où est signalée la persistance de l’urane en profondeur plus bas que les autres métaux, à Joaehimsthal.
- 4 Bœswillvvald et Albert Ballu. Timgad (t. I, terminé par le 8efascic., 19051. Ernest Leroux, 28, rue Bonaparte.
- p.326 - vue 330/536
-
-
-
- LA NATURE.
- plement des cendres et à dégager ce qui reste des constructions de l’humus qui les recouvre. Notre besogne est plus compliquée et moins aisée. Nous trouvons, en effet, des ruines saccagées, bouleversées, dont les éléments ne sont plus souvent à leur place et ont été transportés h quelque distance. 11 nous faut en conséquence les réunir, les remettre en place et redresser les colonnes renversées, relever les murs démolis, bref, opérer une reconstitution, dont tous les fragments sont là, mais qu’il faut grouper à nouveau et rétablir dans leur état primitif.
- Nous poursuivons avec passion cette besogne parfois ingrate et pénible depuis de longues années; mais le résultat que nous avons obtenu suffit à récompenser nos efforts et, grâce à la méthode employée d’une façon suivie, nous sommes arrivés à restaurer et à consolider bien des édifices, qui, sans les précautions prises par nos soins, eussent complètement disparu sans laisser traces de leurs dispositions.
- Parmi les opérations de levage de matériaux que nous avons été amenés à effectuer, nous citerons en première ligne le redressement des grosses colonnes du temple de Jupiter Capitolin, que nous avons réussi à remettre sur leur soubassement, et qui avaient été renversées à la suite d’un tremblement de terre cent ans environ auparavant.
- Ces colonnes, que l’explorateur anglais Bruce vit en place au nombre de cinq et dessina le 15 décembre 1765, faisaient partie du pronaos du temple, dont la façade principale se composait de cinq travées avec six colonnes. Deux d’entre elles seulement furent retrouvées entières lorsque nous entreprîmes en 1892 les fouilles du temple qui ne put être déblayé entièrement que deux ans après. En 1895 et en 1896, il fallut restaurer les assises écroulées du piédestal pour rendre possible la remise en état des deux colonnes, dont le diamètre inférieur était de lm,44 et la hauteur de 14 mètres; compris base et chapiteau.
- Au commencement de 1897 tout était prêt et rien ne s’opposait plus à ce qu’il fût procédé h la restitution des antiques piliers1. Dès le printemps, ayant approvisionné les bois nécessaires, nous dressâmes une sapine haute de 25 mètres et disposée sur un plan rectangulaire avec 6 montants. Un treuil Dernier, établi sur la plate-forme supérieure de la sapine, pouvait se mouvoir sur des rails de façon à amener les pierres à leur place exacte après les avoir élevées à la hauteur nécessaire.
- Tout d’abord les morceaux étaient montés, au moyen d’un plan incliné, au pied de l’échafaudage installé en bas du mur devant supporter les colonnes. Une fois amenée à pied d’œuvre, la pierre était d’abord louvetée en double, puis levée à l’aide du treuil que quatre hommes, commandés par l’inspec-
- 1 C’est M. Léon Bourgeois, alors ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, qui, lors de sa visite à Timgad, le 15 mai 1802, décida cette restitution des deux colonnes du Capitole.
- teur des travaux, manœuvraient du haut de la sapine et que déplaçaient deux autres ouvriers. Des tenons en pierre dure, noyés dans un bain de mortier hydraulique et de ciment, solidarisaient les tambours, dont quelques-uns atteignaient le poids de 6000 kilogrammes.
- Lorsque les onze morceaux dont se composait la première colonne furent en place, au lieu de démonter l'échafaudage et de le remonter au droit du second pilier, à 4m,15 plus loin, nous tentâmes de le riper, c'est-à-dire de le déplacer tout d’une pièce. A cet effet, nous soulevâmes la sapine de 0m,08 à l’aide de crics; et, après avoir introduit un cours de fers plais de 0m,02 d’épaisseur et des rouleaux de 0m,05 de diamètre, nous pûmes la transporter à l’endroit voulu à l’aide de crics installés horizontalement et en ayant soin de régler à chaque mouvement les longueurs de six haubans qui étaient amarrés à la hauteur du dernier élage de l’échafaudage. Il est entendu que le treuil n’avait pas été descendu au cours de cette manœuvre.
- Après avoir procédé pour la deuxième colonne comme pour la première, nous fîmes enlever la sapine et l’on put contempler, se silhouettant avec élégance sur le ciel, les deux grandes colonnes rétablies du temple de Jupiter Capitolin.
- Un autre travail délicat de restauration dut être exécuté en 1898 pour préserver de la ruine l’édifice le plus décoratif de Timgad, l’arc de triomphe à trois portes, datant de l’an 100 de notre ère, époque de la construction de l’antique Thamugadi.
- C’est en 1886 que cet arc fut déblayé sous la direction de feu Duthoit, notre regretté prédécesseur. Il était enterré jusqu’au-dessus de la naissance des arcades latérales, et les claveaux de la grande arcade centrale étaient sur le point de se détacher ; le dégagement du monument, dans ces conditions, constituait donc un danger qu’il importait de conjurer ; aussi fut-il nécessaire de soutenir les maçonneries, désagrégées par des piles et des arceaux en moellons qui remplirent le but que l’on voulait atteindre, mais enlevèrent malheureusement à l’édifice l’aspect de ses proportions. De plus, les pierres de l’alliquc étaient rongées, disjointes ; deux des colonnes étaient près de se déverser et l'on voyait le jour entre les joints de plusieurs parties du monument. Des travaux de restauration, ou plutôt de consolidation, s’imposaient donc surtout en présence du très grand nombre de fragments de toutes sortes, architraves, corniches, chapiteaux, etc., provenant de l’arc et gisant à terre depuis des siècles.
- Nous procédâmes par reprises partielles, en sous-œuvre et avec le plus grand soin. Pour maintenir la poussée des arcades, nous établîmes des tirants en fer noyés dans du ciment, de façon à empêcher toute rouille et détérioration du métal; nous remplaçâmes le moins grand nombre possible de morceaux endommagés, nous replaçâmes tous les fragments tombés, coulâmes les joints dégarnis, remîmes en place les colonnes chassées de leur axe, enlevâmes les maçon-
- p.327 - vue 331/536
-
-
-
- LA NATURE.
- r>28
- Fipr. 1. — Les colonnes du temple de Jupiter Capitolin redressées.
- neries provisoires de moellons et recouvrîmes le monument d’une chape en béton de ciment destiné à le mettre dans l’avenir à l’abri des atteintes de la pluie et des intempéries.
- Grâce à ces travaux, le bel édifice qui fait l’orgueil de notre antique cité, avec sa grande arcade, ses deux arcs latéraux surmontés de niches ornées de consoles richement sculptées et d’un ordre élégant, presque entièrement rétabli par nos soins, peut désormais défier toute comparaison avec les restes des arcs triomphaux antiques du monde entier. Nous dirons maintenant quelques mots des matériaux qui ont servi à l’édification de la ville de Trajan, dont la majesté, à l’époque de sa prospérité, devait être sans égale, si l’on en juge par ce que le temps nous a laissé de vestiges imposants et superbes.
- Les voies d’abord sont admirablement dallées. Les
- deux principales, le 1 tecumanus Maximu s ou voie triomphale, et le Cardo Maximus (allant du Nord au Sud), sont pavées de belles dalles en calcaire bleu provenant des montagnes situées au Nord de la cité en face Rba, de l’autre côté de la plaine qui s’étend depuis Lambèse jusqu’à Khenchela (l’antique Mascula). Ce calcaire est très résistant, bien qu’il soit creusé par le sillon des chars antiques, comme le sont les dallages des rues de Pompéi, et il a servi pour le pavement du Forum, du Marché, de la basilique judiciaire, de la bibliothèque, etc.
- Les rues secondaires, qui se coupent toutes à angle droit, sont recouvertes de dalles en grès provenant des roches à fleur de terre qui environnent Timgad. Sa résistance est loin de valoir celle du cal-
- Kig. 2. — Disposition employée pour redresser les colonnes du temple de Jupiter Capitolin.
- p.328 - vue 332/536
-
-
-
- LA NATURE.
- r»20
- Fig, 3. — Arc de triomphe de Timgad restauré.
- Fig. i. — Arc de triomphe de Timgad.
- caire bleu, mais le temps lui a donné une jolie aux ruines un aspect doré au beau soleil africain, coloration chaude et des tons orange qui donnent Les monuments publics sont construits en maté-
- p.329 - vue 333/536
-
-
-
- LA NATURE.
- :>:>o
- riaux variés; on y voit un mélange de calcaire blanc de Menah, produit de carrières sises à 30 kilomètres environ (il a quelque ressemblance avec le marbre blanc et la patine que lui a donnée le temps est d’un Ion d’or charmant), de grès taillé en assises, et de briques. Les colonnes sont soit en calcaire blanc, soil en grès, soit même en marbre blanc, suivant le degré de richesse que comportent les édifices. Mais,
- ?i l’inverse de Pompéi, Timgad ne possède pas de ces colonnes si nombreuses en briques recouvertes d’enduits en stuc. Il faut en rechercher la raison dans la nature du climat assez rude des hauts plateaux algériens, et surtout dans le caractère monumental el durable que les constructeurs de Thamugadi ont voulu donner aux bâtisses de notre chère cité.
- Les maisons sont composées pour la plupart de grès employé soit en assises de grand appareil, soit, el le plus souvent, en moellons. Généralement, des pierres de grès posées en délit et supportant des traverses formant chapeaux encadrent des panneaux de moellons, lesquels étaient vraisemblablement recouverts d’enduits ou de placages de pierre.
- La brique est fréquemment utilisée dans les établissements de Thermes et elle a atteint parfois d’assez fortes dimensions.
- Les terrasses, peu nombreuses à Thamugadi, dont la plupart des constructions étaient recouvertes de loitures en tuiles, n’existaient que sur les parties voûtées des monuments. Elles se composaient de mosaïques aux cubes de grosses dimensions et de ton noir, dont nous avons trouvé un grand nombre de fragments. Au-dessous de cette mosaïque, il y avait une forme de 0ni,22 d’épaisseur placée sur une aire en tuileaux de 0m,03 à 0m,05. Le tout reposait sur un béton composé de débris de briques et de cailloux.
- Les tuiles de couverture nous ont laissé une quantité de spécimens avec les antéfixes qui masquaient sur les façades l’about des imbrices ou tuiles creuses recouvrant les tegulæ ou tuiles plates trapézoïdales à rebords. Ces antéfixes sont presque toujours la reproduction de têtes d’hommes, de femmes ou d’animaux.
- Les tuyaux de descente étaient formés par des cavités circulaires pratiquées dans des assises de [lierre qui s’emboîtaient les unes dans les autres au moyen de rebords ménagés en saillie à la partie inférieure, le haut de la pierre étant creusé en rigole pour recevoir ce tenon. Le plomb était employé pour les canalisations d’eau.
- , Bien d’autres particularités curieuses seraient encore à signaler dans les ruines de Timgad, mais il est facile d’en prendre connaissance dans les publications déjà nombreuses qui ont été faites sur l’antique cité de Trajan, dont la glorieuse renommée attire chaque année en Algérie des visiteurs de plus en plus nombreux. A. Bai,lu,
- Architecte en chef du gouvernement et directeur des fouilles.
- IA CULTURE ARTIFICIELLE
- DES PLANTES ALPINES
- On sait combien sont délicates la plupart des plantes alpines : elles meurent rapidement si elles sont exposées aux rayons trop chauds du soleil, et cependant il leur faut pour croitre la pleine lumière. Les plus brillantes d’entre elles sont d’une culture si difficile que beaucoup d’amateurs y ont renoncé et se contentent d’espèces plus humbles, mais plus traitables. Des recherches, que nous avons récemment faites et dont nous allons exposer le détail, nous ont amenés à croire au contraire à la possibilité de leur culture artificielle. Ces plantes rentrent en effet, au point de vue de la culture, dans le groupe de celles qui exigent un sol poreux et spongieux, groupe dont les orchidées épiphytes sont les plus connues. On sait quelle importance les horticulteurs attachent à la confection d’un sol qui convienne à leurs racines molles; dans ce but ils utilisent largement le sphagnum, mousse blanche ou rose des marais (de certains marais). Or c’est précisément dans l’emploi de ce sphagnum que depuis quelques années on a trouvé le moyen pratique de conserver chez soi et de faire fleurir abondamment et brillamment les plus délicates des espèces alpines.
- La sphaigne ou sphagnum est une mousse d’une structure particulière, offrant deux espèces de cellules, dont les unes contiennent de la chlorophylle et les autres de l’eau. Ces dernières forment autant de réservoirs susceptibles de contenir l’eau, même par les plus fortes chaleurs et sous les plus intenses sécheresses, et de la rendre au milieu qui les entoure au fur et à mesure des besoins. En outre, les feuilles, très rapprochées les unes des autres et imbriquées à la façon de tuiles sur un toit, laissent entre elles un espace libre qui peut retenir l’eau et la garder pendant un certain temps. Cette structure particulière rend le sphagnum presque aussi absorbant que les éponges et cette faculté remarquable qu’il possède n’est pas sans influence sur la formation des plateaux tourbeux des lieux élevés et surtout sur les réservoirs qui alimentent les sources fournies par les hautes montagnes. Elle rend compte en même temps du rôle que ces mousses peuvent jouer dans la culture artificielle des plantes nécessitant un sol poreux et spongieux.
- C’est aux cultivateurs italiens que nous sommes redevables de leur application à la culture des plantes alpines, application dont je pris connaissance en 1891, au jardin botanique de Pavie. Là, en plein soleil d’Italie, j’ai vu prospérer et fleurir les SolJanelles, les Androsaces, les Artémises glaciales, l’Arnica, les Primevères les plus délicates, le tout planté au sommet d’un large mur exposé au Midi et recouvert d’une couche de sphagnum que retenaient des pierres en bordure. A Gènes, le chevalier Bucco cultivait, depuis longtemps déjà, les plantes des Alpes en plein soleil méditerranéen sur des monticules de sphagnum pur. A Florence, à Pallanza, ailleurs encore, on suivait cet exemple. Je résolus de tenter un essai au jardin alpin d’acclimatation de Genève où l’on s’occupe spécialement des plantes de montagnes et dont les clients, répandus dans le monde entier, ne cessent de demander précisément les espèces les plus difficiles à acclimater. Aous fîmes à Plainpalais où se trouvait alors le jardin, des essais qui eurent les meilleurs résultats, malgré la situation peu favorable de l’établissement qu’ombrageaient de nombreuses constructions voisines. Le 20 mars 1901, je fis aménager, au sommet d’un mur qui recevait le soleil depuis 9 heures le matin jusqu’à la
- p.330 - vue 334/536
-
-
-
- LA NATURE.
- nuit, un emplacement plat sur lequel je déposai un certain nombre de terrines de sphagnum sec (n’en ayant pas du frais à ma disposition) dans lesquelles je plantai à racines nues : Arnica montana (en assez mauvais état); Astrantia minor (soufreteux également); Gnaphalium Leontopodium (en semis d’un an); Lencanihemum alpinum; And rosace Helvctica ; Parnassia mgsorensis ; Saxifrage ahoides; A. Carpathica : S, si cil a ris ; Solda-nella alpina.
- Tous ceux qui s’intéressent aux cultures alpines conviendront qu’il s’agit là, le Gnaphalium Leontopodium excepté, des espèces les plus difficiles à cultiver et à faire fleurir sous le climat continental, .le n’étais jamais parvenu à faire fleurir à Genève l’Arnica, le Leucanlhe-inum, les Saxifraga aizoides el stellaris; et, quant à la Soldanelle, je ne l’avais eue en fleurs que sous une cloche de verre qui maintenait l’humidité autour de sa touffe.
- Un connaisseur verra aussi d’emblée que l’essai portait sur des plantes de nature différente quant à leurs affinités chimiques. Les unes (Gnaphalium, Androsace) sont franchement ealcicolcs, tandis que d’autres (Saxifraga, stellaris, Arnica) sont silicicoles. D’autre part, tandis que les unes (Soldanella, Saxifraga, Parnassia, Astrantia) appartiennent aux lieux frais et humides, les autres (Gnaphalium, Androsace, Leucanlhemum, Arnica) recherchent les lieux secs. Il fallait donc s’attendre à des résultats bien différents. Or il n’en fut rien et toutes réussirent à peu près complètement.
- En effet, au bout de peu de jours, nous pûmes constater une activité redoublée dans le développement de toutes ces plantes; les feuilles chlorosées et jaunes de l’Arnica se veinèrent de vert et devinrent bientôt tout à fait luxuriantes; le cœur de la Soldanelle se gonfla et de très nombreux boutons apparurent; l’Astrance émit de nombreuses feuilles bien saines et bien vigoureuses; le Lcucanthemum, dont je n’avais jamais pu obtenir le moindre bourgeon auparavant, donna naissance à de nombreux et vigoureux rameaux. J’étais émerveillé.
- Au bout de peu semaines je pus exposer au public horticole Genevois, un Arnica portant trois superbes capitules orangés, le Gnaphalium portant deux grandes fleurs d’un blanc très pur, les trois Saxifrages parfaitement fleuries et le Leucanlhemum avec un beau capitule. (La Soldanelle avait donné la première quelques fleurs qui furent gâtées par un gel tardif.)
- L’année suivante, les résultats dépassèrent toutes mes espérances. La Soldanelle avait, en avril, plus de cinquante fleurs, ce qui ne s’est jamais vu dans la nature et le Gnaphalium portait douze très beaux capitules tandis que l’Arnica était resplendissant et que l’Androsace Helvétique se couvrait de ses fleurs blanches sessiles.
- Plus tard nous procédâmes en grand et préparâmes plus de cent terrines de plantes alpines délicates pour l’Exposition nationale Suisse qui devait se tenir à Genève en 1896. Le succès le plus complet a couronné cet essai et les cent vingt terrines en question ont obtenu la médaille d’or; qui n’a été que très rarement accordée dans l'horlicullure.
- Elles ont fleuri avec abondance et se sont comportées vaillamment, donnant presque toutes d’abondantes et excellentes graines. Et, ce qu’il y a de plus intéressant à constater, c’est qu’elles ont toujours conservé leurs caractères bien tranèhés. Elles semblent même, dans le cas d’espèces affines, les avoir accentués. C’est ainsi que les Géranium argenteum et cinereum qui sont très voisins, et les Linaria alpina et petraea qu’on considère
- comme deux formes d’une seule espèce, se montraient très différents
- Il y a pourtant un inconvénient à ce genre de culture c’est que la plante, se développant rapidement et donnant en peu de temps tout ce qu’elle peut donner, s’épuise facilement et qu’il faut la renouveler beaucoup plus tôt. Cela se fait d’ailleurs facilement, grâce aux nombreux éclats que produisent ces espèces vivaces et cespiteuscs, dont la nature est de donner beaucoup de rameaux.
- Les terrines, dont nous nous servons pour la culture des plantes alpines délicates, ont 20 centimètres de diamètre sur 10 de profondeur. Elles sont percées d’une vingtaine de trous de 12 centimètre de diamètre. Nous les remplissons d’un terrain composé demi-partie sphagnum et demi-partie tourbe sablonneuse ou simplement de sphagnum1. Leur fond est recouvert de tessons afin d’établir un bon drainage. La plante est introduite dans ce sol à racines nues et sans conserver son ancien sol, après quoi la terrine est plongée dans l’eau pendant quelques minutes.
- On place alors les terrines sur un emplacement sec, en plein soleil, sur dos briques ou des pierres, car si la terrine se trouve posée directement sur le sol les racines passent au travers des trous et s"y enfoncent rapidement. D’ailleurs, dans les époques de pluie, la plante souffre beaucoup de ce contact avec le sol humide. Il faut alors arroser abondamment les terrines. La plante se trouve alors, grâce à l’abondance de vapeurs qui s’échappent de la masse spongieuse sous l’influence du soleil, enveloppée d’humidité et, sous l’influence de la grande lumière qu’elle reçoit, e le ne tarde pas à subir une puissante impulsion. Son système radiculaire se développe rapidement dans ce milieu mou et perméable et la terrine est bientôt pleine de racines et de radicelles.
- Plus l’été est sec et lumineux et plus excellents seront les résultats. Il ressort d’ailleurs de ce qui précède que c’est dans les climats continentaux et dans les pays du Midi que ce système de culture est recommandable. En effet, en Angleterre et dans l’Ouest de la France il n’a donné que de piètres résultats tandis que, sur le littoral méditerranéen, à Cannes notamment, il a eu un plein succès.
- Rien n’empêche aussi d’élargir le cadre et de procéder en grand dans des bassins bien choisis qu’on emplit de sphagnum et de tourbe dans la proportion voulue cl qu’on irrigue naturellement au moyen d’un couvert d’eau qui passe par-dessous.
- C’est ce que nous allons établir prochainement dans le jardin alpin d’acclimatation, qui, depuis qu’il a été transporté à Floraire, Chêne-Bourg sur Genève, dans une situation bien éclairée et très aérée, fournit un emplacement excellent pour de telles cultures. Le jardin est ouvert au public tous les jours sauf le dimanche et, comme il n’est qu’à 20 minutes dç tramway du centre de la ville de Genève, son accès est facile. IIf.nry Correvox.
- LES MACHINES MA.GNÉT0S
- POUR l’allumage dans les automoriles
- C’est décidément la machine magnéto qui est définitivement adoptée pour l’allumage des mélanges explosifs employés dans les moteurs des autômo-
- 1 Le Sphagnum se trouve chez tous les grands horticulteurs et chez les marchands do terreau.
- p.331 - vue 335/536
-
-
-
- LA NATURE.
- nsa
- biles. Notre collaborateur, M. Léo Robida, a déjà parlé des procédés utilisés dans ses comptes rendus du Salon de l’Automobile1. Nous avons cru utile de revenir sur celte question et d’examiner les principaux dispositifs électriques.
- La machine magnéto est un générateur électrique
- Fig. 1. — Machine magnéto Eisemann
- qui, actionné par le moteur, fournit l’énergie électrique nécessaire à son allumage. C’est une machine dans laquelle le champ magnétique inducteur est produit par des aimants permanents. On sait que le produit de l’intensité du champ magnétique par la surface traversée par les lignes de force constitue le flux de force magnétique. D’autre part, une loi générale établit que toute variation du llux de force embrassé par un circuit fermé produit un courant d’induction dont la durée est égale à celle de la variation du flux. Il suffit donc de faire déplacer, dans le champ inducteur formé par les aimants dont nous avons parlé, un enroulement de fil convenablement disposé pour produire à chaque instant les variations dont il a été question. Ce sont ces dispositions que nous allons étudier dans quelques-unes des principales magnétos construites à ce jour.
- La machine magnéto est un petit alternateur dont l’inducteur est formé d’aimants permanents en fer à cheval, et dont l’induit est constitué par un fil enroulé sur un noyau de fer doux. On utilise cette magnéto de plusieurs façons. On peut d’abord effectuer l’allumage par étincelle d’extra-courant à l’aide d’un rupteur. Le circuit de la magnéto est à cet effet relié d’un côté à une tige isolée fixe placée dans l’intérieur du cylindre, et d’un autre côté à un marteau mobile qu’une came meut synchroniquement avec l’arbre de dédoublement de 'la distribution. Avant l’allumage, la came rapproche les pièces mobiles et ferme le circuit qui est aussitôt traversé
- 1 Voy. n° 1597, du 2 janvier 1901, p. 66 et n" 1619 du 51 décembre 1901, p. 70.
- par un courant. Au moment fixé par la position de la manette de marche, la même came soulève brusquement le marteau. Le circuit ainsi rompu donne naissance à une étincelle qui enflamme le mélange explosif.
- Le deuxième procédé d’utiliser la magnéto est de lui faire produire une faible tension, quelques volts seulement, et d’alimenter un transformateur. Le circuit secondaire produit des étincelles à tension élevée qui enflamment les mélanges gazeux. Ajoutons qu’il est facile, à l’aide de dérivations, d’alimenter les diverses bougies nécessaires pour allumer les mélanges gazeux suivant le nombre de cylindres.
- L’allumeur Eisemann est formé d’une magnéto et d’un transformateur; le circuit primaire est branché sur les bornes de la magnéto, ainsi qu’un interrupteur toujours fermé et qu’on peut ouvrir pour envoyer à volonté le courant dans le primaire du transformateur. Sur ce dernier est enroulé également le circuit secondaire qui alimente les bougies dans lesquelles se produisent les étincelles. Pour faire l’allumage, il suffit d’ouvrir l’interrupteur. *[Le [courant traverse le circuit primaire du transformateur et il se produit aussitôt des étincelles dans les bougies du circuit secondaire. La figure 1 donne une vue d’ensemble de la magnéto Eisemann.
- M. Caron a fait construire également une magnéto à A pôles ; l’étincelle de rupture est produite par un inflammateur particulier formé d’une bobine dans laquelle se trouve un noyau de fer placé au-
- Fig. 2. — Machine magnéto Simms-Bosch.
- dessus d’une petite palette ; celle-ci était formée d’un piston et peut être rappelée par un ressort. Au moment du passage du courant, le noyau de fer est aimanté, il attire la palette, l’étincelle de rupture se produit alors.
- La Compagnie des Magnétos Simms-Bosch construit plusieurs modèles de machines. Il y a d’abord
- p.332 - vue 336/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 555
- le modèle rotatif, dont les inducteurs sont formés d’aimants en fer à cheval avec des masses polaires; dans le champ magnétique tourne une armature en double T de Siemens. La figure 2 donne une vue d’ensemble de la machine. La maison a construit également un modèle dans lequel l’armature est fixe; on fait déplacer un écran composé de deux segments de cylindre de fer qui peut osciller entre l’armature et les masses polaires. La résistance magnétique varie à chaque instant; il en résulte des variations de llux de force et par suite du courant dans le circuit fermé. Le mouvement oscillatoire est obtenu par . un excentrique ou une manivelle. Enfin, dans un dernier modèle, un écran composé de deux segments en fer peut tourner entre l’armature et les masses polaires.
- MM. Thélin, Mégevand et Cie, à Genève, ont fabriqué une machine magnéto-dynamo qui fournil
- Fig. 5. — Machine niuguéto-dynaino de MM. Thélin-Mégevand et O.
- du courant continu et qui peut servir à la fois pour la charge d’accumulateurs et pour l’allumage et l’éclairage simultanés. La figure'5 représente cette machine. Avec cette magnéto-dynamo, il n’y a pas lieu de synchroniser le mouvement avec ceux du moteur; la commande mécanique est des plus faciles. La machine est toujours munie d’un petit dis-joncteur-eonjoncteur centrifuge, qui est calé sur le prolongement de l’arbre de la machine et agit lorsque la différence de potentiel de cette dernière a la même valeur que celle de la batterie à charger. Le dispositif pour allumer par étincelle consiste à prendre une dérivation sur deux accumulateurs pour alimenter une bobine d’induction avec trembleur. La batterie de 5 accumulateurs est branchée pour assurer l’éclairage. On peut également, par un autre dispositif comportant une bobine de self-induction, assurer l’allumage par étincelle de rupture; le courant est pris aux bornes de cinq éléments.
- D’autres constructeurs avaient également essayé
- la fabrication de machines magnétos d’allumage, des machines à rupture et des machines à bobine et à bougies. Les figures 4 et 5 nous donnent les vues
- Fig. I. — Magnéto d’allumage à rupture.
- d’ensemble de ces machines. Nous ne reviendrons pas sur les dispositions intérieures de ces machines; elles sont entièrement semblables à celles que nous venons d’indiquer. Mais nous insisterons particulièrement sur les mesures de précautions qui avaient été prises pour l’emploi des magnétos et qu’il est intéressant de signaler. Chaque voiture, avec une magnéto, était pourvue d’un tableau spécial qui permettait d’effectuer les combinaisons suivantes. La
- Fig. a. — Magnéto d’allumage à bougies.
- magnéto produisait une tension de 4 à 5 volts et une intensité de 6 ampères environ. Ce courant passait par un interrupteur placé sur l’arbre de la magnéto, et traversait une bobine d’induction à trem-
- p.333 - vue 337/536
-
-
-
- LA NATURE.
- r»7» i
- bleur. L’interrupteur mécanique fermait et ouvrait le circuit au moment où l’étincelle doit être produite; dans le cas de plusieurs cylindres, un distributeur tournant ouvrait et fermait le circuit de chaque cylindre. Pour éviter tout accident qui pouvait être causé par l’interrupteur, un commutateur à deux directions permettait d’utiliser le trembleur magnétique de la bobine; à cet effet un pôle du condensateur, ordinairement branché à l’une des bornes du trembleur de la bobine, en était séparé et était réuni au commutateur; on pouvait ainsi le mettre en communication soit avec l’interrupteur de la magnéto, soit avec le trembleur de la bobine. Un avait ajouté également 4 éléments de piles ou 'i accumulateurs, et, grâce aux dispositions du tableau, on pouvait effectuer la marche avec la magnéto et l’interrupteur de la magnéto, ou avec la magnéto et le trembleur de la bobine. Dans le cas où la magnéto ne donnait pas de courant, on pouvait prendre les accumulateurs ou les piles et fonctionner soit avec l’interrupteur de la magnéto, soit avec le trembleur de la bobine.
- Toutes ces manœuvres étaient ell'ectuées sans toucher à aucun fil, en utilisant uniquement les commutateurs.
- Tous ces progrès accomplis dans les magnétos pour l’allumage des mélanges explosifs des moteurs nous montrent l’intérêt de la question ; il est nécessaire maintenant ([ue les constructeurs travaillent pour simplifier et faciliter les applications.
- J. Laffaügi i;.
- CHRONIQUE
- Lue station biologique aux Bermudes. — Elle va être fondée grâce aux subventions des gouvernements anglais et américain, de l’institution Carnegie et des Universités de Harvard et de New-York. Elle sera pour le Nouveau Monde un instrument de travail de grande valeur, ce qu’est pour la biologie en Europe la station zoologique de Naples.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 avril 1905. — Présidence de M. Troosi.
- Le traitemer.t de la maladie du sommeil. — M. La-veran communique la suite de ses recherches sur le traitement des trypanosomiases par la médication mixte (acide arsénieux et trypanroth). beux macaques, infectés avec le trypanosome de la maladie du sommeil, ont pu être guéris par ce procédé qui avait donne déjà des résultats favorables sur d’autres animaux. M. Laveran ajoute qu’une médication, qui a fait ses preuves dans de telles conditions sur des sujets atteints d’infections expérimentales, peut être essayée sur des sujets naturellement malades. Les chances de succès seront d’ailleurs d’autant plus grandes que la maladie sera moins avancée dans son évolution.
- Le cuirassement des navires. — M. Berlin rappelle que, dès- 1884, il a indiqué un mode de protection des navires de guerre dont l’extension a été grande. 11 avait joint à sa Note un extrait de scs premiers projets remon-
- tant à l’année 1870, si bien qu’en traitant encore aujourd’hui de la question, il parachève une œuvre commencée depuis trente-cinq ans. 11 signale qu’il avait déclaré que cuirassement et cloisonnement étaient deux systèmes qui, loin de s’exclure, s’appuyaient. Une première difficulté venait de ce qu’il est impossible de rendre impénétrables aux obus, soit le pont blindé protégeant les organes essentiels du navire, soit les caissons de cuirassement. Il a abaissé le pont blindé au-dessous du niveau supérieur des caissons, de façon à surajouter les effets protecteurs du cuirassement et des caissons. Il a étudié l’insuffisance du système anglais, qui ne couvrait que la partie centrale d’un blindage épais et celle du système français correspondant à un blindage long et peu élevé. Mais, en élevant les caissons, on a changé les conditions de stabilité du navire, car on augmentait énormément le poids de la partie haute, (l’est cette question dont M. Berlin examine encore aujourd’hui un des cas.
- Analyse minéralogique des terres. — M. Maquenne présente une Note de M. Dumont indiquant un procédé de séparation des éléments minéraux de la terre basé sur l’emploi de la force centrifuge. Après avoir dépouillé les terres des matières organiques, il soumet la matière à l’expérience et obtient le quartz, le phosphate, le feldspath orlhose, etc.
- Le suc intestinal. — M. Daslre présente une Note de M. Frouin sur la sécrétion du suc intestinal. Après avoir indiqué que la physiologie moderne, détruisant d’anciennes assertions, a établi l’influence capitale du suc gastrique dans la digestion, il observe qu’il est très intéressant de connaître sousvœ- '*f 3Juence ce suc est sécrété. 11 ajoute que deux savants anglais, MM. Bayliss et Starling, ont découvert, dans des macérations de raclures de muqueuse intestinale, un principe auquel ils ont donné le nom de sécrétine et qui, introduit dans la circulation, produit une sécrétion générale des guindés. Ils estimaient donc avoir résolu le problème; M. Frouin démontre que la sécrétine introduite dans l’intestin est détruite par le suc intestinal normal. Il résulte de là qu’il y a dans celte dernière substance une matière qui provoque la sécrétion du suc intestinal.
- L'assimilation du sucre de lail. — M. Daslre présente ensuite une Note de M. Bicrry sur l’utilisation du sucre de lait dans l’économie. Le lait contient 5 pour 100 de sucre, aussi celui-ci est-il un élément considérable d’alimentation. Or, le sucre de lait introduit dans la circulation est rejeté entièrement par les urines. Donc, pour être utilisé dans l’économie, il faut qu’il soit transformé. La transformation à subir est le dédoublement en glucose ordinaire et en galactose. Mais, ni le suc salivaire, ni le suc gastrique, ni le suc pancréatique, ni le suc intestinal ne produisent ce dédoublement. Les expériences ont été reprises en Angleterre et en Allemagne, et l’on est arrivé à conclure que l’on est en présence d’un procédé d’adaptation de l’organisme à l’aliment et que, par suite, pour trouver le ferment du dédoublement, il fallait opérer sur des animaux soumis à la nourriture lactée. M. Bierry démontre que celte explication ed erronée, le dédoublement serait réalisé par les cellules au moment du passage de la substance.
- Réglage des appareils de radiographie. — M. Lipp-mann présente une Note de M. Turchini, relative aux variations d’éclat du tube de Crookes. L’auteur, qui est préparateur à la Faculté de médecine de Paris, a eu recours à la photométrie. Il a constaté que, lorsque l’inten-
- p.334 - vue 338/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 555
- site du courant qui passe dans le tube reste constante, l’éclat du tube augmente avec l’étincelle équivalente, et passe par un maximum pour une étincelle équivalente comprise entre 10 et 12 centimètres, c’est-à-dire que l’on a, dans ces conditions, le maximum de production des rayons X. 11 montre ensuite qu’avec une même bobine servant à exciter un tube, l’éclat de celui-ci, pour une intensité conslante, diminue quand le nombre des interruptions de l’interrupteur de la bobine augmente. Ces expériences ont des conséquences pratiques importantes, car l’application des rayons X en médecine prend une extension considérable, et l’on a observé depuis longtemps que le tube qui sert à les produire est un appareil essentiellement variable.
- Auto-révélateur des gaz asphyxiants ou explosants. — M. Lippmann décrit un appareil imaginé par MM. Haugcr et Peschcux pour servir d’avertisseur aux personnes exposées pendant leur travail ou leur sommeil à être surprises par des gaz dangereux, lise compose d’une balance d’extrême précision, dont le fléau porte à l’une de ses extrémités un récipient rempli d’air normal équilibré à l’autre extrémité dans l'air normal. S’il survient du gaz d’éclairage ou du grisou, l’atmosphère ambiante change de composition et, par suite, la densité du mélange n’est plus celle de l’air. Par suite, la poussée de l’air sur le récipient c'os change de valeur et l’équilibre est rompu. Pour des gaz plus légers que l’air, tels que le gaz d’éclairage et le grisou, le récipient entraîne le fléau vers le bas; au contraire, le fléau se relève pour un gaz [dus lourd que l’air. Le récipient ainsi influencé plonge une aiguille dans un ' mercure et ferme ainsi un cir-
- cuit actionnant inr songerie même à distance, ce qui peut êtïe d’une très grande utilité dans les mines pour régler la ventilation. Mais, afin que l’appareil ne donne point de fausse indication, il faut que l’effet des variations -diy densité de l’air, sous l’influence de la tempé-ralurf-^ou de la pression, puisse être éliminé. Les auteurs ont résolu la difficulté en montant sur le fléau deux cavaliers compensateurs mobiles le long du fléau. Celui de la pression est actionné par un anéroïde agissant par l’intermédiaire d’un levier multiplicateur ; celui de la pression est mù par une spirale bimétallique agissant de même par l’intermédiaire d’un levier multiplicateur.
- Cu. ou Yilledeüu..
- LE « TOURBILLON DE Là MORT »
- On sait le terrible accident qui vient de terminer brusquement les curieux exercices de saut périlleux effectués au Casino de Paris, sous le nom de Tourbillon de la mort. Malgré les demandes de nos lecteurs, nous avions gardé le silence sur ces expériences à cause d’un secret de mécanisme que l’inventeur ne voulait pas divulguer au public. H nous est permis d’en parler, aujourd’hui que ces raisons n’existent plus.
- 11 s’agissait, comme on sait, de faire faire le saut périlleux, dans le vide, à une voilure automobile sur laquelle prenait place une jeune femme.
- La voiture, de l'invention de M. Ilavel, était lancée du haut d’une piste fortement inclinée de manière à être animée au bas d’une vitesse d’environ 14 mètres à la seconde, soit plus de 50 kilomètres à l'heure.
- À l’endroit où la piste se relève et est interrompue, la voiture déclenchait au passage des ressorts, qui la lançaient, la faisaient tourner sur elle-même, pendant qu’elle franchissait un espace de 12 mètres, avant d’atteindre un tremplin préparé pour la recevoir et l’arrêter dans sa course.
- Le déclenchement est produit par deux taquets placés en dessous du châssis de la voiture, un de chaque côté, qui touchent au passage l'extrémité A de deux grands leviers qui, par l’intermédiaire d'un renvoi de mouvement, détendent les ressorts. En haut, à gauche de notre ligure, nous avons représenté I’intcrieur de la boîte du mécanisme. Les deux ressorts à boudins, qui sont capables de développer un travail de près de 25 chevaux, sont désignés par S, S. Leur détente dure 8 centièmes de seconde, temps pendant lequel ils font tourner une came hélicoïdale C tangente à un galet qui, poussé par la came, fait décrire un arc de cercle aux deux grands leviers courbes gravés en noir dans le haut de la figure. Sur l’extrémité de ces leviers est fixée une petite plate-forme ou raquette R qui soulève la voiture par les deux galets G placés sous le train de roues arrière et qui roulent sur elle. Le soulèvement sans secousse de la voiture n’utilise pas tout le travail disponible et il faut arrêter la came qui, possédant encore une force vive, continue sa course. Cet arrêt est indispensable pour éviter la rupture du mécanisme.
- M. Ravel, fort ingénieusement, a disposé un frein formé de lames de ressorts E avec trois relais dont les extrémités sont reliées par des chaînes à l’armature de l’appareil. La came, passant entre les deux leviers courbes, qui servent au lancement, frotte langenliellement à l’intérieur de la partie centrale du frein et tend l’ensemble des ressorts jusqu’à échapper en fin de course où elle n’a plus de vitesse. Quelques modifications ont été apportées après la construction de l’appareil pour arriver à cii régler le fonctionnement.
- La tension des ressorts à boudins se faisait au dernier moment pendant que l’artiste était installée par des aides sur la voilure et elle était, chaque jour, suivie de la vérification de la puissance des ressorts. Deux grands leviers, placés à chaque extrémité du tambour des ressorts, permettaient d’armer ceux-ci au moyen de deux cliquets, chaque levier étant abaissé alternativement par un homme. Lorsque la tension maxima était obtenue, le levier de gauche (L de la figure) était accroché à une chaîne et on plaçait à son extrémité un poids qui équilibrait la puissance des ressorts, comme une véritable balance dynamométrique. La vérification était faite au moyen d’un repère ; la tension était légèrement modifiée au moyen d’un appareil de réglage et c’est après cette vérification que la voiture pouvait être lancée.
- Celle-ci pesait environ 250 kilogrammes avec sa passagère; elle a été construite de façon que son centre de gravité soit abaissé le plus possible et reste sensiblement au centre de figure pendant le
- p.335 - vue 339/536
-
-
-
- LA NATURE.
- ">»>
- retournement : pour cela, l’artiste devait être placée exactement de la même façon tous les soirs. Les calculs que M. Ravel a été obligé de faire avant la construction, ont été poussés avec une grande approximation et notamment ceux qui ont fait intervenir la
- résistance de l’air sur la voiture en mouvement; ccci a été une des principales difficultés h résoudre.
- Le spectateur avait une impression des plus curieuses. En effet, la voiture, lancée dans le vide, décrivait la première partie de sa trajectoire comme si
- Le « Tourbillon de la Mort » au Casino de Paris.
- En cartouche à droite : la voiture au bas de la piste avant de passer sur les appareils de lancement ; à gauche, vue du mécanisme.
- elle devait sauter directement sur la piste d’arrivée (c’est ce qu’elle faisait du reste lorsqu’on ne tendait pas les ressorts). Lorsqu’elle atteignait le point culminant de la trajectoire à plus de 6 mètres au-dessus du sol, elle paraissait rester immobile et horizontale; à ce moment elle piquait une tête, faisait un tour complet, ne semblait plus avoir de vitesse
- et le spectateur avait l’illusion qu'elle allait tomber, mais la voyait, au contraire, atteindre sans difficulté le tremplin d’arrivée. Raymond Périsse,
- Ingénieur.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. —
- Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- p.336 - vue 340/536
-
-
-
- >° 1 fifiti. — 2S» A VISU. I !*(>:».
- LA N AT IKK.
- r>r»7
- LE COENDON YELU
- M. Lyonnet a donné, il y a quelques mois, à la ménagerie du Jardin des Plantes, un animal fort curieux et que l’on voit rarement dans les jardins zoologiques, une sorte de Porc-épic américain appartenant à l’espèce que l’on désigne vulgairement sous le nom de Coendon velu et dont Frédéric Cuvier a fait le type de son genre Sphiggure (ou mieux Sphingure).
- Les Coendons sont des Rongeurs essentiellement
- organisés pour une existence arboricole. En effet, quoique leurs pieds de derrière ne possèdent pas, comme chez beaucoup d’autres animaux grimpeurs, un pouce susceptible de s’opposer aux autres doigts, ils peuvent néanmoins saisir une branche avec beaucoup de force, grâce à la largeur de la lace plantaire , qui est extrêmement rugueuse et prolongée du côté interne par un lobe semi-circulaire. Ce lobe, supporté intérieurement par les os du doigt interne et par des pièces empruntées au tarse, est représenté, aux membres antérieurs, par une expansion ana-
- l’oses diverses du Coendon velu.
- logue, mais de dimensions plus réduites. En outre, les pieds sont tournés en dedans et, comme chez les autres quadrupèdes grimpeurs, les tibias sont largement séparés sur la plus grande partie de leur longueur. Entiu, la queue, très développée et renflée à la base en une masse charnue et musculeuse, s’atténue dans sa portion terminale, qui est complètement ou presque entièrement dénudée et qui peut s’enrouler autour d’une branche, de manière à constituer un organe de préhension ou plutôt de suspension. La queue remplit donc le même rôle que chez certains Singes américains, en consolidant la position de l’animal perché sur une branche, en lui 33e année. — Ie' seuiesü'3.
- permettant, au besoin, de faire libre usage de ses pattes antérieures pour saisir une autre branche ou pour porter les aliments à sa bouche.
- La tète des Coendons se termine par un museau épais, tronqué obliquement et couvert en partie par une sorte de duvet. Les narines, très rapprochées l’une de l’autre, sont largement ouvertes et de forme arrondie, et la lèvre supérieure est légèrement échancrée, de manière à découvrir un peu les incisives. Les yeux sont petits, mais légèrement saillants, et les oreilles, faiblement proéminentes, sont parsemées de poils fins sur leur face interne et garnies d’une touffe de soies raides du côté interne.
- p.337 - vue 341/536
-
-
-
- LA N ATI I! L.
- r>r>s
- Les Coendons vivent actuellement dans la zone tropicale du Nouveau Monde et se trouvaient déjà, pendant la période quaternaire, dans les mêmes légions, puisque M. Lund a découvert, dans les cavernes du Brésil, les restes d’animaux de ce groupe. On en connaît plusieurs espèces. La plus répandue est le Coendon à queue prenante (Synetheses ou Sphyngur.s prehetisilis), qui a pour patrie la Guyane, la Colombie, le Venezuela et le nord du Brésil, et chez lequel toutes les parties supérieures du corps sont protégées par une véritable foret de piquants acérés, dont la longueur augmente depuis le front jusqu’au milieu du dos. Cette armure défensive masque complètement les poils ordinaires.
- Au contraire, chez le Coendon velu (Synet-heses ou Sphynguvus villosus), dont nous nous occuperons plus particulièrement, le corps est revêtu d'une abondante fourrure, sous laquelle se dissimulent des piquants extrêmement aigus, qui sont pour la plupart assez grêles, sauf vers leur point d’allachc. Ces piquants sont teints de trois couleurs, de blanc jaunâtre à la base, de noir au milieu et de jaune orangé à la poinle, tandis que les } oils allongés qui les recouvrent sont d’un brun noirâtre, avec l’extrémité rousse ou jaunâtre, ce qui donne au pelage in aspect tiqueté. Des poils plus courts et plus raidi s garnissent le dessous du corps, la face interne et les extrémités des membres. Dans sa portion basilaire, la queue est hérissée d’aiguillons, au moins au-dessus; mais, vers le bout, elle se dénude et montre une peau écailleuse. La longueur de cet appendice atteint 30 ou 55 centimètres, et la tète et le corps réunis mesurent environ 50 centimètres, ce qui donne près d’un mètre pour la longueur totale de l’animal.
- Les Coendons velus habitent h s provinces méridionales du Brésil, ainsi que le Paraguay, ou ils forment une race à peine distincte. Ils se tiennent généralement au milieu des taillis ou dans les grandes forêts et se nourrissent de feuilles, de bourgeons, de Heurs et de fruits. Après avoir passé la plus grande partie du jour à se reposer en se tenant pelotonnés à la bifurcation d'une branche, les Coendons se mettent en campagne au crépuscule et rôdent pendant toute la nuit. Ils grimpent ou se servent alternativement de leurs mains et de leurs pieds, cheminent prudemment le long des ruisseaux et passent d’une branche à l'autre en se suspendant par la queue et par les pattes de derrière et en se balançant, la tête en bas, jusqu’à ce qu’ils aient saisi un nouveau point d’appui.
- A l’état sauvage, les allures de ces Rongeurs ont été fort bien étudiées par le prince Max de Wied-ÎSennrid, par le voyageur Renggar et par le professeur Barmeister, et les observations de ces naturalistes concordent avec celles qui ont été faites, dès la fin du xvni: siècle, au Paraguay, par don F. d’Azara, et, tout récemment, à la ménagerie du Jardin des Plantes, par M. Sauvinet et par moi-même, sur des Coendons vivant eu captivité. Les Coendons sont
- d’un naturel apathique et peuvent rester des heures ou même des journées entières sans changer de place. Ils se tiennent accroupis, le dos voûté, le pelage hirsute, les pieds de devant rapprochés et le museau touchant presque les pieds de derrière, ou bien ils s’arc-boutent sur leur perchoir, autour duquel l’extrémité de leur queue est enroulée. On ne les voit presque jamais boire et ils se montrent beaucoup moins voraces que d'autres Rongeurs. Comme aliments, ils acceptent volontiers du pain, du maïs, du manioc, des herbes, des légumes, des fruits, à l’exclusion de la viande, et aiment à varier leurs aliments, dont ils ne prennent, à chaque fois, qu’une petite quantité. Ils attaquent avec leurs dents le morceau qu’ils ont choisi et qu’ils soutiennent avec leurs pattes de devant, à la façon des Agoutis, mais ils hésitent à entamer un fruit revêtu d’une écorce un peu épaisse, quoiqu’on les ait vus ronger des morceaux de bois et même de la cire vierge.
- D’Azara avait remarqué que, lorsqu’on lui apportait son chocolat nu qu’on entrait dans sa chambre avec un bouquet de tleurs, le Coendon qu’il gardait en captivité ouvrait les narines et élargissait son museau comme pour aspirer largement leur parfum, qu’il percevait à plusieurs mètres de distance. Ce Coendon tournait parfois la tête quand on l’appelait par son nom, mais n’émettait presque jamais aucun son; c’est tout au plus si rarement, quand il avait froid, quand il était tourmenté par la faim ou par les piqûres des parasites, il faisait entendre un petit bêlement sourd à peine perceptible.
- Quand on les touche légèrement, les Coendons ne bougent pas, mais si on insiste un peu brutalement, ils hérissent leur armure épineuse et les longs poils qui les recouvrent et doublent ainsi le volume de leur corps. Il arrive parfois que la contraction des muscles peauciers, en redressant' brusquement les piquants, en détache quelques-uns et les fasse tomber, et c’est ce qui a donné lieu à cette croyance absurde, dont le Dorc-Épic de l’Ancien Monde a été également l’objet, que l’animal pouvait à volonté darder ses piquants contre un adversaire. On a même ajouté que les aiguillons, une fois entrés dans la peau d’un homme ou d’un chien, continuaient à s'enfoncer à travers les chairs et ressortaient d’un autre côté; on a prétendu enfin que, comme le Porc-Epic, le Coendon savait faire tomber les fruits des arbres et, se roulant sur eux, les emportait fichés à ses aiguillons pour les dévorer ensuite à loisir. Il est parfaitement inutile de souligner l’absurdité de ces légendes.
- Le Coendon velu, qui est connu au Brésil et au Paraguay sous le nom de Coniy, est l’objet d'une chasse active de la part des Indiens, qui en mangent la chair, malgré son odeur désagréable. Les colons d’origine européenne, sans partager le goût des indigènes, n’épargnent guère cet animal inoffensif, envers lequel les ebiens eux-mêmes manifestent autant d’antipathie qu’ils en témoignent, dans noire
- p.338 - vue 342/536
-
-
-
- LA MA Tl UK.
- r»r>u
- pays, à l’égard du pauvre hérisson. Souvent même, emportés par leur fureur, les chiens ne se méfient point suffisamment des armes défensives dont la nature a doté les Coendons, et reçoivent de sérieuses blessures, des piquants s’enfonçant profondément dans leur palais et dans leurs lèvres. C’est môme, pour le dire en passant, la tuméfaction brusque qui se produit autour de la plaie, dans laquelle l’aiguillon parait s’enfoncer qui, comme le dit d’Azara, a donné naissance à l’une des légendes que je signalais tout à l’heure.
- I n Coendon que llrehm put observer au Jardin zoologique de Hambourg, et qui appartenait, il est vrai, à une autre espèce, à une espèce mexicaine [Sphyngurus mexicanus), était moins sobre que le nôtre et surtout que celui de dom F. d’Azara : dès qu’il avait mangé, il s’approchait de son abreuvoir et y plongeait sa patte qu’il léchait ensuite. Quand on le touchait, il gémissait comme un jeune chien, et, tout en grognant, hérissait ses piquants.
- Dans l’Amérique du Nord, les Coendons sont remplacés par les Ursons ou Erethhon, autres Porcs-Epics arboricoles qui ont les mêmes mœurs et dont le corps est également revêtu d’un mélange de piquants et de poils allongés, mais dont la queue est courte et non préhensile. E. Ocstai.kt,
- Professeur au Muséum.
- --->< <- -
- FAIBLE HAUTEUR D’UNE ÉTOILE FILANTE
- La hauteur à laquelle les étoiles lilantes font leur apparition et traversent notre atmosphère est. généralement assez élevée, quelque chose comme une centaine de kilomètres. Ces mesures sont effectuées à l’aide de deux stations suffisamment éloignées pour que la situation du météore présente sur la voûte céleste un déplacement ou parallaxe sensible. Or un fait exceptionnellement rare a été enregistré à l’observatoire de Heidelberg par M. Golz, qui, à cette seule station, a pu déterminer photographiquement la distance d’une étoile filante dont la trajectoire était remarquablement proche du sol.
- L’habile astronome photographiait la grande nébuleuse d’Andromède à l’aide de deux appareils simultanément ; les appareils munis d’objectifs Yoigtlander très lumineux étaient disposés sur l’instrument-guide de telle façon que la distance les séparant était de 08 centimètres. Or il s’est trouvé qu’une étoile filante (paraissant être une Per-séide) a été enregistrée par les deux appareils, puisqu’ils étaient braqués sur le même point. Mais ce qui est particulièrement intéressant c’est que la comparaison des deux clichés a montré que, malgré cette faible hase de 08 centimètres, le météore présentait néanmoins une parallaxe sensible et qui a pu être mesurée, à différents points de la traînée.
- On a ainsi constaté que le météore avait parcouru une trajectoire courbe (la convexité tournée vers l’observateur) dont les points mesurés étaient éloignés de : 4,98, 3,78, 5,03, 5,57, 8,27, 14,03 kilomètres.
- Ainsi cette remarquable étoile filante est passée très près du sol, à la faible distance de moins de quatre kilomètres !
- A tous points de vue, ce cas est des plus intéressants.
- LOCOMOTIVE A RÉCHAUFFAGE
- n’iiuj »’alimentation
- Le réchauffage de l’eau d’alimentation, qui est couramment pratiqué pour les engins fixes, ne l’est au contraire que de façon absolument exceptionnelle pour les locomotives de chemins de fer; et c’est pour cela même que nous tenons à mettre sous les yeux de nos lecteurs une machine dotée d’un dispositif de ce genre, et qui est en service, depuis déjà plusieurs mois, sur un réseau ferré britannique.
- L’est le Great .Northern llailwav qui a tenté cette transformation (on peut dire en principe celte amélioration) dans l’alimentation des locomotives : nous croyons, du reste, qu’il ne l’a encore essayée que sur une seule, le n° 705, dont nous donnons une photographie. Il s’agit d’une machine du type 2-4-0, suivant la numération qu’on emploie couramment maintenant et qui signifie
- Locomotive à réchauffage d’eau d’alimentation.
- 2 roues porteuses à l’avant, f roues accouplées, et aucunes roues porteuses arrière ; ce n’est point, d’ailleurs, une locomotive neuve en elle-même, puisque c’est en 1885 qu’elle est sortie des ateliers bien connus Kitson, de Leeds. Mais on vient de la modifier de la manière la plus caractéristique en la dotant de l’appareil imaginé par M. Halpin, et appelé accumulateur thermique, « thermal storage ».
- Cet appareil consiste en un récipient de réserve, dont on voit la forme et la position bien particulières, et qui est plein d’eau d’alimentation à la même température que l’eau de la chaudière. On obtient ce résultat en faisant appel à la vapeur quand on peut, sans inconvénient, en emprunter à la chaudière, c’est-à-dire quand la locomotive est en stationnement ou que les soupapes de sûreté se soulèvent sous l’influence de la pression. On fournit l’eau d’alimentation chaude à la chaudière lorsque, au contraire, la machine est en marche, sans qu’il y ait à maintenir les injecteurs en fonctionnement. En fait, les injecteurs envoient ce qui deviendra l’eau d’alimentation dans le réservoir cylindrique; celui-ci est naturellement relié à la chaudière, et il peut être rempli presque complètement sans que, comme de juste, l’eau s’écoule dans le générateur. Une soupape, commandée de la plate-forme où se tient le mécanicien, permet à l’eau de descendre de ce réservoir dans la chaudière quand il en est besoin, et un niveau d’eau, placé au bout arrière du réservoir cylindrique, renseigne le mécanicien sur son contenu.
- On n’a pas encore fourni de renseignements numériques sur les avantages qu’assure ce dispositif; mais il semble qu’il ne puisse pas manquer d’en donner de sérieux. Daniel Belekt.
- p.339 - vue 343/536
-
-
-
- J.A .NAT V li IA
- r»H)
- NOUVEAUX APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES
- L’appareil de poche est, plus que tout autre, appelé à enregistrer à l’improviste un sujet intéressant ; il devrait donc permettre d'opérer par tous les temps et à toute heure. Il ne peut malheureusement pas en être ainsi ; mais, par l’emploi d’objectifs et d’obturateurs spéciaux, on peut reculer assez loin la limite où le cliché devient impossible pour que l’appareil puisse être utilisé du lever au coucher du soleil, et même après dans des salles bien éclairées à la lumière électrique. C’est le but qu’a poursuivi M. Turillon, le successeur bien connu de Darlot, en construisant le Photo-Ticket (fig. 1). En sa qualité d’opticien il devait naturellement penser à modifier l'objectif. Les types qu’on a coutume d’employer sur les petits appareils sont h court foyer, alin de donner ce qu’on appelle la mise au point automatique, c’est-à-dire à partir de 2 ou 5 mètres; mais, par contre, pour payer cet avantage de ne pas avoir à s’occuper de la mise au point, on a une perspective inexacte, dans laquelle les premiers plans sont exagérés et, à partir de 8 ou 10 mètres, les personnages deviennent microscopiques.
- M. Turillon, sc souvenant qu’on construisait autrefois pour le portrait des objectifs énormes pour couvrir une plaque de la grandeur d’une carte de visite, afin d’avoir beaucoup de luminosité, a construit pour son appareil un objectif spécial du type Petzval ayant une très grande ouverture : plus d'un centimètre et demi, pour couvrir une plaque de 0m,0i X 0m,05; son foyer est de 7,5 cm, son ouverture utile F/i,5. On obtient ainsi une luminosité considérable et des images relativement grandes, où la perspective n’est pas choquante. Il est vrai qu’on est, par contre, obligé de recourir à la mise au point, quand on ne diaphragme pas, pour toute distance inférieure à 7 mètres. Pans ce but il est monté à frottement doux, sur un tube, et une graduation indique le point pour les distances de mètre en mètre.
- C’est une habitude à prendre pour évaluer les distances, et, quand c’est possible, on les mesure; à cet effet un petit crochet est placé au-dessous de l’objectif pour permettre d’accrocher un mètre en
- 1 Yoy. n° 1062, du 1er avril 1905, p. 276.
- ruban d'acier. Cela peut surtout être utile pour faire un portrait en chambre à très courte distance (moins de 1 mètre) de façon à avoir la tête seule remplissant à peu près toute la plaque.
- Pour profiter autant que possible de la luminosité de l’objectif on a employé un obturateur de plaque, construit spécialement, pouvant fonctionner à des vitesses diverses et donnant aussi la (acuité de poser.
- Le constructeur a adopté deux formats : l’un de 0m,04x0,u,05; l’autre de 21 mmx27 mm. Avec ce dernier format des portraits faits de très près donnent l'impression d’un timbre-poste.
- Le corps de l’appareil est eu aluminium fondu, le viseur, à vision directe, est constitué par un cadre et un œilleton ; les châssis sont en métal et disposés de façon que toute la surface de la plaque soit utilisée, ce qui a son intérêt lorsqu’il s’agit d’aussi petites dimensions.
- L’emploi des petits appareils donne naturellement l’idée de laire des agrandissements, et parfois un dispositif spécial est le complément que le constructeur de l’appareil a prévu dans ce but; c’est le plus souvent un cône rigide
- O
- d’un emploi facile, mais un peu encombrant. M. Guillon, qui s’est fait une spécialité dans la fabrication de ces sortes d’agrandisseurs, a reconnu que bien des amateurs n’ont pas toujours la place nécessaire pour loger ces appareils et qu’il faut renoncer à les emporter en villégiature, où on aurait cependant le temps de les utiliser. C’est pourquoi il a construit un cône démon-lablequi, une fois replié, se loge en une boite plate ne formant qu’un petit volume (fig. 2). La partie principale H, en forme de tronc de pyramide, se plie au milieu de chacun des petits côtés ; la rallonge A, qui se place au-dessus, est également à charnière sur deux côtés; pour les tenir ouvertes quand l’appareil est monté, ces parties s’encastrent dans des cadres en bois, dont l'un C, à la partie inférieure, sert de châssis pour le papier ^'agrandissement, l’autre est maintenu.à la partie supérieure par le cadre M qui porte l'objectif, ainsi que le volet obturateur D ; au-dessus se placent le cliché et un verre dépoli E. Quand tout cela est agencé, on en fait un solide indéformable, et des plus faciles à manier dans tous les
- p.340 - vue 344/536
-
-
-
- LA NA T II LL.
- :>ü
- sens, en agrafant les ressorts TR de chaque côté.
- Le mode d’emploi est le même que celui indiqué pour lés appareils non démontables, il est très simple et toute explication à ce sujet serait ici superflue. Nous dirons seulement que, si ce genre d’appareils nécessite la lumière du jour, quand il s'agit d'agrandir des clichés d'assez grande surface, comme le
- 9x 12, le8x 9
- et même le 6 1/2x9, on peut, pour les très petits dédiés, comme le A X 5 par exemple, employer le ruban de magnésium, pourvu qu'on le brûle assez loin du verre dépoli et qu’on le déplace continuellement
- pendant la combustion. Dans ces conditions on a, sur le cliché, un éclairage assez uniforme pour que l'image ne soit pas plus posée à un endroit qu’à l’autre.
- Si les agrandissements présentent un certain intérêt pour les collections, les projections ne manquent pas non plus d’être très utiles quand on veut faire voir ses œuvres à une réunion d’amis.
- Mais on y regarde souvent à deux fois avant d’installer une lanterne et son éclairage, ce qui est toujours un peu compliqué. MM. Radiguet et Massiot ont voulu rendre la projection aussi facile que possible en disposant un petit appareil qui est toujours immédiatement,prêt à fonctionner.il suffit, en effet, d'ouvrir une boîte de 0m,40 de long sur 0"\15 dans
- Fi-.
- les autres dimensions et de retourner son couvercle pour que l’installation soit faite (fig. 5). Quant à l’éclairage, il s’obtient simplement en branchant l’appareil sur la douille d’une lampe à incandescence, au moyen d’un fil souple. La lanterne se compose d’un corps cylindrique P, sur lequel sont montés l’objectif, le porte-clichés et le condensateur ; à l’arrière s’emboîte une lampe Nernst qui donne, avec le courant de 110 volts et une consommation d’environ 1 ampère, un éclairage très suffisant pour projeter sur l’écran une image de lm,fiO avec un cliché de A X f». O/est, jusqu’à
- présent, pour cette dimension, mise à la mode par le vérascope Richard, et maintenant très répandue
- sur bien d’autres appareils tels que le stéréo-block-notes Gaumont, que MM. Radiguet et Massiot construisent leur appareil portatif de projection ; mais ils vont également établir le même modèle pour la dimension 0X6 du sté-réocycle Leroy,de la stéréo-pochette Joux et autres. Au-dessus de ce format il est préférable de prendre la lanterne ordinaire, parce
- que les dimensions nécessaires du condensateur et de la lampe ne permettent plus de donner à l’appareil la forme élégante et peu encombrante qu’ils ont réussi à donner à celui-ci. G. Maresciial.
- Agrandisseur démontable de AI. Guillou.
- Lanterne de projection portative de MM. Radiguet et .Massiot.
- p.341 - vue 345/536
-
-
-
- LA NA TL fl K.
- 342
- LES NOUVEAUX CANONS DE CÔTE
- A TIR RAPIDE
- On a expérimenté récemment, an Havre, un nouveau canon de côte dit « à tir rapide ».
- Naturellement, tout ce qui concerne cette pièce est tenu rigoureusement secret : on ne connaît que le principe adopté.
- La question de la rapidité du tir, qui a été si brillamment résolue dans notre matériel de campagne de 75 millimètres, n’avait pas encore été très poussée pour les gros calibres, l’ourlant, on conçoit son importance dan-' le tir à la mer, où il importe d’envoyer en quelques minutes le plus d’obus possible à un navire qui passe en vitesse à bonne portée. Les difficultés sont de divers ordres : lenteur du pointage, recul, poids du projectile qui rend fort longue l’opération de la charge.
- Tous les efforts avaient porté d’abord sur la rapidité du pointage; en mer,en effet, et sur but mobile, l’opération
- Tir à ht mi>:•. - a. angle d'rcnri inilinl : g. ihVivalion dans le plan vertical ; AZ, ligno de visée.
- est pleine de difficultés : les éléments du pointage sont contenus dans des tables en fonction des positions respectives du navire et du canon, de l’altitude de la pièce, etc. Les éléments sont : la charge, l’angle de tir ou inclinaison de la pièce, l’angle de dérivation, etc.
- On sait, en effet, qu’une pièce pointée sur Z envoie son obus en 11. Le projectile sort de la pièce en faisant avec la ligne de tir un angle a dans le plan vertical, et, par suite de sa rotation dans l’air, sort progressivement du plan de tir.'
- On comprend que la relation entre ces éléments puisse être traduite sur un appareil, et l’appareil Déport, depuis longtemps connu, permet le pointage automatique.
- C’est essentiellement une lunette portée par un bâti qu’on place lui-mème sur le canon. Les mouvements relatifs des différentes pièces sont calculés de telle sorte que, si la lunette disposée sur le canon vise B, celui-ci a pris nécessairement la direction AZ.
- Mais, le coup parti, la pièce a reculé : il faut toujours 3 à 4 minutes pour la repointer et tirer un deuxième coup.
- On a étudié, dès longtemps, l’adaptation du frein aux canons de gros calibre. Ces freins, généralement hydropneumatiques, absorbent le travail du recul et suppriment les grands écarts : la pièce, liée au piston du frein, coulissant dans un berceau lié à l’affût.
- En adjoignant au frein un récupérateur capable d’emmagasiner le travail non absorbé par le frein, et de l’employer à ramener la pièce en place exactement, on aurait résolu la question. La plus simple image de ces récupérateurs est le ressort métallique à rondelles Belleville, par exemple1.
- Enfin, les efforts ont dû porter sur l’opération de la charge. L’n obus, pour pièce de 240 millimètres, pèse toujours 150 à 200 kg et plus, et n’est guère maniable. Dans les cuirassés récents, on a installé des monte-charge et des chargeurs électriques, qui font toutes les opérations et sont de véritables merveilles de mécanique.
- Sans aller aussi loin, on a certainement pu combiner des chargeurs mécaniques et l’on est arrivé au Havre à tirer, avec un canon de 24 centimètres, 3 coups par minute, au lieu de 1 coup toutes les 5 ou 4 minutes, ce qui est un résultat remarquable.
- On pourra donc, en 1 minute, envoyer 5 obus sur un navire en vue, et c’est tout ce qu’on se proposait: car, il ne faudrait pas croire que le même canon en 5 minutes en enverra 15, etc. : le tir des grosses pièces est encombré de multiples incidents : il faut les nettoyer, les refroidir, etc.
- On a même été arrêté, dans la rapidité du tir, par un fait extrêmement curieux, avec certaines pièces de marine. La culasse de ces pièces, fort bien construites et trop bien ajustées, refusait, paraît-il, de se refermer dès qu’elle était encrassée par les résidus de la poudre, et, à chaque coup, il fallait procéder à un lavage complet.
- Si bien qu’on apprit par l’expérience que l’ajustage d’un bon canon à tir rapide doit être laissé très large, au grand scandale des bons ouvriers de nos usines. Z.
- —c-<: ->- -
- LE COLONEL RENARD
- Ce n’est pas dans une rapide Notice, écrite au lendemain de la mort si imprévue du colonel Charles Renard, que nous pouvons songer à retracer dans son ampleur l’œuvre considérable de celui qui fut chez nous l’initiateur de l’aéronautique. A peine pourrions-nous songer à rappeler la physionomie toute de charme et d’énergie créatrice de ce savant puissamment doué, auquel rien, parmi les connaissances humaines, n’était étranger ou indifférent, en sorte que, en dehors du cercle même de ses préoccupations habituelles et des inventions par lesquelles son nom est depuis longtemps populaire, il a marqué sa trace dans toutes les branches de la science. Primesautier, mais allant au fond des choses, éloquent mais incapable de paroles vaines, abordant comme en se jouant les questions les plus difficiles du domaine scientifique, si lumineux dans ses exposés que toute chose paraissait simple et résolue d’elle-
- 1 Ou commence à publier à l'étranger des études sur ces récupérateurs.
- p.342 - vue 346/536
-
-
-
- LA NAÎTRE.
- ,i4.>
- meme quand il l’avait expliquée, il possédait enfin le don de convaincre.
- Né le 25 novembre 1847, à Lamblin, dans les Vosges, Charles Renard entra en 1866 à l'École polytechnique, d’où il sortit dans le Génie. Presque aussitôt après la guerre, appelé comme secrétaire à la Commission des communications des voies aériennes, il se consacra plus spécialement à l’organisation de l’aérostation militaire et prit la direction de ce service à la retraite du Président de la Commission, le colonel Laussedat. Non content de créer de toutes pièces le matériel de nos aérostiers, il fit l’éducation des officiers chargés de diriger celte troupe et, rassemblant pour eux en un véritable corps de doctrines la technique de l’aérostation, établissant les lois d’équilibre des ballons libres dans l’air, les rapports nécessaires de leurs différents organes, il fit une véritable science de ce qui n’avait été jusque-là qu’un art abandonné à l’empirisme de quelques professionnels.
- Soucieux de doter les nouveaux services, pour la production de l'hydrogène servant au gonflement, d’un mode de préparation moins précaire que l’antique méthode des tonneaux, il inventait dès 1875 les appareils à circulation qui sont universellement employés aujourd’hui.
- Pour satisfaire aux exigences des expéditions coloniales où le manque de routes interdit le transport d appareils trop lourds, il imaginait en même temps les procédés de production de l’hydrogène par la gazéine et par le salin. Enfin, c’est encore à lui qu’on doit le premier vollamèlre industriel pour la préparation du gaz de gonflement par décomposition électrolytique de l’eau.
- Mais toute cette œuvre pourtant importante s’efface pour ainsi dire devant les brillantes expériences de 1884 et 1885, où, avec le concours du capitaine Krebs pour la partie mécanique, et en y associant ensuite son frère, le capitaine Paul Renard, il démontra la possibilité de diriger les ballons, en ramenant cinq fois sur sept l’aéronef la France au point de départ. Ru premier coup, avec une admirable sagacité, il avait discerné nettement les conditions essentielles du problème et jeté les bases de l’architecture navale appropriée à l'Océan aérien, et, parce que rien de ce qui pouvait être prévu n’avait été laissé au hasard, cette nef aérienne, la première qui ait accompli semblable prouesse, s'est montrée si stable que c'est à peine si l’on pouvait soupçonner les difficultés de l’entreprise : il a fallu, pour qu’on s’en aperçût, que des expériences ultérieures parmi ses émules missent en évidence les dangers auxquels on s’expose lorsqu’on s’écarte des règles qui avaient présidé à cette première tentative.
- C’est bien là ce qui permet de dire que le colonel Renard fut un initiateur. Ceux qui, jusqu’à présent, ont réussi après lui procèdent de lui, et si les progrès de l’industrie — pour les moteurs légers notamment — ont permis d’obtenir des résultats encore plus satisfaisants, ces résultats étaient contenus
- implicitement dans les principes qu’il avait posés.
- C’est à développer ces principes et à en tirer toutes les conséquences que le colonel Renard s’était consacré depuis lors, et si Ton peut regretter qu’il n’ait pas trouvé le loisir de les réunir et de publier un ouvrage d’ensemble qui aurait été le plus fidèle tableau de l’aéronautique en son état actuel, il a pris soin toutefois d’en marquer les points saillants dans quelques trop rares et trop courtes communications à l’Académie des sciences, notamment sur la vitesse critique des ballons allongés et les moyens de reculer cette limite par l’empennage; sur une balance dynamométrique destinée à l’essai des hélices, et sur les meilleures conditions de fonctionnement de ces organes essentiels de la navigation aérienne; sur un moulinet dynamométrique servant à déterminer la puissance des moteurs de toute nature, appareil qui trouve son application en dehors même des choses de l’aéronautique. Estimant que les temps sont accomplis où Ton peut s’occuper fructueusement d’aviation et d’appareils plus lourds que 1 air, il avait commencé une série d’études sur ce sujet nouveau ; il élaborait avec netteté et précision le programme et les conditions qui permettraient d’organiser des concours d’appareils aériens et de les comparer utilement entre eux; tout récemment enfin il présidait le premier concours de ce genre à la galerie des Machines.
- N oilà une esquisse bien incomplète de la part que le colonel Renard a prise dans le développement de l’aéronautique provoqué par ses propres expériences. A l'étranger, autant qu’en France, son autorité était incontestée et il avait été appelé à présider la Commission permanente internationale aéronautique. Mais son activité s’exercait aussi dans toutes les autres sciences, comme le prouve la diversité de ses inventions qui l’avait fait attacher au Conseil de perfectionnement du Conservatoire des Arts et Métiers et au Conseil de la Société de physique.
- Parmi ces inventions, nous n’en citerons que trois : la pile chlorochromiquc à grand débit, la source d’énergie électrique la plus légère qui existe; sa chaudière à vapeur, à mise en marche presque instantanée et dont la légèreté recommande l’installation sur les petites unités marines; et enfin le train automobile à propulsion continue et à tournant correct, qui peut devenir un jour le point de départ d’intéressantes applications industrielles.
- Cette énumération déjà longue et pourtant incomplète suffit à caractériser cet esprit universel et l’œuvre considérable qui a fait du colonel Renard un génie créateur, dont Tinlluencc a marqué l’empreinte ineffaçable dans tout le domaine scientifique.
- Nous aurons l’occasion de revenir prochainement sur l’œuvre de ce savant pour décrire deux de ses plus récentes découvertes qui viennent d’êlre signalées incidemment plus haut : la balance dynamométrique et le moulinet dynamométrique.
- L'-colonel G. Esi>iiAi.i.!F,n.
- p.343 - vue 347/536
-
-
-
- 544
- L A N AT U R F..
- LA GROTTE DU TRUCHO
- Derrière les Parcts de Pinède, à deux pas de la fameuse garganta d’Escoaïn (Pyrénées aragonaises), le hameau de Revilla, dépendance de la commune de Telia, s'est isolé en cénobite dans un recoin désert et presque perdu. Pas de route pour s’y rendre. Médiocres sont les sentes qui font communiquer ce hameau avec Escoaïn et Telia, et je n’ai jamais vu de piste semblable à l’épouvantable et tortueuse échelle y montant d’Estaroniello. Mais cela donne par contre beaucoup de pittoresque à Revilla, dont les treize maisons s’accrochent, dans un petit cirque de rochers verticaux, superbes, ensanglantés de taches ferrugineuses, quasi bastionnés, comme du reste tous les escarpements de ce pays extraordinaire.
- La connaissance que j’eus de certaines grottes nouvelles m’amena, vers le milieu du mois de juillet 1904, à passer quatre jours à Revilla, chez le curé 0. Ricardo Salinas. En 1905, j’avais appris de lui que la Peîia del Mediodia était facilement accessible de Revilla en trois heures et qu’il existait aux environs des « cuevas », c’est-à-dire des cavernes où coulaient des ruisseaux « biberos de aguas » bizarres. Des grottes à courants souterrains dans les Pa-rets de Pinède! Cela ne me surprenait pas outre mesure en songeant à l’énorme source du rio Yaga, qui m'avait paru être la résurgence de quelque torrent englouti par les calcaires supérieurs.
- Le matin qui suivit mon arrivée à Revilla, nous courûmes visiter dans le voisinage du hameau, le Rar-ranco de Consusa, à cause des marmites de géants qu’il recelait, et nous revînmes par un turon où se délabraient les ruines d’un ermitage. Le lendemain, un paysan de Revilla nous mena à une grotte sans nom, que des coupeurs de buis avaient découverte autrefois et que personne encore n’avait osé explorer complètement. Elle se trouva percer de part en part le rocher où elle se creusait et dont l’épaisse masse séparait deux barrancos. Au milieu, un bouchon de stalagmite par-dessus lequel il fallait passer. Sa longueur approximative était de 250 à 300 mètres.
- Le jour suivant, accompagnés du curé et de son sacristain, nous allâmes, avec mon guide Henri Soulé, visiter une autre « cueva » beaucoup plus intéressante, la grotte du Trucho.
- 11 faut, de Revilla à la grotte du Trucho, compter au moins deux heures d’ascension sans arrêts.
- Les Espagnols désignent sous l'appellation de
- Fis. 1.
- Portillo le col situé au nord-est de la Peîia del Mediodia ; ce col fait communiquer la vallée de Telia avec la vallée de Pinède. Laissant à droite la méchante cabane de la Plana, on monte doucement vers le Portillo, de façon à gagner le seuil d’une dépression de 8 à 10 ares de superficie, creusée en fer à cheval dans la pente même, bordée de rochers et située à 100 mètres environ au-dessous de la crête du col.
- C'est au fond de cet hémicycle, contre une paroi légèrement surplombante, parmi des plantes hautes où tranchent surtout des orties, que s’ouvre la grotte du Trucho (prononcez Troutcho). Son entrée imite l’orifice d’une tombe, car le trou qu’elle accuse, béant dans un calcaire ébranlé, a 2 mètres de long sur 50 centimètres de large. Afin d’éviter aux brebis d’y dégringoler, les patres en ont recouvert les deux bouts avec de lourdes dalles. Laissez-vous glisser là-dedans, les pieds d’abord et en vous aidant des genoux et des coudes; à 3 mètres de profondeur, se présente un couloir bas et incliné, grâce auquel on ne tarde pas à déboucher dans une salle immense, qui gagnerait à être surmontée d’un dôme; le murmure d’un ruisseau se fait entendre. Cette salle se compose de trois poches qui, comme autant d’énormes fours, se creusent au nord, au midi et à l’est. La première est tout encombrée par un chaos de blocs qu’il tant escalader, et il s’y produit un effondrement • où les regards plongent sans peine ; partout, les débris s’entassent et rejoignent le plafond. La grotte atteint sa plus grande hauteur, 4 à 5 mètres peut-être, dans sa partie centrale, juste au-dessus du lit du ruisseau. Du côté de l’entrée, on peut encore se tenir debout, mais pour peu que l’on veuille scruter les extrémités de cette caverne en vue d’y trouver une prolongation qui n’existe pas, on est vite contraint de courber la tête, puis de s’accroupir.... Le ruisseau sourd sous les éboulis de la poche septentrionale et se dirige dans l’enfoncement sud où ses eaux limpides et d’une grande fraîcheur se perdent parmi des gravats. Les bergers de la Plana, qui connaissent la grotte du Trucho, n’hésitent pas à venir y chercher à boire ; des éclats de bois résineux enflammés leur servent de torches. Elle compte au plus une centaine de mètres dans les deux sens. Selon le curé de Revilla, Trucho proviendrait delà corruption d’un mot patois, synonyme du castillan « boveda », qui signifie « voûte, vaste arceau », et tout porte à croire que son étymologie est la bonne. Les Aragonais disent le Trucho, comme nos enfants diraient naïvement « la voûte »,
- EJtfofÿTEtr, 6%
- - Plan de la grotte du Trucho par M. Lucien Briet.
- p.344 - vue 348/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 545
- pour désigner un endroit naturellement couvert.
- Privée de concrétions, basse et sans détails pittoresques, la grotte du Trucho n’a rien qui puisse attirer le profane touriste. Un hydrologue en revanche s’intéressera beaucoup à ce ruisseau coulant souterrainement à 2100 mètres d’altitude, sous une crête, et contribuant à prouver qu’au sommet des montagnes le calcaire fissuré joue son universel rôle d’absorption, de conservation et de distribution des eaux. Dans les Alpes françaises déjà, la constatation en a été faite maintes fois, parmi les chouruns du Dévoluv, les scialets du Vercors, les lapiaz du Parmelan, du Platé, etc. En Savoie même, la grotte de l'Église-aux-Fées des Arairs a 500 mètres de long et descend de 100 mètres h
- une altitude de 2200 mètres (Annuaire du Club alpin pour 4896, article de M. J. Moris) ; au pied du Huet, à 2500 mètres, MM. Beaumont et Wagnon ont, en septembre 1896, exploré (incomplètement faute d’échelles) la grotte de l'Aiguille de Salenton ; et mon excellent ami Martel pourrait citer bien d’autres exemples de ces circulations hydrologiques souterraines au-dessus de 2000 mètres d’altitude ; il en a même rencontré au Caucase. De même, les soums de marbre pyrénéens perdus dans les nuages doivent être le siège d’une hydrologie intérieure des plus actives....
- La disposition du Trucho dénote, en outre, qu’il fut autrefois une abondante source vauclu-
- Fig. 2. — La Pena del Mediodia. Vue du col de Portillo. (D'après une photographie de 11. Lucien Briet.)
- sienne. Lorsque de puissants névés surchargeaient continuellement les Darets, son ruisseau ne trouvait pas à s’échapper comme à présent ; plus gros et plus impétueux, il remplissait entièrement la grotte et jaillissait par son puits d’accès, lequel, au moment des crues occasionnées par les fontes printanières, dégorgeait avec violence et fracas, sous l’effet de la pression hydrostatique, une véritable trombe qui. rongeait et désagrégeait le terrain autour d’elle. Maintenant, le phénomène de la dessiccation a mis la cavité en liberté, pour ainsi dire, et il est curieux de pénétrer ainsi dans cet ancien réservoir de source. 11 se pourrait bien que le Trucho donnât naissance à la grosse source que l’on rencontre sous un ponceau de bois, au sommet du Barranco de San Marcial, et sur le revers du col de Telia. Quant à
- une expérience de coloration à la iluorescéine, elle n’aurait de chances de succès qu’à condition d’organiser une surveillance complète de toutes les fontaines des alentours.
- L’ascension de la Pena del Mediodia (2518 mètres), dont la vue ci-dessus montre bien le fendillement si propice à l’infiltration des pluies, ou tout au moins celle du Portillo (2200 mètres environ), couronne à merveille une promenade au Trucho. Sur la crête, de nombreux édelweiss, courts et chétifs. Les rochers de l’arête occultent au nord le Mont-Perdu, mais on pourra se consoler de l’absence de ce mont sublime en gravissant à droite un contrefort, d’où le faite de la Pena del Mediodia fait grand effet, avec son mur de défense et sa stratification calcinée par le soleil. Lucien Briet.
- p.345 - vue 349/536
-
-
-
- LA NAITRE.
- r.Ü)
- UN NOUVEAU GENRE DE BÉTON ARMÉ
- Nous n’en connaissons pas exactement l’inventeur, peut-être est-ce M. H. F. Cobb, l’ingénieur qui l’a signalé dans le « Feilden’s Magazine ». On le nomme « ferro-inclave », mot en apparence bizarre, qui s’explique néanmoins assez bien étymologiquement, en ce sens que le fer y est enfermé dans le béton.
- L’élément métallique en est une tôle (en réalité d’acier), ondulée d’une façon toute spéciale, de manière à présenter en section des sortes de queues d’aronde alternant, ce que fait très bien comprendre le dessin que nous en donnons; nous avons représenté ici la tôle laissée à plat, parce qu’il s’agit d’un plafond ou d’une cloison. Sur
- Nouvel élément pour les constructions on béton armé.
- chaque face, la tôle est recouverte d’une couche suffisamment épaisse de béton — ou même de mortier de ciment, qui pénètre naturellement dans les dépressions en queue d’aronde. Quand le béton a fait complètement prise, il est maintenu de façon absolue par ces dépressions de la feuille-de métal. Des expériences ont été faites, sur cette sorte de béton armé, qui ont permis de constater sa résistance considérable à une charge relativement élevée, en même temps qu’aux alternatives les plus marquées d’élévation et d’abaissement de la température.
- (le composé de métal et de ciment peut naturellement constituer des cloisons et des murailles. Mais on peut aussi en faire des colonnes : et cela tout sitnplement en courbant les tôles ondulées pour en former des tuyaux qu’on enduit de béton intérieurement et extérieurement. 11 va de soi que ce procédé de construction est peu coûteux. D. de M.
- ___^ A <_
- LE GAZ PAUVRE AU COKE
- On ne saurait trop insister sur les usages précieux du gaz à l’eau, notamment pour l’alimentation des moteurs tonnants : nous avons déjà donné des détails caractéristiques à ce sujet, et, du reste, l’application que l’on commence à faire des gaz perdus des hauts fourneaux, de ceux des fours à coke, montrent que l’on cherche de plus en plus à recourir à des moteurs à gaz plus ou moins pauvre, au lieu et place de la machine à vapeur. Un nouveau progrès fort intéressant vient d’être réalisé dans cette voie.
- En effet, des expériences, poursuivies par la Société technique de l’industrie du gaz. viennent de démontrer qu’on pouvait obtenir d’excellents résultats avec des moteurs utilisant du gaz fabriqué avec des grésillons de coke et du coke de faible volume, désigné couramment sous le numéro 7, tels que les usines à gaz peuvent les fournir à très bon marché, enchantées qu’elles sont de trouver un marché largement ouvert pour ce sous-produit. Le gazogène, qui a donné ces résultats évidemment précieux pour tous les industriels ayant besoin de force motrice à bon marché, est du système Pierson. de ce type que nous avons décrit ici, il n’v a pas fort longtemps. Rappelons seulement d’un mot qu’il s’agit d’un
- gazogène à aspiration. Le gaz produit par ces grésillons a été analysé, et l'on a constaté que l’allure très constante de la marche donnait lia 15 pour 100 d’acide carbonique, des traces ou tout au plus 1 pour 100 d’oxygène, puis 15 à 10 pour 100 d’oxyde de carbone; le pouvoir moyen calorifique ressort entre 1.125 et 1.100 calories, à 0° et à 700 millimètres. Et cependant le gazogène employé n’avait nullement été établi spécialement pour la fabrication du gaz au coke, et le gaz qui sortait de l’appareil alimentait dans d’excellentes conditions le moteur, bien que le combustible dont on faisait usage contint 15 pour 100 au moins de cendres.
- D. R.
- LE MAGNÉSIUM ET LES MICROBES
- Il est maintenant et généralement admis que la fièvre typhoïde se propage par l’eau. Les germes typhiques déposés à la surface du sol sont entraînés par les eaux des pluies, qui, en s’infiltrant, gagnent les nappes souterraines et ressortent aux sources.
- Si le sol est constitué par le sable, ces eaux circulent à travers les grains de sable, qui exercent, sur les particules en suspension dans l’eau et en particulier sur tous les microbes, une action attractive. Les microbes viennent se coller à la surface des grains et ne peuvent que très difficilement atteindre les sources. Ce phénomène constitue ce qu’on appelle la filtration. Le bacille d’Éberth meurt au bout de quelque temps dans ces conditions et les sources issues de tels terrains sableux sont à l’abri de ses atteintes.
- Au lieu de sable, le sol peut être constitué par des roches fissurées comme les calcaires et les granités. Les eaux des pluies ne pourront s’infiltrer que par les fissures de ces roches, dont les dimensions dépassent, de beaucoup, celles des vides laissés entre les grains de sable.
- L’action attractive qu’exercent les grains de sable ou un corps solide quelconque sur les microbes ne dépasse guère une zone très voisine de la surface, au delà de laquelle, elle est nulle.
- Dans une fissure un cerlain nombre de microbes pourront passer en dehors de cette zone d’attraction et, ne trouvant aucun obstacle, s’acheminer vers les sources. Parmi eux risque de se trouver le bacille de la fièvre typhoïde. Le problème intéressant qui se pose est alors le suivant : pour préserver ces eaux souterraines, le sol ne dispose-t-il que d’un seul moyen : la filtration?
- Nous nous sommes demandé si, parmi les roches qui constituent le sol, il n’y en avait pas quelques-unes capables d’exercer une action nocive sur le bacille d’Éberth.
- On trouve, dans le sol, de la calamine ou carbonate de zinc, de la blende ou sulfure de zinc, et nos études ont montré qu’un contact intime du bacille d’Éberth avec ces minéraux détruit ce microbe en moins de -48 heures.
- Les sels de zinc sont néanmoins très rares dans le sol, et nous avons poursuivi ailleurs nos recherches dans cet ordre d’idée. Le métal le plus voisin du zinc, quant à ses propriétés chimiques, est le magnésium. Dans la nature, la magnésie est beaucoup plus répandue que le zinc, le carbonate de magnésie se trouvant très souvent combiné au carbonate de chaux pour former de la dolomie. Certains gisements de craie sont très riches en dolomie.
- Le magnésium et ses sels exercent-ils une action antiseptique sur le bacille d’Éberth?
- Quand on met ce métal dans l’eau, il se produit un dégagement de gaz, qui est de l’hydrogène provenant de
- p.346 - vue 350/536
-
-
-
- LA NATURE.
- ,)'U
- la décomposition du liquide par le magnésium d’après l’équation suivante :
- Mg + 2Il*0 = Mg(0U)* + IP.
- L’expérience montre que cette eau renfermant du magnésium, et, d’après cette équation, de la magnésie, est antiseptique pour le bacille d’Éberth qui meurt en 18 heures.
- Le métal peut être remplacé par son oxyde, la magnésie, et l’action antiseptique subsiste, mais à la condition que l’action se passe dans le vide ou dans un courant d’hydrogène. Voici pourquoi.
- Avec le carbonate de magnésie ou un sel de magnésie quelconque, le bacille d’Eberlh n’est pas tué. Le carbonate de magnésie, s’il n’esl pas nocif pour le microbe, exerce cependant une action : celle d’empêcher le bacille d’Éberth de pousser dans les bouillons phéniqués à 1 pour 1000, bouillons employés précédemment pour la recherche de ce bacille dans les eaux.
- Cette passivité du carbonate de magnésie, comme antiseptique du bacille d’Eberth, nous explique pourquoi il faut faire le vide quand on veut essayer l’action nocive de la magnésie.
- L’air renferme de l’acide carbonique. Si on ne place pas les tubes contenant cette magnésie à l’abri de ce gaz, il y a formation continuelle de carbonate inoffensif, ce qui permet au bacille d’Eberth d’échapper à l’action de l’oxyde. En opérant sur une cloche dont l’air est débarrassé de son gaz carbonique par la potasse, l’eau renfermant de la magnésie redevient antiseptique pour le bacille d’Éberth et, en général, pour tous les microbes qui possèdent la propriété de ne pas donner de spores.
- Mais, comme c’est le carbonate de magnésie qu’on trouve dans le sol, et comme il n’exerce aucune action antiseptique, les eaux des terrains fissurés ne peuvent donc pas encore être débarrassées par ce moyen des bacilles typhiques qu’ils renferment.
- Des études nouvelles nous permettent de dire, dès à présent, que l’ammoniaque et quelques-uns de ses sels sont, dans certaines conditions, des antiseptiques pour ce bacille ; nous reparlerons plus tard du mécanisme très curieux de cette action, qui, très probablement, se passe
- dans le sol. Diesekt.
- __
- UNE ASCENSION SCIENTIFIQUE
- On sait qu’en vertu d’une entente internationale, des lancers de ballons montés, de ballons-sondes et de cerfs-volants sont effectués tous les mois, à une date convenue, en divers points du globe. Une Commission spéciale centralise les données météorologiques ainsi obtenues, auxquelles viennent s’ajouter les observations des stations de montagne et les déterminations du mouvement des nuages faites en un assez grand nombre d’observatoires. Tous les moyens d’investigation dont dispose actuellement la science sont ainsi mis en œuvre pour réaliser périodiquement une exploration, aussi complète et aussi détaillée que possible de l’atmosphère terrestre.
- Eu France, le principal collaborateur de cette entreprise internationale est M. Léon Teisserenc de Dort, qui lance chaque fois plusieurs ballons-sondes de son observatoire de Trappes et de son Parc d’aérostation d’Itteville. Assez souvent, un ballon-sonde est lancé aussi par le Parc d’aérostation militaire de Chalais-Meudon. Enfin l’Aéro-Club de France s’efforce généralement d’organiser, à cette occasion, une ascension scientifique montée. Nous nous proposons de dire ici quelques mots sur la dernière de ces ascensions, qui a eu lieu le 1er mars. Elle a été
- pilotée par M. le comte H. de la Vaulx qui était accompagné de M. P. Tissandier et de M. L. Besson, météoro-logbte. Partis à 9h46 du matin du Parc de l’Aéro-Club, à Saint-Cloud, les aéronaules ont atteint, à 12h 58, l’altitude de 5780 mètres, et ont atterri à lh 25 du soir près de Brenelle, canton de Braisne (Aisne), à 110 kilomètres du point de départ. En montant, ils ont traversé, vers 275 mètres d’altitude, une couche de nuages, au-dessus de laquelle ils ont voyagé, sans voir le sol, pendant près de trois heures. On a décrit plus d’une fois les beautés de la mer de nuages, vue d’une nacelle de ballon; mais, indépendamment de son charme pittoresque, ce spectacle donne matière à nombre d’observations intéressantes sur la formation et la constitution des nuages. Ceux dont il s’agit ici étaient de la nature du brouillard ordinaire (stratus). La surface supérieure de la nappe, faiblement ondulée au début, a commencé, vers 10h50, à se mame-lonner par places, surtout aux horizons. C’étaient des cumulus qui prenaient naissance, sous l’action de courants ascendants locaux.
- A partir de llh 25 on a observé de nombreux capuchons sur les sommets de cumulus. Les capuchons sont de curieux petits nuages qui, vus d’en bas, apparaissent tout d’abord comme une fine ligne blanche tracée dans le ciel au-dessus de la tête du cumulus, dont elle épouse le contour, puis s’épaississent par dessous et ressemblent alors à une calotte, à un capuchon ou à un chapeau bicorne. Vus d’en haut, en projection horizontale sur la mer de nuages, ils se présentent sous l’aspect de taches laiteuses, d’un blanc plus clair que celui des cumulus. Les capuchons se produisent lorsqu’il exis'e une couche d’air humide vers la limite supérieure des courants ascendants diurnes qui forment les cumulus. A l’endroit où une colonne ascendante la rencontre, la couche d’air est soulevée et, si l’état hygrométrique y est voisin de la saturation, la détente qui résulte de l’accroissement de hauteur peut suffire à déterminer la condensation,
- A la fin de l’ascension, la nappe nuageuse était entièrement composée de cumulus séparés, de hauteur variée. Quelques-uns formaient des sortes de montagnes, dont les sommets devaient atteindre au moins 2000 mètres, mais le plus grand nombre ne dépassaient pas 1000 mètres. Quant à leur base, elle a été rencontrée vers 700 mètres à la descente.
- Sauf une petite inversion dans le voisinage de 2700 mètres, la température s’est abaissée constamment depuis le sol jusqu’à 3700 mètres où elle était de — 19°,8. Elle a varié en moyenne de 1° pour 150 mètres d’élévation. C’est une décroissance fort rapide.
- Il n’est pas sans intérêt de faire remarquer ici qu’en ballon une température de 20° au-dessous de zéro ne produit nullement sur l’organisme l’impression qu’on ressentirait à terre par un froid égal. La couse en est d’abord dans l’absence de vent, le ballon se déplaçant avec l’air. D’autre part, les rayons du soleil, quand ils ne sont pas arrêtés par des nuages élevés, sont beaucoup plus chauds qu’à la surface du sol, où ils ne parviennent qu’amoindris par l’absorption des couches d’air inférieures. Il en résulte qu’en ballon, malgré une température fort basse, on n’éprouve généralement aucune impression de froid, du moins dans les parties du corps exposées au soleil.
- Mentionnons en terminant que, dans l’ascension du 1er mars, il a été fait usage d’un nouvel instrument qui permet de déterminer à tout instant la direction et la vitesse du ballon, d’après le déplacement apparent du sol. L. B.
- p.347 - vue 351/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 348
- LE Noumu LABORATOIRE DE MÉCANIQUE DE L’ÉCOLE DES MINES DE PARIS
- Dans son Essai sur la philosophie des sciences, publié en 1854, Ampère classe la mécanique comme une branche des sciences mathématiques, qu’il divise en sciences mathématiques proprement dites et en sciences physico-mathématiques ; la première de ces divisions comprend l’arithmologie et la géométrie, la seconde, la mécanique et l’uranologie. Ampère justifie comme il suit cette place donnée à la mécanique dans sa classification : « A la suite des sciences qui ont pour objet la mesure et les propriétés de l’étendue, tout le monde s’accorde à placer celles qui sont relatives à la détermination des mouvements et des forces, et c’est évidemment la place qui leur convient dans une classification naturelle des sciences. »
- D’autre part, la remarquable classification décimale de l’américain Melvil De-wey, établie d’ailleurs à un tout autre point de vue que celle d’Ampère, car elle s’applique à la bibliographie et au service des bibi iothèques, fait de la mécanique une branche de la physique, subdivisée en mécanique, hydraulique, pneumatique, acoustique, optique, chaleur, électricité, magnétisme et physique moléculaire.
- A ces deux modes de classement de la mécanique dans l'ensemble des sciences correspondent deux méthodes d’étude difiérentes : la première part de quelques principes très simples, qu’on suppose établis par l’observation et l’expérience, sans beaucoup insister sur ce point, et en tire des déductions mathématiques ; elle est loin d’être stérile, puisqu’on lui doit les lois fondamentales qui sont la base de toute la mécanique. Mais elle est incomplète : elle ne tient pas suffisamment compte des phénomènes très complexes de la réalité, tels que les effets du frottement, de la flexion des pièces, de leur usure, (jue l’école théorique est toujours disposée à considérer comme actions parasites, accessoires, plus ou moins négligeables, tandis qu’elles ont une importance capitale dans les machines. En considérant la mécanique comme une branche de la physique, on fait une part plus importante à l’étude de tous les
- phénomènes réels, sans amoindrir pour cela celle des lois fondamentales : comme dans les autres branches de la physique, on continue à faire appel au concours des déductions mathématiques, souvent de l’ordre le plus élevé.
- Cette conception de la mécanique conduit à l’observation directe des phénomènes comme complément à l’enseignement de cette science, et, par suite, à l’établissement de véritables laboratoires, disposés en vue de cette observation et des expériences. Certains laboratoires de mécanique, installés à l’étranger, sont de véritables usines, où les divers moteurs, souvent de grande puissance, peuvent fonctionner sous les yeux et entre les mains des élèves, dans les
- conditions de marche les plus variées. L’Ecole des Mines de Paris ne dispose pas actuellement des ressources nécessaires pour une pareille installation. Mais le Conseil de l’École a pensé qu’on pourrait créer un laboratoire de mécanique plus modeste, mais fort utile, en le disposant principalement pour l’étude des propriétés mécaniques et du travail des métaux (tig. 2). Ces propriétés mécaniques sont mises en lumière par des essais, exécutés à l’aide de machines spéciales, essais qui sont d’ailleurs utilisés en pratique pour la réception des matériaux. Ils consistent à soumettre les éprouvettes métalliques à des efforts poussés jusqu’à rupture, efforts qui doivent être mesurés ainsi que les déformations successives qu’ils produisent.
- Les machines de l’École des Mines sont munies à cet effet d’enregistreurs graphiques fort ingénieux, dus à M. Ch. Frémont, chef des travaux mécaniques à l'École (fig. 1).
- Dans la machine d’essai à la traction, le bàli en fonte se déforme très légèrement sous l’effet de cette traction, exercée sur l’éprouvette, et cette déformation, amplifiée par un levier, s’inscrit en ordonnées sur un tambour dont le mouvement de rotation correspond à l’allongement de l’éprouvette : on trace ainsi, sur une feuille de papier enroulée sur le tambour, un diagramme très net de l’essai,
- Fift. 1. — Machine d’essai à la traction, d'une foire «le 25 (., avec enregistreur Frénimif. A droite, mécanisme de commande; à la partie supérieure, le\ier> de la romaine permettant de peser l'effort, et, vers la droite, tambour entraîné par une bande métallique rattachée à une extrémité de l’éprouvette. La flexion du bâti en fonte, amplifiée par un grand levier horizontal, s’inscrit sur le tambour.
- p.348 - vue 352/536
-
-
-
- J,A NA T U DE.
- Ail)
- qui donne à chaque instant les grandeurs correspondantes de l’effort et de l’allongement, et indique notamment la valeur de la limite d'élasticité du métal. D’autre part, la machine est munie d’une romaine qui mesure directement, à la manière habituelle, l'etïort exercé et permet de tarer et de contrôler l’enregistreur.
- Une petite presse de 5 tonnes, disposée pour les essais de compression, de cisaillage et d’empreintes, est également munie d’un enregistreur analogue, où la force est mesurée par la déformation élastique du bâti même de l’appareil.
- Un mouton sert à essayer au choc de petites éprouvettes, suivant la méthode nouvelle qui commence à s’introduire dans l’industrie, et qui donne
- de précieuses indications sur la fragilité dangereuse de certains métaux.
- Une forte presse de 100 tonnes, actionnée par l’eau sous pression d’un accumulateur, et munie également de l’enregistreur, permet des essais de poinçonnage et de rivetage. L’opération du rivetage, une des plus importantes des constructions mécaniques, au point de vue de la sécurité, est d’ailleurs encore assez mal connue. Les essais qu’on fait exécuter, à ce sujet, par les élèves de l’École, sont ordonnés de manière à leur faire en quelque sorte découvrir eux-mêmes une action très remarquable, signalée par M. Frémont, qui se produit dans l’opération du rivetage, l'augmentation considérable de la résistance du métal des rivets. En mesurant la
- Fig. 2. — Laboratoire do mécanique à l’École des Mines de Paris. — I)e gauche à droite : mouton jmur essais au choc; petite meule à polir ; (au fond), forge avec sa hotte ; presse do o t. ; derrière cette presse, guides de l'accumulateur ; machine d'essai à la traction, de 25 t. ; derrière cette machine, presse de 1Ô0 t. ; pompe de cette presse ; dynamomètre de transmission, à enregistreur, avec grillages de protection ; derrière le dynamomètre, tour.
- limite élastique et la charge de rupture des rivets en acier avant la pose et après la pose, on trouve t[ue les deux nombres sont augmentés chacun d’une dizaine de kilogrammes par millimètre carré.
- Un tour à fileter, muni d’enregistreurs spéciaux et commandé par un moteur électrique, par l’intermédiaire d'un dynamomètre de transmission, permet la mesure du travail dépensé pour le tournage à l’aide d’outils de qualités et de formes diverses. Ce tour sert notamment à l’étude des nouveaux aciers à outils qui peuvent s’échauffer jusqu’au rouge sans perdre leurs qualités, et permettent par suite l’enlèvement à grande vitesse d’énormes copeaux de métal.
- Outre ces grandes machines, le laboratoire est muni d’une importante collection d’appareils de mesure et d’observation, de microscopes, d’appareils photographiques. En attaquant, par divers réactifs,
- des coupes pratiquées à travers les pièces forgées, on fait apparaître la trace des procédés de forgeage mis en œuvre : certains tours de main sont nécessaires pour la bonne reproduction photographique des surfaces métalliques ainsi attaquées, à cause de leur altération extrêmement rapide.
- Le laboratoire de mécanique fonctionne à l’Ecole des Mines de Paris depuis deux ans; les élèves s’intéressent beaucoup aux opérations qu’ils y exécutent.
- Le chef des travaux mécaniques, M. Urémont, y a mené à bien d’intéressantes recherches, notamment l’étude du rivetage mentionnée plus haut. Une collection fort originale de pièces métalliques préparées dans ce laboratoire figurera à l’exposition de Liège. E. Sauvage,
- Professeur à l’École des Mines el au Conservatoire des Arts et Métiers.
- p.349 - vue 353/536
-
-
-
- LA AAHII K.
- 550
- CHRONIQUE
- Services automobiles) «le eorrespondaiices pour chemins de fer. — Cette idée a déjà tenté beaucoup de gens, et, maintenant que les véhicules automobiles se sont étrangement perfectionnés, elle semble pouvoir entrer utilement en application; ces services seront sans doute susceptibles d’éviter sur bien des points l’établissement de petits embranchements ferrés dont le trafic ne payerait pas les dépenses. La Compagnie Créât Western Railway a créé des correspondances de cette sorte, et elles semblent donner satisfaction; le service des Postes leur confie les correspondances et s’en trouve bien.
- Eridlm. — C’était une ville établie sur le golfe per-sique, dont la fondation, antérieure à celle de Bahvlone, date de 0500 ans avant J.-C. Elle était le centre d’une importante civilisation maritime dont les vaisseaux commerçaient avec les Sabéens, l’Élam, la Susiane. Il semble donc bien que les populations qui précédèrent les Chaldéens dans le bassin de l'Euphrate établirent entre I Inde et la Babylonie des rapports suivis, avant l’invasion de l’Inde par les Argens : on estime généralement que cette invasion date de vers l’an 1500 avant J.-C.
- L'aldéhyde formique et la désinfection. — Le Dr A. J. Martin s’est livré à une série d’expériences sur les procédés de désinfection actuellement employés, et particulièrement sur les appareils formogènes, qui sont maintenant légion. Il est arrivé, à propos de l’aldéhyde formique, à cette conclusion que ce gaz reste un désin-lectant de surface, dont l’action ne pénètre guère dans les objets. Par conséquent, quand ceux-ci ont quelque épaisseur, il ne dispense point du passage à l’étuve.
- La fabrication électrolytique de la soude en Angleterre. — MM. James Ilargreaves et Thomas Bird donnent de plus en plus d’ampleur aux expériences pratiques qu’ils ont entreprises avec leur procédé électrolytique de fabrication de la soude, en partant du chlorure de sodium, qu’ils décomposent par l’électricité. Ils ont installé dans ce but une usine à Middlewitch, dans le Cheshire, c’est-à-dire au centre même de l’industrie du sel anglais. Ils n’ont qu’à pomper la saumure qui se rencontre dans des lacs souterrains, et à l’amener dans des cellules rectangulaires à travers lesquelles on fait passer un fort courant. Le chlore est mis en liberté et s’échappe sous forme de gaz et vient agir sur de la chaux dans des chambres ad hoc, et y produire par conséquent du chlorure de chaux. La solution de sodium qui reste dans les cellules passe à travers un diaphragme, et un bain de vapeur la convertit en une solution de soude. D’autre part, l’acide carbonique provenant des foyers des générateurs de l’usine est amené au contact de cette solution, et il se forme du carbonate de soude à l’élat de forte solution. On envoie ce carbonate de soude dans des bassins, où peu à peu la soude cristallise en cristaux, du reste énormes, qu’il faut ensuite briser en morceaux de taille marchande. Ce procédé serait des plus économiques.
- l’n Insecte destructeur de l’oranger. — L’ o Ao-nidia aurantii » a fait son apparition dans la province d’Alicante ; il parait aussi redoutable pour l’oranger que le phylloxéra pour la vigne. Afin de combattre ce fléau, le meilleur moyen, jusqu’ici, semble être la fumigation avec l’acide cyanhydrique. Si les vapeurs se répandaient dans l’air elles seraient dangereuses pour les ouvriers. On évite ce péril en recouvrant l’oranger d’une toile imperméable noire pour que la lumière ne décompose pas l’acide cyanhy-
- drique gazeux. La production de l’acide cyanhydrique étant dangereuse, on le fabrique sur l’arbre même (avec 100 gr. d’eau, 70 d’acide sulfurique et 50 de cyanure de potassium, dans un pot de terre). La durée des fumigations est d’une heure.
- Daltonisme et tourisme. — Un touriste allemand atteint d’achromalopsie suggère au club alpin allemand autrichien l’idée d’employer le bleu et le jaune pour les marques indicatrices des chemins de montagnes, au lieu du rouge et du vert.
- L'origine ethnique des Écossais du Nord-Est. — Le Dr Alexandre Low, de l’Université d’Aberdeen décrit dix squelettes découverts aux environs de cette ville, qui sont très remarquables par leur taille réduite et par leur brachycéphalie des plus marquées : le rapport de la largeur de la tète à sa longueur est de 8*2/85. Au contraire les highlanders de l’Ecosse de l’ouest ont la tète très allongée, dolichocéphale. D’autre part les Aber doniens actuels ne sont franchement ni d’un type, ni de l’autre et représentent un état intermédiaire : on doit peut-être en conclure que les habitants actuels de l’Aber-deenshire résultent du mélange de deux races d’abord fortement différenciées, l’une de l’ouest, l’autre de l’est. Un fait semble confirmer cette hypothèse : c’est la présence, parmi les squelettes étudiés, d’une femme présentant le type dolichocéphale et qui était probablement prisonnière ou esclave chez les peuplades de l’est, tout en appartenant à celles de l’ouest.
- L’hydrologie des États-Enis. — Le service géo-logique des Etats-Unis, créé en 1879, a maintenant des fonctions très étendues. Il se divise en branches, et en sections, géologie, hydrographie, topographie, avec des bureaux chargés de l’administration et de la publication des cartes et des rapports. La section d’hydrographie et d’hydrologie s’occupe de l’eau en tant qu’elle est d’utilité domestique ou comme source de force. Elle pratique des mesures systématiques sur toutes les rivières des États. A côté d’elle, un service important, qui ne compte pas moins de deux cents ingénieurs, hydrographes et topographes, prépare des plans pour la construction de réservoirs, canaux et autres travaux relatifs à l’irrigation des terres incultes, encore si nombreuses en Amérique. Les ingénieurs-chefs des différentes divisions de ce service, au nombre de vingt-cinq, se réunissent périodiquement pour échanger des vues sur les travaux en cours ou à faire et imprimer à leur ensemble une marche uniforme. Enfin, un manuel a été publié contenant des instructions pratiques sur la manière de faire les observations et de prendre les mesures.
- Récentes manifestations du volcanisme en Nouvelle-Zélande. — Le district de Rotorua, ancien pays des Maori, est le centre d’une activité volcanique intense. Les lacs à eaux chaudes, les fontaines thermales jaillissantes ont fait un désert de cette très belle contrée. Il y a environ deux ans, le Waimangu, un nouveau geyser qui est parmi les plus importants du globe, s’est formé sur la grande ligne de rupture volcanique illustrée en 1885 par la terrible éruption du mont Tarawera. L’activité du Waimangu est constante ; elle comporte de brusques paroxysmes au cours desquels des boues brûlantes, des quartiers de roc sont projetés, au milieu de tourbillons de fumée, jusqu’à une hauteur de trois cents mètres.
- Le froid au Sahara. — On a généralement des idées très fausses sur le Sahara — tant sur sa topographie, qui est extrêmement variée, que sur sa température sou-
- p.350 - vue 354/536
-
-
-
- LA N A Tl RE.
- vent extrême flans l’espace de vingt-quatre heures. Cet hiver j’ai fait mon quatrième voyage d’études dans le désert et, bien que je m’attendisse à un certain froid, la réalité a cependant dépassé encore mes prévisions. C’est ainsi que le 19 décembre, entre Tougourt et Guerrara, mes observations ont donné : à minuit — 1° C. ; au point du jour (fih 15) — 2° G.; au lever du soleil (7h 15) -j- 1°; à 2h30 du soir 24° C à l’ombre; à 7 heures -j- 5°C.; à 8h50-|-4oC. Temps calme, ciel clair. Le lendemain, 20 décembre, nous avions -f 1° à 7h50 du matin et nous trouvions une forte gelée blanche, formant une couche qui avait par endroits un bon centimètre d épaisseur et dont j’ai pu faire de petites boulettes.
- La longévité du bacille typhique. — Le fait que le bacille typhique est transmis principalement par l’eau, est aujourd’hui bien connu et bien démontré; mais il était intéressant de rechercher sa longévité.
- Des savants américains, en opérant sur les bacilles d’Éberlh, ont constaté par de nombreuses expériences que ces germes possèdent en principe fort peu de longévité, 5 ou 4 jours au maximum, quand ils se trouvent dans l’eau et dans des conditions se rapprochant autant que possible de celles de la nature. 11 est cependant vraisemblable que, dans les eaux naturelles, il se fait, par suite de la concurrence vitale, une sélection de races typhiques beaucoup plus résistantes et d’une durée de vie beaucoup plus étendue.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 avril 1905. — Présidence de M. Poincaré.
- Érection d’un monument à Émile Laurent. — Le Comité qui a pris l’initiative d’élever un monument en Belgique à Émile Laurent, correspondant de la section d’économie rurale, demande que l’Académie envoie un délégué à l’inauguration. — M. Schlœsing fils est désigné à cet effet.
- La géométrie des Égyptiens. — - M. Berthelot annonce que la correspondance contient un Mémoire d’un savant russe, M. Vladimir, relatif aux notions de géométrie répandues dans l’Égypte ancienne. L’auteur signale que plusieurs inscriptions hiéroglyphiques renferment,à propos de la mensuration des terrains, diverses indications de triangles qui montrentque les contemporains connaissaient les propriétés de ces figures.
- Luminosité des cristaux. — M. Berthelot résume ensuite un mémoire de M. Gernez, sur la lumière émise par certains cristaux au moment de la solidification. L’auteur observe d’abord qu’il s’agit d’un phénomène d’ordre général, se produisant également au moment où l’on brise les cristaux. Des cristaux, gardés pendant plusieurs mois hors de la solution qui leur a donné naissance, conservent la propriété d’émettre ainsi de la lumière quand on les brise. Cette lumière, visible pour l’œil, est tellement faible que la plaque photographique ne peut la révéler. L’auteur apporte une contribution à l’étude des rayons N et il constate qu’il s’agit d’un phénomène d’ordre physico-chimique d’une durée très courte et non d’un phénomène physiologique. Ainsi, selon l’observation de M. Poincaré, la rétine serait plus sensible que b plaque photographique.
- Culture des morilles. — M. Bonnier analyse une Vote de M. Molliard relative à la culture des morilles. L’auteur a suivi le développement complet du champi-
- gnon depuis l’état de spore. Ses cultures de mycélium, pratiquées dans des tubes sur de la terre additionnée de compote de pommes, ont donné de petites morilles bien conformées. M. Molliard tire de ses expériences des indications pratiques pour la culture des morilles. D’après lui, il convient de semer sur un sol additionné de fruits inutilisables, tels que poires blettes, etc.
- Écimage de la vigne. — M. Bonnier présente ensuite une Vote de M. Grillon sur l’écimage de la vigne. En se fondant sur des considérations d’ordre chimique, l’auteur montre que celte pratique ne peut être justifiée par le fait que les jeunes rameaux vivent d’abord en parasites sur la vigne.
- Le spectre solaire. — M. Deslandres fait connaître le résultat de nouvelles expériences effectuées par MM. Fabry et Pérol au moyen de son procédé opératoire pour la mesure des longueurs d’onde. Il rappelle que ce procédé, comportant une précision inconnue jusqu’à ce jour dans les mesures de ce genre, a déjà conduit à changer les longueurs d’onde fondamentales de Rowland. Aujourd’hui, en mettant à profit cette particularité des raies obscures du spectre solaire d’émettre encore une quantité de lumière appréciable, les auteurs ont réussi à obtenir des interférences de cette lumière. Ils sont conduits ainsi à classer les raies obscures en deux séries : celles dans lesquelles l’émission des ondes est régulière et celles dont l’émission est troublée. La première catégorie est la seule qui donne des interférences; quant aux nombres de vibrations ils varient entre des limites très écartées : 50 000 et 700 000. Cu. de Yilledeuil..
- >v~—
- LES TRUCS DE THEATRE
- « ARM IDE )) A L’OPÉRA DE PARIS
- L’Académie nationale de musique et de danse vient de monter l’œuvre de Gluck, Armide, tirée de la Jérusalem délivrée du Tasse. Cet opéra, qui est un peu du domaine de la féerie, comporte une mise en scène importante et de magnifiques décors ont été brossés par MM. Amable, Carpezat et Jambon.
- Mais ce qui nous occupe surtout ici c’est la machinerie, qui ne pouvait manquer d’être intéressante, puisque la belle Armide emploiera, pour retenir Renaud, tous les moyens que lui enseign'a son oncle, le magicien Hydraot, roi' de Damnas : tant que le vaillant guerrier chrétien sera en son pouvoir, Jérusalem n’aura rien à craindre.
- Le second acte se passe dans les jardins enchantés et se termine par l’ascension de Renaud et d’Ar-mide; couchés sur le gazon, entourés de fleurs et de lianes, on les voit s’élever lentement et ils sont à plus de 4 mètres du sol quand le rideau tombe.
- M. Gailhard, le directeur de l’Opéra, a voulu donner au spectateur une illusion aussi complète que possible et M. Antoine Bovagnet, l’habile chef machiniste de la maison, y a parfaitement réussi. Pour cela il fallait dissimuler complètement le support qui soutient les deux acteurs. Nous avons déjà indiqué ici différents moyens employés par les prestidigitateurs pour donner l’impression d’un corps humain isolé dans l’espace, et l’un des plus
- p.351 - vue 355/536
-
-
-
- LA NAT LUE.
- r>'>
- o
- ingénieux a lait l’objet d’un article assez récent1. Mais il s’agissait alors d’élever un poids relativement faible à un mètre environ de hauteur; tandis qu’à l’Opéra il faut élever à plus de 4 mètres un poids assez considérable.
- On a dissimulé derrière un châssis, figurant un gros arbre, un grand bâti de 6 mètres de haut qui descend dans le dessous et va reposer sur la plateforme correspondant à la trappe par laquelle il s’enfonce. A sa partie supérieure, qui affleure seule au niveau de la scène, on fixe une ferme faite de solides madriers assemblés et formant une sorte de bras horizontal de o mètres de long touchant le plancher. C’est sur ce bras que vient se fixer le lit, constitué par un sommier élastique recouvert de gazon, de lleurs et de lianes, de façon à ne pas présenter de solution de continuité avec les massifs de verdure environnants.
- Au moment voulu, lorsque Renaud et Armide sont en place, les machinistes du dessous font monter la plateforme et le bâti qu’elle supporte; le lit suit le mouvement et les lianes, qui retombent quelque peu, dissimulent complètement les bords du sommier ainsi que la ferme qui le supporte : tout l’ensemble semble flotter dans l’espace. Pour ajouter à l’illusion on crée sous le lit un nuage sur lequel il semble s’élever. L’emploi de la vapeur d’eau, dont on dispose en abondance sur la scène et qui est largement employée dans les actes suivants, paraissait tout indiqué; mais on a craint que son action n’exerce une influence fâcheuse sur le bois de la ferme et du sommier, ce qui aurait pu empêcher d’exécuter rapidement les assemblages qui ne peuvent être faits qu’au moment de la plantation du décor.
- M. Gailhard a eu l’idée de faire réagir l’ammoniaque
- 1 Yov. n° 1017, du '21 inui 1901. p. 399.
- sur l’acide chlorhydrique : on obtient ainsi une abondante fumée blanche de chlorhydrate d’ammoniaque. Gomme elle est peu transportable par tubes, car elle se dépose facilement sur les parois, on est obligé de la produire sur le lieu même où elle doit paraître; aussi, sous le sommier où sont couchés les acteurs, il y a tout un petit laboratoire ; un premier ilacon à tubulures contient de l’acétate d’ammoniaque, il est relié à un second qui contient l’acide chlorhydrique et enfin un Ilacon laveur termine la série; l’air est envoyé au travers de ces flacons par
- un tube de caoutchouc qui vient des dessous où il est relié à un ventilateur rnù par un petit moteur électrique. Malheureusement celte fumée chimique, bien qu’abondante, est très difficile à éclairer ; elle ne se comporte pas du tout, en présence des rayons lumineux, comme la vapeur d’eau, et c’est surtout de la scène qu’on la voit bien. De la salle on ne perçoit guère qu’une légère buée ; il y a encore à chercher de ce côté, mais l'idée est ingénieuse et méritait d’être signalée. Notre gravure représente la machinerie vue de la scène au moment do l'ascension. Le même procédé est employé au cinquième acte pour élever l’oiseau qui supporte le trône d'Armide et l’emporte dans les airs pendant que son palais s’écroule sous ses pieds. La lin de ce dernier acte est de toute beauté : les effets de vapeurs et de lumière sur le palais qui s’effondre sont du domaine de la vraie féerie. Du reste, tout cet opéra, au point de vue de la machinerie et de la décoration, les seuls qui nous occupent ici, a été monté avec un luxe et un soin qui sont vraiment dignes de notre première scène lyrique. G. Ciialjurès.
- ' Le Gérant : P. Massox.
- Taris. — Imprimerie Laiuiiîe, rue de l'ieurus, 9.
- Procédé employé dans Armide, à l’Opéra de Paris, pour élever doux acteurs à 4 mètre* de liant, sans support visible pour le spectateur.
- p.352 - vue 356/536
-
-
-
- y 11107. — 6 MAI 1 i)05.
- L A NATURE.
- LES ANCÊTRES DU PHONOGRAPHE
- Un homme d’esprit doublé d’un érudit, M. Edouard Fournier, a publié il y a quelques années sur l’histoire du Vieux Neuf un volume charmant dans lequel il met en lumière ce vieil axiome : « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ». Ce livre du Vieux Neuf est plein d’enseignements philosophiques, car nous n’avons guère lieu, à notre époque, de nous enorgueillir de toutes les inventions, qui paraissent chaque jour, puisque nos ancêtres les avaient presque toutes, sinon connues, du moins pressenties et en quelque sorte devinées.' Toutefois, on ne s’attendrait guère A apprendre que le phonographe est une invention non pas aussi vieille que le monde, mais qui remonte cependant à plus d’un siècle en arrière.
- La légende prétend que le fameux Albert le Grand avait construit une tête parlante qui était une véritable merveille, mais le disciple du célèbre savant, Thomas d’Aquin, considérant cette invention comme une œuvre diabolique, la brisa à coups de bâton et l’illustre évêque de Rastibonne en voyant ce désastrè s’écria :
- « Ainsi périt un travail de trente années. » ’ -
- À une époque plus rapprochée de nous,
- Valentin Merbiz avait fait, pour l’amusement de la reine Catherine de Suède, une autre tête parlante qui aurait pu, au gré de son inventeur, répondre à la question qui lui était posée soit en hébreu, en grec, en latin ou en français.
- Nous manquons tout à fait de renseignements sur cet étonnant chef-d’œuvre au sujet duquel il n’est pas défendu de faire preuve d’un certain scepticisme ; pour cette dernière invention surtout, il est fort probable que nous nous trouvons.en présence de quelque ingénieux ventriloque, qui avait trouvé le moyen de faire ouvrir la bouche à son automate, tandis que lui-même répondait aux questions posées sans remuer les lèvres et en donnant à sa physionomie une expression tout à fait indifférente.
- 33e année. — 1er semestre.
- La première machine parlante, sur laquelle on ait des données réellement certaines, fut construite par l’abbé Mical et cette œuvre de patience et d’ingéniosité fut présentée par lui, le 9 juillet 178q,: à l’Académie des sciences, ainsi qu’on le voit.par la gravure que nous reproduisons ci-dessous et qtii est encore conservée aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale. L’inventeur avait fait une espèce de dôme porté par des colonnes et des pilastres ornés de délicieuses décorations dans le goût Louis XVI. Au centré de ce dais se trouvent deux têtes supportées par une petite galerie ajourée soutenue elle-même par des
- piliers d’ordre corinthien. Entre ces deux motifs d’architecture est attachée une forme de draperie sur laquelle sont inscrites les paroles que doivent prononcer les deux automates. Le premier fait entendre cette sentence, plus batteuse pour la royauté que complètement exacte en réalité : « Le roi donne la paix à l’Europe » ; ce à quoi la seconde tête, qui porte la couronne, répond : « La paix couronne le roi de gloire », puis le dialogue continue par ces mots « et la paix fait le bonheur des peuplés" »!.,„Lc même1 interlocuteur termine son discours par celte péroraison : « Oh roi adorable, père de vos peuples, leur bonheur fait voir à l'Europe la gloire de votre trône. » L’abbé Mical déclare que son œuvre est la résolution d’un problème de mécanique qui, jusqu’à ce jour, avait été considéré sinon comme insoluble, du moins comme fort difficile’et il ajoute : « L’Académie des sciences a dit dans son rapport que ces têtes parlantes peuvent jeter le plus grand jour sur le mécanisme de l’organe vocal et sur le ministère de la parole. La docte assemblée avait déclaré que cet ouvrage était digne de son approbation aütant par son importance que par son exécution. » Le dictionnaire universel prétend que’ ces têtes furent brisées par leur auteur même; mais Montuchat déclare qu’elles furent vendues par lui, pour un prix considérable, à un noble étranger.
- t *.*\f , V* >*•'>» > - ÿ ........ v 4
- Les tètes parlantes construites par l’abbé Mical et présentées par lui à l’Académie des sciences le 2 juillet 1783.
- p.353 - vue 357/536
-
-
-
- L A NA TU HE.
- Dans les journaux de la fin du xviiie siècle, il est également question d’une tête parlante qui aurait été construite à peu près à la même époque par un certain Wolfang de Kempelen, né en 1757 et conseiller de la Chambre des domaines de Hongrie.
- Le Journal des savants du mois d’octobre 1787 mentionne un quatrième phonographe construit par C. S. Kratzenstein ; nous n’avons malheureusement sur cette dernière invention qu’une brève notice qui ne nous donne aucun autre renseignement ni sur son auteur ni sur la manière dont elle était fabriquée. 11 est cependant permis de supposer que toutes ces machines parlantes étaient construites à peu près sur les mêmes données scientifiques.
- Des esprits avisés trouvèrent qu’il était plus simple d’arriver aux mêmes résultats par des moyens infiniment moins honnêtes; c’est ainsi qu’en 1785, un ventriloque fit courir tout Paris pour venir voir une tête parlante dont il se déclarait l'inventeur. Cette figure, qui mesurait environ un pied et demi de hauteur, répondait distinctement à toutes les questions; mais, de même que pour le fameux cheval calculateur qui, à Berlin, ces temps derniers, intriguait si fort tous les savants et les curieux, on découvrit bien vile que, pas plus les têtes parlantes du xvme siècle que le cheval allemand du xxe, n’étaient douées d’une intelligence supérieure : c'était le barnum qui répondait aux questions posées à son automate, uniquement en s’aidant des secrets de la ventriloquie. Quoi qu’il en soit, et malgré cette supercherie assez innocente, il n’en reste pas moins établi que l’on a fait au xvme siècle des machines parlantes d’une ingéniosité remarquable et qui devaient être construites par des procédés analogues à ceux qui sont mis en œuvre pour l’exécution de ces charmants petits oiseaux chanteurs contenus dans une tabatière et dont la fabrication suisse avait en quelque sorte le monopole.
- Nous avons vu par ce qui précède ce qui avait été fait autrefois sous le rapport de la reproduction de la voix humaine; nous étudierons dans un prochain article ce que l’avenir nous réserve et nous montrerons le phonographe destiné à entrer dans les usages de la vie courante et à supplanter presque complètement la correspondance par écrit.
- Henry Be.né D’Allemagne.
- LA GÉOLOGIE DU RADIUM
- ET
- L’ÉVOLUTION DE LA MATIÈRE
- Dans un article précédent1, j’ai examiné le gisement ordinaire du radium en association avec l’urane ; il nous reste à signaler des gisements d’un tout autre genre dans des minerais altérés ou dans des eaux et à en tirer des conclusions. Cette étude du radium conduit, ainsi que nous allons le voir, à des
- 1 Yoy. u° 160.'), du 22 avril 1905, p. 525.
- hypothèses bien inattendues et bien suggestives sur l’unité de la matière, sur les transformations spontanées des éléments chimiques les uns dans les autres et sur la durée constante attribuable peut-être aux phases successives de cette évolution : une durée qui ferait, par exemple, imaginer le radium et l’hélium vivant, évoluant el mourant comme des êtres organisés.
- L’un de ces nouveaux gisements de radium, récemment découvert près d’Issy-l’Évêque, entre Autun et Bourbon-Lancy, en Saône-et-Loire, vient d’être mis en exploitation comme une mine de radium : une mine dont les minerais triés contiendraient environ
- I centigramme de bromure de radium par tonne!
- II s’agit là de filonnets de galène et quartz encaissés dans le granité et faisant partie d’un système filo-nien bien développé, sur lequel on retrouve du manganèse (à Tazilly) et, souvent, de la fluorine, de la galène, etc. La même région contient d’ailleurs, en se rapprochant d’Autun, du wolfram, de la niobite, de l’autunite, etc., avec association d’apatite et d’émeraude, c’est-à-dire groupement du genre stan-nifère.
- A la surface, cette galène a subi un mode d’altération, qui est assez fréquent ; il y a eu introduction superficielle de phosphore, comme ailleurs, on voit se produire une introduction de vanadium, d’arsenic ou de molybdène, soit par emprunt aux terrains encaissants, soit par concentration d’éléments disséminés dans le filon même; il s’est donc produit ainsi de la pyromorphite, minerai que nous savons être toujours superficiel, et, dans cette pyromorphite, il y a eu fixation de radium, sans que celui-ci soit accompagné d’urane.
- Les deux figures ci-jointes, empruntées à une étude récente de M. Jacques Danne sur ce gisement1, donnent la photographie et la radiographie d’un échantillon, où la pyromorphite est associée avec du feldspath; ce dernier, comme le quartz encaissant, ne s’est montré nullement radioactif, et, d’autre part, la galène, qui apparaît à quelques mètres de profondeur, n’est, elle non plus, jamais radioactive. M. Danne a constaté, d’autre part, que les eaux superficielles en contact avec le filon dégagent constamment de l’émanation de radium. Il semble donc bien net que le radium ne vient pas de la galène profonde transformée au jour en pyromorphite, mais a été apporté superficiellement par des eaux altérantes, qui l’auraient emprunté à des traces d’urane disséminées dans les schistes granulitiques de la région.
- Cette observation suggère l’idée d’examiner un peu partout, pour y chercher également le radium, les autres minerais d’altération que nous savons être localisés à la superficie par un phénomène de concentration analogue. Je signalerai tout particulièrement les phosphates et vanadates, pour lesquels l’autunite et la carnotite (phosphate et vanadale
- 1 Revue Le Hadium, n° 2, p. 54 (Paris, Masson et Ciej.
- p.354 - vue 358/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 555
- d’urane), la pyromorphite (phosphate de plomb), dans lesquelles on a déjà trouvé du radium, constituent un premier jalon1 : le phosphore, dont le vanadium semble une sorte de dérivé, ayant joué un rôle important dans le groupe tilonien de l’étain, de l’urane, etc.... Les phosphorites, les va-nadates de plomb et de cuivre pourraient être étudiés. l)e même les oxydes de manganèse, accompagnés de barytine et d’argent, venant de minerais sulfurés altérés comme ceux de Milo, ou les psilomélanes de Romanèche. La baryte ou les oxydes de manganèse sont, pour moi, presque toujours des produits de concentration superficielle empruntés à des feldspalhs ou à des pyrites altérés. On a déjà trouvé du radium dans les barytines déposées par les eaux de Karlsbad, on pourrait essayer de même les dépôts semblables de Lamalou. Puis il y aurait lieu de fouiller les minerais superficiels du bismuth et du tungstène, comme les bismuths oxydés et les schéelites de Meymac; enfin ceux des filons de plomb et d’argent, mimé-tèse, wulfénite, argent chloruré, plomb gomme, etc.... Il peut sembler singulier de chercher ainsi, dans ces minerais d’altération, un métal à poids atomique aussi dense et dont l’origine première paraît aussi profonde, avec apport aussi exceptionnel jusqu’au jour par des fumerolles chloro-fluorées particulièrement actives. Mais le radium parait être facilement remis en mouvement (ou même créé) dans les eaux, comme l’indiqueraient sa présence si fréquente dans les eaux superficielles ou thermales et peut-être sa concentration dans les minerais altérés de Joachimsthal. D’autre part, il serait peut-être utile de faire les essais sur des minerais à leur sortie de la mine et sur des minéraux de formation récente. Avec une substance, pour laquelle il peut être question d’une vie aussi éphémère, cette observation, d’apparence bizarre, peut n’ètre pas à négliger2 3.
- Je passe à la présence du radium dans les eaux. Depuis les travaux de MM. Curie et Laborde, Strutt, Ramsay, Troost, Bouchard, etc., il est bien reconnu que les gaz dégagés par un grand nombre de sources minérales renferment de l’émanation de radium, ou, ce qui parait revenir au même, de l’hélium". La quantité d’émanation contenue dans un litre de gaz est, par exemple, à Plombières, celle que dégagerait 1 milligramme de bromure de radium pur en trois à cinq minutes. Dans le Taunus, les sources les plus gazeuses sont les moins actives. Certains dépôts de
- 1 M. Danne a déjà étudié quelques autres échantillons de pyromorphite sans y trouver de radium ; mais la galène est un élément relativement rare dans les liions du groupe stanni-fère et ce sont les échantillons provenant de ce groupe qui ont, seuls, je crois, des chances d être radioactifs.
- 2 On a vérilic que le plus grand nombre des barytines de filons étaient inactives, quoique la barytine de Karlsbad soit radioactive; on a essayé de même sans succès diverses pyro-morphites; il faudrait, pour être concluant, que l’examen marchât d'accord avec l’étude géologique.
- 3 Le Radium, 15 juillet 1901, p. t. — 15 février 1905, p. 58.
- sources sont également radioactifs, par exemple les barytines de Karlsbad que je viens de citer. Enfin les eaux ordinaires elles-mêmes sont très fréquemment radioactives. En quoi, il ne faut pas oublier la prodigieuse sensibilité des procédés, qui nous permet de reconnaître des traces absolument, infinitésimales de radium.
- La conclusion de tous ces faits serait assez simple et on pourrait se borner à cet énoncé géologique s’il s’agissait d’une autre substance que le radium; mais, avec le radium, il faut envisager certaines hypothèses, qui auraient paru bien extraordinaires il y a quelques années.
- Remarquons, en effet, que suivant une théorie, d’abord énoncée par M. et Mme Curie, puis développée avec ardeur par MM. Rutherford et Soddy, le radium parait bien être un état momentané de la matière : il procéderait, croit-on, de l’uranium et donnerait à son tour de l’hélium, en passant par l'intermédiaire de l'émanation du radium.
- La transformation du radium en hélium, ou du moins la production spontanée d’hélium par les sels de radium a été d’abord mise en évidence par MM. Ramsay, Curie et Dcwar et parait aujourd’hui bien établie1.
- Puis des expériences prolongées de MM. Rutherford et Soddy (il est vrai, très délicates) ont paru montrer que l’uranium exempt de radium en dégage progressivement : la présence du radium étant révélée par son émanation, qui est elle-même une transformation spontanée du radium. Par conséquent, l’uranium semble mourir peu à peu, tandis qu’il naît du radium à sa place. D’après la quantité de radium produite par 1 gramme d’uranium en un an2, on a pu estimer à 1012 années la vie moyenne de l’uranium.
- Par une voie très différente, M. Herbert N. Mc. Coy et M. Boltvvood sont arrivés à annoncer que tout minéral d'uranium contient du radium en proportions définies avec luranium : ce qui établirait également entre les deux métaux une relation d’origine. L’activité de ces minéraux, rapportée à l’uranium, est constante et 5,7 plus grande que celle correspondante à leur teneur en uranium. On en conclut que le radium doit être à l’uranium dans la proportion de 1 à 500 000. Tant que cette proportion n’est pas atteinte, l’équilibre n’est pas réalisé : il naît plus de radium qu’il n’en meurt et la proportion croît. Une fois cette proportion atteinte, la naissance du radium est, à chaque instant, équilibrée par son départ à l’état d’émanation, qui, elle-même, se transforme en hélium. C’est ainsi qu’on arrive à l’idée d’une ferme de matière en évolution constante et spontanée, — tout à fait indépendante d’ailleurs de nos réactions physico-chimiques (au
- 1 II faut noter, à l’appui de cette idée, que l’hélium existe dans tous les minerais radioactifs.
- 2 Nature, 12 mai 1994 et 26 janvier 1905. Le résultat qualitatif paraît exact; mais les expériences sont très difficiles et les chiffres restent discutables.
- p.355 - vue 359/536
-
-
-
- LA NATURE.
- r»r>r>
- moins dans les limites où nous pouvons taire varier la température et la pression), puisque l’élévation de température ne change rien à la vitesse de dégagement de l’émanation1.
- Par exemple, l’émanation de l’actinium est supposée vivre ô secondes; celle du thorium vivrait 1 minute et celle du radium 4 jours. De même, d’après la quantité d’émanation produite par le radium et la pression qu’elle exerce (Ramsay et Soddy), ou arrive à supposer que la vie du radium serait de 1000 ans'2; pour l’uranium il faut déjà, comme je viens de le dire, accumuler les zéros jusqu’à 1012 années.
- La conclusion bien inattendue de cette théorie est que àl. Curie arrive à se demander aujourd’hui si, d'une façon générale, tout élément chimique (et non plus seùlement ce groupe spécial uranium-radium-hélium) n’aurait pas ainsi une durée dé vie déter-
- Photographie et radiographie obtenues par M. Danne Les plages quartzeuses et t'eldspathiques n’oat produit aucune
- minée comme un être organisé; après quoi, l’accomplissement de quelque cycle intermoléculaire le ferait passer, plus ou moins vite, en général avec une lenteur extrême, à un autre élément chimique. Le phénomène, qu'une durée de vie exceptionnellement courte nous permet de constater pour le radium, serait alors universel. Les associations constantes de certains métaux dans leurs gisements, sur lesquelles j’ai depuis longtemps appelé l’attention avec insistance, et les proportions relativement assez constantes de ces éléments entre eux1 pourraient alors correspondre à des transformations de ce genre; elles auraient une cause analogue à celle que nous venons d’indiquer pour l’uranium et le radium. Peut-être même, lorsque l’évolution n’est pas terminée, avec des éléments dont la durée de vie peut se chiffrer par millions d’années, c'est-à-dire lorsque la proportion théorique de la dérivée par rapport à
- avec une pyroinorphite radilere d'Issy-l'Évcque. impression sur la plaque photographique (parties claires).
- l'élément initial n’est pas atteinte (comme elle l’est pour le radium dans les minéraux d'urane), la proportion observée sur tel ou tel point de la Terre pourrait-elle nous permettre de calculer depuis combien de temps le phénomène y a commencé, c’est-à-dire nous donner une date géologique exprimée en années, pour le moment où tel métal a échappé, en montant vers la surface dans nos filons ou dans nos roches, aux conditions totalement différentes qui doivent exister au-dessous de l’écorce terrestre superficielle, dans les profondeurs de la Terre? C’est de l’alchimie, si l’on veut, et même de l’alchimie encore bien aventurée ; mais qui sait si l’étude plus précise des gisements et des roches profondes, dans
- 1 II faut cependant prévoir le cas où un tlux externe de rayons cathodiques viendrait modifier les conditions ordinaires de l’évolution. '
- 2 On sait que le radium dégage, sous forme de chaleur et
- de radiations, 100 calories par gramme et par heure, soit une somme d’énergie considérable, que l’on est disposé à expliquer par une-transformation de l’atome (Mme Curie. Revue scientifique, 21 juillet 1900). Il y a production d’une émanation', dont on a pu prouver la nature de'gaz naturel liquéfiable (voir, pour ces phénomènes, l’ouvragéde I\utfierford"sdr la radioactivité). • • -
- cet ordre d’idées nouveau, ne permettra pas un jour de préciser les phénomènes entrevus ainsi par M. Curie? L. De Launay.
- LES SELS COMESTIBLES
- , DAXS l’aFRIQUE CENTRALE
- Le sel marin, ou plus correctement le chlorure de sodium, est un des condiments les plus impérieusement réclamés par l’économie animale pour son alimentation. On sait notamment combien les bestiaux sont friands de ce corps dont on met à leur disposition, dans la plupart des étables, des blocs entiers qu’ils viennent lécher fréquemment. L’organisme humain semble avoir un besoin tout aussi urgent de cette substance dont la privation est si désagréable. L’une des meilleures preuves dé ce dernier fait. consiste dans l’avidité avec laquelle les indigènes de diverses régions africaines ont toujours recherché le sel marin. Toutes les relations des anciens voyageurs mettent ce point en lumière et
- 1 Voir, sur toutes ces questions, les chapitres XIV et XV de mon ouvrage récent sur la Science géologique (Paris, Armand Colin).
- p.356 - vue 360/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 3a /
- signalent le prix élevé qu’attachent les naturels à ce condiment si répandu dans nos contrées. L’ivoire, le caoutchouc, voire même la poudre d’or ont été les principales monnaies contre lesquelles étaient troqués quelques décalitres de sel. On comprend donc que, le progrès pénétrant de plus en plus dans le continent noir par suite des continuelles explorations dont il était l’objet, les indigènes aient cherché à s'affranchir de ce tribut si onéreux et à assurer d’une façon constante et régulière leur consommation de sel ; ils y sont d’ailleurs arrivés actuellement d’une façon à peu près complète dans la plupart des régions qu’a parcourues récemment M. Auguste Chévalier dans son exploration du Chari et du lac Tchad. Le sel consommé par les naturels de ces con-
- trées provient de source minérale ou de source végétale. Les sels d’origine minérale peuvent se présenter sous forme blanche ou sous forme blanche mélangée de rouge. La première est consommée dans le Ba-guirmi, sur la rive méridionale du lac Tchad, et proviendrait de la région du Borkou, située à 600 kilomètres environ au nord-est du môme lac. Les caravanes transportent ce sel qui existe en couches stratifiées dans le lit du Rahat Saraf où il n’y a de l’eau qu’à la saison des pluies. En saison sèche, on creuse le sol à 50 centimètres' de profondeur et on recueille la roche par petits blocs.
- Le sel blanc et rouge existe à Test du Borkou, dont nous venons de parler, dans TOuadi-Démi en plein désert, dans un pays qui appartient aux Arabes
- Gisement de sel dans
- Mohamid du Bar Ouara. Quand les indigènes du Borkou et ceux du Ouara se rencontrent aux gisements de sel, ils se battent ; ils apportent d’ailleurs concurremment le sel sur les marchés. Ce sel est d’abord blanc, légèrement teinté de rouge ; mais cette couleur'rouge ne tarde pas à se foncer et à tourner au rouge brique par suite de la présence d’un sel ferreux qui s’oxyde peu à peu à l’air. Le produit accuse à l’analyse la composition centésimale suivante :
- Eau ................................ 0,40
- Chlore ........................... 24,74
- Acide sulfurique.................... 5,79
- Calcium............................. 0,32
- Potassium.......................... 1,26
- Sodium............................. 21,11
- Insoluble ......... 46,40
- 100,02
- Comme on le voit, il consiste en chlorure de sodium renfermant près de 50 pour 100 d’impuretés terreuses, et constitue ainsi un produit très défectueux. Les sels d’origine végétale du pays Assala sont
- l'Afrique centrale.
- l’objet d’une industrie très prospère dans le pays des Arabes Assalas, entre Fort Lamy et le Tchad* au sud de ce lac, et sont fabriqués par le lessivage des cendres du Doum (lli/phæna Thebaïca) ét du halid-jhalidj (Salvodora persicci); ils s’exportent plus au sud, au Bornou et au Baguirmi; et sont prélevés comme impôt par l’administration française. La préparation de ces produits estfbien plus soignée que celle des matières d’origine minérale, car ils ne renferment pour ainsi dire pas de matières insolubles, mais ils sont constitués par un mélange de chlorures de sodium et de potassium, ainsi qu’en témoigne leur composition centésimale :
- Eau ... . 0,14
- Chlore . . . 54,80
- Acide sulfurique . . . . . . . . 3,69
- Calcium. . . . 0,41
- Magnésium . . . 0,37
- Potassium . . . 29,20
- Sodium . . . 11,08
- 99,69
- p.357 - vue 361/536
-
-
-
- LA NATURE.
- r»r>s
- Le chlorure de potassium peut suppléer d’ailleurs le sel correspondant de sodium dans ses applications comme condiment, en sorte que les indigènes ont ainsi à leur disposition un succédané suffisant de sel marin.
- Nous devons d’ailleurs rappeler à ce sujet que les naturels de l’Oubanghi, pays situé à 7 ou 800 kilomètres au sud du lac Tchad, emploient, comme condiments, des sels obtenus également par lessivage des cendres de plantes et formés, comme l’ont montré MU. Rybowsky et Oemoussy, d’un mélange de carbonate, de sulfate, et surtout de chlorure de potassium, sans traces appréciables de sels de sodium. A. IIérert.
- ALIMENTATION ARTIFICIELLE
- DF.S OISEAUX EN HIVER
- Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître les immenses services que les oiseaux insectivores rendent à l’agriculture. On l’est moins sur les mesures à prendre pour leur conservation. En été, ils sont décimés par les chasseurs ; en hiver, ceux qui restent dans nos pays, les pics et les mésanges notamment, ne trouvent plus leur nourriture lorsqu’il gèle et que les arbres sont couverts de neige. Il est dès lors indiqué de les alimenter artificiellement.
- En Allemagne, dès l’entrée de l’hiver, tous les journaux publient des appels à la population en faveur des oiseaux. On recommande de jeter au dehors les déchets de la table dans des endroits où ils peuvent en profiter. Mais ces miettes moisissent facilement sur le sol humide, ou bien elles sont bientôt recouvertes de neige. Un procédé bien meilleur est celui qu’indique M. de Berlepsch et qui parait répondre à tous les desiderata.
- On fait un mélange d’aliments secs et de graisse dans la proportion de 1 à 2. Voici la recette exacte de cette composition :
- Chapelure de pain blanc. . . 150 grammes
- Viande râpée................. 100 —
- draines de chanvre........... 200 —
- draines de chanvre brisées. . 100
- draines de pavot............. 100
- Farine de pavot............... 50
- Millet....................... 100 —
- Avoine........................ 50 —
- Baies sèches de sureau . . . 50 —
- Graines de soleil............. 50 —
- Œufs de fourmis............... 50 —
- 1000 grammes.
- On verse 1 kg de celte pâtée dans 2 kg de suif fondu et on mélange intimement tout en continuant à chauffer à feu doux. Pendant que le mélange est encore liquide, on en répand au moyen d’une cuiller de fer sur des branches d’arbres résineux, en commençant par l’extrémité, de façon que la substance pénètre bien entre les aiguilles et se solidifie sur l’écorce. Ces branches seront plantées dans un endroit convenable, c’est-à-dire hors de portée des chats et des chasseurs qui seraient tentés de profiter du grand nombre d’oiseaux rassemblés pour en faire une tuerie générale.
- Ce mode d’alimentation est fort bien accepté des
- oiseaux qui y trouvent un mélange d’aliments tout à fait à leur goût. La graisse protège les autres substances contre l’humidité et la moisissure; de plus, son pouvoir calorifique la rend très utile aux oiseaux qui la consomment. Les rameaux ainsi disposés ressemblent à des arbres vivants sur lesquels pullulent les œufs et les larves d’insectes. Au bout de fort peu de temps les oiseaux connaissent le gisement et savent fort bien y chercher leur nourriture malgré la neige. Suivant la rigueur de l’hiver, il faut renouveler la couche toutes les deux à quatre semaines.
- Malgré son apparente complication le procédé est en réalité très simple, car on n’a à se préoccuper de changer les provisions qu’assez rarement; et comme tout est utilisé, il est plus économique que la méthode qui consiste à répandre simplement les aliments sur le sol. Dans les pays où existe la gracieuse coutume des arbres de Noël, ceux de ces arbres qui restent sur le marché après les fêtes se vendent à très bas prix et conviennent parfaitement pour cet usage. Ils pourront être plantés dans un verger, une clairière de forêt ou même sur l’appui d’une fenêtre.
- Pour y verser le mélange on emploiera de préférence une cuiller à bec et à longue tige. Quant au récipient, il sera de forme allongée, de façon que, étant placé sous les rameaux, il recueille le surplus du mélange qui en dégoutte. Si on opère en forêt on pourra le réchauffer sur un feu de bois ou sur un réchaud portatif. 11 va de soi qu’en aucun cas le mélange ne sera versé sur des arbres vivants, que le suif fondu pourrait tuer ou tout au moins rendre malades.
- Les expériences faites en Allemagne ont montré que ce procédé était excellent pour favoriser la multiplication des mésanges, des sittelles, des grimpereaux, tous oiseaux extrêmement utiles aux exploitations forestières, parce qu’ils explorent sans cesse les écorces et les débarrassent de leurs parasites. En dehors de leur utilité pratique, ces expériences d’alimentation artificielle des oiseaux ont encore un intérêt scientifique général, car elles permettent d’observer de près les mœurs de ces animaux et même d’étudier les hôtes de passage les plus rares, qui, dans ces conditions, ne sauraient échapper au regard.
- D' L. Lai.oy.
- YITESSES STELLAIRES
- MM. Edwin B. Frost et Walter S. Adams donnent dans « The Astrophysical Journal » une étude sur les vitesses de quelques étoiles dans le sens du rayon visuel d’après leurs observations spectrographiques. Les vitesses trouvées sont les suivantes :
- Étoile. Grandeur Vitesse radiale.
- </ Pcrsée . . 5.0 54 kilomètres par seconde.
- s Perséo . . 5,0 24 —
- 61 Orion . . 4,8 60 —
- 0* Orion . . 5.3 140 —
- i Orion . . 5,8 21 —
- ç Orion . . 4,4 22? ' —
- S Licorne. . 4,6 25 —
- ïj llvdre . . 4,3 22 —
- La Terre, sur son orbite, parcourt environ 29 kilomètres par seconde. E. Touchet.
- ---------
- p.358 - vue 362/536
-
-
-
- LA NATURE.
- LE MÉTROPOLITAIN
- PASSAGE AU-DESSOUS DE I.A SEINE
- La ligne n° 4 du réseau Métropolitain, dite « De la Porte de Clignancourt à la Porte d’Orléans », une magistrale transversale nord-sud, devait en principe, traverser la Seine en souterrain entre le Pont Neuf et le Pont des Arts et servir de prétexte à une très importante opération de voirie : le prolongement de la rue de Rennes, de la place Saint-Ger-main-des-Prés au quai de Conli.
- Ce premier tracé, sortant des Halles par la rue Coquillière, empruntait la rue du Louvre qu’il suivait presque perpendiculairement à la Seine, traversait celle-ci par un souterrain à peu près perpendiculaire aussi et en aval de l’écluse de la Monnaie, puis il passait sous le quai de Conti et s’engageait sous l'Institut pour aboutir à la place Saint-Gerinain-des-Prés par la rue de Rennes supposée prolongée.
- Mais la réalisation de ce projet rencontra une opposition formelle de la part de l’Institut et la Ville de Paris dut prendre le parti de se passer du concours de l'État ; elle remania alors le projet primitif de la traversée de la Seine en n’utilisant que des voies existantes et de là naquirent les deux variantes : lu Par la rue Dante; 2°par la rue Danton, sur lesquelles le public parisien fut appelé à se prononcer, une enquête d’utilité publique ayant été ouverte du 4 mai au 4 juin 1903. Après discussion, le 9 juillet 1903, le Conseil Municipal délibéra en faveur du projet par la rue Danton.
- La partie de la ligne n° 4 qui nous intéresse actuellement s’étend du carrefour de la rue des Halles et de la rue de Rivoli sur la rive droite, au carrefour de la rue Danton et du boulevard Saint-Germain sur la rive gauche, sur une longueur de 1076 mètres. La ligne venant de la rue des Halles, après avoir croisé (en dessous), à la rue de Rivoli, la ligne en exploitation de la Porte de Vincen-nes à la Porte Maillot (ligne n° 1) s’engage dans la rue Saint-Denis, traverse en diagonale la place du Châtelet, passe le grand bras de la Seine obliquement en amont du Pont au Change, puis se développe sous le marché aux Heurs et la Caserne de la Cité. La traversée du petit bras se fait obliquement de manière à venir passer à l’angle amont du Pont Saint-Michel. Au quai Saint-Michel, la ligne croise le chemin de fer d’Orléans également en dessous puis, traversant en diagonale la place Saint-Michel, s’engage sous le boulevard Saint-André-des-Arts et sous la rue Danton qu'elle suit jusqu’au boulevard Saint-Germain (fig. 1 ). Les courbes qui permettent les circonvolutions de ce tracé sont partout supérieures à 150 mètres de rayon.
- 559
- Il est à remarquer que ne pouvant passer sous le Palais de Justice, où on se heurtait aux mêmes difficultés que pour le passage sous l’Institut, ni sous le boulevard du Palais où on endommageait les culées et les piles des ponts au Change et Sainl-Michel, ce tracé, qui présente une déviation vers l’Est et, par conséquent, une augmentation de longueur considérable, est le seul que rend possible la disposition actuelle des lieux.
- Au point de départ, le profil en long s'incline au
- Fig. 1. — Plan de la traversée de la Seine.
- moyen d’une pente de 4 centimètres par mètre, bientôt remplacée par une autre pente de 17 millimètres par mètre qui se continue jusqu’à la Seine dont la traversée est prévue en palier à llm,15 au-dessous du niveau des eaux. Ce palier de plus de 550 mètres de longueur règne de la place du Châtelet jusqu’à un point situé à quelques mètres en avant du mur de quai (rive droite) du petit bras du fleuve. A partir de ce dernier point le profil se relève d’abord légèrement au moyen d’une rampe de 6 millimètres par mètre, puis brusquement par deux rampes de 4 centimètres par mètre séparées par un
- p.359 - vue 363/536
-
-
-
- liA NATURE.
- r»6rt
- palier intermédiaire de 150 mètres environ de longueur, situé à 16 mètres au-dessous de la chaussée et'qui correspond à la place Saint-Michel, au boulevard et à la place Saint-André-des-Arts.
- Ees ouvrages à construire dans cette partie sont : 1° les souterrains pour le passage des deux voies du chemin de Ter depuis l’origine jusqu’à la fin du projet; 2° les deux stations « La Cité » et « Place Saint-Michel » placées l'une sous le marché aux fleurs, l’autre sous la Place Saint-Michel, le boulevard et la Place Saint-André-des-Arts; 5° les ouvrages de raccordement entre le souterrain et les stations.
- i
- Tout d’abord, il avait été prévu que la traversée de la Seine s’opérerait dans deux tubes jumeaux à section circulaire et à voie unique, parce que l’on pensait que cette solution, au point de vue économique, était préférable à tout autre; puis, après avoir mis son projet au concours, la Ville de Paris se rallia à la solution présentée par M. Chagnaud, l’entrepreneur bien connu, solution qui, tout en offrant de grandes divergences avec le projet initial, puisqu’elle prévoit l’emploi d’un tunnel unique à double voie, réalise pourtant ce double avantage de rendre l’exploitation plus facile tout en restant dans
- V 1. Traversée sous le grand bras de la Seine et station « La Cité ». >
- .V 2. Coupe transversale des stations « La Cité » et « Place Saint-Michel ». — S* 3. Souterrain construit au moyen du bouclier. N° i. Souterrain construit au moyen de caissons pour la traversée'du grand et du petit bras de la Seine.
- des conditions _ économiques très -appréciables.
- Le souterrain à construire possède une section à peu près semblable à "celle du tunnel ordinaire maçonné; mais ses parois sont constituées par un revêtement métallique recouvert intérieurement d’une couche de béton sur laquelle on lissera un enduit en ciment fin de Porlland; il mesure 7m,50 de largeur (soit 20 centimètres de plus que le souterrain ordinaire) au niveau de la ligne des naissances d’une ellipse de 2m,20 de montée; et ses piédroits, légèrement inclinés en dedans, se rattachent au radier, dont le point le plus bas se trouve être placé à 5,n,20 au-dessous de , celte ligne des naissances, par des parties en courbes très accentuées;
- sa hauteur dans œuvre atteint donc 5m,40. Le revêtement est formé d’une série d’anneaux en fonte de 60 centimètres de longueur, mesurée suivant l’axe du souterrain et réunis les uns aux autres par des boulons. Chaque anneau comprend 15 voussoirs, dont un plus petit à la clef. Les voussoirs, dont l’épaisseur est de 4 centimètres et le poids de 450 kg, sont renforcés par des nervures de 12 centimètres de hauteur, qui servent à les assembler les uns aux autres et au dedans desquelles est étendue la couche de béton intérieure. Pour remplir les vides pouvant rester à l’extrados du revêtement métallique, on injectera du ciment, par des orifices ménagés dans ce revêtement, avec la machine Grealhead,
- p.360 - vue 364/536
-
-
-
- LA NATURE.
