La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DK LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Paris. Un an . . — Six mois
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- LES SOIXANTE-CINQ VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC TROIS TABLES DÉCENNALES
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- RIÏVUIÏ DES SCIENCES
- BT DE LEURS APPLICATIONS ALIX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- TRENTE-QUATRIÈME ANNÉE
- 1906
- PREMIER SEMESTRE
- PARIS
- MASSON ET C", ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, HOULE VA RD SAINT-GERMAIN, 120
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- 34e ANNÉE.
- N° 1697.
- 2 DÉCEMBRE 1905.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- S'BiSüüTHf.OllÛ -
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LES FRUITS
- La Nouvelle-Californie a été surnommée, à juste titre, le verger des États-Unis. Les fruits abondants et savoureux produits par ce pays, grâce à son climat particulièrement doux, justifient ce surnom.
- DE CALIFORNIE
- L’arboriculture fruitière y est devenue, en effet, une industrie des plus florissantes, occupant des superficies considérables.
- Les pépiniéristes californiens n’ont reculé, il est
- Plautalion d’orangers à Hivcrside (Californie).
- vrai, devant aucun sacrifice pour acclimater sur leur sol les arbres européens, et ils sont arrivés à leur faire donner le maximum de production, à tel point que, en raison de l’abondance des fruits, des usines ont été créées en grand nombre, sur divers points du territoire, pour la fabrication de conserves et de confitures.
- Les vignobles se comptent par milliers. Leurs vignes 34e annws. — 1er semestre.
- donnent des grappes nombreuses et volumineuses, lourdes et serrées. Elles ne produisent pas encore d’aussi bons vins que celles des bords du Lac Érié ; mais les vignerons ne désespèrent pas, et, en attendant des crus renommés, ces cultivateurs se contentent, tantôt avec des cépages indigènes, tantôt avec des cépages européens, d’obtenir des produits dont on se sert pour faire des vins de liqueurs.
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- L'agriculteur californien a toutes les audaces; il ne craint pas de soumettre son sol aux épreuves les plus hardies. Les expériences donnent toujours des résultats heureux. C’est ainsi que les oliviers dont notre Provence est si lière, exportés de France, ainsi que leurs congénères venus d’Italie ou d’Asie, se sont acclimatés admirablement dans cet Eden Américain. 11 en a été de meme des figuiers d’Algérie.
- Depuis trente ans, oliviers et figuiers se sont multipliés ; ils ont eu beaucoup de petits, ils sont devenus légion, et leurs propriétaires ont créé, pour exploiter leurs produits, dans les parages de Bulle-City et de Riverside, des établissements spéciaux pour le séchage des figues ou la fabrication de l’huile d’olive.
- Parmi les fruits que produit le sol californien, il faut citer les prunes, les abricots, les pèches et surtout les oranges. La culture de ces dernières a atteint des proportions curieuses à signaler ; car les marchés du monde, surtout ceux de l’Angleterre, commencent à être visités par les oranges de Californie, qui y font concurrence aux produits espagnols.
- Il y a trente ans, la Nouvelle-Californie ne possédait pas le moindre oranger ; elle exporte maintenant plus de 7 millions de caisses d’oranges, qui représentent 56 millions de francs environ.
- Ces chilfres n’étonneront personne, quand on saura que les arboriculteurs californiens sont parvenus à acclimater les variétés les plus diverses et les espèces les plus délicates. C’est ainsi que nous trouvons, dans leurs immenses plantations, groupés par nationalités comme autant de colonies d’émigrés, les orangers de la Méditerranée, ceux de Malte, de Valence, de Séville, de Blidah, etc. Tous ces arbres sont superbes, sains, robustes et bien portants; ils ont oublié leur mère-patrie et sont fermement attachés à leur terre d’adoplion. Il y a même, maintenant, des produils nouveaux : génération née en Californie, qui, tout en conservant les qualités de son origine, a bien reçu ses lettres de naturalisation.
- L’espèce qui se fait le plus remarquer, et qui s’est le mieux acclimatée, fut importée du Brésil, il y a une quinzaine d’années ; c’est le « Washington Navel ». Cet oranger donne un fruit très gros, ayant en abondance un jus doux, sucré, très savoureux.
- Ces arbres produisent au bout de trois ans. Ils mesurent de T à 6 mètres de hauteur. Les oranges y poussent par grappes, abondantes et serrées, de 12,15 et 20 fruits, souvent 25, quelquefois même 50. Dans leur feuillage touffu, sur les branches qui donnent à ces arbres de 5 à 4 mètres de diamètre, on récolte de 5000 à 4000 fruits par an. On montre même des orangers californiens qui, pendant plusieurs années consécutives, ont donné, chaque année, jusqu’à 10000 oranges.
- La culture de l’oranger en Californie est, comme nous l’avons dit, d’origine plutôt récente. Elle ménage au monde agricole de grandes surprises ; car, tous les ans, il se crée des plantations nouvelles, celles qui existent deviennent de plus en plus florissantes, et, à l’heure actuelle, plus de 250 mil-
- lions de francs sont engagés dans cette industrie.
- L’activité, constatée pour la culture de l’oranger, se manifeste également pour les autres branches de l’arboriculture fruitière, avec moins d’intensité cependant. La Californie est bien en réalité le verger des Etats-Unis. Elle pourrait même devenir le fournisseur de certains pays européens ; car les espaces considérables que ce pays consacre aux arbres fruitiers de toutes espèces représentent une superficie égale à plus du tiers de la France.
- Le climat, comme nous l’avons expliqué, favorise celte culture et permet d’obtenir des produils magnifiques, souvent d’une belle qualité, toujours en grande quantité. Mais la fertilité du sol et la douceur de la température ne sont pas seulement les facteurs de celte situation florissante ; la science du pépiniériste et la grande expérience qu’il acquiert en se spécialisant dans la culture de tel ou tel arbre, sont également les motifs de la prospérité de cette industrie agricole.
- Quand le voyageur parcourt les routes de la Californie, dans les régions de Los Angelès, de Riverside, de Butle-City, et toutes celles où l’arboriculture fruitière est en faveur, il est surpris par l’immensité des champs d’orangers qu’il rencontre. Des kilomètres carrés sont occupés, d’autre part, par des pommiers, des poiriers, des pêchers, des abricotiers et des arbres fruitiers de toutes les sortes et des catégories les plus diverses, sans parler des vastes vignobles où les vignes poussent serrées les unes contre les autres, fortes et robustes, narguant le mildew.
- Des roules superbes et bien entretenues desservent ces magnifiques exploitations agricoles. Des lignes de chemins de fer et des tramways électriques prennent tous les produits de ces cultures et les dirigent vers les marchés américains ou les ports du Pacifique à destination des pays étrangers.
- A San Francisco il y a des cargo-boals spécialement aménagés pour le transport des fruits ; mais c’est surtout sous forme de conserves et de confitures que s’exportent les fruits californiens. Nous avons eu souvent l’occasion de voir, à Paris, à la devanture des grands épiciers, des boites cylindriques en fer-blanc, élégamment habillées de papiers décorés, illustrées en couleur, renfermant des pêches, des prunes et des abricots provenant des confiseries de la Nouvelle-Californie.
- La production, si abondante, des pépiniéristes californiens a donné naissance à une importante industrie, qui, dans les villes et même dans les campagnes; prépare les prunes et les figues sèches, conserve les pèches et les abricots, fabrique l’huile d’olive, et emballe les oranges. Des trains entiers du Southern Pacific Railway dirigent ces produits sur tous les points du continent nord-américain, où ils sont tantôt consommés sur place, tantôt exportés sur les divers marchés du monde. Beaucoup vont au Japon. Un certain nombre vient même en Europe.
- Wii.l Dauvii.lé.
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- DIGUE DE MER
- des mines de Hodbarrow (Angleterre)1
- Si le comté de Cumberland, situé au nord-ouest de l’Angleterre, en lace des cotes d’Irlande, est célèbre par ses lacs qui, chaque année, attirent un grand nombre de touristes, il n’est pas moins renommé pour ses gîtes métallifères, notamment par ses mines de fer.
- Parmi ces dernières une des plus importantes est
- celle de Hodbarrow qui se trouve au bord de la mer près de Millom. Le minerai qu’on y exploite est de l’hématite très riche qui se rencontre dans des liions intercalés dans le calcaire carbonifère, filons d’une grande épaisseur et dont la pente se dirige vers la nier à une faible profondeur au-dessous de celle-ci.
- Au début de l’exploitation, en 1845, on fonça un puits sur la terre ferme à une certaine distance de la laisse de haute mer. Mais, au bout de peu de temps, par suite de l’inclinaison des liions, on se
- NORD
- Ironworks C°.s
- kuavry.---
- Jackson
- William Pit
- Carrière
- Arnold Pit
- Phare
- de'
- HAVERJGG
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- Fig. 1. — Elan de la digue.
- trouva au-dessous de la mer ; des infiltrations se produisirent et vinrent gêner l’exploitation. On construisit alors une sorte de digue en bois indiquée sur le plan (lig. 1), afin d'empêcher la haute mer de venir recouvrir le terrain se trouvant au-dessus des liions en exploitation.
- En 1887, l’extraction du minerai avait dépassé celle digue en bois et se trouvait à nouveau au-dessous de la mer; de nouvelles infiltrations se produisirent. On eut alors recours au même procédé en construisant une seconde digue, indiquée sur la figure, beaucoup plus importante que la première et qui isolait de la mer l’estran qui se trouvait au-dessus des filons en exploitation. Cette digue, qu’on avait rendue aussi solide que possible pour résister au choc des lames et aussi étanche que possible pour arrêter les' infiltrations de l’eau de mer, a permis de poursuivre l’exploitation
- 1 Une partie des renseignements suivants ont; été extraits S Engineering .et les photographies nous ont été obligeamment fournies par MM. Coud Sou and Mallhews.
- des filons vers le large sur une étendue assez considérable. Plus de cinq millions de tonnes de minerai ont pu être ainsi exploités.
- En 1898, les galeries de mine rencontrèrent un banc de sable qui, par suite de son affaissement, mit en communication la mer avec les galeries qui se trouvèrent alors inondées. Un boucha avec de l’argile et des ajoncs la cavité ainsi formée sur l’estran et indiquée en A; mais la digue elle-même, à la suite des infiltrations d’eau au-dessous de sa base, s’était aussi affaissée et la mer pénétrait à nouveau dans l’enceinte que cette digue protégeait. On consolida tant bien que mal la digue, et les travaux d’exploitation furent repris régulièrement.
- Les filons continuant à s’enfoncer au-dessous de la mer et ceux-ci, d’une épaisseur de 18 mètres, continuant, de leur côté, à être très riches en minerai, la Compagnie des mines de Hodbarrow se décida à construire une nouvelle digue située beaucoup plus au large et qui devait isoler de la mer une
- Niveau des h {^'s mers
- ^massifen': ^.‘pîenrés :p eddùës'Jv^
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- ‘ ° 1 ^'Massifet
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- S lO jS 30
- Fig. 2. — Coupe de lu digue.
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- surface de 77 hectares permettant l’exploitation sur une plus vaste échelle des liions qui se poursuivaient au-dessous de cette surface ainsi isolée.
- La Compagnie de Hodharrow chargea, en 1900, MM. Coode Son et Matthcws, de là construction de cette nouvelle digue, qui devait être établie dans des conditions toutes spéciales. Elle devait, en effet, être non seulement assez résistante pour recevoir le choc des lames, mais aussi assez étanche pour éviter les infiltrations de l’eau de mer non seulement au travers de sa masse, mais aussi au-dessous de sa base, les terrains formant la surface de l’eslran étant eux-mêmes perméables. Cette digue devait, en plus, être munie d’écluses permettant l’évacuation
- des eaux de pluie et de drainage pouvant s’accumuler sur la surface ainsi isolée par la digue.
- Cette digue, qui s’étend d’Haverigg à la pointe de Hodharrow, est de forme circulaire en plan et a une longueur totale de 2097 mètres. Sa largeur totale à la hase (fig. 2) est de 64 mètres et, au sommet, de 25 mètres ; sa hauteur maximum est de 12 mètres. Vers le centre de la digue et sur une longueur de 50 mètres, celle-ci est munie d’un parapet. C’est également à cet endroit que sont placées les écluses servant ' à l'évacuation des eaux de pluie et de drainage.
- Du côté extérieur la digue est formée d’un massif en pierres perdues protégé, du côté du large, contre
- Fig. o. — Vue de la digue terminée.
- le choc des lames par des blocs en béton du poids de 25 tonnes. Du côté intérieur, la digue est limitée par un second massif également en pierres perdues. Le vide laissé entre ces deux massifs est rempli par une masse d’argile qui entoure, au centre, une corroi en argile pilonnée coiffant les palplanches métalliques jointives, qui, enfoncées dans le sol, doivent servir d’écran contre les infiltrations de l’eau de mer au-dessous de la digue. Le niveau supérieur de ces palplanches est arasé, au niveau du sol. Dans quelques endroits, où le sol de l’eslran se composait lui-même d’argile, on a pu se dispenser d’enfoncer des palplanches, la corroi centrale en argile pilonnée étant suffisante pour arrêter les infiltrations. Toutefois, l’emploi des palplanches a été
- fait sur les 2/5 environ de la longueur de la digue.
- Le système de palplanches à employer pour servir d’écran contre les infiltrations des eaux au-dessous delà digue a été l’objet de nombreuses études. A la suite de divers essais fort intéressants, faits préalablement sur place, on se décida à employer' un système composé de pieux métalliques munis latéralement de rainures entre chacun desquels était placée une palplanche également métallique. Ces batteries de pieux et palplanches ont été enfoncées dans le sol, jusqu’aux couches imperméables, à une profondeur variant entre 7,90 et 10,60 mètres, au moyen de sonnettes à vapeur montées sur des échafaudages ; les chaudières, qui servaient à l’alimentation de ces machines, étaient installées sur des wagons
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- Fig-. 4. — Vue do la digue pondant les travaux,
- Fig. 5. — Échafaudage pour la pose dos blocs du côté du large.
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- pouvant, être ramenés sur la terre ferme au moment de la marée.
- A mesure de l’enfoncement des batteries de pieux et palplanches, on procédait à la construction, à partir des deux rives, des deux massifs en pierres perdues de la. digue, en ayant soin de donner une certaine avance au massif extérieur sur celui intérieur, afin de protéger ce dernier contre la mer. Ces massifs étaient formés de blocs naturels de pierre-calcaire dont le poids maximum était de lu tonnes. Ces matériaux étaient amenés de la carrière au moyen de wagons qui les déchargeaient sur place au fur et à mesure de l’avancement. Le talus extérieur a une pente de un et demi pour un et le talus intérieur de un pour un. Le niveau supérieur du massif extérieur est arasé au niveau de la plate-forme de la digue et celui du massif intérieur au niveau de la haute mer.
- On procédait ensuite au remplissage avec de l’argile du vide laissé entre les deux massifs à pierres perdues. Mais, auparavant, on dressait le sol en lui donnant, autour des batteries de pieux et palplanches, la forme d’une cuvette, afin de pouvoir assurer complètement la liaison avec celui-ci de la eorroi d’argile pilonnée centrale qui doit coiffer les pal-planches et assurer l’étanchéité du massif de la digue. La partie supérieure de cette eorroi d’argile est arasée à 15 centimètres au-dessus des plus hautes mers. Le remplissage du vide avec de l’argile suivait immédiatement la construction de cette eorroi.
- Les hlocs de béton de 25 tonnes, qui doivent servir de défense extérieure de la digue contre le choc des lames, ont été déposés et arrimés au moyen d’une grue circulant sur un échafaudage temporaire s’appuyant, d’un côté, sur le massif en pierres perdues et, de l’autre, sur une rangée de pieux enfoncés à la limite extérieure de la digue. Ces blocs de béton étaient fabriqués dans un chantier situé sur le rivage, puis, après le temps nécessaire pour la prise, transportés au moyen de wagons sur l’estacade où la grue les déposait ensuite à leur place définitive.
- , Les aqueducs, situés vers le milieu de la digue et servant à l’évacuation des eaux de pluie et de drainage, sont au nombre de quatre. Ils ont été fondés, en partie, étant donnée la mauvaise qualité du sol, à cet endroit, sur un grillage en bois reposant sur une batterie de pieux dont les têtes étaient consolidées par une épaisse couche de béton. Chacun de ces aqueducs est muni d’une porte en fonte qui se manœuvre au moyen d’un treuil placé au niveau de la plate-forme de la digue. Pour permettre l’évacuation des eaux qui s’accumulent en amont de la digue, on ouvre ces portes au moment de la basse mer pendant les marées de vive eau.
- La dernière opération à faire et, peut-être, la plus délicate, était la fermeture du vide laissé entre les deux digues qui, comme nous l’avons dit, étaient construites à partir des deux rives en marchant h la rencontre l’une de l’autre. Il fallait, de toute nécessité, afin de rendre cette fermeture de la digue possible, sans entraîner trop de difficultés, empêcher,
- pendant le flux et le reflux de la marée, un courant trop violent dans ce vide qui eût entraîné les matériaux servant à la construction de la digue. On établit, dans ce but, dans l’axe de la digne cl sur une longueur d’environ 150 mètres qui représentait le vide laissé entre les deux digues, un batardeau temporaire, formé de palplanches, dans la longueur duquel on avait ménagé trente-six ouvertures disposées par groupes de six, séparés par une partie plus résistante du batardeau. Ces ouvertures étaient munies de portes pouvant être manœuvrées au moyen de treuils placés au niveau de la plate-forme qui couronnait le batardeau. Le but de ces ouvertures était de permettre, it chaque marée, l’introduction et la sortie de l’eau de mer avant d’avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour l’opération de fermeture de la digue. Lorsqu’on se fut assuré que le batardeau remplissait les conditions voulues, comme-résistance et comme étanchéité, on ferma complètement les portes des ouvertures laissées dans le batardeau et on put achever la fermeture de la digue, en construisant simultanément les deux massifs en pierres perdues, puis la eorroi d’argile centrale coiffant les palplanches et, enfin, en remplissant avec de l’argile le vide entre les deux massifs à pierres perdues. On acheva ensuite la digue en déposant sur sa paroi extérieure les hlocs de béton de 25 tonnes. Ce travail de fermeture a duré deux mois.
- Cette digue a été terminée an mois d’avril dernier. Che a nécessité l’emploi de 1 million et demi de tonnes de roches calcaires, 1 million de tonnes d’argile, 150000 tonnes de béton et 4400 tonnes d’acier. Son prix de revient a été de 12 millions et demi de franc-s, soit un peu plus de 6000 francs par mètre courant. Construite par M. John Aird, l’entrepreneur du barrage d’Assouan, sous la direction de l’éminent ingénieur M. Matthews, elle présente un grand intérêt par les conditions toutes spéciales auxquelles elle devait satisfaire et qui ont nécessité des dispositions particulières dont nous avons indiqué les plus importantes. R. Bonnin.
- LE MÉTROPOLITAIN
- Les procédés de construction en souterrain
- Les huit lignes métropolitaines actuellement concédées par la Ville de Paris à la Compagnie- du métropolitain forment un premier réseau, distribué en sections d’exploitation également an nombre de huit, et dont la longueur totale n’atteindra pas moins de 80 kilomètres, auxquels viendront fort, probablement s’ajouter ultérieurement les longueurs d’un certain nombre de lignes complémentaires soumises en ce moment à l’approbation des pouvoirs publics.
- Ces 80 kilomètres de lignes obligeront la Ville de Paris, chargée comme on le sait de la construction de l’infrastructure, c’est-à-dire du tunnel proprement dit et des stations avec leurs quais, à une dépense de
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- 535 millions do francs auxquels il convient de joindre les dépenses incombant au concessionnaire qui augmenteront cette somme d’un tiers environ. Kl si l’on considère que le Métropolitain, dans son ensemble, n’est qu’un long ouvrage d’art, agrémenté cà et là de travaux de difficultés souvent exceptionnelles, on conviendra que les 4200 000 francs, qui représentent son prix de revient brut par kilomètre, n’ont rien d’excessif.
- Pour le voyageur l’aspect du Métropolitain est très variable : ici il est établi en tranchée ouverte, là en tranchée couverte, ailleurs en viaduc, mais il ne faut pas oublier que ces différentes formes sont des exceptions commandées par les circonstances locales et que l’ouvrage type courant du Métropolitain de Paris est le souterrain voûté à double voie, entièrement maçonné et reposant à faible profondeur. Au moment donc, où l’activité des travaux pour l’achèvement du réseau concédé atteint son maximum d’intensité, il nous a paru intéressant de donner un aperçu des procédés généralement employés pour le percement de ce tunnel.
- Lorsqu'on 1898, la construction de la ligne de la Porte de Vincennes à la Porte Maillot fut décidée et entreprise, la Ville de Paris avait espéré qu’en imposant à ses entrepreneurs l’emploi du bouclier pour le percement du tunnel, les voies publiques rencontrées ou suivies ne cesseraient pas d’être utilisables pendant toute la durée des travaux, sauf à remplacement des puits d’attaque indispensables, et que, grâce à cette disposition, elle se mettrait à l’abri de récriminations inévitables de la part de ses habitants.
- Ces « boucliers », composés d’une sorte de carapace métallique épousant strictement la forme de l’extrados de la voûte du souterrain, fixée sur des fermes également métalliques et à l’abri de laquelle s’exécutent la fouille puis le revêtement de la galerie, avancent progressivement au moyen de vérins hydrauliques commandés électriquement. Quoique d’une invention relativement ancienne, sous une forme différente il est, vrai, ces engins n’avaient été qu’assez timidement employés au service municipal, où, dans deux ou trois circonstances1, travaillant à section entière et à grande profondeur,.pour le percement de tunnels d’assez grandes dimensions, ils avaient cependant donné de bons résultats.
- On se souvient probablement de la carrière lamentable qu’ils ont fournie sur les chantiers du Métropolitain! — L’hétérogénéité d’un sol composé de remblais de toutes sortes et sillonné d’anciennes subslructions, augmentée du cheminement presque à Heur de sol d’un appareil de trop grande section, qui, à notre avis, ne peut fonctionner convenablement qu’à une certaine profondeur, d’une part; l’imperfection probable de construction, les délais pour l’exécution desdits engins ayant été très courts,
- 1 En 1893, sous la direction d<j M. l’ingénieur Berlier pour la construction des siphons de la Concorde et d’Asnières, tous deux sou» la Seine, et ultérieurement pour le prolongement du collecteur de Clichy.
- d’autre part; peut-être aussi la mauvaise volonté des entrepreneurs, qui s’étaient vu imposer à regret un instrument fort coûteux et d’un maniement délicat; tout, en un mot, avait concouru à l'échec des boucliers employés pour la construction de la première ligne métropolitaine. Cette expérience acquise, la Ville de Paris laissa aux entrepreneurs des lignes subséquentes le loisir d’opérer à leur gré et tous pratiquèrent le percement du tunnel par les procédés habituels de la fouille avec boisages : c’est donc celui d’entre eux le plus fréquemment employé que nous voulons décrire à nos lecteurs.
- Les dimensions du souterrain courant, dont la forme est bien connue, sont les suivantes : en largeur, 6m,60 au niveau des rails et 7m, 10 au niveau des naissances situées2m,43 plus haut; en hauteur, 5m,20 sur l’axe de l’ouvrage et dans l’œuvre. L’épaisseur des maçonneries est de 55 centimètres à la clef de voûte, de 75 centimètres aux naissances et de 50 centimètres dans l’axe du radier. D’une façon générale, la composition de ces maçonneries est la suivante : la voûte ainsi que les piédroits sur 50 centimètres de hauteur, à partir et au-dessous des naissances, sont exécutées en maçonnerie de meulière; le reste des piédroits et le radier peuvent être exécutés en béton.
- La figure 3 passe très clairement en revue les phases successives de la construction du tunnel; de plus, la figure 4 donne une idée, très exacte, de la configuration d’un chantier en pleine activité ; nous ne leur adjoindrons donc ici que quelques notes très succinctes capables de guider le lecteur désireux de les examiner.
- Avant de donner le premier coup de pioche, l’emplacement des chantiers d’approvisionnement de matériaux et d’évacuation des déblais doit être très judicieusement choisi par l’entrepreneur, car la Ville de Paris n’autorise que le strict minimum d’emprises sur la voie publique. Ceci fait, et la division du lot d’entreprise en un certain nombre de chantiers d’exécution décidée, on creuse, aux endroits convenables, les puits qui doivent servir de points d’attaque. Les mineurs interviennent alors en attaquant la masse, au pic, à la pioche, quelquefois même à la mine (poudre Favier), pour ouvrir une petite galerie axiale, dite « d’avancement », de 2 mètres environ de largeur, occupant la partie centrale et supérieure de l’ouvrage à construire et qu’ils boisent au moyen de longrines supportées par des chevalets d’autant plus rapprochés que le terrain traversé est moins consistant. La galerie d’avancement, percée sur toute la longueur du lot d’entreprise, donne à peu près exactement la direction du tunnel à exécuter; il ne reste donc plus qu’à procéder aux « abatages », opération qui consiste à entamer le sol et à boiser en éventail à droite et à gauche de ladite galerie d’avancement, pour obtenir le dégagement complet de la voûte suivant sa ligne d’extrados.
- C’est alors que l’on procède, avec beaucoup de minutie, à la pose des cintres en bois ou en acier sur lesquels la voûte doit être maçonnée. De cette opé-
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- ration, qui entraîne à la construction définitive de la partie principale de l’ouvrage, dépend le bon raccordement du chantier considéré avec le chantier pré-
- cédent ou suivant et il ne faut pas oublier qu’il suffirait d’une bien petite erreur de pose, pour que ce raccordement ne devienne défectueux même im-
- Fig. 1. — Injection de morlier derrière la voûte Fig. 2. — Le nouveau bouclier ctn|>loyé par MM. lladenac et lîaguol
- au moyen de la pompe Grealliead. pour la construction d’un lot de la ligne n° G.
- possible. Ces cintres, dont la courbe est exactement timètres environ en arrière des boisages transver-celle de l’intrados de la voûte, sont placés à 40 cen- saux, espacés eux-mêmes de 2 mètres ordinairement,
- Fig. 5. — Coupes transversales montrant les phases successives de la construction du tunnel du Métropolitain.
- 1. Galerie d’avancement. — 2. Abatages. — 3. Pose des cintres. — 4. Confection de la voûte. — 5. Attaque du slross. G. Dégagement complet, du slross. — 7. Attaque et construction des piédroits. — 8. Confection du radier.
- où on les cale très solidement après que leur position en a été mathématiquement reconnue bonne.
- Dès lors, le plus fort est fait : on cède la place aux maçons, qui font enlever les boisages à mesure qu’ils se trouvent gênés par eux, ces derniers étant
- provisoirement remplacés par un étalement ayant assise sur le cintre même, puis ils exécutent les maçonneries qu’on laisse prendre pendant quelques jours et les cintres sont enfin déposés.
- Il s’agit maintenant d’enlever le noyau central ou
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- des piédroits, en prenant toutes dispositions pour éviter les affaissements de la voûte : les attaques sont distribuées en sections de 6 mètres environ de longueur, régulièrement séparées par des solutions de continuité de même longueur et disposées en quinconces sur les deux côtés du souterrain, Dans celle position, la voûte est soutenue non seulement
- Fig. 1. — Vue d’un chantier de construction du tunnel du Métropolitain en pleine activité.
- 1. De gauche à droite : galerie d'avancement., abatages et boisages, pose des cintres et construction de la voûte (vue en long). 2. Avant l’enlèvement complet du slross : injection de mortier derrière la voûte.
- 3. Le stross complètement enlevé, on procède à la construction des piédroits, puis du radier.
- « stross », simple operation de déblaiement divisée en deux attaques successives sur la longueur, que l’on poursuit jusqu’il ce que le radier ait été complètement dégagé, mais en laissant sous chacune des naissances de la voûte un massif de terre, formant fruit intérieurement, destiné à la soutenir.
- C’est alors que l’on procède de front à l’exécution
- par les sections non attaquées, mais encore par des contre-fiches en bois solidement amarrées en terre. Dès que la maçonnerie de la première série d’attaques est jugée suffisamment prise pour supporter la voûte h son tour, on passe à l’exécution delà seconde série qui termine cette phase de la construction du tunnel. Il ne reste donc plus qu’à maçonner le radier, opération relativement facile que l’on réalise en deux moitiés longitudinales, pour terminer le gros œuvre.
- Le parachèvement de l’ouvrage exige encore deux opérations. La première consiste à injecter du mortier de ciment liquide sous pression, et jusqu’à refus, par des orifices suffisamment rapprochés et spécialement ménagés à cet effet dans la maçonnerie de la voûte, de façon à combler tous les vides pouvant rester entre cette maçonnerie et le terrain naturel; cette injection se fait au moyen d’une pompe imaginée par l’ingénieur anglais Greathead et dont
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- LA NATURE
- l’emploi s’est généralisé universellement (fig. 1). L’autre consiste à gratter, nettoyer, approprier le tunnel et à le recouvrir intérieurement d’un enduit de 2 centimètres d’épaisseur en ciment de Vassy pour la voûte et de Portland pour les piédroits et le radier.
- 11 est bien entendu que ces phases successives de la construction du tunnel du Métropolitain, qui représentent le procédé le plus fréquemment employé, ne sont cependant pas rigoureusement suivies par tous les entrepreneurs; c’est ainsi que certains d’entre eux pratiquent deux galeries d’avancement superposées, d’autres construisent les piédroits avant l’enlèvement complet du stross, tous en un mot ont à vrai dire un procédé particulier souvent commandé par les circonstances locales.
- Nous voulons, en terminant, mentionner la récente tentative en faveur du bouclier, qui vient d’être faite par MM. Radenac et Raguet pour la construction d’un lot de la ligne de la Place d’Italie à la Place de la Nation, dont ils sont adjudicataires. Ils ont employé un de ces engins établi sur des bases nouvelles et qui a donné de si bons résullats que ces entrepreneurs, adjudicataires également d’un lot de la ligne du Palais-Royal à la Place du Danube, ne comptent pas utiliser d’autres moyens d’action dans cette nouvelle entreprise. Ici (fig. 12), le bouclier n’avance plus comme dans le cas ordinaire ; la carapace extérieure seule est poussée en avant par les vérins hydrauliques et glisse, grâce à l’intermédiaire de galets, sur un nombre déterminé de cintres métalliques amovibles, placés en dessous pour la soutenir et que l’on déplace un par un au fur et, à mesure de l’avancement, en prenant toujours celui de queue pour le reporter en tête et ainsi de suite : de la sorte la carapace est constamment supportée par la totalité des cintres moins un. Il est probable que cette amélioration apportée au bouclier, qui a le précieux avantage d’éviter presque totalement le redouté mouvement de galop, amènera par la suite un revirement en sa faveur.
- E. ne L.
- Le gisement
- DES VERTÉBRÉS FOSSILES
- de Maragha
- M. de Morgan, dont on connaît les belles découvertes archéologiques, s’est également préoccupé de rechercher en Perse des documents pour les sciences naturelles; c’est ainsi qu’il m’a chargé d’étudier, pendant l’été de 1904, le gisement de vertébrés fossiles de Maragha, dans la province d’Azerbeidjan.
- Ce gisement s’étend principalement au sud-est de Maragha, et.je l’ai reconnu en de nombreux points de cette direction, sur 50 kilomètres de longueur; il est situé dans une vallée comprise entre le Sahend, massif éruptif important, et les montagnes de Mendelassar, dans lesquelles j’ai recueilli des fossiles jurassiques.
- Les ossements sont pris dans" un tuf ponceux et argi-
- leux; ils sont très difficiles à obtenir intacls; un grand désordre préside à leur distribution ; on trouve très rarement en connexion des os d’un même individu ; je doute qu’il soit possible de jamais sortir de ce gisement un squelette entier. Il s’agit donc d’os charriés, ensevelis dans les boues amenées par les torrents de la montagne.
- bien que le déballage des 140 caisses recueillies ne soit qu’à demi terminé, on peut déjà se rendre compte de l’importance de la collection.
- La faune de Maragha, contemporaine de celles de Pi-kermi et de Samos, se révèle, comme celles-ci, très riche et variée.
- 11 faut s’imaginer ce coin de Perse, aujourd’hui si aride et si désolé, couvert d’une végétation luxuriante, d'arbres, d’arbustes et de grasses prairies. Nous pourrons alors le peupler du Mastodonte, du Rhinocéros et de l’Acerolherium, du Macrotherium, de bandes d’Hippa-rion et de sangliers d’Ervmanthe, de l’IIelladotherium et de la Girafe, de très nombreuses espèces d’antilopes; citons encore le Mesopilhecus Pentelici, la llyoena eni-mia, l’Ictilherium, un llyœnarctos, et des félidés; j’ajouterai, parmi les oiseaux, une autruche; parmi les reptiles, une tortue.
- Les espèces de Maragha sont, en général, déjà connues de Pikermi et de Samos ; cependant deux pièces actuellement dégagées nous font connaître deux animaux jusqu’ici spéciaux à cette faune.
- C’est tout d’abord un arrière-crâne d’IJrmiatherium Polaki; un type liés singulier de la famille des Sivathé-ridés, tout à fait étonnant par la disposition de ses cornes. Les chevilles osseuses, soudées entre elles sur la plus grande partie de leur hauteur, s’appuyant sur toute la surface des pariétaux, et la majeure partie du frontal, forment une masse considérable, qui devait supporter des cornes gigantesques.
- Enfin je dois indiquer un crâne entier de Rhinocéros, que je propose d’inscrire sous le nom de Rhinocéros Morgani, en l’honneur de M. de Morgan, délégué général du ministre de l’Instruction publique; c’est le crâne de rhinocéros le plus massif connu. 11 mesure 85 centimètres de l’extrémité nasale aux condyles occipitaux, 50 centimètres de largeur à hauteur des os jugaux. Sa dentition, qui a quelque analogie avec celle de l’Acerolherium Schlosseri de Samos, se distingue spécialement par les plissements particuliers de l’émail des molaires, et par la grande longueur de la deuxième arrière-molaire (72 mm. contre 44,5 mm. à M,). Ajoutons que la force et la protubérance des os nasaux indiquent nettement la présence d’une corne nasale; il s’agit donc bien d’un rhinocéros, le plus puissant que la nature ait connu.
- Espérons que le reste de la collection, dont le Laboratoire de Paléontologie du Muséum poursuit activement la préparation, nous révélera d’autres animaux aussi curieux.
- R. or Miïc.quenem.
- LE CAOUTCHOUC
- dans la région de l’Amazone1
- C’est YHevea Brasiliensis qui fournit la presque totalité du caoutchouc brésilien, tandis qu’en Afrique il est retiré des lianes de Lancloïphia, ou des Kichxia et des Ficus, et en Asie des Ficus. L’Hevea Brasiliensis, que
- 1 Voy. Journal de Pharmacie et de Chimie, 1er octobre 1905, p. 311.
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- LA NATURE.
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- l’on rencontre sur tous les affluents de la rive droilo de l’Amazone et presque jamais au nord de ce fleuve, est un arbre ayant une hauteur variable suivant les terrains, mais toujours assez élevée puisqu’elle atteint 10 à 20 • mètres le long des rivières à eaux noires et 15 à 50 mètres et plus sur les rivières à eaux blanches, calcaires. Ils perdent leurs feuilles tous les 0 ans et restent dénudés pendant quatre mois. Ils sont en proie à de nombreux parasites, champignons d’une part, peu nocifs, d’autre part une piaule apbylle de la famille des Loran-Ihacées (Dendrophlhora heveicola) ayant l’apparence d’un gui et provoquant des gonflements cancéroïdes sur les branches et les rameaux des arbres qui, très souvent, en reçoivent une atteinte mortelle. D’autres espèces d'Hevea et quelques-unes des genres Sapium et Caslilloa contribuent aussi, mais avec moins d’importance, à l’ensemble de la production.
- L’exploitation du caoutchouc était déjà pratiquée, avant la découverte de l’Amérique, par les Indiens qui fabriquaient des vases et de petites pompes (seringas, d’où le nom de seringneiras donné plus tard aux arbres). Ensuite ils continuèrent à le récolter, mais pour le vendre aux négociants. Aujourd’hui que toute l’étendue des seringats ou forets à caoutchouc, représentant une superficie de plus de 100 000 kilomètres carrés, est acquise légalement par l’Etal, une organisation véritablement industrielle s’est implantée. Les seringueiros, qui ont pour tache de recueillir le caoutchouc, confient tout d’abord à des ouvriers spéciaux, les malleiros, le soin de leur donner accès auprès d’un groupe de 50 à 120 arbres à caoutchouc, en traçant des chemine spéciaux (eslradas) dans l’épaisseur de la forêt; ces chemins sont établis en abattant le bois inférieur à l’aide du lerçado, couteau affecté à celle besogne. L’estrada établie, les arbres sont mis en boude au moyen de petites haches fixées sur de longues tiges, avec lesquelles on pratique à chaque récolte de 1 à 4 incisions, l’une au-dessus de l’autre, de 10 en 10 centimètres. L’année suivante, on fait un nombre égal d’incisions nouvelles, en commençant à dix centimètres au-dessus de la dernière faite; ainsi d’année en année les incisions nouvelles succèdent aux anciennes, déterminant une ligne hélicoïdale d’encoches à l’entour du tronc. Lorsque la série des incisions, commencée toujours à partir du sol, est arrivée si haut que le seringueiro ne puisse plus l’atteindre, un échafaudage est établi, permettant l’utilisation complète du tronc. Dès que l’incision est produite, on introduit dans l’écorce, par son bord coupant, un peu en dessous de l’entaille, un godet de fer-blanc, tigelhina, où s’écoule et se rassemble le suc laiteux.
- Après avoir laissé reposer quelques heures, les produits des différents godets sont réunis dans de grands baquets de fer-blanc. Ensuile.au moyen d’une cuiller de bois, on étale le suc sur la forma, disque en bois, que l’on promène rapidement et que l’on fait tourner dans la fumée chaude, qui s’élève d’un vaste pot d’argile où l’on fait brûler des fruits de palmier. Le suc se coagule sur le disque que l’on asperge et que l’on enfume à nouveau jusqu’à ce qu’on ait obtenu une balle de 10 à 50 kg. La réussite d’un bon caoutchouc est liée étroitement à l’opération de l’enfumage : il faut aussi se, garder de mélanger les sucs de différents arbres et de les chauffer au préalable.
- Il existe naturellement de nombreuses variantes dans les procédés de récolte et de coagulation. Mais c’est la méthode ci-dessus qui donne le meilleur caoutchouc, la'gomme Para, extraite sans mélange de VH. Brasiliensis.
- La récolte a lieu de mai à décembre. En arbre fournit en moyenne 2 kg par an, et parfois, exceptionnellement, jusqu’à 12 kg. Un Henea produit pendant 20 années. D’autre part, un Caslilloa peut donner jusqu’à 30 kg par récolte, mais il faut procéder par abatage et l’arbre est perdu. La production totale du caoutchouc au Brésil est de 30 000 tonnes par an, ce qui est la moitié de la production mondiale. Pans ce chiffre, il faut établir la proportion suivante :
- 4500 de Caslilloa,
- 500 de 11. Itaiiba,
- 1 000 de IL discolor,
- 24 000 de véritable gomme Para (//. brasiliensis).
- Toutefois, pour ce dernier chiflïe, il faut observer que l i moitié de la gomme Para est mélangée avec des caoutchoucs provenant d’espèces ou de genres différents L’autre moitié seule est pure. P. Loncociik.
- Les
- APPAREILS DE CUISINE ÉLECTRIQUE
- à l’Exposition d’Olympia à Londres
- Les appareils de chauffage et de cuisine électrique ont un emploi .important à l’Exposition de Londres, où ils sont l’objet d’une grande attention de la part du public, et, de la part des constructeurs, d’une tendance tiès marquée au progrès et à l’entreprenante initiative qui doit un jour en assurer le succès, si le prix de l’énergie le permet.
- Or, le prix de l’énergie électrique à l’Exposition d’Olympia a permis de démontrer entièrement tout ce que peuvent réaliser les appareils de cuisine électrique exposés, et, pour donner une forme heureuse à l’expérience que nous allons relater, le Président du Comité Exécutif de l’Exposition a réuni 65 invités dans une salle, qu’il a intentionnellement destinée non seulement aux invités eux-mêmes, mais aux appareils de cuisine en fonctionnement, pour montrer à quel point ils sont indemnes de toutes les incommodités propres aux autres appareils de cuisine. C’est ainsi qu’on a pu faire tous les plats du menu suivant, et se rendre compte du bon fonctionnement des appareils et aussi de leur économie.
- Citons d’abord le menu : Lundi 9 octobre 1905, Hors d’œuvres. Potage : fausse tortue liée. Poisson : turbot bouilli sauce cardinale. Entrée : poulet de Surrey en Cocotte Mascotte. Pommes paysanne. A’iandes froides : jambon d’York à la gelée, langue de bœuf, salade. Entremets : pouding soufflé au chocolat. Savoury : tartelette au fromage. Dessert. Café.
- Quant au prix de ces 7 services, il a coûté moins de 5Gkw-heures, ce qui, au prix de 0",10 environ par unité, représente une dépense inférieure à 6 francs, c’est-à-dire à U<1,10 par invité.
- Les journaux anglais qui relatent le fait ont conclu que la cuisine électrique présente non seulement les avantages qu’on lui reconnaît d’ordinaire, mais encore l’avantage d’une économie de fonctionnement indiscutable, au moins pour le prix peu élevé de l’énergie à l’Exposition d’Olympia.
- Nos confrères anglais reconnaissent cependant qu’un obstacle subsiste encore (sans parler du prix sensiblement plus élevé de l’énergie dans la plupart des cas), à savoir le prix encore trop élevé des appareils de cuisine mis en vente par les exposants anglais. P. L.
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- LA NATURE.
- NOUVEL AÉRO=MOTEUR
- De toutes les sources d’énergie susceptibles d’exploitation parles moyens mécaniques connus jusqu’à présent, le vent est certainement la plus économique, et si cet élément n’est pas mieux utilisé, c’est évidemment à cause de sa grande irrégularité. De no-
- (ables progrès ont été toutefois réalisés sous ce rapport pendant ces dernières années, et le moment n’est peut-être pas éloigné où les moulins à vent seront utilisés d’une façon rationnelle dans certaines branches de notre activité, notamment en agriculture.
- Fig. 1. — Aéro-moteur conique de 1,5 cheval, actionnant une pompe.
- Fig. 2. — Aéro-moteur de 9,5 chevaux, actionnant une minoterie (vue postérieure).
- Chacun connaît, pour les avoir vus à toutes les expositions, ces petits aéro-moteurs fixés au faîte d’un chevalet métallique plus ou moins élevé, obéissant au moindre vent, et dont on se sert déjà couramment pour actionner des pompes, des minoteries, des
- scieries, etc. L’emploi de ces appareils, dont l’usage s’est si rapidement répandu dans certaines contrées comme le Canada, la Hollande et le Danemark où ils rendent d’inappréciables services à l’agriculture pour les irrigations, l’assèchement des marais, etc., s’é-
- Vent faible . . . -— — 2 = — 4 — — (les rameaux s’agitent).
- Vent léger . . . = 5 — — 5,5 — — (les petites branches se meuvent).
- Vent moyen . . . = — 4 = — 7 — — (les grosses branches se meuvent).
- Vent frais. . . . = — 5 = — 8,5 — — (le faite des arbres bruit fortement).
- Vent très frais . . = — 6= ' — 10 — — (les peupliers se courbent).
- Vent fort . . . . = — 7 = — 11,5 — — (les jeunes feuilles sont arrachées des arbres).
- Vent impétueux . = — 8 = — 15,5 — — (les rameaux se brisent).
- Tempête .... — — 9 — — 15,5 — — (les petites branches se brisent).
- Forte tempête . . = — 10 = — 19 — — (les grosses branches se brisent).
- Très forte tempête = — 11 = — 25 — (les pins sont déracinés).
- Ouragan — — 12 — — 30 — — (la contrée est dévastée).
- londra probablement encore désormais par suite de montrée expérimentalement par le professeur da-
- la création toute récente d’un type dit « Aéro-moteur conique », réalisant un perfectionnement remarquable de ce genre de moteurs (fig. 1 et 2).
- Avant l’apparition de ce nouveau modèle de moulin à vent, on admettait généralement qu’un aéromoteur devait être construit d’après la formule : « plus l’aire des ailes est grande, plus grand est le rendement ». L’absurdité de cette théorie fut dé-
- nois P. La Cour, auquel son gouvernement a confié la direction d’un observatoire spécial créé dans le but d’étudier la question de l'utilisation rationnelle
- de l’énergie du vent.
- L’histoire de la découverte, tout accidentelle, du principe sur lequel est basée la construction de l’aéromoteur conique est assez curieuse. Soerensen, un constructeur danois de moulins à vent, utilisait pour
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- LA NATURE.
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- actionner son propre chantier un vieux moulin de son invention comportant dix ailes en bois. Ce moteur, très usé, eut un jour quatre ailes enlevées par reflet d’un ouragan, cl à l’étonnement de son propriétaire, au lieu d’en souffrir, il n’en fonctionna que mieux. Le constructeur, frappé par cette constatation, en lit part au professeur La Cour qui lui conseilla de fabriquer désormais ses moulins en mettant à prolit l’enseignement que venait de lui donner le hasard. Soerensen présenta bientôt à l'observatoire La Cour un aéro-moteur de forme conique à six ailes dont les extrémités étaient légèrement courbées vers le sommet du cône. Ce moteur fut soumis à des essais
- comparatifs avec les types de moulins à vent les plus connus y compris l’ancien moteur Soerensen : ailes plus ou moins nombreuses, ailes étroites, larges, creuses, plus ou moins inclinées, etc. Tous ces moulins avaient le même diamètre et donnèrent les résultats suivants (les surlaces des ailes en centimètres carrés avaient respectivement les valeurs 7440, 2976, 1116, 1188) :
- On trouva que l’aéro-moleur conique développait une énergie supérieure de 50 pour 100 à peu près à celle du type « Yenlocral » dont la surface est pourtant 7 fois plus grande, de 51,5 pour 100 à celle du type « Rose des vents » à surface 2,8 fois plus
- Fig. 5. — Aéro-moteur en fonctionnement.
- grande, et de 29 pour 100 à celle de l’ancien type « Soerensen » offrant une surface moindre de 7 pour 100 seulement.
- D’où provient ce rendement extraordinaire de l’aéro-moteur conique ? D’abord, les extrémités courbées des ailes offrent, une résistance contre laquelle le vent peut exercer sa puissance maxima, ensuite l’espace convenable qui sépare les ailes permet au vent de glisser derrière celles-ci et, entraînant l’air qui s’y trouve, d’y former en quelque sorte le vide. Les ailes tournent, par conséquent, dans une atmosphère raréfiée n’offrant pour ainsi dire pas de résistance au passage du vent frappant l’aéro-moteur par devant; pression par devant et aspiration par der-
- rière travaillent donc à l’unisson. L’expérience suivante qui fut faite à l’observatoire La Cour, prouve d’ailleurs qu’une surface percée d’ouvertures obéit beaucoup mieux à l’action du vent qu’une surface de même grandeur sans solution de continuité. On opposa au vent de hautes clôtures de mômes dimensions et de solidité équivalente : l’une constituée par des planches se touchant et l’autre comportant un espace entre les planches. L’une des deux clôtures fut renversée par le vent et, contrairement à ce que l’on aurait cru, ce fut celle formée par les planches espacées.
- On détermine généralement l’effet du vent soit en raison de sa vitesse calculée en mètres par seconde,
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- LA NATURE.
- soit d’après une échelle divisée en 12 degrés que nous reproduisons page 12.
- L’aéro-moteur conique à ailes courbes, de grandeur moyenne, obéit à l’action d’un vent d’une vitesse de 4 mètres environ à la seconde.
- On reprochait généralement aux aéro-moteurs leur irrégularité de fonctionnement et leur résistance insuffisante aux vents violents. Ces deux inconvénients
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- Fiji'. 4. — 1. Roue système « Voutoerat ». — 2. Roue système « Rose îles venls ». — 3. Roue de l'ancien moteur « Socrensen », à six ailes. — 4. Roue de l'aéro-moteur conique.
- viennent heureusement d’être écartés par le dispositif à volets dont MM. Reuter et Schumann, à Kiel, sont les inventeurs, et qui permet de transformer instantanément les ailes du moteur en « jalousies » que l’on ouvre et ferme à volonté.
- On conçoit aisément l’importance de ce perfectionnement, grâce auquel on peut régler exactement l’aire des ailes d’après la force du vent et, le cas échéant, n'olfrir qu’une surface minima à l’action dévastatrice des ouragans. L. Ramakers.
- CHRONIQUE
- Un nouveau micromètre électrique. — Le D1
- P.-K. Shaw vient de présenter à la Royal Society de Londres un micromètre de son invention, qui recule fort loin les limites des mesurages : il permet de révéler un mouvement de uoo- pouce, ce qui revient à peu près à 0,000 000 000 5 m., le pouce valant 0,0254 m. L’appareil, dans son essence, comprend une série de 0 leviers composés donnant une amplification de 2000 pour 1, et que l’on fait fonctionner en combinaison avec une vis micrométrique. Un appareil téléphonique et un circuit électrique servent à déterminer le moment où les pièces de contact tiendront effectivement se toucher.
- Nouveau procédé de production du diamant. — Dans une Note présentée récemment à la Société royale de Londres, sir William Crookes décrit le résultat de l’examen des résidus laissés par l’explosion de la cordite en vase clos, entrepris en vue de vérifier l’idée théorique de la production possible du diamant à la température et sous la pression développées dans ces conditions. Suivant sir W. Crookes, la température de fusion
- du carbone serait, en ellet, de 4400° sous 17 atmosphères, alors qu’aux températures et aux pressions inférieures, le carbone sublimerait sans prendre l’état liquide. Or, d’après les expériences de sir Andrew Noble, l’explosion de la cordite donne, en vase clos, une pression de 8000 atmosphères, et une température absolue de 5400°. Les éléments critiques du carbone étant, toujours dans les idées de sir W. Crookes, 5800° et 2520 atmosphères; on auiait donc, dans l’explosion de la cordite en vase clos, les conditions admirablement réalisées de l’obtention du carbone liquide, et prêt à cristalliser, au refroidissement, sous la pression existant dans l’appareil. Ouoi qu’il en soit de ces idées de l’éminent physicien anglais, échafaudées sur des hypothèses assurément discutables, le résultat de ses recherches semble avoir confirmé ses prévisions. L’examen des résidus de la déflagration de la cordite lui a permis en effet, après élimination de cristaux biréfringents de siliciure de carbone, d’isoler quelques cristaux octaédriques, d’un pouvoir réfringent élevé, dépourvus de biréfringence, et que les professeurs Ronney et Miers n’hésitent pas à reconnaître pour du diamant. La brièveté des conditions dans lesquelles les précieux cristaux ont été constitués les a seule empêchés de grossir ainsi qu’on pourrait le désirer vivement, pour l’avancement de la difficile question de la cristallisation du carbone pur dans le système cubique.
- La production du cuivre dans le monde. —
- lin 1894 on évaluait la production du cuivre dans le monde seulement à 524 000 tonnes ; depuis lors elle s’est étrangement accrue, pour atteindre aujourd’hui et même dépasser 015 000 tonnes : cela, naturellement, par suite du développement de la consommation. Le cuivre est en ellet de plus en plus employé, notamment pour les industries électriques, et l’on peut dire sans exagération que ce sont les progrès de l’industrie électrique qui sont, pour la plus grande part, responsables de l’accroissement qu’a subi la demande de ce métal. Dans le total dernier que nous avons donné, la part des seuls Etats-Unis est de 554 000 tonnes, alors que leur production ne dépassait pas 100 000 en 1894. L’Australie fournit 54 000 tonnes, le Chili 50 000, le Japon 54 000, le Mexique 51 000. Les mines européennes tendent à manifester leur épuisement graduel.
- Un hôtel de 49 étages. — Avec les ascenseurs, on ne craint plus maintenant de se loger en haut des hôtels : dans celui-ci il faudra néanmoins ne pas hésiter parfois à perdre un certain temps pour monter à sa chambre. On affirme qu’on va l’édifier à New-York, sur un terrain de 50 mètres de long et de 22 à 25 mètres de large qui se trouve entre la Trente-deuxième et la Vingt-troisième rue, à l’ouest de la Sixième Avenue. 11 serait disposé pour loger 2200 personnes. L’architecte serait néanmoins assez porté à conseiller au propriétaire de se limiter à 40 étages, ce qui est déjà coquet.
- Les champs de pétrole de l’Asie centrale. — Comme la consommation des pétroles augmente constamment, il est intéressant de signaler les forages qui se poursuivent avec succès dans la province de Tezliana, dans l’Asie centrale russe. Il s’agit des champs de pétrole de Tschirùion, où des fontaines de 18 à 20 mètres de haut débitent déjà l’hydrocarbure. En fait ces dépôts pétrolifères se trouvent à quelques kilomètres de Tschimion, et à une quarantaine de kilomètres du nouveau Marghelan. H est probable qu’ils ont été jadis exploités, de façon primitive s’entend, par les Chinois; ils s’étendaient sur une ligne de 4 km de long.
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- LA NATURE.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 novembre 1905.
- Présidence de M. Troost.
- La disette des nitrates de soude et de potasse. — MM. Müntz et Laine ont entrepris de rechercher s’il serait possible de remédier à la suppression des arrivages de nitrate du Pérou, dans le cas d’une guerre maritime où la France 11e serait pas maîtresse de la mer. Avec l’énorme consommation de munitions que comporte la guerre moderne, les approvisionnements de nitrate seraient vite épuisés. La fabrication indigène du nitre par le lavage des terres de caves et d’écuries, telle qu’elle a été pratiquée pendant la Révolution et le Premier Empire, serait insuffisante. MM. Schleesing et Müntz ont déjà démontré que la nitrification est le résultat de l’action microbienne. Des recherches, effectuées en partant de ce point de vue, ont conduit MM. Müntz et Laine à un procédé nouveau de fabrication, ils font couler une solution de sel ammoniacal sur un lit de noir animal ensemencé d’organismes nitrilicateurs. Un arrive ainsi à une intensité de nitrification telle que 1 hectare de superficie peut donner 16 000 kg de salpêtre par jour. En établissant des nitrières terreuses, fréquemment labourées et maintenues humides, dans lesquelles ils introduisaient graduellement des sels ammoniacaux, ils ont pu y produire en un court temps une si grande accumulation de nitre que ces matériaux se trouvaient imprégnés de solutions concentrées contenant jusqu’à 90, 140 et même 100 gr. de salpêtre par litre.
- Exploitation d'un gisement de fossiles. —M. À. Gau-dry rappelle que récemment il a parlé des fossiles de Patagonie; aujourd’hui il parle de ceux découverts en Perse par M. de Mecquenem à Maragha. M. de Mecquenem a exploité le gisement et en a rapporté 140 caisses de débris qui sont étudiées avec le concours de M. Boule. 11 faudra plusieurs mois avant que tous ces débris soient déballés et préparés. La collection comprend des vestiges de grands animaux tels que mastodontes, girafes..., soli-pèdes et ruminants de formes variées, rhinocéros d’une taille qui n’a jamais été rencontrée et que l’explorateur appelle Rhinocéros Morgani. Enfin la pièce la plus intéressante est un fragment de tète d’un animal appelé ur-mialherium. Cet animal ne portait pas de cornes implantées sur la tète, mais une cheville osseuse formée de quatre chevilles soudées qui devaient supporter des cornes.
- Distillation du cuivre. — Dans des recherches sur la chimie des hautes températures, M. Moissan avait démontré qu’il n’existait plus cle corps réfractaires et que tous les corps simples ou composés pouvaient être amenés à la fusion, puis entrer en ébullition et prendre l’état gazeux. Aujourd’hui il présente de nouvelles recherches sur la distillation du cuivre. En utilisant son four électrique à chauffer un creuset ou un tube de charbon, il est facile de réaliser un dispositif simple qui permet de distiller et de recueillir les vapeurs d’un certain nombre de métaux. En opérant avec un courant de 500 ampères sous 110 volts, il fait bouillir le cuivre et distille 200 grammes de ce métal en trois minutes. En plaçant au milieu du four un tube métallique traversé par un courant d’eau froide, il condense brusquement la vapeur métallique et obtient du cuivre parfois cristallisé qui jouit de toutes les propriétés du cuivre ordinaire. De plus il remarque que, à cette température voisine de 200u, le cuivre dissout du carbone,
- comme l’a démontré M. Ferry, et par refroidissement abandonne ce métalloïde sous forme de graphite.
- Un pçtrasile du caféier. — M. Bonnier dépose une Note de M. Gallaud relative à une maladie qui ravage les plantations de caféiers en Nouvelle-Calédonie et qui est occasionnée par un champignon qui se développe à la surface des feuilles et les éloulle. L’auteur préconise pour combattre la maladie des pulvérisations de bouillie cuprique additionnée de pétrole.
- La toxicité des œufs. — M. Giard présente une nouvelle Note de M. Loisel relative à la toxicité des œufs. Cette toxicité est due pour une faible part à de la névrine soluble dans l’eau pure, et pour la plus grande part, à des loxalbumines solubles dans l’eau salée. Cette toxicité varie avec l’àge de la ponte, et l’état plus ou moins avancé d’incubation. Les toxines ovulaires absorbées lentement agissent comme un stimulant du système nerveux central et de la nutrition en général ; mais il est dangereux de prescrire cette alimentation aux personnes dont le tube digestif en mauvais état peut permettre une absorption plus rapide de ces toxines. Cn. ue Villeoeuu.
- LA LÈPRE EN ISLANDE
- Si la lèpre 11’exisle pas autour de nous avec foute l’intensité qu’elle revêt dans certaines régions, par exemple au Japon, qui compte 50000 lépreux sur une population de 40 millions d’habitants, ou dans la Colombie, qui ne renferme pas moins de 20 000 lépreux pour 4 millions d’habitants, cette affreuse maladie n’a cependant pas complètement disparu de l’Europe.
- En France, pour n’indiquer que cet exemple, on peut en rencontrer encore quelques cas disséminés dans la Bretagne, notamment à Brest et aux environs et à Morlaix. De temps à autre, des cas d’importation éclatent dans les principaux ports de mer : Toulon, Marseille, Bordeaux ; la lèpre a été constatée à Pcille, à la Trinité-Sainl-Yiclor, à Contes, à La Turbic, à Nice; Paris seul renferme, d’après le D' Jeanselme, environ 200 lépreux.
- Le l)1' dom Saulou estime à 400 les cas de lèpre vraie en France, sans compter les formes frustes et dégénérées que les médecins rapportent à cette contagion : maladie de Morvan, cagots des Pyrénées, syringomyélie, sclérodactylie, etc.
- Un des pays européens où la lèpre fait le plus de victimes et olfre une grande tendance à se propager est l’Islande, qui, sur une population de 78 000 habitants, compte environ 200 lépreux, jusqu’en ces derniers temps dispersés dans les boers (fermes) où ils étaient reçus moyennant une légère indemnité, et où ils logeaient sans inspirer aucune crainte aux habitants. D’après le D1' Jonassen, médecin général de l’Islande, les femmes seraient atteintes par le fléau beaucoup plus gravement que les hommes.
- O11 sait aujourd’hui que la lèpre est due à un bacille spécial, découvert en 1860 par M. Hansen, médecin en chef de la Norvège ; sous sa forme vraie elle présente deux variétés, dites l’une tuberculeuse
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- ou léonine, l'autre Iropho-neurotique ou mutilante.
- La variété tuberculeuse est caractérisée par des granulations qui attaquent la peau, en commençant généralement au-dessus des yeux pour apparaître ensuite aux articulations de la main et du pied et finalement s’étendre au corps entier; des ulcères se forment çà et là, le visage prend un aspect caractéristique (faciès leonina), le malade devient aveugle, et meurt dans un délai qui varie de 2 à 8 ans.
- Dans la varié Lé / ropho - neur o tique, l’action du microbe se porte sur les nerfs, dont il détruit la sensibilité sur de grands espaces, en même temps que les muscles s’atrophient, se déforment; des ulcères apparaissent entre les jointures des doigts, la désorganisation atteint le tissu osseux; les phalanges et les orteils tombent successivement. Nous donnons, d’après un document publié parle l)1' Ehlers, de Copenhague, la reproduction d’une main mutilée par cette forme de lèpre. Les deux variétés de lèpre existent en Islande, le plus souvent isolées et évoluant séparément, quelquefois associées chez le meme individu. La variété mutilante est celle qui laisse vivre le plus longtemps les malades : M. Ehlers dit avoir observé un Islandais qui a vécu 45 ans en proie à ce. mal, et qui était réduit à l’état de squelette vivant.
- Il semble que la nourriture des Islandais soit, par sa nature et sa mauvaise préparation, un des lacteurs qui favorisent le plus la contagion, en créant chez eux une réceptivité spéciale à l’égard du microbe de la lèpre. Elle consiste surtout en poisson séché et non cuit, en beurre conservé sans sel et par conséquent toujours rance, en fromage aigre, en viande de mouton fumée; le pain est rare, insuffisant, souvent préparé sans levain. Les condiments et les légumes font à peu près complètement défaut. Ce régime détermine des affections intestinales qui facilitent l’invasion de la lèpre.
- En vue d’enrayer la contagion, et pour procurer des soins aux individus atteints, le gouvernement islandais a fait construire, sur l’initiative du
- D1' Ehlers, une grande léproserie près de la capitale. Cet hôpital, inauguré le 20 juillet 1898, est bâti à Langanaess, au fond de la baie de lieikjavik, à 4 kilomètres environ de la ville. Les premiers malades y ont été reçus en octobre de la même année.
- Il peut abriter environ 100 lépreux; dès avril 1899, soixante y étaient en traitement.
- Cet établissement, qui représente dans les temps modernes les lugubres prisons de lépreux d’autrefois, est unegaie construction en bois, comprenant un pavillon principal dont le rez-de-chaussée et le premier étage sont consacrés aux malades, logés dans des salles vastes et bien aérées. Au rez-de-chaussée sont encore installés, dans d’excellentes conditions, un laboratoire médical, des réfectoires et des cuisines.
- Le personnel affecté au service de l’hôpital occupe le second étage ; il est donc tout à fait séparé des malades:
- Les sœurs de Saint-Joseph, communauté d’origine française établie à Copenhague, désiraient être chargées du soin des lépreux; mais YAllhing (parlement) a préféré avoir recours à des infirmières luthériennes.
- Au pavillon principal sont annexées d’autres constructions, également en bois, dont l’une contient une étuve à désinfection. Une canalisation spéciale conduit à la mer toute l’eau qui a été employée pour l’usage des malades.
- Cet hôpital, où l’on s’est efforcé d’atténuer par tous les moyens les rigueurs de l’internement, a coûté environ 150000 couronnes (195 000 francs). Il est dirigé par un médecin et administré par un économe, qui y résident *. A. Aci.oque.
- 1 Nous devons ces renseignements sur la léproserie de lieikjavik à l’obligeance de M. le Dr Lucas, ancien médecin-major de la Société des Œuvres de mer en Islande.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 2. — Muiu d’un Islandais allcinl de lèpre mutilante.
- Paris. — Imprimerie Laucre, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1698. — 9 DÉCEMBRE 1905.
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- LOCOMOTIVE A DOUZE ROUES COUPLEES
- L’énonciation seule de ce titre suffit à faire comprendre quelles difficultés la construction d’un tel
- engin a dû entraîner. On préjuge, de plus, qu’il s’agissait de remorquer des trains d’un poids fort
- Fig. 1. — Disposition des caisses à eau de la machine.
- lourd, sur des lignes à profil difficile, nous entendons à rampes accentuées. C’est à ces conditions que la Compagnie française du Nord a voulu
- satisfaire, et les difficultés ont été tranchées de façon remarquable par le savant ingénieur en chef du Matériel et de la Traction, M. du Bousquet.
- Les locomotives à marchandises que possède la Compagnie, machines compound à 4 cylindres et fi roues couplées de 1,75 mètre de diamètre, se montrent parfaitement suffisantes pour amener à vive allure sur Laon ou Paris les trains de houille 34° awiic. — 1er semestre.
- ou de coke pesant 950 tonnes ; mais, sur les lignes de Valenciennes à Ilirson,par Avesne, ou de Busigny à Hirson, elles sont insuffisantes : sur de longues rampes de 10 à 11,5 millimètres, elles ne peuvent plus traîner que des convois limités respectivement à
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- 000 ou 490 tonnes. Et, comme les grands trains s’imposent de plus en plus, M. Du Bousquet a voulu combiner un engin remorquant sans peine sur ces parcours difliciles, quoique bien entendu à allure assez lente, des trains de 950 tonnes, présentant un poids adhérent relativement élevé, avec de la llexi-bilité, d’autant que ces machines marchent à 00 km. sur les portions faciles du parcours desservi. 11 faut naturellement répartir le poids sur un assez grand nombre d’essieux, adopter des diamètres de roues assez élevés, toutes choses qui gênent l’inscription dans les courbes. Les essieux sont répartis en deux groupes formant comme deux bogies moteurs articulés l'un par rapport à l’autre, et comportant chacun trois essieux; de plus, entre les deux bogies, on aperçoit une couple d’essieux porteurs avec petites roues, qui suppriment le porte-à-faux et donnent de la stabilité. Sur le bogie arrière sont les cylindres haute pression ; sur le bogie avant, les cylindres basse pression, où se rend ensuite la vapeur : la disposition est logique. La place donnée aux cylindres en face les uns des autres et à peu de distance, évite partiellement le refroidissement de la vapeur ; celle-ci passe naturellement par une conduite extensible à rotule. La machine n’est pas accompagnée d’un tender, le poids des approvisionnements vient augmenter l’adhérence au profit de la puissance de traction : en tout état, la répartition de cette surcharge se fait également sur les divers essieux moteurs.
- Suivant l’axe longitudinal et régnant de bout en bout, est un châssis central formé par une poutre-caisson en tôle ; elle porte la chaudière et les parties attenantes, et repose sur les bogies, en les reliant; elle s’évase à ses extrémités pour supporter traverses et attelage. Celte poutre repose sur le bogie arrière par un pivot plan pénétrant dans une partie femelle qui dépend du bogie, et par des glissières portant sur les longerons; le bogie avant peut se dégauchir par rapport à l’autre, et, dans ce but, la poutre longitudinale n’y repose que par un pivot sphérique pénétrant dans une crapaudine ; d’ailleurs deux tampons élastiques amortissent et limitent les oscillations transversales. C’est ce bogie avant qui porte directement deux caisses latérales contenant la plus grande partie de l’approvisionnement d’eau de la machine.
- La longueur totale entre tampons est de 10,180 mètres, et l’empattement total également de 12,59 mètres, celui des deux bogies s’élevant à 5,795 mètres ; la distance d’axe en axe des pivots de ces bogies est de 8,18 mètres. Notons que le sommet de la cheminée est à 4,22 mètres du rail, et l’axe du corps cylindrique de la chaudière à 2,80 mètres. Nous disions qu’il fallait des roues motrices de grand diamètre : le fait est qu’elles ont 1,455 mètre, alors (|uc les roues porteuses ont seulement 0,85 mètre. Le caisson de la poutre longitudinale supportant la chaudière est entretoisé intérieurement par des pièces en acier moulé. La chaudière, qui est au timbre de 10 kgs (aujourd’hui courant), a une capa-
- cité de 8,02 m5, le volume d’eau étant de 5,40 m3 avec 0,10 mètre au-dessus du ciel. La surface de grille est de 5 m4, pour une surface de chaude du loyer de 11,99 ni2, et une surlace des tubes de 252,50 m2; ces tubes sont à ailerons et au nombre de 150, avec un diamètre extérieur de 70 millimètres, et une longueur entre plaques tubulaires de 4,75 mètres. Le corps cylindrique a 0,42 mètres de long, il est fait de 4 viroles en tôle d’acier ayant au maximum 17 millimètres. Le foyer est en cuivre ordinaire, mais les entretoises en cuivre ou manganèse ; des précautions spéciales ont été prises pour réunir solidemenl le corps cylindrique et la boite à feu. La vapeur allant de la chaudière aux cylindres haute pression passe par l’axe môme du pivot plan qui prend appui sur la bogie arrière, et grâce à deux culottes en bronze s’emboîtant et solidement maintenues. Du groupe haute pression, la vapeur se rend au groupe basse pression par deux tuyauteries latérales (les cylindres étant au nombre de quatre), qui comportent des tubulures en fonte où s’emboîtent deux tuyaux à rotules sphériques en bronze; les joints des rotules sont laits par des' garnitures à bagues en métal blanc.
- Les diamètres des cylindres sonL de 0,40 mètre pour la haute pression et de 0,050 mètre pour la basse, la course commune étant de 0,08. La machine fonctionne normalement en compound, ainsi que nous l’avons laissé entendre; mais elle peut aussi fonctionner à admission directe dans les cylindres basse pression, notamment aux démarrages. Et dans ce but, suivant les errements accoutumés, une lanterne permet d’évacuer directement la vapeur sortant des cylindres haute pression, et, d'autre part, des conduites avec soupape de décharge réglée à la pression de 0,5 kgs amènent la vapeur vive aux cylindres basse pression. Les appareils de changement de marche, identiques pour les deux bogies, sont commandés par des vis se prolongeant par des arbres munis de deux articulations à la cardan, pour répondre aux déplacements des bogies.
- Ce type de machine appartient , comme on voit, au genre « articulé », dont la création est duc en si grande partie à notre savant collègue et confrère, M. Mallet ; et il semble vraiment que ces sortes d’engins soient appelés à se multiplier, sinon à se généraliser. La nouvelle machine du Nord, en compound, donne un etfort de traction de 18 007 kgs, qui atteint jusqu’à 24 004 quand on marche (moins économiquement et temporairement) en admission directe; le poids en charge est de 102 tonnes, et, sur ce poids, on en utilise 72, même lorsque tous les approvisionnements sont sur le point-d’être épuisés. On a ainsi une machine pouvant traîner à grande allure des charges énormes quand le profil est facile, s’attaquant sans peine aux profils malaisés, et passant aisément dans des courbes môme de 90 mètres. Daniel Bllllt.
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- LA NATURE.
- UNE EXPÉDITION NORVÉGIENNE
- A la recherche du passage du Nord-Ouest
- Confiants dans leur force cl dans leur pratique de la mer, aucune navigation, quelque périlleuse qu’elle soit, n’cflraie les Norvégiens et même après les exploits de Nansen, leur audace réserve des surprises. Telle, par exemple, l’expédition du capitaine Itoald Amundsen en cours d’exécution.
- En 1905, sur une coquille de noix de 47 tonnes, le voilier Gjoa, muni d’un moteur à pétrole, et, avec huit compagnons seulement, ce vaillant marin a quitté l’Europe, ne se proposant rien moins que d’accomplir la traversée du passage du Nord-Ouest.
- Un intérêt particulier s’attache à ce voyage en ce (juc le passage du Nord-Ouest n’a jamais été ellèctué entièrement par un navire. En 1850, partant du détroit de Béring, Mac Clure arrivait avec Vlni'e^li-(jdlor à la terre de Banks, et, après trois hivernages, abandonnait son navire pour traverser à pied la banquise et rejoindre un autre bâtiment anglais emprisonné à l’ile Bcccbey et qui, lui, était arrivé par l’Atlantique. Sur ce navire, Mac Clure et ses compagnons revinrent en Europe, par l’Est, ayant ainsi accompli le trajet du Pacifique à l’Atlantique le long de la côte de l’Amérique boréale.
- Au cours de la longue série des explorations arctiques entreprises par la marine anglaise, après les guerres du premier Empire, en 1851, James Clark, «pii devait plus lard s’illustrer dans l’Anlarcliquc, découvrit le pôle magnétique sur la côte ouest de la presqu’île Boolhia Félix (côte nord de l’Amérique boréale) par 70° 5' de laf. et 96° 4G' de long. 0. de Gr. — Depuis, ce pôle s’est déplacé, et à la recherche de son gisement actuel le capitaine Amundsen compte s'employer, au cours de sa traversée de l'archipel polaire américain.
- Sur les travaux de cette expédition deux lettres du chef de la mission publiées par le journal Mor genbladel, de Kriüiania, apportent d’instructifs renseignements.
- Après avoir traversé l’Allantique et relâché à Godhavn, la capitale du Grônland danois septentrional, le capitaine Amundsen gagna l’ile Dalrymple dans la baie Melville, pour s’y ravitailler. Tellement exigu est son navire qu’il n’avait pu, au départ, recevoir tout le matériel nécessaire à l’expédition et qu’une bonne partie des approvisionnements avait dù être transportée sur cette île par deux baleiniers anglais qui fréquentent ces parages. Une fois ce dépôt pris à bord, les Norvégiens firent route dans l’ouest et entrèrent dans le détroit de Lancaslre.
- Au début tout marche à souhait, la mer est complètement libre; jusqu’à l’ile Beechey (à la pointe du sud-ouest du North Devon) aucune glace. Mais, à partir de ce point, la situation change. Ue détroit de Peel que suit ensuite le Gjoa est rempli par une épaisse banquise; avec cela, une brume intense; en outre, dans celte région toute voisine du pôle ma-
- gnétique, la boussole ne donne plus la moindre indication. Dans de pareilles conditions, à quels dangers un navire n’est-il pas exposé sur un bras de mer de tous côtés enserré par des terres ! A tatous, pour ainsi dire, Amundsen poursuit sa roule, mais dans cette nuit profonde, il a la mauvaise chance de s’échouer. En bâte on jette du matériel; ainsi délesté et sous l’impulsion d'une tempête, le navire recouvre bientôt la liberté de ses mouvements et parvient jusqu’à la côte sud de l’ile du Boi-Guillaume, où il prend ses quartiers d’hiver, le 12 septembre 1905.
- Une fois les observatoires installés à terre; suivant l’exemple des expéditions de Nansen et de Sverdrup, l’équipage du Gjoa travaille à se constituer pour l’hiver un copieux approvisionnement de viande fraîche. Les rennes sont abondants et en un mois les chasseurs réussissent à en abattre une centaine.
- L’hiver est consacré à des observations météorologiques et magnétiques régulières. En février se produisent les grands froids; pendant ce mois est enregistré le minimum absolu —40°,5.
- Après cela, le 1er mars 1904, les explorateurs parlent installer un dépôt de vivres en vue d’une excursion ultérieure dans la direction du pôle magnétique. Cette reconnaissance fut rendue très pénible par un froid excessif. Pendant celte marche on observa 01°,7. Pareille température n’avait pas été encore, croyons-nous, relevée dans l'archipel polaire américain; seulement au pôle du froid de Sibérie, et dans la Sibérie orientale, des minima aussi Las et même inférieurs ont été notés : —01° à Touroukausk,
- — 04°,8 à Iakoutsk, —07°,8 à Verkoyansk.
- Un mois plus lard, le capitaine Amundsen, suivi d’un seul compagnon, partit à la recherche du pôle magnétique. Malheureusement des Eskimos ayant pillé le dépôt de vivres, il fut contraint à-la retraite avant d’avoir réussi à atteindre le point cherché.
- Afin d’obtenir une longue série d’observations magnétiques, l’expédition demeura au mouillage l’été et l’hiver suivants.
- Si l’été 1904 fut froid et pluvieux, en revanche, le second hiver se montra moins rigoureux et surtout moins long que le premier. Dès le mois de mars la température s’adoucit et, entre cette époque et la fin de mai, le thermomètre s’éleva plusieurs fois au-dessus de0°. D’ailleurs, alors que, l’année précédente, l’épaisseur de la couche de glace formée autour de la station avait atteint 5m,80, en 1904-1905 elle ne dépassa pas lm,70. Comme en 1905-1904 les plus basses températures se produisirent en février (minimum :
- — 45°,1).
- Les résultats scientifiques obtenus par l’expédition norvégienne jusqu’à la date de mai 1905 sont très importants. Ils comprennent d’abord une série d’observations magnétiques minutieuses s’étendant sur une période de dix-neuf mois et dans une localité très intéressante. Au havre d’hivernage, la déclinaison avarié ordre N. 10°AV. et N. 10° E., avec, à plusieurs reprises, de plus grandes amplitudes;
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- LA NATURE
- toutefois, le plus fréquemment elle ne dépassait pas N. 5° W. — En outre, Àmundsen et ses compagnons ont observé régulièrement les aurores boréales, recueilli d’abondantes collections ethnographiques des tribus eskimos qui fréquentent ces parages, entin exécuté de nombreuses reconnaissances topographiques et géologiques. Sans aucun doute les travaux de cette nouvelle mission norvégienne apporteront une précieuse contribution à la connaissance de celle partie de l’archipel polaire américain.
- Aussitôt après la débâcle de 1905, — en 1904 elle avait eu lieu le 1er août —, le capitaine Aniund-sen comptait appareiller pour achever la traversée du passage du Nord-Ouest. Avant d’atteindre la mer
- de Beaulbrt, il lui restait à franchir les détroits qui séparent du continent américain les terres Victoria et Wollaslon. Dans sa dernière lettre le vaillant explorateur norvégien annonçait son intention, une lois sorti des canaux, de pousser le plus rapidement possible vers le détroit de Béring, afin d’atteindre San Francisco en automne. Si les glaces ou quelque accident l’empêchaient de mettre à exécution ce projet, Amundsen se proposait de gagner à tout prix les îles Bailie à l’entre'e orientale de la mer de Beaulbrt, près du cap Balhursl, où les baleiniers américains hivernent parfois.
- L’arrivée du Gjoa dans un port américain et même au détroit de Béring, où le télégraphe parvient au
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- Itinéraire; d A Truindscns, 2903 - Mais ISOS
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- Itinéraire de Mac dure dans la traversée, dus Passage, dus JVord~£st (1850-18S3)
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- Itinéraire de l'expédition Amundsen à travers l'archipel américain.
- jourd’hui, n’ayant pas été signalée, il est clair que quelque accident ou incident de navigation s’est produit. Cette crainte est d’autant plus justiliée que les glaces ont été très abondantes l’été dernier dans la mer de Beaulbrt et que la Hotte baleinière de San Francisco se trouve bloquée et en détresse sur la côte nord de l’Amérique. Dans ces conditions, il importe de se préoccuper du sort des vaillants explorateurs ; toujours animés d’un esprit fécond de solidarité, les Norvégiens ne failliront certainement pas à cette tâche.
- Ces renseignements sont extraits de deux lettres écrites par le capitaine Amundsen, sous les dates du 24 novembre 1904 et du 22 mai 1905 qui nous sont parvenues par l’intermédiaire d’Eskimos. Pendant
- ses hivernages, à la terre du Roi-Guillaume, l’expédition norvégienne ayant reçu la visite d’indigènes de la côte Est de la baie d’Hudson, leur confia son courrier pour être remis au poste du cap Fullerton. Sur ce point, en 1905, le gouvernement canadien a installé une station occupée par une escouade de la Royal North-West Mounted Police, afin d’assurer l’ordre parmi les baleiniers cl les trappeurs. De là le vapeur chargé chaque été du ravitaillement du poste a ensuite transporté les lettres des explorateurs norvégiens au Canada, d’où elles ont suivi vers l’Europe. Un courrier a mis ainsi six mois à parvenir de la terre du Roi-Guillaume à Kristiania. Mais si la poste arctique est lente, elle a, sûr celle de plusieurs pays d’Europe, l’avantage d’être sure. Charles Rarot.
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- L’EXPLOITATION DE LA « HOUILLE BLANCHE » COMESTIBLE
- La a houille blanche », chacun le sait, c’est, dans une poétique image, ou plutôt, dans une gracieuse métaphore, la belle glace des glaciers de montagnes.
- Fn fournissant, par fusion, l’eau motrice aux turbines induslrielles, elle fait et fera, de plus en plus, concurrence à la « houille noire » des mines pour la production des laborieux « chevaux de puissance » des usines. On évalue déjà à près de 2 millions de chevaux la puissance hydraulique ainsi captée dans le monde entier : la France figure pour une puissance d’environ 105 000 chevaux dans ce total.
- Or, le célèbre glacier des Bossons, près de Cha-monix, est un des plus superbes gisements de houille blanche connus; mais là, on ne se contente pas de lui faire fournir de la force motrice ; on en mange!
- « Cette glace est belle et d’une pureté remarquable. Pourquoi ne s’en servirait-on pas afin de rafraîchir les boissons et de conserver les aliments principalement dans la région lyonnaise? » se sont dit des gens ingénieux. « Pourquoi ne pas autoriser ces gens ingénieux à prélever une récolte de glace sur le glacier? » s'est dit aussi la ville de Chamonix, « le
- Fig. 1. — Bas du glacier des Bossons; altitude du bas du glacier : 1215 mètres environ.
- glacier saura bien refaire ce qu’on lui aura emprunté ».
- Telle est la raison pour laquelle, principalement depuis dix ans, on mange la « houille blanche » du glacier des Bossons (fig. I). IJn adjudicataire, par périodes renouvelables de six années, paye dans ce but une redevance annuelle de 600 francs à Chamonix, et chaque jour, du printemps à l’automne, il expédie sur Lyon 50 000 kilogrammes de glace qui s'y font fort apprécier.
- Le procédé d’exploitation est simple ainsi que l’on va pouvoir en juger.
- C’est par le bas du glacier que commence l’attaque. S’il fait voûte, comme le représente notre dessin (fig. 2), la houille blanche s’abat comme la houille
- noire des galeries de mines; il suffit de « ha ver » la partie inférieure et de « miner » la partie supérieure pour détacher le gros bloc suivant la ligne aa'. Le havage se fait en b à la pioche et avec de petites cartouches de dynamite, sur une profondeur qui varie de lm,50 à 2 mètres.
- Le glacier étant ainsi dégagé du bas sur une assez grande longueur, on pratique sur le dessus à l’aide d’un instrument nommé « drague », sorte de ciseau à froid attaché au bout d’un long manche, des trous de 6 à 8 centimètres de diamètre, et de 6 à 8 mètres de profondeur. Ces trous se font à 4 ou 5 mètres les uns des autres, d’axe en axe, et leur nombre dépend de l’importance du bloc à dégager : c’est une question de pratique et d’expérience. Trois ou quatre trous
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- LA NATURE.
- suffisent souvent pour alimenter le travail d’exploitation de toute une journée (fig. 2 et fig. 5). On charge ces trous avec 7 à 8 kilogrammes de poudre noire dans laquelle aboutit une « corde à feu » ou « cordeau combustible » goudronné, destiné à produire l’explosion : le bourrage du trou se lait avec
- de la terre.
- Remarquons l’emploi de la poudre noire : on a essayé aussi la dynamite, mais on y a bien vile renoncé pour cet usa-
- Fijï. 2. — AbaUigc do la glace. 8®* ® Ulie paît, elle
- élait trop brisante et cassait la glace en morceaux trop petits; d’autre
- part, elle teintait légèrement, mais désagréablement, en jaune, la glace abattue. On s’est donc résolu à « faire parler la poudre » tout simplement.
- Fig. 5. — La disposition des sériions d’abalagr.
- L’exploitation actuelle du glacier se fait sur une largeur d’environ 80 mètres : les ouvriers s’arrangent toujours de façon à découper, par tranches horizontales autant que possible cc', la partie du glacier à
- faire sauter.
- Ainsi, en dd (fig.5), la partie ce’ étant enlevée, on débiterait d’abord la tranche 1, puis la tranche 3, et enfin la tranche 2. Il arrive parfois qu’en profondeur on réussit à faire sauter jusqu’à 50 ou 60 mètres : le gros du travail consiste alors à dégager, par le bas, la partie à enlever.
- Voilà les blocs de glace détachés, abattus. On les taille alors, on les façonne, sous des formes parallélépipédiques : puis, au moyen d’un outil spécial à la région et nommé crespy (fig. 5), on les amène dans le bas du glacier, et on les lave dans l’eau pure et limpide, dans le véritable cristal liquide du torrent que produit le glacier lui-même sous l’action des rayons solaires.
- Ensuite les blocs de « houille blanche », bien net-
- Fig. L
- Les trous d’abatage de la glace..
- toyés, sont dirigés dans deux « longs couloirs » dont notre ligure 6 donne la coupe transversale et les dimensions.
- Ces couloirs sont faits en planches de sapin grossièrement débitées : leur longueur est d’environ 800 mètres, et on leur fait faire des lacets, on leur fait décrire des sinuosités, afin d’éviter que les blocs de glace ne prennent la vitesse trop forte que leur communiquerait la ligne directe « de plus grande pente ».
- Les couloirs sont supportés par des chevalets en bois et la différence de niveau entre leurs extrémités varie entre 150 et 200 mètres.
- Au cours de l'exploitation de la glace, par suite de l’exposition an soleil, il se produit sur les blocs une sorte de cristallisation superficielle : onia fait disparaître par un séjour de un ou deux jours des blocs
- ?o --
- Fgga
- Flanches de. sapin ou, rnélèxf
- Fig. Ct. — Le couloir pur lequel descendent les blocs de glace.
- dans un hangar spécial à double paroi isolante (fig. 7) en bois, dans l’intervalle de laquelle on met de la sciure de bois. Les blocs y prennent une agréable couleur vert clair.
- Au sorLir du hangar, la glace est conduite à la gare du Fayet-Saint-Gervais, où la traction électrique fait place à la traction à vapeur. Là elle est chargée dans des bennes spéciales (fig. 8) destinées à faciliter son transbordement. Le travail d’exploitation du glacier commence et il se termine chaque année avec
- Fig. 7. — Coupe d’une des pa- Fig. 8. — Benne iermée ; benne rois du hangar où les blocs ouverte, pour le transport des de glace sont déposés. glaces.
- l’ouverture et la fermeture de la fort pittoresque ligne électrique de montagne de Chamonix au Fayet : pendant le restant de l’année, on trouverait bien encore des consommateurs de glace, moins nombreux assurément que pendant les temps chauds : mais le camionnage des blocs des Bossons au Fayet serait trop onéreux.
- Combien faut-il de travailleurs pour attaquer et mettre en quartiers le Glacier géant?
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- Treize seulement, qui se répartissent ainsi qu’il suit : 8 sur la glace, 1 pour l’entretien du couloir, 2 au hangar, et 2 autres à la gare pour l’expédition. Leur salaire varie entre 4IV,50 et 5 i'r. par journée de travail.
- Les hommes, pour monter sur le glacier, taillent des marches dans la glace, avec le talent spécial que les montagnards savent apporter à celte besogne : ils se servent aussi d’échelles dans certains passages difficiles. Une fois montés, ils piquent dans la glace, en arrière de leur point de travail, une barre de fer à laquelle ils attachent une longue corde laquelle, pendant toute la durée de l’opération, leur servira « de rampe » à la montée et à la descente.
- La houille blanche ainsi débitée est, nous l’avons dit, d’une remarquable et alléchante pureté, et son eau de fusion ne contient aucun sel chimique. Une seule fois, il y a deux ou trois ans, les abatteurs de glace y tirent une macabre trouvaille : c’était une lète humaine, en parfait état de conservation, séparée du corps. On eut vile fait de savoir d’où elle provenait : c’était la tête d’un infortuné touriste tombé, plusieurs années auparavant, dans une crevasse du glacier, et dont on avait déjà retrouvé le corps décapité.
- Telle est, sommairement, la façon dont on met en exploitation aux Bossons, « la houille blanche comestible )). Est-ce adiré que les autres glaciers n’ont, suivant le proverbe, « qu’à se bien tenir » pour éviter d’être dévorés? Nous ne le pensons pas. Le progrès des procédés de fabrication de la glace artificielle leur permet de lutter avec avantage, en dehors de quelques régions, contre la glace naturelle, et celle-ci ne constituera, en tout étal de cause, qu’un agréable appoint. Max oe Nansouty.
- LA DÉSOBSTRUCTION DES ABIMES
- Les cavernes des Mendip-Hills (Angleterre)
- Bien que la multiplicité croissante des découvertes de grottes, due à l’extension considérable des recherches souterraines, dites spéléologiques, ait fini par rendre ce sujet monotone et par nous imposer l'obligation d’en restreindre les relations, il est cependant telles de ces explorations que leur importance scientifique empêche absolument de passer sous silence : de ce nombre se trouvent celles conduites depuis 1901 par M. Balch (de Wells) (avec l'assistance de MM. Baker, Bamlbrlh, Morland, etc., etc.) dans le Somerset au sud-ouest de l’Angleterre1.
- Il s’agit des abîmes et; cavités naturelles des Mendip-Hills, plateau de calcaire carbonifère situé entre Bristol et Wells; dès le milieu du xixe siècle, le professeur Boyd-I)a\vkins exécutait (1859-1864), dans plusieurs de ces grottes, de remarquables fouilles
- 1 Pour plus de détails sur ces recherches, voy. H. C. Balch : Les cavernes des Mendip-Hills, Spelunca, n° 59 (Mém. do la Société de spéléologie; décembre 1904).
- paléonlologiques, dont il a fait connaître le résultat; en un bd ouvrage (devenu fort rare) Cave-li'tint'ing (Londres, 1874). De tout temps, d'ailleurs, quelques-unes dos grottes des Mendip-Hills avaient suscilé la curiosité (Wookey llole est mentionnée par Clément d’Alexandrie, au ne siècle, cl décrite en 1478 par Cuillaume de Worcester et en 1680 par John Beaumont) <pii s’est trouvée réveillée en 1898 par la decouverte des nouvelles salles à stalactites de la Coiigh’s Cave, à Cheddar.
- Mais les dernières recherches, se plaçant principalement aux points de vue géologique, hydrologique et hygiénique ont obtenu des résultats neufs et du plus haut intérêt : j’ai pu le constater sur place, en juin 1904, sur l’invitation même et en compagnie de M. Balch.
- Comme en Irlande, en Derbyshire et Yorkshire 1, la circulation interne des eaux des Mendip s'effectue parmi Jcs (joints d’absorption (nommés swallets), les cavernes et les résurgences (nommées risings), des calcaires carbonifères fissurés; — les abîmes sont, presque tous, des points d’engouffrement des eaux, pratiqués (entre 250 et 500 mètres d’altitude) dans un synclinal formant plateau au contact du calcaire et du vieux grès rouge; ils engloutissent en permanence des ruisseaux abondants, et ne sont donc point hors de service comme la plupart des gouffres de l'Europe centrale et méridionale ; — ils se trouvent en relation directe avec des gisements métallifères de plomb et de calamine, dont l'ancienne exploitation (aujourd’hui abandonnée) a jadis et à maintes reprises rendu toxiques des eaux de résurgences et rivières au pourtour de la base du plateau (constatations de John Beaumont, à Wookey Dole, de 1680) ; — enfin les nombreuses vallées desséchées (Burringfon-Combe, Cheddar-Cliifs, etc.), qui entament toute la périphérie des Mendip-Hills, témoignent, comme partout, de l’ancien écoulement .superficiel des ruisseaux et de leur capture par les puits naturels successivement ouverts et élargis dans les fêlures delà-roche calcaire.
- Mais les trois particularités suivantes doivent attirer spécialement l’attention :
- 1° C’est par la méthode de la désobstrue! ion artificielle, dont j’ai recommandé l’emploi depuis longtemps, que M. Balch et ses collaborateurs ont pu réaliser, dans des gouffres bouchés, des descentes et des constatations inattendues, lé long des écoulements souterrains : à 120 mètres de profondeur (1901) au swallet de Swildons llole, dans l’intérieur duquel on a réussi à désamorcer un siphon naturel; — à 150 mètres de profondeur avec 600 mètres de parcours (dans la direction de la résurgence de l’Axe à Wookey-Hole, altit. 40 mètres, distance 1500 mètres) au swallet (fig. 1) à'Eastwater Cavern (après dix jours de travaux de débouchage pour perforer 50 mètres d’argile et d’éhoulis obslruc-
- 1 Voy. n“ 1182 du 25 janvier 1896 et mon ouvrage Irlande et cavernes anglaises (Paris, Delagrave, 1897) sur mes recherches souterraines en Angleterre, en 1895.
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- LA NATURE.
- Fig-, 1 — Euslwater-Swiillcit.
- leurs), etc. Ces entreprises ont été des plus périlleuses et fort coûteuses (1902-1904).
