La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Paris. Un an . . — Six mois
- ABONNEMENTS
- 20 fr. » Départements. Un an.
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ 4' V
- TRENTE-TROISIÈME ANNÉE
- 1905
- DEUXIEME SEMESTRI
- PARIS
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, BOULEVARD saint-germain, 120
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- 53e ANNÉE. — N° 1071.
- 5 JUIN 1003.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- L'OBSERVATOIRE DE MUSTAPHA-SUPÉRIEUR (ALGÉRIE)
- D'éminents esprits ont réclamé depuis longtemps déjà l’application du système décimal à la mesure du temps et de l'angle. Tous les arguments ont été épuisés : origines du système décimal «pii se perdent dans la nuit des temps; résultats très concluants tournis par les différentes applications de ce
- système. La méthode décimale, dont la supériorité est reconnue à tous les points de vue, a fait peu à peu perdre du terrain à la méthode sexagésimale.
- Un ne saurait trop louer les efforts réalisés en ce sens dans certains observatoires privés comme l'Observatoire de Mustapha-Supérieur.
- L’Observatoire de Mustapha-Supérieur.
- Cet Observatoire est en effet outillé avec des appareils gradués dans la division décimale du quart de cercle. L'Observatoire de Mustapha-Supérieur est construit presque à l’extrémité de l’éperon qui termine à l’Est le plateau du Sahel. 11 devrait donc dominer du Nord à l'Est la Méditerranée ; de l'Est au Sud-Ouest, la plaine de l’Harrach et n’être masqué que du Sud-Ouest au Nord par le massif du Sahel. En réalité, on a été obligé de le construire sur
- 33° aimée. — 2° semestre.
- le versant Nord de l'éperon et par suite de perdre la vue de la plaine. Ceci d’ailleurs ne limite en aucune façon l'horizon, car derrière l’Harrach, il y a les hauts-plateaux de Kabylie.
- De l’Observatoire, à 172 mètres au-dessus du niveau de la mer, la vue s’étend superbe sur Alger et sur son port. L’Observatoire comprend : une lunette méridienne de 43 millimètres, un tropomè-tre (chronomètre centésimal) de la maison Leroy. .
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- L A A A T U l» K.
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- Cet instrument divise lu journée en 40 parties ou décagrades. Lue seeonde aiguille divise le déeagradeen cent décigrades et la trotteuse divise elle-même théoriquement le décigrade en cent milligrades. Lu réalité, le milligrade étant une unité beaucoup trop petite, on l'ait battre au tropomètre il5 coups
- en un décigrade. Il bat alors exactement
- 100 000
- de jour, valeur très voisine de - , !/w, (nombre de
- H) 400
- secondes en Üi heures) et qui se divise mentalement en 10 avec la même facilité. L’avantage du svslème décimal se retrouve dans toutes les opérations, moyennes, produits, quotients, etc., qui se l'ont sans qu'on ait jamais à tenir compte que 00 secondes valent une minute. L'esprit reste ainsi plus libre, les opérations sont plus vite laites et les chances d'erreur très diminuées.
- L’équatorial est un équatorial Secrétan de 1 a,b millimètres d’ouverture centrale et de lm,87 de distance locale principale.
- Le micromètre adjoint à cet instrument, du à Mailhat, est un vrai chef-d’œuvre. Son cercle de position est divisé en 400 grades et ses vis sont au pas de h centésimale. A ce micromètre est adjoint un système d’éclairage électrique des verniers et des tambours. M. Joulfray, qui dirige l'Observatoire de Mustapha-Supérieur, a fait ajouter en outre un éclairage des iils en brillant sur fond sombre. Le système est très avantageux pour déterminer la position des objets faibles comme les comètes qui disparaissent entièrement dans un champ même peu éclairé.
- Un jeu de louches placé sous la main permet d’allumer soit l’éclairage des verniers, soit celui des tambours, soit enlin une petite lampe destinée à éclairer le papier où s’inscrivent les observations. A cette installation si inédite, M. Joulfray n ajouté encore deux dispositifs des plus ingénieux.
- C’est tout d’abord un siège mobile composé d'une sorte d'escabeau métallique à marches convenablement espacées et pouvant se déplacer facilement dans tous les sens. A l’une quelconque des marches on adapte un siège portant sur le côté un petit pupitre. C’est sur ce pupitre (pie sont: rhéostat, lampe, clavier, crayon, etc. Le pupitre étant fixé au siège se déplace en même temps que lui.
- C’est en second lieu une coupole de o,n,20 de diamètre. Elle repose par l’intermédiaire de galets à double roulement sur un rail circulaire. Elle se déplace d’une façon rapide par une simple manette sans engrenage. 11 faut une minute à peu près pour lui faire faire un tour. Son poids est d'environ une tonne.
- Cette coupole est formée par l'assemblage de vingt fuseaux [dans, réunis entre eux, en haut par une calotte de tôle épaisse bombée à la main : en bas par un cylindre qui joint les bases de tous les fuseaux. Les bords des fuseaux sont liés entre eux par deux fers plats boutonnés sur de la céruse, ce
- qui (es rond très étanches. Les volets incommodes ont été remplacés par un rideau souple. Ce rideau est percé d’une ouverture carrée de 40 centimètres de côté suffisant [tour pouvoir observer une demi-heure. Si l’on veut observer [dus longtemps, on tire la manette servant à déplacer la coupole sans avoir autrement à se déranger, cette manette étant toujours à portée de la main de l’observateur. La coupole est entourée d'un balcon où on peut aller se reposer les yeux entre deux séries d’observations. A l'Observatoire est adjoint un service météréologique très complet.
- Les volontaires de la science deviennent chaque jour [dus nombreux et c’est tout prolit [tour elle. Les observatoires privés sont maintenant légions, mais je ne crois pas (pie personne ait jamais tiré un aussi bon parti de faibles ressources que M. Joulfray, et c’est à ce point de vue que j’ai voulu le signaler.
- L’Algérie, dont le ciel est si favorable aux études astronomiques, ne possède, en dehors de l'Observatoire de Mustapha-Supérieur, que l’observatoire national de lîouzaréa. 11 v aurait un très gros intérêt scientifique à en fonder un dans le Sud où le ciel est rarement couvert. Cet observatoire devrait comprendre un équatorial de 50 centimètres d’ouverture, une bonne méridienne et surtout un service météorologique et magnétique très complet. Quel Mécène de la science dotera notre possession africaine de cette utile fondation ? Lucikx Libeut.
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- UN CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN
- A TOKIO
- Au moment où les Japonais s’efforcent de montrer à : qu’ils ont su, à son exemple, cultiver les arts de la guerre, il est assez consolant de constater qu’ils savent imiter aussi les Occidentaux dans les arts de la paix. A ce point de vue, n’est-il pas curieux de voir la capitale du Japon dotée déjà d’un chemin de fer métropolitain. Sans avoir le développement des lignes de Londres ni de Paris, il est des mieux compris, et même il est susceptible de rendre des services qu'on attendrait en vain du chemin de fer métropolitain parisien : il permet aux grandes lignes de pénétrer dans le cœur de l’agglomération et aux trains de [tasser d’un réseau sur l’autre. Nos lecteurs doivent savoir, car des renseignements ont souvent été donnés ici à ce propos, que le Japon est •icc.17 liimi flniA en matière de chemins de ter, et la capi-
- tale notamment est en relations faciles avec sa banlieue et la province; mais ce sont des relations tout extérieures, ainsi que l’on peut s’en rendre compte par le plan sommaire que nous donnons de la capitale du Japon. En effet, celle-ci est reliée aux provinces du Sud, à Yokohama et à Kobé, par le chemin de fer de 1 État dit Okaido, qui a sa gare terminus à Shinbashi, le long de la haie de Tokio, tout à fait à la limite sud de la ville ; par contre, les relations avec le Nord sont établies par la Compagnie du chemin de fer dit Nippon Tetusdo Kaisha, compagnie privée qui a gardé sa gare terminus a voyageurs à Lyeno, bien qu’elle possède une ligne a marchandises qui prolonge son réseau beaucoup plus dans 1 intérieur de l'agglomération, à Akihanorara, ce cpii n est
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- M SAIT HE.
- pas du reste encore le cœur de la ville. Nous pourrions ajouter qu’on trouve également dans l’est de Tokio le chemin de fer de N'arita, qui pourrait être assez facilement, et tout à fait logiquement, prolongé dans le cœur de l’agglomérai ion. La circulation est intense à Tokio, et il y a longtemps qu’on souffrait de la difficulté qu’il y avait notamment à passer de la gare du Midi à la gare du Nord; les relations entre ces deux terminus sont assurées par un tramway à traction animale ou des voitures, qui ne demandent pas moins de 10 minutes pour le trajet.
- Il est vrai qu’en 1885 la Compagnie Nippon avait établi une ligne pour relier son réseau à celui des chemins de fer de l’Etat, ligne tout extérieure qui partait d’Àkabanc, fort en arriére du terminus dT yeno, pour atteindre l’autre réseau à Shinagawa. Depuis lors on a voulu améliorer la situation par
- traie à l’est et à l’ouest de la ville par une transversale. Quoi qu’il en soit, la première ligne, qui est dès maintenant exploitée, va rendre de grands services.
- Elle est entièrement en viaduc ou en remblai, ce qui
- Fig. 1. — Section transversale de lu station de Karasunori.
- la construction d’un embranchement de Mejero à Tabula, qui n’est pas encore tout à fait terminé. On décida enfin
- d’établir a travers Tokio une véritable ligne métropolitaine, qui relierait précisément les deux terminus dont nous avons parlé; la ligne devait être construite pour partie par les chemins de fer de l’État et pour partie par la Compagnie Nippon : celle-ci s’y refuse pour l’instant, mais le plan général est établi, et l’Etat a complètement achevé le premier tronçon, qui part de tout près de la station terminus de Shinbasbi, pour montera peu près exactement dans le nord à travers la ville, et aboutir a une station centrale qui est pour l’instant un terminus, mais qui formera le. nœud de tout le réseau à venir, réseau facile à constituer par prolongement jusqu’à Àkihanorara et par transformation de la voie destinée seulement au trafic des marchandises entre ce point et Lyeno, puis rattachement de la station ccn-
- ne pourrait guère être pratiqué dans nos villes, mais ce qui n’a pas grand inconvénient dans une ville japonaise, parce (pie les maisons qu’il faut exproprier ou déplacer sont fort petites et légères, que par conséquent les indemnités à payer sont peu élevées. D’une façon générale, le rail est à une hauteur de 5'", 10 au-dessus des rues, les pentes sont rares et faibles, les courbes ne sont pas nombreuses, et nulle part elles n’ont [dus de 400 mètres de rayon. Presque partout le viaduc est constitué par des voûtes de briques, l’on n’a eu recours aux poutres métalliques qu’à la traversée des rues, là où il fallait assurer un passage libre d’une certaine hauteur. C’est une économie qui n’est peut-être pas bien comprise, étant donnée la fréquence des tremblements de terre. Toute la maçonnerie a été faite aussi légère que possible, parce (pie le sous-sol est fort mauvais, et elle repose sur une multitude de pilotis que la présence de l’eau dans le sol entretiendra certainement longtemps en bon état. Suc quelques points, il a fallu des pilotis de plus de 10 mètres. Tout le viaduc est bordé de parapets métalliques, car des parapets en briques auraient constitué un danger au cas d’une secousse sismique. La surface des viaducs est soigneusement drainée, par suite de l’abondance des pluies. Un point très intéressant à noter, c’est que ces viaducs sont faits pour 4 voies, dont l’écartement ne dépasse point d’ailleurs lm,00 comme sur toutes les voies ferrées japonaises; l’utilité* de ces 4 voies réside dans ce fait que deux d’entre elles seront attribuées aux trains de grande ligne, qui pourront ainsi pénétrer en vitesse dans le cœur de la ville, avantage qu’on ne rencontre malheureusement
- pas sur les voies métropolitaines parisiennes ; les deux autres voies sont destinées au trafic local.
- À la gare centrale de Shinkorucha, nous voyons trois quais principaux, le premier étant plus particulièrement réserve au trafic local, tandis que les deux autres desser-
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- LA SAIT K K.
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- vont les voies des grandes lignes ; de même, il y a un batiment destiné à l’arrivée des voyageurs du métropolitain, puis un bâtiment pour l'arrivée des grandes ligues, et enfin une construction très complète pour le départ de tous les trains et la délivrance des ba-
- Nous devons ajouter à cela un pavillon impérial réservé aux voyages du Souverain. Daniel Beilet.
- MICROPHOTOGRAPHIE
- AVEC LA JUMELLE 1ÎELLIEM
- La photographie microscopique était jusqu'à présent considérée comme 11e pouvant se faire qu’avec un appareil spécialement construit pour cet. usage et d’un prix généralement assez élevé.
- Un jeune étudiant de la Faculté de Nancy,
- .M. Thomas, a eu dernièrement l'idée d’utiliser, pour recevoir l’image du microscope, son appareil à main habituel et, aidé de M. Bellieni, constructeur de cet appareil, il est arrivé à obtenir des images d’une netteté parfaite.
- La façon d’opérer est très simple (lig. 1), il suffit de mettre d'abord le microscope au point pour l’œil comme 011 le fait d'habitude, puis d’installer, immédiatement contre l’oculaire l’appareil photographique, mis au point pour l'infini.
- On a soin (pie l'axe de l’objectif coïncide bien avec l'axe de l'oculaire ; c'est-à-dire que le point lumineux que forment les rayons au sortir de celui-ci soit bien au centre des lentilles de celui-là, ce dont on peut s'assurer facilement en enlevant le magasin de la jumelle. Afin d’éviter les reflets, qui pourraient donner du voile, on fera bien d'entourer d’un manchon en carton noirci ou d’une étoffe noire l’endroit où se raccordent les deux systèmes optiques. L’objet à photographier esl assez éclairé, pour ni' pas nécessiter une longue pose, en plaçant l'appareil près d’une lènèlre, ou, si c’est le soir, en employant une petite lampe à arc. MM. Thomas et Bellieni ont ainsi obtenu un grand nombre de photographies sans jamais poser plus de trois secondes. Nous reproduisons (lig. 2) l'une des plus intéressantes, celle
- d’une diatomée qui a subi un grossissement de 1200 diamètres. Il y a sur la carapace des stries qui sont au nombre de 15 par centième de millimètre et qu’011 distingue parfaitement sur le cliché photographique; c’est dire que la netteté 11e laisse rien à désirer.
- O11 pourra s’étonner de voir ce résultat obtenu en faisant la mise au point de l’appareil photographique sur l'infini; mais la théorie justifie pleinement ce résultat.
- Il y a une quinzaine d’années, M. le l)1 Fayel de Caen avait réussi des photographies microscopiques sans appareil, en plaçant simplement une plaque sensible au-dessus de l’oculaire du microscope à une distance quelconque; la netteté, qui n’était pas
- parfaite, semblait rester sensiblement la même quelle que fut la distance, l’échelle seule de l’agrandissement était modifiée.
- M. E. Wallon, le savant professeur de physique du lycée Janson de Sailly, avait (dans la Photo-Gazette de novembre 1892) donné une théorie de cette méthode.
- 11 exposait que les pinceaux lumineux qui émanent des divers points de l’objet, et sortent par l’oculaire, sont extrêmement déliés et formés de rayons parallèles. 11 n’est pas étonnant dès lors qu’ils puissent produire, sur la surface sensible, des taches qui nous donnent l’impression d’un point.
- Dans le cas actuel l'objectif photographique reprend les rayons parallèles et les rend convergents, ce qui augmente beaucoup la netteté. Nous ne saurions mieux faire, pour expliquer la marche des rayons, que de reproduire ici la théorie exposée par M. E. Wallon devant la Société Française de Photographie, en présentant le dispositif imaginé par MM. Thomas et Bellieni. « Représentons schématiquement (fîg. 5), le microscope par deux lentilles dont l’une, o, sera l'objectif, l’aulre, 0', l’oculaire (lig. 5); un objet est placé en ah et l’objectif en donne une image réelle a'b', puis l’oculaire une image virtuelle a"b"; où est celle-ci?
- On 11’en est plus, dans l’enseignement de l'optique élémentaire, à dire que nous l’amenons à se former à la distance minimum de vision distincte, ou, pour
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- LA NATURE
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- simplifier les calculs, à faire intervenir « l'hypothèse de l’œil infiniment presbyte ». On montre, au contraire, après MM. Guebhard et Gariel, que notre intérêt est de rejeter cette image an punctum remotum, c’est-à-dire, pour un observateur doué d’une vue normale, à l’infini; et que, d'instinct, nous réglons l'instrument, pour qu’il en soit ainsi.
- Donc les rayons venant d’un point de l'objet, tel que a, par exemple, après avoir traversé l’objectif et concouru pour former l'image a', puis traversé l'oculaire, forment à la sortie de cet oculaire un pinceau parallèle : leur direction est celle de l’axe secondaire o' a' sur lequel serait, à distance infiniment grande, l'image a".
- D’ailleurs, ces rayons qui ont passé par les divers points de l'objectif, devront, à la sortie de l’instrument, passer aussi par les points correspondants do l’image que l’oculaire forme de cet objectif, et qui est représenté en p t/. Tous les autres pinceaux devront passer de même à l’intérieur de cette sorte de bague, qu’on appelle l'anneau oculaire et qui leur est une section commune; or, il ne faut pas atteindre de grossissement très fort pour que le diamètre de cet anneau oculaire descende au-dessous de 0nm,l.
- Les pinceaux sont donc fort déliés, ils le sont d'autant plus qu’on s'adresse à des grossissements plus élèves; mais ceci n’a qu’une importance secondaire lorsque, comme dans le procédé de M. Bellieni, les pinceaux sont, repris par un objectif photographique, lequel les fait converger aux divers points de son plan focal. C’est même un des avantages de la méthode, que la finesse des images obtenues soit indépendante du grossissement, ce qui n’avait pas lieu quand on suivait les indications de M. le Dr Fayel.
- La seule inspection de la figure fait voir qu'en ré-
- duisant l’ouverture de l’objectif on ne ferait que réduire le champ; il n’y a donc pas lieu de diaphragmer.
- On voit, en outre, que la distance do l'objectif photographique à l’oculaire du microscope n'est pas indifférente : la plus favorable serait celle pour laquelle l’anneau oculaire coïnciderait avec ce que les opticiens allemands appellent (( la pupille d'entrée », c'est-à-dire à l’image du diaphragme par rapport à la lentille frontale; car alors le point de croisement
- des pinceaux si* ferait au centre du diaphragme même.
- En plaçant, comme nous l'avons supposé dans la figure, l’anneau oculaire en avant de la lentille frontale, on risque la distorsion, comme dans un objectif simple muni d’un diaphragme antérieur. On peut observer enfin que la mise au point.à l’infini est bien celle qui convient, et que les dimensions linéaires des images photographiques varieront proportionnellement à la distance focale de l’objectif
- employé.
- La théorie de la méthode~con-firme donc, sur tous les points, ce que l’expérience a v a i t déjà montré à MM. Thomas et bellieni; leur procédé permettra à la microphotographie de ne pas rester exclusivement l’apanage de quelques savants spécialement outil-mais d’entrer rapidement dans le domaine du photographe amateur. G. Maresciiae.
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- COLORATION INTERFÉRENTIELLE
- T)ES MÉTAUX
- Nous avons déjà entretenu1 nos lecteurs des procédés de teinture sans couleur, et marqué que le dépôt à la surface des corps d’une mince couche irichromatique ne va pas sans de nombreuses difficultés pratiques. Ces dif-
- 1 Vov. u° 1269, du 25 septembre 1897, p. 259, et n° 1655 du 21 septembre 1901, p. 258.
- ct”/'
- Eig J, _ Schéma de, la marcha d.'s rayons dans la disposilion ci-dessus.
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- LA NATURE
- limités viennent, cependant, d’être on grande partie résolues, et, en particulier, la méthode d’iriehrouiatisation des métaux est appliquée industriellement aujourd’hui à la fabrication d’ohjets d’art extrêmement curieux.
- Le prohlème à résoudre est le suivant : « Déposer à la surface d’un corps nue lame mince produisant, par interférence, des irisations variées, et capable d’être, en même temps, suffisamment adhérente pour demeurer fixée au suhjectile d’une façon immuable ». Tout revient, en somme, à trouver un artifice convenable pour déterminer cette adhérence.
- Trois chimistes se sont attachés à cette besogne ardue, et leurs recherches les ont conduits a découvrir une solution qui apparaît comme définitive. L’un d’eux, M. Ariane Uorrado, est surtout connu en France par sa découverte récente des procédés de fabrication des dentelles métallisées; l’autre, M. Monge, est l’inventeur d’une méthode d’obtention des dépêds galvaniques malléables et plastiques; le troisième, enfui, qui garde résolument l’a-nonvme, dirige le Laboratoire de recherches d’une importante Société de métallurgie artistique.
- Leurs études ont été poursuivies en commun, et méritent d’être exposées ici.
- Lorsque, plongeant une lame d’argent soigneusement polie dans une solution aqueuse de sels de plomb, on la relie au pôle positif d’un générateur quelconque d’électricité, d’une intensité de quelques volts seulement, et qu’on approche de sa surface une pointe fine de platine reliée au pôle négatif du même générateur, puis qu’on fait passer le courant, on détermine la formation, sur la plaque, d’anneaux diversement colorés concentriques, qui sont bien connus sous le nom de « Anneaux de Nobili ». L’explication du phénomène est aisée, et ces anneaux ne sont pas autre chose que des lames minces d’oxyde de plomb. Leurs couleurs irisées sont dues à une cause double ; la couleur en soi du dépôt, d’abord, sa couleur in-terférentielle ensuite.
- La formation des anneaux de Nobili n’est, d’ailleurs, qu’une simple curiosité de laboratoire, dont les applications pratiques n’ont jamais été fécondes. Elles ont servi à déterminer sur des plaques de métal des ocel lu res semblables à celles qui rendent chatoyantes les plumes de la ([lieue du [taon.
- A priori, il semble que les couleurs interférenfielles ne puissent être produites que sur des surfaces rigoureusement planes ; elles se forment cependant tout aussi bien sur des surfaces non polies. En effet, chaque rugosité en doit être considérée comme ayant des arêtes limitant des surfaces planes, et chacune de ces surfaces primaires est capable de servir de suhjectile à une lame mince. Appliquant, sans doute, les beaux travaux de M. Mandoul1 et. du professeur Camichel de l’Université de Toulouse, les auteurs ont admis que toute coloration non pigmentaire est due à trois causes concomitantes : réflexion simple, interférence, diffraction en milieux troubles. C’est à réaliser à la fois ces trois conditions qu’ils se sont attachés.
- Leur manuel opératoire est curieux.
- Soit une pièce métallique quelconque, vase ou statuette, qu’il s’agit de recouvrir d’une patine irichroma-tique. Ils la plongent d’abord dans un bain galvanoplas-tiquedans la composition duquel il entre, outre du sulfate de cuivre, de l’acide sulfurique et de l’eau, divers produits chimiques dont le détail et les proportions relati-
- 1 Mandoul, Recherches sur les colorations tégmnentaires, thèse de doctorat. Paris, UH)5.
- ves constituent un secret de fabrication. La pièce étant placée comme cathode, on la fait se recouvrir d’une mince couche de cuivre par l’action d’un courant de 2,8 à 5 volts, sous un nombre d’ampères proportionnel à sa surface. Le dépôt de cuivre une fois effectué, en une couche très mince, la pièce est retirée, maintenue pendant une heure au moins dans un courant d’eau qui enlève mécaniquement les moindres traces d’acide, puis séchée par l’action de puissants ventilateurs électriques, puis enfin légèrement lustrée en la présentant à la tranche de gratte-bosses armés de drap. Ce lustrage ne va, d’ailleurs, jamais jusqu’au polissage proprement dit.
- La pièce est prête à recevoir la patine.
- Elle est plongée alors dans un bain aqueux contenant, en [importions strictement tenues secrètes, de la potasse caustique et divers sels de plomb et d’antimoine; elle est placée comme anode d’un système galvanostégique dont la cathode est constituée par une baguette d’un alliage défini de plomb et d’antimoine et que traverse un courant très faible, de 0,15 à 0,25 volt.
- En promenant la cathode tout le long de la surface de l’objet à patiner, on détermine la production à sa surface d’une mince lame très adhérente, constituée par divers oxydes de plomb, d’antimoine, et par des oxydes doubles de ces deux métaux. Ces lames ont des couleurs merveilleusement belles et dont les reflets chatoyants sont d’une délicatesse infinie.
- Il semble d’abord que ce procédé ne soit, à tout prendre, qu’une transformation et qu’un perfectionnement des procédés bien connus de patinage iriséi 11 n’en est rien cependant ; au microscope, une coupe à travers la surface de l’objet ainsi patiné montre que la patine est extrêmement complexe et comprend en réalité de nombreuses couches monochromes superposées, dont la minceur est extrême, puisqu’elle est de l’ordre des dix-millièmes de millimètre, et dont chacune est à la fois translucide et réfringente. C’est l’inégalité de leurs réfringences qui produit les variations de couleurs. De plus, deux couches successives enferment entre elles une lame liquide trouble, tenant en suspension des pigments extrêmement ténus. Ainsi se trouve exactement réalisée la coloration tégumentaire des plumes chatoyantes de l’oiseau.
- La marche des rayons lumineux, à travers ces couches minces successives, est facile à concevoir. Ils les traversent en se réfléchissant, se réfractant, se diffractant différemment pour chacune d’elles. La couleur aperçue totale est la résultante de ces modifications dans la marche du rayon incident, et la complexité de sa composition explique sa délicatesse et son infinie variété.
- Le procédé serait incomplet s’il ne permettait d’obtenir, comme c’est le cas dans les méthodes actuelles de patinage par galvanostégie, que des couleurs venues absolument au hasard. Mais les inventeurs de cette peinture sans palette ont découvert en même temps le moyen de déterminer à leur gré l’apparition de telle ou de telle couleur. Ils savent manier leur cathode comme un véritable pinceau, et apparier les teintes de leurs patines au style et à la nature de l’objet qu’ils colorent.
- Us ont fait mieux encore, et trouvé le moyen d’appliquer leur procédé à la coloration superficielle des objets quelconques. Appliquant leur procédé nouveau de métallisation des corps à de la terre cuite, du bois, du plâtre même, ils galvanisent légèrement ces objets, puis les patinent comme s’ils étaient entièrement métalliques.
- Francis Marre.
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- LA N A T |T H K.
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- LES EXONDATIONS DE LA BVLTÏOI K
- srp, i,x cuti: aixemamie
- Los côtes do presque tous los pays présentent dos apparenoos do submersion ot, d'émersion récentes. Tantôt dos plages les marées exhument dos nappes do tourbe ot dos souches, dont la présence révèle une extension du domaine maritime; tantôt, au contraire, l'existence do cordons littoraux, à quelque distance de la rive actuelle, semble indiquer une régression de la mer. Neuf fois sur dix, on présence de ces dépôts, on conclut à une oscillation du sol, à un aflahsement ou à un soulèvement de la cote, suivant los cas. Si, dans certaines localités, les déplacements de la ligne de rivage résultent, en efl’ot, des variations dans les niveaux respectifs de la terre et de la mer, le plus souvent, ils dérivent de phénomènes beaucoup plus simples, purement et simplement de marées ou de tempêtes d’une très grande violence, notamment sur les côtes des mers qui ne communiquent qu’imparfaitement avec le reste de l'Océan, comme c’est le cas pour la Baltique.
- Le professeur Suess a montré l'importance, dans cette dernière région maritime, de ce phénomène météorologique au point de vue géologique sur les rives des détroits par lesquels la Baltique s’unit au Cattegat,,et où des cordons littoraux reposent sur des tourbières. Alors que les géologues considéraient ces allusions comme la preuve d’un affaissement et d’un soulèvement subséquent du sol, l’éminent géologue viennois n’hésitait pas à les attribuer à la poussée de vagues débordant sur le continent au cours d’une tempête. Cette explication, fort simple, fut suggérée à Suess par l’étude des actions exercées sur les côtes danoises et allemandes par un ouragan s drvenu le 15 novembre 1872.
- Pour comprendre la genèse du phénomène rappelons en quelques mots la configuration de la Baltique. Enserré entre la pointe méridionale de la Suède, l’archipel danois et la côte allemande, le bassin occidental de cette mer forme une poche qui ne communique avec le Cattegat que par trois passes très restreintes ; le Sund, le Grand Boit et le petit Belt. Le premier devant Elseneur est large seulement de 4100 mètres, et le troisième, en son point le plus étroit, ne mesure que 650 mètres d’une rive à l’autre. Ajoutons qu’en raison de sa faible salinité, l’eau de la Baltique est très légère ; sa salinité, à la surface, est comprise entre 1 et 0,5 pour 100. Un ouragan souffle-t-il du Nord-Est ou de l’Est, l’eau dérivant en masse considérable dans le sens du vent vient s'accumuler dans la poche occidentale, et, comme les passes de sortie sont trop étroites pour livrer passage à cette onde, elle se répand sur les terres basses.
- Le 15 novembre 1872, sous l'influence d'un formidable ouragan d’Est, toutes les côtes de la Suède méridionale, du Danemark, du Sehleswig, du Holstein, du Mecklembourg et de la Poméranie furent ébranlées par une calamiteuse inondation. A Kiel, la mer
- s’éleva de 5m,17 au-dessus de la normale, et à l’entrée sud du Petit Belt, de 5m,50.
- L’onde soulevée par l'ouragan découpa des dunes et vint constituer des dépôts marins dans des zones soustraites, en temps ordinaire, à ce domaine maritime, tandis qu’elle érodait des falaises et repoussait des cordons littoraux loin dans l’intérieur des terres. Bref, après le passage de l’ouragan, une fois la Baltique rentrée dans ses limites habituelles, toutes les côtes touchées présentaient une fausse apparence d’avoir subi une émersion récente.
- Établir une théorie géologique sur une seule observation, quelque probante qu’elle paraisse, semble bien hasardeux, mais voici que cet hiver deux tempêtes viennent démontrer la justesse de l'explication préparée par le professeur Suess.
- Le 51 décembre 1904, une furieuse tempête de Nord-Est balayait toute la Baltique méridionale et occidentale. En même temps, une onde presque aussi forte (pie celle de 1872 venait assaillir les côtes de la Suède méridionale, du Danemark et de l’Allemagne. A Carlskrona, la mer montait de lm,10, à Ystad de ln\60, à Trelleborgde 2 mètres, à Eals-terbo (la pointe ouest de l'extrémité sud delà Suède) de 5m,57, à Malmo de 0m,98'. AGedser (extrémité sud de Falster-Danemark), le flot s’élevait au-dessus de la normale de lm,95, à Kiel de 2m,65, à Lubeck de 2m,55, à Wismar de 2m,60, à Warnemünde de lm,95. Absolument remarquable est la rapidité avec laquelle la mer est montée à Falsterbo. En dix heures, elle est passée de rfc 0 à -f- 5m,57, soit mie hausse de0m,55 à l’heure2; dans les autres stations la hausse, quoique moins brusque, a été cependant encore très rapide. A Ystad, par exemple, elle a atteint 0m,20 entre minuit et une heure du malin, le 51 décembre, et pendant les quatre heures suivantes de 0m,42 à ()m,10.
- Pénétrant par les nombreux fjords et estuaires qui frangent les côtes de son bassin occidental, la Belgique a inondé de vastes territoires, coupé des voies ferrées, noyé des villes, et, en se relevant, a laissé derrière elle des cordons littoraux et des nappes de sables, tandis qu’ailleurs, sapant des falaises, elle étendait son domaine.
- Sur la côte du Mecklembourg, les actions géologiques de la tempête du 51 décembre ont été particulièrement remarquables, comme le met en évidence un très intéressant mémoire du professeur Geinitz r\
- 1 Pour ces cinq localités situées’sur la côte de l’extrémité sud de la Suède, les hauteurs de ta mer, pendant la journée du 31 décembre, nous ont été obligeamment communiquées par M. Wuneman, directeur de la section de météorologie maritime du service météorologique de Suède, à la demande du docteur Gannar Andersson.
- 2 Chiffre communiqué par M. Adam Paulsen, directeur de l’Observatoire météorologique de Copenhague.
- 3 Mittheilungen aus der grossherzogl. Mecklenburg. Geolo-gischen Landesanstalt XVI. Die Einwirkung der Silvester-sturmflut, 1004, nuf die meckienburgische Küste. Rostock, 1005, accompagné de très nombreuses reproductions photographiques.
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- LA NATURE.
- Celte côte est constituée tantôt par des dunes très basses, tantôt par le talus des plaines riveraines, formées d'argile à blocaux renfermant des lentilles de sable ou de gravier, ou des sables très tins. Sous l'attaque des tempêtes, de l'érosion atmosphérique, du suintement des sources et du ruissellement, ce talus, le Klint, s’éboule et la mer enlève ensuite le produit de l’éboulement, de telle sorte que progressivement la côte recule. Sur ce recul, le professeur (ieinitz a déjà réuni une foule d’observations très importantes ’. Par ses soins, des blocs situés sur les plages ont été marqués et leurs distances respectives à la falaise mesurées de telle sorte que le phénomène peut être mesuré aujourd’hui avec une
- grande exactitude. En deux ans, de 1900 à 1902, une falaise voisine de AVarnemiinde a perdu 2m,20; autour de ce point, de 1805 à 1886, l’ablation annuelle n’a pas été inférieure à 0m,75. Une attaque aussi formidable que celle du 51 décembre 1904, vient-elle à se produire, en quelques heures la côte subit des modifications singulièrement plus importantes.
- Dans toute la région située à l’ouest de Warne-miinde, « l’ouragan de la Saint-Sylvestre » 1904 a déterminé de graves éhoulements, en moyenne les falaises ont perdu une largeur d'un mètre et pourtant la mer a enlevé le produit des dégradations antérieures qui protégeaient le pied du Klint. Plus à
- Fi". 1. — Côte du Mecklfunhourg après la trmpèlo.
- l’Ouest, dans la zone appelée Rostocker-Heide (Landes de Rostoek) et constituée par un talus de sable reposant sur de la tourbe, l’attaque a été particulièrement vive. Des arbres, situés sur le bord de la plage, ont été déracinés. M. Geinitz évalue le recul de la côte sur ce point à 20 mètres depuis 1905, et une bonne part de ce recul est l’œuvre de la tempête du 51 décembre dernier. Au delà, les dégâts sont encore plus considérables, comme le montre la comparaison des photographies 2 et 5 que nous devons à l’amabilité du professeur Geinitz. La figure 2 montre l’état d'une prairie riveraine dite le W’ie-tortwiese, le 7 juin 1901 ; la figure 5 représente la
- 1 Mittheilungen aus der grossherzogl. Mecklcnburg Gcolo-gischon Landesanstalt. Der Landverlust der meddenbur-gischen Kïiste. Hostock 190t.
- même prairie le 17 janvier 1905 et montre les effets de l’ouragan. Sur ce point, la perte de terrain a été également de 20 mètres. La couche de tourbe s’étend maintenant sur la plage sur une longueur de 55 mètres.
- Dans toutes les parties de la côte du Mecklem-bourg, où il existe des dunes, les dégâts ont été beaucoup moindres. Ces amas de sables ont rempli l’office de digues, ils ont été décapés par la violence du ressac, mais précisément ce travail épuisait la force des vagues et les empêchait d’étendre leurs ravages.
- Dans ces zones, il n'y a eu aucune perte de territoire, mais la situation demeure très critique. Si, avant que les dunes aient le temps de se reconstituer, fait observer le professeur Geinitz, une
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- LA NA T Mi F.
- fl
- nouvelle inondation survenait, de vastes portions de la cote ne se trouvant plus protégées, la mer envahirait de vastes territoires.
- Moins de quinze jours après cet ouragan, les 15 et 14 janvier 1905, une nouvelle tempête a déterminé un envahissement temporaire de la mer sur
- Fig. 2. — Wietortvvïese le 7 juin 1901.
- la cote de la Prusse occidentale. Pendant plusieurs Sud-Ouest; sous la poussée de ces brises, une masse jours, avaient régné des gros temps d’Ouest. et de d'eau considérable avait dévié vers le golfe de
- Fig. 5. — VVietorlwioso le 17 janvier 1905.
- Bothnie. Le 15, la tempête ayant viré au Nord, la nappe accumulée dans la Baltique septentrionale rellua au Nord et vint attaquer la cote allemande, particulièrement dans le golfe de Banzig.
- Sur la côte de la Wersterplatte (Pile du delta de
- la Yistule devant Neufahrwasscr) la mer a décapé les dunes et détruit une partie des travaux de protection, déterminant la chute de grands arbres, enfin envahi une partie de Pile. Les eaux de la Vis-tule, refoulées par Pafllux de la Baltique, montaient
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- Il)
- LA .NA T CH K.
- de ll,,,50 en recouvrant toutes les terres Lasses à leur portée. Dans la partie sud-ouest du golfe près de Putzig, des dunes ont été également rasées, des prairies et des vergers envahis. Plusieurs villages ont été inondés. La longue et étroite llèche (Nehntng) <pii forme le golfe de Putzig a été coupée sur plusieurs points et le salde, poussé par les vagues et le vent, a enfoui des portions de la foret (pii recouvre cette jetée naturelle. Knlin, sur la Frische Xehrung et sur les bords du Friseh llalf, les ravages « sont extraordinairement, fréquents1 ».
- (les exemples montrent la fréquence des inondations maritimes dans la Pallique méridionale et l'importance des actions géologiques qu'elles exercent. Ils peuvent servir de direction pour l'étude des prétendues oscillations de la ligne de rivage dans d’autres régions, et fournissent une éclatante preuve de la justesse de la théorie émise par le professeur Suess. (liiuu.F.s IUp.ot.
- IA LEÇON O’ALLER-TOl LON
- A os lecteurs ont certainement encore à la mémoire la fâcheuse conclusion de la course trans-méditerranéenne (l’Alger-Toulon et nous n’avons pas la prétention après les journaux quotidiens d’en vouloir refaire l'historique. Mais de toute tentative nouvelle une leçon doit découler, rançon des efforts qui ne sont jamais prodigués en pure perte, et c’est cette leçon que nous allons essayer de dégager.
- Nous ne parlerons pas de la première étape, d’Alger à Mahon, où sur une mer absolument calme, la victoire fut le lot d’un rapide petit canot, le FiatX, qui est peut-être, grâce à la prudence de son capitaine, le seid survivant de la course. l)e la seconde étape, au contraire, décourageante au point de vue Sport, puisque le seul concurrent arrivé à Toulon y parvint sur les palans du La Mire, on peut tirer bon nombre d’indications utiles. Dans l’esprit de ses organisateurs, Alger-Toulon devait montrer le canot automobile enfin maître de la mer, erreur dangereuse, qu’aurait pu consacrer à tort une deuxième étape heureuse. Grâce à la tempête du 15 mai on sait aujourd’hui ce qui leur manque encore, connaissance {dus utile certes qu’une confiance aveugle. Relisons le compte rendu de l’épreuve : à 45 milles de Mahon, le Fiat A’se fait recueillir par le contre-torpilleur La Hire : « La mer était belle, mais ce petit bateau, avec sa grande vitesse, passait dans les petites lames et embarquait de l’eau. »
- Ges deux lignes confirment amplement l’axiome : il faut accroître les tonnages pour accroître la vitesse en conservant de la sécurité. Il s’appliquait ici d’autant plus que le Fiat A' est un canot de 8™,90 seulement.
- On sait au contraire que le Quand-Même, de 25ra,50, put résister vingt-quatre heures à la tempête.
- La mer d’abord calme, puis chipoteuse dans la journée, n’avait nullement inquiété les autres concurrents, (|ue des capots perfectionnés ou un franc-bord suffisant défendaient contre les embruns soulevés par le choc de l’étrave. Vers 5 heures de l’après-midi, le vent fraîchit et bientôt la mer soulevée devint grosse. Ce ne fut pas long : successivement tous les canots durent prendre la remorque du contre-torpilleur qui les accompagnait. La
- 1 J. Frühling. Der Nordsturm an der ostdeutschen Kiiste rom 13 und 14 jaritiar 1905, in Annalen der Hydrographie und maritimen Météorologie, 1905, III, Berlin.
- diversité des types permet bien des constatations. La première qui s’impose, et que nous ne signalons ici que d’une façon incidente, car elle est bien connue, est qu’un navire remorqué résiste difficilement à la tempête si quelqu’un tient son gouvernail et qu’il n’y résiste pas s’il est abandonné de son équipage.
- Le Mercedes C. P., abandonné de son équipage, résista à peine une demi-heure en remorque ; le Camille au contraire, du même type, résista une heure grâce à l’habileté de son barreur.
- Kt cependant le Mercedes C. P. et le Camille étaient fermés de toutes parts, sauf une ouverture pour l’aération du moteur et une cheminée de dégagement des gaz brûlés. Mais ils étaient uniquement construits pour la vitesse ; longs, étroits, aux formes plates à l’arrière, très fines à l’avant, ils tenaient aussi mal la mer que les anciens torpilleurs de 17 mètres qu’on dut abandonner. Passant dans la lame au lieu de monter dessus, ils devaient être et furent bientôt défoncés.
- Le Mercédès-Mcrcêdès et fa Malgré-Tout, plus marins de formes, moins uniquement conçus pour la vitesse, tinrent plus longtemps, mais disparurent bientôt après qu’on les eut abandonnés : ce qui est très naturel.
- ]/Héraclès If, petit bateau de pêche, est celui qui, avec le Quand-Même, résista le plus longtemps. Grâce à ses formes vraiment adaptées à la mer, une fois en remorque, se levant facilement à la lame, l'Héraclès II put tenir cinq heures et ne sombra que parce que, la remorque ayant cassé, il fut privé de tout moyen de gouverner. On le voit, la remorque remplaçant la puissance motrice défaillante, permit aux canots de tenir en proportion de leurs qualités nautiques; les bateaux construits en vue de faire de la vitesse, longs, étroits, incapables de se lever facilement à la lame, à cause de la faiblesse relative de leur maître-couple relativement, à leur tonnage furent vite désemparés.
- Au contraire les bateaux peu rapides, mais larges, au grand franc-bord, résistèrent longtemps : une tempête un peu moins forte leur aurait peut-être permis d’échapper au naufrage. On pouvait le prévoir : ce sont les formes massives des coques qui donnent leur sécurité relative par gros temps aux chalutiers de la Manche ou aux petits remorqueurs qui, on le sait, peuvent souvent sans grand danger se porter par la tempête au secours de grands steamers en perdition. A ce point de vue de construction des coques et de conception générale des bateaux, Alger-Toulon n’a donc fait que confirmer ceci : le canot automobile, que son nouveau moteur ne soustrait pas à la tyrannie de la mer, devra, pour tenir tête au gros temps, posséder comme son frère aîné le vapeur une coque large, haute, robuste et ne rechercher la vitesse qu’en proportion de son tonnage; sinon il restera un bateau de beau temps, inutile et dangereux en mer.
- Quant aux capots et panneaux de protection, ils sont plus dangereux qu’utiles par la fausse sécurité qu’ils donnent. Solidement construits ils feraient double emploi avec le pont ; légers, le premier coup de mer les emporte.
- La vraie défense c’est la coque qui doit permettre de monter sur la lame. A vouloir la traverser on se brise vite sous les coups de bélier qui en résultent.
- Au point de vue du moteur, Alger-Toulon a particulièrement montré la nécessité de supprimer complètement les causes d’arrêts intempestifs. Quelles que soient la solidité et la qualité de la coque il lui faut un moteur qui ignore la panne subite, puisqu’un navire ne peut résister à la lame que s’il gouverne, et gouverner que s’il possède
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- LA NATURE
- une puissance motrice. Là surtout le problème est ardu et la solution encore lointaine. 11 semble qu’en l'attendant le plus simple serait de construire toujours les bateaux automobiles marins comme des voiliers auxiliaires et de ne compter par gros temps que sur la voilure qui, après tout, permet bien souvent de se tirer d’affaire, comme le lit d’ailleurs le Quand-Même pendant '24 heures.
- Pourquoi ne, doit-on actuellement accorder qu’une confiance limitée au moteur à explosion?
- C’est parce que, engendrant lui-mème son énergie au lieu de la recevoir d’un réservoir, comme le moteur à vapeur, il est exposé à s’arrêter brusquement, à caler, si l’une quelconque des conditions de son bon fonctionnement vient à ne plus être satisfaite, fût-ce pendant une seconde. Ces conditions sont, on le sait, une bonne carburation, et une vitesse sufiisante pour assurer la compression. (Laissons de côté rallumage, la panne d’allumage pouvant toujours être évitée par une construction soignée.)
- Mais la carburation esL difficile à maintenir constante au milieu des coups de mer qui peuvent inonder par instants sa prise d’air, si bien protégée soit-elle, et faire absorber de l’eau au moteur. Les coups de roulis brusques affolent le flotteur et peuvent aussi troubler la carburation. Le moteur est donc exposé à caler par suite d’une mauvaise carburation passagère.
- Si même on arrivait à éviter ce défaut, il faudrait craindre encore de voir caler le moteur par suite d’une surcharge momentanée, danger d’autant plus à redouter que par gros temps on doit fortement réduire la vitesse.
- ( l ue hélice à pas variable, qui permettrait de réduire la vitesse du bateau en maintenant suffisamment élevée celle du moteur serait assez utile à ce point de vue.)
- En résumé, on peut dire que l’on supprimera le danger inhérent à l’emploi du moteur à explosion en permettant à celui-ci de pouvoir démarrer sans charge et automatiquement. C’est en somme ce qui se passe avec la machine à vapeur. Celle-ci ne peut caler, et d’ailleurs serait-elle arrêtée momentanément par une augmentation brusque de l’effort résistant sous le choc d’une lame, qu’elle repartirait d’elle-même sans l’intervention toujours tardive d’un mécanicien. Cela lui est possible parce qu’elle tire son énergie motrice d’une source extérieure. C’est donc cette même condition qu’il faudrait réaliser pour le moteur d’explosion. Supposons-lui un organe capable soit de fournir de l’énergie à un réservoir, soit de reprendre et d’utiliser cette énergie et nous aurons un moteur qui ne s'arrêtera jamais accidentellement.
- Ceci n’est d’ailleurs pas complètement un rêve; déjà un bateau américain, le Grégory (qui a fini par réussir, non sans peine, la traversée d’Amérique à Alger), nous a montré un moteur où l’on trouve un embryon de ce mécanisme. Le moteur Standard du Grégory est à 6 cylindres. Trois d’entre eux peuvent être actionnés soit à l’essence comme d’ordinaire, soit avec l’air comprimé d’un réservoir maintenu chargé par une petite pompe auxiliaire. Cet air sert seulement à la mise en route, mais il est facile de l’imaginer utilisé plus complètement. En électromoteur, monté sur l’arbre et relié à une batterie tampon, jouerait le même rôle utile.
- .l’ignore à quel moyen nos ingénieurs auront recours pour joindre à la robustesse du moteur à explosion la sécurité de marche que donne la vapeur, mais nul doute qu’ils y parviendront et que la dure leçon d’Alger-Toulon sera pour beaucoup dans le succès, à l’insu même de ses aventureux organisateurs. Léo Hobioa.
- Nombre de villes industrielles et commerciales importantes se sont développées sur les deux rives de fleuves ou de canaux maritimes sillonnés par des navires à vapeur ou par des voiliers dont les dimensions ou la nuiture rendent difficile l’établissement de communications rapides entre les deux rives du fleuve ou du canal. Ile là arrêt sensible dans le développement économique de ces villes. 11 est donc tout naturel que l'élude d’un mode de communication rapide et sûr, tout en permettant le libre passage de navires de fort tonnage, ait préoccupé depuis longtemps lus ingénieurs.
- Les fhry-boals, par suite des dénivellations de la marée, exigeant des rampes d’accès peu pratiques, pas plus que les ponts tournants, basculants ou levis qui ne permettent (pie des passages restreints pour les navires et dont la manœuvre est, naturellement lente, ne répondent à la question. Il en est de même des ponts de bateaux.
- Les ponts par-dessus dont la hauteur de tablier au-dessus du niveau des eaux doit atteindre de 40 à 50 mètres, pour laisser passer les navires avec leurs matures exigent, pour atteindre ce tablier, soit des ascenseurs coûteux et utiles seulement pour les piétons, soit des rampes d’accès longues, cause de pertes de temps importantes.
- Les tunnels d’une construction coûteuse et quelquefois aléatoire et qui dépend de la consistance des terrains traversés, mais qui, cependant, semblent tout indiqués pour les voies ferrées et, surtout, pour les lignes métropolitaines, paraissent peu goûtés du public, obligé de circuler dans une atmosphère souvent viciée.
- Quant aux ponts roulants, comme à Saint-Malo, ils ne peuvent trouver leur application que dans des cas tout à fait spéciaux, avec sol résistant et de même niveau.
- Aucune de ces solutions ne donne donc satisfaction.
- Pour résoudre le problème, les Américains viennent de faire construire à Ruluth, sur le lac Supérieur, un pont d’un type permettant, tout en laissant complètement libre la passe navigable pour les navires, la circulation des piétons et des véhicules, sans ascenseurs ni rampes d'accès.
- Ce pont, représenté figure 1, se compose de deux pylônes-supportant une poutre droite ordinaire du type américain avec semelle supérieure courbe et treillis double. Les deux pylônes qui laissent entre eux un passage libre de H6m,56 ont leurs montants intérieurs verticaux, ceux extérieurs étant inclinés. La semelle inférieure de la poutre du pont se trouve à 41ra,18 au-dessus du niveau des eaux. La nacelle, qui peut supporter une surcharge de 65 tonnes et qui se trouve au niveau des quais, est supportée par des cables fixés au cadre roulant sur la semelle inférieure des poutres. La durée du passage est d’une minute et demie.
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- LA NATURE.
- La figure 1 montre ce pont pendant sa construction, au moment de la pose du dernier panneau de la semelle supérieure de la poutre. Les pylônes ont tout d'abord été établis sur toute leur hauteur : puis, la poutre a été montée en porte-à-faux, après avoir installé, comme le montre la ligure, un support temporaire en bois, en avant du pylône, afin de diminuer la portée du porte-à-faux ; une grue mobile, placée sur la semelle supérieure de la poutre, servait au montage des différentes pièces constitutives de cette poutre.
- La dépense de ce pont transbordeur est estimée à ,V)0 000 francs.
- Il y a quelques années, M. Arnodin, l’ingénieur-eonslrucleur bien connu par ses nombreux travaux sur les ponts suspendus, a étudié la question et est
- arrivé à une solution fort élégante et qui a reçu, dans ces derniers temps, en France et à l'étranger, beaucoup d'applications. Nous croyons donc intéressant de revenir sur ce type de pont déjà décrit dans ce journal (of) septembre 1899) et auquel M. Arnodin a donné le nom de pont transbordeur.
- Le pont transbordeur Arnodin se compose, ainsi que le montre la figure 2, qui représente le pont transbordeur de Rouen, comme dans le cas précédent, d'une travée métallique dont le tablier se trouve à une hauteur suffisante pour donner également libre passage aux navires avec leur mâture. Cette travée repose à ses deux extrémités sur des pylônes métalliques placés sur chacune des rives. Mais ce qui différencie avantageusement, à notre avis, le pont Arnodin du type américain, c'est la
- Fig. 1. — Pont transbordeur de Dululh pendant son montage. (Portée : 116",36.)
- disposition de cette travée métallique. Celle-ci est construite suivant le système des ponts suspendus rigides. Des câbles paraboliques prenant appui au sommet des pylônes et amarrés, en arrière de ces derniers et au niveau du quai, à de forts massifs de maçonnerie, supportent, dans sa partie centrale et au moyen de tiges de suspension, une poutre métallique à treillis formée de deux fermes latérales avec tablier inférieur. Les parties de ces fermes voisines des pylônes sont supportées, de leur côté, par des haubans obliques fixés à leur partie supérieure aux chariots de dilatation mobile installés au sommet des pylônes et auxquels sont également reliés les câbles paraboliques. Cette poutre métallique, à laquelle on a donné le nom de poutre raidissante, a pour but d'égaliser les efforts résultant du passage des charges mobiles qui circulent sur la travée et d'atténuer notablement les flexions importantes qui se produisent, au passage de ces charges, dans les
- ponts suspendus de construction ordinaire. Ses extrémités sont également reliées au massif d’ancrage par des câbles d’amarrage, mais de plus faible dimension.
- A la partie inférieure des fermes latérales de la poutre métallique se trouvent des rails, sur lesquels circulent les galets d’un cadre au-dessous duquel est suspendue, au moyen de câbles, comme dans le système américain, une nacelle qui se trouve au niveau du quai. Ces câbles de suspension sont, les uns verticaux, les autres obliques, ces derniers ayant pour but de résister aux efforts du vent lorsqu’il frappe la nacelle transversalement. C’est celle-ci qui, en se mouvant d’une rive à l’autre, transporte les piétons et les véhicules, sans ascenseurs, ni rampes d’accès.
- On obtient le mouvement de la nacelle d’une rive à l’autre au moyen d’un câble pouvant s’enrouler ou se dérouler sur un treuil électrique commandé
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- LA NATURE
- par Je pilote placé dans une cabine au-dessus de la nacelle. Celle-ci fait, en moyenne, à Rouen, 200 voyages par jour et transporte environ 5400 piétons et 85 voitures journellement.. Un certain nombre de
- ponts ont été construits suivant cette disposition par M. Arnodin. Le premier en date est celui de Portugalete, près Rilbao, construit en 1880. Puis, ceux de Rouen (1897), deRizerte (1808), de Martrou,
- Fig. 2. — Pont transbordeur de Rouen. (Portée : lié'”,02.)
- sur la Charente (1800) et, enfin, celui de Newport-Mon, en Angleterre, terminé en 1005. L’ouverture de ce dernier, alors le plus important de tous, est de 190m,56 d’axe en axe des pylônes et le tablier est à 54 mètres au-dessus des plus hautes mers.
- La nacelle pèse 118 tonnes en charge.
- Le massif de maçonnerie qui sert de point d’attache aux câbles de retenue du pont doit, comme nous venons de le dire, être placé à une certaine distance déterminée en arrière des pylônes. On ne dispose pas toujours, en arrière du quai, d'un espace suffisant. C’est le cas qui s’est présenté à Nantes, où il eut fallu exproprier des maisons de grande valeur. M. Arnodin a donc dù, tout en con-
- servant les mêmes dispositions d'ensemble, modifier le mode de suspension du tablier, de telle sorte que le massif de maçonnerie, servant d'amarrage, ne
- soit pas placé à plus de 25 mètres en arrière des pylônes.
- La figure 5 représente le pont transbordeur de Nantes, servant à relier le quai de la Fosse, sur la rive droite de la Loire, avec le quai de l’ile Vidément, sur la rive gauche. Il se compose de doux pylônes métalliques de 75m,65 de hauteur, espacés d'axe en axe de 141 mètres. Le tablier, situé à 50 mètres au-dessus du niveau des eaux, est formé de trois parties, réunies par des articulations, dont l’une centrale, de 54m,62 de portée, est constituée de deux poutres latérales à treillis avec se-
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- LA A ATI)RL.
- molle supérieure courbe. Cette poutre centrale repose, à chacune de ses extrémités, sur une poutre latérale de 78m, 19 de portée totale, prenant appui sur les pylônes au moyen de hauhans obliques fixés, d'un coté, aux deux poutres latérales qui forment ce tablier et, de l'autre, aux chariots de dilatation mobiles placés au sommet des pylônes. Pour résister aux efforts verticaux résultant du poids du pont, y compris celui de la travée centrale et du poids de la nacelle, ces poutres latérales, prolongées de 25 mètres en arrière de l’axe du pylône, sont équilibrées, comme on le voit sur la figure, au moyen de câbles verticaux fixés au massif d’ancrage établi, au-dessous du quai, en arrière du pylône.
- Comme pour les autres ponts transbordeurs avec cibles de suspension parabolique et haubans obliques, la nacelle, qui se trouve au niveau du quai et dont le poids total en charge est de 84 tonnes, est suspendue par des câbles verticaux et inclinés au cadre roulant, au moyen de galets, sur la semelle inférieure des poutres latérales du tablier.
- Un pont transbordeur du même type est en construction à Marseille, à l'entrée du vieux Port. L’ouverture d’axe en axe des pylônes est de 165 mètres et la hauteur du tablier, au-dessus du niveau des eaux, est de 50 mètres. Le poids de la nacelle en charge est de 144 tonnes.
- lte leur côté, deux ingénieurs anglais, MM. Webster et Wood viennent de terminer un pont transbordeur, d’un type analogue, destiné à traverser la Mersey et le canal maritime de Manchester, entre Runcorn et Widnes. Ce pont transbordeur, qui est actuellement le plus important, a une ouverture deo04m,40 d’axe en axe des pylônes et le dessous de la poutre raidissante se trouve à 25 mètres au-dessus du niveau des hautes mers. 11 doit être ouvert à la circulation dans les premiers jours de juin. R. Bois sus.
- Le chemin de fer marin de Key West. — Il
- ne s’agit encore que d’un projet, mais d’un projet très sérieusement envisagé, puisque des ingénieurs sont chargés d’en examiner sur place les conditions de réalisation. Pour peu qu’on connaisse la géographie du sud de la Floride, on sait que la pointe s’en prolonge vers le galfe du Mexique par une chaîne d’îles dont la plus connue, qui sert de station télégraphique pour des câbles, est Kev West. Or, on songe actuellement à construire une voie ferrée jusqu’à Ko y West, en utilisant la série des petites îles qui la relient de façon plus ou moins continue avec le continent ; ce serait un prolongement, on peut dire maritime, du chemin de fer de la côte Est de la Floride, qui se termine jusqu’à présent à 50 kilomètres de Miami. On aurait à établir 180 kilomètres au moins de voie, sur des charpentes métalliques ou autres, prenant appui sur les bas-fonds; les profondeurs d’eau sont comprises entre 0m,00 et 5“',50. Pour s’expliquer ce désir de relier key West à la terre ferme, il faut songer que cette ÎJe possède un excellent et immense port naturel, offrant un tirant d’eau de plus de 10 mètres.
- Fondations à très grande profondeur. — La
- maison Arrol, de Olasgow, est en train de construire sur la rivière Harrow, en Irlande, un pont de chemin de fer dont la fondation des piles entraîne des difficultés toutes particulières. Un avait pensé d’abord n’avoir à descendre qu’à une quinzaine de mètres au-dessous du 0 des caries, tout au plus 20 mètres. Or, en fait, pour beaucoup de piles, on a du atteindre une profondeur de 50,5 mètres au-dessous du 0, ce qui représente 55,00 mètres au-dessous du niveau de la liante mer. Sir Benjamin Baker, qui dirige les travaux, et dont on connaît la compétence en ces matières, n’a pas osé soumettre les hommes, dans les chambres de travail, à une pression faisant complètement équilibre à la hauteur d’eau, et on s’est limité normalement à 281 kg par décimètre carré. Tout naturellement il se produisait des rentrées d’eau, et on eut recours à des éjecteurs pour évacuer constamment le liquide,; du reste, exceptionnellement, et pour le point le plus bas atteint, ou a porté la pression à 502 kg. La plupart des ouvriers, généralement des Irlandais robustes, sobres, ont supporté sans inconvénients sensibles cette pression.
- Le moulage des métaux sans fusion. — L’idée repose sur des expériences très intéressantes et qui méritent d’ètre suivies, faites par le Professeur Uof, de Witten, en Westphalie; il a, en effet, soumis à une très forte compression des métaux à l’état de division extrêmement fine, et il a obtenu des blocs de matière absolument homogène, celte matière étant même plus dense (pie si elle avait été coulée, ne présentant pas les petites soufflures qui subsistent fréquemment après coulage. Il est évident qu’avec la compression on évite le finissage qui s’impose après moulage; on évite aussi les pertes par oxydation. Le Professeur Uof a surtout opéré sur îles tournures d’acier, de cuivre, de bronze. Il a obtenu les meilleurs résultats avec un alliage fait de 85 pour 100 d’étain, de 1 1 d’antimoine et de 0 de cuivre, et une pression de 50 tonnes s’exerçant dans un cylindre de 50 mm. de diamètre intérieur.
- Les avantages de la traction électrique. —
- On ne saurait trop multiplier les éléments d’information sur la matière, étant donnée l’importance de la'question. Or, M. W. B. Botter vient de présenter au Aew-York Bailroad Club, le budget comparatif de l’exploitation à vapeur et de l’exploitation électrique d’une ligue de banlieue, et il arrive à cette conclusion que la première revient à lfr,10 par train-kilomètre, alors (pie, avec la seconde, la dépense correspondante n’est que de 00 centimes.
- La durée des stationnements sur les chemins de fer. — Aujourd’hui, dans l’exploitation dès voies ferrées, tous les efforts tendent à diminuer le plus possible le temps que font perdre les stationnements : et c’est même un des avantages caractéristiques de, la traction électrique d’accélérer au maximum, lest démarrages après chaque arrêt. Mais il faut aussi que les voyageurs s’astreignent à monter en wagon ou à en descendre rapidement : c’est une éducation à faire, et qui se fait peu à peu. Sur la ligne électrique Liverpool-Southport (où la vapeur a été remplacée par le courant électrique), les arrêts sont d’office limités à 15 secondes; les bagages trop encombrants sont confiés à des automotrices spéciales affectées à ce trafic et circulant à certaines heures. Ajoutons (pie sur les lignes aériennes et électriques de Liverp.vol, les arrêts ne sont souvent que de 6 secondes.
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- IA NAT LUE.
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- Vapeur s\ faible tirant d*eau. — Un vient de construire en Angleterre, pour un service entre l’ile de la Trinité et le continent américain, un vapeur curieux par son faible tirant d’eau, qui ne l’empèche pas d’avoir une portée assez considérable et de parfaitement tenir la mer. Long de 45 mètres à peu près, il peut porter 150 vovageurs et 42 tonnes de cargaison, en ne tirant que 0m,!H ; ses machines de 470 chevaux commandent deux hélices jumelles logées dans deux tunnels : ce bateau va faire par ses propres moyens la traversée des chantiers Thornycroft à la Trinité.
- t n retour à la cloche à plongeur. — Cet appareil, qui a été l’origine des dispositifs à air comprimé beaucoup plus perfectionnés qu'on emploie couramment ajourd’hui, n’est plus guère utilisé. Cependant on vient d’en faire usage pour des travaux d’approfondissement (jui se poursuivent dans le port de Folkestone. Comme les godets des dragues ne pouvaient entamer du sable durci qui se trouvait à 4 ou 5 mètres sous l’eau, on a descendu deux cloches où prenaient place quatre hommes pour attaquer le sous-sol compact.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 mai 1905. — Présidence de M. Troost.
- Assistance de savant étranger. — M. G. Comstock, directeur de l’Observatoire Washburn à Madison (Wisconsin, U. S.) assiste à la séance.
- Dérivés du Camphre sodé. — M. Haller rappelle ses recherches sur les dérivés du camphre cyané et expose qu’en-collaboration avec M. Couréménos il vient d’effectuer des travaux du même ordre sur le camphre sodé. En traitant cette matière par l’éther a bromopropionique il obtient notamment deux dérivés dissemblables.
- Les volcans du centre de la France. — M. A. Gaudry présente un ouvrage de M. Marcellin Boule sur les roches et les dernières éruptions volcaniques de la France centrale. M. A. Gaudry rappelle que les événements de la Martinique ont nécessairement ramené l’attention sur les volcans d’Auvergne. Ce problème s’est posé de savoir jusqu’à quel point leur activité devait être considérée comme éteinte. M. Boule, qui a exploré dans tous ses détails l’énorme volcan connu sous le nom de Cantal et qui a étudié les formations volcaniques du Plateau Central, a entrepris de projeter la lumière sur cette question. Dans ce but il a essayé de iixer l'àge de certaines éruptions, notamment des dernières. Or, l’éruption la plus connue est celle du Tartarct près du Mont-Dore. Une coulée basaltique y recouvre des couches où l’on trouve les débris de Velephas primigenius. Cette éruption se place entre l’àge du Renne et l’àge du Mammouth; elle remonte donc à une époque qui parait devoir être reculée à 15 000 ou 20 000 ans. Mais si le Cantal semble bien mort, d’autres volcans sont moins anciens et peuvent tenir en éveil. L’auteur rappelle que M. Michel Lévy a cité un forage voisin de Riom qui donnait un accroissement de température de 1 degré pour 14 mètres, alors que la profondeur qui correspond à un accroissement de 1 degré est ordinairement de 55 mètres. Enfin les nombreuses sources thermales de la région, les émanations d’acide carbonique,, les gisements de bitume donnent lieu de penser que la couche incandescente n’est pas très éloignée.
- Acidité des alcools. — M. Sehlœsing fils présente une Note de MAI. René Duchemin et Dourlen sur l’acidité des
- alcools du commerce. D’après les auteurs, cette acidité très variable est due à une oxydation; elle dépend de la nature du récipient, elle est moindre dans le verre où elle s’arrête à une certaine limite.
- Une maladie de la vigne. — Au cours de recherches antérieures sur une maladie de la vigne qu’ils ont appelée phthiriose, MM. Mangin et Yialla ont découvert, sur les racines mortes, un champignon qu’ils ont ensuite retrouvé sur les racines des ceps attaqués par le phylloxéra et par d’autres parasites. L’étude de ce champignon, poursuivie pendant cinq ou six ans, a fourni des résultats intéressants tant au point de vue botanique qu’au point de vue de son action pathogénique chez les animaux. Dans les tissus de la racine de la vigne il végète en formant des sclérotes noirs abondants, surtout dans les vaisseaux du bois qu'ils obstruent. En culture artificielle les auteurs ont réussi à obtenir toute la série du développement dont les caractères spéciaux consistent dans la formation d’organes reproducteurs et de spores extrêmement petites ressemblant à des bactéries. 11 résulte de l’étude de ce champignon, appelé par les auteurs Pteorophora à cause de la quantité de matière grasse introduite dans les tissus, qu’il appartient à un groupe inférieur d’ascomycètes.
- La dyscrasie acide. — M. Bouchard résume un travail de M. Desgrez et de M"8 Gucnde sur la déminéralisation de l’organisme au cours de la dyscrasie acide. Que cette diathèse soit produite artificiellement par un acide minéral tel que l’acide chlorhydrique, ou par un acide organique tel que l’acide phénylpropionique, elle provoque invariablement une augmentation marquée du coefficient de déminéralisation. Ce dernier, en effet, dont la valeur normale chez le cobaye est de 0,65, atteint 0,69 sous l’influence de la dyscrasie organique et 0,77 sous l’influence de la dyscrasie minérale. Ainsi se trouve confirmée expérimentalement une doctrine de M. Bouchard relative à la relation existant entre la diathèse acide et la déminéralisation de l’organisme.
- Maladie animale produite par un champignon. — M. Bouchard communique ensuite une Note de MM. Char-rin et Le Play relative aux effets pathogéniques du champignon des racines de la vigne que viennent d’étudier MM. Mangin et Vialla sous iWiom de pteorophora. Ce champignon, introduit dans l’organisme, peut déterminer des tumeurs, de l’anémie, des tares du squelette. Grâce à ces résultats la genèse de la plupart des tumeurs et des lésions osseuses s’éclaire.
- Réactions à vitesses discontinues. — M. Lemoine résume une Note de M. Colson relative à la question des radicaux dissimulés. On sait que dans certains sels minéraux solubles l’acide constituant ne précipite plus par ses réactifs caractéristiques : l’acide est à l’état de radical dissimulé. Le sulfate chromique vert de M. Colson présente ce caractère. Sa résistance au chlorure de baryum, nulle au début, devient brusquement si grande qu’elle semble totale. M. Colson établit qu’elle n’est totale qu’en apparence, car la précipitation du sulfate de baryte réapparaît par une élévation de la température et même par le simple fait d’ajouter progressivement le réactif au lieu de l’ajouter en une fois. M. Colson rattache tous ces faits à la notion des vitesses des réactions dont MM. Berthelot, Lemoine, Gudberg ont déjà déduit tant de résultats. Mais alors la vitesse chimique n’est plus une grandeur continue. v Cil. DE VlU.EDEUIL.
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- PRODUCTION DE IA ROUILLE
- La production de la rouille est un phénomène extrêmement complexe qui est intluencé par une foule de circonstances et dont on ne connaît pas encore tous les facteurs. M. Lindet a recherché récemment le rôle de divers corps ou impuretés dans la production de la rouille, dans le hut d’élucider certaines conditions de sa formation dans les bidons en fer étamé ou en fer galvanisé, dans lesquels on expédie l’alcool dénaturé; cette formation constituant, en effet, un des obstacles à sa consommation dans l’automobilisme. La facilité avec laquelle a lieu l’oxydation des bidons n’e-t pas en rapport avec la quantité d’eau que l’alcool renferme ; elle est due vraisemblablement aux impuretés que cet alcool apporte.
- L'alcool destiné;» l'automobilisme renferme de l’aldéhyde, des traces d’acide et d'éther acétique et est additionné de méthylène-régie (alcool méthylique impur mélangé d’acétones et d’acétate de méthyle) et de 50 pour 100 de benzine légère du gaz. C’est ce dernier corps qui active la production de la rouille ; les autres impuretés, notamment les éthers acétiques, atta-<pient d'abord le zinc, l’étain, puis le fer des bidons, surtout en présence de la benzine. La vitesse d’oxydation est ainsi facilement triplée.
- L’arsenic et les composés arsenicaux arrêtent totalement l’oxydation pendant plusieurs mois de contact. L'alcool ne dissout que des traces d’arsenic ; mais celui-ci s’oxyde au sein du liquide et les produits d’oxydation sont beaucoup plus solubles que l’arsenic lui-même.
- A. II.
- LA MYSTÉRIEUSE PIERRE DE MAU LE
- (skixk-et-oisk)
- Au cours d’une récente visite de la Commission départementale des antiquités et des arts de Seine-ct-Oise, à l’église romane de Maulc (canton de Meulan), l’attention de plusieurs archéologues et notamment de MM. Eug. Lefèvre-Pontalis et Enlart fut attirée sur une pierre étrange rencontrée près de l’hôtel de ville; ce bloc, dont nous pouvons donner une photographie grâce à l’obligeance d’un
- antiquaire M. E. Mesnard, de Ronnières, a suscité immédiatement la plus vive discussion.
- C’est une sorte de damier en calcaire grossier du pays, creusé de 24 cases, ou bassins; chacun de ces creux correspond avec son voisin par des trous assez gros pour faire passer une bille d’enfant. Aux extrémités de la pierre un trou plus grand s’ouvre dans un mascaron devenu fruste, où les uns voient un motif de la Renaissance et d’autres une tête de bélier d’un type gallo-romain. L’ensemble est vraiment curieux et soulève naturellement la question ; « A quoi cela servait-il? » On l’a beaucoup débattue sur place, on l’a encore débattue à la réunion de la Commission des antiquités et des arts. Les opinions les plus variées et les plus hypothétiques ont été soutenues avec énergie. On y a vu d’abord une pierre de sacritices, pensant » |ne,les dimensions étant médiocres (80 centimètres sur 80), on n’y sacrifiait que des animaux de petite taille, brebis ou boucs. Le sang aurait coulé de case en case. D’autres penchent pour une lingotière. D’autres concluent aussi à un usage industriel : les cases auraient servi à la décantation des matières colorantes ; à quoi on a fait remarquer que la décantation sans mélange était impossible à cause des trous et que, d’ailleurs, l’art avec lequel étaient sculptés les mascarons autour des orifices écartait l’idée d'un engin industriel. Enfin un membre a émis cette idée assez simple, trop simple peut-être, qu’il n’y avait là qu'un jeu analogue au jeu de crapaud ou à certains billards : on aurait jeté des billes sur la pierre mise en pente comme elle l’est aujourd'hui encore et l’on aurait déterminé le gain suivant le nombre de voyages effectués de case en case. Le débat n’a rien éclairci, naturellement ; mais voici la pierre de Maule en passe de devenir célèbre. (Notre gravure pourra exercer la sagacité de nos lecteurs. Existe-t-il d’autres pierres semblables, en connaît-on l’origine et l’usage? Poser la question n’est pas la résoudre !
- La pierre telle que nous la représentons est scellée au ciment sur un bloc de concrétion formant piédestal . Ardouin-Dumazet .
- Le Gérant : P. Massox.
- La pierre de Maule.
- Paris. — Imprimerie Laüire, rue tic Fleurus
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- y 1072. — lü JUIN 1905.
- LA NATURE.
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- LES TRAVAUX DE LA DÉLÉGATION FRANÇAISE EN PERSE
- (mission de morgan)
- A propos de la prochaine inauguration au Louvre de la nouvelle salle, renfermant le produit des
- fouilles de la mission de Morgan, nous devons signaler l'intérêt de premier ordre que présente la
- Fig l. — Lion en terre émaillée. Cliché G. Pissarro.)
- haute antiquité des objets qui y seront exposés; s’agit de la salle consacrée aux collections rapportées par la Délégation en Perse tpie dirige, avec un remarquable succès, M. J. de Morgan, depuis 1897. Les fouilles qu’il a entreprises, à Suse notamment, ont enrichi notre grand musée national de pièces archéologiques d’une conservation magnifique et dont on chercherait vainement ailleurs des équivalents.
- M. de Morgan était directeur général des Antiquités de l’Égypte,
- et il avait fait dans ce pays,
- 5 Dahchour, des découvertes de première impor-
- la France obtint du souverain de la Perse le monopole des recherches archéologiques dans toute l’étendue de son empire. M. de Morgan avait déjà parcouru la Perse pendant trois années, de 1889 à 1891; il fut mis à la tète de la Délégation chargée par le Ministère de l’Instruction publique de tirer de la convention nouvelle tout le parti utile. Grâce à l’impulsion donnée en ce sens par M. de Morgan, la mission ne s’est pas bornée à l’exploration archéologique de la Perse, elle a réuni aussi des collections d’histoire naturelle abondantes autant que précieuses. Le pro-
- 2
- il | tance, lorsque
- Fig. 2. — Vase de cuivre repoussé. (Cliché G. Pissarro.) particulièrement
- 33e aimée. — î* semestre.
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- LA N ATI! U K.
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- gramme do la mission a été ainsi élargi ol ses travaux ont lait autant profiter les sciences naturelles et la géographie que l’histoire et l'archéologie.
- Au point de vue des études qui devaient faire l'objet essentiel de la mission, la l'erse était un pays neuf; la période achéménide avait été étudiée par la mission Dieulafoy, mais on ne savait rien des époques primitives. Laissé libre de porter le centre de ses opérations sur la partie de ce vaste empire qui lui paraîtrait devoir fournir le champ de recherches le plus fructueux, M. de Morgan choisit Suse, la capitale de l’Klam, qui fut le centre de finie des plus puissantes civilisations du monde ancien et en même temps des plus ignorées.
- L’énorme tumulns ou tell de Suse, qui se dresse à environ 55 mètres de hauteur au-dessus de la plaine environnante, est entièrement composé de débris antiques dans lesquels on distingue deux couches superposées, d’inégale épaisseur ; la couche supérieure renfermant des restes appartenant aux civilisations pins récentes (achéménide, séleucide, parthe, sassanide et arabe), et la couche intérieure composée des ruines de la ville élamite au-dessous de laquelle se trouve probablement le préhistorique.
- La mission Dieulafoy avait concentré ses efforts sur les ruines de l'époque achéménide; l’Apadana, palais à colonnes d’Artaxerxès Mnéinon, dont la reconstitution est au Louvre, date seulement du ivc siècle avant notre ère. M. de Morgan, dont la mission n’a, d’ailleurs, de lien d’aucune sorte avec la mission Dieulafoy, s’est exclusivement consacré, à Suse, à l’étude des ruines élamites, qui n’avaient été encore l’objet d’aucune recherche et qui remontent à une antiquité beaucoup plus reculée.
- L’Klam joua un rôle prépondérant en Asie dès le quatrième millénaire avant notre ère, mais son histoire était demeurée si obscure qu’on peut bien dire qu’elle était vraiment inconnue ; les monuments et les inscriptions de Suse ont permis de h reconstituer. Le pays, divisé en petites principautés, formait une sorte d’Élat féodal. L’une des principales fut l’Anzan, d’où l'Liant avait tiré sa langue qui longtemps persista après même sa conquête par la Ghaldée, qui lui apporta une langue sémitique.
- Suse avait appartenu sans doute à ce monde primitif qui avait vu la découverte de l’écriture, le premier emploi des métaux, le début de l’art; mieux qu’ailleurs on pouvait y retrouver les traces d’une population non sémite déjà civilisée, antérieure à l’invasion sémitique, eu même temps que l’on pouvait y suivre les transformations et les progrès de la civilisation et de la langue chaldéennes. De là vient l’importance tout exceptionnelle des recherches que M. de Morgan devait faire à Suse et qui ont amené de si brillants résultats.
- Avant la faculté de choisir comme il l’entendrait ses collaborateurs, M. de Morgan s’était entouré d’un personnel d'élite : le IL P. Scheil, savant hors de pair, possédant une foule de langues anciennes et avant tout assyriologue; MM. G. Jéquicr et J.-L.
- Gautier, archéologues et linguistes, qu'il avait déjà vus à l’œuvre en Egypte ; M. Georges Lampre, auquel un séjour de cinq ans en Perse avait permis de connaître la langue et les mœurs de. ce pays, et qui avait pris part ensuite en Egypte aux travaux de M. de Morgan. M. Lampre remplit les fondions de secrétaire de la Délégation et Mme Lampre, qui chaque année accompagne son mari, rend à la mission des services signalés eu assumant pour elle ce qu’on pourrait appeler le service de l’intendance.
- M. de Morgan, qui est ingénieur des mines et qui possède, dans diverses branches des sciences naturelles, des connaissances étendues, a dirigé lui-même les recherches louchant à la zoologie, la botanique, la paléontologie, la pétrographie. Depuis 1004, il s’est associé pour la partie scientifique un jeune ingénieur des mines, M. Roland de Mee-quenem.
- Enfin, M. de Morgan a adjoint temporairement à la mission un peintre de talent, M. Georges Roudoux, qui a pris des vues d’après nature de toutes les régions visitées par la mission. Ces peintures se trouvent aujourd'hui exposées au Louvre dans la salle même où sont les collections d’archéologie. Ou ne saurait trop louer M. de Morgan de cette initiative, non seulement parce que les compositions de M. Roudoux sont d’excellentes œuvres artistiques, mais aussi parce qu’elles contribuent à intéresser davantage le visiteur aux restes des civilisations disparues en évoquant devant les yeux les sites mêmes qui les ont vues florissantes. 11 y a là un exemple à suivre et un procédé à généraliser.
- Nous ne donnerons pas le détail des trésors archéologiques un peu à l’étroit, .dans cette salle vaste pourtant ; mais combien surprennent par leur antiquité, leur conservation ou .leur perfection artistique!
- Voici une table en forme de losange, ornée d’une tête de lion, et portant un texte prolo-anzanite ; c’est un monument qui remonte au xi.° siècle au moins avant notre ère. Ici, sur un obélisque, est une inscription juridique, une sorte de litre de propriété, datant de 5800 ans environ avant J.-G. La stèle du roi Naram-Sin, le second des suzerains de Suse (vers 5750 av. J.-G.), le représente, suivi de ses neuf grands vassaux, poursuivant dans les montagnes boisées ses ennemis vaincus. La stèle de Hammourabi donne tout le code civil des Ghaldéens du xx*1 siècle avant notre ère.
- La statue de bronze de la reine IN’apir A sou, qui date du xive siècle environ avant J.-G., dont la tète manque malheureusement, étonne par sa belle exécution artistique et aussi par l’allure presque moderne de la robe.
- A s:gnaler encore de magnifiques lions en terre émaillée, qui ornaient à Suse le temple de Chou-chinak, et dont l’un est représenté ligure I, p. 17.
- Parmi les petits objets qui remplissent de nombreuses vitrines, il en est de merveilleux; les plus intéressants pour l’histoire de l’art sont les bijoux de
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- Kl
- l’époque élamitc, dont on ne connaissait jusqu’ici aucun spécimen. Ile la même époque à peu près, c’est-à-dire du xnc au Xe siècle avant J.-G., est aussi ce vase de cuivre repoussé, d’une si jolie facture, que nous reproduisons ligure 2 ; au registre supérieur il porte des taureaux couchés et, au registre intérieur, des quadrupèdes marchant qui paraissent être des onagres.
- En même1 temps qu’elle faisait de l’archéologie et de l'épigraphie, la mission, avons-nous dit, ne négligeait pas l'histoire naturelle et les importantes collections qu’elle a rapportées sont actuellement étudiées par des professeurs du Muséum et des spécialistes.
- Les travaux géologiques, qui sont dus à M. de Morgan, secondé depuis 1907» seulement par M. H. de Mecquenem, sont particulièrement importants.
- Déjà, lors de son premier voyage en l'erse, de 1889 à 1891, M. de Morgan avait fait une étude très complète des divers terrains et recueilli de nombreux fossiles qui avaient été décrits par M. Douvillé, professeur à l'Ecole des Mines. Depuis qu'il est chef de la délégation française, il a, chaque année, continué ses recherches et il a pu envoyer 145 caisses de fossiles au Muséum. Des études, dont M. Douvillé aura la haute direction, seront publiées sur les fossiles paléozoïques, la faune du crétacé supérieur et celle du tertiaire inférieur ; cette dernière partie est confiée aux soins de MM. Cossmann et Pissarro.
- Dès maintenant, on peut dire, selon M. Douvillé, que la « Mésogée », l’immense Méditerranée crétacée, a recouvert la Perse, ce qu’on ignorait jusqu’ici.
- L’exploration des mines de houille du nord de la Perse, faite en 1903 par MM. de Morgan, Lampre et de Mecquenem, a fourni d’intéressants documents qui feront l'objet d’un mémoire de M. II. Zeiller, professeur à l’École des Mines. M. Lacroix, professeur au Muséum, s’est chargé de l’étude des roches, qui comprennent les roches modernes du massif du Démavend et du Sahend et les roches anciennes de la fracture de P El vend depuis Hamadan jusqu'aux environs d’Ispahan.
- La mission a rapporté d’importantes séries de vertébrés (oiseaux, reptiles) et une très belle collection d'insectes qui ont été remis au Muséum. Les mollusques terrestres et iluviatiles de la Perse ont fait l’objet de recherches toutes particulières de la part de M. de Morgan lui-même qui a pu recueillir un très grand nombre de types nouveaux. Enfin un herbier, déjà considérable, s'accroît chaque année par de nouvelles récoltes.
- Les résultats obtenus, depuis huit années, par la délégation française en Perse sont, on le voit, des plus remarquables, mais son œuvre est loin d’être achevée. Le champ est vaste en Perse pour l’archéologue, et plus encore peut-être pour le géologue et le naturaliste. La délégation va poursuivre ses travaux et, sous l’habile direction de son savant et distingué chef, ses efforts nous vaudront encore de riches moissons. Gustave Hegelsperger.
- LE CAPTAGE DES EAUX SOUTERRAINES
- AU TOUAT
- Un récent et intéressant article sur le Maroc1 a montré combien était importante la question du régime des eaux dans tout le nord de l’Afrique, et particulièrement au Touat, où la sécheresse est un véritable fléau qui sévit parfois douze années de suite, ainsi (pic cela s’était produit avant les quelques pluies qui tombèrent en 1901. .Nous sommes loin de l'époque où il existait une saison des pluies d’octobre à janvier, et l’on a imaginé des procédés fort ingénieux pour capter les eaux des oueds dans la partie supérieure de leur cours, car ils ne sont plus ensuite que des lits desséchés.
- Le tic eau qui s’infiltre sous terre, il s’agit de la ramener à la surface, pour l’arrosage des cultures, et l’on y arrive au moyeu des foejgara ou plutôt des fet/t/tu/uir, ce dernier mot étant le pluriel curieusement formé de cette espèce de galerie de captation qu’on nomme une/bj/f/nra. Pour établir celle-ci, après avoir déterminé le point où l’on veut faire arriver l’eau, on remonte le thalweg du cours d’eau devenu souterrain, jusqu’à l’endroit où le sens professionnel acquis par les spécialistes leur fait supposer de pouvoir rencontrer l’eau. Là, on creuse un puits, dont la profondeur varie naturellement suivant les circonstances et peut atteindre 50 mètres : son ouverture est protégée par un dôme. Puis on creuse, tout le long de la ligne de thalweg, une série de puits analogues, distants de 10 mètres environ les uns des autres, et on les relie par une galerie souterraine, dont le creusement est ainsi rendu assez facile, et qui est généralement de la hauteur d’un homme. L’eau captée par le premier puits s’v écoule, et, de plus, les divers puits successifs complètent la captation des eaux souterraines dans la vallée. Tout ce travail est long et coûteux, étant donnés les moyens primitifs dont on dispose. A la fin de la galerie souterraine, l’eau est répartie dans les différents terrains à arroser par des canaux à ciel ouvert, qui se subdivisent ensuite comme nous allons le voir.
- En général, une foggara est une propriété collective, dont les copropriétaires ne cèdent pas volontiers leur part, sachant que la vente de l’eau est d’un rapport assuré, autrement sûr que celui des cultures, celles-ci ne pouvant réussir sans eau. La répartition de l’eau entre les copropriétaires se fait proportionnellement au nombre des puits qu’ils ont creusés; mais cette répartition est arrêtée et les différends qui peuvent s’élever sont tranchés par un fonctionnaire spécial qui porte le nom de Mesureur de l’eau, comme dans lahuerta de Valence. C’est lui, notamment, qui fait subdiviser les canaux à ciel ouvert au moyen d’un barrage en argile affectant grossièrement la forme d’un peigne à dents plus ou moins écartées. On crée de la sorte une série de ruisseaux dont le volume est plus ou moins important, qui s’en vont dans des rigoles particulières et constituent précisément les parts respectives des copropriétaires. La vérification du débit de chaque ruisselet, et par conséquent l’écartement des dents du peigne, sont basés sur l’emploi d’une jauge pittoresque que possède le Mesureur de l’eau ; c’est une plaque en cuivre qu’il met en travers du courant et qui est percée d’une série de trous : il en débouche plus ou moins, cela correspond à une mesure déterminée et à la part de tel ou tel propriétaire. I*. i»e M.
- 1 Yov. n° 1650, du 18 lévrier 1905, p. 180.
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- LA NATURE.
- LE CANAL DE LA MER DU NORD A LA MEDITERRANEE
- A la fin de 1900 ou dans les premières semaines cLe 1907, des bateaux partant de Dunkerque ou de Lille iront, sans rompre charge, jusqu'à Lyon, en économisant 274 kilomètres, 712 au lieu de 980 entre Lille et Lyon. Véritable révolution pour l'industrie des transports dont la portée peut être considérable si la batellerie sait s’outiller pour profiter de cette énorme réduction du trajet.
- Réduction dont la valeur est établie à l'aide d'une formule : la diminution de parcours de 274 kilomètres s’obtient en comptant pour un kilomètre chacune des écluses franchies. Si l'on tient compte de la lenteur delà marche sur une voie navigable artificielle, cela représente bien des jours gagnés sur le trajet et les sommes considérables économisées sur le fret.
- L’amélioration sera réalisée par la mise en eau d’une cuvette d'étendue modeste achevant un canal entrepris depuis longtemps mais resté en lacune par l'absence de ressources financières, le canal de la Marne à la Saône, prolongement du canal de la Haute-Marne. Ce tronçon relie directement le réseau des canaux du Nord aux lignes navigables de la Rourgogne. 11 achève une voie remarquablement" directe de la mer du Nord et de la Manche à la Méditerranée. Ce qui mérite surtout d'être signalé, c’est la façon dont cette grande œuvre nationale est menée à bien. Projetée depuis longtemps, poussée même assez loin pour que le plus grand travail ait été accompli par le percement de la ligne de faite entre les deux bassins, elle semblait condamnée à rester en suspens. Ni LrAal, ni les départements ne pouvaient fournir les sommes né-
- eoncurrenee des minerais de Lorraine plus riches que ceux de Champagne, malgré le remplacement du bois par la houille pour les hauts fourneaux et l’éloignement des mines de charbon.
- Cette industrie de Saint-Dizier fut la raison d’être du canal de la Haute-Marne, creusé pour desservir ses usines, les relier à celles de la vallée et aux mines de fer alors précieuses, aujourd'hui bien faibles pour lutter contre celles de la Lorraine. Afin d'empêcher le déclin de Saint-Dizier, il fallait lui créer rapidement des débouchés nouveaux. C’est le
- résultat que l’on compte obtenir par le percement de « l’isthme français ».
- On aura mis près de trois quarts de siècle à achever cette voie magistrale entre les deux mers extrêmes de la France, puisque les études du dernier tronçon remontent à 1855. Mais en 1879 seulement le prolongement du canal de la Haute-Marne jusqu’à la Saône fut décidé. Les ingénieurs se mirent immédiatement à l’œuvre. Jusqu’en 1887 on y dépensa de 8 à 11 millions % par an. Successivement Chaumont et Langres furent desservies, on creusa le tunnel du bief de partage ; sur le versant de la Saône cette dernière rivière fut reliée à Licey-sur-Yingeanne. Puis vint l’ère des vaches maigres, le budget ne put fournir que 600000 francs par an. A ce taux il eût fallu plus d’un siècle pour finir. C’est alors que la chambre de Saint-Dizier se mit en campagne. Elle offrit à l’État une subvention de 6 millions, moyennant l’autorisation pour elle de prélever pendant cinquante ans un droit de péage variant de 0fr,006 à 0lr,254 par tonne kilométrique,
- Fig. 1. — Creusement du canal.
- cessaires à l’achèvement. Ces sommes ont été avancées par une modeste chambre de commerce d’un chef-lieu de canton de moins de 15 000 âmes. Saint-Dizier, qui a su montrer cette remarquable initiative, est un des centres métallurgiques les plus actifs de France ayant pu se maintenir malgré la
- selon la nature des marchandises, sur les 59 kilomètres encore à ouvrir. Une loi du 5 juillet 1900 approuvait la convention et fixait au 1er janvier 1907 l’achèvement des travaux.
- A ce moment, il ne restait à construire que la descente sur le versant Saône. Cela semblait peu de
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- chose auprès de la tâche déjà accomplie. On avait conduit le canal dans l’étroite vallée de la Marne supérieure, entre Chaumont et Langres, où le chemin de fer et la rivière semblaient occuper tout l'espace disponible; on avait fait passer les bateaux sans le faîte du plateau de 1.ancres vers Balesmes jusqu’au bassin méditerranéen, à l’aide d’un tunnel de 4820 mètres, l’alimentation était partiellement préparée par les deux grands réservoirs de la Mouche et de la Liez, celui-ci, œuvre de première grandeur, emmagasinant 16 millions de mètres cubes d’eau; avec la Mouche cela donnait un volume de 24 millions de mètres cubes.
- Cependant, la tâche restant à accomplir était con-
- sidérable. 11 fallait, sur un court espace, racheter une chute de 41 mètres; le tracé se développait dans une région de roches fissurées où il semblait malaisé d’empècher l'infiltration des eaux et l’assèchement, graduel du canal. Enfin il était nécessaire d’accumuler encore 20 millions de mètres cubes d’eau pour donner au canal une fois étanche tout le volume dont il avait besoin. Or les rivières pérennes manquent dans cette région, la Yingeanne dont on allait suivre le cours assez long n’est abondante que pendant les pluies, la Marne reste longtemps un maigre ruisseau. Et l’on était amené à emmagasiner les eaux de crues en établissant d’autres barrages.
- Les ingénieurs ont triomphé de ces difficultés par
- Fig. 2. — Construclion d'une écluse.
- une série de travaux remarquables. Un réservoir établi sur le versant de la Saône, près de Yillegu-sien, doit contenir 8 millions de mètres cubes, un autre, sur le versant de la Marne, transformera en lac l'étroit vallon de Neuilly-l’Ëvèque où coule un ruisseau descendu du village de Poiseul. Ce bassin prend le nom de Charmes, la digue étant proche de ce village; il fournira 12 millions de mètres cubes. Le travail a été mené sur tous les points avec ardeur. On compte mettre en eau à la fin de cette année le réservoir de Yillegusien, celui de Charmes sera rempli à la fin de 1906 et, presque aussitôt, la navigation utilisera la voie nouvelle.
- Le canal proprement dit est achevé, sauf sur 15 kilomètres du versant de la Saône. Là sont accumulés les travaux les plus importants ou les [dus
- minutieux. Un escalier d'écluses rachète la descente de 41 mètres sur un parcours de 5 kilomètres seulement. Les premiers projets avaient prévu deux ascenseurs funiculaires ayant chacun 20m,50 de chute. Mais on a finalement adopté six écluses étagées rachetant chacune une dénivellation de 5m,125 et espacées de 400 mètres.
- Une autre difficulté, dont on n'a triomphé qu’au, prix de travaux considérables, a été présentée par la vallée supérieure de la Yingeanne. Ce pli, très étroit, est bordé sur trois points par des villages : Romma-rien, Choilley et Rardenay, dont le tracé a dû s’écarter en se portant sur le plateau de la rive droite. 11 a fallu creuser des tranchées profondes dans une roche fissurée, creusée de grottes, disloquée à tel point que la Yingeanne se perd complètement pen-
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- dant une partie de l’année. Sur 8 kilomètres on a trouvé plus de problèmes à résoudre que sur tout le reste de la ligne.
- L’étanchéité a été obtenue dans les tranchées par le revêtement de la cuvette, fond et talus, à l’aide de dalles de mortier comprimé, épaisses de 10 centimètres dont, les joints sont rendus imperméables par un coulis de lait de ciment. Sur cette sorte de conduit monolithe on a répandu une couche de goudron llamhé, elle-même revêtue de terre pilonnée pour empêcher le choc possible des galles. Lorsque le canal est en remblai, on a obtenu l’étanchéité par des revêtements de terre argileuse de lm,50 d’épaisseur au moins, cette terre a été comprimée à l’aide de cylindres cannelés conduits par des chevaux.
- La compression des terres a été employée également pour la construction de la digue du réservoir de Yillegusien, longue de Liai mètres, haute do 11"1,12, large à la base de 45m,75. 11 a fallu extraire et transporter 550 000 mètres cubes de terres, entreprise colossale que les excavateurs Normand ont permis d’achever en deux campagnes. 2000 mètres cubes étaient chaque jour amenés sur l'emplacement delà digue, la compression eût nécessité une cavalerie considérable, on l’a évitée par l’emploi de rouleaux automobiles à pétrole, œuvre de M. l’ingénieur en chef Polliot. A cet appareil, on a joint un rouleau eorroyeur à vapeur que la maison de Dion et Bouton avait construit pour les travaux du canal de Bourgogne. On est ainsi parvenu à donner à la terre comprimée une densité de plus de 2000 kg par mètre cube.
- Le canal de la Haute-Saone va ramener l’activité sur des parties de la Saêne bien abandonnées depuis la création des chemins de fer. 11 va notamment restituer à Saint-Jean-de-Losne une partie de la vie qui l’avait, abandonné. Cette petite ville, merveilleusement située déjà, deviendra le port le plus actif de l’Est et l’on verra s’animer ses vastes bassins où aboutissent la ligne navigable de l’Est, par la Saône, celle d’Alsace par le canal du Bhône au Rhin, celle de Paris par la Bourgogne et enfin celle de la Méditerranée par la grande Saône et le Rhume1.
- ARTtOriX-ihïMAZKT.
- PLUIE I)E SOUFRE
- Le docteur Dourif a eu l’occasion d’examiner scientifiquement ce qu’on désigne sous le nom vulgaire de pluie de soufre. Ce phénomène assez peu fréquent était classé au moven âge, avec les pluies de sang, parmi les signes précurseurs de grandes calamités.
- Le 22 avril 1904, on a trouvé à Pau et dans les environs, le sol recouvert d’une couche pulvérulente, qu’en raison de sa couleur le populaire prenait pour de la poussière de soufre.
- Le docteur Dourif a fait recueillir des échantillons de
- * Les travaux que nous venons de signaler ont été conçus et exécutés par MM. les ingénieurs en chef Caulier et Cadart et dirigés par M. l’ingénieur Jacqueminot assisté de M. le conducteur C.oulon.
- cette poudre et lésa examinés au microscope1 : à l’œil nu et même à la loupe, la poussière en question ressemble beaucoup à la fleur de soufre, mais il est impossible de distinguer les cristaux, intacts ou brisés. Au microscope, avec un grossissement de G00 à 800 diamètres, on reconnaît que les éléments de cette poudre ne sont pas des parcelles minérales, mais des corpuscules organiques, tous semblables, quoique de grandeurs différentes. Leur forme, vue de profil, est celle d’un rein, ou d’un haricot, chacun étant formé de trois globules, celui du milieu plus volumineux et plus clair que ceux des extrémités. Tous les trois sont remplis de fines granulations qui s’échappent des plus volumineux par l’effet du contact de l’eau. Ces caractères sont indubitablement ceux des grains de pollen (ht pin, tels qu’ils sont décrits par les auteurs.
- La nature du produit ainsi révélée par le microscope, il ne reste plus qu’à trouver l’origine d’une si grande quantité de pollen. Au moment de la floraison, les pins produisent une quantité prodigieuse de pollen, très léger, que, des vents violents peuvent emporter à une grande distance. Il suffit d’être passé dans une forêt de pins en fleurs pour avoir remarqué au moindre souffle, à la moindre agitation, un léger nuage jaunâtre envelopper chacune des fleurs. C/est un nuage de grains de pollen. Aux environs de Pau, les forêts sont très considérables et la pluie s’était produite à la suite d’un ouragan venant de l’ouest.
- Ces transports par le vent de matière végétale ne sont pas limités aux seuls grains de pollen ; des poils, par suite de leur conformation et de leur légèreté, sont aussi emportés au loin. Et ces matières légères, en suspension dans l’atmosphère, sont la cause de certaines maladies. Il est prouvé maintenant que le ha y fever, cette mystérieuse fièvre des foins, est due à la présence de nombreux grains de pollen dans l’air et certaines affections de la gorge proviennent de la présence des platanes, dont le duvet des feuilles se détache facilement et irrite les muqueuses de la gorge. Virgile Braxdicocrt,
- Vice-président de la Sociélé Linéenne du Nord de la France.
- LES MICROBES DE L’OCÉAN
- En dehors des eaux courantes terrestres, les microbes existent aussi dans la mer et peu de recherches avaient été faites jusqu’ici à ce sujet. Deux auteurs allemands. Moritz Otto et" R. 0. Neumann, viennent de publier des examens bactériologiques d’eau de l’océan Atlantique, qui comblent en partie cette lacune.
- Au moven d’un appareil spécial, de construction simple, les auteurs ont recueilli une série d’échantillons d’eau de mer pendant la marche même du navire, entre Boulogne et Bahia.
- Leurs recherches ont montré que le nombre des bactéries, quelquefois considérable au voisinage des côtes, notamment dans la zone où se déversent les grands fleuves, décroît en haute mer jusqu’à n’être que de quelques centaines par centimètre cube à la surface* et diminue encore à mesure que la profondeur augmente. Vers 200 mètres, il n’y a plus que de I à 14 germes par centimètre cube. Le nombre maximum de microbes se trouve pendant le jour à une cinquantaine de mètres de profondeur, sans doute à cause de l’action bactéricide de la lumière solaire qui détruit partiellement les germes de la surface. A. H.
- 1 Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne, mai 1904.
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- LA NA T uni:.
- AU PAYS DE LA BOITE A MUSIQUE
- Entre les deux contreforts du Chasseron et du Sueliel, .'i deux pas de notre frontière, à peu près à égale distance entre Ponlarlier et l’extrémité sud du Lac de Neuchâtel, s'étend ce curieux petit pays de Sainte-Croix d'où parlent, dans toutes les directions et. vers toutes les régions du monde, ces innombrables boites à musùpie si diversement habillées et dont le prix varie entre 8b centimes et 10 000 francs, depuis le minuscule jouet à manivelle jusqu'il l’orchestre muni de toutes sortes d'accompagnements et d'automates, depuis l’humble instrument de l'enfant pauvre dont les 4 ou 5 notes jouent seulement :
- « J'ai du bon tabac » jusqu'à la merveilleuse machine dont le cylindre peut être hérissé.de b5 000 goupilles.
- Sainte-Croix compte aujourd'hui 5400 habitants. Ile cette population, disséminée tant dans le village proprement dit que dans ses nombreux hameaux, la partie ouvrière comprend 2572 personnes, dont 1559 travaillent directement sur la boîte à musique, 774 sur le jouet et 426 sur le cartel et le disque, la qualification de jouet s’appliquant aux boîtes de petite taille.
- C’est en 1811 que la boîte à musique arriva à Sainte-Croix sous le nom de « montre à carillon ». Elle venait, de Genève et se composait d’une plaque garnie de goupilles faisant levier contre quelques lames d’acier cl entraînée par le mouvement de la montre sous le cadran de laquelle elle était, logée. L’introduction de cette pièce est due à Abraham-Louis Cuendet. Eue des premières pièces fabriquées par Henri Jaccard fut vendue 12 louis à un marchand de la Cbaux-de-Fonds qui la revendit 25.
- Le cylindre ayant été inventé à Genève en 1812, Jérémie Recordon en lit une application à la tabatière, et on ne tarda pas à loger des pièces à musique dans foutes sortes d’objets. Le terme de « tabatière » a depuis lors continué à désigner toutes les petites pièces', celui dé « cartel » étant réservé aux pièces plus importantes. Le cartel est aussi dû à Jérémie hecordon.
- D'après les livres de comptes de la maison Mermod frères, une tabatière à musique en corne noire fondue valait, en 1816, 12fr,60; aujourd’hui elle coûte le quart de cette somme.
- En 1855, on faisait des tabatières de 2 à 4 airs et des cartels de 12 airs. Ce n'est qu’un peu plus tard que fut inventé le jouet d’enfant à manivelle sans ressort moteur.
- Eu 1850, on trouvait des pièces revolver à plusieurs cylindres portant jusqu’à 72 airs. C’est à cette date que se place l’invention du cylindre de, rechange. En 1878, on imagina les cylindres interchangeables grâce auxquels une boîte à musique peut jouer à volonté un nombre d’airs absolument indéfini.
- Comment s’établissent ces pièces qui demandent à la fois toutes les ressources de la mécanique et une grande habileté manuelle avec mie incroyable patience chez l’ouvrier?
- C'est ce que nous allons indiquer sommairement en nous aidant de quelques photographies qu'a bien voulu nous communiquer M. Mermod, qui fut membre du Jure en I960 et nous a servi do cicerone obligeant à travers une industrie qui, depuis quatre générations, est implantée dans sa famille.
- La boite à musique à cylindre si* compose essentiellement de deux pièces qui doivent être traitées avec le plus grand soin sous peine de ne donner que dos instruments inutilisables : le clavier cl le cylindre.
- Le clavier est une plaque d’acier trempé divisée en lames e! soudé sur un plot en laiton. Certains claviers n'ont que 5 lames. D'antres en ont jusqu’à 254. La largeur des lames n’étant pas la même pour toutes les notes, l’ouvrier emploie l’outil à fendre à main, de la figure 1, dans lequel il change suivant les besoins les fraises que l’on voit suspendues en chapelets à sa gauche. Dans les machines à disques, dont nous parlerons plus loin, les lames ont toutes même épaisseur, et l’on peut employer des machines automatiques à fendre dont 6 à 8 peuvent travailler sous la surveillance d’un seul ouvrier. Cette considération permet de se rendre compte de l’importance qu’a eue dans l’industrie cpii nous occupe, au point, de vue de la réduction des prix, la substitution des disques aux cylindres. En clavier demande 70 opérations.
- Le cylindre qui, avec le clavier, la platine et le barillet, constitue le « blanc » de la pièce à musique se compose d'un tube de laiton fermé aux deux extrémités.
- La première des opérations auxquelles ce tube est soumis est le « piquage ». Notre figure 2 représente un « piqueur » faisant son travail sur deux cylindres simultanément. Ce travail consiste à marquer des points à tous les emplacements qui devront être percés pour recevoir des goupilles de levée. Pour un cylindre de 8 lames devant porter une cinquantaine de notes, il faut un quart d’heure au piqueur pour terminer son ouvrage. Pour un cylindre de 55 000 trous, il lui faut 8 jours. On peut se rendre compte de la dose de patience qu’il faut à cet ouvrier pour mener à bonne lin un semblable travail.
- Cette dose n’est peut-être atteinte que par les deux ouvrières de la figure 5. Celles-ci sont des « goupilleuses ». Celle de gauche a reçu le cylindre des mains du piqueur. Et à chacun des points marqués par celui-ci, elle perce un trou. Quant à celle de droite, elle enfonce dans ces trous les goupilles destinées à soulever les lames du clavier. Naturellement les goupilles sont coupées mécaniquement de longueur et l'outil et le marteau servant à leur chasse dans les trous ont été combinés en vue de rendre le travail le moins dur possible.
- Le « cimentcur » s’empare du cylindre goupillé et le remplit d’un ciment spécial destiné à maintenir en place solidement les goupilles.
- C’est maintenant le tour du poseur. Le voici, figure 4. 11 est, chargé de « friser » les goupilles, c’est-à-dire de les amener à la hauteur marquée par
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- ses calibres, do les limer plat, puis de User le clavier sur le bâti de la pièce en face du cylindre. En sortant de l’outil à friser les goupilles sont encore disposées perpendiculairement, à la surface du evlindre. Si ('lies restaient telles la « levée » des
- lames serait défectueuse, U « échappée serait incorrecte » et le son rendu serait dur.
- C’est à la « justitieuse » de la figure 5 qu'incombe le soin de donner aux goupilles la « tombée » voulue, en les courbant au moyen de sa « courbette ».
- Fig. 1. — Fondeurs de claviers et outil à fendre les claviers des boîtes à musique.
- Fig. 2. — Piqueur marquant sur un cylindre ]>ar des points les emplacements des goupilles.
- Pendant ce temps, 1’ « accordeur » de la figure C> vérifie les lames de clavier et s'assure, au moyen de son diapason à lames, que les notes que doit donner l’instrument seront justes.
- Le termineur est chargé de tout revoir.
- 11 met le clavier en place après l’avoir muni d’une série de petits ressorts en acier trempé (spiraux ou étouffoirs) destinés a arrêter la vibration des lames à l’arrivée d’une nouvelle goupille. Ce travail est très délicat. La force des étouffoirs diffère suivant la hauteur de la lame et la « courbe » change suivant la position de la lame, faut ensuite donner la « levée » voulue et faire « tomber » les accords. S’il y a plusieurs claviers, il faut accorder leurs « tombées ».
- Lorsque enfin cylindre et clavier sont terminés, que toutes les pièces ont été astiquées, nickelées, bronzées, visitées et vérifiées, remontées et étiquetées, elles sont mises en boite pour attendre l’expédition.
- En 1000 la maison Mermod exposait une machine dans laquelle fonctionnaient des cylindres interchangeables de 62 centimètres de longueur. Il est
- intéressant de noter, pour se rendre compte de la précision qu’exigent ces cylindres, que les airs sont placés à moins d’un demi-millimètre les uns des autres et que souvent une erreur d’un cinquantième de millimètre peut altérer considérablement la musique jouée.
- On sait que les changements d’air s’obtiennent parle déplacement du cylindre le long de son axe. Ce déplacement exige qu’une petite portion du cylindre soit lisse et sans goupilles. Cette partie est ce qu’on appelle la « ligne d’accord ». Quelle que soit son utilité, elle présente le grave inconvénient de ne pas permettre le jeu continu. Elle coupe naturellement les airs en fractions mathématiquement égales que l’arrangeur est chargé d’aménager suivant les exigences de l’harmonie.
- On est parvenu à supprimer cet inconvénient
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- et à réaliser le jeu continu de plusieurs manières. La meilleure consiste dans un mécanisme qui éloigne le cylindre du clavier pendant le temps que le premier opère son déplacement. Il est Lien supérieur à celui, plus compliqué, qui consiste, en
- conservant les lignes d’accord, à avoir deux cylindres identiques dont l’un joue, pendant que l’autre se déplace, en prenant exactement sa suite1.
- Quelle que soit l’ingéniosité des machines et des outils employés dans la confection des cylindres, il
- n’en est pas moins vrai qu’ils demandent une main-d’œuvre relativement considérable. C’est pour diminuer cette main-d’œuvre qu’on imagina à Leipzig de
- Fig. f>. — Accordeur.
- traîna immédiatement une baisse considérable des prix, dont la conséquence fut la fermeture de nombreuses maisons de Sainte-Croix.
- Pour résister à la concurrence, il n'y avait qu’un moyen, c’était pour les grandes pièces à musique d'adopter le disque. C’est ce que Tirent les princi-
- remplacer les « cylindres » par des « disques » sur lesquels les notes sont embouties et ressortent sous la forme de petites projections. Cette invention en-
- Fig. 7. — Ouvrier poinçonnant simultanément 12 disques.
- pales maisons. Aujourd’hui la maison Mermod fabrique des disques d’acier bien supérieurs aux
- 1 Les mactiines Mermod sont munies de « parachutes » grâce auxquels, en cas d’accident, la musique s'arrête instantanément au lieu de s’emballer, de briser les lames et de rendre la pièce inutilisable.
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- disques goupillés allemands. Ces disques sont simplement percés de trous, et, en tournant, ils mettent en prise des roues étoiles dont les dents s’accrochent dans les Irons des notes et actionnent ensuite les lames du clavier.
- Notre ligure 7 représente un atelier d'étampage des disques. A l'usine Mermod chat pie ouvrier poinçonne à la fois 12 disques au moyen d’un disque type.
- Le résultat de cette transformation, qui a été de réduire1 dans des proportions considérables la main-d’œuvre si minutieuse (‘I si longue de la fabrication des cylindres, a permis à Sainte-Croix do ne pas voir sombrer son industrie musicale, connut'(die avait vu disparaître au commencement du siècle celle de la dentelle au coussin.
- Cràce à elle, le village qu’abrite le Chasseron, d’où l'on voit do si beaux couchers de soleil, de si imposantes mers de brouillards et d'où I on jouit d'un si superbe coup d'œil sur le panorama des Alpes, continue d’èire le grand pourvoyeur de boites à musique du monde, tant en meubles de salon que sous formes de chalets, de théâtres avec automates, d’orchestres, de chaises, de porte-cigares, de carafes, de chopes à bière, de plats, d'albums, de manivelles, etc. Sainte-Croix reste la capitale de la boite à musique, comme la Chaux-de-Eonds esI celle de l'horlogerie. L. Rf.verciion.
- C* ^
- GUERRE CONTRE L\ POUSSIÈRE
- Dans deux articles 1 sur les moyens de combattre la poussière nous avions mentionné, l’année dernière, les divers essais do lubrification des routes; les premiers résultats en avaient été accueillis avec un certain scepticisme, dont la durée aurait pu arrêter la marche ascendante de ees procédés nouveaux. Mais M. lletier, ingénieur en chef du département de la Seine, et M. baratte, ingénieur do la Ville de Paris, viennent heureusement de déposer, après deux années d'observation, des rapports très concluants, absolument favorables au goudronnage des routes.
- Dans le département de la Seine, M. Dreyfus, ingénieur des ponts et chaussées, a goudronné, avec le précieux concours de M. Audouin, ingénieur chef de la ( Compagnie du gaz, en 1905, une surface de 5658 mètres carrés et, pendant l’été 1904, plus de 42 000 mètres carrés, sur différentes chaussées à circulation intense, moyenne et faible. 11 y a eu des périodes de grande sécheresse, des pluies, deux hivers et les résultats paraissent aussi satisfaisants au point de vue hygiénique qu'au point de vue économique, puisque l’on a (lécidé de goudronner 100 000 mètres carrés pendant l’année 1905 et que la Ville de Paris porte à 10 000 francs le crédit de 5000 francs voté pour les premiers essais de goudronnage. Car on a constaté qu’avec les précautions nécessaires, et fait au moment opportun, le goudronnage a donné, dans Paris môme, des chaussées, qui pendant 6 à 8 mois ressemblaient
- 1 Voy. n° 1602, du 0 février, page 151, et n° 1621, «lu 18 juin 1904, page 59.
- à des chaussées asphaltées sans poussière, ni houe.
- Nous savons donc maintenant qu’à l’aide d’un goudronnage, à 15 centimes le mètre carré, on a pu arriver, dans le département, à supprimer à peu près la poussière, pendant presqu'une année', sur une chaussée empierrée, même très fréquentée, tout en réduisant à très peu de chose les frais d’époudrage, d’ébouage et d’arrosage. En ville, le mètre carré revenait à 25 centimes. L’action du goudron est d’autant plus sensible que la chaussée est moins fréquentée, ou supporte une circulation plus légère. (In a choisi dans cette intention, pour l'été prochain, un certain nombre de voies du quartier des Ternes et de la Plaine Monceau, de fréquence moyenne, pour lesquelles le goudronnage pourrait bien être le remède idéal. Le travail reviendra environ à 17 centimes le mètre carré.
- Les chaussées qui ont été goudronnées pour la deuxième fois ont donné partout des résultats encore supérieurs même avec un tiers moins de goudron, de sorte qu’en accumulant les couches successives de l'enduit, on pourrait arriver à une solution peut-être aussi satisfaisante qu’un véritable asphaltage.
- Comme conclusion de ces rapports, il semblerait que, si le goudronnage n’a pas donné partout les mêmes bons résultats, la faute en est plutôt, aux goudronneurs, qu’au goudron. L’opération parait bien être plus délicate qu’on ne le croyait généralement : il faut des conditions atmosphériques favorables, des routes en bon état et bien sèches, des appareils spéciaux pour (pie le goudron puisse pénétrer bouillant dans les interstices de l’empierrement, et beaucoup d'attention de la part des ouvriers qui balaient la route. 11 importe de bien aviver les joints, sans les dégrader trop profondément., par un brossage énergique de la chaussée, suivi d'un balayage délicat. L’épaisseur à donner à la couche du goudron dépend un peu de la nature du sol ; si les matériaux de la chaussée sont calcaires et poreux, l'excès du goudron pénètre dans l’intérieur de la route et joue un rêde important d’imperméabilité et de protection du caillou; quand les matériaux sont friables comme la pierre meulière, l’excès de goudron reste à la surface et forme une houe noire au moment des pluies. Avec les matériaux résistants comme le porphyre, la couche du goudron peut être réduite au strict minimum (à peine 1 kilogramme de goudron par mètre carré).
- Il nous reste à mentionner des résultats très intéressants obtenus par des essais de goudronnage à froid avec mélange d’huile lourde à 7 et 10 pour 100 : ces essais ont été faits par M. Le Gavrian, ingénieur des ponts et chaussées à Versailles, avec le bienveillant concours du Syndicat de l’Industrie du gaz. Le procédé ue vise qu’à une durée de quelques mois pendant, l’été, de manière que la légère croûte goudronneuse soit complètement usée au commencement de la saison des pluies, pour éviter la boue grasse.
- Le coût du mètre carré ainsi traité ne revient qu’à 7 centimes. Quant à l’importance hygiénique de ces procédés nouveaux, il a été constaté, à la suite de
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- L A N A T IIP. K.
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- prises d’air très nombreuses dans les conditions atmosphériques les plus variées, que ces traitements ont pour effet manifeste et constant de diminuer le nombre de germes vivants suspendus dans l’air au-dessus de ces routes, diminution provenant en grande, partie de la fixation des poussières par l’enduit, mais aussi de l’action bactéricide du goudron.
- Parlons maintenant des procédés nouveaux d’imprégnation des chaussées à l’aide d'huiles bitumineuses rendues solubles dans l’eau, telles la westru-mite1, qui a triomphé aux courses éliminatoires des Ardennes et à la coupe Gordon Bennett au Taunus; la rapidité, huile minérale rendue soluble au moyen de la caséine; le pulveranlo, adopté pour les deux courses de l’Auvergne, par I’Automohile-Club de France pour la jolie somme de 82000 francs pour les 150 kilomètres de route; Podocréot, huile de goudron saponifiée, dont les bons résultats obtenus au Bois de Boulogne ont décidé l’Administration à l’appliquer, à l’occasion du Corso automobile fleuri, en l'honneur du roi d’Espagne; le puhivore, à base d’huile de schistes d’Autun ; Yapulvite, poumérite, injectoline, etc.
- Leur efficacité est indéniable pour la durée d’une courte période variant de 4 à 15 jours suivant l’intensité de la circulation, l’exposition de la route, le soleil plus ou moins ardent, le vent, etc. Si donc pour un concours, une course, une exposition, on a besoin de se débarrasser de la poussière, l’arrosage avec ces produits mélangés à l’eau peut donner grande satisfaction. Lorsqu’on a eu les moyens de répéter ces arrosages quelquefois pendant l’été, on en a même été très satisfait. Il va sans dire qu’on aura recours à ces produits là où le goudronnage, qui donne des résultats plus durables, ne pourra se faire, comme sur des routes en déclivité dépassant 5 pour 100, par exemple, car le goudron peut devenir glissant comme l’asphalte. Si ces procédés ont l'inconvénient (Fexiger la répétition fréquente des opérations de l'épandage, ils ont l’avantage de ne pas modifier sensiblement l’aspect et la nature du sol et ils permettront d’obtenir peut-être à la longue des effets à peu près aussi durables que les goudronnages en raison de leur plus profonde pénétration. Les appareils utilisés pour cette opération peuvent être les tonnes d’arrosage, dans lesquelles on fera le mélange, ou les lances d’arrosage qu’on peut munir de l’appareil mélangeur de M. Forestier, conservateur du Bois de Boulogne. Cet appareil, qui se visse à l’extrémité de la lance, à la place de l’orifice conique ou jet, se compose de deux cônes d’angles diliérents s’emboîtant et à écartement variable. Sur le côté débouche, entre les deux cônes, une tubulure qui communique par un tuyau flexible au réservoir du liquide à mélanger l’eau. L’eau du jet d’arrosage entraîne par aspiration le liquide enfermé hermétiquement dans une botte sur le dos de l’arroseur ou dans un tonneau. Sur le tube d’amenée du liquide, nous avons fait pratiquer une prise d’air à obturation
- 1 Voy. n° 1621, du 18 juin 1904, p. 39.
- variable, qui permet le réglage de l’aspiration entre 2 et 12 à 15 pour 100.
- Il en est en général, avec ces différents remèdes contre la poussière, comme un peu avec la plupart de remèdes contre n'importe quel mal, le même remède ne paraît pas réussir à toutes les routes, et, d’après le but spécial qu'on se propose, on aura à choisir parmi les diliérents procédés. C'est ainsi qu’on est arrivé à supprimer la poussière (à partir de 1 heure après midi) presque totalement sur l’avenue <lu Bois-de-Boulogne, sans goudron ni westrumite, en arrosant simplement à l'eau, mais au moyen d'un tonneau d’arrosage automobile.
- L’arrosage à l’eau une ou deux fois par jour peut donner, sur des routes en pleine campagne, même très fréquentées, des résultats satisfaisants, surtout si ces routes sont de temps en temps balayées pour que l’eau puisse bien pénétrer dans le corps même de la route et ne forme pas avec la poussière une sorte de couche superficielle sur laquelle les autos dérapent. Nous avons fait, pendant tout le mois d’avril dernier, un essai de ce genre sur la route nationale n° 7 entre Nice et Monte-Carlo, grâce au concours des ligues contre la poussière, de la Société des Bains de mer de Monaco et de la Compagnie des Tramways Nice-Littoral, dont les tonneaux automoteurs, à traction électrique, ont été munis d’un dipositif spécial pour les 4 papillons distributeurs, qui permettait d’envoyer l’eau à plus grande distance, pour l’arrosage de toute la largeur de la route. Auparavant ces tonneaux n’arrosaient que la voie du tram.
- Au point de vue de l’efficacité, un seul arrosage par jour, lorsque le temps était très doux, ou couvert et sans vent, donnait déjà de bons résultats et représentait une amélioration notable sur l'ancien état de choses. Dès qu’il y avait un soleil un peu ardent oti un peu de vent, il fallait arroser plus souvent, bien entendu. Sans compter l’abonnement de l'eau, 10 francs par an et par mètre cube, sans compter la construction des réservoirs à 5000 francs chacun, y compris l'établissement, d’une bretelle de manœuvre, la redevance à payer à la compagnie du tram pour l’électricité et le personnel était de 55 francs par arrosage (donc environ 2 francs le kilomètre).
- On voit par là que toute la question de la suppression des poussières se réduit à une question d’argent. Le budget de la voirie nationale dispose de 082 francs par kilomètre et par an, le budget des routes départementales n’est que de 260 francs pour l'entretien annuel de la voirie. Ces budgets, qui ont permis à la France d’avoir les plus belles routes du monde, sont devenus, depuis l’automobilisme, insuffisants pour combattre la poussière, il faudrait pouvoir dépenser le double sur certaines parties de route. Même les municipalités les plus riches ont été tellement surprises par l’essor imprévu de la locomotion nouvelle qu’elles ne trouvent plus dans leurs ressources les sommes nécessaires à enrayer le fléau dans les agglomérations mêmes. Que faire? Ce que
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- LA NATURE.
- les administrations ne peuvent accomplir seules pourra peut-être se faire si nous les y aidons. En ce moment la lutte contre la poussière entre dans une phase nouvelle. Les differents essais ayant donné des résultats concluants on va passer de l’étude h la pratique. Nous comptons sur le bienveillant concours de la Fi •esse pour faire comprendre au public qu'il doit s'intéresser à cette question de haute importance autrement que par des encouragements platoniques et (pie l’initiative privée doit venir en aideaux budgets insuffisants des administrations. En attendant l’obtention de crédits spéciaux, il faudra que, dans les principales villes de France et particulièrement dans les élégantes stations thermales, des ligues sem-
- blables à notre Ligue contre la poussière se constituent sous l’égide des sociétés médicales auxquelles incombe le devoir de veiller aux questions d’hygiène. Ces ligues devront être favorisées par les municipalités et faire appel, par des listes de souscription, par la création de tombolas, l’organisation des fêtes, aux industriels, aux riverains, aux propriétaires d’hôtels, de villas, aux automobilistes surtout, ces grands coupables, en un mot à tout le monde, pour que chacun apporte à la ligue une obole en rapport au préjudice à lui occasionné par le fléau. La solidarité en face du danger commun, voilà la meilleure garantie de la réussite et nous avons déjà la certitude que les pouvoirs publics ne demandent pas
- Tonneau automoteur à traction électrique <
- mieux que d’encourager pécuniairement le groupement de ces efforts individuels. I)r Guglielminetti,
- Secrétaire Général de la Ligue contre la poussière.
- LA POSITION DE REPOS
- CHEZ LES LÉPIDOPTÈRES
- On sait que les Papillons prennent au repos deux positions bien tranchées. Chez les uns, papillons de jour ou Rhopaloeères, les ailes sont relevées de façon que leurs faces supérieures viennent au contact; chez les papillons de nuit ou Hétérocères, les ailes sont, au contraire, plus ou moins inclinées en toit. Mais il y a dans ces postures de repos des Lépidoptères des quantités de faits intéressants, sur lesquels M. Oudemans insiste dans un mémoire très docu-
- la Compagnie des Tramways Nice-Littoral.
- menté1 et notamment une bien curieuse relation entre celte posture et la disposition des couleurs sur les ailes.
- Tout d’abord, il existe non pas deux, mais trois positions fondamentales. Car, chez certains papillons, les ailes sont à demi relevées au repos. Dans ce cas, elles sont exposées à la lumière sur leurs deux faces; lorsqu’elles sont entièrement relevées elles ne subissent cette influence que sur leur face inférieure; lorsqu’elle> sont rabattues, leur face supérieure seule est exposée à la lumière.
- Examinons d’abord ce dernier cas. C’est la position la plu% ordinaire chez les Lépidoptères; c’est aussi celle qu’on rencontre le plus communément
- 1 Verhandehngen der Akademxe van Wetenschappen te Amsterdam, 2e sectie, Deel X, n° 1.
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- LA NA
- dans tous les autres ordres d’insectes, de sorte qu'on peut la considérer comme la position typique du repos. Quatre cas peuvent se présenter : ou bien les ailes postérieures sont entièrement recouvertes par les antérieures. C’est la position typique des Noe-tuides. Dans ce cas, la couleur des ailes supérieures, seules visibles, s’harmonise parfaitement avec celle des plantes sur lesquelles se pose d’ordinaire l’Insecte; celle des ailes postérieures, invisibles au re-
- . T 1 1» L. îM
- pos, est, au contraire, souvent très brillante, et forme un contraste marqué avec la couleur des ailes antérieures. Ce contraste paraît destiné à dérouter les ennemis de ces papillons; ils poursuivent un Insecte qui leur parait très brillant au vol et qui brusquement, lorsqu’il se pose, devient invisible, parce que ses taches colorées sont cachées par les ailes supérieures de coloration terne.
- Dans les autres cas les ailes postérieures débor-
- Fig. 1, 2 et 3.
- Fig. 1. — Kuchloc cardamims L. Exemplaire vu par la face ventrale, étalé à droite, monté dans la position de repos à gauche. Fig. 2. — P le ris Brassicæ L. Exemplaire vu par la face ventrale, étalé à droite, monté dans la position de reposa gauche. Fig. 3. — Pieris napi L., position de repos, les ailes relevées.
- dent plus ou moins les antérieures. Elles peuvent les déborder en avant (bord costal) ; en arrière (bord anal), ou bien à la fois en avant et en arrière. Dans tous ces cas on observe que si l’aile postérieure présente des taches colorées, elles sont toujours entièrement cachées par l’aile antérieure. Au contraire, la portion débordante et visible de l’aile postérieure est toujours en harmonie parfaite de couleur et de dessin avec l’aile antérieure, de sorte qu’au premier abord on a peine à distinguer ce qui appartient à chaque aile. Parfois la différence entre les deux parties visible et invisible de l’aile postérieure est telle qu’on peut, à leur seule inspection, sur un exemplaire étalé, déterminer quelle est la position de repos de l’Insecte. C’est ce qu'on voit* Q fort bien sur Notodonta trépida J Esp. (fig. 4). Au repos, le bord antérieur de l'aile postérieure déborde l’aile antérieure et porte exactement les mêmes dessins qu'elle. La partie recouverte est, au contraire, de couleur blanchâtre.
- La position où les ailes postérieures débordent les antérieures en avant se rencontre dans les familles les plus variées; on la trouve souvent chez certaines espèces alors que des espèces toutes voisines, appartenant parfois au même genre, ont une position différente. La position où les ailes postérieures débordent les antérieures en arrière est caractéristique
- des Géométrides. Dans ce cas le coin postérieur de l’aile de la seconde paire est en harmonie parfaite avec les parties avoisinantes de l’aile antérieure. Quant à la position où l'aile postérieure déborde l’antérieure à la fois en avant et en arrière, M. Ou-demans ne l’a encore rencontrée que chez le Svierinthus ocel-lata L. Ici encore harmonie par-laite entre les parties visibles des deux ailes.
- Dans les genres Deilephila, Chœrocampa, Dilina et Srne-rinthus, les ailes ne sont ni rabattues, ni relevées ; elles sont dans un seul plan. La face ventrale est donc un peu exposée au jour; elle présente les mêmes harmonies de couleur et de dessin que la face dorsale. Ceci nous conduit au second groupe, où les ailes sont mi-relevées au repos. Cette position n’a été observée que chez trois espèces de Géométrides : Ilygrochroa syringaria L., Selenia letraliinaria llufn. et Ennomos autumnaria W. Les couleurs et les dessins sont à peu près les mèmcS aux deux faces des ailes. Chez Hygrochroa syrin-garia L. une bande étroite du bord anal de l’aile postérieure porte un dessin différent du reste du côté dorsal; ce même dessin se retrouve sur toute la face ventrale des ailes. Or, au repos, cette bande se replie en bas de sorte qu'elle devient ventrale. L’habit est donc en rapport avec la face à laquelle
- g. 1. — Xolodoala trépida Esp. Exemplaire étalé droite, moulé à gauche dans sa position de repos.
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- LA NATURE.
- St)
- il appartient par sa position et non avec la face dont il fait partie dans le sens morphologique. Il y a de nombreux exemples du même fait.
- Nous arrivons enfin à la position des lîhopalo-cères, celle où les ailes sont entièrement relevées. Cette position n’a été observée que chez trois Ilété-rocères, dont deux volent [tendant le jour : Aglia tau L. (Salurniides), Bupalus piniarius L. (Géomé-trides), Selenia bilunarin Esp. (Céomélrides). Dans cette position, c’est la face ventrale des ailes qui devient visible et c’est l’aile postérieure qui cache plus ou moins l'antérieure. Mais celle-ci n’est jamais cachée en entier : son sommet et une portion plus ou moins grande du bord costal sont toujours visibles; en revanche, il n'y a jamais de partie anale apparente.
- Chez les Piérides (tig. il et 7>) la portion de la face ventrale de l’aile antérieure cachée au repos, est blanche, [dus ou moins décorée de noir, de même que la face supérieure. La partie visible est d’une teinte jaunâtre, sans dessin spécial, absolument comme la face inférieure de l’aile postérieure.
- Les effets de contraste, si marqués chez certains Hétérocères s’observent aussi chez les Hhopalocères. Chez Eucldoé (Anthocharh) cardaminis L. (tig. 1), la grande tache orangée de l’aile antérieure est entièrement recouverte, au repos, par l’aile postérieure. Elle est d’ailleurs bien plus développée sur la face supérieure que sur l’inférieure. Le bord de cette aile antérieure présente les memes marbrures ([ue la postérieure. Ici encore l’oiseau qui poursuit cet Insecte est dérouté par la brusque disparition de la couleur brillante lorsque le papillon se pose. Les marbrures de la face visible des ailes se confondent parfaitement avec les écorces ou les lichens.
- 11 est inutile de multiplier ces'exemples. Ils suffisent à montrer qu’il y a chez les Lépidoptères un habit de repos, qui forme un tout harmonieux sur les parties de l’Insecte visibles dans cette position. La tète, le thorax et l’abdomen prennent part à la constitution de cet habit ; c’est-à-dire que leurs parties visibles au repos sont en harmonie de couleur et de dessin avec les parties visibles des ailes. Les parties de ces organes soit cachées par la position même de l’Insoete, soit recouvertes par les ailes, peuvent être en harmonie avec les parties cachées de celles-ci, on bien avoir des colorations spéciales.
- La constitution de cet habit de repos est évidemment favorable à l’Insecte. En effet, ses taches brillantes disparaissent et sa coloration générale plus terne s’harmonise admirablement avec le milieu végétal qui l’entoure. Par cette homochromie lemporaire, il devient invisible à ses ennemis — Oiseaux ou Entomologistes — et leur échappe Licilemont.
- D1 L. Lai,oy,
- lübliotliécairu de l'Académie de Médecine à l’aris.
- CHRONIQUE
- Les progrès des hauts fourneaux. — A propos de la question si intéressante des perfectionnements constants du liant fourneau, et par conséquent de la métallurgie, il est curieux de reproduire quelques chiffres qui ont été donnés par M. Grammer à VAmerican InsUtule of Mining Engineers. En 1870, pour produire une tonne de fonte, il fallait une capacité de 580 pieds cubes de haut fourneau (nous ne convertissons pas les mesures anglaises, parce que la comparaison ressort suffisamment des chiffres bruts); en 1870, le volume correspondant n’est [dus que de 107 pieds cubes; il tombe à 50 en 1880, [mis à 50 en 1801, et il est à peine de "20 à 50 pieds actuellement, dans la pratique américaine, avec les fameux minerais de Messabi.
- l’nc grue de 180 tonnes. —- C’est du moins la charge qu’on a pu lui faire porter aux essais, charge prise à une distance de 10,5 centimètres de la perpendiculaire. Cette grue, qui est à proprement parler une bigue, vient d’èlre construite parla maison I)ay Summers, pour l’arsenal de Chatham. Ses deux pieds de devant ont une hauteur de 48m,77, tandis que la jambe arrière a 04 mètres; les trois pièces représentent ensemble un poids de 141 tonnes.
- L’assèchement des chutes du Niagara. —
- Les Américains commencent à s’inquiéter, au point de vue du pittoresque, de la multiplication des installations hydroélectriques aux chutes du Niagara, surtout en ce moment où l’on parle d’une demande tendant à obtenir l’autorisation d’emprunter de nouveau un demi-million de chevaux à cet admirable trop-plein des grands Lacs. Le chef du service géologique de l’État de New-York a affirmé récemment que, quand on aura détourné du Niagara 2400 mètres cubes par seconde, les chutes Américaines auront cesse d’exister.
- Un nouveau dock de carénage au Japon. —
- Les docks de carénage sont plus que jamais indispensables avec les grands navires métalliques que l’on construit couramment. Aussi les Japonais' viennent-ils de mettre en service une de ces formes, qui dépasse tout ce qu’on trouvait encore dans les mers d’Orient. Elle a été construite à Nagasaki par la Mitsu Bishi Kaisha, 'et son achèvement a demandé trois années. Elle peut recevoir des navires de 218 mètres de long.
- Luc entreprise d’irrigation aux Ltnls-Lnis.
- — Les États-Unis sont déjà arrivés aux résultats les plus profitables en irriguant une partie des territoires dits arides, sur lesquels poussent maintenant de riches récoltes partout où l’eau est en abondance. Aussi un vaste projet vient-il d’être dressé pour rendre exploitables 150 000 hectares de terres qui sont encore un vrai désert, dans la région de I'ayette-Boise, État d’idaho.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 juin 1905. — Présidence de M. Troost.
- La transmission d'une maladie des bovidés. — M. La-veran annonce que M. Thieler lui a envoyé du Transvaal des larves provenant d’une ixode ayant vécu sur un bovidé atteint de spirillose bovine. Une femelle d'ixode rhipice-plialus decoloralus, prise sur le bœuf malade, fut enfermée dans un tube où elle pondit des larves. Celles-ci
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- I, A N ATI JIUv
- arrivèrent à Paris eu hou état. M. Laveran les porta a Vlfort où avec le concours do M. Vallée, il les a appliquées sur un bœuf de trois ans parfaitement isolé île façon à ne point risquer de créer un foyer d’épidémie. Kilos ont rapidement grossi et, au bout île quinze jours, on voyait apparaître, dans le sang, des spirilles qui ont persisté mais qui n’ont jamais été très nombreux. 11 n’est donc pas douteux que la spirillose bovine est transportée par ces larves. Le bœuf il’Alfort n’a d’ailleurs point tardé à succomber, mais il était alors atteint de piroplasmose, ce qui permet de conclure que l’animal sur lequel ou avait recueilli l’ixode femelle avait les deux maladies.
- La nutrition des arbres. — M. G. Bonnier présente un travail de M. Leclerc du Sablon sur la nutrition des arbres, Par des expériences de décortication conduites méthodiquement, il a pu voir que la sève élaborée, appelée aussi sève descendante, ne descend des feuilles aux racines que de mai à octobre et remonte, au contraire, des racines aux feuilles depuis la fin de l’hiver jusqu’au mois d’avril.
- Présentation d'ouvrage. — M. (1. Bonnier fait ensuite hommage du dernier fascicule du Cours de Botanique qu’il vient de publier en collaboration avecM. Leclerc duSablon.
- Photographie colorée. — M. Lippmann expose qu’en recevant une image sur une plaque sensible mince et transparente accolée à un miroir de mercure, on peut obtenir une photographie colorée. 11 faut employer pour cela de l’albumine chromatée ou de la gélatine chroina-tée ou de la cellulose chromatée. On lave la plaque à grande eau et les couleurs apparaissent. La lumière agit en rendant la pellicule plus ou moins hygrométrique. 31. Lippmann a alors entrepris de fixer ces couleurs ; pour cela il lave, la plaque avec une solution d’iodure de potassium, puis avec une solution de nitrate d’argent. Les couleurs sont alors lixées et sont très nettes si l’on examine la plaque par transparence.
- Le type originel des races noires. — M. Edmond l’errier observe que les anthropologistes ont depuis longtemps appelé l’attention sur une race noire existant dans l’JIindoustan et qui peuple les îles Àndaman. 31. de (Juatrefagcs voyait dans cette race le type originel des races noires. 31. Lapique, envoyé en mission dans l’Ilin-doustan, a procédé à une étude méthodique de cette race. 11 constate que l’on n’est pas en présence de vrais noirs. En effet, les cheveux sont frisés plutôt que crépus, le nez est tantôt camard, tantôt saillant, enfin les individus sont les uns dolichocéphales, les autres brachycéphales. On n’a donc point ici le cas d’une race pure; d’ailleurs la région, par sa situation géographique, a servi de refuge à différentes races.
- Peuplement des eaux douces. — M. Edmond Berner expose que 31. Seurat, voyageur du Muséum, est resté pendant un assez long temps dans les îles Gambier. Dans cette région du Pacifique il a pu voir des des de coraux qui sont de surrection récente et qui appartiennent à 'époque géologique actuelle. Or, dans certains de ces îlots, I a pu se produire des lacs et des rivières d’eau douce. Ges eaux douces se sont peuplées par émigration d’animaux marins. Cette constatation présente un grand intérêt au point de vue du problème du peuplement des eaux douces. 31. Seurat a, en outre, recueilli dans ces eaux ainsi peuplées des néréidiens sur lesquels on relève une tendance à des modifications organiques.
- Exploration de l’atmosphère. — S. A. le prince de Monaco expose qu’il a commencé, au mois d’avril dernier,
- une série- d’explorations de l’atmosphère au-dessus de la surface de la mer, entre la France et la Corse. 11 s’est servi de ballons-sonde pouvant à volonté atteindre une hauteur déterminée, et imaginés par 31. llergesell. Chaque appareil de sondage se compose en réalité de deux ballons de lm,5Û de diamètre gonflés à l’hydrogène et reliés par une corde. L’un des ballons porte les instruments enregistreurs dans une nacelle; l’autre ballon, gonflé davantage, soutient un lest. L’appareil est réglé de manière que le ballon porteur de lest éclate en arrivant à une hauteur déterminée. L'équilibre est alors détruit et le poids mort, traîné désormais par le ballon porteur d’instruments, le force à redescendre. Lue autre combinaison, qui avait pour effet de détacher la corde d’attache du ballon porteur de lest au moyen d’un déclenchement électrique se produisant automatiquement lorsque le système arrive à une altitude déterminée, a également été essayée. L’emploi de ces appareils sur mer a pu être fait grâce au yacht Princesse-Alice qui peut développer une assez grande vitesse. Mais il est nécessaire que plusieurs observateurs, couchés sur le poid, ne perdent point de vue le système des deux flotteurs. Le moindre nuage s’interposant, la perte est irrémédiable. Lorsque l’appareil retombe, il ne plonge pas dans la mer, mais rebondit à la surface des flots et peut ainsi être poursuivi.
- Élections. — 11 est procédé à la désignation, au choix du ministre, d’un candidat pour la chaire de chaux, ciments et céramiques, et d’un candidat pour la chaire de matières colorantes, blanchiments, etc., au Conservatoire des arts et métiers. 31. 3rerneuil est désigné en première ligne pour la première. 31. Itosentheil, en première ligne pour la seconde. Ch. de Villëdeuil.
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- LE CHARGEMENT MÉCANIQUE
- DES MATÉRIAUX
- On sait les services précieux que rendent dans les terrassements les dragues, excavateurs, pelles à vapeur, et autres appareils du même genre, qui, non seulement remplacent avantageusement la pioche, mais encore donnent le moyen, directement ou grâce au concours d’un transporteur, de charger les matériaux excavés dans les véhicules destinés à les transporter loin du chantier. On évite ainsi la reprise à la pelle, qui est lente et coûteuse ; et cette application du machinisme est d'autant plus intéressante que les salaires ont tendance à monter.
- Aussi bien, l'emploi de ce qu’on pourrait appeler une pelle mécanique, d’un dispositif réalisant mécaniquement la prise au tas des matériaux les plus divers et les déversant dans des véhicules quelconques, tombereaux ou brouettes, serait susceptible de rendre des services signalés, d’abaisser dans une proportion très considérable les Irais de chargement et, par suite, les dépenses de transport envisagés dans leur ensemble. Précisément on commence à voir sur certains chantiers un appareil fort ingénieux qui est, croyons-nous, d’invention américaine, et qui se nomme le chargeur automatique Clark. Un peut le concevoir, et aussi l’exécuter facilement, dans des proportions fort variables et, par suite, la hauteur de déversement à laquelle il atteint varie
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- LA NATURE.
- elle-même dans de larges limites, l’engin pouvant s adapter au chargement de berlines de mines, de brouettes ordinaires, de chariots à main desservant les fours à coke, tout aussi bien que de wagons ou de tombereaux très hauts sur roues; un seul et même type d appareil peut convenir à des véhicules de hauteurs diverses, la chute des matériaux se faisant librement du sommet du plan incliné que nous allons trouver dans le chargeur Clark. D’une façon générale, celui-ci est destiné à prendre sur le sol des matériaux tels que minerais, débris de roches, terres, coke, charbon, sable, etc., h les élever h une hauteur convenable, puis à les laisser tomber dans le véhicule qu on amène sous l’extrémité siqiérieure du chargeur. C’est ce que fait comprendre la gravure que nous donnons ci-dessous.
- L engin est monté sur un châssis h quatre roues, de forme spéciale, qui lui donne la pente convenable. Généralement, c’est à cet agent si précieux «pie l’on nomme l’électricité que l’on recourt pour actionner les organes mobiles du chargeur. Mais le courant, qui est pris à l’aide d’un fil souple sur une de ces distributions qu’on trouve maintenant dans presque tous les chantiers de travaux, et qui arrive naturellement à un moteur électrique, peut aussi, par la rotation de ce moteur, agir sur un des trains de roues par un embrayage à friction et des engrenages convenables. On a la faculté de recourir à la vapeur ou à l'air comprimé comme puissance motrice ; mais le plus souvent l'électricité accuse une supériorité bien nette. Cette marche automobile du chargeur permet de le confier à un seul homme pour toutes les manœuvres, et il en résulte naturellement une économie considérable. Rien n’empêche de monter ce chargeur sur rails, et par conséquent de l'employer des plus utilement aux travaux de terrassement des voies ferrées. L’organe essentiel de chargement de l’appareil est constitué par une série, on pourrait dire une sorte de chaîne sans fin, de pelles ayant une forme spéciale, et qui viennent passer au bas du plan incliné du chargeur, pénètrent dans la niasse des matériaux à manutentionner et en entraînent une certaine quantité en la poussant partie devant elles, partie sur elles, dans le chenal métallique qui est disposé suivant un 0 très allongé
- au pourtour de l’engin, et forme précisément le plan incliné dont nous avons parlé à plusieurs reprises. On voit que les pelles, il serait peut-être plus juste de dire les palettes, fixées sur une ceinture flexible du mouvement de laquelle elles sont solidaires, décrivent un mouvement circulaire en bas et en haut du plan incliné, et un mouvement rectiligne à la montée et à la descente. Le chenal où elles se meuvent présente une largeur de 450 millimètres et une profondeur qui atteint 400 millimètres vers l’intérieur et seulement 200 vers l’extérieur. L’espacement des palettes varie suivant les matériaux à manutentionner. Quand une des palettes arrive vers le sommet du plan, les matières qu’elle pousse rencontrent une ouverture convenable dans le fond du canal métallique, et elles tombent par conséquent par cette sorte de trappe dans le récipient qu’on a eu soin de placer dessous. Du reste, on peut parfaitement disposer sous l’ouverture un convoyeur quelconque, une courroie porteuse, qui sera ainsi chargée mécaniquement et transportera ensuite les matériaux où besoin sera.
- Les palettes sont animées, suivant le cas, d’après les matières à charger, d’une vitesse comprise entre 18 et 24 mètres à la minute, et l’on comprend que cet entraînement continu et assez rapide peut donner finalement un rendement très élevé ; celui-ci est compris entre 1,70 m5 et 5,40 m5 à la minute, et toujours suivant les matériaux : c’est certainement beaucoup. Sous sa forme ordinaire, le chargeur pèse 4 tonnes 1/2, il a une hauteur de 2,n,58, sa portée est de lm,48 et sa largeur de 1rn,70. Comme la commande mécanique de ses roues en rend les déplacements très rapides et faciles, rien n'est plus simple h l'homme qui le conduit que de modifier légèrement de temps à autre sa position, afin de le mettre intimement en contact avec les matériaux à charger et de lui rendre aussi commode que possible la prise au tas.
- Nous n’avons pas besoin, du reste, d'insister sur les innombrables applications qu’on en peut faire. Damel Bellet.
- Le Grriuil : P. M.v-roN.
- Le chargeur Clark en fonclicnnement.
- Paris. — Imprimerie Laiiuue, rue île Fleurus, 9.
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- 17 JUIN 1Ü05.
- LA NATURE.
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- LES BATEAUX GLISSANTS
- Le n'est certainemenl pas d’aujourd’hui que les lecteurs de La Nature entendent pour la première lois parler de bateaux glisseurs, et il n’y a pas longtemps qu’on a signalé ici1 le modèle d’un bateau de ce genre, qui a été imaginé et donné an Conservatoire des Arts et Métiers par M. Ader, le savant bien connu. Du reste, M. Ader s’est tenu plutôt dans des études théoriques; c'est également une conception non sortie du domaine de la théorie, croyons-nous, que celle qui est due à M. Albert de Puydt, qui avait dessiné un hydroplane et même essayé l’etlèt obtenu sur un tout petit modèle. Nous rappellerons d'un mot les expériences faites, pour le compte de l’Amirauté anglaise, par l’illustre Fronde :
- celui-ci employait des plans inclinés dont le dessous était en métal poli, et qui se déplaçaient isolément ou en se groupant à la suite les uns des autres en triangle. Mais Froude ne semble pas s’ètre montré très favorable à l’idée. M. Pictet se livra à des expériences et à des calculs sur le même problème, en cherchant surtout une forme de carène d’où résultât uniquement une réaction verticale de toutes les particules liquides, de façon à soulever la carène hors de l’eau. 11 avait obtenu des résultats effectifs, son bateau glisseur demandant un effort de propulsion moitié moindre qu’un bateau ordinaire.
- La question fut négligée quelque temps, mais elle ne pouvait être abandonnée par les esprits curieux qui ne craignent pas de se lancer dans des voies nouvelles, de renoncer aux errements les plus clas-
- Le bateau glissant de Lambert en pleine marche.
- siques et aux traditions les plus anciennes. De ce nombre est certainement un inventeur dont il a été parlé ces temps derniers dans les revues d’automobilisme, mais pas autant à coup sûr qu’il le mérite, étant donné que ses recherches et ses trouvailles auront sans doute une portée autrement considérable que les progrès de l’automobilisme ordinaire. Les expériences pratiques faites par M. de Lambert sur des bateaux de faible taille, mais parfaitement manœuvrables et portant une charge effective, pourraient, en effet, amener une transformation dans la construction des bateaux, en diminuant dans une proportion prodigieuse la puissance nécessaire à leur propulsion. Voici d’ailleurs des années et des années ({ue M. de Lambert poursuit la réalisation de son idée, attiré qu’il a toujours été par celle pensée que le glissement d'un bateau à la surface de l’eau, au lieu de son déplacement dans la masse liquide qu’il 1 Yoy. n° 1576, du 8 août 1905, p. 150.
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- doit séparer, labourer, réduit tout naturellement l’effort de traction ou de propulsion à un minimum. Dès 1890, il avait construit un modèle fonctionnant pratiquement, et, en 1897, il avait expérimenté avec plein succès, en Angleterre, un bateau fort analogue à celui que nous avons expérimenté et qu’on voit maintenant circuler à chaque instant sur la Seine, aux environs de Billancourt. Le bateau de 1897 était mû par une petite chaudière Field et un moteur à vapeur, qui donnaient une allure un peu moins rapide que les allures réalisées actuellement, et qui avaient surtout l'inconvénient majeur (commun à tous les engins à vapeur) d’entraîner une conduite, une alimentation particulièrement compliquées à bord d’un bateau où l’équipage se réduisait à un homme. Il avait obtenu ainsi une vitesse presque comparable à celle que ,lui donne son nouYeau bateau; l’avantage caractéristique du glissement était démontré, mais dans des conditions qui ne
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- permettaient pas à tout le monde de songer à l'emploi d’mi pareil bateau. Aujourd’hui, il en est tout différemment, grâce à la facilité de conduite et d’alimentation bien connue des petits moteurs à pétrole qui se construisent couramment. M. de Lambert emploie un engin du système de Dion, qui présente à coup sûr une marche excellente; mais nous sommes convaincu qu’il obtiendrait les mêmes résultats un peu avec n’importe quel moteur des bonnes marques qui abondent aujourd’hui.
- Pour comprendre les avantages théoriques du glissement appliqué au déplacement des bateaux, et pour s'expliquer les avantages pratiques énormes qui s'accusent avec le système de M. de Lambert, il suffit de rappeler les grands principes sur lesquels est basée la résistance qu’un navire, une coque quelconque plus ou moins immergée, éprouve dans sa marche. 11 y a d’abord, on le sait, la résistance directe, causée parle travail absorbé pour diviser et déplacer la niasse liquide qui se trouve en avant de cette coque, pour la labourer, en employant un mot qui n’est peut-être pas d’usage scientifique en la matière, mais qui représente bien l’effet qui doit se produire. 11 y a en second lieu l’action exercée par le frottement de l’eau sur la carène. Le premier effort est de beaucoup le plus considérable, il est en relations étroites avec la surface du niait re couple, c’est-à-dire avec la section de la partie immergée du navire à son point le plus large, et l’on n’arrive à modifier et diminuer cet effort qu’en donnant au navire une finesse de forme qui facilite la division de la masse liquide ; mais cette finesse de forme ne peut pas dépasser certaines limites, sous peine de nuire à la stabilité du navire, ou tout au moins à sa portée. Sans compter du reste que, pour une carène très fine, la surface mouillée sur laquelle le frottement s’exerce est proportionnellement plus grande. Ce sont ces conditions du déplacement des bateaux qui-fent que-la-résishmce-atr-déplacement s’accroit comme le cube de la vitesse, et qu’il faut, sur les grands transatlantiques modernes, une puissance de machines.absolument formidable.
- Evidemment, les choses demeureront ainsi tant que l’on voudra « fendre l’eau », et c’est pour cela .que M. de Lambert, suivant la même voie que ceux que nous avons cités plus haut, a eu l’idée excellente, en théorie comme en pratique, d’essayer d’un bateau qui glisserait sur l’eau dès qu’il commencerait à prendre une certaine vitesse. On sait du reste que le frottement de glissement sur cette surface liquide est extraordinairement réduit, puisqu’on a cherché jadis à créer des voies de transport mécanique où les véhicules se déplaçaient, non [dus sur la surface métallique du rail, mais sur une mince couche d’eau. Nous avons dit que le glissement ne se produit qu’à partir d’une certaine allure, qui n’a pas besoin d’être fort rapide; mais il est évident que, à l’arrêt, il faut prévoir que le bateau aura une coque, pour employer le mot classique, des flotteurs quelconques, pour répondre au besoin que
- traduit le mot de déplacement, pour faire supporter son poids par l’élément liquide où ces flotteurs viendront plonger. Par contre, quand la marche atteint la rapidité suffisante, et tant que cette rapidité est entretenue, le bateau peut glisser sans avoir à déplacer d’eau, tout comme la pierre que l’on fait filer à la surface de l’eau et ricocher sans qu'elle s’enfonce, tout comme le projectile qui avance sans tomber à terre. Et avec cet avantage, que le bateau glissant n’aura pas à obéir à la loi de la gravité, grâce à l’entretien de sa puissance propulsive. Pour répondre à ce desideratum, le bateau de M. de Lambert, qui a au total une longueur de f) mètres pour une largeur de 7> mètres entre les extrémités de ses patins, de ces plans inclinés dont nous allons parler, comporte deux flotteurs parallèles ressemblant à ceux dont on dote le petit bateau aujourd'hui peu employé qu’on appelle podoscaphe ; ce sont les deux coques caractéristiques des catamarans et de certaines pirogues océaniennes. Ces coques sont très étroites et semblent présenter une grande finesse de forme favorable à la marche, mais leur finesse est tout à fait secondaire, puisqu’elles sortent de l’eau dès qu’on commence à marcher à vive allure; M. de Lambert a du reste réussi ses expériences en adoptant les flotteurs les plus divers. Les deux coques sont réunies par des cntreloises, partie en bois et partie en aluminium, métal qui a été adopté pour le siège du conducteur, pour les tirants maintenant les plans inclinés, afin que le poids inutile fût réduit au minimum. L’installation motrice est très simple, puisqu'elle comprend uniquement un moteur de voiture de Dion-Bouton, d’une puissance de 12 chevaux seulement, avec ses accessoires ordinaires; un gouvernail à safran assez large permet des évolutions très faciles. La partie essentielle de la construction est constituée par 5 plans inclinés, disposés sous les coques à une distance les-ims-des—autres qui a fait l’objet d’études minutieuses ;jls sont immergés de plusieurs centimètres quand le bateau est, au repos et qu’il déplace de l’eau en plongeant par ses coques dans la masse liquide: Ces plans sont faits de bois, suivant des procédés très simples, M. de Lambert ayant voulu montrer la rusticité de ce type d’embarcation; ils sont inclinés d’un angle bien déterminé sur l’horizontale, angle qui résulte lui aussi de recherches pratiques, de calculs et d’observations. Tout l’ensemble pèse 600 kilogrammes à peu près, et pour mouvoir ce bateau aux allures que nous allons dire, on ne fait usage que d’un moteur de 12 chevaux, alors que les moteurs des canots automobiles rapides qu'on construit suivant les errements classiques, et dont on est très fier, atteignent couramment des puissances de 60 et 80 chevaux.
- Nous avons vu marcher à plusieurs reprises le bateau de M. de Lambert sur la Seine et par grosses eaux : des chronométrages officiels ont été pris de sa marche, depuis il a donné des allures encore plus rapides, et nous pouvons dire que les résultats sont
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- surprenants. Dès qu'on procède à la mise en marche du moteur, le hateau commence par avancer avec ses plans inclinés encore immergés, qui fondent l'eau horizontalement : mais cela ne dure guère, ils ont pour ainsi dire instantanément tendance à s’élever, et ils sont partiellement sur l'eau au bout de quelques mètres. Alors la vitesse s'accélère brusquement, par suite de la diminution énorme de résistance, et bientôt le bateau est en régime normal de marche, avec un abaissement de travail moteur qu’accusent bien les graphiques qui ont été pris. 11 glisse absolument sur l'eau, ou, ce qui semble plus exact, sur une couche d’air emprisonnée entre les patins et l’eau, tout ou moins sur une émulsion d’air et d’eau ; il se déplace à une allure de ni, de o7 et meme de 40 kilomètres et plus à l’heure : et cela avec une puissance motrice de 1^ chevaux seulement, au lieu des 80 chevaux qu'il faut pour les canots automobiles ordinaires. C’est là une différence formidable, qu’on doit uniquement au glissement. Et il faut voir passer devant soi ce curieux petit navire pour se rendre compte qu’il patine sur l’eau connue un traîneau sur la glace, avec plus d'élasticité même, par suite de la nature différente de la surface; c’est un spectacle surprenant que de l’apercevoir formant pour ainsi dire ressort sur cette couche élastique, à la surface de laquelle il se déplace en rebondissant un peu et par conséquent en trouvant une résistance réduite au minimum.
- Nous ne pouvons insister davantage sur ce type si intéressant de bateau, ou plutôt d'hvdroplane, car il mérite bien un nom nouveau pour la nouveauté des principes sur lesquels il est basé. Nous voudrions ajouter qu’il évolue avec une facilité parfaite, qu’il s'arrête dès que stoppe le moteur, puisque la masse immédiatement immergée des flotteurs vient former un frein puissant. Rien n’empêche, dès maintenant, de construire des petits bateaux de plaisance sur ce modèle, bateaux ne dépensant qu’une force motrice très faible; et nous sommes convaincu qu’avec quelques mises au point spéciales on pourrait arriver à construire de grands navires d'après les mêmes méthodes. Daniel Bellkt.
- LES SOURDS-MUETS
- SI. le J)1 Castex a fait récemment d’intéressantes recherches sur la surdi-mutité. D’après ses investigations, il y a en moyenne (58 pour 100 de malades chez qui la surdi-mutité est congénitale, et 5‘2 pour 100 chez qui elle est acquise.
- Les causes de la surdi-mutité congénitale sont variées. On doit y faire entrer comme facteurs de première importance les pays d’origine (cette affection est très fréquente dans les Alpes, les Pyrénées), les mauvaises conditions hygiéniques, la consanguinité des parents, les accidents survenus au cours de la grossesse, les tares héréditaires transmises par les ascendants, notamment l’alcoolisme et la syphilis. La transmission directe de l’infirmité du père ou de la mère à l’enfant est extrêmement rare. P. L.
- LES AUTOMATES
- Les automates ont été connus à une époque très ancienne et, sans remonter jusqu'à l'horloge hydraulique de Gerbert, nous savons qu’au xvie siècle on vovait dans la cathédrale de Strasbourg, au bas de l'escalier conduisant de la nef aux orgues, un groupe de bois sculpté qui représentait Sanison monté sur un lion dont il ouvrait la gueule; tout auprès, se trouvait une ligure de grandeur naturelle embouchant la trompette, tandis qu'un peu plus loin, un autre personnage battait la mesure à l’aide d'un rouleau qu’il tenait, à la main.
- Au début, du xvn° siècle, c’était la ville de Nuremberg qui jouissait d’une réputation universelle pour la fabrication de ses jouets mécaniques.
- Louis XIII enfant possédait, en 1(5(18, une sorte de cabinet où il y avait une multitude de personnages luisant divers mouvements, qui étaient, provoqués par la chute d’une certaine quantité de sable lin.
- Louis XIV, dans sa jeunesse, reçut en présent, une pièce automatique des plus compliquées : elle représentait un carrosse à huit chevaux conduit par un élégant postillon; quand la machine était remontée à fond, on distinguait nettement le cocher faisant claquer son fouet tandis (pie les chevaux partaient en agitant leurs jambes.
- Mais pour arriver à l’apogée de la construction de ces pièces mécaniques, il faut atteindre l’année 17ÔH où l’on vit apparaître à Paris les fameux automates dus au génie de Yaucanson. Nous reproduisons (fig. o) le joueur de ilûtequi est sorti des mains de l’illustre mécanicien. On raconte que Yaucanson n’avait fait ainsi (pie réaliser une idée qu’il avait conçue un jour, en se promenant au jardin des Tuileries, où il avait regardé avec une attention soutenue le l’aune jouant de la flûte exécuté par le sculpteur Coysevox. Yaucanson s’ouvrit de son projet à son oncle, qui ne vit là qu’une extravagance confluant à la folie et il parla même de le faire enfermer au moyen d’une lettre de cachet, s’il persistait dans son projet. Pour éviter le courroux de son ascendant, Yaucanson lit mine de renoncer à son idée, mais trois ans plus tard il la reprit avec plus d’ardeur (pie jamais et ses calculs se trouvèrent si justes, (pie la combinaison des différentes pièces, qu’il avait commandées cependant à divers ouvriers, concordèrent d’une minière tout à fait précise. Le domestique de Yaucanson, qui assistait à cette expérience, fut tellement émotionné, quand il entendit celte statue proférer des sons parfaitement harmonieux, qu’il tomba à genoux devant son maître, le considérant comme une sorte de demi-dieu. Yaucanson le releva alors et dans un élan de sympathie commune, le maître et le serviteur s’embrassèrent en pleurant de joie.
- Le joueur de flûte mesurait cinq pieds et demi de hauteur et était posé sur un piédestal carré portant une partie du mécanisme; ce qui rendait plus attrayante encore cette statue animée, c’est que son créateur avait su donner à la ligure de l’exécutant
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- tous les jeux de physionomie d'un musicien s'appliquant à charmer le publie à l'aide de son répertoire. Le principe moteur du joueur de flûte consistait en un ressort mettant en mouvement neuf soufflets, partagé en séries de trois soufflets chacune, servant à donner le vent avec plus ou moins d’intensité; des réservoirs séparés étaient mis en communication avec chacune des séries et ces différents récipients
- Fig. 1. — Lu joueuse île clavecin, construite pur les frères Droz de la Chaux-de-Fonds.
- aboutissaient à un même tuyau, se terminant dans la bouche de l’automate.
- Le même ressort mettait en mouvement un cv-lindre noté, comme ceux des serinettes ou ceux des orgues de Barbarie, et, suivant la nécessité, les lames de ce cylindre venaient se placer automatiquement, lorsque les notes avaient besoin de recevoir un souille laible ou fort. Toute une série de leviers provoquaient l’agitation des doigts de l’artiste, tandis que d’autres ressorts servaient à ouvrir ou à lermer les lèvres de l'automate, donnant ainsi au sujet une apparence complète de la réalité. Celte pièce merveilleuse subsiste encore et est conservée à Vienne (Autriche).
- Notre gravure (lig. 5) représente aussi un joueur de tambourin, sorte d’instrument analogue à ces longs tambours qui lorment un des accessoires obligés de toutes les fêtes des félibres en Provence. Le mécanisme de cette pièce était en tout point analogue à celui du joueur de flûte et les contemporains l’accueillirent avec un égal succès.
- Toutefois, la plus remarquable création de Yau-canson lut ce canard que l’on aperçoit dans notre ligure entre les automates musiciens. Le canard de \aucanson était capable de boire, de barboter dans l’eau et de pousser ce cri charmant, dont ses congénères vivants ne manquent pas de régaler leurs auditeurs. Pour donner à sa pièce toute l’apparence de la vie, Vaucanson l’avait construite de telle sorte que le volatile pouvait mouvoir ses ailes, se dresser sur ses pattes et incliner le cou à droite et à gauche, ou l’allonger brusquement pour prendre le grain, comme
- le font les gallinacés qui picorent le blé, ou l’avoine. Pour compléter l'illusion, l’illustre mécanicien avait placé à l’intérieur de son oiseau une série de petites roues qui déchiquetaient, le blé de façon à lui donner l’apparence de la digestion et à le faire sortir ensuite par la voie ordinaire. 11 parait que la structure des ailes avait été l’objet d’un soin tout particulier de la part du constructeur, qui les avait reproduites avec leurs cavités, leurs articulations et leurs os.
- Vaucanson ne se contenta pas de fabriquer des automates extraordinaires, il appliqua aussi son intelligence à la fabrication d’un métier destiné à la confection de la soie brochée, et pour diminuer la morgue des tisserands lyonnais, il avait choisi comme moteur, pour faire marcher sa machine, un magnifique baudet, qui, sans instruction préalable, accomplissait la tâche dont les ouvriers lyonnais se croyaient les seuls à avoir le secret. Cette invention, est-il besoin de le dire, fut fort mal accueillie dans la région, car on craignait «pie la substitution du travail mécanique à la main-d’œuvre humaine ne fut une ruine pour les habitants du pays.
- lu peu plus tard, en 1776, deux célèbres artistes mécaniciens de la Chaux-de-Fonds, les frères P.-J. Droz et H.-L.-J. Droz, construisirent deux petits automates extrêmement curieux, mais au sujet du mécanisme desquels nous ne possédons aucun renseignement. Le premier est un petit garçon, de la taille d’un enfant de deux ans et demi à peu près, qui est assis devant une petite table aux pieds contournés et, dit le prospectus, « écrit indifféremment tout ce qu’on juge à propos de lui dicter,
- observe tout ce qu’une personne vivante ferait en pareil cas : distance convenable entre les mots, lettres initiales, disposition juste des lignes, se-couemcnt de la plume trop chargée d’encre, etc.... » On remarquera, en considérant notre gravure (lig. 2), que ce petit personnage est représenté pieds et jambes nus, probablement pour exciter davantage la curiosité des spectateurs par l’absence
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- de draperie mascjuant le mécanisme. Le second personnage est une joueuse de clavecin ; elle est d'une taille beaucoup plus élevée que le premier
- sujet et figure une fillette de dix douze ans assise sur un tabouret et touchant du clavecin aussi bien que le plus habile musicien (lig. 1).
- AVEC PERMISSION
- DU MAGISTRAT DE LA VILLE,
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- On expo fera a la vue du Publique les 3. chefs d Oeuvres Mechaniques du Célébré Mon- Ü
- fleur VAUCANSON* Membre de l'Academie Royale des Sciences de Paris, jff qui confl fient en trois Figures Automates.
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- S C A V O I R: Ü3
- A première, Un homme de Grandeur naturelle habillé en SAUVAGE qui joué Onze airs fur la Flûte travcrfiére par les mêmes mouvements des Levres des doits & le fouille de fa bouche comme l’homme vivant.
- g^i^A fécondé, un homme aufli de Grandeur naturelle, habillé en BERGER PROVENÇAL, qui joue 20. airsdifferens furleFlûtetdejJj Provence d’une main & du Tambourin de l’autre avec toute la prcçifion & perfeêliôn de même qu’un habile joueur.
- |||n La troilîéme un CANARD artificiel en Cuivre d’cré qui Bois, Mange , CroualTe Batbotc dans l’eau & fait la digeftion comme un ipy Canard vivant.
- ®SCEs 3. Pièces qui ont fait mériter une Récompenfe a l’Autheur d’une Penfion de 8. mille & ç. cent Livres par le Roy, & qui ont en-$3 gagé un grand nombre des Perfonnes de diltinêtion a des longs & pénibles Voyages pour les voir, marque mieux leur mérite qu’un plus g?! long detail. On Elpere que dans cette Ville un chacun fera charme de profiter de l'occafion de les voir & qu’ils en feront la différence ISg du nombre des bagatels, que l’on fait voir tous les jours au publique. Comme le Proprietaire doit fe trouver le 12. a Francfort il donnera jgj gag pendant 8- jours a commencer ce jourd’huy 2. Réprefenrations par jour a 3. & 5. heures apres.midy au Poil du Miroir, l’on payera 24. Jgjjj gÿj Sols au première, 16. au fécond & 8. au troiGcme place, & comme il iry a aucune tricherie dans ces beaux ouvrages l’on enfera voir l’intérieur a découvert en payant 24. Sols par perfonne , l'on vend suffi dans la même Sale le mémoire prefentè par f Auteur a Meilleurs ®S de l’Academie Royale qui contient un ample detail des pièces comenûes dans ces ouvrages & suffi l’Approbation des Meilleurs de l’Aca- *3
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- demie.
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- Les Compagnies particulières pcurror.t les voir a tout heure, en cvcrriffànr d’aver.eo S: payeront 3. Livres par Perfonne ctaqt au $j^
- | moin au nombre des huits.
- Fi,il 3. — Les automates de Vaucanson. Le joueur de flûte, le canard et le joueur de tambourin. Affiche destinée à présenter au public les automates de Vaucanson,
- Les frères Rroz de la Chaux-de-Fonds avaient, entre autres merveilles, exécuté un grand tableau mécanique divisé en deux parties. En haut, sur une sorte de colline, était représentée une scène cham-
- pêtre où l’on voyait un paysan traverser le devant de la scène avec son âne, pour se rendre au moulin : le chien d’un berger aboyait tandis que le berger, son jnaîfre, sortant d’upe grc ftp, s’approchait d’upc jeune
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- LA N A TL RE.
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- Im rgère endormie el lui jouait un (tel.il air de Utile. Lotir répondre à colle galante aultade, la bergère prenait une guitare et tous deux improvisaient un concert.
- Au premier plan, dans un pare dessiné à la française, deux daines exécutaient un menuet au son d’un tvmpanon.
- On voit, par ce tpii précède, que nos ancêtres ont connu toutes les ressources que pouvait offrir la mécanique appliquée à la reproduction de la vie humaine ; nous n’avons donc pas lieu de nous montrer autrement tiers de ce que nous faisons aujourd'hui et, comme la plupart de nos inventions, nos automates actuels ne sont guère que du « vieux neuf ». Mais il faut bien savoir se contenter, car l’esprit humain n’étant pas créateur, il ne peut, guère que st' répéter et il faut choisir parmi ce que les anciens ont fait de meilleur, pour en faire la joie des générations futures. Henry-René D’Allem.vune.
- L’EXPÉDITION CHARCOT
- homme résultats géographiques le ï)r Charcot a continué cl prolongé vers le sud-ouest les reconnaissances de l’expédition de la Belgica (de Gerlache et Leeointe, 181)7-18119) : le levé hydrographique du contour de l’archipel Palmer (des Dannehorg, Yauvernans, DirCenhifz); la position géographique et le levé provisoire des îles Biscœ, de cotes nouvelles au delà de la Terre de Graham, vers la Terre Alexandre et le (18° degré de latitude nord ; la reconnaissance de deux mouillages très sûrs (dans le détroit de la Belgica) pour les futures explorations; enfin la solution du problème géographique du détroit de Bismarck, telles sont les principales acquisitions de l’entreprise.
- Les recherches de bactériologie et d’océanographie ont été dévolues au IP Charcot qui dut imaginer toutes sortes d’expédients pour écarter, dans cette étude des infiniment petits, la difficulté de la congélation des eaux, et pour pouvoir y recueillir plusieurs centaines de microbes.
- Les observations de météorologie, électricité atmosphérique et magnétisme incombaient au lieutenant de vaisseau Rev, licencié ès sciences : l’une des grandes originalités de l’œuvre accomplie a été l’établissement, au point même d’hivernage du Français, d’une véritable installation scientifique sur la terre de file Wandell. Pendant les neuf mois d'emprisonnement du navire, un village complet fut composé de plusieurs cabanes spécialement affectées à chaque branche ou sujet scientifique : abri des instruments magnétiques (en bois doublé de cuivre), laboratoire de météorologie, pavillon du pendule.
- fine maison démontable formait le centre de cette agglomération pourvue aussi d’un abattoir, d’une boucherie,'d’un magasin de conserves, d’un dépôt de poudre et mélinite, etc., selon une accomplie méthode d’organisation. Le lieutenant Matha conduisit tous les travaux hydrographiques; un repère (F et un gros trait sur la roche) ftit laissé comme indication du niveau des hautes marées en vue de l’étude ultérieure de leurs variations.
- M. Turquet, du Muséum, a rapporté plus dé 3000 échantillons de la faune et de la flore antarctiques. Un étrange cas est celui des courlis, renonçant à leur migration annuelle parce que les débris de victuailles sur le pont et autour du navire leur assuraient la nourriture : triomphe remarquable de la domestication sur l’instinct.
- La géologie et la glaciologie étaient confiées à M. Bourdon qui trouvera d’instructives et nouvelles choses à dire sur les roches polies et moutonnées par les glaces, les icebergs de 95 mètres de haut, dont les 9 dixièmes sont immergés, les falaises rocheuses atteignant 850 mètres à pic et sur cent autres objets que les photographies de M. Pléneau ont enregistrés de frappante manière.
- Les escalades de 1000 à 1500 mètres parmi les escarpements formidables des falaises ont été jugées par M. Gourdon et le guide italien Dayné, compagnon du duc des Abruzzes, aussi difficiles et périlleuses que les plus réputées des ascensions célèbres.
- D’ailleurs les risques et angoisses de l’expédition française antarctique, qui après 05 ans a si vaillamment ramené le drapeau tricolore dans les passages où s’était illustré Dumont d’Urville, n’ont été inférieurs en rien à ceux des six croisières étrangères depuis 1898.
- En écoutant le Dr 'J. Charcot narrer quelques-unes de ses aventures devant un cercle intime de privilégiés admis à les entendre les premiers, nous avons apprécié, avecmn infini plaisir, la simplicité, la bonne humeur, l'ingéniosité, l’énergie, mises en œuvre par le chef et ses collaborateurs et qui, en assurant le succès du travail si uni, communiqueront à ses comptes rendus un relief et un charme peu hanals. Avant tout, le Dr Charcot veut qu’on sache que par l’accueil et l’appui exceptionnels qu’il a trouvés auprès de la République Argentine « ce pays est devenu pour lui une seconde patrie et que Buenos-Aires est la plus belle et la plus généreuse ville du monde ». C’est une joie de voir, aux prises avec les éléments, la richesse et la souplesse de l’initiative nationale, cette liante qualité toute française, et cela dans les conjonctures les plus graves comme dans les (dus débonnaires : s’agit-il d’assurer le navire contre les inconvénients d’un havre insuffisamment protégé? aussitôt l’idée toute nouvelle est conçue et réalisée, d’étendre en travers de la haie les chaînes des ancres; des barriques les maintiennent (très de la surface ; les premiers glaçons s’arrêtent contre la ligne métallique et retiennent à leur tour de vraies glaces; de bloc en bloc la digue s’épaissit et le brise-lames se constitue solide, et défiant pendant neuf mois les tempêtes qui ne peuvent plus ravager le mouillage. Manque-t-on de feu pour fondre la glace? on allume des pingouins entiers, houles de graisse et d’huile qui flambent à souhait. Quant au froid « on n’a mis de fourrures qu’une seule fois, pour poser devant l’objectif, afin d’exciter la pitié au retour! » Pour distraire l’équipage, on entremêle les écoles du soir de fêtes et distractions pleines d’imprévu, par exemple le spectacle des meetings de pingouins comiquement intrigués par l’audition du phonographe ! — Ce soir même, le public parisien pourra vérifier, à la réception de la Société de géographie à la Sorbonne, qu’il n’v a rien d’exagéré à proclamer que la maestria gauloise, appliquée de si sagace et courageuse façon, a assuré le succès. C’est un pur réconfort pour la vieille patrie. Refrains aux lèvres et gaîté aux visages, les officiers relaient les matelots aux pompes quand, pendant des jours sans trêve, il faut épuiser l’eau engouffrée au navire par une plaie de sept mètres, ouverte sur une pointe de récif : « En fer le navire eût coulé en dix minutes; mais le Français était solidement construit; un coup de mer nous dégage de la roche, renfonçant en place la membrure arrachée et nous n’ayons connu que dans le dock de Buenos-Aires l’importance de l’avarie! »
- Aux fructueux sang-froid de cette trempe il faut dire, au nom de la France : Honneur et merci! E.-A. Martel.
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- LE R\RR.\NC0 DE MVSCUN
- Le rio Ara, dans le Haut-Aragon, prend sa source au pied du mont. Yignemale. Ce torrent coule du nord au sud, puis finit par tourner au sud-est, pour aller grossir le rio Cinca. Un massif de nature calcaire, semble la cause de cette déviation : c’est la Sierra de Guara, qui sépare la région pyrénéenne de la Tierra Llana, c’est-à-dire des plaines que l’Èbre parcourt obliquement en se dirigeant vers la Méditerranée. De nombreux rios s’épanchent alentour, et traversent, au moment de s’échapper, des montagnes, de véritables tissures, toutes plus bizarres les unes que les autres, parmi lesquelles je citerai le défilé de liarcez, où s'engouffre l’Isuela, et le portail du Salto de Roland « Saut de Roland », que le rio Flumen franchit, non loin d’Apiès.
- On ne possède guère sur cette région que des notions géographiques peu approfondies, l’Etat-major espagnol n’ayant encore rien publié touchant la province de Uuesca, mais la carte dressée par le lieutenant-colonel Prudent, d’après les visées et itinéraires du comte de Saint-Saud, peut en donner une idée et au besoin servir de guide au touriste désireux de visiter le Barranco de Mascun, la plus décorative, la plus fantastique à coup sûr des gorges avoisinant la Sierra de Guara. Ce barranco fait partie de la vallée de Rodellar et le ruisseau qui le parcourt, souterraincment d’abord, et ensuite à ciel ouvert, représente l’égout d’un assez vaste bassin compris entre l’Alcanadre et l’Isuela.
- A vol d’oiseau, la vallée de Rodellar, de la Pardina de Albas à l’extrémité du rio de Mascun, peut avoir une longueur de 10 kilomètres; sa plus grande largeur, prise à hauteur d’Otin, mesurant 4000 mètres tout au plus. Elle est bornée à l'est par la Sierra de Ralced ou Barcez, qui délimite le bassin de l’Isuela; à l’ouest, par un chaînon limitrophe du bassin de l’Alcanadre, et qui part de l’Alto de Matidero (1404 mètres) pour finir anguleusement presque vis-à-vis Rodellar; et au nord, par une crête, qui la sépare du vallon où coule le ruisseau de Torruellola de la Plana.
- La partie supérieure de la vallée de Rodellar forme une conque fort élevée : le clocher de San Poliz, qui en occupe à peu près le centre, a, selon Saint-Saud, une altitude de 1105 mètres. Cette conque est arrosée par de maigres ruisselets. Le premier sourd au-dessous de la Pardina de Albas et descend de façon à se confondre avec un écoulement plus sérieux qui arrive de l’ouest et passe au pied de San Poliz. Un troisième rio, presque nul en été, arrose Letosa. Tous trois s’évanouissent an fond du Barranco de Mascun, formidable diaclase éclatée sur les hases du flanc occidental de la Sierra de Barcez, et à sec durant les deux tiers de sa longueur, quoiqu’il ait dû s’y déverser autrefois des eaux abondantes. La majeure partie de l’eau, que le ciel accorde actuellement à la vallée de Rodellar, s’infiltre dans le calcaire fissuré de son sous-sol, marbre
- coquillier gris clair, mais très rougeâtre par places. Tout porte à supposer que cet énorme amas de carbonate de chaux déposé, en compagnie de la houe des schistes, durant des siècles et des siècles, au fond des premières mers, se crevassa en se solidifiant, phénomène que nous pouvons voir se reproduire sur les flaques d’argile épandues par un orage et desséchées le lendemain par un grand soleil. De là, toute cette série de gorges parallèles par lesquelles débouchent le Vero, l’Isuela, le Mascun, l’Alcanadre, le Guatizalema et le Flumen, barrancos qui furent peut-être un instant des fjords pour les flots couvrant alors le bassin de l’Èbre.
- A Rodellar, deux fissures parallèles se produisirent longitudinalement, recoupées par une troisième, qui établit une communication entre elles. La première représente le Barranco de Mascun proprement dit, et court de Letosa à la fontaine de Mascun, où elle s’arrête net ; la seconde débute dans la Sierra de Barcez et s’étend jusqu’à Pedruel; enfin, la dernière, éclatée de biais par rapport aux deux autres, part de Nasarre et vient, presque à angle droit, greffer le cul-de-sac de la première au flanc de la seconde ; c’est là que la grosse source, chargée de drainer les dessous de la conque de San Poliz, dégorge ses eaux. Les principaux fragments de cette fissuration curieuse ont été élargis et transformés après coup, en une garganta ininterrompue, par d'anciens courants d’une force extrême. --•»
- Le rio de Mascun prend sa source à la fontaine de Mascun, car la partie du Barranco, située au-dessous de cette source, ne présente de ruisseau qu’après une tornade. Çà et là, on y trouve bien des suintements pérennes, mais ils sont insignifiants ou mort-nés. S’il existait du reste plus haut un torrent sérieux, le rio souterrain de la grotte de Mascun ne pourrait pas être. Il y a eu dans cette région, comme cela s’est produit invariablement sur tous les plateaux calcaires, captage des eaux aériennes par un réseau de fissures, puis condensation de ces eaux dans un boyau réduit au rôle de grand collecteur. De chaque côté, l’Isuela et l’Alcanadre occupant des gorges fort en contre-bas de la partie supérieure de la vallée de Rodellar, il s’ensuit clairement que la conque de San Poliz est le seul bassin d’alimentation possible de la source de Mascun. Prétendre que cette source résulterait d’une infiltration de l’Ara auprès de Janovas serait aussi absurde que de considérer la fontaine de Vaucluse comme une résurgence de la perte du Rhône. Le rio de Mascun suit un couloir aujourd’hui trop large pour lui. Des atterrissements d’humus déposés à droite et à gauche, notamment sous Rodellar même, ont été convertis en petits jardinets produisant d’excellents légumes. Sous la falaise de la rive droite quelques abris sous roche s’excavent. Le rio de Mascun se jette dans l’Alcanadre après un parcours qui ne dépasse pas 2 kilomètres.
- 11 convient de partir de Rodellar pour visiter le Barranco de Mascun. On’atteint de Gavarnie facilement
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- LA N A T URL,
- Fig. 1. — I.a fontaine de Mnsrun. (Cliché de l'auteur.)
- Fig. 2. — Barranco de Mascun. La « Ventana », fenêtre de la Fontaine
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- Fig. 3. — Barranco de Mascun. Aiguille et tour."}
- Fig. 4, — Barranco de Mascun. Dans le Cirque.
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- ce village en deux ou trois jours en passant par Torla, Broto, Fiscal, Albella, San Juan de Castillo, la Pardina de Alitas, San Poli/, Letosa et Otin, et on trouve à s’y loger à bon compte chez I). Antonio Mura, dont la maison, lieu dit le « Barrio de la ilonguera », lient lieu d’auberge. De ce quartier, on descend dans le Barranco en zigzag, le long d’une muraille d'un beau rouge vif, et on ne tarde pas à arriver dans le coude bizarre où sourd la fontaine de Mascun, origine du rio de ce nom. Une niche s’ouvre au ras du sol, taillée absolument comme une porte coiflée d'un linteau oblique (fig. 1) : il s’en échappe une eau abondante et claire dont une partie est détournée au profit d’un petit canal d’irrigation; le reste se répand en nappe et vivifie une jolie plate-bande de cresson sauvage. Cette caverne n’est pas pénétrable; le plafond s’abaisse rapidement et l’onde parait émaner d’un siphon, autant du moins (pie le laisse discerner la limpidité de l’eau qui court sur des cailloux moussus. La fontaine de Mascun est une source vauelusienne dont le débit s’est régularisé au fur et à mesure que les infiltrations de la coin pie San Uoliz devinrent incapables de combler ses réservoirs, et la grotte de résurgence se défonça sous l’effet de la pression hydrostatique des eaux qui eurent à heurter, pour reparaître au jour, un pan de mur où les joints de stratifications entrecoupés de diadases dessinaient de véritables pierres de taille aptes à être expulsées de leurs alvéoles.
- Non loin de là, une fenêtre « ventana* » perce l'épaisseur de la crête d’une magnifique paroi : c’est comme un pont lancé dans le vide (fig. 2) ; au-dessous, nu enfoncement, excavant le marbre lisse et noirci, témoigne des derniers efforts tentés par le rio perforateur. Un avance ensuite sur une arène graveleuse. Une courtine crénelée se démasque à droite. Puis, un bassin s’arrondit, rappelle le tournoiement des anciennes eaux retenues par l’étroitesse du goulet coudé où sourd la fontaine, et on commence à avoir une vue d’ensemble du Barranco de Mascun. A mi-côte des pentes sur lesquelles grimpe le chemin d’Otin, on distingue une sorte de quille rocheuse dont la tète brisée ne tarde pas à s’élever au fur et à mesure au-dessus d’une crête étayée par une tour fort majestueuse. Cette tour affecte une belle allure gothique, grâce à certains essais de clochetons, grâce surtout aux contreforts minces et allongés qui l’accolent; auprès d’elle, uneéléganteaiguilles'élance(fig. 3), posée sur un socle avec tant d’à propos qu’on ne voudrait jamais croire qu’elle a fait corps jadis avec la tour dont elle est voisine; à sa rondeur et. à sa pointe finement cambrée, vous diriez plutôt une stalagmite tombée goutte à goutte du dôme des eieux, .à l'époque où la terre n’enfantait que le monstrueux et l’énorme.
- En avançant encore, la scène se corse davantage, et, de part et d’autre, la roche fouillée, déchiquetée, rehaussée de taches rouges violentes, sollicite l’attention. Des-fortifications-se profilent; des pinacles s’effrangent ; des dents, des obélisques se dressent ;
- des cavernes bâillent : des meurtrières s’ajourent : on éprouve la sensation d'errer au milieu d’une prestigieuse avenue de constructions surhumaines ruinées par l'âge. Au surplus, Mascun, mot arabe pur, signifie « fieu habité par les esprits ». (Prononcez Maskounn.) Le Barranco se ferme ensuite à la façon d’un cirque et ses parois ont l’air de con-concrétions tapissant les murs d'une caverne immense au toit écroulé. Un roc, pointu par un bout et renflé par le bas, rappelle les coulées produites par la stalagmite; puis, on remarque un rocher bossue comme un dromadaire et reposant sur deux arches affaissées sous son poids (fig. 4). II y a plus loin des escarpements si verticaux qu’on se figure passer entre les escarpes de deux forts. Plus loin encore, le Barranco étrangle; on se déchausse pour franchir une mare d’eau qui occupe une dépression. On passe alors le long d’une colonnade que les Egyptiens n’eussent jamais rêvée pour leurs spéos, et on finit par être arrêté par un chaos de blocs énormes, barrière infranchissable, qui remplit le Barranco transformé peu à peu en fissure étroite. Il y a, dans cette crevasse, des grottes à occuper pendant plus d’un mois un amateur désireux de les explorer, et je ne serais pas surpris que l’une d’elles amenât, dans les sombres couloirs où coule le Styx en miniature qui voit le jour, à la poétique fontaine de Mascun.
- Il a été pour la première fois question du Barranco de Mascun, en 1871, dans le Bulletin de la Société Bamond où Lequeufre le signala. L’ingénieur espagnol Lucas Mallada, le comte de Saint-Saud et Albert Tissandier en parlèrent successivement, mais d’une façon toute sommaire; je ne puis-donc renvoyer le lecteur, désireux de se renseigner complètement à son sujet, qu’à la description détaillée que j’en ai faite, à la suite de mes courses de 1904 dans les Pyrénées aragonaises, et que va publier le Bulletin Pyrénéen. Le Barranco de Mascun est une merveille, dans toute l’acception du mot. Lucien Briet.
- LE SERVICE GÉOLOGIQUE OU CVNVDV
- If fut fondé en 1842 sous la direction de sir William E. Logan, avec un budget de 1500 livres pour une durée approximative de deux ou trois ans. Aujourd’hui, le budget annuel est de 570000 francs pour l’ensemble des travaux, plus 20000 francs pour le personnel permanent. Le directeur actuel est le l)r Robert Bell.
- Le Service s’attache surtout aux recherches d’ordre économique et pratique. A la fin de 1905, il avait publié plus de 550 cartes, dont 100 pour les districts miniers, et plus de 250 rapports et bulletins, dont près de 100 exclusivement économiques. Au cours de l’année dernière, un grand nombre de districts ont été systématiquement explorés (Yukon, Colombie anglaise, Nouveau Brunswick, Nouvelle-Écosse, etc.), les recherches portant avant tout sur les gîtes de métaux précieux, de houille, de pétrole, de pierres de taille, etc.
- La-partie paléon+ologitpte de l'œuvre du Service est surtout consacrée aux séries d'Edmonton (dans l’Alberta,
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- LÀ NATURE.
- territoires du nord-ouest) qui font partie de la formation dite LoAver-Laramie (terrain crétacé) et dont la faune mérite une étude approfondie puisque ces lits constituent le principal horizon de houille du district.
- Le l)r Bell s’est consacré à l’étude des roches cristallines (Michigan supérieur, Wisconsin, Minnesota, Rayny Biver, Baie du Tonnerre, et autres districts de l’Ontario), dans l’espoir de résoudre les questions très controversées qui se sont posées à leur sujet. 11 a oh tenu la réunion d’un comité international sur le terrain, et les membres semblent s’etre mis d’accord sur un grand nombre de points. Ce Comité comprenait les premiers géologues du Canada et des Etats-Unis. B. Loncoc.iie.
- L’ECLIPSE TOTALE DE SOLEIL
- OU 50 AOUT 1905
- L’at l ent ion générale du monde astronomique se 1 couve déjà concentrée sur l’éclipse totale de soleil du 50 août prochain. Les missions s’organisent ou sont prêtes pour l’ohservat.ion de ce grandiose phénomène : une éclipse totale offre, en effet, des sujets d’études d’importance capitale; en même temps — ce qui ne lui retire en rien sa valeur — c’est le plus beau et le plus impressionnant spectacle, sans doute, (pie le ciel puisse nous offrir. Aussi le public éclairé et même les profanes s’intéresseront à très juste titre à l’événement qui se produira dans les conditions les plus avantageuses pour s’imposer à l’admiration de tous.
- Sans essayer de retracer le spectacle saisissant d'une éclipse totale, décrit maintes fois déjà, et (pie fous les auteurs s’accordent à qualifier d’inexprimable par de simples mots, il sera seulement question ici de la préparation à l’observation de l’éclipse du 50 août.
- L’ombre de la Lune tracera à la surface de la Terre une zone allant du Canada à l’Arabie. C’est à l’intérieur de cette zone dite zone de ta totalité qu’il faut naturellement se trouver pour voir le phénomène du Soleil entièrement masqué par la Lune. Donc, le 50 août au matin le premier point d’où l’on verra le Soleil totalement éclipsé sera une région au sud du lac Winnipeg, au moment du lever de l’astre du jour. À partir de cet instant l’ombre de la Lune balaiera le Labrador, l’océan Atlantique, et entrera en Europe près du cap Ortegal au N.-O. de l’Espagne ; continuant sa marche elle traversera obliquement la péninsule Ibérique, par Oviedo, Burgos, Catalayud, sortira entre Tortose et Valence, passera sur les Baléares, puis sur l’Algérie et la Tunisie (Philippeville, Constantine, Sfax); ensuite, on la verra de la Tripolitaine, de l’Égypte (Assouan) et elle se terminera en Arabie, au moment du coucher du Soleil.
- Mais tous ces points ne sont pas également favorables, et, sans entrer dans trop de considérations théoriques, notons tout de suite que les circonstances sont les meilleures en Espagne et en Algérie, lant par la durée du phénomène, que par la hauteur du
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- Soleil au-dessus de l'horizon, l'éclipse ayant lien vers le milieu du jour. En outre c’est encore un grand avantage de n’avoir pas à sortir des régions civilisées, et les nombreux moyens de communications y feront allbier les missions scientifiques et les simples admirateurs. C’est pourquoi nous avons reproduit plus spécialement ici la carte générale de l’Espagne et de l’Algérie, avec le tracé de la zone de la totalité, et les principales villes qu’elle rencontre. La ligne médiane de la zone, large de près de 200 kilomètres en moyenne, indique naturellement les lieux où l’éclipse sera vraiment centrale, la plus longue possible pour ces régions. Au N. ou au S., la Lune ne recouvre plus aussi centralement le Soleil et lorsqu’on arrive aux lignes limites, le décentrement est tel (pie l’éclipse cesse d’être totale et devient alors partielle; elle sera visible comme telle en bien des points dont il sera question plus loin.
- Une éclipse totale de Soleil dure d’autant plus longtemps et la zone de totalité se trouve d’autant plus élargie (pie le diamètre apparent de la Lune surpasse davantage celui du Soleil. Le 50 août, l’excès du diamètre lunaire aura pour conséquence de provoquer au maximum l'occultation complète du Soleil pendant près de quatre minutes. Plusieurs chiffres ont été donnés à ce sujet, qu’il est important de reproduire ici, l'accord ne semblant pas entièrement satisfaisant entre les diverses épbéiné-rides publiées : c’est ainsi que la Connaissance des Temps indique une durée de 5'" 51s, celle de Greenwich 5m-45s,8, celle de San-Fernando 5,n 48s, tandis <pie M. Landerer, le savant astronome espagnol, qui a donné les éléments reproduits ci-dessous, attribue au phénomène une durée de 5m44s,(L Des déterminations précises par l’observation en des localités bien choisies seraient intéressantes à obtenir, pour contribuer à perfectionner toujours davantage les éléments utilisés dans ces calculs.
- Voici maintenant, d’après M. Landerer, qui s'est spécialement occupé des conditions de l’éclipse dans son pays, pour faciliter les préparatifs de ses collègues étrangers, les instants du phénomène pour quelques centres principaux. Les heures sont données en temps moyen de Tortose.
- TOTALITÉ
- LOCALITÉS COMMENCEMENT ------------------------ FIN
- COMMENCEMENT DURÉE
- Le Ferrol .... 11*06“ 0‘25»31* 2"27* 1*48"
- Burgos................. 11*35“ 0*o2"ll> 5"' i0‘ 2*15»
- Alhama................. 11*15" 1*05» 15* 5"13* 2*26»
- Castellon.............. 11*56» 1M6-15* 5“28‘ 2*10»
- Aleala de Chisvert. 11*59" 1*17-20* 5"42* 2*10“
- Alcosebre .... 11*59" 1“17»36* 3"12" 2*10"
- Tortosa................. 0*00" 1*18»56* 2"57‘ 2*10»
- Monte-Colibre. . . 0*03» 1*21 “(U* 3”A2‘ 2*13"
- l'aima.................. 0*15" 1*32-48* 5“02‘ 2*51"
- Puis pour l’Algérie et la Tunisie, on trouve ensuite
- (temps moyen local).
- Bougie................. 12*32" 1*51"18* 1»35* 5*12"
- Philippeville . . . 12*15" 2*00"16* 3“51* 5*21-
- Conslantine. . . . 12*12» 1*59"43‘ 5»U* 5*20»
- Guelma................. 12*47" 2*03-44* 5»3i* 5*21"
- Boue................... 12*49“ l*5o“57‘ 2“1i* 5*16"
- Sfax.................... 1*10“ 2*25-05* 3-26* 3*44"
- Avec ces localités principales, et leurs environs, où il est, aisé de se rendre, on a un ample choix; la pré-
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- LA NATURE.
- n
- férence pourrait êlre”donnée à l’Espagne quant à la durée maximum de la totalité.
- Après avoir vu les principaux éléments de l’éclipse elle-même il est intéressant de rappeler d’une façon très générale les problèmes qui s’offrent à nos investigations, pendant une telle circonstance d’autant plus
- précieuse qu’elle est extrêmement courte. On sait, en effet, que c’est seulement pendant les éclipses totales qu’il est possible de scruter les environs immédiats de l’astre du jour.
- Le Soleil n’est pas limité h cette surface brillante et agitée, la photosphère où se forment les taches,
- °Bordeaux
- 7Gênes
- Florence
- F R |A N C E
- Toijlouse
- h/bao
- L I E
- Marseille
- 'ROME
- MADRID,
- Sarclai
- L1SB0NNE| \.
- E S P A G N E
- Valehtt?
- T E R
- Séville
- Grenade
- A L G
- MAROC
- Fig. 1. — Zone de la lotalité sur l’Espagne, l’Algérie et la Tunisie.
- Grande Ourse *1
- #
- Aretixmis
- Lion
- *
- T
- SOLEIL
- Vierge
- L'Épi
- C entaurc
- ♦ a.
- MERCURE
- lacules, etc., et qui nous est seule apparente en temps habituel. Au-dessus il y a des couches gazeuses. La méthode spectroscopique permet, il est vrai, de déceler en tout temps les couches basses,
- surtout la chro- _________
- mosphère avec les protubérances ; cependant il y a toujours intérêt à les observer directement dans les conditions où elles se montrent mieux définies dans leur ensemble, et peuvent mettre en évidence des particularités seules capables d’être révélées ainsi.
- Mais l’attention
- se porte surtout sur celte espèce d’immense atmosphère, nommée la « Couronne » et dont l’observation n’a pu être réellement effectuée, jusqu’alors, que pendant les éclipses totales. La couronne se montre sous l’aspect le plus merveilleux, au moment de la totalité. Tout d’abord, on avait pu croire que ces aspects
- P*
- *
- X
- Cancer
- Gémeaux
- .5 *
- VÉNUS Petit Chien
- 3
- *ot
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- Orion
- gtt
- Fig. 2. — Position du Soleil éclipsé et des planètes au milieu des constellations.
- irradiants autour du Soleil réapparaissaient avec une forme quelconque et capricieuse : l’observation suivie de ces phénomènes, à chaque éclipse, a montré au contraire, et ce fait a été soupçonné pour
- la première fois par M. Janssen, qu’ils étaient en relation avec l’ac-tivité solaire.
- Ainsi l’on a pu classer les « types » de la couronne suivant les époques de cette activité. 11 y a surtout deux types très nets : celui correspondant aux périodes d e m a x i m u m (fig. 5, 1) et où les expansions irradiantes sont à peu près également distilniées dans toutes les directions, comme une gloire splendide ; puis le type du minimum où, au contraire, ces expansions se localisent vers les régions équatoriales du Soleil. On voit nettement ce type dans le n° IV, reproduction d’un dessin de M. l’abbé Moreux auquel on
- Siriu,r *
- a# *P Grand Chien
- Naviro
- <S* *s
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- LA NATURE.
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- doit de si savants travaux sur celte question de haute importance1. Puis entre ces deux types on rencontre nécessairement ceux intermédiaires, caractérisés, tout de suite, aux environs du maximum, par cet espèce de vide se créant aux [tôles; ces aspects sont
- moins bien définis puisqu'ils peuvent présentrer toutes les phases de passage de l’un à l’autre type ; les nos 11 et 111 en sont de bons exemples, surtout le III dû à M. H ansky. Ces éléments sont suffisamment certains, dans leurs caractères généraux du moins,
- [tour que l'on puisse prévoir le oO août un aspect du type de I, car nous sommes actuellement au maximum de l'activité solaire; on comprendra que la prudence commande de ne pas parler d’aspect de détail.
- Les travaux à effectuer sur la forme et la rotation de la couronne, sa constitution intime, sa chaleur, de même que ceux concernant plus spécialement les couches plus immédiatement voisines de la chromosphère, sont très nombreux et motivent l’importance que l’on attache aux missions, ainsi que les frais et les déplacements parfois énormes qu’elles entraînent.
- D’autres sujets d’étude s’offrent également aux observateurs pendant la totalité. Sans être probable
- 1 Problème solaire, par l’abbé Moreux. Thomas, éditeur.
- la question de la posssibilité d'une ou plusieurs planètes intra-mereurielles, très rapprochées du Soleil, se pose toujours. Les Américains n’ont pas
- renoncé à entreprendre cette re cherche et se proposent d’v appliquer des moyens puissants d’investigation photographique, en trois stations très distantes : Labrador, Espagne, Egypte ; on aura ainsi des clichés obtenus avec un écart de temps suffisamment grand, pour que le déplacement d'une planète s'y décèle avec évidence, et permette d’en calculer les éléments approchés. De même on peut reconnaître dans ces conditions des comètes faibles, voisines de leur périhélie. La carte (fig. -) représente, pour servir de points de repère, la position du Soleil éclipsé au milieu des constellations et aidera
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- LA MAT LUE.
- ifi
- à_; idenlilier les principales étoiles, qui pourront apparaître avec les brillantes planètes Mercure et Vénus. 11 faut espérer maintenant que toutes les missions dont le programme est très chargé, car on doit faire aussi des recherches relatives à l'électricité, au magnétisme,_ etc., seront favorisées sous tous rapports et recueilleront une ample moisson de documents relatifs à ces questions de, haute importance, un pou trop brièvement résumées ici. Diverses expéditions aériennes s’organisent aussi.
- Les observations à faire en dehors de la totalité ne manquent pa non plus d’intérêt. Dans toute l'Espagne, 1 Algérie, la Erance, l'éclipse aura encore une très grande phase, ainsi qu'on le voit sur la lig. 4, montrant, l’éclipse partielle à l’instant du maximum pour quelques-unes de nos grandes villes : Paris, bordeaux, Alger. Les heures correspondant, à ces phases sont respectivement: Ih 1 <Jm, 1h 20m,
- I'*57"*. Cette occultation considérable du disque solaire, permettra d'effectuer, entre autres, diverses recherches relatives à la diminution de la lumière, de la chaleur, recherches intéressant la météorologie, etc. Un prochain article détaillé complétera ici, prochainement, les conditions de l’éclipse partielle visible pour toute la France. Lucien Rudaux.
- CHRONIQUE
- Les dalles en héton eoininc engins de filtrage. — Il s’agit, bien entendu, de béton maigre, et, pour lui donner la résistance voulue, on introduit une armature métallique; à Epinal et à Sotteville on a eu recours à des plaques de béton dans des galeries captantes de ce genre, et la Ville de Paris commence d’employer des dalles filtrantes analogues, faites d’un béton de gravillon fin et de ciment à prise lente, dans la proportion de 10 de l’un pour 1 de l’autre. Il n’est pas démontré du reste (pie ce filtrage donne des résultats effectifs au point de vue bactérien.
- Plaque** de blindage* japonaises. — Elles viennent d’être fabriquées par la maison anglaise Yickers, et sont destinées à un cuirassé que cette maison est en train d’achever pour le Japon. Un morceau de ce cuirassement de 222 millimètres, et monté devant un matelas de chêne de 305 millimètres soutenu par une plaque, reçut un projectile de 172,4 kilogrammes lancé par une pièce de 25,4 centimètres. La vitesse au moment du choc était de 554 mètres par seconde et la puissance de 2004 mètres-tonnes par seconde. 11 ne se manifesta aucune fracture, et la pénétration n’atteignit que 87 millimètres. Au second coup, avec une vitesse de 558 mètres par seconde et une puissance de 2550,8 mètres-tonnes par seconde, point de fracture non plus, un peu plus d’écaillures, et une pénétration de 82 millimètres seulement.
- I n appontement en pilotis de béton armé. —
- Aous avons déjà parlé de pilotis en béton armé; mais la subdilution de cette alliance de béton et de métal au bois se recommande de façon particulière là où l’on craint que celui-ci ne soit exposé aux redoutables attaques du taret, ce qui se présente surtout quand le bois n’est pas constamment immergé, comme dans les charpentes
- des jetées et estaeades. Et c’est pour cela qu’on vient de faire entièrement en béton armé une estacade de 120 mètres, qui s’élève dans le port de Mewport, à l’esluaire de la rivière Usk. Il faut dire qu’ici l’amplitude des marées est énorme, atteignant jusqu’à une douzaine de mètres, ce qui laisse deux fois par jour une partie des charpentes complètement à l’air. Aussi la nouvelle estacade est-elle laite de pièces de 15 à 18 mètres de long. Semblable construction est naturellement à l’abri de tout danger d’incendie.
- L'accumulation «le la chaleur solaire par l'eau. — Elle se produit dans de pefils lacs salés qui se trouvent en Hongrie, dans le district de Szovala, et dont les particularités ont été signalées par Kalecsinsky à l’Académie Hongroise des sciences. Durant l’été, l’eau de ces lacs est plus chaude à lm,20ou 1m,50 qu’à la surface; on a pu noter f>!)° centigrades dans le lac Medve, qui a une profondeur moyenne de 0 mètres. Dans ces nappes, une couche d’eau douce superficielle flotte au-dessus d’un liquide salé et plus dense. Des expériences ont été faites à l’Institut géologique de Budapest, qui sont venues confirmer les observations, et permettre de créer de vrais accumulateurs de chaleur dans des fûts contenant de l’eau pure au-dessus d’une dissolution de sulfate ou de carbonate de soude, de chlorure d’ammonium. On obtient un résultat analogue en superposant de l’huile d’olive à de l’eau pure.
- l)i gue flottante. — On a déjà construit des brise-lames flottants, mais on ne leur demandait que de calmer le clapotis de surface. Aujourd’hui on expérimente à Torquay une sorte de digue flottante, imaginée par M. T. I). Cook, et qui a de plus vastes ambitions. L’inventeur se base sur ce fait que, d’après lui, les vagues ne se font sentir qu’à une profondeur de 4 à 5 mètres ; il suffit donc qu’une digue descende à cette profondeur pour créer une rade bien effectivement abritée. Il a fait installer une sorte de charpente soutenue par des pontons, et immergée verticalement grâce au lest dont elle est chargée à sa partie inférieure ; des ancrages consolident le tout, en laissant osciller légèrement pour mieux amortir la violence de la lame.
- Tissus «m fils «I«* papier. — Ce ne sont point des étoffes faites de feuilles de papier, mais bien des tissus fabriqués au métier avec des fils de papier. En Italie, le professeur Zanetti a obtenu de ces fils pour les mèches de bougies ou les manchons à incandescence, en tordant des bandes fort étroites de papier de soie. En Saxe, la maison Claviez et Cie emploie des fils mélangés et tordus, en coton et papier, où le papier enveloppe le coton, et ces filés sont utilisés comme remplissage pour tisser des serviettes, des étoffes de vêtements de travail. On combine également laine et papier, le produitjnhtenu porte le nom de xyloline, et les tissus ainsi cimposés peuvent se laver plusieurs fois.
- La conduit? d'eau de Loolgardie. — Ou peut dire sans exagération que c’est une vraie curiosité que cette immense canalisation qui amène de l’eau de Freeman tle sur les champs d’or australiens de Coolgardie : l’établissement en est aujourd’hui terminé et la chose mérite au moins une courte note. Il s’agissait d’envoyer l’eau à une distance de 585 kilomètres, et toute l’insta’-lation n’a pas coûté moins de (Ht millions de, francs. La conduite est faite (Dftn tuyau d’acier de 0m,7f> de diamètre, et l’on n’y a pas employé moins de 54 000 kilogrammes de tôles. La station des pompes qui compriment l’eau
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- LA A A TU HL.
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- comporte 20 engins débitant ensemble à la minute 8800 litres.
- l,a ventilation par l*aii* par. — L’est très bien de ventiler les salles en y introduisant de l’air extérieur; mais encore faut-il ne pas introduire les poussières que. tient forcément en suspension l'atmosphère des grandes villes. Au citv Hall de Saint-Louis, on a résolu simplement le problème. L’air appelé de l’extérieur passe à travers des jets d’eau disposés en lame mince perpendiculairement à sa direction pour traverser ensuite une chambre munie de chicanes, où les gouttelettes d’eau entraînées se déposent avec les particules solides qu’elles peuvent englober. On arrive ainsi à débarrasser l’air de 00 pour 100 des poussières qu’il contenait. Lela n’em-pèche pas, bien entendu, de le faire passer dans un dispositif de refroidissement ou de chauffage.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 juin 1905. — Présidence de II. Tkoost.
- M. Brühl, professeur à l’Université de Heidelberg, assiste à la séance.
- Le fluor et les composés oxygénés de Pazole. — M. Moissan présente, en collaboration avec M. P. Lebeau, de nouvelles recherches relatives à l’action du fluor sur les composés oxygénés de l’azote. Ayant constaté d’abord que lorsqu’on fait arriver des bulles de fluor dans une solution d’acide azotique celles-ci déterminent une explosion, ils ont étudié méthodiquement l’action du fluor sur les composés de l’azote. Avec le peroxyde d’azote, le fluor ne donne pas de combinaison à la température ordinaire, si l’expérience est pratiquée dans un appareil de verre bien sec; il en est de même pour le protoxyde d’azote. Sous l’influence de l’étincelle électrique, le dernier mélange fournit de l’azote et des vapeurs rutilantes mais point encore de composé fluoré. Le bioxyde d’azote en excès donne lieu, avec le fluor, à une réaction avec flamme mettant en liberté de l’oxygène et des vapeurs rutilantes. Inversement, le bioxyde d’azote réagissant sur un excès de fluor fournit un mélange de composés gazeux renfermant du fluor, de l’oxygène et de l’azote qui ont été liquéfiés et solidifiés.
- Vare électrique chantant. — M. Mascart présente une Note de .M. Blondel, sur le phénomène de l’arc chantant. Du sait que l’arc électrique, alimenté dans certaines conditions, fait entendre un son. M. Blondel a étudié, à l’aide de l’oscillographe, les variations de l’intensité du courant * par rapport aux variations du son. 11 a reconnu qu’il y a en réalité deux espèces d’arcs selon que l’on introduit ou (fjt l’on n’introduit pas de bobine de self-induction dans le ircuit. Dans le deuxième cas, l’arc rend un son musical et les variations d’intensité du courant sont représentées par une sinusoïde dont la période correspond à celle du son. Avec une bobine de self-induction dans le circuit, le son est sifflant, la courbe présente des points anguleux.
- Observatoires météorologiques. — M. Mascart rappelle ensuite que M. Eiffel a fondé à Sèvres un Observatoire météorologique qu’il a doté d’instruments enregistreurs perfectionnés. Let observatoire fonctionne depuis plus de dix ans et les observations qui y ont été faites dans ce laps de temps ont été réunies dans un volume et discutées. M. Eiffel a également organisé un Observatoire météoro-
- logique à Beaulieu près Nice et un autre près de Bordeaux. La comparaison des observations pratiquées dans les trois stations forme également l'objet d’un volume.
- Le centre de résistance des carènes. — M. Berlin présente une Note sur la position du centre de résistance des carènes. H rappelle que dans ces dernières années on admettait (pie la position du centre latéral de résistance des carènes se trouvait au centre de gravité de la partie immergée. 11 rappelle encore que le premier, en se basant sur des expériences de traction d’un navire de faible dimension, il avait annoncé que celte hypothèse était inexacte. H démontre, aujourd’hui que le centre en question est à la hauteur de la flottaison.
- Le débit des sources pendant le 2e semestre 1905. — M. Maurice Lévy résume une Note de MM. Launay, ingénieur en chef des ponts et chaussées, et Maillet, ingénieur, contenant des prévisions raisonnées relativement au débit des sources pondant la seconde moitié de l’année courante. Les auteurs s’appuient sur une loi dite de Hausse, d’après laquelle, lorsqu’il s’agit d’étendues de terrain; perméables, comme dans le cas de la vallée de la Seine, les pluies d’été ne profitent pas ou presque [tas aux cours d’eau et aux sources profondes. Le sont les pluies de l’hiver précédent qui déterminent le régime des cours d’eau et des sources profondes. Or, durant le dernier hiver, les pluies ont été insuffisantes, car l’on constate une différence sensible entre la hauteur d’eau tombée et la hauteur moyenne. On peut donc prévoir que le débit des sources sera affaibli pendant l’été de 1905, que notamment celui des sources de la Vanne tombera à 75 litres par seconde. Lu. de Villedeuil.
- ---0-<^>0-
- LE PONT EN BÉTON DE CARÜONDXLE
- Le pont en bélon de Carbondale parait être, avec celui de Kazarguine en Russie, le plus important pont de chemin de fer que l’on ait construit en cette matière1. Il est établi sur le chemin de fer Illinois Central, dans l’Illinois du Sud (Etats-Unis), à 504 milles de Chicago. Il est formé de trois arches en béton, à double voie. 11 a remplacé un pont métallique à travées articulées par chevilles, formé de trois travées en fer et portant sur des piles et des culées en maçonnerie. (Jn a employé pour la construction du nouveau pont 9800 mètres cubes de béton fait de pierre concassée, de sable et de ciment <{ue Ton mélangeait d’abord à sec sur une plate-forme ad hoc, {mis le mélange se complétait à l’état humide dans des appareils spéciaux. Le nouveau pont coûte à peu près ce qu’aurait coûté un nouveau pont métallique, soit un peu plus de 617 000 francs, y compris l’élargissement des piles, l’enlèvement du vieux pont, le prix et la pose d’un nouveau pont à double voie et sa peinture'. Le pont en béton présente l’avantage de ne devoir être ni peint ni entretenu comme un ouvrage métallique. H faut tenir compte aussi qu’on a dû s’astreindre pour son établissement sur l’emplacement de l’autre pont à des complications spéciales.
- A part le fait qu’un n’a pas dû établir de pont de
- 1 Yoy. nu 1659, du 11 mars 1995, p. 2’23.
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- LA NATLHE.
- service, ni arrêter le tralie normal de la voie terrée, le travail s'est effectué suivant des méthodes assez ordinaires.
- L’ancien pont ne comportait qu'une seule travée; il avait été construit treize ans auparavant ; des dispositions avaient été prises en ce moment pour permettre d’élargir ultérieurement piles et culées de façon à pouvoir y installer une seconde voie en aval ; mais, au moment de procéder à cet élargissement, on a décidé d'abandonner complètement le métal et d adopter le béton.
- Le nouveau pont a 175 mètres environ de longueur ; ses trois arches elliptiques ont 45 mètres de long et 9,15 mètres de tlèches. La charge de la voie et
- des trains est transmise par de petites arches secondaires qui allègent l’ouvrage et diminuent considérablement le volume de béton employé.
- Le nouveau pont a remplacé l’ancien sans que la circulation des trains sur l’ancienne voie unique ait été interrompue. L'ingénieur en chef de la Compagnie, M. Wallace, fit d’abord foncer une série nouvelle de pilotis pour élargir les fondations des piles et des culées, et la maçonnerie existante fut complètement entourée de béton, cette fondation de béton étant élevée jusqu’au niveau d’où l’on désirait faire partir les nouvelles arches. Bien entendu, on prépara des cintres destinés à soutenir le béton pendant qu’on le mettait en place et qu’on lui laissait faire
- Le pont en béton de Carbondale.
- prise, et des pilotis eurent à être enfoncés en grand nombre dans le lit de la rivière pour porter ces cintres; toute la charpente était complètement montée sur le terrain voisin du pont avant d’ètre mise en place, ce qui donnait une sécurité remarquable dans le montage. On a allégé autant que possible la construction, en la constituant de voussoirs et d’arches secondaires surmontées par une sorte de plancher de béton armé les solidarisant et formant tablier. Les voussoirs en béton offrent des redans qui les accrochent les uns aux autres, tout aussi bien que de la pierre de taille. Les arches secondaires sont renforcées par une armature noyée dans la masse du béton et faite de barres et de vieux rails d'acier. La nouvelle construction englobait, pour ainsi dire, le vieux pont. La moitié Est notamment
- touchait presque cet ouvrage. On termina d’abord la moitié Ouest, et on la dota d’une voie ferrée provisoire, établie sur des traverses portées par des longerons longitudinaux reposant à leur tour sur les arches secondaires de cette moitié du pont. Un aiguillage très simple disposé avant l’entrée du pont conduisait les trains de l’ancienne sur la nouvelle voie. On démolit alors l’ancien pont et on posa l'armature en fer et en acier chargée de renforcer les arches d’élégissement de l’Est. On put ainsi mener à bien cette partie de l’ouvrage. Les travaux ont duré 20 mois et ont été entrepris parM. G.-H. ScribncrJr.
- Émile Guarim.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus. 9.
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- N° 1 074. — 2 4 JUIN 1905.
- LA NATURE
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- LES SOUS-MARINS ANGLAIS1
- L'amirauté britannique fut longtemps hostile aux sous-marins. Elle ne commença à en faire construire ([lie fort tard; mais le temps perdu a été vite rattrapé, car, en ces dix dernières années, les ingénieurs des constructions navales ont établi un grand nombre de navires de ce type.
- 11 a été décidé, en haut lieu, que les principaux ports de guerre anglais seraient munis chacun d’une flottille de sous-marins, pour la défense des côtes pendant qu’un certain nombre serait construit pour suivre les escadres.
- L'hostilité que montrèrent au début les amiraux
- anglais ne s’explique que par un manque de confiance. Peu après les essais du Guslave-Zédé, en 1887, la marine britannique achetait les brevets américains de Holland ; mais elle ne lit construire les premiers types de ce système que lorsque les expériences faites en France, avec les sous-marins, furent concluantes.
- Les sous-marins de la marine de guerre britannique se divisent en trois classes, qui marquent trois époques différentes et indiquent une série de transformations qu’il est intéressant de noter. Disons, tout de suite, que tous appartiennent à la catégorie de bateaux que l’on a appelés submersibles, et qu’ils peuvent, également, naviguer avec autant d’aisance
- llu sous-maria anglais.
- à la surlace que sous l’eau. Les premiers sous-marins anglais, construits il y a à peine dix ans, sont aujourd’hui au nombre de cinq. Ce type est désigné par les nos 1 à 5, que le navire porte sur sa cheminée. Le déplacement est de 120 tonneaux. Les moteurs représentent une puissance de 150 chevaux et permettent de naviguer à la surface avec une vitesse de 8 nœuds à l’heure.
- La deuxième catégorie, construite deux ans après la première, porte la lettre A et le numéro du bateau sur la cheminée. Les navires de cette classe ont un 1 Ce sujet est tout d’actualité par suite de la catastrophe survenue le 8 juin à Devonport au sous-marin anglais A-8, catastrophe qui a coûté la vie à 14 marins et qui suit de si près celles du A-5 à Queenstown en Irlande le 16 février (6 victimes) et du A-l le 19 mars 1904, à l’ile de Wight (12 victimes).
- 33e aimée. — 2e semestre.
- déplacement qui varie entre 180 et 200 tonneaux; ils naviguent avec une vitesse de 15 nœuds à la surface et de 9 nœuds sous l’eau. Leur sphère d’action s’étend sur 500 milles, c'est-à-dire 480 kilomètres environ.
- La troisième catégorie, celle que montre notre illustration, est de création toute récente. Le premier « submarine » appartenant à cette classe vient d’ètre terminé à Barrovv, le mois dernier, après des essais qui ont permis de le considérer, dit-on, comme un engin de guerre maritime ne laissant rien à désirer et devant rendre de sérieux services. On reconnaîtra celle nouvelle catégorie à la lettre B que les navires porteront sur la cheminée, suivie d’un chiffre romain qui indiquera le numéro du sous-marin.
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- LA NATURE.
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- Le bateau BI est arrivé, tout dernièrement, à Uortsmouth, convoyé par la canonnière « Hazard », auprès de laquelle le montre notre gravure. Ce nouveau sous-marin jauge 500 tonneaux; il est un tiers plus grand que les « Submarine » de la catégorie précédente.
- 11 a sur les autres types des avantages très appréciables, puisqu’il dispose d’une puissance de 850 chevaux, peut marcher à une vitesse normale de I 4 à 10 nœuds à la surface et de 9 à 10 nœuds après son immersion. Quanta la sphère d'action, elle est portée à 500 milles, c'est-à-dire qu'elle peut s'étendre sur 800 kilomètres environ.
- Nous croyons intéressant de donner quelques détails sur ce nouveau type de sous-marin, dont chaque unité coûtera 5 millions 250000 francs, alors que le prix moyen de la catégorie précédente était environ 1 million 250 000 francs.
- Les sous-marins des deux premières classes sont munis de moteurs à pétrole qui servent {tour la marche à la surface, et de machines électriques pour la navigation sous l’eau. Dans le type B, le moteur employé dans l’un et l’autre cas est électrique; la force motrice est fournie par de puissants accumulateurs.
- L’immersion des sous-marins B peut se faire instantanément, tandis que ceux des autres classes réclament de 5 à 5 minutes pour cette opération, dont la rapidité est particulièrement importante en temps de guerre. Les conditions de stabilité sont très grandes, tant à la surface que sous l’eau, et, avantage appréciable, il n'est pas nécessaire aux bateaux submersibles B de marcher, lorsqu’ils ne sont plus à la surface, car ils peuvent, étant immergés, rester en place, ne pas bouger et attendre l’ennemi au repos.
- La rapidité avec laquelle l’amirauté britannique a construit sa flottille de sous-marins a fait mentir le proverbe. Le temps perdu par l'hostilité première a été rattrapé, puisque, en dix années environ, 18 navires — 5 de la première catégorie et 15 de la seconde — ont été construits, et que, dans quelques mois, 11 nouveaux sous-marins du type B, si perfectionné, seront en service dans les ports de guerre anglais ou attachés à des escadres.
- talion de la vitesse sont venus compenser, et au delà, la diminution de poids du projectile des armes modernes.
- Mais l’augmentation de vitesse est limitée par la résistance du canon aux pressions énormes développées dans l’âme (4000 ou 4200 kg par cm2 pour le Mannlichcr Roumain), et la diminution du calibre abaisse très rapidement le poids de la balle, qui ne peut avoir comme longueur plus de cinq fois son diamètre, sous peine de perdre sa stabilité. Nous allons voir dans quelles limites il est bon de se tenir pour conserver au projectile une force vive suffisante.
- Le calcul des forces vives restantes et des trajectoires des diverses balles nous a permis de ramener les différents fusils de guerre modernes à trois types. Toutes les armes qui se rapportent à l’un de ces types ont à très peu de chose près les mêmes qualités balistiques.
- Les trajectoires et vitesses restantes ont été calculées avec les tables de tir de Siacei, sans tenir compte du coefficient de forme individuel des projectiles, que nous ne connaissions pas, mais qui diffère d’ailleurs très peu d’une balle à l’autre. Les résultats des calculs donnent des
- L At
- O ffe-J
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- NVill Darvillé.
- BALISTIQUE
- DES FUSILS DE GUERRE MODERNES
- Tension de la trajectoire et puissance meurtrière de la balle, telles sont les qualités primordiales d’une arme de guerre.
- On a constamment cherché à augmenter cette tension de la trajectoire par la diminution du calibre, l’allongement de la balle et l’augmentation de la vitesse initiale. D’autre part, la puissance destructive du projectile est
- en fonction de la demi-force vive restante Mv2^, de
- sorte que les progrès considérables obtenus dans l’augmen-
- . 65°
- \
- Pontées
- J. — Tension des trajectoires en fonclion des portées.
- trajectoires un peu moins tendues et des forces vives restantes un peu plus faibles que dans la réalité.
- Puissances.
- 1" Type :
- Fusil français modèle 1886 fLebel; 8™™ Vo - 650” par sec. Poids de la balte :
- 15 gr.
- 2* Type : Hollande, Roumanie: Mannlicher 6”™,5 Yo= 710™ par sec. Poids de la balle: 10*',12.
- 3* Type : Marine des Etats-Unis : Lee Straight Pull 6™™ Vo = 762™ par sec. Poids de la balle : 7*',26.
- Allemagne.
- Autriche.
- Bulgarie.
- Suisse.
- Angleterre.
- Belgique.
- Russie.
- Italie.
- Japon.
- Espagne.
- Transvaal.
- Norwège.
- Mexique.
- Vitesse Poids
- Modèles. Calibre initiale de la
- mm en m. balle.
- par sec. gr-
- Mauser. ',9 610 14,7
- Mannlicher. 8 600 16
- — 8 600 16
- ScluniU. 7,3 620 14
- Lee Metford. 7,7 575 15
- Mauser. 7,6 630 14
- Mossine. 7,6 620 14
- Carcano. 6,5 720 10,5
- Mura ta. 6,5 700 10
- Mauser. 7 730 11,2
- Mauser. 7 730 11,2
- Krag. 6,5 730 10,1
- Mondragon. 5 810 6,1
- Les trajectoires ci-dessus (tig. 1) montrent que la flèche de lm,70 (hauteur d’un fantassin) correspond à une portée de 500 mètres environ pour le type Lebel, à 550 mètres pour le Mannlicher, et à 600 mètres pour le Lee 6 mm ou le Mondragon. 11 y a donc entre les deux types extrêmes 100 mètres de différence dans la zone dangereuse, ce qui est fort appréciable. -
- Si nous examinons maintenant les courbes se rapportant aux forces vives restantes (tig. 2), nous voyons que, pour les petites distances, les deux premiers types sont fort voisins, tandis que la balle de 6 mm du Lee a des forces vives restantes très inférieures.
- Le projectile de 5 mm du Mondragon, grâce à son énorme vitesse, est sous ce rapport un peu supérieur à celui du Lee, mais s’en rapproche cependant beaucoup.
- Les balles à très grande vitesse produisent, dans les milieux aqueux où elles pénètrent, des phénomènes d’ex-
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- LA NATURE.
- 5t
- [tlosion très curieux. Un tonneau rempli d’eau dans lequel on tire éclate au reçu du coup. Une balle, arrivant dans une masse de (erre glaise molle, s’y détruit et y fait une excavation d’autant plus large et d'autant moins profonde, que sa vitesse est plus grande.
- Sur les animaux vivants, les effets meurtriers sont en rapport avec le poids de l’animal et la force vive du projectile, le calibre n’ayant en réalité qu’une influence secondaire.
- M. le commandant Journée, à la suite de nombreuses expériences, estime que la force vive, exprimée en kilo-grammètres, doit être de : ‘2,5 fois le poids de l’animal pour obtenir des effets explosifs, de 1 /5 pour briser généralement tous les os, de 1 ,10 pour entamer les os longs.
- Un homme pesant environ 70 kg, il faudra 175 kilogramme; ti'es pour obtenir des effets explosifs et 14 kilo-grammètres [tour causer de très graves blessures. Enlin, au-dessous de 7 kilogrammètros les os longs ne seront guère entamés.
- Les courbes des forces vives restantes indiquent que les types Lebel et Mannlicher conservent, jusqu’à ‘200 mètres
- Z 150
- u) 100
- 0 100 200.300 400 500 600 700 800 900 1000 1100 1200?
- §JD)*&xtr, Portées.
- Fig. 2. — Courbe des forces vives en fonction des portées.
- environ, la force vive nécessaire aux effets explosifs sur l'homme. Ces types conservent tous, jusqu’à 2000 mètres, une force vive supérieure à 14 kilogrammètres. Enfin, à 2500 mètres le genre Lebel a encore une force vive restante de 15 kilogrammètres, le genre Mannlicher de 8 kilogrammètres.
- Quant au type Lee 0 millimètres, les effets explosifs n’en seront guère obtenus que jusqu’à 75 m. La portée de 1400 m. est la limite pour la force vive de 14 kilogrammètres. Enfin à partir de 2000 mètres les os longs ne seront plus entamés.
- Ces chiffres, bien entendu, n’ont rien d’absolu, et les effets peuvent varier énormément suivant les circonstances, mais enfin ce sont des indications générales intéressantes.
- Tous les types considérés ont, jusqu’aux portées pratiques, une puissance d’arrêt largement suffisante, et les plus petits calibres possèdent une tension de trajectoire qui augmente leurs effets utiles.
- Jusqu’où pourra-t-on aller dans la voie de la réduction du calibre? Il semble bien qu’on ait atteint avec 5 millimètres la limite imposée par la résistance de l’acier, les propriétés des poudres modernes et les difficultés de fabrication. Sans compter qu’avec les calibres très réduits, une très légère détérioration de l’àme, amenée par la rouille, le nettoyage et l’érosion déterminée par les hautes températures des gaz, entraîne rapidement un défaut de précision très appréciable.
- Avec une matière plus dense que le plomb, comme le tungstène (1)=18 au lieu de 11 pour le plomb) on pourrait obvier aux inconvénients de la réduction du
- calibre, tout en obtenant les mêmes effets; aussi a-t-on longtemps cherché dans cette voie; mais les gisements de tungstène sont rares; ils ne sont guère exploitables que , lorsqu’ils renferment en même temps de l’étain et, le tungstène coûtant environ 5 francs le kg au lieu de 0'r,90, on se heurte à une question budgétaire.
- En résumé, les types de t)m,n,5 tirant une balle de 10 gr. au moins avec une vitesse d’au moins 700 m. par seconde paraissent remplir le mieux les diverses
- conditions requises. Julien Odier.
- ——
- LE MOULINET DYNAMOMÉTRIQUE
- DU COLON'KL RENARD
- Nous avons déjà eu plus d’une fois l'occasion de tenir nos lecteurs au courant des très remarquables et très ingénieuses découvertes du regretté colonel Renard, et nous avons tout récemment décrit1 une balance dynamométrique, inventée par lui et destinée à mesurer la résistance de l'air sur un système de deux corps identiques attachés aux extrémités d'une barre et tournant dans un plan, autour du milieu de la barre. Supposons que ces deux corps sont deux plans carrés disposés normalement au plan de rotation, et nous aurons le Moulinet dynamo me trique qui servait au même savant pour mesurer la puissance des moteurs.
- Il convient tout d’abord de remarquer qu’un instruisent spécialement établi dans ce but n’est pas une inutile superfétation, du moins lorsqu’il s’agit de moteurs à mouvements rapides, tels que les dynamos et moteurs à gaz carburés qui sont en usage dans l’automobilisme et la navigation aérienne; on sait, en effet, que les freins de Prony ou analogues, par exemple, qui sont employés sur les moteurs à vapeur, s’appliquent mal, au contraire, aux machines que nous venons de citer et c’est certainement un des desiderata des constructeurs d’automobiles. Le moulinet Renard n’a pas les mêmes inconvénients et se prête à une étude rigoureuse du régime et de la puissance des moteurs, quels qu’ils soient.
- Il consiste en une barre rectangulaire en frêne sur laquelle on boulonne les deux [dans carrés mentionnés plus haut et tj ni sont en aluminium. La barre est munie en son milieu d’une douille métallique qui peut être calée sur l’arbre même du moteur, ou sur un arbre auxiliaire placé dans son prolongement et relié au moteur par une bielle de cardan ; la barre porte des divisions permettant de faire varier le bras de levier des ailettes, en faisant coïncider la ligne de foi FF, tracée sur leur face postérieure avec des divisions convenables et toujours symétriques par rapport à l’axe de rotation.
- Chacune de ces positions des ailettes constitue pour ainsi dire un moulinet particulier qui, lorsqu’il tourne dans l'air à une vitesse donnée, développe un travail résistant d’autant plus grand que le bras de levier est plus long ; on peut donc proportionner la force de l’appareil à la puissance du moteur qu’il
- 1 Yoy. n° 1608, du 15 mai 1905, p. 371.
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- LA NATURE.
- s'agit d’étudier. On peut tarer, d’ailleurs, chacun de ces divers moulinets au moyen de la balance dynamométrique que nous avons précédemment décrite, puisque ce dernier instrument permet de mesurer le moment résistant pour les diverses vitesses angulaires représentées par le nombre de tours en une minute. On sait du reste que le moment résistant est proportionnel au carré du nombre de tours et aussi au poids spécifique de l'air, qui est connu quand on connaît la température et la pression.
- Si maintenant nous calons le moulinet sur l’arbre du moteur et si nous mettons en marche, la vitesse 1ère jusqu’à ce qu’elle prenne une allure constante. A ce moment, le travail moteur est équilibré par le travail résistant, et il suffitdecomptcrlenombre de tours par minute pour en déduire la valeur du premier et par suite la puissance en chevaux de la machine. En réalité, l’opération est encore plus simple que cette description ne semble l'indiquer et l’on évite tout calcul grâce à un diagramme préparé d’avance, comportant, pour chaque moulinet défini par la position des ailettes le long de la barre, en les déplaçant de division en division, une courbe où il est facile de lire immédiatement la puissance en chevaux correspondant à un nombre quelconque de tours par minute. 11 suffit de connaître à chaque instant le nombre de tours par minute, c’est-à-dire la vitesse angulaire, et l’on y parvient au moyen d’un taehy-mètre enregistreur à graduation spéciale, dont l’observation est la seule opération qu’il y ait à elfectuer.
- L’appareil, comme l’a fait remarquer le colonel Renard, ne s'échauffe pas, parce que l’énergie du
- moteur est absorbée par des masses d’air sans cesse renouvelées. On peut ainsi prolonger indéfiniment les expériences et étudier avec la plus grande facilité les variations de puissance d’un moteur, car elles se traduisent simplement par des variations de vitesse angulaire faciles à enregistrer.
- Eu outre, bien qu’une barre d’équarrissage déterminée ne puisse pas supporter sans se rompre un effort illimité appliqué à son extrémité, et que, par conséquent, chaque modèle de moulinet ait une limite de vitesse et d’emploi, ce sont encore des appareils de dimensions restreintes qui permettent d’essayer les moteurs les plus puissants. Le plus petit moulinet employé pèse moins de 2 kilogrammes et sa puissance maxima est supérieure à 20 chevaux. On a appliqué des moulinets plus robustes pour mesurer jusqu’à
- des puissances de 150 chevaux, et rien n’empêcherait de pousser plus loin les expériences.
- Pour obtenir des résultats absolument précis, il y a lieu, comme nous l’avons dit en commençant, de tenir compte de l’influence des variations du poids spécifique de l’air; mais la correction est facile à faire ; il suffit de relever la température à 1° près et la pression barométrique à 2 millimètres près, au moment de l’expérience, et de lire, sur une table spécialement dressée à cet effet, la correction correspondante pour 100, en plus ou en moins, qu’il faut faire subir à la puissance.
- Voilà donc un appareil des plus simples, et l’on ne saurait résoudre plus élégamment un problème (pii préoccupe à juste titre les constructeurs de moteurs. L'-Coloncl G. Espitallier.
- Fi". 2. — Moulinet moulu sur l'axe d’un moteur pour détermination de la puissance de ce moteur.
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- LA NATURE.
- LES JARDINS D’ESSAIS COLONIAUX EN AFRIQUE
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- Bien différents des jardins botaniques qui ont pour objet de grouper toutes les plantes sans distinction dans un but exclusivement scientifique, les jardins d’essais coloniaux sont destinés à servir de laboratoires pour l’étude des seules plantes qui peuvent fournir aux colons un produit industriel. Leur rôle est de rechercher les meilleures espèces à introduire ou à développer dans une colonie, d’en expérimenter les méthodes de culture, de renseigner les colons pour leur éviter des pertes de temps et des mécomptes, de leur distribuer des graines et des plants au moins tant que les espèces ne sont pas encore répandues dans le commerce. En assurant la mise en culture rationnelle du sol, les jardins d’essais sont parmi les plus utiles auxiliaires de la colonisation. A part le jardin de Richard-Toll, sur le Ras Sénégal, fondé en 1816, et celui de Libreville, au Gabon, dont la création remonte à 1850, la plupart des jardins d’essais (pii existent dans l’Afrique occidentale française et dans le Congo français et ses dépendances, ne datent (pie de fort peu d’années; quelques - uns sont, peut-on dire, nés d’hier.
- Mais, ainsi que le montre M. A.
- Chevalier dans
- son ouvrage tout récemment paru Les végétaux utiles de l'Afrique tropicale française, les jardins d’essais de l’Afrique tropicale sont loin d’avoir rempli le but pour lequel ils ont été créés. Certains d’entre eux ne sont encore que des jardins botaniques imparfaits. Pour d’autres, on peut observer que le nombre des plantes utiles rassemblées est assez faible et que le choix n’en a pas toujours été assez judicieux ; il arrive que ce sont les espèces les plus communes, et par suite de qualité médiocre, qui y sont multipliées.
- Ces critiques cependant n’atteignent pas tous les jardins d’essais, et il en est comme celui deCamayen, dans la Guinée française, ou celui de Libreville, au Congo, qui, par l’importance des essais qui y ont été faits, ont donné de fructueux résultats.
- En somme, ce qui manque à ces jardins, c’est une orientation méthodique et une unité de direction. Il faudrait aussi, pour qu’ils deviennent des stations agronomiques vraiment utiles, y tenter des expériences de culture plus en grand, et ne pas se borner
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- Plantation de cafc Libéria au jardin de Camaycn (Guinée française).
- à des essais sur des échantillons. Aussi a-t-il paru qu’il pourrait y avoir intérêt, pour assurer le développement des cultures coloniales, de créer, en Afrique, un grand jardin tropical (pii puisse, grâce à son organisation, entreprendre ce que ne peuvent faire nos diverses stations agricoles.
- Les peuples colonisateurs ont tous senti le besoin de créations de ce genre, mais il n'en est pas qui aient réalisé cette conception d’une façon plus remarquable (pie les Hollandais. On sait que le jardin de Buitenzorg, à Java, est le plus renommé par la beauté de ses cultures tropicales, par les résultats pratiques qu’on y a obtenus et par la parfaite organisation de ses services scienlitiques. _
- L’établissement de Buitenzorg comprend trois jardins différents ; 1° un jardin botanique .proprement __________________________________ dit, d’une étendue de 56 hectares', ; situé au centre même de la ville; 2° un jardin d’agriculture, de 70 hectares, h une lieue du centre de Buitenzorg, où l’on se borne . a cultiver les plantes qui peuvent devenir utiles à l’agriculture ou à l’industrie coloniales; chaque espèce y est représentée par une centaine de pieds tandis qu’ellel’est par deux dans le
- jardin scientifique; 5° un jardin de 50 hectares, situé à une assez grande distance de Buitenzorg, sur un des versants du volcan voisin, le Gedé,où, à l’altitude de 1500 mètres, on cultive les plantes de la ilore indigène des montagnes. Au jardin botanique proprement dit sont adjoints une bibliothèque, un musée et des laboratoires où une large hospitalité est offerte aux savants nationaux et étrangers.
- Ce serait un centre de culture générale et de recherches scientifiques appliquées, sur le modèle de celui de Buitenzorg, qu’il y aurait lieu de créer dans l’Afrique occidentale ; la question est actuellement à l’étude, et le gouverneur général, M. Roume, a confié à M. Auguste Chevalier la mission de rechercher l’emplacement convenable pour un établissement de ce genre.
- Diverses conditions doivent dicter ce choix. Il faut adopter une région de climat moyen, à proximité des différentes zones climatériques que présentent nos possessions de l’Afrique occidentale. Il faut en second
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- lieu que le jardin à créer soit d’accès facile et, autant que possible, assez près d'une ligne de chemins de fer, pour que les savants d'Europe puissent commodément s’y rendre. Enfin il importe qu’il soit établi dans une région suffisamment, salubre. Il semble bien, dès à présent, que ce serait en Guinée, vers le Fouta-ltjaHon, que l’on trouverait le mieux réunies les diverses conditions désirables.
- M. Chevalier doit aller visiter les établissements de culture qui existent dans les colonies voisines : les essais de coton de Lomé, dans le Togo, le jardin d’Aburi, à la Gold-Coast, le jardin de Victoria, au Cameroun, celui de San Thomé, pour s'inspirer de ce qui y a été fait. Il est chargé aussi de voir s’il ne serait pas possible, à proximité de l’emplacement choisi, (&*• créer un sanatorium.
- Tel qu’o» projette de le faire, ce nouveau jardin ne ferait pas double emploi avec les jardins locaux qui continueraient des essais appropriés aux conditions de feur propre climat et répandraient les plantes parmi les colons. Il laisserait aussi au jardin colonial de Nogent son rôle spécial, qui est surtout de faire répandre i lès -espèces d’une colonie dans une autre. . ' Gustave Regelsperger.
- U RÉCENTE COURSE DES YACHTS
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- A TRAVERS e’aTUAXTIQUE
- Il a été question ici1 à plusieurs reprises des grandes courses de yacht qui se disputent en Angleterre, aux États-Unis, particulièrement de cette fameuse « Coupe de l’Ame-rica » à propos de laquelle nous avons donné des détails circonstanciés sur la construction des yachts modernes et l’évolution qu’elle a subie. Mais, d'une manière générale, ces courses ont lieu tout près des côtes, dans des régions fort abritées, sur des parcours de peu de longueur; et il en est résulté qu’on a construit les coques des concurrents, on les a gréées, on les a dotées de voilures en conséquence : tellement que, dans une épreuve assez récente de la Coupe, le Shamrock et le Reliance ne sont point sortis en dehors de Sandy Hook, tout simplement parce qu’ils craignaient de s’exposer à un temps cpii n’aurait pas été dangereux pour des voiliers solidement bâtis, en vue de la véritable navigation à la mer.
- Aussi essaye-t-on de réagir contre ces tendances, et l’empereur d’Allemagne, qui s’intéresse vivement aux questions de navigation à voiles, et qu’on peut appeler sans exagération un yachtsman et un sportsman enthousiaste, a voulu contribuer au relèvement du Yachting en haute mer, en offrant une coupe spéciale entre bateaux à voiles (pii feraient la traversée de l’Atlantique de New-York en Europe. Pour des bateaux appelés à un voyage de ce genre, on ne peut adopter les mêmes formes que pour ceux qui se contenteraient de faire des courses de vitesse sur une hase très courte ; ce sont de vraies courses d’endurance ; d’ailleurs les dispositions mêmes qui sont le plus favorables à la vitesse pour la Coupe de l’America, dans les conditions où elle se court, ne donneraient que des résultats assez piteux pour une traversée de 14 à 15 jours.
- C’est le 16 mai dernier, dans l’après-midi, que la flottille des yachts prenant part à la course a quitté les para-
- 1 Voy. n° 1475, du 31 août 1901, p. 212, et n° 1609, du 26 mars 1904, p. 262.
- ges de Sandy Hook, c’est-à-dire l’entrée du port de New-York. Nous disons flottille, car le nombre des concurrents était assez considérable pour une épreuve de cette sorte : on y trouvait du reste des bateaux un peu de tous les genres et de toutes les dimensions. Le plus petit était le sehooner Fleur-de-Lys, construit en Amérique, long de 26,56 m., large de 6,70 m., et offrant un tirant d’eau do 5,96 m.; ce Fleur-de-Lys est gréé en goélette franche avec deux mâts. C’est ensuite le yawl anglais AU sa, qui a seulement 27,12 m. de long pour une largeur de 7,76 et un tirant de 5,05 m. ; ce bateau est construit et est demeuré maté et gréé tout à fait comme un yacht de course ordinaire : ce qui ne nuit pas du reste à son élégante apparence, mais ce qui ne lui réservait des chances de succès que s’il avait rencontré, durant son voyage, des brises assez légères pour lui permettre précisément de tirer tout le parti possible de sa grande surface de voilure. Nous citerons ensuite le Hitdegarde, sehooner américain de 51,50 m. de long pour 7,92 m. de large et 5,15 m. de tirant, bateau gréé en goélette. V Endymion, qui est lui aussi américain, présente des dimensions légèrement plus faibles, puisqu’il a seulement 50,78 m. pour 7,42m. de large, avec un tirant de 4,27 m. Le Hamburg représentait le pavillon allemand : long de 55,55 m. sur 7,50, tirant 4,57 m., ce sehooner est de construction assez légère et plutôt fait pour les courses du genre classique auquel nous faisions allusion tout à l’heure; il a beaucoup de toile, comme tous les yachts ordinaires, mais il présente une grande stabilité.
- Voici maintenant, dans des tailles plus grandes, le fameux Sunbeam, qui n’a pas moins de 54 ans et appartient à lord Brassey, dont le nom est bien connu do tous ceux qui s’occupent un peu des questions de navigation. Ce Sunbeam est en réalité à machine auxiliaire, comme le Yathalta, Y Apache, YUtowana et Y Atlantic, dont nous allons parler ; c’est-à-dire que tous ces bateaux possèdent normalement à leur bord une machine à vapeur assez modeste, commandant une hélice, mais suffisante pour leur permettre de prendre et de conserver une allure de 8 à 10 nœuds quand le vent leur fait défaut, et par le seul moyen de leur propulseur. Pour cette course de la Coupe de l’empereur d’Allemagne, qui devait être uniquement à la voile, il va sans dire que ces bateaux avaient démonté leur propulseur; mais ils avaient gardé à bord leur machine, ce qui ne contribuait plus qu’à les charger d’un poids inutile. Et cependant c’est un de ces bateaux à machine auxiliaire, Y Atlantic, qui est arrivé premier. Le Sunbeam a 47 m. sur 8,55 m. et un tirant de 4,25 m. ; il est gréé en trois-mâts barque, ce qui lui donne une belle surface de voilure sans exagération. Nous signalerons d’un mot le Thisfle, qui est sensiblement plus petit (55,52 m. de long), mais qui a 8,40 m. de large et un tirant de 4,27 m. ; il est gréé très haut en goélette. 1/Atlantic, dont nous venons déjà de prononcer le nom, est un trois-mâts goélette, qui avait cet avantage d’être de construction toute récente (construction américaine du reste); il a 41,15 m. sur 8,84 et 5,02 de tirant. L’Ulo-wana, qui est un voilier auxiliaire, ainsi que nous l’avons dit, a comme dimensions 47,24 m. sur 8,45 m., et son tirant ne dépasse pas 4,42 m. ; lui aussi est un trois-mâts goélette, mais beaucoup moins élancé que Y Atlantic. L’Apache a des dimensions beaucoup plus considérables : ce yacht, qui est anglais de construction, américain de pavillon, en dépit de son nom extra-parisien, a 54,24 m. sur 8,53 m. et un tirant de 5,06 m. ; il est gréé en trois-mâts franc, c’est-à-dire avec des voiles carrées à tous les
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- mâts. Enfin le « monstre » des bateaux engagés dans la course était le Yalhalla, qui est lui aussi un trois-mâts franc, et a une longueur de 75,15 m. pour une largeur de 11,55 et un tirant de 6,09 m. C’est un yacht anglais et de construction anglaise.
- Nous ne donnerons pas de détails sur la course en elle-même, dont les résultats ont été publiés par les journaux quotidiens, et d’ailleurs nous avons indiqué plus haut que le vainqueur, le premier arrivé, était l'Atlantic : en dépit du poids de sa machine auxiliaire immobilisée et de sa voilure relativement modeste, mais conformément aux prévisions de ceux qui se rappelaient les parcours remarquables qu’il avait déjà fournis dans une véritable navigation de haute mer. Parti comme les autres, le 16 mai, de Sandy Hook, VAtlantic était signalé le 29 au matin en vue du cap Scilly; il a mis sensiblement 12 jours pour traverser l’Océan, et cela lui suppose une allure moyenne de 560 kilomètres par jour.
- C’est évidemment un résultat très remarquable, qui rappelle les beaux jours de la navigation à voiles, les fameux grands clippers américains tant de fois cités, le (Ireat Republic notamment, qui avait du reste des dimensions autrement considérables que ces yachts modernes, et qui traversait l’Atlantique en quatorze jours tout au plus, et de façon normale. Quoi qu’il en soit du reste de ces efforts si intéressants, et particulièrement de la course qui vient d’avoir lieu, on peut dire que la marine à voiles agonise, et que ces tentatives ne lui redonneront pas sa vitalité. On fait encore pour le commerce des grands voiliers, mais en les dotant de machines auxiliaires, comme Y Atlantic, et cette introduction de la machine à vapeur et de l’hélice à leur bord fait pressentir qu’on se rend enfin compte de l’infériorité manifeste de la voile.
- Daniel Bellet.
- EMPLOI DES PAAÉS D’ASPHALTE COMPRIMÉ
- POUR IA CONFECTION DES CHAUSSÉES
- L’asphalte, lorsqu’il est comprimé sur le lieu même où on l’emploie, présente divers inconvénients dont les principaux sont : une compression inégale, la nécessité de* recourir à l’emploi d’un matériel spécial et à des ouvriers exercés et, enfin, l’impossibilité de travailler pendant les périodes de mauvais temps. L’emploi des pavés en asphalte comprimé, qui s’est déjà très répandu pendant ces dernières années, semble obvier avantageusement à ces défectuosités1. Leur fabrication, en tant que théorie, est des plus simples et consiste à soumettre à une pression de 600 kg par centimètre carré, au moyen d’une presse hydraulique spéciale, de la [tondre d’asphalte obtenue par torréfaction et broyage d’un calcaire bitumineux très abondant en Auvergne. Les pavés d’asphalte comprimé, essayés à l’École Nationale des Ponts et Chaussées dans le but d’étudier leur résistance à Yécrasement et à Vu sure par frottement, ont donné de très bons résultats.
- Comparativement avec les pavés en granit et en bois on peut les ranger, selon les différents points de vue, dans l’ordre exposé au tableau suivant :
- * Au point de vue : 1" rang. 2e rang. 5'' rang.
- De l’hygiène Asphalte. Granit. Bois.
- Du moindre bruit Bois. Asphalte. Granit.
- De la sécurité pour les chevaux . Bois. Asphalte. Granit.
- De la propreté Asphalte. Granit- Bois.
- De la durée Granit. Asphalte. Bois.
- De la facilité de réparalion . Des facilités pour la pose des rails Asphalte. Bois. Granit.
- de tramways. Granit. Bois. Asphalte.
- 1 Yoy. L. De Launay, La Nature, 1901 , II, p. 103.
- La pose des pavés d’asphalte se fait toujours sur une fondation en béton de ciment ou de béton de chaux hydraulique d’épaisseur variable selon les cas; quand le béton est bien pris, on pose le pavé sur mortier frais de ciment ou de chaux hydraulique. Lorsqu’il y a lieu de craindre les vibrations répétées (sur des ponts métalliques, par exemple), il convient d’employer pour la fondation un béton bitumineux.
- Un carreleur et son aide peuvent faire, en une journée de 10 heures de travail, de 10 à 12 mètres carrés de pavage au moins.
- Les pavés d’asphalte se font de différentes dimensions; ceux de faible épaisseur conviennent pour les dallages intérieurs, à la place des parquets, dans les vestibules, couloirs, salles de bains, cuisines; ceux de moyenne épaisseur trouvent leur emploi pour les trottoirs, quais de gares, ateliers, écuries; enfin, ceux de forte épaisseur sont utilisés pour les chaussées, cours, passages de portes cochères, partout, en un mot, où il peut y avoir circulation des voitures plus ou moins lourdes.
- Les applications de ces différents pavés sont déjà nombreuses; nous citerons, au hasard, les quais de gares d’AIbi, Bar-le-Duc, Caen, Épinal, Langres, Lunéville, Nancy, Orléans, Toul, etc...; différentes casernes et écuries à Bourges, Brest, Chambéry, Mâcon, Reims, Verdun, etc...; des chaussées à Aix-les-Bains, Angers, Beauvais, Bordeaux, Chartres, Clermont-Ferrand, le Havre, Lille, Melun, Saint-Quentin, Tours, Vichy, etc...; des trottoirs à Alger, Arras, Boulogne-sur-Mer, Cahors, Dieppe, Dijon, Limoges, Marseille, Nantes, Saint-Étienne, etc.
- Bien que ces pavés ne puissent rivaliser avec succès, dans la décoration, contre les produits céramiques qui, au point de vue du coloris et du dessin, présenteront toujours une supériorité marquée, il paraît certain que, toutes les fois que l’on aura uniquement en vue la solidité et la propreté, les pavés d’asphalte auront la priorité. C’est évidemment sous cette forme que l’asphalte semble présenter, jusqu’à présent, son maximum d’avantages.
- LES « CADIÈRES DE BRANDIS »
- (basses-alpes)
- Quand on remonte le Verdon en franchissant la cluse de Chasteuil (ou de Soleil, du nom du pont qui se trouve immédiatement en aval), soit après avoir suivi la vallée principale par la ronte remar-
- Fig. 1. — Coupe schématique des Cadières.
- quablement pittoresque qui passe à la Palud-dc-Moustiers; soit en venant du Var par Comps, le col de la Croix et la vallée affluente du Jabron, on débouche dans un cirque de bel aspect que l’on peut appeler « cirque de Chasteuil », du nom du village
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- qui en occupe à peu près le centre. Le Yerdon s'y étale un moment, horde de verdure, entre deux des nombreux passages resserrés de son laborieux parcours : celui de Chasteuil que l’on vient de suivre, et la Cluse de Taloire que traverse la route pour arriver ensuite à Castellane.
- La crête qui couronne le versant Nord de ce cirque est accidentée par un escarpement spécialement abrupt qui parait se détacher en avant du faite, et montre deux massifs saillants qui ressemblent aux tours ruinées de quelque immense et fantastique château fort.
- C’est ce détail du paysage que l’on appelle, dans le pays, les « Cadières de Brandis » *.
- Déjà curieux vus de loin, ces rochers constituent,
- de près, l’un des plus extraordinaires chaos calcaires i[ue l’on puisse visiter.
- On pourrait y monter, en partant de la route déjà citée, qui suit le Yerdon en aval de Castellane, et passant par le village de Chasteuil ou par celui de Yillars-Brandis. Mais la différence de niveau à gravir sur un versant très abrupt serait voisine de 1000 mètres, et l’ascension serait longue et pénible. Il vaut mieux profiter de la belle route de Castellane à Digne pour s’élever jusqu’au col de Lèques (11 48m) et prendre à ce point un sentier qui, par une pente assez douce, va rejoindre la crête qui descend du pic Lacombe (1625111) vers le Sud-Est.
- Cette crête franchie, on se trouve sur le versant couronné par l’arête à laquelle sont reliées les « Ca-
- Fig. 2 et 3. — Fig. 2. Coupure séparant les deux Cadières. Au dernier plan, le Yerdon — Fig. 3. Le grand Obélisque.
- dières » ; on y monte sans trop de difficultés et on parvient ainsi à peu près au niveau du chaos, dont les blocs éboulés du sommet du pic Lacombe, qui jonchent le sol, donnent un avant-goùt.
- Un sentier plus praticable que celui qu’on a suivi pour gravir la pente permet alors de s’avancer vers l’Ouest à peu près horizontalement, et de voir grandir rapidement le caractère chaotique du paysage.
- Le nombre, les dimensions, l’enchevêtrement des blocs en amas bizarres s’accroissent pendant qu’on passe en revue une série de petits bassins fermés, drainés sans doute par des « avens » qui
- 1 Cadières signifie chaise en provençal, et ce mot est ici sans doute pris dans le sens de piédestal. 11 faudrait même, pour être correct, écrire Cadière au pluriel, les mots étant invariables dans cette langue méridionale. Brandis est le nom d'une ancienne localité dont un hameau important, Yillars-Brandis, est aujourd'hui la commune subsistante.
- doivent se trouver dissimulés sous les éboulis.
- Le calcaire qui forme les blocs, et qui appartient à l’étage tithonique, le plus élevé de la série jurassique, est d’une blancheur éclatante ; dans les interstices et les fissures, aux centres des bassins, un peu d’humus a permis à la végétation de prendre pied et quelques pins au feuillage sombre tranchent vigoureusement sur un fond que le soleil provençal rend sans peine éblouissant.
- On arrive ainsi au pied d'une pente rocheuse qui se relève vers le Sud ; il est facile de la gravir et d’aboutir à sou arête méridionale.
- Là, le spectacle devient immédiatement grandiose : on domine, en effet, un à pic vertigineux faisant face au Midi, et ayant pour vis-à-vis les parois septentrionales des « Cadières » constituées par deux massifs grossièrement prismatiques séparés entre eux par une étroite et profonde coupure, et limités de tous
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- côtés par dos falaises absolument verticales. On est séparé de ces énormes piliers, semblant prêts à servir de piédestaux à quelque statue colossale, par un couloir profond en certains points de près de cinquante mètres, au fond duquel git un entassement de blocs de toutes dimensions, dans les interstices desquels le soleil pénètre assez peu pour qu’il subsiste de la neige en toute saison.
- A côté de ces deux formidables obélisques principaux, d’autres plus petits sont de vrais miracles d’équilibre, et on se demande comment ils ont pu se former et subsister si longtemps.
- Le fond du couloir de séparation se relève en quelques points et forme ainsi des passages plus ou moins praticables réunissant le massif avancé des
- Cadières à la crête qui lui fait face au Nord. L’un de ces passages permet d’aborder l’ascension du plateau presque horizontal qui forme le sommet de la Cadière de l'Est, mais c’est là une opération assez dangereuse, à recommander seulement aux alpinistes éprouvés et ne craignant pas le vertige. 11 est plus prudent de s’avancer simplement sur l'isthme situé un peu plus vers l’Ouest, et de jouir, de cet observatoire, du coup d’œil que procure le couloir principal vu d’entilade. 11 faut aussi suivre pas à pas la crête à l’extrémité orientale de laquelle on a tout d’abord aperçu les Cadières ; de chaque point de cet itinéraire le spectacle est différent, et on stationnera notamment longtemps à l’endroit d’où l’on domine, en l’enfilant, le couloir de séparation des deux grandes
- Fig. 4 et 5. — Effondrements au fond d’un couloir.
- tours, et d’oii la vue se perd sur la pente vertigineuse qui s’étend en dessous jusqu’au Yerdon. C'est peut-être le point le plus impressionnant.
- Le mode de formation du site des Cadières offre un intérêt spécial ; ce n’est pas, en effet, l’érosion qui, au moins directement, a découpé le massif calcaire en fragments si bizarrement pittoresques, comme cela arrive, en particulier, quand on a affaire à des roches dolomitiques que les intempéries corrodent irrégulièrement. Les calcaires tithoniques sont à peine attaquables et il faut chercher une autre cause pour expliquer la désagrégation des couches et la formation de coupures aussi profondes.
- Cette cause consiste, tout d’ahord, dans la formation, au sein des bancs puissants et solides du calcaire, de diaclases appartenant à deux systèmes à peu près perpendiculaires l’un sur l’autre et ayant des directions sensiblement Nord-Sud et Est-Ouest.
- Après ce premier phénomène, contemporain sans doute des grandes dislocations alpines, le creusement de la vallée du Yerdon a déblayé les couches marneuses supportant les bancs calcaires, ainsi que les terrains sous-jacents, qui présentent une allure des plus remarquables du fait des plissements superposés qu’on peut y observer. Une « poussée au vide » s’est ainsi naturellement produite, et a amené l’ouverture des diaclases préexistantes, l’effondrement de nombreux débris dans les fissures agrandies.
- La figure 1 représente une coupe schématique de la pente couronnée par les Cadières et fait comprendre sans peine le mécanisme du phénomène, qui est ainsi un trait de plus de l’extraordinaire complication de la région de Castellane, l’une des plus intéressantes qui soient pour l’étude des plissements dont elle permet d’étudier les variétés les plus curieuses, les enchevêtrements les plus remarquables.
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- La topographie qui résulte de ces plissements est compliquée et en même temps des plus pittoresques. Du voisinage des Cadières, de la crête qui les domine, et dont l'altitude dépase 1600 mètres, on peut découvrir un magnifique panorama s'étendant au Sud jusqu’aux chaînes littorales des Maures et du voisinage de Toulon, au Nord jusqu’aux grands sommets des Alpes-Maritimes, et montrant aux plans plus rapprochés la curieuse disposition des chaînes calcaires qui, vers Digne, sont en général dirigées Nord-Nord-Ouest — Sud-Sud-Est, et forment près de Uastellane un coude qui modifie leur orientation et la ramène à peu près à celle de l'Ouest à l'Est qui devient si régulière au Nord de Grasse.
- Dji. Zurcher,
- Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées à Digne
- LES PLUS FUNÉRAIRES GALLO-ROMAINS
- DE [,\ VENDÉE
- I)e 1859 à 1877, l’abbé F. Baiulry (mort en 1880), curé du Bernard (Vendée, arrond. des Sables-d’Olonne), découvrit, sur le territoire de cette commune, déjà si riche en monuments mégalithiques (dolmen de la Frébouchère, galgal du Pé-Rocher, du Pé-des-Fontaine, etc.), une nécropole gallo-romaine, composée de véritables puits fttné-
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- Sol du chemin
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- Rétrécissement
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- ÿ.Jo Sf cerncho dejrierres
- Coupe schématique d’un puits funéraire gallo-romain fouillé en 1903 en Vendée. — En 1, II, III, 3 couches de vases entiers.
- raires. Continuées quelque temps par l’abbé Rabillé, disciple de Baudry, ces recherches ont été méthodiquement reprises, depuis 1901, en exécution d’une mission archéologique spéciale, par nous-même avec le concours de M. G. Lacouloumère.
- C’est en août 1905 seulement que nous avons pu
- fouiller, sur les indications d’un cultivateur du pays, le plus intéressant de ces puits (le 52e), dont le déblaiement, scientifiquement exécuté, nous a donné les résultats qui vont être indiqués plus loin.
- Ces fouilles sont particulièrement délicates et surtout coûteuses.
- C’est qu’en effet il faut vider complètement une sorte de canon de fusil, creusé dans les schistes à séricite, n’ayant guère que 0m,90 à 1 mètre de large en moyenne, et atteignant parfois une profondeur de 14 mètres! Or, dans de telles conditions, on ne peut opérer qu’avec un seul puisatier à la fois, lequel a d’ailleurs les plus grandes difficultés à se remuer et à remplir, dans un boyau d’aussi petit diamètre, les seaux qu’on remonte à l’aide d’un treuil (voy. fig.).
- Les restes recueillis au milieu de la terre qui obture le haut du vaste trou comprennent des morceaux de tuiles à rebord et des débris de poteries, qui caractérisent nettement l’époque gallo-romaine.
- A 5 mètres de profondeur, nous rencontrâmes d’abord une voûte faite de deux gros blocs, recouvrant un gros pieu central, une tète de bœuf ( Il os (auras), une tète de chèvre (Capra hircus), des planchettes, débris de quelque caisse, et enfin tous les éléments (douelles, ferrures, fond, anse, etc.) d’un seau en bois, qu’il a été facile de reconstituer. Plus bas, à 8 mètres, sous une nouvelle couche de pierres, il y avait une autre tète de chèvre, deux tètes de chiens, des côtes de bœuf, présentant des graffiti des plus curieux, dont l’existence n’avait encore été notéu par aucun préhistorien (c’est ce qu’on appelle, depuis nos découvertes, les gravures sur os gallo-romains), des planches de bois presque pourries par l’eau, abondantes à ce niveau, etc.
- Enfin, à 9m,50, débutait la cupule terminale du puits, sorte d’ampoule élargie ayant l,n, 10 de large, dans laquelle se trouvaient une foule de petits objets gaülois et romains (pièces de bronze, anneaux, clous, etc.), et les vases, de même époque, qui caractérisent ces espèces de sépultures.
- Sans compter les cruches brisées, dont l’une porte en graffiti un nom et un chiffre romain, nous avons extrait de cette cupule plusieurs vases de facture gauloise et romaine ; l’étude des dépôts de ces vases a révélé des résidus de vins aromatisés. Sans nous étendre sur des détails ici hors de propos, nous conclurons qu’une sépulture de cet ordre, où l’on rte trouve aucun ossement humain, n’est qu’une tombe à incinération de forme exceptionnelle, et à mobilier funéraire, très riche, mais d’une nature très spéciale. En effet, au lieu d’armes ou de débris de parures, etc., on ne trouve que les objets et récipients à provisions alimentaires pour le voyage du mort aux Enfers (vin, animaux comestibles, vêtements, outils, etc.). On y a découvert des restes de chaussures, des couteaux, des anneaux, etc., voire des cadavres entiers de chiens, tués au moment des funérailles, pour suivre fidèlement leur maître !
- Ces coutumes funéraires ont semblé d’abord si particulières que, pendant longtemps, on n’a pas voulu considérer ces puits comme de vraies sépultures, et que l’on n’a pas admis partout les idées de l’abbé Baudry à leur sujet. Cependant, leur justesse est prouvée par nos propres fouilles, qui ont contribué à faire comprendre la réelle disposition des véritables nécropoles à puits funéraires comme celles de Troussepoil, et qui surtout ont fait connaître l’existence, antérieurement ignorée, de gravures en graffiti sur os à l’époque gallo-romaine.
- Marcfx Baudouin.
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- LA NATURE.
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- MXGHINE A FAIRE LES JOINTS DE TUYAUX
- U s’agit spécialement des grasses canalisations de gaz ou d’eau, pour lesquelles on continue généralement de n’employer que le travail à la main, même quand il s’agit de canalisations d’un grand développement, où l’on pourrait avantageusement recourir au travail mécanique. L’ingénieuse machine qui le permet est d’origine américaine, nous l’avons vue du resta1 fonctionner en Angleterre. La partie principale en est constituée par une sorte de châssis flexible formé d’éléments articulés «pii jouent comme le rôle de chaînons; on peut donc, avec un nombre convenable d’éléments, entourer le plus volumineux tuyau d’une sorte de ceinture flexible ; celle-ci est du reste supportée par un certain nombre de rouleaux qui lui permettent de se déplacer, de glisser autour de la canalisation et suivant une circonférence concentrique. Parallèlement
- Machine à l'aire les joints île tuyaux.
- à l’axe de la conduite et entre les éléments extrêmes du chaînon qui se présente juste devant nos yeux, est fixée une sorte de chariot qui se prolonge vers la gauche sous la forme d’une fourche à trois doigts. Chacun de ces doigts porte un rouleau qui est susceptible de réglage, et qui vient porter, comme on le voit assez bien, contre la portion du tube de gauche formant collier en relief. D’autre part, sous le chariot que nous venons de signaler, et sans qu’on le puisse voir, est disposé un cylindre où se déplace un piston dont la tige se prolonge du côté du joint qu’il s’agit de garnir : elle comporte une tète où il est facile de monter tous les instruments nécessaires à ce garnissage ; un petit tube flexible amène l’air comprimé ou la vapeur nécessaire à la commande du piston, et par suite des outils, l’arrivée du fluide moteur étant naturellement contrôlée par une valve qui permet de mettre en mouvement ou, au contraire, d’arrêter les outils. Le piston se déplace dans le cylindre avec une vitesse considérable ; il donne jusqu’à des centaines de. coups à la minute, et cela est le plus souvent nécessaire pour le matage des substances, du plomb, etc., qu’on emploie à former et à rendre étanche le joint entre le collier dépendant du tuyau de gauche et le bout du tuyau de droite sur lequel il vient faire recouvrement. Quand donc on a mis le plomb, sans
- forcer, dans le logement ménagé sous ce recouvrement, on laisse arriver le fluide moteur dans le cvlindre, le piston se met à osciller rapidement, et l’outil qu’il porte bat et chasse à coup répétés le plomb dans le joint. Quand ce battage a été poussé assez loin sur un point de la circonférence du joint, et sans arrêter le martelage bien entendu, on peut faire tourner toute la ceinture, qui constitue comme le châssis de l’appareil, d’un certain angle autour du tuyau; l’outil à mater vient travailler sur un autre point, et, par des déplacements successifs, on chasse le plomb sur toute l’étendue du joint de la manière la plus effective et la plus rapide. On comprend le rôle des rouleaux, par l’intermédiaire desquels l’appareil porte sur la surface extérieure et cylindrique du tuyau, et aussi celui des trois petits galets montés au bout des doigts dont nous parlions tout à l’heure : ils viennent donner appui à l’appareil et empêcher qu’il n’ait tendance à s’écarter du joint sous la réaction des chocs du piston et de l’outil de matage. La rotation de la ceinture, autour de la canalisation, peut généralement se faire fort bien par la traction directe à la main ; mais on peut aussi disposer un mouvement à roehet qui facilite étrangement cette rotation. H. B.
- GAR ANCE ET A LIZA HINE
- NOTIONS BOTANIQUES --- APERÇU HISTORIQUE
- STATISTIQUE -- ROUGE UE GARANCE
- AI.IZAR1NE ARTIFICIELLE
- Il est dans l’ordre naturel des choses humaines d’être soumises à un changement continuel. A mesure que la connaissance s’accroît, les théories se précisent, les causes se dévoilent et l’homme, par ses elïbrls scientifiquement dirigés, se trouve conduit, au moyen de procédés plus simples et plus sûrs, à préparer certains produits que la nature, quelquefois parcimonieuse, lui mesurait avec trop de ménagement. Nous en avons la preuve tous les jours. Dans l’industrie, les exemples foisonnent. Témoin l’histoire, que nous allons rappeler, de la garance, remplacée par l’alizarine de synthèse.
- La garance est une plante vivace de la famille des ruhiacées (ruina tinctoria de Linné, tîg. 1), laquelle compte parmi ses représentants un certain nombre de végétaux possédant tous dans leurs racines des propriétés tinctoriales parfois très développées : rubia peregrina, en Orient; rubia mungista, au Bengale et au Japon ; rubia cordata, aux Indes ; rubia angustimma, en Chine; ntbia relbum, au Chili ; rubia hypocarpia, aux Antilles ; rubia lucida, dans l'Europe centrale et méridionale.
- Depuis fort longtemps, la garance était employée dans la teinture ; les Grecs l’appelaient erythrodanon, les Latins, varantia, puis rubia, les Celtes, ivaranche.
- La solidité de sa teinte et son éclat lui assurèrent un succès marchand considérable et elle devint la source d’un commerce des plus florissants. En France, Charlemagne protégea la culture de la garance qui prit un grand développement en Normandie (écarlate de Caen). Vers 1540, les Hollandais et les Flamands s’emparèrent de cette industrie qui finit par dispa-
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- LA NATURE.
- raitre complètement de la région normande. Après avoir été implantée en Hollande, puis en Silésie (1507) et en Alsace (1729), elle fit son apparition anx environs d’Avignon (1750) où un Arménien catholique, Johann Althen, essaya, mais vainement, de la cultiver; ce ne fut que sous Louis XVI, où un nouvel essai tenté, au moyen de graines de Chypre, donna des résultats tellement satisfaisants, qu’en 1789 la Provence vendait pour 152 000 livres de garance à l’Angleterre.
- Dès 1815, la réputation des régions provençale et languedocienne, pour la préparation du rouge de garance, était universelle.
- Ce fut en 1820 que Rohiquetet Colin extrayèrent, pour la première fois, le principe colorant de la garance, à l’état de pureté (alizarine). Jusqu’en 1808 Yalizarine végétale fut seule employée dans la teinture; à cette époque, deux chimistes allemands, Graebe et Liehermann, obtinrent Yalizarine par voie chimique. Leur découverte devait révolutionner cette industrie en permettant de préparer à volonté un produit plus pur et de prix moins élevé.
- Les producteurs de garance livrèrent une lutte désespérée aux fabricants d’alizarine, mais ne purent leur résister; les procédés chimiques, infiniment plus précis et de meilleur rendement, permettaient aux industriels de livrer l’alizarine à un prix que les producteurs de garance ne pouvaient atteindre sans annuler complètement leurs bénéfices.
- Le tableau suivant1 fera comprendre mieux que tous les développements les différentes phases de la crise dans laquelle devait succomber la culture de la garance :
- Récolte
- Alizarine dans le département Prix des 100 kg
- Années. en pâte Prix «lu kg. de Vaucluse et les de racine rosée
- — à 20 °|0 — pays limitrophes. d’Avignon.
- Tonnes. Francs. Tonnes. Francs.
- 1869 1 » » »
- 1870 20 34 19 500 76
- 18-71 100 32 15 850 80
- 1872 230 34 25 000 73
- 1873 300 12 23 150 55,20
- 1874 623 11 22 850 49
- 1873 630 9 21 000 39
- 1876 2 000 6 14 750 27
- 1877 4 000 4 7 000 22,60
- 1878 4 300 5 2 500 15
- 1881 4 300 4 500
- 1882 — 6
- 1888 — 2,25 —
- 1892 12 300 2,10
- 1893 — 1,95 — —
- Nous allons examiner succinctement les principaux 1 AVurtz. Dictionnaire (te chimie, 2e Suppl., t. IV, p. 473.
- procédés usités autrefois et aujourd’hui pour la préparation industrielle de l’alizarine.
- 1° Rouge de garance. — Les racines de garance étaient recueillies au bout de 18 mois, 2 ans et même 5 ans ; on les séchait à l’air et on les débarrassait de leurs radicelles (barhennes). Les racines ainsi épurées s’appelaient alizaris; on les séchait à nouveau, puis, au moyen de meules spéciales, elles étaient broyées et pulvérisées; la poudre de garance ainsi obtenue était mise en barriques et conservée pour les besoins. 100 kg de racines séchées à l’air donnaient en moyenne de 80 à 85 kg de poudre.
- Cel te poudre était généralement purifiée par lavages à l’eau légèrement acidulée, puis séchée (fleur de garance de Julian et Roquer de Sorgues, Vaucluse), ou bien on la soumettait à chaud à l’action des acides sulfurique ou chlorhydrique dilués (garancine, ga-ranceux, de Léonard Schwartz, de Mulhouse).
- L’extrait alcoolique de garancine, séché et pulvérisé, constituait la colorine (Lagier et Thomas; Girardin et Greley). La garancine, lavée et soumise à l’action de la vapeur d’eau surchauffée, s’appelait pincoffine. La laque de garance était une combinaison des principes colorants de la garance (alizarine, purpurine...) avec des sels basiques d’alumine.
- Jusqu’en 1869 ces produits ont été les seuls employés1.
- 2° Alizarine artificielle*. — L’alizarine artificielle dérive de Yanthracène, hydrocarbure extrait du goudron de houille qui en contient environ 0,5 pour 100. C’est en 1852 que Laurent et Dumas isolèrent l’anthracène des huiles lourdes de goudron de houille. En 1867, Graebe et Liehermann relièrent Yalizarine à Yanthracène en démontrant la formation de ce dernier dans la distillation de Yalizarine avec la poudre de zinc.
- Plus tard, ces memes chimistes réalisèrent la synthèse de l’alizarine en faisant agir le brome sur l’anthraquinone et en chauffant à 200° l’anthraqui-none bibromée avec de la potasse caustique. L’aliza-rate de potasse obtenu était ensuite décomposé par l’acide chlorhydrique qui précipitait l’alizarine. Ce procédé, qui a été le point de départ du procédé industriel, a été modifié de la façon suivante : On purifie d’abord l’anthracène par sublimation, puis on le transforme en anthraquinone en le soumettant
- 1 D'après Perkin, ce fut le 4 octobre 18G9 que fut mis en vente te premier échantillon (l’alizarine artificielle.
- 2 Le premier brevet pour la fabrication de l’alizarine artificielle a été pris par MM. Graebe et Liehermann, le 48 novembre 1868.
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- LA NATURE.
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- à l'action oxydante d’un mélange de bichromate de potasse et d’acide sulfurique. La réaction se fait dans des cuves en bois doublées de plomb et munies d’un agitateur mécanique (fîg. o).
- L’anthraquinone obtenue est puritiée en la traitant à 80l) par l’acide sulfurique à 06° Baume qui dissout les impuretés (phénanthrène, earbazol, aeridi-ne...), sans l’altérer. On décante, puis on débarrasse l’anthraquinone des dernières traces d’acide sulfurique, en la faisant bouillir avec du carbonate de soude. On la sublime ensuite dans un courant de vapeur d’eau surchauffée.
- On transforme alors l’anthraqui-none en acide an-thraquinone-ino-nosulfonique en la ehauïant vers 500° avec de l’acide sulfurique de densité 1,84, dans la proportion de 1 partie d’anthraquinone pour 5 parties d’acide sulfurique. On se sert pour effectuer cette réaction d’une chaudière en fonte à doubles parois, ainsi ([lie le représente la figure 2.
- On .neutralise ensuite le produit par le carbonate de chaux, on filtre et on précipite l’excès de chaux par le carbonate de soude.
- On filtre à nouveau, on évapore à sec la solution et on chauffe à 260° le résidu avec de la soude caustique et du chlorate de potasse; il ne reste plus qu’à décomposer par un acide l’aliza-rate de soude obtenu pour avoir l’alizarine. Pour que le produit soit bien homogène, on mélange dans un malaxeur les alizarines provenant de plusieurs opérations. Ce malaxeur (fig. 4) est constitué par un cylindre A dans lequel se meut, au moyen de l’engre-
- nage R, une hélice. En T, se trouve une trémie contenant les alizarines à mélanger; en R,une gouttière amène la pâte d’alizarine malaxée dans les lïits d’expédition.
- Les alizarines commerciales sont des mélanges d’alizarine proprement dite, de flavo d’anlhrapurpu-
- rine et de pur-p u ri ne ; elles contiennent en moyenne 'de 10 à 50 pour 100 de principes colorants, plus rarement 50 j). 100. Elles se présentent sous l’aspect de pâtes Uuides de couleur d’ocre jaune.
- Les marques employées sont excessivement nombreuses, presque toutes sont des pâtes trèshumides; l’usage des pâtes [dus sèches et des poudres étant peu répandu à cause des complications de manipulation qu'entraîne leur mise en œuvre. Nous ne pouvons terminer cette courte monographie sans citer une particularité intéressante s’attachant à l’histoire de la garance. La racine de garance est légèrement tonique, apéritive et passe, dans certaines campagnes, pour être d’un excellent secours contre les faiblesses du corps; aussi, les habitants tiennent-ils beaucoup à porter des flanelles teintes en ronge de garance. Aujourd’hui, bien que cette teinture soit toute chimique et s’effectue sans le concours de la plante, la superstition est restée : nous en avons eu la preuve; les flanelles teintes en rouge d’alizarine continuent d’être les plus saines, les plus hygiéniques.
- G. Louai eux.
- Fig. 2. — Chaudière à sulfoconjugaison. Fig. 3. — Cuve à oxydation.
- Fig. i. — Malaxeur d’alizarine.
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- Sur un poison «l'épreuve. — M. l'almaus a signalé, il y a quelque temps, un nouveau poison d’épreuve •employé par certains naturels et (pii est constitué par une écorce d’arbre : le bokunku, de la famille des mimo-sacées; réduit en poudre, [mis humecté d’eau, il est appliqué en pâte sur l’œil du coupable présumé. La superstition veut que, si l’indigène est coupable, l’œil soit perdu. Cette écorce, épuisée successivement par l’éther, l’alcool et l’eau, laisse dissoudre dans l’alcool un produit, de la nature des saponines, que l’on peut précipiter de sa dissolution par l’éther. On obtient de la sorte une matière se recouvrant à l’air d’un enduit brillant, de couleur acajou, foncé de consistance visqueuse, et qui produit sur l’œil d’un cobaye une réaction physiologique intense, après un contact de dix minutes.
- Mur rabsor|»<ion (le l'azott* par le manganèse. — Jusqu’ici, on ne connaissait que peu de substances métalliques capables de fixer directement l’azote. Le lithium, métal alcalin, se combine à l’azote, même à froid; M. Moissan avait aussi combiné de même ce gaz à chaud et à froid avec le calcium; enfin avec le magnésium au rouge, l’absorption est aussi très énergique. Un savant russe, M. Lidof, vient de constater que, dans le groupe de métaux analogues : fer, chrome, aluminium, manganèse, ce dernier est le seul qui absorbe assez bien l’azote à haute température. Le manganèse chauffé absorbe aussi énergiquement d’autres gaz contenant de l’azote, notamment le cyanogène.
- l.a décomposition «lu caoutchouc. — Le
- caoutchouc est actuellement à l’ordre du jour, par suite de la consommation énorme qu’en font les fabriques de pneumatiques pour bicyclettes, voitures, automobiles, etc. Aussi les chimistes cherchent-ils à en approfondir la constitution, dans le but, lointain sans doute, mais abordable, d’en réaliser la synthèse. Quelques jalons ont été posés dans ce sens. On a trouvé notamment que le caoutchouc [tara, traité par l’acide nitrique, donne un dérivé nitré, qui serait un acide dinitro-dihydrocinnamique identique à celui obtenu en traitant de la même façon le sesqui-terpène Ul5ll-4, ce (pii tendrait à montrer la présence de ce terpène dans le caoutchouc.
- La production «lu platine dans le monde. —
- Alors que les mines du monde donnent annuellement bien près de 500 000 kg de ce métal précieux qu’on appelle l’or, la production totale du platine ne dépasse pas six à sept tonnes !
- Locomotiv«‘ à chan«lièr«‘ aquatii biliaire. —
- Il s’agit d’une tentative faite par M. Robert sur le réseau P.-L.-M. algérien, et (pii semble donner de bons résultats pratiques. On a été amené à essayer des tubes d’eau par suite de la mauvaise qualité des eaux d’alimentation, qui entraîne de redoutables entartrages. Le nouveau générateur a la forme classique, mais il est fait, comme pour les torpilleurs, de coffres cylindriques réunis par des tubes vaporisateurs et des tubes de retour d’eau ; d’autres tubes vaporisateurs juxtaposés forment les parois longitudinales du foyer. .
- Reconstruction d'un théâtre pendant les représentations. — Du moins les représentations quotidiennes n’ont-elles pas été interrompues. 11 s’agissait du casino Maipu, à Buenos-Ayrcs, que l’on a agrandi en
- changeant complètement l’orientation de la scène et des galeries. Plusieurs murs ont été repris en sous-œuvre, on a reconstruit complètement le gros mur de scène, et cela, comme nous le disions, sans que l’on cessât un seul jour les représentations.
- Rues bétonnées. — Voici [tour remplacer les divers types de pavage : un ingénieur du service municipal de Richemond, aux États-Unis, a imaginé de constituer la chaussée des rues de deux couches de béton séparées par un carton goudronné, et posées sur une couche de gravier. Le prix de revient ne dépasse pas 9 francs du mètre carré, et ce revêtement résiste à une circulation intense.
- Le record «lu «lragag«*. — Vous demandons pardon de ce mot, qui s’est introduit maintenant dans le langage courant. Ce record nous semble tenu pour l’instant par la drague suceuse qu’a construite récemment la maison Schiehau pour le port de Wilhemshaven. Elle n’a pas moins de 80 mètres de long, son tube aspirateur peut descendre à '25 mètres, et elle enlève, en terrain meuble, 5000m3 à l’heure!
- Vl(!(i[<[cs al teintes jiar 1rs liaühtns-somles. —
- On n’estime pas à moins de '24 070 mètres et de 10 750 mètres les altitudes atteintes en septembre dernier par des ballons-sondes lancés à Strasbourg et à Pavlosk. U’est la première fois que des hauteurs si considérables sont atteintes : le plus souvent les ballons-sondes ne s’élèvent guère au-dessus de 10 000 à 15 000 mètres. Il y a lieu d’ailleurs de tenir en doute l’exactitude ou tout au moins la rigueur des chiffres ci-dessus : ils proviennent en effet, non de l’observation directe ou de calculs trigonomé-triques, mais des indications fournies par les instruments qu’ils emportent ; or, ceux-ci, excellents pour les altitudes moyennes, sont beaucoup plus sujets à caution au-delà. H n’en est pas moins vrai que les hauteurs atteintes sont absolument en dehors de l’ordinaire.
- lue ile nouvelle au Japon. — Une île nouvelle qui a reçu le nom de Nushima s’est formée entre le 14 novembre 1904 et le ‘2 janvier 1905 au sud du Japon, près des îles lvo et Bonnin. Le début de la formation a été marqué par des explosions violentes et continues, suivies de nuages de fumée noire et blanche (pii sortaient de la mer. L’île apparut le 5 décembre et continua, à grandir pendant un mois. Elle mesure 5 kilomètres de circonférence et 160 mètres d’élévation moyenne au-dessus de la surface de la mer ; elle possède un lac d’eau bouillante dans sa partie nord. Les premiers explorateurs (pii la visitèrent s’empressèrent d’y planter une perche et un drapeau, et tracèrent sur une [lierre : « Terre nouvelle. Appartient au Japon. »
- L*in<lits(rie «les voyageurs en Norvège. — Depuis une vingtaine d’années, la Norvège est devenue un des principaux buts de voyage d’agrément en Europe, et aujourd’hui ses fjords font une sérieuse concurrence aux .. glacicrs-tlc-la-Sukti&^-Aussi-bâm^. après l’agriculturô et les pêcheries, l’industrie des voyageurs est-elle une des principales sources de profit de ce pays. Dans ces conditions, le Bureau central statistique de Norvège a eu l’excellente idée de dénombrer, comme les importations et les exportations, les touristes étrangers qui visitent chaque année le pays du soleil de minuit. Alors qu’en 1880 l’effectif de ces voyageurs ne s’élevait pas au-dessus de 14 500, en 1902 il est monté à 20 8'27. Dans cette statistique, les Suédois tiennent le premier rang avec un effectif de 0241, ensuite viennent les Anglais (6118), puis
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- les Allemands (5002). Les habitudes sédentaires des Français se manifestent dans ce dénombrement; il ne relève en effet la présence que de 506 de nos compatriotes. Pour héberger ces étrangers, il existe en Norvège 1010 hôtels. 642 de ces établissements sur lesquels le bureau statistique a obtenu les renseignements nécessaires ont une valeur de 46,6 millions de francs. Le « Journal du Bureau central de statistique du royaume de Norvège », auquel nous empruntons ces renseignements, ne fournit aucune indication sur les sommes probables laissées dans le pays par les étrangers. En évaluant à 500 fr. la dépense de chaque voyageur, ce qui est un minimum, on arrive à un total de 10,4 millionsde francs, certainement très inférieur au chiffre vrai. Peut-être même n’est-il pas exagéré d’évaluer à 20 millions de francs l’apport d’argent effectué par les touristes au profit de la Norvège, la moitié de ce que rapportent les pêcheries.
- Les divers aciers et leurs emplois. — Aujourd’hui qu’on sait fabriquer scientifiquement l’acier, ou plutôt des aciers ayant des teneurs variées, on ne doit pas manquer d’employer tel acier pour l’usage auquel il s’appliquera le mieux. C’est ainsi que, suivant M. Gledhill, de la maison Armstrong, l’acier au creuset ordinaire, contenant 1,50 pour 100 de carbone, est fait pour les petits outils à planer et à tourner, les rasoirs, les instruments de chirurgie, les mèches; l’acier à 1,15 pour 100 sera la matière première indiquée pour les grosses machines à tourner, à planer, à mortaiser, les couteaux, alésoirs et outils à graver ; pour les grands couteaux circulaires, les gros alésoirs ou grosses mèches, les tarauds ordinaires, les matrices, de l’acier à 0,90; de l’acier à 0,80 pour les ciseaux, les gros tarauds, les petites cisailles; du métal à 0,75 de carbone pour fabriquer les marteaux, les mèches de mineurs, les coins de monnaies, les outils de forgeron, les poinçons; enfin de l'acier à 0,65 pour les bouterolles, les chassoirs, etc.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 juin 1905. — Présidence de M. Troost.
- La prochaine éclipse de soleil. — M. \V. de Fon-vielle rappelle qu’en 1898 un physicien anglais a mis à profit l’éclipse de soleil «visible dans l’Inde pour opérer des mesures actiiiométriques. Le déficit de chaleur dispersée a pu ainsi être rapporté à la portion du disque éclipsé. Il y aurait lieu de répéter ces expériences intéressantes lors de la prochaine éclipse.
- Cavernes de Belgique. — M. Albert Gaudry présente une Note de M. Martel expliquant, à propos de la grotte de Roche fort en Belgique, que la plupart des abîmes et points d’absorption des eaux ont été, à l’origine, des pertes d’anciens écoulements à des niveaux bien supérieurs à ceux des vallées actuelles. 11 se confirme de plus en plus que les gouffres ou puits naturels sont la cause et non ïeffet du creusement des cavernes; ils ont été, en général, creusés de haut en bas, avant les grottes, par la pénétration des eaux, et non pas de bas en haut (sauf dans un cas sur dix environ) par l’effondrement des voûtes de cavernes préexistantes.
- Préparation de corps nouveau. — MM. II. Moissan et Lebeau rappellent qu’ils ont obtenu un nouveau corps en faisant réagir l’acide azotique sur un excès de fluor, le fluorure d’azotyle : sa réaction a lieu avec flamme et l’on condense le produit en un corps solide â — 180°. Par une
- distillation fractionnée à — 8(1°, on sépare l’excès de fluor et l’on obtient le fluorure d’azotyle pur. Ce gaz est très actif; il se combine à froid, en développant une vive incandescence, au silicium, au bore, au phosphore, à l’arsenic, à l’antimoine. Inerte vis-à-vis du soufre fondu, il déplace l’iode dans les iodures. 11 décompose l’eau à la température ordinaire en donnant de l’acide azotique et de l’acide fluorhydrique. 11 est dissocié par le fer à la température du rouge sombre. La détermination de sa densité jointe au dosage du fluor et de l’azote ont permis d’établir sa formule chimique.
- Ethnographie de. l’Inde. — M. Edmond Perrier résume une Note de M. Lapique relative aux groupes ethniques qui gravitent autour des parias de l’Inde. l)e ses études, l’auteur conclut qu’il y a eu une race ancienne divisée à un moment donné en deux castes : les propriétaires et les prolétaires. La première a été acceptée par les Hindous, la seconde a été rejetée vers la région montagneuse. Ges hommes, qui sont noirs, à cheveux frisés et non crépus, ne ressemblent pas du tout aux indigènes des îles Andaman.
- Constitution géologique du Maroc. — M. de Lappa-rent expose que M. Gentil, de la mission Segonzac, a pu, grâce à sa connaissance approfondie de la langue arabe, opérer la traversée du Haut-Atlas sous le méridien de Demnat, à 100 kilomètres à l’est de Marrakech. 11 y a rencontré des schistes dans lesquels il a pu recueillir en quelques minutes plusieurs échantillons de graptolithes. Ainsi le silurien supérieur, récemment reconnu dans le Tidikelt, se prolonge jusqu’au Maroc.
- Radiothérapie. — M. Lippmann décrit un appareil de M. Contremoulins, destiné à la radiothérapie, dérivant de celui présenté en 1902 par M. Marey au nom du même inventeur. On sait combien l’emploi des rayons X à l'exploration du corps humain exige de prudence; l’appareil imaginé a pour objet de fournir des indications qualitatives et quantitatives au sujet des rayons X employés.
- Attribution d’une bourse de voyage. — La Société royale de Londres’ invite l’Académie à décerner une bourse de voyage fondée à l’aide du reliquat des fonds réunis pour élever un monument au physicien Joule. Le montant de cette bourse est de 2500 francs répartis en deux années.
- Décès. — M. le Président annonce le décès de M. J. l'in-gard, chef du secrétariat et agent spécial de l’Institut, et exprime les regrets de l’Académie. Ch. de Villedeuil.
- LE PREMIER OMNIBUS AUTOMOBILE
- PARISIEN *
- L’automobilisme fait tache d’huile. Après s’ètrc essayé sans grand succès _ jusqu’à présent sur les voitures de place, les voitures de livraison, les camions, les canots, voici qu’il tente de s’emparer des omnibus parisiens. C’est un gros morceau à avaler pour une branche de l’automobilisme qui, en France, a fait encore si peu de progrès. Les poids lourds ne sont pas, en effet, très en honneur chez nous ; souhaitons que le désir d’accaparer une nouvelle clientèle ait engagé nos constructeurs à faire un effort sérieux.
- 1 Voy. n° 1571, du 4 juillet 1903, p. 79.
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- LA N AT U HE.
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- Plusieurs maisons seront représentées aux essais d’omnibus automobiles ; la compagnie a accepté toutes les offres de châssis qui lui ont été faites. M. Serpollet a été le premier prêt et déjà son omnibus circule dans Paris, sans effectuer un service public, toutefois; les voyageurs qu’il transporte sont des employés de la compagnie évidemment très heureux d’ètre transformés en paisibles promeneurs.
- Disons un mot du châssis. Les longerons sont faits en acier profilé très résistant ; à l’avant sont placés : le moteur à vapeur de 40 chevaux et la chaudière construite en tubes dans lesquels s’opère la transformation de l’eau en vapeur. Le moteur est trop connu pour que nous nous y arrêtions; quant à la chaudière elle est chauffée par des brûleurs alimentés avec des huiles lourdes de goudron. Un système d’alimentation spécial, imaginé l’an dernier par M. Serpollet, permet de proportionner la chaleur fournie au générateur à la quantité d’eau débitée par la pompe alimentaire; par conséquent,plus le moteur demande de vapeur, plus la chaudière reçoit d’eau et de combustible. Cette distribution proportionnelle s’effectue par l’intermédiaire d’un petit cheval alimentaire placé sur le coté du châssis. Il convient également d’attirer l’attention sur la suppression du changement de vitesse, appareil lourd et encombrant qui, dans les voitures à pétrole, demeure encore un organe indispensable malgré les inconvénients qu’il rassemble. Le mouvement est donc transmis directement du moteur au différentiel et, de là, par des chaînes, aux roues arrière.
- Cet omnibus présente encore une autre particularité intéressante à signaler. On ne sera pas peu surpris de voir le conducteur occuper le siège de gauche de la banquette avant, alors que, dans tous les véhicules, il est toujours à droite. C’est là une idée nouvelle née de l’observation. Les automobiles étant animées d’une vitesse supérieure à celle des voitures à traction animale sont appelées à dépasser ces dernières sur les chaussées. Or tous les véhicules tiennent toujours leur droite; de son siège, également
- placé à droite, le chauffeur ne peut apercevoir une voiture venant en sens inverse lorsqu’il se trouve derrière celle qu’il veut dépasser, et, au moment où il forcera le pas, il risquera une collision. C’est dans le but d’éviter ce danger que la direction du nouvel omnibus a été placée à gauche ; le conducteur pourra ainsi s’assurer en tout temps si la route est libre ou non.
- Une réforme aussi radicale du système de traction devait entraîner aussi celle de la carrosserie, fin réalité cette dernière est peu importante, néanmoins elle comblera d’aise les voyageurs de l’impériale qui trouveront enfin, à leur étage, un dais supporté par des colounettes constituant un abri contre la pluie et le soleil. La voiture contient 50 places, non compris celles du receveur et du conducteur; elle est donc en tous points semblable, comme dimensions, aux voitures actuelles à deux chevaux. En ordre de marche, à vide, elle pèse 5500 kg ; en pleine charge ce poids atteindra près de 6000 kg. Les essais vont se poursuivre pendant un mois ; les ingénieurs de la Compagnie Générale des Omnibus pourront aisément se rendre compte du fonctionnement d u moteur, de la dépense kilométrique, et voir en même temps s'il n’y aurait pas lieu d’apporter certaines modifications aux conditions actuelles de l’exploitation.
- D’autres omnibus équipés avec des moteurs à explosion vont ensuite se présenter à ce concours pratique. Espérons que plusieurs, sinon tous, seront capables de résoudre cet intéressant problème du transport en commun, cela pour le plus grand bien de la population parisienne et, en même temps, dans l’intérêt de l’automobilisme. Si l’expérience réussit nous aurons obtenu la démocratisation du nouveau mode de locomotion ; c’en sera fait de la jeune aristocratie que le moteur à explosions avait créée. Nous devions en arriver là. Lucien Fournier.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Laiilt.e, rue de Fkurus, 9-
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- .V J 0 7 5.
- 1er JUILLET 1905.
- LA NATURE.
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- LES TURBINES A VAPEUR A ESSEN
- CWESTPHAL1E)
- Tout récemment1, notre collaborateur, M. P. de Mériel, définissait nettement le rôle que pouvaient jouer les turbines à vapeur dans l’industrie et les avantages qui en résultaient au point de vue du rendement.
- Voici un nouvel exemple d’installation très intéressant. Deux turbines à vapeur de 10 000 chevaux (7560 kilowatts) doivent être disposées dans la station centrale d’Essen (Westphalie) par la Société Brown Boveri et Ciede Mannheim. La première de ces turbines a été livrée et mise en place; la deuxième ne tardera pas à être définitivement fixée.
- La figure ci-dessous donne une vue d’ensemble de la turbine. An premier plan, à gauche, se trouve le
- mécanisme de la machine qui est monocylindrique et peut donner une puissance de 10000 chevaux. Elle commande directement d’abord un alternateur à courants triphasés de 5000 kilowatts à 5000 volts, et ensuite une dynamo à courants continus ainsi que l’excitatrice nécessaire aux deux machines.
- La vitesse angulaire de l’ensemble est de 1000 tours par minute. La longueur totale est de 19,65 mètres, dont 9,40 mètres pour la turbine proprement dite, y compris les paliers et le mécanisme de réglage, 5,84 mètres pour l’alternateur et 4,59 mètres pour la dynamo à courant continu.
- Le poids de la t urbine est de 107 000 kilogrammes et celui de l’ensemble 190 000 kilogrammes. La
- Turbine à vapeur, système Brown, Boveri-Parsons, de 10000 chevaux, commandant directement à la vitesse angulaire de 1000 tours par minute un alternateur à courants triphasés de 5000 kilowatts (7500 chevaux) à 5000 volts et à 50 périodes par seconde, une dynamo à courants continus de 1500 kilowatts (2250 chevaux) à 600 volts, et l’excitatrice.
- plaque de fondation a une largeur de 2,50 mètres avec un maximum de 5,20 mètres à l’endroit où se trouve la distribution. La partie supérieure du bâti de l’alternateur est à 4 mètres au-dessus du sol.
- Une machine, comme nous le disions plus haut, est déjà installée ; mais les essais de rendement et de consommation n’ont pas encore été faits. On peut présumer déjà les chiffres qui seront réalisés en se basant sur les résultats obtenus à Milan et à Francfort avec les turbines de puissance moindre. La garantie donnée est de 6,9 kilogrammes de vapeur par kilowatt-heure utile. Ce chiffre ne sera certainement pas dépassé; la turbine présente elle-même un excellent rendement, ainsi que les deux autres machines électriques et la commande est directe. Dans ces conditions, avec une consommation de vapeur
- * Voy. xi0 1670, du 27 mai 1905, p. 415.
- 33e année. — Ie semestre.
- qui atteindra probablement 6 kilogrammes par kilowatt-heure, on pourra produire l’énergie électrique très économiquement et la transmettre à faible distance. Il est facile de réduire les frais de production dans de grandes proportions ; la transmission à faible distance et la transformation en une basse tension sont obtenues avec des dépenses peu élevées. On arrive ainsi à résoudre le problème de la distribution de l’énergie électrique dans l’intérieur des villes, en installant à quelque distance une usine à haute tension et en effectuant la transformation dans l’intérieur de la ville.
- Nous pourrons, du reste, bientôt examiner et apprécier les turbines dont nous venons de parler, car des modèles semblables doivent être utilisés dans une grande usine centrale de distribution qui s’installe à Saint-Denis (Seine). J. Laffargue.
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- LA A AT LUE.
- (H)
- PAPIER D’ÉTAIN ET PAPIER D’ALIMINIUM
- Il existe une foule d’induslries et de commerces, alimentaires principalement, qui font constamment usage pour leurs emballages de ce qu’on nomme le papier d'étain. Mais, outre les papiers entièrement métalliques, il est bon de l’appeler qu’on utilise également des papiers véritables, sur lesquels on se contente de déposer une toute petite couche d’étain, comme par exemple cela se fait pour les paquets de chicorée : ces papiers sont loin de présenter la même étanchéité et d’assurer une aussi bonne protection contre l’humidité que les feuilles entièrement métalliques.
- Pour les uns, la fabrication s’effectue en appliquant sur du papier, à l’aide d’une solution gommée, une poussière d’étain extrêmement fine; la préparation de cette poudre n’est pas elle-même fort compliquée. On commence par fondre l’étain à une température aussi basse que possible, puis on l’agite fortement tandis qu’il se refroidit et jusqu’à ce qu’il le soit complètement : on recueille ainsi de la poussière et des grenailles, on isole facilement celles-ci, et on met le reste en suspension dans de l’eau pour séparer les parties les plus ténues, qui sont rendues adhérentes à la feuille de papier par la gomme qui sèche. Il ne reste plus qu’à soumettre à un laminage pour obtenir le lustre voulu. Quant au véritable papier d’étain, il est le résultat d’un laminage ou d’un martelage (à l’instar de l’or battu). Par suite de la facilité avec laquelle l’étain fond et se solidifie, il est assez aisé de le couler en feuilles relativement minces. On recourt pour cela au dispositif que voici : au-dessus d’un cylindre de bois, de 2 mètres environ de diamètre et lm,50 de long, placé horizontalement, et recouvert d’une enveloppe de feutre sur toute sa surface, est une auge en prisme triangulaire dont une des arêtes coïncide avec une des génératrices du cylindre, et qui présente une ouverture linéaire étroite. Si l’on verse dans l’auge de l’étain fondu à une température un peu supérieure à son point de fusion, et que, grâce à une manivelle, l’on fasse tourner le cylindre à une vitesse convenable, l’étain se répandra à la surface du feutre en une couche uniforme, et, en se solidifiant, il formera une feuille qui se détachera sans aucune difficulté de son support. Les feuilles ainsi obtenues sont bien de grandes dimensions, mais il faut encore régulariser leur épaisseur au moyen d’un martelage qui peut se pousser extrêmement loin, surtout quand on veut faire du paillon d’étain. Pour exécuter ce martelage, on met une feuille métallique entre ceux autres plus épaisses, le choc du marteau se transmet à la feuille de l’intérieur sans qu’aucune déchirure puisse se produire. Si l’on ne tient pas à atteindre une faible épaisseur, on peut recourir au laminage pour traiter l’étain, et même préparer des feuilles composites où du plomb est pris entre deux épaisseurs d’étain. Notons enfin que le battage au marteau donne des feuilles métalliques si minces qu’on les colle souvent sur du papier pour préparer un papier analogue à celui dont nous parlions tout à l’heure.
- Mais si grands que soient les services rendus par l’étain, il a le fort de coûter assez cher, et d’être souvent additionné d’une certaine quantité de plomb, nuisible encore une fois à la santé des consommateurs. Il serait donc important de Irouver un succédané de l’étain ne présentant par ces inconvénients, et offrant pourtant la même souplesse et la même continuité après réduction à l’état de feuille très mince.
- On semble sur le point de résoudre le problème avec les feuilles d’aluminium ou les papiers proprement dits métal-
- lisés à l’aluminium; et l’un des membres les plus distingués du Conseil d’Hygiène de la Seine, M. Riclié, a étudié de très près la question. Ces papiers (en entendant le mot au sens le plus large) se fabriquent maintenant industriellement, et ils ont pu être analysés par le Laboratoire Municipal de Paris : ils ne contiennent ni arsenic, ni autres métaux toxiques, et l’impureté principale de la poudre d’aluminium servant à la métallisation est uniquement de l’alumine, matière inoffensive. Le papier d’aluminium pur pèse 35 grammes par mètre carré, et les papiers métallisés en renferment d’un gramme à un gramme et demi par mètre.
- Ces papiers se fabriquent au moyen de parchemin artificiel sur lecpiel on étend une légère couche d’une solution de résine dans des alcools et des éthers; on évapore ceux-ci, puis on chauffe de manière à faire prendre la poudre d’aluminium qu’on laissera tomber sur la surface préparée. 11 suffit ensuite d’un laminage pour assurer une adhérence complète. Quant aux feuilles d’aluminium pur, qui étaient d’abord raides et dures, on les obtient actuellement par une combinaison très heureuse de laminage et de battage ; cette opération se fait simultanément sur un grand nombre de feuilles, finalement il y en a 5000 superposées, dont l’épaisseur unitaire descend à près d’un centième de millimètre.
- Et comme ce papier d’aluminium est aussi souple que le papier d’étain, qu’il est moins perméable à l’air que ce dernier, qu’il peut être considéré comme absolument sans danger au point de vue hygiénique, il est très probable que nous allons assister à la disparition graduelle de ce papier d’étain qu’a connu notre enfance. Henry Bougeois.
- APPAREIL DU Dr BRAUER-DRAEGER
- TOUR OPÉRATIONS 1NTR A-THORACIQUES
- Nos poumons sont contenus dans la cage thoracique qui est étanche; pendant notre inspiration, le thorax se dilate, les poumons se distendent ; il se forme, par suite de leur dilatation, un minimum de pression à l’intérieur. Si la houche et le nez sonf libres, l’air entre dans les poumons par suite de la différence de pression entre l’air extérieur et intérieur. En pratiquant une ouverture de la cage thoracique, l’air extérieur pénètre dans la cavité pleurale, cette différence de pression n’existe plus et le poumon reste inactif, il s'affaisse. C’est ce qu’on nomme un pneumo-thorax. Si ce pneumo-thorax est d’un côté seulement, l’homme peut continuer à respirer avec l’autre poumon. Pour enlever des tumeurs du médiastin le chirurgien voudrait dans quelques cas inciser les plèvres des deux côtés — ceci ne pouvait se faire jusqu’à ce jour, car il y avait double pneumothorax et le patient étouffait instantanément.
- On a cherché depuis longtemps à éviter le pneumothorax. Les Brs Tuffier et llallion ont tâché de résoudre cefte question en pratiquant, sur des animaux, avec succès, la respiration artificielle par insufflation d’après la méthode de Claude Bernard, tandis qu’en même temps, les 1)IS Quénu et Longuet cherchaient la solution du problème dans le maintien d’une différence de pression entre l’air intra-alvéolaire et l'air ambiant. Deux moyens se présentaient à leur esprit : 1° diminuer la pression extra-thoracique,
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- LA NATlHL.
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- la tension inlra-pulmonaire restant la même. 11 eût fallu alors que le chirurgien opérât dans un vide relatif; 2° augmenter la pression intra-bronchique, pour que cette pression applique constamment, pendant l’acte opératoire, la séreuse du poumon contre la fenêtre pratiquée à la cage thoracique. La question en était restée là.
- Dernièrement un allemand, le I)r Sauerbrueh, a maintenu cette différence de pression en plaçant le corps du malade dans une chambre à air rarélié laissant la tête au dehors de cette chambre, sous la pression atmosphérique normale.
- Il fallait ([ue les opérateurs s’enfermassent dans cette chambre et subissent la diminution de la pression d'air. Le chloroformisateur restant en dehors, l’opérateur ne pouvait communiquer avec lui que par téléphone, ce qui était très compliqué. Ln [dus cette chambre est volumineuse, guère transportable, elle pèse 5000 kg environ, et coûte 5000 francs.
- Sauerbrueh a lui-même eu l’idée de renverser la pression, c’est-à-dire de laisser le corps du malade sous la pression atmosphérique normale et de placer sa tète seule avec le narcotiseur dans une cage à air comprimé. Mais tandis que lui-même n’avait pas grande confiance dans ce procédé, le Dr Brauer, de Marburg, qui a eu simultanément cette même idée, en a poursuivi la réalisation et l’a obtenue au moyen d’un appareil fort ingénieux, qui emprisonne la tète seulement du malade dans une cage en verre, tandis que l'opérateur et le chloroformisateur restant en dehors, ne sont aucunement incommodés et peuvent communiquer'ensemble, comme pour toutes les opérations.
- L’appareil du I)r Brauer se compose de deux parties :
- 1° L’appareil pour la chloroformisation du D' Rolh-Draeger, basé sur mon appareil à courant d’oxygène réglé, qui a été décrit ici même’.
- 2° L’appareil du Dr Brauer proprement dit, à respiration d’air comprimé.
- L’appareil pour la chloroformisation permet de donner goutte par goutte, lentement et progressivement, le chloroforme mélangé avec beaucoup d’air et d’oxygène pour parer aux dangers du chloroforme. Son principe consiste à employer la force vive de l’oxygène, qui s’échappe d’une bouteille dans laquelle il est comprimé à 150 kgpar cm2, pour aspirer, au travers d’un compte-gouttes, le chloroforme contenu dans un llacon indépendant, et pour l’enlrainer dans un sac en baudruche, formant une sorte de réservoir d'où le malade prend le gaz qu’il respire. Une vis de réglage, placée sur le compte-gouttes, mesure le débit de chloroforme à la minute. On commence la narcose en administrant au malade 30 à 45 gouttes par minute; en 8 ou 10 minutes la narcose est généralement atteinte et il est très facile de réduire au minimum le nombre de gouttes qu’il faut pour entretenir la narcose jusqu’au bout sans la moindre alerte. Les malades dorment tous d’un sommeil 1 Yoy. n° 1619, du 4 juin 1904, p. 14.
- régulier. Aucun ne donne [dus la moindre inquiétude, aucun n’est soumis aux tractions de la langue, aussi, l’Assistance 'Publique s’est-elle empressée de placer l'appareil dans la plupart des hôpitaux de Paris.
- 11 n'est (jne juste de se souvenir que l’idée des mélanges titrés sur laquelle est basé cet appareil, revient à Paul Bert. Ce savant a démontré que l'on pouvait tuer en quelques minutes un animal avec 10 gr. de chloroforme contenus dans 50 litres d’air, tandis que l’on peut donner sans danger 40 gr. de chloroforme si les vapeurs dégagées par ces 40 gr. ne sont absorbées que mélangées à 400 litres d’air1. Un appareil volumineux, une sorte de gazomètre dans lequel on préparait d’avance ce mélange titré de chloroforme et d’air, fut expérimenté à l’hôpital Saint-Louis, puis perfectionné par Raphaël Dubois et néanmoins peu après complètement abandonné.
- Ce n’est qu’il y a trois ans, donc vingt ans plus tard, qu’un appareil basé sur ce principe fut imaginé par le l)r Wohlgemuth, de Berlin, sans donner des résultats pratiques, jusqu’au moment où le IK Iloth, de Lubeck, le perfectionna.
- L’appareil de Roth fut bientôt suivi en Angleterre de l’appareil Yernon d’Harcourt, par lequel le malade respire de l’air à travers un vase à chloroforme. Selon la quantité plus ou moins grande d’air qu’on laisse passer, on peut donner un mélange plus ou moins saturé de chloroforme. A Paris, les l)rs Reynier, Ricard, Tuilier ont construit des appareils semblables. Ce n’est que maintenant que les chirurgiens commencent à renoncer à l’usage de la compresse anti-physiologique si dangereuse, en somme, puisqu’on compte un mort sur 2000 narcoses.
- Trop souvent on a mis sur le compte de l’impureté du chloroforme ou de l’idiosyncrasie du malade, les accidents graves, qui, au fond, ne relevaient que de la manière défectueuse dont le chloroforme était administré, car, si l’on verse sur une compresse du chloroforme sans compter les gouttes, empiriquement, un peu au hasard, et si cette compresse est trop appliquée sur la bouche et le nez du malade , il se peut que le chloroforme se trouve sous cette compresse à une tension effrayante et sature le sang, de sorte que les cellules nerveuses peuvent être impressionnées et des alertes, voire même des morts se produire. C’est la raison pour laquelle Paul Bert a conseillé de donner au malade les vapeurs de chloroforme diluées dans l’air, comme le fait l’appareil Roth-Draeger.
- Quant à l’appareil du D* Brauer proprement dit, il consiste en une cage en verre d’une forme cubique et d’une capacité d’environ 50 litres ; une ouverture permet l’introduction de la tète du malade déjà chloroformé ; à cet effet, on couvre la tète d’une sorte de capuchon en caoutchouc emboîtant la nuque et le cou et laissant libres les yeux, le nez et la
- 1 Yoy. n° 613, du 28 février 1883, p. 194, cl h» 616, du 21 mars 1885, p. 241.
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- bouche; ce capuchon a la plus grande analogie avec la coi 11 ure appelée « passe-montagne » ; la partie autour du cou est iixée par un ruban sur l’anneau de l'ouverture de la cage, de sorte que le cou n’est aucunement serré. Laçage est munie d’un couvercle vitré mobile, qu’on ferme au moment de l’ouverture du thorax. Pour avoir la pression d’air nécessaire, on lait fonctionner une pompe rotatoire qui refoule l'air, non directement dans la cage en verre, mais dans un grand soufilet qui forme réservoir et par lequel la pression est parfaitement réglée et maintenue absolument constante. 800 litres d’air circulent ainsi par minute à travers la cage pour garantir une ventilation suffisante, le trop-plein d’air ainsi que
- l’air expiré s'en vont par une énorme soupape à expiration1. Deux ouvertures sur les parois latérales de la cage permettent au narcotiseur d’introduire les deux bras.
- Au cours de cette manœuvre, aucune communication ne peut avoir lieu avec l’air extérieur grâce à de longs gants eii caoutchouc, fixés sur les anneaux de ces ouvertures dans lesquels s’engagent les mains du chloroformisateur. Il y a meme une troisième ouverture, également fermée par un long gant, qui permet l’intervention d'un assistant en cas d’alerte.
- L’avantage de l’appareil, dont l'herméticité est assurée, consiste surtout en ce fait que la respiration du patient se maintient calme et constante pendant
- L'appareil du Dr Brauer-Draeger dans une opération iiitra-thoracique.
- toute la durée de l’opération et dans des conditions parfaites au point de vue de l’hématose. Le manomètre demeure invariablement à 10 centimètres de pression d’eau. Le réde capital dans le réglage de la pression est joué par une soupape Rraeger, qui consiste en une plaque en métal reposant sur un niveau d’eau, et dont la résistance est réglable au moyeu d'un curseur se déplaçant sur un axe passant par son centre et permettant d’opposer à la force élastique de l’air expiré une autre force qu’on peut faire varier à volonté.
- Pour pouvoir associer h l’appareil Brauer l’appareil à chloroformisation de Roth, il a fallu placer le réservoir en baudruche, dont le malade aspire le mélange de chloroforme et d'oxygène, sous une cloche en verre communiquant avec la cage à air comprimé
- pour (pie la pression reste égale dans les deux milieux.
- Lorsque j’eus connaissance de cet appareil, qui donnait sur des animaux des résultats satisfaisants, je priai le professeur Rrauer de bien vouloir le présenter au professeur Tuflîer, qui pratiqua la semaine dernière à l’hôpital Beaujon, grâce à cet appareil, avec plein succès, trois opérations intrathoraciques. L’appareil n’étant ni très volumineux ni trop lourd (il ne pèse que 300 kg) ni trop coûteux, nous sommes convaincus qu’il rendra de très grands services dans les cas qui nécessitent l’ouverture de la cage thoracique. I)r Guglielmixetti.
- 1 Sur notre dessin ligure lin grand réservoir d'eau formant soupape à eau, qui vient d'être remplacé avantageusement par une grande soupape en métal.
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- LÀ PRETENDUE DISPARITION DE LA BALEINE
- Voici Lien longtemps que l’on s’en va répétant et écrivant que la haleine peut être considérée comme une chose du passé. Ces appréciations pessimistes sont encore un peu prématurées, en ce sens que la pêche à la haleine se pratique toujours de façon intense dans bien des régions. En Norvège notamment, elle a une telle importance que, pour des raisons (pie nous expliquerons tout à l'heure, elle a entraîné de vraies émeutes dans la population, en apparence si calme, des pêcheurs.
- Dans le monde entier, les pêcheries de haleines produisent annuellement 12 millions de litres d’huile, huile de lard de haleine proprement dite ou huile
- de spermaceti; sur ce total, les États-Unis en donnent 3 millions, la Norvège 3600000, le reste, provenant d’Ecosse, de Russie, du Japon, de Terre-Neuve, nous entendons des navires armés par ces pays et faisant la pèche dans des parages plus ou moins voisins. Néanmoins, la pêche à la haleine a perdu de son activité, mais cela tient pour une lionne part h ce fait que la demande d’huile de haleine a sensiblement diminué elle-même.
- Les chiffres que nous avons donnés tout à l’heure montrent que les Etats-Unis se livrent encore fort activement à la chasse du cétaeé, eu employant ces petits canons qui lancent le harpon du pont même
- Dépeçage d’une baleine.
- du baleinier, sans faire courir aux équipages les dangers auxquels il fallait s’exposer quand le harpon était lancé .à bras. D'après les dernières statistiques que nous avons en main, la flotte baleinière de la confédération comprend 8 steamers, 18 voiliers gréés en bricks ou en barques et 12 schooners, représentant ensemble un tonnage de 8400 tonneaux ; ils se livrent à la pêche à la fois dans l’Atlantique et dans le Pacifique nord ou arctique. Nous devons dire qu’ils ne se contentent pas de poursuivre la haleine proprement dite, haleine franche, mais qu’ils s’attaquent au cachalot et aussi à certains animaux de plus petite taille, susceptibles de fournir néanmoins du lard et de l’huile. Et, à ce propos, il est bon de faire remarquer que si l’huile se vend beaucoup moins bien que jadis, par contre les fanons de baleine sont de plus
- en plus demandés ; ce sont eux qui permettent réellement à cette industrie de s'exercer fructueusement. Ce qui n’empêche point du reste les armements à la haleine d’être bien moins importants que jadis aux Etats-Unis; à une certaine époque, cette flotte spéciale comprenait plus de 700 unités.
- Si nous jetons un coup d’œil sur l’industrie analogue norvégienne (qui nous intéresse plus particulièrement par suite des circonstances auxquelles nous avons fait allusion tout à l’heure), nous voyons qu'en 1899 elle disposait, pour la pêche delà haleine rostrée, de 53 navires, dont 5 vapeurs, jaugeant ensemble 4840 tonneaux et portant 820 hommes, dont 101 tireurs; le résultat de la chasse avait ,élé de 1716 haleines tuées et ayant fourni 15500 fûts d’huile, pour une valeur de 750000 francs; en
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- Laponie, 25 steamers jaugeant 646 tonneaux et portant 504 hommes, dont 25 tireurs, avaient capturé 1225 haleines et recueilli 57900 fûts d'huile; pour la haleine d'Islande, on avait armé 21 steamers dont les captures s'élevèrent à 796 animaux, produisant 5460 fûts d'huile; enfin, aux Féroe, on comptait 5 steamers, 118 haleines prises et 4980 fûts d’huile.
- Nous pouvons comparer avec ces chiffres quelques-uns de ceux qui nous ont été fournis pour la dernière campagne : pour la haleine de Laponie, la pèche a été exercée par 20 vapeurs et 584 hommes ; on Islande, on trouve 50 vapeurs et 864 hommes d'équipage, enfin 7 vapeurs et 159 pécheurs aux Féroe. Les captures ont été respectivement de 1505, 718 et 509 haleines.
- Nous n’avons pas besoin de dire que les Norvégiens, eux non plus, ne se livrent pas uniquement à la capture de la haleine franche ; et c'est meme un Norvégien, Foyn, de Tônsberg, qui eut l’idée du harpon spécial lancé par un canon, dont nous laissions pressentir les avantages, et qui seul permit de se livrer efficacement à la chasse des balénoptères. (Test qu’en effet, ceux-ci, au contraire des haleines franches, qui flottent après leur mort, coulent à pic lorsqu'ils ont été tués; et il ne fallait pas songer à les relever ensuite et à les Irainer jusqu’à un point où pût se faire le dépeçage avec les canots « baleinières » d’où on lançait l’ancien harpon à main. Le harpon moderne Fmn, dont la pointe est souvent formée par un obus éclatant dans le corps du malheureux animal, entraîne avec lui (telles les lignes des canons porte-amarres) une forte corde lovée «à l’intérieur du navire d’où se fait le tir. Et quand l’animal meurt sur le coup, ou au bout d’une lutte plus ou moins longue, s’efforçant d'entraîner le petit vapeur qui fait machine en arrière pour l’épuiser plus vite, on peut, par les moyens mécaniques dont on dispose, le haler le long du bord du bateau; ainsi soutenu, il sera conduit vers une grève où on l’échouera pour le dépecer. Le lard est débité en énormes morceaux qui sont déposés, par un treuil, dans une chaudière à double fond chauffée à la vapeur ; un balénoptère moyen donne environ 17 hectolitres d’huile brute, valant quelque 40 francs l’hectolitre, et 150 à 200 francs de fanons. Généralement un vapeur effectue une quarantaine de prises dans son année.
- Mais nous n'avons pas indiqué encore comment cette industrie, assez pacifique en réalité malgré l'usage qu’elle fait du canon, a pu amener de vraies émeutes en Norvège. C’est sur les cotes du Finmark, la province norvégienne la plus septentrionale, que ces curieux événements se sont produits. Depuis une quarantaine d’années s’y pratique la pêche de la baleine; depuis 40 ans aussi les habitants du littoral, qui se livrent à la pêche du hareng et de la morue, affirment que la poursuite des cétacés amène la ruine de leur industrie : ils prétendent établir là une relation de cause à effet, et il est certain que l’observation pure et simple des faits semblerait justifier leur
- théorie. Disons que c’est l’invention de Foyn qui permet de chasser activement la baleine sur les cotes du Finmark, où se rencontraient précisément ces balénoptères dont nous avons conté les difficultés de capture. De 1864 à 1877, Foyn exploita seul ces eaux, après avoir dépensé des sommes considérables pour mettre au point son invention; mais depuis lors les entreprises de pèche se multiplièrent, et, en 1887, on comptait quelque 20 Compagnies lui faisant fructueusement concurrence. Dès 1875, les pêcheurs locaux affirmaient que les détonations des canons à harpon effrayaient les poissons ordinaires, qu’ils fuyaient également devant les matières grasses se répandant sur l'eau autour des établissements de dépeçage. En 1874, le gouvernement chargea un professeur d’étudier la question, et ses conclusions furent opposées aux affirmations des habitants; en 1879, le même expert revint et ne put trouver aucune raison justifiant cette prétention que la chasse à la baleine fait fuir harengs et morues vers d’autres parages; néanmoins, en 1880, le Parlement interdit la pèche de la baleine du Ier janvier au 51 mai, durant cinq années, dans les eaux territoriales norvégiennes.
- Cette loi a d’ailleurs été prorogée jusqu’en 1890, pour donner satisfaction partielle aux pêcheurs, qui ne voyaient pas remonter le rendement de la pèche du hareng et de la morue ; on aurait pu tout aussi bien conclure à l’abrogation d’un texte qui ne donnait aucun résultat. Depuis lors, la lutte a continué, et elle a eu pour conséquence de faire étendre à une autre portion du littoral l’interdiction établie par la loi de 1880. Et nous serions volontiers de l'avis du savant professeur Iljort qui estime que, si les pêcheries du Finmark donnent beaucoup moins qu'autre-fois, la faute n’en est pas aux baleiniers, mais bien à la routine que les habitants de ce littoral conservent dans leurs procédés de pêche, des pêcheurs du Sud venant leur faire concurrence dans leurs eaux avec des engins modernes et perfectionnés ; sans compter que les bancs de harengs et de morues se déplacent de temps à autre, tout comme les bancs de sardines. Les populations ne furent pas satisfaites «pi on critiquât leur apathie, et elles envoyèrent au gouvernement une députation demandant l'interdiction de la pêche de la baleine durant 50 ans ! Et comme on leur refusait cette mesure draconienne, des troubles éclatèrent en 1905, des stations de baleiniers et de sociétés baleinières furent saccagées.
- Malheureusement, le Parlement a fait acte de faiblesse, en accordant aux émeutiers une loi qui interdit toute pêche à la baleine sur le littoral de Finmark durant 10 années. C’est renoncer à une importante source de richesse, et sans aucune compensation ; car les pêcheurs de Finmark vont demeurer fidèlement, plus fidèlement que jamais, attachés à leurs antiques procédés de pêche, et ils verront un peu tard qu’ils ont ruiné leur voisin sans que cela leur apporte la richesse. Pierre de Mériee.
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- L A N A TU R F.
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- LE MONT ARGÉE (CAPPADOCE)
- ET LA MÉTROPHOTOGRAPHIE
- La métrophotographie (photogrammétrie, phototopographie) a surtout pour objet le lever des plans topographiques et celui des édifices, la construction des cartes et, en général, la restitution des dimensions
- de tous les objets, plus ou moins éloignés, altérées par la perspective. J’en ai expliqué le principe, exposé l’historique, donné les méthodes, décrit les instruments (photothéodotite, photogrammètre, perspectographe, perspeet.omètre,stéréocomparateur, etc. )et montré les immenses avantages dans le 2e volume (1re et 2e parties) de mon ouvrage « Recherches sur les instruments, les méthodes, le dessin topogra-
- phique1 ». Je n’entends point résumer à nouveau ici ce qui concerne les inappréciables avantages de procédés qui sont désormais de pratique courante, quoique trop peu répandus en France : c’est, donc seulement pour insister une lois de plus sur l’intérêt qu’il y aurait à les adopter définitivement que je vais signaler un travail tout récent, exceptionnellement remarquable, qui constitue une des plus
- 1 Paris. Gauthier-Yillars, 3 vol. 1898, 1901 et 1903.
- éclatantes démonstrations de la portée de la métro-photographie.
- Il s’agit de la construction d’une carte, à l'échelle de jôfôôo dont la partie principale, réduite au 106000e, est ici reproduite (fig. 2), du mont Argée, en Cappadoce : les éléments en ont été recueillis en deux mois, juin et juillet 1902, par M. le I)r Arnold Penther, de Vienne, chargé par son gouvernement d’une mission zoologique dans cette partie de l’Asie Mineure. La difficulté du voyage en cette inhospita-
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- LA NATURE
- Fig. 2. — Carte (lu mont Argée à l’échelle de 1/106000.
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- I A NATURE,
- Hère contrée aurait entravé tout travail géodésique I cartographie en question est duc uniquement à l’initie plus longue haleine. L’œuvre si intéressante de | tiativc du chef de la mission qui y était préparé par
- Fi". 5. — Le inoiii Argon. Vue prise de la station Kel'elik.
- Fig. i. — Vue prise de la station Ciilbat.
- Fig. 5 -- Vue prise de la station Lifos.
- ses relations avec l'Institut géographique militaire de f méthode photographique est eu honneur dans ce Vienne. On sait, en effet, que depuis longtemps la | grand établissement qui en a tiré des chefs-d’œuvre
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- LA NATURE.
- cartographiques au y» ô-rô dans la région des Alpes-Crientales(Dolomitiques, Dachstein, etc.).
- Le mont Argée est un volcan éteint couronné par un glacier dont le point culminant atteindrait 4000m, d’après Y Annuaire du Bureau de longitudes. Le I)1' Penther a réduit cette altitude à 5850'" sur sa carte, mais il reconnaît aujourd’hui qu’elle devrait être reportée à 5905'".
- La surface montagneuse reconnue et représentée sur la carte (lig. 2) est de 600 km2 à 700 km2. La plaine environnante est à une altitude moyenne relativement faihle, de 1 KM)"1 à 1200'". Il a fallu un effort considérable pour réunir, en si peu de temps, et en s’occupant d’autres recherches, les matériaux nécessaires à la construction de cette carte.
- Les instruments dont s’est servi le I)1 Penther étaient des plus simples :
- 1° Une chambre noire ordinaire de 21 lmm,5 de distance focale, munie des organes les plus indispensables pour rendre l’axe optique horizontal et l’élever ou l’abaisser, au besoin, par rapport à la plaque sensible, enfin pour faire tourner l’appareil autour d’un axe vertical. Le champ de l’objectif dépassait à peine 50°; il fallait donc 12 vues pour faire un tour d’horizon ;
- 2° Un petit théodolite qui donnait pour les angles une approximation de 15" sur le cercle vertical et de 20" sur le cercle horizontal ;
- 5° Un ruban de toile armé de fi 1s métalliques de 50'" de longueur ;
- 4° Peux boussoles dont les indications, troublées le plus souvent par l’action des roches volcaniques sur l’aiguille aimantée, ont pu être rarement utilisées ;
- 5° Un baromètre anéroïde;
- 6° Peux thermomètres ébullioscopiques pour déterminer les altitudes ;
- 7° Peux thermomètres ordinaires.
- Une hase de 1200'" de longueur ayant été mesurée dans le voisinage de la petite ville d’Evcrek, située à 55 km au sud de Kaisarie (Césarée), c’est-à-dire à l’autre extrémité du massif de la montagne, on a procédé au choix des stations d’où l'on devait prendre les vues photographiques et, comme la plupart se trouvèrent très avantageusement situées sur des cônes adventifs de l’ancien volcan, on a pu en général y relever des tours d’horizon complets. On a visé sur toutes celles que l’on découvrait et sur d’autres points remarquables, et l’ona mesuré les angles horizontaux et les angles verticaux, ces derniers pour calculer les différences de niveau.
- Après le retour à Tienne, grâce au soin avec lequel avait été tenu le registre des observations, sans prendre la peine de calculer les triangles, on a tracé immédiatement les angles horizontaux sur le papier, au moyen d’un rapporteur de 0m,50 de diamètre muni d’une règle tournant autour du centre, désignée sous le nom de transporteur. C’est ainsi qu’a été obtenu le réseau des 50 stations photographiques, par cinq intersections concordantes, et de 566 autres points visés, par trois intersections jugées
- satisfaisantes. Tous les autres points ont été déterminés en projection et leurs altitudes calculées, d’après les photographies, au nombre total de 271.
- Ces derniers points sont d’ailleurs généralement vérifiables, leurs images étant bien reconnaissables sur trois épreuves au moins, comme on peut s’en rendre compte en regardant attentivement celles que nous avons reproduites ci-dessus (fig. 5, 4 et 5).
- M. le colonel baron von Hübl, chef de la section technique de l’Institut 1. R. d’Autriche-Hongrie, (pii m’a fait l’honneur de m’adresser cette carte accompagnée de plusieurs des photographies qui ont servi à la construire, appelle tout particulièrement l’attention sur le nombre restreint des épreuves, eu égard à l’étendue du lever, et sur cette circonstance, si avantageuse pour les savants voyageurs qui ne sauraient ou ne pourraient pas trouver le temps de dessiner la carte, que, grâce à la collaboration d’habiles professionnels, exercés à la lecture des vues photographiées, ce travail peut être entrepris partout et en tout temps.
- Cette méthode, si simple des intersections, n’est pas la seule dont dispose la métrophotographie.
- Il en est une autre dite des parallaxes, plus nouvelle et plus délicate, dont la description m entraînerait à de trop techniques longueurs, et qui a été très heureusement appliquée, d’abord en Allemagne par l’inventeur de l'instrument approprié (Stéréo-comparateur), M. le Ur C. Pulfrich, d’Iéna, [mis en Autriche-Hongrie par M. le colonel von Hübl et enfin au Gap de Honne-Espéranee, par un autre ingénieux inventeur, M. Fourcade.
- Trop modestement, M. le I)r Penther, et son collaborateur M. Ignace Tschamler, signalent eux-mêmes les légères imperfections devenues insensibles sur une carte à l’échelle de yoi0o, où les courbes de niveau sont seulement figuratives, car les nombreuses cotes d’altitude qui y sont inscrites ne sont exactes qu’à ±:20m près, indépendamment de l’incertitude du repère de Césarée; ce repère, coté 1065™, d’après 15 observations barométriques ou thermo-hypsométriques, par M. le Dr Penther, a été trouvé, depuis, égal à 1140'" par les ingénieurs du chemin de fer d’Anatolie grâce à un nivellement trigonométrique, conduit depuis le bord de la mer, et naturellement beaucoup plus précis.
- L’orientation de la carte a été déterminée avec soin par l’observation de l’un des passages de la polaire au méridien, en un point du plateau situé à l'ouest de Derbent, dans la région médiane de la montagne ; mais, faute de chronomètres, il n a pas été possible de chercher à obtenir des positions géographiques pour les comparer à celles des explorateurs précédents.
- La carte au ^00 est supérieurement gravée dans le système de la lumière oblique, comme en témoigne notre reproduction. J’ajoute que rien qu’en substituant un objectif grand angulaire à celui de 50° d’amplitude, on eût gagné beaucoup de temps en réduisant le nombre des diverses photographies.
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- LA N A TU RL.
- Assurément un assez grand nombre de nos compatriotes, IV Gustave Le Bon, commandant Legros, Ld. Monet, J. et H. Yallot, Gazes, etc., ont déjà employé et quelques-uns continuent à employer la méthode photographique avec beaucoup de succès; mais il n'est pas moins à désirer que ces bonnes volontés ne l’estent pas isolées et que nos services publics ne paraissent pas demeurer étrangers à un mouvement qui se manifeste, jusque chez les nations les [dus éloignées.
- Ainsi on me permettra sans doute de signaler l'usage que les Japonais ont fait de la métrophoto-grapliie, en Corée, pour construire des cartes alors qu’ils supposaient avoir à y soutenir la guerre1 et ([u ils continuent à la pratiquer très activement en Mandchourie.
- Les Russes aussi, et depuis dix ans au moins, ont employé très habilement la méthode dans 1e, Service des voies de communication, où la métrophotogra-phieest devenue usuelle. Déjà antérieurement, grâce au zèle et au talent de plusieurs membres de l’Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg elle-même MM. Tschernyschelf, le prince Galitzyne et d’autres, les mêmes méthodes avaient été largement mises à prolit dans deux missions célèbres, l’une à la Nouvelle-Zemble et l’autre au Spilzberg.
- Pour convaincre les incrédules, si l’espace ne nous taisait pas défaut, nous pourrions (fîg. 1 ) reproduire de nombreux spécimens des résultats obtenus dans les dillérents pays. Nous nous contenterons d'en donner un, emprunté aux derniers et magnifiques levers exécutés au Canada sous la haute direction de M. Ed. Deville, arpenteur général du Dominion, dans des conditions analogues à celles qui ont été décrites par M. le D1' Penlher. On reconnaîtra, nous l’espérons, qu’il serait impossible de faire mieux par les procédés dits réguliers, lesquels exigent un temps beaucoup [dus considérable et deviennent même impraticables dans les hautes altitudes, où la méthode photographique s’applique, au contraire, merveilleusement. Le fragment, reproduit ci-dessus (lig. 1), des glaciers de Dawson Range, dans les Monts Selkirk, en témoigne éloquemment. On sait d’ailleurs que les levés photogrammétriques de l’Alaska sont devenus depuis longtemps classiques et, justement admirés. 11 y a lieu d’espérer que la France, qui en fut l’initiatrice, ne tardera pas davantage à entrer résolument dans cette voie féconde.
- Colonel Laussedat,
- Membre fie l’Institut.
- L’ÉLIMINATOIRE FRANÇAISE
- POUR LA COUPE GORDOX-REXXETT
- Nous avons précédemment indiqué2 le parcours de l’épreuve éliminatoire du 16 juin dernier, destinée à désigner parmi 24 concurrents inscrits les trois qui doivent, représenter la France dans la course internationale du 5 courant.
- 1 Yoy. n° 43 de La Photographie française, octobre 1904.
- 2 Yoy. n° 1667, du 6 mai 1905, page 363.
- Deux voitures Richard-Brasier, celles de Théry et Caillois, et une voiture de Diétrich, celle de Duray, ont remporté la victoire après une lutte facontée par tous les quotidiens. Le gagnant Théry a couvert les 547 km du parcours en 7h 5im iùs 1/5, avec la vitesse moyenne de 72 km à l’heure, magnifique sur un parcours aussi dur, bien que de beaucoup inférieure aux 100 km réalisés par de Crawliez sur le billard du circuit des Ardennes belges.
- Notre figure 1 représente la vérification du poids réglementaire, fixé à un maximum de 1000 kg ( 1007 pour les voitures avec magnéto). Signalons que-la maison Darracq s’était volontairement tenue loin en dessous de ce maximum ; ses voitures ne pesaient que 750 kg. Leur constructeur pensait que sur une route montagneuse, difficile, où les coups de freins et les démarrages brusques seraient fréquents, une voiture légère exigerait de moindres variations de force vive et fatiguerait moins ses pneus : de fait, une de ces voitures parut un moment l’emporter, et ne fut finalement battue que de 15 minutes, uniquement peut-être par la faute de ses pneumatiques.
- Il faut dire quelques mots de ces nécessaires mais décevants accessoires. Dans les courses, les coups de frein, les démarrages font patiner le pneu dans le sens de sa marche, les virages le font, déraper transversalement. Il en résulte chaque fois unéehauffement. du caoutchouc et de l’air, un cisaillement des talons de l'enveloppe, un arrachement de sa surface de roulement qui ont tôt fait de le mettre hors de service. Aussi le plus étonnant est-il non pas que les concurrents subissent de nombreuses crevaisons, mais bien (]ue leurs [meus puissent résister si longtemps avant de crever. Cette fragilité du pneumatique lui donne une importance exagérée dans ces épreuves de long parcours. Fn principe, la meilleure voiture doit gagner; en fait, c’est celle qui a le plus de chànce et le moins de crevaisons qui l’emporte, toutes les voitures engagées étant pour la plupart suffisamment robustes et rapides pour escompter la victoire.
- Or celte année les différences de temps qui séparent, les cinq premiers sont seulement de 8, 1, 5, 8 minutes. Reut-on affirmer que le classement n’a subi aucune modification par la faute du pneumatique’?
- Au point de vue des dispositions générales du châssis, l’empattement reste voisin de 2m,70, et la voie de :lm,55. Les Darracq et la C. G. Y. de Girardot seules s’écartaient sensiblement de ces données, étant plus courtes et plus larges.
- D’une année à l’autre le progrès se réduit surtout à une diminution de poids de la boite des vitesses, qui permet une augmentation simultanée de poids et de puissance du moteur. 11 en résulterait un déplacement du centre de gravité de la voiture vers l’avant, si l’on ne ramenait pas le moteur un peu plus vers l’arrière chaque année. On arrive ainsi à maintenir 500 kg sur l’essieu avant et 750 à 800 kg sur l’essieu arrière, en tenant compte des 250 à 500 kg qui représentent les deux conducteurs, l’essence
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- LA NATURE.
- (jusqu’à 140 litres dans le réservoir), les outils, ete. Quant à la puissance du moteur, deux écoles rivales disputent encore s'il faut, sur des routes dures, pousser celle-ci à l’extrême limite ou au contraire la restreindre volontairement.
- Plus le moteur est puissant, disent les uns, plus on va vite. Les autres répondent qu’un plus petit moteur fatigue moins un châssis qui, d’autre part, peut être plus lourd, c’est-à-dire plus robuste et plus rigide : on produit moins de puissance, mais on en
- respectives des moteurs, puissance à peu près proportionnelle au carré de l’alésage du cylindre, la vitesse du piston restant dans tous en course voisine de 6 à 7 mètres à la seconde. La course du piston n’a d’autre importance que de fixer le nombre de tours du moteur, nombre d'autant plus grand qu’elle est [dus petite.
- Quel que soit leur rang dans le classement, il est établi (jue les voitures de course actuelles sont robustes et durables : toutes avaient parcouru nombre de fois le circuit et couvert des milliers de kilomètres avant l’épreuve. Cependant, c’est le moteur surtout qui est inusable ; les transmissions et les roues ont été maintes fois réparées ou changées; le moteur reste, prouvant ainsi quelle confiance on peut avoir dans ces engins qui souvent ne pèsent pas 4 kg par cheval.
- Quelques mots sur les voitures gagnantes : Le moteur Brasier (comme celui de Diétrich ) est à quatre cylindres fondus par paires, ce qui permet de n’avoir (pie trois paliers et un moteur plus léger; le carburateur à double gicleur, donnant deux jets obliques qui s’écra-
- Fig. 1. — Voiture Richard-Brazier montée par Théry.
- dissipe moins en chocs, usure des paliers et des pneus et l’on gagne en régularité de marche sur un parcours difficile ce qu’on perd en vitesse pure.
- Paris-Vienne et les Ardennes l’an dernier donnèrent raison aux derniers ; cette année la conclusion est moins claire : les Brasier avaient une puissance moyenne, Duray le plus puissant moteur mais si l’on considère aussi les performances de ceux qui serrèrent de près la victoire, on voit que les Darracq, les Renault, la C. G. V., toutes de faible puissance, restèrent plus longtemps en course que les voilures à gros engins, les Clément, les llotehkiss, les Gobron, etc.
- Nous donnons1 quelques chiffres sur les puissances
- * Los courses de pistous ne figurent qu'à titre de renseignement ; les marques sont rangées par ordre d’alésage croissant (ordre des puissances maxima de chaque moteur).
- MARQUE ALESAGE COURSE
- Renault frères. . . 150 150
- Darracq . . . 150 110
- Automolo . . . 150 150
- Richard Brasier . . . 160 150
- C. G. V . . 160 160
- l’anhard Levassor. . . . ... 170 170
- Gobron (8 pistons) . . . ... 120 220
- Bayard Clément .... ... 180 150
- llotehkiss . . . . 185 160
- Diétrich . . . . 190 150
- Fig. 2. — Voiture de Diétrich montée par Duray.
- sent l’un sur l’autre ; refroidissement assuré par thermosiphon et allumage par magnéto à basse tension avec rupteur mécanique; embrayage à cône garni de cuir avec un verrou empêchant le patinage en marche. La Diétrich possède le même allumage que la Brasier et un refroidissement avec-pompe de circulation; embrayage du type classique à cône et changement de vitesse à deux trains baladeurs.
- Les voitures les plus originales sont les Renault et
- C. G. V.
- Comme le montre notre figure 4, le châssis des
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- LÀ NATURE.
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- Renault, placé sous les essieux, rapproche du sol le centre de gravité, augmentant ainsi la stabilité, et ménageant les pneus, en écartant moins du plan moyen dans les virages la résultante
- Fig. 3. — Vue de l’essieit arrière de la voiture C. G. V.
- lesquelles l'essieu arrière peut se déplacer sans que le cardan qui le joint au changement de vitesse subisse de variations de longueur. L'essieu supporte le
- oblique de la force centrifuge et de la pesanteur.
- La voiture C. R. V. Girardot présente une disposition très nouvelle peut-être destinée h un grand avenir. Le châssis porte deux glissières courbes dans
- Fig. i. — Vue du châssis cl moteur de la voilure lieuaull.
- châssis par l’intermédiaire simultané de petits ressorts à boudin placés dans les glissières et de deux longs ressorts h lames encastrés par un bout dans
- Fig. 5. — Opération du pesage d’une voilure.
- le châssis et fixés de l’autre à l'essieu par une biel-lette. La disposition adoptée par Girardot, à l’imitation peut-être des chemins de fer où elle est générale, présente un grand avantage : ainsi tenu, l’essieu ne peut subir d'autre déplacement que dans le sens
- vertical et tout glissement transversal lui est interdit à l’encontre de ce qui a lieu avec le ressort ordinaire qui se déforme tant dans les virages.
- Léo Robiüa.
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- LA NATURE.
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- LA NEIGE VÉGÉTALE À PARIS
- fendant les jours orageux du mois de juin de cette année, on a constaté avec étonnement la chute, par averses, de petits flocons blancs qui, dans Paris et dans sa banlieue, donnaient l’impression d’une chute de neige telle qu’on en pratique artificiellement au théâtre. L’air en était parsemé; d’épais tapis s’en étendirent sur les routes et sur les gazons des parcs.
- D’où provenait cette neige extraordinaire?
- On prétendit, tout d’abord, tant le Japon est dans les préoccupations, qu’il s’agissait de graines de peupliers du Japon emportées dans l’espace par quelque cyclone après avoir été arrachées dans de lointaines plantations. L’explication des laits, moins singulière, nous a été très obligeamment donnée par M. Charles Ballet, l’éminent horticulteur de Troyes.
- Ces averses de flocons de « neige végétale » proviennent des fleurs femelles du Peuplier de Virginie (populns Virginia na, ou monolifera). Cet arbre, dont le type femelle, originaire du Canada, fut importé en France, en 1760, par l’explorateur André Michaux et dont le type mâle vint de l’Amérique du Aon! en 1772, trois ans plus tard, produit de petits chatons soyeux que la filature ne peut utiliser en raison de leurs courts filaments. Ces chatons sont à ce point nombreux que les prairies envahies de cette façon sont loin de donner à la fauehaison une bonne récolte de fourrage. Peut-être une culture sélectionnée, en allongeant les filaments, pourrait-elle fournir une matière première textile? Mais on ne l’a point entreprise encore.
- Par contre, le bois de ces plants de peupliers féminins est tout à fait excellent.
- En tout état de cause, pourquoi y a-t-il eu, pendant l’été de 1905, tant de « neige végétale » à Paris?
- C’est que la Ville de Paris a boisé une partie des berges de la Seine avec des plants à flocons qui, parvenus à une certaine maturité, devaient être grands producteurs des soyeuses graines. Ce peuplier américain a donné d’ailleurs, par le semis et la dispersion de ses chatons, quelques formes nouvelles en Europe que l’on nomme Peuplier régénéré, Eucalyptus de Maintenon, cordifolia carolin (qu’il ne faut pas confondre avec le Peuplier de Caroline à grosses feuilles). C’est l’espèce la plus cultivée en France sous le nom de « Peuplier de Suisse ». Le peuplier blanc de Hollande (populus alba) présente les mêmes organes que le Peuplier de Virginie, c’est-à-dire, chaton mâle glabre et cbaton femelle allongé et cotonneux ; mais le peuplier blanc de Hollande est relativement rare dans la région de Paris: ce sont bien des flocons de neige de Virginie qui ont neigé dans l’atmosphère de Paris en 1905. *•- Max de Naksouty.