- SOI
- refoulant le ciment à la pression de 5 kg par cms.
- La construction du souterrain s’effectuera soit au moyen du bouclier pour la traversée des terrains non situés sous la Seine, soit, au contraire, au
- moyen de caissons foncés verticalement, pour le passage sous le grand bras et le petit bras du ileuve. Dans lo premier cas (fig. 2, n° 5), le tunnel sera conforme à la description que nous venons
- Fig. 5. — Vue d’un des puits de raccordement entre le souterrain et les stations, dans lesquels seront installés
- les ascenseurs d’accès à ces stations. ' • • -
- d’en faire; dans le second cas (fig.* 2, n° 4),* il sera,' de plus, emprisonné, par sections de 40 mètres, dans une carcasse métallique formant calotte sphérique à sa partie supérieure et abritant à la partie inférieure un espace:libre de lm,80 de hauteur, dans lequel les ouvriers opéreront leur
- périlleuse besogne ; l’intervalle compris entre le tunnel et sa carcasse, déjà occupé par de nombreuses entretoises et cornières rendant ces deux éléments solidaires, sera complètemént rempli de béton, ainsi que la chambre dè travail après* fonçage. Ces caissons, hermétiquement obturés à,leurs
- p.361 - vue 365/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 562
- deux extrémités au moyen de panneaux métalliques, seront mis en communication par un procédé spécial fort intéressant, imaginé par M. Chagnaud, et dont nous rendrons compte plus tard, lorsqu’il aura été mis en exécution. Trois de ces caissons en courbe de 550 mètres de rayon suffiront pour passer sous le grand bras de la Seine (fig. 2, n° 1) ; deux caissons droits seront employés pour le passage sous son petit bras. Le prix d’un mètre courant de souterrain est évalué à 8000 francs.
- Les deux stations : « La Cité » et « St-Michel », feront chacune partie intégrante d’un seul caisson métallique que l’on foncera verticalement et qui affectera à peu près exactement, mais avec des proportions amplifiées, la forme des caissons du souterrain (fig. 2, n°2). L’enveloppe de la station proprement dite est constituée par un assemblage d’épaisses [flaques de tôle d’acier, reliées à la carcasse métallique extérieure du caisson par de multiples entretoises et l'intervalle bourré de béton; elle se présente en section transversale, sous la forme d’une voûte en plein cintre de 12m,50 d’ouverture reliée à un radier elliptique par des piédroits très courts : la hauteur dans œuvre de cet ouvrage est de 8m,40. Intérieurement, la paroi métallique de ces stations sera enduite d’un crépissage de béton de 8 centimètres d’épaisseur, sur lequel sera posé, comme dans les stations ordinaires, un revêtement continu en carreaux de grès cérame émaillé blanc. Chaque station comprendra deux quais latéraux à voyageurs, de la même longueur que la station, soit 75 mètres, et de 5m,50 de largeur, laissant ainsi entre eux un espace libre de 5m,50 réservé à la circulation du matériel roulant; ces quais, qui doivent résister à une surcharge minimum de 600 kg par mètre carré, seront probablement construits en béton armé. Le prix d’un mètre courant de station est évalué à 14000 francs.
- Le raccordement du souterrain et des stations se fera par des puits verticaux foncés à l’air comprimé qui serviront de points d’attaque pour les travaux et dans lesquels seront installés ultérieure • ment des ascenseurs grâce auxquels le service de la station pourra être assuré : il y aura par conséquent un de ces puits à chaque extrémité de la station, l’un réservé à l’entrée des voyageurs, l’autre à leur sortie (fig. 2,n° 1 et fig. 5). Leur section intérieure présentera la forme d’une ellipse de 26 mètres de grand axe et de 18m,50 de petit axe. Les parois seront étanches et constituées par un double cuvelage en acier, laissant un intervalle de lm,50 soigneusement entretoisé et formant un anneau continu qui sera rempli de béton. Lés puits seront fermés à leur partie supérieure par un plancher métallique suflisamment résistant pour supporter les charges les plus lourdes circulant sur les chaussées de Paris.
- Les deux voies parallèles contenues dans ce souterrain seront constituées chacune par deux rails de roulement fixés sur des traverses en bois qui reposeront sur une épaisse couche de ballast. Sous la Seine, ces rails se trouveront placés, nous l’avons dit
- déjà, à 11 mètres au-dessous du niveau moyen des eaux et la partie la plus élevée des caissons à foncer sous le grand et le petit bras sera inférieure de 5m,60 seulement à ce niveau; sous la cité une hauteur de 20 mètres séparera la double voie du niveau du sol. Les quais de la station de la « Cité » seront placés à 19 mètres environ au-dessous de la chaussée et ceux de la station de la « place Saint-Michel » à 15'“,50 au-dessous de cette place; des ascenseurs dans ces conditions seront donc indispensables. L’écoulement des eaux de condensation sera assuré par un caniveau central de forme semi-cylindrique qui reposera sur la paroi intérieure et à la base du tube et qui conduira ces eaux à des puisards installés à la partie inférieure des puits d’accès aux stations, d'où elles seront rejetées aux égouts adjacents par des pompes automatiques.
- Le tunnel traversera une nappe aquifère composée de couches superposées et alternées de terrains marneux et calcaires ; les travaux, qu’il s’agisse du procédé par boucliers ou de celui par caissons, seront en conséquence exécutés au moyen de l’air comprimé, et la pression maximum à laquelle les ouvriers travailleront ne dépassera pas 1 atmosphère 1/2. L’opinion publique n’a d’ailleurs pas à s’alarmer do ces procédés de construction, employés depuis longtemps avec succès en Angleterre, notamment en 1889 pour le passage sous la Tamise du « City and South London », ultérieurement pour le passage également sous la Tamise dt/ « Waterloo and City » et plus récemment pour le passage sous ce fleuve à Rlackvvall de la voie charretière qui réunit Poplar à Greenwich.
- La dépense prévue pour l’établissement de ces 1075 mètres de souterrain qui ne demandera pas moins de 18 à 20 mois, est évaluée par le constructeur à 10 659 000 francs pour l’infrastructure seulement; néanmoins pour parer à toutes les éventualités qui pourront se produire, le Conseil municipal a voté pour la traversée de la Seine un crédit global de 19 500 000 francs. E. df, L.
- IA COUPE GORDON BENNETT
- La coupe Gordon Bennett sera encore cette année, par la force même des choses, la grande manifestation sportive de la puissante industrie automobile.
- Les débuts de l’automobilisme virent de grandes épreuves sur route, et, après Paris-Bordeaux et Paris-Marseille, qui révélèrent au public cette locomotion nouvelle, des épreuves internationales comme concurrents et comme itinéraires. Paris-Amsterdam, Paris-Berlin, Paris-Vienne, et le Paris-Bordeaux auquel se réduisit Paris-Madrid, à la suite des fatals accidents qui l’attristèrent firent croître, pendant quatre ans, la curiosité du public.
- Malheureusement, de cette curiosité même naquirent des dangers, et l’interdiction des courses de longs parcours, justifiée par ces dangers mêmes, força le monde automobile à se contenter de petites épreuves, dont l’intérêt sportif amoindri ne put, comme les précédentes, dissimuler le but réel et commercial de ces manifestations
- p.362 - vue 366/536
-
-
-
- LA NATURE.
- destinées à assurer la publicité d’entreprises industrielles.
- Si le côté sportif des grandes épreuves sur route ne pouvait suffire à faire regretter leur disparition, d’autre part, leur côté réclame était d’un intérêt primordial pour l’industrie française, qui y trouvait chaque fois l’occasion de prouver sa supériorité sur l’industrie étrangère. L’Angleterre se chargea de le montrer aux moins clairvoyants.
- Depuis 1899 se disputait chaque année un obscur challenge, la coupe Gordon Bennett, dont la possession revenait pour un an à l’Automobile-Club, dont l’un des trois champions s’était assuré la victoire dans une course disputée sur le territoire du club tenant.
- Cette coupe resta en France trois ans, mais en 1902, nn Anglais, Edge, l’ayant remportée sans éclat au milieu de Paris-Vi> nne, l’Angleterre, avec son instinct du commerce, profita de cette peu brillante victoire pour transformer une épreuve interclubs en une épreuve sensationnelle qui montrerait toutes les nations liguées contre elle pour lui enlever la preuve de la supériorité industrielle.
- Cette mise en scène, montée surtout contre notre industrie, fut déjouée parle sort, et enlevée aux Anglais comme aux Français, la coupe fut conquise par une voiture allemande.
- Après l’éclat donné hors de France à la victoire de la voiture allemande en 1905 et à notre échec, notre industrie ne pouvait plus s’en désintéresser sans paraître s’incliner devant une supériorité reconnue. Il fallait absolument vaincre en Allemagne, et, pour cela, désigner trois champions au moyen d’une sévère épreuve éliminatoire ouverte à tous les constructeurs français.
- On fléchit la résistance des pouvoirs publics en insistant sur le bénéfice que l’industrie française pourrait tirer. d’une victoire, et la course fut autorisée, à la condition de se disputer sur un circuit relativement court de routes désertes et bien surveillées; cette disposition devant faire disparaître les dangers qui avaient fait interdire les courses sur route. Le circuit fut tracé sur les routes ardennaises, et la voiture victorieuse triompha en Allemagne. C’était un heureux résultat, mais il faut convenir que d’autre part l’expérience était scabreuse.
- Après avoir donné un si grand effort pour remporter la Coupe, la France ne pouvait plus nier sa valeur et reconnaissait implicitement en ce trophée le signe certain d’une supériorité industrielle qu’il faut prouver chaque année en risquant dans une lutte unique, toujours aléatoire, la réputation établie par dix ans de travaux suivis.
- A ce jeu, l’industrie française s’expose plus que toute autre, car sa victoire, en prouvant une fois de plus une supériorité déjà établie, lui rapporte bien moins qu’une défaite ne lui ferait perdre. C’est cette disproportion des risques qui fit naître une polémique ardente entre les constructeurs, l’Automobile-Club de France et les Clubs étrangers. Sans vouloir revenir ici sur cette discussion, disons seulement qu’en fait la disproportion fut reconnue par tous, et que cette année est la dernière qui verra se disputer la Coupe sous le règlement actuel.
- Mais quittons ces considérations générales et parlons un peu de l’épreuve de cette année, qui comprendra d’abord des Éliminatoires françaises pour désigner nos trois repré-
- :>6f>
- sentants, puis l’épreuve internationale. Pour diverses raisons, on a abandonné cette année le circuit des Ardennes, et choisi un circuit nouveau en Auvergne, dont nous donnons ici le croquis.
- Tracé dans les hautes vallées de la Sioule et de la Miouse, le circuit emprunte, de Clermont-Ferrand à Pon-taumur, la route nationale de Limoges, et de Clermont-Ferrand à Bourg-Lastic, la route nationale de Tulle, réunissant ces deux routes par une traverse départementale de Pontaumur à Bourg-Lastic.
- Partant des Quatre Chemins, près Clermont-Ferrand, à 446 mètres d’altitude, la route aborde brusquement la chaîne des Puvs par la côte de la Baraque pour la franchir au col de Moreno, entre les Puys de Monchier et de Laschamps, à l’altitude de 1065 mètres.
- Ensuite commence une série de montagnes russes, la route coupant successivement d’Olby à Laqueuille toutes les ravines où ruissellent les eaux des Puys de Sancy et de l’Aiguillier, la Sioule, le Sioulet, etc.
- A Bourg-Lastic, par un rapide virage, l’itinéraire, qui
- était descendu à 700 mètres, remonte à 823 à Herment, pour redescendre à 529 à Pontaumur, par une route un peu ondulée et assez étroite.
- De Pontaumur à Pontgibaud, la route recommence à traverser des vallées heureusement plus larges que d’Olby a Laqueuille, en s'élevant cependant par instants jusqu’à 780 mètres. A Pontgibaud elle n’est plus qu’à 667 mètres d’altitude. Elle recoupe encore ensuite la chaîne des Puys entre ceux de la Nugère et de Louchadière à l’altitude de 870 mètres, dans la forêt de Volvic, et rejoint ensuite les Quatre Chemins, en redescendant peu à peu par une série d’échelons....
- Cet itinéraire, qui sera parcouru quatre fois dans chaque épreuve, est des plus durs pour une voiture de course, à cause des lacets et virages nombreux qui obligeront les concurrents à de nombreux débrayages et à des coups de frein brutaux, et à cause des côtes fréquentes et raides qui fatigueront rapidement les changements de vitesse toujours légèrement établis des voitures de course, qui ne marchent ordinairement jamais sur un autre cran de vitesse que le dernier. Léo Robida.
- Circuit d’Auvergne. 1
- Itinéraire adopté pour les Éliminatoires françaises et la Coupe Gordon Bennett.
- p.363 - vue 367/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 364
- LES INGÉNIEURS MILITAIRES ROMAINS DANS LES ALPES
- IA PORTE DE BONS
- (iskre)
- Certains vestiges de la puissance romaine en France frappent l’imagination par leur ampleur (Pont du Gard, le théâtre d’Orange, les arènes d’Arles, etc.), d’autres nous séduisent par leur grâce (Maison carrée de Nîmes ou le temple d’Auguste et de Livie, à Vienne), mais les restes de voies historiques intéressent aussi en montrant comment fut aménagée, il y a dix-neuf siècles, la pénétration latine en Gaule. Parmi ces témoins de l’art des travaux publics antiques, aucun n’a plus d’éloquence. que .Ja porte de Bons, perdue dans une gorge reculée des Alpes.
- On sait qu’après avoir soumis les peuples des Alpes, les maîtres du monde, autant comme mesure de prudence que pour tirer partide leur conquête,” tracèrent une de leurs voies militaires au travers du pays des Uceni, aujourd’hui l’Oisans. Les itinéraires militaires, la Table de Peutinger notamment, nous ont conservé le tracé schématique de cette voie tendant de Briançon à Vienne, et la nomenclature de ses stations montagnardes : Brigantio, Sta-
- batio, Durotincum, Mellosedum ou Metiosedum, Catorisium et Cularo, d’après la version de Desjardins.
- * Si les deux points extrêmes, Briançon et Grenoble, sont hors de discussion, il n’en est pas de même du trajet intermédiaire. On s’accorde pourtant généralement à la faire passer par le col actuel du Lautaret, mais pour l’assiette même de la route, les deux savants locaux1 qui ont poursuivi à ce sujet
- 1 Dr Roussillon : Etude sur l’ancienne, voie romaine.de l’Oisans, Grenoble, Maisonville, 1865; et Étude nouvelle et plus complète de l’ancienne voie romaine de l’Oisans et de ses annexes, Grenoble, Maisonville, 1878. — Florian Vnllentin. La voie romaine de l’Oisans; extrait du Bulletin de l'Académie Delphinale, année 1877. —
- Fis. i.
- sur place les recherches personnelles les plus approfondies sont en complet désaccord.
- 11 est cependant un point où toutes les controverses s’arrêtent devant l’évidence. C’est un monument dont les constructeurs avaient trouvé les matériaux et presque l’idée sur place. Ce monument, dont la moitié méridionale subsiste seule, était une ouverture pratiquée dans un éperon de rocher, formant porte pour le passage de la route, et qui a conservé dans le pays le nom de Porte Romaine. 11 se trouve sur le territoire de la commune du Mont de Lans, au-dessous des terrasses cultivées du village' de Bons, et comme accroché aux tlancs de la gorge de Malaval au-dessus de la route et du tunnel du Fréney.
- Pour le visiter on quitte la route de Grenoble à Briançon par le Lautaret, un peu avant le kilomètre 57, au hameau des Garcins, à peu près à l’altitude de 950 mètres. Par quelques sentiers rapides on gagne l’ancien chemin du Mont de Lans, et l’on est bien vite frappé de l’allure étrange de cet ancien chemin. Avec une pente qui n'en permettrait l’accès qu’aux chars à bœufs du pays, il a une largeur régulière de 4m,70, et est ou a été entièrement pavé en gros blocs. U décrit deux lacets dont les inflexions en quelque sorte géométriques attestent un tracé rationnel, un tracé d’ingénieur, ce qui n’était certes pas le fait des anciens chemins muletiers. On est déjà là en présence d’un fragment de l’ancienne voie romaine, utilisé depuis, réparé, altéré, mais nettement reconnaissable. On s’élève ainsi jusqu’à un plateau à la cote approximative de 1100 mètres, et qu’on appelle le plateau du Chatelard, admirablement disposé pour recevoir un poste, une vedette, un petit château. . .
- Aucun débris cependant n’y apparaît. Du haut de ce petit mamelon du Chatelard, l’œil commande à l’est une partie importante du tracé de la voie, et distingue la demi-ogive de la Porte Romaine. ’ !
- Attaquée par l’éboulement de ses" murs de soutè-
- I.a Porte Romaine de Bons.
- p.364 - vue 368/536
-
-
-
- nement quand ils cessèrent d’ètre entretenus, emportée par les pierres et par les eaux découlant des pentes supérieures, la voie romaine a été presque complètement ravalée partout où elle n’était pas creusée dans le roc.
- Aussi du plateau du Chatelard n’est-ce qu'un étroit et malaisé sentier. 11 faut avoir bon pied et bonne tête pour le suivre pendant 5 à 600 mètres, et deux ou trois couloirs ou draies interrompent même toute apparence de sentier. Dans cette portion il faut une foi robuste pour admettre la possibilité d’un ancien ouvrage si complètement disparu. Mais au bout de vingt ou vingt-cinq minutes de chemin, un redan rocheux a bien manifestement conservé la trace de la voie. Sa partie verticale taillée à 2 ou 5 mètres de hauteur est unie et nivelée au ciseau, en discordance avec les plissements de la roche, ce qui exclut toute idée d’un phénomène naturel, et la partie horizontale, à angle droit avec la précédente, d’une largeur de plus d’un mètre, offre aux yeux le roc vif avec l’une de ces rainures que nous allons mieux voir et apprécier tout à l’heure.
- Encore un trajet d’environ 150 mètres, ou le sentier plus large et meilleur qu’au début, ne fournit qu’en deux points une apparence de la voie, puis, brusquement, à un petit détour, la Porte Romaine apparaît.
- Elle formait dans le rocher une espèce de tunnel de 5 mètres environ de longueur. Un peu plus de la moitié de la voûte et les deux tiers du pied-droit septentrional se sont écroulés, mais ce qui en reste a conservé cette allure à la fois sobre et grandiose qui est le caractère des monuments romains.
- Quand on approche, tous les détails se retrouvent avec une admirable précision. L’ouvrage a exactement une épaisseur de 2m,90. La partie de roche qui, du côté de la montagne (Sud), dépassait cette largeur a été déblayée au ciseau dont les traces fort
- apparentes remontent à plus de 10 mètres au-dessus du sol. Le dessus de cette porte monolithique ainsi dégagée avait-il été orné? On n’en peut retrouver trace, car il a roulé dans les profondeurs. Mais du côté du pied-droit conservé, à la naissance de Tare de la voûte, un bourrelet ou cordon de 0m,25 de hauteur forme corniche, et de chaque côté des banquettes de 0m,50 de haut figurent un soubassement.
- La largeur de la voie entre les banquettes est de 2'",-46; les deux montants de la voûte sont espacés de 5“’,il, il en résulte donc que chaquè banquette présente une saillie de 0m,52. La hauteur du montant entre la banquette et le cordon est de 2m,29.
- La voûte ne com -mençaitdonequ’à 3m,04 au-dessus du niveau de la voie. Comme elle avait 5m,ll d’ouverture, et était, ainsi que la partie qui en subsiste, semblé l’„indiquer, à cintre * légèrement surbaissé, la hauteur de la clef de voûte devait se trouver environ à -4m,50.
- Sur le sol rocheux on distingue très nettement deux entailles ou rainures parallèles, deux rails en creux, qui étaient évidemment destinés à recevoir les jantes des roues des pldus-tra, et à ' les préserver, plus efficacement que n’importe quel parapet, d’une déviation fatale vers le vide. Leur écartement, d’axe en axe, est de lm,44. M. Vallentin (ut supra) et plusieurs auteurs, d’après lui, avaient indiqué que leur écartement était de l,n,58; mais, vérification faite, 4m,38 est la largeur du terre-plein entre les rainures, qui ont une ouverture moyenne de 0m,06. Leur plus grande profondeur ne dépassait pas 0m,07.
- 11 y a là un ensemble d’une très grande importance pour l’étude de la viabilité romaine, et il,serait bien curieux, si un musée quelconque conserve encore un débris authentique de char romain, de vérifier si la largeur des essieux correspond à l’écartement des rainures. -
- En amont de la Porte Romaine, la voie qui se
- p.365 - vue 369/536
-
-
-
- 56H
- LA NATURE.
- trouvait pratiquée dans le roc vif (gneiss siliceux) est bien mieux conservée qu'en aval, et sur un assez long parcours elle est recouverte par les éboulements rocheux détachés de la paroi supérieure, et dont certains sont assez volumineux. Une subvention intelligente pourrait, en permettant le déblaiement, faire mettre à jour des portions encore intactes de l’ancienne voie. Elle réparait très nettement encore en deux points de 5 à 4 mètres de longueur chacun, où nous retrouvons presque aussi nettes qu’à la Porte Romaine les rainures avec leur écartement caractéristique de 1“‘,44.
- Dégagée de l’escarpement, et parvenue sur une sorte de terrasse, la voie décrit un lacet pour s’élever sur le plateau de Bons : on la retrouve encore entaillée dans une tranchée d’environ lm,50 de profondeur, avec la largeur approximative de 3 mètres, puis elle arrive aux terres cultivées et aux prairies où elle a été défoncée et détruite; mais quelques vestiges de distance en distance jalonnent encore sa direction vers le village actuel du Mont de Lans.
- Ce vestige si curieux est peu connu dans le pays, même à très courte distance ; il est certain qu’un déblaiement prudemment conduit dans ses alentours apporterait une contribution précieuse et décisive à nos connaissances sur la construction romaine en pays de montagnes. Un sait que le génie pratique des conquérants s’adaptait avec une merveilleuse souplesse à tous les milieux, qu’ils arrivaient avec une rare économie de la main-d’œuvre d’art à édifier des travaux admirables : on verrait sans doute ici comment loin de leurs bases d’approvisionnements, dans un pays difficile à tous les points de vue, ils avaient pu pratiquement façonner ce puissant instrument de domination qu’était la voie militaire de l’Oisans. 11. Ferraxd.
- CHRONIQUE
- La lumière totale des étoiles. — M. Gavin J. Burns a donné, dans le Journal of the Brilish astrono-mical Association, le résumé d’une étude personnelle de cette question. On a estimé entre l/10e et 1 /100e de la lumière de la pleine Lune la lumière totale que nous recevons des étoiles. L’auteur a repris la question par la photographie. 11 a utilisé des plaques isochromatiques Edwards et une solution de bichromate de potasse comme écran. Pour la lumière du ciel, la solution était employée à 1 1000e avec une épaisseur de 4 mm. Pour la lumière de la Lune, la solution était au 1 ( 2500e sous une épaisseur de 10 mm. Dans les deux cas, le pouvoir absorbant des solutions était le même. La comparaison était faite de la manière suivante. Environ 1/3 ou 1/4 de la plaque était découvert et exposé par une nuit claire au fond d’une boîte ayant, à la partie supérieure, un grand trou circulaire. L’exposition était généralement de une heure. Ensuite, la plaque était réservée jusqu’à la prochaine pleine Lune. Les expositions à cette dernière variaient de 3 à 20 secondes. Après développement, on comparait les intensités des diverses parties. L’auteur a ainsi reconnu que l’on ne
- peut obtenir de résultats concordants si la Lune est à moins de 50 degrés au-dessus de l’horizon. Dans les expériences, on n’exposait la plaque qu’à 1 8e de la sphère céleste et les résultats obtenus ont dû être multipliés par 8 pour les étendre à la sphère entière. M. Burns a ainsi trouvé que la lumière de toutes les étoiles est à celle de la pleine Lune comme 8 est à 900 ou un peu moins de 1 pour 100. D’après les recherches de l’astronome américain Simon Newcomb, la lumière de toutes les étoiles reçue par l’œil humain, y compris la Voie Lactée, équivaudrait à celle de 1500 étoiles de lr° grandeur.
- Barbes hygrométriques. — Dans le n° de Nature du 14 janvier un de nos lecteurs, à propos de la dégénérescence des poils de barbe, parlait de la qualité hygrométrique qu’il reconnaît au système pileux. Les barbes hygrométriques, bien qu’exceptionnelles, ne sont pas rares : lorsque le temps est à la pluie, il y a des poils qui se rétractent, qui se recroquevillent (pour user d’un terme familier) et qui se conduisent en somme comme le fil de soie qui sert à mouvoir le capucin ou le promeneur dans certains baromètres. Quand ce phénomène se produit la barbe devient dure, difficile à tailler; et comme le mouvement de torsion du poil se transmet jusqu’à la hase (à la naissance de la racine) l’épiderme s’irrite; et le patient — j’entends le propriétaire de la barbe — éprouve des démangeaisons qui l’obligent à se gratter d’une façon répétée, et qui, souvent, ont fait croire à la présence de pellicules ou de poussières dans une barbe en réalité parfaitement soigné. ^
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 1er mai 1905. — Présidence de 51. Tuoosr.
- Recherches sur les combinaisons chimiques. — M. Ber-thelot expose qu’il a opéré de nouvelles recherches au sujet de l’action de la chaleur et de l’effluve électrique sur les gaz. fl observe que l’effluve, à la température ordinaire, donne'une quantité notable d’ammoniac. Mais, sous l’influence de la haute température produite par l’étincelle électrique, l’ammoniac se décompose de telle sorte que la formation d’ammoniac ne peut avoir lieu que dans une région refroidie, ce qui explique que l’on ne trouve que de très petites quantités de ce gaz. L’acide chlorhydrique ni l’acide carbonique ne sont dissociés par une température de 1300°; par suite, les phénomènes de dissociation, dans la marche des hauts fourneaux sont fort douteux. M. Berlhelot a repris ses expériences sur la perméabilité des tubes en quartz. La « transpiration » de l’oxygène à haute température est deux fois plus considérable que celle de l’azote ; il est probable que ce résultat s’applique au verre ramolli vers 600°.
- Le tremblement de terre du 29 avril. — M. le Secrétaire perpétuel donne connaissance d’un télégramme de M. Kilian, annonçant qu’une secousse de tremblement de terre a été ressentie à Grenoble le matin du 29 avril, à lh 59m 15\ M. Mascart annonce que M. Moureaux a relevé, sur les enregistreurs magnétiques au Parc Saint-Maur et au Val-Joyeux, une perturbation à 2 heures du matin. La différence entre les instants du phénomène à Grenoble et à Paris n’est que de 45 secondes. Mais cette différence n’est sans doute qu’apparente, car elle est de l’ordre de précision que l’on peut espérer atteindre dans les observations de ce genre. Aussi M. Mascart incline à penser que la
- p.366 - vue 370/536
-
-
-
- LA NATURE.
- transmission des perturbations magnétiques est instantanée. Au contraire une perturbation du sismographe constatée au Pic du Midi par M. Marchand à 2Mm 2ÛS parait bien indiquer la réalité d’un ébranlement des couches du sol, d’une vitesse finie.
- Préparation et propriété de corps nouveau. — M. Moissan présente une Note de M. Rengade sur l’ami-dure de cæsium. Ce composé est préparé avec facilité en chauffant le métal dans un courant de gaz ammoniac vers 120°. On obtient ainsi un corps solide, blanc, très soluble dans l’ammoniac liquéfié. Cette solution évaporée lentement fournit l’amidure cristallisé. Il fond dans le vide à 260°. C’est un composé très oxydable. Si l’on fait arriver un courant d’oxygène dans une solution de cet amidure dans l’ammoniac liquéfié à — 60°, il se produit une absorption rapide en même temps qu’un précipité insoluble se dépose. L’amidure a été complètement oxydé et on trouve de l’azotite et de l’hydrate d’oxyde de cæsium. L’eau décompose violemment l’amidure avec production d’oxyde hydraté et d’ammoniaque.
- Action de l’iodure mercurique sur le sulfate. — M. Ditte expose que l’acide sulfurique concentré décompose à chaud l’iodure mercurique en dégageant de l’iode. La mise en liberté de l’iode à chaud tient à ce que l’acide monohydraté éprouve, sous l’action de la chaleur, une dissociation partielle. Déjà vers 260° il se dégage des vapeurs d’anhydride sulfurique pouvant décomposer l’iodure mercurique avec formation de sulfate mercurique, d’acide sulfureux et dégagement d’iode. Par refroidissement, on obtient une matière blanche cristallisée. Cette substance fond quand on la chauffe; l’eau froide la décompose ; l’eau chaude la désagrège en un mélange d’iodure de mercure et de sulfate tribasique de mercure. Un sel du même genre peut être préparé en faisant agir sur l’iodure mercurique à froid une solution saturée de sulfate mercurique mélangée d’une forte proportion d’acide sulfurique : l’iodure peu à peu augmente de vingt fois son volume et donne un sel double.
- Secousses dans la région des Ardennes. — M- de Lap-parent fait hommage d’une brochure de M. Yillette dans laquelle l’auteur établit que diverses secousses du sol ressenties dans la région des Ardennes sont en relation avec des dislocations du sol dont le siège est dans la région du Taunus. Ces secousses se propagent aisément par le massif schisteux qui s’étend depuis cette région jusqu’à la Champagne.
- Un composé fluoré organique. — M. A. Gautier résume une Note de MM. Aille et Dérien relative à une combinaison du fluor et de la méthémoglobine. La méthémoglobine, substance dérivée de l’hémoglobine ou principe colorant du sang, s’unit au fluorure de sodium et à l’acide fltiorhydrique pour former un véritable fluorure. Les auteurs ont étudié le spectre de ce composé, spectre caractérisé par certaines bandes. En ajoutant du sulfate d’ammoniaque à la dissolution, la substance peut cristalliser, mais elle est très instable.
- Emploi du sulfate de cuivre dans les fermentations. — M. Dastre présente une Note de M. PozziEscot relative à l’emploi du sulfate de cuivre pour le perfectionnement de certaines industries comportant des fermentations. D'après les observations de l’auteur, le sulfate de cuivre ne gène pas le développement du saccharomycète, mais au contraire arrête le développement des organismes de la fermentation lactique ou butyrique. Par suite on a
- â67
- intérêt à se servir du sulfate de cuivre dans les industries telles que celle de la distillation des betteraves, afin d’éliminer l’action des ferments parasites.
- Variations de la pression osmotique. — M. d’Àrsonval présente une Note de M. Leduc, de Nantes, relative aux variations de la pression osmotique pendant la contraction musculaire. Dans le muscle contracté la pression est plus forte de 50 pour 100 que dans le muscle normal. Elle croît d’ailleurs avec la durée de l’excitation électrique du muscle et avec l’intensité de l’excitation. Elle croit également lorsque le muscle travaille.
- Gu. i*k \ ILI.K1IEIII..
- LES COULEURS BLEUES DE U PEAU
- ET DES PLUMES
- Les colorations bleues que l’on observe chez certains animaux ne sont pas dues, comme on pourrait le croire, à des phénomènes d’interférence ni de fluorescence, mais au phénomène qu’en physique on désigne sous le nom de « diffraction par les milieux troubles ». Ceux-ci sont des milieux dans lesquels la lumière rencontre des particules très ténues de l’ordre de grandeur de la longueur d’onde, c’est-à-dire d’une fraction de millième de millimètre; cette dernière condition est essentielle, le phénomène ne se produisant que lorsque les dimensions sont suffisamment petites. C’est ainsi que prend naissance la couleur bleue du museau du Singe Mandril, de l’iris des blonds, du cou de la pintade, des plumes du Cotinga. Dans certains cas la combinaison de cette couleur bleue avec une couleur pigmentaire jaune donne des teintes vertes, comme celles que l’on peut constater par exemple chez le Lézard vert, la Rainette, la Grenouille, le Maquereau, etc.
- Les peaux de couleurs bleues et vertes présentent ce caractère d’avoir une teinte complètement différente de celle de leur pigment. De tels téguments ont la propriété générale d’être bleuâtres par diffusion et rougeâtres par transmission, propriété facile à mettre en évidence par l’examen direct et plus nettement par l’expérience suivante qu’indique M. H. Mandoul. Un lambeau de la peau bleue de la gorge du Lézard vert est examiné au microscope à un faible grossissement. En regardant d’abord directement la préparation, les écailles paraissent d’un beau bleu, surtout si l’on a soin de placer un écran arrêtant les rayons lumineux éclairant la préparation par sa face inférieure. La préparation, ayant une épaisseur notable, est vue ainsi presque exclusivement à la lumière réfléchie. Si l’on place ensuite verticalement l’écran au-dessus et en avant de la platine du microscope, de façon à intercepter la lumière incidente, et à n’éclairer la préparation qu’au moyen des seuls rayons lumineux réfléchis par le miroir ; en d’autres termes, si on l’examine par transparence, la coloration bleue disparaît pour faire place à une teinte jaunâtre. En déplaçant successivement l’écran dans le sens indiqué, on obtient à chaque changement la substitution de ces deux
- p.367 - vue 371/536
-
-
-
- LA NATURE.
- \
- 5(>8
- teintes. Cette expérience peut être répétée avec toutes les peaux bleues et vertes, mais aucune ne montre le phénomène' avec plus d’intensité.
- La structure des « milieux troubles » peut être réalisée de diverses manières dans les téguments, tantôt par des granules pigmentaires, sorte de poussière noire qu’on trouve dans l’épaisseur de la peau, tantôt par des bulles d’air incluses dans les tissus.
- L’examen miero-scopique’permet toujours de déceler, dans les peaux bleues, la présence de petits granules pigmentaires noirs.
- Chez les Mammifè-
- ces gr; également
- anules
- res,
- sont egalement répandus dans le derme et l’épiderme; chez les autres Vertébrés, ils se localisent dans le derme. Dans la peau de la pintade (fig. 1), par exemple, ils se présentent sous . " 1 '
- forme d’épaisses traînées surtout développées dans les régions supérieures du derme, immédiatement au-dessous de l’épiderme. Comme au pigment noir est souvent associé un pigment jaune, le mélange donnant des teintes vertes, il est facile de comprendre les variétés de coloration qui se montrent chez des espèces souvent très voisines. Il suffit, en effet, de différences minimes dans le nombre et les dimensions des granules pour que la coloration soit modifiée, comme cela se voit par exemple chez les grenouilles vertes ou brunes, ainsi (pie dans les bandes alternativement noires et vertes des tritons.
- M. IL Mandoul, dont le travail nous sert de guide dans cet article, a également établi que la couleur bleue, offerte par certains animaux à changements rapides de couleur, reconnaît la même origine. Le caméléon, le galéote, la rainette, n’ont, en effet, dans leurs téguments que des pigments de couleur jaune, rouge et noire. Ces pigments sont contenus dans les
- 1. — l’eau de pintade dans la,région cervicale. (Coupe en travers très grossie.)*
- grands éléments cellulaires ramifiés (fig. 2) doués de moù veinent s propres, qui ont pour effet soit de rassembler les granules pigmentaires au centre de l’élément, soit au contraire de le disséminer dans toute l’étendue de la cellule. On avait pensé jusqu’ici que la couleur bleue se produisait chez ces animaux en
- dehors des cellules pigmentaires. En réalité, il n’en est pas ainsi. La couleur bleue est produite par les cellules à granules pigmentaires noirs. Des expériences sur la rainette montrent que les exemplaires bleuâtres correspondent à la dilatation extrême des cellules pigmentaires noires; on peut en effet, comme dans l’expérience microscopique décrite plus haut, en déplaçant un écran devant le microscope, faire apparaître successivement les teintes rougeâtres de la lumière transmise et celles bleuâtres réfléchies par ces éléments cellulaires. Les, éléments à teinte jaunâtre offrent au contraire ces éléments contractés, noirs et opaques. Dans les plumes de divers oiseaux
- (Cotinga, Malurus, Irena puella, etc.), la teinte bleue est due, comme dans la peau, à un phénomène de milieu trouble, mais les éléments qui produisent cette structure sont différents. Ce ne sont plus les granules pigmentaires qui interviennent, mais des canaux et des pores remplis d’air, de très faibles dimensions, creusés dans la paroi externe de la couche périphérique (émail) de la barbe. La partie centrale de la barbe remplie de pigment noir sert d’écran absorbant qui favorise la couleur bleue de la lumière diffusée et la met en valeur.
- Hekri Coui’ix.
- Le Géranl : P. Masson.
- ;. 2. — Peau de galéote changeant. (Coupe en travers très grossie.) '
- Paris. — Imprimerie Laiiuiie, rue de Fleurus, 9.
- p.368 - vue 372/536
-
-
-
- N° 160«S. — I :» MAI 1 9 05.
- LA NATLHE.
- 569
- L’OBSERYAIOIRE DU MONT-ROSE (4361 MÈTRES)
- ne s oc-et d’astro-
- Les observatoires de hautes cupent pas seulement de météorologie nomie. La physiologie mérite d’occuper une grande place dans les recherches. Et il est certain que celles-ci seront d’autant plus fructueuses que les constatations seront plus variées et multipliées.
- Aussi faut-il applaudir à la récente création d’un troisième laboratoire de ce genre tout au sommet de nos Alpes.
- Après les deux installations sur le Monl-Hlanc de MM. J. Yallot (4565 m.) et J. Janssen (au sommet 4810 m.), voici qu’une des dix pointes suprêmes du Mont-Rose vient de recevoir, à 4561 m., en territoire italien, un nouvel établissement scientifique de premier ordre.
- C’est l’observatoire de la P un ta Gnifetti ou
- Siynal-k'lippe, dit du Mont-Rose, sur lequel, grâce à l’aimable entremise de M. F. de Filippi (compagnon d’ascension du duc des Àbruzzes au mont Saint-Elie), M. le professeur Camillo Alessandri (de l’Observatoire géophysique de Pavie) veut bien nous communiquer les renseignements s u i -vants. Le bâtiment, édifié au sommet même tle la pointe montagneuse, renferme huit pièces, dont deux à l’usage des touristes et une pour le laboratoire de 9
- physiologie. 11 est solidement construit sur le rocher, et composé d’une double paroi de bois revêtue d’une épaisse cuirasse de cuivre, contre les décharges électriques et les actions météoriques. La 33e année. — l'r semestre.
- Fig. 1. — Nouvel observatoire du Mont-llose. (Versant italien.)
- direction en est confiée au professeur M. Camillo Alessandri même. L'observatoire ne sera ouvert et
- habité que du 15 juillet au la septembre, période pendant laquelle on y fera :
- 1° Des observations suivies de température, pression, hygrométrie, direction et vitesse du vent, à 9 heures du matin, a heures et 9 heures du soir ;
- Des observations analogues, mais toutes les heures, les jours d’ascensions aéronautiques internationales (premier jeudi de chaque mois) ;
- 5° Les déterminations systématiques (toutes les heures) de la dispersion électrique de l’air avec le dispersimètre d’Elster et Geitel ;
- 4Ü L’enregistrement automatique de 10. en 10 minutes de la tende l’air
- sion électrique avec un électromètre enregistreur spécial photographique inventé.par M. C. Alessandri;
- 5Ü A 10 heures, 11 heures, midi, 1 heure et 2 heures des déterm i n a t i o n s piréliomélriques avec le pirélio-mètre à compensation électrique d’Ang-stroni. Les observations correspondantes seront simultanément faites à Alagna dans le Yalsesia (altit. 1191 m.). Enfin l’observatoire sera pourvu d’appareils enregistreurs qui, sans surveillance
- Sommet de la Punta Gnifetti au Mont-Rose. (Versant suisse.
- spéciale, recueilleront la température et la pression atmosphériques.
- Une campagne préliminaire d’essais a eu lieu en 1904, au cours de laquelle on a observé au mois
- p.369 - vue 373/536
-
-
-
- 570
- L A N A TL LL.
- d’aoùt une très basse température de —20°, la moyenne étant d’environ — 5°. Mais la véritable première campagne scientifique sera celle de 1905. — La pression atmosphérique moyenne est de 450 millimètres de mercure. Mais on a vu le baromètre descendre à 425. Rappelons, à celte occasion, que les principaux observatoires de montagne sont actuellement les suivants :
- Santis (Suisse, 1885), altitude 2500 mètres; Mont-Blanc (J. Vallot, les Bosses, 1887), 4565mètres; Mont-Blanc (J. Janssen, sommet, 1889), 4810 mètres; •lobe Sonnblick (Autriche, 1884-1897), 5100 mètres; Pic du Midi de Bigorre (Pyrénées, 1875-1881), 2859-2877 mètres; Mont-Mounier (Alpes-Maritimes),
- 2740 mètres; Etna (Sicile), 2947 mètres; Zugspitze (Bavière, 1900), 2965 mètres;’sans parler des hauteurs moindres, avec les établissements fort importants du Yentoux (1908 m.), de l’Aigoual (1567 m.), du Puy de Dôme (1467 m.) en France; du llochobir (Carinthie, 2148 m.) en Autriche; de la Bjelasnica (2067 m.) en Bosnie; du Schneekoppe (1605 m.)et de nombreux autres en Allemagne, etc.
- Dans l’Amérique du Nord, l'Observatoire dePike’s Peak est (depuis 1875) à 4508 mètres. Au Pérou, ceux de Charchani (5075 m., 1892) et du Misti (5852 m., 1895) près d’Arequipa se composent d’une dizaine de stations reliées entre elles. Au Japon, Knipping a depuis longtemps projeté un observatoire au Fuji-Yama (5755 m.). Dr Ouadé.
- LA POPULATION DE LA CHINE
- Au moment où l’attention de l’Europe est tout entière fixée sur le grand conflit qui se déroule en Mandchourie, il nous semble intéressant de donner, d’après l’annuaire de l’Observatoire de Zi-ka-weï, publié à Chang-llaï, quel-
- ques chiffres sur le nombre d’habitants de la Chine. La carte que nous donnons ci-dessous et dont les chiffres indiquent par province la population absolue en millions facilitera l'intelligence de ce qui suit. Elle donne d’autre part, dans les différents systèmes de hachures, la densité par kilomètre carré
- Le premier fait qui frappe est l’extrême inégalité de répartition de la population. Tandis que dans les 18 provinces de l’Est, riches et fertiles, la densité est de 103 habitants par kilomètre carré, variant de 52 dans le Kan-Sou à 204 dans le Chan-tong, elle tombe à presque rien dans les provinces de l’est, steppes, déserts, ou montagnes, de Mongolie, du Sin-Kiang et de Mandchourie, où elle varie entre 3 et 0,7. 11 en résulte que l'ensemble de l’Empire chinois, représentant une surface totale de 11 081 000 kilomètres carrés (l’Europe n’a que J 0 055 000 km2) ne possède une densité moyenne que de 58,5 par kilomètre carré alors que l’Europe a une moyenne de 59. Il semble donc qu’il y ait à peu près égalité entre l’Europe et la (Tiine. Mais il faut tenir compte du fait signalé plus haut, c’est-à-dire de ce que toute la population chinoise est concentrée dans les 18 provinces, dans un espace plus petit que l’Europe moins la Russie et la Grande-Bretagne, et dans lequel il y a 407 millions d’hommes, soit 7 millions de plus que dans l’Empire britannique tout entier. Sans doute, comme le fait observer l’annuaire, tous ces chiffres sont des nombres officiels et chacun leur accordera la confiance qu’il jugera convenable. Il n’en est pas moins vrai que nous nous trouvons en présence d’un nombre considérable d’hommes dont l’activité peut avoir un réveil terrible pour les voisins. En écrivain spirituel faisait observer dernièrement que les Chinois ne seraient pas bien à craindre tant qu’ils ne se compteraient pas : « C’est, disait-il, le premier mot du sergent instructeur à ses hommes : Numérotez-vous ! » Il semble que les Chinois commencent à le faire et peut-être aurons-nous un jour à nous repentir de le leur avoir enseigné. 1b Loncociie.
- L’INSTINCT DES INSECTES GÉOLOGIQUES
- Les progrès accomplis récemment dans l’étude du système nerveux ont conduit M. Edmond Perrier à une théorie nouvelle de l’instinct, au sujet de laquelle un philosophe pourrait avoir à faire bien des réserves, mais dont une conséquence géologique mérite d’ètre connue pour son ingéniosité. 11 s’agissait d’expliquer, par la seule expérience acquise et par l’hérédité, comment les insectes, dont la vie à l’état adulte dure à peine quelques semaines ou même quelques jours et qui ne connaissent pas leur progéniture, ont le temps et la possibilité de former leurs merveilleux instincts. Évidemment on ne peut parler là ni d’éducation, ni de coutumes : il semble que la manifestation de l’instinct chez l’individu soit tout à fait spontanée. Mais alors M. Perrier a remarqué que l’existence des saisons, telles que nous les connaissons, parait être d’origine géologique très récente. Les géologues sont généralement d’accord pour admetlre que la température et le
- Kilomètres.
- o 25 5o 10
- Les chiffres (3) if ldi -qupjtf ero millions la population absolug.*'
- M O N GOLl E
- SIN-KIANG
- TUR KESTA N
- iT.H I B ET
- Habitants par Kilom.carré Moins de 1 ei* S à JO
- [ ~~ j de zS à So, ^^^de.jddcvzoo. ÜjUjj de 2$o et plus.
- I de zoo à i5o.
- êroNKiN
- OCEAN PACIFIQUE
- Répartition dd la population en Chine.
- p.370 - vue 374/536
-
-
-
- climat ont commencé, pendant de très longues périodes, par être absolument uniformes sur toute l’étendue de la Terre et pendant toute la durée de l’année : ce qu’on explique par les dimensions beaucoup plus grandes alors de notre Soleil, qui, en se condensant peu à peu, aurait déterminé les inégalités actuelles des saisons. Or, dès la période primaire, il existait des insectes, alors que cette condensation du Soleil n’avait pas encore été réalisée. Les insectes étaient remarquablement abondants sur le bord de nos lacs ou lagunes carbonifères, et les belles découvertes de MM. Eavol et Charles Rronguiart, à Commentry, ont montré quelle était leur variété, quelle était aussi la (aille atteinte à ce moment par des libellules géantes. Or, puisqu’il n’y avait pas alors de saisons, la cause qui amène aujourd’hui la mort de ces insectes, aussitôt après leur reproduction, n’existait pas ; ces insectes carbonifères ont donc pu vivre aussi longtemps que tout autre animal; ils ont pu, comme nos animaux supérieurs, acquérir de l’expérience et transmettre cette expérience à leurs enfants; ils ont eu une intelligence acquise et cultivée dans la même mesure que les autres animaux. Cette intelligence se serait alors transmise par l’hérédité et, lorsque les saisons ont commencé à se différencier à l’époque tertiaire, lorsque, par l’apparition du froid, la vie des insectes s’est réduite à une brève saison, lorsque l’expérience et l’éducation paternelle n’ont plus eu le moyen d’intervenir, l’intelligence anciennement acquise et transmise de génération en génération se serait, dans la théorie de M. Perrier, transformée en un instinct immuable, c’est-à-dire qu’elle se serait lixée à un cran déterminé sans plus pouvoir progresser, et que nos insectes actuels reproduiraient indéfiniment les facultés, le développement cérébral des insectes de l’époque secondaire.
- À. Latour.
- LE MàMOC ET LE T4PI0C4
- DANS L’iLE DE LA RÉUNION
- Nous extrayons d’une étude de M. H. Blin les renseignements suivants sur la culture du manioc et sur l’industrie du tapioca dans Plie de la Réunion. On sait que le manioc, originaire du Brésil, appartient à la famille des Euphorbiacées, parmi laquelle il forme le genre manihot (ou gatropha). Ce genre a de nombreuses espèces : les seules cultivées sont le manioc utile (galropha manihot) et le manioc doux (manihot aipi), surtout les variétés de cette dernière espèce nommées le manioc cheval, le manioc de Singapore (blanc, rose, bleu), et le manioc Sosso ou de Saint-Phitippe. La culture se fait en terrain sec, labouré et richement fumé. La partie productrice de la plante est la tige souterraine ou rhizome qui réunit les différentes pousses aériennes; elle se renfle en gros tubercules que l’on récolte après la chute des feuilles, à l’aide d’une pioche ou d’une arracheuse de pommes de terre. — Le rendement, très variable, est en moyenne de 35000 kg de racines à l’hectare. Les frais sont très minimes, et la culture très rémunératrice : on estime à 420 francs le bénéfice moyen réalisé par hectare et par an.
- La population noire de la Réunion consomme le manioc nature. Les Européens le font cuire, ou en font des soupes et des galettes. Les racines coupées en lanières servent à l’alimentation du bétail, ou bien, fournissent des boissons alcooliques (abationv, cachiri, ri-cou, etc). L’industrie du tapioca est la plus importante des façons d’utiliser le manioc et son développement constant entraîne un accroissement parallèle de celte culture.
- La fabrication du tapioca consiste essentiellement en l’ex" traction par chauffage de l’eau et des traces d’acide cyanhydrique qui se trouvent dans le manioc brut, de façon à laisser comme résidu utilisable la fécule qui entre pour 23,10 pour 100 dans la composition du rhizome. Cette fécule est lavée à plusieurs reprises, puis laissée reposer dans des bassins cimentés où elle se forme en gâteaux compactes qui sont ensuite chauffés à la vapeur de 30° à 00°, mis à sécher sur des plaques de fonte à 00°, puis passés au concasseur et à la blulerie. — Le rendement industriel du rhizome de manioc en fécule est d’environ 15 pour 100. —— A. Gillo.x.
- LA BALANCE DYNAMOMÉTRIQUE
- DU COLONEL RENARD
- Le regretté colonel Renard, à défaut de publications d’ensemble sur ses travaux si importants et si nombreux, avait fait, à l’Académie des sciences, au cours de l’année 1905, une série de communications d’un très vif intérêt, et qui touchent
- Fig. 1. — Schéma de la balance dynaïuoinétiique.
- aux problèmes vitaux de l’Aéronautique. Ce genre de communications, dans le cadre restreint qui leur est imparti et sous la forme de notes sommaires, ne saurait constituer que des aperçus fort écourtés des laborieuses et lumineuses recherches du plus savant champion d’une science où il s’était montré un initiateur éminent. Ce sont des jalons marquant les étapes parcourues et qui font désirer plus vivement d’en avoir un tableau complet. Tout au moins essaierons-nous d’exposer au grand public, auquel ne sont pas toujours accessibles les communications faites à de savants académiciens qui comprennent à demi mot, la suite naturelle de ces travaux qui embrassent, à la fois, la création des instruments d'observation et de recherche, les expériences indispensables au seuil d’une science toute nouvelle et qui se rattache si intimement aux phénomènes physiques, et enfin les conclusions théoriques et pratiques qu’un esprit aussi judicieux que l’auteur des
- p.371 - vue 375/536
-
-
-
- LA NA TU UK.
- oTï
- belles ascensions de 1884-1885 a pu tirer de ces expériences.
- Ouel que soit l'ordre d’importance dans lequel on les range, les problèmes soulevés en aéronautique visent : la résistance que l’air oppose au mouvement des carènes de formes variées servant d’enveloppe aux ballons; le rendement des propulseurs en général, — le plus souvent des hélices; — enfin la stabilité [dus ou moins grande que peut avoir un ballon de forme déterminée pendant son déplacement dans l’air, à une vitesse donnée.
- Les premiers faits expérimentaux qu’il s’agit d’élucider se rapportent donc à la manière dont se manifeste la résistance de l’air, tant sur les carènes que sur les surfaces gauches qui constituent les ailes d’hélice, et l’un des premiers soins du colonel Renard a été de créer de toutes pièces les instruments indispensables à une exacte mensuration de ces effets.
- C’est de cet ordre de préoccupations qu’a pris naissance la balance dynamo-métrique. Cetap-pareil permet, dans sa disposition la plus simple, de comparer entre elles les différentes formes de carènes au point de vue de la résistance que l’atmosphère oppose à leur mouvement; il peut donner, en outre, en le complétant d’après les mêmes principes, les deux composantes de la résistance sur les faces obliques des hélices, c'est-à-dire ce <[ue l’on appelle le moment résistant dans le plan de rotation, et la poussée qui s’exerce dans la direction de l’axe de rotation lui-même (fig. 5).
- Si nous concevons tout d’abord deux carènes identiques — deux sphères par exemple — fixées aux deux bouts d’une barre rigide tournant dans un plan autour de son milieu, la résistance de l’air, en agissant sur les sphères, détermine sur l’axe de rotation une réaction en sens inverse du mouvement, de telle sorte que, dans le cas où cet axe peut lui-même osciller autour d’un point d’attache excentrique, la ligne qui unit ces deux ‘points tendra à s’incliner sur la verticale (fig. 1).
- Supposons alors que l’axe de rotation soit soli-
- daire du lléau AB d'une balance oscillant autour de son milieu ; il suflira de charger un des plateaux de cette balance au moyen d’un poids p, pour équilibrer le couple résistant qui provoque l’inclinaison, et rappeler le lléau à l’horizontalité. On sait bien que l’action de ce couple de rappel est à la fois proportionnelle au poids mis dans le plateau de la balance et au bras de levier : en multipliant ces deux éléments l'un par l’autre on a le moment du couple, c’est-à-dire l’exacte mesure du couple de rappel et par conséquent du couple résistant.
- Une aiguille verticale reliée au lléau et se déplaçant avec lui, marque les inclinaisons sur un cadran; il suffit de la ramener au zéro de la graduation pour remettre tout le système dans sa position primitive.
- Mais il importe, en outre, de régler la sensibilité de la balance ; on y parvient, en déplaçant un poids R sur une tige verticale, ce qui constitue déjà un pendule stabilisateur, et d’empè-cher le fléau d’être en perpétuelles oscillations ; on réalise ce dernier résultat en terminant la tige verticale par une petite lame plane U plongeant dans une cuve pleine d’eau ou d’huile qui amortit ces oscillations.
- Le colonel Renard a intercalé sur le circuit élec-Irique une résistance sensiblement continue sous forme d’un anneau (iramme R, cette résistance permet de faire varier l’intensité du courant qui est transmis au moteur par deux (ils f et f plongeant dans deux godets pleins de mercure. Le dispositif symétrique - deux sphères dans notre exemple, ou plus généralement deux carènes identiques, de forme quelconque — est monté sur l’axe du petit moteur.
- Le mode opératoire se conçoit sans peine. On équilibre l’appareil au repos, en chargeant un des plateaux de la balance au moyen de grenailles jusqu’à ce que l’aiguille soit au zéro. On donne alors le courant, le moteur lance le système symétrique qui se met à tourner en accélérant d’abord sa vitesse, jusqu’à ce qu’il ait acquis un mouvement uniforme de rotation ; mais en même temps, l’équilibre de la balance est roippu ; le lléau s’est incliné :
- p.372 - vue 376/536
-
-
-
- LA NATURE.
- il s’agit de le ramener à sa position initiale en chargeant d'un poids convenable le plateau qui s’est relevé, jusqu’à ce que l’aiguille soit de nouveau au zéro. Le bras de levier étant connu, le moment résistant s’en déduit en multipliant simplement le poids placé dans la balance par ce bras de levier.
- Cette méthode, qui consiste à tout ramener à la position d’équilibre initiale, a le grand avantage d’éliminer l’influence de tous les frottements intérieurs du mécanisme, aussi bien que des déplacements du centre de gravité des différents organes en jeu. On voit également que la comparaison des diverses formes de carènes est facile, puisque l’on opère dans les mêmes conditions. Aussi, a pu dire le colonel Renard, les résultats obtenus sont-ils d’une régularité remarquable ; des mesures, opérées à un intervalle de plusieurs années, ontdonné des résultats identiques, en ramenant, bien entendu, ces résultats à une môme valeur du poids spécifique de l’air; on sait, en effet, que la résistance de l’air est proportionnelle à son poids spécifique et que celui-ci varie suivant une loi connue avec la température et la pression barométrique.
- En pratique, on place d’avance dans le plateau de la balance un poids déterminé et l’on fait varier le courant au moyen de la résistance continue jusqu’à ce que, le système symétrique étant mis en rotation et augmentant de vitesse, le fléau se soulève et que l’aiguille revienne au zéro. L’opération est ainsi plus facile et plus précise. 11 suffit de connaître à ce moment la vitesse angulaire, c’est-à-dire le nombre de tours par seconde. Ce nombre de tours est donné par un petit compteur spécial K relié à l’arbre de rotation par une corde d’embrayage.
- Sous cette forme, la balance dynamométrique a permis de mesurer comparativement la résistance des formes de carènes aériennes simples : plans minces, sphères, carènes fusiformes, cylindres placés en travers sur la direction du mouvement, etc.
- Lorsqu'on aborde Je problème des hélices, la
- question se complique d’un élément nouveau. Chaque aile, en effet, comporte une surface gauche ou hélicoïde sur laquelle l'air frappe obliquement, de telle sorte qu’une partie de l’effort seulement est dépensée sous forme de résistance au mouvement dans le plan de rotation, l’autre partie déterminant une poussée dans la direction de l’axe de rotation.
- Nous venons de voir comment on peut mesurer le couple résistant dans le plan de rotation, nu moyen de la balance dynamométrique simple : il reste à compléter cet instrument de manière à mesurer également la poussée suivant l’axe. La balance dvnamométrique double qui répond à cet objet, comprend un équipage identique au précédent, mais cet, équipage est suspendu à la cardan autour de
- deux axes perpendiculaires : le premier est parallèle à l’axe de rotation, le second lui est perpendiculaire et correspond au fléau de la balance simple. Ces axes du cardan sont du ?’este horizontaux au repos ; deux aiguilles se déplaçant sur deux cadrans permettent le retour au zéro dans les deux sens. Le poids qu’il faut placer au bout du fléau parallèle à l’arbre de rotation détermine le couple de rappel correspondant à la poussée. La balance double se prête donc à l’étude des hélices, puisqu’elle permet la mesure simultanée de leur moment résistant et de leur poussée au point fixe. Le colonel Renard s’en est servi notamment pour étudier des hélices sous leurs formes les plus variées et pour déterminer les coefficients numériques d’une classe d’hélices particulièrement avantageuses de son invention qui ont fait l’objet d’une communication spéciale à l’Académie des sciences. L1-Colonel G. Esuitallier.
- L’ACIDE FORMIQUE
- F.T L’ACCROISSEMENT DES FORCES MUSCULAIRES
- Nous avons tort de rire de la thérapeutique des anciens médecins. Du reste nous en rions de moins en moins depuis qu’a l’instar des rebouteurs nous massons les
- p.373 - vue 377/536
-
-
-
- LA NATURE.
- .) i \
- fractures et qu’à la manière des sorciers d’antan nous soignons l'albuminurie par une infusion de rognons de porc et la neurasthénie par des injections d’extrait de moelle on de cerveau de mouton. Et comme cela ne suffisait pas, voici nos médecins modernes en train de scruter la composition des recettes secrètes de uos arrière-grands-pères.
- Aux siècles derniers on trouvait dans toutes les pharmacies une préparation fameuse dont la vogue fut énorme : l’élixir de magnanimité de Ilolïinann. Elle passait pour guérir tous les maux, foutes les maladies et faisait merveille dans les vapeurs, les flatulences et les troubles stomachiques. On la préparait en faisant macérer îles fourmis dans de l’esprit-de-vin. « Prenez, écrit le vieux Lémery, des fourmis, deux poignées ; de l’esprit-de-vin, une pinte. Eaissez-les en digestion dans un vaisseau bien clos jusqu'à ce que la putréfaction les ait bien réduites en liqueur. Après cela distillez au bain-marie et parfumez la liqueur distillée avec un peu d’eau de cannelle. »
- De cet élixir nous n’en voudrions certainement pas. Mais un médecin lyonnais, le Dr Clément, a eu la curiosité de se demander ce qu’il y avait au fond de cette préparation et tout naturellement il a pensé a l’acide formique. Ayant pris huit, dix, douze gouttes de cet acide, quatre fois par jour dans un peu d’eau alcaline il a pu noter sur lui-même des faits fort curieux.
- Le premier effet perçu par le l)r Clément a été une sorte d’excitation du système musculaire qui vous porte à vous mouvoir. La marche, l'ascension en montagne, la natation, l’escrime, sont rendus plus faciles et l’effort n’est pour ainsi dire plus pénible. 11 y a manifestement augmentation de l’énergie et de la force musculaire. Et ce n’est pas seulement une sensation objective, mais un fait réel, facile à mettre en évidence au moyen du dynamomètre. Dans ses expériences faites sur un grand nombre de personnes le l)r Clément a pu constater que tel individu qui avant l’usage de l’acide formique ne faisait arriver l’aiguille du dynamomètre qu’à 40 ou 50, parvenait au bout de quelques jours à la pousser jusqu’à 56, 58 et même 60. Chez des malades atteints d’affections variées, chez lesquels la vigueur est nécessairement très affaiblie, l’usage de l’acide formique donnait les mêmes résultats, c’est-à-dire une augmentation de plusieurs degrés dynamométriques de la force musculaire.
- Les expériences faites avec l’ergographe, instrument qui sert à mesurer la fatigue, n’ont pas été moins concluantes. C’est ainsi que dans bon nombre de cas l’individu en expérience accusait, d’après le tracé ergogra-phique, une fatigue complète après 47 mouvements, lieux jours après l’ingestion des doses quotidiennes habituelles, quarante à cinquante gouttes, on enregistrait 94 mouvements, le double, avant que l’ergographe ne montrât l’apparition de la fatigue.
- Le Dr Uuchard, qui a repris récemment les expériences du l)r Clément, a confirmé de tous points les résultats obtenus. Le pouvoir musculaire augmente rapidement après les premières doses de médicament; de 9 kilogram-mètres avant l’usage du formiate, le Dr Uuchard obtenait 20, et même 50 kilogrammètres au 5e jour. Il est préférable de prendre les sels alcalins au lieu de l’acide qui irrite à la longue l’estomac.
- L’acide formique agit-il, comme le veut M. Clément, en activant les échanges musculaires; détermine-t-il, au contraire, comme l’assure M. Uuchard, une certaine anesthésie musculaire et une diminution de la sensation
- de fatigue? peu importe l’interprétation. L’action est réelle et nettement démontrée.
- Voilà donc l’acide formique, pour les débiles, à cette époque de sports à outrance, promu aux honneurs d’un tonique musculaire. Au besoin les fourmilières, dont on ne trouve pas dans nos pays les gigantesques monuments des régions africaines, fourniraient aux marcheurs, aux concurrents pédestres une source peu coûteuse de restauration des forces, d’énergie musculaire.
- Un de mes jeunes camarades de collège avait, je m’en souviens, la singulière habitude de croquer l’arrière-train des fourmis rouges ou noires; il trouvait à cet aliment bizarre un goût exquis. Ce que je considérais alors comme une dépravation de goût était peut-être l’utilisation, par atavisme, ou par instinct, des propriétés stimulantes de l’acide formique. Cependant le pauvre garçon, dans les nombreuses querelles que son mauvais caractère et le nôtre suscitaient, avait toujours le dessous et un gringalet, inférieur à lui comme taille, lui administrait des piles et des corrections magistrales. M’est avis qu’il avait oublié ces jours-là de croquer un nombre suffisant de fourmis. D1' Adolphe Cap.taz.
- ——
- LE CARÂ.T
- Parmi les unités des anciens systèmes qui se sont perpétuées après la réforme métrique, il en est peu d’une aussi tenace vitalité que le carat. Les ennemis du mètre, car il existe quelques bruyants spécimens de ces adversaires du progrès, en font grand état, et groupent autour du carat quelques unités employées dans les industries textiles, dans l’optique ou dans des fabrications de moindre importance, pour affirmer que le Système métrique ne pourra jamais être imposé que par la force, et que la conviction de sa supériorité sur d’autres systèmes reste dans le domaine de la théorie, mais ne pénètre pas jusqu’à la pratique.
- Cette opinion, nous le savons, est erronée, ou du moins singulièrement exagérée; mais nous aurions mauvaise grâce à ne pas convenir que les négligences du langage, le goût, souvent simplement littéraire pour les choses anciennes, la peur d’un petit effort momentané, ont laissé traîner jusqu’à nous les vestiges de systèmes de mesure depuis longtemps condamnés par.les législations.
- Pour le carat, le fait est singulier, car il ne se rattache directementà aucun système ancien. 11 valait, au moins en France, quatre grains, ou un cent-quarante-quatrième d’once, non point de la livre poids de marc, mais d’une livre fictive, de 5 pour 100 plus faible, qui n’avait aucune existence régulière dès avant la Révolution, et dont l’once, le grain et le quadruple grain avaient seuls subsisté.
- Or, les joailliers et bijoutiers du monde entier emploient encore ce carat, quadruple d’un grain qui n’est légal nulle part ; ils se privent ainsi de tous les avantages attachés à l’emploi d’une unité légale, qui sont de pouvoir faire vérifier ses étalons, et d’obtenir la protection judiciaire dans les litiges.
- En France, les unités non métriques sont rigoureusement interdites; ailleurs, la loi admet une tolérance pour les unités légales dans d’autres pays, en tant qu’il s’agit de transactions commerciales avec lesdits pays. Or, le grain du carat n’étant d’aucun système légal, le carat ne peut pas bénéficier de cette fissure de la loi, et la conséquence logique en serait qu’aucune facture, aucun marché ne devrait être valide si les marchandises sur les-
- p.374 - vue 378/536
-
-
-
- LA NATURE.
- :» 75
- quelles il porte sont exprimées en carats. Voilà, semble-t-il, plus qu’il n’en faut, pour bannir à tout jamais une unité surannée; mais la force de l’habitude est grande, et, dans un commerce comme celui des pierres précieuses, où la vue de la marchandise est un élément aussi important d’appréciation que la détermination de sa masse par la balance, on conçoit que l’estimation de la quantité soit restée intimement liée à celle de la qualité, et, par conséquent, à des pratiques consacrées par une longue habitude.
- Cette survivance du carat est si tenace, les bijoutiers et joailliers qui voudraient réagir sont tellement isolés de la masse, enfin les efforts faits dans un pays sont tellement paralysés par l’inertie des autres, qu’on en est venu à douter de la possibilité d’extirper le carat et de le remplacer par l’évaluation au milligramme. On le comprend aisément si l’on envisage l’écart de ces deux unités ; le carat vaut normalement 205,5 mg ; je dis normalement, car, pour comble de défauts, le carat possède celui d’élre variable d’un pays à l’autre; il vaut 188,5 mg. à Cologne et 254,fi mg. en Arabie. De toutes façons, un petit nombre de carats est transcrit en un nombre énorme de milligrammes, et les intéressés sont complètement dépaysés. La fédération des joailliers allemands considère même la transformation comme si difficile qu’elle vient, ainsi que l’indiquait récemment la Revue internationale de l'Horlogerie, de soulever la question d’une demande en autorisation consacrant l’existence légale du carat, et le faisant bénéficier de tous les avantages attachés aux unités reconnues, qui sont la vérification et l’existence juridique.
- Une telle proposition court à un échec certain. Il est hors de doute, en effet, que les gouvernements, qui font de sérieux efforts pour compléter l’acclimatation du système décimal, refuseront catégoriquement d’ouvrir légalement la porte à la confusion en prêtant la protection des services de vérification ou des tribunaux à une unité totalement étrangère au système.
- Ainsi posée, la question semble insoluble, et le conflit semble devoir s’éterniser. Mais il existe un terrain de conciliation, sur lequel tout le monde pourrait s’entendre, au prix d’un très léger sacrifice. Je suppose, en effet, que l’on change de moins de 5 pour 100 le carat des joailliers. Au jour du changement, il en résultera une variation de même ordre dans la valeur de l’unité de masse des pierres fines, et les commerçants auront à modifier très légèrement leur barême; mais la modification sera minime, et certainement bien inférieure aux fluctuations du prix des pierres régulièrement cotées sur le marché, et dont la'valeur marchande dépend à la fois de l’abondance et de l’engouement créé par la mode. En d’autres termes, un tel changement ne modifierait profondément les habitudes de personne, et l’estimation à la vue, que personne ne peut prétendre posséder à 5 pour 100 près, n’en subirait aucun dommage.
- Or, la substitution de 200 milligrammes à la valeur actuelle du carat constituerait un changement d’un ordre légèrement inférieur. Il aurait donc toutes chances d’être accepté par les bijoutiers, sans parler du public, qui ne s’en apercevrait même pas.
- Une dernière concession, toute passagère, pourrait être faite à une habitude depuis longtemps consacrée : la nouvelle unité s’appellerait le carat métrique, et aurait, sous cette dénomination, une existence légale.
- Je dis que la tolérance serait passagère ; en effet, le nom de carat, qui serait autorisé avec son qualificatif, ne figurerait pas sur les étalons qui conserveraient leur
- marque : 200 mg ou 0,2 gr; et les joailliers, pris constamment entre l’habitude du langage et la vue des poids marqués, en viendraient tout doucement à exprimer les masses en décigrammes. A ce moment, la réforme serait opérée sans secousse, et la dérogation au vocabulaire métrique pourrait sans inconvénient être abandonnée.
- L’intérêt bien compris des joailliers leur fera certainement désirer une entente qui les favorisera, en leur coûtant le minimum d’effort; et il est probable, d’autre part, que les Gouvernements se rallieraient aisément à l’idée d’une tolérance passagère, toute en surface et n’atteignant en rien l’intégrité du système métrique. C’est seulement lorsqu’on aura donné aux commerçants en pierres fines cette possibilité de s’entendre sans se mettre en contradiction avec le système légal des poids et mesures que l’on pourra en toute rigueur appliquer la loi.
- La question présente à l’heure actuelle une particulière importance, en raison de l’intense mouvement en faveur du système, qui se dessine dans le Royaume-Uni de Grande-Rretagne et d’Irlande et dans ses immenses possessions, ainsi qu’aux États-Unis. Si nous voulons gagner à la cause métrique les joailliers qui déclarent ne pas pouvoir passer brusquement du carat au milligramme, il faut, je crois, faire une petite concession, qui a toutes les chances de changer des adversaires en partisans de la réforme. La position du système métrique est assez forte aujourd’hui pour que l’on puisse admettre une dérogation de forme qui ne touche en rien à son intégrité.
- Cii.-Éd. Guili.aumf»
- LÀ LOIRE NÀYIGÀBLE
- La Nature1 a déjà donné les premiers renseignements sur cette noble entreprise qui tend à rendre à notre grand lleuve central la puissance de transport qu’il a possédée jusqu’au milieu du siècle dernier2, et qu’il a perdue depuis par l’instabilité de son lit et la concurrence des chemins de fer. Contre ceux-ci la lutte est encore possible pour les marchandises pondéreuses qui y paient en moyenne 0fr,045 par tonne kilométrique, alors qu’on est arrivé sur l’Elbe à 1 centime pour les transports lents et à 1,9 centime pour les transports rapides, prix encore réduits sur la Seine. Mais il faut, pour obtenir ces résultats, que la navigation puisse disposer d’un lit suffisammant stable et d’un mouillage minimum de lm,20, porté à lm,50 pendant les deux tiers de l’année. C’est dans ce but qu’on a entrepris la régularisation du lleuve, seul système que permette le régime exceptionnellement difficile qu’il présente à cause de l’abondance et de la mobilité -extrêmes des sables qu’il roule.
- On sait que les ingénieurs allemands ont tiré un merveilleux profit du cours moyen du Rhin ; il faut les imiter pour la Loire.
- Nous nous proposons de donner sommairement le principe de la méthode employée et de faire ensuite
- 1 \Toy. n° 1549, du 51 janvier 1903, p. 159.
- â En 1855, il existait entre Orléans et Nantes plus de 10 000 bateaux, et on comptait jusqu a 100 millions de tonnes kilométriques : aujourd’hui le tonnage kilométrique est descendu à 25 millions de tonnes.
- p.375 - vue 379/536
-
-
-
- LA N A TU P, R.
- r>7r>
- connaître les résultats très encourageants constatés sur la partie expérimentée pendant l’année 1901 et les premiers mois de 1905.
- principe de la méthode de régularisation. —
- Fig. 1 — Type d’un bon passade. Coupe longitudinale et transversale.
- Comme tous les tleuves à fond mobile, la Loire a son lit constitué par une succession de grèves, sortes de plages qui découvrent dans la période des basses eaux, et de mouilles, parties profondes formant comme autant de biefs qui communiquent de P un à l’autre par déversement. Les mouilles ont leur portion la plus profonde à l’amont : elles se trouvent alternativement sur chaque rive. Le chenal affecte ainsi la forme d'une sinusoïde, et le seuil se place précisément au point de passage d'une rive à l'autre, c'est-à-dire au point d’inflexion. Les biefs ont des longueurs variables suivant les parties du lit : de l'embouchure de la Maine à Nantes, dans celle où sont exécutés les travaux actuels de régularisation,
- Fig. 2. — Type d'un mauvais passage. Coupa longitudinale et Iransvcrsnla.
- il y a 128 biefs de 650 mètres de longueur moyenne.
- Ce qui rend particulièrement mauvais le régime de la Loire, c’est que les mouilles y sont étroites, allongées, se chevauchent (fig. 1 et 2) ; que les seuils sont obliques par rapport à l’axe du chenal, que les
- biefs sont courts, par suite nombreux, et que les rives sont instables1. Mais, comme le fait observer M. Cuénot, ce sont là seulement des conditions défavorables qui ne changent pas le régime du fleuve :
- Fig. 5. — Oriantalion du seuil.
- ce sont les crues qui produisent le relief de son lit, qui déterminent la formation des mouilles et des grèves, et qui les maintiennent toujours à peu près dans leur meme situation. Les basses eaux prolongées défont le travail des crues, et les grèves semblent alors cheminer vers l’aval, car la mouille s’allonge dans cette direction. Mais les eaux plus hautes surviennent-elles, le mouvement s’arrête et la situation antérieure tend à se reconstituer.
- 11 faut donc s’attacher, conclut M. Cuénot, à re
- Kig. i. — Concentration des eaux vers le chenal.
- pas contrarier ce que la nature a fait ; il faut non pas resserrer le fleuve à l’aide d’un tracé composé de courbes théoriques, mais conserver les biefs, fixer les mouilles et les grèves autour de leur centre d’oscillation, et diminuer l’amplitude de cette dernière. En un mot, ce n’est pas un canal artificiel qu’on se propose d’établir, mais un fleuve calqué de tous points sur ceux qui sont naturellement navigables*.
- Le procédé employé consiste à établir, du côté concave comme du côté convexe, des épis plongeants
- Fig. o. — Achèvement du travail.
- pour fixer le lit mineur en place, et diriger le cou-
- 1 Rapport de M. Cuénot, ingénieur en chef des ponts et chaussées, au XIe Congrès de la Loire navigable (octobre 1904- .
- - R. Philippe, ingénieur des Ponts et Chaussées. La Loire navigable, extrait du Génie civil.
- p.376 - vue 380/536
-
-
-
- LA NATURE.
- :>77
- ranl vers le seuil : puis des traverses rattacheront aux berges et soutiendront une digue longitudinale en enrochements, destinée à former une rive con-
- cave artificielle. Cet ensemble sera complété par des épis noyés, dans le but d'agir sur le profil en long du cours d’eau et de régulariser, autant que pos-
- Fig. 0. — Vue générale (les travaux exécutés dans le lit de la Loire.
- sible, le profil en escalier. Enfin des barrages dans les crues d’étiage. Les figures 5, \ et 5, empruntées les faux bras concentreront dans le lit mineur toutes au Rapport de M. Cuénot, montrent les applications
- Fig. 7. — Plage de sable créée par un des épis construits en 1903 près du pont de l’Alleud.
- successives du procédé et les résultats qu'on en attend.
- Les ouvrages sont d’ailleurs disposés pour ne réduire que de 4 à 5 pour 100 la section mouillée du Ut majeur en temps de crues moyennes afin d’éviter d’augmenter les inondations.
- Travaux déjà exécutés et résultats obtenus. — Les travaux autorisés par la décision ministérielle du 25 mai 1001 sont limités à la section comprise entre Angers et Nantes qui présente une longueur de 85 kilomètres. La largeur prévue pour le chenal
- p.377 - vue 381/536
-
-
-
- r>78
- LA NATURE.
- est. de 120 mètres aux points d’inflexion, de 130 mètres dans les courbes de 2000 mètres de rayon, de 150 mètres dans celles de 1000 mètres. La dépense prévue s’élève à I 4 millions de francs. Elle permettrait d’obtenir un mouillage minimum de 1 mètre; il atteindrait 1 '",20 pendant 350 jours par an, l'“,50 pendant 262 jours, lm,75 pendant 209 jours, et de 2 mètres pendant 165 jours, conditions très largement supérieures à l’état actuel, car le mouillage de I mètre n'existe aujourd'hui que pendant 21 7 jours seulement.
- En septembre 1903, MM. les ingénieurs Mille et Philippe ont fait exécuter en amont du pont de t’Alleud, près de Uhalonnes, un ouvrage en clayonnages de 135 mètres de longueur totale. L’ouvrage a été construit sur une grève et arasé à 0m,00 au-dessus de l’étiage à son extrémité en rivière. 11 a eu à supporter en février 1904 une crue exceptionnellement forte, car elle a atteint la cote 6m,3l à l’échelle de Montjean, alors que celle de 1856 ne s’était élevée qu’à 0m,26. L’épi a résisté victorieusement aux effets de la crue, bien que les pieux qui le constituaient n’eussent que 1 mètre de fiche, et il a en outre produit tous les résultats que l’on avait eus en vue. La figure 7, reproduite d’après une photographie, montre que les sables se sont déposés à l’aval de l’ouvrage, constituant une nouvelle grève à la suite de celle sur laquelle l’épi était établi; des profondeurs de 0"1,90 minima se sont formées au pied sur 50 mètres de largeur et sur une longueur de 60 mètres environ de part et d’autre de ce pied.
- 1/ensablement a commencé en novembre, et était déjà sensible en décembre 1903. La plage, telle que la représente la figure, s’est formée pendant la crue de février 1904, et s’est complétée pendant les hautes eaux de mars.
- A la suite de cet essai concluant, M. Cuénot a fait exécuter un groupe d’ouvrages légers en clayonnage tant sur la rive concave que sur la rive convexe sur une longueur de 1500 mètres (fig. 6), de manière à comprendre un passage entier, c’est-à-dire deux mouilles et un seuil en adoptant les caractéristiques usitées sur les fleuves allemands. Le lit mineur a une largeur de 150 mètres et les ouvrages sont établis à des intervalles de une fois et demie leur longueur avec un minimum de 250 mètres. Depuis lors, on a pu constater l’efficacité des travaux, car sous leur influence l’importance du courant littoral de droite a été considérablement réduite ; le courant tend à se concentrer dans le chenal qui s’est déplacé immédiatement pendant la période des basses eaux, et dans le sens espéré. En même temps, les sondages qu’a bien voulu nous communiquer M. Cuénot, y révèlent un approfondissement continu accompagné d’un élargissement très appréciable. Au milieu de mars 1905, on observait partout, même dans les passes les plus défectueuses, une profondeur minimum de lm,20, portée à 2 mètres dans le chenal proprement dit. Quoiqu’il n’y ait pas encore eu cette année de grande crue qui puisse indiquer des
- modifications à apporter aux dispositions des épis, on a reconnu qu’il serait bon de les rapprocher dans les parties concaves et de les éloigner dans les parties convexes, de porter à 3-4 mètres la fiche des pieux et de composer les épis d’au moins un plein pour un vide, afin de livrer aux eaux un passage suffisant.
- On est donc en droit d’attendre de cette méthode rationnelle la régularisation et l’approfondissement du lit de la Loire, puisque, comme le fait ressortir M. Cuénot, les sables une fois balayés par le courant ne se déposent plus, et que la situation acquise se maintient. Nous ne pouvons que manifester l’espoir de voir rendre à notre grand fleuve central non seulement le rôle qu’il a joué comme agent de transport jusque vers le milieu du siècle dernier, mais encore d’accroître considérablement son importance par la communication directe qu’il permettrait d’établir entre les ports de Saint-Nazaire et de Nantes et tout le réseau des voies fluviales françaises du Nord et de l’Est, long de 7 à 8000 kilomètres, qui, lui-même, aboutit au Rhin et dessert l’Europe centrale. G. Ricuou,
- Ingénieur des Arls et Manufactures.
- L4 MOTOCYCLETTE LÉGÈRE
- Il y a sept ans, lorsque la première motocyclette AVer-ner fit son apparition, avec son petit moteur de 60 kilo-grammètres par seconde sur le guidon, nous trouvions que les 55 kilomètres à l’heure, garantis par le constructeur, étaient largement suffisants. Aujourd'hui on a doublé cette vitesse et certains voudraient la porter plus loin encore; on trouve trop faibles les moteurs de 5 chevaux, on n’hésite pas à mettre, comme aux voitures,
- 2 et \-cylindres, on ajoute aussi le refroidissement par eau : bref, de la motocyclette pratique, on est arrivé à faire un véhicule compliqué et lourd, qui a presque les mêmes inconvénients que la voiture sans en avoir les avantages. Comme on arrive au poids de 60 et 80 kilogrammes avec les modèles récents, il ne faut pas songer à regagner la gare voisine en cas de panne irrémédiable. Quant aux machines légères, si quelques-uns en fabriquent encore, on y fait à peine attention : elles sont l’exception. Les constructeurs n’en font pas, nous disent-ils, parce qu’ils n’en trouveraient pas la vente; les demandes qu’ils reçoivent exigent, au contraire, que le moteur soit de plus en plus puissant.
- Cela tient probablement à ce que ce sont les jeunes gens surtout qui montent la motocyclette et que pour eux, toujours un peu fous, le comble du chic est de faire par jour un nombre de kilomètres considérable... sans rien voir. Quant à l’homme mûr, au touriste raisonnable, qui ne veut pas suivre le mouvement, il s’abstient parce qu’il ne trouve pas la monture de son goût. S’il demande conseil, dans les milieux qu’il croit bien renseignés, on lui démontre, pièces en main, qu’une motocyclette ne peut pas être légère : le moteur de 5 chevaux 1/2 est nécessaire [tour bien monter les côtes, il s’ensuit qu’un cadre et des roues très robustes sont indispensables ; on ajoute à cela l’utilité incontestable d’une fourche élastique, etc,.., bref, on arrive très rapidement à 60 kg et on les dépasse souvent. Mais pourquoi vouloir monter les
- p.378 - vue 382/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 579
- côtes sans pédaler et pourquoi vouloir aller si vite? Voilà ce que les gens sensés ne peuvent pas comprendre, et ils voudraient arriver à ce qu’on veuille bien faire pour eux des machines leur permettant de se mettre en route facilement. d’aller sagement, de ne pas rester au milieu d’une route, rivés à leur poids lourd, en cas de panne.
- La bicyclette nous a habitués à la promenade au régime moven de 15 kilomètres à l’heure; quand on a fait 100 kilomètres dans sa journée, en prenant tout son temps pour jouir du paysage, on se déclare généralement satisfait, et si on ne dépasse pas souvent ce chiffre c’est par raison de fatigue seulement. Aussi on consentirait fort bien à se laisser aider un peu, pour doubler le champ des excursions, à condition qu’il ne s’ensuive pas de complications désagréables. Le petit moteur d’environ 1 cheval nous donne sous ce rapport toute satisfaction ; il ne nécessite qu’un renforcement du cadre qui augmente peu le poids, les roues et les pneus de bicyclette peuvent subsister; les organes du moteur sont simples et faciles à démonter et à entretenir; enfin en cas de besoin, comme le poids total ne dépasse guère 35 kg, on peut en pédalant regagner la gare la plus proche. La vitesse maximum ne sera pas de 00 à l'heure, mais c’est précisément ce que nous désirons ; nous voulons même pouvoir faire du 15 à l’heure, comme avec notre bicyclette, quand le paysage est joli et quand nous ne sommes pas pressés ; quand au contraire la route n’offrira pas d’intérêt, ou que l’orage menacera, nous ferons 30 à 35 au plus, et nous pensons que c’est une vitesse qu’on ne devrait jamais dépasser sur une route qui appartient à tout le monde. Nous ne prétendons pas monter les côtes sans pédaler; mais ce n’est pas une fatigue que de faire tourner les pédales sans autre effet que d’entretenir le mouvement du volant, pour lui faire franchir le quatrième temps du cycle qu’accomplit notre moteur à explosions. Même dans des côtes de 10 à 12 pour 100, l’effort sera très acceptable et ne dépassera guère celui que nous faisons à bicyclette sur une route en palier. Nous prétendons même que c’est un exercice qui, fait de temps en temps, sera salutaire en nous forçant à faire travailler nos muscles.
- Nous ne demandons pas à revenir à la motocyclette portant son moteur sur le guidon, mais on fait, on a fait surtout, des modèles plus rationnels avec le moteur en bas du cadre. Nous possédons une machine de ce genre et nous ne craignons pas qu’on nous accuse de vouloir lui faire de la réclame puisque le modèle et le constructeur ont disparu à ce point que nous ne trouvons pas de pièces de rechange pour remplacer celles qui sont usées. Nous l’avons eue d’occasion; il y a plus de deux ans que nous nous en servons et nous l’apprécions tous les jours davantage. Elle pèse 40 kilogrammes, son moteur est de 1 cheval 1/4, le carburateur simplement à barbotage, la transmission par courroie ronde et l’allumage électrique. Nous avons fait avec elle des routes très accidentées, comme celle par exemple des Petites Dalles au Tréport, en longeant la côte, les fortes rampes ne manquent pas et nous avons été parfois surpris par des pluies torrentielles : elle ne nous a jamais laissé en panne. Gomme entretien c’est la simplicité même; il suffit de vérifier les soupapes de temps en temps; l’allumage, le serrage des principaux écrous chaque fois qu’on peut, c’est l’affaire de quelques minutes. Sur une telle machine tous ceux qui savent bien se tenir à bicyclette parlent immédiatement, sans aucun accident à craindre, puisqu’on est absolument et toujours maître de sa monture. Nous n’ignorons pas que si ce type a disparu quelques con-
- structeurs, très peu nombreux, sont entrés dans la même voie; nous ne demandons qu’à les suivre et à les encourager; mais nous voudrions que ce mouvement fût suivi par un plus grand nombre, car c’est peu de n’avoir le choix qu’entre deux ou trois modèles ; il faudrait que les constructeurs de grosses motos pensent aussi à ceux qui veulent faire sagement du tourisme et nous croyons qu’ils ne manqueraient pas d’acquéreurs pour la motocyclette légère. G. Ghalmarès.
- UN APPAREIL A ENROULER LES RESSORTS
- L’appareil est certainement breveté, mais nous n’en connaissons pas l’inventeur ni le constructeur; il a été signalé par notre confrère The Engineering Review, et, comme il est aussi simple à construire pour soi-même qu’ingénieux, nous avons cru utile de le signaler. 11 sert spécialement à enrouler, avec la plus grande régularité, à fabriquer soigneusement et rapidement les ressorts un peu longs faits d’enroulements serrés de petit diamètre.
- La partie essentielle de l’appareil consiste en une pièce d’acier Bessemer, de quelque 15 centimètres de long, présentant une largeur de 22 millimètres et une épaisseur de 13 millimètres ; à sa tête, elle est percée d’un trou qui la traverse de part en part parallèlement à ses faces les plus larges, auquel on a d’abord donné un diamètre convenable pour le mandrin M, sur lequel se fera l’enrou-
- Appareil à enrouler les ressorts.
- lement du fil métallique destiné à constituer le ressort. Un forage complémentaire sur la moitié de la longueur de ce trou est venu porter le diamètre en cette partie de l’évidement à une dimension correspondant au diamètre extérieur du ressort une fois enroulé. On comprend évidemment pourquoi; il faut que le trou donne passage au mandrin recouvert des enroulements de fil métallique. L’appareil se complète par un trou H donnant accès au mandrin, et enfin par une roue montée à l’extrémité de celui-ci, roue qui permet de le mettre en rotation, et dans laquelle on fait pénétrer le bout libre du fil, après l’avoir courbé et introduit dans les deux trous, afin qu’il soit entraîné et forcé de s’enrouler sur le mandrin.
- En donnant à celui-ci une longueur convenable, pour qu’il se déplace de droite à gauche au fur et à mesure que le fil s’enroule sur sa portion gauche, on peut arriver sans peine et avec une grande régularité à fabriquer un ressort d’une longueur pour ainsi dire indéterminée.
- D. Lebois.
- p.379 - vue 383/536
-
-
-
- r»80
- LA NATURE.
- L’ORIGINE DE LA DÉFORMATION DES FRUITS
- ET DE LEUR COLORATION ANORMALE
- M. Rois a publié dans le Bulletin de la Société nationale d’horticulture de France de novembre 1904, une Note sur une déformation de la pomme HeUe-fleur jaune. Comme toutes les pommes, cette variété se présente à l’état normal avec un pédon-
- Fi<r. 1. — Pomme Belle-fleur, type piriformp anormal, d'après M, Rois.
- cule grêle inséré au fond d’une cavité, ainsi que l’on peut s’en rendre compte par l’examen de la figure 5. Chez le cas décrit par M, Bois, Ja forme allongée, renllée par le bas, et l’insertion du pédoncule toute différente, ainsi que le montre la figure 1, sont nettement celles d’une poire. Enfin nous avons plusieurs fois observé un troisième type, intermédiaire entre les deux précédents, chez lequel la forme d’ensemble est celle d’une pomme, tandis que le pédoncule, planté au sommet d’un mamelon incliné, le rapproche de la poire (fig. 2).
- Ajoutons que les pommes piriformes ne sont pas très rares ; elles existent, mais’ d'un dessin un peu sommaire dans les variétés Chemisette blanche, Heine Sophie, Reinette ananas, Reinette panachée et surtout Figue d'eté (fig. 4).
- Ces faits intéressants remettent en question le problème de l’origine des formes et des colorations anormales de nos fruits.
- La fécondation par un pollen étranger est la cause générale de la déformation et de la coloration anormale des fruits et des graines. En 1811, Callésio ayant fécondé les Heurs d’un oranger par le pollen d’un limonier obtint des fruits portant une écorce dont certains segments avaient la couleur et le goût de l’écorce d’un limon.
- Vers 1806, Laxton féconda le grand pois ridé, dont les gousses sont vertes, par un pois à gousses pourpres et provoqua ainsi la coloration pourpre des gousses du pois ridé. Gartner, puis Berkeley confir-
- mèrent une vieille observation populaire en croisant des variétés de pois à grains distinctement colorés ; ils obtinrent des gousses à pois verts et blancs mélangés. Ainsi la couleur de la pellicule du pois est modifiée par l’emploi du pollen d’une variété autrement colorée.
- Mêmes observations sur les maïs : dès le milieu du xviiic siècle, on reconnaît que si des variétés différemment colorées de cette graminée croissent à portée les unes des autres, les grains de certaines d’entre elles sont modifiés dans leur couleur par ce voisinage. En 1816, le IV' Savy ayant semé sur le même sol du maïs jaune et du maïs noir, observa, sur certains épis, des grains jaunes, des noirs et des panachés répartis irrégulièrement. En 1867, M. de Vilmorin et en 1868 llildebran précisent par des expériences scientifiques l'influence du pollen étranger sur la coloration des maïs : « En employant dans la fécondation artificielle des maïs, dit M. de Vilmorin, le pollen d’une variété étrangère, les épis contenaient souvent, mais non toujours, des grains présentant les caractères de leurs parents mâles. La proportion de ces grains, quand ils existaient, était très inconstante; elle pouvait varier de 1 à 60 pour 1001 ». Enfin. M. Hugo de Vrics, en 1900, ayant fécondé des maïs à grains ridés (grains sucrés) par des maïs à grains lisses (grains amylacés) obtient des épis présentant 5/4 de grains
- Fi;;. 2. — Pomme Belle-fleur, autre type anormal plus fréquent que la forme en poire.
- lisses et 1/4 de grains ridés. Or, M. de Vries dit que chaque grain présentant le caractère du générateur mâle avait un embryon métis; au contraire, chaque grain présentant le caractère du générateur femelle avait un embryon de race pure.
- Avant M. de Vries, un viticulteur, M. Bouschet, était déjà arrivé aux mêmes conclusions; cherchant à produire des cépages nouveaux à jus coloré, il
- 1 Bulletin (te In Société botanique rte France, 1807.
- p.380 - vue 384/536
-
-
-
- LÀ N AT U KL. .
- r»8l
- fécondait des cépages noirs à jus incolore par le pollen du cépage Teinturier du Cher, à jus d’un rouge intense ; il remarqua, sur les grappes fécondées, des baies à jus coloré, comme dans le parent mâle, et d’autres à jus incolore, comme en produit normalement le parent femelle, et il réserva pour le semis, les pépins des baies à jus coloré, considérant que seuls ces pépins avaient un embryon métis.
- Tous ces faits 11e laissent plus aucun doute sur l'influence du pollen étranger à l’endroit de la forme et de la couleur anormales des graines et des fruits.
- M. le professeur (îuignard explique le mécanisme de cette influence par le phénomène de la double fécondation dont la découverte lui appartient.
- Ainsi, une Heur de vigne, de maïs, etc., pénétrée par le tube pollinique, n’est pas seulement fécondée dans son embryon ; elle est fécondée aussi, par un noyau mâle distinct, dans son amande, c'est-à-dire dans son endosperme; et cette seconde fécondation peut retentir jusque sur la forme, jusque sur la couleur de la graine et du fruit.
- Il nous semble très, intéressant de signaler, en terminant, des vues nouvelles que M. Le Dantec notamment se plait à développer dans ses cours à la Sorbonne et qui tendent à expliquer la forme des Heurs, des fruits et des graines, en les comparant aux curieux phénomènes des (/ailes. Tout le monde a ramassé, en se promenant dans les bois, de ces singulières feuilles de chêne qui sont ornées d’une protubérance sphérique dont la taille atteint parfois
- Kijï. :>. — l'oimiii* Uelle-fleur, type normal vu en coupe verticale pour montrer l'insertion du pédoncule au lond d une cavité.
- celle d’une mirabelle. Eu les cassant, on trouve généralement au centre un œuf déposé par un insecte. Ces galles ne sont pas spéciales au chêne; tous les arhres, et même, peut-on dire, tous les végétaux en possèdent. Or, on observe que chaque essence présente un ou plusieurs types de galles à elle propres : ainsi la galle d’un hêtre est différente de celle d’un chêne et toujours de la même façon ; de sorte qu’on peut dire : les galle:, sont spécifiques. Cette spécificité est poussée plus loin, elle est en
- quelque sorte double : chaque espèce végétale présente, en effet, ou peut présenter plusieurs types de galles, et chacun de ces types correspond à l’insecte dont la piqûre a déterminé la formation de la galle, de sorte que si l’on possédait un catalogue complet des galles, catalogue que l’on est en train d’établir, il serait possible de dire immédiatement à quelles espèces végétale et animale on a affaire. Ainsi la galle résulte de la présence d’un parasite dans Tor-
- Kig. I. — type pirii'orme de lu pomme Figue (l'été.
- ganisme, et sa forme est fonction à la fois du parasite et de l’organisme considérés. Dès lors si l’on assimile (ce qui est évidemment logique lorsque l’on procède à un examen comparé des différents types de la série végétale), si l’on assimile les cellules reproductrices d’une plante à des parasites, ces cellules étant toujours semblables, et l’organisme étant constant, la galle qui résultera de leur présence devra être constante aussi : cette galle est la fleur. Le fruit est aussi une galle; le parasite étant ici le produit de la fécondation, si l’un des facteurs de la fécondation est modifié, si par exemple l’on emploie un pollen appartenant à une variété ou à une espèce voisine, ce produit sera différent et la galle prendra une forme différente. Ainsi l’on pourrait expliquer les types morphologiques anormaux des fruits en les considérant comme un cas particulier des galles.
- Ce n’est pas qu’il faille chercher uniquement dans l’influence d’un pollen étranger l’origine de toutes les variations des fruits : elles peuvent avoir d’autres causes, sans rapport avec la fécondation, et que l’on 11e connaît pas encore.
- D’autre part, on peut se demander si telle modification dans la forme des fruits ne peut pas s’accompagner de modifications dans le rameau support et se perpétuer par la greffe. Ce sont là des questions très délicates, et le nombre des données est souvent trop grand pour qu’on puisse espérer une solution a priori. Seules des expériences précises pourront donner la réponse à ces questions.
- Georges Kellaih.
- p.381 - vue 385/536
-
-
-
- LA N A TU HE.
- 58 2
- CHRONIQUE
- Les débuts de l'industrie houillère aux États-Unis. — On sait quel développement a pris aujourd’hui cette industrie, dont la production dépasse de beaucoup même celle de la Grande-Bretagne. Or c’est seulement en 1814 que l’on commença d’extraire industriellement de l’anthracite en Pennsylvanie, le premier chiffre que l’on trouve à ce propos ne dépassant pas 22 tonnes. Depuis lors, l’extraction totale de ce riche bassin, au moins jusqu’en 1902, a dépassé un milliard et demi de tonnes; quant aux charbons bitumineux, ils n’ont guère commencé à être exploités qu’en 1840.
- Le poids d’une foule. — C’est là une question fort intéressante, car il faut toujours, dans l’édification des bâtiments publics, des ponts, etc., donner aux éléments de la construction une solidité suffisante pour résister aux poids les plus considérables qu’y peuvent faire porter des concours de circonstances même tout exceptionnelles. On ne se doute généralement pas du nombre énorme d’individus qui peuvent tenir agglomérés sur une très faible surface. Un architecte allemand de Bonn, M. Hunscheidt, vient de se livrer à ce sujet à de curieuses expériences pratiques. Sur une surface de 5,12 m2, il a fait tenir d’abord 40 ouvriers, pesant en moyenne 72 kg, ce qui donnait par conséquent 500 kg par mètre carré; les hommes se touchaient, mais sans aucunement se gêner. On a pu facilement faire se glisser entre eux 0 ouvriers de plus; il v avait presse, sans doute, mais pas plus que dans bien des sorties de réunions publiques : le poids unitaire atteignait alors 050 kg. Il a pu s’élever à 700 kg par m2, quand on a ajouté encore 4 hommes à cette foule artificielle : cela faisait 10 hommes environ par mètre carré, mais cette cohue se produit parfaitement les jours de fête, car elle n’empèche pas complètement les gens qui s’y trouvent de se mouvoir, plus ou moins aisément, il est vrai. On voit, par ces expériences, quelle résistance on doit donner aux planchers des bâtiments destinés à la circulation ou au stationnement des foules.
- La profondeur de l’eau et la vitesse des bateaux. — On sait depuis longtemps qu’une faible profondeur d’eau diminue considérablement la vitesse de marche des navires, et, de plus, les rend difficiles à gouverner. Mais il faut aller beaucoup plus loin dans cette opinion, et, notamment d’après l’ingénieur italien Rota, avec une profondeur d’eau égale- à dix fois le tirant du bateau considéré, on n’est pas dans les memes conditions qu’avec une profondeur théoriquement illimitée. Une Commission de la marine allemande a récemment vérifié cette assertion au moyen d’expériences très sérieusement conduites. Entre des vitesses de 12 et 21 nœuds, les torpilleurs qu’on employait aux essais dépensaient d’autant plus de charbon (pour une vitesse donnée) que la profondeur était plus faible. D’ailleurs, au delà de 21 nœuds, la progression n’est plus la même. Les profondeurs par lesquelles on naviguait variaient entre 7 et 60 mètres.
- Les pilotis en eucalyptus. — Cet arbre, déjà précieux à bien des égards, semble fournir la matière première d’un pilotis idéal, en dépit de son prix d’achat élevé (nous parlons, du reste, spécialement de l’eucalyptus de Tasmanie). La densité de ce bois est de 1,15, si bien qu’il s’enfonce par son propre poids dans l’eau ; on l’obtient facilement en billes de 50 mètres de long sur au moins 0m,50 d’équarrissage, et cela n’a pas lieu d’étonner si l’on
- songe (jue l’eucalyptus atteint couramment une hauteur de 60, de 75 mètres, souvent même de 100 mètres, les premières branches nese montrant qu’àune cinquantaine de mètres du pied de l’arbre. Le pilotis d’eucalyptus ne craint pas le taret et supporte des battages répétés s'il s’agit de charpentes provisoires à établir.
- Un exemple de bonne marche d’une turbine à vapeur. — Nous savons assurément que bien des machines à mouvements alternatifs ont pu tourner fort longtemps sans aucun arrêt, sans la moindre réparation; mais voici un exemple qui est curieux à citer, eu égard à la vitesse de rotation énorme des turbines. Un de ces engins, d’une puissance de 600 chevaux, a marché sans interruption 5962 heures pendant l’exposition de Saint-Louis; et comme son allure était de 5600 tours, il a donc fait, pendant ce temps, plus de 855 millions de tours. On l’a démonté, une commission l’a examiné, et l’on n’y a pas trouvé la moindre trace d’usure; les surfaces portaient encore les empreintes très nettes laissées par les outils ayaut servi à la fabrication.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 mai 1905. — Présidence de M. Troost.
- Les pseudo-hématozoaires. — M. Laveran expose que les recherches qu’il poursuit sur des préparations de sang qu’on lui envoie lui ont permis de vérifier que les observateurs sont parfois en présence de pseudo-hématozoaires endoglobulaires qui ne sont autre chose que des hématies. 11 fait ressortir les particularités de constitution qui peuvent donner lieu à cette erreur commise au sujet de la fièvre paludéenne de Colombie et du Cameroun.
- Synthèse de l'acide oxalique. — M. Moissan rappelle qu’il a établi que l’anhydride carbonique n’a pas d’action sur l’hydrure de potassium ou de sodium, entre — 70° et -f- 54° lorsqu’il y a siccité parfaite. Mais s’il y a une trace de vapeur d’eau correspondant seulement à la tension de la vapeur émise par la glace à la température de — 80°, la réaction se produit et donne du formiate de potassium. Enfin si la température s’élève à 80°, 100°, 150° l’acide oxalique apparait. A 200°, il se produit un mélange de formiate et d’oxalate mais point d'autre composé. Pour démontrer la présence de l’acide oxalique le résidu est repris par l’eau et traité par un sel de baryum. Le précipité résultant est décomposé par l’acide sulfurique. Après évaporation les cristaux présentent tous les caractères et la composition de l’acide oxalique.
- Utilisation des métaux ammonium. — M. Moissan présente ensuite une Note de M. Lebeau relative à l’action des métaux ammoniacaux sur les dérivés mono-substitués des carbures saturés. Ces corps fournissent ainsi, à coté des carbures, les amines primaires correspondantes. La production des carbures est due au pouvoir hydrogénant du métal ammonium qui se transforme en amidure composé moins hydrogéné que lui. Cette dernière combinaison disparaît aussitôt en présence du dérivé halogéné qu’elle convertit en amine primaire. L’iodure d’éthyle, par exemple, donne naissance à de l’éthane et à de la monéthylainine ; la benzine monochlorée donne simultanément la benzine et l’aniline. Cette réaction dote la chimie organique d’un nouveau mode de formation concernant deux importantes séries de composés : les carbures saturés et les amines primaires. De son côté M. Joannis indique que le potassium-ammo-
- p.382 - vue 386/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 583
- nium et le bromure de baryum traités ensemble donnent un ainidure de baryum.
- Un cas de polymorphisme. — M. de Lapparent résume une Note de M. NVallerant faisant connaître un cas de polymérisation produit par action mécanique à l’aide d’un mélange isomorphique d’azotate de thallium et d’azotate d’ammonium.
- Les oscillations des wagons. — 31. Leaulé résume une .Note de M. Marié relative aux oscillations des wagons à l’entrée ou à la sortie d’une courbe lorsque les rails rectilignes ne sont pas joints aux rails circulaires par un raccordement parabolique. 11 étudie les conditions à réaliser pour que la force centrifuge ne fasse pas sortir le wagon des rails dans la courbe, telle que la surélévation du rail extérieur.
- L’amidon artificiel. — M. Maquenne rappelle que l’on peut obtenir des grains d’amidon artificiels au moyen de l’amylo-cellulose. 31. Roux-, assistant au Jluséum, montre que cet amidon artificiel se comporte comme l’amidon naturel. Traité par l’eau chaude vers 55° et soumis à l’action du malt il donne du maltose et de la dextriue. L’effet est si puissant que le rendement en maltose est de 9fi à 98 pour 100 du poids de l’amidon artificiel; avec l’amidon naturel, le rendement n’est que de 80 à 82 pour 100. Si la température augmente, la quantité de dextrine augmente et la quantité de maltose diminue. Vers 80° l’amidon artificiel n’est plus attaqué alors que l’amidon naturel est liquéfié.
- Toxicité de l'urine. — 31. À. Gautier présente une .Note de MM. Guillemard et Vronesco relative à la toxicité des alcaloïdes de l’urinc. Depuis longtemps on sait que l’urine est toxique, mais une part de sa toxicité provient des sels de potasse; il convient donc de faire la part des alcaloïdes. Ils ont trouvé que celle-ci est de 20 pour 100 de la toxicité générale chez l’homme sain. Mais dans l’état pathologique la part revenant aux alcaloïdes vénéneux peut s’élever à 30 pour 100 et même 90 pour 100.
- Luminescence du sulfate de potasse. — M. Lemoine analyse une Note de 31. Gernez sur la luminescence du sulfate de potasse. Un croyait, depuis Henri Rose, que le sulfate de potasse émet une lueur au moment où il se cristallise, mais à la condition d’avoir été engagé au préalable à l’état de sel double avec le sulfate de soude. D’après 31. Gernez, il n’y a pas d’émission de lumière au moment de la cristallisation ; au contraire, il y a émission de lumière dès qu’on touche les cristaux avec une tige métallique — et juste au point touché, — ou bien lorsqu’on agite le vase de manière à amener la rupture des cristaux par les chocs qu’ils produisent entre eux ou avec le vase. Pour observer la luminescence, il est inutile d’associer le sulfate de potasse au sulfate de soude, inutile de le fondre avant de le dissoudre dans l’eau. Enfin, le phénomène, loin d’être fugitif, est permanent et se produit même au bout d’un an quand on brise les cristaux de sulfate de potasse. Il en est de même de la liqueur mère quand on la fait cristalliser par évaporation.
- Toxicité du chloroforme. — M. Dastre résume un travail de 3131. Doyon et Billet, relatif à la toxicité du chloroforme ingéré. Dilué dans l’huile, il tue un animal à la dose de 2 grammes par kilogramme de poids vivant. L’autopsie ne révèle aucune lésion des muscles, ou du cœur, ou des muqueuses, mais une lésion spéciale du foie suivie de néphrite épithéliale. Gette découverte vérifie une observation faite par 31. Eouchard, dès 1881, touchant
- l’albuminurie accompagnant les cas d’intoxication par le chloroforme.
- Mise en évidence de l’oxyde de carbone. — 31. Bitte expose que 31. Rerthelota montré qu’une dissolution d’azotate d’argent ammoniacale est réduite par l’oxyde de carbone. 31. A. Gautier a reconnu que l’oxyde d’argent humide absorbe lentement ce gaz en donnant du carbonate d’oxydule d’argent. 31. Dejust, en étudiant cette dernière réaction, à sec et h froid, a constaté que la réduction est immédiate avec élévation de température allant jusqu’à 130°, tandis qu’en présence de l’humidité, la réaction est fort lente et incomplète, donnant cependant de l’argent métallique. Quand l’oxyde d’argent est dissous dans l’ammoniaque, il se dissout en donnant en particulier de l’argent métallique, et il se forme une liqueur colorée décelant les moindres traces d’oxyde de carbone.
- 11 suffit de placer la solution ammoniacale d’oxyde d’argent dans un petit entonnoir de 20 cm3 effilé au point que la liqueur mette une heure à s’écouler dans l’atmosphère suspecte et de recommencer 2 à 3 fois à la faire écouler ; le liquide se colore et sa teinte peut être rapportée à une échelle de trois teintes correspondant aux dilutions à I pour 10 000, à 5 pour 100 000 et 1 pour 100 000 d’oxyde de carbone. Toutefois, il convient de s’assurer d’abord de l’absence d’acétylène et d’hydrogène sulfurés, capables eux aussi de réagir sur l’oxyde d’argent ammoniacal. Ch. iie \illedeuil.
- LE RINÇAGE AUTOMATIQUE
- DES BOUTEILLES
- Le problème du rinçage des bouteilles est un petit problème de propreté et d’hygiène dont la solution, dans l’économie domestique, demande beaucoup de soins. Mais il demande encore plus que cela lorsque le rinçage doit s'effectuer, d’une façon satisfaisante et continue, sur des milliers et des milliers de bouteilles, ce qui est le cas des grandes brasseries, des maisons de vins, des distilleries, des sociétés d’eaux minérales, des parfumeries. Sans cesse, les bouteilles sorties de l’établissement, y rentrent, plus ou moins encrassées, ayant parfois servi à contenir d’autres liquides que le liquide originaire. C’est une nécessité de les nettoyer à fond : lorsqu’elles ont renfermé du pétrole ou des huiles végétales, et il faut souvent renoncer à les faire servir à nouveau. En tout état de cause, on se voit obligé de disposer d’une main-d’œuvre considérable dont il convient, par surcroît, de surveiller le travail, si l’on veut être certain qu’il est toujours consciencieusement accompli.
- Les mécaniciens ne pouvaient pas ne pas intervenir en présence d’une difficulté de ce genre et si nettement définie. Diverses machines automatiques ont donc été combinées et rendent des services : mais « le record » a été récemment obtenu par une machine américaine, que montre notre dessin, et qui a été établie par M. Charles H. Law, de Cleve-land, dans l’Ohio.
- Cette « rinceuse automatique », la « Cleveland », joint la puissance opératoire à la réduction des manipulations. Suivant ses dimensions, elle lave auto-
- p.383 - vue 387/536
-
-
-
- LA A AT L HE.
- o N i
- matiquement, et à fond, 1 1 000, 22 000 ou 42 000 bouteilles par journée de dix heures de travail, et elle n’exige pour cela que la présence de quatre ouvriers, deux pour l’alimenter, et deux pour mettre les bouteilles nettoyées en panier. Ces quatre ouvriers peuvent être remplacés par cinq femmes étant donné que la besogne ne demande aucun effort violent : les femmes s’acquittent même fort bien, avec leur soin habituel de ces sortes de choses, de ce travail de nettoyage. La force motrice mécanique consommée varie suivant l’importance de l'appareil entre deux et trois chevaux.
- La disposition mécanique est aisée à saisir. Ifune façon sommaire, l’appareil se compose d’une cuve rectangulaire divisée en trois compartiments :
- les deux premiers renferment le liquide nettoyant, lequel n’est autre chose qu’un mélange de liquides alcalins en proportions étudiées; le troisième compartiment se remplit, en aussi grand renouvellement qu’on le désire, avec l’eau pure de rinçage finale.
- I ne trame sans fin, formée par des rangées parallèles de gaines métalliques, reçoit les bouteilles; elle [tasse sur des guides fixes disposés à l'intérieur de la cuve et au-dessus; de cette façon les bouteilles sont méthodiquement entraînées par le mouvement lent de la trame sans pouvoir retomber hors de leurs gaines.
- Ainsi, prenons une machine dans laquelle il y a 208 rangées de plaques transversales auxquelles sont fixées les gaines. La moitié de ces rangées
- Machine de M. Ch. Luw à rincer les bouteilles.
- supporte neuf gaines et l'autre moitié huit seulement, intercalées alternativement « en chicane ». Donc, la trame contient, au total, 2278 gaines recevant autant de bouteilles qui, après avoir passé dans le liquide nettoyeur, à deux reprises, iront finalement traverser le bain de rinçage à l'eau pure. Mlles en ressortent rincées et vont finalement tomber, avec régularité, dans une cuve plate à demi remplie d’eau courante claire, laquelle a pour mission d’amortir le choc des bouteilles sortant, par rangées, de l’appareil. Lue palette de bois, en forme d’aube, tourne lentement dans cette cuve : elle y entretient un courant régulier qui, constamment, amène les bouteilles à portée de la main des femmes qui se tiennent à l’extrémité de la machine pour les recevoir et pour les mettre à égoutter dans
- des paniers; la « casse » est presque mille dans ces conditions.
- Les bouteilles restent environ 55 minutes au passage dans l'appareil. En thèse générale, l’eau employée dans les deux premiers bacs doit être portée à une température variant entre 50 et 60 degrés centigrades. Cependant, lorsqu’il s’agit de bouteilles ayant contenu des huiles comestibles ou minérales, il est bon de porter la température des bains vers 80 degrés centigrades; avec quelques essais fort simples on se rend aisément compte de la température la plus favorable au succès de l’opération dans tel ou tel cas. Max de Naxsolty.
- Le Gérant : P. Masson.
- Taris. — Imprimerie Laucre, rue de Flcurus, 0.
- p.384 - vue 388/536
-
-
-
- iV lliliü. — ‘20 MAI 1005
- LA N ATI UE.
- LA. DOMESTICATION DU
- Le lieutenant belge Nys, qui était parti pour le Congo en novembre 1902, avec la mission d’étudier le dressage des éléphants et des zèbres1, a obtenu de très importants résultats en ce qui concerne ces derniers quadrupèdes. Ayant capturé quatre-vingt-dix zèbres à Sampwé, dans le Katanga, le 30 juillet 1904, il a pu en apprivoiser le plus grand nombre et il en a entrepris le dressage.
- Après une battue énergique, ce troupeau fut, en une lois, enfermé dans un kraal, vaste de 18 à 20 hectares, qui avait été édifié à cette fin. Se sentant prisonniers, les zèbres se mirent à galoper éperdument pendant deux heures. Quand ils se furent calmés, ils commencèrent à brouter l’herbe du kraal. Comme il n’y avait pas d’eau dans cet espace, on se mit en devoir de leur en fournir ; ce ne fut pas une petite opération, car il fallut transporter journellement 2700 litres d’eau que l’on allait prendre à un kilomètre de là. Pour faire boire les animaux, ce fut une autre difficulté.
- Comme ils n’osaient pas s’approcher des récipients de zinc qu’on leur offrait, on enterra les caisses en dissimulant leurs bords sous l’herbe; mais ces délicats animaux s’en éloignèrent encore, sans doute à cause de l’odeur des nègres qui avaient touché les récipients.
- Il en résulta des décès dans les premiers jours qui suivirent la capture : certains animaux s’obstinèrent à ne vouloir ni boire ni manger; des juments pleines avortèrent ou mirent bas dans des conditions défavorables; des poulains, incapables de manger de l’herbe, moururent de faim, leur mère n’ayant plus de lait; quelques animaux, après avoir longtemps jeûné, se mirent à manger et à boire si gloutonnement, qu’ils en moururent.
- Quand les survivants eurent repris leur calme, après une quinzaine de jours, on commença à en tenter la. capture individuelle, ce qui devait aboutir
- 1 Yov. ti° 1110, du 8 septembre' 1894, p. ‘250, et u° 1574, du ‘25 juillet 1905, p. 115.
- 33e année. — 1C1 semestre.
- à les enfermer dans des écuries, chacun dans un box différent.. Ce ne fut pas du goût des zèbres qui se jetèrent comme des forcenés contre les parois de leur loge, se déchirant ainsi la peau du front et du chanfrein, si bien qu’il y eut encore cinq nouvelles victimes.
- Des quatre-vingt-dix zèbres capturés, il n’en restait plus au lieutenant Nys que soixante, mais ils étaient bien vivants et étaient devenus très dociles. On pouvait s’en approcher sans qu’ils essaient de ruer ou de mordre. L’officier belge avait bon espoir, vu la docilité qu’il avait déjà obtenue de ses zèbres, dans le succès du dressage qu’il allait tenter.
- On a pendant longtemps considéré le zèbre comme un animal indomptable qui ne serait susceptible d’aucune domestication, mais depuis que les explorateurs africains sont entrés en contact avec lui et en ont mieux étudié les mœurs et le caractère, cette opinion s’est sensiblement modifiée.
- Les premiers voyageurs qui ont parcouru l’Afrique centrale ont signalé le grand nombre de zèbres qui vivent dans certaines régions, en même temps qu’ils se sont plu à décrire les évolutions rapides de leurs troupes gracieuses, galopant à travers les plaines. Livingstone vante aussi l’intelligence de ces animaux sauvages.
- Le major belge Cambier qui, en 1879, fonda la station de karema, sur le bord du lac Tanganyika, était déjà parvenu à apprivoiser un jeune zèbre, dont la mère avait été tuée en chasse. Il l’avait nourri au moyen de farine délayée dans de l’eau tiède. Le petit animal le suivait comme un chien.
- Quelques années après, le D1' Paul Reichard, membre de l’expédition allemande qui, de 1881 à 1884, s’avança jusqu’au Katanga, dépeignait à son tour le zèbre comme susceptible de rendre les plus grands services en Afrique, surtout au point de vue des transports. « Le zèbre, disait-il, est sobre, courageux, vif, résistant à la fatigue, et insensible à la
- 25
- Dressage du zèbre à Gagri (.Transcaucasie).
- p.385 - vue 389/536
-
-
-
- 3X6
- LA NATURE.
- chaleur comme au froid. » Le D' Reichard avait vu à Zanzibar un zèbre qui servait de monture à un Arabe et obéissait comme un cheval.
- Le voyageur allemand von Uechtriz raconte qu’en 1893, un marchand de bêtes qu’il vit à Capelown, avait trente-quatre eouaggas, espèce de zèbre de l’Afrique australe, qui avaient été pris au lasso dans l'espace de six mois et dont quelques-uns étaient si bien apprivoisés qu’ils s’approchaient pour se faire caresser quand leur gardien entrait dans leur enclos. En 1891, le même explorateur avait vu aussi au N’amaqualand un commerçant qui se servait d’un couagga domestique et le montait, sellé comme un cheval. M. von Uechtriz signale, pour ces pays où tout Européen qui voyage ou s’occupe d’élevage a besoin d’ùne monture, un avantage «à l’emploi du zèbre, c’est qu’il est réfractaire à une maladie qui, sur la cote, pendant la saison des pluies, fait disparaître plus de la moitié des chevaux. Un croisement d’étalons eouaggas et de juments pourrait, d'après lui, donner d’excellents résultats.
- Quelques personnes sont arrivées à atteler des zèbres et à obtenir d’eux une docilité parfaite. Certains propriétaires de cirques sont parvenus aussi à des résultats très concluants et ont pu faire évoluer les zèbres dans l’arène, aussi bien que des chevaux. M. Hagenbeek, le marchand bien connu d’animaux sauvages, à Hambourg, qui a eu beaucoup de zèbres dans son établissement, déclare qu’ils s’apprivoisent très rapidement. Il semble donc hors de doute que les nombreux zèbres qui peuplent toute la partie sud-est du continent africain pourront être employés un jour d’une façon pratique.
- L’une des régions du Congo où les zèbres abondent le plus est certainement le Katanga, pays dans lequel le lieutenant Nys a dirigé ses recherches. Ces quadrupèdes vivent dans les plaines herbeuses du Katanga, sans paraître dépasser à l’ouest le Loualaba, tandis qu’à l’est on les trouve encore dans les savanes qui avoisinent le Tanganyika, ainsi que dans toute la région qui s’étend entre ce lac et la cote de l’Afrique orientale. On les rencontre souvent vivant fraternellement avec les antilopes.
- Le major Cambier rapporte que, le long de la rive orientale du Tanganyika, les troupeaux de zèbres atteignent parfois le chiffre de 80 à 100 individus. Au Katanga, le Dr Reichard a rencontré, dans une Seule journée, jusqu’à dix troupeaux de 20 à 30 zèbres chacun. Le capitaine Lemaire, en 1899, a plusieurs fois aussi aperçu des hardes de zèbres dans le même pays. La mission remplie par le lieutenant Nys au Katanga aura certainement fait faire un grand pas à la question de la domestication du zèbre. Ces animaux pourront rendre en Afrique des services très appréciables, et notamment, leur emploi pourra dispenser de faire faire par les noirs le portage des charges et marchandises. Comme confirmation matérielle de tout ce qui précède, M. Martel nous communique la photographie ci-contre, montrant le dressage d’un zèbre, auquel il a assisté en septembre
- 1903 à Gagri (Transcaucasie). Dans cette nouvelle station de la Riviera Asiatique1, S. A. 1. le prince d’OIdenburg a, en effet, tenté la domestication de plusieurs de ces animaux en vue de l’attelage et même de l’équitation. Gustave Regei.si'Ergek.
- L’ANESTHÉSIE SANS CHLOROFORME
- La Société de chirurgie discutait dernièrement laques-lion toujours si grave de l'anesthésie. Quel est le moyen le meilleur d’administrer, avec le minimum de risques pour le malade et le maximum de sécurité pour le chirurgien, l’anesthésique habituel, le chloroforme? De temps à autre, en dépit de la surveillance la plus minutieuse, il arrive un accident subit; le malade pâlit, ne respire plus, le cœur ne bat plus, la vie a disparu ; il a cependant aspiré à peine quelques gouttes de vapeur anesthésique et tous les efforts sont vains pour le ranimer d’une syncope brutale et mortelle. Pour conjurer, dans la mesure du possible, ces accidents, plusieurs chirurgiens ont imaginé de doser la quantité de chloroforme inhalé, en la mélangeant, dans des proportions graduées, à une certaine quantité d’air. Ce sont des palliatifs incertains et, comme le faisait remarquer un d’entre eux, plus on a recours aux appareils perfectionnés, plus on a à craindre le relâchement de surveillance de l’aide chargé de l’anesthésie.
- L’application d’un procédé nouveau vient, à l’occasion de celte discussion, d’être signalée par MM. Terrier et Desjardins. Procédé est trop dire ; c’est l’emploi d’un alcaloïde végétal comme anesthésique et l’idée de cette substitution au chloroforme et aux éthers de diverses catégories appartient au Dr Schneiderlin, de Bade. Quelles ont été les raisons qui ont conduit ce chirurgien à expérimenter ce produit? je l’ignore, car ses propriétés ne pouvaient pas, a priori, permettre de conclure à un agent anesthésique général.
- La scopolamine qu’a préconisée M. Schneiderlin a été extraite par Schmidt, de Marbourg, de la scopolia japo-nica, plante herbacée vivace, de la famille des Solanées, connue sous le nom de belladone du Japon. Les premières analyses chimiques faites par Langgaard, il y a déjà longtemps, avaient donné un alcaloïde, la roloïne (du nom japonais de la plante,~roto) qui avait toutes les propriétés des alcaloïdes de la belladone. La scopolamine a hicu, en effet, une action mydriasique et une action vaso-dilatatrice; mais elle a en même temps un pouvoir narco* tique qui donne un sommeil irrésistible, ne s’accompagnant d’aucun trouble, d'aucun rêve. La scopolamine a une action inhibitrice sur le nerf pneumogastrique, qui se traduit par un ralentissement de la respiration et une accélération des battements du cœur et une action narcotique sur le cerveau.
- C’est cette propriété somnifère qu'utilisent Schneiderlin et ses adeptes pour anesthésier leurs malades. Ils se servent d’une solution contenant un milligramme à un milligramme et quart de scopolamine par centimètre cube d’eau et font une première injection sous-cutanée deux heures avant l’opération, puis une seconde injection une heure et une troisième une demi-heure avant l’acte opératoire. Pour asmrer l’innocuité, il est utile d’adjoindre, à titre d’antidote, une petite quantité de chlorhydrate de morphine à la solution, soit un centigramme par centimètre cube. Un quart d’heure à vingt minutes après la première injection, le malade se sent une envie irrésistible de
- 1 Yoy. n° ICÜJ, du 18 mars 1905, p. 248.
- p.386 - vue 390/536
-
-
-
- LA XATLIîE.
- 587
- dormir : il résiste en vain, il se froüe les yeux, bâille, puis tombe, comme l’homme épuisé de fatigue, et s’endort calme et tranquille. A la deuxième injection, le sommeil est plus profond, les mouvements réflexes diminuent. Si on interpelle vivement le malade, il ouvre un œil, puis repart aussitôt à dormir. A la troisième injection, le sommeil est absolu et l’anesthésie assez complète pour permettre au chirurgien d’intervenir. Chose curieuse, si profond que paraisse le sommeil, il n’est pas tel qu’en parlant avec force au malade, en faisant du bruit, ou ne le réveille comme un sujet dormant d’un sommeil naturel. Mais si on le pique, si on le pince il ne regimbe pas, la sensibilité est abolie, l’anesthésie est complète. L’opération doit donc être conduite en silence, sans remuer trop les malades si on ne veut pas les faire sortir de leur torpeur. Mais ce qu’il y a d'intéressant dans cette méthode c’est que l’opération terminée, l’anesthésie persiste assez longtemps pour éviter au malade la douloureuse phase du réveil, avec les souffrances provoquées par la plaie, le pansement. Le malade dort plusieurs heures, une fois que tout est terminé; quelques-uns, après avoir, au bout de cinq, six heures, mangé, bu, se rendorment encore p'us ou moins longtemps. Aucun souvenir ne leur reste, au réveil, de ce qui s’est accompli avant, pendant et immédiatement après l’opération. C’est véritablement l’anesthésie durable et efficace.
- Cette méthode, encore inconnue en France, a été largement employée en Allemagne où l’on compte à celte heure plus de 1500 opérations pratiquées sous son heureuse influence. Le professeur Terrier et M. Desjardins l’ont importée chez nous; ils l’ont même modifiée en combinant l’anesthésie de la scopolamine avec celle du chloroforme. Ils ne font dans quelques cas qu’une seule injection de scopolamine une à deux heures avant l’opération et au moment décisif font respirer un peu de chloroforme. Quel que soit le procédé employé, il y a dans cette méthode anesthésique des avantages précieux, tels que la longue durée du sommeil, la persistance d’une insensibilité au réveil et la grande innocuité, car on n’a pas rtlaté jusqu’ici d’accident imputable à l’agent anesthésique. La cocaïne permettait déjà de se passer de chloroforme pour de nombreuses opérations, mais elle ne peut être employée que comme un anesthésique local; la scopolamine endort et avec moins de risques, d’après les chirurgiens qui l’ont employée, que le chloroforme : c’est donc un progrès sérieux si cet agent peut être appliqué pour toutes les interventions chirurgicales. Dr Adou'ue Cart.vz.
- STATION ROULANTE DE COMBUSTION
- DES ORDURES MÉNAGÈRES
- La pratique de l’incinération des ordures ménagères semble gagner de jour en jour du terrain : nous n’avons pas l’intention de la justifier ici, car cela sortirait de notre sujet, où nous entendons nous limiter étroitement. Mais il va de soi que bien des agglomérations modestes ne peuvent faire les frais d’une installation très complète, par suite notamment du faible volume quotidien des détritus à traiter ; pour certains villages, par exemple, il suffirait souvent d’un incinérateur utilisé en commun par plusieurs villages, et allant fonctionner tel jour dans l’un, tel jour dans l’autre.
- C’est précisément pour répondre à ce desideratum, que l’on a songé à combiner un destructeur assurant la combustion dans de bonnes conditions, au point de vue de la facilité de conduite et de la non-émission de gaz
- malodorants ou nocifs. L’appareil a été étudié par la maison anglaise Meldrum, qui s’est fait une spécialité de l’établissement des stations fixes du même genre. Cette installation roulante fonctionne déjà, en donnant pleine satisfaction, à l’hôpital spécial pour les varioleux dit de Joyce Green.
- extérieurement, cela ressemble à une locomobile agricole un peu massive, et, en dépit de ses dimensions assez modestes, ce crémateur peut traiter quotidiennement 5000 kg de débris de toute espèce. Ces déchets, les ordures à brûler, sont chargés d’abord non pas dans le foyer proprement dit, mais en avant de la grille, où ils subissent une dessiccation préalable ; le tirage appelle les vapeurs qui s’en échappent et les font passer sur le feu même. Quand ils sont suffisamment secs (ce qu’un peu de pratique enseigne rapidement à reconnaître), ils sont poussés sur la grille, et l’on y ajoute une certaine quantité de coke ou de fraisil, afin que la température soit aussi élevée qu’il est nécessaire. Nous devons ajouter du reste
- Station roulante de combustion des ordures ménagères.
- que le fonctionnement du foyer se fait à tirage forcé, au moyen de deux jets de vapeur : ce fluide est engendré par une petite chaudière tubulaire à retour de flammes qui se trouve à l’avant de l'appareil, et à laquelle la chaleur voulue est fournie par les gaz de la combustion, alors qu’ils passent pour se rendre à la cheminée. Ce sont les gaz qui arrivent du foyer; mais, avant de parvenir au générateur, ils traversent une vaste chambre de combustion qui est disposée à l’arrière du foyer, ce qui assure leur combustion parfaite avant évacuation dans 1 atmosphère. Bien entendu, le générateur de vapeur est muni de tous les dispositifs qui s’imposent normalement.
- Notons que les destructeurs, les crémateurs de détritus fonctionnent si bien maintenant, que nombre d’usines en font installer pour se débarrasser sur place, sans transport aucun, des déchets de fabrication qui n’ont nulle valeur marchande. 1*. dk M.
- LE CABLE D’ISLANDE
- La Grande Compagnie des Télégraphes du Nord vient d’obtenir du Gouvernement danois une concession de 20 années pour la pose et l’exploitation d’un câble télégraphique sous-marin entre les îles Shetland et l’Islande, moyennant une redevance annuelle de 75000 francs du trésor danois et de 50 000 francs du trésor islandais.
- Ce câble, dont la pose est désirée depuis plusieurs an-
- p.387 - vue 391/536
-
-
-
- 588
- LA NATURE.
- nées, partira des lies Shetland, passera par les îles Feroé et atterrira sur la cote est de l’Islande à Seydisfjord ou Reydarfjord. Des lignes terrestres relieront le point d’atterrissement à Reykiavik, le chef-lieu de l’Islande; ces dernières seront construites et exploitées par le Gouvernement islandais, mais la compagnie des Télégraphes du Nord participera aux frais de la construction pour une somme de 417 500 francs. Les poteaux télégraphiques seront préparés en Norvège et en Suède.
- Les frais de fabrication du câble et ceux de son immersion sont évalués à 2 775000 francs et ceux de l’établissement des lignes terrestres à 550 000 francs. Enfin l’Islande sera dotée ultérieurement d’un réseau téléphonique qui complétera le réseau télégraphique. L. F.
- UNE PUISSANTE LOCOMOTIVE A PÉTROLE
- C'est encore une des formes de ce qu’on appelle l'automobilisme dans les chemins de fer. Nous avons déjà cité des locomotives dont la propulsion est assurée par un moteur tonnant; mais elles avaient une faible puissance et u’élaient appelées à circuler que sur des voies étroites, tandis que celle que nous mettons ici sous les yeux du lecteur assure la traction de véhicules ordinaires sur une voie normale, dans des conditions un peu particulières, il est vrai.
- Elle a été construite par la Maudslay Motor C°, de Coventry, pour le compte de la municipalité de Londres, et pour le service de l’embranchement qui réunit le marché municipal de la viande au réseau du London, Brighton and South Coast Railway; elle amène les wagons chargés de viande venant de la province ou des ports de débarquement des viandes frigorifiées, et ramène en sens inverse les wagons vides. C’est un service sujet à des arrêts souvent très prolongés, puis à des reprises brusques, et le moteur à pétrole est tout indiqué pour répondre à des besoins de cette sorte, étant donnée sa facilité de mise en marche.
- Cette locomotive à pétrole ressemble en somme considérablement à une machine électrique : on y a adopté la disposition inclinée de l’avant et de l’arrière, qui laisse la vue absolument libre au mécanicien, abrité dans sa cabine vitrée; on a disposé devant les roues des tôles latérales qui évitent bien des accidents. Le moteur employé ici est du type Maudslay, il est à o cylindres verticaux, carrés, ayant 228 millimètres de course comme d’alésage; il peut développer une puissance de 80 chuvaux à
- 450 révolutions. L’allumage est du type à haute tension avec piles et bobine. Pour faciliter la mise en marche, un moteur auxiliaire de 8 chevaux à un cylindre sert à faire tourner le grand moteur, qui est, bien entendu, muni de soupapes de décompression. Le refroidissement d’eau est assuré par des radiateurs tubulaires à grande surface, et aussi par un ventilateur qui est particulièrement utile quand on marche à allure lente, comme cela se passe fréquemment sur ces voies d’embranchement. La machine emporte avec elle des approvisionnements suffisants pour une journée entière. Elle traîne facilement 4 wagons pesant en charge 50 tonnes, et cela sur des voies qui sont partiellement installées dans le sol des rues, qui présentent par conséquent une grande résistance au roulement, et où souvent les rampes atteignent 27 pour 100. Cette locomotive pèse 12 tonnes, et elle peut fournir deux vitesses
- avant ou arrière, de 4 et de 8 kilomètres à l'heure, ce qui est bien suffisant en l’espèce.
- Nous devons dire du reste que, sinon sur les grandes lignes, du moins pour les lignes à voie étroite, et en particulier pour les voies d’usines, de mines, de carrières, de chantiers de travaux publics, on tend de plus en plus à recourir à ces tracteurs à pétrole, si commodes de conduite comme d’alimentation. Et c’est ainsi que la Compagnie anglaise Wolseley, de Birmingham, a créé un type intéressant de locomotive pesant 5 tonnes et susceptible de remorquer une charge de 15 tonnes à 16 kilomètres à l’heure. 1). B.
- LE FOUR ÉLECTRIQUE KJELLIN
- Les aciéries suédoises disposent généralement d'usines hydrauliques très puissantes, produisant économiquement l’énergie électrique. Il est donc naturel que les ingénieurs de ce pays songent à réaliser la production de l’acier au four électrique, problème déjà résolu en France aux usines électro-métallurgiques de La Praz et de Livet. Au cours d’un récent voyage en Suède, nous avons pu examiner à Gysinge le four électrique de M. Kjellin, et l’inventeur a bien voulu nous donner lui-même les renseignements suivants.
- Les fours électriques consistent d’ordinaire en un ou plusieurs arcs jaillissant entre le métal à fondre et des électrodes convenablement choisies. D’où il
- Une locomotive à gazoline.
- p.388 - vue 392/536
-
-
-
- LA NATURE.
- r>8R
- résulte qu’aux points où jaillit l’arc, la température, voisine de 5700°, est bien supérieure à celle cpii convient à la fusion de l’acier, alors qu’elle est beaucoup plus basse dans le reste de la masse. De plus, la combustion des électrodes introduit dans l’acier des impuretés qui nuisent à sa qualité. On a donc essayé d’autres fours où l’arc est supprimé : on. se borne à faire passer dans l’acier un courant alternatif d’intensité assez élevée pour que le dégagement de chaleur, provenant de la résistance de l’acier, suffise a élever sa température au-dessus du point de fusion; mais, comme la résistance du bain de métal, même tondu, est très faible, on est obligé d’employer un courant d’intensité considérable, et,
- par suite, des conducteurs d’énorme section pour amener ce courant dans l’acier : l’usure rapide de ces gros conducteurs au contact de l’acier fondu (en supposant qu’ils n’y introduisent pas d’impuretés) entraîne une dépense telle que le procédé a dù être abandonné. C’est l’examen des inconvénients de Ces différents systèmes qui a donné à M. Kjellin l’idée de construire son four comme un transformateur ordinaire dont le bain d’acier serait le circuit secondaire. Dans un pareil type de four, que l'on peut appeler « four d’induction » par opposition aux « fours à are » et aux « fours à résistance », on évite d’une part toute difficulté dans l’installation électrique : en choisissant un rapport de transfor-
- Four électrique.
- mation convenable, on peut, en effet, produire à l’usine hydro-électrique du courant alternatif à haut voltage et faible intensité, qui, envoyé dans le primaire du four, induira dans le bain d’acier un courant de très faible voltage, mais dont l’intensité considérable suffira pour élever la température au-dessus du point de fusion de l’acier malgré sa faible résistance. D’autre part, le bain métallique peut être complètement isolé en vase clos, et l’on réalise ainsi, avec des frais bien inférieurs, une opération métallurgique identique à celle de la fusion de l’acier au creuset, par laquelle on obtient les aciers de toute première qualité. Nous insistons sur ce point essentiel : le four Kjellin est construit dans le but très particulier de préparer un métal comparable aux meilleurs aciers au creuset, en jartanl
- de matières premières très pures, qui sont, d’un côté, de la fonte produite avec des minerais purs de Dannemora, et, d’autre part, des déchets de fer doux provenant de la forge wallonne de Gysinge. On ne prétend donc pas affiner dans ce four des fontes ordinaires, sulfureuses ou phosphoreuses, avec lesquelles les fours à électrodes arrivent au contraire à donner des aciers de bonne qualité. Toutefois, les expériences actuellement en cours au Creusot sur un l'our « à induction » très différent d’ailleurs du four Kjellin, peuvent faire espérer que ce type de four sè prêtera également bien à l’affinage des fontes phosphoreuses, à condition de lui donner des dispositions spécialement étudiées, en vue de cette application, qui s’écarte complètement i du but poursuivi par l’ingénieur de Gysinge.
- p.389 - vue 393/536
-
-
-
- 590
- LA NATURE.
- Le four Kjellin se compose d’une carcasse magnétique en tôles d’acier doux formant le.noyau du transformateur, — d’une bobine de fil de cuivre constituant le primaire, — et d’une rigole circulaire où se trouve le bain d’acier représentant la spire unique du circuit secondaire du transformateur. Les parois de cette rigole sont revêtues de pisé fait en dolomie calcinée, et damé dans un massif de briques réfractaires; celui-ci est maintenu dans une enveloppe en tôle avec interposition de sable à la périphérie.
- La rigole est recouverte par huit secteurs I)D en matériaux réfractaires, munis de poignées en fer permettant de les enlever pour introduire la charge.
- Celle ci comprend 60 pour 100 de fonte pure et II) pour 100 de fer doux; quand la rigole est pleine, elle renferme 1900 kg de matières fondues. Toutes les six heures on perce le trou de coulée et l’on reçoit dans des lingolières 1000 à 1100 kg d’acier : on laisse ainsi dans le four 900 kg de matières fondues pour faciliter la fusion de la charge qu’on ajoute ensuite, et pour ne pas introduire de trop grandes perturbations dans la marche de l’alternateur qui fournit le courant. La production totale du four par 24 heures atteint 4100 kg de lingots, en fournissant au primaire 165 kilowatts de courant alternatif dont la tension est de 2700 volts quand la rigole est pleine ; sur ces 165 kilowatts il y en a 87,5 de perdus et seulement 77,5 d’absorbés par le bain d’acier où le courant atteint 25 000 à 50 000 ampères sous une tension de 7 à 9 volts.
- Le prix de revient de la tonne d’acier en lingots s’établit de la façon suivante :
- 1" Matières premières......... 155 fr. 50
- 2° Main-d’œuvre de fabrication. 15 fr. 30
- 5° Réparations au four........ 5 »
- 4° Énergie électrique......... 7 fr. 40
- 5° Lingotières................ 2 fr. 40
- 6° Frais généraux, intérêt, etc. 5 » Rrix de la tonne de lingots . . 187 fr. 40
- Pour que ce four puisse lutter avec les autres procédés métallurgiques, il faut que l’énergie électrique soit obtenue à un prix suffisamment bas ; à Gysinge, le prix du kilowatt-an est d’environ 77 fr. et c’est en évaluant de 0,08 à 0,11 kilowatt-an la dépense d’énergie électrique par tonne de lingot produit, qu’on a établi le prix de revient donné
- plus haut. M. J.
- --------
- UN PHÉNOMÈNE SINGULIER
- * sur l’anneau nu SATURNE
- La planète Saturne est depuis quelque temps l’objet d’intéressantes constatations. Nos lecteurs ont déjà^ été entretenus de la découverte du 9e satellite, Phœbé. Le 10e vient d’étre trouvé. En outre, le 25 juin 1903, l’astronome Barnard avait découvert, à l’observatoire Yetkes, une curieuse tache blanche sur la planète.
- Cette tache fut observée par Barnard d'abord, ensuite par les astronomes de l’observatoire de Toulouse, en dernier lieu par José Comas Solâ, à Barcelone. Il a assigné comme valeur de rotation à cette tache une période de 10h 38m 6’. Mais voici qu'un nouveau phénomène est porté à notre connaissance par Dom M. Amann etDom Cl. Rozet d’Aoste (Italie).
- La planète Saturne est, on le sait, entourée d’un anneau, ou, plus exactement, d’un certain nombre d’anneaux (division de Cassini, de Bond, etc.).
- Le disque de Saturne projette une ombre sur ces anneaux, ombre qui, par suite de la convexité des anneaux, présente à son bord extérieur une courbure concave.
- Or, MM. Amann et Rozet1 ont observé, à une certaine distance de cette ombre, une autre ombre, plus étroite, moins accentuée, traversant dans toute leur largeur les anneaux sous forme de ligne courbe, ombre qui présente une courbure de sens contraire à la précédente.
- Cette ombre a été remarquée le 20 octobre dernier; elle ne figure pas sur 10 dessins pris du 20 octobre au 15 novembre; mais on la retrouve sur 26 dessins pris à partir de cette dernière date jusqu’à la fin de décembre. Cette ombre, nettement définie du côté de la planète, allait en s’atténuant à l’extérieur.
- Les 28 et 29 novembre une troisième ligne d’ombre très mince a été vue très rapprochée de l’ombre principale de la planète. Enfin, du 22 au 27 décembre, l’ombre secondaire était bifurquée sur l’anneau intérieur et avait alors la forme de la lettre y.
- Les auteurs ont trouvé la partie des anneaux comprise entre l’ombre de la planète et l’ombre secondaire plus brillante que le reste des anneaux. Mais cela peut tenir à une illusion d’optique. L’œil est assez mauvais instrument de mesure au point de vue de l’éclat lumineux et une surface interceptée entre deux bandes sombres semble plus brillante par contraste avec l’éclat de ces bandes.
- L’ombre secondaire n’est pas une tache sur les anneaux puisqu’elle est immuable et que les anneaux tournent. Résulte-t-elle d’une interception des rayons solaires par un corps opaque? MM. Amann et Rozet pensent que non et croient « que l’éclat plus accentué de la portion des anneaux comprise entre la ligne sombre et la partie éclipsée par la planète fait penser plutôt à une déviation, par réfraction de la lumière du soleil aux environs de la planète ».
- Ces observateurs remarquent encore que « les rayons solaires qui éclairent la portion plus lumineuse des anneaux passent à la latitude de la région actuellement la plus tourmentée de Saturne : celle de la zone obscure de l’hémisphère Nord ».
- Nous ne savons presque rien sur Saturne; c’est pourquoi les rares observations qui nous parviennent n’en ont que plus de valeur. Lucien Libert.
- STATISTIQUE PHOTOGRAPHIQUE
- Nous trouvons dans le Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale quelques données éloquentes relatives à l’importance de la production photographique en France. Ces chiffres se rapportent uniquement aux établissements de MM. A. et L. Lumière, les éminents chimistes et photographes lyonnais bien connus de nos lecteurs et à qui la Société d’encoura-
- 1 Comptes rendus Acad, des Sciences, t. CXL. 50 janvier 1905.
- p.390 - vue 394/536
-
-
-
- LA N AT UI1E.
- 591
- gement vient de décerner le grand prix de 12 000 francs fondé par le marquis d’Argenleuil.
- La surface des terrains de leurs usines, fondées en 1883, est de 405 221 mètres carrés, celle des constructions de 30 040 mètres carrés; elles contiennent 15 chaudières, des moteurs à vapeur et turbines représentant une puissance de 017 chevaux, 150 moteurs électriques donnant 542 000 w., 3 machines à glace, 5147 lampes à incandescence, 25 lampes à arc. — Le personnel comprend 204 employés au mois, et 041 à la journée, le tout représentant un salaire mensuel de 77 885 francs. — Il se fabrique par jour 70 000 plaques de tous formats, soit 2 120 100 douzaines par an, ce qui présente.une surface de verre couverte d’émulsion sensible d'au moins 557 000 mètres carrés, presque 50 hectares! La dépense d’azotate d’argent est de OOltOOO franc-.
- Ajoutons que la direction de cette usine énorme n’absorbe pas toute l’activité de MM. Lumière : ils ont en effet publié, soit seuls, soit en collaboration, plus de 200 notes ou mémoires sur les questions photographiques. P. Loxcoche.
- LE TR4NSA1NDIN1
- »•
- (X CHEMIN DE FER A 3200 MÈTRES
- L’Amérique du Sud possède des voies ferrées atteignant des hauteurs considérables, et, s’il n’était question que de l’altitude à laquelle il s’élève, le Chemin de fer Transandin ne mériterait sans doulp pas toute notre attention. Mais c’est une nouvelle voie ferrée (pii doit s’établir dans des conditions particulièrement difficiles; elle est du reste en projet depuis des années, et va apporter une transformation complète dans les communications de l’Amérique Méridionale extrême. U s’agit, en effet, défaire passer une voie ferrée à travers la Cordillère des Andes, et de réunir par un chemin direct le Pacifique à l’Atlantique, Yalparaiso et Santiago du Chili à Ouenos-Ayres. Voilà longtemps que les habitants des deux pays et que le commerce en général attendent
- * Trace défuiLhf'
- Anctle/L projet dus passage de* las(\tmbr& >»... Tunnels du passage de la Cumbre-*mm Parties eas crémaillère.
- Kilomètres
- NORD
- CHILI
- Uano de la Calaverafa
- S^Rosa de los Andes
- Puntâ de lasVacas -<J
- Juncal
- S alto , del Soldado
- LaCompuerta ?§
- Fis. 1. — Flan gênerai de la ligne.
- la réalisation de ce projet, longtemps que le réseau ferré argentin d’une part et le réseau chilien de l’autre s’arrêtent au pied de la puissante chaîne, sans pouvoir se réunir et prendre par suite une importance toute nouvelle.
- Encore à l’heure actuelle, le passage de l’Argentine au Chili constitue un voyage des plus fatigants, dangereux même. Si l’on suit la route de terre, c’est-à-dire si l’on se rend par rail jusqu’un peu au delà de Mendoza, pour prendre ensuite la voie de terre et de montagne et atteindre l’Aconcagua, il faut trois jours, et de plus ce trajet n’est possible que durant cinq mois d’été, par suite de l’abondance des neiges; on se voit alors obligé de recourir aux vapeurs qui passent par le détroit de Magellan et font un détour considérable, en s’exposant du reste à une navigation agitée et tout au moins pénible. A Ja vérité, voici bien des années déjà qu’on a commencé la construction de la voie ferrée qui devait réunir les deux réseaux dont nous avons parlé, et établir enfin des relations suivies entre les deux pays si voisins : et le fait est qu'en 1874 les frères Clark,
- après avoir terminé la construction du chemin de fer de Buenos-Ayres à Mendoza, obtinrent la concession de la ligne Transandine, comme on la nomme, et formèrent dans ce but une compagnie dite Buenos-Ayres and Valparaiso Transandine Company; en janvier 1887 seulement les travaux furent commencés du côté de Mendoza, et, au mois de juin 1891, la ligne était ouverte jusqu’au Bio Blanco, à 120 kilomètres du point de départ. Lllérieurement ils furent poursuivis un certain temps et amenèrent ainsi le rail à Punta de las Vacas, au point kilométrique 142. Du côté du Chili, les travaux furent commencés en 1887, à Santa B osa, mais ils ne furent exécutés que sur 50 kilomètres, venant s’arrêter indéfiniment à Sallo del Soldado. C'est à ces deux terminus provisoires qu’on en est resté depuis bien des années, parce que les entrepreneurs abandonnèrent le travail le trouvant trop coûteux : un service a naturellement été établi sur les deux tronçons, qui sont du reste construits à voie étroite,
- 1 Les gravures sont empruntées à l’ouvrage de Sir Martin Comvav : Aconcngua and Tierra del fuego.
- p.391 - vue 395/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 592
- pour diminuer les dépenses d’élablissement; mais le hiatus s’est maintenu qui oblige toujours les voyageurs à abandonner la voie ferrée et les wagons pour recourir, quand la saison le permet, à la mauvaise route qui traverse le massif montagneux.
- Jusqu’à présent, du reste, l’embryon de vice transandin qui se faisait sur les deux tronçons de la voie n’était pas journalier, sans doute parce que le nombre des voyageurs était insuffisant : et trois fois seulement par semaine un train partait de Mendoza, pour donner à Uunta de las Vacas la corresp o n d a n c e avec les caravanes de voilures et de mulets franchissant la Cordillère : cette première portion du trajet est sauvage et intéressante, elle se fait dans un paysage morne, au milieu d’àpres défilés, rien que du roc et de la neige, sans herbe, sans végétation ni habitation. A Punta de las Agaças on est déjà à plus de 2500 mètres d’altitude, et les voyageurs débarquant du train pour prendre les voitures, ne trouvent pour se refaire qu’une po-sada des plus primitives où les ressources sont bien minces : qu’on ne s’en étonne pas trop, étant donnés les bénéfices assez modestes que doit lui assurer le mouvement des voyageurs dans ce lieu désolé. On part alors dans des voitures découvertes traînées par des mules, et il faut emporter avec soi aussi peu de bagages que possible, car l’entreprise n’en admet guère sur celte route si dure pour les bêtes attelées aux véhicules. Au bout de 5 heures de cahots le long de précipices, les mules
- vous amènent à Las Cuevas : à mi-chemin on les a laissées se reposer un peu à la posada de Banos del Inca, autre auberge encore plus pauvre que la précédente, qui profilera peut-être quelque jour des eaux minérales alcalines que l’on trouve en ce point, et qu’on dit être excellentes pour toutes sortes de
- maladies. Il faut coucher à la posada de Las Cuevas, et c’est seulement le lendemain matin que l’on repart, après une nuit aussi peu confortable que possible dans une solitude sauvage. Un se met [en route de bonne heure, pour éviter le grand vent qui souffle quotidiennement vers midi, et cette fois on a le plus généralement abandonné les voitures, on est à cheval ou à dos de mu’et, les inégalités de la piste qu’on appelle la route ne permettant pas un autre moyen de locomotion. On chemine ainsi sur les flancs de la fameuse montagne Aconcagua, qui a environ
- 7000 mètres de hauteur, et l’on atteint le col de la Cumbre, situé à 5900 mètres. De tous côtés, ce sont d’immenses sommets qui masquent même celui de l’Aconcagua, et le spectacle compense bien les fatigues du voyage.
- On aborde alors le versant chilien, qui est autrement plus abrupte que l’autre, et l’on descend péniblement sur la posada de Juncal, au milieu d’escarpements neigeux, d’éboulis, et en suivant de larges vallées qui offrent à la fois une pente très rapide et une régularité curieuse. On longe le seul lac que l’on trouve dans cette région, la lagune de l’inca, et l’on atteint la posada à une altitude de 2200 mètres. On peut enfin remonter
- ser-
- Fig. 2. — Le passage d'un gué par le courrier postal.
- p.392 - vue 396/536
-
-
-
- LA NATURE
- 595
- dans une voiture et arriver en quelques heures à Salto del Soldado, où l’on retrouve avec satisfaction le chemin de fer : il est nécessaire de changer de
- wagon h Santa Rosa, puisque l’on quitte la voie étroite, mais la fin du voyage n’est plus rien.
- Les difficultés du parcours par la route de terre
- Fi”. i. — Vue da massif que doit traverser la %ne.
- laissent pressentir celles auxquelles on se heurte pour établir une voie ferrée, quoiqu’on ait recours à une crémaillère pour assurer la traction des convois. Les tunnels sont naturellement multipliés; on en va creuser péniblement trois aux environs de Puente del Inca, et les difficultés seront bien autres pour mener à bien le creusement du tunnel de la Cumbre ; celui-ci présentera une longueur de 2 kilomètres et demi à 5200 mètres environ d’altitude. Tous les approvisionnements ont besoin d’ètre apportés de fort loin, d’autant que les agglomérations n’existent pas en réalité dans toute cette région. Les tranchées
- et les tunnels se succèdent. Sur tout le parcours, on ne doit pas rencontrer d'autres stations que celle de
- Puente del Inca et de Juncal. Pour donner une idée des dépenses qu’entraîne la construction d’une ligne de ce genre, nous dirons que la chaux transportée à dos de mule jusqu’à la Cumbre revient à 200 francs la tonne !
- C’est là une entreprise des plus intéressantes, par suite même des difficultés à surmonter, et aussi des facilités nouvelles qu’elle va donner aux communications entre l’Argentine et le Chili. Sans doute le nombre des voyageurs et le trafic des marchandises ne seront pas
- p.393 - vue 397/536
-
-
-
- LA NATURE.
- immédiatement considérables, il leur faudra un certain temps pour se développer; mais des relations suivies ne peuvent point manquer de s’établir entre les deux pays, et de nombreuses marchandises trouveront avantage à prendre cette voie pour aller d’Europe au Chili, ou inversement. .Ajoutons que toute la région aux alentours de Puntas de las Yacas renferme des gisements argentifères autrefois attaqués, que le chemin de fer permettra de recommencer à exploiter ; il y a aussi des gisements de plomb dans une bonne partie de la Cordillère au voisinage du tracé, et le chemin de fer, comme toujours, viendra permettre la mise en oeuvre de toutes ces richesses. Pierre i>e AIkriei..
- L’ÀRUGNÉE ET SA TOILE
- Si l’on en vient à comparer les dimensions de sa toile à la taille minuscule de l’araignée, on est forcé de reconnaître que la petite bète est un véritable ingénieur qui construit un réseau de câbles, gigantesque pour elle. Fil après fil est mis en place dans l’ordre voulu et nécessaire, et il faut parfois de longues observations pour permettre, à celui qui étudie le travail, de comprendre les raisons qui dirigent l’araignée dans ses manœuvres complexes et qui lui font suivre toujours le môme ordre et les memes lois. Quelques-unes de ces raisons s’expliquent par la géométrie, d’autres par la résistance des matériaux, | et celui qui arrive à découvrir, dans la méthode
- - 1 Cadre .
- - 2 Hayons 'primitifs
- • 3 Hayajbs intermediaires & Faufil en. synrale ô Spirales
- suivie, le pourquoi de tant de détails intéressants, est obligé de s’avouer h lui-même qu’eùt-il même à sa disposition les fds de l’araignée, il ne saurait faire aussi bien qu’elle.
- Rappelons d'abord que l’araignée a dans son corps des glandes qui, par de nombreux orifices, sécrètent une matière visqueuse en forme de fils. Les fils sitôt formés acquièrent, au contact de l’air, une résistance aussi grande, si l’on tient compte de leur faible diamètre, que celle des meilleurs métaux, et ils ont en plus l’élasticité du caoutchouc. Leur surface, est gluante, ce qui fait qu’ils se collent facilement l'un à l’autre.
- Sur la toile qu’elle construit l’araignée se maintient en place par toutes ses pattes à l’exception des deux dernières qui lui servent à manier son fil. Au contraire, lorsque la bestiole veuthisser, sur son abrir un fardeau tel que la mouche en cocon qu’elle porte suspendue derrière elle, les pattes de derrière lui servent à se cramponner à l’appui, et ce sont celles de devant qui manœuvrent, comme des bras d’homme, le fil de suspension;
- Eig. 1. — diagramme dune toile d’araignée
- Passons à l’analyse d’une toile. Elle se compose de trois parties : un cadre suspendu dans l’espace; les rayons partant d’un centre commun et aboutissant à ce cadre; enfin, une longue spirale tournant un grand nombre de fois autour de ce centre. La suspension du cadre est le problème le plus difficile dans la combinaison d’une toile, il varie à l’infini. Tout d’abord il faut choisir l’emplacement qui doit être exposé de préférence au soleil du matin, et sur une grande route fréquentée par la gent des insectes ailés. Et lorsqu’un endroit déterminé remplit ces conditions, il s’agit de trouver des points d’attacl.e convenables qui, par la force des choses, seront toujours séparés les uns des autres par un gouffre qu’il faudra franchir, au moins une fois, sans câble, tant que le premier fil ne sera pas posé.