- 2° Car suite de l’existence, sur les flancs des Mendip-Hills, de dépôts de conglomérats dolomi-tiqucs triasiques (Keuper), d’assises rhéliennes et d’alluvions peut-être glaciaires, en discordance sur le carbonifère, la sortie de l’eau aux résurgences s’opère sous trois modes : A, par les grandes fissures mêmes du calcaire quand il affleure librement (à Cheddar, etc.); H, à travers les crevasses du conglomérat dolomitique (l’Axe à Wookey-llole, etc.); C, en venues d’eau aveuglées par les alluvions (puits de Saint-André à Wells, etc.). — La conséquence de cette disposition, c’est que l’on pourra, notamment à Wookey-IIole, quand les explorations en cours auront lait élargir de nouvelles galeries récemment trouvées, rechercher si le conglomérat dolomi-lique s’y montre déposé en longues couches d’anciens rivages, régulièrement superposé au calcaire, ou bien accumulé en poches de remplissage, dans des vides préexistants du carbonifère; c’est-à-dire que l’on vérifiera matériellement l’hypothèse de M. liai ch (déjà esquissée en 1874 par boyd-Dawkins) sur le très ancien creusement de certaines cavernes des Mendip-Hills avant meme l’époque du Keuper. L’allure du conglomérat, sous les voûtes de Wookey-Hole, m’a paru d’ores et déjà bien adéquate à cette idée. Et il faut s’attendre à ce que l’on recueille ici la preuve formelle que des cavernes ont été creusées là antérieurement au trias; je rappelle, à ce sujet, que depuis longtemps je considère, avec MM. De Launay, Van den broeck, boule, etc., que le creusement des cavernes a pu commencer aux plus lointaines époques géologiques et que les poches à phos-phorites, entre autres, du Quercy et les Albanets de Couvin (belgique) sont les témoins de grottes ou abîmes au moins éocènes.
- 5° Les émergences du puits de. Saint-André, à Wells même (fig. 2), nous fournissent un très intéressant et nouveau renseignement sur la chrono-
- métrie de l’érosion et de la corrosion souterraines.
- Dans une récente Note à l’Académie des sciences, à laquelle je ne puis que renvoyer (Comptes rendus, 12 décembre 1904), j’ai montré comment les tassements et lézardes, depuis six siècles et demi, de la cathédrale de Wells étaient dus au travail de la source sur laquelle l'édifice est construit, et comment ce travail est ici fort lent : seulement 12 à 15 centimètres d’approfondissement des canaux naturels de la source en six cents ans ; alors qu’ailleurs on l’a vu atteindre plusieurs décimètres en quelques années, dans des calcaires moins résistants «pie le carbonifère. Au point de vue du pittoresque et de l’exactitude documentaire, j’ajouterai quelques indications sommaires.
- La désobslruction et l’investigation méthodiques des swallets présenteront le double intérêt, d’abord, de faire connaître des cavités grandioses comme celle de Lamb Lair (découverte dès 1760 lors des travaux miniers, perdue, puis retrouvée en 1880), ensuite et surtout de fournir une importante contribution aux notions modernes de l’hydrologie souterraine; non seulement on déterminera ainsi les relations précises entre les points d’engouflfement, de ruissellements [dus ou moins contaminés et les réapparitions d’eaux ou fausses sources qu’on a tort d’employer à l’alimentation, du moins sans grandes précautions (c’est ainsi que la ville de bristol a capté la résurgence de bickford dont l’eau, engouflfée en amont, se retrouve dans la caverne même de Goalchurch), mais encore on se rendra compte des procédés matériels de l’aflouillement intérieur; à Eastwaler-Swallelt déjà on a observé en juin 4904 qu’un couloir de 50 mètres de long avait été entièrement déblayé en 1905 (par une crue souterraine), des sables, des galets et détritus qui l’obstruaient antérieurement.
- Fifr. 2. — Puits de Saint-André, à Wells.
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- Fig. 3. — Concrétions de Cox’s Cave.
- D’une façon générale toutes les cavernes jusqu’à présent reconnues dans les Mendipne sauraient rivaliser, ni en étendue, ni pour la splendeur des concrétions, avec les principales grottes d’Autriche-llongrie, de France, de Belgique, des Baléares : cependantWookey-llole est remarquable parles (rois siphons successifs qui régularisent la venue au jour île la rivière Axe, — par les galeries supérieures (anciens passages d’eaux) qui permettent de contourner deux de ces siphons comme à Adelsberg (Autriche), Couvin (Belgique), Marble-Arch (Irlande), etc., — et par le polissage merveilleux des brèches dolomitiques, aussi brillantes que les couloirs de marbre rouge de la grandiose grotte des Echelles ou de Lombrive dans l’Ariègc.
- La caverne de Gough n’est point, contrairement à une réclame excessive, la plus grandiose du monde, bien que les stalactites du Temple de Salomon, de Niagara-Fall, du dôme de Saint-Paul, fort bien éclairées à la lumière électrique, puissent se dire véritablement les plus belles de l’Angleterre; cette grotte n’a nullement été reconnue, comme le prétend un fantaisiste article de Science, Arts, Nature du 20 sept. 1902, à plus de 3 kilomètres de distance du point extrême oîi accède le public ; à 600 mètres seulement de l’orifice on a pénétré jusqu’à présent ; et c’est par des travaux de déblaiement que MM. Balch, etc., cherchent à y découvrir le cours souterrain actuel des eaux courantes qui ont excavé jadis les parties parcourues : en janvier 1904 on y a fait, dans un de ces déblaiements, l’étrange trouvaille d’un squelette préhistorique qui paraît avoir été intentionnellement inhumé dans un passage bas, à une époque de transition entre le paléolithique et le néolithique.
- Bien plus originale m’a paru, malgré ses très petites dimensions, la caverne toute proche de Cox connue depuis 1837 : j’y ai admiré une profusion de menues colonnettes et draperies de calcite, telles que je n’en ai vu nulle part : il n en est guère qui dépassent un mètre de dimension, mais leur incroyable délicatesse et leurs riches colorations font de l’intérieur de Cox’s Cave un véritable bijou souterrain. Toutes les gammes du rouge, depuis le rose tendre
- jusqu’au brun foncé et même certaines nuances violettes décorent ses scintillantes cristallisations. Aucune grotte ne présente, à ma connaissance, semblable variété de teintes : elles sont dues à la décomposition, par les eaux d’infiltrations, des dépôts minéraux que les émanations métallifères ont accumulés dans toutes les fissures des Mendip-Hills. Car ce plateau présente la même curieuse relation avec les minerais de plomb, etc., que les grottes du Derbyshire, du Wisconsin, du Nevada, de l’Attique. J’ajoute qu’à Cox’s Cave les gours ou bassins de calcite, construits par les anciennes eaux courantes, reposaient sur des amas d’argile qu’on a enlevés : ces gours sont donc maintenant absolument suspendus comme d’immenses et sculpturaux bénitiers; on passe dessous en se courbant, et comme on a soin de les maintenir pleins d’eau pour que les concrétions s’y réflèlent(fîg. 3), l’ensemble, quoique de dimensions miniaturesques, est tout à fait fantastique et ne répond absolument à rien de déjà vu.
- Quant à la gorge de Cheddar, dont le site devrait être, par toute l’Europe, plus réputé encore pour sa beauté pittoresque que pour sa célèbre industrie fromagère, elle est véritablement majestueuse, grâce à son étroitesse et à ses verticales falaises de 150 mètres d’élévation (fig. 4) : il est bien vraisemblable, conformément à l’idée de M. Balch et à la théorie que j’ai maintes fois développéejci même, que
- I'V- 4- — Cheddar ClilTs.
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- dos écroulements siiooossifs ont concouru à l;i forma-Iion do oollo vallée, do oo canon anjonrd'lmi complètement à soc, depuis que son ancien torrent a élé capturé par les swallels du plateau En scrutant à lond les innombrables orifices do grottes, la plupart presque inaccessibles, qui trouent; ses murailles, il est évident, qu'avec du temps et de. l’énergie, on saura n'consliluer l’histoire de l’évolution géologique et hydrologiqne des Mendip-Ilills, et aussi rejoindre' sous terre les courants d’eau depuis longtemps en-louis dans les entrailles du sol. 11 y à Là un ensemble de nianileslations spéléologiques tpii mérite à la fois de ne pas rester ignoré du public, et d’élre exploré à lond et savamment à tous points de vue, tant de la curiosité pure que des applications utilitaires.
- K.-A. M.\ntkl.
- L’EXPLOITATION DE L’ACAJOU
- sur la Côte d’ivoire
- L’acajou ou Cedrela oilorata (famille des Cédrélacées) est caractérisé par un bois généralement compacte, odorant et agréablement veiné. Son écorce constitue impuissant astringent et peut remplacer le quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes. Mais le principal intérêt de son exploitation est, comme chacun sait, son emploi en ébénisterie.
- Après celle du caoutchouc, l’exploitation de l’acajou serait une des plus rémunératrices de la forêt, n’étaient la pénurie des moyens de transport, le peu de navigabilité et de flottabilité des rivières de la Côte d’ivoire, encombrées de rochers qui en défendent l’accès aux vapeurs et aux trains de billes. C’est sur les rives du Gavally, navigable sur 80 kilomètres, et sur les bords des nombreuses et vastes lagunes, que l’exploitation est la plus intense.
- L’abatage et l’équarrissage sont confiés aux soins de la population de la côte de Krou ou de la côte d’Or; on organise ces très robustes et excellents travailleurs par équipes de 16 hommes et d’un chef que l’on pave environ à raison de 60 centimes par jour et par homme. Une telle équipe abat aisément cinq acajous en une journée, ce qui fournit pour quatre journées de travail à l’équarrissage ; le rendement obtenu ainsi est de 150 mètres cubes par mois, ce qui représente une valeur annuelle de 72 000 francs, en estimant le mètre cube à 40 francs. La valeur marchande en Europe varie de 75 à 80 francs le mètre cube, sauf pour certaines billes d’une rare beauté qui ont atteint parfois jusqu’au prix fabuleux de 18 000 francs la pièce. Il est permis de croire que la direction des chantiers par un Européen, aidé de contremaîtres sénégalais, augmenterait leur rendement.
- Le commerce de l’acajou est tout entier aux mains de traitants noirs, correspondants de maisons anglaises, qui exploitent ainsi la colonie française et en retirent tous les avantages. C’est à Liverpool que l’importance des arrivages atteint son maximum; mais depuis quelques années, Hambourg commence à faire une concurrence redoutable au grand port anglais; parmi les diverses causes qui ont motivé cette évolution, il convient de signaler au premier chef l’activité commerciale déployée sur les lieux mêmes par les capitaines des steamers allemands, qui opèrent comme de véritables trafiquants. Quant à la France, elle reçoit aussi de l’acajou par le Havre, mais elle vient loin 1 Yoy. n° 1187, du 29 février 1896, p. 199.
- en arrière des deux puissantes rivales qui vivent à ses dépens. Il ne sera possible pour elle de les concurrencer, que le jour où l’on aura institué dans le pays un système de banque et de crédits bien organisés, qui, en avançant aux traitants les deux tiers de la marchandise frétée, per-mellMt d’obtenir d’eux qu’ils dirigent leurs envois vers les débouchés français, bordeaux, le Havre, Marseille. Ce système des crédits documentaires, largement pratiqué dans les colonies anglaises, a toujours favorisé le courant d’immigration nécessaire au développement colonial.
- P. Loncocuk.
- MAGNÉTO BRÉGUET
- Système de Saint-Romain, pour allumage par bougies des moteurs d’automobiles
- La magnéto Bréguet, système breveté de SainI-Hmnain, construite par la maison Hréguet à Paris, appartient à la classe des magnétos à courant d’induction de haute tension. Elle est spécialement adaptée à l’allumage des moteurs h 4 cylindres pour automobiles.
- Le système inducteur de celte machine (voir schéma lig. 2), du type multipolaire, est; constitué par un faisceau d’aimants formant couronne enveloppant toute la machine et fixés sur A épanouissements N S de polarités alternées et se suivant à 90° les uns des autres; le tout a l’aspect d’une sorte de cage à l’intérieur de laquelle se meut l’induit. (Sur le schéma, les aimants sont supprimés.) Cette cage, montée dans un boîtier en aluminium servant de bâti, peut; recevoir, de son coté, un déplacement angulaire lorsqu’on veut faire varier l’avance à l’allumage.
- La construction de l’induit repose sur un principe nouveau.
- Les enroulements primaire /j et secondaire /'2, bobinés concentriquement, sont de formés cylindriques et enveloppés par une forte carcasse en ébonite. L’exécution de ces bobinages se fait suivant la méthode employée pour l’établissement des bobines Ruhmkorlf; l’isolation entre les deux enroulements et dans les diverses couches de ceux-ci présente la même sécurité que pour cette classe d’appareils.
- Là bobine complète est calée sur un noyau cylindrique feuilleté prolongé à chacune de ses extrémités par deux bras A, A' qui viennent enserrer sa surface extérieure, de sorte que l’armature complète présente extérieurement l’aspect d’un cylindre muni de quatre pièces en fer ou épanouissements H, B' (fig. 2).
- L’ensemble est solidement assujetti sur des flasques latéraux portant les tourillons et les organes accessoires (fig. 1, n° 5). La rotation de l’armature en présence des épanouissements du faisceau d’aimants produit dès variations périodiques du flux qui engendrent une force électromolrice de basse tension dans l’enroulement primaire.
- Le primaire est connecté d’une part à la masse, en M" et, d’autre part, à travers un canal isolant, à une douille D à quatre bossages s, à s4 sur laquelle vient appuyer une came /.' dont l’autre extrémité
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- porte un grain de platine g, ordinairement en contact avec un autre grain relié à la masse, de sorte que le primaire est normalement en court circuit. Au passage sur les bossages de la douille, la came est déplacée et sépare brusquement les contacts en platine, interrompant ainsi le circuit primaire quatre lois par tour.
- De son coté l'enroulement secondaire est relié à la masse également en M" et à une touche métallique isolée / qui, pendant la rotation de l’armature, vient se présenter, chaque fois que le circuit primaire est coupé, en regard de quatre plots pl à pk disposés dans la monture du système inducteur fixe. De ces plots parlent les fils aboutissant aux bougies bl à bk. Un courant secondaire à très liante tension est induit par le flux de self-induction du primaire chaque fois que ce circuit est brusquement coupé.
- La magnéto produisant, grâce à son faisceau magnétique à 4 pôles, 4 étincelles par tour doit être conduite à vitesse moitié de celle du moteur, soit vers bOO à 600 tours par minute. Les organes mobiles fatiguent et s’usent donc beaucoup moins que ceux d’une magnéto à 1000 ou 1200 tours par minute. On conduit généralement la magnéto par l’arbre des cames,
- Des roulements â billes assurent la rotation parfaite du système sans les ennuis habituels du graissage, de l’usure des coussinets ; le passage du courant basse tension est aussi plus aisé qu’avec les tourillons glissants qui exigent toujours un certain jeu pour la lubrification ; aussi, n’estril besoin d’adjoindre aucun contact frottant supplémentaire sur ce circuit.
- Un condensateur G dérivé entre les points de rupture assure la conservation des grains de platine.
- Passons maintenant rapidement en revue les particularités de la machine dont la figure 1, n° 5, représente la vue d’ensemble. On aperçoit en avant de la figure 2 les prises pl à p,t des fils de bougies.
- Tout d’abord, la possibilité de déplacer angulai-rement le système inducteur, en même temps que le grain g à l’intérieur du bâti ou boîtier, permet de réaliser le plus efficacement l’avance à l’allumage si importante pour les moteurs à explosions.
- En général on se contente, avec les magnétos connues, de modifier l’époque de la coupure du primaire qui ne se fait plus alors pour la position correspondant au maximum de force électromotrice induite et, par conséquent, d’étincelle. Cela suffit tant qu’on ne recherche qu’une très faible avance à l’allumage, mais dès qu’on en dépasse une valeur minime l’étincelle haute tension diminue très rapidement.
- Dans la magnéto Bréguet, au contraire, on fait varier l’époque ovi se produit le maximum d’intensité en sorte que rien ne vient limiter l’avance à l’allumage que le gré du conducteur : l’étincelle se produit toujours identique à elle-même avec la tension et le volume maxima; la manœuvre s’obtient en agissant sur un levier qui apparaît sur la figure 1 n° 5.
- La mise en train est aussi obtenue par un procédé
- spécial et très commode. A cet effet, l’arbre de l’induit est pourvu d’un toc sur lequel vient agir, par l'intermédiaire d’un fort ressort, un plateau entraîneur recevant la commande du moteur, mais fou sur l'arbre de l’armature. Au moment du premier départ le toc peut être immobilisé par un levier dont un bossage vient s’engager en avant du toc. En donnant â la manivelle de mise en marche du moteur un mouvement même très lent, le ressort est comprimé entre le plateau et le toc et il arrive un moment où son effort dépasse celui résistant du levier; le ressort se détend alors et chasse brusquement l’armature à une vitesse suffisante pour que l’étincelle normale se produise. Une fois le départ obtenu on délace le levier et l’entraînement s’effectue comme si le toc, le ressort; et le plateau ne formaient qu’un ensemble rigide.
- Grâce â ce système il n’est plus besoin d’imprimer au moteur une vitesse initiale notable, ce qui est toujours assez pénible pour un moteur à quatre cylindres un peu puissant.
- Le dispositif est tel que l’« armé » de l’induit s’opère automatiquement de 90 en 00 degrés, ci1 qui assure la production de quatre étincelles par tour comme dans le fonctionnement normal. La figure 1, n° 2, montre l’ensemble de la magnéto vue du côté du dispositif de lançage.
- A côté de ces deux principes tout spéciaux, la magnéto Bréguet offre des dispositions de détail d’une importance non moins grande.
- On remarquera ainsi que la simplicité du mode d’enroulement, assurant une isolation entre spires aussi parfaite que pour les bobines Ruhmkorff, les surélévations de tension susceptibles de se produire ne présentent plus les dangers de court circuit entre spires, que l’on rencontre avec les armatures à enroulements d’exécution plus compliquée. Partant il n’est plus besoin de prévoir aucun parafoudre, organe toujours difficile à régler pour agir avec précision et même enclin, par son encrassement lorsqu’il a fonctionné, à produire ensuite de nombreux ratés d’étincelles.
- Nous avons dit, d’autre part, que l’enroulement secondaire aboutissait à une touche venant en regard des plots fixes reliés aux bougies ; un faible intervalle d’air sépare au passage la touche et chacun des plots, et doit être franchi à chaque émission par une petite étincelle qui se produit en même temps que l’étincelle principale. 11 en résulte, en vertu des phénomènes connus de disruption dus à la petite étincelle, que l’étincelle principale jaillit toujours à la bougie même en cas d'encrassement éventuel de celle-ci; l’étincelle secondaire est en quelque sorte renforcée par l’étincelle auxiHatrice.
- Cet avantage s’accompagne d’un autre non moins sérieux qui est la suppression de tout contact frottant sur le circuit haute tension. 11 n’y a plus ainsi ni pièces isolantes de construction délicate ni aucun souci d’entretien de ce chef.
- La magnéto Bréguet, système breveté de Saint-
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- Romain, offre en résumé, à l'attention des chauffeurs, les avantages incontestables suivants :
- 1" Partie mécanique robuste et simple avec rou-
- lements à billes; graissage et entretien nuis; 2° vitesse angulaire réduite à moitié de celle du moteur, condition favorable h une moindre fatigue des or-
- Fig. 1. — Machine magnéto Brcgucl.
- 1. Vue d'ensemble de l’armature. — 2. Vue du côté du dispositif de lançage. — 3. Induit. — 4. Inducteur. — 5. Ensemble extérieur.
- ganes en mouvement; o° bobinages cylindriques, isoler, pouvant supporter les surélévations de tension dont les divers éléments sont faciles à exécuter et à sans le concours d’un parafoudre, d’où simplifica-
- contact frottant et de toute pièce isolante délicate, donc aucun encrassement à redouter sur le circuit à haute tension ; 6° arrivée directe du courant haute tension aux bougies sans interposition d’aucun organe distributeur spécial ; 7° renforcement de l’étin-
- celle principale par la disruption produite dans le même circuit ; 8° production des premières étincelles au départ du moteur, indépendantes de la vitesse donnée à celui-ci. E. Brunswick.
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- NOUVEAUTES CYCLISTES
- Lévocydette et bicyclette à moteur
- Depuis que nous avons décrit la lévocyclette Svéa ici même, il y a trois ans1, l’usage de cette machine ne s est pas répandu autant que pouvaient le faire prévoir les sérieux avantages qu’elle offre pour le tourisme. On a sans doute été effrayé par la disposition des chaînes et surtout par la transmission pneumatique du changement de développement qui nécessitait de petits tubes de caoutchouc, flottant près du pédalier. Les complications ne sont cependant qu’apparentes, ainsi que nous avons pu nous en rendre compte en nous servant constamment de cette machine depuis quatre ans. Mais nous avons pu constater que tous ceux qui examinaient notre lévo-cycletle, et ils furent nombreux, nous faisaient généralement les mêmes observations et que c’est surtout le pet il tube de caoutchouc qui inspirait la méfiance.
- Depuis l’an dernier la maison
- modèle construit et il est aujourd’hui remplacé par un système si simple qu’il semble qu’il aurait dû se présenter dès le début à l’esprit de l’inventeur.
- On se souvient sans doute que dans la Svéa la transmission du mouvement des pieds à la roue motrice se fait au moyen de chaînes attachées à
- Fie.
- La bicvclelle Svéa modifiée.
- Fig. 2. — La bicyclette à moteur Terrot.
- Terrot, de Dijon, a acquis les brevets Palmkranlz et fabrique elle-même la machine; elle a complètement supprimé la transmission pneumatique et l’a remplacée par une disposition des plus ingénieuses. Les mécaniciens ont l’esprit ainsi fait que, le plus souvent, ils ne vont pas d’abord vers les solutions les plus simples; aussi, la lévocyclette qui a subi avec succès le « Concours de tourisme », organisé dernièrement par le Touring-Club de France, présentait-elle un mécanisme très compliqué et délicat. Ce fut le seul
- 1 Voy. n° 1536, du ltr novembre 1902, p. 359.
- deux leviers oscillanfs. Considérant un seul côté, l’autre étant identique, nous voyons (fig. 1) que la pédale est fixée dans une position immuable à l’extrémité P du levier PDB et qu’à l’autre extrémité B s’attache la chaîne qui s’enroule sur le moyeu : c’est ce point d’allache qu’il s’agit de modifier en cours de marche ; plus il se rapprochera de D, plus la différence des bras du levier sera grande et moins l’effort sera pénible sur la pédale ; moins grand aussi sera le développe-1 ment. Or, pendant la marche, ce point d’attache B, quelle que soit sa situation sur le bras de levier, oscille constamment devant le tube HA du cadre. C’est sur cette observation qu’est basé le nouveau système. Sur ce tube fixe 11A on a disposé un coulisseau portant deux plans inclinés À; une transmission souple, allant au guidon, permet, en tournant la poignée, de faire monter ou descendre ce coulisseau d’une quantité déterminée. Au passage du bras de levier DB, un petit taquet, qui termine la chaîne, s’engage sur l’un des plans inclinés et bascule de bas en haut, ou de haut en bas, selon le plan qu’il aura rencontré, et fait monter ou descendre la chaîne d’un cran.
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- Les mêmes plans inclinés existent de l'autre coté du tube I1A, ils sont solidaires du même coulisseau et la même transmission les commando, de sorte (pie le changement s’elïêctue pour les deux pieds par un seul mouvement delà poignée.
- 11 y a lieu de remarquer qu’il se fait toujours, au moment où le levier monte, c’est-à-dire quand la chaîne est détendue et qu’il suflit d’une force insigniliante pour le produire ; le mécanisme n’est par conséquent pas sujet à sc détériorer.
- Les bras du levier portent 12 crans, faisant varier le développement de 7,GO m. à 2,55 ni. en passant par tous les intermédiaires; il y a ainsi une progression continue et on n’a pas la surprise désagréable, et parfois fatigante, qu’on éprouve quand on passe brusquement du grand au petit développement, ou réciproquement. La manœuvre s’apprend très vile et on y est familiarisé en moins d’une heure de promenade. U faut espérer que ce perfectionnement apportera un nouveau contingent aux adhérents de la Iévocycletle qui, à notre avis, est la vraie machine du touriste.
- Sans quitter la maison Terrot, nous sommes heureux de constater qu’elle a adopté aussi, en ce qui concerne la motocyclette, les idées que nous avons toujours émises et que nous développions encore ici dernièrement1.
- Sans abandonner son ancien type, relativement lourd, qui a ses partisans, elle vient d’entreprendre la construction de la motocyclette légère, qu’on caractérise bien par la désignation de « bicyclelle à moteur ».
- C’est en effet une bicyclette ordinaire, simple ou rétro-directe, un peu renforcée, sur laquelle on a adapté un moteur de 1 cheval 1 /2 qui est logé dans le cadre (lig. 2), ainsi que le réservoir, la bobine et les accumulateurs. De larges ailettes qui entourent le cylindre et la culasse du moteur favorisent le refroidissement ; un pot d’échappement E, d’un nouveau modèle, rend la machine assez silencieuse pour qu’elle puisse circuler dans l’intérieur d’une ville sans effrayer les chevaux. 11 n’y a que deux mancLlcs à manœuvrer, l’une règle la quantité de gaz, l’autre donne l’avance à l’allumage et sert en même temps à lever la soupape pour supprimer la compression au moment du départ. L’un des deux freins porte un coupe-circuit de façon à supprimer l’allumage et, par suite, l’action du moteur au moment de l’arrêt. Le tout ne pèse que 52 kg et on peut monter les côtes de 8 pour 100 sans pédaler; pour les côtes plus fortes il suflit d’aider un peu le moteur ; on peut faire 55 kilomètres à l’heure, ou marcher à 10 kilomètres, c’est une machine d’une grande souplesse et très facile à conduire. Nous ne demanderons qu’une chose au constructeur : c’est d’ajouter un débrayage, ce qui est facile, car il y est presque.
- On voit, en effet, que la courroie est munie d’un galet tendeur T qu’on peut faire monter ou descendre
- 1 Yoy. uu 1008, du 13 mai 1903, p. 578.
- au moyen d’une lige M ; celte disposition a été prise dans le but d’obtenir un meilleur rendement de la courroie en la forçant à envelopper la poulie sur une grande partie de la circonférence ; dans ces conditions on n’a à toucher au tendeur que rarement pour retendre la courroie quand elle s’est par trop allongée. Mais pourquoi ne pas permettre de le manœuvrer pour provoquer le débrayage ou l’embrayage sans descendre de machine? nous savons bien qu’on nous objectera que les cyclistes peu expérimentés laisseront tourner le moteur à vide en grande vitesse et le détérioreront ; mais il suffira d’un peu d’attention pour éviter cet inconvénient et on aura une large compensation par la facilité avec laquelle on pourra se mettre en roule en montant une côte.
- Nous avons été heureux de constater que, sur bien des [joints, aussi bien pour la bicyclette que pour la motocyclette, M. Terrot a la même manière de voir que nous, et qu’il a réalisé la plupart des desiderata que nous avions depuis longtemps exprimés; nous espérons bien qu’il en sera de même [jour la question du débrayage. G. Ciialmahès.
- CHRONIQUE
- La résistance du bois de jarrah. — Le jarrali est un de ces bois durs, comme le karri et certains autres, que produit le continent australien. Un le recommande tout particulièrement, et avec raison, pour la construction des jetées, des appontemenls, des charpentes à la mer; il supporte victorieusement, dans l’eau douce comme dans l’eau salée, les attaques des fourmis blanches et du redoutable leredo navulis. Le fait est qu’on a retiré récemment de l’eau, dans le port de Freemantle et dans le lit de la rivière Swan, des charpentes en jarrali qui se trouvaient en place depuis une trentaine d’années, et elles étaient en parfait état de conservation. Cependant, on y avait employé du bois très jeûne et contenant beaucoup de sève. Ce qui est intéressant à constater, c’est que les forêts de jarrah sont fort riches, et que, dans le district de Blackwood, on en connaît notamment une qui couvre plus de 800 000 hectares.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 décembre 1905.
- Présidence de M. Troost.
- Géologie du Sahara. — M. de Lapparent fait connaître le résultat de l’étude des fossiles recueillis dans le Sahara occidental au cours du raid du Commandant Laperrine. Cette étude entreprise par M. llaug a permis de reconnaître l’existence, dansl’ahnet, du dévonien supérieur ainsi que du dévonien moyen. C’est la première fois que le second étage est authentiquement trouvé au sud d’in-Salah. Les faunes dévoniennes de cette région offrent des affinités, à la fois avec celles d’Amérique et avec celle de la Colonie du Cap.
- Du rôle des iiluies estivales. — M. de Lapparent présente ensuite une Note de M. Houllicr relative au rôle des pluies de la saison chaude. Il a réuni des observations
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- LA NATURE.
- qui tendent à prouver que si ces pluies ne prolilent pas aux cours d’eau, du moins elles fournissent à la végéla-tion un contingent que celle-ci serait forcée, à leur défaut, d'emprunter aux réserves du sous-sol en appauvrissant les nappes. Par suite, une exacte appréciation des circonstances de l’alimentation des sources réclame la connaissance et la discussion de l’intégralité des apports pluviaux de l’année.
- Le principe des feuilles du laurier-cerise. — M. (mignard dépose une Note de M. Ilerissey sur le glucoside cyanhydrique des feuilles du laurier-cerise. Quoique étudié par de nombreux auteurs ce glucoside, qui paraissait identique à l’amydaline des amandes amères, était encore mal connu. 11 n’avait pas été obtenu à l’état cristallin et sa composition chimique était l’objet de controverses. M. Ilerissey a résolu définitivement les deux questions. Le glucoside du laurier-cerise diffère de l’amyda-line eu ce qu’il ne renferme qu’une molécule de glucose au lieu de deux.
- Observation des 'protubérances solaires. — M. Des-landres présente une Note de M. Notion décrivant un appareil qui permet d’apercevoir en tout temps les protubérances solaires qui ne sont visibles directement que pendant les éclipses de soleil. Lorsque MM. Janssen et Lockyer eurent découvert la méthode d’observation spectroscopique des protubérances à toute époque, qui consistait à projeter l’image des protubérances sur la fente du speclroscope, la forme de celles-ci était obtenue approximativement en faisant varier successivement la position de la fente sur l’image et en examinant la raie rouge du spectre. Aussi avec d’autres savants ont-ils essayé d’utiliser la persistance des images lumineuses sur la rétine pouroblenir, au moyen d’un mouvement oscillatoire rapide donné au speclroscope ou à sa lente, une image continue. Cette méthode n’a donné de résultats satisfaisants que pour l’impression photographique en ralentissant convenablement le mouvement des pièces mobiles. Depuis 1872, MM. Male et Deslandres ont ainsi indiqué et utilisé plusieurs dispositifs. L’auteur a combiné un appareil qui convient aussi bien pour l’observation visuelle que pour l’observation photographique. La pièce caractéristique est constituée par deux petits miroirs plans circulaires fixés l’un au-dessus de l’autre à un axe vertical en faisant un certain angle. L’axe est animé d’un mouvement alternatif rapide et régulier au moyen d’un mouvement d’horlogerie. Un sidérostat, dirigé sur le soleil, en renvoie les rayons dans une direction constante. L’appareil est disposé de manière que le faisceau tombe sur l’un des miroirs qui le réfléchit suivant l’axe d’une lunette horizontale donnant une image du soleil agrandie sur la fente d’un speclroscope fixe. L’image du spectre est reçue sur un plan à la surface duquel glisse une fente mobile qui permet d’isoler une raie déterminée. Cette raie se réfléchit à son tour sur un troisième miroir qui la renvoie sur le second miroir oscillant. Ce dernier est fixé de façon à renvoyer les rayons réfléchis dans une lunette fixe d’où ils tombent dans l’œil de l’observateur. Grâce au mouvement oscillatoire rapide et régulier dont sont animés les miroirs circulaires, la persistance des impressions lumineuses, successivement reçues parla rétine, produit son effet. Les essais de l’appareil ont été effectués avec le concours de M. Lecadre, ingénieur des Arts et Manufactures. Le réglage a été obtenu en visant les extrémités des charbons incandescents de l’arc voltaïque et en utilisant ensuite la raie verte du spectre. Cn. de Villkdkuil.
- LA CULTURE A VAPEUR
- eu Algérie
- Dans les colonies, la question défrichement, labour joue un rôle énorme, le sol ayant été plutôt gratté que défoncé partout où les indigènes ont essayé de faire de la culture, les sous-sols sont durs, résistants au travail à la main ou au labour avec des animaux et les parties vierges de tout travail ont un tel réseau de racines enchevêtrées où il y a de l’humus que la mise en état de culture demande, dans ces conditions, un travail considérable.
- Une aulre difficulté surgit, si cependant on veut l’entreprendre, c’est le nombre restreint, le manque d’animaux qui devront entraîner les charrues défon-ccuses. 11 fallait donc, en Algérie, par exemple, qui est un peu le prolongement de notre France, et où se trouvent de vastes plaines très riches en bonnes terres, trouver le moyen de remédier à ces difficultés.
- L’idée d’utiliser la vapeur pour les travaux de culture n’est certes pas nouvelle, puisque James Walt, l’inventeur de la machine à vapeur, annonça déjà en 1780, au bureau des brevets, ses intentions dans ce but. Il ne donna cependant pas suite à ses projets , et une .longue, période: de temps devait s’écouler avant que les charrues à vapeur fonctionnent convenablement, mais après bien des tâtonnements, des essais, l’un de nos propriétaires Algériens qui est en même temps un excellent constructeur mécanicien, M. Pétolat de Dijon, est parvenu à résoudre très pratiquement ce problème.
- Envoyé cn mission cn Algérie au printemps de cette année, j’ai pu assister à des défrichements et déloncements exécutés par les machines à vapeur de cette maison française dont les photos ci-jointes ne peuvent en donner, qu’une faible idée; elles sont prises près de Maison-Garré, à 12 kilomètres environ d’Alger, sur le terrain acheté par l’Etat pour fonder une école d’agriculture. .
- Accompagné de M. Marès, l’aimable directeur des travaux de cette école, j’ai vu évoluer ces charrues colossales qui soulèvcnlla terre, les racines, les blocs de pierre aussi facilement que du sable, jusqu’à une profondeur de 0m,80 à 1 mètre; c’est-à-dire que le sol bouleversé, par ces engins puissants devant lesquels rien ne résiste, subit un labourage parfait.
- 11 est ensuite très facile de retirer les racines cl les pierres, qui, brisées, n’offrent aucune résistance au râteau à vapeur qui les enlève de la bonne terre.
- Deux locomobiles routières de 50 chevaux chacune timbrées à 12 kilogrammes avec moteur à 2 cylindres marchant à 200 tours d’un poids total de 17 tonnes chacune, sont placées vis-à-vis l’unede l’autre à une distance de 4 à 500 mètres environ ; ces locomobiles très trapues, très robustes sont munies d’un treuil à vapeur où vient s’enrouler un cable d’acier ; la charrue qui est à double soc, dont les arrières
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- LA NATURE.
- se regardent, n’a pas besoin d’êire retournée lorsqu’elle est arrivée à l’exlrc'mité de sa course, il suf/it de la faire basculer et la partie qui était en terre se lève pour laisser mordre au sol celle qui était en l’air. Deux hommes, indigènes la plupart du temps,
- qui recèle la lièvre, dirigent ces maneuvres avec les deux mécaniciens et un surveillant; c’est donc une équipe de cinq hommes nécessaire pour ce travail.
- Les roues arrière de ces locomotives routières ont un diamètre de T",60 avec des bandages de O"1,45 de largeur, celles d’avant ont lin,50 et 0m,40 de largeur ;
- nivelé ou de profil difficile, le travail se fait tout aussi facilement, ces appareils munis aux roues de crampons spéciaux peuvent affronter toutes les pentes et passer partout. .
- Avec une installation de ce genre, on peut défoncer environ deux hectares par journée de dix heures de travail, si l’on descend jusqu’à 0“‘,80 et 6 à 8 hectares si l’on ne dépasse pas O111,50 de profondeur. Le prix de ce défonçage revient dans le 1er cas aux propriétaires, à 950 francs l’hectare, tandis qu’à la main et avec des animaux, il revient à 800 francs, c’est donc une économie très appréciable qui facilite ces genres de travaux lorsqu’il s’agit de grandes surfaces comme c’est le cas en Algérie et en Tunisie.
- La culture à vapeur, grâce à la profondeur d’ameublissement du terrain et de la préparation de la surface, offre des avantages considérables contre les actions de la sécheresse et de l’humidité.
- Par les temps humides, le trop d’eau nuisible
- pour les plantes pénètre dans le sol profondément ameubli, jusqu'à la couche inférieure, sans influencer la croissance de la plante, tandis que dans un terrain moins profondément remué le trop d’humidité s’accumule peu à peu et noie, pourrit et détruit les racines. Si, au contraire, il y a un temps de sécheresse continue, le terrain à labour profond offre un réservoir naturel d'humidité qui, par la capillarité de la terre sous l’effet du soleil, remonte vers la surface et entretient une fraîcheur bienfaisante pour les racines. Dans les terres moins bien travaillées, l’humidité est vite épuisée, la végétation s’arrête alors et la conséquence est une mauvaise récolte.
- Lorsque le travail est terminé dans une propriété, les deux locomobiles sortent des champs pour la route, elles ont quitLé les crampons de leurs roues pour redevenir à jantes lisses et elles entraînent derrière elles la charrue montée et relevée sur chariot et la roulotte contenant les approvisionnements et qui sert au personnel pour coucher et vivre dans les pays encore déserts, les tonnes servant au transport de l’eau. 11 m’a semblé intéressant de signaler et montrer par des photos, que le colon français est débrouillard et que les difficultés ne le rebutent pas. Aujourd'hui l’Algérie est dotée
- d’un nombre assez grand de ces engins dont un dépôt a été installé à Alger et qui rayonnent partout où le besoin s’en fait sentir. On défonce plus de 5000 hectares par an rien qu’en Algérie. J. Scotte.
- Le Gérant : P. Massox.
- et réfractaires aux émanations de celte terre vierge,
- Fig. 1. — La charrue eu manœuvre.
- Paris. — Imprimerie Laiiuke, rue de Fieurus, 9.
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- N° 1699. — 16 DÉCEMBRE 1905.
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- LE VERGLAS ET LES VOIES FERRÉES ÉLECTRIQUES
- C'est, un véritable problème pour les exploitations électriques (pie de prévenir la formation du givre sur les voies ferrées, ou d'en assurer l'enlèvement ; et la chose est particulièrement difficile là où les trains ne sont pas très fréquents, et où, par conséquent, ce verglas peut se reformer entre le passage de deux convois. 11 faut, en pareil cas, non seulement enlever d’abord par grattage, balayage, la croûte de glace déposée, mais encore répandre sur le rail un liquide présentant un point décongélation très bas, et qui aurait déjà l’avantage de contribuer à fondre la couche formée, tout en prévenant un dépôt ultérieur. 11 est évident qu’il y a un choix à l’aire dans la solution à employer, car le sel ordinaire1, par exemple, aurait l’inconvénient d’entraîner une corrosion du métal du rail; en outre, il faut combiner un procédé simple et elfeetil pour répandre le liquide sur le conducteur au passage môme des trains.
- La solution du problème semble avoir été trouvée de façon heureuse par une Compagnie; américaine, l’Aurora Klgin and Chicago Railway, qui possède un réseau électrique important. Elle a
- produisons, le dispositif est monté en avant de la pièce qui supporte le sabot frotteur destiné à prendre le courant sur le rail conducteur. Il comporte une
- Fig. 2. — Station d’approvisionnement de chlorure.
- adopté comme liquide une solution de chlorure de calcium; et l’appareil distributeur auquel on a recours peut être rapidement mis en place, de sorte qu'on a la possibilité de s’attaquer à la couche de verglas aussitôt pour ainsi dire qu’elle commence à se former, en installant les dispositifs convenables sur les véhicules. Comme le montre la figure que nous re-34e aimée. — ter semeslre.
- brosse en lils d’acier, montée verticalement, et Le- ' poussée par un ressort antagoniste qui la force à appuyer toujours vigoureusement sur le rail. Mais, à quelques centimètres'en avant de la brosse, débouche un petit tuyau courbé, analogue à ceux dont sont munies les locomotives en avant des roues ; il se prolonge en haut par un tuyau en caoutchouc qui aboutit dans la cabine du motorman, du mécanicien électricien. Ce tuyau de caoutchouc forme l’évacuation d’un réservoir métallique disposé dans cette cabine et contenant quelque 120 litres de chlorure de calcium. On comprend que, dès que le robinet voulu est ouvert, le liquide coule sur le rail en avant de la brosse, qui vient presque immédiatement l’étendre avant qu’il ait le temps de se perdre inutilement sur les côtés; et l’action du frottement et du liquide à point de congélation bas assure le résultat poursuivi. Bien entendu, chaque véhicule moteur ou automoteur possède un dispositif de ce genre en avant de chacun de ses frotteurs, avec les canalisations convenables, ce qui permet à l’opération de s'effectuer dans de bonnes conditions, quel que soit le sens de la marche.
- Quand le véhicule se déplace à grande vitesse, on laisse arriver le chlorure au maximum de débit que peut donner l’orifice de 6 mm du tuyau ; aux ralen-
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- lissemenls, et à plus forte raison aux stationnements, le mécanicien étrangle, au moyen d'une valve spéciale, la sortie du liquide, qui se répandrait en pure perte avant passage de la brosse. En moyenne, on emploie 5,80 litres par mille de 1009 mètres, c’est une proportion suftisante, évitant les déperditions et aussi les corrosions par le chlorure des éclissages électriques, corrosions qui sont parfois considérées comme à redouter. Quand la couche de verglas n’est pas épaisse, elle est immédiatement enlevée ; si elle est épaisse, du moins elle est rendue conductrice, en ce sens qu’elle est pénétrée en maints points par le liquide qui est conducteur; elle est, en outre, dissociée, et deux passages de brosse au plus suffisent à la détacher. Tant qu’il reste du liquide sur le rail, une nouvelle formation n’est point à craindre ; mais au bout de deux heures, si la voie et par conséquent le conducteur ont été parcourus fréquemment, il faut recommencer le traitement, au cas où les circonstances atmosphériques sont encore favorables à la formation d’une couche glacée.
- Nous venons de faire remarquer que la solution de chlorure est conductrice. Aussi faut-il prendre certaines précautions, assez simples du reste, pour que le réservoir métallique installé dans la cabine du mécanicien ne se charge pas électriquement : il suffit, dans ce but, de mettre à la terre le tuyau d’arrivée du liquide. Avec cette précaution, on ne s’expose jamais au moindre incident fâcheux, et les mécaniciens se montrent très contents de l’appareil.
- Quant à la préparation du chlorure de calcium, elle est fort simple : dans des stations réparties convenablement le long de la ligne, on mélange le chlorure de calcium caustique à de l’eau tiède, dans la proportion de 20 kg à peu près pour 28 litres d’eau ; on règle la densité du mélange au moyen d’un hydromètre, le poids spécilique devant osciller entre 1,20 et 1,25. Pour remplir les réservoirs des véhicules, il suffit d’installer dans les stations ad hoc d’autres réservoirs surélevés, d’où le liquide s’écoulera naturellement au moyen d’une conduite de raccordement ilexible. 11 est du reste facile de se rendre compte que ces installations peuvent être faites de façon fort rustique, sans entraîner de grosses dépenses ; et l’une des figures ci-jointes montre celte rusticité dans l’installation prise pour exemple. 1). Bellet.
- L’EXPLOITATION DE L’AIR
- et les nitrates artificiels
- La question de l’azote est à l’ordre du jour et, de divers côtés, on vient de faire un grand pas vers la solution pratique et industrielle de ces problèmes si importants : l’extraction, ou la fixation et, par conséquent, l’utilisation possible de l’azote de l’air. 11 est, en effet, remarquable que l’air, cette matière commune entre toutes, soit composé d’un mélange de deux substances utiles, ayant chacune une valeur le jour où elles sont séparées : l’oxygène comme comburant énergique ; l’azote, sous la forme de
- nitrates, comme engrais et comme salpêtre. Les deux problèmes qui se posent, séparation de l’oxygène et de l’azote (c’est-à-dire production économique de l’oxygène), fixation de l’azote sous forme de nitrates (c’est-à-dire utilisation de l’azote), ne sont, d’ailleurs, nullement solidaires; ils sont même, dans une certaine mesure, contradictoires, puisque, pour fixer l’azote, on le combine précisément à l’oxygène et c’est tout à fait indépendamment qu’on vient de les résoudre.
- En ce qui concerne la séparation de l’oxygène et de l’azote, qui nous entraînerait un peu loin, je me contente de rappeler les communications récentes de M. Georges Claude 1 sur la liquéfaction partielle de l’air avec retour en arrière pour obtenir la séparation intégrale de l’air en oxygène pur et azote pur. L’air liquide étant constitué par un mélange d’oxygène liquide et d’azote liquide très différemment volatils, on conçoit que l’on puisse, par une vaporisation convenablement réglée, séparer les deux éléments. En fait, on amène de l’air comprimé et froid dans des tuyaux enveloppés par de l’oxygène liquide en voie d’évaporation. Pendant son ascension, l’air se liquéfie et le liquide qui retombe agit alors sur l’air qui monte, en condensant peu à peu l’oxygène moins volatil et vaporisant l’azote, de telle sorte que, finalement, on recueille l’azote en haut et l’oxygène en bas.
- Revenons maintenant à notre sujet principal, soit à la fixation et à l’utilisa lion de l’azote et, à ce propos, rappelons en deux mots comment se posait la question jusqu’à ces temps derniers. Les affinités chimiques de l’azote sont faibles et rares. On avait bien essayé de combiner l’azote de l’air au titane pour l’en extraire ensuite; mais sans succès pratique. Au contraire, cette fixation de l’azote sous la forme de combinaisons oxydées, nécessaires aux plantes pour leur nourriture, est réalisée tous les jours dans la nature, soit directement par l’effluve électz’ique, ainsi que l’a montré Cavendisb il y a plus d’un siècle, soit par l’intervention des nilromonades. Ces derniers sont, en même temps, l’origine du salpêtre, qui se produit lentement dans nos murs ou dans nos terrains et il est logique de leur attribuer également la formation géologique des grands dépôts de nitrates de soude, exploités par exemple dans les régions désertiques du Chili : gisements déposés dans des zones d’évaporation désertiques, où la soude était abondamment fournie par les roches éruptives décomposées. Depuis longtemps, à peu près tout le nitrate consommé industriellement, soit sous la forme d’engrais, soit à l’état de salpêtre pour la fabrication déjà poudre, provient du Chili, où un travail séculaire des infiniment petits a accumulé, dans un minerai utilisable par nous, dans une substance capable de développer soudain les énormes sommes d’énergie d’un explosif, l’azote emprunté d’abord à l’air. Les découvertes récentes, que je veux exposer ici, ont consisté : l’une à eflectuer industriellement la combinaison de l’azote et de l’oxygène par des actions électriques ; l’autre à accélérer, dans une mesure singulière, le travail de la nitrification par les nitromonades : ce qui présente cet intérêt national de nous faciliter, en cas de guerre, l’obtention de salpêtre sans être obligé d’avoir recoxrs au Chili.
- Tout d’abord la fabrication électrique des nitrates, si longtemps cherchée, fonctionne aujourd’hui couramment en Norvège dans l’usine de Nolodden, par le procédé Birkeland et Eyde. M. Th. Schlœsing fils, ayant eu l’occasion de visiter récemment cette usine, vient d’en donner
- 1 Académie des sciences, 15 et 20 nov. 1005. Société des Ingénieurs civils, 1er déc. 1905.
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- LA NATURE
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- à la Société (l’Agriculture1, une très intéressante description à laquelle sont empruntés les détails suivants.
- « Le succès de l’entreprise tient pour beaucoup, dit-il, en dehors du grand mérite des inventeurs, aux conditions exceptionnelles de bon marché dans lesquelles on a pu se procurer, par des chutes d’eau atteignant une puissance de 220 000 chevaux, l'énorme force nécessaire.
- « Dans le procédé employé, on a cherché à donner à l’arc chauffant la plus grande surface possible. On y est parvenu en utilisant ingénieusement le fait de sa déviation par un aimant. Les deux électrodes, entre lesquelles l'arc jaillit, sont placées dans l’intervalle des pôles d’un puissant électro-aimant et ainsi, au lieu de former un trait de feu, l’arc se trouve étalé en une grande flamme avant la forme d’un disque plat. L’air, en longeant ce disque sur ses deux faces, est porté instantanément à une très haute température où se produit l’oxydation de l’azote : il doit, immédiatement après, se refroidir le plus rapidement possible, si l’on veut éviter la perte par dissociation d’une partie de l’oxyde formé.
- « La combinaison née dans le four électrique est de l'oxyde azotique; elle ne représente qu’une petite fraction de l’azote total de l’air qui a traversé le four. On fait circuler cet air dans une série de grandes tours en granité; en sens inverse marche un liquide, qui est d’abord de l’eau, qui peu à peu s’acidifie et finit par se transformer en acide nitrique assez fortement concentré. »
- On a ainsi, remarque M. Schlœsing, une usine singulière où n’entrent comme matières premières, que de l’air et de l’eau claire et d’où sort de l’acide nitrique particulièrement pur, que l’on emploie surtout pour fabriquer du nitrate de chaux, aussi efficace que le nitrate de soude comme engrais. En même temps, on produit un peu de nitrite de chaux.
- Quant à la nitrification intensive par les nitromotiades de M. AYinogradski, elle vient d’être réalisée dans des expériences de M. Miinlz et Labié2.
- Ici, il s’agissait d’accélérer un travail naturel, qui a pour effet général d’oxyder des matières azotées diverses, transformées d’abord en combinaisons ammoniacales.
- En arrosant, avec une solution de sulfate d’ammoniaque, un support convenable tel que le noir animal, préalablement ensemencé d’organismes nitrifiants, dans des conditions d’aérage et de température convenable (50°), on a pu obtenir une quantité de salpêtre correspondant à b ou 6000 tonnes de. salpêtre par an et par hectare, avec une couche de noir en grains de 2 mètres de hauteur, percée par des cheminées d’aérage.
- Ce salpêtre avait l’inconvénient d’être extrêmement dilué et de nécessiter une très forte évaporation. Dans des conditions plus analogues à celles des anciennes nitrières, les mêmes savants ont alors opéré sur des terreaux maintenus dans un état d’humidité constante entre.15° et 22° et fréquemment remués pour simuler le labour. On a eu, de cette façon, avec une couche de 0,50 mètre d’épaisseur, 1200 tonnes de salpêtre par an et par hectare : cela sous forme d’une dissolution assez concentrée pour que les frais d’évaporation soient très faibles.
- P. Sallior.
- 1 Séance du 15 nov. 1905. M. Schlœsing' a également signalé cette fabrication à l’Académie des sciences (13 nov. 1905) à l’occasion d’expériences où il a montré l’équivalence des nitrates et nitrites pour engrais, sous la même dose d’azote.
- 2 Académie des sciences, 27 nov. 1905.
- La
- DÉMATÉRIAUSATION DE LA MATIÈRE
- comme origine de la chaleur solaire et de l’électricité
- Le résumé sommaire, que je vais donner ici, des expériences que je poursuis depuis près de 10 ans, sur la dissociation de la matière a pour but de présenter, avec quelques expériences nouvelles, un Irès bref aperçu des résultats obtenus1.
- Voici d’abord les conclusions principales auxquelles j’ai été conduit : conclusions qui, on va le voir, se trouvent en complet désaccord avec certains principes généralement admis en mécanique et en physique.
- 1° La matière, supposée jadis indestructible, s’évanouit lentement par la dissociation spontanée ou provoquée des atomes qui la composent.
- 2° Les produits de la dissociation des atomes constituent des substances intermédiaires par leurs propriétés entre les corps pondérables et l’éther impondérable, c’est-à-dire entre deux mondes que la science avait profondément séparés jusqu’ici.
- 5° La matière envisagée autrefois comme inerte et ne pouvant que restituer l'énergie qui lui a été fournie, est, au contraire, un colossal réservoir d’énergie — l'énergie inlra-atomi<iue — qu’elle peut dépenser sans rien emprunter au dehors.
- 4° C’est de l'énergie infra-atomique qui se manifeste pendant la dissociation de- la matière que résultent la plupart des forces de l’univers, l’électricité et la chaleur solaire notamment.
- 5Ü La matière représente une forme stable de l’énergie inlra-alomique. La chaleur, la lumière, l’électricité, etc., représentent des formes instables de la même énergie.
- 6° En dissociant les atomes, c’esL-à-dire en dé-maLérialisant la matière, on ne fait que transformer la forme stable de l’énergie nommée matière eu ces formes instables connues sous les noms d’électricité, de lumière, de chaleur, etc.
- 7° La possibilité de transformer la matière en d’autres formes d’énergie montre que la force et la matière sont deux phases diverses d’une même chose et non deux choses entièrement différentes.
- Dissociation des atomes dont est composée la matière. — Les principaux faits révélant la dissociation de la matière sont les suivants : Emission par tous les corps de particules animées d’une immense vitesse, pouvant rendre l'air conducteur de l’électricité, capables de traverser les obstacles et susceptibles d’être déviées par un champ magnétique. Aucune des forces anciennement connues ne peut produire de tels effets.
- C’est sur l’uranium qu’ont été primitivement observés ces phénomènes et on crut d’abord qu’ils étaient
- 1 On trouvera l’ensemble de ces recherches développé dans mon ouvrage récent l'Évolution de la matière (in-18 avec 02 ligures), Paris. Flammarion, 1905.
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- spéciaux à ce corps. Dans une suite de recherches réussi à prouver que la dissociation de la matière, la dont les premières ont été publiées en 1897, j’ai radio-activité, comme on dit aujourd'hui, est un
- Fig. 1. — Mécanisait1 de la décharge électrique dans l’air (photographies instantanées obtenues à la chambre noire avec un objectif à cour loyer et une grande machine électrique du type Oudin à 10 plateaux). •— 1. l’articules électriques émises par un seul pôle. •— 2. Les pôles étant en présence, mais suffisamment éloignés, les particules électriques provenant de la dissociation de la matière, s’attirent et forment une poussière lumineuse. —5 et 4. La tension électrique ayant été accrue par l’emploi d’un condensateur, ou les pôles ayant été rapprochés, les particules électriques se réunissent et forment des lignes sinueuses. Ces lignes sont donc uniquement formées d’une poussière de particules électriques agglomérées dans une même direction.
- phénomène universel, pouvant être observé avec tous les corps et se produisanl, soit spontanémen t, soit arliiicielle-ment, dans une foule de circonstances. Un rayon de soleil tombant sur une substance quelconque, un corps qui brûle, des réactions chimiques très variées produisent la dissociai ion de la matière. Les substances radio-actives, comme U uranium et le radium, ne font que présenter à un haut degré une propriété que tous les corps possèdent à un degré quelconque.
- Les propriétés des éléments résultant de la dissociation de tous les corps dans les circonstances les plus diverses sont identiques : mêmes
- charges électriques, mêmes déviations magnétiques,
- même vitesse,etc.
- Je ne puis indiquer ici les expériences qui permettent de met-I re en évidence la dissociation de la matière et renvoie pour leur exposé à mon livre. 11 en est dont la simplicité est telle qu’elles peuvent être répétées très facilement avec des instruments très faciles à fabriquer.
- . Que devient la matière en se dé-matéri ali saut 7 Elle passe alors par des formes successives, mises en évidence par l’expérience, qui lui font perdre graduellement ses qualités de matière et la ramènent probablement à l’impondérable éther, dont tous les mondes sont sans doute
- Fig. 2. — Immobilisation dans Vespace d'un corps matériel par les attractions et répulsions des particules électriques. — Celle expérience, qui a vivement frappé les physiciens auxquels nous l’avons montrée, se fait avec une bande d’aluminium battu de 1 /2 centimètre de largeur et2 centimètres delongueuiy disposée entre une pointe cluuc lame métalliques. Cette dernière est mise en rapport avec le pôle positif d'une machine de Wirnhursl dont l’autre pôle est relié à la terre. On détermine par tâtonnement la distance à laquelle il faut placer la pointe'. File doit être éloignée de la bande d’aluminium d’environ 10 centimètres avec une petite machine, mais celte distance peut dépasser 60 centimètres avec une grande machine à 10 plateaux. On peut donner à l’expérience la forme indiquée en haut de la figure, c’est-à-dire tenir la pointe à la main, ce qui permet de régler plus facilement la distance. Cette expérience ne réussit pas avec le pôle négatif, la bande d’aluminium se précipite sur ce pôle et en reste à quelques millimètres en exécutant des mouvements divers.
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- sortis, et où ils semblent devoir retourner après une existence éphémère.
- L'Énergie intra-alomi<rue. —La force nécessaire pour projeter dans l’espace des particules avec une vitesse de l’ordre de celle de la lumière, ainsi-que cela s’observe avec le radium ou un corps quelconque qui se dissocie, est immense. J’ai essayé de fournir l’explication de ce phénomène en mon-trantquela matière est, contrairement à touLes les anciennes conceptions, un gigantesque réservoir de force dans un état de condensation extrême.
- C’est à cette force que j’ai donné le nom d'énergie infra-atomique.
- Bien qu’ignorée jusqu’ici — comme le fut pendant des siècles l’électricité faute de réactifs — elle est la plus puissante des forces de la nature et probablement l’origine de la plupart des autres.
- Un calcul très simple, dont on trouvera les éléments dans mon livre sur Y Évolution de lamalière,
- Fig. 5. — Matérialisa lions apparentes produites dans l’espace en obligeant les particules électriques, provenaitt de la dissociation de la matière, à se mouvoir dans certaines directions.— Ces figures sont o b t e n u e s directement sur la plaque sensible au
- moyen de pointes métalliques eu relation avec la machine électrique, alors que les précédentes ligures avaient été obtenues à la chambre noire. Toutes ces photographies montrent très nettement la direction des lignes de force, notamment les répulsions entre deux pointes (nos 3 et S). — Les numéros 1 et 6 montrent des attractions entre particules électriques de noms contraires. — Les numéros 2 et 7 représentent
- montre combien est considérable la force nécessaire pour projeter des corps dans l’espace avec la vitesse que possèdent les particules de matière dissociée.
- Pour donner à une petite balle Lcbel une vitesse égale à celle des particules de matière dissociée, soit 100000 kilomètres environ par seconde, il faudrait posséder une arme à feu capable de contenir 1540 mille barils de poudre pesant 50 kilogrammes chacun. J'ai également montré que l’énergie inlra-atomique, contenue dans 1 gramme d’une matière quelconque, une pièce de 1 centime par exemple, émettant dans l’espace des particules avec la vitesse que je viens d’indiquer, est immense. Elle représente, en effet, G milliards 800 millions chevaux-vapeur pendant une seconde. Cette quantité d’énergie, répartie convenablement, pourrait fa ire parcourir à un train de marchandises, d’un poids de 500 tonnes, 4 fois un quart la circonférence de la terre. Si l’on voulait faire effectuer ce
- l’impression d’une seule étincelle émise par un seul pôle ; 2 est une étincelle positive ; 7 est une étincelle négative.— Les numéros 3, A, 5,8,9 et 10 sont dues à des répulsions produites par les particules émises par un seul pôle. Elles varient suivant que le pôle est positif (n-3 à 5) ou négatif (n0* 8 à 10). Ces figures montrent nettement la répulsion absolue des lignes de force suivant lesquelles se meuvent les particules électriques. Les lignes noires montrent que ces particules n’arrivent jamais à se loucher alors même que l’on multiplie [les décharges comme on l’a tait intentionnellement dans le numéro 10.
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- Lrajel au meme train, à l’aide du charbon, il Faudrait en dépenser pour 08 000 francs. Ce chiffre de 08 000 francs représente donc la valeur marchande qu’on pourra retirer d’une pièce de 1 centime quand on trouvera le moyen de la dissocier entièrement,
- Nous ne savons dissocier aujourd’hui que d’infinitésimales quantités de matière. En dissocier des quantités un peu notables par un moyen économique, l’action de la lumière par exemple, serait créer une source immense d’énergie qui rendrait inutile l’extraction de la houille. Le savant qui réussirait à dissocier instantanément un seul gramme d’une matière quelconque ne verrait pas cependant les résultats de son expérience. L’explosion produite serait tellement formidable que son laboratoire et toutes les maisons voisines se trouveraient instantanément réduites en poussière.
- La vitesse des particules de matière dissociée se mesure très facilement par la grandeur de la déviation que leur fait éprouver un champ magnétique d’intensité connue. C’est uniquement leur vitesse qui produit l’énormité des chiffres'donnés'plus haut. On sait qu’un corps de masse très petite, mais ayant une vitesse suffisamment grande, possède la même énergie cinétique qu’un corps de masse très grande mais de vitesse très faible. La tendance de l’artillerie moderne est, pour cette raison, de réduire le poids des projectiles mais d’augmenter leur vitesse, ce qui revient au même que d’employer des projectiles lourds avec des vitesses faibles.
- C’est parce qu’elles ne réfléchissent pas assez sur ce principe fondamental de la mécanique que beaucoup de personnes n’arrivent pas à concevoir qu’une quantité immense d’énergie puisse être contenue dans de très petites particules de matière. Par des calculs pour lesquels je renverrai encore à mon livre, j’ai fait voir qu’il est facile d’imaginer une machine théorique formée d’une tête d’épingle tournant dans le chai on d’une bague et qui, malgré sa petitesse, posséderait, grâce à sa force giratoire, une puissance mécanique égale à celle de plusieurs milliers de locomotives.
- Ce sont justement de pareils mouvements de rotation que posséderaient, d’après toutes les théories actuelles, les éléments dont se composent les atomes. On les considère comme formés de petits tourbillons d’éther, dits électrons, tournant les uns autour des autres avec une vertigineuse vitesse.' Chaque atome serait un petit système solaire en miniature.
- La Chaleur solaire comme manifestation de l'énergie intra-atomique. — La libération de l’énergie intra-atomique, produite par la dématérialisation de la matière, peut être considérée, croyons-nous, comme la cause si mystérieuse.encore de l’entretien de la chaleur du soleil et des autres étoiles. 11 ne serait nullement nécessaire pour l’expliquer d’invoquer dans les astres l’existence du radium, hypothèse qu’aucune analyse spectrale ne justifie. Si on considère l’immense quantité d’énergie accu-
- mulée dans les atomes d’un corps quelconque il suffirait que la dissociation de ses éléments fût beaucoup plus rapide qu’elle ne l’est aujourd’hui sur les globes refroidis pour fournir la quantité de chaleur nécessaire au maintien de l’incandescence des asfres.
- Lorsque la provision d’énergie infra-atomique des atomes s’est réduite dans la suite des âges, leur dissociation est devenue de plus en plus lente. Ils ont acquis une stabilité croissante, leur dissociation s’est ralentie et ils sont finalement devenus tels qu’on les observe aujourd’hui sur les asfres refroidis comme la Terre.
- L’évolution des mondes comprendrait donc deux périodes : 1° une phase de condensation de l’énergie dans l’atome; 2° une phase de dépense progressive de l’énergie condensée. C’est celle dépense qui conduit les asfres de la période d’incandescence à celle de refroidissement. Ceux qui peuplent le firmament peuvent être observés à ces diverses formes d’évolution.
- U Électricité considérée comme une des manifestai ions de la dématérialisation de la matière. — Dissocier de la matière c’est libérer une partie de l’énergie intra-atomique dont elle est formée et l’obliger â prendre une autre forme. L’électricité est justement une de ces formes. Elle représente, suivant nous, une des plus importantes phases de la dématé-rialisalion de la matière.
- J’ai constaté dans mes recherches que les éléments qui s’échappent d’une pointe électrisée en rapport avec un des pôles d’une machine statique en mouvement sont composés d’ions et d’électrons ayant exactement la même composition et les mêmes propriétés que les particules de matière dissociée émise parles corps radio-actifs ou par un tube de Crookes. Elles rendent également l’air conducteur de l’électricité et sont déviées par un champ magnétique.
- C’est en utilisant les lois des attractions et répulsions qui régissent tous les phénomènes électriques que nous avons réussi soit à immobiliser des corps matériels dans l’espace de façon à les soustraire aux lois de la pesanteur (fig. 2), soit à produire avec les atomes électriques des figures infiniment variées, lignes droites ou courbes, prismes, cellules, etc., dont quelques spécimens obtenus par la photographie sont reproduits ici (fig. 1 et; 5). On a ainsi matérialisé pour un instant les éléments provenant de la dématérialisation de la matière.
- La seule différence que l’on puisse constater entre ce qui sort d’une pointe électrisée et les émissions du radium ou les rayons cathodiques d’un tube de Crookes, c’est qu’une pointe électrisée neîfournit pas de rayons X. Mais cela tient uniquement à la résistance-qu’oppose Tair à la circulation des atomes électriques. Si l’on met une pointe électrisée en relation avec une des électrodes d’un tube dans lequel on fait le vide, on observe aussitôt une production de rayons X assez abondante pour montrer le squelette-de la main sur un écran fluorescent. En
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- réalité lien n'esL créé dans un luljc de ürookes, louL ce qu’on y trouve résidait déjà dans l’électricité qui est introduite. Les particules électriques n’étant pas gênées dans un tube vide par les molécules d’air entravant leur marche peuvent se mouvoir avec la vitesse nécessaire pour produire les rayons X en venant frapper les parois du tube. Mais, je le répète, ions et électrons ne se forment pas dans le tube vide, ils sont apportés du dehors, et fournis par le générateur d’électricité. Ce n'est pas dans le tube de Crookes que la matière se dissocie, elle y est amenée déjà dissociée,
- A mesure que nous avons approfondi l’étude de la dissociation de la matière, l'importance de ce phénomène a constamment grandi. C’est de cette dissociation que dérivent la plupart des forces de l’univers. Elle est peut-être la plus importante des lois delà nature bien qu’entièrement méconnue jusqu’ici.
- 1.)‘ Gustave le Bon.
- L’ODORAT CHEZ LES INSECTES
- Le docteur Rudoff Glaser, de Bensheim, indiquait, dans un des récents numéros de la Gazette de Francfort, un très curieux procédé de chasse aux lépidoptères. On sait que la sève du bouleau ou du chêne constitue une nourriture très appréciée d’un grand nombre de papillons. On parvient, paraît-il, à tromper ceux de ces insectes pour qui elle présente un attrait en enduisant des troncs d’arbres assez haut au-dessûs du sol avec une mixture faite de bon miel, de bière et d’excellent rhum, et d’après, l’auteur cité, il suffit de se donner la peine de recueillir de très beaux échantillons de Vanesses ou autres qui s’empressent vers l’enduit comme ils font d’habitude vers les blessures naturelles. C’est, d’après le docteur Glaser, une illusion reposant sur une similitude d’odeur qui explique la nature de ce piège très simple et, dit-il, d’excellent rendement. Et ceci nous fournit une excellente occasion de dire quelques mots au sujet du rôle très important joué par l’odorat dans la vie des insectes.
- Tandis que chez les êtres tout à fait inférieurs la sensibilité est générale, les impressions occasionnées par le monde extérieur ne prenant pas la forme de tel ou tel sens, tandis que, d’autre part, chez les êtres supérieurs, elle est surtout développée pour la perception au moyen des sens ; supérieurs, c’est-à-dire n’entrant pas en rapport direct avec les corps, mais impressionnés par des vibrations émanées de ceux-ci, tels que la vue ou l’ouïe, ce sont les sens inférieurs et notamment l’odorat qui semblent jouer le principal rôle dans la sensibilité de l’insecte. On conçoit quelle influence un tel fait peut avoir sur la psychologie des êtres considérés : aussi la conception du monde, dont est capable une hydre d’eau douce par exemple, doit se réduire à un vague tissu d’impressions synthétiques de bien-être ou de douleur; celle de l’homme est, suivant les natures, plastique ou musicale; celle de l’insecte est surtout olfactive : alors que les images créées par notre activité cérébrale ne se présentent dans la plupart des cas que caractérisés par des rapports de dimensions, de lumière, de couleur, de sonorité, de timbre, etc., la majorité des leurs doit se définir par des rapports d’odeurs pour lesquels notre langage humain manque de
- termes même approximatifs. Quoi qu’il en soit, il est certain que l’odorat atteint chez certains insectes un degré de raffinement dont on trouverait difficilement l’équivalent dans d’autres parties du règne animal.
- Les organes olfactifs sont des fossettes et des papilles distribuées avec abondance notamment sur les antennes et sans doute aussi en certaines régions des pièces péribuc-cales. De nombreuses expériences ont mis en évidence cette localisation anlennaire : ainsi des insectes privés d’antennes, soit en les coupant, soit en les enrobant dans la paraffine, ne sont plus capables de trouver leur nourriture ni de se rechercher les uns les autres. Le nombre des fossettes peut être considérable : sur les lamelles de chaque antenne du hanneton, il en existe jusqu’à près de 40 000. Quant à la délicatesse et à la spécialisation olfactives, elles sont aussi attestées par l’expérience et par l’observation. 11 semble que ce soit grâce aux indications de l’odorat que des fourmis égarées puissent regagner leurs nids, ou reconnaître les membres de leur propre communauté parmi des centaines d’individus empruntés à des communautés différentes. II y a évidemment une odeur du nid (quelque chose de parallèle à ce que nous appelons l’aspect du pays natal), une odeur de l’espèce, de la parente femelle et de l’individu assez nettes pour être perçues par les organes spéciaux.
- On trouve dans une récente et très jolie Note de M. II. Pieron sur la Reconnaissance chez les fourmis, des indications précises sur la marche à suivre dans l’étude de ces phénomènes. Le principe des expériences est très simple. Etant donnée une fourmilière a, on y prélève un certain nombre d’individus: avec ceux-ci, et par écrasement, on prépare un bouillon que l’on filtre et qui présente l’odeur caractéristique de l’espèce et peut-être, s’il y en a une, l’odeur de la fourmilière. Il faut naturellement prendre assez de précautions pour éviter que des odeurs étrangères ne viennent détruire ou masquer le fumet spécial du produit obtenu. On trempe alors dans ce bouillon a une fourmi provenant d’une fourmilière b et que l’on place ensuite soit à nouveau dans sa fourmilière b, soit dans la fourmilière a. Les expériences ont porté sur plusieurs espèces : elles ont été nettement concluantes pour YAphœ-no g aster barbara nigra (fourmis moisonneuses). Chez celles-ci, le rôle de l’odorat est indéniable : des fourmis de fourmilière ou d’espèce étrangère sont tolérées quand elles exhalent la même odeur ; des fourmis de même espèce et de même fourmilière sont attaquées quand elles présentent une odeur étrangère.
- Un cas bien curieux de l’importance de l’odorat chez les insectes est celui qui se présente entre individus de sexes différents. Il y a quelques années, à l’Université Cornell, on avait isolé dans une boîte couverte un certain nombre de femelles d’un magnifique papillon bombyeide, le Callosamiapromeihea; quelques heures étaient à peine écoulées, que plus de cinquante prométhées mâles s’étaient assemblés en voletant à l’entour de la boîte où se trouvaient les femelles et comme ils étaient dans l’impossibilité de voir celles-ci, il faut bien admettre que l’odeur a été la cause principale de leur attraction. Il est possible que la vue joue aussi un rôle dans l’attraction sexuelle, ainsi que l’indique le dimorphisme des mâles et des femelles très fréquent chez ces papillons, mais on ne saurait nier l’importance de l’odorat dans ce cas même, et chez des animaux beaucoup plus élevés en organisation et en sensibilité on retrouverait aisément des vestiges de ce rôle, à côté de celui prédominant sans doute de la beauté plastique. Jean Cottreao.
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- MYTILENE ET SES SOURCES THERMALES
- L’ile de Mytilène (Mételin, Lesbos) semble déei- sauces européennes désireuses de remettre un peu
- dément voue'e aux démonstrations navales des puis- d’ordre dans l’anarchie ottomane. Pour la seconde
- Fig. 1. — l'otamos do Plumai'i
- lois en quelques années, ce joli pays se retrouve ainsi d’actualité. Ce n’est; cependant pas qu’on y atteigne la Turquie en un point particulièrement sensible; les Turcs ne comptent pas à Métc-lin, qui n’a guère qu’une population grecque; mais une île est facile à saisir sans lutte etcelle-là tranche sur l’habituelle aridité désolée des îles de P Archipel par sa parure d’oliviers qui fait son industrie, sa richesse et, dès lors, sa
- (11g. 2). J’ai gardé de mes deux explorations géologiques dans ce pays, en 1887 et 1894, au cours desquelles je l’ai parcouru longuement en tous sens, le souvenir le plus
- exquis1. Dans l’intervalle de mes deux voyages, des routes avaient été tracées autour de la capitale, des
- usines construites, et ce mouvement n’a fait que s’accentuer depuis. Un jour ou l’autre, Mytilène est destinée à rivaliser avec Corfou comme station d’hiver, comme ville de la Corniche et, ce jour-là sans doute, ses innombrables et abondantes sources thermales, qui, après avoir été en partie captées dans l’antiquité, sont aujourd’hui à peu près inutilisées, reprendront toute leur valeur. 11 est toujours curieux
- 1 L. de Launay. Mytilène, Lemncs, etc. Chez les Grecs de Turquie (Cornély, 1897).
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- de voir à ses débuis un endroit destiné à devenir fameux, comme il est intéressant d’avoir connu la jeunesse d’un homme célèbre. À ce titre on me permettra de donner ici quelques détails sur ces eaux
- thermales, avec deux mots sur la géologie de file.
- Géologiquement, l’ile de Mylilène est divisée en deux parties tout à faitdistinctes : l’Est, où setrouvela capitale, Métclin, formé de schistes métamorphiques
- Fiji'. 3. — Fi» fonlainfi du Kaiyni.
- «à aspect primaire avec des intercalations de marbre blanc qui constituent des montagnes entières, par exemple le Mont Olympe,le plus haut sommet de l’ile
- (environ 1000 mètres) et l’Ouest, où dominent, au contraire, les roches éruptives tertiaires. Des deux côtés, le massif oriental de schistes et de marbres est
- Fif*-. 4. — Fa ville de Foliehnilos.
- flanqué par des zones Nord-Sud de péridolites ser-pentinisées et, sur les côtes, quelques débris de terrains tertiaires accusent des mouvements du sol, en partie très récents.
- Ce sont, ces mouvements du sol qui ont ouvert les
- fractures, par lesquelles remontent au jour les sources thermales : sources, dont la thermalilé a dû se trouver accrue par la proximité de toutes ces masses éruptives, où le degré géothermique doit être, comme d’habitude, particulièrement faible (c’est-à-dire qu’il
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- faut peu s'enfoncer dans la terre pour que la température monte de un degré).
- Ainsi qu’il arrive constamment dans les îles volcaniques, par exemple à Ischia, à la Réunion, à Saint-Paul, etc..., les sources thermales sont localisées au voisinage de la mer, où elles rencontrent, pour remonter au jour, la moindre pression hydrostatique et où se trouvent, en outre, souvent des dislocations, par lesquelles ces côtes mômes ont été dessinées ; elles forment ainsi à Pile une sorte de couronne, dont les trois groupes les plus importants sont ceux de Mételin (la capitale del’île à l’Est), avec Thermî, Moria, etc..., de Molivo (l’antique Methymna au Nord) et de Policlmitos (sur le golfe de Kalloni au centre).
- Ces sources sont surtout chargées de sels analogues à ceux de l’eau de mer, ainsi que le montrent les deux analyses suivantes :
- Thermi.— Chlorure de sodium, 27,21 gr. ; chlorure de magnésium 3 gr. ; chlorure de calcium 0,91 ; chlorure de potassium 0,78; sulfate de chaux 5 gr.
- Policlmitos. — Chlorure de sodium, 8,69 gr.; chlorure de magnésium 0,88 ; chlorure de calcium, 0,43; chlorure de potassium, 0,27; sulfate de chaux, 0,40 gr.
- Il est donc permis de supposer qu’elles sont minéralisées par mélange avec des infiltrations marines. Cependant il ne faut pas oublier que ces mêmes sels entrent habituellement dans la composition des roches éruptives tertiaires, telles que celles dans lesquelles ou près desquelles viennent sourdre les eaux et que, par suite, le contact souterrain de ces roches pourrait à lui seul les avoir fournis.
- Les sources de Thermi et de Moria au voisinage de Lesbos ont été très utilisées dans l’antiquité ; elles sont situées, au Nord de la Capitale, sur une côte plantée d’oliviers et semée, comme la banlieue d’une grande ville, d’une quantité de gais villages, où se trouvent quelques-uns des rares restes antiques conservés à Mytilène, notamment les célèbres aqueducs de Moria.
- Polichnitos est, au contraire, dans un coin de pays assez aride, auquel les nombreuses colonnes de fumée sortant par les fissures du sol, au milieu de la vallée morne à l'herbe rare, prêtent un aspect sinistre. Ces sources extrêmement abondantes ont, en même temps, une température très élevée de 85°. Près de là, un peu à l’Ouest, se trouve, dans la partie dénudée du pays, la petite ville de Polichnitos (lig. 4), qui compte plus de 4000 habitants, une de ces nombreuses villes blanches et coquettes semées de tous les côtés dans Pile.
- Mais la vue de Polichnitos donnerait de Mytilène une idée à la fois défectueuseet inexacte. 11 faut, pour voir les belles parties du pays, aller : soit à l’Ouest vers le couvent du Mont Orlhymnos au-dessus de Sigri, d’où la vue est merveilleuse sur tout l’Archipel ; soit au Nord, vers le Mont Lepethymnos et Molivo ; soit surtout vers la grande pointe marmoréenne de l’Olympe, que flanquent, sur les roches sombres de serpentine, de vastes forêts de pins et le long de
- laquelle des sources claires, comme celle de lvar^ni, sont ombragées de platanes centenaires (lig. 3).
- A l’extrémité Sud de la forêt de pins de Tchamlik, du côté ou la zone serpentineuse aboutit à la mer, se trouve la ville manufacturière de Mytilène, le centre (avec Mételin) des fabriques d’huile el de savon, Potamos de Plumari (lig. 1), un joli port, qui regarde vers le large, du côté de l’Egypte où émigrent volontiers ses habitants ; et, près de Potamos, nous pouvons revoir pour terminer une dernière source thermale. L. De Launay.
- L’Œuvre de la
- SOCIÉTÉ D’HISTOIRE NATURELLE
- d’Autun
- La Société d’Histoire Naturelle d’Autun n’est pas une inconnue pour nos lecteurs. Dans la notice nécrologique consacrée à son fondateur, Bernard Renault, M. Albert (îaudry a déjà raconté son histoire. Nous voudrions à nouveau, et bien que cela soit téméraire après lui, dire notre admiration pour le caractère de cette œuvre qui égalise sur l’échelle de l’intelligence une petite ville de province aux grandes cités universitaires.
- Ou’après avoir renouvelé toutes nos connaissances en paléontologie végétale, un savant d’un mérite éclatant n’ait tiré de ses travaux ni honneurs, ni profits, et qu’ensuile, presque ignoré, il ait pu garder à la Sciènce assez d’amour pour fonder en son honneur une société nouvelle, il y a là un bel exemple d’ingratitude publique et de grandeur. Telle fut l’histoire de Bernard Renault. Dans un récent article du Journal des Débals, M. Gaudry rappelle les conditions misérables où Renault se trouvait au Muséum pour faire ses recherches, dans une sorte de baraque ajoutée sous le portique de la galerie de botanique et que les visiteurs prenaient pour une loge de concierge. Il mourut à 08 ans, simple assistant au Muséum et pas même officier de la Légion d’honneur. Les jouissances de la Science lui faisaient-elles oublier les misères humaines? Renault n’hésita pas à fonder une Société d’histoire naturelle à Autun. L’entreprise apparut d’abord comme invraisemblable, vouée au plus rapide insuccès. Cependant l’événement ne tarda pas à démentir des craintes trop compréhensibles, et, sous l’impulsion du fondateur, à peine née, la jeune Société vint se placer au premier rang de celles de province; l’humble ville de 16 000 habitants tint victorieusement tête sur le terrain scientifique aux plus grands centres tels que Lyon, Lille, Nantes ou Bordeaux.
- La grande originalité de la Société d’Histoire Naturelle d’Autun réside dans sa composition. Elle compte des membres de l’Institut, des professeurs du Muséum de Paris et des Universités françaises, mais c’est à Autun même qu’elle recrute le plus fort de son effectif, parmi des gens de métier, séduits par la Science et qui, sur leurs fatigants travaux de la semaine, trouvent le moyen d’épargner quelques heures pour les consacrer aux plaisirs de l’intelligence. C’est grâce à leur labeur que d’importantes collections ont pu être recueillies, classées et tenues à la disposition des gens de science. Il faut dire qu’entre toutes les régions de France, le permien de l’Autunois est une des mieux partagées en richesses naturelles, notamment au point de vue des êtres fossiles, admirablement
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- conservés dans les schistes bitumineux, jusque dans leur structure élémentaire. 11 n'en est pas moins vrai que sans le soin pieux des naturalistes bénévoles d’Autun, la plupart de ces trésors seraient sans valeur. Ajoutons qu’à l'habileté et au zèle dans la recherche, les sociétaires joignent la libéralité la plus grande, deux qualités rarement unies chez les collectionneurs, et qui se sont manifestées à plusieurs reprises en dotant les galeries du Muséum de pièces de premier ordre.
- Par son fondateur et par ceux qui, comme M. fiaudry, continuent à la diriger, l’œuvre de la Société d’Autun est toute scientifique; elle est toute populaire par sa composition. Dans le rapprochement où elle tient les hommes de science et les hommes de métier, elle marque une heureuse concordance entre deux mondes qui ont des tendances à s’écarter, l’intelligence et le travail : sans vulgariser la science, elle lui donne accès près de tous. C’est une œuvre très nouvelle au point de vue social.
- Il s’agit aujourd’hui de permettre à cette Société de fonder à Autun même un musée d’histoire naturelle, destiné, dans les conditions où il se trouvera, à devenir une gloire française. Le gouvernement ne peut pas donner à cette entreprise une subvention digne d’elle. La Société n’est pas assez riche pour en faire tous les frais. Mais la Chambre des députés l’a autorisée à faire une loterie pour réunir l’argent qui lui est nécessaire. Nous l’espérons, ceux qui croient à l’excellence de l’union intellectuelle des classes sociales, voudront contribuer à une aussi belle tentative, et, quant à nous, nous nous estimerions fort heureux si nous avions pu, par ces quelques lignes de recommandation équitable, contribuer au succès d’une œuvre d’initiative privée, capable d’ho-norer la science, la patrie et l’esprit humain lui-même.
- Jean Laitite.
- $§'3s£»'^X1/§Ï>
- SUR UNE EXPÉRIENCE DE COURS
- On sait que le magnésium enflammé dans l’air continue à brûler dans le gaz carbonique, qu’il décompose, en vertu de la réaction : 2 Mg + CO2 = 2 MgO -)- C.
- Pour montrer d’une façon saisissante la formation de charbon libre par le magnésium aux dépens de l’acide carbonique, on tasse dans une petite coupe de bois de l’acide carbonique solidifié à l’état de neige, on dépose dans la cavité un peu de magnésium en poudre et on y met le feu à l’aide de magnésium enflammé. Le métal brûle aussitôt avec une flamme éblouissante et laisse sur l’anhydride carbonique non consommé une masse grise qui, reprise par l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique, fournit des flocons noirs de charbon. La même expérience réussit avec la poudre d’aluminium qui est un réducteur comparable au magnésium. A. H.
- THÉORIE SOLAIRE
- de la chaleur centrale
- M. Franz Treubert vient de publier un ouvrage dans lequel il considère le soleil comme une cause des hautes températures dans l’intérieur de la terre, de l’établissement du relief montagneux et des manifestations volcaniques. Pour la solution de ces problèmes de la géographie physique, ori fait intervenir la double cause de l’in-
- fluence de la chaleur solaire, d’une part, et celle de l’état incandescent du noyau central d’autre part.
- Dans sa nouvelle théorie, M. Treubert cherche à rapporter tout le mécanisme à l’unique chaleur de l’astre du jour, en admettant que le noyau terrestre aurait une température inférieure à zéro. La pensée fondamentale de l’auteur est celle-ci : l’air atmosphérique n’est pas limité à la surface du globe, il existe également à l’intérieur. D’après les lois de la théorie des gaz, la chaleur doit se répartir de telle façon que la température, extrêmement basse dans les régions élevées, arrive à être considérable dans les profondeurs terrestres. Les valeurs calculées par M. Treubert, d’après sa théorie, concordent bien avec celles observées jusqu’à présent. Aussi les déductions qui s’en dégagent, relativement aux phénomènes géologiques, apparaissent-ils très plausibles. En définitive celte influence de l’insolation, démontrée d’une façon sévère-men scientifique, explique très bien quantité de phénomènes pour lesquels on faisait intervenir le refroidissement progressif de la terre.
- Celte influence de la radiation solaire M. Treubert s’en sert également dans son ouvrage pour provoquer la rotation de notre planète, assimilée ainsi à une sorte de radiomèlro de Crookes. C’est une théorie qui d’ailleurs a divers partisans. Mais cette dernière tentative est peut-être sujette à plus de critiques, de même que celle faite pour éliminer toute chaleur propre du noyau central ; c’est un point contre lequel différents faits d’observation s’élèvent certainement. Malgré tout, l’ensemble de la théorie n’en reste pas moins un essai intéressant dont on pourra retirer d’évidents avantages, pour la solution des nombreuses questions actuellement soulevées. L. R.
- LE MUSÉE DE PRÉVENTION
- des accidents du travail
- Le Président de la République et le Ministre du Commerce ont inauguré samedi dernier au Conservatoire des Arts et Métiers, dans la galerie Vaucanson, le nouveau Musée de Prévention des Accidents du Travail et d'Hygiène industrielle. Ainsi qu’a bien voulu nous l’expliquer lui-même M. Chandèze, l’éminent directeur du Conservatoire, il s’agit bien moins d’un musée fixe, que d’une exposition permanente, modifiable au fur et à mesure des inventions et des perfectionnements; les appareils nouveaux, plus satisfaisants à tous égards, mieux recommandés par l’usage et les preuves faites, y remplaceront couramment les premiers dispositifs, peu à peu relégués au rang des curiosités ou des objets démodés.
- De semblables musées existent déjà à Mienne (1890), Amsterdam .(1891), Munich (1900; musée du bien-être ouvrier), Charlottenbourg (Berlin, 1903) ; ce dernier a coûté plus de 1 300000 francs et est doté de 50000 francs par an.
- La prévention des accidents est devenue une véritable science, à laquelle se consacrent efficacement de nombreuses Associations de préventions-, la première fut fondée en 1867 par l’industriel Mulhousain Engel Dolfus, généreux homme de bien dont le buste occupe une place d’honneur dans l’exposition qui vient de s’ouvrir.
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- Fig. 1. — Scie circulaire.
- L’initiative du nouveau musée du Conservatoire appartient à l’Association des industriels de France, qui en a obtenu la création par décret du 24 septembre 1904. Il a été constitué uniquement par des ressources et dons d’ordre privé ; son noyau lut la collection des modèles d’appareils protecteurs réunis dès 1895 par l’Association des Industriels de France. Il faut citer parmi ses promoteurs MM. Cheysson, Duquel, Liébaut, Périssé, Honoré, G. Dumont, Carmi-chael, etc. Son but, essentiellement philanthropique et social, est de faire connaître aux. patrons par quels appareils, quelles précautions, quels moyens
- Fig, 3. — Essoreuse.
- ils peuvent protéger leurs ouvriers, les travailleurs manuels, contre les risques de toute espèce auxquels ils sont exposés : dangers de machines-outils, transmissions, tensions électriques, etc.
- Son utilité est démontrée par ces chiffres : en 1905 il y eut en France 212 755 accidents du travail déclarés dans les professions soumises à la loi du 9 avril 1898 (non compris les mines et les chemins de fer) : 1519 avaient entraîné la mort et 208 000 une incapacité permanente, ou partielle de la victime.
- Dans le Musée de la prévention des accidents, les patrons apprendront à sauvegarder et à soigner hoirs
- Fie. 2. — Dispositif pour toit.
- ouvriers; ceux-ci trouveront les indications indispensables de prudence et d’hygiène qu’ils ignorent trop. S’ils le veulent bien, les uns comme les autres recueilleront là des éléments de bonne entente, de profitable travail commun et surtout de réduction des responsabilités réciproques. La nouvelle création doit être sérieusement considérée comme un bienfaisant facteur de meilleure entente entre les travailleurs et les employeurs. C’est là qu’on apprendra à connaître et à manier les appareils protecteurs les plus perfectionnés, en nature, en modèles ou en dessins.
- L’hygiène des ateliers, qui cherche à rendre saines et agréables les grandes ruches des usines modernes,
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- vise à ce haut idéal d’augmenter le bien-être et la santé des travailleurs : le musée d’hygiène industrielle en détaille tous les moyens.
- Four ses débuts, il est partagé en trois salles; l'énonciation de quelques-uns seulement des objets exposés et les gravures ci-jointes feront sufJisam-ment comprendre son rôle.
- Dans la première salle, nous avons noté, au hasard d’une rapide inspection, toute la série des machines diverses pourvues de leurs organes de protection, peints en ronge, pour mieux sauter aux yeux : couvre-en-grenages; tour vertical protégé Lo-îriont ; écrémeuse centrifuge avec recouvrement des parties dangereuses; scies circulaires et machines à découper avec dis-
- positif Didonl pour que les ouvriers ne se coupent pas les doigts ; essoreuses, etc.
- La deuxième salle montre spécialement les brancards et- civières pour le transport des blessés, et surtout de fort curieux et efficaces appareils de mé-
- canothérapie pour la réduction des fractures, etc.
- Dans la troisième salle nous énumérerons les amortisseurs pneumatiques de chocs poulie transport des blessés ; les dispo-de sécurité pour les toitures (Bailly) ; les lampes grisou métriques Chesneau, etc. — Quant à l’hygiène, les usiniers n’auront qu’à choisir parmi les divers filtres épurateurs (Lutèce, Grand-jean, Chamber-land, etc.), les appareils à douches, lavabos et autres de né-
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- cessité; l’enlèvement des buées de teinturerie (Fouché) et l’aspiration des poussières (et particules cotonneuses dans les filatures) sont des problèmes résolus par d’ingénieux mécanismes ou procédés. Leçon de choses au premier chef, le Musée de la prévention des accidents va certainement constituer une des plus utilitaires sections de notre grand établissement d’enseignement industriel.
- Au surplus, ceux de nos lecteurs qu’intéressent (et nous les croyons nombreux) toutes les questions relatives à l’amélioration de la vie dans les ateliers et les mines, à la réduction du nombre des accidents, à la législation détaillée sur le travail, etc., les trouveront traitées à fond dans le récent ouvrage de M.Paraf : « Hygiène et sécurité du travail industriel »\ dont le titre seul résume bien le contenu.
- D' (I L’A lié.
- NÉCROLOGIE
- A. Radiguet. — Un de nos plus habiles et de nos plus ingénieux constructeurs d’appareils pour les sciences, M. A. Radiguet, vient de mourir le G décembre 1905, dans sa cinquante-sixième année. Tout le monde sait les appareils que construisait M. Radiguet ; appareils d’optique, verres pour jumelles, microscopes de précision, appareils photographiques, thermomètres, baromètres, manomètres, etc. Il construisit aussi des pièces détachées pour machines, des machines à vapeur de démonstration de toutes sortes, et il a créé tout un matériel de modèles en réduction d’instruments de physique générale, d’électricité et de mécanique, qui sont de la plus grande utilité pour les élèves des Écoles professionnelles. En 1884 il s’occupa de piles et nous connaissons de lui la pile-bouteille au bichromate alimentant la lampe de 2 bougies, la pile au bichromate usant les déchets de zinc, et permettant un débit constant pour l’éclairage des instruments scientifiques, l’allumeur-extincteur à distance ; ces divers appareils ont été décrits dans La Nature. Quand apparurent les rayons X, Radiguet en entreprit l’étude et travailla avec passion à leurs diverses applications; il ne cessait de rechercher une nouvelle application, d’en perfectionner une ancienne, de réaliser de nombreux instruments de précision pour l’emploi rationnel et méthodique des rayons X dans l’application de cette nouvelle méthode scientifique à la médecine et à l’industrie. Il meurt, du reste, victime des accidents dus à ces rayons, et qu’il n’a pas été possible d’arrêter.
- Depuis quelques années, Radiguet, avec son gendre M. Mas-siot, avait pris la suite de M. Molteni, et continuait la préparation des clichés pour les projections; il en a augmenté considérablement le nombre, les a classés méthodiquement, et il avait déjà établi un ensemble de conférences des plus intéressantes avec les clichés appropriés. Radiguet, pendant près de 15 ans, a été trésorier de la Chambre syndicale des industries électriques. Sa vie a été toute de travail, toute de bonté, toute de dévouement; il a su n’inspirer autour de lui que la plus vive sympalhie. Mais il a été enlevé Irop tôt à l’affection de sa famille. Au 1er janvier 1906, la croix de la Région d’honneur serait venue récompenser cette vie de travail
- 1 Paris, Duootl, 1905, in-8°, 052 pages.