- CHRONIQUE
- Profondeur d'eau et vitesse des navires. —
- De nouveaux essais dont a rendu compte M. Leslie C. Lambert, viennent confirmer ce que nous avons déjà dit à ce propos. Sur la Tyne, par exemple, on a constaté que, en passant d’une profondeur de 8 brasses à une profondeur de 20, un même navire (dans l’espèce un contre-torpilleur) voyait sa vitesse augmenter d’un demi-nœud. D’autres résultats comparatifs ont même été encore plus caractéristiques.
- Une forme de radoul» de 480 mètres. —
- Un vient de construire à Liverpool deux formes de
- radoub énormes pour caréner et réparer les transatlantiques monstres déjà mis à l’eau ou que l’on s’apprête à construire. L’une, celle du Brockebank Dock, a 2-44 mètres de long ; mais elle est dépassée de beaucoup par la forme du Canada Doek, la plus grande du monde à l’heure actuelle, et qui a 280 mètres de long pour plus de 28 mètres de largeur à l’entrée.
- La valeur comparative des désinfeetanls médicaux. — Elle résulte d’expériences faites par M. le Dr II. Vincent sur les germes redoutables que contiennent les expectorations des tuberculeux : la chaleur est évidemment l’idéal, mais l’application en est malaisée dans les maisons particulières, où les agents chimiques sont beaucoup plus commodes. Les substances coagulant les matières albuminoïdes doivent être totalement écartées, et un contact pendant plusieurs heures avec des sulfates ferreux ou ferriques, du chlorure de zinc, du bichlorure de mercure, de l’acide phénique, ne donne guère de résultats, sauf peut-être avec le crésyl. L’huile lourde de bouille, la chaux et la potasse sont insuffisantes. Les agents les plus actifs seraient le lysol à 10 pour 100, l’hypo-chlorite de chaux à 20 pour 100, et surtout la soude à 101 pour 100.
- ——
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 juin 1905. — Présidence de M. Troost.
- Reproduction amplifiée des sons. — M. Dussaut! décrit un nouveau procédé d’amplification des sons. Les paroles, chants, airs de musique, prononcés ou joués devant l’appareil, servent à transformer le son puissant et uniforme d’une membrane ébranlée régulièrement par un moteur, eu sons musicaux et paroles identiques aux originaux, mais d’une intensité illimitée qui ne dépend que de la puissance du moteur et de la membrane. La puissance de l’amplification dépend de la grandeur des surfaces de frottement, de leur substance, des enduits qui les recouvrent et de leur pression.
- Le goudronnage des routes. — M. Lannelongue dépose une Note de M. Franco* dans laquelle l’auteur fait connaître que pour obtenir la cohésion des matériaux du macadam, il convient de répandre sur eux du goudron de houille auquel on met le feu. L’expérience a permis de constater qu’après 16 ans d’usage, une route ainsi traitée avait conservé une carapace de 5 centimètres et demi d’épaisseur, quoique moyennement fréquentée. Donc, par son procédé, suppression de la poussière et large réduction des travaux d’entretien.
- Origine des éolithes. — M. A. Gaudry présente une Note de M. Marcellin Boule relative à l’origine des éolithes. Il s’agit de corps qui ont provoqué de nombreuses discussions sans que l’accord se soit fait sur leur origine. Ce sont des cailloux à entailles que l’on suppose être des retouches faites par l’homme. Or, comme ils se trouvent non seulement dans le quaternaire, mais encore dans le tertiaire, il en résulterait que l’homme aurait vécu à l’époque du ternaire. M. Boule a été conduit avec M. Car-tailhac et M. l’abbé Obermeier, par M. Laville, préparateur au Collège de France, dans une usine sise à Guervillc, près de Mantes, où l’on fabrique du ciment. Ce produit est obtenu en soumettant à la rotation, dans une cuve, un mélange de craie et d’argile plastique pendant un nombre d’heures assez élevé. Les matériaux employés renferment des fragments de silex qui, à la fin de l’opé-
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- LA X AT LUE.
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- ration, présentent pour la plupart tous les caractères des éolithes. On trouve des percuteurs, des perceurs, des rabots, etc. Les conséquences de cette constatation sont considérables puisque l’origine purement mécanique des éolithes, sous l’action des forces naturelles, paraît en résulter clairement. Dès lors, les conséquences tirées de la présence des éolithes dans le tertiaire s’écroulent.
- Figures d’animaux sur des parois rocheuses. —
- M. A. Gaudrv présente ensuite une Note de MM. Capitan, Breuil et Peyrony, relative à des figurations du lion et de l’ours des cavernes ainsi que du rhinocéros sur les parois de grottes, par les hommes de l’époque du renne. Les auteurs ont découvert et signalé de nombreuses ligures gravées ou peintes sur les parois des grottes de la Dordo- i gne. Ils ont reproduit des figures de chevaux, de bovidés, de cervidés, de rennes, de mammouths à longs poils pendant sur la terre. Aujourd’hui, ils annoncent la découverte de deux grands félins, très vraisemblablement le felis leo, variété spelæa. Ils signalent également une gravure de Yursus spelæus et enfin une peinture au trait rouge représentant un rhinocéros tichorhinus à tète allongée. Les dessins sont si précis que l’on peut reconnaître les espèces.
- Nouvelle, valeur des constantes de l'aberration. — M. Maurice Lœwy expose que MM. Pienan et Ebert ont poursuivi au cercle méridien du jardin de l’Observatoire de Paris, pendant plusieurs années, à l’aide de nouvelles méthodes, une étude ayant pour objet la détermination de la latitude, des variations de la latitude et des coordonnées des étoiles fondamentales. Dans le cours de leurs recherches, ces observateurs se sont aperçus que les observations ainsi effectuées permettaient de déduire directement, d’une façon précise et indépendante des variations de la latitude, la constante de l’aberration, condition qui ne peut être réalisée à l’aide des méthodes ordinaires. M. le Directeur de l’Observatoire de Paris fait remarquer que MM. Renan et Ebert ont rendu service à l’astronomie en indiquant un nouveau procédé permettant d’évaluer avec exactitude l’effet du phénomène physique de l’aberration qui se répercute directement sur toutes les mesures astronomiques.
- Géologie du Maroc. — M. de Lapparent résume une Note par laquelle MM. Gentil et Boistel annoncent qu’ils ont reconnu que le gisement tertiaire de Tétouan, classé par Lcnz dans le miocène, doit être, en raison de ses fossiles, classé dans le pliocène inférieur, sur le même horizon que le gisement de Millas en Roussillon. Cette solution fait disparaître l’anomalie qui résultait de la présence d’un dépôt miocène marin sur le côté oriental de la pointe du Maroc.
- Commande d’appareil à distances. — M. Rtanly a apporté une très intéressante amélioration à son appareil télémécanique destiné à commander à distance un nombre quelconque d’appareils. L’instrument essentiel était un mécanisme d’horlogerie actionnant l’arbre sur lequel sont installés les appareils de communication. M. Branly a remplacé cet instrument par un moteur qu’une étincelle, envoyée par le poste de départ, met en mouvement ou arrête à volonté. De cette façon le mécanisme moteur ne fonctionne que pendant le temps très court correspondant à la mise en marche des appareils mécaniques ou au contrôle de leur activité; si, d’ailleurs, une étincelle d’origine extérieure venait à agir sur le moteur, le poste de départ, immédiatement averti par une sonnerie, pourrait instantanément y parer.
- Propriétés du mercure phényle. — M. A. Gautier rappelle que l’on connaît déjà le mercure éthyle et le mercure méthyle, mais que la découverte de ces composés avait coûté la vie à ses auteurs, deux jeunes chimistes élèves de Frankland. Sans se décourager, MM. Louise et Moufier ont poursuivi et obtenu la préparation du mercure phényle. Ils ont constaté que cette substance était fort peu toxique. Ils ont injecté, pendant un temps assez long à des chiens, des doses progressives journalières de 25 à 400 milligrammes. Les animaux ont bien résisté. Sacrifiés finalement, on a observé que le mercure était principalement localisé dans la face et dans les reins; le sang en contenait peu et les poils n’en renfermaient que des traces. L’élimination se fait par les urines et les excréments. Bien que non toxique, le mercure phényle est curatif.
- Le venin de la vipère. — M. Chauveau communique le résultat de nouvelles expériences faites par M. Phisalix sur le venin de vipère. Le sang de vipère, qui est toxique, tue un cobaye à la dose de 4 centimètres cubes. Mais, en extrayant des œufs de vipère le vitellus, on obtient une substance dont le pouvoir toxique est très variable. Si les œufs qui ont fourni le vitellus sont jeunes, la toxicité est faible, mais si les œufs sont près de la maturité, la toxicité est très active. Elle est quatre fois plus forte que celle du sang. Gu. de Yilledeuil.
- LE DRESSAGE DES ZÈBRES
- AU JARDIX u’aCCUMATATIOX
- Notre collaborateur, M. Begelsperger, étudiait dernièrement ici meme1 la domestication du zèbre dans les régions africaines et dans la Transcaucasie. Il montrait que si le zèbre est très difficile à apprivoiser, très sauvage, il n’est pas absolument indomptable. A la suite de cet article, M. Fulbert Dumontheil nous écrivit2 pour nous rappeler — et nous étions bien loin de l'avoir oublié! — que depuis quinze ans le dressage et la domestication du zèbre sont effectués avec un permanent succès au jardin d’acclimatation du bois de Boulogne. Nous avons eu, comme notre correspondant, le plaisir de voir M. Arthur Porte, directeur du jardin, faire du cheval à dos de zèbre.
- La récente arrivée à Paris, au jardin d’acclimatation même, d’une partie des hôtes de la célèbre ménagerie Ilagenbeck, de Hambourg, cette colossa'e bourse des fauves, aujourd’hui universellement connue et dont La Nature a déjà entretenu ses lecteurs, cette arrivée nous a permis de nous rendre compte à nouveau, de visu, de ce qu’il est possible de réaliser avec les zèbres et de prendre quelques photographies absolument inédites, représentant leur travail.
- Les zèbres de la ménagerie Ilagenbeck, actuellement à Paris, sont au nombre de six. Ils sont âgés de trois ans. L’est un spectacle assez amusant que de voir ces jolies bêtes aux jambes lines, qja robe
- 1 Voy. ii° 1669, du 20 mai 1905, p. 585.
- 2 Yoy. n° 1672, du 14 juin 1905, p. 6 des « Nouvelles scientifiques ».
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- LA NATURE.
- d’une admirable beauté, et que l’on se représente courant follement en toute liberté dans les plaines herbeuses d’Afrique, reposer honnêtement et tranquillement dans leurs boxes, ainsi (pie nos chevaux les mieux appris; en attendant l’heure de la piste, ils tournent vers le public intéressé des regards pleins d’une douceur qui ne semble guère naturelle. A côté d’eux, un tout jeune éléphant leur tient compagnie.
- Nos photographies montrent le travail de ces animaux. Dans l'une, quatre zèbres viennent d’accourir et de se ranger en ligne sur un simple appel du dresseur; tout à l’heure, ils vont marcher en
- iile, ou de front, au pas ou au trot, changer, s’arrêter, repartir, avec un ensemble et une précision extraordinaires, et sans que leur grâce semble souffrir en rien de l’obéissance. Les trois autres montrent divers groupes formés par l’éléphant, les zèbres et deux superbes Danois.
- On se demande quels soins il a fallu prendre et et (pie de temps dépenser, pour arriver à des résultats si surprenants. Le dresseur, à qui nous témoignons notre étonnement et notre admiration, nous répond en souriant : « Bah! avec un peu de patience, on vient à bout de tout ! » C’est en effet, par le système de la persuasion, de la douceur et de la patience,
- Le travail des zèbres au Jardin d'acclimatation, seuls ou en compagnie d’un éléphant et de chiens danois.
- avec quelques récompenses et de rares châtiments, (pie tous les animaux de la ménagerie Hagenbeck sont amenés au point exact de civilisation que l’on désire.
- Nous ne quitterons pas cette intéressante exposition sans signaler les très beaux types de lions, tigres, pumas, ours et chiens, que l’on y exhibe. Enfin une rareté zoologique pleine d’intérêt : deux fauves issus du croisement d’une tigresse et d’un lion et dont le corps, avec la tète large et rayée du tigre, et le pelage léonin, fauve et légèrement strié de rayures brunes, réunit la sveltesse légère du félin des jungles à la force majestueuse du roi des déserts.
- 11 est assez curieux de constater qu’au moment
- où, à cause du développement énorme, et seulement commençant, de l’automobilisme, nos humoristes prédisent la fin du cheval, c’est-à-dire son retour à l’état sauvage, il se dessine de tous côtés un mouvement de tentatives heureuses pour domestiquer un animal qui, par la plupart de ses caractères, présente tant de ressemblance avec les chevaux primitifs. Rappelons d’ailleurs que les Assyriens et les Perses employaient autrefois l’onagre, l’hémione et le zèbre à leurs travaux domestiques.
- Jean Lafitte.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1676. - 8 JUILLET 1905. Là NATURE.
- LE G\0LI.\N
- Depuis le commencement des hostilités en Mandchourie les journaux ont souvent parlé du Gaolian (ou kao-Hen), ils en reparleront sans doute encore bien des fois; aussi, quoiqu’il s’agisse d'une plante bien commune et bien répandue, nous avons cru intéressant d’en dire en ce moment quelques mots. En effet, sous ce nom, devenu presque célèbre à propos de la guerre Russo-Japonaise, se cache une graminée comestible bien connue dans tous les pays chauds; le Sorgho, plante alimentaire par excellence et dont la destination n’était sûrement pas de servir à
- l’homme pour mieux massacrer ses semblables, eu lui procurant un abri où il peut facilement se dissimuler, est bien propice aux embuscades.
- Originaire de l’Inde, le sorgho fut autrefois introduit en Égypte par les Arabes et est cultivé aujourd'hui dans le midi de l’Europe, et surtout dans toutes les régions chaudes de l’Afrique et de l’Asie, et jusqu'aux Antilles et à Tahiti. C'est le iloura des Arabes, le blé du Congo, de Guinée et de Calrerie, le gros mil, le grand millet de l’Inde, le djaouri du Turkestan, etc.
- Hérodote nous apprend que les Grecs appelaient Cylitte le pain de doura, ce qui nous montre
- Fig. 1. — Un champ de sorgho.
- que la culture de cette plante est bien ancienne.
- On connaît aujourd’hui un assez grand nombre d’espèces ou de variétés de sorghos. M. lieuzé, dans son excellent ouvrage Les Plantes alimentaires des pays chauds, les classe en deux sections : ceux à panicules lâches, et ceux à panicules contractées: c’est à cette deuxième section qu’appartient le Gaolian, qui a pour nom scientifique Sorghum doura. 11 a reçu de divers auteurs d’autres noms, aussi bien génériques que spécifiques, formant une synonymie assez compliquée que nous croyons inutile de rapporter ici, et il a produit d'ailleurs des variétés nombreuses, dont la couleur des grains, variant du blanc mat au rouge foncé en passant par le jaunâtre, a motivé des appellations différentes.
- La culture du sorgho rappelle celle du maïs,
- 33e aimée. — 2e semestre.
- mais exige moins d’eau; sa croissance est rapide et peut demander moins de trois mois, mais dans les régions où les sécheresses sont prolongées, elle dure parfois jusqu’à cinq ou six mois. Le rendement moyen est de 50 à 00 hectolitres à l’hectare; le grain fournit les trois quarts de son poids de fécule qui, par distillation, peut donner une grande quantité d’alcool pur. Certaines variétés de sorgho ont été cultivées pour en extraire le sucre, à l’instar des Chinois qui tirent des tiges du sorgho à sucre, du sucre cristallisé et de l’alcool, mais les essais tentés dans cette voie semblent avoir été abandonnés.
- Le Gaolian peut atteindre jusqu’à k mètres de haut : ce qui explique le rôle qu'il a joué à diverses reprises dans la guerre actuelle.
- Non seulement sa graine forme la base de la
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- LA NATUKE.
- nourriture des habitants de diverses régions, mais ses feuilles peuvent aussi être utilisées comme fourrage pour les animaux. C’est en réalité une
- Fig. 2. — Le gaoliati.
- plante des plus intéressantes. Comme toutes les plantes cultivées, les sorghos ont leurs ennemis. Les indigènes doivent lutter activement contre les oiseaux qui sont friands de leurs graines et, dans certaines régions, contre les termitos ou fourmis blanches.
- A.-L. Cl cm km.
- LÀ QUESTION DU CARAT
- La proposition faite ici même d’unifier le carat sur la base métrique et d’adopter, comme unité des pierres précieuses, la masse de 200 milligrammes, comprise entre les diverses valeurs du carat et très voisine de sa valeur la plus usuelle, vient de faire un pas considérable par suite d’une décision prise par le Comité international des Poids et Mesures, au cours de sa récente session.
- Ce Comité, qui constitue, comme on sait, la plus haute autorité mondiale dans les questions de poids et mesures, a voté à l’unanimité une motion suivant laquelle « il serait extrêmement désirable que l’unité de masse des pierres précieuses (le carat,), laquelle est variable d’un pays à l’autre, fût uniformisée et ramenée à son équivalent métrique le plus voisin. La masse de 200 milligrammes, très rapprochée du carat le plus usuel (205 milligr. 5), semblerait réaliser très heureusement cette unification. La Commission ne verrait pas d’inconvénient à ce que, pour faciliter l’abandon de l’ancien carat, celte masse de 200 milligrammes fût désignée par les intéressés sous le nom de carat métrique )).
- Le projet tout personnel que nous avions élaboré, et qui avait reçu les meilleurs encouragements de la presse spéciale, vient donc d’entrer dans la voie officielle, et n’attend plus, pour devenir effectif, que l’adhésion des cercles intéressés. Il nous reste à espérer qu’elle ne se fera pas longtemps attendre, et (pie l’on verra, dans un avenir prochain, le système métrique réaliser une unification de plus. Cii.-En. Guillaume.
- L’ÉCLIPSE DE SOLEIL DU 30 AOÛT 1903
- DA .NS LES DÉPARTEMENTS
- Cette éclipse, qui ne sera que partielle en France, y offrira néanmoins un grand intérêt, particulièrement dans le sud-sud-ouest (Basses-Pyrénées), où, au moment de la phase maximum, 1 /50e seulement du diamètre apparent du soleil restera visible. Dans la région opposée, c’est-à-dire vers la frontière de Belgique, la partie obscurcie sera encore supérieure aux trois quarts de ce diamètre.
- Le tableau ci-après donne, pour tous les chefs-lieux de département, la grandeur de l’éclipse et les heures des trois principales phases. Ces heures sont exprimées en temps moyen de l’Observatoire de Paris (temps légal); mais on trouvera, dans les deux dernières colonnes du tableau, le nombre de minutes à y ajouter ou à en retrancher pour en déduire l’heure locale. Ainsi à Epinal, où la correction (10 minutes) est additive, on aura :
- Temps moyen de Paris local.
- , Commencement.................... 0h 10“ 0h 26“
- Plus grande phase...........lh26“ lh42“
- ' Fin.............................2h 37“ 2h 55“
- Pour un point quelconque du territoire français, non compris au tableau, les circonstances de l'éclipse seront à peu près les mêmes qu’au chef-lieu de département le plus rapproché, ou, du moins, les différences, en ce qui regarde les heures des phases, atteindront rarement et ne dépasseront presque jamais une minute.
- line expérience bien simple suffira pour se former nue idée exacte de l’aspect du soleil à l’instant où le phénomène aura sa plus grande intensité. Prenez deux disques circulaires, l’un blanc, l’autre noir, et mesurant respectivement 100 et 105 millimètres de diamètre; puis, si la grandeur comme de l’éclipse est, par exemple, égale à 0,82, comme elle le sera le 30 août à Paris, appliquez le second disque sur le premier de manière à couvrir un des diamètres de celui-ci sur une longueur de 82 millimètres : la partie restant visible du disque blanc figurera la portion de surface solaire non masquée par l’interposition de notre satellite. On opérerait de même pour toute autre grandeur, et sans rien changer aux diamètres des disques, lesquels sont proportionnels aux diamètres apparents des deux astres.
- La fraction de surface non éclipsée peut aussi être déterminée numériquement, et des formules que j’ai publiées dans le « Bulletin de la Société astronomique de France » (mai 1900) permettent de résoudre ce problème avec une approximation très suffisante. Par un calcul rigoureux, j’ai obtenu les nombres suivants, qui représentent également les quantités relatives de lumière et de chaleur qui doivent émaner du soleil au moment considéré.
- Grandeur Surface Grandeur Surface
- de visible de visible
- l'éclipse. du soleil. l'éclipse. du soleil.
- 0,76 0,516 0,87 0,179
- 0,77 0,504 0,88 0,167
- 0,78 0,292 0,89 0,454
- 0,79 0,279 0,90 0,141
- 0,80 0,267 0,91 0,128
- 0,81 0,254 0.92 0,115
- 0,82 0,242 0,95 0,102
- 0,83 0,230 0,94 0,089
- 0,84 0,217 0,95 0,076
- 0,85 0,204 0,96 0,063
- 0,86 0,192 0,97 0,050
- i’ être en mesure de bien saisir le phénomène
- son début, il importe de savoir par quel point le disque solaire commencera à s’échancrer.
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- LA NATURE
- DÉPARTEMENTS
- CHEFS-LIEUX
- UH AMDKl H DK
- l.'ÉCUI’SE
- HEURES
- 1H
- COMMENCEMENT
- DE LA
- DU S ÜUANDE DI I A se;
- DE
- A Fl.N
- POUR AVOIR
- L'HEURE LOCALE
- AJOITEZ
- KETUANCHEZ
- Ain Hf>ur«' .
- Aisne Laon
- Allier Moulins . .
- Alpes (Russes-; Alpes (Hautes-). Alpes-Maritimes Digue Cap Nice
- Ardèche Pris as
- Ardennes Mé/uères
- Ariège Foi\
- Aube Times
- Aude CareassniHie
- Aveyron Hodez ....
- Belfort tTerritoire de).. Rouches-du-Rliône llelfort Marseill 1
- Calvados Caen
- ('.aillai Auritlar
- Charente Au^nuléme
- Charente-Inférieure .... Cher La Rochelle Hnnrges
- CoiTCZC Tulle.
- Corse Côte-d’Or Ajaccio Dijon
- Côtos-du-Nord Creuse Saint-Brieuc Cnéref
- Dordogne Pério'iien v
- Doubs Uesanemi
- Drôme Valenep
- Eure Evppiiv
- Eure-et-Loir Finistère Gard Chartres Quiniper Nîmes ...
- Garonne (Haute,-) Tenions >
- Gers Aîirti .
- Gironde Ilordeaux
- Hérault -Montpellier
- Ille-et-Vilaine Hernies
- Indre Ch/iteniiroii v
- Indre-et-Loire Tours
- Isère. CrenoHI »•
- Jura Landes Lons-le-Saunier
- Mont ile-Alnr*an
- Loir-et-Cher Plois,
- Loire Ssaint Klienne . .
- Loire (Haute-) Loire-Iiiiérieure Le Puv Vantes
- Loiret Lot Orléans C.aliors .
- Lot-et-Garonne Lozère Maine-et-Loire Agen Mende \U«TM‘S
- Manche Marne Saint-Là Chàlons-sur-Marne ...
- Marne (Haute-) Mavennc Chaumon* Laval
- Meurthe-et-Moselle Meuse N'ancv Har-le-Pur
- Morbihan Ymnips
- Nièvre \p\prs
- Nord Oise Lille Heanvais
- Orne Alençon
- Pas-de-Calais Puv-de-Dônia Pyrénées (liasses-) Pyrénées (Hautes-) Pyrénées-Orientales .... lliiône Arras Clermonl-Fcriand. .. . Pau Tarhes. Perpignan Lvon
- Saône (Haute-) Ye.snnl
- Saône-et-Loire Maron ...
- Sartlie ï,p Mans
- Savoie Chambéry
- Savoie (lîau'e-' LÀnuecv
- Seine Paris..'.
- Seilie-Inl'érieure Seine-et-Maruc Rouen Melun
- Seiuc-et-Oise Versailles
- Sèvres (l)eux-) Niort
- Somme Amiens
- Tarn Albi
- Tarn-et-Garonnc Afonlaiihan . .
- Yar. Draguignan.
- Vaucluse Avignon »
- Vendée La Roche-sur-Yon.... Doiliers
- Vienne
- Vienne (Haute ) Limoges . .
- Vosges Epilial ..
- Yonne Anverrp .
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- li. in.
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- 1 24 2 38
- 1 22 2 39
- 1 23 2 40
- 1 28 2 41
- 1 27 • •2* 40
- 1 26 -"2* 37
- 1 26 - 2^ 39
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- 1 29 2 il
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- (le point varie suivant le lieu de l’observation; niais, en ce qui concerne la France, dans des limites tellement étroites qu’on n’a pas jugé nécessaire de l’indiquer pour chacune des localités portées au tableau. Je me bornerai à dire que, si par un cercle on représente le soleil, et par Z N son diamètre vertical, le premier contact se produira entre deux points situés à la droite de l’observateur et séparés par un arc de ‘25° environ. Le dernier contact, qui marque la fin de l’éclipse, aura lieu à gauche entre deux points symétriques des premiers.
- Alfred Maron,
- Membre de de la Société astronomique de France.
- LA DÉTÉRIORATION RAPIDE DES CANONS
- Nous avons donné des exemples des érosions profondes et assez rapides que cause la déllagration des poudres modernes dans les pièces d’artillerie : ou doit compter que la vie des canons est fort abrégée de ce chef. Cette détérioration présente même par-
- Trunclie d’un canon anglais mis hors d’usage.
- fois, dans des cas exceptionnels, une intensité caractéristique des explosifs à grande puissance.
- 11 y a quelques années déjà, le lieutenant Ilawson, de la marine britannique, dans une communication faite devant la Société des Arts de Londres, sur l’Artillerie moderne, insistait sur ce fait que la nitro-cellulose produit des elfets balistiques considérables, tout en n’entraînant qu’une faible usure du canon où elle déllagre; et il ajoutait que, par contre, la eordile a une température d’explosion effectivement double : cette température dépasse de beaucoup le point de fusion de l’acier, et, par suite, l’usage d’une pareille poudre ne laisse pas espérer qu’une pièce puisse supporter un grand nombre de coups, surtout si l’on recourt à de fortes charges, développant par conséquent un important volume de gaz. Et, cependant, cetto dernière condition s’impose si l’on veut obtenir les qualités balistiques nécessaires
- en la matière ; il faut d'ailleurs que les gaz conservent leur haute pression le plus longtemps possible. M. Ilawson ne se faisait point d’illusions à ce point de vue sur les défauts de la cordite, «pii est pourtant-la poudre utilisée couramment par la marine de guerre anglaise ; il montrait qu’elle a pour résultat d'attaquer rapidement l’àme du canon, au commencement des rayures, d’y creuser d’abord de fines raies qui ont bientôt lait de s’élargir et d’enlever toute la surface du métal, d’agrandir de façon déplorable la chambre de chargement où se loge le projectile, d’entraîner une augmentation de volume intérieur qui abaisse la pression et modifie notablement le tir du canon. Notre auteur estimait qu’après 1200 coups, dans les pièces de calibre moyen, l’usure entraînait une perle d’énergie de près de 5 4 pour 100.
- Ces réflexions nous sont revenues en face de la photographie «pie nous reproduisons d’après Scien-tific American, et qui représente une section coupée dans la partie arrière d’un canon anglais, après «pi’il eut seulement tiré 175 coups.
- La question intéresse les Américains qui emploient, pour leur marine, une poudre à la nitro-cellulose moins puissante que la cordite ; on estime qu’il faut, de la première, un poids deux fois plus considérable que de la seconde, pour donner la même puissance ; et naturellement bien des gens se sont demandé si ce n’était pas une faute «pie de demeurer fidèle à cette sorte de poudre, qui nécessite des approvisionnements beaucoup plus lourds, qui ne permet d’embarquer sur un navire qu’un nombre de charges plus faible. Mais la cordite fait chèrement payer cet avantage,comme le montre la figure qui accompagne ces lignes, car sa puissance d’érosion et de détérioration des canons est absolument hors de pair. Nous rappellerons «pie la cordite est composée de 58 parties de nitroglycérine, de 57 de coton-poudre et de 5 parties de vaseline : c’est naturellement à cette forte proportion de nitroglycérine qu’elle doit à la fois et sa puissance pour chasser le projectile, et aussi... sa puissance d’érosion. Nous ne prétendons pas que tous les canons, au bout de moins de 200 coups, soient dans l’état où se trouvait celui sur lequel a été prélevée la tranche «pie nous mettons sous les yeux du lecteur; mais le fait est là pour montrer les inconvénients auxtjuels on s’expose. Le tube du canon est porté probablement à la chaleur du blanc, au moment de l’énorme élévation de température accompagnée de la prodigieuse augmentation de pression, les gaz se précipitent partie derrière le projectile, partie dans les interstices imperceptibles laissés par la ceinture de cuivre de ce projectile au contact des rayures, et non seulement ils fondent le métal, mais ces courants gazeux y tracent leur chemin en déterminant les érosions «pie l’on peut observer.
- Les Anglais prétendent qu’on y porte facilement remède en dotant le canon d’un nouveau tube «piand l’usure est trop marquée. En tout cas, l’opération est coûteuse et immobilise longtemps le canon soumis à cette réparation. R. Lkbois.
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- LA. RIAEUSE PAR PRESSION A MAIN DE M. F. ARNODIN
- « Il ne suffit point de tailler, encore faut-il coudre », dit un vieux proverbe français. Il s’applique d’une remarquable façon h la vaste industrie du fer et de l’acier dont les applications h la construction sont innombrables : chaudières, réservoirs, charpentes, navires, carapaces de métal de toutes sortes, demandent à être découpées d’abord, puis cousues au moyen des petits cylindres en fer ou en acier, munis d’une tête ronde, que l’on nomme rivets : on les pose, à chaud, dans les trous correspondants des deux plaques de tôle que l’on veut assembler, puis on écrase leur extrémité à coups de marteau, ou au moyen d’une machine, de façon à « pincer » les tôles entre les deux petits renflements ; car, au point de vue mécanique de la résistance des matériaux, c’est par ce pincement et, par lui seulement, ipie doit agir le rivetage ; jamais les rivets, après larivurc, ne doivent travailler au cisaillement.
- En dehors du rivetage à la main et au marteau,fort usité comme on peut le penser, des machines à river puissantes et ingénieuses de divers systèmes ont été combinées : elles fonctionnent à l’air comprimé, par l’eau sous pression, par l’électricité. Ces machines demandant une installation assez coûteuse, en dehors de leur prix d’achat, ne sont employées que dans les grands ateliers. De plus, elles sont fixes, générale-
- ment en raison de leur poids et de la difficulté que l'ou éprouve à les déplacer : on préfère donc, autant
- (piepossible, leur apporter la pièce à river, ce qui n'est pas sans compliquer le travail.
- M. Arnodin, grand constructeur de charpentes en fer, auquel on doit de nombreux ponts suspendus et les « ponts-à-frans-bordeurs » qui ont été un des progrès de la construction à notre époque, a cherché s’il n’y aurait pas moyen de créer un outil intermédiaire entre la riveuse mécanique et le marteau à main. (1 est récemment parvenu à résoudre ce problème en combinant la « riveuse par pression à main » «pie montrent nos dessins.
- Elle se compose de deux bras en acier coulé, articulés sur des tourillons «pie portent deux flasques en acier également jumelées : le mouvement de mâchoire est commandé par une vis à double filetage qu’actionne un volant à main. Sur les écrous de celle vis sont articulés huit leviers en acier solidaires des liras qui portent les « bouterolles » entre lesquelles le rivet sera écrasé.
- Donc, en tournant le volant, les bouterolles se rapprochent ou s’éloignent l’une de l’autre : la pression à la ri-vurc peut atteindre l’effort d’une trentaine de tonnes. M. E. Arnodin nous cite, comme exemple, au point de vue de la rapidité du travail, le montage
- Fig. 2. — Riveuse par pression à main, fabriquant clle-mème sur place les rivets dont elle a besoin ; le rivet est chassé hors de la petite machine annexe qui vient de le fabriquer.
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- d'un pont-transbordeur de son système en ce momenl on construction à Marseille. Les équipes de rivenrs sont de deux ouvriers dont l’un place les rivets dans les trous des tôles, et dont l’autre actionne le volant de la riveuse; ces doux hommes arrivent à poser, en deux minutes, un rivet de 25 millimètres, et cela sans effort apparent, sans le bruit assourdissant qu'occasionne le même travail effectué au marteau. Les « machines à coudre la tôle » de M. Arnodin méritent les gracieuses qualifications de hoirs petites soeurs à coudre les étoilés entre les mains des expertes couturières : « silencieuses, expéditives ».
- Ne.quittons pas ce sujet sans signaler un perfec-
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- Fig. 3. — Disposition générale de la riveuse par pression ii main et indication des divers organes.
- AA. — Bras en acier coulé articulés.
- BB. — Flasques portant un coulisseau dans lequel passe à frottement doux le porte-bouterolle.
- CC. — Leviers en acier solidaires des bras portant les boute-rolles.
- DD. — Pièces d’articulation. ,
- E. — Vis à double filetage actionnée par un volant à main.
- F. — Volant en fonte à manivelle.
- 0. — Porte-houterolle en acier forgé.
- 11. — Porte-bouterolle à genouillère.
- B. — Conlre-boulerolle.
- tionnomcnt de détail important que l'inventeur vient d’apporter à ses riveuses à main sous pression. « II consiste à ajouter, sur l’extrémité que l’on appelle en terme d’atelier « le nez de la contre-bouterolle », une « doutière », c’est-à-dire une petite machine à faire les rivets : elle les découpe dans une tige de fer, ou d'acier, ronde, et leur fait la tète arrondie en goutte de suif ainsi que font les grosses machines spéciales à fabriquer les rivets. Un « bonhomme » passant dans la vis de réglage de la contre-bouterolle, percée à cet effet., permet de « chasser » le rivet préparé ainsi. lien résulte que l’outil riveur, c’est-à-dire la riveuse, peut fabriquer lui-même les rivets dont il a besoin. Sans doute, ce ne sera qu’exceplion-ncllement, car il est plus simple, plus rapide, et plus économique de l’approvisionner en fabrique des rivets qui lui sont nécessaires. Mais enfin, il peut arriver, et cela se produit même assez souvent, que, vers la tin d’un montage, il manque quelques rivets pour le terminer, soit que l'approvisionnement ait été insuffisant, soit parce que des rivets ont été perdus, ou brisés en cours de travail. Il est alors
- fort utile que la machine [misse faire elle-même son petit « réassortiment » et M. Arnodin lui a donné le moyen de le faire sans déplacement.
- Max de Nansouty.
- LA TÉLÉGRAPHIE MARITIME SANS FIL
- A l'ÉTR.ANGER
- Le Japon a établi sur ses côtes un remarquable service de télégraphie sans fil, tant sur l’océan Pacifique que sur la mer du Japon. L’installation a été particulièrement soignée de ce dernier côté; elle s’étend depuis Formose jusqu’au nord du Yezo. La disposition des postes télégraphiques est tellement bien comprise, dans cette partie, que les moindres mouvements d’une flotte naviguant dans cette région peuvent être immédiatement signalés.
- Il est inutile d’insister sur l’importance d’une semblable installation; elle prouve l’activité des services techniques militaires du Japon, qui, en attendant la flotte de la Baltique et pendant le voyage de celle-ci, procédèrent avec rapidité à l’établissement d’un réseau de télégraphie sans fil admirablement compris.
- Aux États-Unis, le Ministère de la Marine—Nary Department — est en train de couvrir les côtes de nombreuses stations de télégraphie sans fil, qui établissent entre les points élevés de la falaise et les navires du large le réseau invisible de leurs communications. Deux lignes importantes sont en cours d’installation entre Union et la .Nouvelle-Orléans ; elles seront considérées comme une des plus longues distances franchies par les transmissions électriques aériennes sans fil. Cuba et Puerlo-Rico seront également reliés aux ports de la côte Nord-Américaine. Dans l’océan Pacifique, Honolulu et San Francisco seront réunis. Le projet est à l’étude. Personne ne doute du résultat favorable de l’entreprise, malgré la distance immense— 5200 kilomètres — qui sépare les deux points.
- En Angleterre, les postes de télégraphie sans fil de la marine militaire sont également fort nombreux. Les côtes de la Manche sont particulièrement favorisées à cet égard; celles d’Irlande du côté de l’Atlantique le sont aussi. Les installations civiles ne manquent pas non plus et certains transatlantiques anglais allant en Amérique reçoivent, chaque jour, grâce à l’une d’entre elles, des nouvelles de la mère-patrie. Un journal est publié même à bord de certains « liners », avec les cours du lioyal-E.rchanf/e et les nouvelles sensationnelles de l’Europe reçues à travers l’océan Atlantique. Le voyageur n’est donc plus isolé au milieu de l’immensité des mers; il peut aussi, s’il y met le prix, envoyer des instructions à sa maison de commerce, être informé de l’état de ses affaires et correspondre avec sa famille.
- M. Balfour, dans une récente séance de là Chambre des Communes, a demandé des crédits au Parlement britannique pour augmenter, dans de grandes proportions, le nombre des postes de télégraphie, sans fil. Un service important sera créé, dans le Nord de l’Ecosse, pour contrôler la route maritime entre les Iles Britanniques et la péninsule Scandinave; une installation est également demandée sur les côtes de la mer du Nord.
- Et chez nous, en France, que fait-on? Nous l’ignorons; mais nous espérons que notre administration maritime comprend, comme celle des autres pays, toute l’importance prise par la télégraphie sans fil au point de vue de la défense des côtes. Wux Darvillé.
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- LE BATEAU-RÂTEAU DE LA BASSE-LOIRE
- Son nom officiel est bateau porteur aflbuilleur, car c’est un vapeur du type porteur qu’on a doté d’un dispositif ayant pour luit d’aflbuiller sous l’eau les fonds vaseux : c’est plus ou moins qu'une drague; si, en effet, son fonctionnement a bien pour résultat d’approfondir les fonds, il ne comporte aucunement l’extraction directe des déblais qu’il arrache ainsi au sol immergé. Cet appareil tout spécial est à la fois pittoresque et ingénieux; il mérite d’être connu à ce double titre, d’autant qu’il est utilisé et rend de réels services sur un de nos grands fleuves français, dans la partie maritime de la Loire. 11 a été étudié par le Conducteur des Poufs et Chaussées du service, M. Ordonneau, sous la direction de M. Lel'ort, l’Ingénieur en chef de la Loire Maritime.
- Pour comprendre l’utilité particulière d'un appareil de ce genre, il est nécessaire de rappeler quelle est la situation hydrographique de la Loire Maritime, et quelles sont les difficultés que la navigation y rencontre en certains points. Il existe bien un canal maritime de la liasse-Loire, parallèle au fleuve, et qui, destiné plus spécialement à la grande navigation, semble par conséquent devoir permettre aux navires de remonter jusqu’à Nantes, sans avoir à se préoccuper des dépôts de vase ou de matériaux divers (fui peuvent se faire dans le lit même du fleuve. En fait, ce canal ne s’étend pas sur toute la longueur de la partie maritime de la Loire : il commence, en aval, à Paimbœuf, et vient se terminer au village de la Martinière ; et nous rappellerons d’un mot.-qu'il emprunte, sur 6 kilomètres, des bras secondaires du fleuve, qui ont été isolés du bras principal par des cavaliers insubmersibles, et, sur 5 kilomètres, une partie du lit principal même, une digue étanche, et également insubmersible, l’isolant complètement du reste du cours d’eau. On avait une raison en limitant ainsi le développement de ce canal maritime. Tout d’abord, en aval de Paimbœuf et jusqu’à Saint-Nazaire, autant dire jusqu’à la mer, sur une longueur de 15 kilomètres, on rencontre des fonds qui ont toujours au moins 2 mètres au-dessous du zéro des cartes marines, et qui atteignent souvent 8 mètres au moment favorable de la marée ; cette section peut donc donner aisément passage aux bateaux de 5m,50 de tirant d’eau auxquels on voulait ouvrir le port de Nantes. D’autre part, en amont de la Martinière et jusqu’à Nantes même, section endiguée sur 16 kilomètres de long, on comptait pouvoir toujours trouver des fonds approchant de ces 2 mètres dont nous venons de parler. C’est la partie intermédiaire de la Loire Maritime qui constituait le véritable obstacle à la navigation : cette section a bien une largeur considérable, mais, sans doute par suite de cette largeur, les profondeurs y sont faibles, et à moins d’y effectuer des travaux de dragage continuels et fort coûteux, on ne pouvait espérer y voir les profondeurs dépasser 4m,80 aux vives eaux : en fait, le chenal a ici un
- plafond qui se trouve sensiblement au niveau du zéro des cartes marines, et toute cette portion de la Loire constitue comme un seuil par rapport à la portion amont et à la portion aval. Le canal de la basse-Loire était destiné à tourner ce seuil ; mais ou ne s’était peut-être pas assez rendu compte de l’influence que ce seuil même pourrait avoir sur le maintien des profondeurs normales dans la première partie de la Loire, entre Nantes et l’entrée du canal, c'est-à-dire la Martinière.
- En effet, le courant de flot, au moment où la mer monte, avec le retard (pii se produit nécessairement dans un fleuve maritime, se manifeste toujours avec une certaine violence, et il arrive facilement dans toute la première section dont il s’agit, puisqu’on réalité il se fait sentir régulièrement à Nantes : dans son mouvement, il a une tendance continuelle à entraîner et à apporter dans cette section les vases qui se trouvent en suspension dans l’estuaire. Ce phénomène se manifeste avec d’autant plus d’intensité que le volume propre des eaux douces de la Loire est plus faible, ce qui veut dire qu’il est à son maximum dans les années de sécheresse, et même simplement à l’étiage. D’une manière générale, le courant de jusant, qui suit la basse mer, n’est pas suflisant pour entraîner ces vases, par suite de l’existence de ce seuil que nous avons signalé dans la deuxième section du fleuve; l’entraînement est d’autant plus faible que l’étiage est [dus marqué. Et c’est ainsi (jue, à chaque marée, il se dépose des vases dans le chenal navigable du fleuve, entre Nantes et la Martinière, sur la route que doivent suivre les grands navires pour gagner l’entrée du canal. Ces vases, par suite de leur finesse, se coagulent et se durcissent très facilement, et, si on laisse, les choses en état, il est impossible ensuite d'espérer qu’elles disparaîtront autrement (pie par des travaux de dragage fort coûteux. Ce qu’on a voulu obtenir précisément avec le bateau-râteau, c’est quelles ne puissent durcir et qu’elles demeurent à l’état friable, de façon qu’une petite crue suffise à les enlever et à les entraîner, au moins partiellement, par-dessus le seuil du fleuve.
- Sans vouloir nous perdre dans des développements historiques, ni diminuer en rien l’intérêt de l’invention de M. Ordonneau, nous devons pourtant rappeler d’un mot les vannages à râteau, vannages mobiles portés par des bateaux, imaginés sur la Somme en 1855 par M. Fouache, et aussi le bac à râteau de M. Masquelez, destiné à raboter le fond des canaux vaseux de la Charente.
- Le dispositif créé pour la Basse-Loire a été fort bien étudié et donne d'excellents résultats. Le bateau même qu’on a utilisé, pour traîner le râteau sur le fond du fleuve, est un porteur à vapeur de 500 chevaux qui peut, entre temps, rendre d’autres services, et qui sert à transporter en mer les produits extraits des points où des dragages s’imposent : ce porteur a 40 mètres de long pour 8 mètres de large, et sa capacité intérieure est de 250 mètres cubes. Le
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- LA NATURE.
- râteau est fixé transversalement à l’arrière, et à assez peu de distance de cet arrière, par deux poutres de bois qui viennent s'articuler, par leur extrémité opposée, sur deux axes métalliques débordant
- de façon convenable et disposés sur le pont, an droit du roof des machines ; les dents du peigne sont constituées de robustes tôles découpées en fourche, fixées sur des tiges de bois qui sont clavelées elles-mêmes
- Fig. 1. — Le bateau-râteau en marche libre.
- dans une large pièce de bois; une tôle inclinée est prévue sur cette pièce de bois qui, par suite du déplacement du bateau, tend constamment à maintenir le râteau immergé. Pour assurer la descente et surtout la remontée du râteau, on a installé en porte-à-faux, à l’arrière du porteur, une potence en bois double, qui porte sur la lisse du bateau et est boulonnée par sa partie arrière au pont; les deux bras de la potence sont solidarisés par une poutre transversale et des barres métalliques obliques, et, au milieu de la poutre transversale, est frappé un palan triple, dont la seconde poulie se trouve elle-même montée sur la barre du peigne. L'un des brins du palan va passer sur un treuil à vapeur disposé normalement à l’arrière du vapeur, et un simple mousse, manœuvrant le palan par l’intermé-
- diaire du treuil, peut lever ou laisser couler au fond le râteau. Ajoutons que deux chaînes, se reliant au râteau de part et d’autre du palan et passant sur
- les poupées du treuil, servent de guidage aux mouvements de l’appareil et, de plus, pourvoient à un accident, pour le cas où le càldc du palan viendrait à se rompre : elles permettraient, en pareille circonstance, de relever le râteau.
- Les dents ont 0n,,60 de long, elles sont au nombre de 55, et, traînées par le porteur, elles désagrègent fort effectivement le fond vaseux le plus compact ; en somme, les résultats sont très satisfaisants, surtout quand le courant du fleuve est violent, et les frais sont peu élevés. U y a là un dispositif qui peut être utilement imité sur bien des voies navigables. Daniel Bfxlet.
- Vue du rateau
- Treuil a vapeur
- Chaîne'
- Mètres
- Détails des appareils à l’amère (lu bateau-râteau.
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- LES HÉMONIES
- Les hémonies appartiennent à la famille des Chry-somélides; elles composent, avec quelques autres genres, et en particulier les Donacies, la tribu que détache dans les eaux, pour le représenter parmi le monde aquatique, ce grand groupe de coléoptères végétariens. À l’état de larve, comme sous leur forme adulte, elles paissent les plantes des marécages, des rivières, ou même de la mer.
- Leurs mœurs ont été bien étudiées par MM.
- Rellevoye et Leprieur, à qui nous empruntons quelques notes biologiques et le portrait de l’insecte. Les hémonies figurent assez rarement dans les collections; cela tient sans doute à ce que, cramponnées solidement par leurs ongles robustes aux feuilles et aux tiges submergées, elles sont difficiles à capturer. Elles se fixent de préférence sur les paquets de racines fragiles qui traînent sur la vase ; en arrachant ces racines avec précaution, on peut se procurer, aux époques convenables, des coques dans lesquelles sont renfermées d e s n y m p h e s d’héinonies. Les potamots, en particulier, fournissent une moisson abondante de ces coques.
- Une corrélation fort normale, mais qui mérite cependant attention, unit la vie des hémonies (et sans doute de beaucoup d’insectes aquatiques) à la vie des plantes dont elles tirent leur subsistance. À la profondeur où on les trouve, les végétaux qui les hébergent accomplissent leurs fonctions vitales, au
- moins celles qui ont Irait à la nutrition, d'une manière constante; ils ne connaissent point, comme les espèces terrestres, l’interruption des irimas. De même les hémonies se présentent, à peu près à tous les moments de l’année indifféremment, sous le
- triple aspect qui forme le cycle de leur existence : on trouve cote à côte des adultes, des larves, des nymphes dans leurs coques. L’accouplement, la ponte, le développement e t les métamorphoses doivent se succéder indéfiniment, avec peut-être un court eepos en hiver.
- Les hémonies adultes sont des rctes sni lents, qui montrent une tendance invincible à s’accrocher à tous les objets à leur portée ; on les trouve souvent attachés les uns aux autres en grappes plus ou moins nombreuses. Cependant, YHæmonia zosteræ, qui vit en troupes sur les plantes marines, aurait, au
- dire deGyllenhal, des mouvements assez vifs pour se déplacer en nageant dans l’eau.
- Les larves sont de même extrêmement paresseuses, au point (pi’il faut les observer pendant plusieurs heures [tour les voir se déplacer de quelques millimètres. Lorsqu’on arrache les potamots auxquels elles se cramponnent, on voit souvent sur les tiges de petites cavités où leur tête, et même la partie antérieure de leur corps, est enfoncée. II n’est pas certain cependant qu’elles se nourrissent du parenchyme, et peut-être ces incisions n’ont-elles d’autre but que de provoquer un afflux de sève. On ne sait pas davantage comment ces larves accomplissent l'acte respiratoire, pourtant
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- LA NATURE.
- indispensable h leur existence : on ne les voit jamais, en effet, chercher à gagner la surface pour atteindre l’air atmosphérique.
- Sur le dernier segment de leur corps sont fixés deux disques cornés portant chacun un crochet assez robuste. Ces crochets ne sont ni mobiles ni articulés, et ne servent pas à la marche; ils paraissent avoir pour rôle de permettre à la larve de s'ancrer solidement dans une tige, soit pour résister à la violence des eaux au moment des crues, soit aussi pour se procurer un point d’appui quand l’époque est venue de la transformation en nymphe.
- A cette éporpie, ainsi lixée par ses crochets postérieurs, elle dilate son corps autant qu’il lui est possible, puis répand tout autour une sorte de bave liquide amorphe et non organisée, qui possède la propriété de se durcir au contact de l’eau. H en résulte une coque ovale, adhérente sur toute la longueur d’un coté à quelque tige de potamot, qui y dessine un sillon. A l’intérieur de la coque, la larve se rétracte, et expulsant par ses stigmates l’air qu'elle avait absorbé pour se gonller, s’entoure de la couche gazeuse nécessaire à ses fonctions. L’osmose lui fournira ultérieurement l’air qui est indispensable à sa respiration. Sans doute d’ailleurs n’en laut-il qu’une petite quantité, car à cette crise de la nymphose la vie doit être bien ralentie et la dépense en oxygène très faible.
- De la coque cachée parmi les racines aquatiques,
- 1 adulte sort pour mener une existence obscure et lente au sein des eaux, contrairement à tant d'insectes qui, nés dans la vase des marécages, la quittent., au soir de leur existence, pour prendre possession, ne fùt-ce qu’un jour, du royaume de l'air.
- A. Aci.oque.
- LES DEUX PLUS GRANDES CAVERNES
- D’EUROPE
- AUEI.SRERG ET I,E UÔU.-I.OCU
- Les grottes d’Adelsherg1 près Trieste, en Autriche, et du Holl-Loch2 près Sclnvyz, en Suisse, viennent d’être l’objet de nouvelles recherches, qui méritent une sommaire analyse.
- Dans les mémoires de mai 1905 de la Société belge de géologie, M. E. Rahir publie une .monographie très scientifique du Holl-Loch (48 p. et 51 fig.), où il expose ses propres recherches de mai et juin 1904 et résume tout ce qu’on sait à l’heure actuelle de cette importante caverne. Ce travail est des plus intéressants.
- Confirmant tout ce que j’avais observé ou prévu sur la géologie et l’hydrologie du Kôll-Loch, en 1902, M. Rahir achève de mettre en lumière les points suivants ; cette grotte est bien une des plus curieuses et des plus intéressantes qui existent; — les divers modes de creusement (érosion, corrosion, pression hydrostatique) par les eaux y sont visibles d’une façon extraordinairement remarquable, à cause de l’absence presque générale des matériaux de comblement; — l’origine de ses eaux souterraines
- 1 Yov. n“ 1088, 7 avril 4894, p. ‘295.
- 2 Voy. n° 15(50, 18 avril 1905, p. 510.
- doit bien être cherchée dans les calcaires fissurés (crétacé supérieur) des lapiaz de Silbern-Alp, h’arren-Alp, etc., qui sont tout percés de points d’absorption très actifs, souvent peu visibles et d’effondrements qui représentent des orifices d’abhnes draineurs, profonds, sans doute, de 400 à 500 mètres; « les principaux points de perte des eaux s’y comptent par milliers ». On y voit aussi « une dépression à pente rapide qui, très vraisemblablement, était autrefois le lit d’un torrent dévalant des hauteurs et maintenant disparu dans les profondeurs du sol, disparition si générale dans les terrains calcaires ». .11 est exact que toute une série d’anciens déversoirs s’étagent jusqu’à l’orifice d’entrée, qui ne vomit un torrent et ne sert de trop-plein aux crues internes qu’après les précipitations atmosphériques les plus fortes. M. Rahir l’a vu fonctionner avec, violence. Cet échelonnement des anciens déversoirs cherchant un niveau toujours de plus en plus bas confirme la « loi si générale, et maintenant incontestée, de l’enfouissement graduel des eaux dans les calcaires ».
- Une expérience de coloration à la fluorescéine a parfaitement établi (pie la fontaine voisine dite Schleichende Brunnen (source rampante), à 105 mètres en contre-bas de l’entrée du Holl-Loch, est la résurgence pérenne des eaux d’étiage, qui circulent en permanence dans les plus creuses galeries (encore inconnues) de la grotte. Le 18 mai 1904, à 12h 41), un kilogramme de fluorescéine, versé dans la cascade qui occupait alors le fond du gouffre du Kreuzweg, colora la source rampante à lh25 et. un petit groupe de sources voisin à 2 heures; une distance, à vol d’oiseau, de 500 mètres a donc été parcourue par la couleur en 45 minutes. « Cette vitesse souterraine, n’a jamais été égalée dans mes expériences de Belgique, et, d’après M. Martel, elle n’aurait été dépassée qu’une ou deux fois jusqu’à présent, notamment à Bramabiau (Gard) ». La couleur fut éliminée très rapidement à la résurgence, ce qui prouve « la nécessité absolue de faire des observations très fréquentes en pareille matière, contrairement à ce qui se pratique encore trop souvent ». En faisant une percée dans la roche surplombant la source rampante, on aurait, selon M. Rahir, chance de découvrir la rivière souterraine encore mystérieuse, l'our ma part, je persiste à croire que les galeries inférieures doivent être noyées en permanence et que l’eau y coule à conduite forcée; la pérennité de la source rampante et la rapidité de la mise en charge dans les crues du Holl-Loch sont incompatibles avec de grandes salles basses. La descente de l'abîme intérieur du Kreuzweg, profond de 120 mètres, n’a pu être effectuée par M. Rahir que jusqu’à concurrence de 80 mètres, à cause des survenances de pluies qui, à deux reprises, lui firent constater la présence dans ce gouflre d’une cascade souterraine haute de 40 mètres la première fois et de 100 mètres la seconde. Elle a cependant permis de constater qu’il y a là tout un réseau de galeries « très variables et qu’il n’est guère possible de diviser en deux étages ou plus; de nombreux couloirs, dont beaucoup sont encore inconnus, peuvent être occupés par les eaux en période de fortes crues; une ou plusieurs galeries, inférieures de 80 à 100 mètres, en moyenne, à la galerie supérieure, sont occupées d’une façon permanente par la rivière souterraine ».
- En période sèche, M. Widmer Ostervvalder (le principal explorateur de la caverne) et ses compagnons ont réussi à atteindre le fond de l’abîme et à y trouver un petit lac calme, en communication très probable avec la source rampante, très certaine même ainsi que l’a prouvé l’expé-
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- ricncc à la fluorescéine que nous avons relatée ci-dessus.
- Le parcours de la caverne est des plus difficiles.
- 11 est confirmé que ce parcours « suit exactement les sinuosités mêmes des plissements rocheux » qui m’avaient tant frappé au-dessus de la source rampante.
- Tout récemment MM. Widmer, etc., ont exploré près du fond de la grotte un autre abîme qui les a conduits à une nouvelle et belle galerie descendante (sans doute vers la rivière); faute de lumière l’exploration n’a pu en être achevée.
- La rapidité et la vitesse des crues souterraines du lloll-Locli excèdent tout ce que l’on a constaté jusqu’ici dans toutes les grottes connues. Le 10 mai 1004, M. Hahir en a vu une qui, après vingt et une heures d’abondantes averses, dépassait 100 mètres de hauteur, fournissant ainsi au réseau des canaux inférieurs de la grotte (et par conséquent de la source rampante, où il existe au moins deux émergences distinctes) une mise en charge de 10 atmosphères. Ces crues peuvent se produire moins de douze heures (et même sept heures) après les chutes de fortes pluies sur le plateau. Les observations thermométriques corroborent parfaitement cette rapide correspondance entre l’absorption supérieure et la résurgence inférieure des pluies.
- On comprend quel puissant travail d’usure et de désagrégation doivent produire ces chasses terribles : aussi les innombrables marmites de géants si remarquables (il y en a des milliers, atteignant jusqu’à 4 ou 5 mètres de diamètre), dans presque toute l’étendue du Holl-Loch, ressemblent-elles aux plus vastes que l’on connaisse dans les torrents extérieurs; elles ont la même origine, le creusement et le percement de proche en proche, par la tactique des tourbillons qu’a si bien mise en lumière M. J. Brunhes1. M. Hahir insiste longuement et avec raison sur cette capitale similitude de l’action mécanique des eaux internes et des eaux externes.
- Je rappellerai, à ce propos, que ces mêmes marmites se trouvent dans beaucoup de grottes (Sassenage, Isère; (Eil de la Doux, Corrèze; Trépail, Marne; Brudoux, Drôme, etc., etc.), et sont donc une loi générale du mode de creusement des galeries de grottes. Mais très souvent elles sont comblées et invisibles.
- Des anomalies barométriques, des sautes brusques, aussi bizarres qu’inexplicables ont été remarquées dans le llôll-Loch, par M. Rahir, qui conclut qu’avec ses !1 kilomètres de galeries actuelles, le Holl-Loch est appelé à supplanter quelque jour, en étendue du moins (mais pas en beauté de concrétions, les stalactites étant à peu près sans intérêt dans la grotte suisse), les dix kilomètres d’Àdelsberg.
- Cependant, un véritable renouveau souterrain dans le Karst semble s’efforcer de conserver à la caverne autrichienne le premier rang qu’elle a acquis en 1895 : à la fin d’avril dernier M. G. Perko m’écrivait qu’avec M. Burga et plusieurs amis il venait de reprendre, dans la Magdalena-Schacht, les explorations que les liantes eaux m’avaient empêché de continuer il y a douze ans. Le jour de Pâques, ils y ont découvert deux nouvelles galeries remplies de belles concrétions, et la suite du cours de la Piuka ; une crue encore ne permit de le suivre que sur une soixantaine de mètres ; mais, en basses eaux, l’accès reste ouvert à d’autres investigations qui vont être continuées. Si l’on se rappelle que la Piuka souterraine traverse et solidarise quatre séries de grottes, Adelsberg (avec ses
- 1 A. de Lapparent. La Nature,n° 1505, 4 juin 1898, p. 5, et J. Brunhes. Mém. de la Soc. fribourgeoise des sc. natur., 1902.faseic. 4.
- annexes d’Ottok et de Magdalena-Schacht), la Cerna Jama, la Piuka-Jama, et Kleinhaiisol, — que cet ensemble a déjà livré aux chercheurs 20 kilomètres de galeries, — et qu’un jour sans doute on réussira à forcer ou à contourner leurs solutions de continuité, on doit considérer le réseau souterrain de la Piuka comme le plus vaste vide caverneux d’Europe, d’étendue plus que double du Holl-Loch actuel. En Amérique plusieurs cavernes, on le sait, dépassent ces cinq lieues de développement : mais la plupart du temps leurs dimensions ont été exagérées : Mam-moth-Cave, notamment, selon MM. Ilovey et Ellsworth Call, depuis 1897. ne possède pas plus de 48 à fit) kilomètres de galeries au lieu de 241 qu’on lui attribue partout1.
- K.-A. M.ustri,.
- LES COLORANTS DE LA HOUILLE’
- Lorsqu’on chauffe de la houille dans un foyer, on constate simplement qu’elle s’enflamme plus ou moins complètement, brûle et laisse un résidu constitué par des cendres non combustibles.
- Les choses se passent autrement lorsque, au lieu de chauffer la houille à l’air libre, on la chauffe en vase clos dans un appareil à distiller spécial (cornues des usines à gaz).
- Dans ce cas, la bouille ne brûle pas, mais elle se décompose (lig. I ) :
- 1° En produits gazeux qui, purifiés, donneront le gaz d'éclairage ;
- 2° En eaux ammoniacales ;
- 5° En produits liquides bruns, odorants, très complexes, constituant le goudron de houille ;
- 4° En un résidu solide, non dislillable, qui est le coke*.
- De ces trois produits, le goudron de houille seul nous intéresse. Ce goudron est un mélange d’un grand nombre de produits que l’on peut séparer par voie de distillation fractionnée et répétée, c’est-à-dire en mettant en pratique la propriété qu’ils possèdent de bouillira des températures différentes (tig. 2).
- Voici, d’après Girard et de Laire, la liste des principaux composants du goudron de bouille classés d’après leur température d’ébullition :
- Benzine boni à 82°-85° \
- Toluène — 105°-1080 > Huiles'légères 140°.
- Xylène — 1270-128° )
- Pyridinc — 150° \
- Lutidine — 154° /
- Aniline — 182° > Unités movennes 140°-200°.
- Phénol — 187° i
- Toluidinc, etc. — 198° /
- Naphtaline — 217°-218° )
- Quinoléine — 255°-237° ( Huiles lourdes 200°-500°.
- Anthracènc — 510°-350H S
- Etc.
- Brai........................... Résidu pinson moins solide.
- 1 Voy. M. L. Couppej de la Forest, Grottes des Etats-Unis d’Amérique. Mém. Soc. spéléologie, n* 35, novembre 1995.
- 4 Nous avons déjà publié un article de M. Joseph Girard sur les Pétroles et matières colorantes, n° 1617 du 21 mai 1904, page 586.
- 3 Une tonne de houille donne, en moyenne, à la distillation en vase clos : 150 kg de gaz d’éclairage; 80 kg d’eaux ammoniacales (carbonate, sulfure, chlorure, etc., d’ammonium); 60 kg de goudron et 710 kg de coke.
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- LA NATURE.
- Dans l’ordre d'idées où nous nous sommes placé, nous n’avons à considérer que la benzine, en faisant
- remarquer, toutefois, que la benzine employée dans l'industrie des matières colorantes n’est pas un pro-
- Fig. 1. — Tableau schématique des produits extraits de la houille.
- Cette ligure indique le rapport existant entre les volumes des différents produits extraits directement de la houille.
- Gaz d'éclairage, 150 kg; eaux ammoniacales, 80 kg; goudron, 00 kg donnant comme sous-produits : a, benzine, quantité 0,6 kg; b, toluène, xylèno, pseudo-cumèue, etc., 3 kg; c, pyridine. aniline, 0,1 kg; d, phénol brut. 3,5 kg; e, créaol, xylénol, etc., 6 kg; naphtaline, 5 kg; </, autres carbures, 5,5 kg; /», graisse vert/', 6 kg; /, anthrarène, 0,6 kg"; j, brai, résidu, 30 kg.
- duit pur mais un mélange de benzine, toluène, xijVene, etc.... La benzine pure ne donnerait pas de fuchsine. Nous sommes déjà loin de la bouille et, cependant, toute une longue série d’opérations nous sépare encore de cette magnifique mat ière colorante rouge, l’une des premières qui aient été préparées au moyen des dérivés du g o u d r o n d e bouille.
- Jusqu’à présent, nous n’avons eu à nous servir que de la chaleur, laquelle, par les réactions tpi’elle a déterminées, nous a
- conduit directement à l’obtention de la benzine.
- Dès maintenant, nous allons être obligé de faire
- Fig. 2. — Distillation du goudron.
- A. Chaudière contenant le goudron. — B. Bac d'alimentation plein de goudron. C. Récipient à brai. — I). Réfrigérant. — F. Produits distillés. — F. Foyer.
- intervenir des produits étrangers qui vont transformer profondément les corps traités en leur ajoutant ou en
- leur retranchant des éléments intimes.
- La benzine, liquide universellement connu,va être transformée en nitrobenzine, appelée vulgairement essence de mirbane, autre liquide dense, à odeur d’essences d’amandes amères et employé, pour cette raison, en grande quantité dans la parfumerie et la fabrication des savons.
- Cette nitrobenzine se prépare facilement en versant lentement la benzine industrielle (mélange de benzine, toluène, etc...) dans un récipient contenant
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- un mélange refroidi d’acides sulfurique et azotique. — On agite avec précaution, car la manipulation n’est pas exempte de danger. Au bout de quelques heures la nitro-benzine se sépare en une couche huileuse qu’il ne reste plus qu’à décanter et à laver.
- La nitroben-zine va nous permettre d’atteindre une nouvelle étape : l'aniline, produit très important, chef de lile de toute une série de colorants artificiels, appelés pour cette raison : couleurs d'aniline. L’aniline (nom chimique : phény-lamine) a été obtenue pour la première fois en 1826 par le chimiste suédois Unver-dorben, dans les produits de la distillation de l’indigo. 11 l'appela cristalline à cause de la facilité avec laquelle elle donne des sels cristallisés lorsqu’on la combine avec des acides.
- En 1840, Fritzche, chimiste allemand, lui donna le nom qu'elle a conservé dans l’industrie et qui rappelle son origine (anil, nom portugais de l’in-digo).
- On la prépare aujourd’hui en chauffant, dans des appareils en fonte munis d’agitateurs, un mélange de nitrobenzine, de limaille de fer et d’acide chlorhydrique (fig. 5).
- L’aniline du commerce est un liquide jaunâtre lorsqu’il est de préparation récente, brun lorsqu’il a subi le contact de l’air. Sa saveur est brûlante, son odeur nauséeuse rappelle de loin celle de la benzine; elle est un peu plus dense que l’eau qui n'en dissout que des traces. Par contre, elle est soluble en toutes proportions dans l’alcool, l’éther, la benzine, etc. ; elle brûle avec
- une flamme blanche fuligineuse. L’aniline est toxique.
- La fabrication des matières colorantes dérivées de l'aniline, aujourd’hui si prospère et qui a révolutionné en moins de cinquante ans toute une industrie vieille de plusieurs siècles, a été surtout le résultat du hasard.
- C’est par hasard, en effet, que Runge, en 1855, remarqua qu'une solution de chlorure de chaux ajoutée à de l’aniline donnait une coloration violette. C’est par hasard, également, queBeissenhirtz, en 1855, obtint de magnifiques couleurs bleues et violettes en traitant l’aniline par un mélange de bichromate de potasse et d’acide sulfurique. Ces essais, repris par W. Perkin, conduisirent ce chimiste à demander en 1856 un brevet pour une matière colorante lilas, à laquelle il donna le nom de mau-véine et qu’il avait obtenue en oxydant l’aniline.
- Ce ne fut qu’en 1859 que Yerguin découvrit la fuchsine en chauffant un mélange d’aniline et de bichlorure d’étain (liqueur fumante de Liba-vius).
- La beauté du colorant et sa grande puissance tinctoriale, qui promettaient pour l'avenir les plus gros bénéfices, [toussèrent les chimistes à rechercher d’autres procédés de préparation industrielle de la fuchsine.
- La fièvre de l'aniline fit pendant à la fièvre du pétrole qui agitait l’Amérique du Nord vers la même époque. En effet, nombreux sont les brevets qui furent pris tant en France qu’à l’étranger pour la transformation de l’aniline en fuchsine.
- Fig. ô. — Fabrication de l'aniline.
- A. Chaudière à réaction. — F>. Tuyau pour l'arrivée des vapeurs. — C. Récipient à nitrobenzine. I). Réfrigérant. — E. Récipient à aniline. — F. Agitateur mécanique.
- Fig. i. — Fabrication de la fuchsine.
- A. Cornue à réaction. — R. Tube destiné à condenser les vapeurs provenant de A. et à refouler le contenu de A lorsque la réaction est terminée. — C. Tube servant à amener la vapeur destinée à hydrater le mélange contenu dans A, et à vider l’appareil lorsqu’on fait agir la pression par B. — I). Agitateur mécanique — E. Foyer.
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- L A N AT U H K.
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- Nous citerons, au hasard :
- •1859, 1 revêt VI 6*21, Gerber Keller,
- 1860, — 44 950, Ch. Laulh et P. Depoully,
- 1860, — 44 958, Girard et de Caire,
- 1865, — 'Williams,
- 1865, — Blockey et Watson,#
- 1864, — Wilson,
- 1864, — Sieberg,
- 1865, — Vold,
- 1866, — llolliday.
- etc., etc....
- Pondant longtemps on s'est servi de l’acide arsé-ni(|ue comme agent oxydant destiné à transformer l’aniline en fuchsine, ce qui ne litI pas sans danger et détermina plusieurs cas d’empoisonnement.
- La réaction s'effectuait dans des chaudières en fonte dans lesquelles on introduisait l’aniline et l’acide arsénique. Au bout de plusieurs heures on distillait et le produit restant dans la chaudière était coulé, puis, après refroidissement, cassé en morceaux et traité à l’ébullition avec du sel marin. Après quelques heures on filtrait et faisait cristalliser.
- Aujourd’hui, on a remplacé dans beaucoup d’usines l’acide arsénique par la nitrohenzine1 (procédé Cou-pier) qui donne de bons résultats et ne présente pas d’aussi graves inconvénients (tig. -4).
- La fuchsine, ce superbe colorant qui, commercialement, prit bientôt un grand nombre de noms (roséine, magenta, solférino, azaleine, tyraline, karma line), donna naissance à d’autres produits qui remplacèrent, peu à peu, les anciens colorants employés jusqu’alors en teinturerie.
- C’est ainsi qu’en traitant une solution alcoolique de fuchsine par l’acide sulfurique et une aldéhyde, Ch. Laulh obtint le violet à l'aldéhyde et le bleu d'aniline (\ 860). Ce bleu, fort beau mais peu stable, auquel Cherpin, chimiste à Saint-Ouen, chercha à donner de la fixité au moyen de l’hyposulfite de soude (connue on fixe une épreuve photographique) donna un autre colorant : le vei't à l'aldéhyde, 1862.
- En 1861, Girard et de Laire, en chauffant un mélange d’aniline et de fuchsine, préparaient le violet impérial et le bleu de Lyon.
- La solution dans laquelle avait cristallisé la fuchsine. loin d’ètre rejetée, était traitée par de nouveaux réactifs et donnait la chrysaniHne, autre matière colorante teignant en jaune très brillant la soie, la laine et le coton (Kolmann, 1862).
- Nous aurions fort à faire si nous voulions énumérer tous les colorants dont la fuchsine a été le point de départ.
- Nous nous en tiendrons h cette liste très brève, notre but étant, non pas de faire une monographie, même succincte, des colorants dérivés de la houille, mais simplement de montrer par quels intermédiaires nécessaires doivent passer les matières premières servant à l'obtention de ces produits.
- 1 Depuis quelques années d'autres procédés tendent à devenir industriels, notamment celui à Yaldéhyde formique (brevet allemand 61 140].
- Nous devons ajouter (pie les colorants dérivés de l’aniline, quoique nombreux, ne représentent qu'un petit nombre de colorants dérivés de la houille. D’autres composés du goudron : le phénol, la naphtaline, l’anthracène, convenablement traités, donnent également des matières colorantes.
- Enfin, depuis plusieurs années, sous le nom de colorants azoiques, on a lancé dans le commerce de nouveaux produits d'une très grande puissance tinctoriale et d'un très grand éclat. Ce sont également des colorants dérivés de la houille, mais par des réactions tout à fait différenfes de celles «pii nous ont conduit à la fuchsine : aussi n’en parlerons-nous pas, nous réservant de les traiter à part dans un prochain article. G. Loüciieux.
- CHRONIQUE
- Une explosion de 11 900 k$ç «le dynamite. —
- bette masse formidable d’explosif a été employée à faire tomber un pan de roche de 120 mètres de hauteur, qui bordait le Danube à Greifenstein : elle avait été répartie dans trois chambres souterraines disposées à 40 mètres les unes des autres, au pied de la muraille. Il n’y avait pas, dans chacune d’elles, moins de 150 caisses de 25 kilos, sans parler des caisses à détonateurs et des paquets de remplissage. La mise à feu a été commandée électriquement. Presque instantanément, 180 000 m3 de roche furent jetés bas, et il en tomba encore 100 000 m3 les ours suivants. Le prix de revient du mètre cube n’a pas dépassé 15 centimes.
- ——
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 juillet 1905. — Présidence de M. Troost.
- Propriétés des feuilles de sureau. — M. Guignard annonce que le sureau renferme dans ses feuilles un composé qui donne à la distillation de l’acide cyanhydrique. Il signale, en outre, plusieurs propriétés intéressantes relatives à la distribution et au rôle de J’açide cyanhydrique dans la formation des composés azotés chez les végétaux.
- Découverte de couches de houille. — M. Zeillçr présente une Note de M. Nicklès annonçant la découverte, au sondage d’Abaucourt, près Noménv .(Meurthe-et-Moselle), d’une couche de houille de 2'“,05 d’épaisseur rencontrée à 890 mètres de profondeur. Le charbon de cette bouilli' est un charbon à gaz donnant.41 pour DO de matières volatiles et 5,57 pour 100 seulement de cendres. M. Zeil-ler ajoute à cette communication- que l’examen des impuretés végétales conduit à rapporter la couche rencontrée au faisceau supérieur des charbons à gaz le plus élevé de la série houillère de Saarhruck. Les sondages précédemment entrepris sont séparés de celui d’Abaucourt par une faille importante et la constitution des couches traversées indique qu’elles correspondent à un niveau notablement inférieur.
- Géologie de l'Espagne. —M. de Lapparent remet une Note de M. Robert Douvillé dans laquelle l’auteur relate que l’on trouve, en avant de la Sierra Nevada, de nouveaux exemples de plis couchés et de nappes charriées.
- Dépérissement des vignes françaises. — M. Prillieux
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- LA NAT U B E.
- Dû
- résume un travail de M. Havaz, relatif aux causes du dépérissement observées cette année dans les vignes de l’Algérie, de la Tunisie et du midi de la France et qui ont causé une grande inquiétude chez les viticulteurs. Dès l’année dernière, les grappes ne purent arriver à maturité. L’examen des pieds malades a permis de constater, dans les tissus des racines en pourriture, la présence des anguillules et du mycélium de divers champignons. Mais les tissus sains étaient indemnes. Les parasites ne pouvaient, dès lors, être considérés comme la cause du mal. En outre, M. llavaz a trouvé que les tissus non altérés étaient vides et que, même en hiver, ils ne contenaient pas d’amidon. Ils offraient tous les caractères des plantes épuisées par un excès de fructification. C’est donc à la surproduction, si intense en 1904, qu’est du le mal et non à un parasite. La cause étant connue, le remède est facile. 11 suffit de combattre l'affaiblissement par les fumures et la surproduction par une taille courte.
- Propriétés des rivets en acier et en fer posés a chaud. — M. Maurice Lévy analyse un travail de M. Ch. Frémont concernant les effets combinés de la chaleur et de la traction sur les rivets en fer et en acier. 11 a effectué des expériences comparatives sur la résistance à la traction, au pliage statique et dynamique du fer de Suède et de six aciers usuels. Ces expériences ont été faites à la température ordinaire, puis à celle de 900 à 1000° qui est celle de la pose des rivets. Enfin, une troisième série d’épreuves a eu lieu sur des rivets posés à chaud sous une pression de 00 tonnes. Il a trouvé ainsi que le métal qui a subi la contraction mécanique par refroidissement sous traction s’est notablement amélioré. La résistance à la rupture est augmentée. Les essais des chocs sur barrettes à entailles montrent que la fragilité n’a pas été accrue. Le changement de résistance n’est donc pas dù à une trempe, comme on pouvait le supposer.
- Election. — M. Curie est élu membre de l’Académie pour la section de physique, par 29 voix contre 22 données à M. Gernez, en remplacement de M. Potier, décédé.
- Fixation d'éléments par les cellules. —M. d’Arsonval résume une Note de MM. Charrin et Le Play relative à des expériences prouvant que l’on peut souder, soit à des cellules, soit à des microbes, soit aux éléments de l’organisme, des principes chimiques variés. Ces soudures sont assez solides pour que les cellules puissent transporter, dans la profondeur des viscères, ces différents principes. Là, ils sont employés avantageusement ou désavantageusement. Les auteurs établissent dans quelles conditions s’opère la fixation ou l’abandon de ces substances. Celles-ci latentes quand elles sont soudées deviennent actives quand elles, sont mises en liberté. Ces recherches ont trait aux problèmes délicats de la physiologie normale ou pathologique.
- Matières minérales dans l'organisme. — M. d’Arsonval dépose ensuite une Note de M. Charrin, dans laquelle l’auteur montre qu’en variant les procédés d’introduction des substances minérales dans l’organisme on fait varier les résultats. Il montre encore que si ces substances ne sont pas capables de réparer nos tissus ou de leur donner de l’énergie fonctionnelle, elles sont cependant aptes à améliorer la nutrition, à perfectionner les échanges, à agir comme certains ferments. Toutefois, suivant les conditions, elles augmentent ou diminuent la résistance aux infections. A cet égard les phénomènes sont complexes.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- EXPOSITION D’AGRICULTURE COLONIALE
- AU JARDIN COLONIAL I)E NOUENT
- L’avenir des colonies ne peut être assuré que par l’agriculture ; c’est une vérité qui n’a plus besoin d’ètre démontrée. Les premières entreprises coloniales se donnaient seulement pour but l’exploitation des produits naturels du sol, mais on s’aperçut bientôt qu'un tel système devait fatalement aboutir à l’épuisement de richesses qui ne pouvaient être indéfinies; le caoutchouc et les forets en ont fourni des exemples probants entre tous. L'organisation de l’agriculture dans les colonies s’imposa comme une nécessité; mais il ne suffit pas, pour favoriser leur développement agricole, de prendre des mesures administratives, il l’aut surtout instruire et guider le colon.
- C’est à ce but que répond très exactement l’Exposition nationale d’agriculture coloniale, organisée à Nogent-sur-Marne, dans le Jardin colonial. On en doit l’initiative à M. J. Dybowski, inspecteur général de l’agriculture coloniale, qui, directeur du jardin de Nogent, a donné, on le sait, à cet établissement, un si remarquable développement ; l’agriculture coloniale devra à celte exposition, la première de ce genre qui ait été ouverte, une impulsion toute nouvelle.
- L’exposition est essentiellement coloniale et elle comprend tout ce qui se rapporte à l’agriculture et à l’élevage, mais elle ne ressemble en rien aux expositions similaires que nous sommes habitués à voir pour l’agriculture de la métropole. M. Dybowski a voulu qu’elle soit vivante et pratique, et quelle constitue une leçon de choses. Il y a réussi et lui a donné ainsi un attrait spécial tout en la rendant plus instructive que toute autre. , !
- On a placé d’abord sous nos yeux toutes les plantes fournissant des denrées dont il se consomme en France de grandes quantités et qui, pour une trop grande part, nous arrivent des colonies étrangères. On y a joint aussi des produits spontanés ou provenant de cultures d’essai, qui sont de nature à fournir, par la suite, de nouveaux aliments au commerce et à l’industrie. Les plantes sont en pleine terre ou abritées dans les serres. Voici, parmi tant d’autres, le riz, le coton, le tabac, la ramie; voici du blé de Kou-likoro, ; puis des cocotiers, des canneliers, des goyaviers; des plantes à caoutchouc de diverses espèces, des caladium et des coleus dont les tubercules remplacent, dans certaines régions de l’Afrique, la pomme de terre, etc.
- Maison ne s’est pas contenté de montrer la piaule; ou voit exposés aussi non seulement les produits qui en sont tirés, mais encore les machines qui servent à les fabriquer, ainsi que des photographies, des plans d’usines et d’exploitation. On peut donc suivre la plante depuis son originejusqu’à ses transformations industrielles en assistant à toutes ses manipulations. C’est ainsi qu’on voit sécher les bananes, décortiquer
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- LA NATURE.
- le coton et le riz, concasser les noix de palme. Le travail du caoutchouc est aussi très intéressant. On a donné une place importante au caoutchouc et au coton connue étant des produits d’un intérêt de premier ordre pour nos colonies.
- On peut compléter la leçon de choses parla dégustation des produits : chocolat du Congo, café de la Nouvelle-Calédonie, théd'Annam, kola de la cote occidentale d’Afrique, fruits coloniaux.
- L agriculture ne va pas sans l’élevage, aussi a-t-on réuni des animaux domestiques de nos diverses colonies, ce qui n’est pas l’une des moindres originalités de 1 exposition. On y trouve des animaux de boucherie et de reproduction: des hœufs porteurs du Soudan remarquables par leur hosse, des vaches du Foula Djallon, des moutons touareg, du bétail de Madagascar et des pays somalis, des volailles de diverses contrées,enfin un jeune éléphant du Gabon âgé de quinze mois. Des animaux de diverse sorte, utilisés par l'homme dans l’industrie, y figurent aussi.
- La sériciculture est largement représentée en raison de son importance. De Madagascar voici le landibé, bomby-eien dont la soie est regardée comme la plus belle de toutes par les Malgaches qui n’en emploient pas d’autres pour enterrer leurs morts ; inséparable du landibé est l’ambrevade, ou pois d’Angola, qui est la plante dont il se nourrit. Des ruchers en pleine activité donnent line idée exacte de l’agriculture aux colonies.
- Mais il ne suffisait pas, pour être complet, de grouper les plantes cultivées et les produits qui en sont tirés, ainsi que les résultats de l’élevage, il fallait aussi montrer comment peut vivre le colon dans des pays qui exigent des habitations d’un type spécial et des conditions d’hygiène particulières. On a donc exposé des modèles de maisons coloniales ainsi que des spécimens de factoreries et d’infirmeries coloniales. Une de ces constructions légères et démontables, imaginée par le docteur Loir, est particulièrement curieuse et pratique : c’est une sorte de cage cubique, tout entière en toile métallique, dans laquelle on peut dormir ou travailler à l’abri des moustiques ; on y accède par deux portes disposées de telle sorte que l’on ne peut ouvrir la seconde sans que la première soit fermée au préalable, ce qui rend |
- impossible l’introduction des insectes. Un petit coin de l’exposition, vraiment pris sur le vif, nous donne un aperçu de la vie agricole à Madagascar. Auprès de la maison du colon, égayée de quelques plantes ornementales, se trouve la case malgache. Le potager et les modèles de culture sont à coté ; par derrière, dans le poulailler, sont de superbes oies royales. Des singes familiers, des makis, jouent sur leurs perchoirs.
- A l'exposition d’agriculture coloniale est jointe une exposition d’horticulture qui, celle-ci par exception, embrasse la France en même temps (pie les colonies. La séparation était d’ailleurs ici plus difficile, la plupart des plantes d’ornement étant d’origine exotique. Un très intéressant complément de documentation est fourni par une exposition de Reaux-Arts organisée sous la présidence de M. Fd. Détaillé; elle ne comprend que des sujets coloniaux. 11 suffira,
- pour indiquer la valeur des œuvres qui y figurent, de citer quelques noms : Marcel Jambon, Clairin, AiinéMo-rot, Paul Sain; puis des peintres des départements de la marine et des colonies, Dumoulin, de la Nézière, Marsac, Tinayre et le regretté Merwart, victime de la ea-tastrophe de Saint-Pierre.
- Pour abriter une exposition aussi considérable, on a dû construire des halles et deS galeries dont quelques-unes resteront définitivement pour les services ordinaires du jardin. Le pavillon central, affecté aux services administratifs et aux collections, a été agrandi et l’espace qui y est réservé à ces dernières a été plus que triplé.
- Le Jardin colonial, si séduisant déjà au milieu des frais ombrages du bois de Yincenncs qui lui font un horizon de verdure, a fait un peu de coquetterie pour la circonstance. Il a des coins très pittoresques ; l’eau y gazouille sur les rochers et des groupes de plantes décoratives parent scs gazons : cactées, palmiers, cocotiers, ficus, cicas, fougères arborescentes. On a construit un élégant kiosque recouvert de cotes de palmier rapbia et qui a pour montants de curieux mâts fétiches du Dahomey.
- Gustave Regei.sperger.
- Le Gérant : P. Masson.
- Nouveau kiosque du Jardin colonial
- (Toiture en côtes de raphia et montants en bois sculptés du Dahomey.)
- Paris. — Imprimerie Laiiuke, rue de Fleurus, 9.
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- iV J 077. - 15 JUILLET 1905.
- LA NATURE.
- 07
- LES OSCILLATIONS DES TOURS DE PHARE
- Dans un precedent article1, à propos d’un phare en béton armé construit en Russie, sur les bords de la mer Noire, nous avons fait remarquer combien il était important de réduire au minimum les oscillations des tours de phare, résultant des tempêtes et des rafales de vent. On évite ainsi les altérations de la marche des appareils d’éclairage et les cassures verticales qui se produisent fréquemment dans les tours, surtout dans les parties hautes, et qui en sont la conséquence.
- Nous avons rappelé que pour diminuer l'amplitude de ces oscillations la théorie indiquait deux conditions 5 remplir. Il iaut d’abord que la tour, pour posséder toute la raideur possible, ait un poids considérable, ce qui ne peut s’obtenir que par
- l’emploi de matériaux d’un poids spécitique élevé, tels que le granité. 11 faut ensuite (pie, sur les différentes sections transversales de la tour, les augmentations de pression produites par le vent, en faisant incliner celle-ci, soient faibles par rapport aux pressions provenant du poids seul de la construction.
- Au phare de Calais, de 51 mètres de hauteur dont la tour relativement légère est construite en briques tendres avec des murs de faible épaisseur, la pression supplémentaire due au vent, en supposant que celui-ci exerce une pression de 275 kg par mètre carré, dépasse de moitié celle due au poids de la tour. 11 en est de même au phare de la Candie, près d’Étaples (Pas-de-Calais).
- Au phare de Barlleur, de 71 mètres de hauteur, mais
- Fig. 1. — Oscillographe.
- construit en pierres de taille granitiques et de grand appareil, avec des épaisseurs de murs relativement grandes, la pression supplémentaire dué au vent est faible par rapport à celle résultant du poids élevé de sa maçonnerie de granité. : c ; :
- Au nouveau phare de Pile Vierge, construit dert nièrement sur les côtes de Bretagne,' et dont la hauteur est de 75 mètres au plan focal,: les, pressions supplémentaires dues au vent sont le cinquième seulement de la pression totale. La loui' est en maçonnerie de moellons de granité, avec parements extérieurs en pierres de taille granitiqüe.
- Au phare d’Eckmühl, à la pointe de Penmarc’h, de 58 mètres de hauteur au plan focal et construit également en matériaux granitiques avec murs d’une épaisseur relativement grande, la pression supplémentaire est seulement le quart de la pression totale.
- Enfin, au phare de la Coubre, à l’embouchure de
- 1 Yoy. ji° 1(350, du lul' octobre 1904, p. 273.
- 33' auaée. — 2e semestre.
- la Gironde, de 55 mètres de hauteur au plan fccal et construit avec moellons calcaires et parements extérieurs assisés et grossièrement équarris, le poids supplémentaire est aussi le quart de la pression totale.
- { Telles sont les conditions indiquées par la théorie, et que l’administration des phares français a mises en pratique dans ses nouvelles constructions, dont l’énumération précédente n’indique que les principales. Mais il était intéressant de faire une vérification expérimentale,' c’est-à-dire de mesurer au sommet des tours les amplitudes des oscillations résultant des tempêtes, ainsi que la périodicité de ces oscillations, et de savoir si les amplitudes de ces oscillations concordaient bien avec les indications de la théorie et diminuaient avec la raideur de la tour.
- Dans ce but, M. Ribière, ingénieur en chef du Service des phares, a fait établir par M. J. Richard, le constructeur bien connu, un appareil destiné à la mesure de ces oscillations.
- Cet appareil, représenté figure 1, se compose d’un
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- LA NATURE.
- support à trois vis calantes qu’on place au sommet de la tour, au point dont on veut mesurer le déplacement. Sur ce support se trouve une glace fixe et un mouvement d’horlogerie faisant mouvoir horizontalement , au-dessus de la glace, un style qui se déplace
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- C'A Moyen
- Fig 2. — Diagrammes relevés avec l'oscillographe.
- avec une vitesse de deux millimètres par seconde.
- Au-dessus de cette glace fixe et reposant sur elle, par l’intermédiaire de hilles en acier, se trouve une autre glace, indépendante, recouverte de lames de verre enfumé sur lesquelles s’inscrivent la trace du style actionné par le mouvement d’horlogerie.
- Lorsque la tour vient à osciller, le support se trouve entraîné par Celle-ci et la plaque supérieure,
- à cause de son inertie, reste immobile. Le style, solidaire du support, trace donc sur la lame de verre enfumé les oscillations de ce dernier et, par conséquent, de la tour, à condition, toutefois, que la glace fixe ne prenne pas une trop grande inclinaison, dans quel cas la gravité culminerait à son tour la glace indépendante. Mais, dans la majorité des cas, les oscillations des tours de phare sont assez faibles pour que celte condition soit remplie, car les amplitudes de ces oscillations sont loin d’atteindre la valeur de Om,fiO que lui attribuait Léonor Fresnel avec une période de une à deux secondes et demie.
- Cet appareil a été mis en expérience aux différents phares dont nous avons parlé plus haut. Voici les principaux résultats obtenus.
- Aux phares de Calais et de la Canehc, dont les tours très légères ont une faible raideur et présentent une cassure qui règne du haut en bas de la tour, les oscillations offrent un aspect caractéristique. Elles sont représentées sur la figure 2. On voit, notamment au phare de la Canche, que ces courbes indiquent des déplacements permanents d’une durée assez grande auxquels se superposent de petits déplacements alternatifs. Pendant les rafales de vent, le sommet de la tour fléchit de près de 4 millimètres et conserve cette flexion souvent pendant plus de 20 secondes, pendant qu’en même temps des mouvements oscillatoires se superposent à cette flexion temporaire, avec une amplitude très irrégulière, probablement à cause de la cassure, mais dont le maximum peut atteindre un ou deux millimètres avec une période moyenne de 0B,80. En fait, par des tempêtes modérées, le sommet de la tour, sous l’influence des rafales, subit une flexion totale de 5 à 0 millimètres, chiffre relativement élevé, si on le compare avec ce qu’il est possible d’obtenir grâce à une plus grande raideur, mais loin de ce qu'on supposait antérieurement aux expériences.
- An phare de la Coubre, qui a une grande raideur, les courbes, représentées par la figure 2 et prises par les plus fortes tempêtes, indiquent des oscillations, tantôt sinusoïdales, tantôt irrégulières, mais dont l’amplitude totale ne dépasse pas 1,5 millimètre, avec une période moyenne de ()s,70.
- Au phare de Rarfleur, également d’une grande raideur, les oscillations (fïg. 2) ne dépassent pas 0,5 millimètre avec une période de 0s,8o.
- Enfin, au nouveau phare de file Vierge, le plus lwmt du monde et dont la tour a une raideur très grande, l’oscillographe n’a révélé aucun mouvement perceptible dans les plus fortes tempêtes.
- On peut donc conclure de ces expériences fort intéressantes, et c’est là le point important, que les oscillations des tours de phare, sous l’influence des rafales de vent, sont, contrairement aux idées anciennes, d’une amplitude faible et qu’en donnant, comme l’indique la théorie, une grande raideur aux tours, ces oscillations, même par les plus. fortes tempêtes, peuvent être rendues imperceptibles, comme au phare de-file Vierge. R. IIoxxin.
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- LA NATURE.
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- ABAISSEMENT DES EAUX DE LA BEAÜCE
- Ou sait que les hydrologues nous annoncent, pour l’année l'.IOu, un abaissement du plan d’eau dans le bassin de Paris, le tarissement de nombreuses sources serait proche. Les périodes pluvieuses par lesquelles nous venons de passer et qui se prolongent encore feront sans doute cesser ces craintes. D’ailleurs, à en croire une tradition fermement enracinée en Beauce, nous serions à l’entrée d’une phase nouvelle : la nappe souterraine, à laquelle on atteint par des puits d’une profondeur énorme, arriverait à la lin de la période trentenaire remarquée par les populations et l’on verrait bientôt naître des fontaines au fond des ravins secs qui sont le seul accident topographique du plateau beauceron.
- J’ignore si ce phénomène a été scientifiquement prouvé, si les traditions ont subi le contrôle d'expériences sérieuses. En tout cas, j’ai constaté des idées très nettes sur ce point, au cours d’une série d’excursions entre Etampes, Yovcs et le point où commence à se creuser la dépression de la Conie.
- La Beauce nous apparaît de toute antiquité ce qu’elle est aujourd’hui : une immense contrée sans eau courante, où les hommes doivent s’abreuver à l’aide de puits profonds, où le bétail n’a que l’onde stagnante, verdâtre, nauséabonde de grandes mares qui occupent le centre ou les abords de chaque village et dans lesquelles s’amassent les eaux des pluies.
- Cela remonte si loin que les vers d’un poète latin du vie siècle, Fortunat, sont devenus une sorte de dicton cité par tous ceux qui ont eu à parler de ce pays :
- Belsa, triste solum, cui desunt bis tria sohim,
- Fontes, prata, nemus, lapides, arbusta raccmus.
- Donc, aux temps mérovingiens, il n’y avait ni fontaines, ni prés, ni bois, ni pierres, ni vergers, ni vignobles.
- Le tableau n’est plus tout à fait exact, on a fouillé le sous-sol, il produit en abondance une pierre excellente dont on s’est servi pour élever ce poème d’architecture qu’est la cathédrale de Chartres ; les fourrages artificiels compensent l’absence de prairies et bien des bosquets de pins ou de chênes ont été plantés de tous côtés. Mais, cependant, dans l’ensemble, la brève description de Fortunat reste exacte.
- On ne peut douter cependant que la Beauce dut être arrosée et fraîche. Le souvenir d’un pays des Carnutes couvert de forets où des sources jaillissaient à l’ombre des chênes persiste vaguement. En tout cas, la trace irréfutable de l’existence de ruisseaux abondants reste dans les nombreux plis, véritables thalwegs sans eau, analogues aux ouaddis sahariens qui sillonnent surtout la llaute-Beauce entre Pithiviers, Etampes et Orgères. Ces plis aboutissent tous à des zones où les sources sont nombreuses, abondantes parfois. La jolie rivière d’Etampcs est due à ces fontaines qui forment d’abord les clairs ruisseaux de Louette, Chalouette et Juine. Le flot est assez puissant pour que la Juine ait pu longtemps être utilisée comme voie de navigation.
- Les sources ont évidemment reculé; on peut remonter les vallons jusqu’à quatre ou cinq lieues parfois, en trouvant l’évidente trace des eaux ; des souvenirs d’hommes encore vivants signalent la pérennité, persistant plusieurs années, de ruisseaux que les orages même ne suffisent pas à faire renaître. On a vu pendant deux ou trois ans, et quelquefois plus, un flot clair vivifier des thalwegs qui
- n’offrent pas actuellement la moindre trace d’humidité.
- Pour beaucoup de géologues, ce retour des eaux n’est qu’un fait passager, dù à des années où la précipitation des pluies a été anormale ; d’autres admettent que le calcaire lacustre, perméable et fissuré, ne cesse d’accroître son caractère de crible par l'effet mécanique des eaux qui attaquent la roche ; la nappe, selon eux, devra de plus en plus s’abaisser, au point de ne pouvoir, en effet, être ramenée au jour que par des moyens mécaniques puissants.
- Celle théorie rencontre des incrédules; se basant sur une longue suite d’observations qui n’ont malheureusement pas été fixées par écrit : des Beaucerons tiennent pour article de foi le rythme d’exhaussement et d’abaissement de la nappe aquifère en trente ans. Nous serions à la fin de la période des eaux basses et l’extrême difficulté actuelle à ramener du sous-sol le liquide bienfaisant serait la marque même d’un prochain relèvement du plan d’eau.
- Car depuis deux ou (rois ans il y a assèchement. Beaucoup de puits sont tari'. Ceux que les chemins de fer créèrent pour les gares et les maisons de garde ne sont plus que des abîmes secs. Pour alimenter notamment les stations et les postes de la ligne de Voves à Toury, section récemment construite, exploitée par un détachement du 5e génie, on doit envoyer par wagon des tonneaux remplis aux puits creusés à grande profondeur afin d’assurer l’alimentation des locomotives. A Pussav, où de grandes usines ont pu s’installer en opérant de profonds forages, le niveau des puits s’est abaissé de 5 mètres. Sur nombre de points l’existence humaine est devenue de ce chef très compliquée, mais on espère le retour trentenaire qui va d’année en année faire remonter l’eau dans les puits, atteindre son maximum en faisant renaître les sources et sera suivi par une nouvelle période d’abaissement.
- J’expose cette théorie sans en assurer la justesse, mais elle est de celles qu’il serait intéressant de soumettre à un examen attentif.
- En attendant, les communes de la Beauce entrent dans une voie nouvelle pour assurer l’alimentation de leurs habitants. Les moteurs à pétrole ou à essence, par la facilité de leur installation et de leur conduite, permettent d’élever à peu de frais une quantité d’eau bien supérieure à celle que les pompes à bras ou les manèges donnaient à la population. A Voves, on va chercher l’eau à 70 mètres de profondeur pour remplir un réservoir qui alimente des fontaines publiques ou les concessions de quelques habitants. A Angerville, on vient d’inaugurer un château d’eau renfermant 100 mètres cubes et alimentant non seulement la ville, mais deux hameaux situés à 3 kilomètres. La profondeur du puits est environ de 50 mètres, la galerie inférieure a un volume total de près de 40 mètres cubes.
- Ces centres, désormais abreuvés, éprouvent t une véritable résurrection. Aussi l’exemple est-il suivi, de 'nombreux projets de captation sont élaborés. La dépense première est lourde : Angerville n’a pas dépensé moins de 100 000 francs pour son service hydraulique, mais les avantages sont tels que les dernières hésitations ne sont pas de longue durée. Bientôt la Beauce qui n’offrait à la vue, au-dessus de sa plaine., que la pointe grêle des clochers ou les paillers disséminés autour des hameaux, montrera, comme signe distinctif, le château d’eau en tôle ou ciment armé, profilant sa masse ronde sur l’horizon. . . ^mocix Dumazet.
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- LA NATURE.
- IA MISSION DE CREQÜI-MOMTORT
- La mission scientifique de MM.de Créqui-Montfort et Sénéchal de la Grange se distingue de celles <jui sont organisées le plus ordinairement par nos savants. Grâce à l’importance des tonds employés, grâce à l’expérience, à la science et à l’endurance des missionnaires, il y eut là une véritable expédition de recherches, qui ont simultanément porté sur des branches très diverses de la science et ont produit des résultats de premier ordre.
- C’est au cours d’un voyage dans l’Amérique du Sud et dans la Bolivie, particulièrement à An-tolagasta d’où ils avaient rapporté quelques collections, que MM. de Créqui-Montfort et de la Grange formèrent le projet d’une exploration scientifique et systématique de la Bolivie, de la République Argentine, du Chili et du” Pérou.-' Le 10 .mars 1905, un arrêté du ministre de l’instruction publique leur confia la mission qu’ils avaient sollicitée et dont le but peut se résumer ainsi : étude del’homme des hauts plateaux, de ses langues et de son milieu, aussi bien dans le passé qu’au temps présent depuis le l'i-ticaca jusqu’à Ju-juy dans l’Argentine. Le matériel emporté était considérable: instruments de météorologie, de topographie, d’anthropologie, de photographie, des dragues, des filets avec des questionnaires d’ethnologie. M. de Montfort devait s’occuper de linguistique et d’ethnographie, M. Sénéchal de folklore, MM. A. de Mortillet de paléontologie, Georges Courte de géologie, Neveu-
- Lemaire d’histoire naturelle, Guillaume, appartenant, au service de M. Bertillon, de renseignements anthropologiques et de photographie. Il y avait là une réunion de professionnels très sérieux, ce qui promettait une abondante, récolte de matériaux. Ajoutons que M. Bo-man, qui avait déjà travaillé avec Erland Nordens-kiôld, se consacra auxrecherches anthropologiques dans la province de Salta et que M. Bastide se chargea de lever les lacs Poopo, Titicaca et Tia-huanaco.
- 11 est à propos de donner maintenant quelques détails sur les travaux personnels de ces missionnaires. M. Courte a non seulement étudié les hauts plateaux boliviens des Andes, mais aussi leurs pentes au" point de vue'géologique.
- C’est ainsi qu’il a visité nombre de mines de cuivre exploitées avant la conquête, ainsi que le prouve la découverte d’instruments d’origine indienne, maisjl a aussi escaladé plusieurs volcans dont Lun, le San Pedro ( 5 h 3 5 m è t r e s ) n’avait pas encore sa cime atteinte. A Tiahua-no, ruines depuis longtemps célèbres, il avait mis au jour un temple orné de sculptures peintes en rouge, découvert trois idoles monolithes hautes de plus de six mètres, avec un escalier dont les marches, d’un seul morceau, dépassaient sept mètres de large, trouvé des subs!dictions et nombre d’objets d’art d’un intérêt considérable, lorsqu’il fut rejoint par M. de Mortillet.
- Celui-ci avait visité le sud de la Bolivie et décou-
- Fig. 1. — La porte monolithe d’Ak-Kapuna (Porte du Soleil).
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- LA NATURE.
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- vert dans les plaines de Tarija des débris de mammifères qui paraissent remonter à l’àge tertiaire. Non content de ses découvertes personnelles, il avait encore acheté d’un habitant une collection de fossiles dont le transport n’exigea pas moins de cent caisses. Après avoir exploré le grand Chaco, où il lit nombre de photographies de Tobas et de Chiriguanos, il monta sur les hauts plateaux et passant par La P a z, dont les 00 000 habitants sont presque tous des métis, il gagna le lac Titi-caea. Dans cette région, il lit emplette d’étoflès, de poteries, de jouets qui nous paraissent sans grand intérêt au-jourd’lmi, mais qui en prendront un considérable avec le temps.
- Puis il gagna Tiahuanaco dont les maisons sont construites des débris du temple antique. Les ruines forment deux groupes : Acapana au quadrilatère formé de grandes pierres debout., avec, à l’intérieur, la belle porte du Soleil tou te cou verte de sculptures et un amas énorme de débris, véritable tell ; Pama-campo est formé d’un tertre élevé, ancienne pyramide à gradins, avec d'innombrables pierres sculptées au pied.
- Au moment de l'arrivée de M. de Morlillet, la: colline factice était évent rée, les murs que les Indiens avaient découverts, avaient été détruits par eux. M. de Morlillet arrêta ce vandalisme et un plan des ruines fut dressé. Les restes de l’industrie humaine et quelques débris des anciens habitants ont été rapportés par les deux missionnaires.
- M. le Dr Neveu-Lemaire s’est principalement consacré à l’exploration des lacs Poopo et Titieaca. Il
- les a parcourus en canot, en bateau à vapeur, les a mesurés, dragués, sondés; il en a dressé une carte bathymétrique et reconnu que si le Poopo est salé, l’eau du Titieaca est douce. Grâce a lui nous connaissons ces deux nappes d’eau aujourd’hui et dans l'histoire, et il nous a rapporté des spécimens
- de leur flore et de leur faune.
- Le climat des hauts plateauxest très sain, suivant le docteur, et les Européens y souffrent peu du mal des montagnes. Les oiseaux qui y habitent, les animaux qu’on y rencontre, le vi-nado, le puma, lé viscacha, le chinchilla et le tatou ont fourni au I)1'Neveu-Lemaire des échantillons intéressants.
- M. J. Guillaume s’est particulièrement occupé d’anthropologie suivant la méthode du I)1 Bertillon, les Indiens se sont le plus souvent montrés rebelles à la mensuration, cependant il a
- rapporté une assez belle collection de fiches de quichuas, d’ay-maras ou de métis de ces deux races entre elles ou* avec des Européens. On doit encore à M. Guillaume l’enregistrement par le phonographe de chants religieux et popidaires, de lamentations et d’incantations.
- Au point de vue ethnographique, les recherches de M. Roman ont été des plus intéressantes. 11 s'est surtout consacré à l’exploration des vallées calchaquies. Il a notamment étudié les Indiens Susqucs, les seuls peut-être qui aient conservé leur indépendance et leur originalité. Bien que catholiques, ils sont restés fidèles à leurs anciens dieux. S'étant soigneusement gardés de tout métissage, ces 400 habitants vivant à ‘2900 mètres au-
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- LA NATURE.
- dessus de la mer, sont comme ces témoins que les ter-ra-siers laissent dans leurs fouilles et nous pouvons, par eux, nous faire une idée des populations primitives américaines avant leur contact avec les blancs.
- M. Roman a fouillé des cimetières et des villages ruinés dans la Puna, villages reliés entre eux par des chemins encore appelés routes de l’inca et dont certains occupaient des positions qui en faisaient de véritables forteresses. A Totil, où il a retrouvé les fondations de <>00 maisons, il y avait jadis 2900 habitants, alors qu’on n’en trouve plus qu’une soixantaine tous très misérables, si bien qu’on se demande comment ils pouvaient se nourrir, un changement de climat étant bien invraisemblable. Enfin M. Roman a découvert des groupes de mounds, l’un d’eux ne comptait pas moins de 1047 de ces éminences qui n’étaient pas d’anciens tombeaux et dont l’usage ou la signification est toujours un mystère.
- M. Roman a encore rapporté de la Puna de nombreux dessins sur pierres analogues à ceux trouvés dans les vallées calchaquies et des fresques précolombiennes si rares, qu’on n’en connaissait encore que celle de Casahuasi publiée par M. Àmbroselti.
- Enfin M. de Créqui-Montfort ne s’est pas conlenlé de son rôle d’organisateur et de surveillant de la mission. Il a recueilli de nombreux documents linguistiques qui permettront d’étudier les rapports de l’aymara avec les autres langues américaines. On lui doit même des échantillons de géologie et de minéralogie ainsi que les produits de fouilles répétées : squelettes et mobilier funéraires.
- Tels sont, en restant dans les généralités, car la place nous est mesurée, les résultats de cette très importante mission. On peut dire aujourd’hui qu’il n’y a plus de grandes découvertes géographiques à faire, aussi les missions envoyées dans les pays peu connus doivent-elles être organisées de manière 5 répondre aux desiderata scientifiques dont nous nous efforçons de réduire le nombre. Il faut dans chaque ordre de connaissances des savants spéciaux, c’est à ce prix qu’on pourra faire des découvertes importantes.
- Nous ne doutons pas que les matériaux si nombreux et si variés, recueillis par la mission dont nous venons de donner un faible aperçu, ne répondent, lorsqu’ils auront été étudiés, au prix de l’effort et à la valeur des savants que M. de Créqui-Montfort avait su grouper autour de lui. Un local spécial est préparé en ce moment au Trocadéro pour y installer à poste fixe les magnifiques échantillons qui y ont été exposés l’an dernier et qui avaient attiré tant de monde. Gabriel Marcel.
- LE RETOUR RE LÀ PREMIÈRE COMÈTE
- DE TEMPEL
- Le retour d’une comète périodique est toujours fort intéressant à constater comme preuve de la précision atteinte dans les lois de la mécanique céleste.
- Mais le problème devient plus angoissant lorsque l’astre attendu n’est point fidèle au rendez-vous!
- La première comète périodique de Tempel ( 18(17 II) s’impose précisément à notre attention par un trouble incomplètement expliqué dans sa révolution, bette comète a été découverte le 5 avril 18ti7, à Marseille, par Tempel. Becker, qui l’observa longuement, la trouva elliptique. Sa périodicité a été reconnue par Bruhns. La comète s’étant approchée à (V28 de Jupiter en janvier 1870, les perturbations entre les retours de 1807 et 1875 ont été considérables. Elles furent calculées par MM. Plummer, Seeli-ger et Von Asten. Ces calculs montrèrent que la comète devait revenir avec un retard de 117 jours à son périhélie. De fait, elle fut revue le !) mai 1875, trois jours plus tôt que la date prédite par le calcul.
- La comète fut revue le 24 avril 1879, à son troisième retour, par Tempel, à Arcetri (Florence). Les éphéméri-des pour ce retour avaient été calculées par M. Gautier, directeur de l’observatoire de Genève. Depuis, régulièrement la comète aurait dû revenir en 1885, 1892 et 1897. C’est en vain qu’on l’a cherchée aux positions assignées.
- M. Gautier a calculé que, de 1879 à 1885, la comète a subi, sous faction de Jupiter, de nouvelles transformations de son orbite. Le demi-grand axe a constamment augmenté et l’excentricité est allée en diminuant. Il en est résulté un accroissement graduel de la distance périhélie qui, de 1,502 en 1807, était de 2,009 en 1885. La révolution, qui était de 0 ans environ, a été portée à 0 ans 1/2. La comète, en 1898, ne devait pas être facilement visible : son retour se faisait dans de mauvaises conditions, l'opposition de la comète avait lieu six mois avant l’époque du passage au périhélie. Cette année-ci, au contraire, le passage au périhélie et l’opposition coïncident presque. M. R. Gautier a calculé, pour ce retour, de nouvelles éphémérides. Il en résulte que la comète serait passée au périhélie le 20 avril à minuit. Il est à souhaiter que des instruments possédant un griind pouvoir optique soient braqués par les observatoires vers la région du ciel correspondant à l’éphéméride. lue observation de cette comète intéressante aurait une grande valeur et nous ne devons point désespérer de l’obtenir : ce n’est, pas, en effet, la première fois qu’une comète n’est pas revue à tous ses retours périodiques. En astronomie cométaire, plus qu’en toute autre branche de la science uranienne, on peut avoir d’agréables surprises. Lucien Libert.
- LES PROBLÈMES DE L’ACIDE CARBONIQUE
- Chacun sait que l’atmosphère contient de l’acide carbonique, et que ce gaz est indispensable au maintien de la vie à la surface du globe, puisque c’est dans l’atmosphère seule que la plante peut puiser le carbone dont elle a besoin pour fabriquer les réserves alimentaires dont elle-même, et l’animalité tout entière, vivent. On sait aussi que la proportion d’acide carbonique qui-renferme l’air est très faible, et légèrement variable : elle varie de 4 à 6 dix-millièmes. En théorie on la considère comme uniforme : dans la pratique, il en va autrement, et on a constaté que d’un lieu à un autre, il y a des différences ; dans une même localité il y en a aussi, à des époques successives. Il n’a pas été fait de travail d’ensemble sur ce point : mais les différentes observations recueillies jusqu’ici par de nombreux investigateurs font voir qu’il y a des différences appréciables dans la teneur de l’air en acide carbonique.
- Les recherches les plus récentes, qui nous viennent du Groenland — voir les mémoires de M. A. Krogh, dans le
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- tome 2(> îles Meddeleher om Gronland,— portent sur la question générale de l’acide carbonique et sur la question spéciale des échanges qui peuvent se faire entre l’air et les eaux marines et sur le rôle de régulateur que jouent ces dernières : elles ont trait aussi à des questions de fait, à la teneur de l’air en acide carbonique, dans une partie des régions arctiques. C’est ce dernier point qui retiendra, pour le moment, notre attention.
- Ce qui frappe dans les analyses de M. Krogh, c’est le fait (pie l'atmosphère de la région de l’ile de Disko présente des variations considérables, étant parfois plus pauvre mais, le plus souvent, plus riche en acide carbonique. La proportion varie de 2 1/2 dix-millièmes à 7 dix-millièmes. Autrement dit, l’air du Groenland contient souvent le double de l’acide carbonique que renferme l’air de notre région tempérée. Déjà à la terre de Grinnell, à plus de 1000 kilomètres au Nord de Disko, E. Moss, il y a plus de 25 ans, avait, au cours du voyage de la Discovenj, constaté le même phénomène, relevant les proportions de 5 à ti dix-millièmes. Il semble, par les observations de M. A. Krogh, que la direction du vent joue un rôle dans l’affaire : la proportion d’acide carbonique est plus élevée avec les vents du nord ou d’ouest qu’avec les vents de sud et d’est. Et on a l’impression que Disko se trouve à peu près à la limite sud-ouest d’une région étendue où se fait une production — ou tout au moins une libération — intensive d’acide carbonique, à la limite d’une vaste source de ce gaz.
- Comme il n’y a aucune raison de supposer que la région en question peut être le siège d’une production particulière d’acide carbonique, il faut plutôt admettre qu’il s’agit d’une libération : il faut croire que l’eau de mer profonde, par exemple, à haute tension, abandonne en s’élevant à la surface, une forte quantité d’acide carbonique. On demandera peut-être quelle raison on peut avoir de croire à une haute tension des eaux profondes. Cette raison existe : mais elle est indirecte et d’ordre physiologique et zoologique. C’est le fait que le long du Groenland Oriental, la coquille des mollusques marins est particulièrement épaisse. M. Ad. Jensen, du musée zoologique de Copenhague, a remarqué que les lamellibranches de la côte Est du Groenland ont les valves très épaisses. UAstarte borealisu le periosiracum très épais; il en va de même dans les eaux danoises et la Baltique ; mais dans le Cattegat, cette partie est normale et mince. Par contre, dans la même région, beaucoup de coquilles sont très minces et fragiles, et semblent avoir été attaquées chimiquement. Les choses se passent comme si quelque agent détruisait les coquilles : seules résisteraient celles des animaux capables de lutter au moyen d’un accroissement de production de calcaire. Or, évidemment le seul agent dissolvant que renferme l’eau de mer, pour le calcaire, c’est l’acide carbonique : d’autres acides décomposeraient le calcaire, et s’uniraient à la chaux en dégageant de l’acide carbonique. L’observation directe confirme l’argument : car M. Krogh a constaté que dans les eaux profondes de la région dont il s’agit, la tension de l’acide carbonique s’élève rapidement et devient très forte. Ceci concorde très bien avec ce fait qu’au fond les coquilles des mollusques morts sont très vite dissoutes et détruites. Par contre, dans les baies peu profondes à végétation abondante, la tension de l’acide carbonique est faible : la lumière y est vive, et les plantes absorbent beaucoup de cet acide.
- Donc les eaux profondes sont riches en acide carbonique, et on s’explique très bien que l’air soit plus riche,
- si ces eaux viennent à gagner la surface, car, en ce cas, elles abandonneront à l’atmosphère une partie du gaz qu elles renferment. Il reste toutefois à démontrer cette émersion des eaux profondes, ou bien à montrer qu’il peut arriver, coulant du nord, des eaux superficielles riches en acide carbonique. De toute façon, ceci reste acquis, que dans la région dont il vient d’être parlé, l’atmosphère contient une proportion d’acide carbonique inusitée. Il s’agit de savoir quelles sont les limites de cette région, et de découvrir la cause exacte de cet excès. Il y a donc un problème de l’acide carbonique dans les régions arctiques; un problème d’ordre général et scientifique.
- Il y en a un, aussi, dans nos régions plus tempérées.
- .1 ai rappelé, plus haut, 1 importance de l’acide carbonique pour la végétation. Un sait encore — et les derniers travaux de MM. Brown et Escombe, présentés à la Société (loyale de Londres il y a quelques semaines, apportent une éclatante confirmation — que la feuille vivante assimile l’acide carbonique, c’est-à-dire fabrique des substances à base de carbone à proportion directe de la pression partielle de ce gaz dans le mélange atmosphérique, et ceci pour des atmosphères contenant jusqu a 10 et 15 fois la proportion normale d’acide carbonique. De petites différences dans la teneur de l’air en acide carbonique exercent une influence évidente sur la quantité de besogne effectuée par la feuille : et naturellement, ces différences sont, les unes favorables, les autres défavorables.
- Or, MM. Brown et Escombe ont fait voir, par des observations poursuivies pendant trois ans, de 1808 à 1001 inclusivement à Kew, que la proportion d’acide carbonique varie sans cesse. Les extrêmes à Kew ont été à 2,43 et 3,00 (pour 10 000 toujours). Dans ces conditions il est permis de se demander si l’on ne trouverait pas, pour une même région, assez limitée d’ailleurs (des observations plus méthodiques et plus nombreuses feront voir quelle peut être l’étendue d’une région dont tous les points présentent la même variation au même moment), une corrélation entre la proportion d’acide carbonique de l’air et la richesse des récoltes. Sans doute, il y en a une. 11 est permis de croire, a priori, que la teneur en acide carbonique à telles périodes de l’année est sans importance, et quelle en a plus à certains moments, en certains mois qu’à d’autres. Et encore, pour une même culture, l’importance peut varier selon qu’on cherche à obtenir — avec le blé par exemple — plus de paille ou plus de grain. En tout cas, la proportion de CO2 dans l’atmosphère peut être un facteur de grande importance pour l’agriculture : peut-être un jour, pourra-t-on, dès l’été, prévoir que la récolte d’automne sera bonne ou médiocre, rien que par la connaissance de la proportion d’acide carbonique dans l’air pendant tel mois ou même telle quinzaine. On ne peut, en l’état actuel, songer à accroître artificiellement la proportion d’acide de l’atmosphère : on sait seulement, par les recherches de MM. Brown et Escombe, que l’air est plus riche en acide carbonique en hiver qu’en été, et durant les périodes anticycloniques.
- Nous ne pouvons rien sur la marche des zones de haute ou basse pression ; et nous ne pouvons pas encore amener, au voisinage des terres cultivées, les eaux profondes capables d’enrichir l’air en acide carbonique. Mais si nous ne pouvons agir, du moins nous pouvons éclaircir certains problèmes et mieux comprendre certains faits; et peut-etre aussi les tourner à notre avantage.
- Scientifiquement, à coup sûr, et peut-être pratiquement aussi, les problèmes de l’acide carbonique ont une grande importance. IIexkv iif. Vaiugxy.
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- LA NATURE.
- LAMPE ÉLECTRIQUE PHOTOGÉNIQUE À VAPEUR DE MERCURE
- I/idée d'employer la vapeur de mercure pour obtenir de la lumière électrique remonte déjà à quelques années. M. Cooper-flewitt a imaginé divers modèles, dont quelques-uns figuraient à l'Exposition organisée au mois d’avril dernier par la Société française de Physique, dans l'immeuble de la Société d'Encouragement pour l'avancement des Sciences. Tous ceux qui ont eu l’occasion de voir fonctionner ces lampes ont été frappés de l'absence complète de rayons rouges dans la lumière produite; les visages prennent un aspect cadavérique des plus déplaisants et il ne saurait être question d’éclairage public par ce procédé c'est regrettable, * car il permet de réaliser une importante économie de courant électrique.- Le principe de ces lampes consiste à faire jaillir un arc électrique, dans le vide, entre deux surfaces de mercure. En réalité, dès que l’arc a pu s'établir, il n'est plus dans le vide mais dans la vapeur de mercure. La dif-liculté consistait à amorcer cet arc, mais différents procédés ont été imaginés dans ce but et donnent toute satisfaction ; une fois la lampe amorcée la
- vapeur de mercure remplit le tube et reste lumineuse tant que le courant passe. Si les rayons rouges font défaut, on a par contre en abondance des rayons violets et ultra-violets, très photogéniques ; malhêureiisement le verre, qu’on,est obligé d'employer , j>our. avoir un espace clos transparent, ne laisse’ pas ' passer, ou très peu, ces radiations de faible longueur d’onde. Aussi a-t-on tardé à pouvoir utiliser, pour certains cas spéciaux, leurs précieuses qualités. Les usines Scbott, d’iéna, ont fabriqué un verre d’une composition spéciale qui est plus perméable à ces radiations ; mais la véritable solution du problème a été donnée récemment par AI. Ilé-raéus qui est parvenu à fabriquer des tubes en verre de quartz. On sait bien que cette matière jouit de la propriété de se laisser traverser facilement par les rayons chimiques, mais on ne pouvait pas jusqu’à présent 1a travailler comme on travaille le verre ; c’est grâce au four électrique qu’on est arrivé maintenant à produire en quartz, des tubes, des ballons
- Fig. 1. — Lampe à vapeur de mercure eu verre d. verre de quartz. A, It, réservoirs à mèreure. B, bouton ée fermeture du circuit.
- de petites dimensions, et différents objets destinés aux laboratoires. La lampe construite par M. Héraéus se compose (fig. 1) d’un tube de quartz V dans lequel on a fait le vide; il est relié d’une part à un réservoir inférieur H entouré d’une spirale de platine,et, d’autre part, à un autre réservoir supérieur A entouré d’ailettes de refroidissement ; il y a du mercure dans les deux réservoirs et l’amorçage de la lampe consiste à les réunir entre eux. Dès qu’on a fermé le circuit, au moyen du bouton R, la spirale de platine s’échauffe et la dilatation du mercure se produit dans lé réservoir R; on le voit monter peu à peu dans le tube et il vient rencontrer l’autre réservoir, auquel arrive également le courant; il se produit alors un
- . court circuit et le commutateur C entre en fonction pour isoler automatiquement la spirale de platine ; le réservoir' se refroidit et la colonne de mercure redescend, mais en laissant derrière elle des vapeurs qui permettent à l’arc de se produire; il est très stable et dure tant qu’on laisse le courant sur le circuit. Cette lumière, extrêmement active sur les plaques photographiques, permet de faire un portrait en cinq secondes dépose, et même en instantané avec une lampe plus puissante, récemment construite^; mais c’est surtout dans les ateliers de photogravure que son emploi rendra d’importants services en permettant d'abréger notablement la pose pour les reproductions ; on économisera du courant électrique et on gagnera beaucoup de temps.
- En micrographie on aura, en outre, l’avantage d’avoir une lumière presque monochromatique qui améliorera la netteté des images en supprimant les aberrations chromatiques. La lampe à mercure sera également précieuse pour de nombreux travaux de laboratoire et principalement en optique.
- On devra se mettre en garde contre l’action, pour ainsi dire caustique, de ce genre de rayons, qui agit sur la peau à la manière des rayons A et pourrait déterminer sur les yeux des accidents assez graves ; mais il suffira d'être prévenu pour prendre les précautions nécessaires. G. Mareschal.
- i quartz d M. lléi’iUMis. — Y, luhe en — <*,, commutateur automatique. —
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- NATURE, INDUSTRIE, TOURISME
- BOÜRXII.LOX (iSÈRE.)
- Le département de l'Isère est celui oh se développe, avec le plus d'intensité, l’aménagement de la houille blanche, ou force vive des torrents descendus des neiges et rochers des Alpes. Progressivement, l'écume de l'eau remplace le charbon noir; trois grandes usines, celles d’Avi-gnonnet . sur le Drac, de Livet sur la Romanche, et de Rournillon dans la vallée de la Courne, transmettent déjà au loin l’enrichissante énergie qui, . jusqu’ici, demeurait perdue. Un grave conflit est créé par cette situation : entre les efforts utilitaires, d'une part, qui rivalisent de zèle et d’ingéniosité pour asservir 1 eau motrice à l’industrie, pour enrayer ainsi la destruction croissante des lbrèts, pour pallier l’épuisement graduel et forcé des houillères ; —et, d’autre part, les plaintes des artistes et des amis de la nature qui déplorent l’enlaidis-sement des paysages, l’industrialisation des sites. L’embarras est grand de prendre parti entre les deux camps. L’esthétique certes est bien fondée à réclamer; mais le progrès scientifique et la lutte pour la vie ont aussi des droits inéluctables.
- Il semble qu'un système d’entente ne serait pas
- Sortie de la grotte de Rournillon (Isère).
- impossible à établir dans cette sorte de rivalité. J’en veux prendre pour exemple une des plus grandes curiosités du Dauphiné, les gorges de la Rourne en amont de Pont-en-lloyans. 11 y a trente ans que, dès le premier annuaire du Club alpin (1874), M. Paul
- Joanne vantait l’admirable excursion de Ponl-en-Royans an Yillard-de-Lans. Depuis 1896 seulement, les belles explorations souterraines de’ JJ.-Deeombaz nous ont révélé les secrets des cavernes de ce grandiose canon à Arhois, Rournillon, Cho-ranche, Goule-Noire, Coule-Rlanche, etc. Et voici que la Houille Blanche d’avril 1905, en nous décrivant en détail l'usine hydro-électrique de Rournillon, nous fait prévoir l’assujettissement, à brève échéance, des « énormes cavernes où se forment des rivières et des lacs constituant une importante réserve d’eau ». La perspective des barrages, conduite^ forcées, canaux d’adduction et édifices de toutes sortes que nous fait entrevoir ce plan, est purement et simplement navrante. Et comme, raisonnablement, en ne saurait mettre une entrave absolue à l'usage d’une 'collabora-
- tion aussi économique et puissante que celle de la chute d’eau, ne pourrait-on pas, du moins, limiter aussi étroitement que possible le champ et les inconvénients de cet emploi ; par exemple, choisir l’em-
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- placement dans le point le moins pittoresque et.y étendre les travaux localement, sur place, en ce seul point, sacrifié à l’iritérèt général, au lieu de les disséminer, comme on veut le faire à la Bourne, sur toute la longueur d’une belle vallée!
- four ménager à la lois la beauté de la France et son essor productif, ne pourrait-on point sinon réglementer à l’avance, ce qui pratiquement et légalement serait impossible, toutes les questions relatives à ce sujet, du moins en provoquer, pour chaque cas particulier, l’étude et l’examen préalables.
- Sur l’initiative première de la Société pour la protection des paysages de France et de son prési-sident, M. Beauquier, député, la Chambre des députés a voté, le 2 février 1905, un projet de loi sur la protection des sites : ce projet, présenté dès le 28 mars 1901, objet aussi des préoccupations de M. G. Leygues, appuyé ensuite par M. Dubuisson, par le Touring-Club, etc., constitue dans chaque département une commission des sites et monuments chargée de désigner ceux dont la conservation est désirable; si les propriétaires refusent de s’engager à cette conservation, le département ou la commune pourra, à ses irais, les exproprier, conformément à la loi du 5 mai 1841. 11 est bien clair que cette loi, si le Sénat la vote, demeurera en grande partie nominale et platonique : où les préfets et les maires, en effet, trouveront-ils les ressources nécessaires pour faire face aux fortes indemnités légales d’expropriation importante? L’état financier actuel de toutes les communes de France est tel que, pour les plus urgents et les plus utiles travaux publics, de viabilité, d'hygiène, de captages d’eaux, par exemple, les deniers leur manquent de la plus préjudiciable manière : jamais elles ne consentiront à en réserver une parcelle pour la préservation des beaux sites, œuvre de luxe et par conséquent secondaire au regard d'autres nécessités en souffrance ! Déjà le Comité, créé en 190 4, des sites et monuments pittoresques du Touring-Club est trop souvent réduit à des aveux d’impuissance (Tour Jeanne d'Are de Compiègne, rochers du Chà-tellier (Orne), etc.); ainsi en ira-t-il de la plupart des vandalismes qui ne sauraient être évités qu’au prix d’indemnités introuvables ! Le vrai remède est ailleurs, du moins contre la majeure partie des entreprises les plus préjudiciables.
- Ce sont surtout les travaux dits « d’intérêt public » qui par leur caractère et leur envergure présentent à ce sujet le plus de dangers. Or ces travaux (routes, ports, chemins de fer, canaux, phares, tramways, aménagement des eaux, alimentation des villes, bâtiments civils, travaux militaires) voient leur accomplissement subordonné à des autorisations préalables, enquêtes administratives, cahiers des charges, concessions, etc. On n’allongerait guère ces nombreuses formalités en y adjoignant l'avis d’un comité consultatif officiel (analogue à ceux qui fonctionnent dans les divers ministères pour les chemins de fer, l’hygiène publique, pèches maritimes, etc.), à la désignation commune du ministère des travaux
- publics et du sous-secrétariat des Beaux-Arts. Moins théoriquement qu’aucune loi, un conseil de ce genre ferait ressortir les inconvénients d'un projet, suggérerait des modifications opportunes, provoquerait des arrangements de nature à concilier, sinon toujours du moins fréquemment, les intérêts ou desiderata opposésrEt ici certes les commissions départementales, prévues parla loi projetée, serviraient grandement par la confection d’un inventaire des sites remarquables; elles constitueraient d’avance le dossier, et apprécieraient la valeur relative de chacune de nos richesses pittoresques.
- Sans être liée par ses avis, l’administration supérieure tirerait certainement, des discussions et rapports d’un tel comité consultatif, les moyens pratiques de soumettre l'esthétique pure aux progrès de la vie moderne et de tenir en bride aussi bien les excès usiniers, que ceux des aménagements touristiques outranciers, parfois non moins dévastateurs. Et surtout le comité pourrait opérer ainsi le triaqe entre les sujets véritablement dignes de sauvegarde et ceux qu’une commission départementale voudrait préserver bien souvent sans autre motif (pie des considérations locales de clocher.
- M. B. de Souza l’a parfaitement indiqué* : « Ce ne sont pas en général les hôteliers, ni les agents voyers, ni les entrepreneurs de transport qui prennent un soin spécial du paysage ». I)e leur part aussi, le vandalisme a fait ses preuves ; souvent le tourisme devient ravageur à l’égal de l'industrie. Il est un point de France qui fut une merveille : le ravin de Saint-Barthélemy, au pied du cap Roux, dans l’Es-térel2 ; successivement voici ce qu’on en a fait : la voie ferrée du P.-L.-M. en a nmré, par un énorme remblai, l’issue sur la mer ; — puis le sentier des douanes s’y est fait jeter deux ponts de pierre ; — ensuite le service des forêts a requis une route à mi-côte; — après cela, le tourisme a ajouté deux ponl-biais pour la route de la nouvelle Corniche, justement au point le plus beau du paysage; et enfin comme les courbes de cette route sont trop brusques, les automobilistes exigeront quelque jour une amélioration perfectionnante qui accentuera encore le désastre; ce sera la cinquième blessure aux lianes du site dès maintenant massacré. Il faut qu’on refrène ces abus!
- C’est chose aisée, car combien de légers changements acceptables et satisfaisants pour tout le monde, seraient, à n’en pas douter, inspirés par un peintre, un géographe, un géologue, un ingénieur, alors qu'ils auraient échappé à l’auteur même du projet, au fonctionnaire chargé de son contrôle, à l’artisan de son exécution ! Souvent certes dans les consultations motivées d’une commission telle que je l’indique, un ministre ou ses bureaux trouveraient d’excellentes raisons de ne pas accorder de regrettables autorisations, ou de déterminer avec soin les conditions de
- 1 Bulletin de la Société pour la protection des paysages 1904, p. 29.
- 2 Voy. n° 1207, du 18 juillet 1890, p. 102.
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- construction d’une usine, d’une route, ou de l'accaparement financier d’un paysage.
- Ainsi les autorités du canton des Grisons viennent de se prononcer contre le funiculaire du Piz Land-guard ! Dans notre Savoie, a-t-on examiné suffisamment les tares probables, quant au pittoresque, du futur chemin de fer de l’Aiguille du Goûter? Pour en revenir à la Bourne, elle possède trois choses qu’il faut absolument et qu’on peut facilement protéger contre la profanation usinière ou excursionniste : le cirque de Choranche, la sortie de la grotte de Bour-nillon et Goule-Noire. Sauf un sentier d'accès, qui y manque encore (je reconnais volontiers qu’un site est inexistant tant qu’il n’est pas accessible, — mais j’exige que tout aménagement soit discret et ne déshonore pas à jamais un chef-d’œuvre naturel pour le seul plaisir des yeux de quelques dizaines ou centaines de balladeurs annuels), on doit laisser leur grandeur sauvage, leur sévérité naturelle à ces trois beautés hors de pair; à Bournillon surtout, peut-être la plus grandiose ouverture de caverne que je connaisse, immense voûte de 100 mètres de haut surplombant un lac à demi-souterrain qu’alimente une rivière de grotte et qui se décharge en cataracte : ici surtout rien ne doit atrophier un seul des éléments autochtones du paysage. Le système des « Parcs nationaux » des Etats-Unis est, quant à présent, incompatible avec les budgets de la France! Départements ou communes, clubs ou particuliers, trouveront toujours les expropriations trop coûteuses pour le dilettantisme pur. Inéluctablement l’industrie et le tourisme condamnent les paysages aux convoitises commerciales et aux péages rémunérateurs !
- Donc un seul moyen reste ouvert, — tout au moins pour les entreprises dites « d’intérêt public » (masquant trop souvent l’intérêt privé) — c’est l'examen préalable de chaque cas spécial pour obliger à ne modifier que dans des limites et des conditions protectrices soigneusement arrêtées. Cet examen ne saurait être confié qu’à une réunion de spécialistes officiels, présentant toutes les garanties de compétence et d’impartialité. E.-A. Martel.
- L\ PHOTOGRAPHIE MÉTÉOROLOGIQUE
- PHOTOGRAPHIE DES jNLIAGES
- Depuis longtemps les météorologistes demandent h la photographie des documents de la plus haute valeur et ils ne manquent jamais de saisir les moindres occasions pour la mettre à contribution. D’admirables clichés de nuages, d’éclairs, de halos, d’arcs-en-ciel, de trombes ont été obtenus. On a même songé à établir sur des bases plus scientifiques une classification rationnelle des différentes formes des nuages et une année spéciale, appelée « l’année des nuages » en 1896-1897, a été consacrée à la photographie de ces météores. Plusieurs observatoires en France (Trappes, Juvisy, etc.), en Suède, en Norvège, en Russie, en Allemagne, aux
- États-Unis, en Australie, amassèrent des documents précieux. Nous citerons, particulièrement, Y atlas international des nuages publié par MM. Ililde-brandsson, Riggenbach et Teisserenc.de Dort. L’édition est maintenant épuisée et il serait très désirable de voir rééditer cette magnifique publication.
- Or, la photographie météorologique est à la portée de tout le monde et nous voudrions donner, dans les lignes qui vont suivre, quelques conseils qu'une pratique de près de quinze années nous a enseignés.
- Tous les appareils utilisés généralement pour la photographie des paysages sont bons. Les meilleurs résultats seront fournis cependant par ceux qui seront munis d’un excellent objectif du genre ana-stigmat. Le viseur sera bien centré et très lumineux de façon que la mise du sujet en plaque soit aussi parfaite que possible. La mise au point devra être bien repérée et pour l’infini.
- On placera la chambre noire sur une tête de pied à rotule afin de pouvoir l'incliner à toutes les hauteurs, de l’horizon au zénith. Le pied lui-même devra être très stable et très rigide.
- L’obturateur devra posséder des vitesses bien variables, bien graduées, surtout dans les instantanés lents. Enfin il sera très utile d’avoir à sa disposition plusieurs châssis doubles ou un châssis-magasin, afin de pouvoir prendre un certain nombre de clichés dans un intervalle de temps assez court.
- Le développement — opération des plus importantes comme on sait — doit être surveillé avec attention et dans le tirage des photocopies on doit employer le papier convenant le mieux au phototype choisi.
- Pour photographier les nuages quatre méthodes peuvent être employées : 1° au moyen des écrans colorés utilisés concurremment avec des plaques orthochromatiques; 2° par l’emploi des plaques lentes, collodion, gélatino-chlorure ou émulsions des autres plaques utilisées généralement comme diapositives; 5° par l’emploi, dans certains cas, des plaques négatives ordinaires avec poses très courtes et petits diaphragmes ; 4° par l’utilisation du phénomène de la polarisation de la lumière bleue du ciel.
- Les deux premières méthodes sont incontestablement les meilleures et la seconde est surtout à recommander par suite de sa simplicité.
- Nous rappellerons succinctement ici que le bleu du ciel étant extrêmement photogénique, il faut l’éteindre afin d’obtenir un contraste suffisant entre les nuages et ce fond sur lequel ils se projettent. On y arrive très bien soit en interposant entre le ciel ei ki plaque sensible une substance capable d’absorber précisément ces rayons actifs si gênants, soit en photographiant à l’aide d’une plaque lente ou d’une plaque rapide avec pose très réduite afin d’augmenter les contrastes. On connaît des substances, colorées en jaune ou jaune-orangé, cpii sont douées d’un grand pouvoir absorbant pour les radiations bleues et violettes. On les utilise soit en solutions, soit incorporées dans un substratum particulier.
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- D'après les belles recherches de M. Monpillard, les meilleurs écrans colorés sont ceux: formés par une solution colorée de gélatine ou collodion et coulée sur une glace. On trouve d’ailleurs ces différentes sortes d'écrans dans le commerce.
- L’écran se place au moyen d’une rondelle ad hoc, soit sur le parasoleil de l’objectif, soit en arrière de celui-ci, mais toujours bien perpendiculaire à l’axe optique. Comme ces écrans jaunes donneront une image des nuages de cette même couleur, il faudra
- Fig. 1. — Cirrus. Cirro-Cumulus, Cumulus et Curnulo-Nimlius.
- que nous avons essayées : Guilleminot au lactate, Lumière au cblorobromure tons noirs, Rarnet lantern, Cadett diapositives, Ilford spécial lantern, etc., sont bonnes. Le collodion sec au tanin donne également des résultats parfaits. Avec un anasligmat travaillant de f/8 à f/10 (orthostigmat Steinheil) nous posons 1/50 de seconde dans le voisinage du soleil, 1/25 et même 110 de seconde à l’opposé du soleil ou" pour des nuages peu lumineux.
- La troisième méthode, par les plaques rapides avec petits diaphragmes et poses très courtes, est la moins bonne de toutes, mais elle peut néanmoins, dans certains cas, donner des résultats appréciables.
- La quatrième méthode, proposée par Riggcnbach, fournit de très bons phototypes. La lumière bleue du ciel est polarisée et le maximum de polarisation tombe sur le verCcal du soleil et à 90° de cet astre.
- Donc avec un analyseur (prisme de Nicol ou même simplement une glace noire) orienté convenablement, on parviendra à éteindre considérablement les rayons bleus. Un appareil photographique visant d’assez
- employer concurremment avec eux des plaques orthochromatiques sensibles aux radiations jaunes.
- La seconde méthode, par les plaques lentes, autant par son extrême simplicité que par les excellents résultats qu’elle fournit, se recommande particulièrement à l’attention de toutes les personnes qui veulent faire de la photographie météorologique. Depuis quelques années nous n’employons plus d’autres méthodes et les photographies reproduites ici ont été ainsi obtenues. Toutes les plaques lentes
- Fig. 2. — Cumulus et Cumulo-Ximbus.
- près cette image reflétée par la glace noire pourra photographier, avec un contraste suffisant, les nuages les plus fins. Nous avons constitué un bon miroir en étendant un vernis très noir sur, une glace. La face intérieure présente alors une surface réfléchissante parfaite. Rappelons que l’angle de polarisation du
- verre est de 54° 55' : c’est l’angle d’incidence du rayon tombant à la surface du miroir, c'est, donc aussi l'angle pour lequel le rayon réfléchi est complètement polarisé. Quand on fait varier cet angle, le rayon réfléchi devient seulement partiellement polarisé.
- Dans celte dernière méthode on emploiera des plaques plutôt rapides et on fera de l’ir.slantané lent. D’ailleurs la pose’pourra varier beaucoup suivant Léçlat, des images, la rapidité des plaques employées et la valeur plus ou moins grande du degré de polarisation de la région visée.
- Dans un prochain article nous donnerons des détails sur la photographie des autres phénomènes météorologiques. F. QrÉxissF/r.
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- LA NATURE.
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- MICROGRAPHIE DES ACIERS AU VANADIUM
- Depuis les beaux travaux de M. Osmond1, l'étude micrographique des aeiersest entrée dans la pratique courante et a permis d’obtenir les résultats les plus importants relativement h la structure intime des produits à diverses teneurs en carbone ou avec diverses proportions de métaux étrangers.
- Le mode opératoire a consisté parfois à préparer des lames minces d’acier de l à 2 centièmes de millimètre analogues à celles qui servent en pétrographie et à les attaquer par l’acide azotique de manière à dissoudre le fer en laissant à la place du carbone un produit brun gélatineux qui en occupe exactement la place. Plus habituellement, on se contente de polir une paroi et de l’attaquer par un acide (azotique ou picrique), pour l'examiner ensuite aujourd’hui, non
- plus par transparence, mais simplement par réllexion.
- Récemment, ce procédé d'examen a été appliqué par M. Léon Guillet pour les aciers au vanadium, déjà étudiés chimiquement parle capitaine Nicolardot. En dehors de leur intérêt théorique, ces études étaient motivées par les propriétés spéciales que le vanadium communique à l’acier et par les emplois industriels qui commencent à en résulter depuis une dizaine d’années. On utilise ce métal (beaucoup plus abondant dans la nature et notamment dans les minerais de fer qu’on ne le croit d’habitude) soit à l’état de vanadium métallique, soit à l’état de ferro-vanadium préparé au four électrique et titrant de 15 à 50 pour 100 de vanadium et 8 à 18 pour 100 de carbone. La présence de ce corps, même à faibles
- Fig. 1. Fig. 2.
- Vue microscopique d’un acier à teneur faible en vanadium. Vue microscopique d’uu acier à teneur forte en vanadium.
- doses, a pour effet d’augmenter fortement la résistance de l’acier, sans beaucoup en diminuer l’allongement ; c’est ce que montrent d’ailleurs les chiffres suivants cités par M. Guillet pour des aciers renfermant 12 pour 100 de nickel :
- 1° Type sans vanadium : Résistance = 91 ; Allongement^^? pour 100.
- 2° Type avec 0,5 pour 100 de vanadium : Résistance = 112; Allongement = 21 pour 100.
- Ces chiffres fournissent cependant des données insuffisantes pour raisonner sur les propriétés d’un acier, puisqu’ils négligent la teneur en carbone, dont l’importance est capitale.
- M. Guillet montre, en effet, par l’examen microscopique, qu’il y a lieu d’établir deux séries distinctes d’aciers au vanadium, suivant qu’ils sont pauvres en
- 1 Voir notamment leur exposé dans les Annales des Mines, de 1885, 1888 et 1890 et, dans le même recueil, en 1900, un mémoire de MM. Ad. Carnot et Goûta] sur la constitution chimique des fontes et des aciers.
- carbone (environ 0,150 pour 100) ou riches en carbone (de 0,700 à 0,850 pour 100).
- Dans la première série d’aciers au vanadium, pauvre en carbone, on observe les faits suivants :
- 1° Les aciers renfermant moins de 0,7 pour 100 de vanadium présentent de la perlite comme les aciers au carbone ordinaire ; mais les grains de ferrite apparaissent plus aisément dans l’attaque par l’acide picrique que dans celle des,aciers ordinaires: de plus, ils se couvrent d’une teinte brune uniforme, s’accentuant avec la teneur en vanadium ;
- 2° Les aciers renfermant de 0,7 pour 100 cà 5 pour 100 de vanadium présentent encore de la perlite : mais cette perlite présente des grain* blancs extrêmement durs, dont le nombre croît avec la teneur en vanadium, tandis que la teneur en perlite diminue;
- 5’ Les aciers renfermant plus de 5 pour 100 de vanadium ne contiennent plus de perlite ; leur fond est clair, brunissant légèrement à l’attaque, par-
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- semés de points blancs dont le nombre croit, avec la teneur en vanadium.
- Ainsi, dans celte série, en dessous de 0,7 pour 100 de vanadium, ce métal est en solution dans le 1er et le carbone à l’état de jierlite; au-dessus de eette teneur, il se l’orme un composé nouveau (pii absorbe le carbone du carbure de 1er. Nous devons à l'obligeance de M. Guillet les belles photographies ci-jointes. La ligure 1 montre une lame dont la teneur est l’aible en vanadium; la lame de la ligure 2 est au contraire d'une teneur élevée.
- llans la seconde série d'aciers au vanadium, série riche en carbone, on observe les laits suivants ;
- 1° A moins de 0,5 pour 100 de vanadium, les aciers sont formés de perlile et de ferrite;
- 2° Entre 0,5 pour 100 et 7 pour 100 de vanadium, la perlite subsiste, présentant en son milieu les grains blancs du composé nouveau signalé dans la première série, en nombre croissant avec la teneur ;
- ou Au-dessus de 7 pour 100 de vanadium, disparition de la perlite ; il ne reste plus (pie le composé constituant spécial apparaissant en blanc bordé de noir sur fond gris. Les faits observés dans la seconde série sont donc parallèles à ceux de la première, mais le constituant spécial apparaît plutôt dans la série très earburée; la jierlite subsiste plus longtemps dans cette même série; à teneur égale en vanadium, l’acier renferme d’autant plus de constituant spécial qu'il est plus riche en carbone.
- Le constituant spécial, dont la jirésence est marquée par l'abondance des grains blancs, est évidemment un carbure (carbure double de fer et de vana-diûm, ou carbure de vanadium). Dès lors on conçoit facilement ce qui se passe au cours de la fabrication de l’acier au vanadium. Ce corps commence par se dissoudre dans le fer, solution solide qui arrive rapidement à saturation; alors le vanadium en excès se J'orle sur le carbone pour former un carbure, diminuant jiar conséquent d’autant la jierlite.
- Il y aurait encore bien d’autres choses à signaler dans l’intéressant travail de M. Guillet. Nous ne voulons ici que montrer l’utilité de l'examen microscopique dans le domaine métallurgique et indiquer, d autre jiart, l’imjiortance du rôle joué dans la nature jiar des doses relativement faibles de certains corjis. Cette importance serait jilus grande encore et pour des doses plus petites si nous nous adressions à la physiologie des êtres vivants. P. Loncoche.
- LES GRANDES ÉPREUVES AUTOMOBILES
- IA CO LTE GOROOX-ÜEN’ETT
- \oici joué le dernier acU de ce grand spectacle en plusieurs tableaux qu’est la Coujic Gordon-Bennett et ses éliminatoires françaises et étrangères. Nous ne donnerons pas un compte rendu de cette épreuve, les journaux de toute sorte s’étant chargés de renseigner le public avec un tel luxe de détails que nous ne pourrions que les résumer. Cel engouement du public et de ses informateurs est d’ailleurs chose regrettable : on arrive à faire d’une épreuve réser-
- vée à des véhicules de construction spéciale, et de puissance motrice formidable, un critérium de Ja qualité, de la construction des voitures de tourisme qui en diffèrent totalement. Et sur ce fondement illusoire, depuis trois ans surtout, la France a risqué, dans une lutte inégale, la réputation industrielle que lui ont justement donnée, eu construction automobile, les travaux de ses ingénieurs depuis quinze ans.
- Heureusement la France n’a pas, celle année, perdu la jiartie, mais l’on ne peut que souhaiter de voir, l’an prochain, l’industrie du transport qu’est l’automobilisme, se séparer complètement du sport qu’il ne doit jdus être aujourd’hui. Quels enseignements voulez-vous que puisse tirer, pour sa construction, un constructeur qui adopte, pour ses voitures de course, des dispositifs tout différents de ceux qui font parfois la qualité et la réputation de ses voitures de tourisme?
- Et quelles indications le public peut-il trouver dans une course où la victoire a récompensé non seulement la meilleure voiture, mais aussi la plus habilement conduite et la plus favorisée par le hasard, sans qu’on puisse savoir exactement lapait qui revient à chacun de ces facteurs?
- Sur la route difficile où se disputait l’épreuve, l’habileté avec laquelle le conducteur prenait ses virages a été pour beaucoup dans sa victoire, car il en résultait évidemment une fatigue moindre pour ses pneus, qui firent encore des leurs, cette fois-ci comme le mois dernier, à ('Eliminatoire française.
- La lecture du classement de cette année est par contre assez indicatrice de la difficulté avec laquelle on peut choisir les représentants d’un pays parmi tous les champions qui se présentent.
- La France les a désignés par une lutte où le hasard a peut-être éliminé des défenseurs qui auraient jiu, aussi bien que les heureux vainqueurs, lui conserver la coujie. Cependant, le procédé semble bon puisqu’il a été suivi de succès depuis deux ans. A son exemple, et renchérissant même sur elle, l’Angleterre n’avait choisi ses tenants qu’après une longue et patiente comparaison, en vitesse et en fond dans l’île de Man, et ce procédé, qui semblait lui donner le maximum des chances, ne l’a pas empêché d’être battue de loin par l’Italie dont les défenseurs avaient été jiris au choix et sans lutte.
- Le classement a, par contre, montré combien étaient dans le vrai ceux qui préconisaient les moteurs peu puissants jiour les courses en terrain difficile.
- En Auvergne, la route était dure comme sol, il fallait donc n’y jamais fournir de vitesses sensationnelles, qui auraient été dangereuses j>our les ressorts. Dans ces conditions un puissant moteur devenait inutile; il suffisait de le prendre assez fort pour atteindre dans les côtes le maximum de vitesse compatible avec les lacets de la route. C’est ce que confirma la course où la Brasier, la moins jiujssante (si l’on excepte la Pope Toledo, réellement un jieu faible) battit difficilement les Fiat, de puissance légèrement plus grande, mais très facilement les jiuissautes et rajtides Mercédès.
- Terminons sur une constatation curieuse : douze voitures sur dix-huit ont accompli le parcours dans les temps accordés, soit les deux tiers, et cette proportion est plus forte que dans le concours de tourisme d’Aix qui vient de se terminer, ce qui semblerait indiquer que les voitures de tourisme sont jieut-être encore jdus loin de la perfection pratique que les véhicules de course. Ce seul fait n’est-il pas la preuve que la course n’a plus aucune utilité pratique: Léo Bomba.
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- la nature:
- CHRONIQUE
- tue rue en eantilcvcr. — Nos lecteurs connaissent ce trottoir en porte-à-faux qui a été établi par la Compagnie de l’Ouest sur une partie de la ligne d’Autcuil ; mais on vient de faire mieux à New-York. C’est la moitié d’une voie charretière, prolongement de la promenade Riverside Drive, qui a été établie en canlilever en encorbellement., au-dessus de voies ferrées qui rétrécissaient considérablement l’espace disponible. Ce porte-à-faux est de plus de 13 mètres.
- La loi «le la eluite des eorps dans l’air. —
- D’après M. Henri Yallot, elle diffère sensiblement de la chute dans le vide. La vitesse, au lieu d’augmenter indéfiniment, tend, selon lui, vers une limite fixe bientôt atteinte, de sorte que le mouvement du corps est sensiblement uniforme. Pour une pierre de 3ü() grammes, cette limite serait de 31m,(>2 par seconde. La vitesse n’atteindrait d’ailleurs jamais cette limite. M. Yallot joint à son travail un tableau dans lequel il donne des chiffres permettant d’établir la profondeur d'un précipice au moyen d’une chute de pierres, en tenant compte de la résistance de l’air et du retard apporté par le son à indiquer l’instant d’arrivée du mobile. Ces tableaux très bien faits, publiés dans La Montagne, sont appelés à rendre de grands services aux alpinistes, ainsi que dans l’appréciation de la profondeur des abîmes,
- La supériorité des traverses métalliques. — La question vient d’être étudiée de très près par M. Ben-kenberg dans Stahl und Eisen ; et, d’après ses calculs, les traverses métalliques de chemins de fer assureraient (tout compris), sur les classiques traverses en bois, une économie de 25 à 24 pour 100.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 juillet 1905. — Présidence de M. Tuoost.
- Propriétés des nombres. — M. Lebon adresse une Note dans laquelle il indique une méthode permettant de reconnaître rapidement si un nombre est premier. L’auteur a recours à un système de nombres exprimant les caractères de divisibilité; il s’appuie sur des propriétés non encore signalées des progressions arithmétiques.- En outre, à l’aide d’une table numérique dont il donne la loi de formation, il montre que l’on peut réduire notablement les calculs nécessaires pour trouver les facteurs premiers d’un nombre.
- Origine de la propriété radioactive. — M. Becquerel décrit une expérience qu’il vient d’effectuer sur la communication de la propriété radioactive à un corps inerte. En laissant tomber du noir de fumée dans une dissolution d’un corps radioactif et en recueillant ensuite ce noir de fumée, il a constaté que le dépôt est devenu radioactif. La propriété persiste malgré le lavage. Ensuite en brûlant le dépôt dans un courant d’oxygène — opération qui à l’aide du noir de fumée normal ne donnerait aucun résidu — il a trouvé, au contraire, un résidu. L’examen de ce résidu montre que l’on est en présence de petits grains d’oxyde d’uranium. Cet oxyde est très radioactif ; l’activité s’est concentrée et paraît persister. La puissance est accrue plusieurs milliers de fois.
- Traitement d’une maladie à trypanosomes. — M. Laveran annonce que la guérison d’une maladie à trypanosomes a été obtenue à l’aide d’un traitement fondé sur l’emploi combiné de l’acide arsénieux et du trypan-
- roth. Deux chiens atteints de la dourine ont été soumis à ce traitement et ont guéri, bien que la maladie soit toujours mortelle. Mais le fait d’avoir été atteints et guéris de la dourine ne communique pas aux animaux l’immunité; ils restent aptes à subir de nouveau l’atteinte du mal.
- Détermination de la hauteur des ballons. — M. Mas-cart présente une Note de M. Teisserenc de Bort, relative à la précision que l’on peut obtenir, au cours des ascensions de ballons-sondes, dans la mesure des altitudes à l’aide des hauteurs barométriques. Celles-ci sont données par des anéroïdes. Or, les variations de l’anéroïde ne sont pas instantanées. Bar suite, pendant les ascensions, l'instrument est en retard et, pendant les descentes, il est en avance. De plus, la détermination de l’altitude repose sur l’emploi d’une formule qui admet une certaine loi de décroissance de la température. M. Teisserenc de Bort a fait opérer avec des théodolites, placés aux extrémités d’une base de longueur connue, des visées simultanées de ballons. Quelques-uns ont pu être suivis jusqu’à une altitude de 15 000 à KVOOO mètres; un grand nombre d’expériences ont été faites et ont permis de constater que la hauteur déduite des hauteurs conclues de l’anéroïde et la hauteur déduite des visées étaient satisfaisantes. Jusqu’à 4000 ou 5000 mètres, la hauteur fournie par l’anéroïde est exacte à I/00e près de sa valeur.
- Propriétés du suc pancréatique. — M. Daslre présente une Note de MM. Larguier et Deshancels relative à l’activité du suc pancréatique. On sait que celui-ci est inactif sur les matières albuminoïdes sans l’intervention du suc intestinal. On estimait qne l’on se trouvait en présence d’une action de l’ordre de celle des ferments. Or le suc intestinal n’est actif que par la présence d’une sensibilisatrice nommée kinase. Les auteurs montrent que cette sensibilisatrice peut être suppléée par l’action des colloïdes tels que le bleu de toluidine combinée avec celle de toute une catégorie de sels minéraux.
- Le mouvement dans le traitement des fractures. — M. Lucas Championnière lit une Note sur le traitement des fractures, il observe que la chirurgie. vivait sur ce préjugé que les os se soudent d’autant mieux que leurs extrémités sont mieux immobilisées.. Or ce principe est faux. Pour se réparer, les extrémités fracturées ont besoin d’une certaine quantité de mouvement. Le cas se produit alors plus rapidement. En outre l’immobilisation est funeste pour la réparation des articulations des muscles et tendons. L’auteur a introduit, dans la thérapeutique des fractures, une méthode fondée sur la mobilisation, le mouvement dosé avec une forme très spéciale de massage doux. Les résultats de cette méthode sont les suivants : Disparition de la douleur après les fractures les plus douloureuses et des contractures; résorption très rapide des épanchements; pas d’enraidissement secondaire; pas d’atrophie musculaire; gain de temps dans la formation du cal. Certaines fractures très graves ont cessé d’etre graves (extrémités supérieures de l’humérus, coude, bimalléol-laires, la plupart des fractures articulaires). La mobilisation immédiate, le massage et la suppression des appareils inamovibles peuvent être conseillés pour l’immense majorité des fractures. C’est une pratique que M. Lucas Championnière a suivie depuis de longues années. Il faut qu’elle soit sans hésitation suivie immédiatement après la fracture dans une série de cas qu’il énumère.
- Les canons paragréles. — M. le Dr Vidal offre sa brochure concernant la défense contre la grêle. Les fusées et les pétards qu’il a inventés ne s’élèvent pas à plus
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- LA NATURE.
- de 450 mètres, mais ils donnent certainement des résultats favorables. Il est donc inutile autant que dangereux d’augmenter leurs charges pour les faire monter plus haut. M. Vidal donne ensuite quelques renseignements sur un orage observé l’été dernier en Suisse. Il a observé qu’au milieu d’une immense zone ravagée, seules les localités qui ont tiré des fusées ont été épargnées par la grêle. En outre il a noté que sur un parcours de plus de 100 kilomètres, cet orage parait avoir respecté les terrains situés à une altitude de 700 mètres. Il s’agissait donc d’un phénomène peu élevé dans l’atmosphère.
- Lu. DE VlLLKOElIL.
- BEC INTENSIF N FLAMBE RENVERSÉE
- Un u essayé jusqu’ici beaucoup de modèles de becs de gaz à incandescence pouvant fonctionner à 11 anime renversée. Mais le problème était loin d’être résolu, les divers becs imaginés ne donnant pas toute satisfaction.
- M. A. Compin vient de construire un nouveau modèle qui a donné de bons résultats et qui fonctionne dans de très bonnes conditions.
- Le principe utilisé par M. Compin est de produire un mélange intime d’air et de gaz, après l'injection de l’air par un Bunsen et avant la combustion. Le bec, dont on voit la vue d’ensemble générale dans le n° 2 de la ligure ci-jointe et dont on voit les dispositions pratiques dans le n° 1 de la même figure, se compose d’une conduite A placée à angle droit sur une conduite B, dite conduite d’arrivée du mélange. C’est en effet en C, à l’extrémité de cette conduite, que se trouve le bec Bunsen, qui reçoit d’un coté, de B', le gaz d’éclairage, aspire l’air d’un autre côté et renvoie le mélange d’air et de gaz dans la conduite B. On remarquera que les deux conduites A et B, au point de leur croisement à angle vif, forment une chambre E. L’air et le gaz, entraînés par le Bunsen, viennent se briser et se diviser dans cette chambre contre la paroi verticale de la conduite A. 11 en résulte que ces deux gaz tourbillonnent Lun sur l’autre et sont en quelque sorte brassés. Dans le brûleur qui se trouve à l’extrémité du tube A, ils arrivent complètement mélangés et brûlent en crépitant et en produisant une flamme bleue. L1 n’y
- Bec à flamme-renversée. — 1. Détails de construction. — 2. Vue d'ensemble.
- a pas de retour de flamme et les manchons ne sont jamais noircis.
- On peut apporter au dispositif précédent quelques modifications qui permettent d’assurer un meilleur fonctionnement, dans des conditions plus favorables. Au lieu de faire arriver le mélange de gaz et d’air fourni pur le Bunsen directement dans le tube A, de même diamètre, allant au brûleur, il est préférable de faire arriver le mélange dans la chambre E, puis de prolonger par un tube conique, de plus grand diamètre à l’entrée que celui d’arrivée, et enlin de rétrécir l’orifice de sortie. Le n° 1 de la ligure montre toutes ces dispositions en pointillé. Le diamètre de la conduite d’arrivée 11 doit être proportionné au débit de gaz de l’appareil. Le Bunsen peut être placé verticalement ou horizontalement ; dans le premier cas (n° 2), la conduite B est légèrement coudée un
- peu au-dessus pour revenir se joindre à angle droit à la conduite À.
- Ce nou ve a u bec, comme on le voit, est disposé de façon à produire un mélange intime d’air et de gaz et, à n’envoyer
- toujours au brûleur pour la combustion que ce mélange intime. On se trouve ainsi dans les meilleures conditions d’utilisation.
- Aussi, on obtient une intensité lumineuse
- plus grande, pour une même dépense de gaz en un même espace de temps.
- Dans les essais photométriques, on a obtenu les résultats suivants : à une pression de 70 millimètres, le hec « Bijou » a consommé -41,37 litres par heure en donnant une intensité lumineuse de 4,57 earcels, le bec n° 1 a dépensé 67,27 litres par heure à 6,84 carcels, le bec n° 2 a consommé 101,52 litres par heure à 10,97 carcels, et le bec n° 5 a dépensé 147,55 litres par heure à 12,60 carcels.
- Ces résultats semblent très avantageux. Un Lee Auer neuf produit, en effet, une intensité lumineuse horizontale de 5 carcels et consomme 100 litres de gaz par heure. Un bec Denayrouse sans moteur (type 1896) brûle 250 litres de gaz par heure et donne une intensité lumineuse horizontale de 20 carcels. J. Laffarguk.
- Le Gérant : P
- Paris. — Imprimerie Lauube, rue de Fleurus, 9.
- Masson.
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- N# 1078.
- 22 JUILLET 1905.
- LA NATURE.
- V
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- ELISÉE REELUS
- Il est mort le 4 juillet à Thourout (Belgique), à l'age de 75 ans, étant né le 15 mars 1850 à Saintc-Foy-la-Grande (Gironde).
- Les quotidiens et les dictionnaires ont donné sa biographie, rappelé sa vie, ultra-mouvementée dans la force de son âge, philosophiquement calme depuis 1894, dans sa scientifique retraite de professeur de géographie comparée à l’Université nouvelle de Bruxelles.
- Get esprit encyclopédique représente en quelque sorte plusieurs hommes par la multiplicité et la variété de ses conceptions et de ses travaux. Nous n’avons connu de lui que le savant et, pour le reste, nous ne saurions dire qu’une chose : c’est que toujours et partout son énergique droiture conserva inébranlable le courage de ses convictions. L’indépendante fermeté de son caractère lui épargnera à bon droit, et devant n’importe quelle opinion, le reproche d’avoir jamais été « ondoyant et divers ». À notre époque d’arrivisme adroit, ceci est un éloge que peu méritent et que tous lui doivent.
- Bien avant les sinistres de 1870-1871,
- Elisée Reclus était géographe. Dès 1859, il commençait à donner à la Revue (les Deux Mondes des études remarquées sur ses voyages en Europe et Amérique ; et, en 1868-1809, les deux volumes de la Terre (les Continents, l'Océan, l’Atmosphère, la Vie) révélaient une manière de comprendre et d’exposer les phénomènes naturels du globe qui faisait d'un ouvrage de pure science un livre de lecture attrayante. Alors nous n’avions pas encore eu de Ritter (dont Reclus fut l’élève), de lïumboldt, de Petermann, et les savants géographes de notre pays n’avaient guère su, malgré leurs consciencieux labeurs, malgré le haut mérite de nombreux et convaincus spécialistes, faire sortir leurs atlas et leurs cours d’un cadre didactique sans attrait. Aussi nous prouva-t-on trop chèrement que, comme public, nous ignorions la géographiel
- Dans ces années de recueillement et de relèvement qui nous servirent de réveil, un homme se dévoua à nous rapprendre; il avait compris ce qu’il fallait à notre esprit vif, ouvert, curieux, mais pri-
- 33e aimée. — 2e semestre.
- mesaulier, instable, impatient; il avait trouvé le secret d'infuser aux Français, sous la beauté de la forme, la sève instructive du fond : d'un seul jet, il dressa le plan definitif d’une œuvre idéale qu’il eut la joie non seulement de réaliser telle qu’il l’avait conçue, mais encore de contempler plus de dix ans dans l’épanouissement du plus glorieux succès. Méthodiquement et mathématiquement, sans une lacune, sans une défaillance, pendant dix-neuf années consécutives, de 1876 à 1894, la Géographie universelle nous lit connaître une par une toutes les parties de notre Terre, si inlime dans les au-delà de l’Univers, si immense pour la compréhension et la mémoire du disciple, si colossale pour la description par le maître, que, jusqu’alors, aucun n’y avait bien
- réussi. Elisée Reclus fut ce prestigieux artiste et à la lois ce véridique érudit, qui nous’ donna le portrait de la Terre à la lin du xixc siècle, avec une ressemblance telle que les premiers volumes encore, quoique vieux de 25 années, restent aujourd'hui, à certains chiffres près, aussi jeunes et exacts qu’au jour de leur apparition. On se rappelle l’admiration, l’étonnement, l’émotion presque, provoqués en 1877 par le tome II, la France : c’était alors le plein moment de la refonte de la chère patrie, et jamais on n’avait lu des pages qui la fissent si bien connaître et qui la lissent tant aimer. Les collégiens de cette date n’oublieront pas leur surprise en trouvant dans ce gros volume non pas la torture mnémotechnique des anciens précis de géographie, mais un bel et bon livre d’étrennes, aux gravures évocatrices, aux caries parlantes, suggestionnant automa* tiquemenl la compréhension des plus complexes phénomènes naturels, de leurs effets sur le développement de l’humanité, et de la froide statistique ! Les générations qui ont vu éclore la Géographie universelle sont les hommes faits du xxe siècle ; tous ceux d’entre eux qui sont devenus des travailleurs utiles ont suivi avec passion l'expansion de l’immense ouvrage et salué avec joie son intégral achèvement ; ils savent quel service a été rendu ainsi à eux-mêmes et au pays. Les plus jeunes doivent se persuader à leur tour qu’il ne s’agit pas ici d’un éphémère succès du moment : le monument construit par Reclus a contribué à la réédifîcalion de la France,
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- Elisée Keclis.
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- LA NAT Mi K.
- et il faut, en classer l'architecte parmi les hommes dignes du titre de régénérateurs bienfaisants.
- Là ne s'est pas bornée au surplus sa prodigieuse et féconde activité : sans parler de plusieurs guides à Londres et aux stations d'hiver de la .Méditerranée, il a donné en 18(>1 un I ogage à ta Sierra Nevada de Sanla Martha qui fut un vrai récit d'exploration personnelle, — Y Histoire d'un ruisseau (18(19), — Y Histoire d'une montagne (1880), — les Mers et les météores (1875). — On peut dire de tous ses volumes qu’ils ont miraculeusement combiné la llam-boyante éloquence d'un Michelet, la puissante synthèse d’un Cuvier, et la rationnelle précision d'un Arago. On ne sait guère ce qu’il faut louer le plus en Reclus, de son talent d'écrivain ou de sa méthode de savant !
- L’homme privé était la générosité, l'abnégation, l'affabilité memes; sa physionomie, au suprême degré attirante par la profondeur et l’éclat d'un regard inoubliable pour ceux qui l’avaient une seule fois recueilli. Ft ce modeste était si curieux de bien apprendre et de se documenter à tout prix (pie, maître sans émules, il se faisait avidement l'auditeur de ses propres disciples, dès qu'il les avait mis en état de devenir eux-mêmes, et grâce à lui, quelque peu instructeurs dans les secrets d’une spécialité quelconque.
- Sa destinée lui a accordé de mettre la dernière main à un nouveau livre magistral, dont nous n'avons encore que le début, l'Homme et la Terre : c'est la conclusion générale et philosophique de ses idées et de ses efforts. Il y expose « les conditions du sol, du climat, de toute l’ambiance dans lesquelles les événements de l’histoire se sont accomplis » et il y montre « l’accord des hommes et de la Terre » en expliquant les « agissements des peuples, de cause à effet, par leur harmonie avec l’évolution de la planète. »
- De nos jours, la Géographie est devenue peut-être la science par excellence, parce qu'elle est celle delà nature, de la Terre, de l'Homme et qu'aucune étude ou activité, de quelque ordre que ce soit, ne peut s'en passer. Le sera l’honneur de Reclus de l’avoir en particulier imposée à la France qui la méconnaissait, et de l’avoir en général codifiée sous l’aspect le plus charmeur et le plus exact à la fois.
- F.-A. Martel.
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- LES HUITRES ET LA FIÈVRE TYPHOÏDE
- En 1890, M. le professeur Chantemcsse attira l’attention de l’Académie de médecine sur la transmission possible du bacille typhique, dit bacille d’Eherlh, par les huîtres. La presse s’empara de la question qui fut démesurément grossie à la suite de quelques épidémies de la maladie dans des bains de mer du littoral français. L’opinion publique s’affola et l’industrie huilrière en subit un coup terrible; des rapports successifs de M. le professeur Lornil, de M. le l)r Mosny (enquête, faite de 1897 à I9001), de
- 1 Yoy. Revue d'hygiène, 1899-1900.
- M. le professeur L. Liard {.tournât officiel, du 28 juillet 19IH) remirent les choses au point de façon rassurante en concluant que la transmission du bacille d’Eberlb par les huîtres « est chose possible ; mais (pie les cas bien démontrés sont excessivement rares ». En 1901, M. le l)r Raphaël Dubois, professeur à la Faculté des sciences de Fl diversité de Lyon, a continué les recherches sur les accidents produits par l’ingestion des coquillages et autres animaux marins consommés crus. Lue subvention de la caisse des recherches scientifiques a permis ces travaux desquels il résulte (selon le rapport publié au Journal officiel, du 0 mai 1905) que sur certains points du littoral de la Méditerranée, on observe souvent, en été, une entérite à laquelle M. R. Dubois a donné le nom de conclig-lioenlérile. Celte affection, qu'il ne faut pas confondre arec l'entérite tgpliique et qui est loin d'offrir les mêmes dangers que la fièvre tgplioide, est due à la présence, dans les mollusques comestibles, d’un bacille offrant de grandes analogies, mais aussi des différences, avec les bacilles coli connu unis et Eberthi : ce sont probablement ces analogies qui ont pu faire penser que la fièvre t yphoïde était souvent causée par l'îngestion d’lmîtres contaminées par des déjections de malades atteints de cette affection. Ainsi le mal est différent, et moins grave : les ostréiculteurs et les familles fréquentant les bains de mer doivent se rassurer. Dr üu.vdk.
- LA MÉTÉOROLOGIE EN FRANGE EN 1904
- d’après iæ rapport de m. bouquet de la grye.
- Les observations méthodiques organisées aujourd’hui sur presque toute la surface du globe doivent nous faire connaître les différences des climats et fournir les éléments d’une histoire de la Terre; elles permettront plus tard d’établir les lois qui régissent la circulation de l’atmosphère, la distribution des pluies et la répartition do la chaleur. La météorologie sera alors une science bien établie et la prévision du temps à longue échéance cessera d’être chimérique.
- En attendant ces progrès les marins et les agriculteurs sont déjà unanimes à reconnaître le profit que leur apportent les avertissements du bureau central météorologique.
- Dans nos ports de la Manche et de l’Océan, il n’est pas un capitaine ou un simple patron de barque qui, avant de prendre la mer, ne regarde la dernière dépêche du bureau central.
- Le bureau central, sur l’ensemble des documents qu’il reçoit, par le télégraphe, envoie chaque matin des avis complets et motivés et ses prévisions en 1904 se sont réalisées 91 fois sur 100.
- En ce (pii concerne les coups de vent, sur 100 avertissements de hisser les cônes aux sémaphores, 122 se sont montrés exacts et dans 11 cas seulement les signes ont été en défaut, le vent n’ayant pas eu la vitesse prévue.
- dette exception faite, les avis du bureau central sont d’une utilité incontestable et, si les marins les ont les premiers appréciés, les agriculteurs en voient chaque jour les avantages.
- Les signes du mauvais temps, ils croient bien les voir dans l’état du ciel, dans la forme des nuages que personne mieux qu’eux n’analyse, mais le bulletin du bureau
- 1 Extrait du Rapport de M. Bouquet de la (Jrye, membre de l’Institut et du bureau des longitudes, à la séance générale du conseil du bureau central météorologique du 14 jum 1905.
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- LA A AT li H K.
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- leur donne plus et mieux. que leur instinct et leur pru-li(juc, el ils le réclament sans cesse de plus en (dus.
- 170 stations en France, en Algérie, dans nos colonies ou à l’étranger nous fournissent trois fois par jour îles données qui sont enregistrées et enfin 57 autres se bornent à envoyer des résumés mensuels.
- M. Moureaux, le savant directeur de l’Observatoire du parc Sainl-Maur, a donné, dans l’Annuaire de la Société météorologique de France, des résultats qu’il est utile de faire connaître, car ils portent sur l’ensemble de trente années. La moyenne de la température observée est de 10°,04. Le minimum a été de 8°,81 en 1887 et le maximum en 1900 : I l°,12.
- Les années froides et chaudes paraissent se succéder par groupes.
- Le minimum de la température — 25°,(5 a été obtenu le 10 décembre 1879 et le maximum 55°,7 leu août 1899. La moyenne de la variation diurne est de 0°,87.
- M. Moureaux a également comparé les moyennes diurnes réelles des températures aux nombres théoriques qui avaient été calculés par M. Àngot, et il a constaté la réalité des deux phénomènes connus sous le nom de « saints de glace » et de F « été de la Saint-Martin ». 11 trouve toutefois que le refroidissement des saints de glace se prolonge en moyenne jusqu’au 21 mai.
- M. Teisserenc de Bort, à l’Observatoire de Trappes, a poursuivi en 1904 ses expériences sur les couches élevées de l’atmosphère au moyen de ballons-sondes qu’il envoyait à'plus de 10 000 mètres de hauteur et de cerfs-volants qu’il faisait planer jusqu’à 5000 mètres. Ces observations lui ont montré qu’au delà de 10 000 mètres, il régnait une véritable indécision dans la température ; à cette hauteur, elle cesse de décroître régulièrement et se relève parfois de 1 ou de 2 degrés.
- Parmi les travaux d’ordre nouveau, nous devons encore signaler l’étude faite par M. Moureaux du magnétisme du bassin de Paris et des variations constatées dans les environs de la faille de Thérain.
- M. Brunhes, directeur de l’Observatoire du Puy de Dôme, a publié un travail relatif à l’influence de la rotation de la terre sur le sens des tourbillons dés eaux courantes et, en collaboration avec M. David, une étude sur la permanence de l’aimantation de certaines roches volcaniques.
- M. Marchand, directeur de l’Observatoire du Pic du Midi, nous a donné également une Note sur les observations sismiques qu’il a entreprises et sur les instruments installés tant à Bagnères qu’au Pic. Le sismographe placé à Bagnères a parfaitement indiqué les mouvements qui se sont produits dans notre écorce en juillet, août et septembre 1904.
- Dans un rapport d’ensemble sur ses services, le directeur a exposé la situation des quinze observatoires français en signalant les améliorations qui peuvent y être apportées ainsi que la nature des observations spéciales qui y sont faites.
- Nous pouvons signaler l’importance qu’on y attache présentement aux variations du potentiel électrique, qui sont enregistrées à l’aide de l’appareil de M. Mascart. Au Pic du Midi et à Bagnères, on a constaté les différences de ces variations suivant l’altitude du lieu et, en l’absence d’un collecteur au radium, on a fait usage avec succès d’une mèche imprégnée d’azotate de plomb.
- Nous devons citer, à ce propos, les dernières publications du bureau, les deux mémoires de M. Chauveau sur l’électricité atmosphérique. Us renferment l’historique
- très complet de ces recherches, formant (tour ainsi dire le, manuel d’une nouvelle météorologie, dont les Allemands se préoccupent fort parce qu’ils croient y voir la cause d’autres phénomènes inexpliqués.
- 11 y a plus d’un quart de siècle, boulier, le savant professeur de l’École du Yal-de-Grâce, montrait que l’air, filtré par son passage sur du colon cardé, peut contenir une quantité de vapeur d’eau supérieure au maximum normal, sans qu’il s’v produise trace de condensation, tandis que les poussières en suspension facilitent la production des gouttelettes. Les brouillards intenses de certaines villes, surtout dans les régions manufacturières, peuvent ainsi s’expliquer par les fumées qui souillent l’atmosphère.
- Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de poussières inertes, des microbes vivants ou de leurs germes en suspension dans l’atmosphère ; on a fait intervenir une autre sorte de microbes, de nature électrique, qui fourmillent dans l’air comme un essaim de moucherons ; mil les appelle des « ions ».
- (les ions jouissent de, propriétés bien singulières. Ils facilitent la condensation de la vapeur d’eau, comme le feraient des grains de poussière; par leur grande mobilité, ils communiquent aux gaz une conductibilité analogue à celle des corps solides et interviennent dans les effets de déperdition électrique.
- On a pu déterminer le nombre de ceux qui existent dans un volume d’air défini, la charge électrique dont ils sont porteurs et la manière dont ils se diffusent.
- Sans entrer plus avant dans les détails d’une science toute nouvelle, nous en retiendrons seulement que les ions abondent dans l’air en proportion très variable, qu’ils sont les agents essentiels de l’électricité atmosphérique et qu’ils jouent aussi un rôle dans les variations du magnétisme terrestre.
- D’où viennent-ils? Ün peut dire qu’il s’en fait partout. Les rayons cathodiques transportent des ions négatifs ; les rayons X rendent l’air conducteur et produisent des ions des deux espèces; les rayons ultra-violets opèrent de même aux faibles pressions ; les ions apparaissent dans la combustion des gaz et dans les réactions chimiques; ils se forment en abondance au voisinage des corps radioactifs ou de ceux qui ont acquis une radioactivité induite; il semble aussi que l’air sorti du sol au moment des baisses barométriques devient une source d’ions.
- Toutefois, les causes purement terrestres ne représentent sans doute que la moindre partie du phénomène, et l’action du soleil doit en être la cause prédominante.
- Le sommet de la tour Eiffel offre pour l’étude de ces problèmes des conditions exceptionnellement favorables. Des expériences y ont été organisées déjà l’an dernier et des,appareils nouveaux y sont installés cette année.
- Nous terminerons ce long exposé en disant quelques mots des essais faits pour éloigner les orages et la chute de la grêle. Les canons spéciaux ont fonctionné pour cela en 1904 dans beaucoup de communes, leur emploi a été fait systématiquement dans le dessein de vérifier si leur tir avait produit des résultats appréciables.
- En réalité, à l’heure actuelle, on ne peut guère affirmer que des faits positifs, pour ou contre, aient été produits. Les expérimentateurs se montrent encore pleins de foi; il n’y a aucun inconvénient à la leur laisser, la dépense des essais étant minime. D’un autre côté, on peut croire à l’efficacité de l’emploi de fusées éclatant au milieu de nuages orageux et là, les essais doivent être recommandés sans réserve.
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- LA NATURE.
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- LES SOUS-MARINS
- A LA PALLICE-LA ROCHELLE 1
- La navrante tragédie du Farfadet qui vient d'attrister la Tunisie et toute la France a, de nouveau, attiré I attention sur ces engins non moins redoutables en paix qu’en guerre, que Ton nomme les sous-marins. Les questions qu’on nous a posées à ce sujet rendent donc toutes d actualité les lignes qui suivent.
- Un précédent voyage de M. Thomson dans l’Ouest avait eu comme résultat de conserver au port de La Pallice son poste de sous-marins. Récemment créé, à peine aménagé ce poste allait disparaître. C’eût été fort regrettable,pour le port de Rochefort, qui, atteint du même coup, devait perdre cette spécialité à l’heure oii ses chantiers appropriés venaient d’être parfaitement
- outillés pour ce genre de constructions. R’autre part, le port de la Rochelle, celui de La Pallice, l’embouchure de la Charente, toutes les baies voisines de ces trois points, où il serait possible de tenter un débarquement eussent été dépourvus de ce moyen de défense. Notre côte ouest de l’embouchure de la Loire à celle de la Ridassoa est bien protégée par des forts et des torpilleurs, mais on a vu à Port-Arthur que les gros canons des cuirassés peuvent réduire au silence les batteries de terre, et qu on peut arrêter ou même détruire les torpilleurs au moyen de torpilles flottantes semées autour des postes de surveillance. Ainsi un vaste secteur fût demeuré, sur nos côtes, ouvert aux entreprises de l’ennemi; du moins l’étranger n’v avait-il pas à redouter le formidable danger d'une explosion imprévue.
- Les raisons mises en avant pour justifier cet abandon se réduisaient à ceci. La Pallice est non seulement un poste de sous-marins, destinés à protéger un secteur déterminé, mais avant tout un port d’attache, un centre pour les essais. Là on apprend a connaître, à conduire, à manier les unités construites à Rochefort et dont on ne peut, dans une rivière, vérifier les qualités nautiques. En raison de leur différence de densité, les eaux d une rivière et celles de 1 Océan n offrent pas à un sous-marin les memes conditions de flottabilité. De plus la navigation de rivière est différente de la navigation au large ou meme de la navigation le long des côtes. La profondeur est limitée, l’espace restreint et, par suite, les évolutions se trouvent souvent gênées. Impossible par ailleurs d’apprécier sur un fleuve la tenue à la mer, la résistance des superstructures,
- 1 Vuv. n° 15i.i, du 18 février 1899, p. 177.’
- 1 habitabilité pendant les longues plongées, etc....
- Donc le centre de construction et le centre d’évolutions étant différents, les conditions deviennent défavorables, par suite, suppression inévitable des chantiers de Rochefort comme du poste d’essais de La Pallice. Toulon devait recueillir cet héritage.
- Toutefois sur les réclamations très vives des auto ri tés compétentes et surtout des syndicats ouvriers menaces dans leurs intérêts, Rochefort reçut la commande de plusieurs sous-marins mais... la suppression du poste de La Pallice fut maintenue.
- On n eut pas de peine tout dernièrement à convaincre M. I bomson de I étrangeté de ce provisoire. On lui fit remarquer que la différence de densité entre l’eau de la Charente, à Rochefort, et celle de 1 Océan à La Pallice n’était pas bien considérable, le flux et le reflux se faisant sentir bien en amont de notre port de guerre. Les ingénieurs savent parfaitement d’ailleurs parer à ces variations de milieu
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- LA NATURE
- et n’éprouvent guère de difficulté à lancer en eau très saumâtre des unités destinées à l’Océan. La Pallicese trouvant située à faible distance de Roche-
- fort, avec son port en eau profonde, peu encombré encore ; avec sa rade où l’on peut combiner, à l’abri des gros temps, des manœuvres d’escadre
- Fig. 2. — La Loutre en essais de plongée. — Photographie Godefroy.
- et des évolutions de sous-marins, est tout indiquée 11 est bon que nos officiers des défenses sous-
- marines se familiarisent d'ailleurs avec les baies des alentours, avec les fonds voisins et puissent h Toc-
- Fig. 3. — Le Gnome sortant du bassin de La Palliée. — Photographie Godclrov.
- casion empêcher un ennemi audacieux d’effectuer un débarquement dont le but serait de prendre Roche-fort — inaccessible par mer — à revers.
- M. Thomson s’est rendu à ces arguments, mais il a voulu, en outre, juger par lui-même : le Gnome,
- le Lutin, le Phoque, la Loutre, Castor, etc., ont évolué devant lui avec une maëstria convaincante.
- Nos photographies montrent ces curieux spécimens de la nouvelle et terrible arme de demain.
- A. Fanton.
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- LA N A TU LE.
- LE CASTOR DE RHÔNE ET SES PARTITES
- Le Castor, ijni fait l'objet de cette note, a été capturé dans le Cardon, le 11) février 1905, par des pécheurs qui l'ont assommé pour le dépêtrer de leurs filets où il s’était entravé. C’est ail quartier de
- Fi". 1. — Platypsylhis cnsloris. (Dessin do A. Rouhoure.)
- Clausonnette, entre Montfrin et Sernhac (Gard), à environ 9 kilomètres de l'embouchure du Gardon qu’il a été pris. Ce castor était un beau male adulte (pii pesait 22 kilogrammes. Ou museau à l’extrémité de la queue, il mesurait lm,10. Sa queue avait O",5-1 de longueur sur O"1,1 I de largeur.
- Je n’ai eu en main cet animal (pie 12 heures après sa mort. Dès sa sortie du sac où il avait été mis, je l'étalai sur un drap afin de rechercher par un peignage méticuleux son parasite, le Platy-psyllvs castoris Ritsema (lig. I ). J’eus la bonne fortune de recueillir quelques exemplaires de ce curieux et rarissime coléoptère, ainsi qu’une larve. L’insecte et la larve sont très agiles, toujours en mouvement, apparaissant au sommet des poils et disparaissant dans la fourrure pour aller ressortir un peu plus loin.
- C’est la cinquième fois, depuis 1895, que j’ai le plaisir de capturer le Platypsylhis, et la troisième lois sa larve.
- L’insecte parfait et la larve se trouvent sur le castor en n’importe quelle saison : c’est ainsi que je les ai pris en février, juillet, octobre et novembre. Je les ai toujours observés sur la tête, le cou et les épaules, parties du corps du castor qui sont le plus souvent hors de l’eau. C’est là que le Platypsylhis se tient de préférence, c’est là également (pie se trouve un autre commensal du castor, un sarcoptide pilicole, le Schizocarpus Minyaudi Trouëssart (fig. 2).
- Tout fait présumer que le Platypsylhis, insecte carnassier, ainsi que sa larve, se nourrissent de Sclii-zocarpus. L’acarien, lui, se nourrirait delà matière sébacée qui enduit la fourrure du castor. En somme, l’acarien serait un parasite nuisible au castor, tandis (pie le coléoptère, lui, constituerait un parasite utile chargé de diminuer le nombre des mangeurs de son
- sébum. Tous les castors ne sont pas parasités. Sur deux castors que j’ai eus avant celui-ci, environ 12 heures après leur mort, je n’ai point trouvé ni de Platypsylhis, ni de Schizocarpus, malgré un examen très attentif de leurs fourrures.
- Mais ces deux commensaux du castor s’accompagnent toujours : là où il n’y a pas l’acarien, il n'y a pas le coléoptère.
- Les parasites du castor d’Europe se retrouvent identiques sur le castor d’Amérique.
- On sait que le castor est localisé dans le delta du Rhône et dans le Gardon. Son extinction est prochaine par suite de la chasse qu’on lui fait et par suite aussi des progrès de la viticulture qui transforme tous les jours la région où il a été forcé de se réfugier.
- À ma connaissance, il se capture de 6 à 10 castors par an, soit dans le Grand et le Pelil-Rhone, soit dans le Gardon (car les castors remontent cette rivière jusqu’au Pont-du-Gard)1.
- Au mois de septembre dernier, j’ai pu aller dans une des îles du Petit-Rhône, située au quartier des Aurilliasses, commune de Saint-Gilles, examiner des terriers de castors. Cette petite île, longue de 100 mètres environ sur 15 mètres de large, élevée de 5 à 4 mètres au-dessus du Rhône, possède cinq terriers abandonnés, creusés dans la berge. Le Rhône étant très bas à ce moment, les ouvertures des terriers étaient presque à (leur d’eau. Un enfant allongé aurait fort bien pu y pénétrer, suivre la galerie et venir aboutir à la grande chambre. Ces terriers
- Fi". 2. — Schizocarpus Min "Midi, mâle, vu par-dessous.
- (Dessin de, M. G. Neumann.)
- avaient de 4 à 0 mètres de longueur. Les grandes chambres, dont les toits s’étaient effondrés sous la mince couche de terre végétale qui les recouvrait, pouvaient avoir lm,50 de diamètre; elles contenaient des feuilles sèches, de la paille, des brindilles de bois, le tout tassé, indiquant un séjour prolongé des constructeurs. Des rondins de bois, dont l’écorce 1 Voy. n°1125, du 22 décembre 1804, p. 50.
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- avait été rongée, s’y trouvaient encore. 11 m’a été dit i|iie ces terriers avaient été abandonnés par les castors, au printemps, par suite* de la présence presque continuelle de pécheurs dans celte partie* du fleuve*. Ile*s troncs ele saule* rongés se soient aux envi-rons sur les berges du Petit-Rhône.
- J'avais, il y a une dizaine d’années, émis l’idée qu’on pourrait, protéger les derniers castors camarguais, en faire l’élevage ou ea&toriculture ; rien ne serait plus facile aux propriétaires riverains du IVlil-Rhône, surtout, que d’assurer la protection du castor pour favoriser sa propagation et sa multiplication dans les endroits les plus sauvages de cette partie de la basse Camargue, si curieuse par ses manades de chevaux et de bœufs à demi sauvages, par l’étang de Valcarès et par le bois des [lièges si intéressant par sa végétation spéciale. C’est aussi là (pie se sont établies et que nichent les bandes de damants, et que le chasseur rencontre la splendide poule sultane et l'étrange ibis faccinelle. Le castor n'esl-il pas un animal utile? Sa fourrure est très recherchée; sa chair est agréable, préparée en civet elle est délicieuse ; il fournit un produit pharmaceutique, le castoréum, aujourd’hui un peu démodé. Enfin les naturalistes s'intéressent à sa conservation, car il héberge deux intéressants parasites : le Pla-ii/psyllus castoris Ritsema et le Schizocarpus Min-(jaudi Trouëssart.
- Notre faune française n'est déjà pas si riche en gros mammifères qu'il n’y ait un intérêt scientifique à conserver et à protéger le castor du Rhône.
- (_i.VI.IEN MlNGVnt, Consorvnlcnr du Muséum du Nimos.
- LE YI4DUC SUR LE ZYMRÈZE
- Le fleuve Zambèze, après un cours tranquille de 12 à 1500 kilomètres sur les hauts plateaux granitiques de l’Afrique centrale, arrive, par 17° 55' de latitude sud et 25°50' de longitude est, aux chutes Victoria, découvertes en 1855 par Livingstone et qui servent de limites entre les provinces nord-ouest et sud de la Uhodesin, faisant partie des territoires concédés à la British South African Company.
- En amont de ces chutes, le Zambèze, comme l’indique la figure 1, forme un immense réservoir dont la largeur maximum dépasse 2 kilomètres, mais qui, aux chutes, se réduit à 1771 mètres. Arrivé à cet endroit, le lleuvc se précipite avec un fracas épouvantable, d’une hauteur de 128 mètres, dans un véritable gouffre occupant toute la longueur des chutes, mais dont la largeur, extrêmement réduite, ne dépasse pas 90 mètres, et dont la paroi aval est formée par une falaise à pic. En se précipitant dans ce gouffre, le fleuve produit des tourbillons et des embruns qui en obscurcissent, le lias, au point de donner l’impression d’une masse d’eau disparaissant dans un abîme sans fond.
- Le seul exutoire de ce gouffre est une crevasse profonde qui, comme le montre le plan, se trouve
- du côté Est des chutes cl dont la largeur ne dépasse pas 100 mètres. C’est par cette étroite fissure que doive?i! s’écouler les eaux du lleuvc vers l’océan Indien, avec une vitesse énorme et eu produisant des tourbillons et des embruns qui s’élèvent à 560 mètres de hauteur au-dessus du fond du gouffre, soit 250 mètres au-dessus du sol avoisinant. Cette énorme colonne d’embruns qu’on aperçoit, dans certains moments, à une distance de 60 kilomètres et dont le bruit s’entend à plus de 20 kilomètres, pendant les crues, retombe, sous forme de pluie, à l’aval des chutes et sur une surface qui s’étend jusqu’au viaduc situé à plus de 600 mètres à l’aval de ces chutes. C’est grâce à l’humidité ainsi produite qu’a pu se produire à cet endroit cette végétation luxuriante, mais localisée, qui contraste d’une manière si frappante avec le sol si dénudé delà contrée.
- Cette fissure, au fond de laquelle s’écoulent les eaux du Zambèze et dont la profondeur moyenne est de 150 mètres au-dessous du niveau des plateaux avoisinants, se prolonge vers l’océan Indien sur une distance de plus de 75 kilomètres. La largeur, au fond de cette crevasse, se réduit, en certains endroits, à 50 mètres.
- Extrêmement tortueuse dans sa direction, comme le montre le plan, et bordée de parois abruptes, celte fissure, ainsi que le gouffre au fond duquel se précipitent les eaux du Zambèze, résulte évidemment de mouvements tectoniques qui, à une époque ancienne, auraient amené la fissuration des roches basaltiques qui constituent le sol de la région.
- Les chutes Victoria sur le Zambèze sont certainement les plus importantes chutes conmies. Leur longueur dépasse de moitié celle des chutes du Niagara, qui n’est que de 1200 mètres, et leur hauteur est deux fois et demie plus grande : la hauteur des chutes du Niagara n’excède pas 48 mètres.
- C’est à environ 600 mètres en aval des chutes Victoria et au-dessus de la fissure au fond de laquelle s’écoulent, les eaux du Zambèze, que la Compagnie anglaise des chemins de fer de la Rhodesia vient de faire construire, comme le montre le plan, un pont métallique devant servir au passage du chemin de fer du Cap au Caire, cette ligne magistrale dont l’idée première, déjà ancienne, est duc à Cecil Rhodes (tîg. 2).
- Depuis plusieurs années déjà, du côté Sud-Afri-eain, le premier tronçon de cette ligne, entre le Cap et Ruluwayo, d’une longueur de 2200 kilomètres, est livré à l’exploitation. Dans quelques mois, grâce à la construction du pont sur le Zambèze, les rails pourront atteindre, sans discontinuité, les riches mines de cuivre de Brokcn Hill, à 600 kilomètres au nord du Zambèze et à 5125 kilomètres du Cap.
- Du côté nord, à partir du Caire, la liaison, au moyen de rails, est également établie depuis plusieurs années entre cette ville et Khartoum, la capitale du Soudan, sur un parcours de 2150 kilo-mèlrcs. Le chemin de fer du Cap au Caire est donc
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- aujourd’hui en exploitation sur une longueur de 5275 kilomètres, c’est-à-dire sur environ les 6 dixièmes du parcours total entre le Cap et le Caire, qui est de 9000 kilomètres.
- Reste à faire la liaison entre les deux tronçons Nord et Sud, c’est-à-dire entre Kharloum au nord et lîroken Hill au sud, distants de 5725 kilomètres. Ce dernier tronçon longeant, sur la plus grande partie de son parcours, le Nil et les deux lacs Albert-Nyanza et Tanganyaka, il serait possible, tout
- d’abord, de faire une exploitation mixte en installant sur le fleuve et sur les lacs des services de bateaux à vapeur. On diminuerait, de la sorte, et dans de notables proportions, les dépenses d’établissement de ce dernier tronçon, dont la construction se réduirait à la liaison par rails entre les lacs Albert-Nyanza et Tanganyaka et au prolongement, sur une longueur de 425 kilomètres, du tronçon sud entre ce lac et Broken llill, point terminus actuel.
- Mais revenons au pont sur le Zambèze qui fait plus spécialement l’objet de cette note. Ainsi que le montre la figure 4 le pont se compose d’un arc parabolique à deux articulations surmonté de tympans rigides formés de montants verticaux et de diagonales fixés, à leur partie inférieure, à l’arc, et, à leur partie supérieure, à la poutre horizontale formant membrure supérieure et qui, en même temps, sert à supporter le tablier et les deux voies du chemin de fer.
- L’arc aune ouverture de 152n1,50 entre les axes
- 1
- des articulations et, une flèche de 27m,45, soit p-r de
- 0,0
- l’ouverture. Cette travée en arc est reliée de chaque coté à la rive par une travée métallique à poutre droite à treillis dont l'ouverture, du côté sud, est de 26*",69 et, du côté nord, de 19m,06. La longueur totale du viaduc entre les culées extrêmes est donc de 198m,24. Les montants extrêmes des tympans de la travée centrale ont une hauteur de 52"',05 et
- l'épaisseur de ces tympans, à la clé, est de 4m,58.
- Les tympans rigides sont inclinés sur la verticale afin de mieux résister aux efforts du vent; l’espacement des arcs est donc plus grand aux articulations qu'à la clé. A ce point, l’écartement est de 8m,59 et aux articulations de 16m,52. La largeur du tablier entre les parapets est de 9m,15 et le niveau des rails, qui reposent sur lui, se trouve à environ 122 mètres au-dessus des eaux de Zambèze. Le pont a été construit pour deux voies à l’écartement de 1tn ,07, mais une seule voie est posée pour le moment.
- Les panneaux qui composent les tympans sont au nombre de vingt et leur largeur d’axe en axe des montants est de 7m,65.
- Les articulations de naissance des arcs reposent sur des sabots métalliques prenant appui sur des massifs de béton encastrés à une hauteur de 90 mètres au-dessus des eaux du Zambèze, dans le rocher basaltique qui forme les parois presque verticales de la crevasse. Le poids total de la poutre métallique du viaduc est de 1650 tonnes.
- Ce viaduc qui, comme disposition d’ensemble, a beaucoup d’analogie avec celui construit, il y a
- tripolitaine teCaii
- a a a
- Khartoum
- L Tchad
- A N *
- Port ElixabetTU^--
- F'ipr. 2. — Carte d’Afrique indiquant les parties en exploitation du chemin de fer du Cap au Caire.
- quelques années, sur le Niagara, en aval des chutes et dont l’ouverture est de 167rn,75, a dû, comme ce dernier, être construit, à partir des deux rives, par encorbellement, tout échafaudage ou point d’appui entre les articulations des naissances étant naturellement impossible (fig. 5). Après avoir monté le premier panneau, celui prenant appui sur l’articulation, on a poursuivi progressivement, au moyen d’une grue circulant sur la membrure supérieure de la travée, le montage des panneaux suivants en marchant à la rencontre du demi-arc opposé monté par le même procédé, à partir de l'autre articulation de rive.
- chemin de.
- Fig. 1. — Plan des chutes Victoria.
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- Pour maintenir en équilibre chacune de ces demi-travées qui, pendant toute la durée du montage et jusqu’au moment de la fermeture de l’arc, se trouvaient en porte-à-faux et sans soutien, on a amarré celles-ci, au moyen de plusieurs câbles
- métalliques, à la roche solide, en arrière des culées.
- Au moment delà fermeture de l’arc,la tension des câbles de retenue, pour chaque demi-travée, atteignait près de 800 tonnes; aussi a-t-il été nécessaire de prendre les précautions les plus minutieuses pour
- Fig. 3. — Vue du viaduc pendant le montage de l'arc.
- assurer la solidité de cet amarrage temporaire, qui a été enlevé aussitôt la fermeture de l’arc.
- Ce mode de construction de la travée métallique
- par encorbellement, en commençant le montage par chacune des rives opposées, a eu pour conséquence la nécessité de transporter, tout d’abord, de l’autre
- Fig. I. — Élévation et coupe transversale du viaduc.
- côté de la rive, et cela avant de commencer le montage du pont, toutes les pièces métalliques constituant la demi-travée opposée. Cette opération préliminaire, très délicate, s’est opérée au moyen d’un câble en acier suspendu au-dessus de la crevasse, dans le plan meme du viaduc, et fixé solidement sur les deux rives à des tours métalliques espacées
- de 265 mètres. Sur ce câble, décrit précédemment dans La Nature, roulait une benne pesant 5 tonnes, mue électriquement. C’est au moyen de cette benne que les pièces de l’ossature de la demi-travée nord ont été transportées sur la rive opposée. Le poids maximum que pouvait transporter la benne était de 10 tonnes. Outre le transport de ces pièces métal-
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- LA NATURE.
- liquos, le câble a été également utilisé pour amener sur la rive opposée toul le matériel nécessaire pour la eonstruclion du prolongement du chemin de 1er vers le nord, (h1 manière à pouvoir ouvrir celle section nord aussitôt T achèvement du viaduc.
- La fermeture de la travée métallique a été opérée le Ier avril dernier, et tout lait espérer que cette nouvelle section du chemin de fer du Cap au Caire, jusqu'à Rroken llill, pourra être mise en exploitation très prochainement. Les dépenses de premier établissement sont estimées à 1 750000 francs.
- Cet ouvrage, très remarquable, a dû être établi au milieu de difficultés sans nombre, dues principalement aux distances énormes de transport (près de 15000 kilomètres), pour amener d'Angleterre toutes les pièces qui le constituent et dont le poids avec tous les accessoires atteint près de 2000 tonnes.
- Il fait le plus grand honneur aux ingénieurs, sir Charles Mctcalfe, Sir Douglas Fox et ses associés, chargés des travaux, à M. G. A. Hobson, qui a étudié le projet et dirigé les travaux, ainsi qu’à la Clcveland Rridge and Engineering Company, de Darlington, représentée sur les lieux par M. [mbault, qui a si habilement mené à bien l'exécution.
- R. Ronmj.
- LES RIZIÈRES D’ESPAGNE
- On ignore généralement l’importance considérable prise par la culture du riz chez nos voisins, principalement dans la région de Valence, et aussi l'industrie agricole si pittoresque à laquelle elle donne lieu autour de Catarroja, de Sollana, de Sueca et de Cullera. Le fait est que la consommation du riz augmente prodigieusement dans toute l’Europe et que le Japon, (pii a été un de nos grands fournisseurs, ne peut plus suffire à ses besoins propres et à ceux de l’Empire Chinois. En Espagne meme, la consommation indigène demande une masse de riz, d’autant plus forte que les moyens de transport s’améliorent et que les tarifs s’abaissent peu à peu ; enfin l’Espagne, qui n’exportait sur l’étranger que 7 millions de kg en 1902, dès l’année suivante en expédiait près de 16 millions, dont plus du tiers en France. Cette culture du riz devient si productive que les paysans de la région de Valence s’attaquent de jour en jour davantage au lac de la Albufera ; ils en réduisent peu à peu la surface et le comblent chaque année de quelques mètres, au moyen de terres qu'ils apportent dans leurs barques circulant dans les canaux d’irrigation, afin de le transformer un jour complètement en une immense rizière.
- Dans cette région de Valence, dans ce Royaume de Valence, comme on dit encore en respectant les anciennes appellations, on trouve 40 000 hectares de terres que l’on peut submerger pour y faire pousser le riz, et qui donnent une récolte annuelle de 200 millions de kg. 11 est curieux d’y suivre les soins minutieux et successifs qu’il faut apporter au sol
- et à son produit. En février, on distribue l’engrais, puis on laisse arriver l’eau pour arroser, tandis que, dans un coin de bonne terre, et sur une surface réduite, bien entendu, on sème le grain qui a séjourné d’abord 24 heures dans l’eau. En trois ou quatre jours la germination est faite, mais on laisse la plan-tulo se développer jusqu’à ce qu’elle atteigne une hauteur de 15 à 20 centimètres et que ses racines soient solides. On repique alors, en laissant un espace libre de 25 centimètres entre les racines des plantes voisines, et pendant des mois il va falloir surveiller le désherbage et multiplier les irrigations: au bout d’un certain temps, on modère celles-ci, puis on les arrête complètement pour que l’épi mûrisse, et l'on récolte au mois de septembre. L’opération se fait uniquement à la faucille, ce qui n’est pas sans coûter en réalité fort cher, en dépit de la simplicité du matériel nécessaire, et d’autant qu'il se perd beaucoup de grain dans les manipulations multiples auxquelles on se livre. On laisse pourrir les chaumes sur le terrain, où ils forment engrais, et les bottes d’épis sont transportées sur Faire côte à côte, pour y bien sécher au soleil; ensuite le battage est fait par des juments que l’on fait tourner sur les épis, et le grain en coque, dûment séché, est transporté dans des greniers bien aérés où il attendra la vente en subissant des brassages fréquents.
- Mais on ne se contente pas de laisser pourrir naturellement les chaumes : on va les y aider par une irrigation complète, qui rendra à la terre l’humidité nécessaire pour la récolte à venir, et qui lui apportera aussi des éléments fertilisants. Dans ce but, à la mi-octobre, les écluses du Rio Jucar sont ouvertes et les terrains inondés se recouvrent d’une hauteur à peu près uniforme de 60 centimètres d’eau ; le niveau est maintenu par des barrages qui laissent écouler le trop-plein vers la mer et vers le lac de la Albufera: une bonne partie des territoires, dont nous citions tout à l’heure les noms, se trouvent convertis en un lac immense jusqu’au 15 janvier. Ce qu’il y a de plus curieux alors (selon M. le Comte de Vali-court), c’est (pie ce lac artificiel se transforme en un territoire de chasse admirable.
- C’est l'époque des passages de canards sauvages, et le lac de la Albufera, qui est tout voisin des rizières, compte une population ailée des plus importantes : tous ces oiseaux, canards, oies, foulques, cygnes, grues, hérons, attirés par cette immense nappe d’eau, s’y abattent en rangs serrés, d’autant qu’ils sont assurés d’y trouver des poissons en quantité et de l’herbe tendre. Aussi les communes sur le territoire desquelles se trouve le lac artificiel mettent-elles en adjudication le droit de chasse, en répartissant toute la superficie en une série d’espaces soigneusement délimités. Disons que cette adjudication est fort fructueuse pour les communes, puisqu’elles en tirent au minimum 80 000 pesetas par an. Chaque parcelle adjugée, chaque « replaza », se paye proportionnellement à la fréquentation habituelle des oiseaux, et l’on y installe des tonneaux entourés
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- de joncs, pour les tireurs ; dans certaines « replazas », on tue plus de 500 pièces le jour de l’ouverture, de la première « tirada ». On estime que le premier jour le nombre des tireurs doit être de 2500, il se tire quelque 125 000 coups de t'eu et 15 000 victimes forment le tableau. Le droit de (liasse s'exerce une fois par semaine, de la mi-novembre au 15 janvier ; puis les terrains sont préparés à nouveau pour la culture et les premières opérations recommencent comme nous l’avons dit.
- Pierre de Mkriel.
- L’EDELWEISS
- (f.’ÉTOIEE RU GRACIER)
- b’Edelweiss (Gnaphalium Leontopodium L.) est la fleur la plus populaire qui soit au moufle. L’est à qui la cueillera soi-mèine sur les hautes montagnes, à qui en ornera son chapeau ou son album de souvenirs. Son nom grec fle Gnaplia lion (flocon de neige) rappelle la particularité de sa couleur et celui de Leontopodium (pied de lion) la forme de sa fleur.
- Quand je dis sa fleur, je parle le langage courant, mais non celui des botanistes. La fleur du gnaphalium est insignifiante, jaunâtre, tubuleuse, petite et agglomérée en capitules (5-5) qui n’ont aucun éclat. Les bractées blanches, laineuses et épaisses s’étalent en dessous de ces capitules, formant un involucre comme une fraise à la Henri IV; elles constituent la seule beauté de la plante, mais ce ne sont pas des organes floraux, elles n’ont ipie l’apparence des pétales d’une fleur. Comme elles conservent leur éclat malgré le temps et comme, cueillie à point, la fleur entière peut être maintenue indéfiniment dans cette apparence que nous aimons à lui voir, il en résulte qu’elle peut être classée parmi les immortelles. C’est là, je crois, la seule raison qui nous explique sa popularité.
- . On la cueille dans les coins alpestres dont on aime à garder le souvenir; on l’a vue fleurir sur la pente aimée, en face de la plus grande et de la plus belle des natures ; son obtention est due parfois — pas toujours, certes — à de sérieux efforts, cela suffit pour donner une valeur à ce souvenir. La gentiane d’azur intense, le rhododendron à fleur carmin et à la verdure odoriférante sont cent fois plus attrayants; mais ils ne conservent leurs charmes que quelques heures. Le Leontopodium, lui, demeure. Sa fleur parlera longtemps de joie et de bonheur, et, en la revoyant, il nous semblera entendre à nouveau le Jodel des bergers et le bruit des sonnailles dans les gais pâturages alpins.
- Son nom d’Edelweiss (noble blancheur) lui a valu dans les pays germaniques une popularité telle qu’on est arrivé à la contrefaire et à fabriquer des fleurs de Leontopodium avec d’anciennes capotes militaires (en Autriche notamment). L’écoulement de cette marchandise est si fort que le nombre des commerçants qui s’v emploient devient chaque année plus considérable !
- Il est à souhaiter que ce nom d’Edelweiss rentre dans les limites qui lui sont assignées par les frontières des pays allemands, et que nous autres de langue française, qui trop souvent estropions et mutilons atrocement ce mot, nous lui donnions son nom français. Il est vrai que celui de Pied de Lion que lui confèrent et la botanique et nos flores n’est guère euphonique ; aussi avais-je, il y a
- vingt ans1, proposé celui d'étoile d'argent nu des glaciers, A plusieurs reprises j'ai demandé que cette dernière appellation soit adoptée et cette proposition a eu l’approbation de bon nombre de sections du Club alpin Français. Nous parlons une langue* claire; cherchons, par nos néologismes, à ne pas trop l’encombrer de noms étrangers que, d’ailleurs, le public ne comprend pas.
- On a le tort de faire de l'Étoile du glacier une fleur alpine et suisse; elle est, au contraire, une espèce très cosmopolite et qui se retrouve sur une bonne partie des montagnes du monde. Elle n’appartient même pas aux espèces glaciales, ainsi qu’on le croit très généralement, car on la rencontre surtout sur les pentes sèches et chaudes des montagnes calcaires, entre 1000 et 2000 m. d’altitude.
- On trouve le Leontopodium dans le Jura, les Alpes, les Pyrénées, les sierras espagnoles, sur l’Atlas, les Car-pathos, l’Apennin. 11 manque au Caucase et aux montagnes de l’()rient, mais se retrouve sur l’Himalaya où il revêt une forme un peu différente (Gn. L. var. Hinia-laijensis). Il abonde en Sibérie et cela à tel point que les cantonniers le raclent avec la boue des routes ; ses bractées sont plus courtes que sur nos Alpes et on en a fait le Gn. L. sibiricum. En Chine, il haliite les montagnes de la Mandchourie et de la Mongolie sous un aspect extrêmement beau et velouté et au Japon on le rencontre sous une forme un peu différente (Gnaph. japonicum) dans les hautes montagnes. Il a été trouvé aux États-Unis, paraît-il, sur le mont Eecoura (territoire de Washington) à 2000 m. d’altitude et le Reverend Green, qui fit la première ascension du mont Cook, en Nouvelle-Zélande, raconte l’enthousiasme de ses guides suisses quand ils découvrirent l’Edelweiss sur les rochers de l’Australasie. II s’agit ici d’une espèce voisine,Gnaphalium grandiceps, qui diffère un peu du Leontopodium.
- C’est donc une erreur que de croire cette fleur essentiellement suisse et alpine. II n’en est pas moins vrai qu’elle est et restera longtemps le symbole de la flore des hauteurs et que sa renommée ira toujours en grandissant. Que de centaines, que de milliers même d’accidents n’a-t-elle pas occasionnés ! Chaque année, nos journaux sont pleins de récits de chutes mortelles dues à la recherche de l’Étoile du glacier.
- C’est l’une des plantes .qu’on a le plus souvent essayé d’acclimater et d’introduire dans les jardins. On la réussit cependant assez rarement et plusieurs de ceux qui l’ont acclimatée n’ont obtenu que des monstres. Les échantillons qu’on exhibe parfois aux expositions d’horticulture, à Paris et ailleurs, sont déformés, décolorés, agrandis et fantastiquement découpés.
- Pour l’avoir très belle, il convient de lui donner un sol léger, riche en sable ou en détritus calcaires, une position sèche dans un lieu bien drainé et le plein soleil. Plus le sol renferme de chaux et plus le tomentum (velours) des bractées sera accentué. La rocaille calcaire et ensoleillée lui convient, mais on peut également la cultiver dans une plate-bande sèche. En hiver, il faut éviter toute trace d’humidité autour de sa touffe et la tenir absolument sèche.
- Il est bon encore de transplanter et de diviser les touffes tous les deux ans et de couper l’extrémité des racines. Cela les rajeunit et leur donne de la vigueur. On obtient la plante de graines qu’on sème en automne ou en mars-avril-mai. Elles fleurissent dès la seconde année.
- Henry Corrf.von.
- 1 Bulletin de {'Association pour ta production des plantes, 1885.
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- LA NATURE.
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- AUTOMOBILISME
- APPAREIL DE MISE EN MARCHE AUTOMATIQUE DES MOTEURS A EXPLOSION
- Je ne sais pas si le moteur à explosion est destiné, un jour ou l’autre, à devenir une machine absolument parfaite ; dans tous les cas les inventeurs ne ménagen t [tas leurs peines en vue de le perfectionner.
- Un des inconvénients les plus sérieux qu’on lui reproche réside dans la difficulté de la mise en marche. On se sert, pour cela, d'une manivelle sur laquelle le chauffeur agit, à grands renforts de biceps, et qui souvent se refuse, pendant de longues minutes qui sont des siècles h ébranler l’inertie du
- moteur; heureux encore lorsque, par suite d’ün de ces coups de traîtrise qui lui sont familiers, l’engin ne rue pas par cette manivelle en cassant le bras du trop confiant opérateur.
- A chaque Salon de l’Automobile on a vu des appareils de mise en marche automatique des moteurs : mais jusqu’à présent aucun d’eux n’a su convaincre de ses qualités les amateurs et les professionnels. Celui que je vais décrire semble vouloir faire son chemin et plusieurs maisons sérieuses l’essaient actuellement, avec quelque succès, paraît-il.
- U Auto-démarreur Lemale se place en avant du châssis, sur le prolongement de l’arbre du moteur ; il est peu encombrant, bien que son poids— f>0 kg —
- Fig. 1. — I.'auto-démarrcur Lemale appliqué sur un moteur d'automobile.
- soit assez élevé. C’est une sorte d’accumulateur de force constitué par un cylindre renfermant un puissant ressort. Il est traversé par un axe A carré sur une certaine portion de sa longueur et le ressort est fixé par ses extrémités sur cet arbre et sur le cylindre. Un frein à mâchoires M et un rochet R maintiennent le cylindre et l’arbre pour les empêcher de se mouvoir sous l’action du ressort tendu. Remontons ce ressort à l’aide de la manivelle placée à coté de.lui (fig. J) et desserrons le frein M au moyen du levier L; immédiatement l’enveloppe sera lancée rapidement et, par l’intermédiaire d’une roue dentée C et de quatre cliquets R fixés à un plateau K goupillé sur l’arbre du moteur — qui pénètre un peu dans l’appareil, — le moteur sera entraîné.
- L’arbre du moteur n’est nullement solidaire de
- l’arbre A ; ils sont même tout à fait indépendants l’un de l’autre bien qu'ils soient placés sur la même ligne axiale, c’est pourquoi, dans le mouvement qui vient d'être effectué, le second est demeuré immobile. Mais si l'on veut faire remonter le ressort par moteur il devient indispensable d’embrayer ces deux arbres. Par une ingénieuse combinaison mécanique M. Lemale a résolu ce problème de très élégante façon.
- L’enveloppe E de l’appareil est garnie intérieurement de tiges F qui obligent un écrou spécial U pourvu de branches à suivre le mouvement de l’enveloppe. A partir de l'instant de la mise en marche cet écrou va tourner sur le manchon fileté II qui le supporte et qui, lui, est fixe. Ce déplacement de droite à gauche amènera les branches de l'écrou en face de pièces PP qui arrêteront ce déplacement.
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- Néanmoins l’écrou demeure toujours sollicité malgré cet obstacle ; son manchon se déplacera alors à son tour sur l’arbre carré A et prendra la direction inverse, c’est-à-dire qu'il se trouvera porté de gauche adroite.
- Le manchon 11 supporte des grillés S qui s'avancent vers d’autres griffes T appartenant au plateau K solidaire, ainsi que nous l’avons vu, de l’arbre moteur. A un moment donné ces grillés viendront donc en prise et le moteur étant lancé tout le système suivra le mouvement de son arbre, y compris l’arbre carré A, sans pour cela remonter le ressort qui demeure détendu. Comment allons-nous procéder pour effectuer ce remontage indispensable,
- puisque, dans un arrêt, nous laisserons notre moteur au repos? Tout simplement en agissant sur le frein à mâchoires extérieur M que nous avons desserré au début pour lancer le moteur. Nous immobiliserons, en effet, l’enveloppe extérieure et l’arbre carré continuant à tourner comprimera le ressort. Le moteur remplit, dans ce cas, la même fonction que la clef à l'aide de laquelle on remonte une pendule. Mais alors que la main agissant sur la clef perçoit l’instant précis où l’opération est terminée, notre générateur de puissance est incapable d’obéir à une telle sensation; il faut donc la lui imposer. C’est alors que nous assistons à un nouveau remue-ménage
- Fig-. 2. — 1. Coupe par l'axe du moteur. — 2. Coupe longitudinale de l’auto-démarreur. — 3. Plateau K. i. I.e plateau à vis H. — 3. Ce plateau K avec ses grilles d’emhrayage.
- intérieur des pièces ayant concouru à produire l’embrayage; elles vont faire machine en arrière et au moment propice occasionneront le débrayage.
- Le manchon II continue à tourner malgré l’immobilisation de l’enveloppe puisqu’il est embrayé par ses griffes S dans les grilles T du plateau K. L’écrou <«, que nous avons laissé en contact avec les pièces P, reviendra vers la droite jusqu'à ce qu’il ait repris sa position première qui est celle d'arrêt devant les butoirs IL C’est alors au tour du manchon de se visser dans l’écrou; par conséquent il éloigne ses griffes de celles du plateau K et le débrayage a lieu. Le ressort est remonté et l’arbre du moteur continue à tourner sans avoir aucune action sur celui de l’appareil.
- L’auto-démarreur LemaJe est donc commandé purement et simplement par le frein à mâchoires
- extérieur M que l’on desserre pour lancer le moteur. Le premier remontage s’effectue à la manivelle, le moteur pourvoit ensuite à tous les autres. Dans le cas où, pour une vérification d’allumage, par exemple, on voudrait supprimer l’appareil, il suffirait de visser à fond l'écrou X; on agit alors sur le moteur avec la manivelle ordinaire de mise en marche. Cet appareil est intéressant en ce sens qu’il permet, dans les stationnements même de courte durée, d’arrêter le moteur; son application entraîne donc une réelle économie de combustible. D’après ce que nous en avons vu, il fonctionne régulièrement; néanmoins nous ignorons s’il supportera suffisamment longtemps, sans déchirements internes, les secousses que lui imprimera une voiture. De cette condition seule dépendra son succès. Li ui:.\ FouRMias.
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- LA AA TL l> L.
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- LVCHEHS DE PIGEONS EN MER
- Un a beaucoujt parlé, ces derniers temps, des concours de pigeons voyageurs organisés par la presse parisienne. Après les expériences que la Lie au Grand Air a tentées à Monte-Carlo, voici que le Malin confie au commandant Reynaud le soin de réunir l’élite des colombiers français et d’opérer des lâchers en plein Atlantique, à ont) et 000 kilomètres des côtes.
- Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ces tentatives de lâchers en mer ne sont pas absolument inédites. Couramment, des sociétés normandes ou bretonnes opèrent des lâchers en Angleterre et les résultats sont en général excellents.
- D’autre part, dès 1005, le Petit Journal avait organisé une, série d’expériences analogues. Le 29 juin, le transatlantique ta Manoubia quittait Saint-Nazaire, emportant une cargaison de 4000 pigeons voyageurs 'appartenant un peu à toutes les sociétés de France et s’éloignait en plein ouest. Successivement eurent lieu des lâchers à 100, *200 et 500 kilomètres de la côte. Knfin, le 5 juillet, le paquebot se trouvant à 505 kilomètres delà pointe du Croisic, tous les pigeons qui restaient à bord, soit 1400 environ, furent mis en liberté à 4b45m du matin, par ciel couvert et brumes. La bande ailée s’enleva à 000 mètres d’altitude, hésita quoique temps et disparut vers la France, inclinant soit au Nord, soif au Sud, selon qu’elle était formée de pigeons de telle ou telle ville. A peine quelques infortunés, affaiblis por le mal de mer, s’enfoncèrent en plein ouest, vers une mort inévitable, à moins qu’avant le soir, ils n’aient fait la rencontre providentielle de quelque navire. Dès l’après-midi, les premiers prix étaient enlevés; en somme, l’expérience avait réussi, mais il y eut un gros déchet et des retards considérables. Paul Hessok.
- CHRONIQUE
- L’extraction du sulfate d'ammoniaque de la tourbe. — C’est une nouvelle utilisation de la tourbe que l’on tente en ce moment dans une des régions de tourbières d’Irlande. Si nous en croyons YElectrical Review, le procédé consiste à faire passer un courant d’air mélangé de vapeur sur une masse de tourbe en combustion lente. L’hydrogène donné par la décomposition de la vapeur fixerait une partie de l’azote contenu dans l’air et dans la tourbe ; on recueillerait donc de l’ammoniaque qui, traité par l’acide sulfurique, fournirait le sulfate annoncé.
- La fermentation de 1’indig». — La matière colorante qui constitue l’indigo ne se développe dans la plante génératrice, lndigofera tincloria, qu’après une fermentation spéciale qui a été attribuée à une bactérie et à un ferment soluble, sans qu’aucune démonstration suffisante ait été faite à ce sujet. M. Bergtheil a démontré depuis peu de temps que la fermentation de l’indigo doit être provoquée par un ferment soluble spécifique contenu dans les cellules de la plante. La température optiina de l’action de cette enzyme est de 50°; elle est arrêtée par la présence des antiseptiques.
- Le prix des pigeons voyageurs. — Les pigeons vovageurs se vendent à de gros prix : 92 sujets du Colombier Coucke ont produit un total de 5772 francs, soit eu moyenne 41 francs par tête. Dans une autre vente aux enchères, à Yerviers, les 19(i jugeons de M. llansenne se
- sont vendus 14000 francs, soit en moyenne 71 francs chacun. Certains sujets, très disputés, sont montés à 240, 500, 400 et 550 francs. Ln seul amateur s’en est vu adjuger trois pour la bagatelle de 1485 francs.
- L'industrie chevaline aux itlats-Inis. — Ln récent rapjiort de M. Ronunel sur les chevaux aux Etats-Unis constate la diminution des chevaux de tramways jiar suite de l’usage des voitures électriques et automobiles, et, jiar contre, l’augmentation des chevaux d’omnibus et de selle. Le cheval de gros trait américain se rajtproche des chevaux de camions d'Angleterre ; Je cheval de Irait léger du cheval de camionnage français (boulonnais ou percheron). Le cheval d’omnibus est un ]>eu plus léger. Les carrossiers américains ont plus de taille et jdus de poids que les chevaux similaires en France. Les Américains possédaient plus de 1 700 000 chevaux au 51 décembre 1904.
- (Société nationale (Vagriculture, avril 1905.)
- La température de fusion du platine. — La première détermination précise du point de fusion du platine, est due, comme on sait, à M. Violle, qui l’avait déduite de la chaleur rendue par un bloc de ce métal à un calorimètre dans lequel on le plongeait au moment précis de sa solidification. Le nombre donné par l’éminent physicien, il y a une vingtaine d’années, était 1775°, valeur exactement confirmée plus lard par des expériences thermo-électriques faites à la Reichsanstalt. La température en question semblait donc très bien connue, et constituait, dans l’opinion des physiciens, un rejière fixe des jdus précis pour les températures élevées. Mais voici que, de deux côtés à la fois, une valeur nouvelle vient d’être annoncée, qui diffère sensiblement du nombre que l’on avait admis. D’une part, MM. Holborn et Ilenning, opérant à la Reichsanstalt par une méthode radiomélrique, indiquent 1718° comme valeur la plus probable delà température de fusion du platine,alors que de nouvelles expériences thermoélectriques leur ont donné 1710°. D’autre part, M. ,1.-A. Ilarker, du National l'Iiysical Laboratorv, a été conduit, également par une méthode Ihermoélectrique, à cette même température de 1710°. Le problème, qui semblait complètement résolu, est donc remis en question, et appelle soit une discussion serrée des expériences anciennes et récentes, soit même une expérience de contrôle. H faut remarquer que, dans toutes les déterminations dont il vient d’être question, les valeurs admises sont déduites d’une extrapolation; et que, d’autre part, il a pu se former dans des conditions particulières de chauffe des carbures de platine à point de fusion bas. En attendant que de nouveaux travaux aient complètement élucidé celte difficile question, les physiciens et les chimistes feront bien de n’utiliser qu’avec un peu de prudence des nombres qui, après avoir passé pendant plus de dix ans pour parfaitement connus, laissent aujourd’hui une incertitude de plusieurs dizaines de degrés.
- Le cimentage des maçonneries. — On reconnaîtra de l’originalité à un procédé qui consiste à accumuler d’abord, sans liaison aucune, les éléments, les blocs de pierre d’une maçonnerie, pour ne faire pénétrer qu’ensuite dans les joints le mortier de ciment qui doit solidariser ces blocs. C’est jxjurlant la méthode qu’on vient de suivre avec un plein succès pour le unir central formant noyau dans les deux barrages nouveaux de Damiette et de Rosette, sur le Nil. Le mortier ir été injecté au moyen de tuyaux métalliques pouvant descendre jusqu’au bas du mur.
- Femmes médecins. — Ce n’est pas complètement une nouveauté. 11 v a plus de cent ans, la Faculté de mé-
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- LA NATURE
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- decine de Paris avait donné à M”10 lîoivin le grade de docteur. Elle se montra excellente praticienne et quand elle mourut, en 1811, elle était inspectrice en chef d’un asile de convalescents.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 juillet 1905. — Présidence de M. Troost.
- Hydrologie souterraine. — M. Martel adresse une Note faisant connaître qu’il vient de procéder à l’exploration du gouffre du Trou-de-Soucy dans la Côte-d’Or. Cette exploration a été entreprise sur l’initiative et aux frais du propriétaire, M. L. Jacques, avec le concours de MM. Rrioton, Mercier et Armand. M. Martel avait déjà signalé ce gouffre en octobre 1884. Il y a trouvé un lac souterrain et y a noté des particularités se rapportant aux principales lois hydrologiques des calcaires.
- La réfraction atmosphérique. — M. Maurice Loevvy, après avoir rappelé l’importance de la connaissance exacte des effets de la réfraction atmosphérique, au point de vue des mesures (pie les astronomes et les géodésiens ont à opérer, montre que les éléments de cette réfraction, tels qu’ils sont actuellement déterminés, restent susceptibles d’être affectés d’erreurs accidentelles et systématiques. Il expose une méthode nouvelle obviant à cet inconvénient, car elle est directe. Elle repose sur la mesure de la distance de deux étoiles à l’aide d’un appareil qu’il a imaginé et qui, installé devant l’objectif d’une lunette, permet de rendre simultanément visibles, dans le champ de l’instrument, deux régions du ciel très éloignées l’une de l’autre. Cet appareil se compose de deux miroirs plans formés par les faces d’un bloc de verre taillé en prisme, et constitue ainsi un compas spécial d’ouverture constante, avec lequel on a la faculté de mesurer les grands arcs célestes avec la même précision que les petits angles de deux images stellaires très voisines dans le plan focal d’un équatorial. Les déterminations ainsi effectuées sont indépendantes de toutes les erreurs instrumentales et des petits mouvements du prisme lui-même qui peuvent se manifester pendant les opérations, de la précession, de la nutation, etc. Dans chaque belle nuit, l’effet de la réfrangibilité de l’atmosphère se manifeste déjà avec toute son ampleur au bout de quelques heures. On voit les distances entre les images de deux étoiles s’accroître graduellement d’une quantité qui peut atteindre plusieurs minutes d’arc. La mesure de cette variation donne le moveivde déterminer l’action de la réfraction avec une très grande précision. À l’aide d’un ensemble de mesures, on pourra construire des tables de réfraction fondées sur l’observation et indépendantes des lois hypothétiques silr lesquelles sont basées les tables actuelles. On pourra donc vérifier dans quelles limites ces lois sont d’accord avec la réalité.
- Réduction de l'oxyde de thorium. — M. Moissan communique une Note de M. Binet de Jassonneix, sur la réduction de l’oxyde de thorium par le bore, au four électrique, et sur la préparation de deux nouveaux borures. Le procédé permet d’obtenir des fontes borées de thorium contenant jusqu’à 90 pour 100 de métal, dont on peut séparer, par l’action de l’acide chlorhydrique étendu, deux borures cristallisés.
- Les matières des eaux de source. — M. de Lapparent présente une Note de M. Cayeux, dans laquelle l’auteur conclut de l’examen des résidus de filtrage d’eaux de source, qu’elles font plus que traverser les terrains per-
- méables comme s’il s’agissait de libres, mais qu’elles se chargent de matériaux empruntés à ces terrains.
- Propriétés des cafés. — M. Houx dépose une Note de M. G. Bertrand, relative à l’absence de la caféine dans certains cafés. L’auteur ayant eu à examiner un produit, provenant de la Grande Comore, a constaté qu’il ne renfermait pas de caféine. 11 a alors examiné trois cafés provenant de Madagascar et a constaté la même particularité.
- Désinfection par le sucre brûlé. — M. Roux présente ensuite une Note de M. Trillat, signalant les propriétés antiseptiques des vapeurs dégagées par le sucre chauffé. A 150°, celui-ci émet de l’aldéhyde formique ; on peut donc utiliser cette propriété pour la désinfection des appartements, vu le pouvoir antiseptique de l’aldéhyde formique. Ainsi se trouve justifiée la pratique ancienne de brûler du sucre sur une pelle pour assainir les pièces d’habitation.
- Physiologie végétale. — M. G. Bonnier rend compte des recherches de M. J. Lefèvre, professeur au Havre, qui ont abouti à une découverte importante pour la physiologie végétale. L’auteur a réussi à faire vivre et développer des plantes vertes à la lumière en supprimant complètement l’assimilation par les feuilles vertes. Ces végétaux sont pour ainsi dire transformés en animaux, car on lès nourrit par les racines au moyen de composés chimiques qui sont les composés de l’albumine. On comprend l’inté rêt de cette découverte au point de vue de l’unification physiologique de tous les êtres.
- L'identification d'un cadavre. — M. Dastre expose le contenu d’une Note de MM. Capitan et Papillon relative à l’identification du corps de l’amiral Paul Jones. Les auteurs indiquent successivement les preuves anthropométriques tirées de mensurations opérées sur le corps et sur un buste dû à Houdon, ainsi que les preuves pathologiques tirées d’une autopsie pour ainsi dire sans exemple en raison de l’intervalle de temps (115 ans) écoulé depuis l’inhumation. Cette communication est accompagnée de photographies très bien exécutées et d’un haut intérêt. Cn. de Villedeull.
- LA FOUDRE EN BOULE
- Le mois de juin aura été lertile en orages violents, et tout particulièrement la région de Paris a été éprouvée par de violents et répétés météores, accompagnés de véritables trombes d’eau.
- Parmi les plus violents, il faut citer surtout ceux des 10 et 17 juin où de nombreux cas se sont présentés du mystérieux phénomène de la foudre en boule, phénomène que divers auteurs nient encore' actuellement en l’attribuant à une illusion d’optique causée par l’éblouissante lueur de l’éclair. Cependant les témoignages concordants, surtout dans le cas de globes roulants isolés, viennent témoigner de la réalité du fait, dont les exemples se sont présentés nombreux ces jours derniers, à Paris même.
- A ce point de vue, je crois intéressant de relaler une observation très précise faite par mon frère, M. 11. Rudaux, qui a vu tomber la foudre près de i lui, le 10 juin, sur le paratonnerre de la cheminée de l’usine électrique du Palais-Royal, son regard étant précisément dirigé sur ce point à l'instant même du phénomène. Ainsi que le montre, le dessin
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- LA i\A[T U RE.
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- ci-joint, d'après un croquis exact qu’il a pris de suite, la pointe du paratonnerre s’est trouvée surmontée, pendant un temps suffisant pour la visibilité parfaite, de trois grosses boules un peu nébuleuses d’aspect, et dont les centres étaient très brillants.
- Je note qu'au cours du même orage, j’ai senti, ainsi que les personnes présentes avec moi, une odeur d’ozone excessivement forte.
- La foudre en boule, observée à Paris le 10 juin llKIb.
- D’autres cas de foudre en boule se sont produits aussi, bien caractérisés pendant l’orage du 17 juin. Les journaux ont relaté la promenade « inolfensive, mais terrifiante d’une de ces boules » au milieu de 500 obus chargés, à la cartoucherie de Yincennes !... L'église de Belleville a été également foudroyée et un témoin m’a rapporté qu’un globe de feu avait pénétré dans les sous-sols d’une pâtisserie, semant la terreur au milieu d’apprentis qui en ont été quittes pour la peur.
- Tous ces orages ont causé de nombreux dégâts, et même des désastres en certaines localités.
- Lucien litmtx.
- ÉVENTAIL YENTILATELR
- Nous avons déjà décrit ici même un nombre considérable de petits ventilateurs, de petits éventails de toutes sortes qui permettaient d’obtenir une certaine aération. Le petit ventilateur électrique de volume très restreint a pendant quelque temps donné satisfaction ; puis sont venus des petits éventails, parmi lesquels se trouvait celui que l’on appelait le
- a petit vent du nord ». Aujourd'hui, aux fortes chaleurs, on est devenu encore plus difficile ; on trouve que le ventilateur électrique ne donne plus assez d’air. II ne suffit plus de ventiler la pièce où l’on s« trouve, mais il faut encore avoir sous la main un appareil qui puisse fournir lui-même l’air nécessaire par une simple manœuvre.
- L’éventail-ventilateur que nous allons décrire et qui est un petit bijou mécanique nous semble de nature à répondre à toutes ces exigences. 11 se compose de l’hélice ordinaire du ventilateur de 0m, 10 de diamètre; celle-ci est entourée d’un protecteur. L’hélice est mise en mouvement par un engrenage à cliquet d’arrêt placé à la partie supérieure. Le pignon d’attaque du cliquet d’arrêt se trouve à son tour actionné par une crémaillère, et cette dernière est commandée par un levier placé parallèlement à la poignée. Le pouce de la main qui tient l’appareil, en appuyant de temps en temps sur le levier, met en rotation le ventilateur à la vitesse désirée. Et comme le montre le détail de la construction, dans la figure ci-dessous, il suffit d’un très faible déplacement de l’extrémité du levier pour obtenir une vitesse angulaire très grande. 11 en résulte que l’hélice envoie à ce moment une grande quantité d’air. L’appareil est très portatif et d’un maniement des plus aisés; sa longueur, manche compris, est à peine de 120 centimètres. Cet appareil nous semble appelé à rendre des services utiles pendant les chaleurs aussi bien
- Éventail ventilateur.
- dans les appartements, cabinets de toilette, fumoirs, qu’à la campagne dans les jardins. Il parait même qu’il est déjà utilisé avec succès dans les salons de coiffures pour sécher et rafraîchir après les frictions. Mais c’est surtout à l’usage que l’on pourra juger l’éventail ventilateur, à ce moment des grandes chaleurs. J. L.
- Le Gérant : P. JIasson.
- Paris. — Imprimerie Laiivre, rue de Fieurus , y.
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- N° 107 9. — 29 JUILLET 1 905.
- LA NATURE.
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- UN GORILLE GÉANT 1)E LA RIVIÈRE SANGHA (CONGO)
- Voici plusieurs lois, depuis un peu moins d’un an, qu’il est question dans la presse de singes énormes qu’on aurait vus dans les hautes vallées du Loin et delaSangha et qui auraient, dit-on, attaqué des caravanes. Les détails, fournis simultanément aux journaux par des employés de factoreries allemandes ou françaises, concordaient de telle sorte que l’existence d’un anthropoïde de fort grande taille, dans les forêts limitrophes du Cameroun et du Congo français, semblait de moins en moins douteuse.
- Nous en avons la certitude depuis que M. Ln-
- Fig. 1. — Gorille vu (le face.
- composée de trois sujets dont on a parfaitement reconnu les empreintes sur le sol.
- J’ai dit qu’il a tous les dehors d'un vrai gorille, son crâne très fuyant porte une crête très saillante, et coupée à pic en arrière. Le prognathisme est très accusé, mais la dentition est peu apparente. L’oreille est remarquablement petite.
- L’animal est presque nu sur la poitrine et sur le ventre, tandis que scs épaules et ses cuisses sont couvertes d’un poil épais et long.
- La largeur des épaules n’était pas au-dessous d’un mètre dix centimètres, et sa main détachée pesait 2 l,g et demi. 11 n’a pas fallu moins de huit tirailleurs pour apporter à la résidence la dépouille à demi-décomposée du géant ; elle pesait 33e aimée, — 2e semestre.
- gène Brussaux a rapporté la photographie de face et de profil de l’énorme bête que nous reproduisons ci-dessous.
- Cet animal, que l’examen de sa tête et en particulier de son crâne, de sa face, de son oreille montre bien être un gorille, se différenciait, de celui qu’on rencontre au Gabon par sa taille gigantesque. Il ne mesurait pas moins de 2in,50 d’après M. Brussaux et soji cadavre assis atteignait la taille d’un Pahouin debout. Il a été tué près de Oucssou, le chef-lieu de la moyenne Sangha et faisait partie d’une bande
- Fig. 2. — Gorille vu île profil.
- 5o0 kilogrammes. On l’a soigneusement enterrée et M. Dupont, l’administrateur d’Ouessou, nous fait espérer que nous recevrons bientôt ce spécimen unique, qui appartient sinon à une espèce nouvelle, du moins à une race particulière de gorilles. M. Brussaux, l’auteur des photographies qui me fournissent les renseignements qu’on vient de lire, a vu le gorille ordinaire G. Savagei et il est très frappé des différences que présente l’anthropoïde d’Ouessou avec celui du Gabon.
- Un individu pareil à celui dont on a le portrait ci-dessus a été tué peu après à Bayanza, sur la Sangha, par des Sénégalais. E.-T. IIamy,
- Membre de l’Institut.
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- 150.
- L A A A T I h K.
- LE l’KEMIEIt SALON SUISSE
- DE L’
- ET DU CYCLE
- Le premier salon suisse de ('automobile et du cycle a obtenu un brillant succès.
- Genève, possédant autant d’automobiles que tout le reste de la Suisse, avait été choisie comme siège de celte manifestation industrielle et sportive. Les stands de (V4 exposants, présentant soit des accessoires, soit des machines complètes, occupaient dans le bâtiment Électoral une superficie de 1200 nd. I ne petite place seulement était réservée à l’industrie étrangère. Si, en Suisse, les conditions topographiques ne sont pas favorables à l'automobilisme et si ce sport n’a pas eu jusqu'à présent les faveurs du public, il ne s’impose pas moins, d’abord comme moyen de locomotion à l’usage des touristes qui, pendant la belle saison, sillonnent en grand nombre toutes les routes, pénètrent dans les vallées alpestres, gravissent même des sommets de 2000 mètres.
- Puis les besoins de l’industrie poussèrent les constructeurs à la création de puissants camions pour lourdes charges. La France surtout, l’Italie, les Etats-Unis ont obtenu dans l’industrie automobile des vitesses extraordinaires, créant à chaque instant de nouveaux types plus perfectionnés et plus rapides; mais la Suisse, dans ce domaine, semble s’occuper plutôt des machines pratiques applicables autant que possible aux industries nationales. L’exposition qui vient de se fermer en donne une frappante idée par le grand nombre de camions-automobiles exposés, alors que la voiture de course n’est représentée que par une seule machine Dufaux de 80 chevaux et 8 cylindres. Pitons en passant les camions des fabriques Orion (Zurich); Dufour (Nyon); F. Martini et U‘e (Saint-Biaise); Saurer (Arbon); Soller (Bàle). Grande simplicité de mise en marche et de construction; charges variant de 5 à 0000 kg; bandages en acier ou en caoutchouc. Desexemplaires sont déjà en circulation en Suisse et dans d’autres pays; ils peuvent gravir en pleine charge des pentes de la à 20 pour 100.
- L’omnibus-automobile commence aussi à s’implanter. Un grand modèle de la Maison « Orion » et un breack de 22 places et 20 chevaux attirent les regards, ce dernier fera un service de voyageurs dans une station de l’Oberland. L’omnibus pour hôtels n’a pas encore, réussi à s’imposer à cause de son grand poids et de son prix de revient très élevé. D’intéressants spécimens de voitures de touristes, à partir de à chevaux, sont exposés par la Compagnie de l’Industrie Electrique (de Genève), Ch. et F. Dufaux (Genève), Diîster (Lausanne), Schweizer (Neuchâtel), Martini (Saint-Biaise).
- Les cycles et motocyclettes sont aussi bien représentés. Des bicyclettes, élégantes et bon marché, figurent dans les stands Schild et Cio, Iscliy (hiverne), Condor (Cour-faivre). Les motocyclettes Jaccard (Bomainmôtiers) un pou grosses et la « Molosacoche » A.-11. Dufaux, surtout, la plus gracieuse et la plus légère, retiennent de nombreux visiteurs. 11 en est de même [tour l’aéroplane à moteur du même inventeur.
- Int navigation est représentée par 5 canots-automobiles dont l’un attire les regards par son élégante construction (Société anonyme de construction mécanique, Genève). Il fera du 54 kin en pleine charge et sera le plus rapide du lac. l:n autre, E.rcelsior 1II, construit dans les ateliers Picker-Moccand et G*6 (Chène-Bougeries), vainqueur des « cruiscrs )) dans les dernières courses de Monaco, intéresse surtout les spécialistes.
- Les essences, (décès ^détachées (phares, radiateurs, bougies, carburateurs, magnétos, accumulateurs) de fabrication suisse, figurent en bon rang. Parmi les pneumatiques citons l’imperforable de M. Chamhct, résistant aux clous les plus acérés; souple et élastique, il amortit les secousses du roulement sur pavés. Dr Yuiet.
- LA PHYSIOLOGIE
- DANS LA HAUTE MONTAGNE
- Nous avons récemment rappelé1 l’importance des études physiologiques aux grandes altitudes. Le professeur A. Mosso vient de publier à ce sujet 2 un recueil d’études si important que nous ne saurions le, passer sous silence; ce sont précisément les « Travaux de l’année 1905 au laboratoire scientifique international du Monl-llose ». A cette date ont eu lieu deux expéditions scientifiques à l’établissement (cabane de la Heine-Marguerite, annexe de l’observatoire météorologique) de la Puuta-Gnifetti (4500 in.). La première, du 12 au 20 août, composée des professeurs et docteurs Mosso, Galeotti, Marro, Foa, Agazzotti, Magnani; l’autre, du 21 août au 7 septembre, dirigée par le professeur Zuntz (Berlin) et Durig (Vienne). Le volume, qui relate en français les recherches de la première troupe et en allemand celles de la seconde, est le tome 1er des Mémoires du « laboratoire international de physiologie sur le Mont-Rose ».
- Un second volume donnera prochainement l’historique, le catalogue des instruments et la description détaillée d’une autre création que poursuit en ce moment l’infatigable professeur Mosso, c’est-à-dire « l’Institut international des recherches scientifiques alpines » dans les mêmes parages, au col d’Oilen : là s’élève un bâtiment avec seize chambres, une bibliothèque et toutes sortes de laboratoires. Dès maintenant voici, très sommairement, ce que nous appi’ennent les investigations de 1905 ;
- L’augmentation île production de l’acide lactique accroît., dans la haute montagne, l’alcalinité du sang (Galeotti).
- Les globules rouges du sang augmentent (parallèlement avec l'hémoglobine, contrairement à des observations antérieures) à partir de 1800 mètres (en quelques jours); à 5000 mètres, l’augmentation se manifeste en huit à neuf heures dans la circulation superficielle et seulement après huit à dix jours dans les grosses artères (Foa).
- MM. Durig et Zuntz ont comparé les variations de l’oxvgène et de l’acide carbonique dans les alvéoles pul-- moindres, aux deux états de repos et de fatigue, entre Berlin, Vienne, le col d’Oilen et la cabane Marguerite.
- La raréfaction de l’air provoque non pas un surplus, mais plutôt une diminution de la fréquence et de la profondeur de la respiration, aussi bien chez l’homme que chez le chien (Mosso et Marro).
- La déglutition est plus rapide (Galeotti).
- Dans l’air raréfié la proportion d’acide expiré augmente; au bout de quelques jours il en est de même du poids du corps (Agazzotti). Diverses manifestations ne paraissent explicables que par un affaiblissement de la sensibilité des centres nerveux (Mosso et Galeotti).
- Les alvéoles pulmonaires de l’homme contiennent moins d’anhydride carbonique quand il redescend en jilaine après un séjour à grande hauteur (Agazzotti).
- Ou voit, par ces conclusions de quelques chapitres, quel vaste champ d’utiles questions le professeur Mosso a pratiquement ouvert aux physiologistes. Dr Ouadé.
- 1 Yoy. n° 16(58, du 13 mai 1905, p. 369.
- 2 Tur in, chez Hermann Lœscher,' in-U, N-295 p., 15 fr ancs.
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- LA NATURE.
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- L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE LIEGE
- Liège, ranîi(|iie cité manufacturière belge, vient d’inaugurer sa première exposition universelle et internationale. Cette exposition, <pii coïncide avec le soixantc-quinzième anniversaire de la fondation de l’indépendance de la Belgique, consacre trois quarts de siècle d’une paix ininterrompue et une prospérité presque sans exemple dans l’histoire1.
- L’essor industriel considérable qu’a pris pendant ces vingt dernières années le bassin de Liège tout entier, grâce à certaines conditions économiques particulièrement favorables, s’est manifesté depuis longtemps par l’excellence et la variété des produits de cette région, à laquelle la Belgique doit en grande partie la place prépondérante qu’elle occupe aujourd’hui parmi les nations commerçantes.
- Traversé par la Meuse, sur un sol d’une extraordinaire richesse minérale, et desservi par un réseau serré de voies de communication, le bassin de Liège devait nécessairement attirer la grande industrie, autour de laquelle vinrent bientôt se grouper ces innombrables petites exploitations, qui donnent à la région liégeoise son aspect d’immense chantier. A côté des charbonnages, des établissements sidérurgiques, des verreries, etc., on rencontre au pays de Liège une série d’usines et d’ateliers, qui gravitent autour du charbon et dont l’ensemble représente presque toutes les branches de l’industrie moderne.
- Jusqu’à présent, deux villes, Bruxelles et Anvers, se partageaient le privilège d’organiser les expositions belges, et Ton avait songé tout d’abord à continuer cette tradition. Mais, se ralliant à l’opinion de hautes personnalités industrielles, le Gouvernement pensa qu’il revenait à l’antique et industrieuse cité liégeoise de célébrer, parmi concours international, l’anniversaire patriotique que la Belgique fête en ce moment. Ce choix se justifie d’ailleurs parfaitement. Ville pittoresque quoique manufacturière, Liège jouit, en elfet, d’une situation géographique presque unique, et offre toutes les ressources désirables pour une entreprise de cette espèce. Au conlllient de deux lleuves, entourée de collines sur lesquelles s’étagent ses faubourgs populeux, la belle citémosanc s’étend sur les deux rives de son ileuve magnifique, large à cet endroit de plus de 100 mètres, sillonné de chalafïds et de petits vapeurs qui alimentent son industrie et exportent les innombrables produits de ses manufactures. Marchande et industrielle par son peuple, scientifique par son Université et ses écoles spéciales, admirable par ses environs, la métropole wallonne fixe surtout l’attention par son mouvement industriel qui prédomine et qui croit chaque jour. Bien que ne comptant que 170000 habitants environ, elle constitue, en fait, un véritable microcosme industriel et commercial, entourée quelle est des
- 1 A en juger par les staslisliqucs générales que vient de publier le Ministère du Commerce du Uoyaumc-Uni, concernant le trafic mondial, la lîelgique serait passée du ~l° au ti” rang des plais au point de vue de l'expansion économique.
- importantes agglomérations ouvrières de Seraing, Ougrée et llerstal, auxquelles elle confine et qui n’en sont, en quelque sorte, que les faubourgs.
- A Liège même et dans ses environs immédiats, l’industrie consiste .principalement dans la fabrication des armes de luxe et de guerre, y compris les canons, la fabrication et le travail du fer, de l’acier, du zinc, du cuivre et du plomb, depuis les plus petits objets de quincaillerie jusqu’aux plus grosses pièces de fonte et d’acier, la construction de bateaux, de chaudières, de machines à vapeur, électriques, à gaz, etc., des cycles et automobiles, la fabrication de la tôle, des tissus métalliques, des limes, des clous, du verre, du drap, des étoffes de laine et de coton, des produits et engrais cbimunies, du sucre, des alcools, des papiers peints et autres,
- 1 exploitation des carrières de pierres à chaux, grès, ardoises et [lierres de taille, ainsi que l’extraction des charbons gras, demi-gras et maigres nécessaires aux industries variées que nous venons de citer.
- L Exposition de Liège devait donc être avant tout une exposition industrielle. Les chiffres qui suivent montrent d’ailleurs que c’est bien ainsi que l’ont compris ses organisateurs en réservant un espace d’environ 28 000 m8 aux machines, chaudières, gazogènes, et matériel de chemin de fer; espace qui a . été réparti comme suit entre les sections : France 4000 m2, Allemagne 4000 ni8, Angleterre 000 m8, Etats-Unis 600 m8, et Belgique 18 000 m8 environ.
- L’exposition de Liège n’est pas seulement remarquable au point de vue industriel, mais aussi à celui des Arts, des Sciences, du Commerce et des Colonies qui constituent autant de sections distinctes. Comme attractions on remarque un vieux Liège avec une exposition d’Art ancien, une exposition de l’Etat libre du Congo et un village chinois.
- Le choix de l’emplacement est des plus heureux. A cheval sur la Meuse et I’Ourthe, dans un cadre merveilleux, l’exposition s’étend sur une superficie totale de 70 hectares, englobant les quartiers de la Boverie, des Yennes,ct de Fragnée, bordant le fleuve, et une annexe de 20 hectares située sur le plateau de Comte à 800 mètres de l’emplacement, principal.
- Four relier ces trois quartiers avec la rive gauche de la Meuse, les pouvoirs publics décidèrent la construction d’un grand pont sur la Meuse, à Fragnée, et la Société del’Exposition fit construire, avec le concours de la ville, un pont en béton armé donnant accès à la pointe amont du Parc de la Boverie. Ces travaux relient les trois parties principales de l’Exposition, auxquelles ils donnent ainsi des accès faciles.
- Sur les terrains des Venues sont installés les grands Halls de l’Exposition, le Palais des Fêles, le Vieux-Liège et différentes concessions, entre autres le pavillon de l’Agriculture français. Au parc de la Boverie, avec comme annexe le jardin d’acclimatation, s'élèvent les Palais des Beaux-Arts, de l’Art Ancien, de la Ville de Liège, du Congo, de l’Asie Française, de l’Afrique Française, du Canada, de la Norvège, de la Bulgarie, de la Serbie, du Monténégro, du Maroc,
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- LA NATURE.
- de l’Algérie, de la Tunisie, de la Dentelle, de la Femme, de l’Alimentation française, etc.
- A Fragnée, outre les Palais de l’Agriculture et des Eaux et Forets, sont installées les attractions communes à toutes les expositions, Pliotorama, Piorama, Village sénégalais, aéroplanes, théâtre des arènes liégeoises, etc. A Cointe ont lieu les expositions spéciales de l'Agriculture, de l’Horticulture et des Sports.
- Il serait impossible de décrire ici, même succinc-ement, les palais, pavillons ou installations diverses au nombre de plus d’une centaine, couvrant environ 250 000 m3 et dont quelques-uns sont de petites merveilles architecturales. Certains bâtiments ont été conçus avec une réelle grandeur de vue ; entre autres
- les halls de l'Industrie et du Commerce. Ces halls grandioses sont composés de galeries de 15 et 25 mètres de portée, accolées et alternant; leur superficie totale est de 100 000 m3, dont 10 000 m3 ont été attribués à la France, 5000 m3 à l’Allemagne, 1800 m2 au Japon, 1500 m3 à l'Angleterre, 1500 m3 à la Russie, 1500 m3 à l'Italie, 1500 m3 à l'Autriche-Uongrie, 1500 m2 à la Suisse, 1000 m3 aux Etats-Unis, 000 m3 à la Hollande, 000 m3 à la Chine, 700 m3 à la Suède, etc., quant à la Belgique elle s’est réservée environ 10 000 m3.
- Le hall des machines comporte 5 galeries de 25 mètres et 5 de 15 mètres, couvrant plus de 25 000 m3, dont 15 000 occupés par la participation belge.
- Exposition de Liège. — Jardin et entrée monumentale du hall de l'Industrie et du Commerce.
- Ces chiffres donnent une idée de l’envergure de l’entreprise liégeoise, à laquelle il a été, du reste, consacré près de 12000000 de francs.
- Maintenant quel sera le sort de cette exposition ? Sans être prophète, on peut lui prédire le succès, pour plusieurs raisons. D'abord, elle vient parfaitement «à son heure, après celle de Dusseldorf où les Allemands seuls pouvaient figurer. Ici, toutes les nations ont leurs coudées franches et sont représentées avec éclat. Trente-deux nations étrangères ont on effet donné leur adhésion et le total des exposants est de quatorze mille environ. Quant au nombre de visiteurs, cet élément essentiel du succès, nul doute que sous ce rapport les prévisions les plus optimistes des organisateurs ne se réalisent, grâce aux facilités d’accès exceptionnelles dont jouit la ville de Liège
- par sa situation à quelques heures de Londres, de Raris et de Berlin, sur la roule préférée du transit entre les nations les plus industrielles de l’Europe. L’œuvre de nos voisins, à laquelle la France s’est empressée de participer pour une si large part, est du reste grandiose et mérite certes le succès qu’en attendent ses organisateurs qui ont voulu donner à cette manifestation du labeur national le caractère d’une fête de l’Industrie, du Commerce, du Travail et des Arts, glorifiant les efforts de tous. En outre, la région si pittoresque des bords de la Meuse oifre des attractions naturelles dignes de fixer le voyageur ; quant à la population liégeoise, son urbanité bien connue lui a valu l’estime et la sympathie de ceux qui ont eu l’occasion de visiter l’historique cité des Urinces-Evèques. L. Ramakeiis.
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- LA NATURE.
- LES EXTINCTEURS CHIMIQUES DES POMPIERS ANGLAIS
- Los pompiers anglais ont adopté dernièrement un nouvel appareil de secours contre l’incendie, qui rendra de grands services. Depuis les quelques mois
- (pie la brigade du district de Tottenliam l’emploie, cet engin a déjà eu l'occasion de donner des preuves de son utilité.
- Fifç. 1. — Voiture avec extincteur à double cylindre. — En cartouche, appareil monté.
- 11 s'agit d’une voilure automobile sur laquelle on a groupé trois éléments importants : 1° une échelle de sauvetage; 2° un dévidoir avec des tuyaux en toile ; 5° un extincteur chimique.
- Le véhicule porte, en outre, à l’arrière, un coffre dans lequel se trouvent, rangés des outils et des instruments de secours. Dans ce coffre on met, par exemple, le casque et les appareils pour les feux de cave; casque et appareils, semblables à ceux des scaphandriers, qui permettent aux pompiers d’entrer, sans danger d’asphyxie, dans les fumée.
- Examinons les divers organes de cet appareil, très ingénieusement combiné, fort pratique, qui a été construit, à Londres, par les ingénieurs-spécialistes, Merryweather and Sons, sur les indications données par M. Eddington, le commandant de la
- montrant La disposition intérieure du cylindre de, l’extincteur.
- endroits envahis par la
- brigade, du quartier de Tottenliam. Avant de décrire les divers appareils de secours, parlons de la voiture et de son moteur. Le véhicule proprement dit
- est formé de cadres en acier assemblés au moyen de cornières rivées, avec plates-formes en tôle. Le siège du sapeur-conducteur est supporté par des tubes en fer creux. Le moteur à pétrole, d’une force de 20 chevaux, est à double cylindre, avec allumage électrique; il est disposé dans un coffre en aluminium, entre les deux roues d’avant.
- Cette voiture, extrêmement légère, est montée sur quatre roues métalliques munies de forts pneumatiques et semblables, en ce qui concerne les rayons et les moyeux, aux roues des canons modernes.
- L’extincteur chimique est un cylindre métallique avec enveloppe en cuivre rouge, robinetterie, frettes et accessoires en bronze fondu. 11 contient 275 litres
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- LA NATURE.
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- d'eau et des bouteilles en plomb remplies d’une composition chimique, qui, en se renversant, mélangent au liquide un produit spécial, ce qui permet, sans le secours d’aucune pompe, de projeter des jets puissants à une grande distance, verticalement ou horizontalement.
- Il n'y a rien de particulier à dire sur le dévidoir et les tuyaux, si ce n’est (pie ces derniers sont enroulés sur un tambour métallique et que leur longueur totale varie entre 70 et 100 mètres. Les boyaux en toile sont constamment montés, d’un bout, sur le cylindre et munis, à l’autre extrémité, d’une lance avec jet. Cette installation permet, dès que l’appareil est arrivé sur le lieu du sinistre, de le mettre immédiatement en service et de porter des secours rapides.
- Quant à l’échelle de sauvetage, elle est d’une très grande légèreté. Sa disposition télescopique permet de la mettre en batterie en moins de 40 secondes, grâce aux deux roues métalliques sur lesquelles l’engin roule facilement en tous sens. Les montants et traverses, dont se compose cet appareil, sont tous en métal creux ; certaines pièces sont en acier, d’autres en aluminium.
- Disons, en terminant la description de cet engin, c[ue 5 pompiers — 1 chef et 4 sapeurs — suffisent pour la manœuvre rapide des divers organes, et ajoutons que le moteur entraîne ce véhicule avec une vitesse moyenne de 24 kilomètres à l’heure. En dépit de l’encombrement dù à l’échelle de sauvetage, la machine peut partir du poste 10 minutes après l’alarme.
- Lorsque l’appareil est en station dans le poste de secours, le? cylindre doit toujours être rempli d’une eau dans laquelle a été dissoute une solution à base de soude. Les bouteilles sont chargées d’acides et fermées par des capsules.
- Dès que l’extincteur arrive sur le lieu du sinistre, le pompier, chargé de cette opération, fait manœuvrer le volant C (fig. 2); l’arbre I) étant actionné, les bouteilles EE se renversent et l’acide qu’elles contiennent se mélange au liquide du cylindre.
- A l’extrémité de l’arbre D se trouve une hélice F, à laquelle, grâce au volant C, on imprime un mouvement de rotation, (pii active le mélange. On obtient ainsi, dans l’intérieur du cylindre, une pression de 60 à 75 kg, grâce à laquelle on projette sur l’incendie des jets d’une extrême puissance.
- Pour les brigades de province et celles des colonies, l’ingénieur Merryweather a construit un appareil dans lequel on a accouplé deux cylindres qui peuvent, par un jeu de robinets et grâce à un by-pass, fonctionner ensemble ou isolément. Le dernier type construit est celui de notre figure 1, qui montre le dispositif de l’extincteur chimique de Johannesburg, au Transvaal. On remarquera que deux appareils portatifs ont été annexés à la voiture et installés, près du marche-pied, à l’arrière.
- Inutile de dire que les cylindres des extincteurs peuvent se recharger ad libitum, autant de fois que
- cela est nécessaire. Des solutions chimiques sont emportées dans un coffre sous le siège du conducteur. L’opération se fait très rapidement par la tubulure d’entrée A, placée sur la génératrice supérieure du cylindre (voir fig. 2) et fermée par un bouchon à pas de vis ou par un tampon autoclave. Dans les appareils à deux cylindres, il est facile d’en charger un pendant que l’autre fonctionne.
- 11 est certain que les extincteurs chimiques ne sont pas appelés à remplacer les pompes à vapeur; mais ils ont un rôle sérieux à jouer dans les incendies d’une importance relative ou d'un caractère spécial, dans les feux de cave ou d’appartement par exemple, les incendies localisés pour lesquels il faut une action rapide et des jets puissants plutôt qu’abondants.
- C’est ainsi que nous avons vu à Londres, il y a quelques mois, l'extincteur en question prouver son utilité incontestable. Une voiture automobile, qui transportait des huiles, du pétrole et des produits chimiques, pour un marchand de couleurs, prit feu tout à coup. Une flamme immense s’éleva instantanément et une fumée épaisse envahit la rue en quelques secondes. En moins de 5 minutes, l’extincteur automobile fut sur le lieu de l'accident et, 5 minutes après l’arrivée de cet engin de secours, l’auto était éteint, grâce à la forte pression des jets projetés et à la rapidité avec laquelle l’extincteur fut mis en batterie. Witx Darviixé.
- LA NOUVELLE ENTRÉE
- DU PORT DE SAINT-NAZAIRE
- fl V a peu de temps on lançait à Saint-Nazaire deux grands navires; d’abord la Provence, magnifique paquebot transatlantique de 191 mètres de long, puis le cuirassé de premier rang Liberté.
- On inaugurera en outre, dans quelques mois, la nouvelle entrée du port. 11 a fallu, en effet, accomplir des travaux considérables pour que Saint-Nazaire put conserver sa situation de grand port sur l’Atlantique, ouvert aux navires de tout tonnage.
- Ces dernières années, les dimensions des navires ont, en effet, considérablement augmenté. 11 leur faut des profondeurs de plus en plus grandes pour naviguer et c’est pourquoi Nantes et Saint-Nazaire, menacés de se voir désertés par les grands cargos, ont décidé d’approfondir la Loire à son embouchure.
- Le premier bassin qui fut construit à Saint-Nazaire, pour remédier à cet état de chose déjà menaçant il y a très longtemps, date de 1850. Le premier navire y fit son entrée le 25 décembre 1850. Ce bassin est encore en usage, mais les quais vont être surélevés pour se trouver au même niveau que ceux de la nouvelle entrée. Sa superficie est de 10 hectares 50 ares.
- Ce premier bassin, magnifique pour l’époque, devint, lui aussi, rapidement insuffisant. Un second fut construit, celui de Pen-houët dans lequel sont ancrés la Liberté et la Provence. Le bassin de Pen-houët communique par une large écluse avec le vieux bassin. Le premier transatlantique y entra en décembre 1875. Le bassin de Pen-houët a ceci d’important, c’est qu’il possède trois
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- LA NA TL MK.
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- formes de radoub qui se trouvent fort bien aménagées.
- La nouvelle entrée du port, située au sud de la ville, et décidée depuis 180(5, exigera une dépense d’environ 10 millions couverts en partie par la Chambre de commerce. Elle fera de Saint-Nazaire un des plus beaux ports
- VIEUX BASSIN
- NORD
- Vieux
- S^Nazaire
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- /•'* Vignettes
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- Fi". 1. — La nouvelle entrée ilu port de Saint-Nazaire -lorsqu’elle sera terminée.
- maritimes de France. Elle dotera, en outre, notre pays d’un port de refuge de premier ordre, en cas de guerre navale. M. Port, le distingué président de la Société de géographie de Saint-Nazaire, a signalé 1 avec éloquence ces qualités incontestables de Saint-Nazaire qui en feront un point de ravitaillement2 unique sur l’Atlantique.
- En cas d’avaries graves, nos vaisseaux pourront trouver, en effet, à Saint-Nazaire, tout le nécessaire pour se réparer en sécurité. La rade est défendue par des batteries puissantes qui interdisent l’entrée de la Loire aux vaisseaux ennemis. Les célèbres forges de Trignae peuvent fournir toutes les pièces d’acier nécessaires aux cuirasses endommagées.
- Au point de vue commercial, on peut ajouter que, grâce au quai de débarquement qui est en construction, les plus grands navires pourront s’arrêter quelques heures à Saint-Nazaire sans entrer dans les bassins, même aux plus basses eaux, et y déposer leurs marchandises et leurs passagers. On parle même d’organiser, à l’image de Cherbourg, un train transatlantique qui viendrait jusque sur le quai chercher les voyageurs pour les emmener directement à Paris, ou dans l’Europe centrale
- 1 E. Port : Saint-Nazaire, port de Refuge. L'Avenir de Strinl-Mmaire, 15-22 avril 1905.
- 2 Saint-Nazaire est un des ports charbonniers les plus importants de France. Dans le mois de janvier de cette année on peut évaluer à 130000 tonnes l’importation du charbon. Nantes tout proche peut fournir tous les produits alimentaires indispensables à une Hotte.
- lorsque le service rapide et direct sera organisé entre Saint-Nazaire et Lyon.
- Le devis1 de la nouvelle entrée du port de Saint-Nazaire comporte le creusement, en avant de l’entrée de la Loire, de la barre des Charpentiers qui fut le plus souvent un obstacle à la venue des gros navires à Saint-Nazaire. Ce devis comporte, en outre, la construction d’un avant-port protégé par deux digues puissantes terminées par deux phares. La digue ouest a une longueur de 471m,50, celle de l’est une longueur de 421. C’est sur cette dernière qu’a été établi le quai de débarquement dont la largeur est de 25 mètres et la longueur de 150.
- La profondeur de tout l’avant-port est de ti mètres au-dessous du niveau des plus basses mers. Elle est de 8 mètres dans la souille établie au pied du quai de débarquement sur une largeur de 50 mètres et une longueur de 210 mètres.
- La plus grande largeur de l’avant-port entre les* deux digues est de 2(55 mètres ; sa plus grande longueur est de 40(5. Le fond est creusé de fortes stries pour permettre aux ancres des navires de ne pas déraper. L’avant-port communique avec le vieux bassin dont les quais seront surélevés, par une écluse de 228™,75 de long sur 50 mètres de large ; un pont tournant reliera les deux bords de l’écluse qui sera fermée par six portes, dont deux de réserve en cas d’accident, situées à peu près au milieu.
- On construit, en outre, dans le vieux bassin, en avant
- NORD
- Chynj/?-3e Psnhouëfr
- NOUV RENTREE:
- Fig. 2. — Plan île Saint-Nazaire, au 50 000% quand le Boulevard de l’Océan et la nouvelle entrée du port seront terminés.
- de l’écluse, deux musoirs ayant chacun une largeur de 15 mètres.
- Les plans ci-joints montreront mieux que n’importe quelle description les caractéristiques de la nouvelle entrée, avec ses môles, ses musoirs, ses tourelles et l’avant-port. Marcel Chevalier.
- 1 Renseignements communiqués par M. L. Rodiès, entrepreneur adjoint des travaux de la nouvelle entrée.
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- LA A ATI] H L.
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ DANS LES FILATURES
- Si l'électricité a su s’imposer connue force motrice appliquée à la commande des machines employées dans l’industrie textile, ce n’est pas seulement à cause des avantages généralement reconnus de l’éleetro-moteur, mais bien aussi parce que celui-ci semble répondre aux desiderata de ces mécanismes compliqués et délicats. Les récentes installations électriques qui fonctionnent déjà dans certaines filatures, tissages, etc., et dont les illustrations qui accompagnent ce texte montrent quelques exemples, donnent une idée du rôle important qu’est appelée à jouer
- l’électricité, dans cette branche de l'industrie.
- Avant de donner la description de ces installations il importe de dire un mot du choix du genre de courant (continu ou alternatif) à adopter. Ce choix dépend évidemment, dans chaque cas, des circonstances locales et du travail exigé. Là où, par exemple, un réglage exact du nombre de tours est indispensable, on préconise les moteurs à courant continu, réglables en dérivation. Les frais d'installation de ceux-ci sont toutefois plus élevés que ceux des moteurs à courant alternatif; mais, leur réglage s'effectuant
- Fig. 1. — Installation électrique de la filature J.-A. Lindgens.
- aisément et rapidement, ils sont plus avantageux.
- Par contre, l’emploi des moteurs à courant alternatif s’impose partout oit il ne faut pas de réglage pendant la marche, ou bien lorsque le nombre de tours ne doit varier que dans le rapport de o : 2 ou de A:o. Dans ce dernier cas, on se sert de moteurs à court circuit, à inversion des pôles, à deux enroulements séparés, dont l’un est disposé pour 1500 ou 1000 tours et l’autre pour 1000 ou 750 tours, à vide. Pour les métiers à tiler le coton, l’enroulement pour petit nombre de tours est disposé de telle façon qu’au moment du démarrage de la machine, ce nombre peut être réduit de moitié.
- Pour commandes séparées, on conseille l’accouplement direct du moteur avec l’arbre du tam-
- bour, ou la transmission directe par engrenages.
- Notre figure 1 montre l’installation électrique effectuée pour le compte de la filature J. A. Lindgens à llochneukireh parla Compagnie Siemens-Schuckert.
- A chacun des métiers employés est affecté un moteur à courant alternatif avec induit à bague de lrotte-ment, développant 6,5 chevaux, à 825 tours par minute (fig. 2). L’arbre du moteur est directement relié au tambour de commande du métier par un accouplement élastique en cuir. Quant aux broches, elles font environ 9000 tours à la minute. Le démarrage du moteur s'effectue au moyen d’un démarreur dans l'huile et d’un commutateur spécial placé en tête du métier.
- L’application de l’électricité à ces métiers réalise
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- LA N ATI HL.
- un grand progrès. Ln quelques instants, le moteur met le métier en pleine marche, même lorsque, par suite du rétrécissement des (ils, celui-ci fonctionne plus difficilement, ainsi que cela arrive généralement après les jours de chômage. Par suite de l’accouplement direct du moteur avec l’arhre du métier, toute irrégularité pendant la marche est évitée et, les ruptures des fils étant moins fréquentes, le fabricant y gagne en fini. En outre, le travail est beaucoup plus propre et les conditions hygiéniques meilleures en ce sens «pie la poussière n’est plus constamment soulevée pour se déposer ensuite, comme c’est le cas lorsqu’on se sert de transmissions par courroies.
- L’énergie nécessaire à l’exploitation est fournie
- par un générateur à courant alternatif qui fonctionne à la tension de 2125 volts.
- Le courant nécessaire à l’éclairage est fourni par deux dynamos à courant continu, à 100 volts. Comme réserve, on se sert d’une flatterie d’accumulateurs capable de donner 505 ampères-heures pendant 5 heures. Pour le chargement, une des dynamos est mise en circuit en série avec une machine auxiliaire qui porte la tension de 110 volts à 155 et môme jusqu’à 105 volts. Le courant continu du circuit d’éclairage alimente également les moteurs des ventilateurs des différentes machines-outils situées dans les ateliers de serrurerie, de menuiserie, etc., et fournit l’énergie nécessaire à un petit chemin de fer à crémail-
- Fig. 2. — Vue du moteur électrique relié au tambour de commande des métiers.
- 1ère, à vitesse constante, qui sert au transport du fil d’une salle dans l'autre.
- Comme on le voit, l’industrie textile offre aux applications de l’électricité un champ encore relativement peu exploré, que nos constructeurs sauront certes exploiter. L. H.
- LES TUBERCULAIRES
- Tout, le monde a pu remarquer sur les menues branches tombées à terre, et sur les rameaux languissants de certains arbres ou arbustes, des-groupes de petits boulons roses, poussés comme des pustules à travers l’épiderme. Les boutons sont des champignons, dont les anciens botanistes avaient fait le genre Tubevculaive; ils représen-
- tent seulement, aux yeux de la science moderne, une des formes de fructification d’un type plus compliqué qui offre, comme tant d’espèces dans cette vaste classe des champignons, des phénomènes de polymorphisme ou de génération alternante.
- Sous leur état de tuberculaires, les productions qui nous occupent sont en forme de nodules sphériques ou irréguliers, séparés ou quelquefois confluents, un peu rétrécis à leur base qui adhère à la branche nourricière, et d’apparence légèrement farineuse. Ces nodules ne se montrent que sur les parties ligneuses déjà affaiblies et vouées à une prompte mort. Le plus ordinairement, ils sont disséminés sur l’écorce, et leurs colonies nombreuses y dessinent des séries qui en suivent plus ou moins distinctement les fibres. Contractés par les temps secs, ils se dilatent un peu et se gonflent sous l’action de l’humidité.
- Les tuberculaires se développent indistinctement sur
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- LA NATURE.
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- beaucoup d’espèces d’arbres et d’arbrisseaux, mais elles ont cependant îles préférences; c’est ainsi qu’elles sont toujours abondantes sur les branches vieilles et affaiblies du groseiller. Elles ne paraissent pas nuisibles à leur hôte.
- Si l’on coupe et si l’on examine au microscope un nodule de tuberculaire, on voit qu’il est formé de très petits filaments agglomérés, et rayonnant de la base vers la périphérie. fies filaments sont analogues à ceux qui constituent les moisissures pulvérulentes et feutrées qu’on trouve sur les matières en désorganisation; ils n’en diffèrent que par ce fait qu’ils ne sont pas libres, mais accolés les uns aux autres. Ils n’en produisent pas moins leur fructification tout à fait comme les moisissures, c’est-à-dire en formant des cloisons transversales dans leur épaisseur, vers leur extrémité, de manière à isoler des tronçons qui se détachent ensuite très facilement.
- (les tronçons sont des spores ou corpuscules reproducteurs; en raison de l’aspect poudreux sous lequel ils se détachent, et qui donne à la surface de la tuberculaire
- Les tuberculaires ou nectrm. — 1. Nodules sur une brandie; 2. Petits amas de périlhèces ; 5. Coupe dans un périthèce ; tliéca-spores très grossies ; 4. Coupe dans un nodule ; couidies très grossies.
- son apparence farineuse, on les nomme ici plus spécialement des coh tV/ies (xôvt;, poussière). \ ne s à un fort grossissement, les conidies des tuberculaires apparaissent comme de petites vésicules elliptiques, n’offrant pas de cloison dans leur intérieur.
- Quand les circonstances sont favorables, on voit se développer soit autour des globules des tuberculaires, soit en petits amas distincts sur la même écorce, d’autres nodules d’une organisation bien différente, et qu’on ne croirait pas, au premier abord, frères des premiers, fies nouveaux venus sont d’un rouge plus purpurin, plus brillant; ils sont d’une taille moindre, et surtout, au lieu d’èfreformés d’une masse filamenteuse compacte, ils constituent de petites outres creuses au centre et percées à leur sommet d’un orifice. Dans la cavité de ces outres, qu’on nomme à cause de cela des périthèces, se différencient des cellules mères closes, ou thèques, au sein desquelles s’engendrent des spores spéciales, thécaspores, aptes comme les conidies à reproduire le champignon, (les thécaspores, plus grandes que les conidies, sont comme elles elliptiques, mais coupées en deux loges par une cloison.
- Les périthèces étaient autrefois considérés comme appartenant à des champignons sans rapport avec les tuberculaires et rangés dans le genre Neclrkt, de la famille des sphériaeés. L’étroite parenté qui les unit aux nodules est aujourd’hui généralement admise. Le mycélium des tuberculaires, trame filamenteuse qui court sous l’écorce et produit les nodules à conidies, donne aussi naissance aux périthèces du Neciria.
- Les périthèces sont plus rares, et plus tardifs que les tubercules. Ils ne produisent d’ailleurs qu’un nombre restreint de spores; et c’est satis doute pour remédier à cette cause d’infériorité que la nature a donné à leur espèce un moyen supplémentaire de fructification.
- ___c.^___ A. Aci.oqik.
- NOUVELLE LAMI’E ÉLECTRIQUE
- A INCANDESCENCE
- Il existait jusqu’ici un grand nombre de petites lampes à incandescence électriques, de toutes formes et donnant les intensités lumineuses les plus variées. Mais toutes ces lampes fonctionnaient, pour donner réellement un éclairage utilisable, sur une tension de 8 à 10 volts. El l’on avait soin, pour assurer l’éclairage pendant quelque temps, de disposer un circuit comprenant la lampe et un rhéostat sur une tension plus élevée; après quelques heures de fonctionnement, on retirait le rhéostat, la tension remontait aux bornes de la lampe, et l’éclairage pouvait continuer.
- Mais, même dans ces conditions, on n’obtenait qu’un éclairage jaunâtre, pâle, sans aucune clarté. Et pour assurer la consommation d’énergie électrique, il fallait disposer de 5 à fi accumulateurs en tension. L’appareil n’était pas portatif et ne donnait réellement pas grande satisfaction. Un inventeur vient de trouver pour les lampes de faible puissance lumineuse un nouveau filament qui est formé d’un alliage composé lui-mème de différents métaux et tellurcs, dans lesquels entre en partie le zirconium. Les lampes pourvues de ce filament ont le grand avantage de ne plus demander que des faibles tensions; les lampes, de 2 volts même, donnent une lumière blanche très nette et éclatante. Il en résulte qu’il est possible de réaliser un petit appareil très portatif donnant véritablement un éclairage utilisable, avec un seul accumulateur pour fournir l’énergie électrique, et même de dimensions restreintes pour une durée relativement assez longue. Avec cette lampe de 2 volts, on pourrait même employer une pile bouteille à l’occasion.
- Pour fixer nettement les idées, nous donnons ci-dessous un tableau comparatif résumant .les données caractéristiques de la lampe au zirconium désignée par les initiales M. S. et de la lampe ordinaire. Nous avons pris une lampe de 4 volts, parce qu’il n’existe pas de lampes à filament de charbon de 2 volts; et nous avons choisi une
- intensité lumineuse de 2 bougies.
- Lampe M. S. Lampe ordinaire
- Tension, en volts . . . -1 8
- Intensité, en ampères . Intensité lumineuse, en 0,4T. 0,9o
- bougies Puissance électrique dé- 2 2
- pensée en watts. . . 1,90 7,5
- Nombre d’accumulateurs 2 Poids de la batterie d’ac- (sans rbéostal) 6 (avec rhéostat)
- cumulateurs, en kilog. 1,5 4,5
- Prix d’achat, en francs . Durée de l’éclairage avec la même charge de la 30 90 (en plus le rhéoslt soit 50 francs).
- batterie, en heures. . Durée de la lampe en 10 8
- heures 200 50
- Ce tableau nous montre que la nouvelle lampe donne une intensité lumineuse de 2 bougies avec une tension de 4 volts et une intensité de 0,4(1 ampère, alors qu’une lampe ordinaire, pour une même intensité lumineuse de 2 bougies, doit consommer 8 volts et 0,05 ampère, soit
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- LA NATURE.
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- 7,6 watts. Pour réaliser ces conditions de fonctionnement, dans le premier cas, il suffira d’employer une batterie de 2 accumulateurs, d’un poids de 1,5 kilogramme, composés chacun de 5 plaques, dont 5 négatives et 2 positives, placées dans un récipient de 0m,l5 de hauteur, 0ra,l2 de largeur et ü“,04 d’épaisseur. Dans le deuxième cas, la batterie sera formée de 6 accumulateurs, comprenant chacun 7 plaques, 4 négatives et 5 positives, et la boite les renfermant aura une hauteur de 0m,16, une largeur de 0m, 15 et une longueur de O”,24.
- Le prix d’achat, on le remarquera, est trois fois plus élevé dans le cas d’une lampe ordinaire, sans compter h; prix du rhéostat. Nous ajouterons aussi que la petite batterie d’accumulateurs se conservera en bon état beaucoup plus longtemps en raison des décharges faibles et non rapides auxquelles elle donne lieu.
- La lampe 31. S. est d’un prix plus élevé que les lampes ordinaires; le prix de la lampe de 4 volts est de 5fr,60, et il y a une augmentation de 0fr,25 par volt.
- Mais nous remarquerons que la lampe 31. S. fournit un éclairage de 2 bougies x 16 heures, soit 52 bougies-heures en dépensant 1,11 watt x 16 heures, soit 50,4 watts-heures, et qu’une lampe ordinaire donne un éclairage de 2 bougies x 8 heures, soit 16 bougies-heures en dépensant 7,5 wattsX 8 heures, soit 60 watts-heures. La lampe 31. S. fournit donc un éclairage double avec une dépense égale à la moitié.
- Il en résulte que la nouvelle lampe à incandescence est réellement une lampe pratique portative qui peut se prêter aisément aux usages médicaux et qui permet aux médecins d’emporter avec eux une source lumineuse très utile pour explorer diverses cavités importantes du corps. Cette lampe peut également être utilisée avec avantage dans les mines, ainsi que pour les automobiles, les bicyclettes et dans une série d’applications qui demandent un éclairage éclatant alimenté par une source d’énergie électrique de volume restreint et de poids limité.
- —— ,1. Laffargue.
- TENTATIVES DE MOUVEMENT PERPÉTUEL
- AU MUSÉE nu ruY
- Les deux photographies ci-jointes représentent deux pièces d’une collection de modèles mécaniques très intéressants que renferme le musée du Puy. Cette collection porte le nom de son donateur, Alexandre Clair, mécanicien de talent du siècle dernier.
- Parmi un grand nombre de modèles de toutes sortes, d'une délicatesse et d’un fini merveilleux, nous avons remarqué dans un endroit assez à l’écart les deux pièces en question portant la mention ;
- Tentatives de mouvement perpétuel.
- La roue que représente la ligure 1 est formée de liras équidistants aux extrémités desquels sont fixées de longues cages inclinées sur les liras correspondants. À l’intérieur de chaque cage glisse une bille de plomb.
- Le système de la ligure 2 est constitué par une chaîne sans fin portant, de distance en distance, des palettes de plomb. Chaque palette peut décrire par rapport à la chaîne un arc de 90° dans un sens et se placer normalement à cette chaîne.
- Beaucoup de personnes, en regardant ces deux modèles, ne peuvent s’empêcher de dire : « certaine-
- ment ça devrait marcher.... » 11 y a là une sorte d’illusion d’optique.
- Il semble qu’on voie un effort se produire à droite de chaque système (surtout dans le système de la figure 2), effort qui n’existe pas en sens contraire à gauche ; en d’autres termes, il semble qu’il existe un moment moteur et que ce moment soit indépendant de la posilionjiarticulière de la roue ou de la chaîne, c’est-à-dire doive produire du travail.
- Nous ne nous attarderons évidemment pas à donner les raisons pour lesquelles ces deux systèmes sont restés, comme l’indiquela mentionéerite au lias de chacun d’eux, de simples tentatives. Les lois élémentaires de la mécanique permettent de trouver les positions d’équilibre de ces systèmes. On voit d’avance que l’équilibre devient, pour ainsi dire, de plus en plus indifférent à mesure qu’augmente ou le nombre des billes, ou le nombre des palettes.
- Ces deux modèles sont évidemment inspirés d'un même principe qu’on peut énoncer ainsi :
- Pour qu'une roue homogène quelconque se meuve autour de son axe dans un champ de force uniforme, parallèle à son plan, il faut et il suffit qu’il y ait, par rapport à l’axe du champ passant par le centre, une dissymétrie fixe dans l’espace, cette dissymétrie étant naturellement delà même espèce que le champ, c'est-à-dire électrique dans un champ électrique, etc.
- Par exemple, pour une roue formée de palettes mobiles articulées autour de leur point de suspension de façon à tourner librement comme des pendules (fig. 5), il suffirait que, par rapport à la pesanteur, les pendules soient maintenus dans la position représentée par la figure o au moyen d'une force intérieure pour que la roue tournât continuellement. Si les palettes étaient assez nombreuses et qu’on regardât le système d’un peu loin, on ne verrait absolument aucun indice de mouvement. C’est ce que nous voulons exprimer en disant que la dissymétrie doit être fixe dans l’espace.
- Cette figure schématise les deux systèmes de l’inventeur. Elle est un modèle mécanique de ce qu’on appelle la polarisation. Si la pesanteur n’existàit pas, les palettes prendraient des directions quelconques : la pesanteur les rend parallèles, les polarise.
- Si on considère les deux circonférences passant l’une par les points de suspension, l’autre par les extrémités des palettes (circonférences À et B), on a entre les deux l’analogue de ce qu’on appelle une couche de glissement.
- Remarquons qu’il n’est pas nécessaire, pour que la roue tourne, que les palettes soient et restent orientées comme dans la figure précédente. Il suffit qu’il existe une dissymétrie quelconque, si petite soit-elle, et que cette dissymétrie soit entretenue par une force intérieure. Mais le moment moteur sera maximum pour la disposition indiquée par la figure.
- On pourrait appliquer ce qui précède à bien d’autres moteurs, par exemple à ce petit moteur à capillarité que nous avons décrit récemment1 ou même à
- 1 3roy. n° 1635, du 24 septembre 1904,rp. 272.
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- LA NATLIiL.
- un niolenr électrique. Le collecteur joue le rôle de I bien remarquer cependant que, dans un moteur à l'organe qui, dans le système précédent, relèverait ' gravité, comme celui-ci, le champ de force est donné chaque palette à mesure qn’elle tomberait. 11 faut | et ne peut être changé. Le seul facteur dont on reste
- Fig. 1.
- maitre est la matière dont les palettes sont faites, on est limité par l’échelle des masses spécifiques qui n’est pas très étendue. Et encore aurait-on à sa disposition une matière de masse spécifique très considérable, que ce moteur resterait tout à fait théorique. Pour faire tourner la roue, il faut en effet faire tourner déjà chaque palette par rapport à la roue. Ce serait un cercle vicieux.
- bien d’autres réflexions se présentent quand on regarde attentivement les deux modèles décrits tout à l'heure et la figure qui les schématise. C’est pour cela que nous avons cru intéressant de présenter leurs photographies aux lecteurs.
- Aujourd’hui, les chercheurs de mouvement perpétuel n’existent plus. L’évidence de son impossibilité s’impose, mais il ne faut pas croire qu’elle se démontre réellement. Les principes fondamentaux de la thermodynamique, dont le second est assez obscur comme interprétation, sont certainement la meilleure base sur laquelle on puisse étayer sa conviction ; mais la plupart des personnes
- Fig. 2.
- considèrent l’impossibilité du mouvement perpétuel plutôt comme un sentiment intime résultant du fait que la réalisation serait trop en désaccord avec l’évidence de chaque jour.
- Sans parler de mouvements bien étranges, comme le mouvement Brownien, dont on ne peut pas dire qu’il n’est pas perpétuel, l’expérience nous montre toutefois que lorsqu’on descend dans l’infinimenl petit le mouvement paraît, doué d’une vie bien longue.
- Cet élément nouveau de la rie des corps, que le radium a mis si fort en vogue, pouvait bien amener l’éclosion d’idées nouvelles sur la genèse de la matière. Si l'on peut arriver pour certains corps à mesurer leur âge et la durée de leur vie, il ne semble malheureusement pas encore possible de prévoir quels moyens nous pourrons avoir à notre disposition pour accroître ou diminuer celte durée, à noire gré. C’est une variable qui a l’air réellement bien indépendante. A. B.
- Pesanteur
- Fig. 3.
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- LA NATURE.
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- LA PHOTOGRAPHIE DU SOLEIL
- Un intérêt très grand s’attache à l'élude des phénomènes dont le Soleil est le siège, et cet intérêt se trouve encore augmenté par la facilité avec laquelle
- les observateurs, même munis des moyens les plus modestes, peuvent entreprendre des recherches systématiques qui auront toujours leur importance.
- Diverses méthodes sont utilisées: l'observation par la vision directe, la projection de l’image solaire sur
- un écran et enfin l’enregistrement photographique. La vision directe, à l’aide de verres noirs, a surtout pour but d’étudier la structure des détails de la surface solaire, et
- a ce point ue vue, rien actuellement 11e saurait fournir une documentation aussi précise. Au contraire la projection et la photographie sont plutôt employées pour la statistique: position, nombre et dimension des phénomènes.
- Les qualités de la dernière méthode sont incontestables : elle enregistre exactement et impartialement, tout en reproduisant mieux l’aspect général de la surface solaire et il est même aisé de faire ressortir aussi avec un contrasté plus évident certaines particularités très délicates dans leur apparence. Cependant, malgré ses avantages, ce moyen d’observation précieux est assez peu utilisé, car il parait volontiers d’une pratique difficile. En effet, si la photographie astro-
- Fig. 5.
- nomique a généralement contre elle la relativement faible lumière des astres, nécessitant l’emploi d’ob-très lumineux avec des poses parfois fort longues, le cas du Soleil est diamétralement opposé: l’obstacle se trouve dans l’excessif éclat de l’astre du jour. Aussi bien, ces conditions semblent parfois en dehors des moyens courants à la portée des amateurs, cl pour ne parler (pie de la photographie solaire elle évoque toute une complication spéciale avec obturateur ultra-rapide. 11 n’en est rien cependant et les avantages évidents à retirer de ces photographies m’engagent à faire connaître un procédé qui, après quelques essais, est devenu très pratique et dont les résultats sont pleinement satisfaisants.
- La première condition à remplir est d’avoir à sa disposition une bonne lunette astronomique de longueur focale assez grande (au moins un mètre), car
- La photographie du Soleil au foyer d’une lunette.
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- LA NATURE.
- c’est directement au foyer de l'instrument que les clichés dont il sera question ici sont pris. La dimension apparente du Soleil est telle que son image fournie par un objectif de 1111 de distance focale est sensiblement égale à un centimètre — exactement (>'m,95. La lunette de tLV"1" d’ouverture d’objectif dont je me sers donne au disque solaire sur le cliché un diamètre de lo11"". Une lunette de l()8nlm fournirait une image de 15inm, tandis que le modèle de 75111 m donnerait un centimètre à peu près. Tels sont les résultats, au point de vue grandeur, fournis par les instruments le plus courants et en supposant qu’ils ont la longueur focale moyenne que l’on donne aux objectifs. L’oculaire étant retiré, on monte sur le tube (pii le porte une petite chambre noire (fig. o). On cherche la mise au point d'une façon d’abord très approchée avec la Lune par exemple (car le Soleil est trop éblouissant), puis on la complète défmivemenl en faisant des essais successifs avec une étoile assez brillante dont le mouvement apparent laissera une traînée sur la plaque. En prenant soin de tracer des repères à chaque petit déplacement du tube portant la chambre on retrouvera «à laquelle de ces marques correspond la traînée la plus nette : ce sera le meilleur point possible. Avec un objectif de lunette astronomique ordinaire on aura, en définitive, une image bien nette, car il se trouve suffisamment corrigé pour les rayons chimiques par la nécessité de diaphragmer beaucoup.
- En effet pour atténuer l'excessif éclat de l’image locale il faut faire usage d une faible ouverture. Pour mon objectif de 95"im, divers essais m’ont démontré que les meilleures images, comme luminosité, étaient fournies par des diaphragmes de 11 à 20mm suivant l’éclat du Soleil, c’est-à-dire suivant sa hauteur au-dessus de l'horizon combinée avec la pureté du ciel.
- La pose doit toujours être très rapide, mais la méthode d’obturation reste fort simple. Devant l’objectif un large écran noir en carton bien rigide est percé d’une fente de o centimètres environ: on le maintient à la main ainsi que le montre la ligure 5 et un cou]) sec et assuré, faisant rapidement passer l'ouverture devant celle de l’objectif, produit une obturation parfaite. En faisant cet écran suffisamment grand on évitera qu’un mouvement involontaire de la main ne vienne découvrir à un moment fâcheux. Deux rebords circulaires collés après (fig. o) permettront de maintenir l’écran recouvrant l'objectif pendant les manipulations du châssis.
- Telles sont les conditions instrumentales à réunir, elles sont simples, on le voit, et donnent un excellent résultat en se servant de plaques sensibles '-appropriées. C’est que malgré tout l’image solaire garde un éclat relativement considérable et des plaques ordinaires seraient radicalement perdues par surexposition. Mais il en est tout autrement si on utilise des plaques lentes pour positifs sur verre et dont certaines marques sont si peu rapides qu’on peut les manipuler à la clarté d’une bougie ou à peu de chose près. Avec de telles plaques il m’est arrivé
- d’obtenir des clichés solaires insuffisamment intenses! Nous sommes donc dans les limites d’une bonne utilisation et, avec un peu de pratique, ces sortes de plaques, développées dans un bain très lent, me donnent des négatifs d une grande finesse, au point de vue de l'aspect de la surface solaire, dont la structure générale est rendue évidente avec son apparence marbrée par le réseau photosphérique, les làcules visibles jusqu’au milieu du disque, certains détails des grandes taches et l’absorption considérable qui assombrit les bords du disque.
- Maintenant, à cause de cet assombrissement, il sera utile, en variant la pose ou l’énergie du développa-teur, de chercher à obtenir des images d’intensité différente suivant la position et la nature des détails à étudier. Pour avoir une tache, située à l’extrême bord du disque, il faudra un cliché vigoureux donnant nettement ce bord (lîg. 2); dans ces conditions le centre est inhniment trop opaque et apparaît sans détails. Pour montrer ceux-ci ( fi g. 1 ) l’excès contraire sera nécessaire : pose très rapide et développement prudemment arreté à temps.
- Ces clichés se prêtent parfaitement à une forte amplification et il est possible de s’en servir pour des recherches variées, changements de formes des taches et làcules avec leurs dimensions et positions. Pour se livrer à des mesures quelconques, il est de première nécessité d’avoir l'orientation exacte des images. On commence par faire une marque quelconque sur la plaque sensible, en bas par exemple, cela indique le coté tourné vers la région nord. Puis, en prenant soin de laisser l'appareil bien immobile on fera deux poses sur la même plaque : le disque solaire, se déplaçant par le mouvement du ciel suivant une ligne parallèle à l’équateur, de l'Est vers l’Ouest, on aura ainsi deux images dont il suffira de joindre deux points identiques : cette ligne sera donc la ligne Est-Ouest et une perpendiculaire abaissée dessus, celle Nord-Sud, le coté Nord étant indiqué par la marque préliminaire. Un intervalle de o minutes entre les deux poses suffit pour bien séparer les deux images. Cependant si l’état du ciel ne permettait pas d’attendre ce temps on pourrait avoir les deux disques se coupant et alors directement la ligue Nord-Sud sera donnée par leur corde commune.
- Ces éléments une fois déterminés, et à l'aide de ceux de la position de l’axe du Soleil et de l'inclinaison de son équateur fournis par les annuaires, on pourra trouver exactement la position des taches et làcules. Nous serions entraînés un peu loin ici s’il fallait entrer dans ces détails, notons seulement «pie les photographies sont surtout commodes pour la mesure des dimensions.
- Le diamètre du Soleil étant en chiffre rond de 1 094000 km., si l’on a agrandi les clichés à IT>9""",4 on aura un disque à l'échelle de un centimètre pour cent mille kilomètres. Suivant sa position sur le globe une tache est plus ou moins déformée par la perspective. On peut la mesurer d'une façon très approchée à l'aide d’une simple échelle tracée une
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- lois pour toutes sur papier transparent et s'appliquant sur les agrandissements faits à la grandeur voulue. Le procédé s’indique de lui-même.
- Ces méthodes simplifiées m’ont paru quelque peu dignes d’intérêt, surtout en cette année du maximum de l'activité solaire qui sera si riche, sans doute, en importants phénomènes. Lucien JIudaux.
- CHRONIQUE
- I.e plus Ion:; câble «lu monde. — C’est, d’après Y Industrie électrique, le câble installé de San Francisco à Manille, dans les Philippines. 11 a une longueur de 14 140 km et sa profondeur d’immersion varie de 4000 à 9635 mètres. Il a pour trajet San Francisco, llonolulu, les îles Midvvay, Guam (Archipel des Marianues), Manille.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 juillet 1905. — Présidence de M. Poincaré.
- La prochaine éclipse. — M. Janssen rappelle que c’est Arago qui, en 1842, a signalé à l’attention des savants l’utilité d’observer les particularités des éclipses solaires. L’observation systématique a, depuis lors, été régulièrement poursuivie, et a conduit successivement M. Janssen dans l’Inde, au Japon et en Indo-Chine. 11 se dispose à faire un septième voyage, en Espagne, au sujet del’éclipse du 50 août prochain. 11 sera accompagné de M. Millochau, de l’Observatoire de Meudon, de M. Pasteur, chef de la photographie dans cet établissement, et de M. Stéfanik, astronome de l’Observatoire de Prague.
- Les lésions des cartilages. — M. E. l’errier présente une Note de MM. Gornil et Coudray relative à la réparation naturelle des lésions des cartilages. Ils distinguent à ce point de vue les cartilages à périchondre et les cartilages sans périchondre. Les premiers, les cartilages costaux par exemple, ont un mode de réparation déjà décrit par Legros et Peyraud. La cicatrice est formée d’abord par du tissu conjonctif né des cellules du périchondre ; elle est envahie ensuite par du cartilage embryonnaire qui évolue ultérieurement en cartilage adulte. En ce qui concerne la réparation des cartilages de la deuxième catégorie, tels que les cartilages articulaires, les résultats sont très variables. Tantôt il y a cicatrice fibreuse avec de rares éléments cartilagineux, tantôt cicatrice fibreuse puis cartilagineuse, tantôt cicatrice de tissu cartilagineux d’emblée. D’autres fois enfin il n’y a pas de cicatrice, au moins dans les plaies aseptiques. Les auteurs qui ont expérimenté sur des chiens de divers âges pensent que 'l’âge est la cause de ces différences. Chez les chiens de 15 à 18 mois, la cicatrisation ne se produit pas; chez les chiens de 2 à 5 ans, la plaie est d’abord comblée par de la fibrine qui présente dans ses mailles, au bout de huit jours, de petites cellules de tissu conjonctif. Au bout de quinze jours la fibrine a disparu et la cicatrice est formée par de grandes cellules de tissu conjonctif allongées, (dus tard survient du cartilage embryonnaire qui remplace le conjonctif et ce cartilage reste encore longtemps séparé du cartilage voisin par une zone nécrosée de cartilage.
- Expériences sur le point critique. — M. Moissan présente une Note de MM. G. Bertrand et Lecornu relative à l’état de la matière lorsque l’on atteint le point critique. Quand on chauffe un liquide enfermé dans un tube de verre scellé, à un certain moment le ménisque formé par le liquide disparait. Quel est alors l’état de la matière?
- Pour élucider la question MM. Cailletet et Collardeau avaient soumis à l’expérience de l’acide carbonique liquide coloré avec de l’iode ; on voyait la partie inférieure du tube rester colorée, ce (pii indiquait la présence de liquide. Ces expériences ont été discutées; il a été montré que le résultat variait suivant que l’on prenait peu ou beaucoup de liquide. MM. G. Bertrand et Lecornu ont soumis à l’expérience une solution de bichromate de potassium dans l’eau et une solution d’alizarine. Un peu après avoir dépassé la température on voit tout le tube coloré. La matière solide se répand donc dans le tube, d’où l’on infère qu’il n’y a plus de liquide.
- L'hérédité et la propriété venimeuse. — M. Laveran résume une Note de M. Phisalix relative à l’hérédité de la propriété de sécréter un venin. Ayant trouvé du venin dans les œufs de crapaud et de vipère, l’auteur s’est demandé si le fait est d’ordre général, c’est-à-dire s’il se manifeste chez les autres animaux. Dans ce but il s’est adressé à un groupe d’invertébrés, les hyménoptères, dont le venin est facile à reconnaître par ses propriétés physiologiques. 11 a broyé des œufs d’abeilles dans l’eau distillée et a obtenu ainsi un liquide laiteux qui, inoculé à un moineau, reproduit les symptômes-de l’intoxication causée par la piqûre. Mais dans un œuf d’abeille il n’y a qu’un millième de milligramme de venin et, pour produire les symptômes en question chez le moineau, il faut lui inoculer le contenu d’un millier d’œufs. Cependant, par rapport au poids de l’œuf lui-mèine, sa teneur en venin est encore assez grande, puisqu'elle en est la cent-cinquantième partie. En tout cas elle est suffisante pour agir sur le développement de l’œuf et sur les phénomènes de l’hérédité spécialement envisagés par l’auteur dans son travail.
- Le lavage du sang. — M. Roux présente une Note de M. Bepin, relative au lavage du sang. L’auteur a inventé, en vue de ce lavage, un appareil qu’il a décrit dans une communication antérieure. Le sang y est mélangé à du sérum physiologique : le plasma est ensuite séparé par la force centrifuge. M. Repin a soumis à l’expérience des chiens et a vu que l’on pouvait leur enlever un quart du plasma de leur sang sans provoquer d’accident. Si l’on dépasse ce point, on provoque des accidents respiratoires. Cette expérience parait de nature à encourager les essais d’application de la méthode dans le cas de certaines indications. Cu. nr Yilledeuil.
- LA. CITÉ LACUSTRE DE CHAUVIN (JURA)
- Le lac de Chalain (Jura), qui est comme étendue le septième de France, mesure dans sa plus grande longueur 2 kilomètres et demi ; sa largeur varie de 500 à 1000 mètres; sa superficie totale est d’environ 220 hectares ; sa profondeur la plus grande est d’à peu près 54 mètres ; son eau bleue est limpide et poissonneuse. Il est situé sur le deuxième [daleau du Jura, à 500 mètres d’altitude. Des hauteurs couvertes de hêtres et de sapins verts l’entourent à moitié et le dominent de 110 à 175 mètres.
- C’est un des sites les plus pittoresques du Jura.
- Il y a quelques mois, une Société industrielle, Y Union électrique, acheta, [tour utiliser le lac à la façon d’un réservoir et régulariser le débit d'une chute voisine productrice de force motrice, le droit de baisser son niveau de 10 mètres au maximum.
- En mai 1904, un abaissement de niveau de
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- LA NA Tl RL.
- o métros seulement mil à découvert et à soc, sur une longueur de 12 kilomètres environ, au pourtour du lac, et sur une largeur moyenne de 200mètres, un blanc-lond d'origine glaciaire d'où émergeaient, parmi les roseaux, des pilotis noircis par leur séjour dans l'eau, et dessinant le plan de tout un village avec ses avenues, ses maisons, etc. C’était la vieille cité des légendes encore vivantes dans le pays qui revoyait le jour !
- La tranchée faite pour un canal à travers le blanc-fond, des éboule-menls considérables de cette masse à demi consistanteot que ne maintenait plus en place le poids énorme de l’eau écoulée, amenèrent la découverte de couches archéologiques très riches un objets préhistoriques.
- Des fouilles fin rent entreprises, durant l’été et l’automne de 11)04, par la Société d’Lmulalion du Jura, sous la direction et par les soins de M. le professeur Girardot, conservateur du Musée de Lons-le-Saunier.
- Cette couche archéologique a restitué des résidus de cuisine : dents et os d’animaux brisés pour la plupart, débris de végétaux alimentaires : orge, noisettes, glands, pommes, poires, lin, etc., des charbons, des pierres de foyer à demi calcinées, des poteries, quelques vases en bois, des outils, des armes et des objets variés, jetés ou perdus, en
- bois de cerf, en os, en bois, en pierre. Le plus grand nombre de ces objets et les plus intéressants ont été recueillis et classés avec soin au Musée de Lons-le-Saunier où ils remplissent une vitrine.
- Parmi les objets en bois nous citerons : une sorte d’assiette creuse, trois petits vases dont l’un avait une anse très délicatement travaillée, des pochons avec leurs manches et en bon état, un arc en bois d'if, un joug d’attelage pour bœufs, merveilleuse-
- Fig. 1. — La pirogue.
- Fis- ±
- ment conservé1; sans parler des objets d’os et de silex, des bois de cerf, des poteries, un crâne d’ours, des os de cerf, de daim, de sanglier, de castor, de chien, de cheval, de bœuf, etc., et quelques ossements humains qui n’ont pas encore permis de déterminer à quelle race ils appartenaient. Puis des fragments de tissus et de cordes en lin.
- Mais la découverte la plus curieuse est celle de •
- trois pirogues d'inégales dimensions et de conservation très différente.
- Les débris de tleux d’entre elles sont conservés aux Musées de Dole et de Saint-Claude ; la troisième, à peu près entière, est à celui de Lons-le-Saunier. C’est un des plus beaux spécimens connus d’objets de cette nature creusés dans un tronc de chêne. Elle a 9"',ô5 de longueur ; à l’intérieur elle mesure 0m,80 de largeur sur 0"‘,t)0 de profondeur. La proue, légèrement relevée, s’allonge en pointe pour fendre l’eau; sa cavité, de ce coté, est limitée par une planchette de sapin encastrée dans une rainure et formant un auget transversal destiné à
- loger de petits objets. Le fond, très uni, est percé de trois trous rectangulaires formés par des lem-pons de bois.
- Comme toujours, nous res' tons impuissants à dater ces ancestraux débris. Mais nous tenons à remercier M. le professeur Girardot,
- de (pii nous tenons ces détails, et à signaler la bienveillance delà famille de Chalain, quia donné pour les fouilles scientifiques toutes les autorisations utiles, et (pii a abandonné,au Musée de Lons-le-Saunier,son droit de propriété sur les objets découverts. M. P.
- 1 Actuellement au Musée de Saint-Claude.
- Objets trouvés.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus , 9.
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- LA AA TL UE.
- L’ART DE LA BONNE DICTION ET LA CHRONOPHOTÜGRAPM1E DE LA PAROLE
- « Je 11'hésite pas à déclarer, écrivait récemment, dans une brochure suggestive, un éducateur des plus écoutés, AI. (leorges Rossignol, inspecteur d’Académie, «pie la lecture est un des (dus mal compris de nos exercices scolaires, qu'il s'agisse de nos lycées, aussi bien que de nos écoles proprement dites. Partout on lit vite, on lit mal, avec des intonations déplorables, puisqu’elles sont inintelligibles.... L’habitude en est si bien prise que dans beaucoup de classes et d'écoles si, tout d'un coup, un élève se mettait à lire d’une façon intelligente, expressive, avec des intonations vraies et les nuances
- voulues, il aurait un véritable succès de fou rire1. »
- Evidemment on lit mal, pendant et après l'école. Et on lit mal parce qu'il n’y a pas eu, jusqu’à ce jour, dans renseignement, de vraie méthode, ni d’encouragements réels en matière de lecture et de récitation. On n'a eu en vue que l'exercice mécanique parce qu’on n’a considéré îa bonne diction que comme un passe-temps de privilégiés et qu’on a ignoré 1'inlluence physiologique du placement de la voix sur le bon fonctionnement des organes de la respiration.
- « Pourtant, ajoute AL Georges Rossignol, une classe où tout le monde lit intelligemment, même les
- Positions diverses de lu
- pluspetits à peine évadés de la lecluve mécanique, est une classe transformée, toute vivante, toute vibrante ; car enlin qu’il s’agisse d’arithmétique ou d'histoire, tout travail, donc tout progrès, part d’une lecture. 11 faut savoir lire son livre ou son cahier d’histoire ; j’entends le lire, non pas mécaniquement, mais intelligemment. »
- Presque en même temps <{ue AI. Rossignol constatait par expérience combien il serait utile de bien lire, un professeur de diction à la Sociétéd'Enseignement moderne de Paris, AI. Andréyor, <|ui enseigne l’art de lire et de dire, non seulement aux grands, mais à des tout petits, à ceux qui sont à peine évadés de la lecture mécanique, prouvait par l’exemple «{ne l’articulation raisonnée et la façon d’émettre le son, de développer les organes respiratoires, de faire
- 33e amitié. — 2° semestre.
- bouche pour lu diction.
- travailler les muscles inspirateurs, peuvent autant consolider et perfectionner les organes respiratoires que corriger des défauts déplorables de diction et de prononciation.
- Il s’en suivrait que la bonne diction serait susceptible d’une méthode siire, basée sur l’observation scientifique exclusivement, sur la conformation anatomique de nos organes de la voix et constituerait alors un exercice mécanique aussi salutaire a l’organisme, quela gymnastique ou la marche par exemple.
- Le fait méritait d’être observé et démontré. Il y a «juelques années déjà, au cours de patientes expériences, le IK Alarage et le professeur Jules Leforl étaient parvenus à faire articuler nettement le son
- 1 Notes et conseüs d'inspection, par M. Georges Rossignol, inspecteur <TAcadémie à Chàteauroux -Indre).
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- des voyelles, l'an à des blocs de plâtre adoptant les diverses formes de la cavité buccale, l’autre à un appareil d’un autre genre mais toujours actionné par un courant d’air. Ils avaient prouvé ainsi que les deux principaux agents de la voix en matière de bonne diction sont : 1° Son appui dans l'émission ; 2° la forme de la cavité buccale dans l’articulation.
- A l’état de nature les cordes vocales ne produisent le son qu’actionnées par le poumon. « C’est donc à la base du poumon, à la hauteur de l'épigastre et non ailleurs que doit s’établir la table de vibration sur laquelle s’appuiera la voix dans l’émission. Quel que soit le son à émettre, la voix n'a, en réalité, qu une seule place comme point d’appui1 2.
- Très rares, je dois le dire, sont les professeurs de diction qui partent de ce principe, simplement basé sur la connaissance de la conformation humaine. Aussi que de voix fabriquées, que d’organes de tète ou de gorge, vite brisés, chez des comédiens ou des chanteurs à qui on n’a pas appris à se servir de cet instrument solide et puissant pour qui sait l’employer: l'appui de la voix dans l'émission.
- La forme de la cavité buccale dans l'articulation, qui permet l’uniformité mécanique de la prononciation, conduit infailliblement, inconsciemment, l’élève — car tout s’enchaîne — à ne pas déplacer l’appui dans l’émission des sons et à le maintenir à la base du poumon, une fois placé à la suite de quelques exercices soutenus. M. Andréyor, au cours d’expériences reprises au laboratoire physiologique de l'institut Marey, et fixées par la ehronophotographie, a récemment démontré que, quelque lenteur ou quelque rapidité « que l’on donne au débit de la parole, l’appui de la voix et la forme de la cavité buccale dans l’articulation doivent rester les mêmes pour les mêmes sons émis. 11 n’y a qu’une forme à adopter pour tous les individus pour prononcer clairement et nettement ».
- On avait prétendu le contraire à la suite d'expériences de lecture expressive chronophotographiées en 1876*. Il en avait paru résulter que, suivant la vitesse ou la lenteur de l’émission des sons, la forme de la cavité buccale différait dans l’articulation. Il n’en était rien ; l’examen attentif des causes et des effets prouve jusqu’à l’évidence qu’un facteur important avait été négligé par les expérimentateurs. Leur lecteur avait des défauts de prononciation qui faussaient l'expérience; les mêmes voyelles n’étaient pas émises avec les mêmes sons; l’accent incorrect, peu mis en relief par l’audition, était révélé par la ehronophotographie. Car tel accent uniforme — bon ou mauvais: il importe peu — doit donner, vite ou lentement, le même aspect, toujours uniforme, de la cavité buccale dans l'émission. En conséquence, la bonne prononciation, ce qu'on est convenu d’appeler le bon accent, ne doit donner
- 1 Andrévor. Luttes de déclamation à la Société ifenseignement moderne et à 1 Ecole supérieure de déclamation, Paris.
- 2 La ehronophotographie de la parole, \>ar H. Mariclietle, dans la Voix, 1902. — Yoy. n» 949, du 8 août 1891, p. 158.
- que des formes identiques entre elles de la cavité buccale pour telle ou telle émission de sons. C’est ce que démontre la ehronophotographie.
- En partant de ce principe, si les formes de la cavité buccale, pour une bonne prononciation, sont fixées pour l’exemple par la ehronophotographie, elles pourront servir de types pour l’enseignement de la bonne diction.
- De là à appliquer cette méthode pour la correction du mauvais accent briseur ou entraveur de carrières dans ce temps de struggle for life, afin d’obtenir l’uniformité de prononciation si désirable et si négligée pourtant en France, il n’y avait qu'un pas.
- L’application de cette méthode si facile à vulgariser doit être bonne, puisqu’il a suffi à son auteur de quelques séances pour obtenir des transformations rapides de la voix et de l’accent chez des élèves !
- Quand on songe qu’au Théâtre-Français même, où aurait dû se réfugier la parfaite diction, on ne prononce peut-être pas toujours correctement, qu’on y entend le mot secrétaire prononcé de trois manières différentes; s'erétaire, secrétaire, secrétaire ! et désir : d'sir, désir, désir! et ainsi pour quantité de mots, n’y a-t-il pas lieu d’apprécier les règles d’une méthode mécanique qui, en faisant prononcer uniformément les mêmes sons émis, arriverait à rendre intelligibles et compréhensibles, entre tous les Français, tous les mots de la langue française.
- La base fondamentale de la méthode de Diction française que M. Andréyor a adoptée repose sur les trois uniques positions de la bouche, représentées pour U, I, A dans la figure ci-jointe, et sur leurs dérivées s’ouvrant par gradation, mais sans perdre la forme initiale. Pour U, la bouche est fermée et jetée en avant; pour I, la bouche est ramenée en sourire; pour A, la bouche est ouverte en hauteur. Dans la prononciation de AN, A, E, les dents disparaissent.
- Et c’est tout: le reste, qui est de l’initiative et de la science du professeur et appartient à l’art d’enseigner, est basé là-dessus.
- Mais il est facile de se convaincre de suite que, pour parler correctement en français, il n'est pas possible de prononcer par exemple AN autrement que la bouche ouverte en hauteur. La ramener en sourire donnerait la prononciation défectueuse de E1N pour AN des habitants du Midi et du Sud-Ouest. Et ainsi pour tous les autres sons.
- La conclusion qui se dégage de ce qui précède est que, dans les écoles normales d’instituteurs, dans les collèges et lycées ainsi que dans tous les autres * établissements d’éducation secondaire et primaire, un enseignement de prononciation française et de diction devrait être donné. Il n’absorberait que quelques minutes prises, au besoin, sur le temps consacré à la gymnastique acrobatique. Il en résulterait une amélioration très grande dans l’accent des provinces, une meilleure phonétique, la suppression d'innombrables défauts de langue qui nuisent tant à une foule de sujets d'élite. 11 en résulterait en même temps le développement et la consolidation
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- de 1 appareil respiratoire. Ce serait déjà beaucoup.
- Mais un tel enseignement ferait naître en France le goût de la lecture expressive, pour le plus grand prolit de la vulgarisation des belles œuvres de la pensée qu’on ne connaît souvent que de réputation dans le grand public, car on ne goûte bien que ce qu on lit ou entend bien. Charles Ruffart.
- LES EAliX ALIMENTAIRES DE PARIS
- Depuis que les découvertes de Pasteur sur les microbes, et depuis que les récentes recherches sur la circulation des eaux souterraines ont fait connaître la réalité et les dangers de la transmission des plus graves maladies (lièvre typhoïde, choléra, dysenterie, etc.) par l’eau soi-disant potable (théorie h\-drique), il est peu de questions qui aient passionné 1 opinion publique au même degré que celle relative à *1 alimentation de la capitale en prétendues eaux de source. Les polémiques les plus ardentes se sont engagées non seulement parmi les corps savants, et au Conseil municipal, mais encore jusque dans le Parlement. Il laudrait un volume, auquel je songe et auquel M. Ed. Imbeaux a déjà préludé1, pour résumer très succinctement ce qui concerne ce grave sujet. En quelques lignes, il n'est possible que de mettre au point, d’une façon générale, l'état actuel, sincère et véridique des choses. En toute impartialité, voici, d’après les renseignements les plus authentiques et les mieux contrôlés par des investigations personnelles, comment elles se présentent en réalité au début de 1905.
- Ainsi que l’a déclaré formellement M. Duclaux, il est certain que les eaux de la Dhuis, de la Vanne et de l’Avre, amenées à Paris au prix de tant de millions et de si remarquables travaux, n’ont nullement la pureté hygiénique que Belgrand leur avait supposée, il y a 50 ans. Mais, et toujours conformément a 1 avis de M. Duclaux, l'œuvre de Belgrand ne doit pas être attaquée ; d’abord parce que,/le son temps, on ignorait à la fois et les microbes, et Y absence de filtrage dans les calcaires fissurés; ensuite, parce que, meme à présent, on n’a pas encore trouvé d’autre moyen de fournir à Paris la quantité voulue d eau fraîche et pure. Ceci nettement déclaré, voyons comment on a cherché à résoudre le problème. Pour mettre fin aux discussions soulevées, pour couper court aux contestations, et pour rassurer les eraintils, la Ville de Paris a, depuis J899,jrepris complètement l’élude scientifique des origines de la Dhuis, de la A amie, de l’Avre, de la Vigne, aux points de vue géologique, bactériologique, chimique et hv-drologiquc. Elle a chargé de ce travail la Commission spéciale de perfectionnement de l'Observatoire municipal de Montsouris; les études météorologiques et recherches géologiques, les constatations médicales et les expériences de communication à la fluorescéine
- 1 Les eaux de Paris, Versailles et ht banlieue, Paris. Dunod, 1904, in-8°.
- ont été multipliées avec le plus grand détail par MM. A. J. Martin, 11. Thierry, Albert Lévy, Miquel, Janet, Diénert, Babinet, Le Couppey delà Foresl, Marboutin, membres de la Commission; leurs longs et remarquables rapports, insérés dans les trois gros volumes déjà publiés par la Ville de Paris sur les Travaux relatifs à ses eaux d'alimentation pendant les années 1899, 1900, 1901 et 1902 1 permettent de formuler les conclusions précises suivantes :
- Les eaux des régions considérées paraissent circuler plutôt dans un réseau complexe de tissures parcourues par des ruisseaux souterrains que dans une véritable nappe continue.
- Les tissures communiquent entre elles de mille manières impossibles à déterminer et par voie d'anastomoses multiples.
- Certaines cependant constituent des courants tout à fait indépendants.
- La contamination des eaux souterraines par les hé* foires (ou gouffres absorbants) est toujours possible, et le filtrage n’est jamais assuré naturellement ; mais il n’y a danger réel que si des déjections de typhiques, etc., sont imprudemment jetées dans les ruisseaux, absorbées et véhiculées ainsi jusqu’au réseau hydrologique souterrain. Encore faut-il, la plupart du temps, que des pluies locales, dans les régions qui constituent les bassins alimentaires des sources, donnent lieu aux ruissellements superficiels qui entraîneront les bactéries, ptomaïnes, toxines,etc., dans les fissures par où elles rejoindront le réseau souterrain.
- C est-à-dire que les resurgences dites sources de la Dhuis, de la Vanne, de l’Avre, de la Vigne, ne risquent d’envoyer des maladies contagieuses à Paris que si une épidémie éclate ou si des cas se déclarent dans la zone des absorptions des rus supérieurs.
- Ce n’est donc que temporairement et fortuitement que le péril peut se manifester ; mais il sévit alors rapidement et risque de s’étendre gravement.
- Boucher ou protéger les points d’absorption a été reconnu impraticable ; ils se rouvriront ou se reformeront plus loin, ou seront forcés par des voisins sans scrupules.
- La mesure la plus efficace à laquelle on s’est arreté quant à présent, est celle dite de la « surveillance médicale », imaginée par M. Duclaux. Les docteurs de la région des points d’absorptions sont chargés d'y surveiller la santé publique, — d’empêcher le jet des déjections ou autres éléments de contamination dans les bétoires, — d’assurer leur combustion sur [dace, — de prendre toutes mesures de désinfection, — enlin d’aviser les services compétents de la \ ille de Paris pour faire surveiller, dès la moindre alerte, les changements bactériologiques des résurgences et pour faire, en temps utile, mettre en déchargé, c’est-à-dire en suspension temporaire, les aqueducs de la Dhuis, de la Vanne, de l’Avre-Vigne, dès que leur eau semble devenir suspecte. Si ce système de précautions est rigoureusement appli-1 Paris, imprimerie Cliaix, 1901, 1902 et 1903.
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- LA NATURE.
- Us
- qué, un peut espérer qu'aucun accident ne se produira plus de ee enté.
- L'est sa mise eu pratique qui, depuis quelques années, l'ait paiTuis apparaître sur les murs de Paris ees troublantes affiches invitant à « l'aire bouillir l’eau ». Trop souvent la population, peu au courant de la situation, prend pour une menace ces avis qui sont, bien au contraire, une salutaire précaution. Uu’elle se détrompe donc, et qu'elle sache que la redoutée affiche blanche est une excellente sauvegarde : ou la placarde quand les médecins consciencieux, les hydrologues expérimentés, les savants de
- laboratoire (par exemple grâce au nouveau procédé de mesure de la variation de résistance électrique des eaux, selon leur plus ou moins grande pureté) prévoient que, dans [tins ou moins de 48 heures, le terrible bacille d'Lbertli peut porter dans telle ou telle région de Paris la dotbiénenlbérie ou fièvre typhoïde. Alors l'habitant est invité à se métier, à prendre la précaution de boire de l’eau bouillie, et c'est comme un précieux conseil qu'il doit regarder celte invitation.
- Certes, je ne veux point dire (et aucun membre des services administratifs ne le prétend d’ailleurs) que
- Zone d'aut d'. Ivre*
- Réservoirs de Sf Cioiu/
- Zone d'eau de Dhuis. Réservons de Méndmontant
- | ^ j Zone de distribution* éventuelle* d/eau/filtrée*
- Usines de SlMaur et d. Jvry
- Fig. 1. — Càite de la distribution des eaux de Paris.
- tout soit ainsi pour le mieux. Mais il est nécessaire que les Parisiens soient bien convaincus de ceci : le problème de leur alimentation en eau abondante, pure et fraîche est une quasi-impossibilité dans les conditions géologiques de ce que l’on nomme le bassin de Paris. Je répète que, jusqu’à présent, on n’a trouvé aucune solution meilleure que celle réalisée parRelgrand, dont les sources sont bonnes pendant la très majeure partie de l'année (je ne veux pas dire de chiffres proportionnels, forcément trop approximatifs). Demander plus en l'état contemporain de la science est impossible. On sait pour quelles nombreuses raisons le projet du lac Léman
- à Paris n’a pas pu aboutir encore. Les eaux artésiennes sont I rop chaudes et s’épuiseraient vite (l’expérience l’a montré en'Amérique, notamment à Denver). D’innombrables procédés (que nous décrira ici même notre collaborateur M. Bonjean) rivalisent de nos jours pour résoudre le problème du filtrage ou de l’épuration des eaux de rivière ; beaucoup de ces systèmes méritent bien plus de confiance qu’on ne le croit en général, mais se heurtent toujours à l’écueil de donner, en été, une eau insuffisamment fraîche ou à celui d’être inefficace sur des eaux pas assez impures \ C’est surtout quand, dans la période caniculaire, le gaspillage des eaux dites de
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- LA NATURE.
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- sources (généralement réduites alors dans leur débit) dépassé toute mesure, que le recours aux eaux arti-liciellement filtrées est mal accueilli par la population : celle-ci pourrait l’éviter en modérant l’ouverture abusive de ses robinets, mais il est vain de lui demander pareille sagesse et il faut chercher un autre
- Fig. 2. — Une perte de l'Avre.
- possibilité de cette maladie, les quartiers pourvus d’eau filtrée peuvent, d’une manière générale, la consommer sans crainte.
- Le perfectionnement définitif des systèmes de fil-Irage ou d’épuration, la rigoureuse surveillance médicale, ne sont pas nos seuls desiderata : il serait bien à souhaiter que, désormais, les grandes manœuvres, les gros mouvements de troupes n’eussent plus
- régions à sols fissurés, et à eaux souterraines circulant en réseaux et émergeant par des résurgences ; parmi les régiments, en effet, il est toujours (pour des causes diverses, qui font au premier chef, et peut-être avec non moins de retentissement que l'origine hydrique, partie intégrante dcY étiologie de la maladie) des cas au moins isolés de fièvre typhoïde : comment surveiller le malade pendant la période critique, comment l’empêcher de se soulager en plein champ ou derrière une baie, à proximité de quelque fissure, connue ou non, où la prochaine pluie conduira le bacille d’Eberlh dans le lacis des aqueducs souterrains? Ceci, c’est bien l’impossible. Et le seul remède serait la suppression des manœuvres dans les régions à sols fissurés non filtrants (partie du bassin de Paris, Jura, Alpes
- remède. Ne, doutons point que le progrès, sans cesse en marche, ne finisse par venir .à bout de la difficulté.
- Toujours est-il que, dès maintenant, l’appoint des eaux dites filtrées est, à Paris, un sérieux adjuvant; et que, quand la fameuse affiche blanche annonce non pas la fièvre typhoïde, mais la crainte ou la
- Fig. ô. — Lavoir rte Boissy-le-Sec.
- calcaires, Causses, Ouest, etc.). Mais les nécessités de la défense nationale et de l’instruction militaire permettraient-elles semblables mesures? Tout récemment, on a créé un grand camp sur le plateau du Larzac, dans l’Aveyron. Qui sait quelle influence
- il ne tardera pas à avoir sur la qualité des sources vauclusiennes ou résurgences, qui jaillissent à la base et au pourtour de ce plateau (Sorgues, Greis-sels, Esperelle, Ihirzon, Vis, etc., etc.). J’arrête ici des considérations qui m’entraîneraient, trop loin, surtout si je me laissais aller à des citations de faits désastreusement probants.
- L’incapacité filtrante des terrains fissurés vient d’être une fois de plus prouvée par l’originale recherche de M. L. Cayeux ; en analysant les résidus ocreux, laissés sur les filtres par les eaux de sources qui alimentent Paris, il y a recueilli les minéraux des terrains où s’engouffrent et que traversent les ruissellements originaires de ces résurgences1.
- Pour fixer les idées, les quatre figures ci-jointes montrent ; une perte progressive de l’Avre (fig. 2) supérieure (entre la Lambergerie et Yerneuil) con-taminable par les pluies violentes : ensuite le lavoir 1 C. R. Ar. Se., 17 juillet 1905.
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- LA NA TURF.
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- de Ijoissy-le-Sec (en amont des sources) (?) de Rneil ffig. 5), qui perd ses eaux dans les fissures du sol : c'est le <levo\r impérieux des médecins régionaux d'empêcher qu'on y lave des linges de typhiques! puis, une perte (à sec) dans la forêt de Rouges-Fosses (lig. \),en amont de la source delà Rhuis;—enfin (d'après le hullelin du Conseil d’Hygiène publique de la Seine du 25 novembre 1 î)04), la carte de répartition des eaux dans Paris (fig. I ) : on y verra quels sont, respectivement, les quartiers alimentés, soit en eau d’Avre, soit en eau de Vanne, soit en eau de Rhuis, qui peuvent être affichés en blanc, suivant <pie l'un des trois aqueducs est suspecté par la surveillance médicale. On y a indiqué aussi les zones parisiennes qui étaient pourvues à différentes dates du service auxiliaire des eaux filtrées.
- Kt de tout ce qui précède, qu’on retienne seulement ceci : assurément les sources, captées à si grands f rais pour Paris, ne sont pas perpétuellement pures ; mais la perfection n’est pas de ce monde ! Or on connaît maintenant et, dans leurs moindres minuties, les conditions temporaires de leur éventuelle et dangereuse contamination : les savants techniciens chargés de ces services publics sont en perpétuel éveil pour corriger la situation ; on peut être assuré de leur sollicitude absolue pour la perfectibilité réalisable; les pouvoirs publics eux-mêmes surveillent de très près et constamment tout ce qui touche à la santé générale.
- 11 est permis de mettre un terme aux discussions trop souvent de parti pris qui ne serviraient plus maintenant à rien. Si les eaux de Paris sont sujettes à de passagères et accidentelles infections, les plus grands efforts sont en permanence accomplis pour en assurer l’amélioration. Personne ne met plus en doute le double risque du jeu du microbe et des fissures; et tout le monde rivalise de zèle pour y faire échec.
- Comme preuve- concluante et comme dernier mot, la mortalité par la fièvre typhoïde a décru à Paris, depuis vingt ans, d'une façon constante et générale. Les à-coups hydriques sont de moins en moins violents et continueront à fléchir, à la seule condition qu'on ne se départisse en rien de la rigueur des précautions maintenant reconnues nécessaires !
- Notre capitale est aujourd’hui une des plus saines de toute l'Europe1. Le Br Imbeaux, ingénieur de la ville de Nancy, a dressé, d’après les documents statistiques du ministère de l’Intérieur, un tableau comparatif duquel il résulte que l’hygiène des 56 principales villes de France s’est, considérablement améliorée depuis 1886. La mortalité était, pour Paris, en 1886, 24,50 pour 1000 (dont 0,452 typh.) ; elle a été, en 1905, 17,45 pour 1000 (dont 0,195 typli.). Que Paris accepte donc sans murmure, chaque année, et en attendant mieux, quelques sporadiques jours d’eau bouillie ! E.-A. Martfx.
- 1 Yoy. n° 1659, <tn 11 mars 1905. p. 250.
- LES ORAGES DANS LA RÉGION PARISIENNE
- D’après les observations anciennes faites à Paris, on comptait en moyenne douze à quatorze jours d’orage chaque année, appelant comme jours d’orages ceux au cours desquels on a entendu tonner; dans ces conditions, les années les plus orageuses n'en donnaient que 22 ; actuellement on observe sur Paris plus de 50 jours d’orage par an; or, il est difficile d’affirmer que le nombre en a doublé depuis un siècle, il semble plus probable que les registres d’observations de cette époque ne mentionnaient que les orages zénithaux et que, par suite, un certain nombre échappaient à l’attention des observateurs. Quoi qu’il en soit et en tenant seulement compte des jours pendant lesquels on a entendu tonner sur un point quelconque de Paris, ou sur sa banlieue tout à fait limitrophe, on arrive ainsi, de 1875 à 1905, à un total moyen de 55 journées orageuses par an. Il y a des orages dans tous les mois d’avril à octobre, soit : 5 jours en avril, 5 en mai, 7 en juin, G en juillet, 6 en août, 5 en septembre et 1 en octobre. Ils atteignent leur maximum en juin. La période orageuse se répartit sur environ 200 jours, quelquefois moins, et il est rare qu’elle ne soit que de 102 jours comme en 1885.
- 11 y a aussi des orages en hiver, et ceux-là échappent moins à l’observation, car ils impressionnent davantage et sont par suite plus remarqués; en ces dernières années, ils ont même eu quelque fréquence vers la fin de décembre ainsi qu’en janvier et février. Ces orages d’hiver sont des orages de dépression, et an moment où ils se produisent, on constate presque toujours une pression barométrique un peu basse et une prédominance marquée des vents de sud-ouest, et dans bien des cas les averses qu’ils donnent sont mêlées de neige.
- Il est assez fréquent à Paris d’avoir des orages pendant 2 ou 5 jours consécutifs, il est plus rare d’en avoir 4 ou ?> ; mais si l’on compte les journées successives pendant lesquelles de Paris on aura entendu tonner ou seulement vu des éclairs à l’horizon, on a pu ainsi en noter assez souvent G ou 7 et même exceptionnellement une dizaine. Bien que nous n’ayons pas de règle absolue pour la périodicité des orages, on a cependant remarqué qu’ils se reproduisaient plus fréquemment à certaines époques de l’année, ainsi en avril les 25-26 et le 28, en mai les 9, 12, 21, 24-25 (max.) et le 50; en juin les 2,6, 8(max.), 18 et les 28-29 ; en juillet les 2, 9,15, 17 et le 27 (max.) ; en août les 10, 14-15, 19 (max.) et les 25-24; en septembre les 2 (max.), 14 et 21 ; en octobre les 7, 11, IG (max.) et les 21-22.
- Pendant la journée les orages éclatent principalement de 2 à 4 heures du soir, c’est-à-dire vers le moment du maximum de température, on remarque aussi surtout en été un assez grand nombre d’orages vers 8 heures du soir. En général les orages qui sévissent sur Paris viennent pour la plus grande partie d'entre le Sud et l’Ouest (56 pour 100) et leur trajectoire dans le département de la Seine paraît suivre principalement la vallée du fleuve, ainsi que celles de la Bièvre et de la Marne. On a pensé aussi que la composition de l’atmosphère des cités industrielles pourrait avoir une certaine influence sur la fréquence des orages, et quelque réserve qu’on puisse faire sur les causes auxquelles on doit attribuer la variation hebdomadaire, on constate cependant que pour Paris, d’après 31 années d’observations, la fréquence des orages augmente très rapidement du lundi au mardi pour décroître ensuite; il y a un minimum les vendredi et
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- LA NATURE.
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- samedi, puis brusquement les orages augmentent pour atteindre leur maximum le dimanche.
- En général, au début d’un orage, on constate une variation brusque de la pression atmosphérique, le plus souvent de quelques dixièmes de millimètre, mais qui atteint quelquefois de 1 à 2 millimètres et c’est au moment où le vent change de direction en marquant ce changement par un coup de vent très fort mais durant peu. ha variation de température est aussi très grande, quelquefois on enregistre un abaissement de 10 à 16°. Enfin, au cours des mouvements orageux, il se produit des trombes : on a encore présente à la mémoire celle du 10 septembre 1800 qui causa de nombreux et importants dégâts à Paris, trombe qui en passant sur la tour Saint-Jacques détermina une dénivellation de fi millimètres de la colonne mercurielle.
- A Paris, en raison du bruit de la ville, les coups de tonnerre un peu éloignés sont rarement entendus. On sait qu’il est assez facile de se rendre compte de la distance la plus courte de l’éclair à l’observateur, en comptant le nombre de secondes qui s’écoule entre l’apparition de l’éclair et le moment où on perçoit le bruit du tonnerre et en multipliant le nombre par la vitesse du son (555 m. par seconde). Du centre de Paris il est difficile de percevoir le bruit du tonnerre lorsqu’il se produit au delà d’une vingtaine de secondes après l’éclair. On a cependant constaté dans des conditions tout à fait exceptionnelles un intervalle de 72 secondes, c’est-à-dire un coup de tonnerre entendu à environ 2i kilomètres.
- Les constructions, par la multiplicité de leurs pièces et canalisations métalliques reliées au sol, assurent un écoulement facile à l’électricité atmosphérique; aussi, sur la ville même, les coups de foudre causant de grands dégâts sont assez rares; ainsi par exemple, depuis 1865, on ne note que 16 incendies dont l’origine peut être attribuée à la foudre. Nous avons remarqué que la foudre parait choisir certains points de préférence, et lors d’un orage récent, au cours duquel la foudre avait frappé un immeuble de la rue d’Avron, nous avons appris pendant notre enquête que quelques années auparavant un coup de foudre avait déjà causé des dommages dans la maison voisine. Sur le boulevard Jourdan, nous avons vu deux arbres, distants de quelques mètres, frappés à un an d’intervalle par la foudre, le même fait a été constaté avenue du Maine, ainsi qu’à Clamart, etc. ; une statistique, faite convenablement, fournirait d’utiles indications sur les préférences de la foudre.
- Il y a très peu de personnes frappées par la foudre à Paris; d’ailleurs, dans les grandes villes comme Londres, Berlin, Paris, les foudroyés sont d’une extrême rareté. Pour Paris cette protection s’étend même à tout le département de la Seine qui forme comme un anneau autour de la capitale. Depuis 1855 jusqu’en 1900, on a compté 48 victimes de la foudre dans le département de la Seine et 65 en Seine-et-Oise.
- Les orages sont accompagnés d’averses quelquefois torrentielles; parmi les plus remarquables nous signalerons celles du 29 mai 1901 qui donnèrent en 1 heure : 80 millimètres d’eau à Saint-Victor et 60 au Panthéon ; si on estime, en général, de 40 à 50 millimètres la tranche d’eau que peut fournir en moyenne une averse orageuse d’une durée de 1 heure sur Paris, on voit (pie cette moyenne peut être beaucoup dépassée dans des cas exceptionnels. On observe aussi en temps d’orage des averses beaucoup plus violentes, mais de très courte durée ; ainsi pendant les orages des 8 septembre
- 1880 (parc Saint-Maur), 5 septembre 1891 et 25 juillet 1896 (Montsouris) des averses qui durant seulement de 5 à 8 minutes ont répandu sur le sol 500 litres d’eau par seconde et par hectare ! Les orages donnent aussi de la grêle, mais les nuages à grêle ont rarement sur notre région une grande longueur, le plus souvent 1 à 2 kilomètres et tout à fait exceptionnellement plus de 10 à 12 kilomètres; c’est pourquoi l’étendue d’une chute de grêle ne couvre jamais tout Paris (dans ses limites actuelles); quant à la grosseur des grêlons elle varie de 10 à 20 mm, quelquefois 25 mm, et très rarement davantage.
- JOSKPII J.U’BERT,
- Chef tlu service météorologique (Observatoire municipal, Montsouris et tour Saint-Jacques).
- FONDATIONS ISOLANTES
- CO NT II F. I.F.S BRUTS F.T I.FS TRÉPIDATIONS
- M. Pracbe a fait récemment à la Société des Ingénieurs civils une très intéressante communication sur le svslème des Fondations isolantes contre les bruits et les trépidations qu’il a imaginé avec M. Anlhoni.
- M. Pracbe a d'abord défini les différentes sortes de vibrations et il a distingué les trépidations et les bruits, qui ont eux-mêmes été divisés en plusieurs classes suivant leur mode de transmission. Les bruits transmis par l’air peuvent être atténués par l’interposition d’obstacles; les fondations isolantes suppriment les transmissions par le sol des bruits et des trépidations. M. Pracbe a étudié un grand nombre de matières isolantes diverses, et seul le caoutchouc lui a fourni les trois qualités nécessaires : homogénéité, durée et élasticité suffisante. Par une série de considérations théoriques sur les déformations élastiques du caoutchouc, l’auteur arrive à trouver la formule de la vitesse de propagation des vibrations. Cette vitesse, dans le caoutchouc, peut être amenée à n’ètre que de quelques mètres par seconde. M. Prache a terminé sa communication par une série de projections faisant voir diverses applications. C’est d’abord un balancier de 10 000 kilogrammes établi dans le plus riche quartier de Paris; les voisins déclarent ne plus entendre le bruit et l’appareil fonctionne à quelques mètres de leur hôtel. Des groupes électrogènes de 60 et 120 chevaux peuvent marcher toutes les nuits; avant l’installation, une machine ne pouvait être mise en service même au milieu du jour, bien que montée sur une matière dite isolante. Dans un autre cas, on a pu mettre en marche un moteur à gaz de 25 chevaux sans que les voisins s’en soient aperçus. Un moteur de plus faible puissance, en étage, a été installé, après procès, au-dessus du voisin qui se plaignait.
- M. Prache, en terminant, cite encore l’exemple d’un marteau à battre les cuirs, sur une enclume de 120 millimètres de diamètre, frappant 150 coups par minute. De l’autre côté du mur mitoyen se trouvait couché un enfant malade. Après installation de la machine sur fondations isolantes, M. Ànthoni et M. Prache ont été visiter l’appartement voisin, et il leur a été dit qu’on n’avait pas entendu la machine depuis trois jours.
- Les renseignements fournis par M. Prache prouvent que son système permet d’amortir complètement les bruits et les trépidations; il est très intéressant et peut être appelé, dans nombre de cas, à rendre des services signalés. On sait aujourd’hui en effet, par ex, érience, à la suite des constructions de tout genre qui ont été élevées dans les villes, combien il est utile d’amortir les trépidations. J. L.
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- LA NATüHE.
- I.V2
- IA SUPPRESSION DES ÉCLUSES
- La Compagnie anglaise Grand Junetion Canal Company vient d’installer, à Foxton, dans le Leicestershire, un appareil, qui, avec un mécanisme peu compliqué, est appelé à rendre de grands services à la navigation intérieure de cette partie de l’Angleterre. L’installation en question a été exécutée sous les ordres de M. Gordon Cale Thomas, Ingénieur en chef du Canal, l’inventeur de ce système dont l'objet est d'épargner aux péniches la traversée de 12 écluses.
- L’appareil, 1res simple, comme on le verra plus loin, permet aux chalands, barques et bateaux de
- toutes sortes de passer, avec rapidité et facilité, d’un canal inférieur à un canal supérieur et vice versa, la différence de niveau entre ces deux canaux étant de 75 pieds anglais, c’est-à-dire près de 25 mètres.
- Tout le monde sait (pie les écluses sont indispensables à la navigation sur les canaux; personne n’ignore leur fonctionnement. Mais les mariniers seuls,
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- et ceux qui ont navigué avec eux, connaissent tous les ennuis de l’éclusage, opération longue et fastidieuse, (pii fait perdre à la batellerie un temps considérable et lui coûte souvent fort cher.
- La suppression des écluses est chose à laquelle le commerce applaudira, surtout lorsqu’il saura que le système employé à Foxton offre de grands avan-
- tages, dont les suivants sont les principaux : 1° Plus de gaspillage d’eau, puisqu’il donne une économie de 90 pour 100 sur la quantité employée par l’éclusage. 2° Rapidité de l’opération. Le temps nécessaire au transport de deux bateaux, l’un descendant du canal supérieur et l’autre montant du canal inférieur, est 15 minutes seulement, tandis que 75 minutes eussent été nécessaires pour l’éclusage d’un seul bateau. 5° Ron marché, assuré par la simplicité du fonctionnement des appareils et la main-d'œuvre insignifiante qu’il réclame. Trois hommes seulement sont employés, tous les procédés mis en action étant mécaniques.
- Deux gares d’eau avec bassins sont disposées en bordure sur les canaux, l’une au pied, l’autre au sommet d’un plan incliné, sur lequel sont installées
- 2 séries de 4 voies chacune, soit au total 8 voies.
- Sur les rails voyagent deux chariots qui transportent les bateaux d’un canal dans l’autre ;un des véhicules monte pendant que le second descend.La traction de ce funiculaire se fait au moyen de cables métalliques qui circulent dans des conduits disposés pour les recevoir.
- Les chariots, vraies cuves mobiles en foie d’acier avec armatures en cornières rivées sur les panneaux, sont montés sur 1 fi paires de fortes roues. A chaque extrémité sc trouve un portique métallique avec vannes d’écluses fonctionnant, au moyen de presses hydrauliques.
- La machinerie, qui actionne les cables, les tambours autour desquels ces derniers s’enroulent, les accumulateurs, les presses hydrauliques, etc. , sont abri-
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- LA NATURE.
- tés dans une coquette maisonnette construite près du canal supérieur, à peu de distance du sommet du plan incliné.
- Ce dernier repose sur un massil en maçonnerie avec surface extérieure lisse, enduite en ciment, afin de permettre l'écoulement rapide des pluies.
- Nous avons examiné les avantages du système, nous savons aussi quels sont les organes principaux dont il se compose.
- U nous reste à expliquer son fonctionnement, qui est, d'ailleurs, fort simple.
- Lorsqu’une, péniche doit être passée d’un canal
- dans l’autre, on commence par submerger le chariot qui doit servir au transport. Une des écluses d’extrémité ayant été ouverte sur la cuve, au moyen de l’appareil hydraulique installé ad hoc, l’embarcation pénètre dans le réservoir métallique ; elle y entre tout entière avec son équipage et son fret, sans rien changer à son appareillage, comme si elle continuait sa roule dans le canal qu’elle quitte.
- L’écluse est ensuite refermée et l’opération de roulage commence.
- Des d i s p o s i -tions sont généra-lcment prises pour que la descente d'un bateau se fasse en même temps que la montée d'un de ses congénères ; de cette manière l’équilibre des poids aide au fonctionnement et — chose intéressante — les deux opérations se font au prix d'une seule.
- Les deux cuves roulent remplies d’eau, ce qui a pour avantage de laisser les bateaux dans leur élément naturel.
- Pour délivrer le chaland emprisonné dans la cuve.
- l'opération est aussi simple que celle de son incarcération ; la manœuvre pour la sortie se fait rapidement. Elle est semblable à celle de l’introduction ; dès ([u elle est terminée, l’embarcation, rendue libre,
- continue sa route.