- — Un grand principe que l’araignée n’oublie jamais, c’est qu’elle doit toujours développer derrière elle un iîl qui lui permette de retrouver les points qu’elle a quittés ; il devient et son fil conducteur pour le retour et le chemin sur lequel elle marchera. Une conséquence de ce principe, c’est que le point de départ,
- p.394 - vue 398/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 505
- le centre des premières opérations, se trouve au sommet de la toile et souvent même bien plus haut, de manière à tout dominer. De ce point l’explorateur se laisse descendre suspendu à son inséparable fil, se balance, et lorsqu’il ne trouve pas le point d’appui cherché, il remonte le long du lil qu’il absorbe en remontant. 11 y a forcément les tâtonnements du début, des fils inutiles, d’autres qui servent de passerelles ou d’échafaudages, mais jamais un câble auxiliaire n’est laissé dans le réseau détinitif.
- Les difficultés les plus grosses n’existent que pour la première toile; les jours suivants, celle de la veille sert de réseau auxiliaire et une fois qu’elle devient inutile, elle est soigneusement enlevée par l’ouvrière. L’araignée se rend compte, au toucher, du degré de tension des fils. Elle peut donc, et les tendre comme il convient à la pose, et consolider ceux d’entre eux qui, au cours de la construction, se trouveraient trop chargés. Il n’est pas rare de voir l’ouvrière s’interrompre dans la marche normale de son travail, au passage d’un fil, pour le consolider en le doublant, puis reprendre ses opérations courantes. Un examen attentif des toiles permet de constater d’ailleurs que plus un fil est chargé plus il est gros. Jamais on n’observe une rupture de fil.
- Lorsque le temps est favorable, elle se fait chaque nuit une nouvelle toile, excepté toutefois lorsque sa chasse lui a donné des provisions pour le lendemain et, dans ses vieux jours, lorsque son embonpoint a diminué son activité et l’a rendue moins régulière. Une toile ne peut d’ailleurs servir qu'un seul jour, parce qu’elle perd rapidement ses merveilleuses propriétés comme piège à la fois élastique et gluant.
- Les dimensions des toiles grandissent dans les mêmes proportions que leur constructeur. Celui-ci commence peu après sa naissance à confectionner des loiles et l’on peut voir, au printemps, des multitudes de nouveau-nés travaillant tout près les uns des autres à des toiles microscopiques ayant à peu près un centimètre carré. Mais revenons à la construction de la toile commencée par le ca.dre. Ce qui semblerait le plus pratique, après la pose du premier fil Iransversal, ce serait de tourner autour du centre, en plaçant les rayons dans l’ordre où ils se suivent ; mais on arriverait ainsi à les tendre très inégalement : aussi le petit ingénieur adopte-t-il une marche plus rationnelle. Il pose d’abord quelques rayons, cinq par exemple, également répartis sur le cercle, puis il remplit les vides par de nombreux fils intermédiaires, en ayant soin, chaque fois que l’un d’eux est posé, de lui faire équilibre par un autre diamétralement opposé. L’inconvénient des tensions inégales se trouve ainsi tout à fait évité. L’ingénieux opérateur s’applique à conserver toujours un même angle entre deux rayons consécutifs; ceci l’oblige à calculer, car, en attachant les fds sur une des lignes du cadre, ils s’inclinent de plus en plus sur elle, et leurs points de fixation vont en s’écartant suivant une loi géométrique que l’opérateur ne manque pas de suivre, avec une exactitude qui parfois est mathématique;
- J’ai relevé les distances sur une* toile particulièrement soignée, puis j’ai fait, avec une échelle millimétrique, le tracé de la toile; j’ai pu constater qu'il se confondait exactement avec celui de mon pet it collègue.
- Quand tous les rayons sont en place, l’ouvrière revient au centre, elle touche un à un tous les fils, comme si elle les comptait; mais, en réalité, elle vérifie s’il n’en manque pas, et lorsque, par erreur, un vide trop grand subsiste, elle le comble par un fil supplé-menlaire. Signalons aussi un détail intéressant : lorsque, par suite de l’obliquité sur la ligne du cadre, les rayons deviennent trop longs, l’araignée crée une nouvelle ligne d’attache transversale. La dernière partie du travail, la longue spirale, demande de la patience, car elle tourne un grand nombre de fois autour du centre de la toile et chaque spire doit s’attacher à tous les rayons. Ceux-ci, à cause de leur élasticité, sont très mobiles, il faut donc les maintenir. De même qu’une couturière, en assemblant deux
- Points d’attaches à distances variables
- 'Angles
- Fi". 2. — Schéma.
- morceaux d’étoffe, commence par les faufiler ensemble à gros points, l’araignée faufile sa toile en développant une spirale provisoire à grandes mailles qui lui sert ensuite à faire les spires serrées et définitives. Elle a soin, au fur et à mesure qu’elle les rencontre, d’enlever complètement les faufils.
- Outre celles qui précèdent, d’autres précautions sont nécessaires pour assurer aux fils une égale tension, et pour éviter que les rayons aient des brisures au lieu de rester droits. Voici comment l’étonnant animal procède : il applique une patte sur la spire précédente pour régler l’écartement de la nouvelle, ses pattes de devant tiennent les rayons qu’il s’agit de réunir, tandis qu’avec la seconde patte de derrière qu’il étend, il règle la tension du fil au toucher, en l'écartant plus ou moins.
- L’activité de l’ouvrière ne va pas jusqu’à faire son travail sans jamais s’arrêter ; elle a ses moments de repos régulièrement espacés après lesquels elle reprend l’ouvrage exactement au point où elle l'avait laissé. Enfin! la toile est achevée sans défaut; elle brille au soleil. Satisfaite de son œuvre, l’habile ouvrière s’établit au centre ou aussi s’élève au bout de l’un des fils d’attache, vers sa demeure, une feuille repliée, et s’y installe.
- Maurice Koeçhlin,
- Administrateur directeur de la Société de constructions de Levallois-Perret.
- p.395 - vue 399/536
-
-
-
- 306
- LA NATURE.
- LE POULPE ET LA. CROIX GAMMÉE
- L’origine des motifs d’architecture, dans les temps anciens, révèle souvent des rapprochements étranges et inattendus. C’est ainsi que, comme vient de le montrer M. Frédéric Houssay1, le motif appelé «croix gammée » ou, de son nom indien, \& svastika, a pour j origine le poulpe, familier à tout le monde sous la j dénomination de pieuvre. |
- La croix gammée est bien connue des archéologues qui l’ont découverte partout, en Europe, en Asie et même dans l’Amérique Centrale, et qui ont été relever ses traces depuis l’époque mycénienne jusqu'au ixe siècle de notre ère. M. Houssay la trouve même employée beaucoup plus tard, au delà du xve siècle. La figure 1 (nos 1 et y) retrace les deux formes principales sous lesquelles on la connaît, la première plus répandue, la seconde moins déformée et plus adé-
- Fig. 1. — La croix gammée. — 1 el 2, deux formes principales de la svastika; 5, balcon du transept de Saint-Gerinain-1 Auxcrrois; 4, dessin sur le portail de la Vierge à Xotre-Daine de Paris; 5, eolonnette romane encastrée dans la cathédrale de Bourges ; G, une sculpture du portail des libraires (cathédrale de Houen) ; 7, la svastika posée sur le dessin précédent; 8, les quatre lièvres en svastika (église Saint-Jean de Lyon) ; 9, dérivation zoologique de la croix gammée ; 1U, dessin sur un vase grec (Théra) ; 11, fibule de bronze, Béolie ; 12, détail d un vase grec, les traits brisés représentent l'eau ; 15, croix gammée à tètes d’oiseaux.
- quate au sens primitif traditionnellement conservé.
- Dans l’Eglise Saint-Germain-l’Auxerrois, le molif forme deux balcons situés aux deux bouts du transept (tig. 1, n°3), ils sont postérieurs au xvp siècle. A Notre-Dame de Paris, sur le soubassement du portail de la Vierge, à droite et à gauche de la porte, parties qui sont du xme siècle, la même figure se présente enjolivée de plantes significatives (fig. 1, n° 4). On voit encore le même dessin sur une eolonnette d’une
- 1 Association française pom l'avancement des sciences. Suppl. Août 1904.
- porte romane, encastrée sur le coté droit de la cathédrale de Bourges (fig. 1, n° 5) et sans doute on pourrait le trouver sur beaucoup d'autres monuments. De l’époque romane où nous sommes il est facile de nous rattacher aux catacombes de l’église primitive où le symbole est admis sur les tombes et à toute l’antiquité païenne.
- Les architectes gothiques n’employaient pas ce décor simplement parce qu’il faisait bien et qu’il était harmonieux à l’œil par une forme souple. Ils y voyaient encore la traduction d’un mystère profond
- p.396 - vue 400/536
-
-
-
- LA NATURE.
- :»H7
- et, pour cela, cherchaient parfois à revêtir leur dessin d’un caractère énigmatique et mystérieux. Sur le portail des libraires, à la cathédrale de Rouen, on remarque une curieuse sculpture (fig. 1, n° 6) qui peut représenter, suivant qu’on le désire, deux personnages assis dos à dos ou deux personnages couchés ventre à ventre. Si l’on ne tient pas pour une explication valable la naïve fantaisie de l’artiste, on verra avec un vif intérêt se révéler (tig. 1, n° 7) la svastika avec la forme courte de ses bras qu’emploie le moyen âge et déterminer toutes les parties du dessin.
- Sur la cathédrale Saint-Jean-de-Lyon,on remarque aussi quatre lièvres assemblés de façon ([lie les oreilles leur soient communes, dessin bizarre considéré comme très remarquable par les auteurs contemporains et qui représente encore une svastika (fig. 1, n° 8).
- Vers le second siècle de notre ère, les hordes barbares, Gotbs et Germains, qui contournaient l’empire romain d’Orient pour se répandre dans l’Europe centrale et septentrionale, faisaient un large emploi du symbole en question et de ceux qui lui sont usuellement associés. Les Anglo-Saxons le nommaient Fijlfol, et, grâce à l’allemand vieleFihse, nous comprenons que cela veut dire « plusieurs pieds », en grec ttoÀûtco'j;, dont nous avons fait « pou1pe » ; en tant que substantif etdésignantun objet, la croix
- gammée veut dire « Poulpe ». C’est un poulpe sacré et son image évoque en même temps les idées de prospérité, de fécondité, de puissance créatrice.
- On arrive à la même conclusion par l’étude des
- l ig. 2. — Le poulpe dans l'ornementation. — 1, fragment d'un vase mycénien représentant un poulpe ; 2, poulpe schématisé sur une médaille, les yeux sont indépendants du corps; 5, vase sur lequel est figuré un poulpe avec ses yeux indépendants; i, vase ne portant plus qu'un dessin schématisé commençant à ressembler à un visage humain ou de hihou.
- Fig.
- formes. Dans la figure 1, n° 9, on voit se succéder un dessin traduisant la forme d’un céphalopode voisin du Poulpe : l’argonaute, si copieusement employé
- dans tous les décors mycéniens ; la seconde forme est une simplification de la première, employée notamment sur le plafond d Orchomène et la troisième dérive de la seconde par réduction des courbes en droites, par géométrisation, ce qui est toujours le dernier terme d’une série et non le premier comme on le dit fréquemment. L’argonaute est plus souvent encore figuré avec trois bras seulement, il se simplifie alors pour donner le « triscèle », symbole employé concurremment avec la croix gammée et dans le même sens.
- Or l’argonaute1 est une sorte de poulpe. G’est un céphalopode à huit bras comme ce dernier. Le mâle, bien moins gros que la femelle, se prête complètement à cette assimilation. La femelle, de plus forte taille, Hotte dans une coquille qu’elle tient avec deux de ses bras recourbés en arrière. Il faut en elle reconnaître le poulpe sacré qui entra plus
- tard dans les attributs du culte d'Aphrodite. Pour quelles raisons fut-il d’abord vénéré? On peut croire que la raison en est celle-ci : la femelle porte sa ponte dans sa coquille et, lorsqu’on la capture à l’époque de la reproduction, elle montre une pléiade de petits poulpes plus ou moins achevés, disposés en grappes; cela suggère l’idée de la mystérieuse genèse des formes. Quoi qu’il en soit de cette explication hypothétique, il est un fait certain que le poulpe est 1 Vuy. 2" semestre 1892, p. 80.
- Le poulpe de l’amphore de Pitanc.
- p.397 - vue 401/536
-
-
-
- LA NATURE.
- dans l’arl êgéen le symbole central de la genèse marine.
- La profusion avec laquelle est répandue la figure de ce mollusque (fig. 2) sur des vases, des gobelets, des médailles, indique à son sujet certaines idées dont l'explication nous est fournie par le décor de l’amphore de Pitané. La figure 5 en expose le dessin déroulé, car on ne pourrait le voir tout entier d’un coup d’œil s’il était projeté sur les flancs arrondis de l’amphore. A travers les huit bras d’un poulpe circulent en grand nombre des Poissons et des Oiseaux. Ce n’est pas une copie, c’est une interprétation de la nature ; ce n’est pas un tableau, c’est une théorie. Les formes aériennes (oiseaux) dérivent des aquatiques (poissons) par la puissance dont le poulpe sacré est l’exemple caractéristique. Quelques formes terrestres de mammifères peuvent aussi directement venir des formes aquatiques ; mais c’est plus rare. 11 convient d’en mettre moins, toutefois : \oici le Hérisson qui a sans difficulté paru une transformation de l'Oursin et aussi du cheval à peine dégagé de l’Hippocampe.
- Avec cette « clef » on peut lire sans difficulté une foule de petits « rébus » que personne ne comprendrait sans elle. Par exemple, sur cette fibule debronze(fig. 1, n° 11 ), on traduit,de droite à gauche
- « Des êtres aquatiques (Poissons) par la puissance génésiaque du poulpe sacré, sont issus les Oiseaux ». Sur un autre dessin (fig. 1, n° 12), voici de l’eau, des Oiseaux en dehors et le poulpe sacré en dedans. Cela veut dire : « Les Oiseaux sont sortis des eaux par la vertu du poulpe sacré, ou par une vertu analogue à celle du poulpe sacré ». Et tout ceci nous fait trouver absolument naturelle une représentation (fig. 1, n° lô) delà croix gammée, du poulpe de la genèse aquatique, avec ses quatre petits retours figurés par des têtes d’oiseaux. Henri Cou pi.\.
- NÉCROLOGIE
- A. Potier. — M. A. Potier, Membre de l’Institut, Inspecteur général des Mines en retraite, est décédé à Paris le 8 mai 1905. 11 est mort après une longue maladie qui a paralysé ses forces pendant de nombreuses années. Cependant on compte de lui en optique, en électricité et en physique générale des travaux hors pair, qui en font un des représentants les plus dignes et les plus autorisés de la science française. Après avoir été professeur à l’Ecole des Mines, il devint examinateur, puis professeur à l’Ecole Polytechnique. II était Officier de la Légion d’honneur et Officier de l’Instruction publique. M. A. Potier a montré depuis 20 ans un dévouement sans bornes à l'Industrie électrique. Dès 1888, il faisait partie des Commissions techniques que nommait M. le Préfet de la Seine pour la distribution de l’énergie électrique à Paris. Après la mise en marche de l’usine des Halles, M. Potier est venu nous voir souvent, amené par la Commission des compteurs électriques. C’est là qu’il nous a surtout été donné de le connaître et de lui demander des conseils pratiques qu’il nous a toujours donnés avec la plus grande bienveillance. Depuis cette époque, du reste, tout le monde électrique a vite connu M. Potier, et il est resté le Conseil de l’Industrie électrique
- française. 11 appartient à des voix plus autorisées de faire l’éloge du savant; nous tenons seulement à déposer sur la tombe de l’homme de bien un souvenir ému de la reconnaissance qu’il a su nous inspirer. J. Laffakuue.
- CHRONIQUE
- Le tunnel du Kicken. — Le tunnel du Simplon vient effacer par son énormité tous les travaux analogues; cependant il serait injuste de ne pas signaler les ouvrages qui se construisent dans des dimensions plus modestes, mais encore intéressantes. Tel est le cas pour le tunnel du Ricken, qui aura une longueur de 8GÜ4 mètres. Il servira à donner passage à la courte ligne du même nom, qui partira d Ulznach, sur la voie ferrée Zurich-Sargans-Coire, et aboutira à WatUvyl, sur la ligne Frauenlèld-\Y\1-Ruchs. Ce tunnel, qui est loin d'être achevé, doit passer sous le lit du torrent du Ricken.
- Le budget de la marine de guerre anglaise.
- — Il est intéressant à connaître pour son importance même. Pendant l’exercice 1900-1901, il était seulement (ce seulement est tout relatif) de 094 millions de francs ; il a grossi assez rapidement d’année en année, et atteint 951 millions de francs pour l’exercice 1904-1905. 11 est vrai qu’il n’est prévu qu’à 842 millions pour l’exercice nouveau.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 mai 1905. — Présidence de M. Tnoosr.
- La perméabilité du verre. — M. Berlhelot résume les résultats d’expériences qu’il avait annoncées à propos de ses recherches sur la perméabilité du quartz et qui sont relatives à celle du verre. Le verre blanc devient perméable comme une membrane lorsqu’il est ramolli vers 650°; jusqu’à 550 il résiste. L’oxygène, l’hydrogène, l’azote le traversent. Une différence de pression n’est pas nécessaire pour qu’il y ait passage des gaz. En effet, si l’on renferme un gaz à la pression de 1 /5 d’atmosphère et si l’on élève la température à 650°, la pression intérieure s’élève alors à une atmosphère et cependant c’est le moment des échanges gazeux. Le verre d’iéna fournit des résultats analogues; les tubes de porcelaine émaillés sont perméables vers 1500°. Il suit de là que la température donnée par le thermomètre à air est forcément inexacte à partir d une certaine température correspondant au ramollissement de l’enveloppe. De p us, nombre d’expériences sont entachées d’une cause d’erreur.
- Propriétés des menthols. — M. Haller et M. Martine ont réussi à reproduire le menthol ou plutôt les menthols, en partant de la pulégone, substance extraite de l’essence de menthe pouliot. 11 existe en réalité trois menthols : l’un, identique à celui que donne l’essence de menthe et qui fond à 45°, le second qui fond à 84° et qui a une odeur et un pouvoir rotatoire très différents, enfin un menthol liquide, à odeur particulière
- ht propagation des sons. — M. Molle fait connaître qu’il a profité d’une occasion favorable pour opérer des recherches sur la propagation des sons musicaux et des bruits dans un tuyau. Il s’est installé dans une conduite a gaz très large, rectiligne sur une longueur.de 5 kilomètres. L’extrémité opposée à celle où il se plaçait était fermée de telle sorte que le son produit par l’expérimentateur et enregistré sur un chronographe constitué par un cylindre
- p.398 - vue 402/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 599
- tournant devant un diapason, lui revenait par réflexion après avoir parcouru une distance de 6 kilomètres. La célèbre expérience de Biot plaçant un flûtiste à l’entrée d’un long tuyau de conduite d’eau et entendant la mélodie sans déformation à l’autre extrémité n’était pas concluante parce que le flûtiste était incapable de donner des sons très aigus. M. Yiolle a employé des sons musicaux compris entre l’ut1 et le ré7. Les sons les plus graves sont ceux qui ont parcouru le plus long chemin. Régnault et Kœnig avaient effectué des expériences analogues avec celles de Biot, mais en se servant de résonnateurs, ce qui a vicié les résultats qu’ils ont trouvés. M. Violle enregistre, au moyen d’un top électrique, l’instant où le son est perçu au départ et celui auquel il revient. En opérant sur des sons musicaux il a d’abord constaté que ces sons conservaient leurs caractères acoustiques; de (dus l’intervalle de temps s’est montré constant pour les sons les plus graves comme p urles plus aigus et cela sur un grand intervalle acoustique. Donc la vitesse de propagation est constante, contrairement à ce que l’on soupçonnait.
- Expériences de parthénogenèse. — M. Delage communique l’état de ses recherches de parthénogenèse expérimentale. Il confirme que l’élévation de la pression osmotique n’est pas un élément essentiel de la parthénogenèse. En outre, celle-ci se produit dans une solution de chlorure de manganèse dans l’eau distillée sans qu’il y ait trace d’eau de mer. Dans ces conditions, les larves se développent très bien. M. Delage a étudié également l’influence du carbonate de chaux; il en a introduit un excès dans l’eau de mer. Dans ce cas, les larves évoluent, mais se soudent par ‘2, 5, 4 jusqu'à 10. Là soudure est complète et donne lieu à une larve géante conservant d’ailleurs la trace de son origine et qui est un « monstre ».
- Pourriture bactérienne du chou. — M. Prillieux annonce que la section de pathologie végétale a reçu, pendant l’été dernier, du nord de la France, de nombreux échantillons de diverses sortes de choux, surtout des choux-fleurs atteints d’une maladie qui causait de grands dommages dans les cultures. Des sortes de chancres apparaissaient à la face supérieure des pétioles des feuilles, gagnaient la tige et détruisaient le bouton terminal. L’exainen des tissus altérés a montré la présence d’une bactérie qui a été isolée et cultivée. Les cultures sur gélatine et bouillon de veau présentent des caractères particuders ; M. Delacroix lui donne le nom de bacillus brassicovorus. Il a établi que ce bacille est bien la cause de la maladie en faisant des infections sur diverses variétés de choux; elles ont donné des résultats aussi bien avec la pulpe de la plante malade qu’avec la culture première de la bactérie. Pour obtenir la disparition de la maladie, il faut arracher et brûler les pieds de choux malades et pratiquer l’alternance de culture.
- La constitution de l'amidon. — M. Maquenne expose les conclusions que comportent ses travaux et ceux de son assistant, M. E. Roux, sur l’amidon. Loin d’être une matière simple, comme l’ont cru les nombreux chimistes qui ont étudié cette substance, l’amidon est au contraire une matière complexe. La fécule, par exemple, l’enferme 20 pour 100 d’un produit mucilagineux que MM. Maquenne et Roux appellent amylopecline et 80 pour 100 d’amylocellulose. Celte dernière substance est celle qui se colore en bleu par l’iode. Le malt la transforme en dex-trine,*puis en maltose intégralement tandis que l’amylo-pectine n’est pas saccharifiée. L’amylocellulose est la vraie matière amylacée ; elle peut être dissoute dans l’eau, mais elle devient assez vite insoluble. Dans l’amidon elle est
- en voie d’insolubilisation et produit ce que M. Maquenne a appelé la rétrogradation. Les solutions sont limpides et c’ést à l’autre substance, l’amylopecline, que les empois doivent leur aspect gélatineux. Cette communication paraît résoudre la question si importante de la saccharification.
- Un nouvel hélicoptère. — S. A. le prince de Monaco annonce qu’il a assisté à la mise en œuvre d’un hélicoptère inventé par M. Maurice Léger, son Ingénieur Conseil. L’appareil essayé est une réduction à demi-grandeur de l'appareil qui doit enlever une personne. Il comporte deux hélices coaxiales tournant en sens inverse et prenant leurs réactions rotatives l’une sur l’autre. La marche horizontale est obtenue en inclinant vers l’avant l’axe commun des hélices, enfin l’appareil peut être dirigé par un gouvernail, aussi bien pendant la montée que pendant la descente ou pendant la marche. Les hélices en tôle d'aluminium contreventées mesurent 0m,25 de diamètre et lm,75 de largeur. Le poids total enlevé dans cet essai a été de 110 kilogrammes par une force de G chevaux.
- Décès. — - M. le Président annonce ensuite le décès de M. Alfred Potier (voy. ci-contre, p. 598) et rappelle son exquise bonté, le charme de son entretien, l’élévation de son caractère. Ch. de Vii.ledeuil.
- LA PLANÈTE MARS
- La planète Mars se trouve actuellement dans les meilleures conditions d’observation pour l’année 1905. Son opposition a eu lieu le 8 mai. Alors Mars était rapproché de nous à 79950000 kilomètres environ; ce n’est pas encore la distance minimum à laquelle les deux planètes puissent passer l’une près de l'autre, mais en somme l’opposition actuelle peut compter parmi les plus favorables. Pour les observateurs européens, il existe néanmoins un certain inconvénient; c’est que la planète Mars reste peu élevée sur l’horizon, car elle plane au milieu des constellations déjà-bien australes de la Balance et du Scorpion. Cet inconvénient se reproduit d’ailleurs à toutes les périodes de plus grand rapprochement périhélique : alors les deux planètes sont dans une situation réciproque telle que, pour nous, habitants de l’hémisphère horéal, Mars se trouve très au-dessous de l’équateur et ainsi nous apparaît relativement voisin de l’horizon sud. L’observation en est rendue plus difficile par la qualité assez défectueuse des images dans ces conditions.
- L’époque actuelle est donc une occasion de mettre encore plus de persévérance que d’habitude à ces observations si délicates, dont les résultats sont devenus l’objet de débats nombreux. Un a vu, ou cru voir sur Mars des choses si extraordinaires et constaté des changements si étonnants que l’on craint bien d’avoir dépassé la mesure, et que maintenant, par un excès contraire, on en vient à contester tout ce qui a été fait sur ce monde voisin : tout se réduit à des illusions d’optique, taches factices pouvant apparaître là où il n’y en a pas, etc.!... Ces deux exagérations paraissent également peu acceptables, de même que l’assertion, assez souvent for-
- p.399 - vue 403/536
-
-
-
- 400
- LA NATURE.
- mulée, qu’il faut « tel » instrument pour apercevoir quelque chose. Cette dernière assertion serait possible si l’on admettait la présence des détails prodigieusement compliqués qui paraissent dus à quelque crayon finement taillé et animé d’une certaine imagination.
- La vérité apparaît plus simple, et comme toujours il faut savoir s’en tenir à un juste milieu ; mais c’est justement ce qui est difficile, tout autant que de dessiner ce qu’on voit, et rien de plus. Si l’on ne cherche pas à trouver du nouveau quand même, les grandes configurations du globe de Mars sont toujours reconnaissables, et elles prouvent leur existence par ce fait qu’on les retrouve sur les dessins des principaux observateurs. Certainement ces aspects présentent des variations, des non-coïncidences mais dont il faut sûrement rechercher la cause principale dans le dessin lui-même, si délicat à interpréter dans ces conditions. 11 est déjà difficile de reproduire exactement ce que l’on a en toute évidence devant les yeux : priez deux personnes de dessiner un même sujet, paysage ou autre, les deux dessins se ressembleront sûrement, mais chacun possédera un caractère spécial, dans l'interprétation et dans les proportions.
- Le dessin télescopique est incomparablement plus difficile : le modèle est d’une visibilité très délicate, il faut accoutumer son œil, puis revenir au papier, tracer de mémoire ce que l’on vient de voir, regarder de nouveau par une nouvelle accoutumance et ainsi de suite, au lieu de pouvoir porter rapidement et successivement le regard du modèle à la reproduction, ce qui permet la comparaison et la correction faciles dans le cas du dessin ordinaire.
- Ces quelques considérations, plus les conditions de visibilité différente de certaines parties du globe de Mars, par suite de l’éclairement variable, les effets plus ou moins sensibles de l’atmosphère martienne (dont on ne parait pas tenir compte suffisamment), la qualité même de l’image télescopique, sont autant de causes bien capables d’expliquer les divergences remarquées. Mais sur l'ensemble d’un grand nombre de dessins on retrouvera en définitive les grands détails de l’aréographie et l’origine de ces tracés dessinant le fameux système des canaux, reproduits trop souvent comme de minces traits de tire-ligne, quelle que soit la dimension adoptée pour le diamètre du disque martien ! Ces tracés, plus ou
- moins sombres, plus ou moins réguliers, paraissent volontiers, s'ils ne se montrent pas sous l’aspect de larges bandes grises indécises, la délimitation de régions inégalement teintées. Ainsi ils peuvent être aperçus à l’aide d’instruments même modestes, et cette nature a été reconnue par de nombreux astronomes. Par exemple, c’est ainsi que les a toujours décrits le savant astronome espagnol J. Comas Solâ, et on retrouve chose pareille dans les très beaux dessins faits dans les excellentes conditions de l’Observatoire du Pic-du-Midi, dessins qui m’ont été communiqués obligeamment par l’éminent directeur de cet observatoire, M. Marchand.
- Maintenant, pour résumer mon impression personnelle, je me permettrai de dire que cet aspect général est bien celui que j'ai toujours constaté depuis quatorze ans que j’observe Mars dans des conditions très variées. Actuellement, je viens encore de le constater à Barcelone, où j’ai étudié Mars à l’observatoire de mon ami Comas Solâ, et avec sa précieuse collaboration. A l’aide de l'excellent équatorial Griïbb, de 16 centimètres d’objectif et avec un grossissement de 550 fois nous avons fait, sans communication ni connaissance de la région martienne visible à l’époque, des observations absolument concordantes.
- Sur le dessin reproduit ici on voit, en bas du disque (pôle Nord, qui est incliné vers la Terre actuellement), les taches sombres très apparentes qui ont reçu du célèbre astronome italien Sehiapa-relli les noms de Mare Acidalium et Lacus iSiliacus. Un haut, les Sinus Sabeus, Margaritifer Sinus et Anroræ Sinus. Les estompages gris confinant ou délimitant les diverses teintes du disque correspondent à des tracés de canaux de la carte de Schia-parelli. Un point blanc en haut paraît être la région « Argyre ». Quant à la tache polaire boréale il nu pas été possible de la voir nettement. (Le solstice d’été a eu lieu le 14 janvier dernier.)
- Pour terminer, je n’ai nullement la prétention de présenter ce dessin comme une reproduction absolue de Mars, mais seulement (et sans rien préjuger delà réelle structure intime des détails) comme une image montrant bien ces aspects que j’ai toujours vus semblables à chaque opposition.
- Lucien Rudacx.
- Le Gérant : P. Masson.
- Lu planète Mars. — Le 10 avril 1903, 13 h.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiie, rue de Fleuras, 9.
- p.400 - vue 404/536
-
-
-
- N° J 0 70. — 11 MAI 1905.
- LA NATURE.
- 401
- L’ADOPTION DES GRANDS WAGONS A MARCHANDISES EN FRANCE
- C’est un peu généraliser que de laisser supposer réseaux ferrés français ; mais on vient d’en construire
- qu’ils sont adoptés d'une façon normale sur nos un certain nombre pour les lignes du Midi, et comme
- Kig. 1. — Train (le wagons de 50 tonnes de la Compagnie du Midi.
- ils donneront certainement toute satisfaction, on peut être assuré que ce nouveau type de véhicule se vulgarisera rapidement. Lorsqu’il a été question ici des wagons tubulaires, on avait déjà indiqué les avantages qu’offrent les wagons de grandes dimensions pour le transport de quelques marchandises : les Américains, qui o n t assurément cette qualité de savoir abaisser au minimum les frais de transport comme les frais de production en général, n’ont pas hésité depuis plusieurs années à modifier du tout au tout leur matériel roulant de petite vitesse; et nous sommes bien loin de l’époque où les compagnies Yankees utilisaient couramment (en 1870 notamment) des véhicules n’ayant que 6 tonnes de capacité en lourd, avec, il est vrai, une tare de 3 1/2 t. seulement. On a porté successivement la 33* année. — 1er semestre.
- capacité à 20, à 25, à 50, à 40 tonnes, et aujourd’hui la capacité ordinaire est le plus souvent de 50 tonnes ; en même temps, on a réussi à ramener
- le rapport du poids mort au poids utile à 53 pour 100 à peine, ce qui est des plus satisfaisants.
- . On comprend combien il est avantageux et économique d e diminuer ainsi le poids que les trains transportent inutilement, toute diminution relative du poids mort augmentant les bénéfices ou permettant d’abaisser les tarifs.
- Nous pouvons ajouter tout de suite que les gros wagons ont d’abord été construits en bois, tant qu’ils n’ont pas dépassé un certain cube, mais qu’avec les capacités de 50 tonnes on a eu recours au métal, principalement à l’acier, qui permet d’établir ces véhicules dans de bien meilleures conditions, et qui assure aussi des avan-
- 26
- p.401 - vue 405/536
-
-
-
- 402
- LA NATURE.
- tages spéciaux : entretien plus facile et moins coûteux, durée beaucoup plus longue, résistance supérieure, etc.
- L’emploi des grands wagons simplifie considérablement l’exploitation des voies ferrées, en ce sens que les trains peuvent être beaucoup plus courts proportionnellement à leur chargement total, les wagons de forte capacité présentant une longueur totale relative bien inférieure à celle des petits wagons; l’emploi de trains plus courts entraîne une meilleure utilisation des lignes, grâce à la mise en circulation d’un nombre plus élevé de convois. On peut donc augmenter la productivité d'un réseau sans augmenter le personnel ; la fatigue des voies est assurément moindre, les gares de triage ont besoin d’une étendue plus faible.
- En dépit de tous ces avantages qui paraissent incontestables, les ingénieurs des réseaux européens se sont montrés jusqu’à ces temps derniers nettement réfractaires à celte transformation, et ils invoquaient, pour raison, ce fait qu’on trouverait difficilement en Europe des chargeurs pour faire le plein de véhicules d’une semblable capacité. L’observation est fondée partiellement, les habitudes commerciales ont sans doute à se modifier en la matière; mais il est néanmoins nécessaire d’abandonner des wagons comme on en voit encore, et qui pèsent 9 tonnes pour une capacité de 6, ou même ceux qui ont une tare égale à leur capacité en lourd, ce qui est normal sur nos réseaux et encore davantage sur le réseau anglais. Certaines compagnies françaises ou anglaises ont fait les premiers pas, tout comme cela s’était passé aux États-Unis, en adoptant des wagons de 15, puis de 20 et même de 25 tonnes de capacité : cela a été le cas pour les Compagnies de l’Est et du Nord. Enfin on vient de voir la North Eastern Railway Co faire construire des véhicules de 40 tonnes, et nous allons présenter au lecteur ceux de 50 tonnes, entièrement métalliques, que possèdent depuis très peu de temps la Compagnie des Chemins de 1er du Midi et celle des Mines de Carmaux.
- Les uns et les autres sortent des Forges de Rouai et sont établis suivant le système Fox-Arbel, qui est forcément inspiré de très près des constructions analogues faites aux États-Unis. Si nous examinons d’abord les wagons de la Compagnie du Midi, destinés au transport des minerais de fer provenant des Pyrénées, et dont ont besoin les nouveaux établissement du Creusot à Cette, nous voyons qu’on a dû naturellement adopter les bogies à quatre roues. Autrement ces grands véhicules ne pourraient guère s’inscrire dans les courbes. Tout le wagon est construit en tôle emboutie, cette matière qui se prête si bien aux formes les plus complexes et se travaille si aisément, en offrant une résistance des plus appréciables : le châssis est fait de quatre longerons, dont deux extérieurs, reliés par les caissonnements portant les pivots des bogies, puis de quatre traverses intermédiaires et de deux traverses extrêmes. Pour
- la caisse, les montants en sont bien aussi en tôle emboutie, mais on n’a pas osé adopter uniquement le métal, et les parois sont de bois. Pour les bogies, ils sont faits de deux longerons reliés par quatre traverses, le tout également en tôle d’acier. Ce qui montre bien la résistance énorme, unie à la légèreté, de ces pièces métalliques, c’est que le châssis de ce wagon a pu être éprouvé à 82 tonnes. La longueur totale hors tampons d’un wagon de cette espèce est de 111",95, la longueur du châssis en dehors des traverses de tète étant de 10,n,68; les pivots sont espacés de T"1,20. Les roues des bogies ont un diamètre de 0"',90, la distance d'axe en axe des deux essieux d’un même bogie étant de lni,t)5. Ce qui est particulièrement à noter ici, c’est que la tare d’un de ces wTagons n’est que de 15,4 tonnes, alors que sa charge maxima peut atteindre 50 tonnes : cela accuse par conséquent un rapport de 50 pour 100 environ entre le poids mort et le poids utile.
- Si nous examinons les wagons construits pour la Compagnie de Carmaux, nous voyons que l’on a obtenu des résultats tout aussi caractéristiques et satisfaisants, et d’ailleurs les deux types de véhicules sont fort analogues. Ici on a adopté le dispositif à trémies sous le wagon, dispositif essentiellement américain d’origine et fort bien compris, qui permet le déchargement du contenu, de façon automatique, sans manutention d’aucune sorte, ce contenu s’écoulant entre les longerons et dans des panneaux dont l’ouverture doit naturellement se trouver entre les rails, dans l’axe de la voie. Le fond du wagon est établi en double pente, afin que les charbons, par exemple, qu’on y chargera puissent glisser aisément jusqu’à l’ouverture de la trémie. Il va sans dire que la tôle emboutie règne aussi en maîtresse, et même de façon exclusive. Le rapport du poids mort au poids utile est à peu près identique à celui que nous avons indiqué tout à l’heure, puisque la tare est de 15580 kg et que la charge maxima est de 50 tonnes. L’empattement du véhicule est de 8m,50 pour une longueur de châssis de 1 lm,10.
- On le voit, nous sommes bien loin des wagons de 20 et 25 tonnes même, dont la mise en service ne date pourtant que d’hier sur les voies ferrées françaises : c’est là le début d’une vraie révolution en la matière. Et l’intérêt des Compagnies y est d’autant plus grand (quelles que soient les difficultés secondaires que l’on est exposé à rencontrer) que le bénéfice que l’on réalise sur le poids mort, au profit de la marchandise transportée, se chiffrera chaque année par une somme considérable, sous la forme des tarifs perçus. Ramel Rellkt.
- LA. TRANSMISSION DE L’HEURE
- PAR L’ÉLECTRICITÉ
- Ceci est un des problèmes d’application qui intéressent, au plus juste titre, nos électriciens : le courant électrique se prête, en effet, d’une façon particulièrement favorable, en principe, à cette petite transmission d’énergie dont le
- p.402 - vue 406/536
-
-
-
- LA NA TL ni:.
- i05
- résultat serait « runifîcation de l'heure )) partout, même dans les appartements.
- L’ « horlogerie électrique » a donc fait de sérieuses tentatives pour remplir le programme qu’on lui pose et pour résoudre le problème mieux que l’air comprimé. On a proposé divers systèmes de transmission de l’heure, et de remise à l’heure, qui sont bien combinés1. Mais, ils ont un inconvénient, en quelque sorte constitutionnel et général : c’est que, ayant pour organe principal un cliquet, il se produit, de minute en minute, un bruit de déclic désagréable. En plein air, dans un hall, cela se supporte encore : mais, dans une chambre à coucher, la patience est bientôt lassée.
- Divers dispositifs amortisseurs de ce bruit ont été combinés, pompes à air, membranes, volants à ailettes. Aucun ne remplit complètement le rôle auquel on le destine. Par contre, chacun d’eux a l’inconvénient d’exiger une certaine quantité de force motrice, de consommer de l’énergie, et par conséquent d’augmenter, dans une notable mesure, les frais de fonctionnement. MM. Henry Lepautc, les grands horlogers parisiens, viennent de donner une nouvelle solution du problème laquelle parait tout à fait satisfaisante : c’est le récepteur électro-chronométrique « Silencieux ». Voici en quoi consiste ce muet dispositif.
- Deux secteurs rotatifs d’attraction, ou « culbuteurs » sont montés sur un axe dont la partie médiane est fdetée en forme de vis sans fin : cette vis sans fin commande par l’intermédiaire d’une délicate roue dentée les rouages de « minuterie » de l’horloge, c’est-à-dire les aiguilles.
- A A sont les « culbuteurs ». Lors de chaque passage du courant venant d’une « horloge mère » dans l’électro-aimant D, les culbuteurs sont attirés et ils font effectuer à l’axe de la vis sans fin C un peu plus cl’un demi-tour. Au moment de la rupture du courant, la position d’équilibre étant dépassée, le contrepoids D agit par son inertie ; il achève la rotation de l’axe, la vis sans fin a accompli un tour complet, et le système se trouve ramené à sa position primitive. La roue dentée E, qui engrène avec la vis, a avancé d’une dent, et, par les rouages de minuterie F, elle a transmis son mouvement à la grande aiguille de l’horloge qui, doucement, s’est déplacée d’une minute sur le cadran. Il n’y a aucun cliquet dans ce dispositif, donc, aucun bruit. Le récepteur silencieux fonctionne bien avec deux volts, c’est dire que deux éléments Leclanché ordinaires sont très suffisants pour en assurer la marche. La distribution électrique de l’heure fl at home », dans les appartements mêmes, peut être pratiquée, de cette façon, sans aucun remontage. Max de Naxsolty.
- LES MAMMIFÈRES FOUISSEURS
- Le groupe des mammifères est très favorable à l’étude de ce que l’on appelle T « adaptation » au milieu et à une existence déterminée. Bien que conservant le même plan fondamental d’organisation, on les voit se transformer en animaux volants, en
- 1 Itapports du Jury international de l’Exposition universelle de 1000, (iroupe V, Électricité, Classe 27, applications diverses.
- sauteurs, en nageurs, en grimpeurs, etc., par de simples modifications de leurs organes déjà existants. 11 y a d’ailleurs, dans ces adaptations, tous les degrés possibles, les uns étant essentiellement transformés par le genre de vie qu’ils mènent, les autres ayant conservé une certaine liberté leur permettant de le varier à volonté. Celte « gamme » des adaptations se voit par exemple très bien chez les mammifères fouisseurs, où l’on a toutes les nuances de la vie souterraine, depuis le lapin, qui n’est fouisseur que momentanément, jusqu’à la taupe qui serait incapable de vivre à la surface du sol, ou, tout au moins, y aurait l’air profondément ahuri. Les mammifères fouisseurs sont, d’ailleurs, en assez petit nombre. Parmi les monolrèmes, nous avons l'Orni-thorhynque, au bec de canard, qui vit dans les talus des rivières australiennes et l’Echidné, à l'aspect de hérisson, habitant du même continent.
- Parmi les marsupiaux, rappelons le Phascolome (fig. 5), au corps lourd etgros, aux pattes courtes, qui vit dans les forêts épaisses de la terre de Yan-Diémen, où il se creuse des terriers et dont il ne sort qu'à la nuit; le Kangourou Bat (41 cent, de long, avec une queue de 28 cent.), se plaisant dans les cantons buissonneux de la Nouvelle-Galles du Sud, où il se creuse entre les touffes d’herbes des trous tapissés soigneusement de feuilles sèches, habités généralement par plusieurs individus; le Bcltongie pénicillé (taille du lapin), de la Nouvelle-Galles du Sud, également, qui se sert de sa queue prenante pour prendre des herbes et les transporter dans ses nids souterrains; le Lagorcheste, dont les mœurs sont à peu près celles de notre lièvre; le Notonjcles typhlops, découvert récemment, et dont les ongles sont démesurés.
- Les Édentés — fertiles en êtres bizarres — comprennent, comme animaux fouisseurs, les Tatous, si curieux par la carapace mobile qui les recouvre; les Chlamydophores, qui fouissent un terrier avec une rapidité étonnante, et lesOryctéropes(fig. b), au museau allongé, leur donnant un aspect singulier, et qui, grâce à leurs ongles vigoureux, pénètrent en un
- Kêeepleur électrique « Silencieux ». — AA, culbuteurs ; B, électro-aimant ; C, vis sans tin ; DD, contrepoids qui achèvent la rotation de l'axe; E, petite roue dentée qui engrène avec la vis sans lin ; F, rouages de la minuterie de l'horloge réceptrice.
- p.403 - vue 407/536
-
-
-
- M)\
- LA N AT LU K.
- clin d'œil dans le sol le plus dur, et se glissent sous les termitières, dont ils dévorent les habitants. Parmi les insectivores, à coté de la taupe, trop con-
- l'iiï. I. — C.lirysoeliloiv.
- tique au museau allongé, qui se creuse des couloirs au bord des eaux; le Desman des Pyrénées, au nez
- nue, citons le Londylure étoilé (lig. -), au museau bordé de petits prolongements cartilagineux, pointus, très mobiles, disposés en couronne; le Crossopeaqua-
- — Comlyluro.
- 1 pourvu d'une véritable petite trompe; les Sealopes, | des Ktats-l nis, qui creusent des galeries de plus de
- 100 mètres de long, et font, en une nuit, autant de travail qu’un homme qui percerait un tunnel de 15 kilomètres; les Oryzorictes, qui causent de grands
- dégâts dans les rizières, qu’ils bouleversent pour y poursuivre les insectes et les vers ; enfin les Chrysochlores (fig. 1) ou taupes dorées, du sud de
- p.404 - vue 408/536
-
-
-
- LA NATURE
- 405
- l'Afrique, dont les yeux sont entièrement cachés. | les Spermophiles, qui bouleversent les champs; les Les Rongeurs fouisseurs sont : le Lapin, bien connu ; , Uvnomys qui se réunissent en nombre pour former
- Fis. i. — Mvdaus. Fig- — Hatlm'rj;ne.
- l'iLr. 6. — OrycU'i’opo.
- de véritables « villages » ; la marmotte, célèbre par fortes et saillantes; le Bathyerguc (fig. 5), qui se
- son sommeil hibernal; le Géomys, aux incisives creuse des galeries dans les dunes, etc.
- p.405 - vue 409/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 106
- Enfin, parmi les carnivores, il faut faire une place à part à la Loutre, habituée des berges; au Ratel, dont l'odeur est très désagréable; au Blaireau, très déplaisant dans les forets et au Mydaus (fig. 4), dont les ongles sont remarquablement vigoureux, surtout aux pattes de devant.
- Tous ces fouisseurs présentent, à des degrés divers, quelques traits communs d’organisation que M. II.-AV. Shimer vient de résumer ainsi : 1° Le corps est plus ou moins fusiforme pour se glisser plus facilement dans la terre. 2° Les veux sont bien développés chez les fouisseurs en quelque sorte accidentels ou momentanés comme les Lapins ; mais ils sont très imparfaitement constitués chez ceux qui vivent constamment sous terre. Ils sont alors toujours très petits, à peines visibles et finissent (par exemple chez le Chrysochlore) par être recouverts par la peau et n’avoir plus ainsi aucune fonction. Cette disparition des yeux se comprend car, d’une part, ces organes sont inutiles dans l’obscurité du sol et, d’autre part, ils sont même nuisibles, la terre, comme chacun sait, étant plutôt désagréable lorsqu’elle se loge dans le globe oculaire. o° Les oreilles sont généralement petites et en voie de disparition : chez la Taupe, la Loutre, le Géomys, elles sont réduites à de petites lames à peine visibles ; chez le Mellivore et le Balhyergue, ce ne sont plus même que des anneaux de peau autour d’un trou. 4° Les membres sont courts et trapus; ce qu’il leur faut en effet, ce n’est pas la vitesse, mais la force, et celle-ci, naturellement, est plus facile à obtenir avec un court bras de levier, a0 Les mains sont larges, fortes et pourvues de longues griffes, comme cela se voit bien dans la Taupe et le Condylure. Leur nécessité est évidente pour défoncer le sol. 6° Les pieds eux-mêmes sont souvent modifiés de la même façon, non qu’ils servent h creuser, mais parce que leur fonction est de recueillir la terre démeublée par les pattes de devant et de la rejeter au loin. Pour remplir ce rôle de pelles, ils sont même souvent palmés ou pourvus de poils raides. 7° La queue est généralement courte, car, dans le sol, elle ne servirait à rien et se salirait par trop : chez certaines espèces, elle disparait même complètement.
- A ces modifications externes, correspondent des adaptations internes non moins efficaces. Ce sont surtout : le crâne, qui est triangulaire; les incisives en ciseau, se projetant en avant ; les vertèbres cervicales et lombaires plus ou moins soudées; les apophyses transverses des vertèbres lombaires très courtes ; les ôs sacrés fusionnés ; le sternum présentant un développement remarquable; le squelette du membre antérieur vigoureux, à tubérosités saillantes; l'ischion et les os iliaques allongés, parallèles à la colonne, soudés au sacrum, le squelette du membre postérieur moins développé que celui de l’antérieur. Tout cela concourt à faire dû fouisseur un bloc massif, sur lequel les membres de devant prennent une solide base de sustentation et sont ainsi bien disposés pour percer le sol avec le maximum de force et le minimum de fatigue. Henri Codpin.
- L’INDUSTRIE CHIMIQUE AU JAPON
- Si nous en croyons un ouvrage récemment publié par le Gouvernement japonais, le Japon posséderait 840 usines comportant des laboratoires de chimie. Itans ce nombre soit comprises non seulement les industries chimiques proprement dites, mais aussi les usines à gaz, les papeteries, les fabriques de laques et de produits céramiques, exclusion faite toutefois pour les brasseries et les sucreries; 100 de ces usines absorbent une force motrice totale de 8,449 chevaux, et deux seulement emploient plus de 500 ouvriers. Ces 840 fabriques comprennent 75 usines pour la production du sel, 45 pour celle des produits pharmaceutiques, 40 fabriques d’allumettes, 95 d’huile d’éclairage, 49 d’indigo, 0 d’encens, 4 usines à gaz, etc.; 58 501 ouvriers sont employés dans ces établissements, bans les usines peu importantes le travail journalier est de 12 heures; il est de 10 heures seulement dans les autres. 11 paraît que ces industries sont florissantes, ce qui s’explique aisément si l’on remarque que le salaire des ouvriers est de 0fr,78 par jour et celui des femmes 0f,,52;les ouvriers âgés de moins de 14 ans débutent à raison de 0rr, 120 par jour.
- Le Gouvernement s’intéresse vivement à ces industries pour lesquelles il a créé de nombreux établissements d’enseignement pour la brasserie, la dorure, la métallurgie, l’art des laques et la teinture. L. F.
- LA GENÈSE DES COURANTS MARINS
- L’Océanographie attirant de plus en plus, et avec raison, l’attention publique, nous ne saurions passer sous silence l’enseignement relatif à l’origine, aux causes des courants marins, que le professeur Fridtjof Nansen vient de donner en plusieurs leçons à FUnivepsité de Christiania ; d’après le résumé qu’il en a publié tout récemment (Pelcrmann’s Miiteihingën, janvier et février 1905), nous condenserons, pour nos lecteurs, ses aperçus sur la question.
- La formation des courants marins comporte la mise en œuvre de trois sources d’énergie ; 10 La chaleur propre de la terre; 2° la force d’attraction des corps célestes; 5° la chaleur des rayons solaires. Cette dernière cause est la plus importante.
- La chaleur propre de la terre a pour rôle le plus effectif d’empêcher la stagnation des basses couches marines, ce qui a d’importantes conséquences pour les conditions biologiques des grandes profondeurs.
- Les astronomes admettent que la force d’attraction de la lune et, à un moindre degré, celle du soleil, ont une tendance à mouvoir l’élément marin dans une direction opposée à celle de la rotation terrestre. Le déplacement d’eau dù à cette cause doit être très faible ; on lui attribue une vitesse de 100 m. à l’heure ; mais cette vitesse est peut-être beaucoup plus forte absolument, tout en étant comparativement peu importante.
- L’action dè la chaleur des rayons solaires s’exerce de plusieurs manières : 1° indirectement, en provoquant la circulation atmosphérique, les vents, qui agissent à leur tour par frottement sur les masses marines; 2° directement soit par échauffement des eaux, d’où différence de densité entre des zones marines plus ou moins distantes l’une de l’autre, soit par évaporation à la surface des mers, puis condensation et chute des vapeurs ainsi transportées sur un autre point des océans. De plus, Zoppritz a donné une célèbre démonstration de l’influence ca-
- p.406 - vue 410/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 407
- pitale d^s votifs dans la formation dos courants marins. Mais, partis de cette prémisse que, sous toutes les latitudes, les courants marins mis en mouvement par le frottement des courants atmosphériques suivent nécessairement la direction de ces derniers, il n’a pas assez tenu compte de la déviation résultant de la rotation de la planète, — déviation dont l’importance, pour les courants horizontaux, croit en raison directe de la latitude géographique et aussi de la profondeur des couches. Le mouvement que détermine la friction est la résultante de cette force combinée avec celle de la rotation terrestre. La déviation des courants mis en mouvement par l’action des vents croît donc plus ou moins rapidement avec la profondeur ; en dehors de l’équateur, où la force de diversion de la rotation terrestre est égale à 0, la profondeur que chaque courant, provoqué par l’action du vent, peut atteindre est nécessairement très restreinte, et cette profondeur décroît avec la latitude géographique croissante. Il en est identiquement de même pour la vitesse d’un courant produit sous l'intluence d’un vent déterminé, vitesse qui ne saurait se rapprocher indéfiniment de celle de ce vent ; celte vitesse atteint son maximum après un temps fort court (24 à 48 h.) depuis le début de l’action du vent
- En dehors de l’intluence des courants atmosphériques, il semble que la condition primordiale de la circulation des océans doit être cherchée dans l’inégale distribution des densités des eaux de la mer. Les plus grosses différences de densité dépendent beaucoup de la température et très peu de l’état des solutions salines ; les lignes d'égale densité coïncident avec les isothermes. En somme, la direction générale, sinon même la rapidité de la grande circulation des océans, est déterminée par la chaleur que les océans reçoivent directement du soleil. Il se forme cmtinuellement, aux alentours de l’équateur, sous l’action thermique des rayons solaires, d’énormes nappes d’eau de faible densité, et comme les basses températures polaires refroidissent de leur côté d’importantes couches marines, la circulation est permanente entre l’équateur et le pôle.
- Alors intervient, comme pour les courants d'origine différente, l’action déviatrice de la rotation terrestre. Supposons un monde dont la surface soit uniquement marine, sans l’émergence d’aucun continent; le mouvement de ce monde autour de son axe imprimera à la circulation entre équateur et pôle la forme de courants circumpolaires en spirale. Soit maintenant une terre où les continents sont disposés de telle sorte qu’ils délimitent des canaux resserrés dirigés de l’équateur vers le pôle. L’eau n’y peut être soumise à aucune déviation et la circulation s’accomplit d’une façon analogue à celle dont elle s’accomplirait dans un monde immobile. Entre ces deux formes (directe et spiraloïde) fondamentales de courants, notre Terre présente plusieurs formes intermédiaires. Les mers du sud constituent un océan circumpolaire peu parsemé de continents, où la circulation en spirale se réalise dans une certaine mesure. L’océan Atlantique, au contraire, nous présente une sorte de bras de mer, dirigé à peu près dans le sens du méridien, qui conduit de l’océan Atlantique au pôle nord; ce canal est à la vérité très large, mais les courants n’y peuvent subir que dans une proportion restreinte l’influence de la rotation terrestre.
- C’est ainsi qu’aux confins de l’océan Glacial du Sud, le Courant Pacifique méridional et l’important Courant Antarctique se dirigent dans un sens nettement perpen-
- diculaire au méridien. Les courants équatoriaux du Sud et du Nord (océans Indien, Atlantique et Pacifique) sont tous orientés vers l’Ouest, circonstance qu’on pourrai! attribuer à l’intluence des moussons, si elle ne pouvait mieux s’expliquer par ce fait que les masses marines, dans la partie ascendante de leur cycle, où l’eau froide des couches profondes, à proximité des tropiques, monte vers la surface, sont fortement déviées vers l’Ouest par l’action de la rotation terrestre, d’où production de courants superficiels horizontaux qui sont peu à peu aspirés dans la direction du pôle. C’est de cette façon que le fameux Kouro-Sivo continue un important courant équatorial qui s’incurve vers le pôle arctique à la hauteur du tropique du Cancer et à proximité du Japon, dont les habitants lui ont donné son nom de Fleuve Noir.
- Les mêmes lois rendent également compte de la formation du Gulf Stream, courant chaud de l’Atlantique boréal, qui circule entre le golfe du Mexique et les rivages septentrionaux de l’Europe. On sait que ce grand « fleuve de la mer » se subdivise, à partir du 50° longitude Ouest, en deux branches, dont l’une s’infléchit vers l’Éspagne et les côtes de l’Afrique, tandis que l’autre vient s’étaler sur toute l’étendue du littoral européen occidental, dont le climat est sensiblement adouci par l’influence de ces flots, tièdes encore des soleils tropicaux.
- Bien que la cause essentielle et primordiale de la grande circulation des océans doive être attribuée à la différence des densités marines, il semble à tout le moins vraisemblable que les variations d’intensité, des courants, observées d’une année à l’autre, s’expliquent aussi dans une large mesure par des changements dans les conditions de fréquence, de continuité, de force et de distribution des vents. Maurice Rf.clus.
- LES DIMMURIENS, REPTILES FOSSILES
- Nous donnons dans les pages suivantes quelques photographies d’animaux fossiles de grande taille récemment découverts en Amérique. La figure 1 représente un admirable squelette fossile de Diplodocus que le South Kensington Muséum de Londres vient de recevoir d’Amérique et que M. Holland, directeur du Carnegie Muséum de Piltsburg offre au roi Édouard VII. Ce colossal animal était déjà connu dans son entier, mais comme il arrive souvent en paléontologie, cette connaissance résultait de l’étude d’ossements appartenant à des individus différents. Ce qui fait le prix tout particulier de cet exemplaire, c’est qu’il est formé de pièces appartenant à un seul individu, rigoureusement complètes et parfaitement conservées. Ce très remarquable fossile a été découvert en 1904 dans les montagnes du Wyoming et transporté de là, avec mille précautions, à Pittsburg. Là, après la mise à nu des pièces, on procéda à un montage provisoire, puis on expédia le squelette à Londres. 11 ne fallut pas moins de trente-six caisses de forte taille pour effectuer ce transport ! Le montage définitif sera l’occasion d’une fête scientifique à laquelle assisteront des savants de tous les pays du monde.
- Les trois photographies réunies dans la figure 2 représentent en leur ensemble les principales étapes
- p.407 - vue 411/536
-
-
-
- 40 H
- LA NATURE.
- de l’extraction et du montage du squelette d’un animal très voisin du précédent, le Bcontosaurus et dont' un exemplaire bien conservé, moins complet cependant que celui du Diplodocus, a été exhumé ,^ans les mêmes terrains. Comme on peut s’en rendre jjÂmpte, le Brontosaure ne le cédait en rien à son ' puissant cousin. D’après les mesures effectuées par lé professeur Osborn au Muséum américain d’Histoire naturelle, ce splendide animal avait 25 mètres de long (un cou de 6 mètres, une queue de 10 mètres) et 0 de haut, c’est-à-dire que deux éléphants passeraient à l’aise sous sa colonne vertébrale. L’ensemble du squelette pèse environ 00 tonnes; l'empreinte d’une patte couvre près d’un mètre carré. C’est aussi dans les montagnes du Wyoming que l’on a découvert ce squelette, et l’honneur de la trouvaille
- appartient à M. W. Granger qui, depuis 1898, a employé la meilleure partie de son temps à diriger successivement les fouilles, le transport et le montage. Il passa entièrement l’été de 1898 à diriger le seul travail de l’exhumation et deux de nos photographies représentent les diverses phases de ce travail. Dans l'une, on voit la moitié d’un membre antérieur dans la position même du gisement, après que les terrassiers sont arrivés à la mettre à nu. La seconde montre des quartiers de rocher, soigneusement numérotés, qui contiennent les précieuses vertèbres de l’animal et que des tailleurs de pierre sont en train d’épanneler avec précaution pour préparer le transport. La dernière est prise au Muséum d’histoire naturelle; elle représente la fin de tout ce travail, ou, pour mieux dire, le commencement de
- Fig. 1. — Le Diplodocus, d'après une photographie prise après le montage provisoire.
- la fin, car le montage lui-même fut extrêmement long. Il avait fallu tout d’abord achever de dégager complètement les os, puis les passer à la gélatine pour les préserver et les consolider, compléter les pièces détériorées ou refaire d’après d’autres spécimens celles qui manquaient (la tête par exemple). Enfin l’on dut établir un vaste échafaudage, avec poulies et câbles d’acier, et procéder à la mise en place, non sans peine, puisque les cotes, larges d'un pied et hautes comme un homme, pesaient chacune près de 50 kilogrammes et chaque fémur 260. A la longue toutes les pièces se trouvèrent pourtant distribuées, soutenues par une charpente de tuyaux et de tubes de fer, arrangée de façon à permettre d’enlever et d’étudier isolément n’importe quelle pièce.
- Le Diplodocus et le Bcontosaurus sont des reptiles et, pour les personnes étrangères à la paléontologie, ce n’est pas un mince sujet d’étonnement que de
- voir ainsi rapprocher ces colossaux quadrupèdes des tortues, crocodiles, lézards et serpents qui constituent aujourd’hui à eux seuls la classe déchue des reptiles. La première pensée, en voyant ces machines gigantesques, ce corps massif aux pattes pesantes, robuste et semblant fait uniquement pour une vie de triomphe et de puissance, est bien plutôt de les rapprocher de nos plus grands mammifères, et, pour un peu, on se laisserait volontiers aller à considérer ces derniers comme des dégénérés.
- Il n’en est rien cependant, et l’examen des squelettes permet à l’anatomiste et au paléontologiste d’affirmer que, dans la hiérarchie des êtres aussi bien que dans la suite des temps, le Bcontosaurus et le Diplodocus représentent un stade d’évolution antérieur et inférieur à celui des mammifères. Us constituent en effet, avec quelques autres, un ensemble complet et homogène d’êtres aujourd’hui disparus complètement de la surface du monde et
- p.408 - vue 412/536
-
-
-
- LA NA TU li L.
- 4(H)
- qui furent, pendant des milliers de siècles, les véritables rois de la nature animée, jouant alors, et peut-être avec plus de grandeur, le rôle actuellement tenu par les mammifères. Nous voulons parler des Dinosanriens (étymologiquement : lézards
- terribles), ce grand ordre de reptiles qui a vécu dans les temps secondaires, du permien au crétacé supérieur, constitué par des animaux de taille généralement considérable et parfois gigantesque, ayant l’aspect et l'allure tantôt d’un lézard, tantôt d’un oiseau.
- Leur peau était nue ou cornée; leur crâne ressemblait surtout à celui des crocodiles, tandis que dans la disposition et les dimensions des membres, ainsi que par l’attitude, beaucoup d’entre eux rappelaient les oiseaux.
- Un caractère qui montre qu’en somme, malgré leur aspect » considérable », ces animaux étaient encore bien loin de nos mammifères est l’extrême petitesse du cerveau ; par contre la moelle épinière est souvent très ren-llée, surtout dans la région sacrée (région du bassin) et il suffit de constater sur la figure l’énorme développement des membres postérieurs pour comprendre la nécessité d’un fort système nerveux en ce point. On pourrait presque dire que ce développe-
- ment, par suite d’un balancement organique, était condition-népar la faiblesse même de leur intelligence . Tous ces animaux qui étaient tardigrades ou digitigrades, avaient des extrémités faites pour la n^arebe et la préhension ; aucun d’eux n’était nageur, bien qu’ils vécussent gén éralement dans des dépressions marécageuses.
- On distingue entre ces dinosauriens ceux qui marchaient à la façon des lézards et dont les membres antérieurs et les membres postérieurs étaient sensiblement égaux ; ce sont les Sauropodes (étymologiquement à pieds de lézard) et ceux dont les pattes antérieures étaient plus courtes permettant tantôt encore la station quadrupède, tantôt la station
- Fig. 2. — A gauche, moulage d'une pâlie de Brontosaurus au Muséum d’hisloire naturelle américain. — A droite, la même patte dans sa position de gisement. — En bas, les blocs contenant les vertèbres, sur le lieu même des fouilles.
- p.409 - vue 413/536
-
-
-
- 410
- LA NATUKE.
- bipède sur les pattes de derrière : ce sont les Thè-rnpodes (étymologiquement : à pieds de mammifère) et les Ornithopodes (étymologiquement : à pieds d'oiseaux). C’est parmi les Sauropodes, à marche de lézard, que se range le diplodocus. Nous n’avons nullement l’intention de décrire tous ces animaux dont de très nombreux types sont connus et que l’on a répartis en quatre grandes familles comprenant de nombreux genres et espèces. Nous dirons seulement que les sauropodes sont les reptiles dinosau-riens les plus voisins des crocodiles. Ce sont les plus grands animaux terrestres connus et beaucoup étaient gigantesques : ainsi l’Allantosaurus ne mesure pas moins de 58 mètres, il a des fémurs de 2 mètres de long; son cousin, Y Apatosaurus a des vertèbres de Im,07 de diamètre. Enfin tous ces animaux étaient herbivores et vivaient dans les marécages. Les Théropodes étaient, au contraire, des carnassiers terrestres ou vivant sur les côtes, armés de dents pointues et recourbées en arrière. Ils avaient un aspect étrange : membres antérieurs minuscules munis de doigts préhenseurs et de griffes pointues, queue énorme traînant derrière eux et leur servant tantôt d’appui, tantôt d’arme défensive, membres postérieurs très longs, cerveau et crâne très petits, ils avaient une allure d’oiseau ou de kanguroo, marchaient lourdement sur leurs pattes de derrière ou s’avançaient par bonds et par sauts. Ajoutons que leur taille était très variable, depuis celle de l’éléphant (Megalosaurvs) jusqu’à celle du chat (Comp-soc/nathus). Enfin le troisième ordre des dinosau-riens, les Ornithopodes, étaient des types très spécialisés, herbivores de grande taille, vivant dans les marécages, marchant à la façon des oiseaux tout en s’appuyant sur une queue énorme, portant parfois des cornes à la façon des ruminants; les plus célèbres sont à juste titre les Iguanodons, surtout connus par 25 squelettes entiers découverts en Belgique, à Bernissart près de la frontière française : six d’entre eux sont complètement montés et produisent, même sur les plus profanes, une saisissante impression lorsque l’on entre au Musée d’histoire naturelle de Bruxelles.
- Tel est, rapidement esquissé, le tableau d’ensemble du grand groupe fossile auquel appartenait le Diplodocus. Tous ces dinosauriens sont répandus dès le trias en Allemagne, en France, en Angleterre, dans l’Amérique du Nord, dans l’Afrique du Sud et l’on continue à les retrouver dans les mêmes pays jusqu’au crétacé supérieur. Il faut remarquer que, dès le trias, les types que l’on rencontre dans l’Amérique du Nord et en Europe sont différents, tout au moins les espèces et même les genres, car les familles sont communes; cette différence, due à la séparation géographique de ces deux grandes provinces, est allée en s’accentuant avec le temps. Les paléontologistes, tous d’accord pour ranger les dinosauriens parmi les reptiles, se sont souvent partagés pour déterminer leur parenté avec les autres reptiles, leur origine et leur développement. Malgré
- l’altitude d’oiseau que prennent les Iguanodons et leurs semblables, malgré aussi les caractères anatomiques d’oiseau que détermine eette attitude, tout le monde s’accorde aujourd’hui pour ne pas voir dans les ornithopodes la souche des oiseaux actuels. Néanmoins, il faut admettre que les oiseaux et les dinosauriens ont des affinités assez grandes et sans doute leur assigner une souche commune. (Juelle est cette souche? La paléontologie donnera un jour une réponse précise à cette question. On peut déjà prévoir que ces animaux souches appartiennent à un autre grand groupe de reptiles un peu plus ancien et présentant des caractères plus primitifs : les Théromorphes. Or, précisément, c’est aussi parmi les théromorphes qu’il faut chercher sinon les ancêtres, du moins des proches parents des ancêtres des mammifères. C’est un des grands attraits de la paléontologie que de nous présenter, avec le maximum de probabilité, en de vastes synthèses, l’histoire à grands traits des mammifères, des oiseaux et des dinosauriens et de nous les faire voir descendant tous les trois d’une même souche ancestrale, constituée précisément par un groupe fossile entièrement disparu, depuis des milliers de siècles !
- Jkan Lafitte.
- LES SOUTERRAINS-REFUGES DE NAOURS1
- Les souterrains de Naours, dont La Nature a déjà parlé il y a dix ans2 et sur lesquels nous avons à revenir à cause des trouvailles qui y ont été faites depuis cette époque, s’étendent sous la grande colline du Guet; ils sont creusés à une profondeur moyenne de 55 mètres (cent pieds), dans l’étage crétacé, caractérisé par la présence d’oursins micraster cor testi-tudinarium et d’inocérames aux formes variées (inoceramus labiatus).
- Les bancs de pierre s’étagent en assises régulières parfaitement horizontales, mesurant les unes lm,50 d’épaisseur, les autres O01,60; ils alternent et sont séparés par des couches de silex noirs. De nombreux échantillons de briquets ont été recueillis dans les fouilles de ces dernières années.
- Les souterrains de Naour^sont complètement artificiels, ce qui en fait tout l’intérêt historique.
- Ils ont été creusés à double fin : 1° A usage de carrières, afin d'atteindre les bancs de pierre dure, excellente pour les constructions; 2° à usage de refuges, avec des galeries resserrées, et des cellules relativement petites. D’ailleurs ceux que nous appelons les beaux quartiers des souterrains ont été creusés dans la mauvaise pierre afin d’aller plus vite,lors de's invasions. Il est évident que les carriers n’auraient pas été extraire de la mauvaise
- 1 Naours est un gros village de la Somme comptant actuellement 1150 habitants, situé à 17 km d'Amiens et à 15 km de Doutions. Depuis 400 ans on a toujours prononcé Nauro ou N ùr.
- 2 Yoy. n° 1164, du 21 septembre 1895, p. 257.
- p.410 - vue 414/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 411
- pierre à 200 mètres des entrées principales, alors que dans les quartiers voisins de celles-là il existe des bancs de pierre de premier choix ; c’étaient des refuges d’approvisionnements et des retraites momentanées pour les habitants du pays, lors des invasions; des cachettes, des muches selon l’expression du patois picard. Il en existe des quantités en Picardie, mais moins importants que ceux de Naours.
- On a commencé à les creuser à l’époque des invasions normandes et ils ont servi de refuges pendant les guerres françaises depuis le moyen âge, jusqu’au règne de Louis XIV.
- Nous n’avons absolument rien trouvé de la fin du xvne siècle, par la raison toute simple que sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI il n’y eut pas de guerre en Picardie. Il y a exception pour le compartiment dans lequel les faux-saulniers ou contrebandiers de la gabelle avaient leur dépôt de sel et appelé pour cela le grenier à sel dont il sera question ci-dessous. Nous y avons recueilli quelques pièces de la Première République. Les séries de monnaies, médailles, jetons, recueillies dans les aires ou couches de terre noire qui séparent les tas de poussière blanche et y forment comme aulant d’étages, correspondent exactement et toujours aux époques de guerre. La superposition est chronologique comme pour les fossiles.
- Nous n’avons pas à revenir sur la manière dont nous avons été amené à découvrir ces immenses hypogées en 1887, au fond desquelles régnait un silence absolu depuis 1825; pas plus que sur nos premières fouilles d’il y a 18 ans. Rappelons seulement que nous n’y avons été assisté que par la bonne volonté des seuls habitants de Naours.
- Voici, après dix-huit années de travaux et de recherches dans les quartiers complètement explorés, l’état actuel des souterrains-refuges de Naours et leur physionomie générale. C’est le type le plus complet des souterrains-refuges connus jusqu’à ce jour. Ils se composent de 28 galeries d’un développement total de 2000 mètres, mesurant les unes 2 mètres de large, les autres lm,50 et presque toutes lm,90 de haut. On compte 500 chambres ou cellules de 7 mètres de long, en moyenne, sur 5 mètres de large et lm,90 de haut. Une douzaine sont vastes comme des nefs d’Église, quatre d’entre elles forment comme des places publiques ou carrefours où viennent se ramifier de nombreuses artères. On compte six cheminées dont il sera question plus bas; chaque quartier principal avait la sienne : ce n’était point pour chauffer les habitants, car l’hiver il y fait très chaud et en toute autre saison il y a une température moyenne de 9 degrés et demi. C’était évidemment pour la cuisson des aliments tant pour les habitants que pour les bestiaux réfugiés en ces lieux.
- Il existe trois chapelles avec autels taillés dans la pierre, dont le creusement est aussi ancien que les souterrains. On y remarque Yarcosolium avec des niches pratiquées au fond, et destinées sans nul
- doute à recevoir des statues. Dans la table de chaque autel est creusée une encoche pour la pierre à reliques.
- Afin de compléter l’ensemble des leçons de choses, nous avons réuni les objets recueillis en trois catégories qui sont : 1° les empreintes géologiques; 2° les antiquités; 5° l’ossuaire de débris d’animaux domestiques. L’entomologie a révélé plusieurs familles d’insectes aveugles. Les paléographes ont eu à déchiffrer des inscriptions et des dates anciennes recouvertes de patine. Les amateurs de cryptogames ont trouvé des champignons s’étalant sur certaines parois et mesurant plus d’un mètre de diamètre. Enfin nous avons intéressé la botanique à l’occasion de la découverte du blé datant de 2(10 ans qui a eu un si grand retentissement.
- Depuis dix ans les faits archéologiques nouveaux sont : la galerie transversale, l’exploration des fameuses cheminées, le dégagement de la Rotonde, la trouvaille du blé de 200 ans, enfin la découverte du trésor faite dans l’hiver 1904-1905. Ces recherches portent sur la partie grisée du plan. Tout le reste a été étudié précédemment.
- 1° La galerie transversale. — Elle suit la montagne de l’est à l’ouest et a ses principales issues du côté du village au-dessous du petit bois qui le limite. D’après la tradition, elle se prolongerait 150 mètres plus loin jusqu’au fond du puits de l’ancienne brasserie de la famille Delabroyc, sise à la pointe nord-ouest de la montagne du Guet. On pénétrait donc dans la galerie transversale et l’on pouvait en sortir par plusieurs issues parfaitement dissimulées, et même la galerie transversale coupe en biais cinq des principales artères des souterrains qui vont du sud au nord ; le tout fait un immense dédale dans lequel les habitants pouvaient s’esquiver par d’innombrables sorties inconnues à l’ennemi. A chacun des points d’intersection il a existé une clôture : les traces et encoches en sont toujours visibles. Enfin au tournant des rues se voient encore des signes conventionnels pour se reconnaître : ici une étoile gravée au trait sur la pierre; plus loin un soleil grossièrement sculpté; ailleurs une flèche; le plus souvent une croix simple ou encadrée; enfin des arbalètes dont il existe de nombreux types, etc. Le déblaiement complet des différentes sections de la galerie transversale nous a demandé deux années, 1895-1896.
- 2° Les cheminées sont de magnifiques puits perforés dans l’épaisseur de la montagne, mesurant de 25 à 55 mètres de hauteur, et dont l’orifice extérieur débouchait primitivement à rase terre dans les champs ou les bois. La fumét ne tarda pas à révéler aux ennemis la présence des habitants cachés dans leurs mystérieuses demeures. Ceux-ci durent bientôt avoir recours à un stratagème pour se dissimuler; ils percèrent un peu plus loin un deuxième puits de quelques mètres seulement, qu’ils mirent en communication avec le précédent par une galerie horizontale. Cela fait, ils fermèrent l’orifice du puits
- p.411 - vue 415/536
-
-
-
- 412
- LA NATURE.
- principal par une voûte en pierres qui arrêtait la fumée montant de l’intérieur et la forçait par cette sorte de canalisation à s’e'vacuer loin de l’orifice véritable, habilement dissimulé. C’est ainsi qu’ils donnaient le change à l’ennemi. Le forage de ces doubles puits et des galeries qui les mettaient en communication a exigé un temps considérable et des dépenses énormes; preuve que toute la population de Aîaours avait des intérêts qui la rattachaient aux carrières.
- Deux de ces cheminées correspondaient avec le foyer de la maisonnette de deux meuniers dont les
- moulins étaient situés au-dessus de la montagne du Guet. Les fouilles pratiquées en 189(5, 97, 98, en ont fourni les preuves surabondantes. L’un de ces moulins a été détruit par les soudards du Prince Thomas, généralissime des armées espagnoles, au cours de l’année de Corbie, 1G50. Au-dessus des deux principales cheminées (nos 1 et 2) nous avons, après d’importants travaux de terrassement, construit des édicules en matière dure, ayant pris soin de ménager sur le côté une large baie, sorte de lunette close par une grande glace qui, à l’aide d’un réflecteur en pierre très blanche, renvoie la lumière
- Entrée I tn/i/v/xur
- Mètres
- Entre?, decounerte en 1888, refermée en .
- Petit Bois
- Fig. 1. — Plan du village de Naours et des souterrains. (Les souterrains sont marqués en gris.)
- jusque dans les profondeurs des souterrains. I)c sorte que les visiteurs qui parcourent les galeries inférieures, en arrivant au foyer des cheminées, n’ont qu’à lever les yeux en haut pour apercevoir le jour et mesurer du regard l’élévation de ces exutoires dont les parois sont couvertes de suie. Au cours des travaux exécutés, nous avons pris toutes les précautions nécessaires pour conserver intacte celte couche de suie très épaisse qui recouvre le sol des galeries supérieures comme pièce à conviction.
- 5° La Rotonde. — La partie des souterrains où se sont concentrés tous nos efforts depuis quatre ans et qui nous a donné les résultats les plus étonnants, c’est la Rotonde, à l’heure actuelle te clou de toute excursion aux souterrains. C’est en cherchant l’entrée
- principale du grenier à sel (refuge des contrebandiers de la gabelle), qui, d’après nos prévisions, devait s’ouvrir dans le liane de la montagne, que nous l’avons découverte. Comme son nom l’indique, c’est une salle grandiose de forme circulaire.
- Dans sa partie la plus large, près de sa base, elle mesure GO mètres de circonférence et dans le haut, près de l’orifice, 40 mètres. De l’aire actuelle (que nous foulons aux pieds depuis quelques mois seulement et dans le sol de laquelle nous avons récolté pas mal d’objets du temps de la Ligue, entre aulres des pièces de Henri 111 et Henri IV) jusqu’en haut, la Rotonde mesure 25 mètres d’élévation; mais nous sommes loin de l’avoir évidéc complètement. Quoique descendu à 5 mètres de
- p.412 - vue 416/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 413
- profondeur, nous n’avons pas atteint le sol franc; nous sommes toujours dans du remblai formé d’une poussière de pierre très blanche, fortement tassée, sur la tranehe de laquelle on voit se dessiner quatre couches de terre noire superposées et formant comme quatre étages, accusant les occupations et les passages de quatre générations. Une tranchée verticale pratiquée dans cette montagne de poussière, et laissée ad hoc, permettra à tout visiteur de constater de visu cet état de choses. La rotonde était comblée et remplie du haut en bas, quand nous avons entrepris de la vider il y a quatre ans.
- La formation de la Rotonde est la conséquence d’un tassement de toute une section de la montagne du Guet.
- Trois grandes galeries la traversaient et formaient à leur jonction une sorte de place publique qui est la Rotonde actuelle : Ce sont le Grenier à sel, la rue de
- la Hotoie et la rue du Trésor. Ces trois rues, ainsi que les chambres qui les bordent, sont creusées dans un très mauvais banc de pierre. Dès qu'on le touche, il s’effrite. A une époque que l’on ne peut déterminer d’une façon précise, ce banc s’est écrasé, et toute une section de la montagne s’est affaissée de 60 centimètres, ce qui æ rendu impossible la circulation dans les trois galeries en question et l'habitation dans les cellules, toutes les voûtes étant baissées et réduites de lm,80 à lm,20 d’élévation. Nous avons la preuve indiscutable de ce fait dans la solution de continuité des bancs de silex, à chaque diaclase ; nous avons également la preuve que cet événement se produisit dans la première moitié du règne de Louis XIII de 1615 à 1650.
- Le tassement en question a produit l’effondrement des voûtes de la Rotonde, grâce à l’existence de deux diaclases ou cassures de la montagne, allant l’une de l’est à l’ouest et l’autre du sud au nord. Les propriétaires riverains ayant, selon toute apparence, été saisis de frayeur, ont complètement recomblé de par en haut cet immense trou béant. C’est par suite de cet effondrement que des richesses archéologiques ont été ensevelies à 30 mètres de profondeur et n’ont pu être recueillies par ceux qui fréquentaient les souterrains au xvn° siècle.
- 4° Découverte du blé de 200 ans. — A peine avions-nous frappé le premier coup de pioche, dans le but de retrouver l’entrée principale du Grenier à sel, et découvert les premiers indices de la Rotonde, qu’une profonde excavation se produisit à notre gauche le 15 novembre 1001. C’était l’entrée d’une large galerie bordée de chambres régulières aboutissant à
- l’entrée principale; nous y avons recueilli bien des objets, entre autres 20 pièces de monnaie Henri 1\, Louis XIII, Louis XIV; mais la trouvaille principale fut celle des grains de blé ramassés en présence de cinq témoins; nous les avons ensemencés à deux reprises difïérentes et nous en avons eu deux récoltes successives. Nous pourrons, quand on le voudra, établir sur des preuves solides que ce blé a été laissé
- dans les souterrains lors des dernières guerres de Louis XIV, il y a près de 200 ans; mais la place nous manque ici pour celte étude. Cette question du blé de 200 ans a soulevé tant d'objections (jue nous voulons y répondre par un travail sérieux.
- Un éminent professeur d’agriculture nous a écrit entre autres : <t Le jour où vous aurez établi que ce blé a bien conservé sa puissance germinative, l’archéologie aura rendu un éminent service à la biologie et à la botanique. »
- Ce premier jalon nous suffit pour le moment.
- 5° Le trésor. (Voir le
- plan.) — Enfin la trouvaille qui a marqué le début de nos fouilles de l’hiver 1904 fut celle du Trésor. C’est un trésor réel, composé de pièces d’or remarquables, découvert en janvier dans le passage le plus banal des carrières de Naours, en cherchant la communication entre la Rotonde et l’entrée principale, qui portera désormais le nom de Galerie du Trésor. Il nous reste à peine la place pour en citer les pièces les plus précieuses, presque toutes en or, sans parler des éperons et d'une quantité d’objets de moindre
- Fig- i.
- Souterrains-refuges il.3 Naours. Grande cheminée.
- p.413 - vue 417/536
-
-
-
- 414
- LA NAT U HL.
- importance, mais offrant un réel intérêt au point de vue archéologique : 1° Deux Karolus : Charles VI et Charles MI, très beaux; 2° un Louis XII éeu au porc-épic ; 3° quatre François /" , superbes écus à la couronne ; 4° un Ducat Espagnol, moins grand que celui trouvé, il y a 16 ans,auprès des chapelles des souterrains. Il est de Philippe II. Date approximative 1585; 5° deux Henri /!, les seuls en bronze, de 1592; 6° quatre Louis XIII, 1615,1655, 1640, 1642. Celle de 1642 est à l’effigie du roi, la tète laurée. Elle est lleur de coin; 7° deux pièces magnifiques de la minorité de Louis XIV. Elles portent le millésime de 1647. La tête du royal enfant est ravissante, le front est lauré, c’est le bijou de la collection. La découverte de ce trésor a pour nous, au point de vue de nos études, une certaine importance. Elle prouve que les souterrains n’étaient pas seulement des refuges d’approvisionnements, mais encore que les habitants du pays s’y cachaient lorsque l’ennemi approchait; non seulement les manants, mais aussi les notables de la localité.
- Nous y trouvons un puissant encouragement à poursuivre l'exploration complète de ces immenses hypogées qui n’ont pas encore dit leur dernier mot, encore moins livré leur dernier secret.
- Abbé E. Danicockt.
- —-------
- CHRONIQUE
- Torpilleurs à pétrole. — La fameuse maison anglaise Yarrow, qui a construit tant de torpilleurs pour une foule de marines étrangères, est en train d’étudier fort activement l’application des moteurs à pétrole aux torpilleurs, et elle estime qu’on pourrait ainsi accroître considérablement la vitesse de déplacement de ces petits bateaux. Avec un moteur tonnant, un contre-torpilleur même, de 06 mètres de long, arriverait sans doute à prendre une allure de 45 nœuds, alors que les navires de ce genre et de celte dimension, construits par les chantiers Yarrow pour le Gouvernement japonais, n’ont pas pu dépasser 52 nœuds.
- Le» lampes à filament d'osmium. — Si nous en croyons une conférence faite par F. Elan, devant rElektrotechnische Yerein, les lampes à incandescence dotées d’un filament d’osmium, qu’on construit maintenant pratiquement, sont faites pour une tension de 37 à 44 volts; leur filament a 280 mm. de long pour un diamètre de 0,087 mm., elles présentent une puissance de 25 bougies et consomment 1,5 watt par bougie. Leur vie est longue; l’émission lumineuse augmente de J/10 durant les deux premières heures, puis elle ne baisse que lentement et reste encore de 8 pour 100 de la puissance lumineuse primitive au bout de 2000 heures; bien des lampes peuvent fournir 5000 heures d’éclairage.
- Le rendement des engrenages et transmissions. — 11 sera certainement intéressant pour nos lecteurs de connaître les chiffres fournis par M. R. Lacau sur le rendement des différents systèmes de transmissions par engrenages ou autres, tels qu’on les emploie surtout dans l’automobilisme. Pour un engrenage à dents droites, acier sur acier, graissé, mais exposé à la poussière des rues, ce rendement est de 00 pour 100 si le mécanisme
- est neuf, de 80 pour 100 s’il a subi de l’usure; quand ij s’agit d’un pignon d’acier engrenant avec une roue en libre, ces chiffres sont de 88 et 1)0 prmr 100 ; et ils demeurent identiques pour un pignon de cuir et une roue en fonte. Dans un bain d’huile, l’acier sur de l’acier donne respectivement 92 et 90 pour 100; la chaîne à rouleau, graissée et exposée à l’air, 94 et 92 pour 100. Enfin, le rendement du joint universel serait de 95 pour 100.
- Le» avantage» «le la galvani»ation élcctroly-ti«|ue. — Le professeur Burgess, de l’Universilé de Wisconsin, a voulu se rendre compte si la galvanisation électrolytique du fer recouvre celui-ci d’une couche protectrice plus efficace que la galvanisation à chaud par trempage. Et, dans ce but, il a immergé des échantillons de métal des deux types dans une solution à 3,2 pour 100 d’acide sulfurique normal. 11 a pu constater qu’un dépôt de 350 grammes par mètre carré obtenu par la méthode du trempage, se dissout tou jouis en moins d’une heure; au contraire, un dépôt analogue obtenu électrolv-tiquement ne s’enlève qu’au bout d’une heure, ce qui s’explique du reste par la plus grande pureté du zinc éleclrolytique. De plus, l’adhérence de la couche galvanisante électrolytique est double de celle de la couche donnée par le trempage.
- Les modifications nécessaires de l'artillerie de marine. — Ce sont du moins celles qui sont tenues pour telles par un spécialiste américain de valeur, le commandant William llovgaard, et il appuie son opinion sur les conclusions qu’on peut logiquement ‘tirer des combats navals livrés pendant la guerre russo-japonaise. Pour lui, les grosses pièces de marine ne doivent pas avoir un calibre inférieur à 30 centimètres, et elhs seront placées dans des tourelles jumelles. Pour l’armement secondaire, Jes projectiles de rupture chargés d’explosifs très puissants et lancés par les canons à tir rapide, ne peuvent infliger de dommages sérieux aux cuirassés tout à fait modernes, par suite de l’extension de la protection assurée par les cuirasses de 15 à 18 centimètres; et même les projectiles de pénétration ont à présenter un calibre plus que moyen pour causer des dégâts sérieux; c’est ainsi que les canons de 18 et de 20 centimètres, lors même qu’ils traversent les cuirassements secondaires, comme ils le font théoriquement aux distances normales de combat, ne gardent pas après cela une énergie suffisante. D’où la nécessité de recourir à des pièces plus fortes, manœuvrées, comme de juste, mécaniquement. Et, pour le commandant llovgaard, avant longtemps on préférera même les canons de 25 aux canons de 25 centimètres.
- L’nc puissante usine hydro-électrique norvégienne. — Elle est connue sous le nom de station de Kykkelsrud, elle se trouve sur la rivière Glommen, et sa puissance est de 45 000 chevaux. Elle utilise la dénivellation des trois chutes successives qui portent le même nom que l’usine, dénivellation qui est d’un peu plus de 19 mètres. D’ailleurs, les installations ne seront pas faites immédiatement pour 45 000 chevaux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 mai 1905. — Présidence de il. Tuoosr.
- Éloge académique. — M. Maquenne lit une Notice sur la vie et les travaux de M. Duclaux.
- Exploration de l'Océan. — S. A. le prince de Monaco
- p.414 - vue 418/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 415
- expose les résultats de sa dernière campagne océanienne. Celle-ci a duré deux mois et demi au cours desquels de nombreux faits intéressant l’océanographie, la biologie, la zoologie, la bactériologie et la météorologie ont été recueillis. Le parcours s’étend de Gibraltar aux Açores et aux Canaries. Des sondages suivant la verticale ont été opérés en trois points distants de 100 milles. Le long de la verticale on a mesuré la température et recueilli des échantillons d’eau, d’abord de 25 en 25 mètres à partir de la surface jusqu’à 300 mètres de profondeur, puis de 500 en 500 mètres. Avec des données correspondant à trois points, M. Thoulet peut obtenir la direction et l’obliquité de la circulation sous-marine des grandes profondeurs, laquelle est extrêmement lente. Les recherches bactériologiques ont comporté l’emploi d’instruments perfectionnés qui impriment aux résultats un caractère inattaquable. M. Portier a pu constater ainsi qu’à partir d’une certaine profondeur les eaux sont d’une pauvreté excessive en microbes. Des travaux de chimie biologique ont été opérés sur la coagulation du sang de divers animaux marins ainsi que les sucs qui y sont contenus. La zoologie a été enrichie de 30 à 50 especes nouvelles grâce à l’emploi d’un filet qui permet de ramasser tous les animaux répandus dans une colonne verticale, depuis le fond jusqu’à la surface. Un céphalopode fort peu connu a été capturé, c’est le leachin cyclura. M. Joubin a effectué sur lui des recherches histologiques. 11 a observé que le globe oculaire situé sur la face ventrale porte sept organes qui jouissent de la propriété d’émettre dans la nuit une lumière colorée. Il est ainsi facile de voir ces céphalopodes circuler la nuit autour du bateau. Un filet nouveau, imaginé par M. Richard, a été employé pour la récolte du plankton si important au point de vue des migrations des poissons.
- Le poids atomique de l’azote. -- M. Lemoine résume une Note de M. Guye relative au calcul du poids atomique de l’azote. M. Guye établit d’abord théoriquement, en partant delà loi des états correspondants, que les densités des gaz déterminées dans des conditions de température et de pression correspondantes (correspondantes eu égard à l’état critique) et ramenées à 0° et à 760 millimètres par la formule propre aux gaz parfaits, étaient rigoureusement proportionnelles aux poids moléculaires. M. Guye fait une application numérique de ce théorème à l’azote et à l’oxygène dans deux conditions qui semblent assurer le maximum de précision, d'abord en comparant l’oxygène à 100° et à 760 millimètres et l’azote à 37° et à 505 millimètres qui sont les états correspondants, puis à 760° en prenant les températures auxquelles les deux gaz satisfont exactement à la loi de Mariotte, qui sont 105° pour l’oxygène et 40° pour l’azote. 11 met en parallèle les résultats ainsi obtenus avec ceux tirés des autres méthodes physico-chimiques dues à M. Leduc, à M. Daniel Berlhelot et à Lord Rayleigh. La concordance existe. La conclusion est que la valeur la plus probable du poids atomique de l’azote est de 14,009, soit à peu près un centième de plus que le nombre entier classique.
- La compressibilité des gaz. — M. Lemoine analyse ensuite une Note de MM. Jacqueret et Scheuer sur la compressibilité des différents gaz à des pressions inférieures à l’atmosphère et sur la détermination de leurs poids moléculaires. Ils rappellent les recherches de M. Daniel Berthelot et de Lord Rayleigh pour déterminer les poids moléculaires au moyen de ce que l’on a appelé les densités limites des gaz en les calculant par une foi’mulc très simple d’après leur écart avec la loi de Mariotte. Ils
- ont repris, avec la plus grande exactitude, les déterminations expérimentales déjà faites sur cette question en opérant à 0° et à des pressions comprises entre 400 et 800 millimètres pour le bioxyde d’azote, l’hydrogène, l’oxygène, l’acide sulfureux et même pour l’hélium. MM. Jacqueret et Scheuer indiquent les nombres qu’ils ont trouvés pour l’écart de la loi de Mariotte, pour , le poids du litre normal (c’est-à-dire à 0° et à 760°), pour le poids moléculaire calculé en opérant la correction due à l’écart de la loi de Mariotte. Pour l’hydrogène et l’oxygène, les résultats sont presque identiques à ceux de Lord Rayleigh. Pour les gaz éloignés du point d’ébullition, les poids moléculaires calcylés coïncident pratiquement avec les résultats des meilleures méthodes analytiques.
- La gemmation scissiparée chez les Annélides. — M. Edmond Perrier présente une Note de M. Malaquin, de la Faculté des Sciences de Lille, sur un cas de scissiparité des Annélides des genres Salmacina et Filigrana. Ces Annélides sont de petits vers communs sur nos côtes qui présentent celte particularité d’habiter des petits tubes calcaires. Ils peuvent se reproduire par des œufs ou par coupure spontanée du corps en deux parties avec naissance d’une tète à la partie qui en est dépourvue. Le corps peut même se diviser ainsi en plusieurs parties. Ce phénomène de scissiparité dans ce cas est particulièrement intéressant à cause des caractères particuliers de la tète qui porte un volumineux panache branchial. Celle-ci se forme aux dépens de quelques segments du corps préexistants qui subissent alors une métamorphose complète. Ces segments sont justement ceux dans lesquels se développent les organes de reproduction chez les invertébrés sexués. Chez les invertébrés asexués, ces organes sont remplacés par des cellules spéciales qui se multiplient rapidement, s’insinuent au travers des muscles et se développent de manière à se substituer aux éléments dans le voisinage desquels ils sont parvenus. Il se produit ainsi une rénovation complète du segment dont les éléments mêmes sont détruits par phagocytose.
- Cir. DE VlLLEDEL IL,
- TURBINES MODERNES
- Des efforts très louables ont été faits pour perfectionner les roues hydrauliques proprement dites, et des types divers fort ingénieux en ont été imaginés ; mais il faut reconnaître que c’est seulement la turbine, avec son rendement bien autrement supérieur et son excellent fonctionnement, qui a permis de tirer réellement parti de la puissance motrice que représentent les chutes d’eau. Nous rappellerons en un mot que le rendement de ces appareils dépasse couramment 75 pour 100, et qu’il peut atteindre 80, 82 pour 100. Bien entendu, l’emploi s’en vulgarise d’autant plus que l’électricité et la transmission de l’énergie permettent d’utiliser pratiquement les chutes d’eau.
- Nous n’avons pas l’intention de nous étendre sur ce sujet pourtant intéressant, mais nous voudrions signaler, à titre de curiosité et d’exemple instructif, une turbine énorme qui est en montage dans.une de ces nombreuses et remarquables stations hydre-
- p.415 - vue 419/536
-
-
-
- LA NATURE.
- 4 IB
- électriques qui vont se multipliant au Canada. 11 s’agit de l'usine dite de Shawinigan, sur la rivière Saint-Maurice, à 150 kilomètres environ dans le nord-est de Montréal, en un point où existe une chute de 42 à 45 mètres. On a créé là un barrage qui n’a d’abord amené l’eau qu’à trois vannes, auxquelles correspondent trois turbines recevant le lluide moteur en charge : ees turbines, installées au niveau inférieur de la chute, sont chacune d’une puissance de 6000 chevaux; elles sont du reste à axe horizontal, ce qui n’est pas très fréquent dans la pratique actuelle ; elles se trouvent reliées directement à un générateur de 3750 kilowatts et tournent à 180 'révolutions par minute. Les installations ont été prévues pour un agrandissement de l’usine, au fur et à mesure de l’accroissement des besoins ; et c’est pour répondre à ceux-ci que la Morris C°, de Philadelphie, achève de monter l’énorme turbine, assez analogue aux trois autres, mais beaucoup plus puissante, dont nous donnons une vue prise alors qu’on venait de la monter à l’usine de construction. Celte turbine a une puissance de 10500 chevaux : on voit qu’elle aussi a son axe horizontal et qu’elle est munie d’une enveloppe spirale; nous n’avons pas à insister sur son type, qui est assez connu; l’admission de l’eau s’y fait par le bas, par un ori-lice d’un peu plus de 5 mètres de diamètre, et la sortie s’elfectue de façon divergente par deux orifices qui s’ouvrent de part et d’autre en se recourbant, et qui servent de support aux paliers de l’arbre horizontal de l’appareil. Ce sont les dimensions sur-
- tout qui sont intéressantes ici. La turbine n’a pas moins de 011*, 15 de la base au sommet, pour une largeur totale défi"1,70 et môme de 8m,25 si l’on compte de l’un des paliers à l’autre de l’arbre. Celui-ci, qui est en acier forgé, ne pèse pas moins de 10 tonnes; quant à la turbine, son poids atteint 165 tonnes à peu près. La partie tournante de l’engin, la roue à aubes, est en bronze, et son poids s’élève à 5 tonnes. Ajoutons que le diamètre de l’arbre sur lequel elle est enfilée est de 558 millimètres au centre. Quand l’appareil fonctionne à plei-ne charge, la quantité d’eau qui y passe, dans le court intervalle d’une minute, n’est pas moins de 1 512 000 litres. C’est toute une rivière qui se décharge ainsi par les orifices d’entrée ou de sortie de la turbine.
- Pour l’instant, la puissance effective de l’usine hydro-électrique de Shawinigan estde22500 chevaux ; et l’addition de cette seule turbine va permettre de l’augmenter étrangement. Mais les consommateurs ne manquent pas pour le courant produit : dès maintenant on envoie 10000 chevaux à Montréal, sous une différence de potentiel que les transformateurs permettent de porter à 50 000 volts.
- Depuis cinq ans que l’usine a été créée, il s’est fondé une vraie ville de 5000 habitants, ville où abondent les ateliers, les usines électrolyliques ou autres faisant appel au courant que la station peut 1< ur vendre à bon compte. P. de M.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus. 9.
- p.416 - vue 420/536
-
-
-
- LA NATURE
- TRENTE-TROISIÈME ANNÉE
- PREMIER SEMESTRE
- JNDEX ALPHABÉTIQUE
- 19 05
- A
- Abris en horticulture (Les), 307.
- Académie des Sciences (Séances hebdomadaires de 1’), 15,31,47, 6'2, 79, 95, 111, 127, 142, 159, 174, 190, 207, 222, 238, 255, 270, 286, 303, 318, 534, 351, 566, 382, 598, 414.
- Acide formique (T), 373.
- Acide lactique (Propriété de F), 318.
- Acide oxalique (Synthèse de 1’), 382.
- Acier (Meubles d’), 158.
- Aconcagua (Altitude de 1’), 158.
- Air sec aux hauts fourneaux (De l’emploi de 1’), 264.
- Alcool dans le monde (Industrie de 1’), 150.
- Aldéhyde formique et la désinfection (L’), 350.
- Alimentation artificielle des oiseaux en hiver (L’), 358.
- Alimentation du bétail (Une plante d’), 47.
- Alisiers (Sorbiers et), 163.
- Allumage dans les automobiles (Machines magnétos pour 1’), 331.
- Allumeur-extincteur automatique à durée variable, 48.
- Altitudes atteintes (Les hautes), 49.
- Aluminium (Les alliages d’), 115.
- Amidon (Transformation de l’amido-cellulose en), 191.
- Amidon (Constitution de F), 399.
- Amidon artificiel (U), 383.
- Ammoniaque (Dosage de 1’), 175.
- Ammonium (Utilisation des métaux), 582.
- Analyse minéralogique des terres, 334.
- Anamorphoses (Les), 79.
- Anesthésie sans chloroforme (U), 386.
- Animaux des cavernes (Les), 31.
- Animaux domestiques dans la civilisation égyptienne (Nos), 107.
- Animaux quaternaires (Une ménagerie d’), 195.
- Annélides (La gemmation par scissiparité chez les), 415.
- Antarctiques (A quoi servent les explorations), 291.
- Antiseptiques du sulfate ferrique (Propriétés), 190.
- Araignée et sa toile (U), 394.
- Arbres (Le vent et les), 212.
- Armide à l’Opéra (Les trucs de théâtre),
- 351.
- Arrosage des rues à l’eau de mer (L’), 158.
- Artérielle (Abaissement de la tension), 255.
- Artillerie de marine (Les modifications de 1’), 414.
- Ascension scientifique (Une), 347.
- Assimilation du sucre de lait, 334.
- Supplément au n" 1670 de La Nature
- Astrolabe (Observations à 1’), 159.
- Atlas marocain (La structure de 1’), 238.
- Atmosphère (Température de U), 191.
- Audition et les lésions de l’oreille (L’) ,222.
- Aurore polaire (L’), 19.
- Autocar électrique de la North Easlern Railway C° (L’), 152.
- Autodrome naturel en Floride (Un), 223.
- Automobile (Le salon de 1’), 70, 83.
- Automobiles sur rails (Bandage pour la circulation des), 102.
- Automobiles (Le dérapage des), 142.
- Automobiles françaises (Le commerce des), 190.
- Automobiles de 1905, Alger-Toulon (Les grandes épreuves), 310.
- Automobiles (Machines magnétos pour l’allumage dans les), 331.
- Automobilisme en France (Répartition de F), 234.
- Automobilisme et astronomie, 53.
- Autun (La Société d’histoire naturelle d’), 223.
- Aviation ( Un concours d’appareils d’), 267.
- Azote nitrique (Le dosage de F), 322.
- Azote (Le poids atomique de F), 415.
- B
- Bacille typhique (Longévité du), 551.
- Baguettes dorées, 147.
- Balance dynamométrique du colonel
- . Renard (La), 371.
- Baleines (Un pavage en vertèbres de), 256.
- Balkans (Dépôts charbonneux des), 223.
- Balkans (Les charbonnages des), 295.
- Banque dans l’antiquité asiatique (La), 282.
- Barbes hygrométriques, 366.
- Barrage en bois (Un), 62.
- Bateau de sauvetage inchavirable et à vapeur, 219.
- Bateau à repêcher les épaves (Un), 222.
- Bateaux au patron (Construction des),110.
- Bateaux (La profondeur de l’eau et la vitesse des), 371.
- Bathymétriquo des Océans (La carte générale), 171.
- Batterie automobile de l’armée portugaise (La), 319.
- Bermudes (Une station biologique aux), 534.
- Bestioles qui se font porter (Les), 145.
- Béton armé (La résistance du), 128.
- Béton armé (Une digue en), 158.
- Béton armé de Kazarguine (Le pont en), 228.
- Béton armé (Un nouveau genre do), 346.
- Bise du 1er au 3 janvier 1905 à Genève (La), 175.
- du 27 mai 1905.
- Bison d’Amérique (Comment a péri le), 134.
- Blanchiment des toiles, 158.
- Bons (La porte de), 364.
- Borax et les matières alimentaires( Le) ,90.
- Bore (Propriété réductrice du), 79.
- Botanique dans le désert (Un laboratoire de), 12.
- Boucharo (La gorge de), 23.
- Brasserie (Applications de l’électricité en), 188.
- c
- Câble d’Islande (le), 387.
- Cachette d’un mineur (La), 302.
- Calendrier perpétuel automatique, 74.
- Cancer du sein (L’action des rayons X sur le), 222.
- Canon de campagne américain (Le), 130.
- Canons de côtes à tir rapide (Les nouveaux), 342.
- Canot démontable (Forme normale du), 177.
- Capsule surrénale (Développement de la), 503.
- Captures de rivières, 255.
- Carat (Le), 374.
- Carbone (Les intoxications par l’oxyde de), 178.
- Carbonifère saharien (Le), 303.
- Carbure de calcium (Un nouvel usage du), 142.
- Cargo-boats des Grands Lacs (Les), 254.
- Carnivores du quaternaire (Les), 207.
- Carte générale bathymétrique des Océans (La), 171.
- Caucase (La colonisation russe au), 248.
- Céréales (Un élévateur à), 190.
- Chalands de mer et commerce des bois, 206.
- Champignons au Muséum (Une exposition de), 5.
- Champignons supérieurs (La surface fertile des), 159.
- Charbon des mines de la Grande-Bretagne (Ressources en), 315.
- Charbonnages des Balkans (Les), 295.
- Charcot (L’expédition), 238.
- Chari et du Tchad (Contribution à l’étude de la région du), 128.
- Charriages en métallogénie (Le rôle possible des), 305.
- Châtaignier millénaire (Un), 128.
- Chaudières (Une cause méconnue de la corrosion des), 155.
- Chaudières (L’augmentation de la puissance évaporatoire des), 127.
- Chauffage à eau chaude par le pulseur Rouquaud (Nouveau), 131.
- Chauffage et régulation électriques des appareils à température constante, 301.
- 27
- p.417 - vue 421/536
-
-
-
- 418
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Chauffeur (Ce que vaut un bon', 270. Chemins de fer électriques (Un avantage des), 254.
- Chemins de fer à voie étroite du Viva-rais (Le réseau des), 289.
- Cheval calculateur (Un', 78.
- Chiens (La maladie des), 239.
- Chine (La population de la':, 370. Chloroforme et la tension artérielle (Le), 191.
- Chloroforme et les graines (Le), 318. Chloroforme (Toxicité du), 383.
- Chou (Pourriture bactérienne du), 399. Chute des corps (Déviation de la), 191. Cidre (La production du), 139.
- Coca au Pérou (La culture de la), 286. Coendou velu (Le), 357.
- Combinaisons chimiques (Recherches sur les), 366.
- Comète de 1904 (La troisième), 46. Comète d’Encke (La), 31, 82.
- Comète de Tempel (La), 28.
- Commande d’appareils à distance, 271. Composé fluoré organique (Un), 367. Compteurs et les lampes à incandescence électriques (Les), 206.
- Conserves à chauffage automatique de l’armée russe (Les), 303.
- Corindon (L’industrie du), 174.
- Corps nouveau (Préparation et propriété de), 95, 367.
- Correspondance, 126, 190. Correspondances pour chemins de fer (Service automobile de), 350.
- Coton (Disette de), 14.
- Couleurs sans appareil spécial (Photographie directe des), 10.
- Couleurs bleues de la peau et des plumes (Les), 367.
- Courants alternatifs de haute fréquence et de faible intensité, 139.
- Courants marins (La genèse des), 406. Cristallin (L’accommodation du), 159. Cristallisation, 143.
- Cristallographie, 15, 255, 318.
- Cristaux (La luminosité des), 351. Croiseur américain (Un grand), 254. Cryoscopie, 175.
- Cuirassé anglais (Nouveau type de), 15. Cuirassement des navires (Le), 334. Culture artificielle des plantes alpines (La), 330.
- D
- Daltonisme et tourisme, 350.
- Dantzig (L’école technique de), 270. Débit des conduites d’eau (Appareil Mes-nager servant à la mesure du), 279. Décès, 399.
- Déchargement d’un grand navire (Le), 207. Décor incombustible (Le), 315.
- Déviation des corps pendant leur chute, 195.
- Diamant (Préparation du), 159 Dinosauriens, reptiles fossiles (Les), 407. Dynamomètre physiologique, 271. Dysenterie aux pays chauds (La), 79.
- E
- Eau dans le Sud-Marocain (La question de 1’), 180.
- Eaux souterraines (Alimentation de Berlin en), 94.
- Eaux-de-vie devin (Composition des), 207.
- Eaux potables (Examenphysique des], 239.
- Eclipse partielle de lune du 19 février, 158.
- Éclipse de lune du 20 février (L’), 207.
- Eclissc (Un nouveau type d’), 42.
- Ecossais du Nord-Est (L’origine ethnique des), 350.
- Egypte (Matière des offrandes funéraires en), 142.
- Égyptienne (Nos animaux domestiques dans la civilisation), 107.
- Egyptiens (La géométrie des), 351.
- Electrisation (Action physiologique de
- . a loi.
- Eloge académique, 414.
- Embrayage (Appareil d’), 159.
- Engins de levage et accidents de chemins de fer, 7.
- Engrenages et transmissions (Le rendement des), 414.
- Eridhu, 350.
- Erosions souterraines (Chronométrie des) 47.
- Erratiques (Les dépôts), 174.
- Espagne préhistorique (L’), 511.
- Esthétique (Les lois mathématiques de
- , 1’), 103.
- Etat solide et les travaux de M. Tam-mann (Les limites de l’), 261.
- Étoile filante (Faible hauteurd’une),339.
- Étoiles (Étude photographique des), 58.
- Étoiles (Distances entre deux), 102.
- Étoiles (La lumière totale des), 366.
- Éludes scientifiques (L’avenir des), 54.
- Eucalyptus (Les pilotis en), 382.
- Excitation musculaire (L’), 255.
- Exploration de l’Océan, 414.
- F
- Faune du Japon (Flore et), 230.
- Fermentation (Emploi du sulfate de cuivre dans la), 367.
- Fermentation (Proportion des produits de), 179.
- Fièvre jaune en Europe (Disparition de la), 314.
- Filtration et stérilisation des eaux d’alimentation publique, 138.
- Floraison des roses (Phases et durée de la), 2.
- Flore et faune du Japon, 230.
- Flotte de guerre du Brésil (La nouvelle), 206.
- Foie (Dédoublement du), 271.
- Foie (L’intoxicationphosphorée et le), 271.
- Folie chez les nègres (La), 238.
- Fonte (La fabrication de la), 15.
- Fonte (La solidification de la), 143.
- Formation de la terre (Une vieille théorie de la), 154.
- Fossiles du Yunnan (Les), 239.
- Fossiles de la Perse (Les), 287.
- Foudre (Une enquête sur les coups de), 127.
- Fougasses et les torpilles terrestres à Port-Arthur (Les), 36.
- Foule (Le poids d’une), 382.
- Four électrique Kjellin (Le), 388.
- Fourmis (La ténacité de la vie chez les), 35.
- Fruits et de leur coloration anormale (Origine de la déformation des), 380.
- Fusil de guerre japonais (Le), 94.
- G
- Galvanisation électrolytique (Les avantages de la), 414.
- Garcia (Le centenaire de), 239.
- Gaz des fours à coke et leur application à la force 'motrice (L’utilisation des). 111.
- Gaz asphyxiants ou explosants (Auto-révélateur des), 535.
- Gaz pauvre au coke (Le), 346.
- Gaz (La compressibilité des), 415.
- Gemmation par scissiparité chez les An-nélides (La), 415.
- Géométrie (L’état des connaissances en),
- 15.
- Givre (Remarquable dépôt de), 98.
- (ilaciers du Dauphiné (Les), 47.
- Gordon Bennett (La coupe), 362.
- Gorge de Boucharo (La), 23.
- Gouffre profond de 460 mètres (Un), 94.
- Granité des Alpes (I/àge du), 318.
- Grcle (La lutte contre la), 175.
- Grotte du Trucho (La), 344.
- II
- Hauts fourneaux et les stations électriques centrales (Les gaz des), 171.
- Helgoland (La dune d ), 91.
- Hélicoptère (Un nouvel), 399.
- Hématozoaires (Pseudo-), 382.
- Henry (Paul), 110.
- Herborisations du printemps, 282.
- Herculanum (Projet de fouilles internationales à), 174.
- Heure par l’électricité (Transmission de F), 402.
- Homme, le mammouth et le rhinocéros, rue de Rennes, à l’époque quaternaire (L’), 127.
- Horlogerie clusienne (L’), 30.
- Horticulture (Les abris en), 307.
- Ilouiller de Meurthe-et-Moselle (Le bassin), 278.
- Rouiller de Sarrebrück, en France (Prolongation du bassin), 286.
- Houillère aux États-Unis (Les débuts dé l’industrie), 382.
- Houillères du Japon (Les), 94.
- Huiles d’olives (Le turbinage dans la fabrication des), 254.
- Hydrauliques en Russie (Les puissances). 47.
- Hydrologie des États-Unis (L’), 350.
- Hygiène en France (Progrès de F) 230.
- I
- Impulsions cardiaques (La nature des), 207.
- Incendies (Le rideau liquide comme protection des), 158.
- Indiens Pueblos (Un type vivant de race préhistorique. Les), 183.
- Industrie chimique au Japon (L’), 406.
- Infection (Effets divers d’une même), 207.
- Insectes curieux de l’Amazonie (Les), 65.
- Instinct des insectes géologiques (L’), 370.
- Iodure mercurique sur le sulfate (Action de F), 367.
- Ionisation atmosphérique, 190.
- Irrigation en Australie (L’) 38.
- J
- Japon (Flore et faune du), 230.
- p.418 - vue 422/536
-
-
-
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- Japon (L’industrie minérale au), 505.
- Japon (L’industrie chimique au), 406.
- Jouets nouveaux (Quelques), 64.
- Jupiter (Le sixième satellite de), 115.
- Jupiter (La grande tache rouge de), 174.
- K
- Kazarguine (Le pont en béton armé de), 228.
- L
- Laboratoire de mécanique de l’Ecole des Mines de Paris (Le nouveau), 348.
- Lac bouillant de l’île Dominique (Le), 174.
- Lait falsifié au beurre de coco (Le), 227.
- Lampes à incandescence (Filaments en iridium pour), 190.
- Lampes à incandescence électriques et les compteurs (Les), 206.
- Lampes et déperdition lumineuse (Globes de), 222.
- Lampes à filament d’osmium (Les), 414.
- Laurent (Érection d’un monument à Emile), 351.
- Lebrun (Le centenaire de), 46.
- Léonides (Observation des), 15.
- Lèpre (Le microbe de la), 207.
- Leucite (Une exploitation industrielle de), 275.
- Lever photographique d’une région, 190.
- Locomotive à grande vitesse du Great Northern (Les), 81.
- Locomotive électrique pour marchandises, 127.
- Locomotive qui a parcouru 3 millions 400000 kilomètres (Une), 127.
- Locomotive en acier-nickel (Une), 158.
- Locomotive moderne (Les progrès de la), 187.
- locomotive équilibrée (Nouvelle), 190.
- Locomotive électrique du New-York-Central, 321.
- Locomotive à réchauffage d’eau d’alimentation, 339.
- Locomotive à pétrole ( Une puissante), 388.
- Locomotives à pistons verticaux, 10.
- Locomotives (Les ouvrages métalliques et la fumée des), 207.
- Locomotives françaises aux États-Unis (Les), 222.
- Locomotives à grande vitesse duP.-L.-M. (Les nouvelles), 225.
- Locomotives (L’usure des roues de), 254.
- Locomotives (Les avantages de l’alimentation automatique des foyers de), 254.
- Locomotives au Canada (La surchauffe des), 270.
- Loire navigable (la), 375.
- Longitude Paris-Greenwich (Différence de), 47.
- Longueurs d’ondes (Détermination des), 271.
- Luge (Le sport de la), 259.
- Lune (Constitution de la), 142.
- Lusol (L’éclairage au), 287.
- M
- Machine à écrire, la Dactyle électrique, 209.
- Machines à allumettes de la manufacture d’Aubervilliers (Les nouvelles), 1.
- Machines agricoles (L’emploi de), 255.
- Machines magnétos pour l’allumage dans les automobiles (Les), 331.
- Magnésium et la fièvre typhoïde (Le), 143. Magnésium et les microbes (Le), 346. Maisons-Laffitte (Les gens de science au xvm° siècle. Le château de), 241. Maladie du sommeil (Le traitement de la), 334.
- Mammifères fouisseurs (Les). 403. Manioc et le tapioca dans Elle de la Réunion (Le), 371.
- Marine de guerre anglaise (Le budget de la), 598.
- Maroc (Géologie du), 174.
- Mars (Les canaux de), 318.
- Mars (la planète), 399.
- Mélangeur universel Hall, 14.
- Ménagerie d’animaux quaternaires (Une), 195.
- Menthols (Propriétés des), 398.
- Mercure (Les taches et la rotation de), 127.
- Mercure (La planète), 242.
- Métallogénie (Le rôle possible des charriages en), 303.
- Métaux-Ammonium (Propriétésdes), 318. Météorique au télescope (Observation d’une traînée), 150.
- Météorites (Constitution de), 111. Météorites géantes, 191.
- Méthane (Propriétés du), 191.
- Métis de chien et de chacal au Jardin des Plantes (Les), 39.
- Métropolitain de New-York (La voiture école du), 142.
- Métropolitain. Passage au-dessous de la Seine (Le), 359.
- Meurthe-et-Moselle (Le bassin bouiller de), 278.
- Mexique (Description du), 79. Micromètres pour mesures intérieures, 122,
- Migration des oiseaux (A propos de la), 271,
- Minérale de la France (Production), 170. Mines sous-marines, 15.
- Miroirs rectangulaires (Effet des), 95. Monophone (Le), 269.
- Montagne Pelée (L’éruption de la), 79. Monts Everest et Gaurisankar, 302.
- Mont Mac Kinley (Le), 318.
- Montre moderne (La), 166, 231.
- Montres (Les coqs de), 139.
- Morilles (Culture des) 351.
- Moules (Un commensal des), 162. Moustiques (Un congrès contre les), 142. Moûts de pommes (Préparation des), 158.
- N
- Navire pour expéditions polaires, 270. Navires (La propulsion hydraulique des), 127.
- Navires (Stabilité des), 175.
- Nègres (La folie chez les), 238. Néomylodon (La peau du), 127.
- Nuage sur la Seine (Un), 94.
- Nuages (Mers de), 103.
- O
- Observatoire d’astronomie physique (Un nouvel), 161.
- Observatoire du Mont-Rose (L’), 369. Observatoire Fabra (L’), 67.
- Océan (Exploration de F), 414.
- Œufs (Le poids des), 255.
- Oranger (Un insecte destructeur de I'), 350.
- Orangs-Outangs de Rornéo (Les), 158.
- Ordures ménagères (Station roulante de combustion des), 587.
- Oreille (La sensibilité de F), 111.
- Osmium (Les lampes à filamentsd’), 414.
- Osmotique ( Variations de la pression), 367.
- Osmotiques des tissus des poissons (Propriétés),’ 31.
- Ostéomalacie (Un cas de gUérison d’), 270.
- Ostréiculture au Japon (L’), 216.
- Oucane de Chabrières (L’), 135.
- Oural (Constitution géologique de U), 159.
- Oursin (Un commensal de F), 238.
- Oxyde dp carbone dans l’air (Dosage de), 111.
- Oxyde de carbone (Les intoxications par F), 178.
- Oxyde de carbone (mise en évidence de F), 583.
- Oxygène en médecine et en chirurgie (L’), 51. _
- Ozone (Stérilisation des eaux d’alimentation par F), 294.
- P
- Pagoscope (Le), 151.
- Paléontologique (Publication), 32.
- Papillons diurnes exposés au Muséum par M. Roullet (A propos des), 118.
- Parfum dans ta vie de la plante (Dole du), 159.
- Parthénogenèse (Expériences de), 399.
- Pavage en vertèbres de baleines (Un), 256.
- Perforateurs chirurgicaux à ressort, 11.
- Peseurs automatiques Avery, 171.
- Pétrole et Pétroles, 59.
- Pétrole en Roumanie (Le), 156.
- Pétroléo-électrique (Un chaland), 130.
- Phare d’IIelgoland (Le nouveau feu-éclair du), 27.
- Pharmacie (Histoire de l’Ecole de), 191.
- Philosophie naturelle, 255.
- Phonographe (Les ancêtres du), 355.
- Photographie (Pour retrouver la date à laquelle a été prise une), 78.
- Photographie instantanée (Viseurs rationnels pour la), 210.
- Photographie de la couronne solaire, 319.
- Photographie (L’intensité de la lumière en), 223.
- Photographiques (Les grils), 98.
- Photographique (Une expérience), 270.
- Photographique (Statistique), 590.
- Photographiques (Nouveautés), 276, 340.
- Physique des corps solides d’après les idées actuelles (La), 66.
- Pierre-ponce artificielle (La), 270.
- Pilotis en eucalyptus (Les), 382.
- Planète (La solidification d’une), 287.
- Plante saccharifère (Nouvelle), 222.
- Plantes rares aux États-Unis (L’introduction des), 111.
- Plantes (Modifications de), 159..
- Plantes d’un plateau hindoustanique (Caractère des), 318.
- Plantes alpines (La culture artificielle des), 330.
- Plaque tournante (Une curieuse), 218.
- Plumes à reflets changeants (Les), 22.
- Poivre (Le faux), 94.
- Polymorphisme (Un cas de), 383.
- Pont à Paris (Le record du), 97.
- Pont en béton armé de Kazarguine (Le), 228.
- Port-Arthur (Un siège moderne), 198.
- p.419 - vue 423/536
-
-
-
- 420
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Porte de Bons (La), 364.
- Portes coulissantes et pivotantes, 145.
- Postes alpins d’hiver (La vie dans les), 273.
- Potier (A.) 398.
- Poulpe et la croix gammée (Le), 396.
- Poussières de l’atmosphère (Les), 302.
- Préhistorique. Les Indiens Pueblos (Fn type vivant de race), 183. '
- Production minérale de la F rance, 170.
- Pueblos (Un type vivant de race préhistorique. Les Indiens), 183.
- Q
- Quartz (Propriétés des tubes de), 286.
- R
- Rabotage des parquets (L’électricité et le), 134.
- Radiographie (Réglage des appareils de), 334.
- Radiographie aux armées en campagne (La), 99.
- Radium aux époques géologiques (Les radiations du), 318.
- Radium de .loachimsthal (Les mines de), 325.
- Radium et l'évolution de la matière (La géologie du), 354.
- Radium sur la décharge des torpilles (Action du), 191.
- Rails de 70 kilogrammes, 270.
- Ramoneurs et les marmottes (Les), 60.
- Ravins de Rosières (Les), 17.
- Ravitaillement des armées russes et le Trans-ibérien (Le), 298.
- Rayons N (Réalité des), 31.
- Rayons X sur le cancer du sein (L’action des), 222.
- Récréations et passe-temps, 76.
- Refuges-souterrains de Naours (Les), 410.
- Régulateur de roue hydraulique (Un ), 310.
- hein (Le mode d’activité du), 239.
- Renard (Le colonel), 342.
- Réservoir d’eau de dix millions de mètres cubes (Un), 111
- Ressorts (Un appareil à enrouler les), 379.
- Rétine (Mode particulier d’adaptation de la), 79.
- Ricken (Le tunnel du), 398.
- Rinçage automatique des bouteilles (Le), 383.
- Rome port de mer, 254.
- Rose géante (Une), 190.
- Roue et d'un frein (La vie d’une), 14.
- Roue hydraulique (Un régulateur de), 310.
- Rouille (La lutte contre la), 222.
- S
- Sahara (La mer du), 255.
- Sahara (Le froid au), 350.
- Saharienne du crétacé (La mer), 174.
- Salicole dans l’ouest de la France (L’industrie), 203.
- Sang (Examen spectroscopique du), 175.
- Santos-Dumont, n° XIII (Le), 303.
- Sardine (Un parasite de la), 31.
- Saturne (Un phénomène singulier sur l’anneau de Saturne), 390.
- Sauvetage du voyageur (La valise de), 42.
- Savant (Biographie de), 222.
- Savant étranger à l’Académie (Présence d’un), 238.
- Séchage du bois (Procédé rapide de), 19.
- Sécheresse dans la Haute-Savoie (Fin de la), 102.
- Secousses dans la région des Ardennes, 367.
- Sel au Congo (Marais de), 286.
- Sels comestibles dans l’Afrique centrale (Les), 356.
- Sériciculture en Indo-Chine (Progrès de la), 21, 290.
- Silice fondue (Application des tubes en), 503.
- Simplon (Le tunnel du), 142.
- Simplon (Les lignes françaises d’accès au), 213.
- Simplon (La jonction des galeries du),
- 251.
- Singes (La colère chez les), 88.
- Solaire (Physique), 175.
- Soleil (Tache du), 191.
- Somme (Abaissement du débit de la), 174.
- Sons (La propagation des), 398.
- Sorbiérite (Synthèse de la), 31.
- Sorbiers et alisiers, 163.
- Souches souterraines (La loi de niveau des), 26.
- Soudanienne (La mer), 79.
- Soude en Angleterre (La fabrication électrolytique de la), 350.
- Soulèvement d’un bâtiment de 7500 tonnes, 47.
- Sources à capter (La température des), 223.
- Souterrains-refuges de Naours (Le), 410.
- Spectre solaire (Le), 551.
- Spectroscopiques (Recherches), 223.
- Sténographier (Une nouvelle machine à), 257.
- Stéréoscopique sans stéréoscope (Vision), 18.
- Stérilisation des eaux d’alimentation par l’ozone, 294.
- Stérilisation des moûts de pommes, 286.
- Structure terrestre (La formation de la), 113.
- Suc gastrique naturel (La production du), 20.
- Suc intestinal (Le), 334.
- Sulfate de potasse (Luminescence du), 383.
- Surra indien et le surra mauricien (Le), 286.
- T
- Tabac (La culture du), 255.
- Tabac (Maladies de la feuille du), 239.
- Tabac et la composition du sol (La qualité du), 174.
- Tache solaire (Photographie de), 207.
- Taches solaires (Les), 238.
- Tangage et roulis (Un appareil pour supprimer), 42.
- Téléstéréoscopie (La), 129.
- Température constante (Chauffage et régulation électriques des appareils à), 301.
- Terre (Une vieille théorie de la formation de la), 154.
- Théàlre sur le théâtre de la guerre, 43.
- Timgad (Les travaux de), 526.
- Tissus des poissons (Propriétés osmotiques des), 31.
- Torla, 116.
- Torpilles (Action du radium sur la décharge des), 191.
- Torpilleurs à pétrole, 414.
- Tourbe (L’industrie des filés de), 46. Tourbillon de la mort (Le), 335. Traction électrique sur les chemins de fer russes (Lal, 15.
- Train électrique en miniature (Un), 95. Trains de banlieue entre Paris et Juvisy (Traction électrique des), 252. Transandin (Le), 591.
- Transmission silencieuse (Chaîne de), 155. Transport par chemin de fer (Le prix du), 47.
- Transporteur aérien du Zambèse (Le), 58-Transporteur aérien de longueur (Un), 15. Transsibérien (Le ravitaillement des armées russes et le), 298.
- Transvaal (Production de l’or au), 127. Tremblement de terre du 29 avril (Le), 336.
- Treuil automobile, 16.
- Tristan da Cunha (Une exploration de), 236.
- Trucho (La grotte du), 344. .
- Trucs de théâtre « Armide » à l’Opéra, (Les), 351.
- Tunnels (La ventilation des), 56, 123. Turbine à vapeur (Un exemple de bonne marche de), 382.
- Turbines modernes, 415.
- Tuyaux en deux pièces, 14.
- U
- Urine (Toxicité de 1’), 585.
- Usine hydro-électrique norwégienne (Une puissante), 414.
- Y
- Vaches laitières (Une race de), 198. Vagues se fait sentir (Profondeur à laquelle l’action des), 14.
- Venins (Action du radium sur les), 225. Vent et les arbres (Le), 212.
- Vents alizés (Recherches sur les), 143. Ventilation des tunnels (La), 56.
- Vénus (La rotation de), 50.
- Verdure des troncs d’arbres (La), 258. Verre (La perméabilité du), 398. Verticale (Action de lagravité sur la), 175. Vésuve (Éruption du), 79.
- Vésuve (Observation au), 142.
- Vigne (Ecimage de la), 351.
- Vin (Le moelleux du), 174.
- Vin par diffusion (La fabrication du), 266. Vipères (La question des), 247.
- Viseurs rationnels pour la photographie instantanée, 210.
- Vitesses stellaires, 358.
- Volcanisme en Nouvelle-Zélande (Récentes manifestations du), 350.
- w
- Wagons (Une station de nettoyage des), 32. Wagons pour cycles, 61.
- Wagons (Les oscillations des), 239, 385. Wagons à marchandises en France (L’adoption des grands), 401.
- Y
- Yunnan (Les fossiles du), 239.
- Z
- Zèbre (La domestication du), 385. Zodiacale (La lumière), 159.
- p.420 - vue 424/536
-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Acloque (A.). — La surface fertile des champignons supérieurs, 159. — Un commensal des moules, 162.
- Allemagne (ll.-R. D’). — Les ancêtres du phonographe, 555. Ardodin Dimazet. — La vie dans les postes alpins d’hiver, 275.
- R. (H.). — La valise de sauvetage du voyageur, 42. — L’électricité et le rabotage des parquets, 154.
- Bailly (L.). — Le bassin Rouiller de Meurthe-et-Moselle, 278. Bai.lu (A.). —Les travaux de Timgad, 526.
- Bellair (Georges!. — Phases et durée de la floraison des roses, 2. — L’origine de la déformation des fruits et de coloration anormale, 580.
- Bellet (Daniel). — Perforateurs chirurgicaux à ressort, 11. — Une station de nettoyage des wagons, 52. — Un appareil pour supprimer tangage et roulis, 45. — Pétrole et pétroles, 59. — Wagons pour cycles, 61. — Le borax et les matières alimentaires, 90. — Bandages pour la circulation des automobiles sur rails, 102. — Un chaland pétroléo-èlec-trique, 130. — Industrie de l’alcool dans le monde, 150. — Les progrès de la locomotive moderne, 187. —• Bateau de sauvetage inchavirable et à vapeur, 219. — Un régulateur de roue hydraulique, 510. — La batterie automobile de l’armée portugaise, 519. — Locomotive à réchauffage d’eau d’alimentation, 559. — Le gaz pauvre au coke, 546. — Une puissante locomotive à pétrole, 588. — L’adoption des grands wagons à marchandises en France, 401.
- Besson (L.). — Une ascension scientifique, 346.
- Bonaparte (Roland). — La jonction des galeries du Simplon,
- 251.
- Bonjean (Edmond).—Filtration et stérilisation des eaux d’alimentation publique, 158. — Stérilisation des eaux d’alimentation par l’ozone, 294.
- Bonnin (R.). — Le nouveau feu-éclair du phare d’IIelgo-land, 27. —La dune d’Helgoland, 91. — La ventilation des tunnels, 56, 125. — Le tunnel du Simplon, 142. — Traction électrique des trains de banlieue entre Paris et Juvisy,
- 252. — Appareil Mesnager servant à la mesure du débit des conduites d’eau, 279. — Ressources en charbon des mines de la Grande-Bretagne, 515. — Locomotive électrique du New-York Central, 521.
- Boule (Marcellin). — Une ménagerie d’animaux quaternaires, 195.
- Bodssac (P. IIippolyte). — Nos animaux domestiques dans la civilisation égyptienne, 107.
- Bouvier (E.-L.). — A propos des papillons diurnes exposés au Muséum, par M. Boullet, 118.
- Boyer (Jacques). — La sériciculture en Indo-Chine, 21. —Le pétrole en Roumanie, 156.
- Briet (Lucien). — La gorge de Boucharo, 25. — Torla, 116.
- — La grotte du Trucho, 344.
- C. (G.). — Quelques jouets nouveaux, 64.
- Cartaz (Dr Adolphe). —Les intoxications par l’oxyde de carbone, 178. — Le centenaire de Garcia, 259. — L’acide formique cl l’accroissement des forces musculaires, 373. — L’anesthésie sans chloroforme, 386.
- Chalmarès (G.). — Calendrier perpétuel automatique, 74. — La radiographie aux armées en campagne, 99. — Portes coulissantes et pivotantes, 143. — La machine à écrire la Dactyle électrique, 209. — Les trucs de théâtre, « Armide » à l'Opéra, 351. — La motocyclette légère, 378.
- Chevalier (Marcel). — L’industrie salicole dans l’ouest de la France, 203.
- Corcelle (J.) — Les ramoneurs et les marmottes, 60.
- Corevon (Henry). — La culture artiiieielle des plantes alpines, 330.
- Coupin (Henri). — Les plumes à reflets changeants, 22. — La loi de niveau de« souches souterraines, 26. — La colère chez les singes, 88. — Les bestioles qui se font porter, 145. — La verdure des troncs d’arbres, 258. — Les couleurs bleues de la peau et des plumes, 367. — Le poulpe et la croix gammée, 596. — Les mammifères fouisseurs, 403.
- D. (L.). — L’industrie destilésde tourbe, 46.
- Dadre (Ernest'. — Progrès de la sériciculture en Indo-Chine, 290.
- Danicourt (Aube E-). — Les souterrains-refuges de Naours, 410. Dehérain (Henri). — Une exploration de Tristan da Cunha par les Hollandais au xvnn siècle, 236.
- Demaison de Viuz (F.). — Un type vivant de race préhistorique. Les Indiens Pueblos, 183.
- Dienert. — Le magnétisme et les microbes, 546.
- Espitallier (L'-Colonel G.). — Un concours d’appareils d'aviation, 267. — Le Santos-Dumont n° XIII, 303. — Le colonel Renard, 342. — La balance dynamométrique du colonel Renard, 371.
- Eude (Robert). — Le théâtre sur le théâtre de la guerre, 43.
- F. (L.). — L'industrie chimique au Japon, 406.
- Fanton (A.). — Les grils photographiques en Amérique, 98. Ferrand (IL). — La porte de Bons (Isère), 364.
- Fontanille (Gaston). — Les réseaux de chemins de fer à voie étroite du Yivarais, 289.
- Fournier (Lucien) . — La production du cidre, 139. — Baguettes dorées, 147. — Le pont en béton armé de Kazarguine, 228. — L’éclairage au lusol, 287. — Le câble d’Islande, 387. Gillon (A.). — Le manioc et le tapioca dans l’île de la Réunion, 571.
- Girard (Jules). —La carte générale balhymélrique des Océans,
- 171.
- Guarini (E.). — Mélangeur universel Hall, 14. — Peseurs automatiques Avery, 171.
- Guillaume (Ch.-Ed.).— L’avenir des études scientifiques, 54. — La physique des corps solides d’après les idées actuelles, 66. — Remarquable dépôt de givre, 98. — Les limites de l’état solide et les travaux de M. Tammann, 261. — Le carat, 574.
- Hariot (P.). — Une exposition de champignons au Muséum, 5. — Sorbiers et alisiers, 163.
- Hébert (A.). — Les sels comestiblesdansl’ Urique centrale, 356. J. (M.). — Le four électrique Kjellin, 388.
- Japiot (M.). — Les lignes françaises d’accès au Simplon-, 215. — Les nouvelles locomotives à grande vitesse du P.-L.-M., 225.
- Jullien (0.1. — Fin de la sécheresse dans la Ilaulc-Savoie,
- 102.
- 1ÂOECHLIN (Maurice). — L'araignée et sa toile, 594.
- L. (D.). — Le fusil de guerre japonais, 94. — Micromètre pour mesures intérieures, 122. — Une curieuse plaque tournante, 218. — La fabrication du vin par diffusion, 266.
- L. (E. de). —Le Métropolitain; passage sous la Seine, 359. Laffargue (J.). — Allumeur-extincteur automatique à durée variable, 48. — Un train électrique en miniature, 95. — Paul Henry, 110. —Courants alternatifs de haute fréquence et de faible intensité, 139. — Les lampes à incandescence électriques et les compteurs, 206. — Le monophone, 269.
- p.421 - vue 425/536
-
-
-
- 422
- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- — Les machines magnétos pour rallumage dans les automobiles, 351. — A. Potier, 398.
- Lafitte (Jean). — Les diuosauriens, reptiles fossiles, 407.
- Laloy (l)r L.). — L’irrigation en Auslralie, 38. — Flore et faune du Japon, 250. — L’alimentation artificielle des oiseaux en hiver, 358.
- Latour (A.). — Un autodromc naturel en Floride, 223. — L'instinct des insectes géologiques, 370.
- Launay (L. de). — La formation de la structure terrestre, 113. — Une vieille théorie de la formation de la terre, 154.
- — Les lois mathématiques de l’Esthétique, 193. — Les charbonnages des Balkans, 295. — Les mines de radium de Joachimsthal, 323. — La géologie du radium et l’évolution de la matière, 554.
- Lebois (D.). — Un appareil à enrouler les ressorts, 579.
- Le Cointe (Paul). — Les insectes curieux de l’Amazonie, 65.
- Leroy (J.).— Une nouvelle machine à sténographier, 257.
- Levât (1).). — La question de l’eau dans le sud marocain, 180.
- Libert (Lucien). — La rotation de Vénus, 50. — L’observatoire Fabra, 67. — Un phénomène singulier sur l’anneau de Saturne, 590.
- Loncoche (P.). — Météorites géantes, 191. — Les gens de science au xvme siècle (Le Château de Maisons-Laffitte), 241.
- — Un pavage en vertèbres de haleines, 256. — La banque dans l’antiquité asiatique, 282. — La population de la Chine, 590. — Statistique photographique, 390.
- Louciieux (U.). — Les herborisations du printemps, 282.
- M. (l)r E ). — La production du suc gastrique naturel, 20-
- M. (B.). — Une cause nouvelle méconnue de la corrosion des chaudières, 155.
- Marcel (Gabriel). — L’Espagne préhistorique, 511.
- Mareschal (G.). — Photographie directe des couleurs sans appareil spécial, 10. — Vision stéréoscopique sans stéréoscope, 18. —La téléstéréoscopie, 129.— Nouveautés photographiques, 276. — Nouveaux appareils photographiques, 540.
- Martel (E.-A.). — L’oucane de Chabrière, 155. — La colonisation russe au Caucase, 248. — A quoi servent les explorations antarctiques, 291.
- Maumené (Albert). — Les abris en horticulture, 507.
- Méiiel (E.). — Forme normale du canot démontable, 177.
- Mériel (Pierre de). — Engins de levage et accidents de chemins de fer, 7. — Procédé rapide de séchage du bois, 19.
- — Un nouveau type d eclisse, 42. — Le transporteur aérien du Zambèse, 58. — Les alliages d’aluminium, 115. — Chaîne de transmission silencieuse, 155. — L’ostréiculture au Japon, 216. — Un nouveau genre de béton armé, 346.
- — Station roulante pour la combustion des ordures ménagères, 387.— Le transandin, 591. — Turbines modernes, 415.
- Meunier (Stanislas), — Les ravins de Rosières, 17.
- Moch (Gaston). — Viseurs rationnels pour la photographie instantanée, 210.
- Nansoüty (Max de). — Les nouvelles machines à allumettes de la manufacture d’Aubervilliers, 1. — Treuil automobile, 16. — Le record du pont à Paris, 97. — Le rinçage automatique des bouteilles, 585. — La transmission de l’heure par l’électricité, 402.
- Ouadé (Dr). — Progrès de l’hygiène en France, 230. — La question des Vipères, 247. — Disparition de la fièvre jaune en Europe, 314. — L’observatoire du Mont-Rose, 569
- Oustalet (E.). — Les métis de chien et de chacal au Jardin des Plantes, 39. — Le coendou velu, 337.
- Périsse (Raymond). — Nouveau chauffage à eau chaude par le pulseur Rouquaud, 151. —Le tourbillon de la mort, 335. Planchon (Mathieu). — Les coqs de montre, 139.
- Pradelle. — Les locomotives à grande vitesse du Great Northern, 81.
- Quénisset (F.). — La comète d’Encke, 82.
- Ramakers (L.). — Applications de l’électricité en brasserie,
- 188.
- Reclus (Maurice). — La genèse des courants marins, 406. Regaud (Dr Cl.). — Chauffage et régulation électrique des appareils à température constante, 301.
- Regelsperger (Gustave). — La domestication du zèbre, 585. Reverchon (L.). — L’horlogerie clusi.enne, 30. — La montre moderne, 166, 231.
- Richou (G.). — La Loire navigable, 575.
- Robida (Léo). — Le salon de l’automobile, 70, 83. — Les grandes épreuves automobiles de 1905 : Alger-Toulon, 310 ; la coupe Gordon Bennett, 362.
- Rudaux (Lucien). — Les hautes altitudes atteintes, 49. — Mers de nuages, 103. — L’autocar électrique de la Nortli Eastern Itailway C°, 152. — Un nouvel observatoire d’astronomie physique, 161. — La grande tache solaire, 208.
- — Le vent et les arbres, 212. — Les taches solaires, 258.
- — La planète Mercure, 242. — La planète Mars, 599. Sallior (P.). — Production minérale de la France, 170. —
- Une exploitation indu>trielle de leucite, 275. — L’industrie minérale au Japon, 305.
- Saporta (Antoine de). — Le dosage de l’azote nitrique, 322. Sauvage (E.). — Le nouveau laboratoire de mécanique de l’Ecole des mines de Paris, 348.
- T. (A.). — Récréations et passe-temps, 76.
- Tiieureau (G.) — De l’emploi de l’air sec aux hauts fourneaux, 264.
- Todchet (E.). — L’aurore polaire, 19. — Automobilisme et astronomie, 33. — Étude photographique des étoiles, 58.
- — Les anamorphoses, 79. — Distances entre deux étoiles, 102. —Le sixième satellite de Jupiter, 115. — Observation d'une traînée météorique au télescope, 150. — Vitesses stellaires, 348.
- Turquan (V.). — Répartition de l’automobilisme en France, 234.
- Varigny (11. de). — La ténacité de la vie chez les fourmis, 55. — Comment a péri le bison d’Amérique, 134. — A propos de la migration des oiseaux, 271.
- Vézy (Jean). — Les fougasses et les torpilles terrestres à Port-Artliur, 36.
- Yibert (L.). — La bise du 1er au 3 janvier 1905 à Genève, 175.
- Villedeuil (Cn. de). —Académie des sciences (séances hebdomadaires de 1’), 15,31, 47, 62, 79,95,111,127,142,158,174, 190, 207, 222, 238, 255, 270, 286, 305, 318, 354, 351, 366, 382, 598, 414.
- Viret (L.). — Le sport de la luge, 259.
- Vitoux (Georges). — Le pagoscope, 151. — Le décor incombustible, 515.
- Z. (D'j. — L’oxygène en médecine et en chirurgie, 51.
- Z. — Un siège moderne. Port-Arthur, 198.
- Z. — Les nouveaux canons de côtes à tir rapide, 342.
- p.422 - vue 426/536
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volame en petits
- dans cette table en lettres italiques.
- caractères,
- indiqués
- Astronomie.
- Automobilisme et astronomie (E. Touchet)............. 51
- La rotation de Vénus (L. Libert)..................... 50
- Étude photographique des étoiles (E. Touchet) .... 58
- L’observatoire Fabra (Lucien Libert).................... 07
- La comète d’Encke (F. (Juénisset).................... 82
- Distances entre deux étoiles (E. Touchet)............ 102
- Le sixième satellite de Jupiter (E. Touchet)............115
- Observation d’une traînée météorique au télescope (E.
- Touchet).............................................150
- Un nouvel observatoire d astronomie physique (L. Ru-
- daux)................................................161
- Météorites géantes ^P. Loxcoche)........................191
- La grande tache solaire (L. Rudaux).....................208
- Les taches solaires (Lucien Rudaux).....................258
- La planète Mercure (L. Rudaux)..........................242
- Faible hauteur d’une étoile filante.....................339
- Vitesses stellaires (E. Touchet)........................338
- L’Observatoire du Mont-Rose (Dr Ouabe)..................509
- Un phénomène singulier sur l’anneau de Saturne (Lucien Libert)............................................590
- La planète Mars (L. Rudaux).............................599
- Observation des Léonides................................ 15
- La comète d’Encke...................................... 31
- La troisième comète de 1904 ............................ 40
- Différence de longitude Paris-Greenwich................. 47
- Les taches et la rotation de Mercure....................127
- Constitution de la Lune.................................142
- Éclipse partielle de Lune du 19 février.................158
- La lumière zodiacale....................................159
- Observations à l’astrolabe............................. 159
- La grande tache rouge de Jupiter........................174
- Physique solaire....................................... 175
- Tache du soleil . . .................................. 191
- Photographie de tache solaire...........................207
- L’éclipse de lune du 20 février.........................207
- La comète de Tempel.....................................287
- La solidification d'une planète.........................287
- Photographies de la couronne solaire...................•*19
- Le spectre solaire.....................................5;>1
- Les canaux de Mars..................................... 518
- La lumière totale des étoiles...........................500
- Physique générale.
- Vision stéréoscopique sans stéréocospe (G. Maresciial). . 18
- Le nouveau feu-éclair du phare d'Uelgoiand (Pi. Bonnin). 27 La physique des corps solides d’après les idées actuelles
- (Ch.-Ed. Guillaume)................................. 66
- Les anamorphoses (E.u. Touchet)........................ 79
- La radiographie aux armées en campagne (G. Chalmarès). 99
- Le pagoscope (G. Vitoux).............................. 151
- (Les lois mathématiques de l’esthétique (L. de Launay) . 195
- .Les limites de l’état solide et les travaux de M. Tam-
- mann (Ch.-Ed. Guillaume)..............................201
- L’éclairage au lusol (Lucien Fournier)...................287
- Le carat (Ch.-Ed. Guillaume).............................574
- Réalité des rayons N...................................... 51
- .Effet des miroirs rectangulaires......................... 95
- Déviation des corps pendant leur chute................ 95
- Action de la gravité sur la verticale................ 175
- Déviation de la chute des corps...................... 191
- Recherches spectroscopiques............................. 225
- Détermination des longueurs d'ondes......................271
- Propriétés des tubes de quartz.......................280
- Application des tubes de silice fondue...................303
- Réglage des appareils de radiographie....................534
- Variations de la pression osmotique......................307
- La perméabilité du verre.................................598
- La propagation des sons..................................598
- La compressibilité des gaz...............................415
- Électricité théorique et appliquée.
- Un train électrique en miniature (J. Lafeargue). . . . 95
- Un chaland pélroléo-électrique (D. Bellet)...............130
- Courants alternatifs de haute fréquence et de faible intensité (J. Laffargue).................................159
- L’autocar électrique de la North Eastern Railway C°
- (L. Rudaux)...........................................152
- L’électricité et le rabotage des parquets (H. B.). . . . 154
- Application de l’électricité en brasserie (L. Ramakers) . 188
- Les lampes à incandescence électrique et les compteurs
- (J. Lafeargue)........................................200
- Traction électrique des trains de banlieue entre Paris
- et Juvisy (R. Bonnin).................................252
- Le monophone (J. L.).....................................269
- Locomotive électrique du .New-York Central (R. Bonnin) 321
- Le. câble d’Islande (L. F.)..............................587
- La traction électrique sur les chemins de fer russes. 15
- Locomotive électrique pour marchandises..................127
- Les gaz des hauts fourneaux et les stations électriques centrales....................................... 171
- Filaments en iridium pour lampes ü incandescence. 190
- Action physiologique de l’électrisation..................191
- Un avantage des chemins de fer électriques .... 254
- Commande d’appareils à distance..........................270
- Les avantages de la galvanisation éleclrolytique . . 414
- Une puissante usine hydro-électrique norwégienne . 414
- Photographie.
- Photographie directe des couleurs sans appareil spécial
- (G. Maresciial).................................... 10
- Les grils photographiques eu Amérique (A. Fa.nton) . . 98
- Viseurs rationnels pour la photographie instantanée (G.
- Mocu)..............................................210
- Nouveautés photographiques (G. Maresciial)............276
- Nouveaux appareils photographiques (G. Mareschal). . 540
- Statistique photographique (P. Loncoche)..............590
- Pour retrouver la date à laquelle a été prise une
- photographie....................................... <8
- La téléstéréoscopie...................................129
- Lever photographique d’une région.....................190
- L’intensité de la lumière en photographie.............223
- Une expérience photographique.........................271
- Chimie générale.
- Le borax et les matières alimentaires (D. Bellet) ... 90
- Les alliages d’aluminium (P. de Mériel)..............115
- p.423 - vue 427/536
-
-
-
- 424
- TABLE DES MATIÈRES.
- Le dosage de l’azote nitrique (Antoine de Saporta). . . 322
- Les mines de radium de Joachimstahl (L. de Launay). . 523
- Le gaz pauvre au coke (I). B.).......................346
- L'industrie chimique au Japon (L. L.)................406
- La fabrication de la fonte........................... 15
- Synthèse de la sorbiérite............................ 31
- Proportion des produits de fermentation.............. 79
- Propriété réductrice du bore......................... 79
- Préparation de corps nouveau......................... 95
- Posage de l’oxyde de carbone dans Pair...............111
- Matière des offrandes funéraires en Egypte .... 142
- Un nouvel usage du carbure de calcium................142
- La solidification de la fonte........................143
- Préparation des moûts de pommes......................158
- Préparation du diamant...............................159
- Le moelleux du vin...................................174
- Cryoscopie.......................................... 175
- Posage de l'ammoniaque...............................175
- Transformation de Varmdo-cellulose en amidon . . 191
- Propriétés du méthane................................191
- Composition des eaux-de-vie de vin...................207
- Globes de lampes et déperdition lumineuse............222
- La pierre ponce artificielle.........................270
- Propriétés des métaux-ammonium.......................518
- Propriétés de l’acide lactique.......................318
- La fabrication électrolytique de la soude en Angleterre ...............................................550
- Recherches sur les combinaisons chimiques .... 566
- Préparation et propriété de corps nouveau .... 367
- Action de l’iodure mercurique sur le sulfate. . . . 567
- Un composé fluorique organique.......................367
- Emploi du sulfate de cuivre dans les fermentations. 367
- Synthèse de l'acide oxalique.........................382
- Utilisation des métaux-ammonium".....................382
- L’amidon artificiel..................................383
- Luminescence du sulfate de potasse...................383
- Mise en évidence de l’oxyde de carbone...............583
- Propriétés des menthols..............................598
- La constitution de l’amidon........................ . 599
- Le poids atomique de l’azote.........................415
- Météorologie. — Physique du globe. Géologie. — Minéralogie.
- L’aurore polaire (E. Touchet). . . ..................... 19
- [.es ravins de Rosières (Stanislas Meunier)............. 17
- L’irrigation en Australie (Dr L. Laloy)................. 38
- Pétrole et pétroles (D. Bellet)......................... 69
- Remarquable dépôt de givre (Ch.-Ed. Guillaume) ... 98
- Fin delà sécheresse dans la Haute-Savoie (0. Jüllien). 102
- Mers de nuages (Lucien Ruiiacx)......................... 105
- La formation de la structure terrestre (L. de Launay). . 115
- L’oucane de Chabrières (E.-A. Martel)....................135
- Une vieille théorie de la formation de la Terre (L. de
- Launay).............................................. 154
- Production minérale de la France ^P. Salhok .... 170
- La carte générale bathymétrique des Océans (Jules
- Girard)...............................................171
- La bise du 1er au 5 janvier 1905 à Genève ^L. Yiret). 175 La question de l’eau dans le Sud Marocain (D. Levât). 180
- Le vent et les arbres (Lucien Rudaux)....................212
- Le bassin houiller de Meurthe-et-Moselle (L. Bailly). . 278
- Ressources en charbon des mines de la Grande-Bretagne (R. Bonnin)........................................315
- La géologie du radium et l'évolution de la matière (L.
- de Launay)............................................354
- Les sels comestibles dans l’Afrique centrale (A. Hébert). 356
- Les charbonnages des Balkans (L. de Launay)..............295
- La genèse des courants marins (M. Reclus)................406
- La profondeur à laquelle l’action des vagues se fait
- sentir............................................... 14
- Cristallographie. . ....................... 15, 255, 318
- Les glaciers du Dauphiné................................. 47
- Chronométrie des érosions souterraines.............. 47
- L’éruption de la montagne Pelée..................... 79
- Eruption du Vésuve ................................. 79
- La mer soudanienne.................................. 79
- Les houillères du Japon............................. 94
- Un gouffre profond de 460 mètres.................... 94
- Alimentation de Berlin en eaux souterraines. . . . 94
- Un nuage sur la Seine............................... 94
- Constitution de météorites........................ 111
- Une enquête sur les coups de foudre.................127
- Observations au Vésuve..............................142
- Recherches sur les vents alizés .... ...............145
- Cristallisation.................................... 145
- Constitution géologique de l’Oural..................159
- Le lac bouillant de l'ile Dominique.................174
- Abaissement du débit de la Somme....................174
- Les dépôts erratiques...............................174
- Géologie du Maroc...................................174
- La mer saharienne du crétacé....................... 174
- La lutte contre la grêle........................... 175
- Ionisation atmosphérique...........................19(1
- La température de l’atmosphère......................191
- Dépôts charbonneux des Balkans......................223
- La structure de l’Atlas marocain....................238
- Les fossiles du Yunnan..............................239
- La mer du Sahara....................................255
- Capture de rivières.................................255
- Philosophie naturelle...............................255
- Prolongation du bassin houiller de Sarrcbrück en
- France...........................................286
- Marais de sel au Congo..............................286
- Le carbonifère saharien.............................305
- Le rôle possible des charriages en métallogénie . . 505
- Les radiations du radium aux époques géologiques. 318
- L’âge du granité des Alpes..........................518
- Analyse minéralogique des terres....................354
- Le froid au Sahara..................................550
- Récentes manifestations du volcanisme en Nouvelle-
- Zélande..........................................350
- L hydrologie des États-Unis.........................550
- Luminosité des cristaux........................... 551
- Le tremblement de terre du 29 avril.................366
- Secousses dans la région des Ardennes...............367
- Barbes hygrométriques...............................566
- Un cas de polymorphisme.............................585
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- Perforateurs chirurgicaux à ressort (Daniel Bellet) . . 11
- La production du suc gastrique naturel (Dr E.-M.) . . 20
- L’Oxygène en médecine et en chirurgie (Dr Z.) . . . . 51
- Filtration et stérilisation des eaux d’alimentation publique (Eu. Bonjean)...................... 158
- Les intoxications par l’oxyde de carbone (Dr A. Cartaz). 178 Progrès de l’hvgiène en France (Dr Ouadé) ...... 230
- Stérilisation des eaux d’alimentation par l’ozone (E.
- Bonjean)........................................... 294
- Disparition de la lièvre jaune en Europe (Dr Ouadé) . . 314
- Le magnésium et les microbes (Dienert)..............346
- L’acide formique et l’accroissement des forces musculaires (Dr A. Cartaz)..................................575
- L’anesthésie sans chloroforme (Dr A. Cartaz)........380
- Mode particulier de déformation de la rétine ... 79
- La dysenterie aux pays chauds................... 79
- Un congrès contre les moustiques...................... 142
- Le magnésium et la fièvre typhoïde.....................145
- L’accomodalion du cristallin...........................159
- Examen spectroscopique du sang.........................175
- Les propriétés antiseptiques du sulfate ferrique. . 190
- Le chloroforme et la tension artérielle................191
- La nature des impulsions cardiaques....................207
- Le microbe de la lèpre.................................207
- Effets divers d’une même infection.....................227
- p.424 - vue 428/536
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- L'action des rayons À' sur le cancer du sein. ... 212
- U audition et les lésions de l'oreille.................222
- Action du radium sur les venins....................... 223
- Le mode d’activité du rein.............................239
- L'excitation musculaire................................253
- Abaissement de la tension artérielle...................235
- Un cas de guérison d'ostéomalacie......................270
- Dédoublement du foie...................................271
- Dynamomètre physiologique..............................271
- U intoxication phosphorée et le foie...................271
- L'assimilation du sucre de lait................• 334
- Le suc intestinal......................................334
- Le traitement de la maladie du sommeil.................534
- Auto-révélateur des gaz asphyxiants ou explosants. 535
- Daltonisme et tourisme.................................350
- L'aldéhyde formique et la désinfection.................350
- La longévité du bacille typhique.......................351
- Toxicité de l’urine....................................383
- Toxicité du chloroforme................................583
- Mécanique. — Art de l’ingénieur. Construction.