- et de dévouement qui laisse des souvenirs profonds dans le cœur de ceux qui ont connu Radiguet. J. Laffahuuk.
- Albert von Kœlliker. — L’illustre professeur honoraire d’anatomie de l’Université de 'Würzbourg est décédé le 3 novembre 1905. Né en 1817, à Zurich, où il lit ses études, il devint, en 1859, à Berlin, l’élève du biologiste Joli. Muller. A dater de cette époque, à Zurich, à Naples, puis à l’Université de Würzbourg, il s’adonna aux travaux et aux recherches d’anatomie et surtout d’histologie, science où il était devenu le maître de l’école moderne. On lui doit un Manuel d'histologie, un Traité d’embryologie et de nombreux travaux spéciaux d’histologie, de physiologie, d’anatomie comparée, etc.
- 1*. L.
- CHRONIQUE
- Un tour de force en matière de construction de chemin de fer. — La construction du chemin de fer de la Rhodésie (dont il a été parlé ici à propos du pont sur le Zambèze) se poursuit activement, sous les ordres de sir Charles Metcalfe. Or, récemment, les équipes de travailleurs ont réussi à poser en douze heures 9200 mètres de voie.
- Contre-torpilleur à 33 nœuds. — 11 s’agit d’un type qui vient d’être adopté par la marine britannique, et dont plusieurs exemplaires ont été commandés à diverses maisons. Il doit fournir une allure de 55 nœuds, avec un approvisionnement de charbon suffisant pour assurer un rayon d’action de 5000 milles à une vitesse approximative de 10 nœuds. Les chaudières, du type express, pourront être chauffées au besoin au pétrole, et les machines propulsives seront des turbines. Le déplacement sera de 800 tonneaux.
- Horloges turbines à télégraphie sans fil. —
- Pour faire concurrence aux horloges pneumatiques, qui ne sont certainement plus une nouveauté, Vienne va posséder une distribution de l’heure à des horloges publiques ou privées au moyen d’une étincelle de déclenchement envoyée suivant le principe de la télégraphie sans fil. 11 y aura une station centrale avec un puissant appareil Ruhmkorff, dont l’une des extrémités sera à la terre et l’autre reliée à une antenne de 25 mètres, et, bien entendu, aussi, un pendule électrique du système spécial Morawetz, qui interrompra et établira le courant à des intervalles d’une minute. L’onde envoyée en conséquence sera reçue dans 80 sous-stations avec antenne et relais dont on comprend la nécessité, relais communiquant par fil conducteur avec les horloges commandées.
- Locomotives à crémaillère africaines. — Au
- fur et à mesure que les voies ferrées attaquent plus hardiment le continent africain, elles sont obligées de se lancer dans des régions montagneuses qui imposent des difficultés particulières de traction; et il est intéressant, à ce point de vue, de savoir qu’on est obligé de recourir à la crémaillère, et, par suite, à des machines spéciales, sur les lignes de l’Afrique du Sud. Pour la section Wa-terloo-Onder et Waterval-Boven, sur le chemin de fer de Pretoria à Lourenço Marquez,- on vient de mettre en service, pour remorquer de lourds trains de marchandises, sur de longues rampes de 50 millimètres, des locomotives à crémaillère qui ne pèsent pas moins de 84,5 tonnes. Sur les-rampes en question, elles traînent facilement un train de 550 tonnes, et elles traversent un tunnel où
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- elles condensent leur vapeur. Elles ont trois essieux couplés et un boggie à deux essieux à chaque bout, les six roues couplées perlent un poids adhérent de 4a tonnes.
- Nouveau transatlantique allemand. — La Compagnie « llamburg-Amerika » vient de se faire construire par les chantiers Vulkan un transatlantique intéressant à maint égard. C’est un bateau énorme, puisqu’il a un déplacement de 35 500 tonnes, et qu’il est fait pour transporter 532 passagers de l1'* classe, 301 de 2% 218 de 5° et 208 passagers d’entrepont (sans compter les 530 hommes d’équipage) ; ces passagers auront la faculté de manger à la caiie, au lieu de payer à forfait leur nourriture pour tout le voyage. Le tonnage de ce bateau, appelé Kaiserin Augusla Victoria, est de 25 500 tonnes, sa longueur de 213,05 m. ; sa largeur de 23,40 m. ; mais sa machinerie n’a qu’une puissance de 17 500 chevaux, qui ne lui imprimera qu’une allure de 17 nœuds, vitesse très modeste à l’heure actuelle.
- Automobile pour voyages dans le désert. —
- Le major général Wingale, Sirdar d’Egypte, vient de se faire construire ime automobile pour ses déplacements à travers les sables du désert égyptien. Le véhicule, qui a un moteur de 20 chevaux, a des roues entièrement enfermées entre deux joues de tôle, pour préserver du sable, jante et rayons; il remorque une autre petite voilure portant un projecteur. Essayé sur le sable sec et mou, l’équipage marche à une allure de 4,8 kilomètres à l’heure environ; sur sable dur, la vitesse atteint 11 kilomètres. L’automobile comporte un tambour de treuil, puis un câble se terminant par une ancre qu’on peut enfoncer dans le sol, et elle a ainsi la possibilité de se haler pour sortir d’une mauvaise position. Toute la machinerie est enfermée sous une enveloppe métallique aussi étanche que possible qui la préserve du sable; c’est le moteur de la voiture qui actionne la petite dynamo fournissant le courant au projecteur.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du î î décembre 1905.
- Présidence de M. Troost.
- Inexplicable vestige iVanimal. — M. Albert Gaudry expose que l’expédition dirigée par M. de Rolscbibl, après être restée pendant dix-sept mois en Abyssinie a gagné la région du lac Rodolphe où elle a trouvé une faune très riche que l’homme n’a pas encore ravagée. Elle y a trouvé notamment une girafe appartenant à une variété non encore décrite. Elle a rapporté des collections abondantes dans lesquelles on remarque un objet extraordinaire. C’est une dent énorme, qui ne présente les caractères ni de la dent d’hippopotame ni de la dent d’éléphant. Aussi est-on conduit à penser qu’elle provient d’un animal de grande taille inconnu ou disparu.
- Distillation de Vor. — M. IL Moissan présente une Note sur la distillation de l’or et de ses alliages 11 établit, par de nombreuses expériences, que, au four électrique, l’or peut bouillir avec une grande facilité, la température est alors de 2400°. En deux ou trois minutes on fait passer 100 à 150 grammes d’or à l’état de vapeur. En condensant cette vapeur sur un corps froid, on obtient soit de l’or filiforme, soit de petits cubes d’or cristallisés. A sa température d’ébullition l’or dissout une petite quanti lé de carbone qu’il abandonne au moment de sa solidification, sous forme de graphite. En Répétant ces expériences
- avec des alliages d’or et de cuivre qui ne sont pas des combinaisons définies, on remarque que le cuivre distille avant l’or. De même les alliages d’or et d’étain fournissent plus de vapeur d’étain que de vapeur d’or. Si l’on recueille une grande quantité de ces vapeurs l’étain brûle au contact de l’oxygène de l’air en donnant de l’oxyde d’étain qui est coloré en pourpre par une fine poussière d’or condensée à sa surface. (Test là une méthode inattendue pour préparer ce pourpre qui est connu sous le nom de pourpre de Cassius.
- Hydrolyse des produits ligneux. — M. Dastre présente une Note de M. Seillière relative à l’hydrolyse des parties ligneuses des végétaux par les sucs digestifs des animaux qui se nourrissent de fibres vasculaires et de tissus morts. Ces matières constituées d’hydrates en O ou penlane sont transformées en sucres correspondant aux pentoses, et cette hydrolyse se produit sous l’in-lluence du ferment contenu dans le suc digestif.
- La préférence des couleurs par les abeilles. — M. Bonnier rappelle que, suivant l’opinion de quelques savants, certaines fleurs sont colorées pour attirer les abeilles et faciliter ainsi la dissémination du pollen d’une fleur à l'autre de même espèce, de façon à réaliser ainsi des croisements. D’autres savants, au contraire, soutiennent que les abeilles se posent sur les fleurs sans faire attention au vif coloris des corolles. De même le miel attire-t-il ou n’atlire-t-il pas les abeilles? M. Bonnier a repris des expériences qu’il avait entreprises sur la question en 1879. 11 observe qu’il y a chez ces insectes une disfri-bution du travail certaine. 11 faut distinguer les chercheuses et les butineuses. Les abeilles savent très bien reconnaître la miellée sur certains arbres, le nectar sucré sur certaines fleurs sans couleurs et le sucre. On les voit en masse se porter directement sur un arbre à miellée alors que les fleurs colorées voisines ne sont pas exploitées. II y a donc intention manifeste. En plaçant du miel sur un bassin, où à certaines heures les abeilles viennent puiser de l’eau dont elles ont besoin pour la ruche, ces dépôts de miel 11e sont pas touchés. Ce n’est pas qu’ils laissent l’insecte indifférent, mais il y a de sa part accoutumance à fournir tel service et il n’est point distrait de son office. En réalité la question de couleur des fleurs n’a pas l’importance qu’on lui a attribuée.
- Fontaine-l’Évêque et les abîmes de Canjuers (Lar). — M. Albert Gaudry présente une note de MM. Martel et Le Couppey de la Forest, sur leurs recherches officielles (ministère de l’Agriculture) dans le Yar ; 30 abîmes ont été visités, dont un de 155 mètres de profondeur.
- Roches remarquables. — M. Lacroix présente une Note signalant la composition remarquable des roches des îles de Los, situées en face de Konakry, qui ont été abandonnées à la France par une récente convention avec l’Angleterre. Ces roches sont essentiellement constituées par des syénites néphéliniques riches en minéraux rares contenant notamment des pigmatites rappelant celles qui ont rendu célèbres certains gisements du sud de la Norvège et du Grônland.
- Géologie du pôle sud. — M. Lacroix présente ensuite une Note de M. Gourdon, géologue de l’expédition Charcot. Les îles explorées entre le 64e et le 65° degré sont toutes constituées par des roches grenues anciennes et des roches volcaniques récentes. Les roches grenues contiennent des granits, des diorites quartzifères à pyroxène et mica et des gabbros. Cu. de Yilledeuil.
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- LA NATURE.
- TRAMWAY ÉLECTRIQUE DE PÉNÉTRATION A PARIS
- eii réduction
- Lu traction électrique dans Paris présente plusieurs difficultés. On sait que les tramways électriques, qui desservent les environs de Paris et pénètrent ensuite dans la ville, peuvent être à trolley aérien en dehors de Paris, mais qu’ils ne peuvent fonctionner ainsi à l’intérieur de Paris et qu’ils doivent adopter tout autre mode de fonctionnement. C’est ainsi que nous avons vu adopter, il y a quelques années, par ces tramways la traction mixte à trolley aérien pour les environs et à accumu-
- lateurs pour l’intérieur de Paris. On a donné à ces tramways le nom de tramways de pénétration.
- Se basant sur ce fait bien connu, M. L. Brianne, constructeur électricien, qui l’année dernière nous avait fait un train en miniature1, avec divers modèles de petits tramways, a réalisé celte année complètement un tramway de pénétration, que représente la ligure ci-dessous..Ce tramway est installé dans une petite ville des environs de Paris, et rentre ensuite dans Paris. La traction en dehors de Paris est naturellement; à trolley aérien ; on aperçoit dans la ligure les poteaux supportant le lil conducteur qui amène le courant d’une usine voisine. On voit aussi sur le tramwav
- Lus tramways électriques de pénétration à Paris. Eu haut, le trolley retiré, et le trolley eu fonction.
- la perche qui est destinée à maintenir le frotteur prenant contact sur le conducteur. Le tramway arrive bientôt aux fortifications à une barrière de Paris. Le tramway s’arrête d’abord, et il repart bientôt après ; mais le trolley aérien glisse sur un conducteur en coude d’une forme particulière, et la perche aérienne s’abat aussitôt pour venir s’accrocher automatiquement à la surface supérieure de la voiture. Immédiatement, et automatiquement encore, le tramway repart en prenant le courant sur un rail central. Ces manœuvres automatiques faites par cette petite voiture sont réellement saisissantes et de plus vraiment démonstratives ; aussi c’est avec plaisir que les grandes personnes elles-mêmes examinent le fonctionnement de ce tramway de pénétration. Le courant est fourni par une dériva-
- tion prise sur les réseaux de distribution avec une lampe à incandescence en tension; on peut aussi prendre des piles ou des accumulateurs à volonté.
- 11 est également intéressant de faire la manœuvre inverse, et de faire sortir le traimvay de Paris, au lieu de le faire entrer. 11 arrive aux fortifications, et au moment de franchir la barrière, la perche placée sur la voilure sc décroche automatiquement et vient se placer d’elle-même en contact avec le conducteur amenant le courant. Notre tramway est réellement d’une grande simplicité et de nature à amuser notre lecteur tout en l’instruisant, J. Laffaugue.
- 1 Yoy. n° 1650, du 7 janvier 1905, p. 95.
- Le Gérant : P. Masson.
- Taris. — Imprimerie Lahube, rue de Fleuras, 9.
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- l ÛMUOTHÉÇijgs
- N° 1700. - 23 DÉCEMBRE 1905. LA NATURE.
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- LES TURBO=ALTERNATELRS DE LA MAISON SAUTTER=HARLE ET Cic
- La maison Sautter Ilarlé el Gie est déjà connue depuis de longues années pour ses constructions et ses spécialités renommées, parmi lesquelles nous rappellerons les phares, les appareils électriques pour la marine el la guerre, les appareils photo-électriques, les machines électriques de tous modèles.
- Depuis quelques années, elle a entrepris la construction des lurbo-machines, dans lesquelles le mouvement rotatif continu est substitué au mouvement alternatif. Nous avons déjà eu l’occasion de décrire les turbines à vapeur bateau5 et les turbo-dynamos dont la maison a effectué la construction. Nous désirons aujourd'hui décrire le nouveau groupe électro-
- gène qu’a réalisé cette maison de construction pour un alternateur à courants triphasés de 400 kilowatts à 3000 volts, et faire connaître que le groupe a constitué une usine qui a fonctionné, sans aucune gêne, pendant plusieurs mois à l’Exposition de Liège, dans un espace de 5 mètres sur 10 avec un sous-sol également restreint et dans lequel on avait installé turbine à vapeur, condensation, alternateur et tableau de distribution.
- L’installation était constituée par un groupe électrogène, dont la figure ci-dessous donne une vue d’ensemble. Ce groupe électrogène était formé d’une turbine à vapeur multicellulaire, système Rateau,
- Groupe élcctrogèue turbo-alternateur à courants triphasés de 4U0 kilowatts à 30U0 volts, de la maison Sautler-Harlé et ti0
- d’une puissance de 600 chevaux, actionnant directement un alternateur à courants triphasés de 400 kilowatts à 3000 volts entre fils, et d’une fréquence de 50 périodes par seconde. La turbine à vapeur, l’alternateur et la machine excitatrice sont montés sur un même bâti avec une ligne d’arbre commune.
- La vapeur, fournie par les usines de distribution de l’Exposition, traversait une vanne de barrage, une bouteille de purge, munie d’un purgeur automatique, et se rendait à la vanne d’admission de la turbine, qui était montée sur un obturateur commandé par un régulateur à force centrifuge, muni d’un compensateur. A la sortie de la turbine, la vapeur se rendait dans un éjecto-condenseur qui était alimenté par une pompe centrifuge mise en mouvement par un moteur électrique et noyée dans un puisard. L’eau chaude était reprise, à la sortie du condenseur, par
- 1 Yov. n° 1599, du 10 janvier 1904, p. 103.
- 34° année. — T1' semestre.
- une pompe centrifuge actionnée également par un moteur électrique, et refoulée dans la canalisation de retour d’eau de l’Exposition. En cas de manque d’eau de condensation, l’échappement de la vapeur pouvait également se faire par un tuyau ménagé à cet effet. Ajoutons que des tuyaux avaient aussi été prévus pour la circulation d’eau destinée au refroidissement des paliers.
- Nous ne reviendrons pas sur la turbine multicellulaire Rateau en elle-même, puisqu’elle a déjà été décrite. Nous ajouterons seulement que ces turbines sont munies d’une vanne à main et d’un obturateur automatique à soupape, commandé par un régulateur à force centrifuge, qui est monté sur un des paliers de la turbine ; le fonctionnement de cet appareil permet de limiter à moins de 2 pour 100 les écarts de vitesse angulaire entre la marche en charge et la marche à vide. Au moment d’une variation, l’écart instantané n’atteint pas 6 pour 100. Lorsque
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- la turbine doit fournir une puissance supérieure de 10 pour 100 environ à sa puissance normale, il suffit, par une soupape spéciale, d’admettre de la Vapeur en un point intermédiaire du cylindre, en général au passage d’un diamètre de roues à l’autre; on arrive à récupérer ainsi un supplément de puissance égal à environ 50 pour 100.
- L’alternateur à courants triphasés tourne comme la turbine à la vitesse angulaire de 5000 tours par minute; il est à inducteur bipolaire tournant cl à circuits induits fixes, protégés par une enveloppe extérieure, mais avec canaux intérieurs, permettant d’assurer une grande ventilation. Les courbes de courant obtenues sont presque des sinusoïdes parfaites, sans aucune harmonique appréciable. La jouissance effective de l’alternateur est de 400 kilowatts, à 5000 volts entre fils, et à la fréquence de 50 périodes par seconde. La régulation de la différence de potentiel est obtenue automatiquement par le dispositif de compoundagc, système lllondel; la vitesse angulaire de la turbine étant constante, le réglage est assuré uniquement par le compoundagc à toutes les charges.
- Les appareils de mesure et de manœuvres sont portés sur une colonne que l’on voit dans la figure. Là se trouvent un ampèremètre à courants triphasés, un ampèremètre d’excitation, un voltmètre à haute tension.
- On voit également les lampes de phases qui permettent d’effectuer le couplage en quantité d’un autre alternateur. Sur les côtés de la colonne, à la hauteur de la main, sont les volants des rhéostats d’excitation et le levier commandant l’interrupteur général. À la sortie de l’alternateur, le courant triphasé traversait le circuit primaire du Iranslorma-teur de compoundage, et se rendait ensuite à l’interrupteur général qui se trouvait placé dans un bac rempli d’huile. Deux dérivations prises avant alimentaient l’une le voltmètre, et l’autre l’un des transformateurs de phase. Le transformateur de compoundage servait à alimenter l’excitatrice eompound établie suivant le principe de M. Blondel. Celte excitatrice, montée sur l’arbre de la turbine, recevait du courant triphasé qu’elle transformait en courant continu, et ce dernier se rendait dans l’inducteur tournant de l’alternateur. L’excitatrice eompound était elle-même excitée par une autre petite excitatrice placée à l’extrémité de son arbre ; l’excitatrice jouait le véritable rôle d’une commutalrice. L’excitatrice eompound possédait deux champs magnétiques, dans le circuit de chacun desquels était intercalé un rhéostat. Le courant continu à 440 volts arrivait à un tableau spécial de manœuvres.
- Telles sont les différentes parties bien résumées de la très remarquable installation d’un groupe turbo-alternateur à courants triphasés, que la maison Sautter-Harlé et Cie a pu installer dans un espace restreint à l’Exposition de Liège. J. Laffargue.
- LE BASSIN HOUILLER
- de Meurthe-et-Moselle1
- Les lecteurs de La Nature oui été sommairement mis au courant des recherches entreprises en Meurthe-et-Moselle pour y retrouver le prolongement du bassin boitiller de Sarrebrück et de la situation de ces recherches au printemps de celle année.
- Treize sondages étaient alors en activité. Voici leur situation actuelle : Eply (1) est resté en accident depuis plus d’un an ; son approfondissement n’a pas progressé. Lesménils (2) a été arrêté un peu après 1500 m. de profondeur sans qu’on n’y ait constaté aucune couche de houille. Belleau (9), Bois de Grenèy (10), Brin (11), JNo-meny (12) et Yilcey (15), tous à moins de 700 m., n’ont pas encore atteint le terrain houiller. Ponl-à-Mousson (3), Alton (4), Àbaucourt (5), Laborde (0), Jezainville (7) et Marlincourl (8) y ont, au contraire, pénétré plus ou moins profondément. Sept nouveaux sondages ont été entrepris au cours des six derniers mois ou plus exactement depuis la rencontre, lin juin dernier, au sondage d’Ahaucourt, d’une couche de houille de 2"‘,50 d’épaisseur, située à S'JG m. de profondeur. Ce sont les recherches de l'hlin (14), Raucourt (15), Port-sur-Seille (Dombasle) (10), Scar-ponne (17), Bezaumont (1.8), Monl-sur-Meurthe (19) et Blainville (20), ces deux dernières constituant une pointe hardie vers le Sud du département, amplifiant beaucoup le mouvement d’avancée au midi déjà esquissé par la recherche de Brin.
- Les huit sondages qui ont déjà atteint le terrain houiller démontrent ou rendent à peu près certaine son existence dans la région Nomeny-Ponl-à-Mousson sur environ 25 km de longueur et 10 km de largeur moyenne, soit 25 000 hectares, à une profondeur moyenne de 800 mètres, entre 050 mètres (vers Épi y) et 950 mètres (vers Marlincourl).
- À ces deux points de vue, profondeur du toit du houiller, superficie du bassin reconnu, on n’a jamais espéré mieux. Mais, en ce qui concerne la richesse houillère, la question parait beaucoup moins nette. Dans les milieux compétents, on semble fort pessimiste et, cependant, l’entrain des recherches ne se ralentit pas.
- Le tableau de la page suivante résume les résultats acquis.
- 11 s’agit là évidemment d’un terrain houiller pauvre, à grandes stampes stériles, à couches minces, tenant environ 1/2 pour 100 de charbon, alors que les bassins houillers les plus célèbres en renferment ordinairement de 3 à 5 pour 100. De plus, l’accès de ce gisement — nous l’avons signalé antérieurement — sera assez difficile.
- Si toutes ces conditions s’affirment, il serait évidemment téméraire de chercher à y installer une industrie houillère ordinaire, créée par des capitaux ordinaires pour une clientèle ordinaire. Mais ce problème n’est pas celui qui a été envisagé au début et qui est le principal.
- 11 s’agissait, il s’agit toujours, pour les sidérurgistes, de trouver, près de notre superbe bassin minier ferrifère de l’Est, un bassin houiller rendant la sidérurgie indépendante au point de vue de ses approvisionnements en combustible, agrégation d’autant plus nécessaire que des mouvements industriels analogues, dans les pays concurrents, ont déjà abouti.
- Au surplus, au début de cette campagne, espérait-on beaucoup mieux que ce qu’on trouve? Il suffit de s’y reporter pour constater que non et si, depuis, on a éprouvé quelques désillusions, c’est qu’auparavantune circonstance
- 1 Yoy. n° 1062, du, lor avril 1905, p. 278.
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- SI
- inespérée, la rencontre du houiller à Ëply dès (100 mètres, avait autorisé des ambitions véritablement extraordinaires.
- On a bien aujourd’hui, comme on le souhaitait à l’origine, quelques mètres de houille aux environs de 1000 à 0200 mètres de profondeur. On ne saurait exiger une réalisation plus exacte des espoirs initiaux, sagement et modérément conçus par les promoteurs des l'echerches.
- Dans celte question de richesse houillère, il y a deux éléments principaux à considérer; la quantité de houille disponible et le prix de revient auquel on l’obtiendra.
- S’il existait, simple supposition, sur 25000 hectares de terrain houiller accessible, 5 mètres d’épaisseur moyenne de houille, dont la densité est d’environ 1,35, le gisement contiendrait un milliard de tonnes; c’est ce qu’il faudrait pour transformer en produits sidérurgiques1 tout ou presque tout le gisement ferrifère de Meurthe-et-Moselle. Le problème quantité serait donc résolu dans ce cas.
- Quant au prix de revient, il ne faut pas oublier qu’un gisement, qui serait négligeable dans les conditions ordinaires, prend souvent une grande valeur dans la proximité des éléments qui doivent concourir à son utilisation.
- L’est, par exemple, le cas du Cleveland où la proximité de la houille et de la mer a fait un des plus riches du monde d’un gisement de fer pauvre et siliceux.
- De même en Meurthe-et-Moselle.
- Supposons-y, pure hypothèse, une usine qui aurait une mine de houille dans le Pas-de-Calais, et une autre contre ses hauts fourneaux. Cette dernière éviterait des frais de transports qui, pour la première, s’élèveraient à 7 francs
- Pont- A-Mousson
- SeMjï A'
- tTou
- F R A
- Lunéville
- Ç^Soru/at/cy ayant atteint le tvj'raui /wuilL'i' Kilomètres
- 20 19
- Carie des redierelies de houille en Lorraine.
- par tonne. La mine rapprochée serait donc aussi avantageuse à exploiter que la mine éloignée, même si son prix de revient y était de 7 francs supérieur à celui de l'autre. Or, une telle marge compenserait tout à la fois : 1° un
- bONÜACES AYANT ATTEINT LE TE KÀ IN HOUJLLEK
- STAMl'K DE IIOUILLËK TKAYEHSÉ
- Lpiy ; •
- Lesménils
- de la profondeur (itiO ni. à la profondeur 7(H) ni. de la profondeur 800 ni. à la profondeur 1500 ni.
- Ponl-à-Mousson. . de la profondeur 800 ni. à la profondeur 1400 ni.
- Alton............de la profondeur 780 ni. à,la profondeur 1500 ni.
- Abaueourl .... de la profondeur 850 ni. à la profondeur 1000 ni.
- Laborde..............de la profondeur 900 m. à la profondeur 1000 m.
- Jezainville .... de la profondeur 800 ni. à la profondeur 900 ni.
- Marlincourt ... de la profondeur 050 m. à la profondeur 1050 m.
- COUtllliS u’ÉPAlSSliLH liXCLOlTAHUi
- Lue couche évaluée à 0"‘,80 vers 700 ni. Aucune constatation.
- 0'“,70 0U1,50 0m,40 1-qOO 0m,50 0™, 00 0"',55 0'“,75 0'“,05 0m,65
- vers 800 m. ) Total 5"‘,10
- vers 1150 m. f de
- f houille exploitable.
- vers 1280 m. \ (verticalement o‘",(iÜj
- vurs 800 m. A ...
- vers 1000 m. J Total 5m,20 f de é houille exploitable.
- vers 1280 m.
- vers 1550 m. \ (verticalement 5'“,40)
- l'ers 900 m. ( constatation, constatation, constatation. verticalement 2m,65)
- surcroît de dépenses de 10 millions par siège d’extraction; 2° un surcroît de profondeur de 800 mètres pour l’extraction, l’exhaure, etc. ; 5° une diminution de rendement d’ouvriers du fond de 40 pour 100, si une telle diminution devait résulter de ce surcroît de profondeur et de la pauvreté du gîte.
- . Certes, la plupart des hauts fourneaux de Meurthe-et-Moselle ne seront pas sur le bassin houiller même; la marge supposée de 7 francs pourra tomber souvent à la moitié de ce chiffre ; mais, bien que la plupart des couches de houille rencontrées soient rares, minces et profondes2,
- 1 La houille de Meurthe-et-Moselle se cokétie, elle est un peu trop riche en matières volatiles, mais il semble bien qu’à l’avenir cet inconvénient perdra de son importance par suite des progrès incessants de la fabrication du coke.
- 2 En réalité si la plupart des couches de Meurthe-et-Moselle ne valent pas les plus belles couches de Westphalie, de Sarre-
- il n’est rien moins que sur que celte marge sera dépassée suffisamment pour supprimer tout avantage.
- 11 serait donc regrettable de verser dans un pessimisme qui n’aurait d’autre excuse que la chute d’illusions et d’ambitions un moment excessives. Aujourd’hui encore il n’est pas interdit de croire, pour Meurthe-et-Moselle, à un résultat convenable, que ni le Pas-de-Calais, ni d’autres régions houillères n’ont encore apporté à la métallurgie de l'Est, résultat assez convenable du moins pour confirmer définitivement cette induslrie dans la situation naturelle privilégiée qui lui appartient et qui autorise pour elle de très vastes ambitions.
- L. Bailly.
- brück ou du Pas-de-Calais, du moins clics ne sont pas plus minces que les couches exploitées en Belgique, dont la moyenne est de Om,65.
- <*§7N&.^L§ÎJ
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- LE DÉFILÉ DE L’ENTREMON
- Le Haut-Aragon esl le pays des « garganlas ».
- Les Espagnols appellent « gargan-las )) les délilés que nous nommons (joryes, el qui sont chargés de l'aire communit pier entre eux les divers bassins d’une vallée ga-vitjne. Dans le Il a ut-A ragon , bordant la i’ron-tière, s’élève le paissant massif du Mont-Perdu tpii,bien qu’ayant ôd mètres de moins que 1 a MaladeLta, n’en est pas moins regardé comme le nœud principal, le pic par excellence de la chaîne des Pyrénées devenue, grâce à lui, le sique tagnes
- Or, comme La constaté Ua-mond, au-dessous de ce massif, tout s’abaisse, tout s’écrase brusquement ; il n’y a plus qu’un plateau sillonné de vastes crevasses, puis des cordillères et des sierras. C’est la disposition même de son relief, c’est sa propre orographie, qui a fait du Haut-Aragon un pays de gorges. Entre le golfe de Gascogne et la mer Méditerranée, la ligne de partage des eaux court en déclinant du nord-ouest au sud-est. Les chaînons, qui soulignent celte épine dorsale, affectent la même obliquité, et, d’autre part, comme les torrents, accourus de la frontière, croisent perpendiculairement, c’est-à-dire selon le méridien, tous ces chaînons les uns après les autres, il en résulte un canevas donnant naissance à maints chapelets de délilés qui se succèdent, et qui séparent des conques de dimensions variables. Cet état de choses se vérifiera aisément sur les cartes ou mieux encore •en descendant un des rios en question, l’Esera par exemple, qui arrive de Benasque.
- Parmi les cluses que le rio Cinca traverse au cours desa torrentielle descente, la plus typique, la plus importante surtout, me parait être celle du défilé
- de l’Entremon, par lequel toutes les eaux du versant espagnol, com [irises entre le Yignemale et le pic Pétard, doivent passer pour gagner les plaines de l’Ebre. A ce moment, le Cinca peut avoir, depuis sa source du Lac Glacé, parcouru environ 70 kilomètres, et s’est en chemin de nombreux af-lluents, dont un particulièrement sérieux, le rio Le vaste territoire embrassant les bassins de l’Ara et du Haut-Cinca est borné au nord par la ligne de partage des eaux et à l’ouest et à l'est par deux cordillères, dont la première lance le pic de Tendenera et la Pena de Gan-cias et la seconde le pic des Posets et le Cotiella. Or, à l’endroit où la première de ces deux cordillères va se souder à la deuxième, existe un énorme pâté montagneux contre lequel le Cinca se précipite et qu’il franchit, non sans peine, par l’entremise d’une longue, étroite et tortueuse tissure, qui est le défilé de l’Entremon.
- L’intérêt que l’Entremon offre au point de vue géographique, voire même au point de vue économique, n’échappa pas aux Romains qui s’empressèrent, lors de leur conquête de l’Hispanie, d’en occuper les abords. Toutefois, ils jugèrent inutile d’y ouvrir un chemin, attendu que ce massif se contournait facilement à l’ouest, circonstance qui explique pourquoi l’intérieur de l’Entremon est resté jusqu’ici vierge de travaux humains. Une voie y eût été depuis longtemps construite, s’il avait été indispensable de s’y aventurer, afin de pénétrer plus avant dans la montagne. Les ingénieurs modernes ont également pour ce motif laissé de côté l’Entremon qui a conservé de nos jours son renom de couloir impraticable et suspect, dramatisé par la légende,
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- Pl O v>
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- Pont romain, à l’entrée de PEntremon.
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- et de pas si hasardeux que peu de personnes seraient capables de le parcourir d’un bout à l’autre. De formidables escarpements, comptant 4 à 500 mètres de hauteur sur une longueur de près de deux lieues, étreignent ce défilé de toutes paris.
- A l’entrée de l’Entremon, se trouve le village de Mediano et à sa sortie celui de Ligiierro de Cinca. lin troisième « pueblo », Samilier, entre les deux premiers, occupe les pentes occidentales extérieures que longe là grande route. Eniremon semble la corruption probable de « inter montes », entre monts ; de meme, Mediano vient de « modianus », qui est au milieu, ce pays étant à mi-chemin d’Ainsa à Naval. Il ne faut pas oublier ici qu’il existait autrefois, non loin delà, un village célèbre dans l’histoire locale, celui de Monclus, « montagne close », dont le nom trahit également une origine latine.
- Le défilé de l’Entremon n’est parcouru que par les mariniers chargés de convoyer les trains de bois venant de la frontière. 11 faudrait s’embarquer avec eux pour savoir quelque chose des mystères de cette remarquable cluse, au milieu de laquelle on éprouverait peut-être plus d’émotion que dans les célèbres canons de l’Ardèche eL du Tarn. Semblables à des oiseaux de mauvais augure, d’étranges racontars ont longtemps plané au-dessus du défilé de l’Eniremon, dont la traversée, disait-on, offrait mille obstacles à affronter, mille périls à combattre, et que les mariniers, par crainte de la concurrence ou dans le but de se faire valoir, se gardaient bien de démentir.
- Du village de Mediano, on voit admirablement le Cinca s’engouffrer dans le défilé de l’Entremon. L’étrange cluse débute entre deux masses de roc se faisant vis-à-vis. Un vieux pont romain s’élance de l'une à l’autre (fig. 2). Ce pont est très élégant; trois baies s’ajourent dans ses culées qu’elles allègent et où elles servent d’arches de décharge, en vue des crues extraordinaires capables d’emporter l’édifice. L’ensemble compte 50 mètres d’élévation sur 40 à 50 mètres de portée. Certains ingénieurs ont rangé ce pont au nombre des merveilles architecturales de l'Espagne. Il rendit autrefois d’énormes services, les montagnards n’ayant pas d’autre passage pour transiter d’Aragon en Catalogne et réciproquement, dès que les inondations et les fureurs du Cinca détruisaient les passerelles ou interrompaient la circula-lion des bacs. Historiquement parlant, le pont de l’Entremon fut témoin du meurtre de Gonzalo Ier, roi de Sobrarbe, qui y fut assassiné par un de ses écuyers.
- Sur la plus haute pointe des rochers qui étreignent le défilé de l’Entremon, se dresse une ancienne tour-vigie également construite durant l’occupation romaine (fig. 1). On y parvient en passant par le village de Samitier qui possède une fort jolie tour moresque. La durée de l’ascension est d’une heure et demie, Cette course donne une parfaite idée du serpente-ment de l’Entremon que l’on domine comme de la nacelle d’un ballon captif. La tour, voisine d’un ermitage dit de San Mitiero, est en ruine. Son assiette rappellera à un Parisien celle du Temple delà Sybille,
- dans le parc des Huttes Chaumont. A l’intérieur, parmi des gravats que l’herbe s’efforce d’envahir, on remarque une fosse à demi comblée : les gens du pays prétendent que c’est la bouche d’un souterrain secret dégringolant jusqu’au Cinca et chargé de ravitailler en cas de siège les soldats de garde. Une vaste brèche éventre la tour au nord. II faut descendre par cet hiatus et s’aventurer sur une crête étroite en dents de scie pour voir l’antique donjon §e profiler en plein azur, sur le faîte de son pain de sucre. Le précipice est effroyable du côté du défilé.
- Il faut ensuite se rendre à Ligiierre pour achever de connaître l’Entremon dont la sortie est encadrée par deux pylônes gigantesques (fig. 5). Le Cinca miroite en avant, au milieu d’une plaine de galets, cl on distingue un bac desservi par un sentier. Ligüerre est, comme Mediano, bâti sur une terrasse de 50 mètres de hauteur, où il est à l’abri des crues. L’étymologie de son nom est arabe. 11 signifie lieu de repos, poste fixe. Quand on a traversé le bac, il ne reste plus qu’à longer la rive gauche du rio, parmi les galets cl les débris rocheux, jusqu’à ce que le courant, occupant toute la largeur du seuil de sortie, oblige à stopper.
- Alors, le. tableau est vraiment extraordinaire. La roche grise est tachée de rouge, abondamment, cl si rébarbative, que la végétation hésite à l’envahir ; des murailles s’entassent sur des murailles ; et le Cinca débouche sans hâte et sans plainte, comme si la traversée de ces sublimes Thermopyles l’avaient anéanti. Les flots s’effrangent sur des cailloux versi-colores, marbres blanc et noirâtre, grès rouge, schistes et granits, venus de partout. Dans le cœur même de la gorge, on voit des pentes vallonnées qui se répandent sous une immense falaise comme badigeonnée au minium et striée de vert, et au faîte de laquelle on retrouve la tour-vigie et l’« ermita » qui l’accompagne. Le portail de sortie de l’Entremon est une des scènes les plus remarquables que l’on peut admirer dans le Haut-Aragon qui n’en manque pas, cependant.
- Lucie?) Briet,
- LE MUSÉE BOTANIQUE LLOYD
- à Cincinnati
- Il arrive assez fréquemment que des particuliers, après avoir consacré une partie de leur vie et de leur fortune à réunir une collection artistique ou scientifique, la livrent au public dans l’intérêt général de l’art ou de la science.
- Parmi ces musées, destinés à entrer dans le patrimoine commun après avoir fait le plaisir de leurs propriétaires, il nous paraît intéressant de signaler, à titre d’exemple encourageant, celui que les frères Lloyd ont réalisé à Cincinnati (Ohio), et qui est consacré à la botanique pure et appliquée.
- Ce musée, situé au n° 224 de la West Court street, est logé dans une construction de 4 étages, élevée dans ce dessein en 1892 ; les frais de son entretien sont fournjs par MM. C. G. et J. U. Lloyd, chacun en ce qui concerne son département : le premier s’occupant de la botanique et spécialement de la mycologie, le second de la matière médicale et de la pharmacie,
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- L’établissement comporte trois parties distinctes : une bibliothèque, un herbier, une collection de champignons
- La bibliothèque est exclusivement consacrée aux ouvrages traitant des sujets indiqués ci-dessus. Quoique d’origine récente, elle soutient avantageusement la comparaison, au point de vue du nombre des volumes se rapportant à sa spécialité, avec des institutions similaires bien plus anciennes, celle de Kew, par exemple.
- L’herbier renferme environ 30 000 spécimens de plantes, dont la plupart ont été réunies par voie d’échanges par M. G. G. Lloyd.
- Quant à la collection de champignons, elle ne contient pas moins de 5000 spécimens; les espèces charnues et putrescibles sont conservées dans des flacons d’alcool.
- Pour obtenir ces spécimens, qui proviennent de toutes les parties du monde, M. Lloyd ne s’adresse pas seulement aux savants et aux spécialistes, mais à toute personne de bonne volonté, même incompétente, qui consent à ramasser pour lui et à lui envoyer les échantillons recueillis au hasard des promenades.
- Actuellement, il s’intéresse plus spécialement à la famille des Gaslromycètes, vulgairement connus en Amérique sous le nom de puff-balls. Les gastromycctes répondent, pour la plupart, au type caractéristique de la vesse-de-loup, ce champignon en forme de toupie qui, d’abord entièrement charnu, devient à la maturité une petite outre remplie d’une fine poussière. On y rattache aussi les géastres, caractérisés par leur enveloppe externe divisée en lanières hygrométriques, les nidulaircs, ainsi nommées à cause de la ressemblance qu’offre leur coupe, farcie de sporanges lenticulaires, avec un nid d’oiseau encore rempli de ses œufs.
- Grâce au concours d’un très grand nombre de correspondants, la collection de puff-balls du musée Lloyd est plus riche à elle seule que ne le sont ensemble toutes les collections de ces champignons existant dans les autres établissements du monde.
- Chaque spécimen envoyé est nommé, étiqueté avec le nom du collecteur et celui de la localité d’origine, et conservé dans le musée, sans égard au nombre des échantillons qui y représentent déjà la même espèce. C’est ainsi que quelques types communs, comme le Lycoperdon yemmalum, y figurent à plus de 300 exemplaires.
- Le musée a un organe, les Mycoloyical Notes, sorte de bulletin qui paraît à intervalles variables, et qui publie des photographies, en vraie grandeur, des échantillons conservés dans les collections, ainsi que des microphotographies des spores, du capillilium, etc. Ce bulletin n’est pas mis dans le commerce; c’est une publication privée envoyée exclusivement aux mycologues et aux personnes qui veulent bien enrichir les collections Lloyd.
- Les diverses parties du musée sont dès maintenant accessibles au public ; après la mort de ses fondateurs, son avenir sera assuré par des dispositions testamentaires, dont l’exécution sera confiée à une Institution choisie pour s’acquitter de ce soin au mieux des intérêts de la science, qui héritera intégralement de la bibliothèque et des collections. A. Acloque.
- LES CAFÉS SANS CAFÉINE
- On sait que les propriétés excitantes du café sont dues à la présence dans les grains d’un alcaloïde, désigné sous le nom de caféine et qu’on peut isoler en beaux cristaux aciculaires, translucides. Les cafés répandus dans le commerce proviennent de formes culturales du caféier
- d’Arabie et contiennent des proportions assez variables de cette substance, oscillant à peu près entre 8 et 16 gr. par kg. Le caféier du Congo (Coffea Cancphora), qui n’est pour ainsi dire pas employé, malgré ses qualités indéniables, renferme la proportion maxima de caféine signalée jusqu’à présent, 20 gr. par kilogramme.
- En 1885, Bâillon décrivit une nouvelle espèce de caféier, originaire de la Grande Comore, qu’il baptisa C. Humblotiana; cette espèce diflère fort peu du caféier d’Arabie et Frœhner la considéra même comme une simple variété. C’est seulement en 1901 que M. Gabriel Bertrand fit l’analyse de la graine, constata qu’elle est absolument dépourvue de caféine1 et fit observer en même temps que ce fait ne résulte pas de la constitution chimique du sol, où pousse la plante, puisque le caféier d’Arabie, cultivé dans les terrains les plus variés, fournit toujours une quantité très notable de l’alcaloïde. Le caféier delà Grande Comore, mal défini comme espèce par ses caractères extérieurs, acquérait donc une individualité bien marquée par la constitution chimique de ses graines.
- Depuis cette époque, on n’avait point signalé de cafés jouissant de la même propriété, quoique M. Bertrand ait mis en évidence la pauvreté en caféine du Bourbon pointu (C. Mauritiana) très répandu dans les forêts de la Réunion entre 200 et 1200 mètres d’altitude, la proportion de l’alcaloïde s’y abaisse à O'1', 7 par kilogramme.
- Il y a quelques mois à peine, étudiant un envoi de caféiers sauvages de la Montagne d’Ambre, située près de Diégo-Suarez, au nord de Madagascar, j’ai pu décrire trois nouvelles espèces les C. Gallienii, C. Bonnieïi, et C. Mogeneii2, chez lesquelles M. Bertrand a constaté l’absence de caféine; ces nouveaux types sont assez éloignés les uns des autres au point de vue botanique et présentent des caractères bien tranchés par rapport aux espèces décrites antérieurement.
- On a donc signalé jusqu’à ce jour quatre espèces de caféiers à graine absolument dépourvue de caféine et une espèce qui en renferme fort peu. Il est remarquable que tous ces caféiers sauvages sont originaires d’une région géographique fort étroite puisqu’ils appartiennent soit à la pointe nord de Madagascar, soit aux îles voisines et que les caractères botaniques bien différents qu’ils offrent, sont dominés par un caractère physiologique commun : l’absence d’alcaloïde. De plus, les graines de ces divers types renferment toutes un principe amer appelé cafa-marine qui n’est point totalement éliminé par la torréfaction.
- Il faut avouer que tous ces cafés n’ont guère été utilisés jusqu’à présent; en résulte-t-il qu’il faille complètement les dédaigner? Si par des procédés de culture appropriés ou par une manipulation spéciale, on parvenait à les débarrasser de leur amertume, il ne serait pas impossible d’en préparer des infusions possédant une saveur assez agréable et suffisamment analogue à celle cju café d’Arabie, pour permettre aux consommateurs, qui ont à redouter l’action de la caféine, de satisfaire leur goût sans préjudice pour leur santé. Bien souvent,..cier-tains produits restent longtemps sans application, jusqu’au jour où l’on trouve un mode d’emploi répondant à leurs qualités; il en sera ainsi, nous l’espérons, pour les cafés sans caféine. Marcel Dubard,
- Maître de Conférences à la Sorbonne.
- 1 Comptes rendus de l’Académie des sciences, p. 162-164.
- 2 Bulletin du Jardin Colonial. Année 1905, n° 25.
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- LA NATURE
- LE JIU=JITSU
- Moyens de vaincre la force brutale
- I‘ig. 1. Parade d’attaque à la gorge. — Fig. 2. Parade de coup de poing. — Fig. 3 et I. Déséquilibrer l’adversaire.
- C’est seulement depuis peu de temps qu’on parle du « Jiu-Jitsu » en France, mais on en parle beaucoup. Les Japonais, qui prononcent « Djou-djitss.», le pratiquaient déjà, paraît-il, il y a 2000 ans, et ils continuent ; ils l’enseignent dans leurs Universités, dans l’armée, partout où se trouvent rassemblés des
- jeunes gens; c’est chez eux l’exercice lavori, comme chez nous la lutte, la boxe ou l’escrime. Mais qu’est-ce au juste que le Jiu-Jitsu? C’est l’art de se défendre contre la force brutale, de la combattre et de la vaincre par la connaissance de l’anatomie, qui permet de provoquer une grande douleur sans grand
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- LA NATURE.
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- effort; par la souplesse et l’agilité, qui permettent d’exécuter, promptement et à propos, ce qu’aura indiqué un raisonnement rapide ; c’est le moyen d’acquérir ce que donne déjà l’escrime : le coup d’œil qui juge immédiatement la situation de l’adversaire et décide du coup à lui porter.
- De môme qu’il existe des traités au sujet des différents sports, l'art de se défendre sans arme a aussi tenté quelques auteurs. M. 15. André notamment a écrit un livre sur ce sujet et tout récemment encore M. Ch. Péchard, commissairedepolicedela Ville de Paris, publiait une partie des nombreuses photographies faites par lui pour indiquer les moyens à employer, les positions à prendre dans les différents cas qui peuvent se. présenter. Ces documents sont certainement très intéressants et rendronl service, mais pour passer de la théorie à la pratique
- n’excluent en rien la précision des démonstrations. 11 a bien voulu poser pour La Nature, dans quelques attitudes qui donnent une idée des moyens employés ; c’est lui qui, sur nos gravures, est complètement en blanc avec chaussettes noires; un de nos amis, le docteur X..., a bien voulu lui donner la réplique. Dans la première ligure il s’agit d’une parade d’attaque à la gorge; l’attaqué (Régnier) a saisi le poignet droit de son adversaire (il aurait pu aussi bien prendre le gauche), puis faisant un demi-tour à droite, sans lâcher, il met ainsi à faux les articula-
- Fig. 5. Défense à Icitc. — Fig. 6. Maintenir l'adversaire à terre.
- il faut un entraînement régulier et raisonné. Il ne suffit pas, en effet, de savoir qu’en plaçant dans une certaine position les bras et les jambes de l’adversaire on obtiendra tel ou tel résultat : il faut encore pouvoir profiter du moment opportun et même savoir provoquer ce moment, pour placer le coup qui doit être fatal. Une école est donc nécessaire et elle a été fondée, à Paris, par M. Desbonnet, dont les travaux sur la culture physique sont bien connus. Le professeur de cette école, M. Régnier, n’est pas japonais, car on a reconnu que ces derniers, du moins ceux qu’on avait sous la main, enseignent parfois avec une telle ardeur qu’ils ne savent pas toujours arrêter le geste à temps, ce qui peut être dangereux pour l’élève.
- M. Régnier, qui est allé étudier le Jiu-Jitsu avec les maîtres japonais, a su s’assimiler à fond cette science et l’adapter au tempérament français ; il sait surtout l’enseigner avec un tact et une douceur qui
- lions du coude et dupoignel ; de plus il exercé une pression avec son coude gauche et briserait le membre lacilcment en insistant un peu. Celte pression vers le milieu d’un membre, dont les deux extrémités ont un point d’appui solide, se nomme une dé. On en voit une d’un autre genre dans la parade du coup de poing (iîg. 2) où Régnier ayant paré, en mettant son bras droit en avant, a saisi le poignet de l'adversaire ; passant alors la main gauche entre le bras et l’avant-bras de celui-ci, il forme levier sur l’avant-bras avec son poignet gauche qui prend un point d’appui sur son poignet droit. Tout cela s’exécute bien entendu en moins de temps qu’il n’en faut pour le lire.
- Les pieds entrent aussi souvent enjeu, ainsi, qu’on le voit figure 5. Rcgnier a saisi un bras de l’adversaire qui venait sur lui, les bras levés pour frapper ; sans lâcher le poignet il a passé sous le bras en le tordant et, avec l’autre bras il saisit la gorge : cette manœuvre suffit en général pour renverser l’adversaire; mais, s’il est de grande force et résiste, il n’y a qu’à appuyer sur le jarret avec un pied pour qu’il tombe immédiatement.
- Une action plus directe des jambes est bien visi-
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- b le dans le cas de l’altaque 5 la gorge par derrière (fig. 4) ; c'est un peu le genre de ce (|u’on appelle le coup du père François. 11 faut, pour parer ce coup, saisir les bras de l’adversaire et chercher à le déséquilibrer en passant la jambe derrière son jarret ; une pression, même pas très forte, à cet endroit, lui fait plier la jambe et perdre l’équilibre.
- On a parfois intérêt à être à terre parce qu’on dispose alors librement de ses jambes (iig. 5), on peut alors former une clé au moyen du pied droit, qui tire sur le talon de l’adversaire, pendant que le pied gauche fait une forte pression au-dessous du genou.
- Mais il y a cependant, pour celui qui a pratiqué le Jiu-Jitsu, plusieurs moyens de profiler de la chute de l’adversaire; on peut, entre autres, employer la clé (iig. 6) qui consiste à prendre un point d’appui sur le menton avec la main droite et à exercer avec le genou une pression sur le bras, maintenu au poignet avec la main gauche.
- En somme on voit qu’il s’agit très souvent de mettre les membres supérieurs ou inférieurs dans des positions telles qu’ils sont sur le point‘d’être brisés ou désarticulés, ce qui occasionne dans tous les cas une grande douleur. 11 y a une foule d'autres coups, bien entendu ; tels que ceux qui consistent à relever vivement la lèvre supérieure et le nez de l’adversaire ; ou à lui frapper un coup sur la pomme d’Adam ou la nuque avec le tranchant delà main, etc.
- Nous n’avons pas la prétention de faire un cours de Jiu-Jitsu et nous arrêtons 15 nos exemples ; notre intention était seulement de faire comprendre qu’il ne s’agit pas, comme beaucoup se l’imaginent, de quelque botte secrète qu’on indique confidentiellement, en deux ou trois leçons, et qui met à l’abri des brutes pour toujours ; mais d’un ensemble de connaissances, qui constitue une véritable science, qu’il faut apprendre par la pratique et conserver par l’entraînement. G. Chamiarès.
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE
- Huitième Exposition internationale de l’Automobile, des Cycles et des Sports
- Comme s’il était issu d’une seule bouche, un cri d’admiration mêlé d’étonnement s’éleva dans la foule invraisemblable qui se pressait le vendredi 8 décembre au Grand Palais des Champs-Elysées, lorsque, vers cinq heures, tomba du dôme et de la voûte une grande clarté. Des étoiles, des globes, des guirlandes, des champs de lumière tapissaient le ciel de cet immense hall, palais de clarté, bien digne d’abriter une industrie qui marque son passage dans le début du siècle par une traînée éblouissante, arrachant au progrès son flambeau.
- Jamais ne furent plus fécondes ses productions, ni plus épurées. La voiture se rapproche de deux ou trois types bien arrêtés, les moteurs s’unifient, indice évident qu’on touche 5 la perfection ; l’auto-
- mobile devient stable, les voitures qui datent d’une année n’ont pas perdu, comme il était de règle autrefois, la moitié de leur valeur; celles d’aujourd’hui seront plus longtemps encore 5 l’abri de la dépréciation, celte injure du temps qui nous attend toujours trop vite dans nos oeuvres; et l’avènement si attendu de celte période de régime, si je puis m’exprimer ainsi, contribuera puissamment 5 l’extension de l’automobile, 5 sa pénétration dans les mœurs.
- Quand une machine est bien définie dans scs lignes générales, le souci de la forme peut arrêter le constructeur plus spécialement, les moindres détails sont étudiés minutieusement, détails d’exécution du mécanisme, détails de maniement, détails de confortable.
- Par ce côté surtout, l’exposition de 1905 marque une étape très nette : il y a progrès par les combinaisons mécaniques permettant d’assurer aux mouvements une plus grande régularité, plus de résistance et de sécurité dans l’ensemble ; l’allumage des moteurs et la carburation, les deux facteurs essentiels dans la marche d’un moteur 5 pétrole, ont été soignés tout particulièrement; les appareils de changement de vitesse, quoique groupés autour d’un unique principe dit 5 train baladeur, s’orientent vers l’adoption du double baladeur; les transmissions 5 chaînes restent ce qu’elles étaient ; celles 5 cardan marquent une tendance nouvelle que nous signalerons plus loin.
- 11 y a progrès par certaines innovations appliquées à la suspension des voitures ; on a trouvé moyen également de soulager le conducteur des opérations manuelles les plus pénibles, les mises en marche automatiques sont nombreuses; parfois le gonflement des pneumatiques est assuré par le moteur; l’automobile se dégage peu à peu de tous les petits désagréments légendaires qui, sans faire écueil à son développement, ne laissaient pas d’indisposer ceux qui n’ont pas pratiqué l’automobile à l’âge de pierre (il y a seulement huit ou neuf ans).
- Parmi les carburateurs, on en trouve une très grande majorité qui sont dits à réglage d’air automatique. Personne n’ignore plus que l’essence est aspirée (dans la plupart des systèmes), par le courant d’air qui vient lécher un très faible orifice offert à son écoulement. Dans le nouveau carburateur de la maison Renault frères, l’essence, après avoir pénétré dans une chambre R tamisée par une toile métallique T qui arrête les impuretés, se dirige vers le gicleur G dans lequel elle garde un niveau constant grâce à l’action combinée d’un flotteur F et d’un obturateur d’arrivée; l’extrémité du gicleur constitue au cas présent l’orifice en question (fig. 1, n° 2).
- Si on laissait les gaz s’échapper en D pour atteindre la soupape d’admission sans se préoccuper- autrement du dosage qu’il convient d’observer entre l’air et l’essence, on obtiendrait des résultats déplorables et comme consommation et comme rendement. C’est facile à comprendre, les gaz aspirent d’autant plus d’essence que leur vitesse est plus forte, c’est-à-dire
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- que la carburation serait d’autant plus riche en essence que le moteur tournerait plus vite; l’expérience démontre que l’écart est assez important pour nécessiter une entrée d'air supplémentaire dont l’eiïét immédiat sera de diminuer au moment voulu la vitesse des gaz dans le tuyau J) ; les constructeurs y ont pourvu depuis longtemps, autrefois par un robinet manœuvré à la main, aujourd’hui par un robinet automatique (on cherche à diminuer les préoccupations du conducteur, il y a dans ce sens une tendance à noter).
- Plusieurs modes de réglage d’air supplémentaire se disputent l’honneur d’être supérieurs à tous les autres; celui de MM. Renault a tout au moins le mérite de sortir un peu de la voie tracée par le commandant Krcbs, il y a deux ans, voie qui fut suivie avec un merveilleux entrain par un très grand nombre de constructeurs; c’est pour son originalité (pie nous l’avons pris pour exemple, et aussi parce qu’il facilite admirablement l’explication qui précède, au point qu’on pourrait croire à une figure établie en vue de la démonstration. En effet, nous apercevons, bien séparés, deux tuyaux I) ])'; l’un 1) aspire l’air directement, l’autre R' canalise l’air supplémentaire, tandis qu’en réalité les deux gaz se mélangent au sein même des autres carburateurs et liassent par un seul et unique tuyau.
- Donc le tuyau D' doit véhiculer d’autant plus d’air que le moteur aspire plus fort ; voici comment le résultat s’obtient : les trous O percés annulairement ('tant en communication avec l’atmosphère, la partie supérieure avec la chambre du moteur, quand la dépression se produit en I)', le disque C se soulève, mais on évite une trop grande sensibilité en freinant ses mouvements sur une vis Y h long pas, ce qui oblige le disque à tourner en se soulevant. Plus l’aspiration est forte, plus le disque monte et plus grande est la section annulaire laissée entre sa surface latérale qui est cône et les parois du carburateur.
- Cette solution a l’avantage de n’être subordonnée ni à la tension d’un ressort, ni à des frottements sur gros diamètres comme dans beaucoup d’autres systèmes.
- Voyons à éclaircir un gros point noir, celui de l’allumage à basse tension, c’est évidemment le plus simple théoriquement, beaucoup plus que l’allumage à haute tension ; mais comme on y parle de magnéto, c’est une raison pour que des oreilles effrayées d’un gros mot se ferment incontinent. En peu de bonne volonté suffit cependant pour être convaincu de ce fait que si une magnéto considérée comme simple machine productrice de courant envoie ce courant par l’intermédiaire d’un bouton A (fig. l,n°l), placé à l’intérieur de la culasse et isolé électriquement, à une pièce N qui la touche, il suffira d’éloigner le levier N de A pour qu’une étincelle jaillisse entre A et N.-
- Chaque constructeur possède un mécanisme particulier pour manœuvrer le levier N ; prenons pour exemple celui des voitures Richard-Brasier (fig. 1 ,n° 3) :
- un arbre entraîné mécaniquement et tournant dans des supports S porte un certain nombre de cames telles que C. Au passage de C, le levier L, solidaire d’un autre levier N placé à l’intérieur du cylindre, s’écarte, la rupture intérieure se produit, l’allumage a lieu. La pièce analogue à A, c’est, dans la figure, le tampon isolé T dont la lige A pénètre à l’intérieur.
- On construit actuellement des magnétos qui, tant au point de vue rendement qu’au point de vue isolement, fournissent toutes garanties : celle de M. Nieu-port est exposée au Salon complètement plongée dans une cuve où s’égayent avec étonnement de jolis poissons rouges. 11 peut donc pleuvoir, la magnéto ne laissera pas son moteur en panne.
- Sur le moteur Peugeot (fig. 2, n° 1), on aperçoit en K la tige isolée qui réunit tous les tampons d’allumage, cette tige est réunie à la magnéto par un simple fil, le seul delà canalisation électrique dans un allumage à basse tension.
- Celte figure nous donne idée de l’excellent groupement qu’on est parvenu à réaliser sous le capot des voilures sans qu’il y ait enchevêtrement des organes. A l’avant le ventilateur mû par une courroie souffle sur le radiateur pour faciliter le refroidissement du moteur; certaines maisons ont supprimé cet accessoire, d’autres y sont venues qui ne l’avaient pas, les de Dion-Bouton par exemple; l’avenir seul nous dira si les avantages qu’il présente justifient la petite complication qu’il entraîne. En augmentant le débit de la pompe, ou la vitesse de circulation, et la longueur des radiateurs, on peut évidemment s’approcher du même résultat; tous les chemins mènent à Rome, l’un plus encombré, l’autre plus long.
- L’engrenage C (fig. 2) mène un arbre sur lequel sont calées toutes les cames d’aspiration et sur certains moteurs les cames d’échappement sont du même côté (encore une particularité qui se précisera bientôt). On voit indistinctement des cames taillées sur l’arbre lui-même et des cames goupillées : la première classe semble dominer la seconde.
- Derrière la roue C (fig. 2) la boule en olive D est l’une des boules du régulateur, le petit levier qui fait corps avec elle fait déplacer un manchon suivant l’axe de l’arbre des cames de façon à commander par un renvoi quelconque l’étranglement du carburateur. Ici encore divergence de vues ; on prédit, on affirme la mort du régulateur, c’est un peu notre opinion ; cet organe coûteux doit être remplacé avant peu par un autre moins encombrant ; le carburateur automatique peut bien assumer en plus de ses délicates fonctions celle de fermer le passage des gaz quand le moteur cherche à s’emballer.
- Nous ne pouvons entrer dans tout le détail de la discussion sans faire revivre la querelle de l’accélérateur contre le ralentisseur, ce serait outrepasser notre programme, nous renverrons donc aux revues techniques spéciales.
- Les petites cheminées surmontées de lanternes BB sont des cheminées d’aération laissant s’échapper les fumées d’huile qui ont pris naissance dans le
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- carter du moteur au contact des parois échauffées : cette ventilation est assez fréquente sur les moteurs et justifiée.
- On a peu varié dans les procédés de commande de direction; une vis analogue à la vis E (tig. 2), solidaire du volant de direction, tantôt commande directement un secteur denté qui engrène avec elle, tantôt, comme dans la voiture Peugeot, fait monter et descendre un écrou duquel part le renvoi de mouvement. Dans tous les cas on s’arrange pour avoir une irréversibilité suffisante; l’irréversibilité absolue n’est pas nécessaire à mon avis.
- Beaucoup de défections parmi les partisans des embrayages par cône en cuir, et n’en blâmons pas leurs auteurs ; les embrayages métalliques fonctionnant dans l’huile (la plupart du temps avec un nombre de disques plans ou ondulés variant de 8 à 40), les embrayages à plateaux fonctionnant à sec doivent supplanter infailliblement le
- classique embrayage de nos pères. Du côté changement de vitesse, ainsi que nous le disions au début, on peut remarquer l’adoption-presque générale du train baladeur double ou triple dont l’avantage réside dans la diminution des longueurs d’arbres.
- Sur le châssis des chantiers de laBuire(fig. 2, n° 2) les organes de commande particuliers au système sont bien en évidence. Tandis que le conducteur pousse ou lire son levier à main, le bras A, restant dans l’encoche B2, fait mouvoir par la tringle T2 la .fourchette correspondant à la première et à la deuxième vitesse; vient-il à déplacer latéralement le grand levier que le bras A, suivant le mouvement, se place en face de B, : on obtient la troisième et la quatrième vitesse. Le troisième levier IL et la tringle Ts correspondent à la marche arrière.
- Il y a nécessité d'immobiliser un baladeur pendant que l’autre manœuvre. A cet effet, le secteur lisse E se meut dans une gorge I) solidaire de l’axe G ; une encoche, pratiquée dans cet axe, laisse possible le déplacement de la tringle en lace de laquelle se trouve A, et de celle-là seulement ; les aulres sont en-
- — 2. Carburateur Renault. — 3. Rupteur Riehard-lîrnsier.
- Fig. 1. — 1. Mapiélo Niouport.
- clenchées. Le double baladeur a un avantage indépendant de ceux indiqués précédemment : il facilite le passage d’une vitesse à une autre quelconque, sans traverser les intermédiaires; il donne, en outre, une grande sûreté de main au conducteur, puisque, dans tous les cas, il lui suffit de pousser son levier à fond sans tâtonner pour trouver le cran correspondant h la vitesse qu’il va prendre.
- Entre la boîte des vitesses et le différentiel, les voitures sans chaîne possédaient jusqu’ici un arbre articulé à joint de « cardan », aux deux extrémités; une variante s’introduit cette année sur les marques anglaises spécialement, et sur bon nombre de marques françaises, elle réside dans la suppression d’une de ces deux articulations. Un carter B, sur lequel viennent se boulonner les deux demi-boîtes
- d’essieu, renferme en un meme bloc rigide le différentiel, les deux axes des roues et l’arbre de transmission allant à la boîte des vitesses. Une articulation simple en G, sous la couronne de frein F, suflit à ce que la liaison mécanique soit théoriquement*possible à condition toutefois de lier l’essieu aux ressorts d’une façon appropriée afin que les oscillations de ceux-ci ne soient pas contrariées par l’assemblage nouveau genre et qu’inversement le rendement ne soit pas affecté par suite de réactions anormales ayant pour siège le cardan lui-meme.
- Dans la plupart des voitures ainsi établies, des tendeurs tels que T permettent d’articuler les ressorts aux deux bouts sur des jumelles au lieu de laisser une extrémité tourillonner sur un axe fixe. Ces ressorts transmettent au châssis l’effort' moteur et
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- évitent que la tendance au relèvement du bras B se lasse sentir uniquement sur le joint. Le besoin bien légitime de conforta donné naissance à un certain nombre d’appa-reils désignés sous le nom générique d’amortisseurs. Ceux-ci ont pour but d’éviter tout déplacement à la fois brusque et de grande amplitude de la caisse par rapport aux roues ; les ressorts à cet effet sont freinés dans leurs déplacements. Une liaison semi-rigide est établie entre le châssis et l’essieu ; tantôt des disques de cuir plats anéantissent par frottement l'elfet des
- chocs sur les roues, tantôt l'énergie est absorbée par le frottement de la tête conique d’une vis V (lig. 3, n° 1) garnie de cuir et s’appuyant sur un
- Fif*-. 5. — 1. Amortisseur Edo. — 2. Graissage Ilala. — 3. Amortisseur Renault.
- cône femelle dans la pièce À comme dans la suspension « Edo ». La pièce conjuguée B porte ’écrou C chargé d’imposer à la vis son mouve-e.
- Plusieurs systèmes sont basés sur le principe du frein à liquide, principe bien connu ; si on force un liquide à traverser un orifice, par exemple à passer au-dessus d’un piston qui le comprime, la résistance à l’avancement de ce piston est d’autant plus forle que la section d’échappement est plus petite et que la vitesse qu’on veut lui imprimer est plus grande.
- Dans l’amortisseur 'Renault frères (fig. 3, nu 3),
- une boîte formée de deux parties EE renferme deux logements cylindriques dans lesquels peuvent se déplacer deux pistons PP réunis par un manchon B. Ce manchon, percé d’un trou central, coulisse avec jeu sur une tige À fixe qui traverse tout P appareil; la boîte EË est lixée par les pattes RR au châssis ; les oscillations de l’essieu sont transmises par un « cardan » à un levier à rotule L dont les parties cylindriques C, en appuyant sur les embases de B,forcent le train de pistons à se déplacer, mais l’huile enfermée aux extrémités des chambres ne laisse pas ces pistons effectuer leur manège sans les entraver
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- violemment; la section annulaire qui sépare A du manchon B est en elï'et très réduite et l’huile ne peut y passer qu’à petite vitesse; on évite donc les coups de ressorts, appelés vulgairement coups de raquette, que chaque passage imprévu de caniveau ménage à sa sortie, peu agréable surprise.
- Plusieurs voitures italiennes et parmi lesquelles la voiture Itala qui, pour bien d’autres raisons, lut très remarquée, possèdent un graisseur original que nous croyons intéressant de produire (lig. o, n° 2). Les pompes à «noria)) sont assez connues pour que nous ne rappelions leur principe que très succinctement en l’adaptant à la ligure G : des roues V entraînent des chaînes sur les maillons desquelles de petites cuillères sont grelfées; ces godets puisent, en bas du récipient, une quantité d’huile bien délinie et la déversent aux cuvettes BU d’où elle part en suivant quatre tuyaux descendants pour aboutir aux points (pie l’on a voulu lubrifier, c’est une curieuse application d’un mécanisme très simple; le graissage est proportionnel à la vitesse de rotation du moteur, puisque la vitesse des roues P est engendrée par lui ; c’est une condition dont on cherche généralement à se rapprocher, elle comporte cependant une correction logique. Pour les Richard-Brasier notamment, un dispositif particulier permet de modérer le graissage dans la traversée des agglomérations par exemple, ou chaque lois qu’on n’utilise pas toute la puissance du moteur. Poe Ravigneaux.
- CHRONIQUE
- Quatre-vingt-dix millions de tonnes de dragages. — Les engins de dragages prennent de plus en plus une puissance vraiment extraordinaire, sur laquelle nous reviendrons prochainement; mais nous allons citer deux chiffres qui montrent combien on peut compter sur eux pour approfondir les passes des ports ou les maintenir en bon état, en dépit de tous les apports de la mer. Durant la dernière campagne, les dragues fonctionnant sur les bancs et dans les passes de la Mersey ont enlevé un volume déjà respectable de 9 200 000 tonnes de sables et vases; mais, si on fait le total des travaux exécutés depuis quinze ans, on arrive au total absolument formidable de 90 millions de tonnes!
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance publique annuelle du j8 décembre tc>o$. prix de l’année igo5 Présidence de M. Troost.
- M. le Président commence par rendre hommage aux disparus de l’année. Ce sont MM. Potier, membre de la section de physique ; Bichat, correspondant de cette section, et le baron de Richtofen, correspondant de la section de minéralogie. 11 signale la bravoure dont fit preuve M. Potier au cours du siège de Paris.
- « 11 eut occasion de tirer parti de ses études pendant
- le siège de 1870 : nommé capitaine auxiliaire du génie, il dirigea la marche en avant qui précéda le combat de Bagneux. Connaissant les moindres replis du terrain et les carrières de cette partie des environs de Paris, il avait successivement tourné et lait occuper Arcueil-Caclian et la Maison Millaud.
- « Une nuit, il eut même la témérité de traverser les lignes ennemies pour aller visiter une carrière souterraine de gypse et reconnaître s’il serait possible de la miner et de la faire écrouler en entraînant une des batteries qui menaçaient le plus les forts de la rive gauche. »
- 11 rappelle ensuite la participation de M. Potier aux travaux d’étude du tunnel sous la Manche :
- « Lorsqu’il fut question, vers 1874, de relier la France et l’Angleterre par un tunnel sous-marin, on reconnut que les renseignements provenant de l’examen des falaises constituées par les terrains crétacés du cap Blanc-Nez en France et de Folkestone en Angleterre, étaient insuffisants pour résoudre la question de la continuité de ces terrains entre les deux rives du détroit, et pour décider s’il serait possible de maintenir le tunnel dans une même couche sensiblement imperméable, sans que le tracé présentât des inflexions gênantes pour l’exploitation. L’exploration géologique du fond du détroit fut reconnue indispensable; elle fut confiée à une commission composée d’un ingénieur hydrographe, M. Larousse, et de deux ingénieurs des mines, M. de Lapparent, qui avait formulé le principe scientifique de la recherche, et M. Potier, jugé plus apte que tout autre à en assurer le succès.
- « De nombreux sondages furent pratiqués en 1875 et surtout en 1870, le long d’une série de lignes parallèles très rapprochées, suivies par M. Larousse, entre les deux rives du détroit. L’examen et la détermination, par les deux ingénieurs des mines, des échantillons obtenus dans ces sondages leur donnèrent la certitude qu’il serait possible de conduire à bonne fin et sans dépenses extraordinaires, une entreprise destinée à développer dans une proportion considérable les relations commerciales et la prospérité de la France et de l’Angleterre.
- « A la suite de ces constatations, une compagnie se chargea de creuser sur la côte anglaise et sur la côte française des puits profonds et des galeries d’étud^ pénétrant sous la mer pour permettre de se rendre compte expérimentalement des conditions dans lesquelles une des couches inférieures de la craie, dite « craie de Rouen », pourrait être attaquée et comment elle se comporterait notamment au point de vue des infiltrations.
- « Du côté français, 1550 mètres de galerie ont été poussés sous la mer à partir d’un puits creusé à l’exlrc-mité du promontoire du cap Blanc-Nez, sur la plage du village de Sangatle. Dans le même temps, du côté anglais, la galerie d’expérience atteignait 700 mètres; elle conduisait aux mêmes prévisions que du côté français, en ce qui concerne l’innocuité des infiltrations et la facilité que présenterait le travail. »
- Parlant des travaux qui ont valu à M. Potier l’honneur de prendre place à l’Académie, M. le Président ajoute :
- « Mais ses travaux de prédilection, ceux auxquels il s’est plus spécialement consacré, et qui devaient lui valoir une réputation universelle, sont ses travaux de physique mathématique et de physique expérimentale.
- « On lui doit de belles recherches sur la théorie mécanique de la chaleur, sur l’entraînement des ondes lumineuses par la matière pondérale en mouvement, sur la relation entre cet entraînement et la polarisation rota-
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- toire magnétique, et enlin sur diverses autres questions se rattachant à la lumière polarisée.
- « il s’est occupé avec passion des applications de l’électricité, et à l’Exposition internationale de 1881, il a pris uqe part très active aux travaux de la commission chargée d’étudier les conditions de fonctionnement des appareils magnéto et dynamo-électriques, et de déterminer les moyens de mesurer l’énergie dépensée par ces machines. »
- M. le Président rappelle ensuite combien était grande l’influence que M. Bichal avait su acquérir dans l’Université de Nancy ; puis il déplore la fin prématurée de ce savant dont l’activité fut inlassable.
- Passant ensuite à M. de Richlofen, M. le Président parle des résultats considérables que son exploration de la Chine a fournis à la science et de la lumière qu’ils ont projetée sur l’énorme puissance industrielle que ce pays est appelé à déployer. Après avoir félicité les nouveaux élus, il termine en louant M. Poincaré d’avoir mérité le prix international Jlalajai que vient de lui décerner l’Académie de Budapesth.
- Lecture est ensuite donnée de la liste des récompenses résumée ci-dessous.
- Géométrie. — Prix Francœur : M. Sloulf.
- Mécanique. — Prix Montyon : M. Mesnager. — Prix Poncelet : M. Lallemand, ingénieur en chef des mines.
- Navigation. - Prix extraordinaire de la marine : Partagé entre M. le colonel Gossot et M. l’ingénieur en chef Liouville; M. Garé, lieutenant dejvaisseau; M. Merlu, mécanicien en chef. — Prix Plumey : Partagé entre M. Maurice, ingénieur en chef de la marine et M. de Maupeou-d’Ableiges, directeur du génie maritime.
- Astronomie. — Prix Guzman : M. Perrotin, pour partie, M. Fabry pour une autre partie. Reliquat de 87 001) fr. non attribué. — Prix Lalande : M. William-Henry Picke-ring, d’Harvard. — Prix Valz : M. Giacobini, de Nice.
- — Prix G. de Ponlécoulanl : M. J.-C. Kapleyn, de Gro-ningue. — Prix Damoiseau : M. Fayet. Un prix de 1000 francs, prélevé sur les fonds Guzman, est décerné à M. Fabry, astronome à l’Observatoire de Marseille. — Médaille Janssen (médaille en vermeil) : M. G. Millochau.
- Géographie. — Prix Gay : M. le D' Cureau. — Prix Tchihalchef : Commandant Massencl.
- Physique. — Prix Hébert (1000 fr.) : M. Jumau. — Prix Hughes : M. Georges Urbain. —Prix Gaston Planté : M. Henri Abraham. — Prix La Caze : M. Gouy.
- Chimie. — Prix Jecker : MM. Sabatier et Senderens.
- — Prix Cahours : M. Binet du Jassoneix et M. Kling. — Prix xMontyon : M. Bonard; M. Caries. — Prix La Caze : M. Albert Colson. — Prix Bordin : M. Paul Lebeau.
- Minéralogie et géologie. — Prix Delesse : M. G. Frie-del. — Prix Fontannes : M. Gustave Dollfus. — Prix Alhumbert (Étude sur l’âge des dernières éruptions volcaniques de France) : M. Marcellin Boule.
- Botanique. — Grand Prix des sciences physiques : M. P.-A. Dangeard. — Prix Desmazières : M. Ferdinand Renauld. — Prix Montagne : M. L. Lutz; M. Is. Gallaud.
- — Prix Thore : M. de Istvanffi, de Budapesth.
- Anatomie et zoologie. — Prix Savigny : M. Charles
- Gravier.
- Médecine et chirurgie. — Prix Montyon : M. L.-C. Maillard, M. Albert Malherbe, M. Albert Le Play. — Mentions : M. IL Guilleminot, M. J. Belot, M. Edmond Loison. — Citations : M. Lucien Butte, M. Adolphe Javal, M. Maxime Laignel-Lavastine, M. Ch. Dujarrier, M. A. M. P. Nobécourt. — Prix-Barbier : Partagé entre M. Déchery
- et M. Georges Rosenthal. — Mention : M. Scrini. — Prix Bréant (annuel) : Partagé entre M. Vincent, M. Martel, M. Remlinger. — Prix Godard : M. le Dr Albert Hogge, de
- Liège. — Prix du baron Larrey : M. H. Nimier. — Mention : M. Marix. — Prix Bellion : Partagé entre M. le I)1 Pressât et MM. J. Alquier et A. Drouineau. — Prix Mège (annuel) : M. Beni-Barde. — Prix Dusgale. Une mention : M. le D‘ Onimus. — Prix Serres : M. F. IlenneguY.
- Physiologie. — Prix Montyon : Partagé entre M. J. Lefèvre, M. J. Laurent. — Prix Philipeaux : M. Victor Henri. — Mention : M. Lucien Butte. — Prix Lallemand : Partagé entre M. et Jiw“ LapicqueelM. le l)1 Jules Voisin. — Mention : M. le IP 0. Crouzon. — Prix Pourat : M. F. Maignon.
- Statistique. — Prix Montyon : M. Edmond Gain. — Mention : M. Jules Fleurv.
- Histoire des sciences. — PrixBinoux : M. Paul Tannery. Prix généraux. — Médaille Lavoisier (médaille d’or) : M. Adolf Lieben, de Vienne. — Médailles Berthelot : MM. Senderens, Bonard, Lebeau, Jumau, Urbain, Abraham, Gou\, Canovelti, Leduc, M. Adolf Lieben, de Vienne. — Prix Trémont : M. Charles Frémonl. — Prix Gegner : M. J.-H. Fabre. — Prix Lannelongue : Partagé entre Mm“ Beclard et Mmc Cusco, — Prix Wilde : Partagé entre M. Canovelti, de Milan et M. Leduc. — Prix Saintour : Partagé entre M. Edouard Piette et M. Marchis. — Prix Petit d’Ormoy (Sciences mathématiques) : M. Emile Borel.
- — Prix Petit d’Ormoy (Sciences physiques) : M. Julien Costantin. — Prix de Laplace : M. Forlier (Louis-Ernest).
- — Prix Félix Rivot : Partagé entre MM. Fortier (Louis-Ernest) et Rodhain (Pierre-François-Nicolas), entrés les deux premiers en qualité d’élèves ingénieurs à l’École nationale des Mines, et MM. Fronlard (Jean) et Lefranc (Marcel-Fernand-llenri-Résiré), entrés les deux premiers au même litre à l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées.
- M. le Secrétaire perpétuel Darboux lit ensuite une Notice historique sur le mathématicien Charles Hermite. Cette Notice est une étude magistrale consacrée presque entièrement à l’œuvre du savant. « Sa vie s’est écoulée « sans événement marquant; un seul de ses travaux peut « intéresser ceux qui n’ont qu’une connaissance générale « des mathématiques. Mais notre devoir envers des « hommes tels que lui est de fixer leur souvenir avant « qu’aient disparu tous ceux qui ont pu vivre à côté « d’eux et recueillir de leur bouche les renseignements « qui ne sont pas contenus dans leurs écrits. » Aussi est-il presque impossible de suivre, en le résumant, l’examen des travaux successifs d’ilermite que M. Darboux conduit avec une si haute compétence. Mais il paraît bon de noter l’influence considérable qu’llermite exerça en France et hors de France, sur le mouvement des recherches mathématiques. « De tout temps, il avait entretenu une correspondance étendue avec les géomètres de tous les pays. Celte correspondance avait commencé avec des maîtres tels que Jacobi et Dirichlet, avec des émules qui élaitnt devenus pour lui des amis bien chers et dont la perte devait beaucoup l’attrister, Borchardt, Cayley, Sylvesler, Brioschi. Peu à peu, elle s’était beaucoup développée, car il répondait à tous ceux qui sollicitaient ses conseils ou lui soumettaient leurs travaux. On pourra la publier un jour : on y trouvera, en même temps que le témoignage de la candeur et de la bonté la plus inépuisable, le tableau le plus intéressant de la vie mathématique au xix° siècle. Cn. du Villedeuil.
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- LA NATURE.
- MACHINE A CUEILLIR LE COTON
- On vient de mettre en service, aux Etats-Unis, des machines effectuant la cueillette du coton, avec le concours d’ouvriers. Le personnel de la machine se compose de cinq personnes,.dont quatre sont occupées au travail de la cueillette. L’engin, monté sur deiix paires de roues, comporte un châssis fait de tubes métalliques; les roues arrière sont portées de façon fixe dans des coussinets, et ces roues sont motrices, car la machine est automobile. La largeur de sa voie et la hauteur du corps de la machine au-dessus du sol, sont du reste tels que l’appareil peut se placer à cheval sur une rangée de cotonniers, la machine roulant dans les sillons, L’appareil est mû par un moteur à pétrole de trois chevaux, le conducteur réglant la vitesse sur l’abondance des gousses à cueillir; la commande des roues se fait par chaînes. Le moteur actionne aussi les dispositifs de cueillette. Les roues avant sont munies d’un système pour s’adapter aux inégalités du sol.
- Aux quatre coins du châssis sont montées les machines de cueil-letLe, sur des extensions du cadre principal : elles sont à mouvement universel et soigneusement équilibrées, de façon que les ouvriers qui les conduisent, puissent, du siège où ils sont assis, les faire agir dans toutes les positions pour les approcher des branches à débarrasser de leurs gousses. Chaque travailleur conduit simultanément deux cueilleuses, une dans chaque main. Les choses et les hommes sont disposés pour ainsi dire en quinconce, les ouvriers d’avant faisant face à gauche, tandis que les deux autres font face à droite : de la sorte, un de ces derniers opère sur le côté gauche de la rangée centrale d’arbustes au-dessus de laquelle passe la machine, et son compagnon cueille les gousses sur le côté gauche de la rangée extérieure de droite. Parmi les ouvriers d’avant, l’un cueille les gousses du côté droit de la rangée extérieure de gauche, tandis que le quatrième ouvrier opère sur la face droite de la rangée centrale. Quand la machine a fait un voyage entier à travers une plantation, il y a donc la valeur de deux rangées d’arbustes dépouillées de leurs gousses, soit une demi-rangée à gauche, une demie à droite et toute
- la rangée centrale. Enlin, lorsque l’engin tournera, pour reprendre la besogne en sens inverse, on le fera passer à cheval sur la rangée qui suit celle dont le côté gauche avait été dépouillé : le côté droit et extérieur de cette dernière sera alors débarrassé de ses gousses, tandis qu’on amorcera une troisième opération sur une face d’une rangée extérieure nouvelle, en opérant complètement sur la rangée centrale.
- Chaque cueilleuse double est reliée par des tuyaux d’appel à un vaste sac oh le coton va s’accumuler; quand il est plein, on l’ouvre par le bas. La commande de la cueilleuse se fait au moyen d’un arbre longitudinal, recevant son mouvement du moteur par engrenages et embrayage à friction, et animé d’une vitesse constante indépendamment de la vitesse d’avancement de la machine dans les sillons. Une chaîne transmet le mouvement à l'appareil cueil-leur, et une combinaison simple assure ce résultat en dépit des déplacements de cet appareil. L’organe essentiel pour la cueillette est une courroie qui a pour but d’arracher le coton hors des gousses, car en l'ait ce ne sont pas les gousses mômes, mais leur contenu que l’on récolte, et pour cela on ne vise que les gousses largement ouvertes : rien n’est plus facile que de revenir plus tard sur une plantation pour récolter le coton qui peut rester à cueillir. L’appareil cueilleur ressemble à un carter de bicyclette disposé à peu près verticalement, et dans lequel tourne d’un mouvement continu une courroie armée de dents à sa surface externe ; le carter, l’enveloppe, est ouvert du côté opposé à l’ouvrier, de manière que celui-ci puisse .amener la courroie au contact des gousses à vider : les dents arrachent le coton et l’entraînent en haut de l’enveloppe, ouest disposée une chambre de ventilateur-aspirateur. Les ailettes de ce dernier viennent presque au contact des dents de la courroie, et elles exercent une aspiration puissante sur les libres de coton prises dans ces dents. Cetle aspiration suffit pour détacher les fibres, qui sont alors refoulées par le tuyau que l’on voit dans la gravure, jusqu’au sac d’emmagasinage. IL Lebojs.
- Le Gérant : P. Masson.
- Cueillette du colon à la machine.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1701. — 30 DECEMBRE 1905.
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- NOUVEAU CANON EN FIL D’ACIER
- Fig. 1. — Fabrication d'un canon en fi! d’acier. La ligature.
- L'artillerie moderne lait, chaque jour, des progrès nouveaux, et les canons deviennent des instruments de plus en plus formidables.
- On constate, d’année en année, la présence de pièces nouvelles, toujours plus puissantes.
- Le canon en fil d’acier, inventé par M. Hamilton Brown, que construisent les ateliers de la Scott Iron Company, aux Etats-Unis, sera une pièce fort remarquable. Elle marque peut-être le point de départ d’une révolution dans l’industrie de la construction des canons de marine et des lourdes pièces de siège.
- 11 s’agit d’un canon de 162 millimètres, qui, si les calculs sont exacts, pourra lancer, avec une vitesse de 1250 mètres à la seconde, un projectile lourd et volumineux à une distance de 50 kilomètres. L’obus, arrivé au bout de cette course, aura encore une force sullisante pour traverser, de part en part, un blindage d’acier de 15 centimètres d’épaisseur.
- Cette formidable pièce d’artillerie, à laquelle on travaille depuis onze mois, sera achevée avant peu. Sa construction aura demandé plus d’une année. Si les essais sont satisfaisants, le gouvernement des Etats-Unis commandera douze autres pièces semblables à la première. Elles seront toutes employées à la défense des côtes et manœuvrées par des canonniers de la marine. Des canons du même genre, mais moins grands, seront également établis pour être employés sur les navires de guerre. Les Américains font grand bruit autour de ce nouveau canon, qu’ils considèrent comme inexplosible, en raison des conditions particulières qui président à sa fabrication et des éléments spéciaux qui le composent.
- Ce puissant engin, qui n’a rien de commun avec
- les canons modernes, est formé d’une série de plaques d’acier de quatre millimètres d’épaisseur, cintrées, et posées les unes à côté des autres, connue autant de segments qui s’enchevêtrent. Ces feuilles de métal ont, avant leur cintrage, la forme d’un trapèze; elles mesurent 8,50 m. de longueur, 70 centimètres de largeur d’un bout et moins de 15 centimètres à l’autre extrémité. Autour de ces minces plaques, on enroule des quantités considérables de fil d’acier. Pour cette opération, il est employé des machines spéciales, très puissantes, qui ligaturent le fil d’acier et permettent de le serrer sous une forte tension, en l’enroulant autour du cylindre que forment les plaques segmentaires. Un tube d’acier est entré à force dans le centre ; c’est le conduit dans lequel passera le projectile.
- Le ligaturage métallique terminé, on procède à l’habillage de la pièce; pour ce faire, on revêt celle-ci d’un manteau extérieur en acier forgé.
- Le poids total du canon est réparti par parties égales entre les trois éléments principaux qui le composent : un tiers pour le fil d’acier, un tiers pour les feuilles d’acier, et enfin un tiers pour les pièces, armatures et tube central en acier forgé. Ainsi constitué, le canon pèsera 12 000 kg ; -il mesurera 8,50 m. de longueur. Près de 55 kilomètres de fil d’acier entreront dans sa construction. Quant au prix de revient, il s’élèvera à 26 400 fr. environ.
- On affirme, de l’autre côté de l’Atlantique, que les plaques d’acier cintrées qui entrent dans la construction de ce canon, peuvent être considérées, en raison de leur faible épaisseur, comme autant de rubans ou fils d’acier plats et larges. Ces plaques,
- 34e année.
- 1er semestre.
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- avec les (ils d'acier proprement, dits qui servent au ligalurage, font, de cet engin un véritable canon en lil d’acier.
- L'homogénéité des matériaux et, leur élasticité (sic) semblent, ajoute-t-on, donner à la pièce une force de résistance deux fois plus grande que celle des autres canons; car la pression que celle nouvelle pièce pourra subir est considérable.
- Le colonel James W. Engalls a tiré de la construction de ce canon en lil d'acier des conclusions vraiment, curieuses.
- Si étonnantes qu’elles puissent paraître, nous n’hésitons pas à les reproduire, parce que cet officier supérieur est considéré, aux Etats-Unis, comme une autorité indiscutée en matière d’artillerie et de balistique. Le savant artilleur a établi qu’un canon de 250 millimètres en (il d’acier, du système llamil-ton Ih'own, pourrait lancer un projectile à 90 kilo-
- Fig. 2. .— Section centrale du canon; A, Enveloppe extérieure en acier l'ondu. — B. Ligature en lil d’acier. — C. Plaques d’acier segmentaires. — 1). Tube intérieur central en acier.
- mètres de distance. 11 considère la construction et l’emploi de cette pièce comme très possibles, et, de déductions en déductions, il en arrive à conclure qu’on pourrait facilement établir un canon de 400 millimètres, qui, d’après ses calculs, permettrait aux artilleurs de Calais ou de Boulogne de bombarder Londres, c’est-à-dire de tirer à une distance de 140 kilomètres environ.
- Nous ne savons pas si le canon en question sera, un jour, construit; cela paraît phénoménal et, en tout cas, très problématique. 11 nous semble, devant de telles assertions, que nous vivons en plein roman et que le rêve de Jules Verne soi' en voie de devenir une réalité. Quoi qu’il en soit, le canon en fil de fer de M. Hamilton Brown est un instrument nouveau que nous avons cru intéressant de signaler à nos lecteurs. Wïll Daiivillé.
- L’EXPOSITION DE CHAMPIGNONS
- du Muséum
- Nous avons rendu compte l’année dernière de la première exposition de champignons au Muséum et nous y renvoyons le lecteur1.
- Ce qui caractérisait l’Exposition de 1905, c’était le mode de classification. Rompant avec les anciens errements qui attribuaient à la couleur des spores une importance exagérée qu’elle est loin d’avoir, l’organisateur de cette exposition avait adopté les nouvelles idées préconisées par un de nos mycologues les plus éminents, M. Patouillard, pharmacien à Neuilly.
- La méthode de Fries divisait les Agarics ou champignons charnus en espèces à spores blanches, roses, ocracées, violettes ou noires. On s’aperçoit bien vile qu’il n’y a là rien de rationnel, que les affinités les plus étroites sont rompues, tandis que sont rapprochées des formes qui n’ont entre elles que des rapports très éloignés. On a jusqu’à ces derniers temps adopté cette méthode qui présentait, il faut le reconnaître, quelques facilités pour la détermination des espèces.
- Avec les nouvelles données on trouve rapprochés dans un même groupe les grandes Lépotcs à spores blanches, les Pratelles (champignons de couche) à spores violettes, les Coprins à spores noires. Les Amanites vivent côte à côte avec les Volvaires, les unes caractérisées par leurs spores blanches, les dernières par des spores roses, etc.
- Notons que les Bolets, jusqu’ici placés sur le meme rang que les Polypores (les Amadouvicrs), en sont maintenant éloignés et font nettement partie des Agaricacées. Dans les Bolets il y a une prédominance de l’hyménium à la disposition porée, tandis que dans les Agarics, la disposition est habituellement lamellaire. Il existe toutefois un passage par les Chanterelles qui ont un hyménium à plis plus ou moins marqués. Mais ce qui diffère nettement les Bolets, aussi bien que les Agarics, des Polypores, c’est que la portion hyménifère est nettement marquée dès le début et ne présente jamais d’accroissement centrifuge.
- Les espèces comestibles étaient indiquées par des étiquettes violettes, les indifférentes par des étiquettes blanches. Les champignons dangereux ou suspects étaient accompagnés d’une étiquette rose, tandis que ceux qui sont à juste titre considérés comme mortels — les champignons qui font mourir, suivant une expression à la mode — se distinguaient par une indication tracée sur papier rouge foncé.
- Une belle série d’Amanites avait pu être réunie, malgré l’époque un peu tardive où avait été faite l’Exposition. La Fausse Oronge, suspecte, y côtoyait 1 ’Amanila rubescens ou Goulmotte et l’Oronge vraie, deux excellents champignons, aussi bien que les Amanites cilrine et . phalloïde, poisons redoutables qui ne pardonnent pour ainsi dire jamais. Les Lépiotes, Tricholomes, Clyto-cijbes, presque tous comestibles, étaient représentés par de nombreuses espèces. Il en était de même des Bolets où dans une même série on pouvait voir le Ceps — le meilleur des champignons incontestablement — à côté du Boleius luridus, du B. calopus qui bleuissent énergiquement dès qu’on les froisse et dont l’aspect est fort peu engageant.