- L’opération, comme nous l’avons dit déjà, n’a duré que 15 minutes ; tout naturellement, sans le moindre effort, la péniche a fait un saut de 25 mètres, qui lui économise le temps et l’argent de 12 éclusages successifs.
- La dépense est insignifiante. L’expérience faite pendant les six derniers mois, prouve que, pour transborder 6000 tonneaux par journée de 12 heures, il n'a été payé • pie 52 francs de frais d’exploitation divers: main-d’œuvre, charbon, huiles, réparations et entretien compris. .
- Les chariots—cuves métalliques—sont construits pour recevoir des canal-boats — péniches —- de 55 tonneaux.
- Environ 190 à 200 bateaux de cette catégorie
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- LA NATURE.
- peuvent faire usage, toutes les 12 heures, du plan incliné et de son funiculaire, sans le moindre danger d’encombrement et sans compter les canots, yachts automobiles, et bateaux de plaisance de toutes sortes, qui peuvent • se faire transborder par l’utile appareil que nous venons de décrire.
- Nos gravures complètent les explications que nous venons de donner. La figure 1 représente le bief inférieur. Le chaland, qui descend, va bientôt pénétrer dans l’eau du canal inférieur, en suivant le plan incliné qui se prolonge dans le lit de la gare d’eau.
- Dès qu’elle sera sortie de la cuve submergée, la péniche qui attend manœuvrera et viendra prendre sa place.
- Pendant l’opération de roulage, les deux chalands marchant, en sens inverse, les équipages assistent, sur le pont de chacune des péniches, au voyage. Au sommet du plan incliné, se trouvent les ascenseurs hydrauliques, dont nous n’avons pas encore parlé, qui transportent les cuves du faîte de la rampe jusque dans le canal supérieur et réciproquement.
- La figure 2 nous fait assister à la sortie, dans le bief supérieur, d’une péniche qui vient de faire le saut de la montagne. Le tablier de la vanne levé, l’embarcation va continuer sa route. La maisonnette qui se trouve à gauche, n’est autre que l'usine élévatoire ; c’est là où s'abritent tous les organes de la mise en marche et du fonctionnement de l’appareil.
- Enfin, la figure 5 nous fait connaître un coin de l’intérieur de l’usine; nous y voyons les tambours autour desquels s’enroulent les câbles métalliques qui servent à la traction des chariots-cuves.
- Nous ne voulons pas insister davantage sur les avantages de ce système. Le grand défaut de la navigation fluviale consiste dans sa lenteur. Le fret pouvant attendre, avec lcs-marchandises qui ne sont pas pressées, est seul permis à la batellerie d’eau douce, qui verrait avec satisfaction disparaître avec l’éclusage la cause principale de la lenteur de sa marche. Will Darvillé.
- LES PROCÉDÉS DE CONSERVATION DES ROIS
- ET LEURS INCONVÉNIENTS
- On s’aperçoit assez souvent que les méthodes ingénieuses, inventées par notre civilisation pour remplacer les méthodes primitives, et beaucoup plus lentes, suivies par nos ancêtres, ne sont pas toujours sans nuire à la qualité réelle des produits obtenus.
- On a pu faire une observation de ce genre pour ce qui est des bois séchés naturellement par une exposition prolongée à l’air, ou des bois séchés rapidement à la vapeur et dans des étuves spéciales. Aussi, en élargissant la question, le service Américain des Forêts a-t-il commencé de se livrer à une série d’études et d’expériences, afin de constater quelle influence peuvent avoir sur la résistance du bois les divers procédés auxquels on le soumet de
- plus en plus pour le conserver ou l’ignifuger. Cette préoccupation se comprend d’autant mieux que beaucoup de spécialistes tiennent les bois traités à la créosote comme beaucoup plus cassants, et moins aptes à subir des efforts que les bois non traités. Ajoutons qu’on pouvait se demander (étant donné que le séchage à la vapeur précède bien souvent le créosotage) si cette fragilité du bois traité ne tenait pas plutôt au passage à la vapeur qu’au créosotage.
- Des essais sont donc poursuivis aux divers points de vue possibles, par les D” Von Schrenk et Hatt. Jusqu’à présent, on a limité les essais au bois dit « loblolly )) aux Etats-Unis, pris à l’état vert ou à l’état sec; et les liquides conservateurs dont on a recherché l’effet sont le chlorure de zinc et la créosote. Nous n’avons pas besoin de dire qu’on procédait méthodiquement pour rendre les diverses épreuves aussi comparables que cela se peut. De plus, on s’était arrangé, ou plus exactement on a installé la station d’essais de manière à pouvoir éprouver la fragilité du bois aussi bien sous des épreuves statiques et des charges appliquées peu à peu que sous des épreuves par choc. Enfin on observait minutieusement les conditions d’humidité et autres, et l’on variait autant que possible les essais.
- On ne peut pas dire que les expériences soient complètement terminées; mais, dès maintenant, elles permettent de tirer des conclusions.
- On a reconnu d’abord que le traitement à la vapeur affaiblit la résistance de la fibre du bois aux efforts statiques comme dynamiques; et l’on peut admettre que la diminution de solidité est presque directement proportionnelle au temps pendant lequel on a fait agir la pression de vapeur. C’est ainsi que l’on a constaté sur du pin .vert un abaissement de 25 pour 100 après qu’on l’eut soumis à une pression de 1,40 kg par centimètre carré durant
- 10 heures; quand la durée du traitement n’était que de 4 heures, l’abaissement était seulement de 10 pour 100. La diminution de résistance croît très rapidement quand la pression dépasse le chiffre que nous venons d’indiquer, et il suffit d’une pression de 5,50 kg par centimètre carré durant 4 heures pour amener la diminution de 25 pour 100.
- Pour ce qui est du traitement par les liquides conservateurs en eux-mêmes, il semble que le chlorure de zinc n’ait pas pour effet de réduire encore la résistance du bois déjà traité à la vapeur (la solution de chlorure employé ne dépassait pas la teneur de 2 1/2 pour 100). On a porté cette teneur à 8 1/2, et l’on n’a pas constaté d’effet nocif immédiat ; mais il faudra voir ultérieurement si la cristallisation du chlorure dans les fibres du bois n’est pas susceptible de les rendre cassantes. Pour la créosote, il semble que son action affaiblissante sur la fibre végétale soit seulement la même que celle d’une quantité égale d’eau pure : ce qui reviendrait à dire que le bois créosoté est assez assimilable (toujours au point de vue de la fragilité) à du bois vert. Et encore ne faut-
- 11 pas perdre de vue que le bois vert se dessèche peu à
- peu, tandis que la créosote demeure dans les pores du bois ; les expérimentateurs américains affirment même-que cette huile se retrouve à l’état liquide primitif dans des bois traités depuis 55 ans. On peut donc en déduire qu’une comparaison entre du bois sec et du bois créosoté sera toujours défavorable à ce dernier, autant qu’il s’agit de sa fragilité. Toutefois, il faut encore poursuivre les observations sur les changements successifs que subit la fibre du bois comme conséquence plus ou moins lointaine du créosotage. P. de M.
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- LE NOUVEAU MÉTROPOLITAIN
- DE NEW-YORK
- Les chemins de fer métropolitains sont à l'ordre du jour, parce que les grandes villes, devenant de plus en plus étendues, doivent offrir h leur population des moyens de transports rapides et bon marché. New-York, où la vie est encore plus intense que dans nos villes européennes, s’est efforcé dès longtemps de développer tous les moyens de communication : il possède un réseau serré de tramways, qui sont maintenant presque tous dotés de la traction électrique. Les elevated sont à traction électrique, ce qui a permis de mettre en circulation un plus grand nombre de trains et à marche bien plus rapide. Ces elevated de New-York s’allongent suivant trois lignes parallèles au grand axe de la ville, et sont complétés par une quatrième ligne qui ne va que jusqu’à Central Park. Tous ces moyens de transport ont un débit énorme, puisque la circulation new-yorkaise dépasse maintenant annuellement 1150 millions de voyageurs. Pourtant ils deviennent insuffisants, et depuis quelques années une commission spéciale a dressé un plan des plus vastes, qui doit assurer un mouvement de 2 milliards de voyageurs.
- Un des projets les plus importants de ce programme consistait en un métropolitain électrique à très grand débit, s’allongeant, lui aussi, suivant le grand axe de l’ile où se trouve New-York, et présentant un embranchement sur Bronx, ce faubourg immense de l’agglomération ; nous pouvons dire tout de suite que ce tracé nécessite deux passages en tunnel sous le petit bras de mer qu’on appelle la Rivière Harlem, l’un pour la ligne principale et directe, l’autre pour l’embranchement. Le tracé est presque partout en souterrain, au moins pour, la ligne principale ; elle est cependant, vers son centre, montée sur un viaduc-en acier, de même que sur une assez grande longueur à son extrémité nord; l’embranchement est moitié en tunnel et moitié en viaduc. Comme la grande ligne est complètement livrée à l’exploitation, le moment nous a semblé opportun de donner quelques détails sur cet immense travail qui a été adjugé pour la somme de 180 millions de francs à l’entrepreneur qui s’en est chargé, M. John R. Mac Donald; celui-ci a repassé le contrat d’exploitation qu’il a signé pour une première période de 50 ans, renouvelable pour 25 années, à une Société appelée Interborough Rapid Transit Co.
- Le développement de ce réseau est de quelque 00 kilomètres. On a établi le tunnel sous des rues où l’on pouvait ouvrir des tranchées, à l’instar de ce qui se fait pour le Métropolitain parisien ; presque partout, sauf aux environs de la Onzième Avenue, où le sol présentait un ressaut énorme, on s’est tenu à une très faible profondeur sous le soi des rues. Entre les voies sont des colonnes d’acier supportant les fermes du toit de la galerie, et un radier et des murailles latérales étanches sont disposés pour
- arrêter toutes infiltrations. Le courant est distribué aux trains par un troisième rail; les rails de roulement sont du type de 50 kg par mètre courant, et cela contribue, avec une grande épaisseur de ballast, à donner une voie très stable. Le troisième rail est protégé sur toute sa longueur par une planche maintenue à bonne hauteur et laissant néanmoins passer les frotteurs des voitures. Les sections de voie entre les gares peuvent être isolées quand il s’y produit un accident, sans que le courant soit interrompu sur les voies parallèles. Nous disons les voies ; c’est qu’en effet, ce métropolitain, sur la plus grande partie de son développement, comporte 5 voies, et sur toute sa première partie, avant que s’en détache l’embranchement de Bronx, il est à quatre voies. Uela a été établi pour permettre un double service, service de trains express et de trains locaux. Les express circulent sur la ou les voies intérieures, en ne s’arrêtant qu'à certaines gares déterminées, situées généralement à 2,500 km de distance, et ils peuvent de la sorte atteindre aisément une vitesse de près 40 km par heure. Pour les trains locaux, ils s’arrêtent partout, et leur vitesse commerciale s’en abaisse d’autant, en dépit de l’accélération rapide que permet la traction électrique par unités multiples. Les express sont composés de 8 voitures, dont 5 automotrices, et les omnibus, qui donnent une allure effective de 25 km, comportent 6 voitures, dont 4 motrices. Ces dernières comportent, dans tous les cas, 2 moteurs électriques de 200 chevaux chacun. Les châssis de tous les véhicules sont en acier. Les express prennent une allure maxima de 75 km dans les alignements ; ils se suivent à deux minutes de distance, et les trains locaux à une minute; un bloc-système absolu a été adopté, qui empêche complètement un convoi de pénétrer dans une section dont les signaux sont fermés. Le système des signaux est électro-pneumatique ; ces signaux sont commandés automatiquement par des pédajes sous le passage des trains, et un doigt vient au besoin ouvrir le frein d’un train cherchant à dépasser un disque.
- Le courant pour la traction sur ce réseau est produit à haute tension, mais il est distribué sous 11 000 volts à huit sous-stations, où il est transformé et converti en courant continu à un potentiel de 625 volts, tension sous laquelle il est envoyé au troisième rail et aux moteurs des voitures.
- Installée dans des proportions gigantesques et dans les conditions les mieux étudiées, la station génératrice est destinée spécialement au Subivay, comme on appelle la nouvelle ligne métropolitaine; mais elle peut être reliée à la station de l’ancien elevated, et, en cas d’avarie à l’une ou à l’autre de ces stations, le courant serait fourni un certain temps aux deux réseaux par la station demeurée en bon état. On a choisi comme emplacement de l’usine un point d’accès facile par eau ou par voie de fer, pour l’apport du combustible; le batiment ne mesure pas moins de 210 m. de long sur 60 m. de large, et il est divisé en deux parties par une muraille longitu-
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- m
- dinale : la partie sud, qui a à peu près 25 m. de large, contient les chaudières et chaufferies, dans l'autre sont les moteurs et les génératrices électriques. Quand la station aura pris tout son développement pour répondre aux besoins du réseau achevé, elle sera partagée en réalité en 5 sections possédant chacune sa cheminée, et comprenant également chacune 12 chaudières et deux machines, réunies individuellement à un alternateur de 5000 kilowatts ; le tout étant complété naturellement par les dispositifs voulus d’alimentation et de condensation . Les dispositions les plus diverses sont prises pour simplifier la conduite de l’usine : c’est ainsi que le haut du bâtiment est partiellement occupé par des magasins à charbon, avec trémies assurant la chute et l’alimentation automatiques du combustible sur les grilles ; quant aux cendres, elles
- sont évacuées par le sous-sol, où circulent des wagonnets destinés à les recevoir; il va de soi que le combustible est déchargé par des courroies porteuses et monté par des chaînes à godets. Au total, la station comptera 72 générateurs, parce qu’il y a aussi une
- section d’éclairage dotée de tur-nines; ces 72 générateurs auront une surface de chauffe de 59 000 mètres carrés, fournissant de la vapeur à une pression de 15ks,50. On compte bientôt adopter la surchauffe pour toute cette énorme usine. Quant aux engins à vapeur ils seront au nombre de 11 machines Allis Chal-mers de 7500 chevaux, mais pouvant donner jusqu’à 11 000 et 12000 chevaux avec surcharge. Si nous ajoutons à cela 4 turbines à vapeur Parsons pour l’éclairage et enfin 2 machines électriques pour l’excitation des divers alternateurs dont il a été question, nous arrivons à constater
- de fer Elevated
- Chemins
- Kilomètres
- Fig. 2. — Plan dos lignes mélropolilaines de New-York.
- une puissance totale et formidable de 152 000 chevaux pour cette gigantesque station. Sans pouvoir insister davantage, nous ferons remarquer que les machines Allis Chalmers agissent deux par deux sur un même arbre où est monté l’alternateur.
- Etant données les condilions dans lesquelles est
- installé ce nouveau Métropolitain, étant données surtout la fréquence des départs, la rapidité des convois, l’existence de trains directs pour les grandes distances, il est évidemment appelé à rendre les plus précieux services à la circulation si intense de New-York. Daniel Rf.i.let.
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- LES LUEURS URÉPUSCUL.URES
- Lus lueurs crépusculaires apparues en 11)0:2 avec une intensité très grande parfois ont vivement attiré l’attention des observateurs, qui ont l'ait à ce sujet de nombreuses études.
- Elles ont été suivies avec une curiosité intéressée par la majorité du public, non seulement à cause de la grande beauté du spectacle, mais aussi à cause du phénomène auquel elles ont
- été tout de suite rapportées. Rappelant beaucoup, avec une moindre intensité par exemple, celles qui ont eu lieu après la colossale éruption du Krakatoa en 1885, les illuminations crépusculaires récentes ont été attribuées, avec juste raison sans doute, à la présence dans l'atmosphère des cendres et poussières d’une ténuité extrême provenant du cataclysme de la
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- Mfl
- Quelques aspects des lueurs crépusculaires.
- Martinique, dont le souvenir iuneste est présent à tous. Dès l’annonce de cette éruption M. Flammarion avait attiré l’attention générale sur le phénomène qui devait se produire, et la prédiction s’est réalisée. De très nombreuses observations ont été laites un peu partout, qui ne trouveraient pas la place d’être exposées ici, non plus que certaines discussions à leur sujet. On se rapportera avec intérêt, pour ces détails, au Bulletin de la Société
- astronomique de France, 1905; à celui de l’Asso-ciation Française pour Vavancement des Sciences, nov. 1904 (note de M. Marchand), à La Nature, 29 nov. 1902, pour les principaux.
- Les quelques restrictions que l’on a pu faire, quant au rattachement de ces phénomènes à l’éruption de la montagne Pelée, proviennent de la discontinuité des apparitions qui effectivement ont eu lieu très inégalement, et sans périodicité déterminée. Et
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- LÀ NATURE.
- puis elles sont très semblables à certains phénomènes déjà observés antérieurement. 11 est certain que souvent l’atmosphère se trouve dans des conditions telles que de magnifiques clartés puissent se produire, mais on ne peut méconnaître que ces apparences ont été singulièrement renforcées depuis 1902, et il est logique de les attribuer à la présence d’un surcroît de matériaux impalpables en suspension dans les hautes couches de l’atmosphère. Les crépuscules ordinaires sont dus à l’illumination directe par la lumière du soleil déjà couché pour l’observateur, tandis que ce qui constitue le phénomène en question ici est produit par le reflet de cette illumination sur les couches encore plus élevées. Les calculs de M. Marchand, à ce sujet, lui ont donné des chiffres variables entre 10 et 40 kilomètres; à l’Observatoire de Juvisy, M. Loisel vient de trouver 16 kilomètres.
- Je voudrais présenter quelques détails des observations que j’ai effectuées — à Ronville, au bord de la mer — sur ces lueurs parce qu’elles ont attiré mon attention à cause de quelques formes très particulières qui méritent d’être signalées, je pense. Les dessins reproduits ici montrent ces aspects, principaux. Il est bien entendu par exemple, étant données la nature et la délicatesse de ces aspects, que ces ligures ne sauraient présenter autre chose qu’un caractère conventionnel destiné à faire ressortir les formes.
- Après l’arc crépusculaire habituel, et de coloration variable, on voit apparaître le phénomène proprement dit. Généralement je l’ai vu sous l’aspect d’un dôme un peu pointu, ou mieux d’une sorte de v aste ogive quelquefois bien définie (fig. n° 1) et dont le maximum de visibilité m’a paru avoir lieu environ une demi-heure après le coucher du soleil. La hase de cette lueur, dont la tonalité est d’un rose orange d’une pureté infinie, m’a paru toujours jaune vert, par effet de contraste sans doute. Quelques rares lois, la forme était plutôt conique (n° 5).
- D’autres fois ce sont des aspects tout différents qui se sont montrés, des sortes de rayons, de largeur et longueur variables, et souvent nettement définis. Dans quelques cas, par exemple le 5 août 1903, la lueur était délimitée d’un côté avec rectitude (n° 6), confinant à une nuance bleu vert s’étendant sur la partie Nord du ciel, tandis que la couleur habituelle du couchant se dégradait fort loin vers le Sud. Cet aspect particulièrement frappant, je l’avais déjà noté le 24 décembre 1902, avec lueur en dôme (il0 5), le dôme n’étant défini que du côté Nord contre le vert bleu.
- Un autre aspect caractéristique est aussi celui des rayons étalés en large éventail. Ces rayons, je les ai aperçus fréquemment, même avant les lueurs de 1902, et surtout par les belles soirées d’été. Mais ils étaient toujours extrêmement pâles et nécessitaient une attention soutenue pour être aperçus nettement. Depuis 1902, ils se sont montrés avec une grande évidence et leur apparition très tardive
- après le coucher du soleil parait être la dernière manifestation visible de la lueur, celle-ci ayant eomméncé par exemple à se montrer en dôme. J'ai pu suivre toute cette transformation’. Mais quelquefois aussi ils se montrent comme le seul aspect nettement défini, ayant été simplement précédés d’une -lueur indéterminée. La figure n° 7 est le plus beau type que j’aie jamais vu, le 28 août 1904, par un ciel absolument pur : les rayons rouges étaient d’une évidence et d’une netteté étonnantes. La figure n° 2 est un type intermédiaire, où de vagues rayons sont mélangés dans une lueur inégalement répartie.
- Ces rayons sont plus apparents que les autres formes avec lesquelles leur connexion semble certaine. La visibilité antérieure montre qu’en tout temps existent des conditions capables de produire ces aspects, poussières ou particules quelconques flottant dans les hautes régions. Mais il y a eu une augmentation incontestable de l’intensité des phénomènes, ainsi que la constatation de faits connexes très importants, couronnes solaires et lunaires, anthélies, diminution de la radiation (Voir les observations de M. Marchand). Tous ces faits, donc, témoignent de l’augmentation des particules solides dans l’atmosphère, d’ailleurs en quantité insuffisante pour s’étendre sur toute la terre, ce qui explique la discontinuité irrégulière par ces sortes de nuages mobiles. On ne voit pas pourquoi cette augmentation des poussières de l’atmosphère ne serait pas due à l’éruption de la Martinique. Actuellement tous ces phénomènes paraissent en voie de décroissance très notable. Luciex Rudaux.
- NÉCROLOGIE
- M. Bichat. — M. Bichat, doyen de la Faculté des sciences de Nancy, est décédé le 26 juillet 1905. Né à Lunéville en 1815, M. E. Bichat entrait en 1866 à l’École normale supérieure. 11 était agrégé de physique en 1869, docteur ès sciences en 1875, et nommé professeur à la Faculté des sciences de Nancy en 1876. Dès 1895, l’Académie des sciences le nommait correspondant de l’Institut. Il était également membre du Conseil supérieur de l’instruction publique et il a pris une part très active à toutes les réformes concernant l’enseignement supérieur et l’enseignement secondaire. Officier de la Légion d’honneur depuis 1900, il avait été conseiller municipal de Nancy de 1886 à 1892. Depuis 1880, il était membre du Conseil général de Meurthe-et-Moselle et il en avait été le président à plusieurs reprises. J. L.
- CHRONIQUE
- Océanographie.—M. Bell Dawson fait depuis dix ans l’étude pratique du régime des marées entre le Labrador et la frontière Sud du Canada. Étant données l’étendue des cotes et l’extrême variété de régimes qu’elles présentent, il a fallu créer huit observatoires et vingt-huit stations secondaires. Les marées atteignent leur maximum d’amplitude dans la baie de Fundy, entre le nouveau Brunswick et la Nouvelle-Écosse, et sont à peine sensibles dans
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- le golfe de Saint-Laurent. Les observations sur le niveau moyen de l’Océan montrent qu’il est sujet à des variations périodiques, du fait de la position des nœuds de l’orbite lunaire et de l'alternance que des théories nouvelles semblent indiquer entre les années sèches et pluvieuses. Il faudra encore deux ou trois périodes avant que l’on puisse formuler une conclusion : les observations de marées, suffisamment prolongées, que l’on possède à Brest fourniraient des points intéressants de comparaison.
- Disparition d'une ile au Japon. — Nous signalions dans notre numéro 1074, du 24 juin 1905, page 02, la formation d’une ile volcanique au Japon. Cette ile, dont les Japonais s’étaient naturellement emparés et qu’ils avaient baptisée Nushima, est en ce moment en voie de disparition. A peine reste-t-il quelques mètres hors de l’eau. Une seule chose est à craindre : c’est que la disparition de l’ile soit incomplète et qu’il reste à sa place un nouvel écueil sous-marin.
- I n nouveau procédé de galvanisation. — La
- méthode a été imaginée par M. Sherard Cowper Cowles, d’où le nom de sherardizing. Le dépôt du zinc sur le fer est obtenu par chauffage des pièces à galvaniser, dans une enceinte où la température est inférieure au point de fusion du zinc (125°) en présence de poudre de gris de zinc. On fait le vide dans l’appareil, pour réduire au minimum l’oxydation du zinc, et l’on ajoute au gris de zinc 5 pour 100 de charbon de bois finement pulvérisé, ce qui maintient une atmosphère réductrice d’oxyde de carbone. Si le métal est bien débarrassé de toute rouille (les matières grasses au contraire ne nuisant point), la couche de zinc est homogène, d’un grain serré; il se forme sans doute d’abord un alliage fer-zinc qui lie intimement le zinc au métal sous-jacent. Le procédé n’entraîne aucune perte de zinc.
- Fos, la ville sous-marine. — La légende bretonne prétend qu’une ville est ensevelie sous les eaux du golfe de Douarnenez : c’est la fameuse Ys, domaine du roi Graalon. D’après une récente étude de M. David-Martin, il semble qu’il existe réellement une telle ville sous-marine sur les bords de la Méditerranée, à côté du village de Fos. En effet, les baigneurs ramassent sur la plage de nombreuses poteries, certainement romaines, apportées par les flots, et les pécheurs affirment reconnaître, sous les eaux, des maisons et des rues. La fréquence des phénomènes de changement de niveau des rivages dans la Méditerranée, attestée par le fameux temple de Sérapis, permet de croire à la possibilité d’un tel fait.
- Radioactivité des thermes de Gastein. — M. II. Mâche signale que l’eau et le gaz des Thermes de Gastein renferment une grande quantité d’émanation radioactive ayant la même constante de décroissance que celle du radium. D’autre part la radioactivité est conservée dans un échantillon des boues conservé depuis quarante-cinq ans. D’après l’auteur, l’élément agissant sur les eaux dans les profondeurs serait b* radium lui-mèine.
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- A G A1 > É MIE DES SCIENCES
- Séance du 51 juillet 1905. — Présidence de M. Poixcaué.
- Découverte d’un nouvel hématozoaire. — M. Laveran annonce qu’ayant eu l’occasion d’étudier des préparations provenant de sang de gerboises des enviions de Kharloum il a trouvé une hémogrégarine nouvelle. Ces préparations ont été envoyées à M. Laveran par M. Balfour. Il a trouvé la même hémogrégarine sur des gerboises de Tunisie.
- L’intérêt spécial de la découverte tient dans cette particularité que l’animalcule affecte une forme qui n’avait jamais été observée sur des animaux à sang chaud et que l’on croyait propre aux animaux à sang froid.
- Histoire de la théorie des taches solaires. — M. Bi-gourdan présente un mémoire rédigé par M. Ernest Lebon relatif à « l’histoire des hypothèses sur la nature des taches du soleil ». Ce mémoire a déjà été lu au Congrès international de philosophie tenu à Genève, en septembre 1904. M. Bigourdan rappelle à ce sujet que l’auteur s’est fait connaître par son histoire sur l’astronomie. Son présent travail résume de longues recherches dans près de cent ouvrages traitant de l’histoire de l’astronomie, et ayant paru depuis la découverte, avec la lunette, des taches du soleil. D’abord il est parvenu à rectifier deux erreurs courantes concernant l’hypothèse des volcans et celle des écumes. La première est due à Snell, la deuxième à Descartes. Ensuite il a montré que la première ébauche de la théorie des rochers a été tirée d’un ouvrage de l’érudit Kircher.
- La modification du métal des rivets. — M. A. Picard rappelle que, dans une récente séance, M. Frémont a communiqué un travail dont il résulte que le métal des rivets subit, pendant l’opération du rivetage à chaüd, une avantageuse modification de qualité. M.Charpv, directeur des forges de Montluçon, remarque que cette'opération comporte un chauffage au rouge vif, peu prolongé, suivi d’un refroidissement moyennement rapide au contact des corps à river et accompagné d’un travail mécanique modéré. Elle donne des qualités supérieures à celles que fournirait un recuit prolongé à haute température ou un chauffage à refroidissement lent, mais inférieures à celles qu’on obtiendrait en chauffant rapidement le métal à une température élevée pour le refroidir ensuite brusquement. Il y a amélioration ou détérioration suivant l’état initial du métal à rivets. On peut dire aussi que, parmi les états auxquels le métal est amené, l’état résultant du rivetage n’est pas le plus défectueux. , , .
- Origine de certains gisements métallifères. — M. Zeiller résume une communication d’un auteur relative à l’origine de certains gisements métallifères. On a pensé que certains gisements pouvaient être dus à une circulation d’eau sur des points de sulfure disséminés. L’auteur a étudié les marnes triasiques de Saint-Laurent, dans le Gard. Il a constaté qu’elles contenaient 2,5 pour 100 de zinc, ce qui correspond, pour une superficie de 1 hectare, à une teneur de 8000 tonnes. Par suite, les grands amas de minerais de zinc des Malines seraient dus à un transport du sulfure de zinc des marnes par les eaux venues de la surface qui auraient déposé cette matière sur les parois des cavités sous-jacentes.
- Les lémuriens de Madagascar. — M. Edmond Perricr dépose une Note de M. Guillaume Grandidicr, relative aux lémuriens fossiles de Madagascar. L’auteur déduit de son étude du caractère des débris de ces animaux que, contrairement à l’avis de certains géologues, Madagascar a été séparée du continent à l’époque crétacée et c’est seulement pendant la période tertiaire qu’elle a pu y être soudée par un isthme,
- Le rôle du placenta. — M. Guignard dépose une Note de MM. Gharrin et Goupil sur le rôle du placenta. Jusqu’ici on admettait que cette enveloppe jouait simplement un rôle de filtre retenant surtout des microbes. Les auteurs, par une série d’expériences, étendent singulièrement les notions que Fou possédait sur ce point. Ils
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- montrent que cet organe lixe des poisons tels que la strychnine et protège ainsi le fœtus. En outre ce placenta retient des matières colorantes, des albumines et même des aliments qu’il modilie à l’aide de ferments. Aussi, par suite de ces ferments, le placenta doit être rangé parmi les organes actifs et non point seulement passifs.
- Décès. — M. le président fait part de la mort de M. Bichal, doyen de la faculté de Nancy et correspondant de la section de physique. Cii. de Villedeuil.
- UN SERPENT « GLOBE-TROTTER »
- Un usage immémorial veut que chaque navire de la marine de guerre anglaise possède son animal favori, qui est considéré comme le porte-bonheur de l’équipage. Beaucoup de navires marchands ont, de longtemps, adopté cette coutume. La nomenclature de ces mascots, selon le terme anglais, serait intéressante à dresser; on trouverait dans le nombre les animaux les étranges
- les, antilopes, ours, singes, etc.
- Mais nous croyons que le cas du Glendoon ne s’est pas présenté souvent : les matelots de ce voilier ont concentré leur attention — et aussi leur affection — sur un boa constrictor qui peut passer pour un magnitique spécimen de la famille des pythonidés : il ne mesure pas moins de six mètres de longueur.
- Riki est le nom de ce singulier globe-trotter qui a déjà fait plusieurs fois son tour du monde. Capturé, il y a trois ans, à l'embouchure de rOrénoque, il fut d’abord destiné à une ménagerie américaine. Une maladie, qui le frappa quelques jours après la capture, devait changer le cours de ses destinées. L’agent qui l’avait acheté résilia la vente, et son mailre, un nègre vénézuélien, fut trop heureux de le céder pour quelques bolivars au capitaine du Glendoon, qui repartait pour l’Europe.
- Or, dès les premiers jours du voyage — fût-ce un résultat du changement d'air? — notre moribond reprenait force et vigueur. Bientôt il s’aventurait en dehors de sa caisse à claire-voie et contractait
- l’habitude de se promener sur le pont, au bon soleil des Antilles. Dès lors il devenait le camarade des matelots et accomplissait en leur compagnie de lointains voyages, prouvant à son tour que le boa peut è.lre considéré, à l’égal du chien,comme un ami de l'homme.
- Est-ce l’etfet des brouillards de la Tamise? Depuis son arrivée à Londres avec le Glendoon, Rilâ a perdu son appétit. C’est à peiné s’il avale de temps à autre les souris que le mousse du bord capture à son intention. Aussi la pauvre bète a-t-elle maigri dans desproportions alarmantes. Il faut souhaiter que le bon voilier lève bientôt l’ancre et que les brises de l’Océan redonnent à Riki sa vigueur et son entrain d’anlan.
- Pour qui a voyagé ou séjourné sous les tropiques, le cas de ce boa familier n’a rien d’extraordinaire.
- Dans toute l’étendue de l'Amérique, tropicale, il n’est pas rare qu’un ou plusieurs boas vivent dans les huttes des indigènes sans qu'humains et reptiles s’inquiètent ou se persécutent mutuellement. Durant le jour, le boa, enfoui dans le chaume du toit, laisse ignorer sa présence.
- Dès que la nuit règne, il quitte sa retraite et se met à la poursuite des rats, toujours trop nombreux dans ces régions. En véritable chasseur, il dévore rarement sa proie : il la tue, pour le plaisir, implacablement. Au matin, il ira s’abreuver à l’écuelle où la maîtresse du logis aura versé de l’eau à son intention, puis, il regagnera sa demeure aérienne, dans la tiédeur du chaume. Les bonnes commères du pays vous conteront bien que la culebra se glisse jusque dans l’étable voisine et qu’elle s’entend à traire la vache et à se gorger de lait. Mais ceci n'est que légende. D’ailleurs, oll'rez à un Colombien ou à un Vénézuélien de le débarrasser de son pensionnaire. Il vous priera de remettre au port d’arme votre carabine trop zélée. Le boa constrictor d’une chaumière américaine est tabou, comme disaient les Maoris de la Nouvelle-Zélande. Claude Aluaret.
- Le Gérant ; P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- l’n serpent globu-tvoltcr.
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- N° 1681. — 12 AOUT 1905.
- LA NATURE.
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- LE RENFLOUAGE DU « MAINE »
- Cette opération va être exécutée par une Compagnie américaine qui s’est formée dans ce but spécial, et elle sera sans doute entamée avant peu ; son but est de tirer du fond de l’eau l'épave du fameux croiseur américain Maine, dont l’explosion et le naufrage subits, le 15 février 1898, dans le port de La Havane, ont été l’incident déterminant qui amena la guerre hispano-américaine. Le gouvernement de la Confédération a abandonné Ions ses droits sur l’épave, qui constitue un danger sérieux pour la navigation, et l'administration cubaine désire se débarrasser de ce souvenir historique et gênant. Et
- c'est pour effectuer l’opération que s’est créée la « Ëattleship Maine Salvage C° ».
- Le principe du projet, tel qu’il a déjà été minutieusement préparé, est l’emploi d’un cotferdam, d’un batardeau circulaire et étanche, isolant l’épave dans une enceinte, où l’on pourra épuiser l’eau pour exécuter ensuite, à l’air libre, les travaux ultérieurs : réparations de la coque, mise en état de flottabilité ou, au contraire, dépècement et relèvement des diverses parties du croiseur. Disons tout de suite que la profondeur d’eau n'est pas considérable, même à marée haute, au point où s’est produit le naufrage; elle ne dépasse guère 9 mètres. Mais on ne pourra établir le batardeau sur le fond de vase
- Vue plongeante et vue en coupe du Maine dans son batardeau.
- qu’on trouve à ce niveau ; il faudra excaver jusqu’au sol solide, c’est-à-dire 6 mètres plus bas. Depuis longtemps déjà des scaphandriers ont exploré l’épave et son « gisement », comme on dit ; ils ont pu constater, d’ailleurs, que c’est seulement sur son tiers avant que le bateau est sérieusement avarié, il est presque intact pour le reste. Des végétations marines se sont rapidement développées sur le métal en le protégeant des corrosions.
- Nous avons dit que le eofferdam sera circulaire ; son diamètre intérieur et utile atteindra 108 mètres, sensiblement plus naturellement que la longueur du Maine, qui n’avait guère que 99 mètres. Ce batardeau sera constitué de deux murailles concentriques en bois, laissant entre elles un espace vide annulaire de 2"1,50, chaque muraille étant, du reste, consti-
- 33e auuée, — 2e semestre.
- tuée par des madriers de 75 millimètres d’épaisseur, mis à plat et solidement cloués les uns aux autres. Les deux murailles seront solidarisées, à des intervalles de quelque 5 mètres, par des madriers analogues formant des cloisonnements radiaux et dont certains viendront se loger par leurs extrémités et se fixer solidement dans les murailles. Entre les deux murailles, qui seront tout à fait étanches, grâce aux dispositions prises, grâce aussi à une sorte de calfatage au goudron et au brai chaud, on laissera un matelas d’eau, au moins jusqu’à une hauteur qui correspondra à 4m,50 au-dessous du niveau de l’eau dans le port.
- Le eofferdam sera immergé et maintenu tel au moyen d’un lest formé de rails que l’on disposera sur le sommet des murailles à l’aide de planchers
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- ad hoc. Bien entendu, il faut prévenir les infiltrations parle bas du batardeau, sous les murs; et, pour y obvier, on immergera des sacs de sable et d’argile tout autour de ce pied, eu chassant au besoin, par une injection d’eau, tous les matériaux qui-empêcheraient ces matelas de venir jouer leur rôle obturateur sous la poussée de l’eau. On ne pense pas avoir à disposer de matelas analogues intérieurement; si d’ailleurs le fond, au point d’immersion du colferdam, présentait trop d’irrégularité, on foncerait des pilotis en trois rangs pour maintenir les dispositifs d'aveuglement des issues permettant encore l’entrée de l'eau. On compte renforcer ce vaste caisson cylindrique par une sorte d’armature polygonale faite de poutres et, dans la partie intérieure, de tiges de fer ne gênant point l’enfoncement dans les vases.
- . Les ingénieurs qui ont dressé les plans ont une confiance absolue dans celte construction, et ils ne considèrent pas que la pression d’eau de 9 mètres à laquelle elle sera soumise, quand l’épuisement sera complet à l’intérieur, puisse entraîner aucun inconvénient. Ajoutons qu’un caisson tout à fait analogue (qui n’avait, il est vrai, que 22m,85 de diamètre, mais qui 11e comportait qu'une seule muraille) a servi à établir la pile centrale du pont-tournant de Charlestown (dans l’État de Massachusetts). 1). L.
- PARTICULARITÉS DE L’ÉCLIPSE
- DU 30 AOUT PROCHAIN
- La Nature a consacré deux articles récents1 à la prochaine éclipse totale de Soleil, le grand événement astronomique de cet été. 11 semblerait donc superflu de revenir sur celle question s’il ne s’agissait d’un phénomène très important et se présentant actuellement dans des conditions si favorables qu’il mérite qu’on y prête une plus longue attention.
- Les lecteurs de cette revue doivent nécessairement s’intéresser aux choses de la nature. Nous insistons donc auprès d’eux pour les engager à aller voir un spectacle merveilleux, impressionnant et grandiose. L’éclipse se produit le 50 août, en pleines vacances ; la zone de totalité passe à deux pas de la France, en Espagne, ce qui est l’occasion d’un beau voyage ; enfin, les Compagnies françaises de chemins de fer ayant accordé aux Sociétés savantes de nombreuses facilités, il n’y a plus d’excuse pour laisser passer une occasion de voir un spectacle unique. l)e longtemps des conditions aussi favorables ne pourront être réunies. La plus prochaine éclipse totale visible en France aura lieu le 17 avril 1912, aux environs de Paris. Elle ne durera <jue quelques secondes, la Lune ayant presque exactement le diamètre apparent du Soleil. Il faudrait attendre le 21 août 1914 pour en voir une belle, totale en Suède et en Norvège.
- Tout cela est bien loin. Décidons-nous donc pour l’Espagne, ou pour l’Algérie ou la Tunisie.
- En Espagne, la zone de totalité a environ 200 kilomètres de largeur; la ligne centrale passe près d’Uviedo,
- 1 Yoy. n's 1673, du 17 juin 1003, p. 43, et 1676, du 8 juillet 1003, p. 82.
- de Leon, de lbirgos, de Soria, d’Almazan, d’Ateca, de Daroca, d’Alboc-acer, d’Alcala de Chisvert, etc. Ces villes sont très voisines ou sur des lignes de chemin de fer, donc d’un accès facile. Burgos, par sa situation sur la ligne de Paris à Madrid se recommande particulièrement.
- En Algérie, la zone de centralité passe au nord de Collo, au sud de Philippeville. En Tunisie, elle est voisine de Sfax. De nombreuses missions scientifiques, françaises et étrangères, seront échelonnées tout le long de cette bande de totalité.
- On consultera avec intérêt la très belle carte publiée par. l’observatoire de Madrid à l’échelle de , u0'0 ou-^ et donnant le nom de toutes les villes, de toutes les bourgades, les altitudes, les voies de communication de la zone de la totalité en Espagne. Consulter également la grande carte récemment dressée par le Bureau des Longitudes, à une échelle plus petite, mais montrant la marche de l’ombre de la Lune de l’Atlantique à la mer Rouge dans son passage sur l’Espagne, l’Algérie, la Tunisie, la Tripo-litaine et l’Égypte. Cette carte a été reproduite partiellement par le Bulletin de la Société astronomique de France.
- La place me manque pour rapporter ici la description du spectacle merveilleux qui marque le commencement de la totalité, alors que la Lune, absolument noire, recouvre le disque solaire et «[u’apparaissent, tout autour, dans une gloire rayonnante, les protubérances roses et la couronne.
- Étudions donc, très rapidement, les principaux phénomènes que l’on peut observer pendant une éclipse totale de Soleil. Les observations sont différentes, suivant les instruments dont on dispose. Nous insisterons plus spécialement sur les services que peuvent rendre les personnes de bonne volonté qui n’ont d’autres instruments que leurs yeux, une jumelle ou un petit appareil photographique.
- On se munira du traditionnel verre noir que l’on peut fabriquer soi-mème à la flamme d’une bougie ou d’une lampe à pétrole. Il est commode de placer la surface ainsi fumée en regard d’une autre plaque de verre, en séparant les deux par des cales en papier. On borde le tout comme un cliché de projection.
- On cherchera à voir la Lune en dehors du Soleil avant le premier contact, ou après le quatrième alors qu’elle se projette encore sur les parties basses, les plus lumineuses, de la couronne. Cette observation délicate n’a pas été faite.
- L’observation du moment des contacts est utile à faire avec une petite lunette : elle permet une détermination plus exacte et plus complète du rapport des diamètres du Soleil et de la Lune. En particulier, la durée de la totalité est très importante à déterminer avec soin. Par ce temps de courses et de records, les chronographes sont très répandus et leur usage est tout indiqué en la circonstance.
- Noter aussi, avec une petite lunette ou une longue-vue, les heures de l’occultation par la Lune des taches solaires.
- La Lune avançant sur le Soleil, la lumière diminue. D’abord peu sensible, cette diminution s’accentue plus rapidement. Le ciel semble s’assombrir comme à l’approche d’un orage (observations faites pendant l’éclipse du 28 mai 1900 et dans d’autres éclipses), les animaux paraissent éprouver une certaine angoisse et les insectes eux-mêmes, les mouches semblent modifier leurs habitudes (éclipse de 1900). Noter tous ces faits.
- La largeur du croissant solaire diminuant encore, la nature prend un aspect particulier : les oiseaux cessent leurs chants, se couchent comme à l’approche de la nuit", les bruits s’apaisent peu à peu; les objets s’assombrissent et les demi-teintes s’effacent.
- L’ombre des objets est particulièrement curieuse à
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- observer. Par leur passage à travers les feuilles des arbres, les rayons solaires forment, sur le sol, des croissants au lieu de l’image ronde bien connue. L’ombre des mains, des objets, semble entourée de grilles et de poils. L’ombre est très nette pour les objets qui sont parallèles à la corde du croissant solaire. Dans la direction perpendiculaire, la pénombre est à peu près la même qu’en temps ordinaire.
- Noter pendant toute l’éclipse les variations du thermomètre. Découvrir, au fond d’une boite ouverte par en haut, pendant des temps égaux, des bandes d’une même plaque sensible pour étudier la variation de l’éclat photogénique du ciel.
- Quand le croissant solaire est réduit à quelques secondes d’arc, observer la production de bandes sombres ou ombres volantes sur le sol et sur les objets. On désigne ainsi des sortes d’ombres formées de bandes mobiles, serpentant parfois, qui se produisent très peu de temps avant ou après la totalité et ont vraisemblablement pour cause les différences de densité de notre atmosphère. Elles sont comme l’ombre des vagues atmosphériques.
- Ces ombres courent sur le sol avec une vitesse variable (0'",80 par seconde à Argamasilla, en 1900); parfois il y a deux systèmes de bandes qui se superposent (M. Moye, à Elche, en 1900) et de mouvement opposé. Pendant la même éclipse, à Alger, Mme A. Brook a vu ces ombres volantes comme des taches ovales alignées, de 0m,20 de longueur sur 0m,13. ün recommande, pour observer ces franges, d’étendre sur le sol des draps blancs orientés suivant leurs bords. Toutes les personnes ayant des appareils photographiques lumineux (objectifs anastigmatiques ou à portraits) peuvent rendre ici un grand service en tentant d’enregistrer ces ombres curieuses. Se placer à quelques mètres au-dessus d’un grand drap étendu et faire des instantanés (vitesse la plus faible) sur des plaques ultra-rapides. Bien entendu supprimer tout diaphragme, la lumière étant alors très réduite.
- Un instant avant la totalité ou aussitôt après, observer avec un petit instrument le phénomène des grains de chapelet ou de Baily. Le bord lunaire apparaît dentelé comme une scie. La cause est due à la diffraction et est la même que pour la goutte noire dans les passages de Mercure et de Vénus sur le Soleil. D’ailleurs chacun peut faire à ce sujet une intéressante expérience. Approcher deux objets ou deux doigts de la main, devant un fond éclairé. Avant le contact, les deux objets paraissent réunis par un pont sombre ayant l’aspect d’une goutte liquide noire.
- Si on a le temps, observer à l’ouest l’arrivée de l’ombre immédiatement avant la totalité et à l’est sa fuite aussitôt après. L’observation se fait plus facilement d’un lieu élevé et surtout quand l’horizon est bordé par une chaîne de montagnes, sur les flancs de laquelle l’ombre peut être vue. En 1842, à Turin, Forbes écrivait : « Ce spectacle est Je plus effrayant que j’aie jamais vu.... Je me sentis un instant presque étourdi, comme si le vaste bâtiment qui était sous mes pieds s’inclinait de côté. »
- En 1900, la vitesse de ce rideau d’ombre était de 1150 mètres par seconde. Le 50 août prochain, cette vitesse sera de 750 mètres, celle d’un boulet de canon.
- Tout à coup le Soleil est complètement éclipsé. L’obscurité succède à la lumière. Cette obscurité est très variable d’une éclipse à l’autre. Elle dépend de nombreuses circonstances : de l’éclat de la couronne, de l’état de l’atmosphère, et surtout de la largeur du cône d’ombre. Un observateur placé au centre du cône d’ombre voit nécessairement des points de l’atmosphère terrestre qui sont dans la lumière, à une distance de 100 kilomètres envi-
- ron dans l’éclipse actuelle. 11 en résulte que l’horizon peut rester illuminé comme par un coucher de soleil. Les objets éloignés paraissent se détacher sur le fond du ciel comme si celui-ci reflétait un incendié lointain.
- M. Moye, en 1900, a vu tout autour de l’horizon une bande circulaire de 10 degrés de hauteur, d’un jaune d’or exquis et avec des colorations roses très curieuses. Noter avec soin toutes les étoiles et planètes visibles à l’œil nu.
- Devant le Soleil, la Lune est noire, plus noire que le fond du ciel, ce qui est encore inexpliqué. Autour d’elle apparaît la couronne avec ses jets immenses et dont la forme est variable suivant la phase de l’activité solaire. Dans les parties basses de la couronne, très brillantes, se détachent parfois de superbes protubérances roses. La couronne est souvent notée blanc d’argent.
- La dessiner avec tout le soin possible sur un carton où l’on aura tracé d’avance un rond noir figurant la Lune. S’apprendre à opérer rapidement, la totalité ne durant au maximum, le 50 août, que 5m51s.
- On pourra chercher à photographier la couronne à l’aide des appareils de la photographie courante. On pourra obtenir de très bonnes petites épreuves. Employer surtout les chambres à tirage variable et dévisser une des lentilles de l’objectif quand cela est possible pour obtenir un foyer plus long. Se servir de plaques anti-halo. Fixer l’appareil bien immobile dans la direction du Soleil au moment de la totalité et effectuer des poses variables depuis l’instantanéité. Le déplacement sur la plaque est négligeable pour des poses aussi courtes et avec des longueurs focales faibles.
- D’après l’éclipse de 1898, pour un objectif d’ouverture
- a__ 1
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- les temps de pose seraient :
- Urotubérances. . . . Couronne intérieure. Couronne extérieure.
- — à de seconde. bO 4i>
- À à i de seconde. 10 5
- 1 3
- - à t- de seconde.
- 2 4
- Avec d’autres objectifs, et c’est le cas avec les appareils ordinaires, il faudra multiplier les chiffres ci-dessus
- 1 U2
- par le rapport — —, où foi a désignent respectivement
- la longueur focale et le diamètre de l’objectif exprimés dans la même unité.
- Il existe encore des quantités d’observations à faire pendant une éclipse totale. Nous n’avons pas parlé en effet, des recherches entreprises par les missions scientifiques avec des instruments puissants et perfectionnés : spectroscopie de la couronne, rotation de la couronne, polarisation, actinométrie, photographies à grande échelle, spectre de la couche renversante, recherche des planètes intra-mercurielles, température de la couronne en vue de son étude en dehors des éclipses, etc., etc.
- On consultera avec fruit un ouvrage récent que vient de publier M. Bigourdan, astronome à l’observatoire de Paris, sur les éclipses de Soleil et les observations à faire plus particulièrement le 30 août prochain. Nous y avons largement puisé. Ce volume sera en quelque sorte le vade-mecum des observateurs de la future éclipse.
- Émettons un vœu pour terminer : c’est d'avoir-engagé quelques-uns de nos lecteurs à se rendre en Espagne ou en Algérie pour le 50 août, et nous sommes convaincu qu’ils n’auront alors qu’un désir : voir l’éclipse suivante du 17 avril 1912. Em. Tocchet,
- Secrétaire adjoint de la Société astronomique de France.
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- LE TRAMWAY ÉLECTRIQUE
- DE RETOURNEMER AU HOUNECK
- Gérarilmer, la vallée des Lacs, la Schlucht et le llohneek, il y a dix ans, manquaient de tout moyen de communication moderne. L'an dernier, un tramway électrique grimpait là, le plus gaillardement du monde, des rampes de 80 pour 1000 sur une longueur de 4500 mètres.
- De Gérardmer à Retournemer, le tramway est à vapeur. Mais, à partir de Retournemer, le décor change. La ligne, qui jusque-là suivait une route quelconque,commence son ascension et pénètre dans les forêts de sapins en décrivant des courbes parfois très prononcées pour éviter les obstacles. C’est pourquoi, malgré la différence d’altitude qui existe entre les deux points extrêmes de la ligne, 557 mètres, on ne rencontre que peu de travaux d’art. Le premier demi-cercle que l’on suit a 40 mètres de rayon ; il a nécessité l’établissement d’une tranchée, taillée dans le granit sur 70 mètres de longueur et l2 mètres de hauteur maximum. Cette tranchée a été creusée à la mine, et le travail a duré du mois d’octobre 1902 au mois de juin 1905. Point de ponts, pas de tunnels ; de loin en loin quelques aqueducs, quelques murs de soutènement témoignent seuls des difficultés que l’on a su habilement tourner.
- La ligne, dont la longueur atteint près de 0500 mètres, aboutit au col de la Schlucht à quelques mètres de la frontière ; la section qui grimpe le Hohneck à 2804 mètres ; elle se détache de la première à 1100 mètres de la Schlucht, quitte la forêt, s’engage dans les pâturages des ballons des Vosges et se termine à environ 200 mètres du sommet de la
- Fia. 1.
- I.a "l'anilc tranchée.
- montagne à une altitude de 1558 mètres. Pendant le premier parcours les voyageurs sont comme enfouis dans la forêt; mais, en la quittant, aucune végétation n’arrête plus les regards ; sur le versant français apparaissent les contreforts des Vosges, tandis que, vers l’autre direction, l’Alsace livre ses superbes vallées, comme celle de Miinster, son immense plaine que termine au loin un sillon d’argent, le Rhin.
- Le tramway est à trolley. Une usine génératrice d’énergie électrique a été établie à Retournemer, à
- 900 mètres environ du point de raccordement de la nouvelle ligne avec celle à vapeur. Celle usine est très importante. La salle des chaudières comporte trois générateurs Babcock et Wilcox capables de vaporiser, en marche normale, 1500 litres d'eau à l’heure. Derrière celte salle se trouve le bâtiment des deux groupes électrogènes composés chacun d’une machine à vapeur de 225 chevaux portant, calé sur son arbre, l’induit d’une dynamo à courant continu. Chaque dynamo donne du courant de 225 ampères sous 550 volts à la vitesse constante de 125 tours par minute. Dans chacun des bâtiments un espace libre a été laissé pour permettre d’ajouter une chaudièreet un groupe supplémentaires. Le courant quitte l’usine par des feeders qui se raccordent en plusieurs points à la ligne de service constituée par un fil de cuivre de 8mm,25 de diamètre que supportent de solides poteaux de sapin munis de contrefiches.
- En raison du nombre des touristes, qui viennent chaque année « saisonner » à Gérardmer, il y avait lieu de construire des voitures spacieuses marchant à la vitesse de 12 kilomètres à l’heure et capables de démarrer sur les rampes qui atteignent, nous l’avons vu, 8 pour 100. Dans ces conditions, on ne
- Photo C.h. Marchai.
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- pouvait songer à utiliser un matériel courant ; les voitures ont dû être établies spécialement pour ce service et comporter un freinage électrique permettant, non seulement de réduire la vitesse à 5 kilomètres à l’heure dans les descentes, mais encore de donner l’arrêt complet. Ces voitures ont été construites sur les indications de M. Guitton, président du Conseil d’administration de la compagnie et ingénieur de la ligne. Avant toutes choses, il importait d’obtenir une sécurité absolue ; c’est pourquoi on a adopté le principe des voitures à bogies. Elles sont faites de très grandes dimensions afin d’éviter les frais de personnel et ensuite pour leur permettre de satisfaire aux besoins les jours de grande presse,
- c’est-à-dire de se prêter au transport de tous les voyageurs et de légers bagages.
- On a créé un type de voitures à deux grandes plates-formes intérieures, pourvues de crochets pour recevoir les bicyclettes placées entre trois compartiments fermés. Les cabines du conducteur, à l’avant et à l’arrière, sont réduites au minimum d’encombrement. Le châssis est fait en tôle d’acier, la charpente de la caisse est en chêne et le reste des boiseries en teak et en sapin. Ces voilures ont 17>m,50 de longueur dont 12m,17 pour la caisse, et lm,95 de largeur.
- Chaque essieu est commandé par un moteur pouvant développer 25 chevaux en marche normale et
- Fig. 2. — Usine électrique de Retournemer.
- 55 par intermittence à la vitesse de 700 tours par minute. Ces moteurs, à quatre pôles excités en série, sont enfermés dans une carcasse octogonale faite de deux parties assemblées. Leur mise en marche s’effectue de la cabine avant ou de celle d’arrière à l’aide de contrôleurs qui établissent un couplage en série ou en parallèle et mettent en circuit des résistances placées sous la voiture de manière à obtenir toute la gamme des vitesses. Ces contrôleurs comportent, en outre, un dispositif permettant de faire fonctionner les moteurs en dynamos pour le freinage qui a été étudié tout spécialement. On utilise le frein électro-magnétique Westinghouse. Le courant des moteurs est dirigé dans des électroaimants qui appliquent un patin sur le rail, et d’autres patins serrent les roues. Grâce à ce système, les
- voitures peuvent descendre en toute sécurité les plus fortes pentes à une vitesse quelconque. Néanmoins, dans les descentes on utilise simultanément avec le frein électro-magnétique un frein à vis actionnant quatre sabots par bogie. Cette application du frein électro-magnétique est la première qui ait été faite en France et peut-être bien dans le monde entier sur une aussi grande longueur de pente.
- Le poids d’une voiture à vide est de 15 500 kg; elle peut transporter 80 à 85 voyageurs en trois quarts d’heure de Retournemer au Hohneck.
- Du col de*la Schlucht la ligne se prolongera prochainement en Alsace jusqu’à Münster (altitude 585 mètres). La nouvelle voie longera la route jusqu’à l’Hôtel d’Altenberg, à environ 5 kilomètres de la Schlucht, descendra jusqu’au fond de la vallée
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- en décrivant un S avec des pentes de 2iî pour 100 ; dans cette partie du parcours elle sera pourvue d’une crémaillère. Parvenue dans la vallée, elle suivra ensuite une pente douce jusqu’à Münster où elle aboutira près de la gare. Cette traversée des Vosges, qui sera terminée vraisemblablement dans deux ans, n’est pas destinée au trafic international; mais elle rendra de grands services aux touristes qui fréquemment se rendent des Vosges vers la Suisse, la Foret Noire, le Tyrol, et à ceux qui, venant de ces régions, désirent terminer la saison à (iérardmer. La dépense est évaluée à 1 500 000 francs.
- Lucien Fournier.
- DES MOYENS
- D’ÉVITER LES COLLISIONS EN MER
- Les sinistres causés par les abordages en mer augmentent chaque année, du fait même du nombre considérable de navires qui sillonnent les mers et surtout à cause de la rapidité sans cesse grandissante des traversées.
- L’accroissement de la vitesse offre un élément de plus aux dangers d’abordage. Deux paquebots comme la Savoie et le Deutschland, par exemple, courant à contre-bord, se rapprochent d’environ quinze cents mètres en une minute, de deux cent cinquante mètres en dix secondes!
- Ces navires, véritables projectiles, longs de deux cents mètres au moins, pesant de vingt-cinq à trente millions de tonnes, lancés dans la nuit noire ou le brouillard gris, plus opaque encore, constituent pour la navigation un danger terrible que beaucoup de marins et de savants ont cherché à conjurer.
- Les spécialistes fondent de grandes espérances sur la télégraphie sansfd, qui permettra aux navires de signaler sans cesse, dans l’obscurité, leur présence et la route suivie. Mais il se passera encore des années avant que tous les bateaux puissent être munis d’appareils de signaux télégraphiques fonctionnant avec régularité.
- Les recherches faites jusqu’à ce jour, pour trouver d’autres moyens d’éviter les collisions, ne sont pas, à vrai dire, demeurées infructueuses, et il peut être intéressant d’en donner la relation, ne serait-ce que pour susciter des recherches dans ce but essentiellement humanitaire.
- Le capitaine Basroger, commandant le Séphora- Worms, du port du Havre, a imaginé un appareil très ingénieux pour indiquer la route que suit un navire en temps de brume. Les signaux phoniques actuellement en usage dans la marine ne subissent, du fait de l’application de cette invention à bord de tous les navires, aucune modification d'interprétation. Quelle que soit la hauteur de son, un coup sec signifie : je viens sur tribord ; deux coups secs : je viens sur bâbord ; trois coups secs : je marche en arrière et un coup prolongé : je continue ma route.
- L’avertisseur automatique du capitaine Basroger indique lui, très neltement, au moyen de deux sons différents, l’un grave, l’autre aigu, et par une combinaison simple, les seize aires de vent principales du compas.
- Cette combinaison très simple de deux séries de signaux permet à l’officier qui, ayant entendu un son grave, n’entend plus rien, de reconnaître que le navire en marche suit une des directions de l’Est. Si le son perçu est aigu, le navire marche dans une des directions de l’Ouest.
- Ainsi, dans le tableau ci-dessus, le son grave est re-
- présenté par un un trait vertical trait horizontal (—), ( 1 ) : et le son aigu par
- N. - | - S. . | ~ 1
- N. N. 0. — 1 S. S E. | —
- N. 0. — | t S. E. 1 - -
- 0. N. O. — 0. | O. s. 0. — 1 ! 1 E. S. V \ E. | — — —
- - 1 1 Ci. | E. N. | E. | j
- S. 0. — - - — | N. E. 1 1 1 -
- S. S. 0. — 1 - 1 N. N. E. | — | —
- L’avertisseur automatique , imaginé par le capitaine
- Basroger, se compose d’un coffre fermé contenant un tambour à cames, pour l’indication de tous les signaux de route.
- Un index se meut au-dessus d’un limbe, sur lequel sont tracées les routes comprises dans les aires du vent. L’index, au moyen d’une vis sans fin, mue par une petite manivelle, est conduit en face du signal correspondant à la route suivie par le navire.
- 11 suffit alors de mettre le tambour en mouvement. Les cames sont disposées de telle façon qu’elles action-j nent les leviers du son grave et du son aigu pour produire le signal phonique indicateur de route.
- On comprend avec quelle facilité deux navires s’approchant par temps de brume pourront s’éviter mutuellement en se communiquant leur route.
- Cette invention est appelée à rendre les plus grands services aux marins et son adoption par tous les navires aura pour résultat heureux de diminuer considérablement le nombre des collisions en mer.
- Ajoutons que les idées géniales du capitaine Basroger se sont manifestées en d’autres circonstances et traduites par beaucoup d’autres inventions pratiques, notamment un système de porte-manteaux mobiles, avec lesquels, par gros temps, les canots ne seront plus exposés à se briser contre le navire, et un aviateur aussi simple qu’ingénieux.
- Dans le but également de prévenir les collisions en mer, le capitaine de frégate en retraite lliondel propose l’application immédiate d’une nouvelle règle de navigation qui diminuerait beaucoup les causes d’abordage sur les roules maritimes les plus fréquentées.
- Ce moyen consiste à fixer des itinéraires différents pour les traversées d’aller et retour aux vapeurs, qui, n’étant pas comme les voiliers dans l’obligation de décrire des zigzags pour obéir aux caprices de la brise, font route directement vers le port d’arrivée.
- Ces deux itinéraires consisteraient simplement en deux lignes, droites ou courbes, parallèles entre elles et suffisamment distantes l’une de l’autre, pour que, dans le cas d’une avarie de machine, un paquebot en dérive ne puisse aller se jeter sur la route de celui qui effectue la traversée en sens inverse.
- Lrt plupart des commandants des paquebots des grandes Compagnies de navigation ont adhéré à ce projet dont sont saisies également les Chambres de commerce des principaux ports de mer, en vue de provoquer une conférence internationale dont la France prendrait l’initiative.
- Récemment, la Chambre de commerce de Nice, appelée à se prononcer sur l’idée émise par le capitaine Rion-del, lui a donné son entière approbation, elle a demandé que ces itinéraires soient déclarés obligatoires et imposés aux Compagnies de navigation comme une, mesure humanitaire indispensable à notre époque à la marine à vapeur. Henri Blin.
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- LES FOUILLES D’ÀNTINOÉ
- (l90i-J90a)
- La Société française de fouilles archéologiques a fait cette année, pour la première fois, en juin et juillet, une exposition où ont pris rang les collections recueillies par moi, à Antinoé, pendant les deux campagnes de fouilles dont j’avais été chargé par elle, en 1904 et 1905. Pour chacune de ces deux missions, un crédit de G 000 francs avait été mis à ma disposition, et les résultats obtenus étaient tels ipie toute la galerie du Petit Palais allant de l’avenue des Champs-Elysées au Cours-la-Reine a été insuffisante à tout installer et que onze caisses d’antiquités sont restées, non déclouées, en dépôt.
- On sait tpi’Antinoé, appelée par les textes Anti-nopolis, est une ville de l’ancienne Egypte, située dans la Thébaïde, sur les bords du Nil. Elle prit son nom d’Antinoiis, jeune esclave bithynien, célèbre pour sa beauté, qui fut le favori de l’empereur Hadrien (70-138). A la mort de ce favori, qui se noya dans le Nil, l’empereur lui fit élever des statues et des temples dans toute l’étendue de l’empire, il le plaça au rang des dieux égyptiens et lui consacra une cité commémorative.
- Ses ruines se trouvent aujourd’hui près d’un village, nommé Cheikh-Abaddeh, à 500 kilomètres au sud du Caire, en remontant vers Assouan.
- C’est en 1890, et sur mes indications, que furent entreprises les premières fouilles par le musée Guimet. Mon but était alors de rechercher des documents relatifs à la fusion du symbolisme égyptien dans le symbolisme hellénique. Je dois dire tout de suite (pie mon attente fut déçue en partie, ou, plutôt, l’importance des déblais nécessaires pour arriver à découvrir, dans l’intérieur d’une cité, la quantité de figurines religieuses que j’escomptais, était si considérable qu'elle paralysa l’exploration. Néanmoins je pus procéder, dès 1890, au dégagement d’un temple bâti par Rhamsès 11, le pharaon conquérant, connu des Grecs sous le nom de Sésostris; puis, en 1897, à celui de deux temples grecs consacrés, l’un à Isis-Déméter, l'autre à Sérapis. Parallèlement, quelques investigations étaient poussées du côté des nécropoles.
- Je découvris ainsi un cimetière, où les morts, vêtus et parés, étaient admirablement conservés, préservés qu’ils avaient été par l’extrême sécheresse du désert. Des costumes, des étoffes, des soieries brochées intéressèrent suffisamment la Chambre de Commerce de Lyon pour qu’en 1897-1898, je fusse chargé par elle de poursuivre l’exploration de cette nécropole. Pendant deux ans, je travaillai sans aucun appui officiel ; puis le Ministère de l’Instruction publique, en 1901, 1902, 1905, me confia une mission scientifique et la Société française des fouilles archéologiques reprit, en 1904, l’œuvre sous ses auspices et me chargea de continuer les travaux ; au cours de la mission que m’avait confiée le Ministère, je retrouvai plusieurs sépultures importantes : Sérapionet Thaïs d’Antinoé,
- le trousseau de la dame Uraïonia et de riches broderies, enfin les tombeaux de Leukyoné et de la magicienne Myritliis, avec les amulettes des cultes d’isis et de la Pierre noire et les instruments occultes servant aux incantatations.
- Les fouilles entreprises depuis 1902 s’écartèrent de la nécropole, réservée uniquement aux classes moyennes dans la cité et aux officiers subalternes du palais. Je les reportai dans la montagne où je supposais qu’à la façon des grands seigneurs égyptiens, les hauts dignitaires romains et byzantins s’étaient fait creuser des syringes : il était naturel de croire que, dans une cité aussi importante, capitale de la Thébaïde, devaient résider alors les patriciens, les dignitaires et les chevaliers. Ces prévisions étaient logiques et, après quelques tâtonnements inévitables dans diverses vallées, qui refendent le plateau arabique dans la direction de la Mer Rouge, je finis par découvrir ces hypogées. Malheureusement, la montagne, brûlée par le soleil, est comme un amas d’éboulis mouvants ; par places elle est pulvérisée et pour ainsi dire effondrée. Le travail devenait tellement difficile sur ces pentes que, faute de moyens d’action, j’ai dû renoncer à l’entreprise, malgré la certitude du résultat. Déjà cependant, j’ai reconnu des tombeaux maçonnés dans les contreforts de la montagne : dans l’excavation pratiquée, on établissait un caveau, recouvert d’une calotte sphérique ou d’un berceau sur lequel les décombres étaient ramenés.-C’est là que j’ai recueilli la plupart des pièces importantes dont l’ensemble vient d’être exposé dans la longue galerie Ouest du Petit Palais.
- Les tombeaux situés sur ces pentes de la montagne se rattachent à quelques types assez caractérisés, ils présentent néanmoins une certaine uniformité. Celui que l’on rencontreleplussouvent consiste en une chambre basse, de 5 mètres de long sur 2 de large, recouverte d’une voûte portée par quatre trompes d’angle et dont le sommet se trouve à 2 mètres environ au-dessous de la surface du sol ; une porte est ménagée sur la façade Est ou Sud : c’est là le type du caveau de famille, où reposent jusqu'à dix ou douze corps. Dans d’autres, il est établi, à la tête du caveau, un luminaire, sorte de cheminée étroite, dont l’orifice affleure le sol, fermé par une dalle; cette cheminée aboutit en bas à une petite niche, où sont disposés trois gradins sur lesquels étaient rangés les vases qui, dans les autres tombeaux, sont placés à côté des corps. Il existe aussi des tombeaux à coupole, consistant en un carré de 5 mètres de côté, avec quatre cintres, soutenant une calotte sphérique, qui, par des pendentifs, se raccorde aux surfaces des murs; un puits d’accès se trouve au Sud, et, dans le caveau, un sépulcre en briques crues, couvert lui-même d’une voûte en berceau. Autrefois, une chapelle s’élevait au-dessus de chacun de ces caveaux : ses murs, également de briques crues, étaient stuqués et peints à fresque ; toutes d’ailleurs ont disparu, mais il reste les arasements, qui permettent d’en reconstituer le plan.
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- Les morts sont, dans ces tombeaux, revêtus du costume qu’ils portaient de leur vivant, enveloppés tantôt de plusieurs suaires lacés par des bandelettes, recouverts d’une toile, stuquée et peinte, donnant en pied le portrait du défunt, tantôt d’un seul linceul, brodé de Heurs stylisées et simplement noué par les franges qui le terminent à la tète et aux pieds. Des coussins servant d’oreiller, des objets usuels disséminés dans les plis du vêtement ou entre les mains jointes complètent la toilette funèbre. Nombreuses sont les variantes de ces types d’ensevelissements. La momie, bitumée, mais non embaumée, emmaillottée de suaires, a ordinairement la tête et
- la poitrine protégées par un masque et une armure de plâtre; ailleurs des cadavres enveloppés de lin-ccuils multiples, alternés à des amoncellements d’étoffes, prennent cet aspect rigide, sans relief anatomique, que l'on retrouve dans les tableaux byzantins. Le masque de plâtre qui recouvre le visage reproduit les traits du mort, autant qu’il est possible d’en juger, du moins tous les détails de sa coiffure. Quelquefois, la face elle-même est dorée, ou dans les orbites sont insérées des plaquettes de bitume, recouvertes d’or.
- Parmi les personnages dont les corps furent retrouvés en 1904, la plupart jouèrent un rôle aux jeux
- Fig. 1. — En haut : momie de Shjthias, la hest, ou l'habilleuse des statues de l’Osiris Anlinoüs. En bas : momie de Khelmis, la précieuse chanteuse de l’Osiris Antinoüs.
- olympiques : l’un était conducteur de char, l’autre gladiateur.
- Une sépulture d’une importance capitale, celle de Khelmis, la précieuse chanteuse de l’Osiris Antinoüs (représentée par notre fig. 1) complétait cet ensemble. Sa tombe, de grande dimension, où elle reposait dans un cercueil de bois décoré de peintures du rituel égyptien, était entourée de plusieurs tombes, enfermant des jeunes filles de quatorze à quinze ans, vêtues pareillement et parées de fleurs ; elles étaient sans doute les assistantes de la chanteuse. Malheureusement, rien, si ce n’est le corps de Khelmis, n’a pu être sauvé de cet ensemble : le reste est tombé en poussière, dès les caveaux ouverts. Khelmis vêtue du long voile d’Isis, en soie sergée d’un bistre pâle, sur une robe de la même
- couleur, le front ceint d’un diadème de feuillage, une longue guirlande de persea allant du cou jusqu’aux pieds et s’enroulant autour des hanches, a conservé l’aspect d’une figure tanagréenne. A côté d’elle, gisaient divers objets, crotales de bronze, vases, lampes funéraires, figurines, etc. La plus précieuse de ces pièces consiste en une petite barque, portant, non la cabine habituelle, le naos sacré, mais un véritable théâtre de marionnettes, constitué par des figures d’ivoire, mobiles, montées sur chevilles et articulées : des fils, encore visibles au moment de la découverte, permettaient de les mettre en scène successivement. Le centre de la barque est cependant isolé par un panneau de bois, au milieu duquel s’ouvrent les deux battants d’une porte étroite : les parois latérales manquent afin de laisser
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- le plus possible d’espace libre au déplacement des figurines qui se rabattent sur les côtés et le fond de la petite nef. Notre figure 3 représente la barque isiaque avec les principaux personnages. Depuis longtemps on savait que les Égyptiens avaient eu des représentations scéniques : les peintures fu-n é r a i r c s en avaient donné des images, des marionnettes isolées avaient été retrouvées, confirmant le témoignage oculaire d’Hérodote. D’autre part on savait aussi que les Egyptiens avaient coutume de déposer dans les tombeaux de petites barques, symbolisant le voyage du double à travers le monde d’au-delà. Le défunt, ou du moins son double, — l’astral de notre science moderne — prenait place alors au gouvernail ou dans un simulacre de cer-
- cueil; mais, jamais les figurines n’étaient articulées. Tel n’est point ici le cas. La nef du tombeau de Khelmis n'est point une barque funéraire, les poupées groupées dans le tabernacle correspondent aux
- images des bas-reliefs des temples isiaques et le scénario est emprunté au mystère d’Isis. On reconnaît, en effet, comme figure principale, Isis, descendant le cours du Nil, à la recherche du corps d’Osiris, tué par son frère Set. Le. mystère' célébré doit ressusciter le dieu mort ; aussi deux poupées le représentent-elles sous les traits de l’Osi-ris d’Occident et de l’Osiris d’O-rient. La persea, arbre sacré sous lequel apparaissait la déesse, une pousse de lotus épanouie, l’épervier, emblème d’Horus, le soleil levant, fils d’Osiris, viennent confirmer quelle
- Fig! 2. — Légende et triomphe de B;icclius.
- Figure de Hncchus. D’après la reconstitution de M. P. Gérard.
- Le nom grec du dieu, XT0NYS02, est écrit en abrégé près de sa main gauche.
- Fig. 3. — La barque isiaque.
- scénario représenté n’était autre que celui de la réapparition quotidienne du soleil à l’aurore, l’àme qui sort du lotus et brille au matin, symbolisée dans la légende sainte de la mort et de la résurrection de ce soleil, personnifié sous le nom d’Osiris.
- Une disposition analogue à celle du tombeau de
- Khelmis se retrouvait autour de la sépulture d’une autre officiante. Deux groupes de tombes environnaient la sienne et renfermaient de jeunes femmes vêtues de mantelets roses ou jaune pâle, portant des fleurs et des bandelettes. Leur maîtresse (fig. l)Sly-thias (ou Glythias ?) était la hest, c’est-à-dire l’ha-
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- bilieuse « des images saintes de l’Osiris Antinoiïs ». Elle avait charge d’oindre les statues du favori divinisé. de les habiller, de les farder, de les coiffer de perruques, de les parer de colliers, d’amulettes et de fleurs, de brûler devant elles l’encens et de la parfumer. Parfois, comme à Dendérah, une lies! est préposée à chaque détail de la toilette : il y a la hest des parfums, celle des bijoux, celle des fards, etc. Slythias a sans doute réuni toutes ces charges. Dans son cercueil étaient déposés des thyrses, des guirlandes, des couronnes, des bandelettes, des anneaux, des flacons, vases et bouteilles, des cuillers à parfums. Peut-être était-elle en quelque sorte la supérieure des prêtresses préposées à l'office ; elle devait être d’un haut rang toutefois, car deux ibis sacrés étaient disposés à sa tête.
- Elle porte la toilette d’Antinoé : le grand mantelet de pourpre, en bourre de soie, à bourrelet encadrant-le visage, la robe de laine brodée, gris-jaune, les sandales de cuir brun doré au petit fer.
- Un dernier document important m’a été fourni par une tenture employée comme linceul dans la sépulture d’une pauvresse. Primitivement elle avait consisté en un grand panneau de mousseline imprimée à la planche en vert sur fond bistre foncé. M. P. Gérard, architecte, a fait un relevé complet du dessin et des couleurs de cette étoffe, en une série de belles aquarelles qui ont été exposées dans la même salle.
- Cette pièce, extrêmement importante, et dont nous donnons (fig. 2) un des plus remarquables fragments, est entièrement consacrée à la Légende de l’enfance et du triomphe de Bacchus- ou Dyonysos. Elle comprend trois parties : une petite frise, en haut, racontant la naissance du dieu, Sémélé frappée par la foudre, puis assistée par ses suivantes ; Bacchus dans son berceau sur lequel veille un guerrier; une litre de rinceaux courants, dans lesquels se jouent des animaux stylisés; enfin, le triomphe de Bacchus : au centre se détache une magistrale figure de Sémélé dansant; le dieu est à sa droite, très jeune, la tête coiffée d’une haute perruque, et vêtu d’une longue tunique brodée. Autour de la mère de Dyonysos, tout un groupe de personnages assis regardent la scène ; ils n’y prennent point part, mais la symbolisent; c’est le pressoir, le vin, la danse lydienne, la grâce de la grappe, etc. Cet admirable panneau, outre sa valeur artistique qui est considérable, a, de plus, le mérite de nous donner une version de la légende bachique, différente de celle importée en Égypte à l’époque de la conquête d’Alexandre pour justifier la légitimité de celle-ci.
- Masques de momies, costumes, broderies, ivoires, vases, il y aurait encore bien d’autres choses à signaler pour donner une idée un peu complète des résultats de ces deux années de fouilles. Nous ne saurions y songer ici cependant . Ces quelques notes suffisent à indiquer quels trésors on serait en droit d’espérer de l’exploration des grands hypogées, qui n’ont pu, jusqu’ici, être ouverts, faute de crédits suffisants. A. Gayet.
- IA PHOTOGRAPHIE DES CANAUX HE MARS
- 11 y a certainement peu de questions ayant en astronomie fait couler autant d’encre que celle des canaux de Mars.
- iNos lecteurs ont encore présent à la mémoire le bel article que M. Maurice Fouché leur a consacré dans ce journal en 1901, alors qu’un observatoire américain avait signalé une « projection lumineuse » sur le disque de notre voisine.
- Alors que les uns, comme M. Flammarion, se sont ralliés à l’existence de ces canaux et ont assis sur celle existence une théorie aussi séduisante que solide, d’autres ont nié la réalité de tout ce que nous voyons sur Mars.
- C’est ainsi que M. Cerulli, dans un article paru le 27 mars dernier dans les Astronomische Nachrichten, déclare que la géographie martienne est une ficlion.
- Si l’on peut nier à la rigueur tout ce qui est fondé sur l’observation visuelle, il reste un témoin impartial moins sujet à la défection que notre globe oculaire. C’est l’objectif photographique. On vient, et c’est là un événement d’une importance considérable,de photographier les canaux de Mars.
- Douglass avait déjà en 1901 photographié la mer Acidalienne sur Mars ; mais on ne trouvait pas de canaux sur ses plaques de même que sur celles obtenues à l’opposition suivante par M. Lampland.
- Ce dernier observateur a obtenu le 11 mai 1905 des photographies de Mars avec le réfracteur Clark de 24- pouces dont la longueur focale est de 386 pouces.
- Pendant que ces photographies étaient prises, M. Per-cival Lowell faisait des observations visuelles et dessinait la planète ; la concordance est presque parfaite entre le dessin et la photographie. C’est la région de la grande Syrte qui était alors visible sur Mars.
- Les photographies montrent les canaux suivants : Nilosyrtis, Pvramus, Casius, Profonilus, Pierius, Vexil-lum, Thoth.
- Les mers sont très nettes et, avec la grande Syrte, on distingue facilement la mer Erythrée, la mer fcarienne, l’Hellas, les neiges du Pôle Nord.
- Les images ont été agrandies 1 fois, 8. Sur d’autres clichés, on a constaté l’existence d’autres canaux, notamment ceux qui bordent Elysium ainsi que l’IIelicon, l’Erebe et l’Hades. Les clichés confirment pleinement les observations visuelles.
- Ils montrent l’existence des canaux et, en outre, font voir que les canaux sont des lignes continues et non pas une synthèse d’autres images.
- Le grain de la plaque apparaît si l’on examine le cliché à la loupe. Il ne faut pas le prendre pour une discontinuité de l’image. Les plaques employées sont les plaques isochi'omatiques de Cramer. Lucien Libert.
- L’ALIMENTATION PAR LES ŒUFS
- L’œuf est un aliment de consommation universelle. Dès que l’enfant est sevré, c’est l’œuf pur ou mélangé à de petites soupes qui fait le fond de sa nourriture; de même pour le convalescent de maladie, cet enfant de tout âge. Paris consomme annuellement 31 millions de kilogrammes d’œufs, ce qui représente, d’après le poids moyen des œufs, 50 grammes, 010 miliions d’œufs ingurgités par les Parisiens; à 2 700 000 habitants, c’est une moyenne de 35 à 40 œufs par tète.
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- L’œuf frais est d’une digestion facile et contient des substances nutritives en quantité suffisante, substances hydrocarbonées à part qui manquent absolument. Dans un très intéressant article, notre confrère, le Dr Martinet, a étudié avec soin la digestibilité de l’œuf et ses divers modes de préparation culinaire et, pourrais-je ajouter, thérapeutique ; car, à mon sens, l’alimentation est un des meilleurs moyens, en l’adaptant aux forces d’un malade, de l’amener rapidement à guérison, mais alors l’art culinaire intervient d’une façon aussi intéressante que l’art du pharmacien.
- La coquille représente environ 7 pour 100 du poids de l’œuf, ce qui donne pour un œuf de 50 à 55 grammes, 55 grammes de blanc et 18 de jaune. Sur ce total il y a une proportion d’eau assez considérable, et les matériaux nutritifs proprement dits ne dépassent pas le poids de 12 à 15 grammes.
- Armand Gautier donne, en effet, la composition suivante pour un œuf de 00 grammes.
- Albuminoïdes du blanc.................... A,5
- Vitelline et nucléoalbumine du jaune . . 2,0
- Graisses du jaune et lécithine.............. 5,0
- Au total....................................12,7
- Le jaune de l’œuf est en réalité la partie active, comme élément nutritif, puisque le blanc ne renferme que 4,5 d’albumine; le jaune au contraire, en plus de la nucléoalbumine qui contient du phosphore, a des graisses et de la lécithine dont on a pent-être trop vanté dans ces derniers temps la valeur intrinsèque.
- M. Martinet indique, d’après les recherches physiologiques de Voit et Balland, qu’un œuf représente à peu près 150 grammes de lait ou du moins correspond à la valeur nutritive de cette dose, car il n’a pas, comme ce liquide, d’éléments hydrocarbonés. De même un œuf correspond à environ 60 grammes de viande, et si l’on cherche la valeur calorimétrique do l’œuf, d’après les unités respectives de l’albumine, 4 calories, et de la graisse, 9 calories par gramme, on voit qu’on peut l’estimer à 80 calories environ.
- La façon la plus simple d’administrer les œufs est de les gober à la façon des petits gourmands qui dévalisent les poulaillers ; un trou dans la coquille et, par une courte aspiration, on vide à peu près en entier le contenu. Sous cette forme il est, quoique très assimilable et assimilable dans l’intestin en presque totalité, d’une digestibilité un peu moins parfaite que lorsque l’œuf est cuit à la coque. Mais il ne faut pas que la coagulation de l’albumine soit poussée trop loin : il faut l’œuf mollet, pour la cuisson duquel les parfaits cuisiniers demandent trois minutes à peine, montre en mains. Sous cette forme l’œuf se digère très bien, et c’est pour cela qu’on le donne ainsi aux enfants et aux convalescents.
- Toutes les manières d’apprêter les œufs sont excellentes, car il est peu d'aliments qui prêtent autant que celui-là à la variété des combinaisons culinaires : au sel, avec le sucre, en soupe, en crèmes, en gâteaux, on l’emploie de mille façons que le médecin devrait peut-être connaître plus en détail. Quand on assaisonne les œufs avec du beurre, œufs brouillés, omelettes, il faut avoir soin de ne pas pousser la cuisson trop loin, car on tombe dans l’excès de l’œuf cuit dur beaucoup moins digestible. Je parle évidemment pour les malades ou les estomacs délicats, car pour ceux qui digèrent bien, m’est avis qu’on peut suivre son goût de préférence aux données de la physiologie.
- La soupe à la reine, une des vieilles formules des garde-malades des temps passés, était un aliment très doux, soupe au lait avec un ou deux œufs battus dedans. Un œuf dans du bouillon est un excellent réconfortant bien connu des cyclistes et de tous les gens de sport.
- Il serait oiseux de passer en revue tous les exemples et toutes les recettes ; il y a, dans les livres de cuisine, cent formules pour accommoder les œufs. Je me permettrai d’en indiquer une et je donnerai, d’après le Dr Martinet, une formule un peu compliquée de vin aux œufs.
- Voici la mienne. Quand vous voulez faire absorber, à un enfant ou à un malade qui la repousse, de la viande crue ou même de la viande cuite, faites préparer des œufs brouillés. Hachez menu un bon morceau de filet, menu menu, et puis jetez-le dans les œufs au moment où la cuisson va les faire prendre en remuant sans arrêt. Vous avez des œufs brouillés, qui ont toute l’apparence, si la viande est crue, d’œufs à la tomate. Le goût est bien masqué et la répugnance facilement surmontée.
- Voici maintenant le vin aux œufs, le zabaglione, fort plat de résistance, mais qui me semble peu agréable : c’est à essayer. La formule du zabaglione est la suivante, je la donne comme l’indique M. Martinet.
- 1° Mélanger dans un poêlon en terre cinq jaunes d’œuf et 00 grammes de sucre en poudre, fouetter ce mélange en y ajoutant peu à peu 150 grammes de vin muscat d’Asti ; 2° ajouter un peu de vanille, un peu de cannelle, un demi-zeste de citron, porter sur un feu doux et fouetter doucement jusqu’à ce que le mélange soit presque bouillant et bien mousseux; 3° retirer la gousse de vanille, le morceau de cannelle et le citron, mettre le poêlon au bain-marie et, toujours fouettant, ajouter une ou deux cuillerées à café de rhum et de marasquin jusqu’à ce que le zabaglione soit épais. On le prend chaud avec des biscuits.
- Ce produit, un peu bizarre, contient sous son petit volume, une quantité d’éléments nutritifs, 20 grammes d’albumine, 30 grammes de graisse, 70 grammes de produits hydrocarbonés, 25 grammes d’alcool, donnant 800 calories, soit autant qu’un litre et demi de lait.
- Un détail : le zabaglione est difficile à réussir et, quand il est manqué, c’est un produit détestable Je me demande si, même réussi, il est très savoureux avec ce mélange d’aromes divers, cannelle, vanille, etc. J’aimerais autant conseiller l’absorption des œufs d’un côté et du muscat de l’autre. C’est une question de goût ; mais je crois le mélange de l’œuf et du vin en général peu agréable. Mieux vaut le lait, quand celui-ci est supporté, comme adjuvant de l’œuf aliment.
- Je rappellerai en terminant qu’il est des estomacs absolument réfractaires à la digestion de l’œuf; j’en ai publié des exemples, coliques hépatiques, crises urtica-riées, vomissements, etc. ; fort heureusement ces susceptibilités à une sorte d’intoxication sont rares et l’on peut dire que l’œuf est un aliment parfait pour tout le monde,
- petits et grands. Dr A. Cartaz.
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- LTB0GA ET LTB0GAÏNE
- L'Iboga est une plante des tropiques (famille des apocynaeécs, genre tabernanthe), qui croît dans l'Afrique occidentale, et particulièrement au Gabon et au Congo. Il est désigné par les indigènes sous des noms différents tels que ; oboueté, liboka et surtout iboga. Les premiers échantillons ont été rap-
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- LA NATURE.
- portés en France par Griffon du Bellay, et étudiées, en 1880, par le P1’ Bâillon et cette année par Eug. Collin.
- L’iboga est un arbuste qui ne dépasse pas lm,60 de hauteur. Ses racines sont pivotantes, en forme de vrille, et peuvent émettre des racines traçantes. Les tiges sont nombreuses, et marquées de rides longitudinales et de lenticelles fines et claires. Les feuilles sont opposées, ovales et elliptiques ; elles ont 8 îi 10 centimètres de long ; leurs pétioles sont très courts et leurs nervures trèsfmes. L’inflorescence est presque en ombelle ; les fleurs sont blanches et tachées de rose, avec des pédoncules assez longs.
- Le fruit a la forme d’une grosse olive; il est charnu et contient 8 graines hrunes insérées sur deuv placentas pariétaux.
- Au cours de ses nombreuses missions, M. J. Dy-howski a constaté que les indigènes des régions avoisinant le littoral (et surtout ceux qui occupent les territoires situés entre l’embouchure de l’Ogoué et du Mayumbé) faisaient usage des parties ligneuses de l’iboga, et principalement de la racine.
- Les nègres attribuent à cette plante des vertus merveilleuses, et la recueillent précieusement. Elle n’est pas l’objet d’une culture spéciale, mais néanmoins on en rencontre fréquemment des spécimens ([ue les indigènes ont plantés près de leurs cases. Ils prétendent, en effet, que l’absorption de la plante permet de résister à une longue fatigue, en enlevant tout besoin de sommeil, et de fournir une ration supplémentaire de travail. Les danseurs, les coureurs, les pagayeurs des grands fleuves, qui dépen-
- sent une grande activité musculaire, en font un usage régulier. Tous déclarent que les effets ressentis sont analogues à ceux de l’alcool, mais sans troubler la raison, voulant exprimer par là qu'ils en obtiennent une action excitante. Cependant quelques nègres en font abus, soit en nature, soit en infusion, pour l’initiation de l’un d’eux à un certain degré de fétichisme. Une trop forte dose amène alors une
- ivresse spéciale pendant laquel on recueille les paroles du néophyte pour voir si le fétiche habite en lui.
- La grande majorité des noirs l’emploient à faibles doses ; ils en mâchent la racine, où le principe actif est contenu en plus grande quantité. O n trouve ainsi dans ce fait la destruction progressive de l’espèce dans de nombreuses régions et le prix fort élevé qu’atteint l’iboga.
- M.Ed.Landrin a retiré de cette plante un nouvel alcaloïde cristallisé qu’il a nommé iboga'ine. Nous avons étudié cette substance au point de vue physiologique avec le l)r Chevalier dans le laboratoire de M. le Pr Pouchet. Cette étude phar-macodynamique a montré que l’ibogaïne était un médicament surtout névrosthénique, légèrement toni-cardiaque, et excitant de la nutrition. La clinique est venue confirmer nos données physiologiques. M. le Pr Huchard a expérimenté l’ibogaïne dans son service hospitalier, et il en a retiré de bons résultats dans le traitement de la neurasthénie, et dans les convalescences.
- En terminant, nous ajouterons que le Pr Kuborn, en Belgique, préconise l’ibogaïne dans le traitement de la maladie du sommeil. ï)r Alu. Laisdrfn.
- 1. Rameau d’Iboga avec lige, fleurs, feuilles et fruit.
- 2. Fleur el sa cpupe longitudinale (3). — 4. Racine pivotante. — 5. Souche. 6. Racine traçante.
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- UNE NOUVELLE POULIE EXTENSIBLE
- Ce genre d’appareil est susceptible de rendre les plus grands services, parce qu’il permet, s’il fonctionne bien, de ne plus recourir aux changements de
- Fig. 1. — Détails de la jaule extensible.
- vitesse, qui constituent une complication, en dépit de l’ingéniosité des systèmes existants. C’est qu’en effet, le rapport de vitesse entre l’arbre moteur et l’arbre récepteur étant naturellement fixe, pour le faire varier, il faut recourir normalement à des engrenages ou à plusieurs paires de poulies; avec une seule paire de poulies il diamètre variable, on obtient la variation du rapport des vitesses, l’une des poulies augmentant de diamètre tandis que l’autre diminue de la meme quantité. C’est pour répondre à ce dési-déralum qu’a été inventée la poulie extensible Fouil-laron, appliquée surtout en automobilisme, ou encore l’appareil Roger du Montais. Mais il en est une autre qui est moins connue et qui mérite pourtant de l'ètre, la poulie Delagneaux, qui est d’ailleurs un peu basée sur le même principe que la poulie R. de Montais. On y utilise ce qu’on appelle souvent les Ciseaux de Nuremberg, ou encore le zigzag, dispositif fait de lames articulées les unes sur les autres, de manière à former une série de losanges : on fabrique des ronds de serviettes sur ce même principe, on a même fabriqué des caehepots en baguettes de jonc; dans ce dernier cas, les ciseaux sont disposés verticalement et même suivant une certaine conicité; pour les ronds de serviettes, ils peuvent être disposés de même ou au contraire placés à plat par rapport à l’axe du cylindre que forme la serviette roulée.
- En fait, la jante extensible de la poulie Delagneaux est constituée de deux couronnes articulées faites de ces ciseaux et placées de champ, dans des plans normaux à l’axe de la poulie ; les sommets des losanges se trouvent sur des circonférences concentriques, et deux par deux sur un même rayon; les assemblages intermédiaires des lames, des leviers peuvent se faire fort heureusement suivant une circonférence qui divise en deux parties égales les grandes diagonales des losanges, disposées elles-
- mêmes selon le rayon où se trouvent les sommets de ceux-ci. Les trois axes d’un même levier ne sont pas en ligne droite, et les moitiés extérieures sont plus grandes que les moitiés intérieures : ce sont des conditions géométriques faciles à satisfaire et qui permettent aux arcs respectifs des trois circonférences déterminées par les articulations de demeurer constamment proportionnels à leurs rayons respectifs.
- Bien entendu, les lames, ou, si l’on veut les appeler plus exactement, les biellettes ont une forme et des dimensions dépendant du rapport diamétral et de la puissance à obtenir. Pour que la courroie à actionner trouve une surface d’entrainement, chaque sommet extérieur de losange porte une lame métallique légèrement courbe, de longueur convenable, disposée parallèlement à l’axe de la poulie, et la série de ces lames forme la jante proprement dite de la poulie; cette jante présente des solutions de continuité d’autant plus marquées que la poulie est plus distendue, que son diamètre est plus grand, que les losanges sont plus aplatis, et leurs sommets plus distants les uns des autres. Mais cette disposition ne peut avoir que l’avantage d’augmenter l’adhérence de la courroie sur la poulie, cette courroie pouvant d’ailleurs être d’une nature quelconque. II
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de la poulie Delagneaux.
- va de soi que les lames I ransversales formant jante,' ce qu’on peut appeler les traverses, et les biellettes peuvent facilement se fabriquer au découpoir dans de la tôle d’acier, tant qu’elles ne dépassent point certaines dimensions ; autrement on peut recourir à des pièces moulées. L’usure est assez peu marquée,
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- LA NATUIIE.
- car cette sorte de chaîne formée par la succession des éléments en ciseaux travaille surtout à la traction; elle est de réparation ou de remplacement facile.
- Pour ce qui est de l’extension de cette jante développable, divers moyens sont possibles. Tont d'abord M. Delagneaux recourait à des bras extenseurs, articulés à leur extrémité inférieure sur des bagues glissant sur l'arbre de la poulie : quand on rapprochait les bagues, les bras si* redressaient et distendaient la poulie. Aujourd’hui, Je dispositif, qui rappelle à première vue, mais à première vue seulement, la poulie Fouillaron, comporte un cône mobile à bras mâles qui pénètre plus ou moins dans un cône fixe à bras femelles : la jante extensible est montée à l’intersection de ces deux cônes, qui sont naturellement opposés par le sommet, et l’on comprend la conséquence.
- Un jeu de deux poulies de cette sorte simplifie étrangement les renvois et commandes dans un atelier mécanique : plus de poulie fixe, poulie folle, cônes étagés, etc. Un levier permet d’établir ou de rompre la corrélation entre les deux poulies, et par conséquent de mettre en marche ou d’arrêter le mécanisme commandé par la poulie réceptrice. Durant le travail, un ressort à boudin donne une tension automatique constante à la courroie. On peut réaliser toutes les gammes de vitesses; et, au repos, sans que les ouvriers aient à toucher à la courroie (ce qui est toujours dangereux), celle-ci se trouve détendue par réduction des deux poulies à leur plus petit diamètre. D. ne M.
- CHRONIQUE
- Traction électrique à courants alternatifs simples. — La Société Westinghouse du Havre a commencé les travaux d’installation d’une ligne de tramways électriques de Bergamo à Yalle Brembana, sur une longueur de 30 kilomètres. La voie a la largeur normale de 1,44 mètre, la ligne est aérienne, à fil pilote; aux passages à niveau la ligne est à suspension à chaînette. L’énergie électrique à 6000 volts est produite dans une station centrale hydraulique située à I kilomètre environ de Yalle Brembana. Cette station renferme 5 alternateurs Westinghouse de 500 kilovolts-ampères à la fréquence de 25 périodes par seconde pour la force motrice, et un alternateur de 50 kilovolts-ampères à 6000 volts à la même fréquence pour l’éclairage de l’installation. Le fil de trolley est alimenté directement à 6000 volts. Le matériel roulant comporte 5 locomotives de 30 tonnes avec chacune 4 moteurs de 55 kilowatts.
- l.a vipère et le cobra. — Leurs venins, d’après M. Phisalix, diffèrent complètement par leurs propriétés physiologiques. Ils diffèrent aussi par leurs propriétés vaccinantes : un animal vacciné avec le venin de l’un d’eux ne l’est pas contre l’autre. Bien plus, de nombreuses expériences montrent que le venin du cobra est mortel pour la vipère, alors qu’elle est complètement immunisée contre son propre venin. Les principes actifs de ces venins appartiennent à des espèces chimiques différentes. II semble que, dans la classification des ophidiens, il faille
- ajouter aux caractères anatomiques ceux tirés de l’analyse physiologique des venins.
- La destruction des campagnols. — Le campagnol (Arvicola agrestis) est un des rongeurs qui causent le plus de dégâts. On les détruit au moyen du virus Danysz, préparé par l’Institut Pasteur, qui détermine chez l’animal une septicémie hémorragique. L’inconvénient de ce procédé est que cette maladie n’est pas contagieuse, de sorte que le nombre des animaux détruit est forcément restreint, pour une dépense relativement élevée; d’autre part cet agent n’est guère utilisable avec chance de succès après la huitaine qui suit sa préparation.
- ('ne liache en limonite en Guinée française.
- — Elle a été trouvée aux environs de Kouakrv, par M. Laurent Mouth et envoyée au Muséum. Elle est en limonite (minerai de fer) polie sur une seule face et à l’extrémité coupante; elle mesure 13,5 cm. de longueur. L’importance de cette découverte est d’apporter un nouveau témoignage de l’existence en (iuinée d’une civilisation néolithique limitée au bassin du Sénégal et de la Falénie et à l’ensemble des Rivières du Sud.
- exploration scientifique (lu lac Tangantvikii.
- — M. W. À. Lunnington quitta l’Angleterre en mars 1904, ayant pour mission d’étudier la flore et la faune lacustre du lac Tanganvika. Il suivit le Zambèze et la route de Shiré, passa par Zomba et, le lac Nyassa se trouvant sur son trajet, il y commença ses investigations, dans le dessein d’étîiblir une comparaison avec le Tanga-nyika. Arrivé à Karonga (sur le lac Nyassa) fin juin 1904, il était à Yua (lac Tanganvika) le 29 octobre. 11 a l’intention d’explorer en détail les régions Nord et Est du lac et compte rentrer en Angleterre vers la fin de 1905. M. Cunnington a recueilli une importante collection du plankton végétal et animal, beaucoup de poissons et de crustacés. Il a été très frappé de constater la plus grande ressemblance entre les flores des deux lacs.
- Résultat imprévu d’un recensement. — Dans le dernier recensement aux Etats-Unis, l’on s’est efforcé de fixer l’àge exact de chaque habitant : le grand nombre des illettrés semblait le principal obstacle à l’exactitude des renseignements; mais le dépouillement des résultats en a révélé un autre fort inattendu. On remarqua que le nombre des personnes dont l’àge était un multiple de 5 (25, 30, 35, 40 ans) était sensiblement supérieur à celui des personnes d’un âge situé entre deux multiples consécutifs, comme 32, 35, 54 ans. C’est qu’en effet, pour se rajeunir, beaucoup de personnes donnaient au heu de leur âge le multiple de 5 immédiatement inférieur, par exemple 50 ans au heu de 54. Le service de recensement a remarqué que la tendance à se rajeunir est plus forte chez les nègres que chez les blancs, chez les étrangers que chez les indigènes, chez les femmes que chez les hommes ; contribution inattendue à la psychologie !
- Le budget d’un jardin zoologique anglais. —
- Nous relevons les chiffres suivants dans le rapport annuel établi par l’administration du Zoological Gardon de Londres. Durant douze mois, les fauves du fameux établissement ont dévoré pour 80 000 francs de viande (207 chevaux, 270 chèvres, 25 196 œufs, 40 000 livres de poisson, 1872 poules, etc.). La « population » comptait 640 mammifères, 1448 oiseaux, 543 reptiles et 121 poissons. Au cours de ces douze mois, le nombre des pensionnaires s’est accru de 1804 tètes, dans les proportions suivantes : 701 animaux offerts par des donateurs, 254 animaux achetés. 177 nés dans l’établissement,
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- 91 bêtes obtenues par voie d’échange, et 581 laissées en dépôt. Parmi les animaux nés dans la Ménagerie, citons 2 lionceaux, 3 léopards, 8 loups d’Amérique, 1 yak coréen, 1 élan du Cap, 5 mouflons de Barbarie. Pendant la même période, 1149 animaux sont morts, presque tous dans les premiers jours qui suivirent leur arrivée, entres autres 2 gorilles, 2 zèbres, 1 rhinocéros. 706 074 personnes visitèrent les collections et les entrées produisirent plus de 800 000 francs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 août 1905.— Présidence de M. IloinLci ne i.a Cuve
- Thermo-chimie. — M. Berthelot dépose une Note de M. Landrieu, relative à la chaleur de formation des hy-drazones à partir de la phénylhydrazine et des aldéhydes et des cétones. Cette chaleur est sensiblement constante, quel que soit le poids moléculaire des aldéhydes ou des acétones employés.
- La théorie des taches du Soleil. — M. Deslandres examine les connaissances acquises sur les taches du Soleil et relate l’accord des faits avec la théorie présentée par M. Faye qui attribuait les taches à des mouvements tourbillonnaires des enveloppes solaires. Ces mouvements giratoires étaient, dans la pensée de M. Faye, analogues aux cyclones de l’atmosphère terrestre. M. Deslandres constate que c’est cette théorie qui rend le mieux compte des phénomènes observés.
- Le rougeot de la vigne. — M. Müntz dépose une Note de MM. liavaz et Koos sur une maladie de la vigne connue sous le nom de rougeot. Cette maladie consiste dans une transformation de la chlorophylle en une substance rouge ; elle est caractérisée par l’absence de chaux et de magnésie dans les feuilles. Les fonctions normales des feuilles s’accomplissent mal et le raisin mûrit difficilement.
- Production de Taçide oxalique. — M. Schlœsing résume un Travail de M. Charpentier relatif à la production de l’acide oxalique pendant le développement del’aspergillus niger sur le liquide de Raulin. M. Duclaux avait signale la présence de cet acide qui avait été niée par d’autres savants. M. Charpentier montre que l’acide oxalique apparaît quand le développement de la plante est gêné.
- Mécanisme de la vision. — «M. Schlœsing dépose ensuite, au nom d’un autre 'auteur, une Note relative au rôle de l’accommodation et de la convergence dans la vision. Ch. hE Villeoeuil.
- IA PHONOCARTE
- Nous avons publié ici1, il y a quelques semaines, un article sur les ancêtres du phonographe et nous avons passé en revue toutes les machines parlantes plus ou moins ingénieuses du xvue siècle et du xvuie. Nous allons, aujourd’hui, présenter le phonographe du xxe siècle, une invention tout à fait nouvelle, laquelle peut être appelée à révolutionner cette branche d'industrie qui a pris depuis quelque temps un développement si considérable. Le Phonopostal est un appareil destiné à enregistrer et à reproduire ensuite la voix humaine à l’aide d’une feuille de carton affectant la lorme d une carte postale. L’idée de rem-
- 1 Voy. n» 1(397, du 6 mai 1905, p. 353.
- placer le cylindre enduit de cire des phonographes ordinaires, par une feuille de papier transmissible comme une lettre, avait été conçue déjà par cette vaste intelligence de Jules Verne, qui, poussant aux extrêmes limites les inventions actuelles, avait eu la prescience de ce qui serait un jour réalisé avec autant de succès. Cependant, pas plus pour les ballons dirigeables que pour les sous-marins, Jules Verne n’a été un inventeur à proprement parler ; il a été doué d’une sorte de seconde vue, et il appartenait à des esprits pratiques et éclairés de réaliser le rêve du charmant écrivain qui a fait les délices de notre jeu-
- nesse
- Les avantages du Phonopostal sont multiples : en ce temps de tourisme à outrance y a-t-il rien de plus charmant, en effet, (que de mettre dans son automobile ou dans un coin de sa valise cet appareil qui ne prend pas beaucoup plus de place «que deux ou trois boîtes de papier à lettre ; en y joignant quelques douzaines de cartes préparées q>our l’enregistrement des sons, on peut, à toutes les étapes, envoyer à ceux que l’on a laissés loin derrière soi, des nouvelles toutes fraîches et l’on peut dire vibrantes de son voyage. Par contre, l’explorateur bénévole peut aussi recevoir des nouvelles des siens, non pas des nouvelles compassées et (quelque peu gourmées comme le sont souvent les récits épistolaires, mais il peut entendre la douce voix de ses enfants, il peut reconnaître le gentil gazouillement des bébés qui sont encore trop jeunes pour pouvoir penser à tenir une plume ou un crayon, et cette charmante sensation de fraîcheur et de souvenir, il peut la renouveler à satiété, car une des'qiarticularités de la phonocarte est de pouvoir reproduire la voix humaine un nombre presque indéfini de fois.
- Outre ces avantages tout à fait appréciables, on peut encore faire servir la nouvelle invention à noter les chansons et les airs particuliers aux pays que l’on traverse ; c’est un double souvenir que l’on peut emporter de scs excursions ; car, au dos de la phonocarte, on peut imprimer toutes les vues photographiques ou humoristiques destinées à commémorer les qiaysages les plus intéressants que l’on traverse.
- Nous reproduisons (voy. figure), le mode d’enregistrement de la transmission vocale ; une fillette , appuyée contre une table, parle dans un petit cornet qui est mis en contact avec le diaphragme dit enregistreur. Ce dernier est une pointe en saphir qui creuse dans une couche sensible que l’on a nommée sonorine et qui se trouve répandue à la surface de la carte. Tout le mérite de l’invention a consisté dans la découverte d’une matière qui pût être facilement étendue sur une feuille de carton et qui, d’autre part, présentât tous les avantages de la cire, dont sont enduits les rouleaux ordinaires des phonograqihes ou les disques des gramophones. Une des qualités, en effet, de la sonorine, est d’être assez résistante qjour pouvoir subir
- 1 C est un artiste peintre, M. Armbruster, qui a eu l’idée de réaliser le Photoearte d’une manière pratique. Les metteurs au point ont été MM. L. Marotte, Brocherioux et Tochon.
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- des manipulations quelque peu brutales de la poste. Les sons sont inscrits à l’aide d’une spirale qui, commençant par la partie la plus large de la carte, \a toujours en se rétrécissant jusqu’au moment où le dernier cercle n’a guère que le diamètre d’une pièce de 10 centimes. L’incrustation du sillon tracé est si forte, que même les cachets de la poste, frappés à deux reprises différentes au milieu des raies concentriques, ne sont capables que de faire perdre tout au plus une ou deux syllabes.
- Au point de vue de la quantité de paroles qui sont transmises par les phonocartes, il faut compter sur l’équivalent d'un message téléphoné; on peut facilement inscrire sur une carte de 75 à 80 mots, ce-qui permet déjà de donner amplement de ses nouvelles. N’oublions pas, en effet, que la phonocarte n’a d’autre but et d'autre prétention que de remplacer la carte postale illustrée : à l’aide de la nouvelle invention, on peut cependant être encore sensiblement plus bavard (pie ne le permet en général le petit rectangle laissé à coté de l’adresse dans les cartes actuelles.
- Un des avantages les plus appréciables de ce nouveau mode de communication est d’assurer le secret, un peu relatif il est vrai, de la correspondance ainsi transmise. Ainsi donc et jusqu’à ce que la chose soit suffisamment connue du public pour que les concierges eux-mêmes aient cru devoir s’offrir un appareil reproducteur, les membres de cette honorable corporation seront privés du plaisir de lire la correspondance de leurs locataires. On pourra échanger des secrets qui circuleront cependant à découvert : c’est, presque une nouvelle écriture chiffrée, d’un emploi facile et qui surtout ne demandera ni étude préliminaire ni connaissances spéciales.
- Ainsi que nous le faisions observer plus haut, la correspondance phonographique devra être mise sur le coté réservé à l’adresse, et' cette dernière devra être inscrite en travers des sillons tracés par le diaphragme enregistreur, sans qu’il en résulte le plus léger inconvénient dans la transmission des sons.
- La construction de l’appareil que l’on appelle le phonopostal a été particulièrement délicate, car il a fallu arriver à un prix de vente extrêmement bas pour ne pas éloigner le grand public et le dégoûter de cette curieuse invention. Il était nécessaire de
- livrer des appareils suffisamment bien réglés pour que la reproduction puisse se faire avec la même exactitude sur une machine sortie des ateliers, plusieurs mois ou plusieurs années après que celle qui avait servi à l’enregistrement, y avait été elle-même fabriquée. On est arrivé à ce résultat par un minutieux réglage de la vitesse de chacune de ces machines parlantes, car il ne faut pas oublier que les sons varient considérablement suivant la rapidité avec laquelle tourne l’appareil. Le dernier problème à résoudre a été la difficulté qu’ont éprouvée les constructeurs à créer des diaphragmes d’une extrême sensibilité, aussi bien celui qui sert à inscrire les sons et que l’on appelle enregistreur, que celui qui permet d’écouter les sons inscrits sur la carte et que l’on appelle le reproducteur.
- Maintenant, qu’il nous soit permis de former un vœu qui sera peut-être réalisé, parce que les choses
- les plus irréalisables ont fini par êlre exécutées : aujourd'hui que l’on possède la carte postale par-1 a n t e et c h a n-tante, nous vouT drions que l’on pût créer des cartes qui puissent reproduire directement les traits des personnes ou des objets placés à leur proximité et les transmettre, comme un miroir fidèle, à celui qui attend anxieusement des nouvelles du voyageur. Si l’on pouvait arriver à combiner d’une manière pratique cette nouvelle espèce de photographie, il ne manquerait vraiment plus rien pour mettre en contact toutes les parties de l’humanité et nous arriverions ainsi presque à la suppression des distances, but vers lequel tendent tous les efforts des inventions modernes.
- Nous ne pouvons terminer cet article sans adresser tous nos remerciements à M. Marotte, qui a été un des propagateurs de cette curieuse idée. 11 a bien voulu nous faire assister à ses intéressanlcs expériences et nous montrer les premiers types de sa fabrication. C’est à lui que nous sommes redevable des documents qui ont servi à l’illustration de cet article et nous lui adressons avec nos remerciements nos bien vifs compliments.
- Henri-René n’Allemagne.
- Le Gérant : P. Massos.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus , 9.
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- N“ 1682. — 11* AOÛT 1905.
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- LES MOAS ET LES MÛRIS
- Le naturaliste anglais Shaw se trouva bien embarrassé en 1812. Le capitaine Barclay, commandant le vaisseau La Providence, avait rapporté à Londres, au retour d’une expédition dans l’Océanie, une espèce d’oiseau totalement inconnue en Europe. Cet animal provenait de la région Nord de la Nouvelle-Zélande ; il avait le plumage brun, était de la grosseur d'une poule et portait un bec étrange, long et pointu comme celui d’un ibis, mais en différant par une disposition absolument unique : en effet, deux narines s’ouvraient sur ce bec, aux côtés de la mandibule supérieure et à l’extrémité de deux rainures qui, parties de la base du bec, se prolongeaient jusqu’à la pointe; l’absence totale d’ailes ajoutait à l’étrangeté de son aspect. Shaw, ne sachant à quel groupe connu le rattacher, le désigna dans sa collection sous le nom d’« oiseau privé d’ailes de la Nouvelle-Hollande ». C’est seulement en 1835, que Yarrel donna une description scientifique de Y Aptéryx.
- L’embarras des naturalistes était bien concevable. L’Aptéryx apparaît en effet comme isolé dans le monde actuel et sans parentés voisines. Son extension géographique est restreinte à la Nouvelle-Zélande et aux petites îles avoisinantes. Ses mœurs sont extraordinaires comme son allure.
- Assez répandus dans les forêts de la montagne, ces oiseaux vivent par couples, cachés tout le jour dans des souches d’arbres et ne sortant qu’à la nuit close pour chercher leur nourriture, qui consiste en insectes, larves, vers, graines, etc. Timides et craintifs, ils redoutent l’approche de l’homme, leur plus cruel ennemi, et s’échappent par bonds ou à la course, avec une extrême vitesse.
- Pas plus qu’aucune des nombreuses espèces animales aujourd’hui isolées dans la nature, Y Aptéryx n’est en réalité sans proches parents, au moins dans les espèces éteintes. Il a eu comme ancêtre le Me-galapteryx, découvert par Ilaast dans les gisements fossiles de la Nouvelle-Zélande, et qui ressemble, en plus grand, à son descendant. Le cas est d’ailleurs fréquent de la diminution de taille dans le genre et dans les espèces en voie de disparition.
- 33e année. — ïe semestre.
- D’autre part, à côté du Megalapteryx et deYAptéryx (réunis sous le nom de famille Apterygidés), vient se ranger tout un ensemble d’êtres disparus, non pas ancêtres mais cousins germains de ceux-ci : ce sont les Dinornilhidés ou Moas. L’ensemble de ces deux familles constitue un groupe animal bien défini ; son importance pour la Nouvelle-Zélande fut un moment, et à la même époque, comparable à celle des grands pachydermes en Europe.
- Elles font partie du grand ordre des Ratites ou oiseaux coureurs, dépourvus de plumes à la queue et aux ailes (le plus souvent atrophiées ou nulles), au sternum sans carène, aux vertèbres à surface articulaire en forme de selles, aux côtes munies de deux têtes articulaires. On sait que les Hatites ne forment pas un groupe naturel mais un ordre résiduel, composé de types disparates qui ont pris par convergence des caractères analogues. C’est dans cet ordre aussi que se rangent les Autruches qui en sont le type le plus connu. Dinorni-thidés et Apterygidés constituent le sous-ordre spécial des Apteryges.
- Ils présentent comme caractères communs, outre l’atrophie presque complète du membre antérieur, les traits suivants : atrophie de la ceinture scapulaire, absence de plumes rec-triees à l’extrémité caudale, développement exagéré des membres postérieurs, adaptés à la marche et au saut, os à peine pneumatisés, pattes généralement pourvues de trois doigts, et quelquefois un volumineux orteil.
- Nous ne reviendrons pas sur la description des Aptéryx. On connaît deux principaux types de ce genre, tous deux étroitement néo-zélandais. Ce sont : le kivikivi, à plumage brun ferrugineux, et le kivi, à plumage rouge.
- Cette famille des Apterygidés se distingue d’ailleurs des Dinornithidés par quelques caractères anatomiques : la patte est terminée par quatre doigts libres, armés d’ongles acérés et robustes; les plumes, dépourvues d’hyporachis, prennent ainsi une apparence capilliforme.
- Les Dinornithidés sont remarquables parla taille, qui varie de 1 mètre à 3m,50. Le bec est plus court, il
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- ne présente pas la remarquable disposition des narines de 1 'Aptéryx \ les plumes possèdent un hyporachis; les vertèbres du cou sont plus nombreuses, les cotes plus étroites ; la ceinture thoracique est en général complètement atrophiée, ainsi que les membres antérieurs dont on retrouve rarement les débris ; les doigts sont au nombre de trois; enfin, le sternum et le bassin ont des formes caractéristiques. Nous n’entreprendrons pas de décrire les nombreuses espèces que les naturalistes ont reconnues et décrites dans cette grande famille.
- La figure ci-contre donne d’ailleurs une excellente idée de la grandeur, de la formé et de l’attitude des muas. Et une promenade de quelques instants, dans la superbe galerie de paléontologie du Muséum, permettra à nos lecteurs de se rendre compte de visu de l’aspect de ces animaux, qui y sont représentés par quatre beaux squelettes complets et par des plumes sur lesquelles M. Oustalet a suffisamment insisté ici-mènie1, il y a près de trente ans, pour qu’il soit superflu d’y revenir. Les diverses espèces ont été réparties en trois principaux genres :
- Dinornis, à sternum long, présentant des articulations pour les os coracoïdes. Ex. : D. Giganteus, qui se trouve au Muséum ; (représenté par notre figure).
- Meionornis, à sternum pourvu d’un bord antérieur large et courbe, sans surfaces articulaires pour les coracoïdes, et à ceinture thoracique bien développée. Ex. : D. Casuarinus, D. Didiformis, du Muséum.
- Païapteryx, plus lourd, plus ramassé, à sternum plus large que long, sans surfaces articulaires pour les coracoïdes, sans ceinture thoracique. Ex : D. Elephantopus, D. Crassus, du Muséum.
- Nous l’avons dit, les Moas sont particuliers à la Nouvelle-Zélande. C’est là qu’en 1859, ils attirèrent l’attention du naturaliste Owen et déterminèrent les remarquables travaux de cet auteur, qui consacra quarante-cinq années de sa vie à l’étude de la faune ornithologique fossile de ces îles. Ils forment en certains endroits, notamment dans les plaines de la région de Canterbury, des accumulations qu’on ne saurait mieux comparer qu’à ces amas de squelettes de lamas sauvages, observés par Darwin au cours de ses voyages en Patagonie et dont la vue lui a donné la notion de cimetières animaux. Dans le cours de la rivière qui sort du lac Tekapo, ancien lit de glacier entouré de moraines énormes, au voisinage du lac Wanaka et en descendant le cours des rivières vers la mer, le plus souvent dans des dépôts lacustres ou lluviatiles d’une époque nettement postpliocène, la quantité des débris témoigne d’une existence de longue durée, qui fut le véritable règne de ces gigantesques oiseaux, brusquement, on les voit disparaître et les plus récents squelettes se trouvent mêlés à des débris de cuisine humaine qui prouvent qu’il faut attribuer à l’homme leur extinction. La chasse fut évidemment le principal procédé de destruction. Peut-être aussi faut-il tenir compte
- 1 \’oy. n° 76, du 14 novembre 1874, p. 369.
- des modifications d’ensemble apportées aux conditions générales du pays par la présence de l’bonnne : l’incendie des forêts, la destruction de la végétation, et autres habitudes humaines transforment'rapide-ment la topographie et l’hydrographie d’une région.
- 11 n’est pas certain que, même en présence de l’homme non hostile, la vie fût encore possible aux Dinornis, du jour où il était apparu en puissant agent physique de la terre.
- Ce fut, un certain temps, une mode d’attribuer aux peuples actuels de la Nouvelle-Zélande la destruction des Moas. Il est vrai que certains Maoris affirment que leurs pères ont vus des Moas et se sont nourris de leur chair. Ils disent aussi qu’il existe un vieux Moa réfugié dans la montagne VVakapunaka, et gardé par deux T data ras, ou lézards géants : ce serait un oiseau colossal à ligure humaine, vivant d’air comme seule nourriture. Le reste de l’espèce aurait été détruit par le feu de Tamatea qui, il y a quelques siècles, passe pour avoir dévoré les plaines de Canterbury. Faut-il croire cependant que les Maoris aient connus les Moas? 11 ne le semble pas. D’abord la haute antiquité de ces oiseaux est démontrée par les couches géologiques où l’on rencontre leurs débris et confirmée par la découverte, dans les couches postpliocènes de la Nouvelle-Galles du Sud, d’un Dinornis Australis analogue au D. Crassus de la Nouvelle-Zélande.
- Ainsi ces animaux ont vécu aussi loin de notre époque que le mammouth, le rhinocéros et les animaux des cavernes en Europe. Or, dans les pays les plus civilisés de l’Ancien Continent, il n’existe aucune espèce de tradition à l’égard de ceux-ci ; il serait bien extraordinaire d’en trouver au sujet des Moas chez des peuplades qui, à l’époque où les Européens les découvrirent, en étaient encore à l’àge de la pierre polie ! Aucun explorateur n’a recueilli de traditions pouvant se rapporter aux Moas. Ni Cook, ni Vancouver, ni l’amiral d’En-trecasteaux, ni le capitaine King n’en ont entendu parler. Cook a seulement noté des récits se rapportant à des sauriens gigantesques, dévorant les hommes, et détruits par le feu. Il serait étonnant, si les Maoris avaient connu le Moa, qu’ils ne lui aient pas donné la chasse et, s’ils lui avaient donné la chasse, il serait encore plus étonnant qu’il ne soit resté aucun récit se rapportant à ces chasses. Qu’on songe à ce que devait demander d’adresse et de force la poursuite et la destruction d’animaux si bien organisés pour fuir ou se défendre. Il y avait là de quoi fixer à jamais l’admiration et donner lieu à d’interminables légendes. Les Maoris n’ont pas de récits de chasse. C’est donc qu’ils n’ont pas connu le Moa. Aussi on est en droit d’affirmer qu’ils n’ont pas de tradition au sujet du Moa. Celles que nous signalions précédemment peuvent s’expliquer facilement si, comme il est probable, les Maoris sont d’origine malaise ; elles sont dans ce cas un souvenir des casoars poursuivis avant l’émigration de la race.
- Toutefois, bien des faits déjà signalés attestent
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- que l’homnic lut contemporain des Dinornis. Nombreux sont les endroits oii l'on rencontre pêle-mêle des débris, parfois calcinés, d'hommes, de chiens et de Moas. Le plus célèbre de ces gisements est celui de Moa bones Point (Pointe des os de Moas); là, sont associes aux débris de Moas et d'hommes, des os de baleines, des armes, des coquilles, etc. L’homme a donc connu le Moa. Mais l'époque où ils ont vécu ensemble est considérablement antérieure à celle où les Maoris ont envahi la Nouvelle-Zélande. Elle est contemporaine de la faune du mammouth en Europe.
- 11 y a cependant un singulier proverbe maori qui semblerait contredire ce qui précède. Ils disent, en effet, en parlant du Moa: T oiseau qui mange le vent. L autruche a l’habitude de se tenir le bec ouvert contre la direction du vent. 11 serait curieux qu il y ait cette ressemblance entre des types si voisins par l’allure et l’attitude. Va-t-il dans ce dicton une tradition exacte transmise de génération en génération? Dans ce cas, étant donné l'âge géologique des couches à Dinornis, il faudrait que les Maoris 1 aient recueillie de la bouche des peuples qu’ils supplantèrent. Mais il est plus vraisemblable d’admettre qu’ils appliquent au Moa, sans l'avoir connu, une observation faite autrefois sur le Casoar.
- 11 y aurait maintenant à rechercher quelle peut être l’origine commune des Aptérygidés et des Dinor-uithidés. A moins que de rester une sous-science, la paléontologie ne saurait en elfet se borner à la stérile tâche de décrire des types disparus, non plus qu’à la reconnaissance exacte des niveaux géologiques auxquels ils appartiennent. Son rôle est de démontrer les enchaînements des types entre eux, d établir comment ils se relient les uns aux autres Malheureusement, l’histoire généalogique des Dinor-nis est encore inconnue. Jean Lafitte.
- L’OBSERVATOIRE DE ZI-kA-VVEl
- L'Observatoire de Zi-Ka-vvei1 est bâti à 1 kilomètre du village de ce nom, situé dans une vaste plaine à h kilomètres au S.-O. de Chang-Hai, dans un jardin complètement isolé. Cet etablissement domine les habitations voisines à une distance de plus de 200 mètres; la latitude de l'Observatoire est de 51°12T>0" N.; sa longitude de il 7°56'25"E. de Paris; 1 altitude de la cuvette du baromètre est de 7 mètres environ.
- Le nom de Zi-Ka-vvei rappelle celui du célèbre ministre Siu Kouang-k’i (Zi est la prononciation locale de Siu), qui, sous la dynastie chinoise des Ming, portail le titre de Co-lao, qui équivaut aujourd’hui à celui de tchoung-tang ou Grand Secrétaire. Siu, qui était né en 1502, à Chang-Hai, lut baptisé sous le nom de Paul par le P. Jean de Hocha, en 1005, au moment où il partait pour Pe-king pour subir les épreuves du doctoral ; ayant perdu son
- 1 Yoy. n° 1151, du 22 juin 1895, p. 50.
- père eu 1007, et obligé par suite de se retirer des affaires pour accomplir la période réglementaire de deuil, il revint dans son pays avec le P. Cattaneo, lequel jeta les fondations de la Mission de Chang-Hai, qui prit un grand développement sous la direction du P. Brancati arrivé en 1057. Siu était mort à Pe-king en 1055, mais son corps fut rapporté dans son pays d’origine; ses funérailles solennelles furent célébrées à Chang-Hai en 1041 et ses restes furent déposés dans une sépulture qui fut, d'après lui, nommée Siu-Kia-wei (Zi-Ka-wei). Le 500e anniversaire du baptême de Siu a été célébré en grande pompe le 1"' novembre 1905, à Zi-Ka-vvei.
- La mission des Jésuites dans la province du Kiang-Sou périclita naturellement après la suppression de la Compagnie de Jésus et la mort de l'évêque de Nan-King, Mgr Laimbeckhoven, arrivée le 22 mai 1787. Le 12 juin 1842, les deux Jésuites Claude Gotteland, de Savoie, et François Eslève, de Paris, arrivèrent au Kiang-Sou et reprirent possession de leur ancienne mission, que leur remit Mgr de Pési, qui l'administrait provisoirement.
- En mars 1847, les Jésuites achetaient une propriété dans le village de Zi-Ka-vvei, dont la population se composait de quelques dizaines de cultivateurs, descendant de Siu-Kouang-k’i ; au commencement de 1851, l’établissement de Zi-Ka-vvei était constitué en résidence régulière.
- 11 n'entre pas dans mon cadre de décrire, cet immense établissement ; je puis dire toutefois qu'il sert de résidence centrale pour toute la mission et comprend, outre l'Observatoire magnétique et météorologique, le seholasticat de la Compagnie, le grand Séminaire, un collège (études chinoises pour tous, françaises pour 67 et latines pour quelques-uns), 151 élèves, et un Musée d'histoire naturelle, créé et dirigé par le P. Pierre Hernie, mort le 5 janvier 1902 ; à l’établissement de Zi-Ka-vvei est joint l'orphelinat de Tou-sè-vvé, à un demi-kilomètre, destiné à former de pauvres enfants en bons ouvriers capables de gagner leur vie.
- L’Observatoire fut créé en 1875, et je me rappelle encore ses modestes débuts; il a eu successivement pour directeurs les PP. Augustin Colombel (1875-1874); Henri Le Lee (1875-1876) ; Marc Dechevreus (1877-1887), de Chêne (canton de Genève), aujourd'hui directeur de l'Observatoire de Saint-Hélier ; Bernard Ooms (1888, 1891); Stanislas Chevalier (1889-1890, 1892-1897); Louis Froc (1898).
- Les PP. Colombel et Le Lee ont commencé, dès 1874, la publication des observations météorologiques faites en 1875; depuis janvier 1877, le P. Marc Dechevreus public un Bulletin mensuel de /’Observatoire magnétique et météorologique qui parait régulièrement depuis cette époque en cahiers grand in-4°. Outre ce bulletin, l’Observatoire publie des Mémoires sur les typhons, les variations de l'aiguille aimantée, le magnétisme terrestre. Le P. Chevalier a publié un ouvrage considérable : Atlas du haut Yang-tse; un long et fructueux voyage au
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- Se-tchouau a permis à ce savant missionnaire de nécessaires à l’exécution de son Atlas de I-tchang-fou faire, de novembre 1897 à mars 1898, les levés à Ping-chan-hien, qui se compose de 64 feuilles à
- Fig. 1. — L’observatoire de Zô-sè. — A mi-côte, résidence des Missionnaires, au sommet l’église et l’observatoire.
- l’échelle de 1/25 000e; on peut juger du travail considérable du P. Chevalier, simplement en ce qui regarde les stations relevées astronomiquement de I-tchang à Ping-chan, en remarquant ij ue, sans parler des observations de passages d’étoiles au méridien (qui sont au nombre d’environ 450), sans compter les o b s e r v a t io n s faites entre I-tehang et Chang-Hai, il y a plus de 800 pointés de soleil ou d’étoiles en hauteur; chaque pointé a été calculé séparément suivant une méthode rigoureuse; aussi, le 26 avril 1901, la Société de Géographie de Paris décerna-t-elle à cet Atlas, la médaille d’or du prix Logerot.
- C’est également l’Observatoire de Zi-Ka-wei qui publie, depuis son origine en 1892, le rapport annuel de la Société météorologique de Chang-Hai qui
- parait en anglais ; il donne chaque jour au port de Chang-Hai le signal du midi moyen, par la chute d’une houle que l’on fait tomber électriquement sur
- le quai de la concession française «à une distance de 8 kilomètres. L’Observatoire est en relation avec de nombreux postes, de Nieo-laïevsk sur l’Amour à Saigon, et de Nemuro (Yezo) à Semipa-latinsk ou à Koul-dja. Les services rendus aux navigateurs sont incalculables dans des mers dévastées par les typhons , aussi n’est-il pas surprenant que M. Pou mer au Tonkin, les Allemands à Tsing-tao, aient fait appel aux lumières du P. Froc pour établir leurs postes d’observations météorologiques.
- D’ailleurs l’Observatoire est chargé de signaler au port de Chang-Hai tous les phénomènes intéressant la
- Fig. 2. — L’observatoire de Zi-Ka-wei. l'imer.
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- Fig. 3. — Le personnel de l'Observatoire réuni a propos d’une visite du directeur de l’Observatoire de Manille.
- navigation dans les parages d’Extrême-Orient. Le code de ces signaux, accepté officiellement par Sir Robert Hart, est, depuis le commencement de 1808, en usage dans tous les ports de Chine où se trouve l’administration des Douanes impériales.
- Depuis trois ans, l’Observatoire publie un Calendrier-Annuaire qui renferme une foule de renseignements utiles.
- Tous les services de l’Établissement ont été transférés le 1er janvier 1901 dans de nouveaux bâtiments.
- Un autre Observatoire astronomique a été construit sur la colline de Zô-sè, haute de 100 mètres environ, à 8 lieues O.-S.-O. de Zi-Ka-wei; il se compose d’une rotonde de 10 mètres de diamètre, renfermée dans une seconde plus large qui laisse autour de la première un couloir large de 2 mètres, Elle renferme la lunette équatoriale de 6m,50 de
- long; sa section mesure 0m,80X0m,40. Une cloison centrale la divise dans toute la longueur en deux
- tuhes carrés de 40 centimètres de côté.
- À l'extrémité supérieure de ce s tubes sont vissés les deux barillets porte-objectifs.
- Trois corps de batiment partent, en rayonnant, de la rotonde; le premier, à l’Est, abrite la bibliothèque et la lunette méridienne qui a 60 centimètres de long et l’objectif a 6 centimètres de diamètre ; elle a d’ailleurs servi plusieurs années à Zi-Ka-wei, pour le réglage du chronomètre; le second bâtiment, à l’Ouest, renferme trois chambres d’habitation et le troisième, au Sud, qui est un peu moins long que les deux autres, sert de bureau aux calculateurs. Les Observatoires de Zi-Ka-wei et de Zô-sè servent bien la gloire de la France dans l’Extrême-Orient. Hf.xrt Gortuf.r.
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- LA NATURE.
- LA STABILITÉ DES ÉTALONS MÉTRIQUES
- Les unités du système métrique étant définies par le mètre et le kilogramme internationaux en platine iridié, sanctionnés par la Conférence internationale de 188!), et déposés au Bureau international des Poids et Mesures, il est de la plus haute importance, pour l’invariabilité des unités du système universel des mesures, que ces étalons conservent une valeur invariable dans les limites que peuvent atteindre les expériences les plus délicates.
- Depuis la déclaration qui en a fait le prototype de masse, le kilogramme international n’a pas été extrait de la cloche qui le recouvre, dans le coffre-fort enfermé sous trois clefs dans le caveau des prototypes internationaux. Le mètre, après avoir servi de nouveau à quelques comparaisons, a été définitivement enfermé à son tour en 1892, et, depuis cette époque, des copies des deux prototypes ont seules servi à la détermination des étalons soumis à l’examen du Bureau international.
- Les étalons internationaux, soustraits ainsi aux variations de la température, et à toutes les manipulations qu’exige l’emploi d’un instrument de mesure, ont bien des chances d’avoir varié moins que les étalons d’usage ; et, si l’on trouve que ces derniers ne se sont pas modifiés dans les limites des erreurs d’observation, il y a toute probabilité pour que les étalons prototypes soient restés constants dans les limites de ce que les mesu.es les plus délicates permettraient de constater.
- Or voici quelles ont été les expériences exécutées récemment en vue de contrôler la permanence des étalons d’usage.
- Pour le mètre d’abord, le Bureau possède essentiellement trois étalons, dont deux servent aux comparaisons absolues, un troisième pour la mesure des dilatations. Les deux premiers ont été peu employés, tandis que le dernier, dont j’ai fait constamment usage dans les mesures de dilatations qu’ont nécessitées mes études sur les alliages, a participé, depuis dix ans, à plus de 2000 séries de mesures, dont la moitié environ à des températures variables, qui ont atteint les limites de 0 et 58 degrés; dans les mesures, cet étalon a subi des trépidations nombreuses, par la nécessité de brasser fortement l’eau avant chaque mesure, pour éviter les inégalités de la température. Cette règle, comparée en 1903 à l’un des autres étalons, a donné, par rapport à l’ancienne équation, une différence 15
- de (Qu,) soit de ]qq qqq qoq’ fluantilé qui confine absolument aux limites de précision de ces comparaisons. 11 est donc impossible de soupçonner un changement quelconque dans l’équation relative de ces deux règles; et, comme l’une a été soumise à de multiples causes de variation tandis que l’autre y a été presque complètement soustraite, la conclusion qui semble s’imposer est qu’aucune variation appréciable ne s’est produite.
- Les deux étalons de référence ont été aussi comparés entre eux, soit directement, soit par l’intermédiaire d’autres règles comparées isolément à chacun d’eux. Les écarts apparents sont, par hasard, encore un peu plus faibles en moyenne que la valeur donnée ci-dessus, ce qui exclut tout à fait l’idée d’un changement possible dépassant le dix-millionième.
- Pour les kilogrammes, la constance n’est pas moins satisfaisante. Les comparaisons ont été faites par M. Benoît, entre 9 de ces étalons déterminés en 1887 et 1888, par rapport au kilogramme international; ils ont tous été comparés deux à deux, de manière à réaliser une com-
- pensation aussi parfaite que possible des petites erreurs des mesures. Cette vérification, qui a exigé plusieurs mois d’un labeur très assidu, a conduit à des résultats dont il est intéressant de donner le détail. Parmi les kilogrammes comparés, il y en a six qui constituent une série à part ; l’un était resté enfermé avec le prototype international, trois autres n’avaient pas quitté la cloche qui les recouvrait dans un coffre-fort placé dans la salle des balances du Bureau; un était allé au Mexique et en était revenu sans avoir servi à des mesures; un autre enfin, avait été employé à quelques mesures au Bureau. Or les comparaisons faites ont révélé, entre ces six kilogrammes, les équations relatives trouvées avant 1889, avec une exactitude de quelques millièmes de milligramme.
- Un autre kilogramme, resté sans emploi, a montré une augmentation de 5 centièmes de milligramme, tandis que deux autres, qui ont beaucoup servi, ont révélé une diminution, sans doute par usure, de 2 et de 5 centièmes de milligramme.
- La conclusion que l’on peut tirer de cet ensemble de comparaisons est que l’ensemble des six premiers kilogrammes réalise, à quelques milliardièmes près, la môme unité de masse qu’à l’époque de la distribution des prototypes. Quant aux deux qui ont subi un peu d’usure, on en sera quitte pour leur attribuer une valeur nouvelle, mais qui différera au maximum de 5 cent-millionièmes de l’ancienne valeur.
- Un changement, par usure, de l’ordre qui a été constaté sur l’un des deux kilogrammes qui ont diminué ne doit ni surprendre, ni effrayer. Ce kilogramme a servi à de très nombreuses comparaisons faites en Allemagne. Sa perte de volume est de 2 millièmes de millimètre cube. Cette quantité étant connué, il n’en résulte aucune espèce d’inconvénient pour son emploi. Quant à l’ensemble des comparaisons, il a montré, sans aucun doute possible, que l’unité de masse s’est conservée, depuis seize ans, avec une perfection que les pesées les plus délicates, poussées jusqu’au delà du cent-millionième de la grandeur à déterminer, ne permettent en aucune façon de suspecter.
- Ch.-En. Guillaume.
- LA PRODUCTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- A diverses reprises, plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé des renseignements sur les distributions actuelles d’énergie électrique. Quelles sont les machines motrices qu’il est préférable d’employer ? Quelles sont les machines électriques? Sous quelle tension, et quelle puissance ? Les lampes à arc, les lampes à incandescence, les moteurs électriques que nous possédons peuvent-ils être utilisés dans des conditions avantageuses?Quel est le prix de revient de l’énergie électrique ? Les prix actuels sont de beaucoup trop élevés ; il est indispensable de les ramener à un taux plus normal.
- Telles sont en résumé les principales questions qui nous ont été posées et auxquelles nous n’avons pu répondre jusqu’ici que par des renseignements fort abrégés. Nous pensons donner satisfaction à nos lecteurs, en traitant d’une manière suffisamment complète les principales parties de ce grand problème de la distribution de l’énergie électrique. A cet effet nous nous inspirerons du rapport de M. B.-V. Picou, ingénieur, rapporteur de la Commission technique constituée par M. le préfet de la Seine pour examiner les questions relatives au régime futur de l’électricité à Paris.
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- L’agent moteur à considérer comme pouvant fournir les puissances nécessaires est seule la vapeur. Les moteurs à gaz ont atteint de grandes puissances; ils peuvent produire la force motrice avec économie dans les conditions de pleine charge. Pour la production de l’énergie électrique, leur marche n’est pas assez régulière, et ils ne peuvent se prêter aux grandes variations de puissance qui peuvent parfois survenir.
- Parmi les moteurs à vapeur, il faut encore faire un choix. Des machines à piston peuvent être construites pour les puissances demandées de 5 à 7000 kilowatts (5100 à 7140 poncelets) ; mais elles demandent pour leur construction plusieurs cylindres. Le moteur à turbine est plus simple et convient bien pour les puissances élevées. L’unité de 5000 kilowatts, dit M. Picou, est à l’heure présente la seule qu’on puisse conseiller.
- L’emploi des turbines impose l’emploi d’une condensation parfaite afin d'assurer le maintien constant d’un haut degré de vide. Cette condensation n’est possible que si l’on dispose d’eau très froide en grande quantité, et la meilleure solution consiste à placer l’usine dans le voisinage d’un cours d’eau de débit important. Il ne faut pas en effet songer, pour assurer la condensation, à l’emploi de réfrigérants à jets d’eau ou à cascades ; ces appareils sont coûteux et nécessitent toute une installation pour leur fonctionnement, qui laisse encore souvent à désirer suivant les temps.
- L’usine génératrice doit se trouver ainsi près d’un cours d’eau. Cette situation permettra d’assurer aussi très facilement l'approvisionnement en combustible. Comme le fait remarquer à fort juste raison M. Picou, c’est en effet l’approvisionnement en eau, bien plus que l’approvisionnement en combustible qui doit fixer le choix des emplacements. Le combustible peut toujours être obtenu, même en temps de crise ; ce n’est qu’une question d’argent, de surplus momentané de dépenses; rien au contraire ne pourrait suppléer à une insuffisance d’eau de condensation, et il deviendrait impossible de continuer le service à quelque prix que ce fût, si elle venait à manquer.
- La condition précédente imposera le plus souvent une transmission de l’énergie à distance plus ou moins longue. Il sera donc nécessaire d’avoir un courant primaire que l’on transformera ensuite pour alimenter les circuits de distribution proprement dits. La forme à choisir pour le courant primaire est la forme alternative polyphasée; mais les courants alternatifs, simples, diphasés ou triphasés sont tous aussi avantageux, au point de vue économique, pour un même transport d’énergie sous une même tension : la forme triphasée est la plus usitée. La tension dépend évidemment de la distance moyenne des points d’utilisation; elle semble varier de 8000 à 12000 volts entre conducteurs. Les alternateurs pourront produire eux-mêmes directement cette tension, et l’on évitera au départ une transformation élévatrice.
- Pour alimenter en tous points une distribution importante, il peut être utile de disposer de plusieurs usines. Il ne faut pas en effet, dans une seule usine, installer plus de 6 à 8 unités, en raison des complications de toute nature que comportent ces installations. 11 faut également ménager la place suffisante dans une usine pour en augmenter plus tard la puissance. M. Picou estime qu’à ne considérer que les convenances delà distribution, le nombre de trois usines paraît, d’une manière générale, le plus approprié.
- CONSERVES ALIMENTAIRES BIZARRES
- f.ES MÏRTIT.S
- Ceux qui connaissent la Suisse allemande et les régions voisines de l’Allemagne proprement dite, savent qu’on y fait une certaine consommation, comme dessert, et en compotes le plus généralement, de ces petites baies bleu très foncé qu’on appelle airelles ou myrtils, et dont le jus tache de façon si caractéristique la bouche et même les lèvres. Ce sont les enfants pauvres qui vont cueillir ces haies en montagne ; elles servent du reste souvent à « corser » un peu le menu des petits ménages. Mais elles ne donnent pas lieu à culture, et à plus forte raison n’a-t-on point songé à les recueillir pour en faire des conserves et les vendre ainsi hors de saison.
- C’est ce que font pourtant les Américains, nous entendons les Yankees, qui aiment volontiers les bizarreries dans l’alimentation. Dans l’Etat du Maine, en particulier, à la suite d’incendies de forêts comme il s’en est produit si souvent dans toute la Confédération, de grandes surfaces furent envahies par le myrtil ; et, après avoir recueilli accidentellement, si l’on peut dire, les baies de ce petit arbuste, on se mit à favoriser l’extension de son aire de végétation ; et périodiquement maintenant, on communique le feu aux étendues où il pousse, afin de lui donner un regain de vigueur à la belle saison, en le débarrassant des autres buissons qui ne résistent pas à cette épreuve du feu. C’est une culture un peu simpliste, mais une culture néanmoins ; et le besoin s’en fait d’autant plus sentir que, depuis 1870, se sont fondées, dans le Maine, des usines qui se livrent à la mise en boîtes et en conserve des baies de myrtil. Cette industrie a pris une très grande importance dans tout l’État du Maine, principalement depuis 1899 ; et il a fallu étendre en conséquence la superficie des maquis consacrés à cette plante : aujourd’hui, ils couvrent au moins 1000 à 1100 hectares dans les comtés de Haucoek et de Washington. On conviendra que c’est là une excellente utilisation de terres stériles, jadis couvertes de belles forêts, qui ont été peu à peu ruinées et détruites complètement par le déboisement d’abord, par les incendies ensuite.
- Les propriétaires de terres à myrtils partagent leurs terrains en 5 parties : l’une fournira à la cueillette de l’année, l’autre est livrée au feu dans le but que nous avons indiqué, enfin la troisième se repose, ou, plus exactement, ayant subi le feu l’année précédente, les plantes sont en train de repousser et donnent déjà des branches. La seconde année, elles seront au maximum de'produc-tivité ; et comme, la troisième, elles ne fourniraient que peu de haies, c’est pour cela qu’on les brûle à nouveau. Grâce à cette sorte d’assolement, on arrive à un rendement extrêmement élevé. Et, avec cette alternance triennale, et l’engrais tout spécial que fournissent les cendres de la combustion, on obtient qu’un plant n’ait pas besoin d’être renouvelé avant cinquante ans. Il est essentiel d’ailleurs que l’incendie n’ait lieu qu’à l’époque voulue, avant le commencement de mai, quand la terre est humide, et qu’il n’attaque point les racines.
- Ce sont les Sociétés se livrant à l’industrie des conserves qui possèdent, on peut dire, toutes les terres à myrtils ; pendant six semaines elles emploient des armées de ramasseurs, qu’elles payent 15 centimej environ le litre de petits fruits. Un bon ramasseur parvient à cueillir des dizaines et des dizaines de, litres, dans sa journée.
- H. B.
- J. Laffargue.
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- LA NATURE.
- IA CONQUÊTE DE L’HIMMAYA.
- Depuis une vingtaine d'années on se demandait, d’après les ascensions de M. Graham au Sikkim, en 1883, et d’après les dires de certains indigènes, s’il n’existait pas, au nord et en arrière de l’Himalaya central, sur le plateau Thibétain, des cimes plus élevées que le Mont Everest (8840, 8817 ou 8767 m.)‘, qui aurait ainsi perdu son rang de plus haute montagne du monde. Dans le très intéressant récit qu’il vient de donner à la Société royale de Géographie de Londres (séance du 13 février 1905 et Geographical
- Journal, mai 1905), sur les résultats géographiques de la mission anglaise au Thibet et à Lhassa (juin 1903 à décembre 1904'), sir G. Younghushand tranche définitivement la question dans le sens de la négative. Les reconnaissances topographiques des capitaines Rawling, Ryder et Wood le long du Rrahma-poutre, par Shigatse, Gartok, le lac Mansorawar, etc., les sources de l’Indus et du Sutledj, ont mis hors de doute qu’au dos de l’Himalaya « il n’existe aucune montagne plus élevée que le mont Everest». Celui-ci a pu être photographié de Khombajong sur le versant Nord dans toute sa splendeur. D’ailleurs, selon
- Fig. 1. — Siniolchum, 6879 jm. au coucher du soleil, téléplioto prise du The-La (environ 5000 m.)
- M. Younghushand, il n’y a pas, « dans tout le royaume de la nature, de plus grandes gloires que celles du Sikkim et du Thibet.... La vue que je considère comme suprême dans le monde entier est celle du Kinehenjunga de Darjiling. ». Si nous rappelons que, dans le groupe de cette dernière montagne. M. Freshfield a déjà qualifié le Siniolchum de « la plus belle montagne neigeuse que j’aie jamais vue, peut-être la plus belle du monde », on comprendra que nous ayons saisi l’occasion de reproduire ici les deux admirables photographies inédites gracieuse-
- 1 Yov. n° 1616, du 14 mai 1904, p. 375, et n° 1663, du 8 avril 19 )5, p. 302.
- ment offertes par M. Y. Sella, compagnon de M. Freshfield.
- D’autant plus que nous sommes informés d’un nouveau projet du Dr Jacot-Guillarmod qui, avec M. Crowley, se prépare en ce moment même à tenter l’assaut du Kinehenjunga (Kinchinjinga, Kangcheng-junga, etc., 8582 mèt,). A l'heure actuelle, les récentes tentatives contre les plus hautes montagnes du monde peuvent se résumer ainsi. Elles ont porté principalement sur le 2e et le 3e massifs (quant à l’altitude) de l’Himalaya, le Chigori (Godwin Austin
- 1 \’oy. L. A. Waddcll. Lhassa and its Hystéries,1!OOgrav. et cartes, in-8°, 530 p. Londres, Murray, 1905, 31r,',25.
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- Fig. 2. — Kinchenjunga, cime méridionale 8479 m. (le col neigeux du 1er plan est le Guiclia-La, 5007 m.).
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- Dapsang au pic K®, 8611 mètres) et le Kinchenjunga ; l'Everest n'a pas été attaqué encore, à cause de sa hauteur et des entraves diplomatiques qui en interdisent l’approche.
- Pour le lpr massif (à l’ouest de la chaîne) l’expédition Comvay-Eckenstein avait atteint en 1892 7010 mètres, au pic des Pionniers, dans les parages du fameux glacier de Baltoro, long de 100 kilomètres. En 1902, on retrouve là la caravane qui a raconté ses aventures dans Sir mois dans /'Himalaya, par le 111 2 Jacot-Guillarmod '. C’est au pied du Chigori ou pic K® du Karakorum que les alpinistes Eckenstein et Crowley, organisateurs à Londres de cette expédition, joints aux deux grimpeurs autrichiens, MM. Pfanndl et Wessely, à M. (C. Knowles, et au I)r Jacot-Guillarmod, ont évolué. A 6700 mètres, leurs ascensions furent arrêtées par les intempéries. L’année suivante (1905), sur un autre versant du même massif, le P1' Bullock-Workman atteignît à 25599pieds (7152 mètres et non 7152 mètres comme on l’a imprimé par erreur) sur les flancs du Chogo-Lungma. L’abaissement, par F. Schrader, de l’altitude de l’Aconcagua à 6956 mètres (au lieu de 7150 mètres)® attribuerait donc bien à M. Bullock-Workman le record de la plus haute altitude atteinte, s’il ne restait la question, toujours pas éclaircie, des 7500 mètres gravis par M. Graham, en 1885, sur le Kabru du Sikkim. Nous ne reviendrons pas sur cette controverse3, si ce n’est pour dire qu’au numéro de février 1904 du Bulletin de la Société américaine de géographie (New-York) M. Edw. Swift Balch s'étonne, comme M. Freshfield, que l’on ait si àprement contesté les récits de M. Graham.
- Quant aux efforts de MM. Freshfield, Garwood et Sella, autour du Kinchenjurîga en 1899, ils ont été suffisamment relatés ici par deux fois4, et ils ont abouti à cette conclusion qu’avec des chances et conditions favorables il est possible que la cime finisse par être domptée quelque jour. C’est cette entreprise que va tenter le Br Jacot-Guillarmod. E.-A. Martel.
- L’ANESTHÉSIE PAR LA LUMIÈRE BLEUE
- La lumière et l’électricité tendent à prendre une place de plus en plus importante dans la thérapeutique. J’ai décrit ici même les ingénieux procédés imaginés par le regretté savant danois Finsen pour la cure de cette tuberculose cutanée si grave et si rebelle, le lupus. On a essayé, pour calmer l’irritabilité de certains maniaques, de les soumettre à l’influence des rayons lumineux, les rayons bleus, en les emprisonnant dans des chambres avec vitraux de cette couleur. C’est qu’en effet il est
- 1 352 pages avec 269 photogravures, 12 phototypies hors texte, 4 cartes et graphiques. \Y. Sandoz, 1 et 2, Terreaux, ÎNeuchâtel (Suisse), et Fischbaeher, 33, rue de Seine, Paris.
- 2 Yoy. n° 1654, du 4 février 1905, p. 158.
- 3 Yoy. n°1616, du 14 mai 1904, p. 374.
- 4 Yoy. n° 1457, du 27 avril 1901, p. 342, et n° 1530, du 20 septembre 1902, p. 247.
- reconnu que les rayons lumineux ont une action différente suivant leur couleur. Le professeur Redard, de Genève, a cherché à utiliser ces effets spéciaux en les appliquant à la chirurgie.
- L’année dernière, au Congrès helvétique d’odontologie, il faisait connaître un nouveau procédé d’anesthésie basé sur l’influence des rayons bleus sur les centres nerveux ; des expériences nombreuses lui ont permis de constater que l’on obtenait réellement un engourdissement de la sensibilité suffisant pour procéder à de petites opérations locales et de courte durée.
- Chaque couleur primitive aurait, d’après lui, une action spéciale et bien définie sur l’organisme. La lumière rouge est un agent excitant et irritant : on sait combien elle modifie le degré de virulence de certaines éruptions et comment on l’a appliquée au traitement de la variole. La lumière jaune aurait une action déprimante, tandis qu’avec la lumière bleue on obtient le calme, la quiétude et on procure une sensation de bien-être.
- C’est d’après ces données que le Dr Redard a été conduit à imaginer son procédé nouveau d’anesthésie, infiniment supérieur à toutes les méthodes, même les plus inoffensives, d’anesthésie locale, puisqu’il ne fait intervenir aucune introduction dans l’organisme d’agent médicamenteux. Le malade est assis sur un fauteuil à quinze centimètres environ devant une lampe à incandescence de 15 bougies, l’ampoule de la lampe est en verre bleu, le réflecteur est nickelé. La tête est recouverte d’un voile bleu léger et on recommande au malade, après l’avoir rassuré sur l’innocuité de la méthode, de fixer le regard sur la lampe. Au bout de deux à trois minutes, le sujet est dans un état d’inconscience, d’anesthésie, on n’a qu’à enlever le voile pour constater que la pupille est dilatée, le regard vague et le malade plongé dans un état qui permet d’intervenir sans douleur pour l’ablation d’une dent ou toute autre opération de courte durée. Il est juste de dire que tous les sujets ne sont pas, à un degré égal, endormis ou mieux anesthésiés.
- Cette méthode ingénieuse a été appliquée par d’autres médecins, avec un égal succès. Le I)r Milliard, assistant au London hospital, a employé la lumière bleue dans une trentaine de cas qui lui ont donné les résultats suivants: dans 20 cas, succès complet, anesthésie très nette comme l’a indiqué M. Hedard ; 8 insuccès : 4 fois les malades ont accusé une douleur à peu près égale à celle qu’eût provoquée l’intervention sans anesthésie. M. Milliard pense qu’un certain nombre d’insuccès tient à la nervosité extrême des sujets, informés par d’autres malades qu’on allait tenter sur eux une expérience nouvelle. Toutes les fois que le malade n’a accusé aucune sensation, il y avait une dilatation de la pupille caractéristique d’un effet sur les centres nerveux.
- S’agit-il dans ces cas d’une auto-suggestion, d’une sorte d’hvpnotisme? Redard, non plus que ses collègues qui ont eu recours à ce procédé, ne croient à un effet hypnotique. Il s’agirait là d’une action directe sur les centres nerveux. Cependant, d’après certains observateurs, l’anesthésie n’est pas générale; elle semble limitée à l’aire des nerfs crâniens, du trijumeau en particulier. Le pincement du bras, de la jambe, le simple chatouillement montrent que la sensibilité est intacte dans les extrémités.
- Quoi qu’il en soit, c’est là une méthode très pratique d’anesthésie pour de courtes opérations et qui a l’avantage d’être sans danger. Dr A. Cartaz.
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- LA NATURE.
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- L’EMPLOI DU LIGNITE
- FOUR LE CHAUFFAGE DES LOCOMOTIVES
- Bien que la France ne renferme que relativement peu de lignite dans son sous-sol, ce combustible minéral se rencontre en assez grande abondance dans nombre de pavs pour qu’il soit intéressant de lui trouver des usages industriels, susceptibles d’on absorber des quantités autrement plus considérables que les usages domestiques, auxquels les producteurs allemands essayent de l'appliquer sur une grande échelle, notamment sous la forme de ces briquettes lancées à grand renfort de réclame. Aous rappellerons d’un mot que c’est par millions et dizaines de millions de tonnes que le lignite s’extrait du sol de l’Allemagne et de l’Autriche.
- Le lignite, par calcination en vase clos, donne tout au plus 50 pour 100 de résidu fixe, alors que le pouvoir calorifique dépend surtout, dans un combustible, de la proportion de charbon lise que laisse la distillation. Il est plus ou moins sec, plus ou moins terreux, mais d’une manière générale on peut dire que c’est un combustible à température de combustion peu élevée, qui n’a par suite qu’une valeur relative. Et pourtant il serait très désirable d’en tirer un aussi bon parti que possible, étant donné qu’il se trouve fréquemment dans des régions assez mal partagées au point de vue des autres combustibles. Une des difficultés qui se présentent en la matière, c’est la proportion très forte d’eau que contient le lignite quand il vient d’ètre extrait, proportion qui peut atteindre parfois 40 pour 400, et qui ne descend guère au-dessous de 15 à 20 pour 400, même après une longue exposition à l'air à température ordinaire. Quoi qu’il en soit, en Italie et en Autriche, on le fait sécher, puis on le comprime en briquettes ou agglomérés, et on l’utilise au chauffage des chaudières. U est évident que cet usage serait intéressant à généraliser pour les locomotives de chemins de fer, puisqu’on consomme déjà des briquettes pour leurs générateurs; mais il ne faut pas oublier que ce combustible n’a guère que la moitié de la valeur du charbon comme puissance calorifique. Cependant, en Italie, quelques lignes l’emploient même sans le sécher complètement et les Etats-Unis se préoccupent vivement de la même question.
- Depuis un certain temps des expériences suivies ont été faites sur les voies ferrées du Colorado, du Wyoïning, et de tout le Sud-Ouest de la Confédération : il faut dire que le Colorado renferme des gisements de lignite, dont les meilleures qualités, une fois séchées à l’air, renferment 45 pour 400 de charbon fixe, 55 de matières volatiles, 7 de cendres et le reste d’eau. A la vérité, les essais n’ont pas été fort encourageants; mais on les poursuit encore, et beaucoup d’inventeurs ou d’industriels s’efforcent d’améliorer la qualité du lignite au point de vue spécial de la combustion sous les générateurs de locomotives. Un procédé consiste à pulvériser finement le lignite brut, puis à le chauffer et à le mélanger ensuite à un agglomérant: on arrive ainsi (mais coûteusement, doit-on le dire tout de suite) à réduire considérablement la teneur en humidité: les agglomérés faits de la sorte ne renferment plus que 5 pour 100 d’humidité avec 52 de matières volatiles, 55 de charbon fixe et 40 de cendres. On a constaté qu’une installation traitant 50 000 tonnes par an met le prix du traitement à 8fr,50 par tonne. Mais la conclusion à laquelle sont arrivés les ingénieurs de chemins de fer qui étudient le problème, c’est que, avec la matière première, le lignite, coûtant 5tr,70 la tonne sur le
- carreau de la mine, il serait sans intérêt pratique d’utiliser ce combustible ainsi traité, même dans les régions productrices. A ce que nous dit notre confrère Railway Age, on a expérimenté divers dispositifs pour augmenter le tirage1 des grilles qu’on chargeait de lignite à l’étal brut; mais celui-ci est si léger qu’il est entraîné dans les tubes, et qu’il faut un parc-étincelle à mailles très serrées pour arrêter les projections à l’extérieur; il est nécessaire de disposer d’une surface plus grande que normalement dans la boite à feu, et l’on se voit dans l’obligation de combiner un tuyau à forme de double tronc de cône. De plus, les espaces d’air de la grille doivent être tout petits et le cendrier ne peut être qui1 fermé à peu près complètement. Dans ces conditions, pour arriver à assurer le tirage, on recourt à un petit ajutage d’échappement, et finalement la puissance de la machine se trouve fort limitée, puisqu'on n’a pas la possibilité de pousser le feu et que le piston subit une contre-pression appréciable. Une grille très large s’impose, comme de juste, ainsi que pour les fines anthracites, et, sur les chemins de fer de l’Ouest des Etats-Unis, on a, dans ce s circonstances, emplové une chaudière spéciale dit Wooten.
- On s’est trouvé très bien, pour arrêter les étincelles dans des machines brûlant ce combustible un peu ingrat, des tubes à fumée ondulés en forme de spirale, qui ont rendu de très grands services sur les lignes ferrées de l’Est de la Confédération avec des bons charbons bitumineux: il semblerait que les escarbilles suivent les spirales sans se heurter aux bords des ondulations, car ceux-ci ne présentent pas d’usure au bout d’une année. Dans ce parcours considérablement allongé, ces escarbilles ont le temps de se refroidir, elles perdent leur vitesse, et peu d’entre elles s’échappent par le tuyau de la machine. Grâce à ces tubes, on a pu, sur une des machines qui avaient été consacrées au chauffage au lignite, élargir l’ajutage d’échappement et revenir au type normal de tuyau; de plus, la charge des trains de voyageurs remorques a été augmentée d’un wagon.
- Les expériences continuent du reste, et l’on espère arriver un jour, par l’emploi de dispositifs perfectionnés et par un traitement préalable du lignite, à utiliser de façon normale ce combustible. [). B.
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- LES RAYONS RŒNTGEN
- AU SERVICE DES CABLES
- La Société d’électricité Sanitas, de Rerlin, vient de construire un appareil fort curieux. On sait que l’on ne peut vérifier les qualités d’isolement et de conductibilité des câbles qu’en se livrant à des expériences suivies avec des appareils de mesure. Grâce au nouvel instrument, on peut effectuer cette vérification d’une manière beaucoup plus complète, en ce sens qu’en faisant passer le câble sur deux poulies fixées au-dessus, on voit immédiatement tous les défauts qu’a pu entraîner une fabrication trop rapide ou défectueuse; les impuretés et les bulles d’air emprisonnées dans l’isolant apparaissent instantanément. L’appareil est constitué par une caisse transportable dans laquelle sont installés tous les instruments nécessaires à la production des rayons Rœntgen. Au-dessus sont deux poulies à gorge sur lesquelles passe le conducteur à vérifier. Le tube Rœntgen est installé sous le câble et au-dessus se trouve l’écran. Il suffit défaire dérouler le câble sur ses poulies, lorsque l’appareil est en marche, et de regarder au travers de l’écran pour apercevoir immédiatement les défauts de fabrication. L. F.
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- LA NATURE.
- LE CHAPEAU DE PAILLE DE DAMES
- J’ai eu récemment l’occasion de visiter une fabrique parisienne de chapeaux de paille. C’est une petite industrie que l’on ne peut comparer à celles de Nancy, de Septfonds, de La Caussade, dont la production est énorme. À Paris, les petites manufactures abondent ; elles sont installées dans un appartement, à un étage quelconque, sur une cour. Quelquefois, lorsque l’établissement prospère, on lui adjoint une ou deux pièces, un rez-de-chaussée, un sous-sol, et il arrive que les ateliers sont répartis en des lieux différents d’une même maison d'habitation ou même dans des maisons voisines. Ces installations constituent une spécialité de notre grande cité. Dans ces immeubles on trouve tout un lot d’industries ayant chacune leur force motrice propre, constituée le plus souvent par un moteur à gaz disposé dans un coin de cuisine, commandant des ateliers montés un peu à la diable dans des pièces trop étroites. On y étouffe en tout temps, et, néanmoins, il y règne une activité débordante. C’est que la vie est dure dans la capitale, beaucoup plus qu’en province; les patrons savent se contenter du minimum de place pour éviter les frais généraux, et les ouvriers ne se plaignent ([ue du chômage. Ces maisons peuvent être comparées à de véritables ruches où s’engloutissent des centaines et des centaines d’ouvriers et d’ouvrières, et l’on se demande comment tout ce monde parvient à trouver place et à travailler. La petite industrie de M. Lamothe, où nous avons pris les photographies qui illustrent cet article, ne confectionne que des chapeaux de dames, en paille et en feutre. Nous ne nous occuperons pas des seconds, bien que, dès maintenant, on en commence la fabrication. Voyons les étapes du chapeau de paille qui seul est d’actualité.
- On ne saura jamais tout le mal que donne la mode aux fabricants de chapeaux. Je ne parle pas des grands faiseurs, dont les premières se mettent martel en tête pour « sortir » une idée inédite dont on tire trois ou quatre exemplaires; le lendemain il faut une autre nouveauté, et il en est ainsi chaque jour pour satisfaire la clientèle mondaine. La mode bourgeoise n’a que faire de ces incessantes innovations; le modèle convenable a été saisi au vol par les fabricants, puis on en a trouvé un second qui se
- rapproche assez du premier, un troisième un peu plus élégant avec un tantinet de distinction qui ne manquera pas de plaire. Bref, les uns et les autres, fournisseurs des modistes et des grands magasins, font ainsi leur petite récolte de modèles et, sans plus tarder, commandent les formes.
- Pendant ce temps les pailles arrivent de l’Italie, de Chine, du Japon, toutes tressées et prêtes à passer à la machine à coudre après avoir été nuancées suivant le goût du jour. Ces tresses ne restent guère en magasin; dès leur arrivée elles passent à la couture. Tous les chapeaux sont cousus à la machine, saul ceux de prix qui sont entièrement faits à la main et se distinguent des premiers par une régularité moins mécanique. La couture initiale est celle du bouton, c’est-à-dire du début de la spirale au milieu du fond ;
- puis le ruban de paille ayant été enroulé sur un dévidoir fort primitif vient se lier à la spire précédente sous la direction de l’ouvrière. À diverses étapes de sa confection le chapeau passe à la forme ; il serait tout à fait impossible de faire deux chapeaux semblables sans cette précaution. L’ouvrière applique la calotte sur la forme, voit si elle doit ajouter une épaisseur de paille pour la compléter ou s’il est temps de changer de direction pour confectionner les bords. Tout cela est une affaire de métier, et il est rare que l’on doive découdre. Au bout de quelques minutes le chapeau est terminé, il va rejoindre les autres à l’apprêt.
- Sans l’apprêt, que les industriels pratiquent très bien depuis quelques années seulement, le chapeau se déforme à la moindre pluie. Dans la composition domine la gélatine; le chapeau y est plongé et on l’en retire au bout d’un bâton dans un état lamentable. Cependant, si la paille est de bonne qualité, elle est traitée avec un peu plus de ménagements ; on se sert alors du pinceau ou de l’éponge imprégnés d’un vernis à base d’alcool dans lequel on a dissous de la résine. Le chapeau est placé sur un bloc et l’ouvrier met tous scs soins dans l’application du produit.
- Laissons sécher les chapeaux pendant 24 heures et suivons une autre série préparée la veille. Les paniers pleins nous conduisent à la presse à pédalé. Les échantillons que nous avons sous les yeux sont durs comme du bois ; si on s’avisait de les soumettre en cet état à une pression de cinq à dix kg, ils
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- seraient pulvérisés. Alin de les rendre plus maniables on les place pendant cinq minutes dans un bain de vapeur ; ils s’imprègnent d’humidité et s’amollissent sufli^amment pour supporter la manipulation de la mise sous presse et surtout la pression qui leur donnera leur aspect déünitif.
- Le matériel mécanique des fabricants de chapeaux est bizarre et ingénieux. Voulez-vous que nous nous y arrêtions'? 11 existe deux sortes de presses : celle à pédale (fig. 2), qui est ancienne, et une nouvelle presse italienne construite sur le principe des presses hydrauliques. Les unes et les autres comprennent une partie fixe et un plateau mobile. Dans la presse à pédale le bâti inférieur est mobile ; il est monté sur un fût vertical que l’on soulève à l’aide d'une pédale au pied, et qui est maintenu en place par un cliquet. Ce bâti est une forme de chapeau avec, suivant les cas, une calotte ou un fond plat évasé ou non. Cette année, la mode est allée aux fonds plats élargis dans le haut ; les bords sont abaissés devant et relevés à l’arrière ou sur le coté. 11 ne serait pas possible de donner au fond du chapeau cette disposition particulière si la forme n’était façonnée en blocs qui se démontent et s’ajoutent les uns à côté des autres : une bague en deux parties s’ajuste autour du fond en reposant sur les bords. Lorsque l’ensemble est bien en place, l’ouvrier pousse le tout contre la forme supérieure en actionnant la pédale. II peut se présenter également cette particularité que les ailes du chapeau soient rentrantes. Dans ce cas, les bords de la forme sont montés sur des charnières qui se ferment à force sur ces ailes. Le chapeau se trouve donc emprisonné de toutes parts, et, comme les deux iormes sont chaullées en permanence par une rampe de gaz, en deux ou trois minutes il a abandonné la vapeur d’eau qu’il renfermait. II sort de cette dernière épreuve pour aller aussitôt chez la modiste.
- La nouvelle presse italienne (fig. 1) est plus intéressante que la précédente, mais beaucoup moins pittoresque. On l’utilise surtout pour les chapeaux d une certaine valeur, car son action sur la paille est
- moins brutale que celle de la presse à pédale. Son bâti inférieur est fixe, et la tablette qui le termine supporte également la forme; mais, cette fois, celle-ci est renversée, c’est-à-dire qu'au lieu de recevoir le chapeau dans sa position normale, on le place le fond en bas. Une enveloppe de feutre soustrait la paille au contact du métal, puis une seconde le met également à l’abri de l’action directe de la pression. La partie supérieure de la presse est montée sur une charnière; elle est creuse et comporte une surface constituée par une épaisseur de caoutchouc très résistant dont le milieu présente une sorte de cloche renversée, destinée à pénétrer dans le fond du chapeau. A côté de la presse se trouve une pompe qui, à chaque coup de balancier, chasse une certaine quantité d’eau dans cette sorte de couvercle élastique.
- Le chapeau étant ainsi emprisonné supporte une pression d’une dizaine de kilogrammes ; il sort de là entièrement sec, comme ceux préparés avec la presse à pédale.
- Les formes sont en zinc. On a choisi ce métal parce qu’il se prête à un moulage rapide ; de plus, son prix est peu élevé et, à la refonte, il perd seulement le dixième de son poids. On faitéga-lement des formes en bois, mais elles ne sont pas employées dans l’industrie courante. Aussitôt la saison terminée, les formes ne sont plus d’aucune utilité, et les industriels les renvoient à la fonte, d’où elles leur reviendront sous un autre aspect. Cette partie du matériel se renouvelle donc constamment.
- La petite industrie que je viens de décrire n’a pas la prétention de résumer la fabrication des chapeaux dans tous ses détails. Dans les grandes usines, si les procédés généraux restent les memes, il existe des manipulations spéciales pour certaines catégories d’articles que l’on ne traite pas dans tous les établissements. Et cependant les patrons parisiens fournissent annuellement de 50 à 60 000 douzaines de chapeaux, dont la valeur moyenne est de 15 francs la douzaine; ce prix descend rarement au-dessous de 8 francs, et atteint jusqu’à 56 francs. Les chapeaux d'hommes sont faits de la même manière, sauf, tou-
- Fig. 2. — La presse à pédale.
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- jours, ceux d’une certaine valeur qui ne sont pas livrés aux presses.
- J’ai enfin demandé à mon cicérone, un entant de l'Italie très aimable, — presque tous les ouvriers employés dans l’industrie du chapeau sont italiens — comment on peut nettoyer un chapeau de paille. Rien ne vaut le sel d’oseille, parait-il ; mais il faut avoir soin de ne mouiller la [taille que très légèrement, sans quoi l’apprèt disparaîtrait, et le chapeau devrait faire retour à l’atelier. Et comme le nettoyage nécessite une action énergique, tout chapeau nettoyé à domicile est mal nettoyé. 11 est préférable, si le chapeau en vaut la peine, de le confier au fabricant qui est outillé pour le remettre à neuf.
- Lucien Fournier.
- CHRONIQUE
- Lu production de la fonte aux États-Lois.
- — Un arrive à des chiffres vraiment fantastiques : pendant le dernier mois dont nous possédions les données statistiques, il a été fabriqué 2 millions de tonnes de fonte, et il faut remarquer qu’il s'agit de tonne de 1010 kilogrammes.
- Les lions indiens. — Longtemps, on redouta la disparition du lion sans crinière du Goudjérat (uncia Geoynitensis), la seule variété de lion qui ait survécu dans les Indes asiatiques. Des lois furent édictées en sa faveur. Seuls, les princes et radjahs de la province de Kathiavvar avaient gardé le droit de chasser ces carnassiers. Il y a cinq ans, on en comptait environ deux cents dans les forêts de Gir, leur dernier habitat. Leur nombre s’est accru d’une façon inquiétante, grâce à la protection des autorités. Ils sortent maintenant de leur solitude, où le gibier se fait rare, et attaquent en plein jour les villages des environs. L’année dernière, ils ont dévoré plusieurs centaines de bœufs domestiques et tué de nombreux indigènes, si bien que les journaux hindous demandent qu’on organise une battue contre eux. Depuis cinq ans, sept de ces lions seulement ont été tués, l’un par le prince Hanjilsinhji, les six autres au cours d’une chasse organisée en l’honneur d’un grand personnage anglais; un des lions blessés tua le préfet de police de Bombay, le major Carnegy. dette trêve de cinq années a du moins prouvé que le lion asiatique sans crinière n’était pas menacé d’extinction totale.
- La masse «les soleils. — Voici, selon M. J.-E. Gore, la masse de quelques étoiles par rapport à celte de notre soleil : le Centaure vaut 882 soleils; Asturies 1200;Rigel environ 20000; Antarès 88000; Canopus, la plus grosse étoile connue jusqu’ici, vaut environ 1 million de fois notre soleil. Au contraire, beaucoup d’étoiles, comme le satellite d’Aldébaran, à peine plus gros que Jupiter, sont de beaucoup plus petites que le Soleil, qui tient en somme une place moyenne dans l’univers.
- Sur la présence «le radium et «le terres rares ratlitmelives dans la vase «le l'ango et dans la t«*rre araltle «le Capri. — Etant donnée la rareté du nouvel élément dû aux patientes études de M. et de Mm" Curie, les chimistes le recherchent dans tous les minerais susceptibles de le contenir. Ces recherches, souvent infructueuses, donnent cependant parfois des résul-
- tats positifs. C’est ainsi que M. Giesel a observé que la vase de Fango et la terre arable de Capri, d’origine volcanique, quoique ne renfermant pas d’urane, se sont montrées radioactives; il a pu en extraire du carbonate de baryum fortement actif, ainsi que des terres rares également très actives.
- Locomotive à réservoir d'eau chaude. — Pour compléter ce que nous avons dit d’un dispositif fournissant de l’eau chaude à une locomotive pour son alimentation, nous rappellerons que, en 1900, la Compagnie de l’Ouest avait exposé une machine munie de l’appareil Kouznetzolf, qui n’avait pas attiré suffisamment l’attention. L’engin comportait à ta partie supérieure de son corps cylindrique un réservoir cylindrique formant une véritable bouteille alimentaire, réunie à la chaudière, d’une part par une tubulure de remplissage aboutissant dans le fond de la bouteille, et de l’autre par un tube d’équilibre de pression arrivant au contraire en haut du réservoir. (Juand la production de vapeur est suffisante, en palier par exemple ou sur une descente, on fait passer une partie de l’eau de la chaudière dans l’accumulateur; puis en rampe, au moment où la consommation de vapeur devient plus élevée, on restitue cette eau à la chaudière sans abaisser sensiblement la pression, et pour parer à une augmentation de dépense de vapeur.
- lin cîïble porteur «le ÎO kilomètres. — Nous avons dit souvent les services que rendent les voies aériennes constituées par des câbles porteurs. Un vient d’en installer une, dont la ligne principale n’a pas moins de 10 750 mètres de long, à Kneuttigen, pour le compte de la Société métallurgique d’Amnetz-Friede. Ce câble, qui est du système Pohlig, peut monter le minerai jusqu'au gueulard des hauts fourneaux ; la capacité en est de 1700 tonnes par jour de 20 heures, et les frais de transport ne sont que d’environ 0rr,32 par tonne, alors que, par voie ferrée, ils auraient été de près de lfr,50.
- La résistance de la soie naturelle et de la soie artificielle. — Toutes les soies artificielles ont un inconvénient assez notable (à coté d’avantages certainement marqués) : c’est leur manque de solidité, surtout à l’état mouillé. Et voici à ce sujet quelques renseignements intéressants résultant d’expériences dues à MM. Strehnlenert et Westergreen. Tandis que la résistance absolue, en kilogrammes par millimètre de diamètre, est de 40,7 pour un til humide de soie naturelle non avivée, et reste de 15,0 pour de la soie française teinte en rouge et chargée, elle est de 1,7 seulement pour de la soie de Chardonnet, île 5,0 pour de la soie artificielle Strehnlenert non teinte,, de 5,5 pour-lu viscose Cross and lievan, de 5,2 [tour la soie Pauly.
- Le poisson et l'alimentation aux Philippines. — Les insulaires demandent généralement à la pèche une bonne partie de leurs ressources alimentaires : on sait ce qu’il en est au Japon. Aux Philippines, le fait est peut-être encore plus caractéristique. Lin récent rapport estime que chaque famille consomme en moyenne 550 kg de poisson par an, et, sur une population de 220 000 habitants, il y en a au moins 120 000 qui pratiquent [tins ou moins la pèche.
- R«‘imr«ls noies. — Le mélanisme est très rare chez le renard. Le « Weeklv Standard » signale la naissance de deux renards noirs dans le district de Bedale, sur les terres du duc de Cleveland. Deux cas de mélanisme chez le renard avaient seulement été signalés précédemment par M. J.-E. Millari, dans son travail sur les mammifères
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- anglais. D’autre part, l'existence passée de renards noirs est attestée par le proverbe anglais : « Oui chasse au renard noir au cours de l’an mourra ». Ajoutons que les individus atteints de mélanisme et d’albinisme sont en général d’une taille inférieure à la moyenne.
- Histoire de la boussole. — Voici, d’après les études du I*. bertelli, barnabite, de Florence, ce que l’on connaît sur la question : 1° La boussole flottante fut introduite dans la Méditerranée, au • xe siècle’, par les Amalfitains; 2° le type à axe fut substitué au type flottant par les mêmes, avant 1200; 5° la suspension à la Cardan fut perfectionnée par cet inventeur, mais existait avant lui, dès le xve siècle; 4° la déclinaison magnétique fut découverte par Colomb lors de son premier voyage ; 5° Flavio Cioja, prétendu inventeur de la boussole, n’a jamais existé.
- Les fouilles de Harnak. — Au cours des travaux poursuivis depuis neuf ans par M. G. Legrain en vue de la restauration du grand temple <1 ’Ainmon à Karnak près de Louqsor, il vient d’ètre découvert un gisement admirable de statues et d’objets précieux de toutes sortes appartenant à l’époque des Ptolémées. Un a jusqu’ici mis à jour huit mille statues de bronze doré, plus de cinq cents de granité, basalte, béryl, calcaire, bois pétrifié, etc., presque toutes ces pièces portant des inscriptions historiques. Cette découverte est la plus importante que l’on ait faite en Egypte depuis celle du Serapeum de Memphis par Mariette,
- Turbines à ga*. — 11 se produit une évolution extrêmement rapide et des plus remarquables dans les machines motrices, du fait de l’adoption de plus en plus fréquente des turbines, à impulsion ou à réaction, surtout à réaction. Mais le succès même de ces engins rotatifs ne pouvait manquer d’attirer l’attention des inventeurs vers la turbine à gaz ordinaire ou à vapeurs carburées, dont le principe avait du reste été indiqué dès 1855 par Retl-tenbacher. Les brevets pris sont déjà innombrables; on ne peut pas dire toutefois que les preuves de l’engin soient déjà faites; et c’est pour cela que nous ne faisons que signaler rapidement la chose. MM. Armengaud et Lemale en ont fait construire une de 50 chevaux, et ils en exécutent, croyons-nous, une de 200, ce qui supposerait que les résultats obtenus ont été bons. L’appareil comporte une chambre de combustion sous pression constante, d’où la turbine reçoit directement l’impulsion des gaz, en même temps que celle d’un jet de vapeur (celle-ci engendrée par la chaleur perdue des gaz sortant de la turbine même). Un ventilateur envoie l’air nécessaire à la formation du mélange tonnant. Nous signalerons, d’autre part, la turbine Stolze, autour de laquelle il se fait grand bruit, et qui est construite par la Gasturbinen Gesellschaft de Berlin-Gharlottenbourg. Disons (sans insister) qu’ici de l’air arrive sous un gazogène fournissant du gaz pauvre ; ce dernier pénètre dans une chambre garnie de matière réfractaire, où il est brûlé par de l’air comprimé chaud et converti en acide carbonique et en vapeur d’eau; ces gaz entrent dans une turbine qu’ils font tourner. Reste à savoir ce que donneront pratiquement ces dispositifs.
- Actions catalytiques «lu noir de platine. — Nos lecteurs savent que diverses substances pulvérulentes formées dans certaines conditions, et notamment le noir de platine, provoquent la combinaison directe de divers corps sans qu’on en donne au juste d’explication bien satisfaisante, l’armi les réactions qui sont influencées par l’action catalytique du platine réduit, on peut mentionner la combustion de l’ammoniaque et sa transformation en
- composés oxygénés de l’azote, l’oxydation de l’acide sulfureux en acide sulfurique et l’oxydation de l’iodure de potassium par l’acide chromique, etc. M. Yondraeek, en étudiai,il de près ces différents phénomènes, a été conduit a admettre que les actions du noir de platine sont tout d’abord des actions oxydantes dues à une petite quantité d’oxygène que renferme le platine; dans le cas où l’on se trouve en présence de substances susceptibles de réduction ou de désoxydation, il se produit ensuite une réaction secondaire due au platine réduit, exemptd’oxy-
- gène-
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 août 1905.
- Nous renvoyons le compte rendu de cette séance au prochain numéro; en raison des congés du 15 août, l’Imprimerie Générale est restée fermée pendant les deux premiers jours de la semaine.
- UN NOUVEAU BRULEUR A GAZ
- Pendant longtemps, l’une des principales difficultés qu’on a rencontrées dans les laboratoires a été le chauffage des appareils de chimie qui, réalisé d’abord au moyen du charbon, n’avait ni la continuité, ni la constance nécessaires pour les opérations délicates. C’est cependant en se servant de ce procédé défectueux qu’ont été réalisés les admirables travaux qui ont marqué la lin du xvme et le commencement du xixe siècle. Vers le milieu de ce dernier, cependant, l’usage du gaz s’est répandu peu à peu et a permis de perfectionner les modes opératoires employés jusqu’alors en chimie. Bunsen, en créant le brûleur qui porte son nom, a réalisé d’un seul coup un progrès immense dans cette voie. Rappelons succinctement que ce brûleur se compose en principe d’un tube métallique auquel est amené le gaz et portant à sa partie inférieure une ouverture réglable au moyen d’une virole et par laquelle peut entrer une plus ou moins grande quantité d’air, qui, mélangée au gaz dans le tube, en assure la combustion plus parfaite. Un grand nombre de modifications ont été apportées au bec Bunsen, mais toutes basées sur le même principe.
- Tout récemment, M. Georges Méker a construit de nouveaux brûleurs présentant quelques particularités qui permettent d’obtenir, par leur emploi, des résultats supérieurs à ceux obtenus avec les brûleurs employés jusqu’ici.
- Ils réalisent, autant que les connaissances scientifiques semblent le permettre, le principe de brûler, aussi complètement que possible, dans un volume de flamme minimum, une quantité de gaz maximum, toutes choses égales d’ailleurs.
- Ce brûleur se compose d’une arrivée de gaz sur laquelle se place l’injecteur I (lig. 1); sur cet injec-teur se visse la cheminée B percée de trous à sa base et fermée à sa partie supérieure par une pièce C, caractéristique du système; c’est un cloisonnage comparable à un nid d’abeilles dans lequel les
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- I A NATURE.
- cellules seraient de section carrée ; ce dispositif est basé sur le fait qu'une llamme aura d’autant plus de difficulté à se propager en sens inverse du courant gazeux qui lui donne naissance, qu’elle rencontrera
- Fig. 1. — Coupe intérieure du Brûleur.
- sur ce parcours en sens inverse une surface refroidissante plus grande.
- Les formes et dimensions des diverses pièces constituant le brûleur ont été déterminées expérimentalement de façon à donner les meilleurs résultats au point de vue du chauffage. L’ensemble du système permet au mélange de gaz et d’air de se faire en proportion convenable et d’une façon complète; ce mélange, venant brûler au-dessus du cloisonnage, donne naissance à une flamme homogène, dans laquelle le grand cône bleu et froid habituel est remplacé par un grand nombre de très petites
- iTrurultan) °rair<’ '200 lit
- 1300ht
- <0 900
- <- 800
- O 700
- Durée en minutes
- Fig. 2. — Courbes des températures en fonction du temps.
- flammes bleues (fig. 5), ayant environ 2 millimètres de hauteur et occupant toute la surface du cloisonnage; immédiatement au-dessus de ces flammes, la température est régulière et très élevée.
- La constitution meme de la flamme fait que, pour
- obtenir le maximum d’effet, les objets à y chauffer doivent être placés immédiatement au-dessus de cette zone bleue, soit à 6 ou 8 millimètres au-dessus du cloisonnage lui-mème. La flamme, étant home-gène, est absolument silencieuse.
- On a construit actuellement les modèles suivants :
- NTMKKO CONSOMMATION DE
- DE DEC GAZ A l’iIELKE AIT I.IÜA1ÏÜNS
- 1 45 à 55 litres Chauffage d’éluves et de petits appareils.
- 2 125 à 150 — Remplaçant le brûleur Bunsen.
- 5 328 à 550 — — le chalumeau.
- 4 000 à 025 — Chauffage de grands creusets.
- Disposés sous forme de rampes, les brûleurs n° 5 permettent d’obtenir une température]élevée à l’intérieur des fours à moufles. La figure 2 montre du reste les courbes de températures en fonction du temps obtenues dans un four à moufles rond ordi-
- Fig. 5. — Flammes bleues obtenues dans le bec Méker et à droite, llamme homogène à grand cône blanc.
- naire, soit par une rampe de becs ordinaires, soit par une rampe de becs Méker, cette dernière donnant à consommation égale une température d’environ 100° supérieure.
- L’emploi judicieux de l’air comprimé, injecté dans de tels brûleurs par un dispositif spécial, a permis de réaliser encore un nouveau gain de température ; c’est ainsi qu’avec le bec n° 2 alimenté d’air à 3 qu -4 kg de pression, on arrive en quelques minutes à la fusion du platine dans un four en chaux. Divers modèles de fours spéciaux ont été créés dans le but de généraliser les applications de ce nouveau svstème de chauffage.
- Enfin, appliqués à l’éclairage au gaz par incandescence, ces systèmes de brûleurs donnent aussi d'excellents résultats sur lesquels nous aurons peut-être occasion de revenir. k. Hébert.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahuke, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1«85. - 2(î AOUT 1905.
- LA NATURE.
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- LA PHOTOGRAPHIE DES MÉTÉORES
- [(ans lia précédent article1, nous avons vu quelles étaient les meilleures méthodes pour photographier les nuages. Nous allons, dans le présent, donner quelques indications sur les autres phénomènes météorologiques.
- Et d’abord la pluie pourra être obtenue si les gouttes tombent très serrées, et si elles se projettent sur un tond plus lumineux. C’est 1 ainsi que l’on photographiera l'a ci le ment les pluies partielles, que l’on observe quelquefois au loin, près de l’horizon, pendant les temps de giboulées ou d'orages.
- Une plaque lente et une pose modérée donneront généralement de bons phototypes.
- Si l’on veut photographier la pluie d’assez près, au contraire, il est absolument certain qu’il faudra alors employer des plaques ultra-rapides et faire de l’instantané.
- Une chute (le neige sera facile à photographier quand elle tombera en gros flocons et avec abondance. 11 suffira pour cela de choisir un emplacement tel, que le fond sur lequel elle se projette soit assez sombre, une foret de sapins ou un grand mur foncé, par exemple. Une plaque ultra-rapide et une pose la plus réduite possible seront nécessaires.
- Si l’on emploie un appareil stéréoscopique, on obtiendra une épreuve saisissante donnant une idée réelle de la disposition des flocons de neige dans l’espace.
- Quant à photographier la forme cristal line de la
- 1 Vov. n° 1677, du 15 juillet 1905, p. 107.
- 33e année. — 2e semestre.
- neige, c’est une chose plus difficile. On y arrivera cependant quand la température sera très froide — condition d’ailleurs nécessaire pour que la neige
- tombe en cristaux bien formés. 11 faudra, bien entendu, opérer dehors sous un grand parapluie ou une petite cabane ouverte. On aura soin de placer l’appareil photographique visant le nadir, puis on fera préalablement une mise au point rigoureuse sur la table devant supporter l’étoffe sur laquelle on laissera tomber quelques cristaux de neige. 11 faut opérer avec célérité avant que la neige soit fondue — ce qui arrive toujours assezxile sur un support foncé. Il y aura intérêt li faire une reproduction grandeur naturelle ou même avec un léger agrandissement et à employer des plaques rapides, de façon à poser le moins possible.
- Quand une chute de grêlons extraordinaires se produira, il faudra ne pas manquer d’en prendre des photographies, en ayant soin de placer en même temps, contre grêlons, un décimètre divisé en demi-millimètres, afin de donner des renseignements précis sur leur grandeur.
- Les photographies de rivières ou fleuves gelés, ou charriant des glaçons, de dépôts de givre sur les arbres, de verglas, fourniront à la météorologie des documents précieux pour l’histoire d’une année déterminée.
- En hiver, on obtiendra facilement les curieuses arborescences de la glace déposées sur une vitre, en plaçant en dehors de la fenêtre, à 2 ou 5 mètres,
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- Fig. 1. —Photographie d'uuhalo solaire complet (halo ordinaire de 44° de diamètre, le 14 mai 1904, à 14 heures).
- Fig. 2. — Photographie d’un arc-en-ciel, le 16 mars 1905, à 16 heures.
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- une grande étoile noire tendue et en photographiant directement de l’intérieur de la pièce. Il faut opérer de bonne heure, le matin, avant de faire du feu dans la chambre et avant que le soleil fasse fondre toute cette splendide architecture.
- On peut obtenir de très bonnes photographies de l'arc-en-ciel, quand il est très lumineux, ce qui arrive quand la pluie tombe encore abondamment et en fines gouttelettes et quand le soleil brille de tout son éclat, «à l’opposé. Dans ce cas-là, on pourrait même photographier aussi l’arc secondaire extérieur, toujours assez faible, ainsi que nous l’avons eu le 1(5 mars 1905. Les meilleurs résultats seront obtenus au moyen d'un écran jaune d'opacité moyenne et d’une plaque ortho-chromatique, ou encore par l’emploi d’une plaque lente avec instantané plutôt lent.
- Les couronnes, colonnes lumineuses, halos, que l’on observe souvent autour du soleil, se photographieront avec détails principalement par les deux premières méthodes que nous avons indiquées précédemment pour les nuages. Cependant les couronnes qui apparaissent autour de la lune s’obtiendront plus facilement que les couronnes solaires trop lumineuses. On se servira pour cela d’un objectif très lumineux et d'une plaque rapide anti-halo.
- Pour les halos solaires il y aura avantage, ainsi que nous l’avons montré, à employer un excellent anastigmat de courte distance focale et à le diaphragmer un peu, de façon à lui faire couvrir nettement une grande surface. C'est ainsi qu'avec .un orthostigmat Steinheil, d’une distance focale de 11 centimètres seulement et diaphragmé à f/15, nous avons pu obtenir des halos solaires complets (cercle de 44° de diamètre), c’est-à-dire sur 5(50° de circonférence, sur une plaque lente 15x18.
- On sait que lorsque le soleil est à l’horizon, à sou lever ou à son coucher, il se déforme par suite de la réfraction atmosphérique. 11 prend toujours une forme elliptique avec aplatissement plus fort à son bord inférieur. Mais, parfois, quand il existe plusieurs courants d’air chaud et froid dans l’atmosphère, il se produit, par suite de réfractions inégales, des deformations plus ou moins importantes sur les bords du soleil. Au sommet de hautes montagnes et surtout au bord de la mer, on voit ce phénomène dans son maximum et les touristes photographes seront bien inspirés d’en prendre quelques clichés. Pour avoir des détails suffisants il est nécessaire d’employer un objectif ayant le plus long foyer possible. Un se servira aussi, avantageusement, d’un système de téléobjectif afin d’agrandir l’image focale. Dans la généralité des cas, les plaques lentes donneront le meilleur résultat, mais quand le soleil sera très rouge et peu lumineux, il sera indispensable d’employer une plaque rapide sensibilisée aux radiations rouges extrêmes avec le pinachrome lloechts1.
- 1 Des études très précises sur la photographie des déformations du disque soiaire à l'horizon ont été entreprises, depuis quelque temps, par M. L. Rudaux à son observatoire de Donville.
- Un ne devra pas manquer, si l’on est témoin d’une trombe, d’ên ‘'prendre plusieurs photographies aux différentes phases de son développement. Ces sortes de photographies seraient d’une grande valeur en météorologie. Plaques, pour paysages et lentes conviendront ou, à défaut, plaques rapides avec petit diaphragme et pose très courte.
- Un pourra essayer d’obtenir les aurores polaires en employant des objectifs ultra-lumineux, par exemple des objectifs à portraits à 1)2,5, comme on en fait maintenant, ou même un simple condensateur de lanterne de projection. Nous avons obtenu d’excellents résultats avec un condensateur, pour photographier la lumière zodiacale et autres objets très peu lumineux, et nous ne doutons pas qu’il pourrait rendre de réels services pour les aurores polaires. Bien entendu, employer des plaques très rapides et orthochromatisées pour le jaune et le. vert.
- Enfin les éclairs pourront fournir de remarquables phototypes. Il suffira, la nuit, de diriger un appareil quelconque vers l’endroit du ciel d’où semble partir le plus grand nombre d’éclairs. On ouvrira le châssis et on découvrira l’objectif. Dès qu’un éclair aura jailli dans la direction visée on fermera l’objectif et on exposera une autre plaque, de la même façon. Nous recommandons surtout de ne pas laisser l’appareil trop longtemps ouvert afin d’é.viter;d’enre-gistrer plus d’un éclair. Dans le cas contraire, on aurait bientôt une plaque sur laquelle les çtincelles chevaucheraient trop les unes |ur les autres, et des détails intéressants et de grande valeur, quelquefois, seraient masqués. On trouvera une étude remarquable et fort documentée sur la photographie des éclairs, par M. Émile Touehet, dans le Bulletin de la Société astronomique de France, des mois de mai et août 1905.
- Si jamais on avait la bonne fortune d’observer d’assez près la foudre globulaire, on rendrait un service incontestable à la météorologie en eu prenant le plus de clichés possible. Employer des plaques ultra-rapides sensibilisées [tour le rouge, le jaune et le vert.
- Nous voudrions encore attirer l’attention générale sur l’intérêt que peuvent toujours présenter des photographies stéréoscopiques bien faites. Pour les nuages, qui sont à des distances assez grandes de nous, il faut, pour avoir un relief suffisant, faire les deux photographies aux deux extrémités d’une certaine hase. La longueur de cette hase variera, bien entendu, avec la hauteur des nuages et le relief que l’on veut obtenir. Un prendra 25 à 50 mètres poulies nuages d’une hauteur moyenne (cumulus, cumulo-nimbus) et 100 à 500 mètres pour les nuages les plus élevés (cirro-cumulus, cirrus). Les deux chambres noires seront munies d’un objectif de même foyer et les obturateurs devront fonctionner au même moment. Pour diriger exactement les deux objectifs sur le même point, on se servira d’une boussole pour l’angle avec le méridien magnétique et d’un rapporteur et d’un fil à plomb pour l’inclinaison au-
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- dessus de l’horizon. En plaçant- ensuite convenablement les épreuves dans un stéréoscope, on aura nue vision étonnante en relief, donnant des renseignements précis sur les altitudes différentes des nuages et de leur déposition en formes les uns par rapport aux autres.
- l'our la photographie stéréoscopique des éclairs, que nous recommandons tout spécialement, car ces photographies offriront un très grand intérêt pour la météorologie, la hase pourra être très réduite quand l’orage éclatera près du lieu d’observation. Une distance de 5 à h mètres peut être suflisanle entre les deux appareils, qui peuvent être alors placés à l'abri de la pluie près de deux fenêtres d’un appariement .
- Si l’on ne pouvait employer deux objectifs rigou reusement de même loyer, il serait toujours facile, après coup, de ramener les épreuves à la même échelle. Ce genre de sléréoscopie à grande distance |Kiut donc être entrepris ou essayé par tout le monde.
- Et je puis assurer que lorsqu’on aura obtenu quelques bons phototypes, on sera si enthousiasmé par leur apparence si saisissante dans un stéréoscope, ipie l’on désirera au plus vite employer des instruments plus précis, afin d’augmenter sa collection de nouvelles épreuves intéressantes et offrant des sujets si curieux.
- Ainsi qu'on le sait, les phénomènes météorologiques se produisent souvent presque subitement. Il sera donc toujours prudent d’avoir ses appareils prêts à fonctionner. On devra, particulièrement, prendre ses dispositions dès qu’un état particulier de l'atmosphère se manifestera, par exemple, soit une association curieuse de nuages typiques et bizarres, soit avant une chute de neige, un orage, un ouragan, etc. Ce qu’il faut surtout, c’est observer souvent, vivre un peu plus en communion avec la nature et prendre intérêt à tous les phénomènes qui se produisent autour de nous et au milieu desquels nous végétons, hélas! trop souvent comme des aveugles!
- En finissant, nous recommandons à tous ceux qui auront obtenu des épreuves intéressantes des grands phénomènes météorologiques que nous venons de |iasser en revue, de bien vouloir en envoyer un exemplaire à l’observatoire météorologique ou astronomique le [dus proche, ou au Bureau central météo- | rologique de France (M. Mascart, Directeur), rue de U Université, ou encore à la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, à Paris. Les épreuves seront toujours reçues avec reconnaissance et examinées avec intérêt. F. Quémsset.
- LE NOUVEAU PORT DE BRUGES-HEYST
- La Belgique vient de consacrer des sommes énormes à créer, à Bruges même, un établissement maritime, se reliant par un canal à grand tirant au port en eau prolonde creusé à Ileyst. Cet immense travail a été mené à bien par un entrepre-
- neur français, M. Coiseau, associé à un entrepreneur belge, M. Cousin.
- Bruges-la-Morte fut, pendant le Moyen Age, une des plus grandes villes commerçantes de l’Europe. Peu à peu, les communications avec la mer devinrent moins faciles, et ces difficultés augmentèrent au fur et à mesure que les proportions des navires s’accrurent. A la suite d'alternatives, de travaux et de projets divers, un concours fut ouvert, en 1891, pour la création du double port dont il s’agit ici. Les deux entrepreneurs cités se sont chargés de tout le travail d’exécution moyennant une somme à forfait d'à peu près 55 millions de francs; mais une société anonyme a été formée par eux, de concert avec la Ville, pour l'exploitation des ports et du canal pendant 75 ans.
- Ce vaste travail comporte un [tort maritime à Bruges même, puis le canal assurant l’accès à ce port; une écluse maritime termine ce canal, qui forme en aval un port intérieur, à Zeebrugge, près d’ileyst, tandis qu’un chenal est ménagé pour le relier avec la mer par des fonds suffisants. Enlin, sur la cêitc même, est un port extérieur constitué par une jetée abritant une rade, des quais et des installations, qui permettront à de grands navires d’opérer des déchargements ou des embarquements par tout état de mer. A l’extrémité de cette jetée, est draguée une passe de 2500 mètres de long.
- Le port même de Bruges se compose de trois bassins ; ils représentent ensemble une surface d’eau de plus de 11000 mètres carrés, avec tirant d’eau
- de 8 mètres, ou tout au moins de 0,50 mètres, et sur la plus grande partie des rives sont construits des quais. Le port communique avec l’ancien canal de Bruges à Ostende. Le canal maritime communique directement avec ce port; il a une longueur de
- 10 kilomètres, et son- profil accuse une largeur de 22 mètres au plafond pour 70 mètres à la llottaison, le tirant d’eau n’étant pour l’instant que de 8 mètres, tout en pouvant ultérieurement être porté à 8,50 mètres. Les talus sont protégés par des [terrés de 0,50 mètre d’épaisseur.
- Sur Remplacement choisi de Zeebrugge, le littoral présente des conditions particulièrement favorables. Les fonds sous-marins n’offrent que des ondulations peu sensibles et présentent de la fixité; on trouve, tout près de la laisse de basse mer, une fosse ayant des profondeurs de 8 à 9 mètres à basse mer. Les apports de sable ne paraissent point à redouter ; tout au plus faut-il compter avec les vases ténues. Le port extérieur comporte une jetée courbe de 2487 mètres, qui protège la rade et le chenal d’accès à l’écluse du canal contre les vents dominants ou les tempêtes pouvant venir de l’ouest au nord ; le seul passage ouvert aux vents est dans l’Est : précisément
- 11 n'y a jamais de grosses mers à redouter dans cel le aire de vent. La rade a 100 hectares de superficie; elle est comprise dans l’espèce de demi-cercle que forme la jetée, qui s’enracine à 850 mètres dans l’ouest de l’écluse, et dont le niusoir est à 1100 mè-
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- très de la laisse de basse mer. Cette jetée abrite directement lin mur de quai de 172 mètres de développement, qui se trouve dans sa portion la plus éloignée du rivage ; entre la jetée et le mur est un terre-plein de 74 mètres de large, portant des hangars
- Fig. 1. — Le port maritime de Zeebrugge.
- et des voies ferrées pour le débarquement ou rembarquement des marchandises, les navires d’escale devant venir se mettre le long de ce quai. La jetée, à son enracinement sur l’estran, et sur 252 mètres de long, est faite d’un remblai de 11 mètres, maintenu à l’ouest par un mur de 5 mètres établi sur un massil de béton de 10 mètres de largeur et de 1 mètre d’épaisseur. Le mur s’élève jusqu’à la cote H- 7,50 mètres; il est dominé par un mur d’abri et un parapet allant jusqu’à + 11,80 mètres : les voies circulant sur la jetée sont complètement protégées de la mer. Au delà, la jetée est faite à claire-voie sur 500 mètres afin de laisser circuler en rade les courants indispensables pour empêcher les vases de se déposer. Cette portion de jetée, large de 12 mètres, est formée de 59 palées reposant chacune sur 6 pieux en acier de 12 à 17 mètres de long, et remplis intérieurement de béton; des poutres pleines les relient et d'autres solidarisent les palées sous les voies. Un paravent métallique montant à H-11,80 mètres protège les trains et le personnel circulant sur la jetée contre les coups de mer. Un enrochement défend le pied de la jetée contre les alfouillements.
- Plus au large recommence une partie pleine de 1955 mètres de développement. Sur 1715 mètres, toute la base est faite de blocs de béton de ciment ayant 25 mètres de long pour une largeur de 7,50 mètres, et une hauteur variant entre 7 et 9 mètres suivant les fonds. Leur poids énorme oscille
- entre 5000 et 4000 tonnes ! Ces blocs reposent sur des enrochements immergés simplement pour régulariser le sol; ils sont disposés les uns au bout des autres et émergent en moyenne de 1 mètre à mer basse. Sur cette puissante fondation, on a pu établir le mur retenant le terre-plein du côté du large; mur de 5 mètres d’épaisseur, de 6,50 mètres de haut et formé de blocs de 55 tonnes; il est du reste dominé par un mur d’abri de 5 mètres et par un parapet ; si bien que le terre-plein est protégé par une crête qui s’élève à -t- 17,50 mètres, c’est-à-dire à 8,80 mètres au-dessus des plus hautes mers. Toute cette construction est contre-butée par le remblai, (pii va supporter voies, bâtiments, outillages; intérieurement, et soutenant ce remblai, est le mur de quai. Il est fondé à 8 mètres sur sa première portion, à 9,50 mètres sur 575 mètres de développement, et à 11,50 mètres sur ses 450 derniers mètres. La fondation de ce mur de quai est faite de blocs dont le poids est respectivement de 5500, 4600 et 9000 tonnes, suivant la profondeur à laquelle on a dû les immerger; leur longueur oscille entre 25 et 51 mètres. Au-dessus de cette fondation sont des blocs de 55 tonnes.
- Nous ajouterons que le chenal d’accès à l’écluse maritime du canal, bordé de 2 jetées, a une lar-
- Fig. 2. — Plan des ports et du canal maritime.
- gcur de 200 à 116 mèti 'es, sa profondeur est de — 6 mètres. L’écluse a un sas de 158 mètres sur 25,50 mètres au plafond, la largeur entre bajoyers étant de 20 mètres aux tètes ; buses et radiers sont à la cote —- 5,50 mètres, la hauteur d’eau y est de 9 mètres. Les deux portes sont à un seul vantail et
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- du type roulant ; elles ont une forme trapézoïdale.
- Le creusement du port de Rruges s'est fait h l’excavateur. Pour le canal, on a décapé d’abord le terrain à la pelle et à la brouette, pour enlever les souches d’arbres et les vieilles constructions ; puis on a employé des dragues h godets et à couloir pour l’évacuation des déblais. Le port intérieur de Zee-brugge, une fois creusé, a été nus à sec, derrière un batardeau ; et,
- Fig. 3. — Renflouage et enfoncement d’un bloc.
- mètres. Une avarie est survenue, en 1901, à cette jetée è claire-voie lors d’une tempête terrible : elle fut complètement détruite sur 125 mètres, et l'effort de la lame qui avait entraîné pareille destruction
- devait atteindre 8000 kg par mètre carré. 11 fallut enlever du fond de la mer les 750 000 kg de métal que représentaient les débris de la partie démolie de la jetée, au moyen d’une bigue de 60 tonnes. En-
- dans cette sorte de forme sèche, on a préparé les grands caissons de fondation delà jetée. Pour la jetée sur
- on se contentait de suivre les marées en fabriquant le béton et les murs sur place. Pour la portion à claire-voie, on a eu recours à une grue derrick soulevant les pièces à monter ou les pieux à enfoncer, et à deux grues sonnettes battant les têtes des pieux, tandis que deux pompes centrifuges injectaient l’eau pour faciliter l’enfoncement jusqu à ce qu’il n’y eût plus à pénétrer que de 50 centi-
- suite, dans la portion reconstruite, on doubla les pieux des palées, on les contre-buta au moyen de pieux inclinés, on renforça une des entretoises et on enleva la tôle inférieure du paravent dont nous avons parlé.
- Les blocs énormes de la partie pleine de la jetée sont enfermés dans une sorte de caisson en fer formant enveloppe extérieure. Des poutres à treillis raidissent le fond de cette boîte, un couteau assure la rigidité de la base à son pourtour et des fermettes maintiennent les côtés. Les caissons ont été montés
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- à sec dans le port intérieur, et le bétonnage du fond et des côtés s’est fait à l’aide d’un outillage mécanique des plus intéressants. Entait, les travaux du port de Zeebrugge ne sont pas absolument terminés, et actuellement on met la main aux derniers blocs-caissons, pour l’extrémité de la jetée, en les fabriquant dans la darse qui s’ouvre sur le port intérieur. Pour les blocs construits dans le port, quand ils furent terminés tous, on laissa entrer la mer dans l'espèce de bassin où ils se trouvaient, et, ils furent prêts à être remorqués sur le lieu d’emploi, pour la jetée et le mur de quai: c’est, donc effectivement par Ilotlage qu’ils ont été mis en place. Avant la mise en eau du bassin, les blocs ont été remplis d’eau; leurs bords dépassent du reste de quelque 40 à 80 centimètres le niveau de l’eau extérieure une fois le bassin mis en eau. On commence alors par épuiser l’eau qui les remplit, et, au fur et à mesure, on place des étrésillons intérieurs pour permettre à leurs parois de résister à la pression extérieure ; puis on assujettit en liant, de la caisse une grande poutre de 18 mètres de long, dépassant de 2 mètres à charpie bout, et qui va constituer une sorte de timon pour la conduite et la manœuvre du bloc. Une consolidation générale est obtenue par un câble d’acier entourant le tout et par une ceinture de bois, car on peut être exposé h des coups de mer. Le bloc flotte, grâce à ses vides intérieurs, et il est remorqué par deux remorqueurs de tête et maintenu par un autre amarré à l’arrière, pour empêcher les embardées sous l’action du courant. Des hausses en bois étaient employées surtout au début des travaux, parce (pie la rade était à peu près sans abri, et que des paquets de mer auraient pu facilement embarquer dans les vides du caisson. La mise en place proprement dite est une opération très délicate. On commence par amarrer le petit côté de la caisse en prolongement et au contact de la partie de la jetée antérieurement achevée, de façon que ce nouveau bloc se présente bien dans l’alignement voulu; et, pour le guider dans cette position et l’y maintenir jusqu’à son immersion définitive, on recourt à la grande poutre de remorquage, et aussi à une énorme borne de béton, de 4 mètres de haut, pesant 55 tonnes, qu’on a posée antérieurement sur le fond, au point convenable, à l’aide des puissants appareils de levage et de manutention dont on dispose. Toutes ces opérations ne sont pas des plus faciles. On procède à l’immersion au moment de l’étale de courant, et l’enfoncement est assuré par l’ouverture d’orifices de remplissage, les vagues venant se déverser.rapidement par-dessus les parois et activer l’immersion.
- 11 faut attendre maintenant la marée basse: alors, comme leurs bords émergent de l’eau, on débarrasse les caissons de leurs étrésillons et, poutres, et l’on remplit les évidements avec du béton qui est préparé par masses énormes à l’origine de la jetée; ce béton arrive par voie ferrée à une grue titan qui prend les bennes et les descend jusqu’au fond du caisson dans l’eau, où elles se déversent automatiquement.
- Le Titan est du genre que nous avons décrit jadis pour le port, de Rilbao; sa volée en porte-à-faux a plus de 52 mètres de long, elle est équilibrée par une culasse de 50 mètres. Celte grue puissante a aussi pour mission de placer ce qu’on peut appeler les tout petits blocs de 55 tonnes, qui forment le corps de la jetée. C’est le Titan qui a mis en place les enrochements auxquels on a recours pour constituer un sol artificiel; comme le sol s’est souvent affouillé jusqu’à 16 et même 24 mètres, on a du y échouer d’énormes plates-formes en fascinage. Les gros caissons-blocs du mur de quai ont été mis en place de façon qu'on les laisse descendre peu à peu avec la marée, afin de mieux les aligner.
- On a employé là un ensemble de procédés, grâce auxquels on peut aborder avec succès des travaux à la mer qui auraient semblé autrefois absolument irréalisables. __^_____ Daniel Reli.et.
- UN N0U\EL INDICATEUR DE \ITESSE
- Il porte le nom de tachéomètre à deux liquides, ou plutôt, puisqu’il est anglais d’origine, de bi-flitid tacho-meter, et le fait est que ses indications sont uniquement données, en face d’une échelle ou d’échelles appropriées, par le déplacement relatif de deux liquides, un liquide lourd et un liquide léger, dans des tubes de disposition toute spéciale, et sous l’influence de la force centrifuge. Ainsi que le montre assez bien le dessin quelque peu schématique, de face et de profi 1, que nous avons fait dessiner de l’appareil, celui-ci se compose de deux tubes concentriques en verre A et H ; ce dernier est ouvert à son sommet, tandis que l’autre est hermétiquement scellé. A son extrémité inférieure, le tube B se partage en deux branches, qui Ind,rate,,r ,,ft vitosse à deus lif»uides' partent de chaque côté et forment angle droit avec lui, et, par ces tubes et des [tassages rétrécis ménagés sur eux, il communique avec les extrémités respectives du réservoir ovale qui est disposé au bas de l’instrument. Du centre et nie la partie supérieure de ce réservoir, part un autre petit tube G, qu’on aperçoit surtout dans le dessin montrant l’appareil de profil : comme on le voit, il établit une communication avec l’espace annulaire compris entre A et B. Le réservoir ovale est à demi rempli d’un liquide lourd, 'sur lequel repose un liquide léger, qui ne peut se mélanger avec lui; le liquide léger est en quantité suffisante au repos pour s’élever jusqu’à un point légèrement [dus haut que l’extrémité supérieure du petit tube G.
- L’appareil est destiné à fonctionner dans une position
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- 1 Dit
- vertical*1, et il. peut être fixé directement au' sommet d’un arbre vertical, comme un axe de régulateur, ou être commandé par l’intermédiaire d’une poulie, puis d’un engrenage d’angle entraîné par cette poulie. Quand il est mis en rotation, le liquide, sous l’influence de la force centrifuge, est lancé vers les extrémités du réservoir ovale et dans les passages resserrés dont nous avons parlé; pendant ce temps, la partie du liquide léger, qui se trouvait dans les branches latérales, est chassée dans le tube intérieur B, tandis que, comme de juste, le liquide léger qui. est dans la branche C descend dans le réservoir pour remplacer le liquide lourd. 11 va de soi que la hauteur à laquelle le liquide léger monte dans B dépend essentiellement de la vitesse de rotation du tachéomètre; si d’ailleurs cette vitesse est si considérable «pie le liquide atteigne le haut du petit tube, il retombe dans l’espace annulaire et revient au réservoir par (1. Quand la rotation s’arrête, les deux liquides reprennent leur position et leur état d’équilibre premier. Bien n’est plus simple que de disposer, le long du double tube, des échelles indiquant, en fonction de la hauteur, le nom lire de tours par minute, ou la vitesse en kilomètres, en mètres, par seconde, de l’organe en rotation qui entraîne le tachéomètre et dont on veut mesurer la vitesse. 1). B.
- LES SOURCES
- KT
- LES TREMBLEMENTS DE TERRE
- On a cité comme la plus curieuse conséquence du petit tremblement de terre du 28-29 avril dernier, dans les Alpes, la production subite de sources au .village d’Argentière, dans la vallée de Chamo-nix. Il y a lieu de ne pas en exagérer l’importance.
- D’après les renseignements qu’a bien voulu nous adresser M. le Dr Payot, président de la section de Chamonix du Club alpin, les nouvelles sources sont au nombre d’une dizaine, froides, potables et d’un débit approximatif de 5 à 400 litres par seconde ; le croquis ci-contre de M. le l)r Payot montre la position du phénomène qui a emporté une notable portion de terrain; au point a il s’est même produit, trois jours plus tard, un éboulement sans apparition d’eau. Le jaillissement s’est effectué au pied d’une tranche de terrain d’environ 4 mètres de hauteur sur 80 de longueur et à 80 ou 100 mètres au-dessus des prairies.
- La nouvelle émergence est en relations plus probables avec le glacier du Tour qu’avec celui d’Argentière. Toute la portion forestière qui l’environne était antérieurement marécageuse, avec suintements d’eau à la surface.
- Il parait facile d’expliquer cette venue subite, en supposant tout simplement qu’une zone très aquifère de terrains meubles ou détritiques, bien placée au pied d’une forêt réceptrice, a subi un éboulement local, dans un point concave, où se concentraient et s’écoulaient très peu profondément des filets d’eau ; le séisme, en disloquant un morceau de ce terrain, ou en abattant un pan de matériaux déjà ruinés par l’eau souterraine, a découvert celle-ci, comme l’eût pu faire un travail de recherche ou de captage en un point évidemment aquifère. C’est tout
- uniment un accident superficiel de portée extrêmement réduite.
- Le fait n’a donc rien d’extraordinaire et n’est d’ailleurs pas une rareté : plus fréquemment il se présente avec la forme inverse, c’est-à-dire sous celle de disparition de source. J’en ai vu un exemple après le petit séisme du 15 juillet 1904 à Briançon. Un filet d’eau, précieux pour les soldats et les bergers, qui sourdait vers 2200 mètres en haut du ravin de Mallefosse, à la base du signal de Saint-Chaffrey (2570 mètres) fut bouché par la simple chute dé blocs précipités d’une côte dominante : émiettés sur une pente d’éboulis, les débris de ces blocs recouvrirent l’émergence, au point de l’aveugler complètement et de supprimer toute trace d’humidité. Il est infiniment probable que la pression de l’eau souterraine ainsi que le délitement atmosphérique du recouvrement de pierrailles ne tarderont point à faire réapparaître la petite source, peut-être avec un léger déplacement d’orifice. Ici donc l’accident est encore tout local et même momentané. 11 va sans dire que les grands tremblements de terre ont provoqué souvent, par modification, ouverture ou oblitération de crevasses aquifères, des changements, naissance ou disparition de grandes sources et des perturbations de nappes souterraines, d’origine beaucoup plus profonde que les deux faits ci-dessus mentionnés. Cependant, lors des secousses violentes qui ont, depuis une quinzaine d’années, gravement ravagé deux ou trois fois l’istrie, la Carniole, la Croatie on n’a constaté, à leur occasion, absolument aucune altération, aucune rupture dans les rivières souterraines et les concrétions des cavernes du Karst autrichien. On ne doit donc pas
- Position des nouvelles sources d’Argentière.
- exagérer l’importance des petits faits tout de surface, entièrement distincts de ces modifications profondes et durables qui ont, par exemple, en 1785, crevassé tout le sol de la Calabre ou en 1855 accru le débit et la température des sources de Louèche-les-Bains.
- E.-A. Martel.
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- LA NATURE.
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- LES SOFFIONI
- rs soffioni de Toscane sont décrits dans tons les cours de chimie comme une des principales et surtout comme une des plus anciennes sources d’acide borique dans le monde. Néanmoins, quand on ne les a pas vus, on se fait malaisément une idée de l’intensité avec laquelle sortent du sol Toscan ces jets de vapeur à 1 75° de température et à 6 atmosphères de pression : ces
- sortes de geysers, dont on recueille l’acide borique en les faisant bouillonner dans des bassins, qui prennent, comme toute la région, incessamment couverte de ses panaches de fumée, un aspect volcanique et infernal (fig. 1 et 2). Ces soltioni (ou souf-llards), outre leur curiosité pittoresque, présentent quelques particularités géologiques intéressantes à faire connaître, et il peut être également utile de mettre au point, d’après des notes recueillies sur place, l’état actuel de cette petite industrie.
- La zone des soffioni est assez strictement localisée, au Sud de l’ancienne cité de Volterra, entre elle et Massa Marittima, sur environ 10 km de long et 10 km de large, à Larderello, Monte Rotondo, Sasso, Castel-nuovo, etc. Nulle part ailleurs en Europe il n’existe
- Fig. 1. — Lu vallée des soliioni i
- rien de semblable, et il iaut aller au Nord de la Californie, dans la région des lacs de Rorax, pour trouver quelque chose de comparable. Dans tout autre pays, les gisements de borates divers, qui font à l’acide borique toscan une concurrence redoutable, sont des dépôts géologiques, des produits d’évaporation plus ou moins anciens, associés avec du sel, du gypse, du carbonate de soude et autres substances salines. 11 se passe donc, dans cette région des soltioni, un phénomène singulier, dont l’explication complète n’a d’ailleurs pas encore été donnée jusqu’ici.
- Si nous laissons de côté, pour le moment , l’origine première et profonde de l’acide borique, nous pouvons du moins dire exactement comment il arrive au jour. La région en question de la Toscane présente, au mi-
- ; Larderello, vue de Monte Cerlioli.
- lieu des terrains tertiaires plissés et disloqués, des réapparitions de massifs plus anciens, qui constituent ce qu’on appelle la chaîne métallifère. Ces massifs sont découpés par toute une série d'accidents à peu près Nord-Sud, de failles déterminant des contacts entre terrains d’inégale perméabilité, et amenant, par suite, des circulations d’eaux souterraines, qui se sont prolongées depuis le milieu de l'époque tertiaire jusqu’à nos jours. Anciennement, il en est résulté, sur ces failles et ces contacts, des liions métallifères contenant surtout, comme minerais, de la pyrite de fer plus ou moins cuivreuse, accessoirement d’autres sulfures (plomb, zinc, etc.) sur lesquels ont été creusés d’innombrables puits antiques. Aujourd’hui, le phénomène se traduit par diverses sources chaudes,
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- dont celles des soffioni sont les plus caractéristiques; mais, outre les soffioni, on a rencontré, dans des conditions analogues et sur le prolongement Sud des memes accidents, des venues d'eau chaude extrêmement abondantes sur le filon de pyrite cuivreuse de Boccheggiano ; vers le Sud-Est, la région du Monte Amiata, importante par ses liions de mercure, est également riche en sources chaudes sulfureuses, telles que celle de Ragni San Filippo ; au Nord, on a les eaux à 50° de Monte Catini, celles à 55° des Bains de Lucques, etc.l. La thermalité de certaines de ces eaux peut être, dans quelque mesure, intluencée par la proximité de massifs éruptifs récents, près desquels sont les plus chaudes d'entre elles (les soffioni se trouvent à 12 km du volcan pliocène du mont Amiata
- et à 16 ou 18 de celui de Bolsène); mais leur résurgence est, en tout cas, le résultat de contacts par failles Nord-Sud entre le lias et l'éocène, entre la serpentine et l’éocène.
- La composition chimique des soffioni trouve également, dans les autres sources réparties sur cette ligne d’accidents Nord-Sud, un écho qui pourrait contribuer à lui faire attribuer une cause profonde. Ces soffioni, en effet, renferment surtout de l’hvdro-gène sulfuré, de l’acide carbonique, des hydrocarbures (avec un peu d’hydrogène libre), et, accessoirement, de l’acide borique, qui leur donne leur valeur industrielle. Les autres sources sont analogues.
- Dans les eaux chaudes de Roccheggiano, on retrouve des traces d’acide borique. Celles de la région
- Fig. 2. — Vue générale des soffioni el des usines de Larderello.
- du Monte Amiata sont riches en hydrogène sulfuré et en acide carbonique (auxquels on a pu, il est vrai, attribuer des causes superficielles, mais dont l’origine uniquement superficielle reste très discutable), avec manifestations connexes d’hydrocarbures, assez abondants pour provoquer des coups de grisou dans les mines de mercure. Au Nord, on retrouve, près de Monte Catini, le grisou assez fréquent dans les terrains pour nécessiter des lampes de sûreté; puis, à la mine de mercure de Jano, au Nord de Volterra, l’acide carbonique s’est manifesté en quantités très notables. Enfin, tout en faisant beaucoup de réserves sur le rapprochement des deux phénomènes, on
- 1 Yoy. L. De Launay. Les source;s thermominérales. Paris, Bauctry, 1899, p. 560.
- ne saurait oublier que le prolongement de cette zone fracturée va rencontrer le tunnel de Borgallo, près du Taro, où les travaux de la ligne de Parme à la Spezia ont donné lieu à des dégagements de grisou dans les conditions les plus insolites, et aboutit enfin à la région pétrolifère du Chero, la plus importante de l’Italie, où l’arrivée au jour du pétrole, qui prend souvent, dans les Apennins, la forme de salses, c’est-à-dire de jets gazeux riches en gaz des marais, peut être causée par le même système des fractures. Chacun de ces faits, individuellement, demeure discutable; mais leur ensemble et la comparaison avec la Californie, où l’on retrouve la même association de roches éruptives récentes, gisements de mercure, sources avec hydrogène sulfuré, hydrocarbures et
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- acide borique1, inclinerait à’ faire considérer, dàn$> ce cas, le soufre, le bore et peut-être même le carbone, comme des produits plus ou moins directs de l’activité éruptive2. On sait, d.’ailleurs, que le bore est, en géologie, un des éléments dits minéralisateurs qui 'ont contribué à la cristallisation’ de minéraux divers à la périphérie de massifs granitiques, et, sans s’écarter beaucoup de la Toscane' à celle des fameuses tourmalines, qui jouent un rôle minéralogique important sur le pourtour du noyau granitique tertiaire, formé par le mont Capanne, à l’ile d’Elbe.
- Industriellement, on s’imagine parfois que les soflioni de Toscane sont des sources naturelles, dont, il suffit de recueillir l’épanchement. Il en a été, en effet, ainsi au début; mais, depuis longtemps, on est obligé d’aller chercher en profondeur l’eau minéralisée au moyen de sondages, que l’état de dislocation de ce sol miné et fracturé en tous sens rend assez difficiles. Ces sondages profonds, qui peu à peu sont descendus jusqu'à 120 mètres, ont pour but de chercher des tissures thermales et, quand ils les rencontrent, il se produit souvent une explosion violente qui rejette au loin tout le matériel. Les sources obtenues sont de deux catégories. Il y a ce qu’on appelle les soufflards secs, où la vapeur d’eau sous pression monte si vite qu’elle n’a pas le temps de se condenser et n’entraine pas d’eau ; on est alors obligé de faire barboter ces gaz dans des bassins pleins d’eau apportée du torrent voisin, où on les amène par des conduites ; l’exécution et la préservation de ces bassins sur un sol fracturé constituant, elles aussi, une difficulté. Les sondages heureux sont ceux qui donnent, au contraire, avec la vapeur et les gaz, de l’eau (venant probablement, pour la plus grande partie, des terrains superficiels), en sorte que l’acide borique arrive déjà sous la forme d’une dissolution, qu’il suffit de concentrer. D’une façon générale, les soffioni durent peu de temps, quelques semaines ou quelques mois au plus, puis s’obstruent et s’épuisent. On a songé à en utiliser la force perdue pour actionner des turbines à vapeur. En attendant, toute la chaleur et la force de l’usine voisine sont fournies par les gaz des soufflards.
- Le traitement consiste ensuite dans une concentration, une évaporation et un raffinage. Les produits sont l’acide borique en paillettes, de diverses grosseurs ou pulvérisé, le borate de soude pur et raffiné (en absorbant les vapeurs sulfureuses de l’atelier par du chlore) et le sulfate d’ammoniaque.
- Le principal centre est celui de Larderello, où, dans un espace restreint, qui a peut-être 200 mètres de
- 1 I,o lac Clear, centre des gîtes de borax californiens (Borax lake, etc.), touche aux mines de mercure avec sources chaudes de Sulphur bank et forme la limite Nord de la zone mercurielle, comme les soffioni de Toscane sont an nord des gîtes de mercure du Mont Amiata.
- 2 On pourrait évidemment songer à l’existence profonde, sous la zone des soffioni, d’un ancien bassin d’évaporation analogue à ceux de l’Asie Mineure ou du Chili avec borates et gvpses, rencontré par des sources thermales : mais ce ne serait que déplacer la difficulté d’expliquer la concentration originelle de l’acide^borique dans cette zone éruptive.
- long, les jets de vdpeurs sortent en tous sens des sondages (voir la lettrine en tête de l’article) avec une violence extraordinaire1.
- Autrefois la production de l’acide borique dans le monde était très restreinte et la Toscane, où cette industrie date de 1827, en avait à peu près le monopole avec l’Inde. Ver» 1850, le borax valait 2206 francs la tonne; vers 1878, il est tombé à 1000 francs par la découverte des gisements californiens et; depuis cette époque, malgré le développement'considérable de son emploi (céramique, métallurgie, pharmacie, etc.), les prix sont tombés progressivement (800 francs pour la tonne d’acide borique en 1885, 670 en 1884, 580 en 1901,520 en 1902).
- En 1902, 12 exploitations toscanes ont donné 2765 tonnes d’acide borique brut, représentant, à raison de 520 francs la tonne, 884 000 francs. 1785 tonnes ont été exportées à l’état brut; le reste a servi à fabriquer 258 tonnes d'acide borique raffiné à 500 francs et 575 tonnes de borax à 400 francs. En outre, on a obtenu 462 tonnes de sulfate d’ammoniaque à 500 francs.
- Les autres pays producteurs de borates dans le monde, sont : la Californie qui donne de 16 à 25 000 tonnes de borate de chaux (colemanite) par an, soit en 1905 : 54000 tonnes de borate cru; le Chili (12 à 15 000 tonnes de borate de chaux); la région de Sultan Tchair en Asie Mineure (9 à 11000 tonnes de borate de chaux ou pandermite) ; la Bolivie (500 tonnes de borate de chaux), le Pérou (etc.). 11 sort, en outre, à peu près 200 tonnes de borax de l’Inde et autant de boracite (chloro-borate de magnésie) du gisement de Stassfurt en Allemagne. ^ A ; L. De Launay.
- LES ACCIDENTS DE CHEMINS DE FER
- AUX ÉTATS-UNIS
- On connaît assez généralement l’insécurité des chemins de fer américains, et le gros accident récent du nouvel express Chicago-New-York vient d’en donner encore une preuve. Néanmoins bien des personnes seront sans doute étonnées du résultat auquel un statisticien ingénieux est arrivé. Ce calculateur a eu l’idée imprévue de comparer la mortalité des troupes anglaises pendant la durée de la guerre du Transvaal à la mortalité des voyageurs en chemins de fer américains durant le même temps ; et voici ce qu’il a trouvé. Tandis que la guerre a tué 22 000 hommes, les accidents de chemin de fer aux Etats-Unis en ont tué 20 847 et blessé 135 0002. Faut-il donc en conclure qu’un voyage en Amérique est aussi dangereux qu’une guerre au Transvaal? Ce serait exagéré; car le nombre de ceux qui s’exposent au premier péril est, sans comparaison, supérieur à celui des soldats qui ont affronté le second. Néanmoins les raihvays américains détiennent là un record que nos chemins de fer français ne sont heureusement pas près de leur disputer.
- 1 Une conséquence de la pression interne est que les soufflards jaillissent aux altitudes les plus variables, contrairement à ce qui se passe pour les sources thermales ordinaires, presque toutes localisées en un point bas de la superficie.
- 2 Dans la seule année 1905, il y a eu 11 000 personnes tuées et 89 872 blessées sur les voies ferrées des Etats-Unis.
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- LE CLIMAT DE LA PERSE
- Il semblerait, au premier abord, que le climat de la Perse dût être uniformément chaud et qu’on n’ei'it pas à redouter le froid dans ce pays d’Orient; la chose, paraît d’autant plus logique que la Perse a fourni à l’Europe une foule de plantes qui réclament du soleil, et qu’elle possède une végétation qui veut de la chaleur. C’est de là que nous viennent une partie de nos fruitiers, c’est à elle que nous devons les rosiers ; on rencontre sur son sol le buis, le mûrier, l’olivier, l’oranger; on y cultive ou l’on y peut cultiver, dans d’excellentes conditions, le coton, le riz, la canne à sucre; et le palmier vient à merveille dans la région du Colfe Persique, en fournissant d’abondantes récoltes de dattes.
- Mais il s’en faut que le climat de la Perse soit uniforme et, en réalité, il est excessif partout et toujours. Dans b' voisinage du golfe et de la mer d’Oman, il est brûlant, si bien que les Persans appellent volontiers « antichambre île l’enfer » ces plaines peu habitées, où se trouvent les ports de Bouchir, de Bander-Abbas, et qui sont comprises entre une mer peu profonde et la muraille presque verti-ticale qui borde le plateau rocheux formant le centre de l’Empire. Point d’eau douce dans ces parages, mais des marécages qui entretiennent la fièvre à l’état endémique. Sur le versant exactement opposé du grand plateau iranien, vers la Caspienne, et dans les provinces de Ghilan et de Mazanderan, le climat n’est guère moins insalubre : sans doute la chaleur n’y est pas aussi intense, mais ce ne sont que pluies presque continuelles, qui engendrent, il est vrai, des forêts verdoyantes, mais aussi des marécages, des vapeurs, ce qu’on appelait jadis des miasmes délétères : c’est une véritable contrée tropicale avec tous ses inconvénients, la fièvre pernicieuse vous y guette partout, et un proverbe persan vous dit : « Si tu veux mourir, va dansleGhilan ».
- Sur le haut plateau dont nous avons mentionné l’existence, c’est autre chose, le climat est alternativement brûlant et glacé. Ce plateau, dont l’altitude est comprise entre 1200 et 1800 mètres, est un désert immense où la végétation ne peut se montrer, sous la forme d’oasis, cpie là où quelques chaînes de montagnes accumulent en hiver assez de neiges pour constituer, en été, une réserve d’humidité assurant plus tard les irrigations. Il faut dire que, sauf au printemps et en automne, il ne pleut jamais sur le plateau; des brouillards apparaissent parfois, mais ce sont des brouillards secs. L’air est d’une siccité extrême, et l’on ne rencontre que des étendues argileuses et stériles desquelles s’élèvent fréquemment des trombes de poussière jaunâtre qui rendent l’atmosphère irrespirable. Le paysage est lugubre, jamais une prairie verdoyante, les champs d’orge et de blé jaunissent rapidement sous le soleil brûlant. Et c’est pourtant sur ce triste plateau que se trouvent les principales villes de l’Empire.
- Nous avons dit que le climat y était glacial en hiver : le fait est qu’il y tombe fréquemment des masses considérables de neige durant la nuit; mais elle disparaît rapidement par évaporation et sans laisser de traces sensibles de son passage. Deux chiffres vont faire comprendre combien est excessif ce climat, ainsi que nous l’avons dit. A Téhéran, en été, le thermomètre monte couramment à 45° à l’ombre et à 65° au soleil ; en hiver il accuse — 1 ù° C. Dans les provinces de Yezd et de Kerman, on possède des maisons à 2 ou 5 étages souterrains où se réfugient les habitants pour fuir le vent du désert. Notons que malheureusement chaleur et sécheresse n’empêchent point de pulluler les germes de malaria, de typhus, de
- dysenterie ; le bouton d’Alep est très fréquent, les étrangers sont souvent atteints de paralysie du cœur. Enfin ce climat si sec a une influence désastreuse sur le système nerveux de certaines gens, cela détermine un état morbide connu sous le nom de téhéranite.
- Ajoutons, avant de finir, que les déprédations humaines sont pour beaucoup dans l’affreuse sécheresse du plateau iranien, dans l’absence d’eau qui entraîne absence de végétation : on a arraché sans prévoyance, les forêts, on a déboisé, ruiné la végétation naturelle, et il n’y a plus rien sur le sol pour retenir les précipitations atmosphériques ni pour les provoquer. IL J>e H.
- ÉTUDE CHIMIQUE
- Les Chrysanthèmes sont une espèce florale très répandue aujourd’hui et de nombreux essais ont montre qu’ils profitaient de l’addition d’engrais divers. On a préconisé, à ce sujet, diverses recettes assez nombreuses, mais qui, au moins dans les exploitations un peu importantes, sont à base d’engrais naturels ; engrais flamand, purin, colombine, sang frais ou désséché, déchets de laine ou de corne. Or, dans les cultures ainsi soutenues, on constate, en première saison, une vigueur exubérante de la végétation, une croissance défectueuse et une fréquence assez grande aux attaques des champignons et d’autres parasites. MM. A. Hébert et G. Truffaut, pour remédier à cet état de choses, ont cherché à se rendre compte du mécanisme de l’alimentation chez les chrysanthèmes, en procédant à des analyses successives de plantes de la variété Madame Gustave Henry, cultivées en pleine terre dans un sol riche, sans addition d’aucun engrais.
- Une première série de ces plantes, dont la culture avait commencé fin janvier, fut arrachée le 28 juillet, au moment où apparaissaient les premiers boutons couronnés ; une autre, les premiers jours d’octobre, lors de l’épanouissement des premières fleurs.
- Ces deux séries d’analyses ont permis d’établir que, pendant la seconde période de végétation (juillet à octobre) la plante assimile journellement 5 fois plus d’azote et de potasse, 7 fois plus d’acide phosphorique, 16 fois plus de chaux que pendant la première période (janvier à juillet). Il n’y a donc pas grand intérêt à activer la végétation des chrysanthèmes jusqu’à fin juillet et il y a, par contre, grand intérêt à les nourrir fortement, à partir d’août, soit par des surfaçages, soit par des arrosages à l’engrais soluble.
- De plus en comparant les quantités relatives d’azote, de potasse et d’acide phosphorique existant dans les chrysanthèmes et dans le principal engrais naturel actuellement employé pour la culture de ces plantes, l’engrais flamand, on constate que, dans ce dernier, les proportions de potasse et d’acide phosphorique par rapport à l’azote sont beaucoup plus faibles que dans les plantes qu’il, doit nourrir. En conséquence, les éléments de fertilité ne sont pas, dans cet engrais, dans les proportions requises par les chrysanthèmes, ce qui amène les troubles de nutrition que nous signalions au début de notre article et qui ne résultent que d’une alimentation trop azotée. Les engrais organiques, cités plus haut, renferment de même beaucoup trop d’azote en proportion des autres éléments de fertilité ; il y aurait lieu de les renforcer en potasse et en acide phosphorique. C’est dans ce sens qu’il convient de modifier la culture de ces plantes, si l’on veut être certain d’obtenir de bons résultats au point de vue du développement et de la beauté des sujets produits. A. Hébert.
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- LA NATURE.
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- L’ÉLEVAGE DE LA SOLE
- I^a sole est un poisson sympathique : on l’aurait faite tout exprès pour être mangée qu’on n'aurait pas mieux réussi, tant ses « filets » s’enlèvent facilement et ont une saveur agréable. Elle n’a que le défaut de devenir de plus en plus rare et de coûter de jdus en plus cher. Sa fécondité est cependant assez grande et suffirait largement à peupler nos côtes si les causes de mortalité des œufs et des jeunes larves n’étaient pas aussi nombreuses. Si l’on veut rendre la sole plus abondante sur nos côtes, c’est à ce dernier point qu’il faut s’attacher particulièrement, mais le problème est plus complexe qu’il ne parait au premier abord, ainsi qu’en témoigne l’abondance des mémoires publiés sur la question.
- 11 vient cependant de faire un pas énorme et quasi-définitif, grâce à un volumineux travail* -poursuivi d’ailleurs depuis dix ans — de MM. Fabre-Domergue et Biétrix, ce dernier — un ardent et consciencieux naturaliste—décédé cette année même.
- La pisciculture marine diffère du tout au tout de la pisciculture en eau douce. L’obtention des œufs en diffère notamment beaucoup, parce que ceux des poissons de mer ne sont émis
- Fi-. 1.
- qu’un à un par la
- femelle et se rendent de suite à la surface de l’eau, où le moindre courant les entraîne. Il faut pouvoir obtenir une source continue d’œufs et les capter au fur et à mesure. On y arrive pour la sole, en élevant les reproducteurs dans des viviers larges, où l’eau est constamment renouvelée et en faisant passer celle-ci, à sa sortie, dans un grand vase de verre à tubulure supérieure dans lequel plonge un cylindre également en verre portant un crible de soie à son ouverture inférieure. L’eau tombe dans ce cylindre, en sort par le crible et les œufs, qui ont environ un millimètre et demi de diamètre, se trouvent ainsi retenus sans danger d’altération.
- On sait que les petites larves, les alevins, en lesquels se transforment rapidement les œufs des poissons, vivent pendant quelque temps des matières nutritives contenues dans ceux-ci : mais cette masse
- 1 Développement* ite la sole. (Ouvrage jmbliê sous les auspices du comité consultatif des pêches maritimes.) Yuibert et Sony, édit. Paris, 1905.
- de nourriture (vésicule vitelline), qui forme, sous leur ventre, une bosse de polichinelle, ne tarde pas à diminuer, à se « résorber » et, dès lors, le jeune poisson doit trouver lui-mème sa nourriture dans le milieu ambiant.
- Pour le pisciculteur, il s'agit donc, avant tout, de trouver un moyen véritablement pratique de conserver ses élèves après leur naissance, de leur faire franchir, en les nourrissant dès le moment opportun, cette redoutable période critique qui caractérise les derniers jours de la résorption vitelline. Il s’agit aussi, cette période critique franchie, de leur assurer, dans des bassins convenablement aménagés, les conditions d’existence requises pour en obtenir le plus rapide accroissement, toutes choses très difficiles à résoudre, étant donnée la délicatesse des sujets.
- Les soles, malgré leur aspect apathique, ne
- peuvent se passer, du moins pendant leur jeune âge, d’une vie agitée : les mettre dans une eau simplement renouvelée équivaut à les vouer à une mort certaine; ce qu’il leur faut ce sont les grands tourbillons dans l’eau, qui les font virevolter dans tous les sens : elles ont des vagues dans le sang. Voici comment MM. Fabre-Domergue et Biétrix — doux na-des « agitateurs » — sont l’affaire. Quatre tonneaux de
- Apppnrril pour l’élpvngc dos Iros jounes soirs.
- turalisles devenus arrivés à résoudre verre, d’une contenance de 50 litres environ, sont placés côte à côte au-dessous d’un bâti de fer fixé sur la table même qui les supporte. La partie supérieure du bâti porte un arbre horizontal muni à l’une de ses extrémités d’une poulie de transmission. Le long de cet arbre et au-dessus de chaque récipient, deux pignons d’angle transmettent le mouvement à un petit axe vertical muni inférieurement d’une douille en bronze. Dans cette douille s’engage, maintenue par une vis de pression, une tige de verre parfaitement droite, à la partie inférieure de laquelle se trouve fixé un disque de verre soigneusement arrondi et poli sur ses bords. Le disque est percé en son milieu d’une ouverture de diamètre un peu supérieur à celui de la tige qui la porte, de manière que l’on puisse lui donner une inclinaison convenable et déterminée par la direction de section de deux bouchons de liège glissant à frottement dur sur la
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- ceux qui commencent à s’altérer et à s’imbiber tombent assez rapidement sur le sol pour ne plus être soulevés par le disque. Le même phénomène s’observe sur les particules inertes que l’on peut placer dans l’eau et qui, malgré leur faible excès de densité, ne tardent pas à gagner les parois du vase, particularité qui rend très difficiles tous les essais d’alimentation artificielle auxquels on est tenté d’abord d’avoir recours (jaune d’œuf, amidon, chair pilée). Pour obtenir la suspension des êtres vivants, point n'est besoin d’ailleurs d’imprimer au disque rotatif un mouvement rapide. Trente tours à la minute environ correspondent à 1 vitesse la meilleure.
- Le modèle que nous venons de décrire peut être perfectionné. Le système assez compliqué qui porte les pignons d’angle et la tige horizontale peut être remplacé par un fer en T sur lequel coulissent des noyaux en fonte portant chacun une tige verticale destinée à recevoir un agitateur et un pignon
- Fig. 2. — Œufs et alevins de soles. a, (Eut1 vu par eu haut. Mise au point sur le pôle inférieur occupé par l’embryon. — b, Œuf vu par eu haut. Mise au point sur le pôle inférieur et l’embryon, lequel est à un stade plus avancé qu’en a. — c, Larve peu après l’éclosion (âgéede moins de 24 heures). Longueur :j5‘°'",2.
- — il, Larve à l'apparition du squelette vertébral et des nageoires impaires. Longueur ; 6“"",S.
- lige de verre et le maintenant solidement fixé.
- La distance la plus favorable du disque au-dessus du fond parait être d’une dizaine de centimètres. Le mouvement est imprimé à F appareil par un petit moteur à air chaud d’Henrici. L’appareil ainsi monté fonctionne avec une régularité parfaite pendant plusieurs mois sans la moindre discontinuité et ne réclame d’autre soin que le renouvellement journalier de sa provision de pétrole et le graissage hebdomadaire du petit moteur. Sous l’intluence de la rotation des disques, la masse de l’eau contenue dans chaque tonneau subit un double mouvement, l’un de giration totale peu sensible à la périphérie et à la surface, l’autre ascensionnel d’où résulte, pour les êtres en suspension, un transport continuel à tous les niveaux du vase.
- Ceux qui arrivent au contact du disque sont repoussés sans même le toucher et rejetés dans la circulation générale. 11 est à remarquer cependant que cet entraînement régulier ne se produit que pour les êtres bien vivants dont la densité se maintient au voisinage de celle de l’eau de mer, tandis que
- Fig. 3. — Jeunes soles montrant comment l’œil gauche passe du côté droit.
- a, Larve ayant l'œil gauche tout à tait à gauche. — b, Œil gauche encore sur le côté gauche de l’animal, pçès du profil supérieur de la tète. Longueur : 9“"*,6. — c. Œil gauche tout proche du profil supérieur do la tète, mais presque passé à droite. Longueur : 10""°,75.
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- LA NATURE.
- horizontal. Au-dessus de ee 1er en T règne une tige qui traverse les consoles fixées aux noyaux porte-agitateurs. Cette tige reçoit des pignons d’angle verticaux plus petits qui coulissent sur toute sa longueur et peuvent venir engrener en un point quelconque avec les pignons horizontaux. Chaque système agitateur, constitué par un noyau et un pignon vertical, peut donc être fixé par une vis de pression, en un point quelconque du 1er en T qui le supporte. On peut en mettre autant et d’aussi rapprochés qu’on le désire de façon à employer des vases plus petits et plus nombreux. Enfin, grâce à la démultiplication résultant de la différence du diamètre de pignon transmetteur et du pignon récepteur, on peut réduire notablement les dimensions de la poulie couplée au petit moteur et remplacer la grande roue en bois par une légère roue à gorge, en fonte.
- Ce n'est pas tout que d’agiter les larves, il faut aussi les nourrir. (In le fait, au début, avec des organismes microscopiques, appelés Monas Dunali, que l’on trouve dans les marais salants et dont on obtient de véritables purées en les semant dans de l’eau de mer très concentrée et à laquelle on ajoute du bouillon de morue salée. Plus lard, on leur donne à manger de petits organismes, tels que des copépodes recueillis avec un filet fin dans les flaques d’eau que laisse la mer en se retirant.
- (Juand les jeunes soles ont atteint une longueur de 15 à 20 millimètres, on peut les jeter dans la mer où, dès lors, elles vont vivre et croître de leur propre travail. Un peut aussi continuer à les élever dans des viviers en les nourrissant de matières variées, par exemple de la pulpe de rate. Au bout de trois ans elles ont une longueur de 50 à 55 centimètres environ.
- Outre la partie pratique que nous venons de résumer, le travail de MM. Fabre-Domergue et Biétrix renferme une partie purement scientifique où est décrit dans tous ses détails le développement de la sole. Nous en représentons les principaux aspects en faisant remarquer que les soles, comme tous les autres poissons plats, commencent d’abord à être parfaitement symétriques avec un œil à droite et un œil à gauche. Ce n’est que plus tard qu’elles se couchent sur le flanc et que peu à peu, les deux yeux passent du même côté du corps. Remarquons aussi que leur corps est toujours couvert de cellules pigmentées, noirâtres, se présentant sous forme de fins filaments ramifiés, qui leur donnent un aspect
- étrange. Uesri Coüpix.
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- NÉCROLOGIE
- Eugène Risler. — M. Eugène RisEr, directeur honoraire de l’Institut national agronomique, vient de s’éteindre à Calèves, près de Njon (Suisse), dans sa soixante-dix-septième année. Après avoir débuté en 1850 comme répétiteur de chimie à l’Institut agronomique de Versailles créé par la loi du 5 octobre 1848, M. Eugène Risler consacra toute son existence à l’enseignement et aux recherches scientifiques. Il se retira en Suisse en
- 1852, après la fermeture de l’Institut agronomique et, en 1870, lors de la création de l’Institut agronomique actuel, il fut chargé du cours d’agriculture comparée. Enfin, en 1879, M. Risler prenait la direction de cet établissement qu’il a conservée jusqu’en 1901. M. Risler a publié, outre divers ouvrages, un cours complet de Géologie agricole et un traité de Physiologie et culture du hic. Il contribua en même temps puissamment à l’établissement des cartes agronomiques.
- Léo Errera. — L’éminent botaniste, M. Léo Errera, professeur à l’fniversité de Bruxelles, membre de l’Académie royale de Relgique, est décédé à Eccle, le 1er août 1905. M. Errera naquit à Laeken, le 4 septembre 1858, lit ses études en Relgique où il poursuivit sa carrière universitaire, tout en se livrant à des travaux scientifiques de physiologie animale et surtout végétale. Ses principaux travaux sont sa Philosophie botanique, ses recherches sur le glycogène des champignons, de nombreuses expériences de chimie microscopique, des communications sur les phénomènes d’inhibition dans la croissance végétale, une retentissante théorie du sommeil. On ne saurait trop déplorer la mort prématurée de M. Errera, qui vient le frapper en pleine activité scienti-lîque, au moment où il s’apprêtait à présider le prochain congrès de botanique de Bruxelles.
- La recherche du formol dans le lait. — Le
- lait étant un liquide des plus altérables a exercé singulièrement la sagacité îles fraudeurs, qui ont cherché à le conserver le plus longtemps possible en l’additionnant de divers agents antiseptiques, ayant pour but d’empêcher la fermentation lactique de s’y établir et de faire ainsi « tourner » le lait. Parmi ces agents de conservation employés, l’un des plus répandus est le formol ou aldéhyde formique. M. Nicolas a indiqué assez récemment, pour déceler cette fraude, un procédé très sensible, basé sur ce fait que les métadiamincs (métaphénylène diamine, dia-mido-phénol et amidol) donnent avec les aldéhydes une forte fluorescence verte, même en présence d’acide acétique ou lactique. Pour rechercher le formol dans le lait par ce procédé, on y précipite la caséine par l’acide acétique ou lactique, on filtre et on ajoute au filtrat quelques cristaux d’amidol. Le liquide se colore plus ou moins rapidement en jaune ou en jaune orangé et devient très fluorescent. D’après fauteur, la réaction est assez sensible pour donner un résultat positif avec des liqueurs contenant 1 partie de formol pour 500 000 parties de liquide suspect.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 août 1905.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Propriété de l'actinium. — M. Curie rappelle que M. Debierne a été conduit à signaler l’existence d’un corps radio-actif se distinguant des corps radio-actifs décrits jusqu’à ce jour, l’actinium. 11 fait savoir que M. Debierne a reconnu que l’actinium dégageait de l’hydrogène d’une façon continue.
- Secousse sismique. — M. kilian adresse un télégramme annonçant qu’une secousse sismique N.-S. a été enregistrée au sismographe de la Faculté des sciences de Grenoble, le 15 août à 10h 54"* 40s (temps de Paris).
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- LA N AT U HE.
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- L’anémie infectieuse du cheval. — M. Houx rappelle que dans un précédent travail MM. Carré et Vallée ont montré que l’anémie infectieuse du cheval était due à un microbe exigu qui peut passer au travers des filtres. Ce microbe se trouve non seulement dans le sang, mais encore dans les urines. Or, les auteurs ont découvert qu’il existe une forme chronique de la maladie laissant subsister les animaux à la condition qu’ils ne soient pas soumis à un travail fatigant. Pendant la durée de cette forme chronique les urines des animaux atteints renferment le microbe. 11 suit de là qu’un cheval qui ne semble pas malade peut contaminer les chevaux de toute une écurie. Mais la présence du microbe coïncide toujours avec de l’albuminurie. Par suite, lorsque l’on aura à acheter un cheval dans une région suspecte, il y aura lieu d’examiner les urines et de refuser rigoureusement l’animal si son urine contient de l’albumine.
- Le vibrion cholérique. — M. Houx présente ensuite une Note de M. Brau relative aux toxines .élaborées par le vibrion cholérique dans l’intestin. On sait mal préparer ces toxines. L’auteur indique qu’un milieu de culture excellent est constitué par un mélange de sérum de cheval et de sang défibriné. Toutefois le sérum doit avoir été préalablement porté à la température de 00° et la température doit être maintenue rigoureusement entre 58° et 59° pendant toute l’expérience. 11 faut également que le vibrion n’ait pas passé par des animaux. On obtient ainsi des toxines très puissantes. Un quart de centimètre cube suffit pour tuer un cobaye et 50 centimètres cubes pour tuer un cheval.
- Un nouveau poison animal. — M. Roux présente enfin une Note de M. Marie relative à l’extraction d’une substance éminemment toxique (pii existe en très faible quantité dans le cerveau du mouton. Injectée dans le cerveau d’un lapin elle détermine, au bout de vingt-quatre heures, une crise épileptiforme suivie de mort après vingt quatre heures. Au contraire, injectée dans l’œil ou dans le péritoine, cette substance est inoffensive. Chauffée, elle perd sa propriété ; enfin elle se détruit naturellement par l'effet du temps.
- Séance du ‘21 août 1905.
- Présidence de M. Bouquet de la Ghye.
- MM. S. Nevvc-omb, de Washington, et Archenhold, savant allemand, assistent à la séance.
- Lampe électrique de sûreté. — M. Tommasi communique la description d’une lampe électrique à laquelle il donne le nom de lampe de sûreté, parce qu’elle met à l’abri des dangers d’explosions en cas de rupture de l’ampoule dans le grisou ou dans le mélange d’air et de poussières que l’on rencontre dans les minoteries. Lors des ruptures d’ampoules des lampes usuelles à incandescence, le filament se brûle au contact de l’air avec projection de particules enflammées qui, bien que très petites, peuvent déterminer des explosions. L’objectif de M. Tommasi a été de rendre impossible le contact de l’atmosphère et du filament. Sa lampe est montée à l’intérieur d’un cylindre en verre fermé en bas par le socle de l’appareil et en haut par un couvercle à robinet. L’appareil est étanche. Les deux fils de la lampe s’attachent à deux homes sur le socle. À l’intérieur du socle on a disposé un petit soufflet communiquant avec le cylindre. Tant qu’il est gonflé le courant passe dans les bornes, et de là dans le filament ; mais en se dégonflant, il pousse un taquet qui interrompt le courant. Pour allumer la lampe, il suffit de gonfler le
- soufflet. Le gonflement s’opère par injection d’air dans le cylindre et par suite dans le soufflet disposé au-dessous et communiquant avec lui. L’injection se fait par un ajustage (pie l’on visse sur le robinet et qui permet la mise en communication avec une pompe. Le soufflet, en se gonflant, abaisse le taquet et établit la communication entre les bornes et la source d’électricité. Pour éteindre la lampe, il suffit d’ouvrir le robinet, l’air s’échappe, le soufflet se dégonfle et, en se contractant, soulève le taquet qui interrompt le courant. On conçoit que si, par une cause quelconque, le cylindre de verre est brisé pendant que la lampe brûle, la pression du gaz diminue, le soufflet se dégonfle et coupe le courant. Si, au contraire, c’est l’ampoule qui se brise, l’air intérieur se dilate de tout le volume de l’enveloppe ; sa pression diminue donc, et le soufflet, en se contractant, coupe encore le courant.
- L’acide oxalique dans les végétaux inférieurs. — M. Schlœsing communique une Note de M. Charpentier relative à des expériences comparatives de culture de Vaspergillus niger faites dans le but de déterminer le moment où apparaît l’acide oxalique. En opérant sur une série de lots soumis tour à tour à l’analyse, il a pu suivre pas à pas les phénomènes de la végétation de la plante. Tant que celle-ci croît, tant qu’elle reçoit des aliments il n’y a pas trace d’acide oxalique. Mais si l’on supprime les aliments, la plante se met à fructifier, vit sur elle-même et l’on voit apparaître l’acide oxalique.
- Ch. de Yjlledeul.
- LES RAINURES DES CHEMINS ANTIQUES
- Les rainures signalées par M. Henri Ferrand sur la route romaine, dont la porte de Bons-en-Oisans est un imposant __ vestige*, ne constituent point un cas isolé. On eh trouvé de très" nombreux exemples en Grèce et en Sicile, notamment aux portes mêmes d’Athènes dans le chemin qui conduit directement du Pirée à l’Agora, sur la grande route de Sparte à Hélos, ainsi qu’aux environs d’Orchomène et de Syracuse.
- Ces ornières, taillées de main d’homme et parfaitement nivelées, ont été étudiées par le savant allemand Ernst Curtius, qui lit paraître, en 1855 à Berlin, une dissertation sur la construction des routes chez les anciens Grecs. « Lorsque, dit-il, le sol de la route était du rocher nu ou de la pierre recouverte seulement d’une mince couche de terre, les Grecs ne se donnaient point la peine de rendre carrossable toute la largeur de la chaussée; ils se contentaient d’un grossier nivellement; puis ils creusaient, pour les roues, des rainures qu’ils préparaient avec le plus grand soin, afin que le char roulât avec sécurité et avec facilité sur une surface parfaitement unie, au fond de la rigole; entre les deux rainures, pour égaliser le sol lorsqu’il était trop raboteux ou trop inégal, ils répandaient du sable ou du gravier. »
- Un autre Allemand, M. Guhl, dans son livre sur La vie des Grecs, publié également à Berlin en 1864, s’exprime ainsi : « Aujourd’hui encore la Grèce est traversée par des routes, sur lesquelles on
- 1 Yoy. n° 1067, du 6 mai 1905, p. 364.
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- LA NATURE.
- a creusé artificiellement dans le sol du rocher des ornières pour les roues des voitures. Ite cette façon, les statues des Dieux et les. objets du culte pouvaient se rendre commodément d'un lieu à un autre. Entre les rainures, la surface de la route était égalisée avec du salde ou du gravier ».
- Un voyageur anglais, M. Mure, n'est pas moins affirmatif en parlant de ces rainures observées par lui dans les routes rocheuses. « Lorsque je parle d'ornières de roues, ce mol ne doit pas être entendu dans le sens d’un creux ou d’une inégalité formée sur un chemin uni par un long usage ou par la négligence. Je veux parler d'une rainure ou rigole creusée intentionnellement, à des distances calculées sur la largeur de la voie des chars, dans le but d’assurer la direction des roues et de faciliter la traction sur un sol rocheux et accidenté. C’est quelque chose d’analogue à nos rails de chemin de fer, et l’on peut en vérité donner à ces chemins le nom de voies en rails de pierre. (Stone railway)1. »
- La ressemblance avec nos tramways modernes était encore complétée par les courbes d’évitement, telles qu’on les voit sur la route de Sparte à Hélos, qui, eon-venablemen t espacées, permet-t a i e n t à deux chars de se croiser Sur une voie Ramures pour les chars.
- unique2. Les
- courbes d’évitement s’appelaient Ixxpo7:xt et la rainure portait le nom de ïyvoç, tandis que les ornières formées par le passage des roues dans la terre portaient celui de àpuxxpoyicu, ainsi définies par llesychius : ac xoiv xpoypnv ev x9j y-Tj ànroxxpàçei:.
- Une route qui était assez peu fréquentée pour n’avoir pas besoin de courbes d’évitement était dite àxooTCÔç. C’est encore llesychius qui nous a conservé cette définition : ’Axpo7coç ôSo; îyooax éxxpo7raç.
- On conçoit l’embarras où se trouvaient deux chars marchant en sens inverse et se rencontrant sur de pareilles routes, soit qu’elles fussent sans voies de garage, soit que ces garages fussent à une distance trop considérable et qu’aucun des conducteurs ne voulût céder la place. Aussi voyons-nous, dans une
- 1 Journal of a, tour in Greece, t. II, p. 251.
- * Yoy. au n° 1671, 3 juin 1905 (Boite aux lettres) Y aiguillage avec garage latéral que nous a signalé M. Pilate à la voie romaine rte Ballaigues, près Yallorbe (Jura suisse).
- inscription grecque, souhaiter une heureuse rainure, àéÀxêèç i/voç, à un ami parlant en voyage1.
- M. Caillemer a montré, dans une lecture faite en 1869 au congrès des Sociétés savantes à Paris, que ce souhait n'était point inutile, puisque c'était une malencontreuse rainure qui avait causé la mort tragique de Laïus, frappé par son fils Œdipe qui ne le reconnaissait pas.
- M. Caillemer a également montré que les routes grecques devaient toujours être à une voie parce que les Crées avaient l’habitude de voyager à pied ; il cite notamment ce fait singulier, que les ambassadeurs adressés par Athènes aux souverains étrangers | ne croyaient point manquer à la dignité de la République en se dirigeant à pied vers le lieu oit ils devaient remplir leurs fonctions. « C’était cependant le trésor public qui subvenait aux frais du voyage et l’on sait qu’Athènes se montrait assez libérale pour
- ses députés ».
- Les chars étaient donc fort rares et les chances de collision peu e o n s i d é -râbles.
- Il est probable <pie l’écartement des roues, pour tous les chars en usage dans les pays soumis à l’influence grecque, était le même et je ne me souviens pas de l’avoir vu indiqué dans aucun ouvrage d’arehéolo-
- (La nécropole de Syracuse.) gie , aussi deVOllS-
- nous remercier
- M. Henri Ferrand d’avoir relevé exactement la distance qui sépare les rainures d'axe en axe.
- Un a vu, dans son article, que celle distance était de 1,AA mètre2. Albert de Rochas.
- 1 Corpus viscriptionuni Græcariun, n° 3256, t. II, p. 749.
- 2 )I. G. Fontanille (de Grenoble) nous a fait part de ses
- doutes personnels sur la réelle antiquité de la route et de la porte de Bons ; selon lui « tout semble démontrer (pie cette voie fut construite au xc siècle, à une époque où le lac Saint-Laurent occupait le fond de la vallée de la Romanche ». La forme plate du fond des rainures ne lui semble pas concordante avec celte des roues des chars antiques. Nous indiquons, pour ordre, cette manière de voir de notre correspondant. Pour notre part, nous croyons fermement à la liante antiquité de ces rainures : l'article do M. de Rochas la démontre, ce nous semble, suffisamment. Et il serait facile d'en citer bien d'autres spécimens, par exemple au Trayas (Yar) derrière la montagne de Théoule, sur l’ancien parcours de la Yoie Auré-licnnc. E. A. M.
- Le Gérant : P. Massox.
- Pan». — Imprimerie Laiiurk, rue de Fleuras
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- N° 1684. — 2 SEPTEMBRE 1905.
- LA NAT LUE.
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- Un ne peut hésiter à reconnaître que la marine de guerre japonaise possède des navires du plus
- haut intérêt, qui ont, du reste, été construits pour son compte par des chantiers européens : aussi
- voudrions-nous en examiner quelques-uns, d’une part des croiseurs qui sont déjà en possession du gouvernement du Mikado et, de l’autre, un cuirassé que l’on achève en ce moment.
- Les croiseurs que nous avons spécialement en vue sont le Kasuga et le Nis-shin, que les constructeurs italiens Ansaldo et Cie avaient mis sur chantiers pour le compte du gouvernement Argentin.
- Ces deux bateaux, exécutés d’après les plans, améliorés considérablement, de croiseurs italiens, sont semblables.
- Leur longueur totale est de lllm,75, ce qui correspond à 108m,86 à la ligne d’eau, et à 104m,86 entre perpendiculaires, par suite des formes rentrantes des œuvres vives et comme on peut s’en rendre compte en examinant les dessins que nous
- 33e année. — 2e semestre.
- donnons. La largeur au fort est de 18m,20, et elle atteint 18m,710 en dehors de l’armature; le creux
- est de 12m,19. Quant au tirant d’eau, il est de 6m,60 à l’avant, de 7m,60 à l’arrière et de 7m, 10 en moyenne. Complétons ces indications numériques en disant que leur déplacement est de 7400 tonnes, et qu’avec la puissance indiquée de 14 800 chevaux, la vitesse atteinte est de 20 nœuds. Ces navires ne sont que métal, sauf les revêtements des ponts (qui sont en teak) et le mobilier des cabines et du salon du commandant. La coque, en particulier, est faite d’acier doux Siemens-Martin. La machinerie propulsive est constituée par deux séries de machines verticales jumelles, à triple expansion, disposées cote à côte dans la partie centrale du navire, mais dans deux
- 14
- Fig. 2. — Coupe d’un des navires de guerre japonais.
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- LA N ATI 11'E:
- compartiments distincts séparés par une cloison étanche longitudinale; les cylindres ont des diamètres respectifs de 1"',01, de ln,,60 et de 2"',50, pour une course de lin,170; la pression de régime est de llk»,60 et le nombre maximum des révolutions de 100. La vapeur est fournie par huit chaudières cylindriques formant deux groupes, respectivement en avant et en arrière des chambres des machines ; chaque groupe comporte, du reste, deux générateurs «à double face dans un compartiment et deux à simple face dans un autre. Le tirage est forcé, à cendrier fermé, il se fait au moyen de douze ventilateurs ; les foyers sont au nombre de 50 et la surface totale de chauffe atteint 2205 in2. La hauteur des cheminées est de 22'",02 et de 21 "',50 au-dessus des grilles.
- 11 va de soi que tous les aménagements de navires de guerre aussi perfectionnés sont intéressants ; mais nous devons nous borner. L’armement offensif des deux bateaux n’est pas absolument semblable : c’est ainsi que le Kamga porte un canon de 25 centimètres, tandis que le Nisshin n’en a point ; il est vrai que celui-ci possède 4 canons de 20 centimètres, alors que l’autre n’en a que 2, parce que son gros canon de 25 tient la place occupée sur le A'isshin par deux pièces de 20. Pour le reste, on trouve, sur chacun des bateaux, 10 pièces de 15 sur le pont principal, 4 du même type sur le pont supérieur, 6 de 76 millimètres sur la superstructure, 4 analogues aux extrémités du pont principal, enfin 6 de 45 sur la superstructure, sans parler de 2 mitrailleuses. Les tubes lance-torpilles sont au nombre de 4, et disposés latéralement au-dessus de la flottaison. Il est intéressant de faire remarquer que les pièces sont respectivement à 7'",60 au-dessus de l’eau pour le gros canon de 25, à 7"', 10 pour ceux de 20, à 6"',40 pour les pièces de 15 du pont supérieur, et encore à 4 mètres pour celles du pont principal. Les plus gros canons peuvent tirer à 90° de leur position axiale en avant et à 45° en arrière, ce qui leur donne un vaste champ d’action.
- Pour ce qui est de l’armement défensif, la ceinture cuirassée est constituée de plaques de 150 millimètres d’épaisseur dans toute la partie centrale, au droit de la citadelle, de manière à descendre très au-dessous de la flottaison et, par contfe, à monter jusqu’au pont supérieur. L’épaisseur de cette ceinture se réduit de plus en plus vers les extrémités du bateau, d’abord à 120, puis à 90, et enfin à 70 millimètres. La partie supérieure de cette citadelle est formée d'un pont cuirassé, portion du pont supérieur, comme de juste, qui a une épaisseur de 40 millimèlres. La tourelle du commandant a un cuirassement aussi puissant que les parois de la citadelle (150 millimèlres), et c'est ce même chiffre que nous retrouvons pour la tourelle cuirassée du canon de 25. Les pièces barbettes de 20 sont abritées seulement par une épaisseur de îiiétal de 100 millimètres En avant et en arrière de la citadelle, sont des cloisons cuirassées de 120 millimètres.
- En dehors de la citadelle, le pont inférieur comporte une épaisseur de métal de 20 millimètres. Mais en dessous de lui, à l’arrière comme à l’avant, nous trouvons un pont protecteur qui a une épaisseur de 22 millimètres à ses extrémités, et qui, dans sa partie centrale, atteint 57 ; nous n’avons guère besoin de dire qu’il s’agit d’un pont en dos d’àne dans le sens transversal comme dans le sens longitudinal, et qui, dans sa portion médiane, se confond avec le pont inférieur sur presque toute la longueur de la citadelle. Les bords latéraux de ce pont descendent très en dessous de la llot-taison, au niveau du bas de la ceinture cuirassée. Nous pourrions signaler encore un colferdam de 0"',75 disposé latéralement entre le pont protecteur et le pont principal.
- Ce sont là de belles unités, mais qui le cèdent de beaucoup en intérêt devant le cuirassé Kosliiniq, que les chantiers Armstrong viennent de lancer sur la Tyne : c’est un cuirassé absolument formidable. Comme armement, il comportera 4 canons de 505 millimètres à manœuvre hydraulique, montés par couple en barbette, derrière une protection de 228 millimètres qui s’abaisse à 127 millimètres dans la partie inférieure, d’ailleurs à l’abri dans la citadelle : ce sont des pièces de 59 tonnes, lançant des projectiles de 584 kg et tirant au moins 2 coups à la minute. Ce seront ensuite 4 canons de 0m,25 et de 54 tonnes, montés simplement dans des tourelles barbettes dont le cuirassement est de 0m, 15, et qui sont disposées aux quatre coins de la citadelle. Signalons 12 canons de 0m, 15, mais seulement de 8 tonnes 1/2 : à l’intérieur de la citadelle et derrière son cuirassement de 0m, 15, 10 de ces canons sont répartis également de chaque bord, séparés les uns des autres par des écrans cuirassés; les deux autres seront sur le pont supérieur, à l’abri de masques de 0m,10. Ajoutons encore, comme pièces secondaires, 12 canons de 12 livres, 5 de 5 livres, et 6 canons Maxim. Les tubes lance-torpilles ne sont pas au nombre de moins de 5, tous au-dessous de la flottaison : deux sont pour le tir en avant, trois sont en arrière, dont un pour le tir dans l’alignemenl même du navire, les deux autres pour le tir latéral.
- Quant à l’armement défensif, il comprend une ceinture qui a 228 millimètres sur plus de la moitié de la longueur du navire, son épaisseur se ré-dtVsant à 101 vers l’avant ; elle monte à lm,52 au-dessus de la flottaison et descend à 0m,75 au-dessous. Elle est surmontée d’une autre bande cuirassée de 0"',15, qui s’étend depuis la tourelle barbette arrière des canons de 505 millimètres jusqu’à l’avant. Enfin, au-dessus, et à l’aplomb de la citadelle, est le cuirassement de celle-ci, qui a également 0m, 15, atteint le pont supérieur et abrite (comme nous l’avons dit) la base des tourelles barbettes. En dehors de la tourelle de commandement ordinaire, blindée à 228 millimètres, il y a une tourelle d'observation blindée à 127 millimètres, puis deux abris de 76 millimètres, pour les officiers combattants, sur
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- LA N ATI UE.
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- le boat-deck 1. La protection sera complétée par un pont cuirassé à 50 millimètres sur ses parties plates, à 70 sur ses cotés inclinés, et descendant à la rencontre du bas de la ceinture; il aura même uniformément 02 millimètres vers les extrémités du navire, à l’endroit où n’existe plus le cuirassement latéral.
- l’oublions pas de dire que ce magnifique cuirassé est long de lo8m,07 pour une largeur de 2om,81 et un creux de 'ir>n,,25; avec son tirant d’eau normal de 8,11, il aura un déplacement total de 10-400 tonnes; son approvisionnement ordinaire en combustible sera de 750 tonnes, mais il en pourra prendre jusqu'à 2150 tonnes. Les machines à triple expansion qui sont alimentées par des chaudières aquatulmlaire JXielausse, développeront une puissance totale de 10 500 chevaux et donneront au monstre une allure de 18 nœuds et demi.
- Ou ne saurait mettre en doute qu’en possession d’aussi remarquables unités de combat, après les désastres infligés à leurs adversaires, les Japonais se trouvent à la tête d’une des plus puissantes marines qui existent actuellement. Pourquoi faut-il que des millions dépensés à la constituer ne servent qu’à perpétuer la guerre au lieu de maintenir la paix? Souhaitons que ces beaux vaisseaux n’aient pas à entrer de longtemps en ligne et qu’en l’espace de quelques heures, aucun d’eux n’aille reposer, coulé, sur le fond de la mer. Pierre de Mériel.
- ___,
- --
- LES
- ATMOSPHÈRES D’URANUS ET DE NEPTUNE
- L'immense distance au Soleil de ces deux planètes n’a pas permis jusqu’à ce jour de se rendre un compte exact de la constitution extérieure de leur atmosphère et de reconnaître si, comme eela a lieu pour Jupiter et Saturne, des bandes nuageuses recouvrent leur surface. On a bien vu quelques détails sur Uranus, mais leur extrême faiblesse en rend l’existence très douteuse.
- Pour avoir des données certaines sur la nature des atmosphères planétaires, le mieux est de recourir à l’analyse spectrale. Les planètes réfléchissent la lumière du Soleil qui les éclaire ; leur lumière doit donc présenter les caractères de celle du Soleil, avec quelques différences toutefois ; ces variations dépendent de la constitution chimique de l’atmosphère traversée par les rayons lumineux, d’abord pour atteindre le sol (ou les nuages), ensuite pour revenir jusqu’à nous.
- Dans un travail récent, M. V.-M. Slipher, de l’observatoire Lowell, à Flagstaff (Arizona) a exposé les recherches qu’il a entreprises dans le but de compléter cette étoile à l’aide des puissants instruments mis à sa disposition. Il a utilisé à cet effet le grand réfracteur de Om,iiO de diamètre auquel était fixé un spectrographe muni d’un prisme de fiO degrés. Dans un tel appareil, les rayons lumineux provenant de l’objectif sont reçus sur une fente étroite, traversent le prisme et viennent former un pinceau de lumière colorée sur la plaque photographique qui les enregistre.
- Deux photographies du spectre de Neptune ont été obtenues sur des plaques sensibles aux diverses radiations (plaques isochromatiques).
- 1 Ce bo^t-deck est protégé par des plaques latérales.
- Pour avoir des images d’une, intensité, suffisante, comme Neptune est très poil brillant, et de 8e grandeur environ, il a été nécessaire d’effectuer des expositions très prolongées, en plusieurs nuits. Les poses ont été pour les deux spectres, de 14 et de 21 heures. On ne sera pas étonné de ces chiffres si l’on songe que Neptune est à la limite de visibilité dans une bonne jumelle, que sa lumière, dans le spectrographe, doit traverser une série de lentilles et un prisme épais qui l’affaiblissent et qu’enfin elle est répartie en un spectre de plusieurs centimètres de longueur. Mais, grâce à cette merveilleuse propriété de la plaque sensible de cumuler l’aclion produite à chaque instant par la lumière, on arrive, par des poses convenables, à une intensité telle que, pour certaines parties du spectre exposé 21 heures, il y a eu surexposition.
- On prend soin, en outre, de photographier cote à côte un spectre de comparaison, bien connu, qui permettra de déceler les particularités du spectre que l’on étudie, l'our Neptune, M. Slipher a pris comme spectre de référence celui de l’étoile p Gémeaux, qui ressemble beaucoup au spectre solaire. En outre, il l’a photographié au moment où l’étoile était à peu près à la même hauteur que Neptune dans les diverses poses, afin d’avoir, dans les deux images, une action comparable de l’atmosphère terrestre.
- Du côté du violet, le spectre de la planète a paru brillant, l’effet produit étant semblable à celui qui résulterait d’une lumière propre émise par Neptune lui-même. En outre, la largeur de la ligne Ilp semblerait indiquer l’existence d’une abondante quantité d’hydrogène libre, dans l’atmosphère de la planète.
- Pour Uranus, qui est de sixième grandeur et parfois visible à l’œil nu pour les bonnes vues, les difficultés sont moindres et le temps de pose plus réduit. A l’observatoire de Flagstaff, le dispositif employé par M. Slipher a été le même que pour Neptune avec cette différence que le prisme de 00° en crown a été remplacé par un prisme beaucoup plus dispersif en flint lourd. Comme spectre de comparaison, celui de la Lune a été adopté! Il est possible, d’après les photographies obtenues, que l’hélium existe en assez grande quantité dans l’atmosphère d’Uranus. Toutefois, ce résultat ne doit pas être admis définitivement. II est possible aussi qu’il y ait de l’hydrogène libre dans l’atmosphère d’Uranus, mais moins toutefois que dans celle de Neptune.
- En outre, d’après la comparaison des lignes des spectres il semble que l’atmosphère de Neptune est beaucoup plus étendue que celle d’Uranus. D’après certaines lignes, il est possible enfin que des gaz inconnus existent dans les atmosphères de ces lointaines planètes.
- M. Slipher termine en disant : « Le fait que l’hydrogène libre est si abondant dans l’atmosphère de ces deux planètes donne à penser que des gaz lumineux inconnus, analogues à l’hydrogène et à l’hélium, peuvent y être mis en œuvre. Si de tels gaz n’ont pas été trouvés dans les étoiles, cela peut être dû aux hautes températures qui y régnent. » Certaines bandes observées dans les deux spectres s’accordent bien avec des groupes de lignes de la vapeur d’eau. Il en résulte que cet élément peut parfaitement exister dans les deux dernières planètes connues de notre système.
- Il est souhaiter que ces études soient reprises avec des instruments plus puissants encore et surtout dans les observatoires de haute altitude, l’action de l’atmosphère terrestre étant alors très affaiblie-A^ ; Em. Tocchet.
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- LA NATURE.
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- LE CONCOURS DE VÉHICULES INDUSTRIELS ET DE FOURGONS MILITAIRES
- Tandis que juin et juillet ont été exclusivement voués aux luttes sportives qui mettaient aux prises
- Fig. 1. — Omnibus Kriegcr. Pouls à vide 4532 k;
- des véhicules de course sans applications pratiques, le mois d’aoùt aura vu une plus utile et plus calme compétition sous le titre, qui la définit parfaitement, de Concours des véhicules industriels et de fourgons militaires.
- L’esprit particulier de ce concours est qu’il ne comportait ni jugement ni classement. Destiné à montrer les produits de notre industrie au public de connaisseurs, que sont en général ceux qui font usage de véhicules industriels, il n’était pas nécessaire qu’un jury vînt guider leurs appréciations. Ce concours fut donc un concours exposition : les concurrents exposaient leurs véhicules, et une série de rudes étapes reliant en zig-zags Paris, Compiègne, Amiens,
- Dieppe, Rouen, Mantes, Paris, permettait d’écarter par la force de la panne tous ceux indignes de figurer.
- Le manque de classement n’a d’ailleurs pas empêché ce concours de donner nombre d’indications utiles. Les -48 concurrents qui terminèrent (2 ou 5 seulement restèrent en route et encore leur élimination fut-elle due à des accidents plutôt qu’à des pannes) étaient divisés en
- dix catégories formant deux classes : les véhicules de charge et les voitures de transport en commun.
- Six catégories se partageaient les véhicules de charge, définies par le poids utile transporté. La première, motocycles transportant au moins 50 kg, présentait trois concurrents d’une même marque, les Mototri Contai, qui se tirèrent admirablement de leur rude lâche. Il est à regretter que d'autres constructeurs aient décliné la lutte qui aurait été fort intéressante dans cette catégorie pleine d’avenir.
- La deuxième catégorie, véhicules transportant de 200 à 500 kg, et la troisième, de 500 à 1000 kg de poids utile, correspondaient surtout aux voitures de livraison dont tant de types divers circulent déjà dans Paris.
- La cinquième catégorie, véhicules transportant de 1500 à 2000 kg, correspondait plutôt au camion léger, découvert, pour les marchandises encombrantes du commerce de détail.
- Enfin la sixième, véhicules transportant plus de 2000 kg, vit les monstres aux lourdes charges, les gros et imposants camions que demandent la meunerie, les charbonnages, les industries métallurgique, plàtrière, etc.... Malgré la difficulté d’établissement de ces puissants véhicules,
- Fig. 2. — Fourgon militaire, type de Dion-Bouton.
- Poids à vide 2672 kg, en charge 2991 kg.
- ce fut une des catégories les plus nombreuses. Les camions De Dion, Latil (avant-train moteur), Turgan (à vapeur), Delaugère et Clayette, Cohendet, I). A. C., Dufour, Daimler, (Jottereau, Eugène Rrillié, promè-
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- nent allègrement, sur plus de 400 kilomètres, leurs charges formidables, atteignant 5800 kg pour le Brillié.
- Une septième catégorie fut ouverte pour les trains où figurait seulement le tracteur avec deux remorques de la Société N. A. G. Il est regrettable que Brillié n’ait pu opposer un de ses tracteurs d’artillerie à ce train allemand, la comparaison eût été curieuse.
- On a pu remarquer l’absence de la quatrième catégorie, véhicules de J 000 à 1500 kg. Cette abstention provient évidemment de la constitution d’une catégorie spéciale de fourgons militaires. Ces fourgons, d’une capacité utile de 1000 à 1500 kg, par un simple changement de carrosserie, constitueraient d’excellentes voitures de livraison. 11 est même à penser que là est plutôt leur utili-
- c’est presque la grosse voiture de promenade en famille. C’était la catégorie la moins intéressante
- Fig. 3. — Voiture de tourisme en commun.
- Type de Diou-Boulon.
- par sa nouveauté, et les concurrents rencontrèrent souvent sur leur route des voitures identiques.
- La deuxième catégorie, véhicules transportant de 12 à 24 personnes, vit peu de concurrents malgré son intérêt fort grand.
- 11 faut dire que ces véhicules sont des plus difficiles à établir, et que les spécialistes que cette construction aurait pu tenter préférèrent se consacrer à la dernière catégorie, celle des omnibus répondant aux conditions du programme d’exploitation de la Compagnie générale des Omnibus. Cette catégorie fut au contraire des
- Fig. 1. _ T l'acteur de la Société N. A. G,
- sation. Comme le disait le général Lambert, qui assistait au concours, la nécessité du remplacement des chevaux de l’artillerie pendant le combat fera longtemps préférer le fourgon attelé aux meilleurs véhicules automobiles sur le champ de bataille. Il n’en sera pas de même sur les derrières d’une armée et le train utilisera, au contraire, avecavan-tage les gros camions comme ceux de la sixième catégorie.
- La deuxième classe de véhicules était réservée aux véhicules de transport en commun et comprenait seulement trois catégories. La première, véhicules transportant plus de 6 personnes, correspondait à l’omnibus léger pour hôtels et châteaux;
- Fig. o. — Mototri Contai. Poids à vide 250 kg.
- plus intéressantes, avec cinq concurrents : Brillié, Mors, Kriéger, Serpollet, de I)ion-Bouton. Disons quel-
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- LA N A TL RE.
- ({lies mots de cos véhicules, qui circuleront peut-être sous peu, ou ont déjà circulé dans Paris. Le Rrillié, avec moteur 24 chevaux à quatre cylindres et transmission par cardan réalisa les consommations les plus faibles, et cela à l’alcool, ce qui est plus méritoire qu’à l’essence. Le Mors, moteur 40 chevaux, transmission par chaîne, destiné à une ligne anglaise, était le plus rapide. Le de Dion-Roufon lui est analogue, mais avec une transmission du type habituel de cette maison. Le Gardner Serpollet est à vapeur naturellement, et son constructeur a fort ingénieusement disposé le condenseur sous la caisse, et la cheminée à tirage renversé de la chaudière de façon à les rendre presque invisibles. Enfin le Kriéger présentait un intéressant type de transmission électrique : une génératrice à triple excitation, mue par un moteur Rrasier, débite un courant variable sous tension variable, de manière à produire une puissance constante. Elle alimente deux moteurs-série qui commandent chacun une roue arrière.
- Rien que concours de voitures, ce concours fut par la force des choses un concours de roues et de bandages ; les poids lourds doivent, en effet, remplacer le pneumatique par un bandage en caoutchouc plein ou par un simple cercle d’acier. Us retrouvent alors toutes les causes de destruction, vibrations, trépidations, chocs, qui arrêtèrent si longtemps les progrès de l’automobilisme. A ce concours, parut pour la première fois un bandage assez curieux formé de la juxtaposition de pavés de caoutchouc enchâssés dans des semelles d’acier, qui, répartis sur la jante, permettent des réparations beaucoup plus faciles que le bandage formant un cercle d’une pièce.
- D’ailleurs, il parait que, grâce aux travaux nombreux dont ils furent l’objet, les bandages pleins sont aujourd’hui relativement plus au point (pie les roues. Et pourtant, il y en avait de toutes les sortes. La roue ordinaire en bois était en effet concurrencée par la roue Soûlas, dont les rayons, terminés par un écrou de réglage peuvent toujours être mis en compression dans la jante. A côté, les roues métalliques présentaient deux types principaux : la roue pleine en tôle d’Arbel et la roue à rayons coulée d’une seule pièce en acier sur les véhicules allemands. Léo Robida.
- LÀ FLUORESCÉINE ET SES EMPLOIS
- La fluorescéine est actuellement une matière colorante très employée, soit par elle-même, soit par les nombreux dérivés qu’elle peut former; ses propriétés ont été mises à profit dans diverses applications des plus ingénieuses, comme nous le verrons plus loin. Aussi était-il intéressant de rappeler son mode de préparation et l’étude de ses propriétés et de ses principaux composés.
- Pour cela, nous sommes obligé tout d’abord de donner la définition de la fluorescéine. La fluorescéine est une phtaléine, c’est-à-dire une matière résultant de l’union de l’acide phtalique anhydre et d'un phénol mono ou polyatomique avec élimination d’une ou de plusieurs molécules d’eau. Pour préciser davantage, nous dirons
- que la fluorescéine est la phtaléine de la résorcine, c’est-à-dire qu’elle provient de la combinaison de l’anhydride phtalique avec le diphénol, résorcine.
- Quelques mots sur les matières premières. L’anhydride phtalique C61I4(C0)20, s’obtient très facilement par distillation de l’acide phtalique qui lui-même se prépare par oxydation de la naphtaline au moyen de l’acide chromique. L’anhydride phtalique se présente en belles aiguilles à section rhoinbique, fondant à 127° et solubles dans l’alcool et dans l’éther.
- La résorcine C6ll4(()ll)2 est un diphénol qui se forme en fondant, avec la potasse, le phényldisulfite de potassium. Ce dernier corps s’obtient en chauffant à 20(1° la benzine avec un excès d’acide sulfurique monohydraté et en saturant par la potasse. La résorcine cristallise en prismes rhomboïdaux, fusibles à 110°, bouillant à 270°, très solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther.
- La fluorescéine, qui a été découverte par ltaeyer, se prépare actuellement par le procédé suivant recommandé par E. Fischer : on chauffe à 200° environ un mélange d’une molécule d’anhydride phtalique avec deux molécules de résorcine sèche, jusqu’à ce que la masse soit devenue solide. Le produit de la réaction est épuisé par l’eau qui dissout diverses impuretés; la fluorescéine brute, insoluble dans l’eau est convertie en dérivé acétique par l’action de l’anhydride acétique à l’ébullition; eu ajoutant un excès d’alcool au produit de la réaction, ce dérivé se précipite complètement en lamelles jaunes. Après une cristallisation dans l’acétone, la fluorescéine acétique se trouve purifiée et peut être saponifiée par la potasse alcoolique, qui retient la matière colorante en dissolution et la laisse déposer en flocons jaunes par l’action des acides étendus.
- La fluorescéine, après cristallisation dans l’alcool et dessiccation, se présente sous la forme d’une poudre rouge brique répondant à la formule C2Olll205, peu soluble dans l’alcool, l’acétone, l’alcool méthylique. Son caractère le plus marquant est la magnifique fluorescence verte qu’elle donne en solution, même à l’état de traces.
- La fluorescéine joue le rôle d’un acide faible et, à ce titre, peut former des sels qui sont assez instables. Elle peut se combiner aussi avec certains corps pour donner des composés intéressants par leurs applications. E’est ainsi qu’on a préparé les dérivés acétylés, par action de l’acide acétique bouillant; les dérivés benzoylés, éthylés, par action du chlorure de benzoyle ou du bromure d’éthyle, les dérivés nitrés, par action du mélange des acides sulfurique et nitrique. Enfin une mention spéciale doit être réservée aux dérivés bromés de la fluorescéine.
- En traitant la fluorescéine en dissolution acétique par la quantité convenable de brome il se dépose, suivant les proportions employées, un dérivé monobromé, dibroméou tétrabromé. Ce dernier composé, qui porte le nom d’éosine et qui a pour formule C2OH8Br405, constitue une poudre rouge amorphe, soluble dans l’alcool et qui possède des fonctions acides plus puissantes que la fluorescéine. En dissolvant un excès d’éosine dans une solution concentrée de potasse, on obtient des cristaux prismatiques à reflets bleus et verts, qui renferment six molécules d’eau de cristallisation et qui constituent l’éosine soluble du commerce.
- La fluorescéine, ainsi qu’un certain nombre de ses dérivés, sont utilisés comme matières colorantes. C’est ainsi qu’on peut teindre directement les fibres animales, laine et soie, en fluorescéine ou en éosine en les trempant dans une solution alcaline ou ammoniacale de ces
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- substances ; on obtient dans le premier cas une belle couleur jaune, et dans le second cas une couleur rouge vif tout à fait remarquable.
- Ou utilise aussi depuis 1877 la fluorescéine d’une façon fort originale, htant donné le grand pouvoir tinctorial de celte matière, et la possibilité que l’on a d’en retrouver des traces dans l’çau, grâce à la fluorescence qui est ainsi transmise à ce liquide, on s’en sert maintenant couramment pour rechercher les communications des eaux souterraines entre elles. En jetant en effet une certaine quantité de la matière colorante dans une perte de ruisseau, on peut souvent voir, quelque temps après, les émergences de la région qui communiquent avec la perte, grâce à la fluorescence qu’elles présentent; et l’on peut constater par suite les pays qu’il y a lieu de surveiller au point de vue sanitaire, quand les eaux de ces sources sont captées et utilisées pour l’alimentation des grandes villes. Ce procédé est entré dans la pratique courante et officielle de la recherche des eaux potables.
- La fluorescence des eaux se recherche au moyen d’une espèce de colorimètre spécial, le fluoroscope, imaginé par M. Trillat et qui peut déceler la fluorescéine à la dilution de 1 dix-milliardième. L’instrument employé se compose de deux tubes en cristal aussi homogène que possible et fermés à leur partie inférieure par un bouchon noirci. Dans l’un de ces tubes, on introduit l’eau témoin exempte de fluorescéine; dans l’autre, l’eau à examiner. S’il y a de la fluorescéine, l’eau se projette en bleu verdâtre tandis que l’eau témoin est bleu foncé.
- Toutes les fluorescéines commerciales n’ont pas le meme pouvoir colorant; on a fait à cette occasion l’examen d’un grand nombre d’espèces de fluorescéines, pour lesquelles la sensibilité au fluoroscope était très variable.
- La fluorescéine en poudre est la moins puissante. Le fabricant est obligé, pour la maintenir sous cet état, de la mélanger avec des matières inertes comme l’amidon ou le sulfate de soude.
- Ce fait explique pourquoi il existe plusieurs qualités de fluorescéine que le commerce livre généralement aux prix de 11, de 25 et de 55 francs. La fluorescéine elle-même est soluble aisément dans l’ammoniaque, faiblement dans l’eau; mais on comprend que les solubilités des qualités commerciales dépendent des substances que l’on y a ajoutées. A. Hkbftît.
- LE CREUSEMENT D’UN TUNNEL
- AU TEMPS DES HÉBREUX
- Cet ancêtre modeste du tunnel du Simplon, était un ouvrage d'art considérable pour l’époque. Il s’agit du tunnel de Shiloah, sur lequel le Dr Bertholet, de l’Université de Bâle, a donné des détails curieux.
- La tradition raconte que le roi Hezekiah ou Ezechias, qui régna à Jérusalem entre 727 et 699 avant 1 ere chrétienne, avait fait creuser une conduite et un étang, un réservoir, afin d’amener de l’eau dans la cité, et pour répondre évidemment aux besoins alimentaires des habitants; un manuscrit de Sirach confirme cette tradition et nous montre la création d’un service des eaux à Jérusalem, il nous indique qu’il fallut faire passer la conduite d’eau à travers une colline en creusant cet antique tunnel auquel nous venons de faire allusion : « Hezekiah fortifia sa cité en y amenant l’eau et il fora la roche au moyen du bronze, et il endigua l’eau dans un réservoir ».
- On a identifie les travaux, et l'on est arrivé à la conclusion qu’il s’agit du tunnel de Shiloah, par lequel l’eau de la Source de Marie (qui se trouve à l’est de Jérusalem) fut amenée jusqu’à la ville et dans l’étang de Siloam,qui est mentionné dans le quatrième Evangile. Il semble, du reste, que le but d'Ilézekiah ne fut pas seulement d'approvisionner la cité de bonne eau abondante, au cas d un siège, mais encore de détourner les sources qui auraient pu servir aux ennemis venant investir l’agglomération; nous n’insisterons point sur ce côté de la question, bien qu’on en trouve la preuve à peu près évidente dans certains passages des Livres Saints.
- En 1890, on a bien découvert un canal, ou du moins les restes d’un canal à ciel ouvert qui avait également été destiné à amener l’eau à Jérusalem : ce travail était dû à un prédécesseur d’Ilézekiah ; mais ce dernier eut recours à une méthode beaucoup plus pratique en établissant une conduite souterraine. Une inscription en vieux caractères hébreux, qui fut remarquée accidentellement en 1880 par des enfants se baignant dans les eaux du tunnel, a permis de savoir essentiellement comment le creusement de l’ouvrage avait été mené à bien1 ; « Le percement est terminé. Quand le pic de l’un n’avait pas encore frappé le pic de l’autre, et qu’il y avait encore 5 aunes, on pouvait entendre la voix de l’jun qui appelait l’autre par une fissure. Et le jour final du percement, les mineurs se rencontrèrent pic contre pic. La hauteur du rocher au-dessus de la tète des mineurs était de 100 aunes. Alors les eaux coulèrent dans le réservoir, sur une distance de 1200 aunes. »
- Douze cents aunes, c'est quelque chose comme 500 à 550 mètres; en fait, on ne devait pas compter sur un semblable développement quand on entama le travail, puisque, en ligne droite, la distance entre les deux tètes de l’ouvrage n’atteint que 550 mètres. Mais la galerie souterraine forme une ligne brisée, par suite de la difficulté que l’on avait à se diriger dans un travail souterrain de ce genre avec les moyens techniques dont on pouvait disposer il v a 25 siècles environ ! On a vu, d’après l’inscription, que le creusement avait été entamé des deux côtés; et d’ailleurs les marques d’outils qui ont subsisté dans les parois du tunnel sont bien dirigées en sens inverse. Comment les deux équipes allaient-elles pouvoir se diriger l’une vers l’autre, avec chance de se rencontrer moyennant la plus faible longueur possible de creusement? Bien entendu, on ne pouvait avoir la prétention de creuser deux galeries en alignement et en prolongement l’une de l’autre. Aussi la direction suivie a-t-elle été modifiée plusieurs fois par les ingénieurs d’Ezekiah, à la suite d’observations exécutées par eux nous ne savons comment; et le fait est que, le long du tunnel, on rencontre en plusieurs points des tronçons de galeries qu’on a abandonnés parce qu’on reconnaissait être dans l’erreur. Finalement sans doute, comme le dit l’inscription, c’est au son qu’on se dirigea pour la réunion des deux fronts de taille. Le point de rencontre n’est du reste pas fort éloigné du milieu de la galerie.
- Ajoutons que ce tunnel a une largeur variant de 0ra,60 à 0m,90 pour une hauteur qui atteint 5 mètres vers la tète Sud, lm,80 au Nord, et descend parfois à moins de 0m,60 : cela évidemment suivant la nature de la roche. Le radier de ce tunnel est presque absolument de niveau, ce qui fait honneur à l’habileté professionnelle de nos collègues lointains, les ingénieurs du roi Ezéchias. D. B.
- 1 Cette inscription est aujourd’hui au musée de Constantinople.
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- LA NATURE.
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- LA. RECONSTITUTION EN TERRE DES INFINIMENT PETITS
- Un métier des plus curieux et fort peu connu est celui qui consiste à fabriquer des modèles en verre d’organismes microscopiques pour les musées d’iiis-toire naturelle. Cet art, qui exige, on le conçoit, une longue pratique et une très grande habileté, n’est exercé, et pour cause, que par quelques rares artistes établis en Allemagne et en Amérique. Le berceau de cette branche bizarre du travail du verre semble être l'Allemagne, unique pourvoyeuse, jusqu’en ces derniers temps, de ces modèles délicats que l’on
- peut voir figurer dans la plupart des musées des universités européennes.
- L’utilité de ces reproductions est de compléter les collections d’Histoire naturelle de plusieurs manières : en représentant certains organismes microscopiques tels que les protozoaires, bryozoaires, etc. (dont la forme varie tellement rapidement qu’un auteur a dit que, lorsque l’on essaie de les dessiner, on est obligé de finir de mémoire le trait qu’on vient de commencer) ; ou bien des individus dont la forme
- Fi". 1. — Groupe de polypes hydroïdes.
- cl la couleur s'altèrent lorsqu’ils sont conservés par les moyens habituels, comme c’est le cas pour un grand nombre d’invertébrés, tels que les « anémones de mer, hydroïdes, éponges », etc.; ou bien encore en matérialisant les phases successives de développement ou de métamorphose des êtres ou des organes.
- Le Muséum d’Histoire naturelle de New-York s’est enrichi récemment d’une grande quantité de ces reproductions en verre, montrant la vie protoplasmique, exécutés par M. Mueller sous la direction de M. le Dr Dahlgren. Ces petits chefs-d’œuvre de l’art du verrier, fabriqués avec un souci extrême de là réalité, rendent la forme, la structure interne, la
- couleur et la transparence de certains éléments anatomiques d’une façon beaucoup plus fidèle que les spécimens naturels conservés par les méthodes généralement employées. M. Dahlgren confesse que ce n’est qu’à force de patience et de temps qu’on réussit à former un assistant capable de reproduire en verre ne fût-ce qu’un œuf de grenouille. Pour parvenir à fabriquer un modèle de squelette de « radio-laire », par exemple (voir figure4), une pratique de plusieurs années est nécessaire !
- Actuellement le Musée d’Histoire naturelle de New-York s’occupe de compléter sa collection d’invertébrés, et parmi les spécimens reproduits par M. Dahlgren et son élève on peut voir entre autres
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- LA NATURE.
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- l’anatomie de l'huître. Quant aux modèles afférents à la classe des vertébrés, ce musée, qui sera sous peu le ;plus complet du monde, possède déjà des pièces du plus haut intérêt, telles que celles montrant le système nerveux d’un poisson, reconstitué
- d’après les recherches scientifiques les plus récentes, les phases de développement du crâne de certains reptiles, etc.
- Lorsqu’il s’agit d’exécuter un de ces modèles, l’organisme est d’abord examiné au microscope,
- Fig. 2. — Astrnngea Danae, très grossi. Polypes émergeant du squelette sécrété autour de leur base.
- agrandi de 100 à 800 diamètres, étudié, dessiné et finalement reproduit en argile. Ensuite, l’artiste
- Fig. 3. — Vorticelle.
- fabrique pièce par pièce les cellules, branches, tendons, filaments, tentacules, etc., qu’il s’agit alors d’agencer et de relier au moyen du chalumeau, d’une pince et de ciseaux, en leur assignant leur place exacte. On conçoit difficilement la patience et l’habileté que requiert ce travail délicat dont nos
- illustrations donnent une idée. Quelques-unes de celles-ci représentent des modèles d’organismes
- Fig. 4. — Squelette de Radiolaire.
- appartenant à la classe des protozoaires, trop petits pour être découverts à l’œil nu, constitués qu’ils sont par une seule cellule. L'une de nos photographies montre un modèle du squelette silicieux d’un de ces infiniment petits, un « radiolaire » vivant dans les mers les plus profondes et absolument invi-
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- sibles sans microscope. Ce squelette, extrêmement compliqué, est enfermé dans une capsule protoplasmique qui constitue la partie vivante de l'organisme. Cet animalcule vit généralement en colonies comptant parfois plus d’un milliard d'individus.
- M. Rahlgren a bien voulu nous communiquer aussi une série de photographies des plus beaux spécimens de sa collection de polypes microscopiques, et, entre autres, celle d'un groupe de polypes hydroïdes ressemblant à des [liantes aux Heurs étranges présentant les tons les plus vifs et les plus variés. Ces polypes que l’on rencontre généralement en grand nombre sur les coquillages morts et qui, à l’œil nu, ont l’apparence de poussières», sont constitués par des tiges contractiles surmontées d’une bouche et de tentacules déliées. En cas de danger, ces tiges se contractent jusqu’à ce qu’elles soient protégées par les épines garnissant la souche qui leur sert de base.
- Le grand avantage de ces modèles est de représenter, avec fidélité et mieux que par le dessin, les formes délicates et parfois très compliquées, la couleur et la transparence de certains animalcules. Une seule matière, le verre, pouvait présenter les qualités requises par le travail artistique que nous venons de décrire et dont les produits sont d’un si grand secours aux naturalistes. L. Rajiakf.rs.
- IA QUESTION DES ÉOLITHES
- Les préhistoriens désignent sons ce nom (du grec éos, aurore, commencement, et lithos, pierre) des silex à taillé' rudimentaire trouvés dans les couches profondes, où l’on ne rencontre pas encore les outils classiques.
- D’apparence grossière, sans proportions constantes ni régularité, ces produits de l’industrie « à son aurore » s’écartent assez des types catalogués pour qu’on puisse, à première vue, méconnaître et nier en eux les produits d’un travail humain.
- En fait, les éolithes ont été contestés avec passion. Ils ont trouvé ces derniers temps en Belgique, dans la personne de M. Rutot, leur avocat le plus documenté et le plus persuasif. Mais il se rencontre encore des palethno-logues pour refuser à ces nouveaux-venus le droit de prendre place dans l’arsenal préhistorique. Les conversions cependant deviennent nombreuses ; quelques-unes sont éclatantes. On peut dire que les éolithes ne sont plus niés a priori : ce qui paraîtra déjà un résultat, si l’on eut bien songer à l’incrédulité presque universelle qui accueillit les premières haches présentées par Roucher de Perthes.
- Le problème éolithique comporte plusieurs questions distinctes. Tout d’abord, les silex étudiés par certains savants sous le nom d’éolithesprésentent-ils des retouches, des preuves d’une taille intentionnelle permettant d’affirmer qu’ils ont passé par la main de l’homme?
- Les plus « conservateurs » des préhistoriens répondent par la négative.
- Les éolithes sont, d’après eux, de simples cailloux qui n’ont jamais été soumis, en réalité, qu’à l’action des forces naturelles. Voyons ce qu’il faut entendre par ces « agents naturels », capables d’avoir donné à des éclats de silex l’étrange propriété de simuler des écaillures d’utilisation et des retouches systématiques.
- Ce seraient en première ligne les influences atmosphériques, notamment les différences de température. Mais on peut objecter à cette explication que le silex n’éclate qu’à des variations brusques, qu’on obtient aisément dans les laboratoires, mais que la nature ne connaît pas. D’ailleurs les éclats provenant de silex soumis à de brusques changements de température qu’on a pu observer dans les cendres de foyers préhistoriques présentent une forme spécifique et constante tout à fait différente de celle des éclats éolithiques. Enfin, si l’on s’en tenait malgré tout à admettre cette explication, on serait obligé de reconnaître que les causes persistant, les effets devront se produire encore de nos jours, que par conséquent les points d’éclatement récent devront présenter une couleur et un degré de polissure différents de ceux des points d’éclatement préhistorique. Or les éolithes ne permettent d’observer rien de semblable.
- Après les variations de température, on a pu mettre en avant l’action de l’état hygrométrique combiné avec le froid ou la chaleur. Les silex éclateraient, au soleil, par suite de la formation de vapeur d’eau, et au froid, par l’effet du gel. Mais ce processus n’explique ni les nuclei, ni les lames prismatiques, ni les arêtes retouchées ; et ses effets, ainsi qu’on peut le constater sur mille documents épars à la surface du sol, sont aussi inconstants qu’irré guliers.
- Les adversaires de la théorie « humaine » en viennent alors à l’idée du choc. L’eau courante des rivières et des fleuves a pu produire des éclatements, dans les chutes et les tourbillons, ou par collision entre deux pierres.... On peut répondre à cela que les pierres roulées présentent des contours arrondis, et que les silex en question se font au contraire remarquer par la vivacité, la netteté de leurs arêtes.
- Alors intervient l’hypothèse de l’action des glaciers. Un silex encastré à la surface interne d’un glacier, sur laquelle il fait saillie, se fendra, l’énorme poussée des glaces aidant, s’il se hutte à une pierre quelconque rigidement fixée dans le sol. Mais on remarquera qu’à la surface interne d’un glacier, qui progresse, la glace est fondante et par conséquent ne pourra encastrer solidement le silex. D’ailleurs, les silex des moraines présentent un aspect à part, bien connu, et on rencontre des éolithes dans des contrées qui n’ont jamais connu de glaciers. Pourrait-on remplacer l’hypothèse des glaciers par celle des coulées de lave? Mais les éolithes ne portent aucune trace de feu.
- En somme la théorie des agents naturels, qui rend compte peut-être de quelques cas particuliers, ne saurait valoir comme explication générale. Et, selon la judicieuse remarque de M. le Dr Ballet, comment accorder à ces agents une réelle importance, alors que les silex néolithiques sont arrivés jusqu’à nous avec des détails extraordinaires d’exécution? Les adversaires des éolithes objecteront le résultat des expériences de laboratoire où l’on a pu obtenir des silex présentant le faciès éolithique, mais est-ce une raison parce que le silex, soumis à des actions physiques rigoureusement calculées, subit des éclatements rappelant ceux qui peuvent être produits par une taille rudimentaire, pour inférer que les choses se sont nécessairement passées ainsi ?
- M. Marcellin Boule (La Nature le relatait dernièrement) a constaté, dans les résidus de fabrication d’une usine de ciment, où l’on soumet à la rotation, dans une cuve, un mélange de craie et d’argile plastique, des fragments de silex présentant tous les caractères des éolithes1. Ce fait
- 1 Comptes rendus, Acad, dos sciences, juin 1905.
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- permet des rapprochements et des hypothèses, mais ne légitime peut-être pas encore des conclusions fermes sur l’origine purement mécanique des éolithes. D’ailleurs M. houle, adversaire formel des éolithes, nous a promis de faire connaître prochainement ses idées sur ce sujet aux lecteurs de La Nature. La question est assez curieuse pour mériter ici quelques échanges de vues. 11 est certain qu’on discutera longtemps avant d’être bien fixé.
- De même quel enseignement peut-on tirer de cette observation, que les éolithes ne présentent ni plan de frappe, ni bulbe de percussion, signes d’identité manifestant l’intervention humaine aux yeux de la plupart des palethnologues ? Dans le dernier état de la question, ces indices morphologiques, qui manquent sur les pièces les plus classiques, ont perdu de leur autorité comme critérium absolu. M. le Dr Ballet considère même le bulbe de percussion comme dù à un tour de main de l’opérateur agissant dans le sens moléculaire de certains silex ; c’est ce tour et ce sens que paraîtraient avoir ignorés les éoli-thiques.
- Ainsi donc, il semble bien qu’il faille voir dans les éolithes le résultat incontestable du travail humain. Mais il convient d’apporter une grande’prudence dans la détermination de leur véritable caractère.
- (les documents portent des traces bien plutôt d'utilisation que d’élaboration ; çà et là, quelque aspérité, quelque saillie ont été enlevées tout au plus, pour mieux adapter la pierre à l’usage manuel. Ce ne sont pas des instruments au sens propre du mot, et le plus qu’on puisse en dire, c’est que leurs entailles prouvent jusqu’à la certitude qu’ils ont passé par la main de l’homme.
- Que conclure maintenant des éolithes au point de vue de l’antiquité de l’espèce?
- Les silex à faciès grossier se rencontrent à tous les étages paléolithiques ; on les retrouve dans les stations néolithiques, où ils sont très abondants. Présentant le minimum de travail nécessaire, et destinés sans doute à un usage courant, au besoin du moment, ils sont donc contemporains des instruments plus évolués. Mais il faut réserver le nom d’éolithes aux pierres ouvrées, trouvées dans les couches basses où ils existent seuls comme pièces préhistoriques. Les éolithes vrais appartiennent au tertiaire ou au moins au quaternaire inférieur (couches préchelléennes de M. Rutot).
- Il faut reconnaître1 que la perfection même des instruments paléolithiques impose a priori l’hypothèse d’un homme, ou d’un anthropoïde intelligent, ayant travaillé la pierre dès l’époque tertiaire. l)n long apprentissage a dù précéder l’élaboration, par le préhistorique, d’une pièce aussi finie que la hache du type chelléen. Cet apprentissage se serait fait au cours de l’époque éolithi-que, qui a sans doute eu une durée égale à celle des époques postérieures réunies.
- 11 apparaît, par tout ce qui précède, que l’on conçoit la possibilité de conclure fermement à l’existence d’une industrie et par conséquent d’une humanité tertiaire. Mais en réalité nous n’avons pas, en dehors de quelques pierres à entailler, la moindre donnée certaine sur cette humanité « antépréhistorique », et, quelles que soient les conclusions qui se dégagent de l’examen impartial de la question des éolithes, il est prudent, jusqu’à nouvel ordre, de ne parler que d’hypothèses.
- Maurice Reclus.
- 1 Conformément aux trouvailles de l’abbé Bourgeois dont les fameux silex de Thenay n’étaient en somme que des éolithes.
- AÉROPLANE Dl FAUX
- Doux jeunes constructeurs, MM. H. et E. Dufaux, de Genève, viennent d'effectuer de fort intéressâmes expériences avec un hélicoptère, ingénieux, complété par un appareil de sustentation formé de deux ailes À et 1» (fig. J ).
- L’hélicoptère comprend un moteur à essence du système de la « motosacoche », du poids de A,5 kg développant 3,1 chevaux. Il actionne deux hélices horizontales F et G, pèse 17 kg, mesure 4,50 mètres et peut soulever un poids de 5 kg. Lors d’une expérience faite dans la grande salle du Bâtiment Electoral de Genève, il s’est élevé en quelques secondes à plus de 15 moires de hauteur, verticalement le long d’une corde.
- Le système de sustentation s’oriente automatiquement sous l’impulsion de la vitesse imprimée par le moteur et de la vitesse du vent. D’ailleurs le système de propulsion peut faire un angle quelconque' avec l’axe du système de sustentation. Dans ce but, une cage tambour D (fig. 1), renfermée dans un châssis C portant les ailes, peut tourner librement sur des billes ou galets c. Elle porte, entre les parois dl et d2, l’arbre e d’un moteur E suspendu comme un pendule (fig. 1), mais dont la position angulaire, par rapport au tambour D, peut être déterminée à volonté par fixation d’un bras ligidee1 du moteur audit tambour. Celui-ci donne appui aux deux hélices F et G actionnées par le moteur E à l’aide des engrenages /'et g (fig. I).
- Le centre de gravité du moteur est situé perpendiculairement au-dessous de son arbre e, et les arbres des hélices sont verticaux.
- Si nous supposons l’appareil suspendu en l’air, nous pouvons faire tourner la cage D autour de l’axe e (horizontal) en décrochant le bras e1 jusqu’à ce que les arbres verticaux des hélices F et G forment avec l’axe de A B un angle déterminé, puis fixer la cage D dans la position obtenue par rapport au moteur E, en l’immobilisant, de nouveau par le bras e1 du moteur.
- Les ailes A et B sont formées par un assemblage de plans qui donnent en section l’apparence de deux profilés en U assemblés par la base de l’U. Elles sont de même poids, peuvent être égales et leurs bras a et b inégaux, ou inégales avec des bras égaux. Gomme leur système rigide est relié au cadre G renfermant la cage D, pouvant osciller librement (ainsi que nous l’avons dit), il peut prendre la direction exigée par la marche de l’appareil et se régler automatiquement sur la résistance ou la pression de l’air, quelle que soit la force (moteur ou pesanteur) qui mette le système en mouvement.
- Admettons d’abord que, sous l’influence du moteur, l’appareil s’élève verticalement en l'absence de courants d’air latéraux. Par suite de la différence de longueur des bras a et b, la résistance de l’air sera plus forte sur l’aile B, dont le bras est le plus
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- long, et le système de sustentation prendra une direction verticale, l’aile B en bas, son axe passant par le centre du moteur que nous supposons dans la position indiquée en fig. 3, car les arbres des hélices doivent être verticaux pour que l'appareil s'élève
- 1
- verticalement. Déplaçons alors la cage par rapport au moteur E (fig. 2, n° I) à l’aide du levier e'. Les axes des hélices prendront une direction indiquée par la résultante zi (des forces x et y) suivant
- Fig. 2. — Schémas explicatifs de positions diverses.
- laquelle le moteur se déplacera. Les hélices auront alors une force de sustentation moins grande que dans le sens vertical.
- Si l'effort exercé par les hélices est plus grand que le poids y de l’appareil, celui-ci se déplacera suivant la résultante; mais, comme la résistance de
- l’air, agissant sous les ailes A et B à l’encontre du poids de l’appareil, agit en B sur un plus grand bras qu’en A, les ailes A et B tendront h prendre une position inclinée; elles deviendront alors en partie sustentatrices. Soit y1 la portion du poids qu’elles supportent. La résultante z1 du parallélogramme (y1 z) donnera la direction suivant laquelle l'appareil tout entier se déplacera effectivement.
- En inclinant un peu plus l’axe des hélices, la résultante 2 devient plus grande (fig. 2, n° 2); la vitesse de l’appareil augmentera donc et l’axe des ailes tendra à devenir horizontal en augmentant la force de sustentation P, qui donnera avec z la résultante zl suivant laquelle l’aéroplane se déplacera latéralement.
- On voit ainsi que les ailes A, B prennent automatiquement diverses positions pendant que la cage D se déplace dans l’atmosphère sous l’action des hélices F et G. Ces positions dépendent des conditions de pression exercées par les ailes suivant la vitesse de déplacement combinée avec la vitesse des vents. L’équilibre longitudinal est donc parfaitement automatique. L’équilibre latéral est assuré par le poids E du moteur. Par suite de son inertie, E pourrait, dans un changement rapide de vitesse de l’appareil, dévier et entraîner la cage D. Cet inconvénient est facile à supprimer, grâce à un plan articulé sur E et maintenu parallèlement au sens de la marche. L’orientation de ce plan s'obtient à la main ou automatiquement.
- Différentes modifications pourraient être apportées h l’appareil sans changer le principe du fonc-
- c
- C
- Fig. 3. — Détail du moteur et de la cage en coupe transversale.
- tionnement de l’aéroplane, qui est absolument automatique : par exemple augmenter le nombre des plans des ailes et les grouper de différentes manières : mettre plusieurs hélices ; placer ces dernières au-dessus de l’axe e. Enfin, la direction pourrait être réglée par des hélices.
- Ce qui est intéressant à ajouter, c’est que MM. Du-faux étudient en ce moment un grand aéroplane qui posséderait un moteur de 100 chevaux.
- Dr VlRF.T.
- Fig. 1. — Vue générale de l’appareil. — \. Élévation en coupe. — 2. En plan.
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- LE BMIM CŒCA
- C'est un insecte bien curieux que cette mouche minuscule, aveugle et sans ailes, qui vit en commensale sur notre abeille domestique. De très petite
- taille, puisqu’il ne mesure qu'un millimètre et demi, il échappe facilement à l’observation des profanes, mais les apiculteurs le connaissent bien ; ils lui donnent le nom doublement impropre de pou de l'abeille, et les naturalistes celui de Braule aveugle
- Fig. 1 et 2. — Braula cœca sur une patte d'abeille (fortement grossi).
- (Braula cœca), parce qu’il est privé d’yeux. Il appartient à l’ordre des diptères et au sous-ordre des ornithomyiens ou pupipares.
- Sa couleur est brune plus ou moins fauve; il se
- déplace sur le corps de son hdte avec une agilité extrême et se cramponne fortement à ses poils, se tenant de préférence sur le corselet, vers l’écusson. Nos figures nous dispensent d’une description dé-
- taillée; elles représentent l’insecte, d’une part, en préparation microscopique pour en bien faire voir les détails, et aussi à l’état vivant pour en montrer les allures bizarres.
- On rencontre des brailles aveugles sur les trois sortes d'individus de la ruche : mâles, femelle, ou-
- vrières, mais plus spécialement sur les femelles et surtout dans les colonies vieilles et désorganisées, ou logées dans de vieilles bâtisses (ainsi nomme-t-on en apiculture les rayons de cire construits par les abeilles).
- Ils sont plus rares dans les ruches vigoureuses
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- LA A A Tl H K.
- t[ui sans doute savent s'en débarrasser, car on les trouve parfois morts, sur le plateau devant l’entrée des ruches.
- M. J. Ferez a donné sur les mœurs du braille aveugle des détails extrêmement intéressants et a lait le premier connaître sa manière de manger. 11 le vit campé sur le devant de la tète de l’abeille, s’y démener avec vivacité, frappant et grattant de ses pattes antérieures la base du labre, puis reculant vers l’insertion des antennes, se ruant à nouveau vers la bouche pour recommencer sa manœuvre, et s’y arrêtant enfin pour humer une gouttelette de miel dégorgée par les organes buccaux déployés un peu au dehors.
- Celte manière de vivre explique bien pourquoi les branles, séparés de leur victime, meurent rapidement. Leurs métamorphoses sont également des plus curieuses : le double oviducte de la femelle contient seulement quatre eriibryons qui s’y développent complètement, nourris par une glande mammaire interne, et sont expulsés ayant atteint tout leur développement. Us ressemblent alors à une pupe, et l’éclosion de l’insecte parfait a lieu une quinzaine de jours après.
- Très commun en France, en Allemagne, en Italie, et dans les provinces baltiques, le braule aveugle semble inconnu dans le reste de la Russie, ainsi que (d’après Langstroth) dans l'Amérique du Nord.
- Les apiculteurs le considèrent comme un véritable parasite et le détruisent. On a conseillé dans ce but de saupoudrer les abeilles avec de la poudre d'encens ou de placer dans la ruche des morceaux de naphtaline. Quelques bouffées de tabac leur font lâcher prise et ils tombent sur le plateau de la ruche, où il est facile de les balayer au dehors ; c’est le moyen (pi on emploie le plus généralement. Il faut pourtant en user avec prudence, car le tabac ne laisse pas que de présenter quoique danger pour les abeilles lorsqu’elles en respirent la fumée en trop grande quantité. A.-L. Cmîmk.xt.
- Jules Oppert.— M. Jules Oppert, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, professeur au Collège de France, est mort le 20 août 1905 à l’àge de 80 ans. Éminent orientaliste, chronologiste, et calculateur astronomique, M. Oppert laisse comme principaux ouvrages : Expédition scientifique en Mésopotamie, exécutée par ordre du gouvernement français de 1851 à 1854, Grammaire sanscrite, Éléments de la grammaire assgrienne, Histoire des empires de Clialdée et d'Assorte, etc.
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- CHRONIQUE
- Séparation du soufre dans la combustion incomplète de l'hydrogène sulfuré. — Ou sait que l’hydrogène sulfuré, par combustion incomplète, est susceptible de provoquer des dépôts de soufre. C’est ainsi notamment qu’on explique la présence de ce corps dans les régions volcaniques, dans les terrains où il se dégage
- du gaz sulfhydrique. Les réactions qui se, passent seraient de deux ordres : l’une dans laquelle l’hydrogène sulfuré serait oxvdé par l’aeide sulfureux :
- S0* + 2H*S=S3 + ‘2I1*0;
- l’autre dans laquelle le même gaz serait oxvdé par l’oxxgènc : 2 IFS -F O* = 2 11*0 + S2.
- On peut facilement démontrer ces deux combustions incomplètes au moyen d’une simple expérience de cours. On introduit dans une sorte de verre de lampe, au moyen de deux tubes fixés sur un bouchon (pii en ferme l’ouverture inférieure, le mélange d’acide sulfhydrique et du gaz comburant (acide sulfureux ou oxygène) et on constate alors la formation de soufre.
- Sur la chimie des noyaux «lu sang «l'oiseau.
- — Les noyaux des globules rouges du sang de poule contiennent près de 4 pour 100 de phosphore et 17,20 pour 100 d’azote. Si l’on rapporte ces quantités à l’acide nucléinique, constituant des noyaux, ces proportions correspondent à 42,10 pour 100 d’acide nucléinique.
- La ('omposiCitm «le l'essence «le Patchouli. —
- La composition des diverses essences a fait l’objet d’un certain nombre de travaux ayant pour but : les uns, de fixer leurs constantes en vue de pouvoir rechercher les fraudes auxquelles elles sont soumises; les autres, de déterminer leurs constituants pour pouvoir les reproduire de synthèse. L’essence de Patchouli, étudiée d’une façon systématique, s’est montrée composée en majeure partie, après saponification, par deux sesquiterpènes (]*SII44 dont on a déterminé les diverses propriétés.
- Sur la recherche «le rio«l«>fornie. — La recherche toxicologique de l’iodoforme se fait en général en l’extrayant par un courant de vapeur d’eau, en milieu alcalin, épuisant à l’éther le distillât et chauffant avec du phénate de sodium le résidu d’évaporation de la liqueur éthérée obtenue, ce qui donne une coloration rouge. Un auteur hollandais, M. Stortenbeker, préfère opérer la distillation en milieu acide, épuiser à l’éther le distillât et l’évaporer; le résidu ainsi obtenu contient le plus souvent des matières grasses gênantes pour l’examen microscopique de l’iodoforme dont la forme cristalline hexagonale est une des caractéristiques; on peut éliminer ces matières en reprenant le résidu par l’acide acétique qui eu dissout fort peu et en laissant évaporer ce dernier. Cette recherche présente un certain intérêt dans divers cas où cette substance est employée comme antiseptique.
- Mur la présence de tyrosine dans les haies «le sureau. — La tyrosine est une substance constituant en quelque sorte un résidu de la décomposition des albuminoïdes, mais qui n’a été trouvé en général que dans le règne animal. On a constaté la présence de ce corps dans les baies de sureau (Sambucus nigra) et cette observation apporte une nouvelle preuve de la présence de la tyrosine dans le règne végétal.
- Le point culminant de l’Islamlc n’est plus l’Oraefa-Jôkull (1959 m., au sud-est de l’ile) jusqu’à présent considéré comme tel. En 1904, les recherches du service géographique de l’armée danoise ont reconnu la hauteur de 2120 mètres à la cime rocheuse du Hvannadalshnukar, tout environnée de glaciers. A propos de l’Islande signalons, dans Y Alpine Journal de mai 1905,1e curieux récit de la traversée du grand Vatna Jokull (inlandsis de 140 kilomètres de longueur sur 70 de largeur) du N.-E. au S.-AV., par MM. Wigner et Muir. Déjà franchi du S. au N. (en largeur) par AA'att, en 1875, ce glacier n’a été exploré que sur ses bords par
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- le l)r Thoroddssen. La récente traversée (des plus difii-ciles) n’a pas duré moins de vingt-six jours et procuré beaucoup de données nouvelles : MM. Wigner et Muir en préparent une seconde dans un autre sens.
- Trois nouveaux ponts naturels ont été récemment découverts dans le Wliite (lanon (comté de San-.luan), dans l’Utah. D’après un article du National Gco-graphical Magazine (1904, t. XY, p. 7)07), ils sont creusés dans le grès. Le plus petit mesure 04°*,40 d’ouverture, 45”,7)0 de hauteur totale, 5m,50 de hauteur sous voûte, 10'“, 1 d’épaisseur ; pour le pont Carolina, les dimensions seraient respectivement 07)"',00, 00 mètres, 7)8™,10 et 7i8"‘,70 ; l’Augüsta Briicke serait encore plus grand. — Le Larolina Brücke serait donc analogue.au fameux Dont d’Arc (59 mètres d’ouverture, 00 de hauteur totale et 7)4 de hauteur sous voûte) de l’Ardèche et plus grand (pie le Prehisclithor de la Suisse saxonne et le Baousse del Biel de la Lozère1.
- Ta photographie céleste aux altitudes élevées.
- — Le professeur William W. Payne et le Dr Wilson ont donné récemment le résultat de leurs recherches de photographie céleste faites à Midvale, Montana (Etats-Unis) à l'altitude de 4790 pieds (1400 m.). Le Dr Wilson conclut que l’accroissement d’altitude de Northfield à Midvale réduit les expositions de moitié, toutes les autres conditions étant les mêmes. Il est certain que l’on recherche de plus en plus les altitudes élevées pour l’établissement d’observatoires astronomiques. En laissant au-dessous de soi la partie la plus agitée et la plus sale, disons le mot, de l’atmosphère, on augmente dans une proportion énorme la qualité des images. C’est ainsi qu’à l’observatoire du Mont Blanc, à 4810 mètres d’altitude, les images du Soleil, presque toujours si agitées dans la plaine, sont d’un calme absolument parfait. 11 ne manque pas d’observateurs dévoués à la science qui consentiraient à effectuer de longs travaux dans ces stations élevées. Mais il faut souhaiter que le confortable soit augmenté, les constructions actuelles n’offrant, en général, qu’un strict abri, bien insuffisant.
- Nouvelle carte photographique du eiel. —
- Dans les Monthlg Notices de la Société royale astronomique, MM. Franklin-Adams, Dennis Taylor et Alfred Taylor ont donné la description des travaux qu’ils ont elleclués en vue d’arriver à la confection d’une carte photographique du ciel à l’échelle d’Argelander, soit de 20 mm. par degré. Une telle carte correspond à une sphère de 7m,20 de circonférence et de 4"",145 de.rayon. On connaît le bel atlas d’Argelander. Dans ce travail gigantesque, les étoiles sont reproduites à leur place, avec leur éclat jusqu’à la grandeur 9,3 ou 9,5. La perfection de l’exécution est telle qu’en comparant les cartes de l’atlas à une photographie, l’identification se fait presque toujours avec une très grande facilité, ce qui n’a pas lieu pour les autres atlas et cartes en usage. L’instrument employé est un objectif de 10 pouces (0m,254) de diamètre construit par M. Dennis Taylor, l’ingénieur opticien de la maison Cooke, de York (Angleterre). Cet objectif donne de bonnes images stellaires dans une étendue de 15° sur 15°, ce qui est considérable pour un objectif. 11 fait apparaître en deux heures de pose jusqu’à G70 étoiles par degré carré dans le Cygne, c’est-à-dire dans les parties denses de la Voie Lactée, ce qui correspond à 150 000 étoiles pour la partie nettement couverte. La carte doit s’étendre au ciel entier et les
- poses seront faites en triple pour éliminer toutes les fausses images. 11 convient de signaler la perfection du mouvement d’horlogerie, dû à Kepsold, et qui est telle que des poses de 2 heures ont pu être effectuées sans aucune intervention de l’opérateur. Pour quiconque a pris des photographies célestes, cet avantage paraîtra énorme et il l’est réellement. On sait, en effet, la patience qu’il faut pour obtenir des photographies du ciel, en maintenant, pendant des heures, l’image d’une étoile guide sur une croisée de fils, et modifiant continuellement la marche du mouvement, qui est rarement parfait.
- l’n amas d’étoiles variables. — Ou pourrait appeler ainsi le petit nuage de Magellan, cet amas si curieux d'étoiles, un des joyaux de l’hémisphère austral. On y avait reconnu la variabilité de 57 étoiles. Or, dans le but d’étudier les fluctuations de ces étoiles et de déterminer leur courbe de lumière, 16 photographies furent prises lors du dernier automne, avec le télescope Bruce de 0m,60. L’examen de ces plaques ne révéla pas moins de 843 autres étoiles variables dans le petit nuage de Magellan. On connaît d’autres amas contenant également un très grand nombre d’étoiles dont la lumière oscil.c.
- Traction électrique. — La Compagnie générale parisienne de tramways a fait dernièrement l’applicafio» du courant alternatif simple à la traction sur une ligne de 600 mètres de longueur, installée entre la rue des Clozeaux à Malakoflf (Seine) et le clos Montholon, près de la gare de Clamai t (Seine). Chaque voiture renferme deux moteurs Latour, à quatre pôles, d’une puissance de 50 chevaux chacun, fonctionnant à courant alternatif simple sous 500 volts, à la fréquence de 25 périodes par seconde. Le trolley est alimenté par du courant à 500 volts; un transformateur, placé sous la caisse de la voiture, permet d’abaisser la tension de 500 à 300 volts. Le poids de chaque moteur est de 1550 kilogrammes, et le poids du transformateur est de 1100 kilogrammes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 août 1905. — Présidence de M. Troost.
- Les nombres transcendants. — M. Darboux rappelle qu’une foule de chercheurs se sont évertués à la poursuite d’une solution du problème de la quadrature du cercle, c’est-à-dire de la construction, à l’aide de la règle et du compas, d’un carré équivalent à un cercle donné. La question a été résolue négativement. Vers 1840, Liouville a démontré qu’il existait des nombres qui ne pouvaient être donnés par une équation algébrique, contrairement à cette apparence que la série des nombres algébriques comprenait tous les nombres. Ces nombres ont été appelés transcendants. Après Liouville, llermite s’est attaché au célèbre nombre e, et a démontré que e était un nombre transcendant. Depuis, un mathématicien allemand, Lin-demann, a prouvé, en modifiant la méthode d’Hermite, que le non moins célèbre nombre r. était transcendant. M. Maillet vir-nt d’étudier les nombres transcendants, et donne les propriétés de ceux de Liouville.
- Spectroscopie solaire. — M. Deslandres envoie de Burgos une Note relative à un procédé d’examen du spectre de la « couche renversante )) du soleil. Ce procédé a été expérimenté par lui avec un plein succès lors de l’éclipse de 1904.
- Décès. — M. le président rappelle la mort du botaniste Errera, et fait part de l’envoi d’un Mémoire de ce savant, par Mme Errera. Cu. de Yilledeuil.
- 1 Yoy. n° 1450, du 9 mars 1901, p. 227.
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- LA NATURE.
- LE SENS D’ENROULEMENT DES PLANTES YOLUBILES
- Certaines plantes, trop faibles pour dresser d’el-les-mèmes leur tige au-dessus de leurs voisines et atteindre la lumière nécessaire à leur existence, obtiennent ce résultat en s'enroulant autour des corps <[ui se trouvent à proximité. Tantôt c'est leur tige <[ui se contourne ainsi en spirale, tantôt elles s’accrochent de distance en distance par des vrilles en forme de tire-bouchons.
- Un a fait de nombreuses recherches sur les plantes volubiles, mais aucune n’a donné une explication satisfaisante du phénomène, qui reste lié à des lois vitales jusqu’ici inaccessibles à nos moyens d’investigation. L’intervention de l’électricité, appliquée soit aux plantes enroulées, soit à leurs supports, est sans aucune influence ; la lumière, la chaleur, l’humidité sont également sans action directe sur l’enroulement lui-mème, et peuvent seulement l’accélérer ou le retarder, dans les memes proportions où elles produisent ces effets sur les tiges non volubiles. Bien plus, la lumière qui, d’ordinaire, attire vers elle les jeunes organes des végétaux, les pousses et les feuilles, semble ici exercer une action répulsive, et solidifie le côté de la tige sur lequel elle se porte.
- Un a remarqué que dans le haricot l’enroulement s’accélère à mesure que la plante grandit; alors que la tige décrit à peine, dans les premiers temps, un tour par jour, elle en fait plus tard jusqu'à huit dans le même délai. La tige en voie d’enroulement se rapproche plus ou moins de son support selon l’espèce et selon l’heure de la journée.
- Les spires sont plus ou moins larges suivant que le support est plus ou moins gros ; mais si celui-ci dépasse un certain volume, la tige ne s’y enroule pas. Les plantes volubiles qui ne trouvent pas à proximité un support se traînent et végètent mal.
- Dans toute plante, la tige en voie d’accroissement décrit par sa pointe des mouvements de circumnu-tation, c’est-à-dire quelle porte son sommet successivement vers tous les points de l’horizon, en décrivant une spirale elliptique. Chez les espèces volubiles, ces mouvements sont très accentués, et leur tige décrit dans l’air des ellipses souvent très allongées : elle semble chercher à tâtons un support convenable, et en tout cas ces mouvements facilitent son enroulement.
- Le sens de cet enroulement est presque rigoureusement constant, non seulement dans une même espèce, mais dans un même genre et souvent dans une même famille. Tantôt il se fait dans le sens contraire à celui des aiguilles d'une montre, sini-strorsum, tantôt dans le même sens que ces aiguilles, dextrorsum. Pour bien le reconnaître, il faut se supposer placé soi-même au milieu des spires, à la place du tuteur.
- Le naturaliste Palm, qui a fait, il y a assez longtemps déjà, un travail d’ensemble sur les plantes volubiles, comptait vingt-cinq genres dans lesquels l’enroulement est sinistrorsum (vers la gauche), et dix dans lesquels il est dextrorsum (vers la droite). Les premiers appartiennent surtout aux Légumineuses, aux Convolvulacées, aux Àsclépiadées, aux Passitlorées, aux Cucurbitacées ; les seconds aux Caprifolia-cées, aux Urticées, aux Smilacinées, aux Fougères.
- Plus près de nous, Wollaston a voulu voir une relation entre le cours du soleil dans la journée et la direction spirale des plantes volubiles, et il estimait que cette direction devait se faire, pour une même espèce, en sens contraire dans les deux hémisphères. Cette opinion, toute hypothétique, a été ramenée au jour il y a quelques mois à la suite des travaux de MM. Brunhes sur les tourbillons atmosphériques et les tourbillons des cours d’eau dans l’Europe centrale ; et on a imaginé un rapport entre la cause qui produit le sens de ces tourbillons et celle qui détermine l’enroulement des plantes.
- Toutefois, il n’y a là qu’une théorie assez invraisemblable; en effet, on connaît, de chaque côté de l’équateur, des espèces volubiles dextrorsum et d’autres sinistrorsum, et, de plus, les espèces diverses d’un même genre qui croissent dans les deux hémisphèras maintiennent constant le sens de leur enroulement. Enfin, les vrilles des plantes grimpantes, dont les spires sont dues certainement au même mécanisme que celui qui fait enrouler les tiges volubiles, offrent dans certaines espèces un changement de sens vers leur milieu : ce fait peut facilement se constater dans la vigne, la bryone, le Cobaen. A. Act.oqci:.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiurk, rue fie Fleurus, 9.
- Changement du sens d’enroulement dans une même vrille de Bryone.
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- N° 1685.
- SE l'T EM H If K 1005.
- LA NAT U UE.
- FLEURS-CHIMÈRES
- LES (( MASDKVALLIA ))
- Gracieuses, singulières, souvent délicieusement odorantes, nos Orchidées indigènes ne donnent cependant qu'une faible idée de la richesse de formes qu'atteint ce type dans les pays chauds, où sa bizarre structure florale se diversifie dans une immense variété d’aspects et de couleurs.
- Si l’on ne considère que la singularité de la ileur, la première place dans cette famille de plantes curieuses revient peut-être au genre Masdevallia, dont les espèces sont successivement entrées dans le domaine de l'horticulture à mesure de leur découverte. Ces espèces, de stature d’ailleurs fort humble, doivent l’étrangeté de leur aspect aux longs lilaments qui terminent trois des pièces de leur périanthe.
- Le genre Masdevallia a été établi en 1794 par les botanistes Ruiz et Pa-von sur une seule espèce,
- M. uniflora, découverte au Pérou. Il compte aujourd'hui plus de soixante espèces, dont la plupart ont été trouvées dans la seconde moitié du xixe siècle. Toutes offrent le même faciès bizarre, mais la grandeur des fleurs varie suivant les espèces, ainsi que le coloris, qui est tantôt éclatant, tantôt sombre.
- Les amateurs les recherchent soit pour la nuance brillante de leur périanthe, soit pour leurs
- mouchetures capricieusement disposées; elles attirent toujours l’œil par la forme spéciale de leurs fleurs, qui miment celles d’autres Orchidées ou même des productions appartenant au règne animal.
- C’est ainsi que la Heur encore fermée du M. ele-phanticeps simule une trompe d’éléphant ; le fond du périanthe du M. peristeria offre le dessin d’une colombe planant, et l’ensemble de la Heur du M. chi-maera, dont nous donnons la figure, ne produit-il pas l’illusion de quelque monstre fantastique?
- Dans leur patrie d’origine, les Masdevallia habitent la zone alpine et vivent dans les forêts, émail-lant les lapis de mousses humides de leurs fleurs étranges, qui parfois, dit-on, trompent l’œil pourtant attentif des oiseaux insectivores.
- ong
- Si l’on excepte deux espèces qui se froment au Mexique, une de Costa-Riea, une de Cayenne et une du Rrésil, le genre a le centre de sa répartition géographique dans les Andes de l’Amérique du Sud/- .y.,,
- depuis le Yénézuela jusqu'au Pérou inclusivement^:
- 11 est confiné dans la région baignée par la mer des^
- Antilles, et il en habite la zone froide entre 2000 et'’*,-,,
- 5000 mètres d'altilude. \
- La connaissance de cet habitat fournit une indication pour les soins qu’il convient de donner à ces piaules dans nos serres; il faut noter qu'elles se plaisent dans les terrains humides et tourbeux des vallées boisées, où elles croissent par touffes dans la mousse, sur les vieux troncs d’arbres, dans les fissures des rochers, partout où elles trouvent l’ombre, la fraîcheur et un air pur.
- Ce serait donc une erreur de les enfermer dans une serre chaude, et de les étouffer dans un air stagnant et chargé d’humidité. On doit les cultiver en serre tempérée ou froide, dans la même atmosphère qui convient aux Üdontoglossum.
- Le terrain artificiel dans lequel on les cultivera avec le plus de succès est un compost formé de parties égales de houlettes de terre de bruyère fibreuse, de fibres radicales de sphaigne hachées et de charbon concassé.
- Une fois la plante en place sur ce mélange, on le couvrira d’une couche de sphaigne vivant, et il n’y aura plus qu’à donner d’abondants arrosages pendant la période de végétation, qui dure d’aoùt à octobre.
- Pendant la période de repos, les arrosages doivent être moins fréquents, mais il faut éviter de laisser la sécheresse s’établir autour des racines de la plante.
- Ce n’est qu’au prix des plus grands soins que les Masdevallia peuvent être apportées en .Europe. Les plantes n’étant pas munies de bulbes, le collecteur doit les transporter vivantes : très peu d’entre elles résistent aux changements de température et d’air qu’elles ont à subir en descendant des hauteurs dans les vallées, pendant leur séjour au littoral avant Rembarquement, et durant la traversée.
- L’étude des Masdevallia nous ayant amené à parler des Orchidées, nous ne quitterons pas ce sujet
- 15
- Le Masdevallia chinuiera Iieielienbach, inaire de la Nouvelle-Grenade. — Demi-grandeur naturelle
- 33e aimée. — t‘ semestre.
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- LA NATURE.
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- s tn; signaler K' curieux phénomène de symbiose qui nuiI ces plantes à des^'champignons filamenteux, sans l'intervention desquels leur nutrition normale ne saurait s’aceo'inplir. * — .
- Les Orchidées sont, pour la plupart, sinon absolument parasites, du moins saprophytes, c'est-à-dire obligées- d'-avoir recours pour se nourrir à des substances organiques plus ou moins décomposées. C'est ce (pii expliquera les causes de leur échec aux personnes qui, séduites par la beauté ch* quelques-unes dé nos espèces indigènes, les auraient transportées dans leur jardin, et se seraient étonnées de les avoir vues périr : il eût fallu déterminer au préalable et transporter en même temps l'hote organique sans lequel les captives ne pouvaient vivre.
- Ce saprophytisme ne s'exerce [tas directement, mais par l’intermédiaire d'un champignon. Si l’on coupe une-racine d’orchidée, on trouve à l’intérieur de petits peinions lilamenleux enfermés dans les cellules, et ne laissant sortir au dehors que de menues libres mycéliennes, qui le [dus souvent se font jour par les poils absorbants de la racine.
- Dans beaucoup d’espèces, ces poils eux-mèmcs disparaissent, et la racine ne joue plus que le rôle d’un organe de soutien : toute la nutrition de la [liante est livrée au champignon. C’est lui qui est chargé d’extraire les éléments nutritifs des substances organiques où vit l'orchidée, humus, racines décomposées, détritus à la surface des arbres; il les absorbe et les transmet à son associée.
- Cette association harmonique d’un champignon et d’une racine, qui s’observe dans plusieurs familles végétales, et qui est de règle chez les Orchidées, a reçu du naturaliste Franck le nom de mycorhize. Sa signification physiologique est bien mise en lumière par le fait, découvert par Schimper, que dans les racines rampantes d’Orchidées, le champignon ne se trouve que du côté qui adhère au support.
- A. Aci.oqie.
- LA FABRICATION DU COTON HYDROPHILE
- Il est peu de produits qui soient entrés aussi rapidement dans les besoins do la vie courante : on sait quels services il rend dans la pratique médicale et surtout chirurgicale, et combien il a remplacé avantageusement la fameuse charpie, qui avait toutes sortes d’inconvénients, à commencer par son prix. Le coton hydrophile a été pour beaucoup dans le progrès de l’antisepsie. Mais il s’étend aussi à des usages qu’on ne peut souvent considérer comme médicaux.
- Aussi est-iL intéressant de rechercher comment se prépare ce colon, qui fait en réalité l’objet d’une industrie importante, représentant, suivant M. F. JL Filmer, un capital de plus de 125 millions de francs, rien qu’aux Etats-Unis.
- Tout naturellement l’usage du cotou hydrophile s’est vulgarisé surtout à la suite des admirables théories de Lister; il offrait des avantages multiples pour remplacer la toile de lin et la charpie. Il paraîtrait qu’on y avait songé dès 1837, mais c’est un médecin français faisant partie du
- corps expéditionnaire du Mexique, Auguste Touraine, qui, en lStil, indiqua un mode de préparer la ouate de colon, ou le colon absorbant, ainsi qu’on l’appela bientôt. V*rs 1877, la fabrication en prit une extension notable, et enfin, à partir de 1887, on sut le fournir aussi blanc et aussi hvdropbile qu’on pouvait le désirer, absorbant jusqu’à quinze fois son poids d’eau.
- Le choix de la matière première a une grandi' importance. Il faut en effet, et tout d’abord, rejeter les cotons, connut' le sea-island ou l’égyptien, dont les longues libres à faible diamètre donneraient des fils trop lins; d’autre part, on doit rechercher des colons aussi peu teintés que possible, pour faciliter le blanchiment, et qui ne présentent pas des mèches cassantes. Les variétés Orléans, Texas, etc., que l’on désigne techniquement sous le nom de midd-HiHfv, sont les meilleures; mais il est toujours nécessaire (h* rejeter les libres non mûres, celles qui sont à la hast* delà graine, qui ne présentent pas de canal cellulaire, n’ont par conséquent pas de pouvoir absorbant, et deviennent cassantes après le traitement, (lelui-ci comporte successivement des opérations mécaniques et chimiques. On échantillonne, assortit, épure, bat et carde, toutes choses sur lesquelles nous n’avons guère besoin d’insister; le colon sort naturellement de la carde sous forme d’une nappe. On le place alors dans des cuves à bouillir, où on le lave, puis le traite par des alcalis, pour saponifier tout ce qu’il renferme en dehors de la cellulose, pectore, cire, corps gras (bien entendu, on peut aussi éliminer les corps gras, au movon d’un dissolvant volatile, comme l’éther de pétrole ou le bisulfure de carbone). Le bain alcalin est formé de soude caustique à 1 pour 100 environ; on opère à basse pression, l'opération se prolongeant de 12 à 48 heures. Il ne faut pas du reste se faire d’illusion, ce traitement dissout une partie de la cellulose, la perte dépassant 5 pour 100.
- On relire le coton, ou plutôt on évacue la solution alcaline, et on se livre au blanchiment proprement dit, qui est un véritable surblanchiment. On emploie généralement une solution, à 0,1 [tour 100 de chlore, d’un liypo-chlorite de chaux ou plutôt de soude, ce dernier, tout en coûtant plus cher, ayant l’avantage de donner finalement une fibre plus souple, [dus blanche et plus élastique. Le peroxvde de sodium est trop coûteux. On [tousse le blanchiment, jusqu’aux dernières limites, comme nous le laissions entendre, et la cellulose se trouve môme partiellement oxvdée. On lave alors la ouate, on essore, puis on [tasse dans un bain à 2 pour 100 d’acide sulfurique. On répète encore le traitement alcalin, mais assez brièvement ; ou lave, on passe à l’acide, et on enlève toute trace d’acide par un nettoyage qui doit être des plus soignés, (à* nettoyage comporte généralement un passage à l’eau, puis, suivant les fabricants, un lavage avec un antichlore ou du savon On finit cette longue série d’opérations minutieuses par un lavage à fond où la nature de l’eau employée est de la [dus grande importance.
- Il ne faut pas que les libres du coton forment filtre au profit de l’eau, en retenant les impuretés que celle-ci pourrait contenir.
- Finalement le coton est séché à l()n°, on létale, ou le carde pour le mettre en nappe régulière, on le dispose en rouleau, quelquefois en interposant ingénieusement une feuille continue de-papier entre les enroulements successifs de la nappe, et l’on stérilise : opération ultime de première importance, qui s’exécute généralement dans des cvlindres en acier où l’on fait un vide suffisant, et où on laisse agir du formaldéhyde. P. or M.