- Les nouvelles machines à allumettes de la manufacture
- d’Aubervilliers (Max de Nansouty)...................... 1
- Engins de levage et accidents de chemins de fer (Pierre
- de Mériel)............................................. 7
- Mélangeur universel Hall (E. Guarini).................... 14
- Procédé rapide de séchage du bois (P. de M.) .... 19
- Une station de nettoyage des wagons (D. Bellet) ... 32
- Un nouveau type d’éclisse (P. de Mériel)..............« 42
- Allumeur-extincteur automatique à durée variable (J. Laf-
- fargde).............................................. 48
- Le transporteur aérien du Zambèse (P. de Mériel) . . 58
- Wagons pour cycles (D. Bellet)........................... 61
- Le Salon de l’Automobile (Léo Robida).............70, 83
- Calendrier perpétuel automatique (G. Chalmarès) ... 74
- Les locomotives à grande vitesse du Great Northern (Pra-
- delle)................................................. 81
- Le record du pont à Paris (M. de Nansouty)............ 97
- Bandages pour la circulation des automobiles sur rails
- (D. Bellet)...........................................102
- La ventilation des tunnels (R. Bonnin)............56, 123
- Micromètre pour mesures intérieures (D. L.)...............122
- Nouveau chauffage à eau chaude par le pulseur Rouquaud
- (R. Périsse)...........................................131
- Les coqs de montres (M. Planchon)........................139
- Le tunnel du Simplon (R. Bonnin)..........................142
- Portes coulissantes et pivotantes (G. Chalmarès). . . . 143
- Baguettes dorées (L. Fournier)............................147
- Chaîne de transmission silencieuse (P. de Mériel). . . 155
- Une cause méconnue de la corrosion des chaudières (R. M.). 155
- l.a montre moderne (L. Reverchon)................. 166, 231
- Peseurs automatiques Avery (E. Guarini)...................171
- Les progrès de la locomotive moderne (D. B.) . . . . * 187 La machine à écrire la dactyle électrique (G. Chalmarès) 209
- Une curieuse plaque tournante (D. L.).....................218
- Un autodrome naturel en Floride (A. Latour) .... 223
- Les nouvelles locomotives à grande vitesse du P.-L.-M.
- (M. Japiot)...........................................225
- Le pont en béton armé de Kazarguine (Russie) (Lucien
- Fournier)..........................................$ 228
- Répartition de l’automobilisme en France (V. Turquan) . 235
- La jonction des galeries du Simplon (Roland Bonaparte) 251
- De l’emploi de l’air sec aux hauts fourneaux (G. Theureau) 264 Le réseau de chemins de fer à voie étroite du Vivarais
- (G. Fontanille)....................................« 289
- Appareil Mesnagcr servant à la mesure du débit des
- conduites d’eau (R. Bonnin) ..........................279
- Chauffage et régulation électrique des appareils à température constante (Dr Cl. Regaud).....................301
- Locomotives à réchauffage d’eau d’alimentation (Daniel Bellet)................................................339
- Un nouveau genre de béton armé (P. de M.)............346
- Le nouveau laboratoire de mécanique de l’Ecole des mines
- de Paris (E. Sauvage)..............................348
- Les machines magnétos pour l’allumage dans les automobiles (J. Laffargue)................................531
- Le Tourbillon de la mort (R. Périsse)................335
- L’industrie minérale au Japon (P. Sallior)...........305
- Les grandes épreuves automobiles de 1905, Alger-Toulon
- (Léo Robida)......................................310
- Un régulateur de roue hydraulique (D. B.)............310
- Le Métropolitain ; passage au-dessous de la Seine (E. de L.) 359
- La coupe Gordon Bennett (Léo Robida)..................562
- La Loire navigable (G. Richou)........................375
- La motocyclette légère (G. Chalmarès).................378
- Un appareil à enrouler les ressorts (1). Lebois) .... 579
- Le rinçage automatique des bouteilles (M. de Nansouty). 385 Station roulante de combustion des ordures ménagères
- (P. de M.).........................................587
- Une puissante locomotive à pétrole (D. IL)............388
- Le four électrique Kjellin (M. J.)....................388
- Le Transandin (P. de Mériel).........................» 591
- L’adoption des grands wagons à marchandises en France
- (Daniel Bellet)............................... . 401
- La transmission de l’heure par lclcctricité (Max de Nansouty) .............................................402
- Turbines modernes (P. de M.)..........................415
- Services automobiles de correspondances pour chemins de fer.........................................350
- La vie d’une roue et d’un frein....................... 14
- Tuyaux en deux pièces................................. 14
- Un transporteur aérien de longueur.................... 15
- Mines sous-marines.................................... 15
- Les puissances hydrauliques en Hussie.................,47
- Soulèvement d’un bâtiment de 7500 tonnes.............. 47
- Un barrage en bois.................................... 62
- Locomotives à pistons verticaux......................110
- L’utilisation des gaz des fours à coke et leur application à la force motrice.............................111
- Un réservoir d’eau de dix millions de mètres cubes. 111 Une locomotive qui a parcouru 3400 000 kilomètres 127
- Production de l’or au Transvaal.......................127
- L’augmentation de la jmissance évaporaloire des
- chaudières.........................................127
- ]jü résistance du béton armé...........................128
- Le dérapage des automobiles............................142
- La voiture école du Métropolitain de New-York. . . 142
- Meubles d’acier........................................158
- Une digue en béton armé............................... 158
- Une locomotive en acier nickel.........................158
- Le rideau liquide comme protection des incendies. . 158
- Blanchiment des toiles.................................158
- Appareil d’embrayage...................................159
- L’industrie du corindon................................174
- Nouvelle locomotive équilibrée........................ 190
- Chalands de mer et commerce des bois...................206
- Le déchargement d’un grand navire......................207
- Les ouvrages métalliques et la fumée des locomotives 207
- Les locomotives françaises aux États-Unis..............222
- Les oscillations des wagons........................... 239
- Examen physique des eaux potables......................239
- Le turbinage dans la fabrication des huiles d’olive. 254
- Les cargo-boats des Grands Lacs .’.....................254
- L’usure des roues des locomotives......................254
- Les avantages de l’alimentation automatique des
- foyers de locomotives...............................254
- Ce que vaut un bon chauffeur...........................270
- La surchauffe des locomotives au Canada................270
- Rails de 70 kilogrammes................................270
- Les débuts de l’industrie houillère aux États-Unis . 382
- Les pilotis en eucalyptus..............................382
- Un exemple de bonne marche d’une turbine à vapeur 382
- Les oscillations des wagons............................385
- Le tunnel du Ricken....................................398
- Les lampes à filament d’osmium.........................414
- Le rendement des engrenages et transmissions. . . 414
- p.425 - vue 429/536
-
-
-
- 420
- TABLE DES MATIÈRES.
- Sciences naturelles. — Zoologie.
- Botanique. — Paléontologie.
- Phases et durée de la floraison des roses (Georges Bellair) 2
- Une exposition de champignons au Muséum (P. Hariot! 5
- Les plumes à reflets changeants (II. CA............. 22
- I.a loi de niveau des souches souterraines (Henri Coüpin) 2(5 ha ténacité de la vie chez les fourmis (H. de Varigny). 35 l.es métis de chien et de chacal au Jardin des Plantes
- E. Oustalet)........................................ 39
- hcs insectçs curieux de l’Amazonie (Paul Le Coixte). . 65
- La colère chez les singes (H. Coupin)............... 88
- L'introduction des plantes rares aux États-Unis .... 111
- Un laboratoire botanique dans le désert.............112
- A propos des papillons diurnes exposés au Muséum par
- M. Roullct (E.-L. Bouvier)..........................118
- Gomment a péri le bison d’Amérique (H. de Varigny) . 134
- Les bestioles qui se font porter (II. Coupin).......145
- Un commensal des moules (A. Acloquk)................162
- Sorbiers et alisiers (P. Hariot)...................... 163
- Une ménagerie d’animaux quaternaires (Marcei.un Roule' 195
- L’ostréiculture au Japon (P. de Mériel'............. . 216
- Flore et faune du Japon (Dr L. Laloy)...............230
- La question des vipères (Dr Oüadé).....................247
- Un pavage en vertèbres de baleines (P. L.)..........256
- La verdure des troncs d’arbres (II. Coupin).........258
- A propos de la migration des oiseaux (H. de Varigny) . 271
- Les herborisations du printemps (G. Loucheux) .... 282
- Le coendou velu (E. Oustalet)........................337
- L’alimentation artificielle des oiseaux en hiver (Dr L. Laloy) 558 Les couleurs bleues de la peau et des plumes (Henri
- Coupin).............................................367
- L’instinct des insectes géologiques (A. Latour'.....570
- Le manioc et le tapioca dans l’île de la Réunion (A. Gillox) 371 L’origine de la déformation des fruits et de leur coloration anormale (G. Bellair!..........................380
- La domestication du zèbre (Gust. Regei.sperger) . . . 585
- L’araignée et sa toile (Maurice Koechlin)...........594
- Le poulpe et la croix gammée (H. Coupin)...............396
- Les mammifères fouisseurs (H. Coupin)..................403
- Les dinosauriens, reptiles fossiles (Jean Lafitte). . . . 407
- Propriétés osmotiques des tissus des poissons. ... 31
- Un parasite de la sardine.............................. 31
- Les animaux des cavernes............................... 51
- Publication paléonto/oqique............................ 32
- Un cheval calculateur.................................. 78
- Le faux poivre......................................... 94
- La sensibilité de l’oreille............................111
- La peau du Néomylodon..................................127
- L'homme, le mammouth et le rhinocéros, rue de
- Rennes, à l'époque quaternaire......................127
- Un châtaignier millénaire..............................128
- Les orangs-outangs de Bornéo...........................158
- Modifications de plantes...............................159
- Râle du parfum dans la vie de la plante................159
- Une rose géante........................................190
- Nouvelle plante saccharifère...........................222
- Les carnivores du quaternaire..........................207
- Un commensal de l’oursin...............................238
- La maladie des chiens..................................239
- Le poids des œufs......................................255
- La culture du tabac....................................255
- La culture de la coca au Pérou.........................286
- Le surra indien et le surra mauricien..................286
- Les fossiles de la Perse...............................287
- Développement de la capsule surrénale..................303
- Caractères des plantes d’un plateau hindoustanique 318
- Le chloroforme et les graines..........................318
- Une station biologique aux Bermudes....................534
- Un insecte destructeur de l'oranger....................350
- Les pseudo-hématozoaires...............................382
- Expériences de parthénogenèse..........................399
- Pourriture bactérienne du chou.........................399
- La gemmation scissiparêe chez les Annélides. . . . 415
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- La gorge de Boucbaro (Lucien Briet)................. 25
- Les hautes altitudes atteintes (Lucien Rudaux)...... 49
- La dune d’Helgoland (R. Bonmn)...................... 91
- Torla (L. Briet)....................................116
- Les lignes françaises d’accès au Simplon (M. Japiot). . 215
- Une exploration de Tristan da Cunha par les Hollandais
- au xvii0 siècle (Henri Dehf.rain)....................256
- La colonisation russe au Caucase (E.-A. Martel) ... * 248 A quoi servent les explorations antarctiques (E.-A.
- Martel)..............................................291
- La grotte du Trucho Lucien Briet).......................544
- La population de la Chine (P. Loncociie)................370
- Description du Mexique................................. 79
- Contribution à l’étude de la région du Chari et du
- Tchad................................................128
- Altitude de l'Aconcagua................................ 158
- L’expédition Charcot....................................258
- Monts Everest et Gaurisanhar............................302
- Le Mont Mac Kinley.....................................318
- Exploration de l’Océan..................................414
- Anthropologie. — Ethnographie.
- Sciences préhistoriques.
- Le théâtre sur le théâtre de la guerre (Robert Eude). . 43
- Récréations et passe-temps (A. T.)..................... 76
- Les ramoneurs et les marmottes (J. Corcelle)........... 60
- Nos animaux domestiques dans la civilisation égyptienne
- (I. Hippolyte Boussac)...............................107
- Un type vivant de race préhistorique. Les Indiens
- Pueblos (F. Demaison de Viuz)........................185
- L’Espagne préhistorique (Gabriel Marcfl)................511
- Les travaux de Timgad (À. Ballu;........................326
- Laporte de Bons (H. Ferrand)............................364
- Les souterrains-refuges de Naours (Abbé Danicourt) . . 410
- La folie chez les nègres................................258
- Eridhu.................................................'*50
- L’origine ethnique des Écossais du nord-est .... 550
- Art militaire.
- Marine.
- Les fougasses et les torpilles terrestres à Port-Arthur
- (Jean Vezy)...............................
- Un appareil pour supprimer tangage et roulis (D. Beu
- Le fusil de guerre japonais (D. L.)..........
- Le canon de campagne américain...............
- Forme normale du canot démontable (E. Mérel)
- Un siège moderne. Port-Arthur (Z...).........
- Bateau de sauvetage inchavirable et à vapeur (D. Bellf.t) La vie dans les postes alpins d’hiver (Ardouin-Dumazet). Le ravitaillement des armées russes et le Transsibérien La batterie automobile de l’armée portugaise (Daniel
- Bellet)............................................
- Les nouveaux canons des côtes à tir rapide (Z.). . . .
- Mmes sous-marines...................................
- Nouveau type de cuirassé anglais....................
- La construction des bateaux au patron...............
- La propulsion hydraulique des navires...............
- La stabilité des navires............................
- Action du radium sur la décharge des torpilles . .
- La nouvelle flotte de guerre du Brésil..............
- Un bateau à repêcher les épaves.....................
- Un grand croiseur américain.........................
- Navire pour expéditions polaires....................
- Les conserves à chauffage automatique de l’armée
- russe
- Le cuirassement d’un navire.........................
- La profondeur de l’eau et la vitesse des bateaux. .
- Le budget de la marine de guerre anglaise...........
- Les modifica tions nécessaires de l’artillerie de marine Torpilleurs à pétrole...............................
- 36
- 43
- 94
- 130
- 177
- 198
- 219
- 275
- 298
- 319
- 342
- 15
- 15
- 110
- 127
- 175
- 191
- 206
- 222
- 254
- 270
- 305
- 345
- 382
- 398
- 414
- 415
- p.426 - vue 430/536
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- m
- Aéronautique.
- l’n concours d'appareils d’aviation (IAcolonel G. Espitallier) ....................................................267
- Le Santos-Dumont n° XIII (L’-colonel G. Espitallier). . 303
- Une ascension scientifique (L. B.)............547
- Un nouvel hélicoptère.....................................398
- Notices nécrologiques. Histoire de la Science.
- I, avenir des études scientifiques (Cu.-En. Guillaume). • 54
- Paul Henry J. Laffargue)..................................HO
- Le centenaire de Garcia (Dr A. Cartaz)................259
- Les gens de science au xvm° siècle. Le château de
- Maisons-Laffitte (P. Loncoche)........................241
- Le colonel Renard (L‘-colonel G. Espitallier) .... 342
- Les ancêtres du phonographe (H.-H. d’Allemagne) . . . 353
- A. Potier (J. Laffargue).................................398
- Le centenaire de Lebon................................... 46
- Histoire de l'École de pharmacie.........................191
- Biographie de savant.................................... 222
- Décès.......................................... 222, 399
- Erection d'un monument à Emile Laurent...................351
- La géométrie des Egyptiens...............................351
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Séances de l’Académie des sciences (Ch. de Villedeuil).
- 15, 31, 47, 62, 79, 95, 111, 127, 142, 159, 174,
- 190, 207, 222, 238, 255, 270, 286, 303, 318, 334,
- 351, 366, 382, 398 ................................ 414
- Élection au Collège de France.........................175
- Élections à l’Académie des sciences.............15, 95
- Projet de fouilles internationales à Ilerculanum . . 174
- Correspondance ............................ ... 190
- La température des sources à capter...................223
- La Société d’histoire naturelle d'Autun...............223
- Présence d’un savant étranger à l’Académie des
- sciences.......................................... 238
- L'école technique de Dantzig..........................270
- Eloge académique......................................414
- Agriculture. — Acclimatation. Pisciculture.
- Treuil automobile................................ 16
- La sériciculture en Indo-Chine (Jacques Rover). ... 21
- La surface fertile des champignons supérieurs (A.
- Acloque)............................................ 159
- La fabrication du vin par diffusion (L. D.).............266
- Les abris en horticulture (Albert Maumene)..............307
- La culture artificielle des plantes alpines (Henry Cor-
- revon)................................................330
- Une plante d’alimentation du bétail..................... 47
- La qualité du tabac et la composition du sol ... 174
- Un élévateur à céréales..................................190
- Maladies de la feuille du tabac..........................239
- L’emploi de machines agricoles...........................255
- Stérilisation des moûts de pommes........................286
- Écimage de la vigne......................................351
- Culture des morilles.....................................351
- Science pratique et récréative.
- Le sport de la luge (L. Viret)........................259
- Une exploitation industrielle de leucite (P. Sallior). . 275
- Le décor incombustible (G. Vitoux)....................315
- Les trucs de théâtre, Armide à l’Opéra (G. Chalmarès). 351
- Disette de coton...................................... 14
- L'état des connaissances en géométrie................. 15
- Variétés. — Généralités. Statistique.
- L’horlogerie clusienne (L. Reverchon)................. 30
- La valise de sauvetage du voyageur (B. H.)............ 42
- L’industrie des filés de tourbe (D. L.)............... 46
- Quelques jouets nouveaux (G. C.)...................... 64
- La production du cidre (L. Fournier)..................139
- Industrie de l’alcool dans le monde (D. Bellet). . . . 150
- Le pétrole en Roumanie (J. Boyer).....................156
- L’industrie salicole dans l’ouest de la France (M. Chevalier) ............................................205
- Une nouvelle machine à sténographier (,l. Leroy) . . . 257
- La banque dans l’antiquité asiatique (P. Lo.xcoche) . . 282
- Le prix du transport par chemin de fer................ 47
- L’arrosage des rues à l'eau de mer....................158
- Le commerce des automobiles françaises................190
- La lutte contre la rouille............................222
- Le lait falsifié au beurre de coco.......................227
- Borne port de mer........................................254
- Les poussières de Vatmosphère................ . . 302
- La cachette d’un mineur................................ 302
- J Le poids d’une foule.....................................382
- FIN DES TABLES
- p.427 - vue 431/536
-
-
-
- ERRATA.
- Page 28, col. 1, ligne 14. Au lieu de : à la famille des
- bambous.
- Il faut : à la famille des bombacées.
- Page 124, col. 2, ligne 36. Au lieu de : 3300.
- Il faut : 8262.
- Page 128, dans tout l’article. Au lieu de : Arrau.
- Il faut : Arran.
- Page 128, sous la figure de droite. Au lieu de : vue du châtaignier millénaire.
- Il faut: vue du chêne d’Ar-ran.
- Page 128, sous la figure de gauche. Au lieu de : vue du chêne
- d’Arran.
- Il faut: vue du châtaignier millénaire.
- Page 158, col. 1, ligne 22. Au lieu de : l’Ancocagua.
- Il faut : l’Aconcagua. Page337, au titre et dans l’article. Au lieu de : coendon.
- Il faut : coendou.
- Page 338, col. 1, lignes 7 et 5. Au lieu de: Synethcses.
- Il faut : Synetheres.
- Page 338, col. 1, ligne 8 du bas. Au lieu de : Max de W’ied
- Nennrid.
- Il faut : Max de Wicd Neu-wied.
- Page 338, col. 1, ligne 7. Au lieu de : Renggar.
- Il faut : Rengger.
- Page 338, col. 2, ligne 7 du bas. Au lieu de : coniy.
- Il faut : eouiy.
- Page 387, col. 2. Les lettres sont à supprimer
- dans la figure.
- Paris. — Imprimerie Lahube, rue de Fleuras 0.
- p.428 - vue 432/536
-
-
-
- EOI<t$OV><)l
- N° 1645 (3 décembre 1904), du journal « LA NATURE
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —— On annonce que M. Max Wolf, directeur de l’observatoire, installé sur la Kœnigsstuhl, non loin de Heidelberg, aurait découvert, au moyen de la photographie céleste, une nouvelle planète de treizième grandeur.
- —H(— La commission chargée de désigner le bénéficiaire du prix Pierret s’est réunie récemment à l’Hôtel de Ville, sous la présidence du secrétaire général de la préfecture de la Seine. Le prix Pierret, qui s’élève à 600 francs, a été fondé par un horloger de ce nom; il doit être annuellement attribué à l’ouvrier horloger auteur d’une pièce d’horlogerie présentant, au point de vue mécanique, un caractère de nouveauté. En 4903, aucune des œuvres présentées ne remplissant les conditions requises, le prix ne fut pas attribué, de telle sorte que cette année la commission avait deux prix de 600 francs à décerner. Un prix de 600 francs a été attribué à M. Chatagner, pour un régulateur électrique; le second prix de 600 francs a été partagé entre MM. Dietnchs, François et Blazy, respectivement auteurs d’une pendule, d’un réveil-matin à la minute-et d’une montre chronographe.
- —Ht— Pour la première fois, la division des « Fusils-machines » allemands a exécuté récemment des exercices de tirs à balle, sous divers angles, au sud-est de Frontigny. Les expériences des nouveaux engins, tout en étant, au dire des experts, satisfaisantes, ont cependant donné lieu à quelques observations. La justesse du tir est relativement médiocre et tout à fait inférieure à celle du fu«il de guerre ordinaire nour les distances variant de 300 à 700 mètres. À partir de 700 mètres, au contraire, l’avantage revient aux fusils-machines. Le recul, malgré la crosse fixée en terre, est une cause constante de déréglage. Il a fallu remettre après chaque double-décharge le fusil-machine au point, c’est-à-dire procéder au nouveau pointage. L’engin s'échaude trop vite et les explosions produisent une fumée assez inopportune qui indique trop visiblement l’emplacement des batteries.
- —Dans la carrière de Cleveland Stone, près d’Amlierst (Etat d’Ohio), au lieu de recourir à l’électricité pour la distribution de la force motrice, on a installé une station centrale de distribution par l’air comprimé. Cet air actionne les perforatrices, les haveuses, les treuils, les scies, les raboteuses, les meules; il fournit une puissance totale de 850 chevaux, et l’installation est dans la circonstance plus souple et plus économique qu’une distribution électrique.
- —H(— Dans un concours pour la construction d’un pont sur la rivière Urumea, à Saint-Sébastien, la Municipalité a écarté les projets faisant usage de la pierre, estimant que l'esprit de progrès exige l’emploi du béton armé, plus moderne et plus propre à donner à l’ouvrage les conditions de légèreté et d’élégance recherchées.
- —Ht— Une usine de Pittsburg, à ce que nous dit F « Iron Age », vient de terminer d’énormes ressorts spirales qui n’ont pas moins de 0m,70 de diamètre pour une hauteur de 0m,87; quand ils sont comprimés à fond, ils n’occupent plus qu’une hauteur de 0m,49. Pour cela il faut leur faire supporter un effort de 4360 kg; et cependant ils sont assez élastiques pour être sensibles à une simple pression du doigt.
- —H(— On va établir à Hambourg, sous le bras nord de l’Elbe, un double tunnel pour voitures et piétons ; la longueur en sera de 450 mètres. Le plafond de l’ouvrage sera au minimum à 5 mètres au-dessous du ht du fleuve. Les véhicules descendront verticalement dans les tunnels par des ascenseurs et en remonteront de même.
- —Ht— D'après les « Annales des Travaux publics de Belgique », le béton armé suivant le système Habrich-Potthoff, au moyen de fers feuillards de 40 millimètres de large tordus en spirale, donne-
- rait une résistance considérable, notamment pour les hourdis et les voûtes.
- —Ht— Les « Annales des Travaux Publics de Belgique » ont donné des détails curieux sur le traitement auquel on soumet les pavés de bois employés pour les rues de Boston. Ils sont en pin jaune : on les chauffe d’abord en vase clos à 45° pendant une heure, puis on augmente graduellement température et pression, jusqu'à atteindre, au bout de 2 heures, 440° et 6,5 kg par cm2. On laisse ces choses en l’état durant une heure, et l’on ramène graduellement (et en une heure) à 121° et 2,88 kg. On continue l’abaissement de température et l’on fait un vide de 0m,66 dans l’enceinte où sont les pavés, pour y introduire, sous une pression de 44,5 kg, un mélange par parties égales de créosote et de résine fondue à 90°. Il faut que le mètre cube de bois en absorbe 350 kg, après quoi on chasse le mélange, et l’on fait agir une heure un lait de chaux à 60°.
- -Ht- Un inventeur Américain, M. H. L, Bornman, vient d’imaginer un appareil spécial à peindre les roues (spécialement les roues métalliques-de machines agricoles), dont a American Maehinist » a donné une description. La roue est trempée tout entière dans un bac plein de peinture, puis elle prend un mouvement de rotation rapide qui chasse l’excès de peinture. Tout cela est obtenu automatiquement au moyen d’un arbre à cames.
- —H(— Des expériences faites récemment sur les chemins de fer russiens, et relatées par F « Organ fiir die Fortschritte des isenbahnwesens », ont permis quelques observations intéressantes sur l’importance du serrage initial des ressorts d’attelage des ten-ders de locomotives. Une forte tension réduit la compression durant la marche au moment des freinages et des démarrages.
- —Ht— Un ingénieur, qui a exploré File Saghalien avant la guerre actuelle, estime que cette île renferme des richesses pétrolifères, près de la rivière Nooteva, qui dépassent étrangement les fameuses sources de Bakou.
- —Ht— La maison Daimler, de Cannstadt. vient de construire, pour les chemins de fer du Wurtemberg, cinq wagons automoteurs pouvant transporter 56 personnes, et mus par un moteur à pétrole de 30 chevaux; elles peuvent marcher à des allures de 7,13, 23 ou 32 kilomètres.
- —Ht— La colonie allemande du Togo va être dotée d’une voie ferrée de 122 kilomètres de long pénétrant de Lomé dans l’intérieur; elle sera à écartement de 1 mètre avec traverses en acier.
- —HS— Les applications de l’air comprimé pour l’élévation directe des liquides se multiplient de jour en jour en Angleterre et en Allemagne.
- —Ht- Dans les « Proceedings de l’Institution of Civil Engi-neers », nous trouvons des indications qui tendent à prouver que les conduites en acier doux sont supérieures à toutes autres pour les canalisations d’eau. On empêcherait complètement les corrosions au moyen d’un enduit convenable d’huile de lin.
- —Ht— Notre confrère « Engineer » signale un procédé dont nous ne connaissons pas l’inventeur, et qui permet la galvanisation du fer au gris de zinc; les pièces décapées sont placées dans une caisse hermétiquement close remplie de gris de zinc, et dont la température est maintenue pendant quelques heures entre 260 et 320° C. L’utilisation'du zinc est totale et les pièces à galvaniser ne subissent pas d’altération.
- —Hf— M. H. T. Bovey vient, à la demande de la Chambre de commerce de Montréal, dë procéder à des expériences qui montrent ue, dans les calculs de la résistance des greniers à silos, les grains e céréales ne doivent point être assi nilés à un liquide de même densité. Tout au contraire, la pression va en diminuant du centre à la périphérie.
- 1
- p.1 - vue 433/536
-
-
-
- O
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis* — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les perforateurs chirurgicaux à ressort, s’adresser à M. Bercut, 21, rue d’Antin, à Paris. — La manivelle de sûreté, décrite dans le n° 1644, du 26 novembre, p. 416, se trouve chez MM. Gautreau frères, constructeurs, à Dourdan (Seine-et-Oise).
- Communications. — M. le prince Roland Bonaparte, à Paris, nous envoie le compte rendu du « Premier Congrès des Jardins alpins », qui s’est tenu sous sa présidence, au mois d’août dernier, aux Rochers de Naye.
- M. L. Graux, à Paris, nous a fait parvenir une Notice sur « La Loi de 1902 et les stations hydrominérales », Notice qu’il a publiée dans « Le Progrès médical » du 22 octobre 1904.
- Renseignements. — M. le Dr Lucas, à Concarneau. — Vous pourriez adresser cet enfant à l’établissement de M. le Dr Chervin, 82, avenue Victor-Hugo, à Paris.
- M. le marquis de Sayve, à Paris. — Nous ne connaissons que la préparation qui renferme du caoutchouc dissous dans du sulfure de carbone.
- M. A. Belliard, à Brach. — 1° Nous avons décrit un marteau-pilon électrique dans le n° 1617 du 21 mai 1904, p. 395. — 2° Nous ne comprenons pas votre question. Vous voulez sans doute parler d’un électro-aimant et vous désirez connaître la formule pour en calculer la force portante. Cette formule est donnée avec les explications et les détails nécessaires dans le « Formulaire de l’Electricien », 1904, à la librairie Masson et Cie.
- M. A. Brugerolle, à Londres. — 1° Vous trouverez des ouvrages sur cette question à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Àugustins, et à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. — 2° La puissance d’un moteur à pétrole se détermine au moyen d'un frein de Prony.
- M. J. Belloy, à Vernon. — 1° Nous avons publié dans les « Recettes et Procédés utiles » du n° 1615, du 7 mai 1904, la composition d’une pâte à la glycérine qui pourrait vous convenir. — 2° Pas de formule spéciale pour pâte dentifrice.
- M. P. G., à Givet. — Les cinq livres des « Recettes et Procédés utiles » renferment des recettes et des procédés différents, mais se rapportant aux mêmes sujets.
- Un abonné, à Bruxelles. — Pour des microrelais, il faut vous adresser directement à la Société industrielle des téléphones, 25, rue du 4-Septembre, à MM. Moutet et Girche, 31, rue Troncet, ou à la Société française des téléphones, 29, boulevard des Italiens, à Paris.
- M. Bavery, à Irigny. — Il faut demander directement ce produit aux marchands de produits chimiques.
- Un chasseur, à Avignon. — Il existe un manuel du chasseur dans l’Encyclopédie Roret, à la librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- L'abonné 5613-4410, à Lyon. — Le procédé le plus simple
- Eour nettoyer les terres cuites est de les frotter avec une rosse et de les passer au savon blanc.
- M. Louis Kaufmann, à Fleurier. — Pour les légumes du Japon, dont nous avons donné la description dans le n° 1641 du 5 novembre 1904, p. 356, vous pourriez vous en procurer chez MM. Vilmorin, Andrieux et Cis, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. M. JSothomb, à Bruxelles. — Les divers rapports de M. le colonel Renard ont été publiés dans les « Comptes rendus de l’Académie des sciences » du mois de juin au mois
- d’octobre; adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Durand, à Paris. — Il y a confusion ; la puissance électrique s’exprime en watts, et l’énergie électrique en watts-heures ou en multiples.
- M. Ch. Poncelet, à Omont. — Nous n’avons pas retrouvé 1* description de la faucheuse que vous demandez; mais vous-pourriez vous renseigner aux adresses suivantes : MM. Har-rison, M. Gregor and C°, 65, rue de Meaux; M. Pilter, 24, rue AJibert ; MM. Wallut et C‘% 168, boulevard de la Villette, à Paris.
- M. A. Marghiloman, à Bucarest. — Il faut vous adresser à la maison Albaret, 9, rue dn Louvre; à M. Grillot, 62, rue Ober-kampf, à Paris; ou à MM. Libaudière Irères, Maufra et Cie, à Nantes (Loire-Inférieure L
- M. V. R., au Mans. — Pour désodoriser le pétrole, il suffit de mélanger 10 grammes d’acétate d’ainyle par litre. On peut également employer le procédé suivant : ajouter 100 grammes de chlorure de chaux dans 4,5 litres .de pétrole et un peu d’acide chlorhydrique, agiter fortement le mélange pour que le Ghlore se répartisse dans le liquide, transvaser ensuite dans un récipient contenant de la chaux vive, agiter, laisser reposer et décanter.
- M. H. de G., à Paris. — Nous avons décrit le photogra-phophone Ruhmer dans le n° 1600 du 23 janvier 1904, p. 127.
- M. A. C., à Marseille. — Nous ne pouvons reproduire les brevets; mais nous examinerions volontiers la description d’un appareil réalisé qui semblerait intéressant.
- M. D. R., à Cognac. — Pour trouver la résistance électrique du circuit dont il est question, il suffit de diviser la différence de potentiel aux bornes par l’intensité qui traverse ce circuit.
- M. L. M., à X. — Adressez-vous à MM. Gaumont et Cie,. 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. P. L., à Orléans. — Voyez l’article que nous avons fait paraître sur le gaz pauvre et les gazogènes à aspiration dans le n° 1602 du 6 février 1904, p. 145.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. de R., it Bruxelles. Veuillez consulter une agence de brevets. — M. G. V.r à Lille. Nous ne décrivons jamais les projets; il faut que l’appareil ait été construit et ait donne des résultats dV.xpérienees. — M. P. de Grand, à X.; M. Dumont, à Paris. Consultez le petit livre des a Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson etCie. — M. Viron, à Tulle. Voyez le même petit livre- que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. Dubois, à Lyon. Cette recette est donnée dans le même petit livre, 4° série, à la même librairie.
- -— M. Leroy, à Nantes. — Remerciements pour votre communication.
- PHOTOGRAPHIE
- Développement au pyro-glycin.
- On a combiné souvent les révélateurs entre eux, mais en général l’acide pyrogallique était resté en dehors de ces combinaisons. Il y a cependant une formule très recommandable où cet acide est employé concurremment avec le glycin ; le « Photografic News », qui l’indique, en dit le plus grand bien.
- On fait les deux solutions suivantes :
- A. Eau............................ 200 cent, cubes
- Carbonate de soude .... 20 grammes
- Glycin............................. 4 —
- B. Eau.............................. 200 cent, cubes
- Sulfite de soude cristallisé. . 40 grammes
- Acide pyrogallique................. 6 —
- Acide sulfurique.............. 2 gouttes
- Pour l’emploi on mélange les deux solutions par parties égales. Les clichés obtenus sont très doux et ce développement convient surtout pour le portrait. Si l’on veut des clichés vigoureux, on modifiera ainsi le bain A :
- Eau...................... 200 cent, cubes
- Carbonate de potasse . . 8 grammes
- Glycin...................... 5 —
- On pourra pour les instantanés aller jusqu’à 12 grammes de carbonate de potasse. Pour l’emploi on mélange toujours A et B par parties égales.
- En principe l’addition d’un alcalin donne la douceur et les détails; l’addition d’acide pyrogallique et de glycin augmente les contrastes.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui tni sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.2 - vue 434/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INVENTIONS1
- Arrêt de sûreté. — L’arrêt de sûreté que l’on voit à gauche dans la ligure ci-dessous a pour but de préserver un immeuble contre toute tentative de crochetage ou d’effraction. 11 consiste en un système de contacts à combinaisons ; il se fixe à la porte principale au-dessus de la serrure ; de l’extérieur il fonctionne avec une clé, et de l’intérieur on peut- le faire manœuvrer avec un bouton. Par des fils et des contacts cachés, cet arrêt est relié aux portes, fenêtres, coffre-forts et meubles ainsi qu’à des sonneries, à une grosse cloche électrique, ou à une cartouche d’alarme, ou mieux encore, à tous les deux à
- Arrêt de sûreté. — Avertisseur détonant.
- la fois. Tout ce système aboutit à un petit cadran à trois directions : sonneries, repos, alarme. Ce cadran est installé dans une pièce de l’appartement, et il suffit de déplacer une flèche pour mettre toutes les sonneries en état de fonctionner dès que l’on entrera ou que l’on sortira de la maison, ou si l’on ouvre le coffre-fort. De même si la flèche est placée sur le mot alarme, la cloche électrique sonnera sans arrêt dès la moindre tentative d’effraction en un point quelconque. Cet arrêt peut fonctionner avec une clé grâce à une combinaison que l’on peut changer à volonté.— L’arrêt de sûreté est fabriqué par M. P. Blanchet, 30, boulevard du Temple, à Paris.
- Allumoir-chalumeau. — On désire quelquefois obtenir facilement des températures élevées et de longues flammes pour allumer un feu, pour souder, braser ou même fondre et tremper des métaux. L’allumoir-chalumeau nous permet d’atteindre facilement ce but. Le chalumeau est formé d’une tubulure cylindrique, doublée à l’intérieur d’amiante, et surmontée d’une tubulure conique, comme le montre notre
- Allumoir-chalumeau.
- dessin à gauche à la partie inférieure. On plonge le chalumeau dans un petit récipient garni d’essence ; l’amiante s’imbibe du liquide. On place ensuite la tubulure conique sur la douille d’un soufflet ordinaire et on présente à l’extrémité une allumette enflammée. Il suffit de faire fonctionner le soufflet pour obtenir une longue flamme de chalumeau d’une grande intensité. — L’allumoir-chalumeau se trouve chez M. Kratz-Boussac, 11, rue Martel, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- BIBLIOGRAPHIE
- Études biologiques sur les géants, par P.-E. Launois, professeur agrégé, chargé de cours à la Faculté de médecine, médecin de l’IIopital Tenon, et Pierre Roy, ancien interne des hôpitaux, chef de clinique à la Faculté de médecine. Introduction par M. le professeur Brissaud. 1 vol. in-8°. Paris, Masson et Cie, éditeurs, 1904. Prix : 18 francs.
- Le graissage et les lubrifiants. Théorie et pratique du graissage, nature, propriétés et essais des lubrifiants, par Léonard Archbutt et R. Mountford Deeley. Traduit de l’anglais, par
- G. Richard, ingénieur civil des mines. 1 vol. grand in-8°. VT0 Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : broché, 20 francs; cartonné, 2tfr,50.
- Notes et formules de l’ingénieur et du constructeur mécanicien, par un comité d’ingénieurs des Ecoles Centrale et des Arts et Métiers, 14' édition. I vol. in-16. Paris, E. Bernard, imprimeur-éditeur. 1904. Prix : 12fr,50.
- Accessoires des chaudières. Conduite des feux. Epuration des eaux. Alimentation. Chauffage. Appareils de sûreté et d’observation. Législation, par Georges Franche, ingénieur.
- 1 vol. in-8° broché. Paris. Henry Paulin et Cio, éditeurs. 1904. Prix : 8 francs.
- Traité élémentaire de physico-chimie ou lois générales et théories nouvelles des actions chimiques, par M. Emm. Pozzr-Escot, chef du service des recherches ae chimie pure, à l’Institut scientifique et industriel de Malzéville-Nancy,. 1 vol. in-8°. Paris, librairie polytechnique. Ch. Béranger. 1904. Prix : 20 francs.
- Tables donnant la teneur pour 100 en carbone et hydrogène dans l’analyse élémentaire des substances organiques, par le Dr Léo F. Guttmann, chimiste et ingénieur. 1 brochure in-8°. Paris. Librairie scientifique A. Hermann. 1904. Prix :
- 3 francs.
- L’année technique 1903-1904, par A. Da Ccnha, ingénieur des Arts et manufaclures. 1 vol. in-8°. Librairie Gauthier-Villars. Paris. 1904. Prix : 3rr,50.
- Les richesses minérales de la Nouvelle-Calédonie. Rapport à M. le ministre des Colonies, par E. Glasser, ingénieur au corps des mines. 1 vol. in-8°. VTC Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1904. Prix : 10 francs.
- La vie future devant la sagesse antique et la science moderne, par Louis Elbé. 1 vol. in-16. Librairie académique Perrin et Cie. Paris. Prix : 3fr,50.
- Le sucre dans l’alimentation des animaux, \ ar Ed. Curot, médecin-vétérinaire. 1 vol. in-16. Librairie J. Rothschild, Lucien Laveur, éditeur. Paris. Prix : 6 francs.
- Le chien, hygiène et maladies, par J. Pertes, vétérinaire. 1 vol. in-16, Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris. Prix :
- 4 francs.
- Le rôle de l’électricité dans l’automobile expliqué aux chauffeurs, par L.-B. Fanor. 1 vol. in-16. Librairie générale 11. Desforges. Paris. 1904. Prix : lfr,50.
- Mémoire sur la reproduction artificielle du rubis par fusion, par A. Yerneuil. 1 brochure in-8°. Paris, Gauthiers-Villars. 1904.
- Emploi du pétrole lourd dans les moteurs à explosion. Théorie sur la combustion et sur la carburation, par
- H. Claudel. 1 brochure in-8°. Bernard, éditeur. Paris. 1904. Prix : 1 franc.
- Les sociétés h l’état naissant, par A. Lizeray. 1 vol. in-10.
- Paris, Vigot frères, libraires éditeurs. 1904.
- Les animaux domestiques. Histoire naturelle, sous la direction de Gos de Voogt. Livraison XII. E. Flammarion, éditeur. Paris. Prix : 0'r,75.
- Smithsonian contributions to Knowledge. The Whalebone Whaies of the Weskrn north Atlantic compared wilh those occurring in European waters wilh some observations on the species-of the North Pacific, by Frederick AV. True, HeadCurator, Department of biologv, United States Muséum. 1 vol. in-4. City of AVashington. Published by the Smithsonian Institution. 1904.
- Smithsonian Institution. United States national Muséum. Proceedings o[ the United States National Muséum. Volume XXVII. 1 vol. in-8°. AVashington, Government Printing Office. 1904.
- Smithsonian Miscellaneous Collections. Volume XLVII. Qua-terly Issue. 1 brochure in-8°. Cityof AVashington, Published by the Smithsonian Institution. 1904. ‘
- p.3 - vue 435/536
-
-
-
- NOUVELLES SGIE.NÏIFIOIFS.
- 4
- Observations made at the Royal magnctical and meteorolo-yical observatory al Batavia. Published by order of the Government of jNetherland’s East-India, bv Dr S. Figee, directeur. Vol, XXV. 1902. 1 brochure grand in-4ft. Batavia. Printed at the Government Printing office. 1904.
- A annal report of the Board of reyents of Srnithsonian Institution showing the operations, expenditure's and condition of the Institution for year Ending dune 30, 1902. Report of the Ü. S. National Muséum. 1 vol. in-8°. Washington, Govèrnment Printing Office. 1904.
- Report of S. P. Langley, secretary of the Srnithsonian Institution for the year Ending - June 50, 1903. 1 brochure in-8°. Washington^ Government Printing Office, 1905.
- Trees, a handbook of forestbotany for the woodlands and the laboratory, by H. Marshall Ward, Fellow of Sidney Sussex, and Professeur of Botany in the University. Volume 1. Bugs and twigs; 1 vol. in-î>°. Cambridge, at the University Press. 1904.
- Field Columbian Muséum. Traditions of the Arapaho, by George A. Dorsev, Curator, department of Anthropology , and Alfred L. Kroeber, Department of Anthropology, University of California. 1 vol. in-8°. Chicago. U. S. A. Octobre 1905.
- Field Columbian Muséum. The oraibi oagôl ceremony, by II. R. Vont. The Stanley Mc Cormick Hopi Expédition. George A. Doksev, curator, Department of Anthropology. 1 vol. in-8°. Chicago. U. S. A. December 1903.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30V — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 novembre. 4",0 S. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; gouttes à 7 h. 35.
- Mardi 22 3'*,5 VV N. W. 2. Couvert. 3,8 Couvert jusqu’à 10h., puis nuag. ; beau après 14 h.; pluie de 4 à 9 h.
- Mercredi 23 — 2°,9 S. S. W. 2. Beau. » Gelée bl. ; beau le matin ; couvert le soir.
- Jeudi 24 — r,o F. N. E. 2. Couvert. » Couvert le matin ; puis très nuageux ; beau après 17 h. ; halo à 14 h.
- Vendredi 25 . . . ~. — 4°,0 S. W. 2. Couvert. 0,0 Gelée bl.; givre; grains de neige à 7 h. 15; presque couvert.
- Samedi 26. . „ — 0°,5 S. W. 2. Couvert. » Gelée blanche; couvert.
- Dimanche 27 — I°,0 W. S. W. 2. Couvert. 0,4 Neige et grésil le matin ;.pluie à 12 h. ; très nuageux.
- NOVEMBRE 1904. — SEMAINE Dü LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 NOVEMBRE mi»
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indignent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,a noise dans la Grande-Bretagne. — Le 22 novembre, une violente tempête de neige s’est abattue sur la Grande-Bretagne. Les communications télégraphiques et téléphoniques avec l’Ecosse et le nord de l’Angleterre ont été interrompues, et plusieurs trains ont été arrêtés. Le « Pullman Express » de Carlisle à Edimbourg est resté en détresse pendant sept heures dans la neige près de Rucarlon. Afin de s’échapper, on décida de percer le bloc. Le train fut scindé en trois tronçons. La locomotive attelée au plus léger réussit à faire une trouée et revint chercher successivement les wagons en panne.
- E,e temps. — Le temps a subi de grands changements dans la semaine du 21 au '. 8 novembre. Le 21 novembre, des pluies sont tombées en France; on a recueilli 8 mm d’eau au Ha vre,3 mm à Nantes, 2 mm à Brest, 1 mm à Paris. Le thermomètre marquait le matin —3° à Clermont-Ferrand, -t- 4° à Paris, 12° à Biarritz. —6Ü au pic du Midi. Le ciel s'est maintenu couvert et brumeux toute la matinée. La température moyenne a été de 4°,9 à Paris. Le 22 novembre, un vent fort de l’ouest et du nord a' soufflé Sur les côtes de la Manche, ainsi qu’en Bretagne et en Gascogne. II a plu à Calais (33 mm), à Dunkeraue (27 mm), au Havre (15 mm), à Nantes (7 mm), à Paris (3 mm). Dans la banlieue de Paris, la pluie est tombée presque sans interruption entre 4 et 9 heures dans la matinée ; les hauteurs d’eau atteignaient3 et 4 mm d’eau, et 8 mm au maximum à Vaucluse et à Athis-Mons. Le 23 novembre,
- le vent a été modéré ou assez fort sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. très fort du sud-ouest en Corse. Il est tombé 20 mm d'eau à Biarritz, 6 mm à Nancy, 5 mm à Clermont, 5 mm à Nice, 1 mm à Paris. La neige a fait son apparition au Havre, à Cherbourg et à Besançon. Un fort refroidissement sfest produit en France; le matin, le thermomètre marquait—4° .à Lyon,
- — 3° à Paris, 0° à Nantes, — 14° au puy de Dôme, — 11° au pic du Midi. Aux environs de Paris, à Trappes, la température est —3°,9 ; la gelée blanche est générale. Le 24 novembre, on a recueilli 20 mm d’eau à Biarritz, 8 mm à Nantes, 5 mm à Brest; il a neigé dans le nord-ouest II a gelé dans toutes les régions en France ; le matin, le thermomètre marquait — 7° à Clermont,
- — 5° à Nancy, — 2° à Perpignan, — 1° à Paris, — 17® au pic du Midi. Aux environs de Paris, à Saint-Cloud, on notait —5°. Le 23 novembre, le froid a continué à Paris; le matin, la température était de —4°à.Paris, et dans la banlieue les minima atteignaient—6°,3 et — 7°. On a signalé de faibles chutes de neige à Brest, à Nantes et dans le departement de l’Aude : des. orages ont donné 40 mm d’eau à Biarritz, 23 mm à Alger, 10 mm à Ajaccio. La température moyenne à Paris a été de —1°,3. Le 26 novembre, le ciel est reste sombre et brumeux, à Paris ; la température s’est tenue entre — 1° et + 1° pendant toute la journée II a plu à Biarritz (22 mm), à Brest (13 mm), à Bordeaux (8 mm) ; il a neigé à Nantes, Belfort et Lyon. Le 27 novembre, les averses ont été abondantes dans le sud-ouest de la France; on aeecueilli 32 mm d’eau à Toulouse, 25 mm à Biarritz, et 11 à Rochefort. Dans la matinée, vers 11 heures, la neige est tombée à petits flocons à Paris ; dans la nuit précédente, quelques grains de neige grenue ont été observés.
- PHASES DE LA LUNE ; P. L. le 23, à 3 h. 21 m. du matin.
- p.4 - vue 436/536
-
-
-
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —H$— Lord Kelvin a été récemment installé comme chancelier de l’Université de Glascovv.
- —Hi— Nous apprenons avec regret la mort d’Hector Giacomelli, le peintre charmant auquel on doit tant de compositions gracieuses.
- 11 grava pour nous plusieurs jolies planches sur le monde des oiseaux.
- —H$— Par décret, il est attribué sur l’émolument du legs universel qui a été fait à l’Elat par M. Henry Giffard, une somme de
- 12 000 francs à la caisse des recherches scientifiques.
- —H(— En restaurant les fondations du temple d’Ammon, à Karnak, en Egypte, M. Legrain a découvert 450 statues appartenant à tous les âges de l'antiquité égyptienne jusqu’au temps des Ptolémées. A la dernière séance de l’Institut égyptien, M. Maspero a déclaré que cette trouvaille est une des plus importantes pour l’histoire de l’Egypte ancienne qui aient encore été faites.
- —Ht— On projette d’ériger à New-York un temple catholique qui sera le plus grand et le plus somptueux du monde entier. Il pourra contenir 70 000 personnes. II aura une longueur de 167 mètres, alors que Saint-Paul de h ndres n’en a que 152, et la hauteur du dôme atteindra 145 mètres, alors que celui de Saint-Pierre de Home n’en compte que 152. et Saint-Paul de Londres MO seulement. La nouvelle église coûtera environ 125 millions de francs et prendra le nom de Sainte-Sophie. Son style sera celui des églises catholiques modernes. Ce sera le plus haut monument de New-York.
- —Ht— Le Bureau d’hygiène de l’Etat de Massachusetts a fait des expériences au sujet de l’action de la lumière solaire sur les organismes que contii'unent les eaux dégoûts; il a pu constater qu’une exposition de 30 minutes à une heure suffit pour stériliser le liquide contenant des bacilles coli et des germes de typhoïde, quand l'eau est étendue en nappe mince.
- —Ht— Il résulte d’expériences dont il a été rendu compte dans le Bulletin de l’« American Society of Civil Engmeers », que les briques soumises à une température élevée sont beaucoup plus résistantes que celles qui sont demeurées telles que les donne la fabrication ordinaire ; d’autre part l’imbibition d’eau ne diminue point la résistance des briques.
- —Hf— On vient d’achever à Piltsburg, sur la Monongahela Hiver, un pont cantilever qui a des proportions respectables; il est d’une longueur totale de 458 mètres, et complété par des viaducs d’approche; sa travée centrale a 247 mètres.
- —Ht— « Engineering and Mining Journal » signale le grand
- avantage que l’on trouve en Virginie à traiter par des séparateurs magnétiques, sans grillage, des minerais de zinc où le plomb se rencontre parfois avec une argile ferrugineuse; on prépare couramment un concentré à 43 pour 100 au moins, ne tenant pas plus de 6.5 pour 100 de fer.
- —Ht— La maison anglaise Doulton, de Lambeth, recommande beaucoup, pour la pose des rails conducteurs de voies électriques, des supports isolants en porcelaine de belles dimensions, avec une large base reposant sur la traverse, où elle est fixée par des attaches extérieures en fonte malléable. Le rail même est pris dans une sorte <le coussinet dont la tige vient se fixer à l’aide de ciment dans un évidement de la porcelaine.
- —Ht— Les chantiers de l’arsenal de Dantzig possèdent depuis peu de temps une grue flottante qui n’a pas une puissance de moins <ie 100 tonnes.
- —Hf— On vient de faire aux environs de Meaux des essais de goudronnage au moyen d’un procédé dû à M. Taute. L’appareil employé est formé d’un tonneau attelé d’une contenance de 400 litres
- environ, qu’on charge de 550 kilogrammes de goudron, qu’on chauffe ensuite en vase clos par un thermo-siphon. Lorsque le goudron est suffisamment chaud, un robinet met en communication les réservoirs dans lesquels on a emmagasiné de l’air comprimé qui pousse le goudron et le répand sur le sol à la pression de 1 kilogramme, facilitant ainsi sa pénétration. On vide le tonneau en une heure, couvrant environ 350 mètres superficiels dans ce temps. D’autre part on va expérimenter aux premiers beaux jours un procédé appliqué pour la première fois en 1865 par M. Francou. architecte à Audi. On dépose upe couche de goudron et on y met le feu pour brûler les huiles lourdes et légères. La matière entre profondément dans le sol et l’enduit possède une longue durée. Le système serait très économique.
- —Hf— Un mécanicien en chef de la Marine, M. Merlu, a imaginé un appareil qui permettrait de surveiller à distance la conduite des feux d’un navire. Il indique l’instant de la charge dans chaque machine, le numéro du foyer qu’on doit charger, l’activité de la combustion, etc.
- —H(— La Compagnie américaine Baltimore and Ohio Southern * Railway emploie une machine à creuser les fossés latéraux aux voies, qui lui rend de grands services. L’engin, qui charge « la terre » qu’il excave dans les wagons en station sur la voie, est constitué par un bâti qui se déplace sur la série même de ces véhicules, au fur et à mesure ae leur chargement. A l’avant du bâti, un pivot supporte un bras à cuiller dont les mouvements sont commandés par un câble s’enroulant sur un treuil et dirigés parmi rail courbe, cette cuiller peut creuser jusqu’à plus de 3 mètres du rail extérieur. Avec trois hommes seulement, l’engin excave et charge 35 à 45 mètres cubes par heure.
- —Ht— La fameuse maison Smulders de Rotterdam vient de construire, pour le port de Cardiff, une drague qui peut travailler à I3m,50 au-dessous du niveau de l’eau, et qui extrait jusqu’à 1000 et 1030 tonnes de déblais à l’heure.
- —lit— La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest vient de mettre en service, dans certaines de ses gares, un chariot transbordeur électrique, sans fosse, qui peut transporter des wagons de 50 tonnes en passant sur des voies courbes.
- —Ht— On recourt de plus en plus, en Amérique, au sulfate de cuivre pour la destruction des algues dans les réservoirs d’eau potable. C’est ainsi qu’au réservoir d’Elmira, qui a une contenance de 400000 mètres cubes, on a employé 450 kilogrammes de sulfate, et pendant le traitement aucune eau n’était distribuée. D’une manière générale, le cuivre disparaît 48 heures après le traitement; pour une concentration de 1/900000 les poissons qui peuvent vivre dans le réservoir sont tués.
- —Ht— La ville de Philadelphie possède un service des plus importants de distribution d’eau de mer pour lutter contre les grands incendies. La fonte des tuyaux doit avoir une grande résistance, car on y maintient une pression de 55 atmosphères. .
- —Ht— Les deux anciens chemins de fer métropolitains de Londres, où la traction est encore à vapeur, et qu’il ne faut pas confondre avec la ligne centrale électrique dont nous avons parle, transportent annuellement 146 millions de voyageurs.
- —Hf— Il y a 35 ans les wagons à voyageurs aux Etats-Unis ne coûtaient guère plus de 18 000 francs, ne pesaient que 14 tonnes et portaient de 30 à 45 personnes. Aujourd'hui les voitures pèsent 50 à 52 tonnes, offrent un confort extrême à 86 voyageurs, et coûtent plus de 50 000 francs.
- —Ht— Alors qu’en 1898 les mines de charbon bitumineux des États-Unis n’employaient qus 2600 appareils mécaniques pour l’exploitation, le chiffre correspondant en a été de 5400 en 1902 ; 3200 sont du système à pic tandis que les autres sont à chaîne.
- 2
- p.5 - vue 437/536
-
-
-
- 6
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le suc gastrique naturel, s’adresser à la Société de la dyspeptinc Hepp, 64, rue Taitbout, à Paris (9e arrondissement).
- Communications. — M. le professeur Aldo Casiellani, directeur de l’Institut bactériologique, à Colombo, nous adresse deux brochures ayant pour titres : « Sleeping sickness », « Dysentery in Ceylon », extraits du Journal of the Ceylon Branch of the British medical Association, ainsi qu’une note « Observations on the hoematozoa of vertebrates in Ceylon », reproduite du « Spolia Zeylanita », vol. II, part VI august 1904.
- M. J. Léonard, à Montmorency, nous écrit : « Je viens vous signaler un fait qui dénote un instinct développé de la part d’un chien à longs poils dont la lace n’est pas franche. Lorsque le jardinier s’absente, l’animal se met à faire des trous dans les allées ou sur les pelouses. Un dirait, en quelque sorte, que mécontent d’être laissé à la maison, il se venge ainsi à l’égard de son maître, en pensant qu’il l’obligera à remplir les trous qui ont été creusés. Uu moins, c’est la raison que j’attribue à son action. Les lecteurs dè « La Nature » ont-ils déjà constaté pareille chose? »
- M. Ch. Voulalas, chimiste, nous adresse la communication suivante : « Voici un exemple de combustion spontanée rigoureusement constaté : Dans une huilerie, à coté de la notre, plus d’une centaine de scourtins en poil de chèvre ont été entassés, à la fin de la campagne dans une petite baraque située au milieu d’autres baraques contenant d’autres scourtins et différents objets de la fabrique. Ce lot des scourtins était, selon la déclaration ultérieure de quelques ouvriers sévèrement interrogés, mal lavés, c’est-à-dire ils étaient encore imbibés, d’huile, et de plus ils n’ont pas été bien séchés, mais entassés un peu humides. La campagne finie, la fabrique a fermé ses porles en attendant la nouvelle récolte des olives. Mais un beau matin du mois d’aoùt, les passants, devant la fabrique, sentirent une odeur forte et pénétrante, quelque chose du cuir ou du crin brûlé. Les portes de la fabrique ouverte, on a vu qu’elle était remplie d’une fumée épaisse et suffoquante provenant de la baraque des scourtins coupables. On y pénétra, on jeta dehors les scourtins et on a vu que ceux-ci étaient en partie demi-brûlés et en partie carbonisés à cause du manque d’air atmosphérique. Les scourtins remués il y a eu appel d’air et, pour un moment, on a eu peur du danger d’un plus grand incendie. Mais avec quelques seaux d’eau le feu a été éteint et toute inflammation disparut. »
- M. Bruant, president de l’Union pratique des Inventeurs, galerie Montpensier, 50, au Palais-Royal, à Paris, nous adresse une notice relative à de nouveaux appareils de sauvetage maritime.
- Renseignements. — M. E. Haas, à Lausanne. — Il faut vous renseigner auprès des constructeurs dont nous avons donné l’adresse en tete de la « Boîte-aux-Lettres » du dernier niùnèro.
- M. Cordier, à Nancy. — Le siège de la Compagnie universelle d’acétylène est 36, rue de Châleaudun, à Paris.
- M. Z. V., à Colombes. — Il s’agit bien, en effet, du nitre ou de l'azotate de potasse.
- M. B. T., à Rennes. — Il serait nécessaire de faire faire l’analyse complète du savon pour connaître tous ces détails.
- M. Barot, à Châteauroux. — Vous pourriez vous adresser à l’Office colonial, galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- M. Paul Orban, à Liège. — Ainsi que nous l’avons dit dans la « Boîte-aux-Lettres» du n° 1643, du 19 novembre 1904, pour les fauteuils automobiles et automatiques, dont il a été question dans le n° 1641, du 5 novembre 1904, p. 358, il faut vous adresser à MM. Munn and C°, 561, Broadway, à New-York.
- M. de la Chenelière, à Pierrev. — Pour nettoyer le cuivre, incrusté dans les meubles, sans dévernir le bois, on prépare desv feuilles de carton avec des trous que l’on place sur le cuivre, en ayant soin de garantir le bois voisin. 11 suffit alors de frotter le cuivre avec du tripoli en bouillie épaisse,
- L'Abonné 4640-4099, à Porto (Portugal). — Nuus vous avons répondu dans la « Boîte-aux-Lettres » du n° 1644 du 26 novembre 1904; la lumière intermittente que vous apercevez n’est certainement pas due au radium.
- M. H. Merlet, à Paris. — Pour nettoyer le cuir, on emploie en général de l’essence de térébenthine.
- M. H. Couteau, à Coutrevroult. — Nous ne pouvons que vous donner les adresses suivantes : M. Levens, 55, rue de-Châteaudun, Société des Prismes Luxfer, 201, quai de Valmy,. M. Neret, 115, rue Réaumur, à Paris.
- M. Courtois de Langladé, à Arles. — Dorure liquide : MM. Bol-loré-Sochnée, 19, rue des Filles-du-Calvaire ; M. F. Thivolle, 7,* avenue Trudaine ; MM. Lefianc et C‘°, 18, rue de Valois, à Paris.
- M. J. Harmanus Fisher, à Baltimore. — M. Ch. Henry a parlé de l’anactinôchrine dans son article sur « Un progrès-dans l’éclairage jaune des laboratoires de photographie », qui a paru dans le n° 1650, du 20 août 1904, p. 178. On peut se procurer de l’anactinôchrine aux établissements Goy, 15, n.e-des Minimes, à Paris.
- M. le comte de Kerchove, à Gand. — Il n’y a pas de maison spéciale construisant ces divers modèles en réduction ; il faut s’entendre avec les constructeurs qui fabriquent les modèles sur commande,
- M. G. Colas, à Pierrepont. — Nous, avons bien reçu votre lettre et votre carie postale; mais nous ne pouvons vous envoyer des rosiers. Il faut vous adresser directement à l’horticulteur dont vous avez vu l’annonce. _
- M. E. Marmiesse, à Bordeaux. — Non, les murs ne sont pas évasés; c’est une illusion.
- M. A. Belliard, à Brach (Gironde).— 1° Nous avons trouvé la description d’un marteau-pilon électrique de M. Marcel Dé-prez dans le n° 478, du 29 juillet 1882, p. 153. — 2° Il s’agit de la force portante de l’éleclro-aimant ; notre réponse précédente vous donne satisfaction.
- M. H. Aauclut, à Monlmarault. — Vous pourriez vous-adresser à l’Union pratique des inventeurs, 30, rue Montpensier à Paris.
- M. A. Mantel, à Paris. — Nous avons publié dans le n° 1550, du 7 lévrier 1903, p. 145, un article très complet sur le ver dés pommes que vous pourriez consulter avec fruit. Vous trouverez aussi divers ouvrages à la librairie agricole dé la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Miquel Esteban, à Séville. — Machines pour fabriquer les vermicelles : MM. Bizet et Dubois, 51, rue Croulebarbe; M. Bombled, 94, rue de Montreuil ; M. Morane, 10, rue du Banquier; M. Touaillon, 72, boulevard de Sébastopol, à Paris’; MM. Grosset et Gardon, 58, rue delà Thibaudière, à Lyon.
- M. C. Siebertz, à Kolscheid. — Cette plante est connue 'sous le nom de Jacinthe d’eau.
- M. L. //., à Epernay. — Vous pourrez vous procurer un ouvrage sur cette fabiication à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, ou à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. J. Schmtzler, à Lausanne. — La dynamo à main est beaucoup plus pratique que les piles qui exigent un grand entretien et une série de manipulations peu agréables.
- M. E. R., à X. — Ces divers allumeurs fonctionnent par l’électricité à l’aide de piles sèches ; ils peuvent également être employés pour le gaz acétylène.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. I). L., à Taris. Nous ne pouvons décrire un projet d’appareil ; il faut que l’appareil ait été construit et ait déjà fonctionné. — M. Uubout, à Dijon. Vous pouvez nous envoyer les résultats de vos expériences: nous examinerons si nous pouvons en extraire quelques points. — M. Le-lart, à Paris; M. G. V-, à Lille. Voyez les « Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. L. P.r à Orléans; M. S. D., à Toulouse. Voyez le même livre que ci-dessus, 5e série, à la meme librairie. — M. L. II., à Nogent. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille, les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.6 - vue 438/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 7
- PETITES INTENTIONS1
- Barème automatique pour calculs d’intérêts. —
- M. Alfred Brust vient d’imaginer un nouveau barème tris simple pour effectuer rapidement et sans erreurs les calculs d’intérêts. Ce barème comprend un tableau formé de tiges métalliques à coulisses; les unes sont horizontales et portent l’indication des capitaux, les autres sont verticales et portent l’indication des taux. On prépare tout d’abord ce tableau pour le-capital voulu, en faisant glisser vers la droite les tiges horizontales nécessaires, de façon à former avec lès chiffres mis à jour la somme indiquée. On fait ensuite glisser vers le haut la tige sur laquelle se détache le taux choisi, 2 1/2, 3, 4 pour 100. On relève alors le tableau et on le porte sur une des feuilles du barème correspondant au nombre de jours pour
- lequel doit se faire le calcul. Le barème comprend, en effet. 22 feuilles correspondant à des nombres de jours compiis entre 1 et 360. Sur chacune de ces feuilles est un tableau sur lequel les nombres pris sur les lignes horizontales représentent l’intérêt d’une même somme placée à des taux divers pendant le nombre de jours indiqué en tête de la page. Le verso des 12 premières feuilles est occupé par la table pour le calcul du nombre de jours compris entre deux dates, chaque page contenant un mois. Lorsqu’on a porté le tableau sur la feuille du barème correspondante, on lit dans les cases découvertes les chiffres qui apparaissent et qu’il suffit d’additionner pour avoir le résultat cherché. Ce nouveau baième nous paraît simple ei d’un usage facile. — Le dépositaire pour la France est M. Alfred Brust, à Vassy (Calvados).
- K«tom indesserrable. — Nous avons déjà décrit plusieurs modèles d’éeious indesserrables eld’écrous de sûreté. M. Marcel
- Écrou imlesserrable.
- Proniewski, sous-ingénieur des aleliers de la Chapelle à la Compagnie des chemins de fer du Nord, à Paris, a bien voulu nous communiquer un croquis et un modèle d’écrou qu’il a
- 1 La description des rpparcils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces. ;
- appliqué ert diverses circonstances et qui lui a toujours donné satisfaction. Nous avons pensé qu’il était intéressant d’en donner la description. Le système consiste apercer deux trous de goupille dans l’écrou, suivant une direction tangenlielle à la tig£ et à faire un méplat sur cette dernière, méplat n’enlevant que des filets, mais n’entamant pas le noyau. La figure 1 du dessin ci-joint nous montre en élévation un écrou monté et goupillé sur le boulon ; les extrémités de la goupille ont été rabattue? sur les pans. La figure 2 représente en élévation le boulon avec le méplat. Les figures 3, 4'et 5 nous montrent séparé? ment la goupille, le boulon et l’écrou; dans la figure 6, ou voit en perspective l’écrou monté sur le boulon. Cette disposition est facile à exécuter pour faire soi-mèine un boulon indesr serrable.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Comment faut-il se moucher ?
- Question bizarre et saugrenue, penseront bien des lecteurs. N’en croyez rien, ce n’est pas une question si inopportune; la moitié des gens ignore comment on doit se moucher, je ne dirai pas proprement, mais hygiéniquement. Il n’y a, dira-t-onj qu’à fermer plus ou moins le nez dans son mouchoir et à souffler fort, Très bien, c’est ainsi qu’on en use d’habitude*. Eh bien! celte habitude est mauvaise, et, dans maintes cii> constances, peut être dangereuse- 11 est certain que nombi é d’inflammations de l’oreille n’ont pas d’autre origine et la chose est facile à comprendre. Dans cef acte de souffler fort,les deux narines étant fermées jusqu’au : moment de l’expulsion de$ mucosités, vous commencez par remplir l’arrière-gorge et ' l’arrière-nez d’air sous pression. Què le nez soit bouché plus où J moins hermétiquement, comme cela arrive dans lé rhume dé cerveau, alors qu’on a le plus besoin de moucher, l’air ne soiv tira pas, et plus vous ferez d’efforts, plus il cherchera sa voie de sortie.. Or, il en est une qui. conduit directement dans l’oreille moyenne, c’est la trompe d’Eustache : quand vous soufflez, l’air s’y engouffre, et, avec lui, les mucosités plus ou moins propres et plus ou moins chargées de bactéries qui se trouvent dans votre pharynx. Il faut donc, pour debarrasser le nez des horreurs qui l’encombrent, moucher autrement. Imitez les paysans, les ouvriers qui ne s’offrant pas le luxe d’un mouchoir, compriment du doigt une narine et soufflent del’autro. Faites de même, discrètement, le mouchoir appliqué sous le doigt, soufflez sans violence et vous éviterez ainsi la projection de produits infectieux dans l’oreille, ou, sans aller jusqu’à cette complication, vous éviterez ces chocs de l’air qui amèntnt un retentissement douloureux et désagréable; et, remarquez-Ie, quand vous en aurez pris l’habitude, vous débarrasserez le nez mieux que par l’autre moyen.
- On objectera à ce procédé, le seul hygiénique, que les deux fosses nasales peuvent n’étre pas également perméables et qu’on risque ainsi les mêmes accidents que par le procédé vulgaire. Il n’y a qu’à avoir de la mesure, à souiller plus doucement du côté obstrué. Si par hasard les deux cavités nasales sont toutes deux fermées, je ne dis pas hermétiquement, mais suffisamment pour que l’air passe mal, eh bien ! soufflez de moins en moins fort, et puis, croyez-moi, faites-vous-les déboucher. Mais d’une façon systématique, apprenez vous-mêmes à ne plus moucher qu’à « la paysanne ».
- La désinfection par le sulfate ferrique.
- On a recommandé l’emploi du sulfate ferrique comme un désinfectant supérieur au sulfate ferreux qu’on vend communément sous le. nom de couperose verte, vitriol vert. Le dernier est obtenu, tantôt par le traitement des vieilles ferrailles par l’acide sulfurique étendu, tantôt par l’exposition, à l’air humide, des pyrites argileuses. Le sulfate ferrique s’obtenait jadis en oxydant le sulfate ferreux au moyen de l’acide azotique, jusqu'à cessation de vapeurs rutilantes. Actuellement l’industrie le prépare en grand et d’une façon plus économique en traitant par l’acide sulfurique, les résidus des pyrites grillées. Dans ces coudrions, le sulfate ferrique contient une assez forte proportion (15 pour 100 environ) d’acide sulfurique. La présence de ce dernier acide rend le sulfate ferrique impropre à la désinfection d’une foule de produit*, linges, vêtements, métaux, etc., mais cela rend son action plus efficace quand ou l’emploie, comme on le conseille, pour la désinfection des eaux d’égout, des produits excrémentitiels.
- Quelle est sa valeur désinfectante? le Dr Vincent, professeur au Val-de-Grâce, a entrepris une série d’expériences fort intéressantes sur ce point. II résulte de ses recherches, que je ne peux énumérer en détail, que les liquides de vidange, les ma-
- p.7 - vue 439/536
-
-
-
- 8
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- tières fécales, à la condition qu’elles soient en état de dilution, réclament, pour une désinfection, une proportion <le -41) pour 4000, soit 40 kg par mètre cube. Il ne peut s’entendre là d’une désinfection « absolue »; pour atteindre ce résultat il faudrait, de cet antiseptique ou de tout autre, des proportions considérables.
- Comme le dit M. Vincent, il faut s’attacher seulement à détruire, dans les milieux infestés, dans les matières usées et les déjections, les microbes pathogènes, les microbes de la putréfaction, et le bacterium coli. Or avec 40 à 50 pour 1000, on réalise une désinfection relative suffisante pour détruire, au bout de quelques jours, tous ces germes nocifs, bacille du côlon, bacille de la fièvre typhoïde et spirille du choléra.
- En dehors de la disparition des germes, le sulfate ferrique, comme le sulfate ferreux, a un pouvoir désodorisant assez bon. Son prix de revient, 5 à 10 francs les 100 kg, n’est pas très élevé ; mais il faut tenir compte de la quantité nécessaire 40 à 50 kg par mètre cube, c’e-t-à-dire pour une très petite fosse d’aisance de 5 à 6 mètres, 50 francs de sulfate. Il est de beaucoup supérieur comme puissance désinfectante au sulfate ferreux, mais il vient bien après le sulfate de cuivre, le chlorure de chaux, le lysol et les hases alcalines, soude et potasse caustiques. Son pouvoir, d’après Vincent, est à peu près équivalent à celui de l’acide phénique, dans les mêmes conditions. Mais il est moins cher et il n’a pas l'odeur désagréable du phénol.
- I)r A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30' — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DK 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 novembre. — 1°,8 S. W. 1. Nuageux. JO Gelée blanche ; très nuageux.
- Mardi 29. ^*. . . . . 0°,2 S. S. W. 2. Couvert. W Couvert.
- Mercredi 30 2",1 ^ S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; pluvieux à 20 h. 50.
- Jeudi 1" décembre . 6°,5 S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert; pluvieux le matin.
- Vendredi 2 5U,1 S. S. W. 0. Couvert. 0,0 Rosée ; couvert ; pluvieux à 12 h.
- Samedi 5 5\0 S. 2. Couvert. » Couvert.
- Dimanche 4 6°,5 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Gelée blanche ; couv. ; bruine à 19 et 21 h.
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1904 -- SEMAINE Dü LUNDI 28 NOVEMBRE AU DIMANCHE 4 DÉCEMBRE 19C&.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent.* courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. „
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.e temps. — Le temps est resté froid et sec en général, surtout à Paris. Le 28 novembre, des neiges et des pluies sont tombées dans le nord et l’ouest de l’Europe ; il a plu !» Dunkerque (11 mm d’eau), à Nancy (5 mm), au Havre (4 mm). Le matin, le thermomètre marquait — 7° à Clermont,
- — 6e à Marseille, — 2° à Paris, — 8° au puy de Dôme, — 9U au mont Ven-toux, —12° au pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de
- — 0°,3. Le 29 novembre, la pression barométrique a atteint 765 mm à Clermont ; des dépressions ont eu lieu dans le nord-est du continent ainsi que sur la Méditerranée Oti a recueilli 4 mm d’eau au Havre, 1 mm à Nancy, et 1 mm à Besançon; on a signalé de la neige à Lyon. La température est restée très froide ; le matin on notait — 9° à Clermont et à Belfort,
- — 2° à Nantes, —2° à Biarritz, —8° au puy de Dôme, —9° au mont Ven-toux, — 14° au mont Mounier ; dans la banlieue de Paris, les minima ont tous été inférieurs à zéro, —l'\6 à Vaucluse, — 1°,9 à Villejuif, —2°,5 à Cbevreuse, —5° à Ville-Evratd. Le 30 novembre, la pression est élevée. La température était en hausse sur nos régions; le matin, on notait 2° à Paris, —2° Lyon, —2° à Clermont. Dans la banlieue de Paris, la gelée blanche était encore constatée en quelques points. Le 1" décembre, on a signalé de faibles ondées en Bretagne. Le vent a été modéré sur nos côtes de la
- Manche et faible du nord-ouest en Bretagne et en Provence. La température, très basse dans le nord de l’Europe, s’est relevée sur nos régions; le matin, le thermomètre marquait — 20° à Saint-Pétersbourg, — 1° à Lyon, 7° à Paris, —3° au puy de Dôme, —5° au pic du Midi.
- Le 2 décembre, une dépression barométrique est apparue sur le golfe de Gascogne. Il est tombé 3 mm d’eau à Lorient, 2 mm à Belfort, 1 mm à Boulogne et 1 mm à Brest. La température s’est relevée dans les pays du nord; on notait le matin 1° à Clermont, 5° à Paris, 5° à Nantes, —1° au puy de Dôme, —2° au mont Ventoux, —-6° au pic du Midi. Le temps a été doux et brumeux, pluvieux en plusieurs endroits. La température moyenne a été de 6°,1. Le 3 décembre, une dépression sur la Méditerranée a amené des mauvais temps d’est eu Provence. 11 y a eu de fortes averses dans le sud de la France; ou a recueilli 34 mm d’eau à Celte, 28 mm à Perpignan, 7 mm à Brest, 4 mm à Dunkerque, 2 mm à Clermont. La température a subi un faible abaissement. On notait le malin 5° à Paris, 2° à Clermont, 2° à Toulouse, — 10° au pic du Midi ; dans la banlieue de Paris, les minima étaient de 5°. Le 4 décembre, la pression barométrique s’est relevée et dépassait 765 mm dans le centre de la France. On a signalé des pluies et des ondées dans toutes les régions; il est tombé 26 mm d’eau à Toulon, 9 mm à Biarritz, 4 mm à Brest, 1 mm à Boulogne, 1 mm à Lyon. Le malin, le thermomètre marquait 6° à Paris, 6° à Perpignan, 12° à Brest, 13° à Biarritz, — 6° au mont Ventoux, —8° au pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 50, à 7 h. 47 m. du matin.
- p.8 - vue 440/536
-
-
-
- N° 1647 (i7 décembre 1904), du journal « LA MATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —Ht— ’On annonce de Stockholm que les prix Nobel pour la quatrième année ont été décernés : pour la physique, à lord Ra-leigh, de Londres; pour la chimie, à sir William Ramsay, de Londres; pour la médecine, au professeur Ivan Petrovitch Pavloff, •de Saint-Pétersbourg; pour la littérature, à MM. Mistral et Etehe-tfaray. Les trois premiers lauréats assistaient à la lecture de l’attribution des prix.
- —H(— On voit on ce moment sur la Seine, à 200 mètres en amont du pont d’Austerlitz, un très beau pont. Il s’agit d’un viaduc, en une seule travée en arc de 140 mètres de portée, sur lequel la ligne du Métropolitain traversera la Seine en face de l’ancienne gare d’Orléans. Le pont Alexandre-III détenait jusqu’ici le record avec 107 mètres de portée. Le système d’arc du nouveau viaduc est à trois articulations dont une à la clef comme au pont Alexandre III; mais les deux autres articulations, au lieu de se trouver aux appuis, sont situées aux reins. Pour qu’un tel système soit stable, il faut que toutes les « lignes de pression » passent dans l’intérieur de la base d’appui des retombées; c’est ce qui a été réalisé par les constructeurs de Levallois-Perret sous la direction de M. Maurice Kœ-clilin.
- —Ht— On vient de publier quelques chiffres sur les résultats financiers de l’Exposition de Saint-Louis. L’Exposition a reçu 18 750000 visiteurs dont 14 millions environ étaient des entrées payantes qui ont rapporté 28 millions de francs. Les recettes obtenues par les concessionnaires sont environ 52 millions de francs. Si l'on ajoute à ces deux sommes 6 250 000 francs provenant de divers traités, on arrive au chilfre total de 66 250 000 francs. En retranchant les frais, on aurait une somme de 6 250 000 francs à partager entre le gouvernement fédéral, l’Etat de Missouri, la ville de Saint-Louis et les actionnaires. Ces derniers, qui avaient souscrit un capital de garantie de 15 millions de dollars, recevront environ un million de dividende, soit 6 pour 100. Mais le gouvernement fédéral et l'Etat de Missouri, qui ont affecté plus de 50 millions de dollars aux constructions, n’ont pas retrouvé cette mise de fonds.
- —Ht— Notre collaborateur, M. E.-A. Martel, auditeur au Comité consultatif d’hygiène publique, a ouvert son cours libre de géographie souterraine (spéléologie, 6° année), à la Faculté des sciences, Université de Paris, le mardi 13 décembre 1904, à 4 heures.
- —H£— Quatre millions de timbres-poste de 2 centimes 1/2 ont été émis à Copenhague afin de servir de surcharge volontaire à l'affranchissement des lettres envoyées aux fêtes de Noël. Le produit de cet appel à la bienfaisance doit être consacré à des œuvres de charité.
- —Ht— M. Eckelt conseille de recourir aux jets d’eau acidulée, plutôt qu’aux brossages et au jet de sable, pour le nettoyage des pièces sortant de la fonderie; dans « Stahl und Eisen », il donne des indications sur l’économie que lui semble assurer cette méthode.
- —Ht— On prépare en ce moment la construction d’un pont can-tilever immense : sa longueur totale entre culées sera del333 mètres, sa travée principale aura 549 mètres d’ouverture. II est destiné à relier l’îfe de Cap-Breton à la Nouvelle-Ecosse. Il coûtera au moins 25 millions de francs.
- —Ht— On parle d’approfondir le canal de Manchester et de relever le plan d’eau là où cela est possible : son tirant ne dépasse point, en effet, 7m,80 et c’est trop peu aujourd’hui pour un grand nombre de navires.
- —Ht— Le Dr Walter Thorner, de l’hôpital royal de la Charité, à Berlin, vient de terminer un appareil des plus ingénieux qui lui permet de prendre la photographie de la partie arrière de l’œil.
- —HI— Le Boston Elevâîecf Railway, de Boston, essaye depuis quelque temps, sur des voies souterraines, des rails en acier au manganèse, qui paraissent présenter une très grande résistance à l’usure.
- —Ht— M. Hadfield et M. le Dr Heusler poursuivent des expériences très intéressantes qui leur permettent d’obtenir des alliages magnétiques avec des métaux non magnétiques. Le cuivre, l’aluminium, le manganèse, combinés dans de certaines proportions, ont des propriétés magnétiques bien nettes.
- —SI— D’après des expériences de laboratoire dues à M. Lenoble, le blanc de zinc, à volumes égaux, couvre plus que la céruse; et, à poids égaux, l’avantage est encore marqué bien davantage.
- —H?— Les mauvaises herbes envahissent constamment les voies du chemin de fer de Panama; pour les détruire, on répand une solution d’arsenic et de salpêtre ; deux fois par an les wagons d’arrosage circulent à une allure de 6 kilomètres à l’heure.
- —Pour compléter les travaux d’utilisation des eaux du Nil, on s’apprête à creuser un chenal de plus de 300 kilomètres entre Bor et Sobat, afin de détourner le fleuve des immenses marais ©à une grande partie de sa masse va se perdre inutilement par évaporation.
- —Ht— A la suite de recherches sur la perméabilité à l’eau des peintures à l’huile, ou du moins de certaines peintures, M. Charles B. Dudley, membre de l’Association américaine pour l’essai des matériaux, estime que l’huile, tant qu’elle est liquide, est bien imperméable, mais qu’en séchant elle s’oxyde, oxydation qui serait accompagnée d’une élimination de gaz carbonique et d’une contraction. Ces deux causes empêchent la couche de demeurer continue et la laissent au contraire poreuse, surtout dans la partie superficielle. Il faudrait donc trouver une peinture séchant uniquement par évaporation et non par oxydation.
- —Ht- MM. Buel et Hilt conseillent dans « Engineering News », pour éviter les efflorescences sur les surfaces en ciment ou béton de ciment, de passer vigoureusement et rapidement sur ces surfaces des brosses dures trempées dans une solution à un sixième d’acide chlorhydrique ordinaire. On rince immédiatement après à grande eau.
- —Ht— D’après M. Rebuffat, professeur à l’Ecole des Ingénieurs de Naples, et M. Maynard, de La Rochelle, la cause première de la décomposition des mortiers hydrauliques à la mer résiderait dans la dissolution de la chaux; les gonflements qui se produisent parfois ensuite ne sont que d’importance secondaire.
- —Ht— Une association professionnelle américaine s’est préoccupée du meilleur revêtement protecteur qu’on peut employer pour préserver de la corrosion les wagons en métal. Elle estime que, après avoir nettoyé les surfaces métalliques au jet de sable, il convient de recourir à des peintures à base de carbone ou de graphite.
- —Ht— A la dernière exposition de brasserie anglaise, on voyait une machine à coller les étiquettes sur les bouteilles, vendue par la Sterax Company, Compagnie américaine, mais qui a une succursale à Londres, à Aldgate : cet appareil ingénieux met la colle sur l’étiquette et la présente à un employé qui l’applique sur le verre; puis la bouteille passe entre deux brosses en caoutchouc qui font adhérer le papier. On peut étiqueter de la sorte jusqu’à 2400 bouteilles à l’heure.
- —Ht— Le « Street Railway Journal » a signalé dernièrement un système Davis-Perret qui aurait pour but de séparer électriquement l’huile dans les eaux de condensation, et de permettre par conséquent de la recueillir. Dans des bacs électrolyseurs, des plaques de fer s’oxydant formeraient un hydrate ferrique gélatineux enrobant l’huile et réunissant les vésicules.
- 7)
- p.9 - vue 441/536
-
-
-
- 10
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le séchage du bois dont il a été question dans le n° 1640 du 10 décembre 1904, p. 19, s’adresser à Powellwood ProossCo. Carpenter’s Road Stratford, Londres E. -- Le nouveau type d’éclisse se trouvé chez MM. Scheinig und Ilofmann, constructeurs métallurgistes à Linz, sur le Danube, en Autriche. — L’allumeur extincteur automatique à durée variable est fabriqué par M. E. Salomon, constructeur électricien, 21, nie de Strasbourg, à Vincennes (Seine).
- Communications. — M. Lametz, à Metz, nous adresse la lettre suivante : « L’arlicle « La Télégraphie multiple » paru dans le n° 1642 du 12 novembre 1904, p. 374, m’engage à faire connaître un moyen fort simple de répondre à une sonnette d’appel, ou du moins de faite savoir à la personne qui fait l’appel, s’il est entendu et cela sans doubler ni les fils conducteurs, ni les piles. Le procédé consiste à faire actionner simultanément deux sonnettes placées en circuit sur un seul courant électrique. Un exemple fera plus facilement comprendre et le but, et le mode d’opérer. Une dame, dans son appartement, veut appeler son mari qui est à son bureau (bureau supposé éloigné, ou situé à un étage différent) : elle appuie sur le bouton de la sonnerie, en y laissant le doigt trois à quatre secondes, et fait simultanément résonner une sonnette placée près du bouton d’appel, et une autre sonnette placée dans le bureau. Si le mari n’est pas sorti, il touche un contact, placé dans son bureau, qui agit à rebours, c’est-à-dire qui interrompt le courant. Alors les deux sonnettes s’arrêtent, et la dame sait, par l’interruption, que son appel a été entendu. Le mari peut, d’ailleurs, produire des alternances de sonnerie, en touchant par intervalle le bouton qui agit à rebours. A l’appel les deux sonnettes font un roulement continu à la réponse, les deux sonnettes font entendre quelque chose d’analogue au ra ta plan des tambours. Avant d’installer cette combinaison, dont j’avais eu l’intuition, j’ai consulté nombre de bouquins sur les sonnettes électriques, sans trouver ce que je cherchais, ou quelque chose d’analogue, et je n’ai pas non plus trouvé, chez les installateurs, marchands, etc., d’ici, un bouton de contact agissant à rebours. J’ai dû le faire moi-mème, ce qui n’offrait d’ailleurs aucune difficulté. »
- M. A. Aimé, à Niort, nous adresse la lettre suivante : « Voilà déjà quatre ans que je vous ai adressé un article sur la maladie du peuplier que vous avez bien voulu insérer dans le n° 1437, du 8 décembre 1900, p. 27. Depuis cette époque, la cause relative au dépérissement de cet arbre si utile, que j’indiquais et qui a été reconnue exacte par bien des planteurs et des pépiniéristes qui, du reste, eu ont fait mention dans leurs articles et nouvelles brochures, n’a pas changé, au contraire, les ravages de la sésie devenant de plus en plus importants.... De tous côtés, même à l’étranger, on ne voit que mortalité de peupliers, dépérissant avant d’avoir atteint une grosseur convenable. Malheureusement il n’y a pas de remèdes bien pratiques, et le mieux, comme je l’ai indiqué dans « La Nature », est de planter des espèces régénérées et autant que possible badigeonner le tronc d’huiles lourdes, avant la ponte. Par ce temps de cartes postales, comme ami des arbres, et dans l’intérêt des propriétaires, j’ai cru bien faire de reproduire un coin de marais avec notice résumant l’article de « La Nature », du 8 décembre 1900. Je viens de recevoir cette jearte et je m’empresse de vous la communiquer. » M. Aimé nous envoie en même temps une carte postale sur laquelle sont représentés
- plusieurs peupliers et où se trouve une petite notice sur la maladie qui décime cet arbre.
- M. S. Nigot, à La Roche-sur-Yon, nous cite un exemple de fidélité d’un jeune chat : « Pendant les dernières glandes vacances, dit-il, j’étais dans un petit village de l’île d’üléron, appelé la Cotinière. Un jour, je trouvai dans la propriété de mon père un tout jeune chat qui miaulait plaintivement. Je courus à la maison et je lui apportai du lait dans une assiette. Il fut d’abord farouche et ne s’approcha du lait que je lui présentai que lorsque je me fus éloigné. Peu à peu, cependant, il s’apprivoisa, et au bout d’une quinzaine de jours il était tout à fait habitué à ma famille et à moi. 11 allait en toute liberté dans la propriété quand, un soir, nous l’appelâmes-pour le rentrer dans la maison. Puis nous sortîmes faire une promenade. C’était pendant la nouvelle lune et il faisait très noir. Je me retournai et je vis bientôt le jeune chat oui nous avait suivis jusque-là. Nous allâmes à plus d’un kilomètre de la propriété et le chat marcha constamment auprès de nous, U était de retour à la maison en même temps que nous. »
- M. Henri Talmone, à Turin, nous écrit : « Votre correspondant se demande pourquoi les insectes sont attirés par la lumière, et il observe en même temps que les mouches, insectes domestiques, n’y font plus attention. C’est donc un sentiment de curiosité, un attrait de la nouveauté. Laissant les insectes et observant mes chats, j’ai eu souvent l’occasion d’observer que par un bruit soudain ils sont tentés de s’échapper, c’est le premier instinct; le second non moins puissant les fait s’arrêter et regarder quelle peut etre la cause du bruit et s’il y a danger réel. La surprise d’abord a amené ma châtie à faire un tour sur elle-même cramponnée par ses griffes au plancher ou au tapis. C’est donc là de lu curiosité qui l’emporte sur l’instinct de la conservation. »
- M. Blanchet, à Paris, à propos de son arrêt de sûreté, que nous avons décrit dans nos « Petites Inventions » du n° 164b du 3 décembre 1904, nous fait remarquer que l’appareil qui est représenté dans la figure est le petit avertisseur à tirage dit garde-fenêtre.
- Renseignements. — M. E. D. il/., à Bruxelles. — Nous-avons donné cette recette d’après une publication allemande ; elle contient, en effet, une omission. On peut la réparer en ajoutant à la mixture une solution d’acétate neutre de plomb dans de l’eau en quantité suffisante pour que le précipité se fasse.
- M. G. Lamort, à Dombrowa. — La préparation des charbons pour la lumière électrique exige plusieurs opérations dont vous trouverez le détail dans les « Recettes de l’Electri-cien », à la librairie Masson et Cio, à Par s.
- M. Alliavme, à Paris. — Nous ne connaissons pas de procédé permettant de durcir les cylindres phonographiques en cire que l’on impressionne soi-même. Mais vous pourriez peut-être vous adresser à M. Stœsser, galvanoplasle, 56, rue Serpente ; il recouvre de cuivre des cylindres.
- M. Ch. de Thierry, à Paris. — 1° Oui. la piste dans les cirques a partout le même diamètre. — 2“ Il en est ainsi pour que la force cenfrifuge soit partout la meme. — 3° l.es pistes ont, croyons-nous, en général, un diamètre de 14 mètres.
- M. D. Velaser, à Logrôno (Espagne). — M. Villon, chimiste à Lyon, a été notre collaborateur; il est décédé depuis plus de dix ans.
- M. L. Legrand, à Paris. —La photographie que l’on obtient est toujours un positif ; on ne le voit bien que sous un certain angle comme les Daguerréotypes.
- M. E. V. P., à Provenchères. — Nous pouvons vous indiquer les ouvrages suivants : 1° « Fabrication de la férule et de l’amidon, d’après les procédés les plus récents », par J. Frilsch,
- 1 vol. in-8°, prix 6fr,50 à la librairie Bernard Tignol, 55 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° « Manuel de l’ami-donier », par Morin, Malepeyre et Larbaléirier, I vol. avec figures* prix 3 francs, à la librairie Mulo, 12, rue Ilautefeuille, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Kien, à Yincey. Nous ne nons occupons pas de ces queslions: nous ne pouvons vous renseigner. Tous nos regrets. — M. Legrand, à l.yon. Il faut prendre vous-même ces renseignements auprès du fabricant. — M. D. G., à Paris; M. L. U., à X. Voyez le livre des « Recetlcs et procédés utiles », 1re série, à la librairie Masson el Cie. — M Dupont, à Lille. Cette recette est donnée dans le meme pelil livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — 31. E. V., à Périgueux. — Consultez le même petit livre. 5* série, à la meme librairie. — M. G. M., à Paris; M. P. G., à Versailles. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à repondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.10 - vue 442/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- il
- PETITES MENTIONS1
- Diaphragme pour phonographes. — Le phonographe est certainement un instrument curieux, bien fait pour apporter la gaieté, la joie et rappeler parfois de jolis morceaux de chant ou de musique. Mais il arrive souvent que par un défaut inhérent au disque lui-même,, le phonographe a un ton nasillard, désagréable au possible, et qu’il est difficile d’oublier malgré la bonne volonté dont se trouve armé l’auditeur. Le nouveau diaphragme que nous décrivons est à l’abri de ce reproche. Comme le montre notre dessin, l’appareil se compose
- Nouveau diaphragme pour phonographe.
- d'une cuvette métallique sur laquelle est fixé perpendiculairement à droite un tuyau que l’on place dans l’ouverture du Iconographe. A l’intérieur de cette cuvette est placée une rondelle de mica à laquelle est adaptée, à l’aide d’une mixture formée de caoutchouc pur para dissous dans la benzine, une ]>etite tige verticale soudée à angle droit à une autre tige qui sert de support. Cette dernière, en effet, est maintenue solidement par une attache ; elle est creuse et renferme un fil de bronze de faible diamètre. Ce fil est fixé à la partie inférieure à l’aide d’une vis qu’on aperçoit dans la figure à gauche. C’est ce fil qu’on laisse dépasser de quelques dixièmes de millimètre et qui vient appuyer sur les disques phonographiques. Il reçoit toutes les vibrations et les transmet au disque de mica. Il a l’avantage de s’adapter à toutes les machines à disques, de prolonger la durée de ceux-ci, de ne pas être criard, d’être d’un maniement facile, de rendre fort bien les sons, et de supprimer les vibrations désagréables que l’on trouve souvent dans les appareils de ce genre. — Ce nouveau diaphragme se trouve chez MM. G. Renaut et Cie, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris (Xe).
- Table pliante à tarauder avec étau. — Cette table pliante est de grande utilité et rend de grands services ; elle
- Table pliante à tarauder avec étau.
- est facilement transportable, son poids total avec l’étau est de 311 kilogrammes. Sa forme pbante Dès pratique permet le passage par les endroits les plus étroits. Comme le montrent nos figures, l’ouvrier se pose sur le pied déplié et fixe par son
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- poids l’appareil, l’étau à tube à charnières se ferme par une petite manivelle. Dans la mâchoire de l’étau à tubes, on fixe un étau. La forme de l’étau s’ajuste exactement aux formes de la table et garantit une fixité radicale et absolue. La largeur des mâchoires de 1 étau est de 90 millimètres. — La table pliante à tarauder avec étau se trouve à la manufacture générale d’outillage, 184, rue d’Artois, à Lille.
- Cisaille pratique. — Voici un modèle pratique de cisaille qui peut rendre de nombreux services. Elle se compose de deux branches réunies en un point central, et présentant à leurs extrémités des œilleres qui permettent de les saisir facilement avec les doigts. On remarque également qu’une œillère porte une petite pointe avec laquelle on peut donner un coup dans une boîte de conserve. Il est ensuite facile
- Cisaille pratique.
- de découper entièrement le couvercle. Cette même cisaille permet également de séparer les grappes de raisin, de couper les fils de fer, etc. — La cisaille pratique se trouve cnez. M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Glaçage des épreuves.
- Bien que la mode soit actuellement aux épreuves mates, il y a encore bien des cas où l’on désire avoir une image brillante et glacée. Les papiers au citrate ou ai istotypes se prêtent surtout bien au glaçage et on sait qu’il suffit pour cela de les appliquer sur une tôle vernie ou sur une plaque de verre talquée. M. Blanc, de Laval, a communiqué à la Société française de photographie un procédé qui permet d’éviter complètement les bulles d’air, qui se produisent souvent dans cette opération et laissent sur l’image des trous qui lui enlèvent tout son prix. Le procédé qu’il emploie est simple et facile à pratiquer. On prend des plaques de verre, provenant de vieux clichés, et on procède d’abord à un nettoyage complet. Quand elles sont bien propres et bien séchées, on y passe un tampon de linge dans lequel on a mis du talc ; on les essuie ensuite avec un linge fin, il reste toujours assez de talc pour l’eflèt cherché.
- Pour glacer les épreuves on les met à tremper dans l’eau et on les remue bien pour qu’aucune bulle d’air n’v reste attachée ; ensuite on prend une cuvette de la dimension de l’épreuve, on place au fond une des plaques talquées et on y transporte l’épreuve, l’image en contact avec le verre. 11 est inutile d’exercer aucune pression sur l’épreuve, on se contente de retirer en même temps le verre et l’épreuve en le saisissant par deux angles, on place le tout sur un égouttoir et on laisse sécher. L’opération ayant eu lieu sous l’eau, aucune bulle d’air ne se trouve interposée entre le verre et l’épreuve.
- Élimination de l’hyposulfite de soude par le “ Boroxylilhe'’.
- On a recommandé depuis longtemps déjà l’emploi de l’eau oxygénée pour laver les clichés; afin de bien enlever les dernières traces d’hyposulfite ; mais il est difficile de conserver à l’eau oxygénée une stabilité suffisante et on n’a pas une assez grande quantité d’oxygène actif, surtout quand la préparation est déjà ancienne. L’oxylithe, dont M. le Dr Georges Jaubert a inventé le mode de fabrication industrielle, a donné lieu à un produit spécialement destiné à l’usage photographique et vendu sous le nom de “Boroxylithe”. C’est un sel oxygéné, ne contenant aucun sel métallique pouvant altérer l’image pho-
- p.11 - vue 443/536
-
-
-
- 12
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- tographique et dont la solution dans l’eau forme de l'eau oxygénée : il est inaltérable à l’air et on peut en avoir toujours en flacon dans le laboratoire. Il suffit d’en faire une solution à 1/2 pour 100 au moment de l’usage, soit 5 grammes par litre d'eau; il se profuit de l’oxygène naissant qui détruit immédiatement l’hyposulfite, la dose d’oxygène actif étant 10 fois supérieure à celle contenue dans l’eau oxygénée du commerce. En outre, par suite de la réaction, une certaine quantité de borate de soude, ou borax, est mise en liberté et exerce sur la gélatine une action favorable, en lui faisant subir un durcissement analogue à celui qu’on cherche à lui donner par le bain d’alun.
- L’emploi de la solution de boroxylithe est très simple. Au sortir du bain d’hyposulfite, on passe les plaques pendant une
- ou deux minutes sous un robinet, puis on les met à tremper dans la solution de boroxylithe, qui a été préparée, comme nous l’avons dit., peu de temps au .aravant. On les y laisse environ 5 minutes et on lave ensuite à l’eau pure pendant 5 à 10 minutes. Pour le traitement des papiers, l’élimination de l’hyposulfite est encore plus importante; elle est aussi plus difficile par les procédés ordinaires. On emploiera la solution du boroxylithe dans les mêmes conditions que pour les plaques ; mais on rincera ensuite à l’eau pure pendant plus longtemps. La solution qui a été employée doit être rejetée; elle peut servir au nettoyage des ustensiles du laboratoire. En résumé le boroxylithe deviendra un auxiliaire indispensable et le laboratoire devra toujours en être pourvu. G. M.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE-
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30'. — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 décembre . 10°,4 S. W. 4. Couvert. 1,9 Couvert; pluie l’après-midi.
- Mardi G 6°,4 S. S. W. 3. Nuageux. 4,4 Très nuageux ; pluie la soirée.
- Mercredi 7 8”,t E. N. E. 2. Pluie. 18,4 Très nuageux; pluie de 1 h. à 8 h.
- Jeudi 8 4°,0 S. W. 3. Très nuageux. 0,0 Nuageux; gelée bl. ; pluvieux à 12 h.
- Vendredi 9 1°,0 S. S. E. 5 . Couvert. 1,8 Gelée bl. ; couvert ; pluie l’après-midi.
- Samedi 10 6',2 S. 5. Couvert. 0,8 Très nuageux; pluie le matin.
- Dimanche 11 5° ,9 N. N. W. 2. Couvert. 2,0 Très nuageux ; pluie à diverses reprises.
- DÉCEMBRE 1904. — SEMAINE Dü LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 DÉCEMBRE 1904.
- I
- Lundi
- Mardi
- Mercredi j Jeudi | Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 il 10; les flèches inférieures, la direction ' du vent. Les courbes du milieu indiquentS courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince. thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I>e temps. — Pendant toute la semaine, le temps a été doux et pluvieux; il y a eu quelques tempêtes. Le 5 décembre, le vent a soufflé avec force d’entre sud et ouest sur la Manche et sur les côtes de Bretagne ; il était très faible sur la Méditerranée où la pression barométrique était élevée. On a recueilli 10 mm d’eau à Cherbourg, 10 mm à Nantes, 6 mm à Brest, A mm à Dunkerque; à Paris, il a plu dans la matinée de 9 heures à 11 heures, et de 1 heure à 3 heures, mais la pluie intermittente n’a fourni qu’une faible .quantité d’eau,(3 mm). Le thermomètre marquait, à 7 heures, 0a à Clermont, 10° à Paris, 11° à Nantes, — 1° au pic du Midi, — 8° au mont Mounier. Le G décembre, des mauvais, temps ont sévi sur nos côtes de la Manche et de l’Qcéan; la mer a été grosse à la pointe de Bretagne, et très houleuse à Cherbourg et au Havre. Il a plu dans toutes les régions en France, il est tombé 12 min d’eau à Boulogne, 10 mm à Besançon, 7 mm à Itochefort, 2 mm à Paris. En France, on a eu un régime de vent fort sud-ouest avec pluie et temps doux. La température était le matin, à 7 heures, de 6° à Pans, 11° à Nantes. Dans l’après-midi du 6 décembre, une violente tempête s’est abattue sur le nord et l’ouest de la France ; elle était amenée l>ar une dépression barométrique au nord de l’Irlande et dont le centre passait, le matin près de Lorient (740 mm). Un minimum barométrique de 723 mm a eu lieu sur la mer Baltique. De fortes averses sont tombées sur nos régions; elles ont donné 32mm d’eau à Brest, 29 mm à Nantes, 28 mm au Havre. Pendant la fin de la journée et toute la soirée, le vent du sud-sud-ouest a soufflé sur la région parisienne ; la vitesse moyenne a varié entre 14 et 15 mètres par seconde, mais on a observé des maxima de 18 et 28 mètres
- par seconde à la tour Saint-Jacques. Une accalmie s’est produite le 7 décembre, vers 1 heure du matin: mais à partir de 6 heures la vitesse a augmenté progressivement pour dépasser 15 mètres par seconde. La pluie est tombée en abondance à partir de minuit 45"; elle a fourni de grandes quantités d’eau. On a recueilli un maximum de 50 mm d’eau à Sèvres et un minimum de 13 mm dans la banlieue nord. On a signalé quelques accidents. A Issy-les-Moulineaux, une dizaine de maisons ont eu leurs caves inondées; sur la Seine, plu-ieurs bateaux ont fait naufrage. Quelques accidents matériels ont eu lieu dans des chantiers du Métropolitain. La rner était entièrement démontée à Calais, à Brest, à Cherbourg, à Lorient. Le 8 décembre, un vent très fort d’entre ouest et nord a soufflé sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Le matin, à 7 heures, le thermomètre marquait 4° à Paris, 7° à Brest, 7° à Bordeaux. 10° à Perpignan; dans l’après-midi, à Paris, entre 2h 30" et 3 heures, le thermomètre est descendu de 14°,5 à 7°. On a signalé des pluies au Havre (23 mm), à Besançon (20 mm), à Bordeaux (ie mm), à Brest (8 mm) Le 9 décembre, le mauvais temps est revenu à Paris; le matin, il faisait froid, et vers 11 heures la pluie a commencé à tomber pour ne pas s’arrêter de la journée. Il est tombé 11 mm d’eau à Belfort, 7 mm à Biarritz, 5 mm à Nantes, 5 mm à Dunkerque. Le 10 décembre, les mauvais temps de sud-est ont sévi sur la Méditerranée ; les pluies ont été abondantes à Paris (2 mm), à Bordeaux (6 mm), à Nice (11 mm), à Toulon (39 mm), à Belfort (51 mm). Le 11 décembre, il v a eu un fort vent d’ouest et nord sur les côtes de la Manche, de l’Océan et de la Méditerranée. Des pluies sont tombées à Lyon (55 mm), au Havre (23 mm), à Biarritz (10 mm).
- PHASES DE LA LUNE ; N. L. le 7, à 3 h. 5G m. du matin.
- p.12 - vue 444/536
-
-
-
- N° 1648 (24 décembre 1904), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —La Société de géographie a reçu le 1(1 décembre en rséance solennelle à la Sorbonne et sous la présidence de M. Gran-•didier, membre de l’Institut, le l)r Otto Nordenskiold, chef de l’Expédition suédoise au Pôle Sud. Le lendemain 17, ce fut le tour -du Conseil municipal à l’Hôtel de Ville. M. Desplas, président du Conseil, remit à l’explorateur une médaille d’argent aux armes de Ta Ville de Paris, ainsi qu’il avait été fait autrefois pour MM. Nansen -et Svven-Hedin.
- —Un congrès international de tuberculose se tiendra prochainement à Paris; il est placé sous le haut patronage de M. le président de la République. Les présidents d’honneur sont : MM. Casi-mir-Perier et Léon Bourgeois ; le président est M. Berthelot, et les •vice-présidents MM. Brouardel, Chauveau et Hérard.
- —)$t— Une exposition de la collection de papillons du Muséum d'histoire naturelle vient d’avoir lieu dans l’une des salles de cet établissement. Cette collection a été donnée par M. Eugène Boullet dans des conditions toutes particulières. M. E. Boullet a exprimé formellement le désir que sa collection soit incorporée dans la collection générale du Muséum. Il a indiqué dans sa donation qu’il voulait ainsi former une collection unique, composée de séries «ombreuses bien classées. Il a, de plus, sollicité du directeur du Muséum, M. Edmond Perrier et du professeur d’entomologie, M. E. Q. Bouvier, la permission d’effectuer lui-même le mélange des deux collections et d’en reviser le classement et la détermination. Gette autorisation lui fut gracieusement accordée, et, depuis deux ans déjà, le travail se poursuit méthodiquement.
- —'üit— Une centenaire, Louise Abadie, née en janvier 1804, vient de mourir à Cazaux-d’Anglés (Gers). Elle était restée soixante, ans au service de Mme de Cantobre et de la fille de cette dernière, Mm® de Narbonne, qui moururent également centenaires. Louise Abadie a conservé jusqu’à sa mort sa lucidité d’esprit et l’usage de ses membres.
- —— Les départements des Charentes ont été envahis par les rats campagnols qui ont commis des dégâts considérables atteignant près de 15 millions. On a utilisé comme moyens de destruction le virus Danyz, fourni par l’Institut Pasteur, le sulfure de carbone, et la noix vomique. L’expérience semble avoir démontré que la solution qui a fourni les meilleurs résultats était la suivante : noix vomique 10 kilogrammes, acide tartrique 10 grammes, grains 10 kilogrammes, eau 10 litres.
- —— L’amiral Capello, chambellan du roi de Portugal, est monté, le 16 décembre, à bord du ballon de MM. Lebaudy, à Moisson. Le.temps était détestable et le vent fort estimé à 9 mètres par seconde. Le départ eut lieu à llh50. Le « Lebaudy », dirigé >ar M. Juchmès, évolua pendant prés d’une heure au-dessus de la orêt de Mousseau; après avoir atteint l’altitude maximum de 7520 mètres, il revint atterrir sans difficultés devant son hangar malgré le vent qui était aussi violent à terre que dans les régions élevées. Peu après, le ballon, trempé littéralement d’eau, rentrait au hangar. Cette ascension est la 61® des dirigeables Lebaudy, la 28e de l’année 1904 et la 16e de la campagne d’hiver.
- —Le « Journal officiel » a publié dernièrement l’évaluation totale et le détail de la dernière récolte des vins et des cidres. La récolte totale des vins en France, y compris la Corse, est fixée officiellement à 66 259877 hectolitres, au lieu de 35 240 257 en 1903, pour une surface cultivée de 1622 947 hectares au lieu de 1 588 274. La récolte se subdivise en 64052136 hectolitres de vins ordinaires et 2207 741 de vins fins. Quelques productions méritent
- d’être signalées : Hérault, 12 675 000 hectolitres au lieu de 5 896 700 en 1903 ; Aude, 6 492 676 hectolitres au lieu de 3154 611; Gironde, 4570 340 au lieu de 2 209 635 ; Gard, 3 004 350 au lieu de 2 047 202 ; Pyrénées-Orientales, 2 908 600 au lieu de 2 290 624 ? Indre-et-Loire, 2 050 000 au lieu de 652 628, etc. Pour le cidre, la récolte dernière est estimée à 36356 950 hectolitres au lieu de 4505 361 en 1905.
- —)&— Les journaux d’Extrême-Orient, arrivés dernièrement, nous apprennent que le 8 novembre, une violente tempête a soufflé sur les côtes d’Annam et s’est fait sentir jusqu’au cap Saint-Jacques. Un typhon a fait rage sur toute la région de Cantlio, Sadec, Chau-doc, Long-Xuyen-Rachgia. Il a débuté, vers 9 heures du soir, par une pluie torrentielle. Les récoltes ont été perdues, les embarcations ont été brisées. Une trombe d’eau s’est abattue sur Tanan. Les dégâts ont été très importants. A Soc-Trang, la ville a été saccagée, toutes les communications ont été interrompues. Il y a eu de nombreux indigènes tués et blessés. L’ouragan a duré de 10 heures du soir à 3 heures du matin. Le port de Dangaï a été encombré par un amas de débris et de décombres. Une chaloupe chinoise a été projetée sur la route longeant le quai. De nombreuses jonques ont été coulées. Un typhon a sévi également dans la nuit du 2 au 5 novembre sur Poulo Condor, Cantlio, Soc-Trang, Long-Xuyen, Sadec, Yinh-Long et une partie de Tanan,' où seraient tombés, pendant dix minutes, des grêlons de la grosseur d’un œuf de pigeon. Les communications télégraphiques ont élé toujours interrompues. A Soc-Trang plusieurs maisons ëu brique ont été démolies. A Long-Xuyen, les dégâts matériels ont été importants. A Sadec, l’ouragan n’a causé en ville que des dégâts matériels beaucoup moins graves. ,
- —Ht— Les mauvais temps n’ont cessé de régner, et la pluie est tombée continuellement dans la semaine du 12 au 18 décembre. Le 12 décembre, les mauvais temps d’entre sud et nord-ouest ont repris sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Des pluies sont tombées sur toute l’Europe; on a recueilli 15 mm d’eau à Santés, 10 mm à Bordeaux, 8 mm à Cherbourg, 8 mm à Paris, 7 mm à Besançon. Le matin, à 7 heures, la température était 6° à Paris, 8° à Santés, 12° à Biarritz, 0° au puy de Dôme. Le 13 décembre, on signale partout en France des mauvais temps et des pluies. Un vent très fort du nord-ouest souffle sur les côtes de la Manche, de la Bretagne et de la Gascogne. Il est tombé 16 mm d’eau à Toulouse, 12 mm à Paris, 12 mm à Lorient, 9 mm à Besançon. Dans la banlieue de Paris, à Villejuif et Athis-Mons, les quantités d’eau recueillies ont été de 14,5 mm. Le matin, le thermomètre marquait 5° à Paris, 5° à Nantes, 5° à Toulouse. La température moyenne à Paris a été de 5°,4. Le 14 décembre, un fort vent du sud a soufflé sur les côtes de la Manche et de l’Océan; il était du nord-ouest en Provence. La mer a étp houleuse sur les côtes de Bretagne et très agitée sur la Manche et la Méditerranée. Il a plu-à Lorient (12 mm), à Besançon (5 mm), à Biarritz (3 mm), à Nantes (2 mm) et à Nancy (2 mm) ; à Paris, la pluie a commencé à 1 heure de l’après-midi et ne s’est arrêtée que dans la soirée, vers 10 heures. La température, le matin, était 2° à Paris, 2° à Clermont, 2° à Lyon, — 4° au puy de Dôme, — 4° au pic du Midi, — 6° au mont Aigoual. Le 15 décembre, les pluies ont encore été abondantes; il est tombé 20 mm d’eau au Havre, 16 mm à Limoges, 12 mm à Dunkerque, 7 mm Paris, 5 mm à Brest, 5 mm à Besançon. Le 16 décembre, le thermomètre marquait le matin 8° à Paris, 12° à Nantes,' 12° à Toulouse, 14° à Biarritz. Il a plu à Lorient (8 mm), à Limoges (7 mm), à Biarritz (5 mm), à Brest (5 mm), à Boulogne (2 mm), à Belfort (2 mm). La température moyenne à Paris a été de 9*\8. Le 17 décembre, il est tombé 9 mm d’eau au Havre, 2 mm à Limoges, 1 mm à Brest, 1 mm à Paris. Le 18 décembre, le temps a été brumeux, mais il n’est tombé en général que.quelques gouttes. On a signalé des vents faibles du sud.
- 4
- p.13 - vue 445/536
-
-
-
- 14
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne les appareils à oxygène, s’adresser à la « Société l’Oxylithe », 113, rue Cardinet, Paris (17e). — Les jouets nouveaux se trouvent chez M. F. Martin, 88, boulevard Ménilmontant, à Paris (Xe).
- Communications. — M. Lametz, à Metz, à propos, du « Mélangeur universel Hall », dont nous avons donné la description dans le n° 1645, du 3 décembre 1904, p. 14, nous écrit qu’un appareil semblable a figuré à l’Exposition de Paris de 1867 ; à cette époque, on le construisait depuis une dizaine d’années.
- M. Em. Trille, à Agen, en réponse à la demande que formulait M. J. Léonard dans sa communication, dans la « Boîte aux Lettres » du n° 1646, du 10 décembre 1904, nous adresse les renseignements suivants : « Je crois que votre estimable correspondant se trompe en attribuant au chien de son jardinier une idée de vengeance.il y a longtemps que, pour mon tracas et ma satisfaction à la fois, je possède des chiens ; j’en ai eu de tous caractères, de plus ou moins intelligents, mais jamais je n’ai constaté chez aucun l’esprit de vengeance à froid, comme ce serait le cas du chien en question. J’ai vu des chiens coléreux, violents, même contre leur maître. J’en ai connu aussi de vindicatifs, même après plusieurs jours; mais,
- . dans ce cas, toujours contre d’autres animaux ou contre des personnes étrangères : leur inimitié se traduisait « toujours » par des signes d’agression ou de bouderie, « jamais » par un mauvais tour ayant le caractère d’une vengeance indirecte. Pour moi le chien du jardinier de M. Léonard n’exerce aucune vengeance contre son maître lorsqu’il fait des trous en l’absence de celui-ci. C’est tout simplement un chien, comme il y en a tant d’autres, qui obéit à un instinct (peut-être atavique) de fouisseur. On a dû le corriger quand on l’a pris en flagrant délit, et alors il s’abstient lorsqu’il sent son maître présent, mais ne manque pas de profiter de son absence constatée, lorsqu’il croit pouvoir agir sans contrôle. C’est l’histoire quotidienne de tous les chiens affligés de ce défaut. Jamais ils ne se livrent à leur passion de fouir sous l’œil de quelqu’un ; mais, s’ils ne se sentent pas surveillés, ils s’empressent d’y donner satisfaction : c’est une constatation que j’ai faite maintes fois à mes dépens, et je puis dire que c’est un des vices les plus difficilement corrigibles chez un chien. »
- Renseignements. — M. F. B., à Chambley. — 1° Ce produit se trouve chez les marchands de produits pharmaceutiques; adressez-vous à MM. Chenal, Douilhet et Cie, 22, rue de la Sorbonne, à Paris. — 2° Moulin pour farine intégrale : MM. Amelin et Renaud, 39, rue Jean-Jacques Rousseau; M. Bajac, 38, rue du Louvre, à Paris; MM. Laurent frères et Collot, à Dijon.
- M. Bignon, à Paris. — 11 serait nécessaire de faire faire l’analyse du vin et de consulter un chimiste.
- il/, le Dt Tavanlini, à Maratea. — Vous pourrez vous procurer du bromure de radium chez M. Armet Delisle, 13, rue Yignon, à Paris.
- M. Ravez-Richez, à Verzenay. — Nous avons cherché dans toute la collection, et nous n’avons pas trouvé l’article dont vous parlez. Pour les cires minérales, vous pouvez vous adresser à M. Almaric-Castan, 18, boulevard Magenta; à MM. Carrière frères, 54, rue de l’Arbre-Sec; MM. les fils de A. Deutsch, 50, rue de Chàteaudun, et à MM. Dutreil et Cie, 51, rue d’Amsterdam, à Paris.
- M. Antonio da Silva, à Rio-de-Janeiro. — 1° Pour trouver
- une hauteur par le calcul, il suffit de tracer sur le sol une-ligne que l’on mesure. On fait également la mesure de l’angle formé à une extrémité avec la ligne qui rejoint le sommet de la hauteur, et le problème revient à calculer la hauteur d’un triangle rectangle dont on connaît un côté et l’hypoténuse. 2° Nous avons publié plusieurs articles sur les moteurs dans le tome I de 1904, et un article sur l’appareil d’aviation 1’ « Autovolant » dans le n° 1625 du 16 juillet 1904, p. 108. — 5“ Yoyez l’article sur « L’automobilisme nautique » dans le n° 1612, du 16 avril 1904, p. 313.
- M. J. Erard, à Yauvillers. — Nous ne pouvons donner de réponse à vos diverses questions qui sont plutôt du domaine de l'agriculture. Tous nos regrets.
- M. E. B., à Saragosse. — Pour le treuil automobile de-M. A. Castelin, il faut vous adresser à M. Max de Nansouty, 67, avenue Flachat, à Asnières (Seine).
- M. E. Ecrin, à Montreuil-sous-Bois. — 1° La Note de-M. Yerneuil à l’Académie des sciences a paru dans le compte rendu de la séance du 10 novembre 1902 (n° 1538, du 15 novembre 1902, p. 385). — 2° Nous avons publié un article de M. A. Yerneuil sur la reproduction artificielle du rubis par fusion dans le n° 1630, du 20 août 1904,, p. 177. — 3° Dans notre bibliographie du n° 1645 du 3 décembre 1904, nous-avons annoncé un mémoire sur le même sujet de M. A. Ver-neuil, brochure in-8°, à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris. ,
- M. J. P., à Paris. — Pour élever 1000 kilogrammes » 10 mètres de hauteur au moyen d’un treuil ascenseur, il faut dépenser 10 000 kilogrammètres ou 27,2 watts-heures; en effet, 736 watts-heures correspondent à 270 000 kilogrammètres. La puissance en watts dépendra de la fraction d’heure-pendant laquelle la montée devra s’opérer.
- M. le Dr J. Birot, à Lyon. — Nous tiendrons compte de votre desideratum dans la plus grande mesure possible.
- M. G. Birabéut, à Lescar. — Nous pensons que vous pourriez opérer par distillation.
- M. D. F., à X. — Yous trouverez un phonographe à très bon marché, à 2fr, 75, chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris. 11 existe un grand nombre de séries de disques.
- M. R. Baloir, à Moraypré. — Yous pourrez vous procurer un chronomètre genre marine chez MM. Leroy etCio, 7, boulevard de la Madeleine, à Paris, à l’Observatoire de Besançon, ou chez M. Ditisheim, 11, rue de la Paix, ‘a La Chaux-de-Fonds.
- M. E. M. T., à Audincourt. — Il est difficile de vous donner une réponse précise ; il faudrait faire des expériences et doser la proportion d’arsenic.
- M. Ednardo Faria, à Quinta da Yeiga (Portugal). — Pour le pulvérisateur cyclone, dont la description a paru dans le n° 883, du 5 maM890, p. 341, il fallait, à cette époque, s’adresser à la Compagnie du pulvérisateur, 14, passage Leche-vin, à Paris; nous n’avons pas aujourd’hui d’autres renseignements.
- M. J. B. D., à X. — Nous n’avous pas eu connaissance des expériences relatives à l’action des rayons Rôntgen sur les* violons. Ce serait des essais intéressants à faire ; mais nous ne pouvons dire quels seraient les résultats.
- M. J. Poussin, à Saint-Aubin-Epinav. — 1° Les maisons que vous citez sont de bonnes maisons dont le travail est très soigné. — 2° L’Exposition du salon d’automobiles ferme le 25 décembre.
- Réponse. — iY° 1272. — Parmi les substances les plus convenables pour assécher l’air humide des églises, l’acide sulfurique monohydraté peut se mettre au premier rang; on peut le récupérer après usage en le chauffant à feu nu. Cependant son emploi exige la précaution de ne pas laisser tomber d’eau dans le liquide, car en y ajoutant une partie d’eau la température s’élève brusquement à 100° et si l’on opère avec des quantités considérables, l’expérience n’est pas sans danger. On peut aussi employer dans le même but la chaux vive grasse dont l’effet est moins efficace que la matière précédente. (Communiqué par M. Boghos G. Tocatlian, à Smyrne.)
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. D., à Paris. Votre projet nous semble parfaitement réalisable; faites attention à l'isolement des fils. — M. G. Viard, à Paris; M. P. L., à R. Voyez le livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. D. Péraud, à Lille. Cette formule est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. G. Roux, à Paris. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même libiairie. — M. M. R., à Rouen; M. V. P., à Nancy. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.14 - vue 446/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 15
- PETITES INTENTIONS*
- Lampe Phœbns. — Cette lampe,[d’origine belge inventée par M. Sepulchre, commence à se répandre en France. Elle éclaire bien, en effet, et consomme peu de pétrole. D’après des expériences récentes, elle donnerait environ 25 bougies dans le plan horizontal et ne dépenserait qu’à peine 50 grammes par heure, soit 2 grammes au plus de pétrole par bougie-heure. L’intensité lumineuse est due à la combustion assez vive du pétrole. Cette lampe appartient à la classe des lampes à tube
- Lampe Phœbus.
- central. L’air afflue autour de la mèche avec une certaine pression et avec régularité. Aussi la flamme, qui est cylindrique, est plus brillante que dans le système ordinaire. Cette lampe ne fume jamais; bien entretenue, elle ne suinte pas. Elle possède donc des qualités spéciales qui justifient la vogue qu’elle a déjà acquise en Belgique et en France. — La lampe Phœbus se trouve chez M. Félix Minotte, avenue Malakoff, 147, Paris.
- Nouveau système de violon. — M. V.-J. Cliarotte, luthier à Mirecourt, nous a fait connaître le nouveau système de violon qu’il fabrique. Le violon « ou les autres instruments » est construit comme tout autre violon, suivant les règles con-
- Nouveau système de violon.
- nues de l’art du luthier, mais il est muni, et c’est là la caractéristique des nouveaux perfectionnements, d’un système de transmission et de transport de vibrations. La touche a est garnie, sous chaque corde, d’un conducteur métallique b noyé dans la matière même constituant la touche. Les con-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ducteurs métalliques b s’étendent d’un bout à l’autre de la touche ; le sillet c, portant les cordes, est métallisée également; les quatre conducteurs b sont, à cet endroit, réunis par ce conducteur métallique. Il en est de même en d; à l’extrémité de la touche vers le chevalet de ce dernier contact, d, partent 2 fils métalliques e traversant la table d’harmonie pour dépendre à l’intérieur de l’instrument. Sur la partie de la table f où reposent les pieds du chevalet g se trouvent deux plots, p, i, qui sont en réalité les deux récepteurs de toutes les notes ou vibrations produites ; ces deux plots reçoivent les transmissions venant de la touche. Sous le plot p côté gauche (côté de la barre d’harmonie j) est située une plaque k reliée à la barre d’harmonie. De cette plaque k partent deux fils métalliques, i, m, se dirigeant, chacun, vers l’extrémité de la barre j ; les deux fils i et m sont réunis aux extrémités de la barre j, mais ne doivent pas la toucher sur sa longueur. De l’extrémité m'partent trois fils m‘,m2, m3; celui du milieu se dirige vers le tasseau k du devant ou du manche; les deux autres se dirigent vers les coins o, o'. Le tasseau m et chacun des deux coins o, o' portent un pilier métallique logé dans sa masse. Les fils métalliques m1, m2, m3 sont directement reliés aux piliers métalliques dont il vient d’être question, ces piliers ayant pour but de conduire les vibrations au fond et à la table d’harmonie f.
- La même disposition est adoptée en l à l’autre extrémité de l’instrument. La plaque métallique k, faisant fonction de réception des ondes sonores, est reliée elle-même à l’àme p par un fil métallique qui lui-même est relié à un pilier métallique logé à l’intérieur de l’âme. Le plot sous le chpvalet, côté de l’àme, se trouve relié également à cette plaque par un fil métallique et par un autre allant recevoir les ondes de la touche. Grâce à cette disposition, on voit que, quel que soit le côté d’où viennent les vibrations, elles sont toutes dirigées vers le talon de l’àme pour être renvoyées à la barre et de là à toute la masse en passant par les sons, les conducteurs et les piliers métalliques dont il a été question. Les vibrations sont ainsi transmises au fond de le table 4’harmonie et, par suite, à l’air contenu à l’intérieur de l’instrument. Les violons, ou autres instruments à cordes, obtienne? t ainsi des sons pleins, bien nets, une plus grande étendue de sonorité avec le velouté du son d’instruments ayant déjà de l’usage etajantun âge même respectable. Tous les instruments ayant été faits avec des bois non traités chimiquement ou chauffés peuvent subir l’application nouvelle et, par conséquent, bénéficier dans une large mesure. Les quelques instruments qui ont été traités ainsi ont gagné souvent plus de moitié, comme égalité sur les cordes, douceur d’attaque et plus de limpidité. — Pour le nouveau système de violon, s’adresser à M. V.-J. Charotle, luthier, 6, rue Sainte-Cécile, à Mirecourt (Vosges).
- Le Triboulet. — C’est un nouveau jeu d’adresse, un peu dans le genre du billard Nicolas qui a eu un certain succès il y a quelques années. L’inventeur, M. Henri Chasles, a
- Le Triboulet. — 1. Replié dans sa boîte.
- 2. Disposé poux le jeu : A, poire de manœuvre du banquier ; 15, C, D, E, F, boutons d'arrêt pour les joueurs.
- remporté plusieurs premiers prix déjà, au concours annuel des jouets, où figurait également cette année le Triboulet.
- Dans un tube de verre si l’on introduit un petit curseur, constituant le fou, on peut le faire aller et venir rapidement en appuyant sur une poire en caoutchouc, fixée à l’une des extrémités du tube ; il suit les mouvements de l’air envoyé ou aspiré par la poire si le tube est resté ouvert à l’autre extrémité ; mais, si on le ferme brusquement, le fou se trouve immobilisé, l’air ne pouvant plus circuler. Tel est le principe
- p.15 - vue 447/536
-
-
-
- 16
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- du nouveau jeu imaginé par M. Chasles. Les tubes de verre sont au nombre de 4 ou 0, suivant le nombre des joueurs pour lequel l’appareil est prévu; ils sont tous réunis à une boîte centrale à laquelle aboutit la poire en caoutchouc, leur autre extrémité, qui se trouve devant le joueur, est terminée par un bouton sur lequel il suffit d’appuyer pour arrêter, dans ce tube, la circulation de l'air et immobiliser le fou. Chaque tube est fixé sur une réglette plate peinte en deux couleurs, et près de chaque bouton d’arrêt se trouve un petit cabanon où le fou peut entrer à moitié ; le jeu consiste à l’arrêter dans ce cabanon. Le banquier, qui manoeuvre la poire en caoutchouc, a donc à sa disposition tous les fous qu’il fait ma-
- noeuvrer rapidement dans tous les tubes, c’est au joueur le plus adroit à arrêter le sien au bon endroit. Les autres joueurs participent en même temps que lui au jeu par suite de conventions spéciales concernant la couleur sur laquelle le leur s’est arrêté.
- Outre les combinaisons prévues par la règle contenue dans la boîte, on peut en imaginer d’autres et rendre le jeu toujours amusant. Les réglettes sont articulées de façon à pouvoir se replier et tenir peu de place quand l’appareil n’est pas utilisé. Le « Triboulet » se trouve dans tous les grands magasins de nouveauté et à la « Société de jouet de Paris », 15, rue Gambey, à Paris.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30V — Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES do matin THERMOMÈTRE VENT direction et force DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 décembre. C°,l S. 5. Pluie. 16,6 Très nuageux ; pluie une grande partie du temps.
- Mardi 13 5°,0 N. W. 2. Couvert. 2,1 Pluie jusqu’à 6 h. 15 ; presque couvert.
- Mercredi 14 .... 2°,3 S. S. W. 2. Couvert. 6,3 Gelée bl. ; couvert; pluie à partir de 15 h.
- Jeudi 15 4”,0 S. S. W. 2. Quelques éclaircies. 0,5 Averses à 1 h. 30 et 3 h. 30; gelée bl. ; couvert ; bruine dans la soirée.
- Vendredi 16 . 7°,9 S. S. W. 5. Couvert. 0,9 Couv. ; petite pluie de 10 h. 30 à 13 h.
- Samedi 17 10°,0 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; bruine entre 9 et 10 h.
- Dimanche 18 8°,0 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. le matin ; beau le soir ; bruine à 7 h. ; brouiUard le soir.
- DÉCEMBRE 1904. — SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 DÉCEMBRE 1904u
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée. ,
- Résumé des observations météorologiques faites R l’observatoire du parc Saint-Maur, en novembre 4904,
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50",3. Moyenne des 24 heures, 760““,63; minimum absolu, 744”“,5, le 7, à 22 h. ; maximum absolu, 773"“,4 le 14, à 23 h. 40 m. ; écart extrême, 29””,1.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima,l°,23;desmaxima, 8°,35; du mois, 4°,79 ; vraie des 24 heures, 4°,56 ; minimum absolu, — 4°,8 le 25; maximum absolu, 15°,6 le 12. Sur le sol gazonné : moyenne des mi-nima, —1°,54; des maxima, 13°,51 ; minimum absolu, —10°,1 le 25; maximum absolu, 23°,2 le 12. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures ; â 0",30 de profondeur, 7°,17 ; à 1 mètre, 10°,10. De la Marne : moyenne le matin, 8°,07 ; le soir, 8°,26 ; minimum, 4®,52 le 50 ; maximum 11°,58 le 1".
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 5"“,61 ; minimum, 3““,1 le 22 à 16 heures; maximum, 10““,6 le 11, à 24 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 87,2 ; minimum, 45 le 8, à 13 h. ; maximum, 100 en 20 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,90 ; ciel pur le 15 ; entièrement couvert les 2, 5, 7, 9, 20, 26, 29, 30.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, • 274 heures; durée effective de l'insolation, 71 heures en 17 jours; rapport, 0,26.
- Pluie : total du mois, 11““,2 en 11 heures.
- Nombre de jours de pluie, 8 ; et, en outre, 4 jours de pluie inappréciable ;
- de neige, 5 ; de gelée, 14, dont 8 consécutifs, du 22 au 29 ; de gelée blanche, 15; de rosée, 5; de brouillard, 8; de grésil, 1 ; de givre, 1 ; de halos, 3. Fréquence des vents : Calmes, 28.
- N . . . . 37 E . . . . 25 S 56 w . . . . 24
- N. N. E. . 81 E. S. E. . 9 S. S. W. . 13i W. N. W . 35
- N. E . . . 52 S. E. . . 6 S. W. . . 91 N. W. . . 15
- E. N. E. . 56 S. S. E. . 21 W. S. W . 65 N. N.W. . 6
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3“,0; moyenne diurne la plus grande, 8”,2 le 9; la plus faible, 1“,0 le 6; vitesse maximum, 11“,0 le 8, à 2 h. par vent N. W.
- Electricité atmosphérique. Moyenne du mois (15 jours), 212 volts; moyenne diurne la plus grande, 322 volts le 25; la plus faible, 119 volts le 1"; amplitude diurne, 0,04; amplitude nocturne, 0,48.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 1“,75; minimum, l“,60Ie 14; maximum, 2“,24 le 19.
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre -t- 2““,79 ; température — 1°,58 ; tension de la vapeur — 0““,71 ; humidité relative -+- 0,04 ; nébulosité — 0,16 ; pluie — 53““,6.
- La hauteur d’eau tombée est une des plus faibles qu’on connaisse ; deux fois seulement depuis un siècle, en 1820 et 1871, le total de novembre est resté inférieur à il mm. Le réchauffement connu sous le nom d’été de la Saint-Martin, qui ressort d’ailleurs nettement sur la moyenne de 30 années, est très marqué en 1904; le 10 et le 11, l’excès de la température diurne sur la normale a atteint 6® ; au contraire, la deuxième quinzaine, relativement froide, a fourni 12 jours de gelée sur 14.
- PHASES DE LA LUNE ; P. Q. le 14, à 10 h. 16 m. du soir.
- p.16 - vue 448/536
-
-
-
- w \ v i uvvvmjvi u uu yvuii(ui \\ i./i /r/i i u
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal
- INFORMATIONS
- —Hf— Lord Rayleigh vient, par une pensée très généreuse, d'abandonner à l’Université de Cambridge le montant du prix Nobel, qui lui fut attribué ces jours derniers.
- —HS— Sir Norman Lockyer, membre de la Société royale de Londres, vient d’être nommé membre de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg.
- —— Des récompenses ont été décernées pour l’année 1904 par la Société d’Ëncouragement pour l’industrie nationale, dans la séance générale du 23 décembre, sous la présidence de M. H. Le Chatelier, président de la Société. Le grand prix du marquis d’Ar-enteuil a été décerné à MM. Auguste et Louis Lumière pour leurs écouvertes en photographie. Le prix Fourcade pour les ouvriers des fabriques de produits chimiques a été donné à M. Osselin Louis, ouvrier depuis 50 ans à la Compagnie de Saint-Gobain, Chauny et Cirey. Deux grandes médailles en or ont été attribuées pour les années 1903 et 1904 : celle des « Arts chimiques » à M. Héroult pour ses travaux d’électro-métallurgie, et celle des a Constructions et Beaux-Arts » à M. Arnodin pour ses ponts transbordeurs. Des médailles en or ont été décernées, pour des inventions ou des perfectionnements aux arts industriels, à M. Boulangèr pour la micrographie des cuirs, à M. Grey pour un laminoir, à M. Guillet pour des travaux de métallurgie, à M. Sehwœrer pour son surchauffeur de vapeur, à la Société Chaleur et Lumière pour ses appareils de chauffage, et au syndicat de la Boulangerie de Paris pour les travaux du service scientifique.
- —HS— Relativement au Métropolitain parisien, qui transporte déjà annuellement quelque 140 millions de voyageurs, le trafic du Métropolitain de Berlin est bien modeste. On a véhiculé environ 16 millions da personnes durant le premier semestre de 1904.
- —HS— Quelques chiffres statistiques ont récemment été publiés sur les postes, télégraphes et téléphones de l’Empire allemand pendant l’année 1903. La poste a expédié 5 milliards 700 millions de lettres et de cartes postales ; le nombre des télégrammes s’est élevé à 45,35 millions, et le nombre des communications téléphoniques a été de 831,5 millions. Le total des sommes d’argent et des valeurs transmises par la poste a été de 27 milliards, 700 millions. Les recettes totales de l’exercice ont été de 465 millions de marks, et les dépenses de 401 millions de marks. L’exccdent des recettes a donc été de 64 millions de marks. Le nombre total des bureaux de poste était de 32 788, le nombre des bureaux télégraphiques de 23596, et le nombre des bureaux téléphoniques de 17944.
- —jK— L’usage de la viande de cheval augmente tous les jours. On vient d’inaugurer un abattoir hippophagique à Paris. Voici une statistique intéressante due au Syndicat de la Boucherie française. On tue en moyenne à la Villette 250000 bœufs, 230000 veaux, 1 700000 moutons ou agneaux et 200 000 porcs; à Vaugirard, 45 000 bœufs, 46 000 veaux, 320 000 moutons ou agneaux, 120000 porcs. Il arrive chaque année, aux Halles, 16 millions de kilogrammes de bœufs, 19 millions de kilogrammes de veaux, 8 700 000 kilogrammes de moutons, 27 millions de kilogrammes de porcs. En tout, on consomme à Paris, chaque année, 246 957 485 kilogrammes de viande de boucherie, ce qui fait à peu près 670 000 kilogrammes par jour; une certaine quantité de cette viande est consommée en banlieue ; mais, par contre, de nombreux colis postaux contenant de la viande arrivent à Paris et cette viande y est consommée; la statistique n’a pas de prise sur ces colis postaux, - pas plus que sur la viande qui, de Paris, va en banlieue. Pour les chevaux, les statistiques officielles les plus récentes disent qu’on en tue 20000 environ par an à Paris, où l’on tue aussi 190 ânes et
- 18 mulets annuellement ; enfin, 6 millions de kilogrammes de viande de cheval arrivent annuellement aux Halles.
- —HS— On vient de construire sur le Merrimac, à Newburyport, aux Etats-Unis, un pont comportant une travée mobile dont tous les mouvements sont commandés électriquement. Deux moteurs de 1,5 cheval ferment les barrières du pont avant toute manœuvre; deux autres moteurs de 15 chevaux assurent le soulèvement, et enfin un dernier de 25 chevaux donne la rotation.
- —HS— On vient de lancer en Angleterre, sous le nom de « Système Zylberlast », un dispositif dont parle 1’ « Engineering», et qui permet au waltman d’un tramway de « faire l’aiguille » à une bifurcation, pour passer sur une voie d’embranchement, sans descendre de sa plate-forme et en pressant simplement sur une pédale; le système fait aussi l’aiguille pour le fil aérien de contact. Une tige commandée par la pédale, et qui pend en avant du véhicule, pousse la pointe de l’aiguille du côté convenable; les choses se remettent ensuite en état.
- —18— Le gouvernement Austro-Hongrois va faire construire toute une flottille de torpilleurs et contre-torpilleurs : les premiers marcheront à une allure de 28 nœuds, les autres à 25,75 nœuds.
- —HS— On va construire un tunnel sous la Tamise, à Woolvvich, pour faciliter les communications entre les deux rives du fleuve, qui sont assurées actuellement au moyen des bacs, mais dans de très mauvaises conditions, par suite des brouillards fréquents. Ce tunnel sera pour les piétons seulement, et il coûtera 3600 000 francs environ.
- —Ht— Les Compagnies de chemins de fer américaines New-York Central, et New-York-New-Haven Hartford, qui sont en train d’installer la traction électrique sur leurs lignes dans New-York et dans un rayon de 80 kilomètres autour de cette ville, se font construire 50 locomotives électriques susceptibles de développer une puissance unitaire de 2200 chevaux. Elles pèsent 85 tonnes et peuvent remorquer un train de 500 tonnes à 95 kilomètres en palier.
- —Ht— Dans une discussion récente devant l’Association des Ingénieurs mécaniciens à Chicago, M. A. Saxon, de Manchester, est venu affirmer que, dans les fours chauffés par les ordures ménagères à YVoolwich, 450 grammes de ces détritus produisent 850 grammes de vapeur.
- —H( - Un ingénieur américain, M. George Porter, de San Francisco, a imaginé une machine qui permet de débarrasser de tout excès d’étain ou de zinc les objets passés au bain d’étamage ou de galvanisage : cela évite l’encrassage de ces objets, ce qui a particulièrement d’importance par exemple pour les vis, et assure une économie considérable sur le métal devant former couverture. Les articles sortant du bain sont agités, secoués un peu dans tous les sens, le métal, étain ou zinc en excès, est projeté sous forme de grenaille, et le refroidissement est rapidement effectué.
- —Ht— Pendant toute la semaine du 19 au 25 décembre, un brouillard épais a eu lieu à Londres presque sans interruption et dans le sud de l’Angleterre. La circulation était presque interrompue, les voitures allaient au pas, les conducteurs marchaient le
- lus souvent à côté de leurs chevaux. Les chemins de fer et les
- ateaux à vapeur ont subi de longs retards. Nous avons eu également des brouillards intenses à Paris et dans les environs. Le 23 décembre, dans la matinée, à 9 heures, place du Théâtre-Français, on voyait à peine à 20 mètres devant soi; dans l’ouest, vers Puteaux, la visibilité ne dépassait pas 100 mètres et même 50 mètres en quelques endroits. Le 24 décembre, le brouillard a été assez intense; à Paris, on ne voyait pas au delà de 400 à 200 mètres, et dans la banlieue ouest fa vue était limitée à 50 ou 100 mètres sur des points élevés, comme le plateau de Montrctout. Le 25 décembre, le brouillard n’a pas cessé ; le ciel est resté nuageux.
- 5
- p.17 - vue 449/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 18
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits, — Le calendrier Tilmont se trouve chez M. Bourdilliat, 22, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris. — Pour les anamorphoses, s’adresser aux « Anamorphoses polaires », 5, rue Pierre-Chausson, Paris.
- Communications. — M. le baron Séguier, à Billère, par Pau, nous adresse des renseignements sur un orage qui a eu lieu dernièrement à Pau. Il nous écrit : « Le lundi 12 décembre, après sept jours de bourrasques du sud-ouest, vent violent et averses diluviennes, température variant de -f- 4° la nuit à + 8° dans le jour, un premier orage de courte durée et de faible intensité s’est fait entendre vers 2 heures de l’après-midi par vent ouest-nord-ouest. Le soir du même jour 12 décembre vers 7 heures, nouvel orage, puis tout à coup, entre 8 heures et 8 heures et quart, un éclair immense accompagné immédiatement d’une formidable explosion et d’une chute de grésil. La ville de Pau s’étend sur un espace de 4 ou 5 kilomètres de l’ouest à l’est, en face des Pyrénées. Chose remarquable, sur ce vaste espace de 5 kilomètres, l’explosion a été entendue partout en même temps, avec la même intensité, produisant partout les mêmes phénomènes de secousse et d’ébranlement dans les maisons, faisant croire à un tremblement de terre. Aucun accident sérieux n’a eu lieu. Personne n’a été tué ou blessé, toutefois une dame qui était à table et avait, sur le dossier de sa chaise, le cordon d’une sonnette électrique a été fortement électrisée. La foudre, sans rien détériorer, est tombée sur les trois clochers des deux églises et sur le paratonnerre de l’Hôtel Gassion. En même temps les cinq paratonnerres de la Caserne d’infanterie s’illuminaient de flammes violettes, la lumière électrique s’éteignait dans beaucoup de maisons, les tramways s’arrêtaient subitement en détresse et un grand nombre de téléphones refusaient tout service, tout cela est authentique. On m’a dit en outre, mais je n’ai pu contrôler la complète exactitude de ce dernier renseignement, qu’un passant se trouvant à 8 heures du soir, au moment de l’explosion, dans un des parcs de la ville, a eu son parapluie déchiré en plusieurs morceaux par la foudre et la manche droite de son paletot brûlée sans en éprouver lui-même d’autre mal, qu’une certaine émotion. » Notre correspondant nous envoie également un graphique concernant les trois bourrasques des 10, 12 et 14 décembre. 11 est établi d’après les tracés des anémographe, barométrographe et pluvioscope, et est dû à M. le Dr H. Meunier, directeur du laboratoire de bactériologie des Hospices de Pau et de la station météorologique.
- M. Th. Pehaut, à Mons, nous écrit : « Je possédais une tourterelle qui vient de mourir, âgée de près de 26 ans. Cette longévité -me paraît digne d’être signalée. Je dois ajouter que l’oiseau atteint depuis 4 ans d’une infirmité n’a vécu que grâce aux soins dont on l’entourait. »
- M. Auguste Coret, à Neuilly-sur-Seine, à propos de l’article sur un appareil pour supprimer tangage et roulis (n° 1647 du 17 décembre 1904, p. 43), nous adresse la lettre suivante : « Le gyroscope se maintient dans l’espace dans son plan moyen de gyration, et oppose une certaine résistance au mouvement d’oscillation qu’on cherche à lui donner, à la condition que son axe matériel puisse décrire librement dans l’espace son cône de révolution autour de son axe virtuel. Et c’est pour cela qu’on le suspend à deux anneaux formant un système à la Cardan. Mais si son tore n’est pas libre dans son mouvement de gyration, s’il est solidaire d’une autre masse en mouvement ou
- en repos, et son axe matériel tournant dans des coussinets, ne peut décrire son cône de révolution, il constitue alors un simple volant soumis à l’inertie de la masse avec laquelle il est relié solidairement. »
- Renseignements. — M. Camille Ladroil, à Mercedes (Uruguay). — 1° Nous ne connaissons pas ces adresses. — 2° Editeurs de musique religieuse : M. Le Beau, 11, rue Saint-Augustin ; MM. Perégally et Parvy fils, 80, rue Bonaparte, à Paris. — 5° Vous trouverez des lampes à acétylène au Comptoir de l’Acétylène, 233, rue Saint-Martin, chez M. Javal, 26, rue Cadet, et à la Compagnie générale d’Acétylène, 36, rue de Châteaudun, à Paris.
- L'abonné 7101, à Figueira. — On peut préparer des solutions plus ou moins étendues à base de caoutchouc en utilisant comme dissolvants le sulfure de carbone, le naphte, les huiles de naphle;on facilite la dissolution en ajoutant aux dissolvants 5 pour 100 d’alcool.
- M. R. S., à Venise. — Vous pourriez consulter avec avantage l’ouvrage de galvanoplastie en deux volumes de l’Encyclo-
- Ëédie Roret, au prix de 7 francs à la librairie L. Mulo, 12, rue autefeuille, à Paris (6° arrond.).
- M. E. M., à Paris. — 11 ne faut pas mettre de vernis sur la artie du cuivre où doit s’établir le contact ; il faut au contraire ien décaper le métal.
- M. Durand, à Versailles. — L’adresse du constructeur a été donnée en tête de la « Boîte aux Lettres » du numéro même qui contient la description de l’appareil.
- M. A. F., à Paris. — Adressez-vous à MM. Àulanier et C'% 13, rue Bonaparte, à Paris.
- M. G. F., à Paris. — Nous avons publié un article sur l’ar-rhénal dans le n° 1504 du 22 mars 1902, p. 253; on peut se procurer ce produit chez M. Adrian, 9, rue de la Perle; chez M. Legrand, 183, faubourg Saint-Martin et chezM. Fraisse, 85, rue Mozart, à Paris.
- M. H. Courlonne, à Barcelone. — Nous avons donné la formule du liquide imaginé par M. Plateau pour la préparation des bulles de savon persistantes dans le livre des « Recettes et procédés utiles », 1” série, à la librairie Masson et Cu.
- M. A. M., à Chartres. — Vous trouverez des revolvers ou istolets de chasse chez M. Chobert, 16, rue Lafayette; M.Flo-ert, 12, boulevard Saint-Michel etM. Galand, 13, rue d’Haute-ville, à Paris.
- M. Schurer, à Bucarest. — Les paratonnerres rendent de grands services et sont fort utiles; mais ils doivent être bien installés. Nous avons publié à ce sujet une Note et un article dans le n° 1222 du 31 octobre 1896, p. 351 et dans le n° 1229 du 19 décembre 1896, p. 57.
- M. Bolle, à Gôrz. — On peut préparer une colle pour le parchemin de la façon suivante : on fait macérer dans un peu d’eau 30 grammes de gomme adragante, on y mêle ensuite une solution de 120 grammes de gomme arabique. On passe le'tout sur un linge lin, et l’on ajoute 120 grammes de glycérine, dans laquelle on a fait dissoudre 2*r,5 d’huile de ihym. On porte enfin le volume à 1 litre avec de l’eau distillée.
- M. L. G., à Fontenay-aux-Roses. — Nous avons indiqué les adresses de plusieurs fabricants de chronomètres de marine dans la « Boîte-aux-Lettres » du n° 1648 du 24 décembre 1904.
- M. Daniel Velasco, à Logrono (Espagne). — Pour l’appareil relatif à la conservation du lait, que nous avons décrit dans le n° 1078 du 27 janvier 1894, p. 140, il fallait s’adresser à M. A. M. Villon. Mais ce chimiste est décédé depuis près de dix ans, et nous ne savons pas si l’appareil se trouve encore dans le commerce.
- L'abonné 7314-5607, à Fontainebleau. — Vous trouverez divers ouvrages sur la règle à calcul et ses emplois à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Em. Benoot, à Menin. — Ces questions sont trop spéciales; nous verrons cependant s’il nous est possible de vous donner satisfaction.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dupont, à Paris. Nous ne pouvons répondre à toutes vos questions; il faut vous adresser à un ingénieur conseil. — M. Leroy, à Lille. Nous avons déjà publié des recettes analogues; remerciemenls. — M. D. M., à Paris; M. P. V., à Arras. Voyez le livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cis. — M. P. Leront, à Nantes. Nous avons indiqué un procédé pour la fabrication électrolytique du vermillon dans le mime petit livre que ci-dessus, 4e série, à la mime librairie. —M. J. Veront, à Dijon; M. P. C., à N. Remerciements pour vos communications
- Dans la • Boite aux Lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.18 - vue 450/536
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- JANVIER-FÉVRIER-MARS 1905
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de O à 24 heures â partir de minuit.
- xxm
- XXII
- xvm
- jJ* lier cille
- ô: : B'»
- Petit'R.en
- • mèche
- iJ.o5 >
- jJ.qSl
- o .•PoissonjÀüstral
- Scoppion
- x\ir
- xxtii
- MARCHE DES PLANÈTES SUR LE CIEL PENDANT L’ANNÉE 1905
- I. — SOLEIL
- Le Soleil traversera l’équateur céleste le 21 mars, à 7 heures. Ce fait marque le moment de l’équinoxe de printemps. Les jours et les nuits ont alors la même longueur.
- II. — PLANÈTES
- Les deux cartes ci-dessus permettent de suivre facilement la marche des diverses planètes sur la sphère céleste pendant l’année 1905. Pour Mercure, Vénus et Mars, dont le mouvement est très rapide, on n figuré la position de ces astres de 15 en 15 jours, le 1er et le 15 de chaque mois. La position de Jupiter est donnée le 1er de chaque mois et pour Uranus et Neptune, pour l’année entière.
- Mercure, en janvier et février, est étoile du matin. Il traverse les constellations du Sagittaire, du Capricorne, du Verseau et des Poissons. Il atteindra sa plus grande élongation le 22 janvier, à 22 heures à 24°27' à l’Ouest du Soleil et on pourra l’observer assez facilement une heure environ avant le lever de celui-ci. Le 22 mars, il sera en conjonction supérieure avec le Soleil, et sera visible ensuite te soir.
- Avec un instrument de moyenne puissance, Mercure présente des phases analogues à celles de la Lune. Son diamètre, de 10" le 1er janvier, lombe à 5",8 le 1er février; à 4",8 le 1er mars et augmente à partir de cette dernière date.
- Vénus attire tous les regards par son brillant éclat dans le ciel du soir. Elle traverse ies constellations du Capricorne, du Verseau, des Poisson* et du Bélier. Elle atteint sa plus grande élongation le 14 février, à 15 heures, à 46° 40' à l’Est du Soleil et se couche plus de 4 heures après lui. Elle continue à augmenter d’éclat jusqu’au 25 mars. Son diamètre, de 16",4 le 1er janvier, atteint près de 44" le 1er avril.
- Mars, dans la Vierge, puis dans la Balance, devient observable, surtout à la fin du trimestre. Un faible instrument fera voir la tache polaire et des lunettes plus puissantes révéleront la topographie si bizarre de cette terre voisine de la nôtre. Prendre des dessins, aussi souvent qu’on le pourra, de la planète. Les canaux qui couvrent la surface de cet astre ne sont pas visibles dans les
- petites lunettes. On en a vu avec des objectifs de 108 mm, mais il faut au moins des lunettes de 0m,I9 à 0m,25 pour faire des observations utiles de ces fines lignes à la limite de visibilité.
- Jupiter, dans le Bélier, est encore visible dans la première partie de la nuit en janvier et février. Le 15 mars, il se couche à 21h24m. On continuera l’étude physique de la planète dont le diamètre, de 33" environ, permet l’emploi des plus petites lunettes. Les satellites offrent un spectacle perpétuellement variable et font de ce géant du système solaire un astre vivant par les changements rapides qu’il présente à l’étudiant du ciel.
- Saturne et Uranus sont inobservables. Uranus pourra être trouvé le matin à partir de mars (il se lève le 15 à 2h45m), mais son étude se limite plutôt à satisfaire une curiosité.
- Neptune, dans les Gémeaux, se présente sous l’aspect d’une faible étoile de 8e grandeur avec léger disque apparent de 2" de diamètre. On pourra le trouver à 1 aide d’une très bonne carte céleste et en s’aidant des positions suivantes :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- 1 •' janvier.................... 6 h. 29 m. -t- 22° 15'
- 15 —......................... 6 h. 27 m. -+- 22° 16'
- 1" février...................... 6 h. 25 m. -t- 22° 18'
- 15 — 6 h. 24 m. +22° 19'
- 1" mars......................... 6 h. 23 m. -+-22° 20'
- 15 — 6 h. 23 m. -+-22° 21’
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Conjonctions. — Le 4 janvier, à 19 heures, conjonction de Mars avec m Vierge, à l',2 Sud. Le 9 janvier, à 15 heures, Vénus en conjonction avec la Lune, à 2° 13' Sud. Le 15 janvier, à 9 heures, Mercure en conjonction avec p.1 II. Sagittaire, à 5' Nord. — Le 26 février, à 10 heures, conjonction de Mercure avec t Verseau, à 4' Sud. — Le 8 mars, à 21 heures, Jupiter en conjonction avec Vénus, à 5° 19' Sud.
- Eclipse partielle de Lune. — Le 19 février, éclipse partielle de Lune, en partie visible à Paris.
- p.19 - vue 451/536
-
-
-
- 20
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Entrée de la Lune dans la pénombre, à.........................16 h. 49 m.
- Lever de la Lune, à l’aris, à...................................17 h. 21 m.
- Entrée dans l’ombre, à.......................................... 18 h. 3 m.
- Milieu de l’éclipse, à...........................................18 h. 9 m.
- Sortie de l’ombre, à.............................................20 h. 16 m.
- Sortie de la pénombre, à. . . ................................21 h. 30 m.
- Grandeur de l’éclipse, le diamètre de la Lune étant un, 0,il0.
- Eclipse annulaire de Soleil. — Le 5 mars, éclipse annulaire de Soleil, invisible à Paris. La ligne centrale traverse l’Australie. L’éclipse sera visible comme partielle de la Nouvelle-Guinée, de la Nouvelle-Zélande, de Madagascar. La zone de visibilité de l’éclipse partielle s’étend presque entièrement sur l’océan Indien, l’océan Pacifique, l'océan Antarctique et le pôle Sud.
- Occultations d’étoiles. — Voici la liste des occultations d’étoiles, jusqu’à la sixième grandeur, visibles à Paris pendant le premier trimestre de 1905.
- Janvier 10. — Occultation de ç Verseau (gr. 4,1), de 17 h. 20 m. à 18 h. 37 m. Janvier 17. —Occultationdel526B.A.C. (gr. 5,7), de21 h. 48 m. à 22Ji. 54m. Janvier 18. —Occultation de 130 Taureau (gr. 5,5), de 18 h. 7 m. à 19 h. 6 m. Janvier 19. — Occultation de 26 Gémeaux (gr. 5,4), de 17 h. 5 m. à 17 h. 23 m. Janvier 24. — Occultation de 56 Lion (gr. 5,9), de 1 h. 53 m. à 2 h. 59 m. Janvier 25. — Occultation de [3 Vierge (gr. 3,7], de 0 h. 56 m. à 1 h. 50 m. Janvier 29. — Occultation de y Balance (gr. 4,1), de 3 h. 16 m. à 4 h. 21 m; Février 13. — Occultation de 71 Taureau (gr. 4,8), de 15 h. 58 m. à 17 h. 0 m. — de 61 et 6* Taureau (gr. 3,8 et 4,0), de 17 h. 22 m. à 18 h. 43 m. ; — de 1391 B.A.C. (gr. 5,0), de 18 h. 53 m. à 19 h. 56 m. ; — Appulse d’Al-débaran (gr. 1,0), à 22 h. 41 m., à 2',7 du bord.