- N’oublions pas les grosses espèces ligneuses, les Polypores représentés.par l’Amadouvier avec lequel on prépare VAmadou, le Polypore du Bouleau qui, coupé en
- 1 Vov. n° 1645, du 5 décembre 1904, p. 5.
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- tranches épaisses, sert à fabriquer des cuirs à rasoirs, un gigantesque spécimen de Trameles yibbosa mesurant plus d’un mètre de diamètre ftl qui provoquait l’étonnement de tous les visiteurs.
- Il faudrait encore signaler la Fistuline, d’un rouge de sang, le lleefsteak végétal comme on l’a appelé avec assez de raison, les énormes Veues-Loup, les Lycoperdons, comestibles dans leur jeunesse, mais qui de bonne heure se dessèchent et laissent échapper des torrents de spores dès qu’on les touche, etc.
- De très belles aquarelles, dues à M. Patouillard et obligeamment prêtées par lui, ont été très admirées, filles sont l’œuvre non seulement d’un artiste, mais encore d’un savant : le dessin très exact y est toujours accompagné d’une analyse qui fait voir les caractères intimes et spéciaux de chaque espèce.
- L'Exposition de 1905 a été couronnée de succès, grâce surtout au talent d’organisation de M. le professeur Mangin, secondé, dans la mesure de leurs forces, par MM. llariot et Hiers, préparateurs de la chaire, Patouillard, IV Camus, Ludwig. P. Hahiot.
- LES ÉLECTRCLAIMANTS PORTEURS
- La Compagnie américaine Morgan vient de mettre à l’essai ces porte-charge d’un nouveau genre qui présentent de très grands avantages pour le maniement des pièces de fer de différentes formes. Cet électro-aimant se compose d’un noyau de fer très doux, c’est-à-dire très pur, afin que l’aimantation cesse dès que le courant ne passe plus dans le câble enroulé autour de ce noyau. L’isolement du câble est fait avec soin pour éviter toute dérivation de courant. Le tout est enveloppé d’une cuirasse de fer doux dont la surface est hérissée de côtes métalliques destinées à faciliter le refroidissement qui pourrait être préjudiciable à la substance de l’isolant. Cet érhauffement, dû' au courant intense, est d’ailleurs très faible. L’appareil en question est suspendu au crochet de la grue et peut en être détaché très facilement, le courant y arrivant au moyen d’un câble dévissable raccordant l’éleclro-aimant à la cabine de la grue.
- Un seul homme est nécessaire pour faire fonctionner l’appareil placé dans sa cabine, d’ou il dirige tous les mouvements de cette grue mue par l’électricité; il lui suffit de diriger l’électro vers les objets à soulever. Dès qu’il fait passer le courant, toutes les pièces de fer et d’acier s’appliquent et adhèrent fortement à la surface de l’appareil qui peut avoir plusieurs mètres carrés d’étendue et à laquelle on peut donner la forme d’un cercle ou d’un rectangle allongé suivant les pièces à soulever. Dès que le courant est interrompu immédiatement le fardeau se détache. Cette machine permet de porter 500 à 400 kilogrammes en môme temps, de les hisser à quelques mètres de hauteur et de les transporter à une vingtaine de mètres plus loin, le tout en moins d’une minute.
- On comprend l’utilité de la chose lorsqu’il s’agit, comme dans les usines importantes, de transporter de multiples pièces, parfois de petite dimension, que l’on doit prendre à la pelle, mettre dans des caisses, lesquelles il faut encore entourer de chaînes encombrantes avant de pouvoir les charrier au moyen de la grue. Des expériences faites, il résulte qu’en moins de quatre heures 150 tonnes de fer peuvent être ainsi emmagasinées, ce qui demandait plusieurs jours. Économie de temps, économie de personnel, économie d’argent. A. Breydel.
- LES RÉGIONS VOLCANIQUES
- traversées par la mission saharienne (Foureau-Lamy)
- Parmi les nombreux échantillons recueillis tout le long de l’itinéraire de sa célèbre mission, par M. F. Foureau, un certain nombre révèlent le passé volcanique des régions parcourues.
- Les déterminations précises de ces matériaux lithologiques, notamment par l’analyse microscopique, sont le plus souvent contrôlées, sur le terrain, par les observations de l’illustre explorateur.
- Bien que la Mission saharienne n’ait stationné qu’exceplionnellement à l’étape, quelle n’ait « fait que passer », les documents précieux rapportés par son chef permettent néanmoins de donner déjà une idée des régions éruptives qu’elle a recoupées ou, parfois, seulement côtoyées1.
- Les premiers éléments volcaniques recueillis par M. Foureau consistent en fragments de scories et de laves basaltiques, roulés, qui se trouvent, assez fréquemment, dans les dépôts du Grand Erg.
- Mais ces roches ne sont pas en place, elles proviennent de pays lointains, vraisemblablement du Ahaggar. Elles ont été amenées de ce massif central — en partie peut-être à l’époque actuelle, mais surtout aux temps tertiaires — par des cours d’eau tributaires de l’oued Igharghar.
- D’ailleurs, l’existence de volcans éteints dans le Ahaggar ne peut laisser subsister aucun doute. Duvey-rier, le premier, considérait comme des « puys volcaniques » certains sommets de ce massif, et, tout récemment, des laves basaltiques et phonolitiques ont ôté rapportées de ces régions africaines par le lieutenant Guillo-Lohan.
- Plus au sud, dans le Tindesset, leTinezzouatineet au pied méridional de l’escarpement du Tassili, la Mission a rencontré des scories basaltiques qui ne peuvent provenir que du liane méridional ou de la crête de cet escarpement. Comme, d’autre part, M. Foureau a constaté l’existence des mêmes scories sur le revers septentrional de la même chaîne2, il ne paraît pas douteux que des volcans basaltiques s’élèvent, quelque part, dans l’intérieur du Tassili.
- Dans l’Adrar, la Mission a séjourné pendant quelque temps au milieu de déjections volcaniques, remarquables à bien des points de vue. Ce sont des roches variées, basaltiques ou néphéliniqucs (phono-lites ou téphrites). Ces dernières appellent l’attention des pétrographes par leurs caractères minéralogiques. Les phonolites, en effet, se rapportent à deux types intéressants : l’un, avec ses petits cristaux de noséane, se rapproche des phonolites feldspathiques
- 1 Eu ce qui concerne l’ilinéraire suivi par la mission, consulter les Documents scientifiques de la Mission Saharienne,
- 2 vol. et un atlas in-4°, par F. Foureau (Masson, édit. 1905).
- 2 F. Foureau. Rapport sur ma mission au Sahara, oct. 1895-mars 1894 cl mon neuvième voyage au Sahara, p. 44. (Paris, Challamcl).
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- Fig. 1. — Source de Tidjidi. Dans le loud. coulées (lépliritcs à divine) vraisemblablement descendues du piton volcanique du Mont Tckout.
- de la basse Auvergne, notamment du Mont-Dore ; tandis que l’autre rappelle, par ses caractères mi-
- croscopiques, la phonolile du mont Tekout, située à 85 kilomètres environ au sud de Tripoli, dont les premiers échantillons ont été rapportés, de ses célèbres voyages, par le géologue Overweg, l’infortuné compagnon de l’explorateur Barth.
- Quant aux téphriles à olivine, elles sont intéressantes, non seulement par leur composition qui les rapproche de certaines laves du Vésuve et de la t.ampagne romaine, mais les prises d’échantillons ont été laites dans des coulées en place, descendues de certains pitons de l’Adrar, que M. Foureau considère volontiers comme les vestiges de cônes de débris plus ou moins démantelés.
- La région volcanique de l’itinéraire de la Mission saharienne qui olïre le plus grand développement, s’étend entre Aguellal et l’ouad Tini, dans l’Air méridional. Sur un parcours de près de 15U kilomètres, la Mission a côtoyé des formations éruptives qui constituent un manteau recouvrant un soubassement de gneiss et de roches granitiques.
- Ce sont d’abord des basaltes avec tout leur cortège de laves, de scories, de tufs de projection, qui paraissent provenir des pics de Taguet, et de Kombo et de quelques autres, peu éloignés, à l’est de la route; puis des déjections volcaniques analogues descendues, très probablement, du massif de l’Aggatène. Ces produits éruptifs se développent sans dis-| continuité apparente jusqu’au puits d’Assada et recou-! vrent une région dont la Mission a côtoyé la bordure
- Fig. 2. — Paysage volcanique (basaltique) au nord d’Aoudéras.
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- occidentale. Ces volcans basaltiques sont d’âge récent, si l'on en juge par la présence fréquente de cirques comme ceux du pied sud de l’Aggalène, du Diguellane et du voisinage du puits d’Aourarène, que M. Foureau regarde comme des cratères encore conservés. Les produits volcaniques dont il a été question jusqu’ici sont généralement caractérisés par leur basicité, c’est-à-dire par leur faible teneur en silice.
- Les derniers vestiges de ces déjections basiques rencontrés par la Mission se trouvent aux abords d’Aoudéras.
- Au delà, M. Foureau n’a recueilli que des rocbes volcaniques acides (riches en silice). C'est d’abord, dans l’oued Aoudé-ras, un trachyte à ægyrine accompagnant une phonolite et, à Zinder, un trachyte très décomposé. L’itinéraire se développe ensuite, le plus souvent, sur des grès quarlzeux sans fossiles; mais à Koussri, dans le Logone, M. Foureau a découvert un fragment d’une roche volcanique très acide, une rhyolite, dont l’importance pétrographique ne peut échapper aux géologues.
- Cette roche est caractérisée par la présence de deux silicates, l’ægirine et la riebeckite, et se rapproche beaucoup de rhyolites analogues du pays des Somalis décrites par M. A. Lacroix.
- Les conditions de gisement de la roche de Koussri n’ont pu être déterminées par l’illustre chef de la Mission saharienne, mais des observations détaillées ont été faites depuis surla même roche, un peu plus au nord, aux bords du lac Tchad, par le lieutenant L. Lacoin. Mon excellent ami a, pendant un séjour
- de plusieurs mois (mission Destenave) sur le grand lac, observé avec soin les Iladjar el Khemis qui forment, à quelques kilomètres de l’embouchure du Chari, cinq pitons rocheux constituant un point géographique remarquable.
- Ces pilons, composés de la roche de Koussri, serm bleui être les témoins de coulées épaisses ou de plusieurs coulées superposées et fortement démantelées.
- Depuis, encore, le Capitaine Lenfant, chef de la mission Niger-Bénoué-Tchad, a rapporté une rhyolite qui a été étudiée par M. Hubert, dans le laboratoire de minéralogie du Muséum. Cette dernière roche, analogue aux deux précédentes par sa composition minéralogique et chimique, a été recueillie à M. Bou-rao, près des chutes du Mayo-Kabi, soit à 560 km à vol d’oiseau des Iladjar el Khemis.
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- Un intérêt d’ordre plus général s’attache aux roches volcaniques acides découvertes dans le Centre africain par la Mission saharienne : ces roches sont caractérisées par une composition chimique riche en alcalis.
- On peut, à ce point de vue, les rapprocher des types granitiques, représentants de consolidation profonde des mêmes masses fondues (magmas) et même de roches liloniennes.
- M. A. Lacroix a récemment eu l’occasion d’insister sur le caractère alcalin de ces roches, d’après d’importants matériaux recueillis par la Mission Moll dans la région de Zinder1 2.11 en résulte que le Centre africain constitue une vaste province pétrographique caractérisée par des roches riches en alcalis.
- C’est à la Mission saharienne que revient l’honneur d’avoir apporté les premiers documents sur cette question importante et c’est là un nouveau titre de gloire qui vient s’ajouter à ceux, déjà si nombreux, acquis à son illustre chef. Louis Gentil.
- LES ANIMAUX VENIMEUX"
- Batraciens et Serpents
- Batraciens. — Le venin joue chez les Invertébrés un rôle considérable dans la lutte pour l’existence. Parmi les vertébrés on rencontre beaucoup moins d’animaux venimeux ; les Mammifères et les Oiseaux n’emploient pas le venin comme moyen d'attaque ou de défense. Chez les Poissons, l’arme venimeuse est exceptionnelle; on la rencontre toutefois : la vive possède, au niveau de chaque opercule, un aiguillon envenimé qui pique cruellement, et détermine une action locale favorisant les infections microbiennes.
- C’est chez les Batraciens et les Reptiles qu’on trouve les êtres les plus venimeux; mais la manière dont le venin est utilisé est bien différente dans les deux classes : tandis que les serpents ont un appareil localisé dans la bouche et qu’ils l’emploient d’une manière active contre leur probe ou leurs ennemis, les Batraciens sont venimeux sans le savoir, car leur venin, qu’ils ne peuvent inoculer, est produit par des glandes disséminées dans toute la peau, mais plus particulièrement sur la face dorsale du corps.
- Tous les Batraciens ont des glandes cutanées venimeuses; mais, la répartition de ces glandes peut changer, ainsi que la nature de la sécrétion. Chez les Grenouilles, le mucus qui recouvre la peau lisse et humide est très irritant surtout pour les muqueuses ou les régions à peau tine comme les paupières. Le venin y provoque une démangeaison pénible, mais il
- 1 Les micrograuiles alcalins du territoire de Zinder [C. II.
- 2 janv. 1905).
- 2 Yoy. n° 1693, du 4 uo\ombre 1905, p. 363.
- est peu toxique. 11 n’en est pas de même pour le Crapaud (lig. 1); son venin, très amer, imprègne tout l’organisme et communique aux tissus sa saveur acre qui leur enlève leur valeur comestible. Les saillies verruqueuses de la peau abritent les glandes dont le venin laiteux a des propriétés caustiques el irritantes pour la conjonctive et les muqueuses. C’est un violent slermitaloirc. Introduit par la voie digestive, il provoque des nausées et des vomissements. C’est un émétique animal. Aussi le Crapaud, dédaigné des carnassiers et des reptiles, n’a guère que deux ennemis : une sangsue, l’Hémopis sanguisuga, qui, rebelle à son venin, se cramponne à lui et l’éventre sans merci, et l'homme qui l’écrase sans se laisser émouvoir par la beau Lé de ses yeux cerclés d’or, ni par la mélancolie de son chant nocturne.
- A côté du Crapaud, mentionnons la Salamandre terrestre ou Salamandre maculée (lig. I). Réfugiée pendant tout l’hiver dans les anfractuosités des sols rocailleux, les interstices des vieux murs, elle ne sort qu’au printemps, par les nuits lièdes et orageuses. Elle possède un venin capable de faire mourir dans des convulsions une quantité d'animaux auxquels on l’inocule; ce venin, elle le garde dans ses glandes cutanées. Par son extrême amertume, il n’est qu’un moyen passif de défense contre les ennemis, serpents, hérissons, rapaces, qui chassent également la nuit et qui pourraient être tentés de goûter à l’animal. Ces deux Batraciens, Crapaud et Salamandre, auxquels il i'aut joindre le Triton, contre lesquels l’homme a une prévention si injuste, non seulement ne sont pas un danger pour lui, mais au contraire lui sont utiles en l'aidant à débarrasser les cultures de toutes les bestioles parasites. Leur venin pourrait même servir de remède et prendre place dans la pharmacopée : celui du Crapaud contient une substance dont les effets sont identiques à ceux de la digitaline; celui de la Salamandre agit spécialement sur le système nerveux et pourrait être un succédané de la strychnine. Ainsi, voilà des animaux qui élaborent dans leurs glandes les mêmes principes que préparent certaines plantes vénéneuses, n’est-ce pas là un rapprochement curieux, et qui montre combien les phénomènes de la vie se ressemblent chez les plantes et chez les animaux.
- Reptiles. — Si les glandes cutanées sont indispensables à la défense chez les Amphibiens à peau nue, il n’en est plus de même chez les Reptiles, amphibiens écailleux, comme les désignait Linné. Chez les Crocodiles, les Tortues et certains Lézards, la cuirasse est une véritable armure de guerre, et l’animal peut attaquer soit avec son bec, soit avec sa solide mâchoire. Mais la peau des serpents est insuffisante à les protéger contre la dent des carnassiers, contre le bec ou les griffes des échassiers et des rapaces, et le venin est leur véritable moyen de défense; en outre, B absence de pattes 0 ne leur permet de poursuivre une proie agile ni assez longtemps, ni assez vivement pour l’atteindre ; ils doivent donc la surprendre, et s’ils ne l’étouffent, comme le font les
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- boas et beaucoup d’autres serpents, il faut qu’ils la tuent par le poison.
- Dans nos régions et dans toute l'Europe, il n’y a guère que la vipère qu’on puisse redouter; mais la zone tropicale des deux continents est infestée par des espèces plus grosses et plus dangereuses : à la Martinique, le Trigonocéphale y a lait autant de victimes que la Montagne Pelée; le Crotale ou serpent à sonnettes d'Amérique mérite bien, également, sa mauvaise réputation (lig. 2); le Naja, ou serpent à lunettes (lig. 5), cause encore annuellement, dans toute la péninsule Indienne, 15 à Ü0 000 morts, sans y comprendre les animaux domestiques ou sauvages. La question du serpent, déjà si ancienne, est donc toujours actuelle; et si notre vipère commune est plus modeste dans ses méfaits, sa piqûre n’en est pas moins mortelle dans 14 à 15 pour 100 environ des cas. Un comprend donc la terreur que les serpents inspirent.
- Le caractère véritablement distinctif de la vipère est la présence de crochets venimeux situés sur le maxillaire supérieur en avant de la bouche; de plus, chez toutes les vipères, la pupille est verticale. La robe a des teintes claires et vives, et sur fond variant du gris ardoisé au rouge marron, se détache avec netteté un dessin noir à 1er me de V renversé sur la tète et serpentant en zigzag sur le dos. Le corps est trapu, la tète triangulaire, et le cou bien marqué; la queue est courte et s’amincit rapidement.
- Chez la couleuvre, la pupille est ronde, le fond de la robe gris verdâtre, les taches noires disséminées irrégulièrement et ne formant pas de V céphalique, sauf chez la couleuvre vipérine, dont les dessins de la robe peuvent être confondus avec ceux de la vipère. La tète se continue avec le corps, sans rétrécissement au niveau du cou, le corps est plus svelte, la queue beaucoup plus longue. A celte ditférence dans les proportions relatives du corps correspond une différence d’allures très manifeste : le premier soin d’une couleuvre qu’on inquiète est de fuir; elle ondule avec vivacité, en sililant bruyamment, tandis que la vipère qui ne trouve pas un refuge situé immédiatement à sa portée se met en altitude de défense, le corps lové, la tète soulevée et un peu rejetée en arrière, prête à se détendre comme un ressort et à frapper l’ennemi présumé (lig. 4) ; on ne la voit jamais foncer sur ceux qui ne la molestent pas, ni poursuivre personne. Son naturel est même si timide qu’on peut la tenir captive à côté de souris sans qu’elle songe à profiter de l’aubaine : on voit alors ce curieux spectacle de la proie s’installant sur le dos du chasseur pour vaquer aux soins de sa toilette, trottinant de-ci, de-là, allant même jusqu’à flairer la tête de la vipère qui repousse simplement du museau sa compagne d’infortune.
- Même en liberté et en face d’un ennemi qu’ils redoutent, les serpents les plus venimeux sont saisis de peur; chez certaines espèces, celle-ci se manifeste d’une façon bruyante; le Crotale agite sa queue
- comme une sonnette et fait entendre un bruit sec de grelot qui est caractéristique ; les Jlothrops possèdent, dès leur jeune âge, le même réflexe de la queue : à l’approche de l'homme ou à la vue de quelque chose qui les inquiète, l’extrémité de la queue se met en mouvement comme un trembleur électrique, et frappe le sol de coups rapides ininterrompus. Sous l’influence de ces chocs répétés, les anneaux cornés ont une tendance à s’hypertrophier, et c’est vraisemblablement là l’origine de ces formations curieuses qui ont transformé la queue du Crotale en une breloque sonore.
- Appareil venimeux. — L’appareil venimeux est construit dans ses grandes lignes de la même façon chez tous les serpents. 11 comprend (lig. 5) un organe de sécrétion, la glande, et un organe d’inoculation du venin, le crochet venimeux. Des parties accessoires osseuses et musculaires assurent le mécanisme de la morsure.
- La glande venimeuse est située un peu en arrière de l’œil, sous la peau de la joue; quand on a décollé la peau au niveau de la lèvre supérieure, et qu’on la soulève, on voit la glande apparaître, avec la couleur jaune cilrin de son contenu, sous la forme générale d’une poire allongée à grosse extrémité tournée en arrière. Elle est divisée en plusieurs lobes dont la cavité centrale sert de réservoir au venin.
- L'extrémité antérieure se prolonge en un lin canal qui passe au-dessous de l’œil et vient aboutir dans une gaine qui entoure la hase de la dent au niveau de son insertion avec le maxillaire supérieur.
- La dent, légèrement recourbée, est line, creuse et pointue. L’orilice supérieur du canal dentaire se trouve au collet de la dent et en avant, juste en face de l’ouverture du conduit excréteur de la glande. L’orilice inférieur est situé non pas à l’extrémité du crochet où il serait facilement obstrué en pénétranl dans les tissus, mais à une pelile distance de la pointe, de telle façon que le venin s’écoule facilement dans la plaie au fur et à mesure que la dent se retire. La dent venimeuse est soudée au maxillaire supérieur qui, poussé par un levier osseux, bascule sur l’os frontal et porte en. avant la pointe prête à frapper. Dans cette position, les deux crochets venimeux rappellent les canines des chiens et c’est pourquoi les anciens leur avaient donné le nom de chiendents. Quand la vipère a piqué, la dent revient en arrière et se replie contre le palais comme une lame de couteau sur son manche. Mais ici le manche joue un rôle presque aussi important que la lame; il est actionné par des muscles puissants et de ses mouvements dépendent ceux de l’arme empoisonnée. Quand le manche, représenté par les os ptérygoïde et transverse, est poussé en avant, la lame bascule et sa pointe fait saillie au dehors de la bouche; quand, au contraire, il est ramené en arrière, la lame rentre dans son fourreau. On peut observer ces mouvements des crochets sur certaines vipères exotiques dont la captivité ne trouble pas l’appétit ; avant d’attaquer sa proie, la vipère s’assure que ses armes sont en
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- Fig. 1. — A gauche, Crapaud commun, dont on a excité les lobes optiques pour produire une sécrétion généralisée (d'après C. l'hisdix).
- A droite. Salamandre terrestre (d’après M"”’ l’hisalix).
- bon état ; puis quand elle a piqué et qu’elle attend les effets de son venin, elle prend soin de ranger ses crochets, recommençant les exercices lorsque les crochets ne s’appliquent pas du premier coup contre la voûte palatine.
- Comment le venin est-il expulsé de la glande et pénètre-t-il dans le crochet venimeux? L’examen de la figure dispense de longues explications. Dans son mouvement de bascule, la dent se déplace dans sa gaine, et l’orifice supérieur de son canal vient s’ajuster sur l’extrémité du conduit excréteur de la glande, comme une canule sur l'embout d’une seringue. Immédiatement après, le muscle qui entoure la glande se contracte, et le venin est directement lancé jusqu’à la pointe de l’aiguille. L’appareil tout entier peut être comparé à une seringue à poire dans laquelle un muscle concave remplacerait la main de l’opérateur.
- Le venin est un liquide gommeux, limpide et d’un beau jaune d’or. Desséché sur une lame de verre, il se fendille et se dissocie en petits fragments anguleux qui avaient été pris à tort pour des cristaux. 11 n’a ni odeur, ni saveur.
- Il a toutes les propriétés des substances albuminoïdes.
- Son mode d’action sur les animaux varie avec l’espèce venimeuse qui l’a produit; mais l’intensité de cette action est toujours très grande si on la compare à celle des autres substances toxiques d’origine végétale ou minérale : la piqûre du Naja de l’Inde tue l’homme en moins d’une heure ; celle de la vipère commune, pour produire le même effet, met au moins quelques heures, et parfois quelques jours. On constate, pour un même venin, des différences dans la durée et l’évolution des symptômes qui tiennent non seulement à la dose inoculée, mais
- encore au lieu de la piqûre : c’est l’inoculaiion dans les veines qui produit les effets les plus prompts; l’inoculation sous-cutanée agit beaucoup moins vile, et laisse par conséquent plus de marge à l’intervention thérapeutique. Une particularité remarquable des venins c’est qu’ils sont presque inolfensits lorsqu’ils sont introduits par le tube digestif; mais il faut pour cela que sa muqueuse soit intacte : on peut donc, sans danger, pratiquer la succion à l’endroit d’une piqûre, même si, ayant quelque lésion buccale, on rejette le produit au fur et à mesure, sans lui laisser le temps d’être absorbé.
- Le venin de la vipère n’est pas seulement dans la glande, il pénètre dans la circulation par le mécanisme de la sécrétion interne,de sorte que le sang est toxique comme le venin; telle est la cause de la résistance considérable que possède l’animal pour son propre venin : il s’accoutume par une sorte de mithridatisme inconscient et automatique. La couleuvre a la même résistance au venin que la vipère elle-même. On voit fréquemment dans la nature vipères et couleuvres se fréquenter, sans attitude agressive des unes, sans peur du côté des autres ; dans les refuges abrités où elles passent l’hiver, on les trouve enroulées ensemble formant des pelotons de centaines d’individus qui vivent en bonne harmonie. Qui se ressemble s’assemble, dit le proverbe : existerait-il entre la vipère et la couleuvre d’anciennes relations, des affinités latentes? Comment la couleuvre a-t-elle pu acquérir l’accoutumance au
- Fig. 2. — Crotale Cerasle (d’après Stejueger), montrant les derniers anneaux cornés de la queue qui produisent un bruit caractéristique.
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- venin de vipère? Tout simplement, comme la vipère, en le produisant elle-même : elle possède, comme celle dernière, une glande venimeuse moins déve-
- Cetle immunité naturelle en l'ait des auxiliaires précieux dans les régions infestées, et l’homme a tout avantage à les protéger et à en favoriser l’extension. Les autres chasseurs de serpents, oiseaux échassiers, gallinacés ou rapaces ne possèdent pas cette immunité, mais leur plumage qui forme matelas, leur bec corné, leurs pattes squelettiques munies ou non de grillés, en font des adversaires que la dent du reptile n’atteint pas facilement.
- D’après ce qui se passe chez la vipère et la couleuvre, on peut déduire que l’introduction dans l’organisme d’un animal sensible de faibles doses de venin, inoculées à plusieurs reprises, pourra l’immuniser contre ce venin . c’est effectivement ce qui se produit, et on peut arriver à lui faire supporter sans danger une dose qui serait plusieurs fois mortelle pour un animal non préparé. Ce procédé d’immunisation par accoutumance est long et expose à perdre un nombre assez grand d’animaux d’expérience ; mais on peut utiliser une autre méthode fondée sur l’action atténuante de la chaleur pour le venin; celui-ci, chauffé à 75° pendant vingt minutes, perd ses propriétés toxiques tout en conservant son pouvoir immunisant; la mixture de mort s’est transformée en un vaccin bienfaisant. Un animal qui a reçu sous la peau du venin atténué par la chaleur peut, au bout de vingt-quatre
- l'ig. 5 — Naja.
- loppée, il est vrai, moins riche en venin, mais qui suffit à la défense passive de l’animal (lig. 5). Elle est située, comme celle de la vipère, sous la lèvre supérieure, de chaque coté de la tète, et son canal excréteur s’ouvre au fond de la bouche, à la hase d’une dent plus longue que les autres, mais qui n’est ni creuse, ni mobile, comme celle des vipères. Si, faute d’un appareil inoculaleur bien adapté, les couleuvres ne peuvent utiliser leur venin soit pour l’attaque, soit pour la défense, quelques-unes du moins, comme la couleuvre de Montpellier, s’en servent pour paralyser la proie lorsque celle-ci, déjà capturée, regimbe par trop, et gêne la déglutition. Àu point de vue physiologique, on peut admettre que vipères et couleuvres appartiennent à une même famille ; c’est le même veniir qu’elles élaborent et qui, circulant dans l’organisme, y détermine les réactions caractéristiques de l’immunité. Parmi ces réactions, il en est une très importante qui consiste dans la formation de substances antitoxiques, c’est-à-dire de sérums capables de détruire le venin : le sérum de vipère ou de couleuvre contient, en effet., un antidote du venin, et quand on inocule à ces reptiles leur propre poison, celui-ci est détruit dans le sang. C’est par le même mécanisme que certains animaux, comme le hérisson et la mangouste, résistent aux piqûres venimeuses ; leur sang est antitoxique et détruit le venin à mesure qu’il est absorbé.
- Fig. 4. — Vipère aspic et couleuvre vipérine.
- heures, supporter sans accident une dose de venin virulent capable de tuer un sujet témoin. En répétant, à intervalles convenables, les injections vaccinantes, dont on gradue la dose et l’atténuation, on confère
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- aux animaux une immunité telle qu’ils peuvent vivre sans danger en compagnie de vipères; la piqûre du reptile n’a plus d’ell'et sur leur organisme.
- La vaccination contre le venin des serpents applicable, à la rigueur, au chien de chasse, n’aurait évidemment aucun succès chez les humains, même
- quand ils sont, comme les explorateur exposés aux piqûres des serpents.
- ht cependant elle se pratique depuis
- s, le plus longtemps
- Fig. 5- — 1. Appareil venimeux du la vipère (d'après C. l'hisalix) ; a. glande ; b, maxillaire supérieur; c, canal venimeux de la déni; à, gaine, de la dent; e, os palatin; y, muscle compresseur courbe; h, muscle compresseur droit de la glande; i, maxillaire inférieur. — 5! et 3. Appareil venimeux de la couleuvre, comparé à celui de la vipère. Dans les deux ligures, les mêmes lettres désignent les mêmes choses : c, crochets ; y, glande à venin ; gs, glande salivaire.
- chez les indiens du Mexique et les. indigènes de Mozambique. L’opération est faite par des spécialistes qui inoculent le venin en plusieurs points du corps, soit avec les crochets venimeux eux-mèmes, soit en frottant une pâte venimeuse sur la peau préalablement scariliée. Elle est accompagnée d’un cérémonial particulier destiné peut-être à masquer la grande simplicité des moyens : avant de subir l’opération, l’Indien doit absorber quinze tubercules d’une plante surnommée mano de sapo (palte de crapaud) qui, cueillie le premier vendredi du mois de mars, et consommée un vendredi, possède des propriétés merveilleuses et doit assurer le succès.
- En Mozambique, les rites sont également compliqués, et l’indigène doit jurer qu’il ne tuera jamais de serpents ; la cérémonie a donc comme vertu secondaire de réconcilier le serpent avec l’homme, mais elle n’est pas toujours inoffensive, et le colonel Serpa Pinto, qui a eu la curiosité de se soumettre à
- ce traitement préventif, en a éprouvé de grandes souffrances. II est d’ailleurs inutile aujourd’hui de recourir à une thérapeutique préventive, puisque nous avons le remède spécifique. Ce remède, c’est le sang des animaux vaccinés : il a, comme celui des serpents, la propriété de détruire les elfets du venin. En immunisant des chevaux, on obtient une quantité de sérum suffisante pour servir aux usages thérapeutiques. S’il est inoculé à temps, il arrête les accidents de l’envenimation, et préserve les victimes d’une mort certaine.
- Au point de vue des.résultats pratiques, la sérothérapie antivenimeuse peut être comparée à la sérothérapie antidiphtérique ; c’est la même méthode précise et sûre, et en tout cas supérieure à la vaccination des Indiens. C. Piiisaux.
- PROPULSEUR REVERSIBLE GEYER
- Avec le développement de l’automobilisme nautique, c’est-à-dire la multiplication des embarcations munies de moteurs tonnants, les dispositifs de propulsion à renversement, les hélices réversibles, devaient forcément se multiplier aussi : une des caractéristiques et un des inconvénients relatifs du moteur à pétrole, pour parler du moteur tonnant le plus ordinaire, c’est en effet de marcher toujours dans le même sens. Pour assurer la marche arrière, il fallait donc recourir à des changements de marche, comme pour les voitures; mais on s’est dit qu’il serait évidemment plus simple de recourir si possible à des hélices, dont les ailes seraient mobiles et pourraient à volonté demeurer inclinées dans le sens voulu pour la propulsion normale, ou au contraire s’incliner brusquement en sens inverse, et par suite imprimer un mouvement de recul à l’embarcation, l’hélice se <( vissant »
- dans l’eau en sens opposé, si l’on nous permet l’expression.
- Nous n’avons pas à faire une revue de tous les dispositifs du genre qui ont été imaginés, et nous nous contenterons d’en signaler un nouveau, qui est intéressant, et qui fera bien comprendre les nécessités et les difficultés auxquelles on se heurte en la matière. Gomme dans beaucoup de dispositifs analogues, les ailes du propulseur sont montées de façon à pouvoir pivoter sur le moyeu, et c’est un organe glissant qui permet de modifier l’angle que ces ailes font sur l’arbre de couche; mais, le plus souvent, on se contente d’adopter le système pour des propulseurs à deux ailes, tandis qu’ici les choses s’arrangent parfaitement pour trois ailes.
- Comme on peut le voir par les figures de détail que nous donnons, chaque aile est montée par son pied dans un évidement du moyeu de l’hélice, dont les dessins font comprendre la forme un peu spéciale. Cet évidement atfecte une disposition demi-circulaire, et le fait, est que le pied de l’hélice doit y décrire une rotation plus ou moins complète, ainsi que nous le verrons. Le moyeu de l’hélice forme en réalité manchon sur l’arbre de couche, bien qu’il soit toujours entraîné par lui dans son mouvement de rotation ; mais il peut glisser longitudinalement d’une certaine longueur, sous l’action d’un renvoi, d’une commande qui sert justement à renverser la marche, à placer les ailes dans la position de marche arrière, ou à les remettre dans celle de marche avant. Le pied de chaque aile affecte la forme qui est indiquée en détail dans la
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- ligure 4, et que l’on aperçoit également, en partie par transparence dans la ligure 1, où l’aile môme est indiquée, en section et ombrée, sur son pied pris dans l’évidement du moyeu du propulseur. Il s’agit de pouvoir imprimer à ce pied, et par suite à l’aile, une rotation d’un quart de cercle environ pour que son pas soit dirigé en sens inverse de sa direction primitive de marche avant. Dans ce but, le pied peut pivoter sur une vis qui se lixe dans le moyeu, et qu’on voit très nettement, à droite, dans la ligure 2 ; mais, de plus, une goupille B est prévue, qui s’engage tout à la Ibis dans un évidement G, ménagé dans le pied même de l’aile, et aussi dans une autre
- l’ropulseur Goyer. — 1. Vue générale.
- - Coupe. — 5. Détail du logement de l’aile. — 4. Pied d’une aile
- fente longitudinale A, qui traverse la partie du moyeu se trouvant au-dessous du pied, et pénètre jusqu’à l’arbre de couche. 11 est facile de se rendre compte que si, par le dispositif prévu, on donne un déplacement longitudinal au moyeu de l’hélice, le pied de l’aile, et par conséquent l’aile, seront entraînés dans un mouvement de rotation qui renversera l’angle de propulsion au profit de la marche arrière que l’on veut réaliser.
- La goupille B, dont nous avons parlé, est naturellement solidaire de l’arbre de couche, et les choses sont calculées de telle sorte qu’elle supporte la plus grande partie de la poussée de la marche. Bien entendu, les trois ailes sont montées de la même manière, ainsi que le montre la ligure 2, où l’on a toutefois suppose que deux des ailes n’étaient pas encore dans leur logement. (Cette ligure 2 est prise comme une coupe du dispositif à la hauteur des goupilles de fixation des ailes.) Ce propulseur réversible a été mis en service sur des bateaux ayant une puissance motrice de 120 chevaux; il semble robuste et susceptible de rendre de réels services. P. kk M.
- SUR L ANTIMOINE EXPLOSIF
- Gore avait constaté, dès 1855, que l’éleetrolyse d’une solution acide de trichlorure d’antimoine fournit à la cathode un dépôt d’antimoine d’aspect granuleux, faisant explosion au contact d’un corps solide, avec un vif dégagement de chaleur. Deux auteurs, MM. Cohen et llinger, ont repris, il y a quelque temps, l’étude systématique de cette matière; ilsontconstalé qu’elle contient du chlorure d’antimoine et qu’elle peut être pulvérisée sans explosion à la condition que l’on opère à très basse température, vers — 80°. La teneur en chlorure d’antimoine et l’explosivité du produit diminuent quand la température s’élève ; l’explosivité paraît liée à la présence d’une dose suffisante, au moins 3 pour 100, de chlorure d’antimoine.
- UNE MACHINE
- à fabriquer les cartouches
- 11 s’agit d’une presse fort ingénieuse, qui se charge de fabriquer les douilles métalliques de cartouches en une série d’opérations se suivant avec une rapidité et une régularité curieuses : le fonctionnement de l’appareil est des plus intéressants, et aussi les dispositions qui ont été imaginées pour arriver au résultat. Cette machine est d’origine anglaise : on sait que certains industriels britanniques se sont fait une spécialité de la fabrication des cartouches de fusils, et c’est naturellement pour des armes à percussion centrale que travaille la presse Vauxhall.
- Nous montrons, dans le dessin ci-joint, quatre états successifs de la douille métallique, pour faire comprendre les diverses passes du travail : l’appareil reçoit, en effet, des sortes de capsules métalliques présentant grossièrement la forme d’une douille, et qu’un premier emboutissage a données ; mais il ne faut pas moins ensuite de trois opérations pour rendre le fond de la capsule horizontal, en faisant céder progressivement le métal, en lui donnant la disposition caractéristique, et en le perçant du trou destiné à permettre l'inflammation de l’amorce.
- Dans son ensemble, la presse est fort massive, et elle rappelle naturellement le type général de la presse hydraulique : sa table supérieure forme le cylindre principal, cylindre hydraulique dans lequel se meut un bélier renversé, qu’une traverse guide au moyen de glissières se déplaçant le long des colonnes qui réunissent la table inférieure à la table supérieure. Aux deux bouts de la traverse, sont rattachées les têtes de deux autres pistons disposés en sens inverse du premier, et qui ont pour but de ramener celui-ci en haut de course, lorsqu’il a donné le coup d’estampage, et que la presse doit être remise en état pour une nouvelle opération : ces cylindres sont reliés de façon continue aux canalisations d’eau comprimée, si bien que les petits pistons tendent à exercer constamment, et on peut dire automatiquement, un mouvement de bas en haut, en dessous de la traverse, et cela a pour effet de faire instantanément remonter traverse et gros piston, dès que la soupape d’échappement de ce dernier est ouverte. On comprend qu’il y a là un facteur qui assure une grande rapidité dans les opérations.
- Dans la hase de la presse, est une pièce venue de fonte où se dispose la matrice double dont nous allons parler, et, par en dessous, est un puissant piston jouant le rôle d’éjecteur au moment voulu, pour chasser d’une matrice la cartouche dont la tête est définitivement formée. Le bloc comportant les deux matrices est porté par un arbre vertical, et ces matrices y sont disposées aux extrémités d’un diamètre, de telle manière que, grâce à la rotation de cette plaque porte-matrice, dont nous allons expliquer le fonctionnement, quand une des matrices est
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- i.
- Machine à l'aire les cartouches.
- sous la tète du piston principal, l’autre se trouve au-dessus de l’éjecteur, pour que la douille métallique qui n’a plus, au moins pour l’instant, à passer à l’emboutissage, soit expulsée et laisse la place à une autre. 11 faut dire que la plaque porte-matrice est montée dans un bloc d’acier circulaire qui dépend de la machine et qui peut tourner de 180°, sous l’action d’une corde métallique passant sur deux poulies et de deux pistons de palan, que l’on aperçoit nettement à la gauche de l’appareil.
- On doit déjà pressentir le fonctionnement ingénieux de celui-ci. Au commencement du cycle d’une opération, le grand piston est au sommet de sa course, l’éjecteur au point le plus bas et sans action, le bloc circulaire d’acier étant dans l’une quelconque de ses deux positions symélriques. Une douille partiellement emboutie, suivant le premier aspect est mise sur la matrice et l’on fait aussitôt tourner le disque porte-matrice, pour que la douille, abandonnant la position de chargement, vienne se placer juste en dessous de la tête du piston principal, qui descend bientôt. Nous devons dire que la seconde partie de matrice, qui va venir appuyer fortement sur le métal de la douille, sera celle qui répond à
- l’opération devant donner le deuxième aspect. Mais la tête de ce piston porte elle-même un bloc tournant, muni de trois matrices qui répondent aux opérations chargées de donner respectivement les emboutissages et conformations successives.
- Si bien que, suivant l’opération que l’on veut exécuter au cours de la labrication des douilles, et au fur et à mesure qu’on a terminé une passe et qu’on en veut commencer une autre sur la masse des cartouches que l’on prépare, on fait tourner le porte-matrice d’un tiers de tour, pour amener en action la première, la deuxième ou la troisième matrice.
- Si c’est la première qui est en place, dans l’opération que nous décrivons, dès que le piston principal se relève sous l’action des petits pistons et par simple ouverture de la soupape d’évacuation, on aperçoit la douille avec un premier façonnage On fait alors vivement tourner le porte-matrice du gros piston, et on admet de nouveau l’eau dans son cylindre, et c’est le deuxième façonnage qui va s’accuser sur la douille au moment du relèvement du piston ; un deuxieme déplacement du porte-matrice achèvera le façonnage en donnant la douille terminée. On sait que la progression lente est nécessaire dans ces opérations d’emboutissage, qui doivent assurer un déplacement graduel du métal, pour éviter les déchirures dans sa masse. Pendant ces trois opérations, le disque inférieur est demeuré immobile; mais on a eu le temps de placer une douille brute dans l’autre matrice inférieure, et, quand on fait tourner le disque de 180°, en recourant aux pistons de palan, cette douille vient se placer sous le piston principal et la matrice convenable qu’il porte, tandis que la cartouche terminée arrive au-dessus de l’éjecteur et est expulsée immédiatement, dès qu’on introduit l’eau dans le cylindre de celui-ci. Pendant ce temps, l’ouvrier peut commencer les emboutissages sur une autre douille, tout en recueillant la douille expulsée et en introduisant, dans la matrice, ainsi débarrassée, une nouvelle douille qui sera tout à l’heure amenée à son tour sous le gros piston, par un demi-tour du disque.
- Tout cela se fait avec une rapidité et une sûreté curieuses, et le débit de cette machine n’est pratiquement limité que par le temps qu’il faut à l’ouvrier pour placer les douilles, les retirer ou faire tourner le porte-matrice supérieur. D. Bellet.
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- L’OBSERVATOIRE DU PIC DU MIDI
- Fig. 1. — Nouvelle coupole en construction à l’Observatoire du Pic du Midi.
- J’ai eu l'occasion, en 19041, de parler ici de l’Observatoire du Pic du' Midi et d’en montrer, avec la description, l’aspect général à cette époque.
- Maintenant cet aspect est quelque peu changé. Grâce à des travaux assez considérables (étant données surtout les difficultés de l’endroit) et qui étaient ébauchés seulement l’année dernière, des bâtiments nouveaux sont venus augmenter l’importance de cet établissement scientifique.
- Depuis un long temps déjà, les très belles observations de M. Marchand et de ses collaborateurs ont montré l’excellence de la station, où les recherches astronomiques, dans cette atmosphère limpide, sont exceptionnellement favorisées. Aussi l’observatoire de Toulouse a-t-il décidé d’y créer une succursale, et les nouvelles constructions sont destinées à cette installation.
- Sur le petit monticule dominant les toits, à l’ouest, une vaste coupole de 8 mètres de diamètre sera établie, dont le gros œuvre de la base est déjà terminé, ainsi que le montre la photographie (fig. 1). Puis, attenant au grand bâtiment d’habitation, un autre de même destination s’est élevé (fig. 2) pour les astronomes de Toulouse. Les nouveaux bâtiments communiquent intérieurement avec le premier observatoire.
- 1 Voy. n° 1640, du 20 octobre 1904.
- Fig. 2. — La maison d'habitation.
- Le nouveau bâtiment raccordé à l’ancien.
- J’ai pris ces photographies lors d’un séjour au Pic, au mois de septembre dernier. Elles montrent l’état actuel des travaux qui ont été effectués pendant les mois d’été, seuls favorables à leur accomplissement, malgré bien des intempéries encore, et nécessairement bien des difficultés.
- Lucien Pudaux.
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- LA NATURE.
- LES BROUILLARDS
- dans la région parisienne
- Le samedi 10 décembre 1005, il y a eu un obscurcissement remarquable de l'atmosphère sur Paris, obscurcissement qui a été beaucoup plus intense sur le centre de la ville et les quartiers sud-ouest, que sur les autres points; à 9 heures du malin, la valeur de la lumière était à peu près nulle, elle a augmenté un peu vers midi, mais on peut dire que dans les habitations, on a dù recourir à l’emploi de la lumière artificielle pendant toute la journée. Ce phénomène de l’obscurcissement est dù à la présence, sur notre région, d’un brouillard élevé; en effet ce jour, la base de la couche nuageuse était, vers 400 mètres de hauteur, et au-dessus il y avait des masses nuageuses d’une épaisseur considérable. En ces dernières années, on a observé assez souvent en hiver des obscurcissements, mais ils n’avaient pas atteint l’intensité et la durée de celui du 10 décembre.
- Le régime anticyclonique, que nous subissons depuis quelque temps, est particulièrement favorable à la formation de ^phénomènes de celte nature, qui sont parfaitement expliqués, mais qui n’en impressionnent pas moins le public. L’observation faite en ballon lors d’un assombrissement du ciel, en janvier 1882, a permis de constater que la couche brumeuse n’avait qu’environ 000 mètres d’épaisseur, dont la moitié inférieure était plus opaque que la partie supérieure ; elle était composée d’une sorte de fumée gelée, et n’avait ni neige ni givre mais souvent des poussières impalpables qui s’agglutinaient sur les objets exposés à leur action.
- A Paris, chaque année, on compté une quarantaine de jours de brouillards, pendant lesquels on ne distingue plus les objets au delà de 1500 mètres. Ces jours se répartissent ainsi : décembre et janvier, G à 7 ; février et novembre, 5 à 0; septembre et octobre, 4 à 5 ; mars, 5, et pour les autres mois, moins d’un jour par an. Presque chaque hiver, il y a pendant deux jours des brouillards assez intenses pour limiter la visibilité à moins d’une trentaine de mètres; quelquefois, ce brouillard devient d’une telle intensité que la circulation en est rendue difficile. Parmi les brouillards exceptionnels à Paris, on peut citer celui du 11 septembre 1855, remarquable par son intensité et sa précocité, les 14 novembre 1871 et 15 décembre 1875, l’opacité était telle, qu’à chaque carrefour il y avait des agents munis de torches afin de guider les personnes et leur permettre de reconnaître leur chemin. Le brouillard du 18 décembre 1897 a bien été très opaque, mais moins cependant que celui de 1875. Lorsque le brouillard est aussi intense, il ne couvre, généralement qu’une portion de Paris, de préférence les bas quartiers, le voisinage de la Seine, et la vallée de la Marne.
- Le brouillard demeure presque toujours au voisinage du sol, et nous avons pu constater que, dans la plupart des cas, la partie supérieure de la couche ne dépasse guère 250 mètres. Afin d’étudier la répartition du brouillard dans la région de Paris, nous nous sommes élevés en ballon, le 5 décembre 1904, et nous avons pu nous rendre compte que, ce'jour-là, la masse brumeuse était assez intense pour empêcher les fumées de la traverser : aussi celles-ci donnaient-elles, à la partie supérieure du brouillard, un aspect très sombre et qui augmentait d’opacité du sud-sud-est au nord-nord-ouest, c’est-à-dire dans le sens de la marche de la nuée. Vu d’une hauteur de
- 2700 mètres le brouillard ne couvrait qu’une partie de la région sur Paris, il 'était beaucoup plus dense sur la moitié Nord et Est que sur la partie Ouest dans la banlieue, les vallées de la Seine et de la Marne en amont disparaissaient sous le brouillard, tandis que sur la Seine, d’Asnières à Achères, il n’y avait qu’une faible bande brumeuse ayant à peine deux fois la largeur du fleuve, mais suivant celui-ci sur tout son cours.
- A Paris, le brouillard atteint en général sa plus grande intensité aux heures où l’on allume le plus grand nombre de feux, ce qui s’explique parce qu’à ce moment la quantité de fumées déversées dans l’atmosphère est la plus considérable, et on connaît le rôle important que jouent les particules de poussière et résidus de combustion dans la formation du brouillard. Le brouillard est rarement immobile, il se déplace plus ou moins lentement, et, suivant la direction du vent, il se chargera plus ou moins de fumées qu’il transportera sur Paris; ainsi, par exemple, un brouillard poussé par un faible courant nord-est deviendra plus intense sur la ville puisqu’il aura traversé d’abord les quartiers de Paris ou la banlieue limitrophe où il y a le plus d’usines, dès lors c’est vers la Seine et le sud-ouest de Paris que la limite de visibilité sera moindre. Au contraire, si le brouillard est entraîné par un vent de sud-ouest, c’est sur la banlieue nord-est qu’il deviendra très épais. Enfin, quelquefois, le brouillard est odorant, et la nature des odeurs permet d’en connaître l’origine, il est, rare cependant que l’odeur se propage très loin ; à ce point de vue celui du 21 mai 1822 fut particulièrement remarquable, il dura de 5 à 10 heures du soir et de sa masse se dégageait une odeur très forte de gaz nitreux qui fut même ressenti dans un rayon de 8 à 10 lieues autour de Paris.
- Le brouillard présente des inconvénients sérieux pour la navigation sur la Seine à Paris, où les règlements administratifs prescrivent l’arrêt des bateaux lorsque la visibilité ne dépasse pas 500 mètres. Il en résulte parfois des arrêts partiels des services, mais pour les bateaux à voyageurs le service n’a été interrompu pendant toute une journée, pour cause de brouillard, que 7 fois depuis 1807. Joseph Jaubert.
- cf§SNi.',M.§33
- CHRONIQUE
- Le chemin de fer de Sierra Leone. — Le chemin de fer que l’on construit dans cette colonie anglaise est déjà terminé sur une longueur de 557 kilomètres, entre Freetown et Baiima. L’écartement de la voie y est seulement de 0,75 mètre; l’inclinaison maxima des rampes n’est que de 18 millimètres par mètre dans les premières sections de la ligne, et de 20 millimètres dans les parties plus enfoncées dans les terres. Dans ces sections, on arrive à un avancement mensuel de 8 kilomètres, et le coût d’établissement ne dépasse pas 100 000 francs par kilomètre; vers la côte les difficultés ont été assez sérieuses : il n’a pas fallu établir moins de 12 viaducs entre Freetown et Waterloo, sur une longueur de 50 kilomètres seulement, et l’un d’eux, celui d’Orogon, n’a pas moins de 117 mètres de développement. Sur d’autres points il y en a de beaucoup plus importants encore. Les traverses de la voie sont en acier ; les gares sont à une distance moyenne de 15 kilomètres les unes des autres.
- Le soufre au Japon. — 11 ne faudrait pas se figurer que l’Italie seule est grand producteur de soufre; le Japon, lui aussi, possède d’importantes mines, ou plutôt des solfatares qui se trouvent dans les cratères de volcans
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- LA NATURE.
- (Mi activité. Annuellement la production de soufre au Japon atteint 15 000 tonnes au moins, et dernièrement elle a pu s’élever à 20 000 tonnes.
- Les récents travaux sur le palladium. —
- Quand on réduit les solutions de sels de palladium par le sulfate d’hydrazine, on obtient un précipité qui, séché à froid, se montre constitué par du palladium métallique exempt d’oxygène et soluble entièrement dans l’eau l'égale, c’est-à-dire dans un mélange d’acides chlorhydrique et azotique. Les propriétés d’absorption de l'hydrogène par le palladium sont classiques et connues depuis longtemps. MM. Paal et Amberger ont constaté que ces propriétés se font sentir même à très basse température. Le palladium divisé et saturé d’hydrogène est pvrophorique, c’est-à-dire qu’il brûle à l’air en lançant des étincelles. Le noirde palladium, réduit en liqueur acide, peut absorber jusqu’à 592 volumes d’hydrogène; en liqueur alcaline, on va jusqu’à 007 volumes. L’hydrogène ordinaire, Iraversant une solution colloïdale d’hydrure de palladium, est rendu actif et peut provoquer des phénomènes de réduction et (^hydrogénation sur divers corps organiques. Celte solution s’obtient en réduisant les sels de palladium par l’hydrogène en présence de soude el d’albumine et en évitant le contact de l’air.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 décembre 1905.
- Présidence de M. Troost.
- Carie géologique de France. — M. Michel Lévy présente à l’Académi? des sciences la 2° édition de la Carte géologique de la France à l’échelle de 1 millionième. Celte carte, destinée à servir de tableau d’assemblage à la Carte géologique au 80 000", résume les études faites jusqu’à ce jour sur toute l’élenduc du territoire français dont quelques feuilles seulement restent à explorer dans la région sud-ouest et dansl’lle de Corse. La comparaison de cette 2° édition avec la l'° fait ressortir les progrès considérables réalisés dans l’élude géologique du sol notamment en Bretagne, dans le Plateau Central, dans les Alpes et les Pyrénées. La coordination des explorations a été faite sous la direction de M. Michel Lévy, par un Comité composé de : MM. Barrois, Bergeron, L. Bertrand, Marcel Bertrand, Bigot, Boule, Bresson, L. Bureau, Carez, Delafond, Depéret, Dollfus, Douxami, L. Fournier, Gos-selet, de Grossouvre, Glangeaud, Haug, Kilian, Lacroix, de Launay, Le Cornu, Le Verrier, Lugeon, de Margerie, Munier-Chalmas, CEhlert, Roussel, Sennes, Termier, Vasseur, Vélain, Welsch, Zürcher.Les travaux graphiques ont été exécutés sous la direction de M. II. Thomas.
- Un nouvel étalon lumineux. — M. Violle fait connaître- les expériences auxquelles il vient de procéder en vue de construire un nouvel étalon lumineux plus pratique que l’étalon de platine incandescent. 11 a employé cette fois une éprouvette de charbon placée dans le four électrique, dont le fond porté à une très haute température toujours constante et reproductible forme précisément l’étalon lumineux. Pour obtenir cette identité de température pendant l’expérience, et à chaque reprise d’expérience, M. Violle a eu recours à la volatilisation métallique. Il a employé le cuivre et l’argent. L’éprouvette placée, maintenue au sein d’une enveloppe de vapeur métallique, fait suite à un tube qui permet d’en viser le fond.
- La respiration dans un milieu méphitique. — M. d’Arsonval décrit un appareil imaginé par Guglielmi-nelti-Dræger pour permettre à l’homme de travailler dans un milieu méphitique pendant deux heures sans recevoir de l’air du dehors. Cet appareil satisfait aux conditions suivantes : pas de soupapes parce qu’elles nécessitent un effort de la part du sujet, envoi dans le casque d’un air toujours pur sans recourir à l’extérieur, absorption de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau de la respiration, destruction des ptomaïnes. L’oxygène est fourni par deux tubes d’acier dans lesquels il est accumulé à la pression de 125 atmosphères. Le débit est maintenu régulièrement uniforme, quelle que soit la pression, par un détendeur-régulateur. La circulation de gaz — aspiration et remplacement du gaz du casque — est assurée par un artifice spécial du débit. L’épuration est effectuée par le passage des gaz provenant du casque à travers un appareil présentant une très grande surface de contact chargée de potasse granulée. L’appareil a pleinement donné satisfaction dans le corps des pompiers de Paris et dans diverses mines. Il a permis de constater un fait physiologique important, la relation entre le volume d’air passant dans le poumon pendant un temps donné el le travail développé. Pour un même homme pris au repos, ou après une course accélérée de 250 m., le volume d’air peut être à peu près 4 fois plus considérable dans le second cas. D’ailleurs, si les quantités d’air au repos sont sensiblement les mêmes au repos pour tous les hommes, elles varient beaucoup après le moindre travail chez divers individus.
- Découverte de fossiles. — M. A. Gaudry annonce que M. Thévenin a découvert les vestiges d’un quadrupède dans le terrain liouil 1er de Commentry, ce quadrupède est un amphibie à peau écailleuse.
- Respiration des chrysalides. — M. Giard présente une Note de Mme von Linden qui a étudié l’action de l’acide carbonique sur les chrysalides de lépidoptères. Mm" von Linden a trouvé qu’elles se comportaient comme les plantes vertes.
- Les canalicules des cellules nerveuses. — M. Giard présente ensuite une Note de M. Legendre relative aux canalicules décrits dans les cellules nerveuses et qu’on supposait avoir un rôle nutritif. L’auteur montre que ces canalicules sont pathologiques et se produisent dans toutes les infections du système nerveux. Ils sont le résultat, d’un phénomène de plragocytoses.
- Gu. DF Yilledeüu,.
- MACHINE A LAVER LA VAISSELLE
- Cette nouvelle machine est destinée à laver 5000 pièces de vaisselle à l’heure, en supprimant la casse, l’éhréchage, en assurant le lavage dans la perfection et en réalisant les conditions les plus économiques.
- La figure ci-jointe montre les dispositions principales de cette machine; le dessin n° 1 représente la vue d’ensemble. La machine est formée de deux cylindres réunis à côté l’un de l’autre et communiquant entre eux par des tuyaux, des tubes de niveau et des robinets. Une glissière, roulant sur une tringle disposée à cet effet, est placée au-dessus des cylindres
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- LA NATURE.
- el porte une poulie avec une chaîne pour maintenir les paniers en fil de fer dans lesquels sont posées les pièces de vaisselle à laver. On voit dans le dessin n° 2 les divers paniers. Dans le cylindre de gauche se trouve un récipient à double paroi et rempli d’eau chaude additionnée de cristal de soude et de savon noir ; la paroi intérieure est percée de six ouvertures en diagonale, à égale distance les unes des autres. Au fond, au-dessous d’une grille destinée à arrêter les matières solides, est placée une hélice, comme on peut le voir dans le dessin n° 5. Cette hélice est fixée sur un axe qui est mis en mouvement par une poulie et celle-ci reçoit elle-même son impulsion d’un moteur électrique à l’aide d’une courroie.
- L’hélice, en tournant, aspire le liquide el le reloule avec violence entre les parois du récipient. Il en résulte que la lessive est continuellement projetée contre la vaisselle à travers les ouvertures de la paroi interne. Par suite de l’action chimique de la lessive chaude et de l’action mécanique du déplacement continuel du liquide, tous les résidus sont entraînés, le lavage est parfait.
- Le fonctionnement de l’appareil est des plus simples, on peut s’en rendre compte. Les conditions de fonctionnement sont également des plus économi-, ques. La puissance du moteur pour faire déplacer l’hélice demande environ 570 watts. La dépense d’eau est des plus réduites. La manœuvre du panier
- Machine à laver la vaisselle. — i. Vue d’ensemble. — 2. Paniers deslinés à recevoir la vaisselle. 3. Récipient à lessive actionné par le moteur élecirique.
- à vaisselle proprement dit est également très aisée et ne demande aucun effort.
- Le mode d’emploi de l’appareil est très simple et très rapide. On remplit d’eau chaude, additionnée de cristal de soude et de savon noir, le récipient à hélice placé à gauche, et d’eau bouillante le récipient à rincer placé à droite. On place la vaisselle dans le panier, on descend celui-ci dans le récipient à lessive, on le laisse vingt secondes environ, on met en marche le moteur électrique. On sort ensuite le panier et on le plonge deux fois dans le récipient à rincer; puis on le pose sur la plate-forme qui sert «à sécher pendant qu’un autre panier est plongé dans le récipient à laver, et ainsi de suite.
- On peut ajouter à l’eau les produits nécessaires
- pour qu’ils se combinent avec les graisses, el afin de faire disparaître toutes les impuretés.
- Ajoutons que le fonctionnement est également très silencieux.
- La seule pièce mobile sujette à l’usure est l'axe de l’hélice qui tourne à une grande vitesse angulaire; mais il est facile de le remplacer après quelques années.
- La nouvelle machine à laver la vaisselle assure donc un service rapide, économique et bien fait. Ce sont là des qualités précieuses à rechercher dans toute industrie. J. L.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Laiiuue, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1702. — 6 JANVIER 1906.
- LA NATURE.
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- LE TUBE=MILL AU TRANSVAAL
- Avec les masses énormes déminerais pauvres que renferme le Witwatersrand, la diminution des frais de traitement métallurgique et l’accroissement du produit net par une extraction plus complète de l’or présentent là une importance plus grande que partout ailleurs. On n’est pas, en effet, comme dans d’autres districts, en présence d’un fdon limité que l’on utilise plus ou moins bien, mais devant un pays entier, dont les terrains contiennent, de tous côtés, des traces aurifères et peuvent, par suite, être classés soit dans les minerais, soit dans les stériles, suivant la teneur limite déterminée par les frais et les produits bruts de l’extraction. Le bénéfice résultant d’une amélioration industrielle ne porte pas, dès lors, seulement sur les minerais que l’on aurait pu traiter déjà auparavant ; mais il permet surtout d’utiliser des masses de minerais, qui, sans cela, seraient restés au-dessous de cette limite d’exploitabilité et n’auraient eu aucune valeur ; il prolonge donc du même coup la vie très limitée des mines. L’avenir de cette région est là, on peut bien le dire, puisque, en dehors des couches considérées autrefois comme aurifères, c’est-à-dire comme « payantes », les progrès techniques chaque jour réalisés amènent à en faire intervenir d’autres en quantité d’autant plus forte que la teneur limite s’abaisse.
- Aussi s’est-on ingénié depuis l’origine à améliorer ce traitemènt ; et si, en ce qui concerne le prix de revient, le progrès n’apparaît pas comme il le devrait par suite des charges considérables résultant d’une guerre désastreuse, en ce qui touche le rendement métallurgique, il est du moins d’une netteté remarquable.
- Si l’on se reporte seulement à quinze ans, vers 1890, c’est à peine 50 pour 100 de l’or contenu dans les minerais que l’on savait extraire par l’amalgamation ; vers 1895, on était arrivé à 80 pour 100 parla cyanuration encore à ses débuts1 ; on a atteint 90 pour 100 en 1899, puis 92 pour 100, et actuellement, avec un nouvel appareil de broyage appelé le lube-mill, c’est probablement 5 pour 100 de plus que l’on va encore gagner, arrivant ainsi au résultat très beau de 95 pour 100.
- Qu’csl-ce donc que ce lube-mill, au sujet duquel on fait naturellement grand tapage et sur lequel on échafaude maintes spéculations?
- Le tube-mill, qui, après avoir longtemps servi dans les fabriques de ciment, avait déjà été utilisé pour les minerais d’or de Nouvelle-Zélande, n’est nouveau au Transvaal que par son application en grand, dont les débuts remontent au milieu de 1904. Les premiers résultats obtenus alors avaient donné lieu à un enthousiasme excessif ; une expérience plus prolongée a remis les choses au point ; on s’est naturellement aperçu (ce qu’on avait paru oublier au début) que ces appareils coûtaient cher et se détérioraient peu à peu ; aujourd’hui le moment paraît venu d’apprécier les avantages d’un système, qui a déjà pris une place très importante dans l’industrie aurifère.
- Ces avantages, sur lesquels je reviendrai en terminant pour les évaluer, sont de trois catégories principales : 1° le broyage au tube-mill, intercalé entre l’ancien broyage aux pilons et la cyanuration, pèrmet de laisser ce broyage aux pilons moins com-
- 1 L. De Launay. Mines d’or du Transvaal, 18Û6, p. 455.
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- 34° aimée. — l01' semestre.
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- LA NATURE.
- plet, donc d’en diminuer la durée, donc d’ace roi Ire la capacité de broyage d’une batterie déterminée ; 2° le tube-mill, en rendant le broyage plus parfait, conduit à une extraction de l’or plus complète; 5° celte extraction est plus rapidement opérée dans la cyanuration. De ce côté il y a donc à la lois un bénéfice net sur l’or produit et une diminution sur le prix de revient par l'utilisation meilleure d’une série donnée de cuves de cyanuration. L’appareil, (|ui produit ces résultats (voy. ligure), est un « tube broyeur », c’est-à-dire un broyeur cylindrique à boulets, un grand cylindre fermé, animé d’un mouvement de rotation autour de son axe horizontal et contenant des instruments de broyage mobiles (le plus souvent des galets de quartz, plus rarement des boulets d’acier), dans lequel on introduit à un bout des minerais destinés à être broyés finement pour les recueillir à l’autre et les soumettre ensuite aux traitements de cyanuration. Comme je viens de le dire, l’idée de l’appareil n’est pas neuve et il y a longtemps qu’on en emploie de semblables ; mais son mode d’application au Transvaal est intéressant par les résultats obtenus.
- Quand on passe à cette application, les détails de cet appareil, si simple dans son principe, prennent une importance essentielle. . ...........
- 11 faut, en premier lieu, qu'il y ait circulation continue des matières dans le tube, auquel on donne une légère inclinaison et que l’on munit d’ouvertures à son extrémité afin de laisser échapper les produits suffisamment broyés; sans quoi, une lois atteint une certaine proportion de matières impalpables, les progrès du broyage deviennent bientôt insignifiants.
- Les tubc-mills peuvent être plus ou moins longs. Au Transvaal on leur donne habituellement 6m,60 de long avec lm,50 de diamètre. En Australie du Sud on a une tendance à les raccourcir. Certaines mines du W’itwatersrand les ont faits, au contraire, beaucoup plus grands.
- Le tube-mill doit être garni intérieurement d’une chemise aussi dure, aussi inusable que possible, sans quoi il serait rapidement mis hors de service; les meilleurs résultats ont été obtenus avec des garnissages en silex; l’acier au manganèse dure moitié moins que le silex.
- La vitesse de rotation, qui est en fonction du diamètre, a une très grande importance. Il s’agit, en effet, de réaliser le plus complètement possible le frottement des minerais contre les parois de diverses natures qui doivent les user, c’est-à-dire contre les galets de quartz intercalés, contre eux-mêmes et enfin contre le tube. Quand la vitesse est trop faible, les matériaux restent à la base, n’étant pas entraînés par le mouvement ; quand elle devient trop forte, ils tournent tous ensemble en une couronne annulaire, laissant un vide au centre. Pour une vitesse convenable, qui sera par.exemple de 25' à 27 tours à la minute dans un appareil de 1m,20 de diamètre intérieur, il y a frottement réciproque d’une zone centrale immobile contre une zone périphérique tournante.
- Les éléments à passer au tube-mill doivent déjà être suffisamment lins (avoir passé au tamis 20 ou au tamis 16 au maximum l) ; le tube-mill n’est donc nullement à assimiler aux concasseurs, par lesquels on fragmente d’abord les gros minerais, ni aux pilons, avec lesquels on les brise ensuite et ne peut pas remplacer ces appareils préliminaires : c’est uniquement un appareil finisseur et complémentaire.
- Les galets de quartz broyeur introduits dans l’appareil, dont ils occupent environ la moitié, doivent être de dimensions diverses, les petits s'intercalant entre les gros et augmentant ainsi les surfaces de frottement.
- Par suite du mouvement de P appareil, les galets de quartz broyeur ne sont animés d’aucun mouvement longitudinal ; ils tournent sans cesse dans une même section transversale, tandis que les minerais, de plus en plus fins, cheminent au milieu d’eux. A mesure que la finesse augmente, la proportion des galets, qui eux ne varient pas, devient donc plus considérable et leur force broyante plus active.
- Actuellement, au Transvaal, on fait, dans les batteries de pilons, un premier broyage relativement grossier suivi d’une amalgamation: puis on passe au tube-mill les minerais additionnés d’eau pour séparer ensuite, par des appareils classeurs, les sables ou lailinys, et les matières très fines, ou sûmes, qu’on soumet séparément aux liqueurs cyanurées.
- La réduction des tailings en particules beaucoup plus fines, a non seulement, comme je l’ai dit, l’avantage d’améliorer l’extraction, mais encore elle abrège le délai très long (21 jours), pendant lequel les sables devaient, auparavant, rester en contact avec la solution de cyanure dans les cuves à cyanuration et rend donc un certain nombre de cuves disponibles.
- Si nous essayons maintenant d’apprécier le système par les résultats obtenus avec les 17 lube-mills qui ont fonctionné depuis un an sur le Land, nous voyons qu’à la Robinson deep, avec la même batterie de 200 pilons et les mêmes couches de minerais, on avait, en janvier 1905, 625 000 francs de bénéfice net par mois; en avril 1905, après adjonction d’un premier tube-mill, on a eu 710 000 francs; et, depuis ce moment, avec 2 tube-mills, on a eu régulièrement, pendant 6 mois, 800000 francs. Le rendement brut de la même batterie a gagné environ 6 pour 100, et le bénéfice mensuel 19 pour 100. La capacité de broyage s’est, en effet, accrue de 200 tonnes par mois, en sorte qu’on a passé une quantité plus forte de minerai, et le pourcentage de l’or extrait a monté de 5 pour 100. Cela se traduit, en définitive, d’après les derniers rapports, pour ce cas particulièrement favorable, par une plus-value de 5lj ,60 par tonne de minerai.
- Ailleurs, à la Glen deep, le tube-mill, installé en
- 1 Dans le tamis 20, il y a 52 mailles au centimètre carré et 32 dans lc^ tamis 16. Au Transvaal, on est allé jusqu’au tamis 8 (2 millimètres par maille). Auparavant l’on broyait en moyenne jusqu’à une linesse de 100 mailles au centimètre! carré.
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- LA NATURE.
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- mai '1904, a marché 200 jours sans détérioration, donnant une extraction d’or supplémentaire évaluée à 1IV,25 par tonne pour un minerai tenant 40 francs, soit environ 5 pour 100, et a, en outre, augmenté la capacité de broyage. Enlin, d’après une expérience laite en 1905 à la mine Treasury, un tube-mill plus petit de 4m,50de long et 1"',15 de diamètre, a broyé les produits correspondant à une batterie de 00 pilons en augmentant le rendement de la batterie de 16 à 18 pour 100, sans accroître la teneur de l’or, qui reste perdu dans les résidus. La dépense a été de 51V,75 par tonne de concentrés, ou 0r,',o7 par tonne de minerai, et a permis de récupérer, par tonne broyée, lfl',50 d’or, auparavant perdu dans les résidus.
- En balance avec ces avantages, il faut mettre la dépense supplémentaire assez grande que nécessitent l’installation et l'entretien de ces appareils. On calculait, il y a un an, qu’il fallait, pour 100 pilons, 2 tube-mills, dont un en marche, l’autre en réserve ; pour 200 pilons, o tube-mills, dont deux en marche, un en réserve. Aujourd’hui, on est porté à admettre 4 tube-mills pour 200 pilons. Le tube-mill lui-même ne semble pas d’abord bien coûteux, mais il entraîne de nombreux accessoires, force motrice, etc., sans parler de la dépense supplémentaire en combustibles et entretien. On compte, par tube-mill moyen de 0m,50 sur lm,50 environ, 40 chevaux de force; linalement, nous voyons, suivant les mines et suivant la dimension des appareils adoptés, apprécier les frais qu’entraîne l’installation d’un tube-mill entre 100 et 200 000 francs (100 000 à la Crowndeep, 175 000a Langlaagt dcep, etc.). Mais, si l’on remarque que le prix d’une batterie de 100 pilons avec accessoires est d’environ 2 500 000 à 5 000 000 francs, on voit l'intérêt qu’il y a à en augmenter le rendement.
- Aussi le nombre des tube-mills fonctionnant ou prêts à fonctionner sur le Rand est-il déjà de 59, et va-t-il être rapidement augmenté. L. 1)e Launay.
- DÉCOLORATION DE LA COLOPHANE
- La colophane est le résidu de la distillation de la térébenthine : c’est un mélange d’acides de formule G20 II30 O2 (pinique, pimarique, sylvique et colopholique) qui forment avec les bases des savons solubles dans l’eau. Elle constitue l’un des produits principaux de l’industrie résinière et donne lieu à des transactions commerciales actives. Sa valeur marchande étant inversement proportionnelle à l’intensité de sa coloration, il y a un intérêt économique évident à ne mettre en vente que des colophanes claires, et, par suite, il est important de pouvoir décolorer les colophanes plus ou moins brunes qui sont obtenues dans la plupart des usines. Mais ce n’est que depuis peu de temps que les industriels landais savent le moyen d’effec-luer cette décoloration ; la méthode qu’ils emploient, sur les indications du professeur Labatut, de la Faculté des Sciences de Bordeaux, est intéressante et ingénieuse : à ce double titre, elle mérite de retenir l’attention.
- M. Labatut, au cours de recherches sur les mesures
- calorimétriques et sur la speclroscopie de la colophane, a découvert que la variation de couleur que l’on observe quand on passe des colophanes les plus claires aux brais les plus foncés, est purement quantitative, toutes les colorations observées étant qualitativement identiques. En d’autres termes, il a établi que tous les produits secs landais ont la même couleur et ne diffèrent les uns des autres que par l’intensité de celte couleur. Tout se passe donc en réalité comme si une colophane quelconque était constituée par la dissolution d’un corps coloré dans un corps incolore, la coloration plus ou moins intense d’un échantillon donné étant due à la concentration plus ou moins grande du corps coloré dans cet échantillon. Cette vue nouvelle sur la constitution de la colophane a conduit à des conséquences pratiques importantes.
- Considérant la colophane comme étant une solution solide, M. Labatut s’est attaché à trouver les moyens de l’obtenir à l’état cristallin.
- Four cela il a fait une étude attentive des phénomènes qui accompagnent sa fusion. Quand on porte la colophane de + 70° à + 120°, elle passe d’une manière continue de l’état solide à l’état liquide sans que l’on observe de cristaux Urinés dans son sein, ni sans qu’il soit possible de déterminer sa température exacte de fusion. Cette incertitude du point critique de la colophane confirme pleinement les données spectro-colorimétriques. Si on maintient pendant un certain temps une colophane claire aune température constante de + 110°, on constate, dans sa masse, l’existence de centres de cristallisation qui, progressivement, l’envahissent tout entière, si bien qu’après plusieurs jours, tout l’échantillon apparaît comme étant devenu un agrégat opaque de cristaux enchevêtrés. La cristallisation peut être d’ailleurs grandement accélérée si, maintenant l’échantillon à +110°, on l’ensemence avec des cristaux provenant d’une opération antérieure. Quand on recueille, sur un filtre par exemple, les cristaux obtenus, on constate qu’ils n’ont pas, eux non plus, de point fixe de fusion : ils ne sont donc pas homogènes. Mais, chauffés à -j- 120°, ils se décomposent, en une partie liquide et colorée, et en masses cristallines nouvelles qui ne fondent elles-mêmes qu’à une température supérieure à + 120°. Cette expérience montre donc de façon indiscutable que la colophane est bien une solution solide d’au moins deux corps ayant des points de fusion différents, et dont l’un est incolore et l’autre coloré.
- L’application directe de ce fait théorique à la pratique industrielle a fourni le moyen de séparer la partie colorée de la colophane de sa partie claire, c’est-à-dire d’isoler une colophane parfaitement incolore. Celte séparation est réalisée par filtration à chaud sous forte pression, dans des filtres-presses tout à fait analogues à ceux que l’on emploie en stéarinerie : elle est effectuée, après cristallisation préalable, par Je même procédé que celui qui sert à séparer l’acide stéarique incolore de l’acide oléique coloré. 11 s’écoule un liquide foncé, et le magma retenu sur la couche filtrante se présente sous la forme d’un tourteau blanc de colophane cristallisée que l’on transforme, par une fusion lentement conduite à l’abri de l’air, en un bloc de colophane incolore et transparente. Cette méthode industrielle, qui est une ingénieuse application de la théorie physico-chimique récente des solutions solides, permet de relever dans de notables proportions le prix de vente des colophanes landaises : aussi son adoption par les usines résinières a-t-elle été rapide, et est-elle unanime aujourd’hui. Francis Maure.
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- LA NATURE.
- LES VOIES FERRÉES D’ASIE MINEURE
- Il a beaucoup élé parlé du projet de ce chemin de 1er de Bagdad, qui traverserait toute l’Asie Mineure et mettrait la Perse et le Golfe Persique presque aux portes de l’Europe; et il est curieux de songer qu’elïectivement une voie ferrée desservira, quelque jour qui n’est plus éloigné, celte ville que l’on a considérée pendant si longtemps comme une cité des contes des Mille et une Nuits. Le sifllet de la locomotive fera résonner les échos de la Chaldée et de l’Euphrate, et la civilisation moderne, sous sa forme la plus caractéristique, viendra remuer la poussière des contemporains de Nabuchodonosor. La ligne est déjà en bonne voie de construction, et le moment nous a semblé opportun de donner quelques détails à son sujet1.
- Mais pour bien comprendre dans quelles conditions cette ligne se crée, et aussi comment elle se rattache aux voies de communication déjà existantes, il est nécessaire de connaître d’une manière générale les lignes l'errées existant déjà en xlsie Mineure. Si étonnant que cela puisse paraître, les lignes l'errées sont relativement assez nombreuses dans l’ouest
- de cette partie de l’Empire Turc : elles ont été concédées successivement par le gouvernement à des capitalistes ou lanceurs d’alïaires de nationalités diverses, et l’on peut dire que la plupart reçoivent des subventions de l’Etat, qui leur garantit un minimum de recette kilométrique, minimum variant de 10 000 à 10 000 francs. C’est, en 1856 qu’on voit concéder le premier chemin de 1er, celui de Smyrne à Aïdin, et il ne fut inauguré en fait qu’en 1800 ; ultérieurement, et par sections successives, il a été poussé jusqu’à Dinaïr, où il atteint l’altitude de 848 m. 11 est complété par des embranchements sur Tiréb, Solda, Tchivril, jkmdja, Sedikeni, lleni-zli, et tout cela représente un développement de plus de fiOO km. Ces lignes Unissent en cul-de-sac, pour des raisons pécuniaires sur lesquelles nous ne pouvons insister. En 1800 également, fut inauguré le chemin de fer de Smyrne-Cassaba, prolongé ultérieurement jusqu’à Atioum-Kara-llissar, et comprenant un embranchement sur Sonia : le terminus est à 1110 m. au-dessus de la mer. En tout, cela fait plus de 500 km, et à la suite de la construction de
- Fig. i. — Sardes. Vallée du Tmolus cl Acropole.
- cette ligne, établie en pays difficile, le gouvernement Turc avait fait dresser un vaste programme, mais auquel il ne donna pas suite. Vers 1871, on entama la ligne Mondania-Brousse, qu'on arrêta et qu’on ne mit pas en exploitation faute d’argent ; vers la même époque l’Etat lit établir une voie qui devait former
- 1 Yoy. n° 1094, du 11 novembre 1905, p. 571.
- justement l’amorce d’une grande ligne gagnant le Golfe Persique, et qui partait de Scutari (ou Haïdar Pacha) pour continuer sur Ismid. C’est seulement en 1888 qu’une société allemande reçut ce tronçon d’ismid avec concession pour le prolonger jusqu’à Angora, par Eski-Chehir (576 km) ; on ne perdait pas de vue, du reste, la continuation sur Bagdad par Sivas. Entre temps, s’était construite la ligne
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- très locale de Mcrsina à Adana, par Tarsus, que nous retrouverons tout à l’heure comme un embranchement du futur chemin de fer de Bagdad et du Golfe Persique.
- Malgré tout, on voit que toutes ces ligues étaient de pénétration locale presque côtières : c’était celle môme politique étroite qu’on devait suivre encore longtemps. Il est vrai qu’une ligne d’Angora à Césa-
- rée avait été concédée, mais on ne la construisait point. En 1888, on décidait d’établir la voie ferrée de Jaffa à Jérusalem, puis, en 1890, celles de Beyrouth à Damas par Rayak, Caïfa-Damas, Damas-Mezrih, enfin une petite ligne de K aïfa à Alska et un embranchement de Rayak à Hanna. Nous ne parlons pas du chemin de fer qui part de Damas pour se diriger sur Médine et La Mecque en passant par Amman,
- Fig. 2. — Eplièse. Vue générale ilo l’entrée. Station. Aqueduc, Château.
- car ce n’est plus une voie d’Asie Mineure. Mais nous ne pouvons omettre de signaler comme l'amorce véritable du chemin de fer de Ragdad, le prolongement qui, depuis 1895, continue la ligne partant d’Uaïdar Pacha, jusqu’à Koniah, par Afioum-Kara-llissar : ce qui la fait, théoriquement, se relier avec la ligne de Smyrne — sans qu'en réalité la liaison des rails des deux entreprises ait été autorisée.
- C’est justement de Koniah que doit partir, que part la voie du golfe Persique, en passant, par conséquent, tout près du golfe de Mcrsina. Il faut dire que voici un demi-siècle qu’on parle en Angleterre de cette ligne ferrée, susceptible de tant faciliter les communications avec l’Inde; en 1851, on avait dressé un projet de voie partant de Suedieh, au sud d’A-lexandrette (en Syrie), et passant par Antioche, Alep, Mossoul, Bagdad et Bassorah, pour aboutir dans cette localité de Koweit qui excite tant les convoitises internationales. On songea également à un tracé allant du Bosphore à Mossoul par Sivas et Djarbekir, en même temps que les Russes proposaient Tripoli comme tête de ligne. D’autre part, la concession de la ligne Angora-Gésarée avait en vue un prolongement sur le Tigre et le golfe. Aujourd’hui les choses sont pleinement décidées, depuis un firman qui a
- accordé à un groupe franco-allemand (surtout allemand) la construction et l’exploitation pendant quatre-vingt-dix-neuf ans d'une voie à écartement normal allant de Koniah au golfe, et ayant pour tête de ligne Haïdar-Pacha, en face de Constantinople. La ligne passe à Eregli (où elle est déjà arrivée), et, dans cette portion, on se trouve en plaine; les travaux seront beaucoup plus difficiles pour atteindre Adana, car il faudra traverser une chaîne duTaurus. Au nord d’Alexandrelte, on aura également à franchir une montagne, prolongement de la chaîne syrienne ; un petit embranchement sera établi jusqu’au golfe d’Alexandrelte, pour amener plus facilement les matériaux. Alep sera réunie à la ligne principale par un autre embranchement qui rejoindra sans doute quelque jour les chemins de fer de Syrie. D’Adana jusqu’à Mossoul le tracé sera sensiblement direct. Puis, de celte ville, on suivra le cours du Tigre jusqu’à Bagdad. 11 ne nous semble pas que le terminus soit absolument arrêté, mais la chose importe peu : on hésite entre Fao, en aval de Bassorah, sur le Chat-el-Arab, et Koweit; mais, lors même qu’on choisirait ce dernier point, on construirait toujours un embranchement partant de Sobeir sur Fao; Dans toute la seconde partie du tracé, ou se
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- trouve dans des plaines, mais le sol en est fort peu stable et nécessitera d’importants travaux déconsolidation.
- On parle d’autres embranchements; mais, avant de les entamer, il faut mener il bien la ligne principale : on espère la terminer en 1910, ce qui nous semble fort ambitieux. Pour l’instant, on a atteint Eregli ; ainsi que nous l’avons dit, l’inauguration de cette section a eu lieu, et l’on poursuit courageusement celte grande œuvre, dont le coût atteindra probablement 600 millions de francs.
- Nous ne voulons pas nous hasarder à augurer positivement quel sera l’avenir de cette ligne. Le fait est que quelques-uns lui reprochent d’avoir été envisagée par trop exclusivement comme voie stratégique, et d’avoir été maintenue, par suite, éloignée et isolée de la côte, afin qu’elle fût à l’abri d’un débarquement. M. Favctte, notamment, se plaint que la voie ne s'infléchisse pas dans le Nord afin d’y trouver et d’y desservir des régions fertiles, habitées et bien cultivées, et qu’elle suive les chemins de caravanes à travers des contrées désertes ; il reconnaît du reste lui-même que ces terres du sud sont naturellement fertiles et susceptibles d’avenir. D’autres notent déjà comme devant alimenter, au moins partiellement, le trafic, les laines, les cotons, le pétrole; et M. André Brisse estime que celle voie nouvelle exercera une influence générale considérable. En tout cas, ce chemin de fer, une fois terminé jusqu’au golfe Persique, abrégera considérablement la durée du voyage d’Europe dans l’Inde : actuellement la malle de Londres met 14 jours et 16 heures en moyenne pour atteindre Bombay ; elle gagnera 5 jours et 15 heures sans doute par le trajet à travers l’Asie Mineure et la Mésopotamie. Les 250 000 voyageurs qui passent annuellement par la mer Bouge tiendront à profiter de cet abrègement du voyage, même ceux qui se dirigent sur l’Extrême-Orient. Et comme on parle déjà de lancer un pont sur le Bosphore, un jour viendra où le parcours se réduira encore, et ouïes wagons partis de Calais, peut-être de Londres, iront sans rompre charge jusqu’à l’embouchure du Chat-el-Arab.
- Daniel üellet.
- L’ART DE LTNOÉN1EUR AU JAPON
- En apprenant les premières victoires japonaises, nous avons cru qu’elles étaient dues à l’application stricte et servile des méthodes européennes et nous nous en sommes flattés. Notre orgueil a dû en rabattre : ce que les Japonais nous ont pris, c’est la méthode scientifique, qui est une et appartient à tous, et rien de plus. En maintes circonstances, en effet, ils ont montré quelque originalité. Sans doute leurs navires, leurs canons, leurs projectiles n’ont point tous une origine japonaise : en gens pratiques, ils sont allés au plus pressé et se sont procuré à prix d’argent ce qui était dans le commerce et immédiatement utilisable. Ils ont eu le temps, néanmoins, d’inventer un fusil à répétition qui est une petite merveille, un explosif brisant qui ne le cède en rien à la
- mélinite et une chaudière marine dont tou le une catégorie de navires de guerre seront bientôt munis. Ne les a-t-on point vus aussi adopter, pour leur infanterie, une formation de combat qui est toute japonaise ; et n’onl-ils point su amener à Port-Arthur ces formidables mortiers de 270 qui ont déterminé la chute de la place, opération de guerre qu’aucune armée européenne n’a jamais osé tenter.
- En ce qui concerne les arts de la guerre, l’originalité des Japonais ne fait donc point doute. Elle est moins connue en ce qui concerne les arts de la paix. C’est tout au plus si on sait le nom de Kitasato qui, en 1890, découvrit le principe de la sérothérapie antidiphtérique. Pourtant, et fort heureusement, leur originalité se manifeste plutôt d’une façon pacifique. Dans le domaine de la science et des arts industriels, ils possèdent même plus que l’originalité, un véritable génie, un génie puissant et précis dont les créations étonneront le xx° siècle.
- À ce point de vue, la lecture de quelques périodiques et bulletins techniques japonais est des plus suggestives. Tokio et Kiolo possèdent une pléiade d’ingénieurs extrêmement remarquables dont les travaux sont publiés sous forme de mémoires dans ces bulletins, pour la plupart écrits en anglais, et qui arrivent ainsi à la connaissance du monde européen.
- Ces travaux ont tous un caractère d’originalité très marqué, et tous ont trait à des questions d’actualité ou à celles qui préoccupent le plus les ingénieurs. De plus, on y trouve presque toujours, associée à un sens pratique très fin, une recherche de l’exactitude qui étonne d’abord quand on songe avec quelle désinvolture le praticien joue du coefficient de sécurité. Les ingénieurs japonais, à l’inverse de leurs confrères européens, ne cherchent point à dissimuler leur ignorance ou leur impuissance derrière de pareils coefficients; ils ne font ni hypothèses ni simplifications; certes, ils ne vont point au-devant des difficultés, mais quand ils les rencontrent, ils les abordent franchement, et le plus souvent ils réussissent à les vaincre.
- Cet état d’esprit est général et comme les auteurs des mémoires sont presque tous professeurs aux collèges d’in-rénieurs de Tokio ou de Kioto, il n’est pas douteux que s leur méthode se généralise, l’industrie japonaise fera sous peu une concurrence redoutable à celle de l’Europe et des Etats-Unis.
- Voici, pris au hasard, depuis 1897, date de la création du premier collège d’ingénieurs, quelques-uns des sujets ayant fait l’objet de recherches approfondies : Fabrication des bandages pneumatiques, de la soie artificielle, nouveaux tracés des dents d’engrenages, chaudières aquatu-bulaires, nouveau type de condenseur par mélange, dragues, équilibrage des machines marines à mouvements alternatifs et suppression des vibrations des navires, moteurs à explosion, télégraphie sans fil, effets des ouragans sur les constructions, solidification des poudres métalliques par la seule compression, moyens de réduire la consommation de vapeur dans les machines marines.
- Quelques détails fixeront la manière japonaise.
- M. Shin remarque que puisqu’on augmente le rendement des compresseurs d’air en les refroidissant au moyen de water-jackels, il est logique de faire l’inverse pour les moteurs à air comprimé; il les munit donc de doubles enveloppes à circulation d’eau chaude et évite ainsi très facilement tous les inconvénients du refroidissement produit par la détente sur les soupapes et conduits d’échappement.
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- M. Tomonega, étudiant les condenseurs, montre qu’il existe pour un moteur donné un vide maximum, et établit les conditions à réaliser pour que ce maximum soit aussi élevé que possible et soit atteint dans la pratique avec un moteur à construire.
- M. Inokuty augmente la résistance des dents d’engrenage de 75 pour 100, en modifiant très légèrement leur forme.
- Dans les trois cas que nous venons de citer, les auteurs arrivent à des améliorations considérables par des moyens très simples et précis ; leurs conclusions, vérifiées par la pratique, bouleversent complètement les idées courantes dans la construction des compresseurs, des condenseurs et des engrenages.
- Mais il est deux sortes de questions qui semblent préoccuper plus particulièrement les savants ingénieurs japonais, ce sont celles qui ont trait à la résistance des matériaux et à l’hydraulique. Il ne faut point s’en étonner: les premières passionnent les ingénieurs dans le monde entier et quant aux autres, elles s’expliquent par ce fait que la houille est plutôt rare et d’assez mauvaise qualité au Japon, et que l’industrie ne pourra s’y développer qu’en utilisant la force motrice des chutes d’eau.
- C’est ainsi qu’est étudiée la fatigue des métaux; c’est-à-dire la détérioration lente et progressive qu’ils subissent sous l’action d’efforts alternatifs répétés qui, bien qu’inférieurs à ceux qui font travailler le métal au-dessous de sa limite d’élasticité, finissent par le faire rompre sous une charge bien inférieure à celle de sa charge ordinaire de rupture. MM. Inokuty et Tanaka, sans chercher à expliquer la cause de cette fatigue, déterminent par l’expérience le coefficient de résistance qu’il convient d’appliquer, dans la pratique, aux organes soumis à des efforts pouvant amener la fatigue.
- On sait en quoi consiste le coup de bélier, ce choc violent qui se produit dans une conduite close lorsqu’on ferme brusquement un robinet ou une vanne en train de débiter; l’eau, étant animée d’une certaine vitesse, possède, au moment de la fermeture, une certaine quantité d’énergie cinétique qu’elle doit dépenser d’une façon quelconque : et le plus souvent, elle déforme ou fait éclater la conduite. Jusqu’ici, le phénomène a échappé à tout calcul et aucun procédé n’a pu empêcher les accidents d’une façon certaine. M. Inokuty analyse le phénomène dans le cas limite d’une fermeture instantanée et détermine la vitess- d’écoulement qu’il ne faut pas dépasser dans la conduite pour qu’elle résiste.
- La question de la régulation des turbines hydrauliques, pour laquelle aucun dispositif satisfaisant n’a encore été trouvé en Europe, est résolue d’une façon pratique par l’emploi de volants spéciaux.
- Terminons cette énumération en signalant le mémoire le plus récent et peut-être le plus intéressant de tous : celui de M. luokuty sur un nouveau type de pompe rotative qu’il vient d’imaginer et de faire construire et qui lui a donné tous les résultats qu’il en attendait. Celte pompe est munie d’une couronne directrice fixe placée entre les aubes mobiles et le diffuseur fixe dans lequel l’eau est refoulée. Cette couronne a pour effet de réduire les pertes de travail que produisent les tourbillons; le rendement de la pompe est considérablement augmenté, il est de 75 pour 100 ; de plus, la hauteur d’élévation est très grande, 40 mètres, et le rendement reste bon pour des variations assez étendues de cette hauteur. Ce qui est remarquable, c’est que, non seulement ces résultats pratiques n’ont pas encore été obtenus par aucun constructeur
- européen ou américain, mais aussi que l’invention résulte, uniquement et du premier coup, de calculs et de considérations théoriques.