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- LA NATURE.
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- CHARIOTS TRANSBORDEURS ÉLECTRIQUES
- Dans l'exploitation des chemins de fer, notamment dans les grandes gares où l'on est appelé à former les trains on «à ajouter des véhicules à des convois déjà composés, la nécessité de faire passer un wagon sur une voie parallèle à celle où il se trouve, se présente constamment. Comme on ne peut songer à conduire le wagon à un aiguillage, ce qui supposerait les voies libres jusqu'à celui-ci, on a imaginé les plaques tournantes et les voies perpendiculaires aux voies de circulation, ce qui permet, par une rotation d’un quart de tour sur deux plaques successives, de conduire le wagon sur la voie transversale, puis, de là, sur la voie qu’il doit gagner.
- Mais ces opérations sont longues, et, afin de les effectuer [dus rapidement, on a recours aux chariots transbordeurs : ils reçoivent sur leur [date-forme le wagon, (jue l’on n'a plus besoin de faire tourner, dont l’axe longitudinal demeure dirigé dans le même sens, et ils roulent avec leur charge jusqu'au droit de l’autre voie, où le wagon peut passer en se trouvant également orienté suivant l’axe de cette voie. Bien souvent les chariots transbordeurs roulent dans une fosse disposée normalement aux voies, ce qui permet à leur plate-forme de venir se présenter exactement au niveau de ces dernières; mais alors le chariot ou [du lot la fosse ne peut se trouver qu’à l’extrémité des voies, qu’elle coupe complètement; et encore cette excavation, qu’on ne peut pas entourer jiardes garde-corps, n’est pas sans présenter des dangers pour la circulation au moins du personnel. C’est pourquoi l’on a inventé les transbordeurs sans fosse. Ils roulent sur une voie transversale aux voies ordinaires, et au même niveau que celles-ci : c’est dire (pie leur plate-forme, leur tablier, est au-dessus de ce niveau, la différence de niveau étant aussi faible que possible, pour que les wagons qu’on veut charger sur le transbordeur n’aient pas à monter une forte rampe entre les rails où ils circulent et le tablier. Le déplacement du chariot peut d’ailleurs être assuré par un moteur à vapeur installé sur la plate-forme; mais il est [dus simple de recourir à la propulsion électrique (maintenant qu’on a l’électricité dans toutes les gares), le moteur électrique étant peu encombrant, léger, de manœuvre facile.
- La Compagnie de l'Ouest (nous croyons pouvoir en faire honneur à MM. Sabourct, ingénieur en chef, et Huillier, ingénieur principal) vient de créer deux types fort intéressants de ces chariots électriques, l’un pour la gare Montparnasse, circulant sur un chemin en courbe, l’autre pour la gare du Mans et parcourant un chemin fait de deux alignements droits raccordés par une courbe. Ce sont des conditions particulièrement difficiles.
- Le châssis de chacun de ces chariots est porté sur 7) files de galets de 540 mm, seuls les galets extrêmes ayant des boudins; nous n’avons guère besoin de dire que la présence d’un appui intermédiaire, fourni
- par un troisième rail, a permis de réduire au minimum la hauteur des poutres longitudinales supportant le tablier. Les galets de chaque file sont montés sur une même plaque de blindage, de 50 mm d’épaisseur, qui présente une grande rigidité : les plaques forment sommiers pour les [loutres longitudinales. Accolé à la plate-forme principale, est un petit châssis métallique porté par des galets additionnels, qui ne sont exposés qu’à une faible charge, puisque cette [date-forme secondaire n’est faite que pour recevoir le mécanisme moteur installé dans une cabine où se tient le conducteur. Les poutres longitudinales ont suflisamment de rigidité pour supporter un véhicule de 50 tonnes; des rondelles Ikd-leville, disjiosées aux paliers des galets, atténuent les chocs qui se produisent au passage des coupures ménagées dans le chemin de roulement du chariot pour les voies de circulation des trains.
- Le moteur est électrique,comme nous l’avons dit, et le mouvement en est transmis par un train d’engrenages, avec double réduction, à un arbre intermédiaire muni à chaque bout d’un embrayage qui le solidarise soit avec les organes de translation, soit avec un cabestan où l’on peut passer un câble ; celui-ci attire le wagon sur la plate-forme ou l’en fait descendre, par des liées formant plan incliné à ressorts. Les deux embrayages sont conjugués, et un seul levier peut commander la translation ou la rotation du cabestan, ou enfin complètement débrayer le moteur, qui est lui-même commandé par un con-trêileur. Une seule ligne de galets est motrice, son arbre est fait de sections reliées par des plateaux à griffes, et présente une grande flexibilité; il est actionné par chaîne; la vitesse de translation des chariots à vide est de 0m,90 et dé J,T1,15 par seconde. Un frein à ruban et à pédale a été prévu. Quand un wagon a été halé sur le chariot (le treuil ne pouvant supporter d’effort anormal grâce à un embrayage Bonnafous qui fonctionne connue limi-teur et amortisseur électriques), il est immobilisé sur la jilate-forme par deux verrous1 horizontaux emprisonnant le boudin des roues. La translation s’effectue à raison de O"1,70 à 0m,80 par seconde, et, au droit de la voie voulue, le wagon est descendu sur cette voie, après décalage.
- La circulation en courbe, à la gare Montparnasse, se fait sans aucune difficulté : dans ce but, les galets moteurs ont des diamètres croissant, au fur et à mesure qu’ils s’éloignent du centre, proportionnellement aux rayons des trois files de rails de roulement ; de plus, les galets d’une même file ne sont pas en ligne droite, ceux des extrémités étant déplacés vers l’intérieur, tandis que les galets intermédiaires le sont vers l'extérieur, à la demande de la courbure des rails. Au Mans, la chose était plus malaisée, en ce sens que les galets moteurs doivent rouler cylin-driquuncnt dans la première partie en alignement
- 1 Des verrous verticaux s’enfonçant dans des encoches ménagées dans les rails de roulement, immobilisent le chariot I avant le commencement de l’opération.
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- LA NATURE.
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- Fi”. J. — Chariot électrique suivant l'axe île sa jilate-lbnne.
- lie, il suffit que le premier galet moteur roule sur sa jante et les deux autres sur leurs boudins (ce qui les fait développer différemment et dans le
- voulu). Afin d’arriver à ce résultat, on a installé, d’une part, un rail additionnel entre les rails jumelés de la lile extérieure détails, et suffisamment encontre-bas des rails normaux pour que le boudin du galet y porte sans toucher les autres; de même, à coté du rail de la lile intermédiaire, on a disposé un rail analogue en contre-bas. On réalise de la sorte un roulement conique. Le passage d’un roulement à un autre se fait par des rampes prolongeant les rails additionnels. Les galets simplement porteurs peuvent avoir tous le même diamètre, puisqu’ils tournent chacun en pleine indépendance. Ces chariots rendent de grands services, d’autant que leur cabestan peut servir au simple halage des wagons quand il n’y a pas à les transporter d’une voie sur une autre. Damel Bellet.
- de la voie du chariot, puis rouler coniqucmcnt dans ] rapport la partie en courhe et retourner ensuite au roulement cylindrique dans le nouvel alignement. On a simplifié un peu les choses en donnant à la courhe de raccordement des deux alignements un rayon de 90 mètres, pour lequel l’arc intérieur et l'arc extérieur de la voie ont des longueurs développées proportionnelles aux diamètres de la jante et du boudin des galets de roulement .
- En outre, le galet intermédiaire a été pourvu d’un boudin latéral présentant une saillie moitié moindre que celle du houdin et des galets extrêmes : on peut déjà prévoir le résultat.
- Pour réaliser le roulement conique en cour-
- Fig. 2. — Vue d’ensemble du chariot éleclrique.
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- LA NATURE
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- FORMATION RAPIDE DE TÂCHES SOLAIRES
- Le Soleil a été, pendant ces temps derniers, le théâtre d’une remarquable activité, lie nouveau des taches de grandes dimensions se sont montrées à sa surface, visibles h l’œil nu, ainsi que d’autres de moindre importance ([liant à l’étendue, mais ayant
- offert quelques particularités dignes d’intérêt.
- L’observation des détails de ces phénomènes devrait pouvoir être effectuée d’une façon continue. On sait que la structure intime des taches est très complexe ; de profonds changements s’y manifestent
- l’i". 1. — Formation rapide d'un groupe (A) de taches solaires.
- Photographies : 1, le 19 juillet 1<WI5, 8 h.; 2, le 19 juillet, 18 h.; â, le 20 juillet, 8 h.; {, le 21 juillet. 10 h. la;
- 5, le 22 juillet, 7 h. âa ; fi, le 2-> juillet, 15 h.
- au bout d’un laps de temps parfois fort court. La seule inspection d’une tache suffit généralement à le démontrer par le caractère morcelé et tourmenté de la formation, coupée en fous sens de courants de matière lumineuse paraissant vouloir l’envahir. Si l’observation est courte le tout parait immobile ; cependant en le renouvelant peu d’heures après (ou même moins) on note des différences évidentes.
- Certains mouvements doivent s’effectuer d’une manière lente et continue, d’autres d’une façon violente et rapide. On en cite quelques exemples peu nombreux, car il est rare d’avoir l’œil justement fixé sur le point déterminé au moment du phénomène. C’est une observation qu’il m’a été donné de faire une fois le 15 juillet 1892 ; une expansion subite de matière lumineuse s’est formée au milieu d’une belle tache, avec des mouvements très rapides, en même temps qu’une partie de la surface pénombrale paraissait s’entr’ouvrir, se déchirer en quelque sorte. Ces mouvements violents ayant notablement changé l’aspect général de la tache ont eu
- une très courte durée. Il est assez rare également d’avoir la bonne fortune d’assister à l’éclosion d’une tache, ou même d’en voir une venant de se former, et, dans ce dernier cas, de pouvoir assigner la limite maximum du temps nécessaire à la formation que
- l’on étudie. Cependant une telle occasion m’a encore été offerte récemment, la rapidité du phénomène rappelant un peu celle dont je viens de parler.
- Il a été signalé, ici même, l’apparition sur le Soleil d’un très grand groupe de taches, qui est passé au méridien central du disque le 16 juil-l’arrière de ce groupe, et probablement en relation avec lui, un autre s’est formé spontanément le 19 de ce même mois, et a subi, par la suite, des fluctuations que j’ai suivies et enregistrées pendant deux rotations solaires. Mes observations sont les suivantes :
- Le 19 juillet, pendant la matinée jusqu’à 11 heures, j’ai photographié et dessiné minutieusement le Soleil, en portant mon attention sur les alentours de la grande tache, afin de noter les facules. Aucun
- Fig. 2. — Formation rapide d'un groupe de taches solaires.
- 1. Structure au début de la formation, 19 juillet de 17 à 18 h. — II. La même région le lendemain matin 20 juillet de 9 à 10 h.
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- LA NATURE.
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- détail n’était visible dans la région de ce grand groupe à part quelques l’acules. Renouvelant l’observation à 4 heures du soir, je trouvai qu'une apparition très importante s’était manifestée à 151)000 kilomètres environ à l’arrière du grand groupe. Le nouveau venu s’étendait comme une sorte de fer achevai, aplati et brisé au milieu, de 75 000 kilomètres zh et paraissant, à première vue, composé d’une grande quantité de petites taches noires en chapelet, lin fort grossissement — l’image étant fort belle — montrait une structure tout à lait intéressante, et permettait de voir nettement les détails de cette formation vieille de 5 heures au uiaximum. Pour cette raison j’en ai pris le dessin (lig. I) d’une façon aussi précise que possible.
- L’ensemble donne bien l'impression d’une violente perturbation, d’une sorte de déchirement, avec des courants tourbillonnaires créés en tous sens, et in-lluençant la région intérieure. (les courants sont curieux à suivre, et donnent réellement l'impression de plusieurs niveaux différents affectés par la perturbation.
- Cette apparence se retrouve mieux encore dans l’observation du lendemain matin 20 juillet. Alors l’ensemble avait fortement grandi, présentant deux taches principales, reliées par beaucoup de petits détails; le tout occupant une étendue de 100000 kilomètres à peu près. L’allure des courants entrant en jeu dans le groupe tout entier est montré par la ligure 2, dont la simple inspection est plus instructive, certainement, que toute description.
- En même temps qne cette région tourmentée croissait en dimension par l’extension des deux taches occupant les extrémités, les facules avoisinant le premier grand groupe ont pris également de l'importance, et sont venues rejoindre le nouveau groupe, dont la formation avait eu lieu vers l’extrémité d’un mince filet faculaire préexistant. Cela se voit aisément sur les photographies et semble dénoter que le tout se rattachait à une immense région d'activité.
- On se rend bien compte du développement de l’ensemble sur la série des photographies (lig. 2). Les 21 et 22 juillet l’étendue du nouveau groupe avait encore gagné une vingtaine de milliers de kilomètres, les deux taches principales présentant toujours beaucoup de détails avec des noyaux multiples.
- Cette intéressante région a disparu au bord le 21 juillet, entraînée par la rotation du globe solaire. Elle a fait sa réapparition le 7 août., montrant ainsi une persistance qui s’est continuée pendant la seconde période de visibilité, avec des changements notables d’ailleurs.
- Au début de la seconde période, on ne voyait plus que l’une des taches, celle occidentale (la plus voisine du grand groupe, ce dernier ayant d’autre part diminué d’étendue). Cette tache isolée, je l’ai trouvée égale à 500 000 kilomètres environ, devenue très régulièrement ronde, sans détails particuliers bien apparents. Les photographies la montrent environnée d’une masse d’importantes et brillantes fa-
- cules. Le 15 août la deuxième tache (celle orientale) redevenait visible avec quelques autres petites et le groupe reprenait un aspect assez analogue à celui primitif. Mais cet état de choses n’a pas persisté et le 18, ayant pu revoir le Soleil, après une lacune de quelques jours, la tache occidentale se retrouvait isolée, toujours grande et régulière.
- Ces cas divers, rappelant ou montrant des mouvements, des formations rapides dans les phénomènes de la surface solaire, ainsi que l’existence d’immenses régions d’activité, et la tendance de certaines taches à réapparaître (ou à être suivies par d'autres se succédant au même endroit), m’ont paru suffisamment dignes d'intérêt, au seul point de vue documentaire, et c’est dans ce sens qrce j’ai voulu les présenter ici. Lucicis Rudaux.
- «.
- 1/INDUSTRIALISATION
- DE IA PERTE ET DU CANON DU RHÔNE
- La Perte du Rhône est un des sites les plus merveilleux de l'Europe : elle est trop peu connue des Français. On la regarde en passant d’une façon distraite. Les guides les plus consultés, les Joanne ou les Ba'deker lui consacrent quelques lignes à peine. Elle mérite cependant de retenir l’attention du savant et du voyageur, comme phénomène géologique, comme centre de production d’énergie électrique, comme une des oeuvres géniales de la nature.
- En 1894, le général Bourdon a savamment résumé tout ce qui la concerne dans un classique et beau mémoire dont on ne saurait trop conseiller la lecture1.
- Le canon ou perte du Haut Rhône est compris entre les bourgades de Collonges et de Pyrimont, sur la limite de deux départements, l’Ain et la Haute-Savoie ; son point central est à Bellegarde. Il a été étudié pour la première fois par l'illustre de Saussure. Sa description est à retenir : elle nous fournit la preuve des changements incessants qui se produisent dans cette vallée. Les inexactitudes qu’on y découvre sont le fait du Rhône lui-même qui, rongeant la barrière rocheuse du Jura, change tous les jours le profil de la vallée. 11 cherche encore sa pente et ses équilibres, les formes de son lit datent d’hier; on pourrait, par l’observation directe, en saisir les variations. C'est pourquoi le Rhône de Saussure est déjà différent du nôtre. Nos figures 1 et 2 montrent l’aspect de la perte du Rhône aux deux états d’eaux basses (hiver) et d’eaux hautes (été).
- Dans une communication faite au Congrès des Sociétés savantes en 1904, M. E.-A. Martel a donné une explication fort claire de la formation de cette cluse ou klamme qui est creusée dans la mollasse marine, le gault, l’aptien et les calcaires plus durs de l’urgonien. II se réserve de la développer ici même. Aussi n’insisterai-je que sur les modifications
- 1 Bull. Soc. Géographie de Paris, 1er trimestre 1894, p. 70-154 et fig.
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- LA NATURE.-
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- d'aspect que l'industrie a fait subir à ce beau site, notamment au conllucnt du Rlmne et de la Yalse-rine. 1 ne photographie rarissime (car le cliché en est détruit), que reproduit notre figure i, nous montre ce continent avant 1875. Depuis lors, et au point de jonction des deux torrents, nous avons pu depuis assister à la naissance d’un centre nouveau d'industrie : Rellegarde, pauvre village hier, ruche bourdonnante aujourd'hui. C'est à l’utilisation des forces motrices produites par le Rhône qu’elle doit sa prospérité, utilisation qui remonte à 1871 : des usiniers alsaciens cherchaient sur le sol français une localité où ils pourraient, transporter leurs industries. Ils créèrent ù’Rellegarde une usine hydraulique : la force motrice était distribuée par transmission télédynamique.D'énormes piliers de maçonnerie soutenaient poulies et iils de fer qui communiquaient leur action à des arbres de rotation destinés à mettre en mouvement les appareils des usines. L’entreprise réussit très mal, elle a été reprise avec, succès par la Société française des forces hydrauliques du Rhône qui a changé les appareils de transmission et étendu son rayon d’action. :
- La prise d’eau est située un peu en amont du pont de Lùcey où commence la Perle du Rhône ; une digue s'avance au milieu du fleuve; en raison des alfouillements qui abaissent sans cesse le niveau du Rhône on a dû allonger cette digue d’adduction. L’eau s’engouffre dans un canal souterrain de 550 'maires de longueur qui vient aboutir au continent du Rhône et de la Yalserine (fig. o, d’après une photographie prise par M. Martel en 1897), dans une gorge profonde. Elle actionne huit turbines qui peuvent fournir une puissance totale de 10 000 chevaux. L’énergie électrique, produite par des alternateurs triphasés actionnés par ces turbines, est employée comme force motrice. Elle est meme transportée à grande distance, à Oyonnax, où elle fait mouvoir ces outillages ténus, qui servent au polissage et au découpage du celluloïd.
- Le qui donne à celte région sa valeur incomparable, c’est sa beauté surprenante. Suivez le Rhône après Collonges : il s’enfonce entre le Cret d’eau et le Yuache en un couloir qu’égaient des prés verts et des forêts claires. Au hameau de (Irezin, il a 8 mètres de large : les roches encaissantes surplombent en demi-voûte, le plafond supérieur s’est écroulé récemment. Le lleuve ne fait aucun bruit entre ses berges de mollasse. A Rellegarde, il devient furieux, tourbillonne et s’enfonce à une grande profondeur entre des rochers. 11 est réduit à une petite lame d’eau bleue ou blanche, animée d’une vertigineuse vitesse.
- Après la perte véritable, au confluent de la Val-serine, le paysage, vu du bas de la vallée, impressionne l’esprit le plus blasé. La cluse est étroite et haute. Des falaises flanquées de tours cyclopéennes, qui semblent prêtes à s’écrouler, enserrent le torrent. Une lumière blafarde filtre à travers les lèvres de l’abîme. Le rugissement des eaux, cette demi-
- obscurité, provoquent une sorte d’effroi dont on a peine à se défendre.
- Pour visiter le reste du canon, un moyen fort dangereux fut employé en Lan III par le citoyen Roissel; il partit de Rellegarde sur un bateau, descendit bravement jusqu’il Pyrimout, à travers les Ilots mugissant comme le tonnerre. Dans le récit illustré qu’il publia de son aventure, il a bien exagéré les périls courus; il n’a pas eu d’imitateurs. 11 est difficile de suivre d’en haut les berges du fleuve. 11 faut se rendre à la Planche d'Arlod pour faire des observations précises. Arrêtez-vous au milieu du petit, pont; à vos pieds le torrent, (pie vous avez vu furieux, coule paisible entre des rochers d’un blanc éclatant. Au-dessus, à travers de larges échancrures, d’où dévalent parfois des ruisselets, se dressent de riants villages, entourés de vergers, ombragés de noyers centenaires. Plus loin, dans h'ciel
- Fig. 1. — l’crte du llhône on été (hnuttjs ouux).
- bleu, se découpent hardiment les larges croupes du Jura.
- Le lieu est solitaire ; seul un douanier vous arrête, car la rive savoyarde appartient « à la zone franche » qui, dernièrement, a tant fait parler d’elle. Sur cette lisière la fraude est très active, cela peut même être une bonne fortune que de rencontrer l'un de ces hardis contrebandiers : ce sera un guide précieux, connaissant tous les détours du fleuve, les grottes qu’il a creusées et dans lesquelles sont cachés les ballots de marchandises prohibées. 11 vous montrera l’endroit où, dans la nuit sans lune, une corde est lancée au-dessus du torrent : un homme s’aventure sur ce pont flexible au-dessus de l’abîme, il ira porter en un endroit sûr les marchandises prohibées, à travers d’horribles sentiers. Parfois, le douanier, qui veille dans un coin de la forêt, le saisit au passage.
- L’endroit le plus curieux est le Malperluis ; c’est la perte d'hier, vous avez chance d’y trouver une planche qui réunit les deux lèvres des rochers et
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- vous pouvez étudier sans trop de j)éril l’action des eaux et les efforts que lait encore le lleuve pour élargir sa prison. 11 faut se liftier d’y aller avant <|u’on ait détruit pour toujours cette grandiose ciselure du plus rapide de nos fleuves. Une demande de concession du palier au-dessous de Rellegarde a été faite à l’État; d’après le projet, le remous d’eau remonterait jusqu’à la concession existante, la gorge du Rhône ne sera [dus alors qu'un canal aux eaux tranquilles et bleues; elle aura perdu pour les géographes une partie de sa valeur.
- Mais une fois de plus ici se pose l’insoluble problème du conflit entre le développement de la richesse nationale par l’utilisation économique des forces motrices naturelles, et la conservation des beautés pittoresques du sol français. Que résoudre on cette alternative? 1
- J. CoRCF.I.LE,
- Agrégé de l’Université.
- 1 Yoy. n° 1077, du 15 juillet 1905, p. 105.
- En ce qui touche l’adaptation usinière de la perte et du canon du Rhône, nous croyons devoir emprunter les détails suivants à une intéressante Note de M. V. Cambon sur les forces motrices à capter dans le Rhône dans la région de Belle-garde (Ain). Les chutes d’eau dont on peut disposer dans le Rhône à Rellegarde sont les plus importantes qu’il y ait en France et peut-être en Europe.
- Le projet de celte mise en valeur a été étudié récemment par M. Garcia, qui s’est attaché à mettre en lumière la solution assurant la meilleure utilisation totale du cours du Rhône, entre la frontière Suisse et Ryrimont. 11 y aura lieu de tenir grand compte des puissants - affouil-lements du lleuve, dans les constructions de barrages ou canaux d’ame-née relatifs aux usines de force motrice à créer.
- Les estimations du débit du Rhône, fournies par le service administratif de la ville de Genève et comprises entre 57 m5 à la seconde par les basses eaux absolument, exceptionnelles, et 1250 mr’ par crues également exceptionnelles, sont très inférieures à la réalité.
- Un barrage sur le haut Rhône doit maintenir le niveau à l’amont à peu près constant et permet Ire le libre écoulement des plus fortes crues, des corps lloltants et des graviers, sans que la vitesse dépasse 4 mètres à la seconde et devienne dangereuse pour les ouvrages. L'estimation d’un tel barrage, d’après devis
- Fig. 3. — Confluent du Rhône et de la Valseriue avec les usines (vue prise en 1897).
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- détaillé, monte à 1 800000 lranes. Un des trois projets soumis aux enquêtes, celui de la « Rouc-le du Rhône », comporte un tunnel de 1 o70 mètres
- avec pente de 0,0009; le devis détaillé faisait ressortir sa construction à 5 027 000 francs, soit par mètre courant 2210 francs. Ce tunnel per-
- Fig. 4. — Confluent du Rhône et de la Valserine vers !875 (avant les travaux usiniers).
- mettrait, d’ol>tenir, en eaux moyennes, une chute de 19 mètres. 11 faudrait aussi un tunnel au défilé de Malpertuis, où l’étranglement des herges ne permet pas l’établis-, sement d’usine latérale à proximité du barrage.
- Les trois projets sont les suivants :
- 10 A l’amont,, le projet du « Pont de Gré-sin », présenté par MM.
- Buffaut et Tavian, ingénieurs à Lyon. 11 comporte la construction d’un barrage à 11 kilomètres environ de la frontière suisse, à 100 mètres au-dessus du pont de Grésin.
- 2° Le projet de la « Boucle du Rhône » a pour auteurs M. Our-back et M. Bonnefond.
- 5° Enfin, h l’aval, un projet, très ancien, celui de Malpertuis, a été repris par M. Planche. 11 comprend la construction d’un barrage avec retenue à la cote
- 287m,50, et la construction d’un tunnel de 1400 mètres environ avec usine génératrice au lieu dit
- Monthoux.
- Actuellement la Société existante de Bel-legarde, qui dispose d’une puissance de 10 000 chevaux, a introduit, à son tour, une demande de concession du débit total du Rhône, pour l’utilisation de laquelle elle serait placée, semble-1-il, dans des conditions moins favorables, à raison notamment de l’emplacement resserré dont elle dispose ; elle a cherché d’ailleurs à s’assurer une extension plus considérable au moyen d’une entente avec les promoteurs du 'projet de Malpertuis. En ajoutant ses 10000 chevaux aux puissances réalisées par les trois projets énumérés ci-dessus, on trouve (pie la puissance, captée pen-
- Fig. 5. — L’usine de la Valserine.
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- dant trois cents jours, est de 120 000 chevaux environ, alors que, théoriquement, elle pourrait être de 182 000 chevaux. La fusion totale des divers projets permettra seule la mise en œuvre successive et prudente de la puissance disponible au fur et à mesure des besoins de l'industrie et des services publics. Un autre plan de groupement des deux projets Pont de (irésin et Boucle du Rhône seuls ferait une dépense totale d’environ 10 millions de francs pour une puissance brute de 90000 chevaux, soit, par cheval, 185 francs (longueur 2700 mètres, dont 2000 de tunnels).
- Cette fusion partielle, bien que laissant subsister indépendant le projet aval de Malpertuis et n'englobant pas l'usine de Bellegarde, présente de tels avantages qu’elle devrait s'imposer pour le cas où la fusion complète des projets rencontrerait une opposition irréductible.
- Cette fusion totale comporterait un barrage à la cote 527, d’une hauteur de 25 mètres, avec bassins étagés à l'aval pour briser la chute ; un tunnel ou plutôt deux petits tunnels parallèles, d’une longueur de 4600 mètres avec pente de 1 millimètre par mètre et section totale de 67 mètres pour débiter 200 mètres à la seconde; et deux usines génératrices, l’une à l’origine, l’autre à l'extrémité des tunnels, cette dernière, de beaucoup plus importante, réalisant avec 57m,50 de chute, pendant 500 jours par an, une puissance brute de 155 000 chevaux environ.
- L’aménagement de ce projet global coûterait, ensemble 25 000 000 francs, soit 160 francs le cheval.
- La fusion de tous les projets en un seul est encore plus avantageuse, comme prix de revient, (pie la fusion partielle deux à deux des projets (irésin et. Boude du Rhône d’une part et Rellegarde-Malper-tuis d’autre part. Et surtout, ces avantages disparaissent complètement avec quatre projets distincts et concurrents. La mise en valeur de la puissance du Rhône à Bellegarde équivaut à la mise en exploitation d'un gisement de bouille inépuisable, donnant
- 4 600 000 tonnes par an et ne coûtant que 2 à
- 5 francs la tonne '.
- LA VISION AU FOND DE LA MER
- Ou sait qu’au fond de la mer la lumière ne pénètre pour ainsi dire pas et, a priori, on pourrait en conclure que, comme dans les cavernes et les eaux souterraines, les animaux qui y vivent ne doivent pas avoir d’yeux, ceux-ci ne pouvant leur être, semble-t-il, d’aucune utilité. Mais l’étude des êtres recueillis tout au fond des abîmes océaniques montre qu’il n’en est pas ainsi, car si les uns sont aveugles, il y en a bon nombre d’autres aussi qui possèdent des yeux volumineux, beaucoup plus volumineux même que ceux
- 1 iSote présentée à la Société d’Agrieultiire, Sciences et Industrie de Lyon dans la séance du "29 mars 1900. — Annales de la Société cl Agriculture de Lyon. T. IX, 1901, p. 121-131. Lyon, 1902.
- des animaux terrestres. C’est qu’en réalité, il y a au fond de la merde très nombreux animaux phosphorescents, qui y produisent sinon une véritable lumière, du moins une lueur assez nette, et dont savent certainement tirer parti ceux auxquels la nature a permis dans ce but de développer leurs organes oculaires — dont la grande surface laisse recueillir le maximum de rayons lumineux.
- Les yeux des animaux des grandes profondeurs ne sont naturellement pas tous identiques, mais, néanmoins, quoique appartenant à des groupes très différents et construits sur des plans tout à fait autres, ils arrivent à se ressembler dans une certaine mesure : c’est un bel exemple de la loi de « convergence » si général en biologie, loi qui explique que deux organes différents peuvent devenir presque identiques, par suite de leur adaptation à un même milieu.
- C’est là un point (pii a été développé par M. Maurice Caullery dans une intéressante conférence de l’Association française pour l’avancement des sciences. Il a notamment montré que le fait le plus significatif de cette adaptation est le changement de forme des yeux, que l’on retrouve d’une façon parallèle dans une série de types appartenant à deux groupes très éloignés, par exemple les poissons et les crustacés, réalisant ce que le zoologiste Chun a pittoresquement appelé les « yeux télescopiques».
- Chez les poissons, par exemple, les veux sont normalement un peu profonds, aplatis et enfouis sur les cotés de la tète, de façon à regarder latéralement. Or, la Valdivia, navire chargé d’études zoologiques, a découvert toute une série d’espèces, dont les yeux sont allongés comme les deux tubes d’une jumelle de théâtre, devenant en outre parallèles et juxtaposés, dirigés soit en avant, soit en haut. Cela donne à ces poissons un faciès tout spécial. Et la théorie montre que les yeux ainsi couplés sont surtout propres à voir des points lumineux mobiles et rapproché®, c’est-à-dire à révéler au poisson qui les porte l’existence, à proximité, d’animaux lumineux dont il fera sa proie.
- On retrouve une modification parallèle chez certains crustacés, dont l’œil repose sur un principe tout différent de celui des poissons, car il est construit à « facettes » comme l’œil des insectes. Chun a montré que les divers crustacés abyssaux du groupe des Euphausides présentent tous les degrés de la réalisation d’un œil télescopique. On sait que l’œil ordinaire des crustacés est sphérique et que toutes ses facettes sont semblables. Mais chez les types des grandes profondeurs, on voit une partie de ces facettes, celles qui correspondent à la face supérieure de l’œil, s’allonger et former un organe particulier, l’œil frontal, du type téléscopique, tandis que le reste de l’œil garde sa structure et sans doute son fonctionnement primitif. 11 y a une division de travail entre les deux portions de l’organe. Le début de cette transformation est réalisé chez une espèce telle que le Nematoscelis mantis. Le phénomène s’accentue bien davantage chez un type voisin, le stylocheiron masligophorum, où l’œil énorme atteint jusqu’au sixième de la longueur du corps. Dans d’autres espèces, la portion latérale disparaît complètement, la théorie montre encore que cet œil est adapté à la perception de points lumineux rapprochés et en mouvement.
- 11 est bon de remarquer en passant que parmi ces crustacés du groupe des Euphausides, il y a de nombreuses espèces possédant des organes lumineux dont la description qu’en donne M. Caullery fait involontairement penser aux lanternes d’automobiles projetant leurs faisceaux lumineux dans la nuit. Si l’on observe bien
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- vivant un de ces êtres, on voit, en effet, un faisceau de lumière qui part de la partie inférieure des yeux et une série d’autres organes lumineux placés à la base de certaines pattes thoraciques ou sur le milieu des anneaux abdominaux. Considérons d’abord ces dernières. Ce sont de petites perles sphériques revêtues d’un pigment rouge vif et mobiles grâce à des muscles ; de là s’échappent des faisceaux de rayons projetés en tous sens, grâce à la mobilité de l’appareil. Ce sont, en somme, de véritables projecteurs, comme ceux avec lesquels un navire fouille l’espace. Si on examine leur structure, on voit que le fond est formé par une sorte de réflecteur sphérique derrière lequel le pigment rouge fait écran : au centre se trouve le tissu qui émet le faisceau lumineux, et en avant le faisceau est concentré par une lentille. Ces divers éléments : tissu producteur de lumière (qui est généralement de nature glandulaire), miroir réflecteur, écran pigmentaire postérieur, lentille condensatrice antérieure, se retrouvent avec de multiples variations dans les divers organes lumineux.
- I/étude d’autres crustacés des grandes profondeurs, par exemple des crabes abyssaux, explique ce fait étrange et en apparence inexplicable que, de deux espèces très voisines, l’une est aveugle tandis que l’autre possède de gros veux. Pour le comprendre, il ne faut pas considérer les adultes, mais leurs enfants. Ceux-ci se développent, en effet, de deux manières différentes. Les uns quittent de bonne heure leur mère et vont nager quelque temps entre deux eaux avant de se laisser tomber sur le fond, où dès lors, ils mènent une existence calme. Les autres, au contraire, plus timides sans doute, restent sous le ventre de la mère, dans son giron pourrait-on dire, et y passent dans une quiétude parfaite toutes les phases de leur développement. Les uns ont donc une larve libre, pélagique, qui a besoin d’veux pour se diriger, tandis que les autres n’ont, pour ainsi dire pas besoin de la vue et n'utilisent pas leurs organes oculaires même quand la nature leur en a donnés. Et, de fait, le naturaliste Doflein a remarqué que les premiers crabes, c’est-à-dire ceux qui ont une larve pélagique, sont précisément les espèces où les yeux ont persisté, tandis que les seconds, ceux dont les jeunes ne quittent pas le fond, sont les espèces où les yeux se sont plus ou moins atrophiés. On peut donc conclure avec beaucoup de vraisemblance que la conservation ou la perte des yeux pour les crabes abyssaux est liée à leur mode de développement, et l’on conçoit très bien, en vertu des idées lamarkiennes, que l’œil se soit conservé chez les espèces où la larve remonte et vit temporairement dans la zone éclairée. Henri Coüpin.
- LA SCIENCE AU JAPON
- Nous avons eu occasion de montrer par des exemples caractéristiques que l’éducation scientifique est réellement avancée au Japon ; mais il est curieux de donner quelques indications complémentaires, par lesquelles on verra que les Japonais entendent bien se faire une place personnelle dans les sciences que l’on considère comme occidentales. Justement le professeur K. Miwa, de l’Université de Kioto, vient de se plaindre, dans une revue américaine, que la presse périodique européenne juge mal l’enseignement et le corps enseignant au Japon. Nous ne pouvons mieux faire que d’extraire les points principaux de son plaidoyer.
- Il est très froissé, en particulier, qu’on insiste sur le
- prétendu orgueil des professeurs japonais et de leurs élèves : il n’est pas équitable de donner comme caractéristique de ses compatriotes un défaut qui se rencontre chez beaucoup de peuples européens, l'our lui, les professeurs japonais ont le vrai esprit scientifique tout autant que ceux d’aucun autre pays. Autrefois, on considérait les intelligences orientales comme réfractaires aux mathématiques supérieures : pour notre auteur, c’est absolument faux. Et, sans insister sur ce fait que les Hindous sont réputés pour leurs capacités spéciales dans le domaine le plus élevé de ce genre, il rappelle que l’élude des mathématiques en Chine et au Japon remonte à des siècles. Depuis des générations et des générations, Chinois et Japonais connaissent ellipse et parabole, et aujourd’hui les Japonais sont profondément versés dans la connaissance et l’usage des symboles mathématiques occidentaux. M.Miwa peut du reste aisément citer de ses compatriotes qui se sont distingués en cette matière : tel, parmi les travailleurs originaux, le professeur Fujisawa, qui a étudié en Allemagne, sous la direction de Kronecker. Il a publié nue étude très savante, intitulée « Théorème de. la multiplication des fonctions de l’ellipse » ; il fut délégué de son Gouvernement au Congrès des mathématiciens tenu à l'aris en 1900. On peut rappeler aussi le professeur Nagaoka, de l’Université de Tokio, qui a apporté quelques contributions à la connaissance des relations entre le magnétisme et la torsion.
- M. Miwa insiste (et souvent La Nature a donné des détails à ce sujet) sur ce que les Japonais ont pris une autorité toute particulière en matière de séismologie : les fréquents tremblements de terre qui se produisent dans leur pays devaient naturellement les pousser à se préoccuper de cette science. Le professeur Sekiya, de l’Université de Tokio, a inventé pour sa part des instruments fort ingénieux pour l’enregistrement des secousses sismiques. Dans le domaine de la chimie, maints savants japonais se sont livrés à des recherches remarquables, en se plaçant du reste souvent, et avec raison, au point de vue d’industries indigènes. C’est ainsi que le professeur Yoshida, de l’Université de Kioto, comme M. Miwa, a poursuivi les études scientifiques les plus intéressantes sur cette industrie de la laque, qui a été pratiquée depuis si longtemps et avec tant de succès au Japon, d’après les simples connaissances traditionnelles et empiriques des artisans et des artistes. De son coté, un professeur de pharmacie à l’Université de Tokio a réussi, par ses expériences et ses recherches scientifiques, à améliorer grandement les procédés d’extraction du camphre.
- Dans le domaine de l’art de l’ingénieur, des exemples bien concluants peuvent être donnés par M. Miwa; de même que dans celui des constructions navales; pour ces dernières, une société technique des plus remarquables s’est fondée au Japon depuis plusieurs années. Enfin, M. Miwa nomme avec orgueil le docteur Shimose, ingénieur de la Marine, inventeur de la poudre sans fumée qui a fait tant de ravages dans la campagne contre la Russie. En matière d’architecture, le professeur Ito, de l’Université de Tokio, a publié un volume qui fait autorité sur l’ancienne architecture en Chine, en Corée et au Japon. Les docteurs Miwa etShiga, de la même Université, ont poursuivi sur la dysenterie et le béribéri des recherches qui ont eu un grand retentissement dans tous les coips savants occidentaux. Enfin, nous avons à peine besoin de prononcer le nom du docteur Kitasato, dont Jes études bactériologiques, relatives notamment à la diphtérie, sont connues du monde entier. D. L.
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- LA NATURE.
- LE CANOT AUTOMOBILE
- Le progrès technique va tellement vite en toute matière, qu’on est souvent obligé de signaler les résultats remarquables obtenus par une invention sans avoir le temps de faire d’abord bien comprendre en quoi elle consiste. C’est un peu ce qui s’est produit en matière de canots automobiles : sans doute La Nature a suivi toutes les manifestations d’automobilisme nautique qui se sont produites, et les applications diverses que l’on commence d’en faire; mais il nous semble qu'il serait utile de bien expliquer ce que c’est qu’un canot automobile considéré en soi, parce (pie, comme nous allons le voir, ce n’est pas seulement une embarcation, à bord de laquelle on a installé un de ces moteurs à pétrole que l’on a su si bien adapter à la propulsion des véhicules sur routes.
- Jusqu’il ces temps derniers, peut-on dire, c’est uniquement en vue de l’automobilisme terrestre qu’on a développé les propriétés spéciales au moteur tonnant ; pour aller au plus pressé, on l’a d’abord installé tel quel dans une coque, naturellement en prenant des dispositions pour que le mouvement de rotation de l’arbre moteur fût transmis à l’arbre de couche de l'hélice propulsive, et par suite à cette hélice. Mais, quels que soient les avantages du moteur à explosions, il fallait le modifier dans certains de ses détails, pour en concilier l’emploi avec les nécessités des constructions et aussi des déplacements nautiques.
- 11 est bien évident qu’on pourrait, à la rigueur, dire que l’automobilisme en matière de bateaux était trouvé depuis longtemps avec le moteur à vapeur ; mais il ne s’agit ici que des embarcations de petites proportions, c’est le sens qu’on attache au mot d’automobilisme en l’espèce. Et précisément, ce moteur à vapeur, si précieux en lui-même, n’est réellement pas pratique dans de faibles dimensions à bord des canots de plaisance, des petits bateaux de pèche, même des vedettes, etc. Il nécessite une chaudière encombrante et «réclamant un combustible qui salit et occupe beaucoup de place ; la surveillance en est compliquée, de même que l’entretien de l’appareil évaporatoire et du condenseur; certainement on a pu simplifier un peu les choses au moyen du chauf-
- Fia. 1. — Arrière (te canot automobile.
- fage au pétrole, mais on se heurte toujours à un faible rendement et à une faible puissance spécifique des appareils à vapeur de petites proportions. Et, tout en reconnaissant les efforts si intéressants faits par MM. de Dion et Routon ou par M. Serpollet, nous avouons avoir grande confiance dans l’expansion du moteur tonnant pour la propulsion des embarcations et des bateaux de dimensions modestes. Cela, en dépit, du prix relativement élevé auquel se vend l’hydrocarbure employé, essence ou pétrole, par suite des conditions tout artificielles que nous font les droits de douane ; à plus forte raison en doit-il être de même dans les pays mieux partagés à ce point de vue, car le moteur dit à pétrole présente une robustesse, une facilité de conduite, une rapidité de mise en marche qui le rendent précieux. Ce qui pourrait militer encore en sa faveur, c’est qu’on obtient, dans les embarcations qui en sont dotées suivant les
- meilleures conditions, des allures vertigineuses qu’il eût été absolument impossible de réaliser avec les moteurs à vapeur les plus perfection n és. Nous verrons que ces grandes allures sont dues en bonne partie h la légèreté particulière du moteur à explosions par unité de puissance, et aussi, ajoutons-le, aux formes nouvelles de carène que les constructeurs ont
- su imaginer en vue même d’accélérer les vitesses.
- Sans doute, comme dans une voiture automobile, le moteur à pétrole comporte l’engin proprement dit
- complété par le carburateur, l’approvisionnement
- d’hydrocarbure, la transmission, etc. ; mais le bateau et le réservoir, comme le carburateur, sont soumis à des oscillations gênantes par suite de l’agitation de l’eau; les vapeurs d’essence peuvent plus facilement, à l’intérieur de la coque, être amenées au contact des dispositifs d'inflammation; les renversements de marche s’imposent plus que dans l’automobilisme terrestre, etc., etc. Enfin l’on rencontre, comme nous le laissions pressentir, toutes sortes de difficultés assez malaisées à vaincre. Par suite de ce fait, par exemple, que le moteur à pétrole est à simple effet, il faut qu’il fasse un grand nombre de tours par unité de temps; et cependant on ne doit pas songer à faire tourner une hélice trop rapidement, sous peine d’exagérer ce phénomène de cavitation qui a été décrit ici par notre confrère M. Ronnin. Il
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- LA NATURE.
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- est donc nécessaire de ne point dépasser sensiblement l’allure de ÎMX) tours, et encore en étudiant soigneusement les formes de l’hélice. L’équilibrage du moteur est ici une question de première importance, car la coque d'un bateau ne peut pas supporter des trépidations comme un châssis de voiture : ces secousses feraient bien vite jouer les coutures et entraîneraient des voies d’eau. D’où nécessité d’adopter des moteurs à plusieurs cylindres, et cependant sans causer de grandes pertes de puissance par suite des frottements.
- 11 faut faire attention encore qu’un moteur monte dans le fond d’un canot n’est accessible que par le haut ou en bout, il n’y a pas .à songer à le visiter par-dessous. Nous parlions tout à l'heure de l’agitation de l’eau, et un ne peut la négliger mémo sur les rivières; si le tangage est fort, il entraîne des variations dans l'effort résistant que doit vaincre le moteur, et cela a pour conséquence des variations, des irrégularités dans sa marche.
- Et le régulateur à boules ne sera pas toujours pour supprimer l’inconvénient, au contraire. Le Ilot-leur qu’on trouve généralement dans le carburateur peut, du fait des déplacements de la coque, subir lui-même des oscillations qui empêcheront son fonctionnement ; une dénivellation gênante pour la carburation peut se produire également dans le gicleur. Le changement de marche et le débrayage demandent à être étudiés de très près, car les arrêts et les reculs doivent s’obtenir instantanément ; il ne faut pas songer à faire marcher le moteur à pétrole en arrière, et tantôt on devra adopter un renversement de marche sur le principe du différentiel, tantôt il faudra doter l'hélice d’ailes réversibles — qui ne fonctionnent généralement pas bien.
- Nous pourrions ajouter encore que l’échappement doit se faire bien à l’extérieur, pour éviter toutes chances d’incendie du fait des fuites d’essence; on a, en outre, à redouter l’action pernicieuse de l’humidité sur le moteur, les effets d’électrolyse, etc. Et l’on doit songer aussi que le moteur de canot fonctionne constamment à pleine charge. Quoi qu’il en soit, toutes ces difficultés n’ont point arrêté les constructeurs : on trouve le moyen de les vaincre toutes successivement, par exemple en mettant l’hydrocarbure
- sous pression dans son réservoir pour remédier aux oscillations que subit le bateau, et pour prévenir les fuites. Et, dès maintenant, on arrive ù construire couramment des canots d’une rapidité prodigieuse comme le Râpée III, de la maison Tuilier, qui peut être considéré comme un prototype en la matière. Ici, grâce en partie à une coque, il est vrai, faite de 5 placages superposés de 4 à 6 mm d’épaisseur, séparés par des toiles vernies, et qui ne représente que 50 pour 100 du déplacement, on arrive à une puissance motrice de 80 chevaux par tonne de déplacement, le quadruple à peu près de ce qu’on obtient sur cet admirable bateau à vapeur, et essentiellement de grande vitesse, que l'on appelle le Turbinia; le mécanisme complet de ce dernier représente un poids unitaire de 25,6 kg par cheval, alors que le chiffre correspondant est seulement de 6,25 kg pour le Râpée III : cela, grâce aux qualités précieuses du
- moteur à pétrole. Et nous pouvons ajouter qu’un petit bateau comme ce Râpée III, où forcément la machiner ie tient proportionnellement une grande place, qui est d’autant plus mal doté pour donner de la vitesse qu’il est de plus petite taille — d’après un principe bien connu en matière de navigation mécanique — n’en fournit pas moins une allure de 40,5 km. Cela correspondrait, suivant ce qu’on nomme les règles de similitude, à une vitesse de 200 km et plus pour un navire géant comme le fameux Deutschland, dont les flancs énormes peuvent renfermer une machinerie disproportionnée par rapport à celle du Râpée IIL Encore une fois, nous n’oublions point que les constructeurs savent maintenant donner aux canots automobiles des formes de coques particulièrement favorables à la vitesse : la maîtresse section est extrêmement reportée sur l’arrière; la section du bateau au milieu est circulaire, mais les couples s’aplatissent de plus en plus vers l’arrière, si bien que celui-ci est absolument plat et que le plan de flottaison du canot ressemble à « un fer à repasser » très allongé, dont la partie la plus large est à l’arrière. La conséquence en est que le bateau prend facilement de la vitesse, fendant moins l’eau, relevant le nez et tendant, à grande allure, à planer sur cet arrière. Et c’est l’automobilisme nautique qui nous a valu cette transformation. D’ailleurs,
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- dans les courses à toute vitesse et à plus de' 40 km à l'heure, le moteur automobile fonctionnera durant des heures à 000, 950 tours, faisant des milliers, des centaines de milliers de tours, sans une interruption, sans un accroc. On avouera qu'il y a là de <juoi nous faire bien augurer de l'automobilisme nautique et du canot automobile. Henry Bougeois.
- PHOTOGRAPHIE DIRECTE DE L’ÉCLIPSE
- Notre dessinateur, M. l’oyet, nous communique les curieux clichés ci-dessous ; c’est la photographie de l’éclipse du 50 août prise directement, c’est-à-dire avec un appareil
- ordinaire d’amateur sans autre complication spéciale que l’emploi de plaques anti-halo. Nous les reproduisons comme un simple portrait des phases du phénomène à Paris.
- LE DÉDOUBLEMENT
- DES SUBSTANCES RACÉMIQUES PAR LA LUMIÈRE POLARISÉE
- Nos lecteurs savent que certains corps chimiques sont susceptibles d’exister à l’état raeémiquc, c’est-à-dire composé de deux isomères dont l’un dévie à droite et l'autre à gauche le [dan de la lumière polarisée. Nous rappellerons à ce sujet le travail historique de Pasteur sur l’acide, tarlrique; cet illustre savant, en .faisant cristalliser le racémate double de sodium et d’ammonium, a obtenu deux sels doubles ayant même composition, mais dont les cristaux présentaient des facettes hémiédriques dissymétriques. Les cristaux des ces deux sels ne sont pas superposables ; l’un est l’image de l'autre vu par réflexion dans un miroir. De plus, les solutions de ces deux sels agissent différemment sur la lumière polarisée : l'un dévie à droite, l’autre à gauche.
- Un chimiste allemand, M. Byk, a constaté que lorsqu’on expose à l’action de la lumière polarisée circulairement de la liqueur de Fehling (liquide bleu employé dans le dosage des sucres et formé de sulfate de cuivre, d’acide tartrique et de potasse), préparée avec de l’acide: tarlrique racémique, on observe un changement de coloration qui correspondrait à un dédoublement en ses deux composants droit et gauche.
- Or, par suite de le réflexion sur la mer de la lumière solaire ou astrale, une partie de celle-ci se trouve polarisée circulairement ; il en résulte que chaque point de la surface terrestre se trouve en raison du champ magnétique dans des conditions analogues à celle dans laquelle on a placé la liqueur de Fehling racémique ; en sorte que tous les corps soumis à l’action de cette lumière seraient toujours dédoublés en leurs composants optiques inverses.
- Le serait là, d’après l’auteur, l’origine de l’asymétrie tles principes organisés et cette hypothèse expliquerait comment toutes ces substances ne possèdent jamais une constitution symétrique, fait qui était connu depuis longtemps, mais dont on n’avait jamais donné une explication satisfaisante. A. II.
- t nc lion vi lle ligne de montagne en Suisse.
- — Elle n’est pas encore construite, mais elle est concédée, et elle sera fort intéressante, car elle parcourra un des beaux coins de la Suisse. Elle partira de Meiringen, derrière le lac de Brienz, et suivra à peu près la fameuse route du col du Grimsel, en remontant la vallée de l’Aar avec une rampe presque constante de 6 pour 100. Mais elle ne montera pas jusqu’au sommet du col et à l’Hôpital, grâce à un tunnel de 2500 mètres ; et la gare de fdetsth où l’on a le magnifique spectacle du glacier du Rhône, de la passe de la Furka, etc., ne sera qu’à 1770 mètres. La ligne redescendra assez facilement la vallée du Rhône, elle gagnera Brigue et l’entrée du Simplon, et enfin Yiègc.
- I. vlcclricilé à bord d’un navire de guerre. — L’électricité joue maintenant un rôle des plus importants à bord des bateaux de guerre, et nous pouvons à cet égard donner quelques indications caractéristiques relatives au cuirassé allemand Brunswick. Tout d’abord l’éclairage général du navire ne comporte pas moins de 1100 lampes à incandescence; ajoutons à cela 4 énormes projecteurs, dont 2 sont disposés dans la mâture; chacun de ces projecteurs possède une puissance lumineuse de 61 millions de bougies. On doit savoir quelle chaleur il règne à l’intérieur de ces monstres de métal ; pour y apporter un peu de fraîcheur, ou du moins d’air, dix-sept grands ventilateurs électriques sont installés en divers points, et absorbent une puissance de 65 chevaux. Nous ne parlons pas dos innombrables pelits ventilateurs répartis un peu partout dans les cabines, les salons, etc., et nous n’avons pas besoin de dire (pie tous les signaux, les lampes nécessaires en cas de combat, etc., sont éclairés électriquement. Toute une série de monte-charges pour les munitions, de même que les appareils auxiliaires de l’artillerie, sont commandés électriquement, et cela exige une puissance de 250 chevaux; on compte en outre quatre élévateurs à charbon, puis deux grands palans pour la mise à l’eau des embarcations. Nous ne dirons rien des réseaux télégraphiques ou téléphoniques qui desservent les différents postes, les passerelles, etc., pas plus que de l’installation de télégraphie sans fil. Mais nous ajouterons qu’il faut encore une puissance électrique de 520 chevaux, répartie entre les ateliers de réparation, les machines à glace, certaines pompes, etc.
- Les eliemins de fer de 1» l'erse. — La statistique en est facile à faire. Sans doute, en 1872, on avait étudié tout un réseau allant do la Caspienne au golfe Rersique; sans doute aussi, en 1878, une concession fut accordée en principe pour une ligne de Resht a Téhéran.
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- Mais, à l'heure présente, il n’existe encore qu’une voie ferrée minuscule, de 8 kilomètres de développement, qui relie Téhéran au sanctuaire de Shah Abdul Azim, et qui a été inaugurée en 1888.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 septembre 1905. — Présidence de M. Troost.
- L'éclipse du 50 août. — M. Darboux donne connaissance des nouvelles qui lui sont parvenues touchant les opérations des astronomes ou physiciens en France, et des membres des missions envoyées en Espagne et en Afrique, à l’occasion de l’éclipse du 50 août. M. Yiolle fait savoir que les tentatives faites pour déterminer, à l'aide de son aclinomèlre absolu, la valeur de l’absorption produite par l'atmosphère terrestre sur la radiation de la photosphère solaire ont eu peu de succès. A Trappes, des accidents sont arrivés aux deux ballons-sondes porteurs de l’appareil ; à Bordeaux, un vent fort et des averses n’ont permis à 11. Esclangon que de réaliser quelques observations; au Pic du Midi, brouillard et neige toute la journée, mais à Hagnèrcs, M. Marchaud a effectué de bonnes observations, ainsi que M. Bigourdan à Sl’ax. A Barcelone, beau temps. La couronne est apparue brillante avec protubérances visibles à l’œil nu. Près de Valence, M. Jans-sen a obtenu un plein succès. M. Bigourdan à Sfax a opéré dans des conditions assez satisfaisantes; M. Trépied, directeur de l’Observatoire d’Alger, a pleinement réussi à fiuelma. A Burgos, MM. Deslandres et Bayet ont eu un ciel presque couvrit; à Tortosa, M. André a pu noter les instants des deux contacts extrêmes, mais le ciel a été couvert pendant la totalité. MM. Puiseux, Uamy et Lebeuf, dans une autre localité, et, d’autre part, la mission de l’Observatoire de Nice, ont été gênés par des nuages. A l’Observatoire de Paris, les instants des contacts ont été observés; enfin, M. Mailhat, le constructeur des instruments de l’Observatoire Fabra, a obtenu, à Paris, 12 beaux clichés.
- M. Mascart expose que M. Moureaux a utilisé un puits de carrière à Poissy pour y étudier l’effet de l’éclipse sur les inslruments magnétiques. Ce puits, d’une profondeur de 20 mètres, présente en son fond une température constante de 9°,5, circonstance très favorable éliminant l’effet des variations de température sur les inslruments. Les variations de la déclinaison, de même que celles de la composante horizontale ont été étudiées pendant 10 jours avant les opérations et pendant plusieurs jours après de manière à connaître leur marche normale. Il a pu alors être constaté que la déclinaison avait subi pendant l’éclipse une oscillation d’une amplitude de 4'; la composante horizontale a pareillement subi une oscillation appréciable. Aussi peut-on dire que le champ magnétique terrestre pendant l’éclipse a subi une modification. Quant «à la température M. Moureaux conclut d’observations faites en trois localités qu’elle a subi un abaissement momentané de 1°,5.
- La trombe du 28 août. — M. Mascart présente ensuite une .Note de M. Moureaux relative à une trombe qui a dévasté le 28 août Saint-Maur et Champigny. Le cimetière de cette dernière localité a été ravagé. Les pierres tombales ont été renversées avec une régularité qui permet de reconnaître d’abord que le mouvement giratoire était dirigé en sens inverse de celui des aiguilles d’une montre, ensuite que la base de la trombe ne couvrait pas un espace de plus de 50 mètres de largeur.
- Action de la terre arable sur les silicates. — M. lîar-rois présente une Note de M. Cayeux relative à la prétendue dissolution des silicates par les terres arables. M. Cayeux croit qu’il y a d’abord décomposition chimique.
- Géologie des Carpatlies. — M. .Michel Lévy présente une Note de Murgoci, professeur à l’Université de Bucarest, sur l’àge de la nappe de charriage des Carpathes. Cet âge doit être placé au voisinage de celui de l’étage cénomanien. Ch. de Yillkoeuil.
- CNE INDUSTRIE AFRICAINE
- IA FABRICATION DE L’HUILE DE PALME
- L'industrie des huiles et des matières oléagineuses, <|ni a pris une extension considérable, est obligée d’avoir recours à des produits exotiques, et. elle reçoit directement certaines matières premières toutes traitées, sinon complètement, épurées, de pavs producteurs où les méthodes les plus primitives sont encore appliquées : c’est le cas de l’huile de palme originaire de la cote d'Afrique.
- Celte huile et le palmier qui la donne font l'objet d’un trafic, sinon d’une culture, particulièrement important : on évalue ce trafic approximativement à 60 ou 65 millions de francs par an. Le palmier utilisé, Eloeis Guineensis (Jacquin), que les noirs appellent deli ou abeïdona, suivant les régions, abonde sur la côte occidentale d’Afrique, du Cap Vert à l’Angola, sur des milliers de kilomètres par conséquent, et pénètre jusqu’à la région des (irands Lacs. Le voisinage de la mer ne lui est point nécessaire ; il pousse bien dans des sols très secs ; cependant il n'est vraiment llorissant et ne donne un grand rendement que le long des cours d’eau ou dans les vallées chaudes et humides, nombreuses dans l’ouest de l’Afrique, et en particulier dans notre domaine colonial.
- Le palmier à huile est, dans ces pays, de végétation spontanée; il pourrait du reste prendre place dans nos serres et nos appartements ; son feuillage, d’un très bel effet ornemental, pousse lentement, et forme d’abord une grosse touffe; peu à peu le tronc surgit de cette touffe; il reste couvert à la hase des attaches des feuilles tombées, et, dans sa partie haute, devient presque lisse; il s’élève en un fût droit et grêle de 15 mètres de hauteur, couronné de grandes feuilles pendantes en bouquet, d’un beau vert, feuilles pennées à rachis jaunâtre, épineux sur les côtés, les folioles disposées sur deux rangs et atteignant fréquemment une longueur de 70 centimètres. L'elaeis donne aux indigènes le fameux vin de palme; le bois peut servir pour les charpentes, les feuilles pour la couverture des maisons. Mais les meilleurs produits sont la graisse et l’huile extraites de ses fruits, produits que les noirs vendent aux factoreries de la côte et qu’ils emploient, aussi à leur usage. D'après M. Lindsay, les noirs de la Côte d’flr estiment à 25 francs la valeur d’un palmier à huile.
- La floraison se fait plusieurs fois par an et donne des fruits de la grosseur d’une prune, d’une cou-
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- leur rouge ou orangée, très vive quand le fruit est sain; ils sont groupés en régimes à l'aisselle des feuilles, et protégés par des épines; un arbre porte une douzaine de ces régimes ; c’est la chair libreuse et jaunâtre qui donne l’huile : elle entoure un dur novau renfermant une amande blanchâtre, dont on lire aussi en Europe, par des procédés vraiment industriels, une substance graisseuse. L’huile est fabriquée pour ainsi dire uniquement par les nègres, et suivant des méthodes traditionnelles et pittoresques.
- C’est de janvier à juin que se fait la cueillette des fruits et la préparation de l'huile. Le noir escalade le tronc du palmier, porteur d’un coutelas avec lequel il abat les régimes de noix ; après qu’on a débité les régimes en morceaux, les fruits sont mis à fermenter durant quelques jours, généralement dans un trou creusé dans le sol et recouvert de feuilles. On procède ensuite à l’égrenage, après quoi il faut attendrir les fruits ; ensuite on i mpile ceux-ci dans de grandes marmites en terre rouge, que l’on dispose sur un fourneau ventilé de temps à autre et chauffé à feu doux, mais continu; on ajoute un peu d’eau, et l’on brasse énergiquement et souvent, pendant 7 à 8 heures, opération qui a pour but de ramollir les fruits.
- Vient alors l’extraction de l’huile. On jette tous les fruits soit dans des troncs d’arbres creusés, dans de vieilles pirogues, oii des femmes les piétineront pendant trois à quatre jours en chantant des complaintes monotones, soit dans des cuves en pierre ou en terre cuite : cette dernière façon de faire, moins primitive, est pratiquée surtout dans la Côte d’Or, ce sont alors des hommes qui battent la niasse, pour séparer le péricarpe du noyau. Puis les femmes mettent de côté le noyau, et iont de nouveau bouillir la chair dans les marmites avec un peu d’eau; au fur et à mesure que l’huile se sépare et monte à la surface, elle est recueillie avec des calebasses et versée dans des récipients de terre où, en refroidissant, elle durcit presque jusqu’à la consistance de la cire. Quand l’ébullition a donné tout ce qu’elle pouvait, on recueille la pulpe, on l’enferme dans un tissu grossier qu’on tord et presse pour en exprimer l'huile qui reste, ou du moins ce (pie ces procédés primitifs peuvent encore faire rendre.
- Ces produits s'en vont sur Marseille, lai Rochelle, Liverpool, Hambourg, etc. L’huile se vend aux traitants quoique 11)0 francs la tonne; elle est d’ailleurs souvent fraudée intentionnellement par les noirs, ou contient de nombreux détritus. Les noyaux sont parfois exportés tels quels sous le nom de palmistes, et les industriels européens extraient de l’amande une graisse supérieure employée surtout en parfumerie : le plus souvent, les nègres les cassent et vendent aux exportateurs les amandes, qui s’expédient en sacs; ces amandes fournissent 45 pour 100 de graisse.
- Il y aurait beaucoup à faire pour améliorer cette industrie de l'huile de palme. Tout d’abord remplacer les méthodes primitives d’extraction par des procédés véritablement industriels : quand la pulpe traitée par les noirs est envoyée en Europe, on arrive encore à en extraire 50 à 55 pour 100 de son
- poids en huile.
- l'huile qu’il contient. L’intervention de machines et de méthodes scientifiques serait ici la bienvenue. Il a constaté, du reste, que certaines variétés de palmiers ont un rendement en huile beaucoup plus élevé que d’autres. Normalement, un bon arbre moyen fournit 7 kilogrammes d’huile de péricarpe et 15 à 14 kilogrammes de graisse d’amandes par récolte.
- On pourrait se demander s’il n’y aurait pas lieu également de tenter des plantations de palmiers à huile; mais cela nécessiterait des capitaux d’autant plus importants que l’arbre ne commence à produire qu’au bout de cinq ans, atteignant son rendement normal à vingt ans. Quoi qu’il en soit, il y a là certainement une richesse qui est encore bien loin d’èlre utilisée comme elle le pourrait et le devrait.
- Lierre de Mériel.
- Le Gérant : P. Masson.
- Le malaxage des noix de palme et le pressurage de la pulpe.
- D’autre part, la fermentation donne des huiles très foncées. Un spécialiste, le l)r Preuss, a fait paraître, dans la publication Der Tropenpflanzer, une étude sur la question, où il rapporte les expériences qu’il a laites sur le territoire allemand du Kameroun ; d’après lui, les procédés nègres n’enlèvent souvent au péricarpe nue le tiers de
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N“ 108T». - 10 SEPTEMBRE 1905.
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- LES PYGMEES DES FORÊTS CONGOLAISES
- (mbutés)
- II est récemment arrivé à Londres six pygmées, amenés de la foret d’itiirie (Congo Belge) par le colonel llarrison.
- On sait qu’IIérodote signala l’existence d’nne race naine dont il fixait l'habitat vers les sources du Nil. Il fallut «pie Stanley retrouvât ces nains vingt siècles plus tard pour qu’on cessât de tourner en ridicule les récits du « Père de l'Histoire ».
- Stanley lui-mème n’entra jamais en contact avec eux; il ne put que constater que la grande foret con-
- golaise « servait de retraite à des hordes de petits hommes très rusés et très belliqueux ». Sir Ilarrv Johnston fut le premier à nous fournir des informations précises sur cette race mystérieuse, au retour de la mémorable exploration où l'illustre écrivain, naturaliste et homme d’Etat, découvrit l’okapi [okapi a Johnsloni).
- Précisément, le colonel llarrison s’était rendu l’an dernier dans la foret d’Ituri, appelée aussi forêt de Stanley, avec l’espoir d’y capturer un ou plusieurs okapis. Cette partie de sa mission échoua. Par contre, il put vivre quatre mois au milieu des Pygmées et décider quatre hommes et deux femmes de la tribu à le suivre en Europe.
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- V '
- Les six l’yguiées, accompagnés île leur interprète, un nègre soudanais, sur le vapeur qui les conduisit d’Alexandrie à Brindisi.
- Mais ce fut au prix de mille difficultés que les six nains purent accomplir le lointain voyage. Nous noterons seulement que le colonel llarrison et ses protégés furent retenus à Khartoum, puis au Caire, pendant plusieurs semaines, certaines sociétés philanthropiques d’Angleterre ayant mené une violente campagne contre leur expatriation. L'explorateur dut prouver à lord Cromer et au gouvernement anglais que les nains l’accompagnaient de leur plein gré.
- On pense bien que les six Pygmées ont été dûment mensurés par les anthropologistes anglais, depuis leur arrivée à Londres. Les résultats obtenus concordent avec la savante description que publia en 1902 sir Ilarrv Johnston. Leur taille moyenne est de 4 pieds 6 pouces pour les hommes et de 4 pieds 1 pouce pour les femmes. Le plus grand spécimen de Pygmée ren-
- 33* année. — 2e semestre.
- contré par sir Ilarrv avait 5 pieds de haut (soit environ 1U1,50) et il mensura plusieurs femmes adultes qui n'atteignaient pas lm,20.
- Cette petitesse n’est ni un accident ni une anomalie. Nous nous trouvons en présence d’une race dont les caractères ethniques sont nettement accusés. Les Mhutés, Ba-Mbutés ou Wa-Mbuttés, pour donner à ces négroïdes plusieurs des noms sous lesquels ils sont désignés, forment incontestablement un groupe à part dans la grande famille africaine.
- Les deux traits qui les caractérisent plus particulièrement sont la forme du nez et celle de la lèvre supérieure. Voici ce que dit sir Jlarry Johnston du premier de ces organes chez les Pygmées.
- « Leurs os nasaux ont une saillie à peine appréciable; la base du nez est démesurément large. Les
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- deux ailes sont grandes et proéminentes ; elles occupent, à quelques millimètres près, le même plan que l’extrémité de l’organe. »
- La lèvre supérieure est plus longue et plus protubérante que chez les autres nègres; en outre, elle est plus « tombante ». Mais d’autres traits physiques appellent l’attention de l’anthropologiste. Le menton est très court et rentrant. Le cou est si trapu que la tète semble enfoncée entre les épaules comme chez les anthropoïdes. Les nates ont un développement qui rappelle l’une des « beautés » de la Vénus Hot-tentote. Les jambes sont courtes, mais vigoureusement musclées. Les pieds sont plutôt grands; ils ont tendance à « rentrer en dedans ».
- L’étude du système pileux va nous fournir des caractéristiques non moins dignes d’attention. Chez la plupart des Pygmées, les cheveux, laineux et courts, présentent des retlets rougeâtres, comme aussi leur peau, qui n’est jamais aussi noire que chez le nègre proprement dit. La barbe est plus abondante chez ces nains. Sir Harry a mesuré parmi eux des barbes longues de douze à quinze centimètres ; mais les tra-fîcants arabes lui ont affirmé avoir rencontré des Pygmées dont le menton et les joues portaient une véritable toison, longue de plus de0m,50.
- Ne passons pas sous silence une curieuse observation de l’illustre explorateur. Les femmes comme les hommes ont le corps entièrement couvert de ce fin duvet qui s’observe également chez nos enfants de race blanche, mais qui persiste chez le Pygmée adulte, en gardant une nuance roussâtre ou jaune-marron ; il est constitué par des poils droits, non bouclés. En plus, les hommes ont la poitrine et le ventre couverts d’une toison souvent épaisse.
- Il est temps de parler des mœurs de cette étrange race. Les Pygmées du Congo sont courageux sans être généralement agressifs, bien que le colonel Har-rison raconte que, l’hiver dernier, pendant son séjour dans la forêt d’Ituri, un parti de Pygmées attaqua une caravane belge, tuant dix-sept porteurs et pillant les marchandises. Mais malheur aux grands nègres voisins qui s’aventureraient dans leur domaine, l’épaisse forêt où l’on n’aperçoit jamais le soleil, même en plein midi ! Armés de leurs sagaies et de leurs flèches empoisonnées, ces minuscules guerriers sont si courageux qu’ils n’hésitent pas à se jeter à la rencontre d’un éléphant en fureur.
- Nomades, ils ne possèdent ni champs ni maisons, et ne se nourrissent que de gibier et de fruits sauvages. Leur mobilier se limite à quelques marmites de terre où ils font cuire la bête abattue sans prendre la peine de l’écorcher ; ils la dépècent et mangent la peau avec autant d’appétit que la viande. Us rongent même les os et les brisent entre leurs dents.
- Ils marchent complètement nus. Cependant, chez les tribus qui vivent sur les confins de la forêt et entretiennent des relations avec les grands nègres, les femmes portent une ceinture de feuilles. Ce n'est pas là leur seul ornement. En examinant avec attention notre photographie, on distinguera deux trous
- sur la lèvre supérieure de l’une des deux femmes. Les élégantes de la Stanley Forest piquent dans ces trous des fleurs, des dents de fauves ou des piquants de porc-épic.
- Le colonel Harrison ajoute quelques notes à ce chapitre de la toilette et de la coquetterie. Hommes et femmes se rasent partiellement le crâne ; certains tracent d’étroits sillons à travers leur chevelure laineuse. D’autres la tressent de façon à produire deux ou trois mèches, où ils insèrent des plumes d’oiseaux ou des queues d’écureuil.
- Absolument dénués d’instincts religieux, ils ne croient ni à un Etre suprême, ni aux mauvais génies. Us pratiquent généralement la polygamie. Mais on soupçonnera que le mariage n’entraîne pas chez eux des cérémonies fort compliquées.
- Dès qu’un Pygmée a huit ou neuf ans (précocité qui ne surprendra pas lorsqu’on saura que ces petits nègres meurent généralement avant la quarantaine), il se préoccupe de prendre femme. Le « prix d’achat » varie selon les tribus. Une femme coûte de trois à quatre sagaies et de dix à quinze flèches. Le fiancé n’est admis à faire sa cour qu’après avoir offert à son futur beau-père plusieurs de ces armes, l’unique richesse des Pygmées. S'il renonce à la belle, les acomptes restent la propriété du père de celle-ci.
- 11 y aurait beaucoup de choses intéressantes à dire sur leurs mœurs familiales. De même que chez les Chinois, la naissance d’une tille est considérée comme une calamité; le père fustige la nouvelle venue jusqu’au sang. Notons cette étrange coutume : les jeunes mères vont parfois voler les nouveau-nés des grands nègres du voisinage, laissant à leur place leurs propres nourrissons.
- J’ai signalé en passant que les Pygmées ne vivent pas vieux. L’existence se fait âpre dans les sombres forêts congolaises : la Nature est une impitoyable marâtre pour ces débris d’une race qui peupla jadis la plus grande partie de l’Afrique. La pluie, qui tombe à torrents durant huit mois, transforme le sol en un marécage. Le colonel Harrison nous apprend que tous les Pygmées, sans exception, souffrent de maladies de la gorge qui se traduisent par une toux « dure et rauque ».
- Les nains congolais, bien (pie formant une race aux caractéristiques si accusées, ne possèdent aucun langage propre. Ils empruntent les éléments de leur parler aux dialectes des grands nègres, leurs voisins, et en forment une sorte d’hindoustani qui a cours dans toute l’immense forêt. Atitre.de curiosité, voici quelques échantillons de leur vocabulaire, recueillis parmi confrère londonien : Di-tsé, une sagaie; Ma-i, de l’eau; Té-zi-ba, un arc; Li-ké-U-kek-U, une cloche ou sonnette; Mn-li-di, une corne ou trompe: Oh-bé-li, danser; Ma-ri-ab-ba, fumer une pipe.
- J’ajouterai que les Pygmées sont remarquablement intelligents, qu’ils paraissent avoir le don des langues à un degré incroyable, qu’ils excellent dans l’art d’extraire le fer du minerai, de le forger et d'en fabriquer leurs pointes de flèches sans autres outils
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- que des pierres rondes. On les a même promenés en automobile dans Londreset aux environs. Oui oserait, dès lors, douter de leur faculté d’assimilation?
- Noilà certes un spectacle (pie n’aurait pas pu prévoir Hérodote, le parrain de nos petits hommes.
- ^ V. Forbin.
- SAKHALINE
- L’ile Sakhaline est une des plus grandes îles du monde entier; elle a 75 360 km2 de superficie, et s’étend exactement entre le 54° et le 46° de lat. Au nord, sa pointe extrême, le cap Sainte-Élisabeth, pénètre dans la mer d’Okhotsk ; au sud elle a la forme d’un fer à cheval et renferme la haie d’Aniva. Elle n’est séparée de Yéso que parle détroit de Lapé-rouse. L île est très longue, mais par contre sa largeur varie entre 25 et 250 kil. Elle est séparée, l’été, du continent par le détroit de Tartarie qui, tous les ans, est pris par les glaces de telle façon que les traîneaux de chiens peuvent traverser la mer et conduire la poste de Sakhaline à Nikolaïevsk.
- A Alexandrevsk, bourgade où habite le gouverneur de File et qui est située exactement sous le 51° de lat. , la moyenne de la ^température du mois le plus froid est de — 16°, du mois le plus chaud 16° 1/2. Au sud de l’ile, la température est sensiblement la même, sauf pour le mois le plus froid (— 12° au lieu de —16°). Bien que l’ile ne soit pas située très au nord, le climat y est donc très rude: un courant froid, qui vient de la mer d’Okhotsk et qui la baigne à l'est, y apporte de gros blocs de glace, et parfois on a pu en photographier au mois de juillet même. 11 ne faut d’ailleurs jamais creuser longtemps pour trouver la terre glacée, même en été. Il semble résulter de ces faits très précis que la Russie s’est trompée lorsqu’elle a voulu faire de Sakhaline une colonie agricole. Les forçats y ont travaillé d’ailleurs avec mollesse, mais même s’ils avaient été plus opiniâtres et plus courageux, leurs efforts se seraient brisés contre les rigueurs et les obstacles de la nature. Pourtant, sur le golle d’Aniva et dans certaines vallées où la température est plus clémente, l’agriculture a pu nourrir ceux qui ont consenti à travailler.
- Si l’ile est impropre à la culture, elle est en outre très inhospitalière. 11 est difficile d’y aborder; ses cotes déchiquetées n'offrent aucun bon refuge aux bateaux, et, des que le vent souffle, les navires qui ont jeté l’ancre devant Alexandrovsk s'empressent de fuir et d’aller chercher un refuge dans la haie de Gastries sur la côte du continent. Lorsque je me trouvais à Alexandrovsk, le bateau, qui faisait deux fois l’an le service entre Odessa et Sakhaline et qui y amenait toujours de nouveaux forçats, s’approcha du bord trois jours de suite et chaque fois, devant un vent contraire, dut lever l’ancre et s’enfuir : les habitants sur le rivage attendaient, car ce bateau, qui apparaissait pour disparaître aussitôt, apportait les lettres impatiemment attendues et les rares nouvelles qu’ils pouvaient recevoir du pays.
- L’été, après la fonte complète des glaces, le détroit de Tartarie s’encombre de brouillards; et un capitaine qui naviguait depuis longtemps entre Vladivostok et les ports de la mer d’Okhotsk, faisant escale à Sakhaline devant Korsakovsk et Alexandrovsk, dans les haies excellentes du continent, à Sainte-Olga, il Port Impérial qui n’a d’impérial que le nom, à la baie de Gastries et enfin à l’embouchure de l’Amour, un capitaine, dis-je, me racontait que bien souvent il avait navigué dans le brouillard, à tâtons, au mois de juin, pendant toute la traversée. Aussi les bateaux sont peu nombreux dans ces parages inhospitaliers, et quand on a la chance de voyager par un beau temps, on en aperçoit pourtant trop qui sont restés abandonnés, échoués, désemparés sur les rochers de la côte. A Alexandrovsk, lorsqu’à lieu le reflux, les mâts d’un bateau apparaissent sinistrement hors de la mer qui l’a englouti.
- Le spectacle est donc triste et sombre à l’extérieur de l’ile. Il est souvent plus pénible encore à l’intérieur; car l’intérieur de l’ile c’est le bagne, et Pair du bagne est lourd à respirer ; on se sent entouré par la malveillance, et même lorsqu’on veut faire du bien aux malheureux qui vous approchent, ceux-ci restent soupçonneux, ils se défient de vous, ils ne croient plus à la bonté. Je me souviens toujours de l’impression de délivrance que j’ai ressentie, lors-qu'après avoir accompli à Sakhaline la mission dont j’étais chargé, je partis une nuit sur un bateau japonais : ce furent des cris joyeux, qui m’accueillirent, tels que depuis longtemps je n’en avais plus entendu. J étais dans le port japonais d’Olaro, et, avec une joie enfantine, je m’égarais dans les rues; les Japonais travaillaient ou bavardaient gaiement, de petites femmes gracieuses passaient en s’abritant sous des parasols roses, enfin, après tant de jours passés dans la pénible tristesse du bagne, je voyais vivre, j’entendais rire autour de moi.
- Les condamnés de Sakhaline sont d’abord enfermés dans des baraques en bois : ce sont les prisons de correction et d’amélioration ; ils passent de l’une dans 1 autre. Ils vivent entassés les uns sur les autres, travaillant le moins possible, sûrs d’ailleurs de ne pas mourir de faim, qu’ils prennent de la peine ou non. Hans les prisons de Sakhaline, jamais un paresseux n'apprend à travailler; un travailleur, au contraire, y apprend presque toujours la paresse. Les chefs de prison le plus souvent, à Sakhaline, ont vécu d’exactions, et ils ont su gagner des rentes de façon peu scrupuleuse ; les gardiens ont aussi imité leurs maîtres et ont fermé les yeux sur des faits scandaleux, quand des prisonniers leur donnaient quelques raisons bien sonnantes pour s’assurer leur complicité.
- Le temps le plus dur pour le condamné commence le jour où il quitte la prison : il a déjà supporté des souffrances terribles, il est venu enfermé dans les cages de fer, dans la cale du bateau Iaroslav, supportant les chaleurs suffocantes de l’océan Indien, au milieu de ses compagnons de bagne empilés les
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- lins sur les autres ; il a connu ensuite toutes les horreurs de la prison, mais il a mangé presque à sa faim : il lui reste une autre souffrance à connaître. L’inspecteur de la colonisation a découvert dans une vallée un espace moitié brousse, moitié foret, où il ne serait pas impossible d’établir un village : on fait sortir des hommes de prison, on indique à chacun la place destinée à sa future installation, on lui donne à crédit une seie et une hache, des cordes et des clous, des provisions de farine et de thé pour un temps fixé et on lui dit : construis ta maison, défriche ton champ.
- Elle n’est pas facile à construire la maison, et surtout il est difficile à défricher le champ qu’il
- faut créer d’abord. Meme si le condamné y travaille de tout son cœur, les années mauvaises sont plus nombreuses que les bonnes, il se décourage vite; d’ailleurs il n’y travaille jamais avec ardeur, il est anémié par la vie de prison, puis il se dit : « à quoi bon! » et il ne cherche plus que l’occasion, facile à trouver, de commettre un nouveau délit qui lui permettra de rentrer dans la prison où la vie est dure, où l’on est maltraité, mais où l’on a du pain. Si le malheureux est marié, la situation change : de triste qu’elle était elle devient écœurante. Les femmes sont rares au bagne et de douteuse moralité.
- On pense quels enfants peuvent naitre de pareilles gens : la génération née dans l'ile est plus elïron-
- Fig. 1. — Sakiiuline. Famille Orolclionc.
- tément corrompue peut-être que celle dont elle est sortie. Toute cette population de forçats et fils de forçats peut être évaluée à environ 30 000.
- J’ai visité presque tous les villages de forçats établis dans les profondes vallées de ces grands torrents qu’on appelle la Tyme et la Porouaï : ce sont là les deux grands cours d’eau rapides et impétueux, qui descendent des montagnes abruptes assez élevées et volcaniques qui forment, soulevant des couches sédi-mentaires de formation crétacée, l’ossature de l’ile Sakhaline. Sur ces torrents, des indigènes, malgré de nombreux rapides, conduisent adroitement leurs frêles barques, minces et longues, semblables à nos « périssoires ».
- Les indigènes de Sakhaline sont des Guiliaks, des Aïnos, dès Orotchones : les premiers vivent dans la
- partie septentrionale de file et restent donc soumis aux Russes; ils habitent surtout le bassin de la Tyme. Les Orotchones sont établis dans la Poronaï, et les Aïnos dans le sud de l’ile. Les exigences d’une vie semblable, sous un même et très dur climat, font qu’il ont le même genre d’existence : pourtant ils sont très différents les uns des autres. Les savants discutent encore et discuteront longtemps sur l’origine des Aïnos. A mon avis, plus curieux encore sont les Guiliaks qu’on englobe ordinairement dans les populations toungouses, si nombreuses dans l’Extrême-Orient russe, et qui toutes portent des noms différents : Oroks, Orotchones, Oltchet, Birars, Manègres, etc. Les indigènes de Sakhaline vivent de pêche et de chasse, de pèche surtout. Ils habitent le long des rivières à la lisière des forêts ;
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- les chiens constituent leur seule richesse, ils les emmènent à la chasse, les chargent de la garde du campement, les attellent rimer aux traîneaux, les
- mangent quand ils sont vieux et font des vêtements avec leurs peaux.
- Ils habitent des maisons enfumées, souvent bâties
- Fig. 2. — Entants Aines.
- sur pilotis ; dans l'unique chambre où il semblerait sont parfois dix ou quinze. Us ne connaissent guère que quatre individus seraient gênés pour vivre, ils de cérémonies que celles très rares qui leur viennent
- Fig. 3. — Pêcheries japonaises.
- du chamanisme; la propriété est commune et le mariage n'est pas célébré, il est décidé simplement par les parents comme un fait très naturel.
- Pourtant, chez les Aïnos, existe la fameuse et pit-
- toresque fête de l'ours1. Un ours qui a été élevé par eux est solennellement immolé, et son âme va porter à Dieu les désirs des indigènes, qui voudraient 1 Voir Paul Latihê, Un bagne russe. Librairie Hachette.
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- avoir beaucoup de bêtes à fourrures pendant l’hiver, de phoques et de poissons pour l’été.
- La pêche telle qu’ils l’entendent est tout à fait irrationnelle : près de chaque campement, des poissons pendus sèchent au soleil, qui seront la nourriture de l'hiver. Les Lusses ne leur ont rien appris, ils leur ont plutôt enseigné quelques vices; les Japonais, qui ont employé les Aïnosdans leurs pêcheries, les ont souvent exploités et leur ont apporté des maladies. I n vieux Guiliak, très philosophe, à qui je demandais ce qu’il préférait du Lusse ou du Japonais, me répondit gravement, sa pipe à la bouche :
- « Celui ([lie je vois le moins souvent ! », ;
- Il y a nombre de richesses dans l’ilè, charbon, naphte, mines d’or; mais le charbon né semble pas encore arrivé à maturitâcomplète si l’tm en croit les capitaines, le naphteme paraît pas! facilement exploitable ; quant aux mines d’or, leurRmportance est loin d’être prouvée. Le golfe d’Aniva abonde en plantes aquatiques, en choux de mer dont les Chinois sont très friands : il y a là ung exportation très importante à faire, mais c’est toujours le poisson qui est la grande richesse et qui sera pour les Japonais d’une importance incomparable.
- On peut dire que le Japon tout entier est amendé par des engrais; jadis on employait à cet usage les cosses des haricots de Chine et de Corée et aujourd’hui surtout les harengs de Sakhaline ; les harengs arrivent en bancs compacts, le Lux les apporte au rivage et le reflux les laisse entassés sur la grève : les Japonais les ramassent à la pelle, les font passer sous la presse, puis sécher au soleil; ils les emballent et les expédient à Hakedaté, la grande ville de Yeso qui contient les grandes poissonneries du Japon. Les pêcheurs japonais payaient un droit à la Russie. Outre le hareng, beaucoup d’espèces de saumons, surtout la kéta et la gorboucha ou bossue, peuplent les rivières de Sakhaline; si les Japonais savent organiser une pêche rationnelle, dans leur pays, ils trouveront dans la Naïba, dans la Poronaï, dans toutes les petites rivières des golfes de Patience et d’Aniva, des saumons en abondance.
- Personnellement, je suis persuadé que les Japonais sauront exécuter à Korsakovsk des travaux qui'en feront un véritable port : la partie méridionale dé Sakhaline sera une source de richesses incomparables [tour le Japon, l’avenir le démontrera bientôt. Ce que garde la Russie ne vaut pas ce qu’elle donne : il est vrai qu’elle ne le donne pas volontairement.
- Paul Labbé.
- ÉROSIONS DES COTES PAR LA MER
- La catastrophe qui vient de se produire au cap de la Hève, entraînant 700000 mètres cuhes de roches et la perte de plusieurs vies humaines ne nous invite, qu’avec trop d’actualité, hélas! à attirer l’attention une fois de plus sur la rapide destruction des côtes maritimes!
- Le Cap de la Hève, à base argileuse friable,
- est malheureusement un point classique, comme exemple du recul des côtes : ce recul n’est pas inférieur à 2 mètres par an en moyenne; jusqu’à Rruncval, près du Cap d’Antifer, tout le rivage est couvert des ruines de la falaise. Sous les phares de la Lève, la démolition est presque incessante ; il y à dix-huit mois une tempête d’hiver a complètemenl bouleversé la si pittoresque valleuse de Saint-Jouin.
- Les mouvements de la mer produisent sur le littoral des effets corrélatifs. D’abord, en nombre d'endroits, l’érosion des côtes et, ensuite, le transport, le long des plages, des matériaux ainsi désagrégés (jui vont se déposer en diverses places souvent fort éloignées du lieu d’origine.
- Lorsque la mer baigne le pied d’une falaise et que les vagues, poussées par la tempête et aidées par les courants, viennent se briser contre elle, il se produit, à la base, des érosions et des cavités qui, mettant en surplomb les parties hautes de ces falaises, amènent la chute successive de blocs souvent énormes. Ces effets destructeurs portent sur toutes les sortes de roches, mais ils sont, bien entendu, d’autant plus rapides que les matériaux ainsi attaqués sont plus friables. Les falaises de granité, de gneiss ou de porphyres, subissent des détériorations importantes, quoique généralement assez lentes. Ainsi, à la pointe sud-ouest de l’Angleterre, entre le Cap Land’s End et les îles Scilly, un vaste territoire de plus de 587 kilomètres carrés a été envahi par la mer. Les granités de Land’s End, représentés par la figure 5, montrent bien les effets de destruction sur cette côte, qui reçoit directement le choc des vagues de l'Atlantique : c’est la fissuration de la roche en plans entre-croisés qui favorise sa démolition.
- Un autre exemple est celui des falaises de Moher sur la côte occidentale d’Irlande. Ces falaises de 200 mètres de hauteur sont taillées dans le mills-tone grit carbonifère; malgré sa dureté, cette roche s’écroule fréquemment, toujours en raison de la fissuration (fig. 5).
- La figure 6 montre les arcades naturelles de l’île de Mull fort élevées au-dessus de la mer, creusées dans le basalte et la figure 4 les pointes en porphyre de l’Estérel, ruinées aussi par leur fissuration.
- Les falaises taillées dans le calcaire ou dans des matériaux de nature friable sont soumises, au contraire, à des destructions bien plus rapides : telles les falaises crayeuses qui bordent les côtes normandes, entrera Vire et Calais et celles qui leur font face, sur les'cotes anglaises, entre file de Wight et South ForelandNLa mer y creuse souvent des grottes profondes et y découpe, dans les couches plus friables, des portes et aiguilles comme celles d’Étretat (fïg. 7) et d’Arromanche (Demoiselle de Fontenailles).'
- Un exemple intéressant est celui des falaises de Kodoch, sur la mer Noire, taillées dans des schistes tertiaires très tendres, redressés (fig. 8) jusqu’à la verticale et dont les, joints’de stratification provoquent des éboulements par tranches.
- On voit sur les figures 1 et 2 une arcade natu-
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- relie entre Bidart et Biarritz, telle quelle a été photographiée en 1900 par M. Martel, auquel nous devons d’ailleurs toutes les figures ci-jointes. En 1901, toute cette pointe et son arcade ont été enlevées par une seule tempête. Elles terminaient la falaise de Handia, au moulin de Larralde et se composaient de calcaires marneux nummulitiques1. La destruction si rapide de cette masse rocheuse importante est un des plus remarquables exemples connus de la force mécanique des vagues, et devra désormais être citée comme un lait classique de ce genre de phénomène. Si, à cette cause principale de destruction nous ajoutons celle provenant des infiltrations des eaux douces qui, à la suite des gelées, deviennent une raison nouvelle de désagrégation, il est facile de s’expliquer le recul constant du littoral qu’on remarque en nombre d’endroits.
- On pourrait peut-être encore ajouter à ces causes prédominantes les mouvements lents du sol, qu’on remarque en Scandinavie et dont le tunnel de Tor-ghatten* est un exemple frappant; et ceux aussi que les géologues anglais ont constatés, sur les côtes de Grande-Bretagne et qui, sur la côte Est, par un affaissement lent du sol, semblent rapprocher le niveau de la mer du pied des falaises et des plages érodées.
- On estime à 30 centimètres en moyenne la bande de falaise érodée chaque année par la mer sur les côtes normandes, entre Barfleur et la Somme. C’est un volume de plus de 5 millions de mètres cubes de terres, pierres ou galets que les flots enlèvent à la côte. Sur les côtes crayeuses anglaises qui lui font face un phénomène semblable se produit et on estime à environ 4 millions et demi de mètres cubes le volume ainsi enlevé sur ces côtes. C’est donc un volume de près de 10 millions de mètres cubes de matières que la Manche arrache annuellement des côtes françaises et anglaises et jette sur la plage.
- La pointe de Grave, cette longue langue de terre argileuse, qui constitue l’extrémité de la rive gauche de la Gironde à son embouchure, et qui est protégée par des dunes de sable, est également menacée par la mer. De 1825 à 1855 la côte du Médoc qui fait face à la mer avait reculé de 550 mètres vers l’est, et une vaste échancrure appelée l’anse des Huttes, qui n’était plus séparée des marais de Yerdon que par une -dune de 500 mètres de largeur, faisait craindre un isolement de la pointe de Grave du continent, par la création d’une nouvelle embouchure de h Gironde, qui eût complètement modifié le régime des marées de ce fleuve au grand détriment de la navigation. De plus, la pointe de Grave, dans le même laps de temps, avait reculé de plus de 600 mètres. Pour arrêter ces érosions, dont les conséquences auraient pu être désastreuses, des épis et des murs de mer d’une résistance exceptionnelle ont été construits. Plus de 12 millions de francs ont été dépensés pour la conservation de la pointe de Grave.
- Des effets d’érosion aussi importants se remar-
- ' V. L. Bertrand. Bull. Société géologique de France, il février 1902, 4e s., t. II, août 1902.
- a Vov. n° 1176, du 15 décembre 1895, p. 19.
- quent sur le littoral anglais, principalement sur la côte Est. Les falaises argilo-ealcaires du Yorkshire, comprises entre Flamborough-Head et l’embouchure de l’Humher, reculent annuellement de 5 mètres et on a calculé que près de 2 millions de tonnes de matières grosses et fines sont arrachées de ces côtes pendant le même laps de temps. Depuis l’époque romaine, la surface ainsi enlevée par la mer, sur cette partie du littoral d’une longueur de 60 kilomètres, peut être estimée .à environ 55 000 hectares, c’est-à-dire une surface à peu près égale à celle occupée par l’agglomération londonnienne. De nombreux villages, dont on retrouve les traces au-dessous du niveau de la mer, ont disparu sous les eaux. Des faits semblables se remarquent sur les côtes des comtés de Suffolk et de Norfolk. Le recul du littoral y est rapide et constant, et de nombreux villages menacent de disparaître par suite de l’érosion des côtes.
- Il résulte de documents officiels que, pour l’Angleterre seulement, la surface enlevée de 1867 à 1900 peut être évaluée à 24 000 hectares. Pour la Grande-Bretagne, en y comprenant l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande, le ministère de l’Agriculture a estimé à environ 74 000 hectares la diminution de surface des deux îles, de 1867 à 1900.
- Les côtes qui limitent à l’est et au sud-ouest la grande haie profonde, au fond de laquelle débouchent l’Elbe et la Weser, sont également profondément attaquées par les vagues de tempête. Toutes les îles, telles que Norderney, Wangenroog, qui bordent le littoral de la Frise allemande, se modifient chaque jour, sans que, cependant, leur surface paraisse se changer et des travaux de défense importants ont dû être établis.
- Il en est de même des côtes du Schleswig qui limitent à l’est cette baie. Le littoral de File de Sylt se modifie sans cesse et des épis très solides ont été construits sur la côte Ouest de cette île, qui reçoit directement le choc des lames. Plusieurs millions de francs ont été dépensés par le gouvernement allemand pour la défense des côtes de la baie allemande.
- L’ile d’IIelgoland, isolée au milieu de cette haie, résiste difficilement aux attaques de la mer, malgré les travaux de défense exécutés récemment et que nous avons décrits dans La Nature1.
- Le littoral allemand de la Baltique, formé en partie de terrains quaternaires et, sur une assez grande longueur, de cordons littoraux surmontés de dunes puissantes qui séparent de la mer les bassins intérieurs du Frische Haff et du Kurische Haff', où viennent déboucher la Yislule, le Prégel et le Niémen, est lui-même fortement attaqué par la mer.
- Les côtes du Mecklembourg, formées de falaises peu élevées d’argiles à blocaux, reculent chaque année d’une manière constante, quoique cette régression varie suivant les endroits. Elle atteint en quelques points, notamment près de Warnemiinde, 2 mètres par an, tandis que dans d’autres elle ne dépasse pas 60 centimètres.
- 1 Yoy. n° 1650, du 7 janvier 1905, p. 91.
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- LA NATURE.
- tig. 1. — Arcade détruite eu l'.ttll à lîidart (Basses-Pyrénées).
- En fait, pour un front de nier de 60 kilomètres de longueur, la perle totale des eûtes peut être estimée à environ 50 millions de mètres cubes par siècle.
- Depuis longtemps déjà, mais surtout dans ces dernières années, le gouvernement allemand a dépensé des sommes considérables pour arrêter ces
- Fig. 2. — I.a même arcade, vue de loin.
- érosions de la Baltique, ainsi que pour la fixation des dunes; et des méthodes fort intéressantes ont été employées par les ingénieurs pour cette fixation, méthodes sur lesquelles nous avons l’intention de reven ir u l térieurement.
- À propos de la Baltique, qu’il nous soit permis de rappeler un phénomène qui lui est particulier, dont M. Rabot a parlé dans La Nature 1 et qui, sans
- examen plus approfondi, pourrait faire croire à des mouvements d’oscillation du sol, comme ceux dont nous avons parlé tout à l'heure, tandis que, au contraire, ils ne proviennent que d’effets beaucoup plus simples, dus aux tempêtes violentes et à l'isolement presque complet de la Baltique du reste de l’Océan.
- Sous l'influence des vents violents de l'est et du nord-est, les eaux de la mer, poussées vers le bassin occidental de la Baltique, viennent frapper les côtes du Mecklembourg et du Schleswig. Ne trouvant pas
- Fig. 5. — F.ranits du Cap Land's End (Angleterre).
- des sections d’écoulement, suffisantes par le Sund, le grand et le petit Belt, les seuls exutoires de la Baltique, elles se surélèvent sur ce littoral, en produisant une onde dont la hauteur peut atteindre 2 mètres, qui pénètre dans les nombreux estuaires de la côte, coupe les digues et inonde de vastes espaces en
- 1 Yoy. n" 1071, (tu 5 juin 1905, p. 7.
- Fig. i. — Porphyres de l’Estérel, au Trayas.
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- LA NATURE.
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- y constituant de puissants dépôts marins sur ce maritimes. Cette onde repousse dans l'intérieur des domaine soustrait, en temps normal, aux inlluences terres les cordons littoraux en donnant l’impression
- Fis- o. — Falaises de Molier (Irlande).
- Fig. 6. — Basal les perforés de l’ile de Mu II (Écosse).
- d’une côte qui a déjà subi une émersion récente, au bout de quelque temps son niveau normal, lorsque l’ouragan est passé et que la mer a repris On comprend, en présence de pareils résultats.
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- LÀ NATURE.
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- pourquoi, dans ces dernières années, nombre de sociétés savantes, surtout anglaises, se sont préoccupées de cette question vitale, en recherchant les moyens techniques et financiers de mettre, sinon un arrêt complet à ces érosions, tout au moins d’en limiter l’importance, en étudiant les moyens de dé-
- Fig. 7. — Falaises crétacées d’Étrctat (Seine-inférieure).
- fendre les rives aux endroits les plus attaqués par la mer.
- Dans une séance récente de l’Institution des ingénieurs civils de Londres où la question de l’érosion des côtes anglaises était à l’ordre du jour, on a même discuté longuement la question si controversée de savoir si l’État ne devait pas intervenir dans
- Fig. 8. — Cap Kodocli (Transcaucasie, mer Noire).
- les dépenses nécessaires pour arrêter ces érosions. Les avis ont été très partagés et, en fin de compte, on s’est rallié à l'idée un peu platonique de la création d’une commission royale chargée d’étudier la question. A ce sujet, nous devons rappeler un ouvrage fort intéressant ayant pour titre : The sea Coast, où M. Wheeler étudie en détail les érosions des côtes anglaises.
- Que devient cette masse énorme de matériaux érodés du rivage ou précipités du haut des falaises
- sur la plage qui en forme la base. Ces matériaux sont d’abord désagrégés par la mer ; une partie est dissoute et les plus résistants restent en dépôt sur la plage, en formant un talus plus ou moins in-eliné, suivant la densité et la grosseur des parties résistantes ainsi isolées.
- Sous l’influence des vagues soulevées par la tempête, ainsi que sous l’influence des courants, ces matériaux repris par la lame et roulés les uns contre les autres, prennent à la longue la forme arrondie des galets. Les plus gros sont charriés par les vagues à la limite supérieure de l’estran, en formant ce bourrelet caractéristique qui indique, sur les plages de galets, la limite supérieure atteinte par la mer pendant les tempêtes. En se retirant, la vague qui forme ce qu’on appelle la lame de retour entraîne avec elle les matériaux plus légers, en les classant par ordre de grosseur jusqu’à la limite inférieure de l’estran où, le plus souvent, on ne rencontre que du sable mêlé de quelques graviers.
- Poussés par les vagues de tempête qui, le plus généralement, frappent obliquement la côte, ces masses de galets avancent progressivement le long de la plage, diminuent insensiblement de grosseur par leur frottement les uns contre les autres, pour, finalement, se transformer en sables plus ou moins gros. Poussés par les vagues et les courants, ces matériaux, dans leur cheminement le long des plages, s’accumulent contre les points saillants de la côte, comblent les baies qu’elles rencontrent sur leur passage, obstruent les estuaires des différents cours d’eau qui s’écoulent dans la mer, en y formant des barres et, finalement lorsque, après une longue trituration, elles ont été transformées en sable, viennent constituer ces immenses bancs de forme si caractéristique, qu’on voit le long des côtes françaises et belges de la mer du Nord ou des dunes à l’abri desquelles se déposent les alluvions charriées par les fleuves, et que la main de l’homme a ensuite transformées, comme sur les côtes des Flandres et de Hollande.
- Ce sont les débris provenant des côtes du Calvados, joints aux sables arrachés par la mer aux hauts fonds existant à l’ouvert de l’estuaire de la Seine, qui obstruent cet estuaire et en rendent si difficile l’amélioration C Ce sont, de même, les matières sablonneuses provenant de la désagrégation des côtes Est et Sud de l’Angleterre, qui produisent les nombreux bancs de sable obstruant l’estuaire de la Tamise.
- Comment éviter ou, tout au moins, limiter ces érosions des côtes dont les conséquences, comme nous venons de le dire, sont si désastreuses, tant au point de vue économique qu’au point de vue de la navigation, puisque, dans ce dernier cas, elles ont pour effet immédiat de tendre à obstruer les estuaires des fleuves et les chenaux qui donnent accès dans les ports. C’est ce que nous examinerons dans un prochain article. R. Bonnix.
- 1 Voy. n° 1573. rlu 18 juillet 1903, p. 97.
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- LA NATURE.
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- LÀ TRACTION ÉLECTRIQUE À BOLOGNE
- La Compagnie d’électricité Thomson-Houston de la Méditerranée a terminé dernièrement la transformation de la traction sur le réseau des tramways de Bologne ; les nouvelles dispositions adoptées présentent quelques particularités intéressantes, dont nous empruntons la description au Bulletin Thomson-Houston.
- La station centrale, située en dehors de la ville, comprend 4 chaudières à deux foyers intérieurs, d’une surface de chauffe de 65 mètres carrés et pouvant fournir 1500 kg de vapeur par heure, à la pression de 12 atmosphères. Sur chaque chaudière se trouve un surchauffeur de 15 mètres carrés, qui porte la vapeur à 500 degrés. Les gaz chauds traversent un économiseur formé de 160 tuhes d’une surface totale de 150 mètres carrés et s’échappent dans une cheminée de 50 mètres de hauteur.
- L’énergie électrique est fournie par 5 groupes électrogènes d’une puissance de 225 kilowatts. Les machines à vapeur sont à type horizontal, à 2 cylindres compound-tandem, avec distribution à soupapes et à condensation. Elles commandent chacune directement, à la vitesse angulaire de 125 tours par minute, une dynamo Thomson-Houston pour traction, de 400 ampères et 600 volts, mais avec excitation en dérivation seulement. Ces dynamos doivent, en effet, fonctionner en parallèle avec une batterie-tampon d’accumulateurs, sans aucun sur vol leur. Cette batterie comprendra 500 éléments d’une capacité de 550 ampère-heures, mais pouvant être portée à 500 ampère-heures par simple adjonction de plat pies. On a ajouté un survol leur constitué par un moteur de 45 chevaux attelé directement à une génératrice de 50 kilowatts, à excitatrice séparée, et destiné spécialement à recharger entièrement la batterie à intervalles réguliers.
- Le réseau d’alimentation est relié à l’usine par 2 feeders souterrains qui aboutissent au centre du réseau; en cas d’accident, un seul feeder peut assurer le service. Les lignes aériennes sont formées par un ou deux fils de 8,25 mm de diamètre en bronze dur, supportés par des poteaux tubulaires avec fils transversaux. Les voies, à l’intérieur de l’enceinte de l’octroi, sont en rails Phoenix, d’une longueur de 15 mètres, d’un poids de 45 kg environ par mètre, posés directement sur le sol et maintenus à l’aide de tringles d’écartement; à l’extérieur de l’enceinte de l’octroi, les voies sont en rails Vignole, d’une longueur de 15 mètres, d’un poids de 50 kg par mètre et posés sur traverses en bois. L’éclissage des rails a été particulièrement soigné, on a utilisé partout le joint soudé système Falk. En certains points, cependant, quelques croisements ont dù être éclissés à la manière ordinaire et on a employé des connecteurs de 65 mm2 de section, à tète forcée au moyen d’un coin en acier, pour obtenir la continuité du circuit électrique. L’intensité du courant s’élevant souvent à 1000 ampères sur le réseau, on a dù, pour éviter les effets d’électrolyse, placer, en parallèle avec la voie reliant le dépôt au réseau, des rails de 50 kg par mètre, pour augmenter la conductivité de cette voie.
- C’est là une heureuse disposition qu’on ne saurait trop ouer. En effet, dans toutes les installations de traction électrique, le retour du courant n’est jamais assuré, ou tout au moins assuré toujours dans les conditions les plus déplorables. Il en résulte de nombreux accidents d’électrolyse, qui sont parfois très graves et qui, s’ils n’étaient entravés à l’avenir, pourraient certainement attirer de très sérieuses mesures prohibitives.
- L’installation actuelle des tramways électriques de Bologne comporte un réseau d’une longueur de 27,1 kilomètres et un développement de voie de 57,4 kilomètres. Les voitures, fournies par la Compagnie Thomson-Houston, sont au nombre de 55, comportant chacune 20 places assises et 15 debout. J. L.
- LÀ CROISIÈRE ARCTIQUE DE « LA BELGICA »
- Le duc d’Orléans a, comme nous l’avons annoncé, entrepris cet été une croisière dans l’océan Glacial, sur la Belgica commandée par M. Ad. de Gerlache, le sympathique chef de l’expédition antarctique belge. Bien que le voyage eût principalement un but sportif, il avait été décidé que la science ne serait pas négligée et que des observations océanographiques seraient exécutées en cours de route, aussi fréquemment que le permettraient les circonstances, d’après un programme arrêté de concert entre le commandant de Gerlache et le Conseil international pour l’exploration de la mer. A cet effet la Belgica avait été munie d’un outillage complet pour les sondages, dragages, prises d’échantillons d’eau et observations thermométriques à diverses profondeurs, et M. Koefoed, attaché au laboratoire océanographique de Bergen, avait été embarqué pour prêter son concours au commandant du navire dans ces opérations.
- Une lettre que nous adresse M. A. de Gerlache, de retour à Reykjavik après sa croisière dans l’Arctique, nous permet d’annoncer le succès scientifique de cette campagne.
- Quittant Tromsô dans les premiers jours de juin, la Belgica a d’abord visité le Spitzberg, puis, après un séjour dans cet archipel, s’est dirigée vers la côte nord-est du Grônland. On sait qu’entre ces deux terres dérive vers le sud une puissante banquise, dont le bord oriental, sous le parallèle du Spitzberg central, oscille, en été, suivant les années, autour du 0° de Gr. — Partant de l’île d’Amsterdam, située dans le voisinage de l’extrémité nord-occidentale du Spitzberg, le commandant de Gerlache fit route dans le nord-ouest pour reconnaître la position de la lisière Est de cette banquise. Une fois la situation de la glace établie, on en suivit le bord vers le sud jusqu'au 76° 10' de latitude, par 6° de longitude O. de Gr. — Comme, en ce point, le pack semblait plus ou moins « ouvert », M. de Gerlache n’hésita pas à l’attaquer et à essayer de gagner directement la côte Est du Grônland à travers cette masse de glace.
- En dépit d’une brume intense presque constante cette manœuvre eut un plein succès, et, le 26 juillet, h Belgica arrivait en vue du Grônland, devant les îles Koldewey (76° 50' de lat. N.). De cet archipel on fit route au nord en suivant la côte. Des plaques de glace étendues et très résistantes étaient encore, en nombre de points, adhérentes à la terre. De là de longs détours pour chercher un passage libre et de fréquents assauts pour ouvrir un chenal. Finalement, par 78°10' de latitude nord, la Belgica était arrêtée par une banquise impénétrable. De là elle se fraya vers l’est un passage à travers le pack, afin que l’état-major put exécuter des opérations océanographiques dans cette partie de l’Océan demeurée inconnue. Ces observations terminées, l’expédition du duc d’Orléans prit la route du sud et le 22 août elle arrivait à Reykjavik.
- Bien que, pendant toute la croisière du Spitzberg au Grônland et le long de cette dernière terre, la brume ait été pour ainsi dire constante, — 8 à 9 jours sur 10 —
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- LA NATURE.
- 75 nouveaux sondages ont pu être effectués, dont un grand nombre dans la région absolument inconnue comprise entre le Grônland et le Spitzberg. De plus, 50 stations océanographiques et biologiques complètes ont été faites, comportant plus de 500 à 000 observations de température et prises d’eau depuis la surface jusqu’à la profondeur de l2000 mètres. Enfin, un lever sous vapeur de la cote gronlandaise au nord du cap Hismarek a été exécuté. Ce promontoire marquait jusqu’ici la limite de nos connaissances dans cette direction, un blanc de la carte des régions arctiques se trouve donc rempli. Dans l’extrême nord comme dans l’extrême sud, le commandant A. dé Gerlache a donc bien servi les intérêts de la science. Charles Rabot.
- L’ARAIGNÉE LABYRINTHE
- L’araignée labyrinthe — de son vrai nom A(/e-lena labyrinthica — est une espèce lort commune et par suite bon-n i à connaître.
- Dans les livres classiques ses mœurs sont décrites d’une manière inexacte ; rectifions-les d’après une belle description qu’en vient de donner J.-H. Fabre dans ses inimitables Souvenirs ento-mologiques1.
- On la rencontre surtout à la base des haies, parmi les herbages, dans les recoins tranquilles et bien ensoleillés.
- On peut aussi l’observer en rase campagne, où ses emplacements préférés sont les touffes de broussailles écourtées par la dent des moutons, lavandes, cistes, immortelles et romarins. C'est là qu’elle tend de larges toiles, de véritables tentes, qui, le matin, s’aperçoivent de loin par suite de la rosée qui se forme sur les fils et miroitent aux premiers rayons du soleil.
- Chaque toile, de l’ampleur d’un mouchoir, recouvre un bouquet de cistes ou d’une autre plante. De capricieuses angulosités et des amarres distribuées à profusion la fixent sur les broussailles. Enlacée de partout, contournée, surmontée, la touffe disparaît, voilée de mousseline blanche. Plane vers les bords, autant que le permettent les inégalités du soutien, la nappe, par degrés, s’excave en cratère et, représente assez bien le pavillon d’un cor de chasse. La partie centrale est un gouffre conique, un entonnoir dont le col, graduellement rétréci, s'enfonce vertical
- 1 Neuvième série, Relagrave, édit. Paris 1005.
- dans le fourré de verdure et plonge à un empan de profondeur. A l’entrée du tube se tient l’araignée. Elle est grise, modestement parée sur le thorax de deux rubans noirs, et sous le ventre de deux galons où alternent des points, les uns blanchâtres, les autres bruns; à l’extrémité du ventre, deux petits appendices mobiles forment une sorte de queue, ce qui, chez les araignées, est assez exceptionnel.
- La nappe cratériforme n’est pas de même structure dans toute son étendue. Sur les confins, c'est une trame de fds clairsemés; plus avant, vers le centre, le tissu devient légère mousseline, puis satin: plus loin, sur les rapides pentes de l’évasement, c’est un lacis de mailles grossièrement losangiques. Enfin le col de l’entonnoir est formé d’un solide taffetas. Celui-ci, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’est pas fermé à sa partie inférieure : il y a là, toujours béante, une porte dérobée par où
- l’animal peut fuir à travers les herbages.
- La toile en question n’est pas à proprement parler l’engin de capture pour l’araignée. Mais regardons au-dessus d’elle. 11 y a là une forêt de cordages. Il en part de chaque brindille du support, il s’en rattache à la cime de chaque rameau. Il y en a de longs et de courts, de verticaux et d’obliques, de droits et de coudés, de tendus et de relâchés; et lout cela se croise, s’enchevêtre, dans un désordre inextricable, jusqu’à la hauteur d’une paire de coudées : c’est un chaos de lacets, un véritable labyrinthe ainsi que le dit le nom spécifique de l’araignée.
- Ces fds, cependant, ne sont pas visqueux et ne capturent, par suite, pas les bestioles à la manière de ceux, si connus, de l’épéire diadème. Jetons, en elfet, un criquet dans ces agrès semblables à ceux d’un navire désemparé par la tempête. Sans position stable sur ces branlants appuis, l’insecte se démène, et plus il se débat, plus il embrouille ses entraves. Au guet sur le seuil de son gouffre, l'araignée laisse faire. Elle n’accourt pas happer le désespéré dans les haubans de la mature; elle attend que le lien des fds tordus et retordus le fasse tomber sur la nappe. 11 tombe, démoralisé, un peu empêtré dans des brins de fds rompus : l’araignée profite de ce désarroi pour sauter dessus et lui plonger scs crocs dans le corps. En
- Fig. 1. — Nid «le l'araignée labyrinthe, vu par dessus.
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- somme, elle chasse un peu à la manière de ces entomologistes qui récoltent des insectes en les faisant tomber dans un parapluie retourné. Quand la proie est paralysée par le venin, l’araignée la suce, en commençant généralement par les cuissots, qui, pour elle, représentent sans doute un morceau de choix.
- La toile que nous venons de décrire ne représente qu’une partie de l'industrie de l’araignée labyrinthe. Quand, en effet, approche le moment de la ponte, elle l’abandonne pour ne plus y revenir et va construire ailleurs un domicile pour ses iuturs petits : ce sont de grossiers paquets de feuilles mortes, confusément assemblées avec des tils de soie, et cachant une poche en tissu tin (pie représente le réceptacle des œufs. Vu ainsi, dans la nature, ce travail parait fort grossier en raison de l’inégalité des matériaux et des tiraillements auxquels il est soumis. Pour le mieux juger, obligeons une araignée à l’opérer sur une terrine pleine de sable, portant au centre un rameau de thym et recouvert d’une cloche en toile métallique. L’uniformité du lieu permet à la iilan-dière de faire un travail très artistique. C’est une enceinte ovoïde en exquise mousseline blanche. Le volume en est à peu près celui d’un œuf de poule. La cabine est ouverte aux deux pôles. Le pertuis d’avant se prolonge en galerie évasée; le pertuis d’arrière s'effile en col d’entonnoir. Le premier sert à la mère pour se cacher tout en veillant sur ses œufs ; l’autre n’a pas un rôle bien défini.
- La structure du nid, on le voit, n’est pas sans analogie avec celle de la demeure en saison de chasse, fait fort intéressant au point de vue de la psychologie comparée. Le vestibule d’arrière représente le col d’entonnoir qui descendait au voisinage du sol, et donnait une issue de fuite en cas de grave péril. Celui d’avant, épanoui en une embouchure que des cordons, cà et là tendus, font largement bâiller, est un souvenir du gouffre où tombait autrefois le gibier. De la vieille habitation, tout s’y retrouve, même le labyrinthe, quoique très réduit : devant l’embouchure évasée s’enchevêtrent, en effet, des fils où se prennent les bestioles qui passent.
- Ce palais de soie n’est, en somme, qu’un corps de garde. Derrière la paroi apparaît le tabernacle des
- œufs étoilé en vague croix d’honneur. C’est une ample poche, d’un blanc mat, isolée de partout au moyen de piliers rayonnants qui l’immobilisent au centre de la tenture. Amincis au milieu, dilatés d’un bout eu chapiteau conique et de l’autre en base de même forme, ces piliers, au nombre d’une dizaine, s’opposent l’un à l’autre et déterminent des corridors cintrés qui permettent de circuler dans tous les sens autour de la chambre centrale. C’est sur ces arcades que la mère circule, veillant sur sa progéniture.
- Cet examen des nids faits en captivité nous montre (pie leur élégance n'est pas à dédaigner. Par contre, l’étude de ceux qui sont faits dans les champs nous apprend autre chose. Eu ouvrant l'un d’eux, on voit
- (pie le contenu de la chambre est un noyau de matières terreuses : les grains de sable en sont agglutinés par un ciment de soie, et le tout offre à la pression une certaine consistance. Au delà de cette couche minérale, il y a une dernière tunique soyeuse qui fait globe autour des jeunes araignées. En captivité, l’araignée ne fabrique pas une muraille de sable, parce qu’elle n’établit pas son nid au contact même avec le sable et qu’il serait trop long d’aller en chercher plus bas les éléments.
- Pendant tout le temps (jue la mère garde ses œufs, elle continue à manger et à chasser ; elle ne meurt que fin octobre. Les petits éclosent vers le milieu de septembre, mais ne quittent pas leur refuge de soie et y passent même tout l’hiver : ce n’est qu’au printemps qu’ils en sortent pour aller s’ébattre au soleil. Henri Coupin.
- UNE NOUVELLE SOURCE D’ALCOOL
- La consommation sans cesse croissante de l’alcool en ces dernières années, de même que les nouvelles applications que l’on fait de ce produit, et les progrès réalisés dans sa fabrication, ont suscité de nombreuses et intéressantes recherches, en vue de tirer parti des diverses substances alcoolisables, et de trouver de nouvelles sources d’alcool susceptibles d’accroitre la production, particulièrement pour suffire aux besoins de l’industrie.
- Parmi les nouvelles sources auxquelles on peut puiser l’alcool, la sciure de bois présente un certain intérêt pra-
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- tique, ainsi que cela résulte des récentes recherches faites par M. A. Classen, professeur à l’École supérieure technique d’Aix-la-Chapelle.
- M. A. Classen vient, parait-il, de mettre en pratique un procédé pour utiliser la sciure de bois, en l’appliquant à la fabrication de l’alcool. 11 emploie, au lieu d’acide sulfurique, de l’acide sulfureux gazeux, qu’il fait dégager au moyen d’un chauffage modéré, ce qui laisse le bois traité à peu près exempt de toutes les substances, qui pourraient empêcher la fermentation du sucre qu’il contient.
- Voici la description que donne un de nos confrères, relativement à l’installation que comporte celte nouvelle fabrication.
- On emploie un appareil à acide, dans lequel on fait la solution de gaz acide sulfureux dans l’eau et où le gaz, après s’être échappé de la chaudière ou digesteur, est absorbé de nouveau par l’eau, puis on fait usage d’une chaudière à révolution ou digesteur ; d’un appareil d’épuisement composé d’une série de cuves à travers lesquelles passe de l’eau pour la dissolution du sucre produit dans la chaudière par le gaz sulfureux ; des cuves à neutralisation, où les différents acides en solution sont neutralisés par addition de carbonate de chaux; et enfin, des chambres de fermentation, et de distillation où les Opérations sont complétées exactement comme dans une distillerie ordinaire.
- Le digesteur contient un tambour de fer à révolution, doublé de plomb et entouré de deux enveloppes pour le chauffage à la vapeur. Ce tambour est presque rempli de sciure, à laquelle on ajoute environ un tiers de son poids de la solution d’acide sulfureux.
- La vapeur introduite dans la double enveloppe fait monter le contenu du digesteur à une température moyenne de 175 degrés, pendant que le tambour tourne lentement, de manière à mélanger complètement les éléments qu’il contient.
- Le gaz s’échappe de l’eau sous l’influence de la température, passe dans le bois et agit directement sur la cellulose, de façon à la convertir en sucre.
- L’opération dure trois heures, pendant lesquelles la pression à l’intérieur du digesteur, pression due à l’expansion du gaz, s’élève à 7 kg ou plus par centimètre carré.
- Le gaz acide sulfureux et la vapeur sont alors chassés du cylindre dans les récipients d’absorption placés dans la chambre à acide, où l’on recueille 75 à 80 pour KiO du gaz, que l’on peut utiliser à nouveau.
- Le digesteur et le manchon qui l’entoure étant refroidis, on enlève le couvercle et on vide le digesteur, dont le contenu ressemble à du café moulu. Cette substance contient les fibres du bois, la cellulose convertie en sucre, et, en plus, différents produits dus à l’action de l’acide et de la chaleur sur le bois.
- L’appareil d’épuisement, composé d’une série de cuves reliées entre elles au moyen de tuyaux et de valves, est muni d’une pompe, de façon à pouvoir faire passer le contenu d’une cuve dans l’autre. Quand le contenu d’une cuve a subi dix lavages, on vide celle-ci et on la remplit de sciure fraîche.
- La solution provenant de l’appareil d’épuisement est pompée dans un récipient à neutralisation, puis dans une cuve à fermentation, où on ajoute delà levure.
- La fermentation commence au bout de peu de temps; quand elle est terminée, le produit passe dans la chambre de distillation munie d’alambics.
- Par ce procédé, on recueille environ 225 litres d’alcool
- brut, ou 1 10 litres d’alcool absolu, d’une tonne de sciure de bois.
- L’extraction de l’alcool de sciure de bois présente donc un-réel intérêt, et ce à plusieurs points de vue. En effet, jusqu’à présent, la fabrication de l’alcool de cellulose n’était pas entrée dans la pratique. On savait seulement que, comme l’amidon, la cellulose peut se transformer eu glucose sous l’action prolongée des acides concentrés. Mais on ne voyait là qu’une curiosité scientifique et non un procédé industriel.
- Il faut ajouter cependant qu’on pensait être parvenu à une solution pratique en désagrégeant le bois par l’action prolongée d’acide chlorhydrique gazeux pur. On extrayait ensuite l’excès d’acide, et on opérait la saccharification comme celle des grains, par une ébullition plus ou moins prolongée avec de l’eau. On a pensé que cette fabrication pourrait être réellement avantageuse.
- Quant à présent, il semble que le nouveau procédé imaginé par le professeur Classen doit procurer de sérieux avantages. L’expérience courante pourra seule nous renseigner à ce point de vue.
- Dans tous les cas, le fait de pouvoir utiliser comme source d’alcool, la sciure de bois — substance de très faible valeur — méritait bien d’être signalé, car il caractérise un progrès technologique et économique, en même temps qu’un nouveau pas accompli dans la production de l’alcool industriel. Henri Blin.
- CHRONIQUE
- Les dilapidations des procédés d'éclairage.
- — L’illustre savant sir James lfewar a communiqué récemment à la Royal Institution des chiffres intéressants sur l’énergie dépensée — utilement ou inutilement — dans la production de la lumière. Avec la bougie, le pourcentage de l’énergie totale transformée en lumière n’est que de 2 par rapport à 98 pour 100 d’énergie non lumineuse ; avec l'éclairage à huile, les chiffres sont identiques et il n’en est pas différemment du gaz. Pour la lampe à incandescence, le pourcentage utile atteint le chiffre encore modeste de 5; il s’élève à 10 avec la lampe à arc, à 15 avec la lampe à magnésium. Et notre science doit rougir d’elle-même quand on compare nos procédés humains avec cette source de lumière créée par la nature, source vivante qu’on appelle la luciole de Cuba, et où l’énergie non lumineuse n’est que de 1 pour 100.
- Radioactivité de quelques sources thermales.
- — Nous avons déjà signalé la radioactivité de diverses eaux minérales. Les recherches à ce sujet continuent et ont permis de faire la même constatation sur de nouvelles sources. Les différentes sources thermales de Wiesbaden, dont les eaux jaillissantes possèdent des températures très différentes, produisent en même temps un abondant dégagement de gaz dont on trouvera ci-dessous la composition :
- SOURCES
- Koianiiiii.YNEN Adlerocelle Sciiutzi.mioi
- 04°, 4 41)0,2
- 75,4 52,0
- 1.0 0,2 23,0 07,2
- Traces. Traces,
- Les gaz recueillis sont radioactifs, c’est-à-dire qu’ils impressionnent la plaque photographique et qu’ils déchargent un électroscope. Leur radioactivité croît au fur et à
- Température 08°, 7
- Acide carbonique.. 84.5
- Oxygène 0,1
- Azote et argon.... 15,4
- Hydrogène sulfuré. Traces.
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- mesure qu’on les débarrasse de l’acide carbonique et de | l’azote. Les dépôts, formés par l’eau et le résidu qu’elle j laisse à l’évaporation, sont également radioactifs. La nature du composé radioactif n’est pas encore établie.
- De même, les eaux des thermes de Gastein renferment une émanation fortement radioactive, se comportant entièrement comme l’émanation du radium. La richesse en substance radioactive varie d’une source à l’autre. On peut expliquer ce fait en admettant que ces sources ont une origine unique, mais qu'elles arrivent à la surface plus rapidement les unes que les autres. Quant à l’origine même de la radioactivité, elle semble provenir des roches profondes renfermant du radium.
- Inc théorie de l'action de la colle. — Le sujet paraît pou important, mais toute matière peut donner lieu à des observations intéressantes. Le Br Fritz Krügcr s’est occupé de la question dans la publication Verhandlungen des Vereins zur Beforderung des Gewerbefleisses, et il signale trois procédés pour solidariser deux substances solides sans recourir aux clous, vis ou rivets : attraction mutuelle, frottement de l’une contre l’autre, ou accrochage réciproque des irrégularités de | surface. Pour lui, l’action de la colle est basée sur j l’attraction : la colle et les enduits analogues n’ont pour j but et pour résultat que de produire deux surfaces absolument identiques se faisant face, et entre lesquelles l’attraction agit de la manière la plus énergique. L’auteur se livre du reste à une étude des plus minutieuses et des plus complètes sur les diverses matières adhésives.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 septembre 1905. — Présidence de M. Troost.
- Effet de l’éclipse sur les végétaux. — M. Bureau adresse une ISote relative à l’influence de l’éclipse sur quelques végétaux. L’auteur se trouvait à Riaillé (Loire-Inférieure) le 30 août dernier; la lune couvrait dans cette localité les 4/5 du disque du soleil. Au moment du maximum l’obscurité n’a guère paru plus intense que pendant un jour- d’hiver brumeux. Les végétaux indigènes, sensibles à l’action de la lumière tels que Yoxalis slricia, n’ont donné aucune manifestation; au contraire les végétaux exotiques cultivés en pleine terre dans la région ont paru impressionnés. Un nénuphar d’Amérique a maintenu sa fleur demi-ouverte ; un mimosa de Turquie a porté ses folioles relevées au lieu de les étaler, enfin 1 ’acania dealbata d’Australie a présenté ses folioles redressées et appliquées l’une contre l’autre. Les animaux domestiques, bœuf, chien, chèvre, poule, etc., n’ont manifesté aucune inquiétude ; au contraire il a été rapporté que les animaux sauvages se sont cachés.
- Les observations faites lors de l’éclipse. — M. Ravet écrit qu’à Burgos les observations ont été contrariées par des nuages, mais que quelques résultats ont pu être obtenus. Il ajoute qu’une expérience faite à Bordeaux par M. Esclangon a permis de démontrer que les observations actinométriques à l’aide de ballons-sondes étaient possibles. M. Libert adresse une Note sur le phénomène des ombres volantes; l’auteur s’était rendu à Tripoli. 11 avait tendu un grand carré de toile. Quelques minutes avant la totalité il a vu se dessiner sur l’écran des ombres composées de bandes parallèles séparées par des espaces lumineux. Ces bandes se déplaçaient perpendiculairement à leur direction. Le phénomène n’a pas conservé un aspect constant; l’inclinaison des bandes a varié sensiblement. L’auteur a lancé des mongolfières dans le but de
- connaître la direction des courants aériens afin de rechercher s’ils n’exercent pas une influence sur le phénomène.
- M. Mascart fait savoir qu’à Constantine où M. de la Yaulx s’était rendu pour opérer une ascension, un lancement de ballon-sonde a eu lieu également dans le but d’étudier les conditions de l’atmosphère pendant l’éclipse. M. Mascart ajoute que M. Mesliu a étudié la polarisation de l’atmosphère solaire au voisinage du Soleil, c’est-à-dire la polarisation de la couronne. Il a reconnu que la polarisation est rectiligne et atteint 50 pour 100 de la lumière totale. Pas trace de polarisation elliptique. 11 conclut que la lumière peut avoir été réfléchie et réfractée mais non point doublement réfractée. M. Deslandres expose qu’une éclaircie s’étant produite pendant la totalité, il a pu profiter, pour ses observations, d’une durée d’une minute. S’il n’a pu observer le spectre de la couche renversante, du moins il a pu effectuer quelques mesures précises dans le spectre calorifique de la couronne. M. Fabry, qui s’était joint à lui, a effectué des expériences de photomé-trie intéressantes. L’image de la couronne a été obtenue au pôle. Les protubérances ont été observées à l’aide de verres colorés dans le but de rechercher si elles ont un spectre continu. .
- Préparation du terbium. — M. Curie adresse une Note de M. Urbain relative à l’extraction du terbium 11 remarque que cet isolement équivaut à la découverte d’un élément nouveau, l’auteur élucidant un chapitre de la chimie des terres rares. Ch. de Yilledecil.
- UNE TROMBE SUR LE LAC DE ZUG
- Les trombes ou tornados constituent un phénomène météorologique assez rare en Europe. M. le docteur A. Mercier, à Genève, a eu la bonne fortune d’en observer une très belle en Suisse, sur le lac de Zug. C’est son observation que nous donnons ci-dessous. Elle a été faite le 19 juin 1905, peu après 4 heures de l’après-midi, àFelsenegg-sur-Zug1. Comme par un fait exprès personne n’était à Felse-negg en possession d’un objectif. Nous donnons ci-contre une photographie prise de Zug même.
- La température générale était chaude, le ciel se garnissait de nuages, surtout vers l’ouest, tout annonçait un orage dans cette direction, ou peut-être aussi vers le sud-ouest.
- Assez exactement au-dessus du milieu du lac qui s’étendait devant nous, et dans la couche inférieure des nuages, progressivement plus sombres, se forma rapidement un cône de vapeur d’eau, qui, en s’allongeant, descendit tout d’abord en ligne à peu près verticale. En même temps le lac s’était moiré d’une façon toute particulière et il s’était produit à sa surface un tourbillonnement circulaire d’environ 8 à 10 mètres de diamètre. On aurait dit une vasque à bords relevés et retombants, au centre de laquelle l’eau fumait, moussait, paraissait s’élever sous l’aspect d’un jet de liquide, plutôt que de buées.
- Assez promptement, le cône nuageux, descendant toujours plus, affecta vers le haut la forme d’un vaste entonnoir, dont l’extrémité allait en s’amin-
- 1 A 950 mètres au-dessus du niveau de la nier, et environ à 550 mètres au-dessus du larde Zug ;= altitude 420 mètres;.
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- la nature:
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- cissant, pendant qu'un cône intérieur, dont la vasque en question constituait la hase, s’élevait gracile et flexueux et se rapprochait du premier.
- La fusion des deux cônes s’opéra au bout d’un instant; le tout représentant une colonne de plusieurs mètres de diamètre, et d’une hauteur approximative de 1200 à 1500 mètres, reliant, dans sa continuité et sa mobilité très curieuses, le lac et les nuages.
- La trombe ainsi constituée se caractérisait, du dehors vers le dedans, par une sorte de manchon de vapeur d’eau, entourant une zone centrale, très visible dans la partie inférieure, où l'air puissamment aspiré affectait un mouvement en spirale (autant (pie j’ai pu voir, de droite à gauche), extrêmement rapide, de bas en haut.
- Lu outre, on observait de multiples courants, descendants et ascendants, le long de l’épaisse colonne ; enlin, dans le bas, un mouvement giratoire dans lequel se trouvaient entraînées les couches superficielles de l’eau ; la partie haute était remarquable par une intense condensation d’une teinte très sombre. (Observé avecunejumelle.)
- Jusqu’à ce moment , pas une goutte de pluie n’était encore tombée. Un vent d’ouest-nord-ouest, progressivement plus accentué, ploya, sur ces entrefaites, la colonne dans ses deux tiers inférieurs, vers le sud-sud-est, la partie supérieure demeurant à peu près immobilisée grâce à l’action d’un courant en sens contraire et venant du sud-ouest-sud. Le ciel, pendant ce temps, se chargeait davantage, notamment dans la direction de l’ouest et du nord. Au loin, c’est-à-dire peut-être à 2 ou 5 kilomètres eu arrière de la trombe, on voyait se produire des masses de précipitation, et luire des éclairs, tandis que, dans un périmètre assez étendu autour de la trombe, il n’y avait pas de pluie, mais un brassement, un remous d'air, avec,
- dans le voisinage immédiat, et, parallèlement à l’axe de la trombe, de minces éclairs, pour la plupart rectilignes et perpendiculaires à la surface du lac. Le vent grossit. La trombe s’infléchit, le tourbillonnement de l’eau se déplace, fendant à se rapprocher de la rive.
- Sous la poussée du vent, toute la colonne parut s’allonger; son diamètre se rétrécit; elle s'effilocha en ployant davantage dans la direction du Sud-Est.
- Enlin, elle se rompit successivement vers son quart inférieur, puis vers son quart supérieur, chaque
- tronçon affectant des ondulations hélieoïdes, surtout dans la par-t ie plus compacte du milieu.
- Ensuite les fragments se rejoignirent, rétablissant, non plus dans sa forme première, mais sous celle d’un arc de cercle, la communication entre les nuages et le lac.
- L’ensemble fit alors voile vers le Sud, c’est-à-dire dans la direction du rivage et d’un hameau au sujet duquel on n’était pas sans inquiétude; enfin, heureusement, la trombe se rompit de nouveau, et les fragments inférieurs se résolurent en banderoles vaporeuses.
- La partie supérieure (l'entonnoir) conserva pendant quelque temps encore sa forme caractéristique et, si l’on peut dire, sa base d’implantation, pendant que le bout supérieur tlotta comme une gigantesque queue de cerf-volant, avant d’être aspiré entièrement et définitivement vers le haut, où il disparut dans les couches nuageuses toujours [tins épaisses et plus étendues.
- Enfin, le vent se déchaîna et un orage éclata. Le phénomène, dans son ensemble, avait duré 20 minutes environ.
- Le Gérant : P. Masscn.
- Une trombe sur le lac de Zug. (Photographie L. Weiss.)
- Paris. — Imprimerie L.uilhc, rue do Flourus,
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- .V 1087. — 1>5 S KM'KM Mi K 1 905.
- LA NATURE.
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- LE « SÀNTOS-DUMONT XIY »
- Fig. 1. — Vue d'ensemble du ballon « Suntos-lHnnont n” XIV ».
- Dans une dynastie, il y a des rois éphémères. Dans la série des Santos-Dumont, le n° 15 n’aura fait que passer, et tout aussitôt surgissait le quatorzième du nom.
- Ce nouveau dirigeable est, pour parler le langage sportif, un racer, c’est-à-dire un ballon de course dont la plus indispensable qualité est la vitesse.
- Toutes les caractéristiques de sa carène et de ses organes dénoncent la ferme volonté de lui donner cette vitesse ; on peut les énoncer ainsi : allongement poussé jusqu'à l’extrè-mc, faible volume, grande puissance relative du moteur. L’enveloppe en soie, qui sort comme ses devancières des ateliers Lachambre,
- 33e année. — 2° semestre.
- ne pesait guère, sous sa lorme première, que 45 kilogrammes; elle enfermait 186 mètres cubes de gaz
- et dessinait, après le gonflement, un cigare assez fluet de 41 mètres de longueuret5m,40 de diamètre au maitre-couple. Ces proportions donnent un allongement inusité de 12 fois le diamètre, alors que le ballon GifTard de 1855 n’avait que 7 diamètres et l’on sait que mal lui en prit cependant. Le Santos-DumontlY avait 7,6 d’allongement et ne brillait pas par la stabilité. Passer brusquement de ces allongements, que l’on trouvait hardis, à une longueur de 20 diamètres, c’était évidemment très audacieux, à deux points de vue : la
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- difficulté de maintenir un fuseau aussi allongé sans qu'il se plie, et la difficulté bien plus grande encore de maintenir sa stabilité pendant la marche.
- Dès les premiers essais, le ballon manifestait une fâcheuse tendance à se plier en deux et, si nous ne nous trompons, on s’est décidé à le raccourcir de manière à n’avoir plus qu’un allongement de 7 diamètres.
- L’aéronaute espère d’ailleurs donner au ballon une rigidité suffisante en l’armant, sur sa génératrice inférieure, d’une longue arête formant ressort, faite d’un mince bambou de 2 centimètres et demi de diamètre et de 27 mètres de longueur, pesant 4 kilogrammes au total et qui est enfilé dans une série de goussets d’étoffe. Des essais ont été faits sur de petits modèles, au moyen de baguettes de 1 millimètre carré de section et ces essais, comme d’ailleurs la plupart des essais en petit, ont donné de bons résultats.
- Reste la question de stabilité, qui subsiste même après le raccourcissement, et celle-là ne se résout pas aussi facilement. On sait que, dans les mouvements de tangage, lorsque le ballon s'incline sur l’horizon, la résistance de l’air pendant la marche détermine une réaction qui tend à relever le fuseau la pointe en l’air, et que cette tendance au relèvement est d’autant plus grande que le fuseau est plus allongé. On connaît aussi quelques moyens de s’y opposer et ces moyens sont assez efficaces pour des allongements ne dépassant pas 6 diamètres. Mais au delà?...
- Le moyen consiste à assurer à la carène une forme toujours invariable, à l’aide de ballonnets qu’un ventilateur gonfle d'air, pour compenser les variations que subit le volume du gaz, par suite des contractions et des pertes inévitables.M.Santos-Dumont a prévu un premier ballonnet sphérique de 14 mètres cubes, soit le 1/10e environ de la capacité totale. En outre, une cloison transversale en calotte sphérique, cousue le long du parallèle, dont le diamètre est de lm,90 à l’avant, isole une proue ogivale constituant également un ballonnet à air. Toutefois ce ballonnet a un rôle particulier ; la paroi correspondante de l’enveloppe y est renforcée de manière à pouvoir supporter une pression inférieure trois fois plus forte que celle du ballonnet principal. Celte surpression a pour but de contre-balancer la réaction de l’air, qui, aux grandes vitesses, pourrait refouler et aplatir le cône avant.
- Le second moyen employé, pour remédier à l'instabilité longitudinale, consiste à éloigner du ballon la nacelle où se trouve concentrée la charge principale, qui constitue ainsi un véritable pendule de rappel, d'autant plus efficace que son rayon est plus grand. Dans le ballon dont nous parlons, la nacelle est placée à 12 mètres au-dessous de l'enveloppe. Elle est du modèle habituel à M. Santos-Dumont et est maintenue par une poutre armée très légère et très courte. La suspension se compose seulement de io lils d’acier de 8/10 de millimètre, fixés par leur extrémité supérieure à la vergue de bambou.
- La propulsion est provoquée par une hélice de 1ni, 70 de diamètre, placée à l’avant et assez rapprochée du moteur pour être utilisée au refroidissement. Elle tourne à 2000 tours, ce qui parait une bien grande vitesse de rotation pour la bonne utilisation d'une hélice.
- Enfin la force motrice est fournie par un moteur Peugeot, 2 cylindres en V, de 14 chevaux, pesant sans volant 20 kilogrammes seulement, ce qui semble bien, à l’heure actuelle, le record de la légèreté. Cette force motrice correspond à 1 cheval et demi environ par mètre carré de maître-couple, environ le double de la force dont on disposait dans le modèle n° 6.
- La direction est assurée par le gouvernail habituel, à l’arrière; la faible longueur de la poutre armée peut faire craindre que son bras de levier soit un peu faible pour un ballon aussi allongé ; mais cet allongement soulève, à lui seul, des craintes beaucoup plus grandes au sujet de la stabilité. On a répété bien souvent qu’il ne suffit pas d’embarquer une énorme force motrice dans la nacelle d’un dirigeable ; il faut pouvoir l’utiliser tout entière. Or on atteint assez vite la vitesse critique au delà de laquelle il n'y a plus aucune sécurité, et cette limite infranchissable s’abaisse quand rallongement s'accroît... à moins qu’on n’applique des dispositifs particuliers qui ne semblent pas avoir été employés, à notre connaissance du moins, sur le dirigeable dont nous nous occupons aujourd'hui.
- L‘-colonel G. Espitalmer.
- LE RUBER0ÏD
- Depuis quinze à vingt ans, l’ingéniosité des inventeurs a fait des merveilles, en créant des produits divers qui répondent à des usages multiples, et présentent des avantages tout particuliers, comme par exemple le celluloïd, le pegamoïd, le fibro-ciment, et bien d’autres.
- Voici quelque temps qu’on parle beaucoup d’un produit qui serait susceptible de rendre de grands services dans les constructions, notamment pour la couverture des bâtiments, en remplacement du zinc : on le nomme le ruberoïd, à propos duquel nous donnerons à nos lecteurs tous les renseignements qu’il est possible de se procurer. Ce ruberoïd, qui est d’invention américaine, se présente sous la forme de bandes larges d’un peu plus de 0m,90, longues de 21 m., enroulées sur elles-mêmes à la façon du carton bituminé; la partie essentielle en semble être un feutre de paille et de lin, qui peut présenter par conséquent une grande souplesse, et qui conserve d’autant plus sa solidité et son élasticité, qu’il est imbibé complètement d’une composition dont la formule demeure secrète et qui lui assure toute étanchéité en le mettant à l’abri de l’action nocive des intempéries. L’épaisseur de cette sorte de feutre particulier varie, suivant les types, de 0,5 à 2,5 -millimètres. Le poids du mètre carré oscille entre 1,40 et 2,00 kg, naturellement suivant que l’épaisseur est plus ou moins grande : c’est fort peu si on compare cela aux couvertures en zinc. En même temps qu’imperméable à l’eau, le ruberoïd l’est à l’air, les acides et alcalis ne peuvent l’attaquer, et il paraît consti-
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- LA A A TL HE.
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- tuer un bon isolant contre la chaleur, ce qui n’est pas le cas pour le zinc.
- On comprend qu’il est tout spécialement indiqué pour les toitures; la pose en est facile, il se déroule aisément; on colle les feuilles les unes aux autres, en les faisant chevaucher, au moyen d’un produit nommé rubérine, dont nous ne connaissons pas la composition ; aux bords du toit on cloue simplement, mais en trempant les clous dans la rubérine. Ajoutons enfin que ce revêtement ne s’en-ilainme pointau contact d’un corps incandescent; à haute température, du reste, il s’en dégage des vapeurs non comburantes. Le ruberoïd se détériore sous l’action de chaussures ferrées. 1). |{.
- L’ARSENAL DE PORTSMOUTH
- Les récentes fêtes anglo-françaises ont attiré l’attention sur l’arsenal de Portsmouth; aussi avons-nous pensé que nos lecteurs aimeraient à jeter un coup d’œil, si rapide qu’il soit, sur un des grands établissements maritimes de la Grande-Bretagne.
- Au point de vue, en particulier, des constructions neuves, Portsmouth a une production beaucoup plus considérable que Chatham, Pembroke, Devonport ou Sheer-ness; et il a été nécessaire en conséquence de lui donner un grand développement, autant pour les bassins où s’amarrent les bateaux en armement que pour les ateliers de réparation, les câbles de construction, etc.
- L’arsenal de Portsmouth a une origine fort lointaine qui contribue à l’importance qu’il a [irise; mais on comprend que, par suite même de la date éloignée de sa création, ce n’est que peu à peu qu’il est arrivé à occuper*l’étendue considérable qu’il couvre aujourd’hui. (Juand on visite cet établissement, on aperçoit d’abord les bureaux de l’Amiral Superintendant : ils forment presque le centre d’un quadrilatère irrégulier de 5 hectares et demi de superficie qui constituait l’arsenal primitif en 1540, au temps d’Henry VIII. Il est assez facile de suivre les développements successifs de cette origine modeste, et de constater par suite l’étendue formidable que la marine de guerre occupe maintenant à Portsmouth. Autour du bassin qui se trouve sur l’emplacement de 1540, s’ouvrent une série de docks. Une première addition remonte à 1658, à l’époque du Commonwealth et delà Révolution, mais elle était fort réduite; elle fut suivie de deux agrandissements en 1665 et 1677 ; elles n’augmentaient pas très sensiblement la surface des bassins ou la longueur des quais. Il faut dire que, dans le nord, les agrandissements n’étaient guère faciles, en ce sens qu’on était arrêté par la ligne du rivage; quand Guillaume III voulut ajouter à l’arsenal les terrains qui furent conquis définitivement et utilisés en 1710, au temps de la Reine Anne, il fallut empiéter sur des vases en les asséchant et remblayant. A ce moment l’arsenal s’était augmenté de plus de 12 hectares depuis 1540. On devait continuer à prendre sur la mer, en créant de vastes terre-pleins où lien n’était plus simple que d’établir des quais, mais en réservant un grand bassin qu’on aperçoit fort bien sur le plan que nous donnons ; une première extension dans
- celte partie du nord a été faite en 1725 sous George 1er, et une seconde en 1790, sous George III. Cela représentait ensemble une étendue de 10 hectares à peu près. 11 est probable qu’à cette époque, du côté de terre, dans le sud et sud-est, il existait une ligne de fortifications qui furent démolies, et, pour les remplacer, un mur d’enceinte fut élevé en réservant de vastes espaces pour l’avenir. On en profita jusqu’en 1795 pour étendre peu à peu l’arsenal et y englober l’endroit où l'on trouve maintenant l’Amirauté et le Collège naval.
- Ce qui est assez curieux, c’est que, jusqu’en 1845, les choses restèrent sans modifications; mais, i ce moment, la navigation à vapeur faisait son apparition victorieuse dans la marine de guerre, et l’on annexa à l'arsenal une nouvelle superficie de 7 hectares à peu près, conquise en grande partie sur les vases du bord de la mer ; c’est là que se trouvent de vastes ateliers.
- La dernière modification ou plutôt amélioration apportée à l’établissement de Portsmouth date de 1864 ; du moins c’est à ce moment que commencèrent d’énormes travaux
- qui ont finalement donné à l’arsenal sa surface actuelle de 125 hectares. Comme on peut s’en rendre compte, d’après les travaux exécutés antérieurement et d’après la ligne de rivage ancienne qu’on aperçoit encore dans l’est de l’arsenal, pour créer la dernière extension, il a fallu conquérir de vastes surfaces sur les vases et, on peut dire, sur la mer I>’ailleut’s on ne s’est pas contenté de former des terre-pleins : on a établi un bassin à marée qui donne accès dans trois énormes bassins à tlot. Deux de ces bassins communiquent directement avec ce que nous appellerons l’avant-port. Sur le bassin principal ouvrent de magnifiques docks. Le long du vaste front que forment les quais extérieurs donnant directement sur le port de Portsmouth, s’élève l’ancienne et pittoresque tour de sémaphore qui, jusqu’au 51 décembre 1847, et avant le triomphe définitif de la télégraphie électrique, échangeait des signaux aériens avec l’Hôtel de l’Amirauté, ,à Whitehall, à Londres, et, bien entendu, grâce à un certain nombre de stations intermédiaires.
- Portsmouth est aménagé pour recevoir aisément les cuirassés anglais présentant le plus fort tirant d’eau; les constructions y sont fort importantes, comme nous le disions; et actuellement des transformations considérables y sont exécutées pour mettre l’outillage à la hauteur des derniers progrès. Pieiîp.e iie Méiuel.
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- Plan de l'arsenal de Portsmouth.
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- LA NATURE.
- LE PONT I)U SONG-MÂ, ENTRE HANOI ET HUÉ (INDO-CHINE) .
- L’inauguration du pont sur le Song-Mà, au Tonkin, <pii vient d’èlre laite, est un des chapitres intéressants de la complète pacifique de cette belle colonie française, succédant aux glorieux épisodes de la conquête militaire.
- Nos dessins montrent l’aspect de ce magnifique ouvrage construit dans des conditions particulières, et au milieu de difficultés sortant de l’ordinaire, par MM.
- Daydé et Pillé, les constructeurs parisiens bien connus.
- Voici en quoi consistaient ces difficultés.
- Le Song-Mà se trouve sur le parcours de la voie ferrée qui va réunir Hué, capitale de l’Annam, avec Hanoi, capitale du Tonkin. C’est un fleuve redouté et redoutable par le tumulte de ses eaux, sans cesse battues par des vents impétueux, souvent aussi soulevées par des typhons d’une violence inouïe.
- A l’endroit où le franchit le tracé de la voie ferrée (et l’on ne pouvait passer ailleurs), le fleuve a 20 mètres de profondeur.
- Les légendes annamites disaient que le « Génie » gardien et protecteur du Song-Mà s’opposerait toujours à la profanation d’un pont jeté entre ses deux rives. Aussi ne fut-il point aisé de recruter sur place la main-d'œuvre nécessaire : les indigènes, apeurés, il osaient se faire embaucher sur les chantiers. Nos
- ingénieurs se trouvaient donc presque sans ressource de main-d’œuvre pour faire le montage de leur ouvrage, et cela à 5000 lieues de la mère-patrie.
- Montage fort malaisé, d’ailleurs ! 11 ne lal-lait point, en effet, songer, pour l’exécuter, à prendre des points d’appui dans la sorte de goufre où le fleuve roule ses flots impétueux : à supposer que l’on eût pu établir ces points d’appui, il les eût emportés dans une de ses brusques colères. 11 fallait, de toute nécessité, franchir les 162 mètres d’ouverture, d’un seul jet, en jetant, d’une rive à l’autre, le pont que montre notre dessin schématique (fig. 1).
- Le pont est formé d’un arc supportant, au moyen de liges verticales, le tablier sur lequel passeront trains de chemin de fer, voitures, et piétons. 11 est articulé à sa partie supérieure sur une grosse rotule qui se trouve à 50 mètres au-dessus du niveau du fleuve.
- En décrivant des ponts du même genre, nous avons déjà eu l'occasion d’expliquer aux lecteurs de La Nature quels sont les avantages de la rotule dans la construction des grands arcs métalliques : elle donne de l’élasticité à tout l’ouvrage par son articulation et, en même temps, elle aboutit à ceci, que les résultantes des efforts développés dans les char-
- — Le montage du pont sur le Song-Mà, au Tonkin (ligne de Hanoi à Nam-Dinli et à Vinii) : les diverses phases du montage.
- 1 à 5.
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- LA NATURE.
- pentes de métal passent toujours rigoureusement par les mêmes points en dépit des variations et des dilatations : on n'a donc point de déformations à redouter après le montage et lors du fonctionnement de l'ouvrage.
- Il fallait donc lancer dans l’espace, avec une main-d’œuvre très faible, et sans aucun appui ni passerelle provisoire, les éléments du réseau de dentelle métallique dont l’assemblage constitue le pont du Song-Mà.
- Comment envoyer à la place assignée ces pesantes pièces d’acier? Gomment les réunir au-dessus du goufre?
- Les constructeurs ont étudié et mis en pratique, pour y arriver, un système de montage spécial dont
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- nos dessins (fîg. 1 à 5) montrent les phases méthodiques et successives.
- Les points d’appui, soigneusement repérés, furent pris sur les rives. Sur chacune d’elles, on construisit, tout d’abord, un grand pylône en charpente (fig. 2), de 40 mètres de hauteur, muni à sa base, d’une forte-culasse en bois et 1er aboutissant à 50 mètres en arrière. L'extrémité de cette culasse reçut un lest de 500 000 kg de métal. Puis, des câbles d’acier réunirent les extrémités supérieures des pylônes et constituèrent une voie de roulement aérienne, analogue à celles qui sont employées dans les appareils industriels nommés « transporteurs ».
- Sur cette voie de roulement roulèrent des treuils
- Fi}?. 6. — Vue générale du pont sur le Song-Mà, entièrement terminé. (Ii’après une photographie.)
- qui venaient saisir les pièces de la charpente sur les culées, et qui, après les avoir docilement fait voltiger dans l’espace, les déposaient bien à l’aplomb de leur emplacement définitif où, dès lors, il suffisait de les assembler les unes aux autres dans un énorme et précis « travail de patience ». Notre ligure5 montre cette phase du travail. Le système employé rappelle, comme on le voit, le système de montage « en porte-à-faux » des ponts « cantilevers », très usités un peu partout et surtout aux Etats-Unis et aux Indes : mais, il y a d’importantes variantes, et, aussi, à ce qu’il semble, une grande simplification dans le système employé par MM. Raydé et Pillé, à la traversée du Song-Mà.
- On voit ainsi le pont « se cristallise]4 », en quelque sorte, au-dessus du fleuve dominé. A la phase de
- travail de la figure 4, tous les tronçons sont en place, assemblés les uns aux autres et solidement soutenus par des haubans provisoires a a qui prennent leur point d’attache commun au sommet de chaque pylône.
- Puis, voici que le sommet de l’arc est atteint : on va procéder au « clavage », c’est-à-dire à la mise en place du dernier tronçon raccordant les deux moitiés des arcs et contenant la « rotule d’articulation ». Instant émouvant s’il en fût pour les braves travailleurs qui ont procédé au montage! Mais, rassurons-nous. La sûreté d’exécution est telle que la rencontre des pièces se fait exactement à 50 mètres, ainsi que nous l’avons dit, au-dessus du fleuve, et à 80 mètres de chacune de ses rives. La voûte d’acier est terminée.
- Reste la dernière étape à parcourir, c’est-à-dire le
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- montage cl la pose ilu laldicr. Ce sera désormais un jeu pour les monteurs.
- De grandes barres verticales, les suspensions b, b (fig. 5) sont attachées à l'are et soutiennent les poutres relativement légères entre lesquelles est établie « la chaussée » et sur lesquelles reposeront les traverses portant la voie ferrée.
- Il n’y a plus qu’à démonter les pylônes et leurs culasses : le pont est fait.
- Certes, d’autres ouvrages d’art analogues ont déjà été exécutés, et les-auteurs memes de ce beau travail n’ont point la prétention, qu’ils jugeraient excessive, d’avoir réalisé une œuvre considérée a priori comme irréalisable. Ils ont seulement, et cela est suffisamment remarquable, donné une excellente solution d’un problème difficile, et ils l’ont donnée avec élégance et avec une sûreté dans l’exécution qui font honneur à la construction française.
- En 1888, un éminent ingénieur anglais, sir Frédéric Bramwell, en inaugurant la présidence de « l’Association britannique pour l’avancement des sciences », prenait pour thème de son discours « l’Art de l’ingénieur et la Science », et le définissait ainsi : « L’art de diriger les grandes sources de forces de la nature au plus grand profit de l’homme ».
- La construction du pont de Song-Mà est un excellent exemple de la réalisation de ce programme. Sur ce pont, ce n’est pas seulement la locomotive avec son panache de vapeur, c’est le progrès, c’est la civilisation, qui passeront ! Max de Naxsoety.
- LES FOYERS TUBERCULEUX DE PARIS
- ET LE CASIER SAXITAIRE
- Dans la lutte contre les maladies transmissibles et notamment contre la tuberculose, ce qui manquait jusqu’ici c’était une base sérieuse d’opération. Les statistiques de toute nature abondent; mais leur caractère général en rendait l’utilisation presque impossible. Il fallait pouvoir, dans chaque ville, suivre pas à pas la marche de ces maladies, pour découvrir enfin les mesures propres à en enrayer les progrès.
- L’établissement d’un casier sanitaire des maisons, créé depuis déjà onze ans à Paris, et dans d’autres grandes villes de France, nous paraît de nature à faire faire à la question un pas décisif.
- Tous les hygiénistes, en effet, tous les philanthropes, Brouardel, brancher, Chevsson, Landouzy, Lancereaux, Letulle, Rénon, Siegfried, Paul Strauss, André Lefèvre, Fillassier1, Lucien Graux, Séailles, Noir, sont unanimes à le reconnaître. 11 faut, en premier lieu, pour lutter contre les progrès des maladies contagieuses, et surtout de la tuberculose, poursuivre le logement insalubre, et pardessus tout, le logement sombre, privé d’air et de soleil.
- Dans un remarquable petit livre8 qu’il vient de publier, M. Paul Juillerat, le distingué chef du Bureau de l’assainissement de l’habitation et du Gasier sanitaire des mai-
- 1 Strauss et Fillassier. Commentaire delà loi du 15 février 1902 (Paris, Rousset, 1905). — Lucien Graux. Les arrêtés municipaux et les lois sanitaires (Paris, Rousset, 1904).
- 8 Paul Juillerat. Une Institution nécessaire : Le Casier sanitaire des maisons. Bibliothèque des actualités d'hygiène et de médecine (Paris, Rousset, 1905).
- sons de Paris, nous donne, à ce sujet, des indications du plus haut intérêt. En analysant les chiffres fournis par le Casier sanitaire de Paris, cbillres d’une exactitude absolue, l’éminent hygiéniste a démontré que la tuberculose est avant tout la maladie de l’obscurité.
- Sur les 80 000 maisons de Paris, 5243 constituent des foyers de tuberculose, et ont eu à supporter en onze années, du 1er janvier 1894 au 31 décembre 1904>y une mortalité égale à 38 pour 100 de la mortalité totale. Toutes ces maisons sont obscures, sans soleil. Nous ne suivrons pas l’auteur dans l’étude approfondie qu’il expose, de la répartition de la tuberculose à Paris, mais nous devons seulement retenir ce fait que la Ville de Paris possède un casier sanitaire de ses maisons.
- 11 nous semble donc utile de signaler cette constitution aux municipalités soucieuses de la santé de leurs concitoyens. Notons qu’il résulte de l’expérience parisienne que l’établissement d’un casier sanitaire peut se faire à peu de frais.
- A Paris, le Casier sanitaire de chaque maison comprend :
- lu Une chemise portant l’indication de l’arrondissement, du quartier, de la rue, et du numéro de l’immeuble; 2° un plan par terre, au deux-millième, de la maison avec l’indication des canalisations, fosses, puits, puisards, fontaines, fosses à fumier; 3° une feuille de description de l’immeuble; 4° une feuille indiquant les décès par maladies transmissibles, survenus chaque jour, dans la maison ; 5“ une feuille relatant les désinfections opérées, leurs dates et leurs causes ; 6° une ou plusieurs feuilles contenant l’indication des travaux prescrits par le Bureau d’hygiène et la suite donnée à ces prescriptions; 7° une feuille contenant les résultats d’une enquête sanitaire, quand cette enquête aura été reconnue nécessaire.
- Tous les dossiers d’une même rue sont contenus dans une chemise indiquant : longueur et largeur de la voie; nombre de maisons ; nombre d’habitants ; système d’égouts; canalisations d’eau, etc. Pour réaliser cette installation dans toutes les villes, point n’est besoin de crédits énormes. A Paris, il suffit d’un employé pour 10 000 maisons. Peu de villes de France, en comptent davantage1.
- Il serait donc facile de généraliser l’expérience faite à Paris8, et toutes les municipalités auxquelles la loi de 1902 impose l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé publique, se trouveraient posséder un moyen d’information de premier ordre qui leur éviterait les tâtonnements et les erreurs.
- « C’est par de pareilles institutions qu’il sera possible d’établir une base sérieuse d’opérations contre les maladies évitables qui menacent l’homme civilisé. En remplaçant les hypothèses, les vues de l’esprit, par l’observation systématique et impartiale, seule capable de fournir des données positives, les administrations, qui ont la charge de défendre la santé publique, pourront agir à coup sur. Devant des faits rendus patents, aucune résistance intéressée ne pourra se produire. Les lois, les règlements sanitaires ne seront plus que la formule des vérités évidentes, des théorèmes dont la démonstration sera faite et bien faite. Nul ne pouvant les taxer d’arbitraires, ne pourra s’v soustraire, et la protection de la santé publique ne sera plus une belle utopie, mais une triomphante réalité » 3. Paul Difflotii,
- Ingénieur agronome.
- 1 Vincent. Annuaire général d'hygiène et de salubrité (Paris, Rousset, 1905).
- 8 Cf. Lucien Graux. La tuberculose et Vhabitation urbaine (Paris, Rousset, 1905).
- 3 Juillerat. Op. cit.
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- OMNIBUS AUTOMOBILES DES COMPAGNIES
- DE CHEMINS DE FER ANGLAISES
- Comme les voies ferrées 11e peuvent pénétrer effectivement partout, et afin cependant d’assurer des relations assez faciles avec les chemins de fer aux localités qui ne jouissent pas des avantages d’une gare, les Compagnies ont souvent intérêt à établir ce qu’on nomme des services de correspondance. C’est à quoi ont servi longtemps les anciennes diligences, il en subsiste encore un certain nombre transportant voyageurs et bagages entre les gares et les agglomérations voisines; ailleurs, ce sont des omnibus ou des véhicules généralement assez peu confortables qui effectuent ces services, avec une lenteur fort incommode, et en coûtant malgré tout assez cher.
- Aussi, dès que l’automobilisme a fait ses débuts, on a songé qu’on pourrait l’utiliser à ces transports en commun d’un genre spécial, de même qu’aux expéditions de petits colis et de messageries dans des conditions avantageuses. Quelques tentatives ont été faites en France, qui n’ont généralement pas réussi, sans doute parce qu’on s’était trop hâté. Mais, par contre, des services de correspondance de ce genre ont été peu à peu créés en Grande-Bretagne, et donnent de très bons résultats. Nous avons tout dernièrement reçu, à ce propos, des renseignements détaillés sur les services automobiles de la Compagnie Great Western Raihvay, renseignements qui nous ont été fournis par le Superintendant de la compagnie, M. J. Morris, et qui nous semblent intéressants à faire connaître.
- Le Great Western a commencé ces services en 1905 et sur le parcours de Penzance à Marazion, en Cornouailles ;
- 11 s’agissait seulement d’une distance de 5 kilomètres. Mais comme le premier essai réussit (à la suite naturellement de quelques tâtonnements inévitables à un début), onze services de correspondance analogues ont été fondés dans le courant de 1904; en 1905, jusqu’à l’époque où s’arrêtent les renseignements que nous avons reçus, 10 nouveaux
- arcours ont commencé d’être desservis par des véhicules automobiles. Un triple service rayonne par exemple autour de Penzance, d’autres partent de Plymouth, de Windsor, de àNeymouth, de Torquay, et actuellement le matériel de la Compagnie comprend 47 véhicules automobiles, répartis généralement au nombre de deux ou trois pour chaque parcours. Le trajet desservi ne dépasse qu’exceptionnelle-inent 10 à 20 kilomètres; cependant, il y en a qui atteignent 50 kilomètres et plus. Presque tous îes véhicules employés sont à pétrole, un seul type est à vapeur; la puissance du moteur est ordinairement comprise entre 10 et 24 chevaux, cependant il existe des petits omnibus pour
- 12 voyageurs et 400 kilogrammes de bagages ou messageries qui ont un moteur de 14 chevaux seulement. Tous les omnibus sont montés sur des bandages en caoutchouc plein. Comme de juste, on a adopté des caisses différentes suivant les besoins et les régions à desservir; tantôt des sortes de breaks ou de tapissières pouvant prendre 22 voyageurs, tantôt des omnibus ou des mails susceptibles de transporter 18 personnes et au moins 900 kilogrammes de colis divers: parfois même on a réduit le nombre des places à une douzaine, pour donner une plus grande capacité de bagages, messageries, etc.
- Tous ces omnibus fonctionnent bien et à la complète satisfaction de la Compagnie : la preuve en est qu’elle s’apprête à créer quatre autres nouveaux services, dès qu’elle aura pour cela le matériel roulant nécessaire.
- P. de M.
- LES ANIMAUX VENIMEUX
- PROTOZOAIRES ET CŒLENTÉRÉS
- Les animaux venimeux inspirent, en général, une répulsion naturelle.
- Cependant, parmi les animaux qui sécrètent du venin, beaucoup sont non seulement inoffensifs, mais utiles à l’homme, et s’il en est de dangereux comme les serpents, cela tient plus à l'imprudence de l’homme qu’à la méchanceté du reptile. La vipère surprise par la pression subite d’un pied maladroit répond par un geste un peu brusque mais naturel ; c’est un réflexe de légitime défense.
- Chez tous les animaux venimeux, le venin est tout d abord un moyen de défense de l’espèce contre les attaques d ennemis plus vigoureux ou plus agiles. Mais, chez la plupart d’entre eux, il a encore un rôle offensif, et c’est le plus important, car il a pour but de procurer à l’agresseur la nourriture nécessaire à la vie, en assurant l’immobilisation et la capture de la proie.
- Chez les êtres vivants, tout est subordonné au besoin primordial de se nourrir, et, pour se procurer leur nourriture, les animaux emploient des moyens qui varient selon la forme et la structure de leur corps. Tandis que la plupart des carnassiers possèdent l’agilité et la force nécessaires pour atteindre et déchirer leur proie, les serpents, privés de membres et de mâchoires robustes, l'attendent et la frappent dans l’ombre. D’ailleurs, la violence du toxique compense largement l’absence de force et d agilité; c est, pour l’être qui l’utilise, un procédé simple et rapide. Aussi, dans la lutte pour l’existence, la méthode du venin est-elle très répandue : dans presque tous les groupes zoologiques, on trouve des espèces dont les piqlires ou les morsures sont venimeuses.
- Chez les Protozoaires on trouve déjà des espèces venimeuses. On sait que les Infusoires présentent un corps ovoïde, recouvert de cils vibratiles, et une bouche entourée d’une armure de crochets et de 11a-gelles qui leur sert d’arme offensive pour saisir d’autres infusoires dont ils se nourrissent.
- A côté de*ce type très répandu, il existe d’autres espèces qui rampent lentement dans la foule et qui décochent contre les premiers leur arme empoisonnée. Ces infusoires venimeux qu’on désigne, à cause de la lenteur de leurs mouvements, sous le nom d Acinètes (a priv. et xivt]toç, agité) ne possèdent ni bouche, ni cils vibratiles ; leur corps, formé par une masse protoplasmique, est limité par une mince membrane cuticulaire. Ce qui les distingue des autres infusoires, c’est la présence de nombreux tentacules terminés par une sorte de bouton ; on pourrait croire tout d’abord que ce sont des organes de locomotion ; il n en est rien, car ces tentacules existent aussi sur des acinètes fixés au sol et complètement immobiles. Leur usage est tout autre; ils servent à la capture de la proie comme le montre la
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- figure 5 (n° 1), qui représente un Sphærophrya magna, en train de dévorer six infusoires dont cinq plus gros que lui. Il est curieux de constater que ces êtres, si agiles à l’état normal, restent ainsi accrochés sans réagir à l’extrémité d’appendices si ténus. Dès qu’ils ont été touchés par le hoùton terminal, ils demeurent comme stupéfiés et l’Aci-nète les vide au moyen de ses suçoirs. C’est que l’Infusoire sécrète un poison d’une grande énergie, un venin qui anesthésie et qui paralyse. D’autres espèces d’infusoires non seulement possèdent un venin, mais aussi un appareil d’inoculation spécial. Ainsi 1 ePlagyopyla fusca (fig. 5, 2 a et 2 b) possède sous sa cuticule un nombre considérable de capsules ovoïdes appelées trichocystes, contenant en même temps le dard et le poison. Quand l’animal attaque ou se défend, il contracte ces capsules et projette sur
- la proie ou sur l’ennemi des flèches empoisonnées. Pour mieux constater les divers effets du venin, il faut s'adresser à des animaux perfectionnés.
- Cœlentérés.— C'hydre d'eau douce est un animal bien connu que chacun peut observer à la face inférieure des lentilles d’eau ; son corps (fig. 4) a la forme générale d’un ver cylindrique, dont une extrémité est fixée à la lentille d’eau; l’autre, légèrement renflée, donne naissance à des filaments grêles, souvent très longs; chezY hydre brune, ils peuvent atteindre plusieurs décimètres. Ces fils, aussi déliés que des fils d’araignée, constituent, comme ceux-ci, mais avec le mouvement volontaire en plus, un appareil de chasse. L’hydre projette ces longs tentacules dans toutes les directions, enlace de petits animaux-, crustacés, annélides, larves d’insectes, puis elle les rétracte et porte les victimes à sa
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- Fig. 3. — Infusoires. — 1. Sphærophrya magna suçant cinq eol-podes et un cyclidium glaucoma. — ta. IHaggopyta fnsea. — 2 b. Trichocystes ou flèches envenimées du précédent.
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- Fig. 4. — Hydres d’eau douce fixée à la lace inférieure de plantes aquatiques. — 1. Hydre brune ayant saisi deux Nais et une Daphnée. — 2. Une autre à demi contractée et bourrée de nourriture. — 5. Hydre grise digérant. — 4. Hydre grise abondamment nourrie en captivité et ayant produit une colonie de dix-neuf bourgeons. — 5. Hydre bourgeonnant — 6. Hydre pêchée en eau très riche en infusoires et petits crustacés, et parvenue au maximum ordinaire de fécondité.
- bouche, qui se trouve à la base des tentacules. Elle capture ainsi un nombre considérable de proies, car elle est très vorace, et, quand elle est satisfaite, elle raccourcit ses bras, reste immobile et digère. Toute la scène se passe sans qu’il y ait la moindre lutte ; à peine saisie, la victime est immobilisée, incapable de réagir. Cela ne peut s’expliquer autrement que par l’action d’un toxique violent.
- Il existe, en effet, sur toute la surface du corps, à l’extérieur comme à l’intérieur, mais particulièrement sur les bras, de petites capsules, appelées né-malocystes, capables de lancer des flèches empoisonnées. L’emploi des nématocystes prend une importance considérable parmi un certain nombre d’autres cœlentérés chez lesquels on voit apparaître de nouveaux organes
- spécialement chargés de porter les flèches et de les faire pleuvoir sur la proie ou sur l'ennemi.
- On sait que l’hydre se reproduit en bourgeonnant des petits qui restent attachés à leur mère. C’est une nombreuse famille qui reste unie pendant quelques semaines et qui se disperse quand les vivres deviennent rares ou que la mère, à bout de forces, ne suffit plus à nourrir la nichée. Si, au lieu de se séparer, les membres de cette famille unissaient leurs efforts pour le bien de la communauté, nous verrions se développer ious les avantages de l’organisation sociale. Cette évolution s’est accomplie chez tout un groupe d’animaux marins constitués en « Colonies animales ». Les animaux de ce groupe qui renferme les coraux, les Méduses, les Physalies (fig. 1) sont, en
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- effet, constitués par la réunion d’un certain nombre d’individus adaptés à des fonctions différentes. Quelques-uns de ces individus sont transformés en filaments (nématophores) ; ils portent des tlèches empoisonnées, et sont chargés spécialement de l’attaque des proies et de la défense de la communauté. Les poissons et les crustacés sont les victimes les plus habituelles. Foudroyés par les flèches, ils tombent immobiles dans l’inextricable écheveau des filaments pécheurs et ils sont peu à peu réduits par les sucs digestifs en une épaisse bouillie dans laquelle l’animal plonge avidement ses suçoirs.
- L’arme qui produit de tels effets (fig. 2) mérite de nous arrêter un instant. C'est une flèche barbelée creuse dont la pointe rigide, en pénétrant dans les tissus, se sépare du tube auquel elle sert de couvercle; le venin peut alors s’écouler librement dans la plaie. Ici le venin est à l'intérieur de l’arme, au lieu d’être en dehors comme dans la flèche des sauvages; en outre, la flèche fait corps avec le carquois dans lequel elle est enroulée comme un ressort à l’état de repos. Quand l’animal veut la lancer, il presse sur son carquois, le filament se retourne comme un doigt de gant, distendu par le liquide venimeux et le tout est lancé par un mécanisme analogue à celui d’une arbalète, actionné par des muscles spéciaux. Souvent ces organes sont accumulés dans certaines régions du tentacule, à la sur' face de petits mamelons ou de bourrelets longitudinaux, où ils sont disposés en batterie urticantes, comme chez les Porpites (fig. 5).
- Quand toutes ces batteries sont en position, elles peuvent lancer des millions de projectiles sur l’ennemi ; celui-ci est-il par hasard un baigneur imprudent, il éprouve des démangeaisons intolérables; il est pris d’inquiétude et de nausées et il se sent défaillir comme s’il avait été enveloppé dans la tunique de Nessus.
- Arme perfectionnée de défense et d’attaque, la flèche des polypes a encore une autre fonction. Elle est très répandue dans les replis de l’estomac où le venin sert «à digérer la proie, et c’est presque son seul usage chez un grand nombre de coralliaires. Un des types les plus connus est le corail rouge. 11 est formé par un squelette calcaire ramifié, dont la surface est creusée d’un grand nombre de loges où, au moindre danger, les membres de la colonie peuvent se mettre à l’abri. Ils ont la forme d’une corolle tubulée dont les fins pétales blancs se détachent nettement sur le fond rouge de la tige. Quand l’eau est calme, ils s’épanouissent sur leurs branches comme des fleurs printanières. Attirés par l’éclat des corolles, les pygmées de la mer s’approchent sans méfiance de la tleur immobile; aussitôt les pétales se referment sur l’audacieux qui a voulu les effleurer. La tleur carnivore, après avoir saisi la victime, rentre à l’abri dans son calice pour digérer à l’aise et alors interviennent les capsules venimeuses accumulées dans les replis de l’estomac. D1 C. Phisalix.
- TAPIS DE PERSE
- On est assez porté à croire que, par suite du développement industriel et de la connaissance technique de procédés qui, autrefois, n’étaient connus que par tradition, les industries traditionnelles, précisément, disparaissent de leur contrée d’origine, tuées par une puissante concurrence. Mais il s’en faut qu’il en soit toujours ainsi; et si Venise, par exemple, n’est plus un centre réel de production de miroirs, par contre, on fabrique toujours des tapis en Perse, et le mot de « tapis de Perse » n’est pas une désignation ne répondant à aucune réalité. La preuve en est que les relevés douaniers de l’Empire du Shah (qui sont pourtant dressés de façon assez imparfaite) notent annuellement une exportation de 3000 à 4000 ballots de tapis, représentant sur place une valeur d’au moins 1 250 000 francs.
- Alors que l’industrie manufacturière en général est aussi primitive que possible en Perse, il existe une véritable industrie nationale qui occupe des milliers de bras : c’est celle des tapis. Et ce ne sont point seulement les populations sédentaires, mais encore les nomades qui [s’y livrent. Tout le monde connaît de nom les tapis de Shiraz, de Kerman, de Meshed, et il faut y a jouter ceux de Sulta-nabad, de Tauris. Ce qui est curieux à noter, ce qui est venu donner une impulsion toute nouvelle à cette industrie, et lui permettre de lutter contre la fabrication européenne, c’est qu’un sang nouveau lui a été infusé, sous la forme de capitaux et de capitalistes étrangers, qui ont établi d’importantes maisons, en laissant du reste aux indigènes les plus essentielles de leurs habitudes nationales. 11 y a une foule de centres se livrant à la fabrication des tapis, tapis d’un genre, d’une variété bien déterminée que l’on retrouve dans tout un district, dans toute une tribu, dont les modèles, les procédés sont identiques. Mais partout, même dans les régions de Tauris et de Sul-tanabad — où, comme nous le disions, des entrepreneurs et des commerçants européens sont intervenus, — partout l’indigène ne veut que l’industrie à domicile, lui laissant une grande liberté d’allures, ne lui imposant point la discipline monotone qui doit régner dans un atelier. I)e temps en temps, le travailleur le plus laborieux s’échappera un instant pour aller fumer sa pipe à eau, boire du thé, faire la sieste. Ajoutons que le climat ne semble point rendre possible le travail continu, acharné, qui est de règle dans nos usines occidentales.
- Aussi cette industrie ne s’est-elle modifiée que dans les limites que rendaient possibles les coutumes locales. C’est principalement à Sultanabad qu’on en peut juger, grâce aux deux entreprises qui ont créé la fabrication méthodique des tapis, tapis faits sur les mesures données par l’entreprise, et conformément aux modèles qu’elle sait devoir être appréciés en Europe. Une de ces maisons appartient à des négociants de Manchester : et, en dépit de l’opposition des marchands et des courtiers indigènes, qui craignaient la concurrence, elle fait travailler pour son compte une bonne partie de la population de Sultanabad et des villages environnants. A l’heure présente, on trouve dans la région plus de 3000 métiers, bien entendu tous à main, produisant annuellement pour une valeur de près de 5 millions de francs. La maison européenne a, aux portes de la ville, des bureaux pour son personnel, des magasins pour entreposer les produits terminés, et aussi des ateliers de teinture, où elle tient à préparer elle-même les laines qui seront employées par les familles travaillant à domicile : aucun ouvrier n’est autorisé à fournir les
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- laines, car il y aurait beaucoup de chances pour qu’il se servit de filés colorés à l’aniline et changeant bien vite de tons. Nous disons que le travail est familial : effectivement, riiomme, le chef de famille, sert d’entrepreneur et d’agent vis-à-vis de la maison européenne, tandis que toutes les femmes de la maison, ses nombreuses épouses d’abord, puis les jeunes filles, travaillent au tissage qui s’exécute uniquement à la main, et qui demande souvent trois mois de labeur continu pour une seule pièce.
- La maison européenne ne fournit pas seulement les laines : chaque fois qu’elle donne une commande, elle remet au petit entrepreneur, en même temps qu’un poids déterminé de matière première, un tableau indiquant les dimensions et aussi le modèle du tapis à fabriquer : toutes ces indications sont prises en double, et, quand le tapis est livré, on s’y réfère pour payer la confection, avec une prime ou une amende, suivant que le travail est satisfaisant ou laisse à désirer.
- Avant de finir, nous dirons qu’à Tauris il existe quelque 2000 personnes employées de façon analogue à la fabrication des tapis pour l’exportation. Lkbois.
- BATEAUX DE GUERRE AUTOMOBILES
- Il semblerait au premier abord qu’après l’expérience malheureuse de la traversée de la Méditerranée par des canots automobiles, il ne puisse être question de songer à l’automobilisme pour la navigation maritime ; mais, comme l’a fort bien expliqué notre confrère et collaborateur M. Robida, il ne s’agissait là que de petites embarcations qu’on n’avait pas établies comme le veut la mer. Et encore ne saurait-on oublier qu’une des embarcations automobiles, abandonnée par son équipage qui estimait courir des dangers, a pu continuer de subir le coup de temps sans avaries, pour être ensuite retrouvée allant à la dérive, et être ramenée saine et sauve dans le port de Rizerte. Il n’en reste pas moins acquis que la propulsion par moteurs dits automobiles, par moteurs tonnants, est parfaitement applicable à toutes les navigations. Et, en présence des avantages particuliers qu’assure le moteur à pétrole, il est naturel que l’on songe à en faire profiter à un titre quelconque les navires de guerre.
- Nous avons déjà signalé les projets dressés et soumis à l’Amirauté anglaise par la Maison Thornycroft; nous avons vu qu’elle se charge de construire des contre-torpilleurs que nous appellerons automobiles (en attachant au mot son sens spécial), et qui marcheraient à une allure bien supérieure à celle des bateaux analogues les plus rapides à l’heure actuelle. Le problème est envisagé avec non moins d’optimisme par un spécialiste anglais qui a une autorité méritée, M. Edge. Il estime que le bateau automobile pourra, avant peu, effectuer la traversée de l’Atlantique, et que dès maintenant il est susceptible de rendre de grands services dans les opérations de guerre. Il se fonde d’abord sur ce que les allures que réalisent actuellement les moteurs tonnants, au moins 40 kilomètres à l’heure, rendent impossible de viser et d’atteindre un bateau automobile avec le canon le plus rapide de manœuvre ; d’ailleurs, l’équipage du bateau automobile, grâce à la mobilité de celui-ci, aurait la possibilité de surveiller le tir et de s’arrêter brusquement ou de changer non moins brusquement sa route, au moment où l’apparition de la fumée lui révélerait le départ du projectile, afin de dérouter les prévisions du pointeur, et de ne pas venir se présenter sur la trajectoire du projectile,
- comme on avait cru pouvoir le prévoir par suite de la direction qu’il suivait et de l’allure à laquelle il se déplaçait. On sait la légèreté d’une embarcation automobile, sa faible inertie, qui lui permet de stopper pour ainsi dire sur place au moment ou l’on arrête son moteur, point de première importance pour le lancement des torpilles.
- M. Edge fait également remarquer que le bateau automobile est presque invisible, et que, grâce à cela, il peut remplir admirablement l’office d’éclaireur. Il considère même qu’il fournit un excellent moyen d’attaque contre les sous-marins; il remorquera facilement une torpille jusque dans le voisinage d’un sous-marin dont on lui aura signalé la présence, et il aura fait exploser sa torpille avant que le sous-marin — qui ne peut avoir qu’une vitesse modeste — soit à même de commencer une contre-attaque contre lui. Sans compter qu’une torpille ne peut pas en pratique atteindre un bateau automobile. Et pour convaincre les hésitants par des arguments de fait, M. Edge a offert de prêter à l’Amirauté, pour des manœuvres navales, une partie de ses bateaux automobiles de 12 mètres.
- A la vérité, tous les automobilistes ne sont pas encore aussi enthousiastes de la navigation automobile appliquée à la marine militaire; M. F. T. Jane, en particulier, s’inquiète beaucoup du danger que peut faire courir, à bord des navires de guerre, la présence d’une substance aussi inflammable que l’essence, celle-ci devant faire partie des approvisionnements destinés aux embarcations automobiles qui « papillonneraient » autour d’une escadre, en venant refaire leurs approvisionnements à bord des grosses unités. Et quant à recourir à l’automobilisme en la matière, M. Jane préférerait quelqu’un des ingénieux petits moteurs à vapeur qui ont été inventés pour certains véhicules sur routes. Il nous semble s’exagérer quelque peu les dangers du moteur à essence et à huiles lourdes même; et le meilleur petit moteur léger à vaporisation instantanée nous paraît loin de présenter les avantages caractéristiques et la simplicité du moteur à pétrole. Ce qui ne nous empêche pas, du reste, de reconnaître qu’il y a beaucoup à gagner au remplacement, par de véritables embarcations automobiles à vapeur, des embarcations à vapeur actuelles, marchant assez lentement, consommant beaucoup, entraînant de multiples complications.
- On craint qu’avec l’automobilisme nautique à pétrole, les carburateurs ordinaires ne fonctionnent pas bien par mer agitée ; mais on en sera quitte pour combiner d’autres carburateurs où le pétrole sera soustrait aux oscillations du roulis ou du tangage. On accuse, d’autre part, la plupart des canots automobiles de former à l’avant une double moustache prononcée d’écume et d’eau, qui révélerait leur présence à l’ennemi, tout comme cela se présente pour les torpilleurs actuels ; mais on arrive précisément à des formes qui suppriment pratiquement la vague d’avant, tout comme les formes d’arrière annihilent à peu près totalement la vague d’arrière. On se refuse enfin à reconnaître que le fonctionnement silencieux du moteur automobile perfectionnné constitue un avantage sur le bruit que font les torpilleurs à grande allure, sous prétexte que les bruits sont multiples à bord des bateaux de guerre qu’il s’agit d’attaquer ; et cependant il y a là quelque chose à considérer.
- Et finalement on invoque l’esprit conservateur qui règne dans les milieux maritimes ; mais ce n’est pas là un argument, car il faut savoir adopter les nouveautés quand elles constituent un progrès indéniable.
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- LE DRESSEMENT DES CHRYSANTHÈMES CAPITÉS
- A la dernière exposition de Chrysanthèmes de Paris un stand fit sensation et obtint le grand prix d’honneur du Président de la République, bien qu’il ne comportât qu’une vingtaine de sujets, des Chrysanthèmes eapités et autant en touffe basse présentés par le jardinier chef du marquis d’Aurelles de Pala-dine.
- En général, ces Chrysanthèmes eapités à tige ou à demi-tige sont très admirés parce qu’ils changent des formes sous lesquelles on a l’habitude de voir le Chrysanthème et parce qu’ils représentent une somme de travail appréciable. Si l’on songe que ces sujets portent une centaine de Heurs sur une tige haute de 60 centimètres à 1 mètre et n’ont généralement que neuf à dix mois de culture, on admire l’habileté du cultivateur qui a pu amener, par des soins minutieux et entendus, un sujet à produire une telle quantité d’inflorescences.
- Pour opérer avec succès, il convient d’abord de choisir les variétés se prêtant le mieux a cette culture spéciale, celles à tige droite, robustes et se ramifiant parfaitement, en éliminant les variétés aux rameaux grêles d’une tenue défectueuse. 11 y a quelques variétés qui s’y prêtent tout particulièrement. Malgré la robustesse des drageons on leur préfère les boutures à cause de la faculté plus grande qu’ont ceux-ci d’émettre d’autres drageons à jets continus, qui épuisent la plante au détriment de la tige principale si on ne procède régulièrement à leur enlèvement. Ces boutures sont coupées en janvier, sur les pousses robustes et consistantes, repiquées en godets et placées sur couche tiède sous châssis à exposition très bien ensoleillée, où elles demeurent jusqu’après leur complet enracinement. Celui-ci achevé on aère, chaque fois que la température le permet, ce qui évite l’élongation outre mesure de ces îeunes plantes en
- les maintenant robustes et trapues. Elles demeurent sous châssis jusqu’en mai, époque où les jeunes plantes sont disposées dans un carré du potager, découvert, bien aéré et ensoleillé.
- Les soins culturaux ne sont point ménagés dans cet intervalle. Les plantes sont rempotées, lorsque les racines tapissent les parois des godets, dans d’autres godets de 10 centimètres de diamètre. Par la suite, les rempotages successifs sont pratiqués, en utilisant des pots de dimensions de plus en plus grandes, sans exagération cependant, en ayant toujours soin de bien drainer les pots.
- Le jardinier du marquis d’Aurelles, M. Laurent, emploie un compost constitué par de la terre de gazon, du terreau, des feuilles, et du sable gras par parties égales ; il ajoute à ce mélange de l’engrais du commerce cà la dose indiquée par le fabricant, auquel il trouve le mérite de donner des tiges rigides et un feuillage ample et bien vert. Ce même engrais et celui de basse-cour, à faible dose, sont aussi utilisés par lui dans des arrosages nutritifs, s’ajoutant de temps à autre aux arrosages ordinaires. L’arrosage à l’engrais de basse-cour est fait tous les A jours; on obtient cette solution nutritive en le faisant macérer dans l’eau dans la proportion d’un dixième. Pendant la première période culturale, tous les soins sont concentrés sur l’obtention d’une tige droite, laquelle est arrêtée à une hauteur de quarante.
- Plus la tige est longue, plus sa constitution et son élongation prennent de temps sur la formation de la charpente des sujets à nombre égal ; un sujet à haute tige donnera donc des fleurs moins grandes qu’un autre à tige basse.
- Les bourgeons qui se développent, constituant la base de cette charpente, sont conservés au nombre de quatre à six, lesquels sont eux-mêmes pincés pour
- Fig. 1. — Chrysanthème (Souvenir de petite amie) capité et dressé, présenté à la dernière exposition de chrysanthèmes de Paris.
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- les faire ramifier lorsqu'ils ont atteint une longueur de 10 à 12 centimètres. Si le nombre de ces rameaux n'est [tas suffisant, ils sont pinces de nouveau, en tenant compte toutefois de leur vigueur, obligeant à restreindre ces pincements, si elle n'est pas suffisante, à la limite compatible avec une floraison rationnelle et normale. Le point capital de ce dresse-ment ce sont les pincements et il y a, par conséquent, intérêt à obtenir des sujets vigoureux, permettant de pincer [tins souvent. M. Laurent fait jusqu'à six pincements sur la même plante, et estime que la limite pour le dernier pincement est la dernière quinzaine de juillet. Ses sujets n’ont cependant pas moins de cinquante à cent branches, dans des pots de 27 centimètres de diamètre. 11 est évident que, si quelques-uns des rameaux s’emportent, menaçant de rompre l’équilibre et de constituer une tête difforme, il convient de les pincer cependant.
- Une opération qui suppose du goût et de l’habileté est le tuteurage, le dressèment, la disposition et le palissage des branches, qui doivent rayonner normalement et être distribuées méthodiquement et avec ordonnance pour donner aux têtes, couronnant les tiges, cette forme hémisphérique très appréciée.
- La tige est d’abord dirigée contre un solide tuteur, ce qui est souvent fait également pour chacune des branches de la tête. Nous préférons à ces derniers l'emploi du cercle de fort lil de fer. Ce cercle est d’abord soutenu par trois ou quatre tuteurs, lesquels sont ensuite supprimés lorsque les branches extérieures sont assez fortes pour soutenir ce cercle. Le cercle extérieur doit avoir le diamètre assez grand [tour donner plus d'importance à la tête, par le plus
- grand écartement des tiges et détacher mieux chaque Heur.
- Pour la régularité de la formation de la plante on peut placer un ou deux cercles à diamètre décroissant à l'intérieur de la tête, mais il suffit aussi, pour diriger les tiges, des attaches en raphia qui rayonnent du tuteur central au cercle.
- Dans ce cas, il n’est pas trop d’avoir deux cercles superposés, celui inférieur d’un diamètre moindre, ce qui facilite la tenue générale.
- Cette façon de procéder est heureuse, car on n’aperçoit que le tuteur central, le ou les cercles, que dissimulent d’ailleurs le feuillage, surtout si ces cercles sont recouverts d’un enduit vert qui les confond comme tonalité avec le feuillage.
- C’est en procédant ainsi que l’on obtient ces superbes sujets capités à demi-tige que montre la photographie (fig. 1 ) de la variété « souvenir de petite amie » portant cent cinquante Heurs de 15 à 18 centimètres de diamètre.
- Le chrysanthème figure 2 possède certainement une ramification moins importante, mais il est d’autant plus remarquable par son dressement et sa vigueur qu’il était, parmi d’autres très nombreux, cultivé à Monte-Carlo.
- Or, on n’ignore pas que le climat plus sec de la liiviera en été, l’absence de rosée rend cette culture plus difficile. Photographié pendant la seconde quinzaine d'octobre, ce sujet a été bouturé eu octobre et a subi trois rempotages, le dernier dans un pot de 22 centimètres de diamètre. Épanouis les capitules n’avaient pas moins de 20 à 22 centimètres de diamètre. Ai.bf.rt Maoiexé.
- Fig. 2. — Chrysanthème capilé avant l’arrangement de la ramure.
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- LES BRANCHES UES ARBRES
- COMME SUCCEDAMES DES FOURRAGES
- Tout le monde a vu des chevaux, des boeufs mordiller des branches d’arbres, ou du moins des jeunes ramilles et des feuilles, quand ces animaux n’ont rien autre chose à portée de leurs dents; et le fait est (pie, comme cela a déjà été indiqué au moins sommairement ici, par les années de sécheresse et de disette de fourrage, les rameaux des arbres et des arbrisseaux peuvent être d’un grand secours pour l'alimentation du bétail, dette question a préoccupé dès longtemps les éleveurs, puisque l’on a des preuves (pie les Romains pratiquaient parfois celte méthode; elle vient de faire l’objet de recherches pratiques de la part d’un Italien, M. Camaro, qui recommande plus spécialement certains végétaux dont nous allons parler. 11 s’agit du reste d’arbustes ou d’arbres qu’on rencontre particulièrement en Italie, mais dont un grand nombre poussent
- de la France et de
- également dans une bonne partie
- l’Algérie.
- Les principales plantes auxquelles on se trouve bien de recourir, sont l’alaterne, arbuste qui atteint 5 mètres, mais qu’on peut cultiver en cépées avec taille des jeunes rameaux tous les deux ans. Le câprier, qui a précisément cette particularité de résister fort bien à la sécheresse, et par conséquent de garder sa verdure quand presque tout se dessèche autour de lui, donnera, après cueillette des câpres, des boutons lloraux, puis, en été et eu automne, des rameaux et des feuilles qu'acceptent très volontiers les (Mires et aussi les bovidés, quand ils sont mélangés à un autre fourrage. L’enlèvement des rameaux ne nuit nullement à la plante en tant (pie productrice de boutons lloraux, puisque le câprier demande une taille annuelle ; et l’on peut se procurer ainsi jusqu’à 120 quintaux de feuilles et rameaux à l’hectare, sur des plantations bien entretenues. l'our 100 parties de feuilles vertes de cet arbuste, on trouve plus de 21 parties de matière organique, et moins de T de cendres, le reste étant de l’eau ; l’analyse de 100 parties de feuilles sèches révèle 1,90 de saccharose 2,50 d’amidon, 1,10 de graisse, 0,50 de glucose, 15,44 de substances albuminoïdes, 2,02 d’azote total, 43 de cellulose brute, etc.
- Les raquettes de figuier de l’Inde (surtout mélangées aux feuilles d’arbousier) sont mangées avidement par les chevaux, les bœufs, les moutons; c’est un fourrage un peu laxatif, qu'on fait bien de mêler à du son, des tourteaux, de la paille, et qui contient 0,08 pour 100 de glucose, 1,55 d’amidon, 0,54 de graines, 2,50 d’azote total; 5 à G kg de ces raquettes auraient même valeur alimentaire (pie près d’un kilogramme et demi de foin. Nous ne parlerons guère du genêt, qui est bien connu et utilisé couramment dans une bonne portion de la France. Nous signalerons les jeunes branches d’arbousier, particulièrement appréciées par les moutons; le lierre, qui est fort goûté des porcs, des agneaux, des chèvres (qui, elles, ne sont pas difficiles sur le régime alimentaire); puis les jeunes pousses d’yeuses; ou encore les rameaux de lentisque, de myrthe, d’olivier, les deux premiers se rencontrant en abondance dans le fameux maquis corse. On peut encore utiliser les ramilles d’acacia, de chêne, de chêne-liège, et enfin les sarments de vigne provenant de la taille, et qui ne sont d’ordinaire employés que comme un combustible brûlant vite sans dégager beaucoup de chaleur : ces sarments de vigne, frais, renferment, en dehors de 78 pour 100 d’eau, 3,10 de substances azotées,
- 11,95 d’hydrates de carbone, 0,51 de graisses, 5 de cellulose et 1,40 seulement de cendres.
- Ou’on ne s’étonne pas que les animaux acceptent des ramilles renfermant une quantité notable de matière ligneuse : il a été constaté qu’ils digèrent près de moitié de la matière ligneuse contenue dans de la simple sciure de bois. Et, avec les jeunes rameaux, les fibres sont [dus fines et moins lignifiées; on fait du reste bien de les ramollir en les coupant en petits fragments auxquels ou ajoute I pour 100 de malt de brasserie. On mélange, on arrose d’eau chaude, et on laisse fermenter d’un à quatre jours; l’amidon se transforme en sucre, et les fibres sont extrêmement molles. Avec semblable traitement, 100 kg de ramilles de chêne ont même valeur alimentaire que 55 kg de foin. Enfui la macération dans la mélasse chaude donne également d’excellents résultats. Rougeois.
- I,es amalgames «le sodium. — Le sodium se combine facilement avec le mercure, surtout par élévation de température, et forme des amalgames solides ou liquides suivant les proportions relatives de mercure et de sodium employées. L’étude systématique des points de fusion des mélanges en proportions variables de mercure et de sodium a conduit à admettre l’existence des combinaisons suivantes :
- Na llg4 Na II g2 Na12 llg13
- Na3 llg2 Na3 llg2 Na3 llg
- Na llg
- Dans l’action du sodium sur le mercure, il y a explosion avec dégagement de chaleur et de lumière, en même temps qu’il y aurait mise en liberté d’une petite quantité d’hydrogène, d’après des études assez récentes. On explique ce dégagement d’hydrogène en admettant que le sodium ordinaire contient de l’hydrure, qui est décomposé au contact du mercure.
- Acier au carhorundum. — Nos lecteurs ont été tenus au courant des diverses applications de ce carbure de silicium dont la dureté est exceptionnelle : matériaux, revêtements réfractaires, meules à roder et polir. Voici m que MM. Kaufmann et Bouvier recommandent d’utiliser ses propriétés extrêmement réductrices dans la métallurgie de l’acier, pour améliorer fa qualité du métal. On additionnerait de ce produit l’acier fondu et aussi chaud que possible.
- Voiliers mous 1res à machine* auxiliaire. —
- Les Allemands ont construit certains voiliers cinq-mâts de [importions gigantesques, comme le Potosi ou le Prenss. n. Ils ont voulu faire plus grand encore, et la maison Rickmers, de Geestemiinde, se fait construire actuellement le LeuchUlrurin, qui n’aura pas moins de 154 mètres de long pour une largeur de 10“,54 et un creux de 9m,75. Il pourra porter une cargaison de 8000 tonnes. Mais, pour confirmer ce que nous disions récemment de l’infériorité de la voile, nous noterons qu’il est destiné à avoir une machine propulsive de 1000 chevaux, pour aider ou suppléer au vent.
- La chlorophylle «In géranium. — Les cultivateurs connaissent depuis longtemps l'effet produit sur les végétaux par l’épandage de nitrate de soude et savent qu’en dehors de l’augmentation de rendement qu’il provoque généralement, il a pour effet immédiat de rendre les plantes beaucoup [dus vertes et d’augmenter l’intensité colorante de la chlorophylle, ce qui tendrait à mon-
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- LA ISA TU HE.
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- trer que la matière verte des plantes, dont la composition a fait l’objet de nombreuses discussions, est une substance azotée. Assez récemment, Griffiths a effectué, sur la chlorophylle des feuilles de géranium, divers essais qui le conduisent à penser que cette matière est un protéide distinct, ce qui serait un argument en faveur de la nature albuminoïde des chlorophylles.
- La composition tlu béryl. — Le béryl de Limoges constitue la source la plus importante de glucine ou oxyde de glucinium, et jusqu’ici en dehors de cet élément et des corps habituellement contenus dans les roches : silice, alumine, chaux, alcalis, etc., on ne connaissait pas d’autres substances intéressantes renfermées dans ce minerai, lin chimiste anglais, James Pollok, en fractionnant la glucine à l’état de sulfate, a pu caractériser dans le béryl un nouvel élément ayant à peu près les propriétés chimiques du glucinium, mais possédant un équivalent beaucoup plus élevé ; son chlorure est plus volatil et se forme plus rapidement que celui du glucinium et son oxyde n’est pas si rapidement précipité d’une solution lluorhydrique par le fluorhydrate de fluorure de potassium.
- Auto-oxydation du soufre. — Un grand nombre d’auteurs ont signalé l’oxydation spontanée du soufre. C’est ainsi que depuis longtemps on sait que la fleur de soufre, pour être employée en médecine, doit être lavée à fond avec grand soin pour enlever son acidité, acidité provenant de la formation d’acides sulfurés, plus ou moins complexes, sous l’influence de l’air, de la lumière et peut-être de certaines actions de porosité. Une expérience assez récente démontre d’une façon encore plus saisissante cette auto-oxydation du soufre. En abandonnant plusieurs jours à l’action du soleil 2er,55 environ de soufre dans une atmosphère maintenue en mouvement, on a pu obtenir 2 milligr. 5 d’acide sulfureux.
- Le gaz pauvre et la désinfection des navires. — Ou vient de trouver un nouvel usage, assez surprenant au premier abord, du gaz pauvre : la désinfection des navires, des cales, des cargaisons, en concurrence avec le gaz sulfurique ou sulfureux. Des expériences qui semblent assez concluantes viennent d’être faites à ce point de vue, à Berlin, par les Drs Nocbt et Gieinsa. Ils emploient un gazogène brillant du coke; toute une installation a été combinée qui chasse du gaz (mélange d’oxyde de carbone et d’autres gaz) dans les cales, pour l’aspirer ensuite quand il a passé dans l’enceinte à désinfecter. Ce gaz tue admirablement les rats en particulier, sans détériorer les chargements les plus susceptibles.
- L-avenir des omnibus automobiles. — Au moment où des expériences sont poursuivies à Paris, il est intéressant de signaler l’opinion nettement défavorable de M. J. S. Raworth, publiée par Electrical Review. L’omnibus automobile marche trop vite à son avis pour pouvoir cueillir un nombre suffisant de voyageurs; de plus, il est convaincu que les dépenses seront beaucoup trop fortes, surtout du fait des bandages.
- Hauts faits métallurgiques. - C’est aux États-Unis qu’ils sont accomplis, la production s’v faisants' „ une échelle gigantesque. Voici, par exemple, une <es installations à foyer ouvert des usines Carnegie, à llomes-tead, qui fournit l’équivalent d’un courant de métal fondu de 7 centimètres et demi de diamètre, coulant sans interruption durant 24 heures et 500 jours par an. D’autre part, à la United Status steel Corporation, les machines à fabriquer le fil métallique, dit ronces artificielles, fabriquent cet article à raison de -4600 mètres à la minute, durant 24 heures et 500 jours par an.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 septembre 1905. — Présidence de M. Troost.
- La purification naturelle des eaux. — M. de Lappa-rent rappelle que M. Fabre a déjà étudié l’influence des sols sur le ruissellement des eaux. Il fait connaître que M. Fabre vient de s’occuper de la purification des eaux par les terrains forestiers. On sait que les eaux qui ont traversé des terrains forestiers sont débarrassées des microbes pathogènes ; aussi les villes recherchent-elles les eaux qui proviennent de terrains désertiques et boisés. L’auteur a recherché la cause première de cette immunité. Selon sa remarque, l’épuration ne doit pas être attribuée au filtrage, car la couche atteint rarement l’épaisseur de lm,50 reconnue nécessaire pour arrêter les microbes anaérobies. Il faut attribuer le fait à la concurrence vitale intermicrobienne, dont il résulte que les microbes pathogènes anaérobies sont éliminés au profit des microbes aérobies. *
- L’éclipse du 50 août. — M. Lœwv adresse une Noie de M. Eginitis, directeur de l’Observatoire d’Athènes, relative à l’observation de l’éclipse dans cette ville; de son côté, M. Stéphan communique un relevé des temps des contacts observés à Marseille. Enfin M. Deslandres présente une Note de M. Andoyer, professeur à la Faculté des sciences de Paris, sur la photographie de la couronne solaire. L’auteur s’est rendu à Philippeville avec un appareil photographique non entraîné par un mouvement d’horlogerie. Il a réussi à tirer 44 clichés sur la couronne solaire dont 11 pendant la totalité. Deux clichés obtenus, une à deux minutes avant l’instant de la totalité, font déjà apparaître la silhouette de la couronne qui se présente sous la forme régulière caractéristique de l’époque du maximum des taches. La largeur de la couronne correspond à un rayon solaire. Des protubérances sont visibles. M. Mourot, professeur au Collège de Philippe-ville, a observé le phénomène des ombres dansantes ; il a, en outre, noté pendant la totalité un abaissement de température de 6°. Ch. de Villedeuil.
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- SAY0RGNAN DE BRAZZA
- De nouveau voici les géographes français en deuil et, avec eux, tous les patriotes qui ont quelque souci de la grandeur et de l’expansion humanitaire de leur pays. Cependant, c’est un étranger qu’ils pleurent aujourd’hui, étranger de naissance du moins, car, par le cœur et par l’action, cet étranger fut plus que digne de la naturalisation française accordée à ses incomparables et loyaux services.
- Le comte Pierre Savorgnan de Brazza est mort à Dakar le 14 septembre.
- Sa trop courte biographie n’est que le procès-verbal succinct d’une des plus grandes œuvres accomplies par et pour la France, dans le dernier quart du xixR siècle.
- Né à Rome en 1852, de vieille et noble souche italienne, de Brazza, en 1872, entrait, au litre étranger, comme élève à l’école navale de Brest.
- En 1874, en qualité d’officier d’ordonnance de l’amiral Quiliot, il aborde à ces rives du Gabon dont Serval, le marquis de Compiègne et Alfred Marche
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- LA NAT LH E.
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- avaient, depuis 1862, commencé à pénétrer les mystères intérieurs. Au premier contact l’Afrique le prend, l’étreint jusqu'à ce que, hélas! elle ne l’ait plus rendu !
- Promu enseigne de vaisseau auxiliaire, de Brazza obtient d’entreprendre la réalisation de son rêve : la pénétration de l’Afrique occidentale, alors en grand blanc sur les cartes ; une mission lui est confiée (1875) avec Marche, le I)r Ballay et Hamon : ce fut la révélation de l’Ogooué, après laquelle (en 1878) de Brazza, classé grand explorateur, fut officiellement fait Français.
- Entre temps l’anglo-américain Stanley trouvait impossible la descente du Congo jusqu’à la mer, à cause des obstacles de son cours inférieur : belle occasion pour la France d’ouvrir une route vers le grand ileuve, par la poterne que lui offre peut-être sa possession de l’estuaire du Gabon ; de Brazza conçoit cette grande idée, et persuade à notre ministère des Affaires étrangères de lui en confier l’exécution. Le 27 décembre 1879 il repart, et, en 1880, fonde Franceville,
- Brazzaville et passe avec le roi Makoko te fameux traité qui devait donner à la France une grande partie de Y Ouest africain. Puis il se trouve en face de Stanley ; pour la mémoire de ce dernier, et parce que la paix est due aux morts, il convient de ne pas rappeler comment cet autre grand pionnier de l’Afrique, qui ne palabrait qu’à coups de fusils, traita Savorgnan Y humain, le négociateur doux, quoique ferme, dont les succès avaient la bonté pour base. Expliquons seulement le dépit furieux de Stanley : son émule lui avait fermé l’ouest. En juin 1882, de Brazza rentre en France, lieutenant de vaisseau et acclamé de tous. 11 nous rapportait notre belle part du Congo, et, presque sans délai, retournait, en mars 1885, comme commissaire de la République française, pour annoncer à Makoko la ratification du traité de 1880 et pour explorer l'Alima. Puis il assiste, en 1884-1885, comme représentant de la France, à la conférence de Berlin qui délimite les divers droits européens au Congo.
- En 1886 est créé le Congo français, distingué du Gabon et confié au gouvernement de de Brazza comme commissaire général (1888-1897). Ce fut la sanction de la complète et de l’établissement, par
- les moyens louables et fructueux de l’aménité et de l’indulgence, envers ces noirs, ayant droit aussi au titre d’hommes, et que d’autres systèmes martyrisaient et martyrisent encore !
- Mais certains trouvèrent que, tête trop géniale et cœur trop large, l’administrateur de Brazza ignorait l’économie ; — il coûtait trop, déclarèrent des budgétaires et en 1897 on le rappela, nous dirons (par euphémisme) brusquement ; — quelqu’un, que cela honore, fit remarquer qu’il avait laissé au Congo toute sa fortune personnelle, et le Parlement voulut et sut réparer de son mieux en décernant au bon et utile Français une pension nationale de quelques milliers de francs.
- Au début de l’année 1905 des faits pénibles, qui
- ne nous concernent point ici, survinrent au Congo français : et cette fois, du moins, on apprécia que le soin délicat de les enquêter et de les pallier devait être dévolu au créateur de la colonie, resté, parmi ses noirs administrés, la sorte de demi-dieu, dont un signe amical remettrait tout en ordre. C’est vers ce moment qu’au banquet annuel de la Société de géographie de Paris (décembre 1904) de Brazza (avec Mme de Brazza) fut vu pour la dernière fois, — gai, conciliant, bien portant, — par ses meilleurs amis les géographes. — Au mois d’avril dernier, de Brazza repartait pour le Congo, y était accueilli par la joie universelle et réconfortante des indigènes, et allait nous en rapporter des conseils salutaires pour l’avenir de ce pays. Trop de présomption en sa force contre les embûches du climat et des maladies l’a empêché de cueillir ce suprême et légitime laurier. Il est mort sur son sol d’Afrique, au champ d’honneur immaculé de sa bienfaisante carrière; la dévouée compagne qui, non sans une louchante pointe de roman, était depuis une douzaine d’années devenue Mme de Brazza, a pu recueillir ses derniers soupirs ; elle n’entendra plus désormais que les louanges dues (le gouvernement même le lui a dit) à « l’un des meilleurs et des plus glorieux serviteurs de la France ».
- E.-A. Martel.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus , y.
- Cl Pirou, rue Royale.
- Savorgnan de Brazza
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- .V 1088.
- 50 SEPTEMBRE l'JOo.
- LA NATURE.
- m
- LE YIIÜIC DE PÀSSY DU MÉTROPOLITAIN
- La ligne circulaire sud du Métropolitain de Paris qui part de l’Etoile pour se diriger vers la Nation, en passant par la place d’Italie et dont la première section, comprise entre l’Étoile et la station de Passe, est livrée à l’exploitation depuis quelque temps déjà,
- franchit la Seine à la sortie de cette dernière station, à l’emplacement même de l’ancienne passerelle de Passy.
- Cette passerelle, destinée seulement aux piétons, n'était suffisante, ni comme résistance, ni comme
- ç «’RiisniÉcatj:
- largeur, pour être utilisée pour le passage des voies du Métropolitain et pour servir, en même temps, de voie charretière, dont l’utilité était d’autant plus grande qu’aucune autre voie charretière n’existe
- entre le pont d'Iéna et celui de Grenelle, pour relidrÿ les deux quartiers de Passy et de Grenelle. 'x,
- On prit donc le parti de remplacer la passerelle de Passy par un viaduc à deux étages, le premier
- Station du R. d Quai ae Passy HBB__ Rail Rive gauche Station du QuaideGrenelle (V3, °0)
- ; .j^J i-.qt.Wk»- L | \ de \ » Rxte AlborvL jjPassnfc ±11 MM L! 11.H rTrk 1 L! 1M M H t P 1 f fp m.!*» y s 127.00) U -—-SS/ siè v (11,60) U..!(1Q30) .{ (10,6$ ! ^ 223, So ; 1 © '^Çuxzv d» OreneGe^B^deCr&teÜe
- Fig. 2. — Élévation du viaduc.
- pour la voie charretière et le second, le supérieur, pour le passage des trains du Métropolitain.
- Mais comme, pendant la construction de ce nouveau viaduc, il était de toute impossibilité d’interrompre la circulation des piétons entre les deux rives, on résolut de conserver temporairement cette passerelle, en la déplaçant parallèlement à elle-même vers l’aval d’environ 50 mètres. Les diffé-
- rentes dispositions adoptées ont été décrites dans La Nature1; nous n’y reviendrons pas.
- Le nouveau viaduc (fig. 2), d’une longueur totale de 400 mètres, se compose de deux parties principales séparées par l’ile des Cygnes : l’une traversant le grand bras et l’autre le petit bras de la Seine. Ces deux parties principales du viaduc sont reliées, 1 Yoy. n° 1582, du 19 septembre 1905, p. 247.
- 18
- 33e année. — 2e semestre.
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- LA N A TI I! K.
- d’un côté à lu station de Passy par sept travées métalliques établies dans l’axe de la rue Alboni et, de l’autre côté, à la station du quai de Grenelle, par deux travées métalliques dont l’une de 55'",28 d’ouverture franchit la ligne des Invalides à Versailles, de la Compagnie de l’Ouest.
- Les deux viaducs (pii franchissent les deux bras de la Seine sont, comme nous l’avons dit, à deux étages (fig. 2 et a). Le premier, de 2 P",70 de largeur
- entre parapets, se compose d’un trottoir pour piétons de 8"',70 de largeur, de deux voies charretières de 0 mètres accompagnées chacune d’un trottoir de 2 mètres de largeur. Le second étage est formé d’un viaduc métallique, situé au-dessus du trottoir central, supportant les rails de la voie du Métropolitain dont le niveau se trouve à 7n,,21, en moyenne, au-dessus de la chaussée du premier étage. Aous disons en moyenne parce que le viaduc supérieur qui supporte les voies métropolitaines est de niveau sur toute la longueur de l'ouvrage, tandis que le pont inférieur «pii supporte les voies charretières est en rampe de ô millimètres par mètre du quai de Passy vers le quai de Grenelle. La bailleur du viaduc supérieur va en diminuant vers le quai de Grenelle.
- Le viaduc qui franchit le grand bras de la Seine se compose de trois travées, une centrale de b 4 mètres d'ouverture et deux de rive de 29 mètres, soit une-longueur totale de 112 mètres. Pour le petit bras, l’ouverture centrale est de 42 mètres et les ouvertures de rive de 2û mètres, soit une longueur totale de 88 mètres entre culées. Le viaduc est biais et son axe fait un angle de 75° avec celui du lleuve.
- Les culées ont été fondées à l’air comprimé, au moyen de caissons descendus sur le sol solide, à une profondeur moyenne de lûm,7() au-dessous de l'étiage de la Seine. Les piles en maçonnerie ont été également fondées à l’air comprimé pour les deux bras. Les caissons ont été descendus à une profondeur moyenne de 16l,1,ô au-dessous de l'étiage. A ce propos, nous devons rappeler une circonstance
- particulière due à ce que deux des nouvelles piles occupaient exactement remplacement de celles qui servaient à supporter la passerelle. Gomme, dans ces conditions, le fonçage à l’air comprimé des nouveaux caissons de beaucoup [dus grandes dimensions, qui collraient complètement ceux de la passerelle et qui, de plus, devaient être descendus à une plus grande profondeur, eut présenté de grandes difficultés, on décida, avant toute nouvelle opération, de faire disparaître les colonnes et les caissons qui servaient de support à la passerelle. Cette opération fort intéressante, qui s'est faite par arrachement, est décrite dans La Nature1.
- La superstructure de l’étage inférieur de chacun des ponts se compose, comme le montre la figure b, de dix fermes longitudinales, dont la membrure supérieure est horizontale et la membrure inférieure courbe, de telle' sorte que l’arche centrale a la forme d’un arc et les arches de rive la forme d’un demi-arc. Ces deux membrures sont reliées par une triangulation formée de montants verticaux et de diagonales.
- Les deux fermes centrales, supportant directement le viaduc de l’étage supérieur, ont des sections plus fortes que les six autres fermes qui supportent la chaussée. Quant aux deux fermes de rive, qui ne supportent qu'une partie du trottoir, elles on tune faible section et les tympans se composent de montants verticaux sans diagonales. Ces arcs sont reliés entre eux au moyen d’entretoises et de croix de Saint-André.
- Ces fermes longitudinales sont construites suivant le système Cantilever, c’est-à-dire, comme le montre la figure <4, qu’elles se composent, dans la travée centrale, d'une partie en encorbellement prenant appui sur la pile et équilibrée, à l’arrière, par la travée de rive à laquelle on a donné, dans ce but,
- Fig. i. — Schéinn du pnni.
- un poids suffisant. Les deux parties en encorbellement de la travée centrale qui se font face sont reliées par une poutre intermédiaire fixée, d un côté, au moyen d’une rotule, à l’extrémité d un des encorbellements et reposant, de l'autre côté, sur le second encorbellement au moyen de rouleaux permettant la dilatation de cette poutre centrale. Afin de permettre la dilatation du reste de la ferme composé de l'encorbellement et de la culasse (pii tonne la travée de rive, le tout repose sur la pile au moyen d'appuis fixes à rotule et sur les culées également au moven d'appareils à rotule, mais à dilatation.
- 1 Vny. n” 1585, <tu 26 septembre i00.”, p. 262.
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- Cotte travée intermédiaire a une longueur de 12 mètres sur le grand liras.
- Getle disposition en canlilever a été adoptée afin de faciliter le montage de la travée centrale sans faire usage d'échafaudages en rivière.
- Dans les travées centrales la chaussée en hois repose, avec interposition de béton, sur des tôles cintrées prenant appui sur les membrures supérieures des fermes, au moyen d’entretoises reliant ces membrures et de longerons intermédiaires. Dans les travées de rive, ces tôles cintrées ont été remplacées par des voûtes en briques et l’épaisseur du béton au-dessous du pavage en hois a été augmentée, afin de donner aux travées dérivé faisant culasse un poids suffisant pour équilibrer le poids de la travée centrale dans le cas de surcharge le plus défavorable.
- Le viaduc formant l’étage supérieur, au-dessus duquel circulent les trains du métropolitain, se compose de colonnes métalliques reposant à leur hase sur la membrure supérieure des deux fermes centrales et reliées entre elles, à leur partie supérieure, par un système d’enlretoises et de longerons formant le plancher qui supporte les rails du métropolitain. La largeur du viaduc supérieur entre parapets est de 7’",50. Chaque rangée de colonnes est espacée de 6 mètres dans le sens longitudinal du pont. Le tablier du viaduc supérieur est calculé de manière à reporter sur les culées en maçonnerie tous les efforts résultant du vent, de telle sorte que les colonnes, ne supportant aucun effort résultant de ce fait, ne produisent aucune déformation des fermes de l’étage inférieur du pont.
- Le montage de la partie métallique du pont s’est opéré très simplement. On a d’abord monté, sur échafaudages, les travées de rive, puis les parties en encorbellement des travées centrales qui ont été mises en place en porte-à-faux, sans échafaudages. Cette opération terminée, on a placé les [loutres intermédiaires de liaison entre les encorbellements de la travée centrale. Le tablier du viaduc inférieur étant ensuite posé, on a pu, sans difficulté, opérer le montage du viaduc supérieur qui supporte les voies du métropolitain.
- Les travaux d’infrastructure, fondations et maçonneries, ont été entrepris par M. Gonchon, et la partie métallique a été exécutée par MM. Daydé et Pillé, les auteurs du projet accepté par l'administration à la suite du concours institué, en 1902. entre les constructeurs français. R. Bonmn.
- LE SPECTRE DE JUPITER
- ET 1)E SES SATELLITES
- fe but (le la spectroscopie planétaire est de déterminer les substances qui existent dans les atmosphères des mondes gravitant avec nous autour du soleil. Le problème comprend tout naturellement deux parties : 1" Reconnaître les bandes d’absorption et déterminer leur place dans le spectre; 2° rechercher les corps auxquels elles sont dues.
- Jusqu’à l’heure présente, on a reconnu l’exhlenet1 de
- l’hydrogène dans l’atmosphère de Neplime et dTr.mus. De plus, les observations ont montré que les spectres de Jupiter, Saturne, Lranus et Neptune présentaient de grandes ressemblances, notamment l’existence, dans ces quatre spectres, de la bande située dans le rouge et correspondant à la longueur d’onde (il!) \v,s..
- M. Slipher, de l’Observatoire Lovvell, qui a déjà étudié les spectres d’Lranus et de Neptune, a pensé qu’en étudiant l’un des spectres des quatre planètes extrêmes du système solaire, on pourrait obtenir d’utiles constatations pour les trois spectres non étudiés; et il s’est consacré à l’étude du spectre de Jupiter, durant l’automne et l’hiver derniers. 11 s’est servi pour cela du grand spectrographe qui a un collimateur d’une longueur focale de 402 mm et une. chambre de 587 mm de longueur focale; instrument monté sur le réfracteur de 0m,t»I d’ouverture.
- Il utilisa deux prismes de 60° et un train de trois prismes do 05°. Les [(holographies ont été [irises du 20 octobre 1004 au 15 février 1005. Deux [(holographies seulement ont été prises avec le train; neuf photographies ont été obtenues avec les autres prismes. Le spectre de la Lune a été photographié comme spectre de comparaison.
- Les principales bandes observées par M. Slipher sont X 0102, X 0405, X 5427, X 5700, X 0025. M. Slipher a comparé ses observations avec les constatations récentes de M. Milloehau, de l’Observatoire de Meudon. Les résultats obtenus par l’astronome français sont en grande partie confirmés. M. Milloehau n’a pas toutefois signalé la bande X 0405, et M. Slipher attribue cela au manque de sensibilité pour le rouge des plaques employées par M. Milloehau. M. Slipher est en désaccord avec son collègue de Meudon au sujet de l’intensité des bandes de la vapeur d’eau.
- Une seule plaque a montré à M. Slipher ces bandes avec quelque intensité, et, ce jour-là, il y avait beaucoup de vapeur d’eau dans notre atmosphère. Pour M. Milloehau, au contraire, les bandes dues à la vapeur d’eau seraient fortement renforcées sur Jupiter. M. Slipher met cette conclusion en doute, et montre la supériorité de l'Observatoire Lowell pour ces recherches, à cause de sa situation exceptionnelle. Durant ses recherches sur le spectre de Jupiter, M. Slipher a aussi photographié les spectres des quatre principaux satellites de Jupiter. Les poses ont é'.é faites alors que les satellites étaient près de leur élongation : il en résulte un déplacement notable dans les lignes du spectre par suite des vitesses orbitaires.
- En employant une fente un peu large (0,1 mm) l’astronome américain a pu prendre deux photographies du 5e satellite sur des plaques sensibles au rouge avec Jupiter comme spectre de comparaison [tour l’un, et notre satellite la Lune pour l’autre. On n’y a trouvé aucune trace de la bande X 0192, si sensible dans le spectre de Jupiter. Il est donc probable que l’atihosphère des satellites est considérablement moins vaste que les observations visuelles du l)r Vogel ne l’ont donné à entendre. Ces résultats sont du plus haut intérêt; les premières recherches sur le spectre de Jupiter ne sont pas très anciennes; elles remontent aux travaux de Janssen, d’IIuygens en 1800, [mis il convient de citer les travaux de Vogel qui a publié un mémoire très important sur la spectroscopie planétaire, en 1874. Les premières [(holographies de spectres planétaires dans la région jaune et verte ne remontent qu’à 1897 avec Kecler. Elles portaient sur Mars, et celles de MM. Milloehau et Slipher sont les premières en ce qui
- concerne Jupiter. L. L.
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- LA NATURE.
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- L’OBSEKYATOIRE DU YÉSUYK1
- Les volcans ont beaucoup fait parler d’eux en ces dernières années. Et voici que l’attention est à nouveau attirée sur le plus célèbre de tous, sur le Vésuve, par les catastrophes qui viennent de désoler l’Italie méridionale.
- Je croirais faire injure aux lecteurs de cette revue en leur retraçant l’histoire de la fameuse cime, demeure de Jupiter Yesuvius, dieu de la terre de Labour. Ignorent-ils que le Vésuve passait pour un volcan éteint, que Strabon le décrivait tout entier couvert d’arbres et d’arbustes, qu’en 251 avant notre ère Spartacus fit camper dans son cratère une armée de 10000 gladiateurs? Tous connaissent le réveil terrible de 79; l’ensevelissement de Pompéi, llerculanum et Statues ; puis les éruptions de 472 où les cendres volèrent jusque sur les toits de Tripoli ; de 512, 685, 995, 1056, 1198, 1500, 1558, 1651
- où Résina fut détruite, de 1757, 1858, 1861 ; et les malheurs de la petite ville de Torre del Greco détruite sept fois en 150 ans.
- A l’heure actuelle le Vésuve présente deux parties : le cône volcanique ou Vésuve proprement dit, le plus rapproché de Naples qui semble avoir été édifié lors de l’éruption de 79 ; l’autre qui est la Somma et n’est qu’un reste du cône ancien unique dont le dôme a été projeté en 79 dans l’espace. Entre les deux un vallon semi-circulaire de 500 mètres de largeur YAtrio del Cavallo. La roche composant la Somma diffère des laves du Vésuve ; les flancs sont recouverts de tuf ponce, avec quelques coquilles fossiles des terrains tertiaires et l’on s’est demandé si à une certaine époque le Vésuve n’a pas été un volcan sous-marin. Quant au cratère du Vésuve, au cône principal il a, selon les observations faites à la fin de 1904 par M. Janssen, « la forme d’un cône renversé à pentes intérieures très escarpées recou-
- Fig. 1. — Cratère du Vésuve (avril 1903).
- vertes d’une cendre fine; l’ouverture du cône peut avoir actuellement 120 mètres de diamètre ». Cet entonnoir est presque toujours rempli de vapeurs et de fumées que le vent balaie parfois; c’est alors seulement qu’on aperçoit le fond du cratère qui est rempli de couches de lapilli d’où partent des fumerolles qui s’élèvent en serpentant le long des parois internes et dégagent une forte odeur de soufre.
- Nos lecteurs savent que le Vésuve est doté d’un Observatoire. Dès la sortie de Résina, port de l'antique llerculanum, on chemine entre des jardins et des vignobles, puis peu à peu le désert se fait ; quelques arbres rabougris, quelques maigres touffes d’herbe poussent dans les scories et les cendres ; à travers les laves on arrive à l’ermitage San Salvatore, puis à l’Observatoire qui est une construction aux formes élégantes et sveltes. Cet Observatoire, dont je veux entretenir nos lecteurs d’après les souvenirs d'une visite que je fis en septembre 1901, s’élève
- au-dessus d’un sillon de la Somma, d’une colline dont la végétation fait une oasis de verdure au milieu du désert de laves. L’Observatoire du Vésuve est à 657 mètres au-dessus du niveau de la mer et n’est éloigné du sommet du grand cône du Vésuve que d’environ 2 km. Cette position, excessivement favorable, fait de l’Observatoire du Vésuve un établissement unique au monde pour les études sismiques.
- Commencé en 1841, sur les plans de l’architecte Fazzini, l'Observatoire a été terminé en 1847. Nul lieu ne pouvait être mieux choisi pour préserver l’Observatoire des colères du Vésuve que le col des Canteroni sur lequel il se dresse aujourd'hui. Mais malheureusement les dernières coulées abondantes de laves, qui, dans la seconde moitié du siècle dernier, sont sorties du volcan du côté du N.-O., ont en partie comblé les profondes vallées qui entourent la colline de l’Observatoire. Et peut-être que le jour n’est pas bien lointain où cet important établissement scientifique sera menacé dans son existence par le volcan qui a déjà enseveli tant d’œuvres
- Yoy. n° 501, «tu 8 mars 1870, p. 217.
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- LA NATURE.
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- humaines sous ses laves. A l’entrée de l’Observatoire une plaque commémorative rappelle les victimes de l’éruption de 1872. En cette année-là, en effet, le 24 avril, de fortes détonations éclatèrent dans la montagne et des pierres et des laves furent rejetées par le volcan. Tout se calma le 25, mais dans la nuit suivante l’éruption reprit et une foule de curieux entreprirent l'ascension de la montagne pour voir de plus près le phénomène.
- Alors le 25 à 5 heures et demie du matin une explosion extraordinaire se produisit ; deux cratères nouveaux s’ouvrirent à la cime du volcan ; des pierres furent lancées à 1500 mètres de hauteur et les cendres allèrent jusqu’à Cosenza en Calabre à près
- de 60 lieues de distance. De nombreux spectateurs, surpris par la coulée, furent tués par les pierres ou ensevelis sous la lave ; d’autres, blessés, vinrent mourir à l’Observatoire ou furent transportés à l’hôpital de Résina. L’Observatoire fut enserré entre deux bras de feu. A Naples l’émotion fut immense; 40000 personnes quittèrent la ville. Le 27 l’éruption du Vésuve cessa.
- L’Observatoire possède un grand choix d’instruments pour les observations météorologiques ordinaires. Il renferme, en outre, des appareils sismiques magnétiques, spectroscopiques ainsi que des thermomètres pour la mesure des hautes températures et un laboratoire pour les analyses chimiques. Le pro-
- Fig. 2. — L’Üliservaioii'e du Vésuve.
- fesseur Palmieri y a installé un cabinet d’étude des courants telluriques. L’Observatoire possède de riches collections de laves, cendres, pierres, roches et minerais du Vésuve appartenant à des époques diverses. A l’établissement est rattachée une bibliothèque contenant des milliers de publications se rapportant au Vésuve et à ses éruptions depuis les temps les plus reculés. Cette bibliothèque est due en grande partie aux professeurs Monticelli, Scacchi et Palmieri de l’Université de Naples.
- Le premier directeur de l’Observatoire du Vésuve fut Macedonio Melloni. Il fut nommé à ce poste, en 1846, par Ferdinand II de Bourbon; mais ses opinions libérales ne plurent pas au prince et l’illustre physicien fut destitué en 1848.
- Après quelques années d’abandon l’Observatoire fut confié au professeur Luigi Palmieri qui le dirigea jusqu’à sa mort, le 9 septembre 1896. Eugène Semmola lui succéda et donna une grande activité aux travaux de l’Observatoire. Il s’est occupé notamment de rechercher s’il existe une relation entre les jours où les coulées de lave ont été en augmentation ou eh diminution et les dates des phases lunaires relatives aux mêmes époques. Il a constaté que les intervalles de temps entre deux variations successives dans l’activité du volcan oscillent entre quelques heures et quelques semaines, ce qui est en opposition avec ce qui arrive pour les phases lunaires. Ce qui s’est passé les jours de pleine ou de nouvelle lunes, de premier ou de dernier quartiers, a été
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- LA NAT TR K.
- très variable : l'activité du volcan a été en général stationnaire.
- M. le professeur Semniola a, par suite, conclu que l’hypothèse émise par quelques savants que l'attraction luni-solaire doit, agir sur les niasses ignées fluides souterraine; comme sur les eaux de la mer n’est, pas confirmée en ce qui concerne le Vésuve.
- L’Observatoire est dirigé à l'heure actuelle par M. Malteucei.
- L’année I DO \ avait été marquée par une certaine ac-livité volcanique notamment en septembre 1001. C’est le I \ décembre dernier que M. Janssen,accompagné de M. Millochau, a l'ait l'ascension du volcan jusqu’au sommet. On prit quelques photographies du cratère pendant les explosions et on recueillit des échantillons de lapilli (petits fragments de pierre ponce). .M. Janssen voulait observer les modifications subies par un rayon solaire qui aurait traversé les vapeurs s'échappant du cratère. Malheureusement le bord de celui-ci dépassant la hauteur du soleil à midi l’observation ne fut pas possible au point primitivement choisi. Le lendemain on préleva des gaz dans diverses grandes fumerolles.
- Le H) .à l'Alrio del Cavallo on prit diverses épreuves du spectre solaire, le soleil étant derrière les fumées sortant du cône, puis un peu à l’écart, de ces fumées, puis assez loin du cratère pour (pie les gaz n’aient pas d’action sensible. Toutes ces opérations ne se firent pas sans danger et M. Millochau fut même blessé au pied légèrement par une bombe volcanique. Depuis cette ascension le volcan a de nouveau été en activité. Le 27 mai dernier six crevasses se formèrent sur le cône supérieur pour donner passage à des coulées délavé. L’une atteignit le mont Umberto protégeant l’Observatoire. Deux coulées existent encore qui ont 500 pieds de large et 5*500 de long et atteignent l’Attrio del Cavallo.
- D’après de nouveaux renseignements, il parait que le cône terminal s’est élevé quelque peu ; l’altilude serait de 1350 au lieu de 1282 mètres. — Entre 1850 et 1850,1a cime n’atteignait pas cette dernière hauteur : aussi les coulées de laves du milieu du x(xe siècle s’échappaient-elles par le cratère même, tandis que les plus récentes se font jour par les lianes du cône. Lucien Libert.
- LA LAMPE A INCANDESCENCE AU TANTALE
- EN AMÉRIQUE
- Le Dr Louis Bell a fait connaître à la National Electric Light Association, le 0 juin dernier, ses expériences sur la lampe au tantale, dont l’apparition aux Etats-Unis est toute récente, expériences qui portent sur un nombre très réduit de lampes (10 lampes de 25 bougies à MO volts).
- Le professeur Pieffer les a soumises Tui-même à différents essais, et notamment des essais de durée, qui, pour deux lampes prises au hasard, dans l’ensemble, ont donné les résultats suivants : les deux lampes ont duré 850 heures avant de baisser au-dessous de 80 pour 100 de leur intensité lumineuse initiale, et leur intensité, après 1190 heures, était encore de 10,0 bougies.
- Fait surprenant : l’une des lampes eut un de ses filaments brisé au voisinage d’un des supports. On constata qu’elle se remit en étal d’elle-mème par contact et soudure fortuite des deux extrémités libres.
- La consommation moyenne, pendant les 800 premières heures, était de 2,05 watts par bougie pour ces deux lampes; pendant les 1000 premières heures, 2,15 watts par bougie. La tension du circuit d’essai était de 110 volts en moyenne, mais variait assez irrégulièrement, augmentant ou diminuant de 2 volts à chaque instant.
- Le I)r Bell considère comme excellente la lumière très blanche de la lampe au tantale. Ouant à la distribution de lumière avec la forme actuelle des filaments, elle est moins uniforme que celle des lampes à incandescence ordinaires, elle présente plus d’intensité dans la zone horizontale, et moins au voisinage de l’axe de, la lampe.
- Le professeur Kennely a déterminé le rapport de l’intensité moyenne atmosphérique à la moyenne horizontale avec des ampoules dépolies, et il a trouvé pour ce rapport la valeur 0,75; M. Bell trouve, avec des ampoules claires, à peu près la même valeur, mais il estime qu’il serait assez facile d’améliorer ce rapport.
- Le filament de tantale a une résistance initiale très faible, 55 à 60 oluns, de sorte qu’il est porté à incandescence beaucoup plus rapidement que le filament de charbon, mais il paraît moins sensible que celui-ci aux changements rapides de la tension du réseau, propriété qui présente un grand intérêt dans beaucoup de cas.
- En raison de sa faible inertie calorifique et de sa petite masse, aussi bien que de sa faible chaleur spécifique, le filament de tantale donnerait à craindre les résultats de variation de tension, si ces résultats avaient le temps de se' produire, et si les variations de tension n’étaient pas très rapides. Aussi le professeur Bell a-t-il étudié l’effet des variations périodiques de tension des courants alternatifs, et cherché si, en pratique, les alternances étaient assez lentes pour laisser au filament le temps de se refroidir ; il en résulterait certainement des changements de régime très considérables, se succédant rapidement, et qui pourraient avoir des résultats désastreux sur le filament. Aussi l’auteur a-t-il fait des essais stroboscopiques pour déterminer quelle était la fluctuation de lumière de la lampe à filament de tantale sous courant alternatif à 25 périodes par seconde, en d’autres termes pour étudier si le filament avait le temps de se refroidir sensiblement. Dans ces conditions, il a observé que la fluctuation de la lumière était un peu plus sensible seulement qu’avec les filaments de charbon, mais la même fluctuation se fait parfaitement sentir sur les lampes à filament de charbon, même les plus puissantes. A la fréquence de 60 périodes par seconde, la fluctuation est encore perceptible pour les deux lampes, mais il n’y a pas lieu de croire que ses effets sur la lampe au tantale aient une importance pratique à cette fréquence. On a observé au début que le filament de tantale se tendait et se relâchait, qu’il présentait des nodosités et des strictions, qui devaient le. rendre à ce moment très délicat et très sensible aux vibrations et aux chocs. C’est d’ailleurs par rupture au point de striction qu’ont fini les lampes essayées par le professeur Bell, et les extrémités présentaient une très notable diminution de section.
- Le tableau suivant résume les caractéristiques des 10 lampes essayées, les 6 premières avec des ampoules claires, les 4 dernières avec des ampoules dépolies. La première colonne donne l’intensité lumineuse exprimée en bougies. La seconde colonne donne la consommation en
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- LA XATI'HE.
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- waüs; la troisième colonne donne le rapport ou consommation en watts par bougie.
- Lampes.
- Wall s. Watts pur
- 41,58 1,94
- 58,61 1,84
- 41,58 1,66
- 41,58 1,95
- 41,91 1.92
- 41,91 1,85
- 40,56 2,05
- 40,04 2,15
- 40,04 2,15
- 40,48 2,09
- Ampoules claires.
- Ampoules dépolies.
- On peut donc concevoir, d’après ce tableau, une lampe fictive moyenne, qui serait évidemment différente pour les ampoules claires et pour les ampoules dépolies.
- Pour les ampoules claires son intensité lumineuse serait de 22,2 bougies, et sa consommation spécifique 1,85 watt. Pour les ampoules dépolies son intensité lumineuse serait de 10,08 bougies, et sa consommation spécifique 2,1 watts.
- Le professeur Bell fait remarquer que la lampe claire donne environ 1 bougie par pouce de filament incandescent, ce qui correspond à 500 bougies par pouce carré de filament, valeur bien supérieure à celle de l’éclat correspondant pour les lampes à incandescence ordinaire.
- Examinant ensuite les chances de succès commercial aux Etats-Unis, le professeur Bell les déclare excellentes, et il admet, pour coût de la lampe, 5 francs, et il calcule l’économie de consommation qu’elle permet d’obtenir : en supposant que le kilowatt-heure coûte environ 0fr,50, et que la lampe ait une durée utile de 600 heures, avec une intensité moyenne d’environ 20 bougies. La lampe donne en tout 12000 bougies-heure, et consomme environ 21 kilowatts-heure, soit une dépense d’énergie électrique de 12 francs. Ainsi, on arrive au chiffre de 17 francs environ, et on calcule que des lampes à incandescence donnant le même éclairage conduisent, pour la seule dépense de courant, à environ 20 francs, en admettant pour consommation 5,25 watts par hougie. On voit donc que, sans tenir compte du prix d’achat des lampes ordinaires, on peut trouver son compte à payer la lampe au tantale un prix beaucoup plus élevé. On peut même avoir intérêt à la préférer aux lampes en stock et qui ne coûtent rien.
- domine l’intérêt de ces lampes porte entièrement sur l’économie de courant et que l’auditoire du professeur Bell comportait beaucoup de directeurs d’usines intéressés à la vente de grandes quantités de courant, les arguments n’ont sans doute pas produit une impression aussi favorable que le désirait l’auteur, car il termine sa conférence en faisant ressortir ingénieusement que l’économie des lampes au tantale n’est pas à la portée de tout consommateur, puisque la plus pet ite intensité permise avec ces lampes est de 20 à 25 bougies. Il établit donc par calcul que, dans la substitution des lampes au tantale de 22 bougies aux lampes ordinaires de 16, les directeurs d’usine perdraient assez peu de leur consommation, que le public y gagnerait beaucoup en intensité lumineuse, et que, par répercussion, la faveur croissante de l’électricité auprès du public assurerait le plus grand développement de la consommation de courant, ce qui mettrait d’accord, en définitive, l’intérêt des usiniers avec l’intérêt des consommateurs.
- Le professeur Bell termine son intéressante conférence en se demandant si la lampe au tantale ne provoquera pas de nouveaux progrès de la lampe à incandescence A. B. -------------------------------
- • ' L'AVANCE MENT
- ÜU CHEMIN DE FER DE LA JUNGFRAU
- Depuis l’arlicle que Al. de Pareille lui a consacré ici même1, le chemin de fer de la Jungfrau a lentement mais régulièrement progressé. La conslruclion d’une ligne, destinée à atleindre le sommet de la « Vierge », est certainement l’un des travaux les plus grandioses et les plus audacieux qui aient été entrepris en montagne par les ingénieurs suisses. Aussi convient-il d’en faire connaître l’état d’avancement et les modifications. Le 25 juillet dernier, un train est parvenu à la quatrième station, Eismeer, silnée à o 161 mètres d’altitude. Celle station de la mer de (àlace est la gare la plus haute de l’Europe et, lorsque la voie aura atteint son point terminus, ce n’est'que dans l’Amérique du Sud que l’on trouvera des lignes surpassant celle-ci en altitude.
- La Jungfrau, nous le rappelons, s’élève, dans le massif de l’Oherland bernois, à 4167 mètres. Elle n’en est pas le point culminant; plus haut qu’elle encore se dressent l’Àletschhorn (4182 mètres) et le Finsteraarhorn (4275 mètres), mais elle est l’un des plus majestueux sommets de l’Oherland et, par l’est et le sud-est, du coté opposé à Interlaken, elle présente au touriste un prodigieux panorama de glaciers.
- 11 faut quelques années encore (avec un inévitable retard sur le terme primitivement fixé à 19052) pour que l'œuvre soit achevée. A ce moment, il y aura à peu près un siècle que, pour la première fois, l’ascension delà Jungfrau aura été faite. C’est en 1811, en elfel, que les premiers, les frères Meyer, d’Aarau, parvinrent à son sommet. Jusqu’en 1856, on n’enregistra que cinq ascensions de celte montagne. Depuis lors, malgré les difficultés et les latigues qu’exige celte course, elle est chaque année entreprise par de nombreux alpinistes, mais d’assez fréquents accidents, dus surtout à des imprudences, s’y sont produits, et, cette année même, il y en a eu plusieurs à déplorer.
- Les premiers projets de construction de chemins de fer pour monter à la Jungfrau datent de 1889. Celui de l’ingénieur zurichois, Kœchlin, et celui de l’ingénieur Traulweiler, de Laufenburg, adoptaient la vallée de Laulerbrunnen comme point de départ et prévoyaient une durée de trajet de 1 h. 1/2 à 2 heures. Un troisième projet, présenté en 1890 au Conseil fédéral par le colonel Ed. Loeher, ingénieur de Zurich, ne comptait que 15 minutes pour toute la durée du trajet, avec Laulerbrunnen également pour point de départ. Mais dans les deux premiers projets, les ouvertures ménagées à travers les tunnels présentaient toujours des points de vue situés du même côté et, dans le troisième projet, toute station intermédiaire était même exclue.
- Ce qui fait la très grande supériorité du projet de M. Adolphe Guyer-Zeller, accepté par le Conseil fédé-
- 1 Vov. ii° 14.8, 28 juillet 1900, p. 155.
- 2 Vov. ir 1 50,20 août 1004, p. 177.
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- LA N A TL RE.
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- ral en 1894, et actuellement en cours d’exécution, c’est que l’on a, à chacune des stations choisies sur le trajet, un panorama entièrement différent. Les travaux furent commencés en 1896, mais le promoteur de cette grande entreprise, décédé en 1899, ne put voir s’ouvrir que la première station.
- C’est, on le sait, la petite Scheidegg, col situé à une altitude de 2064 mètres, et où se trouve la plus élevée des stations du chemin de fer de la Wen-gernalp, qui est le point de départ de la ligne de la Jungfrau.
- De la petite Scheidegg, c’est à ciel ouvert, à part un tunnel de 87 mètres de longueur, et en suivant le col, que la ligne conduit à la première station, Eigergletscher, à 2323 mètres d’altitude : elle
- monte de 259 mètres pour une longueur de 2 kilomètres. Les géants de l’Oberland, Eiger, Mon ch, Jungfrau, se dressent au sud et le glacier crevassé de l’Eiger descend tout auprès de la station. Au nord sont le Lauberhorn, le Mânnlichen, le Faulhorn. Du côté de l’est la vue s’étend par-dessus la grande Scheidegg jusqu’au sommet du Titlis et [dus près apparaît le Wetterhorn ; à l’ouest, le Breithorn, le Tschin-gelhorn et d’autres prolongent la chaîne de l’Ober-land.
- Après la station Eigergletscher, la ligne entre dans le grand tunnel, long de plus de 10 kilomètres, et la première station en galerie, celle de la gorge du Rot-stock, mise en exploitation le 2 août 1899, se trouve au kilomètre 2,880 et à l’altitude de 2530 mètres.
- Fig. 1. — Station d’Eismeer. Une partie du panorama vu du balcon.
- De la station de Rotstock un chemin taillé dans le roc permet l’ascension du roc du même nom (2668 mètres) d’où la vue s’étend par delà le Lauberhorn jusqu’aux lacs du plateau suisse et aux chaînes du Jura, des Vosges et de la Forêt Noire.
- Le tunnel continue toujours et, au kilomètre 4,400, une ouverture pratiquée à la station d’Eigerwand (2876 mètres) ménage au voyageur un splendide coup d’œil sur la vallée de Grindelwald et les montagnes qui l’encadrent, panorama entièrement différent de celui que l’on a de la station Eigergletscher, puisque l’on a commencé à contourner l’Eiger vers le nord-est.
- De la station Eigerwand le tunnel décrit une courbe plus accentuée vers l’est et arrive du côté sud de l’Eiger à la station Eismeer (mer de Glace), à l’alti-
- tude de 5161 mètres. Eismeer est à 5,700 km. de la petite Scheidegg.
- Le contraste avec le panorama d’Eigerwand est saisissant. Tandis que, de cette station, l’alpc de Grindelwald formait un centre verdoyant très doux à l’œil, au milieu des sommets neigeux et des crêtes déchiquetées, des balcons d’Eismeer on ne voit dans les effroyables profondeurs que l'on domine que champs de névés et amoncellements formidales de blocs de glaces séparés par de gigantesques entailles. C’est à l’est et au nord-est de l’Eiger que se développe ce spendide panorama semi-circulaire dont une partie est visible sur l’une des deux photographies qui nous ont été gracieusement communiquées par M. Hartmann, secrétaire de la Société pour le développement de l’Oberland bernois.
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- I.A NATURE.
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- A droite, on voit s’ouvrir le col tout glacé du Münch contre la paroi abrupte de l’Eiger. puis le Bergliqui porte, à 5599 mètres, une cabane du Club alpin suisse, les Grindelvvaldfischerhôrner, d’où descend, au bas du balcon, le Grindelwaldfîscherfirn sillonné de profondes crevasses ; on peut y descendre par un escalier d’une vingtaine de mètres de longueur. Ces névés et ces glaciers, dont l'étendue est de plusieurs kilomètres, vont s’unir à la mer de Glace descendant des parois septentrionales du massif du Finsteraarhorn et forment le glacier inférieur de Grin-delwald. La chaîne du Lauteraarhorn et du Schrcck-liorn ferment le panorama à Test et les contreforts de l’Eiger cachent au nord la vue de Grindelwald.
- Si grandiose que soit ce panorama, il n’est rien encore en comparaison des surprises que réservent les stations suivantes. D’Eismeer, le tunnel se dirigeant vers le sud-ouest en ligne droite atteindra, avec une rampe de 6,6 pour 100, la station Jungfraujoc-h (col de la Jungfrau) à l’altitude de 3451 mètres. Du col de la Jungfrau la ligne montera, avec une rampe de 55 pour 100 jusqu’à la station Jungfrau, à 4095 mètres, d’où un ascenseur élèvera les voyageurs des 75 mètres qui séparent ce point du sommet.
- Il est impossible de décrire le panorama impressionnant dont on jouira du haut de la Jungfrau. Les immenses champs glace's, qui s’étendront sous les yeux du côté de l’est, seront ici sextuplés au moins
- Fi;?. 2. — Station il'Eigerwand. Galerie conduisant au balcon.
- de grandeur si on les compare à ceux que Ton voit d’Eismeer. On dominera la Concordia Platz, point de jonction des plus énormes glaciers qui prennent naissance dans TOberland et dont le plus considérable, le glacier d’Aletsch, long de six lieues, descend vers la vallée du Rhône. De ce haut belvédère, des milliers de sommets apparaîtront dans toutes les directions, ce sont des spectacles qui passent l’imagination.
- La longueur totale de cette ligne ne dépassera pas 12 kilomètres 200 mètres, mais combien n’y a-t-il pas de difficultés à résoudre pour l'amener à son entier achèvement ?
- Le chemin de fer de la Jungfrau est un chemin de fer électrique à crémaillère système Strub. L’écartement des rails est de 1 mètre. La pente maximum,
- presque constante, est de 25 pour 100. Le rayon minimum de la voie à ciel ouvert est de 100 mètres et dans le tunnel il est de 200 mètres.
- La puissance hydraulique nécessaire pour actionner ce chemin de fer est empruntée à la Lütschinc blanche à Lauterbrunnen et elle pourra l’être aussi à la Lütschine noire à Burglauen1. Le débit moyen du premier de ces torrents est de 15 m3 à la seconde dont 6 m3 seulement sont employés, ce qui correspond à une puissance de 2650 chevaux sur l’arbre de la turbine. La puissance hydraulique disponible à la Lütschine noire est de 9000 chevaux, Les jaugeages ont accusé un déhit moyen de 17,5m3 par seconde. Cette puissance ne sera utilisée que plus
- 1 Maschinenfabrik Oerlikon. Die Jungfraubahn (Oerlikon-Zurich, 1901).
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- LA N A T (’ H K.
- lard, lorsque le trafic aura augmenté et que le besoin s'en fera sentir. On s’est donc borné, pour le moment, à établir une station bydro-éleetriqne à Lau-terbrunnen.
- i/installalion comporte trois groupes de turbines: 2 h 500 chevaux, 2 à 800 chevaux, 2 turbines excitatrices à 25 chevaux. Chaque turbine est munie d'un régulateur automatique. Comme genre de courant, on a donné la préférence au courant triphasé, qui assure un rendement plus élevé et occasionne des Irais d'installation moindres (pie le courant continu. Ces générateurs et toute l'installation électrique ont été fournis par les ateliers de construction d’Oerlikon.
- Pour définir avec précision le tracé du grand tunnel, il a fallu procéder à un relevé topographique et à une triangulation exacte. Ce grand tunnel a, jusqu’à Eismeer, une longueur de 10 kilomètres 185 mètres. Ses dimensions sont 5'",7 de largeur et 4m,55 de hauteur, soit 14,6 ni5 de surface d’évidement. 11 est creusé dans un calcaire foncé, gris et souvent presque noir, sillonné de veines blanches de kalkspath, connu sous le nom de « hochgebirgs-kalks». Bien homogène, solide et tenace, il offre l'avantage de se laisser aisément travailler et en même temps de ne pas nécessiter de revêtements en maçonnerie.
- Après différents essais avec des perforatrices rotatives, on a adopté, pour percer le tunnel, des perforatrices à percussion. On s'est servi de quatre de ces machines. Le nombre des chocs est de 580 à la minute et la puissance employée d’environ 5 chevaux par machine. La ventilation de la galerie d’avancement s’est effectuée au moyen d’un ventilateur actionné par un moteur électrique d’une puissance de 9 chevaux.
- Les trains comprennent ordinairement une voiture fixée directement à la locomotive et une voiture de remorque, ce qui représente un total de 80 places. Par les beaux jours ce nombre de voyageurs est vite atteint et, lorsque la ligne sera achevée, l'affluence sera plus forte encore. Il en résulte des bousculades regrettables qui peuvent être accidentelles, mais qu’il est de l’intérêt de la Société du chemin de fer d’empêcher en prenant des mesures pour assurer l'ordre et, autant que la chose sera possible, en augmentant le nombre des trains.
- Le poids d’un train normal en charge est de 28 tonnes. Celui de la locomotive avec tous ses accessoires est de 15,4 tonnes. La locomotive est actionnée par deux moteurs système Oerlikon à courants triphasés. Chacun d’eux développe, sous une tension de 450 à 550 volts, avec 750 tours à la minute et 58 périodes par seconde, une puissance normale de 120 chevaux. La prise de courant s’effectue par des trolleys, mais comme les puissantes locomotives de montagne exigent un très fort courant, on ne s’est, pas contenté des roulettes de contact ordinaires ; on a augmenté cette surface de contact en munissant les locomotives de patins avec surface de glissement en aluminium. Trois freins, pouvant arrêter tout le
- train, fournissent la sécurité nécessaire à la descente. Enfin, pour garantir la locomotive des coups de foudre, on a placé sur le toit, de celle-ci deux para-foudres. (irST.VVE lÎEUEESPEIiGHï.
- FABRICATION DE L’ACIDE CITRIQIE
- I/acidc citrique, Cr’lls07, est employé dans l’industrie des indiennes comme rongeant et pour faire des réserves ; en teinturerie pour l’extraction de la carlhamine et pour l’avivement des couleurs dues à cette substance; en pharmacie, pour la préparation du citrate de magnésie, qui, moins amer que les autres composés magnésiens, est souvent employé comme purgatif; en œnologie, enfin, combiné le plus souvent aux acides malique et tartrique, pour combattre certaines affections parasitaires du vin ([tousse, tourne, etc.). C’est dire qu’il a des débouchés industriels et commerciaux aussi variés que nombreux, et que, à ce titre, toutes les questions qui touchent à sa préparation présentent un très grand intérêt.
- Laissant de coté les productions par synthèse qui ne sont pas encore entrées dans le domaine de la pratique courante, on peut dire que l’acide citrique est obtenu le plus souvent par extraction du jus de citron en suivant un manuel opératoire qui fut proposé par Scheele il y a plus d’un siècle.
- On comprime à la presse, des citrons bien mûrs après en avoir enlevé les semences et l’écorce ; abandonné à lui-même, te jus subit un commencement de fermentation au cours de laquelle le mucilage se dépose ; on décante alors et on filtre. Le jus clair ainsi obtenu est traité, à chaud, par la craie, puis la saturation est complétée par la chaux vive. On obtient ainsi un citrate tricalciquc (C6Ils07)2Ca3 + 4100, à peu près totalement insoluble dans l’eau bouillante. On le lave à l’eau chaude à 70-80°, et on le décompose par l’acide sulfurique. La réaction théorique est simple : il se forme du sulfate de chaux, et la liqueur concentrée laisse déposer des cristaux d’acide citrique.
- Ce procédé peut être modifié en substituant à la chaux servant à l’attaque du jus une autre base convenablement choisie, carbonate de baryte (Kuhlmann), par exemple, ou magnésie en excès (Perret) : les réactions schématiques restent d’ailleurs les mêmes, si les détails techniques varient légèrement. L’opération, en somme, est toujours double : obtention d’un citrate d’abord, décomposition ensuite de ce citrate par un acide en fixant la base et mettant en liberté l’acide citrique que l’on recueille par cristallisation.
- Pendant longtemps, les deux parties de l’opération furent faites loin des lieux de production des citrons, et l’industrie avait ainsi à transporter un poids mort proportionnellement considérable et formé par l’eau de constitution et par toute la partie mucilagineuse du jus. Quand on considère que 200 citrons rendent au maximum 5 kg de jus, on comprend quelle véritable hérésie économique était ainsi commise. Aussi, les usiniers d’Angleterre, qui fabriquent de grandes quantités d’acide citrique, ont-ils adopté depuis une trentaine d’années une pratique plus rationnelle. Ils font aux pays mêmes de culture des citronniers (Sicile surtout et Tunisie) toute la première partie des opérations, jusques et y compris la préparation du citrate de chaux. Celui-ci seul est alors exporté et traité chez eux par une méthode assez ingénieuse. Pour 15 kg de citrate de chaux, on prend 4,500 kg d’acide ! sulfurique de densité T ,845 et 28 kg d’eau : on mêle
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- on agitant fortement; on filtre et on broie le sulfate de chaux déposé, puis on lave à l’eau froide. Les liqueurs réunies sont concentrées à feu nu jusqu’à une densité de 1,15, puis évaporées au bain-marie dans des chaudières plates jusqu’à cristallisation commençante. l*ar le refroidissement, et au bout de 24 heures, la cristallisation est achevée.
- Le procédé Perret est fréquemment employé à l’heure actuelle, sans toutefois avoir remplacé le procédé à la diaux dans la majorité des cas. L’auteur a imaginé de précipiter le jus de citron par la magnésie en excès, puis de traiter une quantité égale de jus par le citrate trimé-lallique obtenu par la première opération. On concentre par évaporation, et il se dépose de beaux cristaux de citrate biinagnésiquc : c’est ce sel qui est exporté.
- Tout récemment, le l)r Restuccia a étudié une méthode nouvelle pour l’extraction de l’acide citrique du jus de citron. D’après les essais effectués par lui au Laboratoire de chimie organique de l’École royale d’agriculture de Milan, on obtiendrait les meilleurs résultats; l’industrie sicilienne paraît appelée, en l’adoptant, à pouvoir opérer bientôt sans difficulté toute la fabrication sur les lieux mêmes de production.
- Le procédé Restuccia consiste à concentrer à chaud le jus de citron auquel on a ajouté au préalable quatre réactifs dont la composition est, jusqu’ici, tenue secrète, et qui séparent les substances pectiques, les substances albuminoïdes et les substances sucrées. On décante, on filtre s vus pression, et on concentre jusqu’à obtention d’un liquide qui contient, pour 100 centimètres cubes, de 05 à 105 grammes d’acide citrique, lequel se sépare aisément par cristallisation. Les cristaux obtenus sont à peu près chimiquement purs : ils sont, en tout cas, complètement exempts de fer, de chaux et de plomb.
- Les deux avantages principaux que présente la méthode Restuccia, sont, outre la remarquable pureté du produit, son rendement élevé (elle extrait de 85 à 90 pour 100 de l’acide citrique contenu dans le jus) et sa simplicité (elle remplace par une opération en un temps l’opération en deux temps universellement en usage aujourd’hui). Ces avantages suffisent à permettre de lui prédire un grand succès industriel, d’autant que son coût est minime.
- L’installation matérielle n’exige, en effet, qu’un outillage restreint. Le décorticage des citrons amenés à l’usine peut être opéré à la main ou par des machines à peler d’une conduite facile et d’un prix peu élevé. Le broyage s’effectue par des pressoirs quelconques à aussi haut rendement que possible, et les pulpes, une fois que le jus en a été extrait après égouttage, peuvent être utilement épuisées par diffusion. La cuisson du jus s’effectue dans des bassines chauffées par des doubles fonds à circulation de vapeur. Quant aux réactifs, ils sont d’un prix très has puisque l’auteur l’indique comme ne dépassant pas T lire 50 par quintal d’acide citrique cristallisé produit. Des filtres à papier (du système Capillery par exemple), travaillant sous pression, et des bacs à concentration et à décantation complètent l’installation matérielle de l’usine.
- Les sous-produits recueillis et desséchés constituent un engrais excellent, très riche en azote, et dont la valeur marchande doit entrer en ligne de compte dans le calcul des recettes d’exploitation. Ce poste balance presque le poste « combustible ».
- Mais, surtout, ce qui doit retenir l’attention, c’est la simplicité du procédé, la suppression du passage par un sel intermédiaire, avec toutes les chances d’adultération du produit final qu’il introduit, et la possibilité enfin de
- fabriquer l’acide citrique dans les pays producteurs, sans gros frais d’installation et sans difficultés techniques.
- Il n'est pas téméraire d’estimer que la méthode du Dr Restuccia a devant elle un avenir brillant et que son adoption, qui ne peut manquer de se généraliser rapidement, va probablement changer de situation économique des régions ou l’on cultive le citronnier.
- 11 est à souhaiter qu’en Tunisie et en Algérie on le comprenne sans retard et que l’on étudie les moyens d’y établir la fabrication de l’acide citrique. Fiuxcis Maiuik.
- LE CUIRASSÉ .JAPONAIS « KATORI *
- Pour compléter ce que nous avons dit des nouvelles unités de la flotte japonaise, nous donnerons quelques détails sur le cuirassé Katori, qui a été lancé tout dernièrement par les chantiers Yickers and Maxim.
- Tout en ayant des points de ressemblance avec le Kashima, le Katori en diffère notablement à beaucoup d’égards. Sa longueur entre perpendiculaires est de 128 mètres, pour une longueur totale de 158,75 m., la largeur est de 23,77 m. et le creux jusqu’au pont supérieur est de 15,41 m. Le tirant sera de 8,23 m. pour un déplacement de 16 200 tonnes à peu près. Pour l’armement offensif, nous voyons une paire de canons de 305 mm en barbette, à l’avant et à l’arrière du pont supérieur : ces pièces pèsent 50 tonnes et lanceront des projectiles de 580 kg perforant une cuirasse de 25 cm à une distance de 6 milles marins. Ajoutons à cela 4 canons de 25 cm montés séparément en barbette à chaque coin de la citadelle pxûncipale, et enfin 12 pièces de 15 cm dont 10 sont montés ensemble dans une casemate centrale, mais isolés par des écrans et 2 dans une batterie cuirassée spéciale du pont supérieur. En une minute celte artillerie peut lancer un poids de 11 200 kg de projectiles, représentant une énergie totale de 452 millions de kilogram-mètres à peu près. Nous négligeons les canons légers, et aussi les 5 tubes lance-torpilles submergés. Tout le liane du navire est cuirassé depuis une certaine profondeur sous la flottaison jusqu’au pont supérieur : la ceinture principale a une épaisseur au centre de 23 cm, qui se réduit à 101 mm vers l’avant et à 80 vers l’arrière. Des cloisons cuirassées de 15 cm protègent la citadelle en bout. Les gros canons ont une cuirasse de 25 cm et les pièces de 25 cm en ont une de 15. Disons enfin que le Katori marchera à une allure de 18 1/2 nœuds, avec des machines développant 16000 chevaux indiques pour 120 révolutions. D. R.
- DISPOSITIF PRATIQUE DE REMONTAGE
- DU MERCURE DANS LES TROMPES
- Au cours de mes recherches spectroscopiques, j’ai été amené à chercher un dispositif pratique permettant de faire remonter, en employant la trompe à eau, le mercure que reçoit le récipient inférieur d’une trompe, dans le récipient supérieur qui alimente les chutes, en réduisant au minimum le contact entre l’air et le mercure.
- Dans les trompes à mercure munies d’un purgeur sur le vide et notamment dans la pompe trompe d’Alvergniat, la distance qui sépare les niveaux du mercure dans les deux récipients n’est que d’environ 400 millimètres, pendant la marche de la machine.
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- Or, une trompe à eau ordinaire, même alimentée par de l’eau à faible pression, peut faire le vide assez bien, pour élever une colonne de mercure à plus de 600 millimètres et peut par suite permettre le remontage direct.
- L’appareil que j’ai construit (fig. \) se compose d'un réservoir en verre R dont la partie supérieure est à 600 millimètres au-dessus du niveau inférieur du récipient inférieur de la machine V.
- Dans le haut du réservoir R, débouchent deux
- Fi<r. 1.
- tubes, l’un, a, servant à (aire le vide à l’aide de la pompe à eau; l’autre, b, qui plonge dans le récipient inférieur de la machine et sert à permettre l’introduction du mercure dans le réservoir.
- A la partie inférieure du réservoir est un tube d’écoulement, c, qui plonge dans le récipient supérieur de la machine S et sert h y déverser le mercure puisé dans le premier récipient. Ce tube est fermé par une soupape qui s’oppose à la rentrée du mercure dans le réservoir.
- Cette soupape est composée simplement d’une rondelle de fer, portant en son milieu une petite tige entrant dans le tube qui est rodé à sa partie inférieure. Un disque de caoutchouc, dit feuille anglaise, est posé à plat sur cette rondelle.
- La soupape, plus légère que le mercure, est soulevée par ce dernier et appliquée sur le rodage, elle empêche ainsi la rentrée du liquide tout en en permettant la sortie.
- Entre le réservoir et la trompe est un robinet à trois voies, r, dont la première tubulure est reliée au tube servant à faire le vide dans le réservoir, la deuxième à la canalisation venant de la trompe à eau et, la troisième en communication avec l’air extérieur.
- Si on dispose le robinet à trois voies, r, de ma-
- nière que la communication directe soit établie entre la trompe et le réservoir R la prise d’air étant fermée, et si on fait le vide, le mercure monte dans ce réservoir. Lorsque ce dernier est rempli, on place le robinet dans une position telle que la canalisation venant de la trompe à eau soit fermée et qu’il y ait communication entre l’air extérieur et le réservoir R. Le mercure descend alors dans le récipient supérieur, S, de la machine à vide.
- Si le niveau du liquide baisse trop dans le récipient inférieur Y, l’extrémité du tube qui plonge dans ce récipient se trouve dégagée et il se produit des rentrées d’air qui projettent le mercure jusque dans la trompe à eau; pour éviter cet inconvénient, il suffit de placer à l’extrémité de ce tube une soupape identique à celle décrite pour le récipient supérieur S, mais inverse, la rondelle de fer, très épaisse, formant flotteur (fig. 2, n° 2).
- On peut rendre le système automatique en remplaçant le robinet à trois voies, r, par un ensemble de deux soupapes manœuvrées par un flotteur placé dans le réservoir (fig. 2, n° o).
- Les soupapes sont composées de rondelles de fer, f, recouvertes de feuille anglaise et fixées à des tiges glissant à frottement gras dans leurs supports, elles sont munies de butoirs à ressort, sur lesquels le flotteur vient agir pour ouvrir ou fermer les soupapes.
- Le jeu en est simple : lorsque le réservoir est
- rempli, le flotteur F, parvenant au haut de sa course, ferme la canalisation venant de la trompe à eau et ouvre la prise d’air, le mercure s’écoule et le flotteur descend ; en arrivant au bas de sa course, il exécute la manœuvre inverse.
- Dans ce dispositif de remontage, le mercure est aussi peu que possible en contact avec l’air, ce qui réduit au minimum son oxydation, toujours nuisible au bon fonctionnement des machines à vide.
- Il permet de faire fonctionner sans interruption une trompe à mercure avec une quantité aussi petite que possible de ce métal. G. Mii.lochau.
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- POULIES ET PALANS ÉLECTRIQUES
- Un des grands avantages des moteurs électriques, c’est de pouvoir se loger un peu partout sans occuper grand'place, en recevant leur puissance motrice par deux iils aussi peu encombrants que possible. C’est pour profiter de ces avantages qu’une maison allemande et une maison anglaise viennent de créer l’une une poulie, l’autre un palan, qui peuvent rendre de très grands services avec une facilité de commande tout à fait remarquable.
- Le palan, qui est à chaînes, est naturellement beaucoup plus rapide et puissant qu’un palan actionné à bras, et bien moins encombrant qu’une grue : il se déplace pour ainsi dire instantanément, et se frappe, s’accroche au premier support susceptible de porter l’engin et la charge qu’on lui confiera. Un peut dire que, comme le philosophe antique, il « porte tout avec lui », puisque, au-dessus de la poulie supérieure ou latéralement, se trouvent installés le moteur électrique et les deux appareils électriques également, de mise en marche ou d’arrêt. Le moteur est enroulé en série, le torque est donc plus élevé au départ, et la vitesse varie inversement à la charge, les faibles charges étant levées plus ra-
- Fig. 1. — Poulie électrique.
- paiement que les lourdes. Un petit pignon sur l’arbre du moteur engrène avec une roue à dents droites, sur l’axe de laquelle est montée une vis sans fin taillée dans un bloc massif d’acier durci ; cette vis engrène à son tour une roue appropriée au bronze phosphoreux, clavelée sur l’axe de la poulie supérieure du palan. On comprend dès lors comment fonctionne l’appareil.
- Deux cordes pendantes permettent de commander les commutateurs de montée ou de descente. Quand on lâche les cordes, les commutateurs se mettent immédiatement et automatiquement h la position de
- rupture du courant ; de plus, un frein à friction entre en action qui vient arrêter le mouvement de la charge, et prévient toute chance d’accident. Avec un type de palan d’une tonne de puissance, la vitesse de soulèvement est de 2m,50 à la minute. On peut parfaitement suspendre des palans de cette sorte à un pont roulant électrique, où ils rendront des services constants, tout en recevant facilement le courant.
- Quant à la poulie électrique, qui a été imaginée
- par la maison Wessels et Wilhelmi,elle est beaucoup plus curieuse, et elle semble rencontrer un grand succès, notamment à bord des bateaux, des navires de guerre, pour faciliter l’embarquement du charbon : elle a été créée un peu pour ce service particulier. Cet appareil porte en allemand le nom assez pittoresque de zivergwinde, autrement dit « grue naine ».
- L’ensemble n’en est pas beaucoup plus gros, plus encombrant qu’une poulie ordinaire. Il se frappe au bout d’un mât de charge, et il contient le petit moteur électrique qui commande l’élévation de la charge ; moteur et engrenages sont enfermés dans une enveloppe absolument étanche à la poussière comme à la pluie, ce qui supprime toutes chances d’avaries; notons que le moteur électrique tourne toujours dans une direction constante. Les pôles de champ sont fixés sur une carcasse qui tourne en sens inverse de l’armature, grâce à un jeu d’engrenages assurant un rapport de vitesse de 1 à 14: c’est dire que la carcasse fait 145 tours environ pour 2000 de l’armature. La poulie proprement dite, le
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- lambour où passe la corde de levage, tourne librement sur la carcasse des pôles tant (pie l'accouplement n'est pas lait. Et celui-ci est précisément assuré par la charge même, grâce à un système de leviers qui poussent des deux côtés un anneau conique à friction entre la carcasse des [tôles et le tambour-poulie. La corde de levage passe autour du lambour et est amenée sur les connexions entre leviers, ce qui transmet la pression exercée par la charge. Quand on décroche celle-ci, les anneaux coniques sont ramenés en arrière par des ressorts antagonistes, l'accouplement cesse, et le tambour peut tourner fou, bien que l’armature continue de tourner toujours dans la même direction.
- La corde de levage ne fait qu’un tour autour du tambour-poulie; à un bout elle porte le crochet auquel on accroche, par exemple, le panier de charbon à soulever, tandis ([lie l'autre bout est entre les mains de celui qui dirige la manœuvre. Quand la charge est accrochée, l’homme tire sur la corde, ce (pii fait coincer l’enroulement de cette corde sur la poulie et transmet à celle-ci (e’est-à-dire aux leviers) le poids qui assure la mise en prise et la montée de là charge. Quand on décroche ensuite celle dernière, en haut de la course, rien n’empêehe [dus de faire redescendre crochet et corde de levage pour une nouvelle opération de soulèvement. On a prévu un frein pour empêcher la charge de tomber si le moteur venait à manquer par suite de la fusion d’un plomb; d’autre part, il y a un coupe-circuit automatique à levier, agissant pour le cas où la charge aurait tendance à monter trop haut : il est actionné simplement par un manchon fixé à la demande sur la corde de levage, et venant frapper le levier, bien entendu des dispositions sont [irises pour que le moteur ne soit pas constamment sous courant.
- Toute la poulie avec son appareillage complot ne [lèse pas [dus de 15kg; elle est faite pour lever une charge de 120 kg à une vitesse de 2'n,50 par seconde; à l'heure elle donne pratiquement un débit de 50 à 52 tonnes de charbon, grâce à ses facilités de manœuvre. Quand elle a fini son service, on la démonte avec la plus grande aisance, de même qu’on la frappera de nouveau presque instantanément sur un mât de charge, quand le besoin s’en fera sentir. IL L.
- CHRONIQUE
- Les sables aurifères marins de la Aouvelle-(italles du Sud.-— Il ne s’agit point de retirer for que contient la mer (question tant rebattue sans résultats pratiques), mais bien d’exploiter les sables que les coups de mer violents arrachent aux roches immergées et apportent sur les plages de la Nouvelle-Galles. On a commencé de traiter ces sables, de même que le long du littoral sud du Queensland, et on y trouve de l’or, et aussi du platine, de l’uranium.
- I n pont construit en 1* heures. — Kntendons-nous ; il s’agissait seulement de remplacer le» poutres
- d’un pont métallique afin de lui faire porter plus de voles ferrées; c’était sur le réseau anglais du Norlh Kastern llaihvay, à Gatesbead. Le nouveau pont, dont les piles-culées avaient été préparées à l’avance, est formé de 5 poutres de 90 mètres pesant chacune 90 tonnes : le dimanche malin, à 5 heures, elles étaient encore à Dar-linglon, et le dimanche soir à 4 heures elles étaient en place. Darlington est à GO kilomètres de Gatesbead.
- Le recepage des pilotis. — Les pilotis enfoncés pour les fondations n’ont jamais leur tète au même niveau, par suite des différences plus ou moins importantes dans la longueur de renfoncement ; et il faut les couper, les recéper régulièrement. Quand l'opération doit se faire sous l’eau, comme cela est très fréquent, on est obligé de recourir à une scie mécanique noyée, fonctionnant parfois à une assez grande profondeur. Avec des engins appropriés, on arrive à effectuer ce travail aussi sûrement que rapidement. I n des meilleurs appareils du genre, signalé récemment par Engineering Record, comporte un arbre de scie circulaire, de plus de 10 mètres de long, tournant à 1000 tours par minute; cette scie est laissée en rotation continue, quand on passe d’un pilotis à un autre, ce qui permet d’utiliser l’inertie, et elle arrive à couper 115 [lieux de 0m,56 de diamètre en 5 heures.
- La télégraphie sans fil au Pérou. — On va y recourir pour les relations pourtant terrestres entre Lima et Iquitos, le port sur l’Amazone, parce que la télégraphie ordinaire n’est guère possible, eu égard aux forêts qu’il faut traverser et à l’animosité que les indigènes montrent pour les fils aériens. Déjà une communication par télégraphie sans fil existe entre Lima et Puerto Bermudez, au delà de la Cordillère ; on continuera de là sur Iquitos. C’est une distance de 1000 kilomètres à franchir ; on le fera au moyen de 5 stations intermédiaires. On parle déjà de continuer ensuite sur Manao» et Para, ce qui relierait l’Atlantique au Pacifique.
- Le grisou «lans les terrains tourbeux. —
- Dans l’établissement tout récent de la ligne ferrée de Pilhiviers à Etampes, on a dû employer des caissons à air comprimé pour les fondations d’ouvrages dans les vallées de la Louette et de la Chalouetle, a'fiuents de la Juine. La tourbe est abondante dans cette région et, durant la traversée d’une couche de cette matière, sans qu’on pressentit le danger, un ouvrier provoqua, en frottant une allumette, une explosion qui heureusement ne lui causa que des blessures superficielles, et à lui seul. Dès lors on constata effectivement que l’air du caisson contenait souvent une assez forte proportion de grisou, et les lampes à feu en furent proscrites.
- Le fleuve Amour comme voie navigable. —
- Il est assez de circonstance de parler du fleuve Amour et des transports auxquels il est employé, avec ses affluents Schilka, Oussouri, Soungari. En dépit de l’instabilité de cette voie d’eau (à laquelle on s’apprête à remédier par des dragages) et de la gène que causent les glaces sur tout ce réseau navigable, les transports annuels y portent sur 40 000 voyageurs, quelque 70 000 soldats (en temps ordinaire) et plus de 100 000 tonnes de marchandises.
- Luc nouvelle drogue de grande puissance.
- — Les chantiers allemands Schichau viennent de fournir à l’Amirauté de l’Empire une drague remarquable. Elle a un peu plus de 80 mètres de long pour une largeur de 15,80 m. ; sa machine est d’une puissance de 9000 chevaux, et, durant ses premiers essais, faits, il est vrai, dans des vases assez faciles, elle a dragué plus de 4000 mètres cubes à l'heure.
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- Le* lampes à incandescence dans les liouil- ! Itères. — Nous avons souvent mis en garde contre cette opinion erronée que les lampes électriques à incandescence ne dégagent pas de chaleur; dans le même ordre d’idées, M. F. Ilolliday, ingénieur au charbonnage anglais Littleburn Colliery, vient de poursuivre des expériences sur le danger que peuvent présenter ces lampes en contact avec des poussières charbonneuses. 11 a constaté qu’une lampe de 1 ti bougies à 100 volts, noyée au milieu de poussière de charbon, pourra donner naissance à de la fumée au bout de 5 minutes; disposée au sommet d’un tas de poussier, elle engendrera des flammes en 25 minutes. De son côté, M. Hall, inspecteur des Mines de bouille et de métaux, affirme que l’élévation de température est si rapide, quand le bulbe est partiellement recouvert de poussier, qu’il fait explosion au bout de 4 minutes et à une température de 205° F. environ. Ouand une première élévation de température s’est produite, le phénomène de combustion dite spontanée se manifeste et naturellement la température ne fait (pie croître. Nous n’avons pas à insister sur l’importance de ces constatations à propos de l’éclairage électrique des mines.
- * ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 septembre 1905. — Présidence de M. Troost,
- L'éclipse du 50 août. — M. Kadau dépose une Note de M. Trépied, directeur de l'Observatoire de la Bouza-reah, près Alger, relative à l'observation de l’éclipse solaire du 50 août dernier. M. Lœxvy adresse un Mémoire de M. Sallé sur le même sujet. Enfin, M. Janssen fait connaître que la mission à la tète de laquelle il se trouvait a été favorisée par un beau temps, de telle sorte que chacun de ses collaborateurs a pu remplir la tâche qui lui était dévolue dans la répartition du programme d'ensemble. La mission s’était installée à Alcosebra sur le conseil d’un astronome espagnol, M. Landerer; elle était composée de MM. Janssen, Pasteur, Millochau, Corroyer à qui s’était joint M. Stéfani, de Prague. Le programme était de suivre par la photographie la marche du phénomène : images de la couronne des protubéi ances, du spectre des enveloppes gazeuses. M. Janssen fournit des indications précises sur les instruments employés et mentionne les photographies obtenues.
- Éludes préhistoriques. — M. A. Gaudry fait hommage du Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques. Cette Société se réunit à proximité des lieux où il y a des études à opérer; elle public sous forme de bulletin le compte rendu de ses travaux. Le présent volume est orné de nombreuses gravures parmi lesquelles on remarque la représentation du squelette de l’homme de Mérinville (Eure), squelette qui, bien que trouvé proche de débris de mammouth, n’est pas de l’âge du mammouth, d’après les éludes de M. Ilamy.
- Caractères distinctifs des arbres de lumière et d’ombre. — M. G. Bonnier résume un travail de M. Lubimenko, assistant de l’Université de Saint-Pétersbourg, sur les essences forestières considérées au point de vue de l’action de la lumière. M. Lubitnenko a poursuivi ses recherches pendant deux ans au laboratoire de physiologie végétale de Fontainebleau. Il a constaté que les espèces prospères sous la lumière faible, telles que le sapin, l’if, le tilleul, le hêtre.... et celles qui, au contraire, préfèrent une lumière vive, telles que le pin, le faux acacia..., ont
- ) des propriétés très différentes au point de vue de l’assimilation chlorophylienne.
- Propagation des plantes aquatiques. — M. Bonnier présente ensuite une Note de M. François sur la propagation des plantes aquatiques de nos climats par des rameaux
- détachés et flottants. Ch. de Villedeuil.
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- ÉLÉPHANTS DE CEYLAN
- La chasse à l’éléphant se fait ordinairement au moyen de « Kraals » dans lesquels les animaux sont rabattus et cernés.
- Certains chasseurs plus intrépides préfèrent les émotions d’un vis-à-vis avec ces pachydermes et les abat Ire d’une halle dirigée dans l’œil.
- Ceylan est le seul pays où l'éléphant soit capturé à la course, au moyen de lacets. Les indigènes qui pratiquent cette chasse s'appellent des « Dannikans » : ils vivent presque tous dans le district de Datticolea et tandis que pendant la saison pluvieuse ils cultivent leurs champs, dès que la saison sèche arrive ils se livrent à leur sport favori.
- Lorsque Ceylan était sous la domination Hollandaise les Dannikans étaient enrôlés et payés par le gouvernement, qui se réservait les produits de la vente des éléphants capturés, mais leur en abandonnait une partie.
- Actuellement les Dannikans sont indépendants; ils exercent leur métier à leurs risques, mais aussi en ont le bénéfice complet. Ils doivent seulement acquitter une taxe qui leur donne le droit d’exercer leur métier.
- Ce sont pour la plupart des Maures, les Syngha-lais et les Tamils étant beaucoup trop poltrons pour se livrer à un pareil sport.
- Chaque Dannikan, avant de se mettre en chasse, choisit 12 hommes qui lui serviront d’aides et de porteurs. Lui-mèmene commande pas directement la troupe qui est dirigée par le « Moltakaren » du chef.
- Darmi ces hommes un d’entre eux est choisi pour accomplir les cérémonies religieuses qui président toujours à ces chasses, c’est T « Annavi ». Son rôle n’est pas le moindre, car la troupe est très superstitieuse et il devra conjurer les nombreux sorts qui leur seront jetés par les démons gardiens de la foret. Le restant de la troupe n’a pas de rôle précis, mais est indispensable, étant donné qu’un éléphant qu’on vient de capturer n’est pas d’humeur plaisante !
- Dès qu’un troupeau est en vue on choisit le plus beau spécimen et, autant que possible, l’animal qui se trouve le plus isolé. On lire un coup de feu. Le troupeau effrayé s’enfuit et c’est alors que le vrai sport commence.
- Le Dannikan portant son lacet, composé d’une lanière très épaisse de peau d'Antilopc de 7 à 8 mètres de long, va se poster derrière un arbre sur le chemin probable de l’éléphant désigné. Il place à terre son lacet qui forme une boucle à nœud coulant d’environ O'11,80 de diamèlre et fixe à l'arbre l’autre extrémité.
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- LA NATURE.
- Si la chance veut que 1 éléphant place le pied Telle est cette chasse (pii ne manque pas d’émo-dans le lacet, c en est fait de sa liberté, la boucle se tions, et est la plus populaire dans l’ile. Les Panni-
- kans jouissent d’un certain respect de la part des indigènes qui admirent leur agilité et leur courage.
- Tout indigène qui a réussi à attraper ainsi un éléphant à la course a le droit de s’appeler Pannikan et de joindre ce titre à son nom. 11 faut croire du reste que cette chasse n’est pas commode, car les Pannikans ne sont pas très nombreux.
- Les captures d’éléphants, au moyen de Kraals, ont lieu à Ceylan tous les deux ou trois ans. C’est l’occasion de grandes réunions dans ce district choisi. Le dernier Kraal de 1902 a eu lieu près de Kurénégala : 104 éléphants ont été cernés. C’est le plus
- Fig. 1. — Les éléphants entrent dans l'enceinte.
- resserre et, sous le choc, l’énorme animal s’abat sur le sol en proie à la plus violente colère.
- Les aides accourent au plus vite et s’efforcent de passer d’autres liens aux pieds du captif et à son cou. Comme on peut le croire le moment est dangereux, car l’éléphant se débat et fauche de ses ruades et de ses coups de trompe tout le terrain environnant. En général, deux ou trois hommes paient chèrement leur témérité, mais le Pannikan est finalement victorieux et l’éléphant, retenu par une corde à chaque pied et une autour du cou —
- Fig. 3. — Le lendemain de la capture.
- grand nombre qui ait été capturé dans un Kraal depuis 1846. Un accident a marqué ce Kraal qui aurait pu faire de nombreuses victimes.
- La palissade que l’on voit sur la photographie a cédé sous la poussée des éléphants et 64 de ces animaux furieux se sont enfuis dans la foret, en passant au milieu des 6000 spectateurs qui entouraient le Kraal ! Un juge de la panique. A part quelques indigènes blessés il n’y eut pourtant aucun accident sérieux.
- Les prix des éléphants vendus au Kraal même varient entre 200 et 500 roupies chaoue, soit unemovenne
- Fig. 2. — Les éléphants viennent d élie capturé
- llanqué de 2 hommes armés de lances de chaque coté, est emmené captif dans un enclos où ils sera vite apprivoisé.
- de 500 francs environ.
- H. dl Mik\alx.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris.
- Imprimerie Laiiüre, rue de Fleuras, 9-
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- N° 1680.
- 7 OCTOBRE 1905.
- LA NAT U LE.
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- DU POLISSAGE ÜE CERTAINES FALAISES
- La façade des murailles de rochers est ordinairement inégale et raboteuse, criblée de cassures dues aux causes multiples <jui président à la dégradation des montagnes, et qui ne cessent d’y arracher des pierres et des blocs, dont les éclats s’entassent en rampe plus ou moins accentuée au pied de l'escarpement qui les fournit. D’un autre côté, si générale que cette règle apparaisse à première vue, elle n’en offre pas moins autant d’anomalies que d’exceptions, et il arrive çà et là que des parois étonnamment lisses se rencontrent, sans qu’on puisse expliquer avec certitude la raison d’être de leur insolite aspect. Dans son intéressant ouvrage, Irlande et cavernes anglaises, E.-A. Martel cite une falaise, de Kilkec1 à Loop-Head, sur les côtes de la verte Er in, offrant une immense paroi, sur la pente légèrement bombée de laquelle un corps quelconque roule, si on le précipite du sommet au milieu des flots, au lieu d’effectuer une chute directe.
- Certaines falaises sont composées d’une roche expliquant par sa nature même l’origine de ces bizarres polissages. Une masse ardoisée, par exemple, debout dans le sens où ses lames se fendillent, produit des tables naturelles aussi unies et aussi glissantes que le verre. On voit cela dans les Pyrénées, au sommet de laMunia. également, des bandes verticales de calcaire, isolées parle décollement d’un joint de stratification, présenteront d’inexpugnables remparts, comme il en existe un, superbe et caractéristique, derrière le pic de Tuquerouyc. Ailleurs, sur des pentes de granité, auront agi les anciens glaciers. Ce sont là des causes de polissage bien con-
- 1 Yoy. a0 1190, du 2 niai 1890, p. 3i0.
- 33e année. — 2e semestre.
- nues. 11 me semble que, dans certains cas, on peut en imaginer une autre à laquelle je ne crois pas qu’on ait songé encore, c’est le frottement répété des avalanches. Citons à l’appui de notre supposition les deux falaises étagées que le Mont-Perdu possède sur son versant nord. Ces falaises, polies et partant très mauvaises pour l’escalade, ne sont pas absolument verticales, en dépit de l'effet qu’elles produisent de loin. En outre, elles se trouvent couronnées chacune d'un glacier épais, coupé net au bord du précipice, et dont le front arbore un tohu-bohu de
- séracs et d’aiguilles, que la poussée des glaces compactes supérieures jette en bas de temps à autre. De cette masse bleuâtre et vitreuse, des blocs, qui occasionnent de bruyantes canonnades, se détachent continuellement. Parfois aussi, de véritables avalanches dégringolent : l’une d’elles, à la chute de laquelle j’assistai un jour des bords du Lac Glacé, s’abîma sur une longueur de 200 mètres environ. Sa coulée s’étala comme un mascaret où d’énormes fragments bondissaient affolés ; tout un réseau de crevasses se trouva comblé et nivelé en un clin d’œil. On comprend donc comment de semblables écroulements, répétés avec insistance pendant toute la durée d’un âge géologique, peuvent arriver à poncer la surface des falaises sur lesquelles ils glissent.
- Sans aller jusqu’au Mont-Perdu, les visiteurs des Pyrénées pourront se rendre compte du résultat obtenu par le frottement intermittent des avalanches sur des parois calcaires, dans l’enceinte même du cirque de Gavarnie.
- Le mur, qui ferme au midi ce célèbre amphithéâtre, compte dans les 200 mètres de hauteur, plutôt plus que moins ; la cascade, à côté, avec ses 422 mètres de chute, peut servir à le toiser au be-
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- Cirque de Gavarnie. Le mur du fond. Sur la première corniche.
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- LA NATüUE.
- t>'J II
- soin par comparaison. Il se renverse un peu en arrière, et l’égout 1 lire des névés, qui s'effrangent en fondant au-dessus, y déroule à plusieurs places de longs rubans argentins.
- I/ascension, dont je 'n'ai pas ici à décrire les péripéties de pur alpinisme, rentre dans la catégorie de celles que Béraldi a qualifiées, avec un à-propos de situation tout particulier, de « jeux du Cirque ».
- On s’élève à la façon d’un chat montant le long d’un arbre penché, jusqu’au tiers de la hauteur et l’on parvient sur une corniche. Le polissage de la roche, de ce coté, commence à sauter aux yeux. Toutes les saillies, toutes les rugosités anguleuses, ont été transformées en rondes bosses ; le bord de la corniche, soigneusement écorné, s’écrase en courbe; les cascades glissent dans des gouttières qu’elles out excavées à la longue; on comprend, lorsque d’importants glaciers suspendus recouvraient les étages du cirque, qu’elles coulaient déjà aux memes endroits. Ces glaciers ont aujourd’hui disparu, à l’exception d’un maigre vestige encore visible sous le Casque, et c’est, je crois, à la dégringolade de leurs séracs plutôt qu’à l’écoulement des eaux de la falaise qu’il faut attribuer le travail.
- On continue de façon à atteindre une deuxième corniche, où la situation devient soudain quelque peu délicate. Il faut alors, comme l’a fort bien expliqué Brulle, « suivre un instant, coûte que coûte, ce pitoyable chemin, large de deux pieds et incliné comme un toit sur le vide, en recevant au passage toute une cascade sur la tète ». On parvient ensuite en haut où la deuxième falaise présente également des traces de polissage pour la même raison.
- Luciex Biuet.
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- L’ACTION MICROBICIDE
- DES PEIA'TURES MURALES
- Grâce à la campagne entreprise par le Touring-Club contre la routine des vieux hôtels, les chambres moyenâgeuses avec courtines, rideaux, lambrequins, tendent enfin à disparaître pour faire place aux chambres les plus simples, lavées à la chaux, les vraies chambres Touring, passées au Ripolin, propres, claires et reposantes à l’œil. Dans les hôtels, encore trop rares, entrés dans cette heureuse voie de transformation, plus de papiers sales et crasseux, des murs brillants comme du marbre, des lits de cuivre, des meubles de pitchpin, pas de luxe mais du confort sans prétention.
- En préconisant ainsi les peintures murales au lieu des papiers peints remplacés tous les demi-siècles, en réclamant si utilement ses fameuses chambres hygiéniques, le Touring-Club se doutait-il qu’il se faisait l’apôtre des doctrines antiseptiques? je l’ignore : il réclamait et proclamait en tout cas le règne de la propreté. Car ces peintures murales ont, au point de vue de l’hygiène du logement, une importance considérable. Des recherches multiples poursuivies en Allemagne, en Italie et beaucoup plus récemment dans notre pays prouvent que ces enduits colorants exercent une véritableaction inicrobicide.
- Deycke est le premier auteur qui se soit occupé de la question; il avait constaté que des germes pathogènes, dé-
- posés à la surface de parois peintes à la colle ou avec le produit qu’on nomme amphiboline, avaient disparu ou perdu leurs propriétés nocives au bout d’un certain temps. Il multiplia les expériences et de la façon la plus simple. Sur des planchettes de bois, les unes unies, les autres rugueuses, sur des plaques de verre ou de ciment, on étend une couche de peinture et, quand celle-ci est bien sèche, on dépose une culture de microbes. La planchette ou la plaque sont laissées à l’abri, à une température analogue à celle des pièces d’appartement. On prélève de temps à autre une parcelle du vernis ou de la peinture ; on ensemence le produit dans un bouillon ou sur de la gélatine stérilisée et ou n’a qu’à marquer les résultats.
- Vito Lo Bosco a fait des expériences analogues sur les murs enduits de chaux, ou à revêtements de stuc, de peintures à la colle ou de vernis. Lydia Rahinovitch a plus spécialement étudié le microbe le plus dangereux dans les logements habités, le bacille tuberculeux. Comme un autre expérimentateur, Jacobitz, elle a remarqué que l’action des couleurs était nettement bactéricide, mais que l’action variait beaucoup d’intensité et de rapidité avec la nature de la couleur.
- Les meilleurs résultats ont été obtenus avec les couleurs de porcelaine émaillée; après quatre jours, on ne retrouve pas trace du vibrion cholérique ni du bacille diphtérique. Le bacille d’Éberth (lièvre typhoïde) et le staphylocoque doré, le microbe de la suppuration, ont disparu au huitième jour; la bactéridie charbonneuse est la plus résistante, il faut un délai d’au moins trente jours pour que les ensemencements restent stériles. Avec les couleurs à l’huile, à hase de céruse, d’oxyde île zinc, les effets sont moins rapides,mais aussi constants. Avec d’autres enduits colorés comme l’amphiboline, l’hypéroline il faut un temps considérable pour voir les germes détruits.
- Un jeune docteur de la Faculté de Paris, M. Beaufils, a cherché à se rendre compte du mode d’action de ces couleurs, en étudiant spécialement leur action sur les propriétés chromogènes du bacille pyocyanique et sur le pouvoir fermentatif du bacille lactique. 11 a pris des peintures laquées de marque commerciale, Ripolin rouge, vert; Routtand jaune et blanc à base de zinc; des peintures préparées par des professionnels en choisissant celles qui sont usitées dans le revêtement des murailles à la Faculté de médecine, marron et gris; enfin des peintures confectionnées par lui, jaune (chromate de plomb), bleu d’outremer (silicate d’alumine et de soude), vert anglais (arséniale de cuivre), rouge de Chine (chromate de plomb), noir, céruse (carbonate de plomb), blanc de zinc (oxyde blanc de zinc), avec addition d’hüile de lin, d’essence de térébenthine et de vernis comme les peintures ordinaires;. ^
- Toutes les couleurs n’agissent pas avec la même intensité ; le bleu d’outremer, par exemple, neutralise déjà en vingt-quatre heures le bacille pyocyanique ; après neuf jours ce bacille est totalement privé de son pouvoir chromogène. Le gris est presque indifférent; le marron ne donne de résultats qu’au bout de quatorze jours. La céruse a une action bien plus rapide que le blanc de zinc. En résumé les peintures les plus actives sur le bacille pyocyanique sont : le blanc (Routtand), le bleu outremer, le jaune (Routtand), la céruse; dans un ordre décroissant et à action beaucoup moins marquée, le \ert et le rouge Ripolin, le blanc de zinc, le marron, le gris.
- Four le bacille lactique, l’ordre est le suivant ; jaune Routtand, bleu outremer, rouge Ripolin, céruse, blanc de zinc, jaune, blanc Routtand, vert Ripolin et noir.
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- LA NATURE.
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- L’action bactéricide des peintures murales est indiscutable; mais quel en est le mécanisme? Sur ce point autant d’expérimentateurs, autant d’opinions. Je ne chercherai pas à les discuter, je crois qu’il faut être éclectique et adopter une opinion mixte. Plusieurs facteurs interviennent, d’abord les substances chimiques, plus ou moins toxiques et par elles-mêmes jouissant d’un pouvoir bactéricide, qui entrent dans la composition des couleurs; le degré de siccité plus ou moins rapide de l’enduit; les conditions d éclairage, de luminosité, de ventilation; la porosité des surfaces enduites, leur poli ; bref tout un ensemble dont il faut tenir compte. Les peintures d’émail et les laques sont en résumé celles qui donnent, toutes choses égales d’ailleurs, les meilleurs résultats. Conclusion : plus de papiers, plus de tentures, et, à défaut de marbre, des peintures murales susceptibles de lavages.
- l)r À. CviîTAZ.
- LE CANAL MARITIME
- 1)E LA BALTIQUE A LA MEK A01 RE
- Voici bien longtemps déjà1 qu’on parle de créer en Russie une voie navigable mettant en relations faciles le nord et le sud de l’immense Empire, et permettant à la navigation de la mer Noire de gagner la Baltique sans faire l’énorme détour qui l’oblige à passer par le Bosphore, et à subir, jusqu’à un certain point, la fantaisie de la Turquie. On donne naturellement à cette voie projetée la désignation de (( Canal maritime », désignation qui, à notre époque, fait fortune par elle-même ; d’ailleurs', si le projet était exécuté tel qu’on le prévoit, il serait effectivement à même de donner passage aux gros navires de mer et aux bâtiments de guerre (considération particulièrement importante pour la Russie).
- C’est un ingénieur russe, M. \V. von Ituktcschell, qui a dressé les plans détaillés de cette entreprise absolument gigantesque. Le canal, dit de Riga à Cherson, utiliserait en réalité le cours de la Duna, et du Dniéper, et c’est seulement pour franchir le faîte de partage des bassins de ces deux lleuves qu’on recourrait à un canal proprement dit. La longueur totale de la voie navigable serait de 2575 kilomètres à peu près, dont 550 kilomètres pour la remontée de la Duna et 1578 kilomètres pour la descente du Dniéper, ce qui ne laisse qu’assez peu pour le canal. Le profil adopté pour cette voie d’eau serait de 42m,67 de largeur au plafond, de 80m,7fi au plan d’eau et de 9m,59 de profondeur. Nous n’avons pas besoin de faire remarquer (pie le trace est fort ingénieusement choisi, non seulement parce que les deux fleuves faciliteraient étrangement les travaux et l’alimentation du canal, mais encore, parce que, en ce point, le continent est quelque peu rétréci entre la baie de Riga et le fond du golfe où se trouve Odessa. À vol d’oiseau, la distance ne dépasse guère 1280 à 1300 kilomètres. Il existe d’ailleurs, dès maintenant, suivant cette direction, une voie d’eau entre Riga et Cherson ou Odessa, grâce au canal de la Bérésina, qui relie cette rivière (affluent du Dniéper) à la Duna; mais les conditions de navigabilité y sont assez élémentaires.
- A la vérité, on ne sc heurterait pas à des difficultés techniques considérables dans l’exécution de l’idée de M. liukteschell : on n’aurait guère notamment d’écluses à construire. Dans la partie inférieure de la Duna toutefois, entre Zurgradc et Riga, et aussi sur d’autres points, on rencontre un assez grand nombre de rapides, de bar-
- 1 Yov. n° 1265, du 28 août 1897, p. 190.
- rages et de seuils qui sont dus à la nature rocheuse du sous-sol; même la portion du cours du fleuve entre Witebsk et Zurgrad n’est pas sans présenter de ces dilti-cultés, qui nécessiteraient des excavations à exécuter à la mine. Sur le Dniéper, on ne rencontrerait que les rapides de Dorogi en dessous d’Iékaterinoslaw ; d’autre part, il faudrait soigneusement délimiter la cuvette du canal par suite de la largeur du lit du fleuve. Le canal proprement dit se séparerait de la Duna à Bjeschenkowitscht, au-dessous de Witebsk, et il rejoindrait le Dniéper sur son cours supérieur, entre Orsha et Kopys. 11 faudrait des écluses de liaison à l’entrée dans ces grands cours d’eau et aussi au croisement de leurs affluents : ces dernières écluses ne seraient point sur le passage des navires fréquentant la nouvelle voie; on utiliserait leur chute à produire du courant pour l’éclairage, le touage, etc. On compte que les bateaux pourraient marcher à une allure de 8 nœuds, et, avec les ralentissements obligés, ils mettraient une semaine à passer de la Baltique dans la mer Noire ou inversement, voyage qui nécessite maintenant près de six semaines. Nous n’avons pas besoin de dire qu’on établirait des ports dans les villes les plus importantes du parcours. Quant à la dépense, elle est évaluée à 350 millions de roubles, 940 millions de francs environ. Rien que les canaux ordinaires ne soient guère en état de lutter contre les voies ferrées, il en est autrement d’une voie navigable à très grande section constituant un pareil raccourci, et qui aurait l’avantage de ne guère sacrifier de terrains susceptibles d’ètre mis en culture. Aussi est-il intéressant de voir prendre corps cette idée tant de fois caressée d’un canal maritime traversant, du nord au sud, l’Empire russe.
- ^ D. B.
- LE LANCEMENT DES CAISSONS
- DU MÉTROPOLITAIN
- La Nature a déjà donné des renseignements sur les travaux fort intéressants qui sont actuellement en cours dans Paris pour l’exécution de la ligne Métropolitaine dite n° 4, de la Porte Clignancourt à la Porte d’Orléans, et sur la façon dont, en particulier, seront traversés les deux bras de la Seine. D’ailleurs des détails ultérieurs seront encore publiés sur l’exécution fort difficile de cette ligne; mais nous voudrions dès maintenant signaler une opération préparatoire, qui avait son importance et ses difficultés propres, et qui pourrait servir d’exemple dans bien des circonstances autres que l’établissement d’un Métropolitain.
- 11 s’agit de la construction et de la mise à l’eau, devant le quai des Tuileries, d’un des grands caissons qui vont servir tà la traversée du principal bras du fleuve. L’opération, qui vient d’être menée à bien, aura à se répéter pour les divers caissons successifs qui viendront se placer bout à bout dans le terrain sous-aquatique, afin de constituer par leur ensemble le massif contenant le double tunnel.
- Les tunnels sous rivière sont aujourd’hui nombreux, soit ceux qui sont terminés, soit les ouvrages qui sont encore en cours d’exécution; et le plus généralement ils sont ou ont été exécutés au moyen du fameux système du bouclier, inventé jadis par l’illustre Brunei. On a décrit ici la plupart de ces
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- creusements de tunnels sous rivière. Mais, en dépit de ses avantages, le bouclier n’est pas sans avoir des inconvénients sérieux au milieu de certains terrains essentiellement mobiles dans leur portion superficielle. C'est pour cela que, à New-York, dans l’exécution du tunnel sous la Harlem Hiver, pour le passage du Métropolitain dit Rapid Transit Rail-road, on s’est arrangé pour créer dans le lit de la rivière (en réalité un bras de mer) une sorte de chambre de travail en bois se prolongeant sur toute la longueur du tunnel, constituée par des pilotis et un blindage latéral et supérieur, chambre à l’intérieur de laquelle on comprimait de l’air pour en chasser complètement l’eau. Nos pratiques françaises
- répugnent à ces caissons et chambres de travail en bois; et M. Chagnaud, qui a l’entreprise de la traversée de la Seine pour la ligne Métropolitaine n° A, a voulu recourir à un procédé analogue, mais en employant des caissons métalliques. De plus ces caissons ne seraient pas établis du premier coup à la profondeur, au niveau que devrait occuper le massif des tunnels, mais ils seraient descendus peu à peu dans une excavation qui se lierait sous l’abri que leur partie inférieure même donnerait aux travailleurs. C’est le principe de tous les fonçages par caisson à l’air comprimé ; mais ici on se trouve en présence de cette difficulté que les caissons successifs doivent se raccorder exactement, de manière (pie les
- Fig. 1. — Le caisson amené
- galeries qu'on laisse dans leur masse se trouvent exactement dans le prolongement les unes des autres, pour former une double galerie continue, le double tunnel.
- Quand on procède à des fonçages ordinaires de caissons de ce genre, par exemple pour des fondations de pont, lors même qu’il s’agit de fondations en pleine rivière, et non pour des culées de rive, on a la possibilité de construire le caisson sur place ; et même le plus souvent on en élève les parois sur place au fur et à mesure qu’il s’enfonce sous la charge de maçonnerie dont on le leste : on a de plus cet avantage que l’on n'a pas à immerger la portion supérieure du caisson, précisément parce qu’elle sert d’appui par exemple à la retombée de l’arche du pont. Mais ici il fallait combiner les choses autre-
- perpcudiculuiremeul au quai.
- ment ; le caisson doit disparaître dans le fleuve, de manière que son plafond vienne se mettre au niveau du lit naturel de la Seine, l’eau le recouvrant complètement, et que la navigation reprenne, comme par le passé, par-dessus ce caisson complètement immergé dans le sol sous-aqualique. D’autre part il fallait gêner la navigation le moins longtemps possible, étant données l’importance et l’intensité qu'elle présente dans la traversée de Paris, et l’on ne pouvait songer à construire le caisson sur place. Aussi bien, dans ce dernier cas, il aurait fallu opérer sur une plate-forme d’où la mise à l’eau n’aurait, pas été facile, ou opérer dans une enceinte étanche et asséchée qui aurait coûté fort cher. On s’est donc décidé avec raison à construire le caisson (et les autres caissons qui lui
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- feront suite) sur un bas port de tirage de Paris offrant une rive en pente d’où s’effectuerait le lancement.
- ji-C’est, comme nous le disions, en face de la terrasse des Tuileries qu’est installé ce chantier de construction tout spécial, à coté d’un quai provisoire en bois, qui servira aux embarquements sur chalands des terres provenant de certaines sections nouvelles du Métropolitain. Le premier caisson construit, et dont nous donnons des photographies, a une longueur de 55 m. pour une hauteur de 9 et une largeur de 9,10 m. C’est en réalité une immense boîte métallique dont le sommet affecte une forme circulaire; la boite n’a pas de couvercle, ses
- parois supérieures ne sont pas posées encore, et c’est ainsi qu'elle va être lancée, car elle n’est pas encore près d’être sous l’eau. Et l’on aperçoit la charpente métallique du caisson qui ressemble vaguement aux couples d’un bateau. La plate-forme de construction se complète du côté de la Seine par une sorte de slip de lancement ; le caisson repose maintenant sur des rails qui se continuent jusqu’à l’eau, et, dans l’eau, sur un chemin en charpente disposé exprès ; il faut, en effet, qu’on le fasse glisser sur ce slip, de manière qu’il se trouve flotter. Pour qu’on ait à prolonger moins loin le slip à construire dans l’eau même, on a décidé que, le jour du lancement, on relèverait de 0m,40 le niveau
- de la Seine, *en fermant partiellement les barrages d’aval. Au moyen de moufles on met en mouvement la lourde masse, qui ne pèse pas moins de 280 tonnes, tandis que des treuils sur lesquels passent des câbles métalliques l’empêchent de se déplacer trop vite sur les glissières convenablement graissées. Le voici qui descend lentement et sans secousses, il pénètre peu à peu dans l’eau, on sait que son immersion lui fait perdre petit à petit un peu plus de son poids ; il tend à se mettre horizontal, et il arrive un moment où il ne repose plus que très légèrement sur la partie haute de la glissière. Enfin il flotte. Cette espèce de bateau étrange est remorqué de l’autre côté de la Seine, où il est amarré en attendant le voyage du lendemain.
- 11 va falloir maintenant le faire remonter jusqu'à
- l’emplacement de son immersion définitive un peu en amont du pont au Change, en face du Tribunal de Commerce, mais sur la rive droite ; et cela sans qu’il se heurte par son sommet aux voûtes des divers ponts. On se trouvait en face d’une opération assez délicate, car il fallait d’une part diminuer le tirant d’air du caisson, le faire s’abaisser, s’enfoncer dans l’eau, en le chargeant d’un lest d’eau, et, d’autre part, ne pas porter trop loin son tirant d’eau, car la profondeur de la Seine, dans cette partie de son cours, ne dépasse pas 5m,20. On s’est habilement tenu entre ces deux limites, et le caisson est arrivé en place dans des conditions qui font honneur et à l’entrepreneur, M. Chagnaud, et aux constructeurs spéciaux, MM. llodet et Donon.
- On l’a amarré le long d’une estacade de pieux
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- établie obliquement au cours de la Seine ; on fonce des pieux qui vont former une seconde estacade le long de sa face longitudinale opposée ; et, pris entre ces deux sortes de glissières verticales, il pourra descendre dans l’eau, puis jusqu'au fond, et commencer à pénétrer dans le sous-sol, en conservant immuablement son orientation et la direction exacte de la double ligne ferrée qui s’y trouvera plus tard logée. Naturellement on procédera plus tard de meme pour les autres caissons. Le premier mis à l’eau, comme se feront les autres, présente à ses extrémités une paroi pleine, mais rapportée, qui empêche l’introduction de l’eau dans le caisson, et qu’on enlèvera quand les caissons seront définitivement foncés et raccordés les uns aux autres.
- Daniel Bellet.
- LA POLLINISATION DES FLEURS
- four qu’une fleur donne des fruits et des graines, il faut que sur son stigmate tombe du pollen d’une plante de la même espèce. Telle est la notion classique de la pollinisation et, grosso modo, elle est vraie; mais, dans le détail, elle mérite d’être étudiée avec soin, car là, comme en toute chose, il y a « la manière ». En fait, le pollen qui entre en jeu ne doit pas être pris d’une manière quelconque : avec certaines plantes, il doit provenir de la fleur même qui contient l’ovaire, berceau du fruit ; — pour d’autres, il doit provenir d’autres organes floraux. C’est là un point que Darwin avait déjà abordé magistralement et avait en partie résolu pour quelques types; mais il fallait revoir ses expériences, les varier et les rendre encore plus rigoureuses pour qu’il ne subsistât plus de doute dans la question ; c’est ce que vient de faire un jeune botaniste de beaucoup de valeur, M. Pierre-Paul Richer, qui a employé la seule méthode susceptible de donner des résultats précis, à savoir l’isolement complet des fleurs dans un sac de soie, l’ablation des étamines de fleurs en expérience et la pollinisation artificielle.
- L’étoffe employée à la confection des sacs isolants est un tissu léger, transparent, en soie, qui compte quatre-vingts fils au centimètre, d’où il résulte que les mailles formées par l’entre-croisement des fils forment des carrés, qui mesurent 50 à 60 millièmes de millimètre. Non seulement ce tissu empêche l’accès des insectes, mais il s’oppose aussi efficacement à la pénétration même des grains de pollen. Les sacs de gaze sont soutenus par une armature métallique appropriée, laquelle se trouve reliée à un tuteur en bois supportant le tout. Cette disposition a le grand avantage de pouvoir, en modifiant la courbure du fil de fer qui relie l’armature au piquet, suivre la fleur dans ses déplacements occasionnés par la croissance de la plante. La partie ouverte du sac tournée vers le bas est coulissée autour de la tige même de la fleur.
- Quant à l’ablation, elle doit être pratiquée sur des boutons jeunes, avant, naturellement, qu’elles ne soient ouvertes. Cette opération, si elle est faite avec soin, n’empêche pas leur épanouissement régulier. Pour la pollinisation artificielle, elle s’opère, très simplement : on prélève avec la pointe d’une aiguille préalablement flambée le pollen de fleurs écloses sous des sacs de soie et on les transporte sur le stigmate des fleurs dont on veut étudier la descendance.
- Pour chaque espèce de plante considérée, il faut faire
- quatre sortes de pollinisation : 1° pas de pollinisation (pour constater que, dans ce cas, il n’y a pas formation de graines, ce qui prouve que l’expérience est bien disposée) ; 2° pollinisation directe (c’est-à-dire réalisée entre organesd’une même fleur) ; 5° pollinisation indirecte (c’est-à-dire réalisée entre fleurs différentes d’un même pied) ; 4° pollinisation croisée (c’est-à-dire entre fleurs de pieds distincts).
- Quand les expériences sont terminées, on mesure les fruits obtenus et on compte les bonnes graines qu’ils renferment : plus les fruits sont gros et contiennent de graines, plus la pollinisation a été efficace.
- En procédant comme nous venons de l’expliquer, M. Richer a constaté que les seize plantes, mises par lui en expérience, peuvent se répartir en trois groupes, au point de vue des nécessités de leur pollinisation.
- Le premier groupe renferme des plantes également fertiles après les trois modes de pollinisation; ce sont le Tabac Sylvestre, la Pomme épineuse, la Chélidoine, la Relle-de-nuit, la Saponaire officinale, le « Gilia tricolor», la Monnaie du pape et le Chou.
- Le deuxième groupe renferme des plantes plus difficiles, car elles sont inégalement fertiles, après les trois modes de pollinisation ; elles sont plus fécondes après pollinisation croisée qu’après pollinisation directe ou indirecte; ce sont le Géranium sanguin, la Campanule à feuilles rondes, la Sauge des prés, l’Ornithogale des Pyrénées.
- Enfin le troisième groupe comprend les plantes aux idées encore plus arrêtées, car elles refusent d’être fertiles autrement que par pollinisation croisée ; ce sont la Jacinthe des bois, le Liseron des champs, la Petite-Pervenche et le Dompte-Venin.
- Tout ce que nous venons de dire jusqu’ici est relatif à des plantes, dont les fleurs sont d’un seul et même type. Mais il en est d’autres où il n’en est pas ainsi et dont il faut, par suite, faire une étude particulière. Si, par exemple, on considère les fleurs de la primevère officinale, cette plante si commune au premier printemps, on voit que les unes ont des étamines placées très bas et un style venant jusqu’à la gorge de la corolle, tandis que les autres ont des étamines placées très haut, alors, par contre, que le style est très court. Ces deux sortes de fleurs peuvent donc être définies par la longueur de leurs styles : elles sont hétérostylées. On en trouve présentant le même caractère chez le Lin à grande fleur, le Sarrasin, la Pulmonaire, etc. On a prétendu que cette diversité dans les fleurs est en rapport avec la fécondation par les insectes ; nous n’avons pas à discuter cette question ici, où nous n’étudions que la fécondation artificielle, effectuée par l’homme. Or, voici ce que M. Richer a constaté : dans les cinq espèces étudiées par lui, la pollinisation croisée, entre fleurs de forme différente, s’est montrée la plus efficace : elle a toujours produit le maximum de fruits et le maximum de graines. Par contre, les autres modes de pollinisation ont donné des résultats différents suivant les espèces. Chez le lin à grandes fleurs, ces autres modes de pollinisation ont été tous complètement stériles. Chez le sarrasin, les pollinisations directe et indirecte ne donnent rien, mais la pollinisation croisée entre fleurs de la même forme a réussi quelquefois. Chez la Pulmonaire, on observe, en outre, quelques cas de succès par la pollinisation directe. Enfin, chez les Primevères tous les modes de pollinisation sont efficaces, et il n’existe entre eux qu’une différence de degré toujours en faveur de la pollinisation croisée, mais qui peut même disparaître.
- De tout ce qui précède résulte l’idée qu’il est extrême-
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- ment important, quand on parle de pollinisation, de préciser et de distinguer, par exemple, la véritable pollinisation croisée de la pollinisation indirecte. Celte dernière, que l’on confond quelquefois cependant avec la première!, n’en possède aucun des avantages. D’ailleurs, il est naturel que le croisement des Heurs d’une même plante, issues d’un même germe, donne des résultats inférieurs à ceux que l’on obtient par la fécondation croisée, c’est-à-dire en rapprochant des qualités éloignées non parentes. Ici comme dans le règne animal, le croisement entre proches est souvent défectueux. On voit aussi que, chez certaines plantes, la fécondation croisée est devenue le mode de fécondation nécessaire à leur fertilité : il y a là réelle adaptation à la fécondation croisée et en quelque sorte nulostérililé. Toutefois ce serait une erreur que de demander à la morphologie des fleurs un signe qui permette de reconnaître a priori les conditions de leur fécondité. Aucune des dispositions morphologiques florales décrites comme destinées à permettre la fécondation croisée, ne démontre, en effet, l’impossibilité de l’autofécondation. Dans cette absence de particularité morphologique indiquant le mode de fécondation de la plante donnée, l’expérimentation est le seul procédé qui permette de le découvrir. IIemu Coupin.
- BAKOU
- Rakou n’est pas seulement (ou plutôt ne fut pas, car qui sait au juste ce qu’il reste de cette cité bouleversée) la ville noire du naphte, le principal centre productif de pétrole dans l’ancien continent : les derricks de ses faubourgs, ces centaines d’affreuses pyramides en bois qui recouvrent ses puits d’exploitation et qui tiennent lieu de forêts à ses abords décharnés ; les raffineries rougeoyantes des usines du Tchornoï-Gorod', les mares d’huile inflammable débordante qui s’étalent par terre et que le visiteur non initié prend pour de vulgaires flaques d’eau, au grand détriment de ses chaussures ; le vaste port grandiose qui empiète de plus en plus sur les Ilots sauvages de la Caspienne ; les indéfinis terre-pleins du chemin de fer, que bordent les longs trains de pétrole, tandis que les tranchées suintent le bitume ; enfin la banale et grande nouvelle ville européenne, dessinée et bâtie à l’américaine, bref, tout cet ensemble industriel, intéressant certes, mais laid et redoutable au premier chef, s’est développé autour d’un joyau de pittoresque qui, dans sa relative exiguité, forme un des recoins les plus originaux de l’Orient, le vieux Bakou.
- Le vieux Rakou, c’est un petit morceau de la Perse, si complet et si coloré que, par contraste avec la fiévreuse activité spéculatrice qui l’enserre, il apparaît suprêmement étrange.
- Tout entier il est enclos dans l’enceinte de l’ancienne citadelle des Khans : d’épaisses murailles à grosses tours l'isolent du Rakou moderne ; l’enceinte franchie, c’est une pyramide de ruelles tortueuses, de maisons blanches à peu de fenêtres mais à grandes vérandas saillantes, de murs et minarets de mosquées, qui se révèle en dédale de bas en haut d’une colline. Je n’ai lu nul guide ni description qui fasse I
- bien comprendre l’aspect insolite de ce fouillis de décors toul faits : au malin, dans le corridor, presque inaccessible à la lumière du ciel, d’une ruelle il faut s’elfacer contre le mur pour laisser place à la théorie de petits ânes que guide indolemment un ailier tatare ou kurde tout vêtu de peaux de bêtes ; sous la passerelle de bois, close et vermoulue qui réunit (pourquoi et comment), de part et d’autre de
- Fig. 1. — tïrtrcs kurdes.
- la ruelle, deux demeures se faisant face, voyez passer les femmes persanes, tout entières drapées et enroulées d'étoffes claires et luisantes aux doux tons rosés, jaunâtres, azurés! Sur la tête pose leur fardeau, et la silhouette est d’un galbe antique qui fait rêver de
- Fig. 2. — Chameliers arméniens.
- céramique grecque ! En été, pour goûter la fraîcheur des nuits, toutes ces formes polychromes s’allongent, le soir, sur les toits plats, et du sommet de la colline, le vieux Rakou se montre alors chamarré et, moucheté de leurs taches voyantes.
- Le bazar, menu comme tout le reste, est fait de deux ou trois allées, en tréteaux et auvents de planches, et en lambeaux de toiles suspendues ; le marchandage, amusant à souhait, doit y être abaissé à la moitié ou aux trois quarts du prix demandé, si 1 on
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- veut arracher, sans trop bourse délier, aux brocanteurs de toutes races et de tous costumes, les bijoux, turquoises, armes, étoiles, tapis qu'ici, du moins, le tourisme n’a pas encore fait falsifier. Le soir, risquez un œil au seuil des mosquées, sans y entrer d’ailleurs, où les Persans pratiquent leurs dévotions. Sur le chemin de ronde élevé qui court derrière et à la cime des remparts, errent les flâneurs arméniens et se reposent les caravanes de chameaux venus de lointaines campagnes (par centaines
- on les croise aussi tout simplement le long de la voie ferrée entre Bakou et Derbent). Un certain angle des murailles montre une construction bizarre (fig. 5, n° 5), cône élevé en bouteille ; est-ce une tour, une cheminée? un minaret? Je ne l’ai point demandé : il importe de laisser imprécises à un certain degré les impressions que font de pareils tableaux ; rarement j’ai trouvé plus de plaisir que dans mes trop courtes heures de vagabondage au travers du vieux Bakou. On n’y rencontre pas d’ailleurs que les ethnographiques motifs, faits pour la joie d’un aquarelliste; d’architecturaux chefs-d’œuvre surgissent souvent à un détour imprévu; telle cette belle porte (fig. 5,n°T)) du palais des Khans (aujourd’hui magasin militaire russe), à sculptures stalactifor-mes comme celles de l’Alhambra, mais ciselées à merveille dans le marbre même, dans la pierre scintillante et fine, et non pas hâtivement gâchées dans le facile stuc plâtreux 1 Au pied, complote ce groupe tatare, à faces fauves et à coiffures animales, de rébarbatif et déconcertant aspect, tandis que de l’autre coté du monument, un uniforme russe dépasse l’échoppe en plein vent d’un sordide savetier arménien. A quelques pas, une entrée de fontaine (tarie), à moitié enfouie montre un beau reste de ce que fut la Bakou persane ! Partout les fenêtres à bois ouvragés ! fit sans se lasser on repasse en tous sens les caprices du labyrinthe, où l’on s’égare avec d’autant plus de facilité et de plaisir, que leur perpétuel changement
- d’aspect, sous les jeux de lumière et le kaléidoscope des costumes, ne laisse pas reconnaître, à seconde vue, le point admiré un quart d'heure plus tôt !
- Voilà ce qu’il faut voir à Bakou, voilà ce qui, je l’espère, aura pu échapper aux horreurs et conflagrations des jours récents; voilà surtout ce qu’il importe de conserver à tout prix, comme un échantillon rare et achevé de cette couleur locale si attrayante et précieuse, que tend à effacer partout le modernisme du confortable et du commercial profit! 11 y a deux ans à peine j’ai vu avec chagrin qu’on portait fa main dans le cœur même du vieux Bakou : une bonne moitié du bazar était par terre, comme malsaine peut-être (et devant les exigences de l'hygiène il faut, certes, se résoudre à s’incliner) ; et qui sait quelles laides bâtisses allaient surgir à sa place. C’est l’éternelle lutte entre l’utile et le joli ! Lutte qui, en France, nous a coûté le vieux Rouen du clos Saint-Marc et tant d’autres horribles améliorations ! Souhaitons que la récente tragédie de Bakou, comme l’ont appelée les quotidiens, ait épargné son antique joyau !
- Je n’ai rien de neuf à dire de cette stupéfiante industrie du pétrole, dont maintes fois La Nature a parlé1 ; le même affolement la régit toujours : fortunes englouties dans l’inutile forage ; ou mille et
- cent mille fois accrues si le percement réussit ; ou encore ruines accumulées par une allumette, quand l’imprudente ou criminelle inflammation détruit, en quelques heures ou durant de longs mois, soit une seule exploitation, soit, de proche en proche et au loin, quantité d’autres contiguës, dans l’immense terreur de la tache d'huile !
- Baladschany, Baladjari, Balakhany, Bibi Eibat, Sourakhany, on connaît tous ces noms sonores, sin-
- 1 Yov. n° 550, il» 15 décembre 1885, p. 58; n° 504, du 22 mars 1884, p. 265; n° 89-4, du 10 juillet 1890, p. 100; »n 1574, du 25 juillet 1905, p. 115.
- Fig. 3. — Les Derricks.
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- Fig. 5. — Le vieux Bakou.
- 1. Une rue. — 2. Une ruelle. — ô. Porte persane et groupe Tatare. i. Vieille fontaine. — 5. Chameliers sur les remparts. — G Derrière les remparts.
- 7. Palais des Khans.
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- gulièreraent plus harmoniques que ce qu’ils représentent en tait : le gisement nauséabond, l'expansion tumeusc et incandescente de la plus effroyable peut-être des grandes industries qui soient au monde!
- Une .chose là est bien morte enlin, c’est le laineux culte /lu feu, pour lequel Zoroastre, à Bakou même, fonda la religion des Guèbres ou Uarsis, autour de
- Fi<r. fi. — In Irnin de pélrolr.
- ces gaz naturels sortant de terre et hrêdant sans trêve une lois enllammés; car cette flamme n’a plus (Y éternel que la faculté de s’allumer à volonté; et dans l’unique temple du feu où on peut encore la voir, si l’on y tient, elle ne brûle plus en permanence : artificiellement on la ranime, pour chaque touriste perdant son temps à cette visite, et uniquement pour le culte du Bakscliish qui, celui-ci, ne risque point de disparaître! E.-A. Martel.
- L’HORLOGERIE SUISSE EN 1904
- Dans son 22" rapport, le Comité central de la Chambre suisse de l’Horlogerie donne d’intéressants détails sur la situation de cette industrie au cours de l’année 11*04. Si l’on ne considère que les chiffres généraux, cette année a été une des meilleures que nos voisins aient vues jusqu a ce jour. Le chiffre de 8 005 205 montres relevé à l’exportation n’a été dépassé qu’en 11*01 et pas de beaucoup. Quant à celui qui représente la valeur totale de l’exportation horlogère, 121 millions en chiffres ronds, il n’a au-dessus de lui que Je total de 128 520 000 francs atteint en cette année 11*01.
- Les prix moyens pratiqués sont les suivants : 0fl',!*5 pour la montre métal, 1 ltr,80 pour la monlre argent et 5ifr,86 pour la montre or. En 11*01 ils étaient respectivement de 8fr,20, de M fr,88 et de 50fr,81.
- La montre métal a continué sa baisse ininterrompue depuis 20 ans. La montre argent a repris la sienne, après une tendance au relèvement assez marquée il y a deux ans. La montre or, qui avait au cours des années 11*02 et 1005, gagné presque 2 francs, a perdu la moitié de cette avance, entraînée par le mouvement général de dégringolade des prix.
- Ceux-ci deviennent, en effet, de moins en moins rémunérateurs. Leur affaissement a pour conséquence d’entraîner la disparition successive de toutes les fabriques, dont les ressources ne sont pas suffisantes pour la produc-
- tion en grand et le renouvellement continuel du matériel de fabrication.
- Dans l’état actuel de l’industrie horlogère, il faut en effet tenir compte que l'amortissement d'un matériel ne doit pas être réparti sur une période plus longue (pie 5 ans. Il arrive fréquemment qu’une machine est à peine lancée que déjà une autre plus perfectionnée vient la déloger. Et si l’on songe que la fabrication des montres exige l’emploi de centaines d’outils partiellement ou complètement automatiques, on peut juger de l’importance de la somme à inscrire annuellement à un budget de fabricant pour l’amortissement.
- Ces deux causes, l’avilissement des prix et la nécessité de renouveler perpétuellement le matériel doivent donc aboutir fatalement à la suppression de tout ce qui n’est pas la grande fabrication, faisant tout chez elle.
- Le chiffre de l’exportation suisse en montres et mouvements finis, atteint 2f*08i pièces par jour ouvrable.
- Le chiffre global de 8005205 pièces indiqué plus haut se décompose comme suit : 800 842 montres d’or, 2 755 504 montres d’argent, 5 087 790 montres de métal, et 047 215 mouvements finis dont les boîtes ont été expédiées à part, enfin 10 988 pièces compliquées, répétitions, chronographcs, etc.
- Les deux gros clients, les clients de résistance de la Suisse, continuent d’être l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Si la Grande-Bretagne est en baisse sur 1905, en revanche l’Allemagne est en forte hausse ! Elle a acheté en Suisse pour plus de 24 millions de francs de montres en 1904. La Grande-Bretagne en a pris de son coté pour plus de 18 millions et l’Autriche pour 10 millions. Viennent ensuite l’Italie avec plus de 8 millions, la Russie avec plus de 5 millions et demi, la France avec près de 4 millions et demi, les Etats-Unis avec 4 millions, l’Argentine avec 3 millions et demi et l’Espagne avec 5 millions.
- Chose assez curieuse, alors que l’exportation suisse a diminué de près de 2 millions en Russie, celle au Japon a plutôt augmenté. A noter également un progrès très sensible aux Etats-Unis où cependant les droits d’entrée ne favorisent guère l’introduction des produits étrangers, et où les usines colossales comme Waltham et Elgin produisent des quantités considérables de mouvements.
- Le Journal suisse d’horlogerie a eu l’idée de relever la valeur de l’exportation suisse par tète d’habitant dans les divers pays européens clients de nos voisins d’outre-Jura.
- Voici les chiffres obtenus par notre Confrère.
- Chaque Allemand a acheté pour 53 centimes. L’Anglais vient ensuite avec 39 centimes, puis le Belge avec 38, le Danois avec 32 et le Hollandais avec 50. L’Italien, l’Autrichien, le Turc et le Scandinave s’inscrivent ensuite avec respectivement 27, 26, 25, 25 centimes. L’Espagnol, le Français, le Portugais et le Grec suivent dans cet ordre avec 17, 16, 15, 15 centimes. Le Busse et le Roumain ferment la marche avec 8 et 7 centimes.
- Les 15 bureaux de poinçonnage suisses ont effectué en 1904, 5 287 457 poinçonnages de boites de montres or ou argent. Les boîtes d’or viennent comme toujours presque exclusivement de la Chaux-de-Fonds et du Locle. Les boîtes d’argent surtout du canton de Berne.
- La production a triplé exactement depuis 20 ans.
- La situation de l’industrie horlogère suisse est intéressante à observer pour nos fabricants français.
- La Suisse toujours en éveil leur montre la voie.
- L. Revf.rcuox.
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- LA PROPORTION D’HOMMES ET DE FEMMES
- AUX ÉTATS-UNIS
- Depuis 1820, le recensement de la population se fait régulièrement aux États-Unis. M. VV.-F. Wilcox, de la Uornell-University, a fait, des renseignements qu’il fournit, une analyse et une discussion dont nous tirons les chiffres et les résultats suivants.
- Depuis 1850, il y a, à chaque recensement, excès du nombre d’hommes sur le nombre de femmes. L’excès absolu est, à chaque recensement, plus grand qu’au précédent : une seule exception s’est produite en 1870, mais elle s’explique facilement par l’influence de la guerre de Sécession, augmentant d’une part la mortalité des hommes, de l’autre ralentissant beaucoup l’immigration. Le plus grand excès relatif est en 1890 où, sur 10000 habitants, il y a 242 hommes en plus que de femmes. En 1900, l’excès d’hommes n’est que de 210 par 10000 habitants: ce chiffre, inférieur à celui de 1800 et de 1890, est plus élevé que celui des autres recensements. Autant qu’on peut l’affirmer, il semble que sur toute la surface de la terre il y ait excès de mâles : c’est en Amérique que cet excès serait le plus grand, tandis qu’en Europe il va plus de femmes que d’hommes.
- M. W.-F. Wilcox examine les différences qui existent dans la répartition des sexes entre les villes et les campagnes, et il en tire cette conclusion générale : dans les régions très habitées, il y a excès de femmes, ou tendance à cet état de choses, il y a excès d’hommes dans les régions à population disséminée. Ainsi les États de Columbia, Massachusets, Ilhode-Island présentent chacun, sur 100 habitants, 47,4, 48,7 et 49,1 mâles, tandis que le Wyoming et le Montana ont 02,9 et 01,6 pour 100. Les villes sont plus riches en femmes que les campagnes : sur 1801 villes de plus de 2500 habitants, l’excès des femmes en 1900 est de 201959, tandis que dans les campagnes il y a, en hommes, un excès de 1 840 280. Ces tendances ne font que s’accentuer depuis 1890 où, sur 1490 villes de plus de 2500 habitants, il y avait un excès, en hommes, de 6929, l’excès d’hommes dans les campagnes n’étant que de 1519559. Le tableau suivant permettra d’apprécier mieux les différences :
- En 1890, dans les villes . , . 500 hommesp. 1000 bah.
- — dans les campagnes 519 — —
- En 1900, dans les villes . . . 497 — ___
- — dans les campagnes 520 — —
- En 1890, différence au profit des campagnes : 19 hommes pour 1000 habitants;
- En 1900, différence au profit des campagnes: 25pour
- 1000.
- Des faits du même ordre, avec des chiffres différents, s’observent dans les régions commerciales de l’Europe occidentale : ici et là il faut attribuer l’affluence des femmes vers les villes aux plus grandes facilités de travail qu’elles y trouvent.il est curieux de. noter que l’excès des femmes dans les villes se manifeste déjà pour les enfants de moins de cinq ans : en effet, dans les villes de plus de 25000habitants, on compte 505garçons par 1000 enfants; dans le reste du pays 506 pour 1000. En plus du facteur économique, il faut probablement tenir compte ici de la mortalité infantile. La mortalité aux Etats-Unis est moindre à la campagne qu’à la ville; dans l’ensemble du territoire elle a été, en 1900, pour les hommes, de 19 pour 1000, 20 à la ville, 15,8 à la campagne ; pour les femmes elle a été de 16,6 pour 1000, 17,2 à la ville, 15 à la campagne. P. L.
- LES TUBES A VIDE
- LA>1 UES ELECTRIQUES. - SOUPAPES ÉLECTRIQUES
- Nous avons déjà parlé1 des tubes lumineux à vapeur de mercure, et nous avons montré en quelques mots les avantages que présentaient ces nouvelles lampes. Nous désirons revenir aujourd’hui sur la question afin de donner des détails plus complets et d’exposer des faits d’expériences qui peuvent promettre des applications industrielles des [dus intéressantes.
- La question des tubes à vide et des tubes lumineux à électrodes de mercure a été étudiée, dès 1895, par M. Peter Cooper Hewitt, de New-York, qui a obtenu des résultats curieux. M. Maurice Leblanc, avec l’aide de M. le Dr Recklinghausen, collaborateur de M. Hewitt, a présenté à ce sujet, il y a quelques mois, une communication complète à la Société internationale des Électriciens, à Paris; nous emprunterons à cette communication les principaux points de notre étude.
- M. Cooper Hewitt, après une série d’expériences sur les tubes à vide, c’est-à-dire sur des tubes munis d'une électrode en mercure et d’une électrode ordinaire, dans lesquels on a poussé le vide aussi loin que possible, a étudié en particulier les phénomènes qui se manifestaient à la surface des électrodes. 11 remarquait que ces tubes, traversés par un courant électrique, donnaient une lumière brillante dans des conditions très économiques; mais ils présentaient une résistance qui semblait résider uniquement à la surface de la cathode. Cette résistance, à laquelle il donna le nom de répugnance, disparaissait, si au préalable on avait soin de désagréger la surface de la cathode par un amorçage à l’aide d’un courant. Le tube restait ensuite conducteur, tant que passait le courant. On pouvait dès lors faire traverser un tube ou une ampoule par un courant continu de grande intensité avec une faible différence de potentiel. M. Hewitt put faire passer un courant de 100 ampères avec t8 volts seulement dans une ampoule de 20 centimètres de diamètre. Dans un tube vertical de 30 millimètres de diamètre intérieur, avec une distance des surfaces des électrodes de 57,5 centimètres, le courant a atteint une intensité de 5,5 ampères avec 72 volts seulement.
- Dans une série d’expériences de toutes sortes, M. Hewitt a nettement démontré que tout tube à vide et à cathode de mercure, avant de produire un effet utile, doit être amorcé. La cohésion diélectrique des gaz restant à l’intérieur doit être détruite, et la surface de la cathode doit être désagrégée. On obtient ce résultat en mettant aux bornes, pendant un temps très court, une tension fournie par une source extérieure d’électricité capable de fournir l’intensité suffisante.
- M. Hewitt a fait également des remarques très intéressantes sur la stabilité du fonctionnement, sur la conductibilité, sur l’influence d’un champ magné-1 Voy. n° 1564, du 16 mai 1905, p. 579.
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- tique ; nous ne pouvons insister sur tous ces travaux d’un très grand intérêt, et nous nous empressons d’arriver aux résultats pratiques déjà obtenus.
- Les lampes électriques à vapeur de mercure système Cooper Ilewitt sont déjà répandues en Amérique et commencent à prendre en France une cer-laine extension. La figure 1 ci-jointe donne une vue d’ensemble du dernier modèle établi par la Société anonyme Westinghouse à Paris. Cette lampe est formée par un tube de verre aux extrémités duquel sont soudés deux fils de prise de courant; ces fils sont reliés aux électrodes, dont l’une contient du mercure. Le tube est complètement fermé et le vide a été fait autant que possible. Pour allumer la lampe, on bascule le tube de façon à répandre du mercure d’une électrode à l’autre; il se forme un court-circuit, le tube revient à sa position première et s’illumine.
- La lumière produite par la lampe semble bleuâtre ; le spectre de la vapeur de mercure est dépourvu de rayons rouges. Il en résulte une certaine altération dans les couleurs ; le bleu et le vert paraissent plus intenses, le rouge apparaît brun, le blanc et le noir ne sont pas affectés. Cette lumière a le grand avantage de ne pas fatiguer les yeux, de ne pas produire d’ombres, et d’être très actinique. Elle se prête donc spécialement à l’éclairage .des ateliers, des magasins et à l’emploi dans les arts photographiques.
- Le tuhe des lampes a un diamètre de 2,5 centimètres et une longueur qui varie suivant la tension de la distribution. La lampe pour 110 volts et 5,5 ampères a une longueur de 114 centimètres. La consommation de la lampe n’est que de 0,45 watt par hougie sphérique ; les lampes à incandescence consomment 5,5 à 4 watts par bougie, les lampes à arc 1,5 watt, et les lampes en vase clos 2 watts. Leur durée est environ de 1000 heures; on cite cependant des durées moyennes de 5000 heures, et
- des durées exceptionnelles de 16 000 heures. Les tensions usuelles varient de 60 à 150 volts ; pour des tensions plus élevées, on monte deux ou plusieurs lampes en série. Les lampes actuelles fonctionnent à courant continu : des lampes pour courant alternatil sont en fabrication.
- Suivant les applications en vue, des appareils sont disposés avec plusieurs lampes placées à côté les unes des autres (fîg. 2), notamment pour l’industrie photographique.
- Une autre application, dont l’intérêt ne le cède en rien aux applications lumineuses dont il vient d’être question, peut encore être réalisé avec les tubes ou ampoules Cooper Ilewitt. Le principe fondamental, qu’une cathode ne peut laisser passer un courant électrique que si sa surface a été préalablement désagrégée, permet de réaliser une soupape électrique, c’est-à-dire un appareil à travers lequel une force électromotrice alternative ne peut faire passer que des courants d’un sens déterminé. On sait aujourd’hui toute l’importance qu’ont prise, pour
- Fig. 2. — Radiateur pour photographie avec lampes Cooper Ilewitt.
- la transmission de l’énergie à distance, les courants alternatifs simples, diphasés et triphasés. On sait, d’autre part, tous les avantages que présente le courant continu pour la distribution de l’énergie électrique dans les villes. L’idéal serait donc de pro-
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- ÔOl
- il a ire l’énergie à distance, de la transmettre par courants alternatifs simples, di ou triphasés, et de la distribuer en courants continus. Celte transformation n’a pu être obtenue jusqu’ici qu’à l’aide de transformateurs spéciaux (moteurs à courants alternatifs actionnant sur le même arbre une génératrice à courants continus, moteurs-générateurs à deux collecteurs, convertisseurs, soupapes électrolytiques) dont le fonctionnement laisse souvent à désirer et qui, en tout cas, entraînent des pertes d’énergie toujours fort élevées. On voit dès lors tout l’intérêt tpie pourrait présenter un appareil, solidement construit, et se prêtant à tous les usages industriels, basé sur le principe de la soupape électrique de M. Cooper llewitt.
- La soupape électrique, dont il est question, est formée d’une ampoule A, avec une cathode en mercure m et deux anodes en 1er a et b (lig. 3); autour de la cathode se trouve une feuille d’étain f que l'on relie à l’anode. On l’orme ainsi un condensateur ayant pour armatures la feuille d’étain et le mercure de la cathode, et qui est monté en dérivation entre les bornes de l’interrupteur. Nous pouvons faire passer un courant continu entre l’anode b et la cathode m à l’aide d’une batterie de piles ou
- -"Ml
- Fig. 3. — Soupape électrique pour courants alternatifs simples.
- d’accumulateurs P' ; une tension de 14 volts suffit pour produire une intensité de 3,5 ampères et maintenir la surface de la cathode m à l’état de désagrégation. Envoyons maintenant, à l’aide de l’alternateur B, un courant alternatif entre les électrodes a et m. Lorsque le courant ira de l’électrode a à la cathode m, il pourra passer, si la tension est supérieure à 14 volts, qui est la valeur de la chute de potentiel; mais il n’en sera plus de même lorsqu’il ira de m en a, il ne pourra passer,.la cathode n'étant pas désagrégée s’opposera au passage. Le circuit comprenant la source de force électromotrice B sera le siège d’un courant toujours de même sens qui pourra charger une batterie d’accumulateurs P. A l’aide d’une bobine de self-induction S, l’intensité du courant sera rendue sensiblement continue.
- Mais on a remarqué qu’avec la soupape précédente, une moitié seulement du courant produit par l’alternateur est utilisée. On peut adopter un autre dispositif (lig. 4) pour recueillir l’intensité totale.
- En T est le circuit primaire d’un transformateur alimenté par l’alternateur; deux circuits secondaires et S2 sont disposés comme le montre la figure ;
- Fig. 4. — Aulrc dispositif de soupape électrique pour courants alternatifs simples.
- ils ont le même nombre de spires de fil, mais l’un est enroulé à gauche et l’autre à droite. Les extrémités de gauche de ces circuits sont reliées l’une à l’anode a et l’autre à l’anode b de l’ampou’e A. Les extrémités de droite de ces circuits sont reliées à un même fil qui traverse une bobine de self-induction S et vient aboutir au fil du circuit qui sera traversé par le courant continu. Le deuxième fil de ce dernier circuit est en communication avec la cathode m. Une batterie d’accumulateurs P est montée en dérivation; elle sert à l’amorçage de l’ampoule. Par cette disposition, le courant alternatif secondaire traverse successivement l’un et l’autre des deux circuits.
- Pour redresser les courants triphasés, M. Cooper llewitt emploie une ampoule A (fig. 5), à trois ampoules av a%, az et une cathode de mercure ni. Les circuits secondaires du transformateur sont montés en étoile, les points d’entrée sont reliés aux anodes.
- Fig. 3. — Soupape électrique pour redresser les courants triphasés.
- On recueille le courant continu entre le point neutre N et la cathode m. La batterie d’accumulateurs P sert à l’amorçage de l'ampoule.
- M. Cooper llewitt a pu réaliser des redresseurs capables de débiter un courant continu de 30 am-
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- LA NATURE.
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- pères sous 500 volts, avec un rendement de 08 pour 100.
- L’ensemble des travaux de M. Couper llewitt, comme on peut le voir, ont porté sur des problèmes industriels de grande importance; il nous a paru intéressant de les faire connaître. J. Laffakuue.
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- L’IRRIGATION DE LA LOUISIANE
- \oici longtemps (pie les États-lnis ont recours aux bienfaits de l’irrigation, et c’est grâce à cette méthode qu’ils ont transformé les territoires arides de l’Ouest, qui sont devenus maintenant de véritables vergers \ La Nature a donné à plusieurs reprises des renseignements à ce sujet. Mais un nouvel exemple des plus concluants nous est fourni par la Louisiane, où un individu entreprenant a transformé toute une contrée par son initiative heureuse, (pii a suscité de nombreux imitateurs. Et d’ailleurs ce qu’il y a de particulièrement remarquable, ce sont les méthodes tout élémentaires et les installations fort primitives qui ont réussi à donner les premiers résultats.
- La Louisiane cultive le riz voici fort longtemps, mais cette culture n'a guère progressé depuis bien des années, par suite de la difficulté que l’on avait à fournir assez d’eau à une bonne partie des terres qui étaient cultivées en riz ou que l’on aurait pu y consacrer : le fait est que depuis cent ans que les fermiers ont commencé de repiquer le riz dans ce qu’on appelle les terres hautes, c’est-à-dire les prairies situées à quelque 2 mètres au-dessus du niveau des rivières qui parcourent cette région, ils ne pouvaient compter que sur les pluies pour faire pousser leurs récoltes, et c’était là une ressource à la fois minime et problématique. Si bien qu’on avait trouvé la désignation pittoresque et trop exacte de Riz de la Providence pour les riz qui venaient à bien dans ces conditions. C’est exceptionnellement qu’on avait installé quelques petits réservoirs pour pourvoir à celte insuffisance des précipitations atmosphériques. En 1888, arriva un certain David Abbott, qui venait du Michigan et qui savait ce qu’on peut attendre de l’irrigation pratiquée intelligemment et avec persévérance : et il se mit en tète de tenter la culture du riz avec des méthodes moins incertaines, justement sur ces terres hautes dont nous parlions à l’instant. 11 acheta une superficie de terrain assez grande et résolut d’élever les eaux du hayon dePlaquenime (unhayon est une rivière dans la langue de la Louisiane), de manière à les faire s’écouler ensuite dans des canaux qui la répartiraient sur les terres à riz. 11 n’avait pas les moyens d’acheter une pompe perfectionnée, et il se contenta d’abord d’utiliser le petit moteur d’un bateau qu’il possédait, et auquel il fit commander une chaîne à godets plongeant dans l’eau du hayon et déversant cette eau dans une canalisation en bois, qui l’amenait ainsi sur la rive, à la hauteur des terrains à irriguer. On doit savoir que, d’une façon générale, les Américains sont coutumiers de ces « moyens de fortune », qui leur permettent du moins de satisfaire immédiatement à des besoins, sans engager de gros capitaux d’établissement au début d’une entreprise, (le moyen si simple et si primitif, qui donnait beaucoup à rire aux voisins de David Abbott, ne l’êiiipècha pas de récolter, dès la première année, 151 barils de riz sur une surface irriguée de 8 hectares. L’année suivante, avec les bénéfices réalisés, il pouvait soumettre à l’irrigation 40 hectares et plus, et cette fois en élevant l’eau au moyen d’une pompe qu’il inventait, et qui est aujourd’hui employée partout sous son
- nom. dette pompe, qui débite 15000 litres à la minute, et surtout les méthodes appliquées par Abbott, ont fait la fortune de toute une partie de la Louisiane.