- Février 14. —Occultation de 111 Taureau (gr. 5,2), de 18 b. 40m. à 19 h. 53 m. Février 17. — Occultation de6*5 Weisse VlPfgr. 5,7), del h. 40m. à2 h.41 m. Février 19. — Occultation de 44 Lion (gr. 5,8), de 22 h. 40 m. à 23 h. 48 m. Février 21. — Occultation de 89 Lion (gr. 6,0), de 4 h. 35 m. à 5 h. 37 m.;
- — de T| Vierge (gr. 4,0), de 22 h. 21 m. à 22 h. 43 m.
- Mars 1". — Occultation de 6536 B.A.C. (gr. 5,8), de 6 h. 43 m. à 6 h. 55 m. Mars 12. — Occultation de y Taureau (gr. 3,8), de 22 h. 23 m. à 23 h. 20 m. Mars 19. — Occultation de 56 Lion (gr. 5,9), de 23 h. 17 m. à 0 h. 24 m. Mars 20. — Occultation de fi Vierge (gr. 3,7), de 21 h. 17 m. à 21 h. 58 m. Mars 22. — Occultation de k Vierge (gr. 5,9), de 2 h. 48 m. à 3 h. 22 m. Mars 25. — Occultation de 49 Balance (gr. 5,6), de 5 h. 46 m. à 6 b. 6 m.
- Étoiles filantes. — Pendant tout le mois de janvier, étoiles filantes provenant d’un radiant situé près de l’étoile 63 Cocher.
- Du 2 au 4 janvier, pluie des Quadrantides. Radiant vers ji Bouvier. Le 3 mars, chutes fréquentes de bolides.
- Etoiles variables. — Le 24 février, maximum de Mira Ceti (o Baleine), variable de 3,5 à 8,5. La date de ce maximum étant variable, il est important de la déterminer exactement. Il sera utile de suivre attentivement l’étoile dés le début de février.
- — Minima de l’étoile variable Algol ((3 Persée) ;
- Janvier 8 (5 h. 7 m.) ; 11 (1 h. 56 m.) ; 13 (22 h. 45'm.j ; 16 (19 li. 34 m.) ; 28 (6 h. 50 m.) ; 31 (3 h. 39 m.). — Février 3 (0 h. 28 m.) ; 5 (21 h. 17 m.); 8 (18 h. 6 m.]; 20 (5 h. 22 m.) ; 23 (2 h. 11 m.) ; 25 (23 h. 0 m.) ; 28 (19 h. 49 m.). — Mars 15 (3 h. 53 m.) ; 18 (0 h. 42 m.) ; 20 (21 h. 31 m.).
- Em. Touchet.
- bulletin météorologique
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30b — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DK 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 décembre. 7°,2 S. S. W. 0. Couvert. 0,9 Pluie vers 3 h. ; couvert; pluvieux à 15 et 17 h.
- Mardi 20 . 2»,4 E. N. E. 2. Couvert. » Gelée blanche ; couvert le matin ; beau le soir.
- Mercredi 21 — 1°,9 N. E. 1. Beau, » Gelée blanche ; beau.
- Jeudi 22 — 3°,9 N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Vendredi 23 - 3\1 N. E. 1. Beau. » Givre ; beau.
- Samedi 24 — 0°,8 N. 0. Couvert. » Givre ; couvert.
- Dimanche 25 — 1°,0 N. E. 1. Couvert. » Givre ; brouillard jusqu’à 9 h. ; très nuageux.
- DÉCEMBRE >904. - SEMAINE Dü LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 DÉCEMBRE 1904,.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à rabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Eie temps. — Dans la semaine du 19 au 25 décembre, le temps s’est mis au froid. Le 19 décembre, une aire de fortes pressions couvrait l’ouest de l’Europe ; le maximum, 779 mm, se trouvait le matin à Dunkerque. La température, le matin, était de 4° à Bordeaux, 7° à Paris, 6° au puy de Dôme, — 1° au mont Ventoux, 2° au pic du Midi. Il y a eu un brouillard épais dans le nord ; à Paris, il limitait le matin à 9 heures la visibilité à 500 mètres. Le 20 décembre, le matin, le thermomètre marquait — 2° Belfort, 2° à Paris, 2° à Clermont, 9° à Perpignan, 6° au puy de Dôme, 2° au pic du Midi, — 2° au mont Ventoux. À Paris, le ciel nuageux dans la matinée s’est totalement éclairci l’après-midi ; la température moyenne a été de 1#,8. La pression atmosphérique est restée voisine de 775 mm. Le 21 décembre, une faible dépression a passé sur la Finlande et une autre dépression importante (748 mm) a eu lieu dans les parages des Açores. La température a baissé
- sur l’ouest et le centre de l’Europe ; le matin, on notait —3° à Besancon,
- — 2° à Paris, — 2° à Limoges, — 4° au mont Ventoux, — 5° au mont Mou-nier. A Paris, au parc de Montsouris, le minimum était de —1°; et dans la banlieue, à Vaucluse et à Athis-Mons, les minima s’abaissaient à — 4°,2, la gelée blanche était générale. Le 22 décembre, le temps a été beau et froid. Le matin, le thermomètre marquait —4° à Paris, —4° à Clermont,
- — 5° au mont Ventoux; aux environs de Paris, à Achères, on a noté —6°,3 et — 6°,5 à Athis-Mons. Le 23 décembre, temps beau et froid ; le matin on a noté — 5° à Charleville, — 3° à Paris, gelée blanche générale aux environs de Paris. Le 24 décembre, chute de neige au mont Aigoual, température basse le matin, — 3° à Lyon, — 1° à Paris, -+- 3° à Bordeaux, — 4°,6 à Ville-Evrard, — 5° à Saint-Cloud. Le 25 décembre, le temps a été beau, le thermomètre a marqué —5° à Clermont, —1° à Paris, — 6° au mont Ventoux.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 22, à 6 h. 10 m. du soir.
- p.20 - vue 452/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘%
- éditeurs de a La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1650 (7 janvier 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —A la dernière séance de la Société de biologie, M. Gréliant, professeur au Muséum d’histoire naturelle, a fait une communication sur la toxicité du gaz d’éclairage. Il a recherché le volume du
- f;az d’éclairage nécessaire pour rendre toxique l’air respiré par es animaux. Des mélanges, différents faits au 1/10, au 1/30 et au 1/300 lui ont montré que 10 litres de gaz d’éclairage ajoutés à 290 litres d'air constituent un mélange très dangereux pour ie chien et qui pourrait causer la mort d’un homme.
- —— Dans le transsibérien, on remplace actuellement les rails légers, pesant 16 kg par mètre courant, par des railk lourds : 22 kg par mètre courant, pour toute la partie de la voie ferrée comprise entre Teheliabinsk et la station Kitaïski-Raziezd. Le travail est accompli sur une longueur de 1740 km. Il reste à l’effectuer sur 2400 km.
- —— La Société nationale d’horticulture de France, réunie en assemblée générale, vient de procéder au renouvellement de ses fonctionnaires. Par suite des élections qui ont eu lieu, le Bureau se trouve ainsi composé pour l’année 1905 : président, M. Tiger.; premier vice-président, M. Truffaut Albert; vice-présidents, MM. Lé-vêque, Cayeux, Nonin, Nanot; secrétaire général, M. Chatenay Abel.
- —HP— Le dimanche 15 janvier, à 10 heures du matin, et les dimanches suivants aura lieu, à l'amphithéâtre de l’Ecole nationale des arts décoratifs, 5, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris, un cours public de reproductions industrielles des œuvres d’art. M. Léon Vidal, professeur, décrira avec spécimens, expériences et projections à l’appui, les moyen? principaux de reproduire les œuvres d’art à l’état monochrome ou polychrome : autographie, photogravure en creux et en relief, photochromie par les divers procédés ; étude des couleurs composantes primaires à l’aide du chroinoscope ; applications de la photochromie à l’illustration du Livre, à l’impression d'épreuves en couleur stéréoscopiques et pour projections à la ciné-matograplüe.
- —Une loi du 8 décembre 1904 interdit en France l’assurance en cas de décès des enfants de moins, de 12 ans, qui est considérée comme contraire à l’ordre public. On a regardé ces sortes d’assurances comme une espèce de prime à la mortalité infantile ; et on espère que leur interdiction enrayera efficacement l’incurie
- (dus ou moins volontaire qui, surtout dans les campagnes et pour es cas de « mise en nourrice », exerce de si terribles ravages parmi les enfants. C’est un heureux corollaire des mesures générales sur la protection de l’enfance dues à feu le Dr Th. Roussel.
- —— La récolte des vins dans la Gironde en 1904 atteint 4 500 000 hectolitres, quantité supérieure à la moyenne des dix dernières années. Sur quelques points le mildew est apparu, mais les vignes atteintes sont défendues par les traitements anticryptoga-miques (bouillie bordelaise, poudres et soufres cupriques). La qualité .de la récolte Tait espérer des vins de conserve pouvant vieillir en bouteilles.
- —M?— Selon M. Grosjean, les peaux ’de campagnol gris-fauve, teinte bleuâtre, peuvent fournir une pelleterie commune pour les doublures et garnitures. Mais la peau, plus petite que celle de la taupe, entraîne de gros frais de couture,
- —— La publication « Dingler’s Polytechnisches » signalait dernièrement une locomotive-grue qui mérite vraiment (ce nom. Au-dessus d’une locomotive assez ordinaire en elle-même, et de 5m,75 dé long, sont disposés, s’appuyant sur son châssis, quatre montants qui entourent la chaudière et supportent le pivot d’une grue à quelque 4 mètres au-dessus du niveau du rail. La grue elle-même est à contrepoids, son train est actionné par la vapeur que lui amène de la chaudière de la locomotive un tuyau flexible.
- —On va exécuter des essais fort intéressants, sur la consommation relative de vapeur dans les turbines et les moteurs à mouvements alternatifs, à bord de deux torpilleurs anglais identiques, mais mus l’un par des turbines Parsons, l’autre par une machine classique. La vapeur condensée sera soigneusement mesurée pour chacun d’eux dans un réservoir ad hoc installé sur leur pont. On saura exactement le poids de vapeur passant, pendant un temps donné, à travers chaque engin.
- —Jg— Malgré l’insuccès final qui lui a coûté. sa fortune, le comte Zeppelin travaille activement à la construction d’un nouveau dirigeable de son système. Une souscription, lancée parmi des sportsmen et des manufacturiers, a fourni 80 000 francs à peu près et une partie des matières premières nécessaires ; le ministre de la guerre apporte son concours de diverses façons, et enfin le roi de Wurtemberg s’intéresse particulièrement à l’entreprise. Le ballon aura une force motrice de 80 chevaux.
- —Mt— Alors que les treuils et appareils de manutention à bord des navires sont toujours pour ainsi dire mus par la vapeur ou l’électricité, la Compagnie allemande Norddeutscher Lloyd commence à faire installer sur certains paquebots des grues à eau comprimée. Cette eau est fournie par deux compresseurs à vapeur qui l’envoient dans deux accumulateurs.
- - îK— On emploierait dans certains hôtels de Londfes, pour brosser les vêtements, un dispositif imité des appareils d’aspiration par le vide pour le nettoyage des tapis, des tentures, etc. On passerait sur les vêtements un ajutage qui se trouve relié par un tube flexible avec une pompe à air commandée électriquement et fonctionnant dans le sous-sol de l’hôtel.
- —Suivant une méthode qui semble se généraliser beaucoup, les usines à gaz de Saint-Louis vont distribuer le gaz à très haute pression sur une superficie de plus de 162 kilomètres carrés : la pression moyenne sera de 0,352 kg par cm2, la pression la plus forte atteindra jusqu a 516 kg, et nécessitera l’emploi de tuyaux de fer avec joints vissés.
- —Un membre de la Société de l’industrie minérale, M. Blanc, a eu l’ingénieuse idée de recourir à la pompe centrifuge quelque peu modifiée pour classer les corps de densité différente. Il en fait en réalité un turbo-classeur, qui semble pouvoir rendre des services dans le traitement des alluvions aurifères, des menus de houille, etc.
- —— Une machine à souder électriquement a été combinée par la Cleveland Cap Screw Co, qui permet de rapporter aux vis et boulons une tête offrant une solidité absolue.
- —Un correspondant du « Times » émet une idée assez pratique : il conseille d’adopter un mode de peinture bien net et bien spécial, un damier rouge et blanc ou autre chose, pour signaler les rails conducteurs de courant et toutes les parties d’un appareillage électrique qui peuvent être dangereuses.
- —Depuis le Ier janvier 1905, dans tous les bureaux anglais de télégraphie, on accepte des dépêches adressées à tout navire muni de l’appareil Marconi qui s’est mis en rapport avec les côtes anglaises. La taxe est de 65 centimes par mot; le minimum est fixé à 8tr,10. Parmi les 23 paquebots de diverses nationalités qui ont commencé ce service, se trouvent les paquebots français la Touraine, la Gascogne et la Savoie.
- —Jiç— M. R. M. N'eilson a traité la question de la possibilité de construction et de fonctionnement des turbines à gaz, devant l’Institution of Mechanical Engineers ; et il arrive à cette conclusion que ces appareils devraient être conçus sur le même principe que les turbines de Laval; mais il resterait à trouver une substance résistant à la force centrifuge sous la température de 2000° qui s’imposerait ici.
- 6
- p.21 - vue 453/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 22
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés, que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — MM. Renault frères, 139, rue du Point-du-Jour, à Billancourt (Seine) ; M. Peugeot (Société des automobiles), 83, boulevard Gouvion Saint-Cyr; M. Mutel (carburateur Xénia), 124, rue Saint-Charles, à Paris; M. Legros, 16, rue de l’Inondation, àFécamp; Moteur C.I.E.M. : Compagnie de l’industrie électrique et mécanique, à Genève; M. Brillié, 19, rue Auber, à Paris; Allumage Caron (Société industrielle des téléphones), 25, rue du Quatre-Septembre; Motocyclette FN, 156, avenue Malakoff, à Paris; M. Terrot, 2, rue André Colomban, à Dijon; M. Piîain, chez M. Godard, 22, avenue delà Grande-Armée, àParis; MM. Malicet et Blin, 103, avenue de la République, à Aubervilliers (Seine) ; MM. Gillet-Forest, 23, quai Carnot, à Saint-Cloud (Seine); MM. Gardner-Serpollet, 13, rue Stendhal, à Paris; Dynamo phansEvquem: M. Vigneaux, 13, rue Vernier, àParis; Moteur direct (Société de construction mécanique), 38, boulevard Beaudoin, à Bruxelles. — Pour ce qui concerne le train électrique en miniature, s’adresser à M. Brianne, électricien, 2 ter, boulevard Saint-Martin, à Paris.
- Communications. — M. le Dr W. ven den Hosven, à IJasselt (Hollande), nous adresse la lettre suivante : « A propos de la communication dans la « Boîte aux lettres » d’un cas de combustion spontanée, j’ai l’honneur de vous adresser l’exposé d’un cas analogue suivi d’intoxication par l’oxyde de carbone. Il y â quelques années, en plein été, on me fit appeler comme médecin vers quatre heures du matin chez un peintre en bâtiments, dont la famille était indisposée.
- En arrivant, je traversai la boutique où séchaient plusieurs objets nouvellement peints et fus désagréablement frappé par l’odeur de térébenthine. Dans la chambre située derrière la boutique je trouvais les parents, trois fils et une fille. Les parents et deux fils avaient dormi dans cette chambre, le troisième fils et la fille dans un autre appartement. Les quatre premières personnes présentaient defe symptômes d’une intoxication aiguë. Une demi-heure auparavant le père était réveillé par les gémissements du fils aîné âgé de huit ans ; s’étant levé, il trouva son fils dans son lit sans connaissance avec les mains et les pieds exsangues, le pouls à peine perceptible. Il éveilla sa femme et l’autre fils et ce dernier voulut aller chercher de l’eau dans la cuisine ; mais, à peine debout, il tombait sans connaissance. C’est alors qu’appelé, je trouvai les deux garçons évanouis avec un pouls très faible et accéléré, le visage d’une pâleur bleuâtre, le plus jeune vomissait.
- Le père avait le pouls mauvais, la même pâleur, se plaignait de mal de tête et parlait beaucoup. Les deux enfants qui avaient dormi dans une autre pièce étaient normaux.
- Je pensai naturellement qu’une intoxication était la cause de l’accident, mais par quel gaz? Il n'y a pas une usine à gaz dans la commune, le poêle se trouvait au grenier, et vu les dimensions de la chambre il ne pouvait être question d’intoxication par exhalaisons humaines avec manque d’oxygène et surproduction d’acide carbonique. J’ouvris largement portes et fenêtres et administrai le nécessaire. Peu à peu mes patients se remirent, mais tous accusèrent un violent mal de tète et leurs visages restèrent pâles et égarés. Répondant à leur question sur la cause de l’accident, je leur dis : « si c’était l’hiver « et que vous eussiez allumé le poêle et fermé les volets, je « croirais que c’est la vapeur de carbone qui vous a incom-« modés. »
- Mes patients suffisamment remis, je rentrai chez moi et me
- demandai si peut-être les vapeurs cencentrées de térébenthine ne pourraient provoquer une telle intoxication multiple.
- Et, en effet, après quelques heures on vint me raconter les^ faits suivants. Le peintre venait d’acheter du noir d’os et en ôtant le couvercle du baril rempli aux trois quarts de .cette-substance, on s’aperçut que la masse s’était échauffée. Une fumée épaisse s’en échappait et au milieu la substance était incandescente. Le papier couverture était carbonisé. On éteignit le contenu du baril et, à mon arrivée, je constatai la chaleur de la masse éteinte.
- Maintenant la chose devenait plus claire. Le baril était placé sous la fenêtre formant communication entre la chambre à coucher et la boutique ; cette fenêtre est restée ouverte pendant la nuit. Par imprudence quelques gouttes d’eau, de café ou d’huile de lin peut-être avaient pénétré dans la masse noire et celle-ci s’était échauffée, « un fait connu dans leur métier, dit le peintre ».
- La masse centrale s’échauffa de plus en plus, parce que la poudre charbonneuse est un mauvais conducteur de la chaleur et peut devenir incandescente tandis que les parois du baril étaient restées presque froides. Le charbon, chauffé au rouge dans un récipient sous l’influence d’une circulation d’air minime, produit le fatal poison, l’oxyde de carbone. Le gaz toxique se répandit dans la boutique et, par la fenêtre ouverte, entra dans la chambre et causa l’empoisonnement. Le ménage avait donc échappé à un double danger : à l’empoisonnement par l’oxyde de carbone d’abord, à l’incendie ensuite.
- Quelques peintres m’alfirmèrent que dans leur métier c’était un fait connu que le charbon d’os étant en contact avec l’humidité l’huile peut s’échauffer jusqu’à provoquer un incendie. »
- M. A. L. Clément, notre collaborateur, à propos de l’article « Les insectes curieux d’Amazonie : Un dragon en miniature » paru dans le n° 1649 du 31 décembre 1904, p. 65, nous adresse la note suivante : « Nous possédons en France des insectes appartenant à un genre voisin, le brachinus qui présente des mœurs analogues. Ce sont de petits carabiques au corselet rouge avec des élytres vertes ou bleues. Quand ils sont inquiétés ou que de plus'gros carnassiers les poursuivent, ils lancent de même par l’anus une vapeur corrosive en produisant de petites explosions. Ces vapeurs sont très acides et proviennent de glandes situées au-dessus du rectum et s’ouvrant de chaque côté de l’anus. On a donné à ces insectes le nom de canotiiers ou bombardiers. Leurs noms spécifiques sont également caractéristiques. crepilans, sclopeta, explodens. C’est sur un insecte d’un genre voisin VAptinus displosor que Dufour a étudié l’organe explosif. »
- Renseignements. — M. G. Koch, à Bruxelles. — Le phénomène que vous signalez de la production d’une étincelle électrique à l’extrémité de deux fils de fer entourant en spirale une masse de feutre, de terre glaise et de toile goudronnée autour d’une grosse conduite de vapeur, repose sur le principe de la machine de M. Armstrong.
- M. E. C., à S. — 1° Il nous semble possible d’utiliser la chute d’eau dont vous parlez. — 2° Vous pouvez vous adresser à la Société « L’Eclairage électrique », 27, rue de Rome; à MM. Sautter, Ilarlé et O, 26, avenue de Suffren; à MxM. Schneider et Cie, 42, rue d’Anjou, ou à la maison Bréguet, 19, rue Didot, à Paris.
- M. P. F., h R. — 1° Les adresses que vous demandez sont les suivantes : Société anonyme l’Aster, 102, rue de Paris, à Saint-Denis (Seine); MM. de Dion, Bouton et Cie, 24, quai National, à Puteaux (Seine) ; MM. Mutel et Cie, 124, rue Samt-Charles, à Paris. — 2° La dépense est environ de un demi-litre par cheval-heure pour un moteur de 8 à 10 chevaux.
- M. C., à B. — Le fossile dont vous parlez est un bivalve, transformé en pyrite qui elle-même a été oxydée à la surface.
- M. H. B., à Paris. — Vous trouverez ces ouvrages à la Bibliothèque nationale, mais dans un délai qui varie de 1 à 3 mois.
- Accusés de réception. — Avis divers. — il/. D. L., à Nantes. — Il est peu probable que des brevets aient déjà été pris pour ce produit. — il/. G. M., à Roubaix. Veuillez nous dire les résultats que vous avez obtenus. — il/. Goury, à Lorient. Nous
- 5renons bonne note de votre communication. — il/. L. /{., à X.; I. Turot, à Paris. Ces recettes sont données dans le livre des « Recettes et procédés utiles », lre série, à la librairie Masson et Cie. — Jlf. Debout, à Paris. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 5° série, à la même librairie. — il/. L. V., à Blois. Regrets de ne
- Eouvoir vous renseigner. — il/. Dumont, à Brest; il/. P. V., à Agen, emerciements pour vos communications.
- Dans la * Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.22 - vue 454/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 25
- PETITES INTENTIONS1
- Éclair an magnésium. — il y a 17 ans que nous avons signalé, les premiers en France, l’emploi des photo-poudres pour la photographie instantanée (Voy. n° 767, du 11 février 1888). Depuis cette époque, il y a eu un nombre très considérable d’appareils imaginés pour utiliser soit la poudre pure de magnésium ou d’aluminium, soit des poudres composées. Actuellement on est arrivé à rechercher surtout la suppression de la fumée et nous avons déjà décrit ici des appareils pratiques qui remplissent bien ce but ; mais c’est un matériel un peu encombrant qu’on ne peut pas toujours emporter avec soi. Nous voulons aujourd’hui indiquer le moyen d’avoir facilement dans sa poche ce qu’il faut pour faire une ou plusieurs photographies la nuit dans une chambre quelconque : il faut pour cela un système d’allumage peu encombrant et une poudre donnant peu de fumée. Le système d’allumage le plus pratique que nous connaissions dans ce genre est celui de M. Jules Richard, le constructeur bien connu du Yéra'scope. C’est tout simplement une bougie ordinaire, placée dans un tube avec ressort à boudin, comme cela se fait pour les lanternes de voiture (fig. 1). A l’extrémité du tube se trouve montée une petite cuillère articulée et munie d’un ressort qui tend à la tenir verticalement ; un cran d’arrêt et une gâchette
- Bougeoir de M. Jules Richard par éclair au magnésium.
- permettent de la placer horizontalement dans la position armée ; on la remplit alors de la poudre choisie et celle-ci est projetée sur la flamme quand on appuie sur la gâchette. Il est évident qu’il faut choisir une poudre qui brûle facilement et autant que possible sans fumée ; la poudre métallique pure ne remplirait pas le but, les poudres chloralées non plus. On trouve actuellement des compositions de magnésium ou d’aluminium, à l’état extrêmement divisé, dans lesquelles il entre du phosphore amorphe. Ces compositions brûlent complètement et très rapidement à cause de la présence du phosphore et de leur extrême finesse;-elles donnent très peu de fumée surtout parce qu’il faut en employer une très petite quantité pour obtenir un bon cliché. Nous avons pu faire jusqu’à six photographies de suite dans une loge d’artiste sans qu’il soit nécessaire d’ouvrir la fenêtre ; nous avons employé seulement un demi-gramme de poudre Poulenc à base d’aluminium et phosphore. Nous avons également essayé les poudres « Afga » et « Geka » dont nous ne connaissons pas bien la composition, mais qui nous ont aussi donné *de bons résultats. Ainsi comprise, la photographie instantanée en chambre, à n’importe quelle heure, devient tout à fait pratique. — Adresses diverses : Bougeoir Jules Richard, 3, rue Lafayette, Paris; Poudre Poulenc, 92, rue Yieille-du-Temple, Paris; Poudre « Afga » chez M. Mayer, 10, rue Paul Lelong, Paris; Poudre « Geka », chez le Dr Krebs, 42, rue de l’Echiquier ; Poudre « Zirconia » chez Mackenstein, 15, rue des Carmes; Poudre « Bayer », 23, rue d’Enghien, Paris. G. M.
- Enclume de ménage. — Il semhle au premier abord qu’une enclume ne peut trouver sa place dans un ménage. Et
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- cependant si l’on réfléchit quelques instants, on trouve mille petites occasions où à la cuisine on est obligé de frapper un peu fortement sur tel ou tel objet pour obtenir le résultat désiré. Prenons, par exemple, le bois qui est de toute utilité
- Enclume de ménage. 1
- pour allumer le feu et qu’il faut souvent diviser en' petites parties. On ne peut le fendre sur le parquet. Il suffit de prendre la petite enclume de ménage; elle est en fer et porte au sommet trois côtes affûtées sur lesquelles on place la bûche debout, comme le montre la figure. On n’a alors qu’à frapper avec le marteau pour la diviser à volonté. —L’enclume de ménage se trouve chez M. Kratz-Boussae, 14, rue Martel, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les bizarreries des races humaines, par Henri Coupin, docteur ès sciences. 1 vol. grand in-8°. Paris, Vuibert et Nony, éditeurs. 1905.
- Dans un ouvrage fort curieux et très intéressant, notre collaborateur, M. Henri Coupin, examine en quelques pages les mangeurs de terre, les anlhropophages, la musique nègre, le tatouage, les croyances singulières, etc. Il donne les détails les plus remarquables et de nature à vivement intéresser le lecteur.
- IJ électricité à la portée de tout le monde, par Georges Claude. 1 vol. in-8°. 5e édition. 22e mille. Librairie VTe Ch. Dunod. Paris. Prix : 7fr,50.
- Dans la dernière édition de son livre, l’auteur a eu l’heureuse pensée d’ajouter un chapitre consacré aux ondes hertziennes et aux radiations nouvelles. Elèvc'de M. Curie, M. Claude était particulièrement qualifié pour parler du radium, ce qu’il a fait en toute compétence, sous la forme accessible à tous qui a valu à son ouvrage un succès dont la librairie scientifique n’otfre que peu d’exemples.
- Annuaire pour l’an 1905, publié par le bureau des Longitudes. 1 vol. in-16 avec des notices scientifiques. Paris. Gauthier-Villars, éditeur. Prix : Jfr,50.
- Le monde de Jupiter. Tome II. L’œuvre de J.-D. Cassini et de NV. Herschel. 1 vol. in-16. Préface de M. Henri Deslan-dres, de l’Institut. Le Havre, II. Micaux, rue de la Bourse. 1904.
- Recueil d’expériences élémentaires de Physique, publié avec la collaboration de nombreux physiciens, par IIekri Abraham, secrétaire général de la Société française de Physique. Seconde partie : Acoustique. Optique. Electricité et magnétisme. 1 vol. in-8°. Paris. Gauthier-Villars, imprimeur-libraire. 1904. Prix : broché, 6,r,25; cartonné, 7fr,50.
- Procédé et machines au jet de sable, par Georges Franche, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-4°. VTe Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : 6 francs.
- Bulletin du Laboratoire d’essais mécaniques, physiques, chimiques et de machines du Conservatoire national dis arts et métiers. Tome I. 1903-1904. N0’ 1, 2, 3, 4, 5. Paris. Librairie Ch. Béranger, éditeur. 1904.
- p.23 - vue 455/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- U
- Les maladies populaires. Leçons faites à la Faculté de médecine de Paris, par le l)r Louis Rénon, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris. 1 vol. in-8°. Paris. Masson et Cie, éditeurs. 1905.
- La soie artificielle. Cellulose et fabrication de la soie artificielle, par P. Willems, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie B. Tignol. Prix : 4 francs.
- L'Electricité pour lotis, par H. de Graffignv. 1 vol. in-8°. Paris. E. Bernard, éditeur, 29, quai des Grands-Augustins. Prix : broché, 5 francs; cartonné, 6 francs.
- Manuel pratique des moteurs à gaz et gazogènes, par R. E. Mathot. Ingénieur-Conseil. 1 vol. in-8°. Librairie Polytechnique Ch. Béranger, éditeur. Paris. Prix relié: 12fr,50.
- La gymnastique utilitaire. Sauvetage. Défense. Locomotion par Pierre de Coubertix. 1 vol. in-16. Paris. Félix Alcan, éditeur, 1904. Prix : 2rr,50.
- Histoire naturelle de la France. 14epartie. Araignées (araignées, chernètes, scorpions, opilions), par Louis Pu a net, membre de la Société Entomologique de France. 1 vol. petit in-8°. Les Fils d’Emile Deyrolle, éditeurs, 46, rue du Bac. Paris. 1901. Prix : broché, 5 francs.
- Smithsonian Institution. United States national Muséum. Spécial Bulletin. American Hydroids. Part. II. The sertu-laridæ. with fortijone plates, by Charles Cleveland Nutting, professor of zoology, university of lowa. 1 brochure grand in-4°. Washington, Government Printing office. 1904.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50m,30'. — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION' ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 26 décembre. i°,i E. N. E. 2. Couvert.
- Mardi 27 1®,2 N. N. E. 3. Couvert.
- Mercredi 28 — 4®,0 N. E. 0. Peu nuageux.
- Jeudi 29 1",9 S. S. W. 2. Couvert.
- Vendredi 50 6,1 S. W. 4. Couvert.
- Samedi 31 4®,4 N. 4. Beau.
- Dimanche 1" janvier — 4»,2 IV. E. 5. Couvert.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- » Gelée blanche ; couvert.
- » Gelée bl. ; couvert le matin ; beau le soir.
- 0,7 Givre ; brouillard ; beau le matin ; couv. le soir ; grésil ; pluie dans la soirée.
- 0,5 Gelée bl. ; couv. ; pluie fine à diverses reprises.
- 1,3 Couvert ; bruine à 7 h. ; pluie de 15 h. à 13 h. 35.
- 0,0 Peu nuag. le matin ; très nuag. le soir ; gouttes à 19h.J20.
- 0,0 Gelée bl. ; peu nuag. le malin; beau le soir.
- DECEMBRE 1904-JANVIER 1905. — SEMAINE DU LUNDI 26 DÉCEMBRE 1904 AU DIMANCHE 1er JANVIER 1905
- B La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: 1 courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à 1 boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- ï.e temps. — Dans la semaine' du 26 décembre 190t au 1" janvier 1905, le temps a été froid et brumeux. Le 26 décembre, une vaste zone de basses pressions s’est étendue de l’Irlande et la Gascogne jusqu’aux Açores. Le matin, la température était de — 5° à Besançon, — 1° à Pans, 17° à' Toulouse^— 2° au puy de Dôme, — 6° au pic du Midi. On a recueilli 5 mm d’eau à Toulouse, 1 mm à Marseille et 1 mm à Brest. La température moyenne à Paris a été de 0°,7. Le 27 décembre, le baromètre marquait 776 mm en Bretagne. 11 est tombé 15 mm d’eau à Cette, 4 mm à Limoges. 3 mm à Marseille. Dans la région parisienne, le ciel est demeuré couvert et brumeux. Le 28 décembre, le thermomètre marquait le matin —4° à Paris, —8° au pic du Midi. Dans la banlieue parisienne, on a constaté des minima de —5U,8 à Villeoreux, — 6°,1 à Vaucluse, —6°,5 à Alhis-Mons. Le ciel était chargé d’un brouillard très épais le matin à 7 heures. La visibilité atteignait dans Paris, le matin 250 mètres, et 40 mètres vers 3 heures de l’après-midi; elle ne dépassait pas 50 mètres aux environs. Le 29 décembre, la pression barométrique est restée très élevée ; elle dépassait 775 mm sur presque loute la France. Il a plu à Dunkerque (8 mm d’eau), à Paris (1 mm). La température était le matin de —3® à Nantes, 2® .à Paris, —5® au mont Aigoual. Dans la journée, la température s’est notablement relevée sur le centre du continent. Le 50 décembre, une profonde dépression s’est avancée sur le nord-ouest de l’Europe. Une violente tempête a sévi, dans la nuit du
- 29 au 30 décembre, ainsi que le 30 décembre, sur toute l’Angleterre, où l’on a signalé de nombreux accidents; à Londres, le vent du nord-ouest a fait rage, la tempête a causé de grands dégâts. Le vent a soufflé très fort sur la Manche, et la côte française a souffert de la violence de l’ouragan; les communications entre Calais et Douvres ont été retardées, et les communications téléphoniques interrompues. La même tempête s’est étendue également sur la Belgique. Des neiges et des pluies sont tombées dans le nord de l’Europe; en France, on a recueilli 4 mm d’eau à Nancy, 3 mm ;V Cherbourg, 2 mm à Boulogne, 1 mm à Paris. Le 31 décembre, une tempête du nord-ouest a eu lieu sur les côtes de Provence, causant de multiples dégâts. A Marseille et à Toulon, il y a eu de nombreux accidents. Des neiges et des pluies sont tombées sur presque tout le contiueut ; en France, il a plu au Puy de Dôme (12 mm), à Belfort (5 mm), à Toulouse (2 mm), à Paris (1 mm). Le matin, le thermomètre marquait —33® à Moscou, —4® à Berlin , -+- 4° à Paris, 5° à Clermont, —10® au mont Ventoux, — 12' au pic du Midi. Les vents se sont maintenus au nord-ouest ; leur vitesse,voisiue de 10 mètres par seconde au niveau du sol, atteignait 46 mètres par seconde à 8500 mètres d’altitude. Le 1" janvier 1905, il a fait à Paris un froid des plus vifs; le vent soufflait avec violence du nord-est et était glacial. Le thermomètre est descendu à — 4° le matin et s’est inainlenu l’après-midi à — 1®, pour descendre à — 8° dans la soirée. La pression atmosphérique s’est élevée à 782 mm à Paris,
- PHASES DE LA LUNE : D. Q, le 29, à 5 h. 55 m, du soir.
- p.24 - vue 456/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFaRGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1651 (14 janvier 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —— La Société préhistorique de France vient de renouveler «on bureau qui est ainsi composé pour 1905 : président : M.L. Bon-namère; vice-président : M. A. de Mortillet; secrétaire général : M. le Dr P. Raymond; secrétaire : M. le Dr Henri Martin; trésorier : M. le Dr Marcel Baudouin. M. Emile Rivière, président sortant, a été nommé par acclamation président-fondateur.
- —— M. E. Coste, directeur des mines de Blanzy, en faisant •creuser une galerie à 400 mètres de profondeur, a recoupé des grès très fissurés, imprégnés de pétrole noirâtre et visqueux. Dans une zone particulièrement riche, on a recueilli, en quelques jours, 500 à 600 litres de pétrole. L’huile de Blanzy ressemblerait plus aux pétroles d’Amérique qu’aux huiles de schistes d’Autun.
- —Le croiseur Dupctit-Thouars, qui a une puissance de 19600 chevaux, vient d'effectuer un essai officiel de consommation à l’allure de route, au cours duquel on a relevé le chiffre de 519 grammes par cheval-heure. Les machines du Dupetit-Thouars ont été construites au Creusot. Les générateurs sont du type Belle-ville à économiseurs.
- Dans les premiers jours de janvier, le froid a été très vif dans toute l'Italie. Depuis l’année 1879-1880, on n’avait pas vu un hiver aussi rigoureux. A Rome et à Florence, le thermomètre est descendu à plusieurs degrés au-dessous de zéro. Tous les Apennins ont été couverts de neige. A Padoue, on a signalé 10° au-dessous de zéro : à Ancône, il a neige pendant deux jours. A. Livourne, le thermomètre a marqué — 6°. A Venise, la neige est tombée avec abondance. Dans la région de l’Agordino, le froid a atteint 27u. A Naples, pour la première fois depuis onze ans, il a neigé et la ville était entièrement couverte d’un léger manteau blanc, le 4 janvier.
- >i. Fraissinet, secrétaire général de l’Observatoire de Paris, a reçu une dépêche annonçant la découverte d’un sixième satellite de Jupiter, par M. Perrine, directeur de l’Observatoire de Lick, au sommet du mont Hamilton, en Californie. Ce nouveau satellite est de quatorzième grandeur.
- __Pendant les premiers mois de l’année 1905, auront lieu,
- au Conservatoire national des arts et métiers, des conférences publiques que nous nous empressons de faire connaître : 8 janvier :
- « L’Exposition de Saint-Louis et le travail aux Etats-Unispar M. Albert Métin. — 15 janvier : « Les alliages métalliques et leurs .applications », par M. Léon Guillet. — 22 janvier : a Le fer et 1 acier, leur histoire » (avec vues cinématographiques), par M. Maurice Métayer. __ 29 janvier : « Les hauts fourneaux modernes », par
- M. Alfred Lindeboom. — 5 février : « Les grandes aciéries modernes », par M. Maurice Métayer. — 12 février : « Le Musée de la'Prévention des accidents du travail et d’hygiène industrielle », par M. G. Dumont. — 19 février : « Les locomotives récentes », par M. Sauvage. — 26 février : « Les instruments de musique, anciens, modernes’ (projections, auditions), par M. Lyon. — 5 mars : « Les canots automobiles. Les moteuis à essence et à pétrole et leurs applications à la navigation », par M. Brasier. — 5 mars : « Calcul graphique et calcul nomographique », par M. d’Ocagne. —12 mars :
- « La sculpture ornementale en France », par M. Lucien Magne. — 12 mars : « Épuration des eaux potables par l’ozone », par M. Abraham. — 19 mars : « Les rayons X », par M. Villard. — 26 mars : « Les explorations souterraines. Les grands abîmes de France. Circulations des eaux souterraines, leur enfouissement progressif Contamination et protection des eaux d’alimentation, d’irrigation et industrielles », par M. E.-A. Martel. — 26' mars :
- a Essais de châssis de voitures automobiles », par M. Boyer-Guillon.
- — 2 avril : « Les radiations et les vibrations », par M. d’Arsonval.
- — 2 avril : « Progrès de l’Art de la Construction des instruments de précision en France et à l’étranger », par M. le colonel Laussedat. En même temps, aura lieu une série de sept conférences organisées et subventionnées par l’Union coloniale française : « Les productions coloniales dans leur rapport avec l’industrie française », par M. le Dr F. Heim. — 15 janvier : « Rapports de l’industrie française avec la production coloniale ». (Séance d’inauguration.) — 22 janvier: « Caoutchouc. Gutta-percha. » — 29 janvier : « Café. Cacao ».
- — 5 février : « Thé. Vanille. Kola. Quinquina. Coca ». — 12 février : « Matières grasses. Résines ». — 19 février : « Coton. Indigo ».
- — 26 février : « Textiles. Bois ».
- —— L’Association française pour l’avancement des sciences va également donner une série de conférences avec projections dans la grande salle de l’Hôtel des Sociétés savantes, 8, rue Danton, aux dates suivantes : 17 janvier : « La vision dans les grandes profondeurs de la mer », par M. Caullery. — 24 janvier : « La métal-lographie microscopique et son utilisation industrielle », par M. L. Guillet. — 31 janvier : « Les bicyclettes à rétropédalage », par M. Carlo Bourlet. — 7 février : « L’industrie des parfums », par M. E. Charabot. — 14 février : « Les corps radioactifs », par M. Debierne. — 21 février : «. La réforme de l’orthographe », par M. Paul Meyer, de l’Institut. — 28 février : « Photothérapie et Radiothérapie », par M. le Dr Leredde. —14 mars : « L’Exposition de Saint-Louis. Souvenirs d’un Membre du Congrès international des Arts et Sciences », par M. C. Enlart.
- —— Le 5 janvier, à New-York, 18 600 hommes avec 5000 charrettes travaillaient à enlever la neige dans les rues de la ville, où, en certains endroits, elle atteignait une hauteur de lm,50.
- —M. Le Roy des Barres, directeur de la Compagnie d’assurances générales, a remis dernièrement à M. Lépine, préfet de police, un chèque de 200 000 francs sur la Banque de France, représentant la part contributive des compagnies et sociétés d’assurances de Paris dans l’entretien du « salvage-corps » pour l’année 1905.
- —— Deux nouvelles comètes. Les découvertes presque simultanées des deux nouvelles comètes viennent de porter à cinq le nombre des visiteuses apparues en 1901. Dans la nuit du 17 décembre, M. Giacobini, à l’Observatoire de Nice, a trouvé un astre vaporeux par Al = 16h 14m. (£).-)- 27° 28'. Cette position correspond à la région du ciel comprise entre Hercule et la couronne boréale, et la comète est dans le voisinage, à l’est de l’étoile s de cette dernière constellation ; mouvement dirigé vers le nord-est. Son éclat, qui est de 10e grandeur, va en augmentant. La comète est située dans des conditions favorables pour l’observation un peu avant le lever du jour. Puis le 28 décembre, à l’Observatoire de Marseille, M. Borelly a découvert la seconde comète par : Al = F1 12e1 Q) —_____|lo_ Elle se trouve donc dans la constellation de la Ba-
- leine, dans d’excellentes conditions d’observation pendant toute la première partie de la nuit. Mouvement dirigé vers le nord-est, éclat de 10e grandeur avec petit noyau. Il y a donc actuellement, fait intéressant à noter, comme compensation à la pauvreté de 1904, à ce point de vue, quatre comètes visibles en même temps : celles d’Encke, de Tempel, et les nouvelles qui porteront les noms de Giacobini (1904 d) et de Borelly (1904 e).
- Un décret du 23 décembre 1904 supprime, à dater du 1er avril 1905, la franchise postale militaire provenant ou à destination des troupes du Tidikelt (région d’In-Salah) ; des provinces d’Alger au delà des forts Miribel et Mac-Mahon ; de la province d’Oran au delà du fort de Djenan-ed-dar et au sud de Djenien-bou-Rezg ; des pays et protectorats du lac Tchad (Chari); du Haut-Oubanghi et du pays de Kong ; du Bénin ; du Soudan français.
- 7
- p.25 - vue 457/536
-
-
-
- 26
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le bandage pour circulation des automobiles sur rails se trouve à la Waltham Manufacturing Company, Waltham (Massachusetts).
- . Communications. — M. Aldo Castellani, professeur, directeur de l’Institut bactériologique de Colombo, nous adresse une note, « sur l’étiologie de la dysenterie à Ceylan ». Il résulte de ses recherches que dans l’île de Ceylan la dysenterie se manifeste sous diverses formes : 1° la plus fréquente résulte de la présence du bacillus dysenterie us Kruse ; 2° une forme rare est due à un bacille apparenté de très près au bacille de Kruse. Cette, forme peut être appelée paradysenterie, par analogie avec la paratyphoïde ; 3° une troisième forme est représentée par une dysenterie amibienne et l’espèce d’amœbe qui enestcause est probablement entamœba hystolitica Shaudiunn. Cette forme est extrêmement rare.
- M. J. Maratine, à Paris, nous adresse la lettre suivante : « 11 est un fait intéressant à signaler qui est relatif à un mode de dégénérescence des poils. J’ai constaté que l’extrémité de ces productions épidermiques, non coupée depuis quelque temps, se divisait quelquefois en deux, trois et même quatre ramifications très fines, et s’écartant l’une de l’autre. Ces ramifications sont très hygrométriques, beaucoup plus que le poil lui-même, ce qui tient à leur plus grande ténuité; en effet, lorsqu’on respire la bouche ouverte vers l’extrémité d’un poil ainsi divisé, les branches se rapprochent presque jusqu’à se toucher (mouvement dû à la vapeur d’eau exhalée par la respiration), tandis que le souffle froid ou la chaleur seule n’ont aucune influence sur elles. Celte division de l’extrémité des poils est facile à constater pour ceux de la barbe, plus forts et plus épais que ceux de la chevelure chez lesquels le phénomène doit être beaucoup plus rare ; pour ma part, je ne l’y ai même jamais constaté. Cette bifurcation paraît être vraisemblablement due à la dessiccation partielle de la moelle par suite d’une diminution ou même d’un arrêt dans l’activité vitale de l’extrémité du poil, lequel se trouvant alors réduit à son écorce et à son épi-dermicule se fendille et donne 2, 5 ou 4 ramifications qui s’éloignent de plus en plus, les unes des autres à mesure que la dessiccation se poursuit. »
- M. A. Bcilland, pharmacien principal de l’Armée, nous envoie une notice sur les Cafés, extraite des u Annales d’hygiène publique et de médecine légale», n° de décembre 1904, et une notice sur les graines du Baobab.
- Renseignements. — MM. Ch. Dèlacre et Q% à Bruxelles. — L’adresse que vous demandez a été donnée en tète de la Boîte aux Lettres du numéro qui contient la description des appareils. Il faut se renseigner à la Société L'oxylithe, 115, rue Cardinet, Paris (17*).
- Un abonné, à Liège. — Vous pouvez demander ce renseignement à Mme II. Lachambre, 24, passage des Favorites, ou à M. E. Godard, 4, rue Christiani, à Paris.
- M. R. Catoir, à Moraypi é-Haybes. — 1° Nous avons donné les proportions du bain des horlogers pour nettoyer les mouvements d’horlogerie dans les livres des Recettes et Procédés utiles, 3e et 5' séries, à la librairie Masson et C‘® ; les deux formules varient légèrement. — 2° Pour faire faire un tube de baromètre, adressez-vous à M. Victor Chabaud, 58, rue Monsieur-le-Prince, à Paris. — 5° Nous ne savons pas de quel éclairage vous voulez parler.
- M. //. A., à Angers. — Il faut employer des vernis ignifuges; adressez-vous à la maison Bolloré-Sœhnée, 19, rue des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. A. Vautier, à Xertigny (Vosges). — Nous avons parlé de la viscose et du viscoïd dans le n* 1288, du 5 février 1898, p. 14t‘>; pour se procurer ces produits, il fallait s’adresser à M. Thomas, 46, rue des Moines, à Paris.
- M. P. Caillât, à Gap. — Des renseignements ont été publiés sur les huiles à graisser dans le n° 50, du 10 décembre 1904, et dans le n° 52, du 24 décembre 1904 de La France automobile, 68, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- M. le Dr J. Dupaigne, au Cannet. — 11 n’existe aucune colle réunissant les qualités que vous demandez. Vous ne pourrez fixer un filament de charbon de lampe 'a incandescence sur un bloc de charbon qu’en prenant un filament soudé à son extrémité à un fil de platine, et en l’adaptant à une borne à deux contacts que l’on fixera ensuite sur le bloc de charbon.
- M. A. G., à Toulon. — Il existe un papier à base d’amiante incombustible, dont nous donnons la composition dans le livre des Recettes et Procédés utiles, 2e série, p. 182. On rend le papier ordinaire incombustible à l’aide de divers liquides ignifuges, dont nous publions les recettes dans le même petit livre que ci-dessus, lre série, à la librairie Masson et Cis.
- M. Saugeron, à Ismaïlia. — La lampe que vous mentionnez n’est pas encore connue en France.
- M. Justin Chanson, à Moscou. — 1° Machines à calculer : Système Burroughs, chez MM. Glaenzer et C°, 35, boulevard de Strasbourg, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas de machines de ce genre.
- M. Jean Desanciaux, 'a Paris. — 1° Appareils de chauffage pour laboratoire : MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, M. Fontaine, 16, 18, 20, rue Monsieur-le-Prince. — 2° Carte géologique : à l’Ecole des Mines, 60, boulevard Saint-Michel, avec autorisation du directeur.
- M. Pierman, à Gand. — Montres pour veilleurs : MM. Château père et fils, 118, rue Montmartre, MM. Kirbv, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- M. J.-B., à Paris. — 1° Dessécher complètement les plantes, puis les stériliser à l’étuve à 100°. — 2° Placer les échantillons non séchés dans un colorant à base d’aniline.
- M. Merlet, à Paris. — Nous avons publié sur les cerfs-volants les articles suivants : Théorie des cerfs-volants, n° 695, 25 septembre 1886, p. 269 ; n° 708, 25 décembre 1886, p. 58 ; n° 717, 26 février 1887, p. 202; n° 849, 7 septembre 1889, p. 234; n° 851, 21 septembre 1889, p. 262; cerfs-volants japonais, n° 699, 23 octobre 1886, p. 552; cerfs-volants américains, n° 732, 11 juin 1887, p. 26; cerfs-volants chinois, n° 759, 17 décembre 1887, p. 44; les cerfs-volants météorologiques de Blue-Ilill, n° 1585, 25 novembre 1899, p. 408; les cerfs-volants météorologiques en France, n° 1281, 18 dé-cembret1897, p. 35; étude de l’atmosphère au moyen des cerfs-volants, n° 1364, 15 juillet 1899, p. 111; expériences sur les cerfs-volants, n° 757, 16 juillet 1887, p. 97: la photographie en cerf-volant, n° 825, 23 mars 1889, p. 257; l’emploi du cerf-volant comme moyen de sauvetage, n° 997, 9 juillet 1892, p. 93; le cerf-volant et les sondages aériens à la mer, n° 1625, 16 juillet 1904, p. 97 ; l’emploi des cerfs-volants dans la marine, n° 1572, 11 juillet 1903, p. 94; les cerfs-volants d’observation dans la marine anglaise, n° 1578, 22 août 1903, p. 190.
- M. F. Sutterlin, à Strasbourg. — 11 n’existe pas de traité spécial sur la soudure électrique ; mais tous les traités d’application s’en occupent.
- M. A. D., à Bienne. — Conseils pratiques au mécanicien r Notes et formules de l’ingénieur et du constructeur mécanicien, par un comité d’ingénieurs des Ecoles centrales et des Arts et Métiers, Paris, E. Bernard, éditeur. 1904. Prix : I2r,,50.
- M. Laporte, à Oran. — Pour le Quercus Œgilops, veuillez écrire à l’office des renseignements agricoles au Ministère de l’Agriculture en demandant les cultures en pays de sécheresse et à Chypre.
- Accusés de réception. — Avis divers. —M. D. L., à Paris. Nous ne donnons jamais la description d’un appareil qui n’a pas été construit et qui n’a pas fonctionné. — M. Legrand, à Moulins; M. G. It., à Versailles. Voyez le livre des liecettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Breton, » Engliien ; M. Dulong, à Blois. Ces recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la meme librairie. — M. Dumont, à Toulouse. Nous avons indiqué un procédé de ce genre dans le même petit livre, 5“ série, à la même librairie. — M. Durand, à Paris; M. Vérin, à X. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.26 - vue 458/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 27
- PETITES INVENTIONS1
- Porte-parapluie. — On vient d’imaginer un petit appareil qui permet de porter très facilement le parapluie en l’accrochant à une boutonnière, comme le montre notre dessin. Cet appareil consiste en deux lames de ressort retournées sur
- Porte-parapluie.
- elles-mêmes ; une petite chaîne est fixée à l’appareil et est réunie à une petite tige. Il suffit d’entrer à pression le manche du parapluie entre les deux lames, et de placer la tige dans une boutonnière. —- Le porte-parapluie se trouve chez MM. G. Renaut et Cie, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris (10e arrond.).
- Pupitre pour musique. — Voilà un pupitre simple, peu encombrant et à la fois très pratique, comme en désirent toujours les chefs d’orchestres. Il consiste en une tige métal-
- Pupilre pour musique.
- lique verticale portée sur un pied massif. A 30 centimètres de hauteur environ, cette tige est recourbée et descend presque parallèlement à sa première direction. Entre les deux tiges est placée une poulie à gorge qu’un faible mouvement permet de déplacer très aisément. Celte poulie porte à son tour une tige métallique qui maintient le pupitre proprement dit où se trouve la page de musique. L’appareil, on le voit, est des plus simples, et se prête facilement à tous les mouvements. Remarquons qu’en même temps, il est stable et reste fixe, grâce à son pied qui est bien approprié. Nous indiquerons seulement
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- que la disposition des griffes de retenue devrait être modifiée pour permettre de tourner les pages. — Le pupitre pour musique se trouve chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La frigolhérapie.
- Toute maladie aiguë s’accompagne d’une élévation de température variable, suivant la nature de la maladie, le degré d’infection, les complications de tous genres. En dehors des indications spéciales, inhérentes à tel ou tel cas, cette hyperthermie doit être combattue, car elle est une source de danger et d’aggravationdumal. Les médecins ont recours, dans ce but, à l’emploi de médicaments, comme la quinine, l’antipyrine, l’antifébrine et autres semblables; ils ont également recours, beaucoup plus maintenant que jadis, à l’usage des lotions froides, des bains froids ou du drap mouillé. Ce sont là des moyens d’une énergie puissante, d’une efficacité réelle', mais dont l’action est souvent mal réglée et ne peut être continuée au delà d’un temps assez court.
- Le professeur Leduc, de Nantes, vient de faire connaître un procédé de traitement par le froid, peu appliqué jusqu’ici qui me parait réaliser l’idéal. Je dois dire qu’avant M. Leduc, le Dr Jullien avait conseillé l’emploi de cette méthode dans les pyrexies graves et s’en était fort bien trouvé. Il est donc juste de rapporter au chirurgien de Saint-Lazare la première idée de ce traitement que M. Leduc a appliqué de son coté et sans être au courant des travaux antérieurs de son collègue. Ce n’est pas, disons-le tout de suite, un procédé à employer par n’importe qui. 11 faut le conseil d"un médecin; il faut que le traitement soit appliqué et dirigé par lui. Aussi, n’ai-je l’intention que d’indiquer une méthode qui dépasse de beaucoup, comme puissance et comme bons résultats, les lotions froides, les bains froids et autres applications similaires.
- Partant de ce fait que tout le sang, foyer pyrétogène et devenu hyperthermique, passe à de courts intervalles par le cœur, M. Leduc a pensé que le meilleur moyen de diminuer la chaleur exagérée des tissus, l’hyperthermie générale, était de refroidir le liquide sanguin à son passage dans l’organe de propulsion centrifuge, dans le cœur.
- Il applique dans ce but, sur la région précordialé, une large poche de glace, vessie de caoutchouc à fermeture parfaite. Pour éviter au malade la sensation désagréable d’un froid trop vif et pour éviter aussi les effets de la glace directement en contact avec la peau, on interpose un morceau de flanelle plié en trois ou quatre épaisseurs, suivant le degré de sensibilité du sujet. Par ce moyen on obtient une réfrigération régulière et constante; tout le sang du corps se refroidit à son passage dans le cœur, revient plus frais à la périphérie et amène à distance, dans tous les tissus, une diminution calorique qui aide à la restauration des éléments malades. C’est une reproduction en sens inverse du chauffage par circulation d’eau chaude.
- Il y a, à cette méthode de traitement, un autre avantage, c’est que le cœur, qui est fort impressionnable, plus que les autres organes, à l’hyperthermie, se trouve fort bien de cette réfrigération locale et qu’on peut éviter ainsi la myocardite, si redoutable dans les maladies infectieuses de tous genres.
- Éruption due au lait impur.
- On ne se plaindra jamais trop des falsifications du lait et on ne les réprimera jamais trop sévèrement, car c’est à ces laits impurs consommés, additionnés de produits antiseptiques, qu’est dù le taux si élevé de la mortalité infantile dans les grandes villes. Le mauvais lait engendre de l’entérite et l’entérite amène petit à petit la dénutrition, le rachitisme et souvent la mort.
- Voici une autre variété de falsification du lait, qui a été révélée par une véritable épidémie de dermatite. En septembre dernier, on signalait chez les malades de l’hôpital de Hendon, une sorte d’éruption qui n’avait aucun caractère de fièvre éruptive proprement dite, et qui ne pouvait se rattacher qu’à un empoisonnement alimentaire. 68 personnes furent atteintes de cette dermatite qui causa la mort de deux d’entre elles. L’enquête, poursuivie par le Dr Copeman, montra qu’il s’agissait d’une adultération du lait fourni à l’hôpital. Des échantillons, examinés, se conservèrent intacts, malgré les conditions défavorables de la saison et de la température, pendant trois ou quatre jours. Il était permis de supposer que le lait était additionné d’un antiseptique énergique pour se conserver aussi longtemps sans aigrir. L’analyse décela, en effet, la présence de la formaline, produit qui n’a rien d’ali-
- p.27 - vue 459/536
-
-
-
- 28
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- mentaire, et qu’on réservait jusqu’ici à la désinfection des beaux ou des plaies. Vous voyez les résultats, chez des nourrissons, d’un pareil breuvage.
- Le Kapok
- Bien peu de lecteurs de « La Nature », j’imagine, connaissent même de nom, ce produit, qui est cependant employé en grande quantité dans certains pays. Pour n’en citer qu’un exemple, la Hollande en a importé, en 1902, plus d’un million de kilogrammes. En France, le kapok est à peu près inconnu, alors que dans diverses compagnies maritimes, dans les marines anglaise et allemande, on l’a utilisé pour la fabrication d’appareils de sauvetage. Le kapok est l’enveloppe filamenteuse et duveteuse de certains fruits d'arbres, appartenant à la famille des bambous et qu’on désigne dans les Indes hollandaises sous le nom de faux cotonnier. Quand on ouvre la capsule du fruit, on recueille un amas de filaments soyeux jaune brun, qui enveloppent la partie tendre, la pulpe du fruit,
- comme les stigmates du maïs. Cette bourre filamenteuse est très légère et elle n’absorbe à peu près pas d’eau ; après une macération de plusieurs mois, le poids de la bourre est à peu près égal. C’est en raison de cette propriété, que les compagnies maritimes ont songé à l’utiliser de préférence au liège ; une ceinture de moins d’une livre de kapok suffit pour maintenir à la surface de l’eau un homme de stature ordinaire.
- MM. Beille et Lemaire ont pensé qu’on pourrait introduire ce produit dans la thérapeutique médico-chirurgicale comme succédané de l’ouate, du coton, pour des bandages, pour garnir des gouttières, pour former des enveloppes compressives dans les pansements, mettant ainsi la plaie et le membre à l’abri de toute imbibition aqueuse. La literie des casernes, des hôpitaux, pouvait bénéficier de l’introduction du kapok. La culture de cette variété de bambou serait des plus faciles dans plusieurs de nos colonies et permettrait à bref délai un emploi de cette bourre, dont le prix de revient est encore un peu trop élevé pour des usages hospitaliers. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30'. — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN |THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 janvier. . . — 10°, 0 N. N. E. 2. Beau. » Gelée blanche, beau.
- Mardi 3 — 8«,5 S. E. 0. Couvert. 0,9 Gelée bl. ; éclaircies ; grains de neige et grésil ; pluie le soir ; verglas.
- Mercredi 4 0°,5 S. S. W. 2. Couvert. 0,6 Verglas; brouillard ; couvert; pluie dans la soirée.
- Jeudi 5 5”,3 S. W. 5. Couvert. 3,1 Couv. jusqu’à 18 li.; beau de 19 à 20 h. ; pluie l’après-midi. Gelée bl. ; éclaircies à 21 h. ; pluie de temps en temps.
- Vendredi 6 3'*, 6 S. W. 2. Couvert. 1,2
- Samedi 7 10’,0 N. W. 4. Très nuageux. 0,5 Très nuag. ; pluie à 18 h.
- Dimanche 8 . . - . . — 1°,2 S. E. 0. Beau. Gelée bl. ; brouillard ; beau le matin ; couv. le soir.
- JANVIER 1905. -- SEMAINE Dü LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 JANVIER 1905
- UJ
- 3
- g
- ï
- K
- Ul
- S
- O
- tr
- <
- eo
- 790
- 780
- 770
- 760
- 750
- 740
- 750
- | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi * | Vendredi I Samedi [ Dimanche
- H
- m
- 2
- •o
- m
- 3
- C
- 3
- m
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, /es pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. — Le temps a été très variable à Paris et en France dans la semaine du 2 au 8 janvier 1905. Le 2 janvier, on a signalé une tourmente de neige au Puy de Dôme. Le matin, à 7 heures, le thermomètre marquait
- — 10° à Paris, — 9° à Toulouse, —11° à Lyon, —26° au mont Mounier,
- — 21° au Pic du Midi, et — 31° à Moscou ; aux environs de Paris, on a relevé des minima de —10°,5 à Achèrcs, —10°;8 à Ville-Evrard et Vaucluse, —11°,1 à Trappes, et —12°,7 à Villepreux. La neige est tombée en de nombreux endroits, à Grenoble, à Cherbourg, à Toulon, à Auch. Le 3 janvier, la pression barométrique est restée supérieure à 775 mm sur la France. II. y a eu des averses de neige au havre, au Mans, à Alger, à Blida et à Tunis. A Alger et à Tunis, des couches épaisses ont couvert le sol. Ce fait extraordinaire ne s’était pas produit depuis 30 ans. La température le matin a été de —17° à Belfort,—16e à Clermont, —11° à Bordeaux.
- — 9° à Paris, —17° au Puy de Dôme, —19° au Pic du Midi. Le 4 janvier, il Y a eu des chutes de neige dans toutes les régions. Dans la Haute-Savoie, le froid a été particulièrement vif; il y a eu 30° au-dessous de zéro à Cha-mouix. Le lac d’Annecy a été en partie gelé. A Paris, après une matinée glaciale et brumeuse, une neige ténue est tombée et la légère couche qui
- recouvrait le sol s’est transformée en verglas. Le 5 janvier, on a recueilli
- 5 mm d’eau à Dunkerque, 2 mm à Rochefort, 2 mm à Nancy, 1 mm à Paris ; on a signalé de fortes chutes de neige dans l’est. Le thermomètre marquait le matin —2° à Lyon, 2° à Bordeaux, 5° à Paris, 10° à Brest. Le
- 6 janvier, un minimum barométrique de 742 mm est passé au nord de l’Ecosse. La température a monté dans la moitié sud du continent ; elle était le matin de 4° à Paris, 2“ à Lyon, 12° à Biarritz. — 4° au Puy de Dôme,
- — 8° au mont Mounier, — 10® au Pic du Midi. La température moyenne a été de 7°,1 à Paris. Le 7 janvier, il est tombé 11 mm d’eau à Besançon, 5 mm à Bordeaux, 2 mm à Nantes, 2 mm à Dunkerque, 1 mm à Paris.* La température était le matin de 10° à Paris, 11° à Brest, 1° au mont Aigoual.
- — 8° au mont Ventoux. Pendant la nuit du 6 au 7 janvier, et pendant toute la matihée du 7 janvier, une violente tempête a sévi sur Toulon et la côte. Dans l’après-midi, un ouragan du nord-ouest s’est abattu sur Marseille, et a causé quelques accidents sans gravité. Le même jour, une tempête du nord-ouest a ravagé Perpignan et les environs, renversant les poteaux télégraphiques et interceptant les communications. La température moyenne à Paris a été de 8°,9. Le 8 janvier, la température s’cst fortement abaissée sur nos régions. Il a soufflé un vent violent du sud sur la Manche et la Bretagne, et du nord sur la Provence.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 5, à 6 h. 26 m. du soir.
- p.28 - vue 460/536
-
-
-
- LA NATURE
- BEVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFaRGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cio,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à F obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1652 (21 janvier 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —H?— Guerre. — Le ministre de la Guerre vient d’ériger la ville du Havre en place forte en y créant un commandement supérieur de la défense qui sera exercé par un général de brigade pourvu d’un état-major ordinaire de place forte.
- —)&— Marine. — Les Etats-Unis ont en construction deux grands cuirassés fort intéressants : YIdaho et le Mississtpi, qui sont identiques. Leur longueur à la ligne d’eau est de I14m,29, pour une largeur de 23m,46 et un tirant de 7m,51. La puissance des machines est de 10000 chevaux pour un déplacement de 13 000 tonneaux. Les approvisionnements de combustible (1750 tonnes) donnent un rayon d’action de 5775 milles à 10 nœuds, la vitesse maxima devant être aux environs de 17 nœuds. L’armement comporte 4 pièces de 305 mm, 8 de 203, autant de 178, 12 de 76, puis 12 canons de 3 livres, 8 d’une livre, 2 eanons de débarquement de 76, 2 mitrailleuses et 6 canons Colt automatiques.
- —Marine. — L’Amirauté anglaise vient de décider d’installer le chauffage au combustible liquide à bord du cuirassé « Prince George », du moins en ce qui concerne les chaudières arrière. Les réservoirs d’hydrocarbure sont dans le double fond et ont une contenance de 400 tonnes. On emploierait ce combustible à titre auxiliaire, dans les circonstances urgentes, quand il faudrait obtenir rapidement telle pression voulue.
- —— Géographie. — On parle de creuser un canal de Trieste à Vienne, pour faciliter le transport des marchandises entre le grand port et le centre de la monarchie autrichienne.
- —)$(— Géographie. — Au dernier Congrès international de Géographie, le professeur Grove Karl Gilbert, de Brooklyn, a soutenu l’opinion, déjà émise par d’autres savants, que, dans 3500 ans, les chutes du Niagara seraient à sec, le lac Erié ayant trouvé un autre émissaire.
- —Mines. — Notre confrère Mine and Minerais affirme qu’on s’aperçoit maintenant de la présence d’une proportion assez forte de platine dans les anciens dépôts formés avec les sables extraits des placers de l’Orégon méridional, et môme dans les exploitations actuelles.
- —Eaux. — Les eaux d’alimentation de la Ville de Saint-Louis, dont la consommation quotidienne oscille entre 350000 et 300 000 mètres cubes, sont maintenant traitées par un système de purification chimique. On ajoute à l’eau un peu de sulfate ferreux, puis on la traite par la chaux, qui précipite le carbonate de chaux sous forme de carbonate neutre, et le sulfate ferreux à l’état d'hydrate ferreux. Ce dernier s’oxyde ensuite en hydrate ferrique gélatineux, et, avec le carbonate de chaux, il entraîne, en les forçant à se déposer, les matières en suspension, et notamment les bactéries.
- Métallurgie.— M, Bach s’est livré à des expériences suides tôles de fer à la température normale et à des températures élevées, tôles de chaudières de diverses natures ; et il arrive à cette conclusion que la ténacité est extrêmement variable, suivant qu’on opère les essais à froid ou à chaud.
- —— Pétrole. — L’American Railway Association a fait des expériences fort intéressantes sur les wagons-réservoirs destinés au transport des pétroles en vrac. Elle a constaté de la façon la plus probante qu’il suffit de munir d’une soupape de sûreté de 7,5 centimètres les réservoirs d’une contenance de 22 000 litres et moins, et qu’au delà il faut 2 soupapes analogues.
- —)&— Sociétés. — La Commission centrale de la Société de géographie vient de renouveler, comme suit, son bureau pour l’année 1905 : président, M. le vice-amiral Humann; 1" vice-président, M. le baron J. de Guerne; 2e vice-président, M. Jules Girard; secrétaire général, M. le baron P. Hulot.
- —^— Variétés. — Une loi du 29 décembre 1904 a ouvert au ministre de l’intérieur et des cultes un crédit supplémentaire de
- 50 000 francs destiné à venir en aide aux victimes de la catastropl e survenue à Bozel (Savoie) le 16 juillet 1904.
- —?ft— Variétés. — Le Dr Otto Nordenskjôld vient de recevoir la croix d’officier de la Légion d’honneur pour son exploration du pôle Sud, et Mmc Bullock Workman les palmes d’officier de l’Instruction publique pour sa mission d’Himalaya.
- —— Médecine. — Depuis longtemps on se préoccupe de déterminer les causes de la maladie du sommeil. Parmi les agents transmetteurs des germes pathogènes, on cite diverses mouches piqueuses que l’on cherche à étudier; des études ont été entreprises par le Jardin colonial de Paris. Un premier envoi de mouches piqueuses vient d’être fait. Les insectes proviennent : de la côte d’ivoire (récoltés par MM. les Dr* Gallier et Pouillot), et du cercle de Thiès (Sénégal).
- —^— Cours. — L’ouverture du cours public et gratuit d’entomologie agricole, professé au Jardin du Luxembourg, sous le patronage de la Société nationale d’Horticulture, parM. A.-L. Clément, aura lieu le mardi 24 janvier à heures et demie du matin dans le pavillon de la Pépinière. U sera continué les samedis et mardis suivants à la même heure. Le professeur traitera spécialement des insectes utiles, des insectes nuisibles, des insecticides et de leur emploi.
- —Automobiles. — Il paraît qu’on va organiser, dans l’Italie centrale et méridionale, un vaste service de messageries et diligences automobiles, pour remplacer les diligences à chevaux, jqui ont subsisté là oit il n’y a pas de lignes ferrées. On parlerait de 300 voitures, du genre omnibus, commandées simultanément dans ce but, et aussi de 300 camions pour le transport des marchandises.
- —Météorologie. — Un bolide a ôté signalé le 10 janvier, vers6heures et demie du soir, à Salvagnac, prèsd’Albi. lia parcouru le ciel du Nord-Est au Sud-Ouest, sous un angle de 46°. Il avait un diamètre apparent de 12 centimètres et projetait des lueurs bleuâtres.
- —)£— Météorologie. — Dans la semaine du 9 au 15 janvier, le temps a été froid. Le 9 janvier, le thermomètre marquait le malin 0° à Clermont, 2° à Paris, 7° à Toulouse, 11° à Brest,— 5“ au mont Venfoux. Un vent violent de sud-ouest a soufflé sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Dans la soirée, de 5h 50 à 9 heures, il a plu d’une façon continue à Paris et dans les environs. Le 10 janvier, des pluies sont tombées sur le nord et l’ouest de l’Europe; on a recueilli 6 mm d’eau à Besançon, 3 mm à Dunkerque, 2 mm à Cherbourg et 2 mm à Paris. Le matin, dans la banlieue de Paris, la température présentait des minima voisins ou légèrement inférieurs à 0° avec gelée blanche presque générale. Le II janvier, des neiges et des pluies sont tombées dans le nord de l’Europe; en France on a recueilli 2 mm d’eau à Belfort. La température s’est notablement abaissée ; on notait le malin — 5° à Clermont, — 3° à Paris, — 2° à Toulouse, — 8° au Puy de Dôme, —3°,5 à Achères, et —4°,8 à Vaucluse. Le 12 janvier, il y a eu de la pluie à Dunkerque (2 mm), à Cherbourg (2 mm) et à Brest (1 mm). La température est remontée à 3° à Paris, 6° à Nantes. Le 13 janvier, un maximum barométrique de 775 mm a eu lieu dans l’Est de la France. On a signalé de fortes averses dans le nord-est. Le thermomètre marquait le matin —3° à Paris, —5° à Toulouse, 2° à Lyon, —4° au Pic du Midi, —5° au Puy de Dôme; à Paris, la température moyenne a été de — lu,5. Dans toute la banlieue de Paris, on notait des minima négatifs, —2°,6 à Trappes, —3°,5 à Achères,—4°,5 à Athis-Mons. Un brouillard épais a persisté toute la journée sur Paris et la banlieue ; à 3 heures du soir la visibilité était 30 mètres à Paris, et s’abaissait à 10 mètres à Villejuif. Le 14 janvier, le temps a été beau et froid. Le matin, la température était de —4° à Clermont, —2° à Toulouse, —1° à Paris. Un vent assez fort des régions Est a soufflé sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Le 15 janvier, le thermomètre marquait le matin —4° à Paris, —4° à Limoges, —9° à Belfort.
- p.29 - vue 461/536
-
-
-
- 50
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- A vis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le micromètre Newall, s’adresser à The Newall Engineering Co Ld, Atherton’s Warrington Quay (Grande-Bretagne).
- Communications. — M. le Dr M. A. Legrand, à Paris, nous adresse en communication un intéressant article paru dans le Caducée, du 17 décembre 1904, où il montre que le meilleur moyen de combattre le mal de mer est d’empècher par compression artificielle toute contraction des muscles de la paroi abdominale ; il recommande l’usage du vin de Champagne et du sirop de chloral et l’emploi d’une nourriture légère.
- M. V. Moris, à Asnières, à propos de notre article L’Industrie des filés de tourbes, paru dans le n° 1047, du 17 décembre 1904, p. 46, nous adresse les remarques suivantes : « J’ignore qui est M. J. Kolain, mais je sais fort bien qui est M. Cupers, breveté en 1892 pour un procédé de filature des fibres de tourbe auquel celui décrit dans l’article en question ressemble à s’y méprendre. La Société qui a porté mon nom pendant 10 ans et dont le siège social était à Paris, 175, rue Saint-Honoré, a exploité le brevet Cupers et produit des tissus de tourbe variés, entre autres des couvertures et des tapis. Elle vendait en outre de la corde calorifuge de tourbe. Tous ces produits étaient obtenus à sec, sans modifier en rien les qualités originelles précieuses de la fibre de tourbe. Si je me permets de vous écrire, c’est qu’il m’est pénible de voir présenter comme une nouveauté des produits qui ont traîné partout : sur le marché français, en Angleterre, aux Etats-Unis, en Autriche, en Allemagne où les brevets Cupers, perfectionnés par la Société Moris, ont été vendus et exploités! L’inventeur de la fibre de tourbe, celui qui a eu le premier l’idée d’en tirer parti en 1884, c’était un Français, M. Béraud. Celui qui a eu l’idée de l'appliquer au pansement, c’est un Français, M. le Dr Redon, médecin militaire, aujourd'hui retraité. Celui qui a réussi à la filer pratiquement, c’est un Belge, M. Cupers, et la Société qui a fait tout ce qu’il est possible de faire en tourbe — sans s’enrichir d’ailleurs — c’est une Société française, la Société Valbert, Moris et C!e. Elle n’existe plus, un concurrent résiste encore, et M. Cupers, qui a repris sa liberté d’action, exploite son procédé de filature en Hollande. »
- Renseignements. — M. E. Finet, à Paris. — 1° Meules à polir le silex : chez MM. Stuer, 4, rue de Bellechasse, et Deyrolle, 46, rue du Bac. — 2° Consultez les ouvrages suivants : La Géologie en chemin de fer, description géologique du bassin parisien, par A. de Lapparent, à la librairie Masson et C‘° et les feuilles de la carte géologique de France au 80 000% Géologie des environs de Paris, par Stanislas Meunier, à la librairie F. Alcan, à Paris.
- M. le capitaine G. de M., h Antibes. — Voici les renseignements concernant les certificats d’études supérieures : 1° le certificat d’études supérieures est délivré à toute personne ayant pris quatre inscriptions de licence dans une faculté de Sciences, et qui est reçue à l’une des sessions d’examen de juillet ou de novembre. — 2° Les certificats existent depuis une quinzaine d’années. — 5° Trois certificats quelconques confèrent de droit le grade de licencié ès sciences. — 4° Chaque faculté a ses programmes particuliers ; pour en obtenir communication, s’adresser aux secrétariats des Facultés. — 5° Les trois certificats que vous indiquez confèrent le titre de licencié es. sciences mathématiques. En un mot, les certificats d’études supérieures remplacent l’ancienne licence ès sciences.
- M. Q., à C. — Nous ne pouvons vous énumérer les inconvénients que rencontre la construction de moteurs rotatifs. Nous avons décrit un moteur à piston tournant à propos d’une pompe dans notre n° 1624, du 9 juillet 1904, page 99.
- Usine à gaz, à Troyes. — Boîte de secours du Dr Schmeltz : adressez-vous à la « Société l’oxylithe », 115, rue Cardinet, Paris, ainsi que nous l’avons indiqué en tète de la Boîte aux lettres du n° 1648 du 24 décembre 1904.
- M. H. de L., à Lyon. — 1° Dans les conditions que vous indiquez, l’infiltration de l’acide carbonique n’aura lieu que si le plafond est en mauvais état. — 2° Le meilleur moyen serait de replafonner la salle ou la partie de la salle où se produit l’infiltration. — 5° Le meilleur absorbant pour l’acide carbonique est l’eau de chaux ; avoir soin de la placer dans des récipients très larges et posés sur le plancher (à cause de la forte densité de ce gaz).
- M. Sadoch, à Constantinople. — Automobiles à l’huile de kérosène (pétrole lampant) : chez MM. Gardner Serpollet, 9 et 11, rue Stendhal, à Paris; Panhard et Levassor, 19, avenue d’Ivry, à Paris. Voyez de plus nos articles sur le Salon de l’Automobile, nos du 31 décembre 1904 et du 7 janvier 1905, ainsi que les adresses données en tète de la Boîte aux lettres du 7 janvier.
- La Disonnaisc, à Dison. — Houilles à gaz pauvres; houillères de Commenlry, de l’Aveyron, du Nord et du Pas-de-Calais, de Westphalie.
- Central catalana de electricidad, à Barcelone. — Timbres oblitérateurs des postes : chez M. Klein, faubourg Saint-Denis, 86, à Paris.
- M. H. F., à New-York, — 1° Nous avons publié 5 volumes de livres de Recettes et procédés utiles, à 2fr,25 à la librairie Masson et C‘% à Paris. — 2° Matières à employer contre les mites et punaises : faire une mixture avec 10 parties de naphtaline, 10 d’acide phénique, 5 de camphre, 5 d’essence de citron, 2 d’essence de thym, 2 d’essence de lavande, 2 d’essence de genévrier dans 500 parties d’alcool. — 5° et 4° Nous ne possédons pas ces renseignements. — 5° L’histoire générale de l’industrie par Bleunard est parue en 1900 chez Laurens, 6, rue de Tour non, à Paris.
- M. M. \., à Soignies. — L’adresse que vous demandez est la suivante : M. E. Schwœrer, à Colmar (Alsace).
- M. P. P., à Coulommiers. — Pour le Logan Berry, adressez-vous à MM. Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. Berthon, à Lyon. — Hydrotimètres : chez MM. Bernadot, 25, rue des Filles-du-Calvaire ; Broussart, 29, quai de l’Horloge; Barbotheu, 17, rue Béranger, à Paris.
- M. Fouquet, à Grugies. — Pour le redressage des fils de fer, MM. Altmann et Wagner, 39, rue de Paradis, à Paris, fabriquent des machines automatiques pour le fil de fer, mais nous craignons que le prix du redressage mécanique ne soit pas avantageux, étant donnée la faible quantité mise en œuvre.
- M. le DT J os de Werra, à Sion (Suisse). — 1° Jusqu’à nouvel ordre, il faut s’en rapporter aux expériences de M. Troost. — 2° Nous ne saurions vous renseigner actuellement; il faut attendre que ce procédé ait donné des résultats pratiques.
- M. Piard, à Vais. — 1° Nous n’avons pas encore reçu la brochure annoncée. - 2° Adressez-vous au Service de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. Comtet, à Nullv. — Nous attendons un article sur l’état actuel des travaux du Simplon.
- M. Aug. Macquart, à Joinville. — 1“ Le Bureau des Longitudes a son siège à l’Institut, 23, quai de Conti, à Paris. — 2° Le Bureau central météorologique se trouve, 176, rue de l’Université, à Paris.
- M. A. Dehorn, à Lille. — Le cours de M. Giard porte sur les principes de la tectologiede l’embryon chez les Métazoaires. 11 a lieu le mercredi à deux heures, au laboratoire d’évolution des êtres organisés, 17, rue l’Estrapade, à Paris.
- M. Adrien Cadou, au Havre. — Vous trouverez tous ces renseignements dans le traité de Physique élémentaire de M. Fernet, à la librairie Masson et C‘% 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Apostotidès, à Athènes. — 1° Nous ne connaissons pas de teinture spéciale 'a vous indiquer. — 2° Il faudrait consulter un médecin.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Aug. Viroux, à Clermont. Veuillez consulter une agence de brevets. —M. J. Taine, à Fourmies. Voyez le livre de Recettes et procédés utiles, 3® série, à la librairie Masson et Cie. — M. Alfred T., à Provins. Voyez le même livre que ci-dessus, 5® série, à la même librairie. — M. J. L.r à Grenoble. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, q^.id ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.30 - vue 462/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 51
- PETITES INTENTIONS1
- Le serpent. - Parmi tous les jeux et récréations amusantes, il n’en est peut-être pas de plus curieuse que celle du serpent. Il s’agit d’une peau caoutchoutée ayant la forme de serpent. On gonfle cette peau, comme le montre notre dessin, et l’on voit bientôt apparaître un petit serpent qui prend toutes les formes naturelles. Si on laisse ensuite le serpent sur une
- Le serpent.
- table, on le voit faire toutes sortes de mouvements et prendre successivement toute une série de dispositions telles qu’on s’imagine être en présence d’un serpent véritable. Il se tord, se détord, fait diverses contorsions que l’on suit avec intérêt. — Le serpent se trouve chez MM. Renaut et Cie, 45, boulevard de Strasbourg, à Paris (10e arrond.).
- Allumeur-extincteur électrique. — Nous avons décrit dernièrement (n° 1647, du 17 décembre 1904, p. 18) un allumeur-extincteur électrique automatique à durée variable. Nous désirons aujourd’hui faire connaître à nos lecteurs un système ordinaire d’allumeur-extincteur électrique à double contact, à une direction, avec ou sans point mort et à rupture
- Allumeur-extincteur électrique. — 1. Vue d’ensemble.
- 2. Vue de l’appareil par bout du côté des contacts.
- 3. Vue de côté de l’allumeur en coupe verticale pour une seule direction.
- brusque. L’appareil a la forme d’une poire P (n° 1) avec un bouton poussoir extérieur A'. Ce poussoir est formé à l'irité-rieur d’une tige A (n°* 2 et 3) disposée dans un support B ; elle est susceptible de coulisser dans son support et comporte un ressort de rappel à boudin C. Une goupille D, traversant la tige-poussoir, sert de point d’appui à la partie supérieure du
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ressort et limite la course du poussoir. Cette goupille peut se déplacer sur la tige et le tout est rappelé par le ressort. Le support B est muni d’une douille E dans laquelle peut frotter à frottement doux un axe hexagonal qui reçoit à chaque extrémité un rochet G muni de six dents; les rochets portent trois chevillés II avec un ressort à lame I qui leur sert d’arrêt. L’appareil comporte également deux bras J articulés en K ; ces bras sont munis d’un ergot J' contre lequel viennent agir les chevilles H de façon à repousser ces bras vers leur position basse, et d’un bec J" qui vient s’engager entre des ressorts de contact auxquels sont reliés les fils du circuit électrique. On peut également disposer l’appareil pour pouvoir allumer une même lampe de deux pointsi différents. A cet effet, on tourne sur l’axe hexagonal, dont il a été question plus haut, le rochet d’un sixième de tour, de manière à n’avoir qu’un contact pour chaque bras J, et on intercale dans le circuit en supplément un autre appareil. H est même possible, par un couplage différent, d’arranger un appareil pour deux lampes, mais pour n’en allumer qu’une seule à la fois alternativement. Les deux rochets G sont alors munis de huit dents et sont montés sur un axe octogonal. Chaque rochet comporte deux chevilles saillantes U placées perpendiculairement sur un rochet par rapport à l’autre. On a ainsi un contact pour chaque bras toutes les quatre dents. 11 faut appuyer quatre fois sur le poussoir pour amener un contact du même côté: ce qui donne un contact toutes les deux fois mais alternativement pour chaque bras. Par le mouvement du poussoir on a successivement une lampe qui s’allume et s’éteint, puis une autre lampe qui s'allume et s’éteint. Il n’y a jamais qu’une seule lampe allumée, mais les deux lampes peuvent être éteintes à la fois. Nous avons essayé ce nouveau modèle d’allumeur-extincteur ; il a bien fonctionné et dans de bonnes conditions. — L’allumeur-extincteur électrique se trouve chez M. E. Salomon, constructeur électricien, 21, rue de Strasbourg, à Yincennes (Seine).
- PHOTOGRAPHIE
- Reproduction des Daguerréotypes.
- Nous n’avons le portrait de nos grands-parents que sur la plaque argentée de Daguerre. C’est une image unique, de plus fragile, qu’un accident peut perdre ; aussi est-il bon d’en prendre un cliché photographique. Pour cela il faudra d’abord bien nettoyer l’image argentique, « sans y toucher », même avec le blaireau le plus doux qui y laisserait des traces. Elle est ternie par une couche d’oxyde d’argent qu’il s’agit d’enlever ; on y passera d’abord de l’alcool pour bien la dégraisser, on lavera ensuite à l’eau sous un robinet. On dissoudra ensuite la couche d’oxyde d’argent avec une solution de cyanure de potassium. Ce sel est un poison violent qu’il faudra manier avec précaution ; si on a des écorchures aux mains, éviter d’en mettre dessus. Précautions aussi à prendre pour l’emploi sur l’épreuve daguerrienne, car l’image pourrait être complètement enlevée. On fera donc une solation mère à 5 pour 100 et ensuite on en mettra un ou deux centimètres cubes dans 15 à 20 centimètres cubes d’eau contenus dans un verre à bec. On verse cette solution sur la plaque tenue bien horizontalement et on la balance légèrement pour qu’elle s’étende partout. Si, au bout de quelques minutes, le voile d’oxyde n’est pas enlevé, on reverse la solution dans le verre et on la renforce avec la solution mère ; on recommence ainsi plusieurs fois si cela est nécessaire et en agissant de cette façon prudente on ne risquera pas de perdre l’image.
- La plaque rincée sous le robinet, on sèche en chauffant rapidement sur une lampe à alcool le dessous de la plaque tenue inclinée; autrement, si le séchage se prolongeait, on risquerait d’avoir des traînées laissées par des gouttes qui ruissellent sur l’image. Une fois séchée, on pourra procéder à la reproduction : pour cela il faut d’abord chercher le meilleur éclairage ; si on se mettait en face d’une fenêtre, on aurait des reflets gênants; il faut avoir la lumière à 45° et on l’obtiendra facilement en plaçant l’image daguerrienne perpendiculairement à une fenêtre; l’éclairage ainsi obtenu est très bon. Comme l’appareil devra être placé aussi contre la fenêtre pour que l’axe des lentilles soit perpendiculaire au plan de l’image, on aura soin de mettre sur l’objectif un parasoleil constitué par un cornet de papier noir de 15 à 20 centimètres de long. De cette façon on obtient sur le verre dépoli une image très nette. La question de temps de pose est du domaine du tâtonnement; il est rare qu’on réussisse à le trouver du premier coup, mais il suffira de sacrifier une ou deux plaques. On devra de préférence prendre des émulsions lentes ; l’étiquette rouge de Lumière, par exemple, conviendra bien pour ce travail. G. M.
- p.31 - vue 463/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- 7)2
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Tissus incombustibles. — Il s’agit d’une recette nouvelle en ce qu’on n’y emploie point les ingrédients ordinaires. On supersature une certaine quantité de superphosphate de chaux avec de l’ammoniaque, on filtre et l’on décolore au noir animal. On concentre et l’on mélange avec 5 pour 100 de silice gélatineuse, puis on évapore, on sèche et l’on pulvérise. Pour appliquer, on mélange 30 parties de cette poudre avec 35 parties de gomme et autant d’ainidon, dans une quantité suffisante d’eau pour donner une bonne consistance.
- Poudre insecticide. — Elle est tout particulièrement recommandée contre les teignes et vers des tapis. On la compose, par parties égales, de poudre de pvrèthre, de poudre de camphre et de poudre d’Espagne (capsicurn annuurn).
- Les encres grasses et les timbres en caoutchouc. — Le caoutchouc est très gravement détérioré par les encres grasses ; cependant on peut le mettre à l’abri de cet inconvénient (quand l’impression à l’encre grasse s’impose), en le trempant d’abord dans une solution de colle forte ou de gomme arabique, puis dans une autre de tanin ou de bichromate de potasse. Cela fait a sa surface un revêtement dur qui le protège.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",301. — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN VENT j I
- THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 janvier. . . 2° 1 S. S. W. 3. Couvert. | 1,6 Couv. ; pluie dans la soirée.
- Mardi 10 0” 5 VV. N. W. 2. Beau. » Gelée bl. ; nuag. de 10 à 18 h. ; beau avant et après.
- Mercredi 11 — 3°,0 S. 2. Beau. »‘ Gelée bl. ; beau.
- Jeudi 12 2”.5 S. W. 2. Couvert. » Couv. le matin ; puis nuag. ; beau après 16 h.
- Vendredi 13 — 2',7 S. W. 0. Beau. » Beau le matin; couv. le soir; gelée bl. ; givre; brouill.
- Samedi 14 — r.o E. N. E. 2. Couvert. » toute la journée. Gelée bl. ; couv. le matin ; beau le soir.
- Dimanche 15. . . . . — 3'\8 E. 5. Beau. » Gelée bl. ; beau.
- JANVIER 1905. — SEMAINE DD LUNDI 9 AD DIMANCHE la JANVIER 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites h l’observatoire du parc Saint-Maur, en décembre 1004,
- par M. Th. Moüreaux.
- Pression barométrique, altitude 50",3. Moyenne des 24 heures, 758““,19; minimum absolu, 734“»,5, le 12, à 18 h. 10 m. ; maximum absolu. 773‘M le 29, à 9 h. 40 m. ; écart extrême, 38"“,6. Le 7, entre 14 h. 30m. et 15 h. 30 m., soit en une heure, le baromètre a subi une hausse de 4"“,4.
- Température. Sous l’abri : moyenne des mimma,29,06;desmaxima, 7°,88; du mots, 4°,97 ; vraie des 24 heures, 4° 90, un peu plus élevée que celle de novembre ; minimum absolu, — 4°,8 le 28 ; maximum absolu, 15°,3 le 7. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, —0°,15; des maxima, 10°,44; minimum absolu, — 9°,1 le 28; maximum absolu, 17°,5 le 7. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures : à 0”,30 de profondeur, 7°,59 ; à 1 mètre, 5°,70. De la Marne : moyenne le matin, 5°,70 ; le soir, 5°,85 ; minimum, 4°,00 le 28 ; maximum 7®,70 le 7.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 5"“,96; minimum, 3—,2 le 28, à 8 heures ; maximum, 10““,5 le 7, à 9 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 89,9 ; minimum, 52 le 8, à 14 h. ; maximum, 100 en 12 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 7,62; ciel pur les 21, 22, 23; complètement couvert les 1, 3, 4, 5,16,17, 24, 26, 29.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 256 heures; durée effective de l’insolation, 56 heures en 14 jours: rapport, 0,22. . J . r
- Pluie ; total du mois, 59““,2 en 76 heures; il eu est tombé 18"",4 le 7, et 16“",6 le 12.
- Nombre de jours de pluie, 16; et, en outre, 6 jours de pluie inappréciable ; de gelée, 12, dont 9 consécutifs, du 20 au 28 ; de gelée blanche. 11; de grésil, 1 ; de givre, 4; de brouillard, 4; de rosée, 1. Il n’est pas tombé de neige. Fréquence des vents ; Calmes, 16.
- 25 E . . . . 24 S 91 W . . . . 18
- 18 E. S. E. . 6 S. S. w. . 188 W. N. W . 18
- 87 S. E. . . 4 S. w. . . 108 N. W. . . 25
- 37 S. S. E. . 27 w. s. w . 30 N. N. W. . 22
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3“,9 ; moyenne diurne la plus grande, 9“,2 le 6 ; la plus faible, 1“,0 le 23 ; vitesse maximum, 17“,2 le 7, de 12 h. 45 m. à 13 h., par vent S. W., au moment d’un minimum barométrique; des rafales de 8 à 10 secondes ont accusé des vitesses atteignant jusqu’à 27“,5 par seconde.
- Electricité atmosphérique. Moyenne du mois (20 jours), 194 volts ; moyenne diurne la plus grande, 313 volts le 8; la plus faible, 115 volts le 26; amplitude diurne, 0,35 ; amplitude nocturne, 0,55.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 2“,43 ; minimum, 1“,72 les 2 et 3; maximum, 2“,99 le 17.
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre -h 0““,03 ; température -1- 2°,28 ; tension de la vapeur -+- 0““,84 ; humidité relative -+-1,3; nébulosité -+- 0,39 ; pluie -+-13““,7.
- Floraisons. Le 15, chimonanthus fragrans; le 16, rose de Noël; le 17, nardosmia fragrans.
- PHASES DE LA LUNE ; P. Q. le 15, à 8 h. 20 m. du soit .
- p.32 - vue 464/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1653 (28 janvier 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Ht— Astronomie. — Le professeur Snyder, de Philadelphie, signale l’existence du radium dans la photosphère du soleil, ainsi que dans les nébuleuses stellaires, les étoiles de formation récente et sans doute les comètes.
- —-Ht— Astronomie. — Pour continuer les déterminations de Ta constante solaire au mont Blanc, M. Hansky a fait au sommet, en 1904, deux ascensions, un séjour de 12 jours, huit séries de déterminations aetinométriques, et plusieurs essais intéressants de photographies de la couronne solaire, en dehors des éclipses.
- —H(— Congrès. — Un congrès international d’archéologie sera ouvert le 8 avril à Athènes 9 avril, excursion à Chéronée ou à Eleusis; du 10 au 13 avril, séances; 14 avril, Corinthe ; 15 avril, Delphes; 16 avril, Leucade et Ithaque; 17 avril, Olympie; 18 avril, Argolide; 19 avril, Epidaure; 20 avril, Egine et Sunion; 21 avril, Délos; 22 avril, Milos et Santorin; 23 avril, Knossos; 24 avril, Pliaestos; 25 avril, Palaicaistro ; 26 avril, Rhodes; 27 avril, Cos et Didyme ; 28 avril, Samos; 29 avril, Ephèse; 30 avril, Pergame ou Lesbos; 1er mai, Troie; 2 mai, Samothrace et Athos; 3 mai, le Pirée et Athènes.
- —H(— Automobilisme et sports. — M. le ministre du Commerce vient de nommer une Commission chargée d’étudier les mesures à prendre en vue de la préparation, en 1907, de l’exposition internationale de l’automobilisme et des sports.
- —H£— Archéologie. — Les fouilles exécutées, en 1904, à Délos, par l’école française d’Athènes, aux frais de M. le duc de Loubat, ont porté sur le sanctuaire d’Apollon et ses abords; elles ont mis au jour de nombreux monuments épigraphiques et archéologiques, et fait connaître avee détails les habitations privées situées entre le sanctuaire et le théâtre, notamment la « maison de Dionysos », la plus importante de Délos.
- —H(— Chimie. — On vient de voir paraître sur le marché anglais un nouveau métal appelé « Patrick Métal », qu’on donne comme un succédané du nickel ; il est blanc argent et ne perd jamais son aspect brillant, il*ne devient même que plus brillant à l’usage, sans se rouiller, sans s’oxyder dans aucune circonstance. Il est malléable à froid, sc soude et se brase.
- —Ht— Eaux. — Par décret du 14 octobre 1902, la Société lyonnaise des eaux et d’éclairage, concessionnaire du canal de la Stiagne et du Loup, a été autorisée à amener à Cannes les eaux des sources du Loup dites de Gréolières (amont et aval) et de Bramafan, au ipoyen d’un canal maçonné et couvert et de trois branches secondaires; ce travail doit remplacer le canal « découvert» actuel, qui alimente Cannes dans de mauvaises conditions hygiéniques. Un nouveau décret du 9 décembre 1904 a prorogé de 18 mois, selon les vœux exprimés, le délai pour les expropriations à effectuer en vue des travaux nécessaires pour assurer la dérivation des trois sources.
- —Ht— Hygiène. —M. Maclean Wilson vient d’étudier les meilleurs procédés pour purifier les eaux résiduelles des brasseries, afin de leur enlever leur mauvaise odeur et leurs propriétés acides ayant de les jeter dans les cours d’eau. Pour arriver à un résultat assez satisfaisant, il faudrait le traitement bactérien au bassin septique, puis la neutralisation par le lait de chaux avec double filtration sur coke, et enfin le tamisage sur du sable.
- —Ht— Hygiène. — Le Dr Rideal applique en ce moment, en Angleterre, a Guildford, un nouveau procédé électrique pour la purification des eaux d’égout. La méthode consiste d’abord à décom-
- rioser par le courant un mélange d’eau et de sel, dans un électro-yseur à large surface et permettant par conséquent l’emploi du courant à basse tension; la solution oxychlorhydrée, comme on l’appelle, est alors ajoutée aux eaux usées, en proportion variable
- suivant la nature de celles-ci. Et il paraît que cela fait disparaître tous les organismes pathogènes.
- —Ht— Hygiène. — D’après M. Lowentlial la natalité faible de la France n’est pas la vraie cause de la dépopulation ; la comparaison de la mortalité et de la natalité en France et en Angleterre donne en effet :
- Dates. Naissances. Décès. Différence.
- Angleterre. . . 1890 869955 562 720 307 215
- France.......... 1891 866377 876 882 10 505
- Grâce à la faible mortalité en Angleterre on enregistre une augmentation de population de 300000, tandis qu’en France, à cause de la mortalité élevée, nous avons un déficit de 10 000 habitants. Le même auteur, en déterminant les raisons de la morbidité et de la mortalité de l’armée, a étudié surtout la tuberculose et, comparant les pertes totales (décès, réformes), dues à cette maladie, il constate l’augmentation suivante de la morbidité tuberculeuse : en 1877, 22 malades pour 10 000; en 1899, 58 malades pour 10000.
- —H(— Linguistique. — Il se parle actuellement en Europe 587 langues, dont 7 seulement employées par les 9/10 de la population. La Société biblique britannique a publié la Bible en plus de 400 langues. L’empereur d’Autriche en connaît 17. A Tiflis on en pratique 70! *
- —Ht— Marine. — Par décision du ministre de la Marine, il est créé une division navale de la Corse, qui sera constituée le 24 mars avec tous les bâtiments stationnés sur les côtes de cette île. Le commandement de cette division sera confié à un capitaine de vaisseau, qui exercera, en même temps, les fonctions jusqu’alors dévolues au commandant de la Marine en Corse.
- —Hf— Travaux publics. — Des travaux importants vont être entrepris à Salonique : élargissement des quais, construction d’une gare centrale, construction des bâtiments de la douane, installation électrique pour l’éclairage du port; ces travaux ont été confiés à une Compagnie française, qui a obtenu également pour 40 ans la concession de l’exploitation du port qu’elle a construit.
- —Ht— Variétés. — Le Gouvernement serbe a mis récemment en circulation' de nouveaux timbres-poste gravés à l’effigie du roi actuel, par M. Tasset, le graveur de la Monnaie de Paris. Cette série comprend dix valeurs et comporte, autour d’un médaillon noir, deux ornements dont les couleurs, suivant les valeurs, sont: (para) grise, verte, rouge, lilas, jaune, bleue, brune: (dinar) bistre et violette.
- —Ht— Variétés. — Le 16 janvier, vers 7 heures du matin, on a pu voir, sur le quai de la Seine, entre Puteaux et Suresnes, cinq biches et deux « dix-cors » qui venaient du bois de Boulogne pour se désaltérer ; ils avaient trouvé congelées par le froid les sources auxquelles ils s’abreuvent d ordinaire. Us ont aussitôt, tous ensemble, regagné leurs futaies.
- —Ht— Pilotis. — La a United States Steel Sheet Piling Co », de Chicago, fabrique des pilotis en tôle d’acier qui sont fort ingénieusement compris ; ce sont du reste des tôles profilées au laminage, dont la fabrication est certainement simple et peu coûteuse. La section en ressemble assez à un H ; mais, si nous considérons chacune des barres verticales de cet II, nous voyons que d’un côté elle est profilée elle-même de façon à former une sorte de cylindre s’étendant sur toute la hauteur du pilotis et présentant une fente suivant une génératrice ; de l’autre côté, le bout de l’aile de l’H présente une disposition en T. Si bien qu’en fonçant les pilotis, on s’arrange de manière que le T de l’un puisse entrer et glisser dans le cylindre du voisin par l’ouverture longitudinale ménagée dans ce but. On peut bourrer dans le joint une matière comme de l’argile ; mais, en général, le terrain même où se fait le fonçage suffit à cet office.
- 0
- p.33 - vue 465/536
-
-
-
- 54
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Errata. — Dans les Nouvelles Scietitifiques du n° 1651 du 14 janvier 1905, Hygiène et Santé, p. 28 (lre colonne, ligne 14), au lieu de : à la famille des bambous, il faut : à la famille des bombacées. — Dans l’article, sur La ventilation des tunnels (n° 1652 du 21 janvier 1905, page 124, col. H, ligne 36), au lieu de : 3500 métrés, il faut : 8262 mètres.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne les petits appareils Rouquaud, s’adresser à M. Rouquaud, 88, avenue Victor-Hugo à Paris (16e arrond.) ; pour le chauffage des immeubles par le système Rouquaud aux concessionnaires suivants : MM. Bohain,21, rue des Roses, Paris; E. Bur, constructeur, à Dijon; Sauver, à Marseille ; Saillard, à Biarritz; Société franco-italienne, à Lausanne. — Porte rayon X : M. G. Berthier, 38, avenue de Paris, à Rueil (Seine-et-Oise). — Porte diagonale : Société Industria, 28, rue du Métal, à Bruxelles et chez M. Terwagne, 3, rue Lafavette, à Paris.
- Communications. — M. L. A. Bauer, inspecteur du service magnétique, chef de division du Terrestrial Magnetism, assistant au service géodétique, à Washington, nous envoie une brochure sur les Résultats d’observations magnétiques faites par le service géodésique entre juillet 1903 et juillet 1904. Outre les renseignements des observatoires magnétiques terrestres, cette Note publie pour la première fois les observations faites au large par les vaisseaux attachés au service.
- M. P. Jomini, maître de sciences à Yverdon, nous fait parvenir une brochure intitulée : Recherches sur les limites de combustibilité et la combustion dans les mélanges gazeux.
- L’Office central de météorologie et de géodynamique, à Rome, nous envoie une intéressante brochure de M. G. Aga-meunone, directeur de l’Observatoire royal de géodynamique de Rocca di Papa, sur les travaux accomplis dans ce laboratoire dans le cours de l’année 1902. Il serait à souhaiter que de nombreux Observatoires apportassent chaque année une contribution à l’étude des séismes comme celle de l’Observatoire de Rocca di Papa.
- Renseignements. — M. C. de Saint-André, à Montpellier. — Nous nous occupons de la question que vous nous signalez et nous publierons probablement, dans un de nos prochains numéros, un article à ce sujet.
- M. Boulle, à Diest. — Nous ne trouvons pas l’article dont vous nous parlez. Tous nos regrets.
- M. P. U., à Louvain. — 1° Les parachutes pour cages d’extraction sont toujours livrés avec la cage. — 2° Voici quelques adresses de constructeurs de cages : MM. Malissard-Taza, à Anzin (Nord); ateliers de la Bleuse-Borne, à Anzin; Venot et Cie, à Onnaing (Nord) ; Etablissements métallurgiques d’Onnaing; Magnard et Cie, à Fourchambault (Nièvre).
- M. R. Tuyet, à Barcelone. — I* Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur la République de San Salvador, mais vous trouverez des renseignements à ce sujet dans l’ouvrage suivant : Aperçu économique et financier de l’Amérique latine, par P. D. Lamas, publication de la Revue Sud-Américaine, 17, avenue Carnot, Paris, et dans les numéros de la Revue susdite (juin 1886 à juin 1888). Vous pourriez aussi vous adresser à M. Manuel Câceres, secrétaire de l’Academia Salvadorena, à San Salvador. — 2° Nous ne possédons pas cette adresse, mais vous pourrez peut-être l’obtenir de la maison Ménier, à Noisiel (Seine-et-Marne).
- M. Laurain, à Nancy. — Nous ne possédons pas les renseignements que vous nous demandez. 11 faudrait vous adresser directement à des hommes de métier.
- M. Gidel, à Bône. — 1° Nous vous adressons le n° du 3 décembre 1904. — 2° Pour le treuil automobile de M. A. Cas-telin, il faut vous adresser à M. Max de Nansouty, 67, avenue Flachat, à Asnières (Seine).
- M. Henri R., à Nevers. — Nous n’avons pas vu fonctionner l’appareil, mais d’après les renseignements qui nous en ont été donnés, l’appareil est sans aucun danger.
- M. P. L., à La Flèche. — La couleur vendue en France sous le nom de vert Véronèse se vend en Angleterre sous le nom de vert émeraude, et inversement, si vous commandez, des couleurs anglaises, ayez soin de ne pas oublier cette observation.
- M. X., à Genève. — Nous avons reçu votre envoi; le cas-est rare, mais déjà connu.
- M. Augé, à Gap. — Nous ne comprenons pas votre question * veuillez nous l’expliquer d’une façon plus claire.,
- M. A. V., à Blois. — Le meilleur moyen pour détruire les mauvaises herbes dans les allées est d’y répandre du tan.
- M. J. Roux, à Dunkerque. — Vous trouverez une carte géologique des terrains primaires des Ardennes, au 320 000* à la fin de l’ouvrage l’Ardenne, par M. J. Gosselet, publié par le Service de la carte géologique.
- M. A. P., à Avignon. — Vous trouverez divers procédés de soudure de l’aluminium dans les livres des Recettes et procédés utiles, 4e et 5e séries et dans les Recettes de VElectricien, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. Charles, à Caen. — 1° Les balais en charbon conviennent bien à la dynamo ; mais il faut avoir soin de ne jamais laisser de traces noires sur le collecteur. On doit les essuyer au fur et à mesure qu’elles se produisent avec un chiffon et passer un papier émeri très fin. — 2° Nous vous conseillons de préférence le goudronnage, que nous avons toujours vu donner d’excellents résultats.
- M. J. A., à Avranches. — Les ouvrages de chasse du marquis de Poudras ont été édités par la librairie Pairault, 3, passage Nollet, à Paris.
- M. V. Carré, à Antibes. — Les séries anthropologiques des Mémoires du Muséum de Colombie ont publié un certain nombre d’études détaillées sur les mœurs, les légendes et les coutumes religieuses des lndiens-Sioux.
- M. Martineau, à Tonnay-Charente. — Nous avons reçu vos-deux intéressantes brochures; remerciements.
- M. Latour, à Moraybé. — Nous n’avons pas eu connaissance de cette conférence,, mais nous nous tiendrons au courant de la question et publierons, s’il y a lieu, un article à ce sujet.
- M. Caillaux, à Paris. — Voici le vernis que nous vous conseillons : dissolvez la gomme laque blanche dans de l’esprit-devin rectifié et ajoutez du bleu de Prusse bien pulvérisé.
- M. Noverraz, à Lausanne. — 1° Nous ne connaissons pas la colle dont vous nous parlez. — 2° Colle de relieur : jetez dans 1 litre d’eau 20 grammes d’alun, faites dissoudre à chaud, puis, après refroidissement, ajoutez suffisamment de farine pour obtenir une consistance crémeuse. Portez alors sur le feu et faites bouillir en remuant constamment ; pour empêcher de moisir, ajoutez quelques gouttes d’huile de girofle. Pour avoir une colle analogue, mais dure, additionnez d’une petite quantité de résine en poudre et d’un ou deux clous de girofle avant de faire bouillir : pour s’en servir, il suffit d’ajouter un peu d’eau pour l’amollir.
- M. Léon Banière, à Thiers. — Nous vous conseillons de vous adresser pour ce renseignement à M. René Champly, ingénieur, 28, rue d’Orsel, à Paris, auteur de l’ouvrage Automobiles publié en 1904 par la librairie Desforges, 39, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Henri Plauque, à Condé. — Le livre du Dr Alexander Tille, intitulé Von Darwin bis Nietzsche est paru en 1895 chez Naumann, éditeur à Leipzig. Le tirage étant épuisé, nous ne savons où vous pourriez le trouver. D’ailleurs, ce livre, con trairement à ce que ferait croire son titre, s’occupe moins de sciences naturelles que de morale et de métaphysique.
- Accusés de réception.— Avis divers. — M. H. Fayoller à Paris. Nous ne décrivons jamais de projets, avant que les appareils n’aient donné des résultats à l’expérience. — M. A. T., k Meaux. Vous trouverez cette recette dans le livre de Recettes et procédés utiles, 4e série, à la librairie Masson et Cie. —1 M. L. Deu-bel, à Paris. Consultez le même petit livre, même série et même librairie. — M. Vincent, à Origny-Sainte-Benoîte. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.34 - vue 466/536
-
-
-
- SPORTS D’HIVER EN MONTAGNE
- Texte et dessins par A. Robida.-
- Les Alpes ne sont pas, quand vient l’iiiver, rangées dans une boîte pour 11e reprendre vie et mouvement qu’avec l’été. Les Alpes d’hiver ont leurs iidèles aussi, qui, de plus en plus nombreux, accourent pratiquer tous les sports de la neige, à Davos, à Grindelwald, à Adelboden ou vers le lac de Genève, aux Avants de Montreux. — 1. Le traîneau classique. — 2. Les Skis norvégiens et les raquettes canadiennes. On 11e marche pas, ou vole, mais pas commodes les premiers pas. — 3. Les amateurs de Luge à la montée, remorqués par un traîneau. — 4. La Luge ou Toboggan, minuscule traîneau sur lequel on s’assied quand on ne s’allonge pas dessus à plat ventre, avec un petit bâton ou le talon pour diriger et freiner. — 5. Le Bobsleigh, perfectionne menf.de la Luge. On a le plaisir de filer et tourbillonner à plusieurs. .— 6. Gare les tournants. — 7. Le Curling. Jeu de Cochonnet sur la glace, pour lequel chaque joueur doit être armé d’un balai. — 8. Le Hockey. Espèce de polo pour patineurs^
- p.35 - vue 467/536
-
-
-
- M
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vernis à l'asphalte. — Prendre 150 kg d’asphalte de Syrie en morceaux, 65 d’asphalte de Thuringe, 50 de résine solidifiée, 30 d’huile pour vernis épaisse, 10 de siccatif et 250 d’huile de pin. On fait fondre d’abord l’asphalte et, après refroidissement, on ajoute les autres ingrédients.
- Conseils pour fabriquer les vernis à l’alcool. — Bien choisir les matières premières, et préparer à froid, ce qui est bien plus facile. La gomme copal, la gomme-laque en écailles qui forment la base du vernis, doivent être brisées en petits morceaux et placées dans un baril qui, monté dans un châssis
- quelconque, soit susceptible de tourner sur son axe. Il faut maintenir le mouvement de rotation durant 24 heures, et l’interrompre aussi peu que possible, surtout en été, parce que les matières auraient tendance à s’agglomérer; on fait bien de placer dans le baril des pierres assez grosses, dures et polies, qui facilitent le malaxage.
- Un procédé simple d’enlèvement de la rouille. — Si nous en croyons la publication suisse Schweizerische Uhrmacher Zeitung, la gomme à effacer l’encre serait précieuse pour l’enlèvement complet de la rouille sur les surfaces métalliques qui ne sont pas encore profondément attaquées; elle ne détériorerait du reste nullement le métal sous-jacent.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30V — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 janvier . . — 8®,0 E. S. E. 2. Neige. 5,2 Couv. ; neige le matin ; pluie le soir.
- Mardi 17. ..... . 3®,4 S. S. W. 4. Couvert. 9,7 Couv. ; pluie de 1 h. à 3 h. et de 10 h. à 23 h. ; brouill. le soir.
- Mercredi 18 1°,3 W. N. W. 2. Nuageux » Gelée bl. ; nuageux; halos solaire et lunaire.
- Jeudi 19 0®,6 N. 2. Couvert. » Gelée bl. ; quelques éclaircies.
- Vendredi 20 — 0®,2 N. E. 1. Couvert. » Couvert.
- Samedi 21 — 3®,7 N. E. 2. Beau. » Gelée bl. ; beau.
- Dimanche 22 — 5°,0 N. E. 1. Beau. » Gelée bl. ; givre ; peu nuageux de 11 h. à 16 li. ; beau avant et après..
- JANVIER 1905. -- SEMAINE Dü LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 JANVIER 1905
- Mardi | Mercredi | Jeudi I Vendredi I Samedi I Dimanche I
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pi'essions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri d boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Dans la nuit du 20 au 21 janvier, une secousse de tremblement de terre a été ressentie à Moutiers, en Savoie ; elle a duré six secondes. Il n’y a pas eu de dégât.
- I.e temps. — Pendant les premiers jours de la semaine du 16 au 22 janvier, le froid a été très vif en général et la neige est tombée en de nombreux endroits Le 16 janvier, il a neigé à Paris le malin entre 6 et 7 heures, entre 7b 45” et 8 heures avec flocons légers, et de 11" 50” à midi ; l’épaisseur de la couche de neige était en moyenne de 1,5 centimètre, sa fusion a fourni 1 mm d’eau au pluviomètre de Montsouris. La pluie est ensuite tombée dans l’après-midi à Paris. On a recueilli 7 mm d’eau à Brest, 6 mm à Rochefort, 5 mm à Perpignan, 1 mm à Nice. La neige est tombée en abondance dans FEst de la France ; la circulation a été interrompue en plusieurs endroits du territoire de Belfort. Une avalanche de neige est tombée, dans la région de Cette, sur les territoires de Balarue-les-Bains et de Frontignan. Dans le nord de l’Angleterre et en Ecosse, la circulation des trains a été impossible en raison de la grande quantité de neige tombée. Le matin, la température était de — 8° à Dunkerque et de — 8° à Paris. 'La pression barométrique à Paris, à midi, netait que de 755,3 mm. La température moyenne pour la journée et pour Paris a été de — 2®,1. Le 17 janvier, le thermomètre marquait le matin 3° à Paris, 3° à Lyon, 0° à Besancon, 7" à Toulouse, —10° au pic du Midi. On a recueilli 55 mm d’eau à Port-Ÿendres, 35 mm à Rochelort, 21 mm à Cherbourg, 7 mm à Paris. Le 17 janvier, on a egalement signalé des chutes de' neige en Italie, à Naples, Borne, Gênes, Florence et Milan. Le 18 janvier, le régime de pluie a persisté; il est tombé 21 mm d eau à Lyon, 15 mm à Nancv, 8 mm à Paris, 8 mm à Nantes. La température était de — 3° à Belfort, 1° à Paris, 1° à Nantes, 4° à Brest, 7® à
- Perpignan, — 5° au Puy de Dôme, — 10° au mont Ventoux, —15° au pic du Midi. Le 19 janvier des chutes de neige ont eu lieu dans l’Est; des orages ont éclaté à Biarritz et à Alger. On notait au thermomètre, le matin, — 3° à Nantes, 0° à Toulouse, 1° à Paris, —11° au mont Mounier, — 18° au pic du Midi. Dans 1 Ardèche, entre Du Chaylard et Saint-Gervais, des trams de voyageurs ont été bloqués plusieurs heures par la neige. Le 20 janvier; il a (1 mm), à Toulon (2 mm); la température était le matin de 7 è Belfort, 0° à Paris, 0° à Toulouse, 5° à Brest, 5° à Toulon, 9° à Alger,
- — 8® au Puy de Dôme, —12® au mont Mounier, —15° au pic du Midi. Le ^1 janvier, on observait de nouvelles baisses de température ; on notait
- — 10® à Besançon, — 4> à Paris, —1» à Perpignan, 10® à Biarritz, —6® au mont Ventoux, —12 au mont Mounier. Le matin un léger brouillard couvrait Paris; dans la banlieue, on a observé des minima de —3® à Saint-Cloud, — 6° à Athis Mons. La température moyenne de la journée à Paris a ete de —1°,8 ; le maximum observé à la tour Eiffel a été de — 1® à 2 heures
- du soir. Le 22 janvier, le thermomètre marquait — 7° à Nancy, _______5® à
- Paris, —4“ à Clermont, —8® au mont Ventoux, —10® au pic du Midi; les minima sont descendus à — 7®,2 à Achères et à Athis-Mons (Seine-et-Oise).
- Tempêtes. — Une dépêche de Majunga à la date du 23 décembre 1904 a tait connaître que du 14 au 16 décembre un violent cyclone a eu lieu dans le nord de Madagascar et y a causé de grands dégâts. A Diego-Suarez, la ville a ete entièrement dévastée. Du 14 au 16 janvier 1905, une violente tempête s est abattue sur les côtes anglaises ; on a signalé de nombreux nau-frages. Le 17 janvier, une tempête d’Est-nord-est a eu lieu à Marseille et à Toulon ; le 18 janvier, une nouvelle tempête a jeté sur les côtes de l’île de ne le trois-mâts Gers.
- PHASES DE LA LUNE : I*. L. le 21, à 7 h. 25 m. du matin.
- p.36 - vue 468/536
-
-
-
- LÀ NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFÂRGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et CIe,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1654 (4 février 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —)£— Sociétés savantes. — M. Poirier, professeur à la Faculté de médecine de Paris, a été élu récemment membre titulaire de l’Académie de médecine, dans la section d’anatomie et de physiologie, en remplacement de M. Marey, décédé.
- —H£— Exposition. — Une exposition nationale de brasserie, du matériel et des produits de cette industrie, se tiendra à Paris au mois de mars 1906.
- —Ht— Nécrologie. — On annonce la mort de M. Victor Serrin à l’âge de 77 ans. Il était l’inventeur du premier régulateur électrique à arc à mouvement d'horlogerie, régulateur qui put être employé dès 1860 pour l’éclairage dans les phares, les théâtres, les fêtes et dans des travaux de nuit.
- —Ht- Diamants. — D’après un télégramme du Transvaal, on viendrait de découvrir à Prétoria un diamant colossal de 3032 carats (622 grammes), de beaucoup le plus gros du monde. Le Régent ne pesait brut que 410 carats et 136 après taille.
- -H$— Métropolitain. — Le dernier tronçon de la ligne du Métropolitain parisien allant du boulevard Ménilmontant à la place Gambetta a été ouvert le 25 janvier, dans la matinée.
- —-H£— Marine. — L’amirauté anglaise a, dit-on, l’intention de faire don à la France d’un navire de guerre. La flotte anglaise possède en effet, sous le nom d'Implacable, une antique frégate française nommée Duguay-TrOuin, qui fut prise à la bataille de Tra-falgar et qui est, avec la Victory que montait Nelson, la seule survivante de ce célèbre combat. L’amirauté anglaise cherche en ce moment à faire des économies ; c’est pourquoi on lui conseille de rendre cette relique à la France.
- —Ht— Médecine. — Selon MM. le Dr Jeiler et de Stantz, la diphtérie serait transmissible par l’eau (Rev. méd. de la Suisse romane, mars 1904). D’après les expériences des auteurs, il semble que le bacille de Lôftler ne meurt pas tout de suite dans l’eau. Il s’y développerait même pendant une dizaine de jours. Si cela se confirme, il faudrait bien admettre que la contagion de la maladie peut se produire par contamination de l’eau potable. Les mêmes auteurs ajoutent que les procédés de recherche des bacilles coli et d’Eberth pâr le bouillon phéniqué empêchent celle du bacille de Lôftler ; car ce bouillon, même très faible, arrête le développement du bacille de Lôftler.
- —H(— Machines. —Les essais faits par les soins de F «American Railway Master Méchanics’ Association » sur la valeur comparative du tiroir ordinaire et de la distribution par piston cylindrique, n’accusent la supériorité marquée d’aucun des systèmes au point de vue des pertes effectuées.
- —^— Statistique. — En 1903, la production du sucre de betterave, en Europe, a été évaluée à 5 850 000 tonnes contre 5542Ô00 et 6 760000 tonnes en 1902 et 1901. La récolte de Cuba dè 1903 s’éleva à 1030000 tonnes contre 999 000 et 850 000 en 1902 et 1901; celle de Java atteignit 14542 335 picols contre 13966913 et 12 621651 picols; 1 picol vaut environ 60 kg,
- —H£— Variétés. — Voici la statistique des bénéfices de l’administration des postes dans les différents pays en 1903. Grande-Bretagne, 105 1/2 millions de francs; Russie, 71 1/2 millions; France, 66 millions; Allemagne, 62 1/2 millions; Espagne, 15 millions; Hongrie, 14 millions; Belgique, 12 3/4 millions; Pays-Bas,. 5 millions; Suisse, 3 1/2 millions dp francs. Il y eut, aux Etats-Unis, un déficit de 13 millions.
- —H(— Physiologie. — M. Tissot a fait des expériences nouvelles sur la respiration aux hautes altitudes, en effectuant ses
- recherches au niveau de la mer dans un laboratoire perfectionné. Il a étudié l’effet d’une diminution dans la tension de 1 oxygène atmosphérique. Les résultats obtenus peuvent être résumés ainsi : 1° Une grande diminution de la tension de l’oxygène dans l’air inspiré ne détermine aucune modification des combustions intra-organiques, évaluées d’après les échanges respiratoires. La valeur des combustions respiratoires est donc indépendante de la tension qu’affecte l’oxygène dans le milieu atmosphérique. 2° La diminution de tension de l’oxygène dans l’air inspiré détermine, aux hautes altitudes aussi bien qu’au niveau de la mer, une diminution considérable du taux de l’oxygène dans le sang artériel. 3® La valeur des combustions intra-organiques est indépendante de la proportion d’oxygène du sang artériel. 4° Les modifications qui surviennent dans les phénomènes mécaniques de la respiration et les symptômes du mal d’altitude semblent dépendre exclusivement de l’appauvrissement du sang en oxygène.
- —Ht— Chemins de fer, — La traction électrique semble s’imposer de plus en plus pour les lignes de banlieue : la Compagnie américaine New Haven Railroad vient de décider qu’elle consacrerait sous peu 40 millions de francs à installer ce mode de traction sur quatre de ses lignes entrant à New-York.
- —Ht— Tremblements de terre. — Le 23 janvier, plusieurs villages situés dans le rayon d’Aghia, en Thessalie (Grèce), ont été complètement détruits par suite d’un tremblement de terre ; on en signale plusieurs depuis quelque temps dans cette contrée. A la même date, on a ressenti également quelques secousses à Belgrade. Dans la nuit du 23 au 24 janvier, vers 3h 20m du matin, une forte secousse de tremblement de terre, d’une durée d’environ trois secondes, a eu lieu à Bonneville, dans la Haute-Savoie.
- -m- Météorologie. — Dans la semaine du 23 au 29 janvier, le temps a été froid et pluvieux. Le 23 janvier, on a recueilli 56 mm d’eau à Perpignan, 11 mm au cap Béar, 5 mm à Cette. Le matin, la température était —7° à Nancy, —3° à Paris, 8° à Toulouse, — 7° au mont Ventoux, —11° au Pic du Midi; aux environs de Paris, à Achères, on a trouvé —7°,4. Le 23 janvier, on a signalé beaucoup de neige à Montbrison. Le 24 janvier, il a plu à Cette (8 mm d’eau), à Clermont (5 mm), à Paris (2 mm). La température moyenne à Paris a été de 4°,3. Le 25 janvier, la température s’est abaissée ; le matin, il a gelé dans les parties basses de la banlieue ouest de Paris. Il est tombé 46 mm d’eau à Perpignan, 14 mm à Cette, 2 mm à Besançon. La température moyenne à Paris a été de 2°,8. Le 26 janvier, des pluies sont tombées à Dunkerque, Nancy et Gap. Le matin, le thermomètre marquait 0° à Paris, 2° à Toulouse, 5° à Clermont, —6° au mont Ventoux, — 8° au Pic du Midi. A Paris, le ciel est resté brumeux, surtout dans les quartiers du sud-ouest; il a gelé en banlieue, on a noté —2°,2 à Achères et —1°,6 à Vaucluse. Le 27 janvier, des neiges et des pluies sont tombées dans quelques stations du nord et du sud du continent. Une tempête s’est abattue sur New-York et la neige a formé une couche de 25 centimètres d’épaisseur. La température le matin était de — 6° à Belfort, — 4° à Paris, — 3° à Toulouse, — 8° au mont Aigoual. A Paris, le ciel a été nuageux; quelques grains de neige sont tombés vers 2 heures de l’après-midi. La pression barométrique a été très élevée; elle a atteint 786 mm. Le 28 janvier, on a noté également des pressions barométriques exceptionnellement élevées : 790 mm en Irlande, 789 mm en Bretagne, 785 mm à Paris. Il est tombé 7 mm d’eau à Briançon, 2 mm au Puy de Dôme, 1 mm à Nancy. Le thermomètre marquait le matin —4° à Belfort, —1° à Marseille, 4° à Paris, —8° au mont Aigoual, — 10° au Pic du Midi; la gelée blanche a été signalée aux environs de Paris. Le 29 janvier, le baromètre marquait à Paris le matin 786mDl,2; on a signalé quelques pluies à Nancy, à Belfort et à Clermont. La température était de —1° à Paris, —1° à Belfort, 3° à Lyon, 6° à Brest, —6° au Pic du Midi.
- 10
- p.37 - vue 469/536
-
-
-
- 38
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- tT Adresses relatives aux appareils décrits. — Le pa-goscope se trouve chez M. Bernel-Bourette, 36, rue de Poitou, à Pans et chez tous les opticiens et marchands d’instruments pour le jardinage et l’horticulture. — Pour les appareils à raboter les parquets, s’adresser à MM. Mayor and Coulson, ingénieurs, à Glasgow.
- Communications. — M. le chevalier Edmond Marchai, secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique, nous envoie une brochure intitulée : Le Puits de la Vérité issu du symbole de l’astronomie chaldéenne publiée à Bruxelles chez Hayez, 1904, dans laquelle il montre que le dicton « la vérité est au fond du puits » est de l’invention du philosophe Démo-crite, faisant allusion à l’Observatoire astronomique primitif des Chaldéens.
- M. Weisgerber, à Paris, nous communique une coupure d’un journal allemand attribuant à Guillaume Weber l’invention du télégraphe électrique. Nous serions curieux de connaître l’origine de cette opinion qui ne nous semble guère fondée.
- M. H. Correvon publie, dans le Bulletin de la Société nationale d’acclimatation en France, une Note sur La culture des plantes alpines dans le sphagnumà
- Renseignements. — M. Taraime, à Paris. — Pour la confection des cartes en relief, adressez-vous à M. Cabrisy; 24, avenue d’Orléans, à Paris.
- M. A. C., à Versailles. — Un nid de guêpes peut se conserver indéfiniment sans préparation spéciale ; avoir soin cependant de bien tuer toutes les guêpes et de détruire les œufs.
- M. Ringuet, à Trélon. — Pour éviter la congélation de l’eau de refroidissement d’un moteur à pétrole, ajoutez environ 1 kilogramme de glycérine pour 5 litres d’eau.
- M. Vasselin, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant spécialement ce sujet. Tous nos regrets.
- Dt N., à la Chaise-Dieu. — Nous ne connaissons pas de maisons faisant spécialement le patin sur neige, mais vous pourriez vous adresser à MM. Pillou, 31, rue de Constantinople, à Paris, ou Chobert, 16, rue Lafayette, à Paris, fabricants de patins à lace qui pourront, ou vous renseigner, ou vous fournir irectement.
- M, le Dr Lemariey, à Rouen. — 1° Il a été construit des chutes d’eau artificielles en différents endroits, notamment aux environs de Lyon par la Société de Jonage, à Lyon. — 2° Nous ne pouvons vous dire si cette Société consentira à vous communiquer ses plans; il faut vous adresser directement à elle.
- M. Bolle, à Gorizia. — Nous avons reçu votre observation et nous en tenons compte ; tous nos remerciements.
- M. J. Cetlreau, à Paris. — 1° Pour les ammonites du jurassique, consultez : la Paléontologie française des terrains jurassiques (Céphalopodes, 2 vol. texte et atlas) par Alcide d’Orbigny; les fossiles d’Angleterre par Sowerby; les ouvrages divers de Quenstedt, d’Oppel, de Zittel, d’Uhlig ; le traité spécial de Dumortier; les travaux de Dumortier et de Fontanne; l’ouvrage anglais the Lias Ammonites de Wright, etc. Vous trouverez tous ces ouvrages à la bibliothèque du laboratoire de paléontologie du Muséum d’histoire naturelle. — 2° Le traité de Zoologie de M. Ed. Perrier n’est pas encore complètement paru : il reste à publier les Vertébrés, à l’exception des poissons. Le traité de Zoologie concrète de MM. Deloze et Uérouard
- n’est pas non plus terminé; reste à.paraître : les vers, les arthropodes, les vertébrés. — 3° Nous ne pensons pas qu’il y ait à Montmartre des carrières intéressantes à visiter pour un géologue collectionneur.
- M. J. K. H,, à Solesmes. — Pour la classification des; insectes au point de vue de leur nocuité ou de leur utilité à l’agriculture, vous pouvez consulter l’Entomologie et la parasitologie agricole de M. Gueneaux, à la librairie Baillière, rue Hautefeuille, à Paris. 11 y a également au ministère de l’Agriculture, à l’Office des renseignements agricoles, un ouvrage de MM. Lecachou et Henneguy ayant pour titre : Insectes et autres invertébrés nuisibles aux plantes cultivées et aux animaux domestiques.
- M. Çrasquin, à Lille. — Il existe des machines automatiques pour poser des bandes métalliques dans les coins des boîtes en carton; il faut s’adresser à MM. Courcel frères, 18, rue Parmentier, à Paris.
- M. Em. Am. délia Santa, à Bruxelles. — Nous ne trouvons dans notre n° 1649 du 31 décembre 1904 aucune Note relative à un système d’aiguillage automatique; veuillez préciser l’article dont vous parlez.
- M.'Joubert, à Mende. — Nous avons consacré à la question gué vous nous signalez deux articles de M. R. de la Brosse, intitulés Les forces motrices du Rhône (n°1502, 8 mars 1902, et 1506, du 5 avril 1902, p. 216 et 275) qui vous donneront, croyons-nous, entière satisfaction.
- M. Chardin, à Brest. — Si l’on approche une montre ordinaire d’une dynamo, la spirale d’acier s’aimante et cause l’arrêt du mouvement. Il est difficile, sinon impossible de désaimanter complètement du fer aimanté, à moins de chauffer au rouge. Le moyen pratique serait de soumettre l’objet à des cycles d’aimantation complets d’intensité décroissante : dans le cas d’une montre, il faudrait la faire tourner rapidement dans un même plan en l’éloignant lentement de la dynamo.
- M. H. C., à Lavelanet. — Vous pourrez vous procurer à la librairie Masson et Cie, à Paris, le « Formulaire de l’électricien », par M. E. Hospitalier. Prix : 6 francs.
- M. Eduardo Faria, à Villa Nuova de Familicao. — Vous trouverez des ouvrages sur la photogravure à la librairie Gau— thier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. P. C., au Mans. — 1° La dorure peut être obtenue par le procédé au chrysol, de M. Faune, ingénieur, à Lausanne, dont le détail est exposé dans le livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie. — 2° La recette pour le liquide des grenades extinctrices se trouve dans le même petit livre; il faut faire dissoudre 10 kilogrammes de sel ordinaire et 5 kilogrammes de sel ammoniac dans environ 30 litres d’eau et enfermer dans des bouteilles bien bouchées.
- M. Lovens, à Liège. — Adressez-vous à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Pétri, à Paris. — Nous n’avons rien publié au sujet du moteur que vous nous signalez.
- M. R. D., à Paris. — Renseignez-vous auprès de MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. P. Ferry, à Lunéville. — Nous nous efforcerons de tenir compte de votre intéressante observation.
- M. L. Jouanaud, à Trois-Rivières. — Pour tous les renseignements sur le goudronnage des routes et sur la westrumite, adressez-vous h M. Kafferer, 50, rue de Châteaudun, à Paris.
- M. J. P., à Paris. — Nous ne nous occupons pas de spiritisme. Adressez-vous à la Librairie spirite et des sciences psychiques, 42, rue Saint-Jacques ou à la Librairie Vigot frères, place de l’Ecole-de-Médecine.
- M. Berthou, à Lyon. — Vous trouverez des thermomètres à cadran chez M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire ou M. Richard, 25, rue Mélingue, à Paris.
- M. R. C. — Pour le rouge glycin et ce qui ceneerne la photographie des couleurs, veuillez vous adresser à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain et à MM. Lumière et ses fils, 35, rue de Rome, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Lambert, à Cahors. Nous ne croyons pas qu’il ait été pris de brevet pour un produit de ce genre. — M. V. Amiel, à Tulle. Nous ne décrivons jamais un appareil avant de savoir quels résultats il a donnés à l’expérience; veuillez nous dire les résultats- que vous avez obtenus. — M. J.-P. Richter, à Stuttgart. Ces procédés sont indiqués dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Cie. — M A. T., h Caen. Nous ne pouvons vous donner le renseignement que vous nous demandez. Tous nos regrets. — M. Raoul T., à Gap; M. Julien Vesque, au Havre. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison_
- p.38 - vue 470/536
-
-
-
- nouvelles Scientifiques.
- m
- PETITES INVENTIONS1
- Nettoyeur de couteaux. — Ce simple petit appareil consiste en deux disques parallèles recouverts de peau, et montés sur un même arbre qui est pourvu d’une manivelle. On le fixe au coin d’une table comme le montre la figure; on
- Nettoyeur de couteaux.
- place la lame du couteau entre les deux disques et on fait tourner la roue au moyen de la petite manivelle. On nettoie très rapidement les couteaux sans aucune fatigue. — Le nettoyeur de couteaux se trouve chez M. Renaut fils, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Couvert confortable. — Il est utile dans beaucoup de circonstances d’avoir sur soi un couvert confortable qui permette de prendre aisément un repas. Le couvert que nous signalons pourra rendre des services. Un petit étui en maroquinerie contient un verre en cristal, dans lequel rentre une
- Couvert confortable.
- trousse renfermant un couteau, une fourchette et une cuillère pliants en métal blanc nickelé ; le manche de la fourchette est muni d’un tire-bouchon. Le couvert complet tient aisément dans la poche et n’occupe pas plus de place qu’un portefeuille. — Le couvert confortable se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- L’Indo-Chine française, par Paul Doumer, député, ancien ouverneur général de l’Indo-Chine. 1 vol. grand in-4°, 70 illustrations. Librairie Vuibert et Nony. Paris, 1905. Prix : 10 francs.
- Dans ces souvenirs de ses cinq années (1897-1902) de gouvernement en Indo-Chine, M. Doumer qui a parcouru les cinq provinces en tous sens, substitue à bien des légendes les vues profondes et ta réalité des observations. M. Doumer a fait de grandes choses en Indo-Chine et la belle page d’histoire coloniale qu’il a écrite sur la terre d’Asie, nous en rend un compte à la fois simple et instructif.
- Découverte d'un puissant gisement de minerais de fer dans le grand bassin houiller du nord de la Belgique. Suite aux publications de 1876 et 1902 concernant ce bassin, par
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Guillaume Lambert, ingénieur des mines, professeur émérite et doyen d’âge à l’Université catholique de Louvain. 1904.
- La végétation des lacs du Jura, par A. Magnin, in-8°, 426 p., 210 fig. et 18 pl. Paris. Klincksieick, 1904.
- L’éminent doyen de la Faculté des sciences de Besançon nous donne ici la première partie de la vaste monographie qu’il a entreprise sur les lacs du Jura et qui l’occupe depuis 12 années. Ce premier volume contient les notions générales du sujet et la flore macrophyte de 80 lacs jurassiens. Ultérieurement l’étude du plancton et la limnologie d’ensemble du Jura compléteront cette capitale œuvre d’histoire naturelle.
- Éléments de sidérologie, par IIanns Baron von Jüptner, professeur à l’Ecole des Mines de Leoben. Traduit de l’allemand, par E. Poncelet et A. Delmer, ingénieurs. lre partie : Constitution des alliages de fer et des scories. 1 vol. in-8°. Paris, Ch. Béranger, éditeur.
- Exposé de la méthode hydrothérapique. Histoire. Théories. Technique. Applications cliniques, par le Dr Beni-Barde. 1 vol. in-8°. Paris, Masson et Cie, éditeurs. 1905. Prix : 8 francs.
- Traité pratique du transport de l'énergie par l’électricité, par Louis Bell, membre de l’Institut américain des ingénieurs électriciens. Traduit sur la 3“ édition américaine, par Armand Lehmann. 1 vol. in-8°. Paris, Vre Ch. Dunod, éditeur. Prix : broché, 25 francs; cartonné, 26fr,50.
- Du Mézencaux sources de la Loire (Mézenc, Gerbier-de-Jonc, Chartreuse de Bonnefoy, Lac d’issarlès). Histoire et description, par Gaston Fontanille, avocat près la Cour d’appel de Grenoble. 1 brochure in-8\ Aubenas. Editions du Pays Cévenol.
- Nouveau système de traitement des alluvions aurifères au moyen du Sluice-box mobile, par Félix François, ingénieur civil à Saint-Etienne. 1 brochure in-8°. Extrait du Bulletin de la Société de l’Industrie minérale, 4e série. Tome III. 3e livraison 1904.
- Annuaire Marchai des Chemins de fer et des tramways. 19e année. 1 vol. grand in-8°. YTe Ch. Dunod. Paris. Prix ; 7 francs.
- Les Déchets industriels, récupération, utilisation, par P. Razous, membre agrégé de l’Institut des Actuaires, ancieiy inspecteur du travail. 1 vol. in-8°. Paris, YTe Ch. Dunod, éditeur. 1905. Prix : broché, 12fr,50; cartonné, 14 francs.
- Description du matériel d’une petite installation scientifique, lre partie, par Charles Janet. 1 brochure in-8°. 1903. Limoges, Ducourlieux et Goût, imprimeurs.
- Observations sur les guêpes, par Charles Janet. 1 brochure in-8°. 1903. Paris. C. iSaud, éditeur.
- Field Columbian Muséum. The Oraibi Summer Snake cere-mony, by II. R. Yoth, Department of Anthropology. — The Stanley Mc Cormick Hopi Expédition, George A. Dorsey, Curator, Department of Anthropology. 1 vol. in-8°. Chicago. U. S. A. Novembre 1903.
- Field Columbian Muséum. Annual report of the Director to the Board of trustées for the year 1902-1903. 1 brochure in-8°. Chicago. U. S. A. Octobre 1903.
- Smithsonian Miscellaneous Collections. Volume 1. Quarterly Issue. Parts 3 and 4. October-December 1903. 1 vol. in-8°. City of Washington, Published by the Smithsonian Institution 1904.
- Field Columbian Muséum. Descriptions of apparenily new species and subspecies of mammals and a new genei'ic name proposed, by D. G. Elliot. 1 brochure in-8°. Chicago. U. S. A. March. 1904.
- Field Columbian Muséum. Catalogue of mammals Colleçled by E. Heller in Southern California, byD. G. Elliot, 1 brochure in-8°. Chicago. U. S. A. March. 1904. Field Columbian Muséum. Plantæ Yucatanæ (Regionis Antillanæ). Charles Frédéric Millspaugii, Curator Department of Botany. Fascir cule II. Compositæ. 1 brochure in-8°. Chicago. April 1904.
- Classified list of Smithsonian Publications available for distribution. April 1904. 1 brochure in-8°. Published by the Smithsonian Institution, City of Washington. 1904.
- Atmospheric friction with spécial reference io aeronaulics, by A. F. Zahm. 1 brochure in-8°. Washington, Published by the Society. Juin 1904.
- On a possible variation of the solar radiation and its probable effict on terrestrial températures, by S. P. LangleV. Reprinted from the astrophysical Journal. 1 brochure in-8®. Printed at the University of Chicago Press.
- p.39 - vue 471/536
-
-
-
- 40
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES;
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,301. — Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL • PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 janvier . . — 2°,9 N. E. 1. Très nuageux. 1,6 Gelée bl. ; givre ; pluie de 15 h. à 17 h.
- Mardi 24 4”,0 S. S. E. 2. Couvert. 0,6 Couv. ; petite pluie de 2 h. 45 à 4 h. ; bruine de 7 à 9 h. brouill. dans la soirée.
- Mercredi 25 2°,2 S. S. W. 1. Couvert. » Brouill. jusqu’à 15 h. de 150 à 1000 m. ; couvert.
- Jeudi 26 ü”.2 N. N. E. 3 Beau. » Gelée bl. ; nuag. de 10 h. à 16 h. ; beau avant et après.
- Vendredi 27 .... . - 2',8 N. N. E. 2. Beau. » Gelée bl. ; givre ; beau le matin ; nuag. le soir.)
- Samedi 28 5°,7 N. N. W. 2. Couvert. » Couv. le matin ; puis nuag. ; beau après 19 lr. ; brouillard! dans la soirée.
- Dimanche 29 — 0°,8 W. N. W. 2. Couvert. J» Gelée bl.; givre; couvert; brouillard jusqu’à 15 h. de 70 m. à 10 h.
- JANVIER 1905. — SEMAINE DO LUNDI 23 AO DIMANCHE 29 JANVIER 1905
- Lu courbe supérieure indique lu nébulosité de 0 à 10,' les flèches inférieures, lu direction du vent. Les courbes du milieu indiquent • courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites à l’Observatoire du parc Saint-Maur pendant l’année fl004
- par M. Tu. Moureaux.
- Pression barométrique (ait. : 50“,3). Moyenne des 21 heures, 758“",10; moyenne mensuelle la plus élevée, 760”",63 en novembre ; la plus faible. 730””,54 _en février; minimum absolu, 728“",2 le 9 février; maximum absolu, 775m",i le 14 novembre ; écart extrême annuel, 45““,2.
- ^Température. Sous l’abri : moyenne des m’inima, 5°,91; des maxima, 15°,37 ; de l’année, 10°,65 ; vraie des 24 heures, 10°,40 ; moyenne mensuelle la plus élevée. 21°,09 en juillet; la plus faible, 1°,86 en janvier; celle de décembre, 4°,90, a été un peu plus élevée que celle de novembre, 4°,56 ; minimum absolu, — 7°,1 le 1" janvier et le 1" mars ; maximum absolu, 36°,9 le 17 juillet. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 3°,73; des maxima, 27®,98; minimum absolu, —11°,0 le 1" mars; maximum absolu, 00 ,0 le 17 juillet. Dans le sol gazonné : moyenne de l’année à 9 heures; à 0*,30 de profondeur, 10°,82 ; à 1 mètre, 11°,25 ; minimum absolu à 0“,30, 0°,98 lev3 mars; à I mètre, 3°,80 le 29 janvier; maximum absolu à 0*\30, 23°,80 le 17 juillet; à 1 mètre, 19°,58 le 26 juillet. De la Marne : moyenne le matin, 12°,37; le soir, 12°,85; minimum absolu, 0°,98 le 2 janvier; maximum absolu, 27°,70 le 16 juillet. La température a dépassé 20° pendant 78 jours, dont 2 en mai, 18 en juin, 31 en juillet, 27 en août.
- Tension de la vapeur. Moyenne de l’année, 7““,56 ; moyenne mensuelle la plus élevée, lim“,19 en juillet; la plus faible, 4“”,61 en janvier; minimum absolu, 2”“,2 le 28 février; maximum absolu, 17””,6 le 17 juin.
- Humidité relative. Moyenne de l’année, 78,5; moyenne mensuelle la plus elevée, 89,9 eu décembre; la plus faible, 63,5 en juillet; minimum absolu, 21, le 9 juillet ; le maximum, 100, a été atteint tous les mois, sauf en juillet (98) et en août (99) le plus fréquemment en octobre 19 jours, et en novembre, 20 jours.
- Nébulosité. Moyenne de l’année (6 h. à 21 h.), 6,01 ; moyenne mensuelle la plus elevee, 7,62, en décembre; la plus faible, 3,39 en juillet; on a noté 17 jours sans traces de nuages, 2 en juin, 2 en juillet, 3 en août, 4 en septembre, 2 en octobre, 1 en novembre, 3 en décembre.
- Insolation. Rapport de la durée effective de l’insolation (1999 heures) â la duree totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon (4457 heures) 0,15; valeur mensuelle la plus grande, 0,75 en juillet; la plus faible, 0,22 en décembre ; les heures d’insolation se rapportent à 294 jours.
- Pluie. Total de l’année, 519““,4 en 465 heures réparties sur 140 jours dont 7 seulement ont fourni plus de 15 mm d’eau, et en outre 36 jours de pluie ou neige inappréciable ; pluie maximum en un jour, 23““,7 le 13 sep-
- tembre; mois le plus pluvieux, septembre, 85'
- 11““,2.
- ',0 ; le plus sec, novembre,
- Nombre de jours de gelée, 67, dont 20 en janvier, 9 en février, 10 en mars, 2 en octobre, 14 en novembre, 12 en décembre; 12 consécutifs et 4 sans dégel en janvier; de gelée blanche, 91; de rosée, 133; de brouillard, 31; d’orages, 2i; d’éclairs seuls, 6; de neige, 8; de grêle, 8; de grésil, 7 ; de givre, 14 ; de halos, 62. La dernière gelée blanche du printemps est du 5 mai, et la première de l’automne, du " 0 septembre. La dernière gelée de l'hiver 1903-1904, —0°,7, s’est produite le 26 mars, et la première de l’hiver 1901-1905, —O1,5, le 10 octobre.
- Fréquence des vents. Calmes, 1 N 702 E 77. 301 S 560 W . . . . 422
- N. N . E. . 818 E. t LE... 213 S. S. W . 866 W. N. W. 310
- N. E. . . . 1047 S. 1 167 s. w. . . 1006 N. W. . . 306
- E. N. E. . 594 S. S LE... 329 W. S.W 558 N. N. W . 408
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne annuelle des 24 heures, 3”,5; moyenne mensuelle la plus grande, 5",4 en février; la plus faible, 1“,9 en septembre ; vitesse maximum, 17",2, le 7 décembre ; par vent S.W.
- Hauteur de la Marne. Moyenne de l’année, 2”,52 ; moyenne mensuelle la plus élevée, 4“,10 en février ; la plus faible, 1“,75 en novembre, minimum absolu, 1”,49 le 15 juillet; maximum absolu, 5",35 le 24 février, elle a débordé pendant dix jouis consécutifs, du 20 au 29 février.
- Electricité atmosphérique. Moyenne de l’année, 233 volts; moyenne mensuelle la plus grande, 354 volts en janvier; la plus faible, 152 volts eu septembre; amplitude diurne,0,40; amplitude nocturne, 0,65. L’amplitude diurne est le rapport, à la moyenne mensuelle, de la variation du potentiel entre le maximum du soir (maximum principal) et le minimum de jour; l’amplitude nocturne est le rapport, à la moyenne mensuelle, de la variation du potentiel entre ce même maximum et le minimum de nuit (minimum principal).
- Comparaisons aux valeurs normales (30 années 1874 à 1903). Baromètre, + 0”“,31 ; température, -t- 0°,35 ; tension de la vapeur, -a- 0““,03 ; humidité relative, —0,2; nébulosité —0,11; pluie —37"“,3; jours de pluie, — 22 ; jours d’orages, — 3.
- Taches solaires. On a observé 119 taches ou groupes de taches solaires en 267 jours d’observations; 5 jours seulement, le Soleil a paru dépourvu de taches, les 16,17 février; 14, 15 septembre; 25 décembre.
- Dates des principales perturbations magnétiques. Janvier, 16: avril, 1-2, 18-19; mai, 12-13; juin, 15-16; juillet, 6-7; août, 3-4; septembre, 25; octobre, 21-22.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 28, à 0 h. 29 m. du matin.
- p.40 - vue 472/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C*%
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1655 (11 février 1905), du journal <r La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Bureau des Longitudes. — Sont nommés pour l'année 1905 : Président du bureau des longitudes, M. Radau, membre de l’Académie des siences. Vice-président, le vice-amiral Fournier. Secrétaire, M. Bigourdan, astronome à l’Observatoire de Paris-.
- —Astronomie. — Notre collaborateur, M. L. Rudaux, nous signale la présence, sur le soleil, d’une tache immense, une -des plus grandes qui aient été vues jusqu’à présent; sa dimension colossale, d’environ 175000 kilomètres de longueur, la rendait très aisément visible à l’œil nu, à l’aide d’un simple verre fumé, surtout au passage vers le milieu du disque, le 4 février. Elle disparaît maintenant au bord du disque, mais si elle persiste encore quelque temps, nous la verrons revenir avant la lin du mois.
- —Congrès. — Le 4e Congrès international d’assistance publique et privée aura lieu à Milan, en octobre 1905. Le Comité exécutif (à l’Hôtel de Ville de Milan) publie une revue qui sera envoyée gratuitement à toute personne en faisant la demande.
- —Métropolitain. — On a commencé le 28 janvier sur le boulevard de Sébastopol, à Paris, le fonçage des puits d’extraction des terres pour la construction de la ligne n° 4 du Métropolitain ainsi que les divers travaux préparatoires de dérivations d’égouts.
- _Automobile. Concours. — L’Aulomobile-Club de France vient de recevoir de M. le prince Pierre d’Arenberg, président des Autombiles-Clubs régionaux, la somme de 500 francs destinée à être attribuée en prix à l’inventeur qui aura établi un appareil pouvant mettre les mains du conducteur à l’abri du froid ou les chauffer en marche. L’appareil ne devra comprendre aucune disposition enfermant le conducteur dans un système où il ne peut ni rien entendre, ni faire signe. Le dépôt des projets doit avoir lieu avant le 15 février, à l’Automobile-Club de France, 6, place de la Concorde, à Paris.
- —Puissance motrice hydraulique. — Le journal Pro-metheus rapporte, d’après une conférence dç C. Swinton, à l’Association Britannique à Cambridge, que la puissance motrice hydraulique employée à la production de l’cnergie électrique dans le monde entier s’élève à 1 485300 chevaux, dont 527 500 aux Etats-Unis, 228200 au Canada, 210000 en Italie, 161500 en France, 133 500 en Suisse, 81000 en Allemagne, 71000 en Suède, 18 500 au Mexique, 16 000 en Autriche, 11900 dans la G'rande-Brétagne, 10 000 en Russie, 7000 aux Indes, 2500 au Japon, 2100 dans le sud de l’Afrique, 1200 au Venezuela, 800 au Brésil.
- —^— Le taximètre. — Le taximètre a déjà rendu de grands services, et il est appelé à en rendre encore de nombreux. Malgré sa solidité éprouvée, il arrivait que quelquefois lé mécanisme se détraquait. Il en résultait des contestations entre voyageurs et cochers. La Compagnie générale des voitures a pris une résolution qui met fin à toutes ces contestations ; elle prend à sa charge la perte qui peut résulter d’un arrêt dans le fonctionnement du taximètre. Quel que soit le cas, le voyageur ne doit donc payer au cocher que la somme marquée par le taximètre. Aucune voiture ne doit circuler avec un appareil qui ne fonctionne pas ; si l’avarie se produit en cours de route, le voyageur ne paye que la somme indiquée.
- —Aéronautique. — Le Comité de l’Aéro-Club de France vient de voter la création d’un grand prix qui sera distribué chaque année, dans la première quinzaine d’octobre, après un concours de ballons ; le départ aura lieu aux Tuileries.
- —Désinfection. — L’Administration des chemins de fer Bavarois recourt normalement au formaldéhyde pour la désinfection
- de ses wagons : on place sur le plancher un récipient métallique contenant des masses métalliques portées au rouge sombre, puis on y verse une solution de formaldéhyde à 20 pour 100, et l’on ferme hermétiquement fenêtres et portières. On laisse agir 7 heures pour ventiler ensuite énergiquement.
- —Télégraphie sans fil. — Des expériences de télégraphie sans fil ont été réalisées le 5 février entre Dieppe et Newhaven par la London Brighton and South Coast Railway Company. Les résultats auraient été si satisfaisants qu’on espérerait pouvoir, dans une semaine, établir pour le public des communications constantes avec les navires faisant le service entre les deux ports.
- —Eaux. — On projette la construction en Suisse d'un réservoir énorme qui créerait une retenue de 96 millions de métrés cubes d’eau, pour alimenter une puissante usine hydro-électrique ; il s’agit de barrer, assez facilement d’ailleurs, un point de la vallée supérieure de la Sihl, près d’Einsiedeln, non loin du lac de Zürich. La retenue moyenne serait au niveau de 880 mètres, et, en évacuant les eaux dans le lac, on aurait une chute brute disponible de plus de 480 mèlres.
- —Eaux. — De recherches faites par M. Magill, membre de la Society of Chemical Industry, il résulte que les eaux d’alimentation dont la dureté est uniquement due au bicarbonate de chaux, peuvent être adoucies de moitié simplement par une vigoureuse agitation durant une heure.
- —Horlogerie. — Un inventeur allemand, K. Siegl, vient d’imaginer un dispositif pour commander et régler électriquement les horloges, au moyen d’une pile au sélénium. Celle-ci se trouve au foyer d’un miroir parabolique, et un jeu de deux ouvertures, dont l’une est ménagée dans une plaque portée par un pendule, permet au rayon lumineux émanant d’une lampe électrique de venir frapper le sélénium quand le pendule est au point le plus bas de sa course. Le sélénium agit alors sur un électro-aimant, et une impulsion est donnée au moment voulu au pendule de l’horloge.
- —Agriculture. — M. Labergerie a réussi à transformer en tubercule alimentaire, excellent au goût et poussant merveilleusement dans les terrains humides, une pomme de terre qu’on n’avait envisagée jusqu’ici que comme plante fourragère : c’est le solanum commersoni Dunal, qu’il cultive depuis quatre ans. Les rendements atteignent au moins 90 000 kilogrammes à l’hectare, les tubercules dépassant le poids de 1600 grammes ; la richesse en fécule peut atteindre 17 pour 100.
- —Chimie. — M. Courtot vient de signaler, dans le Génie Civil, l’excellent parti que l’on peut tirer, à son avis, du chlorure de calcium comme desséchant, pour absorber la vapeur d’eau qui sature l’air dans les glacières servant à conserver certaines matières alimentaires. Le chlorure desséché du commerce semble avantageux, d’un prix acceptable, d’un maniement facile.
- —Métaux. — D’après une série de recherches faites par MM. Ôlry et Bonnet et publiées dans le Bulletin de l'Association des Propriétaires d'appareils à vapeur du Nord, il ne faut jamais soumettre les tôles d’acier et de fer à un travail de martelage lorsqu’elles sont portées à une température comprise entre 200 et 450° : cette température les rendrait en effet trop fragiles.
- —— Mécanique. — Un ingénieur de Rouen, M. Dalmar, vient d’inventer un ingénieux appareil pour nettoyer l’intérieur des tubes à fumée des chaudières : il le nomme un « Ramoneur^ à air chaud sous pression ». Il comporte une lance creuse avec une tête conique qu’on présente à l’ouverture de chaque tube. La vapeur, amenée par un tube flexible, sort au centre de la tête conique en aspirant de l’air par des orifices latéraux; elle entraîne cet air dans le tube, qui se trouve violemment balayé et nettoyé. On prend l’air dans les carneaux, ce qui fait qu’il est sec.