- IJn point mérite d’attirer encore l’attention. Les premiers mémoires étaient écrits soit en japonais, soit en anglais; comme le japonais se prête mal à l’impression, à la correction des épreuves et à l’emploi de tableaux et de formules, les auteurs, même ceux qui avaient une préférence marquée pour le japonais et. ne voulaient rien devoir à l’immixtion étrangère, ont fini par abandonner leur languemalernelle. Aujourd’hui, l’anglais règne en maître; au Japon, d’ailleurs, tous les gens instruits le parlent, l’écrivent et l’entendent.
- En attendant le moment de l’emploi des caractères romains dans leur langue (la question est à l’étude depuis plusieurs années, la solution se fait attendre parce qu’on la veut complète et parfaite du premier coup), les Japonais, en gens pratiques, ont compris que, puisqu’il leur fallait adopter une langue européenne comme truchement, c’était naturellement l’anglais qui convenait le mieux en raison de sa quasi-universalité, de la richesse de son vocabulaire, de sa souplesse et de sa facilité d’acquisition. Mais l’anglais des ingénieurs japonais n’est point celui auquel les praticiens d’oulre-Manche et d’Amérique nous ont habitués : c’est une langue simple, claire, précise, élégante même où se retrouvent toutes les qualités latines.
- Ajoutons qu’il nous a semblé reconnaître une cerlaine recherche dans la manière adoptée par les comités de rédaction pour présenter les mémoires au public. Ainsi le Bulletin de l’Ecole d’ingénieurs de Tokio est bien imprimé, le papier est beau, l’ensemble, texte et dessins, se présente agréablement. Et par ces détails les Japonais nous rappellent que, malgré machines à vapeur et télégraphie sans fil, ils sont restés ce qu’ils étaient au temps des sa mourais, un peuple d’artistes. E. Lkmaiiie,
- Ingénieur des avis et manufacture".
- LES MUSÉES ROYAUX
- des Arts décoratifs et industriels de Bruxelles
- Les musées royaux des Arts décoratifs et industriels de Bruxelles, communément désignés sous le nom de « Musées royaux du Cinquantenaire », datent d’une quinzaine d’années. Ces établissements n’ont cependant pris une notable extension et ne sont entrés dans une voie réellement pratique et instructive que dans ces dernières années, depuis qu’ils ont été dotés d’une direction effective, assistée d’un nombre de collaborateurs en rapport avec leurs multiples collections.
- On s’occupe en ce moment d’en remanier les diverses sections, de manière à les faire cadrer avec les divisions réelles dont les musées se composent et qui, en fait, sont les suivantes : Antiquité classique, Préhistorique général et Belgique ancienne, Art ancien, Arts décoratifs, Moulages, Ethnographie, Armes et armures, ces dernières installées dans le bâtiment de la Porte de Hal. Les musées comprennent en outre des services généraux : Bibliothèque, Documents graphiques, Photographie.
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- Nous ne parlerons pas de la section de l’antiquité classique (égyptienne, grecque et romaine) dont l’utilité certes est incontestable au point de vue de l’histoire de l’art. Nous nous occuperons plus spécialement ici de ce qui intéresse l’art national belge. Les ressources ne permettant pas d’étendre les collections étrangères , comme peuvent le faire les grands musées de Paris, de Londres ou de Berlin, les musées belges surtout doivent s'efforcer de faire revivrel’artnatio-nal dans ses plus belles manifestations.
- 1n <111 stries d'art. — Cette courte note ne nous permettant pas même d’énumérer les principales œuvres remarquables que renferme cette section, nous devons forcément nous contenter d’en signaler quelques-unes parmi les plus marquantes. Comme tapisseries citons trois pièces hors ligne : la communion d’Herkenbald, la descente de croix et le baptême du Christ; parmi les émaux des écoles de la Meuse, signalons tout particulièrement : le chef du pape Alexandre (1145), l’autel portatif de Sta-velot, le reliquaire de Florennes, le reliquaire et la croix du frère Hugo. Le retable de Saint-Georges
- Fig. 1.
- Période belgo-romaine. Tumulus de Frésin. Fiole en verre, en lorrnc de grappe de raisin.
- (1495), par Jean Bormans, domine parmi les sculptures ; les broderies les plus remarquables sont : les antependium du Rupertsberg et de Grimberghe. En outre, les musées possèdent de très intéressantes collections de dinanderies, de céramiques, d’étoffes et de dentelles.
- Dans la louable pensée de faire revivre notre industrie de la dentelle, le conservateur en Chef des musées s’est personnellement attaché, depuis deux ans, à développer les collections relatives à cet art, jadis si prospère en Belgique, et les musées sont, dès à présent, en possession d’un fonds d éludé déjà remarquable à cet égard.
- La section des.moulages, contenue dans un grand hall, devenu trop étroit, est représentée par un nombre considérable de morceaux choisis, reproduisant soit les plus notables œuvres étrangères de tout style et de toutes les époques, soit des pièces et fragments relatifs aux monuments de Belgique et montrant, dans ses grandes lignes, l’évolution de notre art national.
- Des collections de photographies, déjà nombreuses, compléteront cette tache, à laquelle aideront encore d’autres reproductions d’ordre graphique, pictural et plastique. Dans les nouveaux et vastes locaux qui sont destinés à cette catégorie de choses, on exposera, temporairement, en plus des documents permanents caractérisant l’évolution de notre art national, des séries de photographies, plans, coupes, etc., se rapportant à un ordre d’idées spécial : par exemple, la série détaillée des monuments ou œuvres similaires d’une époque déterminée. Il n’est pas nécessaire de démontrer que des expositions de ce genre, se renouvelant fréquemment, seront des plus instructives.
- La section actuelle de la peinture décorative, destinée sans doute à se fondre dans les arts décoratifs en général, comprend des œuvres en partie originales, en partie copiées, appartenant à diverses écoles. L’art italien y est représenté notamment par
- Fig. 2. — Tumulus (tombes de Druides, près Tirlemonl).
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- d’importantes copies de Giolto et par un pan de mur antique,couvert d’une fresque, trouvé à Bos-coréale, etc. Les Pays-Bas présentent les cartons originaux ayant servi à exécuter les vitraux de l’église Sainte-Gudule ainsi que des copies fort bien rendues et diverses fresques retrouvées en Belgique et menacées de disparition. La France, de son côté, offre un contingent remarquable, avec les importants cartons originaux dePuvis de Chavanne, des œuvres de Galland, J.-P. Laurens, Lévy, etc.
- Belgique ancienne. — Celle section, la plus récemment formée, et dont nous allons nous occuper plus spécialement ici, comprend l’histoire de l’homme en Belgique, depuis le début des temps préhistoriques jusqu’au moyen âge. Placée sous la direction de
- Fig'. 5. — Age du métal. Station de l’Argar fS.-E. do l’Espagne). Grande jarre on terre cuite avec son contenu funéraire. (Squelette, replié d’une femme, vases, bijoux, oie.)
- M. le baron A. de Loë, qui l’a créée en quelque sorte et qui, depuis plusieurs années, y consacre toute son activité, cette section est destinée à devenir l’une des plus instructives, d’ici à peu d’années, lorsqu’elle pourra se développer à 1 ’ aise dans les nouvelles et importantes salles qui lui sont destinées. Alors pourront se réaliser les projets du baron de Loë, de reconstituer, aussi complètement et aussi fidèlement que possible, les milieux, les habitats, etc., de nos ancêtres, de manière que le grand public puisse assister, de visu pourrait-on dire, au développement successif de l’homme, depuis son apparition dans notre pays jusqu’à la fin de la période franque. Les éléments nécessaires à la mise en pratique de cet important et laborieux programme se groupent peu à peu, et,
- Fig. 4. — Age du bronze en Belgique. — I. Bandeau en or. — II. Ciste à cordon. — III. (Enochoé.— IV. Partie de.casque.
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- lorsque celui-ci se réalisera, la science préhistorique, si peu assimilable et si peu attrayante pour qui n’est pas déjà compétent en la matière, sera à la portée de toute personne désireuse de s’instruire.
- Pour ne citer qu’un exemple, parmi ces reconstitutions futures, mentionnons la série variée des sépultures néolithiques, dont la section possède les éléments, mais qui, faute déplacé, ne peut, de même que tant d’autres, être encore exposée. En voyant ces sépultures, qui nous offrent l’exemple des premières manifestations du respect de la mort chez l’homme primitif, on se rendra compte de la forme sous laquelle nos ancêtres exprimaient ce sentiment, on remarquera parfois un mobilier funéraire qui a sa signification, on constatera les divers moyens employés par ces êtres primitifs pour préserver leurs morts de toute action destructrice. Cet exemple suffit, pensons-nous, à faire comprendre l’utilité instructive de cet important projet, qui sera appliqué d’une façon aussi claire que possible.
- Passons rapidement en revue les objets les plus marquants des diverses époques qui figurent dans les vitrines de la section et qui sont dus, en grande partie, à une très importante donation de M. Louis Cavens.
- L’âge de la pierre est représenté par des séries de silex taillés, depuis les formes les plus primitives (silex utilisés ou éolithes) jusqu’aux haches polies les plus parfaites et jusqu’aux pointes de flèche les plus artistement façonnées de la période néolithique.
- Parmi les objets les plus marquants des âges du bronze et du fer, mentionnons plus spécialement : un ornement en or en forme décroissant (diadème ou gorgerin) trouvé à Fauvillers, une œnochoé en bronze, un ciste à cordons et un bandeau en or ajouré d’Eygenb'ilsen (fig. 4).
- L’époque belgo-romaine compte de remarquables séries de poteries variées, de la verrerie, des bijoux de bronze et d’or, des statuettes en bronze, etc., qu’il serait trop long d’énumérer ici. Les objets provenant des grands tumulus (fig. 2) spéciaux à la Belgique, attirent tout particulièrement l’attention par leur richesse et par leur variété. Citons notamment un morceau d’ambre ciselé, un lézard en cristal de roche, une élégante fiole en verre ayant la forme et la couleur d’une grappe de raisin mûr.
- La période franque est représentée par des armes, des pièces d’équipement, des bijoux, des poteries, des verres, etc., aussi caractéristiques que variés. Parmi les armes, mentionnons quelques pièces hors ligne, provenant de la fouille méthodique du cimetière d’Harmignies : une épée mérovingienne dans son fourreau, une épée carolingienne et un angon unique comme conservation.
- Nous ne parlerons pas des séries relatives au préhistorique étranger, qui constitueront, dans les nouveaux locaux, la « galerie de comparaison », cela nous entraînerait trop loin, mais nous ne pouvons passer sous silence la magnifique et importante collection Siret, qui représente les habitations et les sépultures
- de Page de la pierre polie et des premiers âges du métal, dans le Sud-Est de l’Espagne, entre Cartlia-gène et Alméria. Cette collection, absolument unique a été acquise par M. Louis Cavens et donnée par lui à l’Etat. Parmi les objets les plus notables, faisant partie de ce trésor archéologique, citons : un vase néolithique très remarquable, trouvé dans la caverne deLosToyos, qui renfermait l’outillage complet d’un fabricant de grains de collier ; un crâne de femme, provenant d’une des lombes de l’Argar, orné d’un diadème d’argent, de pendants d’oreilles en cuivre et en argent, de grains de collier en os et en serpentine (fig. ô); un bracelet en or; de grandes jarres funéraires avec corps replié et mobilier ; des moules pour la fonte des haches et des ciseaux, etc.
- Ne pouvant parler de tout, nous avons laissé dans l’ombre diverses divisions, notamment celles relatives à l’Ethnographie, aux Armes et Armures, nous attachant plus spécialement à la section du Préhistorique et de la Belgique ancienne, la jugeant susceptible d’intéresser plus particulièrement les lecteurs de La Nature. Avant de terminer, nous devons ajouter encore que les musées ont, avec le concours du gouvernement, organisé depuis peu un service de fouilles (dépendant de la section de la « Belgique ancienne »), grâce auquel il suffira désormais d’un peu de vigilance de la part des autorités locales et des propriétaires pour prévenir la disparition d’une foule d’objets, qui se perdaient jusqu’à présent, faute d’hommes compétents, immédiatement prêts, pour aller les recueillir. ' E. Baiiiü.
- RÉACTIONS CHIMIQUES
- à des températures très élevées
- Jusqu’à ces derniers temps, pour obtenir des températures très élevées dans une enceinte donnée, il fallait avoir recours au four électrique que M. Moissan a mis si heureusement à profit dans une foule de réactions dont nos lecteurs ont été entretenus en temps et lieu.
- M. Zenghelis a réalisé, par voie purement chimique, des températures analogues en faisant brûler de la poudre d’aluminium dans un courant d’oxygène, au sein d’un creuset de liesse préalablement porté au rouge dans un four à coke. La température ainsi obtenue suffit pour fondre et même volatiliser partiellement l’alumine, la magnésie, la chaux, le platine. En continuant à faire tomber dans le creuset de la poudre d’aluminium et en substituant au courant d’oxygène un courant d’azote, les deux corps se combinent et il se forme de l’azoture d’aluminium donnant de l’ammoniac au contact de l’eau chaude, d’après la réaction :
- Az2 Al2 + 5 H* 0 = 2 Az H* + Al2 0*.
- La poudre d’aluminium fortement chauffée brûle également dans la vapeur d’eau surchauffée, dans l’oxyde azoteux, dans l’oxyde azotique; enfin, elle réduit à cette température l’oxyde de carbone et le gaz carbonique en donnant de l’alumine, du charbon et des traces de carbure d’aluminium. A. H.
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- LES STATIONS SISMIQUES
- de Quenast et de Frameries
- Sur l’initiative de la Société belge de géologie, de paléontologie et d’hydrologie, et grâce à la coopération de MM. Urban et llankar, à Quenast et de M. lsaac, à Frameries, la Belgique vient d’èlre pourvue de deux nouvelles stations sismiques .parfaitement outillées et appelées à donner d’excellents résultats, tant isolément qu’en travaillant en commun avec la station, déjà établie depuis 1901, à l’observatoire d’Uccle.A la classe de géologie del’exposition de Liège, il a été exposé un ensemble de 14 diagrammes déjà féconds en indication, à la fois sur les phénomènes sismiques proprement dits et sur la relation de ces phénomènes avec le dégagement du grisou dans les galeries de mines.
- Les trois stations belges, Ucclc, Quenast, Frameries, sont constituées de la même manière au point de vue instrumental, et c’est là un point de première importance pour la comparaison des résultats locaux. Chacune d’elles comporte un pendule horizontal triple, avec un enregistreur photographique rapide, qui fonctionne de la manière suivante : les deux instruments étant placés à une certaine distance l’un de l’aulre, les pendules munis d’un miroir et éclairés par une lampe électrique située auprès de l’enregistreur, celui-ci reçoit sur son rouleau la lumière réfléchie et les divers mouvements du pendule se trouvent inscrits par photographie sur le papier sensible. Rappelons ici le principe des pendules sismographiques. On conçoit que si un pendule vertical porte un miroir éclairé comme il vient d’être dit, la lumière réfléchie par ce miroir tracera sur l’enregistreur une ligne droite tant que le sol restera immobile; mais si le sol se met, si légèrement que ce soit, en mouvement, le pendule restera immobile, tandis que l’enregistreur changera de position par rapport à lui et au miroir, déterminant un tracé plus ou moins complexe suivant la nature du mouvement considéré. Cette disposition très simple a pour inconvénient d’être peu sensible, de telle sorte que pour ne pas perdre trace des inclinaisons faibles du sol il est nécessaire d’employer un pendule à fil extrêmement long. Le pendule horizontal permet d’éluder la difficulté aisément. Il se compose d’un triangle rigide, mobile autour d’un axe perpendiculaire au sol et faisant un angle donné avec la verticale. Si le plan de support vient à faire un mouvement, l’axe perpendiculaire au sol sort de la verticale et le pendule ne se trouvant plus en équilibre tend à y revenir en effectuant autour de cet axe un mouvement d’autant plus mai’qué que l’angle qu’il fait avec la verticale est plus petit. Ce mouvement est, comme précédemment, enregistré photographiquement au moyen d’un miroir et d’une lampe électrique. On a calculé qu’un simple pendule horizontal de 20 centimètres de longueur indique les mêmes déplacements qu’un pendule vertical de 20 mètres de hauteur.
- Les sismographes des stations belges présentent, nous l’avons dit, un intérêt spécial au point de vue des phénomènes grisouteux. En effet, les appareils de la station de Frameries sont installés dans une galerie de mine gri-souteuse, à 850 m. de profondeur et donnent des résultats fort instructifs par leur comparaison avec ceux des autres stations. On a depuis assez longtemps signalé les coïncidences entre une succession de trembleménts de terre et de violents dégagements grisouteux, mais ce n’est que depuis une époque relativement récente que des méthodes précises ont été appliquées à l’étude de ces
- coïncidences. Les premiers appareils furent élahlis dans le bassin houiller du Nord, où ils donnèrent d’ailleurs des résultats peu nets, ce qui tenait à l’absence de manifestations grisouteuses du type de dégagement à haute pression. La Belgique est, si l’on peut dire, mieux partagée à cet égard et les résultats qu’on a obtenus à Frameries confirment qu’il est nécessaire de redoubler de précautions contre le grisou les jours qui suivent un tremblement de terre dont Faire sismique s’est étendue jusqu’au territoire de la mine à protéger. L’établissement des stations sismiques belges présente donc un intérêt de premier ordre et il fait honneur à l’ardeur scientifique des Compagnies houillères de Frameries, non moins qu’à M. Van den Broeck, l’initiateur de ces études en Belgique et à M. Eugène Lagrange qui s’est dévoué à organiser les stations et à retirer, des diagrammes et tracés obtenus, les enseignements qu’ils comportent.
- Jean Lafitte.
- L’EXHAUSSEMENT ARTIFICIEL
- des chutes d’eau
- Le procédé imaginé a pour but de rendre plus grande la différence verticale qui existe naturellement entre le bief amont et le bief aval d’une chute ; comme conséquence, on pourra, si le débit liquide est suffisant, utiliser pour une turbine une faible chute; d’autre part, grâce à l’artifice, on a la possibilité de maintenir constante une puissance hydraulique. Le système a été essayé par son inventeur, M. Daugey, à l’usine de Chèvres, qui se trouve, sur le Rhône, près de Genève.
- Le principe de la chose consiste en ce qu’on peut abaisser très considérablement le niveau aval d’une chute si on lance de part et d’autre un jet liquide suffisamment puissant, s’échappant d’une vanne latérale sous une pression correspondant à la hauteur de chute : ce sont comme deux éjecteurs latéraux, qui viennent exercer un effet d’aspiration sur l’eau comprise entre les deux jets, et creuser une poche, une dénivellation dans le niveau aval; et comme c’est dans cette poche que l’on fait déboucher l’orifice de sortie de la turbine, la chute est artificiellement augmentée de toute cette dénivellation. La combinaison n’est profitable que si le volume d’eau emprunté à l’amont pour alimenter les éjecteurs n’abaisse point le niveau à l’orifice d’entrée de la turbine; mais on n’a besoin de cet artifice qu’en temps de crue, s’il s’agit d’une chute ordinaire; et la méthode ne peut s’appliquer aux faibles chutes que si elles ont un fort débit. Pour les cours d’eau à fortes crues, la combinaison est précieuse, car souvent ces crues suffisent à faire tomber de 50 pour 100 le rendement d’une usine hydraulique. On n’ouvre les éjecteurs que pendant la période des hautes eaux.
- Des essais exécutés à Chèvres, il résulte qu’on peut augmenter de 1,50 m., c’est-à-dire de 50 pour 100, une chute de 4,80 m. Avec une série de turbines installées les unes à côté des autres, chaque éjecteur travaille sur ses deux faces: si le débit de chacun est de 153 m5 en fait, le débit ne ressort plus en fait qu’à 150 m3 par turbine. Cette invention ingénieuse permet parfaitement de construire des usines hydrauliques d’un nouveau type, perpendiculairement à une rivière, sans canal d’amenée ni de fuite, ni digue séparative, avec des turbines encadrées chacune de deux éjecteurs. D. B.
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- UN APPAREIL DE DEMONSTRATION POUR LA TELEGRAPHIE SANS FIL
- Les installations de télégraphie sans fil sont, en général, ou trop compliquées ou trop enfantines. Celles qui servent aux démonstrations chez les constructeurs sont difficilement transportables tandis que les autres ne peuvent être considérées que comme des jouets scientifiques, très intéressants, il est vrai, mais dépourvus du caractère technique
- À Antenne (trviZïissupé»
- — Schéma des appareils de transmission.
- que nécessitent les expériences dans les cours. Entre les deux genres d’installations il y a donc une place pour les appareils qui réunissent les avantages des précédents sans en présenter les inconvénients. La société allemande Gesellschafl fïir drahtlose Télégraphié (système Tele-funken) vient de construire un appareillage fort simple qui répond tout à l'ait à ce désidéralum ; il permet une portée de 20 à 100 mètres et comporte, avec les appareils de transmission et ceux de réception, une bobine de syntonisation. Les organes qui concourent à l’émission des ondes sont assemblés sur une petite table de trente centimètres de côté; l’antenne, de 2,25 m. de hauteur, se place contre la table. Le poste de réception n’est pas plus encombrant. Bien qu’une telle installation n’apporte aucun élément nouveau à la question de la télégraphie sans fil, il n’en sera pas moins intéressant, ce nous semble, de connaître ces organes et la manière dont ils se comportent.
- Les appareils de transmission comprennent une bobine d’induction ordinaire BB (fîg. 1) dont le circuit primaire, représenté par une épaisse ligne brisée sur le schéma, est relié à douze petits éléments de pile Hellesen par l’intermédiaire de l’interrupteur I d’une part et, d’autre part, par le manipulateur Morse M. Le circuit secondaire de cette meme bobine est figuré par une autre ligne brisée plus légère dessinée en face de la première; il est relié au radiateur B, constitué par deux sphères nickelées
- de 7 millimètres de diamètre, directement d’un côté, et de l’autre par une gaine métallique G qui sert de support à une bouteille de Leydo L. Le circuit, générateur d’ondes embrasse ce premier circuit, plus une bobine de self-induction S formée d’un petit nombre d’enroulements d’un gros fil duquel part un fil nu qui se rend à la partie supérieure de l’antenne. La borne d’entrée de cette bobine S est également reliée par un fil à la partie supérieure d’une troisième bobine BS, qui est une bobine de syntonisation. Cette dernière bobine est flanquée d’une réglette métallique que peut parcourir un curseur relié par un lil «à la base de l’antenne. L’antenne se compose d’un mât démontable en bois, de 2,25 m. de hauteur. Ce màt a reçu en haut et en bas deux treillis métalliques de AO centimètres de côté. Gomme nous venons de le voir ces treillis sont reliés respectivement à la bobine de self-induction S et au curseur de la bobine de syntonisation. L’antenne, la partie intérieure de la bobine S et la partie supérieure de la bobine BS constituent donc le circuit vibrateur de l’antenne.
- Ces appareils peuvent transmettre des ondes de diflérentes longueurs. Si l’on veut obtenir une onde-courte (56 mètres) on soulèvera la bouteille de
- Leyde jusqu’à ce que son armature extérieure ne soit plus en contact avec la gaine support et le curseur de la bobine de syntonisation jusqu’à ce qu’il occupe la position A. Les diverses positions à donner à ce curseur sont repérées sur la réglette. Pour déterminer la production d’une onde plus longue (50 mètres), on descendra la bouteille de Leyde de manière que son armature extérieure vienne s’additionner à la gaine et on abaissera le curseur jusqu’au bas de sa réglette (position D). On peut également obtenir une onde intermédiaire en arrêtant le curseur entre les deux points extrêmes.
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- L’organe principal du poste récepteur (tig. 5 et schéma lig. 2) est le eohéreur qui n’olîre rien de
- Fig. 5.
- Table; de transmission.
- particulier. L’antenne est tout à lait semblable à celle de transmission: le treillis inférieur est relié au curseur de la bobine de syntonisation et le treillis supérieur au circuit primaire B d’un transformateur. Cet enroulement primaire est fixe, mais le secondaire S est mobile et peut pénétrer d’une quantité variable dans B. C’est un condensateur réglable relié, comme l’indique le schéma, aux bornes du circuit secondaire; il est constitué par un secteur lixe en laiton dans lequel s’enfonce un plateau tournant muni d’un index. Au moyen de ce condensateur on peut donc modilier la capacité du circuit secondaire et, partant, les conditions de résonnance. Un second condensateur C', plus petit que le précédent, est destiné à supprimer la capacité du eohéreur K. On voit que le ressort interrupteur du frappeur est intercalé dans le circuit du eohéreur; ce dispositif a pour but d’éviter l’étincelle de rupture. Le frappeur est actionné par un électro-aimant F dont les bornes d’entrée et de sortie sont reliées par une pile de cinq éléments de polarisation ; cette pile est destinée également à empêcher la formation d’étincelles au contact local du frappeur. Enfin le relais est composé d’un électro-aimant boiteux dont l’armature est montée sur une lame de ressort. 11 est aisé, d’après le schéma, de reconnaître le circuit du eohéreur et celui du frappeur. Le premier est parcouru par le courant de la pile P qui se rend au commutateur de pile M, traverse le relais, le circuit secondaire de la bobine, le cohé-reur, et utilise le ressort du frappeur pour faire
- retour à la pile. Le second circuit reçoit le courant de la pile P' qui passe par l’armature du relais (le contact de cette armature avec son butoir s'effectue sous l’action du courant de P), le commutateur de pile M' et arrive à la borne d’entrée de Félectrofrappeur où il se bifurque; une partie fait fonctionner cet électro et l’autre se rend à l’appareil Morse relié aux deux bornes II IP. Le retour à la pile se fait à la sortie de la borne IP pour les deux quantités de courant.
- 11 nous serait impossible de donner une appréciation quelconque concernant la valeur pratique de celte installation de postes de télégraphie sans fil si M. le IF Tobler, professeur à l’école polytechnique de Zurich, qui l’a expérimentée, n’avait rendu compte de ses observations dans
- Fig 4. — l’oste récepteur complet.
- une revue spéciale : le Journal Télégraphiqne. La critique que le savant professeur en a faite nous semble d’autant plus impartiale qu’à la réception des appareils son impression ne fut pas très favorable : « Nous pensions i n volon tairemen t, dit-il, aux joujoux de Nuremberg ! » Mais il dut modifier son opinion et reconnaître que les appareils sont fort bien construits et fonctionnent dans de très bonnes conditions. 11 recommande cependant de supprimer les 12 éléments de pile Hellesen et de les remplacer par d’autres plus sérieux. Le petit manipulateur, qui est une simple lame à ressort, devra également céder la place à une clef Morse
- Fig. 5. — Table de réception.
- plus robuste dont les contacts souffriront moins des effets des étincelles. Le eohéreur est moins sensible que les organes similaires destiués aux appareils de télé-
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- graphie sans iil à grande portée, mais il supporte une intensité de 10 milliampères, ce qui assure un bon fonctionnement. En ce qui concerne la syntonisation, on doit se contenter d’opérer avec les ondes minima et maxima de la bobine ; la réglette du curseur indique bien une troisième position qui, théoriquement, doit donner une longueur d’ondes intermédiaire, mais en réalité cette onde est trop peu différenciée des deux autres pour être pratiquement utilisée. Eniin si l’on désire éviter les frais d’installation qu’entraînerait l’achat d’un récepteur télégraphique Morse, on remplacera sans aucun inconvénient ce dernier par une sonnerie.
- Voilà donc un type d’inslallation peu coûteux et (jui permet à tous ceux qu’intéresse la télégraphie sans lil l’étude des phénomènes qui se produisent dans les appareils, et en même temps — c’est là surtout l’important — chacun peut se familiariser avec la manœuvre de ces organes délicats avant d'aborder celle des installations plus compliquées.
- Le ci ex f'o eux liai.
- LA LOCOMOTION DES DIATOMÉES
- Lorsqu’on examine au microscope ces jolies algues dénommées diatomées, si communes dans les eaux douces et les eaux marines, on les voit se déplacer lentement, tantôt d’une manière continue, tantôt par petits soubresauts. Arrivées au bout de leur course, elles s’arrêtent, puis reprennent, en sens inverse, le chemin qu’elles ont suivi précédemment; d’autres fois, elles obliquent un peu sur le côté ou môme pirouettent sur elles-mêmes. Or, on a beau employer les plus forts grossissements du microscope, il est impossible d’apercevoir dans la dia-tomée le moindre organe de mouvement, pas plus que des contractures générales de son corps. Cette progression mystérieuse a, de tout temps, intrigué les micrographes et a été l’objet d’hypothèses sans nombre. Une des dernières, que j’ai exposée autrefois dans La Nature1, faisait appel à la présence de cordons muqueux et de courants liquides qui se manifestent autour de la diatomée lorsqu’on sème tout autour de celle-ci du carmin pulvéï'isé ; l’algue se baierait sur ces cordons et les casserait au fur et à mesure de sa progression. 11 a été reconnu que cette hypothèse n’était pas soutenable.
- Mais voici M. Jackson qui en émet une autre qui est assez plausible. 11 remarque que les diatomées ne progressent que lorsqu’elles sont éclairées et, avec logique, remarque qu’il y a entre la lumière et le mouvement une relation de cause à effet. Les diatomées, quoique brunes, renferment de la chlorophylle, laquelle décompose l’acide carbonique dissout dans l’eau et émet de l’oxygène. D’après M. Jackson, ce serait cet oxygène, qui, en sortant de la diatomée, en provoquerait les mouvements par une sorte de phénomène analogue au tourniquet hydraulique. On ne voit pas au microscope cette sortie de l’oxygène parce que celui-ci se dissout immédiatement dans l’eau.
- M. Jackson assure qu’il est facile d’imiter les mouvements des diatomées en jetant un comprimé effervescent dans l’eau ; les bulles qui s’en dégagent le font marcher
- 1 La Nature, 1895, f, p. ‘205.
- et tourbillonner de la même façon. L’imitation est encore plus grande lorsqu’on place un fragment d’aluminium, découpé en forme de diatomée du genre Navicule, dans de la soude caustique. Sous l’inlïuence de l’hydrogène qui se dégage, la diatomée en aluminium exécute les mêmes exercices chorégraphiques qu’une diatomée bien vivante, et, notamment, un mouvement en avant, une extrémité de la cellule touchant le fond, l’autre étant plus ou moins relevée, oscillant en avant et en arrière; un mouvement vers le haut, l’extrémité libre décrivant de larges mouvements circulaires ; un mouvement analogue suivi d’un enfoncement alternatif de l’extrémité libre, avec relèvement de l’autre extrémité; enfin un mouvement d’élévation oblique, les deux extrémités touchant le fond, avec mouvements latéraux, puis élévation avec mouvement circulaire d’un des bouts, avec retour à la position oblique ou horizontale. Toutes ces positions, chez les diatomées, varient avec l’intensité de la lumière et, par suite, l’émission d’oxygène.
- L’hypothèse de M. Jackson est assez séduisante et l’on peut s’en contenter... jusqu’à la prochaine.
- IIkmu Counx.
- CHRONIQUE
- Frottements à rouleaux. — Les coussinets et portées de ce genre sont encore bien loin d’être adoptés ou pleinement appréciés par les constructeurs français; aussi est-il intéressant de signaler l’étude récemment présentée à ce sujet par M. Thomas AV. llow. Pour les fortes charges, l’auteur recommande des rouleaux faDs d’un acier de première classe et trempé; pour les charges moindres, de l’acier plus doux suffirait. Le rendement dépend en grande partie du parallélisme absolu des rouleaux, de leur bon espacement, de l’adoption d’un diamètre et d’une longueur soigneusement étudiés. Ce qui semble le meilleur, ce sont les roiüeaux pleins, bien plutôt que les creux ou les rouleaux faits d’une spirale. Quelques chiffres montrent les avantages assurés par ces frottements : des essais récents ont accusé une économie de 24,4 pour 100 pour une ligne d’arbres à transmissions et un moteur dotés de roulements de ce genre; pour des véhicules de tramways ou de chemins de fer, ils ont ramené l’effort de mise en marche à 1500 gr. par 1010 kg de charge, sur une voie horizontale, ce qui ramène à 0,013 le coefficient de frottement total; dans des véhicules électriques, cela se traduit par une économie d’énergie motrice de 0fl',05 environ par voiture-kilomètre, le frottement propre des essieux étant abaissé de 50 pour 100. Sur les tramways de Birmingham en particulier, on a réalisé une économie de 24,5 pour 100 sur la puissance de traction, par tonne de charge. Sur le chemin de fer London, Brighton and South Coast, des essais poursuivis pendant six ans permettent d’attribuer à ces roulements une économie de 12,5 pour 100 sur la consommation de combustible.
- La résistance des bois et leur grain. — L’Association américaine des « Ingénieurs et de l’entretien de la voie », s’est occupée récemment de la relation qu’il peut ou non y avoir entre la résistance du bois et l’apparence plus ou moins serrée de son grain, c’est-à-dire le nombre plus ou moins élevé des anneaux concentriques dans une section donnée. La question est très importante parce qu’un bois où ces anneaux sont nombreux provient d’un arbre relativement âgé, de croissance lente, et il est
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- utile de savoir si l'augmentation de résistance, due à cette lenteur de croissance, vaut bien le coût plus élevé qui en résulte. Sans suivre les essais divers qui ont été laits à ce propos, nous dirons que, pour les bois de petit échantillon utilisés dans les charpentes, on doit choisir les bois à grain serré, le nombre d’anneaux concentriques à recommander étant d’au moins 10 par 2,5 cm. mesurés radialement. Quand on aborde des bois de 40 cm. sur 20 cm., il semble que ceux où le grain est serré n’accusent que peu de supériorité comme résistance : dans ce cas, une croissance lente augmenterait le prix du bois sans que les services qu’on peut lui demander soient sensiblement supérieurs.
- Sur la solubilité des oxydes métalliques hydratés dans la glycérine. — La glycérine peut dissoudre divers oxydes métalliques hydratés. Son mode d’action paraît assez complexe, son pouvoir dissolvanl étant dù à une action à la fois mécanique et chimique. On a pu constater la solubilité dans la glycérine des hydrates d’aluminium, de chrome, de fer, de cérium dans certaines conditions.
- Les établissements Krupp. — Quelques détails ne peuvent être que les bienvenus, il nous semble, sur l’activité actuelle de ces immenses établissements métallurgiques. Ils occupent au total 55 810 personnes, dont 4032 font partie de ce qu’on peut appeler l’étaL-major; les aciéries d’Essen en emploient à elles seules 40 587, les usines Gruson, à Magdebourg, 3938, les chantiers maritimes Germania 4451, le reste appartenant aux aciéries d’Annen.À Essen, en particulier, il existe 514 engins à vapeur représentant une puissance de plus de 44 000 chevaux et 509 électro-moteurs; on y consomme annuellement 874 000 tonnes de houille et 455 000 tonnes de coke; et les divers établissements emploient quotidiennement près de 1700 tonnes de leurs propres minerais.
- La fabrication des allumettes en Suède. — On connaît la réputation des allumettes suédoises, ou de sûreté, comme les appelle l’Etat français. Mais ce ne sont pas seulement des allumettes au phosphore amorphe que l’on produit dans ce pays, et l'industrie des allumettes en général y joue un rôle considérable. On compte notamment trois immenses fabriques, l’usine Vulcan, a Tidaholm, puis l’antique fabrique de Joukoping, dite « Joukopings Sakerhetstands tickors )), qui a été la première, en 1852, à commencer la fabrication des allumettes de sûreté, imaginées par le professeur Pasch; enfin une nouvelle fabrique installée, également a Joukoping. Sans avoir l’air de faire de la réclame, nous pouvons dire que la marque de la vieille fabrique est toujours la plus recherchée.
- Les minerais de fer de Suède. — On ne se doute généralement pas que les métallurgistes commencent à se préoccuper des ressources en minerai de fer que contient encore le sous-sol; et les Suédois en particulier voudraient empêcher, par des taxes, l’exportation en dehors de leur pays des minerais qu’ils possèdent. 11 est, à ce propos, curieux de savoir qu’on évalue à 793 millions de tonnes la quantité de minerai que renfermerait la province de Norrbollen : ce sont des minerais extrêmement riches en fer (G5 à 70 pour 100), mais, contenant beaucoup de phosphore. A Gellivara, on croit qu’il se trouve quelque 128 millions de tonnes, la teneur en métal oscillant entre 55 et 60 pour 100. La Suède septentrionale, dans son entier, pourrait fournir 1096 millions de tonnés, et la part de la Suède centrale serait de 105 millions.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 janvier 1906.
- Présidence de M. Troost.
- Transmission de la présidence. — Al. le Président donne connaissance de l’état des impressions de l’Académie ; il relate les pertes qu’elle a subies en 1905, et les élections auxquelles il a été procédé, puis il constate qu’il reste à pourvoir au remplacement de quatre correspondants : MM.Perrotin, üichat, de Richlofen et Laurent. Après avoir renouvelé ses remerciements au sujet de son élévation à la présidence, il cède la place à M. Poincaré, vice-président pour 1906 et président pour l’annnée 1907. M. Poincaré, à son tour, formule des remerciements, puis il fait remarquer que si celle-ci est un honneur, elle est aussi la conséquence directe d’une loi mécanique. Enfin, selon son observation, il ne doit son élection qu’à cette circonstance que deux collègues plus anciens se sont récusés. 11 ajoute qu’il a la conviction de bien remplir sa tâche grâce au concours des secrétaires perpétuels. D’ailleurs, il n’y a pas à craindre le tumulte des séances ; mais il y a les conversations particulières qui empêchent d’entendre les communications. La faute en est à l’acoustique de la salle, et si l’Académie des sciences n’est pas une de celles où l’on écoute le plus, c’est du moins une de celles où l’on travaille le plus.
- Influence de l’altitude sur le sang. — MM. Guille-mard et Moog exposent les résultats des expériences qu’ils ont effectuées, en juillet dernier, à l’observatoire du Mont-Blanc. Les comptages des globules rouges et les dosages d’hémoglobine ont été pratiqués sur des animaux, dans le sang de la périphérie et dans le sang du cœur. Les nombres obtenus montrent que l’altitude produit une augmentation des globules rouges dans le sang périphérique et une diminution dans le sang du cœur; on ne peut donc conclure à l’hyperglobulie par le seul comptage des globules. Mais les auteurs ont observé que la teneur des. globules en hémoglobine a diminué, dans tous les cas, pendant la durée du séjour au sommet du mont ; or ce phénomène ne peut s’expliquer qu’en admettant une active production de globules, car on sait que les globules jeunes ne renferment que peu d’hémoglobine. La présence de ces globules abaisse donc forcément la teneur moyenne de chaque hématie en hémoglobine.
- L’hélium dans les eaux de source. — M. Deslandres présente une Note de M. Moureu, professeur à l’École de pharmacie, relative à des analyses d’eaux de sources minérales par la méthode spectroscopique. L’hélium est toujours présent dans les eaux où M. Curie a trouvé le radium.
- Faune des régions australes. — M. Bouvier présente une Note sur une variété d’articulés rapportés par l’expédition dirigée par M. Charcot. Il s’agit d’animaux très curieux connus sous le nom de pyenogonides. Il résulte des captures faites par l’expédition que les pyenogonides à 10 pattes seraient communément répandus dans les régions australes où ils sont représentés par deux types différents : les decalopoda et les pentanymphon. De plus, le premier genre est représenté par deux espèces, la decalopoda australis et la D.antarctica trouvée plus près du pôle. De plus, le second genre se trouve sur tout le pourtour du continent austral où il est représenté par une seule espèce plus abondante à mesure que l’on s’élève vers le nord. Les pyenogonides à 8 pattes sont représentés dans l’hémisphère austral par des formes que l’on croyait propres à l’hémisphère boréal. C11. de Vieledeuie.
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- LA NATURE.
- POURQUOI LES YEUX DES CHINOIS PARAISSENT=ILS OBLIQUES?
- Contrairement à l’opinion courante, les peuples de race jaune n’ont pas les yeux obliques. Nous les voyons obliques, mais ils ne le sont point. Chez eux, la ligne joignant les commissures des paupières coupe bien l’œil en deux parties égales, et elle est
- Fig. 1. — Tête d’Européen d’après l’autique.
- bien perpendiculaire à l’axe du nez. Si elle ne l’est pas toujours, le fait est beaucoup moins fréquent que chez les blancs, car c’est nous qui, en règle générale, n’avons pas les yeux d’équerre sur le nez. Si les nôtres nous paraissent d’aplomb, cela tient à l’habitude, et si ceux des Chinois nous paraissent obliques, cela tient à une illusion d’optique.
- Pour se convaincre de l’influence de l’habitude, il suffit de regarder, par réflexion dans une glace, un visage connu, ou encore, si l’on a l’habitude de se mirer, ou de se faire la barbe, de se regarder soi-même par double réflexion dans deux glaces parallèles ; ce qui est vu ordinairement à droite étant vu à gauche et vice versa, des distorsions et des dissymétries insoupçonnées apparaissent tout à coup. L’effet est d’ailleurs exagéré, doublé en quelque sorte, puisqu’une ligne, faisant un angle a avec l’horizontale et prise pour elle, est vue ensuite dans une position faisant un angle 2 a avec sa position initiale.
- C’est pour la même raison que nous nous reconnaissons rarement dans un portrait pris de face, alors que ceux à qui notre visage est familier le trouvent très ressemblant. Le photographe s’efforce de combattre ce mauvais effet en ne prenant jamais son client de lace et en orientant sa tête de façon à corriger en partie, par la perspective,
- la dissymétrie des traits. 11 n’y réussit pas toujours.
- Les sinologues les plus éminents : von Siebold, Abeldsdorlf, Schlegel, sont tous d’avis que les yeux des jaunes sont d’aplomb; il suffit, pour s’en convaincre, de regarder un de leurs portraits, ou mieux encore l’original. Si l’œil paraît oblique, cela tient à ce que la paupière supérieure et la direction générale du sourcil sont obliques. La paupière supérieure, du côté du nez, forme un pli spécial qui lui fait recouvrir entièrement l’angle où se trouve la glande lacrymale. La qualification d’œil bridé est donc plus exacte que celle d’œil oblique. Les paupières sont généralement plus minces et l’œil moins ouvert.
- La tête des japonais présente une autre particularité curieuse : le lobe inférieur de l’oreille manque presque totalement. Cette anomalie n’en est poin une; c’est nous qui avons l’oreille mal faite, ou du moins différente de celle que la nature nous aurait donnée si nous l’avions laissée agir seule. Notre oreille s’est déformée parce que, pendant des siècles, nos ancêtres y ont suspendu des ornements plus ou moins bizarres et plus ou moins lourds qui en ont progressivement allongé la partie inférieure ; nous avons hérité à la fois de la coutume,et de ses effets, le lobe.
- Un fait prouve bien l’absence chez les jaunes de cette coutume inutile et cruelle ; les expressions
- Fig. 2. — Tèle de Japonais.
- boucle d’oreille (mimi-gané) et lobe de l’oreille (mimi-tabou) n’ont été introduites dans la langue japonaise qu’à l'époque où les Japonais sont entrés en relations avec les peuples de l’Occident, avec ceux qu’ils appelaient les barbares. E. Lemaire.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1703. — 13 JANVIER 1906.
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- LE FREIN DYNAMOMÉTRIQUE DE M. A. KREBS
- Un ne disposait jusqu’à ce jour, dans l’industrie, pour évaluer la puissance d’une machine, que de l’appareil bien connu désigné sous le nom de Fi'ein de Prony. On sait que cet appareil consiste en un collier formé de deux coussinets que l’on peut rapprocher à l’aide de boulons. Il est muni, sur le coussinet supérieur, d’une tige horizontale formant levier, d’une longueur déterminée et portant à son extrémité un plateau ou un crochet destiné à recevoir des poids. Les coussinets sont montés sur l'arbre moteur de la machine dont on veut déterminer la puissance, et sont serrés de façon à exercer sur l'arbre un grand frottement. En plaçant dans le plateau, à
- l’extrémité du levier, des poids convenables, et en serrant graduellement les boulons, on arrive bientôt à obtenir l’équilibre dynamique. A ce moment, la machine tournant à la vitesse angulaire normale, le travail moteur de celle-ci, transformé en chaleur dans le frottement, est égal au travail exercé par les poids sur le levier dont il a été question. Connaissant les poids, le poids du levier, sa longueur, la vitesse angulaire en nombre de tours par seconde, on détermine aisément la puissance de la machine en kilogrammètres par seconde. Mais l'emploi du frein de Prony n’est pas sans difficultés, même dans les conditions les plus ordinaires. Le irott ment sur
- Dynamomètre électrique de M. A. Krebs.
- l’arbre varie à chaque instant; on est obligé de serrer les boulons, de verser de l’eau, de modifier le graissage. Il en résulte des variations continuelles du coefficient de frottement qui entraînent des oscillations du bras de levier et qui ne permettent pas d’efïectuer des lectures certaines.
- Tous ces inconvénients sont bien connus de tous ceux qui ont effectué des mesures à l’aide de cet appareil sur des machines à régime régulier. Aussi le frein de Prony n’a-t-il pu être employé quand il s’est agi de déterminer la puissance des moteurs d’automobiles, pour laquelle il était nécessaire de bien examiner les effets de la carburation, de l’allumage, et l’influence de la vitesse angulaire. Il fallait obtenir un réglage attentif et précis du couple résistant correspondant à l’équilibre.
- M. le commandant A. Krebs, directeur de la Société des anciens établissements Panhard et Levas-sor, dès 1901, a réalisé, avec l’aide de la maison
- llillairet Muguet, constructeurs électriciens, un dynamomètre électrique qui permet d’éviter tous les inconvénients mentionnés plus haut et dans lequel la réaction de frottement est remplacée par une réaction électro-magnétique.
- Le dynamomètre est constitué par une dynamo dont le circuit magnétique est mobile. L’induit est relié directement à l’arbre de la machine motrice, dont on veut mesurer la puissance, comme le montre la figure ci-dessus. L’inducteur delà dynamo porte les paliers de l’arbre sur lequel est fixé l’induit, et peut osciller lui-même autour de l’axe de l’induit au moyen de paliers à billes qui reposent sur le sol. L’induit, en se déplaçant dans le champ magnétique, produit de l’énergie électrique, qui, d’une part, est utilisée dans un circuit dont nous parlerons plus loin, et qui, d’autre part, est dissipée en chaleur dans ce que l’on appelle les courants de Foucault ; il y a également perte d’énergie mécanique dans le frotte-
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- ment des axes dans leurs coussinets et des balais sur le collecteur.
- L’ensemble de toutes ces actions tend à entraîner dans sa rotation la culasse qui porte les inducteurs. Mais un levier, que l’on voit dans notre dessin, est fixé à la carcasse de l’inducteur perpendiculairement à l’axe tournant, et se trouve maintenu par deux butoirs qui lui permettent d’osciller légèrement au-dessus et au-dessous de la position horizontale. L’équilibre est obtenu par un poids placé à l’extrémité du levier, si le mouvement de la machine est uniforme. On remarquera que ce dispositif permet d'effectuer les mesures avec une grande précision à tout régime de charge ou de vitesse angulaire. 11 remplit exactement les conditions du frein de Prony; mais il évite les variations d’un coefficient de frottement, et il permet de transformer en énergie électrique la presque totalité de l’énergie mécanique produite par le moteur, environ 85 à 90 pour 100. Celte énergie électrique peut être utilisée dans toute installation possédant un réseau de distribution à courant continu. L’expérience peut être prolongée aussi longtemps qu’il est nécessaire, sans aucune crainte. Enfin, en manœuvrant de simples rhéostats d'excitation, on peut faire varier les vitesses angulaires des moteurs ; il en résulte qui' l’on peut déterminer les puissances dans des limites éloignées et dans des conditions très nettes et très précises.
- Cette nouvelle méthode est déjà en usage, depuis plusieurs années, dans les usines de construction de moteurs à grande vitesse angulaire. Elle est très employée pour apprécier des puissances de moins de I cheval à 200 chevaux avec des vitesses amni-
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- Inires de 500 à 2500 tours par minute.
- Dans une Note à l’Académie des sciences en date du 15 novembre 1905, M. À. Krebs a fait observer que le dynamomètre permettait également de mesurer avec autant de précision le rendement industriel d'une transmission. 11 suffisait de commander par un dynamomètre la transmission, source iniLiale de puissance, et de recueillir d'autre part la puissance transmise par un second dynamomètre ; le rapport des deux indications des dynamomètres donne le rendement.
- Le dynamomètre de M. le commandant Krebs est donc un appareil de grande utilité appelé à rendre à l’industrie des services inappréciables, puisqu’il permet de déterminer exactement, avec précision, et dans des conditions faciles, la puissance d’une machine, expérience qu’il n’a pas été toujours facile de réaliser jusqu’ici, même avec le frein de Prony, et que l’on a souvent négligée, pour cette raison.
- J. Laffargue.
- LA FORME DU SOLEIL
- Le Soleil n’est pas une sphère parfaite, et surtout invariable. M. G. Lane Poor a entrepris des recherches systématiques et en a fait connaître le résultat récemment. Les mesures des diamètres polaire et équatorial du globe
- solaire, sur 21 clichés photographiques pris par Uutherfurl, en 1870, 1871, 1872, montrent que pendant cette période le diamètre équatorial a d’abord augmenté, puis a diminué par rapport au diamètre polaire. M. Poor a comparé aussi les mesures faites en 1875-1875. Ges observations montrent un changement progressif analogue à celui de 1871-1872. Au contraire les mesures héliomé-Iriques de 1880 à 1885 sont conformes aux indications de 1870-1871. Enfin une autre confirmation est donnée par des photographies de 1805-1894 prises à l’Observatoire de Norlhlield : on y retrouve la même marche des cléments que pour 1871-1872 et 1875-1875. M. Lane Poor conclut que les variations des diamètres polaire et équatorial, coïncident avec la courbe des taches solaires, aussi bien comme période que comme intensité. D’autre part M. Lane Poor émet l’hypothèse que les variations du diamètre solaire pourraient servir à expliquer les anomalies des mouvements de Mercure, .Vénus cl Mars.
- LA PALÉOGÉOGRAPHIE
- d’après M. de Lapparent
- La cinquième édition du traité de géologie de M . de Lapparent, qui vient de paraître1, évoque aussitôt, pour toute une génération de géologues, le souvenir déjà lointain des temps infortunés où les étudiants ne possédaient pas encore eel indispensable livre de chevet. Voilà un quart de siècle (si l’on me permet de rappeler ce souvenir personnel), la chaire de géologie de l’Ecole des Mines, illus’rée auparavant par Elie de Beaumont et un peu jdus lard magistralement relevée par M. Marcel Bertrand, était occupée par un maître singulier au cerveau fumeux, Béguyer de Chancourtois, dont les leçons, parfois traversées de lueurs géniales, étaient sans doute très propres à faire aimer la géologie, mais, hélas! tout à fait inaptes à la faire connaître; quand, parmi les élèves, déroulés et ahuris par des leçons fantasques, se répandit le bruit qu’ailleurs des lèvres éloquentes laissaient tomber une manne providentielle. On vit alors, sans distinction d’opinion, de nombreux élèves de l’École des Mines émigrer sur les bancs de l’Institut Catholique, où un de leurs anciens,mn ingénieur des Mines, qu’une mesure anlilibérale avait forcé à opter entre le service de l’Etat et son enseignement, professait, depuis 1875, une science limpide et merveilleusement au courant de tous les plus récents progrès de la stratigraphie. Cet enseignement ne reçut une forme écrite qu’en 1881, date de la première édition du Traité de géologie. Depuis ce moment, on le sait, les éditions de cet ouvrage classique se sont succédé en apportant chaque fois de tels changements, un tel progrès sur les précédentes qu’il devenait impossible, à toute personne un peu sérieusement occupée de géologie, de se borner à conserver l’édition précédente et que les géologues, en faisant parfois un peu la grimace, mais satisfaits malgré tout, ont dû prévoir dans leur budget l’achat, tous les cinq ou six ans, d’un nouveau « de Lapparent ».
- 1 Paris, Masson et Ciu, 1005. 3 vol. gr. in-8°.
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- Ce souci incessant de se perfectionner, poursuivi maintenant pendant vingt-cinq ans et déjà précédé par les quinze ans de Revue de géologie publiée entre 1804 et 1880 dans les Annales des mines, l'ait de ce traité classique un ouvrage unique dans notre enseignement et il suffit de songer au formidable labeur que représentent ces quarante ans de travail continu pour comprendre qu’il serait impossible à un nouveau venu de lutter contre celte niasse énorme de documents accumulés, tout au moins sans y piller à pleines mains. Mais ce n'est pas ce coté de
- Fig. 1. — Carie îles lagunes aulunieiiiies eu France1.
- répertoire parfait, de manuel admirable, ce sont les idées originales du livre et spécialement de son édition nouvelle que je voudrais indiquerai deux mois.
- La plus remarquable est certainement le développement donné par l’auteur à la paléogéographie, c'est-à-dire à la science qui nous fait connaître l’évolution historique du relief terrestre, sa transformation au cours des âges par suite des déformations de l’écorce terrestre, des plissements montagneux, des transgressions marines, etc.
- La paléogéographie a pour but de dresser un atlas historique donnant la ligure de la terre aux diverses époques; elle est fondée sur la connaissance de plus en plus approfondie que nous possédons aujourd’hui des sédiments marins déposés en tel ou tel point du globe et meme de la nature litl orale ou pélagique de ces sédiments. Chaque découverte d’une faune nouvelle au centre de l’Asie ou de l’Afrique nous conduit à modifier les cartes antérieurement dressées, c’est-à-dire à admettre qu’à l’époque représentée par cette faune la mer passait sur le point où elle a été rencontrée. Les cartes ainsi dressées, dont nous reproduisons ici, d’après M. deLapparent, deux exemples particulièrement typiques pour la France, à l’époque autunienne et à l’époque cénomanienne, ne renferment donc qu’une part d’hypothèse de
- 1 Le (racé des côtes actuelles, qui n’existait pas à l’époque autunienne, a été seulement dessiné connue ligne de repère.
- plus en plus faible et constituent des données de plus en plus précises sur ces transformations de la ferre, dont la géologie vise avant tout à retrouver les lois. C'est la hase stable et solide, sur laquelle, on peut ensuite échafauder des théories, en cherchant par exempleà retrouver, dans ces changements du relief, certains traits immuables et fixés dès la première lieure, certains éléments d'un dessin géométrique, tels <pie ceux dont M. de Lapparent lui-même avec Low-thian Green etM. Michel Lévy nous ont donné la loi.
- Ainsi nous pouvons aspirer à voir sortir peu à peu la géologie de l’empirisme pour rattacha' les phénomènes à des règles générales, susceptibles sans doute de s’appliquer en même temps à l'ensemble des éléments astronomiques. Sans insister sur ce retour de la géologie vers la physique" générale, on voit aussitôt quel service précieux nous rendent les caries paléogéographiques, pour ce que j’appellerai l’évolution de la matière; elles ne sont [tas moins indispensables pour qui veut étudier les transformations, les migrations, les « colonies » des êtres organisés. Quo l’on examine la Franco presque totalement émergée de l'époque autunienne avec seulement quelques lagunes saumâtres, on a l’image
- Fig. 2. — Carie de la France à l’époque cenoiiiaïuenne.
- de cette époque consécutive aux grands plissements hercyniens, où se développa si curieusement le groupe des reptiles. La France cénomanienne, presque totalement recouverte par les eaux après une grande transgression marine (dont la disparition complète de la chaîne précédente par les érosions avait facilité la marche), forme, avec celle des temps permiens, un contraste frappant. Quand on parcourt les unes après les autres la série des caries semblables qui illustrent le livret de M. de Lapparent, on a l’impression directe et sensible de celte éternelle mobilité des phénomènes géologiques, de ces flux et reflux des eaux sur là surface de notre globe, dont on arrivera peut-être un jour à calculer les marées. L. 1)e Lauxay.
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- l'ig. 1. — Arrivée vies minerais aux hauts fourneaux de la Cu^a Hoga.
- LE PORT DE CLEVELAND
- Cleveland, « Progressive Cleveland », comme disent les citoyens de l’Ohio, est bien la ville américaine entre toutes : c’est l'a que l’activité proverbiale, l’audace industrielle et commerciale des Yankees se manifestent de la façon la plus intense; l’habitant du vieux-monde, l’esprit tout plein des éloges excessifs qui lui sont faits journellement des merveilles de l’industrie américaine, peut être désenchanté par la vue de Cincinnati, dont les industries multiples'n’offrent au regard rien d’une gigantesque organisation ; de Saint-Louis, vaste chaos de homes et d’usines étalés pêle-mêle près d’un ileuve boueux et de maigre transit ; de Chicago qui paraît se priver elle-même des principaux avantages de sa situation lacustre. A Cleveland, nous retrouvons l’Amérique, telle que nous la concevons ici : c’est vraiment là, suivant la belle expression de Max Gold-berger : « Das Land der unbegrenzten Moglich-keiten ».
- Il faudrait un volume pour décrire les industries de toutes sortes groupées dans la capitale d’Ohio : les plus courantes, comme celles des machines-outils, y présentent un degré d’avancement et de spécialisation qu’on ne retrouve guère que dans quelques districts allemands. Cleveland possède aussi des industries absolument originales, insoupçonnées même chez nous : c’est le cas des « Wash-boards ». Mais la grande curiosité de Cleveland, c’est incontestablement le fabuleux trafic, et l’organisation toute spéciale de son port.
- On ne le devine guère, ce port, quand, s’éveillant le matin dans la cabine du vapeur qui vous a, pendant la nuit, fait traverser le lac Erié, on jette un regard désenchanté sur les bâtisses charbonneuses qui limitent l’horizon. 11 faut sortir des bassins réservés au débarquement des passagers, grimper résolument sur les hauteurs qui dominent à l’ouest, traverser cette rivière sinueuse que les Indiens ont si justement appelée « Cuya Hoga » (queue de serpent), puis laisser la route bordée de maisons : alors |
- on aperçoit tout à coup, du haut des terrains vagues qui surplombent le lac, le panorama le plus curieux et le plus impressionnant : une forêt d’appareils de levage alignés parallèlement et comme tirés au cordeau de manière à former de gigantesques allées, alternant avec les lignes des quais et les collines de minerai déchargé.
- Cleveland est, en elfet, le centre le plus important du monde entier pour le transit des minerais de fer : des navires, portant 10000 tonnes de chargement et plus, arrivent là chargés de minerai qu’ils sont allés prendre à Dululh, à l’extrémité occidentale du Lac Supérieur. Cleveland est la tête de ligne de tout un groupe d’industries métallurgiques, dont le centre le plus fameux est la colossale Pittsburgh (Pensyl-vanie). La consommation du minerai de fer, à laquelle se livrent les hauts fourneaux de Cleveland et de Pittsburgh, est telle, que, dans la seule année 1902, 17 millions de tonnes de minerai ont transité sur les quais de Cleveland. Depuis, le chiffre a sensiblement augmenté : il dépasse actuellement 20 millions.
- Aux navires apporteurs de minerai Cleveland donne, pour fret de retour, des charbons gras de Pensylvanie; mais le tonnage ainsi fourni représente à peine le tiers du tonnage de minerai reçu.
- En présence de l’intensité et de la spécialisation parfaite de son trafic, Cleveland a eu à résoudre un problème : le débarquement extra-rapide et très économique de ces masses énormes de minerai qui s’entassent continuellement sur les quais, en attendant d’être dirigées vers les hauts fourneaux (fig. 1).
- La solution a été trouvée à l’aide du « brown-hoist ». C’est un pont roulant, incliné de manière que sa partie la plus basse soit au-dessus du point d’accostage, et sa partie la plus élevée au-dessus de la voie ferrée où s’opère le déchargement ; il est soutenu par deux piles : une placée tout au bout du quai, à l’avant du pont, l’autre à quelque distance de l’arrière. La pile avant, qui affecte la forme d’un
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- A, est montée sur roues et court sur un rail unique, afin de pouvoir amener la partie antérieure du pont juste au-dessus de l’écoutille du vaisseau par où doit s'opérer le déchargement. Les conditions dans lesquelles ce déplacement peut s’elïéctuer sont naturellement très perfectionnées ; des appareils à vapeur sont employés à cet effet ; la figure 2 donne une idée d’une semblable installation.
- La pile arrière, généralement double, et beaucoup plus solide que la pile avant, peut rouler sur un double rail. A l’extrémité antérieure du pont, se trouve un tablier à charnières qu’on tient habituellement relevé pour permettre au navire d’accoster avec ses mâts et qu’on abaisse de manière à pro-
- longer le pont jusqu’au-dessus des écoutilles dès que le navire à décharger est amarré.
- Le pont étant ainsi dirigé de manière à permettre les communications entre les soutes du navire et le corps des wagons-chargeurs, le déchargement commence : il s’opère au moyen de baquets culbuteurs automatiques qu’on remplit à la pelle dans la cale du vaisseau, et qu’un trolley élève, puis transporte, au-dessus du wagon de chargement. Quand il s’agit de charbon ou de sable, on se sert du baquet-griffe, ce qui dispense du pelletage pour les trois quarts environ de la cargaison ; ces baquets sont généralement d’une capacité uniforme, et capables de porter un peu plus d’une tonne de minerai.
- Fig. 2. — Les ponls-roulanls du porl de Clevcland.
- Souvent, d’ailleurs, le pont enregistre automatiquement la quantité de minerai qu’il a déchargée.
- Chaque pont nécessite un machiniste et un jeu de leviers, mais il suffit, dans les installations de trois ou quatre ponts, d’un unique mécanisme pour faire fonctionner les locomobiles, la chaudière et le moteur. On voit par là comment la question de la main-d’œuvre — plus pressante aux États-Unis que partout ailleurs — est tranchée avec avantage.
- La construction de ces appareils donne du travail à quelques-unes des plus importantes usines de la ville : elles s’y sont spécialisées; c’est de là que sort le « cantilever » pour lequel les chantiers maritimes d’Europe sont tributaires de Cleveland.
- Avant que fussent mis en usage les procédés
- actuels, le déchargement des minerais et des houilles s’opérait péniblement en d’innombrables brouettes roulées sur des planches : ces planches étaient supportées par des échafaudages ; elles partaient d’au-dessus du pont du navire pour aboutir au wàgon ; on élevait le minerai sur ces planches à l’aide de grues; opérer de la sorte le déchargement, était extrêmement lent et coûteux.
- Le brownhoist a opéré une véritable révolution : la rapidité du déchargement s’est accrue dans des proportions fantastiques, au point de pouvoir atteindre, dans certains cas, jusqu'à 2000 tonnes par heure pour un navire de 10000 tonnes de portée. Le coût du déchargement s’est, de la sorte, abaissé à près d’un sou par tonne.
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- La répercussion de semblables progrès s'est naturellement fait sentir dans l’industrie des transports maritimes correspondants. Ici, sur ce marché rigoureusement clos, le goût des Américains pour le trust a pu se donner libre carrière; un trust de la navigation sur les grands lacs s’est formé, bientôt doublé d’un trust des constructions navales. Dans un prochain numéro de La Nature, nous montrerons l’importance de ces vastes organisations et la spécialisation fort curieuse qu'elles ont introduites dans la construction des chargeurs. Maiuju Ri.kssix.
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE1
- Huitième Exposition internationale de l’Automobile, des Cycles et des Sports
- La première partie de notre élude, avant tout consacrée aux perfectionnements apportés en 1905 aux mécanismes essentiels des voitures automobiles, se terminait par la description de deux systèmes d’amortisseurs, celui de la suspension « Edo » et celui de la suspension « Renault » ; nous abordions avec eux l'examen d’une série d’innôvalions que nous allons poursuivre aujourd’hui. Chaque constructeur, guidé par ses expériences personnelles et bénéficiant du colossal effort entrepris collectivement au cours des dernières années, se trouve affranchi des hésitations et des pertes de temps inhérentes à une période de formation. Tous s’appliquent à rendre la lâche du conducteur plus aisée, à lui épargner les manœuvres pénibles, en un mot à parfaire le confortable.
- Plusieurs systèmes de mise en marche étaient; exposés; on projette, en effet, de substituer à la manivelle située à Pavant de la voiture un disposilil manœuvrable du siège même du conducteur. Parmi les solutions intéressantes dont les unes empruntaient à des gaz comprimés, d’autres à des accumulateurs, l’énergie nécessaire au lancement, nous parlerons d’un système intermédiaire dans lequel, si l’action de l’homme n’intervient pas musculairement pour produire le mouvement, elle l’amorce tout au moins.
- C’est le système Mors qui obtint le premier prix, ex œquo avec un autre appareil appelé « Cinogène ». Ayant eu l’idée de substituer une transmission lluide aune transmission mécanique (fig. 1, n° 1), le constructeur place, près du siège, une pompe à air munie d une poignée. Le conducteur la saisissant en B imprime au piston renfermé dans.A deux ou trois déplacements verticaux. L’air refoulé par le tuyau T traverse un saturateur D rempli d’essence et passe enfin aux cylindres par un conduit TL On leur ouvre passage en tirant sur Ja manette E, laquelle commande huit robinets, pour un moteur à quatre cylindres; sur chacun, un robinet d’arrivée pour les gaz neufs et un robinet d’évacuation pour les gaz inertes restés dans la culasse. Le moteur étant 1 Yoy. n° 1700, du 27) décembre 1905, p. 58.
- amorcé, on mot le contact et comme un des quatre cylindres est toujours en position d'exploser, l’allumage s’y produit, le moteur est lancé.
- Signalons comme l’une des curiosités pratiques du salon le moteur cuirassé de la maison « Cornilleau Sainte-Beuve (tig. 1, n° o), tout est enfermé et l’œil ne peut y découvrir aucune pièce mouvante, honnis le volant extérieur. A gauche de la tubulure d’aspiration L la ligure nous montre les queues des soupapes d'aspiration 1111 et les axes des rupteurs d’allumage EE; ces pièces, généralement protégées de l’eau et la boue par un carter général enfermant le moteur par-dessus et par-dessous, sont ici dans une sorte de boîte1 fermée par une plaquette facilement démontable; un emmanchement à baïonnette, manœuvré par une clef 11, la maintient en place1.
- Le moteur Cornilleau Sainte-Beuve a les quatre cylindres fondus d’un seul bloc. L’an dernier se manifestait une tendance vers la séparation des cylindres; un retour offensif des partisans des cylindres jumelés nous vient surprendre puisque plusieurs maisons exposent celte année des cylindres fondus par quatre, la maison Benaull, la maison Charron-Cirardol et Voigt. Nous reconnaissons facilement en K l’axe isolé où aboutit le fil F de la magnéto; il s’agit donc d’un allumage à liasse tension. Pour l’observation isolée des cylindres on écarte les boulons C des rupteurs T, aucun fil à détacher, pour éliminer l’un ou l’autre cylindre; cette commodité est à retenir, car elle est adoptée pour la plupart des moteurs munis de cet allumage.
- Avant de quitter le domaine des innovations relatives au moteur, disons un mot du moteur à vapeur ;. il possède bien des partisans qu’on ne saurait blâmer tant que le moteur à pétrole nécessitera un embrayage, une mise en marche et se refusera au coup de collier, c’est-à-dire à un effort non pas supérieur à celui maximum pour lequel est construite la machine (car le moteur à vapeur pas plus que son collègue ne peut fournir plus que son maximum), mais un effort supérieur à celui pour lequel sont établies ses surfaces de frottement, effort auquel ne résisteraient pas longtemps les pièces si on les faisait travailler perpétuellement à ce taux anormal. L’époque à laquelle je fais allusion n’apparaîtra pas de sitôt ; laissons donc travailler les apôtres de la vapeur : le moteur à vapeur vaut mieux que le moteur à pétrole, les boulets qui entravent son essor sont la chaudière et son foyer.
- Sur la voilure Serpollet, on peut noter l’apparition d’un récupérateur destiné à chauffer par l’échappement l’eau d’alimentation ; sur la voiture Weyher et Richemond, dont l’examen était digne de retenir longtemps le visiteur, nous trouvons un brûleur d’une simplicité merveilleuse à un seul bec; voici déjà un parasite gênant qui diminue singulièrement d’importance; nous y trouvons, en outre, un ingénieux petit cheval (fig. i, n° 2).
- Un petit cheval n’est autre chose qu’une pompe à vapeur chargée de faire pénétrer l’eau dans la chau-
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- dière; ici le petit cheval est indépendant. Tandis que le piston plongeur, qui se meut dans le cylindre M (poussé par l’action de la vapeur agissant sur un piston situé à l’autre extrémité sur le même arbre), envoie à la chaudière l'eau aspirée par le tuyau Q, une pompe à pétrole mue synchroniquement proportionne la quantité de pétrole envoyée au brûleur à celle de l’eau qu’on refoule dans la chaudière ; celte pompe à pétrole n’est pas visible sur la photographie.
- La caractéristique du petit cheval Weyher cl Bichemond est d’être à simple effet; quand la vapeur a pénétré dans le cylindre par le tuyau J et la soupape G et qu’elle a produit son action, la soupape d'échappement 11 s’ouvre pendant qu’un ressort de rappel K ramène le piston à fond de course vers la gauche.
- Un levier ayant une extrémité dans une mortaise de la tige du piston en P, son axe au point d’oscillation de A, son deuxième bras terminé au point d’oscillation de B, commande le mouvement alternatif de la pièce de distribution F qui tourillonne sur un axe E; il nous est impossible malheureusement, faute de place, de pénétrer plus en détail ce m éca n i s m e ingénie u x.
- Les roues des véhicules comportent quelques améliorations; la roue elle-même se perfectionne avec la roue Soûlas (tig. 2, n° i), non seulement se fortifient les systèmes de roues élastiques dans leur lutte contre le pneumatique, mais les procédés de démontage des bandages deviennent [dus pratiques; la jante amovible s’annonce comme une nécessité.
- La roue Soûlas est montée de façon à permettre sans aucun démontage de remédier à la maladie commune des roues de voitures hippo et automobiles; leur grand défaut (on s’en aperçoit principalement dans leur affectation aux poids lourds) est de se disjoindre et par conséquent de perdre leur cohésion, leur rigidité et; leur résistance. Pour les voitures, nos pères avaient depuis longtemps trouvé le moyen d’arranger les roues et de les resserrer par le cercle de fer qui leur servait à la fois de bande de roulement et d’organe d’assemblage. Autres temps autres remèdes ; aujourd’hui on a trouvé les rais extensibles; l’extrémité du bois de chaque rai est ferrée au moyen d’une pièce A qui vient le coi lier; on peut donc réaliser entre la ferrure C fixée à la jante et le rai un assemblage mécanique; l'écrou B permet de faire varier la longueur du rai, l’écrou E sert de contre-écrou.
- Nous apercevons sur la roue un bandage plein en caoutchouc à profil bizarre, ce bandage est double; une découverte a montré que le premier bandage faisait office de balai par rapport à l’autre et limitait beaucoup le dérapage, l’un des fléaux de la pratique automobile dans les villes; aussi les antidérapants, ces précieux auxiliaires, indispensables même, étaient fort nombreux au salon de 1905 ; le double bandage en tient lieu.
- Parmi les roues élastiques, la plus connue est la roue de « Cadignan » ; de larges ressorts, disposés
- en spirales, servent à la fois de liaison élastique entre le moyeu et la jante et d’organe d’entraînement pour les roues motrices (fig. 2, n° 2).
- Pour ceux qui désirent pratiquer de grandes vitesses, la roue élastique n’a pas réalisé encore son dernier perfectionnement, sans quoi tout le monde l’aurait adoptée, pensons donc qu’il existe encore des pneumatiques qui crèvent, qui éclatent, qu’il faut remplacer et encourageons ceux qui ont entrepris de nous adoucir des moments de manutention pénibles. Dans cet ordre d’idées, furent établies les jantes amovibles; on emporte un pneumatique tout gonflé, on remplace l’ancien en quelquesminut.es, les suites d’un remontage hâtif, d’un gonflage insuffisant, d’une mauvaise fixation du pneu disparaissent.
- La jante amovible est munie de 6 oreillers d’attache A (fig. 2, n°5) qui s’encastrent dans leurs logements B; les papillons de sécurité P sont fixés par des écrous plats logés dans la gorge F de la jante; on enlève G écrous, on remplace le bandage, on remet les écrous et l’on part avec plus de sécurité que si l’on avait remonté un pneumatique ; celte opération minutieuse se trouve avantageusement remplacée par une autre purement mécanique.
- C’est le moment de remercier les constructeurs sur les voitures desquelles on trouve des pompes à pneus s’embrayant sur le moteur; celui qui n’a pas connu la panne de pneumatique sous les rayons d’un soleil de juillet ne sait la reconnaissance qu’on doit leur vouer ; ils l’apprendront peut-être.
- Sur la voiture Leon Bollée, la pompe est placée devant le changement de vitesse: normalement le manchon M est poussé et retenu vers l’avant. Quand on a un pneu à gonfler, on enfonce M vers le carter G, on met le moteur en marche lente; il entraîne par un jeu d’engrenage l’axe d’une pompe à piston dont C représente le cylindre; le tuyau T a la longueur voulue pour atteindre aux quatre roues du véhicule. Voilà une commodité qui consolera de bien des tristesses, car la tristesse nous atteint même au cours des plus ravissantes promenades. Le pneu increvable ne figure pas encore, hélas! au salon de 1905, ou du moins il n’en est pas qui ait fait scs preuves.
- Pendant longtemps on a ri de la suspension à trois essieux, des voitures à 6 roues; on avait tort de les comparer aux moutons à 6 pattes des baraques foraines : les six pattes sont presque une nécessité quand il s’agit de poids lourds. Les essieux sont reliés généralement de façon à répartir uniformément le poids sur les 6 roues ; les chaussées sont ainsi moins détériorées au passage de véhicules pesant en charge 8 ou 10 tonnes; les dénivellations de h route sont moins sensibles au mécanisme, enfin le rayon de virage est amoindri. Nous donnons la photographie du train avant de la voilure à trois essieux de M. Janvier (fig. 2, n° 1). Les deux essieux avant oscillent autour d’un axe passant par le point C. La particularité intéressante des voitures Janvier, c’est l’assemblage des ressorts à l’essieu; le montage est fait de façon que si une roue droite, par exemple, monte sur un
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- obstacle, la roue gauche restant plus bas, le ressort
- ne subit pas de torsion comme le fait se produit sur
- toutes les voitures. La quasi-exclusivité des roulements à billes nous montre combien s’est développée cette industrie de la bille et surtout combien elle s’est perfectionnée; les anciens griefs semblent com-
- Fig. 1. — 1. Mise en marche Mors. — 2. Pelil cheval Wevlier et Richemond.
- 3. Moteur 4 cylindres Cornilleau Sainte-Beuve.
- plètement éteints et c’est môme surprenant de voir avec quelle tranquillité s’étalent, au sein même des carters de moteurs, aux têtes de bielle, aux paliers, des roulements dont la moindre détérioration peut entraîner l’usure d’organes coûteux, leur rupture même; il faut qu’on ait grande confiance.
- Cette confiance règne, on l’accorde très particulière- 2 ment aux roulements appelés D. W. F. de fabrication
- allemande ; nul doute que nos fabriques françaises ne rattrapent leurs devancières, mais si nous en jugions par la
- Q/
- statistique, le roulement de la « Deutsche Walfen Manufactur » serait le meilleur. Indépendamment
- Fig. 2. — 1. Voiture à six roues Janvier. —. 2. Roue élastique de Cadi-gnan. —3. Jante amovible Lemercier. — 4. Roue Soûlas.
- de sa confection irréprochable, il possède une caractéristique très originale ; les billes sont en nombre moitié de celles ; qui rempliraient toute
- la gorge annulaire à elles destinée. Ceci permet des cuvettes sans discontinuité, car le montage s’opère
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- par l’artifice suivant : on place les billes dans la cuvette de roulement, on met la bague au centre et on écarte successivement chaque bille de la voisine en intercalant un ressort entre elles ; ces ressorts font ensuite partie intégrante du roulement.
- Parmi les applications curieuses du moteur h p é l r o 1 e, nous
- avons remarqué la « mologodille », nouveauté réellement pratique, et une autre, qu’il faut plutôt retenir comme un signe des temps, le patin automobile.
- Le petit appareil nommé « motogodille », exposé au Stand Buchet, est un propulseur léger pour faibles embarcations, adaptable presque instantanément et peu coûteux ; il comporte
- un moteur plé à une
- 1
- d’un
- hélice
- cheval et ; tous les
- demi, directement accou-accessoires sont attachés
- 1. Motogodille Trouelle. — 2. Machine à gonfler les pneus 5. Vue d’ensemble de la motogodille.
- sur une barre qui s’épanouit en un bâti L pour recevoir le moteur lui-même ; autour de lui le carburateur C, une pompe commandée par l’engrenage Q, un réservoir d’essence R et une boîte B renfermant pile et bobine sont groupés (fig. 5, n° 1).
- La poignée P sert au conducteur non seulement pour monter et descendre l’hélice, mais en même temps pour diriger l’embarcation ; grâce à un équilibrage convenable par rap-
- - 1. Molotricycle Austral, lemcnl à billes D. W. F. — 5. Patin automobile Constantini. — 4. Changement de marche Delahaye.
- port au plan vertical passant par l’axe N, le maniement n’entraîne aucune fatigue. Toutes les tuyaute-
- ries sont prévues, l’eau est aspirée à la rivière et y retourne, la culasse seule du moteur est à circula-
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- lion d’eau; on sait l'avantage pour ces petits moteurs d’avoir le cylindre séparé de la culasse : en service, comme la culasse ne s’use pas, il y a grande économie dans les frais de remplacement.
- Pour adapter l’appareil à une barque quelconque, on y fixe une douille pour loger l’axe vertical II et rien de plus ; tout le monde peut canoter sans posséder un canot spécial à cet usage. — La meme maison expose un appareil analogue destiné à satisfaire les partisans de la propulsion par roues à aubes, il existe entre les deux types de nombreux points communs; la roue h aubes est préférable pour les bas-fonds et les eaux dans lesquelles il y a beaucoup d’herbes. On voit dans la figure 5, n° T> une vue d’ensemble de la motogodille ; le moteur est directement accouplé à l’hélice.
- Le patin automobile (fig. 4, n° 5) est un patin à roulettes qui mesure 30 centimètres de longueur, 25 de hauteur, il suffit de le chausser pour avoir à soi l'espace; on porte en ceinture les appareils délicats : accumulateurs, bobine et réservoir d’essence. L’idée ne manque pas d’originalité, et, si utopique qu’elle paraisse, on ne devrait pas s’étonner quelle réussisse à la seule condition de ramener la puissance du moteur et, par conséquent, la vitesse de déplacement à des limites admissibles : une puissance de un quart de cheval il chaque pied, une vitesse do 15 kilomètres à l’heure me paraîtraient des chiffres admissibles.
- Dans une classe plus sérieuse se placent les Tricars, instruments h trois roues dont une motrice à l’arrière; ce véhicule tout récent est très apprécié déjà pour le transport de faibles charges, les services de livraisons ; il remplace, dans dos conditions très avantageuses, l’ancien quadricycle puisqu’il porte gaillardement deux personnes.
- Le tricar « Austral » modèle 1906 est très bien établi, c’est un cadre muni des appareils d’une petite voilurette, mais le refroidissement du moteur s’y fait non plus par circulation d’eau, mais par circulation d’air ; un ventilateur B fait souffler sur les ailettes du moteur un vent; suffisant au refroidissement ; le courant fluide est guidé par un couvercle en deux parties C susceptibles de s’écarter pour laisser visiter le moteur; cette simplification sera, nous l’espérons, réalisée sur toutes les automobiles avant peu d’années; il existe du reste déjà, en Amérique, de puissantes voitures dont on a banni la pompe, le radiateur et leurs encombrantes tuyauteries (fig. 4, n° 1).
- La section des canots présentait une grande diversité d’embarcations de toutes puissances ; un de leurs points communs était le système de changement de marche. Les constructeurs s’y prennent d’une façon ou d’une autre, mais neuf fois sur dix l’inversion du mouvement s’obtient au moyen d’un différentiel placé dans une boîte E ; l’arbre de l’hélice boulonnée sur le plateau II est solidaire d’un pignon central, l’arbre du moteur de son vis-à-vis. Quand on embraye sur l’arbre moteur la boîte E portant les satellites
- (qui est prolongée par un tube A et un cène d’embrayage), tout est solidaire, c’est la marche avant, comme on le voit dans la figure 4, n° 4.
- Pour produire la marche arrière, on débraye le cône C et on freine sur la boite E par le moyen d’une pédale G, de façon à l’immobiliser; le plateau II tourne alors à la vitesse du moteur, mais en sens contraire.
- Nous n’en dirons pas plus sur cette merveilleuse exposition qui mériterait des volumes entiers ; les descriptions qui précèdent, encadrées par des considérations d’ordre général, donneront à nos lecteurs un aperçu à la fois étendu et précis sur les tendances nouvelles de notre industrie nationale.
- Pol Bavkïnkadx.
- INDUSTRIE DE L’ACIDE SULFURIQUE
- Procédé de contact1
- L’industrie de l’acide sulfurique, une des principales industries chimiques, est en train de subir une modification profonde ; modification n’ayant pas pour cause un perfectionnement dans le procédé en usage, une amélioration dans la manière de faire actuelle, mais un changement complet, résultat d'application de théories nouvelles.
- La fabrication de l’acide sulfurique par le procédé de contact ou de catalyse repose sur le principe suivant : oxyder directement l’acide sulfureux en faisant arriver ce gaz mêlé d'oxygène au contact d'une substance catalysante : amiante platinée, oxyde de fer, quartz, etc.
- Ce principe, fort simple en apparence, se complique de difficultés nombreuses lorsqu’on veut l’appliquer dans le domaine industriel et en faire la base d’un nouveau procédé de fabrication à grand rendement.
- Malgré ces difficultés, la nécessité de se passer des procédés très coûteux de concentration engagea les fabricants à s’intéresser au procédé de contact, le seul qui puisse leur permettre de préparer du premier coup de l’acide sulfurique aussi exempt d’eau que possible.
- C’est pourquoi, tandis que plusieurs savants et techniciens s’occupant encore du procédé des chambres de plomb, portaient tous leurs efforts dans le perfectionnement des appareils de concentration (concentration dans le verre, le platine, le plomb, etc., procédés Kessner, Zanner, II. Kuhlmann, etc.; etc.), d’autres s’évertuaient, au contraire, de transformer le procédé de contact, qui n’était alors qu’un procédé curieux de laboratoire, en un moyen d’obtention industrielle de l’acide sulfurique.
- Avant d’aborder directement la partie technique de la question, il nous semble intéressant de jeter un coup d’œil en arrière et d’embrasser dans un ra-
- 1 Voy. n° 1448, du 23 février 1901, p. 195 et n° 1506, du 5 avril 1902, p. 286.
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- pitié examen rétrospectif l’évolution de ce nouveau • procédé. C’est H. Davyqui, en 1817, découvrit l’action catalytique du platine, cette découverte suggérait à Peregrine Phillips junior, de Bristol, l’idée d’employer ce métal pour combiner directement l'oxygène à l'acide sulfureux; le brevet pris par lui en Angleterre en 1851, lui assure le titre de priorité dans la fabrication de l’acide sulfurique par le procédé de contact.
- En 1846, Jullion indiquait comme matière catalysante l’amiante platinée; en 1852, Woblcr cl Mabla reconnaissaient la même propriété catalysante aux oxydes de fer, de cuivre et de chrome ; ils faisaient remarquer, en outre, que la formation d’anhydride sulfurique était très possible en employant de l’acide sulfureux et de l’oxygène secs; à la même époque Pétrie découvrait que le quartz, chauffé à 500°, possédait aussi la propriété catalytique ; mais c’est \Vinkler qui, mettant à profit tous les divers essais de Davy, Woliler, Mahla, Plallner, Reich, Pétrie, etc..., mit au point, au moins théoriquement, la fabrication industrielle de l’acide sulfurique par le « procédé de contact ».
- Actuellement, ce procédé n’en est encore, dans la plupart des usines qui l’emploient, qu’à sa période d’essais. Beaucoup d’industriels, en raison de l’importance économique-qui peut résulter du moindre perfection îement, tiennent leur procédé secret. Malgré cela, la question a déjà été assez étudiée et les résultats obtenus ont été, dans certains cas, assez satisfaisants, pour que nous puissions faire connaître aux lecteurs de La Nature, au moins dans ses grandes lignes, cette industrie récente qui semble réaliser les espérances que Clément Résonnes exprimait en 1855 :
- « je suis convaincu, disait-il, que d’ici dix ans au plus, on sera parvenu à préparer industriellement l’acide sulfurique au moyen de ses constituants, sans chambres de plomb et sans avoir recours ni à l’acide nitrique, ni aux azotates ».
- La fabrication actuelle de l’acide sulfurique par le procédé de contact, tel qu’on le connaît, comprend trois opérations :
- 1° Préparation et purification du gaz sulfureux;
- 2° Combinaison de l’acide sulfureux et de l’oxygène dans des appareils appelés catalyseurs ;
- 5° Absorption des vapeurs d’anhydride sulfurique formées.
- 1° Préparation et purification du gaz sulfureux. — L’acide sulfureux se prépare généralement, comme dans le procédé des chambres de plomb, par grillage des pyrites1 dans des fours spéciaux (fours Malétra; Hasenclever et Helbig; Eichhorn et Lié-big, etc...). Ce travail n’a rien de particulier et a déjà été décrit dans de nombreux traités, nous n’en parlerons donc pas. Mais un point essentiel et sur lequel il convient d’insister est la purification à faire subir au gaz sulfureux destiné à la catalyse.
- Ces gaz qui, à la sortie des fours à pyrites, con-
- 1 Certaines usines utilisent des blendes (usine Grillo à Overhausen). |
- tiennent de 7 à 9 pour 100 d’acide sulfureux (en volume), renferment un certain nombre d’impuretés dont quelques-unes sont très préjudiciables au bon rendement du procédé. L’arsenic, le phosphore, le mercure, même à l'état de traces, peuvent avoir une influence très fâcheuse. L’arsenic, dans la proportion de 1 à 2 pour 100, par rapport au poids du platine contenu dans la masse de contact, peut rendre celle-ci tout à fait inactive. L’acide chlorhydrique et le chlore abaissent le rendement catalytique de 97 pour 100 à 50 et même 40 pour 100.
- Le fer, l’antimoine, le plomb, sont infiniment moins nuisibles.
- L’anhydride sulfurique qui prend naissance dans la calcination des pyrites doit aussi être éliminé.
- La purification des gaz des pyrites fut, dès le début, un des principaux obstacles qui s’opposa à la réussite du procédé; cela exigea, de la part des savants et des industriels, plusieurs années de labeur et le sacrifice de gros capitaux. Les travaux démontrèrent que la purification des gaz sulfureux était possible et que toutes les impuretés qui accompagnent ces gaz pouvaient être retenues en les refroidissant et en les soumettant à un contact intime et prolongé avec de l’acide sulfurique ou simplement avec de l’eau. Une précaution importante et qui échappa longtemps à la sagacité des opérateurs fut la nécessité de refroidir progressivement les gaz. En effet, les fumées blanches d’anhydride sulfurique, qu’il faut éliminer avant la catalyse, ne se condensent que très difficilement si on les refroidit brusquement. 11 en est de même du soufre, extrêmement léger, qui se trouve entraîné par les gaz, lorsque l’on calcine à fond les pyrites.
- 2° Combinaison de l'acide sulfureux et de t’oxygène. — Catalyseurs. — Le mélange de gaz S02-+-0 purifié et séché est alors envoyé aux catalyseurs.
- Ces appareils, dont il existe plusieurs modèles, sont constitués par un faisceau de tubes en fer T contenant, jusqu’à mi-hauteur, la substance catalysante AB, laquelle est généralement de l’amiante platinée1. Ces tubes sont disposés, le plus souvent verticalement, dans un cylindre dans lequel débouchent des arrivées d’air h lé dont on peut régler la température et qui servent à chauffer les tubes à calalyse (fig. 1).
- Deux points sont alors à examiner :
- 1° La vitesse des gaz à catalyser; 2° la température de réaction.
- Ainsique le démontre le schéma ci-contre (fig. 2), emprunté aux travaux du docteur Knietsch, celte vitesse doit être d’environ 500 centimètres cubes par minute dans un catalyseur chauffé à 400'1 C.
- La réaction S02-l-0 = S03 étant fortement exothermique (22 600 calories) il n’est pas nécessaire
- 1 Préparation de l'amiante platinée. — On imbibe avec une solution de chlorure de platine, de l’amiante. On rend alcalin avec un peu de carbonate de soude, puis on chauffe en présence de formiate de soude. Lorsque la réduction est achevée, on lave et on sèche.
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- de continuer à chauffer la partie supérieure des tubes catalyse lorsque la réaction est commencée, celle-
- Fig. 1. — Coupe d’un calalyseur de la Badische. T, tube à catalyse ouvert à ses deux extrémités et rempli de A en B d’amiante platinée; — h, arrivées de gaz dont on peut régler la température ; — I, partie intérieure du catalyseur dans laquelle s’accumulent les vapeurs d’anhydride sulfurique; — a, sortie de ces vapeurs vers les appareils d’absorption; — 2. A, plaque en tôle perforée; — TT, tube à catalyse ; — C, tige centrale sur laquelle sont enfilés les plaques A et les fragments de tube t, t; — B, amiante platinée.
- ci se continue d’elle-même. Voici comment on opère pour la mise en marche : On commence par chauffer l'appareil (fig. 1) au moyen des arrivées d’air chaud h et h'; lorsque la température de réaction est atteinte (400° environ), on fait arriver par la partie supérieure du catalyseur le gaz | sulfureux mêlé d’air, puis on remplace le cou- § rant d’air chaud envoyé par lé par un courant ^ d’air froid. De cette façon les produits de la réaction se refroidissent lentement et régu-lièrement. C’est là un point extrêmement impor- ^ tant qui peut modifier le rendement en anhydride !s sulfurique, dans une notable proportion.
- Nous devons dire en passant que si le platine § est souillé par une impureté quelconque, il est nécessaire de porter au début la température du catalyseur jusqu’à 550°.
- Pour que le contact des gaz et de l’amiante platinée soit aussi uniforme que possible, on dispose la substance de contact sur des disques en tôle perforée, enfilés sur une tige centrale et maintenus à égale distance les uns des autres par des fragments de tuyaux enfilés sur cette même tige et alternant avec les disques (fig. l).
- 3° Absorption des vapeurs d'anhydride sulfurique formées. — L’anhydride sulfurique prove-
- nant de la réaction et qui se dégage par la partie inférieure I du catalyseur est alors absorbé par dis-, solution dans de l’acide sulfurique.
- Ce problème de l’absorption des vapeurs d’anhydride fut une nouvelle difficulté que seuls de nombreux essais, poursuivis méthodiquement, permirent de résoudre.
- En raison de la grande affinité de l’anhydride sulfurique pour l’eau, il aurait semblé, en effet, que le meilleur moyen de fixer SO3 fût de faire arriver les produits de la catalyse dans de l’eau ou dans un acide de faible concentration. L’expérience a prouvé l’erreur de ce raisonnement en démontrant que, dans ces conditions, les gaz de sortie étaient encore chargés d’une quantité très appréciable; d’anhydride sulfurique difficilement condensable. On a reconnu que le meilleur moyen de retenir complètement SO3 était de le recueillir dans de l’acide sulfurique concentré. (97 à 98 pour 100 SCffH*)1. En maintenant la concentration dans ces limites, au moyen d’une addition permanente d’eau ou d’acide dilué on peut avoir une production continue d’acide à 99 pour 100.
- Les appareils dans lesquels s’effectuent l’absorption doivent être en fer; ce métal résiste, en effet, à l'action de Yoleum 2 tandis que la fonte, assez facilement attaquable dans ces conditions, peut donner lieu à de graves accidents (ruptures violentes parfois).
- Voici esquissée rapidement l’évolution et la technique actuelle de cette industrie qui, en raison du débouché, sans cesse croissant, que procure à l’acide sulfurique fumant la fabrication de l’alizarine et des colorants azoïques, est appelée à remplacer tous les procédés de concentration toujours dispendieux et à rivaliser dans l’avenir avec succès contre le pro-
- 3oo
- jSoo
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- Soo? Soo? JOOU
- Terrtp émlure.f
- Soo?
- 9°°-
- Fig. 2. — Rendements en anhydride sulfurique d’après la température des catalyseurs et la vitesse du courant gazeux.
- cédé de fabrication des chambres de plomb employé jusqu’à présent. G. Loucheux.
- 1 C’est d’ailleurs ainsi qu’en Saxe on retirait l’anhydride sulfurique provenant de la distillation du sulfate de fer (acide sulfurique de Nordhàusen).