- Bien entendu, Abbott axait creusé des canaux sur ses terres pour distribuer l’eau ainsi élevée, et son premier canal avait 5 kilomètres et demi de long pour une largeur de fi m. Mais ce premier canal est devenu légion, tous les voisins s’étant mis à suivre l’exemple donné de la sorte. Si bien qu’à l’heure actuelle, dans les paroisses de drowley, de dalcassien, d’Acadie, ou compte près d’un millier de kilomètres de canaux d’irrigation petits et grands, distribuant le liquide bienfaisant sur une superficie de près de 150000 hectares. Et c’est ainsi que la récolte de riz en Louisiane, qui était seulement de 400000 barils en 1886, et qui subissait du reste de violentes alternatives suivant l’abondance ou la rareté des pluies, s’est élevée à fiOOOOO barils en 1000, à un million en 1002, et a dépassé 1 700000 barils pour la dernière campagne dont nous ayons les chiffres.
- L’enthousiasme pour les irrigations est tel que, durant l’année 1002, qui fut extrêmement sèche, on fut sur le point de mettre complètement à sec, au moyen des pompes, la rivière Mermentan, dont le niveau est seulement à une dizaine de centimètres au-dessus de celui du golfe du Mexique : et un beau jour on s’aperçut que, les infiltrations aillant, les pompes aspiraient et envoyaient de l’eau de mer dans les cultures. Ce ne fut pas sans leur causer un grand dommage, mais une association se fonda aussitôt, qui s’est mise à exécuter les travaux nécessaires pour arrêter cette arrivée des eaux salées. Et les irrigations vont pouvoir reprendre de plus belle quand le travail sera terminé. 1). Lkbois.
- CHRONIQUE
- I nc station centrale originale de chauffage.
- — Nous avons déjà parlé de stations chauffant à distance des établissements ou des maisons particulières ; mais ici l’installation est curieuse en ce que la transmission des calories se fait sur une distance de 2 kilomètres et demi, ce qui est considérable en la matière. Cette distribution de chaleur a été créée pour le sanatorium d’Eglfing, dans la Haute-Bavière. Les conduites de vapeur (car on a naturellement recours à la vapeur) sont logées dans des galeries en béton dont les parois sont protégées par un revêtement à l’asphalte ; de plus, une épaisseur de liège évite la déperdition de chaleur; enfin les tuyaux sont entourés d’un nouvel isolant dont on dit merveille. Le fait est que la vapeur entre à 159° C. dans la conduite et qu’au bout de 2 kilomètres elle est encore à 152°. Trente pavillons et fi bâtiments d’administration sont chauffés par la station; la vapeur, en arrivant dans le sanatorium, transmet la chaleur à de l’eau, car les bâtiments memes sont chauffés à l’eau chaude.
- Le budget de la marine italienne. — L’Italie a dressé pour les années à venir tout un programme de dépenses importantes. Il s’ensuit que le budget de la Marine, qui est de 126 millions en 1904-1905, montera à 154 millions dès l’année 1906-1907, puis à 140 millions à peu près pour chacune des années comprises entre 1908 et 1917. On se propose de construire 5 croiseurs cuirassés de 10 000 tonneaux de déplacement, puis 10 contre-torpilleurs ; on compte également ajouter à la flotte 7 submersibles et 15 torpilleurs.
- l ue digue-barrage de BOO mètres. — Exacte-| ment elle aura 580 mètres de longueur. Elle va être con-
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- LA NATURE.
- struile par les soins de l’Association spéciale de la vallée de la Kulir, pour répondre aux besoins de la région; elle barrera la vallée de la Mohne, à la jonction des rivières lleve et Mohne. La digue eu question aura 39 mètres de hauteur maxima et emploiera 190 000 mètres cubes de-maçonnerie. Le réservoir formé aura une capacité de lit) millions de mètres cubes.
- Roches explosives. — Il s’agit de roches faisant naturellement explosion sous l’iniluence d’un choc, à la façon de la fameuse larme batavique. I n exemple en a été récemment donné dans la Nouvelle-balles du Sud, à la mine de New llillgrove, où une explosion formidable de ce genre s’est produite, et s’est fait sentir à 2 ou 5 kilomètres. Les roches explosives qui sont ordinairement des quart/, des hornblendcs, des schistes, doivent cette propriété à la tension moléculaire, à ce que dit M. Jaquet dans YEtujineerhuj and Miniixj Journal.
- \n»nel accroissement de vitesse «les canots automobiles. — Après ce qui a été dit ici des caractéristiques des canots automobiles les plus récents, et des formes particulières qu’on a su leur donner pour leur imprimer des allures extrêmement rapides, il est intéressant de signaler les progrès qui ont été faits encore au point de vue de la vitesse. Tout dernièrement, une course spéciale de ces embarcations a eu lieu sur le lac de Garde, et le parcours total à couvrir était de 151 kilomètres environ. Le temps mis par le bateau arrivé le premier n’a été que de o heures 2 minutes; ce qui correspond par conséquent à bien près de 50 kilomètres à l’heure, pour une coque de toutes petites dimensions.
- Le cerf-volant auxiliaire cln nntfeur. — Si
- nous en croyons le texte que rapporte un de nos confrères, l’idée aurait été émise par Franklin, le grand Franklin, qui était un nageur émérite, et qui, en outre, ne se faisait pas faute d’avoir des idées originales. S’amusant un jour avec un cerf-volant au bord d’un étang, qui avait près de 2 kilomètres de large, « il se mit à l’eau, tenant la corde de son instrument, et, se tournant sur le dos (pour faire la planche), il s’aperçut qu’il était entraîné sur l’eau d’une manière très agréable. 11 traversa l’étang sans la moindre fatigue, et même avec beaucoup de plaisir. C’est la seule fois que j’aie fait usage de ce moyen, ajoute-t-il, avec lequel on pourrait, je crois, aller de Douvres à Calais. »
- L'utilité «les filets parc-torpilles. — Les filets llullivau, comme on les nomme ordinairement, ont été fort discutés, et, en Grande-Bretagne notamment, on les a supprimés à bord des croiseurs (tout en les maintenant pour les cuirassés). Or, le seul Européen qui ait assisté à la récente et fameuse bataille navale de Tsoushima, le capitaine anglais Pakenham, aurait constaté leur utilité pour les croiseurs. Le fait est que les Japonais s’en seraient trouvés fort bien, en dépit de l’élément forcément retardateur que constituent ces filets.
- Diamants artificiels. — 11 s’agit de recherches assez curieuses faites par M. C.-Y. Burton, de Cambridge, et dont il a donné un compte rendu rapide dans Nature. 11 prend un alliage fondu de plomb avec 1 pour 100 de calcium, et qui semble contenir en solution une petite proportion de carbone soit libre, soit à l’état de carbure de calcium; l’élimination du calcium laisse cristalliser un peu de carbone, à ce qu’affirme l’auteur. La vapeur convertira, par exemple, le calcium en un hydrate, et si la réaction se fait à la chaleur du rouge vif, on trouve du graphite dans la croûte de chaux; si c’est au contraire
- à une chaleur sensiblement moindre on ne trou\e pas de graphite, mais un certain nombre de cristaux microscopiques qui présentent plusieurs des propriétés du diamant.
- I.'nf'tioii antisc‘pti«|ue «lu savon. — Nous revenons sur cette question pour montrer que souvent il n’esi pas besoin de chercher bien loin un bon antiseptique. Le D1 Ilodef, de l'Université de Montpellier, s’est livré à des expériences personnelles et complètes sur un savon de soude blanc ne contenant pas d’alcali libre. 11 a constaté qu’il a un pouvoir des plus réels sur le staphylocoque et sur le bacille d’Éberlh, surtout sur ce dernier. Même à la dose très minime de 0,2 pour 100, il gène considérablement une culture ; une solution à I pour 100 lue le staphylocoque en quelques heures et bien plus rapidement le bacille d’Éberth; à 5 pour 100 c’est bien autre chose encore. D’ailleurs, l’élévation de température, par exemple, vers 55 à 57°, est particulièrement favorable à cette action.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 octobre 1905. — Présidence de M. Troost.
- L’éclipse du 50 août 1905. — M. Stephan, directeur de l’Observatoire de Marseille, adresse le résultat des observations qu’il a faites à Guelma en collaboration avec M. Borellv. M. Bigourdan décrit ensuite les conditions d’installations de la mission qu’il dirigeait à Sfax et les instruments dont il s’est servi : une grande lunette astronomique placée devant un sidérostat, des speclroscopes bien éclairés. Il a obtenu de bonnes photographies de la couronne, notamment une épreuve en lumière monochromatique donnée par un écran qui ne laissait passer que les rayons correspondant à une certaine longueur d’onde. 11 a également noté les instants des contacts, relevé le spectre de la couronne et mesuré l’intensité photométrique globale de celle-ci par deux procédés. 11 a trouvé que cette intensité était égale à celle d’une lampe électrique actionnée par un courant de 2 volts et placée à une distance de 0m,65. M. Bigourdan, qui avait monté ses appareils astronomiques dans les batiments de l’école, a employé les caves du théâtre pour l’installation de ses instruments magnétiques. Ceux-ci, grâce à la faiblesse de la variation diurne de température dans ces caves, ont fonctionné dans d’excellentes conditions; ils ont permis de constater qu’aucune perturbation du champ magnétique terrestre n’avait coïncidé avec l’instant de l’éclipse. M. Bigourdan a aperçu les ombres dansantes. Elles étaient dirigées sur le soleil et semblaient formées par de légers nuages de fumée. Enfin il a relevé cette particularité qu’en 1905 l’éclipse du so'eil a donné moins d’obscurité qu’en 1900.
- Variation du magnétisme terrestre. — M. Mascart rappelle que M. Bruhnes, directeur de l’Observatoire météorologique du Buy de Dôme, a annoncé que les couches d’argile recouvertes par des coulées volcaniques et transformées ainsi en brique, avaient conservé une aimantation de même sens que celle de la coulée. 11 vient d’étudier les argiles recouvertes sur une longueur de 1000 mètres par une coulée de basalte miocène. 11 s’est trouvé que la direction de l’aiguille aimantée occupait, à cette époque du recouvrement de l’argile, une direction presque inverse de la direction actuelle. D’où il suit nécessairement que le champ magnétique terrestre a subi une variation considérable. Cil. DE VlLLEDEt'IL.
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- LA NATURE.
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- L\ SOUPAPE LÉGÈRE GlîTEMIüTH
- La légèreté des soupapes est une question plus importante qu'on ne serait d’abord tenté de le croire, celte légèreté ne devant du reste nuire en rien à leur solidité : c’est qu’en effet leur poids, leur inertie, les empêche de se soulever aussi facilement, de façon automatique, sous l'appel d'une aspiration ou, au contraire, de retomber sur leur siège, sous la compression du piston dans le cylindre sur lequel elles sont destinées à fonctionner. C'est une des raisons qui font que l’on a maintenant presque toujours recours aux soupapes commandées pour les moteurs h pétrole appliqués à l’automobilisme. Pour les pompes à grandi' vitesse, on tend également depuis quelques années, et pour la même raison, à employer des soupapes dont la fermeture est assurée mécaniquement.
- Mais il va de soi que les organes de commande, tiges, renvois, cames, engrenages, constituent une complication, en même temps qu'ils absorbent de la force ; et l’on a essayé d'arriver à un résultat aussi satisfaisant en employant des soupapes plus légères. 11 semble que les pompes munies de ces soupapes fonctionnent aussi bien que celles qui ont des soupapes à commande mécanique; un type de soupape légère fort original a été imaginé par le professeur allemand Cutermuth, et a déjà été appliqué sur bon nombre de pompes à grande vitesse.
- Cette soupape est faite d’une feuille mince de métal, qui se présente d’abord sous la forme d'une languette horizontale C un pou élargie à une de ses extrémités, que nous appellerons son talon. V partir de ce talon, et sur une lionne partie de sa longueur, elle est enroulée de manière à former un ressort A, ainsi que le fait du reste fort bien comprendre le dessin en coupe que nous donnons de cette soupape montée sur un oriliee donnant passage à un lluide, mais soulevée pour laisser libre issue à ce fluide. Nous n’avons guère besoin de dire que l'enroulement se fait sur une petite tige ronde I) présentant, suivant une de ses génératrices, une rainure convenable pour y loger et y coincer solidement le talon, légèrement replié sur lui-même, de la languette métallique R. C’est celte tige qui constitue l’axe d’oscilla-
- tion de la soupape : nous ne dison s pas de rotation, car, dans son mouvement de soulèvement, la soupape agit sur sa partie enroulée qui forme ressort, et dont les spires se resserrent les unes contre les autres, tandis que le talon demeure immuablement lixé dans sa position initiale et dans la tige evlin-drique, lixe elle-même. Comme le montre notre section en coupe, la valve, une fois soulevée sous la pression du lluide, laisse le passage absolument libre à celui-ci; c’est du reste uniquement la résistance de la partie enroulée en ressort qui forme limite au soulèvement, on ne prévoit point d’arrêt lixe et spécial.
- Une semblable soupape répond admirablement au désideratum de légèreté, et la puissance nécessaire pour l’ouvrir n'est guère augmentée par son inertie; on comprend que, par suite même de cette légèreté et
- de sa construction, elle soit susceptible de se fermer avec une grande douceur. S’il s’agit, comme c’est le cas le plus fréquent, d’une soupape de pompe, au moment où le piston approche de la lin de sa course, la vitesse du lluide qui s’échappe et a ouvert la soupape, se ralentit naturell ement, et, sous l’action de son ressort, la soupape commence immédiatement son mouvement de lermeture : si bien que, quand le piston s’arrête complètement et s’apprête à prendre sa course de retour, la soupape vient se poser sans choc sur son siège.
- Pour les pressions peu élevées, les lames métalliques formant ces sortes de soupapes sont d’épaisseur uniforme sur toute leur longueur ; au contraire, quand il s’agit de hautes pressions, la languette métallique présente une surépaisseur assez marquée dans sa partie extrême formant la soupape proprement dite : c’est le cas que montrent quelques-unes des ligures ci-jointes, et notamment le dessin schématique en section auquel nous avons renvoyé le lecteur. D’ailleurs, cette surépaisseur n’est pas considérable : quand on donne au passage à obturer une section convenable, il suffit, pour les plus liantes pressions, que la lame métallique ait une épaisseur de 1,60 millimètre. P. de M.
- La Gérant . P. IIasscv
- Paris. — Imprimerie Laiiliu;, rue lie Heuru?, V
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- N° 1690. — 14 OCTOBRE 1905.
- LA NATLIVE.
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- UNE BIGUE DE 180 TONNES
- Nous avons à plusieurs reprises parlé des énormes grues et Ligues’ mécaniques que l’on construit pour l’usage des grands ports, principalement des ports de construction ou de guerre, où l’on se trouve dans la nécessité de manutentionner d’énormes pièces, chaudières à mettre en place dans les cales, ou à enlever pour les remplacer, machines de toutes puissances, canons de marine, etc. Le progrès n’a cessé de se faire de façon continue, par suite notamment des dimensions de plus en plus considérables que l’on donne aux navires, et par conséquent à leurs éléments constitutifs et à leur machinerie.
- C’est ainsi qu’on vient de monter, tout dernièrement, dans l’arsenal anglais de Chatham, un de ces appareils de levage à trois jambes qu’on nomme des Ligues ou parfois des mâtures (à cause de l’usage auquel on les employait jadis pour mater les bateaux), et qui offre une puissance de soulèvement formidable de 180000 kilogrammes. Elle a été construite par les chantiers Day, Summcrs and Co, de Southampton, qui se sont fait une spécialité des appareils de ce genre pour les gros poids. Nous croyons bien qu’on n’avait pas encore osé combiner et mettre en service un engin de pareille force.
- Le principe de ces Ligues, qui doivent pouvoir prendre un porte-à-faux assez considérable, pour
- La Ligue de 180 tonnes de l'arsenal de Chatham.
- venir à l’aplomb du milieu du pont du navire, où elles ont à travailler et à embarquer ou à débarquer le colis encombrant qu’on leur confiera, est que les deux jambes obliques de devant, qui forment comme un A immense sans barre transversale, sont articulées sur le sol. D’autre part, elles sont articulées en haut à leur point de réunion avec la jambe de derrière; l’extrémité inférieure de celte dernière peut se déplacer d’avant en arrière au niveau du sol, suivant une direction perpendiculaire au quai, de manière que les jambes de devant cessent de s’incliner au-dessus de l'eau et du navire où doit se faire l'opération, et viennent finalement s’incliner en sens inverse au-dessus de la terre ferme. Alors la charge prise à bord du bateau est amenée à l’aplomb du sol, et l’on n’a plus qu’à la des-
- 33e année. — 2e semestre.
- cendre; il va de soi que l’opération inverse s'effectue tout aussi aisément. Dans l’appareil de l’arsenal anglais, les jambes de devant ont une longueur de 48,76 m. pour un diamètre au milieu de 4,52 m., qui se réduit à 0,94 m. aux extrémités : c’est la forme en fuseau. Chacune de ces jambes pèse à peu près 44 tonnes, lùmr la jambe de derrière, elle a une longueur de 04 mètres, et un diamètre de 4,85 m., qui se réduit également à 0,91 m. aux extrémités, elle pèse 55 tonnes.
- Toutes les manœuvres se font à la vapeur, et pour cela on dispose de deux chaudières fournissant le fluide moteur à une série de treuils, et aussi au dispositif d’écartement ou de rapprochement de la jambe arrière. Ce double mouvement est assuré par une vis longue de 25,90 m. et présentant un dia-
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- LA N AT U ItE.
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- mètre de 291 mm, qui est mise en rotation dans un sens ou dans l’autre par une commande à vapeur, et qui tourne dans un énorme écrou solidaire du bas de la jambe postérieure de la bigue : on comprend tpie celte extrémité de la jambe se déplace alors suivant une ligne droite perpendiculaire au quai, comme nous l’indiquions tout à l’heure. Cette vis ne pèse pas moins de M tonnes; c’est sur elle que s’exerce pour la plus grosse part le poids des charges soulevées. Mais, bien entendu, le soulèvement est assuré par trois treuils ayant chacun son engin à vapeur, et deux d’entre eux sont susceptibles de soulever simultanément une charge de 90 tonnes à une vitesse de 3 mètres à peu près à la minute. Ajoutons que, pour aider aux déplacements de la charge dans le sens horizontal, quand elle est suspendue aux crochets, et qu’on veut ramener à 1 aplomb d’un wagon, par exemple, d'un panneau de cale, on dispose d’un treuil indépendant agissant sur un câble à peu près horizontal qu’on « frappe » sur la charge. Ce puissant appareil présente un porte-à-faux maximum de 16,25 ni., le sommet des deux jambes pouvant être amené de cette distance en dehors de la perpendiculaire.
- Pierre de Mékiel.
- LE CHARBON EMPLOYÉ COMME ANTIDOTE
- Les journaux out raconté que les Japonais ne redoutent aucune intoxication, grâce à l’habitude d’absorber, aux premiers symptômes gastro-intestinaux inquiétants, du charbon, animal ou végétal. Le charbon serait-il un contre-poison énergique?
- Fontana, à la fin du xvne siècle, a signalé le premier que le charbon absorbe les gaz : Figuier, puis Lowitz en 1790 ont étudié son action désinfectante (fontaines filtrantes de Ducommun) ; en 1830, ses propriétés clan-liantes ont commencé à être utilisées par l’industrie sucrière, et, à la même époque, le pharmacien Touéry, de Solomiac (bers), révéla l’action absorbante du charbon pour « le principe amer n des substances organiques : en même temps, il montra que, grâce à son action fixatrice spéciale, grâce aussi à l’emploi de l’alcool et de l’eau de chaux comme dissolvants, le charbon facilitait la recherche générale des alcaloïdes. En de multiples communications faites à l’Académie de médecine (1829-1855), il fit connaître ses travaux sur ce sujet, puis (1851-1852), continuant ses recherches il mit en lumière l’une des propriétés les plus importantes du charbon, son action sur les poisons, et sa valeur connue antidote.
- Touéry soumit à l’Académie les résultats de ses expériences sur des lapins et des chiens : il rencontra auprès des juges qu’il choisissait une incrédulité telle qu’il se soumit lui-même à une expérience des plus dangereuses et des plus probantes, avala un gramme de strychnine et n’en lut nullement incommodé, grâce à la précaution qu’il prit d’avaler, immédiatement après, 15 grammes de charbon. Le silence se lit cependant très vite autour de cette magnilique découverte, et, bien que la littérature médicale atteste d’une façon certaine que Touéry a signalé le premier cette propriété du charbon, son nom ne serait probablement jamais sorti de l’oubli, si son petit-fils, le professeur Secheyron, chirurgien des hôpitaux de Tou-
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- j louse, n’avait repris les travaux de son grand-père, et, en collaboration avec le professeur Daunic, ne leur avait apporté récemment une éclatante confirmation.
- Opérant sur des lapins et des cobayes (1895-1896), il introduisit les poisons d’abord seuls, puis après avoir été mis en contact avec le charbon. Strychnine, liqueur de Fowler, cyanure de potassium, phosphore, laudanum, morphine, eau de laurier-cerise, chlorhydrate de cocaïne, alcool, extrait d’absinthe, essence d’anis, etc., en solution dans des véhicules appropriés, et, ce qui est plus saisissant encore, bactéries charbonneuses et ptomaïnes perdent leur toxicité et leur virulence quand ils sont filtrés sur charbon animal ou végétal.
- M. Touéry avait communiqué à l’Académie (1852-'1860) des observations de malades ayant ingéré divers toxiques, et que l’absorption de charbon animal ou végétal avait guéris. Le professeur Secheyron traita de même divers cas d’empoisonnement par les champignons et par l’arsenic : les résultats obtenus ont tous été heureux.
- En un mémoire présenté au VIe Congrès français de médecine, MM. Daunic et Secheyron concluent :
- 1° Charbon animal et charbon végétal ont des actions analogues; à poids égal, le charbon animal est plus actif; 2° le charbon fixe les alcaloïdes, les toxines et les poisons minéraux; c’est l’antidote général le plus actif; 5° ces propriétés antitoxiques du charbon ont été découvertes par Touéry.
- 11 convient de donner le charbon à doses massives, en suspension dans l’eau, de l’administrer par la bouche directement, ou avec l’aide d’une sonde stomacale en cas d’urgence, en un mot de mettre, le plus rapidement et le plus largement possible, le charbon en présence du poison.
- FllA.XC.IS M.AIiIIE.
- LES PUITS ARTÉSIENS
- DE LA DASSE-SEINE ET DE l'AlilS
- I
- l'UlTS DE LA DASSE-SKIXK
- La série d’années sèches que nous traversons dans la région de Paris et le besoin toujours croissant d’une eau abondante et pure, nous conduisent à rechercher si l’on a tiré jusqu’ici tout le parti possible des ressources souterraines que la géologie nous a signalées. Le nombre des puits profonds s’est accru dans ces dernières années, mais non pas dans la proportion qu’on était en droit d’espérer, et cela tient d'une part à la dépense toujours assez considérable qu’il est indispensable d'engager, et de l’autre à ce qu’un grand nombre de ces entreprises ont été mal conduites. L’expérience a fourni cependant un bon nombre de données précises qui permettent d’atteindre le but avec sécurité, en ne laissant à l’aléa, inséparable d’une telle entreprise, qu’un champ des plus réduits.
- Nous nous proposons, dans deux articles differents, d’examiner les divers forages qui ont été faits entre Paris et la mer en examinant leur fortune, et d’en tirer des règles précises sur la meilleure manière d’opérer, sur ce qui est à craindre et à espérer, enfin sur les procédés qu’il convient de préférer pour arriver au succès.
- Il n’existe d’ailleurs, à notre connaissance, aucun
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- LA NATURE.
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- forage arlésieu dans la vallée de la Seine en amont de Paris, il n’y a cependant aucune raison qui permette de croire qu’ils seront moins heureux.
- Nous commencerons notre examen par l’indication d’un forage profond fait au Havre (voy. tableau n° 1), dont M. Lennier a examiné les échantillons, et qui n’a donné aucun résultat, peut-être par suite de la conduite même des travaux '.
- Le forage n’ayant pas été tubé, des éboulements nombreux se sont produits, mêlant au fond des échantillons de tous les niveaux, ce qui rend la classification fort incertaine ; on ne peut la baser que sur la première apparition des fossiles. Le passage du Kimeridgien au Corallien est insensible, et ce Corallien n’a rien de coralligène comme à Bénerville ; il se relie, à la base, à l’Oxfordien inséparable ici du Callovien. Dans les derniers mètres, il est impossible
- de dire avec certitude si le Bajocien a été rencontré et s’il se trouve quelques paquets de marnes rouges-du Lias comme à May, dans les anfractuosités du récif silurien. Aucune apparence de Rouiller et les eaux ascendantes du fond ont pu se perdre dans les niveaux supérieurs sans qu’il ait été possible de s’en apercevoir l.
- La région de Rouen a été bien explorée, mais les résultats sont très différents suivant le point géographique où l’on se place. Une grande faille dite « accident de la Seine » coupe obliquement la vallée et la ville de Rouen, elle passe sur la rive gauche à peu près à la hauteur de l’église de Saint-Sever et met en contact les terrains jurassiques supérieurs : Portlandien ou Kimeridgien avec le Sénonien moyen. 11 se trouve que les terrains crétacés inférieurs qui sont les couches aquifères artésiennes sont relevés
- Kilomètres
- Clermont
- BEAUVAIS
- o Senlis
- Yvetot
- Pontoise
- les Andeljs
- Sceaux V
- Elbcuf
- Lobviers
- Ou i ilebeu /
- leHavre
- Pont Amtemer
- iEVREUX
- Fig. 1. — Carie îles jiuits artésiens entre Paris et le Havre.
- s’y est maintenu jusqu’à 170 mètres de profondeur, en voici le détail (voy. tableau n° 5)2.
- Eau ascendante à 8 mètres au-dessus du sol, débit 12 litres par minute; diamètre inconnu, probablement très petit. La comparaison de cette succession avec celle du forage si voisin de Sottevillc, permet d’estimer l’amplitude de la faille de Rouen à 180 mètres au moins3.
- Nous ne pouvons pas citer tous les forages laits à Rouen, nous nous contenterons d’en signaler encore deux, situés l’un au sud-ouest du côté de la lèvre basse de la faille, l’autre au sud-est sur le bord relevé de la cassure (voy. tableau n° 4).
- Une première nappe a été rencontrée à 108 mètres de profondeur, la seconde plus abondante s’esl élevée à 15 m. au-dessus du sol. Diamètre final,
- 1 G. Lennier, Bull. Soc. géolog. de Normandie, t. XYI. p. 42-50,1890.
- 2 Clérv. Recherche de houille dans le département de la Seine-lnlérieurc. Acad. se. de Rouen, 1852, p. 209-216.
- 3 R. Fortin. Notes de géologie normande. Bull. Soc. des amis des Sciences, année 1901, IX, p. 78. — G. Dollfus, Note géologique sur les eaux de Rouen. Lettre à M. Garnier, expert, p. 210-256, 1900.
- au-dessus du uiveatt de la mer sous Rouen même, et ne peuvent y fournir aucune eau ascendante.
- Un forage profond, effectué de 1849 à 1852 pour la recherche de la houille à Sotteville, peut compter parmi les plus curieux du bassin et nous avons pu en examiner à nouveau les échantillons conservés au musée de Rouen par les soins du Dr Pennetier; ce forage a rencontré une eau salée, assez chaude, ascendante, qui est venue se mêler à la nappe phréatique et a été l’occasion d’un procès qui a contribué à faire arrêter les travaux ; ce forage coule encore légèrement, malgré les tampons qu’on a pu placer pour arrêter le déversement des eaux (voy. tableau nn 2).
- C,e forage est tout entier dans le Jurassique.
- Le diamètre initial était de 540 millimètres, le diamètre final de 185. Il donnait 150 litres par minute à 1 mètre du sol. Température 24°, salure 15 grammes par litre (la moitié de la salure marine). On peut estimer qu’on aurait trouvé le primaire à 400 mètres au-dessous. Région antielinale presque maximum. Par opposition un forage, fort voisin, à Saint-Sever, a commence dans le crétacé et
- 1 Voy. les numéros sur noire raide.
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- LA NATURE.
- 0 centimètres. Situation au sud-ouest de la faille (voy. tableau n° 5).
- Un premier niveau d'eau a été signalé à 61 mètres de profondeur dans un sable grisâtre avec galets. Un autre dans la première couche du Jurassique à 65 de profondeur (nombreuses Ostrea virgula). Diamètre final, 6 centimètres. Situation au nord-est de la faille.
- L’eau s’élève à 8'",25 au-dessus du sol. Un peut attribuer le résultat médiocre de ces deux forages à leur diamètre bien trop faible, ils sont destinés à s'ensabler et à se | ter dre progressivement. On doit considérer comme un approfondissement inutile les 40 mètres percés dans le Jurassique en terrain imperméable, les lits de sables qui y ont été indiqués semblent être des retombées des niveaux crétacés traversés plus haut.
- Nous ne sommes pas très bien renseignés sur les forages d’Elbeuf, n'ayant vu ni collections d’échantillons, ni le journal même des foreurs, mais la localité et ses environs nous sont connus (voy. tableau n° 6).
- Eau jaillissante. Toutes les couches paraissent d’épaisseur plus mince qu’à l'ont-de-1’Arche, elles se relèvent au sud-ouest par suite de l’anticlinal du Roumois, où le Cénomanien est porté à 90 mètres d’altitude à Saint-Ridier-des-Bois.
- Nous arrivons au sondage de Vont-de-l' Arche (voy. tableau n° 7, ligures 2 et 5).
- Tube unique d’acier de 180 millimètres de diamètre, débit de 90 mètres cubes à l'heure au niveau du sol, donnant encore 40 mètres à 6‘“,50 altitude de déversement dans le bélier hydraulique. Ce bélier relève 160 mètres cubes par jour dans le réservoir situé sur la haute berge, à 50 m. plus haut, qui alimente la ville de Pont-de-TArche sous pression dans toutes ses parties. Ce travail très intéressant
- a été exécuté par MM. Dumont, Gondin et Cie, de la Société du puits artésien de Yincennes, que nous aurons l’occasion de citer plusieurs fois.
- L’eau de Pont-de-PArche, d'ailleurs très potable, a présenté la particularité intéressante d elre nettement minéralisée comme celle de Sotteville, elle renferme 6 grammes environ de matières minérales par litre, dans lesquelles dominent : chaux 158 milligrammes, magnésie 51, potasse 146, soude 61. Cette composition n’est pas du tout celle de l’eau de mer et elle écarte toute idée d'infiltration des eaux
- marines qui a souvent été invoquée pour expliquer la présence d’eaux salées dans les forages. On sait que la soude domine dans l’eau de mer et que la potasse et la chaux y sont au contraire dans une proportion très faible. Nous sommes donc conduits à constater qu’il s’agit d'une eau minérale profonde remontant dans les sables du Gault par quelque faille plus profonde encore, et venant de quelque dépôt triasique gisant dans un tréfond à 800 ou 1000 mètres au-dessous du sol, plus bas que le Jurassique, dépôt reliant les argiles et sables salifè-res de la Lorraine avec les sables graveleux du Trias de la Normandie. Si fantastique ({ne paraisse une semblable hypothèse, elle est la seule que nous trouvions pour rendre compte de celte composition chimique, sans analogie avec les eaux superficielles, et en face d’un travail soigné qui ne laisse prise à la pensée d'aucune espèce d’infiltration superficielle.
- Sondage de Oressagng-1 Orgueilleux, qui a été exécuté en 1868 (voy. tableau n° 8).
- Tubage télescopique, terminé à 16 centimètres, température 17°, non jaillissant. Repris en galerie souterraine et donnant un débit normal d'environ 190 litres par minute à l’altitude de 21 mètres.
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- Nous avons à citer plusieurs puits à Yernon qui ont été très heureux, en voici le résumé sommaire (voy. tableau n° 9) : Compagnie de l’Ouest.
- Tubage initial, 41 centimètres ; tubage définitif, 21. Une étude très intéressante du débit à plusieurs altitudes a été faite par les ingénieurs de l’Ouest. Ce forage a donné :
- A l'altitude de 15 in. 50, 70 met. cubes à l'heure.
- — ‘25 45 —
- — 50 20 —
- — 56 m. 50. 0 Nappe eu équilibre.
- Afflux important de sables formant dépôt inquiétant sur le bord de la Seine, jusqu’au captage définitif par exhaussement de la colonne de sortie.
- Sondage chez MM. Jacquet frères (v. tableau n° 10).
- Eau jaillissante à 20 mètres de hauteur, débit au sol de 200 mètres cubes à l’heure, diamètre 25 centimètres, entraînement très important de sables qu’il n’a été possible de vaincre qu’en élevant la colonne de sortie jusqu’à un point voisin du niveau hydrostatique de la nappe. Ce forage est plus rapproché de la faille de la Seine que le précédent et anticlinal, toutes les couches y sont à un niveau déjà un peu plus élevé, et surtout bien plus haut qu’à Pressagny.
- Je parle de l’utilité des renseignements géologiques, cette région en fournit un exemple. Il y a quelques mois un industriel est venu me consulter sur les chances d’un forage artésien à Gaillon ; con-
- Fig, 3. — Puits artésien. Bassin d’aération. Bélier à Pont-de-l’Arclie.
- naissant le sondage du Pont-de-l’Arche qui a rencontré l’eau jaillissante vers 200 mètres, celui de Vernon qui a obtenu le même succès à 100 mètres, il avait estimé la profondeur à atteindre à Gaillon à 150 mètres et la dépense à 18 000 francs. J'ai dù lui expliquer qu’à Gaillon la position géologique était différente, doublement synclinale, qu’il fallait compter en plus sur presque toute l’épaisseur du Sénonien qui manquait à Pont-de-l’Arche et à Yernon, que les probabilités conduiraient à 400 mètres de profondeur et à une dépense double de celle estimée.
- Sondage de Rosny-sur-Seine(\oy. tableau n° 11).
- Vers 219 mètres de profondeur, on a trouvé un gravier grossier avec nodules de phosphates et fossiles parmi lesquels : Ammonites interruptus Brug., A. Dehici Brong., A. dentatusSow., Denta-
- lium decussatum Sow., Natica Dupini d’Orbigny.
- Tubage initial 30 centimètres, tubage final 20, tube unique bétonné à la périphérie. Eau jaillissante donnant au sol 280 mètres cubes à l’heure. La traversée de la gaize vraconienne, à Pecten orhicula-ris Sowerby, a présenté de grandes difficultés,les ébou-lements étaient continuels et le tubage restait coincé.
- Sondage de Carrière-sous-Poissg (v.tableau n° 12).
- Eau jaillissante avec abondance et très bonne.
- Diamètre initial 610 millimètres, diamètre final 350. Tube unique, bétonné au pourtour.
- J’ai entretenu la Société géologique de ce beau succès, en appelant l’attention sur le petit fossile trouvé dans la gaize et qui parait caractéristique : Pecten (Palliolum) orbicularis Sowerby (Minerai conchology, pi. 186).
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- TABLEAU N° I Forage du Havre
- !Ruc Louis-Philippe. — Altitude : environ 4 mètres.)
- Profondeur Epaisseur (En mètres.)
- Terrain d’alluvion............ Oit 20 20
- Argile et calcaire marneux gris et Lieu à Ostrea vir-gtila, Serpula helicifor-
- in is, etc................. 20à 77 57
- Marnes oolithiques grises, calcaires gris à Belenmites hastatus var., ('.erithium mitlepunctahini, Hernie i-daris, Millcrrinus, etc. . . 77 à 121 44
- Marnes grises et bleues: Aui-monites Lamberti, A. üun-cnni, A. Sutherlandi, Os-Irea dilatala, 0. gregaria,
- O. nana...................121 à 255 154
- Sables et graviers calcaires,
- Bryozoaires.
- Terebiatula coarctata, T. flahellum................. 255 à 505 108
- Marnes blanches argileuses. . 503 à 592 29
- Argiles rouges et sables variés ........................ 592 tt 596 4
- Grès-quartzite gris, micacé, très dur................... 596 à 597 1
- TABLEAU N° 2
- Forage de Rouen-Sotteville
- (Altitude approchée: 6 mètres.)
- Epaisseur en mètres
- Terre végétale et sables diluviens...... . Où 9,25
- Marne blanche et jaune avec rognons de grès, fossiles :
- Berna, Ostrea hrunlnitana, lignites, galets à la base. . . 9,25 à 27,25
- Marnes bleues et grises avec plaquettes de calcaire bleu et Kiméridgien.j gris, quelques bancs de grès f gris : Ostrea virgula dans
- ' toute l’épaisseur................ 27,25 à 285,86
- Corallien. . . Sables gris aquifères et argile
- sableuse....................... 283,86 à 289,45
- Oxfordien. . Marnes bleues et calcaire grisâtre : Ostrea dilatata, fossiles broyés.................................... 289,45 à 520,57
- TABLEAU N° 3
- Forage à Rouen-Saint-Sever
- Chez MM. Roy frères. —Altitude approchée : 9 mètres.)
- Profondeur Epaisseur (En mètres.)
- Diluvium. . . Graviers anciens de la Seine. 0 à 9.80 9,80 , Craie blanche et craie mar-
- i neusc (Turonien)..............9,80 à 76 66
- l Craie glauconieuse (Cénoma-
- Crétacé. . . .' nien)...........................76 à 109 53
- I Argile noire siliceuse (Vraco-[ nien)......................... 409 à 121 12
- \ Sables et argiles variés (Albien). 421 à 170 49 Jurassique. . Argile et grès (Portlandien ) . 170 à 200 50
- TABLEAU N° 4
- Forage à Dieppedale, près Rouen
- (Chez M. Davey. — Altitude : 7 mètres.)
- Profondeur Epaisseur (En mètres.)
- Remblai et éboulis 0 à 8 8
- Sénonien. . Craie jaune dure 8 à 14 6
- Turonien. . Craie blanche et grise. . . . 14 à 99 85
- Cénomanien . Craie verdâtre . 99 à 140 41
- Albien. . . Sables et argiles grises. . . 140 à 165 25
- Aptien. . . . Sables gris et blancs . . . . 165 à 176 11
- TABLEAU N° 5
- Forage à Lescure, près Rouen
- (Commune d’Ainfroville-la-Mi-Voie. — Altitude : 8 m. 50.)
- Profondeur Expanseur (En mètres.)
- Remblai, éboulis, craie glaucoiéeuse. 0 k 9,50 9,50
- Albien. . , . Argile grise, sables
- verts 9,50 h 7)7) 23,50
- Aptien. . . . Sables blancs et gris,
- argile grise 53 à 61,50 28,50
- Jurassique . . Argile grise kitnérid-
- gienne 61,5 à 107 40,50
- TABLEAU N° 6 Forage à Elbeuf (Altitude : 10 mètres.) Terre végétale, diluvium. Profondeur Épaisseur (En mètres.) Oit 15 13
- Turonien. . . ' Marne crayeuse jaune avec | silex noirs.
- ‘ Craie grise avec silex épars. 17 à 97 85
- Cénomanien. Craie verdâtre avec bancs
- durs 97 à 135 58
- Vraconien . . Argile noire et verte. . . . 135 à 141 6
- Albien. . . . Argile grise, sables gris et
- glauconifères 141 à 149 8
- TABLEAU N° 7
- Forage de Pont-de-l’Arche
- (Au bord de la Seine. — Altitude : 10 mètres.)
- Profondeur Epaisseur (En mètres.)
- Terre végétale, aUurions,
- diluvium, 0 à 7,50 7,50
- Sénonien. . . Craie jaune, ferme. . . . 7,50 à 12.50 5
- Turonien. . . Craie grise, à silex noirs. 12,50 à 109 96,50
- Cénomanien t Craie piquetée de vert et i Craie blanche argileuse. . 109 à 157 48
- Vraconien . . Argile grise siliceuse (g-aize) 157 à 169 12
- Albien. . . . Sables glauconifères, argile grise plastique, sables gris 169 à 189,5 20,50
- Aptien? . . . Sables blancs lins . . . . 189,50 à 195 6,50
- TABLEAU N° 8
- Forage de Pressagny-l’Orgueilleux
- (Altitude : 55 mètres.)
- Ce forage, exécuté dans la maison de campagne de Mmi> Thénard, par M. Dru, en 1868’, est situé sur la haute berge de la rive droite de la Seine, les couches peuvent être classées géologiquement comme suit :
- Profondeur Epaisseur (En mètres.)
- Cénomanien. Craie tuffeau fossilifère. . . 0à59 59
- Vraconien . . Argile bleue éboulante. . . 59 à 48 9
- / Sables gris et verts, argile Albien. . . .] noire plastique : Anuno-
- ( nites mamillahis..........48 à 70 22
- 1 Bull. Soc. géolog. de France, t. VI, p. 700.
- Kiméridgien.i
- Corallien. . .
- Oxfordien Callovien. .
- Bathonien . À
- Bajoeien ?. . Lias ?......
- Silurien . . .
- Portlandien.
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- LA NATURE.
- r>i i
- TABLEAU N° 9 Puits de Vernon
- (Par I.i[ijiinaim et C“, pour la Compagnie tir l'Ounst. près de la Seine. — Altitude : 15 ni. 50.)
- Profondeur Epaisseur (En mètres.)
- Diluvium (avant puits). . 0 à 15 15
- ( Marne crayeuse avec si-Cenomanien. ’ lex.
- . Marne verdâtre sableuse. 15 à 40.50 53.50 Vraconien. . Argile compacte avec pyrites...............................“. 40,50 à 00.50 14.20
- Albien . . . Sables glaueonieux. argile noire, fossiles variés 00,50 5 81,50 21
- TABLEAU N° 10 Puits de Vernon
- Par Dumont, (iondin et C", pour MM. Jacquet frères. Altitude : 22 mètres.'
- Profondeur Epaisseur (En mètres.)
- (îraviers diluviens. . . . 0 5 10 10
- Cénomanien ^ Marne blanchâtre, craie ( glaueonieuse 10 5 55 43
- Vraconien. Argile siliceuse fissurée. 53 5 03 10
- ( Grès glauconifères, ar-
- Albien. . . . | gile noire, sables ligni-I teux. pyrites 63 5 104 41
- Aptien. . . . Sables blancs, fins . . . 104 5105,50 1
- TABLEAU N° Il
- Forage de Rosny-sur-Seine 'Exécuté par M. Jioutain chez M. Lebaudy. — Altitude :
- 10 mètres.)
- Profondeur Epaisseur (En mètres.)
- Terre, végétale et diluvium...................... 0 à 0 9
- Craie dure, calcaire. . . . 9 à 61 05
- Craie grise, marneuse ... 61 à 135 74
- Craie glaueonieuse, variée. 155 5 188 55
- Argile siliceuse, éboulante. 108 5 200 18
- Argile légitime, sables verdâtres. Argile 5 lignites, sables, graviers.......... 200 5 221 15
- TABLEAU N° 12
- Forage de Carrière-sous-Poissy
- (Exécuté par MM. Lippmann et C° pour la commune. Altitude : 35 mètres.)
- Profondeur Epaisseur (En mètres.)
- Eocène inf1'.. Terre végétale et diluvium. Argile plastique, lignites, 0 5 12 12
- Sénonien.. . sables Craie blanche, tendre à silex 12 5 40 28
- Turonien.. . blonds Craie marneuse grise, silex 40 à 550 290
- Cénomanien. noirs disséminés Craie verte irrégulière, sables. silex, marne glauco- 550 5 410 80
- Vraconien. . nieuse Argile éboulante, 5 Pecten 410 5 445 55
- Albien. . . . orhicularis (gaize). . . . Sables glauconifères, argile noire, lignites, pyrites, no- 445 5 405 20
- dules 405 à 501 50
- G. Doli.fus,
- Ancien président de la Société géologique de Franco.
- LE MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS
- Depuis la démolition du Palais do rjnduslrio, les collections du musée des Arts décora lits attendaient, dans dos caisses, que fût terminée, au Louvre, l'installation du Pavillon de Marsan, dont M. Georges Berger, de l’Union centrale des A. R., avait obtenu de l'Etat, pour la société qu’il préside, après de longs cfTorls, la cession, cession temporaire cependant; dans quinze ans ce local sera remis gratuitement à l’État, avec toutes ses collections.
- Le clair et vaste local est aujourd’hui aménagé, le public y peut accéder et surtout les ouvriers d’art, pour lesquels ce musée a été créé. Il existe certes aussi pour l’amateur et les curieux, mais il tend principalement à fournir des documents et des modèles, choisis parmi les plus accomplis, aux artistes industriels désireux de trouver vite, classés et accessibles, le morceau de bois, de fer ou d eloffe dont ils sauront utilement s'inspirer.
- Un tel musée, à Paris, ne fait pas double emploi ; le Louvre ne possède point ces tapis d’Orient, ces boiseries du xvne et du xvme siècle, ces dessins originaux d’orfèvres, de bronziers et de tapissiers que l’on peut voir ici. Et le musée de Clunv, spécialisé comme celui-ci à l’objet d’art, arrête ses collections bien avant les temps modernes; sauf quelques céramiques les quatre siècles derniers n’y sont guère représentés. Quant à la partie d’art moderne, elle est unique à Paris.
- On a comparé au musée des Arts Décoratifs le South Kensington de Londres. Ceci n’est point tout à fait exact. Le South Kensington est plutôt l’équivalent de ce que serait le Louvre (section d’objets d’art et de sculpture) réunis au musée de Cluny.
- La devise de l’Union centrale est : « Le Beau dans l’Utile ». Il s’adresse donc surtout à l’art industriel; c’est à cet égard que La Nature devait lui consacrer une étude.
- Gette étude ne peut être que fort rapide. Nous voudrions en quelques pages, en le mentionnant, attirer l’attention des « artisans » — comme l’on disait autrefois — sur les séries le plus purement industrielles, les plus a utiles ».
- Les tapissiers, corporation aujourd’hui un peu engourdie, trouveront ici de précieux exemples, très capables de ranimer leur zèle. Il faut citer parmi ceux-ci la série qui pare la salle 201, composée de cinq tentures figurant les scènes d’un roman; elles sont du début du xve siècle. Des sujets civils comme ceux-ci sont rares. Elles donnent sur les mœurs et le vêtement de précieuses indications.
- Cette série, ainsi que quelques autres, proviennent du legs Peyre, (pii a très heureusement enrichi le musée, quelques mois avant son ouverture, notamment de bois sculpté. M, Peyre fut, avec M. Ma-cier, donateur infatigable, l’ouvrier le plus effectit du musée. C’est à ce dernier que l’on doit la tapisserie, fin du xve siècle, qui montre Hercule dans l’armure d’un seigneur, debout sur un fond de fleu-
- Sénotiten. . . Turonien.. . Cénomanien. Vraconien. .
- Albien. . . .
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- Fig. 1. — Dessin de Huet pour toiles de Jouv.
- reites. Nous donnons ici la reproduction de cette>-pièce (fig. :>). Parmi ces tapisseries de la Renaissance, le saint Jérôme, la Dame Réthori-que, le Berger paissant son troupeau sont des pièces de premier ordre.
- Une autre série de « ta-ldeaux de laine » n’est pas moins remarquable : celle des tapis orien-laux. Ils sont exposés dans les salles du grand rez-de-
- chau
- ssée; le
- tapis persan à fond jaune (don Macier), avec le mystère de ses lianes, de ses animaux fabuleux et que percent
- Fig. 2. — Grille en fer forgé.
- deux grands cyprès sombres, est une pièce merveilleuse, comme le tapis à fond noir décoré de cavaliers, comme le tapis à rehauts d’argent.
- L’histoire de la tenture aux xvme et xixe siècles est représentée curieusement par l’importante série qu’a léguée M. Traibar de Jouy. Ce sont des dessins originaux de J.-R. Huet et de 11. Vernet,, destinés à servir de modèles à la manufacture des toiles de Jouy. Ces toiles aujourd’hui sont en loques et brûlées par le temps, ces dessins con-
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- LA NATURE.
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- Fig. 5. — Tnjiisserio de la fin du xve siècle.
- Fis. 4. — Boiserie du xvm* siècle
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- TA A
- LA NATURE.
- scrvcront intactes des décorations d’abord pleines de caprice et de goût, et qui, avec la Restauration, devinrent comiques et attendrissantes. Nous donnons l'un de ces dessins (fi". I ).
- 11 faut citer encore quelques panneaux de papier peint, de l’époque du Directoire, précieux documents pour la décoration « bon marché ». Ils représentent des bustes de grands dramaturges, disposés dans des encadrements de médaillons et d’arabesques.
- Les boiseries doivent nous occuper aussi. Le musée possède des pièces gothiques et Renaissance, mais elles égalent rarement les beaux morceaux du Louvre et de Lluny. Au contraire, les boiseries du xvne et du xvih‘‘ siècle composent ici une série qui n'a son équivalent nulle part ailleurs. Nous donnons ici un très beau morceau du xvute siècle (lig. A). Dans ces modèles très originaux, le style de l'époque se mêle fort heureusement à des ressouvenirs du siècle précédent. Signalons aussi les deux beaux balcons de théâtres bleu et or, qui proviennent de Versailles, et, dans la même salle, les trois délicieux panneaux, de l.ancret, représentent parmi des rinceaux charmants, le Turc, la Pèlerine et la Femme au parasol.
- On n’a pas cherché à faire dans ce musée d’art décoratif ce qu'affectionnent tant les musées suisses et allemands : les reconstitutions de pièces, où le passé est si minutieusement ressussité qu’il n’y manque, pour l’illusion, que la figure de cire de Mme Tussaud. Cependant lorsque l’occasion s’est présentée de recouvrir toute une salle d’un ensemble de boiseries intactes, on n’a pas manqué de le faire. Ainsi pour la salle 217, où l’on peut admirer de fort belles boiseries régence, d’une merveilleuse finesse, qui proviennent de l’ancien hôtel de l’état-major de la place de Paris, place Vendôme. Les époques Louis XV et Louis XVI ne sont pas moins bien fournies : quelques portes, autrefois à Versailles, décorées de lévriers et d’arabesques sont de premier ordre. Les meubles que l’on a disposés devant ces boiseries ont été divisés, comme le reste, plutôt à cause de leur intérêt documentaire que de leur riche rareté. Ce ne sont point là des pièces d’apparat, mais des objets coutumiers dont les formes sont à la fois agréables à l’œil et à l’usage. 11 n’en est point où l’ouvrier d’art ne puisse trouver le point de départ d’une inspiration créatrice. « Le beau dans l’utile » triomphe encore dans la salle que M. le Secq des Tournelles a remplie des mille objets qui forment sa célèbre collection d’objets forgés. La grille que nous donnons (fig. 2) est un parfait chef-d’œuvre de fer,aussi délicat, aussi léger que n’importe quelle orfèvrerie.
- La moitié d’un étage est consacrée à l’histoire de l’étoffe, là encore s'offre une mine inépuisable pour le dessinateur d’art, depuis les belles pièces gothiques où l'influence de l’Orient règne encore jusqu’aux velours et soies brochées des derniers siècles, avec quelle variété et quel sagace entrain dans l’invention décorative!
- Les plus beaux modèles des collections sont expo-
- sés là. On en trouvera d’autres encore à la bibliothèque du musée avec les moins précieux des dessins de meubles et d'objets d’art qui forment la partie la plus originale de ce musée et dont chacun montre, mieux (pie ne ferait l’objet lui-même, l’intention de l’artiste, ses hésitations, ses changements. La plupart de ces dessins sont présentés dans des cadres anciens, de la même époque, qui sont eux-mêmes, déjà, un enseignement. Parmi ces modèles, citons la série des gouaches pour assiettes de Sèvres, aussi intéressantes, certes, que l’assiette elle-même, les originaux de Saint-Aubin, pour des gravures de modes, les charmants projets de treilles pour des jardins, quelques engins de Pajon, de boucher, trois esquisses de plafond, non encore authentiques.
- Enfin, il y a encore au musée des Arts Décoratifs la section d’art moderne. Le second empire n’y triomphe pas. 11 est là, plutôt, pour montrer « comment il ne faut pas faire ». Dans les salles contemporaines les verreries de Gallè ne craignent aucune comparaison et semblent installées ici dans une gloire qui paraît déjà quasi-séculaire. Les cartons de vitraux, par Besnard et Eugène Grasset se « tiennent » aussi fort bien, comme les céramiques de Mmo Camille Moreau, de Delaherche, comme les faïences danoises. Le hasard a fait voisiner avec ces salles modernes les salles japonaises, c’est la source et la rivière ; mais ici la source est très réduite et n’a pas encore la richesse qu’elle acquerra sans doute bientôt.
- Il ne faut pas manquer, en sortant de ce vaste et intéressant musée, dont l’habile conservateur saura faire prospérer les jeunes destinées, d’entrer à la Bibliothèque. Là, M. Marier a modestement et sans éclat accompli une grande œuvre. Dans une série d’innombrables in-folio, dont le nombre s’augmente chaque jour, M. Macier a réuni, pour chaque branche de l’art décoratif, toutes les images, photographies, dessins, gravures, qu’il a pu se procurer. Les boîtes des quais, les revues illustrées, les cartes postales et aussi les grands ouvrages de prix ont été disposés sur ces feuillets dans un classement tellement simple qu’on s’étonne qu’elle soit si récente. Chaque objet forme un groupe de cahiers et chacun de ces cahiers est consacré à une époque. Les costumes seuls prennent tout un pan de mur.
- L’existence de cette bibliothèque est connue maintenant de tous les avisés ; les peintres et les modistes, les mondaines pyrogravistes et les patientes ouvrières en dentelles la fréquentent. Le petit local de la place des Vosges est devenu une grande salle claire, pratique, dont l’accès est entièrement libre, où l’on se « sert » soi-même et qui ne peut manquer d’être avant peu trop exiguë à son tour.
- Un critique à qui plaisent les formules, a dit des musées qu'ils étaient les cimetières de l’art. A ce moment le musée des Arts Décoratifs n’était pas encore ouvert; car il est, lui, pour l’Art, une source de vie. Jean-Louis VArnovER.
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- L’EXPLORATION DU « CREUX DU SOUCY » (COTE-D’OR)
- Le goulï're connu sous le nom de « Creux du Soucy » est ouvert sur le flanc d’un petit vallon, à 500 mètres environ au Sud-Est du village de Fran-cheville (Côte-d’Or) au Nord de Dijon et du Yal-Suzon.
- C’est le [dus légendaire des abîmes de la région. On lui attribuait une profondeur énorme. Cuyton de Morveau, qui essaya de la calculer en 1770, à l’aide de la chute d’une pierre, lui donnait 755 pieds
- PLAN
- Siphon
- Fig. 1. — Rivière souterraine du Creux du Soucy.
- (258 mètres). Et plus tard, la Géographie Joanne (1869 et 1886) 270 mètres.
- La Municipalité de Francheville le lit voûter en 1886, à la suite de plusieurs suicides. M. Martel et moi désirions depuis longtemps en faire l’exploration, mais nous avions reculé, l’un et l’autre, devant les dépenses excessives que devaient occasionner l’ouverture et la refermeture du gouffre.
- L’année dernière, une occasion inattendue vint s’offrir à nous, M. L. Jacques, ancien percepteur à Saint-Seine, se rendait acquéreur de la parcelle de terre dans laquelle s’ouvre le Soucy, et, après s’être assuré que j’en ferais l’exploration avec M. Martel, il le faisait dévoûter en août 1904, et entourer d’une forte clôture *.
- Une première reconnaissance du « Creux du Soucy » fut laite le 24 octobre 1904 par M. Martel, moi-même et le guide L. Armand.
- L’ouverture du gouffre, en forme de huit, mesure environ 2 mètres sur 4 et ressemble à un puits plus ou moins circulaire; mais à 10 mètres de profondeur il s’élargit et affecte la forme d’une vaste fente de 2 à 5 mètres de largeur et 5 à 8 mètres de longueur. A 50 mètres un redan ou corniche inclinée rompt la verticalité du gouffre, qui s’infléchit légèrement vers le Sud. A 48 mètres un bloc, fortement coincé entre les deux parois de la diaclase, retient plusieurs mètres cubes d’éboulis. Enfin à 54 mètres on peut prendre pied à l’angle d’une petite salle, sur un talus d’éboulement qui forme le fond du gouffre.
- Le fond « du Soucy » formé par l’élargissement
- 1 M. Jacques prit à sa charge tous les frais de l’exploration du Soucy.
- de deux diaclases parallèles, et, aussi, probablement, par l’effondrement d’une partie de la masse rocheuse qui les séparait, mesure 12 mètres de longueur,
- Combe du Soucy
- Rivière souterraine
- Fig. 2. —r Coupe du gouffre du Creux du Soucy.
- 5 de largeur et 5 de hauteur. Les parois délavées, une branche d'arbre abandonnée sur un redan rocheux, à 5 mètres de hauteur, témoignent qu’au moment des crues, cette salle est complètement envahie par les eaux. Toutes les fissures des parois et de la voûte ont été élargies par leur action corrosive et érosive ainsi que par la pression hydrostatique. Deux
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- de ees fissures formant galeries nous permettent de reconnaître en amont et en aval l'existence d'une rivière souterraine de 4 mètres de largeur s’infiltrant à travers le talus d’éboulement qui mesure 5 mètres de hauteur, ce qui porte à 57 mètres la profondeur totale du « Creux de Soucy ».
- Faute d’embarcations nous ne pûmes reconnaître la rivière, et l’exploration en fut remise à l’année suivante.
- Les 6, 7 et 8 juillet 1905, nous nous retrouvions tousàFrancheville;un de mes amis, M. Mercier, est venu se joindre à nous. M. Martel a apporté deux de ses canots démontables en toile, qui non sans difficultés sont mis à flot sur la rivière souterraine.
- En amont, nous pouvons la s livre sur ur e longueur de 59 mètres. Les dimensions de la galerie sont de 5 à 12 mètres de largeur, et de 2 à 10 mètres de hauteur, la profondeur de l’eau de 1"*,50 à 4m,40.
- La galerie d’amont se termine par une vaste salle de 12 mètres en tous sens, contiguë à la galerie principale. Aux daux extrémités de cette salle, la voûte mouille de 10 à 20 centimètres, et comme, à cette époque, les eaux sont aussi basses que possible, il faut perdre tout espoir de pouvoir franchir ces siphons, qui, sans doute, conduisent à d’autres galeries.
- En aval, l’ouverture est trop étroite pour le passage des barques, elles ne sont d’ailleurs pas indispensables. Cette partie de la rivière n’est pas formée comme en amont par une galerie unique, mais par une suite de salles et de galeries étroites et hautes (diaclases élargies) en forme de labyrinthe. Sur une longueur de 55 mètres, le lit de la rivière est encombré sur une hauteur de 1 à 2 mètres par des blocs et matériaux provenant du talus d’éboulement. Lors
- des crues, les eaux s’accumulent dans la galerie d'amont, envahissent la salle du fond « du Soucy », exercent sur le talus une pression considérable, et entraînent, par l’étroit orifice d’aval, les matériaux et les déposent dans leur ordre de densité, gros blocs, pierres, graviers, sable.
- Dans la salle des œufs, le sol est jonché de cailloux roulés, sphériques et ovoïdes, parfaitement polis, qui témoignent de l’intensité de l'effort hydraulique. Par un singulier contraste, à quelques mètres de là, dans une petite galerie latérale, l’un de nous retrouvait intact et à moitié engagé dans l’argile, un maxillaire humain, sans doute de l’un des suicidés de 1885.
- A 55 mètres de distance, la rivière, qui coule sou-terrainement en s’infdtrant à travers les matériaux entraînés, réapparaît, mais presque aussitôt, à 4 mètres plus loin, un siphon ferme toute issue.
- La température de l’air dans la salle du fond « du Soucy » est de 9%5 C., celle de l’eau 11°C. La rivière se dirige du Sud-Ouest au Nord-Est.
- En somme, l’ensemble des galeries de la rivière souterraine « du Soucy » est formé par l’élargissement sous l’action corrosive et érosive de l’eau, des diaclases et joints de stratification des calcaires compacts à silex de la base du bathonien moyen. En amont et dans une partie des galeries d’aval, les diaclases principales sont parallèles entre elles et perpendiculaires à la direction de la rivière. L’une de ces diaclases, élargie jusqu’à la surface du sol, a formé l’abîme lui-même et permis l’absorption de la rivière aérienne, coulant dans le vallon du Soucy, au profit de la rivière souterraine.
- Les autres diaclases plus ou moins élargies sont réunies par leurs bases, et à l’époque des grandes eaux, elles forment autant de citernes distinctes
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- Fig. 4. — Préparatifs de descente.
- amorcées en vases communicants. Toutefois, dans les galeries d’aval, les dia-elases principales sont dans l’axe même de la rivière qui en occupe la partie in férieure.Les photographies ci-jointes, dues à M. Martel, et le» jdans et coupes dressés par moi-même et M. Mercier, nous dispensent de plus longs détails.
- L'existence d’une rivière souterraine au fond « du Soucy » intéresse aussi l’hygiène publique. Avant sa fermeture en 1880, le Soucy était le réceptacle de toutes les bêtes mortes de la région ; plusieurs individus s’y suicidèrent. Nous avons retrouvé dans le talus d’éboulement, formant le fond du gouffre, une quantité d’ossements d’animaux : bœuf, cheval, chien, brebis, etc. Les cadavres en décomposition étaient périodiquement délavés lors des crues par les eaux du courant souterrain, et les eaux ainsi contaminées allaient jaillir à Tune des sources environnantes ; on ne pourra identifier cette source (pie par une expérience à la iluorescéine exécutée à une époque de hautes eaux.
- M. Ronjean, chef du laboratoire du
- Fig. S. — Fond du gouffre.
- comité consultatif d’hygiène publique de France, a bien voulu analyser les échantillons d’eau (amont et aval du talus) que lui a remis M. Martel. La conclusion n’est pas formellement donnée, parce que les échantillons n’ont pu être prélevés ni expédiés dans les conditions voulues (notamment faute de glace pour y mettre les bouteilles dès le fond de l’abîme) : les résultats trouvés n’ont donc qu’une valeur très relative ; ils montrent cependant que l'eau paraît contaminée', la numération bactériologique a donné 17 475 germes par cm5 pour l’eau d’amont, 21 500 pour l’eau d’aval; dans deux ou trois cours d’eau souterrains, au contraire M. Malien avait trouvé l’eau d’aval moins riche en bactéries ; le talus du fond du Soucy n’aurait donc au-cuif pouvoir épurateur; la quantité d’ossements pow ms qu'il renferme explique même la plus grande teneur bactériologique de l’eau d’aval. Quant à la contamination de l’ensemble, elle serait tout naturellement causée par les infiltrations de la mare putride deFranche-ville, à 500 mè-
- Fig. 0. — La rivière souterraine.
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- très de distance et 80 mètres plus haut seulement. Au point de vue scientifique le « Creux du Souey » présente en somme le plus haut intérêt1.
- ___^_____ Cl.ÉMliKT DlUOTON.
- LE LONGUES INTERNATIONAL
- DE LA TUBERCULOSE
- PARIS, OCTOBRE 1905
- Le Congrès international de la tuberculose qui vient de se tenir à Paris, du 2 au 7 octobre 1903, n’est pas le premier qui soit consacré à la terrible maladie. Le premier s’ouvrit en 1867 sous la présidence de lîouillaud ; depuis d’autres ont eu lieu, successivement, à Berlin, à Londres, à Naples, et l’année dernière à Copenhague, sous la présidence du professeur Brouardel. Lutin les médecins des États-Unis, représentés par une importante délégation, ont demandé au congrès, au nom du président Roosevelt, de tenir ses prochaines assises dans une ville américaine.
- Le congrès s’est ouvert, avec la solennité qui convenait, le lundi 2 octobre, à deux heures, sous la présidence de M. le Président de la République, au Grand Palais des Champs-Elysées. Dans la vaste salle magnifiquement décorée, deux mille cinq cents congressistes avaient pris place. M. Ilérard, président du Congrès, a ouvert la séance inaugurale en retraçant, dans un discours, les luttes antérieures contre la tuberculose. 11 a notamment insisté sur l’erreur que l’on avait commise, au début, en croyant, lorsque le bacille fut découvert, que le meilleur moyen de combattre la tuberculose était de s’attaquer directement à lui. Outre que la destruction du bacille n’est pas toujours sans danger pour les tissus qu’il infeste, son abondance, dans nous et autour de nous, est si universelle que l’on ne saurait espérer en avoir raison. Ce n’est pas au bacille qu’il convient de s’attaquer, mais aux causes qui font de tel ou tel organisme un terrain propice à sa multiplication; il faut donc déterminer ces causes, et, partant de là, chercher les procédés susceptibles de modifier ce terrain, pour lui donner ou lui rendre la faculté de résistance jjui lui manque. Toutes les causes de cette faiblesse, favorable à la tuberculose, peuvent se ramener: 1° au surmenage; 2° aux mauvaises conditions d’habitation; o° à l’alcoolisme. C’est donc à l’hygiène sociale et individuelle, non moins qu’à la thérapeutique et à la chirurgie qu’il appartient de venir à bout du fléau.
- Les membres du congrès étaient répartis en quatre sections : scientifique, sociale, historique et industrielle. Signalons, parmi les principales questions étudiées, les sujets suivants : méthodes de sérothérapie tuberculeuse ; étude comparative des diverses tuberculoses et notamment des tuberculoses humaines et bovines ; rôle de la chirurgie dans le traitement des tuberculeux ; préservation et assistance de l’enfant; contamination dans la famille, dans la rue, à l’école, etc. ; désinfection des locaux habités par les tuberculeux ; hygiène individuelle du tuberculeux; mariage des tuberculeux ; rôle des assurances et des mutualités dans la lutte contre la tuberculose, etc.
- C’est au cours de la séance solennelle de clôture, le samedi, que M. le professeur von Behring, désirant mettre au point les allégations plus ou moins fantaisistes des journaux quotidiens, a fait la communication sensationnelle sur laquelle nous reviendrons en temps opportun. L’illustre inventeur du sérum antidiphtérique a
- 1 Yoy. È.-A. Martel, U. .Te. Sc., 31 octobre 1904 et 1 17 juillet 1905. I
- expliqué d’abord quelle est, selon lui, le mode d’action du principe curateur qui joue le rôle essentiel dans l’action immunisatrice du borovaccin, découvert par lui et employé contre la tuberculose des bovidés. D’après ses théories, l’immunité acquise par l’emploi de ce remède ne serait pas une immunité humorale, antitoxique, mais une véritable immunité cellulaire', ce serait par une modification intime des conditions de vie de l’élément anatomique que serait obtenue pour cet élément (et pour l’ètre, composé de ces éléments) la possibilité de réagir victorieusement contre la tuberculose.
- Quant à cette modification, elle résulterait de l’introduction dans ta cellule par le moyen du bovovaccin d’une certaine substance qui s’v métamorphoserait en exerçant à l’intérieur de son hôte une véritable action symbiotique. Si la théorie est exacte, il suffirait donc pour obtenir l’immunité d’imprégner de cette substance certaines cellules vivantes de l’organisme. Or cette substance, que le professeur von Behring désigne par le symbole TC, et par TX après qu’elle a subi l’action cellulaire, préexiste dans le bacille tuberculeux comme un agent doué de qualités extraordinaires, ayant une fonction formative, et il est possible de l’extraire du virus môme de la tuberculose, en éliminant successivement trois groupes de substances bacillaires, l’une soluble dans l’alcool et toxique (TV), la seconde soluble dans un sel neutre et toxique (TGL); les troisièmes non toxiques, solubles dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, etc., puis en modifiant ce résidu (ou reslbacilhis), au moyen de préparations convenables. Grâce à ce mode de préparation de la TC en laboratoire, in vitro, l’immunisation active, c’est-à-dire, à la suite d’une vaccination, l’élaboration par l’organisme de la substance immunisante, se trouve remplacée par une immunisation passive, qui présente à cet organisme la substance tout élaborée et prête à être transformée par l’élément cellulaire. Elle deviendrait donc un remède applicable sans danger à la thérapeutique humaine.
- Mais malgré leur haute probabilité, appuyées d’une autorité de premier ordre, ces théories ne sont encore que des théories. Le professeur von Behring est le premier à demander que l’action thérapeutique de son remède soit contrôlée avec soin, et jugée à son exacte valeur. Ainsi, l’heure où la tuberculose sera guérissable est peut-être proche, mais elle n’est pas encore sonnée.
- Enfin, les journées du jeudi 5 et du dimanche 8 ont été consacrées à la visite et à l’inauguration de divers établissements sanitaires ou hospitaliers ; sanatorium de Montignv-en-Ostrevent, près de Douai; sanatorium de Bligny (Seine-et-Oise) ; hôpitaux d’Ormessou et de Villiers; hôpitaux marins de Berck-sur-Mer ; sanatorium du Mont-des-Oiseaux ; sanatorium des Pins, à Lamotto-Bcuvron. La plus importante de ces visites a été celle du sanatorium de Montigny-cn-Ostrevent, inauguré par le Président de la République le 5 octobre. Ce sanatorium familial fondé par les docteurs Barrois et Combemalle, de Lille, est à la fois un établissement de prophylaxie, d’assistance et de cure. Installé dans un parc de 21 hectares, il comprend, deux pavillons, de 26 lits, 24 villas de cure, chacune destinée à une famille, et une galerie de cure, située dans le parc, en recul des villas et des pavillons.
- Enfin, par l’ouverture d’un musée de la tuberculose, le grand public est mis à même de juger, de visu, de l’étendue du danger et des moyens de défense que l’on possède ou que l’on organise contre l’une des plus grandes plaies sociales. ^ Jkan Lafittk.
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- LA N AT U l\L.
- oli)
- CHRONIQUE
- Sur un nouveau mierohe cliromoncnique. —
- Certains microbes possèdent la propriété de former des pigments variés avec le milieu dans lequel ils vivent; mais on sait peu de chose sur la composition chimique de ces pigments. Cependant on connaît le pigment vert pyocyanique de Gessard (i1411 '* Az 0a, le pigment rouge du micrococcus prodkjiosus de Griffith C38ll36AzO5; Kunz a étudié le pigment du Bacitlus pyocyaneus ; Alvarez, le mierohe de la fermentation indigotique ; Griffith, le pigment vert du Bactcrium allii. Ce dernier auteur a découvert un nouveau mierohe, le micrococcus glutinis, croissant sur la colle qu’il détruit et donnant naissance à un pigment rouge orangé, soluble dans l’éther, moins dans l’alcool, dont le spectre présente une hande d’ahsorption dans le bleu, dont la composition répond à la formule C141113AzO7 et paraissant émettre, d’après la diminution de résistance du sélénium sous l’action de ses radiations, des rayons radifères ou de Rontgen.
- .Sur l'huile grasse conlenue dans les fraises.
- — Les fraises séchées, épuisées par l’éther de pétrole, lui abandonnent une matière huileuse brune, ressemblant beaucoup à l’huile de lin et contenue dans la proportion de 1,14 pour 100 du poids des fraises fraîches. Les principaux acides fixes contenus dans l’huile de fraises sont : l’acide linoléique et l’acide linolénique qui en forment la plus grande partie, l’acide oléique et probablement quelques autres acides gras en petite quantité.
- Croiseur allemand à turbines. — Comme les navires de guerre à turbines ne sont pas encore nombreux, nous tenons d’autant plus à signaler le nouveau croiseur allemand Lubeck. 11 s’agit d’un bateau d’une puissance de 10000 chevaux et d’une allure de 22 nœuds.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 0 octobre 1905. — Présidence de M. Troost.
- Décès. — M. le Président annonce la mort à Berlin de M. de Richtofen, correspondant de la section de minéralogie depuis 1894. M. de Richtofen était âgé de 72 ans; il était aussi connu comme géographe que comme géologue et occupait une place considérable dans la science. M. le Président exprime les regrets de l’Académie et rappelle les principaux travaux du défunt.
- Le tremblement de. terre de la Calabre. — M. Lacroix adresse une Note relative au récent tremblement de terre de la Calabre. Il conclut que ce séisme est d’ordre tectonique et qu’il est sans rapport avec le régime des volcans de l’Italie méridionale. Il a suivi de huit jours un paroxysme du Stromboli.
- Sérothérapie de l'hémalophilie. — M. Lannelongue envoie une Note de M. Emile Weil sur le traitement de J’hématophilie. Le sang des hématophiles est en tout semblable au sang de l’homme en santé, aussi bien dans les périodes d’hémorragies que dans les périodes intermédiaires, néanmoins il se coagule différemment. Pans un verre, les hématies se séparent du plasma qui, au bout de quelques heures, se coagule en un caillot blanc dont la rétraction aboutit à la sudation du sérum. Ce vice de coagulation est dù à l’absence de ferment coagulant. En effet l’adjonction de quelques gouttes de sérum humain suf-
- fit pour rendre normale la coagulation du sang d’héma-tophile. L’action du sérum des animaux est plus faible. L’injection intra-veineuse de sérum humain ou bovin rend normale la coagulation du sang d’héinalophile au bout de 48 heures et pendant 15 jours. Il faut alors recommencer l’inoculation qui produit, à chaque fois, un effet de plus longue durée.
- Travail mécanique des bœufs. — M. Miintz présente un travail de M. Ringelmann sur la puissance de traction des bœufs. L’auteur rappelle que ses recherches antérieures l’ont conduit à une méthode qui permet de mesurer rapidement la puissance mécanique qu’un moteur est capable de fournir, d’après l’effort maximum qu’il peut développer sans déplacement. 11 peut également calculer la vitesse maximum que le moteur est susceptible de prendre sur un chemin horizontal en roulant librement et sans charge. Avec le personnel et le matériel de la station d’essai des machines, il a entrepris le 50 septembre dernier à Limoges, lors du concours spécial de bœufs de travail de race limousine, organisé par la Société d’agriculture de la Haute-Vienne, des expériences sur 29 paires de bœufs. La plus forte paire de bœufs pouvait développer en action normale un travail de plus de 2,5 chevaux-vapeur. Les bœufs limousins sont donc d’excellents animaux de travail.
- L'existence du contre-alizé au sud des Açores. — M. Mascart résume une Note de MM. Lawrence Ratch et Léon Teisserenc de Rort sur le contre-alizé dans la région de l’Atlantique située au sud des îles des Açores. L’étude de la zone des contre-alizés par des sondages aériens a été proposée pour la première fois par M. Ratch en 1901, à la suite d’expériences faites à proximité de Boston pendant une traversée de l’Atlantique ; elle fut ensuite l’objet de quelques recherches de la part de M. Famy aux îles Bahama en 1902, puis des travaux de M. Ilergesell grâce au concours de 8. A. le prince de Monaco. M. Ilergesell a annoncé le 50 janvier 1905, à l’Académie des sciences, que le contre-alizé admis jusqu’ici ne se retrouve pas dans la région de l’Atlantique voisine de Madère, et que le retour du vent se fait par une zone de vent de nord-ouest, qu’il désigne sous le nom de couche des contre-alizés. Les preuves données n’ayant pas paru suffisantes à MM. Ratch et Teisserenc de Bort, ils ont décidé de faire procéder à des expériences nouvelles de lancers de ballons-sondes, par MM. Claytonet Maurice, météorologistes des Observatoires de Blue-llill et de Trappes. Ils donnent les raisons pour lesquelles l’emploi du cerf-volant ne convenait pas. Les ballons-sondes ont été visés des Açores, de Madère et des îles du Cap Vert; leur hauteur a été déterminée par une triangulation. Leur trajectoire est bien déterminée; l’un d’eux a pu être suivi sur mer. Les conclusions des auteurs sont les suivantes : 1° Les vents qui vont vers l’équateur sont de N.-E. à E. dans les régions liasses et généralement de N.-Ü. à NT.-E. dans les régions hautes au-dessus de 1000 mètres; 2° au nord de Madère et vers les Açores, les vents supérieurs, comme on le sait déjà par les observations, sont d’ü. et de N.A)., cette région étant ordinairement au nord du maximum barométrique océanien et en dehors de la zone des alizés ; 5° les courants de retour de l’équateur ou contre-alizés sa traduisent par des vents à composante sud, généralement S.-U. à la latitude des Canaries, S.-E. vers le Cap Vert, accusant ainsi 1’elïet de la rotation terrestre. Le contre-alizé, tel qu’il était admis par les météorologistes, existe donc. Ch. df. Viu.EDEni..
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- LA NATURE.
- UN NOUVEL AUTOCLAVE
- Il n’est rien île plus désagréable ni de plus antihygiénique que de garder, même dans une cuisine, toutes les ordures de chaque jour et les liquides de toutes sortes qui linissent par s’accumuler et encombrer inutilement.
- On a construit, il y a peu de temps, un autoclave particulier qui pouvait se placer dans un immeuble et recevoir, à chaque étage, les divers déchets et ordures pour les déverser tous dans une boîte située dans la cave.
- La ligure ci-jointe donne, dans le coin à droite, en bas,le détail de l’appareil en lui-même, et au-dessus le détail de l’installation de l’appareil dans un certain nombre d’appartements.
- L’appareil consiste en une sorte de boite, à double fermeture hermétique, émaillée à l’intérieur et d'un volume suffisant pour recevoir les ordures que l’on veut jeter.
- L’appareil s’emboîte dans un tuyau formant embranchement à chaque étage avec la suite de tuyaux qui composent la colonne de toute la hauteur du bâtiment à desservir. Celte colonne est terminée à la partie inférieure par une simple soupape, qui s’ouvre sous une très faible poussée ; elle aboutit à un récipient général destiné à recevoir toutes les ordures de la maison; à la partie supérieure de la colonne se trouve un chapiteau qui forme aspiration. La boîte générale est perforée dans le fond afin de permettre l’écoulement des liquides qui peuvent êtrejetés dans les appareils des cuisines. On a pris des dispositions de façon à faire l’écoulement de ce liquide dans un siphon en communication avec la canalisation générale de l’immeuble.
- Cette disposition parait en somme très simple et de nature à rendre des services. On pourra éviter aisément les refoulements qui pourraient se produire par suite de chasse-de-vent, à l'aide d’un dispositif très simple au bas de la colonne. On évitera égale-
- ment toute obstruction accidentelle dans toute la longueur de la colonne en adoptant un bon système de nettoyage.
- Les avantages d’un dispositif de ce genre sont nombreux. Il sera possible d’évacuer les ordures, à n’importe quelle heure, soit le jour, soit la nuit, au moment même où elles seront produites. Il suffira d’ouvrir une petite porte que l’on refermera ou qu’on laissera ouverte sans inconvénients; il est absolument certain qu’aucune odeur ne filtrera et ne pourra pénétrer dans les cuisines, appartements et couloirs. Au moment où la porte sera fermée, toutes les ordures seront aussitôt rejetées.
- Il en résultera que l’on n'aura plus besoin de conserver dans les cuisines, comme actuellement, toutes les boites d’ordures, jusqu’à une heure déterminée, où l’on peut seulement les descendre et les jeter. On connaît depuis longtemps tous les inconvénients qui résultent de cette situation surtout par les grandes chaleurs, et par les temps d’orage.
- Il n’est pas besoin non plus de faire ressortir que l’on pourra, avec un autoclave, exiger une plus grande propreté dans les escaliers, aux divers étages et que l’on ne sera pas exposé à rencontrer à chaque instant des détritus de tous genres qui s’échappent des boites et se répandent de tous côtés. Enfin, nous ajouterons encore que de nouvelles dispositions pourront être prises pour enlever toutes les ordures à la cave, lorsqu’elles seront ainsi réunies, pour ainsi dire, automatiquement, en un même récipient. Celui-ci sera vidé et nettoyé régulièrement tous les jours, afin de ne laisser amonceler nulle part les immondices que l’on est cependant obligé de toujours rencontrer dans la vie journalière. J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Autoclave pour l'évacuation des ordures.
- Paris. — Imprimerie Laucre, rue de Fleurus , 9.
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- n° loin.
- 2 1 OCTOBRE 11) 05.
- LA NATül! K.
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- LES NIDS ARTIFICIELS POUR
- Avant que le sol ne fût partout mis en culture d'une façon intensive, les oiseaux trouvaient dans les haies, les broussailles, les cavités des vieux arbres à demi pourris, de nombreuses retraites où ils pouvaient établir leur couvée. Aujourd’hui les broussailles tendent partout à disparaître parce qu’elles gênent la culture, et les vieux troncs sont arrachés pour l’aire place à de jeunes arbres. 11 y a là une cause puissante de destruction des oiseaux insectivores, ces auxiliaires si précieux de l’agriculture, qui, précisément, nichent de préférence dans les arbres creux. Comme il est impossible de demander au cul-
- LES OISEAUX INSECTIVORES
- tivateur de conserver les baies et les souches qui le gênent, il y a lieu d’offrir aux oiseaux insectivores des abris artificiels où ils [missent élever en paix leur couvée.
- Depuis une dizaine d'années un mouvement puissant a pris naissance en Allemagne : ce sont tantôt l’administration forestière, tantôt des sociétés ou des particuliers qui s’occupent d’acheter et de mettre en place des nids artificiels. Ceux-ci sont fabriqués couramment et coûtent, suivant l’espèce d’oiseaux à laquelle ils sont destinés, de 0f,,5ü à 1 franc. Mais on peut assez facilement les faire construire
- Nids artificiels pour les oiseaux insectivores.
- par un menuisier ou un sabotier, ou même entreprendre soi-même ce travail, en se basant sur les indications de Berlepsch1.
- Les meilleures boîtes à nicher sont celles que fournit la nature, c’est-à-dire les fragments de troncs d’arbre creusés naturellement ou artificiellement. Ce bois sera coupé en hiver de façon que l’écorce reste adhérente. On y vissera un fond et un couvercle, qui ne doivent pas être rabotés : le mieux est de les frotter avec un peu de terre mouillée, de façon qu’ils n’effraient pas les oiseaux par leur couleur. Dans le même but on se gardera d’appliquer une couche de peinture ou de vernis : tout l’appareil doit avoir un air aussi naturel, aussi rustique que possible. On
- 1 Rcrlepscli. Manuel de protection des Oiscau.r, scs motifs et les moyens de la réaliser.
- 33e année. — 2e semestre.
- peut à la rigueur faire des boites en planchettes; celles-ci doivent avoir l’épaisseur du pouce et ne pas être rabotées; elles peuvent être en tilleul, en peuplier, en saule ou en bois résineux. Le trou de vol sera percé au vilebrequin ou à la scie ; ses dimensions dépendront de l'espèce d’oiseaux qu’on cherche plus particulièrement à attirer. Lorsque les boites auront une fois servi on se gardera de les nettoyer : les débris de nid attirent les oiseaux et ils se contentent de rejeter ce qui n’est plus utilisable.
- Le mode de fixation a la plus grande importance. Le meilleur moment pour procéder à cette opération est la fin de l’automne, de façon que les insectivores qui restent dans nos pays puissent s’abriter dans les boites pendant l’hiver. On peut également placer des boîtes au début du printemps, au plus tard en mars. On
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- prendra toujours soin que la boite soit légèrement inclinée en avant : dans le cas contraire, l'humidité y pénètre et les oiseaux refusent de s'en servir. II est bon (pie le trou de vol regarde le coté opposé à celui d'où vient d’ordinaire la pluie. Les boites seront toujours lixées solidement au moyen de clous et de tils de 1er. Chacune renfermera une couche de I à 7) centimètres de sciure de bois destinée à remplacer l'humus et les détritus qui se trouvent toujours dans les cavités naturelles.
- L’endroit oii on doit fixer les boites varie suivant l’espèce d’oiseaux qu’on a en vue. Pour les mésanges, (Paridæ), la sitelle (Sittn europæa), le grimpereau (Certhia familiaris), le gobe-mouche (Musciccipa utricapilla), le rouge-gorge (Lusciola rubecula), le rossignol des murailles (Erithacus phœnicunis), le torcol (Sync torquilla), le dendrocope (Dendro-copus minor), on placera les boites dans les vergers et les forets. Lorsqu’il s'agira de bois de liante futaie, on choisira le voisinage des chemins, le bord des clairières où se trouvent des taillis à branches basses. Les boites seront fixées à une hauteur de 2 à 4 mètres, en s’arrangeant pour les cacher partiellement par quelques rameaux. Dans les vergers on peut les attacher aux tuteurs des arbres fruitiers, dans la partie qui pénètre dans la couronne. On ne mettra qu’une boite par arbre et on les espacera de 20 à 50 pas, de façon que chaque couple soit assuré de trouver sa provende. Dans tous les cas les hoites doivent être très solidement fixées. Le diamètre du trou de vol sera de 5 centimètres. S’il était plus grand les moineaux pourraient s'emparer de la boite; plus petit les mésanges ne pourraient y pénétrer.
- Pour les étourneaux les boites auront 11 à 12 centimètres de largeur et 25 à 50 centimètres de hauteur Le trou de vol aura 5 à C centimètres de diamètre, on ne mettra pas de bâton au-dessous, car il servirait aux pies, geais, corneilles, etc., à se poser pendant qu’ils massacreraient la couvée. Les boites pourront être fixées sur des arbres ou sur des murs de maisons au moins à 8 mètres de hauteur. Dans ce dernier cas on fixera quelques rameaux dans le voisinage.
- Les diverses espèces de grimpereaux (Demlrocopus) et de pics (Picus) méritent d’être protégées avec le plus grand soin : les premiers débarrassent les arbres des parasites nichés dans les fentes de l’écorce, les seconds vont chercher les larves qui rongent le bois. Ce sont donc les meilleurs auxiliaires de F arboriculteur et du forestier. Les hoites qui leur seront destinées doivent être lixées à une hauteur de 5 à 15 mètres. La huppe (Upupa epops) a à peu près le même habitat que les pics. Pour tous ces oiseaux il serait bon de conserver dans les forêts quelques vieux troncs d’arbre où ils puissent établir leur couvée.
- Le martinet (Micropus) ne manque généralement pas d’endroits pour nicher. 11 accepte cependant volontiers les boites qu’on fixe à l’abri d’un toit
- I élevé. Un y mettra des débris de feuilles, de plumes et de mousse. Les boites pourront être horizontales avec le trou percé dans le couvercle. On sait combien les martinets méritent notre protection en détruisant les insectes à vol élevé, notamment les Pissodes si nuisibles aux forêts. Les gobe-mouches (Muscicopa) ne sont guère moins utiles. Ils ne craignent pas non plus le voisinage de l’homme. Les boites qu’on leur destine seront fixées beaucoup moins haut que pour les martinets, à 2 ou 5 mètres de hauteur seulement, sur une paroi ou un arbre. Les bergeronnettes acceptent également les boites placées à 4 ou 8 mèt. de hauteur sous les [lignons.
- Un peut encore se proposer de favoriser la propagation d’oiseaux non insectivores, mais destructeurs de rongeurs comme les chouettes, ou les crécerelles, ou bien celle d’oiseaux utiles connue gibier, les colombes par exemple. Dans tous ces cas, l’expérience et la connaissance des mœurs des oiseaux indiquent quel genre de boites il convient de leur offrir.
- On pourrait croire que les oiseaux ne s’habituent (jue difficilement à nicher dans des conditions si spéciales. Mais il n’en est rien, et lorsqu'une mésange, poussée par la nécessité, s’est décidée à établir son nid dans une de ces caisses, les jeunes, guidées par le souvenir des lieux où s’est écoulée leur enfance, viendront à leur four y nicher. En Thuringe les étourneaux nichent maintenant presque exclusivement dans les caisses préparées à leur intention. En Alsace on commence à placer des boîtes dans les jardins et les vergers et on se propose d’interdire la destruction complète des haies, qui servent d’abri à beaucoup d’oiseaux chanteurs.
- Il était intéressant de faire connaître ce qui peut être fait pour la protection des oiseaux insectivores. Cette méthode permet de repeupler nos campagnes en oiseaux agréables par leurs chants et utiles par leur lutte contre les parasites des plantes cultivées. La mise en jdace des boîtes à nicher et la surveillance des couvées constituent un sport charmant. Un conseil pour terminer : se méfier des chats, des furets, des rongeurs tels <|ue le loir, et plus encore des chasseurs et des gamins. Arrangez-vous pour qu’on ne vous voie pas placer vos boîtes et qu’on ne sache pas où elles se trouvent. Dr L. Lmi.oy.
- L’ÉLEVAGE ARTIFICIEL DU GIBIER
- Les renseignements parvenus celte année des principaux quartiers de chasse attestent à nouveau la diminution progressive du gibier en France. Les causes de dépeuplement des chasses sont en effet diverses et nombreuses : intempéries, bouleversement des saisons — modification du régime des cultures par suite de l’extension des prairies artificielles dont la fauchaison printanière compromet l’avenir des couvées. — Division extrême de la propriété, braconnage insuffisamment réprimé, trafic des œufs et du gibier vivant, divagation des chiens errants qui causent plus de dommage qu’on ne pense, augmenta-
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- LA NAT U UE.
- tion de la portée des armes de chasse, usage irraisonné des battues, augmentation des facilités de communication, automobilisme, dommages causés par les lils télégraphiques, qui, d’après certains statisticiens, tuent une pièce et demie par kilomètre et par an ; — les manœuvres militaires, l’empoisonnement parles substances toxiques destinées aux campagnoles, aux mulots, etc.
- Ouelles méthodes peuvent être préconisées pour lutter contre la disparition du gibier? Les mesures les plus efficaces se rangent dans les catégories suivantes : 1° Repeuplement; 2° Elevage proprement dit.
- Le repeuplement comprend deux modes principaux : 1° Repeuplement par la protection et le ménagement des espèces existantes; 2° Repeuplement par la protection et le ménagement de couples reproducteurs introduits intentionnellement mais laissés en toute liberté.
- On peut dire actuellement que l’élevage du gibier a rencontré en France plus de zélés partisans, et que celte spéculation avicole et cynégétique a progressé, depuis quinze ans, dans notre pays plus qu’en aucune autre région de l’Europe.
- Les fervents de sport cynégétique liront avec plaisir les chapitres que consacre à cet élevage M. A. de Lesse, dans son livre curieux : Chasse, élevage, piégeage, paru tout récemment1. Les deux principales espèces qui donnent lieu à un élevage suivi sont le faisan et le perdreau, et pour le faisan on peut distinguer deux méthodes : le système français et le système anglais.
- La caractéristique de l’élevage français est de protéger les oiseaux contre les intempéries le plus longtemps possible, eu utilisant les parquets jusqu’à un âge assez avancé; les Anglais tentent de se rapprocher, au contraire, de l’état de nature et emploient les cantonnements mobiles qui permettent le déplacement facile des colonies et la suppression de l’agglomération, parfois funeste dans les cas d’épidémie.
- Il faut reconnaître qu’on place cette dernière méthode nettement en supériorité vis-à-vis du système français, aussi donnerons-nous quelques détails sur ces procédés utilisés outre-Manche.
- Les parquets à reproducteurs sont la plupart du temps des parquets mobiles, et les Anglais en recommandent le déplacement deux ou trois fois par semaine au moins; on renouvelle ainsi le terrain. La couverie est en plein air et disposée sur un terrain sec, légèrement en pente et ombragé; plusieurs compartiments servent de logements aux poules couveuses, une couche suffisante de sable sert de nid; à chaque loge est adapté un petit enclos en grillage. Dès que les petits faisandeaux sont secs, on les place avec la poule dans la boite d’élevage transportée immédiatement sur une prairie herbue ou bien à la rigueur dans une friche, un taillis, mais c’est la prairie qui caractérise l’élevage anglais. Ceci offre un avantage sensible, c’est de supprimer la distribution si coûteuse d’œufs de fourmis, les faisandeaux trouvant sur la prairie assez d’insectes pour satisfaire leur goût et leur appétit; l’élevage n’est jamais pratiqué plus de deux ans sur la même prairie. Les faisandeaux sont mis au bois à cinq semaines, par un temps sec et de très bon matin. Les oiseaux sont ensuite gardés avec soin de jour et de nuit, jusqu’à ce que chaque faisandeau aille se percher de lui-même sur une branche assez élevée ; à partir de ce moment ils sont en mesure de se défendre eux-mêmes.
- M. de Lesse note avec soin les modes d’aliincnlation préconisés en Angleterre; pour les reproducteurs, les
- 1 Parmi les tomes de l’Encyclopédie agricole Baillière.
- mélanges de graines sont employés concurremment avec la verdure, particulièrement le chou à vache.
- Au domaine de Rehoust (Seine-el-Oise), la nourriture des faisans comprend : Soir et malin : 15 litres de petit blé ; pâtée : 10 œufs durs -f- 5 litres de fibrine + 5 litres de granulée.
- La fibrine {game meal) est un mélange de farines cuites gonflées à l’eau bouillante et refroidies ; la granulée (crissel), farine de viande, est trempée une demi-heure dans l’eau bouillante; ces pâtées sont souvent saupoudrées, en Angleterre, de poudres épicées auxquelles les Anglais attachent un grand prix. Les vieux éleveurs français reprochent parfois à cette alimentation intensive de « brûler » les faisans ; aussi les dosages devront-ils être suivis très exactement.
- Les jeunes faisandeaux — et ceci est un point très particulier— ne reçoivent pas d'œuls de fourmis; dès l’éclosion on donne une pâtée d’œufs durs, avec une très faible quantité de fibrine, on y ajoute progressivement de la granulée, un peu d’herbe à mille-feuilles. — Les éleveurs avisés mettent une gousse d’ail dans l’eau qui sert à faire la pâtée. Vers quinze jours on ajoute du riz bien bouilli et bien égoutté, puis des farines de maïs, de l’alpiste, des graines de lin toujours cuites et broyées très fin.
- A six semaines, les oiseaux sont au bois ; on supprime les œufs en augmentant les farines, la viande granulée et en associant aux rations le petit blé, le maïs broyé, le chènevis, le riz ; on ajoute quelques poignées de farine d'os. Lorsque les oiseaux ont changé de plumes et que leur seconde queue est poussée, le grain devient l’aliment exclusif. Particularité curieuse, dans beaucoup de domaines anglais — observe 51. de Lesse, — on ne donne pas une goutte d'eau pendant toute la durée de l’élevage par crainte des épidémies, la rosée doit suffire. Dans des conditions ordinaires un déchet de 20 pour 100 est un très beau résultat ; il faut plutôt compter sur une réussite de 00 pour 100. Ces chiffres sont également atteints par les méthodes françaises, mais on doit reconnaître que les faisans élevés par les praticiens d’outre-5fanche sont plus robustes, plus aguerris et plus vite accoutumés à l’état libre, conditions qui leur assurent une existence moins précaire et plus longue, avantages qui sont évidemment le but de tout élevage de gibier, puisqu’il laisse supposer que quelques faisans échapperont aux coups des chasseurs et repeupleront ainsi à. leur tour dans les situations les plus naturelles, et par conséquent les plus certaines.
- Paul Difi loth,
- ——- Ingénieur-agronome.
- LA DÉCOMPOSITION PYR0GËNËE
- DE LA GOMME LAQUE
- Parmi les produits naturels, un certain nombre de gommes sont encore mal connues et mal définies par suite de la difficulté que présente leur étude.
- Dans le but d’élucider la constitution de la gomme laque, MM. Étard et Walléc ont étudié ses produits de pyrogénation. En soumettant la gomme laque à une température élevée, ils ont obtenu 72 pour 100 de distillât liquide, G pour 100 de composés gazeux en même temps qu’il restait 22 pour 100 de coke. Le distillât liquide se composait lui-même d’eau et d’une substance huileuse formée d’une part d’acide oléique, d’autre part de divers carbures sesquiterpéniques.
- Les auteurs concluent de leurs résultats que la gomme laque apparaît comme l’oléate peu stable d’une série continue de sesquiterpènes. A. 11.
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- LA NATUltK.
- DEFENSE DES COTES CONTRE LES EROSIONS DE LÀ MER
- Dans un précédent article1 nous nous sommes occupés des érosions des côtes résultant du mouvement de la mer. Nous avons montré combien, en nombre d'endroits, ces érosions prennent d’importance et l'urgence'<jif il y a à en limiter les progrès. Nous nous proposons dans ce second article, d’abord, d'indiquer les conditions nécessaires pour obtenir ce résultat et, ensuite, les moyens qui semblent les meilleurs pour les remplir.
- 11 y a, pour limiter les érosions des côtes, deux conditions primordiales à remplir. La première, de délendre le pied des falaises contre les lames, en supprimant ainsi une des causes principales de désagrégation. La seconde, d’empècher l’érosion des plages par les vagues de tempête, dans le but d’éloigner, autant que possible, la limite supérieure de l’es Iran du pied des falaises et d’empècher leur érosion. H faut, en un mot, nourrir la plage atin de la maintenir à un certain niveau par l’apport des matériaux charriés le long des côtes par les tempêtes et les courants. Tout enlèvement de galets le long des plages, comme c’est malheureusement le cas dans nombre d’endroits du littoral, soit pour le lestage des navires, soit pour d’autres industries, est donc une opération nuisible et qui doit être prohibée.
- Toutefois, un point important est de n’arrêter au passage que la masse de matériaux nécessaire à l’engraissement de cette plage, sans quoi les parties du littoral à l’aval ne recevant plus les matériaux nécessaires à leur entretien, se corroderaient à leur tour et le mal ne serait que déplacé. C’est malheureusement ce qui s’est produit en nombre d’endroits où, par suite de défauts d’études d’ensemble, de moyens de défense mal combinés, les intérêts privés ont prévalu sur les intérêts généraux et des résultats déplorables ont été obtenus. Ainsi, sur la côte sud d’Angleterre, à Brighton, par exemple, où, pour arrêter la marche des galets venant de l’ouest, on a construit un certain nombre d’épis solides et très élevés au-dessus de l’estran, la plage à l’est de la ville, en face
- 1 Yoy. a0 1(>8(>, du JO septembre 190b, p. 240.
- de Kemp, ne recevant plus de matériaux pour l’alimenter, s’est corrodée et la mer vient aujourd'hui battre le pied des falaises qu’elle attaque en produisant des érosions considérables. Un elfet semblable s’est produit au Havre lorsqu’on a voulu défendre contre les attaques de la mer le boulevard maritime, au moyen d’épis construits sur l’estran. Nous pourrions citer beaucoup d’autres exemples.
- Il y a donc deux modes de défense contre les érosions : 1° le mur de mer, construit parallèlement au rivage, à la base des falaises et qui empêche la vague d’en frapper le pied ; 2° les épis, construits perpendiculairement au rivage, entre la laisse de haute mer et celle de basse mer et dont le but est d’arrêter partiellement les matériaux charriés le long de la plage, d’engraisser celle-ci et de lui donner
- de la fixité, en la maintenant à un niveau aussi constant que possible. Toutefois, une chose est à ne pas oublier, c'est que ces épis ne peuvent avoir d’efficacité qu’autant qu'il y a transport de matériaux le long du littoral ; autrement ils ne sont d’aucune utilité et n’arrêtent même pas le choc des lames, comme on semble le croire souvent. Les épis régularisent sur la plage les apports des matériaux, mais ne les créent pas.
- Epis. Le mode de construction des épis est très variable. On peut les faire en fascinages, en charpente ou en maçonnerie, quoique ce dernier mode de construction ne soit qu’exceptionnellement employé. à Saint-Valéry-cn-Caux, à Folkestone, par exemple.
- Une disposition assez fréquemment employée est représentée figure 5. Le plus généralement, jusqu’à ces derniers temps, on donnait aux épis une grande saillie au-dessus de l’estran : 5 ou 4 mètres. 11 en résultait (tig. 4) que les matériaux poussés par les vagues s’accumulaient sur le côté de l’épi faisant face au vent régnant, tandis que la face opposée sous le vent ne recevait ancun apport. On obtenait, de la sorte, un profil de l’estran, en forme de montagnes russes, extrêmement défectueux. La circulation sur cet estran devient impossible et tous les matériaux, sables ou calots, charriés
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- LA NATURE.
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- sur la plage, se trouvent arretés par ces épis. Les parties de la plage, à l'aval, restent dénudées et, par suite, soumises aux érosions de la mer. De plus, les vagues, pendant les tempêtes, pénètrent dans les parties creuses, ainsi formées sur Testran, contre la lace sous le vent des épis et amènent la chute du mur de mer qui, dans beaucoup d’endroits, comme à llaslings, par exemple, sert de support à des esplanades (f’ig. 2).
- Dans ces dernières années, sous l’impulsion de M. Case, ingénieur anglais qui, depuis longtemps, s’occupait de ces questions, on a mis en pratique une disposition différente d’épis qui, partout où elle a été employée, a donné des résultats des plus satis-
- faisants. Au lieu de construire des épis ayant une grande saillie au-dessus de l’estran, on ne donne à ceux-ci qu’une saillie très faible, tout d’abord : 50 à 40 centimètres. Puis, au fur et à mesure de l’engraissement, de la plage, on surélève, au moyen de planches, les épis jusqu’au moment où l’apport de matériaux a nourri la plage à une hauteur suffisante. Cette disposition a, de plus, l’avantage de donner à la plage, pendant son engraissement, une surface régulière, d’éviter les vallonnements dont.nous parlions tout à l’heure et, surtout, de n’arrêter que partiellement les apports et de pallier les dénudations des plages du littoral aval.
- La figure 5 montre la. disposition des épis Case.
- Fig. 2. — Vague brisante contre le quai d'IIaslings. (Extrait de the Sea Coast.)
- Ceux-ci se composent de deux montants verticaux en bois encastrés dans une masse de béton disposée dans des trous de section rectangulaire de lm,20 de profondeur creusés dans la plage. Entre ces deux montants, qui se répètent tous les 4 à 5 mètres, sont intercalés des madriers horizontaux dont il est facile d’augmenter le nombre au fur et h mesure de l’engraissement de la plage. Ces épis doivent s’étendre du niveau de la laisse de haute mer au niveau de la laisse de basse mer et, au fur et à mesure de l’engraissement de la plage et du recul vers le large de cette laisse de basse mer, il faut avoir soin de prolonger les épis de telle sorte (pie leur pied suive le recul de la laisse de basse mer. Quant à l’espacement des épis, on admet généralement qu’il doit être égal à une lois et demie environ la longueur de l’épi.
- Ce mode de défense des plages, au moyen d’épis longs et bas, et surélevés au fur et à mesure du surhaussement de l’estran, a donné, comme nous l’avons dit, d’excellents résultats sur les cotes anglaises. C’est grâce .aux épis construits suivant ce système, il y a dix ans, sur l’estran de la plage de Dymchurch, près de Folkestone, qu’on a pu arrêter les érosions de cette plage qui menaçaient de détruire la digue de près de 6 km de longueur qui sert de défense aux marais de Rhomney, d’une étendue de 10000 hectares, et dont le niveau se trouve à plus de 2 mètres au-dessous des hautes mers. Depuis ces travaux, le niveau de la plage s’est surélevé de plus de 2m,50 au pied de la digue qui se trouve ainsi à l’abri des atteintes des vagues. 11 s’est aussi accumulé le long de la plage un million et demi de
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- tonnes de matériaux composés de sables et do galets. Nombre d'aulres endroits sur la côte Est anglaise oui été défendus de la mémo manière.
- Lorsque la plage est exposée à des lames d’une violence exceptionnelle et que les épis du système Case peuvent devenir insuffisants, on a alors recours,
- Direction du>
- tout en conservant des épis lias, n’ayant qu’une faible saillie sur l’estran, à une disposition analogue à celle employée à llelgoland et (pie nous avons décrite dans un article précédent1.
- La ligure 1 montre la plage ainsi défendue sur les cotes de la Baltique entre Cranz et Sarknau.
- Murs de mer. — Lorsqu’il s’agit de défendre le pied d’une falaise, des voies ferrées ou charretières longeant la mer ou bien des esplanades que nombre de villes établissent pour servir de promenade le
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- ... ->- Direction du transport
- est nécessaire d’établir des murs
- de défense qui, comme nous l’avons dit, portent le nom de murs de mer. Ces murs, qui reçoivent directement le choc des vagues de tempête, doivent être construits solidement et avec soin. Leurs fondations doivent être assez profondes pour éviter d’être minées par le ressac résultant du choc des lames de retour. 11 est donc utile de conserver à leur pied une épaisseur de sable ou de galets suffisante pour les
- K,U ^\Vϻx'. ' ' '
- — Épis, système Case.
- préserver contre ce ressac. C’est pour cela qu’en nombre d’endroits l’addition aux murs de mer d’épis permettant l’engraissement de la plage est d’une importance capitale.
- Le mode de construction des murs de défense contre la mer est très variable, ainsi que l’inclinaison de leur parement qui regarde la mer et reçoit le choc direct des vagues. Elle dépend, le plus souvent,
- 1 Yoy. n° 1050, Ou 7 janvier 1905, p. 91.
- des conditions très diverses à remplir. En Hollande, les talus ont une inclinaison très faible et sont formés, le plus généralement, d’une couche épaisse de terre glaise défendue dans la partie basse par un pavage en basalte posé sur une couche de menus matériaux. Le pied de la digue est, de plus, défendu
- Haule. mer
- de.
- Fi<r. (i. — Brise-mer de I.a Claire.
- par des pieux faisant saillie sur le pavage et destinés à arrêter le choc des lames.
- A la pointe de Grave, le brise-mer de La Claire (tig. 6) est disposé suivant la forme indiquée par la figure. Il se compose d’une série de blocs enfoncés par havage dans le sol et remplis ensuite de béton et de sable. La surface supérieure des blocs présente un talus incliné dont le pied est défendu par des
- Fi". 7. — Sainl-,Iran, au Havre.
- enrochements. Une plate-forme est établie en arrière de ces blocs.
- En dehors de ces cas exceptionnels, les murs de mer sont d’une construction plus simple. Ils sont, le plus souvent, construits en maçonnerie, comme le
- //antes mers
- Fig. 8. — Mur de défense de Sehevcningcn.
- montre la figure 7, qui représente la digue Saint-Jean, au Havre.
- Le mur de défense de Seheveningen, en Hollande, construit également en maçonnerie, est représenté par la figure 8. Jt’une longueur de 1100 mètres, il se compose d’un mur en béton à profil courbe avec revêtement extérieur en basalte. Le pied de ce mur est
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- L A N A T (T H K.
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- défendu par une ligne joinlive de pieux et par une risberme inclinée, formée d'une couche d’argile recouverte de pierres cassées et d'un perré en basalte. Des épis perpendiculaires au mur, et établis en avant de celui-ci, empêchent l’érosion de la plage et le déchaussement du mur de défense. H. Bonnix.
- CONCOURS INTERNATIONAL
- UE PRÉVISION DU TEMPS
- Le Concours international de prévision du temps, organisé à l’occasion de l’Exposition de Liège, par la Société belge d’astronomie, de météorologie et de physique du globe, s’est terminé le jeudi soir 28 septembre. Le jury a siégé trois jours à lTniversité de Liège, les 2f>, 27 et 28 septembre 1905, de 5 heures du matin à 7 ou 8 heures du soir. Etaient présents : MM. Flamache, ingénieur en chef des chemins de fer de l’Etat belge, vice-président de la Société belge d’astronomie, qui a été choisi comme président du jury; Jacob, président de la Société; Rrunhes, directeur de l’Observatoire du Un y de Dôme; Polis, directeur de l’Observatoire d’Aix-la-Chapelle ; Rotch, directeur de l’Observatoire de lilue-TIill, près de Boston; Teisserenc de Dort, directeur de l’Observatoire de Trappes ; Vincent, météorologiste à l’Observatoire royal de Belgique, à Uecle.
- Le jury a d abord examiné l’épreuve préliminaire qui portait sur la période du I" au 15 septembre 1905. Après cette épreuve éliminatoire, 9 des concurrents, sur les 24 inscrits, avaient été convoqués à Liège ; 7 ont répondu b la convocation.
- Il leur a été demandé d’établir la prévision de la carte des isobares du lendemain, sur sept journées prises au hasard dans des volumes de Bulletins météorologiques, allant de 1880 à 1902. Le 28 septembre, ils ont dû établir la prévision [tour le lendemain sur trois cartes, prises dans des volumes tirés au sort, mais choisies dans ces volumes par le jury de manière à présenter des situations exceptionnellement difficiles. A la suite de cette épreuve, trois des concurrents, jugés supérieurs, ont été invités à fournir verbalement, puis par écrit, des explications sur les méthodes employées par eux, avec application aux cas particuliers qu’ils ont eu à traiter.
- A l’unanimité, le jury a décerné le prix à M. Gabriel Guilbert, secrétaire de la Commission météorologique du Calvados, à Caen, à cause de la méthode qui lui permet de prévoir avec précision les déplacements et les variations des centres de haute et de basse pression sur l’Europe : bien que cette méthode ne puisse encore donner une certitude absolue, elle a permis d’indiquer d’avance des changements complets de situation qu’aucune autre méthode, jusqu’ici, n’aurait pu prévoir.
- Le jury a tenu à marquer sa haute estime pour les travaux remarquables de M. Durand-Gréville sur les grains, et l'heureuse application qu’il en a faite, en certains cas, à la prévision du temps du lendemain. Les mémoires et les explications fournis par tous les concurrents présentent d’ailleurs des remarques intéressantes, mais se rattachant en général aux méthodes déjà connues.
- Le jury a décidé qu’il publierait un rapport détaillé, sur ses travaux et en a confié la rédaction à M. Brunhes. Ce rapport sera inséré dans le Bulletin de la Société belge d’astronomie, de météorologie et de physique du globe.
- LES LEVIERS ÉLECTRIQUES
- DANS LES CHEMINS I>E FER
- Les progrès de l'électricité dans l'exploitation des chemins de fer n’ont pas été aussi rapides ni aussi sûrs qu’on pourrait le croire; à tel point qu'on en est encore aujourd’hui aux premières tentatives vraiment pratiques en ces matières.
- Cela tient sans doute à ce que les solutions les plus simples, et qui paraissent évidentes, sc sont trouvées aussi les plus difficiles à réaliser.
- Voici, par exemple, un changement ou, si l’on veut, la manœuvre d’une aiguille. Il s’agit simplement de produire sur une tige une traction dans un sens ou dans l’autre, et de la produire à distance. Or, pour réaliser cette chose si simple, il a fallu recourir aux dispositifs les plus compliqués et seuls les derniers progrès de l’électricité ont permis de la réaliser sous la forme si séduisante que l’on vient d’exposer.
- Les manœuvres à effectuer sont de deux sortes : les manœuvres de signaux et les manœuvres d’aiguilles. Partout-,-aujourd'hui, ces mouvements sont produits par des appareilsSaxbg ^enclenchements.
- Nous rappellerons seulement que l’enclenchement est la commande d’un appareil parmi autre : si, par exemple, un disque avancé, rouge, précède un signal carré d’arrêt absolu, il ne faut pas qu’on puisse ouvrir le disque avant d’avoir effacé l’arrêt absolu.
- L’appareil Saxbg est bien connu ; nous n’en rappellerons que le principe pour montrer comment il répond aux divers besoins (fig. 1 et 2).
- Un levier L tournant autour d’un axe en réalise la manœuvre. Les enclenchements sont réalisés par la manette M, reliée à un secteur mobile autour de l’axe m. Pour pouvoir manœuvrer ce levier, il est nécessaire de la rapprocher de L, et, dès le début de ce mouvement, elle fait tourner autour d’un axe vertical la table T. Celle-ci immobilise une barre B reliée à un autre levier; elle fait mouvoir au contraire la barre A qui va immobiliser des tables T, etc.
- Ceci suffit à rappeler le principe de ces commandes de leviers les uns par les autres, et sur les propriétés desquelles nous n’insisterons pas*
- Dans une grande gare, tous ces services .sont groupés dans une cabine : c’est cette haute maison de fer et de briques, montée sur échasses, qui domine les gares et les bifurcations. Au moyen de chaînes et de tringles qu’on voit partout embarrasser les voies, ces leviers vont commander des signaux à des centaines de mètres, et l’on comprend qu’il faille, pour les manœuvrer, toute la force d’un homme qui les saisit à deux mains.
- Mais la question est plus complexe encore, car il est nécessaire que l’homme de manœuvre soit averti que son mouvement ou sa série de mouvements enclenchés a bien été effectuée, réellement, car des commandes mécaniques peuvent se fausser. De là,
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- la nécessité d’un rappel par iil on par tout autre un jour être témoin d'un accident extrêmement grave moyen dit « contrôle impératif ». Nous avons failli et qu’a manqué causer un aiguilleur en négligeant
- Fig. 1. — Un grand poste Saxby actuellement.
- son contrôle. Il croyait avoir fermé une bifurcation sur le passage d’un express, il avait détraqué son appareil en le manœuvrant et la voie restait ouverte des deux cotés.
- Comme toujours, en pareil cas, il se trouva que deux trains arrivèrent en même temps : mais l’un au moins put s’arrêter.
- Le système Saxby fonctionne parfaitement, mais il était permis de souhaiter quelque chose de plus pratique.
- On a commencé par penser à l’eau sous pression système Bianchi-Ser-vettaz, utilisé en Italie.
- Mais on connaît les inconvénients, toujours les mêmes, de l’eau sous pression.
- On songea alors à l’électricité et la première application en fut faite au contrôle impératif. Pour que le deuxième mouvement d’une série, permis par l’enclenchement, pût être ellectné, il fallait attendre qu’un électro-aimant soulevât un contact : on le voit, voilà que déjà l’électricile réalise comme par enchantement, selon
- sa coutume, ce qui ne'cessitait de multiples dispositifs mécaniques. Mais la manœuvre des signaux
- eux-mêmes et des aiguilles est plus curieuse. On a sim[dément réalisé le dispositif de la fig. 4. On a adapté au levier de commande un balancier qui permet un double mouvement et l’appareil magique, qui permet la manœuvre à distance, à la manière d’un piston qui serait loin de sa chaudière, est Yélectro-aimanl cuirassé à succion. On est, en efï'et, bien loin maintenant du bon petit électro à armature qui excite la curiosité des enfants dans les sonnettes électriques, et l’électro d’aujourd’hui, à suceur, permet d’imprimer à une tige de fer un mouvement comparable à celui de la lige d’un piston, et d’une amplitude qui atteint 10 centimètres.
- Dès lors on voit comment peut s'effectuer la manœuvre. Le courant ne peut passer que dans un des électro-aimants. Supposons qu'il soit lancé dans l’un ;
- Fig 2. — Appareil Saxby et dispositif d'enclenchement.
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- la tiare est aspirée et vient en contact avec I/; elle temps, Ls a tourné en sens inverse et va fermer chasse ce levier et le courant est rompu. En même l’autre circuit, de manière h pouvoir attirer la tige de
- Fig. 3. — Le grand poste de l'avenir avec manœuvre électrique.
- l’électro, si un courant est lancé dans cet électro.
- Le principe seul importe et l’on peut imaginer tous les dispositifs de détail que l’on voudra; mais
- l’appareil est devenu pratique et s’emploie couramment aujourd'hui.
- Pour la commande d’un signal, il est facile d’ima-
- Fig. I. — 1. Électro cuirassé. — 2, 3, i, manœuvre d’une aiguille par deux élcctros.
- giner une transformation de mouvement quelconque I nière un peu différente et l’intérêt en est [dus con-effectuant la rotation d’un axe vertical. sidérable encore.
- A la vérité, la question s’est, présentée d’une ma- | L’entrée d’un train dans une grande gare nécessite
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- souvent la manœuvre de 7 ou 8 leviers enclenchés pour lui tracer son « itinéraire » et les choses se liassent de la façon suivante : Dans la longue cahine où sont rangés les leviers, à0m,20 l'un de l'autre (il y en a parfois plus de 200) se tient un chef de manœuvre <]ui regarde un tableau annonciateur. Pour le départ d’un train, par exemple, le chef de service dans la gare presse sur un des boutons que l'on voit sur les quais. Le chef de manœuvre du poste a son attention attirée par une sonnerie : il commande : « Tel train, sur telle direction! ». Et l’on voit alors un des hommes, ou deux, se précipiter sur les leviers et en manœuvrer plusieurs dans un ordre qu’il sait par cœur. Aux heures de trafic intense, dans une gare terminus, on se ligure aisément le tapage et la confusion apparente de ces manœuvres : c’est un spectacle vraiment curieux.
- On a pensé depuis longtemps à faire commander ces leviers les uns par les autres, de manière à réaliser un « levier unique d’itinéraire » pour chaque marche. Mais la manœuvre, très dure, exige alors des relais hydrauliques ou pneumatiques compliqués.
- Au contraire, avec l’électricité, la question se présente soudain sous un jour très simple : supposons a appareils qui doivent être manœuvres dans un certain ordre : le levier lance le courant dans l'appareil électrique qui met en mouvement (I); le mouvement effeclué, automatiquement le circuit de (2) se trouve fermé et la manœuvre s’exécute: il en est de même pour (5) et quand ce mouvement est terminé, le courant l'ait le contrôle impératif (lig. 5).
- Ce système est actuellement à l’essai sur divers réseaux et il est facile de se ligurer toute la différence entre le poste de l’avenir, composé de quelques touches, et les immenses cabines que l’on peut voir à Eondon-Rridge ou à la gare de Lyon à Paris. Z....
- L’HOMME DROIT ET L’HOMME GAUCHE
- Les deux parties du corps humain sont-elles égales et semblables? cela saute aux yeux, semble-t-il. Que l’on fasse par la pensée une section médiane de la tète au bas du ventre, sur un sujet de n’importe quel sexe, les deux moitiés sectionnées seront exactement pareilles. Eh bien! 00 fois sur 100 il n’v a là qu’une apparence et vous pouvez vous en convaincre aisément. Mesurez avec soin les membres supérieurs et inférieurs, mais prenez vos mesures avec une exactitude mathématique, car les différences ne seront appréciables qu’à de très petites fractions, la plupart du temps vous trouverez qu’un bras est plus long que l’autre, qu’entre les deux membres inférieurs il y a, au profit de l’un, un écart de quelques millimètres. Des deux yeux l’un a l’ouverture plus large que l’autre; un côté de la face est plus saillant.
- Si vous allez plus loin et si vous étudiez les deux parties du corps au point de vue physiologique, fonctionnel, la différence s’accuse de plus en plus. Il y a des droitiers, c’est la grande majorité ; mais il y a des gauchers, plus habiles à se servir de la main gauche que de la droite. Parfois c’est le résultat d’une éducation spéciale, les violonistes, par exemple; parfois aussi l’éducation conduit à une égale aptitude des deux membres, les
- pianistes, les prestidigitateurs, les jongleurs. L’amhidexté-rite se produit parfois spontanément, sans une éducation similaire des deux mains; le- chirurgien (lusco opérait, avec une égale habileté, de la main droite comme de la main gauche et je tiens de lui qu’il a toujours eu cette facilité de se servir des deux mains. Dans les veux, la vision est inégale, par suite de différences de réfraction et tel sujet, pour bien voir, aura besoin d’un binocle à verres absolument dépareillés.
- Cette asymétrie a une importance pathologique qu’un observateur sagace, le DrMolle d’Oran, vient de relever dans une enquête des plus curieuses et des plus suggestives. Il a cherché à établir, sur ces données d’une inégale résistance des deux cotés du corps, l’explication de ce fait connu que certaines lésions se rencontraient toujours d’un côté plutôt que d’un autre. Celte inégalité, l’auteur la prouve en dépouillant simplement les faits cliniques que chacun peut contrôler à son aise.
- Un premier phénomène de cet ordre est la différence de station au lit, de décubitus pendant le sommeil. Chacun dort avec une préférence marquée, les uns sur le dos, c’est l’exception, quoique ce soit la position la plus normale, au point de vue physiologique; les autres sur le côté gauche ou sur le côté droit. On a donné à cette préférence pour telle ou telle position l’explication de la compression du cœur, de l’estomac, explication qui n’en est pas, car tout le monde devrait éprouver un malaise si le décubitus latéral amenait une malposilion des viscères. M. Molle .a questionné de nombreux sujets, son enquête porte sur 2000 personnes et ne semble donner prise à aucune contestation, bien qu’elle n’ait pas été aussi simple qu’elle paraisse. Demander à quelqu’un s’il dort sur Je dos ou sur.le côté semble mériter une réponse sans détours,; or, 50 pour 100 des sujets ont pu répondre sans hésitation, chez les autres il a fallu une série de questions, de détails pour arriver à un résultat. Quoi qu’il en soit les résultats ont été les suivants sur 2000 : 1552 individus dorment de préférence sur le côté droit, 572 sur le côté gauche; les 270 autres réponses étaient indécises ou se rapportaient au décubitus dorsal.
- Pour interpréter ce décubitus latéral, on admet que, dans le sommeil, la pression sur les muscles amène une certaine gène plus prononcée d’un côté que d’un autre, ce qui conduit le dormeur à prendre la position la plus agréable et à s’étendre sur le côté opposé.
- Il y a donc ainsi des sensibles gauches et des sensibles droits ou mieux, suivant l’expression de M. Molle, des faibles droits et des faibles gauches.
- Ce n’est pas là un fait d’imagination; cet état de faiblesse est réel, les faibles droits ou gauches, au point de vue du décubitus latéral pendant le sommeil, le sont à d’autres points de vue. En explorant les masses musculaires, les zones de distribution des nerfs on constate qu’il existe de véritables zones d’hyperesthésie correspondant à cette faiblesse spéciale d’un côté. Je ne. m’étendrai pas sur les procédés susceptibles de révéler ces troubles sensitifs ; toujours est-il que,sur les 2000 sujets, 1750 éprouvaient des sensations différentes suivant le côté exploré. On peut dire en somme que !I0 pour 100 des humains, c’est-à-dire presque la totalité, est susceptible d’ètre classé en faibles droits ou faibles gauches.
- A quoi tient cette susceptibilité plus grande d’un côté, c’est une question encore à résoudre. Mais, en se plaçant sur le terrain de la pathologie, on peut constater que les lésions spontanées ou provoquées se distribuent d’une façon déterminée et de préférence sur le côté le plus dé-
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- beat. I il emplâtre de thapsia produit une éruption à gauche (s’il s'agit d’un faible gauche) alors qu’il ne détermine rien à droite. L’eczéma a une prédominance du côté le plus faible. Sur 90 sujets variqueux M. Molle a constaté que chez ceux qui n’ont, de varices qu’à une jambe, c’est toujours sur le côté faible qu’elles existent, ce qui donne l'explication très nette des résultats statistiques dans les hôpitaux où l’on observe trois fois plus de variqueux unilatéraux gauches que de variqueux droits. Si les varices existent aux deux membres, elles ont toujours commencé par le côté faible; de même pour la sciatique.
- Un détail des plus intéressants résulte de l’examen de plus de 400 malades : dans la tuberculose pulmonaire, le médecin trouvera toujours au début les signes d’auscultation plus manifestes du côté le plus faible.
- On voit, parce court aperçu, tout l’intérêt des recherches de notre confrère. Cette notion de l’asymétrie pathologique est incontestable; il faut maintenant, pour faciliter la solution des problèmes biologiques qu’elle soulève, coordonner les faits, multiplier les recherches. Arrivera-t-on de ce fait à des applications prophylactiques ou thérapeutiques plus efficaces des maladies : c’est le secret de l'avenir. [U A. Gartaz.
- IA CONSERVATION DU BOIS PAR LE SUCRE
- Le bois exposé aux influences atmosphériques se pourrit rapidement. Aussi pour remédier à cet inconvénient les ingénieurs et les constructeurs mirent en œuvre de multiples procédés. Les plus employés jusqu’ici consistaient, en principe, à imprégner les poutres ou planches d’antiseptiques dialvsables très énergiques, insolubles dans l'eau, ne détériorant pas la substance ligneuse, s’injectant facilement, ne présentant aucun danger de manipulation et formant avec le bois des composés chimiques stables. En Amérique, Ilaskin proposa même la vulcanisation. 11 plaçait les blocs dans une cornue, hermétiquement close et soumise à la haute pression de l’air surchauffé entre 500° et 700° selon les essences. La chaleur pénétrait dans la masse ligneuse, coagulait l’albumine et augmentait la résistance des fibres.
- D’autre part, diverses compagnies de chemins de fer injectent leurs traverses de créosote, de chlorure de zinc ou de sulfate de cuivre et s’en trouvent bien. Mais la méthode dont le Leipziger Zeitung nous apporte la description, obtiendra, tout au moins, un succès de légitime curiosité si la pratique ne la sanctionne pas.
- Le nouveau moyen de conservation consiste à traiter le bois par une solution de sucre. D’après les inventeurs, l’opération pourrait s’appliquer à toutes les espèces et leur ferait acquérir une solidité très grande. Pour cela, on met les morceaux à injecter dans une cage plongeant elle-même dans une chaudière. On ferme alors celle-ci et on v introduit une solution de sucre de betterave. Le liquide pénètre dans les pores du bois et se combine intimement avec la substance ligneuse puisque l’examen microscopique n’a pu démontrer la présence d’aucun cristal de sucre. On sort ensuite le bois de l’autoclave et on le sèche dans un four porté à des températures différentes, selon la structure de l’essence soumise au traitement.
- Les bois ainsi préparés ne sont plus poreux; on peut les travailler sans les voir se rétrécir ni se fendiller et ils semblent à l’abri des ravages des champignons. Souhaitons donc que l’avenir justifie l’optimisme des chimistes d’outre-Rhin et plaignons les amateurs de friandises, si la nouvelle invention fait renchérir le prix du sucre! Jacques Boyer.
- LES MÉFAITS DE LA LUMIÈRE TROPICALE
- Tandis qu’en Europe, la thérapeutique nouvelle fait intervenir l’air et la lumière comme de grands agents de guérison dans la plupart des maladies infectieuses, le major Woodruff, chirurgien-major aux Etats-Unis, affirme au contraire que la lumière, beaucoup plus que la grande chaleur, est la cause principale des différentes maladies qui assaillent les blancs dans les pays tropicaux.
- On sait que certains rayons à ondes courtes : les rayons violets, ultra-violets, indigos et bleus, dits rayons actiniques, pénètrent plus avant dans les corps et produisent des réactions chimiques plus violentes. Si vraiment la matière et le mouvement ne font qu’un, si notre corps n’est lui-mème que force et lumière, il est bien évident que les rayons solaires doivent avoir une influence considérable sur l’organisme.
- Il ne serait donc pas étonnant que toutes ces fièvres mal définies, qui ne sont ni la malaria, ni la fièvre typhoïde, que l’épuisement tropical, les dyspepsies, les neurasthénies et les folies qui éclatent subitement, enfin ces maladies de peau si bizarres et si fréquentes, soient dues à l’action de ces rayons actiniques sur les corps qui n’ont pas assez de pigment pour y résister.
- Le major Woodruff, au cours des nombreuses observations qu’il put faire aux Philippines, acquit la certitude que les Américains du Nord qui émigraient vers ce s contrées commençaient à souffrir du climat au bout de deux ans. Au lieu de vivre comme les indigènes dans des maisons obscures et bien abritées, ils bâtissent de jolies villas aux larges baies qui laissent entrer de tous côtés cette lumière malfaisante; et bientôt arrivent les courbatures, les névralgies faciales, les troubles nerveux que le major Woodruff fut le premier à soigner avec succès par l’obscurité. Les créoles, au contraire, suivant les traditions de leurs ancêtres indigènes, conservent l’ancienne disposition des habitations et s’en trouvent mieux.
- Il remarqua dans les Etats de l’Amérique du Sud que les mêmes désordres nerveux ébranlaient bientôt les enfants des écoles bâties d’après le système européen ; et que les colons allemands et Scandinaves, beaucoup plus vite atteints, disparaissaient vers la 5* ou 4* génération.
- Le major Woodruff en arrive à conclure que le monde est divisé en zones de couleurs appropriées aux climats, que les épidermes blancs sont faits pour les pays du nord où les rayons actiniques sont presque tous absorbés par l’humidité de l’air et que, par une lente évolution, l’épiderme des nègres serait de/venu noir, afin de résister davantage aux effets pernicieux de la lumière.
- La plupart des animaux sauvages craignent la lumière, ils dorment le jour et chassent la nuit ; les hommes d’autrefois vivaient dans de sombres cavernes, et c’est à la civilisation d’aujourd’hui, ignorant les lois de la nature, qu’on doit les habitations trop éclairées en vogue dans les pays chauds.
- Les Boers, la seule race blanche qui prospéra en Afrique, se construisent des maisons épaisses où l’air et le jour entrent difficilement ; ils ne voyagent que la nuit. Les Anglais qui s’installent à l’européenne souffrent de malaises nombreux qui les affaiblissent en peu de temps.
- En Australie la décadence de la race blanche est évidente.
- Mais plutôt que de conclure, ainsi que le fait le major Woodruff, à l’inutile effort colonial des blancs dans les pays tropicaux, ne pourrait-on pas revenir aux habitudes indigènes ou employer dans les constructions certains verres de couleurs qui absorberaient ces rayons pernicieux.
- J. Michaux.
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- L’OBSERYATOIRE MÉTÉOROLOGIQUE DU MONT YENTOUX
- Majestueusement campé au Nord-Est de la (daine vauclusienne, magnifique par l'ampleur grandiose de sa masse autant que par sa superbe stature (suivant qu'on le découvre du Midi ou du Nord), dominant de sa blanche cime : la Méditerranée, le lleuvc Rhône, la Provence, le Languedoc et le bas-Dauphiné; regardant à la fois les Alpes, les Cévennes et les Pyrénées ; dépassant de 500 mètres les montagnes les (dus rapprochées de lui, — le mont Yen-toux était tout naturellement désigné pour recevoir un observatoire météorologique. Ce choix est d'autant mieux justifié que, de par sa situation topogra-
- phique exceptionnelle, la crête du Yentoux est comme le théâtre de manifestations atmosphériques des plus intéressantes. Cette crête forme la ligne de rencontre de courants aériens diamétralement opposés et de nature fort différente : les uns froids, souvent glacés, venant des Alpes; les autres chauds, montant de la garrigue provençale, — parfois brûlants, quand ils arrivent d'Afrique par-dessus la Méditerranée. Lorsque portés par ces vents contraires, les nuages, chargés d’eau et d'électricité, viennent se heurter sur le faite du Yentoux, il s'y produit des phénomènes d'une très grande violence :
- orages subits et terribles, chutes abondantes de grêle, tourmentes de neige, trombes d'eau, eflluves électriques intenses, formidables tempêtes de
- vent___ Et quand souille le mistral, la cime du
- Yentoux subit des assauts auxquels rien ne résiste de ce qui n'a (tas été spécialement protégé. Sous ces chocs furieux, la roche, déjà disloquée par la glace des longs hivers, se détache et s'effrite sur toute la crête. On a noté au Yentoux, au moyen de l’anémomètre à main, des vitesses de 40 mètres à la seconde, auxquelles n'a pu résister l’anémométro-graphe de Remichel et Rreguet, primitivement installé sur la plate-forme de l’observatoire. Yoici d'ailleurs un autre aperçu non moins frappant des ouragans qui sévissent sur cette cime : La grande route de Redoin à l'observatoire touchait la crête un
- peu avant d’arriver au sommet, au col des Tempêtes; mais ce passage, d’où le regard plongeait dans les escarpements du versant nord, a dû être abandonné, les voitures y étant fréquemment renversées par la violence du vent !
- Tel est le sommet sur lequel a été édifiée la monumentale construction qui constitue l'Observatoire météorologique du Yentoux1. M. G. Tissandier, en 1884, a très exactement décrit l’état des travaux et le plan du projet complet, alors à demi réalisé, terminé en 1894. Le corps de bâtiment, de forme rectangulaire, sort du sol à l'altitude 189fim,08; il mesure 50 mètres sur 10 mètres. Devant 1 édifice, une vaste terrasse d'où la vue s’étend et se perd dans l’immensité de l'horizon sud: en arrière, le
- 1 Yoy. n" 599, du 22 novembre 1884, ]>. 585.
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- LA N A TU UE.
- talus terminal de la montagne, le point culminant du Yentoux, auquel le bâtiment est adossé; ce terre-plein naturel supporte, à 1908 mètres d'altitude, la [date-forme sur laquelle sont solidement fixés de nombreux appareils météorologiques. Une galerie couverte relie cette plate-forme avec divers appartements qui s'alignent au premier étage. C’est là que se trouve le bureau de l’Observateur, vaste pièce dans laquelle on remarque les instruments suivants : pluviomètre enregistreur; baromètre enregistreur Rédier; baromètre Fortin Tonnelot ; baromètre anéroïde grand module; hygromètre; Saussure et récepteur télégraphique. Tandis que sur la [date-forme, avec ou sans abri, sont installés ; Pluvio-
- mètre llédier; pluviomètre quintuplateur Tonnelot ; pluviomètre déeuplateur ; hygromètre enregistreur Richard; psychromèlre d’August : thermomètre enregistreur Richard; actinomètre Salleron; thermomètre maxima Negretli; thermomètre minima Rutherford; neigeomèlre (modèle du pic du Midi); évaporomèfrc Riche; girouette à cadran; papier ozo-nographique.... Mentionnons encore une table d’orientation qui permet de retrouver sur l'horizon les principaux pics des Alpes, jusqu’au Mont-Rlanc.
- L’Observateur qui dirige, avec un aide, cet établissement scientifique, procède tous les jours à deux observations (matin et soir) dont il adresse les résultats, par télégrammes, au Rureau central
- Fig. 2. — Col des Tempêtes (au fond, chaîne de Lure). Photographie Fevrot, à Avignon.
- météorologique de Paris, relatant aussi les phénomènes dignes d’étre mentionnés. Une main courante en fer permet à l’Observateur, dès sa sortie par la galerie couverte dont on a pris soin d’orienter la porte à l'Ouest, de se maintenir devant les appareils contre les plus grands vents.
- Le télégraphe est pourvu du Rhé-éleclroznètre Melsens. Le système de paratonnerre composé, adopté pour protéger le [dus largement possible l’édifice et ses alentours, est l’œuvre de M. Melsens. L'observatoire est littéralement hérissé de pointes séparées et de faisceaux d’aigrettes en nombre considérable; les conducteurs, lames ou fils, vont se perdre, partie dans la grande citerne de l’observatoire, partie dans l’eau de Font Filiole, petite source située dans les escarpements nord, à
- 1788 mètres d’altitude. Quant au fil télégraphique, pour le mettre à l’abri des coups de foudre si fréquents sur le sommet, on l’a rendu souterrain jusqu’à la fontaine de la Grave (altit. 1500 mètres) à 0 kilomètres de l’observatoire.
- Le rez-de-chaussée du bâtiment comprend un certain nombre de salles qui sont destinées à recevoir des collections d’histoire naturelle relatives à la région, et à abriter les travailleurs désireux de poursuivre sur place des études sur la Flore, la Faune ou la Géologie de cette montagne si intéressante. Une hôtellerie, construite récemment non loin de l’édifice officiel, donne toutes facilités de séjour pendant 4 mois, de Juin à Septembre.
- Toutes les constructions qui composent, l'observatoire dépendent de l'Ingénieur en chef des Ponts
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- LA NATURE.
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- et (>halissées du déparlement de Vaucluse; tandis que le service météorologique est sous le contrôle et la direction du Bureau central météorologique de France, qui envoie chaque année un inspecteur au \entoux. Chacune de ces administrations, comme aussi celle des Forêts, a son appariement dans Rétablissement.
- Les relevés des observations quotidiennes sont publies dans le Bulletin de la Commission météorologique de Aaueluse, véritable créatrice de l’Observatoire du \entoux sous l’impulsion infatigable du l)r Ramard, d’Avignon, le plus distingué promoteur de cette œuvre scienlilique.
- Enfin, outre le télégraphe (ouvert aussi au public) qu elle a fait installer à ses frais, la commune de Bédoin assure des communications postales assez régulières avec l'observatoire au moyen d’un facteur qui monte cinq fois par semaine en été, trois lois environ pendant l’hiver.
- Gustave Taiuheu.
- LA ZYGAENA CONTAMINEI
- Lavande est une localité dont il n’est pas nécessaire de parler : son cirque, ses cascades, ses hauts sommets sont connus, du moins de nom, de tous les lecteurs. Le chemin muletier qui, de ce village, conduit en Espagne par le Port de Gava ni le, passe au-dessous de l’église et longe la hase du Mourgal, dont les pentes sont l’objet d’une tentative de reboisement. Le sentier s’élève sur le flanc de celte montagne qu’il contourne par des lacets un peu brusques, et aboutit à un plateau herbeux, appelé Pouey-Aspé 1. Au fond d’une gorge en miniature, creusée dans un calcaire blanchâtre, coule le torrent connu sous le nom de Gave des Tourrctles ou de Saint-Bertrand. Sur la rive gauche de ce cours d’eau, entre le fond de la gorge et le sentier, se trouve une pelouse à pente raide, couverte de la curieuse omhellifère Eryngium Bourgati Rouan. C’est la vraie localité où l’on peut capturer Zygaena Contaminei Bdv.
- En 1854, M. Contamine, major du 5e régiment de lanciers, retiré du service, récoltait des lépidoptères aux environs de Barèges. 11 captura, sur les flancs du Pic du Midi, une zygène qu’il ne connaissait pas, et qu’il envoya à M. Boisduval. Celui-ci se trouva en présence d’une espèce nouvelle, qu’il décrivit en la dédiant à celui qui l’avait découverte, dans ses Icônes historiques des lépidoptères nouveaux ou peu connus de l'Europe.
- Douze ans se passèrent sans que l’insecte fût retrouvé. En 18-4(1, M. Pierrot le cueillit au bord des petits lacs situés entre la crête des Pyrénées et les bains de Panti-cosa.
- M. Bambur, chassant en Andalousie, captura de nouveau cette espèce; mais, ne la connaissant pas, il la décrivit sous le nom de Lcdereri, en 1858, dans son Gulalogue systématique des lépidoptères de l'Andalousie; depuis, l’erreur a été reconnue, et l’état civil de la zygène qui nous occupe est définitivement fixé.
- « Les ailes supérieures sont d’un gris bleuâtre un peu transparent, ayant à la base deux taches rouges longitudinales, dont la supérieure est très courte et l’inférieure très allongée, et plus ou moins rétrécie dans son milieu. La
- 1 De deux mots Poney, patois, qui veut dire colline, et Aspé, Itusque, qui sijuiilie : situé derrière.
- bifurcation de la nervure médiane olfre, en outre, un petit point rouge, et, à l’extrémité de la cellule, une tache moindre, assez grande. Les ailes inférieures sont d’un rouge rosé de part et d’autre, avec la frange d’un noir bleuâtre.
- « Le thorax et la tète sont garnis de poils noirâtres, à reflets grisâtres. L’abdomen est noir. Les antennes ont la massue très prononcée.
- (( La femelle est un peu plus terne (pie le mâle; parfois on voit sur son abdomen le commencement d’un anneau rouge » U
- Selon M. Oberthiir2, cette zygène est probablement une forme locale de Z. Sarpedon; mais elle est remarquable en ceci qu’elle est très constante et fort peu variable. En effet, tous les individus sont semblables entre eux; on remarque à peine parfois une légère différence de taille.
- La Z. Contaminei vole lourdement dès le lever du soleil, sans jamais s’élever bien haut, sauf quand on la poursuit : son vol devient alors assez rapide. Au coucher du soleil elle se repose sur les fleurs de l’Eryngium ou le long des tiges. Parfois on la trouve sur les fleurs des scabieuses ou sur de petites graminées, mais toujours aux environs des touffes du panicaut. L’apparition a lieu dans la deuxième quinzaine de juillet ; dès les premiers jours d’août, on ne rencontre plus que des individus défraîchis. L’éclosion, abondante parfois, manque totalement certaines années.
- La femelle pond sur les fleurs ou dans les tiges de l’Eryngium. Les chenilles descendent dans les feuilles de la base, dont elles se nourrissent, et sous lesquelles elles se tiennent cachées. Dès la lin de septembre on n’en trouve [dus : elles se sont terrées sous les pierres, d’où elles ne sortiront que fin mai; leur croissance devient alors rapide et la chrysalidation s’effectue en juin. Les chrysalides sont renfermées dans une coque blanche, en forme de bateau ; on les rencontre sous les pierres ou les roches, qui les garantissent ainsi des intempéries.
- L’espèce est très localisée ; en dehors de Pouey-Aspé, deux autres endroits la renferment en abondance : la montagne de Saugué au lieu dit Pla dcls Escaris et au fond de la vallée du Campbielh, à l’orée du ravin d’Estibère-Male. P. Bondou.
- CHRONIQUE
- Chaleurs spécifiques aux très liasses températures. — Diverses expériences, notamment celles de M. ïrowbridge et de M. Bebn, que nous avons mentionnées au moment de leur publication, ont montré que la chaleur spécifique d’un grand nombre de métaux diminue rapidement à mesure que la température s’abaisse, et qu’on peut, sans forcer les courbes, faire passer plusieurs d’entre elles par 0 au zéro absolu. Le professeur James Dewar vient de pousser la mesure de plusieurs chaleurs spécifiques jusqu’à la température d’ébullition de l’hvdro-gène, en employant sa méthode, simple et fructueuse, de l’évaporation d’un gaz liquéfié, dont on mesure le volume ramené à la température ordinaire. Pour ces déterminations, dans lesquelles les capacités calorifiques des corps étudiés sont exprimées en fonction des chaleurs d’évaporation des gaz employés, une nouvelle mesure de cette constante était nécessaire. M. Dewar donne, pour l’hydro-
- 1 Berce, Faune entomoloyique française, t. H.
- 2 Eludes d'entomologie, VIII.
- ° Lscari est le nom patois de lEi yngium Bourgati.
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- LA NATURE.
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- gène, 125,1 calories par gramme, pour l’oxygène 51,15 et pour l’azote 50,4 calories. Les résultats obtenus pour les chaleurs spécifiques sont les suivants :
- Diamant. Graphite. G lace.
- De 18" à — 78° 0,0791 0,1541 0,453
- De- - 78" à —188" 0.0190 0,0599 0,285
- tte- -188" à —252",6 0,5042 0,0135 0,146
- Si l’on trace la courbe des chaleurs spécifiques vraies de ces trois corps, en parlant des nombres ci-dessus, qui donnent leurs chaleurs spécifiques moyennes entre deux limites, on trouve que, comme pour quelques métaux, elles doivent atteindre, au zéro absolu, une valeur sensiblement nulle.
- Contrc-torpillcui* suédois. — La Suède vient de se faire construire un contre-torpilleur appelé May ne qui répond au type japonais Sltiraloimo, qui a fait ses preuves durant la récente guerre. Il a une vitesse garantie de 50 1/2 nœuds avec une charge de 55 tonnes à bord. 11 est long de 00 mètres pour une largeur de 0,58 mètres et un tirant d’eau de 2,50 mètres à la hauteur des hélices. Sa machinerie est de 7200 chevaux, son armement comporte 0 canons à tir rapide de 57 millimètres, dont un en chasse sur la tourelle de commandement et l’autre à l’arrière, et deux tubes tournant lance-torpilles de 45 centimètres.
- Les voitures automobiles sur les chemins de fer anglais. — Il semble bien que les automobiles, nous entendons les wagons automobiles, rendent sur les chemins de fer anglais les services dont nous les jugions capables : le fait est que voici la Compagnie Great Western Kaihvay qui, à la suite d'expériences préparatoires, vient de commander douze nouvelles automobiles de ce genre, pour multiplier économiquement les trains légers sur scs embranchements secondaires et dans la banlieue des grandes agglomérations.
- Le traitement des eaux par l'ozone à Philadelphie. — La ville de Philadelphie possède maintenant en service une importante installation de traitement des eaux alimentaires de la rivière Schuylkill par l’ozone. Normalement, les eaux de cette rivière contiennent 2 5(0 000 bactéries par centimètre cube; un filtrage préliminaire en réduit le nombre à 250 000 au plus, et parfois à beaucoup moins, et le traitement par l’ozone n’en laisse plus que 55 au plus, quelquefois 5 seulement, et encore d’espèces non nocives. Toute odeur et toute coloration sont enlevées à l’eau.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 octobre 1905. — Présidence de M. Troost.
- J.a dessiccation des matières organiques. — M. Ma-quenne expose que la dessiccation des matières végétales présente les plus grandes difficultés. Aussi beaucoup de procédés ont-ils été imaginés. De plus certaines matières, notamment les susbstances amylacées et, en particulier, les farines, sont capables d’emprunter de la vapeur d’eau à l’air même si l’on élève la température de l’étuve jusqu’à 120°. 11 en résulte que, pour dessécher les matières végétales, il faut opérer dans le vide ou dans l’air sec. Faute de cette précaution l’erreur commise peut atteindre 1 pour 100.
- Prédiction des occultations. — M. Maurice Lœwv présente un travail de M. Ch. Trépied, directeur de l’Observatoire d’Alger, relatif aux occultations d’étoiles
- — "8° pour la glace.
- par la lune. On sait (pie, parmi les divers procédés pour déterminer la longitude d’un lieu à l’usage des navigateurs ou des explorateurs, l’un des plus directs, des plus exacts et des plus faciles consiste à observer l’heure locale delà disparition ou de la réapparition d’une étoile connue, à l’un des bords de la lune. Par suite, la Connaissance des temps comme les autres éphémérides nationales donnent, pour différentes dates de chaque année, des éléments numériques d’occultations relatifs à un certain nombre d’étoiles. Ces éléments, destinés à faciliter les prévisions, font connaître, à un instant donné, le point où le centre de la lune se projelle sur un plan dit fondamental, qui passe par le centre de la terre et qui est perpendiculaire à la droite qui joint l’étoile au centre de la terre. Ce plan est donc variable d’une étoile à l’autre, mais il est indépendant de la situation occupée par l’observateur à la surface de la terre. La solution pratique du problème exige qu’en outre des éléments lunaires fournis par l’éphéméride, on connaisse le point où se projette sur le plan le lieu d’observation. L’important ouvrage de M. Ch. Trépied donne ce lieu au moyen de tables et de cartes ingénieusement combinées. Aucune interpolation n’est nécessaire; de simples lectures suffisent. Le calcul préparatoire se trouve dès lors réduit à fort pende chose. Les astronomes, comme les navigateurs et les marins, tireront grand parti des tables de M. Trépied.
- La méridienne de France. — M. bouquet de la Grye présente, au nom du service géographique de l’armée, le tome XII du Mémorial du dépôt de la Guerre. Ce volume renferme le détail des mesures des trois bases nouvelles de la méridienne de France, les bases de Paris, Perpignan et Cassel. La base de Paris est en réalité sise entre Juvisy et Villejuif. Elle a été substituée à celle de Melun de la méridienne de Delambre et Méchain. La base de Juvisy, mesurée deux fois à l’aide de l’appareil de Drunner, est d’environ 7227”; l’écart entre les deux mesures n’est que de 0m,009. Son rattachement à la base de Delambre se fait à 0m,005 près. La base de Perpignan, déduite de celle de de Paris, au moyen de la chaîne de triangles intermédiaire, s’accorde à 0m,045 avec le nombre fourni par la mesure directe; elle est d’environ 11 706 mètres. Mais les longueurs de cette base, d’après les mesures directes effectuées par Delambre et par le service géographique, diffèrent de 0,29. La base de Cassel, mesurée directement et calculée d’après celle de Juvisy, présente un écart de 0,120; sa longueur est d’environ 7592. L’accord réalisé sur cette dernière base est donc moins/brillant; le fait était à prévoir, parce que l’on a dù utiliser comme signaux, dans le nord de la France, des clochers d’églises dont le centre est difficile à déterminer. Quoi qu’il en soit, ces résultats sont remarquables et classent l’opération géodé-sique parmi les plus belles qui aient été exécutées.
- Cu. de Vii.i.edeuii,.
- CHAMPIGNONS PÈRES-lfE-FAMILLE
- Tout le monde connaît les lycoperdes ou vesses-de-loup, ees champignons fréquents à l'automne dans les prairies artificielles et les forets, et qui, d’abord semblables à des boules charnues, deviennent, à la maturité, des sacs remplis de spores, qui s'en échappent en petits nuages poudreux.
- Ces champignons ne sont pas, d’ordinaire, ennemis de la société de leurs semblables, et généralement on les trouve croissant par petits groupes aux
- De 6° à
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- LA NATURE.
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- mêmes endroits du gazon. Mais ils ne vont pas, le plus souvent, au delà des rapports d'un bon voisinage, et s'ils consentent à vivre en tribu, la communauté proprement dite leur répugne.
- Cependant, celte règle admet quelques exceptions, et deux exemples au moins sont connus de vesses-de-loup dont les individus naissent agglomérés, et forment des colonies {dus ou moins nombreuses dont tous les membres sont étroitement unis: tels des enlànts nourris en commun sur le domaine du père de famille.
- Ces deux curieux lycoperdacés sont le Diplocystis wriyhtii, des Antilles, et le Broomeia congregata,
- Fig. 1. — Le biplocyslis wrighlii.
- de l'Afrique du Sud. Nous devons de pouvoir en offrir les ligures à l’obligeance de M. C. G. Lloyd, de Cincinnati, qui en a publié de superbes photographies dans ses Mycological Notes.
- Bien que ces singulières productions n'aient pas d’importance au point de vue économique, et n’offrent d’autre attrait que celui de leur exceptionnel mode de vie, nous croyons intéressant de donner quelques détails sur leur biologie.
- Le Diplocystis a été décrit pour la première fois en 1865 par le savant mycologue anglais Berkeley sur des matériaux provenant de Cuba. On le trouve en beaucoup de points des Antilles. Chaque individu est large d’environ un demi-centimètre, et tous naissent, très voisins les uns des autres, d’une membrane commune, qui paraît continuer l’enveloppe externe de chacun d’eux.
- Cette enveloppe externe, ou exoperuliiim, se rompt au sommet en une calotte circulaire qui tombe, de telle manière que la partie inférieure persiste en forme de coupe, d’oîi émerge la petite vesse-de-loup. Celle-ci s’ouvre à son sommet par de petites ouvertures, qui livrent passage aux nuages de spores et de iilaments mêlés, constituant la fructification du champignon.
- C’est encore Berkeley qui, en 1844, a décrit le premier le curieux Broomeia, connu seulement par une seule espèce, laquelle a pour patrie l'Afrique aus-
- trale. Cette espèce a été recueillie nombre de lois, et les établissements botaniques de Kew, du British Muséum, d’Upsal et de Berlin, en possèdent de beaux spécimens.
- Les petites plantes d’une même colonie, qui peuvent être très nombreuses, puisque Berkeley a compté jusqu’à 150 individus sur un seul coussinet, sont enfoncées cote à côte, jusqu'au quart de leur hauteur, dans un stroma commun, ferme, subéreux, de couleur chair.
- Le champignon croit sur le bois pourri : chaque amas forme un coussinet tout à fait comparable au réceptacle du nénuphar jaune. L’enveloppe externe est d’un beau blanc, et s’étend au-dessus des sommets de l'enveloppe interne, correspondant à chaque sphère individuelle.
- Ces sphères, qui croissent tout à fait contiguës, sont d’un brun obscur, et offrent au sommet un orifice nettement limité, par où sont expulsés, à la maturité, les corpuscules reproducteurs.
- La {dante fraîche, au témoignage de Berkeley, exhale une forte odeur d'anis. Jusqu’à quel point cette odeur est prononcée, on‘peut en juger par la
- Fig. — Lu Broomeia congregaia. — L'n groupe entier et un autre en coupe.
- note relative à ce champignon qui figure dans la collection de Mac Üwan : « Je l’ai découvert, non à la vue, mais à l’odeur. Non oculis, sed naso detexi. » Plusieurs champignons de nos pays, par exemple les gros polypores qui croissent sur les vieilles souches de saule, répandent, connue leur parent africain, une agréable senteur d’anis; mais ils ne dégagent pas des émanations assez fortes {jour impressionner comme lui, à distance, un odorat humain.
- A. Acloque.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauube, rue de Fleura», 9.
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- IN0 1092.
- 28 OCTOBRE 1905.
- LA NAT LUE.
- L’OXYDE DE CARBONE ET LA SANTÉ PUBLIQUE
- On ne s’est préoccupé jusqu’ici que des intoxications par l’oxyde de carbone dans les cas, de plus en plus nombreux il est vrai, où elles ont une issue fatale et immédiate.
- Les physiologistes ont établi par des expériences nombreuses, sinon toujours concordantes, quelle pouvait être la résistance des différents animaux à l’action toxique de l’oxyde de carbone. Les expériences classiques de Leblanc et de Dumas, de Gré-hant, de Boutmy, etc., ont été ici même rappelées et commentées dans un très intéressant article de M. le D' Cartaz b
- Un fait nouveau a été mis en lumière par les travaux de l’Observatoire de Mont-souris2 : L'oxyde de carbone n'est pas seulement dangereux quand il tue. Même à l'état de traces, quand le séjour dans une atmosphère oxycarbonée est un peu prolongé, il provoque dans l’économie des troubles graves qui anémient pro-qressivement et, par conséquent, diminuent chez le sujet atteint sa résistance aux contagions microbiennes.
- Nos observations sont nombreuses. Nous sommes fréquemment appelés à examiner des locaux signalés comme suspects à la Commission des logements insalubres ; les plaintes des locataires présentent toujours les mêmes caractères : maux de
- tète, lourdeurs, parfois nausées, vertiges. Dans les appariements signalés, nous décelons, en effet, la présence de l’oxyde de carbone, mais le plus souvent à l’état de traces. Voici quelques observations empruntées à nos registres d’expériences :
- « Sur la plainte d’habitants de la rue Belle fond, nous avons fait un prélèvement dans la cuisine d’un appartement : le fourneau brûlant du charbon est allumé. Bien que la porte delà cuisine soit constamment ouverte sur l’antichambre, nous trouvons : acide carbonique 66 cent-millièmes et oxyde de carbone 6 millionièmes, c'est-à-dire 0,6 litre dans 100 m3 d’air.
- « Sur la plainte de Mlle J...., demeurant rue de
- 1 Yoy. n° 165t> du 18 février 1905, p. 178.
- 2 Annales de l'Observatoire de Montsouris, l'apport de JIM. Albert-Lévy et A. Pécoul, t. V, page 410.
- 33e année, — 2e semestre.
- Appareil indicateur d'oxyde de carbone.
- Tournon, nous avons fait un prélèvement dans la chambre à coucher. Nous trouvons : acide carbonique 54 cent-millièmes, et oxyde de carbone, traces inférieures à 1 deux-cent-millième (0,5 litre dans 100 m3 d’air).
- « Sur la plainte de M. I)...., demeurant boulevard Beaumarchais, qui a dû quitter son appartement, nous avons fait des prélèvements dans la chambre de la bonne, dans le salon, et dans une petite chambre à coucher. Nous avons constaté :
- Chambre de la lionne, oxyde de carbone.. 4cent-millièmes.
- Salon, oxyde de carbone..............4 cent-rnilliènies.
- Petite chambre à coucher, oxyde de carbone. Néant.
- « Mme I!...., demeurant rue Erançois-l1'1, se plaint de maux de tête, surtout durant la nuit : l’indisposition cesse quand elle ne couche pas dans sa chambre. L’appartement n’est cependant chauffé que par des cheminées, mais il existe au 2e étage un poêle à combustion lente, branché sur une gaine contiguë à la chambre de la plaignante. Au moment du prélèvement la température est de 10°,8, la tension de la vapeur d'eau est 5m,n,4, le cube de la salle de 51 m3.
- L’analyse nous donne : acide carbonique 75 cent-millièmes, oxyde de carbone 1,6 cenl-millième.
- Dans notre propre laboratoire, plusieurs chimistes ont été sérieusement intoxiqués et l’indisposition a duré plusieurs jours : l’analyse de l’air n’a cependant donné qu'un cent-millième d’oxyde de carbone.
- Nous avons multiplié nos expériences dans les écoles de la Ville de Paris, dans certaines salles d'hôpital, dans les salles de garde, diuis les asiles, etc. Dans certains ateliers, où des accidents sérieux s’étaient produits, nous n’avons trouvé que 1 litre à 2 litres d’oxyde de carbone dans 106 nr d’air, exactement comme dans notre laboratoire.
- Nous pourrions multiplier ces exemples qui prouvent que, même à l'état de traces, l'oxyde de carbone peut provoquer des troubles sérieux dans l'économie. Il y a donc le plus grand intérêt à rechercher, dans une atmosphère donnée, des traees d'oxyde de carbone, d’autant plus que l'examen des différents procédés de chauffage et d’éclairage
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- actuellement employés nous a presque toujours montré la formation d’oxyde de carbone.
- Comment déceler des traces de ce gaz toxique*? Jusqu’ici les méthodes d’analyse étaient absolument insuffisantes.
- L'absorption de l'oxyde de carbone par le proto-chlorure de cuivre, l’azotate d’argent ammoniacal on le chlorure de palladium, etc., était toujours très incomplète; le dosage n’avait quelque valeur que lorsque la proportion du gaz toxique était suffisamment élevée.
- Sans doute le grisoumètre de M. (iréhanl donne d’excellents résultats, mais le procédé qui consiste d'abord à extraire l’oxyde de carbone du sang d’un mammifère ne saurait entrer dans la pratique courante d’un laboratoire de chimie, pas plus du reste que le procédé qui consiste à faire l'analyse spectroscopique de ce sang.
- En 1870, M. Ditte a signalé, dans un Mémoire sur I acide indique et les iodates, l’oxydation de l’oxyde de carbone par l’acide iodique anhydre avec formation d’acide carbonique et d’iode libre.
- Cette réaction, utilisée par M. Armand Gautier, lui a permis d’atteindre une précision de 1/10000. M. Gautier avait tout d’abord dosé l’acide carbonique formé, puis pesé l’iodurc obtenu en faisant passer l’iode dégagé sur delà tournure de cuivre.
- JIM. de la Harpe et Reverdin, en 1889, utilisèrent la réaction de Ditte à la recherche qualitative de traces d’oxyde de carbone dans l’air en caractérisant l’iode par l’amidon.
- Rabourdin avait donné, il y a longtemps, un procédé de dosage de l’iode quand il est à l'état d’io-dure : mise en liberté de l’iodure par l’acide sulfurique nitreux, dissolution de l’iode dans 5 cm3 de chloroforme ou de sulfure de carbone et comparaison de la teinte ainsi obtenue, avec celle formée dans les mêmes conditions par une quantité connue d'une solution titrée d’iodure de potassium.
- M. Nicloux a associé la méthode de Ditte au procédé de dosage de l’iode donné par M. Rabourdin. C’est ce procédé opératoire que nous avons longtemps suivi, en le modifiant toutefois en un point : M. Ni-cloux proposait de chauffer l’acide iodique à 15(1°; nous ne chauffons jamais au-dessus de 100° et même nous nous arrêtons à 80°. A 150°, en effet, les gaz réducteurs qui se trouvent dans l’atmosphère agissent sur l’acide iodique anhydre et mettent de l’iode en liberté, même quand il n'y a pas trace d’oxyde de carbone.
- De 60° à 80°, comme l’a montré M. Gautier, l'alcool, l’alcool méthylique, l’aldéhyde, l’acétone, n’agissent pas sur l’acide iodique; nous-mème nous avons reconnu qu’à cette température l’aldéhyde formique existant dans l’atmosphère des villes n’a aucune action sur l'anhydride iodique.
- La méthode si précise donnée par M. Nicloux exige des manipulations, que l’on ne peut exécuter que dans un laboratoire.
- Nous avons cherché, M. A. Découl et moi, le moyen
- de déceler l’oxyde de carbone, même à l’état de traces, par un procédé automatique tel que chacun put l'appliquer dans les différentes pièces de sa maison. Notre procédé opératoire est le suivant ;
- L’air, aspiré par un appareil hydraulique (simple écoulement de l’eau d’un flacon), se débarrasse de ses poussières à travers une colonne de coton de verre et traverse un tube en U rempli d’acide iodique anhydre. Le tube est chautfé par la petite flamme d’une lampe à alcool : la température n’oscille qu’entre 70’ et 80°.
- I/air vient ensuite barboter dans un tube contenant quelques centimètres cubes de chloroforme. Si l'air examiné contient seulement des traces d’oxyde de carbone, le liquide se colore en rose plus ou moins foncé suivant la proportion du gaz toxique.
- La teinte obtenue dans le barbotcur est comparée à une gamme de liquides colorés, maintenus en tubes scellés, et sur lesquels on lit immédiatement la teneur en oxyde de carbone.
- A partir de 1/200000 (un deux-cent-millième) d’oxyde de carbone, on obtient déjà une couleur rose bien nette.
- En recevant directement les vapeurs d’iode dans un liquide volatil comme le chloroforme, il fallait empêcher l’évaporation très rapide de ce liquide; nous y sommes arrivés en surmontant fout simplement la couche de chloroforme d’une colonne d’eau distillée, dans laquelle le liquide volatil vient eon-stamment se condenser.
- La constitution des tubes à acide iodique demande certaines précautions indispensables et notamment l’emploi d’un anhydride absolument pur; on s’assure, par une expérience à blanc, que l’acide iodique ne donne pas trace d’iode. Cette opération sera nécessaire surtout après une analyse qui aurait fourni des quantités appréciables d'iode.
- Au moyen de cette méthode, nous avons pu réaliser un appareil simple, portatif, ne nécessitant pas de manipulations chimiques, se mettant immédiatement en marche par l’ouverture d'un robinet et l'allumage d'une petite veilleuse, et donnant des résultats précis en opérant sur 5,5 litres d’air.
- L’absorption de l’iode est d'ailleurs complète, car un tube témoin, mis à la suite du premier, ne se colore jamais.
- Nous pouvons donc éviter les difficultés de prélèvements d'air, et de transport dans le laboratoire. Il suffit de déposer l’appareil dans le local suspect, de le mettre en marche au moment voulu et de constater sur place non seulement la présence, mais la proportion d'oxyde de carbone, à un ou deux cenl-millièmc piès.
- Au moment où nous terminons celte note, nous apprenons que la quatrième section du Congrès de la tuberculose, qui s’est tenu récemment à Paris, vient d’accepter à l’unanimité les vœux suivants :
- Vœu proposé par MM. Juillerat et Bonnier :
- « Tous les aménagements et les dispositions des maisons devront être étudiés pour que la ventila-
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- LA NATURE.
- 551)
- tion de tous les locaux s’y ell'eclue d’une façon permanente, qu’aucune émanation malsaine ne puisse envahir les locaux d’habitation. Notamment les appareils de chauffage et les conduits de l’innée devront être construits de manière qu'aucune émanation d’oxyde de carbone ne puisse se répandre dans les lieux habités. » Adopté à l’unanimité.
- Vœu proposé par M. Albert-Lévy :
- « Les inspecteurs du travail, les directeurs des écoles publiques, les directeurs d’hôpital, etc., tous ceux en un mot qui ont la responsabilité morale de la santé de groupements d’individus, s’assureront que l’aération des ateliers, des écoles, des salles d’hôpital, etc., est à ce point assurée, que l’oxyde de carbone n’existe pas même à l’état de traces. » Adopté à l’unanimité.
- Vœu proposé par M. le docteur Moutier :
- « Nécessité de faire connaître aux habitants des grandes villes l’urgence qu’il y a d’analyser ou de laire analyser l'air des locaux habités au point de vue de l’intoxication par l’oxyde de carbone. » Adopté à l'unanimité. Alhert-Lévy.
- ESSAI DE LIQUÉFACTION DE L’HËLIUII
- Peu après la découverte de l’hélium, que l’on avait déjà reconnu être le plus permanent de tous les gaz, le professeur James Dewar annonça qu’il avait observé les premières traces de sa liquéfaction. Mais d’autres essais lui montrèrent bientôt qu’il avait été trompé par la présence, dans le gaz qu’il avait extrait de la source de Batli, de petites quantités de néon. Le professeur Olszexvski, de firacovic, qui avait déjà tenté de liquéfier l’hélium, vient de reprendre l’expérience dans des conditions meilleures, avec 300 cm3 d’hélium extraits de la llioria-nile, et purifiés par le froid. L’hélium, comprimé sous 180 atmosphères, était refroidi dans de l’hydrogène sur le point de se solidifier, puis détendu brusquement. La température atteinte dans la détente complète était, suivant te calcul, de — ‘271°, soit ‘2° absolus seulement. Même à ce moment, aucun nuage n'a été perceptible dans l’éprouvette. ' __. a . (ài.-Kn. (i.
- LES DÉPÔTS FLOTTANTS DE COMBUSTIBLE
- rOL’R LA MARINE ANGLAISE
- La marine militaire britannique vient de faire, à Portsmouth, des expériences très intéressantes sur im nouveau dépôt Ilot tant de charbon, destiné à ravitailler en combustible les navires de guerre anglais.
- Ce magasin flottant, gigantesque chaland, armé de puissanls appareils de levage, est appelé à rendre de Irès sérieux services à la Hotte britannique. Son utilité s’explique facilement : le ravitaillement rapide des immenses navires-forteresses de la marine moderne est un facteur de la plus haute importance ; car la fourniture et la livraison rapide des quantités considérables de charbon nécessaires à une escadre peuvent avoir une influence très grande sur le résultat d’une guerre maritime. Ces considérations ont décidé les amiraux anglais à étudier le système de dépôt flottant de charbon, dont les
- essais viennent d’être faits avec succès et qui servira de type pour la construction de plusieurs appareils semblables.
- L'immense bateau-charbonnier dont il est question est desliué à opérer soit dans les grands bassins des ports, soit en rade, soit enfin en pleine mer cl, quand le temps le permettra, à une certaine distance des côtes. La disposition et l’aménagement de ses grues, élévateurs, transporteurs et transbordeurs, lui permettent d’alimenter, eu même temps, six navires de guerre, qui abordent aisément conlre les lianes de ce ponton volumineux et y stationnent à la fois pendant le temps nécessaire à leur ravitaillement .
- Cet énorme magasin llollant contient 12 000 tonnes de charbon : 11 000 tonnes en vrac dans les cales, et 1000 tonnes contenues dans des sacs. II., suffit de dire, pour donner une idée de l’importance d’un tel approvisionnement, que ce stock représente le chargement de 1200 wagons de 10 000 kilogrammes chacun. L ensemble des trains pour un pareil transport, s’ils étaient placés, l'un derrière l’aulre, sur une même voie de chemin de fer, atteindrait en longueur près de 7 kilomètres et demi.
- Notre gravure fait assister aux exercices de transbordement du charbon en sacs, faits avec le nouveau dépôt flottant. Une partie de celui-ci v est représentée, sur la droite, avec les puissantes tours qui groupent les appareils de levage par sections. Le quai du port, dans la circonstance, figure le pont du navire h approvisionner. Tout l’équipage est employé à l’importante manœuvre; officiers et matelots, chacun y joue un rôle déterminé. Les diverses phases se poursuivent normalement; elles doivent se développer avec méthode et rapidité, sans précipitation ni encombrement.
- L'intérieur du chaland est divisé en douze compartiments : deux sont réservés à l'équipage, à la machinerie et à l'outillage; les dix autres sont de vastes magasins à charbon.
- A l’extrêiue-avant se trouvent, en même temps que le poste du personnel, attaché au dépôt ilottant, un atelier pour les réparations et un magasin contenant le matériel de rechange, nécessaire à l’entretien des importants appareils de levage.' Dans la partie arrière, on a groupé les machines, 050 chevaux de puissance, les générateurs, les dynamos, etc. : l’usine électrique, en un mot, qui actionne tous les appareils élévateurs ou transbordeurs el fournit la lumière nécessaire, pour faire travailler pendant la nuit, si cela est utile.
- Les dix compartiments, destinés à recevoir la cargaison, sont formés par des cloisonnages métalliques, disposés avec des couloirs armés de trémies à glissières pour le remplissage automatique des sacs, et munis de 240 trappes mobiles servant à la manipulation du charbon.
- Un système de ventilation et des tubes d’aspiration assurent l’aération constante des comparli-v
- monts, couloirs et trémies, et permettent l'évacua- . —
- 1 *s.
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- L A N AT L H K.
- o 40
- tion totale des poussières. De cette manière, les hommes employés aux manutentions ne sont incommodés en aucune façon ; ils peuvent donc fournir le maximum de travail avec la plus grande rapidité possible.
- Les appareils de levage sont groupés sur quatre tours, qui se dressent, lourdes et massives, au-dessus du pont dn chaland, et se meuvent sur une voie longitudinale. Leur mobilité permet aux groupes d’élévateurs de prendre la place qui leur convient le mieux.
- Chacune des quatre tours comporte : o transporteurs système Temperley opérant avec des bennes métalliques, et 2(1 élévateurs-transbordeurs de sacs.
- L’ensemble de l’outillage comprend, en conséquence, 12 transporteurs et 80 élévateurs, avec lesquels il est possible de manutentionner 600 tonnes de charbon par heure de travail. 11 faudrait donc seulement vingt heures pour livrer aux navires les 12 000 tonnes de combustible du dépôt flottant ; mais on compte environ vingt-trois heures à cause des pertes de temps dues au mouvement des navires. Il y a forcément, en effet, un arrêt entre le départ du vaisseau ravitaillé et l'accostage de celui qui vient lui succéder.
- Nous avons dit que six navires de guerre peuvent prendre place en même temps et rester amarrés contre les lianes du dépôt flottant. Si nous considérons que 600 tonnes représentent l'approvisionnc-
- Dépôts flottants de combustibles pour la marine anglaise.
- ment moyen d’un des géants maritimes modernes, le ravitaillement de vingt navires de guerre pourra être fait en moins d’une journée par le nouvel appareil dont il s’agit ici, soit en rade, soit au large.
- Les douze transporteurs Temperley et leurs bennes ne servent pas seulement à ravitailler les vaisseaux de guerre; on les emploie aussi à charger le dépôt flottant, et c’est par eux qu’on introduit dans les magasins de l’immense chaland les 12000 tonnes de charbon.
- Un des quatre Iransporteurs de chaque tour est disposé de manière qu’il puisse également être employé à prendre du charbon directement dans des cargo-hoats placés à tribord du dépôt flottant et le transborder sur des navires de guerre situés à bâbord, ou vice versa.
- Nous avons dit que 1000 tonnes de charbon sont en sacs dans le magasin flottant. Ajoutons que la plus grande partie des 11 000 autres tonnes est également livrée aux navires dans des sacs, et cela grâce à la disposition intérieure des compartiments du chaland. Les trémies et les trappes sont disposées de manière à permettre le remplissage automatique des sacs, opération qui se fait avec une grande rapidité.
- L’amirauté britannique a compris tous les services que lui rendront les dépôts flottants. Les essais faits sur le n° 1 ont été concluants. Ce premier appareil sera dirigé sur Devonport; un second, plus grand encore, qui vient d’être commandé, sera at-fecté à Portsmouth. Wiu Darvillé.
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- LA NATURE.
- r, il
- LES PUITS ARTÉSIENS DE LA RASSE-SEINE ET DE PARIS1
- ii
- PUITS DE PARIS
- Nous arrivons aux puits de Paris et Lien qu’ils aient tous été décrits dans La Nature, nous en résumerons les données principales en examinant en premier le plus ancien, le puits de Grenelle; nous ne pourrons dire que peu de mois du puits de Passy n’ayant vu ni collection, ni journal détaillé des foreurs. L'examen de sondage de la Butte-aux-Cailles nous dispensera de l’étude de ceux de la Raffinerie Say, mais nous donnerons pour le puits de la Chapelle des détails originaux ayant été à même d’examiner avec soin une collection complète des échantillons.
- Puits de Grenelle
- (Par Mulot, à Paris-Groncllo, pour la Ville. — Altitude :
- 57 mètres.)
- Profondeur Epaisseur
- (En mètres.)
- Terre végétale et diluvium................... 0 à 10 10
- p . ( Calcaire grossier............ 10 à 11 t
- .oeene. . . ^ Argile plastique, glaises . . 11 à 41 50
- Craie Manche — Sénonien......................41 à 528 207
- — marneuse— Turonien.............. 528 à 465 127
- — glauconieuse — Cénomanien .... 1655502 57
- Gaizc-Vraconien........................... 502 5 550 28
- Sables glauconieux, argile noire, ligniles;
- pyrites, fossiles. —Albien............. 550 5 548 18
- Diamètre final 7 centimètres, ensablement continuel, diminution de débit, curages fréquents et onéreux, résultat tout à fait disproportionné avec la forte dépense.
- Puits de Passy
- Par Kind et C°, 5 Paris, pour la Ville. — Altitude : 55 m.)
- Profondeur Épaisseur (Kn mètres.)
- Terre végétale.............................. 05 1 1
- „ ,t i ( Calvaire grossier.................. 15 1!) 18
- ‘ ocene . . . j Argile plastique...............19 5 55 54
- Craie blanche, marneuse, glauconieuse, non divisée................................. 555 576 525
- Première nappe dans des sables glauconieux. 576 5 587 11
- Deuxième nappe dans des sables grossiers. 587
- Diamètre final 9 centimètres, jaillissement 20 m., température 28°. Aussitôt la seconde nappe atteinte on remarqua une diminution considérable du débit du puits de Grenelle ; pour remédier à cet inconvénient on prolongea de 20 mèlrcs la colonne ascensionnelle de Passy et le puits de Grenelle augmenta de débit; il ne reprit cependant jamais son volume primitif, ce qui s'explique aisément par la présence de sables entraînés dans le tubage, alourdissant la colonne et n’en pouvant plus sortir. Voici les chiffres très instructifs de ces essais, en litres par minute.
- Débit du puits de Grenelle le 24 septembre 1861
- (avant l’ouverture de celui de Passy)........... 650 litres
- Débit de Grenelle au 15 octobre, après le débouché de celui de Passy............................ 420 —
- Débit de Grenelle après la surélévation du tubage du puits de PaS'V, le 28 octobre................. 460 —
- Puits 5 Eolienne, 5 La Barre (Eure).
- Quant au puils de Passy il donnait au sol, au moment de l’ouverture, 1600 mètres cubes par jour; il n’a plus donné à l’altitude de 75 mètres que 8200 mètres cubes.
- Puits de la Butte-aux-Cailles Pour la ville de Paris, par MM. Dru et Arrault. Altitude : 57 mètres.)
- Profondeur Epaisseur
- (En mèlrcs.)
- ( Terre limoneuse, sables Éocène . . .) moyens, calcaire grossier,
- / argile plastique........... 05 06 66
- , ( Craie blanche, craie mar-
- .ritait . . . neuse et glauconieuse. . . 66 5 586 440
- Marne siliceuse grise, ébouleuse, fossilifère
- — Yraeonien............................. 506 5 552 26
- Sables glaueonifères et argile noire. . . . 5525 567 55
- Sables grossiers, pyrites, nodules, deuxième
- nappe (Gault infcrr).................... 567 5 582 15
- Tubage initial de 2 mètres de diamètre jusqu’à 89 mètres, réduit à 90 centimètres de 89 mètres à 550, puis à 60 centimètres de 550 à 542 et à 50 centimètres de 542 à 566.
- La première nappe à 567 mètres ne donnait que 7 litres par seconde, la seconde nappe a donné 701itres par seconde. Cette eau ferrugineuse et sulfureuse n’est guère propre à l’alimentation, elle desservira une piscine et des bains publics ainsi qu’un lavoir, iem-péralure 28° ’.
- t Voy, n° 1690, du 14 oçlobre 1905, p. 50Q.
- * Vqy. D" 1597, du % janvier 1904, p. 65,
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- 342
- LA NATURE.
- Puits de La Chapelle
- Tlacp Hébert
- (Pour la ville de Paris, par MM. Lippvnann et O.
- Ail il iule : 50 mètres.)
- Profondeur Epaisseur (En mètres.)
- Terre végétale et marnes du gypse. . . 0 à 0 0
- l Sables <le Monceau . . . 0 à 8,10 2,10
- \ Calcaire il e Saint-Oueii. 8.10 à 20.70 12,60
- Eocènc ... X Sables de Iieauebamp. . 20.70 à 51,40 10,70
- / Calcaire grossier. . . . 51,40 à 74,10 42,70
- Argile pla stiipie 74,10 à 122.20 48,10
- Craie séiioiiienne fossilifè 122,20 à 459 ,157
- Craie turonie une à lnoreramus la-
- liia tus. etc. 459 à 615 154
- Craie (Tiiomanicnno 015 à 050 57
- Marin * viîiconii Mme, i'ossil 1 itère 050 à 087 57
- Argile noir e du Cault : Ino-
- erra mus concentrions. 087 à 705 18
- Sables et graviers du Cault, 705 à 712 7
- Albien. . . A avec : Ammonites Rau-
- I Uni, A. Deluci,llmniles I rotundalus, l'enus Vi-\ brai/ei.
- Diamètre initial lm,80 jusqu’à 54 mètres, se-cond tube de IIn,fiü jusqu'à 140 mètres, de I "l,àà jusqu'à fil5 mètres, de 10(1 centimètres jusqu’à la lin. Tube unique en cuivre. Température 54°, débit 1000 mètres cubes par 24 heures. Il est à remarquer que cette profondeur, très sensiblement plus grande (pie celle des autres puits de Paris, est provoquée par l’accroissement considérable en épaisseur des diverses assises crayeuses au voisinage du Synclinal géologique de Saint-Denis1.
- Sondage de Vincennes2
- (Dans l'enceinte de l’Expnsilion de 1900, par MM. Dumont-. boudin et G". — Altitude : 50 mètres.)
- Profondeur Epaisseur
- (En mètres.)
- ^ { bimon et calcaire grossier . 0à 55 55
- .ou tu )) \i*gi]o plastiipie.............55 à 102 07
- Sénonien. . . Craie blanche, assises diverses....................................102 à 540 244
- Turonien. . . Craie grise, assises diverses. 540 à 460 114
- Cénomanien. Craie glauconieusc .... 400 à 507 47
- Vraconien. . (laize ébouleuse............ 507 à 528 21
- Albien . . . Sables et argiles noires . . 528 5 599 09
- Ue qui est remarquable dans ce forage, c’est la
- rapidité avec laquelle il a été effectué, en six mois à peine; on a employé les procédés américains de forage à la corde avec un long trépan, qui permet un avancement ultra-rapide dans les terrains tendres. .Mais ce matériel est impuissant à donner un effort de torsion nécessaire au passage dans les argiles, et il n'a pu traverser convenablement l’argile du gault; le diamètre était d’ailleurs devenu trop faible, car on n’avait pas pensé, au début, avoir à atteindre une profondeur pareille : il a donc été abandonné, ne donnant qu'une quantité d’eau insignifiante. Un premier tubage descend jusqu’à 100 mètres, un second jusqu’à 215 mètres, le troisième atteint 441 mètres.
- 1 II. Thomas. Le nouveau puits artésien de Paris, Revue scientifique, 25 février 1888. — M. de jNansouty. I.e puits de la place Hébert. Yoy. nos du 14 juillet 1888 et 5 mai 1888.
- 2 Yoy. n° 1458, du 15 décembre 1900, p. 57.
- III
- co.vnriTK des travaux de forages
- L’entreprise d’un forage un peu profond reste toujours un travail assez aléatoire.
- 11 faut compter avec des incidents multiples, provenant des ouvriers, des outils, du terrain ; incidents qui sont ici bien plus graves que dans toute autre industrie, puisqu’ils peuvent devenir l’origine d’accidents irréparables ou la raison cachée d’un insuccès.
- Un entrepreneur sincère ne doit garantir ni le volume de l’eau, ni son niveau hydrostatique; cet aléa doit rester à In charge dit propriétaire. 11 faut s'entourer au préalable de tous les renseignements possibles sur les travaux analogues effectués dans le voisinage, sur la nature du terrain, sur le volume nécessaire et sur l'altitude à laquelle il faudra conduire l’eau.
- Aussitôt les travaux commencés, il faut recueillir une collection complète des couches rencontrées et s’assurer de leur détermination auprès d’un géologue, comparer le résultat aux prévisions; il importe surtout de ne pas dépasser les couches aquifères, nous connaissons des forages qu’on a approfondis à grands frais snr des centaines de mètres, soit dans la craie, soit dans le jurassique, sans aucune nécessité et sans espoir possible. Un point important esl la constatation soigneuse de la profondeur de l’eau dans le forage., elle doit, être prise chaque malin avant le commencement des travaux, le moindre mouvement dans la nappe est un indice do première importance; nous savons des mouvements d'eau insignifiants, décelant des nappes partiellement masquées par les argiles entraînées par les cuillères et qu’un pompage énergique a fait jaillir. Le pompage s’impose comme un élément essentiel, comme une nécessité des entreprises; il permet de s’assurer du volume et de la permanence des eaux découvertes, il doit être fréquemment tenté.
- Nous disons que les éléments de succès pour un puits sont dominés par les conditions géologiques, mais il convient tout d’abord de s’entendre sur ce qu’il faut définir par un succès : c’est exclusivement la découverte d’une eau abondante, la question du niveau qu’atteindra cette eau ne vient qu’après, tontes les eaux artésiennes ne sont pas forcément jaillissantes, elles peuvent être ascendantes seulement. Rien mieux, le succès peut être dans la rencontre d’une nappe descendante, dans un abaissement du premier plan des eaux, si quittant un niveau précaire et de mauvaise qualité, on découvre dans le lréfond un niveau permanent et pur.
- Les eaux souterraines circulent le [dus souvent dans les sables, c’est leur régime le plus régulier, elles se propagent également dans les calcaires fissurés en un tracé presque toujours capricieux, inégal, sur lequel’on ne peut positivement compter; dans î^s terrains primaires le régime des eaux profondes è^t pour ainsi dire inconnu. En France, ce sont presque exclusivement dans les assises tertiaires
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- LA NA T TU K.
- 7)4.”)
- et crétacées (jn'on peut rencontrer des eaux avec succès. En une meme région, la condition d’emplacement (‘si fort importante, et la règle la plus générale <|u’on puisse donner est qu'il vaut mieux s'établir au point le plus bas de tous ceux qu’on peut occuper. Il est toujours possible quand on a trouvé l’eau de la conduire jusqu’à son lieu d’utilisation; si l’on peut disposer de la moindre chute, l’établissement d’un bélier hydraulique permettra une surélévation partielle du débit découvert; une chute à l’intérieur d’un puits peut être utilisée.
- Généralement il est économique de commencer tout l'orage dans un avant-puits fait à la pioche et descendant jusqu'aux premières eaux. Ce puits aura au moins I mètre de diamètre intérieur, il devra être maçonné et cimenté avec soin pour éviter les infiltrations supérieures, les éhoulements, et faciliter l’installation au besoin d'un système de puisement. Un puits ordinaire fait par un maçon peut coûter 20 à 50 francs le mètre, tandis qu’un forage coûte toujours 100 à loO francs le mètre courant, l’économie est sensible.
- En principe, tous les forages doivent être tubés et pourvus d’un tube unique, étanche. Des exemples nombreux prouvent qu’il ne faut point mêler les nappes : on comprend que si l’on met en contact deux niveaux d’eau séparés par une masse imperméable, le niveau final s’établira à la cote la plus basse, au détriment de la force ascensionnelle du niveau inférieur. Souvent, quand les forages ne sont pas tubés ou sont mal tubés, le courant inférieur découvert, quand il n’est pas très fort, se perd en remontant et en traversant des couches perméables; il en résulte ipie tous les tubages dits télescopiques sont mauvais, qu’ils représentent une méthode défectueuse et coûteuse qu’il faut absolument proscrire ; c’est l’origine de très nombreux mécomptes que les opérateurs cherchent vainement à cacher.
- 11 importe aussi de commencer les forages avec un diamètre assez grand, qui soit proportionnel à la nature du terrain à prévoir et au but final qu’on désire atteindre. Toute réduction de diamètre ne doit être effectuée que quand on y est absolument contraint et forcé par la nature des couches, le refus de descente de la colonne, les grands éhoulements ; la descente d'un nouveau tube concentrique au premier doit se faire avec un diamètre aussi voisin que possible du précédent, et cette colonne réduite doit être tenue en tête comme la première et comme les suivantes jusqu’à la mise en place de la colonne définitive. Aussitôt la mise en place du dernier tube, on retirera les tubes de service de diamètre supérieur devenus inutiles, et on coulera dans l’espace annulaire périphérique un béton fin, qui garantira l’étanchéité du forage et qu’on pilonnera avec soin. L’épaisseur de tôle des tubages est proportionnelle à leur diamètre ; ces tôles doivent être rivées à plat soigneusement; on leur substitue souvent aujourd’hui des tubes d’acier vissés d’une solidité et d’une étanchéité bien plus parfaite.
- Il est très difficile, sinon impossible, d’établir une règle pour le diamètre des tubages qu'il est préférable d’adopter, mais on peut partir du principe que b s grands diamètres sont les plus avantageux, la dépense n’est pas proportionnellement aussi rapidement croissante (pie le volume d’eau obtenu. C’est surtout lorsqu’il s’agit de prendre l’eau dans les sables que les grands diamètres sont utiles, l’entraînement des sables n’y paralyse pas autant la force ascensionnelle; on conçoit que dans un diamètre de 7 à 10 centimètres l’eau et le sable forment une émulsion pesante qui arrête le débit, détériore les pompes et conduit même à la perte des travaux. Si on pouvait prévoir la grosseur du grain des sables et la largeur des fentes dans les calcaires, on pourrait proportionner le diamètre aux débits désirés, mais ces conditions sont justement les points inconnus, et force nous est de nous tenir dans une dimension moyenne et de préconiser d’aborder les nappes, pour les services particuliers, au diamètre de oO centimètres par exemple. Si, d’autre part, on venait à donner à la veine liquide un émissaire supérieur au volume qu’elle peut fournir, nous verrions la veine liquide se tordre, se tasser, perdant sa puissance, comme un cours d’eau réduit dans une vallée devenue trop large et qui y serpente paresseusement, et ce serait un autre inconvénient. 11 faut compter, dans les forages, sur une perte de charge énorme; il a été impossible de déduire le niveau des puits artésiens de Paris de l’altitude des points d’affleurements du Gault en Champagne par exemple ; les choses ne se passent pas da'ns la nature comme dans les tuyaux fermés avec lesquels les mathématiciens ont expérimenté-, nous avons vu que le débit d’un forage diminue très rapidement avec le point d'ascension où on le soutire. La grosseur du grain des sables, sa densité, son mélange avec plus ou moins d’argile sont des éléments qui influencent également le résultat final de la manière la plus imprévue. On peut aussi combiner la recherche de l’eau avec d’autres éléments des forces naturelles ; dans la région de l’ouest de Paris, depuis quelques années, les pompes à veut ont pris un très grand développement. Nous donnons la figure d’un dispositif qui fonctionne parfaitement à la Barre en-Ouche (Eure) par les soins de MM. Dumont-Gondin et C°; MM. Lippmann et C° ont travaillé pour une installation analogue au Boullay-Mivoye. Il est nécessaire, quand on emploie le vent comme moteur, d’établir .un réservoir très vaste ; il est prudent même de ménager au niveau de la pompe une poulie de secours à laquelle on peut atteler momentanément une locomobile agricole, pour remplir accidentellement le réservoir en cas de persistance de calme atmosphérique. 11 ne faut pas demander aux forages plus qu’ils ne peuvent donner ; nous pensons qu’ils peuvent donner mieux et à meilleur marché, en s’entourant de renseignements et en rédigeant des contrats bien nets dans lesquels la somme d’aléa sera délimitée aussi étroitement que possible. G. Dom.fcs.
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- LA N AT URL.
- TA l
- LA VALLEE DES ROSES BULGARE
- On est toujours un peu étonné de voir le déveloj)-pement industriel que sont susceptibles de prendre par endroits telles ou telles cultures, auxquelles on n'avait jamais pensé que connue aux produits d'un jardinage tout à l'ait restreint.
- Aux portes de Paris, on éprouve une surprise de ce Relire en trouvai! I, près de Marcoussis, des champs entiers de violettes et en voyant afficher chaque jour (( cours de la liourse » qui concerne ces Heurs.
- Au meme (Mi-droit, comme en divers autres points de la banlieue, il existe des étendues importantes couvertes en fraisiers, et ceux qui ont visité, dans la campagne romaine, le lac Aemi ont pu observer sur ses bords une semblable culture intensive des fraises. Un voyageur, qui serait transporté soudain en Bulgarie, dans la longue vallée de la Touudja, comprise entre le Bal-kan et la Sredna (iora, vers smlik, Maglish ou llainkioj, aurait à un haut degré ce genre d’étonnement en traversant, sur des kilomètresjde long, des champs uniquement cultivés en rosiers.
- Mais, s'il avait auparavant eu l’occasion do causer avec quoique habitant du pays, la surprise serait moindre sans doute; caries bulgares sont très fiers de leur « vallée des roses », et ils en parlent aussitôt à ceux (pii leur témoignent l'intention de parcourir les Balkans.
- Ayant eu l’occasion récente de faire deux voyages successifs h cette vallée des Roses, j’ajouterai quel-
- ques détails personnels à ce (pie l’on connaît généralement de cette petite industrie1.
- La culture industrielle des roses n'est d’ailleurs
- pas exclusivement réservée à la Bulgarie, et, dans nn de ses derniers livres, Pierre Loti, en nous conduisant « vers Ispahan », pouvait nous décrire les merveilleuses étendues de rosiers qui précèdent la vil bu mais, en Europe, je crois que la Bulgarie délient à cet égard un monopole, et les essais qui ont été faits récemment pour acclimater ces plantations dans d'autres régions ont eu, pour la plupart, peu de succès.
- Les parties de la Bulgarie cultivées en rosiers se
- trouvent surtout dans l'arrondissement de Kasan-liksnrlaToundja, bien qu’il existe aussi des plantations semblables sur la Slrema, <pii se jette dans la Marilza un peu en aval de Philip-popoli et du côté de St ara Zagora. La situation est évidemment très favorable sur le liane Sud de cette longue chaîne Est-Ouest des Balkans, dans une terre fertile et que les paysans cultivent avec ardeur. Là les rosiers alternent avec les vignes, le maïs et quelquefois les plantations do tabac. Mais, de temps à autre, la végétation s'interrompt pour faire place à un immense champ de cailloux, comme celui que notre vue montre, débouchant par la vallée de Tvarditza ; ou bien l’on assiste
- Fi<r. 1. — Débouché du torrent de Tvarditza.
- * Vov. ii° 1596, (lu 26 décembre 1903, p 49,
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- LA NATURE.
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- à co spectacle singulièrement bizarre de noyers ou de chênes poussant comme une sorte de cépée aux rameaux obliques, comme une fou relie multiple dont le manche resterait caché, l’arbre étant enterré dans les cailloux amoncelés jusque par-dessus la séparation des branches. C’est le résultat lamentable des ravages torrentiels, que le ministère de l’Agriculture bulgare essaye en ce moment d'arrêter avec le concours de forestiers français.
- L’industrie de l’essence de roses est déjà ancienne en Bulgarie, où elle remonte à près de 180 ans. Les roses cultivées sont la rose rouge (Rosa damascæna) et la rose blanche (Rosa alba).
- Quand on visite le pays en automne, le tableau qui en résulte n’a rien de pittoresque. Les pieds de rosiers sont alignés comme des ceps de vignes, avec
- des intervalles qu'on laboure à la charrue. L’aspect de ces maigres arbustes liants sur tige et pauvres en feuilles étonne plus qu’il ne séduit; mais, au printemps, l’aspect change et la magie commence. Alors tout le pays apparaît comme un grand parterre aux fleurs rouges ou blanches, d'où s’exhale une odeur pénétrante. Dans celte saison, un luxe qui remonte aux Romains consiste à prendre, dans une des nombreuses stations thermales de la Bulgarie, un bain de roses. On jette dans l'eau chaude de la piscine une dizaine de kilogrammes de roses dont les pétales s’éparpillent, dans l’eau, puis s’y rassemblent par guirlandes en embaumant.
- Le moment venu, c’est-à-dire du 15 mars au 15 juin, il faut faire la cueillette avec des précautions spéciales. Si l’on veut, en effet, que les fleurs gardent
- Fig. 3. — Alambics pour la distillation de l'essence de rose.
- toui Jour parfum, il est nécessaire de choisir l’instant exact de la maturité; c'est pourquoi la cueillette, opérée par des femmes ou des jeunes filles, doit être effectuée de préférence avant le lever du soleil, du moins avant que la chaleur du jour ne soit trop forte.
- Les roses cueillies, leur distillation s’exécute couramment dans les appareils les plus rudimentaires. Chaque propriétaire de rosiers a son alambic et distille ses fleurs, comme nos bouilleurs de cru leur alcool (voir la ligure 5).
- La distillation (qui a déjà été décrite ici même) s’effectue en deux fois, donnant d’abord Veau <le roses, puis Yessence de roses.
- Ajoutons pour finir quelques chiffres statistiques.
- La superficie cultivée en rosiers est [tassée de 4844 hectares en 1896 à 5960 en 1905. L’hectare de rosiers coûte en moyenne 2000 à 2500 francs. On estime, d’autre part, que, dans une bonne année, un hectare de rosiers peut produire 5000 kg de
- roses; ou, comme il faut au moins ce poids de fleurs pour obtenir un kilogramme d’essence de roses, la récolte d’un hectare dans une année est d’environ 1 kilogramme d’essence. Heureusement le kilogramme d’essence de roses, à son tour, arrive à valoir plusieurs centaines de francs (800 à 1000 francs quand on l’exporte) : ce qui, malgré les commissions perçues par les intermédiaires et malgré les frais spéciaux de la culture, représente encore pour le paysan, comme c’est le cas cette année, quand sa récolte a réussi, un joli bénéfice.
- Les exportations de la Bulgarie sont montées en 1900 à 5546 kg d’essence de roses, dont la France a pris la plus forte part (1548 kg), puis l’Angleterre ( 1174),' Turquie (886), les r.tals-Unis (849), l’Allemagne (568), etc. Un tiers de la production bulgare est donc envoyé à nos parfumeurs par les négociants de Kasanlik et utilisé par eux, notamment à tirasse, pour exalter et fixer les divers parfums,
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- LA NATURE.
- r>R>
- Ut‘U(‘ situation a naturellement donné 1"idée <!<• ] développ»T à firass»' la cullur»' di's rosiers, (|ui, arluellem«‘nl, y sert seulement à produit’»' un peu «IVau do rosos t‘l l’on a fait, en ces dernières années, (|nel(|ties essais dans ee sons. L'Allemagne a également tenté d'introduire élu*/ elle cette industrie, (‘I l’on a développé aussi des plantations de rosiers dans le Lanças»1 et à Rrousse.
- (tn a pu constater alors scientiliipiemenl, comme on 1»* savait déjà d’une façon moins précise, <pie les diverses roses étaient loin d’avoir tontes une odeur analogue: telle sent le muguet (Rom Rijiartii), telle le réséda (Rom Canina), telle même (Rosa luira) a une désa gavai de odeur de punaises.
- Il v a ainsi essi'nc»' de roses l'I essence de roses, connu»' il y a fagot et fagot: mais, »piand l'essence est de lionne ipialilé. comme celle d»' la « YalhV îles Ros»‘s », il en faut des traces insignifiantes pour parfumer, et un petit llaeon d'essence soigneusement bouché emliamnr toute la jiièce où on le conserve.
- En outre des diverses ipialilés de fleurs »pie je viens de signaler, l'énorme prix de cette substance laiss»* aiséint'iil supposer »pie tout ce «pii passe dans le commerce de la parfumerie'sous le nom d’essence »l»' roses n’a pas été obti'im en réalité parla distillation dt's roses, quelles tpi'elles soient. Là, comme partout, la falsification se donne libre carrière et, notamment, l’essenc»' de géranium est très utilisée en pareil cas. Aussi, en Bulgarie, où l’on tient à bonneur de garder la réputation de l’essence produite, l’introduction de cette substance falsificatrice, »pii vii'iil surtout de Turipiie, »isl-»dle formelb'ment et sévèrement interdite. L. Dr Laixay.
- NOS ANDIAEX IlOMESTIOIES
- I.E CHAT
- Les images du chat, que nous voyons sur les monuments égyptiens, sont celles du cbat ganté, Felis maniculnla, d’où les naturalistes modernes font descendre toutes les espèces domestiques. Ruppell l’a découvert en Nubie, sur la rive occidentale du Nil, dans une steppe déserte près d’Ambukol. Plus grêle <pie notre chat ordinaire, il en a presque la taille et mesure 78 centimètres dont a4 pour le corps et 24 pour la queue. La partie supérieure de sa fourrure est d’un jaune-fauve rougeâtre, le même Ion, plus clair, couvre les lianes et se transforme en blanc pur sous le ventre. Sur le dos s’étend une longue bande noire, où prennent naissance des raies brunes et étroites »jui, transversalement, longent le tronc. Sa longue queue, jaune-fauve, se termine par une pointe noire précédée de »|uel»pies anneaux de même couleur. Un type parfait de ce genre est représenté au tombeau de Nakht. Assis à côté de la dame Taoui, il savoure un poisson »|ue sa maîtresse lui a abandonné (fig. 1).
- 1 Yoy. ii“ 1751, du H janvier 1905, p. 107.
- Malgré le rèle joué par ce ipiadrupède dans les mythes égyptiens, on n’en trou v»' pas de trac»' au temps de I ancien empire; c'est si'ulement sous la VIL dynastie, dans les hypogées de lleni-llassan, »pi’il commi'iice à paraître. Originaire de l’Ethiopie, ce fut sans doute lors d»' la complète de c»> pavs par Ousertesen I1'1', ipi’on l'amena en Egypte où il se multiplia rapidement. De là, il s'introduisit, mais fort lard, en Syrie et en Arabie. Il était l'animal préféré du prophète Mahomet.
- Aujourd'hui encore, 1»' chat domeslitpie de l’Yémen et de la ci'ite occidentale de la mer Bouge est idenli»|uenient semblable au chat ganté primitif.
- En Egypte, on le nommait ni a ou ; ta-maou, la chatte, était fréijuenmient employé comme nom de femme. Les Assyriens et les Babylonit'ns ne connurent point le chat, la Bible n’en parle pas, et l’on ignore s’il a eu jamais un nom hébreu.
- Hérodote est le premier historien grec (jui en fasse mention, en parlant du chat sacré des anciens Egyptiens. Toutefois, on ne trouve l’image de ce félin sur aucun monument des belles périodes classiques®. Ce n’est »{u’à partir du me siècle après J.-C. «pie nous le voyons, peu à peu, se répandre sur le monde romain, d’où il pénètre dans l’Europe occidentale vers le dixième siècle de notre ère.
- Tirant parti des instincts de ce carnassier, les Egyptiens sont les seuls »pii l'aient utilisé pour la chasse au marais ; ils le dressèrent à rapporter oies, canards et autres volatiles tués ou ldessés à coups de boomerana. Une peinture de Boni-Hassan nous montre l’un de ces animaux aux aguets sur une tige de papyrus (fig. 2).
- Ami de la maison qu’il débarrassait des rats et des serpents, choyé de tous, il n’est pas rare de le voir représenté, ici faisant son ronron, là s’ébattant avec grâce sur les bras arrondis de sa charmante maîtresse.
- Même à l’état sauvage, il était apprécié des dames égyptiennes comme objet d’agrément. Dans une tombe du Cbeik-abd-el-Cournab, l’un de ces «pia-drupèdes furieux, le poil hérissé, dédaignant la nourriture mise à sa portée, fait de prodigieux efforts pour rompre la corde <pii Je retient captif.
- De nos jours encore, dans la Haute-Egypte, on trouve le chat sauvage parmi les rochers et les vieilles ruines où, dit-on, il vit en très mauvais voisin avec les serpents et les chacals.
- Les services rendus par le chat, ses yeux <|ui, dans l’obscurité, brillent d’un éclat étrange, son corps phosphorescent d’où jaillissent de pales lueurs quand on le frotte, ses allures mystérieuses, tout dans ce quadrupède leur paraissant surnaturel, les Egyptiens le consacrèrent au soleil.
- Une inscription le nomme « Vie de Ra » et au chapitre XYll du Livre des morts, il nous apparaît, en effet, comme une divinité lumineuse luttant pour
- 1 Brolim. Les Mammifères, t. I. p. 285.
- 4 K. I,ciinrmmit. Les Premières Civilisations. Le Chai domestique, p. 5(17.
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- le bien contre le mauvais principe ; ce passage est ainsi conçu : a Je suis ce grand chat du bassin des perséas dans An ; celui qui eut la garde des coupables, le jour de l'anéantissement, des ennemis du Seigneur. Le grand chat qui est au bassin des perséas dans An c’est lia lui-même’ ». L'image de cet animal mythologique nous est offerte par le tombeau de Seti 1er. 11 est tout noir, assis et occupe le second couloir à gauche dans le haut ; l’inscription placée au-dessus Manu ââ, le grand chat, ne laisse aucun doute à cel égard (lig. o). Nous le voyons plus fréquemment dans son rôle de justicier où, armé d'un glaive, il est en train d’occire le serpent Apap, emblème des ténèbres, ennemi du soleil.
- Toutefois, un autre chapitre semble lui attribuer quelque chose de (ypbonien. Le défunt s’adressant à une vipère qui veut lui barrer le chemin, la conjure de s’arrêter et lui crie : « O reptile ! ne marche plus, tu as mangé le rat abominable au soleil et dévoré les os du chat immonde ! »1 2 3 .
- La chatte divinisée, à son tour, fut considérée comme la vivante image de la déesse Bast, ou Besef, fille d’Osiris et sœur d’Ilorus. Sous ce nom elle était une forme adoucie de Sekhet, la terrible déesse à tête de lionne; mais alors que celle-ci symbolisait les feux du soleil dans leur action dévorante et funeste, Bast, au contraire, était l’emblème de la chaleur tempérée, douce et vivifiante. Des statuettes de bronze la représentent sous l'aspect d’une femme aux formes élégantes et à tête de chatte, le cou orné d’un riche collier qui, amplement, s’étale sur une tunique étroite à raies longitudinales. Sa main droite agite le sistre, celle de gauche porte contre son sein l’égide léonine, tandis qu’à son bras pend un vase sacré contenant l’eau lustrale (fig. A). A ces attributs vient parfois s’ajouter l’image de son (ils Ncfer-Toum. Nous la voyons aussi tenant un serpent pour indiquer son intluence tutélaire contre les reptiles5.
- On pratiquait le culte de Bast dans l’Egypte tout entière depuis le Delta jusqu’au delà des cataractes4, mais c’est à Bubastis, où elle était plus spécialement vénérée, que s’élevait son principal sanctuaire.
- Ce monument, orienté à l’Est, formait presqu’île. Venant du Nil, deux canaux, larges de cent pieds et ombragés de grands arbres, couraient parallèlement jusqu’à l’entrée de l’édifice; là se dirigeant l’un à droite, l'autre à gauche, ils l’entouraient de toutes parts, baignant son mur extérieur sur lequel sedéta-. chaient, en relief, de nombreuses figures. En dehors de quelques salles secondaires, ce temple comprenait quatre enceintes principales se faisant suite. La première mesurait 80 pieds sur 160, elle donnait accès à un large vestibule, où s’élevait une
- 1 Cliap. XVII, lig. 45 à 47.
- 2 Liv. des Morts, chap. XXXIII, 1. 1.
- 3 Clialias. Papyrus magique Harris, p. 177.
- 4 Itrugsch. Dictionnaire géographique de l'ancienne
- Egypte, p. 206 à 208, 710, 955, ele.
- porte monumentale de granit rose, couverte de bas-reliefs rappelant les divers épisodes de la fête Seb qu'on célébrait tous les trente ans. Ces sculptures constituent l’une des parties les pins intéressantes qu’aient épargnées le temps dans cette construction.
- Les tableaux du bas, presque tous pareils, représentent Osorkhon II et sa femme la reine Karama en présence de la déesse Bast et lui rendant hommage (fig. h). Nous voyons ensuite, précédée d’un immense tambourin, une théorie de prêtres couverts de nébrides et portant des étendards, des femmes battant des mains ou frappant le tambourin. Les représentants des peuples soumis à l'Egypte figurent aussi dans ce cortège. Ethiopiens, Nomades du désert, habitants de la Troglodytique sont prosternés à plat ventre, respirant le sol sur le passage de Pharaon. Divers épisodes se développent le long des murs formant ébrasement. A droite, voici les Pygmées,
- P Hippoïÿfe-.Boussac de\-
- Fi*?. 1. — Le Felis maniculala (peinture du tombeau de Nakht).
- célèbres par leurs démêlés avec les grues. Venus du Bahr-el-Uhazal et autres régions à l’ouest du Nil supérieur, ils sont attachés au temple en qualité de gardiens et, armés de bâtons, précèdent les pontifes. A gauche, nous assistons à l’exode de la barque sacrée de la déesse, on y remarque également le roi dans son palanquin porté par des hiérophantes ; la voie triomphale où, de distance en distance, s'échelonnent obélisques, nuits à banderoles, colonnes symboliques, et partout, chacun dans son naos, des dieux, des dieux, des dieux auxquels Osorkhon prodigue ses offrandes; tous les dieux du nord et tous les dieux du sud accourus pour glorifier « la grande déesse de Bubastis, la chatte douce en amour, reine du ciel, compagne du Phénix dans lla-bennou ».
- Au delà de ce fastueux propylon, s’étendait la grande galerie des fêtes ornée par Osorkhon d’une multitude de statues hautes de six coudées; elle accédait au bois sacré où s’élevait le sanctuaire de la toute-puissante divinité. Une colonnade et la salle construite par Nekht-Iloreb complétaient l’ensemble de cet édifice qu’entourait, un large mur de basalte noir.
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- C'est là qu'avait lieu, chaque année, Lune des principales fêtes de l’Égypte, où, de tous les points du pays, arrivaient plus de 700000 personnes, sans compter les enfants L
- Le respect pour la déesse Bast était si grand à Bubastis, qu’au temps d’Adrien, les monnaies de cette localité portaient, sur le revers, une chatte passant à droite2.
- La chatte représentait quelquefois aussi ladéesseMauth, régente du ciel. Une stèle du musée du Caire nous la montre sous cet aspect, en tète à tête avec l’oie d’Ammon qu’on nourrissait dans le lempl son caractère sacré
- Fig. 2. •— ('liât aux a suris.
- )’Hippulyte Xioussjc ((<?!•
- IPeinture de Boni-IIassan.)
- e ce Ivarnak. A cause de e chat jouissait d’une telle vénération, que quiconque, m è m e i n volontairement,
- tuait l'un de ces animaux, était puni de mort. On n’a jamais entendu dire, rapporte Cicéron, qu’un chat ait été blessé par un Egyptien ".
- Selon Biodore, au temps de Ptolémée Aulète, alors que par crainte de la guerre, les Égyptiens faisaient le meilleur accueil aux voyageurs venus d’Italie, un Romain ayant, par mégarde, tué un chat, fut assailli par la populace qui, bravant la vengeance de Rome, le mil en pièces malgré l’intervention des magistrats qu’avait envoyés le roi pour le sauver4.
- Le chat particulier d'une maison était considéré à l’égal d’un membre de la famille, et lorsqu’il mourait, tout le monde se rasait les sourcils et prenait le deuil. Après l’avoir soigneusement embaumé, on le déposait dans un coffre
- 1 Hérodote, liv. II, 00. The Egypt exploration fund. Ituhastis, par >'aville.
- 2 J. de Hougé. Monnaies des nomes de TEyi/pte, p. 48, pl. II, îe 12.
- 3 De la nature des dieux, I, 29, i Diodore de Sicile, J, 85,
- — Le grand cliat.
- et, on l’enterrait dans un cimetière réservé à cet usage.
- C’est à la XXIIe dynastie que semble remonter la
- coutume d’assigner aux chats une nécropole spéciale. Celle de Bubastis, situéeentre Tcl-el-Basta et Za-gazig, fut sans doute la plus recherchée, beaucoup de personnes y croyant leurs chats en toute sécurité, à cause du voisinage de la déesse don t ils étaient l’emblème. Sur une grande étendue, le sol, couvert eà et là d’ossements blanchis, est sillonné de crevasses indiquant l’emplacement des fosses. Celles-ci, enduites sur leurs parois d'un revêtement d'argile durcie, atteignent parfois des dimensions considérables; l'une d’elles ne contenait pas moins de 20 mètres cubes d'ossements. Des briques rougies ou noircies par le feu, placées à proximité de chacune d’elles, semblent provenir de fours crématoires où les animaux furent probablement incinérés. Les ossements, agglomérés avec les cendres et les charbons, paraissent en tout cas justifier cette opinion. Bar suite de ce mélange, il est très difficile de rencontrer des membres intacts, cependant quelques crânes ont pu être envovés à Berlin, au professeur Virchow qui, après un sérieux examen, a démontré qu’ils appartenaient, la plupart à des ichneumons, un grand nombre à diverses espèces de la race féline, mais la majeure partie au Felis manieulata. De loin en loin, mêlés aux ossements, gisaient des chats de bronze,
- des statuettes de la déesse Bast et de Nefer-Toum auquel l’ichneumon était consacré ; ainsi s’explique la présence de ce carnassier parmi les autres animaux.
- Sauf un fragment de papier doré, provenant d’un cartonnage de momie ou toute autre enveloppe, on
- Fig. 4. — La déesse Bast. (Statuette de bronze.)
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- LA N A TU HE.
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- ne trouve pas ici trace d’embaumement Si cetle opération fut quelquefois appliquée, c’est peut-être sur les chats élevés dans le sanctuaire de la déesse et qui,
- Fig. o. — Osorkhon II, offrant l’encens à la déesse Bast.
- à ce titre, étaient considérés comme des divinités.
- Bubastis n’était point la seule ville à recevoir des dépouilles de chats; Sakkarah, Stabl-Antar et autres nécropoles en ont fourni en quantité considérable, mais généralemen t momifiés. Il y eu a de toute taille et de tout âge ; les plus grands sont enveloppés de larges bandes de toile jaunies par la substance résineuse et le natron dont on les avait imbibés; sur cette première couche d’étoffe s’enroulent d'étroites bandelettes brunes, jaune clair et jaune foncé. La tète de ces momies est ornée de traits représentant les yeux du chat ou les zébrures de sa robe; des cornets en toile rigide figurent les oreilles. Mis à nu, ces animaux apparaissent les membres ramenés contre les corps; toutefois, dans l’une des momies, ils sont complètement dégagés, de manière à offrir l’aspect d’un chat dressé sur ses pattes. Malgré la vénération dont ce quadrupède était l’objet, on a trouvé des crânes portant des traces de coups, des fractures aux os du nez; en outre, comme sa multiplication devenait un danger pour les habitants, la plupart de ces carnassiers furent, sans doute, noyés ou étranglés 2.
- Les caricaturistes égyptiens se servirent fréquemment des animaux pour censurer les mœurs de leur époque, aussi peuvent-ils, sous ce rapport, être con-
- * The Egypt exploration fund. Bubastis, par avilie.
- 1 Lortet et Gaillard. La faune momifiée de l’ancienne Egypte, p. 19 et suiv.
- sidérés comme les précurseurs des premiers fabulistes. Le chat, leur animal sacré par excellence et l’un de ceux qu’ils connaissaient le mieux, figure très souvent dans leurs vignettes.
- L’une des plus remarquables de ces images nous est fournie par le papyrus satirique de Turin, où l’on a parodié un combat de Ilamsès II contre les Ammou, sculpté sur une paroi du Ramesséum. Les asiatiques (les Ammou) y sont représentés par des chats -surpris dans une forteresse et soutenant le siège de l’armée égyptienne, figurée par une légion de rats que commande leur Pharaon, monté sur un char attelé de chiens courants (lig. 6). Dans un autre ordre d’idées, un ostracon nous offre l’image d’une chatte opulente, bien repue, bien en chair; d’une patte, tenant la coupe, de l’autre une Heur. En grande toilette, assise dans son pliant, elle donne audience à une chatte un peu maigre, craintive d'allure qui, la queue entre les jambes, et portant son éventail, lui présente humblement une oie engraissée, pour se concilier ses faveurs (tig. 7). Cette caricature, dont le sens est facile à saisir, serait pleine d’à-propos en regard de ces vers de La Fontaine dans le Paysan du Danube :
- ' « ÎS'a-t-oii point de présent à faire.
- « Point de pourpre à donner, c’est en vain qu’on espère « Quelque refuge aux lois ».
- Les artistes pharaoniques, peintres ou sculpteurs,
- ont traité le chat dans ses diverses attributions et avec une surprenante habileté.
- Quelques statuettes de la déesse Bast, fines, élégantes, supérieurement modelées, constituent des œuvres d’art on ne peut plus remarquables.
- Ces monuments, la plupart saisissants de réalisme
- fin. 7. — Ostracon île New-York.
- et d'une irréprochable technique, dénotent chez leurs auteurs une rare faculté d’observation jointe à une connaissance très approfondie de leur sujet.
- P.-IUrpom’E Boissac.
- Fig. 6. — Papyrus satirique du musée de Turin.
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- Le commandant Massene*. — La mort du commandant Louis Massenet, chef intérimaire de la Mission pour la mesure de l’arc de méridien de l’Equateur, vient d’enlever à la science géodésique un homme dont on pouvait espérer beaucoup., en raison doses travaux passés, et auquel son énergie, unie aux plus belles qualités de l’esprit, faisaient présager le plus brillant avenir.
- La trop courte carrière scientifique du commandant Massenet fut marquée, en effet, par des travaux de la plus grande importance, exécutés surtout en Indo-Chiné, où, à peine arrivé, en 1901, comme chef de la Section de géodésie du Service géographique de la Eolonie, il conçut le projet de relier, par un réseau ininterrompu de triangles, les travaux épars, exécutés à diverses époques, suivant les possibilités du moment. D’abord hésitants en raison de la difficulté et des dangers de ce travail, les chefs du capitaine Massenet finirent par l’autoriser à l’entreprendre, gagnés par son enthousiasme, et certains de sa haute compétence, (les mesures exigèrent deux années, dans des pays généralement inhospitaliers, et dans certaines contrées considérées comme très dangereuses en raison des sentiments hostiles des populations. Le résultat en fut la connaissance de tous les points géodésiques principaux, marqués par 110 sommets de triangles, sur une étendue de plus de 21)00 kilomètres, partant du Tonkin, et arrivant à la Cochiuchine, en traversant l’Annam.
- En outre, le capitaine Massenet exécuta îles travaux de second ordre en vue de la carte; puis, reprenant la triangulation dans un autre sens, relia les déterminations exécutées et) Birmanie par le colonel Mac Carthy, à ceux du Service hydrographique de la Marine le long de la cèle.
- [{entré en Europe en 1004, le capitaine Massenet fut presque aussitôt chargé de prendre, sur place, le commandement de la Mission française pour la mesure du degré dans la République de l’Équateur, (l’est au cours de ces travaux qu’il fut emporté par un abcès au foie, succédant a une fièvre typhoïde, prise dans les régions malsaines où les travaux de la Mission l’obligeaient à séjourner.
- Les mérites exceptionnels du capitaine Massenet l’avaient désigné très jeune pour le grade de chef d’escadron, dont la nomination lui arriva alors que, convalescent de la fièvre typhoïde, il comptait repren Ire bientôt, avec de nouvelles forces, le cours interrompu des travaux auxquels il s’était donné avec toute la passion qui appelle au succès.
- Ou ne pouvait connaître le commandant Massenet sans se sentir attiré vers lui par le sentiment de sa haute valeur intellectuelle, soutenue par une volonté très ferme, alliée à une grande bonté. Aussi sa perte laisse-t-elle d’unanimes et profonds regrets parmi tous ceux qui l’ont approché. (ai.-En. (1.
- La presse quotidienne a fait grand bruit depuis quelque temps autour de certaines expériences de M. John Burke de Cambridge, qui, en éparpillant des grains de bromure de radium sur un bouillon gélatiné préalablement stérilisé, aurait réussi à obtenir des êtres vivants microscopiques, dits radiobes. En un sujet aussi délicat, les expériences nous ont paru être un peu minces et pouvoir
- prêter à trop d’explications différentes et plus simples pour infirmer jusqu’à nouvel ordre les travaux célèbres par lesquels Pasteur a combattu l’ancienne théorie des générations spontanées. Aussi nous sommes-nous abstenus d’en parler jusqu’à plus ample informé. Une communication de sir William Ramsay, récemment parue dans la Revue générale des seiences, apporte des arguments très forts en faveur de ce scepticisme. Sir Ramsay rappelle d’abord les propriétés de l’émanation du radium, dont quelques-unes ont été découvertes par lui-même, les autres par MM. Curie, Rutherford, Soddy, etc. Celle émanation est un véritable gaz, dont le volume décroît proportionnellement à la pression comme celui d’un gaz quelconque; mais elle a une vie très courte, de quatre jours et demi, au bout desquels elle est entièrement transformée en hélium et autres gaz avec dégagement de chaleur considérable; un autre de ses caractères essentiels est que, dissoute dans l’eau, elle la décompose en ses gaz constituants, oxygène et hydrogène : décomposition qui se ralentit à mesure que l’émanation s’épuise; en outre, cette solution de l’émanation dans l’eau coagule l’albumine.
- Dès lors, sir Ramsay explique de la façon suivante les faits observés par M. John Burke, c’est-à-dire le développement d'apparentes cellules microscopiques, susceptibles de bourgeonnement et solubles dans l’eau. Il y aurait eu décomposition de l’eau par le bromure de radium et production de bulles de gaz minuscules, enveloppées par de l’albumine coagulée qui ressemblent à des cellules; la décomposition s’accentuant, ces bulles auraient crevé et les gaz échappés auraient donné lieu à d’autres petites bulles voisines, d’où apparence de bourgeonnement. Sir Ramsay ne nie d’ailleurs pas la possibilité que les faits observés puissent avoir une autre explication ; mais il croit nécessaire d’observer une réserve très prudente avant de s’imaginer avoir réalisé une expérience aussi capitale et encore aussi problématique que la transformation directe de l’énergie chimique en vie organisée. L. D. L.
- lue nouvelle tache du Soleil. — Lu Père Rodriguez, directeur de l’Observatoire du Vatican, a découvert récemment dans le Soleil une tache très grande, qui aurait, d’après ses calculs, une surface totale de 15 500 millions de kilomètres carrés. Cette tache, qui est passée le 22 octobre au méridien central du Soleil, est composée de sept noyaux principaux et de onze cavités autour d’une zone centrale couverte de pénombre. A l’aide d’un verre noirci, la tache a été visible à l’œil nu jusqu’au 2(i octobre.
- La distribution de l’eau à Londres. - Les conseillers municipaux de Paris, dans leur récent voyage à Londres, ont pu s’assurer que l’eau distribuée dans celte ville pour boire est de l’eau puisée dans la Tamise et filtrée. Ce service était effectué autrefois par huit compagnies diverses; mais depuis 1902, il est assuré directement par la ville de Londres elle-même. L’eau est d’abord emmagasinée dans 59 réservoirs, puis fdtrée et envoyée à Staines dans deux immenses bassins, où l’on puise chaque semaine, pour la population de Londres, un volume de 1 150 000 mètres cubes. Le rachat de tous les privilèges et des diverses installations a coûté à la ville de Londres la somme de 1200 millions de francs.
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- LA NA Tl) HL.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 23 octobre 1905. — Présidence de JI. Troost.
- Une commission internationale. — M. Darboux fait connaître qu’il a pris part, les 12 et 1.3 octobre derniers, aux séances de la Commission internationale chargée de désigner à l’Académie hongroise le bénéficiaire d’un prix de 10 000 couronnes, institué à l’occasion du centième anniversaire de la naissance du mathématicien Holaï. Ce savant a transformé l’étude des premiers principes de la géométrie; son père était un philosophe distingué. Le prix sera désormais décerné tous les cinq ans à l’auteur dont les travaux auront le plus influé sur le développement des sciences mathématiques. La Commission était cette année composée de MM. Konig et Rados, de Buda-Pesth, Klein de Gotha et Darboux. M. Darboux a été élu président; les décisions ont été prises à l’unanimité. Le bénéficiaire sera annoncé solennellement par l’Académie hongroise et, pour cette raison, M. Darboux ne croit point pouvoir l’indiquer. Il ajoute qu’il a reçu un accueil empressé et sympathique qui est un témoignage des sentiments de la Hongrie à l’égard de la France. M. le Président observe qu’un journal a annoncé que le titulaire du prix était M. Poincaré, son collègue au bureau de l’Académie.
- Capture de crustacés décapodes. — M. Bouvier dépose une Note sur les crustacés décapodes capturés au cours de la campagne de la Princesse Alice en 1905. 11 a pris part aux opérations; celles-ci ont fourni des données certaines sur les Eryoneicus et les Glaucothoés. Les premiers animaux caractérisés par une carapace large avaient été trouvés dans le Jurassique et passaient pour une forme disparue lorsqu’ils ont été découverts sur le fond des profondeurs abyssales. Ils passèrent alors pour des animaux marcheurs lorsqu’on en captura deux spécimens, dans le sud de l’Atlantique et dans la mer des Indes, flottant dans la masse des eaux. M. Bouvier expose qu’en réalité tous les animaux capturés avaient été saisis par les appareils de fond pendant leur trajet ascendant. Au cours de l’expédition de la Princesse Alice, des filets plongeant à des profondeurs déterminées, mais fort loin d’atteindre le sol, ont ramené une quantité d’Kryoneicus. La question est donc résolue. En ce (pii concerne les Glaucothoés on sait que celles-ci passent pour être des larves de Bernard-l’Ermite, bien que rencontrées à la surface de la mer et bien qu’atteignant la dimension de 0“,020 alors que les larves de fond ne mesurent que 0m,002. M. Bouvier annonce qu’il a rtconnu l’identité des deux formes de larves; de plus, il a observé que si, près des tètes, on trouve des larves pélagiques, au milieu des mers on trouve des larves bathymétriques, c’est-à-dire des larves nageant à toutes les profondeurs. 11 conclut que toutes les larves provenant des œufs vont à la surface, mais que peu à peu elles s’enfoncent dans la masse liquide pour enfin toucher le fond, y subir l’évolution dont résulte l’asymétrie du corps, et enfin se loger dans une coquille. Mais il peut arriver que de violents courants par exemple empêchent les larves d’atteindre le fond. Elles persistent alors à l’état de larve au delà du temps normal, et atteignent les dimensions inusitées souvent signalées. 11 serait intéressant de savoir si, en cet état non adulte, elles peuvent se reproduire.
- L'origine des Tziganes. — M. Laveran remarque que l’origine des Tziganes est mystérieuse. M. Pittard a pi > cédé, pour résoudre la question, à plusieurs centaines de mensurations anthropométriques. Ch. de Yilledeuil.
- U YESTIDURA DEL IWA
- AU MUSÉE AKUIIÉOUOGIQUE AATIO.NAI, DE MA1HUI)
- La pièce d'élofl'e (pie représente la ligure p. 532 est le plus Dean spécimen connu des induslries textiles de l’ancien Pérou. C’est l’orgueil de la collection d’Antiquités américaines du Mitseo Argueo-lôtjico Nacional de Madrid; elle était exposée sous le n° 1424 dans la salle O de Y Krposicion Hislorico-Americnna organisée en 1892 à l’occasion du quatrième centenaire de Colomb. Ce précieux objet est une sorte de chemise sans manches, fendue verticalement au milieu et sur les côtés pour le cou et les bras, et dont le lype s’est conservé jusqu’à nos jours sous le nom de poncho. Tissé d’un fin coton, et brodé en soie d'agave, il est limité vers le haut par un large chevron, à pointe inférieure, formé de onze lignes étroites blanche, noire, mauve, jaune, verte et rouge ponceau. Quatre champs, deux à fond blanc, et deux à fond rouge, se cantonnent au-dessus et au-dessous d’une large bande horizontale, composée de deux rangées de compartiments polychromes, dont la complexité défie toute description. Les quatre contours, à fonds blanc et rouge, sont semés de cinq et six rangées de faisceaux décoralifs d’un coloris riche et varié et le bord inférieur de l’étolfe porte six ornements cruciformes séparés par des sortes de grecques doubles d’un dessin fort compliqué. Ce poncho, d’une fabrication si parfaite et d’un décor si éclatant, a été envoyé au Musée Archéologique au moment de sa formation par le Muséum d’Ilistoire naturelle qui le possédait de temps immémorial. On n’avait d’autre notion sur son origine, qu'une vieille étiquette, d’ailleurs erronée, comme nous allons le voir, qui en faisait un vêtement d'Jnca.
- Cette hypothèse ne saurait se soutenir, en présence des peintures anciennes représentant les Incas dont j'ai naguère conté la curieuse histoire à l'Académie des Inscriptions (bull. 1897, p. 10 ). La vestidnra que portent nos porlraits d’incas du Musée du Trocadéro est une rohe ou tunique qui descend au-dessous des genoux ; elle est en plumes de couleurs variées et semée de petits paquets de plumes qui se détachent sur le fond ; les bords inférieurs sont en mosaïque de pierreries, formant des escaliers, des chevrons, etc.
- Le-poncho de Madrid n’est donc pas un vêtement d’Inca, mais c’est la catnisa de quelque riche personnage inhumé à la période incasique.
- J’en ai pu refaire toute l’histoire à l'aide des documents manuscrits de la mission de Joseph Doinbcy qui sont pour la plupart à notre Muséum. Joseph Dombey, médecin maçonnais, docteur de Montpellier, élève de Goüan et de Cusson, avait été envoyé au Pérou par Turgot (1777-1778) pour y faire des études et des collections d’histoire naturelle, et surtout de la botanique pratique. La jalousie d’Ortega, qui présidait alors en Espagne aux destinées des sciences de la nature, lui avait fait imposer quatre compagnons espagnols et un règlement combiné de façon à paralyser l’initiative du savant français.
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- LA NAT l it E.
- o j'J
- Parvenu à Lima et comme il explorait les environs immédiats de la capitale péruvienne, Dombey avait rencontré celle veslidura del Inca « dans la famille d'un cacique » où on la gardait depuis près d'un siècle comme « une marque ancienne d'un pouvoir qui n’existe plus ». Enthousiasmé par celte merveilleuse trouvaille, il en avait donné la somme énorme de 700 piastres (5500 fr.) et il s’était empressé de l’expédier en Europe pour le roi Louis XVI, amateur passionné de tout ce qui touchait à la géographie. La prétendue vestidura del Inca était soigneusement emballée dans une des sept caisses qu’emportait à Eadix le galion BuenoConse-jo (o avril 1770) ; elle était enveloppée à part sons l'adresse nominale du Roi de France. Après avoir heureusement touché aux Açores, El liueno Consejo se fit prendre par un corsaire anglais qui alla vendre dans le port de Lisbonne le contenu de sa prise, quinquina,cacao, cuivre, étain et autres marchandises. Le consul de France, M. de Montgelas, tenta inutilement de racheter une partie des caisses de Dombey à la vente, à laquelle il assistait. Elles furent acquises pour le compte de l’Espagne; le ministre des Indes, Galvès, donnait peu après l’ordre à Casimir Ortega, dans une lettre datée du Prado, de faire remettre à l’ambassadeur de France les caisses de Dombey, en retirant toutefois un habillement d'incas qui doit être placé dans le cabinet royal de celle cour, selon la volonté de Sa Majesté. Ortega se permit d’y ajouter, de son chef, une partie des vases que Dombey avait exhumés de ses fouilles de Torre-Blanca et de Pachacamac, et il eut le cynisme de faire annoncer triomphalement à Dombey ce beau larcin.
- Ce cabinet royal, dont parlait Galvès dans sa dépêche, c’est le noyau du Muséum, où les archéo-logu s madrilènes ont retrouvé la pièce volée au
- roi de France en 1781 et demeurée indûment depuis près d’un siècle et demi la propriété de nos voisins.
- Dombey s’est consolé assez facilement de ce mécompte. « Je m’étois défait, écrit-il à Thouin, jusqu’aux draps de lit acheptés à Paris pour mon mariage, pour acquérir le vêtement de l'Incas que j’avois envoyé à M. le comte d’Àngivillers pour être présenté au Itoy ». Il ne pouvait pas se plaindre, dit-il ailleurs, « le vaisseau El Bueno Consejo ayant été pris par les Ànglois, ensuite raehepté par les Espagnols à Lisbonne, la France perdoit tous scs
- droits ». Lui, du moins, n’aurait pas du perdre les siens, et le visiteur qui pénètre dansla salle péruvienne du Masco arqueolôyico devrait trouver au moins son nom sur quelque objet de cette belle collection, où le contenu delà superbe caisse de vases\o-lée par Ortega est confondue avec les céramiques que dom Baltasa Taime, évêque de Truxillo, offrait sept ans plus tard au ministre des Indes (1788). Ne serait-ce pas le moment de réparer celte iniquité, au moment où le Président de la Bépublique séjourne à Madrid, où l’on ne manquera pas de lui montrer le musée archéologique national?
- La chose n’est pas aussi difficile qu’elle en a l’air au premier abord. La collection Taime a été formée aux environs de Truxillo, chez les Chimus ; celle de Dombey provient surtout de Pachacamac, au sud de Lima et de l’arma dans l’Enlrc-Sierras, et tout ethnographe un pen expérimenté reconnaîtra sans trop de peine ces diverses céramiques, qui se distinguent presque toujours les unes des autres par des caractères nettement accentués. E.-T. Hamy,
- Membre de l’Institut.
- Le Gérant : P. JIasson.
- Représentation conventionnelle des Couleurs.
- ... 1 Blanc--1 .1 Jaune vif— fîlM Vert clair._tHll Mauve_H R.Ponceau. HH Noir bleuté
- La veslidaru del tuca.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- iV 1 O'.lô.
- i 5 O Y K M 1! Il E H» 05.
- LA NA T U H E.
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- LE VENT ET LES ARBRES
- Il a déjà été question, et maintes fois, des vio-
- lentes perturbations météorologiques qui se sont trop giquc, n’en est pas moins grandement à déplorer,
- souvent répétées pendant l’année 1905. Orages et cyclones se sont multipliés avec une fréquence, qui, pour être intéressante, au point de vue météorolo-
- Fig. 1.— Peupliers déracinés par le vent à Tournon (Ardèche).
- par les accidents et ravages occasionnés. Au sujet de ces phénomènes désastreux, nous avons l’occasion de reproduire ici quelques détails sur l'un d’eux, montrant bien la puissance de leurs effets, détails qui ont été recueillis avec photographies à l’appui, et communiqués à La Nature par un de scs abonnés,
- M. Girerd.
- Dans la vallée de Tournon (Ardèche), l’ouragan qui fait l’objet de cette note, s’est déchaîné, le 11 août dernier, vers midi. Ce phénomène n'a duré que quelques minutes, mais ces
- quelques minutes, il est vrai — et comme toujours en pareil cas, — ont été suffisantes pour produire des effets formidables, nous écrit M. Girerd : la partie nord de la ville et la vallée inférieure de la Doux ont
- 33e aüüée, —* 2" semestre
- j été surtout dévastées. Les détails suivants, ainsi que j la photographie ci-jointe, se rapportent aux dégâts
- causés par l’ouragan dans celte vallée.
- En quelques secondes,six peupliers du Japon, arbres énormes, ont été déracinés et renversés; on juge de leurs pro-portions par l’examen de la figure \, mais des chiffres exacts sont plus intéressants encore à connaître.
- La hauteur totale de ces arbres, avant le bris des branches, pouvait être évaluée à 20 ou 25 mètres envi-C’est
- Fig. 2. — Masse rocheuse arrachée par les racines d'un arhre au Caucase.
- ron. Lest sans
- doulc cette élévation qui leur a été fatale, la vitesse du vent étant notablement plus forte à une certaine hauteur qu’à la surface même du sol,.où elle subit un ralentissement forcé par le frottement de l’air
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- LA iNATUKE.
- o,j4
- contre toutes les aspérités. Non loin de 15, en effet, de petits arbres sont restés intacts. Ou bien alors il s'agit d’un phénomène très localisé.
- L’un de ces arbres, le plus gros, mesurait une circonférence de fjualre mètres à la base ; quatre autres, tombésen groupe et alignés, comme on le voit sur la photographie, étaient un peu moins gros quoique de taille très respectable encore ; le sixième arbre, fauché 5 10ü mètres de là, avait également la dimension de ces derniers.
- Leurs racines énormes, certaines de vimjl centimètres de diamètre environ, ont été coupées net, comme par un puissant coup de hache, parait-il. On se figure ce qu’a dit être l'effort ; aussi cet arrachement a-t-il soulevé avec le système des racines, une masse de mottes de terre, pouvant être estimée, pour chaque pied, à quelque chose comme six h huit mètres cubes !
- Par la violence de la chute et la force du vent, la plupart des branches se sont trouvées brisées, arrachées et projetées au loin : ces arbres semblaient avoir été foudroyés.
- La direction de la chute, pour les six peupliers, est exactement la même : ils sont tombés parallèlement vers le sud-est, indiquant ainsi clairement que l'ouragan soufflait du nord-ouest. A l’appui de ces faits, M. L.-A. Martel nous signale que dans les forêts del’Arabika (Caucase occidental au-dessus de Gagri) il a rencontré un énorme sapin (Abies Nordmanniana) haut d’une cinquantaine de mètres qui avait été abattu par un coup de vent ; les racines avaient arraché le sous-sol rocheux constitué de calcaire crétacé. Elles avaient évidemment préparé cet événement par leur insinuation presque irrésistible dans les mille fissures de la roche, qui s’est trouvée ainsi fragmentée sur place. Malgré tout, ce fait atteste encore la violence de l’effort qui a pu détacher et soulever cette quantité de blocs rocheux enchevêtrés dans le réseau des racines, ensemble formant une masse d'environ trois mètres de large sur deux d’épaisseur et d’un volume de plus de douze mètres cubes.
- Cette lois le dégât a eu son utilité!... Car la chute de l’arbre a permis de se rendre compte de la nature géologique du sous-sol partout invisible sous la grande épaisseur du sol végétal. Lucie.n Rupaux.
- STÉRÉOSCOPE DIÈDRE A GRAND CHAMP
- A MIÜOll! lîISSF.CTiaîn
- Les stéréoscopes employés couramment aujourd'hui, quelle que soit la diversité des dispositifs de détail qu’ils comportent, ont un caractère commun : ils utilisent deux vues un peu distinctes (vue droite et vue gauche) et ces vues sont disposées cote à côte, toutes deux étant de sens recto, c’est-à-dire dans leur sens naturel. De ce fait, et de la nécessité d’observer avec des loupes ces images de petit format, résulte cette conséquence pratique que l'angle embrassé par la vue représentée se trouve nécessairement assez restreint. En fait, dans la plupart des appareils
- usuels, l’espace angulaire compris entre les deux marges verticales ne dépasse guère la valeur de 45°; si l’on veut aller au delà, il est nécessaire de faire usage d’oculaires calculés et construits tout exprès, pour éviter des aberrations trop grandes.
- Le stéréoscope dièdre à miroir bissecteur, récemment présenté à l’Académie des Sciences, par M. Pigeon, professeur à la Faculté des Sciences de Dijon, comporte des dispositions très simples, tout à fait distinctes des précédentes. — Les deux vues, droite et gauche, dont la fusion optique donnera l’illusion du relief, et qui forment ce qu’on appellera le couple, sont groupées sur une même feuille portant un pli en son milieu. A droite de ce pli, se trouve la vue droite, de sens recto ; à gauche du même pli, symétriquement à la vue droite, se trouve la vue
- y\s. 1.
- gauche, de sens verso (fig. 1). Si, par une rotation autour du pli, on rabat l’une des vues sur l’autre, elles semblent donc se superposer. Toutefois cette superposition, supposée complète sur la lig. 1 (qui est une ligure théorique et destinée seulement à servir d’exemple), est seulement approximative lorsqu’il s’agit de vues stéréoscopiques, puisqu’il existe entre la vue droite et la vue gauche des différences de perspective petites, mais essentielles.
- Pour produire la fusion optique de ces deux épreuves, on dispose le couple sur les deux panneaux d’un dièdre, le pli étant en coïncidence avec l’arête (fig. 2). Dans le plan bissecteur de ce dièdre, un panneau, ou mieux un
- cadre, porte sur son bord extérieur un miroir plan de dimensions fort petites, ou un prisme à réflexion totale, qui peut tenir lieu de miroir. L’est là toute la partie optique de l’appareil.
- L’observateur se place devant l’appareil de telle manière que l’œil droit D vise librement l’épreuve droite, qui repose sur le premier panneau. L’œil gauche, placé en (i, au voisinage immédiat du miroir bissecteur, observe dans ce miroir l’épreuve gauche verso, portée par le second panneau. Dette épreuve, par le fait de la réflexion, se trouve rétablie dans son sens naturel. Tout se passe donc pour l’œil gauche comme si une épreuve gauche, de sens recto, existait sur le panneau droit, à la place où se trouve réellement l’autre épreuve. Ainsi se trouve réalisée la condition essentielle de la sléréoscopie.
- Avec cette disposition ingénieuse, le problème de la sté-réoscopie s’étend et se simplifie dans une très large mesure.
- Les grands ou moyens formats, d’un emploi courant dans l’édition photographique, et les grands angles, inac-
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- LA N AT U LL.
- OOi)
- cessibles jusqu’ici à la stéréoscopie usuelle, conviennent sans difiiculté au nouvel appareil. Les impressions photomécaniques, dont certains procédés ne donnaient pas assez de finesse pour qu’il fût possible d’observer a\Vc des loupes, conviennent ici, puisque les épreuves sont observées à l’œil nu.
- La double page formant le couple peut se trouver occupée soit par un sujet unique, soit par diverses scènes.
- Les couples peuvent n’ètre pas isolés, mais former des fascicules, de douze ou de vingt vues, par exemple.
- L’appareil fermé a l’aspect d’un simple album, les couples ou les fascicules se trouvant rangés dans la partie libre du cadre bissecteur.
- Les couples et les fascicules destinés à ce stéréoscope, ainsi que l’appareil lui-même, ont été brevetés. Il en est de même d’une chambre versostéréoscopique qui complète heureusement les dispositions précédentes. Cet appareil, en effet, permet d’obtenir simultanément, même pour les sujets instantanés, en grand angle et en tel formai (pie l’on désire, les deux négatifs qui donneront, l’un la vue droite recto, l’autre la vue gauche verso nécessaires pour l’établissement des couples d’épreuves.
- On voit que, par l’emploi de ce stéréoscope, des résultats nouveaux et importants se trouvent obtenus avec des moyens d’une simplicité élémentaire, et que, grâce à lui, des voies nouvelles sont ouvertes à la stéréoscopie.
- G. Maiœscuàl.
- PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L’ARGILE
- L’absorption de l’eau par l’argile a fait, il y a quelque temps, l’objet de travaux de M. Van Bemmelen. En opérant à 15° et sous des pressions d’eau variant de 0 à l'i millimètres, l’expérience lui a montré que le phénomène de la déshydratation des terres argileuses est réversible. Cependant par déshydratation, une argile perd un peu plus d’eau qu’elle ne peut en réabsorber ensuite. Sous une pression de vapeur d’eau déterminée, la terre par déshydratation retient plus d’eau que la terre sèche qui s’hyclrate; il y a là un retard d’hydratation.
- Nos lecteurs savent (pie, pour la fabrication des poteries, on a intérêt à n’employer la terre qu’après qu’elle a subi la « pourriture », c’est-à-dire après qu’elle a été abandonnée en couches dans des endroits humides, ce qui lui permet d'acquérir une plus grande plasticité. La cause de ce phénomène n’est pas encore connue d’une façon certaine, bien que diverses explications en ont été données.
- Etudiant spécialement ce phénomène, M. Rohland a montré que toutes les matières susceptibles de former avec l’eau des solutions, colloïdales possèdent une plasticité plus ou moins accentuée; c’est le cas de l’argile et des pâtes à porcelaine, qui renferment suffisamment de ces principes colloïdaux organiques ou minéraux qui, en se dissolvant, communiquent à la matière argileuse la propriété d’être plastique. Le retrait de l’argile peut s'expliquer, d’après le même auteur, en remarquant que la pâte à porcelaine ne constitue pas une matière homogène, mais est formée d’une sorte de filet, entre les mailles duquel existent des cavités remplies de liquide.
- La conséquence pratique des recherches précédentes, c’est qu’on peut augmenter artificiellement, quand il est nécessaire, le degré de plasticité d’une argile en l’additionnant de matières colloïdales, telles que le tanin, l’alumine, la dextrine. 11 y a là des indications que l’industrie de la céramique pourra sans doute mettre utilement à profit. A. II.
- I/IIÉUÉIHTÉ
- DES STIGMATES DE DÉGÉNÉRESCENCE1
- A l’époque, hélas ! lointaine, oîi je suivais les séances de l'Académie des sciences, j’avais fréquemment pour voisin, sur le banc des journalistes, le professeur de l'Ecole de Grignon, Sanson, le père Sanson comme nous l’appelions familièrement. I n jour Lrovvn-Séquard, si j’ai bonne mémoire, communiquait à ses collègues le résultat de nombreuses expériences sur des altérations de nutrition, des phénomènes morbides, des malformations transmises par hérédité chez des cobayes par leurs parents auxquels on avait fait subir des modifications sem-
- Fig. 1. — Don Carlos, lits de Philippe 11.
- blables par lésions expérimentales. Je vois encore cet excellent père Sanson hochant la tête, coiffée de sa calotte de velours et nous disant : il n’y a pas de transmission héréditaire des caractères tératologiques. Aucun des assistants ne fut, je crois, bien convaincu de cette sentencieuse doctrine, mais personne n’entama de discussions sur ce sujet. J’aurais été curieux de voir l'état d’àme du brave prolesseur de zootechnie, à la lecture des documents rassemblés, dans son beau livre, par mon ami (ialippe.
- * Ce n’est cependant pas d'hier que ces lois de l’hérédité ont été mises au jour par divers savants. Qu’il s’agisse des animaux, qu’il s’agisse de l’homme
- 1 L'hérédité des stigmates de dégénérescence et les familles souveraines, par le Iïr (ialippe, membre île 1 Académie de médecine.
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- LA NATUliE.
- r»;»6
- c'est tout un; que dis-je, il semble même que les tares de dégénérescence soient plus nombreuses dans l’espèce humaine (pie dans les diverses espèces animales. Chez les animaux, la domesticité est une des causes qui favorisent le plus la dégénérescence, et cette influence est d’autant plus accusée que l’animal est moins fait pour cette existence. Modifications dans la taille, dans la coloration du pelage, arrêt de développement dans une partie du squelette se produiront chez certaines espèces et se transmel-
- Fig. 2. — Charles-Quint.
- tront de génération en génération, créant de véritables variétés étranges et bizarres, tels que les chiens sans ([lieue ou à courte queue, les bouledogues, les bœufs et taureaux à tète de bouledogue. Par la sélection attentive, on arrive à maintenir dans son état de pureté primitive une race animale ; on arrive aussi à conserver l'anomalie qui rend l’espèce rare ou précieuse. Je n’insiste pas sur ces faits, dont on a maints exemples tous les jours sous les yeux, notamment dans les variétés de chiens d’appartement.
- L’homme n’échappe pas à ces lois de l’hérédité tératologique ; on pourrait dire que de lui-même il
- accumule à plaisir les causes qui peuvent favoriser la perpétuité de ces stigmates de dégénérescence et qui amènent graduellement la déchéance et l’anéantissement de la race. On s’inquiète des conditions dans lesquelles doit se faire la reproduction de nos animaux de ferme. Combien se préoccupent, dans l’union de deux êtres humains, de rechercher les tares ataviques et héréditaires qui [léseront sur les descendants. Les lois draconiennes des Spartiates permettaient de faire une sélection terrible par la destruction de tous les difformes. De nos jours la disparition se réalise spontanément par l’effroyable mortalité qui pèse sur les enfants du premier âge, quand ils sont chétifs ou débiles. Mais les dégénérés ne sont pas tous d’une santé très chancelante, et beaucoup arrivent ainsi à l’àge de léguer à d’autres descendants les tares dont ils ont hérité.
- La dégénérescence accuse sa personnalité par des stigmates caractéristiques, physiques et psychiques ; ils sont multiples, ce qui fait que pas un dégénéré ne ressemble à un autre. A côté de l’idiot on trouve les faibles d’esprit, les débiles, les arriérés ; à côté des types de malformations les [dusprononcées, parfois une simple modification d’une partie de la face. Entre les dégénérés supérieurs, comme on qualifie dans une certaine école les hommes de génie [dus ou moins bizarres, et le véritable idiot, il y a place pour des intermédiaires d’ordres divers.
- C’est ce point de problème social que le l)1 Galippe a voulu mettre au jour, en montrant, par des exemples frappants, la longue suite de maladies, de troubles physiques et moraux que peut engendrer l’inobservance systématique des lois de la nature. Ses études spéciales l’ont conduit à s’occuper d’un des stigmates de dégénérescence les plus visibles, les plus manifestes, un de ceux qui donnent à la physionomie du sujet et de sa descendance une expression caractéristique ; je veux parler du prognathisme inférieur avec un développement exagéré de la lèvre inférieure.
- S’il a choisi comme exemple les familles souveraines, c’est que, nulle part, on ne peut retracer avec
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- LA NATURE
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- plus de facilité la généalogie : les documents abondent et sont précis, tableaux, portraits, médaillons, archives de famille tenues à jour depuis des siècles, etc.; tout permet de suivre pas h pas la filiation pathologique. C'est dans ces familles aussi qu’ont été, de par les tristes nécessités de la politique, accumulées à plaisir les conditions qui facilitent, le plus la dégénérescence, les unions consanguines. Un jour viendra peut-être où un souverain cherchera dans son pays la compagne qu’il désire, sans aller la prendre dans sa propre parenté, rappelant l'heureux âge des rois et des bergères et ne donnant plus naissance à des princes quart de sang national.
- Calippc a choisi une des familles où la transmission de cette tare héréditaire, le prognathisme inférieur, s'est accusée au plus haut degré : ce sont les Habsbourg. Si loin qu’on remonte, au xme siècle, les portraits de Rodolphe Ier, tige delà maison d’Autriche et de son fils Albert le Victorieux, montrent la mâchoire inférieure
- Fig. 3. — Joseph I", empereur d'Allemagne (1080).
- Fig. 4.
- Rodolphe, II. empereur d'Allemagne (1012).
- avançante. En admettant que ces portraits ne soient pas d’une authenticité scrupuleuse, on n'a qu'à prendre la généalogie deux siècles plus tard. Au xvc siècle Maximilien d’Autriche avait ce même stigmate et, chez tous ses descendants, plus ou moins prononcée, se trouve cette malformation caractéristique. Quatre siècles passent sans effacer la tare, et l’héritier de Napoléon Ier, le duc de Reichsladt, tiendra desamère, de ses ancêtres autrichiens, la lèvre épaisse, la mâchoire inférieure proéminente.
- Ces tares ne sont pas restées confinées à la famille des Habsbourg; par les mariages, elles se sont reproduites dans d’autres branches régnantes. C’est le cas, après bien d’autres, du jeune fils de Napoléon. Par contre, les documents accumulés par M. Galippc semblent démontrer que cette tare prognathe existaitehoz les \aloiset que, par
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- LA NATURE.
- a") H
- son mariage avec Maximilien de Habsbourg, Marie do Bourgogne a apporté sa part au stigmate qui s'osl perpétué chez les princes autrichiens. Rien de plus caractéristique à cet égard que le récit de Brantôme. De passage à Dijon, la sœur de Charles-Quint, Eléonore d'Autriche, eut la curiosité de faire ouvrir les tombeaux des ducs de Bourgogne et put reconnaître sur les corps bien conservés le type de la bouche : « lia, dit-elle, je pensois bien que nous tinssions nos bouches de ceux d’Autriche; mais à ce ([ne je voy, nous les tenons de Marie de Bourgogne nostre ayeule et autres ducs de Bourgogne nos ayeuls. Si je voy jamais l’empereur mon frère, je le luy dirai ».
- La Maison de France a hérité par scs alliances, chez beaucoup de ses représentants, de ce prognathisme. Louis XVI et Marie Antoinette avaient tous
- Ki". a. — Frédéric III et son lits Maximilien.
- deux la marque des Habsbourg; M. Galippe a du reste tiré de ces caractères de la descendance une déduction intéressante pour ceux que passionne la question de Louis XVII. Pour lui les Naundorff n’ont pas hérité du prognathisme inférieur et, partant , leur ancêtre n’est pas le fils de Louis XVI; il aurait d’autant plus le signe des Habsbourg, que le père cl la mère étaient porteurs du même stigmate.
- Je ne peux suivre l’auteur dans la longue série des généalogies qu’il a rassemblées avec une patience et un soin admirables. Files montrent la fixation de ces anomalies dans une famille et leur transmission héréditaire avec un caractère presque constant. La même filiation se retrouverait, si on pouvait la suivre, dans nombre de familles qui n’ont rien de sang royal. Mais les documents font défaut pour établir leur généalogie au delà d’un siècle.
- Quoi qu’il en soit, ce qui se dégage de cette étude magistrale établit que les lois de la nature sont immuables et qu’on ne peut les enfreindre sans danger. Comme aucune loi ne peut régler les conditions du mariage, il est de la plus haute importance que les familles, royales ou roturières, se préoccupent de ces tares, qui constituent la plus sûre part d’héritage légué par les parents. I)1’ A. Cartaz.
- COMPOSITION DE LA GÉLATINE
- BICHROMATEE INSOLUBILISÉE PAR LA LUMIÈRE
- En 1855, Poitevin découvrait la propriété que possèdent les matières gommeuses, albumineuses, mucilagi-ncuses et surtout la gélatine, quand on les a mêlées avec du bichromate de potasse et qu’on les a exposées à la lumière, de s’insolubiliser précisément aux endroits frappés p.ir les rayons lumineux et dans une proportion correspondante à l’intensité de ces rayons. C’est de là que sont nées la photolithographie, la gravure héliographique et la photographie au charbon.
- En 1878, Eder, dans un travail resté classique, a montré que la lumière exerce une action réductrice sur le bichromate de potasse en présence de gélatine et donne naissance à du sesquioxyde de chrome. Celui-ci réagit sur l’excès de bichromate alcalin en formant, par double décomposition, du chromate de chrome qui se décompose sous l’action prolongée de la lumière et se transforme totalement en sesquioxyde de chrome.
- Les recherches d’Eder expliquent ainsi le phénomène de l’insolubilisation produit par l’action de la lumière sur la gélatine bichromatée; mais elles n'indiquent pas la composition réelle de la gélatine insolubilisée.
- MM. Lumière et Seyexvetz ont cherché à fixer ce point intéressant dans une série d’expériences récentes; ils ont constaté que, dans le traitement par les sels de chrome, comme l’alun de chrome, la gélatine fixe directement du chrome en devenant insoluble, mais que l’acide du sel de chrome n’intervient pas dans ce phénomène. Il semble bien, d’autre part, y avoir combinaison entre le sesquioxyde de chrome et la gélatine, car celle-ci en fixe une quantité constante comprise entre o,tr,2 et 5sr,5 pour 100 grammes de gélatine.
- Les mêmes auteurs ont trouvé que, dans le traitement par le bichromate de potasse et après exposition à la lumière, la gélatine renferme du sesquioxyde de chrome et de la potasse libre, en vertu de l’équation :
- Cr - O7 K2 = Cr*03 + K* O + O3.
- Cette gélatine diffère notablement dans sa composition de celle qui est insolubilisée p>ar les sels de chrome ; l’oxyde de chrome qu’elle renferme serait formé de deux parties : l’une fixe, correspondant à 5,5 pour 100 de gélatine chromée, comparable à l’oxyde retenu par la gélatine soumise à l’action des sels de chrome; l’autre variable avec la durée d’exposition et provenant de la réduction à la lumière du bichromate par la matière organique.
- La décomposition du bichromate en excès par le sesquioxyde de chrome avec formation de chromate de chrome, comme l’indique la formule :
- Cr- O7 K2 + Cr2 O3 = Cr O3, Cr2 O3 + CrOK2, paraît être très partielle.
- Enfin la gélatine, soumise à l’action de l’acide chro-mique et surtout du bichromate d’ammonium, provoque leur réduction, sous l’influence de la lumière, beaucoup plus facilement qu’avec le bichromate de potasse.
- La gélatine insolubilisée par les autres bichromates métalliques : sodium, lithium, cuivre, zinc, baryum, plomb, aluminium, fer, retient dans tous les cas des quantités de chrome très voisines.
- Cette série de recherches apporte donc de nouveaux documents à la question si intéressante de l’insolubilisation de la gélatine bichromatée par la lumière, documents qui pourront sans doute être mis à profit dans les industries artistiques qui mettent en œuvre cette singulière propriété. A. Hébert.
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- LÀ NATURE.
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- CONSOLIDATION
- DE LA. BUTTE-MONTMARTRE
- A TARIS
- 11 n’est pas besoin d’aller jusque dans les Alpes pour assister à ces « glissements de montagnes » dont on nous parle de temps à autre et qui, si nos
- Rue Lamarck
- Mur de soutènement
- mmeubles anciens
- Cusiinc
- Fi»'. 1. — Indication générale de remplacement des travaux de consolidation de la Butte-Montmartre.
- géologues n’étaient là pour nous rassurer, feraient songer à des prodromes de cataclysme.
- La « Butte-Montmartre » môme, en plein Paris, cette Butte que l’on connaît dans toutes les parties du monde, a éprouvé, depuis quelques années, des
- Rue La.ma.pck
- Fig. 2. — Les chevalements de consolidation de l’ancien mur de soutènement en maçonnerie.
- affaissements et des glissements partiels, qui ont nécessité des mesures de consolidation spéciales.
- Non pas qu’il y ait, comme on dit, « péril en la demeure » : mais enfin, il y avait, pour les ingénieurs, les architectes et les entrepreneurs, des motifs sérieux de préoccupation.
- I)e nombreuses constructions ont été faites, en effet, et sont constamment refaites et remaniées sur
- la célèbre Butte que domine la basilique du Sacré-Cœur solidement étayée, à la vérité, sur d’énormes piliers en maçonnerie qui vont jusqu’au « bon sol ».
- Quoi qu'il en soit, on charge inégalement le Mont parisien tantôt à droite, tantôt à gauche ; on y fait des excavations; on pratique des coupures dans ses talus. Ile temps à autre donc la pesante masse reprend, comme elle peut, son équilibre, en s’etfor.-
- ère
- epine
- epi no
- Fi". T>. — Los épinos-contrcforts.
- drant partiellement, ou, en se laissant glisser. C’est là ce que l’on veut éviter, et c’est pourquoi on y fait, on ce moment même, d’importants travaux déconsolidation. Entre les rues Lamarck, Custine et Becquerel, notamment, existait un vaste terrain en pente très accentuée : il éprouva un premier glissement int quiétant, il y a une quinzaine d’années, et l’on dut établir, pour le maintenir, un gros mur de soutènement en bordure de la rue Lamarck (fig. 1).
- Ce fut une trêve. Mais, au commencement de la présente année 1905, comme conséquence d’insi-
- Fig. J. — Les diverses jilmses de la consolidation et de l’établissement du masque.
- dieuses infiltrations et de tassements divers, les terrains scabreux se remirent en marche, entraînant avec eux le mur de maçonnerie, qui devait les maîtriser et dont la masse devenait un élément de grave effondrement supplémentaire. La dislocation du grand et bel escalier, nommé « escalier Becquerel », ne laissa aucun doute sur les probabilités d’un effondrement total : ses marches en pierre culbutées et
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- LA NATURE.
- 5fil)
- fissurées, ses rampes en fer tordues, comme à la suite d’un puissant cyclone ou d’un bombardement, attestaient, à la surface, la nécessité d’une consolidation énergique des profondeurs.
- On décida donc d’y procéder, et l’Entreprise Loup se mit résolument à la besogne dans ce terrain déjà dangereusement bouleversé.
- Les travaux exécutés se subdivisent en deux parties, en deux chapitres, pour ainsi dire. En premier lieu, consolidation du mur de soutènement ancien, sur la rue Lamarck.
- En second lieu, construction d’un nouveau mur en ciment armé, du système de M. Yicnnot, ancien
- élève de l’Ecole centrale, sur l’escalier becquerel.
- Voyons d’abord la consolidation. L’ancien mur de soutènement, en maçonnerie, avait été fondé sur une couche de gypse de lm,50 d’épaisseur, ce qui était insuffisant. Mais, chose plus grave, cette couche, étant en pente elle-même, ne pouvait donner au mur une assise de stabilité suffisante : le mur n'était pas enraciné, et il glissa du pied dès les premiers éboulements.
- Le travail entrepris par M. Loup a donc consisté à donner au mur « la base » qui lui manquait. Dans ce but, il a établi, à 4 mètres environ de distance, trois véritables chevalements en maçonnerie
- Fig. 5. — Escalier Becquerel. Vue de l'échafaudage pour la construction du unir de soutènement en ciment armé. Forage des puits de consolidation pour ce mur. A droite, vue des élaiemenls du vieux mur soutenant la rue Lamarck.
- prenant appui sur « le bon sol » au niveau de la rue Custine. Chaque chevalement a consisté en deux puits en béton de ciment, coiffés d’une poutre en ciment armé.
- L’opération a été méthodiquement menée (fig. 2) : on a foré, tout d’abord, un premier puits en avant du mur, puis, par une galerie percée sous le mur lui-même, on a accédé à un second puits foncé de même : dès qu’un puits était « descendu » à son niveau, on le remplissait de béton, puis, l’on réunissait les deux têtes de puits avec la poutre en ciment armé. Telle fut la première période de défense contre l’effondrement.
- Du côté de « l’escalier Becquerel » se retrouvaient les mêmes difficultés, même terrain éboulé, convul-
- sionné, fissuré, et grosses masses en équilibre instable prêles à engloutir ou à écraser les imprudents.
- On ne pouvait songer à « battre la fouille en grand », même à grands renforts d’étais, ni à construire un « masque en maçonnerie » et des « contreforts », cela eût demandé trop de temps avec des risques et des dangers continuels pendant l’exécution du travail. Il fut donc décidé de procéder progressivement, de façon à ne pas ébranler la masse : au lieu d’affaiblir le terrain, on le renforcerait, ce qui fut fait, en remplaçant de la mauvaise argile par du béton de ciment dur et résistant.
- Le mur de soutènement sur l’escalier Becquerel a donc été effectué comme il suit. Un « masque » en ciment armé a été constitué au moyen de panneaux
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- Fig. 7. — Vue générale des étalements du mur de soutènement et de la rue Lainarck.
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- fabriqués à l’avance d’après le système Yiennot. Ce masque, ce barrage, au lieu d’agir par son poids comme un mur de soutènement ordinaire en se combinant avec la poussée, reçoit seulement celte poussée à la façon dont un plancher reçoit sa charge. Il la transmet à des épines-contreforts, véritables connotes, qui la transmettent elles-mêmes au bon sol par l’intermédiaire d’une semelle et de deux puits maçonnés (fig. f>).
- Le béton armé, le ciment armé se prêtaient seuls h la solution de ce problème : car la maçonnerie ordinaire ne travaille pas h la flexion : c’est, de sa part, la résistance désespérée et victorieuse, ou bien l'effondrement.
- En somme, la méthode employée et que résument nos croquis schématiques (tig. o et A) présente les phases suivantes : 1° fonçage du premier puits à partir du sol ; 2° remplissage de ce puits avec du béton jusqu’au niveau Ail ; o° et 4° fonçage et remplissage identiques du deuxième puits ; 5° fonçage de la tranchée A HCI); 6° confection de l’épine-contrcfort.
- On passait alors à l’exécution de l’épine-contrefort suivante, puis on procédait au fonçage de la tranchée C', à la mise en place des panneaux du « masque », et à l’enlèvement des terres en arrière en Chili.
- Au lieu des importants et difficiles travaux de terrassement qu’eût nécessités le système de consolidation classique, les entrepreneurs n’ont eu ainsi que des puits ou des tranchées à faire. Les « bois d’étaiement », qui jouent un rôle si important en pareil cas, n’ont jamais eu plus de o à 4 mètres de longueur « pour les couches » et 2 mètres au plus pour les « étrésillons », ce qui représente une sécurité et une économie considérables. Finalement, le masque étant établi, on pouvait attaquer le terrain « en grand » sans aucun risque : les travailleurs étaient en parfaite sécurité dans ce chantier naturel dont l’aspect, au début, n’avait, en vérité, rien de rassurant. Il convient d’ajouter que c'étaient des travailleurs d’élite, d'un courage éprouvé et d'une expérience parfaite des travaux de ce genre. Néanmoins ils trouvèrent beaucoup d’avantages à l’emploi du nouveau procédé et ne manquèrent pas de le dire.
- En dehors d'un « cas particulier », il y a là l’application satisfaisante et logique d’une méthode nouvelle qui trouvera, ailleurs, dans des circonstances analogues, ou même différentes, d’intéressantes utilisations. Elle aura, en tout état de cause, débuté, en quelque sorte, d’une façon brillante. Car, même en matière de travaux publics et de constructions, ce qui se fait à Paris obtient toujours une sorte de consécration. Or, le fait même d’avoir maîtrisé la « Butte-Montmartre » n’est point un fait banal : MM. Loup et Yiennot ont eu une heureuse audace et l’on peut leur appliquer l’aimable adage : Audentes forlnna jurât. Max de Nynsoety.
- ALIMENTATION ARTIFICIELLE DES HUITRES
- On peut, on réalité, donner ce nom à la méthode qui vient d’ètre imaginée par M. le I)’ 11. F. Moore, appartenant au Bureau des Pêcheries américaines, non pas qu’on ait songé et réussi à faire avaler et digérer aux huîtres quelque aliment que la nature ne les poussait ni ne les avait habituées à absorber, mais en ce sens qu’on réussit à leur apporter artificiellement à point nommé, sur les bancs où on les installe, les êtres vivants dont elles font leur nourriture. Comme conséquence, on voit les huîtres grossir et engraisser à loisir.
- Depuis longtemps il a été constaté qu’il y a des bancs où ces mollusques s’engraissent rapidement, et qu’au contraire d’autres leur sont défavorables : il peut se faire que le défaut d’engraissement provienne d’un encombrement des bancs, mais cela tendrait déjà à prouver que la nourriture n’y est pas assez abondante pour les nombreuses huîtres qu’on essaye d’y faire prospérer. De plus, sur certains bancs, l’engraissement semble normalement impossible, quel que soit le nombre des coquillages que l’on élève. Le fonctionnaire du Bureau des Pêcheries dont nous avons cité le nom, s’est donc livré à une étude qualitative et quantitative des diatomées qui constituent la nourriture des huîtres sur les différents bancs, et il a constaté leur abondance sur les points où l’engraissement se fait vite et leur rareté ou leur quasi-absence sur les autres points. Il en a donc conclu qu’il fallait essayer d’augmenter l’abondance des diatomées là où elles faisaient plus ou moins défaut, et il s’est livré à des expériences, que nous ne pouvons du reste qu’indiquer brièvement, sur les cotes de Virginie, à Lynnhaven.
- On choisit une .petite haie où le fond et la salinité de l’eau étaient favorables à l’élevage des huîtres, mais où les diatomées étaient rares. El on y répandit certains engrais du commerce, susceptibles de fournir un aliment aux diatomées, d’aider par conséquent à leur multiplication, de les appeler sur cette partie du littoral. Bientôt on put constater que les diatomées devenaient rapidement nombreuses, et des huîtres, mises à l’eau dans les conditions voulues, se prirent à engraisser avec empressement. D. L. .
- BIÈRE DE RIZ
- Aujourd’hui que le Japon est plus que jamais à la mode, tout le monde connaît de nom l’alcool de riz, le saké, pour la fabrication duquel on utilise, en le transformant en sucre d’abord, l’amidon dont le riz contient une si forte proportion. Mais on s’est dit qu’on pourrait tout aussi bien utiliser le riz à la fabrication de la bière, au lieu de l’orge, et l’idée a été mise en pratique aux États-Unis, où la culture et la production du riz se font sur une très grande échelle, comme la consommation des bières.
- Voici déjà un certain temps que les brasseries nord-américaines ont eu l’idée de recourir à cette matière» première : le riz conviendrait particulièrement à cet usage par suite de sa teneur élevée en amidon et, au contraire, de la très faible proportion d’huile qui se» rencontre dans son grain. Il est utilisé exclusivement aux États-Unis sous la forme granulée, et sert surtout à la fabrication de la bière blonde : on prétend du reste qu’il lui communique une coloration et un éclat particuliers; on assure même que cette bière de riz se conserve mieux que l’autre. Les Allemands commencent à s’intéresser à cette nouvelle bière, si nous en croyons la publication Deutsche)- Reiehs Anzeif/er.
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- LES \\IM\I \ VENIMEUX ARTHROPODES
- Au cours d’un précédent article', nous avons étudie' le réde et le mécanisme des armes à venin chez les Protozoaires et les Cœlentérés. Nous allons poursuivre cette étude chez les Arthropodes. Au lieu d'être disséminées à la surface du corps comme chez les Cœlentérés, les glandes venimeuses des Arthropodes ou Articulés sont localisées dans un organe distinct, et parmi ces animaux, ce sont les Araignées et les Mille-pattes qui occupent le premier rang.
- Arachnides. — Pour un grand nombre d’Arai-gnées, la toile est un complément indispensable de l’appareil venimeux. C’est un piège qui leur permet de capturer les insectes dont elles se nourrissent. Elles les tirent en les piquant de leurs crochets venimeux, et les emportent au fond de leur trou. La toile possède encore un autre réde. C’est un appareil avertisseur : du fond de son trou, l’Araignée perçoit, .à la qualité de la secousse transmise par les fils, si elle a affaire à une victime ou à un ennemi, et peut prendre les dispositions nécessaires pour attaquer ou pour fuir. Mais beaucoup d’espèces utilisent leurs fils de soie à d’autres usages et emploient des procédés de chasse différents. C’est ainsi que les petites araignées sauteuses de nos bois bondissent directement sur la proie. D’autres espèces, comme les Lycoses, les Ségestries, les Mygales, suivent une tactique de guerre, et construisent des ouvrages fortifiés, où tout est combiné pour l’attaque et la défense.
- La Tarentule à ventre noir (fig. 1), bote des régions ensoleillées, creuse dans le sol un puits vertical qui s’enfonce jusqu’à 40 centimètres de profondeur. L’orifice de ce clapier est surmonté d’une tour faite de bois et de terre glaise et tapissée à l’intérieur par un réseau de soie qui permet facilement l’escalade. Malheur aux insectes qui viennent se poser sur cet observatoire d’un nouveau genre. Dans l’obscurité de son antre, l’Araignée a raison des plus vives résistances, et les hyménoptères les mieux armés, guêpes, abeilles, frelons, sont mis à mort avant d’avoir pu se défendre.
- La plus terrible parmi ces Araignées à constructions souterraines est la Mygale aviculaire de la Martinique. Elle ferme l’orifice de son terrier par un couvercle et s’y tient cachée pendant le jour. Elle chasse la nuit et s’attaque à des animaux plus gros qu’elle, grenouilles, crapauds, souris, oiseaux; son venin est assez actif pour paralyser toutes ces proies. Elle n’est pas très dangereuse pour l’homme; sa piqûre peut occasionner une lièvre passagère, mais en général elle ne détermine que des accidents locaux sans gravité.
- Si ces grandes Araignées exotiques ne sont pas nuisibles à l’homme, à plus forte raison celles de nos pays sont-elles incapables de le blesser grièvement. Et cependant quelle réputation détestable
- 1 Yov. n° 1687, du 25 septembre 1905, p. 263.
- elles possèdent ! II en est une surtout, bien connue en Italie et en Corse, dont la piqûre passe pour être très grave : c’est la Tarentule. On l’accuse de déterminer une maladie spéciale caractérisée par des accès convulsifs, des danses désordonnées qui paraissent, comme les danses des Derviches, activées par certains airs, et enfin, une exaltation mentale assez marquée pour avoir fait de l’expression : « piqué de la Tarentule », le synonyme de déséquilibré. Au seizième et au dix-septième siècle, la piqûre de la Tarentule a meme été considérée comme cause des épidémies de chorée qui ont sévi dans la péninsule. Mais il jiaraît plus probable que la piqûre de la Tarentule provoque, comme celle des Mygales cl des Ségestries, une douleur vive et des accidents locaux passagers, qui suffisent, chez les sujets prédisposés, à amener l’explosion de troubles nerveux restés latents jusque-là, et qui relèvent plus de la névrose que de la piqûre elle-même.
- De toutes les Arachnides, c’est le Scorpion qui, à juste titre, inspire le plus de frayeur : son venin est en effet plus actif que celui des Araignées, et lue facilement les petits rongeurs, les oiseaux, les carnassiers. Certaines espèces du Mexique sont même dangereuses pour l’homme et peuvent occasionner la mort des enfants et des vieillards. Le Scorpion est d’autant plus à craindre qu’il circule la nuit, et que dans l’ardeur de la chasse, il s’introduit dans les habitations et jusque dans les lits pour y poursuivre quelque parasite. S’il est dérangé par un mouvement brusque qui l’effraie, il y répond par un geste involontaire de son aiguillon qui amène la cuisante piqûre et le réveil.
- Comment les araignées et les scorpions inoculent-ils leur venin? Chez les Araignées, il existe en avant de la tête deux antennes très courtes terminées en pointe et recourbées vers la bouche (fig. l,n°2). Elles sont formées chacune de deux articles, le basilaire large et trapu, le terminal en forme d’aiguille courbe, d’une alêne de cordonnier. Celle-ci est creusée d’un canal qui s’ouvre tout près de la pointe, et qui n’est autre chose que le conduit excréteur de la glande à venin, logée dans l’article basilaire, ou dans le céphalothorax. Cette glande est entourée d’une couche musculaire qui, en la comprimant, fait sortir le venin à la volonté de l’animal (fig. 1, n°5, gv).
- Chez les Scorpions, la glande venimeuse est construite sur le même type que celle des Araignées; mais elle est située à l’autre extrémité du corps. Pour un organe qui doit servir à préparer la nourriture, c’est là une position bizarre et qui a déterminé de profondes modifications dans la forme du corps L’abdomen, au lieu d’être globuleux comme les Araignées, se prolonge en un levier articulé, très mobile, qui peut se recourber en avant et en haut jusqu’au niveau de la bouche. Aussi le Scorpion est-il moins embarrassé que l’Araignée pour piquer sa proie ; la fig. 2, n° 1 montre comment il opère ; les deux grandes pinces antérieures lui permettent de saisir le gibier et de l’immobiliser, tandis qu’un aiguillon indépendant
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- (fig. 2, nos 2, 3) l’envenime quand cela est nécessaire.
- Myriapodes. — Comme les Scorpions, les Myriapodes ou mille-pattes sont des animaux nocturnes. Ils vivent en groupes sous les pierres, sous les pièces de bois, au conctact du sol humide, ou dans les détritus végétaux. Quelques espèces sont lucifuges; elles se creusent une retraite dans la terre, à 20 et même 50 centimètres de profondeur, et perdent leurs yeux par défaut d'usage. Suivant leurs habitudes et leur régime, ils se divisent en deux ordres; les uns comme le Mille-pattes proprement dit, sont carnassiers et se nourrissent de proies vivantes; les autres, comme les Iules, sont végétariens et sucent les végétaux en décomposition. A ces deux régimes correspond une différence très grande dans la structure et la situation de l’appareil venimeux : chez les
- premiers il est situé au voisinage de la bouche, il a la forme d’une tenaille creuse qui contient la glande et dont la pointe inocule le venin (fig. 5, n° 1 ) ; il sert à l’attaque et .à la défense, et la puissance de l’arme est secondée par l’agilité des pattes et la souplesse du corps (fig. 4). Chez les seconds au contraire, qui se gorgent de sucs végétaux, la bouche est inerme et inoffénsive, les pattes sont courtes, les anneaux peu mobiles et l’animal ne progresse qu'avec lenteur (fig. 3). Les glandes venimeuses, situées symétriquement dans la peau des anneaux, ne servent qu’à la défense (fig. 5, nu 2). Autant les premiers sont voraces et agressifs, autant les seconds sont sobres et pacifiques; ils se défendent par un procédé original qui éloigne l’ennemi sans lui causer, le plus souvent, aucun dommage. Dès qu’on les touche, ils se rou-
- Fi-. 1. F*. 2.
- Fig- 1.— 1. Tarentule femelle. —2. Appareil buccal d'une araignée ; c, pinces avec les crochets <7 qui les terminent.— 5. Pinces d'une araignée avec, la glande venimeuse r/v, son canal excréteur c qui traverse le crochet venimeux et vient s’ouvrir non loin de la pointe de ce dernier, en 0.
- Fig. 2. — Scorpion (d'après Joyeux-Laffuie). — 1. Scorpion tenant entre ses pinces une araignée qu’il envenime. — 2. Extrémité grossie oc l’aiguillon du scorpion montrant les deux orifices « et b des canaux excréteurs des glandes. — 3. Extrémité caudale du scorpion montrant le dernier article qui contient les glandes venimeuses et son extrémité en forme d'aiguillon.
- lent en boule, comme les Cloportes, et font les morts ; en même temps leur corps se recouvre d’une sorte de sueur froide, indice de leur détresse. Cette sueur est volatile et exhale une forte odeur qui suffit à éloigner l’assaillant. La composition de ce venin varie avec les espèces, et l’analyse a pu déceler comme principe dominant, chez les uns du camphre, chez d’autres de la créosote ou de l’acide evanhy-drique, ou enfin chez une espèce commune dans nos régions, le Sclrizophylhnn med'xterranenm, de la quinone.
- I 11 venin volatil, emprunté à la chimie organique, voilà certes un moyen de défense qui n'est pas banal, et les Myriapodes ont précédé les chimistes dans la préparation des corps complexes. Ces diverses substances exislent libres ou combinées dans les détritus végétaux, et, après avoir servi à nourrir les Iules,
- elles sont de nouveau libérées et rendues au sol, où elles jouent un rôle considérable dans la formation de l’humus. Les Myriapodes deviendraient ainsi des auxiliaires précieux des microbes et des plantes; mais je n'insisterai pas sur ce rôle qui renlre dans le domaine de la chimie agricole.
- Insectes. — Les hyménoptères sont les plus connus des insectes venimeux. Toutefois les guêpes ne sont réellement agressives qu’au moment où leur nid est en danger; elles s’unissent alors pour la défense collective. Très ardentes pour la défense du nid, elles le sont aussi dans la chasse qu’elles font aux autres insectes; mouches, sauterelles, papillons, abeilles succombent sous leurs coups, et leurs mandibules puissantes viennent en aide à l’aiguillon. C’est pour nourrir leurs larves qu’elles font toutes ces victimes; elles en refranchent les ailes, les pattes et toutes
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- les parties dures; elles broient le corselet avec leurs qu’elles dégorgent dans la bouche du nourrisson. Si mandibules, et en préparent une boulette nutritive la proie vivante se fait rare, les guêpes accourent
- Fig. 5. — Iule. Fig. i. — Scolopendre.
- affairées à l’étal des boucheries ;ct découpent dans les plus tendres morceaux ce qui convient à leurs larves. Cet empressement, cetteardeur sont d’autant plus méritoires que les pourvoyeuses ne travaillent pas pour leur progéniture : dans les sociétés de guêpes, les reines seules peuvent prétendre aux joies de la maternité ; celles qui n’ont pas été choisies pour cette fonction remplissent le rôle de nourrices sèches ; elles consacrent leur force et leur activité aux soins et à l’élevage des jeunes; mais, tandis que la reine, retenue par sa fécondité prodigieuse, pond dans l’obscurité du nid souterrain, elles parcourent l’espace dans la lumière, et dans le parfum des fleurs. Toutes les espèces de guêpes ne sont pas ainsi organisées ; beaucoup vivent solitaires et se suffisent à elles-mêmes ; les reines n’ont pas de
- servantes empressées. En même temps quelles pondent, il faut qu’elles approvisionnent le nid ; et les
- Fig. 5. — 1. Forcii>ule de scolopendre ouverte pat lu face buccale (d'après Dubosq) et montrant la glande venimeuse </, le canal excréteur c qui s’ouvre en o vers l’extrémité de Ja forcipule. — 2. Fon-taria gracilis (d’après Max Weber), montrant les glandes venimeuses disposées symétriquement de chaque côté du corps. — 3. Appareil venimeux de l’abeille ; a, l'aiguillon et son extrémité barbelée a’ ; b, glande alcaline ; d et d\ glande acide formée de 2 tubes excréteurs qui se réunissent et déversent leur contenu dans le réservoir c.
- vivres doivent rester frais jusqu’à l’éclosion de la
- larve. Soustraire un cadavre à la putréfaction au plus fort de l’été ne paraît pas chose facile pour un insecte. Néanmoins les guêpes solitaires ont résolu le problème : au lieu de dépecer la victime, elles l’endorment profondément, et l’enfouissent dans leur terrier après avoir collé leur œuf sur ce corps désormais sans défense. L’œuf se développe, et quand la larve est éclose, elle trouve table mise et des vivres frais : la proie, anesthésiée par le poison, a conservé dans l’immobilité de la mort tous les attributs de la vie. Cette léthargie, qui peut durer plus d’un mois, est due à l’action du venin que la guêpe sait inoculer directement dans les centres nerveux et qui agit comme un narcotique puissant. Ce merveilleux instinct de quelques hyménoptères a été le thème de discussions ardentes, et les théories philosophiques les plus opposées-se sont ainsi livré bataille à propos d’une
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- piqûre d’insecte. Un antre résultat intéressant de la piqûre des Hyménoptères est la production des galles. Ces tumeurs sont véreuses, et les naturalistes (pii, depuis Héaumur, ont étudié l’origine du ver emprisonné, ont vu qu'il provenait de l’œuf déposé dans les tissus végétaux par de petits Hyménoptères qu’on désigne sous le nom de Cynips. Ces insectes possèdent un aiguillon d’une grande longueur qui, au repos, s’enroule dans l’abdomen à la façon d’un ressort de montre. Quand l'époque de la ponte est arrivée, la femelle s’installe sur les bourgeons ou sur les feuilles, perfore les tissus avec son dard et introduit ses œufs dans la profondeur de la plaie en les expulsant par un jet de liquide venimeux. Le venin détermine dans les tissus qu’il imbibe une irritation spécifique : les cellules s’accroissent; elles se chargent de réserves, albumine, graisse, amidon, et la jeune larve trouve une nourriture abondante dans le néoplasme (pii lui sert d’enveloppe protectrice.
- L’aiguillon des Cynips ne sert donc ni à l’attaque ni à la défense comme chez les guêpes ; il n’a d’autre fonction que de déposer l’œuf au point le plus favorable au développement de la larve; ({liant au venin, il assure d’une manière indirecte l’abri et la nourriture de cette jeune larve. lien est ainsi chez un très grand nombre d’Hyménoptèrcs qu’on a groupés dans un sous-ordre spécial sous Je nom de Téré-brants, parce qu’ils possèdent au lieu d’aiguillon une sorte de vrille, de tarière, propre à percer les tissus les {ilus durs, pour y déposer leurs œufs, et qui se trouve être ainsi une annexe de l'ovaire.
- Malgré cette différence de fonction, la tarière ne diffère pas de l’aiguillon au point de vue anatomique; ce sont deux organes homologues et ils n’existent que chez les femelles. Pour avoir une idée d’ensemble de l’appareil venimeux des Hyménoptères, il suffit donc de connaître un type, par exemple celui de l’abeille (fig. 5, n" 5). 11 est situé dans la portion terminale de l’abdomen, à l’extrémité duquel ou voit poindre l’aiguillon. Les glandes à venin, qui sont symétriques, déversent leur produit dans un réservoir commun, d’où il {tasse dans une sorte de corps de pompe appelé gorgeret, {tour être inoculé ensuite par un jeu de deux pistons, qui portent en même temps la pointe acérée du dard a, a'. L’appareil fonctionne comme une seringue à injection toujours chargée et prête à l’usage. Cet appareil, qui s’adapte tantôt à la {tonte de l’œuf, tantôt à l’inoculation du venin, a encore un autre usage : chez les abeilles et les fourmis, il est utilisé comme appareil d’hygiène. Certes l’abeille dégaine parfois son dard ; mais ce geste défensif lui coûte très souvent la vie : la pointe barbelée de l’aiguillon, une fois introduite dans les tissus qui sont élastiques, n’en peut sortir qu’à force de précautions et par un mouvement de giration sur place qui dure un certain temps. Dans la plupart des cas, la fuite doit être rapide et l'insecte, tirant violemment, abandonne dans la plaie non seulement l’aiguillon, mais encore le rectum, ce qui cause des délabrements mortels.
- 11 semble que l’abeille ait conscience de la défectuosité de son appareil de défense, car elle ne l’utilise que d’une manière exceptionnelle. Hans les fortes chaleurs de l’été et au moment de la miellée, les ouvrières qui rentrent chargées de bulin assistent sans s’émouvoir aux manœuvres de l'homme qui visite les ruches. Quand la saison est favorable, la récolte abondante, il y a pléthore dans les ruchers, et la bête laborieuse semble comprendre que, pour assurer la régularité du travail, l’excédent des provisions doit être enlevé ; ce n’est pas un ennemi qui visite ses rayons, mais un collaborateur, et c’est là sans doute l’origine de sa domestication volontaire. Pour l’Hyménoptère, l’Apiculteur est un associé dont les habitudes lui deviennent familières, et qui a même le droit d’amener des amis, pourvu que la peur ne les rende pas brusques. De patients naturalistes nous ont révélé les détails les plus curieux, au point de vue de l’appareil venimeux ; avant de eacheter une cellule à miel, l’ouvrière darde son aiguillon dans le liquide sucré et y déverse une gouttelette de venin. Par l’acide formique et les essences aromatiques qu’il contient, ce liquide empêche la fermentation du glucose et la pullulation des microbes. Aussi, dans les années de pluie, quand l’alimentation est défectueuse, les sécrétions sont modifiées, le venin perd de ses propriétés antiseptiques, et, dans le milieu chaud et obscur de la ruche, le miel et le couvain sont exposés à l’invasion des germes infectieux : c’est ainsi que se développe cette maladie microbienne si redoutée des Apiculteurs, et qu'ils désignent sous le nom de Loque.
- Le rôle antiseptique du venin devient prépondérant chez les fourmis. La fourmi rousse, si commune dans nos régions, qui construit ces énormes monticules de brindilles ou d’aiguilles de conifères, a perdu ses ailes et son aiguillon ; celui-ci s’est atrophié par défaut d’usage; mais les glandes venimeuses ont pris un développement extraordinaire; leur membrane d’enveloppe est fortement musclée cl permet de lancer le venin corrosif à une distance de 50 centimètres. Si ce pulvérisateur d’un nouveau genre est dangereux {tour l’homme qui recevrait le liquide irritant au visage ou dans les yeux, il est au contraire très utile pour l’hygiène de la fourmilière. Hans cette cité populeuse, où le nombre des habitants varie de 100 à 500 000, où la lumière et l’air manquent, où la température est élevée, où les provisions de bouche s’entassent, les microbes pulluleraient à l'aise si le service de désinfection n’était assuré d’une manière parfaite. Chaque fourmi possède une abondante provision de liquide désinfectant riche en acide formique, dont les vapeurs s’opposent à la germination des graines aussi bien qu’à la prolifération des microbes. La propreté la plus minutieuse existe dans les rues et les carrefours; aucune odeur pestilentielle ne se dégage de cette agglomération vivante, exemple si merveilleux de solidarité et d’organisation sociales. H1' G. Phisaux.
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- NÉCROLOGIE
- Emile Oustalet. — Le savant zoologiste, dont la seience française déplore la perte prématurée, fut un des plus anciens et des plus fidèles collaborateurs de La Nature. C'est en décembre 1877 que parut son premier article dans cette revue, consacré aux Oiseau.) de la Chine. Depuis lors, jusqu’à ces dernières semaines où il nous donnait deux éludes sur des métis de chien cl de chacal au Jardin des Plantes et sur les Coendous velus, ces singuliers rongeurs, il nous apporta régulièrement son tribut continu de notes et d’études sur les sujets les plus variés de zoologie et surtout d’ornithologie : anhingas ou oiseaux-serpents, pélicans, coqs phénix du Japon, calaos, coqs de bruyère, Humiliants, paradisiers, ménure-lyre, manchots, cacatoès, agamis ou oiseaux-trompettes, aptéryx défilèrent grâce à lui devant les yeux de nos lecteurs et leur ensemble constitue, en môme temps qu’une révision du monde des oiseaux, un guide pour leur étude d’après l’animal vivant, car il choisissait pour les décrire des types appartenant à la ménagerie du Jardin des Plantes et dont le public pouvait prendre une idée concrète. A ces arlicles s’en joignent bien d’autres sur les mammifères, les reptiles, les mollusques, etc.
- Né à Montbéliard, patrie de Cuvier et de Duvcrnoy, le 2 ï août 1844, Jean-Frédéric-Emile Oustalet accomplit toute sa carrière scientifique au Muséum, où il entra en 1875 comme aide naturaliste; il y était professeur de mammalogic depuis le 20 août 1000, chargé spécialement de la ménagerie, et sous-directeur à l’Ecole des Hautes-Etudes lorsque la mort vint le frapper à Saint-Cast (Côtes-du-Nord), le 26 octobre 1005, en pleine activité scientifique.
- Les principaux ouvrages de M. Oustalet sont des Recherches sur les Insectes fossiles, des Publications sur les Oiseaux utiles, des Monographies de Mégapodes, un gros mémoire sur les Oiseaux de la Chine, etc.
- Lauréat de l’Institut en 1877, secrétaire de la Commission permanente d’observations ornithologiques, ancien président du Comité ornithologique international, président du Congrès ornithologique de 1000, délégué aux Congrès ornithologiques de Vienne, Budapest, Londres, M. Oustalet était chevalier de la Légion d’honneur cl commandeur de divers ordres étrangers.
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- CHRONIQUE
- Yoiivclle tache «lu soleil. — Au moment où disparaissait à l’Ouest du Soleil le groupe de taches dont nous avons parlé précédemment', M. l'abbé Moreux a observé et a photographié, à l’Observatoire de Bourges, dans la soirée du 26 octobre, une nouvelle tache visible à l’œil nu et ayant une longueur de 85 600 kilomètres. Cette tache, qui a été visible jusqu’au 51 octobre, avait une forme ellipsoïdale et se manifestait par des éruptions très violentes. C’est à l’apparition de cette nouvelle tache solaire qu’est dù le brusque relèvement de température qui a été observé.
- Les téléphones à New-York. — Il y a dix ans, on ne comptait pas plus de 12 000 [testes téléphoniques dans les deux agglomérations de Bronx et île New-York, qui forment la partie la plus importante de New-York ; aujourd’hui on en compte 150 000 : cela correspond à une
- 1 Yov. n° 1662 du 28 octobre 1605, p. 350.
- proportion de [dus de 65 appareils par 1000 habitants, trois fois plus qu’à Paris par conséquent, et quatre fois autant qu’à Londres.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 50 octobre 1905. — Présidence de M. Troost.
- Nouveaux hématozoaires. — M.Lavcran et M. Lucet, vétérinaires à Courtcnay, présentent une Note donnant la description de deux hématozoaires découverts l’un sur la perdrix, l’autre sur le dindon. Les perdrix en question avaient été achetées en Hongrie pour le repeuplement d’une chasse. L’hématozoaire qu’elles portaient attaque les globules rouges du sang; il est analogue à celui du paludisme et paraît appartenir à une espèce rencontrée sur certains passereaux. Mais la question est encore douteuse et ne pourra être résolue que par des expériences de passages de l’hématozoaire des passereaux aux perdrix et réciproquement. Il est pathogène et transmissible par les moustiques. Les auteurs l’ont appelé hemamæba relicta. L’hématozoaire du dindon, au contraire, parait appartenir à une espèce nouvelle; c’est un leucocyto-zoaire. Les auteurs l’ont appelé l'hemamæba smithi, en se référant à un savant qui l’avait déjà aperçu, mais l’avait mal décrit.
- Travail des Moulins à vent. — M. Miintz communique une Note de M. Bingelmann relative au travail mécanique que peuvent fournir les moulins à vent. Les chiffres et coefficients résultent d’expériences faites, pendant près de 2 ans, à la Station d’Essais de machines, sur un moulin de 5m,60 de diamètre, muni d’appareils enregistreurs automatiques notant, à chaque instant, la vitesse du vent, le nombre de tours de la roue, et le travail fourni par le moulin. Les moulins automatiques sont des moteurs très recommandables pour l’élévation des eaux destinées aux exploitations agricoles comme aux agglomérations rurales.
- Le dévonien dans le plateau Central. — M. Michel Lévy présente une Note de M. Albert-Michel Lévy, garde général des eaux et forêts, signalant la découverte de gites fossilifères à l’est de Bourbon-Laney. Les fossiles appartiennent à l’étage du famennien qui caractérise le dévonien supérieur dont le niveau dans le plateau Lentral n'était pas connu. Ils ont été trouvés par M. Albert-Michel Lévy au cours d’un travail de révision de la carte géologique, dans des schistes qui passaient pour azoïques et qui sont en contact avec des nappes de porphyritc vacuo-laire, c’est-à-dire de véritables coulées.
- Effet de la lumière colorée sur la constitution du blé. — M. Maquenne présente une Note relative à l’effet des différentes radiations lumineuses sur l’accumulation de la matière azotée dans le grain du blé. Les radiations les plus efficaces sont précisément celles qui n’agissent pas sur la fonction chlorophyllienne. Même en l’absence presque complète de lumière, le froment peut mûrir et la richesse du grain en azote dépasse le taux du grain de croissance normale.-
- Photographie de tache solaire. — M. Janssen présente une photographie de la grande tache solaire actuelle effectuée à l’Observatoire de Meudon par M. Pasteur. Lette photographie est particulièrement intéressante par sa perfection. Cu. de Yilledeul.
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- LA NATURE.
- ESSAI ÜE DURÉE DES MANCHONS
- A INCANDESCENCE
- Il y a des gens qui usent beaucoup de manchons à incandescence et d’autres qui conservent le môme pendant des anne'es entières. Ces derniers sont l’infime minorité, c’est pourquoi, dans l’éclairage domestique, les manchons ont une réputation désastreuse malgré la belle lumière qu’ils répandent.
- Les amateurs de l’éclairage de luxe passent sur ce défaut de fragilité et se contentent de maugréer lorsqu’un manchon n’a fait qu’un service de quelques jours. Par acquit de conscience on change la marque et le résultat est toujours le môme! Finalement, comme on s’habitue au malheur on s’habitue à la casse ; le chapitre des « profits et pertes » rétablit 1’équilibrc budgétaire un instant compromis.
- Dans les grandes administrations il serait cependant intéressant de pouvoir faire un choix judicieux entre les divers inventeurs de marques, qui briguent une commande sérieuse, et sont toujours disposés à accorder à leurs produits une supériorité incontestable sur ceux des concurrents. Quel est le moyen de les confondre?
- Jusqu’à présent, à la ville de Paris, on mettait à l’essai pendant six mois, sur un groupe de rues, les manchons présentés, et on comparait le prix de revient global avec celui des six mois précédents. Vous avouerez que celte méthode était plutôt primitive. Aussi les protestations des intéressés arrivaient-elles en loule; on accusait la saison, le mauvais état des rues pendant le semestre, etc. ; bref, il était toujours très difficile, sinon impossible, de faire admettre à un concurrent que son produit était de qualité inférieure à celui du voisin.
- Tout a une fin. Désormais, lorsqu'une demande d’essai arrive à l’Hôtel de Ville, l’intéressé est prié de se présenter au laboratoire de la rue de Fourcy avec quelques manchons que l’on installe séance tenante, avec des « témoins », sur des becs fixés à une rampe. Un moteur électrique se met ensuitô en route et la rampe, les becs et les manchons commencent une danse vibratoire essentiellement peu hygiénique. Souvent, au bout de quelques minutes, les manchons se fendillent et tombent enfin en poussière devant
- leur propriétaire ébahi pendant que les « témoins » ont résisté victorieusement. Le nouveau rival est battu par l’ancien ! Mais si le contraire se produit la commande ne se fait pas attendre. Et voilà comment on met actuellement à l’essai les manchons à incandescence, qui briguent l’honneur d’éclairer la voie publique à Paris.
- Disons quelques mots de cet appareil tout nouvellement imaginé par M. Chevallier, conducteur des ponts et chaussées, sur les indications de M. Maze-rolle, ingénieur.
- Il comprend un bâti métallique rigide ARCD sur la tablette d’une cheminée. La rampe de gaz, sur laquelle se lixent les becs, est posée entre D et C sur deux ressorts spirales (un à chaque
- extrémité) et elle est maintenue de chaque côté du bâti par deux autres ressorts latéraux. Au-dessous de cette rampe et dans le môme sens est disposé un axe qu’un petit moteur électrique fait tourner très vite et qui porte deux petits couteaux E E calés à 90 degrés l’un par rapport à l’autre. En tournant, les couteaux rencontrent deux ressorts R R fixés à .la rampe et les font vibrer. La rampe obéit à ces secousses et entre à son tour en trépidation entraînant les becs et les manchons dans ses tressaillements.
- Lorsque les brûleurs sont garnis de manchons à essayer, la machine est mise en mouvement et on note les avaries au fur et à mesure qu’elles se produisent. La rampe est allumée, puis éteinte à intervalles réguliers, afin que l’on puisse tenir compte des causes de bris provenant de la dilatation qui se produit au moment de l’allumage et du rétrécissement à l’extinction. Une cote de résistance est attribuée à chaque type de manchons et une table spéciale a été dressée qui permet de juger instantanément de la valeur comparative de chacun d’eux.
- Celte petite machine est réellement curieuse; elle a déjà déçu bien des inventeurs, tout en rendant de réels services à la Ville de Paris dont le service de l’éclairage absorbe annuellement de 4 à 500 000 manchons. Lucien Fournier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laicjre, rue de Fleurus, 9.
- Rampe à trépidation.
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- N° 1694.
- 11 NOVEMBRE 1905.
- LA NAÎT UE.
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- DÉSINFECTION DES NAVIRES PAR LE GAZ SULFUREUX LIQUIDE
- Un décret du Président de la République, du 25 septembre 1905, oblige les navires arrivant des pays contaminés de peste à subir la désinfection, par un moyen approuvé par le Comité consultatif d’hygiène publique de France pour la destruction des rats à bord des navires et pour la désinfection de ces navires.
- Jusqu'à cejour les procédés, qui avaient été approuvés, emr ployaient la combustion de soufre.
- Les résultats de ces procédés étaient tellement peu constants dans leurs effets, ce système empirique de la combustion du soufre avait donné des mécomptes tels, que le Comité central des armateurs de France s’était ému et avait obtenu la non-application du décret de 1905. Aussi, malgré les résultats auxquels on était arrivé par les nouveaux procédés de dési n fcc ti on , n’appliquait-o n pas les mesures sanitaires les plus élémentaires dans nos ports, où l’absence d’appareils à désinfection obligeait encore nos services sanitaires maritimes à renvoyer les navires contaminés ou suspects de peste dans les quarantaines; ce vieux système, qui, au point de vue scientifique, ne se défend pas, continuait à être le seul possible malgré les décisions de toutes les conférences internationales sanitaires les plus récentes. On cherchait un procédé de désinfection efficace cl d’une innocuité à toute épreuve. On se rendait compte que, pour obtenir celte désinfection, un gaz seul pouvait avoir les propriétés nécessaires pour se répandre partout et
- aller atteindre les rats jusque dans leur repaire. L’acide carbonique n’étant pas assez toxique pour accomplir l’œuvre de destruction demandée, ce gaz exigeant un trop fort pourcentage pour remplir ces
- conditions, l’oxyde de carbone offrant de trop grands dangers pour être employé, il ne restait plus que l’acide sulfureux, qui put être d’un emploi pratique ; mais on voyait aussi que les appareils producteurs de ce gaz avaient besoin d’être fortement perfectionnés. Us constituaient un progrès réel sur ce qui existait avant leur invention; ils permettaient de lancer en grande quantité dans les cales le gaz sulfureux, mais étaient par trop empiriques et avaient besoin d’un perfectionnement scientifique. Déjà en 1904, une commission anglaise du Local go-
- vernment lioard, chargée d’étudier la désinfection des navires par des appareils employant la combustion du soufre, émet l’avis qu’on pourrait avec avantage les remplacer par des appareils à acide sulfureux liquide et que les résultats seraient certainement bien plus constants dans leurs effets ; la seule objection que fil celte com-m iss ion avait égard au prix trop élevé de l’acide sulfureux liquide, disant aussi qu’il ne suffirait pas simplement d’ouvrir les bou-leillcs d’acide sulfureux liquide dans les cales, mais qu il serait nécessaire de trouver un procédé pour assurer son brassage et sa diffusion. Depuis cette époque, le prix de l’acide sulfureux liquide
- Fig. 1. — Appareil Marot. Vue prise pendant une désinfection.
- Fig. - — Fc vapeur Orlégal subissant la désinfection par l’appareil .Mann dans le port de Marseille.
- 33“ auuée. — 2e semestre.
- U
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- LA N ATI HE.
- est devenu extrêmement faible. Beaucoup d’usines, brûlant du soufre, envoyaient dans l’atmosphère l’acide sulfureux produit par ce combustible. Les usines cherchèrent à récupérer cet acide et arrivèrent à liquéfier le produit qui est devenu dès lors un sous-produit d’industrie. On sait que ces derniers sont toujours tout bénéfice, la matière première n'étant pas comptée. Ils peuvent donc être livrés au public à des prix dérisoires et il en fut ainsi pour l’acide sulfureux liquide, que l’on trouve maintenant dans le commerce à un prix moindre que le soufre qu’il faudrait brûler pour le produire. On pouvait donc songer à employer cette source de gaz sulfureux; avant de le faire, il fallait, cependant, trouver le moyen de diffuser le gaz. C’est ce qu’un de nos ingénieurs, M. René Marot, chercha à réaliser dans son appareil. La conférence internationale sanitaire de 11)03 avait indiqué, dans les annexes de ses procès-verbaux, que l’un des meilleurs moyens de détruire les rats serait d’employer les appareils produisant de l’acide sulfureux-sulfurique. M. Marot, voulant satisfaire à ce desideratum, eut l’idée de produire une certaine quantité d’ozone au moyen de l’eflluve électrique pour oxyder le gaz sulfureux liquide. 11 obligeait son gaz à passer dans un tube où se produisait l’eflluve électrique. 11 employait, pour produire les effluves, un appareil du système Otto.-Il obtint ainsi un résultat par trop parfait, c’est-à-dire dépassant les limites voulues, parce que l’anhydride sulfurique formé abîmait les surfaces métalliques,'certaines étoilés ; en somme, on arrivait toujours, par ce procédé, aux résultats décourageants que l’on obtenait de temps en temps avec le procédé empirique de la combustion du soufre. M. Marot eut l’idée de changer son tube à effluve électrique en un tube dans lequel il produisait simplement des étincelles: le résultat fut qu’il n’obtenait plus d’anhydride sulfurique, et le gaz n'avait plus aucune action nocive ni sur les métaux, ni sur les étoffes, ni sur aucun autre objet. En essayant sur les êtres animés le gaz ainsi obtenu, il vit qu’il avait des propriétés tout à fait particulières. MM. le I)r Chantemesse, inspecteur général des services sanitaires, Wurtz et Bonjean, chargés de l’élude de ce gaz par le Comité consultatif d’hygiène publique de France, se rendirent compte qu’après être passé dans le tube à étincelles électriques, le gaz ainsi obtenu tuait les rats, en un temps plus court de moitié (pie le gaz sulfureux ordinaire.
- Cet. appareil Marot lance, à la minute, 2a mètres cubes de gaz contenant 2a à 50 pour 100 d’acide sulfureux. En quelques minutes il permet d’inonder de gaz un bateau, et la désinfection, qui autrefois demandait 7 à 8 heures avec les procédés à combustion de soufre, ne demande plus, avec le nouveau procédé, qu’une heure et demie à 2 heures pour les plus grands navires.
- L’appareil fonctionne comme une automobile ; un tour de manivelle met en mouvement le moteur qui actionne le ventilateur et une dynamo qui produit les étincelles électriques dont nous parlons plus haut.
- L’eau du moteur, en s’échauffant, donne la chaleur nécessaire pour amener le changement d’état de l’acide sulfureux liquéfié et le convertir en gaz. L’appareil, tout en n’étant pas très encombrant, est des plus robustes.
- Le Comité central des armateurs de France s’est rendu compte de l’innocuité du procédé à l’égard des navires et de leur cargaison. Il vient d’approuver l’emploi de l’appareil. Le Comité consultatif d'hygiène publique de France, à la suite des rapports de MM. Chantemesse, Wurtz et Bonjean, a, lui aussi, adopté l’appareil qui maintenant fonctionne dans nos grands ports du Havre, de Dieppe, La Rochelle, Saint-Nazaire, Marseille, où les navires arrivant de pays où existent la peste, le choléra et la fièvre jaune subissent la désinfection sous le contrôle du service sanitaire.
- Naturellement ce n’est pas seulement pour la prophylaxie sanitaire internationale que cet appareil a été construit. C’est un appareil producteur d’un acide sulfureux spécial, qui détruit les microbes aussi bien que les insectes. Dans tous les cas où on recommande l’usage du gaz sulfureux pour la désinfection des habitations, pour la destruction des animaux et des insectes, pour la conservation des objets d’habillement ou de consommation, on pourra s’en servir, puisqu’on a ainsi à sa disposition un moyen scientifique-d’avoir-un gaz sulfureux toujours identique à lui-même. Nous avons donc là un perfectionnement dont les bénéfices se feront sentir dans l’hygiène et l’industrie. , D' A. Loir,.
- LE PAIN DE CHÂTAIGNE EN CORSE
- La châtaigne joue en Corse le rôle du froment et l’on fait de sa farine un pain qui est presque le seul utilisé par les campagnards, tandis qu’à la ville il reste une friandise quotidienne. Les châtaigneraies qui fournissent la matière première à la fabrication de fa polenta, en dépit de destructions maladroites, occupent encore une superficie de plus de 50 000 hectares et suffisent à la fois v à l’exportation et à la consommation sur place (dans l’arrondissement de Bastia la production en 1004 a été de 80 000 quintaux métriques).
- Les châtaignes sont, après leur cueillette, conservées dans des chambres spéciales où on les fait sécher en les disposant sur une vaste claie élevée au-dessus du sol et en les chauffant à petit feu. C’est sur cette provision que l’on prélève de temps à autre la quantité nécessaire à la consommation en farine pour cinq ou six semaines.
- La mouture se fait au moyen de deux meules, l’une fixe, l’autre mobile, actionnées par une chute d’eau. On a soin, avant l’opération, de décortiquer complètement la châtaigne (par une sorte de vannage dans des corbeilles d’osier) et de la faire chauffer pour en chasser toute humidité. On obtient une farine blanche et fine, agréable par son odeur et sa saveur sucrée, susceptible de former une pâte peu élastique, en la délayant avec un tiers de son poids d’eau, et ne gonflant pas au four.
- C’est cette farine qui forme, avec le lait, la hase de l’alimentation corse. On l’emploie de différentes façons dont la plus populaire, aussi bien en Corse qu’en Italie, est la polenta, mets classique dont voici la recette : on jette peu à peu la farine tamisée dans de l’eau bouillante légèrement salée. On maintient la pâte sur le feu
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- L A N A T (J ILE.
- on agitant sans cesse jusqu’à ce qu’il n’y ait plus adhérence aux parois de la bassine; alors on verse la pâte sur une serviette saupoudrée de farine et on coupe en Iranches avec du fil. La polenta se mange avec un fromage spécial, le broccio, soit chaude, soit frite ou grillée. Le briboli est une bouillie de farines de châtaignes nu lait, très prisée des gourmets : en ajoutant un peu d’huile au briboli bouillant, on obtient la ferinada. Enfin il existe encore la Iourte où il entre de l’anis, des amandes de pin, des raisins secs, la pisticcine, anisée aussi, ayant subi l’action du levain, les castagnacci, beignets ou gaufres de châtaigne. Et tous ces mets sont, parait-il, d’une digestion aussi facile que le pain; d’ailleurs la composition de la farine de châtaignes est très voisine de celle de la farine de blé1. Celle de fruits sélectionnés, choisis et mondés à la main en approche beaucoup plus encore : elle se distingue à première vue par l’absence complète de débris d’enveloppes qui, dans la farine ordinaire, forment un piqué de points rouge brun assez nombreux sur le fond blanc du produit.
- La farine de châtaignes s’altère très peu, par suite du mode de séchage des fruits qui l’aseptise. Cependant, entre le moment de la récolte et celui du séchage, beaucoup de fruits peuvent être atteints par les parasites, larves ou moisissures, ce qui contribue encore à la différence entre la qualité des diverses farines. La mouture faite, l’humidité est seule à craindre; on s’en garde en conservant la farine dans des caisses de bois, au chaud et au sec. Quant aux falsifications, elles sont insignifiantes, à cause du bas prix du produit, qui se vend, au détail, de 20 à 25 centimes le kilogramme; toutefois quelques meuniers ajoutent des glands aux châtaignes avant la mouture. Cette fraude pourrait être décelée par un examen microscopique, à cause, de la différence de forme de l’amidon chez ces deux fruits. P. Loncochk.
- LE CHEMIN DE FER DE U MECQUE
- ET LE CHEMIN DE FER U.UIEN
- Autre époque est décidément celle de toutes les surprises : on annonçait récemment qu'un pont de chemin de 1er franchissait les chutes du Zambèze; voici maintenant qu’on parle d’une voie de 1er qui donnerait accès à La Mecque, la ville sainte par excellence des Musulmans, jalousement gardée de renvahissement de la civilisation européenne. Ce chemin de fer n'atteint pas encore La Mecque, mais il est en construction et meme en exploitation sur une longueur assez importante; et, chose particulièrement curieuse, c’est avec une main-d’œuvre à peu près exclusivement turque, sous la direction d’un personnel turc, el avec des fonds turcs, que l’on crée cette ligne (pii s’attaque à la sauvage Arabie jusqu’ici inviolée. Tout le monde sait que le Sultan n’a guère qu'une autorité nominale sur une bonne partie de son Empire, notamment en Asie Mineure vers le golfe Per-sique et, d’autre part, dans l’antique Arabie Pétrée, où ses représentants se heurtent à l’esprit d’indépendance presque absolue des tribus indigènes ; c’est le cas dans l’Yemen, où une révolte redoutable a éclaté
- 1 D'après le Journal de Pharmacie el de Chimie, 1er septembre, p. 200 et sq. On trouvera dans cet article de nombreux chiffres que nous ne saurions donner ici et auquel nous renvoyons le lecteur désireux de détails plus précis.
- dernièrement, comme on ne l’ignore point. Évidemment une voie ferrée reliant l’Asie Mineure à ces provinces et à toute l’Arabie, serait précieuse pour la répression de mouvements de ce genre, le cinquième corps d’armée cantonné à Damas ayant alors la possibilité de descendre rapidement vers le sud. Sans insister, nous devons dire (pie ce n’est pas une question militaire (pie l’on a mise en avant pour décider la construction du chemin de 1er de La Mecque, mais une question religieuse : chose fort habile, car cela a permis défaire appel à l’enthousiasme des croyants pour leur demander les fonds nécessaires. Des sous-criplions ont été ouvertes dans les communautés musulmanes du monde entier, jusqu’en Chine, dans l’Inde, en Malaisie. Les souscriptions volontaires sont venues en grand nombre ; on les a complétées (car elles n’ont donné jusqu’ici que 16 à 17 millions de francs) par des taxes et impositions spéciales qui n’ont pas été mal reçues, eu égard à leur but religieux, et qui servent à constituer le fonds de construction du chemin de fer du Iledjaz ; elles peuvent fournir annuellement quelque 5 millions et demi. 11 faut dire que rétablissement de ce chemin de fer ne sera pas sans coûter fort cher, et on en évalue approximativement la dépense à 200 millions de francs.
- Il est bon de rappeler d’un mot, pour justifier la construction de cette ligne en dehors de toute considération militaire, quelle importance considérable a le Pèlerinage de La Mecque. Une fois dans leur vie, les fidèles de l’Islam sont tenus de l’effectuer, ce qui leur vaut le litre de « hadji », et chaque année des milliers et des milliers de gens partent en longues caravanes de Damas ou de Maan pour atteindre les lieux saints où repose le Prophète. Le voyage est extrêmement long et pénible. On estime que le nombre des Pèlerins, qui arrivent aussi par la mer bouge, est annuellement de quelque 200000. Et ce n’est pas seulement des fatigues, des maladies et des épidémies que soutirent ces malheureux : les bédouins nomades ne se font pas faute d’attaquer les bons fidèles qui gagnent ainsi les lieux saints ; on évalue leurs déprédations à plus de cinq millions de francs chaque année, et, pour le dernier pèlerinage au sujet duquel nous possédions des chiffres, on estime que 20 pour 100 des pèlerins ont été maltraités, blessés ou tués même par ces bandits de grands chemins. Cela, en dépit des redevances que les gouvernements turc et égyptien consentent à leur payer pour gagner leurs lionnes grâces, el parce qu’il a été impossible jusqu’ici de supprimer leur industrie spéciale. On comprend que, dans ces conditions, le chemin de fer rendrait de bien grands services aux pèlerinages. Pour les pèlerins qui viennent par mer et débarquent à Djeddah, leur voyage est un peu plus sûr, parce qu’ils l’effectuent sous escorte militaire.
- Il est assez facile de se rendre compte, par un coup d’œil sur la carte, du trajet ([ue suivra el même commence à suivre la voie, ferrée. Le point de départ est Damas, où l’on peut arriver de la cote par
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- LA NAT U HE.
- deux lignes ferrées, l’une venant de Beyrout, l'autre de kaïfa. Primitivement, le gouvernement turc avait songé h utiliser, comme tronc commun, et pour diminuer la longueur à construire effectivement, une partie de cette ligne et un embranchement qui aboutit à Mezrib : mais la compagnie du Chemin de fer du llaurana voulu abuser de la situation en vendant son tronçon de ligne beaucoup trop cher, si bien que le gouvernement se décida à construire la première partie du chemin de fer du Hedjaz pour ainsi dire parallèlement à l’autre ligne : et, dans ce pays de Turquie où les voies de transport perfectionnées sont si rares, on assiste à ce phénomène de deux voies ferrées courant presque côte à côte, parfois à moins de 700 mètres l’une de l’autre.
- Cette ligne du Hedjaz aura une longueur d’environ 1 700kilomètres; son écartement est de lm,05, comme sur beaucoup d’autres lignes d’Asie Mineure ; on avait assuré d’abord qu’elle serait terminée en 1912, mais nous en doutons fort; à l’heure actuelle toufefois, on nous dit que les travaux sont achevés sur près de 600 kilomètres. Le tracé passe d’abord par Itéra, puis par Amman, et il gagne Maan, d’où un embranchement doit relier à la ligne le port d’Akaba, dans le fond de sa baie sur la mer Bouge; le chemin de fer est alors en plein Hedjaz, il atteint Kelaa, pour se diriger enfin à peu près directement sur Médine et de là sur La Mecque. Un second embranchement reliera cette dernière ville à» son port de üjcddah. Et comme le gouvernement entend être complètement indépendant des Infidèles pour le trafic de son chemin de fer, il fait construire un autre petit embranchement mettant la ligne en communication avec un port de la Méditerranée, embranchement qui part de kaïfa pour aboutir près de Mezrib, ou plutôt à Itéra. Notons que maintenant il s’est introduit des ingénieurs belges, puis des
- Allemands, dans le personnel de construction; le matériel semble devoir venir d’Allemagne surtout et un peu des États-Unis.
- Dès le mois de septembre 1905, la section de Damas à Itéra (125 kilomètres) était terminée, et bientôt après on ouvrait à l’exploitation, jusqu'à Amman, le trafic consistant en 5 trains de marchandises et 2 trains de voyageurs par semaine, dans chaque sens. Le premier septembre 1904, pour l’anniversaire de l’avènement du Sultan au trône, on a ouvert
- jusqu’à Maan, et cela en présence d’une mission solennelle et spéciale qui avait été envoyée par le souverain ; des correspondants de journaux turcs, et également un correspondant allemand, assistaient à la cérémonie. A leur arri vée à Maan, les représentants du Sultan furent reçus par une délégation venue de Médine et comprenant le Mufti et plusieurs ulémas de la ville sainte.
- On le voit donc, la construction du chemin de fer de La Mecque se poursuit régulièrement; et il n’est pas impossible qu’un jour le trafic commercial de cette ligne ne fasse oublier son but d'abord uniquement religieux. N’oublions pas qu’à l’heure actuelle, et par suite de la délimitation nouvelle que la Turquie a consentie au profit du territoire d’AdenJes Anglais songent à établir une petite voie ferrée destinée à relier Aden au point le plus septentrional du nouveau territoire.
- Cette ligne d’Adcn à Dhélaa monte dans le nord, tandis que la ligne de La Mecque descend au sud, et il n’est pas exagéré d’escompter le moment où les deux lignes se rencontreront et où, au lieu de s’exposer à la terrible traversée de la mer Bouge, les voyageurs franchiront en wagon toute la longueur de l’Arabie.
- Henry Bocgeois.
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- I. A N A T (III IL
- .) i,)
- LES CARTONS PLISSÉS IMPERMÉARLES
- LEUR EMl'LOI DANS I.A CONSTHUCTIOX
- Ce produit est fabriqué au moyen d’un carton très résistant, dans la pâte duquel on incorpore pendant la fabrication un goudron, dans le but de la rendre imputrescible et absolument imperméable. La pâte, rendue très homogène par un malaxage prolongé, est ensuite soumise à l’action de machines à compression et à moulage, (pii la débitent en pièces de a mètres de long sur 1 de large, sous la forme plissée représentée par le n° 1 de la figure ci-jointe.
- La stabilité des cartons plissés, identique à celle
- des tôles ondulées, et leur grande flexibilité permettent de les plier aisément autour des bordures ou des coins qu’ils doivent recouvrir.
- Leurs principales propriétés sont : d’être absolument imperméables à l’eau et aux vapeurs; de pouvoir se découper et se clouer facilement; de tenir peu de place ; de permettre une aération très active le long des murs, ce qui constitue un moyen de protection des plus efficaces contre le froid et la chaleur extérieurs; de diminuer l’intensité du son; de se crépir facilement et d’une façon durable.
- Ces propriétés les font employer avec, succès dans le revêtement (les murs humides ; — pour empêcher
- Carions plissés imperméables. — A. Villa pourvue <le carions plissés. — 1. Carlon plissé.— 2. Salle donl les murs sont revêtus de carions plissés, a Carton, b bande de tôle perforée, c crépi, d courant d’air circulant entre le mur et le carton, e départ de l’air directement vers l'extérieur, f départ de l’air dans une cheminée, (J circulation d’air sous le plancher. — 3. Plafond revêtu de carton plissé. o plancher, b poutre, c laites, d planches clouées aux poutres, e poinles galvanisées, /'carton plissé, g lil de fer tendu, h crépi. — f. Plancher revêtu de carlon plissé, a plancher, b carton plissé, c béton de ciment, de plâtre, ou d’asphalte.
- la condensation, sur les murs froids, de la vapeur d’eau contenue dans l’air des appariements ; — pour établir des plafonds imperméables aux vapeurs (plafonds d’écuries); — pour construire des planchers en ciment, plâtre ou asphalte directement sur les planchers ordinaires en bois ; — etc. En général, les cartons plissés imperméables se Axent aux murs (en disposant les rainures verticalement) au moyen de pointes galvanisées distantes de 12 h 20 centimètres.
- Afin de presser fortement les cartons contre le mur, on fixe sur eux, tous les 20 centimètres, du fil de fer galvanisé d'environ 1 mm de diamètre, en le • tendant, autant que possible, horizontalement. On attache ce fil de fer aux tètes de quelques poinles
- qu’on a eu soin de laisser dépasser. Les pièces de carton sont reliées entre elles par des bandes étroiles de carton bitumé d’environ 8 centimètres de largeur.
- Après avoir fixé ainsi les cartons au mur on les crépit. Pour ce crépi, on peut employer du mortier de chaux ordinaire ou du plâtre renforcé au besoin avec un peu de ciment. La première couche de crépi grossièrement étendue et présentant une épaisseur d’au moins 1 centimètre aux endroits où elle est le plus mince (sur le dos des rainures) est recouverte, après séchage, d’un crépi bien uni, de préférence en plâtre. Eu raison de la forme en queue d’hironde ({lie présentent les rainures, le crépi se trouve solidement fixé au mur. Lorsqu’il est complètement sec,
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- LA IV A T LME.
- on le recouvre do papier, de tapisserie ou de peinture. I
- Le courant d’air qui s'établit entre le mur et les cartons peut être dirigé (n° 2) soit extérieurement à la pièce (coté gauche), soit dans une conduite de cheminée (côté droit). La prise d'air est installée à la partie inférieure de la pièce, le long de la plinthe dont une partie a été ajourée dans ce but, et recouverte d’une bande de tôle perforée.
- Il est possible également d’aérer le dessous du plancher ainsi que le représente le n° 2.
- Si l’on veut obtenir une fermeture hermétique dans le but de garantir simplement la pièce contre la température et le bruit extérieurs, on fait usage d’une plinthe pleine et on bouche les orifices e et /'.
- On peut aussi disposer les cartons extérieurement à la construction, et la crépir, cela constitue un excellent isolant contre les variations de température. Cette disposition peut s’effectuer avec ou sans circulation d’air provenant de l’intérieur.
- Pour appliquer le carton plissé sur les plafonds, dans le but de les rendre imperméables aux vapeurs, à l’eau et à la poussière, on cloue de 25 en 25 centimètres (n° 5) au moyen de pointes, sous les poutres et en Iravers de celles-ci, des lattes. Tous les 100 centimètres on remplace la latte par une planche étroite sur laquelle viennent s'appuyer, par l’un de leurs bords, les cartons plissés. On cloue ces cartons sur les planches et les lattes en les maintenant, en outre, par des fils de fer tendus, et on crépit d’abord grossièrement avec un mortier de chaux et de ciment, ou de plâtre et même quelquefois de terre glaise. Quand la première couche de crépi est sèche, on applique dessus, un second cre'pi uni.
- Les plafonds ainsi préparés sont non seulement imperméables aux vapeurs, mais aussi incombustibles et conviennent parfaitement pour les salles de bains, usines, écuries, abattoirs, etc.
- Enfin un des usages les plus originaux des cartons plissés imperméables est leur emploi dans la confection des planchers : on peut vouloir placer une couche de ciment, d’asphalte ou un carrelage sur un plancher de bois, dans une salle de bains par exemple ou dans une buanderie, des cabinets d’aisance. On comprend que l’application directe de ces enduits, ou du carrelage sur le bois, puisse être suivie de divers inconvénients : disjointement du plancher, pourriture partielle du bois, etc. Le carton plissé, disposé comme l’indique le n° 4, obvie à ces inconvénients. On cloue ce carton sur le plancher au moyen de pointes galvanisées, on répand ensuite l’enduit de ciment, de plâtre ou d’asphalte, et on pose le carrelage ou un linoléum lequel, en raison du poli de la surface de l’enduit, ne présentera pas à l’usage les raies d’aspect désagréable qui se forment sur le linoléum posé directement sur un plancher.
- Comme on peut s’en rendre compte par les quelques exemples qui précèdent, l’emploi dans la construction du carton plissé, et imperméabilisé, peut donner lieu h de nombreuses applications aussi originales qu utiles.
- Nous donnerons, pour finir, le nom de quelques
- établissements, pris au hasard, parmi ceux dans lesquels les carions plissés imperméables ont été l’objet d’une application importante :
- banque de France, à Choiet (Maine-et-Loire) : Crédit Lyonnais, à Bourgoin (Isère); Bibliothèque, à Boulogne-sur-Mer (Das-de-Calais) ; caserne, à Dunkerque (Nord) ; Théâtre municipal, à Beauvais (Oise); Manufacture nationale d’allumettes (Bureaux de l’ingénieur), à Bègles (Gironde); Café de la gare de Vincennes, à Paris (Seine). G. L rcnia x.
- Do tous temps, spécialement dans les contrées chaudes du globe, les troupeaux ont été plus ou moins fréquemment décimés par de terribles maladies. Ces funestes épizooties, qui se rapprochent fort par leurs symptômes essentiels, ont, suivant les pays, reçu des noms variés : aux Indes, c’est le Surra; en Afrique, le Nayana; dans l'Amérique du Sud, le mal de Coderas, pour ne citer que les plus importantes.
- En ce qui concerne le Nagana, il y a déjà longtemps, on fit cette remarque que cette affection sévit justement dans la région où abondent les mouches Tsé-Tsé et l’on conclut assez naturellement de celte observation que cet insecte était l'auteur de tout le mal, d’où le nom de maladie de la mouche qui fut donné encore au Nagana.
- Tous les auteurs, cependant, ne partageaient pas cette façon de voir. Ainsi, en 1857, l’explorateur Livingstone écrivait : « le germe du venin semble capable, quoique en très petite quantité, de se reproduire lui-même » ; plus tard, en 1877, Mégnin déclarait que la mouche Tsé-Tsé transporte un virus et n’inocule pas un venin qui lui est propre, et, en 1879, J.-J. Itrysdale émettait cette hypothèse, que la mouche Tsé-Tsé (( pouvait être l’hète intermédiaire de quelque parasite du sang, ou le convoyeur de quelque venin infectieux ».
- La découverte, en 1880, par Grifilh Evans, dans le sang de chevaux atteints de Surra, d’un protozoaire flagellé, le Trypanosoma Evansi, venait justifier les opinions de ces précurseurs en montrant sans réplique qu’efleefive-ment le véritable agent causal du mal était bien, comme ils le pensaient, un parasite du sang dont la mouche est seulement l’agent vecteur.
- Cependant, la nature parasitaire de la maladie avant ainsi été reconnue, d’abord pour le Surra, puis successivement pour le Nagana, le mal de Gaderas, etc., il y avait lieu de rechercher quel lien relient entre elles ces affections se présentant avec de nombreux caractères communs. Avait-on affaire à une seule et même maladie différemment nommée suivant les lieux de son développement, ou, au contraire, se trouvait-on en présence d’identités morbides distinctes?
- M. M.-A. Laveran et F. Mesnil, en ces dernières années, se sont tout spécialement occupés de le rechercher.
- A cet effet, les deux savants, ayant réussi à se procurer à l’état vivant des Trypanosomes du Nagana et du mal de Gaderas, procédèrent à une étude comparée de ces deux organismes respectivement dénommés Trypanosoma Brucei et Trypanosoma equinum.
- Observés vivants dans le sang frais, ces deux protozoaires ne présentent que des différences très minimes, différences qui, par exemple, s’accentuent nettement si l’on vient à les examiner sur des préparations de sang* desséché et convenablement colorées.
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- I n tel examen, cependant, était insuffisant pour permettre de conclure à la spécialisation distincte des deux I rypanosomes. Pour pouvoir se prononcer en connaissance de cause il importait encore de rechercher si les deux protozoaires possédaient des qualités biologiques différentes.
- De premières recherches montrèrent à MM. Laveran et Mesnil que les mêmes espèces animales sont sensibles ou réfractaires aux Trypanosoma, Brucei et Trypanosoma equinum, mais que l’évolution et la symptomatologie des deux maladies présentent des différences. Chez le cobaye, le mal de Caderas évolue plus lentement que le Nagana ; chez les liquidés, la paralysie du train postérieur est plus marquée dans le mal de Caderas, et l’hémoglobinurie, qui est commune dans cette dernière affection, se rencontre rarement dans le Nagana.
- Cependant, l’expérience ayant appris que dans certains cas les animaux atteints du Nagana, du mal de Caderas ou du Surra ne succombent pas toujours et jouissent alors d’une réelle immunisation contre la maladie, leur milieu sanguin possédant désormais, et pour un temps plus ou moins long, des qualités qui rendent impossible l’existence du parasite, MM. Laveran et Mesnil s’occupèrent de rechercher si, chez un animal immunisé contre l’une des trois affections, l’on pouvait déterminer l’une des deux autres par l’inoculation du Trypanosome correspondant.
- L’essai fut tenté d’abord pour le Nagana et le mal de Coderas et, un peu plus tard, pour le Surra. Il fut des plus concluants, montrant qu’un animal immunisé contre l’un des Trypanosomes ne l’est, pas contre les autres, et établissant par suite que le Surra, le Nagana et le mal de Caderas sont bien trois entités morbides distinctes, déterminées par trois parasites différents : Trypanosoma Evansi, Trypanosoma Brucei et Trypanosoma equinum.
- Depuis, l’application de cette méthode a permis de reconnaître que Trypanosoma dimorphon, qui parasite les chevaux en Gambie, constitue une espèce distincte de Trypanosoma Gambiense, l’agent de la maladie du sommeil, que l’on rencontre dans les mêmes régions du continent africain; que le Surrade l’Inde, celui de Maurice, et la Mbori, maladie qui sévit au Soudan sur les dromadaires, sont dus à un seul et même protozoaire présentant seulement des degrés de virulence ; que le Trypanosoma Gambiense, découvert par Forde et Dutton dans le sang d’un Européen atteint de fièvre irrégulière, et le Trypanosoma ugandense, trouvé par Castellani dans le liquide cérébro-spinal de nègres atteints de la maladie, du sommeil, ne constituent qu’une seule et même espèce.
- Par cette dernière constatation, particulièrement importante, M. Laveran montrait que l’affection, connue sous le nom de maladie du sommeil, n’est en réalité que l’un des derniers stades, et qui peut manquer, de l’infection de l’homme par le Trypanosoma Gambiense, infection qui doit porter le nom général, puisque seul il embrasse toutes les phases de la maladie, de Trypanosomiase humaine.
- La nature exacte des maladies à Trypanosomes étant déterminée, et le rôle que jouent dans leur étiologie les mouches à aiguillon, Tsé-Tsé ou autres, étant connu, on ne pouvait manquer de chercher à guérir les animaux malades, et à préserver ceux restés sains de toute contagion.
- En raison des conditions où se développent les diverses trypanosomiases, on n’a jusqu’ici guère pu prendre de mesures prophylactiques et les efforts ont surtout porté sur la recherche de méthodes de traitement.
- Tout d’abord, on s’adressa aux agents chimiques. x\près de multiples essais, Longard, aux Indes, découvrit que l’arsenic administré sous la forme d’acide arsénieux, pré-
- sentait contre le Surra une réelle action, sans être cependant. un remède toujours efficace. De même, pour le Nagana, le Gadoras, d’autres trypanosomiases encore, on put aussi constater les bons effets de l’acide arsénieux.
- Cependant, ces tentatives thérapoutiqüés n’élant point suffisamment heureuses, on songea a chercher un sérum. Les résultats obtenus en cette voie nouvelle furent des plus remarquables. M. Laveran, ayant utilisé des sérums normaux et des sérums provenant d’animaux immunisés contre le Nagana, reconnut que seul le sérum humain possédait des propriétés microbicides. Ayant en effet injecté à des animaux infectés du sérum humain, il put constater, au bout d’un temps assez court, la disparition complète des parasites. En certains cas, même, cette disparition ne fut pas temporaire, mais définitive, si bien qu’il obtint la guérison chez des animaux appartenant à des espèces pour lesquelles l’évolution naturelle de la maladie est considérée comme mortelle, et, dans les cas les moins favorables, une survie considérable.
- Par malheur, on ne peut songer à utiliser pratiquement, pour le traitement des animaux malades, les injections de sérum humain ou même de sérum des singes cynocéphales qui possède, a-t-on reconnu dernièrement, des propriétés semblables quoique moins intenses.
- La découverte de M. Laveran, fort intéressante au point de vue théorique, ne permet donc pas de fonder grand espoir sur l’avenir de la sérothérapie dans la lutte contre les Trypanosomiases. Cela ne veut point dire que nous soyons totalement désarmés contre ces terribles maladies.
- Il y a quelque temps, en effet, deux savants étrangers, P. Erlich et II. Shiger, noient MM. À. Laveran et F. Mesnil, dans leur ouvrage Trypanosomes.el Trypanosomiases% ont découvert qu’un produit colorant de la série benzopurpurine, dénommé par eux Irypanroth, possède, vis-à-vis de divers Trypanosomes, une action efficace de même ordre que l’acide arsénieux. Or, M. Laveran, ayant repris leurs expériences, constata que ce nouveau remède devient incomparablement plus efficace, quand on combine son emploi à celui de l’acide arsénieux. Ayant employé sucessivement des traitements par le trvpanrolh et par l’acide arsénieux injecté à la plus haute dose possible, M. Laveran a, en effet, obtenu des résultats tels, même vis-à-vis du Trypanosoma Gambiense, l’agent causal de la redoutable « maladie"du sommeil », qu’il estime que dès à présent cette thérapeutique — qui ne confère du reste aucune immunité contre des infections ultérieures — peut légitimement être tentée dans des cas de trypanosomiase humaine. « Il n’y a pas de motif, écrivait-il, en effet, dans une Note récente adressée à l’Académie des sciences, pour que le traitement qui a réussi dans les infections expérimentales du rat, du chien et des singes par le Trypanosoma Gambiense ne réussisse pas également dans les infections naturelles, chez l’homme, et je crois que, dès maintenant, on serait autorisé à essayer de ce traitement chez des sujets atteints de trypanosomiase. »
- Si l’on considère que jusqu’ici, chez l’homme, la maladie du sommeil est toujours mortelle, on conviendra avec M. Laveran que l’on peut, que l’on doit même, expérimenter sur l’homme le nouveau mode de traitement.
- Ce qui, hélas! manque le moins dans l’espèce, ce sont les sujets d’expérience. Ils sont des milliers qui, dans l’Afrique intertropicale, attendent le remède tutélaire devant les arracher à la mort prochaine. Georges Vitoux.
- 1 Fn vol. in-8°, librairie Masson et Cie.
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- LA NATURE.
- LE DÉFILÉ DE JÀNOYÀS (HÀUT-ARAGON)
- Sur le cours de l'Ara, de l’hospice de Boueharo à Ainsa, capitale de l’antique royaume de Sobrarbe, le détilé de Janovas, qui se présente à la suite du bassin de la Ribera de Fiscal, compte environ 6 kilomètres de longueur.
- Aux approches de La Yililla, hameau composé de quelques maisons, parmi lesquelles ligurent deux tours quadrangulaires construites peut-être au temps jadis pour défendre l’accès de la gorge, les zébrures des murailles de la Serrana (1598 mèt. au sommet) commencent à solliciter l’attention. On arrive au
- pied d’une paroi de roc, semblable à un mur, que la route traverse au moyen d’une brèche entaillée comme un portail.
- La bizarre ornementation de la gorge devient ensuite réellement saisissante. Au coin d'un brusque tournant, on côtoie une paroi sapée à pic et en surplomb ; sur l’autre versant, une stratiiication énorme, déchaussée par l’érosion, découpe lamontagneen tranches de haut en bas (tig. 1 ). Ces strates dessinent une courbe élégante pour tomber verticalement dans le lit du rio ; leurs arêtes parallèles, espacées, émergent
- Fig. 1. — Le défilé do
- soit d’une roche plus tendre, soit d’une couche intermédiaire de dépôts marneux, que les pluies ont réussi à dissoudre, et dont la terre rougeâtre, herbeuse par places, tranche sur la couleur grise de ces protubérances calcaires.
- Les côtes du défilé de Janovas existent également sur les lianes de la montagne de Navain (à l’autre rive, 1795-1806 mèt.). Chaque fois que la « carra-lera » en a rencontré une, il est resté à droite et en témoignage un rocher isolé, semblable à un signal. Du faîte du col de Mallaton, j’ai vu ces palissades se poursuivre plus loin que la pointe de Santa Marina. Quant à l’Ara, il lui a fallu s’ouvrir un passage à travers chacune d’elles; ses eaux bleues lranchissentune succession de portes eochères
- Janovas. Coin de route.
- dont le linteau manquerait, et dont les jambages forment autant de coulisses. C’est peut-être le seul endroit ici-bas où une pareille disposition géologique se présente, et surtout avec une allure aussi grandiose. Le défilé de Janovas fut signalé pour la première fois par Wallon. « On dirait une file d’immenses tranches d’oranges appuyées perpendiculairement l’une contre l’autre1. » L'année suivante, c’est-à-dire en 1879, le comte de Sâint-Saud, qui allait à Boltaîia, y crut voir « les côtes d’une gigantesque baleine2 ». Mallada cite simplement : « El estrccho de Janovas, entre espesos y altos montes,
- 1 Annuaire du Club alpin français, année 1878, p. 40.
- 2 llulletinde la.section du sud-ouest du Club alpin français, »’ 5 (juillet 1879), pp. 7 à 17.
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- LA NATO RK.
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- sîn tener en mas de 4 kilométras lierra végétal (jue : taie à fertiliser ». Les murailles de cette garganta sont regar1 », «le défilé de Janovas, entre des montagnes J formées d’un marbre d'un noir grisâtre, qui m’a paru massives et élevées, où le rio, sur une distance de j identique à celui que l'on rencontre au Mont-Perdu ; plus de 4 kilomètres, ne trouve aucune terre végé- quant h leurs dimensions, j’ai constaté (pie Lune
- Fig. 2. — Les arêtes du défilé de Janovas.
- d'elles, avoisinant le pueblo de Janovas, avait environ 10 mètres d’épaisseur sur 10 à 15 mètres de saillie, mais il y en a de beaucoup plus importantes.
- 1 L. Mallaila. Description fimcti y géologie» de la pro-nncm de lluesca, Madrid, I vol. in-4", p. 157.
- (D’apres des photographies de M. Lucien Briet.)
- Auprès d'une maison, la casa Eusebio, assise tranquillement au bord du précipice, les strates décharnées du défilé de Janovas apparaissent de pied en cap (fîg. 2), et, en se penchant, on reconnaît très bien leur concordance avec celles du versant que l’on suit.
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- LA'NATURE;
- Il existe plus loin un étroit « eslrecho» qui a rendu la percée de la Peu a de (tu l'as obligatoire. La roule éralle lortenient le roc avant d'y pénétrer de Liais. Les voies carrossables causent généralement beaucoup de tort aux gorges pittoresques qu'elles traversent, aussi est-on agréablement surpris en reconnaissant que le défilé de Janovas a été plutôt mis en valeur par sa « carratera », car l’ancien « camino » muletier se traçait à une telle altitude qu’il était impossible de jouir des contractions et des efforts que fait l’Ara, pour échapper aux deux puissantes montagnes qui l’oppressent de part et d’autre.
- Au point de vue géologique, il est certainement peu d’exemples aussi remarquables de redressement et surtout de courbure des couches de terrain. La tectonique des Pyrénées est chose si complexe que je ne me hasarderai point à me demander seulement quelle peut être l’origine de cet accident : il m’a paru intéressant du moins de montrer aux spécialistes, que concernent ces difficiles problèmes, le portrait de ces stratifications demeurées si régulières au milieu de leur dérangement, formidable. Quant aux crêtes saillantes et aux rigoles qui les séparent, leur alternance est due, je le répète, aux ruissellements des eaux pluviales agissant plus profondément sur les tendres lits marneux que sur les résistants marbres noirs. Lucien Briet.
- LAMPES ÉLECTRIQUES À INCANDESCENCE
- A FILAMENT d’oSMU'M
- Les lampes à filament d’osmium se trouvent actuellement en exploitation, d’après les renseignements que nous empruntons à L’Industrie électrique. Ces lampes réalisent une économie de puissance électrique de 56 pour 100; leur consommation spécifique est de 1,5 watt par bougie au début et semble se maintenir pendant une durée moyenne de 800 heures environ.
- Les constantes de la nouvelle lampe ont été déterminées par l’Institut physico-technique de Charlottenburg, et la Société Auer donne les résultats obtenus dans une notice qu’elle publie. Sept échantillons ont été soumis aux expériences. L’intensité lumineuse au début a varié entre 52,6 et 35,1 bougies; après 1000 heures, l’intensité lumineuse avait des valeurs variables entre 29,5 et 51,5 bougies. La consommation spécifique a donc été au début entre 1,49 et 1,60 watt par bougie, et après 1000 heures entre 1,55 et 1,78 watt par bougie. L’économie, comme on le voit, serait considérable. Par contre, la lampe présente d'autres inconvénients. Elle ne doit pas être poussée. Il faut soigneusement noter, aux heures d’allumage, quelle est, très exactement, la tension maxima se maintenant pendant deux heures sur le réseau de distribution. C’est cette tension maxima qui indiquera celle à choisir pour les lampes. Sur des réseaux à courants continus de 110 volts, on devra brancher en tension 5 lampes de 57 volts, sur 114 volts 5 lampes de 58 volts, sur 117 volts 3 lampes de 39 volts et sur des réseaux de 229 volts 6 lampes de 36 volts. Le montage sur réseaux alternatifs pourra se faire à l’aide le transforma leurs appropriés; les pertes dans le transformateur seraient largement compensées par l’économie de transformation.
- La lampe à osmium exige d’être placée verticalement en raison du manque de rigidité absolue du filament.
- Comme on le voit, la nouvelle lampe, si elle procure une économie de consommation notable, présente aussi quelques inconvénients qui ne sont pas négligeables en pratique. ___^_____ .1. L.
- LES ACTIONS BIOLOGIQUES
- DANS LA GÉOLOGIE 01' KALAIIARI
- Lorsqu’on étudie la géologie on est assez porté à négliger l’influence du facteur biologique sur les formes du terrain. Sans doute tout le monde sait que certaines des assises les plus puissantes du globe, et notamment la plupart des calcaires, sont dues à l’activité d’organismes marins et que les couches de bouille représentent un amoncellement de débris végétaux. Mais on se rend beaucoup moins facilement compte que, à l’époque actuelle et à la surface des continents, certains animaux peuvent modifier sous nos yeux mêmes la topographie d’une région. J’en trouve deux exemples caractéristiques dans l’ouvrage si documenté que M. Passarge a consacré au Kalahari1. .
- Ce désert, qui occupe la plus grande partie de l’Afrique australe, est recouvert en majeure partie par une épaisse couche de sable. La végétation n’en est cependant pas entièrement absente, de sorte que des animaux peuvent y vivre. Ceux qui nous intéressent tout d’abord sont des fouisseurs, tels que les fourmis et les termites, des Édentés comme les oryctéropes, divers Rongeurs et des Insectivores du genre des taupes. 11 y a aussi des insectes qui vivent à l’état de larves dans le sol. Les galeries des oryctéropes ont 0ra,50 à 0m,75 de diamètre et sont profondes de plusieurs mètres. Quoique bien moins apparents, les travaux des fourmis et des termites ont une importance géologique autrement efficace que celle des autres animaux fouisseurs. Leurs nids sont tellement rapprochés que, sur de vastes espaces, le sol ressemble à une écumoire avec ses innombrables ouvertures de galeries, bordées chacune d’un cône de déblais.
- Lorsque le sable n’est pas profond, fourmis et termites entament la couche de calcaire sous-jacent, comme on peut s’en assurer par l’examen des déblais ramenés au jour. Dans un espace de 12 mètres de côté, M. Passarge a vu 89 cônes formés par les termites; la masse des déblais était de 17 litres 1/2. Le lendemain il y avait 21 cônes nouveaux avec 10 litres 1/2 de sable.
- Le premier effet des travaux de ces insectes est de rendre le sol plus poreux et, parfaite, de faciliter la pénétration de l’eau et la circulation de l’air. L’humidité souterraine s’évapore plus vite et le sable devient plus sec. L’aération et la dessiccation du sol empêchent la formation de l’humus. D’autre part, le sable sans consistance, ramené à la surface par les insectes et les autres animaux fouisseurs, va être soumis à l’érosion subaérienne. Il achève de se dessécher et le vent l’entraîne au loin. Les tourbillons sont très fréquents au Kalahari; ils ont pour effet de trier le sable et de séparer la poussière et l’humus des fragments quartzeux.
- Toute la surface du désert est couverte d’une pellicule de sable quartzeux à peu près pur, épaisse de 1 centimètre en moyenne. Elle paraît avoir pour origine principale les matériaux ramenés par les animaux fouisseurs, triés et étalés par le vent. Par mètre carré elle représente 10 litres de sable; mais, comme le sol est à moitié
- 1 S. Passarge. Die Kalahari, Berlin,’Jteimcr 1904.
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- LA N A TL RL.
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- rouvert do végétaux, on peut no compter que 5 litres. Par kilomètre carré, la pellicule renferme 5000 mètres cubes de sable, et pourtant elle n’a mis que 50 ans à se former. Elle est incessamment envahie par la végétation, tandis que les plantes mortes sont recouvertes par le sable ramené de la profondeur. Ainsi, grâce à l’action combinée des animaux fouisseurs et du vent, s’établit une circulation continue du sable.
- Certaines parties du Kalahari présentent une autre formation géologique curieuse. Ce sont des cuvettes à parois de tuf calcaire, dont le diamètre varie de, 50 à 1200 mètres. Elles reposent dans une dépression des grauwaekes anciennes. Il est probable que le carbonate, de chaux, dont est formée, leur enveloppe, vient des terrains sous-jacents; il aura été mis en circulation par les eaux et précipité par évaporation dans les dépressions naturelles. C’est ici qu’intervient le facteur biologique dont nous voulions parler. Ces dépressions à dépôt calcaire devaient renfermer toujours un peu d’eau et être fréquentées par les animaux sauvages : antilopes de, tous genres, zèbres, buffles, rhinocéros, éléphants, etc., qui pullulaient avant l’arrivée des Européens. On a donc, avec quelque vraisemblance, attribué à ces animaux le creusement progressif des cuvettes dans le tuf calcaire. D’une part, en effet, leur piétinement troublait l’eau et, à chaque gorgée, ils emportaient de la vase en suspension et du calcaire en dissolution. D’autre part, les buffles, rhinocéros et éléphants, qui se roulent dans la fange et sortent du bain couverts d’une épaisse croûte de boue, ont une action destructrice encore plus directe. Enfin le tuf, divisé et pulvérisé par les pieds des animaux, pouvait être emporté, par le vent si, par suite de la dessiccation de la lagune, il était mis à nu. Par cette triple action, à laquelle on pourrait ajouter l’effet dissolvant de l’urine et des excréments sur le calcaire, les cuvettes ont pu être approfondies peu à peu.