- 11
- p.41 - vue 473/536
-
-
-
- 42
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Errata. — Dans l’article sur un châtaignier millénaire (n° 1652 du 21 janvier 1905, p. 28) dans tout l’article au lieu de : Arrau, il faut : Arran, et, sous les figures, au lieu de : vues du châtaignier millénaire, il faut à droite : vue du chêne d’Arran, à gauche : vue du châtaignier millénaire. — Dans la chronique du n° 1654, du 4 février 1904, page 158 (lre colonne, ligne 22), au lieu de : l’Ancocagua, il faut : l’Aconcagua.
- Communications. — M. L.-A. Fabre nous communique une très intéressante note sur Les Incendies pastoraux et les Associations dites forestières dans les Pyrénées centrales. L’auteur attire l’attention sur la constitution d’associations dites « Sociétés forestières » qui achètent collectivement des forêts ou des vacants boisés, et dans l’unique but de déboiser le sol, de le pastoraliser au moyen du feu. Il montre l’insuffisance de la loi du 17 décembre 1902 contre ces actes de vandalisme dont les conséquences désastreuses ne sontj que trop connues.
- M. le Dr J. Chifflot nous adresse une brochure sur Les maladies et parasites du-chrysanthème, dans laquelle il examine successivement les parasites qui s’attaquent aux racines, au collet, aux tiges, aux feuilles, aux fleurs ou aux fruits, donnant pour chacun l’indication du meilleur mode de traitement, ainsi que de nombreuses figures.
- M. St. Bogdan, à Bucarest, nous envoie une brochure intitulée : La viscosité comme moyen de contrôle du lait. Il fait voir combien la viscosité est variable et sensible aux faibles différences en résidu total et en graisse. Le coefficient de viscosité croît proportionnellement à la quantité du résidu total et notamment à la quantité de graisse ; il diminue d’une manière très sensible par le décrémage, de même que par la dilution du lait. La viscosité est donc un excellent moyen de contrôle à appliquer à la recherche du mouillage et du décrémage du lait.
- M. le Dr Caries, à Bordeaux, nous adresse une note A propos des gâteaux toxiques : il y montre que la toxicité est due à ce que les gâteaux sont faits avec des œufs de cane, ces œufs étant souvent infestés par des insectes, des vers, et surtout des bactéries. Les accidents sont particulièrement fréquents dans la Gironde où l’élevage des canards est très développé.
- Renseignements. — MM. Fouquet, à Grugies. — Nous vous avons indiqué la seule maison qui nous fût connue et ne pouvons vous renseigner plus amplement.
- M. V. Lourme, à Lille. — Le siège de la Compagnie universelle d’acétylène est 56, rue de Chàteaudun, à Paris.
- M. A. V., à Meudon. — Nous étudions la question et nous publierons prochainement un article à ce sujet.
- M. Ch. Henry, à Verdun. — 1° Pour les caractères généraux des plantes houillères, reportez-vous aux travaux de MM.Zeiller, de Saporta, Renault. — 2° Pour'les charbons d’algues (boghead d’Autun, herosène-shale, etc.) consultez les ouvrages de M. C. Eg. Bertrand parus dans les divers bulletins de la Société de l’Industrie minérale. — 3° Vous trouverez des reconstitutions grandeur naturelle des insectes de Commentry dans le livre de Brongniart sur les Insectes carbonifères parus dans le même recueil.
- M. A. Josse, à Rennes. — Renseignez-vous à l’office colonial, galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- M. Gilliard, à Paris. — Vos indications manquent de précision; veuillez vous adresser à un fabricant de moteurs à pétrole, comme M. Letombe, 108, boulevard Richard-Lenoir,
- MM. Roux et Cie, 54, boulevard du Temple, la Compagnie des moteurs Duplex, 130, rue Lafayette, etc., en indiquant quel travail vous faites effectuer à vos chevaux.
- M. Chaumont, à Paris. — Nous ne possédons pas cette adresse: veuillez vous adresser à l’auteur de l’article, M. Fanion,. 20, rue des Saintes-Claires, à la Rochelle.
- MM. van der Linde et Teves, à Amsterdam. — Les micromètres Newall, se trouvent à The Newall Engineering C° F-Atherton’s Wairington Quay (Grande-Bretagne), ainsi qu’il est indiqué en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1652 du 21 janvier.
- M. JSissim Philosoph, à Stamboul Constantinople. —1° Parfum hygiénique pour assainir les appartements : pétales de roses-rouges hachées, 55 gr. ; iris de Florence, 45 gr. ; storaxcalamite,. 45 gr. ; clous de girofle, 20 gr. ; cannelle, 8 gr. ; fleurs de lavande, 35 gr. ; essence de bergamotte, 10 gouttes; hacher très-menu, mettre en bocal, ajouter l’essence, agiter vivement, puis boucher le bocal. Pour se servir de ce parfum hygiénique, faire chauffer une pelle et jeter dessus une pincée de ce parfum. — 2° L’ozonature se vend à l’Ozonateur, 9, rue de la Chaussée d’Antin, à Paris ; des produits analogues sont en vente : ozo-eucalyptoline, 5, rue Meyerbeer, ozonéine, 28, rue Saint-Lazare, à Paris.
- M. L. L., 93, à Paris; M. Lhoest, à Chaudefontaine. — Nous ne possédons pas l’adresse que vous demandez; tous nos regrets.
- M. A. Guerbois, à Paris. — Voici une bibliographie sommaire des ouvrages sur les cerfs que nous connaissons : Cervus aniisensis, chilensis, brachyceros, por el Dr. R. A. Philippi, Santiago de Chile 1894 (Anales del museo nacionale de Chile, 1* seccion, zoolojia).—Das Bolwild, Naturschreibung, Hege und Jagd des heimischen Edelwildes in freier Wildbahn> par F. von Raesfeld, Berlin, P. Parey, 1899. — British deer andtheir horns, by Millais, London, II. Sotherau, 1897.— Studienüber Hirsche(Gattung Cervus), par Nitsche, Leipzig, \V. Engellmann. — Beitrage... (Histoire naturelle des cerfs), par Rutimeyer (à Leipzig). — The deer family, by Th. Roosevelt, Van Dyke, Elliot et Stone, New-York, Macmillan, 1902.
- M. Antonin Muniz Fiijo, à Delgada. — 1° Nous ne connaissons pas de journaux spéciaux pour la sculpture sur bois.
- — 2° Le mélange que vous nous indiquez nous semble des plus bizarres; nous ne voyons pas du tout à quel résultat il peut vous conduire ; en tout cas nous ne croyons pas, autant qu’on peut en juger par votre exposé, qu’il y ait à craindre-quelque explosion.
- M. Nissitn Philosoph, à Stamboul-Constantinople. — L» recette pour empêcher les objets en bronze, les dorures, etc., d’être détériorés par les mouches a été donnée dans le petit livre de Becettes et Procédés utiles, 4e série, à la librairie Masson et Cie. Faites bouillir trois ou quatre oignons dans un demi-litre d’eau ; enduisez avec une brosse douce les objets de cette décoction : les objets ne seront pas détériorés et les-mouches ne les repiqueront pas.
- M. de la Morandière, au Mans; M. Zassiropulo, à Marseille.
- — Nous ne servons jamais d’intermédiaire pour la vente d’aucun objet; veuillez vous adresser directement au fabricant.
- M. Oswald Heer, à Genève. — Vous trouverez des indications sur l’éclairage à l’acétylène dans le livre des Becettes et Procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie ; d’autre part, nous vous conseillons de vous adresser à la Compagnie universelle d’acétylène, 36, rue de Chàteaudun, à Paris.
- M. Furet, à Saint-Mandé. — Le pagoscope se trouve chez M. Bernel-Bourette, 36, rue de Poitou, à Paris, ainsi qu’il a été indiqué en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1654 du 4 février 1905.
- M. Fremiet, à Chalonnes. — 1® Nous avons transmis votre lettre au fabricant. — 2° L’adresse des fabricants dont nous décrivons les inventions est toujours donnée en tête de la Boîte aux Lettres du numéro même où elles paraissent ou dans le suivant.
- M. H. Villemey, à Paris. — Il est toujours préférable, quand le rendement est une question capitale, de faire travailler une machine dans les conditions de charge maxima, ou de charge voisine de la charge maxima.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. Dherbès, à Manosque. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. Victor Marche, à Caen. Vous trouverez cette recette dans le petit livre de Recettes et procédés utiles, 3° série, à la librairie Masson et Cie. — M. II. L., à Lens. Même réponse, mais consultez la 4e série. — M. J. de Clairfayt, à Grenoble. Remerciement pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison,
- p.42 - vue 474/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 45
- PETITES MENTIONS1
- Fixe-épingle. — On a enfin trouvé un petit mécanisme très simple et très ingénieux que l’on peut fixer sur les épingles de cravate et qui les retient en place sans les laisser échapper. Dans le dessin ci-joint (n° 1), on voit une épingle de cravate munie, à la partie inférieure, du système en grandeur nature, et ce dernier est représenté en coupe à grande échelle dans le n° 2. Il est formé, comme on le voit, d’un tube de métal doré creux intérieurement, et présentant les formes que montre le dessin, une forme tronconique en haut et les bords repliés à l’intérieur en bas. A l’intérieur de ce tube se trouve un deuxième tube d’un diamètre plus réduit qui porte en C une masse tronconique dans laquelle sont logées librement sur les côtés trois petites boules B. Ce tube passe au milieu d’un petit plateau qui vient se fixer sur les rebords repliés du premier tube dont nous avons parlé, èt il se
- 1 2
- Fixe-épingle. — 1. Monté sur une épingle. — 2. Détails du mécanisme intérieur (à grande échelle).
- termine en D par une petite boule. Un ressort R est placé au-dessous de la masse C, et la maintient à la partie supérieure. On place une épingle sur sa cravate, et il suffit ensuite de fixer le petit appareil en appuyant légèrement. L’épingle pénètre en A, traverse la masse C, le tube intérieur, la boule D et ressort à l’extérieur. L’épingle est bien fixée et ne risque plus de se détacher; les trois petites boules B, qui se sont écartées lors de l’introduction de l’épingle, provoquent un coincement entre la tige et les parois intérieures de l’appareil. Si l’on veut enlever l’appareil, on remonte la partie cylindrique et il suffit de tirer légèrement sur la boule. — Le fixe-épingle se trouve chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris. Prix ; 2tr,50.
- Turbine hydraulique avec ou sans dynamo. —
- On vient d’établir un petit modèle de turbine hydraulique qui peut aisément être montée sur une prise d’eau de distribution et qui peut fonctionner dans de bonnes conditions pour fournir la force motrice. La figure 1 nous donne une vue de cette turbine qui consiste en principe en un plateau recevant l’eau sous pression et se laissant entraîner par celle-ci. Ce plateau est placé sur un axe vertical fixé entre deux points entre lesquels il tourne. L’eau, arrivant sous pression, fait déplacer le plateau, entraîne l’axe et s’échappe ensuite dans un récipient ménagé à cet effet. Sur l’axe vertical, comme le montre notre dessin, se trouve une roue à friction qui vient frotter contre un disque vertical et le mettre en mouvement. Ce dernier disque est monté sur un arbre horizontal placé sur le côté et portant une petite poulie. Le mouvement de l’axe central est ainsi transmis à la poulie horizontale sur laquelle on fixe une courroie ou un cordon, et l’on peut actionner des tours, des machines à coudre, à hacher, en un mot fournir la force motrice à toute une série de petits outils qui rendent des services dans un petit atelier, A la place de la transmission dont nous venons de parler, on peut fixer une petite machine dynamo bipolaire, comme le montre la figure 2. Les aimants qui constituent les inducteurs sont placés sur le support, et 1 induit est monté directement sur l’axe de la turbine. Ce dernier modèle, pour son type le plus petit, peut fournir une puissance de 0,5 watt sous une tension de 5 volts. La pression de l’eau pour le fonctionnement de la turbine doit être
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- environ de 2 atmosphères, soit 2,06 kg par centimètre carré; la consommation d’eau est en moyenne de 200 litres par heure. L’énergie électrique produite, sans être très grande, peut facilement être utilisée pour la charge des accumulateurs, pour la galvanoplastie, et pour la mise en marche de petits moteurs électriques de toutes sortes qui actionneront des
- Fig. 1. — Turbine hydraulique.
- machines à coudre, des ventilateurs, etc. Il nous semble cependant que l’emploi de ces petites turbines hydrauliques appelle une réserve de notre part. La dépense d’eau n’est pas très élevée ; mais si un grand nombre d’habitants à Paris,
- par exemple, viennent à adopter ce système de production de l’énergie électrique, la consommation d’eau augmentera et peut-être dans des proportions assez grandes. Prenons une turbine semblable à celle que nous venons d’examiner, et supposons qu’elle fonctionne 10 heures par jour. La dépense sera de 200 litres d’eau par heure, soit 2 mètres cubes par jour; ce chiffre ne nous paraît pas négligeable. On sait toutes les difficulté» qu’éprouve la Aille de Paris pour alimenter la capitale en eau de source à pression élevée. — Les turbines hydrauliques, avec ou sans dynamos, se trouvent chez M. S. Dick, 7, passage Jouffroy, à Paris. *
- p.43 - vue 475/536
-
-
-
- 44
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’intoxication par les œufs.
- Il ne s’agit pas d’intoxication par des œufs avariés, par des œufs mêlés à de la crème de mauvaise qualité, comme on en signale assez souvent à la suite d’ingestions de crèmes glacées, de gâteaux Saint-Honoré. C’est une intolérance absolue ou à des degrés variés pour cet aliment si répandu et qui fournit en cuisine tant de plats recherchés. Il est assez rare que l’intolérance soit complète; mais les cas où l’œuf cuit ou cru provoque des accidents sont encore assez fréquents. Tantôt, c’est une urticaire généralisée, comme les cas de Bendix, de Cle-mens, où des enfants ont été pris d’une éruption sur tout le corps, quelques instants après avoir avalé un œuf, tantôt ce sont de simples poussées d’irritation cutanée sur des points localisés du
- tégument; tantôt ce sont des malaises du côté des voies digestives.
- Le Dr Capitan vient de publier l’observation curieuse d’une jeune fille qui ne peut ingurgiter un œuf sans avoir un malaise, un état nauséeux, avec renvois à odeur sulfhydrique, parfois vomissements; il ne s’agissait pas de grimace ou de suggestion, car l’œuf dissimulé dans une autre préparation alimentaire amenait les mêmes effets. Du resta, cette personne avait cherché à combattre cette bizarre aversion sans pouvoir y parvenir.
- Je connais, pour ma part, deux personnes chez lesquelles l’ingestion d’œufs, sous quelque forme que ce soit, provoque des crises de coliques hépatiques. On a eu beau lutter, il a fallu renoncer à cet aliment. Notez que ces personnes les mangeaient avec le plus grand plaisir, sans le mbindre dégoût; mais elles rie pouvaient les digérer sans une intoxication d’une forme particulière. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30T — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 50 janvier . . 5°,2* S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; pluvieux à 19 h. 15.
- Mardi 31 5°,1 W. N. VV. 3. Couvert. 0,4 Nuag. ; pluie de 5 h. 15 à 5 h. 30.
- Mercredi 1" février . 4°, 3 S. W. 2. Couvert. 0,4 Très nuag. ; pluie dans la soirée.
- Jeudi 2 6\6 W. S. W. 5. Couvert. 0,4 Très nuag. ; pluvieux à 7 h. ; petite pluie vers 12 h.
- Vendredi 5 2U,2 W. S. W. 5. Peu nuageux. 0,0 Gelée bl. ; peu nuageux; pluvieux à 7 h. 53.
- Samedi 4 5°,4 S. W. 2. Couvert. » Gelée bl. ; quelques éclaircies.
- Dimanche 5 . . . . 6°,1 S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; bruine à diverses reprises.
- JANVIER-FÉVRIER 1905. — SEMAINE Dü LUNDI 50 JANVIER AU DIMANCHE 5 FÉVRIER 1905
- fLa courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- te temps. — Le temps a été assez variable dans la semaine du 30 janvier au 5 février. Le 30 janvier, il est tombé quelques pluies dans le nord-est de l’Europe ; mais en France on n’en a signalé nulle part. Le matin, la température était — 1° à Limoges, 3° à Paris, 3° à Marseille, 7° à Cherbourg, 4° au Puy de Dôme, —3° au Pic du Midi, 4° au mont Ventoux. A midi, la pression barométrique était de 779”“,9 à Paris. Le 31 janvier, la pression était très élevée sur les Iles Britanniques et à l’ouest de la France; elle atteignait 778 mm à Biarritz. A Paris, la pression a baissé et. s’est relevée ensuite pour atteindre 774 mm dans la matinée à 10 heures. On a recueilli 1 mm d eau à Dunkerque, et il a neigé le matin à Belfort et à Besancon. Le thermomètre marquait le matin 1° à Belfort, 1° à Toulouse, 5° à Paris, 8° à Brest, — 7° au Puy de Dôme, — 7° au mont Mounier et — 7° au Pic du Midi. A Paris, il est tombé une légère averse dans la matinée de 5 heures a 5k40" et,il a plu dans la soirée à 6h 50“ ; la température moyenne de la journée a été de 6”. Le 1" février, il est tombé 3 mm d’eau à Belfort, 1 mm à Lyon, 1 mm à Rochefort, 2 mm à Limoges. La température était le matin -“3 à Lyon, 3° à Toulouse, 4° à Paris, 6° à Nantes, — 4° au Puy de Dôme, — 6° au Pic du Midi, — 4° au mont Ventoux. Le 2 février, il a plu à Nancy (4 mm d eau), à Nantes (3 mm), à Brest (2 mm), à Cherbourg \1 mm) et à. I ans (1 mm). La température a monté sur nos régions ; on notait le matin 7° a Pans, 9° à Brest, — 5° au mont Mounier, — 7° au Pic du Midi. Le
- 3 février, la pression barométrique atteignait 772 mm en Irlande, 775 mm dans l’ouest de la France. Ou a signalé un vent d’entre nord et ouest fort sur les côtes de la Manche et très fort sur la Méditerranée. Il est tombé 6 mm d’eau à Besançon, 4 mm à Nancy, 3 mm à Limoges, 2 mm au Havre, 1 mm à Toulouse. Le thermomètre marquait le matin 2“ à Paris, 2° à Besançon, 6° au Havre, à Nautes, à Toulouse, 8° à Marseille, — 7° au Pic du Midi, — 9° au mont Ventoux. La température moyenne à Paris a été de 4°,4 avec un maximum de 6°,2 à 2 heures du soir à la tour Eiffel. Le 4 février, on a signalé quelques pluies à Charleville, Besançon, Limoges. La température s’est abaissée; on notait le matin —4° à Clermont, —1° à Toulouse, 3° à Paris, — 6° au mont Mounier ; dans les environs de Paris, il y a eu de la gelée blanche. Le 5 février, il a plu à Brest (12 mm), à Charleville (10 mm), à Rochefort (6 mm), à Nancy (2 mm). La température était le matin — 1° à Toulouse, — 1° à Nantes, 6° à Paris, — 4° au montAigoual, — 5° au Pic du Midi.
- Cyclones et tempêtes. — Un cyclone d’une grande violence s’est abattu surBizerte. le 1" février et a causé de grands dégâts. La digue défendant l’avant-port de guerre a été enlevée. Les enrochements qui en forment la base ont été détruits ou disloqués; il en est de même d’une énorme grue appartenant à la Compagnie du chemin de fer et des appontements.
- Le 29 janvier, une tempête a sévi sur Bône et l’Est algérien et a causé de graves accidents.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 4 à 11 lu 15 m. du matin.
- p.44 - vue 476/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘% éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- " ....... .............. -------------------- --- =====3
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1656 (18 février 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Astronomie- — L’année 1905 ne sera pas riche en fait <ie comètes périodiques. Deux seulement doivent revenir, et la première a déjà été vue, puisque c’est celle d’Encke, ayant passé au périhélie le 4 janvier, dont nous avons déjà longuement parlé ici. L’autre attendue est celle découverte le 17 septembre 1884 par M. Max Wolff. Cette comète (portant le nom de comète 4884, III) a une période d’environ 6,79 années et doit passer au périhélie vers le commencement d’avril.
- )% - Depuis quelque temps on a essayé de contester l’existence •du 6e satellite de Jupiter récemment découvert par M. Perrine. Or, «et astronome a encore revu l’astre en question le 17 janvier; ses «oordonnées à cette date ne permettent pas de l’identifier, ainsi u’on avait cru devoir le faire, avec la planète P. V. découverte le 3 janvier par M. Max Wolff.
- —Archéologie. — On vient de découvrir à Grenade, dans la Gran Via, un trésor de 600 deniers en parfait état de conservation, et datant de la domination arabe.
- —Sur l’initiative du prince d’Arenberg, son président, ('administration du canal de Suez a décidé d’entreprendre des fouilles archéologiques dans la région traversée par le canal. La direction des recherches a été confiée à M. Clédat, de l’institut archéologique oriental du Caire.
- —— Préhistorique. — Dans le Sahara, la mission Foureau a découvert 223 stations de l’âge de pierre et plus de 6000 objets actuellement déposés au musée ethnographique du Trocadéro.
- —— Métropolitain. — Le concours du Métropolitain pour la traversée sous fa Seine de la ligne Clignancourt-Porte d’Orléans est terminé. Le 5 février, sous la présidence de M. Sauton, la commission plénière a adopté définitivement le projet présenté par M. Chagnaud, l’ingénieur qui fut chargé, l'an dernier, de l’ouvrage de la place de l’Opéra. Dans le programme du concours, qu’avait élaboré M. Bienvenue, ingénieur en chef du Métropolitain, la traversée de la Seine se faisait dans deux tubes ou souterrains contenant chacun une voie. On avait estimé que ce système donnait plus de garanties de sécurité. Après examen des projets et échange d’observations entre les membres de la commission, celle-ci a décidé qu’il y avait lieu de substituer un souterrain unique aux deux souterrains primitivement prévus. La commission a également écarté, pour la construction, l’emploi du système des caissons. La construction du souterrain unique, dont la section sera la même que celle des lignes actuelles du Métropolitain et dont les parois seront constituées par des anneaux de fonte juxtaposés, demandera dix-huit mois. Avec le système adopté, la hauteur du rail sera relevée de 4 mètres •environ sur le projet à section double; l’ouvrage sera ainsi immergé à une faible profondeur, et les pentes nécessaires à la plongée de la ligne seront très atténuées. Les dépenses sont estimées, y com-ipris les travaux accessoires, à 15 millions environ.
- —Transports en commun. — Des essais ont été effectués le 6 février avec un nouvel omnibus à vapeur conduit par M. Léon Scrpollet, ingénieur. Parti de l’avenue de l’Opéra, l’omnibus a parcouru un itinéraire empruntant les rues accidentées de Montmartre, telle que la rue Lepic, et se terminant par la montée de la rue des Saules, dont la pente atteint de 25 à 40 pour 100. L’essai, réalisé en présence de nombreux ingénieurs par l’omnibus portant 18 personnes, a parfaitement réussi. Pour les services d’omnibus, on recherche aujourd’hui un véhicule semblable, léger, confortable, rapide, se prêtant facilement à de nombreux arrêts et départs sur n’importe quelle déclivité.
- —Photographie aérienne. — Un concours de photographie aérienne est créé par FAéronautique-Club de France. Il donnera
- lieu à l’attribution de deux séries de récompenses correspondant : 1° aux photographies de la terre prises en ballon ; 2° aux photographies, prises de terre ou en ballon, des nuages et des phénomènes optiques de l’atmosphère. (Mirages, arcs-en-ciel, auréoles, couronnes, halo ordinaire et grand halo, cercle parhélique, parhélies, arc cir-cumzénithal, etc.) Les épreuves pourront être de tous formats. Les envois devront parvenir au siège de l’Aéronautique-Club de France, 58, rue J.-J. Rousseau, avant le 30 octobre 1905.
- —M— Géographie. — La Chambre des députés de Prusse a adopté l’article premier du projet concernant le canal du Rhin à la Weser.
- —Traversée de la Manche en ballon. — Deux aêro-nautes français, MM. Jacques Faure et Herbert Latham, viennent d’effectuer la traversée de la Manche en ballon. Montant l’Aéro-Club, ils sont partis de Londres le 11 février à 6h 30 du soir, et le ballon a atterri à 1 heure du matin près de Saint-Denis; le voyage n’a pas eu d’incidents.
- —— Calorifuges. — Si nous en croyons « Scientific American », les revêtements en mica constitueraient des calorifuges excellents; ils réduiraient à 12 seulement les pertes par condensation, représentées par 100 dans des tuyaux métalliques nus. Ils seraient très supérieurs à l’amiante.
- —— Incendies. — On a pris des précautions toutes spéciales contre les combustions spontanées dans les nouveaux magasins à charbon de F Arsenal de New-York. Chaque magasin est muni de deux tuyaux en fer galvanisé de 10 centimètres de diamètre et de 6 mètres de lone, qui permettent de descendre un thermostat au centre même de la masse de charbon; chaque thermostat est du reste relié électriquement à un avertisseur, disposé dans une chambre de garde, et annonçant par suite automatiquement toute élévation de température.
- —)£— M. Reichel a traité de la question des pompes automobiles d’incendie, et il arrive à cette conclusion, en ce qui concerne particulièrement la ville de Hanovre, que l’économie réalisée par la substitution du moteur aux chevaux pour la traction des engins d’incendie, permet de couvrir en moins de quatre ans le prix d’achat du train automobile.
- —Les Américains se préoccupent, et avec raison, de perfectionner, sous toutes les formes possibles, les moyens de lutter contre les incendies; et voici que, dans ce but, le service des Pompiers de Springfield, la grande ville manufacturière de l’Ohio, va remettre en usage les 26000 citernes qu’utilisait jadis la ville, alors que les canalisations d’eau n’existaient point encore. Cincinnati et Columbus se font même construire des bassins analogues, que l’on maintient constamment pleins d’eau, et où les pompes puiseraient bien plus facilement qu’aux bouches montées sur les conduites ordinaires.
- —Un cyclone en Corse. — Un cyclone d’une grande violence s’est abattu le 8 février sur la province de Yico, en Çorse, détruisant tout. La grêle est tombée en grande abondance, et le vent n’a cessé de souffler avec force pendant deux jours. Des orages ont allumé, dans les forêts, des incendies qui ont brûlé les habitations et les châtaigneraies séculaires.
- Météorologie. — Dans la semaine du 6 au 12 février, le temps a été pluvieux et doux. Le 6 février, on a recueilli 8 mm d’eau à Rochefort, 3 mm à Nancy, 1 mm à Boulogne. Le thermomètre marquait, le matin, —1° à Toulouse, 3° à Lyon, 7° à Paris, — 5° au mont Ventoux, — 4° au Pic du Midi. A Paris, le ciel a été couvert et il s’est formé un brouillard très épais. Le 7 février, la pression barométrique est restée supérieure à 755 mm sur le centre et l’Est de la France. La température était le matin —4° à Cler-
- 12 '
- p.45 - vue 477/536
-
-
-
- 46
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- mont, 3° à Toulouse, 6° à Paris, 2° au Puy-de-Dôme, —3° au Pic du Midi, 3° au mont Aigoual. A Paris, le ciel est resté couvert ; près du sol, les vents tournaient au sud-ouest, tandis qu’ils continuaient à souffler de l’ouest dans les régions voisines de 2000 mètres d’altitude. La température moyenne à Paris a été de 7°,5. Le 8 février, des pluies sont'tombées sur l’Allemagne et les Pays-Bas; en France, il a plu à Dunkerque (3 mm), à Boulogne [1 mm), et à Brest (1 mm). La pression barométrique était très élevee en France ; elle atteignait 775 mm. Le matin, on notait 3° à Clermont, 4° à Toulouse, 5° à Paris, — 3° au mont Ventoux, et — 5° au Puy-de-Dôme et au Pic du Midi. Le 9 février, la température s’est abaissée en France; le thermomètre marquait, le matin, 0° à Belfort, 1° à Clermont, 2° à Paris, 2° à Nantes, — 6° au Pic du Midi; aux environs de Paris, il y a eu des minima négatifs, notamment —2° à Alhis-Mons. La pression barométrique a baissé légèrement. Le 10 fé-
- vrier, la température était, le malin, — 4° à Briançon, — 1° a Clermont, 0° à Paris, 2° à Toulouse, — 2° au Puy de Dôme, — 4^ au mont Ventoux, — 8° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 1°,2 ; dans la banlieue on a noté — 4° à Ville-preux et à Vaucluse. Le 11 février, on a signalé de fortes chutes, de neige sur la Norvège, l’Ecosse et l’Allemagne; en France, on a recueilli 6 mm d’eau à Nancy, 2 mm à Charleville, et 2 mm à Dunkerque. Dans la nuit du 10 au 11 février, entre 3h 30m et 4h 15m, il est tombé dans la région parisienne une petite pluie qui n’a fourni que quelques dixièmes de millimètre a’eau. Le 12 février, quelques averses de neige ont été signalées dans le Nord-Est de la t rance ; de faibles chutes de neige ont également eu lieu le matin à Paris et dans les environs à diverses reprises. La température était le matin —• 2° à Paris, — 8° au mont Aigoual, — 9° au Puy de Dôme, —11° au Pic du Midi.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. le professeur Reverdin, de la Faculté de médecine de Genève, nous adresse une brochure intitulée : De l'asepsie des mains en chirurgie, par A. Reverdin et Massol. Les auteurs montrent que les mains propres sont toujours gravement contaminées, que leur stérilisation absolue est irréalisable par les méthodes courantes de la chirurgie; d’ailleurs les antiseptiques n’ont qu’une action illusoire : il faudrait, pour qu’elle soit efficace, qu’on la prolongeât au moins une demi-heure. La conclusion est cependant que la main nue, aussi propre que possible, est préférable à la main gantée, le gant, si mince qu’il soit, gênant l’opérateur et lui donnant des mouvements moins légers de nature à déterminer de petites plaies facilitant la contamination.
- M. Janssens, à Saint-Nicolas, nous envoie une brochure qu’il vient de faire paraître et intitulée : Direction pour automobiles, système A. Janssens.
- M. Dollinger nous écrit du château d'Oex, canton de Yaud (Suisse), pour nous informer qu’il a vu un beau bolide dans la soirée du 8 février : « Sorti vers les neuf heures, je me trouvais un peu éloigné des habitations. Le chemin étant mauvais, je regardai par terre, quand tout à coup la neige s’illumina d’une lueur verte intense. Je regardai rapidement en l.’air ; et je vis un bolide d’un vert éclatant se dirigeant vers l’horizon nord-est ; mais il s’est éteint longtemps avant de l’atteindre. Il n’a pas laissé de traînée, sa lumière était très vacillante et ressemblait comme couleur, à la flamme du cuivre. Le phénomène a duré environ une 1/2 seconde; je ne sais pas où il a commencé, mais je crois à peu près au zénith. Le bolide était animé d’une très grande vitesse ; il n’a pas éclaté, sa lumière égalait au moins celle de la lune dans son premier quartier. Son diamètre apparent était petit. »
- Renseignements. — Abonné 42, à Nice. — Pour tout ce qui concerne les appareils Rouquaud et leur fonctionnement, veuillez vous adresser à M. Rouquaud, 88, avenue Victor-Hugo, à Paris. Cette adresse a été donnée en tête de Boîte aux Lettres au n° 1653, du 28 janvier 1905.
- M. J. N., à B. — Pour le thermophile électrique décrit dans le n° 1595 du 19 décembre 1903, veuillez vous adresser à M. C. Herrgott, ingénieur, villa de la Sablière, au Valdoie, près Belfort.
- JPn‘ Curtis, à Paris. — 1° Le lavage à l’eau oxygénée est le meilleur moyen de faire blondir les cheveux. —• 2° Nous vous conseillons l’emploi du bromure de potassium.
- M. Ostemeyer, à Rouflach; M. Heuburger, à Paris. — Le pagoscope se trouve chez M. Bernet-Bourette, 36, rue de
- Poitou, à Paris, et chez tous les opticiens et marchands d’instruments pour le jardinage et l’horticulture, ainsi qu’il a-été indiqué entête delà Boite aux Lettres du.n° 1654 du 4 février 1905.
- M. E. B. Z. — Nous ne connaissons pas de traités spéciaux sur ce sujet, mais vous trouverez des renseignements dans tous les traités de chimie et dans l’ouvrage Les engrais, publié par la librairie Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.. —• 2° Nous ne connaissons ni M. Borkerland, ni son procédé-, pas plus que les Sociétés industrielles dont vous nous parlez.
- M. B., à Pierrelatte. — Pour la reproduction de daguerréotypes, veuillez vous adresser à MM. Gaumont et C'°, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Mme Ephrussi, à Paris ; M. Schaeffer, à Nancy. — Pour le chauffage des immeubles par les appareils Rouquaud, veuillez vous adresser aux commissionnaires : MM. Bohain, 21, rue des Roses, Paris; E. Bur, constructeur, Dijon. Ces adresses ont été indiquées en tète de la Boîte aux Lettres du n° 1653, du 28 janvier 1905»
- itf. Maunessier, à Maccagno. — Nous ne possédons pas le renseignement que vous nous demandez, tous nos regrets.
- M. H. Paignon, à Trouville-sur-Mer. — L’appareil que vous avez construit constitue un moteur récepteur mais non une machine génératrice.
- M. Chambry, à Cormeilles. — Voici quelques adresses de fabricants de générateurs à acétylène ; Compagnie universelle^ d’acétylène; 36, rue de Chàteaudun; M. Bullier, 31, rue de Vaugirard; M. Ducellier, 25, passage Dubail; M. Stadelmanri, 6, rue Pierre-Bullet ; Comptoir de l’acétylène, 255, rue Saint-Martin, à Paris.
- Ai. Taraud, à Moulins. — Pour les camions automobiles, veuillez vous adresser à M. Hagen, 198, boulevard Pereire; la Société des automobiles Mathian, 25, rue Damesme, à Paris; MM. de Dion-Bouton et Ci0, 56, quai National, à Puteaux; M. Kriéger, 48, rue de la Boétie, à Paris; Compagnie française des Cycles et automobiles, 6, rue Francœur, à Paris.
- M. Baldassarre Amadei, à Florence. — Vous trouverez ces-appareils chez MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. le Dc N.,'h la Chaise-Dieu. — Vous pourrez vous procurer des skis à la Manufacture française d’armes à Saint-Etienne; cette maison possède une succursale rue du Louvre, à Paris.
- M. Pol Quentin, à Reims. — Pour tout ce qui concerne les peseurs automatiques Avery décrits dans le n° 1655 du 11 février 1905, veuillez vous adresser directement à l’auteur, M. E. Guarini, 70, boulevard Charlemagne, à Bruxelles.
- M. A. M., à Bucarest. — Pour l’air liquide et les récipients qui servent à le transporter, adressez-vous à la maison Linde, à Wiesbaden, Allemagne, ou à M. Desvignes, 99, avenue de La Bourdonnais, à Paris.
- M. Hirsch, à Tunis. — Pour ce qui concerne les bouées, il faut vous adresser à la maison Cayol, 10, rue Chateaubriand, à Marseille.
- M. le R. P. François de Sales, à Kadi Keni — Nous vous conseillons la lampe à arc, système Perdrissat, que nous avons décrite dans nos Petites inventions du n° 1615 du 7 mai 1904; elle se trouve chez MM. P. Thibaud et C’% 69, rue Sainte-Anne, à Paris; la différence de potentiel aux bornes est de 55 à 70 volts, son intensité de 2 à 3 ampères.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Henri Blin, à Maubeuge. Il nous est impossible de décrire ce projet, pas plus qu’aucun autre, avant qu’il n’ait été exécuté et n’ait donné de sérieux résultats à l’expérience. — M. Achard, à Caen. Celte recette est indiquée dans Becettes et Procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cio. — M. Z., à Lille. —Le même livre, lre série, même librairie, contient un protocole pour la correction des épreuves. — M. Reverdin, à Genève. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.46 - vue 478/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 47
- PETITES INTENTIONS1
- Armures Cadot pour pneumatiques. — La bicyclette, la moto et l’auto ont un ennemi commun : la crevaison du pneu. C’est une panne fort désagréable, encore que facilement réparable quand il fait beau et qu’on n’est pas pressé ; mais si la pluie s’en mêle, si la nuit arrive, cela devient plus grave. Aussi depuis les débuts du pneumatique a-t-on cherché à empêcher par toutes sortes de moyens les clous de perforer les enveloppes pour aller crever la chambre à air. Les arrache-clous sont simples et pratiques, mais pas toujours d’une efficacité absolue ; certaines garnitures sont lourdes et onéreuses et le clou trouve parfois encore le défaut de la cuirasse. M. Cadot a eu l’idée d’en faire une sans défaut; c’est une armure dont les lames se recouvrant l’une l’autre, ne présentent entre elles aucun interstice par où pourrait passer même une épingle. Ces lames qui sont en acier laminé à 1/10 de millimètre d’épaisseur sont agrafées l’une à l’autre d’une façon très simple
- Toyef
- Armure Cadot pour pneumatique.
- (fig. 1) en laissant un certain jeu dans l’articulation : l’ensemble présente assez l’aspect d’une queue d’écrevisse. Une tôle d’acier de 1/10 de millimètre pourrait encore être perforée à la longue par un clou, mais comme il y a toujours 3 épaisseurs en présence la perforation devient impossible : on sait, en effet, qu’une pointe qui pénétrerait, sous une certaine pression, une lame de métal, de 3/10 de millimètre, ne pourra, sous la même pression, traverser trois lames de chacune 1/10 placées l’une contre l’autre. M. Cadot enferme son armure d’acier dans une gaine de toile biaise et on a ainsi un bandage solide, mince et léger que l’on n’a qu’à placer entre la chambre à air et l’enveloppe pour pouvoir rouler impunément sur les routes semées de clous. Une bicyclette qui circule tous les jours plusieurs heures dans Paris, n’a pas eu une seule crevaison depuis un an ! Cette armure sera surtout appréciée des amateurs de motocyclette et d’automobile. — L’armure se trouve chez M. A. Cadot, 32, rue Piat, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Virage au verl.
- En général le ton vert n’est pas très recherché pour les épreuves photographiques, mais cela tient surtout à ce que les procédés qui permettent d’obtenir cette nuance ne la donnent qu’imparfaitement et dans des tons peu agréables; aussi lorsqu’on veut obtenir du vert franc, ce qui est parfois utile pour certains effets, dans le paysage notamment, s’adresse-t-on au procédé au charbon qui, utilisant une poudre colorée inerte, donne à coup sûr ce qu’on désire. Mais MM. Lumière viennent de trouver une formule de virage qui permettra d’obtenir du vert avec les papiers au bromure.
- Ils ont été amenés à ce résultat en étudiant l’action des solutions, renfermant plusieurs sels métalliques, sur l’image argentique. L’épreuve, fortement développée, si l’on veut avoir des tons verts vigoureux, est fixée comme d’habitude et bien lavée pour éliminer l’hyposulfite ; elle peut être séchée pour être virée ultérieurement si on le désire. Pour faire le virage on la traite d’abord par la solution suivante :
- Eau..........................1000 grammes
- Ferricyanure de potassium. . . 60 —
- Nitrate de plomb............. 40 —
- L’épreuve doit complètement blanchir dans ce bain ; on la
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- lave alors abondamment de façon à obtenir des blancs parfaitement purs. On la plonge ensuite dans un second bain composé de :
- Eau........................... 1000 grammes
- Chlorure de cobalt............ 100 —
- Acide chlorhydrique........... 500 —
- et on l’y laisse séjourner une ou deux minutes; elle prend aussitôt un ton vert très brillant sans coloration des blancs. On lave ensuite à l’eau pure pour éliminer l’excès de réactif et on laisse sécher. G. M.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Savons métalliques. — La publication « Lack- und Farbèn industrie » donne le moyen de les obtenir par une double décomposition. Tout d’abord on fait une dissolution de savon qu’on porte à l’ébullition; on prépare d’autre part une solution, également très forte, du sel métallique dont on veut assurer la combinaison (on emploie des chlorures et des sulfures). Les deux solutions bouillantes sont mélangées l’une à l’autre, et le savon métallique obtenu est versé et recueilli sur une toile; on le fait sécher sur des plaques émaillées en le portant à une température de 40° d’abord, de 60° C. ensuite.
- On prépare de la sorte du savon d’aluminium, qui forme un excellent vernis en dissolution dans de la benzine ou de l’huile de ' térébenthine ; il assure l’imperméabilité des étoffes, du papier, peut servir utilement à imprégner les traverses de chemins de fer. — Le savon au manganèse est employé comme siccatif dans la préparation des vernis à l’huile de lin ou dans les peintures. — Le savon au cuivre donne le moyen de bronzer les articles en plâtre. — Le savon de fer est susceptible de rendre les mêmes services que le savon d’aluminium.
- Pour redonner le brillant au vernis des meubles. — Prendre 4 parties de gomme-laque en écailles, 32 d’alcool de bois, 1 de bisulfure de carbone, 100 d’huile de coton ou d’arachide, 65 parties de teinture de benjoin et de teinture de myrrhe. On mêle bisulfure et alcool, et, dans ce mélange, on fait dissoudre la gomme-laque. On filtre la solution et l’on ajoute les autres ingrédients.
- Gravure sur verre au cachet. — 11 s’agit de graver en appliquant sur le verre le liquide destiné à opérer la morsure au moyen d’un cachet en caoutchouc donnant très simplement l’empreinte à obtenir. On fait un mélange, par parties égales, de fluorure d’ammonium, de chlorure et de carbonate de sodium ; on met dans un récipient en caoutchouc, et l’on recouvre d’un mélange, également par parties égales, d’acide fluorhydrique fort et d’acide sulfurique (toutes choses à manipuler avec précaution). On a mélangé d’autre part, dans un récipient en zinc, des poids égaux de fluorure de potassium et d’acide chlorhydrique. Au moment de l’emploi, on réunit les deux liquides, on ajoute à la mixture assez de silicate de sodium pour l’épaissir et la faire prendre au timbre, et l’on applique celui-ci sur le verre.
- Mortier résistant à Veau. — Il s’agit d’un mortier plus rapide encore que le mortier de ciment à prise accélérée, comme dans le cas où il faut travailler en présence d’eau courante, de manière à boucher instantanément les passages mêmes par lesquels se fait l’afflux d’eau. Dans ces cas Staab propose l’emploi d’une mixture faite de ciment, de sable et de charbon de bois mouillée d’une solution de sel marin et de potasse : on prend 2 parties de ciment et 1 de sable (ou 3 parties de ciment pour les fortes pressions), puis on mélange à sec d’abord, et on ajoute ensuite une certaine quantité de charbon de bois, naturellement pulvérisé. — Une autre méthode consiste à employer comme liquide une dissolution de 17 grammes de chlorure de sodium dans 1 litre d’eau, additionnée ensuite de 50 grammes de lessive de potasse ; on chauffe la solution à 30 ou 40°, avant emploi, et le mortier doit être utilisé immédiatement. Le durcissement se fait généralement en une minute, mais l’on fait bien de soutenir l’obturation un instant au ([-moyen d’une plaque de bois.
- Bronze japonais. — Les bronzes japonais ont une très jolie patine bien connue et appréciée. On nous affirme que les meilleurs sont ainsi composés : 68,25 pour 100 de cuivre, 5,47 d’étain, 8,88 de zinc, 17,06 de plomb et 0,34 d’antimoine.
- Poudre dentifrice rose. — La coloration n’ajoute'rien aux vertus de la poudre, mais beaucoup de gens préfèrent cette couleur. On peut composer une poudre de ce genre avec 120 gr. de craie pulvérisée, 60 gr. de racine d’iris en poudre,
- p.47 - vue 479/536
-
-
-
- 48
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- puis 3 gr. 5 de carmin n° 40, 15 gouttes d’essence de géranium rose et 5 gouttes d’essence de sandal. Il faut triturer à part le carmin avec une partie de la craie, pour qu’il se mélange bien dans la masse.
- Un succédané de Vextrait de vanille. — Nous ne garantissons pas, bien loin de là, que cela vaille effectivement de la bonne vanille ; mais nous la donnons pour ce qu’il vaut d’après « Druggist Circulai’ ». Faire dissoudre 25 à 30 gr. de vaniline dans 6 litres d’alcool, qu’on a dilué avec 5 litres d’eau; on sucre au moyen d’un litre de sirop et l’on colore avec suffisamment de caramel.
- Bois à l’épreuve des acides. — La recette s’applique aux récipients de bois où l’on désire verser des acides. On fait fondre, dans un récipient en fer, 6 parties en poids de goudron de bois et 12 de résine, en prenant garde aux inflammations subites, et l’on verse dans le mélange, en brassant bien, 8 parties de brique finement pilée. L’enduit s’applique à chaud.
- Lubrifiant pour gros coussinets. — On prend 8 parties d’oléonaphte dont la densité soit 0,9, et l’on y fait dissoudre 6 parties (en poids) de paraffine à une température de 70° C. ; puis on verse peu à peu ce mélange, en brassant bien, dans 12 parties d’huile de palme.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30^. — Bureau central météorologique de France.
- ‘ OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE IIE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 février . . . 6°,5 Calme. Couvert. 0,0 Couv. ;brouill. de 500 m. jusqu’à 9 h. ; bruine à21 h. 05.
- Mardi 7 6°,1 S. S. W. 2. Couvert. » Couvert.
- Mercredi 8 5°,9 S. S. W. 1. Couvert. » Couv. jusqu’à 18 li.; beau ensuite; brouill. dans la soirée.
- Jeudi 9 1°,9 E. 2. Couvert. » Couv. le matin; peu nuag. le soir; gelée bl.; brouillard jusqu’à 6 h.
- Vendredi 10 0°,0 N. 2. Couvert. p Presque couv. ; brouill. de 200 m. jusqu’à 9 h. ; gel. bl., givre.
- Samedi 11 2°,7 N. W. 1. Éclaircies. 0,2 Très nuag. jusqu’à 17 h. ; beau ensuite ; un peu de pluie à 4 h.
- Dimanche 12 — 1°,8 N. N. W. 1. Couvert. 0,0 Gelée bl. ; très nuageux; petite neige vers 8 h. 30-9 h.
- FÉVRIER 1905. SEMUNE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 FÉVRIER 1905
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direct ion du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites h l’observatoire du parc Saint-Maur, en janvier 1005,
- par M. Th. Moureaux.
- ----------- A
- Pression barométrique, altitude 50”,3. Moyenne des 21 heures, 766",23; minimum absolu, 739",6, le 17, à 5 h. 10 m. ; maximum absolu, 782",1 le 29, à 10 h. 10 m. ; écart extrême, 12””,5.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, —1°,86 ; des maxima, 5°,01; du mois, 1°,59; vraie des 21 heures, 1°,38 ; minimum absolu, ^•10°,9 le 3; maximum absolu, 12°,6 le 7. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, —5°,32; des maxima, 8°,76; minimum absolu, —16°,3 le 3 ; maximum absolu, 17°,9 le 31. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures : à 0“,30 de profondeur, 2°,06; à 0”,65, 3°,55; à 1 mètre, 1°,62. De la Marne : moyenne le matin, 2°,27; le soir, 2°,16; minimum, 1°,12 le 22 ; maximum 3°,60 le 7.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 1",18 ; minimum, 1",1 le 3, à 13 heures ; maximum, 8"”,0 le 6, à 16 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 85,1; minimum, 33 le 15, à 13 h. ; maximum, 100 en 18 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,18; nébulosité, 0,0 les 2, 11, 15, 21; ciel complètement couvert les 9, 16,17, 20, 24, 30.
- Insolation : durée possible, 270 heures ; durée effective, 90,5 heures en 18 jours; rapport, 0,34.
- Pluie : total du mois, 25",4 en 42h 9 ; la plus grande, 9",7 le 17.
- Nombre de jours de pluie, 11; de pluie inappréciable, 1 ; de neige, 3; de grésil, 2; de givre, 5; de verglas, 2; de gelée, 19, dont 5 consécutifs, du 19
- au 23, et 3 sans dégel du l,r au 3; de gelée blanche, 16; de brouillard, 10; halo, 1.
- Fréquence des-vents : Calmes, 21.
- N . . . , . 28 E . . . . 30 S 53 W . . . . 31
- N. N. E. . 55 E. S. E. . 42 S. S. W. . 76 W. N. W . 3i
- N. E. . . 71 S. E. . . 13 S. VV. . . 77 N. W. . . 50
- E. N. E. , . 27 S. S. E. . 34 W. S. W . 38 N. N.W. . 67
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3”,7 ; moyenne diurne la plus grande, 6“,9 le 1"; la plus faible, 0“,9 le 25; vitesse maximum en 15 minutes, 12”,8 le 6, de 22 h. à 22 h. 15, par vent N. W.
- Electricité atmosphérique. Moyenne du mois (21 jours), 249 volts; moyenne diurne la plus grande. 415 volts le 18; la plus faible, 81 volts le 11; amplitude diurne, 0,32; amplitude nocturne, 0,61.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 2”,74; minimum, 2”,21 le 9; maximum, 3”,26 le 12 au soir.
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre -+- 5",90 ; température — 0°,88 ; tension de la vapeur — 0",42 ; humidité relative — 1,8 ; nébulosité — 0,97 ; pluie — 10",2.
- Taches solaires, 13 groupes en 15 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques, les 5-6,14-15 (faible).
- Le maximum barométrique de ce mois, 782",1, est remarquable; il n’a été égalé qu’une fois depuis 31 ans, le 17 janvier 1882, et dans toute la série des observations de Paris, on ne trouve qu’un seul maximum un peu plus élevé; le 6 février 1821, le baromètre de l’Observatoire est monté à 780",9, nombre qui correspond à 782””,5 à l’altitude du parc Saint-Maur.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 12 à 4 h. 29 m. du soir.
- p.48 - vue 480/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AU* ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Gerinain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘%
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Pans (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1657 (25 février 1905), du journal <( La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Nécrologie. — M. Alphonse Chassepot, officier de la Légion •d'honneur, inventeur du fusil de guerre qui porte son nom, est décédé le 13 féviier 1905, dans sa soixante-treizième année, à Gagny (Seine-et-Oise).
- Marine. — Le ministre de la Marine vient d’approuver un projet d’aménagement de l’étang de Berre. Cinq millions trois cents mille francs sont consacrés à ce travail qui comprend notamment j faire sauter les rochers qui barrent l’entrée du port de Bouc, élargir le canal de Caronte, améliorer les passes de Martigues et creuser un chenal praticable.
- Archéologie. — Eu 1904 le capitaine Cros, continuateur du regretté M. de Sarzec comme chef de la mission scientifique française de Chaldée, a pu reconstituer le plan d’ensemble de l’antique cité de Sirpourla, pourvue d’un canal qui faisait de la ville un véritable port de rivière. Une nécropole a été découverte et fouillée. On y a recueilli spécialement une statuette en pierre noire d'un ancien roi chaldéen, Soumou-Ilou, roi de la ville d’Our, dont le règne peut se placer vers le vingt-deuxième siècle avant notre ère.
- Eau en Algérie. — Un sondage fait à Temassinin avec un appareil léger, a rencontré, à 20m,'<0,une nappe d’eau donnant un démt de 160 litres par minute. Une plantation de 300 jeunes palmiers a été effectuée en utilisant l’eau qui a été obtenue. Si ce sondage peut être approfondi, il est possible qu’on trouve plus bas une nappe plus abondante.
- Constructions. — Le 14 lévrier, la plate-forme qui précède l'entrée du tunnel de Saint-Germain s’est effondrée en partie au moment du passage d’un train. En avant de la voûte du tunnel avait été construite en 1862, lors de l’établissement de la ligne, une sorte Je plate-forme afin de ne pas rétrécir une des parties de la terrasse du château. A cette époque, on ne savait pas isoler suffisamment les fers enfouis dans les terres pour les préserver de la rouille et de l’oxydation. La partie gauche de la plate-forme, sur la ligne de Marly, avait été reconstruite dernièrement en ciment avec un revêtis*ement d’amiante poui préserver l’armature métallique de l’humidité ; pareil travail devait être fait au mois de mars sur la ligne de Paris.
- Assistance aux animaux. — La Société l’Assistance aux animauc vient d’adresser : 1° Une pétition à M. le Préfet de la Seine et à M. le Président du Conseil municipal, pour que les voitures faisant le service de la voirie de la Ville de Paris soient remplacées par des voitures automobiles tout au moins dans les pentes rapides et difficiles. 2° Une pétition à M. le Préfet de police pour que les ralles de chiens soient faites avec moins de rigueur par les agents chargés de ce service.
- L’alcool en Suisse. —• D’après le rapport annuel qui vient d’être publié, les résultats financiers du monopole de la fabrication de l’alcool établi en Suisse ont été les suivants : de 1887 à 1903, il y a eu. pour 108 913204 francs de dépenses, un total de recettes de 207 514 895 francs, c’est-à-dire qu’il y a eu un excédent de 98601691 francs. Les amortissements et les répartitions faits chaque année, depuis 1887, s’élèvent à 98 515042 francs, alors que les excédents de recettes sont de 98 601691 francs; il restait, à la fin de 1903, une somme disponible de 86 649 francs. La cons >mma-tion moyenne de l’alcool par habitant, était, en 1890, de 6,27 litres; elle n’est plus en 1903 que de 4,20 litres. C’est en 1901 que la consommation a atteint son minimum, 3,80 litres; depuis, la moyenne s’est sensiblement relevée.
- Rétropédalage. — M. Carlo Bourlet a fait récemment à ce sujet une conférence très intéressante à l’Hôtel des Sociétés savantes. Le rétropédalage consiste à actionner les bicyclettes, surtout pour
- les parcours en montées, par un mouvement de jambes dans un sens opposé à celui des roues. On pédale à l’envers, et tandis que la roue tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, les jambes tournent dans un sens opposé. M. Cario Bourlet a montré que, par ce moyen, on éprouve beaucoup moins de fatigue et que l’on a plus de force.
- Chemins de fer. — Une commission a été nommée en Allemagne dans le but d’examiner la valeur et le fonctionnement pratique des innombrables systèmes américains pour l’aItelage automatique des wagons. Or, en dépit des nombreuses expériences faites, la commission n’a pas pensé pouvoir encore émettre un avis ferme.
- — M. F. W. Dunnell, de West-Warren, dans le Massachusetts, vient d’imaginer de recourir aux déchets de cuir pour la fabrication de traverses de chemins de fer. Evidemment ces déchets sont comprimés sous forte pression avec un agglomérant qui les liel Des traverses de ce genre auraient été mises en service depuis 28 mois dans la gare de Springfield, et n’accuseraient pas la moindre trace d’usure.
- Métallurgie. — M. J. Swinburne propose une méthode originale pour extraire les métaux de leurs minerais sulfurés : on les traiterait par le chlore sec, ce qui donnerait des chlorures métalliques, le soufre s'éliminant à l’état de vapeurs qu’on pourrait condenser; les chlorures seraient électrolysés à l’état fondu, et l’on recueillerait, d’une part le métal et, de l’autre, le chlore sec, qu’on pourrait régénérer pour un nouvel usage.
- Pétrole. — On parle très sérieusement de recourir à peu près uniquement au combustible liquide, au pétrole, pour le ch au liage de toutes les machines qui seront employées dans la construction ou l’exploitation du canal de Panama. Le charbon coûte très cher dans l’isthme, alors qu’on est relativement très près des « champs d’huile » du Texas.
- Eaux. — Pour lutter contre la boue noire, de consistance gélatineuse, d’origine vivante, qui se forme souvent dans les conduites d’eau et peut donner au liquide une odeur et un goût nauséabonds, M. le professeur James Campbell Brown a conseillé récemment, devant l’Institution of civil Engineers, d’ajouter aux eaux de la chaux seule ou de la chaux et du carbonate de soude, en quantité suffisante pour rendre ces eaux neutres et même quelque peu alcalines.
- Machines. — Il paraît que plusieurs maisons de Sheffield commencent d’utiliser une machine à tailler les limes, qui fait merveille : nous savons qu’elle est d’invention allemande, mais ignorons malheureusement le nom de l’inventeur. Elle taille parfaitement les limes demi-rondes, frappe suivant des lignes irrégulières, comme il convient, et donne de 300 à 600 percussions à la minute, suivant qu’il s’agit de limes grosses ou fines.
- — Une publication technique spéciale, le Woodworker, insiste sur ce point que, dans la plupart des usines, on fait tourner les scies trop vite ; il y a une vitesse limite qu’il faut chercher à atteindre, mais ne point dépasser.
- Électricité. —» On monte actuellement, pour fournir le courant à une ligne de la banlieue de New-York, appartenant au Pennsylvania Railroad. une station électrique, où fonctionnera une turbine à vapeur Parsons d’une puissance de 11 000 chevaux ; elle recevra de la vapeur surchauffée à 175° et à 12 atmosphères.
- Industrie. — « Scientific American » affirme qu’on se trouve fort bien, pour assurer la conservation des tuyaux de fer, de les plonger dans de l’asphalte liquide, cet asphalte constituant un sous-produit de la distillation des pétroles californiens.
- — Ori assure qu’il vient de se créer, dans le Lancashire, une
- n
- p.49 - vue 481/536
-
-
-
- 50
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- usine fabriquant des bandages pneumatiques en coton lisse, qui affecteraient la disposition d’une mèche de lampe.
- Variétés. — M. Giraudet, maître de danse à Paris, a établi, dans un Congrès de la danse réuni dernièrement à Londres, que, dans un bal où il est d’usage d’exécuter 30 danses pendant la nuit, les danseurs ont dausé : 4 polkas, 4 mazurkas, 6 valses, 6 bostons, 2 pas-de-qualre, 2 schottishs, 2 lanciers, 2 quadrilles, 2 valses viennoises, ce qvti représente 17 820 temps ou mouvements de pieds, 7380 mesures, 3231 tours, 7170 pas de danse, 10 kilomètres 7-5 mètres et 522 saluts et révérences.
- Agriculture. — M. Martin Seelev, propriétaire de vergers à San-Josè (Californie), fait venir 500 singes du Mexique et de l’Amé-
- rique centrale; ils vont être dressés à la cueillette de fruits. 1! faudra essayer de corriger ces animaux de leur gourmandise proverbiale. C’est là une façon originale de parer au manque de bras-dont souffre partout l’agriculture.
- Météorologie. — Une violente tempête s’est abattue le 16 février sur les îles Cook, dans l’océan Paeilique; beaucoup d’éditices et de nombreuses plantations ont été détruits et gravement endommagés-
- — L’hiver est très rigoureux en Grèce; des maisons se sont effondrées sous le poids de la neige, les communications des chemins de fer d’Arcadie et de Messenie ont été interrompues. En Thessalie, des secousses de tremblement de terre ont eu lieu à plusieurs reprises.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Lawrence Rotch, directeur de l’Observatoire météorologique de Biue-IIill, Massachusetts (Etats-Unis), nous adresse deux notes intéressantes sur un projet d’exploration atmosphérique au-dessus des océans tropicaux et sur les premières observations faites en Amérique au moyen de ballons-sonde.
- M. G. Ductou, à Bordeaux, dont nous avions signalé ici même (n° 1555, di 14 mars 1903) les intéressants travaux « sur l’action des rayons colorés dans la fermentation du raisin en cuve >> a, comme nous le souhaitions alors, étendu ses études. Il nous adresse la seconde édition de son travail, surtout intéressante en ce qu’elle montre, en dehors du domaine étroit du laboratoire, les résultats obtenus par l’auteur sur un champ pratique plus étendu, pendant les vendanges de 1905 et de 1904, résultats qui ne permettent plus de conserver le moindre doute sur l’application pratique et utile de la fermentation photoehromique à la production do vin
- M. le Dr Guillermo Vives, à Ponce (Porto-Rico), nous adresse une brochure intitulée : Mémorandum of the barometer alarm, dans laquelle il décrit un baromètre de son invention, signalant par une sonnerie les changements qui se produisent dans la pression atmosphérique.
- M. E. Jacquesson, à Soissons, nous écrit, à propos de l’article publié dans le n° 1655, du 11 février 1905, sur les peseurs automatiques Averv, pour nous faire observer « que ces appareils ne sont pas autorisés eu France et que le service de contrôle des poids et mesures refuse de les poinçonner; aussi aucune maison française n’a cherché à réaliser un appareil répondant au même but. » On s’explique mal les raisons qui font tenir en suspicion par l’Etat un appareil destiné à rendre des services appréciables et dont la fabrication pourrait contribuer à enrichir l'industrie nationale.
- Renseignements. — M. Eupilio de Micheli, à Verona. — Pour tout ce qui concerne les appareils Rouquaud, veuillez vous adresser à M. Rouquaud, 88, avenue Victor-Hugo, à Paris (16e arrond.), ou aux concessionnaires suivants : MM. Bohain, 21, rue des Roses, Paris; Sauver, à Marseille; Société franco-italienne à Lausanne. Toutes ces adresses ont élé données en tête de la Boîte-aux-Lettres du n° 1653 du 28 janvier 19(15.
- M. Herburger, à Paris. — Le pagoscope se trouve chez M. Bernel-Bourette, 36, rue de Poitou, à Paris. Cette adresse a été donnée en tète de la Boîte-aux-Lettres du n° 1654 du 4 février 1905.
- M. Fischbach, à Strasbourg. — Pour les pochettes de papier sensible « l’Artistic » ou autres similaires, veuillez vous adresser à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, et à MM. Lumière et ses fils, 35, rue de Rome, à Paris.
- M. Charilaos Voulalas, à Plomari. — Pour les machines ;Y agglomérer, veuillez vous adresser à M. Ch. Martel, 66, rue de Provence, à Paris, représentant la marque Bietrix ou à la maison Couffinhal, 89, rue de Londres, à Paris.
- M. H. N., Marseille. — Nous ne connaissons pas de procédé répondant à votre désir.
- M. A. Jullien, à Lyon. — Le meilleur ouvrage que nous connaissions sur l’industrie du caoutchouc est : Seeîigmann, Lamy, Touilhon, Falconnet, Le caoutchouc el la gutla-percha, Pans. Vous pouvez aussi consulter : Le caoutchouc au Soudan, par d’Anlhonay. Paris, Rousseau, éditeur, 1901; L'industrie-du caoutchouc et de la gulta-percha (Rapport de l’Exposition universelle de 1900), par Chapel. Paris, 1901; Alt about rubber and gutta-percha, par Fergu>son, à Colombo.
- M. Troussel-l) manoir, à Petit Quevilly. — Nous ne pouvons vous donner ici la traduction des hiéroglyphes de l’obélisque de Louqsor. Vous la trouverez dans les ouvrages ci-dessous : An Egyptian reading-book for beginners (textes, traduction en anglais et vocabulaire complet égvpto-anglais), ar Budge, à Londres, chez K. Paul, 1890; A -collection of ieroglyphes, par Griffnh, à Londres.
- }J. le comte d'Eslernon, château de la Desvre; M. Bouchy, à Acherbach. — Pour les Solanum Commets ni, veuillez vou^ adresser à MM. Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. Raloir, à Moraypré. — Veuillez vous adresser à l’Ecole des Ponts et Chaussées, 248, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Rousselon, à Thiers. — Pour naturaliser les pieds de chevreuil, lavez très soigneusement avec une solution antiseptique (solution concentrée de chlorure de zinc, d’acétate d’alumine, de borax ou d’acide borique; solution alcoolique d’acide phénique), puis placez l’objet mius une cloche au-dessus d’un vase contenant une substance desséchante, comme "e l’acide sulfurique, de l’acide phos^horique, du chlorure de calcium ou de la chaux vive. Ayez soin de renouveler de temps en temps la matière desséchante, et laissez séjourner l’objet sous cloche pendant environ un mois. Si vous employez l’acide sulfurique, qui conviendrait le mieux, mais qui est dangereux à manipuler, vous éviterez l’emploi d’un grand exces de réactif en disposant au fond du vase une couche de sable siliceux grossier, de pierre ponce concassée ou de verre pilé que vous-imbiberez d’acide, dont le renouvellement devra être Léquent. Bien entendu, nous vous conseillons de faire d’abord des essais en petit.
- M. A. D., à Caen. - Nous nous occupons de la description de cet appareil.
- M. P. Lambert, à Bruxelles. — 1° Voici quelques ouvrages traitant de la fabrication de la soie : Fabrication de la soie, par Villon, à la librairie Tienol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris, prix : 6 francs; La soie artificielle, par Willems, même librairie, prix : 3 francs. — 2° Adressez-vous à la Société française de l’accumulateur Tudor, 81, rue Saint-Lazare, à Paris.
- M. Egrot, à Alger. — Pour le Logan Berry, veuillez vous adresser à l’auteur de l’article, M. Maumené, 51, rue de l’Abbé-Grégoire, à Paris.
- M. Laresche, à Saint-Dizier. — Comme ouvrages pratiques sur l’électricité nous connaissons les suivants : Manuel pratiqué du monteur électricien, librairie Tignol, 55 bis, quai des Grands-Augustins ; Manuet de l'Electricien, à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Henri Blum, à Paris. — La formule que vous nous demandez est donnée dans les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Sainl-Grrmain. — M. A.-E. Jacquesson, h. Soissons; M. Lawrence Rotch, à Blue Bill; M. G. Ductou, à Bordeaux; M. Guillermo Vives, à l’once. Remerciements pour vos intéressantes communications.
- Dans la • Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes tes communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le hindi qui précède la date de la livraison.
- p.50 - vue 482/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 5.1
- PETITES MENTIONS1
- Appareil à préparer les oenfs à la coque. — Le
- simple petit appareil que nous allons présenter à nos lecteurs, permet de préparer un œuf à la coque en 3 minutes. Il est formé, comme le montre notre figure, d’un coquetier en nickel monté sur un support dans lequel se place le foyer dont il va être question plus loin. A la partie supérieure du coquetier, lorsque l’œuf a été fixé dans une grille intérieure, on pose un couvercle qui est muni sur un côté d’une poignée en bois. On remarquera aussi que sur ce couvercle, à gauche, se trouve un petit couteau mobile autour d’un point fixe, et portant à son extrémité une pointe de 5 millimètres environ. Lorsque l’œuf a été placé dans le coquetier, comme nous venons de le dire, on place dessus un petit couvercle que l’on
- Appareil à préparer les œufs à la coque.
- voit à gauche dans la figure. Enfin on distingue également dabs la figure une mesure fixée à une extrémité d’un petit support qui perte de l’autre côté une. petite couronne en amiante. La petite mesure est destinée à prendre l’eau nécessaire a la cuisson de l’œuf ; la couronne en amianle doit être plongée dans le flacon que nous aperce' i ns à gauche de noire dessin et qui renferme la réserve d’alccc 1. L’appareil étant disposé comme nous l’avons indiqué, la mesure d’eau ayant été versée dans le coquetier, l’oeuf couvert, on place la couronne en amiante ou laupetle dans la griffe au-dessous du coquetier, après l’avoir trempée dans l’alcool; on la fixe dans un Irou ménagé à cet eflet, et on l’allume. Lorsqu’elle s’éteint, l’œuf est cuit. On enlève alors le couvercle ; on tient l’appareil de la main gauche, et de la main droife on manœuvre le couteau dont nous avons parlé plus haut, en avant soin d’aller vers la droite de façon à laisser pénétrer tout d’ahord la p« infe dans la coquille. L'œuf est alors coupé, tout préparé, et l’on a pour le. manger ur,e petite cuillèie. C’est là un appareil qui peut être très utile. Ajoutons que tous ces divers accessoires sont renfermés dans un petit écrin spécial. — L’appareil pour les œufs à la coque se trouve chez 51. Ed. Mathieu, 131-155, Galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- Lampe & are pour projections. — On sait tous les services que rendent les lampes à arc pour les projections. M. L. Korsten vient encore d’apporter au modèle qu’il construit d’heureuses améliorations qui seront très apprériées des amateurs de projections. Le volume 1otal de l’appareil a d’ahord été léduit, autant que possihle, de manière à pnœettre de le placer facilement dans toutes les lanternes couranies sans en exposer les organes de commande à une température élevée. Ces divers organes ont été groupés à l’arrière, comme le montre la figure ri jointe, et complètement isolés du circuit. L’ensemble est monté sur un pied louid en fonte; la colonne qui supporte le corps de l’aj pareil est commandée, pour le mouvement horizontal, par 1p bouton placé à gauche à la partie inférieure. Le deuxième bouton, toujours à gauche, mais un peu plus haut, donne le mouvement vertical. Enfin, au-dessus, un troisième bouton, plus grand, sert au rapprochement des charbons. Nous remarquerons de plus qu’il est facile de faire mouvoir à volonté dans tous les sens le charbon supérieur. Pour déplacer sa pointe d’avant en arrière, on agit sur le levier placé à gauche du porte-charbon supérieur; le déplacement latéral s’obtient au moyen du bouton placé à droite et à l’arrière du même porte-charbon. Ces mouvements permettent
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- d’utiliser l’arc à chaque instant dans les meilleures conditions; on peut aussi utiliser les courants continus ou alternatifs. Lé serrage des charbons se fait latéralement par des pinces aux-
- I.anipe à are pour projections.
- quelles on ajoute des petits blocs à coulisse permettant d’ern-plover des charbons de tous diamètres, depuis 7 millimètres! jusqu’à ‘20 millimètres, selon l’intensité du courant utilisé. —^ La lampe à arc de projection se trouve chez M. L. Korsten, 8-10, rue Le Brun, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La poudre d’eau oxygénée,
- L’eau oxygénée est un agent anlbeptique de premier ordre et qui a l’avantage sur bien des produits de cet ordre de n’étre ni caustique, ni toxique et de n’avoir aucune odeur. Aussi la chirurgie t mploie-t-elfe de plus en plus l’eau oxygénée poulies lavages et désinfections de cavités suppurantes, pour purifier des foyers miasmatiques et contagieux, pour détruire les agents microbiens de tous ordres. C’est, de plus, un hémostatique excellent; vous arrêterez immédiatement une hémorragie nasale en intioduisant dans le nez qui saigne un lampon d’ouate imbibé d’eau oxygénée. Si elle a des avanlagi s, l’eau oxygénée a un inconvénient, c’est d’ètre presque toujours acide, et, partant, irritante un peu pour les tissus. On remédie à cet inconvénient, assez léger dans bien des cas, en i’alcahnisanj, au moment de s’en servir avec un peu de bicarlonale de soude.
- M. Joubert a trouvé le moyen de pioduite de Beau oxygénée non acide d’une façon instantanée; il a créé lo> t simplement un produit qui correspond à la combinaison de l’eau oxygénée avec le borate de soude : c’est le perboiale de soude qu'on peut appeler une poudre d’eau oxygéne’e. En ef.et, en piojetant ce sel dans l’eau, sans aucune addition d’acide, on obtient une solution qui a toutes les propriétés de l’eau oxygénée libre et chimiquement pure et toutes celles du borate de soude. C’est de l’eau oxygénée alcaline, apte à répondre à Ions les besoins de la thérapeutique et pouvant être conservée indéfiniment à l’état de poudre dans un flacon jusqu’au moment de s’en servir.
- Sérothérapie de la fièvre typho'ide.
- J’ai indiqué, au moment où il publiait les premiers résultats de ce traitement, les avantages obtenus par le professeur Chantemesse par l’emploi d’un sérum antiseplique. Je n’ai pas à revenir sur ce que j’en ai dit, si ce n’est pour confirmer par des chiffres le succès thérapeutique obtenu par ce moyen. Si l’on prend les statistiques brutes des hrpilaux de Paris pour une période de trois ans (avril 1901 à oclobre 19041 on constate que 2618 malades ont été soignés dans les divers hôpitaux pour la fièvre typhoïde : sur ce m mine on compte 581 morts. Tels hôpitaux, comme rilôlel-Bieu. Bicbatja Pitié, fournissent un taux de mortalité considérable, 22 à 26 pour 100: d’autres, comme Saint-Antoine (un quartier ouvrier et populeux), Laënnec, ne donnent, que 12 à 13 pour 100. Mais l’ensemble fournit une mortalité moyenne de 18 pour 100. A l’étranger, cette proportion est sensiblement égale, 18 à 20 ponr 1('0. Si nous prenons le registre des entrées dans le service de M. Chan1emes.se nous relevons 545 cas de fièvre typhoïde soignés dans la même période de trois ans (hôpital du Bastion 29). Tous ces malades ont été soumis au traitement spécial par les injections de sérum, en y joignant, quand cela était nécessaire, les bains froids, les médicaments usuels.
- p.51 - vue 483/536
-
-
-
- 52
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Or, la mortalité n'a été que de 22 sur 545; soit une moyenne de 4 pour 100. l)ans deux autres services, celui du Dr Josias à l’hôpital Bretonneau et celui du Dr Brunon à l’hôpital de Rouen, tous deux services d’enfants, on a traité la fièvre typhoïde par la sérothérapie et les résultats ont été identiques à ceux que donne M. Chantemesse : sur 220 cas, 8 morts. Il y a là une proportion qui mérite l’attention, en particulier des services d’hôpitaux militaires. En 1902, la statistique dressée par le ministère de la guerre enregistre, pour l’armée de France (la mortalité est plus élevée pour l’armée d’Algérie et de Tunisie), 1845 cas de fièvre typhoïde et 255 morts, soit une rnortdité de 15,7 pour 100. L’emploi du sérum aurait peut-être pu abaisser de moitié ce chiffre et conserver la vie à 120 jeunes so'dats.
- J’ai indiqué çomment agissait le sérum ; il a une action en quelque sorte spécifique, très rapide, très énergique sur les appareils de défense de l’organisme, rate, moelle des os, tissu adénoïde. Et son action est d’autant plus manifeste qu’il est injecté à une période plus rapprochée du début de la maladie. Il ne neutralise pas, semble-t-il, d’emblée le virus, mais il apporte aux tissus défaillants les moyens de résister à l’intoxication, d’éliminer le poison. A l’inverse du sérum antidiphtérique qui doit être injecté à doses d’autant plus fortes que le malade est plus gravement atteint, dans la fièvre typhoïde, plus la maladie est grave, plus faibles doivent être les doses de sérum. C’est un médicament héroïque, mais doqt il faut connaître à fond le maniement, ce qui ne paraît pas bien compliqué. I)r A. C\rtaz.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30 . — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN » thermomètre VENT DIRECTION ET FORCE DE 0x9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 février . . — 0°,2 S. W. 2. Couvert. 1,7 Couv. ; neige de 4 h. à 6 h. ; pluie de 9 h. à 10 h.
- Mardi 11 3°, 4 S. S. W. 2. Couvert. 2.7 Couv. ; pluie le matin el l’après-midi ; brouillard de 8 b. à 12 h
- Mercredi 15 5»,2 N. N. W. 1. Couvert. 0,2 Couv. ; petite pluie le matin ; brouillard le soir.
- Jeudi 16 5\0 S. S. W. 2. Couvert. 2,1 Très nuageux; pluie de 2 h. 15 à 5 h. 30.
- Vendredi 17 5°, 9 S. W. 2. Pluie. 2,0 Couv. jusqu’à 16 h.; beau ensuite; pluie par intervalles.
- Samedi 18 * — 1°,0 S. 1. Brouillard. 1,7 Gelée bl. ; brouill. ; beau le matin; nuag. le soir; pluie de 19 h. à 22 h.
- Dimanche 19 6°,0 W. 5. Couvert. 2,5 Nuag. ; averses ; un peu de grésil à 12 b. 30.
- FEVRIER 1905. -- SEMAINE DU LUNDI 13 AD DIMANCHE 19 FEVRIER 1905
- | Lundi | Mardi | Mercredi J Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 « 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe, épaisse, les pressions barométriques' (baromètre ramené à 0, an niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La neiffe. — Un froid intense a eu lieu le 13 février dans tous les Etats de l’Ouest et du Sud-Ouesi du Mexique ; une violente tourmente de neige a sévi daus le Nord du Texas et dans le Nouveau-Mexique. Les troupeaux ont été très éprouvés et ont subi des pertes considérables.
- Dans la nuit du 12 au 13 février, il y a eu à Nice un grand abaissement de température ; la neige est tombée à 3 heures du matin, en petite quantité.
- Les 14 et 15 février, la neige est tombée en abondance en Tunisie; de violents orages avec grêle ont eu lieu dans toutes les directions. Les communications intérieures ont été difficiles, et la mortalité daus les troupeaux a été très élevée,
- ,, lie temps. — Le temps a été pluvieux pendant la semaine du 13 an 19 février. Le 13 février, on a signalé en France de faibles chutes de neige dâns le Nord et dans l’Est. A Paris, la neige est tombée à petits flocons de
- 4 heures à 6 heures du matiu. Le thermomètre marquait le matin —4° à Belfort, 0e à Paris, 1° à Nantes, 1° à Biarritz, 5° à Brest, —.12° au mont Aigoual, —1'>° au Pic du Midi, La température moyenne de la journée a été
- 5 Paris de 1°. Le 14 février, oft a recueilli 5 mm d’eau à Boulogne-sur-Mer, 4 mm à Paris, 3 min il Clermont, 1 mm à Nancy, La température était le Çiatin de -r-60 à Lyon, -r-3° à Marseille,—3° à . Naples, 3° à Paris, 5° à
- Nantes, — 5° au Puy de Dôme, —13° au Pic du Midi, —15° au mont Mounier. Le 13 février, une violente tempête de Nord-Est a sévi sur la Méditerranée, et notamment à Marseille et à Cette. Le 15 février, la pression barométrique a été élevée sur presque toute l’Europe; elle a atteint 779 mm en Bretagne.
- Il est tombé 2 rnm d'eau à Nancy, 1 mm à Boulogne. 1 mm à Paris. Le matin, on notait 5° à Paris, 9° à Perpignan, —2° au mont Aigoual, —3° au Puy de Dôme, —11° au Pic du Midi. Le 16 février, la pluie est tombée à Paris d’une façon continue de lh 50” à G* 1115“ et de 61145" à 7“30‘ du matin. La pression barométrique a été inférieure à 773 mm. Il a plu également à Lorient (11 mm), et à Dunkerque (4 mm). Le 17 février, on a recueilli 1 mm d’eau à Paris, 2 mm à Dunkerque. 4 mm à Cherbourg, et 4 mm à Lorient. La température a monté sur toute l’Europe ; elle était le matin de 6r) à Paris, 8° à Perpignan, 10° à Brest, —3° au Puy de Dôme, —12° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 6°,7 avec un maximum de 7°;2 à 5 heures du soir à la tour Eiffel. Le 18 février, le thermomètre marquait le matin — 1° à Paris, 10° à Perpignan, — 4° au mont Aigoual. Des pluies sont tombées à Lyon (9 mm), à Toulouse (2 mm), à Ilochefort (2 mm), à Paris (1 mm). Le 19 février, dans la matinée, il y a eu plusieurs averses dans la région parisienne Ouest ; il est tombé 2 mm d’eau à Paris, 2 mm à Nantes, 1 mm à Brest, I mm à Dunkerque. Un fort vent’d’Ouest a soufflé sur les côtes de la Manche, et un faible vent du Nord-Ouest a eu lieu en Provence.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 19 à 7 h. 1 m. du soir.
- p.52 - vue 484/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adresse à MM. Masson et Cu,
- éditeurs de a La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d'origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1658 (4 mars 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Nécrologie. — M. Emile Fernet, inspecteur général honoraire -de l’Instruction publique, est décédé à Paris. M. Fernet fut un professeur émérite et'un physicien de valeur. Il est L’auteur d’un traité de physique qui fut classique pendant de longues années. Depuis sa mise à la retraite, il avait été secrétaire des comptes rendus •des séances de l’Académie des sciences.
- Astronomie. — A l’occasion de ses Observations actinomé-triques du Mont-Blanc, M. A. Hansky rappelle que le but principal •des observations actinométriques est la détermination de la constante solaire (ou quantité de chaleur reçue aux limites de l’atmosphère pendant une minute, par chaque centimètre carré de surface normale aux rayons incidents). Les parties du spectre solaire produisant le plus grand elfet calorifique sont très peu absorbées par notre atmosphère lorsque celle-ci n’est pas chargée de vapeur d’eau; c’est pourquoi on choisit toujours, pour ces déterminations, des endroits très élevés. Les observations actinométriques de M. Hansky, faites au sommet du Mont-Blanc pendant les années 1897,1898 et 1900, l’ont conduit à admettre la valeur 3“\3 comme très probable.
- Archéologie. — Dans le Sud Oranais. M. E.-F. Gautier, au cours de ses fouilles dans les tumuli découverts récemment aux environs d’Aïn-Sefra par M. le comte Jean de Kergorlay et M. le capitaine Dessigny, vient de reconnaître un ensemble qui caractérise une phase de l’évolution des tribus du sud de l’Algérie ; on y trouve des souvenirs d’un âge très ancien, associés à l’usage des métaux, argent, cuivre et fer.
- Chaleur en Australie. — On écrit de Sydney que la température y atteint, en ce moment, un degré auquel elle n’était pas montée depuis 46 ans. Il faisait, le 1er janvier, 43° à l’ombre. La conséquence est l’incendie de grandes étendues de forêts et la difficulté de maintenir la circulation des trains dans les régions incendiées, où l’on ne peut faire les réparations nécessaires.
- Or de l’Alaska. — Après le grand tapage fait au début par leur découverte, les mines d’or du Yukon baissent rapidement, comme il arrive toujours dans les plaeers. La production d'or, qui avait atteint en 1900 114 millions de francs, n’a plus été en 1904 que de 50 millions et le gouvernement canadien a réduit de 1 million le crédit pour l’administration du Yukon en 1905.
- Tunnel du Simplon. — Le percement du Simplon a eu lieu le 24 février, exactement 25 ans après celui du Gothard (29 février 1880). Mais on ne pourra, comme pour celui-ci, faire une fête où les ouvriers des deux pays se tendront la main par la brèche. H faudra d’abord se garer des sources chaudes emprisonnées depuis le mois de mai 1904 du côté Nord par un serrement de fer établi à 240 mètres de l’avancement : ce qui demandera encore un mois environ. Après quoi seulement, on pourra procéder à la cérémonie officielle.
- Minerais de vanadium. — On vient de découvrir en Australie du Sud. du côté de Kapunda, des filons renfermant du vanadium en quantité remarquable (4 à 15 pour 100). Ce vanadium est là associé au cuivre. On avait rencontré de même au Mexique des veines de vanadate de plomb; au Chili, des vanadates de plomb et •de cuivre. On cherche maintenant un débouché pour ces minerais : le vanadium ayant quelques petites applications dans la métallurgie de l’acier, les teintures au noir d’aniline, etc.
- Don à l’Université. — Mme James Barrow, veuve d’un grand’ raffineur de Liverpool, vient de faire don à l’Université de cette ville de 250000 francs pour la création d’une chaire de langue et littérature françaises.
- Bibliothèque nationale. — M. Pascal, membre de l’Institut, architecte de la Bibliothèque nationale, va doter cet établissement,
- dans ses locaux actuels aussi bien que dans ceux qu’il construit rue Vivienne, d’une machinerie qui permettra le transport rapide des livres et manuscrits du fond des magasins les plus éloignés aux salles de travail. Tous les monte-charge actuels, qui sont mus à la main, vont être remplacés par de petits ascenseurs hydrauliques ou électriques et par des chemins roulants à mouvement continu. Les lecteurs, qui attendent aujourd’hui pendant près d’une heure les livres demandés, seront servis en quelques minutes.
- — M. Henry Marcel, ancien directeur des Beaux-Arts, est nommé administrateur général de la Bibliothèque nationale, en remplacement de M. Léopold Delisle, admis à la retraite et nommé administrateur général honoraire.
- Téléphonie entre France et Angleterre. — Jusqu’à ce jour les relations téléphoniques n’existaient qu’entre Paris et Londres. Mais par suite d’un aceord intervenu, le service téléphonique va être étendu aux villes de province des deux pays. Toutes les grandes villes françaises reliées à Paris par des circuits d’un gros calibre sont, dès maintenant, autorisées à correspondre avec Londres, Sou-thampton, Cambridge, Yarmouth, Brighton, etc. De même, les grandes villes anglaises vont être raccordées aux réseaux français. France et Angleterre ont été divisées en deux zones et les taxes fixées à 10 francs, 12fr,50 et 15 francs suivant les zones.
- Record automobile. — Le chauffeur américain Fletcher, qui a établi, à Ormond-Beach, le record des 160 kilomètres à line vitesse supérieure à 123 kilomètres par heure, vient encore de triompher à la Havane, où il a parcouru le mille anglais (1609 mètres) en 45 secondes, soit à la vitesse de 128,720 kilomètres par heure.
- Hygiène scolaire. — Un Congrès d’hygiène scolaire s’est réuni à Londres du 13 au 19 février. On a adopté les vœux suivants : un minimum de 9 heures de sommeil pour les enfants de moins de 15 ans ; l’organisation sur le modèle américain de fréquentes conférences entre les parents et les maîtres; des leçons pratiques d’hygiène pour les professeurs et pour les élèves; la mise au concours d’un manuel élémentaire d’hygiène. MUe Mi Ya Kawa, institutrice japonaise, a parlé des bains à bon marché au Japon et des soins donnés aux costumes qui sont sans cesse décousus, lavés et recousus. M. le Dr Luteslawski, de Varsovie, a raconté ce que certains de ses compatriotes ont réussi à faire pour l’enfance abandonnée. Les petits gamins pauvres qui errent dans les rues sont amenés, par l’attrait d’un verre de lait, dans un gymnase où des soins médicaux leur sont donnés.
- Marine. — Le croiseur Dupetit-Thouars, de 19600 chevaux, muni de générateurs Belleville à économiseurs, a effectué à Toulon, le 14 février, son essai officiel à outrance. Il a fourni une puissance de 21958 chevaux pour une combustion de 143 kg de charbon par mètre carré de grille et par heure. La vitesse obtenue a été de 40 kilomètres à l’heure environ.
- Le commerce du beurre du Rio de la Plata. — Entre les Républiques Argentine et de l’Uruguay et l’Angleterre, un système perfectionné de chambres réfrigérantes a permis au steamer Nile de débarquer à Southampton 7516 caisses de beurre frais et salé, d’excellente qualité. Le beurre frais en débarquant a une température de 58 à 33° Falir., et le beurre salé de 32 à 34°. Les éleveurs de la Plata améliorent d’ailleurs continuellement le bétail en faisant venir d’Angleterre des animaux de la plus belle race et les laitiers anglais envisagent sérieusement cette concurrence importante et nouvelle.
- Expériences de sériciculture dans I’Est-Africain. — En 1903 et 1904 des essais ont été faits dans la province de Kenya. Plusieurs centaines de mûriers d’espèce japonaise ont été cultivés. Us donnent trois ou quatre bonnes récoltes de feuilles par an. Les graines de vers à soie, importées de France, ont parfaitement prospéré, la mortalité n’ayant été que de 1 pour 100. Les fils sont
- p.53 - vue 485/536
-
-
-
- 54
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- longs et solides, cette industrie pourrait être rémunératrice ; le cultivateur pourrait obtenir trois récoltes de soie par an, au lieu d’une, comme dans le sud de l’Europe. La soie produite n’a pds encore été estimée (Board of Trade Journal, de Londres).
- Récoltes. — Le tableau général du rendement comparatif des vignobles de France en 1904, récemment -publié par le Moniteur vinicole, fournit des renseignements très intéressants sur le produit par hectare de nos 77 départements où la vigne, est cultivée. La Loire-Inférieure figure en tête de la liste, avec 82 hectolitres à l’hectare. Elle tenait également le premier rang en 1893, où ses vignes avaient donné 86 hectolitres par hectare. Ces beaux rendements n’ont jamais été atteints dans aucun autre vignoble français. Dans l’ensemble de la France, le rendement moyen des vignes, en
- 1904, a été de 40 hectolitres à l’hectare, 66 016 567 hectolitres pour 1641142 hectares. Beaucoup de Parisiens ne se doutent peut-être pas que la Seine possède encore un vignoble de 397 hectares, qui, cette année, a donné 19 415 hectolitres, soit 49 hectolitres par hectare. Ce département est inscrit le quinzième sur le tableau comparatif du Moniteur vinicole.
- Météorologie. — Le capitaine anglais \Y. F. Tyler, de la Meleorologieal Society, essaye de créer une échelle spéciale pour exprimer scientifiquement la douceur et l’agrément d’un climat : il fait entrer en jeu les deux facteurs de température et d’humidité, et a forgé le mot hyther (sans doute d’hygromètre et de thermomètre) pour représenter la chose. La numération va de 0 à 10, le 0 représentant une journée absolument agréable.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. L. Pierre Ollivier, à Pertuis (Vaucluse), nous adresse une intéressante description de la grotte de Mirabeau (Vaucluse) qu’il a explorée en 1904; difficile d’accès et impossible h visiter sans échelles de cordes, cette grotte ne mesure que 250 à 300 mètres d’étendue, mais elle s’ouvre dans une espèce d’aven et possède (d’après les photographies au magnésium qui nous sont communiquées) de belles concrétions (le Chandelier, les Orgues, etc.), qui mériteraient d’être rendues accessibles aux touristes. En élargissant diverses fentes rocheuses on trouverait certainement d’autres salles; d’ailleurs l’exploration doit être continuée en 1905.
- M. Horacio Bentabol y üreta, à Madrid, nous envoie une note qu’il vient de publier sur la division sexcentésimale de la circonférence (division sexcentesimale de la circumferencia-seiscientas partes 6 grados).
- MM. Taupenot et Cie, h Paris, nous adressent une lettre dont l’intérêt n’échappera pas à nos lecteurs. Ils font remarquer, à propos des divers articles que nous avons publiés sur le nettoyage des wagons, notamment celui du n° 1646, du 10 décembre 1904, où nous décrivons un procédé de nettoyage par le vide, « que nos Compagnies françaises de chemin de fer ont, bien avant les Compagnies de chemin de fer allemandes, adopté ce système et que la maison Taupenot et Cie a personnellement fourni, depuis longtemps déjà, un nombre considérable de machines, aux Compagnies du P.-L.-M. et de Paris-Orléans. Il existe notamment des machines de ce genre à la gare d’Orsay, au petit entretien de la Ci0 d’Orléans et à la gare de Lyon. »
- M. R. Mailhat, à Paris, nous écrit qu’il est le constructeur de tous les appareils de l’observatoire de Tortosa dont nous avons parlé dans notre n° 1655 du 11 février 1905. Plusieurs de ces appareils sont nouveaux ou perfectionnés.
- M. J. Triboulet, à Blidah, nous écrit, à propos de l’article sur la Télésléréoscopie paru dans le n° 1653 du 28 janvier 1905, qu’il a souvent pris des photographies lointaines par les procédés ordinaires et qu’il a toujours eu lieu de se féliciter des résultats obtenus.
- Renseignements. — M. Henri Gregh, à Meudon. — 11 serait très long et peut-être peu convaincant d’essayer de vous exposer par écrit les raisons qui justifient l’ordre adopté dans l'exposé des Enchaînements du règne animal; vous serez, par contre, pénétré de l’excellence de cette méthode si, comme nous vous le conseillons, vous allez examiner la superbe galerie de Paléontologie du Muséum d’histoire naturelle, au Jardin des Plantes.
- M. J., à Cambrai. — Vous pouvez parfaitement utiliser la
- force motrice dont vous parlez. Mais pour votre installation, électrique il est nécessaire de faire une étude et un devis ; il serait pxéférable pour vous de vous adresser à une Société, par exemple à la Société L’Eclairage électrique, 27, rue de Rome,, à Paris.
- M. Alcalay, à Bucarest. — Il n’existe pas de traités spéciaux sur l’absorption, la déliquescence et l’efflorescence. Veuillez pour les généralités vous reporter aux traités de physique et, pour les différents corps, à chacun d'eux dans les traités-de chimie.
- M. Michel Fontana, à Torino. — Malgré nos recherches, il nous a été impossible de retrouver l’article auquel vous faites allusion et nous ne croyons pas avoir rien publié au sujet de ce procédé qui nous est inconnu.
- M. E. Brunei, à Irapuato. — Nous ne connaissons pas de maisons ni de procédés pour l’exploitation de la paille comprimée, et nous ne pensons pas qu’il ait été fait des essaie dans ce sens.
- M. A. M., à B. — Nous n’avons pas connaissance du procédé dont vous nous parlez.
- M. J. Viscardi, à Cernüsco Lombardone. — Pour tout ce qui concerne les appareils à oxygène, s’adresser à la Société l’oxylithe, 113, rue Cardinet, Paris. Cette adresse a été donnée en tète de la Boîte aux lettres du n° 1648, du 24 décembre 1904.
- M. F. M., à Paris. — Nous ne voyons pas la raison qui fait rejeter les bouteilles après un premier emploi. Adressez-vous-à un fabricant de vin de Champagne, par exemple : MM. Chandon et Cie, à Épernay; Mumm et Cie, à Reims; Pommery fils et C‘% à Reims.
- Bibliothèque du petit séminaire, à Beaupréau. — Pour des moteurs à pétrole d’occasion, adressez-vous directement à des fabricants, comme les maisons Otto, 155, rue Croix-Nivert, à Paris; Japy et Cie, 3, boulevard Magenta, à Paris; Tangye. 54, boulevard du Temple, à Paris.
- M. A. I. C., à Turin. —Veuillez vous reporter aux comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences (séance du 12 décembre 1904). Ces comptes rendus se trouvent à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. G. S., à Laval. — 11 nous est absolument impossible de répondre à vos diverses questions. La teneur en fer nous semble suffisante pour être exploitable. Pour le reste, des chimistes et des ingénieurs spécialistes pourraient seuls vous renseigner, si vous leur fournissez des données plus précises.
- M. Drouet, à Mont-Saint-Aignan. — Veuillez nous envoyer la bande du journal de l’année.
- M. Lottin-Sagnier, à Paris. — Pour donner du brillant aux cuivres, les différents produits du commerce, brillant belge et autres donnent en général de bons résultats. Vous pouvez aussi vous servir d’une eau contenant en dissolution 5 pour 100 d’acide oxalique et 3 pour 100 d’acide sulfurique. Prendre un peu de cette solution sur un linge, mettre sur la pièce une pincée de tripoli de Venise et frotter. Autre procédé ; faites fondre 175 grammes de savon blanc dans un litre d’eau, ajoutez 175 grammes de tripoli, remuez et trempez dans ce mélange des morceaux de linge de coton, faîtes sécher et vous vous en servirez ensuite pour nettoyer.
- M. Mornial, à Bruxelles. — Pour ce qui concerne les appareils Rouquand, veuillez vous adressera M. Rouquand, 38, avenue Victor Hugo, à Paris. Cette adresse a été donnée en têtejleMa Boîte aux lettres du n° 1653 du 28 janvier 1905.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. Charles, à Nantes. Vous trouverez des recettes à ce sujet dans ,1e recueil de Recettes et jirocédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et C*% à Paris. — M. Julien Lacroix, à Pau. Veuillez vous reporter au même petit livre, 3' série, même librairie. — M. A. V., à Grenoble. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le hindi qui précède la date de la livraison.
- p.54 - vue 486/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PHOTOGRAPHIE
- Le photomètre normal Degen.
- L’une des questions qui préoccupe le plus le photographe c’est celle du temps de pose ; car si, au développement, on peut, par certains artifices, corriger les erreurs de pose, il n’est rien de tel, en somme, qu’une plaque qui a reçu exactement la quantité de lumière nécessaire à la bonne venue de l’image. Aussi depuis que l’on fait de la photographie de nombreux inventeurs ont-ils imaginé des appareils destinés à indiquer ce temps de pose ; aucun ne permet de résoudre le problème de façon précise, pour cette bonne raison qu’ils n’envisagent généralement qu’un côté de la question.
- Dans les uns, où l’on examine le noircissement d’un papier' sensible, on tient bien compte du degré actinique de la lumière, mais de la lumière ambiante et nullement de celle réfléchie par l’objet à photographier, et c’est celle-là seule qui est intéressante; dans les autres, au contraire, on examine l’objet et on tient compte de l’intensité de la lumière réfléchie, mais on
- Le photomètre normal Degen.
- néglige le degré actinique de cette lumière. C’est encore à celte classe d’instruments que nous donnons nos préférences, car si les rayons les plus actiniques sont invisibles pour nous, il y en a beaucoup d’autres dont l’activité est sensiblementpro-portionnelle à l’intensité lumineuse qui impressionne notre oeil. C’est à ce genre d’instrument qu’appartient l’appareil de M. Degen, qui est aussi complet et aussi scientifiquement conçu que possible.
- Il est basé sur la loi d’absorption de la lumière par les écrans colorés: la pose nécessitée par un écran se calcule en tenant compte de l’épaisseur de cet écran, en prenant comme étalon un écran de même couleur et d’épaisseur connue; le coefficient à employer sera une constante qui se détermine par l’expérience.
- On admet aussi que les temps de pose sont inversement proportionnels au degré actinique de la lumière réfléchie par le sujet et à la rapidité de l’émulsion employée; enfin on constate que des surfaces de même nature, éclairées avec des intensités différentes, paraîtront de teinte uniforme si on les observe à travers des écrans de même verre, dont les coefficients de pose sont respectivement, pour ces surfaces, inversement proportionnels à leur éclairage.
- C’est sur ces principes qu’est construit le photomètre normal Degen (Yoy. fig.); il est disposé de façon à ne nécessiter aucun calcul : deux réglettes que l’on tire plus ou moins portent des index qui s’arrêtent en face d’une échelle indiquant le temps de pose, d’après le diaphragme et la nature de plaque employés.
- L’écran à épaisseur variable est constitué par deux prismes d’angle égal, en verre violet, qui coulissent l’un sur l’autre. Lne disposition analogue a déjà, croyons-nous, été employée par M. d’Arsonval pour mesurer l’intensité lumineuse des lampes, les prismes étaient en verre noirci. M. Degen a adopté Je verre violet pour tenir compte, dans une certaine mesure, du degré actinique de la lumière réfléchie par l’objet. Le mode d’emploi est simple : après avoir indiqué, en manœuvrant l’une des réglettes, quel est le diaphragme employé, on vise l’objet, par un trou pratiqué sur l’instrument, et on agit
- sur l’autre réglette jusqu’à ce que cet objet soit à peine visible. On n’a plus qu’à lire sur la graduation quel est le temps de pose indiqué ; l’index porte quatre divisions prévoyant les cas où l’on emploie des plaques très lentes, lentes, extra-rapides ou ultra-rapides. L’index des diaphragmes prévoit aussi les différents modes de graduation les plus employés : celui de Gœrz, de Zeiss et enfin celui du Congrès, en fonction du foyer.
- On voit que le constructeur a cherché à prévoir tous les cas et à donner le moyen de résoudre, dans la mesure du possible, la grave question du temps de pose. — Le photomètre se (rouve chez M. Degen, 3, rue de la Perle, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Cent ans aux Pyrénées, par Henri Béraldi, 6e partie. 1 vol. in-8°, 555 p. Paris, 1904 (nom mis dans le commerce).
- C’est le dernier volume de la revue rétrospective qui nous a donné l’histoire de la conquête alpiniste, topographique et géographique, depuis Ramond, avec le quadruple mérite dune plume alerte, d’appréciations judicieuses, d’une érudition sans égale, et d’une impartiale documentation.
- Zante, 2 vol. in-4° de 450 et 687 p. Prague, Mercy. 1904. (Anonyme et non mis dans le commerce.)
- Continuant ses admirables monographies des îles Méditerranéennes (Baléares, Ioniennes, Liparis, etc.), S. A. I. R. l’archiduc Louis Salvador d’Autriche nous offre Zante la Grecque. D’innombrables gravures et cartes montrent les beaux accidents des côtes et les traits de la géographie ; la plus profonde observation a détaillé la statistique, l’ethnographie, le climat, les productions, l’histoire naturelle.
- La bobine d’induction, par H. Abmagnat, chef du bureau des mesures électriques des ateliers Carpentier. 1 vol. in-8°. Librairie Gauthier-Viliars. Prix : cartonné, 5 francs. Paris, 1905.
- Aucun travail d’ensemble théorique et pratique sur la bobine d’induction n’avait encore été publié. M. II. Aimagnat a comblé la lacune qui existait en réunissant ce que l’on sait sur la théorie et le fonctionnement pratique des bobines et en y ajoutant une bibliographie importante des travaux originaux.
- •
- Manuel de t ouvrier tourneur et (ileteur, par Joanny Lombard, chef d’atelier à l’École nationale d’arts et métiers de Lille. 1 vol. in-8°. Vre Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : broché, 4",50; cartonné, 5", 75. 1905.
- La technique des courants alternatifs à l’usage des électriciens et des ingénieurs, par Giusefpe Sartori, ingénieur. Traduit de l’italien, par J. A. Montpellier, rédacteur eh chef de YElectricien. Tome second. Développements et calculs pratiques relatifs aux phénomènes du courant alternatif. 1 vol. grand in-8°. VT° Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : broché, 50 francs; cartonné, 21",50. 1905.
- Cours de mécanique appliquée aux machines, par J. Boulvix, directeur des constructions maritimes de l’État Belge, 5° fascicule. 2e édition. Théorie des machines thermiques. 1 vol. in-8°. Paris. E. Bernard, éditeur. 1905. Prix : broché, 12",50.
- Précis de la théorie du magnétisme et de l’électricité, par A. Nouguier, ancien élève de l’École polytechnique, capitaine d’artillerie. 1 vol. in-8°. Librairie Ch. Béranger, éditeur. Paris. 1905. Prix : 12",50.
- Causeries sur le hadium et les nouvelles radiations. Rayons cathodiques, RaijonsX, Haute fréquence, télégraphie sans fils, par Georges Clalde, ingénieur. 1 brochure in 8°. \’,e Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1905. Prix : 5 francs.
- L’hygiène - ans la marine de guerre moderne, par les Drs Pierre Colieaed et Henry Girard. 1 vol. in-18. Paris. 1905. A. Challamel, éditeur.
- Agenda du photographe pour 1905 (11e année) suivi du Tout-Photo, annuaire des amateurs de photographie. 1 vol. Paris. Ch. Mendel, éditeur. Prix : 1 franc.
- Théorie et pratique de la motocyclette, par René Champly, ingénieur-mécanicien. Desforges, éditeur. Paris, 1905. 1vol. in-16. Prix : 1",50.|
- Les bateaux automobiles à pétrole, par René Champly. Desforges, éditeur. Paris, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 4",50.
- Manuel de Ski, par le Dr W. Faulcke (trad. Achard). 1 vol. in-12, Berger-Levrault, Paris, Nancy, 1905.
- Le livre allemand a déjà 3 éditions; la traduction arrive à son heure au moment où vient de se fonder à Briançon l’école militaire de Ski ou patin à neige norvégien, de plus en plus cher aux alpinistes. On ne saurait trop leur recommander cet excellent et-complet traité. . .
- p.55 - vue 487/536
-
-
-
- 56
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Manuel du conducteur de voitures Serpollet, par L. Clouet des Pesuuciies. 1 vol. in-16. V” Ch. Bunod, éditeur. Paris. Prix : 3fr,50.
- Annales de la Société d'agriculture, sciences et industrie de Lyon, 1901. Paris. J.-B. Baillière et fils. Lyon. Alex. Rey et II. Georg, éditeurs. 1 vol. grand in-8°.
- Histoire du harnachement et de la ferrure du cheval, par Pierre Mégnin. Yincennes, aux bureaux de l’éleveur, 6, avènue Aubert. 1904. 1 vol. in-8°. Prix : 10 francs.
- Les grandes cultures du ’monde, histoire nature le populaire, sous la direction dejM. le Dr J. E. Van Someren Brand, 700 illustrations. E.1 Flammarion, éditeur. Paris. 1905. lr* livraison. Prix : 75 centimes.
- Fruticetum Vilmorianum, Catalogus primarius, par M. L. de Vilmorin et D. Bois. Paris. O. Doin, éditeur. 1904. 1 vol. grand in-8°.
- Fabrication de la margarine et des graisses alimentaires, par J. Fritsch. Paris, 1905. II. Desforges, éditeur. 1 vol. in-12.Prix : broché, 4fr,50; relié percaline, 5 francs.
- Hygiène sociale. Les victimes de l'alcool, par le Dr A. Bara-tier, membre de la Société d’Anthropologie. 1 vol. in-12. Paris. Edition médicale. Prix : 2tr,50.
- Manuel du Confiseur-liquorisle : sucre, chocolat, bonbons, dragées, fruits confits, confitures, sirops, liqueurs, glaces et boissons gazeuses, par Léon Arnou. 1 vol. in-18. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris. 1904. Prix : 5 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30>. — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 février . . 0",0 N. 2. Très nuageux. ’ 2,1 Très nuag. ; neige à diverses reprises.
- Mardi 21 1°,0 N. E. 3. Presque couvert. » Gelée bl. ; très nuageux jusqu’à 16 h. ; beau ensuite.
- Mercredi 22 1°,8 N. N. E. 5. Couvert. 0,5 Couvert ; neige dans la soirée.
- Jeudi 23 1°,0 N. N. E. 3. Couvert. 4,6 Couv. ; un peu de grésil à 9 h. ; neige de 10 h. 10Ù17 h. 30.
- Vendredi 24 — 0°,5 S. W. 0. Couvert. » Presque couvert.
- Samedi 25 — 1°,5 S. S. E. 2. Couvert.' )) Couv. le matin ; peu nuag. le soir ; brouillard de 100 m. le matin ; gelée bl. ; givre.
- Dimanche 26 . . . • — 0°,1 S. S. W. 2. Beau. 2,8 Gelée bl. ; lialo ; peu nuag. le matin ; couv. le soir; pluie de 16 h. 30 à 23 h. 15.
- FÉVRIER 1905. -- SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 FEVRIER 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La neige. — Dans la semaine du 20 au 26 février, la neige est tombée eu France dans presque toutes les régions. Le 20 février, on a signalé à Bourges, pendant toute la journée, d'abondantes ciiutes de neige. Le même jour, à La Rochelle, quelques flocons sont tombés. Le 20 février, également à Nice, la grêle est d’abord tombée en abondance, puis la neige est venue ensuite. Le 22 février, on écrivait de Tarbes que la neige tombait sans discontinuer depuis le 19 février; dans les rues de la ville, il y avait une hauteür de 12 centimètres de neige. Depuis l’hiver de 1895, la neige n’était pas tombée à Tarbes. Il neigeait aussi à Toulouse. Enfin, à Paris, il y a eu des chutes de neige à plusieurs reprises, les 20 et 21 février ; dans la journée du 23 février, la neige est tombée sans interruption.
- Tempêtes. — Le 20 février, une tempête du Nord-Ouest a soufflé avec violence sur les côtes de la Manche. Le bateau à vapeur Salvator a dû mouiller à Cherbourg. Le mauvais temps a persisté les 21 et 22 février, et il y a eu de nombreux dégâts. On a signalé egalement de violentes tempêtes à Brest, à La Bochelle et à Barfleur.
- L© temps. — Le 20 février, la pression barométrique s’est relevée dans le Nord-Ouest de l’Europe et s’est abaissée de 10 mm en Provence. On a recueilli 17 mm d’eau à Lyon, 7 mm à Clermont, 7 mm à Belfort, 6 mm à Paris, 6 mm à Nancy, 3 mm à Brest. La température était le matin 0° à Belfort, 0e à Paris, 2° à Nantes, —6° au Pur de Dôme, —10° au mont
- Yentoux, —13° au Pic du Midi. Le 21 février, les pluies et les neiges ont été générales en France ; il est tombé 59 mm d'eau au Pic du Midi, 19 au Puy de Dôme, 12 à Nice, 8 à Dunkerque, 2 à Lorient et 2 à Belfort. Le matin, le ihermomèlre marquait — 1° Nancy, 0° à Clermont, 0° à Toulouse, —10° au mont Aigoual; la température moyenne a été 2°,3 à Paris. Le 22 février, les fortes pressions étaient vers le Nord-Est; sur la Méditerranée occidentale la pression était un peu inférieure à 760 mm. Un veut du Nord-Est a soufflé avec violence sur toute la France. On notait le matin 1° au Havre, 1° à Nantes, 2° à Paris, — 7° au Puy de Dôme, —10° au mont Ventoux, —18° au Pic du Midi. Le 25 février, les neiges et les pluies sont tombées dans l’Ouest et le Sud du continent. En France, on a recueilli 21 mm d’eau à Marseille, 6 mm à Besançon, 2 mm à Brest, 2 mm à Biarritz. Le thermomètre marquait le matin 9° a" Perpignan, 1° à Paris, 5° au monjt Aigoual, —7° Puy de Dôme,—17° au Pic du Midi. Le 21 février, la pression barométrique était voisine de 760 mm sur les îles Britanniques et la France. Il est tombé 5 mm d’eau à Paris, 1 mm au Mans, 2 mm à Nantes; des averses ont donné 12 mm d’eau à Toulon, 11 mm à Marseille. Le 25 février, des pluies sont tombées en France au cap Béar (8 mm d’eau), à Nantes (2 mm), à Brest (1 mm). La température s’est abaissée sur nos régions; on a obser.é le matin —5° à Berne, — 2° à Paris, —2° à Toulouse, — 5° au Puy de Dôme, —17° au Pic du Midi. Le 26 février, il a plu eu Bretagne, en Provence et à Paris. La température était le matin — 4® à Clermont, 0° à Paris, —11° au mont Mounier; dans les environs de Paris, on a noté — 2°,9 à Villepreux, — 4°,7 à Vaucluse.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 26 à 10 h. 13 m. du matin.
- p.56 - vue 488/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : T20, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘%
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1659 (11 mars 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Géographie. — On annonce de Buenos-Aires que le bateau 4e Français, ayant à bord toute l’expédition" Charcot, est arrivé le 4 mars à Puerto-Madryn. Ce point est un port de la côte de la Patagonie et du territoire du Chubut, situé au-dessus du 43° degré -de latitude Sud et exactement au 65e degré de longitude Ouest, à 220 lieues au Sud de Buenos-Aires. M. le Dr Jean Charcot rapporte plusieurs résultats intéressants.
- Astronomie. — L’Observatoire de Lick vient de découvrir un septième satellite de Jupiter; le nouveau satellite promet d’être parmi les corps les plus intéressants du système solaire.
- Conservatoire national des arts et manufactures. — M. le ministre du commerce vient de nommer membres du conseil de perfectionnement du Conservatoire national des arts et métiers, pour une période de quatre ans : MM. Mascart, membre de l’Institut, professeur au Collège de France; Delaunay-Belleville, industriel; Lièbaut, ingénieur des arts et manufactures; A. Carnot, membre 4e l’Institut ; le président de la chambre de commerce de Paris ; Poirrier, sénateur; Aynard, Berger et Lockroy, députés; Buquet, directeur de l’Ecole centrale; Cheysson, inspecteur général des ponts et chaus’ées; Couriot, professeur a l’Ecole centrale; le colonel Renard, directeur du parc aérostatique de Chalais-Meudon ; Sartiaux, ingénieur en chef du Nord; de Montgolfier, directeur général de la Compagnie des forges et aciéries de la marine; Jacquemart, inspecteur général honoraire de l’enseignement technique; Lauth, directeur de l’Ecole de physique et de chimie de Paris; Trélat, directeur de l’Ecole spéciale d’architecture; Moisant, ancien président de la Chambre de commerce de Paris ; Léon Lévy, ingénieur en chef des mines. Le bureau est constitué de la manière suivante : MM. Mascart, président; G. Berger, vice-président; Sauvage, secrétaire.
- Bibliothèques publiques. — M. Omont, membre de l’Institut, conservateur du département des manuscrits à la Bibliothèque nationale, est nommé membre de la commission permanente chargée d’examiner les candidats aux fonctions de bibliothécaire municipal.
- Incendies. — Sur la proposition du sous-secrétaire d’Etat des beaux-arts, le ministre de l’instruction publique vient d’instituer une commission spèciale en vue d’étudier les questions relatives à la défense contre l’incendie des palais nationaux de Paris.
- Aérostation. — La Commission scientifique de l’Aéro-Club de France a entendu la lecture du programme du concours de photographie aérienne et indiqué certaines recommandations relatives aux observations à faire en ballon, dans les ascensions scientifiques internationales dont la première a eu lieu récemment, avec le concours de MM. Henry de La Yaulx, Paul Tissandicr et Besson, météorologiste. La Commission sportive a élu président le commandant Renard et s’est occupée de l’organisation des prochains concours généraux pour ballons sphériques.
- Accidents du travail. — Le Journal officiel publie le rapport sur l’application de la loi du 9 avril 4898, relative aux accidents du travail, sur la situation des sociétés d’assurances admises à pratiquer les assurances régies par ladite loi et sur le fonctionnement du fonds de garantie. Le total des accidents du travail judiciairement réglés du 1er juillet 1899 au 31 décembre 1903 s’élève à 44163 (41 094 hommes, 1549 femmes, 1520 mineurs an-dessous de seixe ans) qui se décomposent ainsi : 6962 oas mortels, 756 cas d’incapacité permanente totale, 36445 cas d’incapacité permanente partielle.
- Canal de Panama. — La Commission technique nommée par le gouvernement des Etats-Unis pour étudier la question de l’achèvement du canal de Panama vient de présenter son rapport. La Com-raission se prononce paur un canal à niveau qui aurait au minimum
- 45“,72 de largeur et 10m,66 de profondeur. La durée des travaux est évaluée à dix ou douze ans.
- Le téléphone en Algérie. — Le gouverneur général de l’Algérie a inauguré, le 28 février, la ligne téléphonique d’Alger à Constantine. Il a fait entrevoir la possibilité de relier bientôt l’Algérie à la Tunisie par l’établissement du circuit Constantine-Tunis.
- 11 y aurait ainsi, pour l’Afrique du Nord, une grande artère téléphonique : Oran-Alger-Constanüne.
- Le téléphone aux États-Unis. — Il paraît que les abonnés du téléphone, à New-York, commencent à s’élever vivement contre les prix exorbitants que la Compagnie jouissant du monopole de ce service impose à ses 120000 clients. Ces prix sont le double ou le triple de ceux payés en Europe.
- Les taxes de location et les téléphones. — Un procès était depuis fort longtemps pendant entre l Etat et la Ville de Pans à ropos de fils téléphoniques installés dans les égouts de la Yille. 'administration préfectorale, estimant que ces fils n’ont pas le caractère « d’intérêt général » nécessaire, d’après la loi du 28 juillet 1885, pour jouir de l’exemption de toute taxe municipale, réclamait à l’Etat pour location de son sous-sol une somme d’environ
- 12 millions. L’Etat se refusait à acquitter la taxe. La Cour dé cassation vient de trancher le différend au profit de la Ville de Paris; Ella a refusé le caractère « d’intérêt général » aux fils qui, dans Paris, relient les habitations des abonnés au bureau du groupe dont ils dépendent ; mais elle a reconnu ce caractère aux fils qui relient entre eux les divers bureaux. Elle a décidé que l’Etat peut, comme tout autre redevable, invoquer la prescription relativement aux taxes dont il est tenu vis-à-vis des communes à raison d’un service rendu.
- Avalanche de neige. — La grande quantité de neige tombée à Nice, le 26 février, a causé un grave accident au nord des Alpes-Maritimes. Plusieurs personnes étaient occupées sur la route conduisant à Saint-Jacques, commune de Boves, à enlever la neige, afin de se frayer un passage. Parmi elles se trouvaient quatre jeunes gens âgés d’une quinzaine d’années. Ceux-ci, à un certaim moment, furent surpris par une avalanche et entraînés dans un ravin. Deux purent être retrouvés et ranimés. Quant aux autres, ils avaient disparu, et il fut impossible aux habitants de découvrir leurs cadavres, malgré toutes les recherches faites.
- Nécrologie. — On annonce la mort de M. Charles Gauthiot, secrétaire général de la Société de géographie commerciale, à laquelle il avait consacré trente ans de sa vie. M. Charles Gauthiot, qui avait été d’abord professeur de langues étrangères au lycée Charlemagne, avait donné à la Société de géographie commerciale, une impulsion, une puissance d’action pratique remarquables. Il était membre du Conseil supérieur des colonies, et conseiller du commerce extérieur.
- — M. A. Lencauchez, ingénieur, ancien élève des Arts et Métiers, vient également de mourir. Il a fait d’importants travaux sur les appareils de chauffage, les gazogènes, ainsi que sur divers points de métallurgie et de mécanique. On lui doit aussi un système de distribution de vapeur pour les locomotives à grande vitesse.
- Chauffage. — Un journal américain, Electric City, donne un moyen original (que nous n’avions pas encore vu indiquer), d’augmenter la puissance de chauffage d’un radiateur à basse pression placé dans une pièce : mettez près de lui un ventilateur électrique, qui amène constamment un grand volume d’air venant lécher sa surface. L’air ainsi renouvelé se chargera d’une plus grande quantité de calories.
- Le métal des rails. — Il paraîtrait que 1» Métropolitain de Boston a eu de grandes difficultés pour se procurer des rails résistant à l’usure produite par une circulation intense de trains : dans les courbes raides, même l’acier-uickel était insuffisant. Seul, l’acier au manganèse donne satisfaction.
- 15
- p.57 - vue 489/536
-
-
-
- 58
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses
- par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. L. Frédericq, directeur de la classé des Sciences de l’Académie Royale de Belgique, nous adresse un intéressant mémoire concernant La Faune et la floie glaciaires du plateau de la Baraque-Michel, point culminant de la Belgique, dans lequel, après des considérations générales, l’auteur donne une liste complète de toutes les espèces qui ont été recueillies en ce point, tant végétales qu’animales. — M. Frédericq nous communique en même temps une notice, Influence de la température sur la distribution géographique de Colias Palaeno, papillon diurne arctique-alpin.
- M. G. Agamennone nous communique une note intitulée : Détermination des bradysmes dans l'intérieur des continents au moyen de la photographie, dans laquelle il attire à nouveau l’attention des géodésiens et de ceux qui s’intéressent à la physique terrestre sur une question de grand intérêt, dont l’étude est rendue si difficile par l’influence de la réfraction atmosphérique.
- M. S. Arckliacono, deModène, nous envoie deux petites notes, intitulées : Principali fenomeni erutlivi anvenuti in Sicilia e nelle isole adiacenti duranto Vanno 1901, et : il terremoto di Niscemi (15 juillet 1905). Ces deux notes sont consacrées à l’étude des récents phénomènes sismiques.
- M. Ricco, de Catane, nous adresse plusieurs notes récentes de météorologie, qu’il a publiées dernièrement avec la coIIaDO-ration de M. L. Mendola, entre autres : Transparenza rela-tiva delT aria atmosferica nel trienno 1901-1905, et Resultati delle osservazioni meteorologiche del 1905 fatte nel R. osser-vatorio di Catania.
- Renseignements. — M. F. Augier, à Houilles. — 1° Les recettes et procédés utiles publiés dans La Nature ont été recueillis dans l’ouvrage Recettes et Procédés utiles, formant cinq séries, de 2 francs chacune, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. —2° Comme ouvrages de physique amusante et de jeux de famille il existe : Tom Tit (recueil d’expériences de physique amusante), 5 séries; Deux cents jeux d'enfants-, ces deux ouvrages se trouvent à la librairie Larousse, 17, rue Montparnasse, à Paris.— 5° Vous pouvez employer la chaux obtenue dans la fabrication de l’acétylène comme enduit et comme engrais.
- M. A. Samie, aux Farges. — Veuillez, pour le Solanum Commersoni, vous adresser à MM. Vilmorin Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. Niel, à Plan de Baix. — 1° Pour la mesure de la force du vent, consultez Traité de Géologie, de A. de Lapparent, 4e édition, lre partie, à la librairie Masson et Cis, à Paris. 2° Pour le Solanum Commersoni, adressez-vous à MM. Vil-morin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris. — 5° Pour ce qui concerne les moulins à grains, adressez-vous à MM. Fouché, 58, rue des Ecluses-Saint-Martin ; Amelin et Renaud, 59, rue Jean-Jacques Rousseau; Sloan, 17, rue du Louvre, à Paris.
- M. Gayart, à Cannes. — 1° Nous ignorons de quel produit vous voulez parler, mais le blanc de zinc se trouve chez tous les marchands de couleur, en poudre ou préparé. — 2° Nous vous recommandons pour faire bouillir l’eau de table le stérilisateur Lepage, 67, boulevard Haussmann, à Paris, qui répond exactement à ce que vous cherchez. — 5° Pour enlever les taches d’encre sur une étoffe, la laver d’abord avec du lait frais, jusqu’à ce que celui-ci ne se colore plus ; alors passer sur la tache de l’acide oxalique ou un mélange d’acide oxalique et de chlorure d’étain. Quand toute trace d’encre a disparu, rincer à l’eau froide. — 4° Adressez-vous pour les microphones à la
- Société des téléphones, 25, rue du Quatre-Septembre et à la maison Mildé et C'% 60, rue Desrenaudes à Paris. — 5° Nous ne connaissons pas de maisons pour paratonnerres en Normandie. Veuillez vous adresser à Paris, à MM. Boivin, 16, rue de l’Abbaye, ou à MM. Mildé et Cie dont l’adresse est donnée plus haut. Les divers systèmes ont leurs avantages. Nous ne saurions a priori vous en indiquer un de préférence : l’essentiel est que la pose en soit faite avec le plus grand soin et par des gens du métier.
- M. Serot, à Nancy. — Pour tout ce qui concerne les canots-démontables, veuillez vous adresser directement à M. Merel, capitaine instructeur au 59e régiment d’artillerie, à Toul.
- M. J. P., à Paris. — Pour la galvanoplastie, veuillez consulter l’ouvrage suivant : Dorure, Argenture, Nickelage et Galvanoplastie, par E. Keignart, chez l’auteur, 120, rue Championne^ Paris.
- M. J. Trancart, à Vannes. — Pour tout ce qui concerne les canots démontables, veuillez vous renseigner à l’adresse donnée-plus haut.
- M. A. S. 455, à Saulxures-sur-Moselotte. — Nous ne connaissons pas la propriété de l’anis que vous nous signalez. Vous-pourrifez vous renseigner près de M. Oustalet, professeur au Muséum d’histoire naturelle, à Paris, ou plus simplement faire vous-même quelques expériences en employant des graines-d’anis.
- M. A. Pierre, à Paris. — Nous pensons que l’emploi de la brosse à ongles et de la pierre ponce suffira à enlever la teinte-grise dont vous vous plaignez.
- M. A. Anderes, à Berne. — Les barils métalliques emboutis-dont il a été question dans Je n° 1641 du 5 novembre 1904 se trouvent chez M. E. C. Thrupp, 59, Victoria Street, Westminster, à Londres. Cette adresse a été indiquée en tête de la Boîte aux lettres du même numéro.
- M. A.Péquignet, à Arras. — Nous ne possédons pas l’adresse que vous nous demandez. Peut-être pourriez-vous l’obtenir en vous adressant directement à la Compagnie des chemins de fer du Nord (Service du matériel).
- M. A Aslan, à Rodosto. — Pour tout ce qui concerne l’étouffage des cocons par le froid artificiel, veuillez vous adresser à l’auteur de l’article, M. J. de Loverdo, 28, boulevard du Nord, à Lyon.
- M. F. A. 8., à Paris. — Pour la Ligue contre le mal de mer, veuillez vous adresser à M. le Dr Madeuf, 82, boulevard de Port-Royal, à Paris.
- M. Poirot, à Pont-à-Mousson. — Pour tout ce qui concerne la stérilisation des eaux par l’ozone, veuillez vous adresser à la Société Sanudor (système deFrise), 58, rue du Louvre, à Paris. Nous avons en préparation une étude sur la question.
- M. R. Gaillard, à Urbillac. — Nous ne pouvons, à notre grand regret, vous donner le renseignement que vous nous demandez. Veuillez vous adresser à un médecin.
- M. A. Bardet, à Genève. — Pour la soudure électrique des métaux, veuillez consulter les livres de Recettes et procédés utiles, 4e et 5“ séries, et Recettes de l’Electricien, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Drouet, à Mont-Saint-Aignan. — 1° 11 nous est impossible de répondre à vos nombreuses questions qui portent sur des questions connues des seuls hommes de métier. Veuillez donc vous adresser à un plafonneur. — 2° Pour des moules servant à la décoration, adressez-vous à M. Antigniat, rue des Récollets, à Paris, ou à M. Chablat, 8, passage Saint-Pierre Amelot, à Paris. — 5° Pour les ciments, il y a de nombreux fabricants : entre autres : ciments Portland du Boulonnais, 2 bis, rue du Havre, à Paris; ciments de la Sambre, à Jeumont (Nord). — 4° Pour la fonderie de fonte, de fer, etc., adressez-vous aux Sociétés suivantes : Etablissements métallurgiques d’Onnaing (Nord) ; Société anonyme des hauts fourneaux de Maubeuge (Nord) ; ateliers de la Bleuse-Borne d’Anzin (Nord) ; hauts fourneaux, fonderies et ateliers de Mazières (Cher) ; etc. — 5° Pour le grillage métallique en fil de fer galvanisé,- voyez les maisons : Belpèche et Cie, avenue Richerand, à Paris; Gayer, 21, rue Fabre-d’Eglantine, à Paris.
- / Accusés de réception. — Avis divers. — M. J. Hirsch, à Lunéville. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. L. Kadoch, à Chartres. Votre projet est intéressant, mais nous ne décrivons jamais d’appareils avant qu’ils n’aient été expérimentés et n’aient donné des résultats appréciables. Tous nos regrets. — M. V. Henry, à Meulan. Veuillez consulter le livre Recettes et procédés utiles, 2e série, p. 185, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — MM. L. Frédericq, à Bruxelles; G. Agamennone, Arci-diacano, à Modène ; Ricco, à Catane. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.58 - vue 490/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 59
- PETITES MENTIONS1
- Filtre pasteurisateur Maillé & porcelaine d’amiante. — La maison Mallié vient de créer un nouveau type de filtre, très simple, appelé, croyons-nous, à rendre de très grands services : il réunit en effet les trois qualités essentielles des filtres : matière filtrante imputrescible et inattaquable, impénétrabilité aux germes dangereux, nettoyage facile. Ainsi que le montre la figure, le filtre se compose d’un tube en métal renfermant une bougie stérilisatrice en porcelaine d’amiante très ténue et d’un robinet sur lequel se visse le tube métallique, ce robinet n’étant pas soudé sur la conduite d’eau, disposition qui permet le déplacement instantané du filtre. Le filtrage se fait de l’extérieur à l’intérieur de la bougie. On nettoie aisément cette dernière en la retirant de son tube et en la frottant à la brosse dans de l’eau tiède. Ces filtres, essayés au Laboratoire de toxicologie de Paris et au Laboratoire municipal de chimie, ont donné d’excellents résultats. On notera seulement que le passage de l’eau est peu rapide. — Le filtre de ménage décrit ci-dessus se trouve à la maison Mallié, 155, Faubourg-Poissonnière, à Paris. Prix : 20 francs.
- Filtre Mallié.
- E.e torpillage du cuirassé. — Il est enfin dans le commerce le jouet dénommé le torpillage du cuirassé et dont nous avons parlé, lors du Concours des jouets, dans le n° 1629 du 13 août 1904, p. 172. On prépare d’abord le cuirassé, formé de trois parties distinctes que l’on voit nettement au premier
- Torpillage du cuirassé.
- plan de notre figure. Il y a la partie avant, la partie arrière, et la partie médiane qui porte un ressort. On place cette dernière partie sur une table, on ajuste le ressort, oh le replie et on fait reposer son extrémité sur le crochet situé sous le mât d’avant au ras de flottaison. Il y a un petit réglage à faire avec le ressort qui ne doit se déclencher ni trop facilement ni trop difficilement. On ajuste ensuite l’avant et l’arrière du navire de telle sorle que les pattes noires soient placées derrière. Quand le cuirassé est installé et placé, on prépare le lance-torpille. Il s’agit d’un simple petit canon, dans lequel on emploie comme projectiles de petites tiges cylindriques de 5 à 6 centimètres de longueur et de 4 millimètres de diamètre. Le canon est manœuvré à l’aide d’une poire en caoutchouc. On charge le tube lance-torpille en rejetant d’abord tout l’air contenu dans la poire, et en introduisant une torpille dans la bouche du canon ; on lâche la poire et le projectile est aspiré jusqu’au fond. On dispose alors le canon en regard du cuirassé (voir le dessin). On vise au centre du navire, on donne un coup de poire, la torpille va frapper le navire qui vole en éclats. — Le torpillage du cuirassé se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Plume pour auto copie. — On sait combien il est facile aujourd’hui d’obtenir plusieurs copies d’une même lettre, cir-
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- culaire, etc. Il suffit d’intercaler entre plusieurs feuilles de papier blanc des feuilles encrées spéciales. En écrivant sur la première des feuilles la pression de la plume sur le papier se transmet à toutes les feuilles de papier et les caractères tracés se retrouvent ainsi tous. Dans cette application, il ne s’agit bien entendu que d’un nombre de copies relativement restreint.
- Plume pour autocopie. Mode d'emploi.
- Pour ce genre d’autocopie on emploie une plume spéciale, non fendue. Cette plume agit comme un simple stylet et trace les caractères beaucoup plus facilement que ne peut le faire une plume ordinaire; elle permet en même temps d’agir avec une plus grande pression, ce qui constitue un grand avantage dans le cas particulier. — La plume pour autocopie se trouve chez M. Fortin, 59, rue des Petits-Champs, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La vaccination sous la lumière rouge.
- C’est au regretté médecin danois, Finsen, que l’on doit les premières applications sérieuses de la lumière au traitement de certaines maladies. Avant de montrer le parti que l’on pouvait tirer des rayons électriques contre le lupus, les tuberculoses localisées, les ulcérations cancroïdales, il avait indiqué, reprenant des essais curieux du temps jadis, que la lumière rouge Êxerçait une action favorable sur la marche de certaines fièvres éruptives. Il avait conseillé, notamment dans la variole, de mettre le malade dans une chambre tapissée de rouge, close par des carreaux de verre rouge ou teintés de rouge, et, de fait, les résultats de cette médication étaient des plus favorables; la suppuration était moins intense, l’éruption plus discrète, les phénomènes généraux moins accentués.
- Partant de ces données, un médecin viennois, le Dr Goldman, a pensé à les appliquer dans la pratique de la vaccination. Un certain nombre d’enfants soumis à la vaccination ont été répartis en deux lots, l’un comprenant les inoculations faites comme à l’habitude, à la lumière du jour et protégées ou non par un pansement ordinaire. L’autre groupe d’enfants fut inoculé dans une chambre noire éclairée par une faible lumière rouge, comme s’il s’agissait de tirer un cliché photographique.
- La petite piqûre était recouverte d’une bande rouge obturant hermétiquement la plaie et arrêtant, comme dans la chambre des varioleux, les rayons chimiques de la lumière solaire.
- Les résultats furent conformes aux prévisions. Les inoculations faites en plein jour et non recouvertes d’une bande rouge, n’ayant pas, en un mot, été mises d’une façon absolue à l’abri pendant et après l’opération, ont toutes suivi l’évolution habituelle, gonflement plus ou moins prononcé des tissus dermiques à la périphérie de la pustule, inflammation quelquefois des ganglions axillaires, suppuration de la pustule, etc. Au contraire, les inoculations pratiquées en chambre noire et fermées par le bandeau rouge ont toutes évolué sans réaction inflammatoire ; les pustules, au lieu de se développer, sont restées plates, comme de petites verrues, si bien que l’on a pu objecter à l’auteur qu’il s’agissait là de fausse vaccine, de vaccine avortée.
- Une catégorie de vaccinations faites en plein jour évolua sans réaction également : ce furent celles qui, au deuxième ou troisième jour, furent protégées par le bandeau rouge.
- La lumière rouge exercerait donc dans l’éruption vaccinale les mêmes effets que dans la variole ; elle enraye le développement des pustules, et affaiblit certainement le degré de viru-
- p.59 - vue 491/536
-
-
-
- GO
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- lence du vaccin. Mais c’est là peut-être un reproche à faire à cette méthode. La vaccine est un agent de prophylaxie et il ne semble pas, bien au contraire, qu’il y ait lieu de rechercher une atténuation de l’infection que l’on provoque. Plus fort, semble-t-il, sera le processus infectieux, plus intense et plus durable sera l'immunité.
- L’auteur de ces recherches ne croit pas que la lumière rouge diminue en quoi que ce soit la valeur préservatrice du vaccin; elle ne ferait, d’après lui, que modérer les réactions locales et générales. Le malheur, c’est qu’on ne pourra savoir que dans un certain nombre d’années, si l’immunité conférée à ces petits « vaccinés rouges » sera égale à celle des vaccinés ordinaires. Pr A. Cartaz.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Ciment chinois. — Cette sorte de colle a une grande réputation, et l’on sait qu’effectivement le montage de certains petits objets fabriqués en Chine offre une résistance rare. — On prend comme ingrédients 3 parties de gomme ammoniaque, 24 parties de colle de poisson du Grésil, puis 48 parties d’eau distillée et enfin 96 parties d’alcool de bois. A l’eau on commence par ajouter le tiers de l’alcool de bois, dans lequel on a fait dissoudre à une douce chaleur la colle de poisson ; on dissout ensuite la gomme dans le reste de cet alcool, et on ajoute à la première solution.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30>. — Bureau central météorologique de Frano*.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 février . . in,i S. W. 3. Beau. » Gelée bl. ; nuageux.
- Mardi 28 0°,9 S. W. 3. Nuageux. 0,0 Gelée bl. ; averse de pluie et grésil à 13 1t. ; gouttes à 141i.30.
- Mercredi 1" mars . . - 0°,7 S. 2. Très nuageux. » Gelée bl. ; givre ; nuageux.
- Jeudi 2 . l°,t N. N. E. 1. Couvert. 0,7 Pluie de 1 h. à 1 h. 30; grains de neige à 6 h. 50; nuag.
- Vendredi 5 2°,L N. E. 4. Couvert. 0,0 Très nuag. ; trace de bruine à 21 h
- Samedi 4 ....... 2°,o N. 3. Couvert. » Très nuageux.
- Dimanche 5. . . . 0°,6 E. N. E. 0. Couvert. » Gelée bl. ; très nuageux.
- FÉVRIER-MARS 1905. — SEMAINE Dü LUNDI 27 FÉVRIER AU DIMANCHE 5 MARS 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à i’abri boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- E.e temps. — Dans la semaine du 27 février au 5 mars, le temps a été pluvieux et froid. Le 27 février, le matin, le baromètre marquait 730 mm en Angleterre; un vent fort du Sud-Ouest soufflait sur le Pas-de-Calais; un vent fort de l’Ouest régnait sur nos côtes de la Bretagne et de l’Océan. Il est tombé 14 mm d’eau à Cherbourg, 8 mm à Brest, 6 mm à Biarritz, 3 mm à Paris, 1 min à Clermont. La température était le matin : 1° à Paris, 1° à Nantes, 5° à Lyon, 6° à Biarritz. —5° au Puy de Dôme, —9° au mont Ven-toux, —15° au Pic du Midi. Le 28 février, la pression barométrique est très basse le matin sur l’Europe; on constate eu Ecosse des minima de 735 mm. On a recueilli 19 mm d’eau à Biarritz, 6 mm au Havre, 5 mm à Besançon, A mm à Nice, 5 mm à Nantes. Le thermomètre marquait le matin 8° à Lyonj 1° à Pari?, 5" à Clermont, 8° à Biarritz, —5° au Puy dè Dôme, —13° au Pic du Midi, —14° au mont Mounier. La température moyenne a été de 3°, avec un maximum de 4°,2 à 2 heures du soir à la tour Eiffel. La température a été peu variable et. a fourni dans la banlieue des minima voisins de 0°. A midi 45, il est tombé une faible averse mêlée de grésil à Montsouris. Le 1" mars, une faible pression barométrique se trouvait sur la Méditerranée. II a plu à Perpignan (6 mm d’eau), à Boulogne,(5 mm), à Limoges (3 mm), à Nancy (3 mm), à Cherbourg (3 mm). La température était le matin — 1° à Paris, 2° à Lyon, fi® à Marseille, —4° au mont Aigoual, —6° au Puy de
- Dôme. Le malin vers 8 heures, un brouillard s’est formé sur Paris, limitant la visibilité à 400 mètres. Le 2 mars, un minimum barométrique de 750 mm a persisté en Provence, à Toulon. Un vent assez fort a soufllé du Nord en Bretagne, du Nord-Ouest dans le golfe du Lion. Dans les environs de Paris, il est tombé, de 2 heures à 5 heures du matin, des averses mêlées de neige. Il est tombé 1 mm d'eau à Paris, 1 mm à Lyon, 6 mm à Brest, 20 mm à Biarritz, où l’on a observé des éclairs. La température était le matin —1° à Clermont-Ferrand, 1° à Paris, 1“ à Lyon, 1° à Perpignan, —7* au Puy de Dôme, —11° au mont Ventoux, —15° au Pic du Midi. Le 3 mars, un vent assez fort a soufflé du Nord-Est sur les côtes de la Manche et de l’Océan. On a recueilli 6 mm d’ean à Biarritz, 3 mm à Nancy, 1 mm à Limoges et 1 mm à Toulouse. On notait, le matin, au thermomètre, 0° à Belfort, 2° à Paris, 2° à Lyon, —10° au mont Ventoux, — 6° au Puy de Dôme, —17° au Pic du Midi. La température moyenne a été de 3°,5 à Paris, avec un maximum de 2° à la tour Eiffel à 4 heures du soir. Le 4 mars, en France, on a signalé quelques averses de neige dans l’Est et le Sud. Un orage à Alger a donné 24 mm d’eau. Le thermomètre marquait, le matin, 0° à Belfort, O® à Nantes, 2’ à Paris, 2° à Bordeaux, —13° au mont Mounier, —18° au Pic du Midi. Le 5 mars, il est tombé 16 mm d’eau à Clermont, 6 mm à Perpignan, 4 mm à Toulouse. La neige est tombée à Mende et dans la Haute-Loire.
- PHASES DE LA LUNE J Néant.
- p.60 - vue 492/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Gut
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1660 (18 mars 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Concours agricole. — Ou annonce que le concours agricole va avoir lieu à la galerie des Machines du 22 au 28 mars. Il sera ouvert au public les 22, 23 et 24, de 10 heures du matin à 5 heures du soir; les 25, 26, 27 et 28, de 9 heures du matin à 5 heures du soir. Les prix d’entrée sont ainsi fixés : mercredi 22, et jeudi 23, 50 centimes; vendredi 24, 5 francs ; et du 25 au 28 mars, 1 franc.
- Chemins de fer français. — Le ministère des travaux publics vient de publier la situation des chemins de fer français au 1er janvier 1905. Les résultats généraux sont les suivants : Au 1er janvier 1905, la longueur des lignes d’intérêt général exploitées s’élevait à 39 587 km, dont: 34 875 km pour les grands réseaux, 1371 km pour les réseaux secondaires, 2780 km pour le réseau d’Etat, 328 km our les chemins non concédés, 233 km pour les chemins industriels, a longueur des lignes générales concédées ou déclarées d’utilité mblique était, à la même date, de 43 545 km. En ce qui concerne es lignes d'intérêt local, la longueur exploitée au 1er janvier 1905 était de 6421 km sur 8330 km concédés. La longueur exploitée des tramways pour voyageurs et marchandises était de 4497 km sur 5835 km concédés. Enfin, pour les tramways de voyageurs seulement, avec ou sans messageries, la longueur exploitée était de 1953 kilomètres sur 2277 kilomètres concédés.
- Chemin de fer transpyrénéen. — Le ministre des affaires étrangères a signé le 8 mars 1905 avec l’ambassadeur d’Espagne à Paris, un protocole additionnel à la convention du 18 août 1904, relative au chemin de fer transpyrénéen. Aux termes de ce protocole, le gouvernement espagnol s’engage à construire dans un délai maximum de dix ans la section espagnole de la ligne future Lérida-Saint-Girons, comprise entre Lérida et Sort.
- Les pêcheurs d’Islande. —Les flottilles armées pour la pèche de la morue en Islande ont pris la mer à Dunkerque le 8 mars. Soixante-deux navires, montés par 1080 hommes, ont été expédiés par le port de Dunkerque. Vingt-six navires, montés par 430 hommes, ont été expédiés par le port de Gravelines. Au total, 1510 hommes et 88 navires pour le premier arrondissement maritime. En plus, un chalutier à vapeur YHécla, spécialement construit pour les voyages d’Islande, a quitté Gravelines, son port d’armement, quelques jours avant les voiliers.
- Sériciculture en Tunisie. — Les essais de sériciculture, entrepris depuis quelques années en Tunisie, ont été continués en 1904. La graine de vers à soie a été fournie par la direction de l’Agriculture et du Commerce aux divers sériciculteurs, et appartenait à la race des Hautes-Alpes à cocons jaunes. Ces essais ont été nom-Vireux, surtout dans les environs ae Tunis (Bardo, Manouba, Dje-<leïda, etc.). Quelques petites éducations entreprises à Thala et à Sbeïtla, dans des conditions de climat et d’installation cependant insuffisamment favorables, ont donné des résultats satisfaisants et démontré la possibilité d’élever le vers à soie dans la région des hauts plateaux tunisiens. A Djerba, quelques leçons de sériciculture et quelques essais expérimentaux, suivis par les élèves, ont été faits, avec l’autorisation de la direction de l’enseignement public, par les instituteurs des écoles de Houmt-Souk et de Midoun. A Gabès enfin, dintéressants essais ont été faits par les soins de l’autorité militaire à l’aide de graines de vers a soie à cocons jaunes de l’Ardèche. A la suite d’une incubation régulière, vers le 5 avril, l’éducation eut lieu dans les conditions les plus normales et la montée commença le 11 mai. Ces expériences ont démontré que l’élevage du ver à soie, reconnu rémunérateur dans la région de Gabès, pourrait y être recommandé.
- Télégraphie sans fil. — Le ministre de la guerre vient de décider qu’en attendant que le corps d’armée des troupes coloniales soit en état d’assurer lui-même, d’une façon continue, l’instruction
- du personnel nécessaire pour le fonctionnement du service de la télégraphie sans fil aux colonies, il y aurait lieu, afin d’éviter toute perte de temps, d’envoyer à nouveau et périodiquement ce personnel accomplir des stages de trois mois au fort du mont Valérien. Les stages d’instruction des militaires des troupes coloniales auront donc lieu deux fois par an : du 1er mars au 31 mai et du 1cr juillet au 30 septembre. Il sera envoyé, chaque fois, au mont Valérien, un ou deux officiers et dix hommes de troupe.
- Explosion dans une poudrerie. — Une explosion s’est produite le 2 mars à la poudrerie de Saint-Chamas, près Marseille, à 3 heures de l’après-midi dans la salle de tamisage. Quinze kilogrammes de poudre se sont enflammés, provoquant une violente détonation qui a enlevé la toiture du bâtiment, mais sans occasionner le moindre accident de personne ; car les ouvriers de la poudrerie ne sont pas admis dans la salle de tamisage pendant que les appareils fonctionnent
- Bateaux sous-marins. — Dans son budget, la Chambre des Communes anglaise a voté la commande de cinq nouveaux sous-marins à la maison Maxim. Le type de ces sous-marins sera le type B. Ces unités auront une rapidité de 9 nœuds entre deux eaux et pourront rester dix heures sans remonter à la surface. Ils seront mus par l’électricité et effectueront la plongée à l’aide d’un gouvernail horizontal. Cette plongée demandera trois minutes. Outre cinq sous-marins du type ancien, l’Amirauté possède treize sous-marins des types A et B. Une dizaine d’autres sous-marins sont près d’être achevés. Les sous-marins doivent être placés parmi les torpilleurs du jour; ayant une vitesse considérable, ils rendront en plein jour les services que des torpilleurs pourront rendre pendant la nuit.
- Hygiène. — Les mesures sanitaires les plus sévères continuent à être prises par l’administration locale de la Côte des Somalis, en vue de préserver notre colonie de la peste qui sévit toujours avec violence à Aden. L’entrée est refusée à tous les boutres provenant de cette localité. Seuls les navires armés par des Européens peuvent être admis à débarquer des marchandises ou des passagers, mais seulement après avoir été soumis à une quarantaine des plus rigoureuses. Les provenances de Dellali sont également très étroitement surveillées par un cordon sanitaire, qu’elles viennent par terre ou par mer. Jusqu’ici aucun cas de peste n’a été constaté à la Côte des 'Somalis.
- Le saturnisme. — On sait combien (la fabrication et l’emploi des composés de plomb sont nuisibles aux travailleurs. Dans une séance générale récente, l’Association nationale française pour la protection légale des travailleurs a émis le vœu que le Sénat vote le plus tôt possible le projet de loi, adopté par la Chambre, sur l’emploi des composés du plomb dans les travaux de la peinture en bâtiments.
- École navale du commerce. — M. Lacierva, ministre de l’Instruction publique en Espagne, s’occupe de réaliser un projet d’école navale du commerce, qui a été proposé, il y a trois ans, au Congrès pédagogique catalan. Il s’agit de la création d’un navire-école, sur lequel les jeunes gens se destinant au commerce se prépareraient à cette carrière en naviguant dans toutes les parties du monde, en acquérant ainsi la connaissance pratique des langues étrangères et en étudiant de visu les débouchés commerciaux. Le programme d’études de l’Ecole navale du commerce s’étendra sur trois années et comportera autant d’itinéraires : 1° la Méditerranée ; 2° le nord de l’Europe; 3° l’Afrique occidentale et l’Amérique latine. Les élèves ne pourront être admis au-dessous de 15 ans ni au-dessus de 22. A la fin des trois aimées, les élèves recevront un diplôme spécial.
- Le téléphone à Paris. — Tout le monde sait que le service téléphonique, à Paris, est assuré dans les conditions les plus défec-
- .16
- p.61 - vue 493/536
-
-
-
- 62
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- tueuses; on s’en est plaint maintes fois,-et les bonnes raisons de l’Administration, alléguant que les services étaient trop chargés, que les téléphonistes étaient surchargées, ont presque ému les abonnés. Il convient cependant de signaler quelques faits qui montrent le sans-gêne des téléphonistes et que 1 Administration devrait surveiller. Un abonné nous signale que récemment, désirant téléphoner avec une de nos grandes usines parisiennes d’électricité, on lui a affirmé trois fois de suite que l’usine ne répondait pas. Une quatrième fois on lui a répondu que le fil du téléphone était rompu. Notre abonné a alors téléphoné à une autre usine de la même Compagnie, toujours dans Paris et lui a demandé de prévenir la première usine de ce qui lui arrivait. Dès que la première usine
- a été prévenue, elle a appelé elle-même notre abonné, qui a pu causer à son aise; aucun fil n’était rompu. Et des faits semblables se répètent sans cesse tous les jours. Le service téléphonique à Paris est devenu l’exemple le plus complet d’un mauvais ser-vice. ra8grrT'-“
- Variétés. — S’il faut “en croire les échos qui nous parviennent de New-York, le rhinocéros serait fort indigeste. Dans cette ville a eu lieu un banquet dont le rhinocéros a fait tous les frais. Les saucisses, jambons, filets ne purent être avalés; le rôti avait un goût de caoutchouc. Avant d’arriver au dessert, tous les convives furent pris de crampes d’estomac.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. le DT Romary, médecin-major de 2e classe à Oran, nous fait hommage d’une brochure extraite du bulletin médical de l’Algérie et concernant Le pansemetil à l’alfa carbonisé. Ces recherches, dont l’idée a été suggérée par l’emploi du charbon de paille de riz dans les hôpitaux, ont conduit1 M. Romary à la création de sachets d’alfa carbonisé qui constituent un pansement parfaitement aseptique, doué d’un grand pouvoir absorbant et désodorisant, et qui, sans être un pansement de luxe et sans prétendre à se substituer aux méthodes habituelles de traitement des plaies, a déjà rendu et rendra plus encore par la suite de réels services aux médecins militaires et civils de l’Afrique du Sud, ceux surtout qui exercent en pays arabe.
- M. Simon, à Suresnes, nous fait part de l’intention qu’il a d’établir un concours d’accumulateurs, de piles, etc. Ce concours comporterait plusieurs prix, de 1000 à 10 000 francs. Il ne nous appartient pas de juger l’idée de notre correspondant, mais on ne peut que le féliciter d’un tel acte d’initiative individuelle.
- Renseignements. — M. Nérando, à La Seyne. — Voici quelques adresses de machines à écrire : dactyle, 46, boulevard Haussmann ; Gewett, 34, boulevard des Italiens ; Olivier, 2, rue Laffite ; Yort, 36, boulevard des Italiens ; Remington, 8, boulevard des Capucines, à Paris.
- Union, à Philippeville. — 1° Pour l’éclairage domestique à l’acétylène, adressez-vous à la Compagnie universelle de l’acétylène, 36, rue de Châteaudun, à Paris; M. Bullier, 31, rue de Vaugirard; M. Ducellier, 25, passage Dubail; M. Stadel-mann, 6, rue Pierre-Bullet; Comptoir de l’acétylfine, 233, rue Saint-Martin, à Paris. — 2° Fabricants de jumelles à prismes : MM. Balland, Moreau-Teigne et Gavet, 167, rue Saint-Maur, à Paris; M. A. Lévy, 48, rue de Turenne, à Paris.
- M. P. Roylet, à Paris. — Pour les lampes à incandescence, veuillez vous adresser aux maisons : Compagnie française des lampes électriques à incandescence, 34, rue Godot-de-Mauroi ; Compagnie générale des lampes à incandescence, 5, rue Bou-dreau; Duthert et Libaud, 22, rue Chauchat, à Paris.
- M. Ed. Tardif, à Aix; M. Carivenc, à Paris. — Pour les ronds de la symphonie perpétuelle, veuillez vous adresser à M. Grüss, éditeur de musique, place Saint-Augustin, ou à M. Josset, 12, rue Léonie Reynaud, à Paris.
- M. A. Spoerry, à Mulhouse. — 1° Pour le tournage des métaux, consultez le Manuel du tourneur, publié par l’Encyclopédie Roret, à la librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. — 2° Pour la menuiserie, voyez le Manuel du menuisier, même librairie. — 3° Nous ne pouvons répondre sans savoir quels appareils vous désirez construire.
- M. R. Dollinger, au château d’Oex. — Pour la construction
- J des bobines de Ruhmkorff, consultez La bobine d'induction , par II. Armagnat, librairie Gauthier-Villars, à Paris. Prix : 5 fr.
- M. A. Nadalet, à Montereau. — Pour des ouvrages relatifs-à la sijmphonie perpétuelle, veuillez vous adresser à M. Josset, 12, rue Léonie Reynaud, à Paris, ou chez Grüs, éditeur de musique, place Saint-Augustin.
- M. Pedro Gerita, à Saint-Germain-en-Laye. — Nous avons donné en tête de la Boîte-aux-Lettres du n° 1653 du 28 janvier 1905 les adresses des fabricants de portes glissantes et pivotantes; ce sont MM. Terrvagne, 3, rue Lafayette, à Paris, et Société Industria, 28, rue du Métal, à Bruxelles.
- M. G. Bivar, à Beira. — 1° Vous trouverez des ouvrages se rapportant à cette question, à la librairie Béranger, 15, ruts des Saints-Pères, à Paris. — 2° Veuillez vous adresser à des maisons d’électricité, comme la Société Gramme, 20, rue d’Hautpoul, ou la Société l’éclairage électrique, 27, rue de Rome, à Paris. — 3° Il ne faut pas employer de pile. — 4° La pile dont vous nous parlez n’est pas une pile anglaise : c’est la pile Delalande et Chaperon, à oxyde de cuivre qui était fabriquée par l’ancienne maison de Branville, 25, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, à Paris.
- M. G. Coste, à Montpellier. — Vous pourriez demander à la maison Gaumont l’adresse de son constructeur ou vous adresser à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris ou au Kodak, 4, avenue de l’Opéra, à Paris.
- M. Martial Place, à Moulins. — Pour les tendeurs automatiques de courroie, veuillez vous adresser à MM. Brousset, à Nogent-sur-Marne, Christ, 22, boulevard Voltaire, à Paris, Crotoux, 88, rue Saint-Maur, à Paris.
- M. E. M., Hautes-Alpes. — 1° On emploie 110 volts à l’usine afin d’avoir 100 volts aux lampes en comptant la perte-de charge. — 2° Il n’y a pas de différence. — 3° Oui, la fréquence a une certaine influence.
- M. R. Batoir, à Moraypré. — L’article que vous nous signalez est exact ; il reproduit presque textuellement la note publiée dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, séance du 27 février 1905. Les venins du crapaud et de la salamandre existent parfaitement et sont connus des naturalistes. Seulement leur inocuité a été de beaucoup exagérée par les campagnards : ils ont, en réalité, une très faible action sur l’homme.
- M. G. L., à Mulhouse. — Nous voyons les objets dans leur position réelle et non renversés, comme ils se dessinent sur la rétine, par suite d’une véritable éducation de la vision, éducation résultant de l’expérience quotidienne et de la comparaison faite entre les sensations produites par le toucher et celles de la vue. Cette éducation se fait à un âge très jeune, en même temps que celle de tous les autres sens, souvent avant l’acquisition de la parole. Le souvenir en disparaît rapidement; cependant il n’est pas rare de voir dans les dessins faits par de jeunes enfants les objets figurés la tète en bas, rappelant la période d’indécision qui a précédé l’acquisition de la vision normale.
- M. Jeannin, à Paris. — 1° Nous ne possédons pas l’adresse que vous nous demandez. Tous nos regrets. — 2° Nous n’avons publié aucun article au sujet des tubes métalliques sans soudure. — 3° Veuillez consulter le manuel Plombier, zingueur, couvreur, appareilleur à gaz, encyclopédie Roret, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. Malderet, à Aubigny-en-Artois. — Pour le métogaUol, veuillez vous adresser à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Viennet, à Tarbes. — Vous trouverez ce renseignement dans le petit livre de Recettes et procédés utiles, 2' série, à la librairie Masson et C*', à Paris. — M. J. Simond, au Chatelard. Veuillez consulter le même ouvrage, 4“ et 5e séries, même librairie. — M. H. Blanc. Remerciements pour votre communication.
- Bans la • Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, niais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.62 - vue 494/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Go
- PETITES INTENTIONS1
- Loupe de poche servant de longue-vue. — Sans modifier la forme d’une loupe ordinaire à verre grossissant, sans augmenter même le volume, l’inventeur de cette petite nouveauté utile a trouvé un dispositif extrêmement simple permettant de transformer instantanément en longue-vue cette
- Loupe île poche servant île longue-vue.
- petite loupe de dimensions ordinaires. Il a suffi de creuser le manche et d’y faire coulisser un tube muni d'une seconde lentille. Ce tube mobile s’allonge en tirant; ce qui permet de rapprocher ou d’éloigner les deux lentilles suivant les besoins de la vue. En poussant le tube à fond on obtient là loupe ordinaire. — La loupe télescopique se trouve chez M. Kratz-Bous-sac, 14, rue Martel, à Paris.
- I/arrèt de sûreté pour porte. — Lorsqu’on est dans sa chambre à coucher et qu’on veut éviter toute surprise désagréable, à l’hôtel surtout, on glisse sa commode ou son armoire à glace devant la porte. Cela n’est pas très pratique, mais les verrous et les serrures ne semblent pas toujours être une garantie suffisante. Yoici un petit appareil qui viendra compléter la sécurité relative qu’elles peuvent donner. Entre le parquet et la partie inférieure d’une porte, il y a toujours un léger vide sous lequel on peut glisser l’extrémité d’un coin ; si on pousse la porte du dehors, elle force sur le coin, d’au-
- Arrèt de sûreté pour porte.
- 1. Position du coin pour caler la porte. — 2. Détail de la sonnerie.