- 2 Nom commercial de l’acide sulfurique fumant.
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- MESURE DE LA DIRECTION DU VENT
- On sait que le vent est de l’air en mouvement, et dans la notation de ce phénomène météorologique
- mportant, on l’indique toujours par le côté d’où il vient. Mais le vent soufile rarement suivant une direction constante. 11 suffit, pour s’en rendre compte, de regarder les déplacements d’un objet mobile qui y est soumis : on le voit alors osciller plus ou moins rapidement autour d’une position moyenne qui est celle de la direction générale vraie. Celte direction, il est donc assez délicat de la pouvoir noter d’une façon très sûre.
- Parfois l’ampleur de ces oscillations est considérable, et certains phénomènes naturels se chargent de démontrer le fait d’une façon fort élégante. Sur des grèves étendues, on peut rencontrer des milliers d’appareils de démonstration, qui ne sont autres que des brindilles de varech desséché. Ces brindilles, partiellement enfouies dans le sable fin, bottent autour de leur point de sortie du sable, et tracent sur celui-ci des secteurs très nets (lig. 1). Même par un vent, dont la direction générale n’a pas varié, les arcs de cercle ont une ampleur parfois considérable. Dans de telles conditions, j’ai pu en mesurer un grand nombre récemment, et toutes ces inscriptions étaient, en moyenne, des arcs de 75° environ, dont la bissectrice coïncidait bien avec la direction du vent. D’autre part, dès que ces enregistreurs naturels se trouvaient à proximité de quelque obstacle, on voyait immédiatement les perturbations introduites par cette circonstance, et se traduisant par une ampleur d’oscillation beaucoup plus marquée, de 120° et même davantage.
- Ces simples faits montrent bien la difficulté qu’il y a à effectuer une observation précise de la direction du vent, surtout si la girouette simple — qui est l’appareil dont on se sert habituellement — n’est
- pas parfaitement isolée. Puisque cette oscillation est presque perpétuelle, il faut donc attendre un certain temps pour en noter l’ampleur et en prendre la moyenne. Avec une girouette ordinaire, la chose n’est guère possible, en tant que mesure, car elle ne comporte habituellement que les quatre points cardinaux. Pour une détermination aussi précise que possible, on construit de ces appareils dont l’axe, prolongé à l’intérieur du bâtiment où ils sont montés, porte une aiguille se déplaçant devant un cadran divisé. Mais ce dispositif ne rentre pas absolument dans le domaine pratique. La construction, d’un prix assez élevé, doit en être parfaite, — commecelle detoutegirouetted’ail-leurs — et l’entretien très soigné; sans quoi l’instrument, inégalement mobile dans ses diverses positions, ou mal équilibré, ne fournirait que des indications auxquelles il serait impossible de se fier. Enfin de compte, la girouette est un appareil moins populaire qu’on ne le pense habi-
- Fig. 2. — Girouette à miroir.
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- luellement. Aussi a-t-on été amené à la remplacer, dans certains cas, par un simple ruban llotlant au bout d’un mat élevé et possédant d’ailleurs cet avantage d’être sensible aux souilles les plus faibles incapables d’agir sur une girouette ordinaire. C’est le moyen dont je me suis servi pour installer un appareil fort simple et donnant des indications précises et utiles. Nous retrouvons là, mise en pratique, la leçon des brindilles de varech.
- Comme le monlre la ligure 2, l’appareil comprend une tige assez élevée, dans un endroit bien dégagé; une simple perche, au besoin, et maintenue rigide par trois haubans de lil de fer. Au sommet Hotte le ruban de soie très léger. A hauteur d’homme, à peu près, un support reçoit un miroir quelconque (petite glace de quelques « sous ») sur laquelle est peinte une rose des vents, avec la circonférence divisée de 10 en 10 ou 5 en 5 degrés. Ce miroir est disposé de telle façon qu’en regardant par un œilleton (nécessaire pour bien maintenir le regard dans une direction toujours la même) on voit le point d’attache du ruban rélléchi sur le centre de la rose.
- Il faut naturellement que le sommet du mât, l’un des diamètres de la circonférence et l’œilleton soient situés dans un même plan vertical. Ce sera celui du méridien, la ligne Nord-Sud, pour plus de simplicité. La graduation est tracée à l’envers, puisque le ruban Hotte à l’opposé de la direction du vent.
- Pour déterminer cette direction, il suffit donc de regarder l’image du ruban oscillant entre les divisions. L’observation, prolongée pendant quelques minutes, permettra de constater entre quelles limites extrêmes s’eflécluenl ces oscillations : la moitié de l’angle ainsi mesuré donnera la direction moyenne du vent, exprimée en degrés ou en signes conventionnels de la rose.
- On peut considérer comme négligeable la très petite déformation de l’image résultant de la position de la glace dont le centre ne coïncide pas avec l’axe du màt. 11 ne serait d’ailleurs pas beaucoup plus difficile de réaliser cette condition.
- A l’aide de cet appareil, on peut noter en même temps la marche des nuages, ceux qui passent au zénith naturellement. Il suffit d’en suivre l’image (en choisissant un point assez bien défini) se déplaçant suivant un des diamètres du miroir. Une seule observation permet donc de comparer la direction du vent à terre avec celles des nuages, directions entre lesquelles il existe le plus souvent des écarts très notables. Ce sont des éléments importants dans la notation des phénomènes météorologiques, au point de vue de la prévision locale du temps, à brève échéance.
- Je terminerai la description de cet appareil en disant que son établissement complet ne m’a pas coûté plus d’une heure de travail. Quant à son prix de revient, il peut être considéré comme à peu près nul’. Lucien UuDAulœ
- «^33»
- NÉCROLOGIE
- M. Mégnin. — On annonce la mort de M. Mégnin, vétérinaire, directeur du journal l’Éleveur, officier de la Légion d’honneur. M. Mégnin était depuis 18113 membre de l’Académie de Médecine, où il était un des savants les plus autorisés et les plus écoutés de la médecine vétérinaire de l’armée.
- M. Daymard. — On annonce également la mort de M. Daymard, ingénieur de la marine, ingénieur en chef du bureau Veritas, ancien ingénieur en chef de la Compagnie générale transatlantique. M. Daymard s’est beaucoup occupé de la construction et de l’aménagement des grands transatlantiques modernes; il étudia particulièrement les plans de la série des bateaux dont la Normandie fut un des premiers modèles. M. Daymard avait été élu président de l’Association technique maritime. J. b.
- CHRONIQUE
- L’envahissement des voies ferrées par la végétation. — C’est naturellement sous des climats à peu près tropicaux, et sur des réseaux où la circulation n’est pas précisément intense, que le fait est à redouter. C’est le cas sur le chemin de fer Cuyaquil and Quito Railway ; il faut recourir à des arrosages faits avec une mixture chimique composée d’une dissolution de 450 gr. d’acide arsenical dans 22 litres d’eau surchauffée, et d’une autre dissolution de 450 gr. également de nitrate de soude dans 27 litres d’eau. Pour donner un bon résultat, le liquide doit être chassé par de l’air comprimé ou de la vapeur du wagon arroseur, celui-ci ne marchant pas à une allure de plus de 0 km à l’heure. L’arrosage se fait tous les 5 mois à raison de 7400 litres au mille de 1000 m. Nous n’avons guère besoin de faire remarquer que cette mixture est un poison.
- Un nouveau mode de fabrication du phosphore. — La fabrication du phosphore reposait jusqu’ici sur le traitement par les acides, soit que l’on fit agir l’acide sulfurique sur le mélange de phosphate tricalcique et de carbonate de calcium provenant de la calcination des os, soit que l’on traitât par l’acide sulfurique le phosphate bicalcique obtenu en traitant les os par l’acide chlorhydrique et en précipitant au lait de chaux. La découverte du four électrique permet l’emploi d’une nouvelle méthode, aussi élégante qu’hygiénique : elle repose sur la réaction qui se produit lorsque les os, mélangés avec du sable (silice, acide silicique) et du charbon de bois, sont portés à une très haute température : on obtient un silicate de calcium, en'même temps que le phosphore est distillé avec l’oxyde de carbone. Les cornues da distillation sont des cylindres en fer, revêtus de terre réfractaire : dans leur intérieur pénètrent les électrodes de charbon fournissant l’arc électrique.
- La flotte du lac Titicaca. — Ce fameux lac, qui présente cette particularité d’être la nappe d’eau navigable la plus élevée du monde, puisqu’il se trouve à une altitude.de 5900 mètres environ au-dessus du niveau de la mer, possède jusqu’à présent un petit vapeur unique, dont nous avons parlé jadis : sa flotte va prendre une importance plus considérable. On y lancera sous peu un •nouveau steamer- qui n’a pas moins de 67 mètres de long.
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- LA NATURE.
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- pour une largeur de 9,14 mèlres el un creux de 4/27. Il sera susceptible de porter une charge en lourd de 550 tonnes et 24 passagers. 11 sera mû par deux hélices, actionnées par une machinerie de 1000 chevaux de puissance. Notons que ce bateau a été construit à llull, eu Angleterre, et qu’il vient d’être expédié démonté en morceaux de faibles dimensions, soigneusement numérotés pour le remontage sur les bords du lac.
- La puissance des chutes du Zambèze. — Pour compléter, ce que nous avons dit récemment des chutes Victoria, et du projet que l’on a d’en utiliser une partie pour une usine hydro-électrique, disons que le professeur Ayrton s’est livré à des calculs soigneux pour évaluer la puissance qu’elles représentent, eu égard à leur hauteur et au volume d’eau qui y passe. 11 est arrivé au chiffre respectable de 580 000 chevaux, qui est pourtant fort inférieur à ce que l’on s’était longtemps imaginé.
- Un dock de carénage sur le lac Victoria. —
- Nous parlons de ce Victoria N'yanza, auquel aboutit maintenant une voie terrée dont nous avons signalé la mise en exploitation, et qui relie le centre du continent noir à la côte. Nous avons dit également qu’une petite flottille de vapeurs, ou de bateaux à pétrole, circule sur le lac, en correspondance, à Port Florence, avec les trains du chemin de fer de l'Ouganda, et pour en prolonger les services. Mais ces bateaux ont besoin de nettoyages et de réparations : et, dans ce but, chose bien curieuse à signaler, on vient de creuser et d’établir, sur les bords de ce lac encore mystérieux il y a si peu de temps, un dock de carénage, qui a cette particularité d’être le dock le plus élevé qui ait été encore construit. Il est en effet à une altitude de plus de 1100 mèlres au-dessus du niveau de la mer. Il a d’ailleurs des dimensions plutôt modestes, 75 mètres de long sur un peu plus de 14 de-large : cela suflit aux bateaux qui naviguent pour l’instant sur cette mer intérieure africaine.
- L’exploitation des houillères et les tassements du sol. — En dépit des précautions que l’on prend dans l’exploitation des mines, il arrive assez souvent qu’elle entraîne des tissures et des tassements dans les batiments installés à la surface du sol, au-dessus des galeries de mines. Si nous en croyons la Gazelle de Cologne, la Cie llibernia, compagnie dont il a été beaucoup question ces temps derniers, a été obligée de dépenser des sommes considérables pour réparer autant que possible les dégâts causés de la sorte par son exploitation dans la région de Ilernc, et elle a dù faire étançonner par en dessous et consolider, au moyen de bandes de fer, toute une série de grandes mais'ô'ns et une église nouvellement construite. Il y a, pour ainsi dire, tout un quartier de la ville qui a etc l’objet de ces mesures de sécurité indispensables.
- L’esprit inventif aux Etats-Unis. — Nous ne croyons nullement que l’esprit d’invention soit un monopole du Yankee; mais il est certain que les Américains du Nord sont fort inventifs : c’est ce que montre bien le développement de la prise des brevets depuis un certain temps, surtout si l’on songe que la Confédération, comme l’Allemagne, n’accorde un brevet qu’après s’être assurée qu’il constitue bien une nouveauté. En 1855 on n’avait guère pris plus de 2000 brevets dans le courant de l’année, et en 18G5,- en dépit de l’accroissement considérable de la population, on en était encore au chiffre modeste de OliOO. Dès 1870, ce total a exactement doublé; on .arrive ensuite à plus de 24000 en 1885. En
- 1900, c’est 20500, puis 31 700 en 1903. Cette année lient le record, comme disent nos sportsmen, car la part de 1904, tout en étant respectable, est un peu inférieure.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 janvier 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Cristallographie. — M. de Lapparent présente une Note de M. Walleranl relative au refroidissement après fusion de certains mélanges isomorphes, tels que ceux des azotates d’ammonium et de potassium ou d’ammonium et de cæsium. Seulement les particularités optiques observées indiquent qu’entre les étals successifs du mélange, il doit se produire une destruction du réseau cristallin initial. D’après cela, il semble que les mélanges isomorphes peuvent èlre assimilés à des dissolutions.
- Propriétés des dirers amidons. —,M. Maquenne présente une Note de M. Eugène Roux sur les amidons de blé, de maïs, de pois, de manioc. L’auteur a répété sur ces amidons les expériences qui ont été récemment effectuées par divers savants sur l’amidon de fécule de pomme de terre. 11 constate qu’ils reproduisent des phénomènes identiques à ceux qui ont été observés par ces savants. Ils donnent de même un poids de mallose supérieur à leur propre poids. En conséquence de l’analogie de formes et de propriétés, il faut conclure que tous .les .amidons sont des corps analogues qui ne diffèrent que par des variations de vitesse dans la saccharification.
- L’alcaloïde de l’orge germes. — M. Guignard résume des recherclu'S de MM. E. Léger et G. Camus sur un nouvel alcaloïde retiré par M. Léger de l’orge germée, l’hordéine. On savait que l’orge germée et louraillée, que l’on emploie dans les laboratoires pour la préparation de cultures de microbes, se montre parfois très nuisible au développement de certaines cultures et en particulier de celles du vibrion du choléra.-De-là l’essai d’orge touraillée dans le traitement de la dysenterie et d’affections cholériformes. Les résultats ont été contradictoires; les différences tiennent à la façon dont l’orge a été séchée dans les lourailles des brasseries. Le séchage dans les appareils ordinaires lui enlève ses propriétés thérapeutiques tandis que la touraille Lauth les lui conserve. Or l’alcaloïde découvert par M. Léger se sublime, à la manière du camphre, à la température atteinte en général dans les tourailles ; d’autre part il a été retiré des produits actifs. 11 est donc possible qu’il soit la source de cette activité. L’étude de sa toxicité sur les animaux, faite par M. Camus, montre que l’intoxication exige des doses relativement élevées.
- Amortissement des oscillations des véhicules. — M. Léauté rappelle que M. Marié a indiqué un artifice de construction qui permet d’éviter les oscillations verticales des wagons au change 1 ent de rail. Ces oscillations sont d’ailleurs peu importantes, parce que les dénivellations aux points de jonctions des rails ne sont jamais que de quelques millimètres. Mais il n’en est point de même pour les véhicules roulant sur routes. M. le commandant Krebs vient d’imaginer, à destination de ceux-ci, un amortisseur progressif des oscillations du châssis des automobiles dues aux inégalités de la route. M. Léauté montre l’intérêt de ce dispositif qui complète la série des travaux de cet officier sur les carburateurs et sur lés freins.
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- LA NATURE.
- Stabilité des aéroplanes. — M. d’Arsonval dépose une Note de M. Seux, dans laquelle l’auteur expose que les aéroplanes exigent, pour se maintenir dans l’air, non point des plans rigides, mais des surfaces déformables.
- Expériences de p ho tomé trie. — M. Yiolle présente une Note de M. Vaillant, relative à des expériences de photo-métrie pratiquées sur la lampe Cooper llewitt à vapeur de mercure. L’auteur a trouvé qu’en augmentant l’intensité du courant, ce sont les radiations à grande longueur d’onde dont l’intensité croît le plus vite, contrairement à ce qui arrive avec les solides incandescents.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- LES BONNETTES DE SAILLY
- À une vingtaine de kilomètres à l’est d’Arras, à lu limite du pays d’Artois, entre la Scarpe et la Sensée, se trouve le petit village de Sailly-en-Os-trevent. Sur la rive gauche de la Sensée, à la limite méridionale du territoire de Sailly, se dressent des mégalithes curieux, connus des archéologues,et que l’on appelle, dans la région, les Bonnettes de Sailly.
- Ce sont six pierres de grès brut grossièrement taillé. Leur tète fait sur le lut, vers le centre du cercle, une saillie d’environ 10 centimètres. Elles sont disposées en un hexagone régulier de 5 mètres de diamètre, au sommet d’un tumulus en forme de cône tronqué à hase elliptique, établi lui-même sur un petit monticule.
- Autrefois, il y avait une septième pierre au centre du cercle.
- Les gens du pays attribuent à sa disparition une cause surnaturelle et racontent à ce sujet des histoires d’apparitions. Ils assurent qu’aujourd’hui encore, il ne se trouverait pas, dans le village, un seul ouvrier pour oser s’attaquer à la terre maudite.
- On peut constater, en examinant l’excavation de 90 centimètres de profondeur dans laquelle était fichée la pierre centrale, que la terre du tumulus est absolument différente du sol d’alentour et qu’elle est de la plus mauvaise qualité. Il y a bien là de quoi frapper les imaginations. Les habitants de Sailly en expliquent la nature par une curieuse légende.
- Sept jeunes biles impies venaient, tous les dimanches, pendant les vêpres, danser en rond sur le monticule. Aucun reproche n’avait pu modifier leur conduite sacrilège. Un jour, la danse s’arrêta ; et toutes furent changées en pierres.
- Les opinions sont très partagées, sur l’origine des Bonnettes. Etait-ce un lieu de réunion? une sorte de poste télégraphique, permettant de signaler au loin l'approche de l’ennemi? un monument commémoratif de victoire ou de défaite? un tombeau celtique?
- Leur origine pourrait bien être encore plus ancienne : car ce monument n’est pas tout seul dans cette région. Tout près de Sailly, sur le territoire de l’Écluse, on trouve un mégalithe énorme : la Roche d’Epierre. Un peu plus loin, gît le dolmen de Hamel. Je laisse de côté les deux menhirs d’Acq.
- Les légendes acceptées en Artois et celles qui ont
- cours en Bretagne, où les monuments mégalithiques abondent, présentent beaucoup de similitude : croyance à des Fées de la montagne qui auraient apporté les pierres dans leur tablier, légendes de noces pétrifiées. Près de Morlaix, une pierre isolée rappelle la triste hn d’un paysan qui, pour avoir blasphémé, fut avalé par la Lune. Les pierres penchées de Locmariaquer sont habitées par d’affreux petits bonshommes, Korrigans et Gourils, qu’une femme ne rencontre jamais impunément le soir. Des pierres, rangées en cercle, abondent en maints pays. Il y a, dans le Morbihan, des cromlechs de formes variées: ellipses, cercles, trapèzes, rectangles.
- Tous les cromlechs ne sont pas de la même époque. Ceux qui appartiennent à l’âge de la pierre polie ont, au centre, un dolmen : ainsi celui de Ménec près de Carnac. Ceux de l’époque morgienne renferment un tumulus central. Les plus récents remontent à l’époque hallstattienne : tels, ceux qu’on trouve dans des Pyrénées. L’existence constante de sépultures au centre des cromlechs permet d’affirmer que ces monuments étaient exclusivement des enceintes funéraires. On peut supposer que les Bonnettes ne font pas exception. E. Henriot.
- Le Gérant : P. Masson.
- Les Bonnettes de Sailly-en-Ostrevent.
- Paris. — Imprimerie Labdbb, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1704. — 20 JANVIER 1906.
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- L’ÉBOULEMENT DES FALAISES DE LA HÈVE
- La nature, dans ses perpétuels changements, a dernièrement transformé une fois encore les falaises du cap de la Hève.
- 11 n’est guère d’années où, dans le long cordon de falaises qui s’étend du Tréport au Havre, ne se produisent des éboulemenls. Ils sont le plus souvent d’une importance très relative, comme ceux qui sont survenus en ces dernières années entre Dieppe et Saint-Valéry-en-Caux, comme celui qui a eu lieu à Saint-Pierre-en-Port au début du dernier mois de septembre....
- Le 7 septembre dernier, vers 7h 50 du matin, aux falaises de la llève, un craquement violent, suivi d’un bruit sourd, se fit entendre. La falaise s’effon-dra en soulevant un épais nuage de poussière.
- Une brèche d’environ 150 mètres de longueur, sur une largeur de 20 à 40 mètres suivant l’endroit, s’était produite en face du sémaphore que l’Etat a
- fait construire sur la hauteur. Le sommet de la falaise, à celle place, comprend une bande de terrain, où l’herbe pousse librement sur une largeur d’environ 20 mètres, et un champ cultivé en blé d’environ 40 mètres de largeur. La largeur de ce champ a été réduite par l’éboulement à une dizaine de mètres.
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- Éboulement des lulaises de la llève.
- A 8h 50 un deuxième éboulement se produisit sur une longueur d’environ 50 à 60 mètres et dans le prolongement Sud du premier. Environ 600000 mètres cubes de terre ont été compris dans ces éboule-ments. Ils forment un long promontoire qui s’avance dans la mer. Quelques pêcheurs ont été pris sous l’éboulement, et il sera sans doute impossible de savoir le nombre exact des victimes.
- Cet éboulement n’est pas dû, comme on le croit, à l’action de la mer. La falaise est séparée de la mer par une grève de près de 100 mètres de largeur.
- « Il n’y a aucun rapprochement à faire sur ce point, écrivait M. Lennier, le regretté directeur du Muséum du Havre, entre la falaise de Sainte-Adresse et celle d’Antifer. La Hève est composée de couches géologiques de différentes natures et de différentes résistances. A la base, on trouve une légère poussée du Kimmeridge. C’est de l’argile marneuse s’élevant sur une hauteur de 7 mètres au-dessus de la base. Au-dessus de l’argile marneuse s’élève une couche de sablé de 50 mètres environ. Elle est surmontée
- d’une masse crayeuse s’étendant sur une hauteur de 60 mètres. On rencontre enfin, en montant vers la surface, de l’argile à silex dont l’épaisseur est variable suivant les endroits, puis une couche légère de terre labourable qui n’est, à vrai dire, que du sable amendé par la culture. »
- Ces terrains sont creusés de fentes importantes, de diaclases. L’eau tombant à la surface du sol pénètre rapidement, traverse la terre labourable, s’infiltre dans l’argile à silex, arrive à la masse crayeuse et tombe en vrac dans les fentes. L’eau traverse la craie, arrive à la couche de sable. Le grain de sable est entraîné par la goutte d’eau. Des poches se forment; elles s’éboulent. Puis des trous se creusent et la falaise s’effondre parce qu’elle n’a pas de base suffisante, comme l’iceberg se retourne, parce que sa base est sapée par des courants d’eau tiède.
- Un phénomène a été bien étudié par M. Lennier. « Le gigantesque travail de tassement se propage jusque sous la plage. Les couches glissent en refoulant le pied et se trouvent tout à coup arrêtées par
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- 34e année. — l01' semoslrc.
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- LA NATURE.
- la masse du silex plaeée en avant de la lalaise. Le prodigieux effort de la matière n’arrive pas à repousser la barrière ainsi dressée, mais la force ne se perd point. Elle se transforme, elle soulève la plage en formant une sorte de bourrelet, de cordon littoral.
- « Et nous avons vu, ajoute M. Lennier, sur certains points des animaux marins tels que le balane, le patella vu.lgata, le litlorino, le puerpera lapil-lus, insensiblement surélevés par la poussée des couches géologiques de la llève poursuivant leur affaissement, se trouver un jour à jamais sortis de l’eau, complètement asséchés, alors qu’ils étaient en un endroit naguère couvert par la haute mer. Ce fait avait été bien noté en 1881. »
- Le fond avait été considérablement relevé et la laisse de haute mer l'ut reportée de 70 mètres environ en avant de sa position précédente.
- A la suite de l’éboulement du 7 septembre, le bourrelet s’étend sur une trentaine de mètres de longueur. 11 a relevé de 6 à 7 mètres au-dessus du niveau des plus hautes mers toute la masse de galets amoncelée sur ce point. Ce dernier éboulement a eu pour résultat de menacer sérieusement les phares de la llève. Ces phares remontent à l’époque où Har-ileur était le rendez-vous des ilottes espagnoles. Une tour avait été construite en 1564. C’était la tour des Castillans. Les édifices actuels ont été construits en 1774. Ils furent d’abord surmontés par des foyers dans lesquels on brûlait de la houille. En 1784, on les couronna d’une lanterne contenant un appareil d’éclairage formé de 16 réflecteurs sphériques. 11 y avait 40 becs par appareil. Les deux tours ont reçu des appareils lenticulaires et des lanternes de o‘",50 de diamètre. Les phares delà llève sont les premiers dans lesquels on ait fait en France l’application de la lumière électrique. Les Ponts et Chaussées prendront toutes les mesures nécessaires pour protéger les falaises de la llève. Lucien Libert.
- LE COEFFICIENT DE MÉRITE
- d’un véhicule automobile
- A la séance du 1er décembre 1905 de fa Société des ingénieurs civils de France, après le Compte rendu du dernier concours de poids lourds et de véhicules industriels, M. R. Àrnoux a fait une observation d’une grande justesse et dont il serait nécessaire, croyons-nous, de tenir compte à l’avenir. Il a fait remarquer que jusqu’ici, dans les courses ou concours d’automobiles, on s’est préoccupé soit de la vitesse moyenne réalisée, sans avoir égard à la consommation de combustible ou de graissage, soit de la consommation, sans avoir égard à la vitesse. Un ne s’est donc préoccupé que des courses de vitesse, ou des concours de consommation rapportée à la tonne kilométrique. L’automobile est devenu aujourd’hui un outil de transport. Dans toute question de transport, les facteurs à considérer sont au nombre de quatre : 1° le poids transporté, 2° la distance à franchir, 5° la vitesse de transport, 4° la dépense correspondante. La meilleure solution de ce problème est celle qui permet de transporter le poids
- maximum, à la distance maxima, avec la vitesse de transport la plus grande, pour la dépense la plus faible.
- M. R. Arnoux a cité l’exemple des Compagnies de chemins de fer, qui, pour les transports par voie ferrée, établissent leurs tarifs, en raison du poids transporté, en raison de la dislance où le poids doit être transporté, et encore en raison de la vitesse de transport; les tarifs sont très différents suivant que le transport est effectué en grande ou en petite vitesse. La vitesse a une valeur commerciale particulière dans les transports automobiles.
- En se basant sur les considérations précédentes, M. R. Arnoux a établi une formule qui donne le coefficient de mérite M d’un véhicule automobile. Si l’on désigne par P le poids transporté, exprimé en tonnes, par L la distance franchie en kilomètres, par V la vitesse réalisée en kilomètres par heure, et par C la consommation en litres de combustible,
- .. PLV
- on a : M = —7-
- L
- Cette formule permet d'apprécier pour chaque véhicule le nombre de tonnes-kilomèlres-kilomèlres à Vheure par litre de combustible consommé. On peut également désigner le nombre de tonnes-kilomèlres-kilomèlres a l'heure par l’expression de capacité de transport et le coefficient de mérite 31 permet alors d’apprécier la capacité de transport par litre de combustible consommé.
- On peut encore dans la formule remplacer la vitesse V par le quotient du chemin parcouru L par le temps T employé à le parcourir. La formule .devient alors :
- M PL2 CT
- M. R. Arnoux a eu l’occasion de proposer cette formule de classement dès 1901. Cette formule permettrait de classer dans une seule et même épreuve des véhicules de destinations très différentes. 31. Arnoux estime que cette formule aurait aujourd'hui l’avantage d’obliger les constructeurs à faire une élude soignée du moteur et des organes de transmission, engrenages, chaînes, roues, bandage, etc. On chercherait également à éviter des consommations excessives d’essence et d’huiles de graissage.
- 11 ne suffit pas de faire ressortir dans une course des qualités de vitesse et d’endurance d’un véhicule, mais ce qu’il importe surtout, c’est de faire ressortir eu même temps l’économie de la marche. J. Laffaruue.
- LA LAPONIE INDUSTRIELLE
- L’histoire du développement industriel de la Laponie est intimement liée à celle du chemin de 1er qui relie le port Suédois de Lulea situé au fond du golfe de Bothnie par 65°,5 de latitude Nord, au port norvégien de Narvik situé sur l’océan Glacial par 69° de latitude Nord. Cette ligne a été créée pour rendre possible l’exploitation des deux grands gisements de minerai de fer de Gellivare et de lvirunavara.
- Les premières de ces mines firent l’objet de tentatives d’exploitation dès le xvme siècle, mais leur grand développement ne date que du jour où elles furent reliées à la Baltique par une voie ferrée. Cette ligne de Lulea à Gellivare fut concédée en 1885 à une société anglaise, puis rachetée par le gouvernement suédois en 1889 et reliée au réseau des chemins de fer de l’État en 1891. Dès cette époque
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- la production du minerai extrait à Gellivare atteignit 300 000 tonnes; en 1900 la rapide croissance de cette production a cessé, et le tonnage annuel reste depuis lors constant, entre 900 000 tonnes et un million de tonnes. Au début on a exploité uniquement les minerais les plus purs en phosphore pour les utiliser en majeure partie dans les usines suédoises : actuellement on extrait surtout des minerais phosphoreux que l’on expédie à Lulea où ils sont embarqués à destination de l’Allemagne. Les exploitations sont concentrées sur la montagne de Malm-herget (rnonlayne de minerai), et consistent en gigantesques tranchées à ciel ouvert atteignant des profondeurs de 60 à 90 mètres. Cependant, dans les mines les plus anciennes, on commence, depuis quelques années, à exploiter souterrainement au moyen de puits et galeries. Au voisinage de la mine s’est fondé le village de Malmhcrgel, dont les maisons éparses alternent avec de petits lacs et d’énormes moraines de la période glaciaire.
- Dès 1884 la compagnie de Gellivare avait étudié le tracé d’une ligne de chemin de for allant rejoindre la région de Kirunavara pour permettre l’exploilalion des immenses gisements de fer qu’on y avait reconnus depuis longtemps. Ce n’est qu’en 1898 que les parlements suédois et norvégiens tombèrent d’accord avec la compagnie. Dès lors les travaux de construction de la ligne et d'aménagement du port de Narvik furent menés activement de part et d’autre, et, dès la lin de 1902, les premiers trains circulaient sur toute la ligne : la compagnie s’était engagée à livrer au chemin de fer 1 200 000 tonnes de minerai extrait régulièrement toute l’année de la mine de Kirunavara pour être transporté à Narvik. La nature du gisement facilite singulièrement l’extraction d’un pareil tonnage : de chaque côté d’un petit lac (lac de Luossojarvi, lig. 2) s’élèvent les deux montagnes de Kirunavara et de Luossovara ; toutes deux sont entièrement constituées de minerai de fer absolument compact : l’extraction consiste à démolir la montagne. On a calculé qu’on pourrait ainsi extraire 235 millions de tonnes de minerai sans descendre j au-dessous du niveau du lac, ce qui permettrait de maintenir la production actuelle pendant près de deux siècles? Ensuite, chaque mètre d’approfondissement donnerait de 1 000 000 1/2 à 2 000 000 de tonnes.
- Actuellement on n’a attaqué que la montagne de Kirunavara : le minerai est abattu à la dynamite, et l’explosif est chargé dans des trous longs de 5 à 6 mètres creusés au moyen de perforatrices à air comprimé. On fait sauter les mines trois fois par jour : pendant qu’un ouvrier allume les mèches, les autres vont se garer derrière des palissades qui ne les abritent que médiocrement, car les explosions
- les couvrent d’une grêle de projectiles de toutes grosseurs : avec des procédés aussi rudimentaires, des accidents sont à craindre, et de nombreux brancards sont disposés derrière les palissades soi-disant protectrices pour recueillir les blessés !
- En été, celte exploitation se prolonge fort tard, à la lueur du soleil de minuit. En hiver, l’extraction n’est pas interrompue parce qu’il faut assurer un tralic régulier au chemin de 1er ; les ouvriers travaillent alors en sê frayant des tranchées dans la neige, à la lueur de grands arcs électriques remplaçant le soleil disparu : comme la mine ne se trouve qu’à une latitude d’environ 68°, la nuit polaire ne
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- j s’y fait pas sentir longtemps et n’est jamais absolument complète. Néanmoins on conçoit que les conditions très dures de ce travail justifient des salaires exceptionnels.
- Le minerai abattu sur la montagne est descendu par de grands plans inclinés à la gare du lac de Luossojarvi, où il est chargé dans des wagons à trémies métalliques que l’on forme en trains complets à destination du port de Narvik.
- Ce port a été construit de 1899 à 190-2 à l’emplacement du village de Yictoriahavn (qui a pris depuis lors le nom de Narvik) au fond de l’Olotenfjord : ce dernier forme le prolongement de l’immense Yesl-Ijord qui s’ouvre entre les îles Loloten et la côte nor-
- " Jjigrir suivie- par la "Lappla nd-Express ”
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- 'H RISTI AMIAf
- A G N E J
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- végienne, en l'ace du village de Lüdingen, station postale où s’arrêtent les bateaux allant de Trondhjem à Tromso, Hammerfest, ou au cap Nord.
- La ville de Narvik s’est constituée par l’addition au village de Yictoriahavn de deux quartiers nouveaux bâtis avec la plus grande rapidité : le premier est un quartier commerçant et industriel avec grands hôtels, et renferme de belles constructions en pierre;
- l’autre est le quartier ouvrier bâti exclusivement en bois : ces deux quartiers sont séparés par les voies reliant la gare de Narvik aux installations du port. Ces dernières comportent : une eslacade pour la mise en stock des minerais, une gare de triage, une estacade à charbon, deux estacades pour le chargement des minerais dans les bateaux, des ateliers de constructions mécaniques, les ateliers du chemin de fer, etc.
- Les trains de minerais sont dirigés sur la gare de triage où ils sont repris par les locomotives de la Compagnie Kirunavara-Luossovara.
- De là, ils sont dirigés soit sur l’es-tacade de mise en stock, soit sur les estacades de chargement.
- L’estacade de mise en stock est à la cote de 42m,50 au-dessus des eaux du fjord : les wagons sont vidés (en ouvrant les portes placées au fond de leur caisse métallique) dans de grandes trémies en bois sous lesquelles viennent se placer des wagonnets : ceux-ci sont roulés à bras et déversés sur les tas.
- On a prévu l’emplacement d’un stock de 200 000 tonnes : c’est qu’en effet le débit de la voie ferrée est continu, tandis que le chargement des bateaux est discontinu, bien que le port de Narvik possède, sur celui de Lulea, l’immense avantage de n’élre
- jamais bloqué par les glaces. Le minerai est repris au tas à un niveau inférieur et chargé dans des wagons identiques à ceux du transport, circulant sur des voies placées au même niveau que celles des estacades de chargement, à la cote de 22'“,50 au-dessus des eaux moyennes du ljord.
- Les wagons venant, soit de la reprise au tas, soit directement de Kirunavara, sont conduits sur les estacades de chargement où ils sont vidés dans d’immenses trémies en planches.
- La première estacade lut construite à la hàle pour permettre de charger le minerai en bateau dès l’achèvement de la voie ferrée : elle ne possède qu’un seul groupe de trémies et ne permet de charger qu'un seul bateau.
- On a depuis entrepris la construction d’une nouvelle estacade en charpente sur soubassement en maçonnerie pour charger latéralement deux bateaux pouvant jauger 10 000 tonneaux chacun.
- Cette estacade est longue de 545 mètres et renferme 6 ou 7 groupes de 5 trémies chacun : ces trémies ont leur fond à des cotes différentes, de façon à pouvoir charger à des hauteurs variées : le minerai est conduit de ces trémies aux bateaux par des couloirs en tôle que l’on peut relever ou abaisser au moyen de petits moteurs électriques; comme ces couloirs sont équilibrés par des contrepoids, on n’a besoin
- que de moteurs microscopiques. Parallèlement à cette estacade régnera dans le fjord une grande digue qui abritera complètement les bateaux en chargement.
- Par le port de Narvik les minerais de Kirunavara sont acheminés vers l’Allemagne, l’Angleterre, et aussi la France. M. J.
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- LA NATURE.
- LE DIRIGEABLE « ITALIE »
- Les temps sonl*-ils révolus où l’architecture navale aérienne possède des règles assez sûres pour que chacun puisse construire son dirigeable? 11 serait sans doute prématuré de l’affirmer.
- Les tentatives de ce genre sont encore rares, en tout cas, et cela s’explique par la dépense qu’entraîne nécessairement une pareille construction. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’en ne s’écartant pas trop de certains principes mis hors de conteste, on peut établir un navire aérien sans grands risques de catastrophe : c’est déjà quelque chose. Si l’ingénieur y introduit, en outre, quelques dispositions nouvelles dont l’application s’affirme par des résultats favorables, la tentative est heureuse et mérite qu’on y insiste.
- C’est affaire à l’expérience, ensuite, et au temps, de déterminer ce qu’il
- gement de 5,89 diamètres, compatible avec la plus remarquable stabilité. Le volume total du dirigeable Italie est de 1208 mètres cubes. L’enveloppe est en
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du ballon.
- soie italienne vernie, taillée en fuseaux longitudinaux. On l’a métallisée à l’extérieur à la poudre d’aluminium qui lui donne un aspect argenté et diminue, parait-il, l'action de la lumière. 11 n’y a point de ballonnet à' air; mais ce n’est pas à dire pour cela qu’on ait renoncé à maintenir
- Fig. 2. — Le ballon plié.
- y a de bon dans ces premiers essais, pour fixer les règles encore mal assises d’une science encore rudimentaire.
- Parmi ces tentatives, il semble qu’on doive une mention spéciale au dirigeable récemment conçu en Italie par le comte Almerio da Schio, construit par l’équipe.des aérostiers militaires italiens et qui vient de faire ses premiers essais sous le ciel de la Vénétie.
- La carène légèrement dissymétrique, avec prépondérance à l’avant, affecte une forme cylindrique sur 10m,295 dans la partie centrale, avec un diamètre de 7m,944. La tête ressemble à l’ogive d’un obus ; sa longueur est de llm,052; et la pointe arrière, beaucoup plus effilée, mesure 16,n,408; ce qui donne à la carène une longueur totale de 57m,75. L’allongement n’est donc que de 4,75 diamètres, ce qui n’a rien d’excessif, puisqu’on a pu atteindre sur le Lebaudy un allon-
- la forme régulière et symétrique de la carène. Cette condition, nécessaire à la régularité de la marche aussi bien qu’à la stabilité, est seulement réalisée par un autre artifice, fort ingénieux d’ailleurs, dont l’idée première est due, assure-t-on, à II. Gilfard. Cet artifice consiste à rendre l’enveloppe elle-même élastique sur une partie de son développement tout au moins. On connaît déjà les ballons en caoutchouc
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- LA NATURE.
- employés par le professeur llergesell pour le sondage de l’atmosphère. Grâce à l’extensibilité de l’enveloppe, celle-ci cède ou se resserre suivant que la tension du gaz augmente ou diminue; elle reste toujours partout uniformément tendue et le ballon, plus ou moins gros, conserve constamment ainsi sa forme régulière.
- Sans doute, pour un grand dirigeable, on ne peut songer à construire l’enveloppe tout entière en caoutchouc; mais on y peut ménager, à la partie inférieure par exemple, un large fuseau élastique. Pour cela, deux coutures longitudinales, espacées de 0,42 m. au plus large, ont été renforcées et, dp l’une à l’autre, on a attaché 76 bandes de caoutchouc Para. Au moment du gonflement, près du sol, ces bandes sont mises en tension légère et l’étoile, au-dessus d’elles, Hotte et forme des plis à l’intérieur de la carène. Le ballon s’élève-t-il? Le gaz se dilate et, sous sa pression plus grande, les bandes de caoutchouc s’allongent, le volume du ballon s’accroît en proportion, tant que l'étoffe correspondante n’est pas tendue elle-même. On a l’idée de l’extension possible quand on sait que les bandes de caoutchouc peuvent s’allonger de 5 à 4 fois leur longueur primitive, sans excès de tension.
- Ce dispositif, dont nous avons vu une application antérieure à un petit ballon allongé devant servir de ballon-sonde, a sur le ballonnet le grand avantage d’ètre automatique et de ne point exiger la mise en œuvre d’un ventilateur dont l’action toujours lente est quelquefois précaire. Si cette sorte de souftlet répond aux espérances — et l’expérience peut seule le démontrer — on aura ainsi réalisé un notable progrès.
- La suspension de la nacelle se fait par l’intermédiaire d’une housse en colon verni, comme sur le ballon La France et contrairement aux dispositions adoptées depuis pour les ballons Santos-Dnmonl et Lebaudy. La housse présente certains avantages qui ne sont pas négligeables : elle constitue une véritable enveloppe de force et répartit plus également les efforts. Tout ce qu’il faut lui demander, c’est quelle n’augmente pas outre mesure les poids morts. Celle du dirigeable VItalie, pèse 55 kg, l’enveloppe h gaz pesant elle-même 205 kg.
- La housse couvre le ballon sur 27,49 m., et descend un peu en dessous de l’équateur, où elle reçoit de part et d’autre l’agrafe de 84 cordelettes de chanvre, réunies par groupes de six pour former les pattes d’oie des suspentes et des balancines qui constituent une suspension rigide du type J)upuy-de-Lôme, à raison de 22 suspentes et de 12 balancines obliques, en câbles d’acier, réparties sur les deux bords.
- La nacelle, située à 4 mètres en dessous de la carène, est une poutre armée en tubes d’aluminium, rendue indéformable par des tendeurs croisillonnés, en fil d’acier. Cette poutre se termine en pointes effilées ; sa section au plus fort est un carré de 1,20 m. de côté. Elle est revêtue d’une chemise d’étoffe ignifugée qui doit faciliter le glissement dans l’air, et présente en son centre un plancher sur lequel quatre aéronautes peuvent trouver place. Sa lon-
- gueur totale esl de 17,60 m. Un moteur de 12 chevaux actionne une hélice Tatin de 4,50 m. de diamètre, placée ù l’avant. À l’arrière, pour la direction, on a disposé un gouvernail vertical rectangulaire offrant une surface de 5,5 m. carrés, faisant suite à un plan vertical fixe, de forme triangulaire, destiné à amortir les embardées et le roulis.
- L’influence des plans horizontaux sur le tangage est aujourd’hui reconnue : le comte da Schio n’a pas négligé cet élément de stabilité longitudinale dont il s’est donné le bénéfice en disposant deux plans, mesurant chacun 10 mètres carrés, l’un au tiers avant, l’autre au tiers arrière du ballon. Ces plans, d’ailleurs, sont mobiles et susceptibles de prendre sur l’horizon une certaine inclinaison qui se traduira, pendant la marche, par une inclinaison correspondante du ballon lui-même, par suite de la réaction de l’air, et même par des variations de force ascensionnelle- capables de provoquer, sans perle de lest ni de gaz, des déplacements verticaux.
- Enfin, pour faciliter la manœuvre à terre, la nacelle est montée sur trois roues munies de pneumatiques, deux en avant, une à l’arrière, celle-ci d’un plus faible diamètre, de manière que le ballon, au repos, a une légère inclinaison et se présente la pointe relevée, prêt à s’élancer. Toutes ces dispositions sont parfaitement rationnelles et il ne reste plus qu’à attendre la sanction de l’expérience. Le dirigeable du comte da Schio, en effet, n’a fait encore que quelques sorties préliminaires — à peine des galops d’essai — contrariées par les inévitables incidents que comporte une aussi délicate mise au point.
- Le 17 juin 1905, son inventeur le faisait sortir à la corde, dans l’aérodrome de 4 hectares où il a construit le hangar de 50 mètres de longueur, 20 mètres de largeur et 17 mètres de hauteur libre qui sert de remise au dirigeable. L’hydrogène du gonflement avait été fabriqué sur place dans un des générateurs du parc militaire italien.
- Le 21 juin, piloté par le lieutenant du génie Cia-netti, le ballon tentait une ascension à 400 mètres d’altitude; mais, après quelques évolutions, et alors qu’il se dirigeait pour rentrer au hangar, il fut forcé d’atterrir à San Vito, par suite d’un accident au volant de direction; le voyage avait duré 35 minutes.
- De nouvelles expériences eurent lieu le 1er juillet devant la reine Marguerite, et les 5 et 4 juillet ; mais, l’hélice et le gouvernail s’étant faussés dans une descente rapide, le ballon fut dégonflé. Ce répit doit être mis à profit pour les améliorations reconnues nécessaires, et l’on doit notamment augmenter sensiblement la puissance du moteur. Pour une puissance de 12 chevaux et une surface de maître-bau de 49,56 mètres carrés, on ne disposait, en effet, dans ces premiers essais, que de 0,24 cheval par mètre carré de surface résistante, ce qui était incompatible avec une vitesse convenable, alors que le Lebaudy, pour atteindre 10 mètres à la seconde, dispose de 0,4 chevaux par mètre carré.
- Malgré les imperfections dont on trouve l’écho dans.
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- LA NATURE.
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- les comptes rendus du lieutenant Cianetti lui-même, on ne saurait méconnaître les mérites réels de celte tentative, à laquelle le roi Humbert, la reine mère et le gouvernement n’ont pas ménagé les encouragements elles subventions. Sans vouloir préjuger de ses résultats définitifs, on ne peut donc que souhaiter le succès des prochaines expe'riences auxquelles le dirigeable italien va donner lieu prochainement.
- Ll-colonel G. Espitallier.
- c{§T)sS,^n4$j
- LES ÉPOQUES DE LA PONTE
- des poissons de rivières
- Tous les ans, les diverses espèces de poissons vivant dans les rivières se livrent à la reproduction dans un ordre déterminé, la température de l’eau étant un des facteurs importants pour chaque espèce ou chaque groupe d’espèces, au moment de la ponte; cet ordre est immuable et à l’exemple des arbres fruitiers et autres qui fleurissent annuellement à des époques particulières, suivant les espèces d’arbres, et toujours dans le même ordre, les poissons ont adopté aussi des époques que l’on retrouve tous les ans à deux ou trois jours près sur le calendrier.
- Je ne donnerai ici que la série des poissons reproduisant en rivière, les poissons vivant dans les eaux dormantes, lacs, canaux, etc., ne se livrant pas à la repro-duction en même temps que ceux vivant en rivière. Cette observation importante n’est présentée ici que pour mémoire afin d’éviter les malentendus qui pourraient s’établir ; c’est un sujet, dont le cadre du présent travail ne permet pas le développement.
- Le premier poisson que l’on peut observer en rivière, au printemps, est la Perche (Perça fhiviaülis) qui dépose ses œufs aux environs du 15 avril, au moment où la température de l’eau marque -f- 1-4° à 15° centigrades; ce poisson fraye toujours la nuit et ses frayères, essentiellement curieuses, sont dissimulées avec un soin merveilleux pour déjouer l’attention de l’homme, surtout. Cette espèce dépose son chapelet d’œufs sur des herbiers qui commencent à pousser à cette époque de l’année et, au bout de trois ou quatre jours, celte frayère est enveloppée dans ces herbes comme dans un manteau protecteur, devenant de la sorte invisible : c’est le berceau de la future génération.
- La disposition particulière de la frayère de la perche est curieuse; elle consiste en un sac ouvert aux deux extrémités dont la largeur et la longueur varient suivant la dimension du poisson reproducteur ; l’assemblage des œufs consiste en des anneaux dont le diamètre égale à peu près celui de l’index humain ; chaque anneau comporte sept à neuf œufs reliés entre eux par un travail digne de fixer l’attention de la plus habile dentellière.
- 11 est difficile de fixer le nombre d’œuls que peut pondre un couple de cette espèce, ainsi d’ailleurs que pour les autres espèces, car il est subordonné à la taille des reproducteurs; je dirai simplement qu’il est considérable.. Il est aisé de concevoir qu’un poisson de 100 grammes ne peut pas pondre une quantité d’œufs égale à celle d’un poisson pesant 2 kilogrammes ou plus; le nombre d’œufs correspond donc au poids de chaque sujet reproducteur, le volume de l’œuf restant toujours le même chez un reproducteur de petite taille comme chez celui de grande taille.
- A partir de cette époque, la température tend à se réchauffer de jour en jour, sous l’action du soleil qui
- monte au zénilh et le mouvement de notre planète en marche vers les beaux jours; dans cet état, la température de l’eau s’élève, mais non parallèlement à celle de l’atmosphère; vers le 25 mai, la température de l’eau atteint -(- 17° centigrades. C’est alors que nous assistons à la reproduction de deux autres espèces : la Brème (.Abramis brama) elle Gardon (Le-ucitseus rutilus).
- C’est le deuxième groupe qui fraye pendant la période du printemps et parmi toutes les espèces de nos poissons de rivières, ce sont les plus faciles à observer; ce sont, en effet, les seules qui laissent l’homme porter ses investigations dans leurs actes, et cela pendant environ cinq à six jours consécutifs ; pendant ce temps, ces poissons réunis jouissent d’une activité sans égale; les couleurs dont ils sont revêtus et dont ils brillent dans leurs ébats les font considérer comme des objets métalliques mus par des fils électriques.
- Nous voici à une époque de l’année où la nature entière renaît, s’apprête à sa production puissante et, dans ce réveil de l’abondance future, se trouve compris celui des poissons qui reproduisent pendant les beaux et longs jours de l’année; la température de l’eau continue à monter et lorsqu’elle marque 18°,5, vers le 10 juin ou un peu plus tôt, deux nouvelles espèces viennent se livrer à la reproduction; ce sont : la Carpe (Cyprmus carpio) et le Jîotengle (Scaràinius eryihrophlalmus).
- Lorsqu’on a la chance de se trouver au bord de l’eau le jour du frai de la carpe, c’est un coup d’œil curieux lorsque ce poisson est abondant. Sur une étendue de plusieurs kilomètres la nature est imprégnée du bruit que font les reproducteurs et la rivière est agitée, comme si la fièvre lui était communiquée. Cet état de choses se produit vraisemblablement dans toute l’étendue d’un cours d’eau, car si l’on relève la température de l’eau en deux points espacés de 75 à 100 lieues, cette température est exactement la même; les mêmes causes produisent certainement les mêmes efiels dans le cas qui occupe ici l’attention.
- Je viens de considérer trois groupes de poissons reproduisant successivement aux températures indiquées; le dernier groupe avec celui qui va suivre constituent les groupes les plus importants; c’est, en résumé, la période de reproduction annuelle la plus active qu’il soit possible d’envisager, tant au point de vue du nombre que de la valeur des espèces qui y prennent part. Après le dépôt des œufs effectué par les deux dernières espèces mentionnées, la température de l’eau s’élève toujours et monte successivement de -j- 19° à -f- 22° centigrades; les espèces qu’on peut alors examiner et qui se livrent à la reproduction pendant le cours de l’ascension de cette température, sont :
- Le Chevaine, du 20 juin au 30 juin + 19°
- Le Barbeau, du 25 5 juillet 4- 20°
- Le Goujon, du lGr — 10 juillet + 22°
- La Tanche, id. id. + 22»
- L’Ablette, id. id. -f 22»
- La Bouvière, id. id. + 22o
- La liste ci-dessus (ainsi que les précédentes), n’est pas une liste définitive ; elle peut être modifiée par l’adjonction de quelque nouvelle espèce devant figurer dans un de ces groupes, chaque année apportant quelque fait nouveau. On comprendra l’importance de ces recherches, car, comme il est utile de prendre des mesures de protection pour la conservation de nos richesses aquicoles, il est urgent que ces mesures soient appliquées en raison des connaissauces acquises sur le sujet et dont le besoin est manifeste : ces connaissances forment la base même de la science de l’aquiculture. IL Huet.
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- LA NATURE.
- L’ALIGNEMENT DU TUNNEL DU SIMPLON
- Pendant les mois qui précédèrent la conjonction des deux équipes dans le tunnel du Simplon, l’attention resta fixée, avec une anxiété croissante, sur les difficultés techniques extraordinaires du percement; aussi, lorsque la nouvelle de la rencontre se répandit, on ne fut pas d’abord frappé par une circonstance fort heureuse de cette rencontre, la remarquable précision avec laquelle elle s’était opérée. Après ce parcours total de près de 20 kilomètres dans la montagne, les deux axes tracés par les extrémités du tunnel se sont rencontrés à 2 centimètres près, quantité si petite qu’on est obligé d’admettre qu’un peu d’heureuse chance est venue seconder le travail, si précis soit-il, des géodésiens et des ingénieurs. Mais la chance ne favorise que ceux qui lui viennent en aide; et, pour qui a étudié avec détail le grand travail préparatoire du percement, une telle chance était le couronnement bien dû à des efforts admirablement dirigés.
- M. le professeur Rosenmund, qui, à l’époque de ces travaux, était ingénieur au Bureau topographique fédéral, a publié, dès avant l’achèvement du tunnel, le détail des mesures effectuées par ses soins, et c’est de son rapport que nous allons extraire les quelques indications qui suivent.
- Le tunnel traverse, comme on sait, le puissant massif des Alpes valaisannes (voy. carte), en un point dont
- le sommet culminant, situé très près du plan vertical qui contient l’axe du tunnel, est le Monte-Leone, dont l’altitude est de 3561 mètres. D’autres sommets de moindre importance sont bien visibles de ce point culminant, mais les abords des extrémités du tunnel lui sont cachés par les pentes raides par lesquelles la montagne s’élève de la vallée du Rhône et du Val di Yedro que parcourt la Diveria. C’est donc seulement par une série de triangles échafaudés que le Monte-Leone, centre de toutes les opérations trigonométriques, pouvait être atteint de chaque côté, et l’ensemble de toute l’opérai ion nécessitait la constitution d’un réseau enchevêtré.
- Une petite difficulté supplémentaire s’ajoutait à celles qui viennent d’être indiquées; la configuration des vallées au débouché du tunnel exigeait que la dernière partie en fût courbe, sur une longueur de 135 mètres au nord, et de 264 mètres au sud. Débuter par une courbe, dans des opérations géodé-siques de cette importance, eût été les compromettre sérieusement ; c’est pourquoi, à la demande des géomètres, l’entreprise du tunnel n’hésita pas à commencer par percer droit, quitte à doubler ensuite cette galerie provisoire par les tronçons infléchis. Aux deux extrémités, de l’autre côté du Rhône et de la Diveria, on commença par installer des piliers qui purent, tour à tour, servir à porter des
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- LA NATURE.
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- théodolites ou constituer des points de mire pour les autres stations ; puis on installa, dans l’alignement de ces piliers, de petits observatoires permanents. Enfin, tous les sommets des triangles furent marqués par des piliers semblables.
- Les mires étaient constituées par des cônes métalliques montés sur des tubes de fer, placés dans l’axe des piliers. Lorsqu’on travaillait sur un sommet, le trou cylindrique pratiqué dans le pilier servait au centrage de l’instrument.
- La figure 2 montre l’installation au sommet du Monte-Leone, où la vue de l’admirable circuit des montagnes voisines était, pour les observateurs et leurs compagnons de-travail, une juste ré-
- compense des fatigues endurées dans le transport du matériel de construction et des instruments sur cette cime inhospitalière.
- Dans la montagne, on doit compter avec les petits accidents imprévus ; ainsi à peine l’équipe des mesures était-elle installée au Monte-Leone qu’une bourrasque abattit le parasol, celui-ci entraîna le théodolite, qui, heureusement, resta suspendu dans les cordages ; mais la lunette et le niveau roulèrent dans un précipice et furent perdus. Cependant, le travail ne subit qu’un jour d’interruption, le Bureau topographique fédéral ayant pu, dans ce délai très court, faire parvenir un deuxième instrument aux observateurs. La mesure même des angles n’a présenté
- Fig. 2. — Installation du théodolite au signal du Monte-Leone.
- aucune particularité digne de remarque, sinon que, pour assurer à l’ensemble la plus haute précision possible, on a employé la méthode, qui tend à se répandre en géodésie, consistant à mesurer isolément la distance angulaire de tous les signaux visibles deux à deux, au lieu de faire des tours d’horizon, ou d’opérer par rapport à une direction fixe. Ce procédé a l’avantage de donner au travail une parfaite symétrie, de multiplier les contrôles, en ajoutant à ces conditions théoriques la possibilité pratique, précieuse en montagne, de mesurer l’angle de deux sommets momentanément visibles et bien éclairés, même si une partie de l’horizon est cachée par des nuages, ou si la visée est rendue incertaine par des ombres latérales.
- C’est au calcul final d’une triangulation qu’on en
- reconnaît la qualité; la somme des trois angles d un triangle, mesurés isolément, devrait être égale à deux droits. En fait, elle ne l’est jamais, et le petit excès, positif ou négatif, de la somme des angles mesurés pour un même triangle, est ce qu’on nomme Y erreur de fermeture. Dans une triangulation de premier ordre, on admet que l’erreur de fermeture d’un bon triangle ne doit pas dépasser beaucoup une seconde sexagésimale. Aussi le professeur Rosenmund put-il penser un instant que ses mesures étaient de très médiocre exactitude lorsqu’il reconnut que ses erreurs de fermeture étaient en général assez fortes, et que l’une d’entre elles dépassait un peu huit secondes d’arc, tandis que dix autres étaient supérieures à quatre secondes. De telles erreurs étaient d’autant plus inadmissibles que
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- LA NATURE.
- l’ensemble des visées autour d’un môme point se fermait en moyenne à une seconde près, et il était tout indiqué de chercher une cause naturelle et générale à un contrôle final aussi peu satisfaisant. Or l’examen minutieux des erreurs montra que toutes les plus fortes se rapportaient à des triangles dont un au moins des côtés était fortement incliné, et la plus forte de toutes, à l'un des triangles extrêmes, dont le plan formait avec l’horizon un angle de 25°.
- La raison des mauvaises fermetures apparut alors bien nettement comme liée aux déviations de la verticale, très fortes au voisinage d’un puissant massif montagneux, et variables d’un point à un autre.
- 11 est facile de voir comment, dans les mesures au théodolite, les perturbations de la direction de la pesanteur peuvent influer sur la mesure des triangles dont le plan est incliné.
- La valeur de chacun des angles du triangle se déduit des mesures dans le sens horizontal et des variations d’inclinaison de la lunette, mesurées au cercle vertical. Or, ces dernières variations sont rapportées au niveau de l’instrument ; et, si les plans horizontaux locaux, c’est-à-dire les plans perpendiculaires à la direction locale de la pesanteur ne sont pas parallèles, la direction de départ de l’instrument est différente, et les conclusions tirées de l’inclinaison mesurée de la lunette sont erronées.
- 11 restait, pour rectifier les données des mesures, à évaluer les erreurs dues aux déviations de la verticale. Dans ce but, on calcula, pour chacune des stations, l’action des masses montagneuses voisines, en les décomposant en cubes de plus en plus gros à mesure que les masses considérées étaient plus distantes de la station. Et, lorsque toutes les corrections eurent ainsi été faites, il resta dans toutes les mesures une seule erreur de fermeture encore un peu forte de 5", tandis que l’erreur moyenne passait de 3",1 à 1",7. C’eût encore été un peu trop pour une triangulation de premier ordre faite en plaine; mais l’amélioration du réseau montra du moins que la correction était parfaitement justifiée ; l’action des masses voisines avait seulement été, semble-t-il, un peu sous-évaluée.
- Nous pouvons maintenant passer rapidement sur le reste du travail. Dans chaque observatoire, on repéra la direction du tunnel, déduite de l’ensemble du réseau, par rapport à trois directions marquées par des mires. On plaça, en plus, une mire dans le plan vertical du tunnel, et on n’eut plus, au moins dans les amorces du percement, qu’à définir la position de mires lumineuses placées dans les galeries.
- Lorsque le front d’attaque s’éloigna beaucoup des extrémités, on dut prolonger la ligne par des visées faites dans le tunnel lui-même, en particulier parce que la pente donnée à la galerie pour l’écoulement des eaux étant constante dans chaque moitié, le sol constituait ainsi une ligne de même courbure que les surfaces naturelles de niveau. Aussi, après un certain parcours, la ligne de visée se trouvait coupée par le sol et le plafond de la galerie.
- Ce travail, couronné d'un plein succès, est intéressant non seulement pour la technique de l’alignement des tunnels, mais aussi pour la géodésie en général. D’ailleurs, la Commission géodésique suisse a profité de celle occasion unique pour entreprendre, à l’intérieur même du tunnel, des études diverses, qui constituent déjà, et constitueront plus encore, lorsqu’elles seront achevées, un ensemble important et parfaitement bien coordonné de résultats dont la science de la mesure de la Terre tirera un réel profit. Ch.-En. Guillaume.
- LA PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- Procédé de MM. Lumière
- Il y a plus d’un an que nous avons indiqué ici le nouveau procédé imaginé par MM. Lumière pour obtenir d’un seul coup une photographie reproduisant toutes les couleurs du modèle 1.
- Depuis cette époque aucune communication n’a été faite à ce sujet et on ne trouve pas encore les nouvelles plaques dans le commerce ; aussi beaucoup ont-ils douté de la réalité de la découverte et ont-ils pensé qu’il s’agissait encore d’uue plaisanterie dans le genre de celles qui reviennent de temps en temps décourager les photographes trop crédules ; le nom seul des inventeurs aurait cependant dû les rassurer à cet égard.
- A la suite d’un récent voyage à Lyon nous pensons répondre au désir de tous ceux de nos lecteurs qui s’occupent de photographie en leur indiquant où en est cette invention. Nous avons pu voir, tant en stéréoscopie, qu’en clichés de projections et même en 15x18, une quarantaine de paysages, scènes d’intérieur, portraits, instantanés dans la rue, qui sont merveilleusement réussis à tous les points de vue. Seulement, jusqu’à présent, M. Louis Lumière est le seul qui prépare les plaques, à la main, une à une; il est le seul aussi qui les impressionne et les développe.
- Ce n’est pas qu’il s’agisse d’ingrédients secrets, de paroles cabalistiques à prononcer! tout est parfaitement scientifique et il n’y a rien de mystérieux. Mais le procédé de fabrication est fort délicat puisque, on s’en souvient, il consiste à placer par millimètre carré, les uns à côté des autres, environ dix mille petits grains diversement colorés. On ne les prend pas un à un, bien entendu! c’est au moyen d’un blaireau, promené sur une surface poisseuse, qu’on étend cette poussière multicolore; ou plutôt tricolore, puisque d’après la théorie, confirmée par la pratique, le rouge-orangé, le vert, et le bleu-violet suffisent pour reproduire toutes les couleurs de la nature. 11 faut ensuite isoler cette couche au moyen d’un vernis, pour la protéger contre l’action des bains ; puis la recouvrir enfin d’une émulsion panchromatique, c’est-à-dire donnant, par développement, de l’argent réduit à tous les endroits touchés par un rayon lumineux, quelle que soit sa coloration. Toutes ce s questions, et bien d’autres trop longues à énumérer, étaient résolues, au laboratoire, lorsque MM. Lumière firent leur communication à l’Académie des sciences ; mais il y avait encore à travailler pour rendre la chose pratique, et on s’explique que de longs mois aient pu s’écouler avant de pouvoir opérer à coup sûr.
- 1 Aroy. n° 1629, du 13 août 1904, p. 170.
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- LA NATURE.
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- Maintenant, comme nous avons pu le constater, M. Louis Lumière est absolument maître du procédé; il obtient, en une seconde, de fort jolis tableaux ; mais il veut que chacun puisse en faire autant, sans trop de peine et à un prix très abordable. Pour cela il faut rendre le procédé industriel: Pélendage de la poussière colorée, des vernis qui la reçoivent et la recouvrent, doit se faire mécaniquement; on a cet avantage que l’opération se fait en plein jour et peut être facilement surveillée. Mais que de projets de machines il a fallu faire, essayer, modifier, abandonner même, avant d’arriver au modèle définitif! Si les travaux de la nouvelle usine sont maintenant assez avancés, ils ne sont pas encore terminés au point de vue mécanique et on ne peut fixer l’époque où les nouvelles plaques seront offerles au public.
- Les inventeurs veulent que la réussite soit certaine pour tout amateur sachant travailler; le procédé ne sera jamais à la portée des gâcheurs, qui pressent le bouton et laissent faire le reste à un entrepreneur quelconque. Il est desliné aux gens sérieux, travaillant posément et se rendant à peu près compte de ce qui se passe dans la chambre noire et dans les bains qu’ils utilisent.
- Jusqu’à présent il faudra se contenter d’une épreuve unique, sur verre, destinée à être vue par transparence; on pourra probablement en avoir des copies au moyen de la chambre noire, mais pas au châssis-presse comme on l’avait pensé tout d’abord.
- En somme, pour ceux qui voudront se donner la peine de bien étudier un tableau, de le composer convenablement en employant les objectifs nécessaires à une perspective exacte, c’est donner plus de valeur à leur œuvre que la rendre unique. Cela nous reposera un peu de ces milliers d’instantanés dont le peu d’intérêt ne justifie pas toujours la mauvaise exécution. Nous ne prétendrons jamais que la photographie en couleurs remplacera la peinture ; mais nous pensons qu’elle sera un art à part, qui pourra bien un jour prendre une place très honorable à côté des Beaux-Arts. G. Mareschal.
- La première traversée
- DU PASSAGE DU NORD=OUEST
- Dans le n° 1698 (9 décembre 1905) nous avons fait connaître les principaux épisodes du voyage accompli par le capitaine norvégien Àmundsen à travers l’archipel polaire américain, et qui avait pour but ultime la traversée du Passage du Nord-Ouest. •
- Depuis, un télégramme a confirmé l’importance considérable de cette exploration, et, en même temps, la justesse des craintes que nous exprimions au sujet de la possibilité d’achever, l’été dernier, cette grandiose entreprise en raison de l’abondance des glaces dans la mer de Beaufort.
- En effet, le 15 août dernier, le Gjôa, le navire de l’expédition, réussissait à sortir de l’étau glaciaire qui le retenait prisonnier sur la côte Sud de la Teri'e du Roi-Guillaume, et par le dédale des canaux qui séparent les terres Victoria et Wollaston du continent américain — détroits Dease, Coronation, Dolphin et Union — parvenait à la mer de Beaufort. Là, à la place des eaux relativement libres que renferme ordinairement cette partie de l’océan Arctique, Amundsen trouva d’épaisses banquises.
- Ges masses de glace ont empêché l’expédition norvégienne d’atteindre le détroit de Behring, et l’ont obligée à hiverner près de Kings Point, près de l’embouchure du Mackenzie. Amundsen n’a donc pu, comme il l’espé-
- rait et comme il était en droit de l’espérer, achever l’été dernier le Passage du Nord-Ouest. Mais ce n’est que partie remise. Sur les 750 milles marins que comporte cette traversée, 600 ont été franchis et les 150 autres le seront certainement sans aucune difficulté l’été prochain. Au moment de loucher le but, Amundsen a été arrêté par un de ces incidents contraires de navigation si fréquents dans l’océan Arctique, tout comme en 187!) la Vega fut bloquée par les glaces, au moment où elle allait atteindre le détroit de Behring et terminer le Passage du Nord-Est. Aussi bien, est-il permis de dire dès maintenant que l’expédition norvégienne a effectué, virtuellement, le Passage du Nord-Ouest qui, jamais auparavant, n’avait été franchi par un navire.
- Ce n’est pas le seul titre qu’Amundsen ait à la reconnaissance des géographes. De son havre d’hivernage situé sur la côte Sud de la terre du Roi-Guillaume, il a, au printemps 1905, accompli divers raids vers le Nord et relevé les contours de celte région jusqu’au 72° 10' de lat. N.
- Ces renseignements proviennent d’un télégramme envoyé par Amundsen lui-même. Une fois le navire installé dans ses quartiers d’hiver, le chef de l’expédition, parti sur un traîneau tiré par des chiens, a réussi, après un difficile voyage de cinq semaines, à atteindre sur le Yukonle poste américain de Fort Egbert, près Eagle City, d’où il a envoyé à Nansen un rapport préliminaire sur son expédition.
- Ajoutons que les journaux norvégiens prêtent à Amundsen le projet de revenir en Europe par le Passage du Nord-Est, et d’accomplir ainsi la circumnavigation de la calotte arctique. Il est certain, en tout cas, qu’une coquille de noix de 47 tonnes, comme le Gjüa, pourrait difficilement affronter les mers terribles qu’elle serait exposée à rencontrer dans le voyage de retour par le cap Horn.
- Charles Rabot.
- L’AUTOMOBILE MILITAIRE
- C’est une application qui n’est encore réalisée qu’à litre d’essai; mais on s’en préoccupe vivement, et un capitaine anglais, M. Paynter, vient d’étudier minutieusement les caractéristiques que doit présenter, d’après lui, la voiture mécanique militaire. Elle serait disposée pour porter quatre personnes en plus du mécanicien (car nous n’en sommes pas encore aux véhicules transportant des soldats en nombre) ; elle devrait pouvoir atteindre jusqu’à une allure de 65 km à l’heure. Le véhicule aurait, en outre, à posséder un treuil pouvant être mû par le moteur afin de haler la voiture et de la monter dans les passages où les roues ne suffiraient plus à la tâche. Il faudrait enfin que tout le mécanisme fût un peu plus haut qu’on ne l’établit actuellement afin de pouvoir traverser sans inconvénients des mares ou des gués en rivières, et aussi de circuler sans danger dans des champs coupés par des sillons ou des petits fossés.
- EMPLOI DES ARBRES
- comme antennes réceptrices pour les ondes hertziennes
- Au cours des nombreuses expériences qui ont précédé l’installation définitive des trois postes de T. S. F. fonctionnant en Indo-Chine (Hanoï-Phu-Lien et Hongay) nous avions, comme d’ailleurs tous les autres spécialistes, remarqué rinlluence néfaste des
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- LA NATURE.
- Fig. 1. — Mirador do l’ancienne citadelle de Hué, actuellement direction des services de la télégraphie militaire.
- forêts, lorsqu’elles sont placées sur le trajet des ondes électriques : la portée se trouve notablement réduite. Cet effet s’accentue encore avec l’emploi d’antennes horizontales : ainsi la portée efficace avec 550 watts au primaire du transformateur atteint 45 kilomètres en terrain découvert — tonalité 214 mètres — le poste correspondant recevant sur une antenne verticale de 35 mètres de hauteur; avec interposition entre les 2 postes de villages comportant des haies de bambous très élevés, cette portée est réduite à 30 kilomètres environ, pour une même énergie électrique au primaire.
- 11 était donc intéressant de se rendre compte si les arbres pouvaient être utilisés dans la réception des radiotélégrammes. Après des essais laborieux, nous sommes parvenus à obtenir de bons résultats par l’emploi d’un détecteur électrolytique, système Telefunken, d’une régularité et d’une sensibilité absolument remarquables. L’appareil était disposé suivant la figure 1.
- La fiche réceptrice F est terminée par une pointe qu’on enfonce en des points différents de la périphérie du tronc de l’arbre choisi jusqu'à ce que le son perçu au téléphone soit maximum.
- Ce maximum est atteint lorsque la fiche est placée sur le trajet de l’un des canaux linéaires qui conduisent les matières nutritives des racines aux branches correspondantes de la couronne de l’arbre.
- On peut déceler facilement l’existence de ces faisceaux de fibres en plongeant une ou plusieurs racines dans un récipient contenant un liquide colorant : au bout de vingt-quatre à trente-six heures, si on enlève l’écorce, on constate sur le tronc l’existence de rayures ayant la même couleur que celle de la solution employée et allant des racines soumises à l’expérience vers des branches déterminées. Ces canaux linéaires sont remarquables par le peu de résistance qu’ils opposent au passage du courant électrique, par rapport aux parties voisines du tronc. Il faudra donc, pour obtenir les effets les plus
- favorables, placer la fiche du détecteur sur le chemin conducteur de sève allant d’une racine à sa branche correspondante. Ces sections de l’arbre se reconnaissent souvent par des parties bosselées qui vont du sol à la partie supérieure de l’arbre.
- Avec ce dispositif, nous avons pu obtenir une excellente communication entre le poste de T. S. F. de la concession (lig. 2, n° I ) et un arbre de 12 mètres de hauteur (lig. 2, n° 2). Distance franchie, 5 kilomètres avec traversée de la ville de Hanoï et interpositions de nombreuses canalisations électriques et de constructions très élevées formant écran ; l’énergie au primaire du transformateur atteignait à peine 70 watts. Des expériences de communications à grandes portées seront entreprises dès que nous disposerons d’un appareil, actuellement en construction, destiné à donner par simple lecture la valeur de la résistance électrique de chaque espèce d’arbre. Capitaine J. Feri,
- Chef de service de la télégraphie M", on Indo-Chine.
- Fig. 2.
- 1. Poste de transmission. — 2. Eu cartouche, arbre récepteur.
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- LA CONDUITE D’EAU DE COOLGARDIE
- Dans Ja région aurifère de Coolgardic et de Kalgoorlie, en Australie occidentale, se rencontrent des richesses minérales qui ont attiré l’immigration, et qui n'ont cessé de l’attirer de plus en plus, depuis des années, lors du moment de la découverte des champs d’or en 1802. Et pourtant on se trouve dans un véritable pays désertique où la chute de pluie annuelle ne dépasse pas 190 millimètres, alors qu’une température excessive produit une évaporation de plus de 2 m. ; les sources et les cours d’eau iont naturellement défaut, et on ne peut guère songer à tirer profit d’une nappe aquifère souterraine, car les puits artésiens forés n’ont donné qu’un débit ridiculement faible. Néanmoins la population est très nombreuse sur les champs d’or, et l’on sait
- que tous les traitements des roches aurifères nécessitent de l’eau en assez grande abondance. La situation était d’autant plus difficile, aux débuts de l’exploitation des mines, que la voie ferrée venant de la côte (et qui aurait pu servir à apporter de l’eau) s’arrêtait bien loin de Coolgardie, à Southern Cross; on distillait l’eau fournie par des puits salés, mais sa teneur en sels était si considérable qu’elle entraînait une déperdition d’or très sensible. Lorsque la voie ferrée atteignit Coolgardie, en d 894, la difficulté fut loin d’être vaincue : l’administration du chemin de 1er ne pouvait pas se procurer facilement l’eau qui était même nécessaire à son exploitation, et cependant elle arrivait à dépenser quotidiennement 25 000 francs au moins de ce chef par journée d’été.
- Fig. 1. — Barrage de la rivière Helena.
- Aussi, depuis 1895, a-t-on cherché à résoudre le problème, en recourant à une gigantesque conduite où des pompes comprimeraient, jusqu’à Kalgoorlie, l’eau empruntée à des rivières voisines de la côle. L’étude du projet fut confiée à M. l’ingénieur en chef C. Y. O’Connor, qui proposa finalement d’avoir recours à la rivière Helena : celle-ci coule près de Mundaring, dans la chaîne de montagnes Darling, à une trentaine de kilomètres de Perth. Le projet fut approuvé en 1898, et l’on fit grandement les choses, puisqu’on décida de porter à 22 600 000 litres le volume d’eau qui devait être envoyé quotidiennement dans la conduite, au lieu des 51/2 millions dont on avait parlé d’abord. C’est ce vaste plan et celte immense canalisation qui ont été exécutés, et qui assurent aujourd’hui dans d’excellentes conditions l’alimentation d’eau des champs d’or, et aussi de toute la bande de terrain comprise entre Perth, ou du moins de la région côtière, et Kalgoorlie.
- Grâce à un barrage établi en travers de la vallée de la rivière Helena, on a pu former un énorme réservoir : le barrage est lui-même de belles proportions, puisqu’il n’a pas moins de 251 m. de long; les fondations en ont été descendues à plus de 50 m. au-dessous du sol naturel, au milieu de difficultés sérieuses. Il est tout en béton, avec une épaisseur de 56,50 m. à la base et de 4,58 m. au sommet. Le bassin de retenue ainsi constitué a une longueur de 15 km environ, et, une fois plein, il contient un volume de plus de 20 millions de mètres cubes d’une eau qu’on dit être excellente. Mais le plus difficile était d’envoyer régulièrement, et l’on peut dire constamment, cette eau, jusqu’aux Champs d’or, qui se trouvent à une distance de plus de 550 km. 11 va de soi qu’il ne fallait pas songer à se contenter de la gravité pour amener l’eau jusqu’au bout de la canalisation, d’autant que la prise d’eau doit se faire souvent à moins de 100 m. au-dessus du niveau de
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- la mer, alors que le réservoir extrême où s’accumule l’eau, avant d’être définitivement livrée à la consommation, est à 440 m. 11 fallait une élévation mécanique, et môme des usines élévatoires multipliées, pour répondre à cette dilïérence de niveau et surtout à la perte de charge sur un si long parcours.
- Les usines élévatoires sont au nombre de huit, ce qui partage par suite la canalisation en 0 sections ;
- disons tout de suite1 que cette canalisation suit d’assez près la ligne ferrée de Perlh, ou plus exactement de Freemantle à Kalgoorlie, ce qui a eu et présente normalement des avantages multiples. Les quatre premières usines donnent une mise en charge d’un peu plus de 157 m., pour satisfaire à la diiïé-renee de niveau et à la perte de charge; les autres donnent seulement la moitié. La première usine est
- Ki I omètnes
- NORD
- StnitliernCi'oss
- Réservoirs
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- Réservoir
- Cooloai'die
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- Fig. 2. — Carie du parcours de la conduite d’eau.
- tout à coté du bassin réservoir, tandis que la deuxième est seulement à 2 km et demi plus loin, faisant son aspiration dans un réservoir intermédiaire créé à hauteur convenable. La troisième usine, qui est à 122 km de la deuxième, aspire également dans un réservoir ; les autres sections ont des longueurs respectives de 101, 52,74, 51,72, 5o et 58 km. La vitesse de l’eau dans la conduite est d’à peu près 0,05 m. à la seconde; la perte totale de charge atteint 576 m. Nous ne dirons que quelques mots des usines : les pompes ont été fournies par la maison Simpson, de Londres, et par la maison Worlhington ; il faut, pour assurer le service, une puissance totale de 6200 chevaux, dont 2500 environ demeurent comme réserve.
- Quelques détails sur la conduiLe môme s’imposent. Elle est tout en acier, et d’un diamètre intérieur de 0,762 m. ; les tuyaux employés, qui ont été fabriqués en Australie môme, par la maison Mephan-Ferguson, sont d’un type assez spécial. Ils sont faits de deux demi-cylindres, réunis suivant une génératrice par une baguette rainurée qui serre les deux bords des tôles et empêche les fuites. L’épaisseur de cette canalisation est, suivant le cas, de 6 à 8 millimètres. On arrivait à poser 56 km de tuyaux par mois ; la canalisation entière représente un poids énorme de 76 000 tonnes de métal. Des précautions spéciales ont été prises pour la préserver de la rouille : les éléments de cette conduite ont été trempés dans un bain composé par parties égales d’asphalte et de goudron de houille, et employé à chaud.
- Là où les tuyaux n’ont pas été placés en tranchée, parce que l’on redoutait l’action des eaux salées imprégnant le sol, on les a montés sur une charpente en bois en les abritant sous une sorte de toit fait de tôle ondulée.
- Avant de finir, ajoutons que l'eau, en arrivant à
- l’extrémité de la conduite, s’emmagasine dans un immense réservoir fait de béton armé et d’une contenance de 55 millions de litres. L’installation tout entière n’a pas coûté moins de 7 millions de francs, et l’eau doit se vendre en moyenne 1,60 fr. le mètre cube. Mais il faut songer qu’elle s’est vendue jadis jusqu’à 90 fr. les 4500 litres 1
- Pierre de Mériee.
- CHRONIQUE
- Le calcium métallique. — M. J. Goodwin a étudié les propriétés et particularités du calcium métallique dans un récent n° du Journal oflhe American Chemical Sociely. Il a trouvé que ce métal a une densité spécifique de 1,54, ce qui permet de constater qu’il est bien plus léger que l’aluminium. A l’état dense,il peut être facilement forgé après chauffage entre 300 et 400° G., ce qui le rend mou comme du plomb. 11 a une ductilité considérable, et sa résistance à la traction est de 61000 kilogrammes à peu près par décimètre carré; enfin, au point de vue de la conductivité, sa résistance spécifique est seulement de 3,43 mierohms par centimètre cube. Si même on se plaçait au point de vue des poids, on trouverait que le calcium se classe immédiatement après le sodium.
- Puits artésiens américains. — Toute la partie méridionale du Dakota renferme une nappe souterraine considérable, qui est déjà mise à contribution au moyen de puits innombrables, et où la pression est assez élevée pour desservir les points les plus hauts pour ainsi dire du pays. A l’est du Missouri, on a foré au moins un millier de puits, et leur débit quotidien atteint 31 à 32 millions de litres. L’un d’entre eux, situé à Springfield, donne jusqu’à 14900 litres par jour : il sert du reste à fournir la puissance motrice à un moulin à farine dans la journée, et à une station électrique durant la nuit. Il y en a certains, à ce que dit Engineering, où la pression, au fond du forage, est de 49 kilogrammes à peu près par centimètre carré.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i5 janvier 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- La rëalilé des rayons N. — M. Mascarl expose que M. lilondlot, en vue de fournir une nouvelle preuve de l’existence des rayons N, a imaginé une expérience qu’il a ensuite fait répéter par trois autres savants dont MM. Mascarl et (1 ni Ion. line fente, percée dans un écran, donne passage à un faisceau de rayons N issus d’une lampe de Nernsl. Ce faisceau tombe sur un prisme d’aluminium au travers duquel il se réfracte, de telle sorte que les différents rayons sortent en divergeant et tombent sur une ligne qui peut être parcourue par un petit disque phosphorescent mobile dont on peut, à tout effet, repérer la position par rapport à une origine donnée. 11 fait usage, à cet effet, d’une machine à diviser dont la plate-forme reçoit suivant son axe le faisceau émergent; le disque recouvert de sulfure de calcium prend la place du bracelet, de telle sorte que ses déplacements se mesurent avec précision, au moyen du nombre de divisions tracées sur le tambour de la vis qui règle le déplacement du (racelet. 11 est clair que, par suite de la réfraction, le disque doit passer par des maxima et des minima d’éclat, selon qu’il se trouve dans la région intermédiaire entre deux rayons réfractés, ou sur le point d’incidence d’un rayon réfracté. Chacun des opérateurs a successivement et indépendamment noté une série de maxima et de minima dont les positions étaient lues sur le tambour. Les résultats sont très concordants. Ils ont été répétés en ramenant le miroir dans le sens inverse.
- Publication palëontologique. — M. À. Gaudry présente le premier fascicule d’un journal de paléontologie publié sous la direction de M. Marcellin Boule.
- Dosage du chloroforme. — M. A. Gautier présente une Note de M. Nicloux relative à un dispositif permettant de doser à 1/10 de milligramme près la quantité de chloroforme contenu dans l’air ou dans le sang en utilisant l’action sur ce corps de la potasse en présence de l’alcool.
- La saccharification de l'amidon. —MM. Maquenne et Roux, en étudiant l'influence qu’exerce la réaction du milieu sur la saccharification diastasique, ont trouvé une règle simple permettant, par une légère addition, d’acide sulfurique, de favoriser la saccharification dans une très large mesure et, tant au point de vue de la rapidité que de la proportion, le sucre qui se forme. Ces résultats sont de nature à intéresser hautement l’industrie ayant pour base la saccharification diastasique.
- Phénomènes de cristallisation. — M. de Lapparent présente une Note de M. Wallerant dans laquelle j’auteur constate que les azotates de rubidium et d’ammonium, bien qu’ils se mélangent en toutes proportions pour cristalliser, donnent naissance à trois séries absolument distinctes de cristaux mixtes. Ce qui est remarquable, c’est que les cristaux de la série intermédiaire sont isomorphes de l’azotate de thallium, quoique cette propriété n’appartienne individuellement ni au sel d’ammonium ni à celui de rubidium'.
- Géologie de la Grèce. •— M. de Lapparent donne des détails sur la grande nappe de charriage du Péloponèse déjà indiquée à l’Olonos par M. Cayeux et qui est formée de couches assez largement ondulées, tandis que les formations du substratum sont fortement plissées.
- Le fonctionnement du rein. — M. Daslre présente une Note de MM. Lamy et Meyer relative au débit du rein. Les auteurs signalent l’action vitale de la cellule du rein. Les phénomènes de l’élimination ne peuvent être assimilés à des faits de diffusion. Les auteurs ont déjà montré que la concentration de l’urine est sans rapport avec celle du sang; il n’y a pas non plus de rapport entre la quantité d’eau qui circule dans le sang et celle qui constitue l’urine
- Cil. I)E VlLLEDEUIL.
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- LE NIVEAU DE PENTE
- à graphomètre Bruyère
- Il s’agit d’un appareil très ingénieux, robuste et simple, quoique permettant avec précision et facilité toute une série d’opérations sur le terrain, nivellement, arpentage, relevés de pentes, etc. : c’est à la fois le niveau à deux fioles, l'équivalent d’un niveau à bulle, une équerre, un stadia, un clisimèlre, un tachéomètre.
- La partie essentielle de l’appareil est constituée par deux fioles sans fond, en verre, reposant dans deux montures qui les maintiennent solidement dans une sorte de cadre en forme de parallélogramme rectangulaire, et qui, de plus, se complètent par le tube supérieur et le tube inférieur du parallélogramme; le tube du bas met les fioles en communication par leur extrémité inférieure, et laisse le liquide se déplacer suivant le principe des vases communicants, tandis que la communication par le tube supérieur permet au volume d’air enfermé au-dessus des nappes liquides d’aider à amortir rapidement les oscillations du liquide. Celui-ci est de l’alcool coloré, incongelable pratiquement et donnant un ménisque très net; il n’y a pas d’évaporation possible, et le transport de l’instrument est des plus aisés. L’emploi de ces deux fioles se fait suivant le procédé classique. On doit, en outre, remarquer immédiatement les deux embases dont sont dotées les montures des fioles : on peut retirer le niveau de son trépied, où il est monté par une rotule, et le poser sur une surface dont ou veut vérifier l’horizontalité ; les fioles sont graduées latéralement de façon que le liquide coïncide avec le zéro de part et d’autre, quand les deux embases sont sur un même plan horizontal. Enfin, comme chaque fiole est munie extérieurement de deux petits talons présentant deux surfaces situées dans un même plan normal à celui qui est déterminé par le bas des embases, 011 peut constater la verticalité d’un mur qui s’élève perpendiculairement à la surface où est posé le niveau. C’est par conséquent plus que le niveau à bulle d’air.
- Par-dessus ce que nous pouvons appeler le premier instrument, nous allons en trouver un deuxième, comprenant elisimètre et stadia ; c’est donc un niveau de pente que nous avons entre les mains, formé d’une planchette principale qui repose sur les montures des fioles par deux chapes vissées ; cette
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- LA NATURE.
- planchette est articulée à un bout, et, de l’autre, peut subir l’action d’une vis de rappel. Au milieu, est un niveau à bulle d’air, et, à chaque bout, une alidade évidée en son milieu et pouvant se replier grâce à une charnière, pour la commodité du transport. L’une des alidades porte un curseur se mouvant à l’aide d’un pignon et d’une crémaillère, curseur percé de trois trous qui forment oculaires, et distants exactement de 5 millimètres; un vernier donne même les dixièmes de millimètre. La planchette a une dimension telle que la seconde alidade est exactement à 0,50 m. de la première, ce qui fournit par conséquent pour les opérations une base connue ; cette alidade porte un fil vertical et trois fils horizontaux, dont l’un correspond au zéro de l’échelle, tandis que les deux autres sont écartés de
- 10 cm. Pour le niveau à bulle, qui permet de vérifier l’horizontalité de la planchette,il peut en outre tourner sur un axe passant en son milieu, et arriver à se placer à angle droit avec la planchette;
- 11 comporte enfin deux pinnules, qui peuvent, elles aussi, se rabattre. On a donc à sa disposition une équerre d'arpenteur permettant de tracer des perpendiculaires sur le terrain, et l’instrument principal donne le moyen facile, comme nous allons l’expliquer brièvement, de mesurer des pentes, d’apprécier des"distances horizontales, etc.
- Veut-on, par exemple, déterminer la pente d’un terrain, c’est-à-dire d’une direction, d’une droite prise sur ce terrain? On commence par placer l’appareil de manière que la deuxième alidade soit sur la verticale du point formant le commencement de la ligne, et on assure l’horizontalité de la planchette à l’aide de lavis. On place une mire à l’autre bout de la ligne, de telle façon que le voyant soit au-dessus de cette extrémité de la ligne, à même hauteur que le fil de l’alidade au-dessus du point représentant le commencement de la ligne. On fait alors glisser le curseur de la première alidade jusqu’à ce que, en visant par l’oculaire, on aperçoive le centre du voyant de la mire : on double le nombre de millimètres lu sur l’échelle, et cela donne la pente cherchée par mètre : tout simplement parce qu’on a, avec l’instrument, un triangle rectangle dont la grande base est longue d’un demi-mètre. Si la pente est trop grande pour que la visée se fasse par le premier fil de l’alidade, on
- recourt au deuxième ou au troisième; et comme le deuxième, par exemple, est à 10 cm au-dessus du premier il faudra augmenter de 100 millimètres le nombre lu sur l’échelle, nombre qu’on multipliera, comme nous l’avons dit, par deux, pour obtenir la pente en millimètres par mètre. Il est évident qu’on peut, par une opération pour ainsi dire inverse, déterminer sur le terrain un point tel que la droite le joignant au point de stationnement ait une inclinaison donnée. Le même principe qui a permis de déterminer des pentes, va donner le moyen de mesurer une distance horizontale. On fait placer une mire à l’extrémité de la ligne qu’on veut mesurer, la seconde alidade étant, ainsi que tout à l’heure, sur la verticale de l’extrémité antérieure de cette ligne. On lit la cote du voyant de la mire en faisant passer un rayon visuel horizontal ; puis on monte le voyant jusqu’à ce qu’il se trouve sur la ligne de visée passant par le deuxième oculaire de l’alidade, ou plus exactement, du curseur. On relève la nouvelle cote du voyant, et on exprime en centimètres la différence des deux cotes : la distance cherchée est représentée par le même chiffre exprimé en mètres. C’est qu’en effet, comme les deux alidades sont à 0,50 m. l’une de l’autre et que les deux oculaires sont à 5 millimètres, on a déterminé artificiellement une ligne dont la pente est de 1 cm par mètre; et puisque, pour la distance, la ligne à mesurer sur le terrain, la différence totale de niveau est de tant de centimètres, c’est que la ligne a exactement autant de mètres de longueur.
- Nous ne pouvons insister sur les autres opérations que cet ingénieux instrument permet de faire ; mais nous noterons qu’il comporte encore (sous sa forme la plus complète) un graphomèlre, articulé autour de la planchette, et avec lequel on peut mesurer les angles horizontaux et par suite effectuer toutes les opérations d’un lever de plan.
- Tout cela est bien combiné, autant au point de vue des commodités de transport et de la robustesse de l’appareil, que de la facilité des opérations multiples qu’on est à même d’exécuter.
- Daniel Bellet.
- Le Gérant : P. Masson.
- Le niveau Bruyère prêt à être employé.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1705. — 27 JANVIER 1906.
- LA NATURE.
- LES PECHERIES DU LITTORAL SAHARIEN FRANÇAIS
- (Mission Gruvel)
- On sait, depuis longtemps, que les eaux qui baignent les côtes françaises de l’Afrique occidentale, du cap Blanc au Sénégal et de l’embouchure de ce lleuve au cap Vert, sont remarquablement poissonneuses. La baie du Lévrier, au nord, qu’abrite le cap Blanc, est surtout réputée par ses pêcheries, que l’on a improprement appelées pêcheries d’Ar-guin, car on ne pêche jamais sur le banc, et qui
- Fig. 1. — Les falaises dans la baie du Lévrier.
- ont e'té déjà, à diverses époques, l’objet de tentatives d’exploitation, d’ailleurs sans succès. Les Canariens, les noirs et les Maures pratiquent la pêche sur cette côte, mais avec des procédés plus ou moins primitifs. En somme, les richesses ichtyologiques considérables de la côte saharienne n’ont été jusqu’ici que très faiblement exploitées, et l’intérêt économique bien entendu de la France, maîtresse de la côte du Rio de Oro à la Gambie, était de rechercher les moyens de les mettre en valeur.
- C’est dans ce but qu’une mission a été récemment envoyée sur la côte saharienne de l’Afrique occidentale française, pour étudier, scientifiquement et pratiquement, comment des pêcheries pourraient y être établies et exploitées.