- Cette théorie, qui a du moins le mérite de l’originalité, explique fort bien les diverses particularités de leur structure. Le calcaire est épais de I à 5 mètres sur les bords des cuvettes et va en s’amincissant à mesure qu’on s’en éloigne vers le centre. Les bords sont en pente douce et présentent parfois plusieurs terrasses successives qui correspondent à des phases de dessèchement de la cuvette.
- 11 était intéressant de signaler cette formation géolo-
- gique, qui donne un cachet spécial à toute une région et qui a été considérée comme due en entier à l’action des grands mammifères. Dr L. Lalov.
- —><>«—
- CUIRASSÉ ITALIEN
- Tout dernièrement on a lancé, à Castellamare di Stabia, un nouveau cuirassé italien, le Napoli ; sa longueur est de 152 mètres pour une largeur de 22,40 mètres; son tirant d’eau est de 7,87 mètres et son déplacement atteint
- 12 024 tonneaux. Les chaudières, du type Babcok, sont au nombre de 22, elles alimentent 2 machines à 4 cylindres qui peuvent donner 15 200 chevaux indiqués à tirage normal et 19 000 à tirage forcé. L’approvisionnement en combustible peutatteindre jusqu’à 2000 tonnes. On compte arriver à une allure de près de 22 nœuds ; le rayon d’action sera de 10 000 milles à la vitesse réduite de 12 milles. L’armement comporte 2 canons de 305 millimètres, 12 de 205, puis 16 pièces de 76 millimètres, 2 de 75, 10 de 47 et 2 mitrailleuses. L’armement défensif est formé d’une ceinture cuirassée de 2,80 mètres de haut, dont l’épaisseur varie de 100 à 250 millimètres.
- LE CONCOURS DE JOUETS DE t!IO!i
- Les exposants qui ont pris part, cette année, à ce concours paraissent plus spécialisés dans le jouet <pie les années précédentes et nous trouvons plus de nouveautés vraiment intéressantes. L’un de ceux qui s’adonnent tout particulièrement à la recherche du jouet inédit, M. Schmeltz, a été, cette fois encore, particulièrement heureux en créant la poupée nageuse.
- L'idée lui a été suggérée, évidemment, par la récente manifestation sportive qui consistait à traverser Paris à la nage, du pont National au viaduc d’Auteuil. Tout le monde se souvient qu’une jeune tille australienne, miss Kellermann, accomplit le trajet, en d’excellentes conditions, en pratiquant un genre de nage qu’on nomme le « trudgeon » ; c’est en suivant de près la jeune nageuse, et en l’étudiant avec attention, que M. Schmeltz a conçu la Poupée nageuse, le charmant jouet qui est, à notre avis, le clou du concours, aussi bien par le résultat obtenu que par la simplicité des moyens employés. Il n’y a, en effet, aucun mécanisme compliqué : les bras, fixés à angle droit sur un axe qui traverse les épaules, sont dans le même plan et en opposition, c’est-à-dire l’un toujours en bas quand l’autre est en haut. L’axe qui les supporte est animé d’un mouvement de rotation, soit au moyen d’un caoutchouc tordu, soit avec un ressort, peu importe; toujours est-il que, dès qu’il tourne, la poupée exécute très exactement le mouvement d’inclinaison du corps comme la véritable nageuse et avance rapidement. Cela est dû à l’application du principe d’Archimède. Quand les deux bras reposent sur l’eau, l’un le long du corps, l’autre en avant, il y a équilibre parfait, le corps reste horizontal. Mais si l’un des bras vient à plonger dans l’eau, la poussée du liquide ne s’exerce plus également partout, il y a rupture d’équilibre et le corps s’incline précisément du côté où le bras qui est tout à fait sorti de l’eau va à son tour plonger et, prenant un point d’appui dans le liquide, provoquer le déplacement en avant de tout le corps. C’est bien là ce qui se passe dans la réalité et le jouet n’est que la reproduction et la démonstration du principe de cette nage spéciale.
- Le même inventeur expose différents autres jouets intéressants : une balance enregistreuse de construction économique; elle n’a pas la prétention d’être d’une grande précision. Le plateau repose sur un ressort à boudin, mais est supporté par une longue vis, dont les filets font l'office d’une crémaillère; sur celle-ci vient s’engrener un petit pignon solidaire d’un disque qui porte des chiffres en relief ; le réglage est fait de façon que le zéro se trouve à la partie inférieure quand il n’y a rien sur le plateau; le chiffre 1 se présentera ensuite dans cette position quand, par exemple, on mettra 10 grammes dans le plateau, et ainsi de suite. Avec un petit levier, garni de liège, il suffit de pincer un ticket en papier contre le chiffre pour que celui-ci
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- s’imprime ; le poids est aussi indiqué par une aiguille sur un cadran.
- Le jeu <lu candidat, ou jeu des colles, du meme inventeur, consiste en un certain nombre de disques contenant d'un coté les demandes, de l’autre les réponses; ces disques se placent sur un tableau, où une ouverture est ménagée pour qu’une seule question paraisse à la fois. L’examinateur, qui est derrière le tableau, est toujours bien renseigné et colle facilement le candidat; mais c’est instructif pour tous les deux.
- Pour ne pas laisser oublier qu’il a imaginé la petite mitrailleuse décrite l’an dernier, M. Schmellz
- a construit une cible mobile dite Tir aux pigeons qui consiste en un levier tournant comme l’aiguille d’une horloge, au bout duquel on accroche la silhouette d’un pigeon. Si on vise bien et que le projectile le touche, malgré son déplacement continu, l'oiseau tombe à terre.
- Dans le même ordre d’idées, M. Henri Chasles, qui fut aussi grand lauréat les années précédentes, expose un Tir par, dans lequel le projectile est simplement une graine de centaurée lancée par un tube, soit avec la bouche, soit avec une poire on caoutchouc ; la partie intéressante est la cible, formée d'une étoffe rendue très pelucheuse jtar une
- Fig. 1.
- I, Poupée nageuse ; 2, Clowu-gyro ; 3, Cheval galopeur; i, Joueurs de billard; 3, Les régates; (1, Toupie magnétique ;
- 7, Bateau électrique; 8, Canot automobile.
- sorte de cardage, sur laquelle la petite graine reste toujours attachée.
- 11 expose également une autre cible, la Renaissante, très ingénieuse, basée sur le principe de l’auto-moulage qui a été décrit ici.
- Les cercles concentriques sont tracés sur un bloc formé de pailles très fines, placées cote à côte et maintenues par un cadre en bois; quand le projectile arrive, il repousse un certain nombre de pailles et laisse ainsi sa trace; pour remettre le tout en ordre il suffit de comprimer le bloc entre deux surfaces bien planes disposées à cet effet en avant et en arrière. La principale nouveauté de cet inventeur est la toupie magnétique qu’on fait voyager avec un aimant; cela parait très naturel qu’une toupie
- en tôle obéisse à un aimant, mais ce qui est étrange c’est qu’elle est attirée seulement si on place l’aimant en dessous du disque et que, si on le place en dessus, elle est repoussée. Pourquoi’? la science ne s’est pas encore prononcée là-dessus. Peut-être; bien faudrait-il chercher l’explication ailleurs que dans la question d’aimantation. Quoi qu’il en soit, on utilise les mouvements de translation qu’on peut donner à volonté à la toupie pour organiser toutes sortes de jeux d’adresse. M. II. Chasles, restant dans les applications scientifiques, a repris son « Instructeur électrique » de l’an dernier, basé sur l’emploi de l'électricité statique et en a fait 1Instructeur ma-I gnétigue, le fonctionnement en est beaucoup plus 1 sur.
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- Un autre de nos principaux lauréats des années précédentes, M. (iasselin, expose une rédaction de la boule miraculeuse de Barnum ; ce ne sera peut-être pas un jouet très bon marché, ni très amusant, mais c’est charmant comme illusion de la réalité et tort habile au point de vue mécanique. Comme compensation, le meme inventeur nous donne la pèche à la grenouille qui sera d’un extrême bon marché et pourra faire passer de joyeuses soirées à la jeunesse, et même à l'Age mur : il s’agit d’accrocher, avec un anneau suspendu au bout d'un lil, une grenouille en fer-blanc estampé. Mais près du crochet, par où il faut la saisir, se trouve un levier
- qui se déclenche sous le moindre choc et lait sauter l’animal avant qu’on ait pu l’accrocher.
- M. Gasselin n’a pas non plus abandonné le tir; il présente un chasseur dont le fusil est mobile et qu’il faut placer dans la bonne direction avant de taire partir le projectile. Comme complément, il a imaginé une cible figurant un arbre, peint sur une plaque de tôle ; des fentes obliques et une fente verticale sont découpées en suivant les branches et le tronc; des silhouettes d’oiseaux sont placées en haut de chaque fente et descendent jusqu’à terre, par leur propre poids, quand le projectile les atteint.
- En fait d’arme de tir nous devons aussi citer le
- Fig. 2.
- 1, Tir aux pigeons; 2, Chasseur automate; ô, lioule mystérieuse; 4, Cible aux oiseaux; o, Cible renaissante ; (>, Tir pax; 7, Balance enregistreuse; 8, Le c-anardeur; 9, La grenouille récalcitrante.
- revolver de M. Coguin, qu'il intitule le cananleur; c'est un revolver de forme plate, imitant à s’y méprendre le genre américain ; il est en tôle estampée et lance, en quelques secondes, scs six projectiles en bois à une dizaine de mètres.
- M. Dansct a imaginé un jeu de régates qui fonctionne électriquement au moyen d’un mécanisme des plus rudimentaires : des réglettes, percées d’une fente dans toute leur longueur, sont placées côte à côte et représentent des vagues ; un mouvement de balancement peut être donné à chacune d’elles au moyen d’un électro-aimant, que commande à volonté le joueur, au moyen d’un bouton de contact.
- De petits bateaux, munis d'une longue quille formée d’une lame de zinc, qui entre dans la rai-
- nure, sont posés sur chaque réglette et il s’agit, par le balancement donné à celle-ci, de faire avancer le navire qu’elle porte le plus vite possible. Arrivé au but, le bateau actionne un déclenchement qui coupe le courant aux autres joueurs et allume le phare du port. Pour rester dans les jouets nautiques, citons le canot électrique de M. Desvaux qui fonctionne au moyen d’un petit accumulateur et d’un moteur électrique; c’est un jouet cher, mais d’une construction parfaite. Dans le même ordre d’idées, M. Yeil expose des canots automobiles, aussi de construction très soignée, mais beaucoup plus réduits et d’un prix peu élevé; ils fonctionnent au moyen d’un mouvement d’horlogerie très solide cl, comme forme, ils représentent le gabarit des canots
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- LA A A TU HE.
- qui ont tenté la course Alger-Toulon ; le même fabricant expose aussi des réductions de voilures automobiles de types connus, qui fonctionnent avec un moteur à ressort et ont une direction identique à celle des véritables autos. AI. Hulot a eu l’idée d’utiliser le gyroscope, pour en faire une toupie amusante: le clou'n-yyro n'est pas, en effet, autre chose qu’un gyroscope habillé; il s’en suit que le pitre qu’il représente peut prendre les positions les plus invraisemblables. Le petit joueur de billard de AI. Sertet n’est pas compliqué comme mécanisme, mais il n’en servira que mieux à exercer l’adresse des joueurs, qui doivent pousser eux-mêmes la queue (|ue tient le gentleman articulé qui est censé jouer.
- AI. Rosier présente un cheval galopeur qui doit être appelé à un certain succès, car il donne au jeune cavalier l’illusion du galop ; le mouvement est obtenu en appuyant sur les pédales les deux pieds à la fois et en se soulevant de la selle; on actionne ainsi un levier qui agit sur une came de forme spéciale qui entraîne un galet et détermine le mouvement du cheval.
- Telles sont les nouveautés qui nous ont paru les plus intéressantes à signaler parmi les jouets. Quelques autres, qui doivent plutôt être considérées comme « un article de Paris », seront décrites ultérieurement aux « Petites inventions ».
- G. ClIAt.MAlu's.
- L'ORGANISATION PRATIQUE
- DE LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- i;.\ ALLEMAGNE
- La télégraphie sans lit a déjà donné naissance à un néologisme : radioléléyramme, qui est le nom par lequel on désigne dans tous les pays la dépêche transmise par le radiotélégraphe. Les postes radiotëlégrapliiques de la côte sont des stations côtières et elles ont été établies, en Allemagne, pour une portée de 200 kilomètres entre elles et de 120 kilomètres avec les postes de navires dont le mât a une hauteur de 50 mètres. La longueur des ondes, émises par ces différents postes, est de 305 mètres.
- Les signaux en usage dans la télégraphie Morse allemande sont tous employés en radiotélégraphie, mais d’autres ayant une signification spéciale leur ont été adjoints. Le signal-de repos (— — — — — —) est donné seulement par les stations côtières ouvertes à la télégraphie privée. Lorsqu’un navire est en détresse, il
- fait le signal . . . — . . . jusqu’à ce qu’une
- station lui réponde. Tout poste qui reçoit ce signal est tenu de suspendre toute autre communication en cours. Si un navire, non en détresse, appelle une station, il se servira du signal suivi de son nom.
- Sauf dans les cas de navire en détresse, les radiotélé-grainmes doivent être transmis dans l’ordre de priorité suivant : télégrammes d’État (. . .), télégrammes de service (. —), télégrammes privés urgents (— . .) et télégrammes privés ordinaires qui n’ont aucun indicatif spécial. La direction des correspondances est effectuée par les stations côtières, qui donnent leurs ordres aux postes de navires et aux autres stations à service limité.
- 1 D'après le Journal télégraphique.
- On accorde un traitement privilégié au navire qui, par sa position, la direc-iion de sa route et sa vitesse, quitte le premier la zone dans laquelle une communication réciproque est possible. Il est toujours recommandé aux postes de navires de communiquer uniquement avec la station côtière la plus rapprochée, et de faire leur signal seulement lorsqu’ils arrivent à la portée effective de cette station.
- Avant de commencer son signal d’appel, toute station doit s’assurer, en portant son récepteur à son plus haut degré de sensibilité, si aucune autre communication n’est en cours. Si elle reçoit des signaux, elle devra attendre que la correspondance soit terminée. Dans le cas où un télégramme adressé à un passager n’aurait pu être reini-, ce qui arrive lorsque le vaisseau désigné n’a pas signalé son passage à la station côtière, ce télégramme est envoyé en rebut le trentième jour qui suit celui de son dépôt.
- Les règles de transmission employées dans la télégraphie ordinaire s’appliquent à la télégraphie sans fil; les postes font suivre les signaux d’appel et de réponse des indicatifs de leur nom. Voici le nom des stations côtières publiques allemandes en regard duquel nous mettrons le signal qui les désigne dans la télégraphie sans fil.
- Rixhôft.........................krx
- Àrcona’............................k a r
- Alarienleuchle.....................k m r
- Bülk...............................k b k
- Helgolaud..........................k h g
- Cuxhaven........................kcx
- Borkum (phare fixe)................k b m
- Borkumriif (phare llottant) ... f b r
- Il existe encore trois autres stations côtières, mais avec service public limite ; ce sont celles de :
- Bremerhaven Lloydhallc .... k h h
- Phare Bottant du Weser..........f w f
- Phare Bottant I de l’Elbe .... f e f
- Les navires marchands allemands appartenant au Lloyd de l’Allemagne du Nord, à la Société Ilambourgeoise-Américaine de transport à vapeur, à la Ligne de Hambourg à l’Amérique du Sud, et à la Ligne de Kiel-Korsôr, ont également chacun leur indicatif constitué par trois lettres qui, télégraphiquement, tient lieu de leur nom. Les autres navires, pour lesquels un signal d’appel n’a pas encore été prévu, doivent s’annoncer en déclinant leur nom. Les signaux d’appel ont été désignés par l’autorité compétente; ils sont donc emegistrés. Si, par exemple, le vapeur/îo-land (d r d) a un télégramme destiné à être reçu par la station de Cuxhaven, il appellera ainsi :
- — . — . _ k c x k c x v d r d et Cuxhaven répondra :
- d r d v kcx.
- Les deux signaux de fin de correspondance se termineront également de part et d’autre par les deux groupes d r d et kcx.
- On voit que, en somme, les règles de transmission des radiotélégrammes sont les mêmes que celles des télégrammes oïdinaires, et, sauf en ce qui concerne le cas des navires en détresse, tout se passe de la même manière entre les « radiotélégraphistes » qu’entre les « morsistes ».
- Lucien Fouü.niki;.
- CHRONIQUE
- Pouvoir absorbant du charbon de bois pour les sa*. — On sait que le professeur Dexvar a Irouvé que le charbon de bois possédait, à la température ordinaire, un très grand pouvoir absorbant pour les gaz. Mais ce pouvoir
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- est encore considérablement augmenté aux basses températures; M. Dewar utilise cette propriété pour obtenir un vide parfait, ou pour séparer des gaz mélangés. Le Génie civil cite les chiffres suivants : à 0°, 1 gramme de charbon n’absorbe que 4 centimètres cubes d’hydrogène et 18 centimètres cubes d’oxygène, à la pression normale; mais à — 182°, température de l’air bouillant, à la pression de 700 mm de mercure, il absorbe respectivement 155 centimètres cubes d’hydrogène et 230 centimètres cubes d’oxygène. On peut dès lors faire le vide dans les lampes à incandescence ou dans les tubes de Crookes, en faisant communiquer ces récipients avec une masse de charbon, en faisant refroidir celui-ci et en coupant ensuite la communication. Le charbon absorbe l’oxygène en plus grandes quantités que l’hydrogène. l)e même quand plusieurs gaz sont mélangés, le charbon absorbe les uns plutôt que les autres; en multipliant les opérations de séparation, on peut obtenir des gaz pour les usages industriels.
- moteur électrique pour le métropolitain de Paris. — Le moteur électrique utilisé sur la ligne n° 3 du Métropolitain de Paris (avenue de Yilliers à la place Gambetta) est un modèle nouveau, construit par les ateliers Thomson-Houston, d’une puissance de 175 chevaux, soit 240 ampères sous 000 volts, et dont le rendement industriel varie de 0,86 à 0,88 suivant la charge. 11 a été prévu pour la voie normale de lm,44; sa longueur totale avec la boite d’engrenages est de lm,515. Le diamètre des roues est de 0m,850 ; au repos, la partie inférieure du moteur est à 0m,l 125 au-dessus du niveau supérieur des rails. La carcasse est d’une seule pièce en acier fondu de grande perméabilité magnétique ; les pièces polaires rapportées sont au nombre de 4 et sont en tôle. Le moteur est hermétiquement clos; mais des portes de visite ont élé ménagées pour l'entretien du collecteur, des balais et la vérification de l’entrefer. Les bobines inductrices sont faites avec des lames de cuivre enroulées à plat et isolées. L’induit est du type tambour denté, composé de tôles. Le collecteur est formé de 251 lames en cuivre étiré, isolées au mica. Les porte-balais sont en bronze et comportent 5 balais par rangée. Les paliers d’induits sont rapportés sur la carcasse et permettent le démontage de l’induit. Les engrenages sont en acier coulé et en acier forgé, taillés à la fraise. Le poids total du moteur avec engrenages et carter est de 5000 kg. Le moteur s’appuie d’une part sur l’essieu par 2 paliers munis de coussinets en bronze, et il est suspendu par deux pattes maintenues entre deux ressorts à boudins antagonistes, qui sont guidés et fixés par des tiges et boulons.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance (la 6 novembre 1903. — Présidence de M. Troost.
- Préparation de corps nouveau. — MM. Haller et G. Blanc présentent une Note relative à la préparation d’une nouvelle campholide isomère de celle préparée jadis par lui par réduction de l’acide camphorique. Cette nouvelle campholide diffère de son isomère non seulement par certaines propriétés physiques, mais encore par inaptitude à donner un nitrile quand on la chauffe avec du cyanure de potassium.
- Mouvement ascensionnel d'une trombe. — M. de Lapparent présente une Note de M. l’abbé Maillard décrivant les phénomènes qui ont marqué le passage de la
- trombe du 4 juillet 1905, par laquelle ont été ravagés les environs de Gravant près de Beaugency. Les dégâts, observés sur les deux bords de la trombe, attestent une subite diminution de la pression. Les fenêtres et les cloisons des locaux fermés ont éclaté du dedans au dehors ; des toitures ont été enlevées tout d’une pièce, tandis que celles qui étaient en mauvais état n’ont pas subi de dommage sérieux. Les grains des épis d’un champ d’avoine ont été aspirés alors que les liges sont restées droites sur place. Les observations faites indiquent qu’il s’est produit des courants ascendants conformément à la théorie de MM. Teisserenc de Bort, Weyher et Lasne.
- La question des contre-alizés. — S. A. le prince de Monaco expose qu’il vient d’accomplir une campagne d’exploration météorologique de l’atmosphère au-dessus de l’Atlantique dans la région comprise entre Lisbonne et le tropique Nord. Il a utilisé dans ce but les ballons-sondes du système imaginé par M. Hergesell de Strasbourg, qu’il avait déjà employé avec succès à des expériences préliminaires réalisées sur la Méditerranée en avril 1905. Ces ballons offrent cette particularité que dès qu’ils atteignent la hauteur maxima, en vue de laquelle ils ont été aménagés, ils commencent à descendre. La région explorée en 1905 avait déjà été étudiée en 1904, au moyen de cerfs-volants qui avaient pu s’élever jusqu’à 4500 mètres. Mais il a paru nécessaire, cette fois, pour élucider la question des contre-alizés, d’employer des ballons-sondes et d’opérer à distance des côtes d’Afrique, entre les méridiens de 10° et 42° à l’Ouest de Greenwich, de façon à éliminer l’influence du continent. Les observations ainsi effectuées confirment les résultats obtenus l’année précédente par le prince de Monaco, savoir que le contre-alizé du Sud-Ouest, tel qu’il avait été défini par les météorologistes anciens, n’existe pas dans les régions qui ne subissent pas l’influence des continents. Les courants, trouvés jadis au Pic de Teyde par Humboldt, ainsi que ceux trouvés par MM. Rotch et Teisserenc de Bort dans le voisinage des îles, seraient dus par conséquent à des perturbations locales ou au voisinage du continent. Les ascensions de cerfs-volants, exécutées au large par les deux derniers savants, donnent d’ailleurs des résultats identiques à ceux dus à M. Hergesell en 1904 et 1905. On a pu retrouver en 1905 les trois couches déjà délimitées l’année dernière. La couche supérieure, réputée de contre-alizée, qui n’avait été reconnue que jusqu’à une hauteur de 4500 mètres, s’étend en réalité jusqu’à 12 900 mètres. Elle touche à la zone isotherme découverte au-dessus de l’Europe par MM. Teisserenc de Bort et Assmann. La limite supérieure de celte zone n’a pas été atteinte. En résumé, il est bien certain que l’afflux d’air chaud, équatorial, trouve une issue, mais cette issue n’est, pas celle que l’on croyait.
- Spectroscope solaire. — M. .lanssen dépose une Note renfermant les conclusions des observations spectroscopiques faites par la mission de l’Observatoire de Meudon, lors de l’éclipse du 50 août dernier. D’après celles-ci, les raies de l’hélium et de l’hydrogène ne sont pas coronales ; de plus, l’intensité de la raie verte est renforcée dans les jets coronaux. Cette dernière particularité était très discutée.
- Toxicité des œufs. — M. Giard dépose une Note de M. Loisel relatant des expériences suivies dont il résulte que les jaunes d’œuf de poule, de canard et de tortue renferment des substances qui, injectées dans les veines, sous la peau, dans le cœlome, déterminent promptement la mort par intoxication aigue du système nerveux cen-
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- LA NA TU H K.
- tr;i]. Ainsi le jaune d’œuf de canard, traité par de l’eau salée au centième et injectée dans les veines, tue le lapin à la dose de 7 à 8 grammes par kilogramme, et dans le cœlome, à la dose de 25 grammes environ. Le jaune d’œuf de poule est un peu moins toxique, mais celui de tortue 1 est davantage puisqu’il suffit d’injecter dans le cœlome 5 à (î centimètres cubes de ce jaune d’œuf pour tuer un lapin. L’avoalbumine est également très toxique, du moins en ce qui concerne l’albumine de tortue, la seule que M. Loisel ait expérimentée jusqu’ici.
- Ch. de Yilledeuil.
- I)’aCII)E CYANHYDRIQUE
- Les graminées sont presque toutes des plantes utiles, ou tout au moins inolfensives. (In ne connaissait pas jusqu'à présent d'empoisonnement par ces humbles plantes. M. Bornait, membre de la mission seientilique dans l’Amérique du Sud, a découvert sur les hauts plateaux des Andes des graminées du genre Stipa, en nom vulgaire Viscacheras, d'une toxicité très grande : quelques centaines de grammes suf-
- Fig. I. — Stipa lenacmima ou alla des Arabes.
- fisent à tuer, en une ou deux heures, un cheval ou un mulet. MM. Hébert et ileim, qui ont étudie les végétaux rapportés par 31. Boman, ont démontré que la toxicité était due à la production d’acide cyanhydrique, par suite de la décomposition d’un glucoide
- sous Tinlluence d'un ferment analogue à l'émulsine.
- La présence de ces végétaux malfaisants sur les hauts plateaux andins a des conséquences ethnologiques inattendues. Les Indiens qui habitent les hautes vallées de la Puna andine ont, depuis des
- siècles, formé une population totalement isolée des autres races, en raison de l'obstacle apporté à la subsistance de toute caravane dans ces vallées, les bêtes de somme étrangères, sitôt qu'elles ont brouté ces graminées, mourant empoisonnées : une véritable barrière végétale toxique est formée autour de ces populations indiennes par ces Stipa. C’est ce qui explique la persistance de l’individualité, de l’originalité de ces races spéciales.
- Le llr Heim fait connaître que les animaux indigènes de ces régions des Andes (lama, vigogne) paraissent éviter les Viscacheras: mais il est certain que quelques animaux peuvent, au contraire, consommer impunément ces plantes, notamment un petit rongeur désigné sous le nom de Viscache. On trouve, en effet, dans toutes les touffes de graminées des excréments qui paraissent bien provenir de cet animal. L’analogie des deux noms de la plante et de l’animal fait supposer que les indigènes ont remarqué depuis longtemps leurs rapports biologiques.
- La découverte de M. Boman est une contribution très intéressante à l’étude des graminées.
- Virgile Brandicourt,
- Vice-Président de la Société limiéemie du nord de la France.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus , 9.
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- .v nui;». — 18 xovemhi<e 1905.
- LA NATURE.
- r>8.s
- LE CHEMIN DE FER DE KAYES AU NIGER
- L'achèvement du chemin de fer de Kayes au Niger peut avoir, sur le développement économique de
- notre colonie de l'Afrique occidentale, les plus heureuses conséquences. Il lui fournit une voie eom-
- Fig. 1. — Gare de Kayes. (D’uprcs une photographie communiquée par la Société (le Géographie.)
- mereiale de premier ordre, en mettant en communication directe les points extrêmes de la navigation sur les deux grands 11 cuves qui, dans leurs cours opposés, traversent notre vaste domaine. La locomotive partie de Kayes, sur le Sénégal, a, pour la première lois, circulé jusqu'à Rammako, sur le Niger, le 19 mai 1904. La voie ferrée a été ensuite prolongée jusqu'à Kouliko-ro, à 50 kilomètres plus has sur le lleuve, de manière à épargner à la navigation le passage des rapides de Solouba. Le 28 novembre, le premier train de service est entré en gare de Koulikoro et, le 10 décembre, la station
- 33e auüée. — 2e semestre
- a été ouverte à l'exploitation. Faidherbe, le premier, avait songé à élablir une ligne de communication du
- Sénégal au Niger, mais ce fut seulement en 1879 «pie la construction d'un chemin de 1er fut admise en principe. Les premiers travaux furent entrepris en 1881, mais des difficultés de tout ordre entravèrent leur marche régulière. Ils suivirent une pro-gression constante à partir de 1892 et surtout depuis 1895, époque à laquelle M. le colonel du génie liougier fut chargé de leur direction. L'ensemble de la ligne représente un développement d'environ 555 kilomètres. Le trajet de Kayes au
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- Fig. 2. — Pont sur le Bagouko.
- (D’après une photographie communiquée par la Société de Géographie.)
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- LA NAT U B E.
- Niger s'effectue de la façon suivante : Jei jour, de Rayes à Toukolo (240 kil.); 2e jour, de Toukolo à Banmiako (2(10 kil. ). Lue navette, parcourant les 50 kilomètres tjiii séparent Banmiako de Koulikoro, permet d’arriver à ce port dans la matinée du troisième jour.
- Le chemin de 1er de Rayes au Niger est à voie d’un mètre; le rail a (> mètres de longueur et pèse 20 kilogrammes au mètre courant. Les traverses sont métalliques, précaution (pii a dù être prise1 en raison de la destruction rapide du Lois par les termites. Le rayon minimum des eourlies est de 500 mètres. La rampe fondamentale est de 2N millimètres par mètre.
- On a tiré du Soudan même toutes les ressources qu’il pouvait donner pour la construction : le Lois, la chaux, les Briques, l’huile pour graisser les machines, etc. Celte dernière est fournie par de l’arachide, et des huileries ont été installées à Rayes et à Toukolo pour la fabriquer. Les résidus, sous forme de tourteaux, sont utilisés soit comme combustibles pour certains trains de service, soit pour la nourriture des ânes qui concourent aux transports sur les chantiers.
- Les travaux ont été faits, sous la direction du Génie, au moyen d’un personnel civil et militaire détaché aux travaux publics des colonies ; mais on a eu recours, dans une très large mesure, à l’élément indigène : les ouvriers d’art et les manœuvres, plusieurs chefs de gare, tous les employés subalternes de la voie et de l’exploitation, ainsi que,les mécaniciens et les chauffeurs, étaient des indigènes. Les européens formaient et surveillaient les noirs. Le nombre des travailleurs a été jusqu’à environ 4000.
- C’est à Rayes que se troims le siège de la direction du chemin de fer. A l’origine, tous les services étaient groupés autour même de la gare de Rayes. Mais, à mesure que l’entreprise se développa, il fallut songer à faire de nouvelles installations et, comme la place manquait à côté des anciennes, on transporta les services sur un plateau, situé à plus d’un kilomètre de Kayes-ville, où une altitude relative était en même temps plus favorable à la santé des Européens. Les ateliers de réparation et de construction sont restés néanmoins installés dans les dépendances de la gare de Rayes: c’est là, notamment, qu’on procède au montage des locomotives et du matériel roulant expédié de France.
- En laissant Rayes, situé sur la rive gauche du Sénégal, la ligne entre bientôt dans une région ombragée, accidentée et pittoresque. A 11 kilomètres en amont est Médine, dont le fort, édifié en 1855 par Eaidherbe, est devenu célèbre par le siège de quatre-vingt-quinze jours qu’il soutint glorieusement en 1857 contre les bandes d’El-IIadj-()mar. En amont de Médine, le Sénégal forme les chutes du Félon, élevées de 0 à 10 mètres au-dessus du bief inférieur; mais, en amont du Félon, s’étend un magnifique bief d'une longueur de près de 40 kilomètres cl navigable aux petits vapeurs.
- Le petit village de Diamou fut pendant, quoique temps le point terminus du chemin de 1er du Niger. On en avait fait en même temps le sana.'orium de Rayes, ce dernier centre étant fort insalubre avant les travaux d'assainissement ordonnés par le colonel Gallieni; aujourd'hui le marécage (pii entourait Rayes a disparu pour faire place à un jardin public. Diamou n’est plus ni sanatorium, ni point terminus de la voie ferrée, et a perdu toute importance.
- Le chemin de fer franchit le Bagouko; plus loin il traverse le Galougo, près de son confinent avec le Sénégal, sur un viaduc de 75 mètres de longueur et de 1 8 mètres de hauteur. Bientôt après on arrive à Baiôulabé.
- Le bourg de Baiôulabé, situé sur les deux rives du Bafing, à l’endroit même où ce cours d’eau, grossi par le Bakoy, prend le nom de Sénégal, fut atteint par le chemin de fer en 1888, grâce à la vigoureuse impulsion donnée aux travaux par le colonel Gallieni à partir de 1880. Un n’était là encore qu'à 120 kilomètres de Rayes.
- La ligne franchit le Bafing sur le pont de Mahina, long de 400 mètres.
- A Baiôulabé, on peut encore se servir d’embarcations sur les deux rivières larges et profondes qui, par leur réunion, forment le Sénégal; mais celte navigation, cm ce qui concerne le Bakoy, s’arrête à quelques kilomètres et ne peut guère se prolonger dans le Bafing oîi se trouvent des barrages non loin du confinent.
- Le Bafing franchi, c’est le Bakoy que suit pendant un certain temps la ligne. Après Badoumbé, poste construit en 1881 par le colonel Borgnis-Desbordes pour surveiller la route de Baiôulabé à RiIa, on passe le Bakoy sur le pont de Toukolo, long de 550 mètres, en amont de son confinent avec le Baoulé.
- Bour traverser le col de Manambougou, on a dù ouvrir dans le roc une tranchée de 800 mètres de longueur, dont la profondeur atteint 7 mètres; à sa sortie, on se trouve brusquement cm face d’un splendide panorama qui s’étend jusqu’à Rila.
- Rita est à 510 kilomètres de Rayes. La Voie y est arrivée en 1002. Situé au pied d’un massif rocheux ipii atteint une hauteur de plus de 500 mètres au-dessus des plaines qui l’environnent, Rila esl le centre d'une agglomération qui s'accroît de jour en jour.
- Une tranchée de 10 mètres de profondeur entaille les rochers ferrugineux du col de Né ré. La descente du col, d'où l’on gagne le Niger et Banmiako par la vallée du Farako, est aussi très pittoresque.
- Mais, le Niger atteint, le chemin de fer ne rendra les services qu’on peut en attendre que si la navigation esl assurée sur les deux fleuves entre lesquels il sert de jonction. C’est dans ce but que des missions hydrographiques ont été envoyées sur le Sénégal et sur le Niger pour étudier la navigation de ces lleuves et examiner quels travaux seraient nécessaires pour les rendre plus facilement praticables. Sur le
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- Sénégal, la mission a été dirigée par >1. le lieutenant de vaisseau Mazeran ; sur le Niger, elle l'a été par M. le lieutenant de vaisseau Le lllévec. On a commencé sur le Sénégal le balisage réelanié depuis longtemps et le déroebement, des seuils. Grâce aux travaux accomplis, on espère que la période de navigabilité du Sénégal, entre Saint-Louis et Kayes, sera prolongée d’environ trois mois. Sur le Niger, on prévoit que les travaux à accomplir pourront permettre, moyennant une faible dépense, de maintenir aux basses eaux, sur tout le parcours, un chenal de 40 centimètres de profondeur, suffisant pour la circulation des chalands. Gustave Rkgelspekger.
- IA GENUINE ET LE PALUDISME
- Au cours d’une excursion dans le Jura, une avarie de machine me força de m’arrêter dans un hameau solitaire où un fermier accueillant offrit au bicycliste en déroute l’hospitalité la plus aimable. A la fin du repas, ce brave homme m’invita à goûter la liqueur du pays; c’était de l’eau-de-vie de gentiane, llien de pareil, me dit-il, pour combattre la fièvre. Il devait avoir une fièvre invétérée, car il se versa deux ou trois rasades, histoire de prévenir les accès futurs. L’eau-de-vie de gentiane ne manque pas de vertus, mais je lui fis remarquer qu’il serait plus sage de se contenter de la gentiane toute seule. Je ne crois pas l’avoir convaincu.
- La gentiane a, en effet, des propriétés fébrifuges et avant que l’on importât le quinquina en Europe, c’était une des plantes les mieux appropriées pour combattre le paludisme. Ses propriétés sont de date ancienne. Pline en attribue la découverte à Gentius, roi d’illyrie, qui donna son nom à cette belle plante, haute de près d’un mètre, à larges lleurs jaunes disposées en verticilles le long de la tige. La gentiuna lutea, comme l’appellent les botanistes, ne se trouve guère que dans les régions montagneuses à 700, 1000 mètres d’altitude, mais ou la rencontre là en abondance et pas un montagnard des Vosges, du Jura, du Dauphiné, ou de la chaîne des Pyrénées qui ne la connaisse.
- La seule partie de la plante qu’on utilise en thérapeutique est la racine, que la Suisse, l’Auvergne et le Jura expédient en grande quantité, sous forme de tronçons irréguliers, de 7 à 8 centimètres de long sur 2 à 5 d’épaisseur. Sous la partie externe ridée, d’un brun jaunâtre, la fibre intérieure est d’un brun orangé. Elle doit ses propriétés, apéritives et fébrifuges, aux principes amers qu’elle renferme : deux glucosides, la gentiopicrine, cristallisable et soluble dans l’eau, et la gentiamarine, plus amère que l’autre, mais non cristallisable. Elle renferme également une matière sucrée mixte et complexe, composée de gan-tianose, gcnliobiose, saccharose, glucose et lévulose.
- Je disais qu’avant l’introduction du quinquina, et surtout avant la découverte de la quinine, la gentiane était le fébrifuge le plus employé. On vendait au xvme siècle, sous le nom de fébrifuge français, une poudre composée de gentiane, de camomille et d’écorce de chêne. De nos jours, quand la quinine se vendait encore — ce qui n’est [tins — à des prix exorbitants, dans bien des régions on avait recours aux formules des vieilles pharmacopées et à la gentiane en particulier pour couper les accès de fièvre. En 1811, le ministre de la guerre, trouvant le quinquina trop cher et surtout trop rare (on avait de la peine à s’en procurer), prescrivait d’essayer les plantes indigènes ré-
- putées fébrifuges et Gasc, médecin des camps et des armées, guérissait, à l’hôpital de Berlin, des malades atteints de fièvre intermittente, avec un mélange de gentiane et de historié.
- La gentiane a certainement des propriétés fébrifuges ; mais quel est le principe actif, et à quel degré est justifié ce préjugé populaire de sa valeur contre la fièvre? C’est un point qui vient d’être éclairci par les recherches d’un jeune et érudit chimiste, le Dr G. Tanret. Je ne parlerai pas de ses essais pour isoler, par des procédés parfaits, le principe essentiel de la gentiane : ce sont détails de laboratoire. Qn’il me suffise de dire que la gentiopicrine semble le glucoside véritablement actif, le véritable alcaloïde, si le mot n’était pas une hérésie chimique, de la plante. C’est cet agent que M. Tanret a employé au cours de ses expériences. Pour leur donner le cachet de véracité absolue, notre confrère est allé séjourner en Corse, sur la cote Est, réputée depuis des siècles un des foyers de paludisme. 11 a choisi la plaine d’Aléria qui jouit d’une réputation d’insalubrité notoire, en raison des nombreux étangs côtiers, des eaux stagnantes dans les bas-fonds. Les moustiques y pullulent dans la saison estivale et il est peu d’habitants qui ne payent un tribut à la malaria. M. Tanret s’est installé dans cette région pendant plusieurs mois; il a pu se rendre compte de l’intensité avec laquelle sévit le paludisme sur ce territoire, et il a pu rapporter des observations précises sur la valeur de la gentiopicrine comme fébrifuge.
- La gentiane est du reste, dans cette région côtière, un remède classique contre la fièvre; elle est moins employée depuis que la quinine est vendue à bas prix (15 centimes le gramme) par les soins de la Ligue corse contre le paludisme. Jadis on la payait 75 centimes, 1 franc; c’étaient des prix inabordables pour cette population pauvre, et la gentiane y suppléait. Elle est encore employée dans les formes rebel'es; à Ghisonaccia, au pied de la chaîne centrale où on la trouve en abondance, on rapporte toujours du voyage en montagne une provision de gentiane. Le Dr Rattesti a constaté, sans pouvoir dire qu’elle les guérit, qu'elle enrayait les accès.
- M. Tanret a été plus heureux : il a administré à un certain nombre de malades, au cours de violents accès de paludisme, la gentiopicrine à la dose de 2 grammes par jour et a vu non seulement les accès céder, mais ne pas revenir. En examinant le sang, il a pu constater que les hématozoaires avaient disparu au bout de quelques jours. L’action de la gentiopicrine est donc des mieux fondées. Est-ce à dire que M. Tanret conseille sa substitution à la quinine? Mais non. La quinine est le vrai remède du paludisme, mais quand on n’en a pas sous la main, ou quand son action semble impuissante, on fera bien de se rappeler que la gentiane a fait ses preuves, et que les vertus fébrifuges vantées par nos pères n’étaient pas un leurre. lé A. Cautaz.
- UNE CONDUITE D’EAU DE 400 KILOMÈTRES
- La ville de Los Angeles, en Californie, va procéder à des travaux considérables pour alimenter son service des eaux, en lui fournissant un appoint annuel de 1200 millions de litres. Pour cela, on va capter les eaux de la rivière Avens, sur les pentes des Sierras, et dans le comté d’inyo; ces eaux seront amenées à Los Angeles par une conduite en béton ayant exactement un développement de 580 kilomètres; cette conduite présentera 4,58 mètres de largeur sur 2,75 mètres de haut.
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- QUELQUES APPLICATIONS CURIEUSES DU RÉTON ARMÉ
- Nous avons parle à bien des reprises des constructions en béton armé, et récemment nous avons signalé de très grands ouvrages exécutés uniquement avec cette matière qui, pendant si longtemps, a été pratiquement négligée.
- Mais il y a toujours à dire sur ce sujet, parce que les applications du béton armé se multiplient chaque jour sous les formes les plus diverses, et les plus originales : soit qu’on arrive, par cette alliance du métal et du béton, à suppléer avantageusement de larges massifs de maçonnerie; soit (ju’au contraire on parvienne à établir ainsi des constructions fort légères qui donnent pourtant l’impression de la pierre, et de la pierre travaillée, où sculptures, colonnades, chapiteaux, rinceaux s’obtiennent rapidement et à bon compte, au moyen de ce procédé si simple et si peu coûteux du moulage par grandes masses.
- Sans vouloir insister sur les travaux du genre qui se présentent à notre esprit, nous pourrions signaler, par exemple, un mur de soutènement réellement énorme qui vient d'ètre construit aux Etats-Unis, a Seattle, par la compagnie Grcat Northern llail-road, mur de 600 mètres de long, et dont la hauteur atteint jusqu’à llm,50.
- ( )n avait hésité entre une construction en béton ordinaire et une autre en béton armé, et l’on se décida pour la dernière, parce qu’on reconnut qu’elle assurait une économie d’autant plus considérable que la hauteur du massif à constituer était elle-même plus grande : dans les portions de moyenne hauteur, l'économie était de 20 pour 100 à peu près, et elle s’élevait ailleurs à plus de EN pour 100! Le mur construit a la forme d’une L, où la barre verticale forme le
- mur proprement dit, tandis que la barre horizontale donne du pied et soutient l’autre contre le renversement; le mur vertical est du reste maintenu en arrière par des contreforts. Mais voici des constructions plus intéressantes au point de vue du pittoresque. Tout récemment on a reconstruit, aux États-Unis, les batiments de l’École navale (Académie navale) d’Annapolis (fig. 4); et l’on a tenu à élever pour l’École une chapelle fort imposante par ses dimensions, et en particulier par sa hauteur. Si bien que, du sol au sommet de la lanterne (pii doit couronner cet édifice, on comptera 64 mètres ; la largeur extrême en est de 40 mètres à peu [très. En plan, cette chapelle a la forme d’une croix grecque, le diamètre est de 25,20 mètres au-dessous du dôme; et, quant à ce dôme même, on l’a prévu s’élevant à 45,75 mètres au-dessus du sol, avec un diamètre à la base de 21 mètres. On voit, d’après ces chilfres, que le dôme est comme en porte-à-faux à l’intérieur des murailles circulaires qui supportent sa poussée;
- et cette disposition contribue à donner un intérêt architectural particulier à la construction. On n’a pas voulu donner aux murailles extérieures une lar-geur énorme, comme il l’aurait fallu pour leur faire porter directement la base du dôme; on n’a pas voulu non plus recourir à des colonnes ou piliers intérieurs. Et l’on a songé au béton armé avec lequel on peut, comme nous le laissions entendre, construire des édifices quelque peu paradoxaux, où ce qui semble de la maçonnerie permet à peu près les mêmes dispositions que le métal seul semblerait devoir autoriser. Sur l’emplacement. destiné aux murailles, on a élevé huit gros
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- piliers en béton armé, se distribuant également la charge; à leur sommet, où l'on trouve justement le porte-à-faux dont nous parlions tout à l’heure, vient reposer un énorme anneau, fait lui aussi de béton armé, et qui constitue la véritable fondation du dôme. Celui-ci ne s’y appuie que par l’intermédiaire de 24 piliers de ciment armé, mais de dimensions autrement modestes — cela va de soi — que les premiers.
- Ceux-ci ont une section de 0,75 mètre sur 1,85 mètre ; ils auront à supporter une charge Lotale de tonnes environ, quand l’édifice sera achevé, ce qui ne doit pas tarder à l’heure où nous écrivons ces lignes ; et, dans ce poids, la coupole et la lanterne (qui est en terre cuite avec charpente de soutien en fer) entrent [tour 1400 tonnes. Nous n’avons rien à dire des murailles, qui ne joueront qu’un rôle d’enveloppe ; bien entendu, les piliers et toute la maçonnerie de béton vont être recouverts de décorations diverses.
- Le moulage du grand anneau de hase du dôme a été un travail réellement difficile, nécessitant une charpente considérable.
- Encore aux Etats-Unis nous trouvons un exemple curieux d’une de ces constructions en béton armé jouant la maçonnerie : et la chose est d’autant plus amusante cette fois, que ce procédé de construction a donné le moyen bien facile de faire à peu de frais un pastiche de monument grec. L’Université de Californie (tig. 3), installée à Berkeley, à 15 ou 1G kilomètres de San Francisco, a tenu à se donner le luxe d’un
- amphithéâtre sur le modèle ancien, permettant d’organiser des cérémonies dans un cadre original, et de monter des pièces grecques jouées dans la langue j même et dans un milieu essentiellement favorable à t l’illusion. Le site se prêtait au mieux à ce projet : tous les théâtres de ce genre étaient adossés à des
- escarpements de terrain naturels, ce qui permettait de construire les gradins sur une véritable « forme » en terre, cl de réduire au minimum le cube de la construction. Et précisément, aux environs de l’Université Berkeley, le sol est fort ondulé, et l’on n’avait que l’embarras du choix pour installer l’amphithéâtre. Une petite vallée, entourée d’un bois d’eucalyptus, est venue donner tout à la fois l’emplacement horizontal pour la scène, et les pentes montant régulièrement et devant supporter les gradins.
- D’une part, on a donc la partie réservée aux spectateurs, le then-tron des Grecs, et, d’autre part, la scène.
- La première forme un hémicycle qui n’a pas moins de 77 mètres de diamètre, avec deux séries superposées de sièges; on y peut recevoir 8000 personnes. Sans insister sur les dispositions de ce théâtre, qui répond tout à fait aux distributions classiques, nous ferons remarquer que le fond de la scène est formé d’une haute muraille avec retour de chaque côté, et décorée de 16 colonnes doriques, supportant une corniche de style pur avec triglyphes et métopes ; des pylônes massifs terminent les deux retours de muraille dont nous parlions à l’instant. Dans ce mur terminal, destiné, suivant les traditions, à
- Fig. 4. — Modo de construction de la chapelle en béton d’Annapolis.
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- représenter un temple, s’ouvrent trois portes monumentales ornementées dans le même style que le reste.
- Or, c’est uniquement le béton armé que l’on a employé pour toute cette construction, aussi bien pour les colonnes doriques et pour les corniches, que pour les rangées superposées de gradins et de sièges. Et tout cela s’est bâti rapidement, suivant le procédé courant, au moyen de moules plus ou moins compliqués, mais répondant parfaitement au résultat que l’on poursuivait, et moyennant des dépenses autrement réduites que s’il avait fallu assembler et tailler la pierre.
- Voici maintenant une application fort curieuse, elle aussi, du béton armé, qui a été laite en Belgique, pour le dôme de la gare centrale d’Anvers : ici, comme le montre la gravure que nous donnons (tig. 1 ), lions nous trouvons en face d’un édifice ou du moins d’une portion d’édifice rappelant, par sa légèreté, les sculptures des roses de nos cathédrales, et où pourtant l’on n'a eu à vaincre aucune difficulté dans la taille des pierres. Ce dôme est d’assez belles dimensions, puisque sa naissance, au niveau des toits des autres bâtiments de la gare, se trouve à 49 mètres à peu près au-dessus de terre, et que la hauteur propre du dôme est également de 49 mètres. S’il avait fallu construire une semblable coupole en pierre, comme on l’avait d’abord projeté, on se serait heurté à une impossibilité, car le poids aurait été trop élevé pour la résistance des terrains supportant les fondations ; mais on a eu recours au béton, tout en conservant exactement les formes et dessins qu’on avait étudiés pour de la maçonnerie. Nous n’avons pas à détailler, du reste, la disposition du dôme, de son campanile, de ses verrières, car ce sont là choses que la gravure explique brièvement de façon fort satisfaisante. La structure entière pèse 1800 tonnes et repose sur les quatre piliers d’angle. 11 y aurait toute une série d’indications tort intéressantes à donner sur la façon dont ont été combinées les armatures métalliques enrobées dans le béton ; mais cela nous entraînerait dans beaucoup trop de détails techniques. <
- Nous aurions eu encore à signaler la construction, toujours en béton armé, de ce qu’on nomme le Palais de la Renommée à Liège, dont le plafond est fait de trois coupoles de plus de 16 mètres de diamètre ; coupoles qui furent construites et moulées sur une voûte métallique faite de métal déployé épargnant la nécessité de construire aucune charpente auxiliaire. Mais nous en avons assez dit pour montrer tout ce qu’on peut attendre du béton armé.
- Pierre de Mériel.
- L’INCLINAISON MAGNÉTIQUE EN EUROPE
- A-T-EI.I.E ÉTÉ DE TOIT TEMPS POSITIVE ?
- On sait qu’une aiguille aimantée, librement suspendue par son centre de gravité, s'incline par rapport à l’horizon. Le pèle nord, dans nos pays, se dirige vers le sol : le pôle sud est en l’air. L’angle que fait le côté nord de
- l’aiguille avec l’horizon s’appelle l’inclinaison : on le comptera positivement an-dessous de l’horizon; si c’élait le pôle sud qui lut en bas, nous dirions que l’inclinaison est négative.
- L’inclinaison, ainsi définie, est négative dans l’hémisphère austral, du moins à une latitude suffisante. Elle est négative à Rio-de-Janeiro; elle est négative au Cap. Elle est nulle; ce qui revient à dire que l’aiguille aimantée, librement suspendue par son centre de gravité, se placerait d’elle-même dans une position exactement horizontale, en line série de lieux géographiques qui se trouvent sur une ligne qu’on appelle l'équateur magnétique.
- Cet équateur magnétique ne coïncide pas avec l’équateur géographique et n’est même pas un cercle régulier de la sphère; néanmoins il ne s’écarte pas trop de l’équateur géographique, il se lient au sud de l’équateur sur le continent américain, et traverse le Brésil dans sa partie septentrionale.
- Cet équateur magnétique n’est pas fixe sur la terre. Il peut osciller un peu, allant tantôt plus au nord, tantôt plus au sud. 11 paraît surtout être animé d’un très lent mouvement de rotation autour de l’axe de la terre, à la façon d’un anneau circulaire posé sur une toupie qui ne se tient pas exactement verticale.
- L’inclinaison magnétique était, au 1er janvier 1001, de 04° 55' à Paris, de G6°51' à Dunkerque, et de 50° 58' à Perpignan.
- En tous les points de la France, l’inclinaison diminue actuellement de 1 à 2 minutes par an. La comparaison des observations actuelles avec les observations anciennes qui datent d’un peu plus de trois siècles a conduit à penser que l’inclinaison à Paris a passé par un maximum en 1006, et que, depuis lors, elle a diminué et diminuera encore jusqu’en l’an 2114.
- Dans ce laps de temps de 450 ans, l’inclinaison dans nos pays aura diminué d’une dizaine de degrés, pour augmenter à nouveau de la même quantité dans les quaire siècles et demi qui suivent, et repasser par la même série de valeurs successives au bout de 900 ans.
- Cette vue de choses n’est qu’une première approximation. L’allure qu'affecte la variation avec le temps des éléments du magnétisme terrestre en France, n’est pas celle d’une grandeur périodique simple, analogue à l’élongation d’une branche de diapason qui vibre.
- Elle est plutôt comparable à la pression en un point de l’air qui transmet un son complexe ou un bruit. Le mouvement complexe peut, en pareil cas, être décomposé en une série de mouvements périodiques simples, de périodes décroissantes; c’est l’explication qu’a donnée Ilelmhollz du timbre des sons, par la superposition d’une série d’harmoniques du son fondamental. Gauss a, de même, fait voir que la distribution du champ magnétique à la surface de notre globe pouvait être considérée comme due, non plus à un aimant unique qui tournerait autour de l’axe du monde en 900 "ans, mais à une série d’aimants, dont les intensités d’aimantation sont de plus en plus petites et qui tournent, eux aussi, autour de l’axe de la terre, mais avec des vitesses variables.
- Ces idées de Gauss ont été reprises, en utilisant les observations modernes, par le physicien suédois Carlheim-Gyllenskiôld, connu par ses travaux de magnétisme, et notamment par l’heureuse exploration qu’il a faite, à l’aide de la boussole et avant tout travail de sondage, des mines de fer de la montagne de Kiinenavaara, en Laponie.
- Carlheim-Gyllenskiôld a montré que l’on représente
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- LA NATURE.
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- bien les observations magnétiques des trois siècles dont on dispose, en superposant une série d’aimantations considérées comme dues à autant d’aimants distincts et dont chacune accomplit autour de l’axe de la terre une rotation complète en une période de quelques siècles : 5 siècles, 5 siècles, 7 siècles pour les unes; 14 siècles, 48 siècles, 51 siècles pour d’autres. Pour celles qui tournent relativement vite, en 5 ou 5 siècles, il y aurait non seulement rotation, mais oscillations dans la grandeur de l’aimantation pendant qu’elles tournent. Pour celles des aimantations qui tournent plus lentement, en 20 ou 50 siècles, au contraire, il n’y aurait pas de variation de l’amplitude de l’aimantation pendant leur rotation.
- On conçoit qu’avec une pareille superposition complexe, on n’arrive à retrouver le résultat fondamental qu’au bout de 900 ans; on retombe à peu près sur le même état magnétique du globe terrestre, mais cependant avec des différences qui peuvent s’exagérer au bout de deux, trois périodes de 900 ans.
- Les considérations théoriques, dira-t-on, quel intérêt peuvent-elles présenter? On n’a pas encore, bien loin de là, une période entière de 9 siècles d’observations magnétiques; comment espère-t-on déduire quelque chose de certain sur l’avenir magnétique ou sur le passé magnétique lointain de notre globe?
- A coup sûr, une théorie fondée sur des observations de trois ou quatre siècles seulement et qui ne sont bien précises que depuis un siècle environ, ne saurait prétendre nous renseigner avec une absolue certitude sur ce qui s’est passé il y a quelques centaines de siècles ou sur ce qui pourra se passer dans une égale période de temps. Il n’en est pas moins vrai que si cette théorie, comme c’est le cas pour celle qu’a élaborée Carlheim-Gyllenskiold, conduit à des résultats qui, pour la période connue, cadrent admirablement avec l’observation directe, elle présentera un haut degré de probabilité.
- Or, l’une des conséquences immédiates de la théorie de Gauss et de ses successeurs, est qu’elle nous donne un équateur magnétique plus ou moins sinueux, plus ou moins ondulé, mais, en définitive, toujours compris entre le 15e degré de latitude nord et le 15e degré de latitude sud, et par conséquent toujours entièrement compris dans la zone torride. De là résulte que dans la zone tempérée de l’hémisphère Nord, l’inclinaison doit avoir toujours été positive, et qu’elle doit avoir toujours été négative dans l’hémisphère Sud.
- C’est ce qui explique qu’à l’apparition des beaux mémoires de Giuseppe Folgheraiter, sur l’aimantation des poteries étrusques et pompéiennes, et sur l’inclinaison magnétique dans l’antiquité, les physiciens aient loué l’ingéniosité de la méthode, mais aient manifeste un certain septicisme à l’égard du résultat fondamental.
- Ce résultat, on le connaît. Folgheraiter a montré que l’argile cuite, transformée en brique, est aimantée d’une façon très faible, mais excessivement stable : elle garde la direction d’aimantation du champ magnétique dans lequel elle a été cuite. Un vase, cuit au four en position verticale, garde une aimantation oblique, qui a la direction qu’aurait eue l’aiguille aimantée de la boussole d inclinaison, au point et au moment où la cuisson a eu lieu. Si ce vase de terre cuite s’est brisé, et si les débris sont restés enfouis pêle-mêle durant des siècles, il est possible de reconnaître que, dans chacun d’eux, la direction d’aimantation est restée la même si on la rapporte au fragment remis en place, tandis que cette direction varie de l’un à l’autre de la plus irrégulière façon si l’on compare
- les fragments divers tels qu’ils gisent dans la fouille.
- C’est la preuve que le fait d’être restés plusieurs siècles, une fois cuils, dans une direction absolument quelconque par rapport au champ terrestre, n’a pu modifier en quoi que ce soit, dans les briques, la direction initiale de l’aimantation.
- La comparaison de vases de diverses époques, allant du vu" siècle avant notre ère jusqu’au î" siècle de notre ère, l’a conduit à la conclusion que l’inclinaison magnétique a été voisine de zéro au vie siècle avant J.-C. et a dû être négative (entre 5° et 14°) au vu® siècle. Ce résultat contredisait sur un point essentiel les théories de Gauss et de ses successeurs.
- On a fait remarquer, d’abord, que les nombres trouvés pour l’inclinaison négative étaient toujours faibles (on n’a atteint qu’une fois 4 4°) ; ensuite que, pour grande que fût la probabilité de vases cuits en position verticale, on n'avait jamais trouvé le vase en place dans le four du potier. Ces objections sont loin d’ètre décisives. 11 n’en est pas moins vrai qu’elles rendaient particulièrement désirable la découverte de faits nouveaux destinés à trancher, dans un sens ou dans l’autre, la question de l’inclinaison négative.
- Je crois avoir trouvé l’un de ces faits, dans l’élude d’une carrière de brique naturelle ou d’argile métamorphique, qui existe près du pont de Pontfarcin (commune de Cezens, arrondissement de Saint-Flour), et qui m’a été signalée par M. Yinav, ingénieur des I'onts et Chaussées à Saint-Flour. Dans des communications antérieures, publiées en collaboration avec M. Pierre David, j’ai appelé l’attention des géologues et des physiciens sur les propriétés magnétiques de cette brique naturelle qu’ont produite, dans les régions volcaniques, les coulées de lave quand elles sont venues s’épandre sur des couches d’argile. La direction d’aimantation dans cette argile est, en général, bien uniforme dans tout un banc; elle est la même, ce qui est capital, dans l’argile et dans la roche volcanique, basalte ou andésite, qu’a donnée la lave supérieure en se refroidissant. Et celte direction est, en général, très différente de la direction que prendrait actuellement l’aiguille aimantée au même lieu. Nous avons là, sans doute, la direction du champ magnétique terrestre à l’instant et à l’endroit de la coulée.
- Nous avions étudié ainsi deux carrières de brique naturelle, à Hoyat et près de Beaumont (P.-de-D.) où le pôle nord est en bas.
- Or, dans la brique de 1‘ontfarcin, et dans le basalte miocène qui la recouvre, le pôle nord est en haut, le pôle sud en bas, et l’inclinaison, négative, aune valeur d’environ 75°.
- Et il en est bien ainsi sur chacun des échantillons examinés dont quelques-uns sont pris à des distances de 400 mètres l’un de l’autre. Ici l’argile a été cuite sur place et n’a pas bougé depuis la cuisson. Si un cataclysme l’avait mise sens dessus dessous, le basalte serait sous la brique et non pas dessus. Si une cause locale avait produit une aussi formidable anomalie, s’étendant à une surface notable, il en resterait piobablement quelque trace; on n’en trouve pas. 11 semble donc bien que, dans cette région de l’Auvergne, à un moment de l’époque miocène, l’inclinaison a pu être négative.
- Si, après discussion, ce résultat se confirme, nous pensons que l’on ne pourra plus désormais, sans en tenir compte, tenter aucune explication de l’origine et de l’histoire du magnétisme terrestre. Bernard Brunhes,
- Directeur (le l’Observatoire du l'uy (le Dôme.
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- LA NATURE.
- LÀ MISSION ANGLAISE AU TIBET
- On sait quels obstacles s’opposaient, pour les Européens, à l’accès de Lhassa, la ville interdite, résidence du Dalaï-Lama. Sir Frank Younghusband, (jui a effectué l'an dernier ce périlleux voyage, à main armée, pour le compte de l’Angleterre, vient d’en rendre compte dans le Geografical Journal. Celte mission désormais fameuse a été assez féconde en résultats scientifiques pour permettre de rectifier sur bien des points les notions courantes relatives au Tibet, « toit du monde » et peut-être berceau de notre race.
- Tout d’abord, le Tibet n’est pas, comme on le croit généralement, une contrée pauvre et inhospitalière. Sans doute la région septentrionale, parcourue par les plus récents explorateurs, est inculte et déserte. Mais, sur un tiers au moins de sa superficie totale, le Tibet est remarquablement cultivé, avec de belles bourgades et de confortables résidences. Les déserts du Nord mis à part, le Tibet est probablement aussi riche que le Kashemir et le Népal ; les vallées notamment de Gyantse, de Cbigatse, de Lhassa, celle du Rrahmapoutre, toutes larges de 6 à 8 kilomètres, sont irriguées et travaillées. Sir Frank Younghusband considère ces constatations sur la véritable physionomie du Tibet comme le résultat le plus important de son voyage.
- Partie de Darjiling, en juin 1903, la mission a d'abord traversé, dans le Sikkim, de merveilleuses forêts tropicales. A l'ombre des puissantes essences de ces forêts, les fougères arborescentes atteignent jusqu’à 12 et 15 mètres de haut. On a pu y cataloguer plus de 600 espèces différentes d’orchidées de toute beauté et 60 de rhododendrons, ainsi que 17 variétés de papillons, fleurs vivantes de ce paradis végétal, dans un espace de 200 mètres.
- Mais, passé le col de Kougra Lama, tout change : pas un arbre, et, dans certains endroits, une plante d’un pied de haut est visitée comme une curiosité.
- A Khamba-Jong, en face du grandiose spectacle de la chaîne de l’Himalaya, la mission s’est livrée à d’intéressantes études géologiques. Un banc d'huîtres, trouvé sur un versant du mont Everest, permet de fixer l’àge des montagnes de cette partie du Tibet. Elles paraissent ne pas remonter à plus de deux ou trois millions d’années, et l'axe principal du système semble devoir être considéré comme absolument moderne, quelques centaines de milliers d’années tout au plus. Le Tibet lut certainement, à ces époques relativement récentes, immergé dans un océan qui baignait la base de la chaîne.
- C’est en plein hiver tibétain que sir Frank Younghusband, à la suite de l’armée du général Macdonald, a traversé le Jelap et a descendu la vallée de Thumbi : villages confortables, champs cultivés, populations paisibles qui, du reste, n’appartiennent point à l’élément ethnique dominant au Tibet; la vallée, sur le versant de l’Inde, n’est d’ailleurs pas considérée comme faisant partie du Tibet.
- Après avoir passé le Tangla à 15 200 pieds anglais d’altitude, la mission s’est trouvée sur le plateau tibétain, laissant derrière elle les grands pics déchirés du Tchoumalhari. Le thermomètre était à —27° ou — 28°. Cette température ne serait pas grand’ehosc au Canada ou en Sibérie; mais, à cette altitude, elle est difficilement tolérable, d’autant que la respiration y est pénible et que le moindre effort y est une cause d’épuisement, surtout pour des Européens.
- La mission dépasse, dominant une magnifique plaine, l’axe principal de l’Himalaya entre le Tibet et le Rhoutan, et s’engage, en avril 1904, dans la vallée de Gyantse, sillonnée de canaux d’irrigation bordés de peupliers, de saules et d’iris. Le froid a cessé, mais de Gyantse à Lhassa, but de la mission, ce ne sont (pie pluies battantes qui enlèvent rapidement à sir Frank Younghusband cette illusion que le Tibet est une contrée où il ne pleut pas. Les averses y sont au contraire fréquentes jusqu’en septembre, et le cours des rivières et des torrents y prouve suffisamment que, du moins en ces contrées, il reçoit une quantité considérable d’eau, — approximativement 20 à 50 pouces anglais, — au profit du Rrahmapoutre.
- Franchi le col de Karo par environ 16000 pieds d’altitude, la mission a pu étudier un lac peu connu, le Yamdok Tso, aux couleurs merveilleuses sous la clarté extraordinaire du ciel tibétain, si profond et si transparent que le ciel même de l’Italie ou de la Grèce serait pâle en comparaison. Puis elle traverse le Rrahmapoutre sur un bac suspendu en un endroit où le lleuve roule, à travers une vallée de 4 à 5 kilomètres de large, dans un lit de moins de 200 mètres, après s’être divisé en de nombreuses branches. La vallée du Rrahmapoutre est aussi riche que celle de Gyantse (céréales, arbres fruitiers, monastères et résidences seigneuriales).
- Le 2 août on aperçoit les toits dorés du Potala, ou couvent de Lhassa, monument imposant, massif, en belle maçonnerie, dominant comme une Acropole, d’une éminence rocheuse, la ville, assez banale, aux rues boueuses. C’est la résidence du Dalaï-Lama, chel sacro-saint d’une population épouvantablement ignorante et dénuée de sens pratique, et d’une religion étouffée par la règle et le formalisme. Ce serait une erreur de croire que la forme pure et élevée du bouddhisme se retrouve au Tibet. L’un des couvents de Lhassa compte 10 000 moines, un autre 7000. Ce personnel monaslique paraît dégradé, avide et peu vertueux. Quant aux temples et monastères, ils ne sont que solides et bien bâtis.
- Au retour, les capitaines Rawling, Ryder, Wood et le lieutenant Bayley furent chargés de reconnaître le pays jusqu’à Gartok (Tibet occidental), en passant par Ghigatse. Cette mission a parcouru 400 lieues, reconnu plus de 100000 kilomètres carrés de pays, remonté le Brahmapoutre de Cbigatse à sa source, reconnu le Mansorawar et les lacs avoisinants, les sources de l’Indus et du Sutley, et a acquis la certitude qu’il n’y a pas derrière l’Himalaya de mont
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- Fig. 1. — Le mont Everest, vu de Khamba-Jong. (Téléphotographie.)
- Fig. 2. — Panorama de l’IIimalaya (versant Nord). (Photographies Johnston et Hoffmann, à Calcutta.)
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- plus élevé que le fameux mont Everest. Elle a franchi un col par 18 400 pieds anglais et souffert des températures de plus de 50° au-dessous de zéro, mais en contemplant les spectacles dont nos deux gravures, communiquées par les photographes de Calcutta, ne donnent qu’une imparfaite idée. Intéressants au point de vue de l’orographie et de la géologie' de U Himalaya, les résultats des travaux relatés par sir Frank Younghusband sont, on le voit, particulièrement à retenir au point de vue de la géographie et de la climatologie du Tibet, pays qu’on peut dès à présent considérer comme scientifiquement connu et qui n’a plus guère de mystérieux que sa légende.
- Maurice Reclus.
- LA MÉTHODE DES SCIENCES NATURELLES
- LES COPROLITUES DE BERMSSART
- C’est une croyance assez répandue dans le grand public que la méthode des naturalistes est uniquement ipduc-^Liije. H est certain que bien des espèces. \t des g^ires ont été établis d’après l’élude et la descriptiSfi de seule-^ment quelques beaux exemplaires, en attribuant ,_à tout 'îi n ensemble d’être s une totalité de caractères observés sur une portion restreinte de cet ensemble. On est allé quelquefois plus loin : certains paléontologistes ont créé des espèces de céphalopodes ammonoïdes sur l’examen d’un seul échantillon; il n’v a d’ailleurs qu’une différence de degré entre ce cas et le précédent, et dans les deux, que le point de départ soit un individu ou plusieurs, le procédé reste semblable : il consiste essentiellement à affirmer du groupe tout entier ce que l’on affirme d’une partie du groupe, ou, pour parler le langage de la logique formelle, à faire une proposition générale d’une proposition particulière, ce qui est précisément la caractéristique de Y induction. Il est bien évident que la proposition générale induite, ainsi obtenue, n’est qu’une hypothèse; toutefois il est certain aussi que, le plus souvent, cette hypothèse présente une grande probabilité et peut faire office d’une vérité parfaitement établie. Ainsi, par suite du grand nombre de ces animaux que l’on voit quotidiennement, tout le monde admettra que la méthode inductive suffise à nous renseigner très exactement sur l’anatomie ou la physiologie du cheval, du chien ou de la poule et personne ne doute, qu’en disséquant un type quelconque de ces trois animaux, on ne retrouve tout ce que les précédents descripteurs ont déjà signalé, opération qui constitue une vérification expérimentale de l’induction. D’autre part, à considérer le nombre des êtres qui composent une espèce, on se rend compte que le seul moyen du la définir est d’étudier quelques individus choisis avec soin, que l’on puisse tenir comme représentatifs : on se fait l’idée nette de telle fleur, d’une primevère par exemple, en comparant quelques primevères entre elles et non pas en tentant la tâche chimérique de recueillir toutes lès primevères du globe.
- Mais si l’induction constitue pour les descripteurs le meilleur procédé d’investigation, souvent le seul utilisable, il serait excessif de la tenir pour l’unique voie d’accès à la vérité, en sciences naturelles. A côté d’elle prend sa place le procédé contraire ou déduction qui consiste, une proposition générale admise, à affirmer une
- 1 Voy. Ch. Rabot. La Géographie, septembre 1905.
- proposition particulière, impliquée dans la première, mais jusqu’alors inconnue. Et, pour mieux dire, ni déduction ni induction ne vont séparément ; ce sont procédés complémentaires qui se mêlent intimement : admettons-nous que la description de quelques chevaux puisse fixer l’idée du cheval? C’es-t là une induction, légitimée dans notre esprit par l’expérience acquise de la ressemblance de tous les chevaux : nous savons d’avance que ce qui est vrai pour tous l’est a fortiori pour quelques-uns, et c’est cette déduction qui nous donne droit à l’induction. Employée pour définir l’espèce, si la méthode inductive s’adresse à des types très différenciés comme l’homme, depuis longtemps sans attaches avec les espèces voisines, elle est excellente. Son danger est de conduire à s’exagérer la valeur de l’espèce ; celui qui en crée une oublie aisément qu’elle n’a qu’une valeur purement subjective, qu’elle n’est qu’un moyen de se reconnaître dans la foule des êtres vivants ; mais nous n’avons pas en ce moment à insister sur ce point.
- Un excellent exemple du raisonnement déductif appliqué aux sciences naturelles est la détermination de la Sarigue de Montmartre (Didelphys Cuvieri) par Cuvier. L’anatomie comparée de nombreux squelettes de mammifères avait appris au grand naturaliste que tous les marsupiaux présenteçt simultanément : 1° Des dents et un squelette caractérisés par certaines particularités; 2° des os marsupiaux. De plus, il y a connexion entre les organes; ils sont présents ensemble, absents de même. Fort de cette croyance acquise par induction, Cuvier, étudiant un animal inconnu où il reconnaissait les caractères dentaires et squelettiques de la Sarigue, affirma la présence d’os marsupiaux et vérifia sa déduction en les faisant dégager de la pierre devant quelques amis. Ainsi par voie de raisonnement déductif, l’étude des fragments d’un animal suffisait à affirmer ce que devait être son ensemble.
- Le savant professeur de botanique de la Faculté des sciences de Lille, M. C.-Eg. Bertrand, vient au cours d’un beau travail1, et par suite d’habiles déductions, de pouvoir certifier l’existence d’un animal fossile encore inconnu ; et, bien plus, il en donne les principaux caractères. Ces très remarquables résultats sont obtenus par l’étude microscopique de déjections animales, de crottins fossilisés que les géologues nomment coprolithes. Nous ne saurions résister au plaisir de résumer ici ces belles recherches, qui rendront concrets et plus clairs les aperçus abstraits exposés plus haut.
- Les coprolithes, examinés par M. C.-Eg. Bertrand, proviennent de Bernissart. Il y a là un gisement d’argiles précrétacées, wealdiennes, célèbres dans le monde entier par leur faune et notamment fameuses par de magnifiques iguanodons, gigantesques reptiles dont nous avons eu déjà l’occasion de parler2. Et c’est tout d’abord à ces animaux que le gros volume des échantillons, leur nombre, la proximité où ils se trouvaient de leurs squelettes, avaient conduit à les attribuer, par voie d’exclusion. Les iguanodons sont en effet les plus grands vertébrés du gisement, les plus répandus; et d’ailleurs, ces crottins, notamment à cause de leur taille, ne sauraient appartenir ni aux Crocodiliens, ni aux Tortues, ni aux Poissons.
- C’est en botaniste que M. C.-Eg. Bertrand s’intéressa
- 1 Les Coprolithes de Bernissart : I. Les Coprolithes attribués aux Iguanodons, dans Mémoires du Musée royal d’Histoire naturelle de Bruxelles, 1905.
- 2 Voy. n° 1670, du 27 mai 1905, p. 407, noire article sur Les Dinosauriens.
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- tout d’abord aux coprolilhes; il voulait rechercher s’ils ne contenaient pas de traces fossilisées d’organismes bactériens ou d’espèces végétales inférieures, (l’était une idée d’autant plus acceptable que les Iguanodons, auteurs présumés de ces crottins, sont uniquement herbivores. Il mit à l’étude les échantillons du Musée de Bruxelles.
- Ni à l’œil nu, ni au microscope, les fossiles ne présentaient de débris de végétaux. Au contraire, ils contenaient des fibres musculaires striées, c’est-à-dire des débris de chairs, noyés dans une pâte bactérienne. Ainsi l’on était en présence de déjections appartenant à un carnassier de forte taille et non pas à un herbivore. El, puisque le système dentaire et la constitution générale de l’iguanodon prouvent qu’il était herbivore, ce n’est pas à lui qu’on peut attribuer ces fèces. Mais comme on ne peut pas non plus les attribuer aux crocodiliens, aux tortues ni aux poissons, à cause de leur taille, et que d’ailleurs les crocodiliens connus à Bernissart sont munis de dents plus ou moins isolées, qui annoncent des déjecl ions contenant des fragments d’os, et telles que l’on en trouve dans le gisement même, c’est, il faut bien l’admettre, en dehors des animaux connus jusqu’ici à cette place qu’il faut en rechercher l’auteur. Or, pour qui sait avec quel soin minutieux on a procédé à la recherche, à la récolte et à la conservation des échantillons, il est impossible d’admettre que le squelette d’un carnassier assez grand ait pu échapper aux explorateurs. M. C.-Eg. Bertrand conclut donc que Bernissart était le terrain de chasse, le dépotoir d’un carnassier qui s’en écartait assez pour que jamais son cadavre n’ait été rencontré en ce lieu.
- M. C.-Eg. Bertrand, avons-nous dit, donne les caractères principaux de l’animal hypothétique dont il parle. Il y arrive par la considération de ses habitudes biologiques, et celles-ci sont révélées par l’examen des copro-lithes. C’est un carnassier, et son régime est régulier comme l’attestent la constance et l’abondance des débris musculaires, à l’exclusion de tous les autres. La mastication des aliments est poussée très loin, jusqu’à la séparation complète des fibres musculaires d’un mèmefaisceau ; la nourriture, qui semble composée de débris de reptiles et de poissons à peau nue, ne contient ni écailles ni os ; elle est donc épluchée avec un soin extrême, on n’y trouve ni sable ni menus débris végétaux. Tout ceci montre que l’animal ne laissait pas traîner son manger sur le sol, qu’il possédait des dents mâchantes, très rapprochées, au moins autant que celles des phoques actuels. D’après la faune connue de l’époque ce devait donc être un dino-saurien, hypothèse confirmée par l’existence d’une mobilité relative des membres antérieurs et du cou, qui est indiquée par la façon dont la chair est épluchée et mangée.
- Nous ne suivrons pas M. C.-Eg. Bertrand dans les très nombreux détails qu’il fournit à l’appui de sa thèse, non plus que dans la partie purement botanique et chimique de son mémoire. Aussi bien pour cette partie-là, y a-t-il lieu d’attendre la publication de la suite du travail qui en donnera la conclusion. Il nous suffit d’avoir illustré par un exemple le rôle fécond du raisonnement déductif en sciences naturelles. Son rapprochement avec les résultats obtenus par Cuvier au début de la science paléontologique, et grâce à la même méthode, a de piquant qu’il rend sensible le progrès réalisé depuis bientôt un siècle dans l’utilisation des matériaux et dans les moyens d’investigation de la paléontologie. Tous deux soulignent, en tout cas, l’importance du rôle réservé, dans les sciences naturelles, au raisonnement pur, à côté de l’observation.
- Jean Lafitte.
- CONSOMMATION DES MACHINES A TAPEUR
- Les machines à vapeur subissent chaque jour des progrès importants et l’on se fait difficilement une idée de la consommation réduite de vapeur que peuvent atteindre ces moteurs en fonctionnement. M. Michael Longridge, ingénieur anglais, a donné, il y a peu de temps, dans le journal Engineer, les résultats d’essais qu’il a effectués sur une machine à vapeur compound installée depuis plus d’un an dans un lissage de Belfast; nous retrouvons ces chiffres dans le Bulletin de la Société des Ingénieurs civils et dans Le génie civil.
- La machine, construite par la maison Cole, Marchent et Morley, de Bradford, est une machine compound, type pilon, à deux cylindres verticaux parallèles, sans enveloppes de vapeur, avec manivelles à 90°. Elle est alimentée par de la vapeur surchauffée à 570°. La distribution est faite par des obturateurs à piston, au nombre de 4 par cylindre. Les soupapes d’admission des cylindres à haute pression sont commandées par un excentrique et par déclic, et réglées par un régulateur à force centrifuge ; les soupapes d'admission du cylindre à basse pression sont actionnées par un second déclic, et réglées à la main; les soupapes d’échappement sont manœuvrées directement par un excentrique. La condensation se fait par injection ; une pompe à air verticale est mue, par l’intermédiaire d’un balancier, par la tète de la tige du piston à basse pression. Les deux cylindres ont un diamètre respectivement de 0,550 m. pour celui à haute pression, et de 0,915 pour celui à basse pression ; la course des pistons est de 0,910 m. A la pression de 8 kg par centimètre carré et à la vitesse angulaire de 100 tours par minute, la puissance nominale de la machine est de 500 chevaux.
- Six essais successifs ont été effectués sur cette machine, le premier et le deuxième à charge maxima, le troisième et le cinquième aux trois quarts de cette charge, le quatrième à la charge la plus faible correspondant à la puissance nécessaire pour actionner la transmission seule du tissage, et le sixième à environ la moitié de la charge maxima. La vapeur était produite à la pression de 8,5 kg par centimètre carré par une chaudière type Lancashire d’une surface de chauffe de 96 mètres carrés, et d’une surface de grille de 1,06 mètre carré; à la suite de la chaudière était un surchauffeur, système Schmidt avec chauffage indépendant. Pour les essais, on a remplacé le condenseur à injection par un condenseur à surface de 112 mètres carrés. Les principaux résultats trouvés dans ces essais sont résumés dans le tableau suivant :
- Numéros des essais 1 2 3 4 5 6
- Durée en heures. . . 1,81 1,85 1,96 0,53 1,41 0,90
- Pression à la chaudière en kg par cm2 8,31 8,31 8,31 8,13 8,30 8,15
- Température de la vapeur surchauffée 593” 592” 598” 385" 399” 587”
- Degrés de surchauffe. 140” 134” 125" 112” 129” 116"
- Vide au condenseur (en cm de mercure). 66,7 66,7 68,3 67 69,3 69,3
- Vitesse angulaire en tours par minute . 100,6 100,7 100,6 100,7 100,7 100,7
- Puissance en chevaux Puissance au cylindre à haute pression. . 256,2 255,6 201,8 85,8 191,6 119,3
- Puissance au cylindre à basse pression. . 225,1 205,5 145,7 61,6 138,9 107,8
- Puissance totale. . . 481,5 461,1 347,5 147,4 533,5 257,1
- Vapeur en kg par cheval-heure indiqué . 4,081 4,200 4,027 3,900 3,953 5,960
- Piapport de la charge à la charge normale 0,962 0,922 0,695 0,295 0,667 0,512
- M. Mallet, dans le Bulletin des Ingénieurs civils, fait remarquer que le tableau ci-dessus donne la température de surchauffe à la sortie du surchauffeur, mais qu’il ren-
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- ferme également les degrés de surchauffe à l’enirée du cylindre à haute pression. Ce dernier chiffre est inférieur au degré de surchauffe à la sortie du surchaufïeur de la quantité de chaleur perdue dans les conduites.
- On voit que dans les trois dernières expériences la consommation de vapeur par cheval-heure indiqué a été inférieure à 4 kg; c’est la plus basse consommation trouvée jusqu’à ce jour, elle correspond à une combustion de 450 grammes de charbon par cheval-heure.
- M. Mallet fait observer que cette consommation est une réduction de 14 pour 100 sur le chiffre obtenu en 1808 et qui était de 5,12 kg par cheval-heure indiqué, et une réduction de 55 pour 100 sur les chiffres obtenus en 1847 avec les machines à vapeur les plus économiques. Les progrès les plus importants interviennent encore dans les machines à vapeur. J. Laffargue.
- UNE TARIÈRE A FAIRE LES MORTAISES
- On a déjà inventé un certain nombre de dispositifs mécaniques à faire les mortaises. Nous voulons signaler un instrument simple, qui présente cette bizarrerie d’être bel et bien une tarière, et cependant de forer des trous carrés.
- On sait que les tarières ordinaires, animées qu’elles sont d’un mouvement circulaire, ne peuvent en conséquence percer que des trous ronJs ; mais l’outil qui a été imaginé par la fabrique américaine Square anger Manufacturing Co, arrive à creuser rapidement un trou carré, grâce à un petit artifice fort bien conçu. L’instrument se présente sous l’aspect que donne la figure ci-jointe, et il comporte bien effectivement une tarière circulaire, une sorte de mèche à bois à pointe centrale et à deux lames obliques, dont on aperçoit la disposition sans que nous ayons à insister; d’ailleurs, cette tarière peut se détacher de la tige de commande, à l’extrémité de laquelle elle est fixée par une vis. Le bout de la douille où tourne cette tige affecte une disposition carrée, et, dans deux faces opposées de cette monture, sont ménagés des évidements où l’on a disposé deux roues à dents coupantes dont l’axe est normal à celui de la tarière; par conséquent ces deux roues tournent dans deux plans parallèles, et, dans leur mouvement de rotation, elles entament le bois de manière à donner deux faces planes parallèles, déterminant un trou carré au centre duquel vient s’inscrire le cercle tracé par la tarière. La commande de ces roues est assurée par une roue à dents sur laquelle elles engrènent de façon convenable, et qui est elle-même actionnée
- par la tige de la tarière ; les roues coupantes tournent un peu plus lentement que cette dernière.
- Malgré cette double combinaison, il resterait dans le creusement de la mortaise, entre les deux roues et, de part et d’autre de la tarière, un peu de bois que n’auraient enlevé ni les roues ni la mèche dans son mouvement circulaire. Aussi la monture carrée dans laquelle sont logées les roues, porte-t-elle, sur les deux faces perpendiculaires à celles qui sont dressées par les roues, un couteau fixe qui coupe ce bois au fur et à mesure que l’outil s’enfonce.
- Tout est bien disposé dans cet outil, et nous tenons particulièrement (pour signaler une application fort utile des frottements à billes) à montrer que la poussée de la tige de tarière sur l’extrémité et à l’intérieur de sa monture, est reçue par un dispositif à billes qui diminue considérablement la résistance. Notons d’autre part, sur la tige, une bande métallique qu'on voit s’enrouler sur cette tige, par l’ouverture ménagée dans la monture :
- ouverture et hélice ont leur rôle à jouer. Le bois coupé par les couteaux et la tarière est saisi, en effet, par l'hélice, au fur et à mesure que l’outil s’enfonce, et c’est comme une vis d’Archimède faisant office de transporteur, et amenant les copeaux de bois jusqu’à l’ouverture par la<]uelle ils sont évacués.
- Naturellement, quand l’instrument fonctionne, il faut bien fixer la monture, pour qu’elle ne puisse subir de déplacement dans aucun sens, et pour que le trou se fasse carrément. L’ensemble est solidement construit, bien trempé, et assure un travail rapide et bien fait. 1). L.
- LES
- ROULEMENTS A RILLES AU XATIl" SIÈCLE
- On se figure généralement, on pourrait presque dire universellement, que les roulements à billes sont une invention tout à fait moderne. Ce qui est assuré, c’est que leur emploi a pris depuis quelques années un développement extraordinaire, qui s’explique bien par la précieuse diminution de frottement qu’assure ce dispositif ; l’interposition bien réalisée de billes entre les surfaces frottantes, produit le même effet qu’un graissage parfait où des gouttes d’huile demeureraient constamment entre ces surfaces. Mais l'invention du procédé remonte assez loin, et M. le chef d’escadron d’artillerie Fer-
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- rus vient de publier à ce propos une étude fort intéressante dans la Revue (Vartillerie. Quand on parle de roulements à billes, on songe presque immédiatement à M. Suriray, qui, en 1809, appliqua le premier ce système au vélocipède ; il fallut du reste attendre bien des années avant que cette application se généralisât, et son triomphe date seulement de la bicyclette. Mais M. Suriray avait été inspiré par la vue d’un volant qui, à son usine de Melun, était monté sur des billes dans son coussinet; et, de 1852 à 1856, en particulier, de nombreux brevets avaient été pris, au moins en France, pour les roulements sur galets ou billes. Sans compter que, bien antérieurement, on avait recours à des boulets, c’est-à-dire à d’énormes billes, pour remplacer les rouleaux de bois classiques et assurer le déplacement de lourdes charges. Toutefois, l'application absolument spéciale
- qu’on trouve normalement dans les appareils de ce genre, est porté sur la circonférence de quatre roues
- tig. 2. — Uoulumoiit à billes de Coulomb.
- des billes ou des rouleaux aux véhicules remonte bel et bien au xvmc siècle. Kt les [trouves que donne à eet égard le commandant Ferrus sont tout à fait probantes ; naturellement les roulements imaginés à celle époque sont souvent différemment combinés de ceux que nous voyons vulgarisés autour de nous, mais le but et le principe sont bien identiques.
- C est ainsi que, dans les Archives de la Section technique de l’artillerie, on trouve la description d une chaise roulante, munie d’essieux mobiles tournant sur des galets de fonte, et il est bien spécifié (pie, « grâce à cet essieu, on évite le frottement ordinaire que font les essieux ordinaires dans le moyeu des roues ». À peu près vers la même époque sans doute, on voit un sieur Fahy imaginer un système analogue pour affût de canon; d’ailleurs, dans ces inventions, on trouvait l’essieu mobile en même temps que des galets de frottement ; en outre, il subsistait un certain frottement de glissement sur les axes des galets, alors que les billes ou rouleaux modernes n’ont point d’axe matériel.
- Un peu plus tard, nous voyons M. de Moudrait, mestre de camp réformé, combiner un treuil où l’on applique le principe des rouleaux, en ce sens que 1 axe du treuil et de la roue dentée de commande
- Fig. 1. — Treuil à Frottements à rouleaux du xvui* siècle.
- placées deux par deux sur une même ligne, au-dessous et de part et d’autre de l’axe du treuil ; de plus l’essieu de chacune de ces roues repose à son tour et de la même manière sur la circonférence de quatre petites roues, qui jouent, comme les grandes, à peu [très le même rôle que les rouleaux de frottement actuels. Et M. de Mondran poursuit cette idée pour une voiture, mais en faisant porter l’axe de la roue sur deux rouleaux seulement, placés de part et d’autre de la roue. En continuant celte revue historique curieuse, avec M. F érrus pour guide, nous voyons l’illustre Coulomb imaginant, au moins sous forme de projets dont on a les dessins, des essieux fixes munis de galets, qui commencent à ressembler beaucoup plus aux roulements que nous voyons autour de nous, l'un d’entre eux notamment pouvant par-
- Fig. 3. — Chariot de M. de Mondran à roulements à rouleaux.
- faitement représenter un roulement à billes modernes. Si nous voulions faire une incursion en pays étrangers, nous verrions, en Angleterre, MM. Carnet et William Milton créer un type de poulie où le frotte-
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- ment de glissement sur l’axe est remplacé par un frottement de roulement, et cela vers 1787.
- L’idée était dans l’air au moment delà Révolution, par suite de ces inventions successives, et, en 1794, le Comité de Salut public chargea Monge et Guylon de Morveau d’étudier l’adoption des roues à frottements a rouleaux, pour les roues des équipages militaires et les transports des armées. Les deux savants, pour ne donner qu’une opinion appuyée sur des faits, avaient exécuté un essai comparatif avec un chariot monté alternativement sur des roues ordinaires et des roues à rouleaux; et ils avaient constaté que, dans le second cas, il fallait à peu près « trois lois moins de lorce pour transporter une même charge ». lis considéraient du reste (pie le système à rouleaux n’était praticable (pie sur terrain uni, car autrement il pourrait se déranger. Et des chariots furent effectivement construits suivant les indications données par Monge et Guyton, « chariots montés sur essieux à frottements de la seconde espèce », comme disait la délibération de la Commission des Armes et Rou-dres de la République; les noms nous ont été conservés des charrons, forgerons, serruriers qui construisirent ces véhicules nouveaux. Pour certains, boites et rouleaux étaient en 1er, pour d’autres, la boite était de cuivre, les rouleaux seuls étant faits de fer. A la vérité, l’examen du Comité chargé d’éprouver le fonctionnement des chariots ne fut pas très favorable à l’innovation : on craignait que les rouleaux ne perdissent rapidement leur régularité cylindrique, que la poussière ne s’insinuât dans les boites ; on prédisait aussi la rupture facile des rouleaux, supportant un à un le poids du véhicule, et enfin, comme conséquence des réparations fréquentes et dispendieuses.
- Finalement les chariots furent démolis. Et le fait est ([u à l’époque où ces tentatives étaient exécutées, la lahricalion des rouleaux laissait forcément assez à désirer pour inspirer des inquiétudes légitimes. Quoi qu’il en soit, le système s’est étrangement perfectionné depuis lors, et l’on n’a plus guère de reproches à faire aux frottements à billes on à rouleaux. Mais il était intéressant de constater qu’on devait taire remonter à plus d’un siècle l’idée primordiale (pii donne aujourd’hui de si lions résultats. J). R. -----------------------<-----
- CHRONIQUE
- Le crabe des cocotiers (Itiruus laleo). —M. Seu-rat, voyageur naturaliste, a récemment capturé, dans diverses îles du Pacifique, trois beaux individus appartenant à l’espèce dite crabe des cocotiers, ou roi des crabes, et que les indigènes de Tuamotu et de Mangareva appellent kaveu ou koveu. Le birgue est un décapode macroure, c’est-à-dire pourvu d’un abdomen allongé et d’une nageoire caudale. 11 appartient à la famille des Paguridés, dont le type le plus connu en France est le Bernard-l’Ermite, qui vit généralement à l’intérieur d’une coquille de buccin et que l’on rencontre sur les plages. Le birgue se trouve dans 1rs îles de la mer des Indes, à la Martinique, à Tahiti, etc. Il est remarquable par sa carapace élargie,
- son abdomen pourvu de téguments solides, et la puissance redoutable de ses pinces. 11 vit dans des trous à terre, doit il sort la nuit pour grimper sur les cocotiers et en dévorer les bourgeons. Lorsqu’on l’a, non sans peine, extrait de son refuge, le seul moyen de le tuer est de l’exposer au soleil dans des caisses de fer-blanc, car le chloroforme ne fait que les incommoder et ne suffit pas a leur donner la mort. M. Seurat signale que dans l’ile Amanu, il arrive encore souvent que les kaveu soient adorés par les vieilles gens, qui les mettent au rang des dieux et les prient sur l’autel pour obtenir une bonne pèche.
- Sur lu «léeoniposition «lu fulini-cotoii. — Il
- est établi depuis longtemps que la nitro-cellulose ou fulmi-coton est une des substances les plus explosives et les propriétés de cette matière ont fait déjà l’objet de nombreux travaux. La nitro-cellulose possède une température d’inflammation déterminée variant, selon le degré de nitration, de 180° à ‘200° ; mais on a constaté que ce corps commence à se décomposer à des températures bien inférieures, vers 50° ou 00°. Au point de vue de la question de la stabilité de cet explosif, il était intéressant d’étudier en détail cette décomposition ; c’est ce qu’ont fait assez récemment deux savants russes : MM. Sapojnikof et Horissof. Ils ont jusqu’ici déterminé la nature et la quantité des produits gazeux provenant de la décomposition de la nitrocellulose à des températures ne dépassant pas 150°. Le dispositif suivant était adopté dans ces expériences; une petite quantité de fulmi-coton (2 déci-grammes environ) était mélangée de sable quartzeux et le tout était introduit dans un appareil en verre muni d’un tube de dégagement et qui était chauffé à température donnée au moyen d’un thermostat électrique; les gaz recueillis sur l’huile de naphte dans un gazomètre en verre étaient mesurés et analysés à la fin de l’opération. Dans tous les cas, les produits de la décomposition consistaient en un mélange de bioxyde d’azote, d’acide carbonique, d’oxyde de carbone, d’azote et de vapeur d’eau ; mais les proportions de ces gaz varient selon le degré de nitration de la cellulose; selon les températures auxquelles on opère ou selon qu’on chauffe la substance seule ou après mélange avec du sable. Dans le cas où la substance est seule, la réaction se fait plus rapidement.
- • Transmission «le force motrice à 60 000 vol(s et distribution à Mexico. — Une intéressante installation a été faite récemment à 00 000 volts à Mexico. La force motrice a été empruntée, ainsi que nous l’indique Y Eclairage électrique, à une chute d’eau de 8000 chevaux, à une distance de 160 kilomètres. Le bâtiment des machines renferme 4 turbines de la General Electric C° de 1250 kilowatts accouplées à des alternateurs à courants triphasés donnant 2500 volts à 00 périodes par seconde et à 000 tours par minute. Le courant est envoyé aux transformateurs qui élèvent la tension à 00 000 volts. Chaque transformateur a une puissance de 1080 kilowatts; à cette charge, il a un rendement de 98,5 pour 100. Les transformateurs sont placés dans de grands récipients à huile refroidie par des serpentins. Les conducteurs sont formés par un toron de fils de cuivre de 10 millimètres de diamètre; ils reposent sur des isolateurs Locke en quatre pièces de 50 centimètres de hauteur et d’un diamètre de 55 centimètres. Les isolateurs sont portés par des mâts en fer profilé de 12 mètres de hauteur et situés à 155 mètres les uns des autres; les trois conducteurs sont séparés de 1,95 mètre. Les sous-stations renferment des transformateurs monophasés à
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- LA NATURE.
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- isolement par huile et refroidissement par eau; ils abaissent la tension à 1500 volts. L’énergie électrique est distribuée à 400 volts dans différentes installations minières. La ville de Mexico possède un réseau à courants diphasés à deux fois 110 volts.
- Pièces tic fonte monstres. — On s’occupe activement en Angleterre de la construction des deux gigantesques paquebots qu’armera la Compagnie Cunard ; et l’on vient de couler en acier, à Darlington, les cadres d’elambot et les pièces de gouvernail de ces géants. Le gouvernail proprement dit pèse 70 tonnes, le montant principal d’étambot 47 tonnes ; et l’on arrive au total élevé de 220 tonnes avec toutes les pièces nécessaires pour supporter l’extrémité des arbres de couche et prenant appui sur l’élambot.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 novembre 1905. — Présidence de M. Tkoost.
- Contribution à la théorie de la cristallisation. — M. de Lapparent présente une Note de M. Wallerant décrivant les particularités qui caractérisent la formation des cristaux malléables tels que ceux d’azotate d’ammonium. En rapprochant ces particularités de l’étude des liquides cristallisés poursuivie par MM. Lehmann et Schenk, l’auteur tire de très intéressantes conséquences sur ce qu’on peut appeler les («tapes successives du phénomène de la cristallisation, à savoir : la formation de particules complexes, puis l’orientation uniforme de celles-ci, enfin leur disposition en réseaux.
- Liquéfaction industrielle de Pair. — M. d’Arsonval expose les considérations théoriques développées par M. Georges Claude sur lesquelles l’auteur a fondé un procédé de liquéfaction de l’air par détente avec travail extérieur. L’auteur rappelle qu’il a déjà annoncé le 50 juin 1902 le succès de ses travaux sur l’utilisation de ce mode de détente qui, tout en améliorant le rendement réalisé jusque-là, permet de substituer aux énormes pressions employées pour réaliser la liquéfaction de l’air des pressions de 25 à 40 atmosphères. Grâce aux perfectionnements introduits, l’auteur réalise le triple avantage d’éloigner la détente avec travail extérieur du zéro absolu qui la paralyse, de réduire presque à rien la contraction de l’air sous pression au voisinage de son point de liquéfaction, d’assurer une meilleure lubrification à l’intérieur de la machine. Le rendement en air liquide ramené à la pression atmosphérique est double de celui obtenu dans la liquéfaction par simple détente. L’usine de M. G. Claude, installée à lloulogne-sur-Seine, peut, à l’aide de deux appareils en fonctionnement, produire chacun 800 à 1000 mètres cubes d’oxygène pur par jour.
- L’audition chez certains sourds-muets. — M. Pelage résume une Note de M. Murage relative à l’audition chez certains sourds-muets. Contrairement à un préjugé, il existe très peu de sourds-muets absolument sourds, c’est-à-dire n’entendant aucun son. Au moyen d’un instrument reproduisant les vibrations fondamentales des voyelles, M. le l)r Marage de Paris montre que certains sourds-muets sont très sensibles aux sons graves alors qu’ils n'entendent point les mêmes voyelles émises sur une note aiguë; c’est précisément le contraire de ce qui se passe pour une oreille normale. Par des expériences faites au laboratoire de M. Pelage, l’auteur montre que certains animaux infér ieurs absolument dépourvus d’organe auditif sont également très sensibles aux sons graves. On se
- trouve là en présence d’un phénomène de tact et non d’un phénomène d’audition. A l’appui de cette manière de voir, M. Marage observe que les sourds-muets sensibles seulement aux sons graves ne peuvent jamais se développer au point de vue auditif, alors que d’autres sourds-muets, au moyen d’exercices avec la sirène, arrivent à très bien entendre la voix humaine.
- Altérations physiologiques dues à l'altitude. — M. Janssen dépose une Noie de MM. Guimard et Mooge relative à des expériences sur les modifications des phénomènes de la nutrition générale sous l’influence de l’altitude. M. Armand Gautier observe que ces expériences ont permis de vérifier ses considérations théoriques sur le rôle des phénomènes d’oxydation. La tension de l’oxygène au sommet du Mont-Blanc étant moitié de la tension normale, les oxydations devaient être retardées et, par suite les matières alcaloïdes toxiques devaient apparaître dans les urines. Il en est ainsi effectivement ; l’urée ne se rencontre plus, mais on trouve des ptomaïnes. Après une sorte de crise de quelques jours, l’azote reparaît et les urines emportent le surplus des matières toxiques, comme dans la crise qui survient à la fin des maladies infectieuses. Les expériences de MM. Guimard et Mooge permettent, en outre, d’élucider la question de l’origine de l’acide urique dans les urines. Est-ce un produit d’oxydation ou d’hydratation? L’acide urique étant resté en quantité normale pendant l’expérience, il résulte que c’est un produit d’hydratation.
- Captage des sources thermales. — M. De Launay décrit des expériences qu’il vient de fa;re sur un captage de source thermale exécuté à Castona en Guipuzcoa Ge captage difficile a été réalisé par l'emploi des pressions hydrostatiques réciproques en refoulant l’eau thermale dans son griffon par l’application d’une nappe d’eau froide. En teintant l’eau froide par la fluorescéine, on a pu constater qu’il ne se produisait aucune espèce de mélange entre celle-ci et l’eau thermale malgré leur contact immédiat. Gette méthode de captage est d’une très grande sensibilité, et peut rendre souvent des services.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
- LA
- NOUVELLE BALAYEUSE-ARROSEUSE
- AUTOMOBILE
- La propreté des rues intéresse les automobilistes "plus qu’on ne pourrait le croire. Nous avions déjà l’arroseuse automobile qui circule sur les larges avenues avoisinant la place de l’Etoile et que nous avons décrite à son heure. M. Muller de Cardevar a pensé que cette machine est incomplète et que l’automobilisme doit être capable de faire la bouc et de la ramasser.
- La balayeuse-arroseuse comprend donc, en plus du tonneau indispensable, une brosse placée diago-nalement sous le châssis, et parallèlement devant cette brosse suit une rampe d’arrosage. Ce groupement d’organes permet la simplification des transmissions en même temps qu’il supprime l’effet du porte-à-faux qui se fait sentir lorsque les appareils sont disposés à l’arrière ou à l’avant.
- La partie automobile est semblable à celle de la plupart des véhicules industriels : châssis en tôle,
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- LA NA T II! K.
- moteur à deux cylindres d’une puissance de 12 chevaux placé à l’avant, transmission par chaînes, etc. Le mouvement est communiqué à la brosse par une chaîne actionnée directement par le changement de vitesse ; la brosse tourne ainsi à une vitesse proportionnée à celle des roues motrices. La largeur de la zone balayée est de l'“,70. La rampe d’arrosage, à débit variable, projette l’eau sur le sol devant la brosse ; grâce à ce dispositif la poussière produite n’a pas le temps de s'élever dans l’atmosphère. Le réservoir, dont la capacité est de 2000 litres, peut également se déverser à l’arrière, comme dans les systèmes hippomobiles par 2 boîtes Plinchamp ordinaires. Le conducteur a à sa disposition, en plus des organes ordinaires de commande, un levier destiné
- à lever et à abaisser la brosse, un levier d’arrosage à la rampe et deux autres petits leviers placés sur le garde-crotte à l’aide desquels on actionne chacune des boites d’arrosage de l’arrière. La brosse peut également être manœnvréc par quelqu’un placé à côté de la voiture à l’aide d’un levier spécial; ce levier est pourvu d’un contrepoids qui augmente la pression du balai sur le sol.
- Le véhicule approprie une chaussée à la vitesse de 9 kilomètres à l’heure ; si l’on veut seulement se rendre d’un point à un autre on peut marcher en deuxième ou en troisième vitesse, lesquelles correspondent à 18 et 25 kilomètres à l’heure.
- Enfin il a été prévu un dispositif de raclettes de caoutchouc qui seraient assujetties derrière la
- Nouvelle balayeuse-arroseuse automobile. (Système F.-G. Muller de Cardevar.)
- brosse et recevraient, comme cette dernière, une commande spéciale.
- La balayeuse-arroseuse automobile de M. Muller de Cardevar a été mise à l'essai à deux reprises différentes sur les chaussées parisiennes et s’est comportée chaque fois d’une manière très satisfaisante. Son rendement équivaut à celui de deux machines ordinaires et la légère critique qui en a été laite prouve qu’elle est capable de rendre de réels services en modifiant, toutefois, la manière de procéder actuellement suivie. En cas d’adoption, la ville de Paris devrait procéder au nettoyage par groupe de rues, par îlot, au lieu de suivre la méthode ordinaire qui consiste à balayer une rue par aller et retour successifs, la carrosserie automobile ne se prêtant pas suffisammenl aux virages. 11 serait éga-
- lement désirable que l’on remplaçât les bandages en fer par des caoutchoucs pleins pour éviter le bruit sur les pavés. D’autre part, la commande de la brosse est trop en saillie hors du châssis et pourrait causer des accidents. Enfin, il importerait de remplacer le moteur de 12 chevaux par un autre plus puissant. L’idée de grouper les différents organes nécessaires au nettoyage des chaussées sur un même véhicule est très ingénieuse, et une machine du genre de celle que nous venons de décrire, bien construite, permettrait d’effectuer le service beaucoup plus rapidement que par les moyens ordinaires. Luciex Fournier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Taris. — Imprimerie Lairre, rue de Fleurus , 9.
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- N° 1 GUO.
- 25 NOVEMBRE 1905.
- LA NATIHE.
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- LE NOUVEAU STEAMER « DIEPPE » POUR LA TRAVERSEE DE LA MANCHE
- La Nature a toujours tenu à signaler les nouveaux steamers qui étaient successivement mis en service pour la traversée de la-'Manche entre la France et l’Angleterre; car,sur ces steamers, se trouvaient appliqués les progrès les plus intéressants de la construction maritime, pour les coques comme pour les machines. On tient, en effet, à donner aux vapeurs qui relient les lignes ferrées des deux pays une vitesse de marche aussi accélérée que possible ; et c’est pour cela que nous avons vu finalement abandonner les aubes pour l’hélice, en dépit du peu de profondeur que l’on rencontre dans les ports que fréquentent ce que les Anglais appellent les « Channcl-Boats », pour bien montrer qu’ils ont à répondre à
- des considérations spéciales dans celte navigation spéciale elle-même.
- Le steamer Dieppe, dont nous voulons parler aujourd’hui, appartient naturellement à la ligne Dieppe-Newhaven, et il est, comme les autres, la propriété commune de la Compagnie de l’Ouest et de la Compagnie anglaise London, Brighton and South Coast Bailway ; mais il présente une très grande amélioration, doté qu’il est de cet admirable mécanisme si bien approprié à la navigation maritime qu’on nomme la turbine à vapeur. 11 sort des ateliers bien connus Fairtield Shipbuilding and Engineering C°, de Govan, et sa mise en service, à la suite d'essais consciencieux et complets, fait tomber tous les préjugés qui
- Le nouveau steamer « Dieppe
- existaient encore, surtout dans les milieux maritimes, peut-on dire, sur les facilités que donne la turbine pour l’arrêt et la marche arrière. Sur des bateaux faisant des voyages très courts, nécessitant des manœuvres fréquentes, pour le départ ou pour l’arrivée dans des ports difficiles, ces facilités sont indispensables, et c’est pour cela qu’on a soumis le Dieppe à des essais qui sont absolument concluants, à ce point de vue particulier comme au point de vue général. Dans le contrat de construction, il avait été stipulé que, marchant à 12 nœuds, le bateau ne devrait pas prendre une longueur de plus de 100 mètres pour s’arrêter, longueur comptée depuis le moment où l’ordre de marche arrière aurait été donné. Bien entendu, pour arriver à ce résultat, il a fallu soigner particulièrement le moteur servant à renverser le tiroir qui coupe l’arrivée de la vapeur vers les turbines de marche avant, et dirige le fluide vers les appareils de marche arrière. À une allure de
- 33' année, — 2e semestre.
- 580 tours par minute, il ne s’est écoulé que 6 secondes et demie entre l’ordre de renversement et le renversement effectif des machines, et le bateau commençait à reculer à pleine vitesse 41 secondes après que le signal avait été transmis, et après avoir franchi une distance de 01 mètres seulement. On comprend que rien ne laisse à désirer dans ces conditions, surtout si l’on songe que la vitesse de marche avant approche bien près de 22 nœuds.
- Le Dieppe est un bateau qui ne dépasse pas, comme dimensions, ceux qui ont déjà été mis en service sur cette ligne de Dieppe-Newhaven ; mais il comporte une machinerie qui peut développer une puissance de 0500 chevaux à 010 révolutions par minute ; suivant la disposition classique, il y a trois turbines, la turbine haute pression actionnant l’arbre de couche central, tandis que les turbines latérales et basse pression commandent chacune un arbre latéral ; chaque arbre ne porte d’ailleurs qu’une seule
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- LA NATURE.
- hélice; les arbres latéraux sont considérablement allégés du fait qu’ils sont creux, et il n’a pas été nécessaire de les faire supporter par deux consoles dans leur porte-à-faux extérieur. Les leviers de manœuvre de la machinerie de renversement de marche sont établis sur une plate-forme, au niveau du pont supérieur, et le fonctionnement en est sur et facile à surveiller. La machinerie comprend deux condenseurs disposés sur chaque bord ; chacun d'eux est relié à la turbine à basse pression correspondante par des tuyaux d’évacuation extrêmement larges; une pompe à air indépendante complète ces condenseurs ; la circulation de l’eau dans ceux-ci est assurée par deux pompes centrifuges, également indépendantes; on a prévu aussi un réchauffeur d’eau d’alimentation. La vapeur est fournie par quatre chaudières à simple face de 4m,54 de diamètre sur 5m,44 de long, fonctionnant à tirage forcé suivant le système llovvden. La pression de régime de ces chaudières est en moyenne de 10 kilogrammes et demi, pression qui est seulement de 10,40 à la valve principale, de 9,50 environ à la turbine haute pression, et tombe à 1,20 dans les autres turbines.
- Le Dieppe est long de 85m,51 pour une largeur de 10m,56 au fort et un creux de 4m,42; on voit que c’est assez peu. Son tirant d’eau moyen ressort à 2m,90 pour un déplacement de 1360 tonneaux. Nous n’avons pas besoin de dire que, comme toujours, les aménagements intérieurs pour les passagers sont des plus confortables et même luxueux : salon de première classe sur le pont-promenade, boudoir pour les dames, cabines de luxe ; sur le pont principal et vers l’avant, salle à manger, pouvant fournir des couchettes sur ses canapés; vers l’arrière, au delà des espaces occupés par la chaufferie et les turbines, sont les logements des officiers, etc. Enfin, sur le pont inférieur, nous trouvons des salons de repos pour les dames et pour les messieurs, d’une part pour la première classe, de l’autre pour la seconde : tout cela ventilé au mieux pour rendre le passage aussi peu pénible que possible. L’emploi des turbines supprime les vibrations, si désagréables surtout dans la partie arrière de la coque, et de larges quilles à roulis diminuent dans une très grande mesure les oscillations que peut causer la mer. Ce nouveau steamer constitue certainement un grand progrès sur tous ceux qui l’ont précédé.
- Daniel Bei.let.
- LA STATION CENTRALE ÉLECTRIQUE
- UE LA SOCIÉTÉ 1)’ÉLECTRICITÉ UE PARIS A SAINT-DENIS (SEINE)
- La Société d’Électrieité de Paris fait installer actuellement quai de Seine, à Saint-Denis, une immense station centrale électrique destinée à produire des courants triphasés à 10 000 volts et à la fréquence de 25 périodes par seconde.
- Cette usine est constituée par trois bâtiments, dont
- l’un d’une longueur de 100 mètres, et d’une largeur de 20 mètres, est la salle des machines proprement dite.
- A droite est un deuxième bâtiment qui renferme les chaudières et tous les accessoires concernant le chauffage. Sur le coté gauche est un autre bâtiment que nous appellerons le bâtiment de la distribution et qui a son importance.
- Sur le bord de la Seine, on construit une estacade où sera amené le combustible, qui est aussitôt pris et transporté par un système spécial de convoyeurs jusqu’aux soutes à charbon pouvant contenir 12 000 tonnes. Des soutes le charbon est repris par un autre convoyeur, et amené dans les réservoirs au-dessus des chaudières, d’où il tombe par des goulottes sur les grilles automatiques des chaudières. Sans insister sur tout le mécanisme employé, nous ajouterons que des bascules permettent de peser le charbon à l’entrée, et que le mâchefer est également pesé à la sortie des chaudières.
- La salle des chaudières est une grande salle, dans laquelle sont réparties, à droite et à gauche d’une grande allée centrale, 20 chaudières Babcock et àVilcox, d’une surface de chauffe chacune de 420 mètres carrés, munies de surchauffeurs et d’économiseurs Green, pouvant fournir chacune 8500 kilogrammes de vapeur à 350°, à la pression de 10 kilogrammes par centimètre carré. Cette salle de chaudières nous a paru fort bien comprise ; l’espace nécessaire aux chauffeurs est grandement réservé.
- A côté de la salle des chaudières se trouve la salle des pompes d’alimentation, qui ont pour but de pomper dans des réservoirs l’eau destinée à l’alimentation des chaudières. L’eau sortant des condenseurs des turbines est utilisée directement, sans nettoyage, pour l’alimentation, car elle ne contient pas d’huile. Cette utilisation directe de l’eau sortant des condenseurs pour l’alimentation des chaudières est une caractéristique principale de l’installation. 11 y a actuellement 2 pompes Glaenzer et Perraud, qui peuvent fournir G0 mètres cubes d’eau par heure, et 2 pompes Laval, qui donnent un débit de 80 mètres cubes par heure. Les pompes Glaenzer et Perraud sont actionnées à l’aide d’engrenage par des moteurs électriques à coufants continus de la Société Alsacienne à 220 volts, et les pompes Laval sont accouplées directement à des moteurs électriques système Bréguet. L’énergie électrique qui alimente ces moteurs, ainsi que tous les appareils d’éclairage ou autres, est empruntée à une sous-station particulière destinée au service de l’usine.
- Dans la salle des pompes alimentaires est aménagé un tableau de distribution avec les appareils desservant chaque moteur pour effectuer les manœuvres. Nous trouvons également des épurateurs Babcock et Wilcox qui épurent l’eau puisée en Seine pour réparer les pertes.
- La salle des machines proprement dite est remarquable par ses dimensions. A l’extrémité de la salle la plus proche du quai de Seine, à la hauteur d’un premier étage, sont installés actuellement, dans le sens longitudinal, et parallèlement à une distance l’un de l’autre de 8 mètres, 2 groupes turbo-alternateurs Brown, Boveri et G1"; un troisième est en montage un peu plus loin, et un quatrième suivra de près. Ces groupes, dont nous avons eu déjà l’occasion de parler1, sont remarquables tant au point de vue mécanique qu’au point de vue électrique. La longueur totale d’un groupe est de 14,200 mètres et la largeur maxima est de 4,50 mètres. Chaque groupe est formé par une turbine à vapeur qui commande directement un alternateur à courants triphasés, à induit fixe
- 1 Yoy. n° 1045, du 1er juillet 1905, p. 05.
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- et a inducteurs mobiles. La puissance mécanique de chaque turbine est 10 000 chevaux indiqués; mais la puissance électrique est 5000 kilowatts effectifs, aux bornes de 1 alternateur, à 10 000 volts et à la vitesse angulaire de 750 tours par minute. L’excitation est fournie par la distribution à courants continus servant au service de 1 usine. On est réellement frappé du faible volume qu’occupe un groupe de ce genre, pour une puissance aussi élevée. Ajoutons que sur cette machine sont disposés tous les appareils nécessaires au mécanicien et à 1 électricien. Nous avons vu les manomètres, les tachy-mètres et un walImètre Siemens à grand cadran, donnant à chaque instant la puissance électrique utile. Dans ce wattmètre sont disposés deux wattmèlres qui sont combinés pour eflcctuer la mesure totale par la méthode des deux wattmèlres pour phases non équilibrées; à la partie supérieure sont un voltmètre et un ampèremètre placés dans deux phases dillérentes. Nous ne quitterons [>as le groupe générateur sans mentionner les travaux souterrains, qui comprennent les arrivées de vapeur, et les conduites de condensation, l/eau nécessaire est puisée dans des puits ménagés à cet effet. Les condenseurs à surlace sont placés directement sous les turbines, et leurs pompes à air, et de condensation, commandées directement par des moteurs électriques, sont disposées dans une fosse ouverte accessible au pont roulant.
- Les alternateurs à courants triphasés sont reliés directement au batiment de distribution. Au départ de chaque machine se trouve cependant un interrupteur permettant, en cas d’accident, de rompre le circuit, fin arrivant dans le bâtiment de distribution, les 5 câbles de l’alternateur sont nettement séparés, chacun dans une case avec séparations en ciment armé absolument incombustibles. Dans le tableau même, les conducteurs sont en cuivre nu, posés sur isolateurs en porcelaine, et de distance en distance sont placés des coupeurs spéciaux qui permettent d’enlever une partie du conducteur; on peut ainsi séparer nettement des parties de canalisations à gauche ou à droite à volonté. Les câbles provenant des lignes secondaires des transformateurs de mesures arrivent à l’étage supérieur où sont disposés, sur des pupitres de 1 mètre de longueur par machine, les appareils démesure, voltmètre, indicateur de phase, appareils de couplage en phase nécessaires à chaque machine. Signalons une particularité intéressante ; les interrupteurs principaux sont automatiques; si une manœuvre a été manquée, ils reviennent en arrière et l’on peut recommencer la manœuvre.
- À 1 étage supérieur et à la partie gauche, tous les alternateurs ont été couplés sur les barres générales de distribution. A droite se trouvent alors les feeders qui partent de 1’usine et descendent successivement par les divers étages. Des pupitres spéciaux sont destinés à chacun des leeders, et comportent les appareils nécessaires ; il v a notamment un appareil automatique réglable pour rompre le circuit à une surcharge plus ou moins forte et à action différée.
- Les câbles partant de Fusinc sont des câbles au nombre de 5 réunis en torsade dans une même armature, sous plomb et armés, et sont posés directement dans le sol.
- Nous ajouterons qu’il existe à la partie supérieure de la salle des machines, un pont transbordeur de 40 tonnes, avec treuil élévateur, pouvant se déplacer dans toute la longueur de la salle. N’oublions pas de mentionner également qu’au centre de l’usine se trouve la sous-station destinée à fournir l’énergie électrique pour les besoins du service de l’usine proprement dite, ainsi que l’excitation
- des alternateurs. Cette sous-station comprend une turbine Brown, Boveri de 500 kilowatts à 225 volts en courants continus et 2 transformateurs de courants triphasés en courants continus. Ces derniers sont formés d’un moteur synchrone à courants triphasés à 10000 volts, actionnant sur le même arbre une dynamo génératrice à courants continus de 575 kilowatts. Les deux premiers alternateurs ont été essayés à pleine charge après le montage.
- Telles sont les principales dispositions de la nouvelle usine de Saint-Denis. La partie électrique et mécanique, qui est l’œuvre entière de la Société Brown, Boveri etCio, est remarquable à tous les points de vue.
- La Société d’électricité de Paris doit fournir de l’énergie électrique au Métropolitain, à la Compagnie Edison, à diverses sociétés de traction. Peut-être pourra-t-elle être appelée à fournir également de l’énergie électrique aux réseaux futurs de distribution dans Paris. J. Laffaucue.
- FORMATION DE L’ACIDE SI LtTlilOl E
- PAR LE PROCÉDÉ DE CONTACT
- Nos lecteurs ont eu connaissance du procédé Winkler pour la fabrication de l’acide sulfurique par action de contact, entré dans la pratique industrielle depuis quelques années, surtout en Allemagne. Rappelons brièvement ce mode opératoire : si on fait passer un mélange en proportions convenables de gaz acide sulfureux et d’oxygène sur certaines substances poreuses telle que la mousse de platine, il se fait une combinaison des deux gaz avec formation d’anhydride sulfurique, qu’on peut condenser et recueillir pour l’usage. On a d’abord préconisé comme matière poreuse de contact l’amiante platinée. Les efforts des chercheurs se sont dirigés simultanément sur les meilleures proportions relatives et sur la purification des gaz sulfureux et oxygène à employer, sur la température oplima de combinaison, sur le remplacement de l’amiante platinée d’un prix assez élevé par d’autres substances de contact moins dispendieuses. M. Küster vient d’apporter une nouvelle contribution à ces études; il a constaté que le platine poreux, l’acide vanadique YâOs et le sesquioxyde de fer employés comme matières de contact, comme catalyseurs, conduisent toujours pour une même température au même état d’équilibre entre l’acide sulfureux, l’oxygène et l’acide sulfurique formé. De ces trois catalyseurs, le platine est le plus actif et le seul qui, au point de vue technique, ait de l’importance. L’eau possède une grande influence sur l’activité catalytique de l’oxyde de fer et de l’oxyde vanadique, l’activité inaxima correspondant à une dessiccation optima obtenue en desséchant par de l’acide sulfurique concentré ordinaire, lue dessiccation [dus parfaite, obtenue par l’emploi d’anhydride phosphorique par exemple, entraîne une diminution dans la quantité d’anhydride sulfurique formée. L’oxyde de fer présente une sensibilité très grande à diverses actions chimiques ou mécaniques: et ce catalyseur s’intoxique facilement au contact de l’acide arsénieux que peut renfermer le gaz sulfureux mis en expérience, s’il est produit par la combustion de pyrites ou de sulfures métalliques. Sous ce rapport, l’oxyde vanadique possède une sensibilité beaucoup moins grande et conserve une activité à peu près constante. Ces recherches présentent un intérêt immédiat au point de vue pratique et ’industrie pourra en faire son proiît pour perfectionner la jeune industrie de l’acide sulfurique par contact. A. II.
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- L A A A T UH E.
- LKS NOUVELLES GALERIES
- DU MUSÉE ROYAL D’HISTOIRE NATURELLE DE BRUXELLES
- Le Musée d'Histoire naturelle de Bruxelles vient d’ouvrir au publie la grande salle dite des Vertébrés, taisant partie des nouvelles galeries destinées à exhiber les résultats de l’exploration scien-litiifue du sol belge pendant les cinquante années qui viennent de s’écouler.
- Ces galeries constituent un exemple remarquable et lbrt rare de bâtiment de Musée construit en vue exclusive de sa destination.
- Avant l’élaboration des plans, la disposition de tous les objets ,à exposer, avec extension possible, avait été
- établie, par la Direction, dans l’ordre chronologique et c’est, d’après cette disposition, que le plan a été conçu.
- lia nouvelle galerie comprend une salle unique, de 85 mètres de longueur sur 50 mètres de largeur ; elle est construite en pierre et 1er avec de larges baies vitrées laissant pénétrer partout la lumière.
- Profitant d’une légère pente du terrain, l’architecte, M. Janlet, a subdivisé l’énorme salle en quatre paliers séparés par trois marches, chaque palier correspondant à une division chronologique de l’histoire du globe. L’entrée se fait par le palier infé-
- (Cliche phototgpie L. Lagaert, Bruxelles.)
- Fig. 1. — Vue générale de la salle des Vertébrés, prise du palier Quaternaire. Au fond, le groupe des Iguanodons montes.
- rieur attribué à Y Ère quaternaire ; le second palier est réservé à YÈre tertiaire, le troisième au Crétacé supérieur et le quatrième au Crétacé inférieur.
- Des paliers spéciaux pour le reste de l’Kre secondaire et pour l’Kre primaire n’ont pas été jugés utiles pour le moment. Le jurassique a été placé, avec les poissons fossiles, sur une galerie élevée qui contourne une moitié de la.salle. Des extensions, même considérables, sont aisément réalisables à peu de frais et seront exécutées à mesure des besoins.
- Mais dans la conception de l’ensemble ne git pas seulement la nouveauté : elle se présente partout dans les détails ; c’est ainsi que les meubles sont de types entièrement nouveaux, que leur disposition, ainsi que le mode d’exposition de leur contenu sont inédits; enfin, tous les objets exposés sont expliqués,
- de sorte que le Musée forme, en quelque sorte, un immense livre dont les figures sont remplacées par les pièces originales. Il suffit de lire les étiquettes de divers ordres pour se trouver au courant de toutes les questions principales soulevées par la présence des objets exposés.
- Ajoutons encore que les explications sont accompagnées de dessins, de coupes géologiques, de cartes de la répartition des terres et des mers aux diverses périodes, en un mot de tout complément nécessaire à leur entière compréhension.
- foutes les explications d’un même grand groupe, avec nombreuses illustrations, seront reproduites plus tard en autant de petits livrets destinés à être cédés au public pour une somme minime, l’ensemble devant former un catalogue réellement encyclopédique.
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- LA NATURE
- /<( la
- Après ces données générales, abordons l’énumération sommaire du contenu de chaque palier.
- Le palier Quaternaire est divisé en deux parties, l’une destinée à la faune des vertébrés actuellement vivante en Belgique, l’autre, plus grande, comprenant : la faune quaternaire éteinte et l’évolution des industries humaines, d’une part dans les alluvions des cours d’eau, d’autre part dans les cavernes.
- Parmi les pièces les plus remarquables, citons le magnilique squelette de Mammouth de Lierre, ÏEIephas antiquus d’Anvers, les Rhinocéros, etc., provenant des alluvions, et la série des grands carnassiers des cavernes : ours, hyènes, lions, etc.
- Les collections préhistoriques des alluvions sont
- exposées sur cent quatre plateaux montrant le développement industriel pendant les temps éolithiques, paléolithiques et néolithiques.
- La magnifique série des cavernes, admirablement classée par M. le Directeur Ed. Dupont, donne une idée complète du genre de vie, de l’outillage et des mœurs des Troglodytes de la vallée de la Meuse et de ses affluents.
- Le palier de l’Ere tertiaire est d’une grande richesse; on y voit la nombreuse série des grands Cétacés du Pliocène moyen, celle, considérable, des Dauphins du Pliocène inférieur et du Miocène supérieur, puis viennent les Siréniens de l’Oligocène et l’ensemble si varié des vertébrés de l’Éocène moyen et surtout de l’Éocène inférieur, y compris le Mon-
- \Clùne photuiijpie L. Layuert, Bruxelles j
- Fig. 2. — Vue du grand socle des Iguanodons de Bernissart montés. A gauche, la fosse des Iguanodons en position de gisement.
- tien ou Paléocène, .qui commence à fournir d’importants matériaux.
- Le palier du Crétacé supérieur est réellement imposant.
- On y voit d’abord l’ensemble des Mosasaures et des Tortues retirées des couches de Maestricht ; mais la masse principale a été rencontrée dans la Craie phosphatée du Sénonien supérieur des environs de Mons.
- On y remarque d’abord deux llainosaiires de quinze mètres de long, puis les Mosasaures proprement dits, qui ont vécu à la surface des mers et ensuite les Plioplatecarpus, reptiles plongeurs, ainsi que l’a démontré récemment M. le conservateur Polio.
- Mais, ici encore, nous voyons réalisée une idée utile.
- T^e groupe des Mosasauriens ayant fourni de nom-
- breux restes bien conservés, les uns ont. été montés en Squelettes restaurés, tandis que les autres, réunis dans une vaste cage de 80 mètres carrés, ont été exposés dans la position qu’ils occupaient dans le gisement.
- Enfin, sur le quatrième palier, dominant le tout, s’élève, sur un socle unique, une monstrueuse chevauchée d’iguanodons de Bernissart dans l’attitude de la vie, tandis qu'à côté, dans une fosse spécialement appropriée, s'étalent douze squelettes du même animal en position de gisement.
- Ces derniers attirent l’attention par leurs attitudes étranges.
- Sur le socle des Iguanadons montés, sont placés les autres reptiles rencontrés dans la même couche, de plus, pour laisser l’ensemhle complet, une vitrine comprend les plantes et les insectes qui vivaient
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- LA NATURE.
- AOG
- dans le milieu où eireulaient les énormes Dino-sauriens.
- Sur la galerie entourant, la salle, ont été étalés les restes des innombrables poissons des nombreux étages géologiques et, dans le fond, s’allongent les grands reptiles jurassiques, parmi lesquels se remarquent le Plésiosaure et l'Ichtyosaure du Sud du Luxembourg.
- Telles sont les données sommaires que nous pouvons fournir à nos lecteurs sur cette magnifique oeuvre collective unifiée qu’est la nouvelle salle des Vertébrés de la Belgique.
- La seconde salle, celle des Invertébrés, est en préparation, mais la somme énorme de travail que demande son installation ne permet guère d’en espérer l’inauguration avant deux ans.
- Cette seconde salle, située à l’étage, renferme les animaux inférieurs, les plantes fossiles, les minéraux de la Belgique, ainsi qu’une exposition spéciale des insectes actuellement vivants dans le pays, montrant leur développement complet, leur genre de vie, etc. Il a fallu un labeur énorme pour récolter tous les éléments de cette future exhibition.
- FL Br tôt,
- Consprvnte ur nu Musée dliisloire naturelle do Bruxelles. -----------------><>«--
- L’ÉCLIPSE DE SOLEIL
- A L’OBSERVATOIRE nu PUT DE DOME
- A Clermont-Ferrand, l’éclipse du 50 août a commencé à midi 9™; elle a atteint sa plus grande phase à lh27m, et elle s’est terminée à 2h 41m. On l’a observée surtout au point de vue météorologique, et voici les principales constatations qui ont été faites.
- L’éclipse du soleil ne parait pas avoir exercé une action sensible sur la pression atmosphérique, car le baromètre a conservé durant toute la journée, de minuit à minuit, une marche à peu près régulièrement ascendante qui l’a fait passer de 72lmm,4 à 727mm,0. I)e midi à 5 heures, en particulier, l’enregistreur Nodier a monté, sans la moindre oscillation, de 725mm,5 à 724nu“,I ; mais il faut ajouter «pie très souvent il se produit une baisse barométrique à ce moment de la journée.
- La température de l’air, à l’ombre, suit assez lentement les fluctuations de la radiation solaire. Elle s’est cependant abaissée d’une manière très nette pendant l’éclipse, et par suite l’humidité de l’air a présenté une allure opposée à celle de la température.
- L’abaissement de la température a donc été de 5 degrés 8 dixièmes, et l’augmentation de l’humidité de 9 centièmes, sans tenir compte, pour l’une et pour l’autre, des variations inverses qui se seraient manifestées pendant ce temps durant une journée normale.
- Le vent, qui soufflait de l’Ouest, n’a pas été modifié
- dans sa direction par l’éclipse, mais sa vitesse a notablement diminué à Clermont et au sommet du Puy de Dème, comme en témoignent les chiffres suivants :
- Heure.
- 11 heures Midi
- 1 heure
- 2 heures
- Clermont-Ferrand.
- 7 m. par sec. o —
- o —
- 2
- ô —
- 7 —
- Puy de Dôme.
- 17 m. par sec. 22 —
- •15 —
- 15 15
- 17 —
- Mais de tous les éléments météorologiques, c’est naturellement la radiation solaire elle-même qui a subi la plus grande perturbation. Ses variations ont été mesurées directement de cinq minutes en cinq minutes, et même de minute en minute durant la plus grande phase au moyen de l’actinomèlre d’Arago. Cet instrument, fort simple et suffisamment précis pour des constatations géné-
- ÉCLIPSE SOLAIRE DU 30 AOUT 1905
- w
- yioizsu. iL-,
- L’éclipse do soleil à l’Observatoire du I'uy de Dôme.
- raies, se compose, comme l’on sait, de deux thermomètres très sensibles, placés dans le vide, et dont l’un a son réservoir recouvert de noir de fumée. Ce dernier absorbe plus de chaleur, plus de lumière que l’autre, et les différences des indications simultanées des deux thermomètres sont à peu près proportionnelles aux quantités de chaleur et de lumière rayonnées par le soleil. Dans le diagramme ci-contre, l’écart vertical des deux courbes qui limitent les hachures représentent donc les variations de la radiation solaire pendant l’éclipse. Les valeurs extrêmes de cet écart sont, exprimées en degrés centigrades :
- 16°,7 à midi 25m
- Heure. Tempéraluro. Humidité. 2°,3 à 1h 55m
- midi 50” 20», 1 40 17°,9 à 2h 40m
- lh 18°,2 45 On voit que le minimum de radiation s’est manifesté,
- lh 45m 16°, 3 52 à la surface terrestre, huit minutes après l’heure du
- 2b 45n> 20°, 4 45 maximum d’éclipse. A ce moment-là, d’ailleurs, le ther-
- le thermomètre ordinaire installé à l’ombre marquaient des températures voisines les unes des autres : 19°,4, 17°,1 et 16°,5.
- Même lorsque le soleil paraît libéré de tout nuage, il est très rare que la radiation solaire reste constante dans les basses régions de l’air, car il suffit d’une brume exces-
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- LA NATURE.
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- sivement légère, invisible, pour qu’elle soit notablement affaiblie en traversant l’atmosphère. Elle est bien plus réduite encore quand un nuage, si léger qu’il soit, passe devant le soleil. Par contre, il arrive aussi que la radiation solaire est augmentée en un lieu par un temps nuageux, lorsque des rayons réfléchis par les nuages s’ajoutent aux rayons venus directement du soleil.
- Les courbes ponctuées relatives au 29 août, veille de l’éclipse, donnent une idée de ce qu’aurait dù être la radiation solaire le 50 août s’il n’y avait pas eu d’éclipse, car les deux journées ont offert le même caractère au point de vue du soleil et des nuages. Les courbes du 50 août ont cependant une toute autre allure que celles du 29, à cause de la grande dépression qu’elles ont subie, de midi 25 à 2h40m, pendant la durée de l’éclipse. Les autres irrégularités de ces courbes proviennent des perturbations occasionnées par de légers nuages qui passaient, en chassant de l’ouest-nord-ouest dans le voisinage du soleil et quelquefois sur le soleil même, mais sans le cacher complètement.
- A ce sujet, on trouve dans la partie supérieure de la figure, au-dessous du schéma des principales phases de l’éclipse, une série de petits cercles qui indiquent l’état du soleil au moment de chacune des observations de l’acti-nomètre : le soleil brillant est figuré par les cercles qui portent un point au centre; le soleil, plus ou moins voilé, par les cercles plus ou moins garnis de hachures. On y voit que le soleil est resté brillant pendant toute la phase principale de l’éclipse, depuis lh 15m jusqu’à 2 heures.
- La courbe inférieure formée de traits donne, en outre, les variations de la nébulosité générale du ciel. Elle montre que celui-ci s’est progressivement éclairci à mesure que la lune éclipsait davantage le soleil, et que le minimum de nébulosité a précisément coïncidé avec le maximum d’éclipse et avec le minimum de radiation solaire. Ce fait n’est pas dù au simple hasard, et il a réellement existé, entre les deux phénomènes, une relation de cause à effet qu’il est hon de mettre en évidence.
- fendant presque toute la journée le ciel est resté aux trois quarts ou à moitié couvert de stratus, de strato-cumulus et de cumulus; mais, à partir de 1 heure, tous ces nuages diminuent en nombre et en opacité, et, vers lh 55m, la nébulosité avait passé de 7 à 5, d’après l’échelle qui représente le ciel couvert par 10 et le1 ciel pur par 0. Cette dissolution des nuages a surtout été caractérisée par les cumulus qui, d’abord très volumineux, fortement mamelonnés et d’une blancheur éblouissante, ont peu à peu perdu leurs protubérances, leur grosseur et leur éclat. A 111 15m, ils s’étaient absolument évanouis. Quand l’éclipse touchait à sa fin, vers 2h40m, ils ont commencé à réapparaître assez brusquement, avec le retour d’une vive radiation solaire, et un peu après 5 heures ils avaient repris tout leur développement, et aussi tout leur éclat primitif.
- C’est que les cumulus sont des nuages dont la formation est déterminée principalement par les courants ascendants créés dans l’atmosphère par le soleil. La variation qu’ils ont subie pendant l’éclipse du 50 août se manifeste presque régulièrement, du reste, au cours des périodes chaudes de l’été : les cumulus apparaissent le matin après le lever du soleil, et disparaissent le soir après son coucher. Lorsque les nuages sont produits par un refroidissement général de l’atmosphère, au lieu d’être occasionnés par un échauffement des régions inférieures de l’air, c’est l’inverse que l’on constate : les nuages ont alors une tendance à se dissoudre pendant le jour et à se
- reformer pendant la nuit. Dans ce cas, tout différent de celui du 50 août 1905, ils s’accentueraient durant une éclipse de soleil au lieu de se dissiper.
- Aussi les astronomes, dont les travaux d’observation sont essentiellement subordonnés à l’état du ciel, pourront, aux moments d’anxiété, baser sur ces deux fails un sérieux pronostic favorable ou défavorable.
- J.-R. Plumandox,
- Météorologiste à l'Observatoire du l’uv de Dôme,
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- TIFLIS
- Les poignantes tragédies de l’Europe orientale et le souci de leur troublante actualité nous ramènent, après Bakou1, à cette curieuse Transcaucasie, si belle, si riche, si prospère, quand la paix y règne. Aujourd’hui, c’est de sa capitale, Tiflis, que nous donnerons quelques vues et quelques lignes, de légende explicative seulement et non pas de description ; pour dé-peindrel’étrange cité, la plume et l’espace nous feraient également défaut ici; c’est à un P. Loti qu’il faut laisser pareille tâche. Comme Constantinople ou Moscou, la métropole géorgienne reste, dans la mémoire, un de ces rêves impossibles à définir. Tout y impose la surprise et l’admiration, et l’on ne sait vraiment dans quel ordre énumérer ses attractions.
- On s’accorde cependant à donner la première place à la vue du jardin botanique, précieux musée végétal, abrité au Sud d’une crête étroite; de cette crête, on domine, au Nord, toute la ville, ancienne et moderne, étagée de part et d’autre de terrasses abruptes, verticales même, qui font couler la Koura dans un vrai fossé profond de 50 mètres ; tout scintillants au fulgurant soleil, les cônes or et argent des lanternes d'églises géorgiennes pointent sur les nefs aux élégantes arcatures cintrées; en longues files pyramidales, les maisons privées, à balcons et vérandas de bois, se superposent contre les flancs des collines, ou s’encorbellent au sommet des rivages de la Koura, demi-suspendues sur de grêles contreforts de bois ; l’amas confus des tours et courtines, puissantes et délabrées à la fois, de l’antique citadelle persane s’écroule à l’Est parmi l’enchevêtrement exquis du quartier du bazar ; au Sud une ravine sauvage, sculptée par des cascades qui n’y coulent qu’après les pluies, sépare le jardin botanique du cimetière mahométan et débouche, au pied de la citadelle, vers les bains (une des plus grandes originalités de Tiflis) qu’alimentent des sources thermales à plus de 40°. Au Nord, la vue des géologues s’arrête avec stupeur sur le revers Sud de la montagne de Saint-David, une grande pente inclinée (fig. 2) que des alternances de schistes et de grès tertiaires interstratifient avec une régularité d’apparence artificielle ; non moins symétriques se montrent les ravinements que, du haut en bas de la montagne, les pluies dénudantes n’ont encore que légèrement approfondis; il existe là un spécimen accompli du démantèlement des pentes montagneuses et du mode de creusement des ravins.
- 1 Voy. n° 1689, du 7 octobre 1905. p. 295.
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- Au Nord encore, mais au bout de l’horizon, à I ehcs, et longues de 5000 mètres, le Kasbeck et les au-125 kilomètres de distance, de brillantes dents blan- | très cimes du Grand Caucase, mordent le ciel bleu. La
- Fi". 1. — Tillis. La nouvelle cathédrale.
- Fig. 2. — Tillis. La montagne Saint-David
- Fig. 3. — Tillis. Vue générale.
- verdure manque par exemple, car tout est sec et dénudé (hors les bosquets du jardin) sur ce sol, fait
- surtout d’argile, de sable et de laves ; le panorama serait morose si le relief du terrain ne se mariait 5
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- LÀ NATURE
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- Fig. J. — Tiflis. — 1. Cour du caravansérail. — 2. Le bazar. — 3. Une rue géorgienne. — 4. Mosquée persane, o. Vue générale. — 0. Au marché. — 7. Uords^de la Koura.
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- la singularité des constructions pour composer un tableau que nulle fantaisie n’aurait jamais pu concevoir de toutes pièces.
- En bien d’autres points les aspects sont séduisants, majestueux et inattendus: montrons (fig. 5) celui du faubourg Chair-Sopéli, à l’aval de la Koura, avec la fosse du ileuve et une église arménienne au premier plan ; au fond le décor, en demi-relief, de la citadelle, réduite à ne menacer la ville que de l’écroulement de ses ruines.
- Pour les détails, les monuments n’en manquent point ; la vieille église de Métekh, remontant au ve siècle, est difficile à voir, dans la prison qui fut jadis le château des rois de Géorgie ; son intérieur, défiguré, garde cependant des arcs persans et non en plein cintre, très particuliers, ainsi que des ornements en arabesques stalactiformes tenant lieu de chapiteaux ; à l’extérieur, des fenêtres à cadres finement ouvragés, et un escalier en plein roc dont la longueur des siècles a usé presque toutes les marches. On a eu tort de laisser transformer en magasin la petite mosquée persane, aux douces faïences, voisine du pont de Métekh. Dans la cathédrale Antchis-Khat-sky, la peinture d’un Christ est devenue presque invisible, parce qu’elle remonte au vme siècle; mais son encadrement en gemmes précieuses et ses volets en argent doré du xue siècle ne sont qu’un menu spécimen des trésors d’orfèvrerie, recelés encore en toute la Transcaucasie par les sanctuaires arméniens et géorgiens qu’étudie si bien le baron de Raye.
- Un savant naturaliste, le Rr Gustave Raddé (f 1905), a consacré sa vie à étudier et parcourir le Caucase et à y recueillir les éléments fondamentaux du Musée du Caucase, son œuvre et sa gloire, fondé en 1867 : un volume ne donnerait pas l’idée de toutes les collections réunies là pour faire connaître les richesses naturelles, scientifiques, archéologiques de la Transcaucasie entière. Toute la faune y a été rassemblée par Raddé lui-même; l’aurochs notamment, le fameux bison dont les derniers représentants s’éteignent en ce moment dans le Caucase occidental, ou sont artificiellement et à grands frais conservés dans l’impériale forêt de Riélovège (Wolhynie); les coupes et les échantillons géologiques des glaciers et cimes volcaniques de la grande chaîne ont été l’objet de soins particuliers. Et les vitrines archéologiques sont accompagne'es de superbes séries photographiques, expliquant toute la civilisation arménienne, tant à la fameuse ruine d’Ani qu’aux autres points d’accès plus difficiles encore.
- Pour finir, l’ethnographie : les rues, le bazar, les costumes. Quelqu’un a-t-il vérifié si, comme on le prétend, 70 langues se parlent à Tiflis? En tout cas, la place du marché Tatar (Tatarsky Maïdan) parait bien la vraie Rabel du cosmopolitisme : énumérer les types, les races, les idiomes, — les coiffures, les armes, les vêtements, — les métiers, les véhicules, les animaux, qui se coudoient, miroitent et se bousculent sous les auvents et tentures des bazars, dans les vérandas géorgiennes enguirlandées, entre
- les échoppes drape'es de tapis ou constellées de bijouterie, au seuil des cabarets encadrés d’outrés vineuses, c’est aux photographies de le tenter. Le voyageur y renonce. Surtout quand, pour couronner cet édifice d'originalité sans pareille, il risque, au soir, un dernier coup d’œil dans le fouillis qu’on appelle la cour d’un caravansérail. Tels sont, à mots brefs, quelques sèches réminiscences de la merveilleuse Tiilis de 1905. Puissé-je un jour la retrouver semblable? E.-A. Martel.
- LES BOSTRICHES
- IUXS LES FORÊTS DES VOSRES
- Le Ier février 1902, un ouragan d’une violence inouïe abattit , en quelques heures, près cle 1 250 000 mètres cubes de bois résineux dans les forêts vosgiennes. La perte fut évaluée à 9 millions; mais on était loin de prévoir que cette catastrophe aurait pour épilogue un nouveau désastre : une invasion de bostriches.
- Lorsqu’un ouragan sévit sur une forêt, les arbres sont jetés sur le sol ; leurs racines entraînent un volume considérable de terres avec elles. Les voisins sont plus ou moins fortement ébranlés, et au moment de la sève, les uns et les autres, ces derniers surtout, reçoivent encore un apport, mais presque toujours insuffisant pour permettre à l’arbre de survivre. Les moins atteints résistent, mais demeurent souffrants pendant plusieurs années. C’est alors qu’apparaissent les invasions d’insectes dont la plupart ne peuvent vivre sur des sujets vigoureux et qui trouvent, dans l’épuisement des arbres, un terrain tout préparé pour leurs exploits. De même, un homme doué d’une robuste constitution peut se considérer comme immunisé contre les maladies microbiennes; mais si, pour une cause quelconque, un organe s’affaiblit, et à plus forte raison, s’il s’agit d’un individu de complexion délicate, les bacilles se développeront librement et auront raison promptement de l’organisme tout entier.
- La cause d’une invasion de bostriches peut résider uniquement dans ce fait; elle devient beaucoup plus sérieuse pendant les années sèches qui favorisent la reproduction. En 1905, il y eut deux pontes, de sorte que, dès la fin de cette même année, l’administration forestière était déjà à même de constater la présence des insectes, sans se douter, toutefois, qu’il se préparait pour le printemps prochain une véritable invasion. Car le bostrichc ne craint pas le froid. M. de bail, conservateur des Eaux et Forêts à Epinal, qui nous a obligeamment communiqué ces renseignements, a constaté le fait suivant : l’un de ces petits animaux, pris dans un bloc de glace avec un lambeau d’écorce auquel il adhérait, paraissait mort : on approcha le bloc du feu, et aussitôt qu’il fut fondu, le bostriche se montra on ne peut plus vivant.
- Les attaques les plus désastreuses ont été celles du bostriche typographe, vilain petit hanneton poilu1, dit M. de bail, de 5 à 4 mm de longueur, d’un brun foncé tirant sur le noir. La femelle prend son vol au mois d’avril, perce dans l’écorce de l’épicéa un trou qui se termine par une chambre où le mâle va la rejoindre. Puis elle continue sa galerie sur une longueur de 10 à
- 1 Bostrichus (Tomicus) lypographicus, coléoptère, famille des eurculionides, tribu des calandriens. Autres espèces : B. chalcographus, qui vit sur les chênes; B. Eurygraphus, qui vit sur les pins.
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- 20 centimètres et y dépose ses œufs régulièrement espacés, arrondit l’extrémité de cette galerie et meurt. Une dizaine de jours après, les œufs éclosent et chaque larve continue pour son propre compte l’ouvrage maternel jusqu’au moment de la métamorphose qui se complète après la sortie de l’insecte.
- 11 n’est pas aisé de reconnaître les arbres atteints. Les premiers arrivants attaquent le tronc au-dessous des branches, les suivants se placent un peu plus bas ou un peu plus haut, à une distance convenable afin de ne pas se gêner mutuellement ; rarement ils descendent à plus de 2 mètres du sol. Les trous qui pourraient révéler l’invasion ne sont donc pas à hauteur d’homme et on ne peut les apercevoir. C’est seulement lorsque l’arbre commence à jaunir que l’on agit en toute sûreté, et la seule méthode à appliquer réside dans l’abatage immédiat. On ébranche ensuite l’arbre, puis un gros feu est allumé et entretenu avec les branches aussi près que possible du milieu de l’arbre; on l’écorce enfin et les lambeaux sont jetés au feu. Pendant l’écorçage une toile est tendue sous le tronc pour recevoir les débris que l’on brûle également.
- Le bostriche typographe s’est attaqué uniquement aux épicéas. Son cousin-germain, le bostriche curvidenté, a choisi le sapin, mais il n’a produit que peu de dégâts; dans une des régions contaminées, les piqûres de l’insecte ont occasionné des écoulements de sève dans lesquels il s’est noyé.
- Cette invasion a nécessité l’abatage, pendant les années 1004 et 1005, d’environ 53 000 mètres cubes de bois. On a compté à peu près 150 000 bostriches par arbre; 4 milliards de ces insectes ont péri dans les flammes 1 F.t malgré toutes les précautions, il en restera encore. D’autres espèces ont également causé des dégâts sérieux, mais la lutte continue et on compte que l’an prochain l’invasion s’éteindra sur place. Lucien Fournier.
- LES CHEMINS DE FER
- ET LES MAI,.VOIES CONTAGIEUSES
- À chaque arrivée des longs trains qui amènent aux abattoirs de Paris les bœufs de Normandie, du Nivernais destinés à approvisionner nos boucheries, les wagons sont renvoyés au dépôt avec une large affiche portant « à désinfecter ». Quand le troupeau humain qui circule de jour et de nuit sur tous les réseaux vide le train qui l’a amené, on procède bien à un nettoyage minutieux de chaque wagon, mais il n’est en réalité pas possible de pratiquer une désinfection complète, dette désinfection est du reste inutile quand aucun malade n’a voyagé dans un compartiment; mais comment le savoir? C’est là une des graves difficultés. Les familles font, en cette occurence, comme à la douane, de la fraude ; et puis on ne peut pas ne pas transporter un malade. Les tuberculeux qui vont chercher dans les sanatoriums la guérison de leur maladie ne peuvent s’offrir le luxe d’une voiture à eux ; le convalescent de maladie est bien obligé, pour regagner ses foyers, d’emprunter les voies ferrées. Il faut, en ces circonstances, faire la part du feu et le public, qui réclame avec insistance de la part des Compagnies, l’application des mesures d’hygiène, s’y prête quelquefois bien peu pour sa part. Jetez un coup d’œil sur quelques wagons, à leur entrée en gare ; les voyageurs ne se sont pas gênés pour cracher par terre, alors qu’il eût été si simple de cracher dans un mouchoir ou dans un papier
- qu’on jette par la fenêtre. La propreté et, partant, la véritable hygiène, ne règne pas encore dans les mœurs ; demandez plutôt aux maîtres d’hôtel qui cèdent aux vœux universels en installant des cabinets d’aisance propres et confortables et qui voient leurs efforts paralysés par des voyageurs qui ne méritent qu’une épithète, tant ils ont peu de soins de propreté les plus élémentaires.
- Pour en revenir aux voitures de chemins de fer et naturellement à tous les genres de voitures publiques, il serait intéressant de savoir à quel degré les poussières accumulées par le voyage et la présence des voyageurs sont nocives, au point de vue de la dissémination des maladies. Voici justement une enquête qui vient d’être faite en Amérique par le IVKinyoun. Il a voulu se rendre compte du danger de contagion de la tuberculose et, du même coup, d’autres maladies par l’examen bactériologique.
- Il a d’abord examiné sept échantillons de poussières de tapis; aucun ne contenait le bacille de la tuberculose; on inocula sept cobayes, dont aucun ne devint tuberculeux; mais deux eurent une infection pneumococcique et quatre une infection de staphylocoque.
- M. Kinyoun recueillit alors la poussière des sièges, des rideaux des lits sur 29 wagons-lits, 5 wagons de jour et 2 wagons de fumeurs. Cette poussière était recueillie avec toutes les précautions usuelles, au moyen de tampons de coton absorbant; la poussière fut jetée sur des bouillons de culture d’une part et d’aulre part inoculée à 04 animaux. Un seul échantillon montra le bacille de Koch; chez les animaux inoculés on reconnut 5 fois le pneumocoque, 2 fois le streptocoque pyogène, 2 fois le staphylocoque, 2 fois le colibacille, 0 fois la septicémie hémorragique, 1 fois le bacille diphtérique; 45 animaux furent indemnes de toute infection.
- L’enquête permit de constater que le wagon dans lequel l’échantillon prélevé avait fourni le bacille de Koch avait servi au transport de plusieurs tuberculeux se rendant aux stations hivernales; mais on ne put préciser si ces voyageurs avaient été transportés juste au moment où on recueillait les poussières.
- Des échantillons de poussière prélevés dans divers wagons, non plus cette fois sur les coussins ou les boiseries, mais dans l’air, c’est-à-dire les poussières en suspension et facilement respirables, ont donné un cas de bacille tuberculeux, 8 de pneumocoque, 4 de staphylocoque, 5 de septicémie, 1 d’œdème malin; 70 animaux sur 90 inoculés restèrent indemnes. Détail curieux : la plupart des cas de pneumocoques provenaient d’échantillons recueillis dans les wagons de fumeurs, ceux où l’on crache le plus.
- Un autre examen porta sur le verre à boire qui est fixé au réservoir d’eau glacée d’un wagon Pullman ; sur 21 échantillons recueillis dans ce « drinking-cup », on a trouvé une fois le bacille diphtérique.
- Cette enquête montre que les wagons, et, d’une façon générale, les voitures publiques, contiennent quelques germes nocifs, mais en quantité moins considérable que dans beaucoup de centres d’agglomération ou dans certains logements de grandes villes.
- Elle confirme du reste des recherches plus anciennes, faites en 1894, par Pétri, qui avait déterminé chez les cobayes, avec l’inoculation de poussières de wagons, des affections septiques, septicémie gangreneuse, péritonite, abcès, tétanos, deux fois (sur 117 inoculations) la tuberculose ; dans ce dernier cas, les poussières provenaient de wagons-lits. Dr A. Cartaz.
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- LA NATURE.
- UN AÉROPLANE
- Lorsque la nouvelle nous est venue de cet aéroplane descendant d’une pareille hauteur, et avec une personne installée sur son cadre pour en diriger la descente, nous avons d’abord été quelque peu sceptique; et, avant d’en parler, nous avons tenu à prendre des informations. Nous les avons trouvées auprès d'un savant américain fort distingué, le Professeur R. H. Bell, professeur au Santa Clara College (en Californie), d’autant mieux placé pour nous fournir des renseignements sûrs, que les expériences de l’aéroplane dont il s’agit ont été faites près de Santa Clara, exactement au petit village de St-Leonards, et
- A 1200 MÈTRES
- que le Professeur R. H. Bell a assisté h ces essais.
- 11 faut dire que l’inventeur de l’aéroplane, M. J. J. Montgomery, est lui-même professeur au collège Santa Clara; il s’est déjà livré à des expériences fort intéressantes de télégraphie sans fil, de concert avec M. Bell, qui a créé des méthodes de télégraphie sans fil dont nous parlerons sans doute quelque jour. Tout naturellement, des ascensions et des descentes avaient été faites à plusieurs reprises sans publicité aucune, seulement devant M. Bell et devant quelques paysans qui se trouvaient là par hasard, et aussi devant M. Montgomery, car ce n’est point lui qui monte
- Fig. i. — L’aéroplane pris en descente.
- son appareil, mais un aéronaute spécial, quelque peu gymnaste, qu’il a formé et auquel il a enseigné la manœuvre de l’aéroplane et les différents résultats qu’on en peut obtenir. Il faut une grande audace, de la présence d’esprit et une absence complète de vertige pour prendre place sur la selle assez étroite qui est réservée à l’aéronaute. Dans une des expériences préliminaires, la machine avait été emportée jusqu’à une hauteur de plus de 800 mètres, et de là M. Bell avait vu l’aéronaute couper la connexion qui le reliait au ballon de soulèvement, et descendre en variant ses directions, avec le vent, contre le vent, plongeant ou se relevant tout à fait à l’instar d’un oiseau qui plane.
- L'ascension la plus remarquable a été effectuée en
- grande solennité, et devant un public fort nombreux, pour la célébration de l’anniversaire de la fondation du Collège. Il soufflait du nord une petite brise et le temps était très clair. L'enlèvement de la machine devait se faire, ainsi que nous l’avons indiqué tout à l'heure, au moyen d’un ballon, ballon à air chaud d’assez fortes dimensions, que l’on maintenait à bras ; de son filet partait un cible auquel était fixée l’aéroplane. Tout est prêt, l’aéronaute monte en selle, sur ce siège où il va se trouver emporté, les jambes pendantes au-dessus du vide; le signal est donné, on lâche les cordes, l’aérostat fait un bond, emportant l’aéroplane, qui danse quelque peu, tel un pantin suspendu à un fil. La silhouette de l’homme diminue peu à neu, tandis que, par ses signes, et en se livrant
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- LA N AT LllL.
- à quelques exercices plus ou moins acrobatiques, il rassure la foule qui est amassée au-dessous de lui.
- Quand le ballon a monté autant que le lui permet sa force ascensionnelle, et alors qu’on estime son altitude au-dessus du sol à quelque 1200 mètres, on voit tout à coup la machine se séparer du ballon : l’aéronaute vient de couper le câble de retenue. Après une chute brusque qui lui fait descendre une trentaine de mètres, l'aéroplane atteint son équilibre; les deux sortes d’ailes transversales faites de lames minces qui constituent la partie planante, jouent leur rôle retardateur, et la descente s’opère graduellement. L’aéronaute démontre qu'il est bien maître de sa machine en exécutant diverses évolutions, décrivant
- des cercles, s’élevant, avançant, reculant, etc. El tous ceux qui ont assisté à cette descente ont eu l'impression du vol plané, tel notamment qu’on l’observe chez les vautours. L’aéroplane touchait enfui terre, après une descente paisible, à 111'52, alors que le lâchez tout du ballon avait été prononcé à 111115. En atteignant doucement le sol, l’appareil ne subit pas la moindre avarie ; de [dus le point de descente avait été indiqué par M. Montgomery à l’aéronaute, et c’est effectivement là qu’il prit terre.
- D'une manière générale, la machine Montgomery est faite d'un châssis léger en bois d’hickorv (ce noyer d’Amérique si élastique et si résistant), entretoisé dans plusieurs sens par des cordes de piano ; ce châssis
- Fig. 2. — L'aéroplane vu a terre.
- supporte deux ailes transversales, comme nous l'avons dit, longues de 7m,20 d’une pointe à une autre, recouvertes d’une espèce de mousseline, et offrant ensemble une surface dé 16,65 m2. Elles ont une forme parabolique, et sont munies de charnières les rattachant au châssis. En gouvernail, mobile naturellement, et consistant en deux surfaces hémisphériques, est disposé à l’arrière. Le poids de la machine même est de 19 kg seulement, et elle est capable de porter un homme dont le poids est de 70 kg. M. Montgomery étudie depuis 1884 la question des aéroplanes, et c’est ainsi qu’il est arrivé à la construction de sa machine de 1905, qu’il a nommée « Santa Clara ». En réalité les deux ailes, dont la courbure suivant Taxe de l’aéroplane se continue de Tune à l’autre, forment pour ainsi dire une
- seule et même aile ; mais elles ont une indépendance qui permet de modifier les effets qu'elles donnent. La façon dont elles sont articulées en leur milieu sur le châssis, leur donne la faculté d’osciller d’un côté ou de l’autre, un peu comme le fléau d'une balance, suivant la pression exercée par le vent ou d’après la volonté de l’aéronaute ; leur mouvement est limité par des fils métalliques. Tout changement dans la position de la queue de l’aéroplane entraîne une modification de pression sous l’aile double, et ce sont ces changements de pression qui amènent les changements d’équilibre, et par suite l’ascension ou la descente sur les courants aériens.
- Nous ne pouvons entrer dans des détails qui nous entraîneraient beaucoup trop loin ; du moins cet aéroplane a fort bien fonctionné à maintes reprises. Mal-
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- LA NATURE.
- -il A
- heureusement quelque aeeroe est toujours possible dans des appareils de ce genre; et il a des conséquences terribles : c’est ainsi que tout dernièrement une ascension de la machine s’est terminée par une chute terrible de l’aéronaute, qui est venu s'abîmer à terre. Mais une lettre récente que nous devons à l'obligeance de M. Bell nous explique que la cause de la catastrophe a été une imprudence de l’aéro-naute, qui a tenu à partir en dépit d’un dérangement de l’appareil, de la rupture d’un câble, qu’on lui avait signalée quelques instants seulement avant le départ, et dont il n’a pas sans doute apprécié toute la gravité. B. nu Mëriel.
- INFLUENCE DES RAYONS DU RADIUM
- Sl:K LE MÉLANGE GAZEUX ü’uYDKOGÈNE ET DE CHLORE
- On sait que lorsque, dans un flacon, on fait un mélange à volumes égaux de chlore et d’hydrogène, on ne peut le conserver que dans l’obscurité complète; car, à la lumière diffuse, la combinaison à l’état d’acide chlorhydrique s’effectue déjà peu à peu; et à la lumière solaire, elle est tellement instantanée que le flacon vole en éclats. Il était intéressant de voir comment se comportait ce mélange gazeux, hydrogène-chlore, en présence des seuls rayons de radium. Pour cela, les gaz provenant de l’élec-trolyse d’une solution d’acide chlorhydrique, à l’aide d’électrodes en charbon, étaient lavés à l’eau, puis dirigés dans un réservoir de verre auquel se trouve soudé un tube à essai en verre très mince, où l’on peut introduire un petit tube également en verre très mince renfermant 5 milligrammes de bromure de radium. Un robinet arrête l’arrivée du mélange gazeux lorsque l’appareil est rempli. La combinaison des deux gaz se trouve indiquée par un index mobile se déplaçant sur un tube horizontal placé après le vase à irradiation et muni d’une échelle graduée. On trouve que la combinaison s’effectue d’une façon assez lente en présence des rayons de radium. Si l’on recouvre le tube à radium d’un vernis noir, l’action est sensiblement moins forte que dans le premier cas. À. 11.
- NÉCROLOGIE
- M. Whitehead. — M. Whitehead, l’inventeur de la torpille automobile bien connue, est mort le 1-4 novembre, à l’àge de 81 ans, à Shrivendam (Berkshire), en Angleterre. Atteint, il y a quelque temps, d’une attaque de paralysie, il n’avait pu se remettre. Whitehead était né à Bolton, dans le Lancashire; il avait étudié la mécanique à Manchester et avait successivement travaillé dans des ateliers de construction mécanique à Marseille et à Trieste. 11 devint ensuite directeur des usines de Fiume (Croatie), en Autriche, et construisit en 1806 la première torpille de son invention.
- Dès l’apparition de ce nou\el engin, le gouvernement anglais s’assura le concours de l’inventeur, et Whitehead ne travailla dès lors qu’à perfectionner la torpille qui porte son nom et que presque toutes les marines ont adoptée.
- CHRONIQUE
- I,es explosions «le cylindres de gaz comprimés. — A la suite d’un accident survenu au Tecli-nikum de Winterlhur, une enquête a été faite (et publiée dans Sclnveizerisclte liauzeiliuuj), relativement aux dangers que peuvent présenter les cylindres de gaz comprimé. On a constaté que, lors de l’accident en question, le cv-lindre ne contenait point de l’oxygène pur, mais bien un mélange d’oxygène et d’hydrogène; pareil cas ne serait pas rare, suivant le I)r Michaelis, lorsque l’oxygène est préparé électrolytiquement. Quand l’explosion de Win-terthur est survenue, un chimiste était en train de visser le manomètre sur le cylindre ; le pas de vis était enduit d’une certaine quantité d’huile (on en a trouvé des traces carbonisées). Or, les mélanges de gaz riches en oxygène peuvent parfaitement causer la combustion d’huiles de toute sorte : l’huile du pas de vis a donc pris feu, et l’explosion s’en est suivie tout naturellement.
- Sur le passage tlu quartz ou cristal de ruche à l'état amorphe. — On sait que le quartz fondu est employé depuis quelques années pour la construction d’instruments d’optique et de chimie. On confectionne, notamment avec cette matière des tubes, des cornues, des creusets, des ballons qui peuvent alors supporter une température très élevée, mais qui ont cependant alors l’inconvénient d’ètre légèrement perméables aux gaz. Cette dernière propriété a fait, de la part de M. Ber-thelot, l’objet d’études détaillées qui ont été publiées à l’Académie des sciences et qui ont été relatées ici même en leur temps et lieu. Cette perméabilité n’offre d’ailleurs d’inconvénient que dans certaines expériences particulières. On a constaté que le quartz fondu, ainsi employé, est moins élastique, moins dur, moins réfringent, moins dense que le quartz cristallisé. Il prend à la longue l’aspect de la porcelaine, phénomène qui parait devoir s’expliquer par un retour partiel à l’état cristallisé.
- Pêche et filets électriques. — Nous citons la chose pour la curiosité de l’idée, en laissant la responsabilité des insuccès possibles à notre confrère américain Western Eleclrician ! On installe, à bord d’un bateau, une batterie suffisamment puissante, et l’on place, en circuit sur elle, un filet comportant un réseau assez serré de conducteurs électriques nus verticaux et horizontaux, alternant de manière à permettre la fermeture du courant par l’intermédiaire de l’objet ou plutôt du poisson qui viendrait à heurter le filet, en touchant, par suite, deux fils voisins. Le filet est maintenu normalement au flanc du bateau au moyen d’un espar, et convenablement immergé. Le bateau est alois dirigé au travers d’une passe, d’une rivière fréquentée par des poissons, et ceux-ci, en voulant passer, se heurteront au mur qui se présentera à eux, et recevront un choc qui, sans les tuer, les paralysera. Ils monteront à la surface de l’eau, et on pourra les prendre aisément à l’épuisette.
- Le cuivre électrolytique. — La fabrication électrolytique du cuivre est certainement la plus ancienne des industries électro-métallurgiques ; elle a pris naissance à Bembrev, en Angleterre, en 1800. Elle n’a d’abord eu qu’une importance assez faible et les usines pratiquant celte méthode n’avaient qu’une production assez minime. Mais l’état de choses ne pouvait manquer de se modifier avec le développement général de l’industrie électrique, qui devait désirer tirer parti de l’excellente conductibilité électrique du cuivre très pur donné par le traitement électrolytique. Et aeluellementles 52 « raffineries »
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- LA NATURE.
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- électriques de cuivre en livrent annuellement sur le marché quelque 525 000 tonnes.
- Le relèvement d'un bateau par 40 mètres de fond. — Les renflouages par grandes profondeurs sont particulièrement difficiles, puisqu’il ne faut, notamment, guère songer à envoyer des scaphandriers passer des chaînes sous la coque, obturer les voies d’eau, etc. On vient de réussir, aux environs de Lola, une opération de ce genre, portant, il est vrai, sur un bateau de dimensions modestes. 11 s’agit du torpilleur autrichien 58, qui avait coulé par 40 mètres de fond, à la suite d’une collision avec le contre-torpilleur Salellit. Il a été soulevé et traîné en un point d’échouage au moyen de chaînes passées par dragage.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 novembre 1005. — Présidence de M. Troost.
- La potasse dans les végétaux. — M. Berthelot résume ses nouvelles recherches sur les matières végétales. 11 examine séparément les plantes vivantes et le charbon de bois et montre que, dans les deux, la potasse existe engagée dans des sels insolubles.
- Le relief terrestre, aux époques géologiques. — M. de Lapparent présente la 5e édition de son Traité de géologie, dont la lre édition remonte à 1881. Ce traité a été, depuis lors, constamment remanié en raison des rapides progrès de la science. En raison de l’abondance des matériaux recueillis par la science sur les régions polaires, il y avait impossibilité de conserver la projection de Mer-cator habituellement employée par les géologues pour représenter le relief terrestre et la distribution des terrains, si l’on voulait figurer les régions polaires, car cette projection ne permet pas de les représenter. L’auteur a donc pensé que, pour les cartes relatives aux diverses époques géologiques, il convenait de recourir à deux projections stéréographiques obtenues, l’une en plaçant le point de vue dans l’Europe centrale, et l’autre en plaçant le point de vue à l’extrémité du diamètre. Par cet artifice la partie du globe mal représentée est surtout océanienne ; or, nous ne pourrons jamais recueillir que fort peu de renseignements sur la géologie du fond des mers. M. de Lapparent montre comment la comparaison des esquisses successives du relief fait ressortir la remarquable permanence de certains traits du relief terrestre, notamment de la fosse maritime qui, à toute époque, a occupé la région du pôle Nord.
- Description des pldlrières d'Argenteuil. — M. de Lapparent présente ensuite, de la part des auteurs, MM. Ballot, Godbille et Ramond, une description géologique des grandes plàtrières d’Argenteuil et fait ressortir l’intérêt de cette publication où sont étudiées en détail les vicissitudes des lagunes parisiennes à l’époque tertiaire. Les exploitations sont destinées à disparaître ; par conséquent, il faut être reconnaissant à ceux qui réunissent des données géologiques sur le sous-sol de la région parisienne.
- Considération sur les animaux fossiles de Patagonie — M. Gaudry présente une Note sur les attitudes qu’ont dû avoir les grands animaux fossiles de la Patagonie. 11 pense que ces recherches jetteront quelque lumière sur le monde animal de l’antarctique que l’on cherche tant à connaître et à qui la Patagonie a dù être rattachée. Il est certain,en effet,que la structure de ces animaux est peu compréhensible au point de vue de la paléontologie. M. A. Gaudry
- s’est servi, pour son travail, des collections admirables rapportées par M. André Tournouer. Le pyrothérium, étant rectigrade, représentait une masse énorme dont les membres droits comme des colonnes reposaient sur le sol sans que les pieds pussent tléchir. L’astropathérium était rectigrade ; il était presque aussi grand que le mastodonte angus-tidens. A côté des rectigrades qui devaient être majestueux, il y avait des digitigrades qui ne devaient donner que peu d’animation au paysage. Le théosodon avait trois doigts à peu près égaux, le diadiaphorus avait les doigts latéraux rétrécis, enfin le protérothérium n’avait presque plus de vestiges de doigts. Ils tendaient donc vers les so-lipôdes, mais ils n’avaient aucune ressemblance avec nos chevaux. Enfin, il y avait des animaux plantigrades se servant de leurs pattes de devant à la façon des écureuils qui atteignaient la taille de l’ours brun et vivaient en troupeaux tels que le nésodon ; l’un d’eux, l’homalondo-thérium, avait la dimension du mastodonte angustidens.
- Préparation de Toxyène liquide. — M. d’Arsonval présente une nouvelle Note de M. Claude relative à l’extraction de l’oxygène de l’air à l’aide de la liquéfaction. L’auteur montre que, grâce à l’application de la liquéfaction partielle avec retour en arrière, combinée à la rectification que rend possible la très grande différence de volatilité de l’oxygène et de l’azote, il est facile d’arriver industriellement à l’isolement intégral de l’oxygène pur. C’est sur ce procédé que sont basés les appareils qui fonctionnent à son usine de Boulogne-sur-Seine et dont la description a été donnée dans la dernière séance.
- . Cil. DK VlLLEDEl’lL.
- LES TRAVAUX
- DU CAMPANILE ET DE L’ÉGLISE SAINT-MARC
- A VENISE
- Le 14 juillet 1902, le célèbre clocher de Saint-Marc s'affaissa en causant un profond émoi dans le monde entier. Venise fut ébranlée par la chute de son campanile qui avait présidé à tant de gloires durant une cinquantaine de générations. L’ange doré, qui se dressait jadis en l’air à la hauteur de 100 mètres vis-à-vis de Saint-Marc, tomba précisément en face du portail de la basilique. La chute du clocher causa la ruine de cette merveille d’architecture et de sculpture qui s’appelait « la loggia del Sansovino », et, les premiers jours qui suivirent le désastre, on craignit d’avoir perdu à jamais ce bijou que le monde entier admirait. On commença par débarrasser la place de Saint-Marc des débris sous la direction de l’éminent architecte Giacomo Boni, avec tant d'adresse et de précautions, qu’une partie des ornementations de la Loggetta, qui n’avaient pas été détruits par la chute du colosse, purent être conservés. La pièce la moins endommagée est la balustrade en bronze du Gai. Ensuite, sous la direction de Luca Beltrami, en avril 1905, on posa la première pierre du nouveau clocher dans le sol de la plate-forme qui était restée à découvert. La cérémonie eut lieu avec beaucoup de solennité en présence du patriarche de Venise (aujourd’hui Pie X), du comte de Turin et des principales autorités italiennes avec le concours de M. Chaumié, ministre de l’instruction publique,
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- LA NAT U H E.
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- qui représentait la France. C'est aujourd'hui M. Mo-relti qui dirige la restauration, remplaçant M. Boni et M. Beltrami retenus par leurs travaux l’un à Home, l’autre à Milan.
- Les travaux de consolidation autour des fondations du « campanile » peuvent désormais être considérés comme accomplis. Pour donner plus de solidité à l’ancien massif sur lequel la célèbre tour était bâtie, on a dû enfoncer 5000 pieux de la longueur de 4 mètres environ et du diamètre de 20 centimètres, tout autour des fondations. Les tètes des pieux soigneusement nivelées, on a rempli avec du ciment tous les interstices, et sur cette espèce de plateau ou a déposé de grands parallélipipèdes de pierre d’Istrie.
- Un a calculé que le poids du clocher s'élèvera à 16000 tonnes environ; par suite des travaux d'élargissement des fondations, la pression supportée par la plate-forme sera réduite de 8 à 4 kg par centimètre carré. La Commission technique, présidée par le commandeur MoretLi, déclare qu’on peut, dès à présent, avoir pleine confiance dans la solidité des fondations, et que nous ne tarderons pas longtemps à voir s’élever en Pairies gros murs du clocher... qui, quoique renouvelé, sera pourtant pour nous toujours le « Campanile di Santo Marco » corne era e dove eru (tel qu’il fut et doit être).
- Un peut vraiment dire que la chute du clocher a sauvé les autres monuments de Venise. Aussitôt après
- Uecuiistniclion du Campanile de Saint-Mare, à Venise.
- la catastrophe du Campanile, on commença à se préoccuper des autres trésors d’art que Venise renferme. Un s'aperçut que les Procuralies étaient en danger, tpie l'église S. S. Cio et Paolo avait besoin de réparations, que le clocher Saint-Étienne penchait ; on vit qu'un des quatre chevaux qui reposent sur l’arc du portail de Saint-Marc menaçait. Un commença tout d’abord par armer de robustes cintres les voûtes des Proeuraties, on s’occupa de S. S. Cio et Paolo, on renforça avec des éperons le clocher de Saint-Etienne, on fit descendre le cheval de la Basilique et on le consolida.
- Les étrangers ont pu se persuader que les Véni-liens sont très attachés à leurs glorieux monuments. Ensuite, on dut se convaincre que la basilique de Saint-Marc réclamait de sérieux travaux de consolida-
- tion Lout près de l’Arc de l'Apocalypse ; c'est pourquoi on se décida récemment h bâtir dans l’intérieur de l’église un véritable édilice d’énormes poutres sous la voûte qu’on doit renforcer. Un dit qu’on devra détacher les mosaïques qui ornent la voûte intérieure pour les replacer après la restauration. 11 faudra aussi redresser l’angle sud-ouest du côté de Santo Alipio, qui penche sensiblement à gauche.
- Le gouvernement, le conseil municipal d'un côté, les éminents architectes qui travaillent avec intelletto d'amore (esprit et plaisir), de l’autre côté, sont des garanties pour la conservation de nos trésors d'art à l’admiration du monde entier. A. Tivoli.
- Le Gérant : P. Masso:;,
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de. Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- trente-troisième année
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- 19 05
- 'âlBlBUOTiWfc^}
- A
- Aberration (Nouvelle valeur des constantes de 1’), 79,
- Accidents de chemins de fer aux États-Unis (Les), 202.
- Acide carbonique (Les problèmes de 1’),
- 102,
- Acide citrique (Fabrication de F), 282.
- Acier au carborundum, 270. — Micrographie des aciers au vanadium, 109. — Les divers aciers et leurs emplois,
- 65.
- Aéroplane Dufaux, 219. — Un aéroplane à 1200 mètres (Aéroplane Montgomery), 412.
- Agriculture coloniale au Jardin colonial de Nogent (Exposition d’), 95.
- Alcools (Acidité des), 15. — Une nouvelle source d’alcools, 253.
- Alger-Toulon (La leçon d’), 10.
- Alimentation artificielle des huîtres, 362.
- Alizarine (Garance et), 59.
- Alizé au sud des Açores (L’existence du contre-), 319.— La question des contre-alizés, 383.
- Altitude (Altérationsphysiologiques dues à F), 399.
- Aluminium (Papier d’étain et papier d’),
- 66.
- Amour comme voie navigable (Le fleuve), 286.
- Anesthésie par la lumière bleue (L’), 186-
- Animaux sur des parois rocheuses (Figures d’), 79. ,
- Animaux venimeux (Les), 263, 363.
- Antidote (Le charbon employé comme), 366.
- Antinoé (Les fouilles d’), 167.
- Appartement en pilotis de béton armé, 46.
- Araignée labyrinthe (L’), 252.
- Arbres : La nutrition des arbres, 31. — Les branches d’arbres comme succédanés des fourrages, 270. — Caractères des arbres de lumière et d’ombre, 287. — Le vent et les arbres, 353.
- Argile (Propriétés physiques de F), 355.
- Arts décoratifs (Le musée des), 311.
- Asphalte comprimé (Emploi des pavés d’), 55. .
- Atmosphère (Exploration de F), 31.
- Autoclave (Un nouvel), 320.
- Automates (Les), 35.
- Automobiles : Le premier omnibus automobile parisien, 63. — Les grandes épreuves automobiles. La coupe Gordon-Bennett, 110. — Le premier salon suisse de l’automobile et du cycle, 130. — L’avenir des omnibus automobiles, 271. —Nouvel accroissement
- Supplément au n” 1696 de La Nature
- de vitesse des canots automobiles, 303. — Les voitures automobiles sur les chemins de fer anglais, 335. — La nouvelle balayeuse-arroseuse automobile, 399.
- Automobilisme. Appareils de mise en marche automatique des moteurs à explosion, 124.
- Azote par le manganèse (Sur l’absorption de F), 62.
- B
- Bakou, 295.
- Baleine (La prétendue disparition de la), 69.
- Balistique des fusils de guerre modernes, 50.
- Ballons (Détermination de la hauteur des), 111. — Altitudes atteintes par les ballons-sondes, 62.
- Baltique à la mer Noire (Canal maritime de la), 291. — Baltique sur la côte allemande (Les inondations de la), 7.
- Barranco de Mascun (Le), 39.
- Bateau par 40 mètres de fond (Le relèvement d'un), 415.
- Bateaux glissants (Les), 33. — Bateau-râteau de la Basse-Loire, 87. — Bateaux de guerre automobiles, 267.
- Beauce (Abaissement des eaux de la), 99.
- Bec intensif à flamme renversée, 112.
- « Belgica » (Croisière arctique de la>, 251.
- Bernissart (Les coprolithes de), 394.
- Béryl (Composition du), 271.
- Béton : Les dalles en béton armé comme engin de filtrage, 46. — Un apponte-ment en pilotis de béton armé, 46. — Le pont en béton de Carbondale, 47. — Quelques applications curieuses du béton armé, 388.
- Bière de riz, 362.
- Bigue de 180 tonnes (Une), 505.
- Billes au xvme siècle (Les roulements à , 396.
- Blé (Effet de la lumière colorée sur la constitution du), 36.
- Blindages japonaises (Flaques de), 46.
- Bœufs (Travail mécanique des), 319.
- Bois et leurs inconvénients (Les procédés de conservation des), 154. — La conservation du bois par le sucre, 331.
- Bologne (Traction électrique à), 251.
- Bostriches dans les forêts des Vosges (Les), 410.
- Bournillon (Isère). Nature, industrie, tourisme, 105.
- Bourse de voyage (Attribution d’une), 63.
- Bovidés (La transmission d’une maladie dés), 30.
- Brandis (Les Cadièresde), 55.
- Braula Cæca (La), 221.
- du 2b novembre 1905.
- Brazza (Savorgnan de), 271.
- Bruges-Heyst (Le nouveau port de), 195.
- Brûleurs à gaz (Un nouveau), 191.
- c
- Câble du monde (Le plus long), 143.— Les rayons Rœntgen au service des câbles, 187.
- Cadières de Brandis (Les), 55.
- Cafés (Propriétés des), 127.
- Campanile de Saint-Marc à Venise (Les travaux du), 415.
- Campholide (Préparation d’une nouvelle ), 383.
- Camphre sodé (Dérivés du), 15.
- Canada (Le service géologique du), 42.
- Canal de la mer du Nord à la Méditerranée (Le), 20. — Canal maritime de la Baltique à la mer Noire, 291.
- Canons (La détérioration rapide des), 84. — Canons paragrêles, 111.
- Canot automobile (Le), 236. — Nouvel accroissement de vitesse des canots automobiles, 303.
- Cantilever (Une rue en), 111. *
- Caoutchouc (La décomposition du), 62.
- Captage des eaux souterraines au Touat (Le), 19. -
- Carat (La question du), 82.
- Carénage au Japon (Un nouveau dock de), 30.
- Carènes (Le centre de résistance des), 4.
- Carpalhes (Géologie des), 239.
- Cartilages (Les lésions des), 143.
- Cartons plissés imperméables (Les), 373.
- Castor du Rhône et ses parasites (Le), 118.
- Cavernes de Belgique, 62. — Les deux plus grandes cavernes d’Europe : Adelsberg et le llôll-Loch, 90.
- CeFules (Fixation d’éléments par les), 95.
- Cerf-volant auxiliairedu nageur (Le),303.
- Chalain (Jura) (La cité lacustre de), 143.
- Chaleur solaire par l’eau (Accumulation de la), 46. — Chaleurs spécifiques aux très basses températures, 334.
- Champignon .Maladie animale produite par un), 15. — Champignon père de famille, 335.
- Chapeau de paille de dames (Le), 188.
- Charbon de bois pour les gaz (Pouvoir absorbant du), 382. — Charbon employé comme antidote (Le), 306. — Charbon : Les dépôts flottants de combustible pour la marine anglaise, 339.
- Charcot (L’expédition), 38.
- Chargement mécanique des matériaux (Le), 51.
- Chat. Nos animaux dans la civilisation égyptienne (Le), 346.
- 27
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-
- 418
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Châtaigne en Corse (Le pain de), 370.
- Chauffage (Une station centrale originale de!, 302.
- Chemin de fer métropolitain à Tokio (Un), 2. — Chemin de fer marin du Key-West, 14. — Les leviers électriques dans les chemins de fer, 327.— L’avancement du chemin de fer de la Jungfrau, 279. — Les chemins de fer de la Perse, 238. — Le chemin de fer de La Mecque et le chemin de ferd’A-den, 371. — Les voitures automobiles des chemins de fer anglais, 335. — Chemin de fer de Kaves au Niger. 385. — Les chemins de fer et les maladies contagieuses, 411.
- Chemins antiques (Les rainures des), 207.
- Chevaline aux Etats-Unis (L’industrie),
- 120.
- Chlorophylle du géranium, 270.
- Chrysanthèmes capités (Le drcsseincnt des), 208.— Études chimiques sur la culture des chrysanthèmes, 203.
- Chute des corps dans l’air ^La loi de la),
- 111.
- Cloche à plongeur iün retour à la), 15.
- Colle (Une théorie de l’action de la),255.
- Collisions en mer (Du moyen d'éviter les), 106.
- Coloniaux en Afrique (Jardin d’essais), 53.
- Comète de Tempel (Le retour de la première), 102.
- Commande d’appareils à distances, 79.
- Concours de jouets de 1905 (Le), 379.
- Conserves alimentaires bizarres. Les myr-tils, 185.
- Coolgardie (La conduite d’eau de), 40.
- Coprolithes de Bernissart (Les), 394.
- Corps nouveau (Préparations de), 63,383.
- I Coton hydrophile (La fabrication du), 226.
- Coupe Gordon Bennett (L’éliminatoire française pour la), 75. — La coupe Gordon Bennett, 110.
- Crabe des cocotiers (Le), 399.
- Crépusculaires (Les lueurs), 157.
- Créqui-Monlfort (La mission de), 100.
- Creux du Soucy (Exploration du), 315.
- Cristallisation (Contribution à la théorie de la), 399.
- Croiseur allemand à turbines, 319.
- Crustacés décapodes (Capture de), 351.
- Cuirassé italien, 379. — Le cuirassé japonais « le Katori », 283.
- Cuivre électrolytique (Le), 414.
- Cyanhydrique (Graminées productrices d’acide), 384.
- Cycle (Le premier Salon suisse de l’automobile et du), 130.
- I)
- Désinfectants médicaux (La valeur comparative des), 78.
- Désinfection par le sucre brûlé, 127. — La désinfection des navires et le gaz pauvre, 271. — Désinfection des navires par le gaz sulfureux liquide, 369.
- Dessiccation des matières organiques (La), 335.
- Diamants artificiels, 303.
- Digue-barrage de 600 mètres (Une), 302.
- Digue flottante, 46.
- Dragage (Le record du), 62.
- Drague de grande puissance (Une nouvelle), 286.
- Dynamite (Une explosion de 11 700 kilogrammes de), 94.
- Dynamométrique du colonel Renard (Le moulinet), 51.
- Byscrasie acide (La), 15.
- E
- Eau à Londres (La distribution de U), 350. — Les eaux alimentaires de Paris, 147. — Abaissement des eaux de la Beauce, 99. — La purification naturelle des eaux, 271. — Le traitement des eaux par l’ozone à Philadelphie, 335. — Une conduite d’eau de 400 kilomètre0, 387.
- Eclairage (Les dilapidations des procédés d’), 254.
- Éclipse de soleil du 30 août 1905, 03, 82, 143. 162, 238, 239, 254, 255. 271, 287, 303, 400.
- Écluses (La suppression des), 152.
- | Edelweiss (L’), 123.
- I Élection à l’Académie des sciences, 95. i Electricité à bord d’un navire de guerre (L’), 238.
- Electrique chantant (L’arc), 47.
- Electrique (La production de l’énergie), 182.
- Éléphants de Ceylan, 287.
- Energie électrique (Production de U), 182.
- Eolithes (Origine des), 78. — La question des éolithes, 218.
- Erosions des côtes par la mer, 246. — Défense des côtes contre les érosions de la mer, 324.
- Espagne (Géologie de 1’), 94. — Espagne (Les rizières d’), 122.
- Étain et papier d’aluminium (Papier d’),
- 66.
- Etalons métriques (La stabilité des), 182.
- États-Unis (La proportion d’hommes et de femmes aux), 299.
- Eventail ventilateur, 128.
- Exposition d’agriculture coloniale au Jardin colonial de Nogent, 95.
- Extincteurs chimiques des pompiers anglais, 133.
- Falaises (Du polissage de certaines), 289.
- Filatures (Applications de l’électricité dans les), 136.
- Filets pare-torpilles (L’utilité des), 393.
- Fluor et les composés oxygénés de l’azote (Le), 47.
- Fluorescéine et ses emplois (La), 214.
- Fondations à très grande profondeur, 14.
- Fondations isolantes contre les bruits et les trépidations, 151.
- Fonte monstres (Pièces de), 399.
- Force motrice à 60000 volts (Transmission de), 398.
- E’ossiles île Patagonie (Animaux), 415.
- Foudre en boule (La), 127.
- Fourneaux (Les progrès des hauts), 30.
- Fourrages (Les branches d’arbres comme succédanés des), 270.
- Fractures (Le mouvement dans le traitement des), 111.
- Fraisés (Sur l’huile grasse contenue dans les), 319.
- Fulmi-colon (Sur la décomposition du), 398.
- Fusils de guerre modernes (Balistique des), 50.
- G
- Gaolian (Le), 81.
- Garance et alizarine, 59.
- Gaz pauvre et la désinfection des navires 271.
- Gaz (Un nouveau brûleur à), 191. — Les explosions de cylindres de gaz comprimés, 414.
- Gélatine bichromatée insolubilisée par la lumière (Composition de la), 358.
- Gentiane et paludisme (La), 387.
- Géologie du Kalahari (Les actions biologiques dans la), 378.
- Géologique du Canada (Le service), 42.
- Géranium (Chlorophylle du), 270.
- Gibier (L’élevage artificiel du), 522.
- Gomme laque (La décomposition pyro-génêe de la), 323.
- Gordon-Bennett (Les grandes épreuves automobiles. La coupe), 110.
- Gorille géant de la rivière Sangha (Congo), 129.
- Goudronnage des routes (Le), 78.
- Graminées productrices d’acide cyanhydrique, 384.
- Grêle (Canons para-), 111.
- Grisou dans les terrains tourbeux (Le), 286.
- Grue de 180 tonnes (Une), 30.
- II
- Hélium (Essai de liquéfaction de F), 339.
- Hématozoaires (Nouveaux), 367.
- Hémonies (Les), 89.
- Hémophilie (Sérothérapie de F), 519.
- Hérédité et propriété venimeuse (I/), 143. — L’hérédité des stigmates de dégénérescence, 355.
- Himalaya (La conquête de 1’), 184.
- Homme droit et l’homme gauche (L’), 330.
- Horlogerie suisse en 1904 (L’), 208.
- Houille (Les colorants de la), 91.—Découverte de couches de houille, 94.
- Houillères (Les lampes à incandescence dans les), 287.
- Huile de palme (Une industrie africaine. La fabrication de U), 239.
- Huîtres et la fièvre typhoïde (Les), 114. — Alimentation artificielle des huîtres, 362.
- Hydrologie souterraine, 127.
- I
- lbogaet l’ibogaïne (L’), 171.
- Identification d’un cadavre, 127.
- Jnca (La vestidura del). Musée archéologique de Madrid, 551.
- Inclinaison magnétique en Europe (L ), 390.
- Inde (Ethnographie de U), 63.
- Indicateur de vitesse (Un nouvel), 198
- Indigo (La fermentation de U), 126.
- Inondations de la Baltique sur la côte allemande (Les), 7.
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-
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- Irrigation aux États-Unis (Une entreprise il'), 50.
- J
- Janovas (Le défilé de), 376.
- Japon (Une île nouvelle au), 62. — La science au Japon, 235.
- Japonaise (Les plus récentes unités delà flotte), 209.
- Jardins d’essais coloniaux en Afrique (Les), 53.
- Jouets de 1905 (Le concours de), 379.
- Jumelle Bellieni (Microphotographie avec la), 4.
- Jungfrau (L’avancement du chemin de fer de la), 279.
- Jupiter et de ses satellites (Le spectre de), 275.
- K
- Kalahari (Les actions biologiques dans la géologie du), 378.
- Katori » (Le cuirassé japonais «le),283.
- Kaves au Niger (Le chemin de fer de), 385.
- Key-Wcst (Chemin de fer marin du), 14.
- L
- Lampes : lampes à incandescence dans les houillères, 287. — Lampes à incandescence au tantale en Amérique, 278. — Lampes électriques à incandescence à filament d’osmium, 378. — Nouvelle lampe électiique à incandescence, 138. — Lampe électrique photogénique à vapeur de mercure, 104. — Lampes électriques. Soupapes électriques, 299.
- Lépidoptères (La position de repos chez les), 28.
- Leviers électriques dans les chemins de fer (Les), 32.
- Liège (Exposition universelle de), 131.
- Lignite pour le chauffage des locomotives (L’emploi du), 187.
- Liquéfaction de l’hélium (Essai de), 339.
- — Liquéfaction industrielle de l’air, 399.
- Locomotive à chaudière aquatubulaire, 62. — L’emploi du lignite pour le chauffage des locomotives, 187.
- Lumière tropicale (Les méfaits de la), 331.
- M
- Maçonneries (Le cimentage des), 126.
- Magnétisme terrestre (Variation du), 303.
- « Maine » (Renflouage du), 161.
- Maladies contagieuses (Les chemins de fer et les), 411.
- Manchons à incandescence (Essai de durée des), 368.
- Manganèse (Sur l’absorption de l’azote par le), 62.
- Maoris (Les Moas et les), 177.
- Marine italienne (Le budget de la), 502. — Les dépôts flottants de combustible pour la marine anglaise, 339.
- Maroc (Constitution géologique du), 63, 79.
- Mars (La photographie des canaux de), 170. .
- Mascim (Le barrancode), 39.
- Masdevallia (Fleurs chimères. Les), 225.
- Masscnet (Le commandant), 350.
- Manie/La mystérieuse pierre de), 16.
- Médecins (Femmes), 126.
- Mer Noire (Canal maritime de la Baltique à la), 291.
- Mer (La vision au fond de la), 254.
- Mer (Défense des côtes contre les érosions de la), 324.
- Mercure dans les trompes (Dispositif pratique pour le remontage du), 285. — Mercure phénylé (Propriétés du), 79.
- Méridienne de France (La). 335.
- Métallurgiques (Hauts faits). 271.
- Métaux(Coloralion interférenlielledes).5.
- Météorologie en France en 1904 d’après le rapport de M. Bouquet de la Grye, 114.
- Météorologiques (Observatoires), 47. — Observatoire météorologique du mont Ventoux, 352.
- Méthode des sciences naturelles (La), 594.
- Métrophotographie (Le mont Argéeet la), 71.
- Métropolitain à Tokio (Un chemin de fer). 2. — Le nouveau métropolitain de New-York, 155. — Le viaduc de Passy du Métropolitain, 2 3. — Le lancement des caissons du Métropolitain, 291. — Moteur électrique pour le Métropolitain de Paris. 383.
- Microbes de l’Océan (Les), 22. — Sur un nouveau microbe chromogénique, 319.
- Microphotographie avec la jumelle Bellieni, 14.
- Moas et les Maoris (Les), 177.
- Montagne (La physiologie dans la haute), 130.
- Mont Argée et la métrophotographie (Le), 71.
- Montmartre (Consolidation de la Butte-), 359.
- Morgan (Mission de), 17.
- Mortaises (Une tarière à faire les), 396.
- Moteurs à explosion (Appareil de mise en marche automatique des), 124.
- Moteur électrique pour le Métropolitain de Paris, 583.
- Moulage des métaux sans fusion (Le), 14.
- Moulinet dynamométrique du colonel Renard, 51.
- Moulins à vent (Travail des), 367.
- Mouvement perpétuel au musée du Puy (Tentatives de), 139.
- Musée des Arts décoratifs (Le), 511.— Les nouvelles galeries du Musée Royal d’histoire naturelle de Bruxelles, 494.
- N
- Navires (Profondeur d’eau et vitesse des), 78. — La désinfection des navires et le gaz pauvre, 271.
- Neige végétale à Paris (La), 78.
- Niagara (L’assèchement des chutes du), 30.
- Niger (Le chemin de fer de Rayes au), 585.
- N ombres (Propriétés des) ,111.
- Norvège (L’industrie des voyageurs en), 62.
- Nouvelle-Galles du Sud (Sables aurifères de la), 286.
- Nuages (Photographie des), 107.
- O
- Observatoire de Mustapha-Supéiieur (L’), 1. — Observatoire météorologique, 47. —Observatoire météorologique du Ventoux, 332. — Observatoire du Vésuve, 276. — Observatoire de Zi-Ka-woï, 179.
- Occultations (La prédiction des), 335.
- Œufs (L’alimentation par les), 170. — Toxicité des œufs, 383.
- Oiceaux insectivores (Les nids artificiels pour les) 321.
- Omnibus automobile parisien (Le premier). 63.— L’avenir des omnibus automobiles, 271. — Omnibus automobiles des i’.omp'ignies de chemin de fer anglaises, 263.
- Opéra lions i utra -thoraciques (Appareil du Dr Brauer-Draeger pour les). 66.
- Orages de la région parisienne (Les), 150.
- Organisme (MalièrtS minérales dans 1’), 93.
- Osmium (Lampe* électriques à incandescence à filament d’),378.
- Ouslalet (Émile), .'67.
- Oxvde de carbone et la santé publique IL’), 337.
- Ozone à Philadelphie (Le traitement des eaux par F), 535.
- P
- Palans électriques (Poulies et), 285.
- Paludisme (La gentiane et le), 387.
- Pancréatique (Propriétés du suc), 111.
- Parole (L’art de la bonne diction et la chronophotographie de la). 145.
- l cclie et filets électriques, 414.
- Peinturrs murales (L’action microbicide des peintures),290.
- Pérou (Télégraphie sans fil au), 286.
- Perse (Les travaux de la délégation française en), 17. — Le climat de la Perse, 203 — Les chemins de fer de la Perse, 238. — Tapis de Perse, 266.
- Peuplement des eaux douces, 31.
- Phare(L*s oscillations des tours de), 97.
- Phonocarte (La), 175.
- Photographie colorée, 51. — Photographie du soleil, 141. — Photographie météorologique, 193, 197.
- Physiologie végétale, 127. — Physiologie dans la haute montagne, 130.
- Pigeons en mer (Lâchers de), 126. —Le prix des pigeons voyageurs, 126.
- Pilotis de béton armé (Un apponteme en), 46.— Recépage des pilotis,286.
- Plantes volubiles(Le sens d’enroulement des), 224. —Propagation des plantes aquatiques, 287.
- Plateau Central (Le dévonien dans le), 367.
- Platine dans le monde (La production du), 62.
- Platine (La température de. fusion du), 126.
- Plâtrières d’Argenteuil (Description des), 415.
- Pluie de soufre, 22.
- Point critique (Expériences sur le), 143.
- Poison d’épreuve (Sur un), 62.
- Pollinisation des fleurs (La), 294.
- Pompiers anglais (Extincteurs chimiques
- des) ,'133’... , i . *
- Points transbordeurs (Les), 11. — Le
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-
- 420
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- pont en béton de Carbondale, 47. — | Pont du Song-Mâ, entre Hanoï et Hué (Indo-Chine), 260. — Un pont construit en 15 heures, 286.
- Port de Brugcs-Heyst (Le nouveau), 195.
- Portsmouth (L’arsenal de), 259.
- Poulie extensible (Une nouvelle), 173. — Poulies et palans électriques, 285.
- Poussière (Guerre contre la), 26.
- Préhistoriques (Études), 287.
- Préparation du terbium, 255. — Préparation d’une nouvelle campholide, 383.
- Prévision du temps (Concours international de la), 327.
- Prix Bolaï (Commission internationale du), 351.
- Puits artésiens de la Basse-Seine et de Paris (Les), 306, 341. — Puits funéraires Gallo-Romains de la Vendée (Les), 58.
- Purification naturelle des eaux (La), 271.
- Pygmées des forêts congolaises (Les), 241.
- Q
- Quartz à l’état amorphe (Sur le passage du), 414.
- R
- Racémiques dans la lumière polarisée (Le doublement des substances), 238.
- Races noires (Le type originel des). 31.
- Radioactive (Origine de la propriété) .111.
- Radioactivité de quelques sources thermales. 254.
- Radiobeset la génération spontanée (Les), 350.
- Radiothérapie, 63.
- Radium sur le mélange gazeux d’hydrogène et de chlore (Influence des ravons du), 414.
- Radoub de 280 mètres (Une forme de), 78.
- Rayons Roengten au service des câbles (Les), 187.
- Réactions à vitesses discontinues, 15.
- Reclus (Élisée), 113.
- Réfraction atmosphérique, 127.
- Relief terrestre aux époques géologiques (Le), 415.
- Renard (Le moulinet dynamométrique du colonel), 51.
- Renflouage du Maine, 161.
- Betournemer au Hohneek (Tramway électrique de), 164.
- Rhône (L’industrialisation de la perte et du canon du), 230.
- Richtofen (Décès de M. de), 319.
- Rivets en acier et en fer posés à chaud (Propriétés des), 95.
- Riveuse par pression à main de M. F. Ar-nodin (Les), 85.
- Riz (Bière de), 362.
- Rizières d’Espagne (Les), 122.
- Roches explosives, 303.
- Roses bulgares (La vallée des), 344.
- Rouille (Production de la), 16.
- Roulement à billes au xvme siècle (Les).
- Ruberoïd (Le), 258.
- Rues bètonées, 62.
- S
- Saint-Marc (Les travaux du campanile et de l’église), 415.
- Saint-Nazaire (La nouvelle entrée du port de), 134. ,
- Sakhaline, 243.
- Salon suisse de l’automobile et du cycle (Le premier), 130.
- Sang (Le lavage du), 143.
- Santos-Dumont XIV (Le), 257.
- Savon (L’action antiseptique du), 305.
- Sérothérapie de l'hémophilie, 319.
- Serpent « globe-trotter » (Un), 160.
- Silicates (Action de la terre arable sur les), 239.
- Sodium (Les amalgames de), 270.
- Soffioni de Toscane (Les), 200.
- Sole (L’élevage de la), 204.
- Soleil : Taches du soleil, 229, 350, 567. — Photographie du soleil, 141.
- Sons (Reproduction amplifiée des), 78.
- Soufre (Auto-oxydation du), 271.
- Soupapes électriques (Les tubes à vide. Lampes électriques), 299. — La soupape légère Gutermuth, 304.
- Sources pendant le 2e semestre 1905 (Le débit des), 47. — Radioactivité de quelques sources thermales, 254. — Les matières de l’eau de source, 127. — Sources et tremblements de terre, 199. — Captage des sources thermales, 399.
- Sourds-muets (Les), 35. — L’audition chez les sourds-muets, 399.
- Sous-marins anglais (Les), 49.—Les sous-marins de la Pallice-La Rochelle,116.
- Spectre de Jupiter et de ses satellites (Le), 275.
- Speclroscope solaire, 585.
- Station centrale électrique de la Société d’électricité de Paris à Saint-Denis iLa), 402.
- Steamer Dieppe pour la traversée de la Manche (Le nouveau), 401.
- Stéréoscope dièdre à grand champ à miroir bissecteur, 354.
- Sucre (La conservation du bois par le) ,531.
- Suisse (Une nouvelle ligne de montagne en), 238.
- Sulfate d’ammoniaque de la tourbe (Extraction du), 126.
- Sulfurique par le procédé de contact (Formation de F), 403.
- Sureau (Propriété des feuilles de), 94.
- T
- Tantale (La lampe à incandescence au), 278.
- Tapis de Perse, 266.
- Tarières à faire les mortaises (Une), 396.
- Télégraphie maritime sans fil à l’étranger (La), 86. — Télégraphie sans fil au Pérou, 286. — L’organisation pratique de la télégraphie sans (il en Allemagne, 382.
- Téléphones à New-York (Les), 567.
- Tempel (Le retour de la première comète de), 102.
- Temps (Concours international de prévision du), 327.
- Terbium (Préparation du), 255.
- Théâtre pendant les représentations (Reconstruction d’un), 62.
- Thibcl (La mission anglaise au), 392.
- Thorium (Réduction de l’oxyde de), 127.
- Tiflis, 407.
- Tissus en fils de papier, 46.
- Tokio (Un chemin de fer métropolitain à), 2.
- Torpilles (L’utilité des filets pare-), 305.
- Torpilleur suédois (Contre-), 335.
- Touat (Le captage des eaux souterraines au), 19.
- Tourbe (Extraction du sulfate d’ammoniaque de la), 126.
- Tourbeux (Le grisou dans les terrains), 286.
- Traction électrique (Les avantages de la), 14. — Traction électrique à Bologne, 251.
- Tramway électrique de Retournemer au Hohneek, 164.
- Transbordeurs (Les ponts), 11. — Chariots électriques transbordeurs, 227.
- Travail mécanique des bœufs, 319.
- Traverses métalliques (La supériorité des), 111.
- Tremblements de terre (Les sources et les) 199. — Les tremblements de terre de la Calabre, 319.
- Trombe du 28 août (La), 239. — Une trombe sur le lac de Zug, 255. — Mouvement ascensionnel d’une trombe, 383.
- Trypanosomes (Traitement d’une maladie à). 111. — Les maladies à trypanosomes, 374.
- Tuberculaires (Les), 157.
- Tuberculeux de Paris et le casier sanitaire (Les foyers), 262.
- Tuberculose, Paris, octobre 1905 (Le Congrès international de la), 318.
- Tubes à vide. Lampes électriques. Soupapes électriques (Les), 299.
- Tunnel au temps des Hébreux (Un), 215.
- Turbines à vapeur à Essen (Les), 65. — Croiseur allemand à turbines, 319.
- Tuyaux (Machine à faire les joints de), 59.
- Typhoïde (Les huîtres et la fièvre). 114.
- Tziganes (L’origine des), 351.
- U
- Uranus et de Neptune (Les atmosphères d’), 211.
- V
- Vapeur à faible tirant d’eau, 15.
- Vapeur (Consommation des machines à , 595.
- Végétaux (La potasse dans les), 415.
- Véhicules industriels et de fourgons militaires (Le concours de), 212.
- Vent et les arbres (Le), 555.
- Ventilateur (Éventail), 128.
- Ventilation par l’air pur (La), 47.
- Verre (La reconstitution en — des infiniment petits), 216.
- Viaduc sur le Zambèze (Le), 119. — Le viaduc dePassy du Métropolitain, 275.
- Vigne (Une maladie de la), 15. — Dépérissement des vignes françaises, 94.
- Vipère (Le venin de la), 79.
- Vitesse (Un .nouvel indicateur de), 198.
- Voiliers monstres à machine auxiliaire, 270.
- Volcans du centre de la France (Les),
- 15.
- W Y Z
- Whitehead, 414.
- Yachts à travers l’Atlantique (La récente course de), 54.
- Zambèze (Le viaduc sur le), 119.
- Zèbres au Jardin d’acclimatation. (Le dressage des). 79.
- Zygœna Contamine) (La), 534.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Acloque (A.). — Les hémonies, 89. — Les tuberculaires, 137. Le sens d’enroulement des plantes volubiles, 224. — Les Meurs chimères. Les mansdevallia, 225. — Champignons pères-de-famille, 335.
- Aliuret (Ci.aude). — Uu serpent globe-trotter, 160.
- Allemagne (Henry-René d’). — Les automates, 35. — La phonocarte, 175.
- Ardoin-Ddmazet. — La mystérieuse pierre de Maule, 16. — Le canal de la mer du Nord à la Méditerranée, 20.
- IL (A.). — Tentatives de mouvement perpétuel au musée du l'uy, 139. — La lampe à incandescence au tantale en Amérique. 278.
- Baudoin (Marcel). — Les puits funéraires gallo-romains delà Vendée, 58.
- Bellet (Daniel). — Un chemin de fer métropolitain à Tokio, 2. — Le chargement mécanique des matériaux, 31. —Les bateaux glissants, 53. — La récente course de yachts à travers l’Atlantique, 54. — Le bateau-râteau de la Basse-Loire, 87. — Le nouveau métropolitain de New-York, 154.
- — L’emploi du lignite dans le chauffage des locomotives, 187. — Le nouveau port de Bruges-Heyst, 195. — Un nouvel indicateur de vitesse, 198. — Le creusement d’un tunnel au temps des Hébreux, 215. — Chariots transbordeurs électriques, 227. — Le rubéroïd, 258. — Le cuirassé japonais le Katori. — Le lancement des caissons du métropolitain, 291. — Canal maritime de la Baltique à la mer Noire, 291. — Un roulement à billes au xviue siècle, 597. — Le nouveau steamer Dieppe pour la traversée de la Manche, 401.
- Blin (Henri). — Du moyen d’éviter les collisions en mer, 166.
- — Une nouvelle source d’alcool, 253.
- Bonnin (R.). — Les ponts transbordeurs, 11. — Les oscillations des tours de phare, 97 — Le viaduc sur le Zambèze, 119. — Érosions des côtes par la mer, 246. — Le viaduc de Passy dn métropolitain, 273. — Défense des côtes contre les érosions de la mer, 324.
- Bougeois (Henry). — Machine à faire les joints de tuyaux, 59. — Papier d’étain et d’aluminium, 66. — Conserves alimentaires bizarres, les myrtils, 183. — Le canot automobile, 236. — Bateaux de guerre automobiles, 267. — Les branches d’arbres comme succédanés des fourrages, 270.
- — Le chemin de fer de La Mecque et le chemin dé fer d’Aden, 371.
- Boussac (P.-Hippolyte). — Nos animaux dans la civilisation égyptienne. Le chat, 346.
- Boyer (Jacques). — La conservation du bois par le sucre, 381.
- Brandicourt (Virgile). — Pluie de soufre, 22. — Graminées productrices d’acide cyanhydrique, 384.
- Briet (Lucien). — Le barranco de Mascun, 39. — Du polissage de certaines falaises, 289. — Le défilé de Janovas, 376.
- Brunhes (B.). —L’inclinaison magnétique en Europe a-t-elle été de tout temps positive?, 390.
- Cartaz (Dr A.). — L’alimentation par les œufs, 170. — L’anesthésie par la lumière bleue, 186. — L’action microbicide des peintures murales, 290. — L’homme droit et l’homme gauche, 530. — L’hérédité des stigmates de dégénérescence,
- 555. ___La gentiane et le paludisme, 387. — Les chemins
- de fer et les maladies contagieuses, 411.
- Chalmarès (G.). — Le concours de jouets de 1905, 379.
- Chevalier (Marcel). — La nouvelle entrée du port de Saint-Nazaire, 135.
- Clément A.-L. . — Le Gaolian, 81. — La Braula Cœca, 221.
- Corcelle (.1.). — L’industrialisation de la perte et du canon du Rhône, 230.
- Cordier (Henri). — L’Observatoire de Zi-Ka-weï, 179.
- Correvon (Henry).— L’Edelweiss, 125.
- Coupix (Henri). — L’élevage de la sole, 204. — La vision au fond de la mer, 234. — L’araignée labyrinthe, 252. — La pollini-ation des fleurs, 294.
- Darvillé (Wili ). — Les sous-marins anglais, 49. — La télégraphie maritime sans lil à l’étranger, 86. — Extincteurs chimiques des pompiers anglais, 133. — La suppression des écluses, 152. — Les dépôts flottants de combustible pour la marine anglaise, 339.
- Diffloth (Paul). — Les foyers tuberculeux de Paris et le casier sanitaire, 262. — L’élevage artificiel du gibier, 322.
- Dollfus (G.). — Les puits artésiens de la Basse-Seine et de Paris, 306, 541.
- Drioton (Cle'sient). — Exploration du Creux du Soucy, 315.
- Duffart (Charles). — L’art de la bonne diction et de la chronophotographie de la parole, 145.
- Dumazet (Ardouin). — Abaissement des eaux de la Beauce, 99.
- Espitallier (L‘-Colonel G.). — Le moulinet dynamométrique du colonel Renard, 51. — Le Santos-Dumont XIV, 257.
- Forbin (A7.). — Les pygmées des forêts congolaises, 241.
- Fournier (Lucien). — Le premier omnibus automobile parisien, 63. — Les sous-marins à La Pallice. La Rochelle, 116.
- — Appareil de mise en marche automatique des moteurs à explosions, 124. —Tramway électrique de Retournemer au Hohneck, 164. — Les rayons Roengten au service des câbles, 187. — Le chapeau de paille de dames, 188. — Essai de durée des manchons à incandescence, 368. — L’installation pratique de la télégraphie sans fil en Allemagne, 382. — La nouvelle balayeuse-arroseuse automobile, 399. — Les bostriehes dans les forêts des Vosges, 410.
- Gayet (Ab.). — Les fouilles d’Antinoé, 167.
- Guarini (Émile). — Le pont en béton de Carbondale, 47.
- Guglielminetti (Dr). — Guerre contre la poussière, 26. — Appareil du Dr Brauer-Draeger pour les opérations intrathoraciques, 66.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — La question du carat, 82. — La stabilité des étalons métriques, 182. — Essai de liquéfaction de l’hélium, 339. — Le commandant Massenet, 350.
- Hamy (E.-T.). — Un gorille géant de la rivière Sangha (Congo), 129. — La vestidura del Inca, musée archéologique de Madrid, 351.
- Hébert (A.). — La production de la rouille, 16. — Les microbes de l’Océan, 22. — Un nouveau brûleur à gaz, 191.
- — Étude chimique sur la culture des chrysanthèmes, 203.
- — La fluorescéine et ses emplois, 214. — Le dédoublement des substances racémiques dans la lumière polari.-ée, 238.
- — La décomposition pyrogénee de la gomme laque, 323. — Propriétés physiques de l’argile, 355. — Composition de la gélatine bichromatée insolubilisée par la lumière, 358. — Formation de l’acide sulfurique par le procédé de contact, 403. — Influence du radium sur le mélange gazeux d’hydrogène et de chlore, 414.
- Hessor (Paul). — Lâchers de pigeons en mer, 126.
- Jaubert (Joseph). — Les orages de la région parisienne, 150.
- Labbé (Paul). — Sakhaline, 243.
- Laffargue (J.). — Les turbines à vapeur à Essen, 65. — Bec
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- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHARÉTIQUE.
- intensif à flamme renversée, 112. — Éventail ventilateur. 128. — Nouvelle lampe électrique à incandescence, 138.
- — Fondations isolantes contre les bruits et les trépidations, 151. — La production de l’énergie électrique, 182. — Traction électrique à Bologne, 251. —Les tubes avide. Lampes électriques. Soupapes électriques, 299. — Lampes électriques à incandescence à filaments d’osmium, 378. — Consommation des machines à vapeur, 395. — La station centrale électrique de la Société d’électricité de Paris à Saint-Denis, 402.
- Lafitte (Jean). — Le dressage des zèbres au Jardin d’acclimatation, 79. — Les Moas et la Maoris, 177. — Le Congrès international de la tuberculose, 318. — La méthode des sciences naturelles. Les coprolitbes de Bernissart, 394. Laloy (Dr L.). — La position de repos chez les Lépidoptères, 28. — Les nids artiliciels pour les oiseaux insectivores, 321.
- — Les actions biologiques dans la géologie du Kalaliari, 378. Landrin (Dr Ai.b.). — L’iboga et l’ibogaïne, 171.
- Launay (L. de). — Les soffioni de Toscane, 200. — La vallée des roses bulgare, 344. — Les radiobes et la génération spontanée, 350.
- Laussedat (Colonel). — Le mont Argée et la métropho-tographie, 71.
- Lebois (D.). — La détérioration rapide des canons, 84. — Renflouage du Maine, 161. — La science au Japon, 235.
- — Tapis de Perse, 266. — Poulies et palans électriques, 285. — Alimentation artificielle des huîtres, 362. — Une tarière à faire les mortaises, 596.
- Leroy (J.). — Un nouvel autoclave, 320.
- Levy (Albert). — L’oxyde de carbone et la santé publique, 337.
- Libert (Lucien). — L’Observatoire de Mustapha-Supérieur, 1.
- — Le retour de la première comète de Tempel, 102. — La photographie des canaux de mars, 170. — Le spectre de Jupiter et de ses satellites, 275. — L’Observatoire du Vésuve, 276.
- Loir (Dr A.). — Désinfection des navires par le gaz sulfureux, 369.
- Loncociie (P.). — Les sourds-muets, 35. — Le service géologique du Canada, 42. — Micrographie des aciers au vanadium, 109. — La proportion d’hommes et de femmes aux États-Unis, 299. — Le pain de châtaigne en Corse, 370. Louciieux (G.). — Emploi des pavés d'asphalte comprimés, 55. Garance et alizarine, 59. — Les colorants de la houille, 91.
- — Les cartons plisses imperméables. 373.
- Marcel (Gabriel). — La mission de Créqui-Montfort, 100. Mareschal (G.). — Microphotographie avec la jumelle Bellieni, 4. — Lampe électrique photogénique à vapeur de mercure, 104. — Stéréoscope dièdre à grand champ à miroir bissecteur, 354.
- Maron (Alfred). — L’éclipse de soleil du 30 août 1903 dans les départements, 82.
- Marre (Francis). — Coloration interférentielle des métaux, 5.
- — La fabrication de l’acide citrique, 282. — Le charbon employé comme antidote, 306.
- Martel (E.-A.). — L’expédition Charcot, 38. — Les deux plus grandes cavernes d’Europe. Adelsberg et le Hôll-Loch, 90.
- — Nature, industrie, tourisme. Bournillon (Isère), 105. — Élisée Reclus, 113. — Les eaux alimentaires de Paris, 147.
- — La conquête de l’Ilimalaya, 184. — Les sources et les tremblements de terre, 199. — Savorgnan de Brazza, 271.
- — Bakou, 295. — Tiflis, 407.
- Maumené (Albert). — Le dressement des chrysanthèmes capi-tés, 268. — Titlis, 407.
- Mériel (P. de). — Le captage des eaux souterraines au Touat, 17. — La prétendue disparition de la baleine, 69. — Les rizières d’Espagne, 122. — Les procédés de conservation des bois et leurs inconvénients, 151. — Une nouvelle poulie extensible, 173. — Le climat de la Perse, 203. — Les récentes unités de 1. flotte japonaise, 209. — La fabrication du coton hydrophile, 226. — La fabrication de l’huile de
- palme, 239. — L’arsenal de Porsmouth, 259. — Omnibus automobile des compagnies de chemins de fer anglaises, 263. — La soupape légère Gutermuth, 504. — Une bigue de 180 tonnes, 305. — Quelques applications curieuses du béton a^mé .389. —Un aéroplane à 1200 mètres, 412.
- Michaux (J.). — Les méfaits de la lumière tropicale, 331.
- Millocheau (G.). — Dispositif pratique de remontage du mercure dans les trompes, 283.
- Mingaud (Galien). — Le castor du Rhône et ses parasites, 118.
- Murvaux (H. de). — Éléphants de Ceylan, 287.
- Nansouty (Max de). — La neige végétale à Paris, 78. — La riveuse par pression de M. F. Arnodin, 85. — Le pont du Song-Mâ entre Hanoï et Hué (Indo-Chine), 260. — Consolidation de la Butte Montmartre, à Paris, 359.
- üdier (Julien). — Balistique des fusils de guerre modernes, 50.
- Ouadé (Dr). — Les huîtres et la fièvre typhoïde, 114. — La physiologie dans la haute montagne, 130.
- P. (M.). —La cité lacustre de Chalain (Jura), 143.
- Physalix (Dr C.). — Les animaux venimeux, 263, 363.
- Plumandox (J. R.). — L’éclipse de soleil à l’Observatoire du Puy-de-Dôme, 406.
- Quénisset (F.). — Photographie météorologique. — Photographie des nuages, 107. — Photographie des météores, 195.
- Rabot (Charles). — Les inondations de la Baltique sur la côte allemande, 7. — Croisière arctique de la Belgica, 251.
- Ramakers (L.). — L’Exposition universelle de Liège, 131. — Applications de l’clectricité dans les filatures, 136. — La reconstitution en verre des infiniment petits, 216.
- Reclus (Maurice). — La question des éolithes, 218. — La mission anglaise au Tliibct, 592.
- Regelsperger (Gustave). — Les travaux de la délégation française en Perse, mission de Morgan, 17. — Les jardins d’essais coloniaux en Afrique. 53. — Exposition d’agriculture coloniale au jardin colonial de Nogent, 95.— L’avancement du chemin de fer de fa Jungfrau, 279. — Le Chemin de fer de Kayes au Niger, 385.
- Reverchon (L.). — Au pays de la boîte à musique, 23. — L’horlogerie suisse en 1904, 298.
- Robida (Léo). — La leçon d’Alger-Toulon, 10. — L’éliminatoire française pour la coupe Gordon-Bennett, 75. — Les grandes épreuves automobiles. La coupe Gordon-Bennett,
- 110. —Le concours de véhicules industriels et de fourgons militaires, 212.
- Rochas (Albert de). — Les rainures des chemins antiques, 207.
- Rondou (P.). — La zygæna contaminei, 334.
- Rudaux (Lucien). — L’éclipse totale de soleil du 30 août 1905, 43. — La foudre en boule, 127. — La photographie du soleil, 141. — Les lueurs crépusculaires, 157. — Formation rapide de taches solaires, 229. — Le vent et les arbres, 353.
- Rutot (E.). — Les nouvelles galeries du musée royal (l'Histoire naturelle de Bruxelles, 404.
- Tardieu (Gustave). — L’observatoire météorologique du mont Ventoux, 382.
- Tivoli (A.). — Les travaux du Campanile et de l’Eglise Saint-Marc à Venise, 415.
- Touchet (En.). — Particularités de l’éclipse du 30 août prochain, 162. — Les atmosphères d’Uranus et de Neptune, 211.
- Varigny (Henry de). — Les problèmes de l’acide carbonique,
- 102.
- Vaudoyer (Jean-Louis). — Le musée des arts décoratifs, 311.
- Villedeuil (Ch. de). — Comptes rendus des Séances hebdomadaires de l’Académie des sciences, 15, 30, 47, 63, 78, 94,
- 111, 127, 145, 159, 175, 206, 223, 239, 255, 271, 287, 303, 319, 335, 351, 367, 383, 399, 415.
- Viret (Dr). — Le premier salon suisse de l’automobile et du cycle, 130. — Aéroplane Dufaux, 219.
- Vitoux (Georges). — Les maladies à trypanosomes, 374.
- Z... — Les leviers électriques dans les chemins de fer, 327.
- Zurciier (i’h.). — Les Cadières de Brandis, 55.
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- TABLE DES MATIÈRES
- ï\»;
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sonf Indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACTES OFFICIELS.
- Sociétés savantes. — Expositions. Musées.
- Comptes rendus des Séances de l’Académie des Sciences (Ch. df, Yilledeuil), 15, 30, 47,63, 78, 94, 111,127,
- 143, 159, 175, 206, 223, 239, 255, 271, 287, 303,
- 319, 335, 351, 367, 383 ................... 399, 415
- Exposition d’agriculture coloniale au Jardin colonial de
- Nogent (G. Regelsperger)............................ 95
- L’Exposition universelle de Liège (L. Ramakers). . . . 131
- Le musée des arts décoratifs (Jean-Lodis Vaudoyer) . . 311
- Le concours de jouets de 1905 (G. Chalmarès) .... 379
- Les nouvelles galeries du musée d'Histoire naturelle de
- Bruxelles (E. Rutot)................................404
- Élection de M. Curie à l'Académie des Sciences . . 95
- Une commission internationale pour le prix Bolaï. 351
- II. - SCIENCES EXACTES.
- 1. — Astronomie.
- L’Observatoire de Mustapha-Supérieur (L. Lirert) ... 1
- I/éclipse totale de soleil du 30 août 1905 (L. Rüradx) . 43
- L'éclipse du 30 août 1905, 63, 143, 239, 255, 271, 287
- L’éclipse de soleil du 30 août 1905 dans les départements (Alfred Maron).............................. 82
- Le retour de la première comète de Tempel (L. Lidert) 102
- La photographie du soleil (L. Rddaüx).............141
- Particularités de l’éclipse du 30 août 1905 (Em. Toi-
- ciiet).........................................162
- La photographie des canaux de Mars (L. Libert) . . . 170
- L’Observatoire du Zi-ka-weï (II. Cordier)........ 179
- Les atmosphères d’Uranuset de Neptune (Em. Tocchet). 211
- Formation rapide de taches solaires (L. Rddaüx) . . . 229
- Le spectre de Jupiter et de ses satellites (L. L.). . . . 275
- Prédiction des occultations.......................333
- Les taches du soleil.............................. 550, 367
- L’Éclipse de soleil à VObservatoire du Puy de Dôme (J. R. Pi.umandon)................................406
- 2. — Sciences mathématiques.
- Le mont Argée et la métrophotographie (Colonel Lausse-
- dat).................................................. 71
- La question du Carat (Ch.-Ed. Guillaume).............. 82
- La stabilité des étalons métriques (Ch.-Ed. Guillaume) . 182
- Nouvelle valeur des constantes de Vaberration ... 79
- Propriétés des nombres................................111
- La méridienne de France...............................355
- III. — SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. — Physique.
- Coloration interférentielle des métaux (F. Marre). . . 5
- Le moulinet dynamométrique du colonel Renard (L‘-Co-
- lonel G. Espitallier).................................. 51
- La question du Carat (Ch.-Ed. Guillaume) ...... 82
- Les lampes à incandescence............ 158, 278, 287, 568
- Tentatives de mouvement perpétuel au musée du Puy
- (A. B.)................................................139
- Essai de liquéfaction de l’hélium (Ch.-Ed. G.)............339
- Stéréoscope dièdre à grand champ à miroir bissecteur (G. Mareschal)............................................554
- Accumulation de la chaleur solaire par l'eau ... 46
- Reproduction amplifiée des sons.................."78
- Origine de la propriété radioactive..................Ml
- La loi de la chute des corps dans l’air..........111
- Réfraction atmosphérique............................ 127
- Une théorie de l'action de la colle..................255
- Radioactivité de quelques sources thermales. . . . 255
- Chaleurs spécifiques aux très basses températures . 334
- Travail des moulins à vent...........................567
- Spectroscope solaire.................................383
- Les explosions de cylindres de gaz comprimés. . . 414
- 2. — Électricité.
- La télégraphie maritime sans fil à l’étranger (Will Dar-
- villé)................................................ 86
- Lampe électrique photogénique à vapeur de mercure
- (G. Mareschal)........................................104
- Applications de l'électricité dans les filatures (L. R.). . 156
- Nouvelle lampe électrique à incandescence (J. Laf-
- fargue)...............................................158
- La production de l’énergie électrique (J. Laffargue). . 182
- Les rayons Rœntgen au service des câbles (L. F.). . . 187
- Traction électrique à Bologne (J. L.)....................251
- Les tubes à vide. Lampes électriques. Soupapes électriques (J. Laffargue).................................299
- Lampes électriques à incandescence à filament d’osmium
- (J. L.).............................................. 378
- L’organisation pratique de la télégraphie sans fil en Allemagne (L. Fournier)....................................382
- La station centrale électrique de la Société d’électricité de Paris à Saint-Denis (Seine) (J. Laffargue) .... 402
- L’arc électrique chantant................................ 47
- Commande d’appareils à distances......................... 79
- Le plus long câble du monde..............................143
- L'électricité à bord d’un navire de guerre. . . . 238
- La télégraphie sans fil au Pérou.........................286
- Les téléphones à New-York................................367
- Moteur électrique pour le métropolitain de Paris. . 383
- Transmission de force motrice à 60000 volts et distribution à Mexico.....................................398
- Pêche et filets électriques..............................414
- Le cuivre électrolytique.................................414
- 3. — Chimie.
- Production de la rouille (A. H.)......................... 16
- Garance et alizarine (G. Loücheux)....................... 59
- Papier d’étain et papier d’aluminium (H. Bougeois) . . 66
- Les colorants de la houille (G. Loücheux)................ 91
- Les problèmes de l’acide carbonique (H. de Yarigny). . 102
- Micrographie des aciers au vanadium (P. Loncoche). . . 109
- Un nouveau brûleur à gaz (A. Hébert......................191
- La fluorescéine et ses emplois (A. Hébert)...............214
- Le dédoublement des substances racémiques dans la
- lumière polarisée (A. II.)............................238
- Fabrication de l’acide citrique (F. Marre)...............282
- La décomposition pyrogénée de la gomme laque (A.
- Hébert)...............................................323
- L’oxyde de carbone et la santé publique (A. Lévy) . . . 337
- Propriétés physiques de l’argile (A. Hébert).............355
- Composition de la gélatine biehromatée insolubilisée par
- la lumière (A. Hébert)................................358
- Graminées productrices d’acide cyanhydrique (Y. Bran-dicourt)...............................................384
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-
-
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- m
- TABLE DES MATIÈRES.
- Formation do l’acide sulfurique par procédé de contact
- (A. n.;........................................... 403
- Influence des rayons du radium sur le mélange gazeux
- d’hydrogène et de chlore (A. II.'................. 414
- La dyscrasie acide.................................... 15
- Réactions à vitesses discontinues..................... 15
- Acidité des alcools................................... 15
- Dérivés du camphre sodé............................... 15
- Le fluor et les composés oxygénés de l’azote. ... 47
- Sur /’absorption de l'azote par le manganèse . . . 62
- La décomposition du caoutchouc........................ 62
- La production du platine dans le monde............... 6'2
- Préparation de corps nouveau.......................... 63
- Propriété du mercure phényle.......................... 70
- La fermentation de l'indigo.......................... 126
- Extraction du sulfate d’ammoniaque de la tourbe . 126
- La température de fusion du platine...................126
- Réduction de l’oxyde de thorium.......................127
- Expériences sur le point critique.....................145
- Action de la terre arable sur les silicates...........239
- Préparation du terbium................................255
- Acier au carborundum.......................... . . 270
- Les amalgames du sodium...............................270
- Autooxydation du soufre...............................271
- La composition du béryl...............................271
- Diamants artificiels..................................303
- Sur l'huile grasse contenue dans les fraises. . . . 319
- Sur un nouveau microbe chromogénique..................319
- La dessiccation des matières organiques..............335
- Pouvoir absorbant du charbon de bois pour les gaz. 382
- Préparation d’une nouvelle campholide.................383
- Sur la décomposition du fulmi-coton...................398
- 4. — Photographie.
- Microphotographie avec la jumelle Bellieni (G. Mares-
- chal)............................................ 4
- Le mont Argée et la métrophotographic (Colonel Lausse-
- dat)............................................ "1
- L’art de la bonne diction et la chronophotographie de la
- parole (Ch. Duffart)........................... 145
- La photographie des météores (F. Qüénisset)........193
- Photographie directe d’une éclipse.................258
- Photographie colorée............................... 31
- IV. — SCIENCES NATURELLES
- 1. — Météorologie. — Physique du globe.
- Photographie météorologique. Photographie des nuages, photographie des météores (F. Quénisset). 107 . . . 193
- La foudre en boule (L. Ruraux)......................127
- Les orages dans la région parisienne (J. Jaubert) . . . . 150
- Les lueurs crépusculaires (L. Rudaux)...............157
- Les observatoires de Zi-Ka-weï (H. Cordier), 179; — du Vésuve (L. Libert), 276; — du mont Yentoux (G.
- Tardieu).............................................332
- Une trombe sur le lac de Zug........................... 255
- Concours international de prévision du temps..........327
- Le vent et les arbres (L. Ruraux).....................353
- L’inclinaison magnétique en Europe a-t-elle été de tout
- temps positive? (B. Brunhes).........................390
- Exploration de l'atmosphère........................... 31
- Observatoires météorologiques......................... 47
- Canons paragrèles.................................... 111
- La trombe du 28 août 1905............................ 239
- Variation du magnétisme terrestre.....................303
- L’existence du contre-alizé au sud des Açores . . . 319
- Mouvement ascensionnel d’une trombe...................385
- La question des contre-alizés........................ 383
- 2. — Géologie. — Minéralogie.
- Le service géologique du Canada (P. Loncoche) .... 42
- Les sources et les tremblements de terre (E.-A. Martel). 199
- Les soffioni de Toscane (L. De Launay)..............200
- Erosions des côtes par la mer et défense contre les érosions (R. Bonnin)............................... 246, 524
- Du polissage de certaines falaises (L. Briet).......289
- Les puits artésiens de la Basse-Seine et de Paris (G.
- Dollfus)..................................... 306, 541
- Les actions biologiques dans la géologie du Kalahari
- (Dr L. Laioy)........................................378
- Les volcans du centre de la France.................. 15
- Une lie nouvelle au Japon........................... 62
- Constitution géologique du Maroc..................63. 79
- Géologie de l'Espagne................................... 94
- Découverte de couches de houille........................ 94
- Géologie des Carpathes..................................259
- Les sables aurifères de la Nouvelle-Galles du Sud. 286
- Roches explosives ..................................... 308
- Le grisou dans les terrains tourbeux....................286
- Les tremblements de terre de la Calabre.................319
- Le dévonien dans le plateau central.....................567
- Contribution à la théorie de la cristallisation. . . 599
- Sur le passage du quartz ou cristal de roche à l’état
- amorphe..............................................414
- Le relief terrestre aux époques géologiques .... 415
- Description des plâtrier es d’Argent euil...............415
- 3. — Zoologie. — Élevage, Acclimatation. Paléontologie.
- La position de repos chez les Lépidoptères (Dr L. Laloy). 28 La prétendue disparition de la baleine (P. deMériel). . 69
- Les hémonies (Acloque).................................... 89
- Les huîtres et la fièvre typhoïde (Dr Ouare)..........114
- Le castor du Rhône et ses parasites (Galien Mingaud). . 118
- Un gorille géant de la rivière de Sangha (Congo) (E.-T.
- Hamy).................................................. 129
- Un serpent « globe-trolter » (Claire Alraret) .... 160
- Les Moas et les Maoris (Jean Lafitte)................. 177
- Le dressage des zèbres au Jardin d’aeclimalalion Jean
- Lafitte)............................................... 179
- Lâchers de pigeons en mer (Paul HessorI................... 126
- L’élevage de la sole (Henri Coupin)........................204
- La reconstitution en verre des infiniment petits (L. Ra-
- makers).................................................216
- La Braula cœca (A.-L. Clément).............................221
- La vision au fond de la mer (Henri Coupin).................234
- L’araignée labyrinthe (Henri Coupin).................. . 252
- Les animaux venimeux (Dr C. Physalix)......................263
- Eléphants de Ceylan (H. de Murvaux)........................287
- Les nids artificiels pour les oiseaux insectivores (Dr L.
- Lai.oy).................................................321
- La Zygœna Contaminei (P. Rondou).................. . 334
- Nos animaux dans la civilisation égyptienne. Le chat
- (P.-Il. Boussac)........................................346
- Les radiobes et la génération spontanée (L. de Launay). 350
- Les maladiès à trypanosomes (G. Vitoux)...................374
- L’hérédité des stigmates de dégénérescence (A. Cartaz). 355
- L’élevage artificiel du gibier (Paul Diffi.oth)...........322
- Alimentation artificielle des huîtres (D. L,).............362
- Les actions biologiques dans la géologie du Kalahari (Dr
- L. Laloy)...............................................378
- La méthode des Sciences naturelles. Les eoprolithes de
- Rernissart (Laffite)....................................394
- Les bostriches dans les forêts des Vosges (L. Fournier)....................................................410
- Maladie animale produite par un champignon. . . 15
- La transmission d’une maladie des bovidés .... 50
- Peuplement des eaux douces............................... 51
- Figures d’animaux sur des parois rocheuses. ... 79
- Le venin de la vipère.................................... 79
- Fixation d’éléments par les cellules..................... 95
- Matières minérales dans l'organisme...................... 95
- Le prix des pigeons voyageurs . ........................ 126
- L'industrie chevaline aux États-Unis................... 126
- travail mécanique des bœufs............................. 319
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- Nouveaux hématozoaires..................................567
- Toxicité des œufs.......................................385
- Le crabe des cocotiers..................................398
- 4. — Botanique. — Agriculture.
- Les microbes de l’Océan A. H.).......................... 22
- Pluie de soufre (V. Brandicourt)........................ 22
- Les Jardins d’essais coloniaux en Afrique (G. Regels-
- perger).............................................. 53
- La neige végétale à Paris (M. de Nansouty) 78
- Le Gaolian (A.-L. Clément).............................. 81
- Exposition d’agriculture coloniale au Jardin colonial de
- Nogent (G. Regelsperger)............................. 95
- Les rizières d’Espagne (P. de Mériei.)..................122
- L’Edelweiss (H. Coiirevon)..............................123
- Les tubcrculaires (A. Acloque)..........................137
- Les procédés de conservation des bois et leurs inconvénients (P. de M.).....................................154
- I/iboga et l’ibogaïnc (I)r Alb. Landrin) . ....... 171
- Conserves alimentaires bizarres. Les myrtils (H. B.). . . 183
- Etudes chimiques sur la culture des chrysanthèmes (A.
- Hébert)..............................................205
- Le sens d’enroulement des plantes volubiles (A. Acloqde). 224
- Fleurs-chimères. Les Masdevallia (A. Acloque)...........225
- Le dressement des chrysanthèmes capités (A. Maumené). 268 Les branches d’arbres comme succédanés des fourrages
- (Boügkois)...........................................270
- Progrès delà sériciculture en Indo-Chine (E. Dadre). . 290
- La pollinisation des fleurs (H. Coupin).................294
- Les nids artificiels pour les oiseaux insectivores (Dr L.
- Laloy)............................................. 521
- La conservation du bois par le sucre (J. Boyer). . . . 551
- Champignons père-de-fainille (A. Acloque)...............335
- La vallée des roses bulgare. (L. de Lauxay).............544
- Le vent et les arbres (L. Rudaux).......................355
- Le pain de châtaigne en Corse (P. Loncoche).............370
- Graminées productrices d’acide cyanhydrique (V. Bran-
- dicourt).............................................384
- Une maladie de la vigne................................. 15
- Maladie animale produite par un champignon . . 15
- Lu nutrition des arbres................................. 31
- Dépérissement des vignes françaises..................... 94
- Propriété des feuilles de sureau........................ 94
- Propriété des cafés.....................................127
- Physiologie végétale....................................127
- Effets de l'éclipse sur les végétaux....................254
- La chlorophylle du géranium.............................270
- Propagation des plantes aquatiques......................287
- Caractères distinctifs des arbres de lumière et
- d'ombre............................................. 287
- Sur l’huile grasse contenue daus les fraises .... 319
- Sur un nouveau microbe chromogénique....................319
- La dessiccation des matières organiques.................335
- Effet de la lumière colorée sur la constitution du
- blé..................................................367
- La potasse dans les végétaux............................415
- V — SCIENCES GÉOGRAPHIQUES.
- 1. — Géographie. — Exploration.
- Les inondations de la Baltique sur la côte allemande
- (Ch. Rabot)............................................. 7
- Les travaux de la délégation française en Perse. Mission
- de Morgan (G. Regelsperger)............................ 17
- L’expédition Charcot (E.-A. Martel)....................... 38
- Le barranco de Mascun (Lucien Briet)...................... 39
- Les Cadières de Brandis (Pu. Zurcher)..................... 55
- Le mont Argée et la métrophotographie (Colonel Laus-
- sedat)................................................. 71
- Abaissement des eaux de la Beauce (Aiidouin-Dumazet). 99
- La mission de Créqui-Montfort (G. Marcel).................100
- Sature, industrie, tourisme. Bournillon (Isère) (E.-A. . Martel)...................................................105
- La conquête de l’Ilimalaya (E.-A. Martel)...............184
- Le climat de la Perse (P. de M.)........................203
- La fabrication de l’huile de palme en Afrique (P. de
- Mériel)..............................................239
- Les pygmées des forêts congolaises (V. Forbin) .... 241
- Sakhaline (Paul Larbé'..................................243
- Croisière arctique de la « Belgica » (Charles Rabot). . 251
- Bakou (E.-A. Martei.)...................................295
- La proportion d’hommes et de femmes aux Etats-Unis
- (I*. L.).............................................299
- Le chemin de fer de la Mecque et le chemin de fer
- d'Aden (H. Bougeois).................................371
- Le défilé de Janovas (L. Briet).........................376
- La mission anglaise au Thibet (M. Reclus................392
- Tiflis (E.-A. Martel'...................................407
- Un retour à la cloche à plongeur........................ 15
- Une tle nouvelle au Japon............................... 62
- L’industrie des voyageurs en Norvège.................... 62
- Les chemins de fer de la Perse..........................238
- Le fleuve Amour comme voie navigable....................286
- L existence du contre-alizé au sud des Açores ... 319
- La question des contre-alizés...........................383
- 2. — Hydrologie. — Spéléologie.
- Le captage des eaux souterraines au Touat (P. de M.). 19
- Les deux plus grandes cavernes d’Europe : Adelsberg
- et le Hôll-Loch (E.-A. Martel)....................... 90
- Les sources et les tremblements de terre (E.-A. Martel). 199 Les puits artésiens de la Basse-Seine et de Paris (G. Doll-
- fus)......................................... 506, 541
- Exploration du Creux du Soucy (Clément Drioton). . . 515
- Le débit des sources pendant le 2e semestre 1905. . 47
- Cavernes de Belgique.................................... 63
- Hydrologie souterraine..................................127
- Radioactivité de quelques sources thermales .... 255
- Captages des sources thermales..........................399
- 3. — Anthropologie et Ethnographie. Préhistoire et archéologie.
- La mystérieuse pierre de Maule (Ardouin-Dumazet). . . 16
- Les puits funéraires gallo-romains de la Vendée (M. Baudoin) .................................................. 58
- La cité lacustre de Chalain (Jura) (M. P.).............145
- Les fouilles d’Antinoé (A. Gayet).......................167
- Les rainures des chemins antiques (A. de Rochas) . . 207
- Le creusement d’un tunnel au temps des hébreux (D. B.) 215
- La question des éolithes (M. Reclus)....................218
- La science au Japon (D. L.)............................ 255
- Le chat dans la civilisation égyptienne. (P.-H. Boussac). 346 La vestidura del Inca, Musée archéologique de Madrid
- (E.-T. Hamy)........................................ 351
- Le pain de châtaigne en Corse (P. Loncoche).............370
- Le type originel des races noires....................... 31
- Ethnographie de l’Inde.................................. 65
- Origine des éolithes.................................... 78
- Figures d’animaux sur des parois rocheuses. . . . 79
- Etudes préhistoriques...................................287
- L’origine des tziganes..................................351
- Considération sur les animaux fossiles de Patagonie. 415
- VI — SCIENCES MÉDICALES
- Médecine. — Physiologie. — Hygiène.
- Les microbes de l’Océan (A. H.).......................... 22
- Guerre contre la poussière (Dr Guglielminetti) .... 26
- Les sourds-muets (P. L.)................................. 35
- Appareil du Dr Brauer-Draeger pour les opérations intrathoraciques (Dr Guglielminessi)............................ 66
- Les huîtres et la fièvre typhoïde (Dr Ouadé).............114
- La physiologie dans la haute montagne (Dr Ouadé) . . 130
- Les eaux alimentaires de Paris (E.-A. Martel). .... 147 L’alimentation par les œufs (Dr A. Cartaz).................170
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-
-
- 426
- TABLE DES MATIÈRES.
- L’iboga et l’ibogaïne (Dr A. Landrin)................
- I/anesthésie par la lumière bleue (Dr A. Cartaz). . . .
- La fabrication du coton hydrophile (P. de M.'........
- Les foyers tuberculeux de Paris et le casier sanitaire
- (P. Diffloth)......................................
- L’action microbicide des peintures nouvelles (Dr A. Cartaz) ................................................
- Le charbon employé comme antidote (F. Marre, . . .
- Le congrès international de la tuberculose (J. Lafitte). L'homme droit et l’homme gauche (I)r A. Cartaz) . . . Les méfaits de la lumière tropicale (J. Michaux) . . . L’oxyde de carbone et la santé publique (A. Lévy). . . L’hérédité des stigmates de dégénérescence (Dr A. Cartaz) ................................................
- Désinfection des navires par le gaz sulfureux liquide
- (Dr A. Loir).......................................
- Les maladies à trypanosomes (G. Vitoox)..............
- La gentiane et le paludisme (|)r A. Cartaz)..........
- Les chemins de fer et les maladies contagieuses (I)r A.
- Cartaz)............................................
- Les dalles en béton armé comme engins de filtrage.
- La ventilation par l’air pur.........................
- Sur un poison d'épreuve..............................
- Radiothérapie........................................
- La valeur comparative des désinfectants médicaux .
- Le goudronnage des routes............................
- Traitement d'une maladie à trypanosomes..............
- Propriétés dn suc pancréatique.......................
- Le mouvement dans le traitement des fractures . .
- Femmes médecins......................................
- Identification d un cadavre..........................
- Désinfection par le sucre brûlé......................
- Le lavage du sang....................................
- Les lésions des cartilages...........................
- L'hérédité et la propriété venimeuse.................
- La purification naturelle des eaux...................
- Le gaz pauvre et la désinfection des navires. . . .
- L’action antiseptique du savon.......................
- Sérothérapie de l'hémophilie.........................
- Le traitement des eaux par l’ozone à Philadelphie.
- La distribution de l’eau à Londres...................
- Toxicité des œufs....................................
- L’audition chez certains sourds-muets................
- Altérationsphysiologiques dues à l’altitude ....
- VII. — SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. — Mécanique. — Industrie.
- Arts industriels.
- Au pays de la bo te à musique (L. Reverchon) .... Le chargement mécanique des matériaux (D. Bellet) .
- Les automates (H.-R. d’Allemagne)....................
- Machine à faire les joints de tuyaux (H. R.).........
- Les turbines à vapeur à Essen (J. Laffargue).........
- Papier d’étain et papier d’aluminium (IL Bouueois) . . La riveuse par pression à main de M. F. Arnodin (M.
- Nansouty)........................................
- Bec intensif à flamme renversée (.1. Laffargue). . . .
- Eventail ventilateur (J. L.).........................
- Extincteurs chimiques des pompiers anglais (Will Darvillé) ...........................................
- Une nouvelle poulie extensible (P. de M.). ......
- La phonocarte (II. d’Allemagne) ...................
- Le chapeau de paille de dames (L. Fournier). ....
- lin nouvel indicateur de vitesse (D. Bellet).......
- La fabrication du coton hydrophile (P. de M.) . . Chariots transbordeurs électriques (D. Bellet) ....
- Le rubéroïd (D. B.)................................
- Tapis de Perse (Lebois)............................
- Dispositif pratique de remontage du mercure dans les
- trompes (G. Millocheau)..........................
- Poulies et palans électriques (D. L.)..............
- L’horlogerie suisse en 1904 (L. Reverchon).........
- La soupape légère Gutermùth (P. de M.).............
- Une Ligue de 180 tonnes (P. de Mériel).................305
- Le musée des arts décoratifs (J.-L. Vaudoyer) .... 311
- Un nouvel autoclave (J. Leroy)...........................320
- Les cartons plissés imperméables (G. Loucheux). . . . 575
- Le concours de jouets de 1905 (G. Ciialmarès) .... 379
- Consommation des machines à vapeur (J. Laffargue . 595
- Une tarière à faire les mortaises ;R. L.)..............596
- Les roulements à billes au xvme siècle (I). B.,........397
- La nouvelle balayeuse-arroseuse automobile (L. Fournier) ..............................................599
- Vue grue de 180 tonnes................................... 30
- Tissus en fil de papier.................................. 46
- Propriétés des rivets en acier et en fer posés à chaud. 95 Liquéfaction industrielle de l’air..................599
- 2. — Éclairage et chauffage.
- Lampe électrique photogénique à vapeur de mercure
- (G. Mareschal)......................................104
- Nouvelle lampe électrique à incandescence (J. Laffargue'. 138 Lalampeà incandescence au tantale en Amériqne(A. B.). 278
- Les tubes à vide. Lampes électriques. Soupapes électriques (J. Laffargue).............................299
- • Essai de durée des manchons à incandescence (L. Fournier) ...............................................568
- Lampes électriques à incandescence à filament d’osmium
- (J. L ).............................................578
- Les dilapidations des procédés d'éclairage............254
- Les lampes à incandescence dans les houillères . . 287
- Une station centrale originale de chauffage .... 302
- 3. — Mines et métallurgie.
- Le moulage des métaux sans fusion....................... 14
- Les progrès des hauts fourneaux......................... 30
- Les divers aciers et leurs emplois...................... 63
- Découverte de couches de houille........................ 94
- La supériorité des traverses métalliques............... 111
- Hauts faits métallurgiques..............................271
- Les lampes à incandescence dans les houillères . . 287
- Pièces de fonte monstres................................399
- 4. — Art militaire. — Marine.
- Les sous-marins anglais (Will Darvillé)................. 49
- Balistique des fusils de guerre modernes (J. Odier) . . 50
- La détérioration rapide des canons (D. Lebois)........ 84
- Les oscillations de tours de phare (R. Bonnin) .... 97
- Les sous-marins à La Pallice-La Rochelle (A. Fanton). 116
- Renflouage du Maine (D. L.).............................101
- Des moyens d’éviter les collhions en mer (B. Blin. . . 166
- Les récentes unités de la flotte japonaise (P. de Mériel) 209
- Le cuirassé japonais le Katori (D. If.)...............283
- Les dépôts flottants de combustible pour la marine
- anglaise (Will Darvillé).............................339
- Cuirassé italien........................................379
- Vapeur à faible tirant d’eau.......................... 15
- Un nouveau dock de carénage au Japon................. 30
- Plaques de blindages japonaises........................ 46
- Le centre de résistance des carènes.................... 47
- Une forme de radoub de 280 mètres.................... 78
- L’électricité à bord d’un navire de guerre............258
- Budget de la marine italienne.......................• 302
- L’utilité des filets pare-torpilles...................305
- Croiseur allemand à turbines..........................319
- Contre-torpilleur suédois.............................335
- Relèvement d’un bateau par 40 mètres de fond. . . 415
- VIII. — ART DE L INGÉNIEUR. — CONSTRUCTION. TRAVAUX PUBLICS.
- Les ponts transbordeurs (R. Bonnin)................. H
- Le canal de la mer du Nord à la Méditerranée (Ardoüin-
- DumaZet)........................................... • 20
- Le pont en béton de Carbondale VE- Guarini)......... 47
- 171
- 186
- 226
- 262
- 290
- 306
- 518
- 330
- 331
- 337
- 555
- 369
- 374
- 587
- 411
- 46
- 47
- 62
- 63
- 78
- 78
- 111
- 111
- 111
- 126
- 127
- 127
- 143
- 143
- 143
- 271
- 271
- 303
- 319
- 335
- 350
- 383
- 399
- 399
- 23
- 31
- 35
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- 65
- 66
- 85
- 112
- 128
- 133
- 173
- 175
- 188
- 198
- 226
- 227
- 258
- 266
- 283
- 285
- 298
- 304
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-
-
-
- TABLE
- Emploi des pavés d’asphalte comprimé pour la confection
- des chaussées (G. L ).............................
- Le halcau-râteau de la liasse-Loire (IL Bellet, ....
- Le viaduc sur le Zambèse (R. Bosnin).................
- La nouvelle entrée du port de Saint-Nazaire (M. Chevalier ..............................................
- Fondations isolantes contre les bruits et les trépidations
- J. L.'............................................
- La suppression des écluses (Will Darvillé............
- Le nouveau port de Bruges-lleyst (I). Bellet(........
- Le creusement d’un tunnel au temps des Hébreux D. B.). L’industrialisation de la perte et du canon du Rhône
- (J. Corcelle).....................................
- L’arsenal de Porlsmouth (P. de Meriel)...............
- Le pont du Song-Mà, entre Hanoï et Hué (ludo-CInue)
- (Max de Nansouty).................................
- Le viaduc de Passy du métropolitain (R. Boamn) . . . Le canal maritime de la Baltique à la mer Noire (D.B.). Le lancement descaissons du Métropolitain (D.Bellet). Consolidation de la Butte-Montmartre (M. de Nansouty).
- Une conduite d’eau de 400 kilomètres.................
- Quelques applications curieuses du béton armé (P. de
- Mériei.) .........................................
- Les travaux du Campanile et de l’église Saint-Marc à
- Venise............................................
- Fondation à très grande profondeur...................
- Une entreprise d'irrigation aux États-Unis ....
- L’assèchement des chutes du Niagara . ...............
- Un appontement en pilotis de béton armé..............
- Digue flottante......................................
- La conduite d'eau de Coolgardie......................
- Reconstruction d’un théâtre pendant les représentations ...................*.........................
- Rues bétonnées.......................................
- Le record du dragage.................................
- Une explosion de 11 700 kg de dynamite...............
- Une rue en canteliver................................
- Le cimentage des maçonneries.........................
- Une nouvelle drague de grande puissance..............
- Un pont construit en 13 heures.......................
- Le recêpage des pilotis..............................
- Une digue barrage de 600 mètres......................
- IX. — TRANSPORTS. — MOYENS DE COMMUNICATION.
- 1. — Chemins de fer. — Navigation.
- Un chemin de fer métropolitain à Tokio (D. Bellet) . .
- Les bateaux glissants (D. Bellet)....................
- La récente course de yachts à travers l’Atlantique (Daniel
- Bellet) ..........................................
- Le nouveau métropolitain de New-York (D. Bellet) . . Tramway électrique de Retournômer au Hohneck (L.
- Fodrnier).........................................
- L’emploi du lignite pour le, chauffage des locomotives
- . (D. B.).........................................
- Chemins de fer aux Etats-Unis (Les accidents de). . . Le viaduc de Passy du métropolitain (R. Bonnin) . . .
- MATIÈRES. m
- L’avancement du chemin de fer de la Jungfrau (G.
- Regelsperger)...........................................279
- Le lancement des caissons du métropolitain (D. Billet). 291 Les leviers électriques dans les chemins de fer (Z....). . 527
- Le chemin de fer de la Mecque et le chemin de fer
- d’Âden (H. Boogeois).............................371
- Le chemin de fer de Rayes au Niger (G. Regelsperger . 385
- Le nouveau steamer Dieppe pour la traversée de
- la Manche (D. Bellet'............................401
- Les avantages delà traction électrique . •.......... 14
- Le chemin de fer marin de Key-West.................. 14
- La durée des stationnements sur les chemins de fer. 14
- Locomotive à chaudière aquatubidaire....................... 62
- Profondeur d’eau et vitesse des navires............. 78
- Une nouvelle ligne de montagne en Suisse...................258
- Les chemin s de fer de la Perse.....................238
- Voiliers monstres à machine auxiliaire.....................270
- Le cerf-volant auxiliaire du nageur........................303
- 2. — Automobilisme.
- La leçon d’Alger-Toulon (L. Robida)........................ 10
- Le premier omnibus automobile parisien (L. Fournier). 63 L’éliminatoire française pour la coupe Gordon-Bennett
- (L. Rodida;......................................... 75
- Les grandes épreuves automobiles. La coupe Gordon-
- Bennett (L. Robida)..................................... UO
- Automobilisme. Appareil de mise en marche automatique
- des moteurs à explosion (L. Fournier)...................124
- Le premier salon suisse de l’automobile et du cycle
- (DrVlRET)...............................................130
- Le concours de véhicules industriels et de fourgons militaires (L. Robida)....................................212
- Le canot automobile (H. Bougeois,..........................236
- Omnibus automobiles des compagnies de chemins de fer
- anglaises (P. de M.)....................................263
- Bateaux de guerre automobiles (H. B.)......................267
- L’avenir des omnibus automobiles.......................271
- Nouvel accroissement de vitesse des canots automobiles ................................................303
- Les voitures automobiles sur les chemins de fer anglais...............................................355
- 3. — Aéronautique.
- Aéroplane Bufaux (Dr Yiret)................................219
- Le Santos Dumont XIY (L'-colonel (G. Espitallier) . . 257
- Un aéroplane à 1200 mètres (Daniel Bellet).............401
- Altitudes atteintes par les ballons-sondes................. 62
- Détermination de la hauteur des ballons................111
- X. - NÉCROLOGIE.
- Elisée Reclus (E.-A. Martel)........................113
- Savorgnan de Brazza (E.-A. Martel)..................271
- Le commandant Massenet (Ch.-Ed. Guillaume;..........350
- Emile Oustalet. ....................................367
- M. Whilehead........................................414
- Décès de M. Pingard................................. 63
- Décès de M. de Richtofen........................... 319
- DES
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- ERRm
- Page 16, col. 2, ligne I. Au lieu de : Mesnard.
- Il faut : Moussard.
- Page 22, col. \, ligne 27. Au lieu de : M. Polliot.
- Il faut : M. Galliot.
- Page 83, dans le table au, à la ligne ^4n lieu de: 16 minutes, des Basses-Alpes, colonne, «pour II faut : 21 minutes, avoir l’heure locale, etc. »
- Page 275, col. 2, ligne 8 du bas. Au lieu de : Huygens.
- Il faut : Sir Huggins.
- Page 275, col. 2, ligne 25, 30 du Au lieu de : bandes X619.\ haut, 14 du bas, etc. X 6465.
- Il faut : raies X 6192, X 6405.
- Page 287, col. 1, ligne 8. Au lieu de : Merinvillc
- (Eure).
- Il faut : Mctreville (Eure).
- Page 307, col. 2, ligne 4 du bas. Au lieu de : tableau n° 4.
- Il faut : tableaux n°* 4 et 5.
- Page 308, col. 1, ligne 2. Au lieu de : tableau n° 5.
- Il faut : tableau n° 4.
- Page 308, col. 1, ligne 8. Ajouter : tableau n° 5.
- Page 308, col. 2, ligne 7. ' Au lieu de : grammes.
- Il faut : décigrammes,
- Page310,col.2,tableaun°6après: Ajouter les chiffres : pro-Marne orageuse jaune avee silex fondeur 13 à 17, épais-noirs. seur 4 mètres.
- Page. 319, col. 1 et 2, passim. Au lieu de : hématophilie
- Il faut : hémophilie.
- Page 379, col. 2, ligne 5 du bas. Au lieu de : le chiffre 1.
- Il faut : le chiffre 10.
- Pai is. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Miues.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration [abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cia,
- éditeurs de a La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1671 (3 juin 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- Exposition du fer forgé, du cuivre et de l'étain. —
- 1.’inauguration de l’Exposition du fer forgé, du cuivre et de l’étain -a eu heu le 23 mai, à 2 heures, au musée Galliéra, en [présence •d'un grand nombre d’invités.
- Accidents de chemins de fer. — De nombreux accidents, survenus pendant ces dernières années, ont démontré que les enregistreurs de vitesse étaient de grande utilité dans l’exploitation des chemins de fer. M. Gauthier, ministre des travaux publics, vient d'adresser à ce sujet des instructions au service dn contrôle et -d'insister auprès des compagnies en leur demandant de procéder rapidement à l’installation de ces appareils sur les machines des tiains de voyageurs et de marchandises.
- Volcanisme. — Le Vésuve a montré une certaine activité le 20 mai. Dans la nuit du 27 au 28 mai, le jet de laves et de scories atteignait une hauteur de 200 mètres. Par suite des détonations, des secousses de tremblement de terre se faisaient sentir dans les villages voisins. Le cône supérieur paraît modifié.
- Le combustible dans Paris. — On sait que les droits d’entrée du combustinle sont assez élevés dans Paris. Cependant il existait depuis longtemps une coutume qui, sous le nom d’« abonnement aux combustibles », avait pour objet de dispenser les industriels du payement des droits sur les combustibles employés à l’usage de leur industrie; il était fixé à une somme de 100 francs, plus 1 franc par tonne de combustible entré. Ce régime était soi-disant réservé jusqu’ici aux industriels qui exportaient des marchandises hors Paris, ou qui fabriquaient des produits sur lesquels le droit est perçu au moment où ils sont livrés à la consommation locale. Conformément à cette règle de l’octroi, le préfet de la Seine avait dernièrement refusé à la Compagnie générale des Tramways l abonnement industriel pour les combustibles employés dans son usine à produire l’énergie électrique en vue de la traction de ses voitures. La question fut portée devant le Conseil d’Etat ; le ministre des Finances a. fait remarquer que lfes principes généraux exonèrent toutes les matières premières employées dans les établissements industriels à la fabrication d’objets qui ne sont frappés d’aucun droit. Le Conseil d’Etat a rendu une décision annulant la décision du Préfet de la Seine. Cette question présentait un grand intérêt pour nombre d’industriels qui vont pouvoir jouir de l’abonnement industriel. La Compagnie parisienne ae l’air comprimé, qui avait vu toutes ses demandes rejetées, va l’utiliser aussitôt.
- La dégradation du béton de ciment. — Si nous en croyons <les expériences faites par la Compagnie américaine de Chicago. Milwaukee and Saint-Paul Railroad, l'huile pénétre assez facilement le béton de ciment, ce qui rend celui-ci plus apte à la désagrégation ; d'ailleurs, mieux est fait le béton, moins il est sujet à cet inconvénient.
- Épreuves des chaudières à vapeur. — Dans une récente communication à la North-East Coast Institution of Engineers, M. D. B. Morison est venu soutenir l’opinion que les épreuves sous pression d’eau et à froid qu’on fait subir aux chaudières ne peuvent nullement renseigner sur la résistance effective qu’elles présenteront à chaud et en service.
- La rupture des rajls. — On se plaint beaucoup aux États-Unis de cas trop fréquents tft ruptures de rails, et notre confrère Engineering News a recherché quelles pouvaient être les causes de ces fâcheux accidents. Cela résulterait surtout d'une /abrication trop hâtive. Les fabricants ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour augmenter leur production, mais sans s’occuper du reste; on arrive à ne plus employer que deux minutes pour laminer un rail, alors
- que l’opération devrait durer uné dizaine de minutes pour laisser le rail se refroidir graduellement.
- Locomotives à alcool. — 11 s’agit de tracteurs de modestes dimensions (20 à 25 chevaux) qui font le service de roulage dans les chantiers du tunnel de Karawank-n, en Carinthie ; elles consomment de l’alcool carburé à la benzine et donnent pleine satisfaction en assurant la traction mécanique sans fuméé.
- La pulpe de bois au Canada. — L’industrie de la transformation des forêts en pulpe de bois — et en papier — prend de jour en jour plus d’importance au Canada. Il est des usines, comme les Chicontimi Mills, sur la rivière Saguenay, qui produisent annuellement 100000 tonnes de cette pulpe.
- Voitures de livraisons électriques. — Il est fort intéressant d’avoir des données sur le prix des services que rendent les véhicules électriques. M. \Y. Timmis a fait des essais méthodiques en Amérique sur des voitures de livraisons mues par accumulateurs, et il est arrivé à cette constatation que la dépense totale par jour en revient à plus de 38 francs.
- Rivetage mécanique. — M. Arnodin, l’ingénieur bien connu, vient de combiner une riveuse, qui assure tous les avantages du rivetage mécanique, et qui ne nécessite pourtant pas une installation mécanique fournissant la force motrice. Le mouvement de rapprochement convenable des bouterolles est produit par un volant à main agissant sur une vis à double filetage, qui commande à son tour deux leviers articulés.
- Joints des conduites métalliques. — Notre confrère Iron Age signale une intéressante machine, due à M. D L. Lovekin, et permettant de poser mécaniquement les brides sur les tuyaux métalliques. En quelques minutes, la bride est sertie, et les joints obtenus sont étanches par eux-mêmes.
- Le Congrès d'Hygiéne sociale. — Les principales questions discutées au Congrès national de l’hygiène sociale, récemment tenu à Montpellier sous la présidence de M. Jules Siegfried, député, sont les suivantes : Application de la loi de 1902 sur la santé publique, le rôle de l’initiative privée (rapports du Dr Courmont, de Lyon, du Dr Pezet, de Montpellier, et de M. Moye, professeur à la Faculté de droit de Montpellier) ; expropriation pour cause d’insalubrité publique (M. -J. Siegfried); l’eau potable (MM. Bertin-Sans et Rodet, professeurs à Montpellier); les espaces libres dans les villes (Dr Letulle, de Paris) ; l’organisation de l’enseignement ménager et ae l’hygiène familiale; l’habitation salubre (M. Siegfried); l’absinthe (M. Barbey); ics Mutualités maternelles dans leurs relations avec les œuvres de lutte contre la mortalité infantile ; la Mutualité scolaire et son rôle antituberculeux (Dr Baumel, de Montpellier, MM. Cavé, Poussineau et Fuster) ; les Sociétés scolaires de secours mutuels (Dr Carrieu) ; la tuberculose (Dr Léon Petit).
- Un éboulement dans les bassins filtrants d’Ivry. — Le 25 mai, un éboulement s’est produit dans les bassins filtrants d’Ivry, où on procède actuellement à d’importants travaux d’agrandissements. Trois ouvriers ont été ensevelis; deux ont pu être retirés vivants, le troisième a été tué.
- Explosion à Nancy. — Dernièrement, à Nancy, dans une photographie, quatre ouvriers essayèrent de transvaser du collo-dion ; ils oublièrent qu’un fourneau se trouvait à proximité. Il en résulta une explosion qui détruisit l’atelier et brûla les ouvriers; un d’entre eux est mort.
- L’électricité dans les mines. — Les charbonnages anglais Bolekow, Yaughan, de Durham, viennent d’installer dans leurs galeries une distribution de courant électrique, à la fois pour la ventilation, l’éclairage, l’épuisement des eaux et la traction. On a monté dans ce charbonnage deux stations centrales, où la puissance motrice nécessaire à la génération du courant est fournie par les gaz des fours à coke (détail intéressant).
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d'informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que _ dans la Boite aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Eydoux, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Paris, nous adresse une Note sur la construction d’une Table d'orientation à l’aide de photographies panoramiques. L’auteur examine successivement : 1° l’établissement du canevas d’ensemble et l’exécution des épreuves panoramiques; 2° le dessin de la table et le report des détails. Cette intéressante étude est extraite du bulletin mensuel du Touring Club de France.
- M. le I)T Federico Sacco, professeur à l’École des ingénieurs de Turin, nous adresse une brochure intitulée : L’aérovoie, une solution pratique du problème delà locomotion aérienne. L’auteur y développe tout un projet très étudié de transport au moyen de ballons captifs attachés à une commune voie aérienne à câble. C’est là que se trouve selon lui la solution la plus prochaine du problème de la navigation aérienne, solution simple, peut-être banale, certainement pas idéale comme celle que cherchent les amateurs du dirigeable libre, mais qui présente de sérieuses qualités, susceptible d’en faire désirer la mise à l’essai en certains cas. Dans l’esprit de l’auteur, l'aérovoie remplacerait avantageusement, notamment dans les villes, les chemins de fer souterrains ou aériens toujours extrêmement coûteux. En outre, capable de surmonter n’importe quelle pente, l’aérovoie abolit une grande partie des difficultés orohydrogr;iphiques naturelles qui s’opposent aux moyens de transports usités jusqu’à nos jours (vallées, lacs, marécages, canons, etc.) ; cette indépendance de l’aérovoie, par rapport aux accidents de terrain, permettra d’éviter les trajets courbes et l’adoption du), parcours rectiligne sera une cause appréciable d'augmentation de la vitesse. —Enfin, les dépenses d’installation d’une aérovoie seraient très restreintes, réduites à l’établissement de pvlônçs de soutien et de stations.
- M. C. Pilate, chef d’escadron d’artillerie, à Sceaux, comme suite à l’article de M. Ferrand sur La Porte de Bons (n° 1667 du 6 mai 1905, page 364) et au sujet du rôle protecteur que l’auteur attribue aux rigoles creusées dans la voie, nous signale que des ornières analogues existent dans la partie de voie romaine mise à nu au-dessus de Ballaigues, près de Vallorbe : « Je ne sais si les travaux ont été continués depuis quelques années, mais quand je visitai la partie déblayée de la voie, en 1899, elle présentait un véritable aiguillage avec voie de garage latéral rendant possible le croisement de deux chars engagés dans ces profondes ornières de pierre. »
- M. Auguste Palun, manufacturier, à Avignon, nous écrit : « Je crois être utile à vos lecteurs en leur signalant un produit tout spécial que je viens de préparer en collaboration d’un professeur à l’École de viticulture de Montpellier. C’est un savon concentré appelé Résinol, qui, à la dose de 30 grammes par litre d’eau, et employé en pulvérisations ou arrosages, détruit tous les insectes nuisibles à l’agriculture depuis la Courtillière jusqu’aux plus petits pucerons. »
- Renseignements. — M. P. Fram, à Saint-Étienne. — 1° Le procédé que vous indiquez est bon et applicable au cuivre rouge. C’est celui qui est donné dans la 5e série des Recettes et procédés utiles. Vous aurez sans doute négligé de bien décaper l’objet (par lavage à l’acide chlorhydrique étendu); de plus, il faut prolonger l’immersion quelques heures : l’objet passe du brun au noir. — 2° Vous trouverez d’autres renseignements pour colorer le cuivre, dans Recettes et procédés utiles, 5e série. — 3° Consultez : 500 procédés modernes à l’usage des horlogers, etc. Imprimerie Camille Robbe, 209, rue Léon Gambetta, à Lille; Dorure, argenture,
- nickelage, galvanoplastie, par E.Keignart, chez l’auteur, 120, rue Championnet, à Pari*, et différents ouvrages de la collection Roret chez L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. J. C., à D. — Les peseurs automatiques ne sont pas-autorisés en France et le service de contrôle des poids et mesures refuse de les poinçonner; aussi aucune maison française ne fabrique le peseur Avery. Voyez à ce sujet les Communications dans la Boite aux lettres du n° 1657 du 25 février 1905.
- M. Alex. Mc. Intyre, à Winnipeg. — Le pagoscope se trouve chez M. Bernel-Bourette, 36, rue du Poitou, à Paris et chez tous les opticiens et marchands d’instruments pour le jardinage et l’horticulture, ainsi que nous l’avons indiqué en tète de la Boîte aux lettres du n° 1654 du 4 février 1 V*05.
- M. le DT Meynard, à Bourg-sur-Gironde. — La première de vos deux interprétations est la bonne; c’est d’ailleurs celle que nous avons donnée dans l’article du n° 1665 du 22 avril 1905, page 355 : la voiture fait un véritable saut périlleux.
- M. J. Risvernate, à Thassey. — D’après Arago, on donne généralement le nom de lune rousse à la lune qui, commençant en avril, devient pleine à la fin de ce mois, ou plus ordinairement dans le courant de mai. En 1905, elle a commencé le 4 avril et fini le 4 mai. Vous pouvez consulter à ce sujet 1 ’Annuaire pour 1905 publié par le bureau des Longitudes, à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Simonet, à Gap. — Consultez les ouvrages suivants r Paléontologie; Paléobotanique; Minéralogie; publiés à I» librairie Emile Deyrolle, 46, rue du Bac, à Paris.
- M. B., à Paris. — Nous ne saurions vous renseigner sur une question aussi purement technique : veuillez consulter un praticien ou un Manuel spécial, comme l’ouvrage : Serrurier, par Paulin-Desormeaux, à la librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. A. de Caradja, à Firgu Neamtu.—Pour le Solanum Labergeri, veuillez vous adresser à MM. Vilmorin-Andrieux,. 4 ,quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. G. G., 28, à Paris. — 1° Consultez le Recueil de Recettes: et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain. — 2° Nous ne comprenons pas votre question.
- Mme Danelle, à Paris.— Veuillez vous adresser à un médecin spécialiste.
- M. Georges Duclou, à Bordeaux. — Le meilleur moyen serait d’envoyer vos diverses brochures à M. Bonnier.
- M. R. Gervais, à Mayenne. —Nous ne saurions vous donner de conseil pratique sans autre renseignement que votre description trop sommaire ; adressez-vous à un photographe professionnel.
- M. J. Hayez, à Chimay. — Pour éloigner et chasser définitivement les rats des greniers, vous pouvez disposer dans ces pièces des branches de menthe sauvage, en prenant soin de les renouveler dès qu’elles se fanent.
- M. Mékndinot, à X. — 1°, 2°, 3°: Il nous est impossible de décider entre ces trois fumiers ; ils ont chacun leurs qualités qui feront préférer l’un ou l’autre suivant la culture que l’on aura en vue. — 4° Nous ne comprenons pas votre question, veuillez préciser. — 5° Vous trouverez des carnets analogues chez tous les papetiers.
- M. Gaston Lantz, à Mulhouse. — 1° Pour la préservation des saules pleureurs contre la chenille du Cossus ligniperda, consultez l’ouvrage Eléments de jardinage et d'horticulture, par M. A. Maumené, à la librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. — 2° Nous pensons que votre collection n’est pas faite dans de bonnes conditions de préservation ; vous feriez bien de mettre de la naphtaline dans chacune de vos boîtes.—3° Nous ne connaissrns pas d’expériences faites dans cette voie, mais elles pourraient être intéressantes : nous vous conseillons de placer vos chenilles longtemps avant l’éclosion dans des boîtes recevant de la lumière colorée à votre volonté au moyen de verres que vous interposerez entre elles et la source lumineuse.
- M. A. R. Grecia,k Siphnos. — Vous pourriez vous adresser à un chimiste et lui demander de faire l’analyse de vos différents types de terres.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Malleléant, à Termonde. Consultez le livre de Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et C‘% 120, bCAevard Saint-Germain, à Paris. — M. V. Bahy, à Villedieu. Consultez le même ouvrage, 4° série, à la même librairie. — M. Federico Sacceo, à Turin ; Eydoux, à Paris; Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la déduction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et dorme de son mieux les renseignements qui lui <?>}i t demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer tonies les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Nouveau store. —» M. Baumann vient de fabriquer un nouveau store qui présente des qualités et des avantages sérieux. Ce store comprend un rideau formé de petites lames obliques (3) de dimensions différentes; ces lames sont en bois de Suède, ou en pitchpin. Le rideau glisse dans les guides en fer à U posés de chaque côté du tableau. L’n rouleau automatique en
- Le store baumann.
- 1. Le rideau, le rouleau et la mise en place. — 2. Vue du store. — 3. Lames.
- fer équilibre le point du store qui s’arrête à toute hauteur, grâce à un ressort en acier anglais; il suffit de l’amener avec la main à la position voulue. Ce mécanisme est très simple, et peut fonctionner longtemps sans de grands dérangements. Le dessin ci-joint nous montre les ditlérentes parties du store. En 1 se trouvent le rideau, le rouleau et la mise en place. En 2 nous avons une vue d’ensemble du store. Enfin en 3 sont représentées les lames. — Les stores se trouvent chez M. W. Baumann, 12, rue du Delta, à Paris (IXe). •
- Table universelle à calcul. — L’appareil que nous représentons dans la figure ci-dessous est un modèle de table universelle à calcul. Il est formé d’un disque en métal du centre duquel s’écartent deux aiguilles. Celles-ci ont leurs extré-
- ïüiü.i
- Table à calcul.
- mités recourbées à angle droit et l’extrémité dernière de l’aiguille est à son tour retournée à gauche et à droite. Toutes les pointes de ces aiguilles se déplacent sur des cadrans où sont marquées des divisions. En appliquant un même principe, l’inventeur
- La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces
- est arrivé à construire une table pour le calcul des intérêts et des proportions, et une table spéciale pour les tours à fileter. Ces disques sont divisés avec une grande précision, et tous les traits sont marqués avec une netteté remarquable. Nous ne pouvons que signaler ces tables à nos lecteurs. La théorie en est un peu élevée et des descriptions complètes nous entraîneraient trop loin. — S’adresser à M. H. Mohlenbruck, ingénieur, à Lausanne.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les principes de la mécanique, par E. Wickersheimer, ingénieur en chef des mines. Paris. VTe Ch. Dunod, éditeur, 1905. Prix : 4 francs.
- Notions d’électricité. Son utilisation dans l’industrie, par Jacques Guillaume. Paris. Gaulhier-Villars, éditeur, 4905. 1 vol. in-8°. Prix : 3 francs.
- Etude pratique des roches, par F. Rinne, traduit et adapté par L. Pervinquière, avec une préface de A. Lacroix. Paris, F. R. de Rudeval, éditeur, 1905. 1 vol. in-12.
- Nouveau manuel complet du fondeur de fer et de cuivre, par A. Gillot et L. Lockf.rt ; nouvelle édition revue par N. Chrys-sociioïdès. Paris. Librairie L. Mulo, éditeur. 1905. 2 vol. in-18, brochés. Prix : 8 francs.
- La valeur de la science, par H. Poincaré. Paris, E. Flammarion, éditeur. 1 vol. in-18. Prix : 3,r,50.
- Esquisse d’une théorie biologique du sommeil, par le Dr Ed. Claparède, privat-docent à l’Université de Genève. Genève. H. Kündig, éditeur. 1905. 1 vol. grand in-8°. Prix : 3fr,50.
- Transcription phonétique universelle. Sténophonographie, par le Dr Jean Zimmermann. Varsovie. Imprimerie S. Orgel-brand et J. Or. 1905. 2 vol. brochés, in-4°. Prix : 6 francs.
- Das was verschindet (Ce qui disparaît), par l’archiduc Louis Salvator d’Auiriche. Leipzig. Brockhaus, éditeur. 1905. 1 album in-4° de 87 planches. Non dans le commerce. — Costumes de Dalmatie, Monténégro, etc.
- Table des matières du bulletin de la Société de géographie, au siège de la Société de Géographie, 184, boulevard Saint-Germain, Paris. 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 0 francs.
- La photographie au charbon simplifiée par L. Tranchant. Paris. Ch. Mendel, éditeur, 1905. 1 brochure de la collection de la Photo-Revue. Prix : 0fr,60.
- Radioactivité, par le Dr J. Daniel, ingénieur des Arts et Manufactures. Paris. Y'e Ch. Dunod, éditeur. 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 5fr,50.
- Précis d’analyse chimique quantitative, par E. Barral, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Lyon. Paris. J.-B. Baillière et fils, éditeur. 1905. 1 vol. in-18. Prix : 12 francs.
- La fabrication des émaux et T émaillage, traité pratique et guide de l’émailleur, par Paul Randeau, traduit et annoté sur la 3e édition allemande, par Em. Campagne, ingénieur chimiste. Paris. V,e Ch. Dunod, éditeur. 1905. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 7fr,50 ; cartonné, 8 francs.
- L’état actuel de l’électrométallurgie du fer et de l’acier, par Emile Guarini, professeur à l’Ecole des ingénieurs et d’Arts et Métiers de Lima. Paris. V’8 Ch. Dunod, éditeur. 1905. 1 brochure in-8°, texte français et anglais. Prix : lfr,25.
- Les animaux domestiques, histoire naturelle sous la direction de Gos. de Voogt. Paris. Ernest Flammarion, éditeur. 1905. Livraison XL Prix : 75 centimes.
- Les grandes cultures du monde, histoire naturelle populaire, sous la direction du Dr J. E. Van Somersn Brand. Paris. E. Flammarion, éditeur. 1905. Livraisons V et VI. Prix de la livraison : 75 centimes.
- Tours et les châteaux de Touraine, par Paul Vitry, attaché au Musée du Louvre. Paris. 1905. H. Laurens, éditeur. 1 vol. petit in-4°. Prix : broché, 4 francs; relié, 5 francs.
- Les grands artistes. — Lisippe, par Maxime Collignon, dç l’Institut. Paris. 1905. IL Laurens, éditeur. 1 vol. petit in-:8°i Prix : broché, 2fr,50; relié; 3fr,50. ; '
- Les grands artistes. — Praxitèle, par Georges Perrot, de l’Institut. Paris. 1905. H. Laurens, éditeur. 1 vol. petit in-8°. Prix : broché,/2fr,50; relié, 3fe,50.
- Les grands artistes. —Dnuris et lés vases grecs, par E, PotTier . de l’Institut. Paris, 1905. H. Laurens.: éditeur. 1 vol. petit in-8°. Prix : broché, 2tr,50; relié, 3fr,50.
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- NOUVELLE* SCIENTIFIQUES
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- Télégraphie longitudes : The pacifie arc from San Francisco to Manila 1905-1904, by Epwin Smith, publication du Coast and Geodetic Survey (Astronomv). 1 broch. in-4°. Washington, 1904.
- Précisé leveling from Red Desert, Wyoming, to Swyhee, ldaho, 1905, by John Hayford. Publication du Coast and Geodetic Survey (Iïypsometrv). 1 br. in-4°. Washington. 1904.
- Results of magnetic observations made by the coast and geodetic survey between july 1, 1905 and june 50, 1904, by L. A. Bauer. Publication du Coast and geodetic survey (ter-restrial magnétisai). 1 br. in-4\ Washington. 1904.
- Précisé leveling from Holland to new Braunfels, Texas, 1905, by John Hayford. Publication du Coast and geodetic survey (Hypsometry). 1 br. in-4°. Washington. 1904.
- A test of a transit micrometer, by John Haïforo. Publication
- du Coast and geodetic survey (Astronomy). 1 br. in-4°. Washington. 1904.
- Triangulation in California, part I, by A. L. Baldwin. Publi cation du Coast and geodetic survey (Geodesy). 1 br. in-4°. Washington. 1904.
- Report of the superintendenl of the coast and geodetic survey showing the progress of the work from july 1, 1905 to june 58, 1904. 1 br. in-4°. Washington.
- Die Symbolic der Lunation, par Bernhard Marr. Dux. C. Scheif-liauer, éditeur, 1905. 1 vol. in-8°. Prix 2 mk 10.
- Klimatographie von Oesterreich. Herausgegeben von der Di-l'ektion der K. K. Zentralanstalt fiir météorologie utul geodynamik. /. Klimalographie von Niederôsterreich, von J. Hann. 1 brochure in-8°. Wien. 1904. In Kommission bei W. Braumiiller.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES a» OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 mai 7," N. N. E. 3 Quelques nuages. 0,2 Gel. bl. ; nuag. ; un peu de pluie à 18 li. 40 et 19 h. 15.
- Mardi 23 6,5 N. E. 5. Beau. » Gelée bl. ; peu nuageux.
- Mercredi 24 7,7 N. N. E. 2. Beau. » Gelée bl. ; nuageux.
- Jeudi 25 9.9 N. 2. Couvert. » Presque couvert.
- Vendredi 26 14,0 E. S. E. 1. Nuageux. » Faible rosée ; très nuageux.
- Samedi 27 12 N. 1. Beau. » Forte rosée ; beau ; très brumeux.
- Dimanche 28 14.0 N. 2. Beau. )) Dosée ; beau.
- MAI 1905. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 2* MAI 1905
- Lundi | Mardi | Mercredi [ Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; lés flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe èn pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.e temps. — Le temps a été encore mauvais et froid cette semaiue. Le 22 mai, la pression barométrique préseniait des dépréssions en Russie et dans la péninsule Ibériquè; la pression étiil de 741 mm à Lisbonne. Des pluies sont tombées dans le Centre et le Sud de l’Europe ; eu France, on a recueilli 4 mm d'eau à Cette, 4 mm à Biarritz, 2 mm a Clermont, 1 mm à Boulogne. Le thermomètre marquait le matin 5° à Belfort, 10° à Lyon, 9° à Paris, 16® à Biarritz. Dans la banlieue de Paris,,on a observé des miuima de 2® et un peu de gelée blanche. Le 25 mai, une dépression assez profonde se trouvait sur la mer Méditerranée: la pression barométrique a Toulon était de 750 mm. Des vents d’entre Est et Nord ont soufflé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. Il a plu à Clermont (9 mm d’eau), à Perpignan (6 mm), à Bordeaux (2 mm), à. Boulogne (t mm). La température était basse : on notait le matin 7® à Paris, 7® à Nantes, 4® au mont Ventoux, — 2® au Puy de Dôme, — 3® au Pic du Midi. Le 2i mai, la pression barométrique est restée basse sur toute l’Europe ; elle n’a été un peu supérieure à 760 mm que dans le Nord-Ouest de la France. Ou ne signale de pluies que dans le Sud et le Sud Est; mais elles ont été très abondantes. Il est tombé 31 mm d’eau à Toulouse, 13 mm à Perpignau, 12 mm à Gap. La température
- était 7® à Paris, 7® à Clermont, 13® à Perpignau, — 6° au Pic du Midi. Le 25 mai, le baromètre est élevé dans la Méditerranée et sur l’Espagne. Des pluies sont tombées dans le Sud et le Nord-Ouest du continent: on n’a signalé que quelques averses dans le Sud-Est de la France. La température a monté dans le Centre et l’Ouest ; le thermomètre marquait le matin 8® à Belfort, 10° à Paris, 107 à Lyon, 141 à Perpignan. Une tempête d’une grande violence a sévi sur les côtes de l’Océan, à l’ile de Ré principalement Un rand nombre de canots amarrés à Rived >ux et à La Flotte ont été coulés, e 26 mai, le temps reste pluvieux d ms le Sud-Est de l’Europe par suite d’une dépression barométrique. Dans l’Ouest et le Centre, la pression est de 765 mm; le ciel est beau, les vents sont faibles. La température était de 14® à Paris, 15® à Perpignan ; la température normale de la journée à Paris a été de 15°,2. Les vents étaient faibles et souvent calmes. Dans la nuit du 26 au 27 mai, un violent orage s’est abattu sur Alger, où l’on a recueilli 61 mm d’eau de pluie. Le 27 mai, une aire de forte pression s’est étendue du Sud-Ouest au Nord-Est de l’Europe. La température a monté; elle était le matin de 12® à Belfort; 13® à Paris, 18® à Perpignan. U y a eu à Paris des maxima de 22°. Le 28 mai, il est tombé 2 mm d’eau à Marseille, on a signalé un orage au mont Aigoual. Le thermomètre marquait le matin 14® à Paris, 15® à Clermont et à Toulouse.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 26 à 2 h. 59 m. du matin.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VI').
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘%
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1672 (10 juin 1905), du journal a La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Le retour de l’explorateur Charcot. — L’explorateur Jean Charcot passant par Tanger est arrivé le 6 juin à Toulon à bord du •croiseur Linois. Après une causerie préliminaire dans l’intimité <-hez sa sœur Mme J. Charcot, le 10 juin, il fera le 16 juin, à la Sorbonne, une conférence sous les auspices de la Société de géographie et de l’Académie des sciences et le 26 juin une autre conférence -à Londres où il est in vit# par la Royal Gcographical Society.
- Les frères Renard. — Le Conseil municipal de Damblain Vosges) a décidé qu’une plaque commémorative serait placée à la façade de la maison où sont nés les frères Renard. Une fête aura lieu lors de l’inauguration.
- Concours international de prévision du temps. — La
- Société belge d’astronomie et de météorologie ouvre, au mois de -septembre 1905, un concours international de prévision du temps. Un jury, composé de savants spéciaux compétents, décernera un prix à l’auteur des prévisions les mieux réussies. Le programme du concours ne s’applique qu’à la prévision à courte échéance, c’est-à-dire faite vingt-quatre heures d’avance. Les prévisions pourront être établies soit à l’aide des cartes que publie tout bureau central météorologique, soit par toute autre méthode. Les concurrents devront annoncer exactement pour le lendemain les variations barométriques qui devront se produire à la surface entière de l’Europe, fies organisateurs du concours pensent que de justes déductions faites d’après les oscillations barométriques sont de nature à servir <le base à des prévisions exactes.
- Les chaudières françaises en Angleterre. — Les navires anglais exécutent périodiquement des essais de vitesse. Une publication spéciale, le Naval and Military Record, appelle l’attention •sur les résultats obtenus dans des essais récents par l’escadre •d’Australie. L'Euryalus, muni de chaudières Belleville, seul, en otfet, a donné une vitesse moyenne de 21 nœuds, tandis qu’un croiseur neuf, muni d’autres chaudières, n’a pu obtenir une moyenne supérieure à 18,8 nœuds au lieu des 21 ou 22 nœuds •qu’il aurait drt faire.
- Ventilation des wagons. — La Compagnie américaine Pennsylvania Railroad emploie un système ingénieux de ventilation pour ses voitures à voyageurs, système qui assure l’arrivée de l’air extérieur, mais suffisamment réchauffé en hiver. L’air, capté par des capuchons placés à deux angles opposés du véhicule, pénètre par •deux tuyaux de descente dans des conduits horizontaux disposés sous le plancher double du wagon, il se réchauffe au contact des appareils de circulation de vapeur et se répànd ensuite dans la voiture par des fentes ménagées dans le plancher. Finalement il s échappe par le lanterneau et un nouvel afflux se produit.
- Assainissement de la Seine par l’épuration des eaux d’égout. — Le Conseil général de la Seine vient de décider l’expérimentation des procédés d’épuration des eaux d’égout de Paris par la voie bactériologique des septictanks et des lits bactériens. Les essais vont être entrepris à Ivry. Si leur succès conduit à l’adoption définitive du système, on pourra réaliser le desideratum de la suppression nécessaire du tout à l’égout et des champs d’épandage, déplorable régime qui ne saurait plus être rationnellement défendu. Cette décision a été prise, sur l’initiative du préfet de la Seine, à la suite des résultats probants obtenus par M. le Dr Calmette à Lille (voy. n° 1668, Informations), et d’une visite faite à Lille et en plusieurs villes d’Angleterre (Leeds, Manchester, Birmingham, Ohester, etc.) par une délégation du Conseil général.
- Fouilles à Monte-Carlo. — La Société française des fouilles archéologiques se dispose à faire pratiquer des fouilles sensationnelles à La Turlie, au-dessus de Monte-Carlo. Il s’agit de dégager la tour d’Auguste, qui est l’édifice romain le plus important, au point de vue historique, dressé sur notre sol.
- Exposition archéologique. — On aménage en ce moment le rez-de-chaussée du Petit-Palais des Champs-Elysées pour une exposition, organisée par la Société française des fouilles archéologiques ; objets recueillis en Egypte par M. Gayet, qui explora nombre de tombes de conducteurs "de chars, gladiateurs, acteurs des jeux olympiques, notamment celle de Khelmis, la « précieuse chanteuse de l’Osiris-Antinoiis » ; fragments de monuments égyptiens exhumés par M. Amelineau, à Abvdos; statues de monstres et de dieux recueillis par la mission Parmentier et Carpeaux, au pays des Chams, en Annam ; trésor de bijoux découvert dans une cachette, parmi les ruines de Mi-Sou.
- Nécropole de Montlaurés près Narbonne. — A la séance du 19 mai de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres, M. Ed. Pot-tier mentionne les recherches de M. H. Rouzaud, percepteur à Narbonne, dans la nécropole de Montlaurés près Narbonne. On y a reconnu 800 sépultures, toutes violées, mais contenant des fragments de vases peints tout nouveaux en France. Cette poterie identique à celle que MM. Paris et Engel ont recueillie en Espagne, paraît représenter une décadence du style curviligne mycénien, sans doute importé par les Grecs doriens et imité par les fabriques locales de la région. Selon M. Rouzaud, les fragments de Narbonne différent totalement de la poterie indigène beaucoup plus barbare, et témoignent de relations commerciales au vie siècle avant Jésus-Christ, entre la Gaule et l’Espagne. M. Rouzaud se propose d’explorer à fond la nécropole de Montlaurés.
- Le « Lebaudy ». — MM. Paul et Pierre Lebaudy ont repris leurs expériences de navigation aérienne le 4 juin. Le dirigeable (modèle 1905) a fait sa première sortie en évoluant sur le bord de la Seine, au-dessus de la plaine de Moisson, près de Mantes. Dans la nacelle se trouvaient MM. Juchmès, le commandant Bouttieaux, directeur du parc aérostatique militaire de Chalais-Meudon, le capitaine Boyer, le mécanicien Rey et un aide. Le commandant Bouttieaux et le capitaine Boyer ont été désignés par le ministre de la guerre pour suivre la campagne de voyages aériens de 1905.
- Chemins de fer du Nord. — Le Conseil d’administration de la Compagnie du chemin de fer du Nord a procédé, dans sa séance du 2 juin, à la nomination d’un nouveau président en remplacement du baron Alphonse de Rothschild. Sur la proposition du vice-président, M. Griolet, et du comité de direction, le Conseil d’administration, à l’unanimité, a nommé président du Conseil le baron Edouard de Rothschild, fils du baron Alphonse, décédé, qui était déjà depuis plusieurs années membre du comité de direction.
- La statue de Philippe Lebon. — L’Aéro-Club a estimé que l’auteur de la découverte du gaz d’éclairage, Philippe Lebon, méritait bien une statue, et une souscription ouverte entre ses membres a été vite couverte. La Ville de Paris consultée a donné un avis favorable, et il a été décidé que cette statue serait élevée à l’endroit précis où avait eu lieu l’assassinat de Lebon; une Commission a ôté nommée pour déterminer exactement l’emplacement. La statue est l’œuvre du sculpteur Antide Pécliiné; elle aura une hauteur totale de 6 mètres, piédestal compris. Philippe Lebon est représenté debout, une cornue dans la main droite, étudiant les résultats de son expérience.
- Tremblements de terre. — Un violent tremblement de terre a sévi en Albanie et sur toute la côte dalmate. La ville de Scutari d’Albanie a été presque entièrement détruite. Les villes d’Antivari et de Cattaro ont souffert de grands dommages. Le 2 juin, on a fait savoir de Tokio qu’un violent tremblement de terre s’élait produit au centre du Japon et s’était généralement étendu de Hiroshima à Simonosaki. Le 2 juin dans la soirée, à Orléansville, en Algérie, de fortes secousses de tremblement de terre ont été ressenties: elles avaient une durée de trente secondes environ, et les oscillations paraissaient aller du nord-ouest au sud-est. Un mouvement sismique a été enregistré à Grenoble le 1er juin à 4h58m du matin.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans le n° 4671, du 3 juin, page 16, colonne II, ligne 1, au lieu de : Mesnard, il faut : Moussard.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le chargeur mécanique : Herman et C° ; appareils de manutention, Anvers.
- Communications. — M. Fulbert Dumonteil, à Paris, nous écrit : « Dans le numéro du 20 mai de La Nature, je viens de lire, à propos de la domestication du zèbre en Afrique, un article curieusement documenté et parfaitement intéressant. Mais ce n’est pas seulement dans le lointain continent noir que l’on s’applique avec succès au dressage et à la domestication du zèbre. On le fait victorieusement au Jardin zoologique d’acclimatation du Bois de Boulogne ; il y a bien quinze ans, en effet, qu’on y apprivoise, dresse, attelle, selle, bride, étrille et ferre des zèbres qui, comme bêtes dociles de trait et de transport, vaquent journellement aux travaux de l’Etablissement. Enfin, M. Arthur Porte, directeur du Jardin, monte couramment à cheval sur un beau zèbre élégamment harnaché. »
- M. Cuyssener, à Compïègne, nous écrit à propos de l’article sur la pierre de Maule (n° 4673, du 3 juin 1905, page 16) : « Vous demandez, à propos de la pierre de Maule, s’il en existe d’autres? Oui. Et plusieurs. J’en ai vu à Anuradhapura dans l’île de Ceylan qui luisaient le désespoir des fonctionnaires des monuments historiques. A peine avaient-ils imaginé une explication qu’une nouvelle pierre était découverte en abattant la jungle, et apparaissait dans des conditions telles qu’il fallait abandonner les hypothèses précédentes. Toutefois, j’ai depuis
- 8 ans oublié si les trous communiquent entre eux par le fond. Il me semble que les pierres sont à peu près carrées et portent
- 9 trous presque toujours. Je ne me rappelle pas d’exception. La dernière découverte dans la jungle avait présenté une particularité spéciale. Elle portait sur l’orifice de ses 9 trous une grande pierre plate cjui les recouvrait tous. On n’a pas pu expliquer encore, je crois, l’usage de ces pierres creusées de Ceylan ; mais, en 1897, on était disposé à croire que les cendres des morts d’une même famille ou d’un même Vihaca (couvent) y étaient versées. Cette hypothèse était timidement énoncée. Il a dû paraître depuis un travail sur la question, publié, je crois, à Colombo (Ceylan). — Vos lecteurs que la question intéresserait pourraient se renseigner avec fruit près de M. le « Collector » d’Anuradhapura dans l’île de Ceylan ou de M. l’Agent of the Archœological Survey, à Anuradhapura ».
- Notre collaborateur M. H. Ferrand, à Grenoble, nous adresse une notice intéressante sur Les destinées d’une carte de Savoie (L’œuvre de Tomaso Borgonio), extraite du Bulletin de géographie historique et descriptive (n° 2, 1904). Peintre de portraits distingué, ingénieur militaire, calligraphe, héraldiste, Jean-Paul-Thomas Borgonio fut, dans la seconde moitié du xvne siècle à la cour de Savoie, un de ces hommes au génie fécond et multiple, rappelant les grands esprits de la Renaissance italienne, capables d’exceller en toutes choses. Il publia en 1680 la première grande carte des États de Savoie, gravée sur quinze feuilles de cuivre par Gio Maria Belgrano et dédiée à la duchesse Marie-Jeanne Baptiste de Savoie-Nemours. Sur les quinze feuilles, douze sont employées au figuré du terrain, deux à la notice, une au titre et à l’ornementation. Elle mesurait 2m,12 sur Jm,78 et était à l’échelle de 1 : 144.000e. M. Ferrand suit les destinées de cette très belle œuvre qui fut successivement insérée (en réduction) dans le Théâtre du Piémont et de la Savoie, magnifique album édité en 1682,
- par Jean Blaen, d’Amsterdam, dans le Nouvel atlas à l’usager de son A. S. le duc de Bourgogne (Pierre Mortier, Amsterdam, 1690), dans le Duché de Savoije de Robert de Vaugondy (Paris, 1751), dans la Carte des Etats de S. M. le roi de Sardaigne, par Andrea Dury (Londres, 1765), rééditée en 1785. De la carte originale, il fut tiré de nombreux exemplaires; en 1772, les cuivres usés furent poncés et l’on procéda à une nouvelle gravure, beaucoup moins belle, mais plus exacte-Ces planches se trouvent maintenant à l’Institut militaire géographique de Turin. Il existe actuellement neuf exemplaires-de la carte princeps de Borgonio, dont deux à la Bibliothèque-Nationale et deux chez des amateurs parisiens.
- Renseignements. — M. A. Hébert, au Ricordières. — Voici quelques moyens de détruire les rats : disposer sur une assiette du plâtre très fin recouvert de farine et à côté une-assiette d’eau. Le rat mange le plâtre, et, s’il boit ensuite,, meurt étouffé. On peut aussi se servir de pièges amorcés avec; de la graine de tournesol. Voyez d’ailleurs le recueil de Recettes et Procédés utiles, lro et 5e séries, à la librairie-Masson etCie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. Louis Valiler, à Grenoble.— Il nous semble que le moyen préférable pour vous serait d’employer un scaphandre. Vous pourriez vous adresser à M. Ch. Petit, 9, avenue Parmentier^ en lui précisant beaucoup mieux que vous ne le faites, les conditions dans lesquelles vous vous trouvez et la nature du gaz.
- M. Henri Marçais, à Naples. — Pour des imitations de porcelaines anciennes, Nevers, Rouen, etc., adressez-vous à la maison Sarnson, 30, avenue de l’Opéra, à Paris. Pour la cuivrerie d’art, en vrai ou en imitation, renseignez-vous auprès desmaisons frères Garnier, 30, boulevard de la Bastille, à Paris; Bricard, 59, rue de Richelieu, à Paris.
- Abonné n° 7332-5497, à Janina. — Nous ne saurions vous-donner le renseignement que vous désirez, veuillez vous adresser à un médecin.
- M. Ch. Joly, à Paris. — Nous ne connaissons pas de moyen d’empêcher cette action du feu. Le seul remède est le nettoyage fréquent des cuivres. Voyez, à ce propos, 500 procédés modernes par Marcel Bourdais, librairie C. Robbe, 209, rue Léon-Gambetta, à Lille.
- M. E. Chariot, à Nantes. — Nous avons publié des articles sur la question de la protection de la vigne contre les gelées-printanières. Consultez notamment La Nature n° 1157, du 5 août 1895, p. 154, n° 821, du 23 février 1889, p. 205, et sur la question des .abris en horticulture, le n° 1664, du 15 avril 1905, p. 507. Vous trouverez aussi des renseignements dans le Manuel du Vigneron, librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris et dans Ennemis et Amis des arbres fruitiers, par Célestin Duval, librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. Henri Durieux, à Déville-lès-Rouen. — Pour le béton et le ciment armés, consultez les ouvrages suivants : Fouilles et fondations; maçonneries; à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris; Chaux et ciments, à la librairie J.-B. Baillière, 19, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. R., à Paris. — 1° Pour la pile Edison Lalande, consultez; La Nature n0" 548 du 1er décembre 1885, p. 11, et 945, du 11 juillet 1891, p. 83. — 2° Vous trouverez des formules et des indications dans les Recettes de l’électricien, par E. Hospitalierr à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain. — 5° La force électromotrice de cette pile est de 0,7 volt et non pas de 7 volts. — 4® Vous trouverez du fil de cocon au détail dans les merceries importantes, en gros chez M. Crespel, 81, rue de Turbigo, ou M. Régnault, 17, rue de Turbigo. — 5° Pour des dynamos et des transformateurs, adressez-vous aux Sociétés de l’éclairage électrique, 27, rue de Rome; Gramme, 20, rue d’Hautpoul. — 6° L’ébonite brute est en vente chez MM. Chau-tard et Christensen, 8, cité Rougemont; Montanari, 51, rue du Paradis; Nathan frères, 67, rue d’Hauteville. — 7° Nous ne connaissons pas d’automobiles à turbine.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Cuisset, à Tarbes. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. Tivoli, à Venise. Nous ne pouvons insérer votre appareil avant qu’il n’ait été construit, et qu’il n’ait donné de sérieux résultats à l’expérience. — JM. H. Charles, à Caen. Voyez le livre de Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. R. Z., à X. Consultez le même ouvrage, 2e et 4' séries, même librairie. — MM. L. Périssé, à Paris; Ferrand, à Grenoble ; Cuyssener, à Compiègne. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- PHOTOGRAPHIE
- Châssis photographiques. — La maison Didout, à Paris, vient de construire de nouveaux modèles de châssis-presse photographiques en métal que nous somnles heureux de faire connaître à nos lecteurs. La figure 1 représente le châssis-presse ordinaire. Il est formé d’une plaque de métal feutrée, relevée à chaque extrémité ainsi que sur les bords. La plaque de métal est divisée en deux parties reliées par une
- Sensibilisation des plaques pour le rouge, le vert et le jaune.
- On sait que les plaques ordinaires ne donnant pas la valeur exacte des couleurs, on trouve dans le commerce des plaques ortho ou panchromatiques qui sont sensibles aux divers rayons du spectre. Mais quand on peut les préparer soi-même, au trempé, on obtient des résultats bien supérieurs. Toutes les plaques peuvent être employées, mais toutes ne donnent pas des clichés exempts.de voile après ce traitement. D’après les renseignements publiés à ce sujet dans Photo-Gazette, nous pouvons indiquer les plaques Lumière, marque bleue, comme donnant de très bons résultats. On les sensibilise pour les diverses couleurs au moyen de Yhomocol Bayer, dont on fait une solution à 1 pour 1000 dans l’alcool à 95°. Le bain se compose alors de la façon suivante :
- Solution d’homocol..................... 2 cm5
- Ammoniaque liquide.................... 5 —
- Eau.................................. 100 —
- On y laisse tremper la plaque pendant deux minutes, puis on les lave à l’eau courante pendant cinq minutes et on les fait sécher; elles peuvent se conserver pendant plusieurs mois. Si on doit les employer un ou deux jours après le trempé, le lavage peut être sommaire. Mais la dessiccation joue un grand rôle au sujet du voile et pour avoir des blancs purs il ne faut pas qu’elle dépassé deux heures.
- Il est évident que l’opération du séchage doit se faire dans l’obscurité complète. Quant aux autres manipulations, elles devront être faites à la lumière aussi atténuée que possible, de même que le commencement du développement. Les plaques de ce genre sont indispensables pour les bouquets de fleurs, les costumes militaires et surtout les reproductions de tableaux.
- Fig. i. — Châssis-presse photographique.
- charnière. On place d’abord le papier dessous, on met le cliché par-dessus (n° I), on relève la deuxième partie de la plaque métallique. Il suffit alors de placer à l’extrémité l’étui-ressort ; le tout devient très rigide comme le montrent les nos 2 et 3. La figure 2 nous fait voir tout ce qui concerne le châssis stéréoscopique. Le n° 1 représente le détail du châssis. On voit
- Fig. 2. — Châssis-presse stéréoscopique.
- une première feuille métallique avec une ouverture en A; au-dessous en B se trouve une feuille de carton qui peut se déplacer dans une rainure découpée et placée à cet effet dans une autre rainure C. Par-dessus se trouve une plaque avec ouverture D. Le tout est placé dans un étui en longueur à ressort E. Le n° 2 montre l’étui-ressort à moitié entré, et le n° 3 montre une vue d’ensemble du châssis-presse stéréoscopique.—Les châssis-presse, pour la vente en gros, se trouvent chez M. II. Didout, 28, rue du Buisson-Saint-Louis, Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Renforcement sans mercure'.
- Le renforcement des clichés au bichlorure de mercure est le plus connu, mais ce n’est pas une raison pour qu’il donne les meilleurs résultats. Voici une méthode préconisée par l'Amateur photographe de Londres.
- On prépare la solution suivante :
- Eau.............................. 100 gr.
- Bichromate de potustt................. 2 —
- Acide chlorhydrique................... 1 -—
- et on y immerge le cliché jusqu’à ce que l’image blanchisse complètement; elle doit présenter alors le même aspect quand on regarde le cliché au recto ou au verso. On lave à l’eau courante, ou à cinq ou six eaux successives, pour éliminer le bichromate; ensuite on développe au moyen d’un révélateur quelconque, mais plutôt concentré et sans bromure.
- Si on trouve que l’image n’est pas assez intensifiée, on renouvelle l’opération une seconde et même une troisième fois, mais en ayant soin de bien éliminer toute trace de révélateur entre chaque renforcement.
- On procède à ces diverses opérations à la lumière du jour.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les vers intestinaux.
- L’helminthiase est des plus fréquentes, et variés sont les éléments des affections vermineuses. Aux temps jadis, tout enfant était condamné, eût-il ou non des vers, à absorber une dose de vermifuge quelconque, infusion de semen-contra, sirop de mousse de Corse, heureux quand la pharmacopée est venue lui donner un médicament plus agréable sous la forme de la san-tonine. Un bébé se grattait-il le nez? votre enfant a des vers, disait une matrone inspirée. Avait-il des démangeaisons, des coliques, des convulsions? c’étaient toujours les vers. Et de fait, dans maintes circonstances, l’administration du remède était justifiée, comme le diagnostic, par l’expulsion d’un lombric ou d’une autre vilaine bestiole. Les annales médicales sont remplies d’exemples d’accidents convulsifs ou nerveux cédant au rejet d’un ascar ide ou d’un ruban de tænia.
- Avec les progrès de la médecine, on a jugé que cette pratique de « tuer le ver » était un peu surannée et on‘ s’est départi du soin de vermifuger en temps opportun. On songe moins dans les familles, aujourd’hui qu’autrefois, à administrer un helminthique. Cela se faisait jadis sans le concours du mé-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- decin. On « donnait pour les vers » au moins une fois l’an, comme on se purgeait par tradition au printemps et à l’automne. En faisant la part de l’exagération due aux propos des commères et à l’influence des gardes-malades, on a fini par négliger peut-être trop cette pratique. La preuve qu’elle avait sa raison d’être, c’est qu’on a admis, et j’ai noté le fait, que l’appendicite pouvait, dans bien des cas, être causée par la présence de vers intestinaux.
- Il y a quelque temps à l’Académie on a discuté sur un travail de M. Guiart qui a reconnu, dans les selles de nombreux typhiques, la présence de trichocéphales et ces helminthes n’existaient pas, ou très rarement, chez d’autres malades atteints de maladies fébriles.
- L’auteur admet que ce sont ces trichocéphales qui engendrent la fièvre typhoïde; en piquant'la muqueuse de l’in-
- testin pour y puiser le sang qui les nourrit, ils inoculent du même couptle bacille typhique accumulé dans les matières fécales et donnent lieu à l’infection typhoïdique. Les sujets qui ne sont pas porteurs de trichocéphales peuvent plus impunément boire de l’eau contaminée; le bacille restera dans l’intestin et ne pénétrera pas dans le torrent circulatoire.
- La thèse n’est peut-être pas d’une rigueur absolue et l’interprétation pourrait être sujette à discussion. Mais le fait de la présence de trichocéphales est indéniable et, qu’ils soient ou non la cause déterminante de la dothiénenterie, ils n’en sont pas moins des hôtes dangereux dont il eût mieux valu se débarrasser au préalable. Conclusion : il n’y a pas d’inconvénients à donner de temps en temps un vermifuge et il serait sage d’y penser quand surviennent des troubles intestinaux que ne peut expliquer un désordre alimentaire. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES 1>U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE I)E 0 A 9 ÉTAT DU CIEL m PLUIE EN' MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 mai 17,5 N. E. 0. Beau. » Rosée ; beau.
- Mardi 50 16,2 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Rosée ; peu nuageux ; pluvieux à 20 h. 55.
- Mercredi 51 14,8 N. N. W. 2. Orage. 0,6 Couvert le matin ; nuag. le soir ; orage le matin avec petite pluie.
- Jeudi l" juin .... 15,1 \V. S. W. 2. Peu nuageux. » Rosée ; nuageux ; halo à 12 h.
- Vendredi 2 16,0 Calme. Couveri. » Rosée ; très nuag. le matin ; beau le soir.
- Samedi 3 16,9 W. S. W. 0. Très nuageux. )) Rosée ; nuageux.
- Dimanche 4 21,1 Calme. Peu nuageux. 10,7 Rosée; orage de 15 h. à 17 h. 20 avec pluie, ensuite éclairs jusqn’anrpî 22 h.
- MAI JUIN 1905. — SEMAINE DD LDNDI 29 MAI AD DIMANCHE 4 JUIN 1905
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Lt courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Les courbes du milieu indiquent:
- mince, lhei-momètre à l'abri à
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. — Le temps a été beau ; mais il y a eu quelques orages dans la semaine du 29 mai au 4 juin. Le 29 mai, l’aire de pression, qui s’étendait à travers le continent, de l’Espagne à la Russie, était supérieure à 765 mm. Il régnait un vent faible des régions Sud sur la Manche et la Bretagne. Il n’y a pas eu de pluie en France. Le matin, le thermomètre marquait 17° à Toulouse, 18° à Paris, 19° à Nice, 11° au Puy de Dôme, 7° au mont Ventoux. Le 50 mai, le veut était faible et variable sur nos côtes ; la mer de l’Océan était agitée. Des pluies sont tombées en Scandinavie et en Finlande; mais en France on n’eii signalait qu’en Bretagne, 2 mm à Brest, La température s’est encore élevée dans certaines régions; on notait, le matin, 16° à Paris, 17° à Clermont, 14° au Puy de Dôme, 12° au mont Aigoual. Le 31 mai, ou a signalé des pluies dans le Nord de la France; des orages ont éclaté au Havre et à Paris. La température était élevée; le matin, à 7 heures, elle était 15° à Paris, 18° à Clermont. 20° à Besancon, 12° au mont Aigoual, 9° au Puy de Dôme, 9° au mont Ventoux, et 3® au Pic du Midi. La température moyenne de la journée à Paris a été de 16°,6 avec un maximum de 17°,8 à 4 heures du soir à la tour Eiffel. Le 1" juin, le vent était faible d’entre Sud et Ouest sur la Manche et la Bretagne ; il soufflait
- du Nord-Ouest eu Provence, la mer était peu agitée sur nos côtes. 11 a plu à Dunkerque et à Belfort (1 mm). La température était 15® à Paris et 15» à Clermont. Le 2 juin, des dépressions barométriques ont eu lieu sur les îles Britanniques; le baromètre a marqué748 mm en Ecosse. Les hautes pressions du Sud-Ouest se sont étendues jusqu’à l’Allemagne. Des vents d’entre Sud et Ouest ont soufflé sur la Manche et la Bretagne. Eu France, le temps a été beau. Le matin, la température était 16® à Paris, 16® à Clermont, 9® au Puy de Dôme, 7® au mont Aigoual et 4° au Pic du Midi. A Paris, la température moyenne a été de 17®,8. Dans la région parisienne, le vent, presque nul au niveau du sol, soufflait du nord-ouest avec une vitesse de 15 métrés par seconde vers 4000 mètres d’altitude. Le 3 juin, le temps est beau et chaud. Le thermomètre marquait, le malin, à 7 heures, 17® à Paris, 18® à Clermont, 23® à Nice. Le 4 juin, la pression barométrique a baissé rapidement dans l’Ouest du continent. On a signalé des ondées à Paris, à Brest_et à Gap. la température était très élevée le matin ; on notait 21" à Paris, 23® à Besançon, 18® à Toulouse, 19® à Charleville. Le ciel, beau ou peu nuageux dans la journée du 3 juin, s’est fortement nuagé le matin, vers 10 heures, et le vent, à peu près nul au niveau, soufflait modérément du Sud-Sud-Ouest aux altitudes de 6000 et 8500 mètres.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 3 à 6 h. 6 m. du matin.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFÂRGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs f.n chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe). ,
- — Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘®,
- éditeurs de a La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VI*).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spèciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1673 (17 juin 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Distinctions honorifiques. — Par décret du 7 juin 1905, t endu sur la proposition du ministre de la marine, le Dr J. Charcot a été nommé chevalier de la Légion d’honneur.
- Muséum d’histoire naturelle. — Le Journal officiel publie un décret nommant, pour une nouvelle période de cinq ans, direc-leur du Muséum d’nistoire naturelle, M. Perrier, membre de «l'Académie des sciences, professeur d’anatomie comparée à cet établissement.
- Mouvements sismiques. — Dans la nuit du 5 au 6 juin, de très fortes secousses de tremblement de terre ont été ressenties dans -quelques communes de l’arrondissement de Riom ; il y a eu quelques dégâts peu importants.
- — Le 10 juin, à Boulogne-sur-Gesse, près de Toulouse, une grande trombe d’eau s’est abattue sur la région. Pendant l’orage, ou a ressenti quatre secousses de tremblement de terre à des intervalles de une à deux minutes. Les trois premières secousses ont <luré trois secondes chacune environ; la quatrième a duré près de six secondes et a causé quelques dégâts.
- Sous-marins. — Le 5 juin a eu lieu à Toulon une expérience nautique intéressante. Un polygone avait été tracé dans la grande rade- Ce polygone, d'une surface de 2400 mètres carrés, était formé d’un côté par la terre, et de l’autre côté par des lignes fictives arrêtées d’avance. Une petite escadre, composée de 6 torpilleurs de défense mobile, sous la direction du contre-torpilleur La Dragonne, devait défendre et surveiller le polygone. Cinq sous marins devaient le traverser de bout en bout sans être vus ni localisés par les torpilleurs. L’expérience a été faite, et malgré la limpidité de l’onde, malgré l’ardeur des marins à scruter le fond de la mer, les cinq sous-marins invisibles ont traversé dans toute sa largeur le polygone, sans qu’on ait pu deviner leur présence ni dire l’instant précis où ils franchissaient cet espace.
- Radiographie. — A la séance du 25 mai 1905 de l’Académie de médecine, le professeur Debove a appelé l’attention sur les dangers de la pratique libre de la radiographie. Les rayons Rôntgen ont donné des résultats thérapeutiques indéniables, mais ils peuvent aussi provoquer des accidents graves, certains même désastreux. Aussi, le Congrès Rôntgen, tenu à Berlin du 30 avril au 5 mai 1905, a voté à l’unanimité la proposition suivante : « L’emploi des rayons Rôntgen chez l’homme est uniquement du ressort médical ». Sur la proposition du Dr Debove, l’Académie a nommé une commission chargée d’étudier s’il n’y a pas lieu d’inviter les pouvoirs publics à poursuivre, pour exercice illégal de la médecine, les personnes non munies du diplôme de docteur en médecine qui appliquent les rayons Rôntgen au diagnostic et au traitement des maladies ». Cette commission est composée de MM. les Professeurs Debove, Brouar-del, Motet, Gariel, Pouehet, Chauffard, Hanriot, Périer, Guéniot.
- L'ile de Philé et le barrage d’Assouan. — On se rappelle toutes les craintes que l’érection du barrage d’Assouan avait fait concevoir pour la sécurité des merveilles archéologiques de l’ile de Philé. L’expérience des deux années 1903 et 1904 est beaucoup moins inquiétante qu’on ne l’avait pensé. Grâce aux travaux de consolidation que le service des antiquités a pu entreprendre avec l’argent mis à sa disposition par le service de l’Irrigation, et malgré le surélèvement du niveau de la crue déterminé par le barrage-réservoir, l’ile de Philé conserve jusqu’ici intacts, sinon toute sa physionomie, du moins ses vieux cliefs-d'œuvre d’architecture. M.‘Edouard Naville écrivait : a On peut se demander si, à certains egards, le temple de Philé n’est pas aujourd’hui dans des conditions meilleures que la plupart des édifices égyptiens.... » (Journal de Genève, 17 décembre 1903, cité dans Report upon the Basin 4)f the Upper Nile: Appendices, p. 5). De son côté, M. G. Maspero
- a déclaré : « Les travaux entrepris pour permettre aux temples d’affronter l’épreuve de l’eau n’ont pas été vains. La première année s’est bien passée, et j’espère que la seconde ne nous apportera pas de mécomptes. Le danger d’écroulement par affouillement des eaux paraît être conjuré, grâce aux travaux récents, et le courant est smon presque nul, du moins si faible, durant la période d’immersion, qu’on peut considérer les effets comme négligeables. (La protection de Philé pendant l’hiver de 1902 et l’été 1905. Caire, 1904,cité dans le même Bapport, même page). Néanmoins il sera prudent d’attendre cinq ou six années encore avant de porter un jugement sur le sort qui attend Philé. (J. Brunhes. La Géographie, 15 mars 1905.) — Ajoutons qu’à la séance du 15 mai de la Société géologique, M. Fourtau a présenté un rapport établissant que, grâce à la nature de leurs matériaux, les monuments de Philé ont, jusqu’ici, parfaitement résisté.
- Monnaie de nickel. — Le ministère des Finances vient de mettre à l’essai, à la Monnaie, la pièce de nickel de 10 centimes, dont le modèle a été gravé par Dubois. Le diamètre de la nouvelle pièce est intermédiaire entre le diamètre de la pièce de 1 franc et celui de la pièce de 0tr,50.
- Exploration de l'atmosphère. — Un lancer international de ballons pour l’exploration de l’atmosphère a eu lieu le 7 juin. Des aérostats sont partis de Berlin, Strasbourg, Barmen, Munich, Vienne, Zurich, Rome, Trappes. L’ascension parisienne a été conduite par le comte de Castillon de Saint-Victor, qui a emmené à bord de son ballon le Centaure MM. Joseph Jaubert, chef du service météorologique de l’Observatoire municipal de Paris, et le Dr Jolly. Parti du parc aérostatique de l’Aéro-CIub, aux coteaux de Saint-Cloud, à ÎO'120 du matin, le Centaure a atterri à Mareuil, près Vaux, à lh 30 du soir après avoir atteint une altitude de 3500 mètres et trouvé une température minima de 2°.
- L’aéroplane Archdeacon. — M. Archdeacon a fait procéder le 8 juin à des essais de vol plané au-dessus de la Seine entre les ponts de Billancourt et de Sèvres à l’aide d’un canot automobilè. C’est la première fois qu’une expérience de ce genre est tentée ; le procédé employé par M. Archdeacon a pleinement réussi et il constitue pour les aéroplanes un nouveau moyen d’essai moins dangereux que sur terre. Le nouvel aéroplane de M. Archdeacon a été construit aux ateliers Surcouf. Il a pour principales caractéristiques deux surfaces portantes superposées, chacune de 10 mètres d’envergure sur 2 mètres de large dans le sens de la marche, et d’une superficie totale de 40 mètres carrés. Le gouvernail de profondeur est situé en avant. La longueur de l’appareil entier est de 10 mètres et son poids total de 310 kilogrammes. Des cloisons réunissent les plans supérieur et inférieur ; l’appareil de M. Archdeacon est un aéroplane cellulaire à deux surfaces. Tout cet ensemble reposait à la surface de l’eau, sur deux flotteurs ayant chacun 7 mètres de long sur 30 centimètres de large et autant de profondeur. M. Voisin a pris place dans l’aéroplane. Une remorque reliait l’aéroplane au canot la Rapière, que pilotait M. Tellier fils. Au signal le canot automobile a démarre en traînant quelques instants l’aéroplane, qui s’est ensuite élevé d’un bond à environ 17 mètres de hauteur, planant dans l’air. L’aéroplane a aind parcouru environ 350 mètres. La vitesse du canot était de 40 kilomètres à l’heure et celle du vent de 6 kilomètres à l’heure. Quant au chiffre de traction constaté au dynamomètre, il oscillait enlre 55 et 60 kilogrammes. Après ce premier essai, un second eut lieu, mais le départ fut mauvais et 1 appareil, sous l'effort de la résistance, creva ses flotteurs en même temps que l’amarre cassait. L’aéroplane fut retiré de la Seine quelques minutes après. Il n’avait nullement souffert ; ce qui prouve que cette méthode de lancement a au moins l’avantage de ne pas endommager l’appareil essayé. M. Guillemin, inspecteur général de la navigation, a suivi l’expérience à bord du canot automobile la Vigie.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans le n° 1670, du 27 mai 1905, aux Nouvelles scientifiques, page 103, col. II, ligne 17, dans les Petites Inventions, pour l’adresse de la «Nouvelle marque de Bridge », au lieu de : rue du Temple, il faut : rue du Faubourg-du-Temple.
- Communications. — M. Jacquot, juge à Thonon, nous écrit: « A propos de pavage en vertèbres de baleines (n° 1660, du 18 mars 1905, page 256), je puis signaler, au n° 14 de la rue de Vallon (à Thonon), un très ancien pavage en os de mouton qui existe au pied d’un escalier fréquenté. Ce pavage, qui remonte certainement à plus d’un siècle (el, peut-être même à deux), est en parfait état de conservation: il ne paraît pas le moins du monde usé. Les os utilisés sont des petits os plantés debout, très serrés et la partie arrondie de la tête faisant légèrement saillie au dehors. Le contact et l’aspect sont ceux d’un pavage en petits cailloux roulés.
- M. Jacquot nous écrit à propos de la Note de M. Ducoux, sur les urubus (n° 1663, du 8 avril, Boîte aux lettres) : A propos des expériences de M. Ducoux, de Cayenne, sur les urubus, expériences concluant que l’odorat ne joue chez ces animaux qu’un rôle très inférieur à la vue, je puis citer le fait suivant : J’ai élevé plusieurs fois, à Mila, de jeunes aiglons capturés au nid. Quand ils prenaient leurs plumes fauves je les enfermais dans un gourbi en roseaux construit à claires-voies, où le chaouch leur passait leur nourriture (souris vivantes, et déchets de boucherie). Les aiglons avalaient les souris vivantes; d’une seule becquée. S’il m’arrivait de cueillir une rose rouge et de la jeter à l’aiglon, celui-ci, prenant sans doute la fleur pour un morceau de viande crue, se jetait dessus, et l’avalait sans paraître jamais se douter qu’il faisait acte d’herbivore ni soupçonner la supercherie. »
- M. Lucien Périssé, ingénieur, à Paris, nous envoie une brochure extraite des Mémoires de la Société des ingénieurs civils de France (Bulletin de février 1905) dans laquelle il communique les résultats d’une Etude technique comparative des alcools dénaturés qu’il lui a été donné d’effectuer, en mai et juin 1904, à l’Exposition internationale de l’utilisation des alcools et des industries de fermentation qui s’est tenue à Vienne à cette époque. Cette exposition avait été organisée, sous le patronage de M. Mougeot, ministre de l’Agriculture, par M. Viger, sénateur, ancien ministre de l’Agriculture. M. Périssé fut chargé de la direction d’une station technique pour les essais comparatifs des alcools au point de vue de la force motrice et de l’installation de moteurs français dans les galeries de l’Exposition. Le programme était d’étudier, d’une façon comparative, l’alcool français et les alcools étrangers exposés, de rechercher quels avantages et quels inconvénients se révélaient à l’emploi de ces divers alcools dans nos moteurs français, en vue d’appuyer les demandes nombreuses de modifications au régime actuel de l’alcool moteur. Les recherches très savamment conduites de l’auteur l’ont amené aux résultats suivants. Les puissances maxima obtenues par le moteur Gobron-Brillié placent l’alcool moteur allemand au premier rang (11,7 ch.), le français au dernier (9,75 ch.), de même en fonctionnant à mi-charge. En ce qui concerne la consommation, notre place est un peu meilleure : l’alcool moteur allemand consomme 835 grammes par cheval-heure, le français 932, le suisse 1048. En résumé l’alcool français donne moins de puissance que tous les alcools étrangers ; il donne une con-
- sommation par cheval-heure plus considérable que les alcools étrangers dénaturés spécialement, en vue de la force motrice, par un dénaturant plus ou moins riche en benzol. Cette double infériorité tient à la dose massive de méthylène et à l’impureté obligatoire de la benzine-régie employée dans le dénaturant français. L’étude de M. Périssé vient donc apporter de nouveaux arguments en faveur d’une modification du régime actuel en ce qui concerne la dénaturation de l’alcool moteur, réforme si désirable pour notre pays au point de vue industriel et agricole.
- Renseignements. — M. R. Muron, à Roanne. — Pour ce-qui concerne les petits appareils Rouquaud (La Nature, n° 1655, du 28 janvier 1905, p. 131), adressez-vous à M. Rouquaud, 88, avenue Victor-Hugo, à Paris; pour le chauffage par ces appareils à MM. Bohain, 21, rue des Roses, à Paris; E. Bur, constructeur à Dijon; Sauver, à Marseille, concessionnaire. Ces adresses ont été indiquées en tête de la Boîte aux lettres du numéro contenant la description des appareils.
- M. Jeauneney, à Gérardmer. — 1° Vous trouverez les renseignements les plus récents et de première main sur la question du goudronnage et du westrumitage des routes, dans l’article deM. Guglielminetti, La guerre contre la poussière, paru dans le n° 1672 du 10 juin, page 26. — 2° L’expression force est erronée bien que d’usage courant : il faut en effet ici puissance. Le mot force s’applique à toute cause capable-de produire ou de modifier un mouvement déjà existant, I» puissance est le quotient d’un travail par le temps mis à le-produire. Une machine qui produit 1 kilogrammètre en une seconde a, dans le système métrique, une puissance de 1 kilogrammètre par seconde.
- M. L. Bonetti, à Boulogne. — Pour les vins mousseux, veuillez consulter les ouvrages suivants : Manuel du Vigneron, librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris; Le vin et l’art de la vinification, par V. Cambon, librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris; Vinification, par P. Pacottet, même librairie; Tableaux synoptiques de viticulture et de-vinification, même librairie.
- M. C. Bullé, à Tourcoing. — Adressez-vous à M. A. Janet, 29, rue des Volontaires.
- M. A. Arnoult, à Paris. — Le calendrier perpétuel, décrit dans le n° 1649 du 31 décembre 1904, page 74, se trouve-chez M. Bourdilliat, 22, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris. Cette adresse a été indiquée, comme d’habitude, en tête de 1» Boîte aux lettres du même numéro.
- M. S. Chappuis, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’appareil analogue à celui que vous recherchez ; tous nos-regrets.
- M. A. L., à Pagny-sur-Moselle. — La lampe au lusol, décrite^ dans le n° 1660 du 1er avril 1905, page 287, se trouve chez M. Denayrouze, 24, rue Bayen, à Paris.
- M. E. Jaminè, à Tangres. — Il n’existe aucun filtre répondant à votre désir.
- M. A. S., h. Saulsures. — Nous ne connaissons pas les appareils auxquels vous faites allusion; veuillez consulter directement les constructeurs qui pourront vous dire s’ils ont été décrits et dans quelle revue.
- M. Geo. E. Light, à New-York. — En ce qui concerne les électro-stérilisateurs Otto, dont la description a paru dans le n° 1628 du 6 août 1904, page 156, pour la vente adressez-vous à la Compagnie pour la fabrication des compteurs et matériel d’usines à gaz, 16 et 18, boulevard de Vaugirard, à Paris ; pour la location des appareils à la Société pour la location et la vente des compteurs, 9 et 11, rue de Tracy, à Paris.
- M. J. D., à P. — Vous trouverez des articles sur la bouteille irremplissable dans La Nature n05 1281 et 1489.
- M. Liceo Pantano Sansi, à Spoleto. — Pour la machine à écrire la Dactyle électrique, décrite dans le n° 1658, du 4 mars 1905, p. 209, adressez-vous à la maison Dactyle, 46, boulevard Haussmann, à Paris.
- Cercle militaire de Pkilippeville. — Nous ne retrouvons pas d’article publié par La Nature au sujet du produit dont vous parlez et dont le nom nous est inconnu : vous devez faire erreur de nom.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. H. Bachet, à Mortefontaine. Veuillez consultez le recueil de Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. G. Âimard, à Brest. Consultez le même ouvrage, 4° série, à la même librairie. — M. Jacquot, à Thonon. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Appareil à. désinfecter. — Cet appareil consiste en un petit récipient muni d’un côté d’un long tube légèrement aplati à la partie extrême, et d’un petit robinet à vis à la partie supérieure. Le tout est monté sur une lampe à alcool ordinaire. On remplit d’abord la bouilloire, à moitié seulement, d’eau sédative ou d’eau avec quelques gouttes d’ammoniaque. On visse à fond le robinet de la bouilloire ainsi que le tube de côté, on place la bouilloire sur la lampe à alcool. Après 8 à 10 minutes environ, l’eau sédative est en ébullition, et il
- solides. Deux traverses sont disposées parallèlement aux lattes et en assurent la rigidité. De chaque côté la table est munie de deux poches pour recevoir les verres et les bouteilles ; les fourchettes, couteaux, tire-bouchons sont placés dans des gaines. Le repas terminé, on retire les deux traverses, on roule la table sur elle-même, et on replace le tout dans un fourreau* — La table se trouve chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Appareil à déshifpeter.
- s’échappe des jets de vapeur par le tube. 11 suffit de promener ces jets un peu partout dans la chambre ou dans l’appartement; l’action est énergique et l’on recueille bientôt tous les insectes qui pouvaient se trouver de divers côtés. On peut utiliser aussi la vapeur d’eau simple; mais l’action est plus élevée si on ajoute quelques gouttes d'un désinfectant ou d’un alcool quelconque. On peut employer ce même appareil dans les jardins, en prenant de la nicotine contre les pucerons et on agira directement sur le bois; sur les plantes et les fleurs on aura soin de s’éloigner de façon que le jet arrive froid pour ne rien abîmer. — L’appareil à désinfecter se trouve chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Table pour wagon. — Tout le monde sait combien il est difficile de prendre un repas dans un wagon, soit à cause des secousses du train, soit à cause des défectuosités de la
- voie, soit pour toute autre cause. On a déjà cherché toutes sortes de moyens pour remédier à ces inconvénients; nous signalerons la table, dont ci-dessus le dessin, qui est d’une grande simplicité et qui donne des résultats satisfaisants. Cette table est constituée par deux toiles et des lattes en bois très
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Le citrate de soude chez les nourrissons.
- Rien de plus fréquent que la dyspepsie des enfants allaités artificiellement; trop souvent, hélas, cette dyspepsie vient de la mauvaise qualité du lait donné dans le biberon. Quelquefois aussi, les troubles digestifs se montrent, par le seul fait de l’allaitement, alors même que le lait est de bonne qualité.
- Pour remédier aux troubles gastro-intestinaux de ce genre, le Dr Poynton, médecin de l’hôpital des enfants, Ormondstreet à Londres, a eu l’idée de mettre à profit les intéressantes recherches de Wright, qui remontent déjà à plusieurs années. Wright, reconnaissant que la coagulation trop rapide du lait par le ferment lactique était la cause principale delà dyspepsie des nourrissons, imagina, pour retarder cette coagulation, d’additionner le lait de citrate de soude, sel inoflensif, à faible dose. M. Poynton fait ajouter au lait, donné à chaque repas, une cuillerée à café d’une solution de citrate de soude à 1,50 pour 100 pour deux cuillerées à soupe de lait. La dose est très faible, n’amène pas de coagulation ni de précipitation des sels de chaux contenus dans le lait, et les enfants de très bas âge supportent très bien ce mélange qu’on diminue ou qu’on augmente suivant les besoins.
- Le Dr Yariot a essayé ce procédé thérapeutique dans son service des enfants à Paris et il en a obtenu les plus heureux résultats; mais il ne faut pas le donner d’une façon indifférente à tout enfant digérant mal. On réservera l’usage du citrate de soude pour les enfants suralimentés ou recevant du mauvais lait, et ayant des vomissements fréquents et rebelles. M. Variot ajoute à une tétée de 120 grammes de lait, stérilisé bien entendu, une dose de 25 centigrammes de citrate en solution dans un peud’eau distillée. Il va sans dire que, bien qu’inoffensive à cette dose, la médication doit être suspendue dès que les troubles dyspeptiques ont disparu.
- Une cause rare de saturnisme•
- Les intoxications professionnelles par le plomb deviennent dé plus en plus rares, depuis que l’on tend à substituer aux couleurs à base plombique, les enduits à base de zinc. Mais en dehors des intoxications chez les peintres, il existe de nombreux cas qui ne se révèlent que par hasard. En voici un exemplaire assez curieux. Le Dr Coursellemont, d’Amiens, est appelé à soigner une pauvre femme frappée d’une paralysie incomplète de quatre membres avec atrophie, douleurs, em gourdissem,ent. Les troubles moteurs et sensitifs n’étaient arrivés que d’une façon progressive, aidés un peu des habitudes invétérées du petit verre du matin. Mais en examinant soigneusement les divers symptômes, le médecin put affirmer qu’il s’agissait là d’une paralysie par polynévrite et comme l’alcoolisme ni d’autres causes ne pouvaient être invoqués comme facteurs rationnels de cette névrite, il chercha dans un empoisonnement professionnel. L’enquête décèle chez notre collègue une perspicacité ingénieuse, car c’est le point intéressant de cette histoire, ce n’était pas la profession elle-même qui pouvait engendrer l’empoisonnement, c’est un tout petit détail.
- La malade travaillait dans une fabrique de sacs ; elle n’avait qu’à les arranger par tas. R lui en passait de 800 à 900 journellement parles mains et, à chaque tas, de 25,elle inscrivait un chiffre sur le 25e. Et cette inscription se faisait à l’aide d’une craie, vulgairement appelée crayon à la sanguine. Seulement, comme la toile des sacs est dure, la craie friable, pour mieux marquer son chiffre l’ouvrière mouillait à chaque fois le crayon sur sa langue, l’essuyait ensuite avec ses doigts. A cinquante fois par jour, c’était une vraie absorption de particules crayeuses. Or cette craie contient — au moins l’exemplaire analysé — une très forte proportion d’oxyde de plomb, pas d’arsenic. La cause était trouvée, c’était bien le plomb, aidé peut-être par les conditions de vie antérieure, par un peu trop de prises de petits verres qui avait engendré les troubles paralytiques. C’est, comme je le disais, une variété assurément rare d’intoxication saturnine. Dr A. 0.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Parfum à la sève de pin. — C’est pour donner dans les appartements l’odeur balsamique et réellement suave des pins. Si nous en croyons la publication « DerTekniker », on obtient un excellent résultat en mélangeant, à 90 parties de la meilleure huile de pin blanc, 4 d’essence de bergamote, puis autant d’essence de limon et 2 de teinture de vanille. On fait dissoudre le tout dans 1000 d'alcool à 95°.
- Vernis pour cycles. — Il s’agit d’un vernis à passer au four,
- Sue recommande la publication allemande Farben Zeitung.
- n prend 50 kg d’asphalte de Syrie, autant d’huile de copal, 50 kg également d’un vernis épais à l’huile, enfin 105 kg d’huile de térébenthine, et 7 kg d’un bon siccatif. 11 faut du reste fondre longuement l’asphalte, puis ajouter l’huile de copal et chauffer assez longtemps afin d’évaporer toute l’eau contenue dans cette dernière; on laisse refroidir, et c’est seulement alors qu’on ajoute le siccatif d’abord, ensuite la térébenthine et le vernis à l’huile, qu’on a auparavant mélangés.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0x9 ÉTAT DU CIEL TLUIE EN MII.LÏMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 juin 18,9 S. S. E. 2. Très nuageux. 0,6 Très nuageux ; halo ; pluie de 15 h. 50 â 15 h. 50.
- Mardi 6 15,1 S. S. W. 3. Très nuageux. » Rosée; presque couvert.
- Mercredi 7 11,2 S. 2. Couvert. 9,4 Couv. jusq. 17 h. ; nuag. ensuite ; pluie à peu près continue entre 5 et 17 h.
- Jeudi 8 12,0 S. W. 2. Couvert. 4,9 Rosée ; couvert ; pluie à partir de 16 h.
- Vendredi 9 11,8 S. 1. Pluie. 2,5 Presque couvert ; pluie jusqu’à 7 h. ; halo.
- Samedi 10 12,0 E. N. E. 1. Couvert. 19,9 Rosée ; très nuag. ; pluie de 8 h. 50 à 9 h. 10 ; de 16 h. 25 à 16h. 40et tor. entre 19et21 h. ; orage de 15h. à 20h.
- Dimanche 11 15,1 N. N. E. 1. Quelques nuages. 0,5 Nuag. ; orage de 17 h. 25518 h.; pluie de 16 h. 50 àl7 h.
- JUIN 1905. — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE il JUIN 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. — Pendant la semaine du 5 juin au 11 juin, il n'y a eu partout que pluies etorages. Le» juin, dans la matinée, un minimum barométrique se trouvait près de Paris et les vents soufflaient du Nord-Est sur la Manche. La température était le matin à 7 heures, 19° à Paris, 22° à Besançon, 12° au Puy de Dôme, 7° au mont Ventoux. A Paris, la température normale du i juin avait été de 21°,4 ; celle du 5 juin fut de 18°,5. La matinée fut assez belle, mais le vent soufflait ; à midi, le ciel s’est couvert et une forte averse est tombée. Après une assez longue éclaircie, à 2 heures, le ciel s’est de nouveau couvert et il a plu jusque vers 4“ 30. Cet orage a donné 11 mm d'eau au parc Saint-Maur et 17 mm à Sèvres. Des pluies abondantes orageuses sont tombées dans le Nord et l’Ouest de la France. Ou a recueilli 40 mm d'eau au Havre, 14 mm à llochefort, 12 mm à Boulogne. Des lueurs électriques de faible intensité ont été observées dès P 20” et se sont prolongées jusque vers 5 heures du soir. Dans la banlieue, les hauteurs dreau variaient entre un maximum de 25 mm à Brévannes et un minimum de 4 mm à Villejuif. Le 5 juin, un violent orage de grêle s’est également abattu dans la région sud-est d’Angers, et a causé des dégâts importants. Le 6 juin, de basses pressions se trouvaient le matin sur la Bretagne. Un vent assez fort du Nord-Est soufflait au Cotentin, et du Nord-Ouest en Bretagne et dans le golfe du Lion. La température s’est abaissée dans nos régions; elle était le matin de 12° à Nantes, 15° à Paris, 15° à Lyon, 19° à Nancy. Le 7 juin, les fortes pressions se trouvaient au Nord de l’Ecosse; les pressions étaient basses sur le continent. A Paris, la pression atteignait 756 mm. Les pluies ont été abondantes et toutes accompagnées d’orages ; il est tombé 33 mm d’eau à Besançon, 28 mm à Belfort, 22 mm à Marseille, 16 mm à Perpignan, 16 mm au Havre. Le thermomètre marquait le matin 11° à Paris, 6° au mont Ventoux, 2° au Puy de Dôme, — 5° au Pic du Midi. Le 8 juin, le temps est resté mauvais; des pluies très abondantes sont tom-
- bées sur le Nord de la France, les Pays-Bas et l’Allemagne. Il y a eu 68 mm d’eau à Aix-la-Chapelle, 10 mm à Dunkerque, 8 mm à Paris, 5 mm à Nancy. La température était9° à Nantes, 12° à Paris, 13° à Toulouse, 18° à Perpignan. Dans la région parisienne, les vents soufflaient de Ouest à Ouest-Nord-Ouest près du sol et dans les couches basses de l’atmosphère; dans la soirée, les courants d’air à l’altitude de 8300 mètres environ étaient modérés de l’Est-Sud-Est. Le 9 juin, les pluies ont été générales en France; il a plu à Char-ieville (21 mm), à Dunkerque (8 mm), à Paris (7 mm). Le thermomètre marquait le matin, à 7 heures, 12° à Paris, 12° à Nantes, 16° à Lyon, 17° à Toulouse. La température moyenue de la journée à Paris a été de 13°,8. Le 10 juin, ce sont encore de nouvelles pluies à Toulouse (12 mm), au Havre (7 mm), à Perpignan (6 mm), à Limoges (2 mm), à Brest (1 mm). La température n’a pas changé sensiblement ; on notait 10° à Besançon, 12e à Paris, 16° à Biarritz, 16° à Perpignan. Entre 5 et 7 heures du soir,*un orage important a sévi sur Paris et la banlieue. La force et la nature de l’orage ont été différents suivant les endroits Dans le Nord de Paris, il y a eu une chute de grêle d’une extrême abondance et d’une très grande violence. Les grêlons, d’une épaisseur de 3 à 4 centimètres, ont cassé des carreaux et des vitres en quantité. On a eu surtout à souffrir des effets de celte grêle à partir de la ligne formée par la rue de Châteaudun et la rue Lafayette en montant vers Montmartre. La quantité d’eau qui tombait de toutes parts a produit des inondations et des accidents. La gare de La Chapelle-Ceinture a été envahie par l’eau, et la circulation des trains interrompue. Avenue de Saxe, l’hôtel des téléphones a été inondé ; les dégâts ont été nombreux et ont fortement gêné le service. Dans la banlieue de Paris, la grêle a fait également de grands dégâts ; toutes les récoltes sont perdues. Le 11 juin, k» pression barométrique est restée inférieure à 760 mm en France. Il y a eu encore de nombreuses pluies, abondantes, et accompagnées d’orages.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 10 à 1 h. 14 m. du soir.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie,
- éditeurs de a La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à F obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1674 (24 juin 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Nouvelle expédition polaire. — Le commandant Peary prépare une nouvelle expédition vers le pôle Nord. Son navire, le ISoosevelt, est presque liai; il partira probablement en juillet, «îuni de provisions pour trois ans et se rendra au cap Sabine en août; en février, M. Peary espcre commencer son trajet en traîneaux. Il sera accompagné de cinq à six cents porteurs, une tribu entière d’Esquimaux; enfin il pense établir des stations de « télégraphe sans fil » et nous donner de ses nouvelles.
- Académie royale de Belgique. — La classe des sciences de l'Académie royale de Belgique a élu associé M. Elie Metchnikofif, sous-directeur de l’Institut Pasteur.
- Astronomie. — Le contre-amiral Massé est nommé membre du conseil de l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon, en remplacement du contre-amiral Aubry de la Noé.