- tant plus que la poussée est plus forte, c’est donc là une excellente fermeture de sûreté. L’inventeur de l’arrêt représenté ci-dessus a joint à cela une sonnerie qui fonctionne à la moindre pression. A cet effet, la partie supérieure du coin (n° 1) est constituée par une lame métallique formant ressort; l’extrémité de cette lame cale le marteau d’une sonnerie à barillet montée à l’extrémité du coin (n° 2).On voit que, si la porte est poussée, elle exerce aussitôt une pression sur le ressort et déclenche la sonnerie. C’est en somme un petit appareil très simple, peu encombrant et très bon marché, qui a son utilité chez toutes les personnes qui ne veulent pas avoir de surprise pendant leur toilette ou leur sommeil. — L’arrêt de sûreté pour porte se trouve chez M. Bourdilliat, 22, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle» scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nouvelle substance explosive. — Nous ne conseillerons pas à nos lecteurs d’essayer la formule, étant donnés les dangers qui accompagnent la préparation des explosifs; mais nous citerons néanmoins la composition de cette substance inventée par un habitant de la Nouvelle-Zélande, M. A. Cracken. On fait dissoudre de l’acide picrique dans de la glycérine, puis ou neutralise avec du carbonate d’ammonium. On ajoute de la terre d’infusoires, puis une solution aqueuse de nitrate de potassium ; on fait bouillir le tout et on additionne d’un peu de soufre. Il faut que l’explosif ainsi préparé soit bien séché.
- Liquide à nettoyer les métaux. — Disons tout de suite qu’on lait bien de ne pas le manipuler avec les mains, parce qu’il attaque effectivement la peau. On le prépare avec 2 parties d’ammoniaque liquide et 2 parties également de chaux préparée dans 8 d’eau.
- Objets de plâtre imitant l’ivoire. — Pour donner la patine et l'aspect de l’ivoire aux objets de plâtre, on se trouve bien d’employer un enduit fait de cire blanche coupée en petits morceaux et fondus au bain-marie dans de l’esprit-de-vin bien pur. La solution doit être de la consistance d’un sirop clair: on peut du reste la colorer un peu, pour obtenir les teintes du vieil ivoire, en ajoutant un peu de cire jaune.
- Moulages en plâtre résistant à la pluie. — La recette est utile pour les statues et les motifs décoratifs en plâtre que l’on désire pouvoir laisser aux intempéries dans les jardins. On commence par enduire les objets d'une couche d’huile de lin bouillie, et, quand elle est absorbée, on additionne l’huile d’un dixième de son poids de litharge, et on passe un second enduit.
- Mélange à polir les métaux durs. — Mélanger 80 parties de terres d’infusoires, 30 d’oxyde d’étain, autant de terre de pipe, et 3 d’acide tartrique. — On peut aussi prendre 28 parties de terre d’infusoires, 10 de terre de pipe, 5 d’hyposulfite de soude et enfin 2 d’oxyde de fer. Citons également, pour des surfaces un peu moins dures ou des polissages fins, un mélange de 3 parties de sous-carbonate de fer et de 1 de terre pourrie, le véhicule nécessaire étant constitué par de l’huile de lard en quantité suffisante.
- Pâle à polir. — lï s’agit d’une pâte réussissant assez bien pour les métaux que l’on craint de îayer. On prend 16 parties de savon coupé en petits morceaux, et on le fait dissoudre au bain-marie dans la plus petite quantité possible d’eau. On a de la sorte une solution chaude, et.on y ajoute, avant qu’elle refroidisse, 2 parties de chaux précipitée, 1 seulement de rouge des bijoutiers (oxyde de fer calciné), puis 1 partie de crème de tartre et même quantité de carbonate de magnésie. On mêle bien tout jusqu’à parfaite homogénéité, et au besoin on ajoute un peu d’eau si cela est nécessaiie pour la formation de la pâte. On peut couler celle-ci dans une boite de fer-blanc peu profonde, pour couper ensuite en cubes.
- Ciment pour métaux. —• Faire chauffer jusqu’à consistance homogène et appliquer à chaud un mélange fait de 2 parties de litharge, autant d’huile de lin bouillie, une partie de céruse et une également de copal.
- Extrait de café. — La « Pharmazeutische Zeitung » donne la recette suivante pour prépaier de l’extrait de café. Prendre 500 grau mes de café grillé, que l’on met dans un récipient bouché avec 3600 d’esprit-de-vin et 3000 d’eau. On laisse digérer une semaine, mais en secouant de temps à autre. On filtre alors et l’on additionne de 200 grammes de cognac et de 20 d’éther nitrique. On a fait bouillir d’autre part un sirop composé de 2800 grammes de sucre et de 5000 d’eau, et, quand il sort du feu, on le mélange au premier liquide.
- Poudre à argenter le cuivre et le laiton. — Elle réussit même pour quelques autres métaux. On la compose de 12 parties de cyanure de potassium, de 6 de nitrate d’argent, et de 30 de carbonate de calcium; tout cela est mélangé et tenu dans une bouteille bien fermée; nous n’avons guère besoin de dire du reste que deux de ces ingrédients sont dangereux à manipuler, et que les poussières de cyanure sont fort mauvaises à respirer. On applique le liquide sur le métal à argenter en frottant énergiquement, sans toucher cette poudre à peau nue ; on rince ensuite à l’eau douce, on sèche et l’on polit.
- Pour percer le verre mince. — Nous avons eu l’occasion de donner le moyen de percer les plaques de verre ordinaire ; mais, quand on s’adresse à des panneaux particulièrement minces, il faut prendre des précautions spéciales pour ne les point casser. On recommande dans ce but de disposer à la sur-
- p.63 - vue 495/536
-
-
-
- U
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- face du verre un anneau d’argile humide, laissant en son centre un évidement du diamètre exact du trou à percer; puis on verse du plomb fondu dans l’espèce de cuvette que forme cette couronne terreuse. Il se produit naturellement une fracture du verre suivant le cercle de contact intérieur de l’argile avec le verre, et le plomb tombe immédiatement en traversant la plaque, ou plus exactement en emportant un rond de verre correspondant à la partie libre de l’anneau.
- Pour remettre l'acajou à neuf. — La formule est indiquée principalement pour remettre à neuf le bois des chambres photographiques, mais il va de soi qu’elle peut s’appliquer à toutes les surfaces analogues en acajou. — Le composé à employer se fait en mélangeant d’abord peu à peu 6 parties d’huile de lin brute avec 3 parties de vinaigre blanc de vin; il faut
- brasier à chaque instant pour éviter que les deux substances ne se séparent. -On ajoute ensuite 3 parties d’alcool de méthylène, puis enfin une demi-partie de beurre d’antimoine (qui est un poison), et l’on mêle soigneusement. Chaque fois quon veut employer, il faut secouer fortement. L’application se fait au moyen d’un chilfon doux qu’on frotte énergiquement sur le bois, et l’on passe finalement un autre chiffon très doux.
- Graissage des engrenages en bois. — La Technische Rundschau recommande le composé suivantpour le graissage des roues dentées en bois. On fait fondre à une chaleur modérée 30 parties en poids de suif, 20 parties d’huile de palme, 10 parties d’huile de poisson et l’on jette dans le tout, en brassant bien de manière à obtenir un mélange parfaitement homogène, 20 parties de graphite lavé et soigneusement pulvérisé.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30'. — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 mars. . . . 4°,9 S. W. 3. Couvert. 1,2 Rosée ; couv. ; pluie de 8 h. à 8 h. 35 et à 10 h.
- Mardi 7 ...... . 70 Q * W. N. W. 3. Couvert. 1,4 Couv. ; pluie à 2 h. et de 3 h. 30 à 5 h.; pluie à 19 h. et à 22 h. 30. .
- Mercredi 8 4°,9 W. N. W. 3. Beau. » Nuageux.
- Jeudi 9 6°,4 ' S. W. 4. Couvert. 5,4 Couv. ; pluie à partir de 16 h.
- Vendredi 10 4°, 4 S. W. 5. Presque couvert. M Très nuag. ; gouttes à 6 h. ; petites averses.
- Samedi 11 9°,1 S. W. 6. Couvert. 8,6 Très nuag. ; pluie jusqu’à 2 h. et à partir de 18 h.
- Dimanche 12. . . . 8°,0 S. W. 4. Couvert. 2,1 Très nuag. ; pluie jusqu’à 2 h. 30; halo à 11 h.
- MARS 1905. — SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 MARS 1905
- • La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I-a neige. — La neige est tombée en abondance les 5 et 6 mars dans la région de Saint-Etienne et du Puy. A Saint-Etienne, sur la ligne de Cra-ponne-sur-Arzon, à Saint-Bonnet-le-Chàteau, à 9 heures du soir, le train a été bloqué ainsi qu’une machine de secours. Une tempête de neige s’est abattue sur la région environnant Le Puy ; la neige a atteint en certains endroits des hauteurs de un mètre. Un train se dirigeant sur Paris a été bloqué par la neige à Saint-Georges d’Aurac, sur l’embranchement de Sembadel.
- te temps. — Dans la semaine du 6 au 12 mars, le temps a été froid et pluvieux. Le 6 mars, le ciel était couvert le matin à Paris et l’on a observé de 7 heures à 10 heures de faibles ondées à plusieurs reprises. En France, on a recueilli 6 mm d’eau à Biarritz, 6 mm a Brest, 4 mm à Nantes, 5 mm au Havre. La température était le matin — 1° à Clermont, 5° à Toulouse, — 5° au mont Aigoual, —10° au Pic du Midi, —11° au mont Mounier. A Paris, la température moyenne de la journée a été de 6°,4. Le 7 mars, un vent fort a eu lieu sur nos côtes de la Manche ; il a soufflé avec force du Nord-Ouest en Provence. 11 est tombé 5 mm d’eau à Charleville, 3 mm à Biarritz, 2 mm à Paris, 1 mm au Havre. La température était relevée ; on notait le matin 7° à Paris, 7°à Clermont, 7°à Toulouse, — 4°au mont Ventoux, — 8°au Pic du Midi. Le 8 mars, de fortes pressions se maintiennent dans le Sud-Ouest du continent; à Biarritz la pression est de'775 mm. Il a plu à Belfort
- (12 mm d’eau), à Biarritz (5 mm), à Lyon (3 mm), à Dunkerque (2 mm), à Paris ( 1 mm). A Paris, le ciel est couvert pendant la journée, et de 6 heures à 11 heures du soir est tombée une grande pluie intermittente; le vent a soufflé en bourrasque et a atteint des vitesses maxima de 17 mètres par seconde. Le thermomètre marquait le matin, 5° à Paris, 6° à Toulouse, — 4° au Puy de Dôme, —6° au mont Ventoux, —10° au Pic du Midi. La température moyenne de la journée à Paris a été de 7°,3. Le 9 mars, il y a eu une baisse barométrique de 16 mm en Ecosse et de 14 mm à Brest. Des pluies sont tombées à Dunkerque (6 mm), à La Hague (4 mm), à Brest (2 mm). Dans la soirée, à Paris, de 6 heures à 10 heures, il a plu en quantité. Le thermomètre marquait, le matin, 0° à Lyon, 6 * à Paris, 9° à Nantes, 1° au mont Aigoual, —2° au Pic du Midi, —3° au Puy de Dôme. La baisse barométrique à Paris a été de 10“",1 en vingt-quatre heures. Le 10 mars, le vent a été très fort de l’Ouest sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Il est tombé 9 mm d’eau à Cherbourg, 7 mm à Brest, 7 mm à Nancy, 6 mm à Biarritz, 5 mm à Paris. A Paris, l’eau est tombée sans interruption de 31“2() à 8h50 du soir. Le 11 mars, une violente tempête du Sud-Ouest a sévi le matin sur l’Ouest de l’Europe. La vitesse du vent a atteint 15 mètres par seconde à la surface du sol, à Paris. Des pluies sont tombées à Cherbourg (35 mm), à Brest (15 mm), à Dunkerque (11 mm), à Biarritz (4 mm), à Paris (3 mm). Le thermomètre marquait le matin 7° à Clermont, 91 à Paris, — 2° au Pic du Midi. Le 12 mars, pluie à Nantes (17 mm), à Charleville (12 mm), à Paris (11 mm). Mer houleuse dans la Manche et en Bretagne.
- PHASES DE LA LUNE : N. !.. le 6 à 5 h. 28 m. du matin.
- p.64 - vue 496/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Yice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (YIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1661 (25 mars 1905), du journal a La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Archéologie. Gravures rupestres. — Le 3 mars à UAca-démie des Inscriptions et Belles-lettres, le Dr Hamy a résumé les découvertes récentes faites dans le Sahara, par M. le commandant Deleuze, qui a fait parvenir (par M. Flamand) les relevés remarquables exécutés au cours de son inspection dans le Sud oranais. Il s’agit des inscriptions rupestres recueillies à la gara des Cherfa ou Chourfa (district de l’Aoulef). Ces inscriptions, entremêlées de figures humaines d’aspect enfantin, sont analogues à celles décrites par M. Hamy, en 1882; mais leurs formes plus archaïques autorisent à les placer en tête du second des groupes actuellement admis dans la classification des inscriptions sahariennes rupestres.
- Archéologie. — Les terrassiers de la ligne métropolitaine n° 5, à Paris, viennent de trouver place de la Bastille une partie de la muraille du fossé, et le pont-levis de la vieille forteresse qui fut renversée en 1789. Il ne reste du pont-levis que la maçonnerie et quelques fragments de bois pourri. On a trouvé aussi quelques boulets de canon en pierre et en bronze.
- Sociétés savantes. — M. Paul Labbé a été nommé secrétaire général de la Société de géographie commerciale de Paris en remplacement de feu Ch. Gauthiot.
- Géologie. — M. Jules Girard, vice-président du Conseil de la Société de géographie, nous adresse une Note, que nous renvoyons (avec l’assentiment de l’auteur) à la Société géologique, sur la question de savoir si la Picardie, le Cotentin, la Bretagne n’ont pas été jadis couverts de glaciers. Certains indices (dépôts de cailloux, blocs erratiques) permettent tout au moins de signaler le problème aux géologues, sans toutefois le résoudre prématurément : on sait que la chose est prouvée pour l’Irlande et l’Allemagne du Nord; mais il faut rappeler aussi que bien souvent de simples effets d’érosion et de transports pluvieux ont été pris pour des dépôts glaciaires.
- Enseignement technique. — La session pour 1905 du Conseil supérieur de l’Enseignement technique a été ouverte sous la présidence de M. Dubief, ministre du Commerce, qui a exposé qu’il convenait d’assurer le développement de l’enseignement technique. Le Conseil aura à s’occuper des questions relatives à l’organisation des écoles d’arts et métiers (recrutement des élèves, ignorance des langues étrangères) ; il devra aussi élaborer un projet sur la question de l’apprentissage, qui tend à disparaître dans notre pays, et qu’il faut faire revivre en l'adaptant avec les conditions actuelles du travail.
- Diamant monstre. — On vient de recevoir en Europe les photographies du diamant monstre trouvé le 26 janvier 1905 au Transvaal. L’aspect est celui d’un grand morceau de cristal de roche très limpide, ayant environ 8 centimètres sur II. On sait que le poids est de 614 grammes. Il est intéressant de remarquer que cette pierre, comme beaucoup d’autres diamants trouvés dans les mines sud-africaines, est seulement un fragment d’une pierre beaucoup plus grosse, qui se sera brisée dans sa montée au jour avec la roche volcanique dans laquelle elle est englobée. De petites facettes appartiennent seules au cristal primitif (octaèdre et dodécaèdre). Le veste de la surface est formé par de simples plans de clivage, c’est-à-dire de cassure accidentelle.
- Marine. — Des expériences comparatives viennent d’avoir lieu entre le sous-marin Z et le submersible Aigrette. La Commission d’essais s’était embarquée sur le garde-côtes Amiral Tréhouart et les deux sous-marins se mirent en route ; ils devaient accomplir la traversée de Raz-Blanchard à Cherbourg. La Commission constata bientôt que le submersible Aigrette avançait à une vitesse de 40 nœuds environ, montant facilement à la lame; son équipage
- placé sur le pont ne recevait pas d’eau. Pour le sous-marin Z, la passerelle qu’il portait pour permettre à l’équipage de se tenir à l’air libre semblait alourdir le sous-marin et elle éprouvait de durs mouvements de tangage et de roulis. Les hommes étaient très fatigués et pouvaient à peine respirer. Le submersible a, seul, pu accomplir facilement la traversée.
- Le métropolitain. — M. Sauton, président de la Commission municipale du Métropolitain, a informé ses collègues que le gouvernement ne faisait plus aucune opposition au passage sous le Carrousel de la boucle de la ligne n° 7. Toutefois, la question de la communication par les caves du ministère des finances avec la station du Palais-Royal, de la ligne n° 1, est réservée. Dans ces conditions, les lots de la ligne n° 7, sauf pour le terminus, vont être mis en adjudication.
- Hygiène. — La Société internationale de la tuberculose a élu président pour 1905, M. le professeur Lancereaux, membre de l’Académie de médecine.
- — Une grave épidémie de fièvre typhoïde vient d’éclater parmi les hommes du 4e escadron du 13e cuirassiers à Chartres. Quarante cavaliers sont à l’hôpital, et d’autres sont provisoirement consignés à l’infirmerie.
- Concours des façades. — Le jury du concours des façades à Paris a commencé ses visites. Le nombre des façades inscrites au concours cette année est de 87.
- Sondages de glaciers. — En 1904, MM. Blumcke et Hess ont continué leurs intéressants et coûteux sondages au glacier d’Hinte-reis (massif de l’Œtzthal). Un des forages n’a trouvé le roc qu’à 183m,8 (au lieu de 170 mètres prévus) ; un autre a atteint 213m,5. De 1901 à 1904, ils ont percé sept trous (d’ensemble 858 mètres); au prix de 19925 francs, soit 39fr,45 le mètre (y compris le prix des essais et du matériel). Ces recherches ont fourni de précieux-renseignements sur l’intérieur des glaciers : ceux-ci ont, on le voit, une épaisseur considérable ; ils renferment des veines ou ruisseaux d’eau courante, et leur vitesse est moindre au fond qu’à la surface (Mitth. Club alpin allem. aut., 28 février 1905).
- Chemins de fer. — Le chemin de fer de la Jungfrau est parvenu à l’altitude de 3000 mètres, entre les stations Rothstock-Eigervvand (inaugurée le 28 juin 1903) et Mer de glace (altit. 3161 m.). On perce actuellement une galerie de 700 mètres. On compte, à la fin de l’année, avoir exécuté 5600 mètres sur 12 200.
- Automobiles de chemins de fer. — Le succès des premières automobiles pour voies ferrées, de ces wagons automoteurs dont il a été question ici, s’accentue de jour en jour, si bien que voici qu’on va en mettre en service sur les lignes de l’île de Cuba.
- Distribution de chauffage. — La station électrique de Colombus (aux Etats-Unis) a trouvé un moyen ingénieux d’utiliser la vapeur d’échappement de ses machines : elle remploie à assurer le chauffage à domicile. Cette vapeur est envoyée à des réchauffeurs d’eau, et la distribution de l’eau chaude forme une canalisation ayant au total 11 km de développement.
- Sismologie. — On annonce qu’une légère secousse de tremblement de terre a eu lieu le 14 mars, dans la matinée, à Cassino. Des secousses ont eu lieu également à Palerme et à Avellino; des secousses ont eu lieu aussi dans la soirée à Naples et à Bénévent.
- Météorologie. — Le temps a été très pluvieux avec un vent de tempête qui n’a cessé de soufflèr pendant la semaine du 13 au 19 mars. Le 13 mars, la pression barométrique était basse sur les îles Britanniques. On a signalé de la pluie dans toutes les régions en France : 13 mm à Lyon, 10 mm à Nancy, 8 mm à Cherbourg, 6 mm à Biarritz, 4 mm à Nantes, 2 mm à Marseille. On a noté le matin 6° à Paris, 6° à Lyon, 6° à Marseille, 9° à Biarritz. Le vent a été
- 17
- p.65 - vue 497/536
-
-
-
- 66
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- très fort des régions Sud grès du Sud. Le 12 mars, il atteignait à Montsouris, à lh18m du soir, une vitesse de 85 km par heure; vers midi, les courants, à 8000 mètres, avaient une vitesse de 252 km par heure. Le 14 mars, le vent a repris de la force du Sud-Ouest sur nos côtes de Manche et l’Océan. Il est tombé 24 mm d’eau à Nantes, 15 mm à Cherbourg, 6 mm à Paris, 6 mm à Biarritz, 3 mm à Nancy. La température était le matin 7° à Nantes, 10° à Paris, 10° à Perpignan, —11° au Pic du Midi. Dans la nuit du 14 au 15, la pluie est tombée sans discontinuer. Le 15 mars, la situation météorologique a été très troublée dans nos régions. De violents coups de vent du Sud-Ouest se sont abattus sur la Manche. De violentes tempêtes ont eu lieu à Douvres et sur les côtes Bri-
- tanniques. II a plu presque partout; on a noté 14 mm d’eau à Nantes, 10 mm à Cherbourg, 8 mm à Charleville, 6 mm à Nice, 2 mm à Paris. Les vents qui ont soufflé sur Paris ont été très violents. Le 16 mars, la pluie est également tombée à Lyon (15 mm), à Paris (3 mm), à Biarritz (3 mm), à Nice (2 mm) ; à Paris, il y a eu une série d’averses orageuses. Le 17 mars, la mer a été grosse à Biarritz et à Brest. On a signalé des pluies dans toute la France :
- 15 mm d’eau à Limoges, 8 mm à Besançon, 4 mm à Brest, 2 mm à Paris. Le 18 mars, la pluie est encore tombée en grande abondance :
- 16 mm au Havre, 9 mm à Rochefort, 4 mm à Paris. Le 19 mars, on a recueilli 12 mm d’eau à Belfort, 9 mm à Dunkerque, 4 mm à Paris, 2 mm à Toulouse.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la machine « La Sténophile », s’adresser àM. Ch. Bivort, rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris. — Le monophone est fabriqué par la Société industrielle des téléphones, 25, rue du (Juatre-Septembre, à Paris.
- Communications. — M. P. Pasquet, à Etampes, nous écrit : « Dans le dernier numéro, en réponse dans la Boîte aux Lettres, vous disiez ne pas connaître d’exploitation de la paille comprimée. Cette exploitation s’est faite dans une partie de la Beauce. Une Société allemande entreprenait le battage du blé sous condition de garder la paille qu’elle comprimait en bottes d’environ lm,50 x 0,30 x 0,30 liées au fil de fer. Plusieurs batteuses de 25 chevaux exécutaient, d’une façon parfaite d'ailleurs, tout le battage et la compression. Une de ces batteuses a même été exposée au Comice agricole 1904 d’Etampes. Cette Société a cessé de fonctionner pour causes de mauvaises affaires, je crois ».
- M. Jacquot, à Thonon, nous dit qu’il a poursuivi en Algérie des recherches archéologiques, qui l’ont amené à la découverte de tombeaux préhistoriques. Il nous signale à ce propos une idée qui lui est venue en visitant les cercles de fées si célèbres en Bretagne. Toutes les enceintes ovales étant orientées nord-nord-ouest, sud-sud-est, ne peut-on pas attribuer cette orientation aux variations de la déclinaison magnétique. 11 est probable, en effet, que l’orientation primitive de ces ovales était nord-sud. On pourrait donc, en tenant compte de cette hypothèse, calculer approximativement la date très ancienne de l’érection de ces monuments. Nous avons tenu à signaler l’hypothèse de M. Jacquot, qui n’est certes pas nouvelle, mais qui, toujours ingénieuse, mérite d’attirer l’attention des chercheurs et d’être l’objet de mesures précises.
- J/. G. Duclou, à Bordeaux, à propos de la diminution de virulence du vaccin, en lumière rouge, décrite par le Dr Car-taz dans Hygiène et santé du n° 1659, du U mars 1905, nous fait observer que dans la fabrication du vin on obtient une fermentation plus calme par l’emploi d’une lumière jaune. 11 en conclut à une similitude d’action entre le vaccin sous verre rouge et la fermentation vinique sous verre jaune. Nous ne saurions partager cette façon de voir : les modifications dans la virulence du vaccin ou dans la fermentation, suivant la lumière employée, sont des cas particuliers de l’action de la lumière sur les êtres vivants, action générale à tous les êtres et surtout comme chez les algues, et autres protophytes où l’on a depuis longtemps observé par exemple que la profondeur où vivent eertaines cyanophvcées est en relation directe avec la nature des radiations colorées qui y pénètrent.
- M. P. Simon, ingénieur, à Lyon, nous écrit : « Dans les nouvelles scientifiques de La Nature, n° 1659, je trouve sous
- le titre Chauffage l’indication d’un moyen d’augmenter la puissance calorifique d’un radiateur en dirigeant sur lui le flux d’air produit par un ventilateur électrique. Ce procédé, peut-être( inédit, à coup sûr n’est pas nouveau. Je l’emploie depuis plusieurs années avec un poêle de faïence, qui comme chacun le sait, est lent à monter en température. Ce poêle est relié à ma cheminée par un court tuyau en tôle sur lequel je souffle au moyen de mon ventilateur lorsque j’éprouve le besoin de m’offrir rapidement un petit supplément de calories. Je profite de l’occasion pour vous signaler une application analogue que j’emploie pour obtenir un résultat inverse. En été ce même ventilateur souffle sur un bloc de glace, qui, fondant beaucoup plus rapidement que si je le laissais fondre simplement dans un appareil ad hoc, soustrait à l’air un beaucoup plus grand nombre de calories. Le ventilateur est donc un instrument à deux fins qui produit le chaud ou le froid à volonté.
- Renseignements. — M. Hourlier. à Paris. — Pour l’indicateur de vitesse Colombia, veuillez vous adresser à M. Jacques Barrai, 59, route d’Orléans, à Montrouge.
- M. Simonnet, à Grasse. — Pour la théorie et la pratique de l’automobile, veuillez consulter les ouvrages suivants : La conduite et l’entretien des automobiles par Félicien Michotte, librairie Bernard, à Paris; Automobiles, par René Champly, librairie Desforges à Paris ; Manuel du conducteur d’automobiles, par Maurice Farman, librairie Tignol, à Paris; Aide-mémoire de l’automobile, par J. de Pietra-Santa, librairie Dunod, à Paris.
- M. Piet, à Amiens. -— Il n’existe pas d’appareil permettant de déterminer la teneur d’un charbon en matières volatiles et en cendres. Le plus simple est de faire faire un essai par un chimiste.
- M. Ch. Jordan, à Bazemont. — Le pagoscope se trouve chez M. Bernel-Bourette, 56, rue de Poitou, à Paris et chez tous les opticiens et marchands d’instruments pour le jardinage et l’horticulture, ainsi que nous l’avons indiqué en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1654 du 4 février 1905.
- M. C. 0., à G. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages traitant de la culture des mousses. Tous nos regrets.
- M. Prévôt, à Montereau. — Pour tous renseignements sur la symphonie perpétuelle dont nous avons parlé dans le n° 1657 du 25 février 1905, veuillez vous adresser à M. Gtüss, éditeur de musique, place Saint-Augustin, ou à M. Josset, 12, rue Léonce Revnaud, à Paris.
- M. F. G., à Mazatlan. — Veuillez vous reporter à un traité de chimie industrielle.
- M. Regis de Sorras, à Lyon. — Nous avons consacré à la conservation du raisin à Thomery et à Fontainebleau, trois articles de M. A. Maumené dans les numéros : 1553, du II octobre 1902 ; 1536, du 1" novembre 1902 ; 1537, du 8 novembre 1902. Vous pouvez aussi consulter à ce sujet l’ouvrage Chasselas, encyclopédie Roret, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- A/. Robmichiels, à Marseille. — 1° Vous trouverez d’excellents renseignements sur l’évolution de la musique dans Histoire de la musique, par Ambros, librairie Leuchart, à Leipzig. — 2° Nous n’avons aucune raison pour considérer Richard Wagner comme le dernier terme de l’évolution musicale. — 3° Nous ne pouvons répondre à cette question. Vous trouverez des indications sur ce que l’on peut penser à ce sujet dans l’ouvrage Considérations inactuelles de Fr. Nietzsche, publié par la Société du Mercure de France, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Kolb, à Saintr Nazaire. Veuillez consulter le livre de Recettes et procédés utiles, 4e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Simon Leleu, au Quesnoy. Veuillez consulter le même ouvrage, même série. — M. Mélen Leroy, à Lœuilly. Consultez le même livre, 5° série. — MM. Pasquet, à Etampes, P. Simon, à Lyon; MM. Duclou, à Bordeaux; Jacquot, à Genève. Remerciements pour vos communications.
- üans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.66 - vue 498/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 67
- PHOTOGRAPHIE
- Altération et conservation du révélateur au diamidophénol.
- L’un des révélateurs les plus pratiques, aussi bien pour l’amateur que pour le professionnel, est le diamidophénol nu amidol. Deux flacons contenant chacun un sel pulvérisé suffisent ; la solution se fait instantanément; le bain peut se conserver et servir longtemps. Malgré tous ces avantages, ce révélateur n’est pas aussi employé qu’il devrait l’étre, et MM. Lumière et Seyewetz se sont demandés si cela ne provenait pas de ce que son énergie réductrice diminue plus ou moins rapidement avec le temps, suivant les conditions dans lesquelles il est conservé.
- Dans le but de déterminer quelles sont les meilleures conditions à observer pour que la solution révélatrice conserve toutes ses propriétés, MM. Lumière et Seyewetz ont entrepris une série d’expériences très minutieuses et très savamment conduites. Ils ont fait varier les quantités de sulfite et celles de diamidophénol; les conditions de concentration, de température, d’embouteillage ont été aussi étudiées. Il résulte de ces études que la perte de l’énergie réductrice est due principalement à l’action de l’oxygène de l’air sur le diamidophénol.
- La formule qui donne les meilleurs résultats pour développement des clichés est la suivante : c’est ce qu’on peut appeler le révélateur normal :
- Eau........................ 1000 grammes.
- Diamidophénol..............• 5 —
- Sulfite de soude anhydre. . 50 —
- On peut, comme nous l’avons dit en commençant, faire la solution immédiatement au moment de l’usage ; pour cela il est très commode d’avoir deux cuillères en buis, dosées préalablement, l’une pour 3 grammes de sulfite anhydre, l’autre pour 0‘r,5 de diamidophénol. On prend 100 cm3 d’eau et on y verse successivement les deux cuillères : c’est très pratique, surtout en voyage. Nous ajouterons que ce développement n’est sensible au bromure de potassium qu’à haute dose, et que pour des clichés posés il ne faut pas craindre de mettre un demi-gramme de bromure (soit 5 cm3 d’une solution à 10 pour 100) pour 100 cm3 de révélateur. Mais, une fois le révélateur employé pour quelques clichés, il ne faut pas le jeter, car il se conserve très bien en suivant les prescriptions qui résultent des conclusions suivantes que MM. Lumière et Seyewetz ont tirées de leurs expériences :
- 1° L’altération n’est pas due à l’oxydation du sulfite de soude, mais à celle du diamidophénol, le sulfite s’oxydant beaucoup moins en présence du diamidophénol qu’en simple solution aqueuse;
- 2° L’excès de sulfite sur la quantité normale entrant dans le révélateur, non seulement ne retarde pas l’oxydation du diamidophénol, mais contribue à l’accélérer;
- 3° Les solutions concentrées à la fois en diamidophénol et en sulfite s’oxydent plus facilement que la solution normale, et ne peuvent se conserver meme en flacons pleins et bouchés, par suite de la précipitation de leur diamidophénol ;
- 4° Par contre, on peut conserver sans altération appréciable, pendant un temps très long, le révélateur normal dans un flacon plein et bien louché. G. M.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le bain de lumière à domicile.
- L’air et la lumière sont deux agents thérapeutiques de premier ordre, ils valent tous les produits pharmaceutiques et la place qu’on donne de nos jours à la physicothérapie n’est qu’un retour aux sages doctrines des anciens. De toutes les fleurs, a dit Michelet, la fleur humaine est celle qui a le plus besoin de soleil, et plus elle est étiolée, plus elle est languissante, plus ce besoin se fait sentir. Aussi que de maladies emporte loin de nous l’apparition du printemps : c’est que régnent sans partage à ce moment l’air et la lumière.
- Les bains de soleil ont été appliqués à la cure des maladies du système nerveux ; névrosés et neurasthéniques en ressentent d’excellents effets. Ils ont été, par leur double action mmineuse ci thermique, appliqués à la cure de certaines formes de rhumatisme. Mais dans nos climats, le soleil nous manque pendant j.»ès de six mois. Comment le remplacer? L’électricité, la fée moderne, est venue suppléer le soleil : force, lumière, chaleur, elle donne tout à discrétion. Et en place de soleil, on a imaginé les bains électriques, theimo-lumineux, au moyen des lampes à incandescence. Vous souffrez d’une de ces maladies de dénutrition ou d’épuisement du système nerveux, d'un de ces rhumatismes chroniques, justiciables de ce traitement. Rien de
- plus simple. On vous enferme dans une boite dont les parois sont tapissées d’une cinquantaine de lampes électriques : un bouton tourné, vous voilà dans une atmosphère de chaleur lumineuse qui remplace de tous points les rayons du soleil.
- Les appareils de bains thermo-lumineux ne se trouvent que dans des établissements spéciaux. Comment faire pour des malades impotents qui ne peuvent se déplacer facilement ou pour ceux qui n’auraient besoin que d’un bain local, limité à un membre ou à un segment de membre, et qui seraient bien aises de se traiter chez eux. J’ai eu l’idée, pour une malade rhumatisante qui ne peut quitter son lit, de recourir aux bandes souples que la maison Paz et Silva emploie avec tant de succès pour décorer nos demeures et nos rues de somptueuses illuminations. Il faut, bien entendu, avoir l’électricité dans son appartement. Vous prenez deux ou trois bandes souples de la longueur du cflrps, ou de la longueur du bras, d’une jambe, si vous désirez une action limitée, vous les posez aussi près que possible du corps, le malade étant étendu sur son lit; deux autres bandes, soutenues par un cerceau métallique, sont placées au-dessus du corps qui se trouve ainsi encadré d’un triple, quadruple cordon lumineux. Placez sur les bandes les lampes à pointe,[en tel nombre qui vous paraîtra nécessaire, rabattez, sur le cerceau, les couvertures du lit, et mettez le bout du fil en communication avec le courant du secteur par une prise de courant. L’illumination de ces vingt, trente ou quarante lampes vous donne instantanément, et pour le temps voulu, un bain thermo-lumineux dont la température, en raison de la siccité de la chaleur, est admirablement supportée. Après vingt ou trente minutes, on arrête le courant, on enlève les bandes souples et le malade reste encore une heure, sous ses couvertures, dans une atmosphère chaude des plus favorables à la guérison des douleurs. L’installation est des plus simples et réalise véritablement, comme je le disais, le bain de lumière à domicile. Dr A. Cartaz.
- Le narcyl.
- Parmi les alcaloïdes qu’on peut extraiie de l’opium, en dehors de la morphine, de la codéine, on avait isolé jadis une substance dont Claude Bernard avait reconnu les propriétés calmantes et narcotiques : c’était la narcéine. Le nouveau médicament n’eut qu’une vie éphémère ; soit que ses vertus eussent été trop exagérées, soit qu’on ne put jamais se procurer ce corps à l’état de pureté, on le délaissa complètement.
- Des chimistes habiles viennent de faire revivre la narcéine, en préparant par voie synthétique, un chlorhydrate d’éthyle narcéine auquel ils ont donné le nom de narcyl. Ce corps est très nettement défini au point de vue chimique; ses propriétés pharmacologiques ont été soigneusement étudiées par le professeur Pouehet et M. Chevallier. Il se présente sous la forme de longues aiguilles blanches, soyeuses, peu solubles dans l’eau, à moins d’addition d’acide citrique, très solubles dans l’alcool et le chloroforme. C’est un analgésique et un sédatif remarquable du système nerveux, et, qualité précieuse, il est fort peu toxique. Son action principale est caractérisée par une diminution de l’excitabilité du pneumogastrique et du grand sympathique, c’est-à-dire qu’il agit comme un antispasmodique et un calmant, à l’égal de la morphine et sans en avoir les inconvénients. Et de fait, le narcyl a une action rapide sur l’élément toux, et, en raison de son faible pouvoir toxique, il est appelé à rendre de grands services dans la médecine des enfants; coqueluche, toux spasmodique pourront être modérées rapidement avec quelques centigrammes de ce produit dont les premiers essais ont été remarquablement efficaces.
- Les injections d'air dans les névralgies.
- J’ai fait connaître, au moment de sa publication, l’ingénieux procédé imaginé par mon camarade Cordier de Lyon pour le traitement des névralgies. On sait qu’on a conseillé contre les névralgies rebelles, la névralgie sciatique en particulier, l’élongation -du nerf. Cordier, s’inspirant de celte idée, pensa qu’on pourrait, au lieu d’élonger le tronc du nerf, agir sur ce réseau périphérique, sur les ramifications terminales, sur le réseau récurrent, le véritable élément de transmission de l’inflammation et de la douleur. Et il imagina de distendre les tissus, et, en même temps, tout le réseau de fibrilles nerveuses, au moyen d’une injection sous-cutanée de gaz ou plus simplement d’air.
- Cette méthode fort ingénieuse a été appliquée par nombre de médecins avec autant de succès que par l’inventeur. Récemment deux médecins des hôpitaux de Bordeaux, MM. Mongour et Caries, ont publié les résultats obtenus par eux, résultats de tous points satisfaisants, pour des névralgies rebelles. Une aiguille de Pravaz, un ballon rempli d’air, c’est tout l’outillage réclamé ; l’asepsie de la peau à l’endroit de la piqûre et une
- p.67 - vue 499/536
-
-
-
- >68
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- injection d’air ou d’un gaz quelconque, inoffensif, bien entendu, amènent à peu près instantanément la disparition de la douleur. C’est un phénomène dont les malades eux-mêmes sont surpris, tant le soulagement est immédiat. En faisant après l’injection un léger massage, on fait disparaître en quelques jours la bosse gazeuse ; si à ce moment les douleurs réapparaissent, ce qui est rare, une nouvelle injection ramène le calme. Il semble bien s’agir là, en effet, d’une modification de l’irritabilité du tronc nerveux par distension de ses fibrilles terminales.
- Contre les engelures.
- L’hiver n’a pas clit son dernier mot et il est encore temps
- de parler de cette petite infirmité dont les tout petits sont si souvent victimes. J’ai indiqué déjà plus d’un moyen; en voici un conseillé par Lemaistre. C’est l’acide picrique si utile et si avantageux dans le traitement des brûlures. Sur les engelures non ulcérées, non à vif, — c’est là un point essentiel, — étendez avec un pinceau une et plusieurs couches d’une solution d’acide picrique au centième. En quelques instants les démangeaisons, les sensations de cuisson ont disparu; le gonflement inflammatoire cède lui-même ; l’acide picrique amène, comme dans les brûlures, une kératinisation ae l’épiderme et provoque la guérison rapide de cette affection qui n’est qu’une sorte de brûlure par le. froid. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30L — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 mars . . . 6\1 S. W. 4. Très nuageux. u,t Très nuageux; pluie de 19 h. 20 à 40.
- Mardi 14 9°,8 W. S. W. 5. Très nuageux. 7,7 Très nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite ; pluie.
- Mercredi 15 9°,1 S. 5. Couvert. 5,0 Très nuag. ; pluie par intervalle.
- Jeudi 16 6\3 S. S. W. 3. Couvert. 1,8 Gelée bl. ; très nuageux ; pluie dans la soirée.
- Vendredi 17 4°,9 S. S. W. 3. Quelques nuages. 0,7 Rosée ; très nuageux ; petite pluie à 9 h. et 14 h.
- Samedi 18 . .... . 8°,0 S. S. W. 5. Pluie. 7,5 Très nuag. ; pluie de 3 h. 30 à 13 h.
- Dimanche 19. . . . 6°,4 N. W. 2. Couvert. » Gelée bl. ; nuageux.
- MARS 1905 — SEMAINE DO LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 MARS 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pi-essions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pomtûlé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites & l’observatoire du parc Saint-Maur, en février 4905,
- par M. Th. Mocreaux.
- Pression barométrique, altitude 50”,5. Moyenne des 21 heures, 765”",19; minimum absolu, 712“”,6, le 26 à 22 h. 50 m. ; maximum absolu, 772*“,8 le 5, à 10 h. ; écart extrême, 30*“,2. '
- Température. Sous l’abri ; moyenne des minima, 1°,12; des maxima, 7°,92 ; du mois, 1°,52 ; vraie des 21 heures, 1°,30 ; minimum absolu, — 2°,9 le 10; maximum absolu, 11°,5 le 8. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, —1°,95; des maxima, 11°,82; minimum absolu, —10°,0 le 12; maximum absolu, 21°,0 le 28. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures ; a 0”,30 de profondeur, i°,02; à 0“,65,1°,50; à 1 mètre, 4°,86. De la Marne : moyenne le matin, 5°,01 ; le soir, 5°,27 ; minimum, 3°,50 le 1"; maximum 6°,30 le 9.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 5”“,25 ; minimum, 2““,6 le 12, à 13 heures; maximum, 8”“,3 le 17, à 15 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 84,2; minimum, 45 le 12, à 15 h. ; maximum, 100 en 12 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 7,50; nébulosité diurne la plus faible, 2,4 la 3; ciel complètement couvert les 5, 6, 13, 14, 22, 23.
- Insolation ; durée possible, 283 heures; durée effective, 71,7 heures en 19 jours; rapport, 0,25.
- Pluie ; total du mois, 23““,9 en 36h 1 ; la plus grande, 4““,6 le 23.
- Nombre de jours de pluie, 12; de pluie inappréciable, 4 ; de neige, 5; de givre, 2; de grésil, 3; de gelée, 13, dont 5 consécutives, du 22 au 26 ; de gelée blanche, 11 ; de brouillard, 8; de halo, 1.
- Fréquence des vents : Calmes, 21.
- N . . . , . 60 F. . . . . 7 S 40 W . . . . 40
- N. N. E. . 45 E. S. E. . 0 S. S. w. . 103 W. N. W . 43
- N. E. . . 40 S. E. . . 0 s. w. . . 101 N. W. . . 31
- E. N. E. , . 14 S. S. E. , . 4 w. s. w . 74 N. N. W. . 41
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3“,8 ; moyenne diurne la plus grande, 9“,0 le 22; la plus faible, 0“,8 le 6; vitesse maximum en lo minutes, 13“,3 le 21, de 15 h. à 15 h. 15, par vent N. N. E.
- Electricité atmosphérique. Moyenne du mois (19 jours), 218 volts ; moyenne diurne la plus grande. 392 volts le 25; la plus faible, 94 volts le 22; amplitude diurne, 0,30 ; amplitude nocturne, 0,46.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 2“,98 ; minimum, 2“,70 le 21 ; maximum, 3”,41 le 8 au soir.
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre -t-4““,60; température -+- 0°,68 ; tension de la vapeur + 0“*,18 ; humidité relative -+-1,5 ; nébulosité -+- 0,81 ; pluie — 9““,5.
- Taches solaires, 12 groupes en 20 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques, les 3-5,14 et 22-23.
- Floraisons. Le 2, perce-neige ; le 27, primevère acaule.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 14 à 9 h. 9 m. du matin.
- p.68 - vue 500/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à 5IM. Masson et Cu,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à Tobligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1662 (1er avril 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Hommage à F. de Lesseps. — La municipalité de Barcelone a donné récemment le nom de Ferdinand de Lesseps à l’une des rues de cette ville. Cette mesure a é.é prise en souvenir du bombardement de Barcelone en 1843. M. de Lesseps était alors consul général de France dans ce port. Il se rendit, au nom des représentants des pays étrangers et au péril de sa vie, auprès du général Espartero, et en obtint une suspension d’armes qui épargna à la ville de plus grands désastres et la perte d’existences précieuses.
- Les prix Nobel. — Le montant des cinq prochains jirix Nobel, ui seront distribués au mois de décembre, vient dêtre fixé à 90446 couronnes, soit 138189 couronnes (environ 193000 francs) par prix. L’année dernière, chaque prix s’élevait à 140 858 couronnes. La diminution est causée par des impôts nouveaux qui frappent les capitaux des différentes institutions Nobel.
- Sucrerie et distillerie. — Les chimistes de sucrerie et de distillerie de France et des colonies viennent de tenir un Congrès, à l'ordre du jour duquel figuraient la question de la culture des betteraves dans le sud-ouest de la France, celle de la fabrication sucrière aux Etats-Unis, et celle des pertes indéterminées de sucrerie.
- Rareté zoologique. — On nous signale de Londres l’arrivée au Zooloeical Garden d un Asinus Kiang, spécimen rarissime rapporté du Thibet par la mission anglaise. Cet équidé n’avait pas figuré depuis longtemps dans les collections européennes. Les officiers de l’expédition qui s’empara de Lhassa l’été dernier, avaient pu capturer un mâle et une femelle; malheureusement, le premier mourut en cours de route. Certains auteurs rangent les ânes sauvages asiatiques en trois catégories dont, l’habitat s’étend entre la Syrie et le Thibet. L’Asinus Kiang se rapproche plus du cheval que ses congénères par sa taille et par sa forme. La robe est châtain clair ; le ventre est blanc. Les oreilles sont petites ; le cou est élégamment arqué et la tête est relevée. Une bande sombre court le long de l'échine, entre la queue et la crinière; mais les épaules ne sont pas marquées.
- Omnibus automobiles. — On annonce que des essais d’omnibus automobiles auront lieu prochainement à Paris, sur l’ancienne ligne d’omnibus, qui allait de l’Hôtel-de-Ville à la porte Maillot, et qui fut supprimée, il y a trois ans environ, après 1 inauguration de la première ligne du Métropolitain.
- Chemins de fer d’Indo-Chine. — Depuis le 17 mars 1905, la voie ferrée deVinh à Hanoï, d’une longueur de 327 kilomètres, est entrée en exploitation et facilitera les relations commerciales entre l’Annam et le Tonkin.
- Industrie. — Le peuple suisse a voté par 100 000 voix de majorité environ la révision de l’article 64 de la Constitution, ayant pour but d’étendre les brevets d’invention aux industries qui en étaient exclues jusqu’ici, notamment aux industries chimiques et à tous les produits ou procédés non susceptibles d’être représentés par des modèles.
- Statistique. — Le ministre de la justice vient de publier les résultats de l’applieation, pendant l’année 1904, des dispositions du Code civil relatives à la nationalité, ainsi que des décrets sur la naturalisation dans les colonies et les pays de protectorat. Voici les résultats généraux de ce travail : Pendant l’année 1904, 4859 personnes majeures, comprenant 3072 hommes et 1787 femmes, sont devenues Françaises en France, en Algérie et aux colonies, par voie de naturalisation, de réintégration ou de déclaration. A ce nombre de 4859 majeurs, devenus Français, il faut ajouter 4047 mineurs, sur lesquels 3630 sont devenus irrévocablement Français et 417 ont conservé la faculté de décliner la qualité de Français dans l’année qui suivra leur majorité. On obtient ainsi un total de 8906 nouveaux Français. Eu 1903, çe total était de 8701, et en 1902 de 9461.
- Parc de Bagatelle. — Le parc de Bagatelle a été ouvert le 19 mars au public; mais, comme pour les squares de Paris, les portes en ont été fermées à la tombée de la nuit.
- Un trésor en mer. — On fait, en ce moment, une curieuse tentative pour retrouver le chargement d’or (environ 7 millions) d’un navire qui a coulé en 1898 sur les côtes du Zoulouland. La carcasse du navire est connue ; mais la forte houle, constante en ces parages, empêche les plongeurs d’accéder dans la cale, qui doit être en outre obstruée par les limons. On commence donc, à partir de la côte, un tunnel de 50 mètres, destiné à arriver sous le rocher, à l’extrémité duquel le navire est échopè. Quand on sera là, on fera sauter ce rocher et l’avant du navire à la dynamite et les plongeurs pourront alors atteindre le trésor enfoui dans la cale.
- Marine. — Le paquebot la Provence, qui a été lancé dernièrement à Saint-Nazaire, est le plus grand des paquebots français; sa longueur est de 190“,40, sa largeur de 19“,70; son tirant d’eau moyen en chargement de 8“,15. Le déplacement correspondant à ce tirant d’eau est de 19160 tonneaux. L’appareil moteur de la Provence se compose de deux machines à triple expansion et quatre cylindres alimentés par 21 chaudières. La vitesse prévue est de 22 nœuds et demi avec une puissance de 3000 chevaux ; l’approvisionnement de charbon en soutes est de 3500 tonnes. Les aménagements sont disposés pour recevoir 400 passagers de lre classe, 204 de deuxième et 900 de troisième. En comptant le personnel du bord, le paquebot emportera 1960 personnes. Les locaux pour les passagers sont des mieux compris : les cabines qui ne sont pas sur le pont-promenade sont disposées sur le pont principal. Toutes les cabines extérieures sont munies d’un hublot qui permet la ventilation quel que soit l’état de la mer. Sur le pont principal se trouvent la salle à manger et ses dépendances; cette salle à manger, qui peut contenir 220 convives, a 18“,50 de long sur 14m,4ü de large; à l’avant du même pont se trouve un fumoir de 12“,70 de long sur 10 mètres de large, et sur le pont-promenade ont été aménagés les salons de lecture et de conversation. Une innovation qui doit être signalée est l’établissement d’un ascenseur réunissant l’étage principal des cabines aux locaux communs du pont supérieur et du pont-promenade. L’idée qui a présidé à la construction du paquebot a été d’assurer la sécurité de sa navigation. Le navire, qui a un double fond cellulaire, est séparé par des cloisons en vingt et un compartiments étanches. Les portes des cloisons sont à manœuvre hydraulique et peuvent être fermées de la passerelle sur un ordre du commandant. Dans chaque compartiment aboutissent des pompes d’épuisement( au nombre de neuf, dont le débit total est ae près de 3000 tonnes à l’heure.
- Voies navigables en France. — En 1904, les voies navigables de France ont présenté le mouvement suivant : rivières et fleuves (7513 km), 14243 701 tonnes; canaux (4851 km), 18195600 tonnes. Ensemble (12364 km), 32439 301 tonnes. En 1903, le trafic avait atteint 33130930 tonnes, ce qui donne pour 1904 une diminution de 2,1 pour 100.
- La neige aux Indes. — Pour la première fois depuis un siècle au moins, la neige est tombée cet hiver dans les basses vallées de l’Hindoustan. Ce phénomène a rempli de terreur les populations hindoues qui voient là le signe précurseur de grandes calamités. La tempête de neige dura toute une après-midi.
- Agriculture. — L’exportation des œufs de Russie, en 1903, a été de 2768 millions (valeur 51 millions de roubles) contre 2290 millions d’œufs (valeur 38 millions de roubles) en 1902. De Riga, seulement, il est sorti 2136 millions d’œufs, tandis que de Saint-Pétersbourg il n’en a été envoyé que 247 millions, moins qu’en 1902 (254,6 millions). Au premier rang des pays de destination vient l’Allemagne avec 1044 millions d’œufs (19,73 millions de roubles), ensuite l’Angleterre avec 811 millions (valeur de 16 375 000 roubles), l’Autriche-IIongrie avec 596 millions (valeur de 9 588 000 roubles). Les meilleures qualités seules entrent en considération pour l’expor-
- -18
- p.69 - vue 501/536
-
-
-
- 70
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- tation et souvent il ne reste pour la consommation intérieure que des marchandises pas très fraîches; les marchés intérieurs se plaignent aussi du prix élevé des œufs qui y parviennent.
- Nécrologie. — On annonce la mort de M. Emile Level, officier de la Légion d’honneur, ancien maire du 17e arrondissement de Paris, conseiller municipal du quartier des Ternes. M. Level était ingénieur, directeur des chemins de fer économiques ; il fut un des promoteurs des chemins de fer à voie étroite.
- Tunnel sous rivière. — Il s’agit d’établir une communication facile entre Hambourg proprement dit et les faubourgs de plus en plus peuplés de la rive sud de l’Elbe. Dans ce but, on projette
- l’établissement d’un passage double pour voitures et piétons, chaque-tube ayant 400 mètres de long pour 4m,8Q de diamètre, et sa partie supérieure étant à 14 mètres au-dessous du niveau moyen des eaux de l’Elbe. Les accès seraient assurés par des ascenseurs.
- Balayage des rues. — Notre confrère Praktische Maschinen Konstrukteur vient de décrire une balayeuse du système Uergmaun, balayeuse automobile et qui est conçue spécialement pour le nettoyage des rues poussiéreuses. La brosse cylindrique de balayage, protégée presque entièrement par une enveloppe en tôle, envoie la poussière dans un conduit où aspire un ventilateur; cette poussière est humectée par des jets d’eau projetés par une pompe centrifuge, et elle se dépose en conséquence.
- 'i-1 ^« . «'il. i
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La jumelle à rallonge se trouve à la Société Mackenstein, 15, rue des Carmes (5e), et le Pocket-Focal chez M. Hanau, 27, boulevard de Strasbourg (10e), à Paris.
- Communications. — M. A. Artus, à Paris, nous écrit à propos de notre article : Les Phyllies ou feuilles errantes, publié dans le n° 1597, du 2 janvier 1904 : « Lors de mon dernier voyage j’en ai rapporté une dizaine de Mahé (îles Seychelles). Ayant manqué de nourriture vers Aden, j’ai eu l’idée de les endormir au chloroforme. Une fois à Paris j’ai ouvert la boîte et les feuilles errantes ont retrouvé la vie. D’Aden à Marseille il y a 11 jours de mer et je suis resté à Marseille environ cinq jours. J’arrive donc à la conclusion qu’il y a moyen d’introduire en France des feuilles errantes. »
- M. P. Vives, lieutenant-colonel, chef du parc aérostatique de Guadalajara, nous envoie une note très intéressante intitulée : Observacïones del éclipsé total de sol de 30 de agosto de 1905 por medio de globos. (Observations, en ballon, de l’cclipse solaire du 30 août 1905.) D’après ce programme provisoire, les observations seront partagées entre des stations de terre, un ballon captif cerf-volant, trois ballons libres montés. Les stations de terre établies au parc d’aérostation militaire de Guadalajara et à Burgos pratiqueront les observations météorologiques ordinaires pendant les jours 29, 30 et 31 août: il sera lancé cinq ballons-sonde. Le ballon captif monté emportera un observateur météorologue et deux officiers aérostiers qui feront les observations voulues de 10 en 10 minutes. Les trois ballons libres emporteront chacun six personnes et pourront atteindre une hauteur de 4000 à 5000 mètres ; le but de l’ascension est de comparer les résultats obtenus à cette hauteur avec ceux du sol.
- La Société française du vacuum cleaner a écrit à propos d’une lettre de MM. laupenot et Cie, insérée en communication dans le n° 1658 du 4 mars 1905, que le procédé de nettoyage par le vide n’a été réalisé pratiquement que depuis l’invention de la machine brevetée Booth. Cette Société, créée spécialement pour l’exploitation dudit brevet, fonctionne depuis le mois de novembre 1902.
- Renseignements. — M. Guignant, à Gerville. — Veuillez vous adresser à l’Automobile-Club de France, 6, place de la Concorde, Paris.
- M. J. P. K., à Hayange. — Veuillez consulter l’ouvrage suivant : Elevage, entretien et engraissement de l’oie, par Saint-Upery, publié à Tarbes, librairie Larrieu, 1901.
- M. le D* Gordebart, à Aubervilliers. — Nous ne compi'enons pas votre question ; l’étain étant un corps simple il ne saurait être question de l’électrolyser, c’est-à-dire de le décomposer.
- M. Sallandrouze, à Aubusson.—Il existe plusieurs procédés
- de forçage de la vigne. Veuillez consulter à ce sujet le Manuel du Vigneron, publié par l’encyclopédie Roret, 12, rue Haute-feuille, à Paris, au chapitre : fumage de la vigne.
- M. Dupuis, à Tarbes. — La locomotive à grande vitesse Thuile qui figurait en 1900 à l’exposition du Creusot a fait l’objet d’un article spécial dans La Nature, n° 1432 du 3 novembre 1900. Nous ignorons ce que cette machine est devenue depuis et à quelle compagnie de chemins de fer elle appartient.
- M. G. L,, à Mulhouse. — L’explication que nous vous avons donnée, du fait que nous voyons les objets droits et non pas renversés comme ils forment leur image sur la rétine, est évidemment hypothétique et rentre dans le domaine de la psychologie et des interprétations plutôt que dans celui de la physiologie et des mesures exactes. C’est cependant l’hypothèse la plus vraisemblable. Voici ce que l’on peut répondre à vos-objections : 1° Chaque nouvel objet se dessine droit et non renversé en raison même de l’éducation qui a eu pour effet de faire passer du conscient dans l’inconscient la phase de la vision renversée : cette inconscience reste acquise à chaque nouvelle expérience visuelle. — 2° La raison qui explique la vision droite chez l’homme est valable pour les animaux. — 5° C’est précisément le tact qui corrige la vue parce que les données du tact sont plus vraies et rectifient les données fausses de la vue. — 4° Les enfants dont nous parlions n’avaient aucune-défectuosité dans les yeux. Il ne faut d’ailleurs pas chercher dans un oigane l’explication de la vision redressée : cet organe n’existe pas, la vision droite est une habitude psychique, acquise par l’expérience quotidienne.
- M. le colonel Frater, à Montpellier. — Le beurre de coco est un beurre que l’on obtient par ébullition dans l’eau des amandes écrasées des noix de coco (fruit du cocotier).
- M. H. Dauglard, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages spéciaux relatifs* aux turbines à gaz ou à pétrole. Tous nos regrets.
- M. Roux, à Marseille. — Nous avons mis à l’étude la question de l’éclairage au luzol et nous publierons prochainement un article à ce sujet si cette invention nous semble intéressante.
- M. Morel, à Boisfort. — Pour M. Tom Tit, veuillez vous-adresser à M. A. Good, 2, rue Renard, à Paris.
- M. Jos Plassard, à Paris. —Pour les résultats de la mission scientifique au Maroc, veuillez consulter les Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, les articles de M. Stanislas Meunier dans la Revue scientifique du 4 et du 11 mars 1905.
- M. le D1 Breton, à Mostaganem. — Pour tout ce qui concerne les canots démontables, veuillez vous adresser àM. Mérel, capitaine-instructeur au 29e régiment d’artillerie, à Toul.
- M. Besnard, à Paris. — Nous ne possédons pas le renseignement que vous nous demandez concernant la maïsine. Tous nos regrets.
- M. Symonet, à Grasse. — Comme traités pratiques et théoriques de photographie, nous vous citerons : La photographie pratique, par L. P. Clerc; L’œil et l’objectif, par A.-L. Donna-dieu; Physique photographique, par le capitaine Froelicher; Traité élémentaire de chimie photographique, par P. Ganichot ; Formulaire photographique, par P. Jouan; Chimie photographique, par Mathet ; Traité élémentaire de photographie, par Ch. Mendel. Tous ces ouvrages se trouvent à la librairie Ch. Mendel, 118, rue d’Assas, à Paris. Vous y trouverez aussi toute une collection de notices sur les différents procédés.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Lacaussade, à Lavelanet. — Veuillez vous adresser à une agence de brevet. — M. Tivoli, à Venise. Nous ne décrivons jamais que des appareils ayant fonctionné et donné des résultats à l’expérience. —M. Louis Dubrulle, à Ax-les Thermes. Veuillez consulter le livre de Recettes et procédés utiles, 5° série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. P. Vives, à Guadalajara; M. Artus, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren- ,
- seignèments qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.70 - vue 502/536
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- AVRIL-MAI-JUIN 1905
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de O à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- Le Seleil est actuellement dans une période d’activité extraordinaire. Une tache énorme a été visible au début de février; c’est la plus grande enregistrée depuis que l’on observe le Soleil avec des instruments d’optique. Il est d’un grand intérêt de dessiner chaque jour les groupes et taches visibles et d’en suivre les transformations. Les lunettes de faibles dimensions et même les bonnes longue-vues sont suffisantes pour cela. Mais avoir soin de toujours les munir d’un verre noir.
- Le solstice d’été arrivera, en 1905, le 22 juin, à 3 heures. A ce moment, le Soleil atteindra sa plus grande déclinaison boréale et recommencera à se rapprocher de l’équateur. Les jours sont alors les plus longs, et en France même, la nuit n'est pas complète. Le crépuscule s’observe très facilement, se déplaçant peu à peu, du coucher au lever du Soleil.
- Il est juste visible au Nord à minuit. L’observation en est aisée dans un lieu découvert, et surtout loin des villes. Cette lueur a même été photographiée, à Paris, du sommet de la tour Eiffel, en 1897.
- Jupiter, dans le Bélier, puis dans le Taureau, sera encore observable, tout à fait dans le crépuscule, au début d’avril. Il sera en conjonction avec le Soleil le 4 mai. Il faudra attendre le mois d’août pour l’observer utilement.
- Saturne, dans le Verseau, pourra être recherché à partir du mois de juin, où il sera à 2° environ de l’étoile <j. La quadrature occidentale avec le Soleil se produira le 24 mai. L’anneau qui entoure la planète se referme peu à peu depuis 1899. Une petite lunette de 40 mm permet déjà de reconnaître ce bizarre appendice. Sur les neuf satellites connus, cinq sont visibles dans une lunette de 108 mm, trois autres avec des instruments supérieurs à 135 mm
- et le neuvième, le dernier - trouvé, a été divisé avec les
- instruments géants-comme ceux des observatoires de Lick et Yerkes.
- Uranus, dans , le Sagittaire, brille comme une petite étoile bleuâtre de 6egrandeur. Avec un fort grossissement, on lui voit un petit disque de 4" de diamètre. L’opposition a lieu le 24 juin. On pourra le trouver facilement à l’aide des positions suivantes :
- DATES
- . { • r . ! .5 1 *Z-. ...... . _ V1 ER G E . j ^
- BAL A, .N C,E‘. 1 •
- \8 ; •Y [L. •>. îrjuln
- 6 '*•'1 r * l'H/Wril 1 - V. . v- ;• -^*T-îo. '''''pVjuillet .
- : \h O , N Lr - * 1 . HYDRE
- II. — PLANETES
- Les deux cartes publiées au précédent Bulletin astronomique1 permettent de suivre la marche
- MARCHE DE LA PLANÈTE MARS SUR LA SPHÈRE CÉLESTE Du 1" AVRIL AU 1« SEPTEMBRE 1903
- ASCENSION DECLINAISON DROITE —
- 18 h. 18 m. —23° 37' 18 h. 18 m. --23° 38'
- __23° 38'
- 18 h. 16 m. —23° 39' 18 h. 15 m. --23° 40' 5 juin. 18 h. 13m. — 23° 40’ 13 — 18 h. 11m. — 23° 41' 23 — 18 b. 10 m. — 23° 42'
- 15 avril.
- 23 -5 mai. 18 h. 17 m 15
- 25 —
- des diverses planètes sur le ciel.
- Neptune, dans les Gémeaux, est inobservable.
- Mercure arrivera le 4 avril à sa plus grande élongation orientale, à 19° V à l’Est du Soleil. On pourra l’observer assez facilement six à sept jours avant et après cette date, le soir, au coucher du Soleil. Il s’en rapprochera ensuite jusqu’au 23 avril pour devenir étoile du matin en mai. Le 21 de ce mois, il atteindra sa plus grande élongation occidentale à 25° 13' du Soleil.
- Mercure brille d’une lueur généralement rougeâtre (due en partie à son voisinage de l’horizon) et d’un éclat de lre à 2e grandeur. Il est souvent visible à l'œil nu au moment de ses élongations.
- Vénus, après avoir illuminé nos soirs depuis le début de l’année, se rapproche du Soleil et sfra en conjonction inferieure avec lui le 27 avril, ayant alors un diamètre apparent de 61",4. Elle sera ensuite étoile du matin et visible dans l’aurore. Entre le moment où la planète est le plus éloignée de nous, et celui où elle ejn est le plus rapprochée (et tourne vers nous son hémisphère non éclairé), elle atteint un éclat maximum. Ce fait arrivera le 27 mai. Il serait utile de vérifier ce maximum d’éclat par des expériences pmotoméiriques.
- Vénus est souvent visible en plein jour à l’œil nu et mieux avec une jumelle. On pourra rechercher, à l’aide d’un instrument monté équatorialement, à voir Vénus au moment de sa conjonction inférieure. Comme elle ne passe pas exactement entre le Soleil et la Terre, elle présente encore une'légère phase et parfois même on a pu voir la planète entière entourée d’une auréole lumineuse produite par la réfraction des rayons solaires dans son atmosphère.
- Mars, dans la Balance, passe en opposition, le 8 mai, à la distance de 80 millions de kilomètres de la Terre. Son diamètre sera alors de 17",4. Ce monde voisin est, après la Lune, celui que nous connaissons le mieux. Dans les petits instruments, on distingue les configurations principales et la tache polaire. Cette tache est constituée par une neige très blanche (est-ce delà neige d’eau?) qui fond peu à peu au fur et à mesure que la saison martienne s’avance et que les rayons solaires ont agi plus longtemps. Parfois, la calotte polaire disparaît presque complètement.
- Mars semble présenter un grand nombre de lignes très fines que l’ou a nommées canaux. On en aurait vu avec des lunettes de 108 mm, mais une lunette de 0m, 19 et même 0m,24 est nécessaire pour faire des observations utiles.
- Le 8 mai, jour de l’opposition, le Soleil, la Terre et Mars seront exactement en ligne droite. Aussi un observateur placé sur Mars et regardant le Soleil pourrait voir un petit point noir traverser le disque de l’astre du jour. Ce point noir sera la Terre, notre propre planète.
- Petites planètes. — Vesta et Fallas respectivimeul des grandeurs 6,5 et 9,5 environ, pcuiront être recherchées aux positions ei-apres :
- TAIES CRANDH R AS1ESMON DROITE TFCLlNAISOiT
- 11 avril . . . 6,3 12 1). 16 m. -H 11° 47'
- 23 — . . . 6,4 12 h. 7 m. -4- 12° 7'
- 5 mai . . . 6,5 12 h. 3 m. -s- 11° 49'
- 17 — . . . . 6,6 12 h. 2 m. 10° 57'
- 29 — . . . 6,8 12 h. 6 ni. ^ 9° 39'
- 10 juin . . . 6,9 12 h. 13 ni. -4- 7° 59'
- 22 — • ?,1 12 h. 24 m. 4— 6° 3'
- 5 mai . . . 9.8 20 h. 48 m. -+-13° 24'
- 17 — . . . 9,7 20 h. 52 in. + 14° 46'
- 29 — . . . 9,6 2(i h. 54 m. 4-15° 58'
- 10 juin . . . . 9,5 20 h. 53 m. -4-16° 57'
- 22 — . . . . 9,4 20 h. 49 ni. -h 17° 54'
- La petite planèle Éros pourra être recherchée à l’aide d'un équatorial. On sait que cette planète peut s’approcher de la Teire plus que tout auire, plus que Mars et Vénus. Sa prochaine opposition sera défavorable, coïncidant presque avec son aphélie. L’éclat, sera très faible, toujours inférieur à la douzième grandeur.
- DATES GBANDF.IR ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- 14 avi il . . . . 13,6 20 h. 43 ni. — 24° 6'
- 4 mai .... 13,4 21 h. 15 m. — 21“ 8'
- 24 — ... . 13,1 21 h. 58 m. — 19° 0'
- 3 juin .... 12.9 21 li. 45 ni. — 17° 7’
- 13 — . 12,8 21 li. 48 m. — 16° 6'
- 23 — . 12,6 21 h. 47 m. — 15° T
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Conjonctions. — Le 18 avril, à 3 heures, Vénus en conjonction avec Jupiter à 8°1' Nord. Le 27 avril, à 10 heures, Vénus en conjonction inférieure avec le Soleil. Le 4 mai, Jupiter en conjonction avec lé Soleil, à 6 heures, le 17 mai, à 22 heures, Mars en conjonction avec la Lune, à 5° 10' Sud. Le 30 mai, à 20 heures Vénus en conjonction avec la Lune, à 2° 55' Nord. Le 13 juin, à
- 21 heures, Mars en conjonction avec la Lune, à 6° 14' Sud. Le
- 22 juin, à 10 heures, Saturne en conjonction avec la Lune, à 1°29' Sud. Le 24 juin, à 10 heures, Mercure en conjonction supérieure avec le Soleil. Le 28 juin, à 20 heures, Vénus en conjonction avec la Lune, à. 1°45' Nord. Le 30 juin, à 9 heures, Neptune en conjonction avec le Soleil.
- 1 Voy. n° 1649, du 31 décembre 1904.
- Occultations d’étoiles. — Voici la liste des occultations
- p.71 - vue 503/536
-
-
-
- 72
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- d’étoiles par la Lune, visibles à Paris pendant le second trimestre de 1905.
- Avril 10. — Occultation de 130 Taureau (gr. 5,7), de 21 h. 13 m. à 22 h. 0 m. Avril 15 — Appulse de 28$8 B.A.C. (gr. 6,5), à 23 h. 12 m. à une distance inférieure à 6". C’est-à-dire que la Lune frôlera cette étoile.
- Avril 15. — Occultation de 44 Lion (gr. 5,8), de 20 h. 16 m. à 21 h. 30 m. Avril 17. — Occultation de 89 Lion (gr. 6,0), de 2 h. 47 m. à 3 h. 42 m. — Occultation de r( Vierge (gr. 4,0), de 20 h. 31 m. à 21 li. 23 m.
- Mai 6. — Occultation d’Aldébaran (gr. 1,0), de 17 h. 41 m. à 18 h. 45 m. Mai 12. — Occultation de A Lion (gr. 4,5), de 21 h. 2 m. à 22 h. 8 m.
- Mai 13. — Occultation de c Lion (gr. 5,3), de 19 h. 42 m. à 20 h. 48 m.
- Mai 15-16. — Occultation do k Vierge (gr. 5,9), de 23 h. 44 m. à 0 h. 40 m. Mai 19. Occultation de 49 Balance (gr. 5,6), de 2 li. 6 m. à 3 h. 14 m.
- Mai 28. — Occultation de 29 Poissons (gr. 5,0), de 1 h. 48 m. à 2 h. 39 m.
- Juin 12. — Occultation de V Vierge (gr. 6,7), de 20 h. 12 m. à 20 h. 54 m.
- — Occultation de Z* Vierge (gr. 5,1), de 20 h. 35 m. à 21 h. 40 m.
- Juin 20. — Occultation de 29 Capricorne (gr. 5,7), de 21 h. 58 m. à 23 h. 0 m.
- Juin 26. — Occultation de f Poissons (gr. 5,6), de 2 h. 21 m. à 3 h. 0 m. Juin 30. — Occultation de 0* Taureau (gr. 3,8), de 2 h. 15 m. à 3 b. 7 m. — Occultation de 0* Taureau (gr. 4,0), de 2 h. 18 m. à 3 h. 3 m. — Occultation de 81 Taureau (gr. 5, 7), de 3 h. 19 m. à 3 h. 32 m. — Occultation d’Aldébaran (gr. 1,0), de 6 h. 5 m. à 6 h. 35 m.
- Étoiles filantes. — Le 12 avril, chute fréquente de bolides. Du 20 au 50 avril, averse des Lyrides. Ces étoiles fdantes proviennent d'un radiant situé près de l’étoile 104 Hercule.
- Le 7 juin, il se produit des chutes assez fréquentes de bolides.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol J3 (Per-sée) :
- Avril 7 (2 h. 25 m.) ; 9 (23 h. 14 m.) ; 12 (20 h. 5 m.) ; 30 (0 h. 57 m.). — Mai2 (21 h. 46 m.); 20 (2 h. 40m.) ; 22 (23 h. 29 m.). — Juin 12 (1 h. 11 m ); 14 (22 h. 0 m.). Ex. TOUCHET.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30K — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9>> ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 mars . . . 2°,9 E. S. E. 1. Peu nuageux. ï) Petit brouillard ; gelée bl. ; peu nuag. ; parhélie à 16 h.
- Mardi 21 7®,1 S. S. W. 0. Éclaircies. 1,0 Rosée ; très nuageux; pluie de 10 h. 30 à 11 h. 10 et de 22 h. 30 à 23 h. 30.
- Mercredi 22 7®,0 S E. 1. Nuageux. 0,0 Nuag. ; halo; gouttes à 20 h. 35.
- Jeudi 23 8®,1 Calme. Nuageux. » Rosée ; nuageux.
- Vendredi 24 6®,1 S. W. 1. Éclaircies. 5,7 Nuag. ; pluie de 2 h. à 3 h. et de 5 h. 50 à 6 h. 10.
- Samedi 25 5®,1 Calme. Peu nuageux. 0,9 Gelée bl. ; nuag. jusqu’à 14 h. ; couv. ensuite ; pluie à partir de 20 h. 30.
- Dimanche 26. ... • 7»,1 W. 2. Très nuageux. 1,0 Pluie cesse à 1 h. 15; peu nuag. ; halo à 13 h.
- MARS 1905. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 MARS 1905
- Lundi | Mardi | Mercredi ( Jeudi | Vendredi | Samedi ( Dimanche (
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent .* courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abr* à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à borde mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,e temps. — 11 semble que le printemps ait réellement fait son apparition le 21 mars ; la semaine du 20 au 26 mars n’a pas eu trop à souffrir des mauvais temps. Le 20 mars on a constaté des baisses barométriques de 9 mm en Irlande, de 8 mm en Bretagne et de 8 mm en Gascogne. Un vent modéré de l’Est a soufflé sur la Manche et sur la Provence ; un vent plus fort a eu lieu sur l’Océan. On n’a pas signalé de pluie en France. Le malin, la température s’était abaissée ; on a noté 0°, à Clermont, 3® à Paris, 7® à Toulouse. Le matin, aux environs de Paris, il y a eu de la gelée blanche. La température moyenne à Paris a été de 8°,8 avec un maximum de 12’,2 à 4b 45* du soir à la tour Eiffel. Le 21 mars, des pluies sont tombées dans le Nord de l’Allemagne et de la Russie ; en France, on a recueilli 4 mm d’eau à Nantes, 0 mm au Havre, il y a eu des orages à Rochefort et à Bordeaux, et quelques ondées à Paris. La température, le matin, était 7° à Paris, 10® à Clermont, 2® au Puy de Dôme, — 9® au Pic du Midi. Le 22 mars, de basses pressions barométriques ont persisté sur l’Ouest de l’Europe. Il est tombé 22 mm d’eau à Clermont, 20 mm au Puy de Dôme, 16 mm à Perpignan, 8 mm à Rochefort, 7 mm à Nice, 1 mm à Paris. La température était le matin 7° à Paris, 8’ à Toulouse, —8° au Pic du Midi, —11® au mont Ven-toux. Le 23 mars, quelques dépressions barométriques ont eu lieu sur les lies Britanniques. Il a plu à Toulon (22 mm), à Clermont (5 mm), à Brest
- (5 mm), et à Perpignan (1 mm). La température a été assez élevée; le thermomètre marquait le matin 6® à Clermont, 8® à Paris, 8® à Toulouse. Aux environs de Paris le ciel élait nuageux et quelques stations signalaient du brouillard. Le 24 mars, une zone de basses pressions s’étendait du Nord-Ouest de l’Europe à la Méditerranée ; il a soufflé un vent fort du Nord-Ouest sur le Cotentin, et modéré sur nos côtes de l’Océan. Il est tombé 8 mm d’eau à Cherbourg, 5 mm à Paris, 4 mm à Biarritz, 3 mm à Nantes, 2 mm à Lyon. La température était, le matin, 6° à Paris, 6® à Clermont, —3° au Puy de Dôme, 2® au mont Aigoual, 8® au Pic du Midi. La température moyenne de la journée à Paris a été de 7®,9 ; on a constaté à la tour Eiffel un maximum de 10°,3 à 3h 45“ du soir. Le 25 mars, il y a eu de nouvelles baisses barométriques sur les Iles-Britanniques. On a recueilli 10 mm d’eau à Besançon, 1 mm à Toulouse ; on a signalé un orage à Lyon. La température s’es*t notablement abaissée dans toutes les régions de France, excepté en Bretagne ; on a noté 3° à Paris, 5° à Clermont, 5° à Toulouse, — 4® au Puy de Dôme, — 5° au mont Ventoux et au Pic du Midi, —9° au mont Mou-nier. Dans la banlieue de Paris, le matin, on a relevé partout des températures inférieures à 0° et de la gelée blanche. Le 26 mars, la pression barométrique a été élevée dans le Sud-Ouest, 768 mm à Biarritz. II a plu à Brest (4 mm), à Biarritz (4 mm), à Paris (2 mm), à Dunkerque (2 mm), a Besançon (1 mm). La température était, le matin, 7® à Paris, 8° à Lyon, 12° à Perpignan, 1° au mont Aigoual, — 2® au puy de Dôme, — 4® au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE ; P. L. le 21 à 5 h. 5 m. du matin.
- p.72 - vue 504/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Toul ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Gu,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1663 (8 avril 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Astronomie. — Le commencement d’avril est l’époque la plus favorable de l’année pour la visibilité de la planète Mercure, clans le ciel du couchant. La plus grande élongation de cet astre intéressant a eu lieu le 4 avril : il était alors distant du Soleil de 19° V à l’Est, et se couchait lh54m après lui, soit à 8h28m du soir. Dès la fin du mois de mars, on a donc pu voir Mercure étincelant dans la lueur crépusculaire ; sa période de bonne visibilité s’étendra jusqu’aux environs du 10 avril.
- La grande tache solaire. — M. l'abbé Moreux, de l’observatoire de Bourges, signale la réapparition de la grande tache solaire de février qui revient pour la troisième fois. A sa seconde apparition, la tache ne mesurait plus que 130000 kilomètres; le 25 mars, elle était très diminuée et ne pouvait plus être distinguée à l’œil nu. On a pu l’observer avec une simple lunette munie d’un verre noir jusqu’au 6 avril. Au cas où ce serait son dernier retour, elle aurait duré 70 jours au minimum. Une persistance aussi longue est assez rare ; on cite cependant des taches ayant duré 75 jours et plus. A sa seconde apparition, la tache actuelle avait donné lieu à d’importantes déviations magnétiques en raison de la grande surface troublée. Les observations ont montré que la perturbation provenant de la tache s’étendait très haut dans l’atmosphère du Soleil. Les récentes études de M. l’abbé Moreux sur le Soleil, à propos de la grande tache actuelle, présentées récemment à l’Académie des sciences, ont confirmé ses théories et lui ont permis de montrer que les taches solaires sont bien des régions surchauffées et anticycloniques, c’est-à-dire des centres de forte pression.
- Match Oxford-Cambridge. — Le match Oxford-Cambridge a eu lieu sur la Tamise, le 1er avril. Il s’est terminé par la victoire de l’équipe d’Oxford par trois longueurs. La brise était légère et le temps splendide. Oxford avait gagné la première course en 1829. Six victoires de Cambridge suivirent. De 1861 à 1869 Oxford reprit l’avantage et, à nouveau, Cambridge connut cinq années de succès. En 1877 eut lieu le premier dead heat, 1880-1884 : Oxford; 1885-1888 : Cambridge. De 1889 à 1898 Oxford eut une série ininterrompue de triomphes. Depuis 1899, Cambridge n’a été battu qu’une seule fois (en 1901). Les frais de ce match sont considérables, environ 50 000 francs, uniquement supportés par les universités.
- Expérience d’aéroplane. — M. Ernest Archdeacon, membre de l’Aéro-Club, a expérimenté récemment, au champ de manœuvres d’Issy-les-Moulineaux, un aéroplane de 7 mètres de longueur, constitué par deux plans superposés, avec un stabilisateur à l’ayant et un gouvernail formant queue à l’arrière. L’expérimentateur était remplacé par un sac de lest de 60 kilogrammes. Pour lancer l’appareil, M. Archdeacon avait imaginé le dispositif suivant : l’aéroplane, pourvu de deux patins qui lui permettaient de glisser sur des rails convenablement graissés et disposés de façon à lui imprimer une bonne direction, fut relié à une automobile par un câble de “25 mètres- Lorsque l’automobile se mit en marche, l’aéroplane s éleva. On coupa le câble quand l’appareil eut atteint une trentaine de mètres de hauteur. Mais alors un des panneaux du gouvernail se détacha à l’arrière et le planeur, déséquilibré, oscilla; après avoir décrit quelques cercles clans l’espace, il vint s’abattre sur le sol.
- La traversée des Pyrénées en ballon. — M. Duro, aéro-naute espagnol, projette de traverser les Pyrénées en ballon. Comme entraînement, il partira d’abord de Biarritz dans un petit ballon de 450 mètres cubes pour Saint-Sébastien, il répétera ensuite l'ascension de Bayonne; enfin, avec un ballon de 1000 mètres cubes, il passera les Pyrénées, soit de Perpignan, soit de Pau, à un point où la montagne dépasse 3000 mètres de hauteur. A cause de ses vents régnants, le passage d’Espagne en France présenterait moins de chance de réussite.
- Aéronautique. — Le Comité de l’Aéronautique-Club de France, 58, rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris, vient de décider d’organiser de grands concours de matériel aéronautique. Le premier aura lieu en 1906, il concernera les soupapes supérieures et inférieures des ballons libres. Les concours suivants porteront sur l’enveloppe du ballon et sa construction, le filet, la nacelle, les engins d’arrêt, etc. Des prix en argent et des médailles seront attribués aux lauréats. A la suite du concours actuel de photographie aérienne, il sera ouvert un concours d’appareils et de dispositifs propres à prendre des photographies en hallon. Les règlements de ces concours paraîtront en temps utile dans la revue L Aéronautique.
- Maisons à bon marché. — L’exposition publique des projets des concurrents pour la fondation Rothschild [création de maisons à bon marché) a eu lieu, du lundi 3 avril au samedi 8 avril, à l’Hôtel de Ville, salle des Prévôts, où les projets ont été déposés par les concurrents dans la journée du vendredi 31 mars. Le jury appelé à jusrer les projets est ainsi composé : MM. Emile Cheysson, Gaston Griolet, Georges Picot, Robert de Rothschild et Jules Siegfried, membres du comité de direction de la fondation; M. Schneider, secrétaire général de la fondation; MM. H.-P. Nénot, Louis Bonnier, Paul Wallon et Georges Roussi, architectes. Ce jury sera complété par l’adjonction de deux architectes élus par les concur-renls.
- Pour les philatélistes. — Sur la proposition du sous-secrétaire d’Etat des postes, M. Duhief, ministre du Commerce, vient de décider que les chitfres-taxes de toutes les catégories seront mis en vente au prix nominal au guichet de la recette principale des postes et des télégraphes de la Seine. L’adoption de cette mesure permettra à tous les collectionneurs de se procurer à leur prix de vente réel les chiffres-taxes neufs et donnera satisfaction à un désir maintes fois exprimé par le public philatéliste.
- Logements ouvriers. — Le Conseil municipal de Gênes a voté la consirution et l’exploitation par la municipalité d’un hôtel populaire, disposant de 552 lits, d’un prix variant de 25 à 35 centimes la nuit, 108 bains pour hommes et 24 pour femmes. Le budget affecté est de 895 000 francs.
- Manutention des rails. — On commence à employer, sur les voies américaines, pour le déchargement et la pose des rails, des appareils pneumatiques qui reçoivent la force motrice d’une pompe à air installée sur la machine du train de matériel. L’air actionne deux grues qu’on monte facilement aux extrémités du wagon portant les rails, et qui saisissent ceux-ci par des pinces à crochets.
- Constructions en béton. —On vient de terminer, à l’entrée de San Francisco, un important massif en béton armé, fondé sur une roche, et qui supporte un phare métallique, ancré du reste par sa base dans le massif. Celui-ci a été coulé, sur le rocher arasé convenablement, dans un moule fait d’anneaux télescopiques en tôle d’acier; il comporte dans sa masse une sorte de paroi faite de métal déployé et concentrique à la tôle extérieure, avec laquelle elle est solidarisée par des boulons traversant une partie du massif.
- Horlogerie. — Le fils de lord Rayleigh, Richard Strutt, aurait inventé une horloge susceptible de marcher 2000 ans (!) La puissance motrice est fournie par une petite feuille d’or électrisée par une faible quantité d’un sel de radium. Sous l’influence de cette charge, elle se courbe jusqu’à venir toucher un contact qui lui fait perdre sa charge : alors elle revient sur elle-même pour se faire électriser de nouveau, et ainsi de suite.
- Marine militaire américaine. — Les États-Unis viennent de soumettre à des essais un nouveau croiseur, le Pennsylvania, qui a donné les meilleurs résultats. Il a marché à une allure de 22,43 nœuds avec une puissance indiquée de 28 000 chevaux.
- . Détail intéressant : les appareils évaporatoircs sont du système français Niclausse. La consommation de charbon est de 977 grammes par cheval-heure.
- 19
- p.73 - vue 505/536
-
-
-
- n
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les appareils à chauffage et régulation électriques se trouvent chez M. S. Maury, constructeur-électricien, à Lyon, 7, quai Claude-Bernard, Paris.
- Communications. — M. Paolo Orlando, ingénieur h Rome, nous écrit à propos de la chronique Rome port de mer, parue dans le n° 1660 du 10 mars 1905, que l’idée de la transformation maritime de Rome ne fut pas seulement émise par le comte de Tournon ; elle était déjà très ancienne et fut aussi appréciée par Bonaparte. Le grand mérite du comte fut d’étudier la vie économique de Rome au commencement du xixe siècle, et de décrire le Tibre, au point de vue de la navigation.
- M. Ducoux, de Cayenne, nous fait part de quelques expériences qu’il a effectuées sur les urubus, petits vautours abondants dans toute l’Amérique du Sud, où ils vivent familièrement dans les rues. Ces expériences montrent que l’odorat ne joue chez ces animaux aucun rôle dans la recherche de la nourriture ; le rôle capital est tout entier dévolu à la vue.
- Renseignements. — M. Louis du Réau, à Poitiers. — 1° Votre lampe électrique est vraisemblablement placée sur un courant alternatif. — 2° Nous ne voyons aucun remède à apporter au bruit, à moins de modifier la nature du courant.
- M. R. P. P., à Bordeaux. —Il faut attendre qu’il ait été fait des expériences sérieuses avant de pouvoir juger les résultats obtenus avec la lampe Tantale.
- M. Roche, à Paris. — Pour le cat-fish, veuillez vous adresser à M. Vaillant, professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- M. B., à la Seyne. — Pour prendre un brevet, il faut déposer au bureau des brevets d’invention de la préfecture de la Seine ou au sécrétariat de préfecture du département : 1° le récépissé de versement de la première annuité; 2° une lettre au ministre du commerce, réclamant la délivrance du brevet; 3° un mémoire descriptif original et un duplicata de ce mémoire; 4° les dessins nécessaires (originaux et duplicata) ; 5° un bordereau des pièces déposées. Vous trouverez tous les renseignements nécessaires aux bureaux indiqués ci-dessus.
- il/. T. Barthélemy, à Paris. — Nous ne possédons pas de renseignements concernant le prix du kapok. Tous nos regrets.
- M. Baurain, à Nancy. — 1° Nous ne savons pas à quelle trousse vous faites allusion. — 2° Veuillez consulter le Traité de physique élémentaire de E. Fernet, à la librairie Masson et C'% 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Drouet, à Mont Saint-Aignan. — 1° Veuillez vous adresser à la revue La Construction moderne, 13, rue Bonaparte, à Paris, ou consulter un architecte. — 2° Nous ne possédons pas de renseignements à ce sujet. Tous nos regrets. — 3° Poulies chaux et ciments, adressez-vous à la Portland Cernent fabrik, à Rüdersdorf (Allemagne), ou à l’Union des chaux et ciments, à Saint-Aubin-d’Aubigné (Ille-et-Vilaine).
- M. G. Untrau, à Paris. — Pour tout ce qui concerne le treuil automobile de M. André Castelin décrit dans le n° 1645 du 3 décembre 1904, veuillez vous adresser à M. Max deNan-souty, 67, avenue Flachat, à Asnières.
- M. Le Provost de Launay, à Paris. — Pour nettoyer les parchemins de l’encre qui les couvre, faites un mélange en parties égales d’acide oxalique et d’acide tartrique en poudre ; au moment d’attaquer l’encre, dissolvez une pincée du mélange dans de l’eau. Cette solution est vénéneuse, et demande qu’on prenne des précautions.
- M. W. R., à Giromagny. — 1° Pour le procédé de M. Jardin relatif au blanchiment des toiles, reportez-vous aux Comptes rendus hebdomadaires des séances de VAcadémie des sciences ' (séance du 30 janvier 1905) où le travail de M. Jardin figure sous le titre : Action de T acide azotique dilué sur les fibres végétales; les comptes rendus se trouvent à la librairie Gautier-Villars, 55, quai des Grands Augustins, à Paris. — 2° Pour l’adresse deM. Jardin, adressez-vous au Secrétariat de l’Académie des sciences, à Paris.
- M. O. N., à Constantinople. — Pour tout ce qui concerne les travaux de M. Jousset, veuillez vous adresser chez M. Grüs, éditeur de musique, place Saint-Augustin, à Paris ou chez M. Josset, 12, rue Léonie Reynaud, à Paris.
- M. C. Grellet, à Kouba. — Le pagoscope se trouve chez M. Bernel Bourette, 56, rue de Poitou, à Paris, et chez tous-les opticiens et marchands d’instruments pour le jardinage et l’horticulture, ainsi que nous l’avons indiqué en tète de la Boîte aux lettres du n° 1654 (4 février 1905),
- M. Le Guisynel, à Quimper. — Voici quelques adresses de fabricants de moteurs à pétrole : MM. Charon, 40, rue Laffitte; Otto, 155, rue Croix-Nivert ; Nouvelet et Lacombe, 111, quai d’Asnières; Tangye, 54, boulevard du Temple, à Paris.
- M. P. H., a Paris. — Pour des tours d’amateur d’occasion, adressez-vous à des-fabricants de tours, comme MM. Bariquand et Marre, 127, rue Oberkampf; Ernault, 169, rue d’AIésia; Peugeot frères, 2, rue Béranger; Tiersot, 16, rue des Gra-villiers, à Paris.
- M. le Dr Regard, à Valence. — Pour l’asphalline adressez-vous à MM. Bourgeois aîné, 18, rue Croix-des-Petits-Champs ; Goussard, 58, rue de la République ; Compagnie générale des couleurs et vernis, 15, rue de Paris, marchands de couleurs, à Paris.
- M. le Dr Bonmann, à Amsterdam. — Pour le eyanamide de calcium, adressez-vous à MM. Linet et Cie, 7, boulevard Magenta; Hébré, Giraud et Davène, 27, rue des Pyramides; Ruch, 63, rue des Archives, à Paris, et autres fabricants de produits chimiques ou pharmaceutiques.
- M. P. Lambert, à Bruxelles. — En laissant la lame de zinc baissée, vous obtiendrez une production continue d’électricité, mais naturellement au prix d’une usure continue des éléments.
- M, J. Fabre, à Oloron-Sainte-Marie. — Il est absolument impossible de répondre a priori à votre demande. Seule, l’expérimentation pourra vous renseigner sur l’utilisation de vos déchets de cuir.
- M. Tisserand, à Paris. — Il est certain que la sirène pourrait, avec des signaux conventionnels, indiquer la direction d’un navire à un autre ; mais il est nécessaire que les signaux soient entendus et c’est ce qui n’arrive pas le plus souvent.
- ’M. Robert, à La Bastide. — Pour le persulfate d’ammoniaque, adressez-vous à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, ou Lumière, 35, rue de Rome, à Paris.
- M. Julien Chometon, à Saint-Etienne. — Veuillez consulter l’ouvrage La bobine d’induction, par II. Armagnat, à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris, traité théorique et pratique, contenant en outre une bibliographie importante des travaux originaux.
- M. P. Muller, à Urmatt. — Pour les maladies de la peau et du cuir chevelu, veuillez consulter MM. Chamoin, 71, rue de Monceau; Besnier, 59, boulevard Malesherbes; Fournier, 11, rue de Lisbonne; Hallopeau, 91, boulevard Malesherbes; Jacquet, 52, rue du Général-Foy, à Paris.
- M. P. Vildieu, à Paris. — Pour les moteurs à pétrole, veuillez vous adresser à MM. Tangye, 54, boulevard du Temple; Otto, 155, rue Croix-Nivert; Charon, 40, rue Laffitte; Nouvelet et Lacombe, 111, quai d’Asnières.
- M. Henri Hirsch, à Caen. — Veuillez consulter Y Annuaire astronomique et météorologique pour 1905, par Camille Flammarion, à la librairie Ernest Flammarion, 26, rue Racine, à Paris.
- M. Ch. Barbés, à Grenoble. — Pour l’anatomie et les mœurs des fourmis, veuillez consulter les différents travaux de M. Ch. Janet, notamment la Monographie de la fourmi, dans l’ouvrage Zoologie descriptive, tome II, à la librairie O. Doin,
- 8, place de l’Odéon, Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Julien Sorel, à Tarbes. Veuillez consulter le livre de Recettes et procédés utiles,
- 2e et 4e séries, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, — M. le Dr Minoret, à Nemours. Veuillez consulter le même ouvrage, 2e série. —MM. Poolo Orlando, à Rome; Ducoux, à Cayenne; Joubert, à Cbampignolles. Remerciements pour vos intéressantes communications.
- Bans la • Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — H n’est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.74 - vue 506/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 75
- PETITES INTENTIONS1
- Allumoir de poche. — Les constructeurs de la lampe Dix mille éclairs, dont nous avons déjà signalé les ingénieuses inventions, basées sur la petite pile sèche de poche, viennent de créer un allumoir qu’ils ont nommé Y électric-flamme, qui répond à un besoin. Ln effet la lampe électrique d’une part, l’allume-cigare à mèche, d’autre part, ne donnent pas une llamme qui permette, par exemple, d’allumer un bec de gaz, une bougie, ou un foyer de chaleur quelconque, et c’est ce qu’on
- « L'électi'ie-flamme », allumoir électrique de poche.
- peut faire avec le nouveau modèle. 11 se compose d’une pile et d’une lampe à essence, le tout renfermé dans un étui n’ayant que 2 centimètres d’épaisseur et 8 centimètres de haut. En tirant sur un bouton on établit le courant et on approche en même temps un fil de platine de la mèche qui s’allume aussitôt; en lâchant Je bouton le plartine s’éloigne de la flamme qui peut rester allumée aussi longtemps qu’on en a besoin. Dans un milieu calme ce petit système est plus commode que celui à amadou pour allumer cigare et cigarette, l’autre étant plutôt réservé pour l’extérieur ; il peut en outre servir à allumer d’autres foyers d’éclairage ou de chaleur. — Cet allumoir se trouve chez MM. Henry et Lenud, 51, rue de Turenne, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- La Science géologique, ses méthodes, ses résultats, ses problèmes, son histoire, par L. de Launay, ingénieur en chef des Mines, professeur à l’Ecole supérieure des Mines. 1 vol. in-8° raisin de 752 pages, avec 53 figures dans le texte et 5 planches hors texte en couleur. Paris, 1905. A. Colin, éditeur. Prix : broché, 20 francs.
- Ce livre a pour but de présenter en un corps de doctrine et, si l’on veut, de vulgariser le rôle, le but et la méthode de la Science géologique, c’est-à-dire de fournir à tous ceux qui s’occupent de sciences ou de philosophie les données les plus indispensables et les plus modernes sur un ordre de recherches si important et qui touche à de si essentiels, à de si multiples problèmes. Il est écrit en évitant les ncms barbares, de manière à faire connaître et apprécier par tous ce que cherchent et ce qu’on découvert jusqu’ici les géologues.
- Le modelé des sables littoraux, par J, Girard. Paris, 1905 Leroux, in-8°, 130 pages et gravures.
- Suite de 1’ « Evolution comparée des sables », du même auteur. Instructives observations sur la formation, les déplacements, la morphologie des plages, cordons littoraux et dunes.
- La construction des cadrans solaires, par Abel Souchon, membre adjoint du bureau des longitudes. Paris, 1905. Gauthier-Villars, éditeur. 1 vol. grand in-8°. Prix : 2fr,75.
- Cours de Chimie à Vusage des étudiants du P. C. N., par R. de Forcrand. Paris, 1905. Gauthiers-Villars, éditeur. Deux volumes in-8°. Prix : 5 francs le volume.
- ' La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Radioactivité, par le Dr J. Daniel, ingénieur des Arts et Manufactures. Pans, 1905. Vre Ch. Dunod, éditeur. 1 vol. in-8® de 120 pages, 40 figures. Prix : 5fr,50.
- Mathématiques, par Georges Dariès, ingénieur de la ville de Paris, licencié ès sciences mathématiques, 2e édition. Paris, 1905. V” Ch. Dunod, éditeur. 1 vol. grand in-16. Prix ; 12 francs,
- Fouilles et fondations, par P. Frich, ingénieur des constructions civiles. Paris, 1905, YTe Ch. Dunod, éditeur. 1 vol. grand in-16. Prix : 12 francs,
- Les arrêtés municipaux et les lois sanitaires des 15 et 19 février 1092 et du 7 avril 1903, par Lucien Graux. Paris, 1905. J. Rousset, éditeur. 1 vol, in-8° de 18 pages. Prix : 1 franc.
- En Asie centrale. Turkestan-Thibet-Cachemir (1903), par le capitaine Anginieur. Paris, 1904, E. Leroux, éditeur. 1 vol. broché in-16. Prix : 2fr,50.
- Le procédé à la gomme bichromatée, par A. Maskell et R. Demachay. Paris, 1905. Gauthier-Villars, éditeur. 1 vol. in-16. Prix : 2 francs.
- Les grandes cultures du monde, par le Dr J. E. Van Someiun Brand. Paris, 1905. E. Flammarion, éditeur. Seconde livraison. Prix : 75 centimes.
- Guide pratique pour la conduite et l’entretien des automobiles à pétrole et électriques, par Felicien Michotte. Paris, 1905. E. Bernard, éditeur. 1 vol. in-12. Prix : 3fr,50.
- Les perfectionnements automobiles en 1905, par le C,e Mor-timer-Mégret. Paris, 1905. H. Desforges, éditeur. 1 vol. Prix : 8fr,50.
- Annales de l’Observatoire météorologique et magnétique de l’Université impériale à Odessa 1901-1903. 8e-l0e année. 1 vol. in-8°.
- Manuel pratique de l’éclairage au gaz acétylène, par R. Bobine, ingénieur-chimiste. 1 vol. in-8°. Ch. Béranger, à Paris, éditeur. 1905. Prix : 10 francs.
- Observations sur les fourmis, par Charles Janet. 1 brochure in-8°, 1904. Limoges, Ducourtieux et Goût, imprimeurs.
- Gouvernement général de l’Algérie. Commission d’études forestières. Compte rendu des séances et rapport de la Commission. 1 brochure in-4°. Alger, Imprimerie typographique et papeterie J. Torrent, 57, rue d’Isly. 1904.
- La vie des animaux illustrée. I. Perroquets, par J. Salmon. 1 brochure in-4°. Librairie J.-B, Baillière et fils, Paris. Prix : 2 francs,
- Les nerfs du cœur. Anatomie et physiologie, par E. de Cyon. 1 vol. in-8°. Paris. Félix Alcan, éditeur. 1905, Prix ; 6 francs.
- Manuel de l’ouvrier mécanicien. 8e partie. Hydratdique. Roues. Turbines. Pompes, par Georges Franche, ingénieur* mécanicien. 1 vol. in-16, Paris, librairie Bernard Tignol.. Prix : 2 francs.
- La lutte contre le feu, par Harry d’Estelles, expert chimiste. 1 brochure in-16. Privas, Imprimerie J.-J, Roux, éditeur, 1904. Prix ; 0fr,50.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1905, par Camille Flammarion. 1 vol. in-16. Librairie Ernest Flammarion, éditeur. Paris. Prix : ltr,50.
- Fabricant de bougies stéariques et de bougies de paraffine, par F. Malepeyre. Nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée; par Georges Petit, ingénieur civil. 2 vol. de l’Encyclopédie Roret. L. Mulo, libraire-éditeur, 12, rue Haute-feuille. Paris. Prix : 8 francs,
- L’Univers, la Terre et l’Homme, d’après les lois de la nature, par Jean.-S. Barès. 1 brochure in-16. Paris, aux bureaux du « Réformiste », 18, rue du Mail. Prix ; lfr,50.
- Les procédés au collodion humide, par II. Calmels et L.-P. Clerc. 1 brochure in-8°. Aux bureaux du journal « Le Procédé ». Paiis. Prix: lfr,50.
- Climatologie, hydrologie. Élude de M. Wilhelm, ingénieur des ponts et chaussées, à Gap. Extrait des comptes rendus des travaux du Congrès de la houille blanche, Grenoble, Annecy, Chamonix. Syndicat des propriétaires et des industriels possédant ou exploitant des forces motrices hydrauliques, 2, place du Lycée, Grenoble,
- Agenda Lumière. 1905. Société anonyme des plaques et papiers photographiques A. Lumière et ses fils. Lyon,
- p.75 - vue 507/536
-
-
-
- 76
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- The dynamical theory of gases, by J.-H. Jeans, fellow of Tri-nity College, Cambridge. 1 vol. in-8°. Cambridge atthe Uni versity Press. 1904.
- Cryptographie pratique, par A. de Grandpré. 1 brochure in-16. Paris, Librairie Boyveau et Chevillet, ü2, rue de la Banque. 1905.
- Ueher die geologische Yoraussicht beirti Simplon-Tunnel, par le Dr Alb. Heim, n° 4, de novembre 1904 des Eclogae Geo-logicae Helvetiae, à Lausanne.
- Smithsonian Miscellaneous Collections. A Select bibliography of Chemistry, 1492-1902, by Henry Carrington. Second supplément. 1 vol. in-8°. City of Washington. Published by the Smithsonian Institution. 1904.
- Field Columbian Muséum. Zoological Sériés. The Land and
- sea Mammals of middle America and the West indies, by Daniel Giraud Elliot, curator of Department vol. IV, Part I et II. 2 vol. in-8°. Chicago U. S. A. 1904.
- Trees. A handbook of foresl-botany for the Woodlands and the laboratory, by II. Marshall Ward. Volume II. Leaves. 1 vol. in-8®. Cambridge, at the University. Press. 1904.
- Field Columbian Muséum. Traditions of the Usage, by George A. Dorsey, Curator, Department of Anthropology. 1 brochure in-8°. Chicago. U. S. A. February, 1904.
- United States commission of fish and fisheries. Part XXVIII. Report of the Commissions' for the year ending June 50, 1902.1 vol. in-8°. Washington, Government Printing Office, 1904.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 mars . . . 5°, 6 S. S. W. 2. Pluie. 20,3 Gelée bl. ; couvert ; pluie de 6 h. à 12 h. et Je 18 h. à 22 h. 30.
- Mardi 28 5°,9 W. N. VV. 3. Nuageux. » Gelée bl. ; peu nuageux.
- Mercredi 29 4°,4 S. 2. Nuageux. 2,8 Gelée bl. ; très nuageux le matin ; couvert le soir ; pluie l’après-midi.
- Jeudi 50 9\5 S. S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Quelques éclaircies ; pluvieux par intervalles.
- Vendredi 51 6°,2 N. 1. Couvert. M Gelée bl. ; très nuag. jusqu'à 17 h. ; beau ensuite.
- Samedi 1" avril. . . 3°,0 Calme. Couvert. » Gelée bl. ; peu nuageux. *
- Dimanche 2 5°,0 S. 2. Couvert. » Gelée bl. ; très nuageux ; halo.
- MARS-AVRIL 1905. -- SEMAINE DU LUNDI 27 MARS AU DIMANCHE 2 AVRIL 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, iket~momètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Ii© temps. — Le temps a été variable dans la semaine du 27 mars au 2 avril. Le 27 mars, le baromètre a baissé de 9 mm en Bretagne ; le vent a soufflé avec force du Sud-Ouest sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. On a recueilli 10 mm d’eau à Cherbourg, 8 mm à Brest, 1 mm à Nantes, 1 mm à Paris Le thermomètre marquait le matin 6° à Paris, 12° à Nantes, 14° à Biarritz, 2° au Puy de Dôme, — S" au Pic du Midi. Le 28 mars, les luies ont été générales en Europe ; en France, il est tombé 20 mm d’eau à aris, 12 mm à Nancy, 10 mm à Cherbourg, 9 mm à Nantes, 1 mm à Lyon. On notait au thermomètre le matin 7° à Paris, 7° à Bordeaux, 13° à Biarritz, 0° au Puy de Dôme et au mont Ventoux, — 3° au Pic du Midi. La température moyenne de la journée à Paris a été de 9°. Le 29 mars on n’a signalé que quelques pluies en Bretagne. Le malin, la température était 2° à Belfort, 4° à Paris, 9° à Nantes, 12° à Biarritz Aux environs de Paris, on observait le matin, à 6 heures, des nuages glacés vers 8000 mètres d’altitude. En quelques endroits, on a noté de la gelée blanche. Le 50 mars dès le matin, les fortes pressions couvraient le Sud et le Sud-Est de l’Europe. Un vent faible de 1 Ouest a régné sur nos côtes de la Manche, du Sud en Bretagne et sur les côlcs de l’Océan. Il est tombé 3 mm d’eau à Paris, 2 mm à Cherbourg,
- 1 min à Brest, 1 mm à Boulogne, 1 mm à Belfort. La température était 9° à Paris, 10° à Lyon, 9° à Perpignan, 9° au Puy de Dôme, 5° au mont Ventoux. 0° au Pic du Midi. La température moyenne de la journée à Paris a été de 13°,1, supérieure de 5°,6 à la normale qui n’était que de 7°,5. Le 31 mars, il a plu au Havre (11 mm), à Brest (9 mm), à Dunkerque (5 mm); on a signalé un orage à Nancy. La température a élé très élevée dans les régions; on a observé des maxima de 26° à Clermont, 27u à Limoges, 29° à Bordeaux. La température le matin à 7 heures élait 6° à Paris, 6° à Brest, 7° à Dunkerque, 7° au Havre Le 1" avril, la pression barométrique est supérieure à 770 mm sur la moitié nord de la France. Il n’y a eu en France que quelques ondées dans l’Est Le thermomètre marquait le matin 3° à Paris, 4° à Nantes, 8° à Lyon, 16° à Perpignan, 5° au mont Aigoual, 1° au Puy de Dôme, —1° au Pic du Midi. Le 2 avril, un vent d’entre Sud et Ouest a soufflé sur nos côtes de la Manche. Des pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques, les Pays-Bas et l'Allemagne. En France, le temps a été beau dans toutes les régions. La température a été de 5° à Paris, 11° à Perpignan, 13° à Biarritz, 13° à Rome, 8° au Puy de Dôme, 4° au mont Ventoux. Dans la banlieue parisienne, on a observé, par endroits, de la gelée blanche.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 27 à 9 h. 4i m. du soir.
- p.76 - vue 508/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Yice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 420, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C1®,
- éditeurs de a La Nature », 420, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature « est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1664 (15 avril 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Sociétés savantes. — La Société astronomique de France, dans son assemblée générale annuelle du 5 avril 4905, a procédé au renouvellement partiel de son Bureau et de son Conseil. M. Ed. Caspari, astronome, ingénieur hydrographe en chef de la Marine, a été élu président, en remplacement de M. G. Lippmann, membre •de l’Institut.
- Hygiène. — Le choléra asiatique existe sur les rives de la Volga. Dans la province d’Astrakan, le nombre des morts est déjà considérable.
- Sismologie. — Le 4 avril, dans la matinée, un violent tremblement de terre a ravagé les Indes anglaises, depuis Agra jusqu’à Simla. On a ressenti 41 secousses distinctes, dont une a duré trois minutes. Aucun grondement souterrain n’avait annoncé le phénomène. A la première secousse, des Hindous, assis et fumant leur houka, ont été jetés à terre la face en avant. La direction était de l’ouest à l’est; à Mussoori, il était impossible de se tenir debout. Une partie du Savoy Hôtel s’est effondrée ; de nombreuses églises catholiques se sont écroulées. A Calcutta, une femme a été tuée et plusieurs indigènes grièvement blessés. Les nouvelles des districts de Dehra-Dun et de Haipour annoncent des dommages énormes. Lahore est une des villes les plus éprouvées. De toutes parts, la population fuyait ses maisons chancelantes et crevassées. Les édifices qui s’élèvent sur la place publique ont subi des dégâts considérables. La partie supérieure des maisons hautes tombait sur les maisons plus basses et les écrasait. Les tours de la mosquée d’Or se sont effondrées; la mosquée d’Ouazir-Khan est crevassée; la mairie est presque entièrement détruite. Un désastre semblable s’était abattu sur Lahore en décembre 4875. Lahore a une population de 210000 habitants environ. A Simla, les maisons ont été considérablement endommagées ; mais à Delhi, ou les secousses ont été également ressenties, on a eu peu de dégâts à enregistrer.
- — Le 7 avril, de légères secousses sismiques ont été ressenties à Pointe-à-Pitre.
- Hydraulique agricole. — M. Ruau, ministre de l’Agriculture, vient d’instituer, près la direction de l’hydraulique et des améliorations agricoles, un comité spécial chargé de l’étude scientifique des divers problèmes que soulève l’exécution des travaux dont ce service arla direction. La plupart de ces problèmes sont encore peu connus. Qu’il s’agisse de travaux d’irrigation ou de drainage, de l’utilisation agricole des eaux d’égout ou des eaux résiduaires d’industrie, de la mise en valeur des terres pauvres ou incultes, de 1 application de l’énergie électrique en agriculture ou aux industries rurales, etc., un grand nombre des données nécessaires pour effectuer ces entreprises dans de bonnes conditions économiques font aujourd’hui defaut. Institué sous la présidence du ministre de l'Agriculture, ce comité comprend des savants et des agronomes. A la tête de ce comité ont été placés comme vice-présidents : MM. Müntz, Michel Lévy et Yiolle, membres de l’Académie des sciences. Parmi les membres on compte MM. Dabat, Bordas, Grandeau, Cal-mette, de Lapparent, E.-A. Martel, Angot, etc.
- Altitude. — D’après les récentes vérifications des repères de nivellement de Paris, le point le plus élevé se trouve rue du Télégraphe (XX® arrondissement), à 429m,590 au-dessus du niveau de la mer. Les points les plus élevés de Montmartre, la place du Tertre et la rue de la Barre n’ont plus que 127m,305 et 127m,436. .
- Aéronautique. —Des concours étaient établis récemment pour la traversée de la Manche en ballon. M. Jacques Faure, monté dans Y Aéro-Club 11 avec MM. de Kergarlon et P. Gasnier, ont quitté le rivage anglais un peu après minuit et à 3 heures du matin atterrissaient non loin de Calais, après une traversée des plus pénibles.
- Géographie. — La Société de Géographie, dans son Assemblée générale, a décerné la médaille d’or à M. Paul Doumer.
- — M. Binger a été élu vice-président. Directeur des Affaires d’Afrique au ministère des Colonies, commandeur de la Légion d’honneur, M. Binger est un de nos coloniaux les plus avisés.
- Changement de nom. — Par décret en date du 46 mars 4905» rendu sur la proposition du ministre de l’intérieur, la commune de Tayac (canton de Saint-Cyprien, Dordogne) s’appellera désormais « les Eyzies-de-Tayae ». Les archéologues noteront ce changement de dénomination d’une localité célèbre et classique depuis plus de quaranle ans pour les trouvailles préhistoriques qui y ont été effectuées sans discontinuer.
- Chaleur en Espagne. — On observe actuellement en Espagne, des températures de 34° et 36° à l’ombre. Il en résulte des sécheresses désastreuses pour la campagne.
- La vigne en Espagne. — L’Espagne compte! 724444 hectares de vignes qui produisent annuellement de 34 à 36 millions d hectolitres de vin. Les régions les plus riches en vignes sont celles de Barcelone (132000 hectares), Lérida (419000), Valence (113 000) et Terragone (411 000).
- Exposition Ibéro-américaine. — L’idée de faire à Madrid en 1908 une grande exposition internationale ibéro-américaine a été accueillie avec un vif intérêt en Espagne. L’initiative en revient à la revue El Mundo latino de Madrid, dirigée par Mariano José Madueno, et date de 1901. L’exposition serait consacrée aux diverses manifestations scientifiques, industrielles, artistiques, etc., du Portugal, d’Espagne et des républiques latines et ibéro-américaine.
- Variétés. — Un requin, d’environ 7 à 8 mètres de longueur, a été pêché dans la baie d’Antibes.
- — Les premières cerises ont fait leur apparition à Paris le 5 avril, chez un marchand de comestibles; le prix est de 2 francs la cerise. Tout autour se trouvaient des raisins blonds et noirs, des fraises, des pêches, des bananes, etc.
- — Le ministre des colonies a reçu du gouverneur général de l’Afrique occidentale un rapport sur le développement considérable que prend le commerce des peaux à tanner.
- Traverses de chemins de fer. — M. Beukenberg s’est livré à des études comparatives sur la valeur des traverses de chemins de fer en bois ou en métal; et sa conclusion, publiée par Stahl und Eisen, est que les traverses métalliques assurent une économie de près de 25 pour 100.
- Mouture du blé. — Une Compagnie dite du Shreded Wheat vient de se fonder à Londres qui prétend traiter le blé de manière qu’il serve aux usages alimentaires sans être converti au préalable en farine. Le blé nettoyé est bouilli 30 minutes et ramolli. Alors il passe entre deux rouleaux dont l’un est muni de cannelures, et il sort de là sous la forme de filaments, que l’on transforme immédiatement par pétrissage en pâte, en pain, etc.
- Gaz naturel. — On ignore généralement qu’une partie du fameux gaz naturel qui a fait la fortune de toute une région des Etats-Unis, est pompé et distribué sous pression. Une des usines montées dans ce but peut aspirer par tubages dans des poches souterraines, à plus de 4000 mètres de profondeur, et refouler, en vingt-quatre heures, 840000 mètres cubes de gaz mesurés à la pression atmosphérique.
- Béton armé. — On vient de construire sur le Tagliamento, à Pinzano, en Italie, un viaduc en béton armé dont les 3 arches ogivales ont chacune 52 mètres de portée pour 24 mètres de flèche, et sont faites de béton armé. Chaque arc renferme deux armatures métalliques en treillis, reliées l’une à l’autre par de nombreuses entretoiscs également en treillis.
- 20
- p.77 - vue 509/536
-
-
-
- 78
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres , et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le régulateur de roue hydraulique, s’adresser à M. Percy Pitmau-, ingénieur, à Bosbury Ledbury, Grande-Bretagne.
- Communications. — M. Isidore Maraune, membre de la Société botanique de France, à Paris, nous écrit à propos de l’article sur la verdure des troncs d’arbre publié dans La Nature (n“ 1661 du 25 mars 1905, page 258), pour donner quelques renseignements complémentaires sur l’orientation de cette verdure, renseignements résultant d’observations personnelles faites dans les bois de Vincennes, de Boulogne, dans le parc de Saint-Cloud, etc. : a J’ai, dit-il, été amené aux conclusions suivantes, opposées à celles qui sont adoptées habituellement : 1° Les Mousses se développent en général d’un seul côté du tronc, mais ce côté varie d’un arbre à l’autre pour des arbres très voisins, ou des arbres d’une même localité. — 2° Les Algues, protocoques oupleurocoques, croissent sur tout le pourtour du même tronc, et il est plutôt rare de ne les observer que d’un seul côté, et, dans ce cas, le côté varie également comme pour les mousses. — 5° Les Lichens se trouvent comme les algues sur tous les côtés du tronc, puisque leur développement est en relation avec la présence des algues dont ils dérivent par l’association de celles-ci avec un champignon.
- M. V. Brandicourt, à Amiens, nous adresse une curieuse brochure intitulée : La flore des rues d'Amiens. C’est un dénombrement très détaillé de toutes les plantes (Phanérogames, Cryptogames vasculaires et Mousses) que l’on trouve dans chaque rue, sur le sol ou sur les murailles.
- M. Pierre Corret,- à Versailles, à propos de l’article: Les herborisations du printemps (n° 1662 du 1er avril 1905, page 282) nous écrit que, lui aussi, rend tous les ans visite à l’Isopyre,dans le bois de Satory, derrière la pièce d’eau des Suisses à Versailles où fleurissent trois touffes étendues de cette plante très rare.
- M. Joâo Evangelista de Negreiros Sayâo Lobato, à Rio de Janeiro, nous adresse une Note sur un aéronef projectile, dirigeable, dans laquelle il présente un projet ingénieux d'aéronef qui n’a pas été cependant expérimenté. -
- M. Foubert, agriculteur à Champignolles, nous envoie une Notice de M. Bénard sur la Découverte et les fouilles d’un dolmen à Champignolles. Le dolmen découvert par M. Foubert est situé dans la forêt de Thelle, à une centaine de mètres de la lisière, sur le triage de Champignolles, territoire de Flava-court. C’est une allée couverte de 8m,50 de long sur lm,50 de large, orientée N.-N.-E.-S.-S.-O., et formée de quatorze dalles de grès, composant un vestibule et une chambre. A l’intérieur du dolmen on a pu recueillir cinquante-cinq squelettes : ces squelettes étaient en général adossés contre les parois, accroupis et portaient au cou un morceau d’os poli qui servait d’amulette. Plusieurs haches en pierre polie, avec gaine en bois de cerf ou dépourvues de gaine, un ciseau poli, quelques pointes de flèches et diverses lames en silex ont été aussi découverts ainsi que des aiguilles en os, des poteries grossières, des colliers d’encrines et de rondelles de nacre portés par les enfants, des colliers d’os poli, des morceaux d’ambre, de quartz, des galets de silex gris ou rouge, des boules de terre cuites, des dents, des coquillages fossiles, tous ces objets généralement percés et ayant servi sans doute à faire des colliers, enfin des os calcinés, des morceaux de charbon, des graines d’ombellifères. Tout semble indiquer une sépulture de famille ou de tribu, appartenant à une population fixée dans le pays, assez nombreuse, datant de la période néolithique, avant l’époque d’apparition des métaux.
- Renseignements. — M. Georges Husson, à Montréal. — Nous ne pensons pas qu’il soit fait usage en France d’un dispositif analogue à celui que vous nous signalez. Vous pourriez vous adresser au commandant-ingénieur du corps des sapeurs-pompiers, 9, boulevard du Palais, à Paris.
- M. l’abbé Hanriel, à Guyans-Vennes (Doubs). — Deux lampes-à arc de 8 ampères montées en tension sur 110 volts consomment 880 watts. Or 1 watt correspond environ à 1 bougie. Donc une intensité de 0,009 ampère correspond à 1 bougie, et 8 ampères correspondent à 880 bougies, soit 440 bougies pour une lampe. Pour les lampes à incandescence, la consommation est de 3,5 watts par bougie; ce qui correspond à une intensité-de 0,03 ampère par bougie, ou 8 ampères pour 266 bougies.
- M. Beshard, à Paris. — Veuillez, pour tout ce qui concerne la maïsine, vous adresser à M. H. Labbé, 30, rue du Luxembourg, à Paris ou à M. Donard, 11, rue Edouard Détaillé, ;* Paris.
- M. E. N. A., à A.—Veuillez consulter leslableaux synoptiques pour l’analyse des urines, à la librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris. Prix : lfr,50.
- 3J. Zaf.-P. Stalios, à Gumuldjina. — Pour la culture et les-maladies du tabac, consultez l’ouvrage : Le tabac, par L. Laurent, à la librairie A. Challamel, 5, rue Jacob, à Paris; ou : Le-tabac, par E. Douant, librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. B. E., à Hyères. — 1° Veuillez consulter les ouvrages-suivants : L’or, par L. Weill; Les minéraux utiles et l'exploitation des mines, par Knab. — 2° Nous ne connaissons pas-d’ouvrage traitant spécialement de l’exploitation du minerai de platine.
- M. Albert Williamies, à Pontarlier. — 1° 11 faut consulter : Le pétrole, par • A. Riche et Hallien, à la librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris. Prix : 5 francs ; La traction mécanique et les voitures automobilesr par G. Leroux et Revel, même librairie, même prix; Automobiles, vapeur, pétrole, électricité, par Rodier, chez l’auteur, 64, rue de la Victoire, Paris. Prix : 12 francs. — 2° Consultez : Les bateaux automobiles à pétrole, par René Champly, librairie II. Desforges, 39, quai des Grands-Augustins, Paris. Prix : 4fr,50.
- M. Bergott, à Valdoie. — 1° Veuillez vous adresser à une librairie de livres d’occasion, comme MM. Baranger, 132, rue Lafayette ; Baudot, 10 bis, rue de Chàteaudun; Cretté et Lemercier, 19, rue Jean-Jacques Rousseau; Duplennes, 5, quai Malaquais ; Leplanquais, 37, quai des Grands-Augustins ; Taride, 18, boulevard Saint-Denis, à Paris. — 2° Pour les roulettes de meubles, adressez-vous à la Rouletterie parisienne, 9, avenue du Centenaire, à Bagnolet (Seine) ou à MM. Accard, 29, rue Relier, Bourdillat, 70, rue Traversière, à Paris.
- M. Ad. Van Herp, à Anvers. — 1° Pour l’appareil à raboter les parquets, adressez-vous à MM. Mayor and Coulson, ingénieurs, à Glasgow. — 2° Pour le micromètre Newall, adressez-vous à The newall Engineering C° Ld, Atherton’s Warrington quay (Grande Bretagne). Ces deux adresses ont été indiquées en tête des Boîtes aux lettres des n°‘ 1654 (4 février 1905) et 1652 (21 janvier 1905).
- Mme Pawloiv, à Kiew. — Les travaux de M. J. Tissot sur les relations entre la pression artérielle et la ventilation pulmonaire dans l’anesthésie par le chloroforme ont fait en effet l’objet d’une communication à l’Académie des sciences. Voyez les comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences (20 mars 1905), à la librairie Gauthier-Villars. 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. A. Mauny, à Cerisy-la-SalIe. — Nous ne voyons pas pourquoi votre caoutchouc ne se dissout pas dans le sulfure de carbone : c’est une opération qui réussit toujours.
- M. Manoel Buis Osorio, à Paris. — Pour le tannage électrique, vous pouvez consulter les n°‘ suivants de La Nature : 897, du 9 août 1890, page 158; 995, du 11 juin 1892, page 19; 927, du 7 juin 1891, page 218; 1190, du 21 mars 1896, page 254. Il n’y a rien de récent à propos de ce procédé qui semble donner des mécomptes.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Tivoli, à Venise. Nous ne décrivons jamais d’appareil avant qu’il n’ait été construit, expérimenté et n’ait donné de sérieux résultats. Tous nos regrets. — M. L. Deubel, à Dûmes. Veuillez consulter le livre de Recettes et procédés utiles, 2° série, à la librairie Masson et C'% 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — M. Galand, à Armentières, Consulter le même ouvrage, 4e série, même librairie. — MM. Isidore Ma-ranne, à Paris; Brandicourt, à Amiens; P. Corret, à Versailles; J.-E. de Negreios Sagâo Lobato, à Rio de Janeiro. Remerciements pour vos communications
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés. et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.78 - vue 510/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 79
- PETITES MENTIONS1
- Le Guide-route de l'officier et de l’excursionniste.
- — Cet appareil, appelé Guide-route, est destiné à fixer sur la carte les points de la route par lesquels on doit passer. 11 sc compose d’une lame évidée, fixée à l’aide d’un écrou à la plaque en celluloïd de la pochette contenant la carte. A l’extrémité de cette lame se trouve une aiguille maintenue au moyen d’une vis de pression; en .desserrant celle-ci, l’aiguille peut prendre autour de son pivot, en glissant ou en tournant,
- Le Guide-route je t’officier et de l’excursionniste.
- toutes les directions, et fixer par sa pointe un point quelconque de la carte dans le rayon d’action de l’aiguille. Le mode d’emploi est des plus simples. La lame évidée est placée dans une direction voisine de la partie de la carte à parcourir, on la fixe à l’aide de son écrou. On place alors le pouce de la main gauche sur l’aiguille et après avoir desserré la vis de pression, on pousse la pointe de l’aiguille sur le point de la carte que l’on veut fixer, et on resserre la vis de pression. Cet appareil a donné de bons résultats. — Le Guide-route se trouve chez M. H. Châtelain, 10, rue de Belzunce, Paris (Xe arr.).
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le tour de rein.
- Rien de plus banal et de plus fréquent. À la suite d’un faux mouvement, d'un effort insignifiant, quelquefois tout simplement en redressant le corps après s’etre baissé à terre, on ressent une douleur brusque, vive, dans la région lombaire. Impossibilité de marcher sans une attitude spéciale, rigide, qui immobilise le tronc. C’est ce que l’on désigne vulgairement sous le nom de tour de rein. Quelle est la cause de celte vive douleur? On l’attribue, comme pour le coup de pouce, à une rupture de fibres musculaires.
- D’après le Dr Matignon, dont le nom est bien connu de nos lecteurs, depuis sa participation comme médecin à l’héroïque défense des légations à Pékin g, le tour de rein ne serait pas du tout causé par une rupture musculaire. Il s’agirait d’une véritable entorse des ligaments vertébraux et il en donne pour preuve l’anqlyse minutieuse de plusieurs cas observés par lui et d’un accident personnel où il a pu étudier avec soin tous les détails symptomatiques.
- Dans son cas, il fut frappé de ce fait, que la première douleur aiguë, survenue à la suite d’un faux pas, en montant un escalier, s’étant calmée, il pouvait, sans souffrir, exécuter certains mouvements de flexion antérieure et latérale du tronc. S’il prenait l’attitude rigide du soldat l’arme au pied, le tronc par conséquent bien fixe, les muscles sous-lombaires contractés, il n’éprouvait dans cette position aucune douleur; mais si, conservant cette position rigide, il imprimait à sa tête un mouvement de flexion, en avant, énergique et progressif, il ressentait une douleur liés vive, comme au moment de l'accident, juste et toujours au même niveau, à la hauteur des 5e et fi* vertèbres lombaires. Il s’agit donc bien, eu égard à ce point douloureux rachidien, d’une entorse des ligaments de la colonne.
- Ne croyez pas que ce détail de pathogénie aggrave la lésion et modifie son Iraihment. Massage et repos seront toujours les meilleurs agents de guérison. Dr A. C.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Préparation de l'eau mercurielle. — Cette préparation, qui n’est autre chose qu’une solution de nitrate d’argent, peut se faire assez simplement, si nous en croyons le Journal allemand deTOrfevrerie. On prend 10 parties de vif-argent, et l’on verse dessus, avec les précautions voulues, 11 parties d’acide nitrique d’une densité spécifique de 1,33. On laisse reposer jusqu’à ce que tout le mercure soit dissous ; on agite vigoureusement en additionnant de 540 parties d’eau.
- Ciment transparent pour verre. — Faire digérer ensemble, à froid, et durant une semaine, 1 partie en poids de caoutchouc, 67 de chloroforme et 40 de gomme mastic.
- Pour incombustibiliser le bois. —La publication allemande Tecknischei Centralblatt, recommande dans ce but l’emploi d’une peinture faite, par parties égales, de chlorure fluide de chaux, sous-produit des fabriques de gélatine, et de chaux grasse de consistance pâteuse. ‘
- Ciment au fer. — On le compose avec 10 parties de limures ou de tournures de fer dans 3 parties de chlorure de chaux; on ajoute de l’eau pour faire une pâte convenable, on applique, et l’on serre les deux parties à cimenter. La prise se fait généralement en une douzaine d’heures.
- Teinture du bois. — Quand il est en morceaux minces, on le chauffe d’abord dans un bain contenant de 550 à 600 grammes de colorant par 100 à 110 litres de bain; ce chauffage doit être fait sous une pression de 50 à 100 kilogrammes par décimé! re carré, suivant le grain du bois à traiter, pression qu’il faut maintenir de 2 à 6 heures. On sèche ensuite avant de polir. Pour le bois en grande masse, on mordance soit avec du savon, soit avec du tanin, suivant qu’on doit employer un colorant acide ou basique, et ce colorant est appliqué à la brosse : il faut généralement trois couches.
- Pour révéler les vieux manuscrits. — Nous employons l’expression photographique, parce qu’elle nous semble assez légitime en l’espèce, les manuscrits disparaissant parfois complètement. On s’est trouvé dernièrement en face d’un fait de ce genre à la'bibliothèque de Bçeslau : c’était du reste des textes écrits avec de l’encre à base de noix de galle. On a enduit les manuscrits d’une solution alcoolique à 1 pour 100 d’acide tanique ; puis on a traité ensuite à l’ammoniaque.
- Encre pour écrire sur les surfaces métalliques polies. — On fait dissoudre 20 parties de résine dans 150 d’alcool, puis on ajoute dans le liquide une partie de bleu de méthylène; d’aulre part on a préparé, dans 250 parties d’eau, une solution de 35 parties de borax, et on l’ajoute au premier liquide. L’encre est prête à être employée.
- Parfum aux fleurs de pêcher. — La qualification est peut-être un peu ambitieuse, en ce sens qu’il ne contient pas du tout de fleurs de cet arbre; mais il a une odeur agréable qui rappelle quelque peu ce parfum naturel. On l’obtient en mettant, et laissant digérer ensemble durant quelques jours 4 grammes d’essence de citron, 1 de baume du I érou, 1/2 environ d’huile d’amande, 75 d’essence de fleur d’oianger, 20 d’essence de jasmin et 200 d’alcool. On agite assez souvent, puis on laisse reposer au calme absolu durant une semaine, et fina-li ment on décante la vortion claire du liquide.
- Encre bicue indélébile. — Celte encre a la réputation de résister non seulement à l’eau et à l'huile, mais encore à l’alcool, à l’acide oxalique, aux alcalis et aux chloiures. On la prépare au moyen de 4 parties de gomme-laque en écailles, de 2 de borax, d’autant de gemme arabique, et d’assez d’indigo pour donner la coloration voulue, le tout dans 40 parties d’eau pure. On commence par placer gomme-laque et borax dans 36 parties seulement d’eau, dans un récipient fermé, et par les soumettre à ébullition jusqu’à dissolution complète.-On filtre, puis on dissout la gomme arabique dans le reste de l’eau, et l’on mélange les deux solutions, pour les remettre ensemble sur le feu durant 5 minutes, en remuant de temps à autre. On ajoute l’indigo quand le liquide est refroidi. Et, quand la préparation a reposé pendant quelques heures, on décante, afin de séparer l’encre du dépôt grossier eptii s’est certainement foimé dans le fond du récipient.
- Colle hydrofuge pour carton. — Elle permet d’exposer sans inconvénient des objets en carton à une humidité intense. On fait fondre ensemble des poids égaux de bonne poix et de gutta-percha : on prend 9 parties du mélange, auxquelles on ajoute 3 parties d’huile de lin bouillie et 1 1/2 partie de htharge. On met au feu en brassant jusqu’à mélange complet. Avant emploi, on peut, au besoin, éclaircir avec un peu de benzine, après avoir réchauffé la colle. -
- p.79 - vue 511/536
-
-
-
- 80
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Un nouveau procédé de fabrication de la colle forte. — Si nous en croyons Chemiker Zeitung, cette méthode, d’origine allemande, ferait appel à l’acide sulfureux pour enlever le phosphate de chaux des os> en l’employant en solution aqueuse sous pression ; la solution de chaux se produit rapidement, sans précipitation gênante de sulfite de calcium, et une simple distillation régénérerait l’acide sulfureux en le chassant de la lessive.
- Liguides à pulvérisations assainissantes. — On nous indique ce liquide pour les pulvérisations à faire dans les chambres de malades. On le compose de 10 parties d’eucalyptol, de 5 parties d’essence de thym, d’autant d’essence de citron et de la même quantité d’essence de lavande dans 110 parties d'alcool à 90°. Dans un demi-litre d’eau on met une cuillerée à café de ce liquide.
- Huile résistant aux températures de surchauffe. — Pour répondre à la demande de plusieurs lecteurs qui voudraient connaître une huile pour cylindres de machines ne se décomposant pas, même en présence jle vapeur à haute température
- comme en produit la surchauffe, nous signalerons la recette que donne la publication Chemische Zeitung. Exposer à une haute température des matières grasses neutres extraites des laines, telle que de la lanoline brute ou de la cire de laine, en les employant soit seules, soit en combinaison avec des huiles minérales. Le mieux est de les traiter par la présence de la vapeur surchauffée à une température de 300°, sous une pression de 50 atmosphères.
- Pour préserver les objets de fonte de la rouille. — Le procédé est recommandé spécialement pour les croix, entourages et ornements des tombes dans les cimetières. On commence par brosser vigoureusement la fonte au moyen d’une brosse en fils d’acier; puis on donne, par deux fois, une impression au minium de plomb ou à la peinture au graphite. Quand cela est sec et dur, on peint avec une peinture composée par parties égales de noir de fumée recuit, d’huile de térébenthine et de vernis. Enfin on termine par une couche de noir de fumée broyé dans du vernis à voitures.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30'. — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 avril.... 7\9 E. S. E. 2. Couvert. 1,8 Rosée ; couv. ; pluie de 15 h. à 19 h.
- Mardi 4 7»,4 S E. 2. Beau. » Très nuag. le matin ; couv. le soir.
- Mercredi 5 9°,7 W. 3. Couvert. 0,2 Couv. ; gouttes ou petite pluie dans la matinée.
- Jeudi 6 5°,9 N. N. W. 3. Peu nuageux. 1,5 Pluie de 1 h. à 2 h. ; grains de neige à 11 h. ; nuag.
- Vendredi 7 0°,9 S. S. W. 2. Beau. 1,6 Gelée bl. ; halo; pluie dans la soirée; nuag. le matin; couvert le soir.
- Samedi 8 3°,8 N. N. E. 2. Couvert. 0,4 Pluie cesse à U h. 15; nuageux.
- Dimanche 9 2°,0 S. E. 2. Beau. » Rosée; gelée bl. ; halo ; peu nuag. le malin; nuag. le soir.
- AVRIL 1905. — SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 AVRIL 1903
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. — Malgré la pluie, le temps a été assez beau dans la semaine du 3 au 9 avril. Le 5 avril, la température s’est relevée sur nos régions. Le matin, la température était 8° à Paris, 10° à Clermont, 13° à Toulouse, 7° au Puy de Dôme, 5° au mont Aigoual. A 2 heures le ciel est devenu nuageux, et il a plu d’une façon continue jusqu’à 7 heures du soir. Le 4 avril, en Ecosse, on a noté une dépression barométrique de 13 mm. La pluie est tombée en abondance : on a recueilli 18 mm d’eau au Havre, 15 mm à Lyon, 2 mm à Paris, on a signalé des orages à Clermont et à Perpignan. La température n'était le matin que de 3° à Dunkerque, 7° à Paris, 9° à Lyon, 3° au Puy de Dôme, — 2° au Pic du Midi, — 5° au mont Mounier. La température moyenne de la journée a été de 10°,6. Le 5 avril, on a remarqué un vent assez fort de l’Ouest sur la Manche, et faible en Bretagne et en Provence. 11 est tombé 4 mm d’eau à Besancon, 2 mm à Dunkerque, 1 mm à Brest. Le thermomètre marquait 10° à baris, 10° à Lyon, — 15° au Pic du Midi. Le 6 avril, le vent a tourné au Nord sur nos régions, et la mer a été très houleuse sur les côtes de la Manche et de la Méditerranée. Des pluies sont
- tombées dans le Nord et le Centre du continent; il est tombé 9 mm d’eau à Charleville, 3 mm à Boulogne, 2 mm à Paris. 11 a neigé à Bruxelles et à Belfort; il est tombé quelques flocons à Paris. Le thermomètre marquait le matin 2° à Belfort, 6° à Paris, 10° à Toulouse Une tempête s’est abattue sur la région de Charleville entre 9 et 11 heures du matin; la neige tombait à gros flocons. La neige couvrait également les montagnes des Hautes-Vosges et tombait ni rafales sur Remiremont. Le 7 avril, on a sigqalé quelques averses d,i neige dans le Nord-Est. On a noté le matin — 4° à Besançon, —4° à Charleville, —2° à Clermont, —2° à Paris, 0° à Dunkerque, — 8° au mont Mounier. Dans la banlieue de Paris, la température a été au-dessous de — 2** ; à Villepreux et à Athis-Mons, il y a eu —4®. Le 8 avril, des neiges et des pluies sont tombées sur la moitié Nord de l’Europe ; en France, on a recueilli 9 mm d’eau à Besançon, 7 mm à Boulogne, 2 mm à Paris. La température s’était relevée et donnait le matin 4‘* à Paris, 9® à Clermont, 13° à Perpignan, 0° au Puy de Dôme. Le 9 avril, la température est encore faible ; le thermomètre maraue le matin—4° à Nanîy, 2° à Paris, 4° au mont Aigoual, —1° au Pic dumidi, 1° au Puy de Dôme.
- PHASES DE LA LUNE ’. N. L. le 4 à 11 h. 55 m. du soir.
- p.80 - vue 512/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFaRGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL - J LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C1*,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1665 (22 avril 1905), du journal a La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Nécrologie. — Le 17 avril ont eu lieu les obsèques du colonel Au génie Renard, directeur des établissements d’aérostation militaire de Chalais-Meudon. Nous consacrerons bientôt une Notice spéciale -à ce remarquable inventeur.
- Bureau des Longituies — M. Hanusse, ingénieur hydrographe en chef, est nommé membre du Bureau des longitudes en service extraordinaire.
- Électricité atmosphérique. — Afin de parer aux dangers de l’électricité atmosphérique pour l'aérostation, M. A. Breydel propose de mouiller les eordailles ou de les enduire, ainsi que l’enveloppe et la nacelle, d’une substance conductrice quelconque, et à l’atterrissage de laisser pendre attenant au guide-rope un câble lion conducteur terminé par un faisceau métallique.
- Le tube Berlier. — Vient d’être promulguée la loi déclarant d’utilité publique, à titre d’intérêt local, l’établissement dans Paris d’un chemin de fer à traction électrique, destiné au transport des voyageurs et de leurs bagages à main, de Montmartre (place des Abbesses) à Montparnasse (boulevard Edgar-Quinel). La même loi prend acte des délibérations du Conseil municipal d- Paris, porlant concession, à titre éventuel, à MM. Berlier et Janicot des prolongements de la gare Saint-Lazare à la porte de Saint- Ouen et de la gare Montparnasse à la porte de Versailles. Enfin la loi décide qu’un décret en Conseil d’Etat pourra, après enquête, autoriser la Ville de Paris à substituer au tracé par les rues Pasquier et de l’Arcade et la rue Boissy-d’Anglas le passage par la rue du Havre, la rue Tron-chet et la rue Royale.
- Hécatombe d’oiseaux. — Plusieurs espèces d’oiseaux supportent mal les longues traversées. Une maison de Liverpool expédia le mois dernier, à New-York, en deux voyages, un millier d’alouettes et de verdiers. La plupart moururent en route, bien qu’entourés de soins intelligents. Une centaine environ parvint" en Amérique, mais dans un tel état de faiblesse que vingt-cinq seulement survécurent.
- Sismologie. — D’Aveliino, ville aux environs de Naples, on annonce qu’une forte secousse ondulatoire a eu lieu le 10 avril.
- — Le 11 avril, une forte secousse de tremblement de terre, qui a duré cinq secondes, a été ressentie à Nyons (Drôme), à 10** 2lm du matin, causant un commencement de panique dans plusieurs habitations. Dans diverses maisons, des glaces ont été brisées, des tableaux décrochés, des meubles renversés.
- Les blanchisseuses et le linge sale. — Un décret rendu en •Conseil d’Etat, sur l’avis du comité consultatif des arts et manufactures, vient de décider que le linge sale ne doit être introduit •dans l’atelier de blanchissage que renfermé dans des sacs, enveloppes spéciales ou tous autres récipients soigneusement clos pen--dant le transport. Il a décidé également que le linge sale avec son contenant doit être désinfecté avant tout triage ou soumis à une aspersion suffisante pour fixer les poussières. Dans ce dernier cas, les sacs ou enveloppes ou tous autres récipients doivent être lessivés ou désinfectés. Les mesures de désinfection sont obligatoires pour le linge sale provenant des établissements hospitaliers où l’on reçoit des malades. Ce!1 décret stipule enfin que le personnel employé à la manipulation du linge sale devra être muni de surtouts exclusivement affectés au travail; que la manipulation du linge sale sera interdite dans les salles de repassage et dans les salles où se trouve le linge blanchi, et qu’il est interdit de consommer aucun aliment ni aucune boisson dans les ateliers de manipulation de linge sale.
- Corrosions des canalisations. — Il s’agit des corrosions des
- canalisations métalliques souterraines, corrosions électrolytiques qui proviennent du courant de retour des tramways électriques. Dans Engineering News, M. Mulholland affirme qu’on empêche cet effet nuisible en faisant les joints des conduites au ciment.
- Optique. — Si nous en croyons notre confrère anglais Nature, il se tiendra, cette année, en mai, à l’Institut Northamplon de Londres, un congrès d’optique réunissant tous ceux qui s’intéressent aux questions d’optique ; une exposition aura lieu durant le congrès.
- Concours des balcons fleuris. — Le deuxième concours parisien des fenêtres et balcons fleuris aura lieu du 29 mai au 14 juillet. Le Jury passera deux fois dans les premiers jours de juin et la distribution des récompenses aura lieu la fin de juillet.
- Arboriculture. —r Un arboriculteur américain, M. John F. Spencer de Grand Junction (au Colorado) aurait réussi à créer une espèce de pommes sans pépins.
- Edifices monstres. — Pour compléter ce qui a été dit, à plusieurs reprises, di s bâtiments géants américains, notons, d’après sir William White, qu’il existe à New-York, au sud de la 59e rue, 250 grands édifices de plus de 10 étages, ayant coûté chacun en moyenne plus de 5 millions de francs; 30 des principaux représentent ensemble une valeur de 500 millions de francs.
- Créosotage des bois. — Le procédé Guissani, que vient de décrire Engineering News, ne c mporte aucun appareil à vide ou à pression, Le bois est simplement maintenu durant 1 à 4 heures dans un bain de créosote ou d’huile lourde de goudron, porté à 14lt°; les liquides aqueux sont vaporisés. On porte alors rapidement les bois dans un bain semblable, mais froid ; les vapeurs demeurées dans les cellules font le vide en se condensant et attirent la créosote. On traite ensuite de façon analogue au chlorure de zinc.
- Météorologie. — Le temps a été en général pluvieux et mauvais dans la semaine du 10 au 16 avril. Le 10 avril, les basses pressions ont envahi l’Ouest de l’Europe. Un vent a soufflé d’entre Est et Sud sur toutes nos côtes; il était faible dans la Manche, assez fort sur l’Océan, fort au large dans la Provence. La température était le matin 4° à Belfort, 8° à Paris, 13° à Lyon, 15° à Perpignan, 18° à Biarritz, 8° au Puy de Dôme, — 2° au Pic du Midi et — 4° au mont Mounier. Le 11 avril, les pluies ont été abondantes; on a recueilli 1 mm d’eau à Paris. 2 mm à Lyon, 5 mm à Besançon, 7 à Cherbourg, 10 à Nice, 11 à Dunkerque. Le thermomètre marquait le matin 11° à Paris, 11° à Nantes, 12° à Lyon, 15° à Biarritz. Le 12 avril, le baromètre a légèrement monté dans le Nord-Est du continent. Il est tombé 18 mm à Perpignan, 15 à Lyon, 8 à Paris, 1 à Dunkerque; des orages ont éclaté à Paris, Clermont, Bordeaux. La température était le matin 10° à Nancy, llü à Nantes, 14° à Perpignan. Le 13 avril, la pression était supérieure à 765 mm dans les pays du Nord. La pluie est tombée partout ; à Brest (2 mm), à Nantes, à Clermont, à Biarritz (1 mm). La tem-
- Sérature était le matin 5° à Nancy, 9° à Paris, 12° à Nantes, 15° à iarritz. On a observé des maxima de 21°,2 à Montsouris. Le 14 avril, le matin, la pression barométrique a baissé et n’atteint ue 756mm,6 à Paris. La température n’a pas sensiblement varié ans nos régions; on note 10° à Paris, 12® à Brest, 12° à Lyon, 14° à Biarritz, 5° au Puy de Dôme, 4° au mont Ventoux, — 4® au Pic du Midi. Il est tombé 8 mm d’eau à Brest, 7 mm à Belle-Isle, 2 à Rochefort, 2 mm à Cherbourg, 1 mm à Biarritz. Le 15 avril, des pluies ont eu heu dans toutes régions, à Besançon f45 mm), à Charleville (6 mm), à Nantes (5 mm), à Cherbourg (5 mm), à Dunkerque (3 mm) ; des orages ont éclaté à Besançon, Clermont, Lyon, Paris. Le thermomètre marquait le matin : 7° à Nantes, 8® à Paris, 10® à Bordeaux, 12® à Perpignan,— 1® au mont Ventoux, — 2® au Puy de Dôme, — 8® au Pic du Midi. Le 16 avril, les basses pressions de l’Ouest se sont étendues vers le Sud. Il a plu à Brest (10 mm), à Biarritz (12 mm), à Nantes (9 mm). Le thermomètre marquait 8° à Paris, 8° à Nantes et 12° à Biarritz.
- 21
- p.81 - vue 513/536
-
-
-
- 82
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Machine Magnéto Eisemann : 6, place de la Madeleine; machine Simms-Bosch : 22-24, rue Violet, à Paris; machine Thélin, Mégevand et C° : rue Richemont, à Genève ; les autres modèles ne se construisent plus.
- Communications. — M. Dietrich, médecin de colonisation à Besançon, nous envoie une brochure intitulée : La vipère en Franche-Comté. L’auteur donne d’abord une description de la vipère aspic, seule espèce venimeuse de serpents qui habite cette région, explique le mécanisme de la morsure et de la pénétration du venin dans la plaie; il montre que les propriétés toxiques du venin de la vipère sont dues à deux corps, l’échidnase, comparable à certaines diastases et provoquant une tuméfaction locale, et l’échidnotoxine, analogue aux produits de sécrétion microbiennes, causant un empoisonnement général et amenant la mort par la paralysie du système nerveux vaso-moteur. La toxicité du venin varie suivant les saisons, et aussi d’une espèce à une autre et même entre les différents individus d’une même espèce. Pour la vipère de Franche-Comté, cette toxicité est assez grande pour déterminer la mort dans 20 pour 100 des cas de morsure. Après des conseils pratiques sur les mesures qu’il y a lieu de prendre immédiatement en cas de morsure, l’auteur fait entrevoir dans un avenir prochain la possibilité de prévenir les suites d'une telle morsure au moyen d’un véritable vaccin qui ne serait autre que le venin lui-méme dont la virulence aurait été diminuée au préalable, ainsi que cela se pratique pour la rage et la diphtérie.
- M. L. Jacquot, juge à Thonon, nous signale une curieuse observation de son coiffeur, d’après laquelle les cheveux des enfants seraient électrisés et fatiguent rapidement le fil des ciseaux. Il faudrait, à l’en croire, changer deux ou trois fois d’outil pour une coupe d’enfant, alors qu’une seule paire suffit pour une coupe d’adulte.
- Le DT Carlos Manuel Garcia, troisième médecin inspecteur dans le service spécial contre la fièvre jaune, à Vera-Cruz, nous signale que c’est un chauffeur cubain, nommé Carricaburu, qui a établi le record du monde dans les dernières courses d’automobiles qui ont eu lieu en février dans la Havane.
- M. Georges Dumont, à Paris, nous adresse le texte d’une conférence faite par lui au Conservatoire des arts et métiers Je 12 février 1904 sur : le Musée de prévention des accidents du travail et d'hygiène industrielle. Il monlre en termes éloquents qu’il y a lieu, à côté de la réparation des accidents du travail, de faire une place toujours plus large à la prévention. Il fait appel à l’initiative individuelle et montre les résultats déjà obtenus en France et à l’étranger.
- M. Fjugene Trutai. docteur ès sciences, à Foix, nous écrit qu’il fut dernièrement très étonné de rencontrer en pleine montagne, dans le hameau de Simian, situé à l’ouest de Foix, à l’entrée de la vallée de la Barguillière, un camélia géant couvert de plus de six mille fleurs. Cet échappé du Japon prospère contre une haute muraille qui le protège des vents du nord et il a pu atteindre les respectables dimensions de trois mètres de large sur une hauteur de près de cinq mètres.
- Renseignements. — M. C. B. M., à Mulhouse. — Pour vulcaniser le caoutchouc, on chauffe un mélange de caoutchouc et de soufre environ à 130°; on peut aussi tremper les objets façonnés en caoutchouc dans un bain de soufre à 130 ou 135°,
- ou plonger dans un bain de chlorure de soufre dissous dans le sulfure de carbone.
- M. A. Borit, à Paris. — 1° Le pagoscope a été l’objet d’un article dans La Nature (n° 1654 du 4 février 1905, page 151).
- — 2° Cet appareil se trouve chez M. Bernel-Bourette, 36, rue de Poitou, à Paris et chez tous les opticiens et marchands d’instruments d’optique.
- MM. K. Blain, à Paris; R. P. P., à Bordeaux. — Pour la lampe au lusol, adressez-vous à M. Denavrouze, 24, rue Bayen, à Paris.
- M. G. Legs, à Paris. — En ce qui concerne les électrostérilisateurs Otto, dont la description a paru dans le n° 1628 du 6 août 1904, page 156, pour la vente, s’adresser à la Compagnie pour la fabrication des compteurs et matériels d’usines à gaz, 16 et 18, boulevard de Vaugirard; pour la location des appareils, à la Société pour la location et la vente des compteurs, 9 et 11, rue de Tracy, à Paris (adresses indiquées-en te te de la Boîte aux lettres du n° 163(1 dû 20 août 1904).
- M. Polo, a Nantes. — Il nous est impossible de répondre à votre demande : nous manquons absolument de documents précis concernant ce phénomène.
- M. E. C. Paulin, à Chambéry. — Les barils métalliques emboutis se trouvent chez M. E.C.Thrupp, 59, Victoria Street,. Westminster, à Londres. Cette adresse a été indiquée en tête de la Boîte aux lettres, du n° 1641, du 5 novembre 1904.
- M. J. Austin Williams, à Danielson. — Il a été publié un article sur les Portes coulissantes et pivotantes, par G. Chal-marèsdans La Nature (n° 1655, du 28 janvier 1905, page 143). Ces portes se trouvent : porte rayon X chez M. G. Berthier, 38, avenue de Paris, à Rueil (Seine-et-Oise) ; porte diagonale à la Société Industria, 28, rue du Métal, à Bruxelles et chez M. Terwagne, 3, rue Lafayette, à Paris, adresses données en. tète de la Boîte aux lettres du même numéro.
- iUme Jane B. de B., à Paris. — Le camphre est en effet employé dans la fabrication de la dynamite gélatine qu’il a pour effet de rendre moins sensible au choc.
- M. G. Bivar, à Beira. —Vous trouverez des renseignements-complets sur Yustrolabe de M. Claude dont nous avons parlé dans La Nature (n° 1654 du 4 février 1905, page 159) en vous reportant aux comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences (séance du 30 janvier 1905), publiés par la librairie Gautiers-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Urbain Dufrey, à Douai. — Vous trouverez des ventilateurs chez MM. Champion, 14, rue de Lancry; Üelaroche, 22, rue François-Bouvin ; Léauté, 14, rue Gambey; Vasseur, 142, faubourg Saint-Denis, à Paris.
- MM. M. Leroy, à Ladon; Ch. Hü, à Bordeaux. —Pour tout ce qui concerne l’éclairage au lusol, veuillez vous adresser à M. Denayrouze, 24, rue Bayen, à Paris.
- M. Oznobichine, à Kozloff. — Les traités et compositions de-M. Josset se trouvent chez M. Grüs, éditeur de musique, place-Saint-Augustin, à Paris, et chez M. Josset, 12, rue Léonie-Reynaud, à Paris.
- M. Georges, à Créteil. — 1° Pour avoir le maximum de-renseignements sur le concours d’aviation, lisez le Bappoitdu capitaine Foerber publié in extenso dans la Revue 1 'Ae> ophile (nu du 20 mars 1905), 84, faubourg Saint-Honoré, à Paris. — 2° Sur la question générale de l'aviation, veuillez lire les-études de M. R. Loreau, parues l’année dernière dans le Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, 19, ru& Blanche, à Paris, qui résument la question.
- M. Dambre, à Fromelles. — 1° Pour chauffer au bain-marie à une température de 220 à 250°, employez du chlorure de zinc fondu. — 2° Il y a certainement danger d’inflammation à faire circuler de l’air ozoné à travers des céréales portées à la température de 220°.
- M. E. Estanove, à Toulouse. — Pour la conservation des œufs veuillez consulter les Becettes et procédés utiles, 1" série, à la librairie Masson et C‘% 120, boulevard Saint-Germain et les noS de La Nature : 753, du 5 novembre 1887, page 367 ; 539, du 29 septembre 1885, page 282.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Sauret, à Paris. Veuillez consulter une agence de brevets. — M. Magne, à Tours. Voyez le livre de Recettes et procédés utiles, 2e et 5* séries, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- — M. L. Moreau, à Paris. Consultez le fciême ouvrage, 3e série, à la même librairie. — M. J. Belicaud, à Caen. Consultez le même ouvrage, 2® et 4® séries, même librairie. — MM.C. Manuel Garcia, à Vera-Cruz; Georges Dumont, à Paris; E. Trulat, à Foix; L. Jacquot, à Thonon; Dietrich, à Besançon. Remerciements pour vos communications.
- Bans la • Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.82 - vue 514/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 85
- PETITES INTENTIONS1
- Pile de secours pour motocyclette. — Depuis que l’allumage électrique des moteurs à explosion s’est généralisé on est obligé de surveiller de près la source d’énergie électrique si on veut éviter la panne. On recommande souvent d’emporter un second accumulateur de secours, mais c’est un poids supplémentaire non négligeable et la place manque souvent aussi pour le loger. On a fait des piles sèches, plus légères, mais pas beaucoup moins encombrantes; nous reprocherons à celles-ci ce qu’on peut reprocher à toutes les choses de secours, qui ne servent presque jamais; c’est qu’au moment où l’on en a besoin
- l'ilo de secours absolument sèche pour motocyclette.
- elles ne sont pas en état. Il ne faut pas oublier, en effet, que les piles sèches ne le sont que de nom et qu’elles s’usent même quand elles ne servent pas. MM. Henry et Lenud ont réalisé, sur notre demande, une petite pile de poche, absolument sèche, qui peut se conserver plusieurs années sans cesser d’ëtre prête à fonctionner le jour où on lui aura donné ce qui lui manque, un peu d’humidité. A cet effet trois trous sont ménagés dans le bloc que forment les trois éléments qui la composent et il suffit d’introduire dans chacun d’eux 2 centimètres cubes d’eau pour qu’au bout de 5minules la tension soit supérieure à 4 volts; le débit peut aller jusqu’à 8 ampères. Le poids est d’environ 300 grammes, le volume 14x4x9 centimètres; on peut la mettre dans la sacoche Ce n’est évidemment qu’un secours momentané, mais qui permettra encore de faire 20 à 30 kilomètres; c’est tout ce qu’il faut pour ne pas rester en panne dans une localité n’oflrant aucune ressource. — Cette pile se trouve che2 MM. Henry et Lenud, 51, rue de Turenne, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Développement des papiers au citrate.