- Organisée sous le patronage de la Société de géographie commerciale de Bordeaux et sous les auspices du gouverneur général de l’Afrique occidentale française, M. Roume, et d’accord aussi avec le commissaire du gouvernement en Mauritanie, alors M. Coppolani, la mission, dirigée par M. J.-A. Gruvel, professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Bordeaux, a laissé Bordeaux le 17 janvier 1905, sur le vapeur Guyane, transformé en chalutier, que commandait M. Rehel. M. Gruvel était accompagné de M. Dantan, assistant au Muséum, chef du service ichtyologique au laboratoire de Tati-hou (Manche), et de M. Bouyat, licencié ès sciences, préparateur ; il emmenait aussi, pour la partie pratique, tout un personnel technique de pêcheurs, trançheurs, saleurs, sécheurs et fabricants de con-34e année. — 1er semestre.
- serves. La mission était pourvue, en outre, d un matériel très complet, dont une sécherie démontable. Les études qu’elle a entreprises ont donné des résultats des plus importants au point de vue économique.
- Pendant les trois mois qu’a duré la mission, elle a parcouru, en vue de ses recherches, toute la côte comprise entre le cap Blanc et Dakar ou la baie de Rufisque, soit environ sur une longueur de 850 kilomètres. Elle a traîné le chalut à peu près d’une façon courante sur toute la côte et y a trouvé, à peu près partout, des fonds de sable coquillier plus ou moins fin ; on n’a guère à se préoccuper des platiers rocheux qui se présentent plus spécialement dans la région du cap Blanc et dans celle de Saint-Louis au cap Vert. Quant aux bancs d’Arguin proprement dits, les hauts fonds variables et nombreux qui les caractérisent y empêchent toute opération stable; ils sont généralement impraticables et couvcrls de brisants. Ce n’est qu’au large, ou
- Fig. 2. — Installation de la pêcherie à Nouakchott.
- entre eux et la côte que, du cap Blanc à Dakar, la région marine est uniformément riche en poissons de toutes sortes.
- Avec l’armement dont elle était munie pour la pêche, et qui est bien supérieur à celui des indigènes, la mission a pu constater combien est extraordinaire l’abondance du poisson sur cette côte. Avec un chalut à perche de 11 mètres, on a pu prendre, en une heure et demie, de 5000 à 4000 kilogrammes de poisson ; avec un chalut à plateau, de 40 mètres d’ouverture, on a pêché de 35 à 40 tonnes de poisson par jour. On se rendra compte du peuplement de ces mers, quand on saura que les chalutiers d’Arca-chon ne prennent pas plus de 700 à 800 kilogrammes de poisson en cinq heures.
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- Non seulement le poisson est très nombreux sur la eôte saharienne, mais encore il présente une très grande variété d’espèces. 11 y acquiert aussi une taille souvent considérable. C’est dans les parages de Nouakchott et de Guet N’ Dar (Saint-Louis) que les plus grands échantillons ichtyologiques lurent capturés. On trouve des soles magnifiques (on en a mesuré ayant 52 centimètres de long), des mulets en quantité considérable, des sardines exquises, des dorades, des grondins, des langoustes dont quelques-unes pesant fi kilogrammes, et beaucoup d’autres espèces, sur n’importe quel point de la zone côtière. La mission prit une fois 4000 kilogrammes de mulets en trois coups de seine. Enfin, aux nombreuses espèces, les plus fines et les plus estimées que l’on trouve sur cette côte, il faut ajouter une sorte de morue, appelée la vieille, espèce ou variété de Gadus, qu’il ne faut pas confondre avec la morue franche de Terre-Neuve, mais qui, si elle ne présente pas les mômes qualités, peut, ainsi que d’autres poissons, remplir, par rapport h la morue, le môme rôle que la viande de cheval joue, dans les agglomérations urbaines, par rapport à celle du bœuf.
- Les poissons recueillis par la mission ont été l’objet de préparations diverses; ils ont été les uns salés, les autres fumés, les autres conservés dans l’huile. La sécherie démontable, apportée par la mission, a été installée sur la côte, à Nouakchott, à 18 kilomètres au sud de Portendick. Construit h Bordeaux sur les indications de M. Gruvel et spécialement approprié au séchage du poisson dans les pays chauds, ce modèle a donné les meilleurs résultats et devra être vulgarisé sur la côte.
- Le poisson préparé par les terre-neuvas de la mission est arrivé en France dans un parfait état de conservation. Mais on a reconnu qu’il ne devait pas être traité exactement de la môme façon qu'à Terre-Neuve, et que des précautions particulières sont à prendre en Afrique, par suite des conditions hygrométriques différentes. L’air étant excessivement sec, le vent violent, et la température un peu élevée, le poisson a des tendances à sécher trop rapidement, et il faut prendre les mesures nécessaires pour ralentir sa dessiccation, sinon, il pourrait être sec à la surface et se corrompre rapidement à l'intérieur.
- Le sel employé pour ces salaisons provenait des salines de Marsa, situées à 20 kilomètres de Nouakchott. M. Gruvel estime que cette saline pourrait donner 1200 tonnes par an, et elle n’est pas la seule. Il existe, tout le long de la côte, des salines naturelles, généralement en dedans de la première ligne de dunes ; ces dunes étant peu élevées et présentant entre elles des passages presque plats, il serait facile de s’y fournir de tout le sel dont l’industrie de la pêche pourrait avoir besoin.
- Le poisson préparé en vert a donné d’aussi bons résultats que le poisson séché en Mauritanie. Celui qui a été capturé et salé sur la côte occidentale a été transporté à Bordeaux et séché dans une des séche-ries à morues ' de la banlieue, à Bègles, dans les
- mêmes conditions que la morue de Terre-Neuve ou d’Islande.
- La possibilité de conserver, à la façon morue, les gros poissons, parmi les nombreuses espèces de toutes sortes, qui pullulent dans les parages nord-occidentaux africains, se trouve donc démontrée. On peut saler, sécher, et transporter en \ert en France pour y être séché le poisson mauritanien, tout comme la morue de Terre-Neuve, en observant seulement quelques différences dans le traitement.
- La mission a non seulement étudié les divers procédés de conserves, mais elle a aussi démontré qu’il est possible de transporter de la côte d’Afrique en France du poisson frais, comme soles, mulets, grondins, dorades, etc., dans la neige ou dans des chambres froides. Ce serait là une importante ressource pour l’alimentation de la métropole, mais pour que ces procédés entrent dans la pratique journalière, il faut réaliser des transformations dans l’organisation des transports. On pourrait aussi, pour certaines espèces, employer des bateaux-viviers à vapeur; avec une vitesse moyenne de 12 nœuds, par exemple, on pourrait ramener en France, depuis le cap Blanc, des langoustes vivantes en sept à huit jours au maximum.
- Enfin, la mission Gruvel a mis en lumière l’intérêt qu’il y aurait à utiliser le poisson au point de vue de divers produits secondaires. L’huile de foie des poissons capturés du cap Blanc à Guet N’Dar est un produit similaire à l’huile de foie de morue. De plus, avec les énormes quantités de céphalopodes : sèches, sépioles, calmars, encornets, etc., que les chaluts capturent et que, dans la pratique des pêches, on rejette, à la mer, on pourrait préparer la boëLtc utilisée par les marins armant pour la pêche à la morue. La seule exploitation de ces mollusques ne suffirait- pas: à rémunérer une industrie, mais il est certain qu’en pêchant le poisson, on pourrait très facilement et sans beaucoup de frais recueillir cette boette et la conserver dans le sel ou en frigorifique.
- Les œufs, en masse considérable, que renferment certains poissons, pourraient fournir aussi une excellente rogue pour la pêche de la sardine. Ce serait affranchir nos pêcheurs bretons du tribut de la rogue norvégienne, laquelle, par ses prix excessifs, est devenue une des causes des mauvaises campagnes de la pêche à la sardine. La rogue étant trop chère, les pêcheurs n’en jetaient qu’insuffisamment et la pêche était alors à peu près nulle.
- Enfin, tout le poisson de rebut, inutilisable pour l’huile, la boette et la rogue, pourrait servir à fabriquer du guano et de la colle dé poisson, produits qui seraient encore d’un rapport avantageux, le guano de poissons notamment, car il se vend en France jusqu’à 200 francs la tonne.
- En résumé, toute la côte saharienne est appelée à un grand avenir au point de vue de la pêche, mais pour que des pêcheries puissent y être installées de façon durable et avec succès, plusieurs mesures
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- s’imposent. Dans ce pays où l’on est toujours exposé à des attaques de la part des Maures, il faudrait d’abord assurer la sécurité des pêcheurs et des installations à terre dans la baie du Lévrier et généralement sur toute la côte; des phares ou bouées lumineuses devraient être aussi placées sur certains points; enfin il conviendrait d’accorder des primes pour encourager les pêcheurs de la côte mauritanienne comme on encourage ceux de Terre-Neuve et d’Islande. Gustave Regeesueiuîeu.
- UTILISATION DES POILS VÉGÉTAUX
- le Kapok1
- 11 y a quelques années à peine, parmi les productions pileuses des végétaux, le coton était la seule à laquelle on attachât un véritable intérêt; les autres étaient considérées comme de simples curiosités, à peu près dépourvues d’emplois. Depuis lors, on a certes beaucoup parlé du coton et l’on s’est attaché plus que jamais à en augmenter la production mondiale et à en améliorer les qualités ; mais l’attention a été attirée sur les propriétés particulières d’une autre sorte de poils végétaux, fournis par de grands arbres très répandus à la surface du globe et appartenant au groupe des Bombacées, voisin de la famille des Maloacées ; la bourre qui remplit l’intérieur de leurs fruits est surtout connue sous le nom de Kapok, vocable d’origine malaise.
- Le Kapok type est celui de Java; il est fourni par YErioilendron anfracluosum. C’est un arbre de dimensions énormes, pouvant dépasser 30 mètres de haut, dont le tronc est armé de piquants, surtout dans le jeune âge ; son port rappelle un peu celui du cèdre; les feuilles sont à lobes palmés et les fleurs Lrès nombreuses sont d’un blanc jaunâtre. Les fruits très abondants sont formés de capsules ligneuses à 5 valves, tapissées intérieurement d’une bourre épaisse, soyeuse, dont les poils tirent leur origine de l’épiderme interne des carpelles; les graines sont enfouies dans cette bourre, mais elles en sont indépendantes; ce ne sont pas elles qui portent les poils comme dans le fruit du cotonnier.
- On a d’abord cherché à utiliser la bourre de Kapok à la façon des poils de coton ; alors que ceux-ci sont constitués par de la cellulose pure, les poils de Kapok présentent déjà une lignification assez accentuée, mais beaucoup moins intense cependant que chez les soies végétales produites par les graines de nombreuses Asclépiadées : ils possèdent donc une souplesse relative, pouvant encore permettre leur emploi comme textile ; mais les premiers essais de filature n’ont donné que de mauvais résultats; c’est que les poils d’Ériodendron joignent à une faible longueur (20 mm en moyenne) une minceur de paroi qui leur communique beaucoup d’élasticité, mais fort peu dè résistance, autant de conditions
- 1 Yoy. ii° 1578, du 22 août 1903, p. 182.
- défavorables pour la constitution des tissus ; on décida donc que le Kapok était un mauvais textile, qu’il était impossible de le considérer comme succédané du coton et la précieuse bourre resta à peu près sans être employée.
- Les indigènes s’en servaient toutefois, depuis longtemps, comme matière de rembourrage et cet usage, d’abord très local, s’est peu à peu généralisé; il est même arrivé que les objets de literie qui en étaient remplis finirent par être fort estimés, car les défauts du Kapok, considéré comme textile, devenaient des qualités très appréciables pour les nouvelles applications ; les matelas et coussins qui en sont constitués possèdent, en effet, de la légèreté due à la minceur des parois des poils et se déforment très peu par suite même de leur élasticité ; le Kapok entra donc subitement en faveur et sa consommation commença à prendre un réel développement par son emploi aux colonies dans le matériel de campement. L’essor fut encore plus grand, lorsque des expériences sérieuses eurent mis en évidence la flottabilité particulière des poils de Kapok ; cette propriété était à prévoir, puisque chaque filament est en somme constitué par une cavité unicellulaire à peu près complètement étanche, limitée par une mince paroi ; de plus, l’enchevêtrement des filaments emprisonne de l’air, ce qui augmente encore la force portative de la bourre; enfin la flottabilité diminue d'une façon très lente par suite d’une immersion prolongée ; c’est ainsi qu’une masse de Kapok de 1 kilogramme possède dans l’eau une force portative ini* .Gale d’environ 19 kilogrammes et n’en perd guère que la seizième partie après 8 jours d’immersion dans l’eau de mer, la cinquième partie après 3 semaines.
- Dès lors, le Kapok fut appelé à jouer un rôle prépondérant dans la confection des appareils de sauvetage et sa propriété de flottabilité fut l’objet d’un brevet pris en Allemagne et exploité en France ; il n’existe d’ailleurs actuellement aucun autre produit similaire capable de fournir des résultats équivalents ; aussi les prix de l’ouate d’Eriodendron se sont-ils rapidement élevés depuis quelque temps, atteignant aujourd’hui environ 200 francs les 100 kilogrammes pour les bonnes qualités, à peu près le double d’il y a 8 ans. Cependant l’emploi du Kapok pour les engins de sauvetage n’est point sans rencontrer de détracteurs, et tout récemment, à la suite du désastre •du vapeur General Slocum muni de bouées de sauvetage en Kapok, le .gouvernement américain a; défendu l’emploi de cette substance;-mais il a été reconnu depuis, par de nombreuses expériences, que les insuccès étaient dus à l’emploi d’ouate de mauvaise qualité et la mesure sera sans doute bientôt rapportée. C’est qu’il existe des Kapoks d’origines botanique ou géographique différentes, comme nous allons le voir, et présentant entre eux des écarts considérables dans la propriété de flottabilité.
- Pour qu’un Kapok soit de bonne qualité, il faut en effet d’abord, que, comprimé en pelote entre les
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- mains, il se détende ensuite rapidement et reprenne en quelques minutes son volume primitif ; en second lieu, la pelote trempée dans l’eau, puis pressurée comme une éponge, doit sécher très vite, le Kapok n’étant mouillé qu’à la surface. Les Kapoks ayant été travaillés à la machine renferment beaucoup de poils brisés et sont peu élastiques, et la dessiccation lente après immersion est l’indice d’un mélange avec des déchets de coton.
- Comme nous l’avons dit, le Kapok de java est. fourni par YEriodendron anfractuosum. Mais, si ce produit est surtout exporté des Indes néerlandaises, l’essence qui le donne est une des plus répandues dans la zone tropicale. On la rencontre, en elfet, en Amérique (Mexique, Antilles, Guyane), dans l’Afrique tropicale, aux Indes Orientales et dans l’Archipel malais ; elle est très connue dans les possessions françaises sous le nom de Fromager.
- Un autre genre de Bombacées fournit aussi des produits similaires ; ce sont les Bombax ; ils comptent également parmi les géants du règne végétal et sont assez analogues aux Ériodendrons. Le caractère botanique permettant de distinguer les deux genres réside dans la disposition des étamines ; chez les Eriodendrons les étamines sont soudées à la base en une colonnette qui se partage à la partie supérieure en 5 branches terminées chacune par 2 anthères, tandis que chez les Bovibax les filets staminaux sont très nombreux, libres sur une grande longueur et terminés par une seule anthère.
- La principale espèce de Bombax, exploitée pour le duvet de ses fruits, est le B. Ceiba qu’on rencontre en Indo-Chine et particulièrement au Tonkin; il se distingue facilement de VEriodendron à première vue par ses fleurs rouges.
- On exploite aussi localement d’autres espèces du même genre, tels que le B. Buonopozense, signalé par Palisot de Beauvois dans l’Afrique occidentale et
- I les B. cambodgiense et B. anceps rencontrés par Pierre, le premier dans la province cambodgienne de Tran, le second sur les hauteurs de la province de Baria (Cochinchine) et décrits dans la grande flore forestière de la Cochinchine. M. Perrot s’est livré à une étude microscopique des poils des Eriodendrons et des Bombax’; mais il n’a pu mettre en évidence de caractères différentiels bien nets permettant de déceler l’origine botanique de ces produits d’une manière certaine; cependant il existe, au point de vue des propriétés spéciales de ces poils, des différences notables, soit que l’on considère des espèces différentes ou même des variétés d’une même espèce, soit qu’il s’agisse de produits d’origine géographique variée, différences qui permettent de les répartir industriellement en une série de qualités, suivant les usages auxquels on les destine. C’est Java qui fournit actuellement la plus grande
- Fig. 2. — Le fruit du fromager. — 1. Vulve isolée. — 2. Fruit entier, o. Fruit entr’ouvert. — L Bourre et graines. — 5. Bourre égrenée.
- quantité de Kapok, et sa production est à peu près complètement absorbée par la Hollande, où elle arrive
- 1 Perrot. Des produits utiles des Bombax et en particulier du Kapok. Bulletin du Jardin Colonial, n° 22, janvier 1905.
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- sur les marchés d’Amsterdam et de Rotterdam ; les importations en Kapok égrené, disposé en balles de 33 kilogrammes, se sont élevées en 1901 à 1 137 855 kilogrammes représentant une valeur d’environ 2 millions. L’arbre h Kapok est même cultivé à Java sur une assez grande échelle; alors qu’il y a dix ans, on ne comptait guère que 5 exploitations' de cette essence, il en existe aujourd’hui une cinquantaine dans la partie centrale de l’j'le, récoltant le Kapok comme produit accessoire ou même principal.
- Parmi les colonies françaises, l’Indo-Chine est celle qui fournit le plus de Kapok ; la production annuelle du Cambodge est estimée maintenant h 60 000 kilogrammes entièrement consommés par la population indigène comme matière de rembourrage; la Co-chinchine en produit aussi, mais en moindre quanti té. Au Cambodge, des cultures de ouatiers ont même été en-I reprises ; la plus vaste exploitation appartient à M. Leblanc et ne comprend pas moins de 37 000 pieds dont 7000 commencent à rapporter ; la culture en est extrêmement simple, l’arbre pousse à peu près sans soins, surtout lorsqu’il a atteint deux à trois mètres de haut; à l’exposition d’Hanoi a déjà figuré Une série très intéressante des produits de celte exploitation.
- Notre colonie de Madagascar a fait aussi de sérieux efforts pour la production du Kapok. Sans parler des plantations effectuées par les services agricoles à la station d’essais de l’ivoloïna, plusieurs colons ont pu exposer au Concours agricole • de Paris, cette année, de fort beaux échantillons de cette bourre.
- Les colonies françaises de la Côte occidentale
- d’Afrique possèdent aussi l’Ériodendron et la Guinée en particulier serait capable de fournir un bon contingent à l’importation dans la Métropole. Nous avons parlé jusqu’à présent uniquement du produit principal des Kapoquiers; mais il y en a d’autres moins importants qui ne sont pourtant point à dédaigner : tels sont, par exemple, l’huile que l’on retire de la graine et le tourteau résultant de son expression. Cette huile est comestible et rappelle au goût celle
- d e l’Arachide ; elle peut être substituée avec avantages à l’huile de coton dans toutes ses applications; le tourteau peut servir à l’alimentation du bétail.
- Enfin on a quelquefois proposé d’employer les arbres à Kapok comme ombrages pour certaines cultures ; ceux-ci ont en effet l’avantage de pousser très vite, mais dès qu’ils ont atteint une taille assez considérable ils peuvent être renversés même par un vent peu violent, étant donnée la faible résistance de leur bois et causent alors des dégâts considérables dans les exploitations.
- En résumé, aujourd’hui, le Kapok semble avoir conquis une place honorable et définitive parmi les productions coloniales et, malgré certains accidents regrettables, qui n’infirment d’ailleurs en rien ses qualités fondamentales, il est appelé à jouer un rôle important sur les marchés européens et même américains quand aura été levé l’ostracisme dont il est momentanément frappé. Il n’était donc pas inutile de retracer l’histoire toute récente de ce produit.
- Marcel Dübard,
- Maître de^Conférences à la Sorbonne.
- Fig. 3. — Une allée de fromagers à Sedhiou.
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- LE FER EN ESPAGNE
- Depuis que le gisement bien connu de Bilbao semble s’épuiser (ce qui n’a pas été sans causer une sensation profonde, de puissantes usines allemandes, anglaises, belges ou françaises s’approvisionnant là d’un excellent minerai) de nombreuses recherches de minerais de fer ont été faites en Espagne, dans l’espérance de découvrir des gîtes aussi remarquables. Quelques-uns, comme ceux de Santander, de Galice, de Murcie, etc., donnent, dès à présent, des résultats industriels très satisfaisants.
- La dernière statistique officielle espagnole (1905) indique, par province, les productions suivantes : Biscaye, 4 760 000 tonnes ; Santander, 1 360000 ; Murcie, 755000; Alméria et Grenade, 725 000; Séville, 410 000; divers, 488 000 tonnes.
- Les usines métallurgiques étant encore peu nombreuses en Espagne, une faible partie de ce minerai est consom-
- Gisrments de fer en Espagne.
- mée dans le pays d’origine ; la majeure partie est exportée; l’Angleterre est. le plus gros acheteur, absorbant 5 000 000 de tonnés, sur une production de 8 400 000 ; 2 500 000 tonnes vont en France, en Belgique, en Allemagne ou aux États-Unis. Le reste, soit 900 000 tonnes, est passé;dans les hauts fourneaux de kBilbao, de Santander, des Asturies ou de Malaga.
- Biscaye. — Les mines de fer de Bilbao appartiennent à de nombreux propriétaires qui, pour la plupart, ne possèdent que quelques hectares, les exploitations les plus importantes sont celles de l’Orconera Iron Ore Company Limited qui groupe des industriels anglais, l’usine Krupp d’Essén et les Ybarra de Bilbao, et de la Compagnie Franco-Belge de Sommorostro qui est une filiale des usines Cockerill, de Dënain-Anzin, de Montataire et des Ybarra : ces deux Sociétés produisent, la première 850000 tonnes environ, la seconde 600 000. On peut également citer la Société Martinez Rivas (375 000 tonnes), la Bilbao Iron Ore C° Ld. La production du district de Bilbao décroît assez sensiblement depuis quelques années; de 1900 à 1904, la diminution a atteint 50 pour 100.
- On estime qu’il reste encore 50 000 000 de tonnes de minerai à abattre.
- Dans les provinces à l’Ouest de la Biscaye (Guipuzcoa, Alava, Navarre), on connaît de nombreux gîtes de minerais de fer. Le port de Pasajes exporte par an 2 à 500 000 tonnes provenant des vallées de la Bidassoa, de l'Oria, etc.
- Une partie des minerais de Bilbao, au lieu de s’embarquer au port de Bilbao qui, en 1903, avait un mouvement de 5 850 000 tonnes provenant d’eux, est exportée par le port de Castro Urdiales un peu a l’Ouest de Bilbao (mouvement de 600 000 tonnes environ) : ce port sert également à l’expédition de minerais des environs immédiats (Dicido Iron Ore C° Ld et Compania Minera de Selares), minerais à 49 pour 100 de fer, 9 pour 100 de silice, et très pauvres en phosphore : ce sont des qualités tout à fait comparables aux meilleurs minerais bilbainiens, très bonnes pour les emplois métallurgiques.
- Santander. — Les mines de 1er de Santander sont situées de part et d’autre de cette ville et à peu de distance, non loin des voies ferrées de Bilbao à Santander et de Santander à Oviedo par Torrelavega. On y trouve des hématites, qu’on doit débourber et qui, prêtes à la consommation, tiennent 56 pour 100 de fer et 1 /2 pour 100 de phosphore.
- Asturies. —On connaît, en différents points des Asturies, de riches gisements de fer; certains sont déjà exploités pour les besoins des hauts fourneaux des Sociétés de la Duro-Felguera, de Moreda et Gijon, et de Mièrês, aux environs d’Oviedo, de Quiros et du cap de Penas. Un gîte, qui paraît très riche, est situé plus à l’Ouest près de Cornellana et de Salas, et sera prochainement desservi par les chemins de fer à voie étroite des Asturies (on évalue sa richesse à 100 millions de tonnes).
- Galice. — Les gisements de Vivero, qui couvrent une grande étendue au Sud de ce port, sont exploités depuis 1900, en particulier par la Yivero Iron Ore C° Ld. La production qui, en 1903, n’était que de 180 000 tonnes, paraît devoir atteindre 600 000 en 1905 (minerais à 49 de fer, 1 de phosphore, 14 de silice) ; à une quarantaine de kilomètres de Yivero, mais malheureusement encore difficilement accessibles, des gîtes d’une grande richesse, moins phosphoreux que les précédents, sont connus dans le district de Murao.
- Plus à l’intérieur des terres, dans la province de Lugo, des minerais souvent assez riches sont, par contre, trop distants de la côte; il faudra créer pour les desservir des chemins de fer particuliers pour les relier aux voies ferrées de la Compagnie du Norte. La distance aux ports d’embarquement de la Corogne ou de Yigo serait néanmoins alors d’au moins 200 km pour les mines de Lugo, Monforte ou Incio. Plus rapprochées delà côte, les concessions de la Societad Minera de Villaodrid, sont à 20 km du port de Rivadeo.
- Région de Séville. — A 50 km environ d’Huelva se trouve le gîte de Cala, contenant environ 20 millions de tonnes d’un minerai avantageux; à la même distance de Séville, près de Guadalcanal ou de Sun Nicolas del Puerto sont exploités pour des industriels de Glasgow des mine--
- FRANCE
- >ntariderplg^S?::=zY
- Oviedo, o ,43., Torrelavega p^j^uES'
- Mon fonte
- Madrid
- Tenue!
- ESPAGNE
- Valence
- Linarès
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- Guadalcanal
- ATazarron
- Gibraltar:
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- rais qui contiennent environ 45-05 pour 100 de 1er.
- Provinces de Malaga, Grenade et Alméria.— Dans la province de Malaga, les gîtes de Yelez-Malaga et de Marbella alimentent les hauts fourneaux de la région. Dans les Alpujarras et aux environs de Guadix se trouvent les exploitations de la Àlguife Mine G0 Ld, qui a relié ses mines à la ligne d’Almeria à Linarès par un chemin de fer de 30 km, et celles du Creusot qui construit une ligne de 30 km aussi pour les relier au port de Motril. En Alméria, des minerais peu phosphorés et riches en fer sont connus, activement exploités, et sont amenés aux ports de la province (exportations 500 000 tonnes) ; de même dans le district d’Aguilas (150 000 tonnes).
- Province du Nord-Esl. — Les hauts fourneaux anglais de Middlesborough on Tyne s’approvisionnent en partie à des mines des environs de Mazarron (province de Murcie) ; plus près de Carthagène, autour du cap Palos, on extrait, depuis vingt-cinq ans, des minerais à 05 de Fer, mais très menus.. Le port de Carthagène et les ports voisins exportent par an 500 000 tonnes environ. Dans la province d’Aragon, près de Teruel, une masse de 53 millions de tonnes de minerais à 54 de Fer et 2 de Manganèse (ce dernier métal étant avantageux pour éliminer le soufre de la fonte produite aux hauts fourneaux), sera prochainement mise en exploitation. Aux confins des provinces de Barcelone et de Gerone, un chemin de fer de 50 km, aboutissant à la station de Manresa à 100 km de Barcelone, permet d’atteindre le gîte de Berga.
- Les gisements précédemment cités sont les plus importants d’Espagne; il en existe de nombreux autres, dont la mise en valeur pourra se faire quand les communications par voie ferrée seront plus faciles et surtout moins coûteuses. Seuls jusqu’ici ont pu être extraits les minerais à proximité de ports d’embarquement.
- On évalue à 600 millions de tonnes les minerais espagnols reconnus ou restant à abattre, réparties ainsi : Biscaye, 65 000 000 tonnes; Santander, 50 000 000; Asturies, 200 000 000; Aragon, 50 000 000; Séville, Murcie, Alméria, Grenade, Malaga, Iluelva, 75 000 000; Galice, 90 000 000; divers, 70 000 000 tonnes. C’est une quantité notable, mais faible pourtant si l’on considère qu’en France nos seuls gisements lorrains représentent 2500 millions de tonnes. „ H. Anxett.
- LE COUPAGE DES TÔLES
- par l’oxygène
- On connaît l’expérience classique des cours de chimie qui consiste à faire brûler une spirale de fil de fer dans une atmosphère d’oxygène. Si le fer est bien allumé, la combustion se poursuit d’elle-même ; elle est très vive et très brillante. Elle dégage, en effet, beaucoup de chaleur. On peut s’en faire une idée en remarquant que l’oxyde de fer qui résulte de la combustion, et qui est pourtant un corps très réfractaire, subit la fusion : à l’extrémité du fil, il forme une grosse goutte liquide très mobile. La goutte est même quelquefois si chaude qu’elle peut traverser toute l’atmosphère du flacon, et la couche d’eau qu’on a pris soin d’y mettre, sans perdre l’état liquide ; au moment où elle touche le fond, son contact intime avec le verre en produit alors la rupture.
- Le procédé de coupage des tôles, employé par la Société l’Oxyhydrique, et exposé par M. Jottrand au Congrès de métallurgie qui s’est tenu à Liège en juin dernier, ne diffère pas essentiellement de l’expérience précitée. On
- conçoit, en effet, que si, sur une tôle préalablement chauffée à blanc en un point, on promène un jet d’oxygène en partant de ce point, la combustion doit s’établir et se poursuivre comme dans notre expérience; de plus, le jet d’oxygène, s’il est envoyé sous une pression suffisante, se charge lui-mèine de chasser l’oxyde de fer formé au fur et à mesure de sa production, et ainsi d'affranchir les bords de la coupe. Une des difficultés, comme dans le cas de la spirale d’ailleurs, c’est de bien allumer le métal ; mais il y en a une autre : du point chaud, la chaleur rayonne très facilement dans l’air ambiant, pratiquement illimité et froid; elle se propage aussi, et plus facilement encore, dans toute l’étendue de la tôle qui, étant métallique, est très bonne conductrice. Aussi les premiers essais industriels ont-ils été plutôt décourageants.
- Au début, on se servit d’un chalumeau oxyhydrique qui chauffait, tout d’abord, un point au rouge blanc; puis on coupait le courant d’hydrogène et on augmentait la rapidité du courant d’oxvgène pur qui, précédemment, alimentait le chalumeau; la combustion se produisait bien, mais elle ne se poursuivait pas longtemps. L’oxyde de fer, n’étant pas assez chaud, manquait de fluidité ; il s’éliminait difficilement, se mêlant d’ailleurs avec le fer partiellement fondu, et empêchant le contact intime du métal avec l’oxygène; au bout de quelques secondes, la combustion s’arrêtait ; on faisait agir alors à nouveau le chalumeau, puis l’oxygène, et ainsi de suite. Ce n’était pas pratique, et, en définitive, l’ouvrier, malgré sa très grande habileté, n’obtenait qu’une coupe irrégulière, malpropre et aux bords empâtés d’un oxyde très adhérent. La consommation considérable d’oxygène aurait suffi d’ailleurs à elle seule à rendre le procédé impraticable. Les difficultés ont été vaincues très aisément de la façon suivante.
- On emploie deux chalumeaux solidaires qui cheminent ensemble le long du tracé marqué sur la tôle. Le premier, qui est un chalumeau oxyhydrique ordinaire, chauffe le métal au rouge vif; le second, dont le dard est distant de 25 mm de celui du premier, donne un jet d’oxygène et brûle la tôle. Dans ces conditions, l’opéra-lion se fait très vite et la chaleur n’a pas le temps de se dissiper en très grandes quantités : elle reste en quelque sorte localisée aux points chauffés; le métal ne fond pas, il est immédiatement brûlé et l’oxyde, très fluide, est chassé très aisément. Le trait de la coupe est presque aussi net qu’avec une scie et la largeur de la voie ne dépasse pas 2 mm pour une tôle de 15 mm d’épaisseur, 3 mm pour une tôle de 100 mm. Pour cette même tôle de 15 mm la vitesse de cheminement du double chalumeau est de 20 centimètres par minute, et la consommation, par mètre de coupe, n’est que de 540 litres d’hydrogène et de 540 litres d’oxygène.
- L’instrument, dont le maniement est des plus faciles, permet de sectionner non seulement des tôles, et de très épaisses comme on l’a vu, mais aussi et non moins aisément, des tubes, des poutrelles et toutes sortes de fers profilés ; la section peut se faire suivant un tracé absolument quelconque et n’est plus nécessairement en ligne droite. Il est bien évident aussi que la qualité et les propriétés mécaniques du métal ne modifient en rien lé procédé : qu’il soit dur ou doux, trempé ou non, l’acier n’en brûle pas moins, et ni plus ni moins vite. Jusqu’ici on était fort embarrassé pour couper économiquement les plaques de blindage, tant à cause de leur dureté très grande et très inégale, que de leur grande épaisseur; on peut dire que, par l’emploi du nouveau procédé, le problème est entièrement résolu. Eugène Lemaire,
- Ingénieur des Arts ct/Manulactures.
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- LA NATURE.
- UNE NOUVELLE MACHINE A ÉCRIRE
- Qui n’a pas sa machine à écrire à l’heure actuelle? Eh ! celui qui ne peut mettre 5 à 600 francs dans l’acquisition de ce précieux instrument de travail. Et cependant son emploi est devenu une nécessité dans la pratique du commerce et de l’industrie, où l’on serait honteux d’expédier la moindre note, le plus petit mémorandum q u i ne fût dactylographié.
- Sans doute les vieilles gens regretteront la décadence du noble Art de la calligraphie; mais il convient de reconnaître qu’il était, malgré tout, assez peu répandu, et que la majorité des hommes et même des femmes a toujours écrit de façon illisible. A ces grimoires indéchiffrables, la machine à écrire substitue un document net, franc, indiscutable : la vieille écriture à la plume, qui nous vaut la crampe des écrivains, devient bien désuète; on la réserve pour la correspondance intime, où les pattes de mouches emportent avec elles quelque chose de la main qui les a tracées, et, même encore là, au risque de perdre un peu de ce caractère personnel qui fait la joie des collectionneurs d’autographes et le triomphe des graphologues, tout le monde ne regretterait pas qu’une lettre fût claire et lisible, dût-on n’y trouver qu’à la signature la griffe de l’être cher.
- Notre âge, décidément, est utilitaire, simplificateur et grand destructeur des oiseuses sentimentalités. Les billets à Chloris sont dactylographiés. Ayons donc tous notre machine à écrire ; cela s’impose, et le prix élevé de la plupart des bons modèles est le seul obstacle qui empêche leur diffusion. Ce prix excessif serait assurément tombé par l’effet de la concurrence, car il existe aujourd’hui d’innombrables fabricants de machines à écrire, s’il n’était que trop justifié par la complication du mécanisme qui s’est perpétué, sans changement de principe, du type primitif à ses succédanés. Chaque caractère comporte sa transmission particulière, son attirail de leviers, dont l’ajustage exige une rare perfection si l’on veut obtenir autre chose qu’une enfilade de signes dansant de guingois sur la ligne. Comptez : deux alphabets,
- la ponctuation, les chiffres, les organes d’interlignage, les margeurs, etc., etc., et vous arriverez aisément au nombre de mille à quinze cents pièces dans les machines les plus perfectionnées.
- Ce n’est que par un outillage très perfectionné
- lui-même, très complexe et nécessairement très coûteux, qu’on parvient à établir de semblables appareils même au prix où nous les voyons.
- Mais n’est-il pas possible de concevoir un lype-writer basé sur d’autres principes cinémati-ques et plus simple? Ce serait mal connaître l’ingéniosité de nos contemporains . que d’en douter. 11 se fera des machines aux organes moins nombreux, d’une légèreté plus grande, d’un prix moins élevé, à la portée de tous en un mot, ce qui ne veut’pas dire qu’elles écriront plus mal, si elles sont aussi bien construites. 11 en existe même; voici précisément un petit appareil répondant à ces desiderata et dont le principe nouveau mérite qu’on s’y arrête, car il se prête sans doute à d’autres applications. Cette machine s’appelle la Lambert et une courte description en fera comprendre le mécanisme.
- Ce que l’on voit tout d’abord, ce n’est pas une forêt de tiges et de leviers de transmission : il n’y en a aucun ; c’est un clavier où les signes sont disposés en deux cercles concentriques de touches saillissant en gouttes de suif sur un disque circulaire. Pressez-vous sur l’une des touches, le disque oscille autour d’un genou combiné de telle sorte que le caractère correspondant vient se présenter en bonne place sur le papier où le dernier temps de la pression suffit à l’imprimer.
- Pour mieux distinguer comment ce résultat est obtenu, soulevons le clavier avec la console qui le supporte et qui tourne autour d’une charnière inférieure montée sur le bâti fixe, en découvrant d’ailleurs les dernières lettres écrites (fig. 1).
- Nous voyons sur la droite un petit levier À sur lequel nous sommes tenté d’appuyer. Nous abaissons ainsi un léger disque garni d’une brosse tout imprégnée d’encre : c’est le tampon encreur. En s’abais-
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- LA NATURE.
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- sant il entraîne un index B qui marque sur le papier la place meme où s’imprimera la lettre prochaine.
- Au centre du tampon encreur, percé dans une mince pellicule de mica, nous voyons une étroite fenêtre : c'est par là que le caractère viendra au contact du papier. Mais, ce caractère, où est-il? En regardant de plus près nous apercevons un ménisque en ébonite, placé au-dessus du tampon encreur et à la face inférieure duquel, en relief, sont placés les caractères sur trois rangées concentriques. Ce ménisque sphérique fait corps avec le clavier qu’il suit dans tous ses déplacements. Mais comment, par le
- expliquer le mécanisme très simple de la rotule sphérique.
- Le mouvement d'oscillation est arrêté exactement lorsque le style vertical C s’engage par son extrémité dans une des encoches creusées sur la partie supérieure, concave, du porte-caractères. Ces encoches sont disposées, comme les stalles d’un cirque, sur trois circonférences concentriques; la hauteur de ces trois rangs de stalles varie et il suffit que le style vertical, servant de guide et d’arrêt, s’élève ou s’abaisse d’une quantité convenable pour que son extrémité s’engage dans l’une ou l’autre des trois rangées qui correspondent respectivement aux
- Fig. 2. — Détail des diverses pièces de la machine.
- 1. Clavier. — 2. Tampon encreur. — 5. Levier de changement de caractères. — 4. Détail de la bascule, le clavier enlevé.
- 5. Porte-caractères, vu en dessus. — 6. Porte-caractères, vu en dessous. — 7. Mécanisme d’avancement du chariot. — 8. Vue d’ensemble.
- seul fait de la pression sur une touche du clavier, amènera-t-on exactement le caractère voulu juste au-dessus de l’emplacement où doit se faire l’impression ?
- Il faut d’abord que l’oscillation déterminée par la touche se produise précisément dans le plan diamétral correspondant, et cela résulte de la combinaison très ingénieuse de la rotule; il faut ensuite qu’à volonté on puisse choisir un des trois genres de caractères correspondant à chacune des touches du clavier : majuscules, minuscules, ponctuation ou chiffres.
- Voyons d’abord la question du mouvement diamétral qui dépend uniquement du système adopté pour la rotule. Les dessins que nous donnons suffisent à
- minuscules, aux majuscules et aux signes divers : chiffres ou ponctuation. Ce mouvement vertical de la tige est commandé par un levier 1), à gauche du clavier, sous la main gauche de l’opérateur, et dont les trois positions sont faciles à obtenir d’une simple pression du doigt.
- Voilà la partie essentielle de la machine : celle qui se rapporte au mécanisme d'impression ; mais l’écriture correcte comporte d’autres opérations. La feuille de papier est pincée sous une agrafe métallique qui la rend solidaire d’un rouleau d’enroulement unique (tandis que, dans la plupart des machines, il existe deux rouleaux conjugués). Ce rouleau lui-même fait partie d’un chariot qui se déplace vers la gauche d’un intervalle de lettres à chaque im-
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- LA NATURE.
- pression, entraîné par une crémaillère et poussé par le ressort d’un barillet, aussitôt que le mouvement se trouve dégagé par le soulèvement d’un cliquet, à la fin de la pression sur la touche. Entre les mots, une pression sur le boulon E, qui marque la partie centrale du clavier, assure l’espacement. Quanta l’interlignage, il est réglé d’avance par un roehet dont le levier L se voit à gauche du chariot, et, en agissant sur un index à came, on peut obtenir trois interlignes différant de grandeur. De même, on peut régler à l’avance la marge que l’on désire en tirant plus ou moins la lige à crans T, et l’on règle également la sonnerie en déplaçant le butoir K, de manière à être averti lorsqu’on approche de la fin de la ligne.
- Il y aurait, certes, bien des détails à fournir encore sur les accessoires de cet intéressant appareil, qui a en outre le mérite d’être le premier type-writer fabriqué en France, dans une usine 'récemment installée à Dieppe ; mais il ne s’agit pas ici de donner une leçon complète sur son usage.
- Il nous suffit d’en avoir indiqué les principales particularités. La plus importante sans contredit, et celle sur laquelle nos lecteurs ne manqueraient pas de nous interroger, c'est son prix. Il est relativement modeste, quand on le compare à celui des bons modèles adoptés jusqu’ici. Pour une faible somme chacun de nous peut être dès à présent à hauteur du progrès et c’est un progrès nouveau que celte faible dépense due non pas à des combinaisons donnant une écriture imparfaite, mais à la seule simplification du mécanisme.
- L'-colonel G. Espitalrier.
- LA TRIANGULATION GÉODÉSIQUE
- des hautes régions des Alpes
- Tous les alpinistes et tous ceux (géologues, officiers, etc.) qui ont eu à faire des observations topographiques dans les Alpes françaises savent combien la carte de l’État-Major au 1 : 80 000° y est insuffisante, tant par son échelle même que par des erreurs inévitables à une époque où les montagnes étaient d’un accès plus difficile qu’aujour-d’hui. Une réfection à plus grande échelle (qui, d’une façon générale, serait si désirable, dans la France entière, pour les travaux de tous genres, scientifiques ou pratiques) s’impose là avec une nécessité particulièrement évidente. Aussi, en attendant une œuvre d’ensemble officiellement élaborée et mise à la disposition du public, qui pourra se faire longtemps attendre, doit-on savoir le plus grand gré aux initiatives privées, telles que celles de MM. Schrader, Duhamel, Ferrand, Yallot, P. Helbron-ner, etc., grâce auxquelles une partie de ces lacunes se trouve peu à peu comblée à force de travail et d’énergie.
- Depuis trois ans, M. Helbronner, notamment, a consacré son existence à créer, dans les hautes régions des Alpes françaises, un réseau géodésique de détail ou complémentaire des grands réseaux du 1er Ordre du dépôt de la guerre datant de 1850. Laissant de côté le massif du Mont-Blanc sur lequel ont porté, depuis quinze ans, les efforts de MM. Yallot, il a
- débuté en 1905, au sud d’Allevard, par la région du Puy Gris, du Hocher Blanc des Sept baux et de Belle Etoile ; en 1904, il s’est étendu vers le Sud aux massifs de l’Etendard et de Belledonne ; enfin, en 1905, dans une campagne de 124 jours, il a atteint la région extrêmement difficile du massif de l’Oisans, du Pelvoux, de la Barre des lîcrins, etc., où le réseau a été déterminé sur plus de 1500 kilomètres carrés. Pour donner une idée de l’effort physique exigé par ce travail, il suffira de dire que, dans ces quatre mois, il a été effectué 122 stations géodé-siques, dont celle des Ecrins à 4105 mètres, et 17 entre 5500 et 4000 mètres et que M. Helbronner a notamment campé au sommet du Pelvoux (à 5958 m.) pendant trois jours et deux nuits, et stationné seize heures en observation au sommet de la Grande ltuine (5754 m.)
- Ce stationnement géodésique sur les grands' sommets est une des nouveautés de la méthode adoptée. Avec le système de compensation graphique de Hall, perfectionné par M. Henri Yallot, on a pu déterminer l’axe fictif d’un signal à 0,10 m. ou 0,20 m. près, et les altitudes à 0,50 près. Les points de 1er ordre du dépôt de la guerre ont été conservés, mais avec une compensation par le calcul destinée à faire cadrer les différents triangles qui ne concordent pas entre eux. Il n’a été, au contraire, tenu aucun compte des points de 2° et de 5° ordre.
- En ce qui concerne les visées, les stations primaires ont été réunies entre elles en général par plusieurs tours d’horizon. H y a eu environ 5500 directions prises tant azimutales que zénitales. Enfin, de chaque station géodésique primaire, et de presque toutes les stations primaires et secondaires, il a été pris un tour d’horizon photographique complet en dix épreuves stéréoscopiques et de nombreux léléstéréoscopes par la méthode déjà décrite ici même1.
- Ces observations sur le terrain nécessiteront maintenant un travail de bureau considérable, qui, pour la seule campagne de 1905, ne demandera pas moins de sept ans et qui, par conséquent, reste aujourd’hui en retard sur le travail d’observation. La suite des opérations à effectuer est, en effet, la suivante :
- 1° Calcul des erreurs de fermeture de tous les tours d’horizon en toutes les stations; 2° Calcul des directions moyennes en tenant compte de toutes les réitérations en une station; 5° Etablissement d’un plan au 40000e du réseau d’une campagne ou d’un massif, de façon à obtenir — par méthode graphique des grands rapporteurs à branches — la position des points à 10 mètres près. Cette opération a pour but d’obtenir les distances de tous les points entre eux : distances qui entrent (avec le kilomètre pris pour unité) dans les calculs de réduction au centre du signal; 4° Calculs de réduction au centre du signal; 5° Calculs des triangles et des épures de compensation au 1 : 20e (5 cm. par m.) pour chaque point trigonométrique; 6° Calculs des triangles compensés; 7° Calculs des coordonnées géographiques : 8° Calculs des dénivelées; 9° Calculs des altitudes; 10° Calculs et établissement graphique des points de détail photographiques relevés sur les photographies prises en chaque station géodésique.
- Il est à peine besoin de faire remarquer le grand intérêt que présenteront ces mesurés très précises pour une foule de questions, par exemple pour l’étude des changements de forme qui peuvent affecter les montagnes avec le temps, tant par l’érosion que par les mouvements internes.
- A- Latour.
- 1 Yoy. n° 1655, du 28 janvier. 1905, p. 129.
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- LA NATURE.
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- L’ACCLIMATATION DU CAOUTCHOUC
- aux îles Sandwich
- Dans un précédent article1 nous avons étudié l’exploitation du caoutchouc en Amazonie. Le vice-consulat des îles Sandwich ou Hawaï a fait récemment au ministère de l’Agriculture une très intéressante communication relative à l’acclimatation du caoutchouquier dans ces îles. Il est à peine nécessaire d’insister sur l’importance, de jour en jour croissante, des applications du caoutchouc, due à l’énorme développement de l’automobilisme et du cyclisme, à l’utilisation pour la fabrication de tuyaux, de chaussures, de tissus, d’isolateurs, etc. Par contre, la marche de la production, tout en se faisant dans le môme sens, est loin de s’etfectuer avec autant de yilesse, et, si cet état de choses continue, il est possible de prévoir à bref délai une insuffisance de la production, menaçant toutes les industries qui emploient le caoutchouc. C’est donc à l’agriculture d’obvier à cette crise en développant les plantations de caoutchouc, en les créant là où elles n’existent pas.
- Dès 1883, quelques essais, effectués sur des terrains d’expérimentation, prouvèrent que le climat des îles Hawaï était convenable et des essais privés ne tardèrent pas à se produire dans l’ile Maoni, où ils donnèrent d’assez beaux résultats pour déterminer la formation de Compagnies d’exploitation, qui sont actuellement en pleine prospérité. C’est principalement à la nature volcanique du sol, favorable au drainage, que l’on doit attribuer cette très belle réussite, et aussi aux conditions de la température et du régime des pluies. Les principales plantes essayées sont le Cerea, recherché pour sa croissance rapide et la longue durée de sa période productive et VHevea brasiliensis, dont nous avons déjà dit qu’il fournissait le meilleur caoutchouc. Bien que sa taille devienne plus grosse et son rendement supérieur, sa lenteur de croissance lui a fait préférer le Cerea. Cependant, il se dessine dès à présent un mouvement accusant une tendance à uLiliser uniquement YHevea et à éliminer toutes les autres essences, à cause de la supériorité de son produit.
- Encore très élémentaire, le traitement du caoutchouc est beaucoup moins primitif qu’en Amazonie. D’abord, ici, il y a culture proprement dite et non simple exploitation d’un produit naturel. Les caoutchouquiers sont plantés en quinconce non serré, dans un terrain préalablement défriché et sarclé. On utilise parfois la période de croissance des plantations en cultivant sur ces mêmes terrains le café ou le cacao, qui sont d’un moindre rendement et que l’on élimine au moment où les arbres sont exploitables. La récolte se fait par incisions comme au Brésil. Ensuite le suc étant recueilli dans des récipients, on active sa coagulation en y ajoutant quelques gouttes d’acide acétique, puis on en forme des pains que l’on met sécher au soleil.
- Il est facile de prévoir que l’industrie du caoutchouc aux îles Sandwich est appelée à de très brillants résultats; en effet les frais de culture et d’entretien sont extrêmement réduits, aussi bien que ceux de récolte ; d’autre part, la production est très régulière et les débouchés très assurés. Il y aurait évidemment tout intérêt à développer cette culture dans nos colonies qui, comme Madagascar ou Taïti, jouissent de conditions de sol et de climat analogues à celles qui existent à Hawaï. P. Lokcocée.
- 1 Yoy. n° 1697, du 2 décembre 1905, p. 10.
- LES CARTES A JOUER
- La passion du jeu est aussi ancienne que le monde et l’on n’avait pas attendu l'invention des cartes à jouer pour risquer les sommes les plus considérables sur des alternatives de pur hasard. On a toujours considéré le jeu comme une sorte de folie qui rend l’homme dément et lui fait perdre la notion exacte des choses. Dans cette admirable série de gravures qu’Ilolbein a publiée sur la danse des morts (fig. 1), on aperçoit trois joueurs surpris par le terrible squelette qui prend à la gorge un pécheur incorrigible et le livre à un diable affreux. Les témoins de cette scène sont animés de préoccupations diverses; l’un d’eux abandonne son jeu et cherche à écarter le bras de la mort qui déjà s’appesantit sur son infortuné compagnon; l’autre au contraire, le plus jeune, n’a d’autre préoccupation que de ramasser ses pièces de monnaie et de les sauver de la bagarre.
- On peut dire que la folie du jeu est la plus dangereuse des passions humaines, mais elle est la moins répugnante, car elle ruine l’homme mais elle ne le dégrade pas; ceux qui savent être beaux joueurs conservent dans l’adversité un front impassible et ce n’est peut-être pas le plus mauvais moyen de faire pencher en leur faveur l’inconstante déesse qu’est la fortune.
- 11 a paru dernièrement sur ce sujet un livre d’un réel intérêt qui retrace l’histoire des cartes depuis le xive siècle jusqu’au xxel ; l’auteur, H. D’Allemagne, après avoir passé en revue dans une série d’ouvrages, dont nous avons rendu compte ici, toutes les différentes manières de récréer le corps et l’esprit, a consacré deux énormes volumes à cet objet qui présente un intérêt véritable. Les cartes à jouer, en effet, sont le reflet des sentiments politiques de l’époque et les préoccupations littéraires et artistiques sont loin de lui être indifférentes. Dans les anciens jeux de tarots, en effet, nous voyons au xve siècle que l’on* se préoccupe de reproduire les figures caractérisant les sentiments que l’on cherchait à inculquer à la jeunesse, telles que la tempérance, la justice ; les personnages qui frappaient le plus l’imagination du public étaient également choisis comme emblèmes, c’est dans cet ordre d’idées que l’on rencontre le Pape, l’Empereur, le Fou. Enfin la Fortune, qui est figurée sur une roue, était toute désignée pour faire partie de cette série d’embl-èmes. Nous donnons ici (fig. 3) la représentation la plus ancienne que nous connaissions d’une partie de tarots qui est reproduite d’après une miniafure de la fin du xive siècle; elle est tirée du roman du roi Méliadus.
- 1 Les cartes à jouer du xive au xx° siècle, par Henry-René d’Allemagne, ouvrage contenant 3200 reproductions de cartes dont 956 en couleur, 12 planches hors texte coloriées à l’aquarelle, 25 pliototypies, 116 enveloppes illustrées pour jeux de cartes et 340 vignettes et vues diverses. 2 volumes in-4° de plus de 1200 pages, broché : 60 francs; relié : 70 francs. Paris, Hachette.
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- LA NATURE.
- Dès celle époque reculée on jouait beaucoup aux cartes et dans les anciennes minutes d’un notaire marseillais, Haurent Aycardi, nous avons rencontré un acte du 30 août 1381, établissant d’une manière irréfutable que le jeu de cartes était considéré comme une plaie pour la jeunesse, et, afin de ne pas retomber dans cette faute grave, plusieurs jeunes gens font entre eux la curieuse convention suivante : Un certain Jacques Jean, joueur effréné s’il en fût, et fils d’un riche négociant marseillais, étant sur le point de s’embarquer pour Alexandrie sur un navire amarré dans le port, prend l’engagement vis-à-vis de ses amis de ne pas s’adonner plus longtemps à sa passion dominante et de résister au plaisir de tromper les longues heures de la traversée en jouant aux cartes. Deux de ses intimes, Honorât d’Albe et Nicolas Miol, l’entraînent chez un notaire et lui font signer l’engagement écrit de ne prendre part à aucun jeu ; ni directement ni indirectement, comme acteur ou comme parieur à partir du moment où il mettra le pied sur le navire, pendant tout le temps de son absence et huit jours après son retour à Mar-
- et cinq tlorins applicables au curage du port de Marseille. En garantie de son obligation, il soumet tous ses biens et les marchandises qu’il emporte dans son voyage à une hypothèque générale. Ce qu’il y a de plus curieux et ce qui prouve que l’afiaire méritait attention, c’est, que l’un des contractants, Nicolas Miol, faisait partie de l’expédition muni d’une procuration en bonne et due forme pour faire valoir au besoin les droits de son confrère. L’histoire ne raconte pas ce qu’il advint de celte étonnante gageure, mais ce qu’il y a de certain, c’est, que pour prendre des précautions pareilles, il fallait que la passion du jeu fût bien invétérée dans le cœur des habitants de la cité Phocéenne.
- Quoique les cartes aient été considérées à juste titre comme l’une des plus funestes inventions humaines, on a cependant tenté à plusieurs reprises de les faire dériver vers un but utilitaire et de les transformer en méthode d’enseignement. La curieuse série de cartes qui, à tort ou à raison, est attribuée à Manlegna fut gravée en 1470 ou 1485 et contient un abrégé de la science d'alors. Certains auteurs ont voulu y voir
- Fig. 1. — Danse des Morts.
- .Vauthier Cartier Tient toutes sortes De
- PAPIERS DE FRANCE ET D>HOLLANDE;AEUSAGE DES BUREAUX
- REGISTRES DE TOUTES GRANDEURS PLÛMES D’HOLLANDE » ENCRE DOUBLE ET LUISANTE DE TOUTES COULEURS CIRE D'ESPAGNE ROUGE ET NOIRES*-A DIJON RUE
- Fig. 2. — Enveloppe de Vauthier,
- seille. Le notaire dresse la convention et Jacques Jean promet de payer pour chaque infraction quinze florins d’or, savoir : cinq florins à chacun de ses amis
- les états de la vie, les muses, les vertus et les planètes. Nous reproduisons ici quelques-unes de ces dernières; Jupiter est représenté assis au milieu.des
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- LA NATURE.
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- nimbes tenant dans les mains la foudre tandis qu’un aigle plane au-dessus de lui ; à côté de lui est Saturne qui, suivant la légende, dévore ses enfants probablement pour faire allusion à la rapidité effrayante avec laquelle le temps disparaît sans qu’on ait la possibilité de s’en apercevoir. Enfin la troisième carte est le firmament caractérisé par un ange qui porte une sphère étoilée où l’on peut voir une carte du ciel (fig. b).
- Le livre deM. Henry D’Allemagne est intéressant également au point de vue de l’économie sociale, car il nous donne un aperçu très complet de ce qu’étaient les corporations depuis leur origine jusqu’à leur suppression déünïtive à la lin du xvm° siècle. Nous y voyons toutes les garanties et
- les artisans avaient à se débattre au milieu d’un lacis inextricable de statuts, de règlements qui leur
- interdisait ou leur défendait telle ou telle manière de travailler suivant que les prud’hommes du métier avaient ou non jugé qu’elle pût être pro litable à l’œuvre.
- Cette étude est intéressante, car elle démolit cette absurde légende du chef-d’œuvre qui, de nos jours, est considérée, par ceux qui n’ont pas étudié la question, comme étant l’expression de l’œuvre la plus parfaite que pût produire un artisan. Le chef-d'œuvre n’avait d’autre but que de démontrer que le jeune homme, qui aspirait à devenir maître, connaissait bien son métier et savait se servir de tous ses outils, mais de là à conclure que ce tra-
- -Tarlie do tarots.
- V-TT7 7rn 2 ? ? / 7 7 rit
- • 1VPITERYXYWI- W
- -SATVRNO'XXXXVH
- OCTAVASPERA • XXXXVII1
- Fig. 5. — Saturne.
- Fig. 6. — Le Firmament.
- l’on peut même ajouter toutes les entraves dont étaient entourées les productions de la main-d’œuvre. Depuis le haut Moyen Age jusqu’à la Révolution,
- vail servant d’examen pratique était le dernier mot de la perfection et de l’art, il y a un véritable abîme et lé chef-d’œuvre des jeunes ouvriers ne dépassait
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- LA NATURE.
- pas connue valeur artistique la valeur littéraire que nous pourrions attribuer à une bonne narration d’un élève de rhétorique reçu à son examen de baccalauréat.
- Depuis une époque fort ancienne, le type des cartes est resté immuable pour chaque région et les maîtres cartiers n’ont guère pu exercer leur fantaisie que sur les enveloppes dans lesquelles étaient ployés les jeux. C’est en effet sur ces feuilles de papier que le maître cartier plaçait son nom accompagné d’un petit boniment pour vanter l'excellence des produits de sa fabrication. Nous reproduisons ici (lig. 2) l’enveloppe d’un cartier dijonnais, Yauthier, qui avait eu, au moment des premières expériences aérostatiques, l’idée vraiment originale de prendre un ballon pour enseigne et de le faire figurer sur les différentes enveloppes des jeux qu’il mettait dans le commerce. Le dessin et la gravure sont certes un peu naïfs, mais il ne faut pas être bien exigeant vis-à-vis de ces humbles artisans qui travaillaient I 6 heures par jour pour gagner en moyenne 50 sous de la monnaie d’alors.
- Le xvu siècle n’a pas eu seul le privilège des jeux instructifs, et au xvie siècle l’un des plus célèbres est celui de Thomas Murner, religieux cordelier allemand; il avait inventé cette singulière méthode pour apprendre à ses élèves la philosophie et toutes les sciences qui en découlaient.
- Au siècle suivant on a réduit en jeu de cartes toute la géographie et une des plus célèbres de ces inventions est due à D. Du Val, géographe du roi en 1069. À cette époque la plupart des sciences onL été traitées de la même manière ; les jeux de blason et d’armoiries sont extrêmement nombreux ; les différentes péripéties de la guerre ont servi également à constituer un jeu connu sons le nom de jeu des fortifications ; enfin la musique n’a pas échappé à ce désir qu’avaient les érudits du xixe siècle d’instruire en amusant et on est arrivé ainsi à composer un recueil pour piano intitulé : les mille et une valses, qui dénote de la part de son auteur plus d’ingéniosité que d’esprit pratique.
- L’ouvrage de M. Henry D’Allemagne présente un intérêt considérable au point de vue du recueil de documents pour la plupart inédits qu’il renferme, et son illustration, qui comprend près de 5200 cartes reproduites en noir ou en couleur, est l’ensemble le plus complet qui ait été fait sur cette matière.
- A. Tissandier.
- CHRONIQUE
- ;Câbles électriques pour 60 OOO volts. — Le
- jofirnal Elektrotechnische Zeitschrift publie quelques renseignements sur les canalisations que vient d’établir la Société Berliner Elektricitats AVerke, pour alimenter une sous-station de distribution à l’intérieur de Berlin. Cette sous-station reçoit du courant triphasé à G000 volts, et celui-ci est transformé en courant continu à 2x 220 vôlts pour être distribué. Les câbles pour courants tri-
- phasés sont formés de 5 torons de fils de cuivre de 70 mm2 de section, recouverts d’abord d’une couche de caoutchouc pur para et ensuite d’une couche de jute. Par-dessus est placé le rouleau de plomb, qui est lui-même recouvert d’une épaisseur de jute, et par-dessus se trouve enfin l’armature en fer; celle-ci est à son tour recouverte d’une forte épaisseur de jute. Chaque câble a avec lui un fil témoin. On fabrique ainsi des longueurs de 170 mètres, qui sont enroulées sur des tambours. Lors de la pose, ces câbles sont déroulés et posés directement dans la terre à environ 1 mètre de profondeur. Ces câbles, comme on le voit, sont d’une composition un peu compliquée. Mais ils sont à toute épreuve; ils donnent des isolements supérieurs et résistent en terre pendant nombre d’années.
- Une usine hydro-électrique sur le lac Titi-caca. — On parle beaucoup, depuis un certain temps, de ce lac qui a l’avantage de se trouver à une altitude tout à fait exceptionnelle. Dernièrement on y lançait un grand bateau à vapeur; voici maintenant qu’on s’apprête à emprunter une partie de ses eaux pour alimenter une usine hydro-électrique : il servira de réservoir régulateur pour cette installation.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 janvier 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Distillation de métaux. — M. Moissan présente de nouvelles recherches sur l’ébullition et la distillation des métaux du platine. La fusion de ces métaux a été étudiée par Deville et Debray qui ont fondé ainsi une nouvelle métallurgie du platine. M. Moissan, au moyen de son four électrique, peut, en utilisant un courant de 500 ampères sous 110 volts, distiller en quelques minutes de 20 à 50 grammes de platine. L’ébullition se fait aussi tranquillement à cette haute température que celle de l’eau à 100°. On recueille sur un tube de cuivre, traversé par un courant d’eau froide et placé au milieu du four, des gouttelettes métalliques composées de cristaux cubiques et de lamelles brillantes cristallines. La chaux fondue, qui entoure le creuset, est coloriée en gris foncé par les condensations de la vapeur de platine. En opérant sur des poids de 100 à 200 grammes, M. Moissan a réussi de même à distiller l’osmium, le ruthénium, le palladium, l’iiidium et le rhodium. Or les deux premiers métaux n’avaient pu être fondus qu’avec difficulté au moyen de l’arc électrique ; ces expériences curieuses ont été réalisées grâce à l’obligeance de M. Mathey de Londres qui a mis à la disposition de M. Moissan plusieurs centaines de grammes de ces métaux rares et précieux.
- Géologie des régions polaires australes. — M. de Lapparent expose que les fossiles (ammonites) rapportés par l’expédition antarctique d’Otto Nordenskjôld des environs de la terre Louis-Philippe, ont été étudiés par M. Kilian. Ces fossiles appartiennent au crétacé supérieur, sur l’horizon de la craie de Meudon, et offrent des analogies frappantes avec le type indo-pacifique de la formation Inde, Japon, Vancouver, Californie, Chili.
- Caractères des mimmuliles réticulés. — M. de Lapparent dépose ensuite une Note de M. Boussac sur l’évolution ontogénique d’un certain nombre de nummulites
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- réliculés. L’auleur est parvenu à suivre cette évolution ; il constate qu’il existe, pour la formation du réseau, deux modes fondamentaux donnant naissance chacun à un pliylum.
- Géologie de la Grèce. — M. de Lapparenl dépose ensuite une Note de M. Négris dans laquelle l’auteur déclare avoir reconnu que la racine desnappes charriées, trouvées dans le 1‘éloponèse, doit se trouver dans l’isthme de Corinthe.
- L’azolule d’ammonium cristallisé. — M. de Lapparenl résume un travail de M. Wallerant sur l’azotate d’ammonium cristallisé. Cette substance traverse une série d’états cristallins quand on la refroidit progressivement à partir de la température de fusion. Un de ces états, caractérisé par sa symétrie quadratique, se produit à 125°, persiste jusqu’à 82°, puis fait place à un état différent mais pour reparaître plus tard vers —1(5° et subsister jusqu’aux plus basses températures.
- Un lac oligocène. — M. À. Gaudrv présente une Note de M.. Glangeaud, professeur à l’Université de Clermont-Ferrand, sur un lac oligocène qui aurait été situé sur le versant du Mont-Dore. C’est un exemple nouveau de la corrélation existant entre la géologie et la géographie physique actuelle. La configuration présente du sol n’est que la résultante des états antérieurs. Au Nord du Mont-Dore, on rencontre une grande dépression où huit petites rivières se réunissent pour former la Sioule. Or, celte dépression existe depuis le milieu des temps tertiaires. C’était alors un lac oligocène où des rivières ont apporté un sédiment épais de 80 mètres; M. Glangeaud l’appelle le lac d’Olby. Malgré ces apports, il est resté une vaste dépression dans laquelle sont descendus les apports des rivières miocènes et les nappes des volcans pliocènes.
- L'absorption du chloroforme pendant l'anesthésie. — M. Dastre présente un travail de M. Nicloux sur la quantité de chloroforme contenue dans le sang artériel. Il a déterminé la teneur suffisante pour amener l’anesthésie, h teneur mortelle et enfin la teneur pendant la période qui suit l’anesthésie.
- Histoire scientifique. — M. E. Perrier présente un ouvrage de M. llamy, consacré à la vie et aux travaux du naturaliste Joseph Dombey (1742-1794).
- Cu. de Yjlledeuil.
- UNE HORLOGE GÉANTE
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- Lorsqu’on parle à grand », on est toujours porté à regarder l’Amérique qui bénéficie d’une réputation solidement assise eL_d.’.iine_ situation à l’abri de iiuit jours d’Atlantique. .
- Bien que l’horlogerie de la vieille Europe ne redoive rien à celle des États-Unis, on ne peut guère parler de grosses horloges, sans qu’immédiatement on vous cite celle de Philadelphie ou cette autre de je ne sais plus quelle cité monstre, dont les aiguilles fonctionnent au moyen d’une dynamo sur laquelle on n’hésite pas à donner des détails fantastiques.
- J’ai essayé personnellement de savoir quelque chose de précis sur la fameuse horloge de Philadelphie. Jusqu’ici il m’a été impossible d’avoir à son sujet le moindre renseignement sérieux.
- Ce n’est donc pas d’elle qu’il sera queslion dans
- ces lignes, mais d’une horloge monstre bien française et que tout le monde peut voir et loucher facilement, attendu qu’elle orne la basilique de Sainl-Gervais d’Avranches (Manche).
- Le mécanisme pèse 2000 kg. 11 mesure 4'“, 15 de longueur sur l"1,90 de largeur et 2IÜ,40 de hauteur : a lui tout seul l’encombrement d’une pièce d’appartement parisien.
- La gravure que nous reproduisons (p. 144) d’après une photographie communiquée par le constructeur, M. Gourdin, horloger à Mayet (Sarthe), représente cette pièce, sans doute la plus grosse de France, vue de côté.
- Les corps de rouages qui la composent sont au nombre de 5, dont 1 pour le mouvement et 4 pour les sonneries.
- Le mouvement est d’abord transmis, au moyen de tringles creuses d’acier d’une longueur totale de 58 mètres et de 6 engrenages d’angle, aux 4 cadrans de la tour de l’église (1“',40 de diamètre), à un cadran intérieur de O"1,90 et à un cadran dans la chambre des sonneurs. L’horloge porte naturellement sur son mécanisme un cadran de mise à l’heure.
- La sonnerie des heures se fait au moyen d'un marteau de 100 kg sur un bourdon de 6454;;kg donnant la note sol. Le poids moteur de ce marteau n’est que de 300 kg. Le remontage se fait tous les jours. ' ’
- Outre ce bourdon, qui sert aussi aux sonneries du culte, l’horloge actionne encore 22 autres cloches soit pour les quarts, soit pour un carillonnage dont les airs sont donnés par le gros cylindre en bas et à droite de la vue de côté. Les cames de ce cylindre soulèvent les leviers que l’on voit en avant de la figure et qui agissent sur les queues des marteaux des cloches.
- Chaque cloche a deux marteaux dont les poids varient, suivant la taille des cloches, de 6 à 20 kg.
- Des 22 cloches autres que le bourdon, 18 servent exclusivement au carillonnage. Elles constituent une série chromatique de fa à do, dont le poids total est de 1802 kg (53 pour le fa, note la plus aiguë; 225 pour le do, note la plus grave). Les 4 autres cloches qui sont également sonnées en volée sont un sol de 700 kg, un mi de 1090 kg, un ré de 1565 kg, et un do de 2250 kg.
- La sonnerie des quarts, qui se fait par le rouage au-dessus de celui du carillon, joue l’hymne « Invio-lata ». Au premier quart « lnviolata », soit 5 notes seulement. Au second quart, 8 notes, au troisième 11 notes et au quatrième la phrase entière de 15 notes : « lnviolata integra et casta es Maria ».
- Avant midi et avant 7. heures du soir, 1’ « Invio-lata » est remplacé automatiquement par un autre air variable suivant les saisons. 11 y a sept airs de rechange pouvant être ainsi mis en action : « Adesle Fideles», « O filii etfiliæ », « Creator aime siderum », « Castis amicum mentibus », « Languentibus », « Parce Domine » et « Salve llegina ».
- Les poids moteurs des divers corps de sonnerie
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- ae dépassent pas 265 kg. Les airs du carillon peuvent se changer absolument comme des airs de phonographes par l’introduction sur l’axe d’autres cylindres. Outre le jeu automatique donné par l’horloge, un clavier permet d'utiliser les 25 cloches pour jouer à la main tous les airs compatibles avec les 23 notes indiquées.
- Comme on peut s’en rendre compte par la gravure, cette horloge est d’un aspect très élégant. La vue de lace montre la symétrie de disposition des différents rouages, disposés en triangle sur trois étages. A gauche de cette vue les leviers actionnés par les cames du carillon montrent leur fonctionnement. Au milieu, une grande roue de 96 chevilles, dontchacune correspond à un quart d’heure, permet d’obtenir, au moyen de détentes appropriées, les divers effets de sonnerie que l’horloge doit réaliser automatiquement.
- La vue de côté indique comment sont montés les cylindres naunis de cames agissant pour les sonneries de quarts et de carillon. Ces cylindres sont directement dans le prolongement des tambours sur lesquels s’enroulent les cordes des poids moteurs.
- Le tambour de carillon est garni de sa corde sur une partie de sa longueur. Le poids, de cette manière, ne perd aucune partie de sa puissance à mettre en mouvement des rouages intermédiaires. Au-dessus, on voit les leviers auxquels sont attachés les fils de tirage des sonneries de quarts. Ces leviers passent entre les dents d’un peigne qui les maintient rigoureusement parallèles et contribue à empêcher l'enchevêtrement des fils.
- Je ne crois pas qu’il existe en France d’horloge présentant un pareil v olurne, cela malgré les faibles
- dimensions de ses cadrans. Il ne faut pas oublier, en effet, que les cadrans n’ont qu’une influence relativement faible sur la puissance des mécanismes qui est déterminée essentiellement par la force des cloches sur lesquelles on veut donner les sonneries. Une petite horloge peut faire marcher de grands cadrans, elle ne peut pas sonner sur de grosses cloches.
- Au point de vue de la dimension des cadrans, il ne serait d’ailleurs pas nécessaire de franchir l’Atlantique pour en rencontrer d’un diamètre colossal. 11 suffirait d’aller à Zurich voir l’église Saint-Pierre qui en possède 4 de 8m,60 de diamètre. Les chiffres des heures ont O1",95 de hauteur. Le développement de la circonférence bordant ces chiffres à leur partie extérieure représente une longueur de 24“’,80, soit plus de 2 mètres pour une heure et 0"’,40 pour une minute.
- I)’après Favar-ger, dans son ouvrage V Electricité et ses applications à la chronométrie, le poids des paires d’aiguilles de ces cadrans représente le coquet total de 1400 kg. Ces aiguilles sont mises en mouvement par un rouage à poids que déclenche à des intervalles réguliers, très rapprochés, un courant électrique, le même qui actionne les petits cadrans électriques du réseau zurichois.
- Ces chiffres sont assurément suffisants pour montrer que nos horlogers n’ont pas besoin d’aller en Amérique pour y apprendre à faire grand, ni nous, d’aller bien loin pour voir des choses extraordinaires. L. Revekchon.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Horloge-carillon de la basilique Saint-Germain d’Avranclies (vue de côlr .
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- N° 1706. — 3 FÉVRIER 1906.
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- Bateau de pèche danois à moteur tonnant.
- 11 a déjà été question ici de la transformation qui est en train de s’accomplir dans l’industrie de la pèche, par l’adoption de la propulsion mécanique à bord des bateaux qui se livrent au chalutage le long-dès côtes, ou à la pêche de la morue en Islande et à Terre-Neuve. Mais cette propulsion mécanique recourt normalement au moteur à vapeur, dont l’installation coûte cher, sans parler même des difficultés qu’on rencontre pour le monter avec tous ses accessoires à bord d’un bateau qui a été construit primitivement pour la voile, et qu’il est pourtant fort désirable de continuer à utiliser, étant donné qu’il représente souvent toute la fortune du modeste patron pêcheur auquel il appartient.
- L’automobilisme proprement dit* nous entendons le moteur tonnant, semblait pouvoir résoudre la difficulté et permettre la transformation économique et rapide des petits bateaux de pêche, sans immobilisation d’un capital considérable, et sans nécessiter un personnel ni même un mécanicien pour la conduite ou l’alimentation du moteur. Nous n’avons guère besoin d’insister sur les avantages que cette combinaison assure au pêcheur : diminution des risques, plus grande productivité de la pêche, retour plus rapide avec les captures sur le marché de 34e année. — 4er semeslre.
- vente, où le poisson, en meilleur état de conservation, se vendra mieux. Au reste, notre collègue M. Pérard s’est déjà fait l’apôtre éclairé et convaincu de cette transformation; mais si quelques tentatives, encore modestes il est vrai, ont été réalisées en France, elles sont dues plutôt à des entreprises de pêche d’une réelle importance, alors qu’il serait intéressant de voir ces idées comprises et pratiquées par les propriétaires de petits voiliers, qui se plaignent amèrement de la concurrence des chalutiers à vapeur, sans chercher les moyens pratiques de lutter contre eux et de tirer parti du précieux machinisme.
- A ce point de vue, nous trouvons dans les pays Scandinaves un exemple qui est bon à connaître à tous égards, et que la Grande-Bretagne commence à mettre habilement à profit. Assez récemment, un représentant du Gouvernement américain en Norvège signalait le développement très marqué des bateaux pêcheurs automobiles, des bateaux dotés d’un moteur tonnant, en Suède, et l’on peut dire que le même phénomène se manifeste dans les milieux pêcheurs danois. D’autre part, la situation a été mise clairement en lumière, dans ces pays en même temps qu'en Norvège, par un officier de marine
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- anglais, le lieutenant Cumming, qui avait été chargé d’une mission spéciale par son gouvernement; il a pu constater que les voiliers transformés en bateaux automobiles prospèrent à côté des plus puissantes compagnies de chalutage à vapeur ; d’ailleurs, ils exercent leur activité sur des terrains de pèche un peu différents.
- 11 s’agissait tout à la fois de relever le nombre des voiliers qui avaient subi la transformation, et de constater les résultats pratiques donnés par celle-ci, c’est-à-dire la facilité de conduite, la sûreté de fonctionnement, l’économie de marche des moteurs adoptés. Nous pouvons dire tout de suite que c’est par centaines que le lieutenant Cumming a trouvé, dans la région Scandinave et danoise, des petits bateaux pêcheurs recourant à la propulsion mécanique; ajoutons qu’on n’a pas pour cela supprimé la voilure à leur bord, et que l’on considère (avec raison sans doute pour l’instant et dans la période de transition) que le moteur ne doit pas supplanter la voile, en donnant une allure comparable 'a celle d’un vapeur ; que cette façon de faire entraînerait des dépenses trop élevées, nécessiterait la présence d’un mécanicien pour un moteur très puissant, et qu’ici l’engin mécanique doit être un auxiliaire de la voile. 11 permet de ne plus tenir compte des calmes et de marcher à une allure de 5 nœuds, approchant de la moyenne que réalise la voile seule.
- Le lieutenant Cumming s’était, dans ses recherches, tracé un programme très logique, qui répond en partie à ce que nous avons dit du bateau automobile en général : il tenait à écarter l’emploi des essences à cause des dangers d’incendie, et désirait des réservoirs d’une seule pièce, avec combustible sous pression, pour que toute fuite se manifeste immédiatement. Il considérait comme nécessaires l’absence d’organes compliqués dans le mécanisme, une bonne protection contre l’eau de mer, aussi peu de vibrations que possible (pour ne point dissocier une coque faite simplement et primitivement pour la marche à voile) ; il fallait que l’installation fût peu coûteuse et les dépenses de consommation faibles, et que l’homme de barre, sur le pont, eût devant lui et snus sa main tous les leviers (peu nombreux) pour la conduite du moteur et le renversement de l’hélice, qui devait être à ailes réversibles. Tous ces désiderata, il les a trouvés remplis par un moteur dit Dan, qui est construit à Copenhague, et qui a été précisément installé à bord des centaines de bateaux de pèche de la région.
- Nous possédons des documents complets sur des bateaux qui sont dotés d’un moteur de ce genre : voici, par exemple, un lourd voilier appelé le Pollux, de 50 tonneaux environ, et où il suffit d’un moteur de 20 chevaux pour donner une marche de 5 nœuds en eau calme, en consommant par cheval-heure 450 grammes d’un déchet de pétrole, d’une huile lourde par conséquent, qui porte commercialement le nom de Royal Daylight, et qui coûte 21 centimes le kilo, dans ce pays fortuné de Danemark où les
- droits de douane ne viennent pas démesurément augmenter le prix de vente. Nous n’avons pas besoin de dire que le pétrole lampant réussit parfaitement.
- Le dessin que nous donnons, et on l’on aperçoit le moteur en place à l’arrière du bateau, renseigne le lecteur sur les conditions d’installation d’un engin de celte sorte, dans une coque uniquement construite pour la marche à la voile. Le moteur est à
- 4 temps, à soupapes commandées mécaniquement et protégées toutes par une enveloppe d’eau ; une pompe de circulation refroidit l’ensemble; tout est robuste et fonctionne à peu près sans aucun nettoyage. Un moteur de 20 chevaux n’occupe qu’un espace de 2m,50 sur 2m,50. En 20 minutes, il est mis en marche après un arrêt aussi prolongé qu’on le suppose; deux hommes assurent les premières rotations à l’aide d’une roue à chaîne disposée sur le pont; c’est du pont également que le timonier actionne, sans quitter le gouvernail, les quelques leviers de commande : il peut faire « culer » presque instantanément le bateau, grâce aux ailes mobiles de l’hélice, qui s’effacent complètement quand il s’agit de marcher seulement 'a la voile. Une transmission très simple permet d’actionner, et si l’on veut au moyen d’un seul cylindre, le cabestan mécanique du pont, qui donne les mêmes avantages précieux que les cabestans à vapeur que l’on trouve à bord des bateaux à vapeur. Nous pourrions citer, comme exemple un peu d’un autre genre, le Doro-thea, bateau grossièrement taillé, avec réservoir central pour la conservation du poisson vivant, et où un moteur de 10 chevaux, installé alors que la coque avait déjà 15 ans, fonctionne depuis plus de 2 ans sans réparations, et assure une allure de
- 5 nœuds en eau calme, sans imprimer de vibrations sensibles à la coque.
- Le résultat de l’enquête du lieutenant Cumming a été l’installation presque immédiate d’un moteur analogue sur un bateau de 21 mètres de long environ, bateau de pêche à voiles qui avait déjà de nombreuses campagnes dans les mers d’Écosse, et que l’Administration maritime promène un peu dans tous les parages, pour faire comprendre les avantages de cette combinaison aux pêcheurs de la côte. Voilà donc les petits marins pêcheurs, qui se plaignaient si amèrement des menaces de ruine qui résultaient pour eux de l’introduction de la vapeur dans l’industrie de la pêche, à même, s’ils le désirent, de recourir, eux aussi, à une forme pratique de la propulsion mécanique.
- Si l’on rapproche cette conclusion pratique des résultats donnés par l’automobilisme à bord des bateaux de pêche de la région danoise, suédoise ou norvégienne, et en même temps des efforts un peu dispersés, il est vrai, qui ont déjà été faits en France, on comprendra que la transformation du bateau de pêche s’impose réellement et qu’il y a là encore une de ces conséquences précieuses, mais souvent méconnues, des progrès du machinisme.
- Daniel Beli/et.
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- LES AVENS DES PLANS DE CANJUERS (VAR)
- Vers le Nord du département du Yar, à la limite du Yar et des Basses-Alpes, dans la boucle formée par le Verdon et son affluent l’Artuby, s’étend vers l’altitude de 880 mètres un vaste plateau calcaire de plus de 80 km2.
- 11 est limité à l’Est et au Nord par les gorges magnifiques de l’Artuby et du Verdon, qu’il surplombe de plus de -400 mètres, à l’Ouest par la terrasse d’Aiguines, au Sud par les hauteurs de Béoubre (1068 mètres), signal de Rue (1089 mètres), Ser-rières de Bagne (1109 mètres). 11 est divisé en deux parties inégales, le « Petit Plan de Canjucrs », à l’Est, et le « Grand Plan de Canjuers », à l’Ouest, par une ligne de crête dirigée du S.-E. au N.-O. et terminée près d’Aiguines par les hauteurs de Marjiès (1577 mètres). Ce Petit Plan et ce Grand Plan de Canjuers donnent l’impression de deux vallées, actuellement desséchées, d’immenses cours d’eau antérieurs ; le premier de ces cours d’eau, sensiblement parallèle à l’Artuby, se dirigerait vers le Verdon, au-dessus duquel son ancien lit, recoupé par le grand cation du Verdon, est brisé par une falaise à pic, haute de plus de 500 mètres, à 2 km en aval du confluent de l’Artuby, en face des hauteurs de Collet Barris (1462 mètres). Le deuxième serait parallèle au Verdon,déboucherait près d’Aiguines au sommet d’une terrasse qui descend jusqu’au Verdon, près du village des Salles. Par le fait, ces deux Plans de Canjuers correspondent bien à des lits desséchés de rivière. Leur sol, constitué par la roche calcaire, à peine recouverte de quelques maigres touffes de lavande, est de toutes parts, profondément corrodé par les eaux. Il montre les vestiges irrélu- . tables d’une circulation d’eau considérable. A 'celte circulation superficielle des âges géologiques antérieurs, qui amenait les eaux de ces Plans de Canjuers vers la coupure où passe actuellement le Verdon, s’est substituée une circulation souterraine.
- Cette circulation souterraine qui a dû, elle également, être intense, ainsi que le montrent deux abîmes ; indiqués par la carte d’état-major, sur le Grand Plan, a eu pour effet de drainer vers une autre direction les eaux de pluies tombant sur ces deux plateaux. Elle semble a priori pouvoir intéresser la grande émergence de Fontaine-1’Évêque ouSorps, qui i surgit dans la vallée du Verdon, à quelque 25 kilo-1 mètres en aval de la limite S.-O. du Grand Plan de Canjuers.
- Or, il est à l’étude, depuis bien des années, un
- projet de captage et de dérivation de Fontaine-l’Evêque pour l’alimenlation en eau potable de Marseille et de Toulon, et pour l’alimenlation en eau d’irrigation du département du Yar.
- Aussi M. le ministre de l’Agriculture, dès la création (avril 1905) du Comité d’études scientifiques de la direction de l’hydraulique et des améliorations agricoles, chargea-t-il, sur la proposition de ce Comité, M. Martel, notre collègue du Comité, d’une mission ayant pour but de déterminer le régime alimentaire de Fontaine-l’Evêque.
- M. Martel ayant bien voulu requérir mon concours pour cette élude, nous procédâmes de concert, l’été dernier, et avec l’aide de Louis Armand, le fidèle auxiliaire de M. Martel, à une exploration détaillée des Plans de Canjuers. Cette exploration nous révéla la présence non pas de 2 abîmes, mais de 26 avens différents d’une profondeur comprise entre 8 et 155 mètres ;
- 8 de ces abîmes s’ouvrent sur le Grand Plan, où les cartes n’en indiquent que 2, et 18 sur le Petit Plan où les caries n’en mentionnent aucun. Tous ces avens sont creusés dans les calcaires lilhoniques du jurassique supérieur. Nous les avons tous sondés à la corde et avons visité les 15 plus profonds.
- Les plus intéressants sont les suivants : le Gros Aven (Grand Plan de Canjuers). Altitude 875 mètres, profondeur 105. Son orifice (fig. 1 et 2), un des plus grandioses et caractéristiques que nous connaissions, mesure 25 mètres de long sur 10 de large environ. A 25 mètres de profondeur, se trouve une première plate-forme (fig. 5) d’où part un second puits. Ce second puits est un type accompli de marmite de géanl, creusée de haut en bas par le tourbillonnement des eaux. Il affecte la forme d’une bou-' ' teille ovoïde dont le fond (fig. 5) mesure environ 16 mètres de long sur 6 de large.
- L’intérêt capital de ce gouffre réside en ce fait qu’il n’est pas bouché. Le talus de débris, qui obstrue communément le fond des avens, fait ici presque totalement défaut. Deux issues s’ouvrent dans le fond de cet abîme. Elles aboutissent à un réseau de petites galeries obliques d’un développement total de 150 mètres. Ces galeries, qui renferment un certain nombre de petits bassins pleins d’eau (gours), synthétisent les différents modes de circulation desj eaux dans les calcaires : descente verticale et su b-, horizontale ou oblique des eaux, passage d’une crevasse à une autre par hélices-spirales ou tire-bouchons, siphonnement, écoulement à contre-strate et
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- écoulement suivant le pendage géologique du terrain, emmagasinement des chutes d’eau intenses dans une multitude de petits réservoirs souterrains, etc. A l’Aven de la Nouguière (Grand Plan) altitude
- 877 mètres, profondeur 97, l’orifice peut mesurer 20 mètres de long sur 5 à 4 de large (fig. 4). Il est environné de nombreuses rigoles d’amenée des eaux pluviales et est contigu à une petite cuvette ovale,
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- analogue aux Cioups du Loi et aux Doli-nes du Karst. Cet aven était Louché à 97 mètres de profondeur, ou du moins ne montrait que des fentes où l'eau seule peut trouver passage.
- L’aven du Clos del Fayoun(fig. 5) (Petit Plan de Canjuers), altitude 848 mètres, profondeur 155. C’est le plus creux de tous ceux qui ont été visités. En France, 7 ou 8 seulement le dépassent comme profondeur.
- Un premier grand puits, magnifique cheminée d’érosion, à pic sur 90 mètres de haut, recueille au moins quatre lissu-res-goutlières, drainant les infiltrations d’alentour. Au pied du talus d’éboulis, qui en encombre le fond, part une conduite fort resserrée, en forme de siphon renversé qui,bientôl, donne accès à une galerie irès en pente, incurvée en hélice. Cette galerie a pu être suivie sur 110 mètres de longueur et 65 de profondeur depuis le has du gouffre. De même qu’au grand dôme de Padirac, les pentes qui relient les petits à pic intermédiaires sont inclinées aux environs de 55° : les éboulis tombés de ces à pic à des époques de plus grande absorption d’eau ont été cimentés à la surface par la précipitation du carbonate de chaux.
- Cette galerie s’ou-
- Fig. 6.
- Grand puits du gros aven de Canjuers. (Photographies E.-A. Martel.)
- vre par instants sur des salles de 15 m. de haut et 20 m. de large, remplies de superbes formations de stalactites et stalagmites. Dans l’une, s’observe un petit gour ou bassin d’eau à 7°, 8 (l’air étant à 8° à l’intérieur et à 29° à l’extérieur).
- Cette galerie se terminait par une série de fissures en patte d’oie impénétrables à l’homme. A la voûte de l’extrémité aval de la galerie, adhéraient des herbes,délaissées par le dernier jeu d’eau qui a envahi cet abîme du Clos del Fayoun. Cet aven constitue un des innombrables réservoirs temporaires et verticaux des sous-sols calcaires. (Voy. la coupe, lîg. 7.)
- Aven du Plan de l’Ormeau (Petit Plan de Canjuers). Altitude 841 m., profondeur 80 m. 11 est bouché par l’argile c<dmalant, presque entièrement, les petites fissures d’échappement de l’eau ; mais, par une disposition siphonnante, il communique avec une salle conique voisine, de forme circulaire.
- Tous ces avens se sont formés de haut en has par l’action des eaux superficielles engouffrées dans des fissures préexistantes du calcaire.
- Aux époques éocè-ne, oligocène ou miocène, tout au moins, ils ont dû fonctionner comme déversoirs sous-la-
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- castres de bassins fermés ou comme captures de grandes rivières.
- Donnant passage à de grandes masses d’eau, ils ne .cessaient de s’agrandir, et détournaient de leur chemin naturelles eaux superficielles qu’ils recevaient, pour les conduire souterrainement vers d’autres directions.
- Le plan d’eau général de la région, ayant fini par subir un affaissement de 5 à 400 m., le Verdon et l’Àrtuby ayant entaillé peu à peu jusqu’à la profondeur actuelle les gorges où ils circulent maintenant, ces avens ont vu les eaux de ruissellement qui leur parvenaient diminuer et se réduire aux apports pluviaux tombés sur les 2 Plans de Canjuers. Aujourd’hui, ils ne fonctionnent plus, comme points d’absorption,
- Coupe suivant ABCDEFGH I.
- NORD
- n'W daVcaijU
- '$0^ "Talus cl? 20 7.7h de. haut
- incliné ù 6o°
- Talus de 3o T'de haut ~ * incliné ci °
- 'Puits d& l'échelle
- 'Puits de L'échelle
- Plan
- Echelle [hauteurs et longueurs)
- 3o £o oo do
- Eig. 7. — Aven du Clos del Fayoun, par M. Le Couppey de la Forcsl.
- que lors des précipitations atmosphériques importantes, mais continuent à diriger, vers Fonlaine-l’Kvèque, les eaux qu’ils drainent.
- L’exploration méthodique de ces différents abîmes nous a montré une fois de plus comment l’eau circule et s’emmagasine dans le réseau des innombrables fissures et petits réservoirs des sols calcaires.
- En particulier dans le cas de Fontaine-l’Évêque, elle nous a prouvé comment la constance relativement grande du débit de celte source (4,5 a 15m5 à la seconde) pouvait s’expliquer par l’emmagasinement des grandes chutes pluviales dans une série de réservoirs temporaires, verticaux, horizontaux ou obliques.
- Une étude très complète du régime alimentaire de Fontaine-l’Évêque a fait du reste l’objet d’un volu-
- mineux rapport remis par M. Martel à M. le ministre de l’agriculture.
- Enfin, l’exploration de ces abîmes nous a démontré, aussi formellement que possible, comment, à la circulation superficielle des eaux qui recouvraient autrefois les Plans de Canjuers, s’est substituée, au fur et à mesure de la formation et de l’approfondissement des avens, une circulation souterraine emportant les eaux de ruissellement vers de nouvelles directions. M. Le Couedey de la Forest.
- c£§^-^gï)
- les aérostats du siège de paris1
- en 1870-1871
- Les ballons ont joué un grand rôle, pendant les six mois que dura le siège de Paris, en 1870 et 1871. Les Prussiens ayant séparé la capitale du reste de la France, les vaillants assiégés correspondaient avec les autres villes à l’aide de ballons, qui partaient de la place Saint-Pierre, à Montmartre, et de divers points de la Ville. Ces courriers aériens emportaient des sacs de dépêches et des paniers de pigeons-voyageurs. La correspondance contenue dans les précieux sacs procurait aux divers points de la France des nouvelles de Paris; les pigeons devaient rapporter aux assiégés des lettres racontant ce qui se passait par delà les forts et les lignes avancées. Environ Où ballons furent lancés, pendant la durée du siège, et c’est dans l’un d’eux, Y Armcind-Uurbès,qac Gambetta quitta la capitale,en octobre 1870, pour rejoindre à Tours le gouvernement de la Défense nationale. Il était accompagné, dans cette expédition aérienne historique, par Spulter, qui joua, depuis cette époque, divers rôles politiques importants.