- Congrès et association des ingénieurs et hygiénistes municipaux. — Sur l’initiative de MM. Ed. Imbeaux (Nancy), Van Lint (Bruxelles), H. Peter (Zurich) et Klein (Luxembourg), un Congrès des ingénieurs et hygiénistes municipaux des villes de France, Belgique, Suisse et Grand-Duché de Luxembourg aura lieu à Paris en novembre prochain; le but de ce Congrès est la fondation d'une Association permanente ayant pour objets : l’étude des procédés nouveaux intéressant la salubrité urbaine; les améliorations à apporter dans la législation sanitaire ; des Congrès hygiéniques avec des conférences et discussions scientifiques, expositions, excursions et visites do travaux remarquables; la publication, — à partir du 1er janvier 1906 — d’un journal mensuel d’hygiène technique, scientifique et industriel, enfin la création d’un Office technique de consultations «t renseignements. Le patronage ou les encouragements des ministères compétents des quatre pays intéressés sont dès maintenant assurés à l’entreprise. Cette association sera le trait d’union de tous les hvgiénistes qu’occupent les graves problèmes des travaux d’adduction d’eaux, alimentation et assainissement des villes, désinfection, etc. Toutes les demandes de renseignements, adhésions, etc., doivent dire adressées à M. le Dr Imbeaux, ingénieur des Ponts et Chaussées, 17, rue du Montet, à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- Congrès préhistorique de France. — La première session <le ce congrès aura lieu dans la Dordogne cette année, du 26 septembre au 1er octobre. Les trois premières journées, 26, 27, 28 septembre, à Périgucux, seront consacrées aux communications et discussions scientifiques ; les trois autres, à des excursions : aux Eyzies, à la Madeleine, au Moustier, ces stations classiques qui ont fourni de si nombreux éléments d’étude. Les membres titulaires paient une cotisation de 12 francs; les membres correspondants, de O francs. Les cotisations sont reçues chez M. Giraux, trésorier du comité d’organisation, avenue Victor-Hugo, 9 bis, à Saint-Mandé (Seine).
- Congrès de botanique. — Le 12 juin a eu lieu à Vienne la première séance du Congrès international de botanique, qui a rassemblé de nombreux représentants de gouvernements étrangers et un grand nombre de botanistes d’Autriche-Hongrie et de tous les pays. Le botaniste français Perrot a demandé que l’un des principaux sujets sur lesquels le Congrès portât son attention, fût la réforme de la nomenclature botanique. Le Congrès a résolu de tenir sa prochaine assemblée générale à Montpellier et a élu vice-président M. Flahaut, de Montpellier.
- Quatrième Congrès international d’acétyléne. — Le qua-. trième Congrès international d’acétylène sera tenu à Liège les 17-18-19 juillet sous le patronage du Gouvernement belge et de plusieurs Gouvernements étrangers et la présidence d’honneur de MM. Berthelot, Moissan, et général Sebert, membres de l'Institut. Diverses questions y seront discutées, notamment celles du chauffage
- domestique, du chauffage industriel (chalumeaux oxy-acétyléniques), de l’épuration, de l’incandescence, qui ne furent qu’effleurées en 1900. Pour le programme des travaux, les renseignements et adhésions, s’adresser au Secrétariat général, 278, boulevard Raspail, Paris.
- Concours d’appareils à acétylène. — L’Union des Fabricants Français de carbure de calcium vient d’instituer un concours d’appareils à acétylène, dans le but de mettre en relief tous les appareils qui, par la sûreté de leur fonctionnement, l’économie de leur emploi, la qualité de leur fabrication, peuvent inspirer à la clientèle une pleine et entière confiance. Il ne doit donner lieu à aucun classement, mais servir uniquement à l’établissement de la liste des Appareils recommandables, c’est-à-dire de ceux qui, à la suite d’essais multiples et méthodiques, auront satisfait à une série de prescriptions préalablement fixées dans le programme du concours.
- Volcanisme. — A la date du 12 juin, on télégraphiait de Fort-de-France que le mont Pelé donnait des signes d’une recrudescence d’activité. Déjà le 3 juin de vives lueurs qui paraissaient subitement furent suivies d’une gerbe de flammes; un nuage de fumée descendit vers la mer, des cendres arrivèrent jusqu’au village du Prêcheur, puis le calme se rétablit. La cime du mont Pelé s’éleva pendant la nuit du 10 au 11 juin; puis elle s’affaissa, le 11 juin dans la matinée. Un torrent de boue déborda et coula dans la vallée, et un nuage de fumée s’éleva, s’étendant à une grande distance.
- Aéronautique. — M. Santos-Dumont a fait construire un nouveau ballon dirigeable n° 14, qui a une longueur de 41 mètres, et un volume de 170 mètres cubes. La force motrice est fournie par un moteur Peugeot de 14 chevaux, et d’un poids de 27 kilogrammes. Toutes les modifications et tous les perfectionnements ont été faits en vue d’obtenir la vitesse maxima possible.
- Société protectrice des animaux. — La Société protectrice des animaux a procédé le 13 juin dans l’après-midi, au cirque d’Hiver, à la distribution de ses récompenses annuelles sous la présidence de M. Lebarrois, représentant M. Ruau, ministre de l’Agriculture. Le palmarès comprenait 1500 lauréats. Le clou de la fête a été la remise de colliers d'honneur à deux chiens de berger, « Frigousse » et « Carlos » qui ont accompli des actes de sauvetage. « Frigousse », qui est d’une rare intelligence, a retiré de l’eau en le tirant par sa blouse un domestique en danger de se noyer; après l’avoir traîné dans un gué voisin il était allé chercher du secours.
- Crue du Mississipi. — Le Mississipi a débordé ; les dégâts sont évalués à un million de dollars sur la ligne de Chicago à Burlington et Quincy et sur la ligne de Chicago à Rock-Island et Pacific. Les dommages pour les récoltes s’élèvent également à un million de dollars.
- Traversée rapide. — Le 14 juin* on a annoncé à Glasgow que le navire à turbine Virginie venait d’effectuer la traversée de l’Atlantique, de Glasgow au cap Race, en quatre jours et six heures.
- Variétés. — Le cresson de fontaine est, paraît-il, un antidote de la nicotine. M. Zalackas a effectué sur des lapins et sur des chiens des expériences qui ne laissent aucun doute. M. Zalackas a injecté de la nicotine dans la jugulaire de ces infortunés animaux ; et lorsque l’asphvxie était imminente, il les a sauvés par une injection de suc de cresson additionné d’un peu de caféine. On ne saurait donc trop conseiller aux fumeurs invétérés de manger de bonnes salades de cresson.
- Application de la législation sanitaire en Indo-Chine. — Par décret du 13 mai 1905, les dispositions du chapitre 2 du titre Ier et celles du titre IV de la loi du 15 février 1902, sont rendues applicables en Indo-Chine. On se rappelle que, précédemment, la législation sanitaire avait été déjà rendue applicable à Madagascar
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Météorologie. — Dans la semaine du 12 au 18 juin, le temps a été beau par intervalles ; mais il a encore été pluvieux, orageux et humide. Le lundi 12 juin, à Paris, le ciel était couvert, et il est tombé une pluie intermittente qui a fourni, au centre de Paris, 1 à 2 mm d’eau. Le vent était très faible du Nord-Ouest en Bretagne, et modéré sur les côtes de la Méditerranée ; la mer était houleuse à Marseille. Des pluies sont tombées en Italie ainsi que sur la plupart de nos régions où de nombreux orages ont été signalés. La température s’est abaissée; on notait le matin 13° à Paris, 13° à Nantes, 4° au Puy de Dôme, — 4° au Pic du Midi. Un orage a sévi sur la région parisienne de 4h 45m à 5h 30m ; la pluie qu’il a déterminée a fourni au maximum 8 mm d’eau à Vaucluse. Il y a eu des manifestations électriques faibles. Le 13 juin, la pression barométrique était voisine de 758 mm dans le Sud et l’Ouest de l’Europe. Des mouvements orageux se formaient sur le Sud-Ouest de l’Angleterre en Gascogne et vers la Provence. Il a plu vers la mer Adriatique et dans la plupart de nos régions; il est tombé 47 mm d’eau à Dunkerque, 17 mm d’eau à Boulogne. La tempé-
- rature était le matin 15° à Paris, 15° à Lyon, 15° à Toulouse. Le 14 juin, des pluies sont tombées à Gap (12 mm d’eau), à Dunkerque (1U mm), à Clermont (3 mm); on a signalé des orages à Rochefort, Biarritz et Perpignan. A Paris, après une belle matinée, le ciel est devenu nuageux à 2 heures et un violent orage a éclaté sur la capitale. Le 15 juin, les pluies ont été générales dans toute la France ; on a recueilli 70 mm d eau au cap Ferret, 44 mm à Nice, 37 mm à Toulouse, 16 mm à Besançon, 4 mm à Brest. La température était le matin 16° à Paris, 18° à Perpignan, 7° au Puy de Dôme. La température moyenne à Paris a été de 17°,3. Le 16 juin, il est tombé 20 mm d’eau à Boulogne, 7 mm à Nice, 5 mm à Paris, 4 mm à Biarritz, 2 mm à Clermont, 1 mm à Brest. Le thermomètre marquait 18° à Paris, 18° à Lyon, 18ü à Toulouse, 220, à Biarritz. Le 17 juin, des pluies sont tombées sur toute la France, accompagnées d’orages à Nancy, Paris, Rochefort, Bordeaux; on a recueilli 60 mm au ballon de Servance, 15 mm au Havre, 13 mm au Mans, 7 mm à Brest, 20 mm à Paris, 12 mm à Perpignan. Le 18 juin, le temps a été beau à Paris.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — Découvertes et aménagements de grottes. — De tous côtés on nous annonce des trouvailles de nouvelles cavernes et des travaux d’accès à l’intention des touristes. En France d’abord, dans le Lot, c’est M. A. Viré qui, à Lacave (près de Souillac), — en creusant un tunnel de 500 à 600 mètres pour rejoindre, à l’imitation de ce qui avait déjà été fait à Agtelek (Hongrie), à Reclère (Suisse), à Colossal-Cavern (Amérique), etc., les galeries pratiquement inaccessibles de l’aven de Saint-Sol — vient de découvrir, au bout de 400 mètres de perforation, 500 mètres de salles hautes de 40 mètres, avec une profusion de magnifiques concrétions : ce sera une attraction de plus pour cette région du Quercy, qui possède déjà l’admirable site de Rocamadour, et la merveille du fameux gouffre de Padirac. — Dans le Doubs, M. E. Fournier vient d’obtenir la pose d’échelles au puits de Poudrey, une des plus vastes cavités du Jura. — A la grotte des Demoiselles près Ganges (Hérault), toute une nouvelle installation (électricité, etc.) rend très confortable une visite jusqu’alors assez peu pratique. —De même à B'étharram (Htcs-Pyrénées) on s’occupe de rendre parcourable la rivière souterraine de près de 2 km de longueur que l’on ne peut voir sans se mouiller jusqu’à la ceinture. En Belgique, la nouvelle grotte de Dinant (fin 1904) ne pourra manquer, selon M. Rahir, d’attirer de nombreux visiteurs. — En Suisse, la grotte de Saint-Béat (près Thun) vient d’être pourvue de 800 mètres de passerelles et de sentiers; l’exploration n’est pas achevée. — Aux environs de Trieste (Autriche), M. Perko a trouvé, cet hiver, à Markovsina, une caverne qui, par son étendue, sa rivière souterraine, ses concrétions, paraît devoir ne le céder en rien aux plus célèbres antres du Karst. — En Italie, où il existait déjà, depuis peu d’années, des cercles spéléologiques à Milan, Bologne, Brescia, Udine, pour les études souterraines, il vient de s’en fonder un cinquième à Rome, sous la présidence du commandeur Guido Corà. — Quant-à l’Amérique, les trouvailles dans le sous-sol y font légion, mais exigent de sévères vérifications! — Dans deux prochains articles nous décrirons les résultats vraiment scientifiques obtenus récemment en Angleterre et au IIôll-Loch (Suisse).
- Renseignements. — Dr G., 'a B. — 1° Vous pourriez essayer de laver l’étoffe dans de l’eau additionnée d’ammoniaque liquide, environ 20 centimètres cubes pour 2 ou 5 litres d’eau. — 2° Pour empêcher les mouches de pénétrer dans un appartement, le meilleur moyen semble être de garnir les fenêtres
- de châssis en toile métallique : c’est le moyen. employé dans les pays chauds, où croît l’eucalyptus, qui est sans action contre elles. Vous pourriez aussi employer un enduit composé de 1 kg de saindoux dans lequel aurait bouilli p'endant cinq minutes une bonne poignée de feuilles de laurier et qui fait fuir les mouches et les taons. Enfin le ricin, élevé en pot et placé dans un appartement infesté de mouches, l’en nettoie rapidement : elles viennent mourir sous les feuilles de la plante dont l’odeur les attire.
- M. H. de Beaulieu, au Grand Frougeray. — Vous trouverez de nombreux ouvrages concernant l’hydraulique à la librairie VTe Ch. Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris, notamment : Hydraulique, par A. Debauve, 6 francs; Mécanique, hydraulique et thermodynamique, par G. Dariès, 9 francs; Hydraulique agricole, par Lévy-Salvador, etc.
- M. L. de Waele, à Bruxelles. — Le chargeur automatique de matériaux décrit dans La Nature, n° 1672 du 10 juin 1905, p. 31, se trouve chez MM. Herman et C°, appareils de manutention, à Anvers; cette adresse figurait en tête de la Boîte aux lettres du n° du 10 juin.
- M. G. Garde-Roux, à Vaucluse. — 1° Nous ne connaissons pas le jouet dont vous nous parlez. Peut-être trouverez-vous à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris, un livre contenant des indications sur la polygraphie du cavalier. — 2° Remerciements pour votre communication.
- M. L. Cezard, à Nancy. — 1° Adressez-vous à un médecin. — 2° Consultez le Manuel pratique de l'Astigmatisme par le Dr Salis, à la librairie Maloine, 23, 25, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris.
- M. H. 0., à B. — Le modèle de bicyclette dont vous parlez ne se fabrique plus.
- M. G. A. G., à Paris; M. Chaigneau, à la Gaubretière. — Vous pourrez vous débarrasser des mauvaises herbes en arrosant avec le mélange ci-dessous : eau, 100 litres; chaux vive, 10 kg; soufre en poudre, 1 kg; vous faites bouillir le tout ensemble, puis le mélange étant tiré au clair, vous y ajoutez, avant l’emploi, une égale quantité d’eau.
- M. Ou. Kouanze, à Rouen. — 1° Pour les gisements minéraux et métallifères, consultez les ouvrages de M. De Launay : Les gîtes métallifères, à la librairie Gauthier-Villars; 55, quai des Grands-Augustins, à Paris; Traité des gîtes minéraux, à la librairie Baudry, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. — 2° Voici une pâte à dérouiller les métaux : savon gras, 15 gr.; cyanure de potassium, 15 gr. ; blanc de Paris, 30 gr. ; délayez ces substances dans une quantité d’eau suffisante pour en faire une pâte assez épaisse.
- M. E. Gaudecher, à Saint-Germain-en-Laye. — Voici quelques ouvrages ayant trait aux puits artésiens : L’Art du fon-iainier moderne, par E. Garnier; Guide du sondeur, par Degousée et Laurent ; Outils et procédés de Sondage, par P. Arrault.
- Un abonné de Saint-Etienne. — Pour la destruction des mauvaises herbes dans les allées, voyez plus haut la réponse faite à M. G. A. G à Paris et à M. Chaigneau, à la Gaubretière.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Thieux, à Ajaccio. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — MM. F. Bachy, à Trélon; A. Bélicaud, à Paris. Nous ne donnons jamais la description d’un appareil avant qu’il n’ait été construit et essayé. Tous nos regrets. — M. G. Berger, à Ohain. Consultez le livre de Recettes et procédés utiles, 2* et 3' séries, à la librairie Masson et C‘% 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Oct. David, à Caen. Consultez les Recettes de VElectricien, à la même librairie. — M, Jacquot, à Thonon. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni d insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Le Friquet. — Le Friquet est un jouet curieux et original qui fonctionne à l’aide d’un petit moteur intéressant. Une tige métallique verticale est maintenue par une griffe spéciale à la partie supérieure d’un verre dé lampe. Parallèlement et soutenue par cette première tige se trouve une deuxième tige qui porte une hélice fixée à la partie supérieure et mobile. Sous l’influence du courant d’air chaud qui s’échappe de la lampe, l’hélice se met en marche et tourne à une grande vitesse angulaire. La tige qui porte l’hélice est munie de deux cames
- d’un fort peigne en buffle ou en corne. L’extrémité du tube est reliée à un tuyau en caoutchouc adapté à un ventilateur ordinaire, soufflet, pompe de bicyclette. L’air sous pression s’échappe et fait évaporer l’humidité qui peut se trouver sur les cheveux. — L’aéropeigne se trouve chez M. J. Sabatier, 253, rue Saint-Martin, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Sensibilisation rapide du papier Artique.
- Le Friquet, nouvel acrobate.
- qui rencontrent un petit levier monté à angle droit et dont l’arbre porte un petit acrobate très original. Les cames rencontrent dans des conditions diverses la petite tige à contrepoids qui communique à l’acrobate les mouvements les plus variés et les plus inattendus. Le n° 1 de notre dessin montre les détails de l’appareil, et les n0! 2, 3, 4 quelques-unes des positions que prend successivement l’acrobate. Ce petit jouet est ingénieusement combiné. Nous ajouterons que l’on peut déplacer le poids sur une tige et varier encore les positions de l’acrobate. — Le Friquet se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- L’aéropeigne. — L’hygiène recommande de se nettoyer souvent la chevelure, car la transpiration est très active à la tête et la poussière s’y amasse rapidement. Mais les cheveux exigent un certain temps pour sécher; si l’on se met dans
- L’aéropeigue.
- un courant d’air pour hâter l’évaporation, on s’expose à des refroidissements. 11 en résulte que l’on néglige- cette hydrothérapie locale, et les cheveux tombent. On peut éviter ces ennuis, si l’on a recours à l’aéropeigne, que représente notre dessin. Cet appareil est constitué par un tube de métal possédant des ouvertures de distance en distance placées entre les dents
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- L’emploi de ce papier, qui donne de si beaux résultats, n’est peut-être pas aussi général qu’il devrait l’être, à cause de la question de sensibilisation. On sait, en effet, que ce papier qui donne l’image par dépouillement à la sciure de bois, doit être sensibilisé dans le bichromate peu de temps avant l’emploi. Dans les formules données par l’inventeur on se sert de solutions de bichromate de potasse dans l’eau, et la dessiccation nécessite un certain temps, plusieurs heures. On recommande ordinairement de procéder à cette opération la veille du jour où doit se faire le tirage; mais on ne sait pas toujours la veille si le temps sera favorable et si on aura le loisir nécessaire. M. G. Briand, qui est un opérateur très habile, nous donne un procédé très pratique qui permet de faire la sensibilisation quelques instants avant le tirage, la dessiccation a lieu en peu de minutes.
- La solution à employer pour les clichés durs qui devront donner une image harmonieuse est la suivante :
- Eau...................... 1000 cm3.
- Bichromate d’ammoniaque. . 70 grammes.
- Au moment de l’emploi on mélange cette solution à une fois et demie son volume d’alcool ordinaire à 90°. On aura, par exemple, 50 cm3 de la solution indiquée et 45 cm3 d’alcool. Avec les clichés légers la formule suivante donnera de meil-
- leurs résultats.
- Eau..........................1090 cm3.
- Bichroinaie d'ammoniaque. . 7.0 grammes.
- Bichromate et potasse. .... 50 —
- Pour l’usage on prend 1 partie de cette solution pour 2 ou 3 parties d’alcool.
- L’étendage de la solution sur le papier a une grande importance et la présence de l’alcool, qui pénètre immédiatement le papier, exige d’opérer en une seule fois.
- On aura donc un pinceau plat un peu plus grand que l’épreuve (si on n’en a pas, on peut le remplacer par une bande de feutre serrée entre deux cartons). On verse la solution dans une cuvette où puisse tenir le pinceau, on imbibe bien celui-ci et on l’égoutte, puis on le passe d’un seul coup, et une seule fois sur la face émulsionnée du papier; on porte aussitôt celui-ci dans le cabinet noir où il sèche en un quart d’heure environ. On peut ensuite passer une deuxième couche au dos du papier ; on peut même commencer par celle-là et n’en pas passer d’autre, cela dépend des clichés et des effets qu’on veut obtenir; mais, comme règle générale, on peut admettre qu’une seule couche, soit au recto, soit au verso, est suffisante.
- Ce procédé d’étendage peut également servir pour les papiers à la gomme qu’on prépare soi-mêrne ou pour les papiers Fres-son; si le papier employé est un peu épais, on aura intérêt à passer une seconde couche et comme la pénétration aura été moins rapide on pourra le faire aussitôt après la première opération. — On trouvera des pinceaux de toutes les dimensions, chez M. G. Briand, 85, rue La Condamine, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les bains dans la neurasthénie.
- L’hydrothérapie est un des moyens les plus en faveur et les plus efficaces pour combattre la neurasthénie, sans parler, bien entendu, d’autres moyens adjuvants : mais beaucoup de malades redoutent l’eau froide ; chez quelques-uns, simple pusillanimité que l’on arrive à faire disparaître, en procédant graduellement; réelle peur de l’eau, véritable hydrophobie pour la douche chez d’autres ; avec tous les ménagements possibles, vous n’arriverez pas à leur faire supporter un jet d’eau, je ne dirais pas froide, mais dégourdie. C’est pour ces malades qu’on a conseillé avec grand profit la balnéation chaude comme la pratiquaient nos aïeux lorsqu’ils conseillaient aux femmes atteintes de vapeurs (les neurasthéniques d’aujourd’hui) les bains chaudsde tilleul. Le bain chaud est en effet un sédatif puissant, cl
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- KJ
- il l’est à condition d'être pris à la température qui convient le mieux au malade, ce qu’il est facile d’obtenir. Le bain doit être donné le matin, au lever, et le malade doit se remettre au lit après une immersion d’au moins une demi-heure, en ayant soin detoujours maintenirla température de l’eau sensiblementégale.
- Le bain du soir est également très efficace ; deux grandes heures après la fin du repas qui aura été peu copieux, un bain chaud d’une demi-heure prépare, en se mettant au lit immédiatement, une nuit calme, réparatrice et une détente de système nerveux surexcité.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES PU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION' ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 juin 12.5 S. 1. Couvert. 8,5 Rosée ; très nuag. le matin ; nuag. le soir; orage le soir de 16 h. 20 à 17 h. 15, avec pluie forte.
- Mardi 13 12,5 E. 0. Nuageux. » Rosée ; peu nuageux ; halo à 7 heures. -
- Mercredi 14 E. N. E. 1. Nuageux. 1,7 Rosée ; nuageux ; orage de 16 h. à 18 h, 10, avec pluie.
- Jeudi 15 ....... 16,0 S. E. 1. Peu nuageux. 4,9 Rosée; nuag.; orage de 18 h. 15 à 20 h. 30; pluie de 18 b: 40 à 20 h. 50.
- Vendredi 16 17.6 S. 2. Beau. )> Beau lç matin ; peu nuag. l’après-midi.
- Samedi 17 16,S S. 2. Pluie. 19,8 Très nuag. ; pluie le matin; fort orage de 14 h. 10 à 16 h. 50; forte pluie de 16 h. à 18 h.
- Dimanche 18 15,1 S. W. 3. Nuageux. 0,3 Nuag. ; averse à 23 h. 50.
- JUIN 1905. — SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 JUIN 1905
- 30s
- 1
- 25"!
- 20
- 15s
- 10;
- 5;
- 0°
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent-; courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- néiumé des observations météorologiques faites d l’Observatoire du parc Sainf-Maur, en mai 1 »©5.
- par M. Tn. Moireaix.
- Ce mois est remarquable par une température basse du 3 au 9, du 13 au 14, du 20 au 23; par une moyenne barométrique élevée, et surtout par une proportion considérable (67 pour 100) des vents d’entre N. et N.-E, qui ont
- prédominé pendant 28 jours consécutifs, du 4 au 51. Une pluie continue est tombée depuis le 7 à 4h 30” jusqu’au 8 à 5* * * * * * 7 * 9 * 1115”, soit pendant près de 23 heures consécutives; elle a donné 24"”,4 d’eau. À partir de cette date, on n’a eu que des averses insignifiantes : aussi la sécheresse était grande à la fin de la dernière semaine.
- Pression barométrique, altitude 30”,3. Moyenne du mois, 759—,15; mini-
- mum absolu, 747”",4 le 1« à 22 h. 50; maximum absolu, 768—,3 le 10 à
- 7 h. 30; écart extrême, 20““,9.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 7°,15; des maxima, 18°,22 ; du mois, 12°,67; vraie des 24 heures, 12°,49; minimum absolu, 2°,3 le 22 ; maximum absolu, 29°,5 le 30. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 4°,64; des maxima, 38°,04; minimum absolu, — 2°,1 le 24; maximum absolu, 50’,3 le 29. Dans le sol gazonné, moyenne du mois ; profondeur, 0”,30 : à 9 heures, 12°,91; à 21 heures, 13°,51 ; profondeur, 0”,65 : à
- 9 heures, 12°,08; à 21 heures, 12®,(0; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 11°,35 ; à 21 heures, lt®,39. De la Marne : moyenne le matin, 14°,25; le soir, 14°,72; minimum, 12®,19 le 1"; maximum, 18°,40 le 31.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 7—,34 ; minimum, 2—,9 le 23 à
- 16 heures ^maximum, 13—,5 le 30 à 21 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 70,0 ; minimum, 24 le 28 à
- 17 heures ; maximum 100, en 3 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 5,51 ; un seul jour sans nuages, le 29 ; 3 jours entièrement couverts, les 6, 7 et 20.
- Insolation : durée possible, 471 heures; durée effective, 244,3 h en 27 jours, rapport, 0,52.
- Pluie : total du mois, 42—,8 en 44 heures, dont 19—,5 le 7.
- Nombre de jours : de pluie, 13, dont 6 ont fourni une hauteur d’eau inférieure à 1 min ; de pluie inappréciable, 3; de gelée blanche, 5 : les 10, 14,
- 22, 23, 24; de rosée, 14; d’orages, 5, les 2, i, 17, 18, 51 ; de halos, 2, les 8 et 12.
- Fréquence des vents : Calmes, 13.
- N . 157 E . . . . . 12 8 10 W 18
- N. N. E . 263 E. S. E . 6 S. S. W . 51 W. N. W . 5
- N. E . . . 75 S. E. . . . 13 S. w. . . 49 N. W . . . «
- E. N . E . . 22 S. S. E . . 6 w. s. w. 23 N. N. W. . 37
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois. 4“,5 ; moyenne diurne la plus grande ; 8”,7 le 2; la plus faible ; 1”,5 le 26: vitesse maximum en 15 minutes, 14”,4 le 2, de 8 heures à 8 h. 15, par vent S.-S.-W.
- Electricité atmosphérique : moyenne du mois (21 jours), 93 volts; moyenne diurne la plus grande, 142 volts, le 9; la plus faible, 53 volts, le 26; amplitude diurne, 0,40; amplitude nocturne, 0,42.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 2”,55; minimum, 2”,23, le-4 ; maximum, 2”,87 le 20. Faibles crues du 11 au 14 et du 19 au 20.
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre +- 2“,06 ; température — 0°,40; tension de la vapeur, —0"",30; humidité relative, -+-0,1 ; nébulosité — 0,07 ; pluie — 2””,5.
- Taches solaires. 12 groupes en 25 jours d’observation.
- Perturbation magnétique. Le 27 (faible).
- Floraisous. Le 1", chamerisier, germandrée, sorbier des bois; le 2, érable, sycomore, saxifrage, mignonnette, ancolie, sorbier des oiseleurs; le 3, lilas de Perse, sceau de Salomon, barbeau vivace; le 5, arbre de Judée, épine-yinette ; le 6, cotoncaster, pivoine en arbre ; le 8, glycine ; le 9, arum, herbe à Robert ; le 10, iris germanique, belle d’onze heures ; le 11, cytise, weigélia, vipérine, fumeterre; le 12, chèvrefeuille, rhubarbe; le 14, julienne; le 15, lychnis des champs; le 16, scabieuse colombaire, thym, alisier; le 17, épine rose double; le 18, verveine vivace, framboisier; le 20, sauge des prés, réséda des chemins; le 21, pivoine herbacée, leucanthemum des prairies; le 22, rose de Bengale, sauge officinale ; le 24, valériane ; le 25, seringa; le 26, tradescantia de Virginie, douce-amère, campanule à fleurs en tête; Je 28, églantier ; le 29, geum urbanum, sureau commun ; le 30, hémérocalle jaune, érigeron, coquelicot, acacia blanc; le 31, cornouiller, muflier, sureau à feuilles panachées.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 17 à 6 h, du soir.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout cc qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VI*).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie,
- éditeurs de cc La Native », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1675 (1er juillet 1905), du journal <r La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- L’été. — L’été a commencé le 22 juin, à 5b46’ du matin; il «durera jusqu’au 23 septembre à 5h 39m du soir.
- Les observatoires antarctiques.—Le gouvernement argentin vient d’installer un observatoire météorologique de premier ordre dans l’ile de la Nouvelle-Année, près de l’île des Etats. La discussion détaillée des données, recueillies simultanément dans cette station et dans les dernières expéditions antarctiques, permettra certainement de faire un grand pas dans l’étude de l’origine, de la nature et de la marche des tempêtes (voy. n° 1665, 8 avril 1903, p. 292) de la région du cap Ilorn. (Ciel et Terre, 1er mai 1905.)
- Extinction du paludisme à Suez. — Le récent ouvrage du Dr Pressait, médecin de la Compagnie de Suez, sur la malaria, indique le rôle des moustiques dans le paludisme et détaille la morphologie, l’anatomie et la biologie des moustiques, la prophylaxie du paludisme et en particulier les procédés employés à Ismaïlia sur le canal de Suez. En moins de deux ans, le paludisme primaire a complètement disparu, et le paludisme chronique a été réduit au minimum.
- Muséum. — Le capitaine Picard a rapporté du Soudan un « cercopithèque patas » entièrement blanc, qu’il vient de donner •au Muséum d'histoire naturelle.
- L’unification des altitudes en France. — L’administration vicinale et celle des Ponts et Chaussées viennent de prendre une mesure importante. Les nouveaux repères du Service du nivellement général de la France sur les chemins de fer et sur les voies 4e toute nature, ont leurs altitudes rapportées au zéro normal du nivellement général qui coïncide avec le niveau moyen de la Méditerranée, à Marseille, et se trouve à 0m,07 environ au-dessous du zéro-Bourdalouë. En général, ces deux systèmes accusent une discordance bien plus forte, en grande partie due aux erreurs systématiques du nivellement de Bourdalouë, et, peut-être aussi, à des mouvements généraux ou à des affaissements locaux du sol. Celte discordance atteint 0m,91 à Lille et lm,07 à Brest. Le ministère de l’Intérieur et le ministère des Travaux publics viennent d’adresser à leur personnel les instructions suivantes : 1° Sur tous les documents, on rappellera la constante locale de correction des côtes altimétriques, qui permet de passer du plan de comparaison auquel sont rapportées ces cotes au zéro normal du nivellement général de la France. 2°” Pour tous les travaux à venir, on emploiera exclusivement des altitudes rapportées au zéro normal du nivellement général de la France. 3° Les anciennes altitudes seront supprimées dès que le service du nivellement général de la France aura fourni les plaquettes donnant les altitudes nouvelles correspondantes. Le ministère de la Guerre a, d’autre part, décidé de rapporter à la même origine les courbes de niveau et les cotes d’altitude des planches non encore terminées de la future carte au 50000e, en couleurs qui doit remplacer le carte d’Etat-Major, et dont les premières feuilles vont paraître incessamment. (La Géographie, 15 mars 1905).
- La rage humaine en 1903 dans le département de la Seine. — D’après le rapport de M. le Dr Chantemessc au Conseil d’hvgiène de la Seine, sur les dossiers communiqués tigurent trois décès humains par la rage en 1903, le nombre des personnes traitées à l’Institut Pasteur a atteint le chiffre le plus faible qui ait été constaté depuis la création du service antirabique, 628 mordus, dont 178 appartiennent au département de la Seine, sont venus réclamer des soins. En 1901, 1521 personnes ont été traitées à l’Institut Pasteur, dont 625 pour le département de la Seine. En 1902, 1105 personnes ont réclamé, à Paris, les inoculations antirabiques dont 586 pour le département de la Seine. La diminution globale du nombre des personnes traitées tient sans doute, pour
- une part, à la création de services antirabiques à Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille et Montpellier; elle dépend aussi, en ce qui concerne l’abaissement du chiffre des mordus dans le département de la Seine, aux mesures prises par la Préfecture de police contre les chiens errants. En 1901, on avait constaté à Paris et dans les communes suburbaines la présence de 846 animaux enragés ; presque de moitié (474; en 1902, il n’a été que del79 dans l’année 1905. Si l’on compare l’année 1903 aux années précédentes, au point de vue des décès déterminés par la rage humaine dans le département de la Seine, on obtient les résultats suivants : 1881, 21: 1882, 9; 1883, 4: 1884, 5; 1885, 22; 1886, 5; 1887, 9; 1888, 19: 1889, 6; 1890, 1: 1891, 4; 1892, 5; 1893, 4; 1894. 1 : 1895, 1 ; 1896, 2; 1897, 6; 1898, 8; 1893, 9; 1900, 15; 1901, 12; 1902, 3; 1903, 5. (C. K. des séances du Gonseil d’hygiène, 51 mars 1905.)
- Propriétés du tantale. — Étant donné que le tantale s’annonce comme pouvant rendre des services dans la construction des lampes à incandescence, il est curieux de signaler quelques-unes de ses propriétés, telles qu’elles sont indiquées par M. TYernervon Bolton. Sa chaleur spécifique est de 0,0565, sa chaleur atomique de 6,64, sa densité de 16,65 Son coefficient de dilatation linéaire ne dépasse pas 0,0000079; sa résistance électrique par mètre de longueur, pour un millimètre carré de section, est de 0,165 olnn; la résistance dos fils à la rupture est de 95 à 160 kg par millimètre carré.
- Constructions en béton armé. — On vient d’employer, à Seattle, le béton armé pour la construction d’un mur de soutènement qui a un peu plus de 600 mètres de long et une hauteur atteignant jusqu’à Um,(i0. Cela a permis une économie de près de 40 pour 100 sur un mur en maçonnerie.
- Exploitations minières à grande profondeur. — M.Machcm a présenté à la South Staffordshire and East lYorcestershire Institution of Mining Engineers, un rapport d’où il résulterait que les procédés mécaniques perfectionnés qu’on possède maintenant donneront toutes facilités pour le fonçage des puits à 1000 mètres, que la chaleur ne sera pas aussi élevée qu’on le craint, qu’on la combattra aisément au moyen d’une bonne ventilation et de puits plus larges, qu’enlin il sera simple de compenser l’augmentation des dépenses par de meilleures méthodes de travail.
- La culture du coton en Afrique. — Il existe en Angleterre une association qui ne désire pas cultiver le coton elle-même, mais qui veut encourager d’autres à le faire, et, dans des pays tels que l'Ouest africain, créer une industrie indigène. Dans l’année les quantités de coton produit sous les auspices de l’association s’élèvent aux chiffres suivants: Afrique occi lentale, 8000 balles (type américain), 1 750 000 francs. — Afrique orientale, 10 000 balles (type égyptien). 2 500000 francs. — Indes occidentales, 5000 balles (type Sea-Bland), 2 500 000 francs. Une exposition cotonnière s’ouvrira prochainement à Londres, sous les auspices du professeur Wyndam Dimstan, directeur de FImpérial Inslitute, pour montrer les résultats obtenus.
- Les machines agricoles aux Indes. — C’est d’une façon lente et ruineuse que se fait la récolle aux Indes. Le vannage et le battage se font à la main, le grain est dépiqué par des bœufs, procédés interminables et onéreux. Des batteuses et vanneuses pouvant se déplacer facilement — les fermes étant petites— auraient un grand succès. Les constructeurs de machines agricoles devraient envover sur place des experts pour étudier la situation. Si on introduit l’économie dans la façon d’opérer les récoltes, celles-ci seront beaucoup plus élevées.
- Rails en acier au manganèse. — La Compagnie américaine Pensylvania Railroad est en train d’essayer des rails en acier au manganèse sur la fameuse courbe dite Horse-Shoe curve, par suite de l’usure rapide qu’accusait l’acier ordinaire.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l'année.
- Erratum. — Dans le n° 1672, du 10 juin 1905, page 22, col. I, ligne 27, au lieu de : M. Polliot, il faut : M. Galliot.
- Communications. — M. Jacquot, à Thonon, nous fait part de la découverte d’un champignon monstre trouvé le 26 mai dernier dans les bois avoisinant l'abbaye de Perrignier. Ce cryptogame est un Jycopodon giganteum,
- de la famille des lycopodes, dont la variété la plus connue en France est la vesse commune, appelée quelquefois vesse-de-loup et, dans le Chàblais, pet d'âne. Sa forme est celle d’un Irès gros ballon de football, c’est-à-dire d’une sphère légèrement aplatie et un peu allongée. Ce champignon repose directement sur le sol, auquel le rattache un rudiment de pédon-c le. Sa couleur, à l’état frais, est d’un joli blanc laiteux et son enveloppe rappelle assez exactement la peau de gant. On le dit comestible, -du moins à l’état frais et dans son jeune âge ; mais les avis sont partagés sur ce point.
- Le sujet découvert pèse 2,800 kg (près de 5 kg!) et a les dimensions suivantes : circonférence 0m,88; hauteur 0m,22; longueur 0m,27 ; largeur 0m,24. Jamais, de mémoire de Chàblaisien, on n’avait encore vu pareil monstre. Les traités spéciaux signalent cependant des individus atteignant presque ces dimensions, mais dans le Sud de l’Italie et très exceptionnellement.
- M. Anlonia Cabreira, membre de l’Académie Royale des Sciences de Lisbonne, chevalier de la Légion d’honneur, nous envoie une brochure intitulée Quelques mots sur les mathématiques en Portugal. Ce travail, précédé d’une notice biographique par le Dr A. Santos Lucas, professeur de mathématiques à l’école Polytechnique de Lisbonne, est un exposé des travaux de l’auteur, en même temps qu’une défense contre les critiques plus ou moins sévères qui leur ont été faites au cours de ces dernières années.
- Renseignements — M. G. Dalmcnesche, à Mont-Saint-Aignan. — Adressez-vous aux maisons suivantes, en spécifiant nettement ce que vous désirez : Allez frères, 1, rue Saint-Martin, à Paris; Léon Beaume, à Boulogne (Seine) ; Carré, 13,. rue de la Boétie, à Paris.
- M. Ch. Lahovari, à Bucharest. — Le photo-transposeur,, décrit dans les Nouveautés photographiques du n° 1621, 18 juin 1904, p. 55, se trouve à Paris, chez M. Clermont-Huet, 114,. rue du Temple.
- M. X., h Paris. — 1° Adressez-vous à une maison quelconque de machines à écrire qui vous renseignera immédiatement. — 2° Les deux types de verre ont leurs avantages, suivant les cas. Nous ne saurions vous indiquer l’un de préférence à l’autre r adressez-vous à un oculiste.
- M. J. Meunier, à Yaucresson. — La question est à l’étude^ par un de nos collaborateurs. *
- M. E. P., à Barcelone. — En ce qui concerne l’appareil pour sourds du Dr Laborde, signalé dans la Chronique du n°1468 (15 juillet 1901, p. 110), il faut s’adresser à M. Dussaud» 19, rue Guillaume-Tell, à Paris.
- M. R. Combes, à Yauvert. — 1° Le liège, la sciure de bois,. le poussier de charbon constituent, en effet, de bons isolante pour la conservation de la glace. — 2° Yous pouvez consulter à ce sujet le Manuel du limonadier, glacier, etc., à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris; prix : 3 francs, qui vous-indiquera les'meilleures dispositions.
- M. Loranchet, à Rouvrav. — 1° et 2° : Consultez les ouvrages suivants : Manuel du vigneron, à la librairie Mulo» 12, rue Hautefeuille, à Paris, Ennemis et amis des arbres fruitiers, de la vigne, etc., à la librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris. — 3° Consultez l’Art du fleuriste». par A. Maumené, à la Librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, à Paris.
- M. Drouet, à Mont-Saint-Aignan. —Le sable mis en contact avec le zinc de la terrasse peut entretenir une humidité préjudiciable au zinc, et en entraîner l’oxydation.
- M. Francisco F. Andreu, à Mahon. — Fontarabie, Biarritz, ou Saint-Sébastien répondent très bien à votre désir.
- Cercle des amis, à Brassus. — Nous avons donné dernièrement (dans les Petites Inventions des Nouvelles scientifiques du n° 1666, du 29 avril 1905, p. 87) la description d’un phonographe qui répond à votre désir. Il est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- M. A. J. L., à Lyon; Mme E. F., à Saint-Etienne. — Pour tout ce qui concerne la visite du gouffre et de la rivière souterraine dePadirac (Lot) et pour les organisations d’excursions, collectives ou individuelles, dans le Tarn et les Causses (Lozère et Aveyron), adressez-vous à l’Agence des voyages universels» 17, rue du Faubourg-Montmartre, à Paris.
- M. A. Steffens, à Hambourg. — Il n’existe pas de machine de ce genre.
- M. E. Mouchez, à Tadmit. —Vous trouverez des renseignements pratiques sur la préservation des fruits contre les vers dans : l'Agenda horticole, deL. Henry, à la librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, à Paris; Ennemis et amis des arbres fruitiers, à la même librairie ; Destructeur des animaux nuisibles, à la librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. J. Monnier, à Ducey. — Pour le moulinet dynamométrique du système Bénard, adressez-vous au parc d’aérostation militaire de Chalais-Meudon.
- ’ M. P. Pascal, à Jaffa. — Pour le sondage et le creusement des puits, vous pourriez consulter Sondeur, Puisatier et Hydro-scope, par A. Romain, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. Prix : 5tr,50.
- M. E. G. 55 848, à Blois. — Voici quelques ouvrages sur les rosiers : De la taille des rosiers et de leur hybridation,
- 1 franc; Culture des fleurs, 0fr,6B; Nos fleurs, par Leclerc du Sablon, 16 francs à la librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, à Paris.
- M. A. F., à Lille (Nord). — L’ouvrage dont vous nous parlez, sur les Cavernes de Belgique, par MM. Martel, Yan den Broeck et Rahir, paraîtra l’automne prochain, chez Dunod, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ant. Silva. A Salamanque. Nous ne décrivons jamais que des appareils ayant été construils et expérimentés. Tous nos regrets. — M. A. Achard, à Brest; M. M. Maindron, à Antibes. Consultez le livre de Recettes et procédés utiles, 2e série,à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. N. Ventes, à Genève. Voyez le même ouvrage, 5e série, même librairie, — MM. Jacquot, à Thonon; Antonio Cabreira, à Lisbonne. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés’Jiar ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandes, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes es questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1905
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de O à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- Le Soleil, après avoir atteint en juin sa déclinaison la plus élevée, s’est rapproché peu à peu de l’équateur céleste qu’il traversera le 23 septembre, à 17h ô'J1”. Ce sera le moment de l’équinoxe d’automne, et alors les jours et les nuits ont une durée sensiblement égale.
- Continuer l’étude des groupes et des taches solaires, toujours très nombreux en cette époque de maximum.
- Le grand événement astronomique de ce trimestre est l’éclipse totale de Soleil du 30 août.
- Ce phénomène sera absolument remarquable. Le Soleil sera complètement éclipsé pour toute une bande de terre large d'environ 200 kilomètres et s’étendant depuis le Canada jusqu’à l’Arabie en passant sur l’Atlantique, l’Espagne, la Tunisie, l’Egypte. Pour une partie de l’Amérique du Nord, pour toute l'Europe, pour une grande partie de l’Afrique et une portion de l’Asie, l’éclipse sera partielle.
- Le tableau ci-dessous indique les heures auxquelles le phénomène se produira pour diverses villes françaises.
- COMMENCEMENT PLIS GRANDE FIN DE
- LOCALITÉS DE L’ÉCLIPSE PHASE I.'kCI.IPSE
- Paris.................. 12 h. 5m. 1 15h. 19m. t 14 h. 51 in. 7
- Lyon....................... 12 h. 9 m. 2 18 b. 26 m. 8 14 h. 40 m. 1
- Marseille.................. 12 b. 12 m. I 13 b. 31m. 2 14 h. 45 m. 2
- bordeaux................... 12 b. Dm. 2 15 b. 20 ni. 1 14 b. 56 m. 2
- Toulouse................... 12 b. 4 m. t! 15 b. 21m. 8 14 b. 40 m. 6
- Besançon................... 12 b. 10 m. 3 15 b. 26 m. 5 14 b. 38 m. 1
- Alger!..................... 12 b. lim. 5 13 b. 37 m. 7 14 b. 54 in. 6
- C’est en Espagne, en Algérie et en Tunisie que cette éclipse pourra être le mieux observée.
- On trouvera, dans le numéro suivant, des indications plus complètes sur ce beau phénomène qile nous ne saurions trop recommander d’aller observer en Espagne et en Algérie, vu sa rareté et son aspect absolument merveilleux. C’est un voyage que l’on ne regrettera pas.
- II. — PLANÈTES
- Les deux cartes publiées dans le'n° 1649, du 31 décembre 1904, pci mettent de suivre la marche des diverses planètes sur le ciel.
- Mercure, dans les Gémeaux, puis le Lion, sera à sa plus grande élongation orientale, c’est-à-dire visible comme étoile du soir, le 2 août, à 27° 16' du Soleil. Ce sera la plus grande élongation de l’année, Mercure étant alors voisin de son aphélie. L'élongation suivante, ou occidentale, aura lieu le 15 septembre, à 17°53' du Soleil. Mercure sera alors visible le matin dans l’aurore. On pourra le rechercher 5 ou 6 jours avant et après les dates ci-dessus. Son diamètre varie de 4",5 à!2",0 suivant la distance. Une bonne lunette est nécessaire pour étudier cette planète, toujours perdue dans le rayonnement solaire.
- Vénus traverse le Taureau, les Gémeaux et le Lion. Elle est visible le matin dans l’aurore. Son diamètre diminue. De 25",1 le 5 juillet, il n’est plus que de 13",6 le 26 septembre. Le 6 juillet, à 15 heures, la planète sera à sa plus grande élongation occidentale, à 45°38' du Soleil. Ensuite, elle s’en rapprochera peu à peu.
- A noter, le 25 septembre, une conjonction de Vénus et de Régu-lus {a Lion) à 21h, à 0°16' de distance, soit un demi-diamètre lunaire.
- Mars sera en quadrature orientale le 26 août. On pourra encore l’observer, mais son diamètre diminue assez rapidement. De 17",4 au moment de l’opposition, en mai, il sera de 13",4 le 5 juillet, de 10",7 le 5 août et de 8",0 le 25 septembre. Il sera difficilement observable en septembre.
- Représenter, chaque fois qu’on le pourra, les configurations observées sur la planète. Se servir, autant que possible, d’instruments supérieurs à 108 mm pour l’étude de ce monde voisin.
- Jupiter brille le matin dans le Taureau. On pourra l’observer en juillet et surtout à partir du mois d’août. Il sera en quadrature occidentale le 29 août. Son diamètre équatorial vaudra 34",7 le 5 juillet, 37",5 le 5 août, 40",9 le 5 septembre, et 43",5 le 25 du même mois.
- Les quatre principaux satellites sont visibles avec la plus petite longue-vue, et leurs déplacements rapides sont intéressants à suivre.
- KCXirSES DES SATELLITES DE JUPITER
- 15juillet, I. E. c., 3 b. 50 m. ; 25, lit. E. c., 1 h. 25 m.; 2o, III. E. f.. 2 b. 45 m.;
- 31, E. c., 2 h. 6 m. — 4 août, II. E. f., 1 h. 13 ni.; 7, I. E. c., 3 h. 59 m. ;
- 11, II. E. c., 1 b. 22 m. ; Tl, II. E. f.v5 h. 49 ni. ; 1(5, I. E. ç., 0 h. 22 in.;
- 18, II. E. c., 3 h. 58 m. ; 25, I. E. c., 2 h. 15 m. ; 30, I. E. c., 4 h. 9 m.
- — 4 septembre, 111. E. c., 1 b. 22 in.; 4, lit, E. f., 2 h. 47 in.; 5, 11. E. f.,
- 0 h. 54 m. ; 8, I. E. c., 0 h. 31 m. ; 12, II, E. c., 1 b. 2 m.; 12, II. E. f.,
- 3 h. 30 m. ; 15, I. E. c., 2 b. 25 m. ; 19, II, E. c., 5 h. 37 rn. ; 22, I. E. c.,
- 4 h. 19 m. ; 23, I. E. c., 22 h. 48 m.
- Saturne, dans le Verseau, sera en opposition le 25 août. Il est donc actuellement dans les meilleures conditions pour être observe.
- Son anneau et son cortège de satellites en font un système particulièrement intéressant à suivre. L’anneau peut être reconnu avec les petites lunettes même de 4 centimôlres. Les observateurs possédant de puissants instruments feront bien de rechercher si des taches blanches, comme celles découvertes par Barnard en 1903, n’apparaissent pas à la surface de la planète.
- UraHUS, dans le Sagittaire, sera en quadrature orientale le
- 24 septembre. On pourra le trouver avec une bonne jumelle aux positions suivantes : «
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 5 juillet. . . . . 18 h. 8 m. — 25° 42' i'A
- 15 — ... . . 18 h. 6 m. — 23° 42' 4 ",1
- 25 — ... . . 18 b. 5 m. — 23° 43' 4",1
- 5 août . . . . . 18 b. 3 m. — 23° 43’ 4'',0
- 15 — ... . . 18 b. 2 m. - 23° 45' 4",0
- 25 — . . . 18 b 1 m. — 25° 43' 4",0
- 5 septembre. . . 18 b. 1 m. - 25° 43' 3”,9
- 15 — . . 18 h. 1 m. — 23° 43' 3",9
- 25 — . . . 18 b. 2 m. — 23° 45' 3”,9
- Neptune, dan
- Ihs Gémeaux, est visible dans la seconde moitié
- de la nuit en septembre. Position, le 25 septembre :
- Æ. =z 6h 45m ; (D = -f 22° 6'
- Petites planètes. — Eros pourra être recherché à l’aide d’une monture équatoriale aux positions ci-dessous.
- DATES ASCENSIOaV DROITE DÉCLINAISON GRANDEUR
- 3 juillet 21 h. 42 ill. — 14° 9' 12,4
- J3 — 21 b. 33 m. —14° 2' 12,2
- 23 — 21 h. 19 m. — 13° 7' 12,1
- 2 août 21 b. 1 m. — 15° 5' 12,1
- 12 — 20 b. 42 m. - 12° 9' 12,1
- 22 — 20 li. 25 in. - 121 5’ 12,1
- 1" septembre . . . 20 h. 12 m. l ' 12,2
- 11 — ... 20 b. 4 m. — 11° 8' 12,3
- 21 — ... 20 b. 2 m. — 11° 4' 12,5
- Gérés, la première des pelites planètes, découverte par Piazzi, le 1er janvier 1801, et Pallas, la seconde, dans l’ordre des découvertes, pourront être recherchées aux coordonnées ci-aprcs :
- CKHÈ8 PALLAS
- DATES Ai CD ÉCLAT Æ CD ÉCLAT
- 4 juillet . . 23 h. 38 m. — 15° 42' 8,5 20 h. 43 ni. 17° 44' 9,4
- 16 23 h. 41 ni. —16° 26' 8,1 20 b. 35 ni. -4- 17° 2T 9,5
- 28 — . . 23 b. 40 m. — 17° 28' 8,0 20 b. 26 ni. 16° 21' 9,3
- 9 août . . . 23 b. 35 ni. —18° 45' 7,9 20 b. 16 ni. _î_ 14° 48' 9,2
- 21 — ... 23 b. 30 in. -20° 8' 7,9 20 h. 8 ni. -t- 12° 47' 9,3
- 2 septembre 23 b. 20 in. — 22>26' 7,8 20 b. 2 ni. -î- 10° 28' 9,3
- 14 25 b. 10 ni. — 22° 27 ' 7,9 19 h. 58 m. -t- 8° 2' 9,4
- 26 — 23 b. 1 in. __ 950 ~ -i< 7,9 19 b. 58 ni. 4- 5° 40' 9,5
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipsé de Lune. — Le 15 août, au matin, éclipse partielle de Lune en partie visible à Paris.
- Entrée de la Lune dans la pénombre........................ 1 h. 17 m.
- Entrée dans l’ombre........................................2 11. 48 ni.
- Milieu de l’éclipse........................................3 h. 50 m.
- Sortie de l’ombre..........................................4 h. 52 m.
- Coucher de la Lune, à Paris................................5 h. 1 rn.
- Sortie de la pénombre......................................6 b. 23 m.
- Grandeur de l’éclipse, le diamètre de la Lune étant un, 0,292.
- Occultations d’étoiles. — Liste des occultations d’étoiles jusqu’à la 6e grandeur.
- Le 6 juillet. — Occultation de 49 Lion (gr. 5,9) de 20 h. 16 m. à 21 h. 1 m. Le 18 août. —Occultation de27 Poissons (gr. 5,1) deO h. 7 m. à 1 h. 28 ni. ;
- — de 29 Poissons (gr. 5,0), de 2 h. 47 m. à 3 h. 57 m.
- Le 24 août. — Occultation de a2 Taureau (gr. 4,9) de 0 h. 15 m. à 0 h. 47 m. Le 4 septembre. — Occultation de y Balance (gr. 4,1) de 19 li. 47 m. à 20 h. 51 m.
- Le 10 septembre — Occultation de 29 Capricorne (gr. 5,7) de 22 h. 31 m. à 23 h. 42nt.
- Le 12 septembre. — Occultation de c- Verseau (gr. 5,6) de 2 h. 1 m. à
- 2 h. 53 m.
- Le 16 septembre. — Occultation de f Poissons (gr. 5,6) de 2 b. 20 m. à
- 3 b. 20 m.
- Le 17 septembre. — Occultation de p. Baleine (gr. 4,4) de 22 b. 59 m. à 23 h. 46 m.
- Le 18 septembre. — Occultation de f Taureau (gr. 4,5) de 21 b. 58 m. à 23 h. 1 m.
- Le 19 septembre. — Occultation de y Taureau (gr. 3,8) de 22 h. 36 m. à 23 h. 11 m.
- Le 20 septembre. — Occultation de 71 Taureau (gr. 4,8) de 2 h. 23 m. à 2 h. 2o m. ; — de O1 Taureau (gr. 4,0) de 3 li. 24 m. à 4 h. 47 m. ; de O2 Taureau (gr. 5,8) de 3 h. 32 m. à 4 h. 58 m. ; — de 1391 B.A.C. (gr. 5,0) de 4 h. 52 m. à 6 b. 15 m.; — de a Taureau (Aldébaran) (gr. 1,0) de 8 b. 33 m. à 9 b. 20 m.
- Le 24 septembre. — Occultation deô Cancer (gr. 5,6) de 3 h. 14 m. à 4 h. 7 ni.
- Étoiles filantes. — Du 10 juillet au 21 août, averse des Per-séides. La terre traverse le gros de l’essaim les 9, 10, 11 et 12 août, dates auxquelles on doit surtout observer.
- Le 26 juillet : radiant d'étoiles filantes vers 6 Poisson austral. Pendant tout ce trimestre, on pourra noter de nombreuses chutes d’étoiles filantes. Le nombre des radiants, à cette époque de l’année, est très considérable et on en trouvera une liste assez complète dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes.
- Etoiles variables. —Minimade l’étoile variable Algol £ (Per-
- S6G) î
- Juillet,2 (2 b. 54 m.); 4 (23 h. 43 m.); 25 (1 b. 26 m.); 27 (22 h. 15 m.).— Août, 14 (3b. 8 m.); 16 (23 h. 57 m.); 19 (20b. 46 m.). — Septembre, 6 (1 h. 40 m ); 8 (22 h. 99 m.); 11 (19 h. 18 m.); 26 (3 h. 23 m.); 29 (Oh. 12 m.).
- Minimum de Mira Ceti vers le 18 septembre. Suivre cette étoile aussi souvent que possible en raison des curieuses variations que sa lumière épro»*e. Em. Topchet.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Poudre à durcir fer et acier. — Il s’agit de formules données par Neueste Erfalirungen und Erfindunyen. Pour le fer forgé, on emploie 20 kg de sel ordinaire, 2 de cyanure de potassium, 500 grammes de bichromate de potassium, 15 de verre pilé et 100 grammes de nitrate de potassium. Pour la trempe de l’acier, on prépare un mélange de charbon animal {obtenu en carbonisant 24 parties de corne), de 4 parties de limures de corne, 6 de colle forte, 9,5 de nitrate de potassium et 55 de sel commun ; on pulvérise, et l’on mélange à une seconde préparation — qu’on pulvérisera également — et qui sera faite de .1 partie de bicyanure de potassium, 1 de salpêtre purifié, 1 de sabots de bœuf carbonisés, 1,50 partie de gomme arabique, autant d’aloès et 0,5 de sel ordinaire. Le mélange
- est versé sur l’acier porté à la couleur du rouge, et on laisse brûler tranquillement au contact du métal.
- Ciment pour cuir. — Faire dissoudre 20 grammes de gutta-percha dans 50 de bisulfure de carbone (en prenant garde naturellement à la nature essentiellement inflammable de ce dernier produit). On ajoute au mélange 10 parties d’huile de térébenthine, et on laisse se faire la dissolution, qui ne procède que fort lentement. Finalement on additionne de 20 gr. d’asphalte de Syrie en poudre, et on laisse la préparation se faire durant plusieurs jours, mais dans un vase bouché, car autrement le bisulfure de carbone s’évaporerait avec une rapidité extrême. 11 faut que ce ciment soit à consislance de miel: s’il était trop liquide, on n’aurait qu’à laisser débouché quelques heures le vase le contenant, il épaissirait rapidement, précisément par suite de cette facilité d’évaporation.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PULIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 juin 15,9 S. 1. Nuageux. 0,6 Peu nuageux; pluie à 0 h. 45.
- Mardi 20 17,0 S. S. W. 1. Beau. )> Rosée: beau jusqu’à 8 h.; nuag. ensuite; halo.
- Mercredi 21 18,9 Calme. Beau. » Rosée ; beau jusqu’à 10 h. ; peu nuag. ensuite.
- Jeudi 22 T 5,0 N. 5. Couvert. » Rosée; couvert de 7 li. à 12 b. ; beau avant et après.
- Vendredi 25 15,9 E. N. E. 5. Nuageux. » Rosée; quelques nuages.
- Samedi 21 16,0 N. E. S, Très nuageux. 0,0 Rosée ; nuag. ; gouttes à 20 b.
- Dimanche 25 11,2 N. N. E. 5. Couvert. » Rosée ; nuageux.
- JUIN 1905. — SEMAINE DO LUNDI 19 AD DIMANCHE 25 JUIN 1905
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince. thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- I.e temps. — La semaine du 19 au 25 juin a été favorisée par un temps plus beau que la semaine précédente. Le 19 juin, le ciel était clair à Paris, le temps a été superbe. La température, le matin, était 16“ à Paris, 10° à Bordeaux, 14° au Havre. On a signalé quelques ondées dans l’Ouest; des orages ont causé des dégâts considérables en Touraine. La voie ferrée a été coupée par une trombe à Souzay ; à Azay-le-Ridoau et aux environs, la grêle a ravagé les vignes cries arbres fruitiers. Des orages ont également éclaté à Perpignan et à Biarritz. Le 20 juin, les fortes pressions avaient envahi l’Ouest et le Centre du continent ; le baromètre marquait 7(59 mm à Biarritz, 767 mm à Prague et 749 mm en Ecosse et en Irlande. 11 y a eu des orages au Havre ; on a recueilli 4 mm d’eau à Nancy, 4 mm à Biarritz, 2 mm à Cette, 1 mm à Lorient. La température était, le 'malin, à 7 heures, 17° à Paris, 17° à Clermont, 22° à Perpignan. Le 21 juin, le temps a été beau en France. Les vents ont soufllé faiblement des régions Ouest à 1200 mètres de hauteur et du Sud-Ouest au niveau du sol. Des pluies sont tombées dans le Nord-Ouest du continent, mais pas en France. LaOempéra-ture était, le matin, 15° à Brest, 19° à Paris, 19° à Biarritz, 25° à Marseille.
- La température moyenne à Paris a été de 19°,6 avec avec un maximum de 22°, à 5 heures du soir, à la tour Eiffel. Le 22 juin, au lever du jour, le ciel s’est couvert d’uu stratus qui n’a présenté que de rares éclaircies dans la journée. On a signalé une tempête d’Ouest dans le Sud de la Norvège et en Danemark. Le thermomètre marquait, le malin, 15° au Havre, 15° à Paris, 20° à Lyon, 22° à Bordeaux, 26° à Nice, 15° au mont Aigoual. 15° au mont Veutoux, 7° au mont Mounier. La température moyenne à Paris a été de 17°,7. Le 25 juin, la pression barométrique s’est abaissée lentement dans le Sud et le Sud-Est du continent. Un vent faible a soufflé des régions Est sur nos côtes de la Manche et de la Provence. La température a baissé sur l’Europe centrale et les régions de l'Est: le matin, on relevait, au thermomètre, 11° à Paris, 19u à Clermont, 2(5° à Perpignan, 11° au Puy de Dôme. Le 2i juin, la sécheresse a persisté en France ; le ciel s’est chargé le matin de nuages bas qui ont été chassés par un veut assez vif du Nord-Est. Le thermomètre marquait le malin 14° au Havre, 16° à Paris, 15° à Lyon, 19° à Toulouse, 12° au mont Aigoual, 7° au Pic du Midi. Le 25 juin, le ciel a été nuageux dans la région parisienne. Le matin, la température était 14° à Paris, 17° à Clermont. Des pluies sont tombées à Nice et à Charleville, où. l’on a recueilli 4 mm d’eau.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 24 à 7 h. 55 m. du soir.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MJI. Masson et G'®,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1676 (8 juillet 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Le Dr Charcot à Londres. — Le 26 juin, dans la soirée, M. le ï)r J. Charcot, sur l’invitation de la « Royal Geographical Society » æ fait à Londres une conférence sur les explorations antarctiques du « Français ». Sir George Goldie présidait; en présentant le Dr J. Charcot, il a fait l’éloge du père de l’explorateur dont la haute réputation était aussi fermement établie en Angleterre qu’en Trance.
- Congrès à Liège. — À l’exposition internationale de Liège a eu lieu le Congrès international des mines, de la métallurgie, de la mécanique et de la géologie appliquée.
- Aéronautique. — Le ballon dirigeable de MM. Lebaudy a fait, le 28 juin, une sortie d’une durée de trois heures un quart. Dans la nacelle se trouvaient MM- le capitaine Yoyer, un des officiers de l’établissement de Chalais-Meudon, chargés de suivre les essais, Juchmès, pilote, et Rey, mécanicien. On a repéré la vitesse du ballon entre le hangar de Moisson et l’église de Freneuse. Elle a été de 18 à 42 km par heure, selon que le ballon se dirigeait avec ou contre le vent. Le 3 juillet, le ballon a entrepris le voyage par étapes prévu par le ministre de la guerre. Le départ a eu lieu de Moisson. Le commandant Bouttieaux, directeur du parc aérostatique de Chalais, était allé reconnaître le terrain aux environs de Meaux, et avait indiqué comme endroit d’atterrissage le champ de course des officiers. Le ballon a effectué une belle traversée, couvrant en 2h 35m la distance de 93 km qui sépare Moisson de Meaux. Il a suivi exactement la ligne droite ; le vent était faible du Sud. L’atterrissage a eu lieu au point où l’équipe attendait le ballon pour les manœuvres d’atterrissage.
- Téléphonie. — On annonce que des expériences ont été faites récemment à Rome à l’aide d’un nouveau microphone dû au professeur italien Majorama. On a établi une communication directe entre Londres et Rome, à une distance de plus de 1500 km. Les résultats ont été, dit-on, très satisfaisants. Le bureau central de Londres aurait entendu et compris les paroles du correspondant de Rome.
- Concours de photographies de montagnes. — Le club alpin ouvre un concours de photographies inédites de montagnes qui sera clôturé le 30 novembre 1905. A cette occasion, une exposition sera organisée et des médailles seront décernées aux lauréats. Cour tous renseignements, s’adresser au siège du Club, 30, rue du Bac, à Paris.
- L’industrie automobile à Liège. — La province de Liège se vante de tenir la tête et d’être en avance, meme sur Paris, pour la proportion du nombre des automobiles au nombre des habitants : En effet, il y a dans Liège et la province de Liège 450 voitures automobiles pour 135 000 habitants; ce qui, pour comparer les coefficients, en proportion de la population, ferait, pour les 4 millions d’habitants de Paris et des faubourgs, un nombre de 13 050. La seule usine d’Herstal a, par son dépôt du boulevard Malakoff, à Liège, vendu plus de 1500 motocyclettes en une année. La motocyclette est très employée, étant assimilée à la bicyclette et ne payant qu’un impôt réduit prélevé par la Ville. Les voitures automobiles paient un impôt à l’Etat.
- Télégraphie sous-marine. — Dernièrement a eu lieu, au Colonial Onice, à Londres, la réunion de la Commission chargée d’étudier la pose de nouveaux câbles sous-marins, de manière à relier entre elles et avec la métropole toutes les colonies de l’empire Britannique. La Commission a proposé la pose des câbles suivants : 1° d’Angleterre à Vancouver, sur le Pacifique, i travers le Canada ; 2° d’Australie au Cap, à travers l’océan Indien, avec ramifications de l’Inde aux îles Cocos; 3° du Cap en Angleterre, par
- l’ile de l’Ascension, les Indes occidentales et les îles Bermudes, avec ramification sur le Canada. Ces câbles une fois posés, la taxe uniforme serait abaissée à l,r,25 par mot.
- Observatoire météorologique du Puy de Dôme. — M. le ministre de l’Instruction publique vient de déposer à la Chambre un projet de loi ayant pour objet l’exécution de travaux d’agrandissement à l’Observatoire météorologique du Puy de Dôme, et l’ouverture, dans ce but, d’un crédit de 35 000 francs.
- Épuration des eaux d’égout. — Comme suite aux décisions du Conseil général de la Seine (voy. n° 1672, Informations, p. 5), le préfet de la Seine vient de constituer une commission spèciale de conseillers municipaux, fonctionnaires et savants pour examiner les divers systèmes d épuration des eaux potables, et pour choisir ceux susceptibles d’être appliqués à l’alimentation des villes dans les conditions du programme établi par la commission scientifique d’étude et de surveillance des eaux.
- La ligne télégraphique du Cap au Caire est terminée jusqu’à l’dchidschi sur la rive Est du lac Tanganyika ; on va la prolongerai! nord pour rejoindre le réseau du Soudan ; 150 kilomètres de marécages vont présenter de grosses difficultés.
- Le travail dans les mines. — Une loi du 29 juin 1905 (Journal officiel du 2 juillet) réglemente la durée du travail dans les mines : dans six mois la durée du travail ne pourra excéder neuf heures ; dans deux ans et demi, huit heures et demie ; et dans quatre ans et demi, huit heures. Des dérogations temporaires ne pourront être accordées que dans des cas spéciaux.
- Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. — Cartes d’excursions. — Sanctionnant l’essai tenté l’année dernière, la Compagnie P.-L.-M. annonce la délivrance du 15 juin au 15 septembre, dans toutes les gares du réseau, de cartes d’excursions valables quinze et trente jours, dans le Dauphiné, la Savoie, le Jura^ l’Auvergne et les Cévennes. Pour tous renseignements demander 1 Annexe n° 1 au tarif spécial G. V., n° 6. Les cartes donnent droit : 1° A un voyage aller, avec arrêt facultatif aux gares intermédiaires, entre le point de départ et l’une quelconque des gares du périmètre de la zone choisie; 2° A la libre circulation sur les lignes de la zone choisie, avec arrêt facultatif à toutes les gares ; 3° A un voyage retour, avec arrêt facultatif aux gares intermédiaires, entre l’une quelconque des gares du périmètre de la zone choisie et le point de départ primitif. Il y a des cartes d’excursions pour les trois classes. Toute personne qui souscrit, en même temps que la carte d’excursion qui lui est propre, une ou plusieurs cartes de même nature en faveur des membres de sa famille, bénéficie des réductions ci-après sur les prix pleins des cartes d’excursions individuelles : 2e carte, 10 pour 100; 3® carte, 20 pour 100; 4e carte, 30 pour 100 ; 5e carte, 40 pour 100 ; 6® carte et au delà, 50 pour 100. Les caries doivent être demandées à Paris, six heures avant le départ du train, dans les autres gares trois jours à l’avance. Les cartes ne sont délivrées que jusqu’au 15 septembre inclusivement. Les coupons des cartes d’excursions qui ne seraient pas utilisés le 15 octobre au plus tard seraient considérés \omme nuis et sans valeur. Dans le cas d’abandon du voyage avant tout départ, pour cause de maladie, le prix de la carte est restitué. La demande de carte doit être accompagnée d’un portrait photographié de 0,03/0,02 sur'épreuve non collée. Cette innovation, tentée avec succès en 1904, présente l’inappréciable avantage de pouvoir circuler en toute liberté, sur tous les embranchements de la Compagnie P.-L -M., existant dans la zone choisie. C’est une simplification et une commodité considérables pour les excursionnistes dans le Jura, les Alpes françaises, les gorges du Tarn, etc.
- Vibrations des viaducs métalliques. — Maintenant que les métropolitains, même aériens, se multiplient un peu partout, il est intéressant de signaler la pratique que recommande un ingénieur
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- municipal de Chicago, M. Bion J. Arnold, pour supprimer le bruit que fait la circulation des trains sur les lignes elevated : noyer le métal dans du béton armé.
- L’Acariose des vignes dans les cantons de Vaud, du Valais, et de Genève. — Ces trois cantons fournissent la moitié du vin récolté dans la Suisse entière. Or,on y signale une nouvelle maladie de la vigne, à laquelle on a donné le nom d’« acariose ». Les ravages qu’elle a exercés seraient déjà importants et l’émotion soulevée dans le monde des viticulteurs par son apparition est considérable. Dans le Valais, un véritable affolement s’est emparé des propriétaires; on a essayé de combattre le mal par des applications de soufre, de lysol, de savon noir et de décoctions de bois de quassia. A Genève, cette maladie, dont les signes extérieurs ont une grande ressemblance avec ceux du « court noué », avait été déjà observée au cours de 1904. Selon M. le professeur Chodat, les vignes malades ont les bourgeons naissants complètement envahis par deux petits insectes du genre « acarus ». Le a phytoptus » (microscopique) et le « te-tranicus » (visible à la loupe) arrêtent le développement des sarments et font périr le cep. Il semble que le « court noué » soit
- entièrement distinct de la nouvelle maladie étudiée en Suisse et dénommée « acariose ». M. Chodat a l’impression que les insecticides employés ou qui pourraient être conseillés n’auraient pour effet que de faire dépenser de l’argent au viticulteur, les insectes se trouvant en raison de leur position à l’abri de ces insecticides. Par contre, on pourrait procéder à l’ébourgeonnement des ceps et brûler les rameaux ainsi récoltés ; on restreindrait le mal et on en arrêterait le développement en empêchant la reproduction des insectes. On ne sait encore que peu de choses sur ceux-ci. Le a tetranicus » fait de grands ravages en Italie et ailleurs en produisant la brunissure. Quant au « phytoptus » il est encore presque inconnu. Mais s’il faut en croire les déclarations faites par les praticiens agricoles, il serait destiné à surpasser en ravages le phylloxéra» lui-même.
- Les chutes d’eau au Brésil. — On se préoccupe en ce moment au Brésil, dans l’Etat de Bahia, d’utiliser industriellement, et, bien entendu, hydroélectriquement, les fameuses chutes dw Yaraguasu, qui représentent une puissance de plus de 100 000 chevaux.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. —M. J. de Rey-Pailhade, à Toulouse, nous rappelle, au sujet de l’article de M. Libert sur l’Observatoire de Mustapha supérieur (n° 1671, du 5 juin 1905, p. 1), que M. Jouffray est un décimalisateur convaincu. Il a publié, en collaboration avec M. de Rey-Pailhade, des Ephémérides décimales pour 1905, calculées entièrement dans la division centésimale du quart de cercle.
- Renseignements. — M. Marges, à Perpignan. — Nous avons examiné avec attention la demande que vous nous avez adressée. Mais le Génie civil a déjà donné les détails demandés en 1904, tome XLV, n0s 14 et 16. D’autre part, nous avons décrit l’appareil de M. Mesnager servant à la mesure du débit des conduites d’eau dans le n° 1162, du 1er avril 1905.
- M. G R., à Marseille. — Pour connaître la résistance électrique d’un conducteur, il faut multiplier la résistance spécifique de ce conducteur par sa longueur et diviser le produit par la section.
- M. Marcillat, à Lyon. — 1° On donne en général aux roues à palettes un diamètre de 4 à 5 mètres; on donne aux aubes une longueur égale au quart ou au cinquième du rayon de la roue et une largeur de 2 à 5 mètres. Elles sont le plus souvent planes et dirigées suivant les rayons; en les inclinant, on augmente leur effet. — 2° Cette condition n’est pas énoncée aussi nettement. — 3° Le débit d’eau par seconde I dans une conduite de diamètre d, pour une vitesse moyenne de l’eau v,
- V(l*
- est égal à I = t- — 4° Il y a une formule qui permet
- i y li l Ù
- de déterminer la section des vannes; mais elle est compliquée. — 5° Vous pourriez consulter Notes et formules de l’ingénieur, à la librairie E. Bernard, 29, quai des Grands-Au-gustins, à Paris.
- S. E. Principe G. Borghese, à Anzio. — Veuillez vous adresser à l’Office colonial, Ministère des colonies, galerie de Valois, au Palais-Boval, à Paris.
- M. H. Varlet, à New-York. — Adressez-vous à un médecin.
- M. C. Guichard, 'a Feurs. — Consultez l’ouvrage : Machines hydrauliques, par F. Chaudy, à la librairie V” Ch. Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris, 10 francs.
- M. I. de S., à Marseille. — Nous ne possédons pas le renseignement que vous demandez.
- M. R. Rambeaud, à Parthenay. — Nous n’avons pas reçu votre première lettre, et la seconde ne nous répète pas la question qui vous intéresse.
- M. Jacquot, à Marseille. — Hélicoptères : adressez-vous 5 M. Carette, constructeur de jouets scientifiques, 64, rue de-Turenne, ou à M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- M. S., à Paris. — 1° Le sujet très intéressant que vous noua signalez est d’une nature trop spéciale pour nos lecteurs. — 2° Nous tiendrons compte de votre remarque.
- M. C., à Dax. — Nous ne connaissons pas l’appareil dont vous parlez et nous ne croyons pas qu’il ait été construit.
- M. A. Saudé, à Buzannè. — 1° Cet appareil nous semble bien conçu, mais nous ne le connaissons pas par expérience-— 2° Fabricants de générateurs à acétylène : Compagnie universelle d’acétylène, 36, rue de Châteaudun; Bullier, 31, rue de Vaugirard; Ducellier, 25, passage Dubail; Stadelmann, 6, rue Pierre-Bullet ; Comptoir de l’acétylène, 233, rue Saint-Martin, à Paris.
- M. J. Plos, à Montpellier. — Nous ne connaissons ni le légume, ni la personne dont vous nous parlez. Adressez-vous » MM. Vilmoriu-Andrieux, 24, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. Bouchon, à Nassandres. — Vous débarrasserez l’eau de son excès en carbonate de chaux en la faisant chauffer à une température supérieure à 106°; en opérant sous pression,, l’ébullition n’aura pas lieu et l’eau sera buvable.
- M. Masse, à Vendôme. — Nous publierons prochainement un article sur les lueurs crépusculaires,
- M. A. Couvert, à Bourg-en-Bresse. — Malgré nos recherches nous ne voyons pas de quel appareil vous voulez parler. Ne pourriez-vous préciser l’année où il a été décrit? Vous pourriez, en tout cas, pour de tels articles, vous adresser à MM. Rolland et Soûle, 13, rue de Thorignv, à Paris, <jui fabriquent des appareils d’hygiène et d’assainissement.
- M. Eug. Vicart, à Marcelcave. — Pour la soudure ou le collage du celluloïd, employez la colle-soudure japonaise, décrite dans le recueil de Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Parisp cette colle se vend en bâtons chez M. Darcy, 91, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine.
- M. L., à Cormeilles. — Il y a plusieurs moyens de détruire les blattes ou cafards : emploi de pâte phosphorée, de poudre d’helleborus niger, de bière, etc. Veuillez vous reporter au recueil de Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. L., à Paris. — Adressez-vous à MM. Aulanier et Cie, 13, rue Bonaparte, à Paris.
- M. Félix Gras, à Vauvert. — 1° Soudez à la lance un bout de tuyau d’un diamètre correspondant à celui du tube de caoutchouc. — 2° Il sera tenu compte de votre désir dans la mesure du possible.
- MM. Em. et M. Z. Stœlios, à Dedeagatch. — Vous trouverez des paratonnerres dans les maisons suivantes : Boivin, 16, rue de FAbbaye, à Paris; Mildé et Cie, 60, rue Desrenaudes, à Paris.
- M. X., à Redint. — Le moyen indiqué pour reconnaître dans quelle phase de la lune on se trouve, au moyen de lettres, est un simple artifice mnémotechnique. Pour l’explication du phénomène, voyez tous les traités de cosmographie. Pour les tables de correction suivant la latitude, consultez l’Annuaire du Bureau des Longitudes (1905), à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Iesque. à Montmorency. Adressez-vous à une agence de brevet. ;— M. Pénal, à Pexonne. Consultez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — MM. Jacquot, à Thonon ; Garde-Roux, à Vaucluse ; de Rey-Pailhade, à Toulouse. Remerciements pour vos communications.
- Dam la « Boite aux lettres » la liédaclion accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui soûl demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes tes communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS*
- nouveau porte-monnaie. —- Ce nouveau porte-monnaie est formé d’un coffret carré présentant à chaque coin un compartiment avec rebord intérieur. Dans chacun de ces compartiments se trouve un ressort sous une plaque qui est maintenue ainsi toujours à la surface supérieure. Un de ces compartiments a la surface d’une pièce, de 0tr,50, un autre la Surface des pièces de 2 fr., le troisième la surface d’une pièce
- .Nouveau porte-monnaie.
- de 10 fr., et le quatrième la surface d’une pièce de 20 fr. On peut ainsi placer six pièces dans chaque compartiment; elles sont superposées et maintenues par le rebord intérieur dont nous avons parlé. Au fur et à mesure que l’on retire une pièce, une autre vient prendre Ta place de la première automatiquement .jusqu’à épuisement. Notre dessin montre dans le n° 2 la vue d’ensemble du porte-monnaie, et dans le n° 1 le mode d’emploi. — Le nouveau porte-monnaie est en vente chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Armoire & œufs. — On sait combien il est difficile de conserver les œufs dans leur fraîcheur. On a imaginé toute une série de procédés que nous avons décrits; rnais il est encore préférable de laisser les œufs dans leur état normal, et de se contenter d’assurer leur fraîcheur en évitant toutes causes capables de les détériorer : humidité, élévation de tempéra-
- Armoire à œufs.
- ture, vapeurs, gaz combustibles des cuisines. A cet effet, on a imaginé une petite armoire à claire-voie, en bois blanc, de dimensions réduites, avec des rayons percés de trous permettant d’emmagasiner les œufs par ordre de production et les mettant à l’abri de toute influence mauvaise. — L’armoire à conserver les œufs se trouve chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- *La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les Moustiques, par le prof. R. Blanchard. Paris, F. de Rude-val, éditeur. 1905. 1 vol. in-8°, 075 pages et 310 figures. Prix : 25 francs.
- Mise au point complète des travaux les plus récents sur les 500 ou 400 espèces de moustiques, dont quelques-uns véhiculent et transmettent les terribles paludisme, lièvre jaune et filariose.
- Étude pratique des roches, par F. Rinne, traduit et adapté par L. Pervinquière. Paris, de Rudeval, édit., 1905. 1 vol. in-12, 072 p. et 270 fig.
- Cette adaptation, très bien comprise, de l’ouvrage allemand original, est destinée à rendre de grands services aux étudiants.
- L’expansion des Boers au xix° siècle, par H. Dehérain. Paris,-Hachette et Cie, éditeurs. 1905. 1 vol. in-16, broché.
- 5,r,50.
- Ce livre est un livre d’histoire et rien de plus. Pendant trois ans, les républiques boers ont retenu l’attention du monde : elles la méritent encore puisque la question de leur nationalité n’est pas tranchée. L’auteur a recherché dans l’étude des documents les origines de cette nationalité, et nous donne l’histoire de l’établissement et de l’expansion des républiques.
- Promenades amusantes, autour de la Science, par D. Bellet. Paris, Hachette et Cie, éditeurs, 1905. 1 vol. in-16,
- Le nouvel ouvrage de notre collaborateur trouvera sans nul doute le meilleur accueil près de nos lecteurs. M. D. Bellet est pour eux une vieille connaissance et depuis longtemps ils ont pu apprécier la sûreté d’information et la clarté d’exposition qui caractérisent cet excellent auteur dont on peut dire qu’il est, au bon sens du mot, un de nos premiers' vulgarisateurs. Les Promenades autour de la science se présentent avec les mêmes qualités ; on y aborde comme en se jouant les plus hautes et les plus nouvelles données de la science et vraiment,par sa nouveauté et sa bonne humeur, ce livre est fait pour instruire les grandes personnes et amuser les enfants, ce qui n’est pas la moins, bonne layon de les instruire.
- Précis de paludisme, par J. Cresfin, professeur suppléant à l’Ecole de médecine d’Alger. A. Maloine, éditeur. 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 5 francs.
- Complétant les traités de Laveran (1898), Kelsch et lviener, etc., cet ouvrage expose les points nouveaux acquis depuis 6 ou 7 ans. En étiologie, il ne néglige pas le rôle du sol, de la chaleur, de rhumidité et du vent, et fait le tableau complet du rôle des moustiques et de la prophylaxie du paludisme.
- Les fours électriques et leurs applications industrielles, par Jean Escard, ingénieur, avec préface de Henri Moissan, membre de l’Institut. Paris. YTe Ch. Dunod, éditeur. 1905. 1 vol. grandin-8°. Prix : broché, 18francs; cartonné, 19%50.
- Les Enigmes de l’Univers, par Ernest Hæckel (édition populaire). Paris, Schleicher frères et Cic, éditeurs, 1905. 1 vol. in-8° écu. Prix : 2 francs.
- Éléments de sidérologie, deuxième partie, parlLvNNS Baron von Glptner, Paris, Ch. Béranger, éditeur, 1905. 1 vol. in-8° relié.
- Traité complet de la fabrication des bières, par G. Moreau et Lucien Levï, professeur à l’Ecole nationale des industries agricoles de Douai. Paris. Ch. Béranger, éditeur. 1905. 1 vol. in-8°. Prix : relié, 25 francs.
- Les éclipses de soleil, instructions sommaires sur les observations que l’on peut faire pendant ces éclipses et particulièrement pendant l’éclipse totale du 50 août 1905, par G. Bi-gourdan. Paris. Librairie Gauthier-YiUars, éditeur, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 5fr,50.
- Problèmes plaisants et délectables qui se font par les nombres, ar Claude-Gaspar Bachet, sieur de Meziriac. 4e édition, aris. Librairie Gauthier-Yillars, éditeur. 1905. 1 vol. in-10. Prix : 3tr,50.
- Bibliothèque de Vouvrier électricien. Tome V : Les appareils d’éclairage électrique, par R. YVittebolle. Paris. H. Desforges, éditeur, 1904. 1 vol. in-12. Prix : broché, 2fr,50; relié, 3 francs.
- Bibliothèque de l’ouvrier électricien. Tome YI : Manuel du montage des lignes de tramways électriques, par R. YVTtte-bolle. Paris. II. Desforges, éditeur, 1905. 1 vol. in-12. Prix : broché, 2fr,50; relié, 3 francs.
- Habitations à bon marché. Eléments de la construction moderne, par G. Franche, ingénieur-architecte. Paris. Ve Ch. Dunod, éditeur. 1905.1 vol. in-8°. Prix : broché, 9 francs; cartonné, 10fr,25.
- Remèdes d’autrefois, par le Dr Cabanes. Paris. A. Maloine, éditeur. 1 vol. in-8°. Prix : 5 francs.
- Le portrait dans lis appartements, par A'. Reyner. Paris. Librairie Bernard Tignol. 1905. 1 vol. in-10.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Notions élémentaires de pratique stéréoscopique. Bibliothèque de la Photo-Revue. Paris. Ch. Mendel, éditeur. 1905. 1 vol. in-16. Prix : 60 centimes.
- Notes pratiques sur l'orthochromatisme, par H. Quentin. Bibliothèque de la Photo-Revue. Paris, Ch. Mendel, éditeur. 1905. 1 vol. in-16. Prix : 60 centimes.
- Photographie. Les débuts d'un amateur, par J. Carteron. Paris. Ch. Mendel, éditeur. 1905. 1 vol. in-16. Prix : 2rr,50.
- La phtjsiologie des professions. Le violoniste, par G. Demeny, 1 vol. in-8°. A. Maloine, éditeur. Paris, 1905. Prix: 5 francs.
- La retouche. Théorie et pratique, par H. Wurtz. 1 vol. broché in-8°. II. Desforges, éditeur. Paris.
- Guide du motocycliste. Les pannes; Causes et remèdes, par Ach. Delamarre, ingénieur. 1 brochure in-16. H. Desforges, éditeur. Prix : 75 centimes.
- Les grandes cultures du monde, sous la direction de M. le Dr J. E. Van Someren Brand. Paris. E. Flammarion, éditeur. 1905. Livraisons VII et VIII. Prix : 75 centimes.
- The planetary system, by Frank Bursley Taylor, published by theauthor, Port Wayne, Indiana (U. S. A.) 1903. Londres., C. D. Cazenove and Son, éditeurs, 1 vol. in-8°. Prix : l’VSO.
- Missouri Botanical garden. Fifteenth annual report. 1904.
- 1 vol. in-8°. Saint-Louis, Mo. Published by the board of Trustées.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau tentral météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT direction et force DF, 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 juin 15.2 S. W. 2. Couvert. 1,0 Rosée ; très nuag. ; pluie de 14 b. 30 à 16 h. 5.
- Mardi 27 16,6 S. 2. Nuageux. 0,1 Iîosée; peu nuag.; quelques coups de ton». 13 h. à 15 h. 45; petite pluie de 15 h. 10 à 15'h. 20.
- Mercredi 28 15,1 N. N. W. 2. Couvert. 0.0 Ptosée ; nuag. ; bruine à 7 h. 15.
- Jeudi 29 17,4 S. E. 2. Couvert. 10,5 Couvert le matin; nuageux le soir; orage de 11 h. 20à 12 h. 25 avec forte pluie.
- Vendredi 50 19,5 S. 5. Couvert. 11,1 Très nuag.; pluie le matin, l’après-midi et le soir ; orage de 16 li. à 17 h. 45.
- Samedi 1"juillet. . . 16,6 S. W. 1. Couvert. 0,7 Couv. le matin ; nuag. le soir ; pluie le malin et à 12 II. éclairs à l’VY. à 21 h.
- Dimanche 2 18,5 S. W . 0. Peu nuageux. Rosée ; peu nuageux.
- JUIN-JUILLET 1905. -- SEMAINE DU LUNDI 20 Jl'IN AU DIMANCHE 2 JUILLET 1905
- | Lundi |
- | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquenti courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- li© temps. — Le temps a été beau et orageux du 26 juin au 2 juillet. Le 26 juin, dans le Nord de la France, la pression barométrique n’était que de 759 mm ; elle était supérieure à 765 mm dans les régions du Nord-Ouest au Nord-Est. Dans la nuit du 25 au 26 juin, une petite pluie est tombée sur la région parisienne de minuit 20“ à 2h 15". Le même jour, on a recueilli 18 mm d'eau à Marseille, 14 mm à Boulogne, 1 mm à Nancy, 1 mm à Lyon, où on a observé un orage. Le matin, le thermomètre marquait 15° à Paris, 20° à Toulouse, 9° au Puy de Dôme, 9° au mont Aigoual, et 7° au Pic du Midi. Le 27 juin, la dépression signalée la veille dans le Nord de la France s’est étendue sur les Iles-Britanniques. Il a plu à Belfort (12 mm), à Charleville (12 mm), à Boulogne (10 mm), à Paris (1 mm). Des orages ont éclaté à Bordeaux, à Nancy et au moût Aigoual. La température était, le matin, 17° à Paris, 19° à Toulouse, 11° au Puy de Dôme et au mont Ven’oux et 8° au Pic du Midi. Le 28 juin, des pluies et orages ont encore eu lieu à Clermont, à Lyon, au mont Aigoual et au Pic du Midi. La température était 15° à Paris, 19° à Toulouse, 11° au mont Aigoual, 10° au Puy de Dôme. Le vent était faible de l’Ouest sur les côtes de la Manche et de l’Océan, et faible de l’Est en Provence. Le 29 juin, la dépression barométrique atteignait 9 mm sur les côtes de Bretagne et de Gascogne. Il y a eu de violents orages dans les régions de l’Ouest, notamment à Bourges, où la grêle a causé des dégâts sérieux aux récoltes. Il est tombé 10 mm d’eau à Bochefort, à 5 mm Nancy, 1 mm à Brest, 1 mm à Bordeaux. A Paris, la
- journée a été étouffante. Dès le malin, le ciel a été couvert, le temps orageux. A 11 heures et demie, un orage peu violent a éclaté sur Paris et il a plu pendant une heure environ. La température moyenne de la journée à Paris a été de 19°,9 avec un maximum de 27° et un minimum de 18®. La température a été très élevée dès le matin: on notait 18° à Paris, 20° à Bordeaux, 2 i° à Perpignan, 29° à Alger. Le 50 juin, des pluies orageuses sont tombées sur presque toute la France ; on a recueilli 47 mm d’eau à Château-dun, 37 mm à Limoges, 22 mm à Biarritz. 19 mm à Boulogne, 18 mm à Bordeaux, 14 mm à Paris. La pluie est tombée à Paris sans discontinuer dans la nuit du 29 au 30 juin, de llh55 du soir à 3“ 30 du matin; le ciel a été nuageux dans la matinée, et la pluie a recommencé à tomber à 2 heures pour ne cesser qu’à 6 heures du soir. La température était le matin 20® à Paris, 22° à Nancy, 22® à Lyon, 12° au mont Aigoual, 9° au Puy de Dôme, 2® au Pic du Midi. Le 30 juin également, la foudre est tombée sur une maison à Dislroff, près de Thionville ; de nouveaux orages ont eu lieu dans la région de Bourges, dans les vignobles champenois, à Reims, ainsi qu'au camp de Maillv et dans les environs. Le 1" juillet, la journée a été belle à Paris. 11 a plu encore à Nancy (17 mm d’eau), à Biarritz et à Dunkerque (il mm), à Limoges (10 mm). La température était le matin 17® à Paris, 19° à Lyon, 27° à Livourne. Un violent orage a éclaté sur la Haie-Traversaiue (Mayenne) ; la foudre est: tombée sur le clocher qui a été démoli. On a encore signalé de grands orages à Bourges et à Auxerre, où des arbres ont été déracinés. Le 2 juillet, le temps a été beau et chaud en France.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 2 à 5 h. 59 m. du soir.
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- LÀ NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout cc qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VI*).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VI*).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1677 (15 juillet 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Elisée Reclus. — Le grand géographe français Elisée Reclus «est décédé le 4 juillet à Thourout, petite ville de l’arrondissement •de Bruges, en Belgique. Il a succombé à une maladie de cœur; il -était ne à Sainte-Foy-la-Grande, dans la Gironde, le 15 mars 1830. Nous consacrerons prochainement une Notice nécrologique à la mé-«moire de cet illustre savant.
- Prix de la Société des Ingénieurs civils. — Le prix annuel 1905 a été décerné ex-æquo : à M Alphonse Tellier pour ses travaux sur la navigation automobile et plus spécialement pour son mémoire sur « Les canots automobiles à grande vitesse », paru dans le Bulletin de la Société (octobre 1904) ; et à M. J. Rey, ingénieur civil des Mines, attaché depuis 1888 à la direction de la maison Sautter et Hirlé, pour son mémoire sur « Les turbines à vapeur en général, et plus particulièrement sur les turbines du •système Rateau et leurs applications », paru dans le Bulletin •d'avril 1904. Le prix Alphonse Couvreux a été décerné à M. F. Ar-«odin pour l’ensemble de ses travaux sur les ponts transbordeurs et plus spécialement pour son mémoire sur les câbles témoins, paru dans le Bulletin de mars 1903. Le prix Gilfard 1905 sera prorogé pour 1908.
- Congrès de pharmacie. — Un Congrès de pharmacie s’est ouvert à Lyon le 1er juillet à l’occasion du centenaire de la Société de pharmacie de Lyon, et de la réunion de l’Association générale des pharmaciens de France.
- Voyage d’études agricoles. — Le 1er juillet est partie, pour Munich, une délégation de l’Association de l’ordre national du Mérite agricole que préside M. le Dr H. Ricard, sénateur de la Côte-d’Or. Cette délégation, sur l’invitation de la « Société centrale allemande d’agriculture », va accomplir un voyage d’études agricoles dans les principales fermes et dans les établissements d’élevage les plus réputés d’Allemagne. Elle comprend des agriculteurs et des fabricants de sucre au Nord, du Calvados, de la Seine-Inférieure, de l’Eure, de Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne, de la Nièvre, de l’Isère, de l’Oise et de Meurthe-et-Moselle. La délégation est présidée par M. Paul Gasse, vice-président de la Société agricole et hippique de Pont-Audemer.
- Ballon dirigeable. — On écrit de Milan que le comte Almerigo da Schio, après de longues années d’études et d’expériences, a fait construire un ballon dirigeable. L’aérostat est fusiforme, d’une longueur de 39 mètres; le volume de gaz pour le gonller est de 1205 mètres cubes. L’inventeur a fait récemment son premier voyage; l’ascension a réussi, et le succès a été complet. Le ballon a exécuté trois fois un voyage fixé d’avance. La nacelle renfermait un moteur de 12 chevaux.
- Réseau téléphonique de Paris. — A la suite de nombreuses réclamations de commerçants et d’industriels au sujet du fonctionnement défectueux du service téléphonique à Paris, le Bureau de la Commission du commerce et de l’industrie s’est rendu auprès du sous-secrétaire d’Etat des postes et télégraphes, qui a promis de prendre des mesures pour faire cesser l’état de choses actuel.
- La traction électrique en Allemagne. — L’Allemagne possédera bientôt trois importantes lignes de chemin de fer électrique, qui relieront Francfort à Wiesbaden (42 km), Cologne à Dusseldorf (59 km) et Leipzig à Halle (82 km). La durée du trajet sur les trois lignes ne devra pas dépasser plus d’une demi-heure y compris les arrêts dans les deux villes formant tête de ligne. En ce qui concerne la ligne Leipzig-Halle, la nouvelle voie partira de l’extrémité Est de la ville, traversera toute la cité en évitant, au moyen de ponts et de passages souterrains, tous croisements de rues, fera plusieurs
- arrêts en ville et partira alors jusqu’à Schlenditz, ou il y aura un arrêt de trois minutes. Les départs auront lieu de 15 en l£ minutes.
- La maladie du sommeil dans l’Ouganda. — On écrit de Cukoba (lac Victoria), à la date du 1er juin, que la maladie du sommeil a fait périr plus de 87 000 indigènes dans l'Ouganda*
- Le concours central de chevaux et d'ânes, qui a eu lieu récemment dans la grande galerie des machines et qui a été organisé par M. Hornez, directeur des haras, a offert l’iiSposant spectacle des plus beaux spécimens des diverses races françaises de chevaux. Spécialement organisé pour mettre en évidence les animaux reproducteurs, ce concours avait toute la sollicitude de M. Ruau, ministre de l’agriculture. De magnifiques pur sang y ont fait honneur à l’élevage français.
- Magnétisme terrestre. — L’institution Carnegie va consacrer cette année 100 000 francs à des recherches de magnétisme terrestre dans l’océan Pacifique avec le concours du professeur Bauer.
- La population de la Belgique s’élevait, au 51 décembre 1904, à 7 074 910 et celle de Bruxelles à 620 897 habitants.
- Les plus grandes pluies du. monde (Journal météorologique russe, 1905, n° 1). — Jusqu’à ces dernières années l’endroit le plus humide du monde était Cherrapunji dans la province indienne d’Assam. De 1895 à 1903, la moyenne annuelle de la chute de pluie s’élevait à llm,223mm. Ensuite venaient les environs dé Bombay avec 6m,830mm par an. Mais on vient de reconnaître que la station de Debundsclia, en Kamerun, a reçu en moyenne de 1895 à 1903, 10m,454mra de pluies par an, principalement en été. L’année la plus mouillée a été pour Cherrapunji 14m,789mm en 1851 et pour Debund-cha 14m,133mn* en 1902. Dans cette dernière localité il est tombé 456 millimètres d’eau dans la seule journée du 16 juin 1902, plus que le total de l’année moyenne dans le bassin parisien (de 1881 à 1900 la moyenne des pluies autour de Paris n’a été que de 520 à 578 millimètres). Le voisinage des mers •chaudes et des hautes montagnes est la principale cause de ces précipitations extraordinaires. On est en droit de supposer que le développement des observations météorologiques révélera également des zones de pluies plus intenses qu’on ne l’a cru jusqu'à présent, à Java, à Sumatra, au Japon (8 mètres?). A Batoum, au fond de la mer Noire, au pied des montagnes du Lazistan (5500 mètres), on a reconnu, ces dernières années, jusqu’à 2m,40 de pluie. On doit s’attendre à en constater 7 ou 8 dans certains points.
- L’Hygiéne au Japon. —Au Japon la mortalité des enfants est inférieure à celle de l’Europe ou de l’Amérique. Les maisons y sont toutes à 2 pieds au-dessus du sol et l’air est aussi pur à l’intérieur qu’au dehors. Tout le monde prend un bain et se nettoie à fond tous les jours. L’extrême propreté des Japonais est certainement une des causes de l’abaissement de la mortalité des enfants.
- Longerons de locomotives. — En présence des ruptures de longerons qui ne se produisent que trop souvent sur les locomotives, M. Busse, dans la publication allemande Organ fur die Forts-chritte des Eisenbahnwesen, émet l’opinion que ces accidents résultent pour la plupart de ce que la chaudière ne trouve pas assez de facilités pour sa dilatation aux endroits où elle repose sur les longerons. Il se manifeste dès lors des tensions et des contractions qui causent des criques appelées ensuite à se transformer en fractures.
- L’Observatoire météorologique de Ben-Nevis, en Écosse (1345 m.), fondé en 1883, et maintenu 21 ans par des subventions privées, a cessé de fonctionner le 1er octobre 1904, faute de ressources suffisantes.
- Inondations. — A la suite d'un violent orage survenu le 3 juillet, la ville de Guanajuato, au Mexique, a été inondée, et il y a eu un grand nombre de victimes.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Un journal antarctique. — Pour distraire leurs équipages, pendant leurs hivernages à la Terre Victoria (1902 et 1903), les officiers de l’expédition antarctique anglaise de la Discovery eurent l’idée de publier un périodique mensuel intitulé The South Polar Times. Le Temps du Pôle Sud est une vraie curiosité mêlant le grave au gai, le scientifique à l’humoristique, la prose à la poésie. C’est la revue, jour par jour, de tous les événements du mois, le compte rendu des séances de la Société constituée à bord, avec des nouvelles,.contes, poèmes, variétés,— et sujets instructifs. L’illustration en couleurs, d’après les croquis du I)r Wilson, représente la faune de ces régions antarctiques, particulièrement la vie des pingouins, certains croquis en noir sont de véritables chefs-d’œuvre d'humour, notamment les silhouettes des officiers et leurs caricatures, exécutées par le plus jeune officier du bord. Ce périodique, unique en son genre, ne comprend pas moins de huit volumes d’environ 500 pages in-4°, portant presque toutes une illustration. — La Société de géographie de Londres projette, s’il se trouve assez de souscripteurs pour couvrir les frais de l’impression et de la publication de cette collection, d’en tirer un nombre limité d’exem-
- plaires en fac-similé absolument fidèle. L’originalité de la chose valait au moins qu’on la signalât!
- Aluminothermie. — Nous avons étudié ici les procédés si intéressants de l’aluminothermie : on vient d’en faire une application caractéristique sur une des lignes ferrées de la banlieue de Chicago. Une locomotive avait une rupture de châssis; pour la réparer, on se dispensa d’envoyer la machine aux ateliers, ce qui aurait demandé du temps et coûté au moins 1200 francs; pour 50 francs, oit etfectua sur place un soudage de fortune au moyen de thermit. Le lendemain, la machine pouvait reprendre son service.
- Ciments romains. — M. Camerman vient d’étudier certains ciments romains dans les Annales des travaux publics de Belgique : et il arrive à cette conclusion qu’ils étaient formés de pouzzolane et de chaux; ils ne renfermaient point du tout de sable, en dépit de leur tenue si homogène. Il faut dire que les pouzzolanes n’étaient point broyées, mais seulement passées au tamis grossier, si bien qu’une bonne partie y jouait le rôle de matière inerte qu’on confie au sable.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours crois-Amt que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits.— La riveuse par pression à main dont nous avons donné la description dans le n° 1676 du 8 juillet 1905, page 85, est fabriquée par M. F. Arnodin, constructeur spécial de ponts suspendus et de transbordeurs, à Chàteauneuf-sur-Loire (Loiret). — Pour tout ce qui concerne le nouveau bec intensif à flamme renversée, s’adresser à M. Compin, 57, rue du Cherche-Midi, à Paris.
- Communications. — M. Jacquot, à Thonon, nous écrit : « En parcourant le n° 1664 de La Nature, j’ai remarqué (p. 312, fig. 3) la reproduction d’une inscription de Lerilla, en Espagne. Il ne m’a pas été difficile de reconnaître, parmi les caractères qui couvrent la pierre reproduite, des lettres de l’alphabet libyco-berbère, lettres que nous sommes habitués en Algérie à rencontrer fréquemment et qui appartiennent également à l’alphabet tomachek (des Touareg). Je citerai notamment les caractères
- v n lit _ T1 _ X O H X V I 'h II
- qui se retrouvent dans l’alphabet libyco-berbère avec les formes
- V/A , 3C , lli = ,T 3-1-3 LU, + O0,H X,XX, A Il
- D’autre part, je retrouve le dessin de plusieurs de ces mêmes signes ou caractères dans les inscriptions des rochers de Salvan découverts par M. Reber :
- 00 H KS I ; - 11 =
- et peut-être dans quelques-uns des signes relevés récemment sur les autels druidiques de la région de Thonon. Ces coïncidences sont à noter, et il est possible qu’en rassemblant et en collationnant toutes ces inscriptions aujourd’hui éparses, on arrive avant peu à trouver la signification de ces sculptures encore si mystérieuses. Sont-ce les Celtes qui ont laissé, dans l’ibérie et dans le nord de l’Afrique, des traces de leur passage, ou bien sont-ce les contingents lybiens qui ont apporté leür alphabet en Espagne et en Gaule? Je crois que le temps n’est pas loin où là question pourra être enfin solutionnée. »
- M. G. Garde-Roux, à Vaucluse, nous écrit : « Vous avez publié autrefois une méthode permettant de trouver à quel jour de la semaine correspond une date quelconque. Voici une nouvelle méthode inédite qui conduit au même résultat. Soit
- à chercher quel jour de la semaine était le 14 juillet 1789.
- Additionnez :
- 1° Le quantième............................... 14
- 2° Le nombre du mois.......................... 6
- 3° Le nombre du siècle........................ 4
- 4° Les deux derniers chiffres du millésime. . 89
- 5° Le quart de ce dernier nombre (sans tenir
- compte de la division)............... . 22
- Total.............735
- Divisez par 7 ; 135 : 7 = 19 ; reste : 2. Le reste de cette division indique le jour de la semaine en convenant d’appeler : 0, dimanche; 1, lundi; 2, mardi; 3, mercredi; 4, jeudi, etc. Le 14 juillet 1789 était donc un mardi. Quant aux cinq données nécessaires, la lr% la 4e et la 5e sont données directement. La 2e et la 3e sont fournies par la méthode mnémotechnique indiquée par M. J. Bertillon, dans son article Le calendrier perpétuel et la mnémotechnie (La Nature, n° 706, du 11 décembre 1886, p. 22). Le nombre du mois se trouve dans le tableau ci-dessous :
- Janvier sirop . . . 0 Juillet . . gardesuisse. 6
- Février étroit . . . 3 Août. . . hideux. . . 2
- Mars. siège de Troie 3 Septembre exercice sai n 5
- Avril. scie .... 6 /Octobre. . sirop . . . 0
- Mai . parfum . . 1 Novembre. étroit . . . 3-
- Juin . quatre. . . 4 Décembre. saints . . . 3
- Le nombre des siècles est l
- 0 pour les années 1900 à 1999 et 1582 à 1599.
- 2 1800 à 1899
- 4' 1700 à 1799
- 6 — — 1600 à 1699
- Une observation : si l’année est bissextile, retrancher 1 au total, avant de faire la division par 7. »
- Renseignements. M. Breston, à X. — Nous n’avons pas connaissance de l’emploi du pollen comme tonique. On a fait un extrait de certains pollens pour combattre le rhume des foins : c’est le seul emploi médical que nous connaissions.
- Un abonné, à X... —11 n’existe à notre connaissance aucun rapport entre le radium et la calvitie.
- U. B., à Thuzy. — 1° Pour la destruction des fourmis, consultez le recueil de recettes et procédés utiles, 1% 2% 3e, 4e, 5e séries, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — 2° Pour la protection des rosiers contre les parasites, consultez Ennemis et amis des arbres fruitiers, de la vigne et du rosier, par Céleslin Duval, à Paris, librairie J.-B. Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- M. R. C., à Charroux. — Nous ne pouvons que vous conseiller de vous en rapporter à l’avis de médecins compétents.
- M. F. Barbier, à Chambley. — Nous pensons que vous trouverez des rouleaux analogues chez tous les fabricants de machines agricoles.
- Un abonné belge, à Mons. — Consultez Galvanisation à froid, par L. Quivy, Galvanisation du fer, à la librairie Ch. Beranger, 15, rue des Saint-Pères, à Paris.
- M. X. S., à Colmar. — 1° Nous ne connaissons pas l’adresse que vous nous demandez ; adressez-vous au journal Iron Age. — 2° Noms avons publié dans le numéro précédent une étude sur la riveuse Amodia ; l’adresse du fabricant est indiquée en tête de la présente Boîte aux lettres.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » ta Itédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnis, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes tes communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- il. Desgean, à Epernay; M. Vair, àBreuches. — Pour tous renseignements concernant l’exposition d’appareils à acétylène, adressez-vous à M. Fouché, loi, avenue de Clichy, à Paris.
- M. E. Z. Vasselin, à Paris. — La simple colle de paie (eau et farine) conviendra parfaitement.
- il. Joseph Vassillière, à Paris. — En se dirigeant du côté de Luc-sur-Mer, les falaises de Lion-sur-Mer appartiennent à la partie supérieure de l’étage bathonien et sont constitués par le calcaire à polypiers des géologues normands. Les polypiers y sont très rares, mais les spongiaii es et bryozoaires abondent. Les fossiles les plus abondants sont les térébratules : Terebra-lula Rauvillensis, T. digona, T. coarctata, Eudesia Cardium.
- — 2° Vous trouverez la description de ces espèces dans Paléontologie française, jurassique, Brachiopodes, par Deslong-champs, ou dans Paléontologie par Frite), à la librariie Dey-rulle, 46, rue du Bac. — 3° Nous n’avons pas connaissance du piocédé que vous nous signalez.
- M. le marquis Viltorio Incisa di Gamerana, à Rome. — Manuels pour amateurs débutants en photographie : Les débuts d'un amateur, par J. Carteron, 2fr,50, à la librairie Ch. Mendel, 118, rue d’Assas, Paris. Le laboratoire de l’amateur, l,r,25, même librairie. La photographie pratique, par L.-P. Clerc, 5,r,50, même librairie.
- if. G. Duclou, à Bordeaux. — Nous avons reçu vos intéressantes brochures. Il nous semble, en effet, qu’il y a eu des électrolyses qui se sont réparties suivant les courants; les phénomènes réciproques que vous avez constatés en paraissent une preuve, ainsi que la diminution des courants produits par la décomposition d’un électrolyte.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. F. Patrik, à Brest. Nous ne décrivons aucun appareil avant qu’il n’ait été construit et expérimenté. —M. J. Prudhomme, a Pau; M.L. Simon, * Paris. Veuillez consulter les Recettes et procédés utiles, 2e et 5e séries, à la librairie Masson et C‘% 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- — M. Victor B., à Fourmies. Voyez le même ouvrage, même librairie, 4e série. — M. H. Z., à V. Même ouvrage, 5e série, même librairie. — MM. Garde-Roux, à Vaucluse; Jacquot, à Thonon. — Remerciements ^pour vos communications.
- PHOTOGRAPHIE
- Virage au phosphate d’or.
- Ce n’est pas une formule nouvelle, mais elle est à signaler à tous ceux qui sont noyés dans les nombreux bains de virage publiés partout. M. Ma es, qui la pratique depuis longtemps, la recommande tout particulièrement dans le Journal de photographie.
- On dissout 1 gramme de chlorure d’oritrun dans 500 grammes d’eau distillée. On conserve dans un flacon jaune à l’abri de la grande lumière. Puis pour le bain de virage on prend 200 centimètres cubes d’eau de pluie ou distillée et on y dissout une petite pincée de phosphate de soude tribasique. Après dissolution, on ajoute en remuant bien, avec un agitateur en verre, 40 centimètres cubes de la solution d’or. On attend quelques minutes que le bain redevienne clair et il est prêt à servir.
- Les épreuves sont lavées pendant quelques minutes à l’eau courante, puis plongées dans le virage. Elles baissent très peu de ton, ce dont on devra tenir compte au tirage. Le virage se fait très rapidement et il est préférable de ne traiter qu’une épreuve à la fois. Après lavage, on fixe dans l’hyposulfite à 15 ou 20 pour 100.
- Papier au bromure à tons bruns. s
- On recommande, dans Caméra Crajt, pour obtenir des tons brqns avec les papiers au bromure, l’emploi du développateur
- suivant :
- On prépaie trois solutions :
- I. Eau.................................. 1000 c. c.
- Oxalate neutre de potasse. . . . 300 gr.
- II. Eau.................................. 1000 c. c.
- Chlorure de potassium................. 130 gr.
- Iff. Eau................................... 500 c. c.
- Sulfate ferreux........................ 24 gr.
- Acide citrique.......................... 2 —
- Bromure de potassium.................... 2 —
- Pour l’emploi, on prend 20 parties de I, 5 parties de II et 5 parties de III. On obtient des tons d’autant plus chauds qu’on augmente la proportion de la solution II.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le record des calculs.
- Il est rare que les infortunés atteints de gravelle, se voient débarrassés par l’expulsion d’un unique calcul. La cause qui a donné naissance à la formation, dans les reins, de dépôts d’urate ou d’oxalate de chaux, que ce soit la goutte, l’arthritisme subsiste longtemps. Les lavages du rein dans les stations thermales en vogué amènent une épuration de plus ou moins longue durée, mais c’est à peu près toujours après l’élimination d’un assez fort contingent de cailloux gros ou minuscules.
- Je doute que jamais calculeux ait pu prétendre à battre le record du malheureux dont le chirurgien Bland Sutton a raconté l’histoire, avec pièces à l’appui, à ses collègues de la Société de Londres. Chez un typographe relativement jeune, qui souffrait depuis des années de douleurs dans la région lombaire, le médecin constata par la radiographie l’existence de calculs assez volumineux dans le rein droit, et conclut à la nécessité d’en pratiquer l’ablation. L’opération fut faite et le malade, rapidement guéri, ne ressentit plus aucun malaise. Le rein, très augmenté de volume, contenait dafrs les calices plusieurs calculs, aplatis ou à facettes, dont un avait le volume d’un doigt à un haricot ; il en existait ainsi une douzaine. Mais une large poche, comprenant presque toute l’épaisseur de l’organe enlevé, renfermait une infinité de petits grains de poussière calculeux couleur de vieil er, brillants, iridescents comme s’ils étaient recouverts d’une couche de sulfure d’étain et ne différant pas par leur nature des calculs ordinaires. Il y en avait en tout près de quarante grammes et le dénombrement de ces petits calculs dépassait quarante mille. Vous jugez si le malheureux avait le droit d’avoir des coliques néphrétiques. Dr A. C.
- Empoisonnement par la salade de pommes de terre.
- Voici un exemple curieux de ces intoxications alimentaires si fréquentes, depuis qu’on a pris la peine d’y penser et de rechercher les causes. Dans un réfectoire d’asile on sert à déjeuner la vulgaire salade de pommes de terre. Deux heuras après le repas, tous les convives étaient pris de nausées, de vomissements, de diarrhée, les uns avec phénomènes d’intoxication grave, vertiges, lipothymies, refroidissement des membres, les autres plus légèrement.
- Le grand nombre de malades frappés en même temps, dans les mêmes conditions et avec les mêmes symptômes, fit de suite penser à un empoisonnement alimentaire. Les recherches faites immédiatement s’arrêtèrent sur l’usage d’une salade de pommes de terre à laquelle quelques pensionnaires avaient trouvé un goût bizarre. La pomme de terre appartient à Ja famille des Solanées et l’alcaloïde de ces plantes, la solanine, est un poison des plus dangereux. L’analyse n’en fit reconnaître qu’une faible dose, à peine deux centigrammes par kilogramme ; la cuisson, d’après Lahache, enlève peu à peu le principe toxique de la pomme de terre, et naturellement, comme la pomme de terre ne se mange pas crue, la salade ne contenait pas d’alcaloïde à dose toxique.
- Mais, par contre, de la salade d’herbes, qui était mélangée aux pommes de terre, contenait des quantités énormes de bacilles nommés proteus; les pommes de terré épluchées avaient été laissées toute une nuit dans un panier avec cette salade et l’expert pense qu’il a pu y avoir une culture intensive de ce bacille. On aurait pu rechercher s’il ne s’agissait pas du bacille spécial de la pomme de terre, qu’on rencontre sur les tubercules préparés pour la culture. On voit souvent une pellicule grisâtre qui envahit toute la pomme de terre, et qui est due à la pullulation d’un bacille spécial muni de spores. Dr A. G.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédé pour donner une teinte rouge au cuivre. — On suspend l’objet en cuivre dans une solution de 5 à 10 pour 100 de ferrocyanure de potassium dans de l’eau ; plus le cuivre demeure dans ce liquide, plus la teinte est accentuée. Avec addition d’un pet d’acide chlorhydrique, on fait tourner la coloration au pourpre. De toute façon il faut toujours sécher l’objet en cuivre à l’air, puis le rincer, le sécher de nouveau, et enfin polir à la peau de chamois.
- Lait de glycérine. — Cette préparation de toilette s’exécute comme suit, d’après Pharmazeulische Zeitung. Bien délayer 80 parties d’amidon avec 11,150 de glycérine, et faire
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- chauffer au bain-marie en remuant constamment jusqu’à ce que le tout prenne une consistance gélatineuse. On ajoute de nouveau 80 parties d’amidon, et l’on verse dans le tout, en agitant bien, 400 parties d'eau distillée. On peut parfumer avec 20 parties de gomme benjoin.
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- Enduit pour les tableaux noirs. — Nous avons déjà donné à plusieurs reprises des compositions de ce genre, mais celle-ci a le mérite de la simplicité. On se contente de prendre 200 à
- 210 gr. d’ardoise pulvérisée, puis 50 gr. de noir de fumée, et l’on fait un enduit d’épaisseur convenable avec une quantité suffisante d’une solution de verre soluble, solution a pieuse dans la proportion de 1/8.
- Gomme arabique se conservant bien. — Pour empêcher la gomme arabique de devenir acide et de perdre ses propriétés collantes, il suffit d’y ajouter une très petite quantité de sulfate de zinc pur.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Môureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 j aille! 19,5 Calme. Beau. » Rosée; beau jusqu’à li h. : nuag. ensuite.
- Mardi 4 18,3 N. E. 2. Couvert. » Rosée ; nuag. ; éclairs à partir de 21 heures et quelques coups de tonnerre.
- Mercredi 5 18,9 W. N. W. 2. Couvert. 18.2 Couv. ; deux coups de tonnerre à 17 h. 29; pluie dans la soirée.
- Jeudi 6 15,1 W. N. W. 2: Couvert. 23.6 Presque couv. ; orage et pluie dans la soirée.
- Vendredi 7 16,0 E. 5. Beau. » Beau.
- Samedi 8 16,2 E. N. E. 2. Beau. » Rosée; beau.
- Dimanche 9 20,2 S. S. E. 2. Beau. 7,1 Rosée; nuageux; orages entre li h. et 19 h.; éclairs ensuite jusqu’après 22 h. ; pluie de 15 h. à 15 h. 10.
- JUILLET 1905. — SEMAINE DD LUNDI 5 AD DIMANCHE 9 JUILLET 1905
- n La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre- à l’abri à boule mouillée.
- Eté temps. — Le 3 juillet, une forte hausse du baromètre s’est produite à Paris, et en môme temps dans tout le Sud-Ouest de l’Europe; le maximum se trouvait le matin en Bretagne, à Biarritz (770 mm), on notait 767 mm. A Paris, la journée a été très belle et extrêmement chaude; la tcmpératurè moyenne a été de de 21°,5. Le malin, le thermomètre marquait 16° au Havre, 20’' à Paris, 2>° à Marseille, 29° à Nice, 21° au mont Aigoual, 16° au Puy de Dôme; à Achères, près de Paris, le maximum a été de 30°. Quelques pluies sont tombées sur la Scandinavie et le f,entre de l’Europe, mais pas en France Le 4 juillet, le baromètre marquait 768 mm à Dunkerque, 770 mm en Irlande; des dépressions barométriques sont passées le matin au Nord de l’Ecosse et sur la Finlande. En France, on a signalé quelques pluies orageuses sur le littoral de l’Océan. Dans la région parisienne, on a observé de faibles ondées vers 5k30'" et 8b20m du matin. La température était, le matin, 19° à Paris, 25° à Perpignan, 29° à Naples, 32° à Nice. A Belfort, le thermomètre a marqué 55® a l’ombre, et 50° au soleil. Dans la journée, un ouragan d’une grande violence s’est abattu sur Laschamps, dans le circuit. d'Auvergne, et a causé des dégâts très importants. Dans la soirée, de 1011 20 à 11 heures, un orage, précédé de nombreux éclairs et coups de foudre, a éclaté sur Paris et la banlieue ; il a sévi particulièrement du côté de l’Est de la capitale. En province, le baromètre a subi une baisse notable, surtout dans l’Ouest. C’est un cyclone qui, vers 6 heures du soir, a saccagé Angers et les environs. Les toitures ont été arrachées, les arbres brisés et déracinés. Sur la Maine, de nombreux bateaux ont été coulés. A Saint-Maixent, on a signalé également de nombreux arbres déracinés, ainsi que de nombreux coups de foudre sur l’Ecole militaire. A Rouen, vers 10 heures, la pluie est tombée à torrents; les rues ont été transformées en ruisseaux et la circulation a été impossible. Au
- Havre, à 9 heures, un violent orage a éclaté et a duré trois heures. A 9 heures du soir également, un cyclone s’est abattu sur la commune de Cravant, près d’Orléans; les dégâts ont été considérables. Par suite d’une pluie abondante, les blés ont été complètement versés dans le département du Nord. Dans la nuit du 4 au 5 juillet, entre 10k 15 et minuit 35, à Paris, il n’y a eu que de faibles chutes de pluie. Le 5 juillet, des pluies orageuses sont tombées sur toute la France; on a recueilli 29 mm d’eau au Havre, 12 mm à Nantes, 4 mm à Bordeaux, 1 mm à Perpignan. Un violent orage, accompagné d’une forte grêle, s’est abattu sur Lyon dans l’après-midi. La grêle a également dévasté la vallée de Chambéry. La température était, le matin, 19° à Paris, 20° à Bordeaux, 25° à Nice, '30° à Livourne. Dans la soirée du 5 juillet, et dans la nuit du 5 au 6 juillet, des averses orageuses abondantes sont tombées sur Paris et les environs. Le 6 juillet, les pluies ont encore été générales en Europe ; en France, il est tombé 2 mm d'eau à Lorient, 2 mm à Charleville, 5 mm à Lyon, 25 mm à Paris où un orage a éclaté dans la soirée. La température était, le nntin, 15° à Paris, 16° à Besançon, 16° à Toulouse, 20° à Perpignan, 6° au Puy de Dôme, 6” au mont Mounier, 4° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 16°,6, inférieure de 1°,3 à la normale. Le 7 juillet, une dépression barométrique assez profonde (744 mm) a couvert le Nord-Est de l’Europe. Un vent faible des régions Nord soufflait sur les côtes de la Manche, et un vent du Nord-Est sur les côtes de l’Océan. A Paris, la température moyenue a été de 17®,4; le ciel est demeuré peu nuageux pendant toute la journée. Le 8 juillet, le régime de iression elevée avec beau ciel et vent de Nord-Est a dominé dans l’Ouest de 'Europe ; à Paris, la pression barométrique était de 765 mm à midi. Le 9 juillet, le thermomètre marquait, le matin, 20’ à Paris, 22° à Clermont, 13° au Puy de Dôme et au mont Aigoual, et 6° au Pic du Midi. A 4 heures du matin et à 3" 39" de l'après-midi, il est tombé une averse orageuse sur Paris.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 9 à 5 h. 55 m. du soir.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- jGermain, Paris (VI').
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1678 (22 juillet 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS!
- Légion d’honneur — A l’occasion du 14 juillet, M. J. Dy-bowski, inspecteur général de l’agriculture coloniale, a été promu •officier de la Légion d’honneur; M. Giraud, docteur ès sciences, •chef de la mission scientifique de la Martinique, a été nommé chevalier.
- .Commission permanente des stations hydrominérales et climatiques de France. — A la suite du deuxième Congrès français de climatothérapie et d’hygiène urbaine tenu à Arcachon en avril 1903, il vient d’être constitué près du ministre de l’Intérieur une Commission permanente des stations hydrominérales et climatiques de France, chargée d’étudier les besoins généraux de ces stations, d’être auprès des pouvoirs publics l’organe de leurs intérêts, et, d’une manière générale, de défendre et de développer les centres thermaux et climatiques en France. Le ministre de l’Intérieur est président d’honneur de la Commission. Parmi les -divers membres, nous citerons : M. Armand Gautier, membre de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine, professeur à la Faculté de médecine de Paris, président; M. Carnot, inspecteur général des mines, vice-président; M. Curie, professeur à la Sorbonne; M. Michel-Lévy, inspecteur général des mines; M. Garri-gou, chargé du cours d’hydrologie à la Faculté de médecine de Toulouse; M. De Launay,ingénieur en chef des mines; M. Bollfus, ancien président de la Société de géologie de France.
- Les altitudes de la Suisse. — D’après les récentes vérifications du bureau topographique fédéral de la Suisse, la cote de la fameuse Pierre-à-Niton, dans le port de Genève, serait, paraît-il, de 373m,60 au lieu de 376m,86 au-dessus du niveau de la mer. Ce repère formant le point de départ de tout le nivellement de la Suisse, la correction impliquerait une diminution de 3m,26 pour toutes les cimes et cotes de la Suisse.
- Tremblement de terre. — Le 10 juillet, à 10h5m du matin, le sismographe de la Faculté des sciences de Grenoble a enregistré une secousse de tremblement de terre dans la direction Nord-Sud.
- Congrès international de zoologie. —Le septième Congrès •de zoologie aura lieu à Boston (Etats-Unis), en août 1907, sous la
- Présidence de M. le professeur Agassiz. On décernera le prix de Empereur Nicolas II, pour lequel la Commission internationale des prix met au concours la question suivante : Nouvelles recherches expérimentales sur la question des hybrides. Les travaux manuscrits ou imprimés postérieurement à la présente insertion, devront être adressés avant le 1er juin 1907 à M. le professeur R. Blanchard, boulevard Saint-Germain, 226, à Paris. Les mémoires présentés devront être écrits en langue française; tout ouvrage écrit en allemand, anglais ou italien serait admis, pourvu qu’il soit accompagné d’un résumé en français.
- Le houblon en Alsace. — M. E. Derendinger, qui vient de mourir à Haeruenau, était le petit-fils de l’introducteur du houblon on Alsace ; il avait poursuivi les traditions de la famille et avait apporté tous ses soins à la culture de cette plante.
- Télégraphie sans fil. — Des expériences de télégraphie sans fil viennent d’avoir lieu entre le camp de Chàlons, la Tour Eiffel, Sainte-Menehould et Verdun. En rade de Cherbourg, on a procédé à bord du Brooklyn à l’installation d’appareils de télégraphie sans fil qui seront utilisés lors du retour du navire en Amérique. Sur la proposition de M. Bérard, sous-secrétaire d’Etat, le ministre du Commerce a décidé d’organiser un service spécial de télégraphie «ans fil et proposé aux départements de la marine et de la guerre d’installer trois postes côtiers, à Cherbourg, à Toulon et à Bizerte.
- Canal de Panama. — Le Comité du Canal de Panama a décidé d’amener 2000 hommes de chaque nationalité, sous contrat renouvelable de 500 jours; cette disposition lui permettra de se rendre
- compte de la capacité de travail des Italiens, des Chinois et des Japonais, ainsi que du système des contrats.
- La nouvelle carte de France au 50000'. — En 1881, le
- colonel Perrier songea à utiliser les minutes au 40 000e pour exécuter, en courbes et en couleurs, une carte de France au 50000e. Mais les documents étaient insuffisants et le travail fut arrêté après l’apparition des 75 premières feuilles. En 1897, la Commission centrale des travaux géographiques se prononça en faveur d’une carte nouvelle qui fût, non pas l’amplification en couleurs d’une carte déjà existante, mais la réduction de levés à grande échelle au 10 000e ou au 20 000e. L’Académie des sciences émit un vœu dans le même sens, et, au mois d’aoùt 1900, le colonel Ber-thaud (aujourd’hui général) présentait au Congrès national de Géographie le projet d’une carte au 50 000e qui obtint le plus grand succès. Malgré les faibles ressources dont il peut disposer, le Service géographique de l’Armée a tenu à donner corps à l’idée d’une nouvelle carte. A partir de 1901, et moyennant un léger ralentissement dans l’exécution de la révision sur le terrain de la carte de France et des levés d’Algérie, il a pu, sans supplément de crédits, développer des levés de précision et créer des brigades topographiques de sous-officiers dont Je fonctionnement a donné d’excellents résultats. Jusqu’à présent les fonds disponibles n’ont permis de procéder à la mise en œuvre des documents recueillis que pour établir, à titre d’essai, 9 feuilles des environs de Paris. La première allocation attribuée au Service géographique pour l’exercice 1905 a été réduite par le Parlement à 25000 francs, A ce taux l’achèvement de la carte de France au 50 000e demanderait 1200 ans! La dépense totale étant évaluée à 30 millions, il faudrait un million par an pour que l’œuvre.pût progresser raisonnablement. Au 31 décembre 1903, 24 feuilies, y compris les 9 des environs de Paris, sont « en main ou prêtes à y être mises, mais comme ayant été levées ou revisées récemment », 37 feuilles sont actuellement levées en totalité et 130 en partie, mais non « susceptibles d’être mises en main, sans révision au complétage ». En somme, sur les 1100 feuilles que comporte la carte en projet, 191, soit le sixième environ, sont déjà livrées. Les premiers éléments de la carte en cours sont fournis par les plans directeurs du Génie. La nouvelle représentation graphique de la France au 50000e « sera établie d’après la projection polyédrique; les feuilles mesurant 20' centésimales en latitude et 40' en longitude, auront (zone moyenne) 0m,40 sur 0m,55 environ. La carte sera en courbes de niveau et imprimée en huit couleurs; les courbes seront rehaussées, en terrain moyennement et fortement accidenté, d’un estompage d’un gris bleuté comportant à la fois l’application des conventions de la lumière zénithale et de la lumière oblique. On aura recours, comme mode de reproduction, aux procédés combinés de la gravure et de l’héliogravure sur zinc, les signes conventionnels seront conformes au tableau arrêté par la sous-commission. Les types et les dimensions des écritures seront conformes aux principes admis pour l’exécution de la lettre sur la carte de l’Etat-Major. » La nouvelle carte sera également utile aux différents services civils, à l’enseignement, aux touristes et aux alpinistes, enfin aux géologues. — M. Chesneau. La géographie, 15 juin 1905. — (V. Vidal de la Blache. La nouvelle carte de France au 50000e, avec une carte hors texte in Annales de Géographie, mars 1904, p. 113. — E. de Margerie. La nouvelle carte de France au 50000e du Service géographique de l’Armée, avec un tableau d’assemblage, in Ibid, mai 1905, p. 236.)
- Le bois et le commerce du bois en Amérique. — Il y a
- encore aux Etats-Unis 280 000000 d’hectares de terres boisées, soit à peu près 32 pour 100 de la surface totale des Etats. Le commerce du bois est effectué par 35000 compagnies ou individus, qui emploient 290 000 ouvriers, sans compter les commis et les employés d’administration. Le montant des salaires annuels est de 560 millions -de francs, et la quantité du bois coupé est suffisante pour
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- former une longueur de 12 millions de kilomètres en plancher de 53 centimètres de largeur sur 3 d’épaisseur, ce qui représente une valeur de 2 600 000 000 francs.
- La protection du Pingouin. — Le Dr E.-A. Wilson, membre de l’expédition antarctique de la Discovery, demande, dans les journaux de Londres, que des lois spéciales empêchent l’extermination des pingouins de l’île Macquarie et de l’archipel des Aucklands. On sait que la fabrication de ïhuile de pingouin est particulièrement intense dans ces pays : on l’obtient en mettant bouillir dans d’immenses chaudrons des milliers de ces oiseaux. Cette industrie très prospère écoule chaque année en Angleterre plusieurs centaines de tonnes de penguin oil.
- Météorologie. — Le temps a été en général pluvieux, nuageux et chaud dans la semaine du 10 au 16 juillet. Le 10 juillet, de fortes pressions ont envahi le Sud-Ouest de l’Europe. En France, il y a eu des pluies accompagnées d’orages, surtout dans le Nord et l’Est; on a recueilli 8 mm d’eau à Clermont, 7 mm à Paris, 5 mm à Nancy, 2 mm à Cherbourg. Le thermomètre marquait le
- matin 19° à Paris, 20° à Nancy, 26° à Nice, 12° au mont Ventoux, 9° au Puy de Dôme, 7° au Pic du Midi. Le 11 juillet, un vent faible du Sud-Ouest a soufflé sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Des pluies sont tombées sur les lies Britanniques, les Pays-Bas et le Nord-Ouest de la Fiance. Le 12 juillet, on n’a signalé aucune pluie en France. La température a été très élevée, surtout dans le Sud; on a noté le matin 16° à Paris, 21° à Lyon, 22° à Bordeaux, 24° à Perpignan, 26° à Nice, 15° au mont Aigoual, 44° au Puy de Dôme. Dans la région parisienne, on a remarqué de nombreux nuages élevés venant modéiément de l’Ouest à l’Ouest-Sud-Ouest. Le 13 juillet, en France, le temps a été généralement beau, sans pluie. La température est restée élevée surtout dans le Sud; on notait le matin 18° à Paris, 21° à Clermont, 26° à Perpignan, 27° à Livourne. Le temps a été également beau et chaud les 14, 15 et 16 juillet. Le 16 juillet, un violent orage a éclaté sur Paris, vers.2 heures, et un véritable cyclone s’est abattu sur la partie Ouest de la capitale et sur les villes de Saint-Germain, Maisons-Lallitte, Argenteuil, Sannois. On a recueilli des grêlons pesant 30, 40 et jusqu’à 200 grammes.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possibledpie dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans le n° 1676, du 8 juillet 1905, dans l’article L'Eclipse de soleil du 30 août 1905, dans le tableau de la page 83, à la ligne des Alpes (Basses-), colonne intitulée « pour avoir l’heure locale, ajoutez », au lieu de : 16 minutes, il faut : 21 minutes.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’éventail ventilateur est construit par les établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Communications. — MM. Courtet frères, à Romans (Drôme) nous adressent, à la réception de notre numéro 1676 du 8 juillet 1905, une lettre d’après laquelle M. Arnodin ne serait pas le premier qui ait eu l’idée de créer une riveuse intermédiaire entre les grandes machines à river et le rivelage à la main, ni celle d’employer la grenouillère pour obtenir la pression nécessaire. Ces messieurs joignent à leur lettre ur. brevet de Riveuse rationnelle à bras ou au moteur à leur nom et en date du 24 février 1890.
- Renseignements. — M. Fernand Marchand, à Paris. — Pour la lampe au lusol décrite dans le n° 1662, du 1er avril 1905, page 287, adressez-vous à M. Denayrouze, 24, rue Bayen.
- M. Arthur Bouhoulte, à Anvers. — Nous ne possédons pas sur l’appareil de MM. Haugen et Peschery d’autres renseignements que ceux publiés dans les « Comptes rendus hebdomadaires de l’Académie des sciences ».
- M. C., à Bruxelles. — Les boîtes et tubes dont vous parlez ne sont pas en gélatine mais en celluloïd que l’on colore, marbre et emboutit, suivant ce que l’on désire obtenir. Vous pouvez consulter à ce propos La Nature, n° 1288 du 5 février 1898, page 146; n° 1528 du 6 septembre 1902, page 211, et le Génie civil du 16 janvier 1904.
- M. X., à Z. — Pour tuer les mouches, vous pourriez employer du papier buvard épais trempé dans une décoction de copeaux de quassia, additionnée d’une mixture chaude de térébenthine de Venise, d’huile de graines de pavot et de miel. Voyez à ce sujet les Recettes et Procédés utiles, lre et 5” séries, à la librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. P. F., à Châleau-Percin. — 1° Les capuchons de bouteille sont en plomb et vous pouvez les employer pour la soudure. — 2° Pour une motocyclette vous êtes tenu à une déclaration de mise en circulation, une déclaration fiscale. Consultez pour l’indication des pièces à fournir et pour tout ce qui touche la réglementation L’aide-mémoire de l'aulomobilé, par J. de Pietra-Santa, à la librairie V,e Ch. Dunod, 49, quai
- des Grands-Augustins, à Paris, prix : 2fr,50. — 3° Essence et huile pour motocyclettes : M. Le'on Leprêtre et C'% 19, rue-Barbès, à Montrouge (Seine) ; Société l’Oléo, 58, rue de la-Eolie-Regnault, à Paris.
- M. X., à Nantes. — Pour le moulinet dynamométrique du colonel Renard (n° 1674, du 24 juin 1965, p. 51), adressez-vous au directeur du parc d’aérostation militaire de Chalais— Meudon.
- M. D. L., à Toulouse. — 11 nous est difficile de répondre à* votre question au sujet de la catastrophe du Farfadet. Tout ce qui concerne les sous-marins en général est rigoureusement tenu secret. Cependant vous trouverez plusieurs de ces engins décrits dans La Nature, n° 1652, du 29 juillet 1893, p. 150 (marine italienne); n° 1178, du 28 décembre 1895, p. 55 (Le Goubet); n° 1529, du 19 novembre 1898, p. 380 (Le Holland); n° 1474, du 24 août 1901, p. 195 (Le Naulilus)_
- M. L. Gilliard, à Paris. — Ie Nous ne croyons pas que le moulinet dynamométrique du colonel Renard se trouve dans le commerce : adressez-vous au directeur du parc aérostatique de Chalais-Meudon. — 2° Il faut distinguer la phosphorescence et la fluorescence. La phosphorescence est, ou bien la propriété d’émettre des radiations lumineuses (comme chez les Nocti-lucques, protozoaires qui donnent dieu au phénomène de la mer phosphorescente), ou celle que possèdent certains corps de rester plus ou moins longtemps lumineux lorsqu’après avoir été exposés à la lumière, on les place à l’obscurité : cette propriété est connue depuis longtemps pour le diamant, la poussière de coquilles calcinées, le papier, le sucre, les oxydes et sels de métaux alcalins, terreux, etc. La fluorescence est la propriété de transformer la lumière qu’ils reçoivent en radiations lumineuses de plus grande longueur d’onde. Les corps fluorescents sont très nombreux, entre autres : sels d’urane,, solutions de sulfate et de tartrate de quinine, de chlorophylle, de tournesol, d’esculine, pétroles et huiles minérales, sels de métaux alcalins et alcalino-terreux, solutions de sels de cériumr didyme, zirconium, lanthane, yttrium, etc.
- M. H. loannot, à Genève. — Ouvrages relatifs à la détermination des éléments des roches ; Truité de minéralogie ou Abrégé de minéralogie, par A. de Lapparent, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris; Elude Viatique des roches, par F. R inné (traduction Pervinquière), de Rudeval, éditeur, 4, rue Antoine-Dubois, à Paris.
- M. Allée Maurice, à Paris. — Pour la valise de sauvetage du voyageur (n° 1647 du 17 décembre 1904, page 42) adressez-vous au Scientific American, 361, Broadway, à New-York.
- M. A. B., à Paris. — Nous publierons, dans notre prochain numéro, un article consacré à la photographie du soleil.
- M. A. Vautier, à Xertigny. — La librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Ilautefeuille, à Paris, a publié tout un ensemble de travaux sur la chimie alimentaire. Outre les ouvrages spéciaux (sur le vin, le lait, etc.) qui figurent au catalogue, voici les principaux traités généraux : Les substances alimentaires, Dictionnaire des falsifications, Conserves alimentaires, La chimie alimentaire. Tous ces ouvrages traitent des falsifications.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Wilmard, à Anor Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. A. Lambert, à Brest; M. J. Jullien, à Paris. Consultez le recueil de Recettes et procédés utiles, 2e et 4° séries, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Drandicourt, à Amiens; M. C. Arnaud, à Saint-Cloud; M. T., à Bordeaux; M. Henri Guillemin, à Chalon-sur-Saône. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu, qu’aux lettre.-, reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS*
- Houilleur hygiénique. — Il est malsain d’humecter avec sa langue les enveloppes, les timbres-poste, les bandes, les étiquettes.... La colle n’est pas toujours fabriquée avec la plus grande propreté, les timbres et accessoires sont souvent manipulés par des mains malpropres. Il faut ajouter que la langue est vite desséchée si on a un certain nombre de papiers à coller. Le mouilleur hygiénique permet de remédier à cet état de choses. Il est formé par un tuyau en métal terminé
- Mouilleur hygiénique.
- par un carré de feutre. On remplit le tube d’eau, le feutre s’humecte, et il suffit de le passer légèrement sur l’enveloppe ou la bande. Ce petit appareil se met au repos dans une petite fourchette montée sur une tige métallique qui est fixee elle-même sur un support métallique carré. A la surface de ce support on place un autre feutre humide, et les caissiers peuvent humecter leurs doigts avant de feuilleter des papiers. -—Le mouilleur hygiénique se trouve chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Allume-cigarette. — On a depuis longtemps cherché toute une série d’appareils désignés sous le nom de self-allumeur, et qui devaient à tout instant premettre l’allumage du gaz, d’une lampe, etc. Le principe de ces appareils était basé sur le pouvoir catalyptique de certains corps poreux qui absorbent une telle quantité d’hydrogène (2 à 500 fois leur volume) qu’il en résulte une compression portant au rouge ces corps, et surtout ceux que l’on a préalablement trempés dans une solution de chlorure de platine ou d’autres métaux de la
- Allume-cigarette.
- même catégorie. Le nouveau petit allume-cigarette est basé sur le même principe. Il se compose d’une pastille poreuse montée sur un petit grillage métallique entouré d’ouate. En versant sur l’ouate quelques gouttes d’un liquide spécialement compose à cet effet, il se dégage immédiatement une grande quantité d’hydrogène qui est aussitôt absorbée par la pastille et chauffe celle-ci au rouge. On met le tout dans un petit étui métallique; et l’on a un petit adumoir de poche appelé à rendre des services aux fumeurs. — L’allnme-cigarette est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nov-velles scientifiques est étrangère anx annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Contre la rouille. — On pourrait se contenter simplement de graisser les surfaces métalliques à préserver avec de l’huile de paraffine. Mais il vaut mieux faire une solution d’une partit' d’huile de paraffine dans 200 pat ties de benzine ; on y plonge les objets à préserver, qu’on a fait auparavant sécher a l’air chaud, et on les remue et fait jouer pour que le liquide pénètre partout, on les place ensuite à sécher pour que la benzine s’évapore.
- Vinaigre de framboise. — Quelque peu une recette culinaire, dont on excusera la présence ici si le vinaigre en question sert à rafraîchir pendant la saison chaude. On écrase 1 kg de framboises bien mûres, on les met dans un récipient pouvant se fermer, et l’on verse par-dessus 15 kg de bon vinaigre. On place le tout dans un endroit tiède après avoir bien bouché, et on laisse six à huit jours reposer, mais en secouant de temps à autre. On filtre alors et l’on met dans des bouteilles bien pleines qu’on garde au frais.
- Vernis au copal pour toiles cirées. — Faire bouillir durant 24 heures 750 kg d’huile de lin bien pure additionnés de 27 kg de borate de manganèse (la chaleur ne doit pas dépasser 500° ü.); on a fait fondre d’autre part 225 kg de gomme kauri copal, qu’on ajoute à l’huile chaude. Finalement, on ajoute suffisamment de benzine ou d’huile de térébenthine pour donner bonne consistance en évitant les inflammations inopinées.
- Pour protéger le métal des agents atmosphériques. — On recommande pour cela un vernis obtenu par dissolution de cire dans de la térébenthine ; mais il alourdit les surfaces qu’on en enduit, si elles présentent des ornements un peu délicats. T'n meilleur vernis est fait de 15 parties en poids de gomme laque en écailles, de 15 de gomme benjouin du .viam, de 80 d’alcool et de 20 de chlorure de formyl; ce dernier facilite la dissolution de la résine. Ce vernis s’évapore avec une facilité des plus grandes.
- Nickelage à froid. — Le procédé est décrit comme suit par la France Horlogère. Plonger les objets dans un premier bain fait de 5 kg de polasse d’Amérique dans 25 litres d’eau; si les objets sont fort rouillés, prendre un mélange de 2 litres d’acide chlorhydrique par litre d’eau. On place ensuite ces objets (en y attachant des feuilles de zinc) dans un deuxième bain contenant 250 grammes de sulfate de cuivre dans 25 litres d’eau, auquel on ajoute goutte à goutte (en remuant bien avec un bâton) quelques gouttes d’acide sulfurique, et jusqu’à clarification. Enfin, on met dansle bain de nickelage proprement dit composé de 20 grammes de crème de tartre, 10 de sel ammoniac en poudre, 5 de sel de cuisine, 20 d’oxychlorhydrate d’étain, 50 de sulfate de nickel simple et 50 du même sulfate double. Au bout de quelques minutes on retire, et l’on fait briller la surface nickelée en la frottant d’un linge humide chargé de sable fin.
- Alliage de métal blanc. — Faire fondre ensemble 65 parties de cuivre et 55 d’arsenic, ou encore 10 parties de cuivre, 20 de zinc et 50 de nickel, ou 70 parties de nickel, 30 de cuivre et 20 de zinc.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le seneçon dans les dyspepsies
- Le seneçon, senecio vulgaris, est une plante fort commune de la famille des synanthérées qu’on trouve à foison dans les. champs et à peu près partout. C’est le fameux Erigeron des anciens. Il existe plusieurs variétés de senecio : le Jacobea, dit herbe de Saint-Jacques; le senecio Doria, le senecio Ambovilla, toutes employées, avec plus ou moins de succès, à titre de vulnéraire.
- Le senecio vulgaris jouit de propriétés calmantes; c’est un sédatif du système nerveux et le Dr Dalché l’emploie depuis longtemps à ce titre dans certaines manifestations congestives douloureuses éprouvées par les femnns. Mais cette propriété sédative peut s’appliquer à d’autres phénomènes douloureux que la dysménorrhée. Aussi a-t-on repris les essais du médecin anglais Murrell qui Je donnait dans les crises gastralgiques. Il le considérait comme un agent tonique, amenant en peu de temps la disparition de la dyspepsie flatuleuse.
- Le Dr Dalché a essayé ce moyen thérapeutique et a obtenu de très bons résultats en donnant, avant chaque repas, vingt à trente gouttes d’extrait fluide de senecio vulgaris dans un peu d’eau sucrée.
- Ce n’est pas à dire que tous les troubles gastriques soient
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- justiciables de ce médicament, ce sont surtout ceux qui se • caractérisent par des crampes et qui confinent à la gastralgie. Les douleurs dues à de l’hyperchlorhydrie, à l’exagération de sécrétion de suc gastrique, ne sont pas calmées d’une façon bien sûre par le séneçon. 11 faut, dans ce cas, les absorbants comme
- le bicarbonate de soude, la magnésie hydratée ou le carbonate de chaux. Peut-être en associant à l’extrait de séneçon une certaine quantité de ces poudres, en les prenant simultanément en cachets et dans un peu d’eau sucrée, amènerait-on la disparition de ces crises si pénibles.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50'“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE RE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 juillet . . . 19°, 2 \V. S. 5V. 2. Nuageux. 0,0 Rosée; nuageux ; pluvieux à 16 h. 50.
- Mardi 11 18°,9 S. S. W. 2. Couvert. » Rosée; très nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite.
- Mercredi 12. ..... . 16°,1 F. N. E. 0. Couvert. » Rosée ; couvert de 6 h. à 9 h. ; très nuag. ensuite-.
- Jeudi 13 18°,1 N. AV. 2. Beau. » Rosée ; nuageux.
- Vendredi 14 18°, 5 N. 2. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Samedi 15 19°,1 N. N. E. 1. Beau. » Rosée ; beau.
- Dimanche 16 21°,2 N. F.. 0. Peu nuageux. 1,8 Rosée ; nuag. ; orage de 13 h. 58 à 17 h. 10; pluie de 13 h. 2î à 17 h. K.
- JUILLET 1905 — SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 JUILLET 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, the>~momètre à l’abrt a boule sèche,; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites à l’Observatoire du parc Saint-Maur, en juin 1005,
- par M. Tu. Moureaux.
- Le temps a élé beau du 1" au 5 et du 20 au 20, orageux du 4 au 19 et du 27 au 50. La température est légèrement supérieure à la normale. La tranche d’eau tombée s’est élevée à 107 mm, hauteur deux fois plus grande que la moyenne de 30 années, et qui n’avait pas été recueillie une seule fois eu juin depuis 1874 ; juin 1873 avait donné 173 mm d’eau. Sur 17 jours de pluie, 5 ont fourni de 0““,1 à 5*”; 7 de 5"",1 à 10““; et 5 plus de 10 mm; les journées du 10 et du 17 ont donné respectivement 19"“,9 et 19"“,8. On a noté 10 orages, la moyenne étant 6 seulement; juin est d’ailleurs, en général, le mois le plus orageux de l'année.
- Pression barométrique, altitude 50",5. Moyenne du mois, 753““,93 ; minimum absolu, 748'“”,5 le 30 à 1 h. 40; maximum absolu, 766”“,5 le 22 à
- 8 heures; écart extrême, 18““,0.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 11°,39; des maxima, 23°,40; du mois, 17°,40; vraie des 24 heures, 17°,03; minimum absolu, 7°,9 le 13; maximum absolu, 29°,7 le 4. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 9°,32; des maxima, 44°,62; minimum absolu, 4°,1 le l,r; maximum absolu, 54°,4 lé 3. Dans le sol gazonné, moyenne du mois; profondeur, 0“,35 : à 9 heures, 17°,24 ; à 21 heures, 17°,65 ; profondeur, 0“,65 : à
- 9 heures, 16°,01 ; à 21 heures, 16°,02; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 14°,86 ; à 21 heures, 14°,93. De la Marne : moyenne le matin, 19°,90; le soir, 20°,71 ; minimum, 17°,80 le 1"; maximum, 22°,60 le 22.
- Tension de la vapeur ; moyenne du mois, 10““,88 ; minimum, 6““,8 le 1" à 9 heures; maximum, 17““,2 le 29 à 17 heures.
- Humidité relative ; moyenne du mois, 77““,5 ; minimum, 33 le 5 à 13 heures ; maximum 100, en 3 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois 5,92; moyenne diurne la plus grande, 9,8 le 8 ; la plus faible, 0,8 le 23.
- Insolation: durée possible, 481 heures ; durée effective, 231,7 heures en 29 jours, rapport, 0,48.
- Pluie : total du mois, 107““,0 en 58“,3.
- Nombre de jours : de pluie, 17, de pluie inappréciable, 2; de rosée, 21 ; d’orages, 10, les 4, 10, 11, 12, 14, 15, 17, 27, 29 et 30; de halos, 5. Fréquence des vents : Calmes, 35.
- N 13 E 51 s 68 W 34
- X. N. E . . . 58 E. S. E . . 30 s. S. W . 6!» W. N. W . 27
- N. E . . . . 74 S. E. . . . 19 s. w. . . 85 N. W . . . 15
- E. N . E . . 62 S. S. E . . 28 w. s. w. 78 N. N. W. . 19
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 2*,5; moyenne diurne la plus grande : 4“,8 le 23; la plus faible : 0*,9 le 29; vitesse maximum en 15 minutes, 10*,0 le 5, de 13 heures à 13 h. 15, par vent S.-W.
- Electricité atmosphérique : moyenne du mois (20 jours), 111 volts; moyenne diurne la plus grande, 149 volts, le 7; la plus faible, 72 volts, le 6; amplitude diurne, 0,83; amplitude nocturne, 0,67.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 2“,48 ; minimum, 2“,35, les 26 et 28 ; maximum, 2“,64 le 11.
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre — 1““,97 ; température -i-00,47; tension de la vapeur, -t-0““,85; humidité relative, -t-4,6; nébulosité -t- 0,21 ; pluie -t- 53"“,1.
- Taches solaires. 12 groupes en 21 jours d’observation.
- Perturbation magnétique. Le 22-23 (faible).
- Floraisons. Le 1", digitale, buisson ardent; le 2, muflier, nerprun, jacée; le 3, sureau à feuilles de chanvre, clematis erecta; le 4, eschollzia; le 5, rose des quatre saisons ; le 6, potentille rampante, genêt d’Espagne ; le 7, filipendule, pivoine odorante; le 8, violette marine; le 10, héraclée, œillet des poètes; le 11, deutzia; le 12, galega oftîcinalis, tilleul commun; le 14, chardon Marie, mauve; le 16, nigelle, mélilot; le 17, coquelourde, ceano-thus, hémérocalle fauve; le 18, jasmin, fragaria stérile: le 20, pois vivace, bourrache; le 21, croix de Jérusalem, inelongène, gaura; le 22, delphinium vivace ; le 23, troène ; le 24, mortelle ; le 2 >, lis blanc ; le 28, vigne de plein vent, sumac de Virginie ; le 29, clématite commune ; le 50, passerose, chrysanthème d’été, îhillepertuis.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 16 à 5 h. 41 m. du soir.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être ' adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C*%
- éditeurs de a La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à ïobligation de l'indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1679 (29 juillet 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Astronomie. — De nouveau, une tache énorme vient de se «montrer à la surface du soleil. Notre collaborateur, M. L. Rudaux, l’a suivie à son observatoire de Douville, depuis le 12 juillet. Située à la latitude boréale de 12°, elle est passée au méridien •central du soleil le 14 juillet, c’était plutôt un groupe qu’une tache unique. Ce groupe avait environ 200 000 kilomètres de long, et la •principale, d’une forme rectangulaire presque parfaite, mesurait -en diagonale 90000 kilomètres. Elle a augmenté d’étendue par la -suite, son immense pénombre paraissant englober une partie du groupe. Le 19 juillet, un nouveau groupe de taches s’est formé spontanément en quelques heures à la suite de la grande, mesurant tout de -suite près de 100 000 kilomètres, ce groupe s’est trouvé réuni le "20 juillet au premier par une masse importante de facules, très •visibles sur les photographies.
- Les statues à Paris. — Le Conseil municipal de Paris a décidé que la statue de Franklin serait érigée à l’extrémité de la -rue de même nom, et que la statue de Gréard serait érigée dans le square de la Sorbonne, à Paris.
- Tremblements de terre. — Le 17 juillet, à 2 heures de î’après-midi, une forte secousse de tremblement de terre a eu lieu à Scutari ; elle avait été précédée et suivie d’un long grondement.
- A 4 heures, quatre autres secousses se sont produites.
- Agrandissement du port d’Oran. — Le Journal officiel du 19 juillet 1905 publie une loi déclarant d’utilité publique les travaux d’agrandissement du port d’Oran vers l’Est. La dépense est évaluée à 17 700000 francs.
- Découverte de poteries. — M. Vasseur, professeur à la l’acuité de Marseille, annonce la découverte, à Baou-Roux, près Simiane (Bouches-du-Hhône), de poteries analogues à celles que M. Rouzaud a trouvées près de Narbonne, et M. P. Paris en Espagne. Cette céramique remonterait au xne siècle avant l’èrc chrétienne et serait ibéro-mycènienne. Elle prouverait que le port de Marseille a été fréquenté par des navigateurs ibériques bien avant la colonisation phocéenne.
- Textes élamites-sémitiques. — Dans le tome VI des Mémoires de la délégation en Perse, le P. Scheil publie une troisième série de textes élamites-sémitiques, documents relatifs à l’histoire d’Elam et à celle de Babylone; entre autres deux inscriptions du roi Naram Sin (3750 avant J.-C.); d’autres textes dits proto-élamites (variété d’écriture inconnue jusqu’ici) sont des pièces de comptabilité. Ils sont l’objet d’un essai de déchitfrement que d’autres pourront améliorer. Ce volume, comme les précédents, atteste les brillants résultats obtenus par la délégation de .M. de Morgan en Perse.
- Le système métrique en Angleterre. — Le « Board of Trade » a pris dernièrement une importante décision en ce qui concerne l’introduction du système métrique en Angleterre. En
- f»arlant à une députation des chambres de commerce anglaises, * ord Salisbury a dit que le « Board of -Trade », en vue de faciliter les transactions commerciales, allait introduire de nouvelles modifications pour les poids de 5,10 et 20 livres, et devait étudier des dénominations pour les poids de 50 livres.
- Concours annuel de chiens de bergers. — Le concours national annuel de chiens de berger a obtenu un grand et légitime succès. Il y avait 23 concurrents. Dans la première catégorie, le prix d’honneur du Président de la République a été gagné par Adenis, berger de l’Indre; le 26 prix par Villain, berger de la Somme ; le 3e par Poileux, berger de l’Oise ; le 4e par le berger de l’Ecole nationale d’agriculture de Grignon (Seine-et-Oise) ; le 5° par Ilêlard, berger de l’Eure; le 6e par Chaumont, berger de l’Oise;
- le 7e par Cuisinet, berger de la Somme ; le 8e par Waltin, berger de l’Oise; le 9epar Léger, berger de Seine-et-Marne; le 40e par Catoire, berger de l’Oise. Dans la 2e catégorie, le prix d’honneur a été gagné par Fontaine, et les prix suivants par Dondaine, Leclerc, Serre et ltousselin, tous les 5 placeurs au marché de la Villette. Des prix de beauté ont été attribués à divers chiens de la race de Brie et de la race de Beauce.
- Découverte archéologique en Savoie. — Il a été découvert aux environs de Lans-le-Villard plusi-urs roches sculptées des plus curieuses. La plus intéressante est la Roche-aux-Pieds, située a 2800 mètres d’altitude et en face du col du Mont-Cenis : elle porte 27 paires de pieds et de nombreuses cupules. Une caravane de savants est allée l’étudier le 14 juillet dernier, sous la conduite de M. Schaudel (de Chambéry) et de M. L. Jacquot.
- Réformes postales. — On sait qu’en France il est en projet que, dans le service intérieur et dans les relations franco-coloniales, la taxe des lettres affranchies soit fixée à 10 centimes par 15 grammes ou fraction de 15 grammes. Le Conseil fédéral suisse doit proposer au prochain Congrès de l’Union postale que l’affranchissement des lettres pour l’étranger soit taxé à-25 centimes pour un poids de 18,5 grammes au lieu de 15 grammes, et que l’affranchissement minimum des documents commerciaux soit réduit de 25 à 10 centimes.
- Fondation Rothschild. — Un concours avait été ouvert par la Fondation Rothschild pour la construction de maisons à petits logements salubres et économiques. Le Jury vient de faire connaître sa décision. En raison de la valeur exceptionnelle du concours, la somme mise à la disposition du Jury a été augmentée et portée à 80000 francs par le Comité de direction de la Fondation. Le Juryta décidé que sept projets, sur les vingt-cinq projets admis à la deuxième épreuve, méritent d’être primés et il a distribué des primes de 10 000, 9000, 7000, 6000 et 4000 francs. Les dix-huit concurrents non primés, qui ont pris part à la deuxième épreuve du concours, reçoivent chacun une indemnité de 2000 francs.
- Ondes sonores transmises par l’eau. — Le transatlantique Lucania a été muni d’un appareil électrique destiné à recevoir les ondes sonores transmises par l’eau et à les renvoyer par téléphone à la timonerie du navire. Se trouvant à plus de deux milles du vaisseau-phare de Sandy-Hook, il a pu recueillir et entendre ainsi les coups de cloche donnés par le vaisseau-phare.
- La production du blé en Australie.
- 1903-1904 1901-1903
- Boisseaux. Boisseaux.
- Victoria ..............
- Nouvelle-Galles du Sud .
- Queensland.............
- Sud-Australie..........
- Ouest-Australie........
- Tasmanie...............
- Total ......
- 28 525 579 20 944666
- 27 334 441 14 000 000
- 2 436 799 2 400000
- 13209 465 13 717 500
- 1876252 1691945
- 767 398 700000
- 74149 934 53 454111
- Les 53 454111 boisseaux (19300000 hectolitres en chiffres ronds), laisseront un surplus exportable d’environ 31 millions de boisseaux •de froment, ou 830 000 tonnes, soit plus de 11 millions d’hectolitres, dont près de la moitié de provenance victorienne. La navigation à voiles sous pavillon français profite largement de ce courant d’exportation.
- L’exploitation des chemins de fer électriques. —M. Sprague vient de signaler au New York Railway Club un avantage spécial de la traction électrique. Récemment, 5000 motormen se mirent en grève sur les lignes métropolitaines surélevées : mais, en une heure, on avait recruté un personnel qui possédait suffisamment les manœuvres très simples des contrôleurs électriques pour qu’on lui confiât la conduite des trains.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La nouvelle lampe électrique à incandescence M. S. se trouve chez M. C. Neveur, électricien, 53, rue de Maubeuge, à Paris.
- Communications. — Champignons de grande taille. — Nous avons reçu plusieurs lettres intéressantes à propos du gigantesque Lycoperdon dont nous avons donné la photographie dans les Nouvelles scientifiques,du n° 1675 du Ie' juillet 1905, page 18.
- M. V. Brandicourt d’Amiens nous signale une coquille : il faut lire Lycoperdons au lieu de Lycopodes.
- M. C. Arnaud, à Saint-Cloud, fait la même observation et ajoute d’intéressants détails : « Le Lycoperdon giganteum est incontestablement comestible, tant que son intérieur est blanc
- Bovisla giganlea.
- et compact; on peut le manger cru, en salade, ou apprêté en beignets, ou encore en potage mêlé à différents légumes, ou enfin on peut l’employer dans tous les apprêts où les champignons de couche figurent. En vieillissant ce champignon brunit au centre (dès lors il n’est plus comestible) ; puis il brunit entièrement, jusqu’à devenir presque noir ; enfin il éclate (d’où son nom), pour laisser échapper une poussière noire, qui n’est autre que des spores innombrables; dans le spécimen trouvé à Perrignier elles doivent s’élever à plusieurs milliards. »
- M. T., à Bordeaux nous dit : « qu’au mois de novembre 1897 il a ramassé lui-même un Lycoperdon qui pesait plus de 3 kilogrammes et avait deux fois la grosseur d’une tète d’homme, ce dans le parc du château de Nointel (Seine-et-Oise) sous de grands tilleuls. »
- Enfin, M. Henri Guillemin, professeur de physique à Chalon-sur-Saône, nous adresse la très intéressante note suivante :
- « D’après la description sommaire et la figure du champignon quesignaleM. Jacquot, de Thonon, dans le n° 1675de La Naturer il n’v a aucun doute : ce cryptogame est le Boviste gigantesque ou ûjcoperdon bovisla de Bulliard (= Bovista giganlea, ou Lycoperdon giganteum).
- Pas besoin d’aller en Italie, pour rencontrer des spécimens-de taille plus grande ou approchée; le département de Saône-et-Loire nous les fournit. Voici, à ce sujet, l’article que je publiais, le 20 septembre 1902, dans le Bulletin de la Société des sciences naturelles de Saône-et-Loire :
- a Bovista gigantea Batsch. — Dans la flore des champignons-« supérieurs de Saône-et-Loire, MM. Bigeard et Jacquin signalent « ce gigantesque champignon comme ayant été trouvé jusqu’à» « présent, seulement dans l’Autunois et à Pierre-en-Bresse,
- « En effet, le 20 octobre 1895, lors d’une excursion dans-« cette dernière localité, nous eûmes la bonne fortune d’ad-« mirer un remarquable échantillon de cette espèce. La pho-« tographie ci-jointe, donne une idée des dimensjons peu ordi-« naires qu’atteint parfois ce représentant de la flore crypto-« garni que. M. Boitard avait récolté deux exemplaires semblables-« dans son jardin, au milieu d’un carré de pommes de terre-« A ce moment, cette énorme Vesse de loup de 1 “,20 de « circonférence, d’un aspect grisâtre, laissait apercevoir à tra-« vers les déchirures du voile du péridium, c’est-à-dire de « l’enveloppe, des millions de spores noirâtres qui jaillissaient « en un nuage épais sous la pression du doigt. Or, le 10 sep-« tembre 1902, M. Dardelin, Vincent, d’Étaules, commune de « Mellecey, a ramassé dans les buis, sur la montagne, entre « son pays et Saint-Martin-sous-Montaigu. sept spécimens de ce « champignon, mesurant de 20 à 22 centimètres de diamètre ;
- « leur poids variait entre 2 et 2 kilogrammes 1/2. Deux autres-« bovistes, paraissant de plus grande taille, gisaient à terre « écrasés par le bétail. Nous avons eu le plus gros entre les-« mains. La surface du péridium, lisse au sommet, présentait « vers la base un certain nombre de vacuoles auréolées de « jaune et de vert, qui lui donnaient une apparence spongieuse -« La chair d’un blanc jaunâtre en était ferme et d’une saveur « fort agréable. Tous étaient donc comestibles à celte phase de a leur développement.
- « A un âgé plus avancé, la partie charnue se ramollit, de-« vient jaunâtre, puis pulvérulente : le champignon doit être rejeté. »
- Renseignements. — M. Paul Fourcat, à Villaines-la-Juhel. — 1° La quantité de liège nécessaire pour faire flotter un corps plongé dans l’eau dépend non seulement de son poids, mais de sa densité. — 2° Les images que vous signalez résultent de la condensation de la vapeur d’eau à la surface des glaces. — 3° Vous trouverez des verres fumés chez tous les opticiens. — 4° Ce mélange est bien un mélange réfrigérant : peut-être vos produits étaient-ils de mauvaise qualité. — 5° Nous ne comprenons pas nettement votre question : quelle expérience voulez-vous faire ? — 6° Le picrate de potasse est un explosif dangereux.
- M. M. Bourguin, à Reims. — Consultez : VAnnuaire de la Jeunesse, par ÏI. Vuibert, à la librairie Nony et Cie, 17, rue des Ecoles, à Paris; le Dictionnaire des professions, ou guide pour le choix d’un état, à la librairie Hachette et Cie; 79, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Dubosky, à Lietw. — La présence d’un coq dans un poulailler est, croyons-nous, parfaitement indifférente au nombre et au coefficient nutritif des œufs.
- M. J. Stransky, à Versailles. — Pour des tubes en caoutchouc, adressez-vous à la maison Charbonnes, Vecrigner successeur, 376, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. Honoré, à X. — Nous avons récemment indiqué (Bibliographie, du n° 1676, du 8 juillet) l’ouvrage de M. J. Crespin, intitulé : Précis du paludisme, dont toute une partie est consacrée à la prophylaxie du paludisme.
- M. Z., à Lyon-Vaise. — Les peseurs automatiques ne sont pas autorisés en France, et le service de contrôle des poids et mesures refuse de les poinçonner.
- M. Hergott, à Valdoie. — Vous pouvez employer une pâte antirouille du type de la suivante : paraffine et pétrole épuré, ou bien laver légèrement avec l’acide sulfurique très étendu et passer à la peau de chamois.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. H. Hirsch, à Brest. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. L. Musse, à Lisieux; M. de Saint-Victor, à Belfort. Veuillez consulter les Recettes et procédés utiles, 2' et 4® séries, à la librairie Masson et Cie, 420, Boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. le chef d’escadron Ferrus, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la liédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettre» reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES*
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- PETITES MENTIONS1
- Stéréo-relieur F«ugera(, — Les stéréoscopes à magasin, pour 100 ou 200 vues, deviennent insuffisants depuis que la photographie stéréoscopique a pris la grande vogue qu’on constate depuis quelques années. Aussi a-t-on imaginé plusieurs appareils permettant d’examiner, par groupes de une à deux douzaines, un nombre illimité d’images. Parmi ces appareils celui que M. Fourge-rat vient de créer est particulièrement intéressant par sa simplicité et son prix peu élevé. Les diapositives te glissent dans des châssis métalliques A (fig. 1), réunis entre eux par une charnière et séparés les uns des autres par une feuille pleine G. Repliés les uns sur les autres tous ces châssis forment un bloc qu’on place à la partie supérieure du stéréo (fig. 2). On voit que les parties intermédiaires C t ig. 1. (tig. 1) sont échancrées sur le côté
- Album classeur stéréoscopique e[ qUe ]es crans sont placés de façon
- à être en chicane ; c’est là tout le mécanisme. Le support sur lequel repose le bloc peut se déplacer au moyen d’une manette placée sur le côté de l’appareil ifig. 2) et chaque fois qu’on le pousse il se trouve en regard aes crans d'une des plaques C ; celle-ci n’étant plus soutenue tombe, c’est l’une des feuilles de l’album qui se déplie, et le châssis qui la suit vient se présenter verticalement devant les objectifs de l’appareil. La même manœuvre se répète jusqu’à
- Fig-, 2. — Stéréo-classeur «le Jl. Fou'ùrat.
- ce que toutes les images aient défilé devant les yeux. A mesure qu’elles arrivent au bas de l’appareil les feuilles se replient les unes sur les autres et, en fin de compte, le bloc se trouve refermé comme au début; il n’y a qu’à le prendre pour le re-
- Idacer dans le cartonnage qui lui sert d’enveloppe et permet de es ranger dans une bibliothèque comme un livre. Les albums sont en généial de 12 vues; on pourrait en faire de plus gros, mais cela n’est pas nécessaire, les recherches ne sont que plus faciles. Sur les feuilles qui séparent chaque châssis on a largement la place nécessaire pour inscrire tous les renseignements qui concernent la vue, qui se présente sous les yeux. — Le stéréo-relieur Fougerat se trouve chez M. Bourdilliat, 22, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Nouvelle poudre-éclair de MM. Lumière.
- Dans toute- les compositions destinées à la photographie au magnésium, On a cherché à ajouter au métal pulvérisé un corps très riche en oxygène de façon à augmenter l’intensité lumineuse dans la plus grande limite possible, en facilitant la combustion complète du magnésium. MM. Lumière ont entrepris une série de recherches sur des substances qui n’avaient pas encore été expérimentées dans ce sens. Ils ont reconnu que la composition chimique du comburant n’a pas seule une influence, mais que le procédé de préparation a une importance considérable. C’est ainsi qu’il a été constaté que les per-
- 1 La desciiption des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- oxydes naturels de divers métaux n’agissent pas de la même façon s’ils sont employés tels qu’on les obtient habituellement, même à l’état très divisé, ou s’ils sont obtenus par calcination des nitrates. MM. Lumière ont été amenés à la suite de ces études à faire choix de corps, tels que les chromâtes de fer, manganèse, nickel, cobalt, cérium, cuivre, etc., qui, mélangés avec le magnésium pulvérisé, donnent une lumière très actfnique et brûlent rapidement sans beaucoup de fumée. Les oxydes des mêmes métaux provenant de la calcination des nitrates jouissent aussi des memes propriétés.
- La nouvelle poudre-éclair est livrée dans un tube de verre où les deux éléments, combustible et comburant, sont séparés pour plus de sécurité dans le transpor t par la poste ou en grande quantité en chemin de fer. Il suffit de vider le contenu (lu tube de verre dans la boîte en carton qui le renferme et le mélange est prêt pour l’usage. Une petite cuiller contenant environ 2 grammes est jointe à la boîte, ainsi qu’une plaque de tôle semi-eyfindrique destinée à la combustion, tout a été prévu pour que l’on ait tout sous la main. On allume la poudre avec une touffe de coton, ou en la plaçant dans un papier nitré, ou encore avec une étincelle électrique. Son pouvoir actinique est considérable, elle fait peu de fumée qui se dissipe très vite. La nouvelle poudre-éclair se trouve chez tous les fournisseurs de produits photographiques.
- Retardateur bromo-borique.
- Lorsqu’on a des clichés surexposés on les développe en ajoutant de l’eau au révélateur, ou bien en l’additionnant de bromure de potassium. M. ÎS’amias, qui utilise le bain au métol et à l’hydroquinone, fait remarquer dans la Revue Suisse que les additions d’eau et de bromuçe peuvent bien retarder la venue de l’image, mais qu’en fin de compte le cliché conserve tous les défauts de la surexposition. Il recommande comme développa leur le bain suivant :
- Eau.................... 1 000 grammes.
- Ilvdroquinone .... 7 —
- Métol........................ 1 —
- Carbonate de soude. . . 60 —
- ^Sulfite de soude. ... 30 —
- Il y a peu de métol à dessein parce que l’auteur considère qu’il est seulement destiné à commencer l’action de réduction que l’hydroquinone seule ne peut pas commencer convenablement.
- Si on emploie un acide quelconque on peut neutraliser partiellement ou totalement l’alcali ; mais l’acide sulfurique, l’acide oxalique et d’autres agissent trop brutalement. M. Na-mias conseille l’acide borique comme ayant une action très faible, incapable de décomposer les carbonates ou les sulfites, mais exerçant cependant une action modératrice accentuée. Pour augmenter la solubilité de l’acide borique, il y a avantage à le dissoudre dans une solution de bromure de potassium à 10 pour 100. En somme notre solution de bromure, dont tout laboratoire est muni, subsiste; mais on la sature d’acide borique. On arrive à atténuer par cette solution l’action du bain de développement de telle sorte que les parties ayant reçu la grande lumière viennent à peu près seules; on obtient, il est vrai, des clichés faibles, mais ils ont tous leurs détails et on peut les renforcer. L’auteur cite le cas de clichés surexposés 40 fois qu’il a pu sauver en appliquant cette méthode.
- A 100 centimètres cubes du bain de développement indiqué ci-dessus il avait ajouté 10 centimètres cubes de la solution bromo-borique. G. M.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le pyrénol.
- Sous ce nom, Horowitz désigne une combinaison chimique d’acide salicylique, d'acide benzoïque et de thymol formant un sel à base de soude qui se présente sous la forme d’une poudre blanche, cristalline, soluble dans cinq parties d’eau sur dix d’alcool. Ce produit a une odeur légèrement aromatique, une saveur douceâtre. Comme propriété thérapeutique, le pyrénol est à la fois un antipyrétique et un antinévralgique. Les deux acides qui entrent dans sa composition justifient son action comme expec orant, modifiant l’irritation bronchique, calmant la fièvre et la douleur. C’est, en effet, dans les bronchites chroniques, dans les catarrhes avec poussées aigues, fièvre légère ou dans cerlaines formes peu avancées de la phtisie que l’on a reconnu ses bons effets. Loeb qui l’a expérimenté, a administré une cuillerée à soupe, toutes les deux heures, d’une solution à 5 pour 100 chez les adultes; dans les affections rhumatismales et névralgiques, on peut le donner à cette même dose.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Traitement de la furonculose.
- Faire avorter un furoncle, arrêter son développement, favoriser, si on ne peut l’enrayer, la régression rapide de l’inflammation, toutes ces conditions sont réalisées par l’emploi des agents antiseptiques ; j’en ai énuméré un assez grand nombre, et parmi les plus récents, l’eau oxygénée. Mais les furoncles ont tendance à récidiver et, pour combattre cette fâcheuse prédisposition, il faut s’adresser à l’état général : bains alcalins ou sulfureux, levure de bière à l’intérieur, préparations de goudron, d’arsenic, etc., sans compter la surveillance des fonctions rénales, car la furonculose se rattache quelquefois au diabète. Il faut, dans ce cas, traiter la cause originelle et par un régime sévère et quelque médication appropriée, diminuer et supprimer la glycosurie.
- Parmi les différents agents susceptibles de combattre la prédisposition à la furonculose, en dehors du diabète (encore que le traitement pourrait, je crois, leur fort bien convenir), le professeur Gaucher recommande une médication très simple. 11 s’agit d’ingurgiter tous les jours une ou deux cuillerées à soupe d’une solution à 30 pour 1000 d’acide borique. C’est tout ce qu’il y a de plus simple, et de plus inoffensif : à une condition, c’est d’abord de ne jamais dépasser cette dose, et ensuite, je pourrais dire, surtout, de n’employer que de l’acide borique chimiquement pur. C’est une condition absolue, car avec les acides ordinaires qu’on vend partout, même chez les épiciers, on s’exposerait à des accidents d’intoxication. Autre recommandation, la cuillerée de solution ne doit pas être prise pure, il faut la diluer dans un bon demi-verre d’eau et la prendre au cours du repas. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de Franco.
- * OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES \ OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 juillet . . . 15° ,9 N. 1. Très nuageux. » Très nuageux; halo à 6 heures.
- Mardi 18 ....... . 17°,6 W. S. W. 2. Nuageux. 0,1 Rosée ; très nuageux; petite pluie à 19 b. 50.
- Mercredi 19 16°,4 N. F.. 2. Nuageux. 0,2 Petite pluie à 1 h. 15; peu nuageux.
- Jeudi 29 15°,7 E. N. E. 1. Beau. » Forte rosée; beau.
- Vendredi 21 17®,3 N. E. 1. Beau. » Forte rosée; peu nuageux.
- Samedi 2} 19°,0 N. E. 1. Beau. ' » Forte rosée; peu nuageux.
- Dimanche 23 17®,5 N. W. 2. Très nuageux. 0,1 Rosée ; très nuag. ; halo à 9 b. ; petite pluie à 14 h. 45.
- JUILLET (905 — SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 25 JUILLET 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. — Pendant la semaine du 17 au 23 juillet, le temps a é:é beau eu général, quoique toujours un peu orageux. Le 17 juillet, la pression barométrique remontait au-dessus de 76a mm en Bretagne, le vent soufflait du Nord-Ouest et du Nord sur les Côtes de la Manche et l’Océan. Le thermomètre marquait le matin 25° à Perpignan, 22° à Lyon, 19° à Nancy, 16° à Paris. La température moyenne à Paris a été de 18°,8. Le 18 juillet, la pression barométrique atteignait 768 mm à Nantes. H y a eu des orages qui ont donné 22 inm a’eau à Clermont, 18 mm à Besançon, 11 mm à Lyon. Près de Roanne, la foudre est tombée dans un champ, à Vendrange, et a tué deux jeunes gens occupés à faire une meule de blé. La température était le matin 16° à Belfort, 18° à Paris, 19° à Toulouse, 12° au mont Aigoual. Le 19 juillet, la pression barométrique a été supérieure à 765 mm en France, et dans les Iles-Britanniques ; il y a eu des dépressions sur la mer Baltique et sur la Finlande. Le vent a été faible du Nord dans le Pas-de-Calais, d’entre Nord et Est en Bretagne. La mçr a été agitée sur les.côtes de la Méditerranée, et le vent a soufflé assez foit du Nord-Ouest. En France on a signalé quelques averses dans l’Est et un orage à Perpignan. Le matin, la température était 16° à Paris, 16° à Belfort,17° à Clerniont, 19° à Toulouse, 7° au
- Pic du Midi, 8° au mont Ventoux. Le 20 juillet, le temps est resté beau et chaud en France; le matin, la température était 14° à Paris, 15° à Clermont, 16° à Lyon, 21° à Bordeaux, 24° à Perpignan. La température moyenne delà journée à Paris a été égale à 17°,4. Le même jour, à New-York, la temjié-ralure était de 41° et est montée à 50®. A Séville, le thermomètre a marqué 48° à l’ombre et 58° au soleil. Le 21 juillet, la sécheresse a été générale en France. Dans le Nord, la pression barométrique est restée supérieure â 765 mm. On a noté 14° à Charleville, 17° à Paris, 17° à Lyon, 21° à Toulouse, 25° à Nice, 15° au Puy de Dôme, 10° au Pic du Midi. C-s vents faibles ont soufflé dans la région parisienne du Nord à l’Est. Le -V juillet, la chaleur a été accablante à Paris dès le matin; la température a atteint un maximum de 50°, et la moyenne a été de 22°,2. Le matin, le thermomètre marquait 17® à Nantes, 19® à Bordeaux, 19® à Paris, 23® à Lyon, 24® à Perpignan. Des pluies sont tombées dans le Nord de l’Europe; en France, on en a signalé au mont Ventoux et au Pic du Midi, où un orage a éclaté. Le 23 juillet, le baromètre a baissé de 5 mm à Dunkerque, et un minimum de 755 mm est apparu le matin sur la mer du Nord. Des averses orageuses, suivies d’un abaissement de température, sont tombées dans la région parisienne.
- PHASES DE,; LA LUNE : Néant.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs ex chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout cc qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain^ Paris (VI*).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d'adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VI*).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- JV° 1680 (5 août 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Association française pour l’avancement des sciences.
- — Le congrès de l’Association française pour l’avancement des •sciences s’est ouvert le 5 août à Cherbourg, sous la présidence de M. le professeur Giard, de l’Institut. Une séance générale doit être «consacrée à l’étude d’une question mise à l’ordre du jour du Congrès, d’accord avec la Société d’enseignement professionnel et technique des pêches maritimes : « la piscifacture et la pisciculture marines ». Deux conférences seront faites pendant la durée de la session par Jl. Levât sur « la pénétration Russe en Asie centrale, » et par M. Gentil sur l’expédition au Maroc. Des excursions lermettront de visiter le cap de la Hague, les laboratoires de zoo-ogie de Tatihout, et les îles anglo-normandes (Guernesey, Lerq).
- La vitesse des poissons d’eau douce. — Le Bulletin agricole d’Allemagne donne les conclusions suivantes auxquelles est arrivé un pisciculteur de Potsdam : brochet, 27 à 23 kilomètres à t’heure; barbillon, 18; garbot, 16; truite, 15; anguille, tanche et carpe, 12.
- Tremblements de terre. — Une secousse de tremblement de terre, ressentie à Irkoulsk, le 23 juillet, s’est étendue très loin et a été particulièrement forte entre le lac Baïkal et le lac Kossogol.
- — Une violente speousse de tremblement de terre a été ressentie le 28 juillet, à 5h55m du soir à Tarbes, Cauterets, Lourdes et dans tout le déparlement des Basses-Pyrénées; les oscillations étaient dirigées du nord au sud. Le même jour, vers 6 heures, une secousse a également eu lieu à Auch, et a coïncidé avec une chute de la foudre.
- Un nivellement de précision a été terminé le 4 octobre 1904, aux Etats-Unis par le Service géodésique, il en est résulté une différence de 187 mm 1/2 entre le niveau de l’océan Atlantique et celui de l’océan Pacifique. Ce léger écart paraît attribuable plutôt à de petites erreurs d’opérations qu’à une véritable différence dans le niveau des mers. La longueur nivelée est de 9000 km.
- Câble transatlantique. — La Compagnie du câble commercial va poser une cinquième ligne atlantique entre l’Irlande et la Nouvelle-Ecosse, la dépense est évaluée à 12 375000 francs. On projette egalement deux autres câbles à travers le golfe du Mexique et des Etats-Unis à Panama.
- La baleine de Biscaye. — Cette espèce n’est pas éteinte, comme on le croyait tout récemment encore. De temps à autre des exemplaires de ce rare cèlacé sont capturés dans les parages de l’Islande. Del888 à 1891 dix-sept de ces mammifères marins furent tués par les baleiniers établis sur les côtes de la grande île du nord. Notre confrère norwégien Naluren annonce une nouvelle capture du Biscayensis en 1903 à 20 milles dans le sud du cap iforn (côte Est de l’Islande) en même temps que la prise d’uu cachalot à la même date et dans les mêmes parages.
- La télégraphie sans fil et les chemins de fer. — Nous empruntons à notre confrère anglais, 1 ’Electrical Engineer, l’intéressante information qu’on va lire, et que nous reproduisons dans «on intégralité. « La télégraphie sans fil, ayant donné les preuves de son utilité sur terre et sur mer, semble aspirer à d’autres applications commerciales. Notre numéro du 16 juin mentionnait, sans commentaires, le fait pourtant important que le Chicago et Alton Railway se préparait à équiper une section de leur réseau avec un système de télégraphie sans fil mettant en communication les trains entre eux, dans le but d'éviter les accidents. Dans des essais récents le train est resté en communication avec le bureau de la station de départ au moyen de la télégraphie sans fil, et l’essai a c.té si heureux qu’on a décidé d’installer le système sur les trains rapides. du réseau, et d’étendre son emploi non seulement à la
- sécurité, mais à la transmission des messages commerciaux et au service des voyageurs. Il y a déjà plusieurs années qu’on a proposé l’emploi de la télégraphie sans fil à cette place, on l’a même essayée sur une des lignes canadiennes avec quelque succès, mais il semble bien que l’adoption du système par le Chicago et Alton soit la première qui vise la régularité et remploi pratique de la télégraphie sans fil dans les chemins de fer. Le déplacement des trains ajoute d’ailleurs des difficultés à cet emploi, et ce qu’on s’efforcera d’obtenir sera non plus la distance, mais la régularité parfaite de fonctionnement.
- L’École algérienne d'agriculture. — On a décidé l’an dernier la création d une école d’agriculture à Maison-Carrée pour remplacer l’établissement de Rouiba, sur le domaine d’un particulier qui a manifesté l’intention de reprendre la disposition ae sa propriété à partir de 1905. L’administration a choisi, pour l’installation de la nouvelle école, un domaine d’environ 60 hectares, à 14 km d’Alger, à 800 mètres du village de Maison-Carrée, admirablement desservi. Les plans de l’école ont été définitivement approuvés par M. le gouverneur général. Les travaux ont été mis en adjudication le 2 juin dernier pour le second. On a subslitué à l’ensemble monumental, coûteux et immuable, des groupes de constructions bâties très simplement, appropriées chacune a leur destination, et susceptibles d’être modifiées ou complétées. Le domaine est, dès à présent, à peu près en état; la station botanique est déjà bâtie et complantée ; elle a fourni, sur les ressources hydrologiques de la région, un renseignement intéressant: le puits, destiné à alimenter les deux réservoirs d’une capacité totale de 750 mètres cubes, a atteint, au-dessous de la première formation aquifère où s’arrêtent d’ordinaire les forages, une seconde nappe qui paraît inépuisable et fournit une eau de très bonne qualité. La durée des études sera de deux années. Les élèves, recrutés au concours, seront internes ou externes; l’école recevra aussi des auditeurs libres et des auditeurs temporaires spéciaux. Les épreuves écrites du concours ont eu lieu en juillet à Alger, Oran, Constantine, Bône et Paris. Tous renseignements complémentaires seront fournis au gouvernement général à Alger, on à l’office de l’Algérie, galerie d’Orléans, Palais-Royal, Paris.
- Essais du « Léon Gambetta ». — Le croiseur cuirassé Léon Gambetta vient d’effectuer les expériences de réception à Brest devant la Commission permanente des essais des bâtiments de la llotte, présidée parle contre-amiral Massé; ces expériences ont été réussies de tous points. L’essai à la puissance de 14000 chevaux, à la vitesse angulaire de 100 tours par minute, a donné toute satisfaction.
- Orchidée de prix. — Il a été vendu à Londres dernièrement deux spécimens de Crispum lindem, l’un pour 3750 francs, l’autre pour 3250.
- Bétonnage sous l'eau. — Pour une jetée que l’on construit actuellement aux Etats-Unis, le moulage de la plus grande partie des blocs se fait sous l’eau, dans des mou Us de bois maintenus immergés par un lest, le béton étant descendu au moyen de caisses à fond mobile qui laissent s’écouler ce béton sans qu’il se dilue.
- Sculptures préhistoriques. — M. Bourrinet, instituteur à Teyjat (Dordogne), a découvert dans la grotte de la Mairie des cascades concrétionnées sur lesquelles apparaissent des gravures encore ignorées, chevaux et rennes d’une finesse très grande ; les fouilles de M. Bourrinet ont donné également des os de l’époque magdalénienne. (D’après l’Avenir de la Dordogne.)
- Moteurs à gaz. — Un ingénieur américain, M. Fowle, s’occupe dans American Machinist, de l’augmentation de la vitesse de marche des moteurs à gaz pour accroître leur puissance spécifique ; et il estime qu’on peut dépasser facilement les chiffres actuels de rotation en recourant à des pistons légers, en même temps qu’au graissage par circulation et aux paliers à billes.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La lampe électrique photogénique à vapeur de mercure (lampe lléraéus), décrite dans le n° 1677, du 15 juillet 1905, page 104, se trouve chez MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Communication. — M. Z. Vasselin, vétérinaire constructeur, à Paris, nous écrit qu’il a imaginé un appareil, appelé auto-branchie au moyen duquel un sous-marin en pleine marche pourrait renouveler son air, même par une mer mauvaise, et sans remonter à la surface ; cet appareil n’est autre chose qu’un flotteur submersible permettant au bâtiment de prendre son air. L’eau qui peut pénétrer dans l’appareil se retire automatiquement.
- Renseignements. — M. B., à Thuzv. — Comme produit permettant la destruction des fourmis, nous vous conseillons le résinol, en vente chez M. Auguste Palun, fabricant, à Avignon. Vous pouvez également employer le pétrole ordinaire.
- M. H. G., à Poissv. — 1° Veuillez nous préciser de quel article il s’agit. — 2° Vous pouvez consulter l’ouvrage La photographie récréative et fantaisiste de C. Chaplot, à la librairie Ch. Mendel, 118, rue d’Assas, à Paris. Prix : 6 francs.
- M. Guigna, à Paris. — Il est parfaitement exact que les œufs de punaises peuvent rester très longtemps sans éclore.
- M. H. J., h Carlhagène. — 1° et 2°. Adressez-vous à la Société l’Oxylithe. — 3° Adressez-vous à la même Société ou à l’administration des chemins de fer d’Orléans et du Midi.
- M. A. de Warens, à Paris. — 1° La graphologie est à proprement parler la science de l’écriture; on désigne en pratique par ce nom l’art de connaître le caractère des hommes par leur écriture. — 2° La graphologie est certainement basée sur des données scientifiques, mais l’appréciation des matériaux fournis au graphologue est si délicate,*qu’il ne saurait être fourni par elle, à notre avis, autre chose que des indications très vagues et très générales. — 3° Il existe de nombreux graphologues. Adressez-vous, par exemple, à la Revue graphologique, 32, rue N.-D. de Lorette.
- M. H. Granville, à Brest. — L’animal dont vous donnez la description est sans doute le graphiure, sorte de loir africain, de la famille des myoxidés, caractérisé, en effet, par de petites molaires dépourvues de cannelures transversales.
- M. Fauche, à Hericy. — Les marques et monogrammes de porcelaines et de faïences anciennes et modernes sont cataloguées dans le Dictionnaire encyclopédique des marques et monogrammes, par Ris Paquot, 2 volumes in-4°, 60 francs, à la librairie 11. Laurens, 6, rue de Tournon, à Paris. Il existe à la même librairie : Documents sur les anciennes faïenceries françaises et la manufacture de Sèvres, par Gerspach, 1 vol., 12 francs; Les faïences, porcelaines et biscuits, par Ris Paquot, 1 vol. 3fr,50; Histoire des faïences de Rouen, par le même, 1 vol., 45 francs; Histoire générale de la faïence ancienne, française et étrangère (1400 marques et monogrammes) par le même. 2 in-folio. Prix : 300 francs.
- M. Garde Roux, à Vaucluse. — M. Ferrus, chef d’escadron d’artillerie, nous écrit que les ouvrages concernant la polygraphie du cavalier (Cretaine, Edme Simonot, Jaeuisch., etc.) se trouvent chez M. Numa Preti, éditeur du journal d’échecs, la Stratégie, 64, rue Saint-Sauveur, à Paris.
- Abonné 6 351, à Constantinople. — L’aluminium est en effet attaqué par l’eau de mer, de même que le zinc.
- M. Protat, à Mâcon. — Nous ne connaissons pas l’usage de l’objet que vous vous envoyez et que nous vous retournons.
- Mlle Cécile Raynal, à Paris. — 1° Les roches accumulées dans la forêt de Fontainebleau appartiennent à un niveau particulier des terrains tertiaires dit des grès de Fontainebleau ; elles n’y ont pas été amenées après coup, mais résultent d’une formation sur place, analogue à celle de toutes les roches sédi-mentaires. Leur aspect chaotique et leurs formes bizarres sont dues tout simplement à l’érosion ; c’est une sculpture lente par les agents atmosphériques. Vous trouverez des explications-de ces faits d’érosion dans la Géologie de M. de Lapparent, ou dans La terre de Robin. — 2° Les compteurs horo-kilométriques-pour voiture de place ont été décrits dans La Nature, n° 1448 du 23 février 1901, page 193. On dit indifféremment taxi ou taxamètre : il n’y a pas de raison étymologique pour préférer l’une de ces deux formes. — 5° Nous ne comprenons pas bien le sens de votre question. — 4° La salure de l’eau de mer est due à la présence de chlorure de sodium.
- M. X., à Oran ; Atenéo Barcelonés, à Barcelone. — Pour le papier d’aluminium, adressez-vous à M. Riché; membre du conseil d’hygiène de la Seine, à Paris.
- M. R., à Chambéry. — 1° Nous avons publié toute unœ série d’articles concernant les cerfs-volants. Vous en trouverez la liste dans la Boîte aux lettres, du n° 1651 du 14 janvier 1905, page 26, au nom de M. Merlet, à Paris. Les formules dont vous parlez sont peut-être dans l’ouvrage de M. Lecornu, Cerfs-volants, à la librairie Nony, 17, rue des Ecoles, Paris. — 2° Peut être trouverez-vous des cerfs-volants japonais authentiques chez MM. Oppenheimer, 21, rue dc-Cléry,- à Paris, Monnange, 10, boulevard Poissonnière, ou Cie de la Chine et du Japon, 9 et 11, rue Bleue, et autres marchands de japonerie.
- AI. Louis M., à Verrières, — Pour coller le celluloïd à lui-même, en prendre des rognures, les faire dissoudre dans l’acétone du commerce, puis étendre cette solution sirupeuse avec un pinceau sur les parties à réunir, bien nettojées et les tenir solidement pressées, une heure au moins.
- M. A. Samorini, à Nice. — Pour les scies portatives à vapeur, adressez-vous à la maison Ransone et C° Wood Wor-king Machinery Cuilders, à Newark on Trent (Angleterre).
- M. A. Drugnet, à Ivry. — La densité du sucre cristallisé (Saccharose) est de 1,59.
- M. Callebant, à Termonde. — On peut employer contre les-punaises de la poudre de pyrèthre, mais le meilleur procédé-consiste à faire des fumigations de soufre dans les appartements infestés, en ayant soin de clore hermétiquement toutes les issues.'L’opération réussit rarement la première fois : il faut la recommencer jusqu’au temps où les locaux soient complètement débarrassés du parasite.
- M. G. R., à Paris. — Nous ne saurions identifier la maladie que vous nous signalez avec ces seuls renseignements. Mais vous trouverez dans Ennem is et amis des arbres fruitiers, par Célestin Duval, à la librairie J-r-B. Baillière, 19, rue Hautefeuille, de quoi faire cette identification et l’indication des soins à prendre.
- M. Ring lais, à Constantine. — Epuration des eaux employées à l’alimentation des chaudières, consultez : Epuration des eaux, par Rclhotel, librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. IF., à Bruxelles. — Pour la lampe lléraéus, voyez, l’adresse en tète de la Boîte aux lettres de ce numéro.
- M. Montoya, à Caracas. — Adressez-vous à M. Denayrouze, 24, rue Bayen, à Paris.
- M. Réquillard, à Paris. — Les ouvrages sur l’astronomie sont très nombreux. Voici quelques traités élémentaires : Cosmographie, par J. Dufaillv, librairie Delagrave, 15, rue Souf-flot, 4 francs; Les Soleils (astronomie sidérale), par le P. A. Secchi, librairie Alcan, 106, boulevard Saint-Germain, 12 francs. Autres ouvrages : Astronomie populaire, par Arago, 50 francs; Cours d’astronomie, par B. Baillaud, 16 francs; Astronomie populaire, par Flammarion, 12 francs, ces ouvrages sont à la librairie Gauthier-Villars, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. R. P., à Orléans. — Pour l’éthérisation des plantes, voyez l’article qui porte ce titre dans le n° 1585, du 10 octobre 1903, page 299.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dupont, à Lausanne. Nous n’avons pas encore reçu l'envoi que vous nous annoncez. — M. Julien, à Sèvres. Consultez Jes Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. H. Dehon, à Versailles. Consultez le même ouvrage, 4e série, même librairie. — M. Z. 1 asselin, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille tes faits intéressants qui lui sont signales par ses abonnes, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Bonde automatique. — La bonde automatique a pour but d’éviter l’altération des liquides tels que vin, cidres, bières dans les fûts qui les contiennent. Elle consiste en un morceau de bois cylindro-conique B à l’intérieur duquel se trouvent deux tubulures perpendiculaires l’une à l’autre. A la rentrée de la conduite horizontale, en P se trouve un filtre Pasteur ; en R, dans la conduite verticale est un ressort inoxydable en argent.
- Bonite automatique.
- La bonde est placée à la partie supérieure du tonneau. Lorsque l’on tire du liquide à l’aide du robinet, l’aspiration produite par l’écoulement du liquide fait ouvrir la soupape intérieure de la bonde, et il pénètre une quantité d’air dans le fût, en passant à travers le filtre t\ Dès que le robinet est fermé, la soupape S se referme d’elle-même. — La bonde automatique se trouve chez 31. P. Renaut, -45, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Classeur téléphonique Etna la g. — Les abonnés du téléphone ont’généralement près de l’appareil un tableau où se trouvent inscrits les numéros et les adresses des personnes avec lesquelles ils sont le plus souvent appelés à communiquer. Pour une maison un peu importante ce tableau devient parfois assez important et les recherches dans une liste d’une cinquan-
- Classeui' téléphonique.
- laine de noms et plus, peuvent prendre presque autant de temps que celles qu’on ferait à l’annuaire ; ensuite il arrive que, quand on a trouvé le numéro qu’on cherche, si l’employée du téléphone no donne pas immédiatement la communication, ce qui n’est hélas! que trop frequent, on oublie le numéro demandé et, quelques minutes après, il faut procéder à une nouvelle recherche. Pour faciliter ce petit travail et pour éviter les pries de temps, 31. Galante a établi un petit classeur très bien vcmpris qui se fixe à coté de l’appareil téléphonique : c’est
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- une boite dont le couvercle, qui se rabat horizontalement, est muni de fiches alphabétiques, qui peuvent contenir de nombreux renseignements, et faciles à feuilleter très rapidement. Une fois la fiche trouvée on laisse la liasse ouverte à cette place ; de cette façon on a le numéro qu’on cherche sous les yeux jusqu’à ce que la communication demandée ait été obtenue. Quand on a terminé la conversation on referme le couvercle et les adresses des personnes avec lesquelles on est en relation ne restent pas exposées sous les yeux des personnes étrangères à la maison. — Le classeur téléphonique se trouve chez M. Galante, 75, boul. Montparnasse, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les eaux de Paris, Versailles et la banlieue, par le Dr Eu. Imbeaux. Paris, Dunod, 1904, in-8°, 158 pages. Prix : 3fr,50.
- On trouvera dans cet excellent fascicule, extrait de Y Annuaire des distributions d'eau, un résumé de l’histoire des eaux de Paris, et un exposé technique sommaire de la distribution des eaux en Seine, Seine-et-Oise et Seine-et-Marne.
- Études pratiques de météorologie pour 1903, par G. Eiffel. Paris, 1905, in-4°, 377 pages, et atlas de 24 pl.
- Dix années d'observations météorologiques à Sèvres (1892-1901), par G. Eiffel et G. Barbé. Paris, 1904, in-4°, 94 pages, et atlas de 15 pl.
- Nous résumerons dans le texte de « La Nalure » ces intéressantes conlributions à la météorologie parisienne, quand nous aurons dépouillé leurs nombreuses et diverses données.
- Recherches sur les lémuriens disparus (Nouv. Archives du Muséum), par G. Grandidier, 4e série, t. VII, 140 pages et 12, in-4°, Masson et Cie, 1905.
- Savante monographie des faux singes depuis l’époque tertiaire (dont certains représentants subsistent à Madagascar), en Querey (phosphorites). De grandes espèces ont tout récemment disparu à Madagascar.
- La défense contre la grêle, par F. Sisqué, chez l’auteur, à Rivesaltes, 1905, in-8°, 153 pages. Prix : lfr,50.
- Bon résumé d’une question importante et controversée qui a récemment attiré l’officielle attention du ministre de l’agriculture.
- La télégraphie sans (il, par le professeur Domenico Mazotto, traduit de l’italien par J. À. Montpellier, rédacteur en chef de l’Electricien. Paris, Dunod. 1 vol. in-80 de 432 pages, avec 250 figures. Broché I2fr,50 ; cartonné, 14 francs.
- Cet ouvrage expose les recherches effectuées par 31. îlarconi peur perfectionner et étendre les applications; il décrit les appareils qu’il a imaginés, et ceux réalisés par d’autres inventeurs.
- L’industrie aurifère, par David Levât, ingénieur civil des mines, .membre du Conseil supérieur des colonies. Paris. V,e Ch. Dunod, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 30 francs; cartonné 52 francs.
- Les grandes cultures du monde, sous la direction du docteur J.-E. Van Someren Brand. Paris. Librairie E. Flammarion, 1905. Fascicule IX. Prix : 75 centimes.
- Hall-les-Bains (Bad-Hall), dans la Haute-Autriche (L’Europe illustrée, n° 190), par le Dr J Heidentiialler, 1905. Art. Institut Orell Füssli, éditeurs, Zurich. Prix : 50 centimes.
- Mission dans le Maroc occidental, automne 1904, par Paul Lemoine. Paris. Publication du Comité du Maroc. 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 3 francs.
- Les monuments mégalithiques de la Lozère, par Adrien de Mortillet. Paris. Sehleicher frères, 1905. 1 vol. in-8°.
- Bibliographie agricole. Revue paraissant tous les deux mois, donnant un compte rendu des mémoires et travaux concernant l’agriculture, publiés sous forme de volumes, brochures, articles de revues et journaux. Paris. Librairie des sciences agricoles. Le numéro : 1 franc.
- L’évolution de la matière, par le Dr Gustave Le Bon. Paris. E. Flammarion, éditeur. 1905. 1 vol. in-18. Prix : 5fr,50.
- Pratique du développement, par G.-II. Niewenglowsri. Paris, II. Desforges, éditeur, 1905. 1 vol. in-16. Prix: 1 franc.
- Guide du motocycliste (Les pannes et leurs remèdes), par Acii. Delamarre. Paris. IL Desforges, éditeur, 1905. i vol. in-16. Prix : 0f‘,75. .
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- La relouche, théorie et pratique, par II. Wit.tz. Paris, II. Desforges, éditeur, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : l,r,50.
- Hygiène et sécurité du travail industriel, par Georges-G. Paraf, ingénieur des arts et manufactures. Paris. Vre Ch. Dunod, éditeur, 1905. 1 vol. in-8°. Prix: broché, 20 francs; cartonné, 22 francs.
- Construction et montage des automobiles, par N. Chryssochoïdks. Paris. L. Mulo, 1905. 2 vol. in-12. Prix : 8 francs.
- Fabrication et raffinage des huiles végétales, manuel à l’usage des fabricants, raffmeurs, courtiers et négociants en huiles,
- par J. Fritsch, ingénieur-chimiste. Paris. Librairie II. Desforges, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 12 francs; relié, 15fr,50.
- Analyse chimique minérale qualitative et quantitative, par Eug. Prost. Paris et Liège. Ch. Béranger, 1905.1 vol. in-8", relié. Prix : 12fr,50.
- Trees. A handbook of forest bolany for the woodlands and the laboratory, by H. Marshall Ward. Vol. III : flowers and inflorescences. Cambridge, at the universiiy Press. 1905. Price : 4 sh. 6 d.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 juillet . . . 17°,8 W. N. W. 2. Couvert. 0,0 Très nuag. le matin ; nuag. le soir: pluvieux à 10 h. 35.-
- Mardi 25 16°,3 N. E. 0. Beau. » Rosée; peu nuageux.
- Mercredi 26 20°,0 Calme. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Jeudi 27 21°,0 E. N. E. 1. Beau. » Rosée ; quelques nuages ; éclairs à horizon N.
- Vendredi 28 20°,7 E. 1. Très nuageux. OjO Rosée ; très nuageux ; orage de 12 b. 50 à 19 h. 40; pi. de 15 h. 40 à 17 h. 45.
- Samedi 29 18°, i N. N. E. 1. Couvert. » Très nuag. le malin ; peu nuag. le soir.
- Dimanche 30 18°,0 S. S. E. 0. Couvert. » Rosée ; nuageux.
- JUILLET 1905 — SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 50 JUILLET 1905.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- | Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Où 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent i courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- I
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. — Le temps a été encore très chaud et orageux pendant la semaine du 24 au 30 juillet. Le 24 juillet, une série de basses pressions couvrait le matin presque tout le continent; on trouvait un minimum de 752 mm sur la mer Baltique. La température était, le matin, 16® à Dunkerque, 18° à Paris, 20° à Bordeaux. Il est tombé 17 mm d’eau à Calais, 10 mm à Besancon, 1 mm à Clermont ; il v a eu des orages à Perpignan, au Puy de Dôme et au mont Aiçoual. Le 23 juillet, le baromètre marquait 766 mm à Nantes. Un vent faible du Sud-Ouest soufflait sur les côtes de la Manche. Pendant la nuit, la température s’est abaissée ; on notait, le matin, 15° à Nancy, 16° à Paris, 16° à Nantes, 21° à Marseille. Le 26 juillet, la pression barométrique était de 765 mm à Paris, et de 761 mm à Nice. Le temps a été beau dans toutes les régions en France. La température s’est élevée; le thermomètre marquait, le matin, 16° à Charleville, 20° à Paris, 20° à Toulouse, 23° à Perpignan. Un a relevé dans la région parisienne un maximum de 29°,4 à Vitlepreux. Le 27 juillet, la baisse barométrique a atteint 4 mm sur le golfe de Gascogne, où il s’est formée une dépression orageuse. Le matin, la température était 20° à Nantes, 21° à Paris, 23? à Lyon, 23° à Toulouse, 26° à Nice, 17° au Puy de Dôme. A Paris, la chaleur a été très forte dans l'après-midi et la température s’est élevée à 34°. La
- tendance orageuse s'accentuait dans l’Ouest de la France. On a noté également des maxima de 30° à Cherbourg, 32° à Lorient, 33° à Nancy, 42® à Montpellier. Dans la nuit du 27 au 28 juillet, vers 3 heures du matin, un premier orage a éclaté sur Paris. Deux autres orages également très violents ont encore eu lieu à midi et à 4 heures. Enfin, à 7 heures et demie du soir, un quatrième orage a sévi sur la capitale ; aussitôt après le ciel s’est éclairci. La température était élevée ; on notait le 28 juillet au matin 20° à Nancy, 21° à Paris, 23° à Lyon, 26° à Nice. La pluie a été surtout abondante dans la région Est de la banlieue de Paris, où l’on a recueilli 26 mm d’eau. Le 29 juillet, dans la matinée, le ciel a été nuageux à Paris; vers midi, le ciel s’est découvert et la chaleur est revenue. Le thermomètre a marqué à Paris 18° le matin, 21° à 11 heures, et 27° à 3 heures; le matin, la température était 19° à Bordeaux, 21° à Toulouse, 18° au Puy de Dôme. Des orages ont éclaté dans le Sud-Ouest, le Centre et le Nord ; on a recueilli 28 mm d’eau à Charleville, 9 mm à Toulouse, 5 mm à Perpignan. La température moyenne à Paris a été de 20°,9. Le 30 juillet, la pression barométrique est restée supérieure à 760 mm sur nos régions. Un vent modéré de l’Ouest a soufflé au Pas de Calais. La température était, le matin, 18° à Paris, 23° à Lyon, 281 à Nice, 13° au mont Aigoual. On annonce de Chambéry qu’un violent ouragan s’est abattu sur la Maurienne. Une trombe d’eau a coupé la ligne du chemin de fer à Modane.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 21 à 1 h. 18 m. du soL\
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFÀRGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise 3 l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1681 (12 août 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- i 'Observatoire national de Besançon. — Le concours annuel «de réglage des chronomètres a donné des résultats très satisfaisants; il a été délivré 587 bulletins, dont 2 de la classe des chronomètres de marine, 94 de lro classe, dont 55 avec la mention marche très satisfaisante, 109 de 2e classe, 579 de 5e classe, 5 <le la classe d'épreuves additionnelles.
- Arriére-port de l’Agha à Alger. — D’après le Journal officiel, sont déclarés d’utilité publique les travaux d’achèvement de l’arrière-port de l’Agha à Alger. Les travaux sont évalués à 8 200 000 francs.
- La marine française jugée par les Anglais. — Notre confrère anglais The Engineer publie d’intéressantes appréciations sur la marine française, appréciations émanant des marins anglais reçus il y a quelque temps à Brest. Nous croyons que nos lecteurs jugeront très intéressants les extraits suivants de ce journal technique (14 juillet 1905, page 36). « La flotte française réunie à Brest a éveillé autant d’intérêt chez ses visiteurs d’Angleterre que las vaisseaux anglais en ont inspiré aux Français. Un intérêt tout spécial s’attache, d’après un de nos correspondants, à la comparaison des salles de chauffe des deux flottes, a Les vaisseaux anglais sont, pour la plupart, munis de chaudières cylindriques; les vaisseaux français en sont totalement dépourvus, et la plupart de leurs chaudières sont du type Belleville, ou du type Lagrafel d’Allest. Cependant, ce dernier modèle est maintenant passé de mode, tandis que les chaudières Belleville sont très en faveur. On attribue à celles du cuirassé français le Bouvet une économie de consommation tout 4 fait remarquable, et dont une grande partie reviendrait, d’après les Anglais, à la grande habileté des chauffeurs français : « Nous « obtenons du cuirassé le Drake, disent les ingénieurs anglais, « plus de 30000 cli., pour une dépense de charbon de 20 tonnes <i (sans doute veulent-ils dire 30000 ch.-heures) „mais les Français « revendiquent des résultats bien meilleurs, soit environ une con-« sommation d’une demi-tonne pour 1000 ch.-heures. Il est possible, « dit un correspondant anglais, que l’emploi des tonnes françaises <i fasse une certaine différence (mais cette différence ne dépasse pas « 10 pour 100). Nos vapeurs du type Majestic consomment environ « une tonne pour 1000 ch.-heures, ceux du type Drake consomment « environ 2/3 de tonne. Nombre de nos compatriotes montrent « donc du scepticisme à l’égard de la consommation que prétendent « réaliser les Français (1/2 tonne par 1000 ch.-heures). En cher-« chant bien, il nous a été impossible de leur découvrir une con-« sommation atteignant 2/3 de tonne. L’habileté des Français est « certainement remarquable, car ils arrivent à réaliser scientifiquc-« ment des économies tout à fait notables. »
- Situation vinicole. — La récolte vinicole de 1905 se présenterait sous de belles apparences, d’après le Moniteur vinicole, qui publie le résumé suivant : L’ensemble des régions de l’Est, comprenant le Beaujolais, le Maçonnais, la Bourgogne, la Basse-Bourgogne et la Lorraine, la Franche-Comté, le Jura, la Savoie et le Dauphiné, promet encore à ce jour une belle récolte quoique inférieure à celle de 1904. Même note pour la Gascogne, l’Armagnac, le Languedoc, le Quercy, le Bordelais, la Dordogne, les Cha-rentes, le Poitou et l’Anjou, ainsi que pour l’Auvergne, l’Ailier et la Loire. Le Centre-Nord, comprenant la Touraine, Loir-et-Cher, l’Orléanais, de même que U Ile-de-France et la Champagne, auraient dù obtenir des mentions tout aussi satisfaisantes, si l’apparition des maladies cryptogamiques dans quelques-uns de ces vignobles, notamment Loir-et-Cher, l’Orléanais et l’Ile-de-France, n’inspiraient des craintes pour l’avenir, et si en Champagne des orages n avaient occasionné des dégâts sérieux dans un grand nombre de communes. Enfin le vignoble méditerranéen, du Vaucluse jusqu’au Roussillon, a perdu à ce jour, par suite des progrès du mildew, une portion de
- son rendement qui ne paraît pas être supérieur au quart de ce qu’il promettait au début. Le plus regrettable, c’est que le déchet porte généralement sur les cépages de choix. En résumé, la part faite aux divers fléaux, le rendement pour l’ensemble de la France pourra atteindre, sauf nouvelle recrudescence des maladies ou autres accidents, la moyenne des cinq dernières années, qui fut, comme on le sait, de 53 à 54 millions d’hectolitres. Quant à l’Algérie, où la fructification est bien plus avancée qu’en France, elle promet actuellement une récolte abondante.
- Chemins de fer de l’Est. — Le Conseil d’Administration des chemins de fer de l’Est vient de nommer directeur de la Compagnie M. Eugène Weiss, qui remplissait déjà les fonctions de sous-directeur, en remplacement de M. Barabant, admis à la retraite sur sa demande et nommé administrateur.
- Le 7e voyage d’études médicales aux stations hydrominérales et climatiques de France aura lieu du 1er au 14 septembre 1905, dans le Sud-Ouest de la France (Luehon, Capvern, Barbazan, Sira-dan, Bagnères-de-Bigorre, Castera-Verduzan, Argelès, Barèges, Saint-Sauveur, Cauterets, Pau, Saint-Cristau, Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes, Salies-de-Béarn, Biarritz, Cambo, Hendaye (Sanatorium), Dax, Ar-caclion), sous la direction scientifique du docteur Landouzy, professeur à la Faculté de médecine de Paris, qui fera sur place des conférences sur la Médication hydrominérale, ses indications et ses applications. Pour les renseignements, s’adresser au Dr Carron de la Carrière, 2, rue Lincoln, Paris (VIIIe arrond.), ainsi que pour les inscriptions qui seront reçues jusqu’au 15 août 1905, terme de rigueur.
- Une race ignorée de sauvages australiens. — MM. Roth et Iledley viennent de visiter, dans le golfe de Carpentarie, l’île de Mornington; ils y ont trouvé des sauvages qui appartiennent évidemment, par leurs traits principaux, à la race australienne; mais depuis d’incalculables générations, ils sont restés isolés dans leur île. Hommes et femmes, dans l’île, sont absolument sans vêtements. Mais ils possèdent des lances en bois et le classique boomerang des aborigènes australiens. Un de ces derniers, accompagnant les explorateurs, réussit, au bout de quelque temps, à s’entendre avec les insulaires, dont l’idiome fort rudimentaire n’est pas trop différent de celui des Australiens : c’est une preuve de parenté entre les deux races. Il a été impossible de constater chez eux aucune pratique religieuse ni même fétichiste. Ils n’ont pas de maisons et couchent sur la terre. A peine s’abritent-ils sous les arbres et les rochers, et ils ne vivent que de pêche et de chasse.
- L’enseignement de l’océanographie à Bergen sera repris du 8 août au 14 octobre 1905, selon le programme suivant : cours, exercices pratiques en excursions ou en laboratoire, pratique des instruments; le tout en anglais et en allemand; les participants payent un droit de 105 francs; les leçons portent sur la faune des mers et fjords norvégiens (Dr Appellof), leur biologie (Dr Domos), le plankton, les courants (Dr Gross), l’hydrographie (Helland-Hamon), les poissons (Dr H. Jord), les dépôts marins (Kolderup).
- Deux nouveaux chemins de fer dans l’Amérique du Sud. — Ces deux lignes s’appellent le Transbrésilien et le Rio Grande. Au sud de Rio de Janeiro, le port de San Francisco est le meilleur du Brésil. C’est de là que l’on construit la voie ferrift jusqu’à l’embouchure de la rivière lguassu sur la frontière du PSraguay. Quant à la ligne de Rio Grande, elle commence dans la ville de ce nom pour s’allonger au nord vers Rio de Janeiro ; d’autre part, elle s’étendra au sud jusqu’à Montevideo, dans l’Uruguay.
- Inondations. — A la suite de la rupture d’une digue sur la rive droite du fleuve Rouge, à 20 kilomètres en aval de Hanoï, le 31 juillet, les provinces de Hadong et de Hanam ont été en partie, inondées et les récoltes gravement compromises. Après une trombe d’eau considérable, la ville de Salamanque a été en partie inondée.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —PourJ’auto-démarreur Lemale (décrit dans le n° 1078 du 22 juillet 1905, page 124) : M. Lemale, ingénieur, 26, rue Jouffroy, à Paris. — Pour la poulie extensible : M. Delagneaux, 20, rue Manin, à Paris.
- Communications. — M. Gustave Tardieu, à Sisteron, nous écrit en date du 30 juillet 1905 : « Je crois me rappeler que La Nature a déjà enti'etenu ses lecteurs des relations qui existent, en temps d’orage électrique, entre la masse des conducteurs qui enserrent une ville pour y distribuer la lumière ou l’énergie, et l’électricité atmosphérique. En tout cas, je vous livre, pour ce qu’elle vaut, l’observation suivante. Notre petite cité sisteronnaise, une des premières qui ont adopté l’éclairage électrique, reçoit le courant par un câble qui, de l’usine, monte sur une colline et descend ensuite sur la ville. Cette disposition constituait le trajet le plus court et le plus pratique aus-û pour la distribution. Or, quand un orage éclate dans le défilé de la Durance, au-dessus de Sisteron, la partie élevée du câble paraît constituer un excellent paratonnerre ou « collecteur général », si je puis ainsi parler : Un éclair éblouissant illumine la ville, un coup de tonnerre sec et violent le suit sans intervalle appréciable. Et dans un certain nombre de commutateurs particuliers on entend comme un coup de fouet, on voit même l’étincelle ; quelquefois eelle-c i quitte le fil de tel ou tel intérieur d’immeuble et disparaît dans le mur en laissant une légère, imperceptible trace, d’autres fois elle jaillit d’un câble secondaire à un objet métallique quelconque (plaque de tôle ou de fer) située devant la maison et servant de porte de cave, par exemple (c’est ce qui s’est passé chez moi dernièrement). Et tout rentre dans l’orare à la suite de ces deux, trois ou quatre manifestations isolées qui ont aussi leur répercussion ou leur accompagnement à l’usine. Ainsi, le coup de foudre s’est divisé, partie est allée au paratonnerre de l’usine électrique, partie va se perdre en diverses installations particulières, sans causer d’autres dégâts que quelques plombs fondus ou quelques lampes brûlées.... » M. Radonowasky, à Andilly, par Montmorency (Seine-et-Oise), nous envoie quelques photographies de ses serres prises après l’orage de grêle du 16 juillet dernier, à 2 heures de l'après-midi. Certains grêlons étaient aussi volumineux que de petits œufs de poule et pesaient de 200 à 250 grammes. Les uns avaient la forme d’un ellipsoïde de révolution irrégulière, plus gros par une extrémité que par l’autre, les autres ressemblaient à des nèfles et en avaient la grosseur avec un noyau strié à l’intérieur très net. Les vitres du salon ont été également brisées. Un mur récrépi en chaux est resté marqué d’alvéoles comme si on avait tiré à la cible. La grêle a été précédée d’un coup de vent violent qui a abattu plusieurs arbres. Le baromètre enregistreur a haussé de 2 mm au moment de l’ouragan.
- Renseignements. — M L. J. L., à Saigon. — Il est en effet exact que le 6e satellite de Jupiter, dont nous avons annoncé la découverte (n° 1651, du 14 janvier 1905, p. 25, des Nouvelles scientifiques), exécute sa révolution en sens contraire des aïOes satellites de la même planète. Les dernières théories cosmogoniques, telles qu’elles sont exposées dans l’ouvrage du colonel de Ligoudès (Formation mécanique du système du monde, librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris), démontrent fort bien comment et pourquoi on doit rencontrer des satellites tournant en sens
- inverse. Nous ne pouvons que vous renvoyer aux travaux de cet auteur.
- M. Honoré, à Paris. — 1° Pour détruire les cousins, ou plutôt en empêcher la reproduction, on recommande de répandre une petite quantité de pétrole ou de naphte dans les-bassins ou mares avoisinant les habitations. Les nymphes et larves sont tuées lorsqu’elles viennent à la surface. — 2° Nous-n’avons pas reçu la première lettre dont vous parlez.
- M. G., h B. — Glacières : adressez-vous à MM. Allez frères,. i, rue Saint-Martin, à Paris; Lévy, 61, boulevard Saint-Germain, à Paris; Compagnie Raoul Pictet, 16, rue de Grammontr à Paris.
- M. Dambricourt, à Boulogne. — 1° La chronique sur la loi de la chute des corps dans l’air (n° 1677, du 15 juillet 1905% p. 3) est un résumé d’une étude de M. Vallot parue dans la Montagne, en janvier 1905. — 2° Nous ne connaissons pas-l’ouvrage dont vous parlez.
- M. R. Walter, à Kap. — Nous ignorons la composition de I’homocol Bayer. Ce produit se trouve chez MM. Poulenc-frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. C. R., à Poitiers. — Nous ne saurions vous donner d’autres renseignements que ceux qui sont publiés dans les « Nouvelles scientifiques » du n° 1678 du 21 juillet 1905. Adressez-vous à la librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. il/., à Saigon. — C’est bien bombacées qu’il faut lire et non bambou ; cette erreur a été corrigée dans un erratum, en tête de la boîte aux lettres du n° 1653 du 23 janvier 1905-Remerciements pour vos renseignements.
- M. Nog. Lobo, à Coïmbre. — 1° Divers procédés sont indiqués dans Recettes et procédés utiles, 2° série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain. — 2° Ces procédés sont longuement exposés dans le tome second du manuel Fondeur, à la librairie L. Mulo, 12, rue Haute-feuille, à Paris.
- M. V. R.,k Brest. — Pour désodoriser le pétrole, il suffit de mélanger 10 grammes d’acétate d’amyle par litre. On peut également employer le procédé suivant : ajouter 100 gramme» de chlorure ae chaux dans 4,5 litres de pétrole et un peu d’acide chlorhydrique, agiter fortement le mélange pour que' le chlore se répartisse dans le liquide, transvaser ensuite dans un récipient contenant de la chaux vive, agiter, laisser reposer et décanter.
- M. L. M., h G. — Pour trouver la résistance électrique du circuit dont il est question, il suffit de diviser la différence de potentiel aux bornes par l’intensité qui traverse ce circuit.
- M. Ch. Durand, à Cambrai. — Adressez-vous à MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. C. de Lang, à Gand. — M. Ch. Henry a parlé de l’anacti-nôchrine dans son article sur : Un progrès dans l’éclairage jaune des laboratoires de photographie, qui a paru dans le n° 1630, du 20 août 1904, page 178. On peut se procurer ce produit aux établissements Goy, 15, rue des Minimes, à Paris.
- M. Oppenheim, à Versailles. — La classification la plus parfaite des NautiloïdesetAmmonoïdes se trouve dans le Traité de paléontologie de Zittel, édition américaine Eastmann-Zittel. La classification donnée est celle de Hyatt : pour les genres indiqués reportez-vous aux ouvrages des auteurs qui les ont décrits, et, pour les genres créés par Hyatt, à l’espèce génotypique qui est indiquée entre parenthèses après chacun d’eux, avec le nom du créateur de cette espèce.
- M. Michoud, à Arles. — Les Linmobies forment un genre d’insectes diptères comprenant de nombreuses espèces dans l’hémisphère boréal, dont plus de quatre-vingts en Europe : ce sont des lipules de marais, qui voltigent en troupes au-dessus des eaux stagnantes où vivent leurs larves. La linmobia replicata est commune en France : couleur grise, longue de 15 millimètres.
- M. A. F., à Tarbes. — Comme traité pratique de photographie, consultez La photographie moderne par Albert bonde, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. Prix : 15 francs.
- M. X., à P. — Adressez-vous à l’Office colonial, galerie de Valois, au Palais-Royal.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. H. Beeque, à Aubervilliers. L’adresse du fabricant a été donnée en tête de la boîte aux lettres dü même numéro. — M. Ch. Lambert, à Morte-fontaine; M. Aug. Villain, à Constantinople. Veuillez consulter les Recettes et Procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et C‘% 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Gustave Tardieu, à Sisteron. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéi'essants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-seignemmts qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettrej reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Étui à cigarettes. — Ce nouvel étui à cigarettes est formé de six tubes métalliques de 5 millimètres de diamètre chacun, accolés les uns aux autres, et ayant une longueur de 6 à 7 centimètres. A une de leurs extrémités ils sont fermés, et vers leur centre, ils présentent une ouverture légèrement
- Étui à cigarettes.
- échancrée. L’ensemble de ces quelques tubes ainsi disposés forme un des porte-cigarettes les plus faciles à manier. Il suffit, en effet, de presser légèrement sur la cigarette par l’ouverture dont nous avons parlé et de la forcer à sortir par l’extrémité du tube qui est restée libre. Ces tubes sont en argent contrôlé. — Le nouvel étui à cigarettes se trouve chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- Appareil à désinfecter les habitations. — Le procédé, connu depuis longtemps, de la désinfection par la combustion du soufre, a le grand inconvénient de demander
- m j
- Appareil Matthey pour désinfection.
- au moins 48 heures. Il existe un nouvel appareil Matthey, qui a déjà fait ses preuves, et qui permet au contraire de désinfecter en 2 heures tout local par la combustion des tablettes Matthéine. Celles-ci sont formées par une composition de soufre avec d’autres matières désinfectantes. L’appareil que l’on emploie est représenté dans la figure ci-j«inte en plein fonctionnement. 11 est construit de façon à activer la combus-
- *La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle» scientifiques est étrangère aux annonces.
- tion des tablettes par de nombreux appels d’air, produisant urt courant très vif ; en quelques minutes le local est entièrement rempli (même sous pression), de gaz toxiques produisant la destruction de toute vermine (punaises, cafards, moustiques, puces, mites, etc., et leurs œufs). L’appareil désinfecteur est très simple, et sa manipulation ne présente aucun danger; iÜ a Z 0 centimètres de diamètre, ne pèse que 5 kilogrammes, et eut facilement être démonté et emboîté pour le transport, our désinfecter une pièce, on commence par sortir les plantes, les choses humides, les objets métalliques tels que piano, machine à coudre, tout ce qui est crin, plumes, laines, étoffes, auxquels l’odeur s’attache beaucoup. Puis on vide les buffets, et on sort les tiroirs avec le contenu; on éloigne les meubles et autres objets des parois, on démonte les lits, on espace les sommiers, les couvertures, et on couvre d’un drap les choses délicates. Toutes les ouvertures de la pièce à désinfecter sont'herinéliquement closes, les fissures sont bouchées avec du gypse ; les bascules des fourneaux sont fermées, ou de préférence on enlève le tuyau où il sort de la pièce, et on en ferme l’ouverture. Pour les portes et les fenêtres le moyen le plus simple est d’appliquer dessus du papier mouillé. On place ensuite d’aplomb, isolé d’environ 1 mètre de tout objet, l’appareil monté après avoir mis au fond de la poêle un tampon d’ouate arrosé d’alcool. On répartit ensuite sur la grille supérieure autour de la cheminée la quantité de tablettes nécessaires, soit 2 tablettes pour 10 mètres cubes. On emploie en général 5 tablettes par opération et elles doivent couvrir la grille sur tout son pourtour pour que l’appareil fonctionne d’une manière rationnelle. Pour enflammer le tampon d’alcool, on passe une allumette à travers les cannelures. Il importe de ne pas fermer la chambre avant que l’alcool ait brûlé, afin de ménager l’oxygène. Le fonctionnement et la combustion n’offrent aucun danger; la désinfection est pleinement obtenue en moins de deux heures. — Pour l’appareil à désinfecter Matthey, s’adresser à MM. Matlhev-Meier et Cie, 5, rue Saint-Vincent-de-Paul, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement du pyrosis.
- Inutile, je crois, de définir le pyrosis, les nombreux dyspeptiques, les déséquilibrés de l’estomac connaissent bien, pour l’avoir souvent éprouvée, cette sensation brûlante, comparable à l’action d’un fer chaud, avec douleur s’étendant du creux de l’estomac jusqu’à l’entrée de l’œsophage. Cette manifestation gastralgique s’accompagne, dans un grand nombre de cas, de la régurgitation de matières âcres, à saveur acide. Quand on a éprouvé cette pénible sensation on ne l’oublie guère. L’absorption d’un sel alcalin, de l’eau de Vichy ou de Vais, calme parfois ce symptôme fort désagréable.
- Un médecin croit en trouver la cause dans la digestion imparfaite de matières grasses alimentaires; son hypothèse est justifiée par la gêne qu’éprouvent généralement les dyspeptiques à digérer la graisse, le beurre, et aussi par des analyses qui lui ont permis de constater effectivement que ces produits traversaient le tube digestif sans avoir été émulsionnés et digérés. Il conseille, pour remédier à ces troubles, de prendre une demi-heure après le repas une petite quantité de savon médicinal, 20 à 25 centigrammes. En pilules, le savon se prend sans dégoût; il sert du reste d’excipient dans bien des cas, notamment pour l’administration de la créosote. L’action serait des plus rapides, et on le conçoit : le savon aide à la digestion des graisses et agit en même temps comme alcalin. En tout cas le remède est inoffensif et peut être expérimenté sans crainte d’aggraver les troubles de l’estomac. Dr A. C.
- Les enveloppements sinapisés.
- Il n’est pas de médication plus courante aujourd’hui pour combattre les inflammations des voies respiratoires que l’application de cataplasmes sinapisés. Chez les adultes on soulage beaucoup et on guérit quelquefois, par cette simple révulsion, un rhume, une bronchite au début. Chez les enfants, c’est presque le meilleur de tous les agents révulsifs externes : le vésicatoire est tombé peu à peu dans le discrédit, et à juste titre, car il laisse une plaie douloureuse, difficile à panser et qui ne fait que s’étendre et s’aggraver du fait des frottements et de la pression. Il a, il faut le reconnaître, des indications for--melles, mais les médecins en ont considérablement rétréci le champ depuis un certain nombre d’années.
- Dans le cas d’inflammation sérieuse des bronches, du poumon, le bain sinapisé agit par une révulsion générale interne. Le
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- l)r Heutner conseille un moyen tout aussi efficace et plus facile à mettre en pratique ; où le cataplasme sinapisé est insuffisant, où le bain est inapplicable, on obtiendra des effets plus rapides avec l’enveloppement sinapisé.
- Voici comment ce moyen thérapeutique peut s’employer : Versez dans une cuvette de porcelaine bien propre, un grand litre d’eau à 40°, délayez dans l’eau une livre de farine de moutarde ; puis lorsque l’essence se dégage, ce qui se révèle par le picotement des yeux, plongez une petite alèze ou une large serviette, imbibez-la bien, tordez pour exprimer l’eau, et éten-dez-la sur le lit. Roulez l’alèze autour du corps de l’enfant malade de façon à l’envelopper des pieds jusqu’au cou; recouvrez d’une couverture de laine. Au bout d’une dizaine de
- minutes, un quart d’heure au plus, la réaction est produite; la peau est devenue rouge. Lavez l’enfant, et enlevez les particules de moutarde au moyen d’un bain chaud, puis enveloppez à nouveau le petit malade dans un linge humide chaud, recouvert d’une couverture de laine. Vous le laissez tranquille, reposer ainsi pendant une à deux heures; à fce moment la température s’élève, la face devient vultueuse, la sueur se produit, vous sortez l’enfant de sa couverture, vous redonnez un bain tiède et vous le couchez bien séché dans son lit.
- Le système paraît un peu compliqué, mais il est d’une efficacité réelle, et dans les formes de bronchite capillaire, de congestion intense, où l’enfant asphyxie, on obtient, parfois avec un seul enveloppement, de véritables résurrections.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 31 juillet . . . 15°,8 N. 1. Très nuageux. » Rosée; très nuageux jusqu’à 15 li., couv. ensuite.
- Mardi 1" août .... 16",7 N. 2. Beau. 0,7 Très nuag. ; pluie de 11 h. 45 à 12 h. 45 et de 18 h. la àl8h. 30;quelq. c. de tonn. entre 15h. 45 etl6h.3a.
- Mercredi 2 1 i“,7 S. S. E. 0. Beau. » Nuageux.
- Jeudi 3 17",2 S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Très nuag. de 9 h. à 15 h. ; couv. avant et après.
- Vendredi 4 16°,1 S. 2. Pluie. 1,3 Couv. jusq. 17 h.; nuag. ensuite; pluie à diverses
- Samedi 5 16",3 S. S. W. 3. Peu nuageux. 0,8* Nuageux; coups de tonn. de 12 h. 30 à la h. ; éclairs à 21 h. ; averses entre 11 h. 50 et 14 h. 15.
- Dimanche 6. . . . la",9 S. W. 2. Très nuageux. » Rosée ; nuageux.
- JUILLET-AOUT 1905. — SEMAINE DO LONDI 31 JUILLET AO DIMANCHE 6 AOUT 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de § à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre raimné à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. — Le temps a élé moins orageux et moins chaud dans la semaine du 31 juillet au 6 août. Le 31 juillet, la pression barométrique dans la rîioitié Sud du continent variait entre 762 et 761 mm. Le ciel était nuageux à Paris ; la température était 16° à Paris, à 7 heures du matin, elle s'est élevée ensuite à 26°. Le thermomètre marquait 21° à Toulouse, 23° à Marseille, 13° au Puy de Dôme, 8° au mont Mounier, 7° au Pic du Midi. On n’a pas signalé de pluies en France. Le 1" août, le ciel a élé encore nuageux à Paris ; on a signalé quelques éclaircies passagères, des gouttes sont tombées vers 11“40”. La température est restée élevée; on notait, le matin, 17° à Paris, 17° à Nantes, 20° à Clermont, 22° à Perpignan. Des pluies sont tombées dans l’Ouest de l’Europe; mais en France, il n’y a eu que quelques orages sur le littoral de l’Océan. Le 2 août, la température a baissé sur nos régions ; elle était 15° à Paris, 15“ à Clermont, 17" à Toulouse, 21° à Perpignan. Dans la banlieue-parisienne, on a observé dans la nuit un minimum de 4°,8 à Villepreux. Des orages ont donné 22 mm d’eau à Lyon, 14 mm à Perpignan, 11 mm à Belfort, 4 mm à Biarritz. Le 3 août la baisse barométrique s'est étendue aux régions de l’Ouest ; mais son centre se trouvait le matin au Sud de l’Irlande où le baromètre baissait de 16 mm. Il a plu à Brest (16 mm), à Nice (8 mm), à Cherbourg (6 mm), au Havre (2 mm). La température était, le malin, 16° à Charleville, 19“ à Nantes, 23° à Toulouse. Le 4 août,
- la situation atmosphérique est restée troublée à l’Ouest de l’Europe par la dépression dont le centre se trouvait dans le voisinage de l’Irlande. Les pluies ont été générales dans les régions du Nord et de l’Ouest; on a recueilli 13 mm d’eau à ISochefort, 7 mm au Havre, 4 mm à Lorient, 3 mm à Dunkerque. A Paris, il a plu toute la journée. Le malin, le thermomètre marquait 16° à Paris, 17° à Nantes, 22’ à Besançon, 23“ à Perpignan. Le 5 août, à Paris, la journée a été orageuse avec quelques averses. Un vent assez fort des régions Ouest a régné sur les côtes de la Manche et de l’Océan. En France, on a recueilli 27 mm d’eau à Clermont, 17 mm à Limoges, 14 mm à Belfort, 12 mm à Cherbourg, 5 mm à Toulouse. La température était, le matin, 14“ à Limoges, 15“ à Lyon, 16“ à Paris, 21“ à Perpignan, 12° au mont Aigoual, 11“ au Puy de Dôme, 7“ au mont Mounier. Dans la journée, un violent orage a éclaté sur Nice ; vers 3 heures, le ciel qui était légèrement couvert s’est obscurci tout à coup et la pluie est tombée à torrents pendant deux heures environ ; on a recueilli 40 mm d’eau ; l’eau a envahi plusieurs immeubles, les rues.ont été transformées en ruisseaux; la circulation des tramways a été arrêtée, et à la suite d’un éboulement sur la voie ferrée entre Eze et le Cap d’Ail, la circulation des trains vers Vintimiglia a été gênée. Le 6 .août, le baromètre a atteint 768 mm à Nantes et à Biarritz ; le vent s’est calmé sur les côtes de la Manche et de l’Océan. La température a baissé sur nos régions ; elle était le matin 13“ à Belfort, 13“ à Limoges, 15° à Toulouse, 16“ à Paris, 7“ au Puy de Dôme, 2“ au mont Mounier.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 1" à 4 h. 12 m. du matin.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFÂRGUE, Ingénieur électricien, Licenciées sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C‘%
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite^ à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1682 (19 août 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Un nouveau gaz d’éclairage. — La Revue générale de <himie pure et appliquée parle d’une série d’expériences se poursuivant actuellement à Lyon et qui concerneraient un nouveau procédé de fabrication du gaz d’éclairage. Il s’agirait de l’application industrielle d’une réaction, signalée par M. Paul Sabatier, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse. Cette réaction a pour résultat, en partant du gaz à l’eau, de produire par synthèse et par action catalytique, à l’aide du nickel poreux, du méthane, gaz qui possède toutes les qualités du gaz à l’eau sans en conserver les dangers, et qui pourrait être mélangé au gaz tiré de la distillation de la houille. Pour produire la même quantité de gaz aux usines, il faudrait distiller moitié moins de houille, et de la houille de qualité secondaire. Tout le coke provenant de la distillation de la houille serait brûlé sur place pour fabriquer le méthane. Il en résulterait un sérieux abaissement du prix du gaz et une plus grande facilité d’exploitation.
- Etudes coloniales. — Pour la première fois, l’Université de Nancy a fait passer les examens du diplôme d’études coloniales avec mentions de langue malgache et de langue annamite. Un cours de langue malgache est créé à l’Institut colonial de Nancy pour l’année 1905-1906 et s’ouvrira le 15 novembre.
- Essais de culture de jute en Cochinchine. — La Chambre <i’agriculture de la Cochinchine a effectué des essais de culture de jute dans son propre jardin. Le jute a été semé sur deux petits carrés de terre, qui n’avaient pas subi une préparation bien appropriée et d’une superficie de 150 mètres carrés environ. Un homme expérimenté pourrait semer un hectare par journée de dix heures. L’opération a été faite le 15 avril 1904; cinq ou six jours après, la graine était germée et se développait. Le jute est venu à maturité environ trois mois et demi après le semis. Le jute a été égrené et a produit 12 kg de graines. Il a été ensuite mis au rouissage dans un bassin le 28 septembre et n’a été retiré que le 20 octobre. Il 3 été défibré par deux coolies qui ont mis dix heures de temps chacun, soit vingt heures de travail. Une fois empaqueté et séché, il y avait 6k*,500 de filasse. D’après ces chiffres on obtiendrait donc -800 kg de graines à l’hectare et 430 kg de filasse. La longueur moyenne du jute obtenu était de lm,80.
- Les migrations et la croissance de la morue. — La mission •officielle danoise des Pêcheries embarquée sur le vapeur Thor a attaché des boutons en os et en laiton aux opercules d’un grand nombre de morues qui ont été ensuite rejetées à la mer sur divers points au large de l’Islande. Ces boutons sont numérotés et munis des lettres a Da ». En même temps, un questionnaire a été établi en différentes langues et les pêcheurs français qui captureraient des poissons ainsi marqués sont instamment priés de conserver soigneusement ces boutons, de remplir le questionnaire et de remettre boutons et formulaires remplis à l’armateur de leur navire qui sera prié de faire parvenir ces pièces à M. Charles Rabot, secrétaire adjoint de la Société de Géographie de Paris, 184, boulevard Saint-Germain, Paris (VIe). Boutons et questionnaires seront transmis à la Commission danoise des Pêcheries à Copenhague. Pour chaque bouton accompagné d’un questionnaire dûment et complètement rempli, le pêcheur recevra de la mission danoise la somme d’une couronne, soit l'r,40, expédiée par mandat carte dès la réception. La lettre contenant le questionnaire et les boutons devra être recommandée. Le montant des frais de poste sera acquitté dès la réception par les soins de M. Charles Rabot à l’armateur qui en aura fait l’avance.
- Entretien des voies de chemins de fer. — La publication Centralblatt der bauverwaltung signale un appareil à cadran ingénieux pour la vérification rapide de l’écartement des rails. Il
- est constitué d'un petit chariot à essieu télescopique roulant sur la voie à vérifier, et dont un ressort tend constamment à écarter les roues au contact du bord intérieur des rails. Les mouvements d’allongement ou de raccourcissement de l’essieu, par conséquent d’élargissement ou de rétrécissement de la voie, se traduisent par un index se déplaçant sur un cadran.
- Le Lan-Chi. — On désigne sous ce nom un mode d’exécution très apprécié des Chinois et consistant dans le découpage des corps en 10000 morceaux, la décapitation et l’exposition des têtes des criminels. Ce supplice vient d’être aboli.
- Abolition de l’esclavage. — Le roi de Siam vient de décréter l’abolition de l’esclavage dans ses États.
- Tuyaux métalliques. — M. Speller vient d’étudier les avantages respectifs des tuyaux d’acier ou de fer forgé. Il semble d’abord qu’ils se valent au point de vue de leur résistance aux agents chimiques et de leur tendance à la corrosion. D’autre part, l’acier doux subit tout aussi facilement le filetage que le fer, si l’on a soin d'employer les outils les plus convenables pour lui.
- L’Expédition Peary au pôle Nord. — L’expédition du lieutenant Peary, de la marine américaine, au pôle Nord, dont nous avons récemment parlé, est partie le 16 juillet de New-York à bord du navire Roosevelt ; elle emporte des vivres pour deux ans.
- Labourage à vapeur. — Des essais de labourage à vapeur ont été entrepris depuis deux ans par le ministère de l’agriculture autrichien à Zaravecchia, au bord de la mer Adriatique. M. J. Rezek fait connaître les résultats obtenus dank le journal Zeitschrift des Oesterreichen Ingenieuren Vereines. Les locomobiles utilisées avaient une puissance de 16 chevaux ; les chau lières étaient timbrées à 12 kg par centimètre carré, les moteurs étaient compound et la charrue était à double équipage. Les essais de consommation ont donné une dépense de vapeur de 10,9 à 13,5 kg par cheval-heure indiqué à 10,7 atmosphères. Des essais de labourage ont eu lieu avec deux locomobiles, placées à une distance de 400 mètres. La durée moyenne d’un trajet de la charrue était de six minutes; à l’extrémité de chaque trajet, il y avait un arrêt d’une minute un
- 3uart. La surface labourée en trois heures a été de 1,15 hectare.
- >n a tracé 24 sillons de 0m,40 de profondeur, et de lm,20 de largeur chacun La puissance absorbée par la charrue, dans les conditions énoncées ci-dessus, atteignait 36 chevaux. La consommation de combustible a été de 300 kilogrammes par hectare labouré.
- Nécrologie. — Nous apprenons la mort de M. C. Decharme, à Lille, à l’âge de 90 ans. M. Decharme, docteur ès-sciences, était ancien professeur de physique à l'Ecole supérieure des sciences d’Angers ; il avait été un de nos collaborateurs de la première heure,dès 1873, et nous avons publié plusieurs de ses travaux jusqu’en 1885.
- Pluie exceptionnelle. — Une pluie d’une intensité exceptionnelle et dont on ne connaît pas de précédent aux Antilles, s’est produite à Guantamano, dans File de Cuba, les 13 et 14 octobre 1901. Pendant vingt-quatre heures, de 11 à 11 heures du soir, il est tombé 443mm,5 d’eau. Près de la moitié de cette eau, soit 199mm,6, a été constatée de 4 à 7h 45m du soir, ce qui donne une moyenne de 53mm,2 par heure. La hauteur d’eau pendant la semaine qui se termina le 19 octobre atteignit le chiffre phénoménal de 615mm,9, constaté à la station de Culmanera, à une vingtaine de kilomètres au sud de Guantamano. Les cours d’eau subirent des crues inconnues jusqu’alors. Un ruisseau fut, sur une distance assez longue, combié par un éboulement de plusieurs milliers de mètres cubes de terre et se créa un nouveau lit à 300 mètres de son cours primitif. (Ciel et Terre, 16 mai 1905.)
- Les locomotives de Glehn en Angleterre. — La locomotive compound française continue à être fort appréciée en Angleterre, où la Société alsacienne de constructions mécaniques vient
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- d’en expédier deux au Great Western Railway. La première locomotive du même type de Glehn, nommée La France, est déjà en service depuis plusieurs mois. Les deux nouvelles locomotives sont de puissance supérieure, et elles sont destinées à la traction des trains express à longue dislance dans l’ouest de l’Angleterre.
- Météorologie. — Pendant la semaine du 7 au 13 août, le temps a etc encore en partie orageux. Le 7 août, des pluies sont tombées en France; on a recueilli 20 mm d’eau à Nantes, 10 mm au Havre, 5 mm à Cherbourg, 1 mm à Belfort. La température était le maÿn 12° à Limoges, 13° à Clermont, 14° à Paris, 15° à Toulouse, 18° à Perpignan, 9° au Puy de Dôme, 7° au mont Aigoual, 3° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 16°. Le 8 août, le ciel est demeuré nuageux à Paris; au voisinage du sol, les vents dominants étaient de l’Ouest-Sud-Ouest. Il est tombé 7 mm d’eau à Rochefort, 5 mm à Limoges, 2 mm au Havre, 1 mm à Belfort. Le
- thermomètre marquait le matin 16° à Paris, 10° à Lyon, 20° à Toulouse, 8° au mont Mounier, 6° au Pic du Midi. Le 9 août, le tèmps a été chaud à Paris, un peu orageux dans' la matinée. La température était le matin 18° à Paris, 20° à Limoges, .23° à Besançon, 23° à Toulouse, 19° au Puy de Dôme, 17° au mont Ventoux, 12° au Pic du Midi. On a signalé quelques ondées en Bretagne et dans les. Vosges. Un cyclone d’une grande violence, accompagné d’une pluie de grêlons dont quelques-uns étaient de la grosseur du poing, s’est abattu sur la ville de Sedan et a tout dévasté sur son passage. Le 10 août, il y a eu en France de nombreuses averses orageuses; on a recueilli 28 mm d’eau à Charleville, 3 mm à Nantes, 11 mm à Rochefort. Il a plu également à Paris à partir de 3 heures et dans-la nuit. Le 11 août, des pluies sont tombées dans toute la France p. la température s’est abaissée sur nos régions. Le 12 août, il y a eu encore des pluies orageuses ; le temps a été beau à Paris.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Elie Berteau, à Paris, nous adresse, à propos de la catastrophe du Farfadet, une lettre dans laquelle, sous le titre : Le sauvetage d’un sous-marin, il expose un moyen de renflouement, selon lui, très rapide. Trois sous-marins anglais engloutis depuis un an, en faisant 51 victimes, le Farfadet faisant 14 victimes, montrent toute l’importance de la question. «... Or, si par malheur un de nos sous-marins venait encore à couler, il est absolument certain qu’il aurait le même sort que le Farfadet — les grues seraient trop faibles, — on attendrait les docks, et les câbles se briseraient — enfin on mettrait plus de dix jours à retirer un sous-marin ne contenant plus que des cadavres. Pouvant il y aurait un moyen, beaucoup moins dispendieux et incomparablement plus rapide que ceux qui viennent d’être employés, pour obtenir le renflouement d’un sous-marin. Voici ce qu’il y avait à faire pour le Farfadet : 1° Percer un trou (6 à 10 centimètres de diamètre) dans la partie inférieure de la chambre, contenant les 10 marins; 2° Passer le plus tôt possible, par cette ouverture, l’extrémité d’un tuyau envoyant de l’air à 2 kg de pression. Cet air chassera complètement du compartiment l’eau qui a pu s’y introduire et qui sortira par l’ouverture même donnant accès au tuyau d’air. Nos marins sont maintenant dans une cloche à plongeur, ils ne sont pas, certes, à l’aise, dans une atnjosphère à 2 kg de pression, mais du moins cet air est respirable, et peut se renouveler indéfiniment. Le danger d’asphyxie est écarté; 3° Fermer le capot qui, par inadvertance, est resté ouvert et qui a causé la catastrophe ; 4° Percer une ouverture comme précédemment, dans la partie inférieure du bateau, correspondant au capot pour y envoyer deJ’air à 2 kg également.... »
- M. Emmanuel P. Rodocanachi, à Andilly, nous prie de rectifier l’orthographe de son nom que, dans les communications du n° 1681, du 12 août 1905, nous avons écrit Radono-wasky. Il ajoute qu’au dire des vieux habitants du pays, il est tombe, en 1838, des grêlons plus pesants encore, puisque l’un d’eux atteignait le poids de 700 grammes.
- Renseignements. — M. M. H. B., à Bruxelles. — Nous ne possédons pas l’adresse du professeur Zanetti; peut-être obtiendrez-vous le renseignement de la maison Clavicz et Cie, dont il est question dans la même chronique.
- M. E. Bardou, à Paris. — Le ventilateur éventail, décrit dans le n° 1678, du 22 juillet 1905, p. 128, se trouve chez MM. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris. L’adresse a été indiquée en tête de la Boîte aux lettres du même numéro.
- M. G. Boulanger, à Albert. — Destruction des blattes ou-cafards ; Voyez Recettes et Procédés utiles, lr” série, p. 52, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à> Paris.
- M. D. Velaser, à Civita-Vecchia.— Nous pouvons vous indiquer les ouvrages suivants : 1° Fabrication de la fécule et de l’amidon, d’après les procédés les plus récents, par J. Fritscli, 1 vol.in-8°, prix 6 fr. 50, à la librairie BernardTignol, h'hbis, quai des Grands-Augustins, à Paris.— 2° Manuel de l’amidon-nier, par Morin, Malepeyreet Larbalétrier, 1 vol., prix 3 francs,, à la librairie Mulo, 12, rue Hauteleuille, à Paris.
- M. Zürcher, à Amiens. — Les cours des professeurs de la Sorbonne qui sont publiés se trouvent à la librairie Croville-Morant, 20, rue de la Sorbonne, a Paris.
- M. E. de Suckau, à Montauban. — Vous avez parfaitement raison : la France est le pays où l’on consomme le plus de-pain, environ 20 centimes ou un demi-kilogramme par jour et par habitant.
- M. Zàepfel, à Carcassonne. — Nous avons donné la description d’un encrier à fermeture automatique dans les Petites inventions du n° 1638 du 15 octobre 1904, page 79 des Nouvelles scientifiques. Il était en vente, à Paris, chez M. Colo-nibani, 61 et 63, boulevard Richard-Lenoir.
- M. P. Saillard, à Moiche. — L’article dont vous parlez est sans doute celui du Dr A. Cartaz dans le n° 1363 du 18 février 1899, p. 179. Voici, en tout cas, les différents types de pâtes-d’allumettes : allumettes à phosphore blanc : chlorate de potassium, sulfure d’antimoine, eau gommeuse, phosphore ; allumettes sans phosphore : mélange de chromate et de chlorate de potassium, de peroxyde de plomb, de sulfure d’antimoine, de verre pilé, ae gomme et d’eau; allumettes à phosphore rouge : sur l’allumette : chlorate de potassium, sulfure d’antimoine et colle-forte; sur le frottoir : phosphore rouge, sulfure d’antimoine et colle-forte.
- M. Von Aepfel, à Chemnitz. — La profession de pharmacien ne peut être exercée en France par un étranger que s’il est en possession d’un diplôme délivré en France ou d’une autorisation accordée sur la présentation d’un diplôme obtenu à l’étranger, alors même qu’il se bornerait à la vente de médicaments étrangers. En fait, cette autorisation n’est obtenue qu’après examen à l’Ecole de Pharmacie (Voyez Dalloz Rép., v° Médecine, n° 118).
- M. E. R., à Strasbourg. — Dans la méthode de mesure dont vous parlez, vous employez le voltmètre en mettant un pôle en communication avec le circuit à mesurer, et en fixant l’autre pôle à la terre. II faut alors établir une formule qui donné la résistance d’isolement totale en fonction des résistances séparées et prises en dérivation. Il existe une autre méthode qui consiste à mesurer la différence de potentiel aux bornes du circuit dont on veut mesurer l’isolement. On coupe ensuite le circuit en un point donné, on place le voltmètre en circuit et on note son indication. On établit très facilement une formule qui donne la valeur de l’isolement total en fonction de la résistance du voltmètre, et de la différence entre la différence de potentiel aux bornes du circuit et la différence de potentiel dans le circuit.
- M. Gabriel Delarue, à Vouziers. — Faites faire l’analyse de ce produit par un chimiste.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Charles, à Bastia. Il faut au préalable établir un projet et le soumettre à la Société compétente. — AL J. Plot, à Amsterdam; M. J. Vesque, à La Roche-sur-Yon. Veuillez consulter les Recettes et Procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Elie Berteau, à Paris ; M. Rodocanachi, à Andilly. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéi'essants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettre.> reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- Chronotachymètre pour automobiles. — Le chronotachymètre dont il va être question est spécial pour automobiles, et permet de se rendre compte, par simple lecture, de la vitesse par heure à laquelle marche une automobile. Ce chronotachymètre peut d’abord remplir l’olfice d’une montre ordinaire; ilsuftit de tirer légèrement sur le bouton, à l’intérieur de l’anneau, pour commander à volonté le mécanisme des aiguilles de la montre. Celte montre porte ensuite une aiguille trotteuse E qui se déplace à la périphérie sur des circonférences, portant une série de graduations. Dans la ligure ci-jointe ces circonférences sont représentées par des lignes différemment pointillées, mais en réalité dans le chronographe, elles sont de couleurs différentes. II importe dé connaître le nombre de tours effectués par l’aiguille E; à cet effet se trouve en G un deuxième cadran dont l’index se déplace d’une division chaque fois que l’aiguille E a effectué un tour. Cet index se déplace d’une division par minute et son mouvement est solidaire de
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- eelui de l’aiguille E qui est mise en marche par une pression sur la poussette de la couronne et arrêtée par une seconde pression. Une troisième pression ramène à zéro les deux aiguilles, et la montre est prête pour une nouvelle observation. Nous remarquerons maintenant que les circonférences du grand cadran et les cases du petit cadran G sont représentées dans la pratique par des couleurs différentes correspondant entre elles. La première case du petit cadran G est de même couleur que la première circonférence sur le grand cadran, la deuxième case est de la même couleur que la deuxième circonférence, et ainsi de suite. Les diverses circonférences dont nous avons parlé portent une série de chiffres qui expriment des vitesses en kilomètres par heure. Pour se servir du chronotachymètre sur roule, on place la trotteuse E au zéro, on la met en marche en passant devant une première borne kilométrique et on l’arrête devant la borne kilométrique suivante. On consulte alors l’index G du petit cadran qui indique la couleur du chiffre à lire sur la circonférence du grand cadran, à l’endroit où s’est arrêtée la trotteuse E. Le chiffre relevé donne instantanément la vitesse de l’automobile en kilomètres par heure. Lorsque l’on veut faire des observations en ne prenant pour base que la distance d'un hectomètre, il suffit de relourner la montre et l’on trouve au revers une autre aiguille trotteuse avec un oadran donnant les vitesses en kilomètres par heure. — Le chronotachymètre est en vente chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, nie Auber, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES '
- Étamage et soudure liquides. — M. Maitrugue vient de faire connaître un nouveau mode d’étamage et de soudure liquides qui peut rendre de grands services. Il utilise à cet effet une
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- composition qui renferme 75 pour 100 d’étain et 25 pour 100 de nickel réduits en poudre impalpable et maintenue en solution dans un sel d’ammoniaque. Si l’on veut éfamer une pièce, il suffit de la décaper, à l’acide ou au sable, laver et essuyer*, et surtout bien avoir soin que les pièces ne soient ni grasses ni oxydées. On mélange ensuite la composition en agitant vigoureusement le flacon, de façon à mettre tout le contenu en suspension. On étend alors à froid le produit avec un pinceau sur l’objet à étamer : fer, acier,- cuivre, laiton ou zinc.
- On porte ensuite la pièce à une source de chaleur en rapport, avec l’importance de cette pièce : lampe à souder, bec de gaz Bunsen, forge à coke. Le produit sèche rapidement, on retira du feu, on passe aussitôt un tampon d’ouate ou d’étoupe sur la surface, on lave et on essuie. La chaleur fait évaporer le sel d’ammoniaque, et la poudre se dépose régulièrement sur le métal. Pour obtenir une surface très brillante et plus épaisse, il n’ÿ a qu’à passer plusieurs couches successives. Un flacon permettant d’étamer une surface de 5 mètres carrés coûte lfr,50. On peut également effectuer des soudures dans les mêmes conditions, mais en ayant soin de déterminer par quelques essais préalables l’épaisseur à adopter. — L’étamage et la soudure liquides se trouvent chez M. Maitrugue, 52, rue de la Garenne, à Courbevoie (Seine).
- Vernis pour papier. — Faire fondre 30 parties de cire de carnauba blanchie et 12 de savon de Marseille (râpé pour faciliter la fusion); quand celle-ci se produit, ajouter au tout en remuant 20 parties de craie pulvérisée, et brasser jusqu’au moment où se produit la solidification.
- Formule de brillantine. — On connaît de nom et sans doute aussi d’usage, les huiles qui se vendent sous ce nom. On peut en préparer en mélangeant 25 gr. d’huile de ricin, 5 gr. d’extrait de quinquina et 1 gr. d’une huile essentielle (destinée à donner le parfum) dans 100 gr. d’alcool. x
- Ciment pour joints de canalisations d’eau. — Mélanger I l parties en poids de ciment de Porlland, 4 de céruse, 1 de litharge, et faire une pâte avec de l’huile de lin bouillie dans laquelle on aura fait dissoudre 3 pour 100 de son poids de colophane.
- Enduit imperméable pour les maçonneries. — Cela se vend en Allemagne sous le nom de Testaline, et l’Allgemeine Cheminer Zeitung donne à son sujet les détails suivants. C’est une solution alcoolique de savon à base d’huile que l’on complète par une solution d’acétate d’alumine. On étend la première solution sur la muraille à imperméabiliser, puis on applique l’autre solution : un oléate solide d’alumine se sépare, qui vient former un précipité divisé dans les pores de la pierre partout où ont pu pénétrer les liquides.
- Huile de caoutchouc. — C’est une substance qu’on fabrique en Allemagne comme préservatif de la rouille, un distille une seconde fois l’huile brute qu’on obtient par distillation à sec de la tourbe, puis on jette dans cette huile le quart de son poids de lanières étroites de caoutchouc laminé à très faible épaisseur.
- On laisse digérer une semaine, on éclaircit par un traitement spécial, puis on étend sur le métal.
- Lait a la lanoline. — Il s’agit d’une préparation de parfumerie, qui est certainement susceptible de rendre des services,, étant donnée l’excellente action de la lanoline sur la peau. Malaxer soigneusement et un certain temps 50 gr. de graisse de suint pure, 25 d’huile de coco, 8 de borax en poudre, 25 de savon médicinal pulvérisé avec 80 gr. d’eau chaude. On dilue peu à peu avec 400 gr. d’eau de roses et autant d’eau de fleurs d’oranger tièdes. 11 ne reste plus qu’à parfumer avec 5 gouttes d’essence de bergamotte et 5 de teinture de musc.
- Liquide à nettoyer l’argenterie. — On emploie une sorte-de lessive faite de 2 parties de cendres de hêtre, 0,04 partie de savon de Venise, 2 de sel de cuisine dans 8 parties d’eau de pluie. Cela s’applique avec une brosse dure.
- Polissage de l’aluminium. — Tout d’abord passer à la pierre-ponce pulvérisée, puis employer une pâte de suif et d’émeri, enfin terminer par un ou deux passages au rouge d’Angleterre mélangé d’huile de térébenthine.
- Alliage au cuivre pour la fonte. — Une publication allemande donne comme une excellente formule un mélange de 3,20 kg de cuivre, 1,56 kg de zinc, 120 kg d’étain et 90 de plomb ; l’alliage obtenu offre une forte résistance.
- Régénération des déchets de caoutchouc. — Le procédé-recommandé par la publication allemande Erfindungen und Erfahrungen, consiste à couper le caoutchouc en petits morceaux, puis à le faire bouillir, en tournant constamment J > dans un récipient où le vide est fait, et' à' une température
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- de 100° G., avec 5 fois son poids de phénol du commerce, jusqu’à dissolution complète. Il faut que l’appareil employé comporte un refroidisseur. La plus grande partie du phénol distille et peut être recueillie, et l’on précipite le caoutchouc de la solution restante; on la lave enfin au moyen d’une addition d’alcool, de lessive de soude ou d’un autre solvant convenable pour le phénol qui peut rester, une grande partie du soufre s’en va en vapeurs pendant l’ébullition; le reste peut être précipité par addition d’une petite quantité d’acétate de plomb.
- Tannage aux sels d'étain* — La méthode nous vient d’Allemagne, et elle est recommandée par la Chemiker Zeitung pour les cuirs qui ne sont pas destinés aux portions supérieures des souliers. Les sels à employer sont du chlorure d’étain, ou de l’oxalate d’étain, du stannate de soude, etc. On traite d’abord les peaux au sel ordinaire, en les trempant huit heures dans une solution de sel, après les opérations préparatoires classiques; puis on les met dans une solution faite à raison d’un gramme de sel d’étain pour 100 grammes d’eau, avec addition de traces d’acide chlorhydrique. Au bout de deux heures on retire, on lave à l’eau claire, et l’on replonge de nouveau dans le bain. On laisse encore deux heures, on retire, on lave et l’on sèche.
- Pour monter le cuivre stir le verre. — Faire bouillir ensemble une partie de soude caustique, 5 de résine, autant de gypse et 5 parties d’eau. Cela donne un ciment qui durcit en une demi-heure, et qui, par conséquent, doit être préparé au moment où l'on va l’employer. Bien entendu tous les ingrédients sont pulvérisés au préalable.
- Lubrifiant pour engrenages. — Sur feu doux, on fait fondre ensemble 30 parties en poids de suif, 20 parties d’huile de palme et 10 parties d’huile de graissage telle qu’elle est employée dans les chemins de fer. On y jette ensxiite, en mêlant bien, 20 parties de graphite finement pulvérisé.
- Soupe de conserve. — 11 va sans dire qu’elle est destinée à être enfermée dans des boîtes de fer-blanc passées à 115° ou 120° pour stérilisation. On prend 40 kg de porc demi-gras, on en sépare le gras que l’on coupe en morceaux et qu’on fait revenir avec 0 kg d’oignons hachés fins. On ajoute alors 7 kg de lard, 5 kg de sel égrugé et 400 grammes de poivre moulu; puis on verse sur le tout 55 kg de farine de haricots blancs, en remuant bien. On fait ensuite réduire la soupe dont les éléments viennent d’être donnés.
- Pour enlever la rouille des instruments d'acier. — Laisser d’abord l’instrument tremper toute une nuit dans une solution saturée de chlorure d’étain ; la rouille sera réduite et disparaîtra. On retire du bain, on rince à l’eau pure, puis on plonge dans un bain d’eau de savon (au savon de soude) et l’on sèche bien. On se trouve bien ensuite de laver à l’alcool pur et de polir sur la pierre.
- Pour coller le papier au fer poli. — Dissoudre au bain-marie 200 gr. de gélatine dans 150 seulement d’eau; tout en brassant, ajouter 50 gr. d acide acétique, autant d’alcool et autant d’alun. Mais, pour favoriser la prise de la colle sur le fer, il est essentiel néanmoins de passer du papier d’émeri à la surface du métal.
- Ciment pour fuites des chaudières. — On peut l’employer à chaud, pendant que les feux restent allumés, à ce qu’affirme le Praktischer Wegweiser. Mêler 6 parties de graphite pulvérisé, 3 de chaux éteinte, 8_ de baryte sulfatée terreuse, et autant d’un vernis épais à l’hïiile de lm.
- Pour faire adhérer le papier aux surfaces nickelées. — Dans 400 gr. d’eau, on fait dissoudre un poids égal de dextrine, puis on ajoute une solution composée de 20 gr. de glucose et de 10 de sulfate 'd’alumine dans 200 d’eau ; on chauffe le tout au bain-marie jusque vers 90° G, en maintenant à cette température jusqu’à clarification.
- Contre l’humidité des murs. — Cette humidité est un véritable fléau, contre lequel bien des remèdes ont été essayés. L’excellente publication de Uhland recommande le suivant. On commence par mettre le mur bien à vif, en creusant de 4 à 2 centimètres les joints entre les moellons ou les briques ; puis on étend une couche d’asphalte fluide, en la faisant pénétrer
- dans les joints; on poudre ensuite soigneusement avec du sable fin et bien propre, à raison de 2 poignées par mètre' carré. Quand tout est sec, on applique par-dessus ce sable (qui en assure la prise) le plâtre qui formera la surface du mur.
- Incombustibilisation du bois. — La méthode réussit aussi bien pour le papier, à ce qu’affirme la Chemiker Zeitung. On traite le bois avec une solution faite de 10 à 20 parties de carbonate de potassium et 4 à 8 parties de borate d’ammonium dans 100 parties d’eau. Sous l’influence d’une chaleur un peu élevée, les substances laissées à la surface du bois par l’évaporation de l’eau y forment un revêtement vitreux.
- Papiers de tapisserie lavables. — Il s’agit en réalité d’un traitement qui peut s’appliquer à tous les papiers, et permettre ensuite d’enlever le noir de fumée par exemple qui est susceptible de s’y déposer. On étend sur le papier une fois collé et sec — au moyen d’un pinceau ou d’une éponge — une solution faite de 2 parties de borax et d’autant de gomme-laque en écailles dans 24 parties d’eau; il faut que cette solution soit soigneusement filtrée avant emploi. Quand l’enduit est’ bien sec, on le polit en y passant une brosse douce.
- Résumé des observations météorologiques faites h l’Observatoire du parc §aint-Maur. en juillet 1905,
- par M. Th. Moureaix.
- L’excursion barométrique extrême, 11*"",5, est une des plus faibles qu’on ait observées en juillet. La température maxima, 32°,1, est très ordinaire, et c’est la seule observation supérieure à 30° ; pourtant la moyenne du mois, 19°,9, est de 1°,7 plus élevee que la normale ; l’excès, presque permanent pendant tout le mois, assez souvent supérieur à 3’, atteint jusqu’à 6°,2 le il ; il porte sur les minima comme sur les maxima, dont les moyennesssont l’une et l’autre très élevées. Le total de la pluie, 55““, est normal, mais il est dû, pour la plus grande partie, à deux averses orageuses survenues les 5 et 6 et qui ont fourni ensemble 41““,2. Les vents d’entre N. et E. ont été nettement dominants.
- Pression barométrique, altitude 50",3. Moyenne du mois, 759“,38 ; minimum absolu, 752"“,9 te 1" à 2 heures; maximum absolu, 764",4 le 3 à 8h30; écart extrême, 11",5.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 14°,10 ; des maxima, 25°,97 ; du mois, 20°,03; vraie des 24 heures, 19°,89 ; minimum absolu, 8°,8 le 20 ; maximum absolu, 32°,0 le 27. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 12°,20; des maxima, 47°,82; minimum absolu, 4°,9 le 20; maximum absolu, 54°,0 le 26. Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur, 0“,30 : à 9 heures, 19°,78; à 21 heures, 20°,10; profondeur, 0“,65 : à 9 heures, 18°,73; à 21 heures, 18°,74; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 17°,69 ; à 21 heures, 17°,73. De la Marne : moyenne le matin, 23°,33; le soir, 24°,09; minimum, 21°,55 le 1"; maximum, 25®,15 le 15.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 12",71 ; minimum, 8“,0 le 19 à 22 heures; maximum, 17",2 le 4 à 17 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 75“,3 ; minimum, 36 le 27 à 15-16 heures ; maximum 100 en 3 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois 4,57 ; moyenne diurne la plus grande, 9,7 le 5 ; la plus faible, 0,0 les 8 et 15.
- Insolation : durée possible, 485 heures; durée effective, 280*,7 en 31 jours, rapport, 0,58.
- Pluie : total du mois, 55",3 en 14\5.
- Nombre de jours : de pluie, 9 ; de pluie inappréciable, 2 ; de rosée, 23 ; d’orages, 6, les 4, 5, 6, 9,16, 28; d’éclairs, 2, les 1" et 27; de halos, 3.
- Fréquence des vents : Calmes, 14.
- N. . . . . 98 E . . . . . 47 S 20 W 57
- N. N. E . . 87 E. S. E . . 11 S. S. \Y . 16 W. N. W . 32
- N. E . . . . 130 S. F.. . . . 6 S. W. . . 42 N. W . . . 2<
- E. N . E . . 77 S. S. E . . 8 w. S. W. 58 N. W. . 55
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 2“,4; moyenne diurne la plus grande : 4“,6 le 4; la plus faible : 1“,3 le 26; vitesse maximum en 15 minutes, 8“,9 le 4, de 18*30 à 18* 45 par ventN.-E.
- Electricité atmosphérique : moyenne du mois (25 jours), 104 volls; moyenne diurne la plus grande, 165 volts, le 18; la plus faible, 61 volts, le 21 ; amplitude diurne, 0,41 ; amplitude nocturne, 0,44.
- Hauteur de la Marne. Moyenne au mois, 2”,33 ; minimum, 2”,10, le 31 ; maximum, 2“,54 le 4.
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre -+-1“,38 ; température -i-1°,67 ; tension de la vapeur -+- 1",74; humidité relative -+- 2,8 ; nébulosité — 0,91 ; pluie +- 2",9.
- Taches solaires. On a observé 15 groupes de taches solaires en 26 jours : la tache la plus importante, visible à l’œil nu. s’est montrée le 10, et a disparu le 23, ayant passé au méridien central le 16. Aucune tache n’a été aperçue du 27 au 30.
- Perturbations magnétiques. Les 6, 7,23,2i. Des troubles spéciaux, d’ordre sismique, ont été enregistrés le 9, de 10* 21“ à 10* 40", et le 23, de 3* 23“ à 3* 40".
- Floraisons. Le 3, œnothère; le 5, helianthus multiflorus; le 8, phlox vivace, mauve d’Alger, coreopsis, souci; le 9, yucca filamentosa; le 1», fenouil, tilleul argenté ; le 11, saponaire; le 12, tabac commun ; le 13, mélisse, harpalium; le la, verge d’or; le 18, bouillon blanc; le 21, absinth e, echinops ; le 23, althœa ; le 23, helianthus cucumerifolius ; le 27, tanaisie, bardane ; le 29, persicaire. Exfoliation des platanes, le 13.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 7 à 10 b. 25 m. du soir.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Avis. — En raison des congés clu 15 août, l’Imprimerie est restée fermée les deux premiers jours de cette semaine, le, tirage du présent numéro avant été fait avant les jours de congé, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets, et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire. Il n’y aura qu’un retard de huit jours pour un des bulletins.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VI').
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C“,
- éditeurs de a La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VI').
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1683 (26 août 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Mouvements sismiques. — Le sismographe Kilian-Paulin, à Grenoble, a enregistré, le 13 août à 10h3im40a du matin, une secousse sismique qui avait la direction Nord-Sud. Deux secousses légères ont également été ressenties dans la matinée à Chamonix; «lies avaient la direction Sud-Est-Nord-Ouest. La seconde secousse, qui a duré 5 secondes, était plus forte que la première. Les dégâts ont été peu importants. Le 18 août, dans la matinée, une forte secousse de tremblement de terre s’est fait sentir à Foggia (Italie); elle a Juré neuf secondes.
- La houille blanche dans le monde entier. — C’est environ it près de 2 millions de chevaux qu’il faudrait estimer la puissance hydraulique actuellement utilisée dans le monde entier pour la production de l’électricité, si Ton en croit le Bulletin de la Chambre française de commerce de Milan. M. Campbell Swinton aurait fait -dernièrement une communication à l’Association britannique à Cambridge et aurait indiqué les chiffres suivants pour les puissances hydrauliques des divers pays : Etats-Unis 527 000 chevaux, Canada ܧ8 000, Italie 210 000, France 162 000, Suisse 133000, Allemagne 81 000, Suède 71 000, Mexique 18 000, Autriche 16000, Grande-'Bretagne 12000, Russie 10000, Inde 4000, Japon 3500, Afrique australe 1200, Brésil 800.
- Photométrie des lampes au tantale. — La Revue industrielle rapporte, d’après un journal allemand, Zeitschrift fur Elektrotechnik, les résultats d’essais comparatifs effectués sous différentes tensions entre des lampes à filament de tantale et des lampes à filament de carbone, pour une même intensité lumineuse et pour une différence de potentiel normale de 110 volts. Les mesures ont été faites avec un appareil de Lummer. La tension aux bornes des lampes a varié entre 75 et 200 volts. A 75 volt3, la lampe au tantale produit 6,4 bougies et la lampe au carbone 2,5 bougies. A 110 volts, l’intensité lumineuse commune est 25 bougies ; à 160 volts, la lampe au carbone produit 209 bougies, et la lampe au tantale 1)3 bougies ; à 200 volts, les lampes au carbone brûlaient aussitôt et ne permettaient pas de prendre les mesures; à cette tension les lampes au tantale produisaient 206 bougies.
- Les poussières. — M. E. Philibert-Delair, chimiste à Tarbes, a eu l’occasion de faire de longues expériences sur l’emploi du chlorure de magnésium contre le soulèvement des poussières, et il nous fait connaître les résultats de ses expériences. Le chlorure de magnésium est un produit connu que l’on pourra se procurer à des prix minimes. En raison de sa nature fortement déliquescente, le chlorure de magnésium, en solution concentrée, constitue un liquide ne s’évaporant que très lentement. Par suite, certains corps ou matières qui en sont imprégnés, à un degré convenable, conservent, d’une façon durable, une sorte de moiteur qui les rend aptes à fixer les poussières et menus résidus de toutes sortes, en les alourdissant, sans les agglutiner. Son emploi contre le soulèvement de la poussière des parquets et des voies de circulation paraît tout indiqué. Mais il faut bien remarquer que le chlorure de magnésium n’a pas la vertu de supprimer la matière pulvérulente ni ses causes; son rôle se borne à lui communiquer une certaine densité, qui s'oppose à ce qu’elle puisse incommoder réellement et favoriser la dispersion des germes malsains. Deux applications successives, à un jour d’intervalle, d’une solution hydratée à 50° B., suffisent à imprégner, pour une durée.de six mois au moins, les bois employés ordinairement dans la construction des planchers et parquets. L’imbibition est achevée deux heures après chaque application. Le Balayage s'opère ensuite dans les meilleures conditions; la poussière, mise en mouvement, retombeau lieu de voler; elle est d’ailleurs entraînée et expulsée sans difficulté. La solution du chlorure de magnésium à 30° B. vaut 9 francs l’hectolitre. Or, un litre permet d’imprégner une surface de 6 mètres carrés, le prix de revient par
- mètre carré à deux applications est donc de 0r%03. Un seul épandage d’une solution à 20° B., selon la nature du sol et son exposition, permet de mettre et de maintenir en état, pendant six mois, une partie de route très fréquentée et soumise à un roulement presque continuel. Le prix de revient de la solution à 20° est environ de 6 francs l’hectolitre. Un demi-litre suffit pour couvrir un mètre carré; la dépense est donc de 0rr,03 par mètre carré, non compris la main-d’œuvre. Ces renseignements donnés par M. E. Philibert-Delair sont intéressants et mériteraient d’être contrôlés.
- Fiacres électriques. —Les services de fiacres électriques qu’on avait essayé de faire fonctionner normalement à Londres ont été un insuccès complet. On dit que les plaques des accumulateurs se détérioraient vite; mais surtout les recettes étaient insuffisantes pour couvrir les dépenses. On louait les voitures à des cochers qui ne voulaient pas verser par jour plus de 16tr,50.
- Bateaux de sauvetage. — La Royal National Lifeboat Association (Société de sauvetage des naufragés anglais) vient d'essayer un premier bateau automobile, doté d’un engin de J0 chevaux qui a donné de bons résultats. Son moteur s’arrête automatiquement si le canot vient à chavirer.
- Industrie textile. — La New England Cotton Manufacturées’ Association s’est occupée, dans une de ses dernières séances, de l’emploi de l’électricité pour la distribution de la force motrice dans les filatures. On a constaté la supériorité de ce procédé, et l’on a apporté des chiffres prouvant l’avantage pécuniaire de la commande directe des machines par moteurs séparés, au lieu de la commande par groupes d’électro-moteurs actionnant un arbre et des courroies.
- Musées technologiques. — Vienne possède un musée de cette sorte, dit Technologische Gewerbe Muséum, qui vient de célébrer son vingt-cinquième anniversaire. On y a successivement annexé une série d’ateliers, de laboratoires, de stations d’essais, pour les matériaux de construction, les machines, le papier, l’électricité; et dans chacune de ces quatre divisions, on a créé des cours, des conférences, des exercices pratiques ; des recherches fort intéressantes et fort utiles y ont été exécutées.
- Ravalement des constructions. — On commence fort logiquement à recourir au procédé du jet de sable pour effectuer le ravalement des maisons, la mise à vif et le nettoyage des façades en maçonnerie de pierre ou de briques. On fait suivre parfois cette opération d’une pulvérisation de cire, de paraffine liquide, qui préserve les surfaces de l’humidité et de l’action nocive des agents atmosphériques.
- Nitrates de l’air. — Pour tenir le lecteur au courant de cette question, qui a été traitée ici, nous dirons qu’on va fonder une usine en Italie, sous les auspices de la Cyanid Gesellschaft, pour exploiter un des procédés connus. D’autre part, on crée.à Sebenico, en Dalmatie, un autre établissement qui pourra produire annuellement 4000 tonnes d’engrais artificiel.
- Rails de chemins de fer. — La sécurité dans l’exploitation des chemins de fer n’existe que si l’on ne fait pas supporter une trop forte charge au rail : et c’est même pour cela qu’on ne peut augmenter au delà d’une certaine limite le poids des- locomotives par essieu. Un ingénieur des chemins de fer de l’Inde estime la charge de sécurité, en kilogrammes, à quatorze fois le produit de la largeur de roulement du bandage des roues (en centimètres) par le diamètre de la roue (également en centimètres).
- Machines volantes. -— Tout dernièrement, dans la Fortniqh-tly Review, le major B. Baden Powell, critiquant les essais faits jusqu’à présent, estime qu’un inventeur ingénieux doit être maintenant à même, en un ou deux ans de travail, de mener à bien l’exécution d’une machine capable d’élever et de porter en l’air un homme, sur de courtes distances; la vitesse d’une semblable machine sera vraisemblablement, d’après lui, d’une centaine de milles (160 km) à l’heure.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. G. H. Le Roy de Gouberville, à Chaumont, nous adresse une courte Note : Sur la découverte d’un procédé pratique de la photographie des couleurs et dont voici les principaux passages : « M. Dufay, ex-avoué à Chaumont, s’était adonné à la recherche de la reproduction exacte et directe des couleurs par la photographie. Après dix ans de recherches et d’expériences, il est arrivé à une perfection telle, qu’après trois secondes de pose en bonne lumière, trois autres secondes pour l’impression du papier spécial, de la plaque de verre, de carton, de métal ou de tel solide que l’on choisit, le portrait est terminé. On peut obtenir un nombre indéfini d’exemplaires, inaltérables, qu’ils soient exposés aux intempéries ou aux lumières les plus vives. La finesse des détails, la justesse des colorations et l’exactitude des nuances les plus diverses, même des couleurs inaciiniques, sont absolument parfaites. » Un certain nombre de portraits ainsi obtenus sont, paraît-il, visibles à l’Exposition des Beaux-Arts de Langres.
- Renseignements. — M. Nicolas, à Paris. — Pour tout ce qui concerne le nouveau bec intensif à flamme renversée, adressez-vous à M. Compin, 57, rue du Cherche-Midi, à Paris. Cette adresse a été donnée en tète de la Boîte aux lettres du n° 1677, du 15 juillet 1905.
- M. J. N une z, à Rio de la Plata. — Pour détruire les cour-tilières, on peut enterrer, sur le passage de leurs galeries, des pots à fleurs vides, au fond desquels elles tombent, et d’où elles ne peuvent plus sertir. On peut aussi arroser la terre où elles circulent avec du purin de fumier qui les fait fuir.
- M. L. R., à Donville. — Le rognon de silex de la craie que vous dites avoir trouvé sur la plage de Donville peut provenir des dépôts crétacés de Basse-Normandie ou du sud de l’Angleterre, il aurait été transporté par les courants.
- M. P. Veyre, à Armentières. — L’indicateur du degré alcoolique se trouve chez tous les verriers.
- M. Dax, à Fils-Maria. — 1° Consultez l’ouvrage de M. Edmond Perrier : Le corps de l’homme, cinq planches coloriées à feuillets découpés et superposés. Paris, librairie Schleicher frères, 15, rue des Saints-Pères. — 2° Vous pouvez lire à ce sujet : La structure du protoplasma et les théories sur l’hérédité. Les grands problèmes de la biologie générale, par Yves Delage, même librairie ; Traité de biologie, par F. le Dantec, librairie Félix Alcan, 108, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. Ménard, à Versailles. — Le premier paquebot à voyageurs actionné par des machines à turbines a été mis en service au mois de juillet 1903. Il portait le nom The Queen et pouvait fournir une vitesse normale de 22 nœuds un quart (Voy. dans La Nature, n° 1570 du 27 juin 1905, en information, page 13 des Nouvelles scientifiques).
- M. Dupont, à Paris. — La résistance du verre à l’action de l’eau dépend de la présence des silicates doubles de soude, de potasse et de chaux. De tous les verres, celui contenant du plomb est le moins attaquable par l’eau bouillante.
- M. D., à Lille. — Adressez-vous à la maison Gaumont et C'% 57. rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Léon Séché, à Paris. — Le Lynx est en vente chez M. L. Cavalier, 114, rue Monge, à Paris. C’est un excellent appareil.
- M. A. W., à Agey. — Vous détruirez les vers blancs en arrosant la terre avec de l’eau additionnée de sulfure de carbone.
- M. Boutchowsky, à Perm. — Nous avons signalé en leur temps les pluies de boue qui se sont produites à Soukhoum
- (Caucase) le 25 février 1903. Voyez à ce sujet la communication de M. Basarovo, de Saint-Pétersbourg, dans les Nouvelles scientifiques dun° 1568, du 15 juin 1903, page 6. La nature, minéralogique de cette boue y est indiquée.
- M. Z., à Bruxelles. — On appelle mouvement brownien l’ensemble de mouvements que présentent les très petites particules solides en suspension dans un liquide. Ces mouvements, étudiés par Robert Brown, appartiennent aussi bien aux particules inorganiques qu’aux particules organiques, et sont d’ordre physique. C’est une sorte d’agitation sans direction et sans loi apparente que l’on explique en imaginant que les particules très petites, de l’ordre de grandeur des intervalles intermoléculaires, reçoivent, de la part des molécules du fluide, des chocs-en sens divers, tandis que les particules plus grosses ne participent pas à ce mouvement, soit en raison de leur masse, soit, parce que, en raison de leur volume, les chocs reçus en divers sens, dans un fluide en équilibre, se neutralisent, ün peut se-rendre compte du mouvement brownien en examinant à un fort grossissement du sirop d'orgeat délayé dans de l’eau.
- M. X. Rampaschet% à Saint-Dié. — La nouvelle lampe électrique à incandescence M. S. se trouve chezM. C. Neveur, électricien, 53, rue de Maubeuge, à Paris. Cette adresse a été donnée en tête de la « Boîte aux lettres » du n° 1679 du 29 juillet 1905.
- M. G. L. M., à Lyon. — Sur la rectification chimique de l’alcool, consultez : L’industrie de la distillation, par P. Guichard; Industries agricoles de fermentation. par E. Boullan-ger; L’alcool, par A. Larbalétrier ; ces ouvrages se trouvent à-la librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue llautefeuille, à Paris.
- M. H. C., à Saint-Laurent. — 1° Veuillez vous adresser directement aux administrations des compagnies de chemin de fer ou au siège de la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, à Paris. — 2° -L’ouvrage de M. Bigourdan, relatif à l’éclipse du 30 août, se trouve à la librairie Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. H. G., à Agen.— 1° Adressez-vous à la maison qui vous a livré votre voiturette ou à un ingénieur-mécanicien. — 2°" La poulie extensible est en vente chez M. Ddagneaux, 20, rue Manin, à Paris. Cette adresse a été donnée en tète de la « Boîte aux lettres » du n° 1681, du 12 août 1905.
- Abonné 7605, Venezuela. — Pour les renseignements au sujet des fibres de Broméliacées, adressez-vous à l’Office colonial, galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- M. Aimé, à Niort.— Nous répondrons prochainement à votre demande que nous mettons à l’étude.
- M. Ch. Huet, à Bordeaux. — Vous trouverez à la librairie Hachette et Cie, 79, boulevard Saint-Germain, Paris, divers ouvrages sur ce sujet, notamment : Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, par Maspero, 3 vol. ; Histoire des peuples d’Orient, par le même, 1 vol.
- M. H. Bruno, au Havre. — Nous n’avons aucune adresse spéciale à vous indiquer ; il faut vous adresser à des marchands de produits chimiques.
- M. Fournier, à Besançon. — Les couleurs désignées sous le nom de gouaches se vendent toutes préparées chez les marchands. On les trouve aussi en poudre fine dans le commerce. On les broie et on les délaye dans de l’eau gommée. H ne faut pas mettre trop de' gomme pour éviter que la couleur ne sèche trop rapidement et ne s’écaille. Vous trouverez des couleurs à la gouache chez MM. L. Berville, 25, rue de la Chaussée-d’Antin, Bourgeois aîné, 18, rue Croix-des-Petits-Champs, à Paris.
- M. Marche, à Brest. — Pour faire disparaître la teinte jaune sur des clichés ayant été renforcés au bichlorure ou à l’iodure, il faut les mettre dans une solution composée moitié d’une solution concentrée d’hyposulfite de soude et moitié de glycérine.
- M. Pecqueux, à Clermont. —Nous avons décrit un tournevis à cliquet dans nos Petites inventions, n° 1400, du 24 mars 1900, page 67. L’appareil se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- M. Saint-Luc, à Dieppe. — Les aspersions de sulfate de cuivre ne sont pas nuisibles en général parce qu’en tombant sur le sol le sulfate de cuivre rencontre de la chaux ; il se forme du sulfate de chaux inoffensif et de l’oxyde de cuivre insoluble et par suite non toxique.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. J. Hasard, à Blois. Il serait nécessaire de faire des expériences pour pouvoir vous répondre. — M. L. Magne, à Pontoise. Nous ne pouvons vous donner de conseils sur cette question : il faut consulter une agence de brevets. — M. Objois, à Anor- M. Dumont, à Gap. Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lra série, à la librairie Masson et Cio. — M. G. Le Rot/ de Gouberville, à Chaumont. Remerciements pour votre communication.
- Pans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à repondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettrej reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- . Allumoir électrique. — Celui-ci est véritablement un allumoir électrique, comportant sa source d’énergie électrique, toujours prêt à fonctionner. 11 est basé sur le principe de la machine dynamo-électrique. Une bobine Siemens se déplace dans un champ magnétique, alimenté par une dérivation prise aux bornes de la machine même. A l’aide d’un loquet qui commande directement l’appareil, il suffit de faire subir à la bobine un mouvement de rotation vif, sans arrêt, de gauche à droite. L’étincelle électrique jaillit aussitôt, et l’on voit se re-
- lever à gauche un levier allumeur qui découvre simultanément la coiffe d’une culasse et allume la mèche. Derrière l’allumoir se trouve l’allume-cigare. Le récipient de l’allumoir doit être rempli à moitié d’alcool dénaturé pur. A droite, dans un enfoncement est placé un cendrier mobile avec un coupe-cigare. Cet appareil est réellement pratique, et peut fonctionner longtemps, sans être soumis à tous les inconvénients que présentent les allumoirs de tous genres alimentés par des piles sèches, des accumulateurs. — L’allumoir électrique se trouve chez MM. Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber à Paris.
- Porte-carie automatique. — Il est souvent difficile de sortir une carte de son portefeuille, d’une enveloppe ou de tout autre récipient affecté à cet usage. L’hiver, il fait froid ;
- Porte-carte automatique.
- on a des gants. Pendant l’été, les mains sont en sueur, et ne peuvent rien saisir. Le porte-carte automatique que nous représentons ci-joint remplit parfaitement cette fonction. Dans
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- une petite boite convenablement disposée sont placées les cartes. Sur le dessus se trouve une petite griffé glissante ; il suffit d’appuyer légèrement sur celle-ci, de pousser. La carte sort très facilement du porte-carte et il n’y a qu’à la prendre. — Le porte-carte automatique se trouve à la même adresse que l’appareil précédent.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les greffes cutanées.
- Pour hâter la cicatrisation des grandes plaies succédant aux brûlures, des ulcères étendus, d’origine variqueuse ou autre, les chirurgiens ont recours à des greffés. On emprunte au sujet lui-mème ou à un aide complaisant des lambeaux d’épiderme, lesquels, transplantés sur la plaie, prennent corps, continuent à vivre, déterminent l’épidermisation de la plaie en créant autant de petits îlots cicatriciels, point de départ d’une cicatrice complète. L’ablation de ces petits lambeaux d’épiderme est une opération des plus délicates, leur transplantation ne l’est pas moins ; s’il y a insuccès, il faut de nouveau tailler dans la peau et créer de petites plaies peu graves mais désagréables.
- Plusieurs chirurgiens ont eu l’idée de recourir à la membrane coquillière de l’œuf de poule et, récemment, M. Amat a appliqué avec succès cette greffé nouvelle. Il prend le feuillet interne de cette membrane prise sur un œuf des plus frais, en dépose une série de fragments sur les bourgeons de la plaie ; chaque greffé ne doit pas dépasser un centimètre carré de surface. La plaie a été, bien entendu, au préalable, débarrassée de toute sécrétion, de toute suppuration par un essuyage, léger avec l’ouate stérilisée humectée d’eau bouillie.
- Une fois les petites greffés en place, on les recouvre d'une' lamelle de papier d’étain qui les fixe bien et permet de reconnaître la place de la greffé. Un pansement aseptique sec, gaze -stérilisée, ouate hydrophile stérilisée recouvre le tout et maintient les surfaces très en contact.
- Au bout de quatre jours, on peut voir la pellicule d’œuf remplacée par un petit {îoint opalin qui forme un îlot cicatriciel. L’îlot s’étend les jours suivants et rejoint les îlots contigus et les bords de la plaie, amenant dans l’évolution de la cicatrice une activité considérable. 11 faut dire que l’on n’a pas de succès à tout coup : la pellicule s’effrite, n’adhère pas aux bourgeons charnus, se dessèche et tombe. C’était l’ennui de la greffe épidermique humaine, car il fallait retailler au rasoir sur la peau de nouvelles greffes. Ici l’insuccès n’est que demi-mal, il n’y a qu’à recommencer, la mine est inépuisable, un œuf fournissant la matière d’un assez grand nombre de greffes. Dr A. C.
- C E.e temps. — Le temps a été-moins chaud dans la semaine du 11 au 20 août, mais il a été également orageux. Le 14 août, la température était, le matin, 15° à Paris, l.° à Clermont, 21° à Toulouse, 12° au mont Ventoux, 8° au Pic du Midi. La pression barométrique était à Paris 764“”,5. Le 15 août, des orages ont éclaté dans le Sud-Ouest de la France. Le thermomètre marquait, le matin, 17° à Paris, 21" à Clermont, 23° à Nice, 25° à Alger. A Paris, le ciel est resté beau, mais brumeux ; la journée a été étouffante. On a noté des maxima de 30°. Le 16 août, des orages ont éclaté à Perpignan, au mont Aigoual, à Clermont. On a recueilli 11 mm d’eau à Boulogne et au Mans, 6 mm à Dunkerque, 4 mm à Rochefort. De violents orages ont éclaté à Agde, à Cette, à Lyon et à Foi calquier. A Cette, un orage de grêle et de pluie a occasionné de grands dégâts. La foudre est tombée it de nombreuses reprises et a tué plusieurs personnes. La température était, le matin, 18° à Paris, 18° à Clermont, 2i° à Perpignan. La journée a été chaude à Paris. De violents orages ont éclaté également sur le Havre et sur la région. La pluie est tombée à torrents pendant plusieurs heures ; près de Fécamp. sur la route de Cany, la foudre est tombée sur un poteau télégraphique qui a été réduit en miettes. Le 17 août, un vent faible d’entre Est et Nord a souillé sur la Manche et la Bretagne, un vent du Nord-Ouest a souillé sur la Gascogne et la Provence. Les pluies ont été abondantes en France et accompagnées d’otages dans l’Est et dans le Sud ; il est ’ombé 63 mm d’eau à Lyon, 42 mm à Belfort, 23 mm à Perpignan, 20 mm-à Toulouse, 12 mm à Nice. Le 18 août, le matin, le thermomètre marquait 16° à Paris, 17° à Clermont et à Toulouse, 11° au Puy de Dôme, 9" au mont Ventoux, 7° au Pic du Midi. 11 a plu à Lyon (8 mm d’eau), à Belfort (4 mm), à Brest (1 mm) et à Biarritz (1 mm). A Paris, le vent, frais dans la matinée, a tourné au Sud-Ouest, et le temps est devenu orageux. La température moyenne à Paris » été 20°,3, avec des maxima compris entre 25° et 27". Le 19 août, la température s’est abaissée dans les régions du Nord. Un vent assez fort de l’Ouest a régné sur les côtes de la Manche, et la mer a été houleuse. Des pluies sont tombées à Lorient (4 mm), à Nantes (2 mm), à Paris et à Cherbourg. On notait, le matin, 15° à Paris, 17° à Toulouse, 21° à Lyon, 8° au mont Mounier. Le 20 août, la température était, le matin, 14° au Mans, 15° à Paris, 19" à Clermont, 21" à Perpignan. Ou a recueilli 6 mm d’eau à la pointe de la Hague, 1 mm à Calais, 1 mm à Nantes.
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- BULLETINS METEOROLOGIQUES
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- AOUT 1905. — SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 AOUT 1903.
- observations 7 HEURES DU MATIN VENT ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES
- THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 août .... 11°,1 • - S. S. E. 1. Très nuageux. 0,0 Rosée ; très nuageux ; pluvieux à 13 h.
- Mardi 8 16°,0 s. S. W. 1. Très nuageux. » Rosée ; très nuageux.
- Mercredi 9 17°,3 s. s. w. 0. Peu nuageux. 0,0 Rosée; nuageux; pluvieux à 10 h. 45.
- Jeudi 10 16°, 0 E. S. E. 1. Pluie. 5,5 Rosée ; très nuageux ; pluie le matin et le soir ; quelques coups de tonn. de 15 h. 20 à 40. Ecl. à 21 h. à W. S. W.
- Vendredi 11 ... . 15%1 W. N. W. 1. Beau. 0,0 Nuageux : tonn. à 19 h. 55 ; pluvieux à 19 h. 30.
- Samedi 12 14°,1 W. N. W. 0. Beau. » Rosée; peu nuageux; halo à 13 h.
- Dimanche 15. . . . 13°,2 E. N. E. 1. Beau. )> Rosée ; beau.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- AOUT 1905. -- SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 AOUT 1903.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 août .... 15°,1 N. E. 1. Beau. » lîosée ; beau.
- Mardi 15 16°,7 - Calme. Beau. » Rosée ; halo ; beau; nuageux dans la soirée.
- Mercredi 10 17°,9 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Presque couv. ; gouttes à 7 li.; halo; tonn. au loin à 17 h. 30.
- Jeudi 17 16u,0 N. N. E. 2. Couvert. » Couvert jusqu’à 11 h. ; nuageux ensuite.
- Vendredi 18 16°,1 S. 1. Peu nuageux. . » Rosée; halo; nuageux.
- Samedi 19 15°, 4 W. N. W. 3. Pluie. 1,5 Pluie de 5 b. 55 à 7 h. C5 ; couvert jusqu’à 10 h.; peu uuageux ensuite.
- Dimanche 2). . . , . 15°,4 S. W. 3. Beau. » Rosée; nuageux.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, an niveau de la mer}; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- PHASES DF. LA LUNE P I lo su a
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1684 (2 septembre 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Congrès international pour l’étude de la radiologie et de l’ionisation. — Le premier Congrès international pour l’étude de la radiologie et de l’ionisation, organisé sous le patronage du
- Îouvernement belge, aura lieu à Liège du 12 au 14 septembre 1905.
- e Congrès comportera deux sections consacrées aux sciences physiques et biologiques. Les travaux de la première section portei'ont -sur les questions suivantes : 1° la physique des électrons, comprenant les radiations de diverses natures; 2° la radioactivité et les transformations correspondantes; 3° les phénomènes météorologiques et astronomiques, imputables à l’ionisation, à la radioactivité et aux rayonnements divers. Les demandes de renseignements et les communications doivent être adressées à M. le Dr J. Daniel, secrétaire général du Comité organisateur, boulevard Rogier, 9, à Ostende.
- Les turbines à vapeur aux États-Unis. — L’Industrie électrique nous apprend qu’il existe actuellennnt aux Etats-Unis 224 turbines à vapeur de construction américaine, représentant une puissance totale de 350 000 chevaux, soit 262 500 poncelets. Les plus grosses unités électrogènes sont au nombre de 4, d’une puissance de 5500 kilowatts. La compagnie « Brooklyn Heights Railroad » a commandé à la Compagnie Westinghouse deux groupes électrogènes à turbines de 7500 kilowatts, qui peuvent développer 16000 chevaux ou 12 000 poncelets au frein; leur capacité de surcharge garantie est en effet de 50 pour 100. Les turbines sont établies pour des pressions de 12 kg par centimètre carré et un vide de 70 centimètres de mercure ; les alternateurs commandés directement sont à courants triphasés d’une fréquence de 25 périodes par seconde et de 11 000 volts.
- Câble télégraphique au Congo. — Depuis le 10 août 1905, les lignes télégraphiques de nos possessions du Congo et les lignes du Congo belge sont reliées par un câble immergé dans le Staruey-Pool, de Brazzaville à Kinchassa. Le câble a été posé à frais communs par les deux administrations; il permet désormais d’utiliser la voie française pour les télégrammes à destination de l’Etat libre d i Congo.
- Coup de foudre. — Au cours d’un violent orage dans les premiers jours du mois d’août, la foudre est tombée dans un pâturage du domaine delà Tieule, sur la montagne d’Aubrac, dans la Lozère. Elle a tué< net 246 agneaux, 84 moutons, 20 béliers, 218 brebis, au total 568 têtes de bétail.
- Le blanc de céruse. — Les expériences actuelles laissent dans le doute les qualités de résistance aux actions atmosphériques de l’oxyde de zinc qui est proposé pour remplacer la céruse. Un article du projet de loi supprimant l’emploi du blanc de céruse a laissé .au gouvernement le soin d’interdire par décret l’emploi de la céruse à l’intérieur. Afin d’avoir une base d’appréciation, M. le ministre du Commerce vient d’instituer par arrêté une Commission chargée de procéder à des expériences comparatives sur la résistance aux actions atmosphériques des peintures à base de sels de plomb et de sels de zinc (sulfure et oxyde) ainsi que sur le prix de revient de ces peintures. Le président de la Commission est M. Pascal, membre de l’Institut, inspecteur général des bâtiments civils.
- Cuirassé italien.— Le cuirassé Benedetto-Brun, de la marine italienne, muni de générateurs Belleville à économiseurs a affectué à la Spezzia, du 15 au 18 août, ses essais officiels de réception, qui ont donné des résultats très satisfaisants. Pour les essais au tirage normal, la puissance a été de 15 700 chevaux, et la consommation de charbon a été de 0,745 kg par cheval-heure. Au tirage forcé, la puissance a été de 20 400 chevaux au lieu de 19000 qui est la puissance normale. La consommation de charbon a alors été de
- 0,760 kg par cheval-heure. Dans ces derniers essais, la combustion a atteint 120 kg par mètre carré de grille et par heure.
- Un nouveau sous-marin. — On annonce de New-York que M. Holland, l’inventeur bien connu des sous-marins, a réalisé un nouveau modèle réduit qui a donné aux essais toute satisfaction. Ce type aurait une longueur de 25 mètres, une largeur de 2m,55 et actionné par une machine de 200 chevaux, il fournirait une vitesse de 25 nœuds.
- Traversée de la Manche à la nage. — Le 24 août, il y a eu vingt-cinq ans que le capitaine Webb a traversé la Manche à la nage. Depuis cette époque de nombreux nageurs se sont proposés de réaliser le même exploit, mais n’ont pu arriver à leurs fins. Le 24 août, miss Kellermann renouvelait encore sa tentative; à6h25m elle se lançait la première dans l’eau, accompagnée du remorqueur Champion-, à 9h30m, elle était à 8 kilomètres de la côte anglaise, mais souffrant du mal de mer, elle dut abandonner à 12,8 kilomètres de Douvres. Mew était parti à 7h 15m; à lh30m il abandonnait à son tour. Burgess, parti à 7h 25m, se trouvait à 2h 30m à 8 kilomètres à l’Est de la bouée de la Yarne; mais à 5h30m, il abandonnait. Le même jour, Ilolbein a tenté l’épreuve; parti à 4 liepres de l’après-midi, il abandonnait avant minuit, ayant fait 28 kilomètres. Pour la cinquième fois, le 26 août, Burgess a tenté la traversée de la Manche; il est parti à 6 heures du matin, se trouvait à 22,4 kilomètres de la côte anglaise à lh30m; mais la mer étant devenue houleuse, et le vent ayant soufflé avec violence, il a dû renoncer à son projet, après avoir parcouru 39,2 kilomètres.
- Les daims du Bois de Boulogne. — Il y a, paraît-il, encore de 50 à 60 daims dans le Bois de Boulogne, provenant de l’ancien parc déclôturé depuis trente ans environ. On a, en effet, tendu récemment des panneaux dans le bois, et on a capturé plusieurs de ces animaux, pour en envoyer un couple à la ville de Montpellier, qui l’avait demandé à la V il le de Paris.
- Accident mortel dans un gouffre du Karst. — Le 18 août, un jeune homme de 16 ans, G. Cassai), s’est tué en tombant de
- 23 mètres de haut, dans un gouffre du Karst, la grotte du Tasse,
- à 2 kilomètres d’Opcina, près Trieste. Ses deux compagnons, restés en position critique, ont été retirés sains et saufs, grâce au sauvetage organisé par M. E. Boëgan, président de la Commission des
- grottes de la Société des Alpes Juliennes. La catastrophe a pour
- cause l’imprudence qui fit entreprendre la descente du gouffre sans échelles, avec une simple corde lisse : épuisé par ses vains efforts en voulant remonter cette corde et sans aucun aide, l’infortunée victime finit par lâcher prise et par tomber au fond de l’abîme, le crâne fracturé. Puisse ce malheur enseigner combien les précautions doivent être multipliées en matière d’explorations souterraines.
- Archéologie et métropolitain. — Les travaux du métropolitain qui sont en cours en ce moment, place du Marché aux fleurs, ont mis à jour, le 24 août, deux très beaux sarcophages en pierre de taille sculptée. Ces sarcophages, qui semblent de l’époque de la domination romaine, vont être transportés au Musée Carnavalet et des fouilles seront exécutées aux environs de l’endroit où ils ont été découverts.
- Le métropolitain. — On sait que la ligne nord-sud du Métropolitain, de Clignancourt à la porte d’Orléans, traversera la Seine près du pont au Change. Le 24 août, on a mis en Seine le premier caisson de la ligne. Ce caisson est une sorte de gros tube à claire-voie, dont la section serait celle du Métropolitain; il est constitué par l’assemblage de fortes poutres métalliques. Il a été construit sur la berge du fleuve, près du pont de Solférino ; on va le remorquer, à l’aide de flotteurs, jusqu’au pont au Change. Là, il sera coulé, enfoncé sous la Seine, puis on maçonnera ses parois, et il constituera le premier anneau du futur souterrain. D’autres anneaux viendront s’y souder successivement.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne la Phonocarte (Voy. n°1681, du 12 août 1905, page 175), s’adresser à M. Marotte, 35, rue de Jussieu, à Paris. — Pour l’isolement des bâtiments contre les trépidations, s’adresser à MM. Anthoni et Prache, 17, avenue Niel, à Paris (XVIIe).
- Communications. — M. Vincent, à Pochet, par Unieux
- «, à propos de l’article du Dr A. Cartaz sur le Pyrosis 81, du 12 août 1905, page 43, des Nouvelles scientifiques), nous écrit : « Je peux en indiquer un autre traitement qui m’a parfaitement réussi : prendre une cuillerée à café de magnésie calcinée délayée dans un verre d’eau sucrée ; faire usage aux repas, quand le pyrosis se fait sentir, d’une eau minérale assez alcaline pour noircir la couleur du vin; faire usage aux repas de vin blanc préférablement aux vins rouges. Depuis que j’ai adopté l’usage du vin blanc (et il y a bien des années) je n’ai plus jamais ressenti le pyrosis.
- M. E. Ducretet, à Paris, nous écrit : « Dans le n° 1682 de La Nature, du 19 août, je lis à la page 187 votre note sur les Rayons Rœntgen au service des câbles, application attribuée à une Société d’électricité de Berlin. J’ai décrit cette application des Rayons X du professeur Bœntgen dans ma notice illustrée de 1898, page 24; application que j’ai réalisée sur les conseils de M. Martin, contrôleur de la Marine et que j’ai exécutée pour diverses usines de câbles et pour celle de Calais dès 1899. »
- M. Laval, à Paris, nous envoie deux pièces de monnaie en or et en argent, à l’effigie du prince de Monaco et de Victor jEmmanuel qui se sont trouvées soumises à de violentes actions caloriques au cours de l’éruption de la Montagne Pelée. Ces pièces présentent de très remarquables traces d’une action métamorphique intense, analogue à celles dont M. Lacroix a donné des exemples dans son bel ouvrage sur la Montagne Pelée.
- Renseignements. — M. J. Dove Wilson, à Aberdeen. — Le mémoire de M. Prache est annoncé comme devant paraître dans les mémoires de la Société des ingénieurs civils. Vous pouvez vous adresser à cette Société, 19, rue Blanche, à Paris. Un compte rendu sommaire de la communication de M. Prache a été inséré dans le bulletin delà même Société, en juin 1905. Vous pourriez aussi vous adresser directement à MM. Anthoni et Prache dont l’adresse est donnée plus haut.
- M. Marcel Duval, à Cherbourg. — Le groupe électrogène décrit dans le n° 1461, du 25 mai 1901,page 416, se trouvait à cette époque chez M. Chomeau, électricien, 33, passage du Havre, à Paris.
- M. d'Eserienne, à Castres. — Vous trouverez les différents moyens de désinfecter les appartements, décrits dans La Nature, réunis dans les petits livres de Recettes et procédés utiles, lre, 4e et 5e séries à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M+Lory, à Orléans. — Voici un bon moyen pour faire disparaître l’encre sur le papier, sans gratter : appliquer de l’hy-pochlorite de soude concentré pur (extrait de javel), au moyen d’un compte-gouttes, sécher au buvard immédiatement après l’application et saupoudrer de sandaraque impalpable pour écrire à nouveau.
- M. H. F., à Abbeville. — Les corrections barométriques sont de deux sortes : la correction d’altitude est de environ 1 mm. pour 10 mètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer, et la correction de température qui atteint 1 mm.
- par 7°,5 de variation de température. Tous ces renseignements sont donnés très exactement et avec explications dans l’article de M. Plumandon, que nous avons publié dans le n° 1053, du 5 août 1893» page 154. L’Annuaire du Rureau des longitudes donne d’ailleurs d’excellentes tables de corrections et même un graphique pour la réduction à zéro.
- M. E. Darddel, à Hué. — 1° Nous avons reçu votre intéressante notice; la place nous manque en ce moment pour la publier. Mais lorsque vous avez un fait intéressant, n’hésitez pas à nous le faire connaître. — 2° Vous trouverez des renseignements dans Y Asie par Lanier, à la librairie Belin, 52, rue de Vaugirard, à Paris.
- M. V. Leduc, à Chartres. — Il suffirait d’employer de la colle forte ordinaire et d’établir une bonne pression pendant assez longtemps.
- M. Quémale, à Toulon. — Les paratonnerres rendent de grands services et sont fort utiles, mais ils doivent être bien installés. Nous avons publié à ce sujet une Note et un article-intéressants dans le n° 1222, du 31 octobre 1896, page 351 et dans le n° 1229, du 19 décembre 1896, p. 37.
- M. Alf. Fleuriot, au Caire. — Nous ne connaissons aucune adresse spéciale où se trouvent les produits dont parle M. Villon, et l’auteur' de l’article est décédé. Mais nous pensons que vous pourriez vous adresser à MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain ou à MM. Chenal, Ferron, Douilhet et Cier marchands de produits chimiques, 22, rue de la Sorbonne^ à Paris.
- M. M. R., à Sousse. — Désincrustation des chaudières : nous ne croyons pas qu’il existe d’ouvrages spéciaux à ce sujets mais vous trouverez des renseignements dans les ouvrages relatifs aux chaudières que vous pourrez vous procurer aux librairies Béranger, 15, rue des Saint-Pères, Dunod, 49, quai de& Grands-Augustins et T. Bernard, 29, même quai, à Paris.
- M. Turquot, à Caen. — Maison Breguet, 19, rue Didot, à Paris.
- M. Ch. Bénard, à Saint-Genesl d’Ambières. — Nous avons-vainement recherché l’article auquel vous faites allusion. La référence que vous indiquez doit être fausse.
- M. Besnard, à Paris. — Pour la marine, veuillez vous adresser à M. le Dr Bellosquera, à Caracas, Venezuela. Nous tenons à votre disposition un échantillon de ce produit.
- Un lecteur, à Liège. — Nous ne possédons sur cette question aucun autre renseignement que ceux que nous avons donnés.
- M. J. T., à B. — L’éclairage au lusol dont nous avons parlé n° 1662, du 1er avril 1902, page 287, conviendrait très bien ;_ . adressez-vous à la maison Denayrouze, 24, rue Bayen, à Paris.
- M. Fortier, à Paris. — On n’a trouvé jusqu’ici aucun réactif de l’oxyde de carbone assez sensible pour révéler sa présence dans un appartement. Il suffit de traces de ce gaz pour rendre l’atmosphère dangereuse. Le meilleur moyen est de sentir les émanations d’un poêle, non pas que l'oxyde de carbone sente, mais parce que du moment où il y a dégagement des gaz odorants de la houille, il y a presque toujours dégagement d’oxyde de carbone.
- M. B., à Saint-Cyr. — Sur les moyens de colorer en rouge l’ivoire (billes de billard, etc.), voyez le recueil des Recettes et procédés utiles, lre série, page 109 et suivantes, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Calala, à Schlestadt. — Le Pyrénol n’est pas en vente en France. Toutefois vous pourriez peut-être vous le procurer en vous adressant à la Pharmacie centrale de France, 7, rue de Jouy, à Paris, ou aux fabriques de produits chimiques Menk à Darmstadt (Allemagne) ou Boyer, à Fiers (Somme, France).
- M. A. H., à Reims. — Nous avons,en effet,consacré un article à l’alcool solide par M. Flamel. Voyez n° 1390 du 13 janvier, 1900, page 110.
- M. Albert Simonnet, à Villers-Colterets. — Nettoyage des appareils en verre. Voyez Recettes et procédés utiles, 4e série, page 94, à la libraire Masson et Cio.
- M. F. B., à Chambley. — 1° Ibogaïne : adressez-vous à la Pharmacie centrale de France, 7, rue de Jouy, à Paris. —
- 2° Phonocarte. L’adresse est indiquée ci-dessus.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. X. Richard, à Castres. Nous ne pouvons examiner votre projet, mais- nous étudierions volontiers votre appareil s’il était réalisé et essayé. —
- M. J. Roche, à Montmirail. Consultez les Recettes de l’Electri-cien, par Hospitalier, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Albert Lucquedaux, à Tarbes. Voyez les Recettes et Procédés utiles, 2® et 4® séries, même librairie. —
- M. Vincent, à Pochet. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettrej reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- Appareil photographique « Le Lynx )). — Cet appareil imaginé par M. Cavalier se distingue de ious ceux du même genre par la construction du système de mise au point qui est d’une grande précision. Le mode de réunion entre l’avant et l’arrière de l’appareil permet une grande rigidité et un parallélisme absolu entre la planchette d’objectif et la glace dépolie; il arrive parfois dans les appareils de ce genre que ce parallélisme est détruit par le système de mise au point qui, en rendant la planchette d’objectif indépendante, n’assure pas une consolidation parfaite ; en outre, les crémaillères ne permettent pas un très petit déplacement, presque micrométrique, pour la mise au point rigoureuse. Encore que le plus souvent, avec les objectifs ayant une profondeur de champ suffisante, cette rigueur ne soit pas indispensable, M. Cavalier a pensé que dans bien des cas, pour la photographie à courte distance notamment, elle n’est pas mutile. La planchetle d’objectif est donc montée sur quatre leviers qui pivotent en
- Le Lynx.
- même temps d’une quantité rigoureusement égale, étant commandés tous quatre par la même vis micrométrique. Une aiguille qui se déplace sur un secteur gradué permet d’apprécier à chaque instant, à 1/10 de millimètre, quel a été le déplacement de l’objectif. En dehors de ce perfectionnement « le Lynx », qui est entièrement métallique, possède tous les avantages qui sont reconnus nécessaires pour opérer dans de bonnes conditions : il a le décentrement dans les deux sens, son viseur est établi de façon à suivre le décentrement et à donner dans tous les cas une image exacte sans avoir recours au verre dépoli.
- L’obturateur, qui est également inventé par M. Cavalier, est parfaitement compris et construit avec précision. Il donne des vitesses très variables et toujours repérables, grâce à un piston à air dont on peut régler à volonté l’échappement. — L’appareil « Le Lynx » se trouve chez M. Cavalier, 114, rue Monge, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- La loi sur la prohction de la santé publique, par Paul Strauss et Alfred Fillassier. Paris, J. Rousset, 1905 (2e édition). in-8°, 504 p. Prix : 10 francs.
- Commentaire de la loi sur la santé publique, par le Dr A.-J. Martin et Abel Bluzet. Paris, Masson, 1903, in-8°, 472, p. Prix : 7,r,50.
- La santé publique, par Henri Monod. Paris. Hachette, 1904, in-8°, 574 p. Prix : 10 francs.
- Ces trois importants ouvrages donnent le texte, les travaux
- S aratoires et les annexes (circulaires ministérielles, décrets ninistration publique, etc.) de la loi du 15 février 1902 sur la protection de la santé publique. Le commentaire des dispositions législatives adoptées, l’indication même de leurs causes sont savamment exposés. On sait quelles sont l’importance et es diflicultés d’application de cette loi. Les trois ouvrages ci-dessus sont indispensables aux médecins, géologues, chimistes et
- hygiénistes qui sont, en grand nombre, appelés à concourir à son exécution.
- L’Asie. Choix de lectures de géographie, par M. L. Lanier. Première partie : Asie russe, Turkestan, Asie ottomane, Iran. Paris, Belin Irères. I vol. in-12. Prix : 4 francs.
- L’Asie. Choix de lectures de géographie, par M. L. Lanier. Deuxième partie : Indes orientales, Indo-Chine, Empire chinois, Japon. Paris. Belin frères. 1 vol. in-12. Prix : 6fr,50-
- UAmérique. Choix de lectures de géographie, parM. L. Lanier. Paris. Belin frères. 1 vol. in-12. Prix : 4 francs.
- L’Afrique. Choix de lectures de géographie, par M. L. Lanier. Paris. Belin frères. 1 vol. in-12. Prix : 6,r,50.
- L’Europe (sans la France). Choix de lectures de géographie, par M. L. Lanier. Paris. Belin frères. 1 vol. in-12. Prix ; 6fr,50.
- Les lectures de géographie de M. L. Lanier constituent un excellent guide pour parcourir le monde de son fauteuil et donnent le désir de le parcourir en réalité. Chaque chapitre est accompagné de notes bibliographiques qui font de ces ouvrages un instrument de travail de premier ordre.
- Calcul et construction des machines dynamo-électriques, par Silvanus P. Thompson. Traduction et adaptation de l’anglais, par E, Boistkl, électricien expert près les Cours et Tribunaux,, arbitre rapporteur près le Tribunal de commerce de la Seine. Librairie Ch. Béranger. 1 vol. in-8°. Prix : 15 francs. Paris.
- L’évolution inorganique étudiée par l’analyse spectrale, par Sir Normann Loceyer. Paris. Félix Alcan 1905. 1 vol. in-S® de la bibliothèque scientifique internationale. Prix : 6 francs.
- L’année photographique 1904, par L.-P. Clerc. Paris. Ch. Mendel. 1905.1 brochure in-8°. Prix : 3 francs.
- Les oiseaux du chasseur. Leurs mœurs, leur chasse, par Albert Blass. Nouvelle série. Paris. Hachette et Cie. 1905.
- I vol. in-16. Prix : 3fr,50.
- Four électrique à marche continue pour la fabrication du verre et autres produits métallurgiques imilaires, par Maries Sauvageon, ingénieur des Arts et Manufactures, ex-directeur de la Société des verreries et glacerie d’Aniche. Paris. H. Dunod et E. Pinat, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 2,r,50.
- Determinaciôn de los minérales, par Antonio Gascô y Miramôn. Madrid. Ricardo Rojas. 1505. 1 vol. in-lt).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Cire à bouteilles liquide. — Elle s’emploie à froid, et naturellement elle contient un dissolvant qui s'évapore assez vite pour qu’elle se solidifie. On la prépare au moyen de 250 parties de gomme-laque en écailles dans 750 parties d’alcool à 96°, additionnées de 75 parties d’éther sulfurique (bien entendu, ce mélange est fort inflammable) ; il faut secouer vigoureusement pour faciliter la dissolution. On ajoute ensuite 125 parties de térébenthine épaisse, 75 parties d’acide borique, une couleur d’aniline pour donner la nuance voulue, et enfin 250 parties de stéatite finement pulvérisée. On met le mélange dans un récipient fermant hermétiquement et l’on remue toujours avant emploi.
- Une nouvelle formule pour les manchons h incandescence. — Elle est donnée (et nous lui en laissons toute responsabilité) par la publication Neue Erfindunejen und Erfahrungen. Il faut imprégner le tissu du manchon avec la préparation suivante. On fait une solution aqueuse concentrée de thorium avec de l’acide fluorhydrique, qu’on chauffe un certain temps, et à laquelle on ajoute une combinaison de cérium dissous dans de l’eau au moyen d’une substance organique, comme de l’oxalate de cérium. La formule exacte serait 59,4 gr. de «nitrate de thorium, 1 gr. d’oxalate de cérium, 0,8 d’acide fluorhydrique, 3 gr. de pyrocatechine et enfin 135 gr. d’eau. Les manchons demeureraient solides après calcination et ne perdraient rien de leur pouvoir lumineux.
- Soudut'e pour le verre. — Il s’agit d’une soudure permettant de fixer au verre le bois, le métal, etc. On obtient, parait-il, une bonne soudure de ce genre en faisant fondre de l’étain et en y ajoutant du cuivre de manière à avoir finalement, par le brassage des métaux en fusion, un alliage composé de 95 pour 100 d’étain et de 5 de cuivre; on-ajoute enfin, pour rendre la soudure plus fusible, de 1/2 à 1 pour 100 de zinc ou de plomb.
- Revêtement métallique non électrolytique. — Pour argenter
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- des objets en cuivre, en bronze, en laiton, bien les débarrasser de toute graisse, etc., et les soumettre, autant que nécessaire, au bain préparé comme suit. Faire dissoudre 10 grammes de nitrate d’argent dans 500 grammes d’eau distillée, puis séparément 55 grammes de cyanure de potassium, à 08 pour 100, dans une même quantité d’eau. On mélange les deux solutions, en brassant bien, et l’on prépare complètement le bain en le chauffant vers 90° dans un vase en agate.
- Vernis hydroftige séchant vite. — Il est recommandé par une publication spéciale, la Gummi Zeitung. On chauffe, dans un grand récipient, de l’huile de lin bouillie jusqu’à ce qu’elle émette de copieuses vapeurs ; alors on y jette peu à peu des petits mcfrceaux de caoutchouc, la quantité totale de cette substance étant à peu près le douzième en poids de l’huile. Quand tout est fondu, on laisse refroidir et l’on éclaircit avec de la térébenthine.
- BULLETIN MÉTÉOROLOQIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 août .... 15°,2 S. 1. Couvert. » Rosée ; couv. le matin ; peu nuag. l’après-midi ; beau le soir. Rosée ; peu nuag. le matin ; couvert le soir ; orage de 17 h. 55 à 21 h. 30, avec forte pluie.
- Mardi 22 14°,0 W. S. W. 2. Beau. 20,9
- Mercredi 23 13°, 0 S. W. 2. Nuageux. )» Peu nuageux.
- Jeudi 24 11U,0 S. S. E. 0. Très nuageux. » Forte rosée; nuageux; halo à 9 h.
- Vendredi 25 15°,0 S. E. 2. Nuageux. 7,5 Rosée; nuag. jusqu’à 15 li.; couv. ensuite; orage de 16 h. 10 à 19 h. 10; avec pluie.
- Samedi 26 16°,0 S. W. 3. Très nuageux. 8,6 Nuageux; orage de 14 h. 40 à 15 h. 30avec pluie.
- Dimanche 27 12°,5 S. W. 4. Couvert. 0,1 Couv. ; quelquefois des gouttes.; un peu de pluie à 18 h.
- AOUT 1905. -- SEMAINE DU LUNDI ”21 AU DIMANCHE 27 AOUT 1905.
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques fbaromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. a
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I>e temps. — Dans la semaine du 21 au 27 août, le temps a toujours été chaud et orageux. Le 21 août, des pluies sont tombées dans le Nord et le Centre du continent. En France, on a recueilli 6 mm d’eau à Besançon, 5 mm à Dunkerque, 1 mm à Lorient. Le matin, le thermomètre marquait 15° à Paris, 15° à Nantes, 18° à Lyon, 23° à Perpignan, 15° au mont Aigoual, 10° au Pic du Midi. A Paris, durant la matinée, le ciel est resté nuageux; dans l’après-midi, il s’est éclairci et la soirée a été belle. Le 22 août, une dépression a persisté sur les Iles Britanniques; le baromètre marquait 751 mm en Ecosse. La mer a été agitée dans la Manche ; des pluies orageuses ont été signalées dans l’Ouest de la France ; il est tombé 5 mm d’eau à Brest, 2 mm à Rocbefort, 1 mm à Lorient et 1 mm h Cherbourg. La température était, le matin, 14° à Paris, 15° à Besançon, 18° à Toulouse, 21° à Marseille. A Paris, le ciel s’est couvert au début de l’après-midi ; à partir de 4 heures, la pluie est tombée par intermittences. A 5” 45", un orage a éclaté sur Paris et la banlieue; des éclairs et des roulements de tonnerre ont été observés toute la soirée. On a recueilli 21 mm d’eau à Paris. Le 23 août, des pressions voisines de 765 mm sont apparues sur le golfe de Gascogne. Il est tombé 5 mm d’eau à Brest, 4 mm d’eau à Dunkerque, 5 mm à Nantes, 2 mm à Cherbourg. La température était 12° à Nantes, 13° à Paris, 17° à Lyon, 21° à Perpignan. Dans la nuit du 23 au 24 août, un orage s’est abattu sur Luchon: la pluie et le vent n’ont pas cessé, accompagnés de nombreux éclairs. Le 24 août, on a recueilli 19 mm d’eau à Toulouse, 2 mm à Lyon, 2 mm à Rochefort, 2 mm à Marseille. La température a baissé, surtout dans l'Est ; le thermomètre marquait 8° à Charleville, 11° à Paris, 13° à Lyon, 15° à Toulouse, 21° à Nice, 12° au mont Aigoual, 8° au Puy de Dôme, 6° au mont Mounier. A Paris, le ciel était nuageux le matin, mais il s’est éclairci l’après-midi. La température a fourni des minima inférieurs à 5° en plu-
- sieurs points de la banlieue Le 25 août, uu vent faible et modéré d’entre Est et Sud a soufflé sur toutes nos côtes. Des pluies sont tombées dans l’Ouest et le Centre du continent; en France, il est tombé 11 mm d’eau à Lorient, 9 mm à Dunkerque, 8 mm à Lyon, 4 mm à Nantes, 1 mm à Belfort. A Paris, à la suite d’une chaleur étouffante, un orage a éclaté vers 5 heures et s’est prolongé fort longtemps dans la nuit; d’abondantes averses sont tombées à de courts intervalles. Le même jour, un orage s’est abattu sur Epernay vers 8 heures du soir ; en une heure, toutes les rues ont été inondées et les caves remplies. L’eau descendait des vignes en entraînant tout sur son passage. Dans la nuit du 25 au 26 août, de violents orages ont éclaté sur plusieurs points du département de Saône-et-Loire. La grêle est tombée a Mâcon, Montceau, Mercurey, Buxy, Givry, et a causé des dégâts importants. Le 26 août, (les grêlons énormes et des trombes d’eau ont ravagé toutes les communes de Muret entre Narbonne et Saint-Sulpice ; on parle de 400 hectares de vignes entièrement détruits. Un cyclone a traversé le département du Cher, du Nord Ouest au Sud-Ouest, en causant des dégâts considérables dans la région de Nevers. Les pluies ont été générales en France, le 26 août, et accompagnées de manifestations orageuses ; on a recueilli 32 mm d’eau à Clermont-Ferrand, 24 mm à Biarritz, 11 ram à Lyon, 8 mm à Paris. Dans cette dernière ville, un orage a éclaté vers 3 heures, accompagné d’une pluie torrentielle, qui, avec de courtes éclaircies, a duré jusqu’à 7 heures du soir. La température a été sensiblement abaissée ; le matin, à 7 heures, le thermomètre marquait 15° à Nantes, 16° à Paris, 16° à Belfort, 18° à Biarritz, 9° au Puy de Dôme. Le 27 août, il a plu à Paris (9 mm), à Nancy (7 mm), à Cherbourg (6 mm), à Biarritz (5 mm), à Nice (4 inm). La température s’est abaissée : on notait le matin 12° à Paris, 12° à Clermont, 16° à Lyon, 5° au Puy de Dôme, 5° au mont Ventoux, 5° au mont Aigoual, 1° au Pic du Midi. Un orage a éclaté sur Vouvray et les environs, non loin de Tours ; il est tombé des grêlons, de la grosseur des œufs de pigeons, qui ont causé de grands ravages dans les vignes.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 23 à 6 h. 19 m. du matin.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1685 (9 septembre 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Observatoire météorologique du Puy-de-Dôme. — Le Journal officiel a publié récemment une loi ayant pour objet l’exécution de travaux d’agrandissement à l’Observatoire météorologique du Puy-de-Dôme. Le ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes est autorisé à engager pour ces travaux une dépense de 71 282 francs. Il est ouvert, en addition aux crédits alloués par la loi de finances du 22 avril 1905 et par des lois spéciales, un crédit extraordinaire de 55 000 francs.
- Madagascar. — M. Georges Picot, à la dernière séance de l’Académie des sciences morales et politiques, a déposé sur le bureau, de la part de l’auteur, M. le général Gallieni, gouverneur général de Madagascar, un rapport adressé au ministre des colonies. Ce document contient l’histoire de notre grande colonie malgache de 1896 à 1905. Les deux volumes, renfermant une série de rapports spéciaux à chaque service (statistiques, graphiques, cartes) constituent les archives les plus considérables qui aient jamais été publiées sur une jeune colonie.
- Maladies de la vigne. — A la dernière séance de la Société nationale d’agriculture, sous la présidence de M. Teisserenc de Bort, M. Viala a transmis une Note de M. Perraud, professeur d’agriculture à Yillefranche, sur le dépérissement des rameaux de la vigne par la gomme. L’accumulation de Ta gomme dans les vaisseaux, en gênant la circulation de l’eau et des matières minérales amenées par la sève ascendante, ralentit la nutrition et explique les phénomènes suivants : arrêt de végétation, mortification des nouvelles pousses. La gomme est la cause directe des accidents observés cette année dans les vignobles de l’Est et du Sud-Est. La production de cette substance a été provoquée par les circonstances atmosphériques défavorables à la vigne et, en particulier, par les abaissements de température subis en avril et mai. M. Viala a signalé encore une observation relative aux expériences faites par lui sur les maladies de la vigne. Depuis plusieurs années, il a inutilement essayé de cultiver en milieux artificiels, en ballons, tubes ou récipients en verre, le mildiou de la vigne. Dans les forceries de Nanterre, le mildiou n’a jamais fait son apparition, et les inoculations, faites avec toutes les conditions physiques nécessaires au parasite, n’ont pas donné de résultats dans les serres. Par contre, lorsqu’une branche de vigne de la serre pousse à l’extérieur, à travers une ventouse, les feuilles à l'air libre sont facilement attaquées ; le mildiou s’arrête, sur ce même rameau, exactement au niveau de la ventouse et ne pousse pas sur les feuilles voisines à l’intérieur. Il y a là une influence d’arrêt produite par le verre, qui n’est pas une influence seulement mécanique de protection. Cette constatation, vérifiée expérimentalement depuis plusieurs années, a conduit MM. Viala et Paeottet à faire de nouvelles études sur les parasites on milieux artificiels de culture.
- Régions polaires. — Dans les nombreuses collections rapportées par M. Borissov de son voyage à la Nouvelle-Zemble, il convient de mentionner particulièrement un billet enfermé dans une bouteille et signé par les savants autrichiens Gefer et Viltchek. Ces deux voyageurs avaient laissé cette bouteille en 1872 avec des thermomètres que M. Borissov avait retrouvés et qui marquaient les températures minima et maxima. 11 semble prouver que, dans le courant de trente ans, la plus haute température à la Nouvelle-Zemble ait été de 12° Réaumur au-dessus de zéro et la plus basse de 52° au-dessous de zéro, c’est-à-dire -f-15° et—65“ centigrades. Le comte Viltchek avait donc raison de dire que là était ce qu’il était convenu d’appeler un pôle de froid. Dans l’hémisphère boréal, disent les savants russes, il y a donc trois pôles du froid: le premier, à Yerkhoïansk, dans la province d’Iakoutsk, avec une tempé-
- rature annuelle de —17° centigrades (janvier a une moyenne de — 51°); le deuxième, le territoire de Lady Franklin Bay dans l’Amérique du Nord, avec une moyenne de —20° et où le mois de février est le plus froid de l’année (—40°); le troisième à la Nouvelle-Zemble.
- Tremblement de terre. — On a ressenti le 30 août à 5h 40 à Portsmouth (Etats-Unis) trois secousses distinctes de trembleipent de terre ; elles étaient accompagnées de sourds grondements. Il n’y a eu aucun dégât.
- Dessèchement du canal de Bourgogne. — Par suite d’une sécheresse qui s’est aggravée cette année, on annonce que le canal de Bourgogne, qui relie le bassin du Rhône à celui de la Seine, et qui met en communication la Saône et l’Yonne, ne pourra plus fournir les eaux nécessaires aux communications fluviales qu'il assurait. En décembre 4904, une première pénurie d’eau avait déterminé une interruption de services. Depuis six ou sept ans, M. Martel avait annoncé comme imminente la disparition des eaux superficielles par suite des déboisements et prévoyait la nécessité de remédier à cet état de choses par la construction de vastes réservoirs pour assurer l’alimentation des rivières et des canaux.
- Câble télégraphique. — Une entente vient d’être définitivement conclue entre l’Islande et la Compagnie des télégraphes du Nord pour l’établissement d’un câble télégraphique entre les îles Shetland, les îles Feroë et l’Islande.
- Chemins de fer dans le Sud Oranais. — La section du chemin de fer dans le Sud Oranais vient d’être achevée de Ben-Zireg à Colomb-Béchar. Cette voie ferrée, qui va permettre à la locomotive de s’avancer vers le Sud à plus ae 700 kilomètres du littoral méditerranéen, présente une grande importance au point de vue économique.
- Observatoire de Zi-Ka-wei. — L’Observatoire de Zi-Ka-weï (voir n° 1682, du 19 août 1905, page 179) vient de publier son nouveau Code de signaux pour le signalement des typhons, dépressions continentales et coups de vent. Ce nouveau code sera seul en usage à partir du 1er janvier 1906. Ce changement est rendu nécessaire par l’établissement de stations de signaux à longue distance sur la côte de Chine, et en raison de l’adoption universelle du nouveau code international. 1° Par temps calme on ne peut, de loin, discerner la couleur ou la forme des pavillons; 2° même impossibilité lorsque le vent souffle de l’observateur vers le sémaphore, ou réciproquement; 5° plusieurs des signaux de l’Observatoire avaient un sens différent dans le code international, d’où confusion ou même danger possible pour les étrangers; 4° la série de Marryat est à peu près complètement tombée en désuétude. Les figures géométriques adoptées dans le nouveau code sont exemptes de ces inconvénients. Elles ont l’avantage de la simplicité, de l’uniformité de couleur, et sont visibles de bien plus loin et dans toutes les directions. Le même système sera employé, par l’administration des Douanes impériales chinoises, à tous les sémaphores qui transmettent les avertissements. Les membres de l’Observatoire ont profité de ce remaniement pour mettre un ordre meilleur dans la liste des positions géographiques ; quelques nouveaux nurnéros rendent leur série plus précisé et plus complète; enfin UExtrême-Orient a été divisé en sections, chacune se trouvant invariablement désignée par le premier symbole de tout signal qui la concerne. En même temps les signaux de nuit seront inaugurés pour communiquer les renseignements arrivés trop tard pour être signalés de la façon ordinaire. Les signaux quotidiens (baromètre, vent à Gutzlaff, etc.) réservés exclusivement à Changnai et à Ou-song, se feront toujours à l’aide de pavillons : seulement le nouveau code international remplacera la série de Marryat. La grande édition du cqjle de Zi-Ka-wei fournit tous les renseignements nécessaires.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d'informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de Tannée.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le nouveau brûleur à gaz Georges Méker se trouve en vente chez M. Leune, 28, rue du Cardinal-Lemoiue, à Paris.
- Communications. — M. .4. Hugues, à Saint-Geniès-de-Malgoirès (Gard), nous adressse une Note récente sur L’adoption des œufs étrangers chez les Oiseaux, par Albert Hugues. Cette Note donne le résumé des recherches de l’auteur, expose 17 expériences faites de mai à juillet 1904 et donne la conclusion qui en découle d’après leur résultat collectif, joint à celui de 12 expériences de Tannée 1903. Brehm, dans son ouvrage sur Lés Oiseaux, note qu’un milan royal, dont les ailes étaient paralysées, couva dans son nid trois œufs de poule. La Revue mensuelle illustrée d’Armes, n° 154, février 1904, rapporte le cas d’éducation de poussins par la perdrix. L’auteur lui-même a vu dans une cage deux serins, variété jaune et métis de serin de Provence, qui avaient été cédés par l’oiseleur pour mâle et femelle. Le 12 avril la serine jaune pond un œuf; le 15, elle rejette un œuf, plus petit et plus grisâtre. Cet œuf pondu par elle lui avait-il paru étranger? Le 20*, elle avait pondu 7 œufs dont 6 étaient intacts: toutes les fois que la femelle quittait ses œufs, le mâle la remplaçait sur le nid. Le 0 mai, la serine couvait toujours; devant ce retard d’éclosion, les œufs sont enlevés afin que la mère ne s’épuise pas inutilement; les 6 œufs sont cassés, ils étaient clairs. Le 20 mai, le prétendu mâle, qui était une femelle, se met à pondre et sa compagne renouvelant ses propres agissements, la remplace à son tour sur les œufs. Dans ces deux cas, ces oiseaux poussés par leur instinct, ont adopté des œufs qui n’étaient pas les leurs. Suit le récit des expériences, trop longues pour être insérées ici. Le principe consiste à soustraire d’une couvée un certain nombre d’œufs en les remplaçant par des œufs d’une autre espèce ou d’une autre race. Exemples : 4e expérience. Dans un nid de chardonneret contenant 4 œufs, dont l’incubation est très avancée, on remplace le 43 mai 2 œufs du nid par deux de bruant proyer. Le 14 mai, les petits proyers éclosent et la mère, sans cesser de venir au nid poursuivre l’incubation des œufs restants, laisse mourir ces étrangers qui, putréfiés, sont rejetés par elle le 16 mai. 5e expérience. Même espèce que la précédente : on ajoute aux 4 œufs du nid, 2 œufs de bruant proyer et 2 œufs de chardonneret ; ces derniers diffèrent en tant que taille et couleur des œufs déjà contenus, le 14 mai les 4 œufs de chardonneret et ceux des proyers éclosent, mais les petits proyers périssent et disparaissent le 16 mai: les 2 chardonnerets, éclos des œufs étrangers au nid, sont adoptés et élevés. Le résultat des expériences mites en 1903 et 1904 est qu’en aucun cas, les petits éclos des œufs étrangers n’ont été adoptés; les parents rejetant ces petits intrus peu après leur naissance. Dans les expériences avec œufs de même race, l’adoption des petits est complète. D’une façon générale l’adoption des œufs étrangers est fort irrégulière, pour les espèces sur lesquelles on a expérimenté l’adoption de l’œuf était certaine dans le plus grand nombre de cas.
- Renseignements. — M. Fouquet, à Grugies. — Nous n’avons pas reçu le numéro de journal dont vous parlez.
- Jansen, à Anvers. — Pour la machine la Sténophile, adressez-vous à M. Ch. Bivort, rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris. Cette adresse a été donnée en tête de la boîte aux lettre» du n° 1661, du 25 mars 1905, où a été donnée la description de l’appareil.
- M. L. R., à Saint-Zouin. — 1° Ingénieur hydrologue pour la prospection des sources : M. Le Couppey de la Forest,
- ingénieur des améliorations agricoles, 60, rue Pierre-Charron,, à Paris. — 2° Entrepreneurs de sondages : M. Lippmann, 47, x’ue de Chabrol; MM. Boutain et Cie, 69, rue Michel-Bizot, à Paris.
- Cercle artistique et littéraire, à Bruxelles. — 1° Votre lettre est arrivée trop tard et sans adresse permettant d’y faire une réponse directe. — 2° La lune, sur le ciel, se déplace de l’ouest à Test, c’est-à-dire de droite à gauche lorsque-l’on regarde le soleil, et c’est par la droite qu’elle commence à échancrer celui-ci dans une éclipse. Donc ce sont les points de la terre situés à droite de l’observateur, c’est-à-dire à l’ouest, qui voient d’abord l’éclipse. Dans celle du 50 août, les Canadiens ont vu l’éclipse environ 2 h. 1/2 avant les Arabes. La zone de totalité commence au Labrador, passe en Espagne, Algérie, Tunisie, Tripolitaine et Arabie où elle quitte la Terre. — 3° Pour Bruxelles, voici quelles étaient les-phases de l’éclipse (en temps officiel) : 30 août 1905 :
- Premier contact.....................à I P 56,3.
- Plus grande phase...................à 15h9,6.
- Dernier contact.....................à 14h,20,7.
- Grandeur de l’éclipse, le diamètre du soleil étant un : 0,761 ; ce calcul était fait pour l’Observatoire d’Uccle.
- Dr Hense, à Bruxelles. — L’adresse de la maison Marotte* fabricant la phonocarte, a été donnée en tète de la Boîte aux lettres du dernier numéro. Nous transmettons votre lettre.
- M. G. Ginot, à Soulages. — Nous ne connaissons pas d’autre exemple dù fait dont vous parlez, qui peut d’ailleurs tenir à des circonstances très diverses, indépendantes de la structure de l’arbre ou en relation avec elles.
- M. /. Z. C., à Paris. — 1° Vous trouverez chez les marchands de couleurs des produits tout préparés permettant à-bon compte de transformer une surface quelconque en tableau noir. — 2° Nous pensons que l’emploi d’un tapis en linoléum répondrait parfaitement à votre désir.
- M. J. D., À Genève. — 1° Veuillez vous adresser à un marchand d’accessoires pour automobiles : il existe d’excellentes solutions toutes préparées. — 2° Ouvrages relatifs au caoutchouc : Le caoutchouc et la gutta-percha par Seeligmann, Lamy, Touilhon et Falconnet; Le caoutchouc au Soudan, par d’Authonay ; L’industrie du caoutchouc et de la gutta-percha T par Cliapel.
- M. H. Gabriel, à Poissy. — Nous ne possédons pas d’autres renseignements que ceux que nous vous avons déjà donnés.
- Abonné 7574-6013, à B. — 1° Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur ce sujet. — 2° Adressez-vous à la maison Pigier, 53, rue de Rivoli, à Paris qui publie un bulletin périodique de ce genre. — 3° Vous trouverez des ouvrages relatifs à ce sujet aux librairies Dunod, 49, quai des Grands-Augustins et Béranger, 15, rue des Saint-Pères, à Paris. — 4° Vous trouverez le texte de la communication de M. Lebon dans les Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences (n0-du 10 juillet 1905), publié par la librairie Gauthier-Villafs, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Henri Poirson, à Gogolin. — 1° Nous pensons que vous voulez parler du Bureau de contrôle des installations électriques, 12, rue Hippolyte Lebas, à Paris. — 2° 11 existe de nombreuses exploitations de traction sur route par des locomotives électriques reliées à un trolley par un câble souple et une prise de courant par un appareil automoteur. Vous trouverez dans la collection de La Nature plusieurs articles se rapportant à quelques-unes de ces exploitations.
- M. J. Chaîne, à Novorossiisk. — 1 ° Vous pourriez vous adresser à la Société française de pétrole, 12, rue Blanche, à Paris. — 2° Il faudrait consulter Distillation et rectification indus-trielles par Sorel, à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- MM. L. et Cie, à Paris. — Pour empêcher l'herbe de pousser dans les allées, on fait bouillir ensemble, dans 100 litres d’eau, 10 kg de chaux vive et 1 kg de soufre en poudre, on décante et on mélange une quantité de ce liquide à une égale quantité d’eau et on arrose le lieu où Ton veut empêcher l’herbe de croître.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch. Lecomte, à Corte. Nous n’avons pas reçu l’envoi que vous nous annoncez. — M. H. Vaudière, à Menton; M. Léon Renoir, à Barcelonnette. Nous ne décrivons jamais d’appareils qui n’aient été construits et essayés. Tous nos regrets. — M. Séb. Cabourdot, à Vesoul. Voyez le recueil de Recettes et procédés utiles, 3' série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. A. Hugues, à Saint-Geniès-de-Malgoirès. Remerciements pour votre communication.
- Dans la • Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettre» reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Bouchon automatique à pression. — Les hygiénistes attribuent aux principes gazeux que renferment les eaux minérales, les vins de Champagne et de Saumur, la propriété de donner du ton au système nerveux et plusieurs d’entre eux ajoutent que le gaz acide carbonique contribue à purifier le sang. Il est donc important de conserver les gaz dans les bou-
- Jioiichon automatique à pression.
- teilles, sans les laisser échapper; c’est le but du bouchon automatique à pression qui se compose d’un petit collier métallique que l’on place autour du goulot d’une bouteille. Les deux extrémités de ce collier sont réunies par une tige filetée sur Laquelle se déplace un écrou; on peut ainsi serrer à volonté le collier sur la-bouteille. Le collier à gauche porte un petit levier qui agit sur un bouchon en caoutchouc placé à la partie supérieure. Lorrque le levier est horizontal, le bouchon est relevé en l’air; lorsque au contraire le levier est abaissé, le bouchon est dans le goulot et s’y trouve maintenu sous la pression exercée. — Le bouchon automatique à pression se trouve chez M. Renaut, 45, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Lunettes sportives ù, l'usage des automobilistes et cyclistes. — M. le Dr Mirovitch, à Paris, vient d’inventer, à l’usage des automobilistes et cyclistes, un modèle spécial de
- Lunettes sportives du D' Mirovitch.