- Nous avons déjà signalé autrefois divers procédés pour développer les papiers au citrate très peu im| rimes. Ces procédés sont très pratiques, surlout l’hiver, quand il faut des journées entières pour avoir une image complète prête à êlre virée. Avec le développement, quelques minutes d’exposition au jour suffisent ; on arrête l’impression dès que l’image commence à apparaître; on la met de côté et on enpré[are ainsi un grand nombre, que l’on achève à loisir le sorr à la lumière du gaz.
- Deux procédés nouveaux viennent de faire leur apparition : celui de la maison Tambour, et celui de M. P. Mercier.
- Révélateur « Tambour». — Il se présente sous foi me d’une poudre blanche contenue dans de petits tubes de verre, dont chacun suffit pour 250 cm3 d’eau. La dissolution se fait rapidement, et il ne faut préparer le bain qu’au moment de l’usage; il ne se conserve pas et doit être rejeté après avoir servi pour quelques épreuves.
- Il est préférable de ne développer qu’une épreuve à la fois; on la met dans la cuvette et on jette le bain dessus, puis on agite, et l’image monte peu à peu, elle est complète au bout
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- de 2 à 3 minutes, On lave un instant et on fixe dans l’hypo-sulfile à 15 pour 100 pendant 10 à 15 minutes; puis on lave ensuite soigneusement comme d’habitude pour éliminer l’hypo-sulfite.
- On peut développer ensuite d’autres épreuves dans le même bain, mais il faut le jeter dès qu’il prend une teinte foncée. L’image doit être faible pour subir ce développement, il suffit qu’on distingue une trace d’impression générale ; du reste, de petits écarts de pose ne modifient pas senï>iblement le ton définitif de l’épreuve, qui est celui qu’on obtient généralement avec les virages à l’or. Le révélateur a Tambour » est spécialement combiné pour être employé avec les papiers fabriqués par cette maison, et, dans ces conditions, il nous a donné des résultats excellents.
- Révélateur «Gatlios».— M. P. Mercier, qui a combiné ce développement, est bien connu par ses travaux sur les virages et par sa découverte de l’action de la morphine et de l’émétique sur les émulsions au gélatino-bromure. Le « Gallios » est destiné à développer les papiers au citrate de différentes fabrications, mais ceux qui donnent les meilleurs résultats sont les marques Jongla, Lumière et Tambour. Il se vend sous forme liquide ou sous forme de poudre, ce qui est plus commode pour l’expédition. Le bain non seulement se conserve, mais est meilleur après avoir déjà servi : un bain neuf aurait une tendance à donner des épreuves dures. Avant l’usage, quand on n’a pas de vieux bain, il suffit de le laisser une heure ou deux exposé à l’air dans une cuvette. Pour la conservation il faudra, après usage, le mettre dans des flacons bien bouchés; quand il commence à ne plus donner de bons résultats, on le rajeunit en y ajoutant un peu de bain concentré.
- 11 ne faut aucun lavage entre le développement et le fixage, qui se fait dans l’hyposulfite à 15 pour 100. L’image doit être très peu tirée, si elle Test trop les tons tournent vers le rouge.
- Nous avons obtenu de très bons résultats avec les diverses marques de papier indiquées; il n’y a du reste pour cela qu’à se conformer à la notice rédigée par M. Mercier, qui prévoit tous les cas dans lesquels on peut se trouver. — Révélateur pour papier au citrate : maison Tambour, 118 rue de la Tombe-Issoire. — Révélateur Gallios, chez M. Mercier, 95 rue Lemer-eier. — Paris. G. M.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour monter les manches de pilons. — II faut un ciment très résistant, élant donnés les chocs continus que subissent les pilons durant tout travail dans un mortier pharmaceutique ou de laboratoire de chimie. Le meilleur ciment nous semble être celui que Ton prépare en faisant une pâte assez molle avec de la litharge et de la glycérine; on remplit le trou du manche avec cette pâte, on enfonce le manche à force, et on maintient sous pression durant plusieurs jours.
- Blanchiment de la gutta-percha. — Faire dissoudre la gutta dans 20 fois son poids de benzine bouillante, et ajouter d’excellent plâtre en secouant de temps à autre; on laisse reposer quelques jours, si bien que le plâtre s’est précipité en emportant les impuretés qui s’étaient mises en dissolution dans la benzine. Un introduit alors le liquide restant et clair, par petites portions, dans un récipient contenant un volume double d’alcool à 90°,''et cela en agitant continuellement. Alors la gui ta se précipite à son tour sous l’aspect d’une masse pâteuse parfaitement blanche. On expose ensuite cette masse à l’air et au besoin on la triture dans un mortier.
- Mastic au blanc de zinc. — Il s’agit d’un mastic qu’on donne comme se travaillant facilement, n’adhérant point au couteau, se ponçant bien, et durcissant en 12 heures. On le compose de 48 parties de blanc de zinc en poudre, de 22 de vernis à polir, de 2 1/2 de siccatif, de 14 de la composition anglabe désignée sous le nom d’ « apprêt filling », puis de 13 de minium de fer et d’une demi-partie de noir de fumée en poudre. Au poids il coûte un peu plus cher que le mastic à la céruse, mais ce fait est compensé parce qu’il pèse moins à égalité de volume.
- Graisse à souder. — Dans un récipient de bonne grandeur, et surtout sur un feu doux, on fait fondre ensemble 500 grammes d’huile d’olive et 400 de suif. On verse alors dans le mélange, mais en brassant, et lentement, 250 grammes de résine en poudre, et on laisse faire un bouillon, ainsi que disent les cuisinières. On fait refroidir ensuite, et on additionne de 125 grammes d’une solution salurée de sel ammoniac, tout en remuant bien. Quand tout est froid, on peut employer.
- Compositions conservatrices pour les viandes. — Nous nous défions considérablement en principe de tous les produits
- p.83 - vue 515/536
-
-
-
- U
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- chimiques que l'oa emploie dans ce but, et dont l’introduction dans l’organisme ne peut pas être indifférente : cependant nous citerons quelques compositions nouvelles de ce genre signalées dans la « Zeitschrift fur œffenlliche Chemie ». — Voici un.conservateur fait de 70 parties de nitrate de potasse, de 15 de bicarbonate de soude, et d’autant de chlorure de sodium. — Un autre est composé de 50 parties de nitrate de sodium, de 45 d’acide borique en poudre, et de 5 d’acide sali-cvlique. (On sait que ces deux acides ont une influence très
- regrettable sur l’estomac.) — On vend sous le nom de Maciline un soi-disant condiment qui donnerait du liant aux saucisses : il est fait d’un mélange de farine de froment et de fécule de pomme de terre séchée jusqu’à prendre une coloration jaune, imprégné d’essence de macis. — Il y a aussi ce qu’on appelle Viandol, sorte de liquide opalescent, se troublant à l’air, et dont la composition, autant qu’on peut la connaître, a pour base un acétate basique.d’alumine en solution mélangé d’un peu de sucre.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30>. — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 avril . . . 8°,2 S. 1. Couvert. 0,5 Rosée ; couv. le matin ; très nuag. le soir ; pluie de 9 à 10 h. Très nuag. ; pluie le matin ; orage de 17 h. 35 à 18 h. 45 de l’W. au S. W., avec pluie. Très nuag. ; pluvieux à 10 h,
- Mardi 11 10° ,9 S. 2. Pluie. 8,1
- Mercredi 12 10",4 W. 3. Couvert. 0,0
- Jeudi 13 9",4 S E. 1. Beau. » Rosée; peu nuageux; halo à 9 h.
- Vendredi 14 10°,4 S. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Rosée ; nuag. ; halo à 10 h. ; orage de 15 h. 10 à 13 h. 27 du S. E à l’E v. E. ; pluvieux à 45 h. et 21 h. Rosée ; nuag. ; pluvieux à 8 h. 40-55.
- Samedi 15 7°,8 S. S. W. 2. Très nuageux. 0,0
- Dimanche 16 8°,0 S. 2. Couvert. 0,2 Rosée ; gouttes de 9 h. à 11 h. ; couvert le matin ; peu nuag. le soir.
- AVRIL 1905. — SEMAINE DO LUNDI 10 AO DIMANCHE 10 AVRIL 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Réiumé des observations météorologiques faites À l’Observatoire du parc Saint-Maur; en mars 1905;
- par M. Trt. Mocreaus.
- Pression barométrique, altitude 50",5. Moyenne des 21 heures, 754““.28; minimum absolu, 73.)“",7 le 14 à 5 h. 10 ; maximum absolu, 765““,6 le 31 à 24 heures; écart extrême, 25““,9.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 4°,15; des maxima, 12°,48; du mois, 8°,32; vraie des 2i heures,7°,85 ; minimum absolu, — 1°,4 le 1"; maximum absolu, 18°.2 le 30. Sur le sol gazonné ; moyenne des minima, 0°,86; des maxima, 23°,08; minimum absolu, —6°,8 le 1"; maximum absolu, 33°, 1 le 22. Dans le sol gazonné, moyenne du mois; profondeur, 0",30 : à 9 heures, 6°,63; à 21 heures, 7°,06; profondeur, 0“,65 : à 9 heures, 6°,36; à 21 heures, 6°,41 ; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 6°,22; à 21 heures, 6°,28 De la Marne : moyenne le matin, 7°,49 ; le soir, 7°,86; minimum, 4°,58 le 1"; maximum, 10°,40 le 31.
- Tension de la vapeur ; moyenne du mois, G“,t0 ; minimum, 2““,6 le 3 à 1+ heures; maximum, 9““,9 le 30 à 14 heures.
- Humidité relative ; moyenne du mois, 77,3 ; minimum, 36 le 26 à 14-15 heures ; maximum 100, en 4 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 7,31 ; moyenne diurne la plus faible, 3,8 le 20 et le 28 ; ciel complètement couvert les 8,10 et 27.
- Insolation : durée possible, 367 heures; durée effective, 110 h. 7 en 26 jours, rapport, 0,30.
- Pluie : total du mois, 73“,3 en 60 heures ; il en est tombé 20"“,3 le 27.
- Nombre de jours de pluie, 19; de pluie inappréciable, 3; de gelée, 2 ; de gelée blanche, 10; de neige, 1, le 2; de givre, 1, le 1"; de grêle, 1, le 1V ; de rosée, 4 ; de brouillard, 1 ; de halos, 6.
- Fréquence des vents : Calmes, 13.
- N 42 E . . . . . 4 S. . . r,o W 57
- N. N. E . . 47 K. S. K . . 22 S. S. W . 157 W. N. W . 35
- N. E . . . . 10 S. F. . . . . 16 S. W. . . 160 N. W . . . 33
- E. N. F, . . 5 S. S. E . . 25 W. S. W. 53 N. N. W. . 25
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 5“,1 ; moyenne diurne la plus grande : 10“,2 le 11 ; la plus faible : 2“,1 le 19; vitesse maximum en 15 minutes, 15“,8 le 11, de 14 h. 45 à 15 heures, par vent S.-W.
- Electricité atmosphérique : moyenne du mois (15 jours), 197 volts; moyenne diurne la plus grande, 306 volts, le 28 ; la plus faible, 129 volts, le 3; amplitude diurne, 0,58. amplitude nocturne, 0,81.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 3“,14; minimum, 2“,52, les 8 et 9; maximum, 4”,03, le 29.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre — 2““,53 ; température -+-1°,76 ; tension de la vapeur, -t- 0“*,80 ; humidité relative -+- 0°,2a ; nébulosité + 1,27 ; pluie -+ 3 i“,8.
- Taches solaires : 11 groupes en 24 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : les 2-5,7,14-15.
- Floraisons. Le 2, pâquerette; le 7, arabis verna; le 10, tussilagofarfara; le 11, saxifrage à feuilles épaisses, saule vlarsault; le 12, orme champêtre; le 13, hépatique bleue, crocus; le 16, violette des bois; le 22, amandier; le 24, abricotier, buis des Baléares, jasminum nudiflorum; le 25, pruneUier commun, ribes sanguiueum; le 26, glechoma, ficaire, jacinthe; le 27, pêcher de plein vent ; le 28, iberis sempervirens, anémone des bois ; le 29, groseiller épineux, brugnon; le 50, coucou, cydouia japon ica; le 31, érable plane, merisier.
- Premier chant de la grive le 18. de la huppe le 29.
- Le 22, passage de cigognes à 13 h. 25 m., et d'oies sauvages à 13 h. 30 m., se dirigeant les unes et les autres au nord-est.
- PHASES DF, LA. LUNE ; P. Q. le 12 à 9 h. 51 m. du soir.
- p.84 - vue 516/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES-SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Yice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Gu,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1666 (29 avril 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Legs au Muséum. — Par décret, le Muséum d'histoire naturelle «st autorisé à accepter le legs fait par M, Emmanuel Drake del Castillo et consistant : 1° En une collection d’herbiers et une bibliothèque de botanique et de sciences naturelles; 2° En une somme de 25000 francs, dont les arrérages serviront à l’entretien de celte collection.
- Congrès archéologique d’Athènes. — La séance publique de clôture du Congrès d’archéologie a eu lieu le 15 avril, à l’Uni--versité d’Athènes. M. Homolle, secrétaire du Congrès, a remercié, au nom des congressistes, la Grèce qui a contribué aux résultats heureux du Congrès. Il a ensuite énuméré les vœux formulés et les décisions prises pendant le Congrès. L’une de ces décisions convoque le prochain Congrès au Caire, avec un programme identique à celui •du Congrès d’Athènes. D’après d’autres décisions, les Congrès archéologiques se réuniront à l’avenir tous les deux ans; la section byzantine sera constituée en comité et chargée de publier un album iconographique des empereurs de Byzance; les musées possédant plusieurs copies de la même pièce devront échanger entre eux les doubles de ces pièces; les directeurs de musée s’entendront pour former une sorte de ligue contre les faussaires; ils se signaleront mutuellement toute pièce fausse qui leur serait présentée ; de même, si un vol était commis, tous les musées seraient immédiatement prévenus afin que la pièce pût être reprise si le voleur offrait à un autre musée de l'acheter; les monnaies précieuses que possèdent les musées seront moulées pour les cas d’accident ou de vol.
- Volcanisme. — On a parlé dernièrement d’une nouvelle éruption au mont Pelé. Le ministre des colonies a demandé par téléphone des renseignements au gouverneur de l’île. Il n’y a pas eu d’éruption, mais -implement recrudescence de l’activité du volcan. A la date du 18 avril, il ne régnait aucune inquiétude.
- Sismologié. — Le 16 avril, un tremblement de terre a été ressenti à Constantine.
- — Le 23 avril, dans la matinée, de violentes secousses de terre ont été ressenties en Angleterre, à Doncaster, Matlock èt à Shef-field; la plus violente a eu lieu à Matlock, elle a duré cinq secondes.
- La mission Charcot. — Le 22 avril, est arrivé à Pauillac le paquebot Chili ramenant plusieurs membres de la mission Charcot. Parmi ces derniers se trouve M. le Dr Turquet qui rapporte une collection de plus d’un millier d’oiseaux et de plantes inconnus, et 150 types d’animaux divers, oiseaux et poissons. Le Français, dont l’avant avait été avarié par un iceberg, a été réparé dans la République Argentine ; il va repartir pour rapatrier Cnarcot et ses compagnons.
- Marine. — Le lancement de la Liberté a eu lieu le 19 avril, à Saint-Nazaire, à 3h 50m, en présence du chef d’état-major de la Marine, représentant le ministre, et accompagné de MM. Lockroy et de Lanessan. La mise à l’eau du cuirassé, qui, au moment de son lancement, pesait plus de 5 millions de kilogrammes, a parfaitement réussi. Le bateau a glissé lentement jusqu’à la mer, ne soulevant aucune lame. A 200 mètres du bord, l’ancre était mouillée et le navire, évitant au courant, présentait le travers à la cale d’où il venait d’être lancé.
- Les dimensions des vagues. — Le Washington Hydrographie Bureau a chargé une Commission de savants de mesurer les vagues de l'Atlantique. Il résulte de leurs travaux que la hauteur moyenne d’une vague est de 9“,30, chiffre que le mauvais temps porte à 13 mètres et même à 16 mètres. Pendant une forte tempête, la longueur d’une vague est de 160 à 200 mètres ; elle subsiste pendant dix à onze secondes. Mais la Commission a pu me-
- surer une vague longue de plus de 800 mètres, qui ne se résolut qu’au bout de vingt-trois secondes.
- La chasse du phoque. — On mande de Saint-Jean de Terre-Neuve que YEagle, le premier vapeur revenu des rookeries (régions fréquentées par les phoques), a rapporté 33000 peaux de ces animaux ; huit autres vapeurs ont capturé un total de 56000 phoques.
- Les fauves en Asie. — D’après une statistique que publie la secrétairerie d'Etat pour l’Inde, les tigres, pendant ces cinq dernières années, ont tué 4925 personnes dans les Indes Britanniques proprement dites; les loups ont fait 1996 victimes pendant le même laps de temps. Les lions n’ont causé là mort que de deux personnes; il est vrai qu’ils sont fort peu nombreux, désormais. Confinés exclusivement dans la vaste forêt de Gir, ils ne comptent guère plus de deux cents têtes. Leur chasse est réservée aux radjahs de la région, et il est formellement interdit aux indigènes, et même aux sportsmen européens, de les molester.
- Télégraphie sans fil. — Un ingénieur allemand, M. Biseau, a etîectué assez récemment des expériences de communication par télégraphie sans fil avec des trains en marche, et cela sur la ligne Teplitz-Ausspg. Les fils télégraphiques de la ligne formaiënt antennes de terre; et quoique les parafoudres des gares aient troublé les communications en introduisant des dérivations à la terre, l’expérimentateur estime qu’on peut arriver à des résultats très heureux en installant une ligne indépendante, comme antennes de terre.
- Protection du bois. — Il s’agit de protéger les poteaux, les charpentes, en général tous les bois mis en terre, et qui sont susceptibles de pourrir plus ou moins vite, en dépit du Irailement au feu ou au goudron. Notre confrère américain Machinery, recommande en pareil cas de faire porter le poteau sur un bloc de pierre brut et de le noyer dans du béton, son extrémité reposant sur la pierre; cela lui forme un revêtement protecteur absolument efficace.
- Constructions en béton. — On vient d’imaginer, pour les constructions en béton armé, une combinaison ingénieuse, connue sous le nom de système Habrich, où l’armature est constituée par des fers feuillards minces, mais larges, tordus en spirale et fermant des treillis. La torsion imprime un écrouissage plus complet qui relève étrangement la limite de résistance. De plus, les spirales empêchent le déplacement des fers dans le béton.
- Hauts fourneaux. — Les hauts fourneaux modernes ont une capacité de plus en plus grande et ils consomment en conséquence des masses formidables de matières premières. Aussi com uence-t-on couramment à recourir aux transporteurs à câbles, avec bennes basculantes, pour apporter coke, minerai, etc. Aux usines allemandes de Kneuttingen, par exemple, un transporteur de ce genre assure, par heure, le transport de 80 tonnes de minerai ou de 26 tonnes de coke.
- Usure des rails. — M. Wilkinson a signalé, dans Engineer, une usure curieuse de certains rails de chemins de fer, constatée dans l’Inde : au bout d’un certain temps, le rail présente une série de saillies sur la surface de roulement, espacées d’un demi-centimètre et haute de 1/10° de millimètre. Cela proviendrait d’une élasticité excessive du métal; sous l’influence des vibrations, il se produit des nœuds et des ventres, et les ventres s’usent plus vite au contact des roues.
- Dragages. — On emploie depuis un certain temps au Tonkin, pour le creusage des canaux d’irrigation, une drague à bras, comportant un transporteur de déblais, qui peut rendre de grands services. Avec un personnel de U coolies seulement, le rendement uotidien atteint 60 mètres cubes de déblais extraits à 2 mètres et éposés à 5 mètres.
- 22
- p.85 - vue 517/536
-
-
-
- 86
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES).
- Eaux d’égouts. — L’épandage des eaux d’égouts de Paris a donné maintes déconvenues : et ce qui le montre bien, c’est que, chaque jour, 15 pour 100 de ces eaux doivent être déversés dans la Seine; la proportion atteint même 35 pour 100 pendant certains mois. C’est sur quoi M. Vincey a insisté récemment devant la Société d’Agricullure, en ajoutant que bien souvent les eaux demeurent stagnantes dans les terrains de culture ou dans des terrains ad hoc.
- Botanique. — M. Hugo Zapalowicz signale dans la Revue critique de la flore de Gaticie un nouveau type de Corée spécial au district de Zydaczôw (Galicie) particulièrement remarquable en ce qu’il est un hybride des Carex pallescens et pilosa.
- Manne de guerre allemande. — Le cuirassé allemand
- Brawnschweig vient de faire ses essais : il a marché à 18,43 nœuds,, en développant plus de 11 500 chevaux.
- Travaux hydrauliques. — On vient d’effectuer, dans la rade-de Cork, un travail assez difficile : il s’agissait de poser, par une profondeur de plus de 25 mètres, une conduite métallique de 15 centimètres de diamètre intérieur et de 000 mètres de long.
- Gaz pauvre. — Notre confrère Scientific American publie une étude tendant à prouver qu’on aurait avantage, au point de vue économique, à installer sur les locomotives un gazogène pour la production du gaz pauvre, celui-ci alimentant un moteur tonnant qui actionnerait les roues motrices.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.J
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les nouveaux appareils Mesnager, basés sur le même principe que ceux décrits dans le n° 1662, du 1er avril 1905, p. 279, sont construits par M. J. Richard, rue Mélingue, à Paris. — Pour la machine à faite les joints des tuyaux, s’adresser à MM. Clark, W. llarrison et C°, 72, Feuchurchstreet, Londres E. C. — L’appareil « Photo-Ticket » se trouve chez M. Turillon, 125, boulevard Voltaire, à Paris. — Pour l’agrandisseur démontable GuiHon, s’adresser à M. Guillon, 8, rue de la Chaussée d’Antin, à Paris. — La lanterne deprojection portative est construite par MM. Kadiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Caivaire, à Paris.
- Communications. — M. Henri de Sevelinges, à Paris, architecte-expert, nous écrit : a 11 y a quelques années, un article de La Nature était consacré aux « arbres nains », et l’un d’entre eux n’avait pas été oublié : celui du fronton de l’Opéra — Entrée de l’administration. Le maître Ch. Garnier avait bien promis de le respecter! Mais il a vécu.... ils ont vécu.... En passant dernièrement, j’ai constaté la présence d’échafaudages et l’absence du petit arbre ! Sic transit.... Cette nouvelle n’étonnera personne, n’intéressera sans doute aussi personne, mais je n’ai pas résisté au désir de vous en faire part. »
- Renseignements. — M. J. de Werra, à Sion. — 1° La sac harine est un édulcorant, fréquemment employé par les diabétiques. Son emploi peut provoquer des troubles digestifs si l’on en prend plus que quelques centigrammes par jour; elle est toxique à doses peu élevées. — 2° En France, l’importation de la saccharine est prohibée, et la vente en est limitée aux usages thérapeutiques, pharmaceutiques, et à la fabrication de produits non alimentaires. Le commer- e de la saccharine a été réglementé par un décret spécial du 12 avril 1902. — 5° Vous pouvez consulter sur la saccharine divers articles parus dans La Nature : n® 695, du 25 septembre 1886, p. 270; n° 699, du 23 octobre 1886, p. 334; n° 757, du 3 décembre 1888, p. 1 : n° 794, du 18 août 1888, p. 182; n° 818, du 2 février 1880, p. 159.
- M. //. de Beaulieu, à Frougeray. —J0 Nous avons à l’étude un article sur la stérilisation des eaux par l’ozone, qui paraîtra prochainement. — 2° Vous trouverez des renseignements sur l’oxylithe dans l’article Oxygène en médecine et en chirurgie, paru dans La Nature, n° 1648, du 24 décembre 1904, p. 51.
- Un abonné. — 1° Nous ignorons de quel appareil vous voulez parler. — 2° Nous ne comprenons pas votre question. — 3° 11 existe en France et à l’étranger un grand nombre d’écoles de commerce, par exemple l’Ecole des Hautes Études commerciales, boulevard Malesherbes, à Paris. — 4° Vous pouvez employer la soude. — 5° Il existe de très nombreuses revues com-
- portant une partie critique, entre autres : Revue des Deux-Mondes, Mercurç de France, Revue universelle, Revue de Pans, Revue des Idées, Revue politique et littéraire, etc. — 6° Nous ne comprenons pas votre question. — 7° Adressez-vous à un cordonnier. •— 8* Les machines à agglomérer sont employées, par exemple, dans la fabrication des briquettes de charbon. — 9° Veuillez consulter les Recettes et Procédés-utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 10° Nous ne trouvons pas l’échantillon que vous annoncez. — 11° Le sulfure de carbone a sur l’organisme une action néfaste, provoquant une intoxication lente qui conduit à un état anémique accentué, avec dépression du syslème nerveux.
- M. Moreau, ù Podensac. — 1° Nous ne trouvons pas l’article dont vous nous parlez. — 2° Vous pouvez consulter sur les cerfs-volants les différents articles indiqués dans la Boite aux lett es, du n° 1651, du 14 janvier 1905.
- M. G. Clément, à Apt. — Veuillez vous adresser à M. le directeur du laboratoire de botanique de la Faculté des sciences, à Caen.
- M. R. Gaillard, à Urbillac. — H nous est impossible de vous fournir un renseignement de la nature de celui que vous-nous demandez. Tous nos regrets.
- M. G. Bivor, à Tambarava. — Le tachéographe Schrader se trouve chez M. Carpentier, 20, rue Delambre, à Paris.
- M. Guigna, à Paris. — Nous ne voyons pas quelle explication donner du fait que vous nous signalez : il peut se faire-qu’il faille tenir compte d’accidents, comme une épidémie locale.
- MM. Tavares Proença, à Castello Branco et Laugier, à Paris. — Les renseignements publiés sur le turbinage dans la fabrication des huiles d’olive, décrit dans La Nature, n° 1660r du 18 mars 1905, page 254, sont encore très sommaires,, mais la méthode semble sérieusement étudiée : l’oflice du gouvernement général de l’Algérie, 5, galerie d’Orléans, au Palais-Royal, à Paris, pourra vous renseigner plus complètement.
- M. O. L. M., à V. — La fabrication des vins par diffusion, décrite dans le n° 1661, du 25 mars 1905, page 2o7, est un procédé non breveté; vous pouvez consulter M. E. Dehau, viticulteur, a Poussait (Hérault).
- M. Maréchal, à Epernav. — 1° Pour l’éclairage au Jusol, adressez-vous à M. Denayrouze, 24, rue Bayen, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas le procédé dont vous nous parlez ; peut-être obtiendriez-vous le renseignement d’un bijoutier. — 3° Il existe de nombreux recueils de fossiles caractéristiques, entre autres : Paléontologie française de d’Orbigny, ouvrage excellent en plusieurs volumes très complet, mais qui ne se trouve plus que d’occasion ; Paléontologie, publiée par les fils d’Emile Deyrolle, 46, rue du Bac, à Paris, est suffisant pour des déterminations d’amateurs et assez complet, 1 vol., à 6 francs.
- M. L. Russac, à Villeneuve-sur-Lot. — La question que vous nous posez n’est pas de noire compétence : adressez-vous au Touring-Club de France, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- M. J. Gaclhals, à Seraing. — Le bouquin photographique est en vente chez M. Léon Bloch, 1, avenue de la République, à Paris, qui vous donnera les renseignements que vous désirez.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Lutz," à Paris. Veuillez consulter le livre de Recettes et procédés utiles, lr®, 2®, 4®, 5® séries, à la librairie Masson et C1®, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — Une lectrice de « La Nature ». Voyez le même ouvrage. lr® série, à la même libiairic. «— M. H. de Beau-lieu, à Paris. Consultez le même ouvrage, même série. — M. G. Lumbroso, à Baril Consultez le même ouvrage, même librairie, lr® et 4® série®. — M. de Sevelinges, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la • Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes Us questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de [a livraison.
- p.86 - vue 518/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 87
- PETITES MENTIONS1
- Un nouveau phonographe. —i Nous avons fait connaître dans le n° J 588 du 31 octobre 191)3, p. 351, un phonographe original, simple, en métal, et d’une construction élémentaire. Cet appareil, du prix de 3rr,9<>, donnait de très bons résultats; les disques étaient eu cire ou en choiolat. L’appareil
- Sue nous décrivons aujourd hui est le phonographe primitif ont nous avons parlé, mais avec toutes les modifications que l’expérience a suggérées depuis. Le mouvement d’horlogerie est placé dans une boite en bois qui forme un appui solide, et qui constitue en meme temps une boîte de résonance facilitant l’audition. Sur Jes côtés de cette boîte sont établis deux leviers, dont l’un commande la mise en marche et le deuxième le frein accélérateur. Sur la boîte, commandé par le mouvement d’horlogerie, est un disque tournant, couveit de drap
- Un nouveau phonographe.
- vert, et portant au centre une couronne en cuivre dans laquelle on passe l’ouverture des disques j allants. Dans un coin de la boîte est fixé un bras supj oit dest né à recevoir le pavillon.Le diaphragme qui transmet toutes les vjbralions est loimé d’une lame de mica. Sur celle-ci sont 1 xées en rond des peliles tiges de cuivre qui se relient entre elles pour supporter une petite masse de verre qui se termine par une pointe bien foimée et d'une certaine épaisseur. Les disques sont en ébonite, et sont déjà établis pour une série de chansonnettes et de morceaux d’orchestre. On est véritablement surpris des résiliais fournis par ce nouveau modèle de phonogiaj be. — Le nouveau phonographe se trouve chez M. E. Kralz-Boussac, 14, rue Martel, à Caris.
- HYGIÈNE ET SYNTÉ
- Éruption par les primevères.
- La primevère est une jolie plante vivace qui croît partout dans les prairies, les lois, et qu’on cultive dans les jardins où elle produit plusieurs variétés à fleurs violetUs, mauves, blanches, etc. La primevèie con mime, vulgairement connue sous le nom de coucou, d’oreille d’oui s, la primula officinaiis est la variété la plus répandue; parmi les variétés de culture se trouvent la j.rinwla senensis ou primevère de Chine, la primula obconica et la ptimula cortusoides, originaire de Sibérie.
- De toutes ces variétés, aucune n’a d’application thérapeutique; on a quelquefois unployé les fleuis au coucou m infusion, comme calmant et antispasmodique, mais je doute que eet usage soit lépandu. Le rhmme a une odeur légèrement anisée et une saveur amère. Eh bien! cette jolie petite fleur est cause quelquefois rt’accidents. On a signalé, et le Dr Du-breuilh, de Bordeaux, en a réuni un certain nombre de cas, des éruptions qui ne pouvaient avoir et n’avaient d’aulre origine que le contact de la primevère. 11 faut, disons-le, avoir la peau un peu susceptible; sans cela combien de cas de dermatite n’aurait-on pas à enregistrer. Ce s< nt des personnes qui s'amusent à cultiver ces fleurs, qui les manient souvent, qui se voient atteintes d’une démangeaison vive, suivie d’une éruption vésiculeuse absolument analogue à un eczéma aigu, ou à un érysipèle. L’éruption siège en général à la faee et aux mains, les mains portant à la figure la cause du prurit et de la dermatite.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- M. Dubreuilh cite l’observation d’un amateur de jardinage qui, tous les ans au printemps, avait une éruption due au contact de la primevère. Dans un autre cas, c’est une dame qui chaque année recevait pour sa fête un pot de primevères qu’elle-cultivait jusqu’au printemps, moment où on mettait les pnts au jardin. Pendant tout l’hiver, elle avait une sorte d’eczéma des mains et de la face. Encore le cas d’une dame qui avait porté sur la poitrine un bouquet de primevères obconica et qui eut une éruption sur une partie du corps. C’est cette variété, la primula obconica, qui est le plus souvent la cause des accidents.
- La plante est couverte de petits poils à sécrétion visqueuse; c’est cette sécrétion qui détermine l’irritation. Avis aux peaux trop délicates; regardez les primevères, mais n’y touchez pas.
- Le képhir.
- Dans les montagnes du Caucase, dans les régions qui y confinent, les habitants préparent depuis bien des années avec le lait de vache une boisson fermentée et à laquelle ils donnent le nom de képhir, kéfir. La préparation en est des plus élémentaires; le lait de vache ou à défaut le lait d’autres animaux est versé dans une outre de peau de chèvre; on v ajoute un petit fragment d’une matière dure que les montagnards dénomment la graine ou la semence de képhir et en quelques heures la fermentation s’établit. D’après la durée de la fermentation, la boisson est plus ou moins forte; après un jour c’est le képhir faible; après quarante-huit heures, c’est le képhir moyen; le képhir fort ou n° 3 est obtenu après deux et trois jours de fermentation.
- Longtemps, la nature du ferment est restée inconnue ; on doit à Kern, qui en avait recueilli dans ses voyages en 1881, une anaijse qu’il a communiquée à la Société des naturalistes de Moscou. On trouve dans cette graine de képhir une grosse bactérie qui émet une spore volumineuse à ses deux extrémités, la dispora caucasica et en plus la levure connue, le saccharomyces cerevisiæ.
- Ces éléments déteiminent une double fermentation, l’une portant sur la partie sucrée du lait et donnant naissance à de l’acide lactique, de l’acide carbonique et de l’alcool, l’autre sur les matières albuminoïdes et la caséine, produisant des peptones. La boisson qu’on retire de celle fermentation est un liquide blanc, b-gèrement acidulé quand il est faible (n° 1) avec un arrière-goût de petit-lait. C’est une pré| aration qui se rappioche par certains côtés du koumys qui fut, il y a quelque trente ans, très à la mode comme aliment pour les tuberculeux et les débilités de tous genres. Il en a, en effet, toutes les propriétés, mais il a cet avantage c’est quelle bon koumys doit être préparé, à la mode Tartai e, c’est-à-dire avec du lait de jument; celui qu’on a fait avec le lait de vache est moins bon ; la caséine n’y est pas aussi parfaitement assimilable. Le képhir se prépare avec le lait de vache, mais il en diffère, tout en contenant les parties essentielles, en ce sens que c’est déjà un lait en partie digéré. Il contient plus d’acide lactique que le koumys, mais moins d’alcool et d’acide carbonique.
- D'aliment pour les peuplades dû Caucase, le képhir est devenu un médicament. Introduit par les médecins russes comme agent thérapeutique il a conquis droit de cité et son usage tend à se répandre comme agent réconfortant des malades. Il ne saurait en effet, au point de vue purement alimentaire, être substitué au Jait frais et naturel. Mais dans les troubles digestifs, chez les tuberculeux, il agit d’une façon merveilleme, alors même que le lait n’est pas toléré, pour réparer les forces. 11 faut cependant tenir grand compte de l’état des voies digestives et ne pas l’administrer à tort et à travers. Les dyspeptiques, les tuberculeux, les anémiques à hvperaci-dité stomacale doivent s’en abstenir : dans rbjpoacidilé, ce qu’on appelle maintenant les hypopepliques, le képhir sera bien supporté. Il a de plus Davantage de modifier les feimen-tations intestinales et de diminuer chez les convalescents ou les malades déjà déprimés les intoxications qui en résultent.
- La marétine.
- La marétine est un nouvel agent antipyrétique, conseillé depuis quelque temps, et qui semble avoir une action encore supérieure à celle au pyramidon, surtout dans la fièvre des tuberculeux. Chimiquement, c’est le salyl-hydrazide de l’acide carbominique, joli sel en cristaux blancs, sans saveur et piu soluble dans l’eau, à 1 pour mille, à la température ordinaire d’appariement* La dose de un gramme n’est pas toxique poulies petits animaux. Aussi Kaupe, le promoteur de ce médicament, l’a-t-il administré à la dose de cinquante centigrammes. L’action du sel se prolonge, à cette dose, près de 24 heures,
- p.87 - vue 519/536
-
-
-
- 88
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- alors qu’une dose similaire de pyramidon n’abaisse pas la température autant et surtout aussi longtemps. Mais ces produits sont en général, à la longue, assez mal tolérés.
- Accidents oculaires par les teintures de cheveux»
- J’ai signalé à plusieurs reprises les accidents, quelquefois graves, toujours ennuyeux, causés par certains produits destinés ;i modifier la couleur des cheveux. L’eau oxygénée les décolore, les blanchit ; elle altère le poil et en amène à la longue la diminution de croissance et la chute; mais, en général, elle n’a rien de nocif. Les couleurs tinctoriales à base d’aniline ont donné maintes fois naissance à des dermatoses intenses et rebelles, s’étendant du cuir chevelu à une partie du visage.
- I n dérivé de l’aniline, entre autres, a été signalé comme vraiment dangereux, c’est le paraphénylènediamine ; nos lecteurs
- se rappelleront ce nom à l’occasion des empoisonnements par les chaussettes teintes, où les accidents ont pris des formes graves, vomissements, lipothymies, paralysies des membres, sans compter des eczémas ou dermatites impétigineuses tenaces.
- four en revenir aux teintures capillaires, le Dr Berger vient de noter un accident jusqu’ici inconnu, ce sont des troubles de la vision qui ne pouvaient être attribués à aucune autre cause qu’à l’emploi a’une teinture achetée chez un coiffeur et dont la matière colorante était à base d’aniline. La malade, jeune et de bonne santé, avait des troubles de la vision de l’œil gauche, et l’examen lit reconnaître un scotome central. Comme elle se plaignait en même temps de maux de tète, l’auteur pensa à une intoxication par ce mélange tinctorial, et, de fait, la suppression de la teinturé amena en quelques jours la disparition de tous les accidents. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaüx (Parc Saint-Maur, altitude 50",301. — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 17 avril . . . 8°,i N. W. 1. Couvert.
- Mardi 18 6»,2 N. E. 3 Très nuageux.
- Mercredi 19 3°,9 N. N. E. 2. Couvert.
- Jeudi 20 5®,2 N. N. E. 2. Beau.
- Vendredi 21 4®,3 N. N. E. 4. Beau.
- Samedi 22 5®,1 N. 4. Couvert.
- Dimanche 25 2®,9 S. S. VV. 2. Nuageux.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 0,5 Quelques éclaircies ; pluie le soir.
- 0,3 Très nuag. le matin ; nuag. le soir ; pluie à 0 h. 35 et à 15 heures.
- • » Gelée bl. ; très nuageux.
- P Gelée bl. ; peu nuag. ; halo à 13 b.
- 0,0 Rosée ; peu nuag. le matin ; très nuag. le soir ; pluvieux à 21 h.
- » Très nuageux.
- 0,2 Gelée bl. ; un peu de pluie et grêle à 12 h. 30.
- AVRIL 1905. -- SEMAINE DD LUNDI 17 AD DIMANCHE 23 AVRIL 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri d boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- ' CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. — Le temps a etc très variable et très pluvieux dans la semaine du 17 au 23 avril 1903. Le 17 avril, un vent violent du Nord-Ouest a soufflé sur les côtes de la Provence et du golfe du Lion. On a recueillil3mm d’eau à Marseille, 11 à Biarritz, 6 à Belfort, 4 à Boulogne. La température était, le matin, K® à Paris, 9° à Toulouse, 0° au Puy de Dôme.
- — 2® au mont Ventoux, —O® au pic du Midi. Le 18 avril, les pluies ont été abondantes eu France; il est tombé 50 mm d’eau à Toulouse, 17 mm à Biarritz, 1 mm à Besancon, 1 mm à Paris. Le thermomètre marquait 4° h Belfort. 6° à Paris, 6° à Nantes, — 1° au mont Aigoual, — 9° au pic du Midi. Le 19 avril, la pression barométrique était supérieure à 770 mm sur le Nord de l’Europe et dans les parages des Açores. La tempéralure n’était pas très élevée ; elle atteignait le matin 4° à Paris, 4° à Belfort, 8° à Toulouse,
- — 1° au Puy de Dôme, —2° au mont Ventoux, —8° au Pic du Midi. Il a plu à Cherbourg (3, mm), à Brest (2 mm), à Clermont (2 mm) et à Riarritz (2 mm). Dans la matinée, le ciel ést resté couvert, des vents ont soufllé du Nord-Est, avec une vitesse modérée, depuis le sol jusque vers 2001) mètres de hauteur. A Mende, la neige est tombée avec abondance toute la nuit du 19 au 20 avril, sur la région montagneuse de la haute Lozère Le froid a fait une victime : un berger a succombé à une congestion. Lé 20 avril, 4e baromètre marquait 750 mm à Marseille. Un vent fort soufflait du Sud en Provence ; il soufflait du
- Nord-Ouest sur les côtes du Languedoc. Les pluies ont encore été abondantes ; il est tombé au cap Bear 38 mm d’eau, à Toulouse 28 mm, à Aoche-fort 8 mm. à Nice 7 mm, au Havre 1 mm. La température, le matin, était
- — 4° à Belfort, 5° à Dunkerque, 5° à Paris, 7° à Toulouse, — 5° au mont Mounier, — 12° au pic du Midi. Dans la région parisienne, la gelée blanche a été générale. La neige e>t tombée à Morlaix, dans les montagnes d’Arrce, ainsi qu’à l’Est d’Oyonnax, dans les montagnes du Jura. Le 21 avriL les; pluies ont été abondantes dans le Midi ; il est tombé 46 mm d’eau à Nice, 23 mm à Bordeaux, 15 mm à Biarritz, 11 mm à Clermont, 11 mm à Nancy. Là température s’est abaissée : on notait le matin 4° à Paris, 4® à Clermont, 6° à Toulouse, — 5® au mont Ventoux, —10® au Pic du Midi. Le temps a été froid à Paris ; la température maxima était 6° à 1“ 30" du soir, et la température minima 1® à 5 heures du matin. Le 22 avril, les basses pressions ont persisté sur le Nord et le Centre du continent. Il a plu à Belfort (8 mm), à Toulouse (8 mm), à Clermont (5 mm), A Boulogne (3 mm). La température est restée basse : 4® à Clermont, 5® à Paris, 6® à Toulouse, — 7° au mont. Mounier, —11° au Pic du Midi. La neige est tombée dans les montagnes de l’Ardèche, à Remiremont, ainsi que sur les montagnes et dans les vallées des Pyrénées, dans tout l’arrondissement d’Oloron et dans le pays basque. Le 23 avril, on a signalé quelques averses; dans le Nord. La température étàît encore basse ; on notait le matin 3® à Paris, 4° à Nantes, 9® à Perpignan,
- — 4° au Puy de Dôme. ’ .
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 19 à 1 h. 47 m. du soir.
- p.88 - vue 520/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Samt-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C,e,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe). f
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1667 (6 mai 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Congrès des Sociétés savantes. — Le Congrès des Sociétés savantes a tenu, cette année, ses assises à Alger, sous la présidence de M. Héron de Villefosse, membre de l’Institut, président de la section d’archéologie du comité des travaux historiques et scientifiques, et de la commission archéologique de l’Afrique du Nord. La séance de clôture du congrès, le 26 avril, a été présidée par M. Bienvenu-Martin, ministre de l’instruction publique.
- Exposition de Liège. — L’inauguration de l’Exposition internationale de Liège a eu lieu le 27 avril, dans i’aprés-midi, à 2» 30. Le prince et la princesse Albert y assistaient ainsi que cinq ministres.
- Nécrologie. — M. le baron Thénard est décédé récemment à Paris; il était le petit-fils du célèbre chimiste et le fils de M. Paul Thénard, membre de l’Institut, dont on connaît les travaux en chimie a°Ticole. Il s’était lui-même consacré'aux études viticoles, et était venu puissamment en aide aux agriculteurs en Bourgogne, pour la reconstitution de leurs vignobles.
- Archéologie. — Dans un terrain vague situé entre Mende et Châteauneuf (Lozère), un paysan, M. Maurin, a découvert une vieille ruine d’habitation qui semble une construction romaine. Sous le dallage du rez-de-chaussée, il a trouvé une boîte en argent qui contient une collection de monnaies curieuses et précieuses, remontant au me siècle.
- Sismologie. — Un phénomène sismique notable vient de sc produire en France. Dans la nuit du 28 au 29 avril, à 2 heures du matin, des secousses de tremblement de terre, d’une durée de 2 à 3 secondes, ont été ressenties dans la région de l’Est et du Sud-Est du Puy à Belfort, au Puy, à Roanne, à Rive-de-Gier, à Chambéry, Bonn'ville, Valence, Lyon, Mâcon, Chalon-sur-Saône, Bourg-en-Bresse, Nantua, Oyonnax, Gex, Saint-Claude, Pontarlier. Belfort. Les mêmes secousses ont eu lieu dans une grande partie de la Suisse et surtout dans le Valais. Il n’y a pas eu de grands accidents; mais les maisons ont été endommagées en plusieurs endroits. On a également ressenti quelques secousses en Italie, à Turin, à Domo d’Ossola, à Pavie, à Padoue, à Ferrare, à Modène, à Florence, à Ischia. Quelques incidents ont eu lieu : à Argentières, près de Chamonix, une source importante a jailli et est venue grossir l’Arve. Aux environs de Chamonix, la route nationale a été fendue sur une longueur de 500 mètres.
- Le mécanicien à gauche. — Dans les locomotives à grande vitesse que la Compagnie du chemin de fer du Nord construit, M. du Bousquet, ingénieur en chef, a placé le mécanicien à gauche sur la locomotive au lieu de le laisser à droite à la place qu’il occupait iusqu’ici. Il n’y a là qu’une commodité de fonctionnement. Placé à gauche, le mécanicien se trouve mieux à la portée des agents dans les gares, et il se trouve aussi du côté des signaux, lesquels, depuis l’origine des chemins de fer et en raison de la disposition respective des voies « montante et descendante »,se trouvent tous placés à sa gauche.
- Marine. — Le Léon-Gambetta a effectué récemment sur les bases de Douarnenez, en présence d’une Commission présidée par le contre-amiral Philibert, un essai officiel de machine d’une durée de trois heures, à tirage forcé et à toute puissance. Les résultats ont été les suivants : vitesse, 23 nœuds 10 et puissance 29008 chevaux, la vitesse et la puissance prévues au marché étaient de 22 nœuds et de 27 500 chevaux. La combustion aux générateurs n’a pas dépassé 176 kilogrammes par mètre carré de grill--. La puisfsanoe maxima atteinte au cours de l’essai a été de 30500 chevaux. Ces résultats sont très satisfaisants.
- Travaux sous-marins. — On emploie en ce moment aux travaux du port de Saint-Nazaire, une dérocheuse système Lcbnitz
- qui rend de grands services pour approfondir un des bassins. C’est comme une sonnette d’enfoncement de pilotis, montée entre deux pontons, et qui permet de frapper le roc à coups répétés, au moyen de pilons en acier pesant 12 tonnes; la pointe de ces pilons est armée d’un sabot en acier chromé, affectant la forme d’un obus, et qu’on peut facilement remplacer. L’appareil donne une centaine de coups à l’heure, avec une chute de 2 à 3 mètres. Dix coups suffisent pour un dérochement de près de 1 mètre dans le gneiss; il en faut jusqu’à 140 dans le granit.
- Chemin de fer en Chine. — Le 26 avril, on a inauguré officiellement le commencement des travaux du chemin de fer de Pékin à Nankin. Les trains doivent circuler l’année prochaine sur une partie de la ligne.
- Immigration japonaise aux États-Unis. — Les Japonais immigrent en quantité aux Etats-Unis; on en compte 150000 a San Francisco Ces Japonais viennent en général aux Etats-Unis pour y profiter des avantages éducatifs. Généralement sans ressources, ils s’engagent comme domestiques par l’intermédiaire de bureaux de placement, mais ils demandent que quelques heures leur soient accordées chaque jour pour leur permettre de suivre les leçons des écoles publiques. Ils font donc leur service le matin, se rendent à l’école 1 après-midi, reviennent pour le dîner et retrouvent leur liberté dans la soirée; après un séjour de dix mois environ passés dans ces conditions aux Etats-Unis, ils s’en retournent dans leur pays.
- Importations de caoutchouc. — D’après la feuille de renseignements de l'Office colonial, les consommations de caoutchouc augmentent toujours progressivement dans les divers pays. En 1896, cette consommation était de 39 millions et demi de kilogrammes. En 1903, elle a été de près de 65 millions. Liverpool 18 millions, Hambourg 7 550000 kg, Anvers 7 725 000, le Havre 5200000, Londres 1 356000 et Bordeaux, marché de création toute récente 1113 000.
- L’électricité dans les tissages. — On va introduire l’électricité, en Espagne, dans un puissant établissement de tissage, et aussi de filature, qui se trouve à Malaga, et appartient au marquis de Larios. On y abandonne complètement les transmissions par courroies et poulies que commandait une station à vapeur, et l’on va recevoir le courant d’une station hydroélectrique installée dans les gorges du Chorro. Ce courant mettra en mouvement une série de moteurs petits et grands représentant ensemble 2500 chevaux.
- Les briquettes de charbon à la mélasse. — Quoique cela puisse sembler bizarre au premier abord, on emploie avec succès la mélasse comme agglomérant du poussier de charbon, pour la fabrication des briquettes. Ce sont des mélasses brutes qu’on utilise, dans la proportion de 1 à 1,5 pour 100 dans de l’eau chaude. On ajoute un peu d’huile de lin pour combattre la tendance à prendre l’humidité qu’ont les briquettes ainsi préparées.
- Battage des pilotis. — Dans des travaux exécutés dernièrement pour la construction d'un pont à Boston, on a employé une glissière en acier plongeant obliquement dans l’eau, et permettant de battre des pieux inclinés, suivant la direction exactement voulue. Cette glissière est formée d’un treillis rectangulaire, et présente une ouverture supérieure en trémie, chargée de guider le mouton qui doit venir frapper la tête du pilotis.
- Chemin de fer Transcaspien. — Le sable est un ennemi redoutable dans l’exploitation du chemin de fer transcaspien (qui s'appelle maintenant officiellement Transasiatique); des tempêtes de sable viennent parfois ensevelir la voie et même la détruire sur des kilomètres. Pour remédier à ce danger, on ne recourt pas seulement aux plantations de tamaris, aux semis d'avoine sauvage ; en revêt aussi en argile les terrassements de la voie et les surfaces avoisinantes.
- 25
- p.89 - vue 521/536
-
-
-
- 00
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Un tunnel sous l’Océan. — L’Ile du Prince-Edouard, située dans le Golfe du Saint-Laurent, est séparée des rivages de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick par le détroit de Nor-thumberland. Les habitants sollicitent du gouvernement canadien une subvention pour relier leur territoire au continent américain à l’aide d’un tunnel dont la construction coûterait cinquante millions de francs.
- Croiseurs anglais à 25 nœuds. — Pour expliquer semblable allure, disons qu’il s’agit de croiseurs essentiellement légers, destinés surtout à donner la chasse aux torpilleurs et contre-torpilleurs ; ils fuiraient devant tout ennemi puissamment armé au point de vue offensif ou défensif. La Marine anglaise va posséder
- bientôt huit de ces croiseurs. Le prototype en est le Sentinel, qui a une longueur de 109,72 mètres pour une largeur de 12,20 : son déplacement est de 2920 tonnes, et sa puissance motrice atteint 17' 500 chevaux; il a donné aux essais 25,24 nœuds. Son approvisionnement en combustible est seulement de 150 tonneaux. Quant à son armement, il comporte 10 canons de 76 millimètres et 8 canons de 3 livres, plus 2 tubes lance-torpilles.
- Traverses de chemins de fer. — Au contraire de ce qu’on a dit parfois, il paraît, d’après M. Hausser, que le fait de laisser à découvert la surface supérieure de la traverse ne diminue nullement la durée de conservation du bois, tout en permettant d’apercevoir les défectuosités dès qu’elles commencent de se manifester.
- Avis*. — En présence du nombre de lettres toujours croissait que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que qous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans l’article Le Coendou velu, publié dans le n° 1666, du 29 avril 1905, page 337, dans tout l’article, au lieu de : coendon, il faut coendou; page 338, colonne I, lignes 7 et 15, au lieu de : Synetheses, il faut : Synetheres; même page, même colonne, ligne 8 du bas, au lieu de : Max de Wied-Nennrid, il faut : Max de Wied-Neuwied ; même page, même colonne, ligne 7, au lieu de : Renggar, il faut : Rengger; même page, colonne II, ligne 7 à partir du bas, au lieu de : coniy, il faut : couiy.
- Communications. — M. J. W. Pouiell, directeur du bureau d’ethnologie américaine de la Smithsonian institution nous fait parvenir les rapports annuels concernant les travaux effectués par le bureau de 1899 à 1901. Chaque année comprend une série de rapports sur les services d’estbétologie, de technologie, de sociologie, de philologie, de sophiologie et d’ethnologie descriptive. A ces rapports sont joints des mémoires originaux du plus haut intérêt, entre autres une étude sur le Hako, cérémonie religieuse des Indiens Pawnees, donnant in extenso les chants liturgiques,, et accompagnée d’illustrations très curieuses ; une étude sur l’art et les artistes de la tribu des Hopi, dont l’intérêt est rendu considérable par la reproduction de dessins et de peintures, formant un ensemble de 65 planches en couleurs ; une étude sur les Cosmo-logies iroquoises comprenant un recueil très complet de poèmes liturgiques ou guerriers accompagnés de traductions en anglais.
- Renseignements. — M. Barré, à Orléans. — Vous enlèverez aisément les végétations qui couvrent la pierre de taille au moyen d’une solution étendue d’acide chlorhydrique; ayez soin de laver à grande eau après l’opération.
- M. Belicaud, à Paris. — Pour l’aconit, consultez La Nature, n° 1566, du 30 mai 1903, page 410.
- M. IL. Z., à Bruxelles. — Veuillez consulter le Traité de géologie, de M. de Lapparent où vous trouverez la liste des terrains avec les fossiles caractéristiques.
- M. Métenier, à Trélar. — Pour les instruments d’astronomie, adressez-vous à M. Mailhat, 41, boulevard Saint-Jacques, à Paris.
- M. H. Weiss, à Strasbourg. — La machine magnéto Eise-mann se trouve 6, place de la Madeleine, à Paris, ainsi qu’il a été indiqué en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1665, du 22 avril 1905.
- M. L. Kien, à Vincey. — 1° Vous pouvez consulter l’ouvrage suivant : Petits procédés à l’usage du bâtiment, par Jean Fugairon, à la librairie H. Desforges, 39, quai desGrands-Augustins, à Paris. — 2° Vous obtiendrez un bon résultat par divers procédés : appliquer des lattes minces contre le mur humide, clouer de la toile par-dessus et enfin coller le papier
- de tenture sur la toile; passer un enduit composé de cire jaune, 100 grammes, essence de térébenthine, 4 kilogrammes; cet enduit est appliqué au pinceau sur le mur préalablement chauffé et doit pénétrer d’environ 1 centimètre et demi dans l’épaisseur du mur.
- M. A. Carvalhal, à Lisbonne. — Pour l’appareil photographique Murers’s Express, adressez-vous à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Boux, à Marseille. — L’éclairage au lusol pourrait parfaitement remplacer l’éclairage électrique dans les serres et jardins d’hiver.
- M. Terrillon, à Caen. — La maison Maurel et fils, 33, rue Vivienne, pourra vous fournir les tissus imperméables que vous recherchez.
- M. Luis Amaros, à Bourg-d’Oisans. — On peut reconnaître facilement les falsifications du sulfate de cuivre par l’ammoniaque. Voyez Becettes et Procédés utiles, 5' série, à la librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M, L. Barbieu, au Havre. — Pour la sténophile, décrite dans le n° 1661, du 25 mars 1905, page 257, adressez-vous à M. Ch: Bivort, 35, rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris, ainsi qu’il a été indiqué en tête de la Boîte aux Lettres du même numéro.
- M. Paul Loubière, à Oloron. — L’auteur de l’article sur la « destruction des oiseaux nuisibles » (La Nature, n° 1595, du 19 décembre 1903, page47), estM. A.-L. Clément, 34,rue Lacépède, à Paris.
- M. Paturel, à Cluny. — Nous pensons que vous voulez parler de l’article 4 Fabrication industrielle de la caséine » paru dans La Nature, n° 1560, du 18 avril 1903, page 306; l’auteur, M. Labbé, reste à Paris, 50, rue du Luxembourg.
- M. J. Janin, à Marseille. — Nous ne saurions vous donner ici le renseignement demandé qui serait beaucoup trop long. Vous trouverez les procédés à employer pour le bronzage des canons de fusils, etc., dans le livre Becettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C“, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, et tous les détails techniques dans 500 procédés modernes (horlogerie, orfèvrerie, etc.), à la librairie. C. Robbe, 209, rue Léon-Gambetta, à Lille.
- M. Gust. Fischbach, à Strasbourg. — Vous consulterez avec fruit les ouvrages suivants : Formules et recettes photographiques, par G.-H. Niewenglowski, à la librairie II. Desforges, 39, quai des firands-Augustins, à Paris; Traité élémentaire de photographie pratique, par le même auteur, librairie Garnier frères, 6, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. P. Berges, à Toulouse. — 1° Pour reproduire une gravure, versez du soufre fondu sur l’exemplaire de façon à obtenir un gâteau de soufre sur lequel la gravure est collée : il suffit de laver à l’eau pour décoller le papier et l’on a une plaque de soufre portant la reproduction très solide de l’image ;• bien entendu la gravure, qui a servi à faire l’opération, est sacrifiée. — 2° 11 existe dans le commerce d’excellents fixatifs pour le crayon, le fusain, l’aquarelle, etc. Adressez-vous chez un marchand de couleurs en demandant des produits de la maison Lefranc, de Paris.
- M. Antonio José da Silva, k Bahia. — Pour le fusil Clair, décrit dans La Nature (n° 1273 du 23 octobre 1897, page 524), adressez-vous à M. Guinard, 8, avenue de l’Opéra, à Paris; pour le pistolet Borchardt, à M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris. Ces adresses ont été indiquées en tête de la Boîte aux Lettres du numéro susdit.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Chabcrt, à Anor. Nous ne décrivons jamais d’appareil n'ayant pas donné de sérieux résultats à l’expérience. Tous nos regrets. — M. A. Man-tegna, à Parme. Consultez le livre de Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et C,e, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. H. Dupré, à Laon. Voyez le même ouvrage, 2" série, même librairie.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.90 - vue 522/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 91
- PETITES INTENTIONS1
- Tirelire coffre-fort. — La tirelire coffre-fort que représente notre figure est une véritable caisse; à droite se trouve la porte de devant avec un disque mobile autour d’an point central et présentant à certains moments les ouvertures pour glisser les pièces; à gauche est la vue intérieure avec le détail du mécanisme. Pour faire entrer dans- la caisse les sommes que l’on veut économiser; sous, pièces de 1, 2, 5, 10 ou 20 francs comme les billets de banque soigneusement pliés pour les réduire au volume de l’ouverture, on tourne à droite le disque commandé par le bouton nickelé placé sur la façade jusqu’à ce que la fente d’entrée paraisse ouverte. On y introduit la pièce ou le billet et on tourne en arrière, e’est-à-
- Vue intérieure. Porte de devant.
- Tirelire mystérieuse.
- dire à gauche jusqu’à l’arrêt du bouton nickelé. Par ces manipulations, la pièce se trouve transportée à l’intérieur, d’où une combinaison de griffes l’empêche de sortir par le même i chemin qu’elle est entrée. Le moyen de fermer et d’ouvrir cette tirelire est simple et ingénieux ; il est dû à un inventeur américain. Une armature en fer doux, commandée par un jeu de ressorts d’une certaine sensibilité, retient le crochet du fond de la caisse formant trappe à charnières. Les têtes des tiges qui forment l’armature dépassent les parois métalliques du dos qui leur servent de guide. En approchant à l'extérieur un simple aimant, dont la force d’attraction est calculée, des têtes des tiges qui viennent à fleur des parois et en tirant doucement, ces tiges sortent de leur logement en comprimant les ressorts et provoquent ainsi le déclenchement du crochet de retenue de la trappe. Par son poids la trappe s’ouvre alors toute seule et laisse tomber le contenu de la caisse. — Le dépôt en France de la tirelire coffre-fort est chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le fraisage. L'outil à fraiser, les machines à fraiser, l'affûtage, far Emile Juktiie et Otto Mietzschke,ingénieurs; traduction française, d’après la seconde édition allemande, par M. Varinois, ingénieur des Arts et Manufactures. Paris. VTC Ch. Dünod, éditeur, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 15 francs; cartonné, 16fr,50.
- La télégraphie sans fil, par le professeur Domenico Mazotto, traduit de l’italien, par J.-A. Montpellier. Paris., V’e Ch. Dunod, éditeur, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 12fr,50; cartonné, 14 francs.
- Manuel pratique du monteur électricien, par J. Laffargue, ingénieur électricien, 8e édition. 1 vol. petit in-8, Bernard Tignol, éditeur. Paris, 1905. Prix : cartonné, 10 francs.
- Nous sommes heureux d’annoncer la huitième édition de ce Manuel que nos lecteurs connaissent depuis longtemps. Cette nouvelle édition renferme quelques données récentes sur des alternateurs ainsi que quelques modifications dans le texte.
- La Picardie et les régions voisines (Artois, Cambrésis, Beau-vaisis), par A. Demangeon, docteur ès lettres, chargé du cours de géographie à l’Université de Lille. Paris. A. Colin, éditeur, 1905. 1 vol. in-4°. Prix : 12 francs.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- L'ornementation florale des jardins, par Albert Malmené. Paris. Librairie horticole, 1905.1 vol. in-16. Prix : 2 francs.
- Cet ouvrage très pratique est une analyse raisonnée et très étudiée des diverses cempositions florales avec la notation précise de leurs effets. Les plantes sont classées suivant leur utilisation pratique et le texte est accompagné de plans et de photographies.
- Traité élémentaire de photographie pratique, par G.-II. Niewen-gloxvski, directeur de la revue la Photographie. Paris. Librairie Garnier, 1905.1 vol. in-18 broché. Prix : 5 francs.
- Aide-mémoire du forestier, par L. Parce, inspecteur des eaux et forêts. Besançon. Imprimerie et lithographie Jacquin, 1905. 1 vol. in-16. Prix : lfr,75.
- L'Amérique au Travail, par J.-F. Fraser. Traduit par M. Sa-ville. J. Dumoulin et B. Tignol, éditeurs. 1 vol. in-8°. Paris, 1905. Prix : 3fr,50.
- Livre amusant et intéressant qui en quelques pages, par une série d’anecdotes, nous donne une idée vraiment complète du peuple qui aime les grandes maisons, les rapides communications, qui a des procédés administratifs spéciaux, qui a des fabrications particulières, du.peuple qui cherche âne jamais perdre de temps.
- Agenda horticole, par L. Henry, 1905. Librairie horticole. Paris. 1 vol. in-12. Prix : 1 franc.
- Les plantes médicinales indigènes; leur utilisation dans la médecine populaire, par G. Gibault et J. Bonyssous. Librairie horticole. Paris, 1905. 1 vol. in-12. Prix ; 1 franc.
- Les peupliers, par J. Beaumont, horticulteur paysagiste. Paris. Librairie horticole, 1905. 1 vol. in-12. Prix : 1 franc.
- Les plantes alimentaires indigènes, par G. Gibault. Paris. Librairie horticole, 1904. 1 vol. in-12. Prix : 60 centimes.
- Les œillets, par S. Mottet, 2e édition. Paris. Librairie horticole, 1905. 1 vol in-16. Prix : 2fr,25.
- Ennemis et amis des arbres fruitiers, de la vigne et du rosier, par Célestin Duval. Paris. J.-B. Baillière et fils. Librairie horticole, éditeurs, 1905. 1 vol. in-16. Prix : 4 francs.*
- Observatoire de Zi-ka-weï. Calendrier-annuaire pour 1905. Chang-Hai, imprimerie de la Mission catholique, 1904.
- 1 vol. in-16. Prix : 1 dollar.
- La tuberculose et l'habitation urbaine, par Lucien Graux. Paris. Librairie Jules Rousset, 1905. 1 vol. in-8°, 26 pages. Prix : 1 franc.
- Le Mozambique, par Almada Negreiros. Paris. A Challamel, éditeur, 1904. 1 vol. in-16.
- Élude sur la contravention au vol, son iniquité, moyen de s’en défendre, nécessité d’un changement de législation, par E. Archdeacon. V” Ch. Dunod, éditeur! Paris. 1 brochure. Prix : 0fr,50.
- Les différents états des corps, par Jules Meyér. Deuxième partie. Luxembourg, 1903. Imprimerie de la Cour Victor Bück. 1 vol. in-8°. Prix : 3fr,50.
- Nouvelles idées sur la matière (Preuves expérimentales de l’immortalité de l’àme), par Léon Max. Paris, 1905. Jules Rousset, éditeur. 1 vol. in-18. Prix : 1 franc.
- La photographie au charbon simplifiée par L. Tranchant. Paris. Ch. Mendel, éditeur, 1905.1 vol. in-18. Prix: U,r,60.
- Automobiles. Vapeur. Pétrole. Électricité, par II. Rodier, ingénieur, constructeur. Paris, chez l’auteur, 64, rue de la Victoire, 1905. 1 vol. in-4°. Prix : 12 francs.-
- Carnet-agenda du forestier pour 1905. Besançon. Imprimerie et lithographie Jacquin. 1 vol in-16. Prix : 1 franc.
- I nuovi indirizzi e le promesse délia odierna antropologia, par Fabio Frassetto. Citta di Castello, chez S. Lapi, éditeur, 1905. Prix : trois lires.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour employer les colles et ciments. — Les colles, les ' ciments divers que l’on achète ou que l’on prépare soi -même pour réparer par exemple des objets de verre ou de porcelaine, ne donnent pas toujours de bons résultats, et cela provient ' fréquemment de ce qu’on ne les emploie pas convenablement. Il y a certaines règles générales à observer en la matière. Tout d’abord il faut bien être convaincu que la prise se fait d’autant mieux qu’il y a une plus faible épaisseur de ciment sur les morceaux qu’on veut joindre : on réussit souvent à
- p.91 - vue 523/536
-
-
-
- 92
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- chasser l’excès de matière qu’on aurait pu mettre en serrant ces morceaux énergiquement l’un contre l’autre. D’autre part les surfaces qu’il s’agit de réunir et, dans ce but, d’enduire de ciment, doivent être absolument propres, débarrassées de poussière, de toute graisse ou saleté qui pourrait les souiller, et empêcherait précisément la prise. Quand le ciment utilisé doit être appliqué à chaud,, il faut avoir soin de porter au moins à la température du point de fusion du ciment, des morceaux de l’objet à raccommoder. Enfin il faut maintenir les lèvres de ce que nous appellerons la plaie, serrées l’une contre l’autre, et l’objet réparé dans une parfaite immobilité, j'usqu’à ce que se soit produite l’évaporation de la partie liquide du ciment; et il est bon de se rappeler que la surface d’évaporation est extrêmement faible.
- v': Parfum composé. —Il est donné par l’organe professionnel auquel nous l’empruntons sous le nom de Bouquet Nuptial;
- autant ce titre qu’un autre. Enfin, pour ceux de nos lecteurs qui veulent tenter de la fabrication des parfums, voici la recette. On mélange \20,grammes d’essence de roses, autant d’essence de jasmin, de quadruple d’extrait de fleurs d’oranger, 50 gr. d’essence de vanille, bO d’essence de musc et enfin autant de teinture de gomme styrax, le tout complété par 30 gouttes d’essence de santal. Disons que ja teinture de gomme styrax.se prépare avec de l’alcool à 90° et du styrax liquide, dans la proportion de 1 de ce dernier pour 20 d’alcool.
- Vernis pour meubles. — Dans 52 parties d’alcool on fait dissoudre 4 parties de gomme-laque en écailles ; d’autre part on dissout la même quantité d’huile de lin bouillie dans i 6 parties d’huile de térébenthine ; on mêle les deux solutions lentement et en agitant continuellement. Finalement on additionne 4 parties d’ammoniaque liquide et l’on mélange vigoureusement pour rendre le tout parfaitement homogène.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30'. — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES \
- Lundi 2i avril . . . 6",1 W. 2. Couvert. 0,2 Gelée bl. ; très nuag. ; gouttes à diverses reprises.
- Mardi 25 3°, 7 S. S. W. 1. Couvert. 0,1 Gelée bl. ; très nuag. ; halo; gouttes dans la soirée.
- Mercredi 26 10°, 0 S. S. W. 1. Très nuageux. 0,2 Pluie de 0 h. 30 à 1 h. 30; couv. ; halo à 10 h.
- Jeudi 27 9\5 S. S. W. 1. Éclaircies. » Rosée ; halo ; nuageux.
- Vendredi 28 10",3 W. S. W. 1. Couvert. 0,0 Rosée ; très nuageux ; gouttes dans la soirée.
- Samedi 29 12\0 S. W. 4. Très nuageux. 2,7 Presque couvert ; pluie à diverses reprises.
- Dimanche 30. .... • 9\t S. S. W. 5. Couvert. 2,4 Couv. jusqu’à 16 li. ; nuag. ensuite ; pluie de 14 h. 30 à 15 h. 20.
- AVRIL 1905. — SEMAINE DD LUNDI 24 AU DIMANCHE 50 AVRIL 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (barontètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.e temps. — Le temps a été bien variable et bien inconstant dans la semaine du 2! au 30 avril. Le 21 avril, une série de vents forts du Sud-Ouest parcourent la Norvège ; la pression est élevée dans nos régions, elle atteint 768 mm à Biarritz. Un vent d'entre Nord et Ouest souille sur toutes nos côtes; il est fort au pas de Calais, modéré sur la Manche et la Méditerranée, et faible en Gascogne. Il a plu à Dunkerque (5 mm d’eau), à Nancy (1 mm), à Cherbourg (2 mm), à Brest (1 mm). Le thermomètre marquait, le matin : 6° à Paris, 5° à Nancy, 6° à Nantes, 10° à Perpignan, —6° au Pic du Midi. La température moyenne a été de 7°,i à Paris. Le 25 avril, la température a été basse ; elle était le malin 4° à Paris, 6° à Clermont, 7° à Toulouse. Dans les environs de Pari», la gelée blanche a été générale, et les minima ont atteint — 2°,6 à Vaucluse et à Villepreux. La pression barométrique s’est abaissée en Irlande; mais elle est restée à 765 mm sur nos régions. Des pluies sont tombées à Nancy (4 mm), à Lyon (1 mm), à Cherbourg (1 mm), à Paris (0,2 mm). Dans la banlieue de Paris, on a constaté de faibles averses mêlées de grêle par places. Dans la nuit du 25 au 26 avril, il a q»lu sans interruption. Le 26 avril, on a recueilli 5 mm d’eau à Dunkerque, 2 mm à Cherbourg, 1 mm à Boulogne. La température a monté ; on relevait
- le matin 10° à Paris, 8° à Lyon, 12° à Bordeaux, 4# au Puv de Dôme, 5'’ au mont Ventoux, 0° au Pic du Midi. Le 27 avril, la pression barométrique est assez uniforme et voisine de 765 mm en France. Ou ne signale pas de pluies. Le thermomètre marquait le matin 8° à Belfort, 9° à Clermont, 10° à Paris, 11° à Bordeaux, 7° au Puy de Dôme, 3° au mont Ventoux. Le 28 avril une dépression se manifeste sur l’Irlande; la pression deséend à 745 mm. La pression reste supérieure à 765 mm dans le Sud-Est de l’Europe. On n’a signalé de pluies que dans le Nord Ouest de l’Europe, et aucune en France. La température s’est maintenue élevée; elle était le matin de 10° à Paris, 11° à Lyon, 14° à Perpignan, 6° au Puy de Dôme, —1° au montMounier, 0° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 12\4. Le ciel est resté couvert et nuageux. Le 29 avril, un minimum barométrique se trouve sur la mer du Nord (714 mm), et un autre au large de la Bretagne. Il souffle un vent fort d’entre Sud et Ouest sur les côtes de la Manche et de l'Océan. On a recueilli 8 mm d’eau à Boulogne, 8 mm à Lorient, 5 mm à Cherbourg, 3 mm à Nantes. Le thermomètre marquait le matin 91 à Boulogne, 12° à Paris, 13° à Lyon, 16° à Perpignan, 4® au mont Aigoual. Le 30 avril, des averses abondantes sont tombées dans toutes les régions. La température était le matin de 9° à Pans, 15° à Perpignan. A midi la pression barométrique était 754““,7.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 26 à 11 h. 25 m. du matin
- p.92 - vue 524/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieuré des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.-
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et G1*,
- éditeurs de a La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1668 (13 mai 1905), du journal a La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Congrès international du pétrole à Liège. — Un Congrès international du pétrole aura lieu à Liège, du 26 juin au 1er juillet 4905, à l’occasion de l’Exposition universelle et internationale, sous le haut patronage du Gouvernement Belge. M. le baron de Fave-reau, Ministre des affaires étrangères, et M. G. Franr.otte, Ministre de l’industrie et du travail, ont accepté la présidence d’honneur. Le programme général du Congrès est le suivant : première section : Géologie, Exploration, Exploitation ; deuxième section : Chimie, traitement industriel; troisième section : Utilisation du pétrole et de ses dérivés ; quatrième section ; Législation.
- Séances de Piques de la Société française de Physique.
- — Les séances de Pâques de la Société française de Physique ont eu cette année le succès si mérité qu’elles obtiennent tous les ans. Il y avait d’abord des visites aux ateliers Pleyel, Wolff, Lyon et Cie, ainsi qu’au cinématographe Dussaudscope. On avait ensuite organisé une série de conférences remarquables, qui ont eu lieu dans l’amphithéâtre de Physique de la Faculté des sciences. L’Exposition annuelle nous montrait tous les appareils nouveaux de l’année ; mais le nombre en est grand et il est difficile de les examiner tous. IVoublions pas de mentionner l’Exposition annexe au Müsée Péda-
- fogique, et relative au matériel des Manipulations élémentaires de hysique.
- Épuration des eaux résiduaires. — La Caisse des Recherches scientifiques a continué, en 1994, à assurer à M. le Dr Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, les moyens de poursuivre les études entreprises sur l’épuration des eaux résiduaires des villes et des industries. À l’usine de la Madeleine-lez-Lille, l’expérience a été entreprise sur toutes les eaux (résiduaires, ménagères, industrielles, etc.) provenant de l’égout collecteur d’une des communes limitrophes de Lille (12000 habitants). Le débit moyen oscille entre 500 et 700 mètres cubes par vingt-quatre heures. Le^rrain d’expériences de 1500 mètres carrés de superficie est aménagé de manière à permettre des expériences sur l’épuration biologique, chimique ou chimico-bactérienne et à comparer les différents procédés portant sur la même eau d’égout. Les premiers essais entrepris comportent : 1° la décantation des matières minérales non putrescibles et la séparation des corps flottants de plus de 5 centimètres de diamètre ; 2° la fermentation anaérobie en fosse septique (ouverte ou couverte) ; 3° l’oxydation de l’affluent des fosses sur lits bactériens aérifiés. Les résultats obtenus sont remarquables : les eaux dont l’aspect à l’entrée de l’usine est noir et l’odeur putride, suh-liydrique, sortent des lits bactériens absolument limpides et sans odeur. Le rapport de M. Calmette fait connaître le degré d'épuration que l’on obtient ainsi. Les expériences se poursuivent d’autre part sur les procédés d’épuration chimique ou chimico-bactérienne. En outre, soit à l’Institut Pasteur de Lille, soit dans quelques usines du Nord et du Pas-de-Calais, se poursuivent des études sur l’épuration des eaux usées. Déjà des résultats très importants ont été réalisés en ce qui concerne les sucreries et les amidonneries (Rapport de M. Dislère au Président de la République, Journal officiel, 6 mai 4905) On sait que cette question, capitale pour l’hygiène publique, constitue un des plus importants sujets d’études pratiques pour la science moderne.
- Inondations dans le Midi. — A la suite d’une trombe d’eau tombée sur le plateau de Lannemezan, toutes les rivières du département du Gers, qui prennent leur source sur ce plateau, sont sorties de leur lit. La crue du Gers a causé une inondation à Auch. A. minuit, les eaux atteignaient 4“,40 au-dessus de l’èliage: le maximum de la crue a eu lieu vers 4 heures du matin à la hauteur de 4®,91. La crue n’a décru qu’à partir de 5 heures à raison de 1 5 centimètres par heure. A Toulouse, la Garonne a subi aussi une
- crue importante. Le pont en construction des Amidonniers a été endommagé sur son entablement supérieur et un pont de service et une grue ont été emportés par l’eau. Une partie de la ville était inondée.
- Le Congrès des chemins de fer. — Le 7e Congrès international des chemins de fer s’est ouvert le 5 mai à Washington. 450 délégués de tous pays étaient présents. Dans son discours, M. Stuyvesant Fish a fait ressortir les différences qui existent entre les conditions de l’exploitation des chemins de fer en Europe et aux Etats Unis. M. Fish préfère, dans les chemins de fer, l’initiative particulière à la direction de l’Etat. Il cite les paroles de M. Paul Leroy-Beaulieu, d’après lequel, en recherchant le meilleur système de direction des chemins de fer, c’est vers la liberté, telle qu’elle est comprise en Amérique, qu’il importe de s’orienter. M. Fish n’en attend pas moins des délégués européens des indications précieuses qui aideront à surmonter les difficultés qui s’opposent encore au progrès aux Etats-Unis. M. Ernest Gérard, président de l’organisation permanente et chef du département des chemins de fer et des postes et télégraphes de Belgique, a prononcé en français une allocution au cours de laquelle il a parlé en termes élogieux du développement rapide des chemins de fer aux Etats-Unis. Le Congrès est divisé en cinq sections. M. Ernest Gérard (Belgique) préside la section des chemins de fer légers. M. Pérouse (France), inspecteur des ponts et chaussées et directeur des chemins de fer au ministère des travaux publics, préside la section des services suburbainr.
- Les ballons-sonde en haute mer. — Des ascensions internationales ont eu lieu récemment dans les observatoires d’aéronautique d’Europe et d’Amérique pour l’étude de la haute atmosphère. Le prince de Monaco a fait à bord de son yacht des expériences de ballons-sonde en haute mer avec le professeur Hergeseil, président de la commission internationale d’aérostation scientifique. Cinq lancements ont été effectués, les ballons atteignant des hauteurs variant entre 4000 et 10 000 mètres. Dans 4 cas, les enregistreurs ont donné de bons résultats, le cinquième ballon n’ayant pu être retrouvé à cause des nuages qui se sont formés pendant l’ascension. Il est donc maintenant prouvé que la méthode des ballons-sonde, si utile pour l’étude de la haute atmosphère au-dessus des continents, peut être également employée avec succès sur la vaste étendue des océans.
- La population de Londres. — La population de Londres, d’après une statistique qui vient d’être publiée pour 1904, est en décroissance. Le nombre des naissances est en notable diminution; il ne s’élève qu’à 27,6 pour 1000 en 1904, au lieu de 29,8 en 1902 et 28,5 en 1903.
- Chemin de fer transsibérien. — Au nombre des difficultés que l’on rencontre dans l’exploitation du chemin de fer transsibérien, il faut compter l’alimentation d’eau des machines. Le plus souvent on ne dispose que de lacs et d’étangs dont les eaux sont de très mauvaise qualité; la nappe baisse du reste beaucoup en été et gèle complètement en hiver. On a donc dû souvent creuser des puits profonds; des réservoirs sont placés tout à proximité de ces puits, et l’on installe des dispositifs pour les réchauffer au moyen de vapeur d’eau, en les entourant du reste de revêtements calorifuges.
- Puissance du vent. — La question est intéressante pour la stabilité des constructions. Si nous en croyons Scott, tandis qu’un vent d’une vitesse de 4 mètres par seconde n’a qu’une puissance de 2 kg par mètre carré, la pression atteint 11 kg pour une vitesse de 10 mètres, et 195 kg pour une tempête de 40 mètres à la seconde.
- Ponts suspendus. — On vient de terminer à Budapest, sur le Danube, un pont suspendu dont les chaînes sont faites de longs maillons plats articulés, et qui aune travée centrale de 290 mètres.
- 24
- p.93 - vue 525/536
-
-
-
- n
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — MM. Turquan, à Lyon et Herrgotl, à Valdoie, nous font part qu’ils ont parfaitement observé la secousse sismique du 29 avril vers 2 heures du matin. A Belfort, il y a eu deux légères secousses très rapprochées. D’ailleurs, les effets du tremblement se sont bornés à déranger les tableaux accrochés aux murs et à faire tomber quelques bibelots des étagères.
- M. le professeur F. A. Forel, à Morges(Suisse), nous adresse sur le même sujet l’intéressante note qui suit : « Le tremblement de terre du 29 avril a eu pour centre la haute chaîne des Alpes Pennines; les localités qui, d’après les rapports reçus jusqu’à présent, ont le plus souffert sont Martigny, Trient (Valais), Argentière etChamonix(Haute-Savoie), toutes situéesau pied septentrional de la chaîne du Mont-Blanc. La secousse principale y a eu l’intensité VIH de l’échelle de Rossi-Forel (dégradation des maisons, renversement des cheminées). De là la grande secousse s’est propagée dans une aire de 250 kilomètres, au moins, de rayon, occupant la Savoie, la Suisse, la Haute Italie, la France transiurane, Bourgogne, Franche-Comté, Bugey, Lyonnais, Dauphiné. Dans cette contrée de 200 000 kilomètres carrés, la secousse a été très généralement sentie. Il y a eu une secousse préparatoire quelques minutes avant la secousse principale. Celle-ci a eu lieu au. centre sismique à 2h45 (heure de l’Europe centrale), à lh54 (heure de Paris). Il y a eu plusieurs secousses consécutives, le 29 avril à 3h10, llh35,13h58, le 30 avril à 2h 40, 22h46, etc. Par la grande extension de son aire d’ébranlement, par l’intensité de la secousse principale, par la répétition des secousses consécutives, par la localisation du centre sismique au fond de la grande vallée tectonique du versant septentrional des Alpes Pennines, ce tremblement de terre rappelle ceux du 9 décembre 1755, centre sismique à Brigue, et du 25 juillet 1855, centre à Viège, tout en étant moins intense et moins ruineux ue ceux d’il y a 150 et 50 ans. Ce sont tous des tremblements e terre orogéniques (dus aux efforts de tension et de compression de l’écorce terrestre). »
- M. Joseph Joubert, vice-président de la Société des études coloniales et maritimes, à Angers, nous fait hommage d’un travail qu’il vient de consacrer à : Stanley le roi des explorateurs (1840-1904). L’auteur montre avec clarté qu’un des principaux mérites de cet explorateur, aux vues synthétique^, a été de préciser et de coordonner méthodiquement les renseignements épars fournis par ses devanciers; il a joué, en un mot, le premier rôle dans la vulgarisation des questions africaines. D’autre part, on ne saurait nier que Livingstone, géo-
- nhe, médecin et missionnaire philanthrope, ne lui ait été eaucoup supérieur au point de vue moral. Quoi qu’il en soit des reproches que l’on puisse faire au célèbre reporter à cause de sa cruauté, sa carrière d’explorateur demeure incomparable ; il a mérité le nom de Christophe Colomb de l’Afrique équatoriale.
- M. Hetiryk Arclowski, membre de l’expédition antarctique belge, se demande dans une brochure qu’il nous adresse : y a-t-il moyen d’arriver au pôle Sud en automobile? On sait déjà, pour ainsi dire avec certitude, que la plus grande partie des régions encore inexplorées du pôle Sud sont occupées par des terres, que Y Antarctide existe et que l’étude de l'intérieur de ce nouveau continent s’impose aussi bien que le relevé de ses côtes. Elle fournira des contributions de premier ordre à notre connaissance du relief du globe et à l’histoire de la formation de la terre. Il est évident que l’automobile rendra les plus
- grands services dans cette exploration, à condition que For» réalise un véhicule d’un type tout à fait spécial, solide, simple, démontable, léger, susceptible de ne pas enfoncer dans 1» neige et assez puissant pour gravir des pentes de neige relativement considérables. Ce moyen de transport présentera desavantages de toutes sortes sur les attelages de chiens, aussi bien pour la docilité que pour la dépense.
- Renseignements. — M. Dufour, à Vevez. — Nous vous-conseillons d’utiliser les filtres à pression ou à vide que vous-trouverez chez MM. A. Philippe, 188, Faubourg-Saint-Denis, à Paris; Simoneton, 41, rue d’Alsace, à Paris.
- M. Fonlanille, à Grenoble. — La carte du « Pont du Gard »• semble faite par un procédé lithographique et non pas photographique. Le vernis a été appliqué postérieurement pour donner l’illusion d’un glaçage.
- M. Mauny, à Cerisy-la-Salle. — Nous ne pouvons que vous confirmer notre avis : 1° les échantillons de caoutchouc que vous nous avez envoyés ne sont certainement pas du caoutchouc
- Sur, puisqu’ils ne se dissolvent pas dans le sulfure de carbone.
- ous ne pouvons vous donner d’autres renseignements; pour avoir une analyse complète, il faut vous'adresser à un chimiste. — 2° Ce n’est que par une série d’essais très variés que vous pourrez trouver cette colle.
- M. Cordebart, à Aubervilliers. — 1° Il n’existe aucun procédé pour extraire l’étain de ses minerais par électrolyse. —-2° L’extraction de l’étain se fait par le traitement du fer-blanc. Vous pourriez consulter divers traités d’électrométallurgie, à la librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. P. W. W. — Vous trouverez probablement les indications que vous cherchez dans les ouvrages suivants : Le tabacr par L. Laurent, à la librairie A. Challamel, 5, rue Jacob, à Paris; ou : Le tabac, par E. Bouant, librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Ilautefeuille, à Paris.
- M. D. 7853, à Lyon. — 4° Vous pouvez consulter divers-ouvrages à la librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères. Les types les plus employés sont des machines verticales à triple expansion Weyher et Richemond ou des machines horizontales-Farcot. — 2° 11 n’existe pas d’ouvrage semblable.
- M. Eurico Paslori, à Venise. — Pour l’éclairage au lusol, adressez-vous à M. Denayrouze, 24, rue Bayen, à Paris.
- Sehor don Manuel Camps, à Barcelone. — Vous trouverez des renseignements sur les sondages de puits artésiens dans ; Sondeur, puisatier et hydroscope, par A. Romain, à la librairie Mulo, 12, rue Ilautefeuille, à Paris.
- M. A. Koch, à Genève. — Pour les verres colorés, consultez : Verrier et fabricants de cristaux, par Fontenelle, à la librairie Mulo, 12,. rue Hautefeuille, à Paris; Verres et émaux, par Coffinhal, à la librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Haute-feuille, à Paris; Les industries d’amateur, par H. de Graf-fignv, même librairie.
- M. Mannessier, à Maccagno. — Sur l’hygiène et la toxicologie, consultez les différents ouvrages publiés par la librairie Félix Alcan. 108, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Blondel, à Tournai. — Voici les adresses que vous nous demandez : Société du Sanudor : Compagnie de Frise, 38, rue du Louvre, à Paris; Compagnie française de l’Ozone, 101, boulevard Murat, à Paris; Société industrielle de l’Ozone, rue de Rome. *
- M. M. B., à Versailles. — 1° Les chevaux ont moins de peine avec des roues munies de pneumatiques qu’avec des roues caoutchoutées. — 2° L’avantage n’est pas nul, même dans les montées.
- M. H. Labbé, à Versailles. — Pour l’étude du russe, il se fait des cours de cette langue à l’Ecole des langues orientales, 2, rue de Lille, à Paris, les lundi et mercredi à 2 heures, à partir du 1er mai. Adressez-vous au secrétariat de l’Ecole pour obtenir une carte d’auditeur.
- M. Debled, à Paris. — En 1905, la lune rousse a commencé le 4 avril et fini le 4 mai. D’après Arago, le nom de lune rousse s’applique d’ailleurs généralement à la lune qui, commençant en avril, devient pleine soit à la fin de ce mois, soit plus ordinairement dans le courant de mai. Vous pouvez consulter à ce sujet Y Annuaire pour 1905, publié par le bureau des Longitudes, à la librairie Gautbier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Richai'd*Le-gros, à Namur. Veuillez consulter l’ouvrage Recettes et Procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cu, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. F. Pietranera, à Parme. Voyez le même ouvrage, même série, même librairie. — MM. Turquan, à Lyon ; Hergott, à Valdoie. Remerciements pour vos communications.
- tfans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.94 - vue 526/536
-
-
-
- MOTEURBOTS
- Texte et dessins par À. Robida.
- 1. Les moteurbots et moteurbotistes, jaloux des performances des autos et motos sur routes de terre, rêvent des prouesses semblables. — On rendra des kilomètres aux moteurs terriens et qui sait, à bientôt peut-être, le looping the loop nautique. Bientôt le Havre-New-York remplacera le Paris-Bordeaux et le Circuit du Cap Horn, le circuit des Ardennes. — 2. Un précautionneux avant le départ en course. Le gilet gonflé avec la pompe à bicyclette. — 3. A bientôt le bateau de poche, le racer ou cruiser, qu’on emportera au restaurant, ou qu'on mettra sur le fiacre
- pour rentrer chez soi. — 4. L’idéal. Chacun son moteurbot, facile à transporter au fond d’une valise. — 5. Pour l’été. Prendre bien garde aux
- gêneurs dans les croisières sur les côtes. La rapidité foudroyante du moteurbot pourrait endommager les baigneurs. — 6. Pour l’hiver. Si l’on ne va pas disputer la coupe à Monaco, on peut, moyennant une légère modification, prendre part à quelques matchs de patinage. — 7. Le modèle encore attendu. Bateau à tout faire, allant sur l’eau et sur terre. Quatre bouées de sauvetage ajustées sur un essieu et le bateau se transforme
- en automobile. — 8. Une autre transformation indiquée. Le bateau automobile devenu aéronef s’élance dans l’atmosphère.
- p.95 - vue 527/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- m
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour rendre le béton imperméable. — Un procédé qu’on donne comme fort efficace, consiste à dissoudre dans de l’eau 2 kg de potasse et 2,5 kg d’alun par 10 litres, et à employer ce liquide pour former un mortier de ciment qu’on étend comme enduit sur les surfaces de béton.
- Vernis pour cuir mince. — Il est fait surtout pour le cuir des chaussures de dames, auquel il donne un poli remarquable, mais en risquant de le rendre cassant. On fait dissoudre 120 parties de gomme-laque en écailles dans 565 parties d’alcool, et l’on ajoute 10 parties de camphre et 5 de noir d’aniline.
- Pour faire passer les taches de couleurs d'aniline. — On donne la recette pour des taches qui peuvent se trouver aux plafonds, mais elle réussirait aussi bien dans d’autres cas. On recourt à l’action décolorante du gaz sulfureux, et, pour cela, on laisse brûler dans la pièce où se trouvent les taches, une certaine quantité de soufre, les portes et fenêtres étant hermétiquement closes.
- Ciment pour recoller le celluloïd. — On peut râper fin le celluloïd et le mettre alors macérer dans de l’alcool à 90°, ce qui le solubilise. On peut aussi en préparer une solution (encore bien plus inflammable) en mettant une proportion de 5 grammes de celluloïd dans un mélange en parties égales de 16 grammes d’amylacétate, d’acétone, d’éther sulfurique.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" mai.... 11®,9 S. S. W. 4. Couvert. 3,7 Très nuag. ; pluie le soir.
- Mardi 2 10°,6 S. S. W. 6. 'Nuageux. 5,0 Trèsnuag. le mat.; nuag. le s.; pl. jusq. 0 b. 30; tonn. de 15b.1 ’> à 15 h.30 de l’VV.-N.-W.à l’E.-N’.-E. avecaverses.
- Mercredi 3 8°,5 S. W. 3. * Peu nuageux. 0,7 Rosée ; peu nuag. jusqu’à 12 h. ; très nuag. le soir ; pluie de 17 h. 55 à 18 h. 30.
- Jeudi 4 7®,8 W. 2. Couvert, gouttes. 0,0 Rosée ; très nuageux ; pluvieux à 7 b. et 17 h.; tonnerre à l’W. de 17 h. 8 à 10.
- Vendredi 5 8“,1 N. N. E. 2. Pluie. 4,6 Très nuag. ; pluie de 4 b. 13 à 7 b. 15 et de 9 h. 40 à 13 h. 50.
- Samedi 6 10°,6 N. 4. Couvert. 0,8 Couv. petite pluie à 11 h. ; bruine de 18 h, 20 à 21 b.
- Dimanche 7 .... 9®,0 N. 5. Pluie. 19,5 Couv.; pluie à partir de 4 h. 30.
- MAI 1905. — SEMAINE DU LUNDI 1er AU DIMANCHE 7 MAI 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de O à 19; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,e temps. — Temps pluvieux, et mauvais toute la semaine. Le 1*' mai, à la suite d’une violente tempête à l’entiée de la Manche, les mauvais temps se sont étendus vers le Pas-de-Calais. On a recueilli 23 mm à Dunkerque, 13 mm à Nice, 10 mm à Cherbourg, 7 mm à Nantes, 6 mm à Besançon, 2 mm à Paris. La température éHit assez élevée dans la région : on notait le matin 12° à Paris, 12° à Nantes, 18° à Biarritz, 7“ au Puy de Dôme, 5° au mont Aigoual. Il est tombé de midi 50 à 10 heures du soir des averses fréquentes, mais de courte durée. La température moyenne a été de 13°,4 avec un maximum de 14°,7 à 2 heures du soir à la tour Eiffel. Le 2 mai, les mauvais temps ont persisté sur les côtes de la Manche et de l’Océaii : le baromètre a monté de 14 mm eu Irlande. Il est tombé encore 22 mm d’eau à Dunkerque et au Mans, 8 mm au Havre et à Brest, 7 mm à Besançon et à Nantes, 5 mm à Paris. La température était, le matin, 11° à Paris, ll° à Nantes, 2° au mont Aigoual.
- Le 3 mai, les mauvais temps ont cessé sur nos côtes; la pression barométrique s’est relevée rapidement dans l’ouest de l’Europe. II a plu encore en France, à Lyon (11 nnn), à Rochefort (5 mm), à Brest (2 mm) et à Paris (2 mm). De nombreuses averses, parfois mêlées de grêle, sont tombées. Le thermomètre marquait le matin 8° à Paris, 11° à Toulouse, —2° au mont Aigoual, —8° au. Pic du Midi. Le 4 mai, les fortes pressions couvraient presque toute l’Europe. U est tombé 6 mm d’eau au Havre et à Limoges,
- 5 mm à Biarritz, 3 mm à Nancy, 1 mm à Paris. La température était, le 1
- matin, 6° à Nantes, 8° à Paris, 8° à Toulouse, —2° au Puy de Dôme, —2° au mont. Mouuier, —9° au Pic du Midi. Le ciel a été très couvert; il en est résulté un grand obscurcissement de l’atmosphère. La température moyenne à Paris, le 4 mai, a été de 8”,5 avec un maximum de 9°,6 à 4 heures du soir. Le 5 mai, la pression barométrique était très élevée dans le Noçd de l’Europe et atteignait 775 mm sur la mer du Nord. Un fort vent du Nord soufflait sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Il est tombé des pluies sur l’ouest et le centre du continent ; en France, il est tombé 29 mm d’eau à Biarritz, 12 mm à Marseille, 10 mm à Besançon, 10 mm à Paris. La température s’était abaissée et était 6° à Lyon. *8° à Paris, 8° à Biarritz, 10® à Perpignan, — 2° au mont Aigoual, —11® au Pic du Midi. Les pluies ont été assez lortes sur Paris; la pression barométrique, assez stable, indiquait à midi765,8 mm. Le 6 mai, une dépression barométrique sur la mer Méditerranée a amené des pluies très abondantes dans le Sud de la France et le Nord de l’Italie : il est tombé, à 2i heures, 85 mm d’eau à Lugano, 72 mm à Marseille, 56 à Toulon, 48 à Toulouse. La température a monté dans le Centre; elle était 9® à Lyon, 9® à Perpignan, 11’ à Paris. Dans cette dernière ville, le ciel a été couvert toute la journée. Le 6 mai, la neige est tombée abondamment toute la journée dans le haut arrondissement de Prades, où la hauteur a dépassé 30 centimètres. La pluie est également tombée en grande quantité. Le 7 mai, la journée a été pluvieuse ; la pluie n’a pas cessé à Paris. On a recueilli 42 mm à Marseille, 28 mm à Toulouse, 23 mm à Limoges, 11 mm à Belfort, 4 mm à Paris. Le malin, la température était 8° à Clermont, 9° à Paris, 9° à Toulouse, 9® à Perpignan. 1(1® à Lyon.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 4 à 11 h. 33 m. du soir.
- p.96 - vue 528/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- —- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Clet éditeurs de a La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1669 (20 mai 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE li’ADHIHT§TR4TIOT. — L’échéance du ôl mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 27 mai (n° 1670) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le mon-«tant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l'abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la a Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- Un dixième satellite de Saturne. — Le professeur W. H. Pickering, qui avait déjà découvert le neuvième satellite de cet univers si important, vient de signaler, le 50 avril, l’existence du dixième. De même que son prédécesseur, le nouveau satellite est minuscule, possédant le faible éclat d’une étoile de 26e grandeur. Sa période de révolution autour de Saturne paraît être de 21 jours, avec un mouvement orbital direct. En admettant l’existence de cette durée de révolution, l’orbite du nouveau satellite serait comprise entre celles de Titan et d’Hypérion.
- Les médecins anglais à Paris. — Des médecins anglais sont venus en France rendre à leurs confrères parisiens la visite que ceux-ci leur ont faite en octobre dernier. Us sont au nombre de I/O. Une réception leur a été offerte, le 10 mai à 9 heures du soir, à la Sorbonne, par l’Université de Paris. Ils ont fait des visites individuelles dans les hôpitaux, ont assisté à diverses soirées et à la réception, à la salle Washington, par le professeur Bouchard, président du comité d’organisation ; ils ont visité l’hôpital anglais et l’Institut Pasteur. Plusieurs des médecins ont visité les stations thermales de Vichy et d'Evian.
- Le goudronnage des routes. — D’après le compte rendu des séances du Conseil d’hygiène, du 28 avril 1905, les expériences faites dans le département de la Seine en 1903, sur 3658 mètres carrés, ont donné des résultats si encourageants qu’on a goudronné, en 1904, la surface de 42700 mètres carrés, à Boulogne, à Ville-momble, Neuilly, Vincennes, etc. Ces essais ont donné des résultats si satisfaisants que l’administration, sans plus attendre, va développer, autant que_ possible, les applications d’un procédé dont le public semble apprécier grandement les bienfaits. De même, la Ville de Paris, d’après le Bulletin municipal du 28 mars, va continuer ces expériences l’été prochain sur une triple échelle, puisque le crédit de 5000 francs a été porté à 10 000 francs, qui vont être employés par le procédé de Lassailly.
- La protection des éléphants. — Considérant que l’ivoire constitue, dans la colonie du Congo français, l’un des principaux trafics, et qu’il y a lieu, dans l’intérêt du commerce et de la conservation de l’espèce, de ne pas détruire les jeunes éléphants, il vient d’être interdit dans toute l’étendue du Congo français de vendre ou d’exporter des pointes d’ivoire pesant moins de 2 kilogrammes.
- Le développement des téléphones aux États-Unis. —
- D'après les derniers relevés que nous ayons, on compte actuellement plus de 2 315 000 postes téléphoniques aux Etats-Unis; le nombre annuel des conversations y est d’à peu près 5 milliards. Il est vrai que le coût moyen de l’abonnement ne ressort guère qu’à 185 francs.
- Démolition des vieux édifices. — Elle coûte généralement très cher, et il vaudrait mieux la faire beaucoup plus rapidement au risque de recueillir des matériaux en moins bon état. Aussi, pour démolir le vieux château autrichien de Portendorf, on n’a pas
- hésité ces temps derniers à recourir à la dynamite, en employant des cartouches de 2 à 15 kg, placées dans des trous faits au bas des murs.
- Congrès des chemins de fer à Washington. — Les cinq sections du Congrès international des chemins de fer à Washington ont eu une réunion. Le surintendant des chemins de fer de l’Etat hongrois a déclaré que le meilleur éclairage pour les wagons était l’électricité ; le meilleur système de chauffage, celui dans lequel on emploie la vapeur et l’eau chaude ; et la meilleure méthode ae ventilation, une combinaison de ventilateurs tubulaires et de ventilateurs par les toits des wagons. MM. Colson (France) et Ziffer (Autriche) ont dit que les pays qu’ils représentaient tiraient avantage de la coopération des chemins de fer à voie étroite. Le directeur du « London and South Western Raihvay » a critiqué les méthodes américaines d’expédition des bagages. On ne propose aucun changement dans le système d’expédition des bagages et des colis express, celui appliqué dans chaque pays semblant bien adapté aux besoins respectifs de ces pays.
- Le gaz pauvre comme source de puissance motrice. —
- Les moteurs à gaz pauvre donnent la force motrice (pour employer une expression erronée quoique courante) à un bon marché tout à fait remarquable. Le Dp Bowman vient de fournir des chiffres caractéristiques à ce propos, devant l’Institution of Electrical Engi-neers. 11 a considéré tout spécialement une petite installation de 12 chevaux; la dépense totale (salaires, combustible, dépréciation, intérêt, etc. ) ressortait seulement à 53 millimes par cheval-heure au frein, alors que, pour une installation à vapeur montée exactement dans les mêmes conditions, la dépense correspondante s’élevait à 15 centimes. Le Dr Bowman affirme, d’autre part, que, même pour un moteur de 500 chevaux travaillant 3000 heures par an, avec une charge moyenne de 80 pour 100, conditions essentiellement favorables à la vapeur, le coût du cheval ressortirait avec celle-ci à 44 millimes, tandis qu’il pouvait descendre jusqu’à 36 millimes avec le gaz pauvre.
- Exposition du Photo-Club. — M. Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts, a inauguré le 10 mai le dixième salon international de photographie du Photo-Club de Paris. Pour la première fois, cette exposition (qui durera jusqu’au 19 juin) avait lieu au Petit Palais des Champs-Elysées : installée avec le soin et le goût éclairés que le président et le secrétaire général du Photo-Club, MM. Bucquet et Bourgeois, apportent à chacune de ces manifestations annuelles, elle montre, plus encore que les précédentes, comment la photographie réalise une merveilleuse transition entre la science et l’art. Ce dernier triomphe dans l’exhibition actuelle et c’est au hasard qu’il faut citer les tableaux de Mme Barton, de MM. Bergon, Cadby, Curtis Bell, Dubreuil, Jeay, Gibory, Gilibcrt, Leys, Maury, Schneider, Zimmerman. Une spéciale exposition de cartes postales constitue une charmante annexe.
- L’œuvre d’assistance aux voyageurs. — Dans sa séance du 12 mai la Commission centrale de la Société de géographie, sur le rapport de M. Guillaume Grandidier, a organisé, — par la fusion de ressources qui lui sont personnelles, de l’ancienne Société des aruis des explorateurs, et de l’ancienne Société des maisons coloniales de convalescence, — une œuvre d’assistance destinée à améliorer le sort des explorateurs, voyageurs et colons malades ou privés de moyens d’existence. Les capitaux ainsi réunis produisent un revenu annuel d’environ 12 000 francs. L’œuvre est administrée par un
- 25
- p.97 - vue 529/536
-
-
-
- 98
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- comité composé de six membres et d’un secrétaire nommés par la Commission centrale de la Société de géographie. Ce comité soumet à l’approbation de la Commission centrale les attributions de rente viagère et les libéralités à accorder. Sur la demande de M. le ministre des Colonies, il peut consentir des avances sur les pensions de retraite en instance de liquidation. Cette concentration de ressources, précédemment disséminées, ne peut qu’avoir un très heureux résultat. Il est à souhaiter que de généreuses donations viennent augmenter leur montant, toujours trop restreint pour la somme des infortunes et des mérites à soulager.
- Comité d’études hydrauliques. — M. Ruau, ministre de l’Agriculture, a présidé, le il courant, la séance d’installation du comité d’étude des questions scientifiques relatives à l’hydraulique et aux améliorations agricoles, qu’il a fait créer par décret du 31 mars. Dans cette réunion, il a été pris connaissance du programme provisoire élaboré par les soins de M. Dabat, directeur de l’hydraulique et des améliorations agricoles! Les premières questions dont l’examen est proposé sont les suivantes : 1° Tourbières et sol tourbeux de la France ; 2“ Propriétés physiques des sols ; 3° Etudes analytiques des différents types de terres méridionales et de leur rapport avec la éologie ; 4° Terrains salés de la Camargue ; 5° Drainage de la Bresse ; 0 Utilisation agricole des eaux résiduaires d’industrie et en particulier des vinasses de distillerie; 7° Engazonnement artificiel des chemins d’exploitation ; 8° Exploration des abîmes et cavernes du bassin de Fontaine-l’Evêque (alimentation de Marseille en eau potable); 9° Tirs contre la grêle ; 10° Prairie de la vallée de la Saône ; 11° Utilisation de la force du vent pour l'élévation des eaux (éoliennes, moulins, aéro-moteurs, etc.). On voit, par cette simple nomenclature, quels services pratiques la nouvelle institution peut être appelée à rendre, en provoquant, facilitant et dirigeant des travaux éminemment utiles non seulement aux populations agricoles, mais encore aux sciences naturelles en général. Bien d’autres sujets d’études seront proposés en leur temps. Pour le moment, onze sections ont été constituées au sein du comité pour chacune des questions ci-dessus; ces sections désigneront le rapporteur ou les spécialistes chargés des travaux à faire et donneront leur avis sur les allocations de fonds, dont le ministre fixera la répartition selon les ressources budgétaires mises à sa disposition.
- Météorologie. — Le temps s’est mis au beau; les résultats météorologiques de la semaine du 8 au 14 mai n’ont pas été trop mauvais. Le 8 mai, la pression barométrique rèstait élevée dans l’Ouest et l’Est de l’Europe. Les pluies ont été générales en France^ elles ont donné 28 mm d’eau a Charleville, 24 mm à Rochefort,. 3 mm à Perpignan; dans la région de Paris, on a recueilli 22 mm au Parc Saint-Maur, et 33 mm au Bureau central météorologique. La température, le matin, était 10° à Paris, 13° à Nantes, 20° à-Palerme. Le 9 mai, le baromètre marquait des pressions de 773 mm en Irlande, 773mm. en Bretagne. Lèvent soufflait du Nord-Est sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Il a plu à Besançon (18 mm), à Toulouse (12 mm), à Lyon (9 mm), à Limoges (5 mm), à Biarritz (4 mm). La température était 7° à Paris, 8° à Nantes, 10° à Toulouse, 3° au Puy de Dôme, 2° au mont Aigoual. Le 10 mai, la pression barométrique était supérieure à 77U mm dans l’Ouest de-l’Europe; à Cherbourg elle était de 770 mm; Des pluies sont tombées dans le centre de l’Europe; en France, il n’y a eu que quelques ondées dans l’Est et le Midi. Le thermomètre marquait, le matin, 7° à Paris, 8° à Lyon, 13° à Perpignan. Le 11 mai la pression barométrique s’est maintenue à l’état normal presque sur toute l’Europe, le maximum a été 771 mm en Bretagne, le minimum a été de 760 mm en Norvège et en Sicile. Il n’y a presque pas eu de luie en France. Le thermomètre a marqué le matin 8° à Belfort,. 1° à Paris, 15° à Perpignan, 3° au Puy de Dôme, — 7° au mont Mounier et —6° au Pic du Midi. A Paris, la température normale a été de 14°,5. Le 12 mai, la pression barométrique a baissé dans-le Sud de l’Europe, elle est restée supérieure à 765 mm dans l’Ouest, et a atteint 774 mm en Irlande. Des pluies sont tombées en Italie, pas en France. Le thermomètre marquait 11° à Paris, 133 à Clermont, 14° à Nancy, 17° à Perpignan. Le 13 mai, les fortea pressions restent dans l’Ouest de l’Europe. 11 règne un vent modéré des régions Nord au Pas-de-Calais. Le vent est faible en Bretagne et variable sur les côtes de Provence. Des pluies sont tombées en Italie et sur la mer Baltique. Il n’y a eu que quelques ondées en France. A Paris, la température moyenne a été de 13°; aux environs on a compté des minima de 3° à 4°. Le 14 mai, basses pressions atmosphériques vers la mer Méditerranée. En France, on a recueilli 23 mm d’eau à Nice. La température, le matin, était 7° à Lyon, 8° à Paris, 8° à Bordeaux.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Station roulante de combustion des ordures ménagères ; Messrs Mel-drum Brothers Engineers, Manchester.
- Communications. — M. E. Thieux, à Marseille, nous adresse la lettre suivante que nous nous empressons d’insérer : « Nous croyons utile, dans l’intérêt d’un peu tout le monde, de vous communiquer le procédé suivant, qui, quoique très simple, est le résultat d’assez nombreuses recherches. Ce procédé répond à divers desiderata très différents, mais dont un surtout nous semble important; c’est : 1° L’aseptisation rapide et probablement complète des mains, linges de pansements, etc. — 2° Décoloration complète et rapide des mains, linges, etc... tachés par les révélateurs photographiques. — 3° Blanchiment d’objets divers, linges, broderies, étoffes, gravures, papiers tachés d’encre (aux sels de fer) chapeaux de paille, etc. Ce blanchiment s’effectue sans aucune altération des objets. Préparer les deux solutions suivantes qui se conservent bien et longtemps même après usage : 1° Solution forte de permanganate de potasse à raison de 50 grammes par litre d’eau bouillie et filtrée. — 2° Solution de sulfite de soude ordinaire à 250 grammes par litre où l’on ajoute 100 grammes d’acide tartrique. — Mode d’emploi : 1° Pour l’aseptisation des mains. Lavage dans la solution de permanganate, froide ou chaude, jusqu’à coloration brune très foncée ; brosser fortement les ongles. Pour les taches produites par les révélateurs photographiques, lavage à chaud. — 2° Pour le blanchiment des
- linges, étoffes, papiers, paille, etc., employer la liqueur bouillante, ou même faire bouillir, jusqu’à coloration brune intense et régulière. — 5° Rincer ensuite les mains ou les objets à grande eau pour éliminer l’excès de permanganate, puis les plonger et les laver dans la solution de sulfite acide jusqu’à décoloration complète. Quelques minutes suffisent, surtout si l’on emploie la solution de sulfite chaude ou bouillante. —4° Terminer par un lavage rapide à l’eau, puis par un rinçage (et un brossage énergique des mains) dans de l’eau alcalimsée par 5 cm3 d’ammoniaque pour un litre. Les objets blanchis doivent ensuite être rincés deux ou trois fois à l’eau pure. Si les taches produites par les révélateurs photographiques ne disparaissent pas complètement en une seule opération recommencer une ou deux fois avec des solutions chaudes. Pour le blanchiment des papiers, gravures, taches d’encre, etc., il faut diluer la solution de permanganate de façon à n’avoir que 1 à 5 grammes de permanganate par litre. Ce procédé n’a aucune action sur les fuchsines et les anilines. La liqueur de sulfite acide dégageant de l’acide sulfureux il est prudent de ne pas la respirer de trop près. Ce procédé est excellent pour l’aseptisation et la décoloration des éponges de ' toilette et des brosses à cheveux (avis aux coiffeurs). Pour les éponges neuves la décoloration (sans aseptisation) s’obtient instantanément par une simple immersion dans le sulfite acide, et sans que l’éponge soit brûlée comme elle l’est toujours par le chlore.
- Renseignements. — M. Léop. Bachmayr, à Vienne. — Le pagoscope se trouve chez M. Bernel-Bourette, 36, rue de Poitou, à Paris et chez tous les opticiens et marchands d’instruments pour le jardinage et l’horticulture, ainsi que nous l’avons indiqué en tète de la Boîte aux lettres du n° 1654 du 4 février 1905.
- M. L. Blois, à Thiers. — Pour l’agrandisseur démontable Guillon, décrit dans le n° 1666 du 29 avril 1905, page 340, adressez-vous à M. Guillon, 8, rue de la Chaussée d’Antin, à Paris. Cette adresse a été donnée dans le même numéro de La Nature, en tête de la Boite aux lettres.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. H. Vachette, à Marseille. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. de Luzarches, à Anor. Nous ne décrivons jamais un appareil avant qu’il n'ait été construit et n’ait donné de sérieux résultats à l’expérience. — M. P. Boucqueniaux, à Avesnes. Consultez le livre de Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Ci8, à Paris. — MM. F. A. Foret, à Morges; J. Joubert, à Angers; Henryk Arcloivski, E. Thierry, à Marseille. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
- p.98 - vue 530/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 99
- PETITES INTENTIONS1
- Bougies d’allumage électrique. — La bougie dont nous allons parler et qui a pour nom « bougie Dumo » est un nouveau modèle établi de façon à obtenir la solidité, la commodité, un nettoyage facile et un long usage. La figure 1 représente le premier modèle, dans lequel l’isolant A est de la stéatite pure qui a sur la porcelaine l’avantage de ne pas se casser, et sur le mica d’éviter les courts circuits entre les fils qui circulent. Les électrodes sont robustes et ne sont pas fixées par des scellements ; cette bougie peut donc recevoir des chocs violents sans crainte de détérioration. Une électrode est constituée par une vis B passant dans une douille de cuivre G, fixée à travers l’isolant. En faisant tourner cette vis, on la déplace verticalement dans les deux sens et on peut ainsi régler exactement la distance d’étincelle. Un contre-écrou à manettes D immobilise la vis dans la douille et empêche de varier accidentellement la distance d’étincelle. Un écrou cylindrique E, partant des plats pour le serrage, maintient, avec interposition de joints en amiante, l’isolant A sur la culasse F. A la partie
- supérieure, en G, est un bouton molleté qui sert à fixer le fil d’arrivée de courant. Pour nettoyer, il suffit de frotter les contacts avec de la toile émeri pour enlever les dépôts charbonneux. Le deuxième modèle, que l’on voit dans la figure 2, ne présente que quelques différences avec le premier modèle. L’isolant utilisé A est également en stéatite pure. Une des électrodes est constituée par une vis B passant dans une douille en cuivre, fixée à travers l’isolant. Un contre-écrou à manettes C, serré fortement, permet d’immobiliser cette vis dans la douille. L’autre électrode D est fixée à la carcasse de la bougie. Un écrou cylindrique F, portant des plats pour le serrage, maintient, avec interposition de joints en amiante, l’isolant A sur la culasse G. Le bouton molleté H sert à fixer le fil d’arrivée du courant. Deux fenêtres E, placées face à face, permettent de se rendre compte du bon fonctionnement du moteur au point de vue de l’allumage et au point de vue de la carburation, en vérifiant la couleur de la flamme pendant l’explosion. Ces fenêtres sont très facilement démontables et rendent de grands services. — MM. Jules Wimille etCi8,56, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine, sont les concessionnaires exclusifs de la vente de cet article.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre le mal de mer.
- Combien de remèdes conseillés contre ce triste mal! combien peu d’efficaces! Voici un nouveau produit qui a donné, entre les mains d’un médecin appelé à soigner nombre de ces
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- malades, une jolie série de succès. Le Dr Kœpke a traité plus de cent cas de mal de mer et a obtenu la cessation des spasmes, des nausées, dans la plupart des cas. Il administre aux malades du validol, à la dose de dix à quinze gouttes sur un morceau de sucre ; le malade doit s’étendre un instant, prendre peu après un peu de vin mousseux ou de vin d’Espagne avec un biscuit, et en moins d’urie heure, en général, le malaise est dissipé. Dans un cas grave où le voyageur, souffrant du mal de mer depuis un jour, était dans un état de dépression physique et morale excessive, ne pouvant quitter sa cabine et sa couchette, l’ingestion de validol calma le trouble, le mal de tête et la révolte de l’estomac.
- Le validol est une solution au tiers de menthol dans le valé-rianate d’amyle. C’est un liquide incolore, limpide, de consistance un peu sirupeuse, d’un goût amer, mais qui n’a pas la saveur brûlante du menthol. Aussi la bouchent l’estomac le tolèrent sans fatigue; Si la première dose de dix, quinze gouttes est rejetée par un vomissement, il faut en donner une seconde, et celle-ci est généralement toujours tolérée. Voyageurs par delà les mers, essayez le validol, ce n’est pas dangereux et s’il vous donne le résultat désiré, vous le direz à vos compagnons d’infortune.
- Dans un article récemment paru dans le Caducée, un ancien médecin principal de la marine, le Dr Legrand, qui a l’expérience pour lui ayant eu à soigner nombre de malades, convient que de tous les moyens médicaux ou pharmaceutiques, un seul est réellement efficace; c’est de maintenir, dès le moment où on met le pied sur le bateau, une rigidité absolue du ventre. Pour l’obtenir, il ne faut pas une ceinture plus ou moins lâche ; c’est insuffisant : il faut matelasser l’abdomen au moyen d’une couche d’ouate, de bandes larges de flanelle, de crépons, en un mot maintenir une contention parfaite absolue, en ayant soin de commencer la compression par le bas, des cuisses à la poitrine. Le Dr Legrand ajoute : « Serrez le plus possible le ventre principalement; à l’estomac on augmentera progressivement la compression. Le point important est de ne jamais craindre d’augmenter, tant que la suppression complète des phénomènes n’est point obtenue. » Dr À. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Liquides à souder. — 1" formule : A du chlorure de zinc ordinaire (préparé en faisant digérer des rognures de zinc dans de l’acide chlorhydrique fort jusqu’à saturation) on ajoute un tiers d’esprit de sel ammoniac et un tiers d’eau de pluie, puis on filtre la mixture. Ce liquide réussit particulièrement bien pour la soudure du fer et de l’acier. — 2e formule (c’est ce qu’on nomme souvent liquide de Muller). On mélange une partie d’une solution d’acide phosphorique avec une partie à 1 1/2 d’esprit-de-vin à 80°. — 3e formule. On peut encore préparer un liquide assez bon en mêlant une partie d’acide lactique avec une de glycérine et 8 d’eau.
- Pour faciliter le travail de l'acier à outils. — Il s’agit spécialement de rendre plus facile la fabrication et le travail des outils destinés aux orfèvres, en supprimant la grande dureté de l’acier employé à cet usage. La formule est signalée par la publication allemande spéciale « Neueste Erfindungen und Erfahrungen ». — On prend des os de bœuf et on les réduit en poudre fine, on les mélange alors avec une quantité équivalente d’argile, puis de l’eau et un peu de poils de veau; on fait ainsi une pâte épaisse. On enduit l’acier d’une bonne couche de cette pâte, et de tous côtés, puis on enferme cet acier entre deux poêles à frire, qu’on serre l’une contre l’autre avec du fil de fer. On bourre tous les trous avec la même pâte, et l’on place cette sorte de creuset improvisé sur le feu : il faut le porter au rouge, mais très lentement. On retire ensuite du feu et l’on place dans les cendres pour laisser refroidir ; on enlève les fils de fer et les poêles, on débarrasse de l’argile cuite, et on trouve, à ce qu’on nous affirme, le métal aussi tendre à attaquer, notamment à la lime, que du cuivre.
- Cirage noir en pâte. — On prépare une première composition au moyen de 122 parties de savon, 61 de carbonate de potasse, 500 de cire d’abeille, et 2000 d’éau, le tout étant bien mélangé et porté à ébullition jusqu’à homogénéité parfaite. A cette première pâte on ajoute une préparation faite de 1000 parties de noir d’os, 153 de sucre en poudre et 61 de gomme arabique également pulvérisée. On a ajouté cette préparation à l’autre tandis que celle-ci était sur le feu, si bien que tout se mélange, et l’on verse ensuite dans des boîtes où la pâte prend.
- Feux d’artifices colorés. — Si quelques-uns de nos lecteurs ne craignent pas de se livrer à la préparation de feux
- p.99 - vue 531/536
-
-
-
- 100
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- d’artiüces de ce genre, en prenant toutes les précautions voulues, et n’en faisant notamment que par petites quantités, en s’installant pour cela dehors, et en pulvérisant les ingrédients séparément, en ne les mélangeant qu’avec une spatule en hois ; alors nous leur donnerons quelques formules citées par la publication Druggist Circular. Pour un feu rouge, prendre 10 parties de chlorate de potassium, 80 de nitrate de stron-
- tium, 26 de soufre ôt 6 de charbon de bois. Feu vert : 4 parties de chlorate de potassium, 5 de soufre et 14 de nitrate de baryum. Feu jaune : 12 parties de nitrate de potassium, 4 de soufre et 2 de bicarbonate de soude. Feu blanc : sulfure d’antimoine 1 partie, soufre 4, nitrate de potassium 12. Feu bleu : alun desséché 3 parties, chlorate de potassium ti, 2 de gomme-laque en écailles et 1 de soufre.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30>. — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES t»U MATIN THE&MOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN' MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 mai 9\8 Calme. Couvert. 4,9 Couv. ; pluie cesse à 5 h. 15; halo.
- Mardi 9 7°,0 N. N. E. 4. Nuageux. » Nuageux; rosée.
- Mercredi 10 7 °,1 N. 2. Beau. )) Beau ; gelée blanche.
- Jeudi 11 11 °,0 N. 1. Beau. » Peu nuag. de 12 a 16 h. ; beau avant et après ; rosée.
- Vendredi 12 1 lu,0 N. 3. Beau. » Nuag. de 12 à 17 h. ; beau avant et après; rosée ; halo.
- Samedi 13 8°,1 N. 3. Nuageux. 0,0 Nuag. ; rosée ; quelquefois des gouttes.
- Dimanche 14. . . . 7°,9 N. N. E. 5. Beau. » Gelée bl. ; beau jusqu’à 10 h. ; nuag. ensuite.
- MAI 1905. -- SEMVISE DD LUNDI 8 Aü DIMANCHE 14 MAI 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites à
- l'Observatoire du Parc Saint-Maur, en avril 1905,
- par M. Tii. Mocreacx.
- Pression barométrique (ait. 50“,3). Moyenne des 24 heures, 754”",94; minimum absolu, 740 mm le 10 à 19h15"; maximum absolu, 767““,4 le 1" à 9 h. 30 m. ; écart extrême, 27““,4.
- Température. Sous l'abri : moyenne des minima, 4°,28; des maxima, 14°,63; du mois, 9°,46; vraie des 24 heures, 9°,24; minimum absolu, —1°,9 le 7 ; maximum absolu, 20°,3 le 13. Sur le sol gazonné : moyenne des minima. 1°,20; des maxima, 30°.87; minimum absolu, —6°,4 le 7;• maximum absolu, 42°,1 le 27. Dans le sol gazonné, moyenne du mois ; profondeur 0“,30 ; à 9 heures, 9°,55; à 21 heures, lü,,12; profondeur 0“,65 ; à 9 heures, 9°,32 ; à 21 heures, 9°,50 ; profondeur 1 mètre : à 9 heures, 8°,93; à 21 heures, 8°,97. De la Marne : moyenne le matin, 10°,93 ; le soir, 11°,36; minimum, 9°,72 le 9; maximum, 12*,28 le 29.
- Tension de la vapeur. Moyenne du mois, 6““,20; minimum, 2“”,1 le 6 à 16 heures; maximum, 10““,1 le 11, à 11 heures.
- Humidité relative. Moyenne du mois, 71,6; minimum, 29 le 6 à 16 h. ; maximum, 100 en 3 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 li.), 7,05; moyenne diurne la plus faible, 1,4 le 1" ; la plus élevée, 9,9 le 3 et.le 17.
- Insolation. Durée possible, 409 heures; durée effective, 114 h. 3 en 27 jours; rapport, 0,28.
- Pluie. Totaidu mois, 20“’.9 en 18 heures; plus grande hauteur diurne, 8”“,1 le 14.
- Nombre de jours de pluie : 16, dont 10 ont fourni une hauteur d’eau inférieure à 1 mm; de pluie inappréciable, 4; de gelée, 4, les 6, 7, 9, 25; de gelée blanche, 10; de grêle, 1, le 23; de brouillard, 1, le 1"; de rosée, 7 ; d'orages, 2, les 11 et 14 ; de halos, 9.
- Fréquence des vents : calmes, 19.
- N . 76 E . 16 S . 57 NV 50
- N. N. E. . 65 E. S. E. . . 13 S. S. N\ . . 82 NV. N. NV . 28
- N. E. . . . 36 S. E . . . . 57 S. w.. . . 75 N. NV . . . 31
- E. N. E . . 11 S. S. F.. . . 26 W. S. VY.. 48 N. N. NY. . 50
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 4”,1 ; moyenne diurne la plus grande, 7”,7 le 29; la plus faible, 0”,8 le 1"; vitesse maximum en 15 minutes, 12“,2 le 20 de ÎS^ÔO” à ISMo* par vent N'. N. E.
- Electricité atmosphérique. Moyenne du mois (25 jours), 144 volts; moyenne diurne la (dus grande 222° le 2 ; la plus faible, 83 le 18 ; amplitude diurne, 0,64; amplitude nocturne, 0,74.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 2”,82 ; minimum, 2”,37 les 29 et 30; mavimum, 3“,43 le 1".
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre, —0”“,56; température, — 0°,50; tension de la vapeur, -t-0““,9; humidité relative, + 2,5; nébulosité -h 1,15 ; pluie—21““,6.
- Taches solaires : 15 groupes en 28 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques. Le 1" (la plus grande) ; les 2,3,5-6, 6-7. Les appareils de variations du Val-Joyeux et du Parc Saint-Maur ont enregistré le tremblement de terre de l’Inde du 4 avril, de 1*19“ à 1* 41“ (t. m. de Paris), et celui de l’est de la France, le 29 à 2 heures précises du matin.
- Floraisons. Le 1", ortie blanche, groseiller à grappes; le 4, corcorus, cerisier (anglaise hâtive); le 5, saule commun, jonquille; le 6, renoncule bulbeuse, prunier (reine-claude) de plein vent ; le 8, linaire cymbalaire ; le 10, lunaire ; lé 11, laurier-cerise ; le 12, mahonia à feuilles de houx, sureau à grappes; le 13, poirier de plein vent, cassis, muscari à grappes, corbeille d’or ; le 14, cerisier de Montmorency (courte queue) ; le 16, fraise des bois; le 17, souci d’eau, réveille-matin; le 19, bouton d’or, laurier noble; le 21, cerisier de Sainte-Lucie; le 22, marronnier commun; le 26, lilas commun, lilas blanc, géranium à feuille ronde; le 27, pervenche bleue, cognassier, pommier (reinette.de Canada) de plein vent; le 28, ché-Iidoine; lé 29, spirée, érable champêtre; le 30, épine blanche, muguet, narcisse des poètes, daphné pontica.
- Les premières hirondelles ont été vues le 2, les hannetons le 26, les martinets et la tourterelle le 30. On a entendu le premier chant du pic vert le 10, de la fauvette le 12. du rossignol le 17, du loriot le 27.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 12 à 6 h. 55 m. du malin.
- p.100 - vue 532/536
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘%
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Pans (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1670 (27 mai 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE l,’ADMIA'ISTRATIOAT. — L’échéance du 31 mai étant Tune des plus chargées de l'année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l'abonnement se termine avec le numéro du 27 mai (n° 1670) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. One quittance, pour une même durée que l'abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892 — 1893 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Les lettres et communications relatives à La rédaction et à la « Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- Mise en chantier de contre-torpilleurs. — Le ministre de la marine vient de donner l’ordre de mettre en chantier sept contre-torpilleurs dont quatre seront construits à Roehefort et trois à Toulon. Les premiers porteront les noms suivants : Glaive, Poignard, Fleuret et Latte-, les autres ceux de Cognée, Hache et Massue. Tous ces contre-torpilleurs seront du même type: voici leurs caractéristiques : Déplacement 335 tonneaux, longueur 58 mètres, largeur 6m,20, tirant d’eau 2n\95, puissance des machines G800 chevaux, vitesse 28 nœuds; approvisionnement de charbon, 30 tonneaux; rayon d’action : à 10 nœuds, 2300 milles; à la vitesse maximum, 217 milles; armement : 1 canon de 65 mm, 6 de 47 et deux tubes lance-torpilles aériens.
- Éboulement. — Le 5 mai, un important éboulement de terre et de rochers s’est produit sur la ligne électrique Fayet-Ghamonix, vers la gare des Bossons.
- La navigation sur le Niger. — Un télégramme de Bammako, du 3 mai, a annoncé que le lieutenant de vaisseau Le Blévec est parvenu à faire arriver au Niger et à faire remonter les deux embarcations à moteurs et à faible tirant d’eau construites sur ses plans. Ce sont les premiers bâtiments à vapeur en service régulier qui auront fonctionné sur le Niger.
- Les fabriques de conserves en Chine. — Une nouvelle école industrielle fondée à Hang-Chéou comprend dans son programme la question des conserves de fruits et de légumes. Il y a en Chine une ou deux variétés de fruits qui peuvent être mis en conserves (notamment l’ananas) à un prix bien moins élevé que dans d’autres contrées. Dans la Chine méridionale il est probable que quelques légumes pourraient être traités par les fabriques de conserves avec prolit.
- L’exportation des moutons en Australie et en Nouvelle-Zélande. — La Nouvelle-Zélande a exporté, en 1904, 2 038084 moutons et 1 913 153 agneaux, au total 3 951 237 bêtes abattues. L’Australie n’exporta que 450283 moutons et 595 773 agneaux, soit au total 1046056. C’est que le climat et ie sol de la Nouvelle-Zélande sont supérieurs à ceux de l’Australie. Les territoires intérieurs de l’Australie contiennent, il est vrai, d’immenses troupeaux de moutons mérinos ; mais c’est seulement quand la saison est exceptionnellement bonne que le mouton peut être engraissé pour l’exportation. Un autre motif de la différence est que la consommation annuelle de, ces animaux est de 12 millions à 15 millions pour l’Australie, tandis que celle de la Nouvelle-Zélande, dont la population est cinq fois moindre, n’est que de 2 500 000. L’accroissement des exportations de l’Australie méridionale est appelé dans un avenir prochain à avoir une réelle influence sur les exportations des laines d’Australie. Cet Etat commença en 1895-1896 par exporter 2000 carcasses ; au cours de la saison suivante, ce chiffre s’éleva à 10000 pour arriver à 191000 en 1904, dont 189000 carcasses ont cté expédiées dans le Royaume-Uni.
- Industrie houillère chinoise — Notre confrère Engineering signale comme un admirable bassin houiller celui de Tai’tsan, dans la province chinoise de Shansi ; les veines y seraient horizontales et atteindraient une épaisseur de 5 mètres à peu près. On évalue à 650 milliards de tonnes d’anthracite la richesse de ce bassin. Et encore d'autres dépôts houillers se rencontreraient-ils dans l’ouest de cette même province. Pour l’instant, le charbon ne se vendrait que lfr,50 environ la tonne dans cette région privilégiée.
- Construction des ponts métalliques. — Dans une communication qu’il vient de faire à YEngineers' Society of Western Pennsylvania, M. F. S. Rice se montre l’adversaire déclaré des rouleaux, pour assurer la dilatation des ponts : il estime qu’ils se rouillent rapidement et sont dès lors absolument inutiles. Il préfère de beaucoup les plaques de glissement, l’une des plaques devant être en bronze.
- L'exploitation des métropolitains. — La question de la durée des stationnements sur les lignes métropolitaines est de toute première importance, puisque la réduction du temps des arrêts augmente de beaucoup le débit de ces lignes. Or, il est intéressant de noter à ce point de vue que l’Illinois central Company, compagnie américaine, comme le dit son nom, en adoptant des automotrices électriques munies de portes latérales en même temps que de portes en bout, a pu arriver à une movenne de stationnement qui n’atteint pas 8 secondes!
- Entretien des constructions métalliques. — L’Administration du chemin de fer américain Pennsylvania Railroad, ayant constaté que les peintures ordinaires ne peuvent pas assurer pendant plus de dix mois la protection des surfaces en acier, essaye en ce moment de revêtements en papier peint. Ces essais se font à la gare de Jersey City. On enduit d’abord le métal d’une substance adhésive, puis on applique du papier paraffiné et l’on peint ensuite de la couleur désirée. On fait dans le papier des trous pour les têtes des rivets, qu’on recouvre ensuite d’un chapeau de papier spécial.
- Le platine aux États-Unis. — Le service géologique des Étals-Unis est en train de faire une vaste enquête sur les ressources en platine que peut posséder la Confédération; et il a demandé de lui envoyer des échantillons de sable à tous ceux qui sont propriétaires de gisements susceptibles de contenir le précieux métal. Il étudiera, pour chaque cas particulier, la meilleure méthode à suivre pour isoler le platine.
- Le thé des troupes russes. — Tout le thé que consomment les troupes russes en campagne est du thé comprimé en tablettes; les officiers, en particulier, reçoivent du thé Souchong de très bonne qualité. On en détache au marteau un morceau gros comme un dé qu’on met dans une tasse,et l’on verse l’eau bouillante dessus. Les feuilles se feutrent simplement sous l’action d’une presse, sans intervention d’aucune matière adhésive.
- Mise en marche des moteurs à gaz. — La maison allemande Borsig construit couramment des compresseurs d’air spéciaux qui rendent les meilleurs services, affirme-t-on, pour la mise en marche des grands moteurs à gaz.
- La métallurgie dans la Nouvelle-Galles du Sud. — En
- dépit des importants gisements de bouille et de minerai de fer qu on y trouve, l’industrie métallurgique ne prend aucun développement dans ce pays, — sans doute par suite de la législation
- 26
- p.101 - vue 533/536
-
-
-
- 102
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- étroite qu’on y doit subir. Aussi le gouvernement appelle-t-il des adjudicataires pour la fondation d’un établissement métallurgique complet, en s’engageant à prendre pendant, sept ans, dans l’établissement qui serait fondé, tout le métal dont il aurait besoin pour ses travaux.
- Alimentation des foyers de chaudière. — Si nous en croyons Engineering, certains appareils d’alimentation mécanique des foyers de chaudières, comme le Hennis Sto/cer, permettent de brûler les plus mauvais combustibles, dont le chargement à la main ne peut assurer la combustion.
- Poteaux de bois recouverts de oiment. — Il paraît que l'Usine d’électricité de Zurich se trouve fort bien d’employer, pour ses lignes de transmission, des poteaux de bois que protège un revêtement de ciment. On peut même dire que c’est là du ciment armé. On enroule, en elfet, autour du poteau, de la toile métallique que des colliers maintiennent à distance convenable; on pose ensuite l’enduit de ciment, qui présente une épaisseur de
- 4 à 5 centimètres. Les poteaux en sont étrangement renforcés-
- Exposition canine. — La 35e exposition canine, organisée par la Société centrale pour l’amélioration des races de chiens, a ouvert ses portes le 19 mai. Parmi les grandes meules engagées étaient celles de MM. André et Jacques Bertin, du prince H. de la Tour-d’.Auvergne, Ridgway, Raoul Aldebert, Raillet. Dam les petits équipages se trouvaient MM. André llettier, Michel Carré, le baron de Segonzac, de Chitray et Léon Verrier. Le nombre des chiens-exposés était de 1509. Les espèces les mieux représentées étaient les bouledogues, les fox, les grands danois, les Saint-Bernard, les-braques d’Auvergne, les Saint-Germain, les grillons d’arrêt, les-setters‘anglais et cockers.
- Nécrologie. — M. Ouivet, prote des machines à l’Imprimerie: Lahure depuis de nombreuses années, est décédé subitement le-16 mai. M. Ouivet a longtemps surveillé avec soin et attention le tirage de La Nature. Nous ne pouvons le laisser disparaître sans lui accorder un souvenir sympathique dans nos colonnes.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croisant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les grands wagons à marchandises, s’adresser aux Forges de Dôuai, 52, boulevard Ilaussmann, à Paris.
- Communications. — M. Kilian. professeur de géologie et de minéralogie à la Faculté des Sciences de Grenoble, nous écrit au sujet des tremblements de terre du 29 avril, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs : « Le séisme du 29 avril est de beaucoup le plus fort de ceux que les instruments de la Faculté des Sciences de Grenoble aient enregistrés depuis leur installation (1891). 11 a d’ailleurs été ressenti par de nombreuses personnes de la ville et des environs. La secousse initiale s’est produite le 29 avril à l1* 59m 15! du matin (méridien de Paris) et a actionné le système avertisseur Kilian-Paulin en même temps qu’elle mettait en marche le chronomètre annexé à ce sismographe. L’appareil Angot a également fonctionné. Le pendule N-S de cet appareil s’est déplacé de toute la course dont il est susceptible (47 mm.); le pendule E-0 a parcouru un peu plus de la moitié de sa course ; le pendule à oscillations verticales n'a pas êlé influencé. On peut en conclure : 1° Qu’il s’agit non pas d’un ébranlement direct venant de la profondeur, mais d’une ondulation provenant d’un épicentre assez éloigné ; 2° que le mouvement a été sensiblement N-S, ainsi que le prouvaient du reste les oscillations qui ont persisté après le phénomène dans un des pendules libres du sismographe Kilian-Paulin. 11 s'est produit également une deuxième secousse qui semble avoir été plus forte encore que la première et qui a occasionné l’arrêt de plusieurs pendules à 2h12m; ce nouvel ébranlement n’a pu être enregistré par les appareils sismiques, ceux-ci ayant été mis momentanément hors d’usage par la première oscillation et le chronomètre mis en marche par la secousse initiale n’ayant pas été arrêté par la seconde. »
- M. Kilian ajoute ce qui suit :
- « M. Perrier, chef de travauxà la Faculté des Sciences de Grenoble, en déplacement à Tournon (Ardèche), nous écrit :
- « Le tremblement ressenti à Tournon a été assez violent.
- « Il a été composé d’un certain nombre de secousses. Les deux « premières, assez violentes; les autres, au nombre de deux ou « trois, beaucoup moins accentuées. Il me semble en avoir res-« senti trois après les deux premières. L’heure exacte est « 2 heures du matin, ou plutôt 2 .heures moins 10 environ. La « direction m’a semblé être nord-est — sud-ouest. Les sert cousses ont été ressenties dans toute la région Tournonaise.
- « On me les signale à Mauves, au Grand Pont, au Cornilhac,
- « à Tain et à Larnage, Mercurol, Saint-Vallier, etc. » L’ébran-
- 1 lement a donc dépassé le Rhône et atteint la région cristalline du bord du Massif Central. Il est intéressant de pouvoir, grâce aux renseignementsj. ci-dessus, constater ce fait. »
- Renseignements. — M. le Dr Melhodio Maranhao, à Goyanna Pernambuco. — Il y a eu des essais faits avec l’ammoniac, mais aucune machine pratique n a été construite.
- M. Achard, à Paris. — Les principaux ouvrages de Cuvier sont les suivants : Leçons d’anatomie comparée (1800-1805); Recherches sur les ossements fossiles .(1821-1824) ; Le règne-animal distribué d'après son organisation (1810-1829); Histoire naturelle des poissons (1829-1849). Ces ouvrages ne se trouvent plus en librairie, sauf d’occasion. Vous pourrez les-consulter dans toutes les bibliothèques.
- M. H. de Burgraëve, à Bruges. — Les nouveaux appareil* Mesnager, basés sur le même principe que ceux décrits dans le n° 1062, du 1er avril 1905, page 279, sont construits par M. J. Richard, rue Mélingue, à Paris.
- M. Paul Faidy, à Breughes. — Il nous semble que l’em-reinte que vous nous envoyez est aux aimes de la maison de rance et date de l’époque de Louis XJ. Les fleurs de ly* montrent, en tout cas, qu’il ne s’agit pas d’un empereur-allemand.
- M. François de Breteuil, à Bévillers-Breteuil. — Pour une collection de lépidoptères, vous pouvez vous adresser aux naturalistes suivants : Deyrolle, 46, rue du Bac, Le Blanc, 3, rue: Guénégaud, à Paris.
- M. E. de Facien, à Cannes. — Vous trouverez les renseignements que vous cherchez sur la ville d’Eridhu dans 1* « Histoire de l’Orient classique » de Maspero, et dans les derniers-travaux des orientalistes.
- M. Antonio José da Silva, à Bahia. —Le fusil Clair, décrit dans le n° 1273 de La Nature, page 324, se trouve à la maison Guinard, 8, avenue de l’Opéra; le pistolet Borchardt, chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- M. F. Lefèvre, au Perreux. — 1° Consultez le livre de Recettes et procédés utiles, 1" série, à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 2° Vous trouverez différents mastics dans le même ouvrage. — 3° Consultez un restaurateur de tableaux; vous trouverez aussi des renseignements dans les Recettes et procédés utiles, 3e série.
- M. M. de Tervalle, à Paris. — Les procédés à employer pour la destruction des fourmis et fourmilières sont longuement exposés dans Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et CiB, à Paris.
- M. A. Hoffmann, à Paris. — 1° Veuillez vous adresser à un chimiste. — 2° Pour le réseau coloré servant à faire la photographie des couleurs, veuillez vous adresser à M. Pellin, 20, rue de l’Odéon.
- M. Pol Quinton, à Reims. — Pour la rinceuse automatique La Cleveland, décrite dans le n° 1668, du 13 mai 1905, p. 383, veuillez vous adresser à M. de Nansouty, 31, rue Flachat, à Asnières.
- M. X., au Creusot. — Comme constructeur de turbine à air, nous ne connaissons que M. Decœur, 81, boulevard Richard-Lenoir, à Paris. Les autres constructeurs de turbines fabriquent des turbines hydrauliques.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Pilon, à Fontaine-lcs-Vervins. — Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. Cl. lliroux. à Brest. Consultez le livre de Recettes et procédés utiles, 3” série, à la librairie Masson et C‘*, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Ch. Hébert, à Paris. Voyez le même ouvrage, même série, à la même librairie. — MM. Kilian, à Grenoble; Pilate, à Sceaux; Auguste Palun, à Avignon. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elfe ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraisons
- p.102 - vue 534/536
-
-
-
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 103
- PETITES INTENTIONS1
- Auto-injeeteur hypodermique. — Les injections hypodermiques sont de plus en plus employées en médecine, car on a reconnu que les agents thérapeutiques administrés par cette voie sont bien plus actifs que quand on utilise la voie stomacale. La seringue de Pravaz, universellement connue et qu’on fabrique à tous les prix, ne fonctionne pas toujours au moment où on en a besoin. Certains modèles, comme celui de Liier, où tout est en verre, à l’exclusion'absolue de toute autre matière, présentent des perfectionnements importants assurant le fonctionnement et l’asepsie. Mais il restait encore à garantir la même asepsie pour les solutions à injecter. On trouve actuellement celles-ci toutes préparées dans des ampoules de verre où la stérilisation est complète. Afin d’éviter toute cause de souillure en transvasant la solution dans une seringue, MM. Paillard et Ducatte ont imaginé un appareil qui fait passer directement le liquide de l’ampoule dans l’aiguille. A cet effet, les ampoules qu’ils fabriquent sont rodées à un bout de façon que toutes les aiguilles de Pravaz s’y adaptent. L’autre bout se termine par un petit tube qu’on introduit à l’extrémité de l’auto-injécteur. Celui-ci n’est autre chose qu’une sorte de pompe à bicyclette minuscule (n° 1); lorsque l’ampoule est en place, on ajuste sur la pompe une armature (n° 2) de façon à obtenir un tout rigide (n° 5) sans risque de casse. L’armature saisit en même temps l’extrémité inférieure de l’aiguille, de sorte que celle-ci offre toute la résistance nécessaire, sans pression sur l’ampoule, pour qu’on puisse l’enfoncer avec sûreté à l’endroit choisi pour l’injection. Tout l’appareil se loge dans une boîte de très petite dimension pouvant prendre place dans le gousset du gilet; les ampoules de solutions di-
- Seriugue à injections.
- verses sont dans une autre boîte très plate semblable à un étui a cigarette et contenant une petite lime pour assurer la cas-Hire des deux extrémités de l’ampoule au moment de l’emploi. U est certain que par ce procédé le liquide passant directement de l’ampoule stérilisée dans le corps du malade il y a une asepsie parfaite et on n’a à redouter aucun des accidents qui se produisent assez souvent, quelque précaution qu’on prenne, quand il faut manier les solutions à l’air libre. — Se trouve chez Dailland et Ducatte, 17, place de la Madeleine, Paris. G. M.
- Nouvelle marque de Bridge. — On sait combien sont compliquées la comptabilité et, par suite, la marque du jeu de Bridge; on sait aussi quel intérêt ont les joueurs à connaître constamment l’état de la partie, aussi bien du camp adverse que de leur propre camp. Voici un petit appareil dans lequel le problème semble avoir été résolu d’une manière pratique, par la combinaison du principe de la marque de billard, avec chiffres, qu’on entraîne à la main avec les aiguilles d’un double cadran, et de la marque de piquet, avec touches, qu’on lève ou qu’on abat. Sous le nom de Marque-Chevalel, l’appareil en question a la forme d’un petit tableau que l’on place en évidence sur la table de jeu ; il sert à l’enregistrement des « points et des honneurs » des deux camps et accuse les manches gagnées : la garantie de son exactitude résulte du contrôle intéressé et incessant des joueurs eux-mêmes. D’ailleurs, on recommande de confier le maniement de la marque
- 4 La description des ajppareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle* scientifiques est étrangère aux annonces.
- à un seul joueur qui inscrit les résultats des deux camps. Les' « points », qui apparaissent en gros chiffres dans les fenêtres-, ménagées sur la marque, sont indiqués aux yeux exercés par la seule position des aiguilles de commande ; celle de gauche, sùr le cadran des dizaines; celle de droite, sur le cadran des unités. Lorsqu’on a observé la division de ces cadrans et les
- .Nouvelle marque de bridge.
- petits chiffres qui y sont gravés, on se rend compte que la manœuvre pour marquer est des plus simples, en poussant chaque aiguille à la position voulue, sans qu’il soit besoin pour ainsi dire de regarder. A la fin de la manche, on reporte les « l’oints » de chaque camp avec les « Honneurs » qui sont marqués au moyen de touches à ressorts; après quoi, l’on ramène les aiguilles des cadrans à zéro, pour la manche suivante. Lorsque la « belle » est jouée, il reste à écrire les comptes individuels des joueurs de la meme manière qu’à la fin d’une partie de whist. — Se trouve chez J.-B. Lefrane, 109, rue du Temple, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTE
- Le pansement à la glycérine.
- L’idée de ce pansement repose sur le principe suivant : pour qu’un pansement soit bon, il faut que la partie aqueuse des sécrétions soit absorbée, évaporée; il faut qu’il y ait une sorte de courant osmosique du point lésé à l’extérieur.
- D’après MM. Gallois et Flourens la glycérine réaliserait ce desideratum, ipais à la condition de l’employer d’une ceitaire façon. Il va sans dire qu’il faut faire usage de glycérine, qui ne risque pas, par la présence d’impuretés, d’irriter les téguments.
- Voici, d’après ces auteurs, comment il faut appliquer ce pansement. Prenez une feuille d’ouate hydrophile dépassant la surface delà plaie à recouvrir. Plongez cette feuille dans l’eau bouillie, exprimez-Ia avec soin, étalez la feuille et versez-y largement de la glycérine neutre ou boriquée à 10 pour 100. Appliquez celte feuille glycérinée et recouvrez d’une couche d’ouate non hydrophile.
- En général, ce pansement détermine un peu de cuisson qui ne dure pas au delà de quelques minutes, mais il amène en très peu de temps la guérison des plaies suppurantes avec plus de rapidité, paraît-il, qu’avec tout autre pansement aseptique.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédé pour empêcher le bois de travailler. — Tous nos lecteurs savent ce que c’est que le b is qui travaille, qui se déjette, qui se couibe mal à propos, etc., et cet inconvénient est particulièrement ennuyeux pour tous les petits travaux de l’amateur. En journal américain garantit qu’on empêche cette déformation en immergeant le bois durant au moins une semaine dans une solution aqueuse concentrée de sel marin.
- La peinture des surfaces en ciment. — Les surfaces en ciment et tous les ouvrages en ciment que l’on veut peindre doivent auparavant sécher une année. En otdre, on se trouve très bien de les recouvrir de trois couches de verre soluble : on en étend d’abord deux, puis on lave à l’eau-, et on applique la troisième.
- p.103 - vue 535/536
-
-
-
- 104
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Pour manipuler et travailler le celluloïd. — Ne pas oublier qu’il sulfit, pour le rendre mou de façon à pouvoir le plier, de le laisser baigner un certain temps dans de l’eau bouillante. Si on le soumet à l’action de la vapeur à 120°, il devient comme de la pâte.
- Crème pour cuir brun. .— Recommandée par la publication allemande « Farben Zeitung », elle a la propriété, paraît-il, de nettoyer le cuir et de lui donner du brillant. On fait dissoudre O parties de cire jaune dans 20 d’huile de térébemhine, et cela au bain-marie ; puis on dissout d’autre part 1 partie de savon commun dans 20 d’eau bouillante ; on mélange ensuite les deux solutions dans un mortier qui doit être chaud, et on brasse jusqu’à refroidissement.
- Pour souder l’acier. — Un procé lé qu’on a indiqué dernièrement consiste à préparer une composition composée de 5
- parties de borax, 2 de colophane, 3 de verre pilé, 2 delimures d’acier, 1 de carbonate de potasse et enfin 1 également de savon en poudre. On fait fondre le tout dans un pot de terre ou de fer, on verse sur une plaque froide, et, après refroidissement, on concasse et met finement en poudre.
- Vernis brun pour métaux. —- le journal « Werkstatt'» recommande à cet égard un vernis séchant rapidement et fait de 20 parties en poids de gomme kino et de 5 de gomme benjoin dans 00 de bon alcool : la préparation se fait à froid.
- Encre d’or. — On commence par bien écraser de l’or en feuille avec du miel, puis on enlève le miel par lavage à l’eau, ce qui laisse de l’or finement pulvérisé. C’est alors cette sorte de poudre d’or qu’on mélange avec de l’eau gommeuse, en donnant la consistance voulue pour une encre. Cette encre d’or est employée avec une plume d’oie.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLU JE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 mai .... 9\9 N. N. E. 3. Nuageux. » Peu nuageux.
- Mardi 16 10°,0 N. N. E. 4. Beau. 2,8 Rosée ; nuag. le matin ; couv. le soir ; pluie de 22 h. 15 à 21 h.
- Mercredi 17 15°,0 N. N. E. 2. Nuageux. 0.2 Nuag. ; pluie cesse à 0 h. 25 ; tonn. au N. de 16 à 17 h. 45.
- Jeudi 18 10°,7 S. S. W. 0. Couvert. 1,2 Rosée ; très nuag. ; orage au N. de 14 h. 50 à 16 b. 15 avec pluie.
- Vendredi 19 13",t N. N. F. 2. Eclaircies. » Très nuag. le matin; nuag. le soir.
- Samedi 20 11°,0 N. N. W. 2. Couvert. 0,6 Rosée; couvert; pluie de 21 h. à 21 h. 45.
- Dimanche 21. . . . 9\0 N. N. Il 3. Couvert. » Couvert.
- MAI 1905. — SEMAINE DO LUNDI la AO DIMANCHE 21 MAI 1905
- ss:»::::::;:::»
- üiiiiii 1=11111=1
- 2 2!==»S====s========================55==5====================================««5====j
- 3£3Efi£2Hff3£^£3fi3y££?£H££££££33*““^^»,*»>5£“S535?3"ïïïr355S3555'S55«Brï55.™S5S353555ï5555ï5B
- £££££££££££2£ EEHS’ÆEFÆfiHHH kinii.iiMauflaiiiimvM mmmmwm
- .5f<S££2£££fiKfi£ £S5?i5£fi£5 aa«aaaBBBrjBBaaa mmmwmmWA
- 2f£££1';££Ti£5r.4£F£S5r-4££r-*£"1 ama< MavfiHHVtfsvauaiaHBaiaaaiauHa HMiaiirMaiMiOH MMtNSnx'Miam v 1 «mai mmmwimmfÆ SmhSmSSmSSSmSimhSmmSSI F«aa* 'Mmm ^aaoi'«MK.-&«MBtMn»aiHaaaBViaBaiai iha mbim ) aag -mmi aair — Zmm. *mm. laa'
- [38333333333333333333!
- sSsssssssssbsssbssss:
- aiMaaaBBBaBnavaBiSaai
- mmmm'mmmmramm'MmmjmrmmmmmL.
- £S3Z3332S323323S35?Æ:
- raaiHirjaH-r.MM^aBriMBiBaavraHH
- ^JMB>^aa«B^3BH|^naB^n^BB ABjl
- =55555555555555=5555:
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques <baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. — La semaine du la au 21 mai a présenté encore de mauvais temps. Le 15 mai, de fortes pressions persistaient sur le Nord-Ouest de l’Europe. Un vent fort du Nord-Ouest régnait sur le golfe du Lion. Un vent modéré du Nord-Est souillait sur nos côles de la Manche et de la Gascogne. On a recueilli 16 mm d’eau à Toulon, 8 mm à Nice. 3 mm à Marseille. La température, le matin, était 8° à Nantes, 10° à Paris, 0° au mont Aigoual, —88 au Pic du Midi. La température movenne de la journée à Paris a été de 13°,2. La journée a été nuageuse, le ciel s’est découvert pendant la soirée. Le 16 mai, la pression barométrique était encore supérieure à 770 mm sur les Iles Britanniques, ainsi que sur la Scandinavie, où elle était de 773 mm à Carlstadt. Mais il existait une dépression persistante sur l’Italie et la Méditerranée occidentale (757 mm). 11 a plu à Toulon (14 mm d’eau), 7 mm à Nice, 2 mm à Belfort. Le matin, le thermomètre marquait 8° à Belfort, 11° à loulouse. Le 17 mai, la pression barométrique a été très élevée sur les Iles Britanniques et la Scandinavie. Il est tombé 31 mm d’eau à Toulon, 18 mm ù Belfort, 8 mm à Clermont, 3 mm à Paris. La température était, le matin,
- 10° à Nantes, 13° à Paris, 13° à Toulouse. Le 18 mai, une dépression barométrique a passé dans les parages des Açores (755 mm). La température, le malin, était 12° à Paris, 13° à Nantes, 5° au Puy de Dôme. Vers 4 heures, un violent orage s’est abattu sur Paris et a causé un certain nombre de dégâts. Des caves ont été inondées rue Barbette. Du côté Sud, où la trombe était la plus serrée, un tassement de terrain s’est produit au-dessous des travaux du Métropolitain, à la hauteur des 11“ 5 et 7 de l'avenue d’Orléans. Avenue du Maine, en face du n° 199, la foudre est tombée sur uh arbre et l’a fendu dans toute sa longueur. Le 19 mai, la pression barométrique était de 760 mm sur le Gpntre et l’Ouest du continent ; un maximum orageux se trouvait, le matin, dans le Sud-Ouest de la France. Le thermomètre marquait, le matin, 13° à Paris, 13° à Toulouse, 11° à Clermont. Le 20 mai, il y a eu en France, dans toutes les régions, des pluies accompagnées de violents orages. La température était, le matin, 11° à Paris, 11° à Nantes, 13° à Clermont, — 2° au Puy de Dôme, — 4° au mont Mounier. Le 20 mai, on a recueilli 13 mm à Belfort, 9 mm à Besancon, 4 mm à Lyon, 3 mm à Boulogne, 1 mm à Paris. La température a baissé en Europe: on notait le malin 8° au Havre, 9° à Paris, 15° à Toulouse.
- PHASES DE LA LUNE : P, L, le 18 à 9 h. 45 m. du soir.
- p.104 - vue 536/536
-
-