- lunettes sportives qui a fait ses preuves et a donné déjà toute satisfaction aux fervents de l’automobilisme. La figure ci-jointe donne une vue d’ensemble des principales dispositions adoptées. Dans un cercle mobile est placé un verre courbe a formant l’oculaire; autour se trouve un bourrelet en caoutchouc. On remarque également, sur le côté, des tubes d’aération avec des ouvertures libres à l’extérieur, et des ouvertures à l’intérieur, l’une servant pour la pénétration et l’autre pour le dégagement. En D se trouve le pont de nez qui réunit les deux coques et que
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- l’on peut déplacer à volonté à l’aide d’un petit curseur à vis hr en l’allongeant ou en le racourcissant par une traction exercée sur les deux bouts de la tige. Oiî lè fixera à l’écart voulu, mais l’écartement devra être suffisant pour permettre l’application du bourrelet en caoutchouc de chaque coque, sur le pourtour orbitaire, de manière que le sourcil soit complètement dégagé; chaque coque est maintenue dans l’angle formé par le sourcil et la racine du nez. Tout autour des lunettes, en F, nous trouvons encore des rubans en tissu élastique avec des petits anneaux, des crochets et des coulants. Le ruban élastique passe par-dessus les oreilles et vient s’agrafer derrière la tète ; on aura soin de ne pas trop serrer les attaches, la lunette doit être simplement appliquée, sans aucune pression ni gêne. Dès qu’une application régulière a été faite, une légère buée couvre les verres et prouve ainsi la clôture hermétique de la chambre à air de la lunette; cette buée se dissipe instantanément. Au moment d’un arrêt prolongé, il faut avoir soin de relever les lunettes sur le front. 11 serait enfin facile de remplacer les verres blancs par les verres fumés, si l’intensité de la lumière solaire l’obligeait, en utilisant les petits écrous qui fixent les porte-verres aux coquilles. L’ensemble des lunettes se rentre enfin dans un petit étui approprié. — Le dépôt général des lunettes sportives de M. le Dr Mirovitch se trouve chez M. Ed. Gahen, 3, rue Meverbeer, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Stérilisation des cuvettes à pansements.
- Il n’est plus permis, quand on panse un bobo, une plaie, d’omettre les moindres détails des règles de l’asepsie. C’est grâce à cette règle sévère des chirurgiens de nos jours que l’on doit ces succès opératoires inconnus de la génération précédente. Le plus petit détail est important, je me borne à en signaler un. Vous êtes à la campagne, loin d’un centre où vous pouvez vous procurer les instruments, les vases et cuvettes parfaitement stérilisés à l’autoclave et partant absolumentaseptiques.
- Supposez un accident d’automobile et la supposition est une réalité fréquente, il faut panser le blessé porté dans la ferme la plus proche. Vous disposez d’une provision de feuilles de sublimé ou de tout autre agent antiseptique, d’une trousse de voyage. Vous allez pouvoir préparer avec de l’eau bouillie une solution parfaitement apte à constituer un pansement.
- Mais où faire le mélange : dans une cuvette à toilette, à photographie, un bol. Naturellement, mais comment aseptiser ce récipient qui a servi à tout ce que vous voudrez et qui doit devenir idéalement propre, j’entends au point de vue asepsie.
- Oh a conseillé, dans ce but, le flambage à l’alcool : vous versez dans la cuvette un peu d’esprit-de-vin ou tout autre alcool, vous humectez toutes les parois et avec une allumette vous faites un punch. D’après ce proverbe que « le feu purifie tout » vous croyez être assuré du parfait état de votre vase. Erreur, le flambage ne détruit pas tous les microbes et ne réalise pas, l’asepsie désirable.
- Deux chirurgiens de Lyon, MM. Adenot et Perrov, ont fait sur ce point une série d’experiences bactériologiques qui leur ont permis de constater la supériorité sur le flambage des nettoyages avec des solutions fortes de sublimé ou de formol. Ils versent dans une cuvette la culture de staphylocoque doré, le microbe de la suppuration, ils en imprègnent les parois, puis font sécher le vase à l’étuve. On verse alors, dans cette cuvette ainsi souillée, des solutions de sublimé à 5 et à 10 pour 1000. Après une immersion assez courte de 15 à 20 minutes, un rinçage à l’eau bouillante, le prélèvement sur les parties contaminées avec des écouvillons stérilisés ne donnait absolument aucune culture ; les parois du vase étaient stérilisées * d’une façon complète.
- Le sublimé qu’on trouve partout permet donc de transformer un vase quelconque en un récipient absolument propre chirurgicalement parlant.
- Lavez le vase au savon ou avec des cristaux de soude, rincez à l’eau, badigeonnez toutes les parois avec un tampon d’ouate, imbibée d’une solution de sublimé à 10 pour 1000; après plusieurs badigeonnages rincez à nouveau à l’eau bouillante et vous aurez la cuvette chirurgicale demandée. L’acide nitrique, l’acide chlorhydrique rendraient le même service. Mais ne comptez pas sur le flambage à l’alcool, c’est insuffisant.
- Empoisonnement par Vencre violette.
- L’aniline a déjà, à son actif, un assez joli lot d’accidents, toxiques; empoisonnements par les teintures capillaires, par les chaussettes teintes, par les bottines passées au noir, leur nombre est respectable. Voici une nouvelle variété d’intoxica-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- tion, qui ne se renouvellera pas fréquemment, mais qui est fort instructive, parce qu’elle montre quelle faible dose de ce produit peut engendrer des accidents toxiques graves. C’est un cas signalé par le Dr Hallé, qui a eu à soigner la victime.
- Une petite fille de seize mois trouve à sa portée un petit godet plein d’encre violette ; pendant que la bonne tourne le dos, l'enfant prend le godet, avale le contenu. On s’aperçoit aussitôt de l’accident en voyant l’enfant machurée d’encre aux lèvres, à la figure et aux mains, et le godet vide, à terre. On fait cracher l’enfant, on lave la bouche. La maman arrive, parvient à faire vomir l’enfant en enfonçant le doigt dans la bouche et on se demande avec anxiété si l’enfant a bien avalé l’encre, car les matières vomies ne sont pas colorées en violet. Mais, en ajoutant de l’eau aux parties rejetées, on voit la coloration apparaître par dissolution d’un peu de sable violet.
- Chose curieuse, les accidents n’éclatèrent que deux heures après l’ingestion de l’encre ; il est à présumer que le vomissement avait débarrassé l’enfant d’une partie du poison. Les symptômes furent ceux de ces empoisonnements : dépression, pâleur, tendance à la syncope, à la cyanose. Grâce à une médication énergique, l’enfant guérit, mais sa sintê en subit une atteinte marquée. M. Hallé a pu faire l’analyse de l’encre suspecte, et il a constaté nettement qu’elle était à base d’aniline. On n’inférera pas de cet accident qu’il faille proscrire ce colorant, l’encre n’étant pas un liquide destiné à servir de boisson; mais il faudra peut-être éviter de la mettre à la disposition des enfants qui se maculent largement les doigts et pourraient, en portant les doigts à la bouche ou en cherchant à essuyer avec la langue, absorber une dose sinon toxique, au moins capable d’engendrer des malaises. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 août.... 12°,1 S. 3. Pluie. 27,2 Couv. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite ; pluie de 4 h. à 17 h.
- Mardi 29. 12°, 8 S. W. 3. Nuageux. 1,0 Très nuag. ; un peu de pluie à l^h.
- Mercredi 30 13°, 9 W. -S. W. 2. Couvert. 1,5 Très nuag. ; pluie de 1 h. à 2 h. 45.
- Jeudi 31 13°,6 N. 2. Couvert. 0,4 Couv. jusqu’à 9 h. ; nuag. ensuite ; averse à 0 h. 30.
- Vendredi l"’ septemb. U°,0 S. S. W. 0. Nuageux. » Rosée ; halo ; nuageux.
- Samedi 2 11°,2 S. S. W. 2. Pluie. 1,6 Couv. ; pluie de 5 h. 15 à 7 h. 50, et bruine de temps en temps.
- Dimanche 3 11°,9 S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. le matin ; très nuag. le soir; pluvieux à 22 h.
- AOUT-SEPTEMBRE 1905. -- SEMAINE DU LUNDI 28 AOUT AU DIMANCHE 5 SEPTEMBRE 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- f.e temps. — Le temps a été encore orageux et pluvieux dans la semaine du 28 août au 3 septembre. Le 28 août, il est tombé 27 mm d’eau à Dunkerque, 20 mm à Cherbourg, 17 mm à Nantes. A Paris, la pluie a commencé à tomber à 5 heures du matin, et n’a cessé que par interruption dans la journée. La température a baissé; elle était le matin de 12° à Paris, 15° à Lyon, 15° à Toulouse, 5° au Puy de Dôme, 4° au mont Ventoux. Dans la journée, un cyclone à dévasté les environs de Fontainebleau. Une bourrasque a également sévi, de 3 à 4 heures, sur la région de Saint-Maur et de Chàmpigny, causant de graves accidents et des dégâts importants. Le 29 août, des pluies abondantes sont tombées sur toute la France ; on a recueilli 44 mm d’eau à Limoges, 28 mm à Besançon, 27 mm à Paris, 24 mm à Charleville, 20 mm à Biarritz. La température était notablement inférieure à la normale ; le thermomètre marquait, le matin, 11° à Belfort, 13° à Paris, 13° à Toulouse, 2° au mont Ventoux. Le 30 août, un vent fort du Nord-Ouest a soufflé au pas de Calais et sur la Provence. 11 a plu à Biarritz (34 mm), à Besançon (14 mm), à Dunkerque (10 mm), à Paris (2 mm). Le 31 août, la
- pression était 765 mm à Dunkerque. Des vents assez forts du Nord soufflaient sur la Manche et le Golfe du Lion. Il a plu à Biarritz (28 mm d’eau), à Dunkerque (27 mm), à Lorient (11 mm), à charleville (5 mm). A Paris, quelques averses très légères sont tombées dans la matinée. Le thermomètre mar-uait le matin 14° à Paris, 14° à Lyon, 16” à Perpignan, 6° au Puy de Dôme, 0 au mont Aigoual, 2° au mont Mounier. Le 1" septembre, le baromètre marquait 772 mm en Bretagne. La température était 11° à Paris, 12° à Clermont, 19° à Perpignan, 8° au mont Ventoux, 6° au Puy de Dôme, 1° au Pic du Midi. Le 2 septembre, un vent a soufflé avec force de l’Ouest sur la Manche, où la mer était houleuse. Le matin, la température était 11° à Paris, 13° à Clermont, 15° à Toulouse, 5° au Puy de Dôme, 4° au mont Mounier. On a recueilli 2 mm d’eau au Havre, 1 mm d’eau à Dunkerque; à Paris, pendant toute la journée, il est tombé une petite pluie fine On a signalé la présence de la neige sur le ballon d’Alsace. Le 3 septembre, la mer était houleuse au Havre, à Marseille et à Toulon ; un vent fort d’entre Ouest et Nord a soufflé sur toutes nos côtes. Il a plu à Nancy (6 mm), à Nantes (2 mm), et au Havre (2 mm). Le thermomètre marquait le matin 13° à Belfort, 15° à Paris, 5° au mont Ventoux, 3° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 30 à 1 h. 22 m. du soir.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C'%
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d'origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1686 (16 septembre 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Le phylloxéra en Espagne. — Dans les provinces du nord •de l’Espagne, les mesures prises pour combattre le phylloxéra sont insuffisantes ou nulles. Il est à prévoir une prochaine destruction de toutes les anciennes vignes des régions vinicoles et une reconstitution partielle seulement du vignoble détruit. — Huesca. Sur 50 000 hectares, 10 000 ont déjà été détruits par le phylloxéra ; 50 000 sont plus ou moins envahis. La sécheresse de ces dernières années a beaucoup hâté la marche de la maladie qui fait de rapides progrès. — Navarre. Tous les vignobles de la province ont été envahis. Il ne reste rien ou presque rien de l’ancien vignoble (60000 hectares environ). Au début, l’on employa, pour combattre le fléau, le sulfure de carbone, mais ce système fort coûteux, ne donnant que de médiocres résultats, fut abandonné. La plupart des terrains provenant des vignobles détruits ont été replantés en céréales et les récoltes abondantes ont empêché une crise économique de se produire. — Rioja. Le phylloxéra a continué ses progrès dévastateurs dans l’importante région de Rioja, un des principaux crus espagnols; la période de sécheresse excessive de l’hiver a favorisé son développement. Tout le vignoble est attaqué. Les trois cinquièmes sont complètement détruits. Le lléau prend une avance inquiétante, car la Rioja est un pays vignoble dont beaucoup de communes n’ont d’autres ressources que la vigne, la nature et les conditions du terrain étant réfractaires à toute autre culture. — Saragosse. Sur 80 000 hectares de vignobles environ, 60000 sont entièrement envahis. — Valladolid. Depuis l’année dernière, la surface envahie a augmenté de 7 pour 100 sur l’année dernière. Aucune mesure n’a été prise pour combattre le lléau, et l’on peut, par suite, prévoir ses rapides progrès. En résumé, la situation de toute la région vinicole du nord de l’Espagne, déjà particulièrement mauvaise les années précédentes, n’a fait qu’empirer d’une m inière rapide et continue, qui permet de prévoir la destruction presque complète du vignoble et une modification absolue de la culture. A la vigne seront substitués les céréales, les légumes et les arbres fruitiers, et les provinces, jadis exportatrices, importeront du midi de l’Espagne et du littoral méditerranéen tout le vin nécessaire à leur consommation.
- Cartes postales. — Depuis le 1er septembre courant, les cartes postales illustrées portaut des communications manuscrites au recto, dans, la partie réservée à cet effet, sont admises au tarif de 10 centimes, dans les relations avec l’Allemagne et avec la Belgique.
- La traversée de Paris à la nage. — Suivant le programme organisé par le journal l'Auto, la traversée de Paris à la nage, du Pont National au viaduc d’Auteuil, a eu lieu le 10 septembre. MM. Paulus, Burgess, Holbein et miss Kellermann ont effectué le trajet avec succès, le premier en 3h 29m 28’ et le quatrième en 4h 58“ ; ils ont été vivement félicités par le Jury et le public.
- Un typhon à Haïphong. — Le 4 septembre, un typhon s’est abattu au sud d’Haïphonget sur une partie du bas delta duTonkin. Les ravages ont été considérables; de nombreux équipages annamites de jonques et de sampans se sont noyés.
- Ëboulement de la falaise de la Hève. — Le 7 septembre, avant 8 heures, il s’est produit un fort éboulement de falaise, au phare de la Hcve, près de Sainte-Adresse, au Havre. Deux affaissements successifs ont eu lieu sur une longueur de 250 mètres environ. Le volume des matériaux éboulés peut être estimé, paraît-il, à 700000 mètres cubes. On croit que trois personnes ont péri.
- Tremblements de terre. — Le 8 septembre, à lh57m35*, le sismographe Kilian Paulin, à Grenoble, a enregistré une secousse sismique qui avait la direction Sud-Est. Le 8 septembre également,
- à Catanzaro, en Italie, à 2h55“ du matin, il s’est produit un violent tremblement de terre qui a duré 18 secondes. De terribles dégâts ont eu lieu à Monteleone et à Pizzo, en Calabre. Des secousses violentes ont aussi été ressenties à la même heure, à Messine et à Reggio-de-Calabre et dans un grand nombre d’autres villes.
- Lancement d’un croiseur cuirassé. — Le 31 août 1905, à Lorient, en présence du vice-amiral Melchior, préfet maritime, a été lancé le croiseur cuirassé de lrc classe Jules Michelet. Ce croiseur comprend les derniers perfectionnements et a coûté 30 millions de francs. Pour la défense, ses caractéristiques sont les suivantes : 1° ceinture allant de 1“,40 sous l’eau à 2m,30 au-dessus et ayant de 170 mm à 90 mm; 2° sur 37 mètres à partir de l’avant et 5“,2 au-dessus de l’eau, cuirasse légère de 56 mm dont les extrémités sont réunies par une traverse de 120 mm; 3° pont blindé supérieur de 20 mm à 34 mm et inférieur de 65 mm à 45 mm, ces deux ponts formant caisson avec la ceinture; 4° protection des 194 millimètres: 200 mm, et 140mm pour les 164,7 millimètres, toutes les plaques sont harveyées. Pour l’attaque, il est muni de : 1° quatre canons à tir rapide 194 mm, deux dans chaque tourelle d’extrémité ; 2° douze canons 165 mm, six dans les tourelles du pont et six dans les casemates de l’étage inférieur; vingt-quatre canons 47 mm, quatorze dans la batterie couverte en trois sections de chaque bord, quatre sur le château arrière, deux sur le château avant et quatre dans les hunes; 4° cinq tubes lance-torpilles, dont deux sous-marins et trois à l’avant derrière la cuirasse mince. La longueur est de 157 mètres, la largeur de 22 mètres, le tirant d’eau de 8,2 mètres, le déplacement d’eau de 12 570 tonnes. La machinerie comprend 3 machines de 29000 chevaux; la vitesse sera de 22 nœuds.
- Navires à turbines. — Les Etats-Unis ont fait appel récemment aux divers chantiers de construction pour les plans de 3 croiseurs de 3750 tonnes ; parmi les maisons soumissionnant, il n’en est pour ainsi dire pas une qui n’ait proposé l’emploi des turbines pour la machinerie propulsive.
- Détériorations électrolytiques des conduites d’eau et de gaz. — Les villes d’Allemagne ont eu également l’occasion de constater des détériorations électrolytiques des conduites d’eau et de gaz. A la Société électrotechnique de Carlsruhc, M. Teichmüller faisait connaître dernièrement que sur 113 villes ayant répondu aux questions qui leur avaient été adressées 15 avaient constaté des détériorations. On comptait en tout 44 cas spécifiés en dehors d’une grande quantité de détériorations survenues à Hambourg et à Erfurt. A Dessau et à Berlin, les détériorations électrolytiques étaient dues à des défauts dans les réseaux de distribution. On doit conclure que les dégradations n’apparaissent qu’après plusieurs années; à Dresde, Koenisberg, Essen, les dégâts n’ont été constatés qu’après un délai de quatre à huit ans après la construction des lignes de tramways. Ce n’est en effet que par accident que ces détériorations peuvent être attribuées aux réseaux de distribution ; il suffit de signaler le cas pour qu’il y soit remédié aussitôt. Il importe, au contraire, de vérifier avec soin l’établissement des lignes de retour des tramways, des joints des rails et surtout d’exercer sur ces points une surveillance continue.
- Courrier automobile. — Le record de la vitesse réalisée pratiquement en service continu paraît appartenir à l'un de nos confrères de la Presse quotidienne, le New-York Herald. Ce journal a, en effet, organisé un service de transport rapide entre Paris et Trouville, pour arriver à gagner du temps dans la distribution du journal de cette dernière ville. La distance est de 210 kilomètres environ, le service est assuré par une automobile qui, tous les jours, la parcourt en deux heures, la distribution du New-York Herald peut être commencée à 6h 15 du matin, sauf accident. Mais qui donc prétendait qu’on ne ferait plus de courses sur route, l’Administration les ayant définitivement supprimées?
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Raoul Loppens, à Nieuport (Belgique), nous adresse la communication suivante : « Pour observer le soleil on se sert ordinairement de verres noirs spéciaux, qui coûtent assez chers. On conseille bien les verres enfumés, mais il est d’abord difficile de les fumer régulièrement sur toute la surface, et puis, on les manie assez difficilement parce que la couche de fumée s’enlève très facilement, sauf quand on les couvre d’un verre blanc ordinaire. Un moyen simple pour préparer des verres noirs, c’est d’impressionner une plaque photographique 9 x 12, de façon qu’au développement on obtienne une couche noire régulière et assez intense. Quand la couche de gélatine est bien sèche, on coupe le verre longitudinalement, ce qui donne deux morceaux de 9 X 4,5 ; on applique ces deux morceaux gélatine contre gélatine, on colle des bandes de papier noir sur les bords, et on possède un excellent verre noir pour observer le soleil, les taches à l’œil nu et les éclipses. En tenant le verre devant les oculaires d’une simple jumelle de théâtre, on peut souvent voir des taches qui ne sont pas visibles à l’œil nu. Une bonne jumelle marine donne de très bons résultats. Plusieurs personnes négligent des observations faciles de bien des phénomènes de la nature, croyant qu’il faut avoir à sa disposition des appareils coûteux et encombrants : c’est là une erreur. Il est évident que pour pouvoir étudier sérieusement les grandes taches, il faut une lunette grossissant au moins une centaine de fois; cela n’empêche pas qu’un simple amateur, admirateur de la nature, pourra déjà se procurer bien des joies en faisant de l’astronomie avec une simple jumelle ».
- M. H. Imgold, inspecteur des Eaux et Forêts, à Fraize (Vosges), nous écrit ce qui suit à propos du « Tunnel au temps des Hébreux » (n° 1684, 2 sept. 1905, p. 215) : « Perrot et Chipiez, dans P Histoire de l'art dans l’antiquité, n’ont pas manqué de signaler le creusement du tunnel d’Ezéchiaz, la régularité de sa pente et la défectuosité de son alignement. Au premier abord il y a là une véritable anomalie, car rien n’était plus facile que d’obtenir un alignement au moins approximatif entre la prise d’eau à la Source de Marie et l’emplacement du réservoir de Siloam, puis de le suivre souterrainement au moyen de flambeaux alignés. Les Hébreux du temps d’Ezéchiaz connaissaient le cadran solaire, puisque les Ecritures en font mention, en l’attribuant à Achaz, prédécesseur d Ezéchiaz sur le trône de Juda. Or, la construction d’un cadran solaire exige des connaissances géométriques bien plus étendues que le tracé d’un alignement, entre deux points séparés par un obstacle, qui empêche la vue directe de l’un sur l’autre, problème bien facile. En second lieu, les ingénieurs d’Ezéchiaz ignoraient au début des travaux le développement total que devait avoir leur galerie, comment donc auraient-ils pu calculer la pente à donner au radier, en admettant même qu’ils connussent la différence de niveau entre le captage et le point d’émergence, problème incontestablement plus difficile à résoudre qu’un simple alignement? Ces anomalies disparaissent si nous supposons que les ingénieurs d’Ezéchias étaient des hydrologues très experts : n’auraient-ils pas remarqué que lorsque la Source de Marie donnait beaucoup d’eau, il en était de même pour une petite source émergeant à l’emplacement où actuellement se trouve le réservoir de Siloam? Détournant ensuite de son bassin naturel toute l’eau de la source de Marie, ils auraient reconnu que le filet d’eau de Siloam tarissait bientôt. La conclusion forcée était qu’une communication naturelle existait entre ces deux points et nos hydrologues se seraient contentés de suivre en amont et en aval le canal souterrain, en l’élargissant de
- façon à lui permettre d’absorber toute l’eau de la source de Marie. Avec cette hypothèse, la sinuosité de la galerie, la régularité de la pente, la rencontre des travailleurs s’expliquent fort bien, surtout si le tunnel est creusé en terrain calcaire. Quant aux tronçons soi-disant abandonnés, il est possible qu’autrefois ils aient servi de drains pour recueillir des filets d’eau autres que ceux provenant de la source de Marie. Quoi qu’il en soit, il serait extrêmement intéressant de posséder un plan exact de ce tunnel d’Ezéchiaz avec indication des tronçons, des cotes et de la nature géologique du terrain. Les renseignements seuls permettraient de juger la valeur de notre hypothèse. »
- M. Isidore Maranne, à Lavigerie (Cantal); M. R. Ledoux, à Saint-Enogat, près Dinard nous envoient quelques observations relatives à l’éclipse partielle de soleil le 50 août 1905.
- M. Rag. A. Tivoli, à Venise, nous fait parvenir trois photographies relatives à l’éclipse du 50 août. Il a photographié la. projection du soleil à travers le feuillage d’un.arbre; ainsi on voit, dans la première photographie, la projection du soleil dans, sa forme normale (avant le phénomène). Dans la deuxième photographie, on voit la première phase, c’est-à-dire la faucille du soleil, comme elle se présentait à Venise, à lh30mde l’après-midi. Dans la troisième photographie, on aperçoit la faucille pendant la phase maxima, quand elle était vers le zénith. Dans la photographie de la projection, elle est naturellement renversée.
- M. L. Malécot, à Paris, nous envoie une brochure qu’il vient de faire publier et qui a pour titre : L’aviation et l’aé-rostation appliquées à la navigation aérienne.
- Renseignements. — M. le vicomte de Charanceij, à Nau-vay (Sarthe). — il faudrait essayer un masque qui arrêterait les poussières; voyez les respirateurs du Dr Détourbe, chez MM. Goulart et Cie, 35, rue de la Hoquette, à Paris.
- M. L. G., à Paris. — Nous ne connaissons pas la machine demandée; dans le n° 1685, du 9 septembre 1905, p. 240, à la fin de notre article sur l’huile de palme, nous avons réclamé cette même machine. Nous vous renseignerons ultérieurement_ Abonné A. L., à C. (Ardennes). — II n’v a pas de moyen spécial; il faut seulement éviter de contaminer l’eau.
- M. G. E. R., h X. — Le sujet ne nous paraît pas rentrer dans le cadre de notre revue.
- M. E. L. M., à Paris. — Essayez de la poudre de pyrèthre-de bonne qualité.
- M. G. Pastor, à Eltville. — Nous avons lu l’article que vous-nous avez envoyé et dont nous vous remercions. Graham Bell a toujours été considéré comme l’inventeur du téléphone, et nous avons publié, en 1878, plusieurs articles sur 1’ « Histoire du téléphone racontée par son auteur ».
- M. S. Chappuis, à Paris. — 1° 11 existe une série de traités sur le magnétisme et l’électrômagnétisme et sur leurs applications dans la construction des machines électriques et des moteurs. Vous pourrez consulter avec fruit les catalogues des-librairies : Vve Dunod, 49, quai des Grands-Augustins; Bérenger, 15, rue des Saints-Pères; B. Tignol, 55, quai des Grands-Augustins, et Desforges, 39, même quai. — 2° Nous n’avons pas publié d’article spécial à ce sujet. — 5° Nous ne pouvons-faire cette demande.
- M. Durand-Savoyat, à Pertuis. — Nous vous avons fait envoyer le paquet de Maïsine que vous nous avez demandé.
- M. C. G. Zissu, à Galatz. — L adresse de la Phonocarte-a été donnée en tête de la Roîte aux lettres du n° 1684 du 2 septembre 1905.
- M. Gonzalo del Campo, à Gijon. — Automobiles électriques r M. Krieger, 48, rue La Boétie; L’électrique Gallia, 17, rue Jean-Goujon; MM. Darracq et Cie, 100, avenue des Champs-Elysées; M. E. Brillié, 19, rue Auber, à Paris.
- M. F. Andreu, à Zurich. — Nous n’avons pu trouver sur ce sujet que des volumes de l’Encyclopédie Horet, ayant pour titre : Tanneur, corroyeur et hongroyeur, par Maigne, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- L’abonné 7311-5613, à Lyon. — Nous croyons que l’amiante doit être utilisée dans la fabrication des manchons; mais nous ne pouvons vous donner à ce sujet aucun renseignement.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. R., à Lille. Vos expériences sont incomplètes; il était nécessaire de noter également la température. — M. D. L., à Nice. Cet appareil n’a pas encore été construit; il ne se trouve pas dans le commerce. — M. G. M., à Paris; M. Brebion, à Orléans. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Durent, à Périgueux. Voyez le même petit livre, 4e série, à la même librairie. — M. P. Glerbout, à Paris; M. R. L., à Toulouse. Remerciements pour vos communications.
- Üans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sonl{signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes• les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettrea reçues avant\le samedi qui précède la date de la livraison
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- PETITES INTENTIONS1
- Appareil qnadrilleur pour le dessin de paysage.
- — Comme l’indique la figure, cet appareil se compose d’une vitre transparente, sur laquelle sont tracés des carrés d’une dimension quelconque, et d’une tige à longueur réglable terminée par un anneau : cet anneau joue le rôle d’oculaire. Suivant la distance à laquelle l’oculaire se trouve de la vitre quadrillée, l’observateur embrasse dans le cadre de celte vitre une portion plus ou moins grande du paysage ou de l’objet qu’il
- Appareil quadrilleur pour le dessin.
- regarde. Dès lors, s’il dessine, sur une feuille de papier préalablement couverte de carrés d’une dimension déterminée, dans chaque carré de la feuille, ce qu’il voit dans chaque carré de la vitre, il obtiendra un dessin parfaitement fidèle et à telle échelle qu’il lui plaira, cette échelle résultant en effet à la fois de la distance de l’oculaire à la vitre et de la dimension des carrés tracés sur la feuille. Cet appareil est parfaitement compris pour la mise en place précise, rapide et documentaire, d’un site ou d’un monument quelconque. La figure 1 indique comment il doit être monté. — L’appareil quadrilleur se trouve chez M. P. Berville, 25, rue de la Chaussée d’Antin, à Pari;..
- Double flûte Eu Fauvette. — Le jouet que nous reproduisons cUdçssous est plutôt un instrument de musique; son invention est due à M. A. Kranz, premier prix de flûte, au Conservatoire de musique de Paris. 11 consiste en deux flûtes parallèles convenablement réunies avec des clefs permettant de boucher à volonté telles ou telles ouvertures. Ce sont l’index, le médium et l’annulaire de la main droite et de la main gauche qui font manœuvrer les clefs. Les avantages de cet appareil sont les suivants ; avec le même doigté, qui est celui de la
- qu’une seule note, on en produit deux avec un seul et même doigté. Le système d’assemblage ne comporte qu’une seule vis pour maintenir le porte-clefs, qu’on peut enlever facilement afin de nettoyer l’appareil. On a composé une série de morceaux pour la double flûte. — Pour la double flûte, s’adresser à M. Etienne Guillemaud, 7, rue Taylor, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Objectifs photographiques « quartz » et « apoquartz ».
- A propos de notre article sur la lampe électrique de M. Iléraéus, dont le grand pouvoir photogénique est dû à l’emploi du verre de quartz qui se laisse facilement traverser par les rayons chimiques, alors que tous les autres verres-les arrêtent en grande partie, un de nos lecteurs nous demande pourquoi on ne fait pas d’objectifs photographiques en verre de quartz; on gagnerait ainsi, nous dit-il, en rapidité sur tous les autres objectifs connus. Cela est très vrai si on pouvait, avec le verre de quartz, donner à l’objectif la même ouverture relative qu’au même type d’objectif construit avec les autres verres; mais le quartz présente la particularité bien connue de la double ré-, fraction que, malgré toutes les précautions prises, on ne peut éviter complètement dans la pratique qu’en réduisant l’ouverture utile. 11 en résulte que les avantages que donne le quartz, au point de vue de sa perméabilité pour les rayons chimiques, sont, de cette façon, en partie compensés par la diminution de lumière.
- Cependant vin ingénieur spécialiste en la matière, qui est en même temps un savant, M. E. Morin, directeur de la grande fabrique d’optique de Ligny-en-Barrois, a calculé et réalisé des objectifs symétriques à quatre et à six lentilles, dans lesquels entre le quartz. Ils ne peuvent avoir plus de F/15 comme ouverture utile, mais donnent quand même l'instantané à l’ombre par temps clair. La rapidité de ces anastigmats, malgré leur faible ouverture relative, provient de ce qu’ils sont formés de lentilles très minces, ce qui évite les pertes de lumière par absorption, et, en outre, de la perméabilité particulière du quartz aux rayons chimiques. 11 y a aussi avantage à employer le quartz à d’autres points de vue : il est peu hygroscopique e t la buée formée sur les lentilles, par suite de l’humidité de l’air et d’une différence de température, se dissipe facilement et ne laisse aucune trace; la dureté est très grande et les rayures ne se produisent pas, même après de fréquents essuyages; enfin le cristal de roche est d’une pureté et d’une transparence proverbiales, de sorte que les objectifs n’ont ni bulle, ni stries, ni autres défauts dans l’intérieur des lentilles.
- Les clichés 13x18 que nous avons pu examiner ne présentent aucune trace de double réfraction.
- En somme on voit que les avantages qu’on peut retirer de l’emploi du quartz pour la construction d’objectifs, photographiques ne sont pas très considérables et ne sont peut-être pas en rapport avec la dilficuïté que présente cette construction.
- Aussi M. Morin, tout en continuant à faire ce type sur demande spéciale, a-t-il été amené à utiliser ses calculs pour créer un type d’anastigmat dans lequel il supprime le quartz (d’où objectifs « apoquartz ») et augmente considérablement l’ouverture utile. Les corrections des diverses aberrations sont très bien faites et avec une ouverture de F/7,5 on obtient une image circulaire, absolument nette, de diamètre au moins égal à la distance focale de l’objectif. G. M.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Double flûte « La Fauvette ». — 1. Les deux flûtes réunies.
- 2. Les clefs. — 3. Ensemble de l’appareil.
- flûte à six trous, du fifre, on peut jouer indistinctement sur l’une ou l’autre flûte et obtenir, avec tous les tons de la gamme, cinq effets différents qui sont ; la, fa dièse, fa dièse-la (tierce), la-fa dièse (sixte) et fa dièse-la (dixième). Pour produire ces cinq effets, le doigté est resté le même, chaque clef a bouché à la fois, sur chacune des flûtes, les trous correspondants. La justesse, la sonorité, l’étendue de l’instrument font que, joué en solo, il peut être comparé à une petite flûte, mais on peut jouer un air en solo, en duo, a la tierce, à la sixte ou à la dixième, avec le même doigté. Pour produire deux sons à la fois sur tout autre instrument, il faut lire deux notes et employer deux doigtés différents; avec la double flûte, on ne lit
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Traitement du Coryza.
- Le coryza est une maladie de toutes saisons, plus fréquente peut-être au printemps qu’en hiver, surtout aux printemps dont nous jouissons, qui sont froids, maussades, avec des sautes de températures brusques et inopinées, temps malsains s’il en fût et où l’on s’enrhume d’autant plus facilement qu’on est trop ou pas assez vêtu, que les appartements ne sont plus chauffés. Le vieux proverbe « en avril ne quitte pas un fil », n’a jamais été d’une application plus exacte que depuis quelqües années.
- Le traitement du coryza que nous fait connaître le Dr Henle de Breslau, après l’avoir expérimenté sur lui-même, n’est pas tout ce qu’il y a de plus simple ; mais comme il est, paraît-il, des plus efficaces, je le signale pour les enchifrenés et enrhumés qui auront l’envie de l’essayer.
- C’est une application du procédé, bien connu des chirurgiens, de la stase veineuse. Bicr qui le préconisa le premier
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- produit cette stase et cette régurgitation 'du sang par la con-striction des tissus, le plus généralement sur les membres où l’application est des plus aisées, cette constriction arrête ou refoule le sang veineux et l’hyperémie produite par cet arrêt de la circulation favorise à un degré étonnant la résolution des inflammations qui ne sont pas encore trop avancées.
- llenle pensa que l’hyperémie veineuse ferait avorter le rhume de cerveau. Il appliqua alors autour du cou une bande élastique de caoutchouc modérément serrée mais qui suffisait à congestionner la tète. Ce lien resta en place une grande demi-heure et, au fur et à mesure que se produisait la stase veinéuse, les phénomènes désagréables du coryza, picotements, chatouille-
- ments, envies d’éternuer, sécrétions, tous s’atténuaient progressivement pour disparaître complètement pendant deux ou trois heures. Après ce laps de temps, le chatouillement revenant on remit la bande, mais alors pendant plus de deux heures. Cette fois le coryza fut vaincu et il ne subsista que la sensation terminale du rhume de cerveau, sécheresse du nez avec quelques croûtes, produit des sécrétions desséchées.
- L’application de la bande est assez délicate, car il ne faut pas dépasser une pression de 25 à 30 millimètres et exercer une constriction trop forte. Henle conseille de se servir, au lieu d’une bande élastique, d’un tube creux en caoutchouc qui permet de régler plus exactement le degré de compression.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OUSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 septembre . 16°,6 N. NV. 2. Très nuageux. » Rosée ; très nuageux.
- Mardi 5 . . 15°, 0 S. S. E. 1. Couvert. 0,0 Rosée ; brouill. ; très nuag. ; quelques coups de tonn. à 13 h. 30; gouttes à 14 h. 40.
- Mercredi 6 18°,1 S. S. E. 2. Couvert. 0,8 Petite pi. à 5 h. ; très nuag. ; tonn. de 16 h. 5 à 16 h. 15 orage de 19h. à 19 1). 40 au S. ; pl. de 19 h. 20 à 40.
- Jeudi 7 17”,8 S. 2. Nuageux. 6,5 Très nuag. ; pluie de 14 h. 5 à 18 h. 30; tonnerre de 14 h. 10 à 14 li. 42 à l’E.
- Vendredi 8 13°,2 S. S. NV. 2. Nuageux. » Nuag. le matin ; peu nuag. le soir.
- Samedi 9 12°,0 S. 2. Peu nuageux. 0,0 Rosée; très nuag. ; halo à 9 h.
- Dimanche 10 18°, 5 S. NV. 4. Couvert. 19,6 Couv. ; pluie de 2 h. 45 à 4 h. 30 et à prrt’r de 16 h.
- SEPTEMBRE 1905. - SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 SEPTEMBRE 1905.
- Lundi
- La courbe supérieure indique La nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- te temps. — Le temps s’est encore maintenu toujours orageux et pluvieux dans la semaine du4 au 10 septembre. Le 4 septembre, la pression barométrique était élevée à l’Ouest de l’Europe ; elle atteignait 770 mm à Biarritz. On a recueilli i mm d’eau à Belfort, Besançon, Limoges; il est tombé quelques légères averses à Paris dans la matinée. Le thermomètre marquait le matin 15° à Nantes, 17° à Paris, 17° à Clermont, 8° au mont Aigoual, 5° au Pic du Midi. La température moyenne de la journée, à Paris, a été de 17°,9. Le 5 septembre, il y a eu une baisse barométrique de 8 mm en Irlande et de 6 mm en Bretagne. Le vent a tourné au Sud sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. En France, on n’a signalé que de faibles ondées dans le Nord-Ouest. La température était 15” à Paris, 15° à Toulouse, 20° à Nice, 16° au Puy de Dôme, 13° au mont Ventoux. A Paris, la pression barométrique est descendue lentement; à midi, elle était de 764,5 mm. Le 6 septembre, le baromètre marquait 750 mm en Ecosse, et 754 mm à l’entrée de la Manche. La température était 18° à Paris, 18° à Clermont, 22° à Nice, 17° au Puy de Dôme, 9° au mont Aigoual, 6° au Pic du Midi. A Paris, une faible averse est tombée le malin vers 6 heures; dans la journée on a également signalé de légères averses. Le 7 septembre, une profonde dépression barométrique a eu lieu aux Iles Britanniques ; le baromètre a marqué 736 mm dans le Nord de l’Irlande, la mer a été houleuse et agitée sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Des pluies sont tombées en France, à Cherbourg (10 mm), à Lorient (3 mm), à Boulogne (4 mm). Des orages ont
- éclaté à Nancy. A Paris, il est tombé une violente averse le matin à 11‘30; la pluie a ensuite repris pour tomber sans discontinuer de 2 heures a 7 heures du soir. On a recueilli des hauteurs d’eau voisines de 20 mm vers le Centre de la Ville, de 15 mm à l’Ouest, et de 10 mm à l’Est. A 2 heures, le vent, soufflant de l’Ouest-Nord-Ouest, atteignait à la tour Saint-Jacques une vitesse maxima de 17 mètres par seconde. Un cyclone a sévi, dans l’après-midi, dans la région de Bar-le-Duc ; l’église de Chaillon, aux environs de Saint-Mihiel, a été détruite par la foudre ainsi qu’une autre maison voisine. Le thermomètre marquait le matin 18° à Paris, 20° à Toulouse, 23° à Biarritz, 14° au Puy de Dôme, 101 au mont Aigoual, 6® au Pic du Midi. On a noté à Paris, pour la journée, un maximum de 19”, alors que le 6 septembre, on avait observé 28°. Le 8 septembre, le baromètre marquait 739 mm au Nord de l’Ecosse, et 7t 5 mm à Biarritz. On a signalé des pluies dans toutes les régions en France, sauf dans le Sud ; on notait 25 mm d’eau à Clermont, 16 mm à Nancy, 12 mm à Lorient. La température s’est abaissée; elle était le matin 13° à Paris, 15° à Bordeaux, 21° à Marseille, 5° au mont Mounier. Le 9 septembre, la mer a été très houleuse sur les côtes de la Manche où un vent fort du Sud-Ouest n’a cessé de souffler II est encore tombé de l’eau à Lyon (23 mm), à Besançon (16 mm), à Cherbourg, à Dunkerque, à Lorient ; il a plu à Paris à 11 heures, à 5 heures et dans la soirée. La température était le matin 10° à Clermont, 12° à Paris, 13° à Toulouse. Le 10 septembre, des mauvais temps ont régné sur la France ; la pluie est tombée à Paris sans discontinuer toute la journée. On a recueilli 32 mm d’eau à Brest, 10 mm à Cherbourg, 10 mm à Lorient. La température était 18° à Paris, 18° à Nantes.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 6 à 4 h. 18 m. du m; Un.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de a ha Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à Vobligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1687 (23 septembre 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Catastrophe à l’Himalaya. — Une avalanche survenue récemment dans l’Himalaya a surpris l’expédition composée du Dr Jacot-Guillarmod, de M. A. Crowley, de M. Alexis Pache et de M. Ch. Reymond, qui avait quitté Darjeeling, dans les premiers jours du mois d’août, pour tenter l’ascension du Kantchindjinga, à la hauteur •de 8585 mètres, dans l’Himalaya oriental, à la frontière du Sikkim, du Népaul et du Thibet. Ils étaient parvenus à 7000 mètres; mais la neige des sommets s’était amollie et une avalanche entraîna M. Pacne et trois indigènes qui ont péri.
- Le Congrès préhistorique de France aura lieu à Périgueux •et aux environs, uu mardi 26 septembre au dimanche 1er octobre 1905, sous la présidence d’honneur de M. Dujardin-Beaumetz, sous-secré-faire d’Etat aux Beaux-Arts et la présidence de M. Emile Rivière. Des excursions auront lieu à Brantôme, Bourdeilles, Chancelade, aux Eyzies-de-Tayac (grottes à gravures et à peintures), au Moustier, à la Madeleine, etc.
- Congrès. — Un Congrès pour la culture et l’extension du français a eu lieu à Liège dans la semaine du 10 au 17 septembre. La première séance était présidée par M. Paul Meyer, de l’Institut, assisté de M. Gauthier, délégué du ministre français de l’instruction publique.
- Accident au Métropolitain de New-York. — Un terrible accident s’est produit le 11 septembre sur la ligne du chemin de fer métropolitain aérien, dans la 53e rue, 9e avenue, à New-York. Un wagon bondé de voyageurs a été précipité dans la rue; on compte une vingtaine de morts et 30 blessés. Le chemin de fer avait une vitesse de 45 kilomètres à l’heure. On croit que les aiguilles étaient restées ouvertes pour faire tourner le train à la bifurcation de la rue; le premier wagon bifurqua, mais l’aiguille se ferma tout à coup, et le deuxième wagon fut lancé le long de la voie de la 9e avenue.
- Tremblements de terre. — De nouveaux tremblements de terre ont eu lieu en Italie le 13, le 14 et le 15 septembre à Co-senza, à Messine, Reggio-de-Calabre, Mineo et à Bisignano, et ont encore causé de nouveaux dégâts. Le 13 septembre également, à lh 30m du matin, à Innsbruck (Tyrol, Autriche), une forte secousse de tremblement de terre a été ressentie dans la direction du Sud au Nord. Le 16 septembre ont encore eu lieu, dans la région de l’Arl-berg, une première secousse à 4h5ra du matin et une deuxième à 4h 37m.
- Floraison des marronniers. — On a pu remarquer dernièrement que les marronniers, aux Champs-Elysées et sur le Cours-la-Reine à Paris, présentaient une nouvelle floraison, et étaient couverts de feuilles d’un vert tendre. On sait que les marronniers peuvent se dépouiller de leurs feuilles plus tôt ou plus tard selon qu’ils se trouvent près d’un sol dur, macadamisé, qui subit la réverbération du soleil, ou dans un terrain mou, au milieu de pelouses. U n automne humide et doux peut également provoquer une seconde poussée des arbres et même une seconde floraison.
- Situation vinicole. — Les vendanges sont bien avancées dans le Midi et l’Algérie, d’après la Note que publie le Moniteur vinicole. Les conditions sont très satisfaisantes dans le Beaujolais-Mâ-eonnais, la Bourgogne et l’Auvergne, ainsi que dans le Poitou, la Dordogne, le Bordelais, la Gascogne et l’Armagnâc. Dans les Cha-rentes, on se plaint de la persistance de l’oïdium; l’Ile-de-France, la Champagne, la Lorraine, et la Basse-Bourgogne ont été très éprouvées par les maladies cryptogamiques.
- Éruption volcanique. — On annonce qu’une éruption volcanique s’est produite sur l’île de Sahari, la plus grande du groupe <Les îles Samoa, et que l’éruption a provoqué des soulèvements au sol considérables.
- Le télégraphe d’Alger à Tombouctou. — Depuis l’année dernière, l’établissement d’une ligne télégraphique était décidé d’Alger à Tombouctou, sur une distance de près de 4000 kilomètres. Le route a été reconnue entre les points extrêmes par un détachement des oasis sahariennes, commandé par le lieutenant-colonel Laperrine, et M. Etiennot, inspecteur des postes et télégraphes, a procédé à une étude définitive en vue de l’installation de la ligne. Une demande de crédit de 2 millions sera déposée à la rentrée des Chambres, et l’on peut espérer qu’à la fin de l’année prochaine le télégraphe sera complètement installé.
- Découvertes ethnographiques. — L’exploratenr Seton liarr a découvert, dans le désert du Fayoum, des preuves que jadis l’emplacement du vieux lac Kouroun était occupé par toute une série de petites oasis. Il a mis à jour dans la région, parallèlement au lac, un grand nombre d’objets et d’ustensiles appartenant à la période néolithique.
- Archéologie. — On démolit, en ce moment, au coin de la rue Hautefeuille et de la rue Serpente, un des plus célèbres hôtels des xvie et xviie siècles, 1 hôtel des ducs de Montmorency. Les terrassiers ont mis au jour de curieux souterrains qui avaient gardé à travers les temps leur configuration primitive. Un des derniers hôtes du célèbre hôtel — depuis longtemps délabré — avait été le duc de Montmorency, précisément celui qui, sous le règne de Henri II, était maréchal de France et connétable et se révolta avec Gaston d’Orléans contre Richelieu qui le fit décapiter en 1632.
- — Une trè3 importante découverte vient d’être faite dans les catacombes romaines. On a retrouvé le cimetière de Commodille, sur la voie Ostienne, abandonné depuis le ixe siècle. Ce cimetière était resté oublié jusqu’en 1720, où on découvrit par hasard une grande chambre souterraine qui fut de nouveau recouverte par un éboulement. A la suite de recherches très actives, on vient de découvrir une vaste région souterraine contenant des peintures, des mosaïques et de nombreuses inscriptions.
- Nouvelle rotonde pour les fauves au Jardin des Plantes.
- — M. IHavette, architecte du Muséum, vient d’établir un projet de grande rotonde pour les fauves. Cette rotonde, destinée à remplacer l’antique et incommode pavillon qui existe actuellement, occuperait tout le coin du jardin compris entre les rues Saint-Bernard et Cuvier, et reviendrait environ à 1 500000 francs. C’est évidemment une œuvre qui s’impose, ainsi que bien d’autres d’ailleurs, dans notre premier établissement scientifique. Quel jour donnera-t-on à la paléontologie, par exemple, tout l’emplacement qui lui convient, c’est-à-dire autant qu’aux collections des types actuels?
- L’éléphant du ministère des colonies. — M. Ormières, gouverneur du Gabon, avait offert à M. Clémentel, ministre des colonies, un jeune éléphant qui figura à l’exposition coloniale do Nogent. L’animal, qui logeait jusqu’ici au Pavillon de Flore, vient d’être vendu à une ménagerie pour la somme de 5600 francs. Cette somme a été répartie par l’ordre du ministre entre les huissiers, garçons de bureaux et employés subalternes du Ministère.
- Préhistoire. — MM. le Dr Capitan et l’abbé, Arnaud d’Agncl ont présenté à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres deux planches de silex taillés, identiques sur los deux cartons. Or les pièces d’un des cartons, montré à titre de comparaison, viennent d’Egypte, et ont les formes caractéristiques des silex taillés égyptiens de l’époque néolithique. Celles de l’autre carton ont été trouvées par les deux savants, bien en place dans le sable, sur les flancs d’un vallon, dans une île de la Méditerranée, à parois abruptes, l’île Riou, à 13 kilomètres de Marseille et à 3 kilomètres de la côte de Provence. La superposition des débris des diverses civilisations qui se sont succédé en ce point est la suivante : A la surface du sol, poteries abondantes; au-dessous fragments variés de céramiques grecques; plus bas, poteries ligures; au-dessous,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- silex égyptiens, et plus bas encore amas de coquilles marines comestibles, débris de poteries néolithiques, petits silfex très différents des précédents et deux petites bâches polies du type local : ce sont des débris de cuisine de l’homme néolithique. On peut déduire de ces observations que, il y a certainement plus de 5000 ans, des populations aborigènes misérables de l’époque néolithique ont vécu à Riou. Un peu plus tard, des Egyptiens préhistoriques sont venus dans l’île et y ont laissé quelques-uns de leurs beaux silex taillés. Ensuite des Ligures ont séjourné sur ce point; puis des Grecs y sont venus, laissant chacun des débris de leurs céramiques. Enfin, les Romains y sont restés assez longtemps, abandonnant de très nombreux fragments de poteries ; après quoi il n’y a plus aucune trace du passage de l'homme en cet endroit aux époques ultérieures. M. S. Reinach a signalé l’importance de cette communication et exprimé le vœu que l’exploration soit continuée dans l’île Riou.
- Météorologie. — Le temps a été un peu moins orageux et moins pluvieux dans la semaine du 11 au 17 septembre; mais la température s’est sensiblement abaissée. Le 11 septembre, tempête d’ouest sur la mer Baltique. En France, pluie à Paris, dans la matinée et dans la soirée (19 mm), à Brest, à Boulogne (11 mm), à Nantes (8 mm). La température était 13° à Brest, 14° à Paris, 20° à
- Nice, 17° au Puy de Dôme, 14° au mont Ventoux. Le 12 septembre, on a recueilli 39 mm d’eau à Toulouse. 23 mm à Besançon, 22 mro à Clermont, 7 mm à Cherbourg, 5 mm à Paris. Le thermomètre marquait le matin 9° au Mans, 8° à Nantes, 11° à Paris, 13° à Toulouse, 15° à Biarritz. Le 13 septembre, le baromètre a dépassé 770 mm dans le Nord de la France. Il est tombé 16 mm d’eau à Clermont, 3 mm à Toulouse. La température était le matin 8° à Nantes, 9° à Paris, 12° à Lyon, 5° au Puy de Dôme, 2° au Pic du Midi. Le 14 septembre, la mer a été houleuse à Belle-Isle, agitée à-Cherbourg et à Marseille. Il a plu à Clermont (16 mm), à Perpignan (11 mm), à Nancy (6 mm). La température s’est un peu relevée; on a noté le matin 11° à Paris, 11® à Nantes, 14° à Toulouse. Le
- 15 septembre, la pression est restée élevée dans le Nord de la France. La température était 11° à Paris, 13° à Toulouse, 5° au Puy de Dôme, — 2° au Pic du Midi. A Paris, le temps a été beau. Le-
- 16 septembre, le maximum barométrique a persisté sur l’Irlande (772 mm). 11 est tombé 11 mm d’eau à Toulouse, 8 mm à Lyon, 8 mm à Belfort, 3 mm à Perpignan. Le thermomètre marquait 8®1 à Paris, 12° à Lyon, 5° au Puy de Dôme. Dans la région parisienne, on a signalé plusieurs minima voisins de 5°. Le 17 septembre, on n’a signalé que quelques pluies à Belfort, Biarritz et Nancy. Le temps-a été beau en général, mais la température a été peu élevée : 9° à» Paris, 10° à Clermont et à Lyon, 16° à Toulouse.
- Avis. — En présence da nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — Un abonné, à M., à propos de notre article sur les myrtils (n° 1684, du 2 septembre), nous fait parvenir les remarques suivantes : « L’auteur de l’article écrit, en citant la Suisse allemande, que les petits fruits en question ne donnent pas lieu à culture et qu’à plus forte raison on n’a pas songé à les recueillir pour en faire des conserves. Cette assertion exacte peut-être, en ce qui concerne la Suisse allemande, ne l’est en tout cas pas pour la Suisse française, attendu que la Société générale de conserves alimentaires à Saxon, dans le canton du Valais, achète et met en conserves, chaque année, des quantités importantes de ces fruits, ils ne donnent, en effet, pas lieu à des cultures spéciales qui occuperaient des terrains susceptibles de rendements plus productifs, mais les habitants de la région, les enfants surtout, les recueillent dans les forêts où on les trouve en assez grande quantité. Les myrtils sont préparés « au jus », et mis en boîtes ou bocaux de formats divers. Ils servent également à la fabrication d’une excellente confiture et produisent un sirop apprécié dans bien des cas. Ils possèdent enfin de réelles qualités thérapeutiques, et beaucoup de médecins les emploient avec succès dans diverses maladies de l’estomac et des intestins ».
- M. J. Maranne, à Lavigerie (Cantal), à propos de l’article de M. A. Acloquesur les Masdevalïia, paru dans le n° 1685, du 9 septembre et dans lequel sont indiqués comme une particularité de ce genre « les longs filaments qui terminent trois pièces de leur périanthe », nous rappelle que les Strophantus (Apocyna-cées de la zone intertropicale) ont les fleurs dont les cinq pétales sont terminés par un filament beaucoup plus long que chez les Masdevalïia, et atteignant 7 à 8 fois la longueur de la fleur, de telle sorte que la cyme florale prend l’aspect d’un paquet de ficelles.
- Renseignements. — M. E. Guyon, à Paris. — Le chaland à moteur dont vous parlez a été construit par les Forges et Chantiers du Havre pour le compte des Messageries fluviales de France ; vous en trouverez une description dans la Revue générale de la Marine marchande (n° 17 de 1904). Nous avons touché succinctement cette question et signalé les chalands à gaz pauvre construits par MM. Dubois et Raucelin, à Choisy-le-Roi. Pour les sciures de bois, elles sont utilisables dans des
- gazogènes, notamment dans les appareils Riché (28, rue Saint-Lazare, Paris).
- Un abonné, à Tongres. — 1° Nous ne connaissons pas la composition de ce produit. — 2° Le carbonyle protège les bois et les murs contre l’humidité, et assure aux bois une longue durée. Vous pourriez vous adresser à la Société française du carbonvle, 188-190, rue du Faubourg Saint-Denis, à Paris.
- M. G. Z)., à Verdun. — 1® Pour ce qui concerne les turbines hydrauliques pour faibles chutes, renseignez-vous auprès-des constructeurs suivants : MM. Laurent frères et Collot, à Dijon; M. Monin, au Mans (Sarthe); MM. Sloan et Cie, 17, ruo du Louvre, à Paris; Société des établissements Singrün, à Epinal (Vosges); MM. Teisset, VTe Brault et Chapron, 14, rue-du Ranelagh, à Paris. — 2° Avertisseurs pour automobiles : M. Teste, 18, rue des Bois, M. Monard, 152, rue du Faubourg-Saint-Martin, à Paris. — 3° La carcel-heure coûte 20 centimes-avec une bougie de l’Etoile, 2,7 centimes avec une lampe à pétrole, 5,9 centimes avec une lampe à huile et 1 centime avec l’acétylène.— 4° Nous ne pouvons vous renseigner, il faut vous adresser aux constructeurs.
- M. M. A. Cocio, à Los Ànjeles (Chili). — 1° Nous donnons ci-dessus les adresses des principaux constructeurs de turbines-hydrauliques. — 2° Constructeurs de matériel électrique : Société l’Eclairage électrique, 27, rue de Rome; Maison Breguet, 19, rue Didot; Société alsacienne de constructions mécaniques,. 4, rue de Vienne; MM. Schneider et Cie, 42, rue d’Anjou; Compagnie générale de Creil, 74, rue Saint-Lazare, à Paris.— 5° Machines à glace Raoul Pictet, 28, rue de Grammont, à Paris.
- M. A. Regnaudin, au Cateau (Nord). — Vous pourrez consulter Le Mantiel de VOuvrier monteur électricien, à la librairie Tignol, 55 bis, quai des Grands-Augustins, ainsi que divers autres traités à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères et à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. G., a V. — Nous pensons à cette publication, mais elle ne pourra pas encore être faite.
- M. Ch. Bénard, à Saint-Genest d’Ambière. — Nous ne croyons pas que ce produit existe dans le commerce.
- " Mme Grand, à Paris. — Nous connaissons l’invention de M. Hacke, mais ne savons point si elle donne de bons résultats pratiques. Son brevet peut être facilement retrouvé par une agence de brevets, comme les maisons Josse, 17, boulevard de la Madeleine, Lavoix et Mosès, 7, rue de Châteaudun. Du reste les grands fabricants utilisant l’huile de palme à Marseille possèdent d’excellents outillages» Vous feriez bien de consulter à ce sujet la remarquable étude sur les huiles et graisses du Dr Lewkowitsch, parue dans le numéro de décembre du Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dubois, à Paris. Nous ne pouvons nous charger de vérifier vos calculs ; il faut vous adresser à un ingénieur conseil. — M. L. Lerot, à Versailles. Il nous est impossible de décrire un projet; l’appareil doit être construit et avoir fonctfcnné. — M. J. D., à Dijon; M. P. L., à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lr“ série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Dumont, à Nice; M. M. R., à Paris. Plusieurs recettes ont été publiées dans le même petit livre que ci-dessus, 5° série, à la même librairie. — M. P. Garnier, à Enghien; M. J. F., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant:tle samedi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- La bouteille thermos. — La bouteille thermos a la propriété de conserver pendant trois jours environ un liquide à une température déterminée, basse ou élevée suivant les cas. On a même observé que la conservation est assurée plus longtemps quand il s’agit d’une température basse. Ce résultat a été obtenu à l’aide d’un puissant isolant au point de vue calorifique, isolant qui entoure de tous côtés la bouteille et la protège contre toute action calorifique extérieure. On a choisi le meilleur isolant connu jusqu’à ce jour, qui est le vide partiel. Celui-ci, en effet, arrête toute transmission calorifique et ne laisse, d’une part,, ni échapper une quantité de chaleur, si faible soit-elle, ni, d’autre part, pénétrer de l’extérieur vers l’intérieur aucune autre quantité de chaleur. 11 en résulte que la tempe-rature du liquide contenu dans la bouteille reste sensiblement constante. La bouteille se compose, comme le montre le dessin à droite de la figure ci-jointe, de deux enveloppes de verre,
- la bouteille thermos. — A gauche, vue d’ensemble ; à droite, vue de la double enveloppe de verre.
- séparées par une distance de quelques millimètres; ces deux enveloppes sont maintenues par des anneaux de feutre qui les protègent contre tout choc. De même le fond et le haut du goulot internes sont munis de feutre tassé. A l’aide de ces dispositions, on a pu arriver à obtenir une concentricité suffisamment exacte ; mais on se rend bien compte des difficultés que présente la construction de ce récipient. Le vide est fait dans l’espace laissé entre les deux enveloppes. Pour éviter toute perte de chaleur par rayonnement, on a eu soin d’argenter la partie intérieure de la double enveloppe. La bouteille est ensuite recouverte de papier roulé, puis d’une enveloppe métallique avec garniture et avec ou sans courroie. Notre dessin à gauche dans la figure donne une vue d’ensemble de la bouteille, et la déchirure montre la disposition des diverses enveloppes. Cette nouvelle bouteille nous paraît intéressante et de nature à permettre la solution de divers problèmes qui se posent à chaque instant dans la vie pratique. — Pour tous renseignements, s’adresser à M. Marcel Meyer, 18, rue Grange-Batelière, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Savon pour l’enlèvement des taches. — On recommande la recette suivante, qui a peut-être le tort d’être un peu compliquée. On prend 320 parties en poids d’huile de palme et on la fait fondre; avec une partie de cette huile, on dissout 2 parties de vert brillant, et l’on verse ce mélange dans le récipient contenant le reste de l’huile : le tout doit être bien brassé au fur et à mesure. On se procure 280 parties de kieselguhr finement pulvérisé, et on le passe au tamis pour le verser dans le mélange; on ajoute ensuite 160 de lessive de soude caustique à 38° Beaumé, qu’on verse en mince filet, et l’on procède de même pour 56 de carbonate de potasse à 20°.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Quand le savon ainsi formé commence de prendre, on ajoute finalement 9 parties d’huile de térébenthine, et il ne reste plus qu’à couler dans des moules.
- Encre pour linge. — La base est du cuivre, et la publication National Druggist la donne comme tenant bien et formant des caractères d’un beau noir. On la prépare avec 85 parties de chlorure de cuivre en cristaux, 106 parties de chlorate de sodium, 53 de chlorure d’ammonium, le tout dans 600 parties d’eau distillée. Ceci constitue la première solution de la composition. D’autre part on prépare une solution de 100 parties de glycérine, de 200 parties d’un mucilage de gomme arabique fait dans la proportion d’un de gomme pour 2 parties d’eau, puis de 200 parties de chlorhydrate d’aniline dans 300 parties d'eau distillée. Les deux solutions ont dû être mises séparément dans des bouteilles fermées, et, quand on veut employer l’encre, on mélange une partie de la première solution avec 4 parties de la seconde.
- Ciment pour le verre résistant aux liquides et à la chaleur. — 11 va de soi, par conséquent, que ce ciment, cette colle, peut supporter triomphalement l’eau bouillante. On compose cette colle avec 100 parties de litharge d’argent, puis 50 parties de céruse, 3 parties d’huile de lin bouillie et une partie de vernis copal. On mélange intimement plomb et litharge, puis séparément huile et copal; et c’est seulement quand on a besoin de cimenter quelque chose qu’on mêle les deux préparations, dans la proportion de 150 parties du mélange solide pour4 parties du liquide: on pétrit soigneusement, puis on applique sur les morceaux à recoller, que l’on maintient énergiquement serrés pendant au moins 24 heures.
- Parfums pour savons. — Ce sont des parfums qu’on emploie dans la proportion de 15 grammes environ par kilo de savon. — On peut recourir à i n parfum fait de 2 parties d’essence de géranium rose, 1/2 partie d’essence de patchouli, autant d’essence de girofle, une partie de fleurs de lavande et autant d’essence de bergamote et enfin 1 partie d’essence de bois de santal. — Un parfum plus simple se compose avec 2 parties d’essence de fleurs de lavande, autant d’essence de géranium rose, même quantité d’essence de romarin et enfin 1 partie d’essrnce de carvi. — Citons encore un parfum fait de 8 parties d’essence de fleurs de lavande, 4 parties d’essence de bergamote, 2 parties d’huile de sassafras, une demi-partie d’essence de cassia, et 2 parties de baume du Pérou.
- Pour amortir l'éclat de la dorure à l'amalgame. — Couviir l’objet que l’on veut ternir, d’une mixture faite de 46 parties d’aluminate de potasse et de 3 de sel marin dans 5 d’eau ; puis chauffer sur une flamme jusqu’à ce que l’enduit devienne presque transparent. On plonge alors dans l’eau froide; on rince à l’eau chaude et l’on sèche dans la sciure.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’audition et le tabac.
- Je ne suis pas, je dois le déclarer de suite, un ennemi acharné du tabac. Pendant de longues années j’ai eu, avec une certaine passion, je l’avoue, le culte de la cigarette et j’ai abandonné le tabac parce que je lui reconnaissais, pour ma gorge et pour mes poumons, des propriétés nocives. Comme bien d’autres, j’ai mis du temps à renoncer à cette douce habitude et j’ai dû convenir que j’aurais dù accomplir ce sacrifice un peu plus tôt. Combien de fumeurs ont été contraints, comme moi, et pour des raisons diverses, de laisser cigares, pipes et cigarettes, ce qui ne veut pas dire qu’il faille blâmer ceux qui ne cèdent pas à l’invitation des médecins.
- Les méfaits du tabac sont nombreux, troubles digestifs, troubles visuels, perte de la mémoire, diminution graduelle de certaines facultés; la ligue spéciale contre l’usage du tabac vous en donnera une liste innombrable. Et voici que l’on signale quelques méfaits nouveaux ; le Dr Délié d’Ypres a rapporté tout récemment l’histoire de plusieurs malades qui ont éprouvé des troubles graves de l’audition par l’usage du tabac ; quelques-uns des sujets étaient jeunes, avaient fumé avec excès, mais d’autres étaient déjà d’un certain âge, chez eux également le tabac a favorisé l’aggravation de la surdité.
- Parmi ces cas divers, signalons les suivants : un jeune garçon de 13 ans (c’est un peu jeune pour se permettre l’usage du tabac) qui n’avait jamais souffert de l’oreille devient, en quel-ues semaines, presque complètement sourd avec des vertiges, es bourdonnements. Tout disparut en peu de temps lorsqu’on supprima le tabac.
- Mêmes troubles chez un ouvrier qui chiquait d’une façon presque continue, troubles affectant surtout l’oreille interne
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- et déterminant comme chez l’enfant les vertiges dit labyrinthiques.
- Certaines personnes, prédisposées par tempérament ou hérédité à l’otite sèche ou scléreuse, ont vu l’abus du tabac accroître très rapidement les troubles auriculaires.
- Voici un cas des plus typiques : une jeune fdle de 14 ans, •dont la mère était sourde (par sclérose de l’oreille) et dont un frère était sourd-muet, ressentit des troubles de l’audition vers l’âge de 16 ans, mais elle entendait bien et, bonne musicienne, pouvait suivre des leçons, des concerts. Son frère l’habitua à l’usage de la cigarette et en quelques mois les troubles de l’audition s’accentuent au point qu’elle perd la moitié des notes au piano.
- On comprend facilement que l’usage abusif du tabac puisse amener des désordres internes; la fumée provoque une irritation chronique de la muqueuse de l’arrière-gorge, irritation qui gagne de proche en proche la muqueuse de la trompe et l’oreille moyenne. C’est là un effet mécanique en quelque sorte et tous les fumeurs ont le matin une sorte de pituite qui n’est due qu'à la pharyngite dont ils entretiennent soigneusement les symptômes. Mais quand le tabac est fort, uand on en fait un usage abusif, il y a une absorption de pro-uits toxiques, nicotine et autres, qui agissent sur les centres nerveux et peuvent frapper directement le nerf auditif.
- Conclusion : quand vous avez la langue, la gorge et les bronches susceptibles, pas de tabac ; quand l’oreille a été lésée ou quand, par suite d’irritation de la gorge, elle donne déjà des manifestations maladives, caractérisées par la diminution de l’audition, par quelques légers bourdonnements, n’hésitez pas, proscrivez le tabac, jetez au diable cigares et cigarettes, vous ferez tort à la régie, mais vous vous en trouverez bien.
- Uadministration de la quinine.
- J’ai indiqué divers moyens de parer à la saveur si amère et si tenace des sels de quinine. Une parcelle de sulfate, déposée
- sur la langue, développe une sensation d’amertume durable et fort désagréable. Pour faire absorber un peu de quinine à un enfant, c’est toute une histoire, d’autant que la plupart sont incapables d’avaler un cachet sans le briser dans la bouche. Nombre d’adultes ne sont pas plus adroits et ne savent prendre ni pilules ni cachets.
- Nous possédons, fort heureusement, aujourd’hui un sel de quinine presque aussi efficace que les autres et qui a l’avantage de n’avoir à peu près aucun mauvais goût, de ne déterminer aucune sensation amère : c’est l’euquinine, dont j’ai parlé au moment de son apparition dans la pharmacologie. Il n’a qu’un inconvénient, c’est de coûter assez cher, bien plus cher que le sulfate. Or, dans les régions à paludisme où la consommation prend une extension considérable et se chiffre par grammes quotidiens pour chaque sujet, ce détail mérite d’être pris en considération.
- De tous les moyens conseillés pour masquer l’amertume, celui que proposait M. Yvon à la Société de thérapeutique me paraît un des meilleurs ou, pour mieux dire, des plus simples, car, pour qui peut les avaler, rien n’égale un cachet ou une capsule gélatineuse. Pour éviter la dissolution du sel par la salive, au passage dans la bouche, M. Yvon a eu l’idée d’imprégner le sel d’une couche légère d’un corps gras. On peut se servir soit d’une huile fixe non susceptible de rancir, soit de vaseline liquide. On dissout, dans l’éther, cette huile par trituration ; on imbibe avec cette solution le sel de quinine ; on fait une sorte de pâte que l’on aromatise avec quelques gouttes d’une essence parfumée : menthe, anis, citron ; en séchant, l'éther s’évapore et on a une sorte de mastic à la quinine dans laquelle ce produit entre pour 70 à 80 pour 100.
- Il suffit maintenant d’un liquide quelconque pour aider à avaler la boulette qui, même chez les récalcitrants, n’aura pas le temps de se dissoudre et de faire sentir son amertume. Un peu de lait est un des meilleurs véhicules pour cette petite opération. Dr A. G.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES- DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 septembre. 13°,8 E. N. E. 0. Couvert. 7.5 Couv. ; orage de 15 h. 45 à 16 h. 45 ; pluie à diverses
- Mardi 12 11°,0 S. 0. Peu nuageux. » reprises. Nuageux; halo.
- Mercredi 13 8°, 9 E. N. E. i. Couvert. » Très nuag. ; brouillard jusqu’à 8 h. ; halo.
- Jeudi 14 10°, 9 N. N. E. 2. Quelques nuages. » Nuageux; rosée; halo.]
- Vendredi 15 16°, 8 N. N. E. 2. Couvert. » Peu nuag. ; beau après 17 h. ; rosée.
- Samedi 16 7°,9 N. 1. Beau. » Beau; rosée.
- Dimanche 17 - 8°,8 N. E. 2. Beau. » Iîosée; peu nuageux.
- Résumé des observations météorologiques faites ü l’Observatoire du parc Saint-Maur, en août 1005.
- par M. Th. Moureaux.
- La température moyenne diurne est généralement inférieure à la normale ; l’écart négatif, à peu près permanent pendant toute la dernière décade, porte principalement sur les minima; on a, en effet, noté six fois, et dès le 2, des minima n’atteignant pas 10°. La pluie insignifiante, du 1" au 21, est tombée presque exclusivement pendant la période froide des dix derniers jours ; on a recueilli 6»"",5 du 22 au 28, dont 20““,9 le 22 et 27““,2 le 28. A cette dernière date, la température de la Marne commence à descendre au-dessous de 20° ; la rivière a subi une faible crue du 27 au 31. Le 28, de 15“ 5” à 15“ 33", une trombe s’est abattue à 1 kilomètre au nord de l’observatoire, sur les communes de Saint-Maur et de Champigny; sur son passage, on a constaté les divers dégâts dont ce phénomène est habituellement la cause ; une personne a été mortellement blessée au Plant-Champigny.
- Pression barométrique, altitude 50“,3. Moyenne du mois, 756"“,62; minimum absolu, 743““,2 le 29 à 13 heures; maximum absolu, 766"“,0 le 12 à 10 heures ; écart extrême, 22”",8.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 11°,78; des maxima, 23°,64; du mois, 17°,71; vraie des 24 heures, 17°,24; minimum absolu, 7°,8 le 24 ; maximum absolu, 30°,6 les 9 et 15. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 9°,80 ; des maxima, 44°,09 ; minimum absolu, 5°,0 le 24 ; maximum absolu, 51°,2 le 9. Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur, 0",30 : à 9 heures, 18°,50; à 21 heures, 18°,80; profondeur, 0“,65 : à 9 heures^ 18°,38; à 21 heures, 18°,32; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 17°,89 ; à 21 heures, 17°,87. De la Marne : moyenne le matin, 21°,14; le soir, 21°,79; minimum, 18°,02 le 31; maximum, 23°,92 le 3.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 10““,66 ; minimum, 6",4 le 24, à 16 heures; maximum, 15"",3 le 26 à 14 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 74"“,8 ; minimum, 30 le 15 à 13 et à 14 heures ; maximum 100 en 4 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois 5,58 ; moyenne diurne la plus grande, 9,2 le 10; la plus faible, 0,0 le 13.
- Insolation : durée possible, 442 heures; durée effective, 231“,0 en 30 jours, rapport, 0,52.
- Pluie : total du mois, 77"”,0 en 30“,8.
- Nombre de jours : de pluie, 13 ; de pluie inappréciable, 5; de rosée, 15; d’orages, 9, les 1, 5,10,11,16, 22, 25, 26, 28; d’éclairs, 1, le 15; de halos, 6; brume le 18.
- Fréquence des vents ; Calmes, 31.
- N 40 E . . . . . 19 S 61 W 47
- N. N. E . 58 E. S. E . . 27 S. s. w . 98 W. N. W . 56
- N. E . . . . 27 S. E. . . . 24 s. w. . . 109 N. W . . . 20
- E. N . E . . 26 S. S. E . . 33 vv. s. w. 52 N. N. W. . 56
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3“,1 ; moyenne diurne la plus grande : 5",8 le 28 ; la plus faible 1",3 le 12 ; vitesse maximum en 15 minutes, 9",4 le 27, de 12 heures à 12“ 15 par vent S.-W.
- Electricité atmosphérique : moyenne du mois (21 jours); 105 volts ; moyenne diurne la plus grande, 195 volts, le 11 ; la plus faible, 61 volts, le 3 ; amplitude diurne, 0,66 ; amplitude nocturne, 0,72.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 2",12; minimum, 1“,80, le 26; maximum, 2",33 le 1".
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre — 1““,G9 ; température — 0°,49 ; tension de la vapeur — 0““,31 ; humidité relative -t- 0,5 ; nébulosité -h 0,27 ; pluie -t- 22““,6.
- Taches solaires. On a observé 20 groupes de taches solaires en 28 jours.
- Perturbations magnétiques. La situation maguétique a été troublée les 2, 3, 6, 7, 13; mais on n’a constaté aucune perturbation proprement dite.
- Floraisons. Le 2, sedum telephiurn ; le 19, aster bleu hâtif ; le 24, anémone japonica; le 31, cataleptique de Virginie.
- On a vu les derniers martinets le 16.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 13 à 6 h. 19 m. du soir.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1688 (30 septembre 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Tremblements de terre en Italie. — Les tremblements de terre ont encore causé de nouvelles victimes et des dégâts immenses en Italie. On a ressenti de nouvelles secousses dans la nuit du 17 au 18 septembre, et le 18 septembre à Reggio-di-Calabria, à Monte-Leone, à San Pietro. Plusieurs maisons se sont écroulées à Scigliano, Rogliano, Ajello, Bisignano et Fiumefreddo. A Martirano, une grande masse de.TOches s’est détachée de la montagne pendant la secousse et a été'précipitée dans la vallée. L’éruption du Stromboli et du Vésuve continue toujours. Le 19 septembre, de violentes secousses ont été ressenties vers midi à San Pietro, et à 2h 40m à Catanzaro. Le 21 septembre, de véritables ouragans, des pluies abondantes se sont abattus sur Pizzo, Monte-Leone et Catanzaro, et ont endommagé les abris provisoires. A la date du 20 septembre, on comptait que les tremblements de terre avaient causé la mort de 4000 personnes et la destruction de 4600 constructions. Environ 70 000 personnes seraient sans abri.
- Accident à un sous-marin. — On sait que dernièrement une explosion est survenue dans le sous-marin le Gymnote. Le capitaine de frégate de Martel, commandant la slation des sous-marins à Toulon, a fait un rapport sur les causes de l’accident; il conclut à une explosion provoquée par un dégagement d’hydrogène dû au mauvais état des accumulateurs.
- Le Jardin colonial et le Muséum. — M. Clémentel, ministre •des colonies, et M. Bienvenu-Martin, ministre de l’Instruction publique, ont fait signer par le Président de la République un décret qui -a pour but d’assurer une collaboration plus étroite entre le Jardin •colonial de Nogent et le Muséum d’histoire naturelle. Ces deux établissements se prêteront un mutueLappui, dans l’étude des produits naturels coloniaux ; l’un déterminera les propriétés générales, et l’autre recherchera l’utilisation par l’agriculture, le commerce et l’industrie. Mettant à la disposition du ministère des Colonies ses nombreux services, ses collections séculaires, le Muséum deviendra officiellement son conseil scientifique. Un laboratoire colonial, institué auprès du Muséum, centralisera à la fois tous les envois d’ordre scientifique émanant des colonies, les résultats des études théoriques faites au Muséum et des recherches pratiques poursuivies à Nogent. Ainsi pourront se créer, au laboratoire colonial et au Jardin de Nogent, des archives et des collections qui permettront de répondre à toutes les demandes de renseignements d’ordre théorique ou pratique, sur la faune, la flore, la constitution géologique ou la nosologie parasitaire d’un point quelconque de notre empire d’outre-mer. Le planteur, l’éleveur, le commerçant, l'industriel, le médecin y trouveront les indications utiles pour L'exploitation des richesses naturelles de nos possessions, pour la recherche des moyens de les augmenter, pour l’acclimatation ou le croisement des races et des espèces, pour la lutte raisonnée contre les organismes nuisibles qui s’attaquent à l'homme, aux animaux et aux végétaux. Le fonctionnaire colonial lui-même puisera, dans les éludes d'anthropologie qui seront faites au Muséum, une connaissance plus exacte du caractère et des mœurs des populations avec lesquelles il sera en contact.
- Utilisation de la chute du Rhin. — On annonce la prochaine construction d’une usine de force motrice autorisée à utiliser la chute du Rhin près de Schaffhouse.
- Utilisation de la poussière de charbon. — Le journal anglais Electrician a cité, il y a quelque temps, et la Revue industrielle l’a mentionné à son tour, le cas d’une installation électrique érigée à Haydock (Angleterre), où l’on utilise la poussière de charbon. L’exemple est intéressant et mérite d’être indiqué. Le çharbon menu provenant de la mine contient de 4 à 6 pour 100 d’humidité. Il est alors réduit en poussière et séché dans un tam-
- bour cylindrique de 18 mètres de longueur, de 1,2 mètre de diamètre, chauffé à 50° et tournant à la vitesse angulaire de 6 tours par minute. Le tambour est partagé en quatre compartiments, le long desquels se trouvent des projecteurs servant à remuer la poussière. Celle-ci, en sortant de ce tambour, est dirigée vers le foyer et répandue sur la grille de la chaudière à l’aide d’un entonnoir. Une brosse, tournant à 1000 tours par minute environ, facilite la répartition sur la grille. L’appareil dont il vient d’être question peut dessécher environ 500 tonnes de charbon par semaine ; il coûte 67 000 francs. Les résultats obtenus dans cette exploitation sont les suivants. On compte que 1 kg de poussière de charbon peut vaporiser 8 kg d’eau. Les frais d’amortissement et d’exploitation s’élèvent à 0fr,535 par tonne, les frais d’exploitation relatifs à la conduile du feu sont de 0fr,412 par tonne, les frais de l’énergie électrique actionnant le tambour sont de 0fr,16 par tonne. La dépense totale s’élève donc â ltr,407 par tonne; pour un chauffage ininterrompu on pourrait abaisser cette dépense à 0fr,768 par tonne.
- Inondations en Espagne- — A la suite de pluies torrentielles, aux environs de Murcie et de Saragosse, la rivière la Segura a débordé dans toute la plaine; un grand nombre de maisons ont été inondées. Les rivières Jalon et Giloca ont également,débordé.
- Automobiles, vélocipèdes, chevaux. — D’après la dernière statistique dressée par l’administration des contributions directes, le nombre total en France de voitures automobiles, soumises à l’impôt, est de 17 107 dont 12 713 à plus de deux places, 4394 à une ou deux places. Le nombre des vélocipèdes soumis à l’impôt est de 1150 098 dont 16118 avec moteur. Les voitures à traction animale sont au nombre de 1637 562 dont 377 359 à quatre roues et 1 260203 à deux roues. Le nombre des chevaux, mules et mulets est de 1 288158.
- Le blé en 1905. — D’après le Bulletin des Halles, la récolte de blé en France en 1905 pourrait être évaluée à 116718 200 hectolitres contre 104523453 en 1904; il y aurait donc sur l’année dernière une augmentation d’environ 12 millions d’hectolitres. Mais notre confrère fait remarquer que la qualité est cette année très inférieure à celle de 1904.
- Météorologie. —Dans la semaine du 18 au 24 septembre, le temps a été pluvieux et froid en général. Le 18 septembre, une faible dépression barométrique persistait sur la Gascogne et se répandait sur la Provence : le baromètre marquait 759 mm. Ou a recueilli 6 mm d’eau à Rochefort, 3 mm à Toulouse, 1 mm à Clermont. Le thermomètre indiquait le matin 40° à Paris, 14° à Clermont, 16° à Toulouse, 9° au mont Ventoux, — 2° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 13°,6; il a plu à Paris dans la soirée. Dans l’après-midi, un violent orage s’est abattu sur Lyon; la grêle est tombée en abondance. Un ouvrier, sur la route de Crémieu, à, Villeurbanne, a été foudroyé. Le même jour, à Clermont-Ferrand, entre 4 heures et 9 heures du soir, des trombes d’eau se sont abattues sur la ville et ont tout dévasté; les grêlons couvraient le sol en grande épaisseur. A Issoire, la grêle a causé de grands^ dommages aux vignobles. Le 19 septembre, un vent a soufflé des régions Nord sur les côtes de la Manche et de l’.Océan. Des orages ont été accompagnés de fortes averses dans l’Est et le Sud- il est tombé 53 mm d’eau à Châteaudun, 39 mm d’eau à Clermont, 27 mm à Gap, 24 mm à Biarritz, 11 mm à Lyon, 7 mm à Paris, 5 mm à Nice. La température était 11° à Belfort, 13° à Paris, 13° à Toulouse, 16° à Perpignan, 5° au mont Aigoual. Le 20 septembre, le thermomètre marquait 11° à Clermont, 12° à Paris, 13° à Toulouse, —4° au Pic du Midi. La pluie est tombée à Paris presque continuellement dans la nuit du 19 au 20 septembre, en fournissant des hauteurs d’eau comprises entre 7 et 15 mm. Les orages des montagnes ont grossi les gaves de Pau, Oloron et Mauléon; à Orthez, l’eau est montée à 8 métrés au-dessus de l’étiage, les champs ont été inondés. Le 21 sep-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- tembre, un vent modéré du Nord a soufflé sur le Pas-de-Calais, un vent faible d’entre Nord et Est sur les côtes de l’Océan. Des pluies sont tombées sur la Norvège et l’Italie; en France, il a plu à Biarritz (6 mm), à Besançon (5 mm), à Dunkerque (3 mm), à Nantes (1 mm). Le thermomètre marquait le matin 8° à Nantes, 9° à Paris, 9® à Limoges, 3° au Puy de Dôme, 3° au mont Aigoual, —2° au Pic du Midi. A Paris, le ciel est resté nuageux toute la journée. Le 22 septembre, la baisse barométrique atteignait, à 7 heures du matin, 5 mm dans le Sud-Ouest des Iles Britanniques et en Bretagne. Il est tombé 6 mm d’eau à Nice, 1 mm à Belfort et 1 mm à Dunkerque. La température était le matin 6° à Nantes, 6° au Mans, 9° à Toulouse, 5° au mont Ventoux,.— 23 au mont Mounier. Le temps est resté couvert à Paris; vers 8 heures du matin un brouillard de 800 mètres environ s’est formé sur la ville. De violents orages ont éclaté en Savoie et ont causé de nombreux accidents ; plusieurs troupeaux de moutons ont été foudroyés, des bergères ont été projetées par la foudre à une distance de quelques mètres. La neige est
- tombée en abondance dans la Haute-Maurienne. Le 23 septembre, les basses pressions ont envahi l’Ouest du continent. A 7 heures du matin, le baromètre marquait 751 mm en Gascogne, et à midi la pression ri’était que de 754,6 mm dans la région parisienne. On a signalé encore des pluies à Biarritz (6 mm), à Rochefort (2 mm), à Ouessant (1 mm). Le thermomètre indiquait le matin 10° à Paris, 12° à Nantes, 17° à Biarritz, 10° au Puy de Dôme, 6° au mont Aigoual. Le ciel a été nuageux toute la journée et occupé par des. nuages élevés, à environ 8500 mètres de hauteur. Le 24 septembre, pluies abondantes dans toutes les régions : 27 mm d’eau à Brest, à Marseille, 26 mm à Rochefort, 23 mm à Lyon, 9 mm à Paris. La température était, le matin, 7° à Clermont, 11° à Paris, 5° au Puy de Dôme, —3° au mont Mounier et au Pic du Midi. La situation atmosphérique en France a été troublée par une dépression importante dont le centre se trouvait en Vendée; dans cette région, 1» pression barométrique n’atteignait que 748 mm. A Paris, cette dernière était de 752 mm à midi.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits.— Leruberoïd se trouve à la Société de l’Industrie Internationale, 20, rue Saint-Georges, Paris.
- Communications. — Un Abonné, à Brou (Eure-et-Loir), nous écrit : « Veuillez faire connaître, aux lecteurs de votre intéressant journal, une recette simple et peu coûteuse contre l’empoisonnement. Je l’ai lue dans une revue scientifique. A la fin de l’article, il y avait cette note : « Prière de reproduire et faire publier cet article par humanité)). Je le recopie à peu près textuellement. En septembre 1902 paraissait, dans le journal VAgriculteur, l’article suivant: « A Toulouse, quinze personnes furent empoisonnées dans une même maison, pour avoir mangé des champignons. On appela le docteur Secheyron, médecin des hôpitaux de Toulouse. Il se fit préparer des carafes d’eau « charbonnée », dont burent quatorze personnes, pendant qu’à l’aide d’une sonde, il introduisait de la même eau dans l’estomac de la quinzième, plus malade que les autres. Des éclats de rire lui apprirent bientôt que les quatorze personnes ne souffraient plus, l’autre gnérit également. Un docteur, qui avait lu cet article, écrivit au docteur Secheyron pour lui demander des détails. Celui-ci répondit que le charbon est un contre-poison universel; que son père, un savant pharmacien chimiste, ayant fait un jour un mélange de charbon et de strychnine (celle-ci à dose .assez forte pour tuer plusieurs personnes), l’avala devant témoins et n’en fut pas incommodé. Donc en cas d’empoisonnement, quelle que soit la matière absorbée et à n’importe quelle dose, en attendant le médecin pulvériser avec une bouteille du charbon ou de la braise, en mettre dans l’eau une quantité assez grande, boire ce mélange par cuillerées à soupe, de dix en dix minutes, jusqu’à ce que toute douleur disparaisse. »
- M. H. Benoît-Bazille et M. L. Martin-Lormelet, à Paris, nous adressent une curiosité végétale. C’est un pied de genêt (Sarothamnus scoparius) dQnt un certain nombre de branches se sont soudées entre elles, comme on peut le constater sur l’échantillon qui accompagne la lettre de nos correspondants.
- Renseignements. — M. J. Klein, à Scherwiller. — La pompe Mammouth, que nous avons décrite dans le n° 1289 du 12 février 1898, page 169, fonctionnait par Pair comprimé. Il faut donc vous adresser à la Compagnie parisienne de l’air comprimé, 54, rue Étienne-Marcel, à Paris.
- M. G. G., à Pons. — 1° Vous pourriez essayer la soudure liquide dont nous avons parlé dans les Nouvelles scientifiques du n° 1682 du 19 août 1905. — 2° Voyez l’ouvrage ayant pour
- titre Chimie des parfums et fabrication dés essences, par
- S. Piesse, à la librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Haute-feuille, à Paris.
- MM. Commelin, Viau et Cie, à Paris. — L’adresse de l’inventeur de la nouvelle lampe à incandescence a été donnée en tête de la Boîte-aux-lettres du n° 1679 du 29 juillet 1905, qui en contenait la description.
- MM. Bousselol, à Evian-les-Bains. — Nous vous conseillons d’adresser cette demande directement à la librairie Georg, à Genève.
- M. Jacquelin, à Bourges, — II existe des tables trigonomé-triques qui donnent directement les valeurs mêmes des lignes trigonométriques des angles compris entre 0° et 90° ; vous les trouverez à la librairie Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. H. Loltin, à Abbeville. — C’est un inconvénient bien connu des accumulateurs de ne pouvoir garder la charge longtemps, surtout quand ils sont soumis à des trépidations. Essayez, les accumulateurs Heinz, 27, rueCavé, à Levallois-Perret (Seine) et les accumulateurs de la Société pour le travail électrique des métaux, 26, rue Laffitte, à Paris.
- M. T). R., à Paris. — Vous pourriez employer le savon Lasso de MM. Cook et C* S. * * * * io; avec de l’eau froide, il enlève instantanément des mains toutes les taches de cambouis, graisse et peinture, et convient aux automobilistes, aux mécaniciens, aux cyclistes; il se trouve chez MM. Kirby, Beard et C°, 75, boulevard de Sébastopol, à Paris.
- Bureau d'hygiène, à Nice. — Pour faire disparaître des taches d’encre noire sur des effets de lingerie, il faut employer une solution à 5 pour 100 de permanganate de potasse suivie d’une solution d’acide sulfureux. Vous pouvez aussi mouiller la tache avec de l’acide oxalique et appliquer ensuite du chlorure de chaux suffisamment dilué dans l’eau. Enfin si la tache résiste, essayez un mélange d’huile d’olive et de potasse.
- M. le Dt Giraud, à Buxy. — Il est certain que l’aération serait le meilleur moyen pour faire disparaître la mauvaise odeur de l’air confiné. Mais puisqu’elle est impossible, on pourrait peut-être essayer l’effet de l’ozone en employant des ozonateurs. Il faudrait vous adresser directement à la Cle de l’Ozone, 101, boulevard Murat, à Paris.
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- M. Geo Coste, à Montpellier. — La carte au ^ , dont
- nous avons parlé dans le n° 1675 du l'rjuiUet 1905, sera éditée par le service géographique de l’armée. Aucune feuille n’a encore paru.
- M. Julio Germa, à Porto. — Nous ne pouvons vous donner que l’adresse suivante : Société française des machines à mettre le§ imprimés sous bande, 58, rue de Chabrol, à Paris.
- M. R. Catoir, à Moraypré, Haybes.— La réponse à votre question est particulièrement difficile, surtout à distance. La cause doit être certainement la vase, dont les truites ont horreur. Pour vos réservoirs en ciment, la cause doit être l’eau; les nitrites sont des matières organiques en décomposition non terminée, provenant peut-être d’une pollution du ruisseau. Consultez le traité de pisciculture de Brocchi.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L. à Paris. Il faut tenir compte de la température; vos calculs ne sont pas exacts. — M. J. Guillermin, au Havre. Nous ne pouvons nous charger de vous établir ces plans. — M Legrand, à Versailles. La solution de sulfate de zinc doit être à demi saturée. — M. B. Raymond, à Paris; M. J. M., à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lr8 série, à la librairie Masson et Gie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. B. L., à X. Nous avons bien reçu votre renseignement, et nous vous remercions.
- hans la * Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnes, et donne de son mieux les ren-
- seionements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s engage en aucune façon a répondre a toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avantjle samedi qui précédé la date de l& livraison.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1905
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de O à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- Le solstice d’hiver arrivera cette année le 22 décembre,à 12 heures. A partir de cet instant, la déclinaison du Soleil va augmenter; et les jours, après avoir atteint leur plus courte durée, vont commencer à croître.
- Prendre des dessins et surtout des photographies de la surface du Soleil. Des taches très étendues sont souvent visibles et il est utile de suivre leur évolution.
- II. — PLANÈTES
- Les deux cartes publiées dans le n° 1649, du 31 décembre 1904, permettent de suivre la marche des diverses planètes à travers le ciel étoilé.
- Mercure traverse les constellations de la Vierge, de la Balance et du Scorpion. Le 27 novembre, il sera à sa plus grande élongation du soir à 21° 34' Est du Soleil. On pourra le rechercher 5 ou 6 jours avant et après cette date. Au moment de cette élongation, la planète présentera un diamètre d’environ 6",5. Une intéressante conjonction de Mercure avec Vénus se produira le 22 décembre, à 2 heures, à la distance de 2° 33'. Les deux astres seront très près du Soleil, de sorte que l’observation de ce rapprochement céleste sera très diflicile à faire.
- Vénus traverse, pendant ce trimestre, les constellations du Lion, de la Vierge, de la Balance, du Scorpion et du Sagittaire.
- Elle s’éloigne de nous et se rapproche de la conjonction supérieure. Son diamètre diminue et, après avoir atteint 61",4 en avril dernier, il ne sera plus que de 13",0 le 5 octobre, de 1 1",7 le 5 novembre, de 10",6 le 25 décembre. Vénus est visible le matin dans l’aurore. Dans son déplacement sur le ciel, elle passera près de quelques étoiles brillantes et l’on pourra observer les conjonctions suivantes :
- Le 8 octobre, à 3 heures, avec x Lion. Distance : 0° 10'.
- Le 24 octobre, à 13 heures, avec 7) Vierge. Distance : 0° 13'.
- Le 4 novembre, à 12 heures, avec 9 Vierge. Distance : 0° 8'.
- Le 10 décembre, à 10 heures, avec J31 Scorpion. Distance : 0° 8'.
- Mars est pratiquement inobservable en raison de son éloignement. Diamètre le 5 octobre 7",6; le 5 novembre 6",7; le 5 décembre 5",9; le 25 décembre 5",5.
- Jupiter eet l’astre le mieux placé, pendant ce trimestre, pour être étudié. Dans la constellation du Taureau, il est presque à la partie de son orbite la plus rapprochée du pôle nord et par suite s’élève à une très grande hauteur sur l’horizon. Il arrivera en opposition avec le Soleil, le 24 novembre. Son diamètre équatorial, de 44",8 le 5 octobre, passera à 47",9 le 5 novembre, à 48",2 le 5 décembre pour retomber à 46",6 le 25 décembre.
- La planète est si éclatante qu’elle porte ombre. Suivre les variations rapides de sa surface et dessiner avec soin les configurations des bandes. Une lunette de 108 mm au moins est nécessaire pour obtenir des renseignements utiles. Il est instructif de suivre la marche des quatre principaux satellites qui, avec leur planète centrale, constituent un petit système solaire en miniature. Quand les satellites passent dans l'ombre de la planète, ils éprouvent une éclipse, en tous points analogue à nos éclipses de Lune. Ils passent devant ou derrière la planète. Enfin leur ombre se projette parfois sur les bandes nuageuses, et l’on voit un petit rond noir se déplacer sur le disque de Jupiter. Nous nous bornons à donner ici la liste des éclipses.
- ÉCLIPSES DES SATELLITES DE JUPITER
- 1" octobre, I. E. c., 0b. 42 m. ; 6, II. E. c., 22 h. 4 m.; 8,1. E. c., 2 h. 36 m. ;
- 9.1. E. c., 21 h. 4 m.; III. E. c., 21 h. 20 m.; III. E. f., 22 h. 50 m. ; II, II. E. c., 0 h. 39 m. ; 15, I. E. c., 4 h. 50 m. ; 16, I. E. c., 22 h. 59 m. ; 17, III. E. c., 1 h. 20 m. ; III. E. f., 2 h. 50 m. ; 21, II. E. c., 3 h. 14 m.;
- 24.1. E. c., 0 h.' 53 m.; 25,1. E. c., 19 h. 21 m. ; 28, IL E. c., 5 h. 49 m.; 31, I. E. c., 2 h. 47 m.; II. E. c., 19 h. 6 m. — 1er novembre, I. E c., 21 h. 16 m. ; 7, I. E. c.,' 4 h. 42 m. ; II. E. c., 21 h. 41 m. ; 8, I. E. c., 23 h. 11 m. ; 15, II. E. c., 0 h. 16 m.; 16, I. E. c., 1 h. 5 m. ; 17, I. E. c., 19 h. 34 m. ; 21, III. E. c., 21 h. 21 m. ; 22, II. E. c., 2 h. 50 m. ; 23. I. E. c., 3 h. 0 m. ; 25, II. E. f., 18 h. 38 m. ; 26, I. E. f., 18 h. 6 m.; 29, III. E. f., 2 h. 58 m. — 2 décembre, I. E. f., 1 h. 33 m. ; II. E. f., 21 h. 13 m. ;
- 3.1. E. f., 20 h. 1 m. ; 9,1. E. f., 3 h. 28 m. ; II. E. f., 23 h. 48 m. ; 10,1. E. f., 21 h. 57 m. ; 12,1. E. f., 16 h. 26 m. ; 17, II. E. f., 2 h. 25 m.; I. E. f., 23 h. 52 m.; 19, I. E. f., 18 h. 21 m. ; 25, I. E, f., 1 h. 48 m. ; 26,1. E. f., 20 h. 17 m. ; 27, III. E. c., 17 h. 25 m. ; II. E. f., 18 h. 16 m.; III. E. f., 19 h. 6 ni.
- Saturne vient de passer en opposition et est encore très bien situé, pendant ce trimestre, pour être étudié. Il sera en quadrature orientale le 19 novembre. L'anneau se referme peu à peu. Une petite lunette est suffisante pour reconnaître cet anneau si curieux dont les dimensions angulaires sont les suivantes :
- G1UND AXE PETIT AXE
- 5 octobre.............. 41”,4 8'',2
- 4 novembre............. 39",6 8",0
- 4 décembre............. 37",6 7”,2
- Uranus brille dans le Sagittaire comme une étoile de 6e grandeur avec un petit disque de 4" environ. Il reparaît à l’horizon
- occidental, se rapprochant du Soleil. On pourra le rechercher en octobre aux positions ci-après :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 5 octobre .... 18 h. 2 m. — 23° 43' 3",8
- 15 —................. 18 h. 3 m. —23° 42' 3",8
- 25 — 18 h. 5 m. — 23° 42' 3",8
- Neptune, pendant ce trimestre, sera visible dans la seconde moitié de la nuit II sera en quadrature occidentale le 4 octobre et en opposition le 51 décembre. 11 est nécessaire, pour le trouver, d’avoir ses positions exactes, et de s’aider d’une bonne carte et mieux d’une monture équatoriale. Son éclat est de la 8° grandeur.
- DATES
- 5 octobre . . 5 novembre . 5 décembre . 25 — .
- ASCENSION DROITE
- 6 h 45 m.
- 6 h. 44 m.
- 6 li. 42 m.
- 6 h. 40 m.
- DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- -+- 22° 6' 2",3
- -f- 22° 6' 2'',3
- -+- 22° 8' 2".3
- h- 22° 10' 2",3
- Petites planètes. — On connaît aujourd’hui plus de 500 de ces astres qui circulent entre Mars et Jupiter. L’une d’entre elles, Eros, présente ce fait particulier qu’elle peut s’approcher de la Terre plus que Mars lui-même à son périhélie. En outre, dans des conditions favorables, elle peut atteindre la visibilité à l’œil nu, mais actuellement, son éclat est inférieur à la 12e grandeur. Nous donnons avec ses positions celles de Junon, Cérès et Pallas.
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- ! 1" octobre . . 20 1). 6 ni. — lt° 0'
- 11 - 20 II. 15 m. — 10° 5'
- ÉROS. . ) 21 — 20h. 23 m. — 9° 7'
- 1 10 novembre . . 20h. 49 m. — 7° 8'
- 30 — 21 h. 25 m. 50 O'
- \ 20 décembre . . 22 h. 7 m. — 1° 7'
- ( 1" novembre. 8 h. 54 m. 4- 4° 25'
- 15 - 9 h. 7 m. -a- 2° 55’
- JUNON. ] 25 9 h. 18 m. 4- 1° 39'
- 1 7 décembre . 9 h. 24 m. 4- 0° 41'
- 19 — 9 h. 27 m. 4- 0° 8'
- l 31 — 9 h. 25 m. 4- 0° 8'
- / 8 octobre . . . 22 b. 53 m. — 23° 7'
- CÉRÈS. 20 — 22 b. 49 m. — 22° 44'
- l 1" novembre. . 22 h. 47 m. — 21° 58'
- 13 — 22 h. 49 m. — 20° 51'
- > 25 — 25 il. 54 in. —19° 30'
- PALLAS 1 1 > 8 octobre. . . { 20 — . 20 h. 0 m. 20 h. 5 m. -h 3° 28' 4- 1° 35'
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- ÉCLAT
- 12,6
- 12,8
- 12,9
- 13.1
- 13.2 13,5
- 8,6
- 8,5
- 8,4
- 8,2
- 8,1
- 8,0
- 8,1
- 8,2
- 8.4
- 8.5
- 9.6
- 9.7
- Occultations d’étoiles. — Le tableau ci-dessous renferme toutes les occultations d’étoiles par la Lune, jusqu’à la 6e grandeur.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT ’ FIN
- 17 octobre. . . y Taureau. 3,8 7h. 9 m. 7 h. 52 m.
- 17-18 octobre . 1526 B.A.C. 5,7 23 h. 5 ni. Oh. 16 m.
- 21 — f Gémeaux. 5,2 2 h. 21 m. 2 h. 25 m.
- 24 — p Lion. 4,0 6 b. 35 m. 7 h. 45 m.
- 1er novembre . 29 Sagittaire 5,5 19 b. 12 m. 19 h. 35 m.
- 4-5 — 42 Capricorne. 5,6 23 h. 9 in. 0 b. 4 m.
- 5-6 g Verseau. 5,1 23 li. 12 m. 0 b. 15 m.
- 7 — 27 Poissons, 54 19 b. 37 m. 20 h. 55 111.
- 7 — 29 Poissons. 5,0 22 b. 27 m. 23 b. 15 m.
- 10 — v Poissons. 4,6 4 11. 3 m. 5 h. 2 m.
- 13 — Aldébaran. 1,0 18 h. 37 m. 19 h. 24 m.
- 14 — lia Taureau. 5,7 18 b. 53 m. 19 h. 49 111.
- 5 décembre . t 14 Baleine. 6,0 22 h. 51 m. 23 b. 58 m.
- 8 — p Baleine. 4,4 17 h. 40 m. 18 h. 51 m.
- 9 — f Taureau. 4,5 16 h. 55 m. 17 h. 46 m.
- 10 — y Taureau. 3,8 17 h. 3 m. 18 h. 1 111.
- 10 — 75 Taureau. 5,2 22 h. 12 m. 23 h. 36 m.
- 11 — Aldébaran. 1,0 5 b. 8 m. 4 h. 5 m.
- 13 — 71 Orion. 5,5 Oh. 0m. 1 b. 14 m.
- 16 — oâ Cancer. 5.9 Oh. 59 111. 1 h. 51 m.
- 20 — y1 Vierge. 2,9 8 h. 9 m. 9 h. 16 m.
- Étoiles filantes. — Plusieurs averses remarquables d’étoiles filantes se produisent en cette période de l’année.
- Du 18 au 20 octobre, on peut observer les Orionides dont le radiant est vers l’étoile v Orion.
- La grande averse des Léonides a lieu du 13 au 18 novembre. Le radiant est vers l’étoile Ç Lion. Cet essaim est beaucoup moins riche actuellement que dans le passé. Il y a grand intérêt à l’étudier avec soin.
- Du 23 au 27 novembre, pluie des Biélides ou Andromédides. Radiant vers la belle étoile double y Andromède. Ces étoiles filantes proviennent de la désagrégation de la comète de Biéla.
- Du 9 au 12 décembre, averse des Géminides. Radiant près de Castor.
- Il importe de remarquer que les mots averse ou pluie donnés aux chutes d’étoiles filantes sont à présent exagérés et si, par le passé, on a assisté à de véritables pluies, à présent l’apparition des étoiles filantes se borne à des météores isolés, laissant parfois entre eux un grand intervalle de temps.
- Il est bon de reporter les trajectoires observées sur des cartes spéciales. Celles publiées par la Commission des étoiles filantes de la Société astronomique de France sont très utiles et permettent de résoudre, à l’aide d’un graphique approprié, tous les problèmes, relatifs à la réduction des observations»
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Conjonctions remarquables. — Le 8 octobre, Mars en conjonction avec Uranus à 21 heures, à 1° 48' Sud.
- Le 9 octobre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 5 h., à 1° 58' sud. Le 12 octobre, Mercure en conjonction supérieure avec le Soleil, à 9 h.
- Le 24 octobre, Vénus en conjonction avec tj Vierge, à 13 h., à 0"13' nord.
- Le 26 octobre, Vénus en conjonction avec la Lune, à 9 h., à 1° 35' sud.
- Le 4 novembre, Vénus en conjonction avec 0 Vierge, à 12 h., à 0° 8' sud. Le 5 novembre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 8 h., à 1°45' sud.
- Le 23 novembre, Vénus en conjonction avec la Lune, à 6 h., à 5° 42' sud.
- Le 2 décembre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 17 h., à 1° 21 ' sud.
- Le 10 décembre, Vénus en conjouction avec p1 Scorpion, à 10 h., à 0° 8' sud.
- Le 15 décembre, Mercure en conjonction inférieure avec le Soleil, à 23 h. )
- Le 22 décembre, Mercure en conjonction avec Vénus, à 2 h., à 2° 33' nord. Le 2i décembre, Mercure en conjonction avec la Lune, à 21 h., à lü42' sud. Le 26 décembre, Mars en conjonction avec Saturne, à 5 h., à O1’ 30' nord. Le 30 décembre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 6 h., à 0° 54' sud. Le 50 décembre, Mars en conjonction avec la Lune, à 11 h., à 0° 4' sud.
- Etoiles variables. —Minimade l’étoile variable Algol (p Per-sée), variable de 2,3 à 5,5.
- l" octobre (21 b. 1 m.) ; 16 (5 h. 6 m.); 19 (1 li. 55 ni.) ; 21 (22 h. 44 m.) ; 24 (19 h. 33m.) —8novembre (3 h. 38 m.) ; 11 (Oh.27m.) ; 13 (21 h. 16m.); 16 (18 h. 5 m.) ;28 (5 h. 20m.). — 1"décembre (2 h. 9 m.) ; 3 (22.h. 58 m.); 6 (19 h. 47 m.) ; 9 (16 h. 36m.); 21 (3 h. 52 m.); 24 (0 h. 41 m.); 26 (21 h. 30 m.) ;'2J (18 h. 19 m.). Em. TOÜCHET.
- BULLETINS MÉTÉOROLOGIQUES
- Observations de M- Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France. SEPTEMBRE 1905. -- SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 SEPTEMBRE 1905.
- SEPTEMBRE 1905. - SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 SEPTEMBRE 1J05.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 septembre. 10°,2 E. N. E. 2. Nuageux. 0.0 Rosée; très nuageux; pluvieux à diverses reprises.
- Mardi 19 13°,0 N. 1. C juvert. 5,1 Couvert ; pluie le soir.
- Mercredi 20 12°, 4 • N. 2. Pluie. 3,9 Très nuageux ; pluie de 0 h. à 7 h. 20.
- Jeudi 21 9°,0 N. N. W. 2. Beau. 0,2 Rosée ; très nuag. ; petite p’uie à 17 h. 50.
- Vendredi 22 11°, 4 N. E. 1. Couvert. » Très nuageux le matin ; nuageux le soir.
- Samedi 23 9°, 6 E. S. E. 3. Peu nuageux. 6,0 Rosée ; nuag. le matin ; couv. le soir ; pluie de 22 h-15
- à 21 heures.
- Dimanche 2i 11°,0 N. E. 1. Couvert. 2,7 PI lie jusqu’à 2 h. 43 et un peu à 18 K ; presque couv.
- ) Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi I Vendredi I Samedi |. Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 21 à 10 h. 23 m. du soir,
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint*
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu#
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° Î689 (7 octobre 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Concours de jouets et articles de Paris 1905. — Le
- t20 septembre, à 2 heures de l’après-midi, a eu lieu, au Jardin de Paris (Champs-Elysées), l’inauguration du 5e Concours de jouets et articles de Paris; nous ne manquerons pas d’examiner et de décrire dans des articles spéciaux les différentes nouveautés de ce concours, •comme nous le faisons tous les ans.
- Tremblements de terre. — Le 26 septembre, a passé dans îa région des Calabres, en Italie, un courant d’air chaud, mêlé de poussière rouge qui a élevé la température de façon extraordinaire ; •durant toute la journée, la chaleur a été suffocante, même à Rome.
- — Le 26 septembre, à midi, une secousse de tremblement de terre a été ressentie à Lundby, dans l’île de Vising, située dans le lac Vetter, en Suède. On a constaté un grand abaissement du sol dans la partie Est de l’île ; des crevasses se sont produites en plusieurs endroits.
- Congrès. — Plusieurs Congrès ont eu lieu dans la semaine du *25 septembre au 1er octobre. Le 25 septembre a eu lieu à Liège l’ouverture du Congrès de médecine; la séance était présidée par M. Bienvenu-Martin, ministre de l’Instruction publique de France. Le 25 septembre s’est tenu, à Lyon, le Congrès des grains. Le "24 septembre s’est ouvert, à Mons, en présence du roi des Belges, un Congrès d’expansion économique mondiale. Une mission française, à la tête de laquelle se trouvait le général Lebon, était venue à Mons saluer le roi Léopold. Ce Congrès a pris le 25 septembre une importante décision. M. Lecointe a développé et fait acclamer une proposition tendant à créer une association internationale pour l'étude des régions polaires. 11 a ét ; décidé qu’une réunion internationale des explorateurs et des savants qui ont participé aux lointains voyages serait convoquée à Bruxelles au commencement de 1906.
- Congrès international des gouttes de lait. — Le 1er congrès international des a Gouttes de lait » se tiendra à Paris, le 20 et le 21 octobre 1905, sous la présidence des Drs G. Variot (Paris) et Léon Dufour (Fécamp). Le dimanche 22 sera consacré à la visite des « Gouttes de lait » de Normandie. Principaux rapports à l’ordre du jour : Historique des « Gouttes de lait » de la Grande-Bretagne, par M. Mac Cleary (Londres) ; — Le scorbut infantile et la stérilisation du lait, par M. Martinez Varcas (Barcelone) ; — Les « Gouttes de lait » dans leurs rapports avec les municipalités, par 31. Gourinaud (Brest); — La prophylaxie du rachitisme par lçs « gouttes de lait », par M. R. Saint-Philippe; — Organisation des « gouttes de lait », par MM. Ch. Leroux, G. Variot, Léon Dufour ; — Stérilisation du lait. Adduction et distribution du lait dans les grandes villes, etc. Les adhésions sont reçues par M. Paul Roger, 7)7, rue de Berri, à Paris et M. Grasset, 20, rue de Clocheville, à Tours (Indre-et-Loire).
- Reconstruction du campanile de Saint-Marc. — On vient d'achever à Venise les fondations du nouveau campanile de la place Saint-Marc. La nouvelle tour sera reconstruite telle qu’elle avait été dessinée au xive siècle pour Florence par Giotto. La vieille église de Saint-Marc sera aussi restaurée et les mosaïques replacées.
- Découverte d’un théâtre gallo-romain au mont Auxois.
- — Au cours d’une excursion organisée le 18 septembre au plateau d’Alésia (Mont Auxois) par la Société des sciences historiques et naturelles de Semur, et à laquelle ont pris part 300 personnes, archéologues, historiens, etc., M. Héron de Villefosse a découvert remplacement d’un ancien théâtre, dont les ruines forment actuellement une élévation de terrain présentant des restes de construction visibles aux deux extrémités. Une enquête, faite sur place pàf M. Salomon Reinach, a permis de reconnaître qu’en 1853, un paysan d'Alise-Sainte-Reine avait trouvé sur le même emplacement plu-
- sieurs bases de colonnes qui appartenaient vraisemblablement au portique du théâtre. Au cours ae la même excursion, la Société a pu se convaincre que des fouilles faites sur le plateau mettraient aisément au jour Alésia telle qu’elle devint au lendemain de la conquête romaine. Ces fouilles sont décidées. Elles compléteront heureusement celles qui furent exécutées par le colonel Stoffel sur l’ordre de Napoléon III, et qui ont révélé ce qui reste des immenses travaux de circonvallation de César. D’autre part, elles compléteront, à un certain point de vue, celles de Bibraele.Le mont Beuvray montre la vieille Gaule celtique, détruite par César ; Alésia montrerait la Gaule romano-asiatique, créée parla conquête, après la paix et dans l’épanouissement d une industrie d’élite, alor s réputée dans tout le monde occidental. On sait, en effet, par Pline qu’Alésia se livrait à l’industrie de l’étamure et de l’argenture. (D’après une étude de M. Guillaume Ferrero. Journal des Débals du 27 sept. 1905.)
- Explosion dans le canal de Suez. —L’explosion du Chathai», le navire chargé de dynamite, et dont l’épave obstruait en partie le canal de Suez, a eu lieu le 28 septembre à 10 heures du matin. L’explosion a été totale; toutes les matières dangereuses renfermées dans le navire ont été détruites. Cette explosion a soulevé une gerbe d’eau dont la hauteur a été évaluée à 1000 mètres. Aussitôt après l’explosion, provoquée électriquement à une distance de 6 kilomètres et demi, les agents de la Compagnie du canal de Suez se sont rendus sur les lieux. Ils ont constaté du côté Asie, où le navire était échoué, une érosion de la berge de 80 mètres de longueur sur 15 mètres de largeur par le travers du Chatham qu’ils ont trouvé très enfoncé. La rive asiatique a été couverte de débris, tandis qu’il n’y a eu que quelques morceaux des tôles du pont du navire sur la rive africaine. Le chemin de fer et le canal qui approvisionne d’eau douce Port-Saïd, situés sur cette rive, n’ortt pas du tout souffert. Les sondages effectués dans le canal ont montré que le chenal a été remblayé de 5 mètres en moyenne sur toute sa largeur et sur 80 mètres de longueur. Les débris projetés à l’ouest de l’axe du canal pourront être enlevés à l’aide de bigues. Les dragages opérés ont donné la certitude que le chenal est entièrement libre, au nord, à partir du kilomètre 18, au sud, à partir du kilomètre 19. On prévoit que le transit de jour sera repris au plus tard le 8 octobre.
- Cyclones. — On signale une série de cyclones qui ont causé de grands dégâts. Le 26 septembre, un cyclone s’est abattu sur la ville de Manille dans les Iles Philippines; 11 Américains et 24 indigènes ont été noyés à bord de la canonnière Leyte qui a été perdue. Les quartiers indigènes ont été détruits; 8000 personnes sont sans abri, 5 Philippins ont été tués et 200 blessés. Le 28 septembre, un cyclone a dévasté la commune de Grazzanise, province de Caserte, en Italie; dans le village de Brezza, il y a eu 3 victimes. Aux environs de la gare de Grazzanise, les voyageurs venant de Naples ont trouvé des arbres abattus sur la voie, qu’il a fallu dégager. Dans la nuit du 29 au 30 septembre, la ville de Malmesbury au Cap a été détruite par un cyclone ; cette ville, qui comptait 2450 habitants, était une station thermale située à 80 kilomètres deCapetown.
- Prospection de mines. — Un ingénieur de Chicago, M. Brown, vient de fonder une Société dite Electric Métal Locating Co, pour exploiter sa méthode électrique de prospection. Il mesure la résistance du terrain entre deux électrodes enfoncés en terre, en couvrant pour ainsi dire le sol d’un réseau de lignes de résistance, et quand il constate une diminution brusque et intense, il en infère qu il est au-dessus d’un gisement métallique.
- Concours de jouets à Hanoï. — L’exemple de la métropole trouve des imitateurs aux colonies. Le conseil municipal de Hanoï a dernièrement voté une subvention de 200 piastres pour organiser un concours de jouets parmi les fabricants indigènes de la ville. Ce concours a lieu en septembre à l’occasion de la Fête des Enfants.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans le compte rendu de l’Académie des sciences, séante du 25 septembre 1905, dans le n° 1688 du 30 septembre, p. 287, lre colonne, dans le paragraphe concernant les études préhistoriques, ligne 8, au lieu ae : Mérin-ville (Eure), il faut : Métreville (Eure).
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les lampes électriques à vapeur de mercure se trouvent à la Société anonyme Westinghouse, 45, rue de l’Arcade, à Paris.
- Communication. — M. Paul Berner, à La Chaux-de-Fonds, nous adresse une Note au sujet des expériences de M. Hugues dont nous avons donné un résumé dans notre n° 1685, du 9 septembre 1905 (Communications, p. 58) et relatives à l’adoption des œufs étrangers chez les oiseaux. M. Berner émet des doutes sur la valeur des expériences laites sur des oiseaux domestiqués et captifs, dont les mœurs et le caractère se trouvent par là considérablement modifiés. C’est là une observation très juste en principe, mais en fait, les expériences de M. Hugues sont d’accord avec les observations faites sur des oiseaux libres et sauvages. En effet, M. Berner cite un texte de M. Baspail, publié dans les Mémoires de la Société zoologique de France (1894, p. 79) d’après lequel le rejet des œufs étrangers est la règle, mais s’effectue au bout d’un temps variable ; à l’appui de cette conclusion, M. Ras-pail cite les deux observations suivantes : « Le 31 mai 1893, dans un nid de Rousserolle efl'arvatte (Colamoherpe arundi-nacea Boie et Gmel.), construit dans les Roseaux, sur les bords de l’Oise, j’ajoutai aux deux œufs qu’il contenait un œuf frais de Bruant jaune. Le 5 juin, il y avait les quatre œufs formant la ponte de l’Effarvatte, plus l’œuf étranger; le 6, à 5 heures du soir, ce dernier y était toujours; de même le 7 et il paraissait définitivement adopté; mais étant retourné visiter le nid le 10, il avait disparu. La femelle continua à couver ses quatre œufs qui éclorenl le 13 dans l’après-midi. L’œuf étranger avait donc été rejeté entre le 7 et le 10 juin; dans tous les cas, il n’était pas resté moins de sept jours dans le nid. Le 19 juin, je trouvai un nid de Bruant jaune contenant deux œufs; le 20, le troisième et dernier. La femelle ayant commencé à couver, je remplaçai un de ses œufs par un œuf de la même espèce que je marquai pour le reconnaître; je constatai sa présence les 21, 22, 24, 25, 27, 28 et 29; le 50, à 11 heures du matin, le nid ne contenait plus que les deux œufs appartenant à la mère ; l’étranger avait disparu. Il avait donc été toléré environ dix jours. (Ce sont là des exceptions: en règle générale, l’œuf étranger est rejeté très rapidement).... Jusqu’ici, je n’ai pas rencontré un seul cas d’adoption par les Passereaux d’œufs étrangers provenant de mêmes espèces aussi bien que d’espèces différentes, et l’unique exemple authentique que je puisse citer s’est produit chez les Gallinacés. » Ces observations expliqueraient pourquoi la croyance à l’adoption des œufs étrangers est assez répandue : c’est que le rejet des œufs n’a n’a pas lieu immédiatement.
- Renseignements. — M. J. Chaîne, à Noworossiisk.— Les expressions de rouge sombre, clair, blanc, etc., que vous nous signalez sont en effet employées très souvent à tort dans divers traités; les températures doivent toujours être exprimées en degrés centigrades. Yoici l’échelle des températures adoptée en métallurgie : jaune paille 225°, rouge 265°, bleu 295°, gris d’oxyde 400°, rouge naissant 525°, rouge sombre 700°, cerise naissant 800°, cerise 900°, cerise clair 1000°, orangé foncé 1100°, orangé clair 1200°, blanc 1500°, blanc soudant 1400°, blanc éblouissant 1500°.
- M. Descourtis, à Orange. — 1° Le rendement d’un engre-
- nage à vis sans fin varie de 30 à 50 pour 100; nous n’avons pas trouvé de chiffres pour le rendement d’un engrenage par pignons d’angle. — 2° Nous ne pensons pas que cette nouvelle, disposition serait plus avantageuse.
- MM. Varinois, à Paris. — Nous avons entendu parler de ce procédé ; mais nous ne pouvons vous donner aucun renseignement.
- M. H. Prevel, à l’Isle-Adam. — 1° H n’existe pas d’ouvrage-sur ce sujet. — 2° Le celluloïd est soluble dans l’acétone; on peut dès lors le coller facilement à lui-même en se servant d’acétone.
- M. J. Dufau, à Genève. — Nous avons bien reçu votre-lettre; nous ne pouvons discuter ces questions. Remereiements--
- M. R., à Béon. — Quand la toile cirée est terminée, on la fait sécher et on la recouvre ensuite d’un vernis composé lœ plus souvent d’huile de lin, d’essence de térébenthine et de gomme laque.
- M. J. Corbay, à Longjumeau. — Nous avons reçu votre-envoi et vous en remercions. Nous allons commencer notre-étude à ce sujet et vous tiendrons au courant du résultat. Toutefois, nos recherches peuvent nous demander un certain temps.
- M. Lacomblez, à Chevreuse. — 1° On appelle eau physiologique de l’eau salée à 5 pour 100. — 2° L’exposé des recherches de M. Quinton sur la loi de constance du milieu originel est paru dans les premiers numéros de la Revue des ldéesr en 1904.
- M. Béchancel, à Brive. — On peut, au début, charger un accumulateur vide avec un accumulateur chargé ; à la fin de la charge, la différence de potentiel peut être trop faible.
- M. Dumont Saint-Priest, à Bujaleuf. — Nous ne possédons-plus l’échantillon dont vous parlez. Veuillez vous adresser directement à M. le Dr Bellosquerra, à Caracas (Venezuela), qui vous donnera tous les renseignements désirables.
- M. J. Klein, à Scherwiller. — Pour les pompes '< mammouth » à air comprimé, vous pouvez vous adresser à la maison A. Borsig, à Tegel (Prusse).
- M. R. C. X., à Paris. — Nous avons décrit, dans le n° 1461,. du 25 mai 1901, p. 416, un petit groupe électrogène à moteur à pétrole, d’une puissance de 50 watts, 10 volts et 5 ampères, à la vitesse angulaire de 2400 tours par minute. Ce groupe était construit par M. Chomeau, 55, passage du Havre,, à Paris.
- M. G., à Bordeaux. — Pour tout ce qui concerne les petits appareils Rouquaud, veuillez vous adresser à M. liouquaud,. 88, avenue Victor-Hugo, à Paris (XVIe). Cette adresse a été donnée, avec celles des concessionnaires, en tète de la Boîte aux Lettres du n° 1653, du 28 janvier 1905.
- M. Léon Boillot, à La Chaux-de-Fonds. — Vous trouverez, dans les recueils de Recettes et procédés utiles, 1”, 4° et 5e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, divers procédés relatifs à la destruction de& souris. Il est bien entendu qu’aucun de ces procédés n’est radical et définitif. Les causes d’invasion sont trop nombreuses-pour que l’on soit assuré d’y échapper, surtout au cours de la construction d’un immeuble.
- M. Perrot, à Caen. — La maison Hachette et Ci0, 79, boulevard Saint-Germain, à Paris, a publié un Vocabulaire fran-çais-esperanto, avec des notions de grammaire et un vocabulaire abrégé esperanto-français, par MM. Cart, Merckens et Ber-thelot, prix : 2fr,50. Vous trouverez à la même librairie toute une série d’ouvrages sur le même sujet, formant la collection « Espéranto ».
- M. Julien Chavatte, à Anor. — Nous pouvons vous donner les renseignements suivants sur les agglomérés de charbon de bois. On fabrique un charbon moulé composé de matières car-b#niques agglomérées en cylindre au moyen de goudron. Les matières employées sont la poussière de charbon de bois, le charbon de tourbe et le coke. Le moulage de la pâte charbonneuse est fait à l’aide d’une machine à cylindres où elle est comprimée. Les cylindres restent 36 ou 48 heures à l’air. On les met ensuite dans des fours à mouffles où ils sont chauffés pendant six heures. La combustion de produits volatils suffit pour opérer la carbonisation.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Marchand, à Saint-Cloud. Il est nécessaire de faire d’abord quelques essais; adressez-vous à un ingénieur électricien, — JUlle J. Perrier, à Sèvres. Veuillez consulter le recueil des Recettes et Procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Camusot, à Mortefontaine. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. Paul Berner, à La Chaux-de-Fonds; Remerciements pour votre intéressante communication.
- Bans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettre» reçues avant lesamedi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Chambre claire universelle TIi. Benoist. — Cette chambre claire a pour particularité qu’elle permet de dessiner un objet donné à l’échelle que l’on veut, c’est-à-dire grandeur naturelle, en réduction ou en agrandissement. Dans le cas le plus simple, le dessin obtenu est de même grandeur que l’objet dessiné. 11 suffit, pour arriver à ce résultat, de suivre les dispositions indiquées figure 2 : la barre du prisme figuré en l est horizontale et la hauteur du prisme au papier est rigoureusement égale à la distance du prisme à l’objet. Pour obtenir un agrandissement, la distance du prisme au papier est plus grande que la distance de l’objet au prisme : pour obtenir une réduction, la disposition est l’inverse, c’est-à-dire que l’objet est plus éloigné du prisme que celui-ci du papier. L’échelle de l’agran-
- Cliambre claire univei selle lli. Benoist.
- discernent ou de la réduction est simplement le rapport de ces distances entre elles. Dans les deux cas, agrandissement et réduction, il est nécessaire de mettre l’image au point : cette opération se fait au moyen d’une lentille spéciale que l’on dispose en avant du prisme, ainsi qu’il est indiqué dans la figure 1. A chaque échelle d’agrandissement ou de réduction correspond une lentille déterminée : celle qu’il convient d’employer dans le cas donné est indiquée sur un tableau d’une notice qui accompagne l’appareil. Dans le cas particulier où le prisme est à égale dislance de l’objet et du papier, il n’y a ni réduction ni agrandissement : l’image se trouve au point d’elle-même, et il n’y a pas lieu d’employer de lentille à cet usage. Ajoutons que l’image au point est parfaitement immobile et que cette nouvelle chambre claire est applicable sur les microscopes. — La chambre claire universelle Th. Benoist se trouve chez M. P. Berville, 25, Chaussée d’Antin, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Collage à sec des épreuves.
- Le collage par voie humide est l’écueil de la photographie, non seulement parce qu’il est toujours ennuyeux et délicat, mais aussi parce qu’il est souvent la cause de la détérioration des images. Aussi les procédés de collage à sec sont-ils bien préférables à tous les points de vue.
- M. G. Briand nous a indiqué, dans Pholo-Gazette, une méthode que nous avons essayée et qui nous a donné d’excellents résultats; elle est basée sur l’emploi de la gomme laque. On commence par faire la solution suivante :
- Gomme laque blanche ou blonde. . 30 grammes.
- Gomme élémi..................... 3 —
- Baume du Canada sirupeux .... 5 —
- Alcool à brûler premier choix à 90°. 100 c. c.
- On fait d’abord dissoudre à part, dans une partie de l’alcool prélevé sur les 100 centimètres cubes, la gomme élémi et le baume du Canada ; dans l’autre partie on dissout la gomme laque concassée. Ces dissolutions demandent un certain temps, aussi il est bon de mettre les flacons, où elles
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- se font, à portée de la main afin de les secouer souvent. II faut compter au moins 12 heures avant que la dissolution soit complète. Lorsque cela est fait on mélange les deux solutions et on conserve dans un flacon bien bouché.
- Quand on veut procéder au collage des épreuves il faut commencer par encoller celles-ci, parce que la présence de l’alcool dans la composition que nous venons d’indiquer rend le papier perméable et l’image serait tachée. On fera donc la solution suivante :
- Eau......................... 1000 centimètres cubes.
- Formol du commerce . . 50 —
- Gomme arabique .... 200 grammes.
- Glycérine ordinaire . . 15 —
- On fait d’abord bien dissoudre la gomme dans l’eau, on ajoute ensuite la glycérine et le formol. La présence de ce dernier produit assure la conservation de la solution sans alté -ration et on pourra toujours en avoir sous la main.
- Elle s’étend avec un pinceau large et plat, dit queue de morue, au verso de l’épreuve et on laisse sécher à l’air libre dans une pièce chaude en hiver il faut environ un quart d’heure à une demi-heure pour que la dessiccation soit complète.
- Quand les épreuves ainsi préparées sont bien sèches on étend, toujours sur le verso bien entendu, l’enduit à la gomme laque dont nous avons donné la formule plus haut ; cet étendage se fait rapidement avçç un pinceau semblable au précédent. La couche sèche très rapidement.
- Les épreuves ainsi préparées peuvent être conservées dans cet état aussi longtemps qu’on le désire ; quand on veut procéder au montage sur carton, il suffit de passer dessus un fer à repasser. Le degré de température est le seul côté un peu délicat de l’opération : si le fer n’est pas assez chaud la gomme laque ne fond pas et l’épreuve n'adhère pas au support; si le fer est trop chaud la gomme laque coule et l’épreuve ne colle pas non plus, c'est même le moyen de la décoller si elle se trouve mal montée.
- La température à atteindre et à ne pas dépasser est de 70 à 80 degrés; on arrive assez vite à apprécier, à l’approche de la main ou de la joue, cette température, mais il y a un moyen sûr d’obtenir le degré voulu, c’est d’employer les fers creux qu’on vend pour les chapeaux de soie et dans lesquels on verse de l’eau chaude. En y versant de l’eau bouillante et en attendant quelques instants, on aura le fer à la température voulue. Quand il s’agit de monter une épreuve avec borduies fermées par des fonds successifs de couleurs différentes ou dorées, on procède de la même manière par la préparation et le montage de chacun de ces fonds. G. M.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le forma ne.
- Voici l’hiver qui approche, et avec lui le cortège des rhumes, des coryzas, affections sans grande gravité, mais combien désagréables. Voici le dernier remède imaginé contre le fâcheux rhume de cerveau. C’est le formane ou chlorméthyl-menthol, produit assez instable, car, au contact de l’air humide, il se dédoubler en menthol formaldéhyde, éther et acide chlorhydrique C’est juste (l’acide excepté, mais sa proportion est négligeable) ce qu’il faut pour calmer la susceptibilité de la muqueuse nasale enflammée. Le menthol amène une décongéstion et une anesthésie légère; le formaldéhyde arrive comme désinfectant et désodorisant. Le formane peut se combiner à un corps gras pour en faire une pommade, ou il peut être versé directement dans l’eau bouillante et servir alors en vaporisations et fumigations. D’àprès les études faites jusqu’ici, le coryza serait presque toujours jugulé en moins de vingt-quatre heures. Je n’ai pas encore l’expérience de ce produit ; mais j’ai trop vu de ces médicaments qui devaient faire merveille et ne faisaient rien du tout, justifiant le dicton « que tout ce que les médecins ont pu faire contre le rhume de cerveau c’est de le nommer coryza ». Le formane se dédouble en deux substances dont l’une, le menthol, a une action des plus efficaces contre ccs sécrétions et cette inflammation de la pituitaire. 11 peut donc réussir.
- Les méfaits d'un carnet de bal.
- Un carnet de bal capable de provoquer une éruption désagréable, sinon dangereuse, c’est, vous l’avouerez, une chose rare et peu connue. C’est cependant une histoire très exacte, qui fut contée l’autre soir à la Société de médecine, par le Dr Moueî et qui vient ajouter un nouvel exemple du danger de certaines couleurs artificielles.
- Une cliente du docteur -vient le consulter pour une éruption
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- scarlatiniforme, limitée au-devant de la poitrine et s’accompagnant de cuisson, de démangeaisons intolérables. Il y avait, en effet, sur presque toute l’étendue de la poitrine, un érythème intense, une véritable dermite aiguë. La malade racontait qu’elle était allée l’avant-veille à un bal; qu’elle y avait dansé avec entrain et qu’elle avait, par suite de la chaleur et de l’exercice, transpiré beaucoup. Le carnet du bal, qu’on offrait à toutes les danseuses à la porte des salons, la gênant pendant la danse, elle le glissait dans le corsage décolleté. Il devenait évident, après ce récit, que le carnet de bal devait être la cause de cette éruption. Le carnet, examiné par le docteur, portait, en effet, sur la couverture en parchemin, un encadrement imprimé de fleurs coloriées et, sur un angle, l’écusson aux armes de la Société, qui donnait la soirée, plus riche encore en couleur. Le Dr Laffay se chargea de déterminer
- quel pouvait être l’agent colorant nocif, et l’analyse lui révéla qu’il s’agissait d’éosine, un agent employé en médecine, mais seulement à titre d’agent colorant pour les préparations histologiques.
- L’éosine, qui est une tétrabromofluorescéine, est un dérivé de la résorcéine, et donne de jolies nuances aurore ou rouge fauve, le produit se dissout facilement dans l’eau. Or le carnet appliqué à même sur la peau a trouvé dans la sueur un agent de dissolution de son revêtement imagé ; la danseuse s’était fait, inconsciemment et involontairement, un badigeonnage irritant, cause de l’éruption; c’est tout à fait l’analogue des exanthèmes causés par l’aniline dans les chaussettes teintes. Inutile d’ajouter que l’accident n’eut pas de suites; une pommade à l’oxyde de zinc fit rapidement disparaître la démangeaison et l’éruption. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France. SEPTEMBRE-OCTOBRE 1905. - SEMAINE DU LUNDI 25 SEPTEMBRE AU DIMANCHE 1er OCTOBRE 1905.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES observations;générales
- Lundi 25 septembre. 10°,6 S. W. 1. Presque couvert. 0,3 Presque couv. ; petite pluie de 4 h. 45 à 6 h.
- Mardi 26 9°,1 S. 1. Peu nuageux. 1,3 Nuag. le matin; très nuag. le soir; rosée; pluie dans la soirée.
- Mercredi 27 9°,0 S. 1. Très nuageux. 0,2 Nuageux le matin; très nuag. le soir; rosée; gouttes l’après-midi.
- Jeudi 28 11®,9 S. E. 2. Couvert. 2,6 Couv. ; pluie de 15 h. à 18 h. 30.
- Vendredi 29 10°,0 E. S. E. 1. Couvert. 4,7 Nuag. ; orage de 14 h. à 15 h. 40; pluie de 15 h. à 17 h.
- Samedi 30 10°,9 W. S. W. 2. Couvert. 0,4 Couv. ; bruine jusqu’à 6 h. ; pluie de 17 h. 15 à 17 h. 30.
- Dimanche 1" octobre. 7°,9 N. 0. Très nuageux. » Très nuageux.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mér); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I*e temps. — Dans la semaine du 25 septembre au 1" octobre, le temps a été pluvieux. Le 25 septembre, les pluies ont été générales en France : il est tombé 12 mm d’eau à Biarritz, 11 mm à Gap, 10 mm à Besançon, 8 mm à Dunkerque, 7 mm au Mans, 7 mm à Rochefort. A Paris, après le lever du jour, le ciel s’est éclairci et le temps est resté beau jusqu’au soir. Le thermomètre marquait le matin 10° à Nantes, 11° à Paris, 13° à Lyon, 15° à Perpignan, 5° au Puy de Dôme, — 2° au mont Mounier. — 1° au Pic du Midi. Un orage s’est abattu dans la journée sur le département des Pyrénées Orientales ; à Bages, près de Perpignan, au cours de l’orage, une femme a été tuée par la foudre et une autre gravement blessée. Le 26 septembre, un vent faible du Sud souffle sur les côtes de la Manche, et un vent des régions Nord règne en Bretagne et en Vendée. On a recueilli 10 mm d’eau à Biarritz, 6 mm à Brest, 6 mm au Havre, 5 mm à Limoges, 2 mm à Nancy. La pluie est tombée à Paris, de 3 heures à 4“ 30”. fournissant des hauteurs de 1 à 4 mm. On notait, le matin, 8° à Belfort, 9° à Paris, 9° à Nantes, 11® à Toulouse. Dans la région parisienne, on a observé, par places, des minima de 5°. Le 27 septembre, les pluies ont été nombreuses dans l’Ouest et le Nord du continent. Il a plu à Besançon (17 mm), à Toulouse (11 mm), à Brest (10 mm), à Dunkerque (6 mm)*, à Nice (5 mm). Le temps est resté très frais dans les régions dq Centre et du Midi. Le thermo-
- mètre marquait le matin 8° à Clermont, 9° à Paris, 10° à Toulouse, 5° au Puy de Dôme, 1° au mont Ventoux. Le 28 septembre, la pression barométrique a baissé de 8 mm à Biarritz. Les pluies ont été abondantes et accompagnées de manifestations orageuses dans le sud-ouest ; il est tombé 35 mm d’eau à la Coubre, 25 mm à Rochefort, 13 mm à Nantes, 4 mm à Dunkerque, 3 mm à Perpignan. II est tombé sur Paris une série d’averses continues qui ont donné une hauteur d’eau de 5 mm. La neige a fait sa première ap-arition sur le mont Dore. La température moyenne à Paris a été 12°,8. Le 9 septembre, les pluies ont été générales en France. On a recueilli 25 mm d’eau à Toulouse, 19 mm à Marseille, 14 mm à Clermont, 11 mm au Havre, 3 mm à Paris. Un orage a éclaté sur cette dernière ville à 2b 40“ ; la pluie est tombée par torrents, accompagnée de tonnerre et d’éclairs pendant 20 minutes environ, puis les nuages se sont dissipés. Le 30 septembre, le baromètre ne marquait que 744 mm à Carlstad, et 765 mm en Ecosse et en Irlande. Il est tombé 19 mm d’eau au Mans, 12 mm d’eàu à Rochefort, 5 mm à Lyon, 5 mm à Paris, 2 mm à Brest. Le 1" octobre, il a plu à Toulouse (11 mm), à Dunkerque (3 mm), à Biarritz (2 mm) et à Limoges (2 mm). La température s’est abaissée sur les régions du Nord et de l’Est ; le thermomètre marquait le matin 6° à Charleville, 8° à Paris, 8° à Nantes, 12® à Toulouse, 2° au mont Ventoux, — 3° au Pic du Midi. On a signalé des minima de 4°,9 à Villejuif, dans la banlieue de Paris.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 28 à 10 h. 8 m. du soir.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VI*).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Ci#,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1690 (14 octobre 1905), du journal tr La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Tremblements de terre. — Un léger tremblement de terre a •été ressenti à Lisbonne, le 20 octobre, à 7 heures du soir ; il n’y a «pas eu de dégâts. Une secousse de tremblement de terre s’est produite à Monte-Leone (Italie), le 8 octobre à 9h 55m du soir, dans la direction Ouest-Nord-Ouest.
- Congrès géologique international. — Le Congrès géologique international dans sa IXe Session réunie à Vienne, a décidé, dans la séance du 28 août 1903, de tenir sa Xe Session à Mexico. L’ouverture du Congrès aura lieu à Mexico vers le 6 septembre 1906 et la séance de clôture se tiendra huit jours après. Deux grandes excursions générales auront lieu l’une avant et l’autre après la session. De petites excursions aux environs de la ville de Mexico seront faites pendant la session du Congrès. Un livret-guide, écrit par les géologues qui ont étudié les régions à visiter, est en préparation. Des renseignements détaillés sur les itinéraires, frais d’excursion, etc., etc., seront fournis prochainement par une seconde circulaire.
- Études coloniales. — L’Université de Nancy a fait passer, pour la première fois, les examens du diplôme d’études coloniales avec mentions de langue malgache et de langue annamite. Un cours de langue malgache est créé à l’Institut colonial de Nancy, et s’ouvrira le 15 novembre. M. Daescher est nommé répétiteur pour l’année scolaire 1905-1906.
- Éclairage et chauffage électrique des trains. — La Compagnie du chemin de fer d’Orléans a déjà un grand nombre de voitures éclairées à l’électricité. On sait que l’énergie électrique nécessaire est empruntée au service de la traction, ou produite par une dynamo spéciale installée dans un fourgon et actionnée par un essieu du train. Cette dynamo est branchée aux bornes d’une batterie d’accumulateurs qui sert de volant et un réglage approprié assure la fixité complète de la lumière. Ce mode d’éclairage se généralise, et est sur le point d’être appliqué à tous les trains de banlieue partant du quai d’Orsay. La Compagnie doit, de plus, utiliser le chauffage électrique dans les trains circulant entre Paris et Juvisy.
- Mise en chantier de sous-marins. — Le port de Cherbourg vient de mettre en chantier 18 sous-marins de grandes dimensions, qui auront un déplacement de 573 mètres cubes, une longueur de 51m,12, une largeur de 4“,97 et un tirant d’eau arrière de 3m,12. Ils seront munis de deux hélices, et la puissance de la machine à vapeur sera de 700 chevaux; la vitesse prévue est de 12 nœud-1. Leur effectif comprendra 2 officiers et 22 hommes d’équipage; ils seront armés de 7 appareils lance-torpilles.
- Glissement de montagne. — On craint que le hameau de la Sagne (commune de Briançonnet, à 20 kilomètres de Nice) ne soit détruit par un éboulement. Déjà, au mois de mars dernier, des éboulements partiels se sont produits et l’autorité militaire fit dresser des tentes pour abriter les habitants les plus menacés. Par suite des grandes pluies de ces jours derniers, une crevasse s’est ouverte et un nouvel éboulis semble imminent. Les craintes sont d’autant plus grandes que la période des pluies va exagérer la friabilité au terrain.
- Les automobiles. — En présence de la recrudescence des accidents occasionnés par la circulation des voitures automobiles, les ministres de l’intérieur et des travaux publics viennent d’instituer une commission, qui a pour mandat de modifier les règlements actuellement en vigueur, tant au point de vue des responsabilités que des conditions de la vitesse des véhicules dans les agglomérations et sur les routes. La commission aura également à s’occuper d’imposer aux voitures un numérotage impossible à modifier en
- cours de route, ce que permet de faire actuellement l’emploi de plaques mobiles, sur lesquelles sont inscrits les numéros. La commission doit rechercher aussi s’il ne serait pas possible de rendre obligatoire l’usage d’un indicateur de vitesse qui, au moyen de plaques de diverses couleurs, rendrait apparente à fous l’allure des voitures en marche, facilitant ainsi la constatation des excès de vitesse. La commission sera présidée par M. Sainsère, Conseiller d’état.
- Le celluloïd. — On sait combien sont dangereux, au point de vue de l’incendie, les dépôts de celluloïd, ainsi que le travail et le façonnage de cette substance et des produits nitrés analogues. Jusqu’ici les dépôts renfermant moins de 500 kg étaient classés dans la 3e classe des élablissements insalubres, dangereux ou incommodes ; les dépôts de 300 à 800 kg dans la 28 classe, et les dépôts de 800 kg et plus dans la lre classe. Par un nouveau décret en date du 31 août 1905, les dépôts de plus de 10 kg et moins de 200 kg de celluloïd brut ou façonné sont placés dans la 5e classe, les dépôts de 200 à 800 kg dans la 2° classe, et les dépôts de 800 kg et plus dans la lre classe. Les ateliers de façonnage du celluloïd et produits nitrés analogues de plus de 5 kg et de moins de 200 kg sont placés dans la 28 classe et les ateliers de façonnage de 200 kg et plus sont placés dans la lr8 classe.
- La fin du « Sully ». — Le croiseur le « Sully » vient de terminer sa carrière; sa coque s’est cassée, et l’arrière a coulé, il n’y a pas eu d’accident. Mis en chantier le 24 mai 1899, à la Seyne, il avait été livré à la marine le 1er mai 1903; il avait appareillé en janvier 1904. Depuis le jour où il a commencé ses essais, il n’a eu ue des déboires à son actif. D’un déplacement de 10 014 tonneaux, 'une longueur de 158 mètres et d’une largeur de 20,20 mètres, il avait une vitesse de 21 nœuds. D’après le budget de 1903, son prix de revient était de 24685 744 francs. Sa résistance a été considérable; il est resté, en effet, pendant près de huit mois suspendu sur un rocher, soumis aux vents, aux tempêtes et à tous les mouvements de la marée.
- Le record de la marche. — Le 2 octobre, à Londres, sur la piste de Stamford Bridge, l’amateur Larner a couvert à la marche, sans courir, la distance de 13,158 km dans une heure; c’est le record du monde.
- Exposition de Liège. — Nous apprenons avec plaisir les récompenses accordées à quelques-uns de nos collaborateurs à l’Exposition internationale de Liège : M. Lahure, imprimeur de « La Nature » était président du Jury de la classe 11, typographie. Et notre graveur sur bois, M. Poyet, a vu ses efforts justement récompensés par un diplôme d’honneur.
- Un monument à Gramme. — Un monument vient d’être élevé à Liège à la mémoire de Z. Gramme, l’inventeur de la machine dynamo. On sait que Gramme était né dans la province de Liège et qu’il vint à Paris pour faire ses premières expériences et les mener à bien.
- Les mines de Thasos. — Les journaux viennent d’annoncer que l’Allemagne se serait fait accorder par le sultan la concession des gisements miniers de Thasos dans la mer Egée avec une station navale dans cette île. L’intérêt de ces gisements a été signalé depuis 1887 à diverses reprises par M. L. De Launay à la suite d’une exploration géologique à Thasos. Il y a là des restes d’exploitations antiquestrès considérables, portant sur des filons complexes où domine le cuivre argentifère et qui, d’après un récit d’Hérodote, doivent contenir des parties aurifères ; l’importance industrielle de ces gisements, qui n’ont jamais été fouillés dans les temps modernes, peut être très grande. Il est donc à espérer que la nouvelle annoncée sera démentie. Si elle était exacte, elle pourrait d’ailleurs entraîner descomplications diplomatiques : l’îlede Thasos ayant déjà été donnée par le sultan au khédive d’Egypte, ce qui amènerait sans doute l’Angleterre à intervenir.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. ^ En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. —Dans le n° 1688, du 50 septembre 1905, page 275, colonne II, ligne 8 du bas, au lieu de : Huygens, il faut : Sir Huggins. Dans le même article, même colonne, lignes 25, 30 du haut, ligne 14 du bas, etc., au lieu de : bandes X 6192, X 6465, etc., il faut : raies X 6192, X 6465, etc.
- Communications. — M. Jacquot, à Thonon, nous signale quelques curiosités végétales du Chablais qui ont été présentées le 25 septembre à M. Ruau, ministre de l’Agriculture : un chou de 75 centimètres de diamètre (non épanoui), deux potirons, dont l’un de 2m,45 de tour et 0m,80 de hauteur, pesant 92 kilogrammes. Ajoutons qu’il existait à Amphion un poirier fournissant presque chaque année une barrique de cidre à lui seul et qu’il existe, à La Chavanne, un châtaignier de 14 mètres de circonférence au tronc, qui passe pour avoir abrité, il y a plus de trois siècles, saint François de Sales.
- M. Myron Metzenbaum, à Cleveland (Angleterre), nous adresse une brochure intitulée : Radium, Radioactives, Substances and aluminium, dans laquelle l’auteur, après un court historique de la question, fait l’exposé de ses recherches expérimentales sur la radioactivité et notamment sur la valeur de ses applications à la médecine. Ces travaux ont valu à l’auteur Une médaille de bronze à la section mines et métallurgie, de l’exposition de Saint-Louis.
- M. Cl. Larochette nous envoie une note intéressante sur la fabrication du coton hydrophile, où il décrit les méthodes d’une usine spéciale de Villefranche-sur-Saône, alors que nous avons indiqué plutôt, dans le n° 1685, du 9 septembre, les méthodes anglaises et allemandes.
- Renseignements. — M. Poirson, à Marseille. — Pour la prime offerte à ses lecteurs par la Revue scientifique, c’est à cette revue même qu’il faut s’adressér. Nous ne connaissons pas ce globe, mais il est probablement très sérieusement fait.
- M. Alexis Pierre, à La Ferté-Saint-Aubin. — 1° 11 nous est bien difficile de vous renseigner exactement sans connaître votre appareil. Vous pourriez employer une lampe à alcool, à pétiole ou h l’acétylène. Il existe d’ailleurs des modèles excellents des différents types dans les maisons Bauz, 3, quai de Conti ; Molteni, 44, rue du Château-d’Eau, Clément et Gilmer, 140, Faubourg-Saint-Martin, à Paris. — 2° Adressez-vous à la librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, à Paris.
- M. Thouvenot, à Avezzano. — Le ruberoïd se trouve à la Société de l’industrie internationale, 20, rue Saint-Georges, à Paris. Cette adresse était indiquée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1688, du 50 septembre 1905.
- M. le Dr V. CL, à Paris. — L’adresse de la lampe à incandescence M. S. est donnée en tête de la Roîte aux lettres du n° 1679, du 29 juillet 1905.
- Mm‘ Fricker, à Enghien-les-Bains. — Il existe de nombreux procédés de bronzage de l’acier; en voici quelques-uns : 1° prenez : acide chlorhydrique, 60 grammes ; alcool, 50; bichlorure de mercure, 20; chlorure de bismuth, 10; chlorure de cuivre, 10; perchlorure de fer, 10; noir d’aniline, 2 ; mettez d’abord le bichlorure de mercure dans l’acide chlorhydrique, puis le bismuth et le chlorure de cuivre, ensuite ajoutez l’alcool, agitez et laissez déposer une demi-heure : puis passez cette composition sur l’objet à bronzer, en teintes superposées ; ensuite plongez la pièce dans de l’huile de lin bouillante pendant dix minutes. — 2° Faites une pâte homogène d’huile de lin et de beurre d’antimoine en quantités égales, enduisez-en
- l’objet, et, une fois sec, cirez à la cire jaune et appliquez un -vernis de gomme laque. Chauffez l’objet avant application de la pâte.
- M. Léon Cavalier, à Tarbes. — Nous avons donné la description du jeu des bouteilles dans les (( petites inventions )> du n° 1535, du 24 décembre 1898. Ce jeu se vendait alors-chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg.
- Abonné 7718, à El-Kantara. — Nous ne connaissons pas; d'ouvrages spécialement consacrés aux pâtes de papier et d’alfa.. Mais vous: trouverez des ouvrages relatifs à la fabrication du papier à la librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. E. F., à Versailles. — Il n’existe pas, à notre connaissance, de bibliothèque ou de librairie faisant le service de prêt à domicile des ouvrages scientifiques récents. 11 faut soit les acheter, soit les consulter dans les bibliothèques, au Muséums (bibliothèque ouverte au public), à la Bibliothèque Nationale (faire une demande de carte au secrétariat), ou à la Sorbonne (être immatriculé comme étudiant).
- M. R. C., à Châtillon-sur-Seine. — Adressez-vous à la maison. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Ed. Colombé, à Londres. — Il s’agit bien de Henri II,, duc de Montmorency, décapité à Toulouse en 1652, sur ordre de Richelieu, pour avoir enfreint les ordonnances sur le duel-Le connétable dont vous parlez est Montgomery qui blessa mortellement Henri II, dans un tournoi en 1559 et fut exécuté en 1574, pour crime de haute trahison.
- M. G. L., à Mulhouse. — Bicyclettes à changements du vitesse : Clément, quai Michelet, à Levallois (Seine) ; Gladia-tor, 18, boulevard Montmartre, à Paris ; Hurtu, 49, avenue de Villiers, à Neuilly (Seine); Cleveland, 6, place de la Madeleine, à Paris.
- Ecole navale flottante, à El Ferrol.— Nous ne savons pas ce que vous voulez dire par des cartons avec constructions. Veuillez vous expliquer plus nettement.
- M. Miquel José Rodriguez, k Porto. — Nous vous remercions de votre intéressante communication. Mais vos renseignements manquent de précision. Pouvez-vous nous adresser un échantillon de la roche dont vous parlez et nous indiquer sur une carte à quel endroit exactement se trouve son gisement?
- M. le chevalier Ouorato Fava, à Naples. — Pour le phonocarte, veuillez vous adresser à M. Marotte, 55, rue de Jussieu, à Paris.
- M. de Launay, à Chef-du-Bois. — Pour nettoyer des gravures, lavez légèrement à l’eau de Javel étendue, puis rincez à l’eau claire. L’opération réussit parfaitement avec un peu de sûreté de main et d’attention. Pour le collage, employer la colle à bouche, la colle de pâte, la gomme arabique suivant la nature du papier. — Un de nos lecteurs nous indique, d’autre part, le procédé suivant pour remise-à neuf des vieilles gravures : mettre la gravure à plat dans une cuvette de photographie ou un plat en faïence, et laver avec de la liqueur de Labarraque; laver ensuite à l’eau distillée ou à l’eau de pluie, mettre sécher au soleil ou à la lumière, enfin comprimer la feuille ou la passer au fer légèrement chaud, en ayant soin de la placer entre deux feuilles de papiei blanc. Si la gravure était tachée par de l’encre il faudrait, au préalable, la traiter de la même façon avec une solution d’acide oxalique à 5 pour 1000. La liqueur de Labarraque se trouve chez tous les pharmaciens et on peut la faire facilement soi-même d’après celte formule : chlorure de chaux, 10 grammes; carbonate de soude (cristaux de soude des épiciers), 20 grammes; eau, un demi-litre : mélanger jusqu’à dissolution complète du carbonate de soude, puis décanter ou filtrer.
- M• E. B. J., à L. F. — Fabricants de baromètres : Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire; Reclus, 114, rue de Tu-renne ; Latopr, 25, rue des Francs-Bourgeois ; Naudet et Cie,
- 2 et 4, place de Thorigny, à Paris.
- M. R. B., à Nancy. — Adressez-vous k la maison H. La-chambre, 24, passage des Pyramides, ou Surcouf, 2, avenue de la Bourdonnais, ou Godard, 4, rue Christiani, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch. Bernard, à Paris. Nous ne pouvons examiner votre projet. Adressez-vous à un ingénieur conseil. — M. F. Cabourdot, à Saint-Cloud ; M. Ch. Mer-cadet. à Garclics. Adressez-vous à une agence de brevets. — il/. M. Xavière, à Breteuil. Consultez le recueil des Recettes et procédés utiles, dans les cinq séries, à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. R. Sue, à Nice. Remerciements pour vos belles photographies, mais il est trop lard pour que nous puissions les publier.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signales par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lut sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondxe à. toutes les qucstions^ni àmsérer toutes les communications. — fl n'est répondu qu'aux lettre» reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Robinet à jet réglable. — La lance d’arrosage est connue depuis longtemps. On sait tous les services qu’elle rend non seulement pour l’arrosage des jardins à la campagne, mais encore dans les villes pour le nettoyage des cours, des garages, des voies publiques, etc. 11 est nécessaire d’obtenir avec la lance des effets différents suivant les résultats à obtenir. Il faudra tantôt le jet complet pour projeter l’eau à toute pression; dans un autre cas, il faudra une quantité d’eau répartie sur une plus grande surface, mais cependant tombant encore avec assez d’abondance. Enfin, dans un autre cas, il sera nécessaire d’avoir une plus faible quantité d’eau tombant plus légèrement, en pluie très fine. Ces divers effets peuvent être obtenus instantanément par une simple manœuvre du robinet que la
- Robinet à jet réglable.
- figure ci-jointe représente. Ce robinet est formé d’une partie cylindrique, ouverte sur le devant, et dans laquelle se déplace un axe plein, à l’aide d’une rondelle placée à la partie supérieure et que l’on peut manœuvrer à volonté. Cet axe présente au centre un trou B suivant le sens horizontal dans le prolongement de la partie du robinet qui le relie au tuyau. Lorsque ce trou B est bien placé dans le sens indiqué, il donne passage au jet d’eau ordinaire qui s’échappe sous pression. Cet axe, qui est aplati sur deux côtés parallèles, présente encore en A et C une série de fentes horizontales plus ou moins rapprochées. Selon
- Îu’au moyen de la rondelle de réglage, on place sur le côté les entes A ou les fentes C, on obtient une distribution d’eau en jets plus ou moins nombreux et plus ou moins fins. Ces divers effets sont obtenus, comme nous l’avons déjà dit, par la simple manœuvre de ce nouveau robinet. — Le robinet à jet réglable se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- La spéléologie au xxe siècle, par M. E.-A. Martel. Revue et bibliographie des recherches souterraines de 1901 à 1905. Première partie : France. Paris, 1905. Spelunca. Bulletins et mémoires de la Société de spéléologie, n° 41, juin 1905. Prix : 5 francs.
- Les grandes cultures du monde. Leur istoire, leur exploitation, leurs différents usages. Histoire naturelle populaire: sous la direction et avec préface de M. le Dr J.-E. Van Someren Brand. Livraison XI. Ernest Flammarion, éditeur, 26, rue Racine, Paris. Prix net : 75 centimes.
- Propos d’Espagne, par E. Martinenche, Paris, Hachette et Cie, 1905. 1 vol. in-16. Prix : 3,r,50.
- Histoire ancienne des peuples de l’Orient, par G. Maspero. Paris. Hachette et Ci8. 1905. 7‘ édition. 1 vol. in-16. Prix : 10 francs.
- Le Mont Cervin, par Guido Ret, ouvrage traduit de l’italien par Mme L. Espinasse Mongenet. Paris. Hachette et Cie, 1905. 1 vol. in-16. Prix : 3,r,50.
- 1 La description des appareils est gratuite. La re'daction des Nou telles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Coins d’Egijpte ignorés, par Albert Gayet. Paris. Plon-Nourrit et Cie, 1905. 1 vol. in-16. Prix : 3,r,50.
- Le Rhône. Histoire d’un fleuve, par Ch. Lentheric. Paris. Plon, Nourrit et Cie. 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 10 francs.
- Japon, Mandchourie, Corée. Journal d’un correspondant de guerre en Extrême-Orient, par Reginald Kanx. Paris. Calmann Lévy, 1905. 1 vol. in-16 illustré. Prix : 4 francs.
- Index philosophique. Philosophie et sciences. Deuxième année. 1 vol. in-8°, Chevalier et Rivière, éditeurs. Paris. Prix : 10 francs.
- L'Oberland grison illustré, par le Dr Ch. Tarnuzzer. Appendice historique, par J.-C. Muoth, professeur. Paris. Librairie Fischbacher. Prix : lrr,50.
- Chasse, élevage et piégeage, par A. de Lesse. 1 vol. in-18 de l’Encyclopédie agricole. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris. 1905. Prix : broché, 5 francs; cartonné, 6 francs.
- Am Siam. Journal de voyage, par M. et Mme Emile Jottrand. Paris. Plon Nourrit et Cie. 1905. 1 vol. in-16. Prix : 4 francs.
- Sans [prétentions littéraires ou scientifiques, ce livre est un journal de voyage, plein d’ùnpressions sincères et de bonne foi.
- Coléoptères, par M. Fairmaire. Paris. Les fils d’Emile Deyrolle., 1 vol. in-8°, 27 planches en couleurs, br. 6fr,50.
- Hémiptères, par M. Fairmaire. Paris. Même librairie. 1 vol. in-8°, 9 planches, br. 3 francs.
- Lépidoptères, par M. Berge. Paris. Même librairie, 1 vol. in-8°, 27 planches, br. 5 francs.
- Paléontologie, par M. Fritel. Paris. Même librairie. 1 vol.. in-8°, 21 planches, br. 6 francs.
- L’acide formique et la force musculaire, par M. le Dr Clément, médecin des hôpitaux de Lyon. Paris. Vigot frères. 1 vol. in-18 jésus. Prix : 3 francs.
- Deuxième Congrès international de l’éducation physique de la jeunesse (Liège, du 28 août au 1er septembre 1905). Règlements et rapports préliminaires. Nivelles. Imprimerie Launeau et Despret.
- Annuaire du Syndicat professionnel des industries électriques (1905). Paris. II. Dunod et E. Pinat. 1 vol. in-8° de 430 pages. Prix, cartonné : 7fr,50.
- Annuaire général et international de la photographie 1905.
- 1 vol. in-8°. Librairie Plon. Paris. Prix : 6 fr.
- Manuel pratique de l'éleveur de chèvres, par II. L. Alph. Blanchon. 1 vol. in-16 de l’Encyclopédie Roret. L. Mulo, libraire éditeur. Paris. 1905. Prix : 2,r,50.
- Éludes de droit str la photographie, par Edouard Sauvel, ancien avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation.
- 1 brochure in-16. Ch. Mendel, éditeur. Paris. Prix: lfr,50.
- La carte postale photographique et les procédés d’amateurs, par A. Berthier. 1 brochure in-16. Ch. Mendel, éditeur. Paris. Prix : lfr,50.
- Photo-gomme, par Henri Renault. 1 brochure in-16. Ch. Mendel, éditeur. Paris. Prix : l'r,-50.
- Explication mécanique de la matière, de l'électricité et du magnétisme, par M. Despaux, ingénieur des Arts et Manufactures, inspecteur divisionnaire du travail dans l’industrie.
- 1 vol. in-8°. Félix Alcan, éditeur. Paris. Prix : 4 fr.
- Observatoire magnétique et météorologique de Zi-ka-wei (Chine). Bulletin des observations. Tome XXVIII. Année 1902. Chang-Hai. Imprimerie de la mission catholique. 1905.
- 1 vol. in-folio.
- Les piles à gaz et les accumulateurs légers, par A. Berthier, ingénieur. lre partie : les piles à gaz, les accumulateurs légers au plomb et mixtes. 2e partie : les Accumulateurs légers sans plomb et les Accumulateurs alcalins. 2 vol. in-12 brochés. II. Desforges, éditeur. Paris, 1905. Prix ; Impartie, lfr,75; 2e partie, 2fr,50. Ensemble, 4 francs.
- Traité de la gravure sur rouleaux, par Eugène Berthoud, précédé d’une introduction historique sur les modes de gravure usités dans la toile peinte, par Jos. Depierre, chimiste. Société industrielle de Mulhouse. Ch. Béranger, éditeur, Paris. Mulhouse. 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 15 francs.
- Manuel de l’apprenti et de l’amateur électricien, par Robert Marie. lre partie. 1 vol. in-16. Paris. Librairie Bernard Tignol. 1905.
- Le pétrole, l’asphalte et le bitume au point de me géologique, par A. Jaccard, professeur de géologie à l’Académie de Neufchâtel. Paris, Félix Alcan, éditeur, 1895. 1 vol. in-8°. Prix : 6 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour colorer le cuivre en bleu. — La recette s'applique aussi au laiton. Elle consiste à plonger l’objet dans un liquide formé de 2 parties en poids de foie de soufre et de 2 égalemeirt de chlorate de soude dans 1000 d’eau. On pourrait se contenter d’une solution d’une partie de foie de soufre dans 50 d’eau, où l’on maintiendrait un certain temps l’objet à bleuir en l’agitant continuellement.
- Colle pour fixer les étoffes au métal. — Cette formule peut rendre des services dans des cas multiples. Elle se fait au moyen d’un mélange de 20 parties d’amidon, de 10 de sucre, d’une partie de chlorure de zinc, dans 100 parties d’eau. 11 faut mélanger et brasser bien soigneusement tous les ingré-
- dients de manière à avoir un liquide bien homogène et fluide. On met alors tiédir doucement jusqu’à ce qu’il épaississe.
- Ciment pour cristal. — Faire dissoudre 8 grammes de caoutchouc et 150 grammes de gomme mastique dans 600 grammes de chloroforme ; on laisse digérer durant une huitaine en maintenant dans un récipient bien fermé, et on peut alors employer en appliquant au pinceau.
- L’or gris. — C’est naturellement un alliage, tout comme l’or vert, l’or rouge; et un praticien nous affirme obtenir de bons résultats en alliant 6 parties de fer à 94 d’or.
- A lliage argenté facile à travailler. — 11 est à base d’aluminium et c’est ce qui le rend précisément si aisé à travailler. On le compose de 5 parties d’aluminium et d’une seulement d’argent.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Av,oorvations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50“,3O). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT D1RF.CTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 octobre . . . 9°,1 W. 2. Couvert. 7.2 Couv. ; pluie à diverses reprises.
- Mardi 3 9°,6 N. N. W. 2. Couvert. 0,3 -Très nuageux; petite pluie à 4 heures.
- Mercredi 4 11°,8 S. W. 3. Couvert. 1,5 Rosée ; couv. ; pluie à 20 h.
- Jeudi 5 9° ,9 W. S. W. 3. Pluie. 4,9 Très nuag. ; pluie l’après-midi.
- Vendredi 6 5°,5 N. W. 2. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Samedi 7 0°,9 S. S. E. 0. Beau. 0,7 Première gelée bl. ; beau de 6 à 8 h. ; couv. ensuite; pluie à 12 h. et 21 h. 30.
- Dimanche 8 6°,6 S. S. W. 0. Couvert. 0,7 Rosée; couv.; gouttes ou pluie entre 13 h. 45 et 16 h. 45.
- OCTOBRE 1905. — SEMAINE DU LU.NEI 2 AU DIM VACHE 8 OCTOBRE 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à O, au niveau de là mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. — Le temps est resté encore pluvieux pendant toute la semaine du 2 au 8 octobre. Le 2 octobre, la pression barométrique était supérieure à 765 mm, du Sud de l'Irlande jusqu’à l’Espagne. Un vent fort du Nord-Ouest a soufflé sur la Manche, la Gascogne et la Provence. Il est tombé 15 mm d’eau à Biarritz, 11 mm à Perpignan, 8 mm à Cherbourg, 5 mm à Paris, 4 mm à Nancy. Le matin, le thermomètre marquait 6° à Belfort, 9° à Paris, 10° à Toulouse, 1° au Puy de Dôme, —4° au mont Ven-toux, — 6° au Pic du Midi. Le 3 octobre, la pression atmosphérique est faible dans le Nord et le Sud du continent; sur le golfe de Gascogne elle est supérieure à 763 mm. Un vent d’entre Nord et Ouest a régné sur toutes les côtes. On a^ recueilli 14 mm d’eau à Nice, 12 mm à Biarritz, 7 mm à Belfort, 1 mm à Brest. Le temps était frais dans les régions de l’Est et du Sud ; on notait le matin 6“ à Nancy, 9° à Clermont, 10’ à Paris, 13° à Perpignan, 1° au mont Aigoual, — 6° au Pic du Midi. Le 4 octobre, la pression barométrique s’est abaissée à 735 mm au Nord de l’Ecosse et une violente tempête a sévi le matin dans le Sud de la Norvège. Il a plu à Clermont (9 mm d’eau), à Belfort (8 mm), à Biarritz (7 mm), au Mans (6 mm), à Cher-bourg (4 mm). De 4 à 10 heures du matin, une pluie fine et intermittente est tombée sur Paris, ne fournissant aux pluviomètres que des hauteurs d’eau inférieures à 1 mm- Le thermomètre marquait 12° à Paris, 12° à Toulouse, 4° au Puy de Dôme, —2# au mont Ventoux, — 5° au Pic du Midi. Le 5 octobre, la neige couvrait les montagnes de l’Isère, et avait déjà fait son apparition sur les collines avoisinant Grenoble. Une dépression a eu lieu en Danemark, où la hauteur barométrique n’était que de 737 mm. Les
- mauvais temps sévissaient sur la Manche, où la mer était grosse ; un vent fort du Nord-Ouest a soufflé sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée. A Paris, la pression barométrique était à midi 754,3 mm. On a recueilli
- 10 mm d’eau à Besançon, 8 mm à Limoges, 6 mm au Havre, 6 mm à Dunkerque, 2 mm à Biarritz, et 2 mm à P iris. La température était le matin 10° à Paris, 10° à Nantes, 13’ à Toulouse, 3° au Puy de Dôme, 3° au mont Aigoual, 0° au Pic du Midi. Le 6 octobre, la pression barométrique atteint 772 mm en Irlande, 768 mm en Bretagne et 765,7 mm à midi à Paris. Le vent a soufflé en tempête du Nord sur la mer du Nord, et d’entre Nord et Ouest sur les côtes de la Manche et de la Méditerranée. Il est tombé 5 mm d'eau à Paris, 5 mm à Nancy, 4 mm à Lyon, 3 mm à Biarritz, 2 mm au Havre. Le matin, le thermomètre marquait 5° à Belfort, 6° à Paris, 6° à Nantes, 10’ à Toulouse, 0° au Puy de Dôme, — 3° au mont Ventoux, — 6° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 6°,9, inférieure de 4°,7 à la normale ; dans la banlieue, à Villepreux, on a relevé un minimum de 2°,9. Le 7 octobre, la pression barométrique était supérieure à 770 mm sur la France occidentale ; le vent était modéré du Nord-Ouest sur la Manche et la Provence. Il a plu à Lyon (3 mm) et à Charleville (2 mm); à Paris, de
- 11 heures du matin à 2 heures de l’après-midi, il est tombé une pluie fine. La température s’est notablement abaissée; on a signalé des gelées blanches au Mans, à Nantes, à Rocliefort, à Limoges et à Clermont. A Paris et dans la banlieue, les gelées blanches étaient générales et l’on notait des minima voisins de 0°. Le 8 octobre, on a signalé des pluies à Dunkerque, à Cherbourg et quelques ondées à Paris et à Nancy. Le thermomètre ne marquait le matin que 4® à Belfort, 4° à Toulouse, 7° à Paris, — 3° au mont Ventoux.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 5 à 1 h. 7 m. du soir.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu,
- éditeurs de a La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1691 (21 octobre 1905), du journal rr La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Le dirigeable « Lebaudy ». — Le dirigeable Lebaudy a -effectué le 8 octobre dans la matinée sa 70e sortie à Toul, en présence du ministre de la guerre. A 9h 15m, le commandant Bout-tiaux et le capitaine Voyer, chargés de suivre les nouvelles expériences, montaient dans la nacelle auprès de M. Juchmès, pilote, et •du mécanicien Rey. Malgré un fort vent d’ouest, et une abondante pluie, le ballon s’élevait bientôt au-dessus du terrain de manœuvre. Il exécutait en tous sens une série d’évolutions, allant virer à un bout du terrain et rebroussant chemin. Malgré les mauvaises conditions atmosphériques, cette ascension a été très remarquable. La vitesse a été parfaitement réglée; aucun tangage ne s’est produit. La rentrée dans le manège s’est exécutée très facilement. Le 12 octobre, le ballon, ayant à bord- le commandant Jullien, chef du génie de la place de Toul, le capitaine Voyer, le pilote Juchmès et le mécanicien R«^, est sorti du parc aérostatique de Toul à 6h55m, « est dirigé sur le fort de Yondreville, a traversé la forêt de la Haye en explorant les postes forestiers et les défenses militaires entre Toul et Nancy. Dans cette dernière ville, il a viré au-dessus de la ciserne Blandan, et est revenu directement à Toul, où il a atterri, au milieu des sapeurs du génie, à 9h 50m ; la vitesse du trajet direct a été de 38 kilomètres à l’heure.
- Exposition de chrysanthèmes. — La Société nationale d’horticulture de France tiendra, du 4 au 12 novembre, à Paris, une Exposition internationale de chrysanthèmes, fruits et plantes de la saison dans les serres du Cours-la-Reine. En même temps, le Congrès de la Société française des chrysanthémistes et le Congrès de l’Association pomologique de France se réuniront à Paris.
- Exposition internationale des arts et industries du feu.
- — Une exposition internationale, limitée aux industries de la céramique, de la verrerie et de la cristallerie, aura lieu en 1906 'de juin à octobre, à Paris aux Champs-Elysées et au Cours-la-Reine. La direction ouvre deux concours pour la médaille et le diplôme qui seront décernés; on peut s’adresser dès maintenant à M. Biny, directeur général de l’Exposition, 19, rue Saint-Roch, à Paris.
- La treille du roi à Fontainebleau. — On a vendu dernièrement à Fontainebleau le raisin de la treille du roi du parc. Il a été divisé en 134 lots comptant 27 560 grappes, dont le poids était environ 3445 kilogrammes; la recette a été de 2376 francs. Le prix .moyen du kilogramme a donc été de 69 centimes.
- Le service des postes, télégraphes et téléphone à Paris.
- — On annonce que M. Bérard, sous-secrétaire d’Etat des postes et télégraphes, prépare actuellement un important projet de loi qu’il compte soumettre au ministre du Commerce et au Conseil des ministres, afin d’apporter de notables améliorations de matériel, de grands renforts de personnel, et de sérieuses réformes, notamment en ce qui touche l’exploitation du service téléphonique. Ce service, «lit-on, n’a actuellement ni le personnel, ni le matériel nécessaires.
- La force motrice humaine. — La Revue de chimie industrielle donne quelques chiffres qu’il nous paraît intéressant de reproduire. D’après les recherches de Fischer, la quantité de chaleur dégagée par les aliments absorbés par un homme adulte et emmagasinée par jour est environ de 3000 à 5500 calories kg-degrés. La plus grande partie de cette quantité de chaleur est utilisée, à l’intérieur du corps, pour la respiration, la digestion et les diverses fonctions de l’activité animale; environ300 calories kg-degrés sont dépensées en travail mécanique dans une journée de 8 heures d’un travail moyen et continu équivalant à 127 000 kilogrammètres. On sait que 1 cheval-heure est égal 4 270000 kilogrammètres; le travail d’une journée d’un homme adulte égale donc 0,47 cheval-heure. Dans ces conditions l’auteur calcule le prix de revient de 100 chevaux-heure avec l’homme, le cheval ou la machine. Il trouve que 250 ouvriers à 3 francs par jour seront nécessaires; coût 750 francs. Dix chevaux suffiront; la
- dépense, tous frais compris, sera de 60 francs. Une machine à vapeur dépensera 6 francs, un moteur à gaz 5fr,50. Et l’auteur conclut que la force motrice humaine est plus de 100 fois plus chère que la force motrice mécanique.
- La fête aéronautique. — Le 15 octobre, dans le jardin des Tuileries, à Paris, l’Aéro-Club de France a offert une fête aéronautique au profit des sinistrés de la Calabre. Quinze ballons, montés par des pilotes expérimentés, se sont élevés en l’air vers 4 heures «le l’après-midi pour effectuer un concours de distance. M. Jacques Faure, aidé du comte de Rozan, ont atterri le 16 octobre vers midi à Aimas, en Hongrie. Il y a eu également un lâcher de 5000 pigeons voyageurs par la Fédération eolombophile de la Seine. Consommation d’eau dans les grandes villes d’Allemagne.
- — La Revue municipale donne, d'après une statistique récemment relevée, la consommation d’eau en litres par tête et par jour dans les villes les plus importantes de l’Allemagne. Nous citerons les chiffres suivants : Plauen 31,5: Mayence 49,1; Leipzig 69,1; Dantzig 74; Nuremberg 78,7; Berlin 79,8; Aix-la-Chapelle 80; lîreslau 82,8; Strasbourg 83,3; Hanovre 87; Magdebourg 93,8; Dresde 99,2; Stuttgart 99,5 ; Elberfeld 101 ; Brême 108,6; Cologne 118,9; Metz 137,7; Hambourg 170,1; Francfort-sur-le-Mein 171,5; Barmen 173,5; Munich 212; Würzbourg 239,1, Augsbourg 246,7;-Fribourg en Brisgau 332,1. On remarque combien varie la consommation par habitant dans les différentes villes d’un même pays.
- La culture du tabac en Italie. — La culture du tabac en Italie va être l’objet d’une réglementation nouvelle. Cette culture ii'était autorisée jusqu’ici que dans un très petit nombre de districts; et elle était soumise à une surveillance extrêmement rigoureuse. Il est question, maintenant, d’autoriser un certain nombre de propriétaires à cultiver le tabac, dans des conditions moins sévères, à faire sécher les feuilles, à les préparer et à les mettre en manoques telles <[ue les demandent les manufactures. 11 y a quelques années, l'administration avait autorisé quelques entrepreneurs à cultiver, à faire sécher et à empaqueter certaines qualités de tabac d’Orient destiné à l’exportation. Cette tentative eut pour effet de déterminer les propriétaires à se grouper et à solliciter du gouvernement le même privilège, non seulement pour l’exportation, mais aussi pour la consommation intérieure. Ces groupements se sont multipliés. En mai dernier, ils ont nommé des délégués qui se sont réunis à Rome pour discuter leurs intérêts. Le Parlement sera saisi d’un projet sur la question. On estime que si ce projet est adopté, on verra se constituer des sociétés nombreuses et se créer des entreprises importantes dans la province de Lecce. La récolte de 1905 se fera sous le régime ancien; mais on assure que l’année prochaine, un nouveau régime sera inauguré et aura pour effet d’augmenter considérablement la production. Les promoteurs de la réforme estiment que l’Italie ne tardera pas à trouver dans la production nationale, et particulièrement à Lecce, tout le tabac à cigarettes nécessaire pour.sa consommation. Il y a même lieu de prévoir un grand mouvement d’exportation de ces tabacs italiens.
- Expériences de télégraphie sans fil. — Un détachement de télégraphistes et d’aérostiers au 1er régiment du génie est arrivé de Versailles à Belfort, le 11 octobre, et a installé, dans la place, un poste de télégraphie sans fil. Des communications ont été faites avec le parc de Chalais-Meudon et la tour Eiffel.
- Météorologie. — Dans la semaine du 9 au 15 octobre, le temps a été encore pluvieux, mais le froid a été plus accentué. Le 9 octobre, on a signalé quelques ondées faibles dans le Nord et le Nord-Est de la France; il est tombé quelques gouttes à Paris, vers 6 heures du soir. Le thermomètre marquait, le matin à 7 heures, 2° à Belfort, 4° à Paris, 11° à Perpignan, 0° au mont Aigoual,
- — 2° au Puy de Dôme, — 7° au mont Mounier. Le 10 octobre, on a recueilli 14 mm d’eau à Besançon, 8 mm à Belfort, 4 mm à Nancy; le matin, une petite pluie fine est tombée à Paris entre 8h 30 et
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 9 heures. La température était le matin 5° à Toulouse, 8° à Lyon, 11° à Paris, 12° à Marseille, —3° au mont Ventoux, —3° au Pic du Midi ; la température moyenne à Paris a été de 10°,8. Le 11 octobre, une dépression barométrique a eu lieu dans l’extrême Nord, et une autre au Sud de l’Italie. 11 a plu à Toulouse (8 mm), à Dunkerque (2 mm), à Lyon (1 mm). On notait le matin 4° à Paris, 4° à Clermont, 7° à Nantes, —2° au Puy de Dôme, —- 4° au mont Aigoual, —10° au Pic du Midi. Dans la banlieue parisienne, il y a eu de la gelée blanche en quantité, et les minima ont atteint 1°. La neige est tombée en abondance sur le mont Dore, le mont Dôme, et les pays environnant Clermont-Ferrand. Ces neiges sont dues à de forts courants du Nord et du Nord-Est qui ont rencontré, à diverses altitudes, des courants du Sud-Ouest chauds et chargés d’humidité. La neige a couvert les sommets des Alpes de Savoie ; elle a atteint une épaisseur de lm,80 au col du Bonhomme et de 0m,50 aux Chapieux ; les montagnes des environs de Chambéry étaient couvertes de neige. A Gérardmer, la neige est tombée en petite quantité ; la température atteignait— 4°. Le 12 octobre, le baromètre
- marquait 776 mm en Irlandë, 773 mm en Bretagne, et 769,7 mm à Paris. On a signalé des averses au Pas de Calais. La température était le matin 3° à Paris, 3° à Lyon, 10° à Perpignan, — 3° au Puy de Dôme, —7° au Pic du Midi. -Le 13 octobre, un vent d’entre Ouest et Nord a soufflé sur presque toutes nos côtes; il est tombé 1 mm d’eau à Charleville, 2 mm à Dunkerque. La température était 3° à Toulouse, 5° à Clermont, 9° à Paris, 12° à Brest. Le 14 octobre, un vent du Nord-Ouest a soufflé avec force sur les côtes de Provence. Des pluies sont tombées à Besançon (7 mm), à Charleville (6 mm), au Havre (5 mm), à Paris (2 mm). Le matin, on notait 3° à Paris, 4° à Nancy, -9° à Nantes, 14° à Perpignan, 1° au Puy de Dôme, —5°au Pic du Midi; dans la région parisienne, on a observé des minima de 2° à 3°. Le 15 octobre, la baisse barométrique a atteint 14 mm à Hambourg, 11 mm à Dunkerque; des mauvais-temps d’Ouest ont sévi sur les côtes de la Manche. On a recueilli 2 mm d’eau à Clermont, 1 mm à Biarritz: à Paris, le ciel a été couvert et la pluie est tombée par intermittences. La température était, lfr matin, 2° à Toulouse, 4° à Lyon, 7° à Paris.
- t&orft c.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception dé la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans le n° 1690, du 14 octobre 1905, p. 307, jcol. II, ligne 4 du bas, au lieu de : tableau n° 4, il faut : tableaux nos 4 et 5 ; p. 308, col. I, ligne 2, au lieu de : tableau n° 5, il faut : tableau n° 4; — idem, ligne 8, ajouter : tableau n° 5; — idem, col. II, ligne 7, au lieu de : grammes, il faut : décigrammes; —p. 310, col. II, tableau n° 6, après : Marne crayeuse jaune avec silex noirs, ajouter les chiffres : profondeur 13 à 17, épaisseur 4 mètres.
- Communications. — M. Ch. Rabot, nous écrit d’Argelès que le 5 octobre, à 8h10m du soir, il a été témoin d’un arc-en-ciel lunaire, phénomène assez rare et très intéressant : « la lune se trouvait dans le sud-sud-ouest ou sud-ouest, par suite en arrière d’Argelès, tandis que l’arc lumineux apparaissait dans la partie nord du panorama. Il s’étendait à travers toute la largeur de la vallée du Gave de Pau. Au premier moment, nous dit-il, je crus à une aurore, mais avec ma jumelle je vis distinctement les jambes de l’arc s’appuyer sur les flancs de la vallée et dans son intérieur. Le phénomène a duré une quinzaine de minutes. A ce moment il brouillassait très légèrement, et dans la partie nord le ciel était étoilé. »
- Renseignements. — M. F. de A. Estano, à Bilbao. — 1° Les prix de revient de l’énergie électrique sont essentiellement variables suivant les dispositions adoptées; il n’est pas possible de citer des chiffres sans examiner les détails complets d’une installation. — 2“ Les pertes dans une transmission d’énergie électrique à distance dépendent des systèmes de transmission, des tensions adoptées; les chiffres sont donc calculés pour les diverses installations. — 3° Nous pouvons vous donner les renseignements suivants : une pompe, d’un débit de 3000 à 5400 mètres cubes à l’heure, demande une puissance de 16 à 30 chevaux par mètre d’élévation. — 4° Nous pensons que vous voulez parler des appareils de mesure électriques qui sont nécessaires; adressez-vous à M. J. Carpentier, 20. rue Delambre, à MM. Chauvin et Arnoux, 186, rue Championnet; à M. J. Richard, 25, rue Mélingue, à Paris.
- M. X., à Vannes. — Ouvrages relatifs au caoutchouc : See-ligmann a été édité chez Fritsch, 30, rue du Dragon, à Paris, mais cette librairie n’existe plus. D’Anthonay (nous ignorons l’éditeur). Chapel, chez Marchai et Billard, 7, rue Soufflot, à Paris, 20 francs.
- M. E. Manin, à Jolibert. — 1° Pour le papier d’aluminium, adressez-vous à M. Riché, membre du conseil d’hygiène de la Seine, à Paris. — 2° Pour parcheminer du papier, choisir du
- papier non collé ; tremper dans de l’acide sulfurique étendu de son volume d’eau, puis laver à grande eau, et tremper dans une eau ammoniacale.
- M, J. C., à Oullins. — Il suffira de mettre du sel dans l’eau pour l’empêcher de geler,
- M. Ch. Leroy, à Mortagne. — 1° J1 n’existe pas, à notre connaissance, d’autre moyen de chauffage par le bois que 1» cheminée. — 2° Nous avons consacré un article à l’éclairage par le lusol, dans le n° 1662, du 1er avril 1905, p. 287.
- M. CL Larochette, à X. — Dans le procédé même que vous décrivez, l'hydrophilation est faite après passage au brise-balle, ce qui correspond au cardage que nous avons eu en vue. L’antiseptisation se fait parfaitement au formaldéhyde. Voyez l’étude de Kilmer dans le Journal of the Society of Chemical Industry.
- M. W. A. Player, à Leuwarden. — L’adresse du fabricant du train électrique en miniature a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1650. C'est M. Brianne, électricien, 2 ter, boulevard Saint-Martin, à Paris.
- M. V. Kachl, à Strasbourg; M. X., à Commentry, — Pour les poulies et palans électriques, adressez-vous à la maison Wessels et Wilhelms, ingénieur bureau, à Hambourg.
- M. F. E., à Enghien. — Injecteurs : MM. Cuau, 234, rue Championnet, à Paris; Thévenin frères, 3, rue Dunoir, à Lyon; Muller et Roger, 108, avenue Philippe-Auguste, à Paris.,
- M. Louis Grasset, à Privas. — L’éventail ventilateur est construit par les établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris (adresse indiquée en tète de la « Boîte aux lettres » du n° 1678, du 22 juillet 1905).
- M. le Dr E. Cranier, à Graissessac. — Nous ne connaissons pas de four répondant à votre désir. Peut-être trouverez-vous des renseignements à ce sujet dans les divers ouvrages de métallurgie publiés par la librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. R. R., à Nancy. — 1° Concernant la soie pour ballons, il vous a été déjà répondu par la précédente « Boîte aux lettres ». — 2° Tubes et fils en aluminium : Société électrométallurgique française, à Froges (Isère).
- M. Gyaniny, à Paris. — Prospection pour sources et sondages-: MM. Le Couppey de la Forest, 60, rue Pierre-Charron; Lippmann, 47, rue de Chabrol; Boutain et Cie, 69, rue Michel-Bizot, à Paris.
- M. P. Hennayel, à Berlin. — Nous vous remercions de votre communication, mais votre raisonnement n’est pas juste. Il est vrai que la position du soleil reste la même, mais, étant donnée la rotation terrestre, la position de l’observateur change. En parlant du mouvement du soleil, on commet une erreur de langage; mais, en fait, le résultat obtenu est bon, car le mouvement réel de la terre équivaut au mouvement apparent du soleil.
- M. le lieutenant M., à Longwy. — Les adresses relatives au chauffage par pulseur Rouquaud ont été données en tète de la « Boîte aux lettres » du n° 1653, du 28 janvier 1905.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. V. Abraham, à Avesnes-sur-Helpe. Nous n’avons entendu parler d’aucun concours à ce sujet. Nous vous tiendrons au courant s’il y a lieu. — M. Pé-cart, à Plomion. Veuillez consulter un expert-chimiste. — M. Han-noye, à Tulle. Veuillez consulter un expert en vins. — M. Van Houtte, à La Haye. Vous trouverez plusieurs procédés dans Recettes et procédés utiles, lre, 2e,3e et 5e séries, à la librairie Masson et C‘% 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Ch.-Car. Absil., à Heilemmes. Voyez le même ouvrage, 3e série, même librairie. — M. Ch. Rabot, à Argelès. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements gui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettre* reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Pompe cure-pipes. — Les pipes, par l’accumulation de la nicotine et des débris de tabac, deviennent rapidement sales et se bouchent. Pour éviter ces inconvénients, il convient donc de nettoyer souvent sa pipe. L’appareil dont nous voulons parler convient parfaitement. Il consiste», en une pompe
- Cure-pipes. — i. Mode d’emploi. — 2. L’appareil.
- (n°|2), qui porte à son extrémité un bouchon de caoutchouc. On place ce bouchon sur la tête de la pipe et l’on trempe le bout du tuyau dans un verre d’eau additionnée d’alcool ou de carbonate de soude. On aspire le liquide avec la pompe, et après quelques secondes on le rejette; la pipe est nettoyée complètement. — La pompe cure-pipes se trouve chez M. Re-naut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Appareils de cuisine. — On est arrivé à produire aujourd’hui en aluminium ou en ses alliages des objets de toutes sortes qui rendent souvent de grands services dans les cuisines. Entre tous les modèles que fabrique la maison Bosch et Lemerle, nous ne citerons que les trois objets qui ont été
- Appareils en aluminium.
- 1. Timbale. — 2. Réchaud. — 3. Pot à lait.
- réunis dans la figure ci-jointe. En 1 se trouve une petite timbale de poche, qui est formée de quatre anneaux concentriques se repliant les uns sur les autres et venant se ranger autour d’un fond. Le tout peut être renfermé dans une petite boîte de très faible volume et de grande légèreté. 11 est à remarquer
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annônces.
- que les anneaux glissant les uns sur les autres forment un joint imperméable et ne laissent pas échapper le liquide contenu dans la timbale. Le n° 2 de notre dessin représente un nouveau modèle de réchaud sans mèche. Un récipient seul reçoit l’alcool à brûler; on enflamme celui-ci à l’aide d’une allumette, et il brûle jusqu’à épuisement. Le tout peut se renfermer dans la petite casserole et forme un appareil très portatif. En 3 est figuré un pot à lait qui a un couvercle présentant au centre une tubulure particulière, et muni tout autour de trous. Lorsque le lait s’échappe, il déborde sur le couvercle et retombe dans le récipient. — Les appareils de cuisine en aluminium se trouvent chez MM. Bosch et Lemerle, 59, rue de la Roquette, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le neuronal.
- Un nouvel hypnotique qui aurait, sur le plus grand nombre des médicaments analogues, l’avantage d’être fort peu toxique. C’est un composé bromuré de di-éthyle acétamide, auquel Houx a donné le nom de neuronal. On l’obtient en petits cristaux, gris blanchâtre, d’un goût piquant assez désagréable. Cette poudre est peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, les élhers et les huiles.
- L’auteur de cet essai thérapeutique l’a employé dans les cas d’insomnie simple et dans les cas d’agitation, d’excitation de tous genres. A la dose de un gramme, deux grammes au plus, le neuronal amène le sommeil, même chez les sujets les plus excités, sommeil naturel, tranquille suivi d’un réveil qui, à l’encontre des somnifères comme les opiacés, n’est pas accompagné de mal de tête ou de troubles migraineux.
- En raison de la présence de sels bromés dans sa composition, le neuronal a été essayé contre l’épilepsie; il semble simplement diminuer le nombre des crises. Dr A. C.
- Le régime des boissons.
- On a préconisé, il y a quelques années, un régime spécial contre certaines formes d’affections stomacales où la dilatation de l’organe jouait le rôle principal. Grâce à ce régime, dit régime sec, parce que les boissons étaient réduites au minimum possible, nombre de gens virent leurs troubles dyspeptiques s’amender. Les aliments moins dilués dans la masse de liquide étaient digérés plus convenablement ; la muqueuse gastrique, qui n’était pas balayée par un surcroît de boissons, fonctionnait mieux et reprenait le taux normal de ses sécrétions.
- Par une exagération bien naturelle pour tout système nouveau et qui donne de bons résultats, on a étendu à quantité de malades qui n’en avaient nul besoin l’application du régime sec et, chez ceux-là, la suppression des liquides a amené des troubles sérieux, diminution de la sécrétion urinaire, augmentation des produits de déchets qui n’étaient plus entraînés et favorisaient la production de calculs. En tout, il faut un juste milieu, on l’a oublié dans bien des cas.
- Nous avons besoin, en prenant un terme général, d’une quantité moyenne de deux litres de liquide, boissons et eau d< s aliments réunies. Si l’on restreint cet apport, l’élimination des produits azotés se fait mal. 11 faut donc, quand il n'y a pas une indication formelle, boire en quantité raisonnable; mais, ce u’il faut retenir, c’est de boire en temps opportun. Inutile 'ingurgiter trois ou quatre verres de boisson, il faut les avaler dans les conditions où ils peuvent produire un effet salutaire et le meilleur précepte à suivre est de boire modérément aux repas, mais dans l’intervalle des repas, loin du moment de la digestion, boire une certaine quantité de liquide. Par ce moyen on ne dilue plus les aliments à l’excès, on r.e dilate pas l’estomac et on obtient les effets diurétiques et l’élimination urinaire complète. C’est du reste le précepte suivi dans les stations d’eaux minérales, où l’on vous fait boire à jeun, trois, quatre verres et plus et tous ceux qui ont passé par Vittel, Contrexéville ou même par des stations d’eaux qui n’ont pas un pouvoir aussi diurétique, ont constaté les effets admirables de cette cure du matin. Les peuples d’Orient nous en donnent l’exemple; peu de boissons en mangeant, mais loin des repas, on ingurgite des quantités assez considérables de liquides et plutôt des boissons chaudes que froides.
- Cette élimination plus rapide par le rein des boissons prises à jeun est un fait d’observation des plus nets. Par des examens comparés, faits sur un sujet bien portant, M. Marc Labbé a pu déterminer, d’une façon des plus précises, le taux d’élimination suivant le moment d’ingestion des liquides. En voici un exemple entre plusieurs. Le sujet boit, à 8 h. 1/2, 750 centimètres cubes d’eau : à midi, il avait déjà rendu 900 centimètres
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- cubes d’urine. En déjeunant, à midi, il absorbe 1400 centimètres cubes d’eau, à 2 h. 1/2, il n’a rendu que 1250 centimètres cubes d’urine, moins qu’il n'a ingéré. A 2 h. 1/2, il boit 750 centimètres cubes d’eau, à 5 heures, il a rendu 1050 centimètres cubes d’urine; à 5 heures, il reboit 750 centimètres cubes et à 7 heures il a rendu 890 centimètres cubes d’urine. En dînant, à 7 heures, il boit 750 centimètres cubes d’eau et à 9 heures il n’a rendu que 150 centimètres cubes d’urine.
- Ces données, très précises, et que confirment les observations journalières, montrent qu’on peut boire ün ou deux verres d’eau au lever, ou dans la journée ou le soir et qu’on favorise ainsi les fonctions du rein, sans troubler celles ae l’estomac, à une condition, bien entendu, c’est qu’il s’agisse d’eau pure ou de boissons non alcooliques ou alcoolisées. Au repas, s’en tenir à deux ou trois verres, bus à petites gorgées. Vous réaliserez ainsi les plus sages préceptes de l’Ecole de Salerne. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 octobre . . . Mardi 10 Mercredi 11 Jeudi 12 Vendredi 13 Samedi 14 Dimanche 15 4®,1 11»,4 3®,9 3»,1 9®,0 ’ 5®,1 7»,1 N. E. 1. N. 3. N. E. 2. N. E. 0. S. W. 2. N. 2. S. S. VV. 5/ Très nuageux. Couvert. Beau. Couvert. . Couvert. Peu nuageux. Couvert. 0.0 0,0 » 0,0 2,2 » 0,0 Rosée; nuag. le matin; couv. le soir; un peu de pluie à 20 h. 30. Couv. jusqu’à 19 h. ; beau ensuite ; bruine à 8 h. Gelée bl. ; peu nuag. de 12 h. à 16 h. ; beau avant et après. Gelée bl. ; petit brouillard le matin ; gouttes à 8 h. et 15 h. ; presque couvert. Rosée ; couv. ; petite pluie à diverses reprises. Gelée bl. ; peu nuag. ; beau ; halo à 9 h. Gelée bl. ; couvert ; pluvieux à 16 et 18 h.
- OCTOBRE 1905. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 OCTOBRE 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abrt a boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Hésunié des observations météorologiques faites à l’Observatoire du parc Saint-Maur, en septembre 1905,
- par M. Th. Moureaux.
- Le mois de septembre a été froid et pluvieux. La température moyenne des minima et mnxima est de 1° au-dessous de la normale ; l’écart diurne moyen est en défaut de 2°, et celte différence porte exclusivement sur les maxima, dont la moyenne n’est que de 18®,84 au lieu de 20°,86; du 12 au 30 la moyenne diurne est restée constamment inférieure à la normale correspondante. La pluie présente un excès de 11“",6; il en est tombé 19“”,6 dans la seule journée du 10; on compte 16 jours de pluie au lieu de 12, dont 8 consécutifs, du 23 au 30, et 4 jours de chutes inappréciables ; la durée totale est de 45h,7 au lieu d’une moyenne de 38h,5. Le temps a été assez beau du 12 au 18.
- Pression barométrique, altitude 50”,3. Moyenne du mois, 757",26; minimum absolu, 746“",6 le 24 à 31145“ ; maximum absolu, 766",1 le 13 à 7k 15”; écart extrême, 19",5.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 10°,20; des maxima, 18® ,84; du mois, 14°,52; vraie des 24 heures, 14°,09; minimum absolu, 5°,9 le 16 ; maximum absolu, 26°,8 le 6. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 8°,46 ; des maxima, 32°,31 ; minimum absolu, 2°,5 le 16 ; maximum absolu, 43°,8 le 6. Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur, 0”,30 : à 9 heures, 16°,07 ; à 21 heures, 16°,29 ; profondeur, 0“,65 : à 9 heures, 16Q,54; à 21 heures, 16°,48; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 16°,52; à 21 heures, 16°,49. De la Marne : moyenne le matin, 16°,98 ; le soir, 17°,45 ; minimum, 15°,20 le 29; maximum, 19®,32 le 6.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 10",19 ; minimum, 5",5 le 16, à 15 heures; maximum, 15",5 le 6 à 12 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois, 85,2; minimum, 41 le 16 à 15 heures; maximum 100 en 11 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois 7,16 ; moyenne diurne la plus grande, 0,9 le 16; 5 jours complètement couverts, les 2, 19 et 30.
- Insolation : durée possible, 376 heures ;* durée effective, 113k,5 en 24 jours, rapport, 0,30.
- Pluie : total du mois, 61",5 en 45l’,7.
- Nombre de jours : de pluie, 16; de pluie inappréciable, 4; de rosée, 14; de brouillard, 2; d’orages, 5, les 5, 6, 7, 11 et 29; de halos, 8.
- Fréquence des vents : Calmes, 21.
- N.......... 49
- N. N. E . . 58
- N. E . . . . 55 E. N . E . . 70
- E.........53
- E. S. E . . 23 S. E. . . . 39 S. S. E . . 32
- S.......59
- S. S. W . 90 S. W. . . 100 W. S. W. 25
- W.......20
- W. N. W . 14 N. W . . . 10 N. N. W. . 22
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3“,2; moyenne diurne la plus grande : 6”,3 le 10; la plus faible : 1“,0 le 12; vitesse maximum en 15 minutes, 11*,1 le 10, de 11 heures à 11‘ 15 par vent S.-W.
- Electricité atmosphérique : moyenne du mois (21 jours), 142 volts; moyenne diurne la plus grande, 214 volts, le 25; la plus faible, 97 volts, le 6; amplitude diurne, 0,48; amplitude nocturne, 0,5*.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 1*,91 ; minimum, 1“,77, le 18 ; maximum, 2”,03 le 1*'.
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre —1“,23 ; température, — 0®,73; tension de la vapeur + 0", 15; humidité relative -+- 4,7 ; nébulosité -t-1,89; pluie -+ 11",6.
- Taches solaires. On a suivi 15 taches ou groupes de taches en 21 jours'; les 22, 23 et 24, aucune tache n’a été observée sur le soleil.
- Perturbations magnétiques. Les 3, 18,19 et 30.
- Floraisons. Le 3, helianthus rigidus; le 12, veronica speciosa; le 19, gynérium argenteum ; le 20, helianthus argyalis ; le 22, aster œil-de-ChrisL
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 13 à 11 h. 22 m. du matin.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et C**,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1692 (28 octobre 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Recherches océanographiques du yacht « Andrée ». —
- Un intéressant exemple de concours efficace que les bonnes volontés privées peuvent généreusement prêter aux recherches scientifiques, vient d’être fourni par M. E.-Albert Glandaz, vice-président du Yacht-Club de France. Les renseignements qu’il nous adresse à ce sujet méritent d’être publiés : puissent-ils provoquer des imitateurs. Bans le courant de septembre M. Glandaz avait gracieusement mis, pour l’accomplissement de recherches océanographiques, son steam-yacht « Andrée » à la disposition de M. le Doyen de la Faculté des sciences de Paris. C’est ainsi qu’une croisière d’un mois a pu être etfectuée sur les côtes nord et ouest de Bretagne, par M. Hérubel, préparateur à la Sorbonne, attaché au Laboratoire zoologique de Roscoff et désigné par M. le Doyen pour l’accomplissement de cette croisière scientifique, et par Lagarrigue; ils ont recueilli de très intéressants documents et capturé de fort curieux spécimens. L’objet de l’entreprise n’était pas de faire de l’océanographie profonde. Il s’agissait simplement d’explorer certaines régions du plateau continental qui constitue le fond même de la Manche et s’étend du sud de l’Irlande au golfe de Gascogne. Ces régions, choisies aussi rationnellement que possible, avaient été tracées au préalable sur la carte de telle sorte que chacune renfermât deux ou trois faciès bien caractérisés sous une même profondeur ou un faciès identique sous des profondeurs différentes. C’est donc avec une méthode rigoureuse qu’étaient déterminés les points où l’on descendait les dragues et les fauberfs ; et les animaux que remontaient ces engins formaient une véritable série continue s’étendant sur une surface ou le long d’un axe donnés. Veut-on un exemple? f/île de Groix étant considérée comme le centre d’une circonférence d’à pu près 80 milles, un certain nombre de rayons N., S., E., O-, etc-, sont tracés sur la carte. Ces rayons, dont la longueur dépasse 12 milles, seront autant d'axes suivant chacun desquels on exécutera, dans le sens centripète, des sondages et des dragages à intervalles réguliers. Certes, il n’était pas toujours facile de maintenir le yacht longtemps dans la même direction. Mais, grâce au bon vjuloir et à la compétence de l’équipage, cette originale tentative a eu la chance de réussir. Cette campagne scientifique, d’un mois environ, a commencé à Roscoff, devant le Laboratoire zoologique et a ëlleetué le parcours suivant : Roscoff (laboratoire). — Large de l’île de Batz. — Axe de la Manche. — 8' long. 0., 49' lat: N. — 10" 3/ long. 0., 48' lat. N. —Large d’Ouessant. — Large de Pen-march. — Les Glénans. — Large de Groix. — Entre Groix et la côte. — Entre Groix et Belle-Isle. — Mouillage à Port-Louis et à Lorient. On a fait en tout 52 stations (sonde, drague, faubert, chalut), du filet à large ouverture et du plankton de 2 en 2 heures nuit et jour. Trois engins ont été perdus. Il y a eu beaucoup de gros temps, la saison était déjà trop avancée et il a fallu renoncer à descendre plus vers le sud ainsi qu’à s’éloigner plus à l’ouest. Il est impossible de donner dès à présent une liste des animaux capturés : il faut attendre que la détermination en soit faite. La récolte est contenue dans environ 150 flacons. Remarquons encore une fois que cette croisière était uniquement et volontairement côtière. Ce n’est qu’un complément à des travaux de grande envergure que ne saurait guère réaliser une expédition toute privée. Mais la tentative n’en est pas moins louable et l’on ne peut que féliciter son initiateur et ceux auxquels il a donné l’occasion d’obtenir des résultats aussi nouveaux qu’appréciables.
- Expositions. — Lors du Congrès des ingénieurs russes électro-techniciens, qui doit se tenir à Kieff, en avril 1906, une exposition d’appareils électro-techniques aura lieu. On y trouvera des chaudières, des machines pour stations électriques et accessoires, des machines dynamos et autres, toutes machineries électriques et tous dispositifs a’électro-chimie ou d’électro-métallurgie, ce qui concerne
- l’éclairage électrique, la traction, les moteurs, les téléphones et télégraphes, les signaux de chemins de fer, les appareils de mesure, l’électricité médicale, l’enseignement, etc.
- Ophtalmoscopie. — Le professeur anglais W. F. Barrett a imaginé un appareil nouveau qu’il appelle entoptoscope, et qui est une nouvelle forme d’ophtalmoscope; il vient de le présenter à la dernière Exposition de la Société royale de Londres. Il est destiné à permettre l’examen personnel de l’œil, grâce à la vision par un trou d’épingle. Bien entendu ce trou d’épingle est fait dans une feuille de métal. Quand l’appareil est éclairé, des ombres très vives, très accusées, de tout objet opaque ou à moitié opaque qui se trouve sur le chemin des rayons lumineux, sont projetées sur la rétine. On peut donc suivre ainsi les progrès d’une cataracte.
- Filaments de lampes électriques. — Notre confrère Times Engineering signale l’excellente substance incandescente que l’on obtient en mélangeant intimement du zirconium et l’oxyde conducteur de tantale, et en chauffant le mélange dans une atmosphère indifférente ou dans le vide au moyen d’un puissant courant électrique. Le tantale se trouve réduit, mais le zirconium, qui ne subit d’ailleurs aucune modification, se mêle intimement au tantale et la masse est absolument homogène.
- La traction électrique au Siam. — On annonce que le roi du Siam a inauguré, le 3 octobre, à Bangkok, une ligne de 20 km de tramways électriques.
- Transport en Angleterre de fruits français réfrigérés. —
- Un envoi de pêches et de raisins provenant de Perpignan est parvenu à Londres, après avoir traversé la France, d’une extrémité à l’autre, en wagons réfrigérés et régulièrement ventilés. Ce transport s’est effectué surtout pour les pêches en excellente condition ; il y a d’autant plus lieu d’insister sur ce résultat que les pêches, fruits essentiellement délicats, paraissaient moins aptes au régime des a Cold Storage » que les pommes, par exemple, dont l’emmagasinement se fait à Southampton par quantités considérables. Ce résultat permet d’espérer que nos producteurs n’auront pas à souffrir de la concurrence de l’Argentine, très marquée à Southampton depuis l'installation de chambres froides à bord des vapeurs de la Royal Mail. Nos raisins sont concurrencés avec avantage par Jersey, l’Espagne et le Portugal : il serait très intéressant pour nos exportants d’étudier avec soin les procédés d’emballage de Guernesey et d’Alméria.
- La disparition électrique du brouillard. — Sir Olivier Lodge vient de se livrer, en Angleterre, à d’intéressantes expériences sur la disparition des brouillards et des fumées par les décharges électriques à haute tension. On sait qu’une série prolongée d’étincelles d’une machine de Wimshurst éclatant dans une pièce remplie de fumée de tabac rend rapidement l’atmosphère limpide : les particules solides ou liquides en suspension dans un gaz obéissent à l’action de la pesanteur dès que le gaz est soumis à l’action d’un champ électrostatique puissant. L'appareil réalisé par sir Lodge consiste en un alternateur alimentant le primaire d’un transformateur élévateur de tension; les deux extrémités du secondaire sont reliées, par l’intermédiaire de redresseurs, aux armatures internes de deux bouteilles de Leyde dont les deux armatures externes sont en communication. La décharge a lieu entre les bouteilles par des séries de pointes embrassant l’espace qui contient le brouillard ou la fumée à dissiper. S’il s’agit d’un nuage, un des deux déchargeurs est dirigé vers le nuage, l’autre est à la terre. Les premières expériences de sir 0. Lodge ont été faites à Liverpool et les décharges fournies à l’extrémité d’un grand mât par le fonctionnement d’une machine de Wimshurst ont permis de dissiper rapidement un épais brouillard dans un rayon de 50 mètres environ. Il est évident que le procédé que nous signalons, s’il devenait facile à utiliser dans la pratique, serait susceptible de rendre de grands services, dans l’exploitation des chemins de fer et dans la navigation. (D’après Ciel et Terre.)
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Exportation des œufs et du beurre danois. — La quantité des œufs danois exportée est tombée de 23 250000 en 1903 à 21 200000 vingtaines en 1904, et la valeur a été respectivement de 37 775000 et 34 450 000 francs. Cette diminution a été causée principalement par la chaleur qui a détérioré un grand nombre d’œufs. Il paraît également que la coquille des œufs danois est plutôt mince et qu’il en résulte une casse plus importante; les producteurs danois ont été avertis, et auront soin de donner à l’avenir aux poules plus de craie et d’écailles pulvérisées. La plupart des œufs ont été envoyés à destination du Royaume-Uni. L’exportation totale des beurres danois, en 1904, a été de 82 804 000 kg contre 81 412 080 kg en 1903. Comme les prix du beurre pendant toute l’année ont été de 2fr,5 à 3rr,8 plus bas qu’en 190o, il y a eu une diminution comme valeur d’environ 550000 francs. La plus grande partie du beurre exporté est allée en Angleterre, mais 5 080 000 kg ont été exportés en Allemagne. On note ce fait avec satisfaction, car il y a là un nouveau marché qui, dans les années d’abondance, pourra prendre la surproduction. Le prix du beurre de premier choix au
- Danemark a été en 1902 de lfr,317, en 1903 de lfr,275, et en 1904 de l'r,228 par livre de 500 grammes.
- Amélioration de voies navigables. — Il ne faudrait pas se figurer que les voies de navigation intérieure ne coûtent rien : depuis un certain temps on a amélioré le Missouri, entre Jefferson City et le confluent de la Rivière Gasconade, et ces travaux sont revenus à quelque 175000 francs par kilomètre.
- Canalisations en poterie. — La publication Gesundheils-Ingénieur signale un nouveau procédé pour faire les joints des canalisations en poterie : les éléments de tuyau ne présentent point l’élargissement classique à une de leurs extrémités. Les deux bouts de deux éléments qui se suivent sont amenés au contact, puis on entoure le joint d’une bande étroite de toile de jute trempée dans-de l’asphalte chaude, mais en faisant faire plusieurs tours à l’étoffe; on serre fort, comme de juste. L’asphalte présente ainsi un soutien qui lui permet de résister à une pression plus forte que les tuyaux mêmes.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. —Dans le n° 1690, du 14 octobre 1905, p. 519, col. I et JI, dans le compte rendu de Y Académie des sciences, article Sérothérapie de l’hématophilie, au lieu de ; hémato-philie, il faut : hémophilie.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la soupape légère, décrite dans le n° 1689, du 7 octobre 1905, p. 504 : M. Hermann Kühne, ingénieur, Darmstadt. — Nous ne possédons pas l’adresse de l’autoclave décrit dans le n° 1690, du 14 octobre 1905, page 320. — L’avertisseur d’oxyde de carbone, appareil de MM. Albert Lévy et A. Pécoul, est construit par M. G. Berlemont, 11, rue Cujas, à Paris.
- Communications. — M. le DT Labesse, d’Angers, nous adresse une brochure intitulée sur les Pierres à serpents (Extrait des Mémoires de la Société d’agriculture, Sciences et Arts d’Angers). On sait que les Orientaux prétendent connaître une pierre merveilleuse qui aurait la propriété de rendre sans danger les morsures des serpents. Mille légendes et racontars sans valeur scientifique ont été faits à ce sujet et n’ont réussi qu’à encourager le scepticisme. S’il faut en croire notre correspondant, il existerait réellement des pierres à serpents. M. V. Lefrançois, actuellement procureur à Gap, autrefois (1886 à 1888) juge suppléant intérimaire à Chaudoc (Cochin-chine), puis procureur de la République à Longxuyen de 1890 à 1894, lui a affirmé verbalement et confirmé par écrit avoir vu des pierres à serpents et s’en être servi avec succès dans un cas de morsure. D’après M. Lefrançois, la pierre à serpents est une composition où il entrerait de la corne d’élan et une vingtaine de plantes, le tout ayant dû bouillir et être agité endant douze heures. Le secret de la fabrication apparticn-rait à un vieux médecin annamite, né vers 1830, qui l’aurait transmis au père Grosgeorge, jadis directeur d’une communauté religieuse dans l’île de Cu-lao-Gieng et devenu, en 1894, évêque du Cambodge par suite du décès de Mgr Cor-dier, à qui il succéda. Cet ecclésiastique (mort aujourd’hui, puisqu’il ne figure pas d’évêque du Cambogde sur l’annuaire des colonies?) aurait remis la pierre en question à M. Lefrançois avec des instructions sur son mode d’emploi. M. Lefrançois affirme avoir sauvé un nègre, mordu par un cobra, par simple application de la pierre sur la plaie élargie. M. Labesse donne de son côté la description d’une pierre qu’il possède et qu’il tient de M. Lefrançois qui la tient du père Desforges. Quoi qu’il en soit des faits ci-dessus, il est intéressant de constater qu’ils concordent avec les récits antérieurs.
- M. P. Guynemen, à Compiègne, nous rappelant l’article pu-
- blié ici même (n° 1228, du 12 décembre 1896, p. 23) : Sur un cas de parasitisme chez les champignons observé dans le Jura par le Dr Maurice Jacquet, de l’institut d’anatomie de Bucarest, nous envoie un champignon qui semble, lui aussi, appartenir au genre Russule et qui présente le même phénomène, avec cette différence que le pied du champignon n’est pas soudé à son porteur. Ce bel exemplaire d’un phénomène connu, mais assez rare, provient de la forêt de Compiègne où il a été ramassé par notre correspondant.
- M. Moussard, à Bonnières-sur-Seine, nous adresse quelques-belles photographies de l’éclipse de soleil du 30 août dernier.
- Renseignements. — M. G. L. M., à Lyon. — 1° Au point de vue chimique, il n’y a pas de différence entre le bisulfite de soude cristallisé et le bisulfite liquide, mais on vend quelquefois sous ce nom des solutions concentrées de ce corps. — 2° Les recueils de Recettes et Procédés utiles, publiés par la librairie Masson et Cie, comprend cinq séries, formant un ensemble de cinq volumes. Toutes les séries sont faites sur le même plan, et les paragraphes sont distribués sous les rubriques suivantes qui forment autant de chapitres : Matières alimentaires ; La ferme et la campagne ; Destruction des animaux nuisibles; Blanchissage, blanchiment, nettoyage; Pharmacie; Appareils et recettes de bureau; Colle, ciments, mastics et peintures; Métaux; Vernis; Photographie; Physique générale; Electricité; Chimie; Renseignements mécaniques; Météorologie; Collections; divers. — 5° Ouvrages relatifs à la parfumerie, adressez-vous aux librairies Asselin et Houzeau, place de l’Ecole-de-Médecine; Ch. Béranger, 15, rue des Saint-Pères; Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris ; Mulo (Manuels Roret), 12, rue Hautefeuille, à Paris. — 4° L’io-dure de potassium et le bisulfate de soude ne sont pas-employés en photographie. — 5° La consommation excessive de safran pourrait, en effet, être nuisible. Le laudanum est obtenu en faisant macérer de l’opium, du safran, de la cannelle et de la girofle dans du vin de Grenache : c’est à la présence du safran qu’il doit la propriété de jaunir l’eau et le linge; il existe aussi du laudanum sans safran, mais il est moins employé. — 6° Nous ne pensons pas que l’héliotropine soit toxique.
- M. C. 915. G., à Lyon. — 1° Pour la prévision du temps, consultez l’ouvrage de G. Dallet : La prévision du temps et les prédictions météorologiques, librairie J.-B. Baillère, 19, rue Hautefeuille, à Paris. — 2° Vous trouverez dans cet ouvrage les indications pratiques relatives au matériel du météorologiste.
- M. X., à Paris. — Nous n’avons pas connaissance de l’appareil que vous désignez sous le nom d’ensacheur Garnier.
- M. D. P., à Noeux-les-Boffles. — Les cylindres phonographiques en celluloïd n’offrent pas l’inconvénient que vous signalez; ils fonctionnent généralement très bien avec les diaphragmes ordinaires.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. V. Carnoye, à Athènes. — Veuillez vous adresser au Ministère des Colonies, office colonial, galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris. — M. A. Gen-tilini, à Carlepont. Adressez-vous à une agence de brevets et à un ingénieur conseil. — M. Victor Lambin, à Curgies. Vous trouverez divers procédés dans la lre série des Recettes et procédés utiles, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. —M. N. Tricolet, à Chevreuse. Voyez le même ouvrage, 2e série, même librairie. — M. Edmond G., à Lunéville. Remerciements pour votre bienveillante rectification. — M le Dr Labesse, à Angers; M. Guynemen, à Compiègne; M. Moussard, à [Bonnières-sur-Seine. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne dé son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Porte-allumettes automatique. — Il est parfois gênant, lorsque Ton désire une allumette, de prendre une boîte dans sa poche, de l'ouvrir et de chercher à saisir l’allumette. Celle-ci échappé des doigts, glisse et ce n’est le plus souvent qu’après plusieurs tentatives que l’on parvient enfin à avoir l’allumette. On comprend toute l’impatience d’un fumeur qui a déjà la cigarette à la bouche. Un inventeur a eu l’idée de disposer des allumettes dans un petit tonneau de 7 centimètres de longueur, et de 6 centimètres de largeur pour une épaisseur qui atteint 2 centimètres à peine. On sort ce tonneau de sa poche, on appuie sur la bonde, une allumette sort par le trou du robinet, et il en est ainsi à .chaque pression exercée sur la bonde jus • qu’à épuisement du réservoir. La figure ci-jointe montre à la partie inférieure la vue d’ensemble du tonneau, et au-dessus le mécanisme intérieur. Les allumettes sont placées en haut, et tombent successivement l’une après l’autre par une glissière sur une lame de métal fixée à hauteur du trou d’expulsion.
- Porte-allumettes automatique.
- La pression sur la bonde met en œuvre un petit levier qui entraîne un petit cadre de fil de fer et celui-ci chasse au dehors l’allumette. — Le porte-allumettes automatique est construit par M. L. Grange, rue du Puits-de-la-Loire, à Saint-Étienne (Loire).
- Le rasoir Gillette. — Si quelque appareil demandait des perfectionnements et des améliorations, c’est certainement Je rasoir ordinaire. On sait combien il faut manier cet appareil avec précautions pour éviter des coupures, même légères. Il faut de plus que la lame soit toujours aiguisée de la façon la plus fine ; sinon elle ne coupe pas. Et il en résulte toute une série de difficultés. 11 n’en est plus ainsi avec le nouveau rasoir Gillette qui comporte la plus grande simplicité. Dans ce rasoir, on utilise une lame B d’acier, d’une épaisseur de quelques dixièmes de millimètre, et présentant deux bords nettement effilés et bien tranchants. Ces lames sont placées dans un dispositif, que nous allons indiquer, et sont utilisées pour être passées sur la figure et couper le poil de la barbe. Elles peuvent servir de 20 à 40 fois ; lorsqu’elles ne coupent plus, on les jette, et on les remplace, car elles ne coûtent que 6 francs la douzaine. L’appareil pour maintenir ces lames est très simple. Le support proprement dit est formé d’un étui avec une lame de métal C, fixée à angle droit. Au centre se trouve un trou dans lequel passe une tige de vis qui est placée elle-même sur une lame supérieure A. Entre les lames métalliques A et G se place la lame B à bords tranchants dont nous avons parlé plus haut. Et pour bien maintenir en place cette dernière lame, la plaque supérieure A porte deux petites tiges qui passent dans des trous ménagés à cet effet et dans la lame à bords tranchants B, et dans la plaque inférieure C. La vis dont en aperçoit le pas sur la plaque C est prise dans un tournevis D
- 1 l a description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- qui pénètre dans l’étui servant de support. On a dans l’ensemble un appareil de dimensions très réduites et d’un emploi des plus faciles. On remarquera que la plaque C présente sur
- les bords des dents qui ont pour but de maintenir écartés les poils que vient couper la lame tranchante. — Le rasoir Gillette se trouve chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyen de faire cuire les œufs a la coque,
- A propos de la méthode classique pour faire cuire les œufs « à la coque », qui consiste à les plonger trois minutes dans l’eau bouillante, M. P. Prache, ingénieur des arts et manufactures, nous adresse les intéressantes observations suivantes. La méthode classique a trois inconvénients : 1° obligation de mesurer « montre en main » la durée d’immersion, une erreur d’une demi-minute ayant une influence appréciable sur la cuisson ; 2° coagulation très irrégulière, la partie externe du blanc étant devenue très dure, et le jaune n’étant pas cuit; 5° indigestibilité relative de la partie externe du blanc qui a été portée à une température trop élevée. Cet inconvénient est tout à fait sensible dans les œufs « cuits dur » dans l’eau bouillante : leur digestion est difficile et, si leur cuisson a élc prolongée, ils dégagent manifestement une odeur d’acide suif-hydrique qui indique un commencement de dissociation des composés sulfurés.
- 11 y a un autre mode de cuisson très recommandable parce qu’il évite ces inconvénients : il consiste à porter à l’ébullition un poids d’eau déterminé, par exemple, un litre pour trois œufs, puis, cette eau étant éloignée du feu, à y plonger les œufs pendant 10 minutes environ.
- Lorsqu’on plonge les œufs dans l’eau, celle-ci se refroidit en même temps que les œufs s’échauffent, puis l’ensemble continue à se refroidir. Après une dizaine de minutes, la température s’est suffisamment abaissée pour que la coagulation devienne très lente : une erreur de durée est donc très peu appréciable.
- En raison de la durée d’immersion, les œufs ont le temps de prendre dans toute leur masse la température de l’eau, la cuisson est uniforme, et, comme la coagulation s’est faite à une température aussi basse que possible, l’albumine est très facilement digestible.
- Les œufs cuits ainsi ont une consistance toute particulière; le blanc n’est plus glaireux : il est uniformément onctueux et opalin, et le jaune est plus dur que le blanc, ce que certaines personnes traduisent en disant : le jaune est cuit et le blanc ne l’est pas.
- Le degré de cuisson désirable est réglé une fois pour toutes par le rapport entre le poids de l’eau et celui des œufs. Un essai montrera pour le nombre d’œufs à cuire le volume d’eau à employer ainsi que la durée exacte d’immersion.
- En augmentant le volume d’eau et la durée, on peut ainsi obtenir des œufs durs facilement digestibles, ce qui, pour certains estomacs délicats, n’est pas à dédaigner pendant les mois d’automne, où les œufs frais deviennent rares.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La rypophobie-
- La rypophobie est une variété bizarre et assez rare de ces tares nerveuses connues sous le nom de phobies. Les phobies sont une manifestation nerveuse caractérisée par la peur de certains actes, de certains faits, peur s’accompagnant d’angoisse, d’anxiété pouvant aller jusqu’à la syncope. J’ai cité jadis un cas curieux de l’impossibilité de se tenir assis; la rypophobie, de pvmotr, saleté, est la peur de la saleté.
- L’exemple que publiait récemment le D‘ Bernheim en est des plus nets et, fort heureusement, a guéri assez facilement. 11 s’agit d’une jeune fille de 15 ans, bien portante, issue de parents alcooliques et névropathiques et elle-même très nerveuse. On remarqua chez elle, vers l’àge de 12 à 13 ans, une tendance à se laver les mains plus fréquemment qu’il n’est besoin. Cette
- tendance alla peu à peu s’accentuant ; la malade se lavait les mains dix à quinze fois par jour, sans motif, mais trouvant toujours un prétexte pour recommencer. Survint une crise nerveuse avec hallucinations et alors le besoin de se laver les mains devint incessant. Nouvelle Macbeth, elle se croyait toujours la main tachée, souillée et il fallait courir au lavabo trente, quarante fois par jour ; la nuit même elle se relevait pour ses ablutions. Des mains, elle passa au visage, puis à la bouche qu’il fallut rincer sans trêve ni merci. L’enfant est très bien portante, convient elle-même du ridicule de ces actes, mais dit qu’elle ne peut résister à l’impulsion et, de fait, si on résiste et si on cherche à l’empêcher, elle est prise d’une sorte de crise nerveuse. Le séjour en dehors de sa famille, près d’une personne qui avait sur elle quelque ascendant, finit par triompher de cette désagréable passion. Que de gens hélas ! auxquels il faudrait un brin de ce qu’elle avait en trop, de cette rupophobie! Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 octobre . . 7°,1 N. 2. Couvert. 1,6 Pluie le matin ; très nuag. jusqu’à 14 h. ; beau ensuite.
- Mardi 17 — 0\8 N. N. E. 1. Beau. » Gelée bl.; brouillard; beau jusqu’à 12 h.; très nuag. ensuite.
- Mercredi 18 2°,1 S. 1. Peu nuageux. » Rosée ; nuageux ; halo à 11 h.
- Jeudi 19 4°, 7 S. S. E. 2. Pluie. 10,7 Gelée bl. ; pluie de 2 h. 15 à 8 h. et de 10 h. 20 à 18 h. 45.
- Vendredi 20 2°,3 N. E. 3. Couvert. » Gelée bl. ; nuag. jusqu’à 17 h. ; beau ensuite.
- Samedi 21 — 2°,8 N. N. E. 0. Très nuageux. 0,0 Gelée bl. ; petit brouillard ; pluvieux à 13 h. 50.
- Dimanche 22 0°,4 S. W. 1. Nuageux. » Gelée bl. ; brouillard à 5-6 h. ; nuageux.
- OCTOBRE 1905. — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 OCTOBRE 1905.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Le 19 octobre, à 1 lb 2™ du soir, on a ressenti une forte secousse de tremblement de terre à Oloron.
- I,e temps. — Dans la semaine du 16 au 22 octobre, le temps est resté toujours le même, froid à certains jours, et pluvieux le plus souvent. Le 16 octobre, une violente tempête du Nord a sévi sur les côtes de la Norvège et du Danemark ; le vent était fort du Nord sur la Manche. Des pluies sont tombées à Lorient (15 mm), à Dunkerque (9 mm), à Paris (2 mm). Le matin, la température était 3° à Clermont, 4" à Toulouse, 7° à Paris, 3° au mont Aigoual, — 21 au Pic du Midi. Dans la banlieue parisienne, la température s'est fortement abaissée ; on a noté — 3°,6 à Athis-Mons, et la gelée blanche a été générale. Le 17 octobre, on a recueilli 10 mm d’eau à Dunkeraue, 5 mm à Besançon, 1 mm à Clermont et 1 mm à Rochefort. Le thermomètre marquait le matin — 1° à Nancy, à Paris et à Nantes, 9° à Toulouse, — 4° au I’uy de Dôme et au mont Mounier. La température moyenne à Paris n’a été que de 4°,6, inférieure de 5°.3 à la normale. Le 18 octobre, le temps a été beau et froid en général en France. On notait le matin —2° à Clermont, 2° à Paris, 3° à Toulouse, — 3° au mont Aigoual, — 4° au Puy de Dôme, — 6° au Pic du Midi. Le 19 octobre, le baromètre a baissé de 4 mm à Saint-Mathieu, en Bretagne. Des pluies sont tombées à Brest (40 mm), au Havre (5 mm), à Boulogne (4 mm); à Paris, il a plu sans interruption toute la
- journée de 2 heures du matin à 7 heures du soir. Les hauteurs d'eau recueillies sur la ville et la banlieue sont comprises entre 9 et 12 mm, et présentent un maximum de 18 mm dans le Sud de la région parisiènne, à Vaucluse. La température était le matin 2r) à Belfort, 1° à Clermont, 2° à Toulouse, 5° à Paris, 1° au Puy de Dôme, — 5° au Pic du Midi ; la température moyenne à Paris a été de 4°,3. Le 20 octobre, on a recueilli 24 mm d’eau à Biarritz, 20 mm à Brest, 7 mm à Belfort, 5 mm à Clermont, 5 mm à Perpignan. Le thermomètre marquait le matin 0° à Belfort. 2° à Paris, 9° à Toulouse, — 7° au Pic du Midi; la température moyenne à Paris n’a été que de 2°,8, inférieure de 6°,5 à la normale. Dans la nuit du 19 au 20 octobre, )a neige est tombée en abondance dans toute la région de Belfort, atteignant en certains endroits 10 centimètres d’épaisseur. Le 21 octobre, il est encore tombé quelques pluies à Biarritz (5 mm), à Nice (2 mm), à Perpignan et à Lyon (1 mm). La température s’est, notablement abaissée sur la plupart des régions ; le malin, on a noté des minima de — 5° à Charleville, — 4° à Paris, à Nancy, à Nantes, —4°,1 à Ville-Evrard (Seine-el-Oise), —5°, là Ville-preux (Seine-et-Oise),—2° au Mans, —l°àBordeaux,—8° au mont Aigoual et au mont Mounier, —10° au Pic du Midi. Dans la matinée, la neige est tombée abondamment dans la Côte-d’Or, ainsi que sur Mèzières, Rocroi et Sedan. Le 22 octobre, le temps a été beau et froid à Paris ; à midi, la pression barométrique était 762,9 mm.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 20 à 1 h. 43 m. du matin.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VIe).
- — Tout ce qui concei-ne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1693 (4 novembre 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Appareils de chauffage. — Le professeur Unssbaum s’est préoccupé de la mauvaise odeur qu’émettent assez souvent les ap--pareils de chauffage et de la nature des poussières qui se déposent «ur les canalisations d’eau chaude ou de vapeur des calorifères. Ges poussières commencent à se décomposer vers une température de 70° C., et, entre 75° et 80°, la décomposition s’accentue très vite. Naturellement on. trouve dans ces poussières une forte proportion de matières organiques, et de là les odeurs; fréquemment, un dégagement d’ammoniaque se produit vers 80°. D’ailleurs, quand l'atmosphère est humide, la décomposition commence à plus basse température.
- Surchauffe des locomotives. — Une locomotive à surchauffe vient d’être essavèe consciencieusement sur le réseau américain Chicago and North Western Railway; et l’on y a constaté un rendement en travail respectivement supérieur de 7 et de 9 1/2 pour 100, suivant qu’on considère la consommation de charbon ou la consommation d’eau. Mais il semble que l’avantage soit surtout sensible quand on demande à la machine un service régulier, avec admission invariable à peu près.
- Turbines à vapeur. — M. A. Martens vient de lancer l’idée de doter les locomotives de turbines à vapeur; naturellement il faudrait adapter ces moteurs à ce service spécial, notamment au point de vue de la réversibilité, du bon rendement sous des charges variables, etc. Mais la pensée mérite d’être suivie, étant donnés les avantages de la turbine à vapeur.
- Incinération des ordures. — Nous lisons dans la Revue municipale, dans un article deM. G. Avrède, que l’usine d'incinération des ordures, établie depuis un an environ à Zurich, donne entière satisfaction. La chaleur produite par la combustion est utilisée pour chauffer des chaudières faisant manœuvrer une quantité de machines ; les cendres servent d’engrais et l’on tire des scories d’excellentes briques et surtout des pavés pour ainsi dire inusables.
- Le commerce de la Guadeloupe en 1904. — Les importations ont fléchi de 5 091 000 francs, les exportations de 4 millions 879 000 francs. Les importations de France sont passées de 8 millions 789 000 à 6 425 000 francs, soit une ditférence de 2 364000 francs ; les exportations de la colonie en France sont tombées de 16 millions 928 000 francs à 12295000, soit une différence de 4 633 000 francs; Au total, la chute faite en 1904 par le commerce de la colonie avec la France est de 6 997 000 francs, et. de 695 000 francs pour le commerce avec l’étranger. Seuls parmi les produits exportés le cacao en fèves et la vanille ont vu leurs quantités s’accroître (Office colonial, août 1905).
- Production du coton en 1904. — Le ministre du commerce à Washington vient de publier son rapport annuel sur la production du coton aûx Etats-Unis pour la saison courante allant du 1er septembre 1904 au 16 janvier 1905. La récolte de 1904 a été la plus importante qui ait jamais été vue, avec 13584457 balles de 500 livres, présentant un excédent de 3 491 386 balles sur l’année 1903, soit environ 35,4 pour 100. L’année 1898 tenait, jusqu’à présent, avec 11 235 000 balles, soit environ 15,9 pour 100 de moins que l'année 1904, le « record » de la production aux Etats-Unis. La production moyenne avant 1903 était de 9 892 047 balles, ou 25,9 pour 100 de moins que la récolte 1904. Le Texas est l’Etat de l'Union qui, depuis vingt ans, a gardé le premier rang comme producteur de coton. En 1904, la récolte s’élève à 3134 677 balles, laissant la deuxième place à la Géorgie avec un total de 1 million 960 151 balles, la troisième place au Mississipi avec 1 738 638 balles et la quatrième à l’Alabama avec 1 458 966 balles. Comme le font ressortir les chiffres ci-après, la plus grande récolte de coton du Texas a été celle de 1900, avec 3 536 506 balles. Il y a eu ensuite
- en 1901 une production de 2 594 442 balles, en 1902 un total de 2 587 299 balles, en 1903, 2 562632 balles. Les usines à coton du Texas, « Ginneries », au nombre de 5225, ont traité 29,5 pour 100 du coton des Etals-Unis, soit 3 939286 balles.
- La récolte du jute. — La récolte du jute aux Indes sera abondante pour l’année 1905 d’après les renseignements fournis par la direction de la section d'agriculture aux Indes. Le gouvernement de l’Indo-Chine provoque aussi, par tous les moyens possibles, la culture du jute dans l’Annam. On sait toute l’importance que le jute a prise dans la fabrication des câbles électriques; il est donc à souhaiter que cette matière première se développe considérablement dans nos colonies.
- Éboulement d’une ardoisière. — Un éboulement s’est produit le 6 octobre dernier dans une ardoisière située à 20 kilomètres environ de Whitehall (Vermont), aux Etats-Unis. Des milliers de tonnes de rochers et de divers matériaux se sont écroulés sur les ouvriers dans l’ardoisière ; on compte un grand nombre de victimes.
- Travail du tantale. — Pour vérifier les qualités exceptionnelles de dureté que présente le tantale, on s’est livré à des essais fort intéressants dans les ateliers des usines Siemens et Ilalske, et cela sur un morceau de métal particulièrement pur. line lime, faite d’un acier fort, dur et fin, pouvait le limer, mais l’outil en souffrait considérablement; un petit ciseau, fait d’un acier à outils des plus durs et présentant un tranchant large de 4 mm, s’émoussait sous le premier coup de marteau ; un outil, fait d’acier spécial trempé à l’eau, marquait le tantale, mais il perdait rapidement son tranchant, et dès lors ne pouvait plus marquer. Enfin deux outils de forage furent faits d’acier fondu à grain fin, trempés au mercure et terminés à la chaleur jaune clair; l’un était de forme ordinaire, l’autre triangulaire. Avec le premier, il fallut sept minutes pour perforer une feuille de tantale de 1 mm seulement d’épaisseur; avec l’autre, il en fallut dix, toujours avec arrosage de térébenthine. Et dans l’un comme dans l’autre cas, le tranchant des outils était absolument émoussé.
- L’Institut international des recherches scientifiques en haute montagne. — La première pierre de cet important établissement (voy. n° 1679 du 29 juillet 1905, p. 130) a été posée le 9 juillet par le professeur L. Pagliani sur le col d’Ollen à 30Ô0 mètres d’altitude. Rappelons que l’idée en a été conçue par le professeur et sénateur Angelo Mosso. Les gouvernements italien, belge, allemand, austro-hongrois concourent à son érection qu’on espère terminer pour 1907. Ainsi dès 1908 l’édifice pourrait être ouvert aux savants de tous pays, naturalistes, astronomes, physiologistes, etc.
- Ponts mobiles. — On parle de construire sur la Néva, à Saint-Pétersbourg, un pont métallique comprenant deux travées de rive de 150 mètres de portée et une travée centrale mobile de 42™,50, avec deux éléments basculant verticalement.
- Artillerie navale. — Les Japonais se trouveraient admirablement d’une innovation imaginée par eux pour surveiller l’effet du tir à bord des bateaux de guerre, et le rectifier au moyen d’observations faites par des observateurs placés à une certaine hauteur. Les postes d’observation sont au nombre de deux par navire, ce sont des plate-formes ressemblant à des hunes militaires, disposées par conséquent à bonne hauteur autour des mâts, munies de télémètres perfectionnés, et en communication téléphonique avec les différentes batteries.
- Éclairage à incandescence. — M. Howell insiste, dans Engineering news, sur les excellents résultats que donnent, pour les lampes à incandescence, les filaments dits métallisés. Ce sont des filaments soumis, après le traitement graphitique, à une température de 3700° C. dans un four électrique en graphite. A la
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- suite de ce passage au four, le filament voit sa résistance spécifique diminuée, son poids spécifique augmente, il présente une dureté plus grande, une flexibilité plus marquée, et cependant l’enduit graphitique conserve ses propriétés.
- Eclairage à l’acétylène. — L’Association spéciale autrichienne dite Oesterreichischer Acetylen-Verein a posé certaines règles pour les marchés d’acétylène. Un bon acétylène commercial doit fournir 300 litres de gaz par kg, à une température de 15° C. et sous une pression de 760 millimètres; pour une teneur descendant jusqu’à 270 litres, on fait une déduction proportionnelle ; au-dessous, on refuse le produit comme non marchand.
- Corrosions par l’eau de mer. — Contrairement à la croyance assez générale, M. Uthemann conseille, dans la Zeitung der Verein des Deutscher îngenieuren, pour protéger le cuivre des corrosions causées par l’eau de mer, d’insérer dans les pièces en cuivre un ruban en tôle de fer : le couple galvanique formé soustrairait la pièce à l’oxydation.
- Nouvelles boissons. — On voit couramment maintenant, sur les cartes des vins des hôtels suisses et allemands, des vins sans alcool ; et on affirme que ces breuvages présentent toutes les qualités stimulantes du vin et de la bière sans avoir les inconvénients-de l’alcool. Du reste on ne fait pas encore connaître les éléments de ces boissons.
- Transports pneumatiques. — Le service des postes, au Canada, s’apprête à adopter, dans beaucoup d’agglomérations, les tubes-pneumatiques pour le transport des correspondances postales entre-bureaux ou entre gares et bureaux.
- Constructions mécaniques. — Un détail qui fait sentir l’importance des usines mécaniques pratiquant la construction des locomotives aux Etats-Unis, importance que permet seul le développement énorme du réseau : pendant l’année 1904, les fameuses usines Baldwin n’ont pas construit moins de 1453 locomotives; et encore 1904 a été une mauvaise campagne, car le chiffre de 1903 avait dépassé 2000.
- tit/ùSf sc.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Ph. Acker, à Paris, nous écrit à propos de l’article Bec intensif à flamme renversée, n° 1677, du 15 juillet 1905, page 112, qu’il est seul inventeur du dispositif dont nous attribuons l’invention à M. Compin, et qu’il en a pris brevet le 14 février 1905, n° 351 505 par pouvoir signé le 9 février chez M. Chassevent. Nous avons eu soin de signaler, au cours de cet article, la multiplicité des dispositifs essayés jusqu’ici; nous avons décrit celui de M. Compin qui nous a paru intéressant.
- M. le Dr Lucien Graux, à Paris, nous adresse une récente brochure où il s’efforce de montrer que le remède à la tuberculose n’est ni dans la vaccination ni dans la désinfection, mais dans une modification des conditions d’habitation et des lois sanitaires.
- Renseignements. — M. D. T., à Rodez. — 1° Pour les sonneries, la pile électrique la plus pratique est la pile Le-clanché ordinaire. — 2° Pour les applications de l’électricité, voyez le Manuel de l’ouvrier monteur électricien, à la librairie Bernard Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, l’Electrotechnique appliquée, Y Electricité à la portée de tout le monde à la librairie Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Jaminé, à Tongres. — La pose de vos carreaux en céramique a sans doute été mal effectuée, ou bien il s’est peut-être produit des crevasses dans le ciment qui devrait assurer l’imperméabilité parfaite. 11 faudrait refaire le carrelage, en soignant le cimentage. Nous ne voyons pas d’enduit qui permette d’éviter cette opération, à moins de recouvrir de ciment le carrelage lui-même, ce qui ne semble pas indiqué.
- Mme J. Corbay, à Longjumeau. — Les deux papillons que vous nous avez envoyés sont des papillons français. Le plus grand est le Bombyx (Saturnia) Cynthia, ou papillon de l’ai-lante. C’est un papillon exotique, originaire de Chine, mais il est naturalisé en France depuis plusieurs années et y vit à l’état sauvage, recherchant l’ailante et le ricin ; on le trouve même à Paris, sur les boulevards. Le second appartient bien à la famille des nymphalidées : c’est l’Apalura ilia, ou petit paon changeant, caractérisé par les couleurs différentes que ses ailes prennent suivant l’éclairage et par sa petite taille. Vous trouverez des renseignements sur les mœurs de ces animaux et leurs caractères morphologiques dans l’ouvrage de M. Berce, Lépidoptères, excellent pour la détermination. (Librairie Deyrolle, 46, rue du Bac, à Paris). Nous tenons les papillons à votre disposition aux bureaux de La Nature.
- M. R. Gaillard, à Urbillac. — Vous pouvez, sans danger,, faire installer chez vous l’éclairage électrique. Puisque cette installation existe dans le village de Lamastre, situé à une altitude de 580 mètres, il est certain que la Société de distribution d’énergie électrique a pris les précautions pour envoyer à terre la décharge éleclrique qui viendrait à tomber sur ses-canalisations. Mais puisque votre habitation est située au milieu-d’arbres qui sont souvent foudroyés, il serait prudent d’installer également chez vous un paratonnerre.
- M. H. Paignon, à Trouville-sur-Mer. — 4° Des essais très-sérieux sur ces questions n’ont pas donné de résultats. — 2° 11 faut commander spécialement ce produit chez un marchand de produits chimiques.
- M. J. Dubernard, à Bort. — Principaux ouvrages de M. D. Bellet : Les grands ports de commerce, librairie Félix Alcan, 108, boulevard Saint-Germain; volume 1892 de l’Année industrielle (Figuier), chez Hachette et Cie, 79, boulevard Saint-Germain; Les merveilles de la Science, chez Garnier frères, 6, rue des Saints-Pères ; Promenades amusantes à travers la Science, chez Hachette et Cie; à la même librairie, M. Bellet a contribué à la réfection de Causeries sur la science, par Tissandier et du Savant du foyer, par Figuier.
- M. E. 1U., à Lyon.— Adresses des diverses maisons de camions automobiles signalées par M. Robida dans le n° 1684, du 2. septembre 1905, p. 212 : Dufour, chez M. de Benoit, 24, rue de Milan, à Paris; Delangière et Clayette, 89, rue d’Illiers, 5 Orléans; Delahaye, 10, rue du Banquier, à Paris; Brillié, 19,, rue Auber, Paris. Ces trois dernières maisons sont françaises, ce qui constitue un avantage notamment pour les droits d’entrée.
- M. W. R., à G. — 1° Nous ne possédons plus la note de M. Larochette, veuillez vous adresser directement à lui. — 2<> Nous n’avons pas encore parlé de cet insecte, mais nous donnerons prochainement un article à son sujet.
- M. J. Max Auguste, à Port-au-Prince. — II existe, en effet, des moteurs à alcool et qui donnent de bons résultats. Adressez-vous aux Maisons Labbé, 208, rue Saint-Maur, et Denàyrouze, 1, boulevard des Capucines, à Paris.
- M. Simon Leleu, au Quesnoy. — 1° Nous avons indiqué la composition générale des piles sèches dans le n° 1596, du 26 décembre 1903, p. 63. Les piles et les lampes se trouvent chez MM. Ilenrv et Lenud, 31, rue de Turenne, à Paris. — 2° Les divers procédés employés pour le blanchiment de la cire d’abeille sont indiqués dans le Manuel du Cirier, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. P. M., à Saint-Léonard. — 1° La dénaturation de l’alcool se fait par addition de substances rendant impossible sa régénération. Le plus souvent on emploie le méthylène (mélange d’alcool méthylique et d’acétone). — 2° Pour emploi thérapeutique, prendre de l’alcool rectifié , et non pas de l’alcooi dénaturé.
- M. G. Lamort, à Dombrowa. — Vous trouverez un article relatif à l’extraction de l’azote de l’air dans notre n° 1529, 13 septembre 1902, page 236.
- Accusés de réception. — Avis divers. — A/. Fel. Carniolet, à Spa. La question que vous nous indiquez n’est pas assez étudiée pour que nous puissions nous en occuper. — M. P. Colombin, à Toupière. Consultez un ingénieur chimiste et un constructeur mécanicien. — M. Bosredon, à Saint-Girons. Voyez le recueil de Recettes et procédés utiles, à la librairie Massorret Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, 3° série. — M. Pelons, à La Rochelle. Même ouvrage, 3e série, même librairie. — MM. Ph. Acher et L. Graux, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la • Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le samedi qui précède la date de la liv raison.
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- PETITES MENTIONS1
- Nouvelles pinces. — Les pinces que représente la figure ci-dessous ont pour but de permettre de fixer, sans qu’aucun glissement soit possible, les objets les plus minces, tels que feuilles de papier, rideaux de fenêtres, etc. Le premier modèle, placé en haut de la figure, est formé par un anneau ouvert qui se prolonge par deux branches terminées l’une par un cercle et l’autre par un crochet perpendiculaire au centre ; au milieu se trouve un coude arrondi pour écarter facilement la
- Nouvelles pinces.
- branche avec les doigts. Les feuilles de papier sont serrées entre le cercle et le crochet. Le deuxième modèle placé au-dessous est formé d’un grand anneau à deux branches, terminées l’une par un petit anneau et l’autre par un petit crochet qui s’engage dans le premier. Un autre modèle, de dimensions plus réduites, forme anneau de rideau ; ce dernier est serré et maintenu entre deux mâchoires qui se referment par suite du jeu élastique de la pince. — Ces nouvelles pmces se trouvent chez M. H. Lioret, 2, rue Boulard, à Paris.
- Salière de table. — Le sel ne doit être en contact avec aucun corps métallique; il attaque, en effet, tous les métaux, fait naître de la rouille ou du vert-de-gris, s’il s’agit de fer ou de cuivre, oxyde l’argent, et ronge l’aluminium par suite de
- Salière de table.
- l’influence de l’humidité de l’air. La nouvelle salière que nous décrivons est basée sur ce principe ; elle a la forme d’un flacon en cristal renversé hermétiquement fermé, et vissé sur un pied métallique. La partie supérieure du flacon est percée de petits trous permettant de saler par secousse. Cette salière
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou-velles* scien tifiq ne s est étrangère aux annonces.
- peut également servir pour le poivre moulu et le sucre en poudre. — La salière de table se frouve chez M. Mathieu, 131-133, Galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Le « glyphoscope ».
- Nouvel appareil stéréoscopique de J. Richard.
- La dimension 45 x 107 pour le cliché photographique a été créée par M. Jules Richard quand il construisit le vérascope. Ce format, qui permet d’employer des appareils peu encombrants, a eu un grand succès et son créateur veut le rendre encore plus populaire en construisant pour lui un nouvel appareil, ressemblant beaucoup au vérascope comme aspect extérieur et donnant aussi de très bons résultats, mais d’un extrême bon marché qui le met à la portée des bourses les plus modestes. Le glyphoscope utilise les lois de la réversibilité optique et sert non seulement à prendre les clichés, mais aussi à regarder les positifs sur verre qu’ils donnent. Il se compose d’une petite chambre rigide en i voirine polie (n° 1) de la même dimension que celle du vérascope, mais sur laquelle s’adaptent
- Le glyphoscope.
- des châssis simples en métal au lieu du magasin. Four notre compte nous avons toujours préféré les châssis séparés au magasin.
- Les objectifs ont 54 millimètres de foyer et sont au point à partir de 3 mètres ; si l’on veut opérer plus près on utilise des bonnettes. L’obturateur et les diaphragmes sont devant l’objectif et on peut retirer facilement l’un et l’autre ; ils sont en effet montés sur un cadre mobile (n° 2), qu’on décroche en appuvant sur un bouton. On a alors deux objectifs simples à grande ouverture (n° 4), tout à fait aptes à l’examen des positifs, et donnant le maximum de relief et de perspective puisque ce sont les mêmes qui, diaphragmés, ont- servi à prendre les clichés. Un petit cadre métallique (n° 3) muni d’un verre dépoli se glisse à la place des châssis et comporte une coulisse où l’on passe les positifs à examiner.
- En tant qu’appareil photographique le glyphoscope ne le cède en rien comme résultat aux autres appareils; ü est de construction très soignée, malgré son bas prix. L’obturatehr peut fonctionner au doigt, ou avec une poire en caoutchouc : il donne la pose ou l’instantané à volonté. Le viseur, constitué par une lentille, donne une image très claire et redressée.
- Le glyphoscope contribuera certainement à populariser le goût de la stéréoscopie. G. M.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le hoquet des nourrissons.
- Le hoquet, quand il se reproduit avec fréquence, est un symptôme pénible et désagréable chez l’adulte; j’ai indiqué bien dfs moyens de le combattre, avec plus ou moins de succès. C’est, en effet, un spasme réflexe, dû à une convulsion du diaphragme et provoqué le plus souvent par un malaise ou un état de réplétion exagéré de l’estomac.
- Chez le nouveau-né, le hoquet préoccupe à bon droit un peu plus que lorsqu’il s’agit d’une grande personne. M. Théveneta fait de ce petit symptôme une étude très complète et montre qu’il a une certaine importance au point de vue des indications qu’il peut donner. Les nourrices et les matrones vous diront toutes que le hoquet est un bon signe de prospérité chez
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- le nourrisson. Cette assertion tient vraisemblablement à ce qu’on n’observe jamais le hoquet chez les enfants sérieusement malades; dans ces cas la surcharge gastrique, qui est le facteur principal de ce réflexe, n’existe pas; l'enfant vomit ou ne se nourrit pas, il n’y a pas de peine à comprendre que le hoquet ne survienne pas.
- C’est donc chez les enfants en bonne santé que se produit le plus souvent ce phénomène; mais il indique que l’estomac reçoit plus qu’il ne peut convenablement digérer. Quand les tétées sont trop abondantes l’enfant rejette facilement, et sans y être incité, l’excès de lait; le hoquet est en quelque sorte le premier avertissement d’une surcharge de l’estomac. Notez que tout est relatif et que chaque fois que l’enfant éprouve
- quelques spasmes de hoquet, cela ne veut pas dire qu’il ingurgite toujours trop de liquide. Il peut, comme les adultes, se trouver dans une phase de digestion moins parfaite, avoir pris le sein trop gloutonnement. L’ingestion trop rapide des aliments, sans mastication suffisante, est une cause fréquente de hoquet; il en doit être de même chez le bébé bien que l’aliment qu’il prenne soit des plus faciles à digérer.
- Somme toute, le préjugé qui fait du hoquet un signe de prospérité du nourrisson, ne doit être admis qu’avec réserves. Dans bien des cas, au contraire, le hoquet indiquera qu’il faut restreindre la quantité de lait ou espacer les tétées ; on peut le considérer, dans bien des cas, comme une régurgitation avortée.
- b' A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 octobre . . — 1®,2 N. N. W. 2. Beau. » Gelée bl. ; peu nuageux.
- Mardi 2t — 2®,t Calme. Couvert. »> Gelée bl. ; brouillard de 100 m. jusqu’à 9 h. ; peu nuag.
- Mercredi 2‘i 0®,7 N. N. E. 2. Couvert. B Gelée bl. ; couv. le matin; beau le soir.
- Jeudi 26 0“,9 N. 1. Couvert. » Gelée bl. ; couvert le malin; nuag. le soir; brouillard dans la soirée.
- Vendredi 27 2®,0 S. S. W. 2. Éclaircies. 1,5 Gelée bl. ; presque couv. ; pluie dans la soirée.
- Samedi 28 5®,5 N. N. E. 1. Couvert. B Gelée bl. ; brouillard bas à 7 h. ; couvert.
- Dimanche 29 5®,1 S. 2. Couvert. 0,2 Rosée ; très nuageux.
- OCTOBRE 1905. — SEMAINE DU LUNDI'23 AU DIMANCHE 29 OCTOBRE 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Vabn à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- lie temps. — Le temps a été froid en France, au début de la semaine du 23 au 29 octobre. Le 23 octobre, un vent d’entre Nord et Est a soufflé sur toutes nos côtes ; faible en Bretagne et en Provence, il était assez fort sur l’Océan et modéré sur la Manche. Le thermomètre marquait le malin
- — 3° à Clermont, —1° à Paris, 5° à Bordeaux, —5° au Puy de Dôme,
- — 9° au mont Mounier. Dans les environs de Paris, la gelée blanche a été générale ; à Paris, la température moyenne 2°,4 a été inférieure de 6°,4 à la normale. 11 est tombé seulement 5 mm d’eau à Dunkerque, 1 mm à Boulogne, à Charleville et à Besançon. La pression barométrique à midi atteignait 765,8 mm à Paris. Le 24 octobre, il n’y a eu que quelques a’verses à Dunkerque et à Boulogne. Le temps est resté froid; on a noté —3° à Belfort, — 2° à Paris, 0° à Lyon, 6° à Toulouse, — 6° au Pic du Midi. A Paris, l’atmosphère a été envahie de 6 heures à 10 heures par un brouillard dont l’intensité a varié sur la ville de 100 à 600 mètres. A Vaucluse, on a observé un minimum de — 5°,5. Au cours d’un violent orage, à Torra, près de Bastia, la foudre est tombée sur une maison, et a renversé les personnes présentes. La mère et un enfant ont été brûlés et sont morts aussitôt. Le 25 octobre, les basses pressions se sont portées vers le Sud de l’Europe ; on a observé à Toulon 751 mm. On a recueilli 38 mm d’eau à Madrid, 21 mm à Toulouse, 15 mm h Perpignan, 8 mm à Marseille, 5 mm à Nice. La température était basse dans toutes nos régions; elle était le matin —1° à Nancy,
- 1° à Paris, 2° à Bordeaux, — 7° au Puy de Dôme. La neige est tombée en abondance sur les hauts plateaux des Cévennes, où un froid très vif s’est fait sentir depuis quelques jours. Le 26 octobre, la pression barométrique était supérieure à 770 mm dins le Nord-Ouest de la France. Il a plu à Nice (20 mm d’eau), à Marseille (16 mm), à Dunkerque (2 mm), à Cherbourget à Toulouse (1 mm). La température était le matin —3° à Belfort, —2° à Toulouse, 1® à Paris, — 5° au mont Aigoual, —9° au Puy de Dôme, —10® au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 0°,9, inférieure de 7°,5 à la normale. Le 27 octobre, des pluies sont tombées sur nos côtes de la Manche. La température s’est relevée sur nos régions du Nord-Ouest et du Nord ; elle était le matin — 6° à Clermont, 2® à Paris, 10® à Dunkerque.
- — 3® au Puy de Dôme, — 5® au Pic du Midi. Dans la banlieue de Paris, on observait des minima de —2°; la pression barométrique accusait à midi 771,9 mm. Le soir, à partir de 7 heures, la pluie est tombée en abondance sur Paris jusqu’à 9 heures. Le 28 octobre, des pluies sont tombées à Boulogne (6 mm), à Cherbourg (6 mm), à Charleville (5 mm), à Lorient (3 mm). Le thermomètre marquait le matin 0® à Lyon, 2® à Paris, 8® à Nantes, — 2® au Pic du Midi, —2® au mont Yentoux. Dans la journée à Paris, la température s’est élevée, et la température moyenne a été de 8®,4 supérieure de 0®,4 à la normale. Le 29 octobre, on a signalé des baisses barométriques de 18 et 12 mm sur la Manche et la Bretagne. La température était le matin
- — 2® à Belfort, 2® à Toulouse, 5® à Paris. Dans l’après-midi et dans la soirée, il a plu à Paris.
- PHASES DE LA LUNE : N, U le 28 à 7 h. 7 m. du matin»
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mitres.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VI*).
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu,
- éditeurs de « La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe).
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1694 (11 novembre 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- La ligne de chemin de fer de la Faucille. — Le ministre des travaux publics, au nom de l’Etat, et M. Dervillé, président du conseil d'administration du P.-L.-M., au nom de la Compagnie, Tiennent de signer la convention préliminaire relative à la ligne •directe de chemin de fer de Lons-le-Saunier à la frontière suisse par Genève à travers le massif du Jura. La construction de la voie coûtera environ 25 millions ; il faut ajouter le matériel roulant et le matériel des gares nécessaires à l’exploitation.
- Dock flottant. — Los Américains viennent de faire construire pour les Philippines, et évidemment pour leur marine de guerre, un dock flottant de proportions considérables : il est susceptdde de soulever une charge de plus de 2 % 000 tonnes, et son coût de construction n’est pas de moins de 5650000 francs. Il sort des ateliers île la* Maryland Steel Co, à Sparrow’s Point, et on va le remorquer jusqu’aux Philippines.
- Grand prix de l’Aéro-CIub. — A la suite du concours de distance, à la fête aéronautique, qui a eu lieu le 15 octobre dernier, dans le Jardin des Tuileries, et que nous avons annoncée dans «os Informations du n° 1691 (21 octobre 1905), la Commission sportive de l'Aéro-Club vient d’homologuer les distances franchies par les lauréats du grand prix de l’Aéro-CIub. Les prix ont été ainsi décernés : Ier prix, M. Jacques Faure (1314 km); 2e prix, M. J. F. Duro, Espagnol (1080 km); 3° prix, M. Edouard Boulenger (792 km); 4e prix, M. Edmond David (751,5 km); 5e prix, M. Léon Maison (571,5 km); 6e prix, M. Alfred Yomviller, Italien (459 km); 7° prix, comte Madelin d’Oultremont, Belge (378 km); 8e prix, M. Alfred Leblanc (520 km); 9e prix, M. Georges Blanchet (506 km); 10e prix, M. Erik Tollander de Balsch, Russe (276 km); 11® prix, M. René Gasnier (259 km) ; 128 prix, M. Edouard Bachelard (243 km) ; 13e prix, M. Alfred Duprat (214 km); 14e prix, M. Justin Balzon (182 km). Toutes ces distances ont été mesurées au service géographique de l’armée.
- Le lait en Turquie. — Bien que la Turquie soit surtout un pays agricole, l’agriculture y est peu organisée. L’élevage, notamment, pratiqué dans des conditions peu rationnelles, donne des résultats fort médiocres. Les animaux parcourent les champs en liberté. Par suite, la santé de l’animal s’en ressent ainsi que la valeur des proluits; la quantité et la qualité du lait en souffrent également. L’alimentation des animaux n’est pas moins défectueuse. Les bœufs et les vaches ainsi nourris sont d'une taille inférieure à celle de nos bretonnes; les vaches donnent peu de lait, rarement plus de 4 litres par jour, la plus grande partie est réservée à la consommation du propriétaire ou à la fabrication des beurres et fromages; les veaux se trouvent ainsi privés de leur nourriture naturelle et contraints de brouter trop jeunes. Les moutons et les chèvres, un peu plus favorisés, trouvent leur nourriture dans les endroits escarpés et dans les bois, détruisant, il est vrai, les forêts et les plantations mais procurant certains bénéfices aux cultivateurs. les brebis donnent presque tout le lait destiné à la fabrication des fromages. Il se consomme peu de lait à l’état naturel, sauf dans les villes. Il se vend à Constantinople 2 piastres l’ocque (21 centimes les 1282 grammes). La Turquie consomme une quantité importante de beurre dont la plus grande partie vient de l’étranger. On apprécie à près de 3 millions de kilogrammes, représentant une valeur de 5 millions de francs, la quantité de beurre importée, c’est le beurre de Milan qui représente la principale importation des beurres frais (un million et demi de kilogrammes par an). Le beurre de Sibérie, beaucoup plus grossier que les précédents, entre aussi pour une forte part dans la consommation (près de 2 millions de kilogrammes par an) ; ces beurres se vendent un peu moins de 2 francs le kilogramme. Le principal emploi du lait
- en Turquie réside dans la fabrication du voghourt, qui constitue avec le pain la base de l’alimentation de la population rurale dans l’empire ottoman. C’est un produit fabriqué avec du lait de vache, de bufflonne, de chèvre ou de brebis. Il se vend de 2 à 4 piastres l’ocque. Un autre produit de laiterie est lq Caïtnak, généralement préparé avec le lait de bufflonne. Il se vend environ 20 piastres l’ocque et se consomme avec des confitures, du sucre, etc. La Turquie possède divers fromages. Le salamour est le plus répandu; il se vend 3 à 6 piastres l’ocque. Lorsqu’il est resté longtemps dans la saumure, il prend un goût trop fort ; on peut alors l’utiliser pour fabriquer un nouveau fromage appelé touloum-peinir. Pour cela, on râpe le salamour, on le pétrit fortement, et de cette façon on en extrait l’eau salée. Il se vend de 6 à 8 piastres l’ocque.
- Association nationale d’oléiculture italienne. — A la suite d’un congrès qui a eu lieu à Rome le 15 mai 1905, il s’est constituée une association nationale pour la défense de la production et du commerce de l’huile d’olive. L’Association a pour objet de travailler à l’accroissement des plantations d’oliviers et au développement de l’industrie oléicole, en incitant le gouvernement, les provinces, les communes, les comices agricoles et toutes les associations qui se rattachent à la culture de l’olivier à prendre toutes les mesures, qui leur paraîtront propres à protéger et à améliorer la production et le commerce de l’huile d’olive, surtout à combattre énergiquement les falsifications et la concurrence faite à l’aide de procédés déloyaux et pernicieux. L’Association, comptant sur scs ressources propres, se propose d’atteindre le but quelle poursuit en recourant aux moyens suivants : étudier toutes les questions d’intérêt général et local ayant trait à la culture de l’olivier, à la fabrication et au commerce de l'huile d’olive; répandre les connaissances relatives à la culture rationnelle de l’olivier, à la récolte des olives et à la fabrication de l’huile; encourager les expériences et faire des démonstrations pratiques; provoquer la création de plantations rationnelles d’olivettes coopératives; favoriser la formation des syndicats oléicoles locaux en vue d’obtenir des types uniformes de produits; rechercher les moyens les plus efficaces de défendre le commerce d’huile d’olive; étudier les questions d’octroi et de douane; réclamer toutes les mesures qui paraîtront propres à combattre la fraude; s’unir aux sociétés agricoles pour aider les oléiculteurs à se procurer de bons engrais et un outillage perfectionné ; organiser des expositions et des marchés annuels destinés à faire connaître les huiles d’olive et les appareils d’extraction les plus avantageux; créer des offices de représentations à l’intérieur et à l’extérieur pour le placement de l’huile d’olive italienne; publier un bulletin contenant les meilleurs renseignements sur le mouvement de la production et du commerce, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Entretenir dans le pays et au Parlement une action constante en vue de favoriser la réalisation des divers points du programme que l’Association s’est tracé dans l’intérêt économique du pays.
- Création d’un port en eau profonde dans le Morbihan.
- — Le comte Dillon. propriétaire de l’île Breder (Morbihan), a pris récemment la généreuse initiative de fonder un port en eau profonde à Larmor-Baden, point du littoral où les courants ne se font pas sentir. Déjà une jetée est en construction; elle ne coûtera pas moins de 250 000 francs. On assurera aux bateaux un tirant d'eau de 8 mètres. D’autre part, le comte Dillon est en pourparlers avec la Compagnie d’Orlèans pour la création d’une voie ferrée de Ploercn, près Vannes, à Larmor-Baden, où les vapeurs, même de fort .tonnage, pourront accoster pour décharger.
- Le téléphone et les casques respiratoires des pompiers.
- — Différents modèles de casques respiratoires à l'usage des sapeurs pompiers ont été imaginés ces dernières années; ils rendent de grands services en préservant les hommes qui en sont pourvus des gaz asphyxiants qui se dégagent pendant les incendies et en particu-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- lier de la fumée. On a cherché également à mettre le porteur du casque en communication téléphonique avec l’extérieur afin qu’il puisse donner des indications sur ce qu’il voit. M. G Renard, constructeur à Meaux, vient de présenter récemment un dispositif téléphonique très simple s’appliquant à tous les casques respiratoires. L’inventeur recommande l’emploi du téléphone sans pile qui est peu encombrant et toujours prêt. Les câbles sont isolés à la gutta-percha et entourés d’une enveloppe goudronnée; leur liaison avec le casque se fait au moyen d’un conjoncteur à déclic placé derrière le casque, à côté du tuyau d’arrivée d’air, et d'une fiche. Le câble est enroulé autour de ce tuyau jusqu’au pied de la pompe à air où se trouve également un conjoncteur ; câble et tuyau s’enroulent donc ensemble sur le dévidoir attenant à la boîte du casque et des accessoires. La personne, désignée pour se mettre en communication avec le sapeur en exploration, a en mains un récepteur transmetteur muni de quelques mètres de câble, terminés par une fiche s’adaptant au conjoncteur du pied de la pompe.
- Moteurs à gaz pauvre. — On a monté aux usines de cuivre
- de Moctzuma, près Üe Sonora, au Mexique, une installation assez curieuse. Pour la production du courant électrique, on dispose de 10 moteurs à gaz, dont 8 de 80 chevaux et 2 de 175, et tous sont alimentés par un générateur de gaz pauvre qui n’emploie que du bois comme matière première, sauf au moment de l’allumage.
- Pavage. — La publication Béton und Eisen signale un système de pavage original, essayé à Graz : ce sont des pavés artificiels faits de cailloux agglomérés au moyen d’un mortier spécial et consolidés par des armatures en fer. Cela reviendrait à 9 francs le mètre carré et aurait de sérieux avantages.
- Fonte de l’acier. — Le Professeur Wedding a étudié, dans Stahl und Eisen, la formation des pailles et cavités dans les moulages d’acier; dans des lingots fondus, il a trouvé de ces cavités remplies d’un gaz non sujet à causer de l’oxydation, probablement de l’hydrogène ou de l’oxyde de carbone. 11 semble que les pailles avaient été causées par une forme vicieuse du moule et par une insuffisance de température lors de' la coulée du métal.
- AvisT — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Cartons plissés imperméables : M. A.-W. Àndernach, fabricant, à Anvin, par Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais).
- Renseignements. — M. Thuilleux, à Paris. — Nous ne connaissons rien qui se rapporte à la synthèse du caoutchouc.
- Mme Zajiropulo. — Pour détruire les insectes que vous nous avez envoyés, appliquez les procédés indiqués dans Recettes et procédés utiles, 1" série, contre les blattes ou cafards. (Librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.)
- M. Ph. Nicoro, à Villiers-sous-Mortagne; M. David, à Saint-Imier. — Pour l’éclairage au lusol, veuillez vous adresser à M. Denayrouze, 24, rue Baven, à Paris.
- M. H. Schoechlin, à La Chaux-de-Fonds. — Nous supposons que vous voulez parler de l’éclairage au lusol, auquel nous avons consacré un article dans le n° 1662, du 1er avril 1905, •page 287. L’adresse du fabricant est indiquée ci-dessus.
- M. A. Ihne, à Ziirich; M. Blau, à Saint-Pétersbourg. — La riveuse par pression à main, décrite danslen0 1676, du 8 juillet 1905, page 85, est fabriquée par M. Arnodin, à Chàteau-neuf-sur-Loire (Loiret).
- M. Ernesto Caballero, à Pontevedra. — Tous trouverez d’excellents traités relatifs à la photogravure à la librairie Ch. Mendel, rue d’Assas, à Paris.
- M. Vasselin, à Paris. •— Nous ne possédons pas le procédé de préparation des peaux de lapins. Vous pourriez consulter dans la collection Roret le volume Pelletier-Fourreur, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. B., h Anglards. — Nous ne connaissons pas de recette comme celle que vous nous indiquez. Vous trouveriez peut-être dans la collection Roret, en consultant l’ouvrage Tanneur, corroyeur et hongroyeur, 2 volumes, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. F. Guillet, à Laval. — La librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris, a publié un ouvrage de M. Armagnat sur La bobme d'induction. Dans ce traité se trouve un chapitre relatif à la construction des bobines ; il est également question des isolants.
- Abonné 791, à Rouen. — La poire que vous nous avez envoyée est arrivée complètement blette et hors d’état d’être examinée. Tous nos regrets.
- MM. Ferreira et Oliveira, à Lida. — 1° Nous ne connaissons pas de procédé permettant de rendre incassables les baleines de corne. — 2° Il n’existe pas de traité relatif à l’industrie de la corne ; mais une partie spéciale est con- I
- sacrée à cette industrie dans Marqueteur et Ivoirier, par MM. Maigne et Robichon, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. Prix : 5fr,50.
- M. V. Belondrade, à Pamiers. — 1° Chauffage de chambre-par l’air chaud et la vapeur : voyez notre article sur le chauffage par pulseur Rouquaud, n° 1655, du 28 janvier 1905, p. 131 (adresses données en tête de la « Boîte aux lettres » du même numéro), ou bien adressez-vous à la maison Cuau,. 234, rue Championnet, à Paris. — 2° Vous trouverez tous ces manuels à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. — 3° Roues hydrauliques : MM. Laurent frères et Collot à Dijon, Neyret, Brenier et Cie, à Grenoble ; Schneider et Cie, 42, rue d’Anjou, à Paris.
- M. le comte de Bouy, à la Jonchère. — 1° Nous ne pouvons vous indiquer de maisons vendant, d’occasion, des instruments de géodésie ou d’arpentage. Adressez-vous directement aux fabricants, comme MM. Barhotheu, 17, rue Béranger; Drouhin, 56, rue Sedaine; Damelin, 62, rue du Cardinal-Lemoine, à Paris. — 2° La valeur des éléments magnétiques varie suivant les lieux. Pour la Haute-Vienne la déclinaison occidentale a les valeurs suivantes : Limoges, 14°3U; Bellac, 14°42’; Roche-chouart, 14° 40’; Saint-Yrieix, 14° 29'. — 3° Nous ne connaissons pas les appareils dont vous parlez. — 4° Vous trouverez des instructions élémentaires sur les règles à calcul à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris. D’autre part, les règles mises en vente sont toujours accompagnées d’une notice.
- M. Morel, à Ambert. — Nous croyons comprendre que vous possédez un exemplaire de veau à deux tètes. Nous ne connaissons personne qui soit désireux de s’en rendre acquéreur. Vous pourriez le proposer à un musée- d’histoire naturelle.
- M. A. Th., à V. — Voici quelques livres qui répondent à votre désir : Laillet, Renseignements utiles sur Madagascar, Paris, 1884; Gallieni, Guide de l’immigrant h Madagascar, Paris, 1899, 3 vol.; Foucart, Commerce et colonisation à Madagascar, Paris, 1899; vous trouveriez, en outre, des renseignements éparpillés dans les six volumes de la Bibliothèque coloniale, librairie J.-B. Baillière, à Paris, et une étude résumée, suivie d’une bonne bibliographie dans Lanier, Choix de lectures géographiques : l’Afrique, librairie Belin, à Paris. Enfin, vous pourriez consulter l’ouvrage classique, mais encombrant, de Grandidier : Histoire physique, nahirelte et politique de Madagascar, Paris, Hachette et Cio, 16 volumes.
- M. G. Jaulin, au château de Gademoulin (Charente). — 1° Dans un éclairage électrique, la consommation dépend du diamètre et de la longueur du filament employé dans les lampes. — 2° Chaque lampe ne dépense qu’une puissance électrique déterminée, lorsqu’elle fonctionne seule ou avec plusieurs autres. Sur 4 lampes, si on en éteint une, la puissance dépensée est réduite d’un quart.
- L’abonné n° 6790, à Paris. — Il ne faut pas songer à faire une installation de production d’énergie électrique dans un appartement; il faut prendre un abonnement à la Société qui effectue la distribution dans votre quartier, et qui est la Société du secteur de la place Clichy, 53, rue des Dames.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Mathieu, à Vannes. Nous préparons la bibliographie que vous nous demandez, et vous l’enverrons directement d’ici peu. — M. Karloivski* à Kicw. La question est trop technique et ne saurait être résolue que par un ingénieur-conseil. — M. Paul Carbodet, à Montluçon. Consultez Recettes et Procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. J. Bouldoie, à Brive. Consultez le même ouvrage, 5e série, à la même librairie.
- Dans la • Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettre» reçues avant le samedi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- Biblotirette. — Il s’agit dans cette petite invention d’une simple planchette de bois, qui peut cependant être utile. On sait combien il est difficile de tirer d’une bibliothèque un volume d’un certain poids ou d’un grand format. On y arrive toutefois en le faisant basculer, en prenant la reliure et en le faisant glisser sur la tranche. La biblotirette, que l’on voit dans la figure ci-jointe, forme tiroir et sert d’assise aux volumes
- La hiblolirelte.
- dans la bibliothèque. Elle est munie à son extrémité d’avant d'un anneau qui permet de sortir le livre sans aucun effort. Ajoutons qu’avec ce petit appareil, on peut réaliser une économie de place en réduisant au minimum la hauteur des rayons. — Pour tous renseignements, s’adresser à M. Fernand Marchand, 19, boulevard Montmartre, à Paris.
- Groupe hydro-électrique. ’— Tout Je monde cherche actuellement à se procurer un petit groupe électrogène, si petit soit-il. On veut une machine électrique qui ne donne que quelques volts pour permettre de charger un accumula-
- Groupe hydro-électrique.
- leur de volume et de poids restreints. Cet accumulateur est ensuite utilisé, soit pour une lampe portative, soit pour fournir l’allumage nécessaire à une bougie dans une automobile, soit pour tout autre objet. MM. Ileller et Coudray viennent de construire un groupe hydro-électrique qui peut donner toute satisfaction à ces amateurs. Ce groupe est formé d’une sorte de roue à aubes montée en porte-à-faux sur un arbre qui porte une bobine à enroulement à tambour. Cette dernière se déplace dans le champ magnétique formé par deux aimants en fer à cheval horizontaux. 11 suffit d’adapter un tuyau de caout-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- chouc d'un côté à un robinet d’eau et de l’autre à la turbine. L’eau arrive sous pression sur les aubes et les entraîne ; elle s’écoule ensuite par une tubulure placée au-dessous. La bobine électrique tourne alors à une grande vitesse angulaire en donnant de 8 à 10 volts et 1 ampère, soit 10 watts. Ce groupe est certainement intéressant et donne de bons résultats avec un fonctionnement régulier. Mais il nous semble présenter un grave inconvénient; la consommation d’eau est de 150 litres par heure. Il est vrai que cette eau peut ne pas être perdue ; on la recueille très aisément. On peut de plus remplacer la turbine par un petit moteur à pétrole ; nous aurons l’occasion d’examiner d’autres groupes de ce genre. — Le groupe hydroélectrique se trouve chez MM. Relier, Coudray et C!% 18, cité Trévise, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- La science moderne et son état actuel, par M. Émile Picard, membre de l’Institut, professeur à la Sorbonne. Paris, Ernest Flammarion, 1905. 1 vol. in-18. Prix : 5rr,50.
- Manuel de recherches préhistoriques, publié par la Société préhistorique de France. Paris, Schleicher frères, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 8 francs.
- Actualités scientifiques, par Max de Nansouty. Paris, Schleicher frères, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 3fr,50.
- La séparation électromagnétique et électrostatique des minerais, par Désiré Korda. Paris. Editions de l’Eclairage électrique, 1905. 1 vol. in-8° raisin. Prix : 6 francs.
- Promenades lointaines. Sahara, Niger, Tombouctou, Touaregs, par le lieutenant Paulhiac. Préface de Hugues le Roux. Paris, 1905. Plon-Nourrit et Cie. 1 vol. in-8°. Prix : 5 francs.
- Traité d’hygiène, par le professeur P. Brouardel et le Dr Mosny. Fascicule 1 : Atmosphère et climats, par MM. J. Courront et Ch. Lesieür. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1906. 1 vol. in-8°, 124 pages. Prix : 3 francs.
- Traité d'hygiène, par les mêmes. Fascicule IV : Hygiène alimentaire, par MM. J. Rouget et Cii. Dopter. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1906. 1 vol. in-8°, 320 pages. Prix : 6 francs.
- Cette nouvelle encyclopédie d’hvgiéne comprendra 6 ou 7 volumes, partagés en 20 fascicules qui seront vendus séparément et formeront chacun un véritable ouvrage distinct. Les deux premiers viennent de paraître.
- Les grandes cultures du monde, sous la direction du Dr J. Ç. Van Someren Brand. Livraison XII. Paris, Ernest Flammarion, 1905. 1 vol. Prix : 75 centimes.
- Tachymètre enregistreur, par A. Audebrand, ingénieur, chef d’escadron d’artillerie en retraite. Paris, H. Desforges, 1905.
- 1 vol. in-8° avec 28 fig. Prix : 3 francs. *
- L’empire du travail. La vie aux Etats-Unis, par M. Anadoli. Paris, 1905. Plon, .Nourrit et Ve. 1 vol. in-16. Prix : 3tr,50,
- An introduction lo geology, by J. E. Marr, President of the geological Society. Cambridge, Universitv Press Warehouse, London and Glasgow, 1905.1 vol. in-16. Price : 3 shillings.
- Radioactivily, by E. Rutherford, professor of physics, Montreal. Cambridge universitv Press Warehouse, London and Glasgow, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 12 shillings 6 d.
- American insects, par Yernon L. Kellogg. New-York, Henry Ilolt and C°. 1905. 1 vol. in-8°.
- Standford’s geological atlas of Great Britain, with plates of characteristic fossils, by Horace Woodward, F. R. S., F. G. S. Londres : Edward Stanford. 1905. 1 vol. in-16. Prix : 12 shillings 6 pence.
- Reconocimiento y câlculo del radio eu la Chalcolita de San Rafael, por José Munoz del Castillo. Madrid, 1905. Im-prenta de los hijos de M. G. Hernandez. Precio : 50 pesetas.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Trempe électrique de l’acier. — On peut employer le procédé suivant pour la trempe électrique de l’acier. Un réservoir en fonte, rempli d’une solution de carbonate de potasse, est relié au pôle positif d’une machine électrique. L’outil en acier à tremper est fixé au pôle négatif de la même machine. On règle la machine et l’on fait passer le courant en plongeant graduellement l’outil dans la solution de carbonate de potasse jusqu’à ce que la partie à tremper soit complètement immergée. On coupe ensuite le courant.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Récupération de l'étain des vieux fers-blancs. — M. Neil a fait connaître dernièrement un nouveau procédé pour récupérer par l’électrolyse l’étain utilisé dans les boîtes de conserve et dans les vieux fers-blancs. On traite tous les déchets par une dissolution de chlorure ferrique bouillant. La dissolution est ensuite soumise à l’élecirolyse avec une cathode en étain et une anode en graphite. L’étain se dépose sur la cathode, et le chlore qui se dégage à l’anode enrichit la dissolution. Le courant électrique employé a une intensité de 500 ampères et une tension de 25 volts. La densité de courant doit atteindre (50 ampères par centimètre carré d’électrodes. Ce
- procédé permet de retirer environ 9 kilogrammes d’étain d’une tonne de déchets de fer-blanc.
- Vernis pour outils. — Dans 750 grammes d’alcool, faire dissoudre 250 grammes de gomme laque en écailles blanchies ; y tremper les outils et les suspendre pour que le vernis sèche.
- Vernis blanc à polir. — On le prépare avec 50 kg de gomme-laque en écailles blanchie, 8 kg de térébenthine de Venise, 1 de gomme-benjoin claire, le tout bien mêlé dans 45 kg d’alcool.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- OVicîfirvations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- ODSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 octobre . . 10°,2 S. 3. Couvert. 0,4 Couvert jusqu’à 15 h. ; beau ensuite: pluie à 13 h. et 15 h. 15.
- Mardi 31 9\0 S. S. VV. 4. Peu nuageux. 2,2 Rosée ; très nuag. ; pi. avec grêle de 14 h. 10 à 14 h. 30.
- Mercredi 1" novembre 8°,0 S. S. E. 3. ' Très nuageux. 0,1 Rosée ; nuageux ; petite pluie à 10 h.
- Jeudi 2 6°,4 S. 2. Couvert. 0,2 Rosée ; très nuag. ; petite pluie l’après-midi.
- Vendredi 3 ..... . 7»,8 S. o. Couvert. Sy 0,1 Rosée ; très nuag. ; petite pluie à 14 h.
- Samedi 4 3°,6 E. S. E. 2. Couveri. 5,5 Gelée bl. ; couv. ; pluie de 17 h. 53 à 21 h. 15.
- Dimanche 5 8°,0 S. S. W. 3. Couvert. Couv. : quelques averses le matin; pl. à partir de 18h. 15.
- OCTOBRE-NOVEMBRE 1905. - SEMAINE DU LUNDI 30 OCTOBRE-AU DIMANCHE 5 NOVEMBRE 1903.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abH à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Le 30 octobre, à 2 heures de l’après-midi, il y a eu à Catanzaro, en Italie, une forte secousse de tremblement de terre qui a duré quatre secondes. Dans la soirée, à Monte Leone (Calabre), deux autres secousses ont été aussi ressenties.
- Le 30 octobre, on a également signalé deux secousses de tremblement de terre à Itancagna (Chili).
- Le temps. — Le temps est resté pluvieux et à température élevée pendant toute la semaine du 30 octobre au 5 novembre. Le 30 octobre, on signalait un minimum barométrique de 736 mm sur l’Irlande ; à Paris, à midi, la pression barométrique n’était plus que de 751.5 mm et de 749,5 mm à 3 heures du soir. Un veut fort d’entre Sud et Ouest a soufflé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. II a plu à Brest (13 mmj. à Itochefort (10 mm), à Boulogne (5 mm), à Nancy (4 mm) ; la pluie est tombée à Paris de llh 40" à midi 33”, de midi 50“ à 1“10", et de 2k 43“ à 5k 35" fournissant partout des hau:eurs d’eau inférieures à 2 mm. Le matin le thermomètre marquait 10° à Paris, 10° à Toulouse, 4° au Puy de Dôme, — 2° au mont. Ventoux, — 4° au Pic du Midi. La température moyenne de la journée à Paris a été de 9\7, supérieure à la normale de 2°. Le 31 octobre, un centre de dépression barométrique a persisté sur l’Angleterre ; on notait 739 mm à Shields. Un vent très fort d'entre Sud et Ouest a soufflé sur toutes les régions, sur la Manche, sur la Bretagne, et la Gascogne. Les pluies ont été générales en France ; on a recueilli 20 mm d’eau à Biarritz, 16 mm à Dunkerque, 12 mm à Cherbourg, 9 mm à Nantes et à Lyon. La température a peu varié ; elle était le matin 91 à Paris, 9'* à Clermont, 1° au Puy de Dôme, — 8° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 1(1°, supérieure de 2°,4 à la normale. Le 1" novembre, on signalait un nouveau centre de dépression barométrique à l’entrée de la Manche; le baromètre marquait 73o mm à
- Brest. Une tempête du Sud-Ouest a sévi sur nos côtes de l’Océan, de Lorient à Biarritz. Des pluies sont tombées à Brest (19 mm), à Dunkerque (13 mm), à Cherbourg (13 mm), à Nantes (7 mm), à Paris (2 mm). Le thermomètre indiquait le malin 8° à Paris, 11° à Nantes. 14° à Biarritz. 1° au Puy de Dôme, 21 au mont Aigoual, — v° au Pic du Midi. Le 2 novembre, on a recueilli 35 mm d’eau à Marseille, à Lyon, 30 mm à Nice, 17 mm à Cherbourg, 6 mm à Brest et à Besançon. A Paris, il est tombé des averses à différentes reprises surtout dans l’après-midi; la pression barométrique à midi était de 748,8 mm. La température était le matin 4° à Toulouse, 6° à Paris, 7° à Clermont, —5° au mont Ventoux, — 11° au Pic du Midi. A Paris, la température moyenne 7VJ était supérieure de 0°,6 à la normale. La neige est tombée en abondance dans l’Ain et les Hautes-Alpes. Le même jour, près de Beaune, on a signalé un violent coup de foudre qui a atteint tout à coup deux personnes en leur donnant une forte commotion et en causant des grands dégâts dans une maison voisine. Le 3 novembre, la pression baro-méirique était peu élevée dans l’Ouest de l’Europe ; on notait un minimum de 748 mm sur les Iles Britanniques et de 756,8 mm à Paris. Il est tombé 19 mm d’eau à Rochefort, 12 mm au Mans, 10 mm à Brest, 9 mm à Nice, 5 mm à Belfort. La température est restée sensiblement la même ; on observait le matin 1° à Toulouse, 2° à Clermont, 8° à Paris, — 23 au Puy de Dôme, — 2° au mont Aigoual, — 4° au mont Ventoux, — 10° an Pic du Midi. La foudre est tombée sur le clocher de l’église de Penhars (Finistère) et a causé de grands dégâts. Le 4 novembre, des mauvais temps ont sévi sur nos côtes de la Méditerranée. Le matin, la température a baissé dans certaines régions; on notait 3° à Belfort, 4° à Paris, 12° à Toulouse. Dans la banlieue de Paris, les miuima atteignaient 0° et la gelée blanche était générale. La luie est tombée à Paris d’une manière continue de 5k 40“ à 9k 35*. Le novembre, il a plu à Limoges (41 mm), au Mans (12 mm), à Toulouse (8 mm), Le thermomètre marquait 81 à Paris, 14° à Lyon, 18° à Nice, —8° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 4 à 1 h. 48 m. du matin.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MÀRTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VP).
- — Tout ce qui concerne VAdministration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu,
- éditeurs de « La .Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VI*').
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1695 (18 novembre 1905), du journal « La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AWIS UE l/AOUIMUSTRATIOMI. — L’échéance du 50 novembre étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MJ1. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 25 novembre (n” 1696) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements. présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le 5 décembre, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1875 à 1882 — 1883 à 1892 — 1893 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 franc».
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la « Boite aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Association générale des ingénieurs, architectes et hygiénistes municipaux. — L’Association générale des ingénieurs, architectes et hygiénistes municipaux de France. Algérie, Belgique, Suisse et Grand-Duché de Luxembourg, fondée en 1905 sous de hauts patronages, va tenir à Paris sa première réunion du 22 au 25 novembre, dans la salle du Musée social. 5, rue Las Cases. Après t’assemblée générale, les élections du Président et du Comité directeur, le compte rendu financier, diverses conférences auront lieu sur les sujets les plus intéressants. Questions à l’ordre du jour : Fonctionnement des bureaux d’hygiène, par M. le Dr Martin; Vues en projections des installations d’eau et de filtrage des principales villes des Etats-Unis, par M. le Dr Imbeaux; L’air salubre dans nos habitations, par M. Albert Lévy ; Biologie du filtrage au sable, par M. Kemna; Reboisement comme protection des nappes aquifères en qualité et en quantité, par M. Fabre; Expériences relatives à la production et à l’utilisation de l'ozone en matière d’épuration d’eau, par L. Gérard. Il y aura également plusieurs visites, notamment la visite des filtres de la Ville de Paris à Ivry, des filtres de la Compagnie dés eaux de la banlieue à Suresnes, la visite de l’installation <les eaux d’égout de la Compagnie de salubrité de Eevallois-Perret, «t une excursion aux captages des sources du Loing et du Lunain.
- De Londres à Constantinople en automobile. — M. Jefferson vient d’effectuer sans accident le voyage en automobile de Londres à Constantinople où il est arrivé le 6 novembrè avec son mécanicien. La traversée de la Manche et du détroit du Bosphore ont eu lieu naturellement en bateau.
- Télégraphie sans fil. — Si nous en croyons le Dr Lee de Forest, le Département de la Marine aux Etats-Unis a décidé l’installation d’énormes stations de télégraphie sans fil à Porto-Rico, dans la Floride, puis à Cuba et à Panama, que l’on considère en fait comme des possessions américaines. On y emploiera en général une puissance de 50 chevaux; la distance franchie sera de 1600 à 1800 kilomètres. Dès maintenant, il existe une station à Key West, qui emploie une puissance de 552" kilowatts sous une tension de 25 000 volts.
- Gaz à l’eau. — Le journal le Gaz adonné récemment quelques chiffres sur la température de la flamme du gaz à l’eau, d’après des expériences faites à l’usine à gaz de Saint-Quentin. Pour de Uoxvde de carbone sec contenant seulement 1 pour 100 d’acide carbonique, la température de la ilamme est de 1747°; quand la proportion d’acide carbonique atteint 15 pour 100, cette température s’abaisse à 1552°. La température de combustion de l’hydrogène sec, sans admission d’air au brûleur Bunsen, est de 1700°, et elle s’élève à 1866° quand il y a pleine admission d’air. Quand enfin il s’agit d’un mélange fait de 50 pour 100 d’oxyde de carbone et d’autant d'hydrogène, la température est de 1775°.
- Entretien des courroies. — Toutes les courroies s’allongent et prennent du jeu au fur et à mesure qu’elles servent, et alors il
- faut les raccourcir, en en coupant un morceau qui est perdu. Ma-chinery nous apprend qu’on se trouve bien de procéder autrement : on coupe la courroie sensiblement trop courte, de quelque 50 cm. au début de la mise en service, et l’on complète la longueur manquante par un bout de courroie qu’on a en magasin ; on eu possède un jeu de longueurs variées, et l’on va voir pourquoi. Quand la courroie a pris du jeu, on enlève le bout, et on le remplace par un plus court, que l’on choisit eu égard au mou qu’il faut supprimer. On recommence jusqu a ce que l’allongement cesse.
- Béton armé. — Engineering Record raconte l’essai fait récemment de la résistance au feu d’un plancher en béton armé de 0,18 m. d'épaisseur, supporté par deux poutres également en béton armé de 0,46 m. de haut. On a maintenu sous ce plancher, durant quatre heures, un feu continu donnant une température moyenne de 927°; puis la partie inférieure du plancher fut soumise pendant deux heures à un jet d’eau froide de 38 mm, sons une pression de 27 kg par cm2. Enfin la partie supérieure fut inondée à basse pression, puis le dessous encore arrosé cinq minutes. Le plancher supportait du reste une charge de 732 kg par mètre carré. La dilatation duc à la chaleur produisit plusieurs fentes, suivant des directions variées et ayant généralement de 1/2 à 3 mm de large pour une longueur de 0,70 m. Mais quand le plancher fut inondé, il n’y eut aucune filtration d’eau appréciable à travers les fentes. Quant à la partie inférieure, elle était en excellent état, sans écailles ni crevasses, seule une fente horizontale de 0,90 m. sé montrait sur le côté d’une poutre.
- Alimentation mécanique des chaudières. — Notre confrère Engineering Neivs vient d’examiner la question de l’alimentation mécanique des foyers de chaudières, et, tout en reconnaissant les avantages considérables qu’on attribue avec raison aux meilleurs appareils combinés dans ce but, il tient à faire remarquer que souvent aussi la substitution du travail mécanique au travail à la main n’a donné aucune économie. Gela dépend, pour lui, des combustibles qu’on emploie et des conditions d’achat de ces combustibles.
- Commerce de la Martinique en 1904. — D’après l'Office colonial, le total de l’importation à la Martinique a diminué l’année dernière de 10 064102 francs, passant de 20 389 568 francs en 1905 à 10 325 466 francs. Le total de l’exportation a diminué de 2 millions 160000 francs environ, passant de 15 000 000 à 12 640 000 francs. Au total, le commerce de notre colonie a diminué de 12 millions 500 000 francs environ, c’est-à-dire qu’il a faibli en 1904 d’un tiers de ce qu’il était en 1905. Dans cette somme, la diminution du commerce avec la métropole est représentée par le chiffre de 9285 820 francs.
- Le commerce de la Nouvelle-Calédonie en 1904. — Depuis 1903, l’importation est tombée de 13 670 000 francs à 12 470 000, soit une différence de 1200 000 francs. L'exportation est montée de 8960 000 francs à 11 040 000, soit un excès de 2070 000 francs environ. Au total, le commerce de la colonie s’est augmenté de 885 000 francs, dont 616 000 avec la France (Office colonial, août 1905).
- Magnétisme terrestre. —L’Institution Carnegie, de Washington, prépare un projet d’exploration magnétique de l’océan Pacifique septentrional; c’est là une région où les observations ont été extrêmement rares, et où elles seraient, par conséquent, particulièrement précieuses.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Utilisation industrielle de la tourbe. — L’administration des chemins de fer suédois essaye en ce moment d’utiliser couramment la tourbe pour le chauffage de ses locomotives.
- Abatage des bois. — Le Professeur allemand Unssbaum estime qu’il faut se garder d’abattre les arbres quand ils sont pleins de sève et de les iaisser sécher en forêt. 11 faut, dès que les nouvelles feuilles apparaissent, détacher tout autour du tronc une large bande circulaire d’écorce ; cela arrête la montée de la sève, et la végétation épuise celle qui se trouve dans le bois. Puis on abat à l’automne et l’on rentre immédiatement au sec.
- Météorologie. — Dans la semaine du 6 au 12 novembre, le temps a été humide et pluvieux, froid à quelques reprises. Le 6 novembre, la pression barométrique était faible en France; dans l’Ouest, on notait 750 mm. Des pluies abondantes sont tombées dans toutes les régions ; on a recueilli 48 mm d’eau à Clermont, 30 mm à Lyon, 21 mm à Perpignan, 18 mm à Nice, 8 mm à Paris. Une grande quantité de neige est tombée sur la haute Lozère; une couche de 20 centimètres a couvert la campagne. La température était le matin 3° à Toulouse, 5° à Lyon, 5° à Paris, —11° au Pic du Midi. Le 7 novembre, un vent d’entre Sud et Ouest a soufflé sur la Manche et en Gascogne, et un vent d’entre Nord et Ouest en Provence. Il est tombé 24 mm d’eau à Celte, 13 mm à Perpignan, 9 mm à Roeliefort, 6 mm à Brest, 3 mm à Boulogne, 2 mm à Lyon. Le thermomètre marquait- 2° à Nancy, 5° à Clermont, 6° à Paris, 10° à Marseille; dans la banlieue de Paris, à Vaucluse, les minima se sont abaissés à 2°,7. Le 8 novembre, la situation atmosphérique s’est améliorée ; la pression barométrique était un peu inférieure à 760 mm sur l’Europe centrale, et atteignait 762,6 mm à Paris. Il a plu encore à Rochefort (20 mm d’eau), à Biarritz (11 mm), à Gap
- (10 mm), à Limoges (5 mm), à Cherbourg (2 mm). La température a baissé; on observait le matin 1° à Paris, 1° à Nantes, — 10° au Pic du Midi ; aux environs de Paris, le thermomètre marquait — 0°.9 à Vaucluse, où il y avait un peu de gelée blanche. Le 9 novembre, des mauvais temps du Nord-Ouest ont sévi sur nos côtes de ,1a Méditerranée. On a recueilli 39 mm d’eau à Biarritz, 9 mm à Cherbourg, 5 min à Nancy, à Clermont, 4 mm à Toulouse. Le thermomètre marquait le matin 2° à Paris, 7° à Cherbourg, 8° à Perpignan,. — 3° au Puy de Dôme, —6° au mont Ventoux, —13° au Pic dit Midi ; on a observé — 2° dans la banlieue de Paris, où la gelée blanche a été générale. La température moyenne à Paris a été 2°,9. Le matin, un brouillard intense limitait la visibilité à 500 mètres-sur Paris. Le 10 novembre, le baromètre a baissé de 8 mm en Ecosse; un vent modéré des régions Sud a soufflé sur les côtes delà Manche et de l’Océan. Des pluies sont tombées à Cherbourg (7 mm), à Besançon, à Brest (6 mm), à Nantes et à Dunkerque (2 mm). Le malin, on notait —2° à Limoges, 0° à Paris, 7° à Nantes, —5° au Puy de Dôme, —6° au mont Ventoux, —8° au Pic du Midi. Aux environs de Paris, les minima atteignaient —5°p on signalait presque partout de la gelée blanche ou. du givre. Le
- 11 novembre, des pluies sont tombées à Cherbourg (66 mm), au Havre (19 mm), à Dunkerque (18 mm), à Lorient (7 mm), à Brest (6 mm), à Nantes et à Paris toute la journée. Le thermomètre marquait le malin 2° à Besançon, 4° à Paris, 12° à Brest, —5° au mont Aigoual, —2° au Puy de Dôme, —5° au Pic du Midi. La pression barométrique à midi n’était que 754,3 mm à Paris. Le
- 12 novembre, la pression était 743 mm à Nancy; on a ressenti dos-vents violents d’une vitesse moyenne de 104 kilomètres à l’heure. Le matin, un vent très fort du Nord-Ouest soufflait sur les côtes delà Manche et de la Méditerranée.
- Avis. — En présence du nombre de letlres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l'année.
- Erratum. — Dans le n° 1694, du II novembre 1905, p. 579, col. 2, ligne 5, à partir du bas, au lieu de : le chiffre 1, il faut : le chiffre 10.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La taiière à faire les mortaises se trouve chez MM. Thompson and C°, 35, New Broad Street, à Londres.
- Communications. — Un de nos lecteurs, à Amiens, nous signale que le 1er novembre, vers 8h 15“ du soir, il a été témoin du passage de plusieurs bolides extrêmement brillants, dont le premier lui a semblé très nettement apparaître entre les deux étoiles les plus basses du carré de Pégase.
- Renseignements. — M. P. de Marlenne, à Laizy-sur-Arroux. — 1° Nous ne connaissons pas le système de ventilateur dont vous parlez : veuillez vous adresser directement au constructeur. — 2°, 5° et 4° Pour tout ce qui concerne les concours et les salons de l’Automobile en 1906, adressez-vous à l’Automobile-Club, place de la Concorde, à Paris.
- M. Ed. Magny, au cap Haïtien. — Nous ne savons ce que vous entendez par ouvrages de tourellerie. ’’
- M. Larochette, à Villefranche-sur-Saône. — Veuillez consulter The Journal of the Society of Chemical induslry, année 1904, p. 967.
- M. X., à Han-Keou. — La phonocarte est en vente chez M. Marotte, 55, rue de Jussieu, à Paris. Cette adresse a été indiquée en tête de la « Boîte aux lettres » du n°: 1684, du 2 septembre 1905. Nous ignorons le prix de cet appareil, qui n’est pas très élevé,
- M. R. L., à Haïphong. — Vous trouverez des ouvrages relatifs à la conservation des farines, du riz, du maïs, etc., à la librairie Challamel, 17, rue Jacob, à Paris, et à la librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, à Paris. Vous trouverez aussi des renseignements dans Céréales, par Garola, librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Ilautefcuille, à Paris.
- . M. Ch. Broyer, à Paris. — Si les livres ou gravures sont simplement maculés, tachés, il suffira de les nettoyer pour les remettre à neuf. Si les pages sont rongées par l’humidité et qu’il y ait eu formation de trous, le mal est irrémédiable, ce qui ne doit pas empêcher le nettoyage. Pour celui-ci voyez dans la « Boîte aux lettres » du n° 1690 (14 octobre 19(15) les divers procédés indiqués à M. de Launay, à Chef-du-Bois. Bien entendu, s’il s’agit d’un livre, ayez soin de le découdre et de traiter les feuilles une à une.
- M. R. S., h Fontenav-aux-Roses. — Les comptes rendus der T Académie des sciences sont publiés par la librairie Gauthior-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. E. Wilz, à liothau. — Les signes que vous nous indiquez sont évidemment des chiffres, mais nous ignorons à quel système-d’écriture ils appartiennent.
- M. J. C , à Barcelone. — Ouvrages relatifs à la fabricalion des bougies et du savon : Bougies stéariques (Manuel Roi et, 2 vol.); Savonnier (Manuel Roret, 5 vol.), librairie Mulo,. 12, rue Hautefeuille, à Paris ; Traité de savonnerie (E. Moride, 1 vol.), librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, Paris;. Savons et bougies (Lefèvre, 1 vol.), librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue IJautefeuille, à Paris.
- M. Alexandra Ayala, à Cochnbambu. — Nous ignorons-l’adresse que vous nous demandez. Tous nos regrets.
- M. L. du Beau, à Poitiers. — 1° U Aéronautique, 68, rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris. — 2° Consultez l’ouvrage de Lecornu La navigation aérienne, à la librairie Nony ctCie, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 5° Vous trouverez dans le Bottin diverses adresses de fabricants de moteurs à explosions. — 4° Peut-être trouverez-vous les hélices dont vous avez besoin en vous adressant aux maisons H. Lachambre, 24, passage des Pyramides; Surcouf, 2, avenue de La Bourdonnais, ou Godard, 4, rue Christiani, à Paris.
- il/. Chalot, à Clermont-Ferrand. — L’inscription jointe à voire photographie est fausse. Vous êtes en présence d’une tache du cliché et pas d’autre chose ; Mercure, qui est en effet la planète la plus proche du Soleil, ne saurait être visible dans les conditions où la photographie a été prise ; elle devait, au moment de l’éclipse, se trouver très près du Soleil et perdue dans son irradiation ; d’ailleurs en admettant, par impossible, qu’on eût pu la photographier, cette planète n’eût été qu’un tout petit point à peine visible.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. J. Caron, à Trévoux. Vos instruments sont probablement usés, ce qui explique le manque de précision de vos observations. — M. E. JJumoutcns, à Spa. Nous ne pouvons décrire votre appareil sans avoir la certitude qu’il existe et sans l'avoir vu fonctionner avec succès. Tous nos regrets. — M. Ch. Lambligierot, à Touloiffc. La question nYst pas de nature à intéresser nos lecteurs. — M. Victor Kab, à Alexandrie. Voyez la 3° série des Recettes et procédés utiles, à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. P Sauli, à Paris. Nous vous remercions de votre communication. Nous signalons le phénomène plus haut.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant lesamedi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Marqueur d’atout. — Lorsqu’une partie de cartes est engagée entre plusieurs joueurs, il arrive fréquemment que l’atout annoncé est oublié ; il faut le demander à nouveau, et il peut, dans certains cas, en résulter des discussions. Avec le marqueur d’atout que représente la figure, il n’est plus pos-
- Marqueur d’atout.
- sibîe de l’oublier. Cet appareil se compose d’un petit disque en nickel monté sur un pied, et muni d’une fenêtre sur les deux faces à la partie supérieure. La pression du doigt sur un Luuton fait apparaître l’atout annoncé. — Le marqueur d’atout se trouve chez M. Mathieu, 131-153, Galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- Avertisseur Sirène.-— On cherche de tous côtés de bons avertisseurs pour signaler de loin l’approche des automobiles et prévenir les promeneurs. L’avertisseur Sirène, qui est déjà utilisé dans le ballon «Lebaudy » pour avertir de son arrivée dans les forts et qui sert égalèment poi r des appels d'usine, nous paraît intéressant à signaler. Il est formé par une turbine à air
- Avertisseur Sirène.
- qui tourne dans un tambour T. Cette turbine est constituée par une série de cloisons radiales munies à leur périphérie de plaques métalliques se déplaçant devant les ouvertures que l’on aperçoit à la circonférence du tambour. Il est à remarquer que le rebord seul e.sl presque tangent à l’ouverture et se trouve seulement à quelques dixièmes de millimètre. Sur ce tambour est placé perpendiculairement ou coudé un cornet C. La tur-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- bine en tournant forme appel d’air qui pénètre dans le cornet et vient au centre de la turbine pour s’échapper ensuite à la circonférence ; de là résulte le son qu’émet l’appareil. La turbine est mise en mouvement à l’aide d’un arbre à roulements à billes VZ, sur lequel vient se visser en R une transmission flexible AA'. Cette dernière passe dans un système à roulement à billes VX qui est monté sur une plaque M, et porte à son extrémité une bobine en cuir B. La plaque M formant ressort est fixée sur le châssis de l’automobile et est reliée à un petit câble que l’on peut commander à l’aide d’une pédale N ou d’un appareil à main P. En agissant sur l’un de ces deux appareils, on approche à volonté la hobine en cuir B du volant du moteur de l’automobile ou de toute autre source de force motrice. Il en résulte que la turbine à air est mise en mouvement et fonctionne.— L’avertisseur Sirène est construit par M. Lavène, 33, rue Notre-Dame-de-Lorette, à Paris (9e).
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L'expulsion des corps étrangers.
- Combien fréqnenls ces accidents. lTn enfant est en train de jouer avec un petit inslrument de musique, avec des billes, avec n’importe quoi; rien de plus naturel, à son idée, que de fourrer l’objet dans sa bouche ; rien de plus naturel aussi que sous l’influence d’un choc, n’un heurt, ou sans aucune cause, l’eu-fant n’avale et n’ingurgite l’objet. Trop heureux si le corps étranger ne passe pas, comme on dit, du mauvais côté, c’est-à-dire ne tombe dans le larynx ou la trachée, provoquant des accès de suffocation des plus graves et nécessitant pour le retirer de véritables opérations.
- Un corps étranger avalé n’est pas très dangereux s’il ne s’arrête dans l’œsophage. C’est le cas ordinaire (les sous, des corps à aspérité; leur ablation, très délicate jadis, se fait aujourd’hui, je ne dirai pas sans difficultés, mais sans grandes complications, grâce à l’œsophagoscopie qui permet d’aller cueillir l’objet à 15 ou 20 centimètres des lèvres.
- Le corps étranger a glissé dans l’estomac : il n’y a qu’à attendre son expulsion par les voies naturelles et s’assurer de cette sortie par une inspection minutieuse des garde-robes. Quand le corps du délit présente des aspérités, on conseil!** l’ingestion de pommes de terre, de purées susceptibles de l’envelopper, en quelque sorte, et de faciliter sa descente sans dommage pour l'intestin. Un médecin américain a imaginé un procédé qui paraît bizarre au premier abord, mais qui peut donner de bons résultats. AL Blair Bell eut à soigner un enfant qui venait d’avaler une broche en or. 11 eut l’idée de lui faire ingérer du coton hydrophile en le faisant prendre par fragments dans du lait et dans de la gelée de confitures. Quelques heures plus tard, un peu d’huile de ricin amena le rejet de la broche qu’on trouva si bien enrobée dans l’ouate qu’aucune lésion intestinale n’avait dù se produire.
- Dans un second cas, M. Bell suivit le même procédé. Un enfant avait avalé un assez gros bouton de cuivre qui fut expulsé entouré d’ouate comme dans l’autre cas.
- C’est un procédé mécanique qui a, comme on le voit, de sérieux avantages, à la condition de ne pas ingurgiter une trop grande quantité d’ouate. Celle-ci s’imprégnant de liquide au passage dans l’intestin, provoque une accumulation de matières qui enveloppe avec elle le corps étranger et facilite sa descenle et sa sortie.
- La radiothérapie contre l'eczéma.
- ftien de rebelle comme cette affection de la peau; il e.«t des malades qui conservent, leur vie durant, des plaques rouges, désagréables à voir, provoquant d’atroces démangeaisons, sans que les traitements les mieux appliqués viennent à bout de faire disparaître le mal. La liste est indéfinie des moyens externes, pommades, lotions, embrocation, qu’on emploie depuis nombre d’années; chaque forme réclame des indications variables, mais trop fréquemment la thérapeutique a à enregistrer des échecs.
- On a essayé, entre autres moyens, l’éleetrothérapie. Les effets sont inconstants et variables. Le Dr Leredde a pensé que la radiothérapie fournirait une arme plus sûre contre ces variétés d’eczéma rebelles, tenaces, qui rendent la vie insupportable pour les malheureux qui en sont atteints. Ce n’est pas, à vrai dire, une médication infaillible, une panacée universelle qui peut être employée sans discernement, et sans un examen approfondi des cas. Mais en général, la radiothérapie, appliquée avec méthode, donne de bons résultats. Elle fait disparaiüe très rapidement les démangeaisons, une des tortures de la maladie, puis, à des délais variables, fait diminuer l’œdème, le suintement, et amène la guérison.
- Dans plusieurs cas signalés par M. Leredde, tous les autres
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- procédés de traitement avaient échoué ; le gonflement de la peau, les démangeaisons avaient atteint un degré considérable. C’était véritablement un des cas classés comme incurables. Quelques séances d’exposition aux rayons bienfaisants ont
- amené une guérison radicale. II y a là un moyen, plus efficace que bien d’autres, à essayer dans ces cas rebelles; c’est une ressource thérapeutique infiniment précieuse dans une maladie si pénible. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURE-S DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 novembre . 5°,1 S. S. W. 2. Peu nuageux. 4,6 Gelée bl. ; pluie cesse à 1 h. ; presque couvert.
- Mardi 7 6°,0 S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Rosée; gouttes à 9-10 h. ; presque couvert.
- Mercredis 0°,6 S. E. 0. Beau. » Gelée bl. ; brouillard presque toute la journée ; nuag. de 8 à 15 h. ; beau avan! et après. Gelée bl. ; nuag. ; brouillard dans la soirée.
- Jeudi 9. . . • • • 1°,5 S. 1. Nuageux. »
- Vendredi 10 — 0°,2 S. S. W. 0. Couvert. 0,0 Gelée bl. ; couv. ; brouillard le matin, de 100 m. à 7 h.; gouttes vers 20 h.
- Samedi 11 3°,9 S. 5. Très nuageux. 9,5 Couvert; pluie à partir de 9 b. 15.
- Dimanche 12.. 9°,1 N. W. 5. Couvert. 11,1 Pluie jusqu’à 5 h. ; très nuag. ; pluie de 20 h. 30 à 24 h.
- NOVEMBRE I90S. - SEMAI ME EU LUNDI 6 AU LIMAMCHE 12 NOVEMBRE 1905.
- La courbe s'upérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques <baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbé plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites à l’Observatoire du parc Naint-.VIaur, en octobre 1005.
- par M. Tu. Moureaux.
- Le mois d’octobre 1905 est uo des plus froids que l'on ait observés dans la région de Paris; la température n’est que de 6°,85, alors qüe la moyenne de 50 années est de 9°,81 ; depuis l’origine de la série des observations, qui remonte à 1757. il ne se trouve qu’un seul mois d’octobre, celui de 1887, à température légèrement plus faible 6°,67. Du 1" au 27, la température est restée presque constamment au dessous de la normale, et, pendant la semaine du 20 au 26, l’écart négatif s’est maintenu entre 6° et 8°. Le défaut de température porte autant sur les minima que sur les maxima, en sorte que l’amplitude de l’oscillation diurne, 8°,5, reste tout à lait normale. Le minimum absolu, —3°,9, n’a été dépassé que 4 fois depuis 1874, et il est plus rare encore que le maximum absolu d'octobre soit inférieur à 17°, comme cette année. On a observé 9 jours de gelée dont 8 consécutives du 20 au 27 et 16 gelées blanches ; le thermomètre sur le sol est descendu à
- — 7°,6 le 21. La première gelée blanche est du 7, et la première gelée à glace est du 17. Octobre est en moyenne le mois le jdus pluvieux ; cette année- il n’a donné que 34 mm d’eau, la normale étant de 60"“,6. Sur les 13 jours de pluie, 5 ont fourni moins de 1 mm ; 6 ont donné de 1 mm à à 5 mm, 1 de 5 mm à 10 mm, et 1 plus de 10 mm. Le départ des dernières hirondelles, le 31, est extrêmement tardif.
- Pression barométrique (ait. 50",3). Moyenne du mois, 759'"",21 ; minimum absolu, 745””,1 le 30 à 15,‘30“; maximum absolu, 768*",6 le 9 à 8h20; écart extrême, 25"”,5.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 2°,94; des maxima, 11°.41; du mois, 7°,17; vraie des 24 heures, 6°,85; minimum absolu,
- — 3°,9 le 21 ; maximum absolu, 16°,7 le 5. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, O0,52; des maxima, 20°,75; minimum absolu, —7°,6 le 21; maximum absolu, 55°,7 le 5. Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur 0”,30 ; à 9 heures, 10°,09: à 21 heures, 10‘l,23 ; profondeur 0”,65, à 9 heures, 14°,85; à 21 heures, 11°,76; profondeur 1 mètre; à 9 heures, 12°,82; à 21 heures, 12°,74. De la Marne : moyenne le malin, 10°,58; le soir, 10°,87 ; minimum, 7°,03 le 27 : maximum, 14",95 le 1".
- Tension de Ja vapeur. Moyenne du mois, 6"",42; minimum, 3“”,2 le 22 à 18 heures; maximum, 9"",9 le 4, à 8 heures.
- Humidité relative. Moyenne du mois, 85,9; minimum, 44 le 18 à 15 h. ; maximum, 100 en 16 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 b. à 21 h.), 6,87 ; moyenne diurne la plus grande, 10,0 les 8 et 15 ; la plus faible, 0,8 le 11.
- Insolation. Durée possible, 533heures; durée effective, 93k 5 en 25 jours; rapport, 0,29.
- Pluie. Total du mois, 34"“,0 en 29h6.
- Nombre de jours : de pluie 15; de pluie inappréciable, 5; de gelée, 9; de gelée blanche, 16 ; de grêle, 1; de rosée, 8 ; de brouillard, 7 ; de halos, 2.
- Fréquence des vents : calmes, 25.
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- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 5“,3; moyenne diurne la plus grande, 6",6 le 30 ; la plus faible, 1”,2 les 12 et 18 ; vitesse maximum en 15 minutes, 11",1 le 50 de 14h 45“ à 15 heures, par vent S. S. W.
- Electricité atmosphérique. Moyenne du mois (26 jours), 153 volts; moy< diurne la plus grande 245 volts le 6 ; la plus faible, 72 volts le 30 ; ampli diurne, 0,39; amplitude nocturne, 0,75.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 1”,84 ; minimum, 1“,72 le 5 ; maximum, 1",99 le 3.
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre, -t-2"“,30; température, — 2'\96 ; tension de la vapeur, —1"",41 ; humidité relative, -+- 0,7 ; nébulosité 0,78 ; pluie — 26“",6.
- Taches solaires. On a observé 11 taches ou groupes de taches en 22 jours. Deux taches ont été particulièrement remarquables en étendue ; la première a été suivie du 14 au 25 ; la deuxième a fait son apparition le 22 et est passée au méridien central le 28 ; toutes deux étaient visibles à l’œil nu. Leur passage n’a été accompagné d’aucune perturbation magnétique.
- Floraisons. Le 7, aster blanc; le 12. topinambour. ‘
- On a vu des hirondelles presque chaque jour; les dernières sont parties le 31. Le 12 à 9 lieuèes, le 13 à 9h-20" et le 25 à S* 50", troupes de canards sauvages se dirigeant toutes vers le Sud-Ouest.
- PHASES DE U LUNE : P. L. le 12 à 5 h. 20 m. du maün.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE :
- MM. L. DE LAUNAY, Professeur à l’École Supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL, Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. J. LAFFARGUE, Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- Rédacteurs en chef : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- — Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-
- Germain, Paris (VI').
- — Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cu,
- éditeurs de a La Nature », 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VI*)..
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- N° 1696 (25 novembre 1905), du journal «• La Nature »
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE Li'AO.HI.VISTH.A'I'IOV. — L’échéance du 50 novembre étant la plus chargée de l'année, nous prions instamment MM. les -abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 25 novembre (n* 1698) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le «montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le 3 décembre, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892 — 1893 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 Irancs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et i la t Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « Là NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- Concours de l’Association des industriels de France. — Le concours international Ouvert par l’Association des industriels de France contre les accidents du travail pour un Indicateur d’état de charge des conducteurs électriques est terminé. Il n’y a pas eu de premier prix; un deuxième prix est décerné à M. Maurice Miel, avec une somme de 5500 francs, et un troisième prix à M. J.-B. Taylor, avec une somme de 1000 francs ; deux mentions honorables sont accordées à M. le professeur Thornton et à la Minerallae Company, avec 500 francs à chacun.
- .Route du col de l’Echelle. — La Rivista alpina italiana annonce que le gouvernement italien se décide enfin à opérer le a-accordement carrossier du col de l’Echelle (1790 mètres) situé entre le mont Genèvre et le mont Cenis. Jusqu’ici la route n’existait que du côté français; elle va être construite sur le versant italien, «lu Mélezet au col ; ainsi on pourra se rendre en voiture de Bardon-tièclie à Névache et à Briançon, par un passage plus bas, plus court et plus beau que celui du mont Genèvre.
- Minerai de thorium. — On sait que le thorium, dont on fait grand emploi pour la fabrication des manchons pour l’éclairage à incandescence, provient surtout des sables de monazite. Or, on vient «le découvrir à Ceylan un minéral nouveau, appelé thorianite, qui serait susceptible d’augmenter considérablement nos ressources en thorium. Il a été étudié à l’Imperial Institute par MM. Dunstan et Blake. Ce minerai contiendrait,jusqu a 70 pour 100 de thorium; le thorium non combiné le dissout dans l’acide nitrique pour former un nitrate de thorium.
- Gisements de minerai de fer. — La publication Mining World estime que les sables noirs de la Côte du Pacifique constituent une ressource en minerai de fer pour l’avenir : ils contiennent (en même temps que bien d’autres choses) une certaine proportion de minerai de fer magnétique. C’est le fer et aussi le chrome qui donnent à ses sables leur couleur caractéristique. Il ne reste plus qu’à inventer un traitement facile pour les utiliser, et le Geological Survey des Etats-Unis s’occupe en ce moment de la question.
- Fusion du cuivre. — Des expériences intéressantes viennent «l’être faites à l’Institut des Mines et de l’Electro-métallurgie d’Aix-la-Chapelle, sous la direction du Professeur Borchers, au sujet de l’emploi d’un mélange d’oxygène et d’air insufflé dans le convertisseur Bessemer, pendant la fusion du cuivre. On songe du reste 4 recourir à l’air liquide pour se procurer l’oxygène de l’air riche en oxygène, qui serait utilisé dans une opération de ce genre. Avce un tel procédé, on abrège de 28 à 29 pour 100 le temps nécessaire pour atteindre une température élevée.
- Traitement de la tobrbe. — Un inventeur allemand vient «l’imaginer une nouvelle méthode de déshydratation de la tourbe que signale le Times. On mélange à la tourbe finement divisée un acide minéral, sulfurique ou chlorhydrique ; ou encore du chlorure,
- du sulfate de sodium, du sulfate^ ferreux ou ferrique. Ces réactifs précipitent les substances humiques, qui perdent leur caractère colloïdal. Ainsi traitée, la tourbe se séparerait facilement de son eau et se comprimerait aisément en briquettes.
- Chemins de fer électriques. — Un ingénieur de Breslau, M. Frankel, propose la création d’une ligne électrique à grande vitesse entre Cassel et Cologne, qui raccourcirait considérablement le parcours entre Berlin et cette dernière ville. On y pratiquerait une allure maxima de 160 kilomètres, correspondant à une vitesse commerciale de 125 kilomètres; et le trajet ne demanderait pas une heure et demie, alors qu’il faut maintenant cinq heures par Elberfeld.
- Calorifuges. — MM. Hutton et Beard ont fait des recherches intéressantes sur les isolants au point de vue de la chaleur, recherches qu’ils ont communiquées à la Société Faraday. Ils se sont, du reste, plutôt préoccupés des hautes températures et des produits réfractaires. Ils sont arrivés à constater que la conductibilité du sable blanc de Calais est de 0,00060, quand celle de la brique réfractaire ordinaire est de 0,00028 ; pour le carborundum elle est de 0,00050, de 0,00029 pour la chaux, dé 0,00047 pour la magnésie fondue, de 0,00016 pour la magnésie légèrement calcinée, de 0,00015 pour la terre d’infusoires. Ne pas oublier que celle-ci et la magnésie perdent leur efficacité à très haute température.
- Conduites d’eau. — Quand les conduites d’eau gèlent, il en résulte une foule d’inconvénients, dont le moindre est l’arrêt du débit. Un ingénieur suisse, M. Boucher, estime que, pour éviter la congélation, le débit dans la conduite doit être de 1 mètre cube par heure et par mètre carré de surface de conduite exposée au refroidissement.
- Coulage du béton. — Notre confrère Engineering Record signale un procédé ingénieux pour couler le béton, de manière qu’il ne garde pas un excès d’eau. En divers points de l’enceinte où doit se faire le coulage, on dispose des cylindres verticaux qui forment comme des puits de drainage où s’égoutte l’eau provenant du béton coulé dans l’enceinte; on épuise cette eau après une douzaine d’heures de drainage. Finalement, on achève le bétonnage en remplissant à leur tour les puits. Le béton drainé présente une homogénéité et une résistance nettement supérieures.
- Pavage. — On emploie beaucoup à Berlin un pavage en pierre bien différent de celui qui se pratique en France. D’abord on établit une fondation en béton; d’autre part, dans les joints des pavés, qui ne dépassent pas 1 centimètre de largeur, on coule, sur uelques centimètres de hauteur, un mélange chaud d’asphalte et ’huile lourde.
- Moteurs à gaz. — Les Aciéries de Buffalo viennent de mettre en service une station électrique, à ce que nous dit l’jEclairage électrique, où le courant est produit par des moteurs à gaz représentant ensemble une puissance de 40000 chevaux.
- Lutte contre la rouille. — Le Dr Henry Arzt, de Vienne, vient d’inventer une substance qu’il nomme zorene, et qui serait précieuse pour prévenir la formation de la rouille. Elle possède la propriété singulière de pénétrer toute surface sur laquelle on l’applique. Qu’on y fasse tremper une demi-heure du fer, de l’acier, et ils résisteront superficiellement, comme de juste, à l’oxydation grâce à la quantité de zorene qu’ils auront absorbée. On ajoute
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- même que ce mystérieux zorene empêche la pourriture des câbles, des bois, etc., et qu’il rend imperméables pierre, brique, terre cuite, en en augmentant la densité.
- Câbles de mines. — M. Delafond, à la suite d’une longue enquête sur les câbles de mines, leurs chances de rupture, etc., conclut que l’usure a lieu surtout dans la partie correspondant à l’enlevage, et un peu moins à la patte. Ce sont les câbles métalliques, plutôt que les câbles en libres textiles, qui montrent de l’usure irrégulière,
- Océanographie. — L’Amirauté britannique a armé spécialement un yacht, le Sealark, pour compléter les recherches du Challenger et étudier l’hydrographie et la biologie de l’océan Indien central et occidental. L’expédition a commencé ses études, qui donneront certainement des résultats fort intéressants.
- Graphite artificiel. — En 1897 on ne produisait environ que 72 000 kg de graphite artificiel ; d’après les chiffres que nous avons en main, la production de 1904 aurait atteint 1 450 000 kg.
- Moteurs à pétrole. — Le consul de Grande-Bretagne à Caïfa donne à ses compatriotes un conseil bon à suivre par les industriels français, Il paraît que, dans toute la région de Damas et des environs, on trouverait facilement à placer auprès de la population des moteurs à pétrole pour les irrigations, pour les moulins à farine et aussi pour les travaux agricoles.
- Utilisation des eaux d’égout. — Si nous en croyons Manchester Irade Journal, le ûr Grossmann a inventé un procédé pour recueillir et utiliser les graisses que contiennent les eaux d’égouts, spécialement dans les régions où l’on se livre industriellement au traitement et au lavage des laines. A Bradford, par exemple, les
- vases déposées par les eaux d’égout contiennent 25 pour 100 de graisse ; on a installé un appareil traitant quotidiennement 16 tonnes,, par distillation.
- Constructions maritimes. — A la suite de sir William Whiler l’amiral américain Melville, exposant à la American Society of En-gineers, l’évolution des constructions maritimes depuis un peu plus-d’un demi-siècle, n’a pas manqué de faire remarquer que ce qui a. contribué plus que toute chose au progrès du matériel navaL, c’est l’emploi de l’acier.
- Les incendies de théâtre. —Un ingénieur allemand, M. Maus-shardt, a combiné, pour le cas d’incendie, une disposition de théâtre-où le parterre et les fauteuils d’orchestre, avec les loges et baignoires du pourtour, pourraient glisser d’un seul bloc dans la rue, sur desvoies appropriées. D’autre part, aux divers étages, des portes-fenêtres s’ouvriraient et donneraient accès sur des balcons qui s’abaisseraient automatiquement, en décrivant un demi-cercle au bout de bras arti- . culés, et jusqu’au niveau de la rue.
- Atmosphère des métropolitains. — On va s’arranger de* manière à refroidir l’atmosphère du métropolitain souterrain de New-York durant la saison chaude : cela au moyen de stations de froid et de dispositifs de circulation forcée d’air.
- Chalands à gaz. — Reprenant, sans s’en douter probablement,, une idée réalisée en France, mais qui n’a pas donné de bons résultats, le colonel B. Wilson Thom vient d’essayer en Angleterre, sur-le canal de Bridgewater, un chaland de 60 tonneaux de port mù par un moteur à gaz de 23 chevaux. Le gaz est chargé dans des cylindres du type connu et naturellement à l’état comprimé; le-moteur pèse 700 kg et occupe lm,80 de long sur 0m.91 de large.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Fabricants des jouets décrits dans le n° 1694, du 11 novembre 1905 : MM. Schmeltz, 40, avenue Parmentier; Chasles, 11, rue Ser-vandoni; Gosselin, 42, rue Victor-Hugo, à Puteaux (Seine); Dauset, 51, rue Nollet; Desvaux, 22, rue de Picardie; Veil, 22, rue des Ecouffes; Sertet, 23, rue Pelleport; Rosier, 55, avenue d’Orléans; Hulot, 1, rue de la Lune, à Paris.
- Communications. — M. Brache, à Mons, nous signale un assez curieux effet de gelée, mettant en évidence l’accroissement de volume de l’eau se changeant en glace. Dans un pluviomètre formé d’un long tube gradué d’un centimètre et demi de diamètre, se trouve un autre tube à robinet, qui reçoit directement l’eau de l’entonnoir. Les deux tubes sont ajustés l’un dans l’autre à l’aide d’un bouchon. De l’eau séjournait dans le tube supérieur, et de la poussière, accumulée dans la tubulure du robinet de verre, empêchait cette eau de s’écouler. L’eau étant venue à geler, par suite de la face expansive de la glace formée, le bourrelet de poussière a cédé, et la glace passant dans la tubulure du robinet comme à travers une filière est sortie par l’extrémité du tube.
- M. P. Comte, pharmacien militaire à Bastia, nous adresse une brochure intitulée : Le rôle alimentaire de la farine de châtaigne en Corse. Nous avons donné déjà, dans notre n°1694, du H novembre sous le titre : Le pain de châtaigne en Corse, une analyse de l’intéressant travail de M. Comte, paru dans le Journal de pharmacie et de chimie, du 1er septembre 1905.
- M. le Dr Rappin, à Nantes, nous adresse une brochure intitulée : Essais de vaccination et de sérothérapie antituberculeuse. Ce travail, qui a été lu en communication au Congrès de la tuberculose, le 7 octobre 1905, contient l’exposé des recherches faites par l’auteur dans le but de former un sérum véritablement spécifique contre la tuberculose humaine.
- Ces intéressantes expériences, qui n’ont d’ailleurs donné aucun résultat positif, ont été pratiquées sur des chiens et sur des cobayes.
- Renseignements. — M. J. Soûl, à Caen. — Vous pouvez consulter les ouvrages suivants : Laiterie (Manuel Roret),. librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. Le lait, par Itu-claux, à la librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. X., à Rio-de-Janeiro. — Il existe en France une Société-d’encouragement pour l’industrie nationale, 44, rue de Rennes, à Paris; mais nous ne pensons pas qu’elle s’occupe d’inventions faites à l’étranger et nous ne connaissons aucune autre Société ayant un but analogue.
- M. L. Vaugarni, à Granville. — Il est impossible de déler-miner la larve dont vous donniez le dessin. C’est probablement une larve de coléoptère, peut-être de Saperda ou de Psi lara r mais nous n’oserions pas l’affirmer.
- M. E. Requillard, à Paris. —11 n’existe pas d’ouvrages relatifs à ce sujet.
- M. P. Vincent, à Iluissen. — 1° Nous ne connaissons pas-la lotion capillaire dont vous parlez. — 2° Adressez-vous à la Société de l’Acétylène, 36, rue de Chàteaudun, à Paris.
- M. Jequies, à Cartbagène. — Vous pourriez avoir l’adresse-de M. Olivier Lodge en vous adressant à la Société de physique de Londres.
- M. H. Bollinclix, à Bruxelles. — Pour l'appareil indicateur d’oxyde de carbone, adressez-vous à M. G. Berlemont, 11, rue Cujas, à Paris (adresse donnée dans le n° 1692, du 28 octobre 1905, en tête de la Boîte aux Lett es).
- MM. Didisheim-Goldschmidt, à X. — Pour ce qui concerne les procédés nouveaux d’irichromalisation des métaux, adressez-vous à M. Marre, 15, rue Saint-Hilaire, à Colombes (Seine).
- M. E. Petit, à Paris. — Nous ne connaissons pas le système de kaléidoscope que vous signalez. Tous nos regrets.
- M. Ch. Simon, à Bâle. — Vous pouvez employer le ciment.
- M. X., à Liège. — Vous trouverez de. nombreux ouvrages à ce sujet dans le catalogue de la librairie Gauthier-Yillars. 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- MM. Van der Linde et Teves, à Amsterdam. — Nous ne possédons pas d’autres renseignements que ceux donnés dans notre information. Peut-être pourriez-vous vous adresser directement aux usines de cuivre de Moltzuna dont il est fait mention dans le texte.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. R. Bombled, à Dreux; M. Ch. Simondot, à Alençon. Veuillez vous adressera des agences de brevets. — M. P. Valsorm, à Vire. Nous ne saurions vous donner une réponse exacle. Voyez un ingénieur-conseil. — M. H Dubondunel, à Vienne. Vous trouverez ces indications dans Recettes et Procédés utiles, 2' et 3e s< ries, à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. E. Udostowsky, à Lodz. Voyez lé même ouvrage, même librairie, 5e série. — MM. Brache, à Nous; Comte, à Bastia; Rappin, à Nantes. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne rie son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon a repondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettrea reçues avant le samedi qui pr-rede ta an te de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Nouveau bouton de faux-eol à fusée mobile. — 11
- n’est rien de plus difficile que de boutonner les faux-cols et de les ajuster sur la chemise. Un réussit rarement, et le plus souvent c’est au détriment des ongles que l’on se casse et que l’on défraîchit. On vient d’imaginer un nouveau bouton avec un prolongement ou fusée que l’on peut adapter sur le bouton et qui permet alors de le manier très aisément. Dans la figure ci-jointe, on voit en A le bouton et un peu en avant la fusée mobile. On visse d’abord la fusée sur la tète du bouton, comme
- Boulon de faux-col à fusée mobile. — A. Bouton et fusée mobile à côté.
- B. Bouton avec la fusée mobile vissée dessus.
- la figure nous le montre en B. On introduit alors le bouton garni de la fusée dans la première boutonnière de la chemise,
- t»uis, en maintenant la fusée d’une main, on le place dans a seconde boutonnière de fa chemise. On opère successivement de la même façon avec la première et la deuxième boutonnière du faux-col. On pousse ensuite les quatre boutonnières à fond, et la tête du bouton sort en maintenant le tout. On dévisse alors la fusée. — Le nouveau bouton de col avec boutonne-col se trouve, au prix de 3 francs, chez MM. Kirbv, lîeard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- Nouvelles toupies. — On obtient des effets très curieux ep mettant en mouvement des toupies spéciales à l’aide d’un dispositif déjà connu, mais que l’on applique pour la circonstance. Ce dispositif est le suivant : un tube cylindrique est pourvu à l’intérieur d’un pas de vis à mouvement hélicoïdal, de sorte que si l’on essaie d’enfoncer une tige dans ce tube, celle-ci suit en tournant un mouvement hélicoïdal. De même
- Nouvelles toupies.
- si l’on enfonce par pression le tube sur une tige, cette dernière se met en rotation; on a soin de munir son extrémité d’une rondelle de bois. Les nouvelles toupie» reposent sur une pointe centrale et ont des formes et des couleurs différentes ; mais elles présentent toutes à leur partie supérieure une petite ouverture dans laquelle peut se placer la rondelle de bois dont nous avons parlé. Pour mettre en mouvement.toutes ces toupies, il suffit d’appliquer la tige déroulée de façon que la rondelle de bois repose sur la toupie, de faire une vive pression sur le tube sans aller toutefois au bout de la course et de retirer rapidement la tige, ûne fois l’impulsion donnée. La toupie est
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- mise en mouvement. On peut de temps en temps donner un petit coup de baguette et modifier soit les-couleurs, soit le mouvement ou la vitesse de la toupie. Parmi ces toupies, les unes sont à ronflement, les autres sont plates et polychromes, d’autres enfin sont à changement de couleurs. — Toutes ces toupies se trouvent chez M. Mathieu, 131-133, galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- HYGIÈNE ET S4NTÉ
- Traitement dit mal de mer.
- Le traitement préconisé par le Dr Sharpe, contre ce vilain mal des navigateurs, a au moins le privilège d’échapper à la banalité des mille et un procédés connus et prônés avec ou sans succès. En sa qualité de médecin de la Compagnie Cunard, il a eu l’occasion de le mettre à l’épreuve et il peut parler des résultats en connaissance de cause.
- Le vomissement du mal de mer est nerveux et d’origine réflexe, provoqué par l’excitation du plexus solaire sur le nerf vague. Tout le monde est d’accord sur ce point. Mais quelle est l’origine de cette excitation réflexe? C’est cette recherche qui constitue l’originalité de la théorie du Dr Sharpe. Il remarqua que lorsque l’accommodation bilatérale des yeux était modifiée, qu’un œil était rendu emmétrope alors que l’autre était amé-trope, les troubles d’angoisse, les nausées, le besoin de vomir s’atténuaient rapidement et arrivaient à disparaître tout à fait. Ce résultat s’obtenait en instillant dans un des yeux quelques gouttes d’une solution de sulfate d’atropine de 10 centigrammes pour 15 grammes d’eau distillée, La paralysie de l’accommodation obtenue par l’action de cet alcaloïde remédia de la façon la plus heureuse à l’intensité des malaises, Sur 50 personnes traitées par ce moyen, plus des deux tiers éprouvèrent un soulagement dans un temps variable entre 6 et 12 heures. En procédant avec précaution, on ne risque pas grands accidents pour cette hémi-cécité passagère et l’on n’a qu’à instiller de faibles doses d’atropine chez les sujets un peu sensibles à l’action des médicaments.
- Le Dr Sharpe a eu l’occasion de voir le bien fondé de sa théorie vérifié chez un voyageur qui faisait deux ou trois fois par an la traversée de l’Atlantique en souffrant atrocement du mal de mer. La vue chez lui était parfaite. En 1890, sanscause appréciable, la vue de l’œil gauche s’affaiblit et depuis lors ses traversées, aussi nombreuses qu’avant, se font sans la moindre incommodité.
- Cette méthode a l’avantage de respecter l’estomac ; à l’aide d’hypnotiques, de narcotiques, comme le chloral, l’opium, la morphine, on arrive à enrayer les excitations réflexes; mais, comme .ces doses doivent être fortes et répétées, c’est généralement aux dépens du bon fonctionnement des voies digestives,
- Le record des tumeurs.
- Le Dr Guilbaud, de Nantes, vient d’enlever à une pauvre femme une tumeur qui semble être une des plus grosses qu’on ait enlevées. C’est une tumeur graisseuse, un lipome, dont la première apparition remonte à 55 ans et qui s’est dévelopi é peu à peu de la région du cou jusqu’à s’étendre à toute la région dorsale, lombaire et sacrée. Elle mesurait 88 centimètres de hauteur, 49 de largeur et sa circonférence atteignait 112 centimètres, Pour empêcher cette énorme masse de ballotter, la malade l’enfermait dans une sorte de sac et n archait courbée en avant comme un portefaix pliant sous la charge. Pour extirper la tumeur ou dut la soulever à l'aide d’une moufle fixée au plafond. L’opération se fit sans difficultés, sans hémorragie et la malade est actuellement guérie. La tumeur graisseuse pesait 26 kilogrammes. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS ETILES
- 'Jolie pour faire adhérer bois et carton au métal. — Dans un peu d’eau, on fait dissoudre 50 gr. d’acétate de plomb et 5 gr. d’alun; d’autre part on prépare, dans 2 litres d’eau, une solution de 75 gr. de gomme arabique, dans laquelle on verse, en agitant constamment, 500 gr de farine ; on porte lentement cette solution à 1’ébullition tout-’eîr agitant* on laisse refroidir un peu, puis on mélange,.en-rjêijmabt.àveç I? première préparation. Ne pas oublier quella présence de l’acétate de plomb fait du tout un poison dangereux. :
- Durcissement des fourrures. — Quand on ne veut ou ne peut avoir recours aux soins d’un homme du métier, on découd la doublure de la fourrure, et on en frotte l’envers, le côté chair par conséquent, avec de l’huile d’olive.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- ioi
- Conservation de l’argenterie. — Quand on enferme l’argenterie avant de partir en voyage, en vacances, et qu’elle est destinée par conséquent à demeurer longtemps empaquetée, il convient de mettre quelques petits morceaux de camphre dans le paquet.
- Soins à donner aux palmiers. — Certains fleuristes recommandent de laver les feuilles de palmier non point avec de l’eau, mais avec un mélange de lait et d’eau, qui aurait notamment pour résultat heureux d’empêcher la formation des taches brunes bien connues sur les feuilles.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 novembre . 70 c* \ • 1- S. W. 4. Pluie. 5,5 Couv. ; pluie à diverses reprises. -
- Mardi 14 G®, 4 N. N. W. 3. Couveri. 1,1 Couv. ; pluie à diverses reprises.*
- Mercredi 15 4°, 3 N. N. E. 2. Couvert. 0,4 Couv. ; averse à 17 heures.
- Jeudi 16 0®,1 N. N. E. 3. Couvert. » Couv. jusqu’à 7 h.; quelques nuages ensuite; halo.
- Vendredi 17 — 2°,9 S. S. W. 1. Couvert. » Gelée bl. ; brouillard à 6 h. et dans la soirée; couvert.
- Samedi 18 — 3°,2 N. N. E. 1. Nuageux. 5,9 Gelée bl. ; brouillard jusqu’à 7 h. ; halo ; neige à partir de 18 li.
- Dimanche 19 1°,0 N. E. 2. Couvert. 6,0 Neiire cesse avant le jour; pluie dans la soirée: couv.; brouillard
- NOVFMBRE 1905. - SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 NOVEMBRE 1903.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, an niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pomtillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- E.© temps. — Le temps a été très mauvais au début de la semaine ; de violentes tempêtes ont sévi dans la Manche et sur les côtes de l’Océan. Dans la nuit du 12 au 13 novembre, à Paris, la tempête n’a pas cessé. Le 13 novembre,une nouvelle dépression barométrique s’est avancée sur nos régions, ayant son centre à Cherbourg, où la pression barométrique était de 730 mm. Une tempête d’Ouest a sévi avec force sur nos côtes depuis Brest jusqu’à Biarritz ; la perturbation a été générale et il y a eu de nombreux accidents.
- 11 est tombé 30 mm d’eau à Cherbourg, 18 mm à Brest, 13 mm à Nantes,
- 12 mm à Toulouse, 12 mm à Paris. Le temps était doux dans toutes les régions ; le thermomètre marquait 6° à Lyon, 8° à Paris, 8° à Clermont, 9° à Toulouse, —8° au mont Mounier, —9° au Pic du Midi. A Saint-Malo, Dinard et Sainl-Servan, l'ouragan avait une allure cyclonique. A Bordeaux et à Pauillac, le tonnerre, le vent, la grêle et la pluie faisaient rage. Dans la soirée, uiie violente bourrasque s’est déchaînée sur Marseille, provoquant dans les bassins un raz de marée considérable. La grêle est tombée en abondance à Mauléon et a causé des dégâts importants sur la côte basque. D’autre part la neige est tombée en quantité à Prades. La Haute-Maurienne et les régions élevées de la Savoie étaient couvertes d’un mètre de neige. Le 14 novembre, le centre de la dépression qui a amené les mauvais temps sur la France était sur le Nord de l’Italie (738 mm); la pression était 747 mm à Paris. Le vent était au Nord-Est sur le Pas-de-Calais ; il soufflait encore très fort du Nord-Ouest sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée. On a recueilli 34 mm d’eau à Toulouse, 25 mm d’eau à Bordeaux, 19 mm à Gap, 19 mm à Paris, 5 mm à Brest. La température était le matin 6° à Paris, 6® à Clermont, 8° à Brest, 9° à Marseille, — 2° au Puy de Dôme, —10° au Pic du Midi; la température moyenne à Paris a été 6°,9. Le
- 13 novembre, le vent a faibli sur toutes nos côtes; il a plu à Cherbourg (21 mm), à Perpignan (8 mm), à Nantes (6 mm), à Bordeaux (4 nun). La température était le malin — 2° à Gap, 1° à Lyon, 4° à Paris, — 3° au Puy
- de Dôme, —10° au mont Mounier, — 12° au Pic du Midi. Le 16 novembre, deux profondes dépressions ont eu lieu sur le Nord de l’Italie, et sur la Russie occidentale; le baromètre marquait 742 mm à Nice, 745 mm à Riga. On a signalé un fort vent d’entre Est et Nord sur la Manche, du Nord-Est sur les côtes de l'Océan, et du Nord-Ouest sur les côtes de la Méditerranée. La température était 0° à Paris, 1° à Nantes, 5° à Toulouse, —4° au Puy de Dôme, —6° au mont Aigoual, —12° au Pic du Midi. Il est tombé 10 mm d’eau à Nice, 5 mm à la pointe Saint-Mathieu, 4 mm à Perpignan; il a neigé à Roubaix. Le 17 novembre, la pression barométrique a été élevée dans l’Ouest et le Nord-Ouest de l’Europe ; elle atteignait 763 mm en Bretagne, 767 mm en Ecosse. On a recueilli 21 mm d’eau à Biarritz, 9 mm au Havre; 7 mm à Dunkerque, 2 mm à Brest. La neige est tombée en abondance à Remiremont, à Belfort et à Clermont. Le thermomètre marquait le matin — 2° à Paris, 0° à Lyon, 2° à Toulouse, —3° au Puy de Dôme, —14® au mont Mounier et au Pic du Midi; à Ville-Evrard (Seine), on a relevé —5®,6. Le 18 novembre, la baisse barométrique a atteint 7 mm en Gascogne ; une aire de pressions supérieures à 765 mm s’étendait du Nord-Ouest au Sud-Est du continent. Un vent soufflait des régions Est sur toutes les côtes. La température était le matin — 3° à Paris, —3° au Havre, 7° à Toulouse, 9° à Marseille, — 4° au mont Ventoux, — 6° au Pic du Midi. Plusieurs minima, inférieurs à — 5°, ont été observés aux environs de Paris. H est tombé 11 mm d’eau à Dunkerque, 9 mm à La Hague, 3 mm à Perpignan, 2 mm à Biarritz. A Paris, le ciel est demeuré couvert et brumeux toute la journée; à partir de 6 heures, la neige est tombée sur Paris et a continué toute la nuit. Le 19 novembre, des mauvais temps ont eu lieu sur les côtes de la Manche et de la Méditerranée. Des pluies sont tombées à Limoges (30 mm), à Nancy (18 mm), à Perpignan (13 mm), à Paris (9 mm), à Clermont (8 mm). La pression barométrique à Paris était 751 mm à midi. La température était le matin 1° à Paris, 9’ à Clermont, 13® à Toulouse.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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