- C’est le moment de parler des aérostats du siège de Paris, puisque, dimanche dernier, le monument, élevé aux aéronautes de la guerre de 1870, par les soins de l’Aéro-Club de France, a été inauguré, à la Porte des Ternes, sous la présidence officielle du Ministre de la guerre. Il est intéressant de jeter un coup d’œil rapide en arrière et, négligeant le côté anecdotique, pourtant si curieux, de rechercher ce qu’étaient ces ballons postaux, qui .rendirent tant de services à la capitale assiégée. Nous en avons retrouvé la fidèle description dans des articles que Louis Simonin, l’ingénieur-publi-ciste bien connu, écrivit, à celle époque, dans la Revue des Deux Mondes et dans l'Électeur libre. Nous devons aussi rappeler qu’à ce moment MM. Tissandier frères exécutèrent quatre ascensions pour sortir de Paris ou tenter d’y entrer.
- Des ateliers de construction pour les aérostats avaient été installés dans le hall d’un bal de faubourg, l’Élysée-Montmartre, et à la gare du Nord, alors déserte puisque les trains ne pouvaient plus circuler. Une autre usine avait été aménagée dans des locaux du chemin de fer de l’Ouest et une quatrième à la gare de la ligne de Paris-Orléans. La fabrication, dans ces divers établissements, était dirigée par Nadar, Yon, Dartois et Godard; les ballons qui en sortaient jaugeaient de 1000 à 2000 mètres cubes. Quelques-uns atteignirent, mais ils étaient des exceptions, 2500 et même 2(500 mètres cubes.
- L’étoffe employée était plus généralement le calicot blanc, tissé serré, pas trop apprêté, ressemblant assez —
- 1 Yoy. n° 582, du 25 septembre 1880, p. 272.
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- c’est Louis Simonin qui le dit — au « madapolam dont on fait les chemises ».
- On se servait aussi de la soie et delà baudruche; mais l’une coûtait trop cher et l’autre n’offrait pas assez de résistance. Les côtes du ballon, découpées, étaient cousues sur les bords. Ces coutures étaient faites tantôt à la main, tantôt à la machine à coudre. Mais la machine l’emporta sur le travail manuel, surtout quand le service des postes chercha à faire une ascension par jour.
- Quant à l’imperméabilité du tissu, elle était obtenue par l’application d’un vernis préparé avec de l’huile de lin pure et de la gomme, auxquelles on ajoutait, pour permettre au produit de sécher plus rapidement et le rendre siccatif, un peu de lithargc ou oxyde de plomb.
- Les ballons du siège ressemblaient assez à ceux qui, aujourd’hui, s’élèvent, les dimanches d’été, au milieu des fêtes foraines de la banlieue parisienne. Les liens de parenté s’établissent par les dispositions du filet en grosse corde tressée; la forme de l’acrostat, sorte de poire allongée, dont l’appendice serait la queue ; le cercle de bois, qui réunit le filet à la nacelle; et, enfin, la nacelle, fort panier d’osier, dans lequel, lors du siège, embarquaient, comme sur les champs de foire actuels, l’aéronaule avec un, deux ou trois passagers.
- C’est dans la nacelle qu’on chargeait les sacs de dépêches, tandis que le lest était, dans d’autres sacs, accroché aux rebords extérieurs de la nacelle, à côté et avec les cages de pigeons, que les Sociétés colombophiles et l’Administration des postes confiaient à chaque ballon qui partait. L’ancre et les appareils d’atterrissage et autres étaient suspendus également à la nacelle.
- Louis Simonin, dans la Revue des Deux Mondes, du 15 décembre 1870, raconte ses impressions à la suite d’une visite qu’il fit aux ateliers de fabrication des ballons du siège. Laissons-lui la parole.
- « Les deux ateliers où se confectionnent,_ en ce moment, les ballons qui partent de Paris, sont situés à la gare du Nord et à celle d’Orléans. Le premier est sous la direction de MM. Yon et Dartois, bien connus du monde aérostatique; le second est conduit par les trois frères Godard, qui continuent, dans l’art de l’aérostation, une soi te de dynastie. L’un et l’autre ateliers fonctionnent sous la surveillance de l’Administration des postes, qui a requis ce service pour les besoins de la défense.
- « A la gare du Nord, on emploie pour les ballons le calicot blanc; à celle d’Orléans, le calicot coloré. Les deux étoiles sont également avantageuses.
- « Le dessin géométrique de l’aérostat est tracé de grandeur naturelle, sur un plan horizontal, d’après les principes en usage dans la construction des sphères employées pour l’enseignement de la géographie. On découpe, sur le dessin, chaque côte ou fuseau du ballon, qui .-ont soigneusement cousues ensuite. ))
- Louis Simonin nous fait assister aux divers détails de fabrication, puis il nous dit que « les ateliers où se confectionnent les aérostats de 1870, présentent une grande animation. La Compagnie d’Orléans a prêté volontiers ses vastes salles, que la guerre avait rendues silencieuses et désertes. Ce sont surtout des femmes qui travaillent aux diverses opérations : étendage et repassage de l’étoffe, lessivage pour détruire l’apprêt de la teinture, coulure, etc. »
- Le vernissage, le séchage qui se pratique en gonflant le ballon, et les diverses manutentions et manipulations lourdes, ainsi que les manoeuvres étaient exécutés par les marins, que le gouvernement militaire de Paris avait mis à la disposition des constructeurs.
- Nous terminerons cet aperçu rapide sur les aérostats du siège par un mot qui résume, dans l’article de Louis Simonin, l’impression que lui fit la grande salle de départ de la gare d’Austerlitz, où étaient concentrés et mis en dépôt les ballons.
- « Ces longs tissus de couleurs diverses, dit-il, jaune, bleue, noire, verte, suspendus pour le séchage au sommet de l’édifice, tombant dans l’immense nef, faisaient — hélas ! — rêver aux drapeaux pris sur l’ennemi qui ornent la chapelle des Invalides. » Will Darvillé.
- LE CANON FRANÇAIS DE 75
- Les trois qualités principales qu'on est actuellement en droit d’exiger d’un bon matériel de campagne, sont la résistance, la mobilité et la rapidité du tir.
- 11 est inutile d’insister sur la nécessité de la résistance. En ce qui concerne la mobilité, les batteries
- Fig. 1, 2, 5. — Schémas du système d’abatage.
- de campagne doivent être capables d'effectuer de rapides évolutions, afin de permettre au chef d’armée de faire promptement la concentration de ses feux, au moment de l’attaque décisive; elles doivent, en outre, prêter appui aux divisions de cavalerie indépendante, et, par conséquent, pouvoir les suivre.
- Enfin le succès de l’artillerie sera dù, dans la plupart des cas, à son intervention foudroyante, à ses effets matériels et moraux de destruction, c’est-à-dire à la rapidité du tir.
- L’ancienne pièce de 90 possédait amplement les deux premières qualités de résistance et de mobilité : mais une équipe de servants parfaitement exercés ne parvenait pas à tirer plus de deux ou trois coups de canon à la minute, dans les terrains les plus propices. La cause de ce ralentissement était le recul : à chaque coup, malgré le frein à corde, la pièce était renvoyée en arrière de lm,50 à 2 mètres : il fallait un violent effort des servants « à bras en avant » pour la ramener à sa position de batterie ; le pointage était alors à recommencer, et il en résultait nécessairement beaucoup de temps perdu. Notre nouveau canon dé 75 remédie au contraire, de la
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- LA NATURE.
- Fig. 4. — Misu eu batterie déifiée. Les servants poussant la pièce en avant à bras pour l’amener en arrière de l’arête, sans que l’ennemi puisse voir la manœuvre.
- façon la plus remarquable, à ce défaut et remplit, par suite, admirablement le programme, grâce à une série de dispositifs très ingénieux aujourd’hui assez vulgarisés pour qu’on puisse sans inconvénient en donner une idée.
- Afin d’éviter les défauts du recul, ses constructeurs ont eu l’idée d’immobiliser l’affût et de laisser le tube du canon supporter seul le déplacement, lui-même réduit au minimum, comme nous allons le voir. À cet effet, au moment de la mise en batterie et avant le tir, on donne tla fixité à l’affût au moyen d’un parallélogramme gauche articulé abcd (fig. 2), dont un côté MN constitue le « frein de roues » ; on abat ce frein, on fait monter les roues du canon sur les patins M et N, qui sont munis de grippants. Une bêche BB' est, d’autre part, disposée à l’extrémité de la crosse ; l’affût se trouve donc fixé sur le sol par trois points, les deux patins abattus M et N et la bêche de crosse BB' (fig. 1).
- Voici, d’ailleurs, plus précisément, en quoi consiste le principe de ce système, qui vaut bien quelques mots de description.
- Au moment où l’on se/net en batterie, le frein de roues est encore dans la position F, qu’il occupait en cours de route et la crosse AB repose sur le sol en B (fig. 1). 11 s’agit d’abord de faire passer ce frein F en F' pour caler ensuite la roue.
- Le « tirant support de frein de roues » MN qui est horizontal, est maintenu à sa position F par une clavette T (fig. 2). Il est articulé en a et b à deux tirants inclinés ac et bd, articulés eux-mêmes au levier pivotant horizontal cd. Ce levier pivotant cd glisse dans une rainure à crémaillère XY sous la flè-
- che1, de telle sorte que le mouvement en avant dans le sens YX est toujours possible et que le mouvement en arrière XY est arrêté par un taquet qui prend dans la crémaillère.
- Quand on veut « abattre le frein de roues » on ouvre la targette T et le tirant MN, devenant libre, tombe en M'N' (fig. 3). A ce moment, on lève la crosse, le levier pivotant cd est entraîné le long de la crémaillère dans le sens YX par les tirants ac et bd solidaires de la pièce MN. Dès qu’on rabaisse la crosse, cd se trouve calé et, par conséquent, tout le parallélogramme abcd2 devient indéformable. En faisant alors effort vers le bas sur la crosse, MN étant devenu fixe, la rotation du système se produit autour de MN et les roues montent sur les patins M et N, où elles sont calées.
- Dans ces conditions, la pièce s'assied au premier coup, où le déplacement de la pièce vers l’arrière est au maximum de 10 centimètres : dans la suite, l’affût ne bougera plus.
- Pour réaliser la stabilité du tube lui-même et assurer le réglage constant du tir, il fallait nécessairement trouver le moyen d’absorber la force vive, très considérable, produite par la réaction de l’explo-
- Fig. 5.
- Servants à leurs postes derrière les boucliers.
- employer un arrêt brutal en présence de percussions
- 1 La figure 2 montre ce système, qui est sous la flèche, vu par transparence.
- 2 Ce parallélogramme, supposé plan pour la facilité de la description, est, en réalité, gauche afin de permettre le jeu du volant de pointage, dont il sera question plus loin.
- sion sur la pièce. Comme on ne pouvait songer à
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- auxquelles rien n’aurait résisté, on a, au contraire, permis au tube du canon de glisser et de rouler sur un système de plans disposés à cet elï'et. Un frein hydro-pneumatique, dont le réservoir fait partie de l’aiïüt et dont la tige est reliée au tube du canon, commence par réduire ce déplacement (en môme temps que le glissement et le roulement sur les plans) et assure ensuite automatiquement le retour en batterie, utilisant ainsi la force vive qu’il a absorbée dans la première partie de son travail en s’opposant au recul.
- C’est ce frein, gardé absolument secret, qui constitue la supériorité actuelle de notre armement et dont les étrangers n’ont pas encore réalisé l’équivalent.
- On décompose ainsi la force du recul en deux composantes : l’une verticale, qui est équilibrée par la réaction du sol ; l’autre dans la direction de l’axe du canon, qui est enrayée par l’action du frein hydro-pneumatique.
- Tous les effets du recul, dans un terrain convenable, ont lieu dans le plan vertical qui passe par Taxe du canon (et par le but) et qu’on appelle le plan de tir : le plan de tir ne subirait donc aucune modification si les déformations du sol étaient uniformes sous l’effet des pressions. Quoi qu’il en soit, le pointage n’est que fort peu altéré par le tir; la manœuvre du volant de pointage permet de rectifier facilement et rapidement la direction de la pièce, grâce à une déformation possible du parallélogramme gauche articulé abcd, qui permet à l’essieu du canon de se déplacer légèrement en restant toujours tangent à un cercle ayant pour centre la bêche de crosse B.
- Comme l’affût est fixe, que le tuhe canon est
- assujetti à se mouvoir dans un plan vertical immuablement fixé à l’affût, on peut disposer les appareils de pointage sur l'affût, ce qui permet de ne pas les retirer à chaque coup de canon. La distance pratique de tir (1000 à 4000 mètres) rend absolument négligeable la petite erreur théorique qui est ainsi
- Fig. 0. — Un coup dp canon. Ou doit remarquer que la culasse apparaît au moins à 1 mèlre en arrière de sa position normale par l’clïet du recul. Autour de la pièce les servants ; en arrière le lieutenant. A gauche'le commandant est monté sur un caisson de îavitaillemcnt pour observer le tir.
- commise. La stabilité de la pièce est telle qu’on a pu aménager sur elle deux sièges pour le pointeur et le tireur; le chargeur reste tranquillement derrière à prendre sans interruption les cartouches des mains d’un servant du caisson pour les mettre dans la pièce : ce qui, naturellement, accélère beaucoup le service.
- Grâce à ces dispositifs spéciaux, â l’adoption de projectiles sous forme de cartouches (au lieu de gargousses, ohus et éloupilles) et d’un débouchoir automatique, on arrive, avec des servants exercés, à tirer 20 ou 25 coups de canon à la minute ; on peut même dépasser de beaucoup celte vitesse dans les tirs progressifs. La rapidité est, dans la pratique, considérablement diminuée par la nécessité d’observation des coups.
- On conçoit alors quelle importance il faut donner aux approvisionnements en munitions ; on voit aussi pourquoi on a mis les batteries de campagne à 4 pièces au lieu de 6. On ne peut, en effet, dépasser un certain nombre de voitures, pour une batterie, sans lui retirer ses qualités de mobilité et de facilité de commandement ; il fallait donc établir un rapport convenable entre les bouches à feu et les caissons.
- Aux distances moyennes de combat, un obus de 75 couvre 25 m. de front, sur 100 m. de profon-
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- deur ; une batterie couvrira donc entièrement un hectare sans y laisser de vide. On peut, à l’occasion, effectuer des bonds de 100 mètres en longueur, c’est-à-dire modifier la distance de tir par échelons de 100 mètres et dévaster ainsi, sur 7000 m. de profondeur, toute une région de 100 m. de Iront. Un dispositif particulièrement ingénieux, le volant %le pointage en direction, permet aussi de faucher. Grâce au fauchage, la batterie peut couvrir un front de 200 m. aux distances moyennes de combat.
- Avec les appareils de pointage employés dans cette pièce, on a, en outre, le moyen de tirer sur un but sans le voir et, par conséquent, sans être vu de lui. C’est ainsi que l’artillerie se dissimule toujours derrière des crêtes. Le système consiste à déterminer d’abord la distance angulaire du but et d’un point visible; après quoi on pointe sur ce point visible et on corrige en donnant à l’axe du canon l’angle déterminé.
- On avait pu avoir au début des craintes sur la résistance de cette pièce en raison de la précision des organes et de leur fragilité apparente. L’expérience a amplement prouvé qu’il n’en était rien et l’on a vu une pièce franchir un remblai de route les roues en l’air sans que le tir, immédiatement commencé, en ail souliert. Inutile donc d’ajouter que l’on se meut avec la plus grande aisance dans les terres labourées, à travers les lusses, les troncs d’arbres, etc.
- Pour protéger les servants installés sur leurs sièges, on a fixé au canon lui-même des boucliers en fer chromé, destinés à arrêter les balles et les éclats d’obus ( 1 ig. 4 et 5). Les artilleurs, suffisamment abrités des coups de l’ennemi, peuvent ainsi remplir leurs fonctions plus à l’aise. Comme ils ont la plus grande confiance dans le matériel qu’ils servent et dont ils apprécient hautement les merveilleuses qualités, les chefs sont en droit de compter entièrement sur leur moral pendant le combat.
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- <3STNi.^§*>
- LES ANIMAUX DISPARUS
- de Madagascar
- M. Guillaume Grandidier vient de publier une très belle thèse sur les animaux disparus, à une date relativement récente, de Madagascar. Tout en s’attachant plus particulièrement aux Lémuriens ou Faux-Singes, il y donne quelques renseignements généraux sur la faune « subfossile » en question qui est maintenant bien connue grâce à ce fait que les restes des animaux ont trouvé, dans des tourbières, des conditions particulières à leur bonne conservation, tourbières qui ont été explorées avec grand soin par de nombreux et distingués paléontologistes et particulièrement M. Alfred Grandidier, dont les travaux sont bien connus de tous.
- Les principaux gisements reconnus jusqu’à ce jour de ces animaux sont situés soit dans la partie volcaaique du centre de Madagascar, soit dans la région calcaire qui s’étènd le long dè la eôlè sud-ouést, soit encore dans lès
- grottes creusées dans les falaises de l’extrême sud de l’ile. Le plus célèbre est placé non loin d’Anlsirabi, petite ville située au sud-est de l’hnerina et renommée dans toute l’ile par ses sources minérales chaudes.
- Dans ces endroits favorisés, on trouve de vastes ossuaires, dont les éléments proviennent les uns d’animaux dont l’espèce existe encore de nos jours, les autres d’animaux aujourd’hui complètement disparus sous rinlluence de causes encore mal définies.
- Les serpents sont représentés par de nombreux os et paraissent devoir être homologués aux plus grands Ophidiens de la faune malgache actuelle, c’est-à-dire les Pelo-philes et les llélérodonles.
- Les crocodiliens se signalent à l’attention des naturalistes par des débris nombreux qui appartiennent tous à une même espèce, que l’évidence oblige à confondre avec le « Grocodile robuste », qui habite encore les grands lacs de Madagascar, comme i’Itasy et l’Alastra ; il faut toutefois remarquer qu’il n’existe plus que dans ces grandes étendues d’eau douce et, partout ailleurs, dans toutes les rivières et même les ruisseaux, il est remplacé par une autre espèce, le « Crocodile de Madagascar », qui seule y vit et y pullule.
- Les tortues ne se rencontrent à Madagascar que dans les gisements en terrain calcaire. Elles appartiennent à trois espèces : l’une, petite, à carapace très bombée, doit être rapprochée ou môme identifiée avec la « Tcstudo radiata » qu’on trouve encore abondamment dans la brousse épineuse qui couvre les parties arides de la région méridionale de l’ile; les deux autres, très grandes, dont l’une d’elles mesure plus de 1“,20 d’un bout à l’autre et aujourd’hui éteintes. 11 est bon de remarquer que les indigènes et les Arabes qui relâchaient sur ses côtes ont dù leur faire une guerre continue et causer leur destruction.
- Quant aux Oiseaux, si bien étudiés par M. Alfred Grandidier, tout le monde sait que c’était des Oiseaux gigantesques incapables de voler et appartenant surtout au genre Æpyornis.
- Les mammifères, enfin, sont représentés par de très rares Edentés n’existant plus de nos jours; des bœufs à peu près identiques à celui qui vit encore à Madagascar, et qui, selon toute vraisemblance, a été introduit par les Arabes, qui, les premiers, vinrent commercer et fonder des comptoirs sur les côtes de l’ile; des Hippopotames de moyenne taille, des Lémuriens fort intéressants ; des Rongeurs mal conservés, etc. •
- 11 nous faut maintenant nous demander à quelle époque remonte la disparition de cette faune et à quelle époque il faut l’attribuer.
- Il est hors de doute, maintenant, dit M. Grandidier, que celte disparition est récente et que la plupart de ces grands animaux, dont nous ne connaissons plus aujourd’hui que les ossements, ont été contemporains de l’homme. Non seulement les gisements eux-mêmes cl l’état de conservation dans lequel on retrouve les os, mais encore les nombreuses traces de travail humain, d’entailles faites sur les os frais et à l’aide d’instruments de fer ou d’acier, le prouvent d’une manière indiscutable. 11 est à remarquer toutefois que ces entailles ne se retrouvent que sur les fémurs d’hippopotames et sur les tibias d’Æpyornis, et qu’aucune autre partie du squelette de ces animaux n’est touchée. C’est là un fait qu’on ne s’explique pas plus que la raison de ces entailles, car elles sont faites sans méthode et portent sans distinction sur toutes les parties de l’os. L’extraction de la moelle n’en est pas le
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- Lui, ni l'enlèvement de la viande pour se nourrir, car aucun os ne porte de trace du feu (?). En oalre, dans les gisements eux-mêmes, mêlés aux débris paléontologiques, on trouve des ornements tels que pierres brillantes, dents d’aye-aye percées pour être portées en collier, des poteries et enfin des silex taillés en pierre à fusil exactement de la taille et de la forme de celles qu’emploient aujourd’hui les indigènes pour les fusils de traite que les Arabes et les premiers Européens ont introduits dans l’ile.
- Etant donné le petit nombre de siècles qui se sont écoulés depuis la disparition de ces animaux, et les preuves manifestes de l’intervention de l’homme, il faut, semble-t-il, attribuer à celui-ci une part assez grande dans cette extinction. De plus, comme ce sont les animaux de grande taille qui seuls ont disparu, tous les petits ayant résisté, il est probable qu’il s’est produit là le même phénomène de sélection que celui qui a amené dans le reste de la terre la disparition de la plupart des grandes espèces zoologiques. La vie de ces créatures gigantesques est, en effet, plus difficile à tous les points de vue, nourriture, défense, etc. A .Madagascar, pays relativement de peu d’étendue, au moins dans la période géologique actuelle, est venue s’ajouter une autre cause, l’assèchement progressif et constant des grandes étendues d’eau douce ; à Antsirabi, jadis vaste dépression lacustre, il ne reste plus (pie des marais de peu d’élendue ; le lac Alaslra est le seul vestige de celle immense tissure actuellement drainée par le Mangoro; les sources minérales d’Ampasambazimba sont au centre d’une grande cuvette actuellement desséchée; les grandes prairies d'Ambolisatra, si riches en ossements, bordent le marécage de Danobé, dont chaque année le niveau baisse, etc. Or, tous les gisements pa-léonlologiques de Madagascar, sauf celui d’Andrahomana, qui se trouve dans une grotte, sont sur les rivages de ces grandes dépressions. Dans ces conditions, n’est-il pas plausible de croire que les derniers survivants des grands animaux qui nous occupent sont venus chercher leur nourriture, devenue de jour en jour plus précaire et plus rare, sur ces berges où ils ont fini par succomber et où nous retrouvons maintenant leurs ossements?
- De l’étude comparée des faunes fossiles de Madagascar, M. Grandidier admet qu’à l’époque du crétacé supérieur, celle-ci formait déjà une île. Toutefois, la présence d’animaux ayant des affinités avec ceux qui peuplent le Sud de l’Asie et l’Océanie, ne peut cependant s’expliquer par l'hypothèse que Madagascar est le dernier point émergé d’un continent disparu. 11 est plus simple et plus logique d’admettre que, pendant la période tertiaire, la côte Nord-Ouest de la Grande île s’est trouvée momentanément réunie à l’Afrique par un isthme que jalonne encore maintenant de nombreux îlots, comme Mayotte, les Comores, etc. Par ce passage momentané, Madagascar s’est peuplé d’animaux africains comme l’hippopotame, le po-lamochère. Puis, la communication étant rompue par un cataclysme, peut-être d’origine volcanique, comme permet de le supposer les îles d’Anjouan, de la Grande Comore, par exemple, qui sont de simples volcans émergeant de la mer, Madagascar a continué sa vie indépendante, ses habitants évoluant sans immixtion d’éléments étrangers, tout en conservant l’émpreinte de leur origine Tertiaire, tandis que l’Afrique recevait, par immigration, tous les animaux apparus à des époques plus récentes, par exemple les carnassiers qui font totalement défaut dans la faune malgache. ILf.nui Coupin.
- Sur la composition
- DES TUBERCULES D’ARUM
- Les Arum sont un des genres de plantes les plus répandus à l’état sauvage. Sous nos climats, on les trouve en nombre considérable dans .les forêts; nous ne nous attarderons pas à décrire ces végétaux qui sont si connus, tant comme types sauvages que comme types cultivés. Ce sont des plantes à tubercules, c’est-à-dire qui, à ce moment de leur période de repos, ont emmagasiné dans des tubercules fixés sur leurs racines les principes immédiats nécessaires à leur croissance future. De même que, pour toutes les espèces de ce genre,.on admet que ces tubercules formés en terre au moment de leur vie ralentie, possèdent une valeur nutritive assez considérable. Nous avons voulu vérifier ce fait et nous avons analysé des tubercules à’Arum Italicum, de provenances diverses, qui présentaient en moyenne la composition suivante :
- Eau......................... 70,70 pour 100
- Matière sèche.................. 23,30 —
- Cendres......................... 3,40 —
- Matières grasses................ 0,94 —
- Matières azotées............... 22,75 —
- Hydrates de carbone divers . 47,50 —
- Cellulose. . ................... 0,70 —
- Ces résultats montrent bien que ces tubercules sont très riches en substances nutritives; ils contiennent beaucoup d’azote, et à peu près 50 pour 100 d’hydrates de carbone assimilables totaux; on aurait donc grand avantage à les employer, au moins pour la nourriture du bétail, puisqu’on peut les recueillir d’une façon économique dans tous les endroits où les Arum croissent à l’état sauvage.
- Pourquoi donc ces plantes sont-elles rejetées et inspirent-elles une répulsion universelle? C’est que, à côté de Jeurs propriétés nutritives, elles possèdent des caractères nocifs très prononcés et qu’il suffit d’ingérer une quantité relativement faible de ces végétaux pourvoir se produire des accidents toxiques. Ces accidents sont dus à la présence, dans les Arum, dune petite quantité d’un alcaloïde des plus dangereux, voisin de la cicutine, alcaloïde de la ciguë.
- 11 devenait dès lors probable que si l’on parvenait à détruire ou à éliminer ces matières toxiques dans les tubercules à’Arum, on pourrait les utiliser pour nourrir les animaux. Or, on a montré que la cuisson abolissait toutes les propriétés nocives des tubercules, ce qui se comprend facilement, puisque l’alcaloïde des Arum est facilement volatil et cntraîuable par la vapeur d’eau; il ne peut donc pas résister à la température de la cuisson.
- A. Hébert.
- LE GAZ BENOIT
- L’idée de charger l’air atmosphérique de vapeurs hydrocarburées pour le rendre propre à l’éclairage ou au chauffage n’est pas nouvelle; elle date du milieu du siècle dernier. Mais, à cette époque, les hydrocarbures étaient à peine connus, très peu répandus et surtout d’un prix trop élevé.
- 11 a fallu l’extraordinaire ‘ développement des « Champs d’huile » aux Etats-Unis et au Caucase pour attirer plus spécialement l’attention sur le parti qu’on pouvait tirer de ce combustible si commode.
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- LA NATURE.
- Fi". 1.
- D’ailleurs le problème était mal posé; la question n’a vraiment été élucidée que par la pratique, grâce aux difficultés auxquelles on s’est heurté dans les nombreux essais successivement tentés. Elle est, à l’heure actuelle, entièrement résolue.
- Il fallait, en effet, réaliser la condition essentielle suivante : produire un gaz d’air carburé de composition homogène et d’une stabilité absolue, contenant la quantité maxima d’hydrocarbure pour une pression donnée avec une limite inférieure de température donnée et dans des conditions de prix rémunératrices.
- C’est pour avoir surtout négligé l’étude de la composition physique et chimique du gaz employé que les constructeurs d’appareils ont tous plus ou moins échoué jusqu’ici. Tantôt le gaz n’avait pas un pouvoir éclairant suffisant; tantôt des condensations d’hydrocarbures solides se produisaient dans les conduites et provoquaient des interruptions ou des sauts de lumière, tantôt enfin les appareils mal réglés s’arrêtaient subitement. Presque toujours le mauvais fonctionnement était dû à la composition variable du gaz.
- La quantité d’hydrocarbure que l’air peut entraîner à l’état de vapeur dépend en elï'et : lu du point d’ébullition de l’hydrocarbure employé; 2° de la température de cet air ; o° de la pression sous laquelle il se trouve. En un mot, plus le point d’ébullition de l’hydrocarbure et la pression de l’air sont faibles et la température élevée, plus l’air peut contenir de vapeurs d’hydrocarbures. C’est donc ce qu'il y a lieu de réaliser pour en faire un gaz cana-lisable comme le gaz de bouille, mais on voit de suite que le prix de l’hydrocarbure intervient déjà comme un facteur très important puisque le point d ’ ébullition des hydrocarbures est d’autant plus bas qu’ils sont plus légers tandis que leur prix s’élève à mesure que leur densité s’abaisse.
- D’après cela il est évident qu’il ne peut être question de canaliser un gaz d’air carburé contenant autant de calories par mètre cube que le gaz de houille, ce qui ne veut pas dire cependant qu’on n’y trouve pas une économie consi-
- Fig. 2.
- 4yr. a
- dérable, surtout pour l’éclairage. Au point de vue économique, parmi les hydrocarbures à employer, on ne peut songer actuellement à utiliser d’autre essence que celle de pétrole. Or, les milliers d’essais effectués ont prouvé que l’essence à employer de préférence était celle dont le point d’ébullition était de 50° et le poids spécifique 0,650.
- Celte essence possède 12 000 calories par kilogramme.
- De plus, sous nos climats, il a été également démontré par l’expérience qu’un gaz Fig. 5.
- d’air carburé, pour
- pouvoir être canalisé hiver comme été, ne doit pas contenir plus de 250 grammes d’hydrocarbure par mètre cube. Son pouvoir calorifique sera donc de 5000 calories.
- Si donc on chargeait l’air avec plus de 250 grammes par mètre cube d’hydrocarbure à 0,65 (ou avec 250 grammes seulement d’un hydrocarbure plus lourd), le gaz produit pourrait, à certains moments, se condenser dans la canalisation. C’est ce défaut, dans lequel on tombait autrefois, quand l’on croyait que l’objectif indispensable à atteindre était d’obtenir un gaz à pouvoir calorifique le plus élevé possible, sans se préoccuper des autres conditions du problème.
- Le prix de cet hydrocarbure de densité 0,65 est naturellement variable, mais oscille aux environs de 0fr,72 le kilogramme. Donc les 1000 calories reviennent à environ 0IY,06. (Disons, en passant, que ce prix pour 1000 calories de gaz de houille s’élève à 0n',08 pour nombre de petites villes en France.)
- D’autre part, rappelons que la lumière qui rayonne d’un corps augmente considérablement avec la nature de celui-ci et qu’un manchon, par exemple, qui possède une température de 15 pour 100 seulement plus élevée qu’un autre donnera 100 pour 100 de plus en lumière tout en n’absorbant que 15 pour 100 de plus en calories.
- La température de la flamme produite par le
- gaz d’air carburé étant très élevée, l’économie d’éclairage peut donc être très considérable.
- Au point de vue sécurité, le gaz d’air carburé possède vis-à-vis du gaz de houille ou de l’acétylène
- Fig. 4.
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- deux avantages que l’on ne saurait assez apprécier. C’est, d’une part, le peu de danger d’explosion, de l'autre l’impossibilité d’asphyxie accidentelle.
- En effet, son poids spécifique est d’environ 1,1. 11 est donc trois fois aussi lourd que le gaz de houille, donc ne se mélange pas facilement avec l’air et, en cas de fuite, tombe sur le sol de la pièce où il s’étend et dont il s’échappe facilement par toutes les issues des portes au lieu de s’emmagasiner comme le gaz ordinaire. De même, on sait que pour obtenir un mélange explosible avec un gaz il faut mélanger celui-ci avec plus ou moins d’air.
- Il est évident que le gaz employé sera d’autant moins dangereux que les limites du mélange entre lesquelles l’explosion peut avoir lieu seront plus restreintes. Or ces limites sont beaucoup moins étendues avec le gaz d’air carburé qu’avec le gaz de bouille ou l’acétylène.
- Ces données une fois acquises il fallait construire un appareil simple, pratique, peu encombrant, robuste, d’un maniement commode, d’un entretien nul ou à peu près et qui, cependant, les satisferait d’une façon complète. C’est ce qui a été réalisé dans l’appareil connu sous le nom d’appareil à gaz Benoît et dont les croquis ci-joints montrent clairement l’extrême simplicité.
- Expliquons brièvement son fonctionnement. Sur un bec a rempli d’eau (fig. 1) est monté un treuil b mis en mouvement par un câble avec contrepoids. La roue b entraîne une roue b' d’un volant soufflet tournant partie dans l’eau, partie au-dessus. Sur le caisson c est fixé le gazomètre cl dont la cloche soulève en montant le levier e qui, par l’intermédiaire de la tige f, serre un frein à sabot g qui règle la
- marche du treuil, c’est-à-dire que si aucun gaz n’est consommé, aucun gaz ne se produit. Aucune surproduction de gaz ne peut donc avoir lieu. Le fonctionnement de l’appareil est donc absolument
- automatique. Quand le treuil tourne l’air est aspiré et refoulé par le volant de h dans i (fig. 2 et 4 ) et se T—T rend par le tube l dans le carburateur m, puis par le tube n dans l’espace o (fig. 2)
- l-ig. G. — Vue d'ensemble de l'appareil.
- Fip. 5.
- d’où il est refoulé par le tube p (fig. 5) dans la cloche k (fig. 2). C’est au robinet r qu’on raccorde la conduite générale.
- Quant au gaz il se forme ainsi : en même temps que le volant, le treuil actionne, au moyen d’une bielle et d’une manivelle d’excentrique, un élévateur q (fig. 5) et un doseur s (fig. 1). Ces deux organes ne diffèrent que par leurs dimensions. Leur disposition intérieure est identique (fig. 5).
- L’élévateur est mis en communication directe avec le bidon d’essence par le tube t de telle façon que la hauteur de l’essence dans l’élévateur est toujours la même que dans le bidon.
- Par le mouvement de la pipe u (fig. 5) l’essence est transportée en v, passe par le tube x dans le doseur s d’où une pipe calibrée la jette dans le carburateur m.
- L’air qui traverse le carburateur refoule l’essence qu’elle rencontre, se charge de ses vapeurs et devient ainsi le gaz d’air carburé avec une quantité de vapeurs combustibles proportionnée exactement à l’air aspiré. Avec de l’essence à 0fr,72 le kilogramme, le prix de revient d’un bec de 50 bougies-heure est de 1 centime et demi.
- L’appareil a fait ses preuves dans de nombreuses et longues applications. D’une robustesse à toute épreuve il n’exige qu’un emplacement minime; sa facilité de démontage et remontage, son poids léger permettent de le transporter partout. 11 est appelé à rendre les plus grands services, grâce à sa facilité d’emploi, à son économie partout où l’on ne peut songer à faire les frais considérables d’une grande usine à gaz. C’est ainsi que, pour nombre de villages, petites villes, usines, magasins, villas, collèges, châteaux, son emploi est tout indiqué pour le chauffage des aliments et l’éclairage domestique ou public. De même l’appareil destiné à la force motrice et qui ne diffère de celui pour l’éclairage que par la disposition du carburateur, rendra les plus grands services dans les cas les plus divers : petite industrie, élévation d’eau potable, épuisement, etc., etc.
- Dans les mines tout spécialement il sera fort apprécié par la difficulté qu’on a toujours pour le transport en
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- montagnes de lourdes chaudières et du charbon même en briquettes.
- Dans le plus grand nombre de cas le moteur sera directement attelé sur l'appareil producteur de gaz. Point ne sera besoin de canalisation. On pourra donc employer un hydrocarbure plus lourd, charger davantage l’air et partant abaisser le prix de revient.
- M. Lecomte-Denis.
- LES MOUETTES DU LÉMAN
- M. Forel a dernièrement publié dans le bulletin de la Société Vaudoise d'histoire naturelle une belle note de statistique relative à la mouette rieuse (Larus ridi-bundus). C’est, comme on sait, un joli goéland présentant en été une tête et un cou noir brun, tandis que le devant du corps est blanc et les ailes d’un gris cendré clair; l’hiver le cou et la tète sont entièrement blancs. Ce bel oiseau est la plus répandue de nos espèces d’eau et on le trouve assez souvent sur les rivières dans l’intérieur des terres. Très nombreuses en hiver sur le Léman où on peut les estimer à 5000 environ, les mouettes émigrent vers le 15 mais dans la direction du Nord (Pologne, Finlande et Scandinavie?), en laissant toutefois derrière elles un petit reliquat, évalué de 5UU à 500 qui n’émigrent point. Un premier retour a lieu fin juin et la population se remonte à 1500 ou 2000 mouettes, puis le grand retour se produit en septembre, remettant l’effectif au complet. C’est là un excellent type d’espèce à habitat àrctico-alpin, doublé d’un exemple de migration intéressant, en ce qu’il permet de comprendre le mécanisme de la division d’une espèce en deux variétés, destinées chacune à évoluer en une espèce nouvelle : en supposant que la température des Alpes s’élève de quelques degrés, l’espèce actuelle se confinerait dans les régions nord et serait uniquement alpine. Mais, si, au contraire, la température s’abaissait de quelques degrés, peut-être n’y aurait-il plus migration au printemps et s’établirait-il une variété franchement et purement alpine, tandis que les autres individus demeurés dans les régions du Nord créeraient de leur côté un type purement arctique. On conçoit que pour peu que les conditions climatériques nouvelles subsistent, les deux variétés ainsi isolées tendraient ou pourraient tendre à se dillérencier de plus en plus, de telle sorte qu’au bout d’un certain laps de temps des individus empruntés à chacune des deux ne donnent, par leur croisement, que des produits peu ou points féconds ou même ne puissent pas se croiser. Dans ce cas, l’espèce d’abord unique, serait divisée en deux especes distinctes, ayant leur origine dans l’isolement de deux variétés de l’espèce mère.
- Quelle est l’origine du singulier retour partiel et prématuré en juin? Peut-etre est-il dû à l’influence de l’homme : il a existé longtemps, dans la région du Schles-wig, la coutume de détruire au printemps tous les nids de mouettes, et il se pourrait que ces pillages périodiques, véritables massacres annuels, répétés durant des siècles et disparus depuis seulement quelques années, aient déterminé une sorte d’instinct persistant encore après l’abolition de ces procédés sauvages. Ce serait un très curieux exemple de l’importance de l’homme comme facteur biologique. Jean Lafitte.
- CHRONIQUE
- Sur l’étude physico-chimique du procédé des chambres de plomb. — Nos lecteurs connaissent, au moins en principe, le procédé industriel classique des chambres de plomb pour la fabrication de l’acide sulfurique. Rappelons qu’il consiste dans l’introduction, dans des chambres garnies entièrement de feuilles de plomb réunies par soudure autogène, de quantités convenables d’acide sulfureux, de vapeurs nitreuses, d’air et de vapeur d’eau dont les réactions réciproques ont fait l’objet d’un grand nombre de théories plus ou moins acceptées. M. Max Trautz a apporté, il y a quelque temps, une contribution intéressante à cette étude en déterminant : la vitesse d’oxydation de l’acide sulfureux dans diverses conditions, en solution aqueuse ou sulfurique, avec ou sans oxyde d’azote; la vitesse d’hydrolyse de l’acide nilroxylsulfurique (combinaison d’oxyde azotique çt d’acide sulfurique) dans des mélanges d’acide sulfurique et d’eau ; l’action de l’oxvde azotique sur les mélanges d’acide azotique, d’acide sulfurique et d’eau. On a constaté que les réactions jouant un rôle essentiel dans les chambres de plomb s'effectuent avec une vitesse trop grande pour permettre d’en déterminer exactement la nature. Le dédoublement par fixation de l’acide nilroxylsulfurique, en donnant de l’acide sulfurique, a lieu assez lentement dans l’acide sulfurique concentré et très rapidement dans l’acide dilué. Enfin, en présence d’acide azotique, l’oxyde azotique peut réduire l’acide sulfurique à l’état d’acide sulfureux. Ces résultats tendent à montrer combien le problème est complexe et combien est diflicile la détermination exacte des réactions qui se passent dans les chambres de plomb, réactions qu’on aurait cependant intérêt à connaître à fond, aujourd’hui que ce procédé est concurrencé par la préparation de l’acide sulfurique par conlact, par passage du gaz sulfureux et de l’air sur une matière condensante, comme le platine réduit.
- Un appareil original pour la concentration de la poudre d’or. — On connaît les appareils que l’on emploie dans les exploitations aurifères, et où des tissus sont disposés au fond des tables pour retenir les particules les plus fines de métal précieux. Les Birmans recourent à un procédé qui est basé sur la même idée, mais se présente sous une forme plus originale : ils se procurent des cornes d’une sorte de vache sauvage qui se nomme « Tsain », et qui, lorsque l’animal a trois ans, se couvre d’une espèce de velours analogue à celui qui se trouve au bas des andouillers de cerfs. Ils les placent dans les cours d’eau qui roulent des poussières aurifères, et, quand les eaux baissent, ils vont les relever soigneusement en les enveloppant dans une étoffe, pour recueillir ensuite les particules d’or qui sont prises dans les petits poils formant ce velours.
- Sur l’action oxydante des radiations du radium. — Dans un travail assez récent, deux auteurs anglais, M. Hardy et Miss Willcock, ont cherché à mesurer cette action oxydante par la coloration pourpre que prennent, sous l’influence de l’iode mis en liberté, les solutions d’iodoforme dans le chloroforme. Celte action o&ydante serait due aux rayons de Rœntgen (rayons y) et surtout au flux d’électrons négatifs (rayons S) qui font partie des radiations des sels de radium. 11 paraît donc probable que, dans les applications physiologiques des radiations du radium, ces rayons (3 et y influent sur les phénomènes chimiques, notamment sur les phénomènes d’oxydation qui s’effectuent dans les tissus, tandis que
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- les autres rayons d’origine radiogène, les rayons a, modifient plutôt l’état physique de la matière vivante.
- Le thé de Bau-xang (Haut-Tonkin). — L’arbre à thé n’est utilisé dans cetle région que depuis quatre-vingts ans. 11 se fait trois récoltes par an, en mai, juillet et septembre. Les feuilles jeunes et tendres sont chauffées légèrement, desséchées, puis roulées à la main. Suivant la qualité, les feuilles se vendent de 25 à 17 dollars le picul sur les marchés de Na-cho-Cai et de Quan-ba.
- L’éducation médicale au Japon. — L’introduction de la médecine occidentale au Japon date de 1771 : un manuel allemand d’anatomie étant tombé entre les mains d’un médecin japonais, il s’en enthousiasma et en publia une traduction avec la collaboration de trois confrères. C’est seulement en 18(58 que fut créée l’université impériale. La connaissance de la langue allemande est exigée des étudiants et le programme des études qui dure quatre ans est calqué sur ceux des universités allemandes : enfin jusqu’à ces dernières années, tous les professeurs étaient allemands. Un hôpital de 400 lits est annexé à l’université.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 janvier 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Capture d'un cachalot sur la côte de Bretagne. — M. Delage expose qu’au mois de septembre dernier un cachalot à l’espèce Ivogia ou cachalot nain s’est échoué sur la côte nord de Bretagne près de Roscoff. L’animal était alors parfaitement vivant, lorsqu’il a été abordé par des paysans qui l’ont assommé, ont coupé et apporté sa tête à l’Administration de la Marine pour avoir une prime. La tète a été portée ensuite au laboratoire qui a fait rechercher les débris du corps. Cet animal était en effet fort intéressant, car c’est un spécimen d’une espèce tout à fait australe. Il est très regrettable qu’il n’ait pas été transporté vivant sur une charrette au laboratoire où il aurait pu être placé dans le grand vivier et y être observé. L’estomac était plein de céphalopodes; l’intestin contenait divers parasites. La tète a été l’objet d’une étude détaillée. . .
- La craniectomie. — M. Lannelongue rappelle qu’il y a dix-sept ans environ il s’occupa d’étudier les enfants qui deviennent idiots peu après leur naissance. Ces enfants ne peuvent marcher, on est obligé de les faire manger. En 1890, il présenta une enfant de 6 ans qui, repliée sur elle-même, n’avait pu se tenir droite et marcher qu’après une opération. Cette opération reçut le nom de craniectomie. Depuis, il l’a pratiquée très souvent. Les résultats ont été tantôt très bons, tantôt médiocres, tantôt nuis. M. Lannelongue, parmi les cas heureux, cite celui d’une petite fille qui avait désappris à parler : elle avait une rondelle osseuse dans le crâne. D’autres chirurgiens ont egalement obtenu des résultats excellents ; néanmoins l’opération est à peu près abandonnée à cause des soins longs qu’elle exige du praticien, des efforts que les parents ont à fournir après la guérison de la plaie pour l’éducation de l’enfant, du succès aléatoire. M. Lanne-longue mentionne qu’il a déjà dit qu’il convenait d’opérer les enfants de très bonne heure, entre un an et dix-huit mois, car l’on est en présence d’une véritable maladie de l’encéphale et non d’une malformation; par suite, il est
- indispensable de ne pas attendre que le mal ait exécuté des ravages irréparables. La maladie porte sur les méninges et la surface du cerveau; elle débute par des accidents peu importants. M. Laurent, de Bruxelles, a repris la question; il a fait une cure heureuse. L’intelligence de l’enfant se développe. Comme M. Lannelongue, il estime que les enfants doivent être opérés de bonne heure; que la maladie est une altération souvent limitée de l’encéphale.
- La décharge dans le tube de Croohes. — M. Becquerel présente un travail de M. André Broca relatif à la durée de la décharge dans le tube de Crookes. L’auteur place sur le courant secondaire de la bobine d’induclion un galvanomètre de d’Arsonval et Gaiffe pour mesurer le débit en milliampères, pendant le temps 0. Il dispose en série, avec lui, certain appareil spécial assez sensible pour fonctionner sous l’influence des petites intensités en jeu. Or l’intensité prend une valeur 1 à chaque décharge, pendant le temps 0. Le premier appareil donne la valeur de 10, le second celle de I2G. On a donc deux équations pour deux inconnues donnant très aisément d’ailleurs ces inconnues I et 0. De cette façon on vérifie que quelle que soit la valeur de 1, quelle que soit la bobine employée, le tube à rayons X laisse passer le courant à chaque coup d’induction pendant 1/200O de seconde, quand son étincelle équivalente dépasse 10 centimètres.
- Animal non décrit. — M. Edmond Terrier rappelle que ces animaux étranges qu’on appelle Paresseux, qui passent leur vie sur un même arbre, sc divisent en deux genres : l’Unau dont les membres antérieurs ont 2 doigts et l’Aï dont les pattes sont armées de 6 doigts. M. Anthony a trouvé dans les collections provenant de M. Marais, un Paresseux constituant un type intermédiaire présentant aux pattes de devant un doigt rudimentaire. Cet animal, non encore décrit, a reçu le nom d’IIémibra-dypus. M. E. Perrier annonce ensuite que le Muséum a reçu un Oryclerope. Bien que cet animal soit remarquable par l’exiguïlé delà lèle, il n’est pas stupide et se comporte en certain cas comme un chien.
- Le poids et la taille des garçons et des filles. — M. A. Gautier présente une Note de MM. Yariot et Chaume sur le poids et la taille des enfants des deux sexes, d’après des observations portant sur plusieurs milliers de sujets normaux. Ce travail est rendu très clair par un diagramme des poids et un autre des tailles. En ce qui concerne la taille, les filles sont légèrement plus petites que les garçons jusqu’à Page de 9 ans; puis de 9 à 12 sont sensiblement plus grandes. A douze ans leur taille devient inférieure à celle des garçons. En ce qui concerne le poids, jusqu’à 8 ans les filles sont moins lourdes que les garçons; elles prennent ensuite avantage sur eux de 8 à 15 ans, mais à partir de 15 leur poids devient inférieur.
- Ch. de Yilledeuil.
- LA SUDATION
- par tricots thermophiles
- Nous avons décrit1, il n’y a pas très longtemps, le thermophile électrique, ce très curieux système de tissu chauffant, dû à un ingénieur de Yaldoie-Belfort, M. Camille Herrgott, et qui permettait d’obtenir un chauffage permanent d’environ 50°. Le fil électrothermique, un peu fragile tout d’abord, a été rendu
- 1 Yoy. n° 4595, du 19 décembre 1903, p. 45.
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- plus résistant aux diverses manipulations. Du reste, la rupture d’un ou de plusieurs circuits dans ces tissus thermophiles ne demande qu’une petite réparation fort élémentaire et très rapide que chacun peut facilement connaître et pratiquer lui-même, ou encore mieux éviter avec un peu de soin.
- Mais, précédemment, nous n’avons dit que quelques mots des applications du thermophile électrique; il convient d’examiner aujourd’hui les principales des applications déjà réalisées.
- À côté des applications hygiéniques les plus confortables en tapis et couvertures, et des applications industrielles les plus pratiques, il nous faut citer les applications médicales les plus intéressantes qu’utilise la thérapeutique moderne, ayant plus que jamais recours à l’ancienne méthode de la chaleur.
- En douce température, le thermophile électrique rend déjà les plus grands services pour chauffer, exactement au degré exigé par les soins, les tables d'opération avant ou même pendant tout le temps d’une opération de longue duréë. Il s’applique aussi parfaitement au chauffage le plus hygiénique des couveuses pour nouveau-nés, et le thermomètre lui-même, par un dispositif automatique des plus ingénieux, fait varier les résistances dans le circuit électrique, afin de maintenir exactement la température nécessaire, et aussi longtemps que les soins l’exigent. Le thermophile électrique permet également, à des températures un peu plus élevées, d’entretenir une chaleur douce et uniforme pour les compresses sèches ou humides convenablement composées, et devient par là le meilleur cataplasme, s’adaptant partout, léger, souple et mobile, sans crainte de refroidissement. Le thermophile peut agir également par l’intensité de sa chaleur, comme dans les rouleaux de massage.
- Mais c’est surtout par la sudation, en quelque sorte raisonnée, qu’amènera le thermophile, qu’on agira puissamment sur le corps humain. C’est, en effet, en recouvrant de tissus thermophiles certains membres ou articulations lésés d’un malade qu’on pourra amener progressivement et facilement la sudation abondante et efficace qui pourra soulager ces membres et leur rendre toute leur souplesse primitive.
- Dans ces dernières applications, le thermophile n’est plus employé en tissus, mais en tricots uniquement composés de fils électrothermiques de laine
- fort souples. 11 existe dès maintenant des genouillères, des bandes, des manches, des gants, que les docteurs peuvent faire appliquer aux malades. Ceux-ci trouvent ainsi une médication facile qui était autrefois restreinte; car les établissements spéciaux possédaient seuls les étuves générales ou locales à employer. Ces tricots peuvent être branchés sur toute canalisation électrique, sur la différence de potentiel de 110 volts ordinairement choisie dans toutes les distributions ou même de 220 volts. On peut ainsi provoquer simplement en quelques minutes un bain d’air chaud, fonctionnant à toutes températures. Toutes les précautions prises dans l’installation électrique, et c’est ce que l’on fait toujours actuellement dans les distributions d’électricité où tous les appareils en place sont vérifiés, il n’y a dans les tissus thermophiles aucune crainte de brûlure ou d’accident quelconque. La sudation se produit avec rapidité et avec l’abondance désirée; on a soin d’interposer une peau de chamois que l'on peut laver facilement et surtout très souvent ; on laisse toujours fonctionner déployés et à l’air libre les tissus et tricots chauffés électriquement. Notre figure ci-jointe représente un malade qui subit une sudation par tricots thermophiles. Ces tissus sont appelés à rendre de grands services dans nos établissements thermaux, où ils permettront de compléter efficacement certaines cures. L’établissement de Bourbonne-les-Bains, dont les eaux chaudes pour lésions articulaires sont déjà si renommées, augmentera leur action dans de grandes proportions par des sudations thermophiles générales et locales.
- Il est du reste curieux de savoir que la main placée dans un gant thermophile supporte facilement pendant 15 à 20 minutes une température élevée et suffisante pour antiseptiser tissus et tricots thermophiles.
- Nous ne faisons, dans les quelques lignes précédentes, que signaler une méthode électrique facile et simple d’obtenir de hautes températures, de provoquer facilement des sudations. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que nous attendons les merveilleuses applications que nos médecins sauront en tirer poulie plus grand bien du genre humain.
- J. Laffargue.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
- Sudation par tricots thermophiles.
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- N° 1707. — 10 FÉVRIER 190(5.
- LA NATURE.
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- LE SERVICE DE LA CARTE GÉOLOGIQUE DE FRANCE
- Au moment où M. Michel Lévy vient de présenter à l’Académie des sciences une nouvelle édition de la carte géologique de France au millionième, il me parait intéressant de donner quelques informations
- détaillées, parcourir chaque région dans tous les sens. Rarement rencontre-t-on de larges escarpements avec des terrains à nu ; on doit aller à la recherche des moindres excavations, des moindres
- Tableau représentant l’état d’avancement des feuilles de la carte géologique détaillée de la France.
- sur le Service de la carte géologique détaillée. Il y a là une œuvre collective où l’on trouve un exemple de la puissance des résultats qui peuvent être obtenus par de nombreux travailleurs, quand ils sont habilement dirigés. Dans les champs de la science, comme dans les champs de bataille ou ceux de la politique, le nombre est une grande force.
- Le Service de la carte géologique de France a été institué sous l'Empire en octobre 1868. On a décidé que des coloriages, représentant les divers terrains, seraient appliqués sur les feuilles de la carte du Dépôt de la guerre à l’échelle du 80 000e. Le chef du Service était l’illustre Elie de Beaumont ; il était secondé par un sous-directeur et par cinq ingénieurs choisis entre les savants les plus habiles. Mais, dans les sciences objectives, le génie ne suffit pas. Il faut, pour dresser des cartes géologiques
- 34e aimée. — 1er semestre.
- talus au bord des chemins, stationner sur les points riches en roches ou en fossiles, indicateurs de l’âge des couchés, déchiffrer des feuillets noircis, déchirés du vieux livre de la nature, et deviner ses caractères effacés. Malgré tout le talent des quelques savants chargés de faire la carte géologique détaillée de la France, le travail avançait très lentement ; 4 feuilles seulement avaient paru avant la mort d’Élie de Beaumont en 1874.
- On comprit la nécessité du concours de nombreux travailleurs, et surtout de ceux qui habitent les lieux dont l’étude réclame le plus de temps et de patience. M. Jacquot, inspecteur général des mines, fut chargé d’organiser le nouveau Service ; il s’y mit avec un extrême dévouement; de nombreux collaborateurs furent pris sur tous les points de la France, et l’œuvre de la carte géologique eut un rapide déve-
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- LA NATURE.
- loppement. En 1888, M. Michel Lévy, aujourd’hui membre de l’Institut, devint le chef du service. Voici dix-huit années qu’il y consacre son existence Le résumé suivant est le plus simple et le plus bel éloge des travaux exécutés, sous sa direction, par les géologues français.
- La carte complète doit comprendre 268 feuilles, ayant chacune 0,80 m. de largeur sur 0,50 m. de hauteur. Le nombre des feuilles publiées ou à l’impression est actuellement de 244. Sur les 24 feuilles qui restent, 16 seront publiées de 1906 à 1910. Alors la carte de toute la France sera achevée, sauf pour la Corse, dont on n’a qu’une seule feuille, celle d’Ajaccio; les 8 autres feuilles de cette île présentent des difficultés particulières.
- Le Service de la carte géologique publie, outre la carte au 80 000e, une carte géologique au 520 000°, où chaque feuille correspond à 16 feuilles de la carte détaillée; il a livré une carte des environs de Paris au 40 000e comprenant 4 feuilles, enfin il présente aujourd’hui la deuxième édition de la carte au millionième.
- En môme temps que les cartes, le Service a donné une importante série d’ouvrages qui leur servent d’explication. Les mémoires in-4° forment actuellement 13 volumes de texte et deux atlas de planches. Les Bulletins paraissent depuis 1889; 105 fascicules sont livrés au public. La valeur de ces ouvrages, dont plusieurs sont dus à des savants de premier ordre, est bien connue en France et à l’étranger.
- Depuis les révélations de M. Martel sur les eaux souterraines, les collaborateurs de la carte géologique doivent donner leur avis sur le captage des eaux destinées à l’alimentation des villes; c’est un surcroît considérable d’occupations, d’une importance capitale.
- Pour ces différents travaux, le Service Central de la carte géologique comprend un Directeur, un ingénieur adjoint à la Direction, quatre ingénieurs en chef et un chef des travaux graphiques, M. Thomas, qui dirige l’exécution des travaux depuis trente ans. Il y a 60 collaborateurs actifs, qui, nécessairement, ont des connaissances très étendues et très variées en géologie.
- Le propre d’un savant est d’avoir des idées personnelles, auxquelles il tient d’autant plus qu’il s’est donné plus de peine pour les acquérir. Les nombreux géologues, qui travaillent aux cartes géologiques, ne peuvent avoir tous les mêmes opinions. Pourtant, il importe que l’ensemble de l’œuvre ait de l’unité; on ne saurait donner une interprétation différenté aux mêmes terrains qui se continuent sur des feuilles dressées par plusieurs géologues. Il faut donc que le Directeur ait beaucoup d’autorité scientifique et de tact pour établir l’accord entre les auteurs.
- On a calculé que chaque feuille âu 80 millième exige 250 à. 300 journées de tournée. Le trajet quotidien moyen, fait à pied par les collaborateurs, est évalué à 30 kilomètres. Pour certains d’entre eux, l’ascension quotidienne dans les pays de montagnes, atteint 1500 et même 2000 mètres.
- Toute personne, qui étudiera attentivement les feuilles de la carte géologique détaillée de la France, sera saisie de surprise et d’admiration pour l'effort du travail accompli. J’assiste aux séances du Conseil supérieur de la carie, présidé par M. Linder, où M. Michel Lévy communique les feuilles qui sont achevées. Quand je vois la complication de plusieurs d’entre elles et que je pense au labeur dont elles sont le témoignage, je ne peux m’empêcher de retenir cette exclamation : que de gens de talent et que de braves gens!
- C’est qu’il y a quelque chose de non moins remarquable que la somme de talent dépensée par les géologues, c’est leur désintéressement. Dans tous les pays et dans toutes les professions, le travail est payé. Mais celui qui est lait sur le terrain par nos géologues pour dresser les caries n’est point payé. On leur rembourse simplement la somme dépensée. En y comprenant les transports en chemin de fer de Paris à l’autre bout de la France, les courses en voiture nécessaires pour aboutir au point d’étude d’où l’on rayonnera ensuite à pied, les guides (souvent coûteux en pays de montagne), les gratifications à des auxiliaires, enfin toutes les dépenses personnelles de logement, nourriture, etc., cela ne fait pas, en moyenne, plus de 17fr,50 par jour. Cependant, pour lever une carte géologique, il faut avoir longtemps étudié, avoir recueilli des roches et des fossiles, fait des courses souvent pénibles, escaladé des sommets, tantôt mouillé, glacé ou ruisselant de sueur. Plusieurs chercheurs n’ont aucun autre avantage à espérer que leurs jouissances d’esprit ; un des plus distingués collaborateurs de la carte est un négociant en tissus, qui, depuis trente ans, sacrifie à la géologie un temps précieux pour son commerce. Vous croiriez du moins qu’on donne des distinctions honorifiques ù ces vaillants, à ces désintéressés. Depuis que je fais partie du Conseil supérieur de la carte, on n’a, malgré les supplications du directeur, décerné la croix de la Légion d’honneur qu’une fois pour service rendu à la carte. Cela est fâcheux pour ceux qui ont la charge d’encourager le talent et le dévouement à la science ; mais cela est glorieux pour nos géologues dont on fait mieux ressortir le noble désintéressement.
- La géologie a une bonne part dans les progrès de l’industrie moderne : les agriculteurs, les exploitants de mines, les constructeurs de voies ferrées, les foreurs de puits artésiens, les hygiénistes chargés d’amener aux villes des eaux potables, basent leurs travaux sur la géologie. Si on se place au point de vue de la science pure, quelles lumières ne jette-t-elle pas sur les questions les plus hautes. Elle nous apprend la formation de notre sol, et, s’unissant à la paléontologie, elle nous révèle la grande histoire de la vie. Philosophes et industriels doivent applaudir également aux efforts de nos géologues.
- Albert Gaudry,
- Membre de l'Institut.
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- Un grand
- TRANSATLANTIQUE A TURBINES
- Le “ Carmania ”
- On vient de mettre en service le Carmania, immense transatlantique où l’on réalise l’application de la turbine à vapeur marine dans des dimensions encore inconnues pratiquement. Son déplacement atteint 30 000 tonnes, et la puissance indiquée 21000 chevaux.
- Celte installation de la turbine à bord du Carmania est d’autant plus intéressante, que ce bateau est absolument identique au Caronia (qui est déjà en service), sauf en ce que ce dernier est muni d’une machinerie classique à mouvements alternatifs : et la Compagnie Cunard a voulu les mettre pour ainsi dire simultanément en circulation, et dans des conditions aussi identiques que possible, pour juger pleinement des avantages dus à la turbine.
- Ils ont une longueur fort respectable entre perpendiculaires de 198,12 m. et au total de 204,97 m. ; la largeur en est de 21,94 m. et le creux de 15,90 m. La distance de la quille à la passerelle de njavigation est de 27,43 m. et la distance entre cette quille et le sommet des cheminées atteint 43,89 m. C’est énorme comme on voit, et ces deux paquebots méritent d’étre connus meme à coté des géants allemands ou des immenses cargo-boals appartenant proprement à cette classe intermédiaire, sur lesquels
- \ICMô$j.Eir,(ïX '
- Fig. 1. — La machinerie a pistons du Caronia.
- nous avons donné de temps à autre, des détails. Le tonnage du Carmania, aussi bien que de l’autre (nous ne le rappellerons plus), estde 19 524 tonneaux, et son déplacement s’élève S 30 918 tonnes anglaises exactement, ce qui approche de 31 500 tonnes mé-r triques. Le tirant d’eau en ordre de marche dépasse
- les 30 pieds qu’on avait considérés longtemps comme le maximum à prévoir, et il est effectivement de 10,15 m. Nous avons dit que ce bateau est presque de la classe intermédiaire : le fait est
- Fig. 2. — Lu machinerie à turbines du Carmania.
- (Vue à même échelle.)
- que, tout en marchant à une belle allure, dont nous allons dire quelque chose, il prend tout à la fois 10 000 tonnes et plus de cargaison et 2626 passagers, dont 300 de première, 326 de deuxième, 1000 de troisième et le reste d’émigrants dans les entreponts. Les installations de ce transatlantique sont certainement des plus intéressantes, mais nous ne saurions y insister.
- La coque serait également curieuse à examiner, avec les 1 800000 rivets. Mais ce qui est naturellement le plus curieux, ce sont ces turbines si puissantes, installées dans les flancs du monstre, à la place de ces machines à vapeur qui ont eu si longtemps un domaine incontesté. Nous devons dire que la maison John Brown and G", avant de construire les turbines à vapeur de la Carmania, s’est astreinte à créer à terre une installation de 3 moteurs analogues de 1800 chevaux de puissance, pour pouvoir les surveiller, et se rendre compte des perfectionnements à y apporter. Et c’est comme cela, à la suite d’une expérience poursuivie six mois, que les constructeurs purent établir des machines aussi parfaites que possible pour le Carmania. Nous donnons des dessins comparatifs de l’installation des turbo-mo-teurs à bord de ce batéau et des magnifiques machines alternatives et à quadruple expansion dont a été doté le Caronia ; pour les turbines, on n’a pas hésité à occuper la même surface, mais la chambre des machines est bien loin d’être encombrée comme avec des moteurs classiques ; l’emploi des turbines a assuré une économie de poids de 5 <pour 100; la pression de vapeur est de 14,10 kg par cm3 au lieu de 14,76. Mais, par contre, la surface de condensation a dû être de 20 pour 100 supérieure.
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- Nous n’avons guère besoin de dire, puisque c’est maintenant une pratique courante, que les turbines sont au nombre de trois, une haute pression au centre, et latéralement, de chaque bord, une turbine basse pression avec combinaison pour marche arrière. Les propulseurs sont uniques sur chaque arbre; ils comportent trois ailes. Les cylindres enveloppes des turbines sont en acier forgé, et ils ont un diamètre de 5,50 m. pour la basse pression; le nombre total des ailettes, disposées sur les turbines, est de 1 115 000 environ, et il a fallu les mettre en place et les fixer individuellement avec le plus
- saut de 10 pour 100 environ leur marche ordinaire.
- Et maintenant quelle comparaison a-t-on déjà pu faire entre le Carmania et le Caronia, dans les essais sur base auxquels ils ont été soumis, et avant meme que le Carmania prenne un service eiï'ectil à la mer? Dans dés conditions identiques, le transatlantique à turbines a donné une allure supérieure d’un mille environ à celle du transatlantique à machines classiques; avec une coque sale, qui était demeurée dans les eaux très chargées de la Clyde durant tout l’armement final, le Carmania a pu marcher en moyenne à 20,20 nœuds, en dépassant
- Fig. 5. — Chambre (les turbines à bord du Carmania.
- grand soin. Toutes les parties tournantes ont été équilibrées de la façon la plus parfaite et à la suite d’expériences pratiques ; et l’on s’est assuré à l’avance de l’absence de vibrations dans ces moteurs, en les faisant tourner dans les ateliers à une allure bien supérieure à celles qu’ils devaient prendre effectivement. Des dispositifs semi-automatiques ont été installés pour l’envoi direct de la vapeur dans les turbines de marche arrière, qui se commandent du reste comme des unités indépendantes, et permettent au bateau de gouverner admirablement sans le secours de la barre; des régulateurs ont été également installés pour couper aussitôt la vapeur aux moteurs, dès qu’ils tournent à une allure dépas-
- notablement ce chiffre dans divers parcours. On a pu constater d’autre part que, avec 150 de barre, il tournait complètement sur une longueur de 900 m. à peu près, tandis qu’il fallait 1200 m. au Caronia. Et quant aux vibrations verticales du navire, elles sont presque milles, alors qu’à bord de l’aulre bateau, et en dépit d’une construction remarquable des machines, elles sont relativement très sensibles. . .
- Il est évident qu’il y a là un triomphe de la turbine à vapeur, et dans des conditions qui font bien augurer de ces géants de 240 m. et filant 25 nœuds, dont la coque est en train de se construire pour la Compagnie Cunard. Daniel Bellet.
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- L’ÉCLIPSE TOTALE DE SOLEIL DU 30 AOUT 1905, A ALCOSÈBRE
- Une éclipse totale de soleil constitue un phénomène céleste dont l’intérêt est de plus en plus grand pour les astronomes; il leur permet d’appliquer les nouvelles méthodes de l’astronomie physique à l’étude de la constitution de cet astre, dans des conditions particulièrement fructueuses.
- L ’ atmosphère terrestre, même lorsqu’elle est complètement dé pourvue de nuages, gêne considérablement, par sa présence, toutes les observations astronomiques et surtout celles du soleil, parce que, en dehors des inconvénients qu’elle produit, vient s’ajouter celui de la diffusion, dont l’effet est d’illuminer le ciel en plein jour, illumination qui masque aux regards tous les phénomènes lumineux dont l’éclat est plus faible que celui du ciel.
- Lorsque la lune vient, par son mouvement propre, se placer entre le soleil et la terre, et que le cône d’ombre que produit notre satellite passe sur la surface de notre planète, l’atmosphère terrestre cesse d’être illuminée dans la zone d’ombre, son éclat est fortement diminué et devient comparable au crépuscule.
- C’est grâce à cette propriété particulière des éclipses totales de soleil, que l’on peut, pendant ces phénomènes, observer autour du limbe solaire, par les procédés ordinaires, les protubérances, la couronne et les autres manifestations de l’atmosphère
- de l’astre qui est la source de toute vie terrestre.
- En 1868, la découverte, par MM. Janssen et Lockyer, du spectre des protubérances, conduisit i m m é d iatement ces deux savants, fondateurs de l’astronomie physique, à utiliser les propriétés particulières du spectroscope, révélées par cette découverte, pour observer en tous temps, sans éclipses, ces intéressants et remarquables effets de l’activité solaire.
- Le principe de celte ^observation devrait rester celui de toutes les recherches lenlées sur le soleil, et peut se résumer ainsi ’
- « Rechercher une méthode dans laquelle le phénomène solaire, observé pendant une éclipse, peut se trouver mis en évidence lorsque la lumière diffuse du ciel vient s’y juxtaposer. »
- On voit que longtemps encore, les éclipses totales de soleil présenteront un intérêt de tout premier ordre et serviront de point de départ à des découvertes nouvelles et utiles sur ce qu’on pourrait appeler : la vie solaire.
- L’observa t i o n individuelle seule peut donner d’excellents résultats, mais lorsqu’un chef de mission réunit plusieurs observateurs, le rendement peut encore être accru par la liaison des divers genres de travaux adoptés, en donnant la possibilité de faire des comparaisons qui permettent d’utiliser, d’une façon plus complète, les résultats partiels obtenus. C’est en partant de ce principe que M. Janssen or-
- Fig. 1. — Eclipse du 50 août. Expédition Janssen. Photographie directe de la couronne, lteproduelion de l’épreuve obtenue avec l’objeclif de 9 pouces (grandeur égale).
- Fig. 2. — I et 111. Images monochromatiques de la couronne (raie verte du coronium). 11. Photographie obtenue avec la lunette compound, réduite à la même échelle que I et III. c, (7, position de la fente du léléspectrographe par rapport à l’image solaire pour la planche I ; a, b, même position pour III.
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- ganisa la mission dont il s’était chargé pour étudier l’éclipse totale du 30 août 1905 à Alcosèbre (Espagne).
- Le programme qu’il avait élaboré était d’étudier1 : 1° l’ensemble de la marche du phénomène au moyen de la photographie; 2a la forme et les détails de la couronne et des protubérances ; 5° les spectres des diverses enveloppes gazeuses du soleil ; 4° les variations météorologiques produites par l’éclipse.
- M. Pasteur fut chargé de préparer dans ce sens un programme particulier pour la partie concernant la photographie directe, je fus chargé de la partie spectroscopique.
- M. Stefanik, de l’Université de Prague, élève astronome à l’Observatoire de Meudon, accepta de faire oculairement des études spectroscopiques du même genre que celles prévues photographiquement.
- M. Pasteur réalisa son programme en réunissant, suy un seul support équatorial, trois appareils photographiques :
- Une chambre avec objectif de quatre pouces et de Ûm,80 de distance focale.
- Une autre avec objectif de neuf pouces de 4 mètres de distance focale.
- Une lunette compound avec objectif de quatre pouces ayant 2 mètres de distance focale et dont l’image était reprise par un oculaire d’agrandissement permettant d’obtenir sur la plaque une photographie solaire de 10 centimètres de diamètre.
- Il était prudent, avec ce dispositif, de ne faire qu’une épreuve, à chaque appareil, pendant la totalité, et d’éviter ainsi les manipulations compliquées pouvant déterminer des vibrations nuisibles ; aussi M. Pasteur choisit-il l’emploi de plaques à faible sensibilité, à cause de leur grande tolérance aux variations de pose et adopla-t-il pour la durée d’exposition les valeurs suivantes :
- Objectif de 0m,80, plaque marque rouge de la maison Lumière, pose 1 minute. Objectif de 4 mètres, mêmes plaques, pose 2 minutes.
- Lunette compound, plaques marque jaune de la même maison, pose 3m 20s, c’est-à-dire 22 secondes de moins seulement que la durée prévue pour la totalité.
- Les résultats obtenus, favorisés par un très beau temps, furent conformes aux prévisions.
- L’image donnée par la lunette compound, montre les protubérances, les portions intérieures de la couronne et certaines particularités photographiques intéressantes.
- Les deux autres épreuves complètent la précédente et permettent de suivre les jets coronaux du bord lunaire aux parties les plus éloignées de la couronne.
- Pour la partie spectroscopique, j’ai étudié photographiquement le spectre du bord solaire, en appliquant à cette étude le principe du téléspectrographe à fente large, employé jusqu’à présent pour l’étude des protubérances en temps ordinaire.
- 1 C. B. Acad, des Sc., 9 octobre 1905, p. 569.
- M. Stéfanik faisait oculairement le même genre d'observations dans la partie rouge extrême du spectre. La comparaison des résultats photographiques et des résultats spectroscopiques obtenus simultanément a montré : 1° Que le spectre de la couronne ne comporte du rouge au violet qu’une raie, la raie verte dont l’origine a été attribuée à une substance gazeuse inconnue qu’on a appelée coronium. et un spectre continu, qui présente dans le vert un maximum d’intensité bien caractérisé, par rapport au spectre solaire. Il en résulterait des conclusions favorables à l’hypothèse déjà émise que la couronne est probablement composée d’un gaz actuellement inconnu sur la terre, le coronium, et de particules réfléchissant la lumière et dont la présence est indiquée d’une part par le spectre à raie noire signalé depuis longtemps par M. janssen, puis photographié par M. de La Baume Pluvinel, et, d’autre part, par les expériences faites sur la polarisation de la lumière émise par la couronne. 2° Que les gaz hydrogène et hélium, dont les raies avaient été quelquefois signalées comme coronales, n’existeraient que dans la chromosphère, c’est-à-dire dans le voisinage immédiat du disque solaire.
- On voit donc toute l’importance, au point de vue astronomique, de ces observations d’éclipses, et la nécessité de leur consacrer le temps et l’argent nécessaires pour en tirer le meilleur parti possible.
- Les progrès de l’astronomie sont d’une importance capitale, c’est celte science qui, jusqu’à présent, a fourni les moyens de relier le mieux les spéculations mathématiques de la science pure, aux phénomènes observés et qui a donné et donnera encore l’élan au progrès scientifique qui sert de base aux améliorations industrielles et sociales.
- G. Miixochau,
- Aide astronome à l’ob ervatoire de Meudon.
- LES MAMMIFÈRES
- CARNASSIERS ET INSECTIVORES
- de Madagascar
- Depuis la fin du xve siècle, époque à laquelle commencèrent les grandes explorations maritimes et les premiers établissements fondés par les Européens sur les rivages de l’océan Indien, l’histoire a enregistré la disparition de nombreux animaux qui étaient abondants dans ces nouvelles terres lors de leur découverte.
- La région des îles Mascareignes et de Madagascar offre à ce point de vue de multiples exemples typiques : Maurice, Bourbon, Bodriguez étaient peuplés jadis de Drontes ou Dodos, d'Aphanapteryx ou Poules à bec de bécasse, de Solitaires, de tortues gigantesques ; à Madagascar, vivaient des Lémuriens grands comme des ânes, des oiseaux hauts de 3 mètres, les Æpyornis, des Hippopotames, etc. Aujour-
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- d’hui, il n’existe plus aucun représentant de ces êtres; ils ont disparu devant la civilisation ou ont
- Fig-, 1. — Tèlo dp. Fosa.
- été anéantis soit par les indigènes des que ceux-ci ont eu des armes perfectionnées entre les mains, soit par les premiers débarquants qui en ont fait des hécatombes dans un but de lucre ou de sport. De tous ces aninlaiix on ne connaît plus qu’un petit nombre par des peintures faites d’après les rares exemplaires ramenés vivants en Europe au milieu du xvne siècle ou des squelettes re-constitués avec des ossements récemment exhumés.
- Dans cet article ce n’est pas d’animaux totalement éteints comme ceux que je viens de citer que je voudrais parler, mais d’animaux en voie de disparition, qui, habitant un pays, Madagascar, — que nous venons d’annexer à notre domaine colonial et dont nous nous efforçons de mettre les richesses en valeur, — se trouvent subitement dans de mauvaises conditions de lutte pour la vie, et qui, probablement, dans un temps assez court, succomberont et disparaîtront. Ils le feront d’autant plus rapidement que leur habitat est très limité; non seulement c’est une île dont nous explorons et fouillons les moindres recoins, mais encore cette île se compose de régions fort différentes comme climat, comme flore et comme constitution géologique. Chacune d’elles a sa population zoologique particulière qui lui est
- adaptée et qui ne peut s’en échapper sans périr. À Madagascar, parmi les mammifères, il y a trois groupes intéressants : les Lémuriens, les Carnassiers et les Insectivores. Des premiers je ne dirai rien, parce que ici même leur souvenir a été souvent évoqué et que peut-être, à l’occasion de documents nouveaux que j’espère avoir prochainement, il sera utile de rappeler quelques-uns des types caractéristiques de cette famille. C’est aux seconds et aux troisièmes que je voudrais consacrer ces quelques lignes, car ce sont des animaux rares non seulement à l’état vivant en Europe, mais même dans les collections.
- Les Carnassiers de Madagascar, comme presque tous les êtres de ce bizarre petit continent zoologique, appartiennent à des genres spéciaux ou à des espèces particulières dont la place systématique est très hypothétique. Ils n’en sont d’ailleurs que plus intéres-I sants, car, réunissant en eux des caractères de types | éloignés, ils forment une transition entre des animaux qui paraissent très diflé-rents par leur organisation et constituent ainsi un des chaînons de cette immense chaîne, encore en trop nombreux tronçons, que forme la série animale. Le plus connu est le Fosa ou Cryptoprocta ferox (fig. 1, 2, a) ; c’est aussi le plus puissant, car il n’existe à Madagascar ni lions, ni tigres, ni panthères, ni ours. Malgré son nom terrifiant, il n’est guère dangereux pour l’homme, ses seules proies sont les chèvres et les volailles. Le Fosa est un chat plantigrade; son pelage rappelle
- beaucoup celui du Puma ou lion d’Amérique ; sa dentition, la forme de son corps quoiqu’il soit assez bas sur pattes, son allure générale sont tout à lait celles
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- temps des baobabs dont l’écorce est lacérée par les grilles des Cryptoprocia qui grimpent, pour atteindre leur gîte, en s’accrochant le long du tronc. La femelle a des soins délicats et dévoués pour sa progéniture qu’elle doit quelquefois, dans les premiers temps, défendre contre le père lui-même. Tant que ses petits ne peuvent pas la suivre à la chasse, elle leur apporte les proies les plus succulentes cl emploie pour les abreuver un procédé tout particulier; elle va, dit-on, tremper dans l’eau sa longue queue poilue et la roulant ensuite sur elle-même la rapporte à ses enfants qui s’empressent de la lécher.
- Le groupe des Carnassiers malgaches comprend encore plusieurs types intéressants : d’abord deux Civettes dont l’une, la Viverra Schlegeli, est voisine d'une des Civettes de l’Inde et dont l’autre, la V. fossa, est devenue très rare. Les derniers exemplaires de celle-ci vivent aux environs de Fort-Dauphin où leur nom donne souvent lieu à des confusions avec les indigènes qui, i comme le dit Flacourt, l’appellent du
- Fig. 4. — Microgale rrassipes.
- d’un félin, c’est-à-dire d’un digitigrade, et cependant la plante de ses pieds est nue comme celle des Ours et des Blaireaux. Le Cryploprocla est donc un type intermédiaire curieux.
- Sans être très commun, on le trouve cependant dans toute File et il inspire une certaine crainte aux Malgaches qui racontent toutes sortes de fables sur son compte, mais qui, en réalité, le redoutent surtout pour leur basse-cour. Lorsque les indigènes parviennent à s’emparer d’un de ces animaux, ils le mettent à mort avec mille raffinements de cruauté et après lui avoir brûlé les moustaches, afin, disent-ils, de le déshonorer.
- En général, les Fosa ont trois ou quatre petits à la fois ; la mère les met au monde dans la cavité d’un vieux tronc d’arbre tombé à terre ou sous un abri formé par des rochers éboulés, où elle a préparé un nid chaud et moelleux. Quelquefois, dans la région occidentale de File surtout, où il y a de grandes plaines dénudées, le nid du Fosa est installé à plusieurs mètres au-dessus du sol dans un trou accidentellement formé dans le tronc d’un arbre. C’est ainsi qu’on voit de temps en
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- môme nom que le Cryptoprocta avec lequel notre petit carnassier n’a aucune ressemblance ; ensuite de gracieux petits animaux appartenant aux genres Galidia et Galidiclis (fig. 7) qui, par leurs caractères zoologiques, se rapprochent de la mangouste d’Egypte ou rat de Pharaon. Ils sont tout à fait dignes d’attention et on devrait chercher à empêcher leur destruction, car ils pourraient rendre des services. Plusieurs d’entre eux sont très doux et seraient facilement domes-licahles; ils seraient capables de remplacer avantageusement les chats pour la destruction des rats, comme le font les mangoustes aux Antilles
- aux Indes. Il faut enfin citer un autre petit
- Fig. 7. — Galidiclis striai».
- carnassier intéressant et rare, qui, par sa dentition, sa. nourriture qui se compose presque exclusivement de vers de terre, et ses mœurs, forme transition avec les Insectivores. On ne le rencontre plus guère que dans les grandes forêts, c’est YEupleres Goudoti (fig. 6) que les zoologistes rapprochent des Ichneumons.
- Les Insectivores de Madagascar appartiennent tous, à une exception près, le petit Sorex mada-gascariensis (fig. 9), au sous-ordre des Centétidés, spécial à Pile.
- Ils se divisent naturellement en deux groupes, les uns épineux comme nos hérissons, les autres à poils soyeux. Le plus anciennement connu de ces animaux, qui est à la lois le type de la famille et le plus gros, est le
- Fig. 6. — Euplercs Goudoli.
- Gentet.es ecaudatus (fig. 8) ou Tenrec, en malgache Tandraka. Sa taille dépasse rarement celle d’un gros lapin, son corps est plus ramassé. Très recherché par les indigènes qui en apprécient beaucoup la chair, il a été importé à la Réunion et a Maurice, où on l’élève en captivité pour le manger.
- Le Tenrec est nocturne; comme nos hérissons, il vit d’insectes et de certaines racines; comme eux aussi, il s’endort pendant la saison sèche et froide, après avoir accumulé sous sa peau, pendant les mois chauds et humides de l’hivernage, une épaisse couche de graisse qui est tout à la fois une protection contre le froid et une réserve de nourriture. Le Tenrec est très prolifique; il a
- Fig. 8. — Centetes ecaudalus.
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- souvent 12 à 15 petits à la fois. Sur un exemplaire que j’ai eu entre les mains j’ai compté 24 mamelles.
- A côté des Cenletes, prennent place les Ericulus, qui par leur extérieur, rappellent nos hérissons, et les II e-micentetes (fig. 10) dont la robe épineuse est noire, rayée de blanc ou de jaune.
- Ces derniers ne vivent que sur la côte orientale de l’île.
- Les Centétidés à poils soyeux sont des animaux de plus petite taille que les précédents ; ils ne dépassent jamais la grosseur d’un rat. Ils appartiennent au genre Microgale (fig. 4), dont l’aspect extérieur rappelle celui de nos musaraignes, au genre Ory-zorictesl(tig. 11)
- qui vit dans les rizières de l’imerina et du Betsileo où il cause de grands dégâts par suite des trous qu’il creuse dans les berges lorsqu’il recherche les larves d’insectes dont il se nourrit, mettant ainsi la récolte à sec, au genre Geo-gale et au genre Linmogale({}ig. 5). Ce dernier est aquatique ; il a les doigts des pieds et des mains réunis par une palmure qui lui permet de nager. La plupart de ces petits mammifères sont encore très rares dans nos musées où ils ne sont connus que par quelques exemplaires rapportés récemment et leur biologie n’a pu encore être étudiée.
- Fig. il. — Oryzorictes liova.
- G. Grandidier.
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- L’ARGANIER OU L’ARBRE DU SOUS (MAROC)
- On sait que l’arganier est cet arbre, singulier par son extension géographique très limitée et qui est l’objet de la curiosité des touristes qui touchent à la cote occidentale de l’Empire chérifien, à Mogador.
- On pourrait l’appeler Y arbre du Sous, tant il caractérise cette région sud-marocaine. Il n’y a pas d’espèce végétale qui soit, à un plus haut degré, répandue à profusion et reléguée dans un périmètre relativement aussi restreint.
- Bien des botanistes ou des explorateurs ont écrit sur cet arbre curieux.
- Le premier: qui en ait fait mention est Léo Afri-canus (1510); et la description spécifique en a clé donnée, pour la première fois, par Linné (1757),
- celui de l’olivier; sa hauteur ne dépasse généralement pas 0 mètres, elle est souvent moindre; les branches inférieures partent à 1 mètre du sol d’un tronc droit, à écorce grise; les jeunes pousses sont couvertes d’épines. Sa feuille est lancéolée, persistante, verte en dessus, plus pâle dessous, comme celle de l’olivier.
- L’arbre fleurit en mai-juin. Son fruit, ou argon, est vert-jaunàlre.
- Il rappelle par sa forme une grosse olive ; c’est une drupe monosperme, ovale, glabre, obtuse, quelquefois un peu aiguë ; elle renferme une graine ovale dont la coquille épaisse, dure et très lisse, d’un brun pâle, contient une amande oblongue de couleur blanche.
- Fig 1. — Arganiers abritant un marabout près d’Aïn el Iladjar (Clnadma).
- d’après un échantillon desséché, sous le nom de Sideroxylon spinosum; mais le spécimen étudié par l’illustre naturaliste n’avait pas de fleur, ce qui peut expliquer la confusion qu’il a faite de celte plante ligneuse avec le « bois de fer » dont il se distingue par un grand nombre de caractères.
- Le voyageur danois Schousboe, après un séjour dé trois années au Maroc (1766-1768)*'a publié un très intéressant mémoire sur la Flore du Moghreb, dans lequel il décrit longuement l’arganier.
- A citer encore les observations d’Henry Grâce, vice-consul d’Angleterre à Mogador (1855), et l’étude des matériaux transmis pat- lui à W. Hooker; puis les données consignées dans les publications des explorateurs marocains J. Dalton Hooker et John Bail(1878).
- L’arganier (Argania Sideroxylon Roemer et Schultes), ou arbre d'argan, tire son nom du mot arabe ou chleuh argane.
- C’est un arbre toujours vert, dont le port rappelle
- 11 convient encore de dire que l’arganier se reproduit facilement par germination et que les jeunes arbres peuvent porter fruit au bout de trois à cinq ans. Bans son pays d’origine un mois peut suffire à l’apparition d’une pousse, et des essais de reproduction en serre effectués d’abord par Schousboe à Copenhague, puis par Dalton Hooker, en Angleterre, ont pleinement réussi; mais les tentatives d’acclimatation ont désappointé les coloniaux.
- L’arganier est absolument inconnu en dehors du Sud-Marocain où il ne recouvre qu’uneétenduelimitée, sur laquelle, j’aurai l’occasion d’insister plus loin. On s’accorde à regarder cet arbre et le Sideroxylon Marmulano Lowe, de l’île Madère, comme les représentants d’une famille dont les espèces sont en majeure partie tropicales.
- Ces deux essences, qui se trouvent ainsi sur le même parallèle, ne coexistent pas et sont inconnues aux Canaries. Elles montrent, par leur situation géographique, une relation évidente entre deux
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- régions aussi voisines que Madère et la côle du Sud du Maroc et marquent les vestiges d’une flore tropicale disparue, qui devait être uniformément répandue à cette latitude.
- L’arganier existe à profusion sur une certaine étendue de la côte sud-marocaine et à l’intérieur d'un périmètre, que les observations actuelles ne permettent pas encore de délimiter d’une façon définitive.
- Les différents voyageurs qui en ont parlé ne semblent pas s’être préoccupés des relations qui peuvent exister entre l’extension de cet arbre et la nature du sol sur lequel il croît; et il résulte des divers récits
- Tanan ; enfin il s’étend à la plus grande partie de la vallée du Sous. Plus au sud cet arbre existerait, parait-il, dans la région littorale du Tazerouall, jusqu’à l’Ouad Noun; mais nous n’avons que des renseignements douteux à ce sujet, tandis qu’il résulte nettement des explorations du vicomte de Fou-cauld que l’essence forestière qui nous occupe ne s’étend pas plus à l’est dans l’Anti-Atlas.
- Dans les Cbiadma, au pied du Djebel lladid, Xarbre d'argan croît aussi bien sur les dunes et les alluvions quaternaires que sur les argiles et grès crétacés, ou les calcaires jurassiques. Les nombreux
- voyageurs qui m'ont
- précédé s'accordent à dire qu’il se montre au delà, jusqu’à la vallée de l’Ouad Tensift.
- Dans les Haha il se rencontre un peu partout, du moins à une altitude inférieure à 800 ou 900 mètres. Il pousse indifféremment sur tous les terrains, sur les dunes quaternaires et les grès plic-
- de leurs explorations que l’arganier paraît s’étendre à toute la région littorale atlantique comprise entre les 29 et 52 degrés de latitude nord, qu’il s’enfonce à une vingtaine de kilomètres des côtes et forme des taches isoléesjusqu’à une profondeur de 40 kilomètres, au maximum.
- J’ai, au cours de mes voyages au Maroc,
- parcouru dans tous les sens le pays de l'arganier, ' et si je n’ai pas atteint sa limite au sud, du moins ai-je pu la relever vers l’est. Mes recherches géologiques et géographiques me permettent en outre de donner une idée assez nette des conditions d’habitat de cette curieuse essence forestière.
- On se ferait une idée fausse des forêts d’arganiers si on les comparait aux bois touffus de nos pays d’Europe ou des régions tropicales. Elles sont composées, à de très rares exceptions près, d’arbres disséminés qui apparaissent, de loin, comme autant de taches noires sur un sol nu.
- L’arganier. se rencontre dans les importantes tribus des Chiadma, des llaha, des Mtouga et des Ida ou
- Fig. 3. — Une Imite sous un arganior dans las Ida ou Tanan.
- cènes des environs de Mogador. Au sud de la ville, il est, à partir de Tagouïdert, fréquemment associé au thuya et il forme de belles forêts, notamment sur les bords de l’Ouad Tidzi et au delà de l’Ouad Igouzou-len. Dans l’est, on le voit passer sans décroissement brusque des grès tertiaires aux terrains crétacés, et
- sa limite extrême est située au voisinage de Dar Mo-
- O
- qadden Messaoud. Les sédiments crétacés de la côte, dans les Ida ou Troumma et les Ait Ameur, offrent encore un sol propice au développement de cette intéressante essence forestière, et cela quelle que soit la nature des sédiments, argileux * gréseux ou calcaires. Enfin les calcaires qui forment les rides ant-i-clinales du Haut-Atlas occidental sont encore très
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- susceptibles de supporter i’urganier. Le plateau de Taguent en particulier en est couvert, mais à peine s’élève-t-on sur ces plissements jurassiques qu’on le voit s'effacer rapidement devant le thuya à gomme sandaraque qui trouve, sur ces affleurements calcaires, son sol de prédilection.
- La même remarque s’applique aux Ida ou Tanan où il croît dans la zone littorale; tandis qu’il disparaît dans la région montagneuse à partir des altitudes assez élevées.
- Dans les Mtouga, il monte dans la vallée de l’Ouad Igrounzar, jusqu’à quelques kilomètres en amont d’Àït Biiout. Développé sur le trias de la vallée de Taghraghra, il se montre partout ici sur les terrains crétacés et sur les calcaires à silex.
- Mon voyage dans le Sous rn’a encore permis quelques remarques intéressantes sur l’extension de cet arbre si curieux. En descendant la vallée de l’Ouad Ait Moussi, j’ai constaté qu’il apparaît dès Ta-latirhan pour venir de plus en plus abondant, en approchant de la Nzala Àrgana qui doit son nom aux belles forêts qui l’entourent et, dans cette vallée, il croit indifféremment sur les schistes primaires, les grès permiens, les terrains crétacés et les alluvions quaternaires. A la descente du col des Bibaoun, on le voit s’élever bien haut sur le liane méridional du Haut-Atlas.
- La belle plaine du Sous constitue la région de prédilection de l’arganier. Partout, dans le Msseguina, les llouara, le Ras el Ouad, il règne en maître aux dépens de toute autre végétation, il atteint même la vallée de l’Ouad Tifnout et, bien que je ne puisse préciser sa limite de ce côté, je puis affirmer qu’il n’existe pas au pied occidental du Djebel Siroua, tandis qu’il atteint les environs de Laoulouz. 11 forme dans la plaine, des forêts interrompues seulement par des clairières qui sont livrées à la culture. Enfin cet arbre se montre au bord de l’Anti-Atlas, alors qu’il s’élève partout assez haut sur le liane méridional du Haut-Atlas; et les itinéraires que j’ai suivis sur ce versant de cette chaîne m’ont permis de l’observer partout, aussi bien sur les schistes siluriens et dévoniens que sur les grès permiens ou sur les sédiments crétacés.
- Les lignes qui précèdent font ressortir le grand développement de l’arganier.'dans un périmètre assez
- Fig. 1. — Troupeau de chèvres autour d'uu argauier.
- impart ai lement délimité et relativement étroit.
- 11 convient de remarquer tout d’abord que cette essence paraît tout à fait indifférente à la nature du sol. Mes recherches ne peuvent laisser subsister de doute à cet égard. Les terrains primaires, secondaires ou tertiaires, aussi bien argileux ou calcaires que siliceux, meubles que compacts, sont susceptibles de lui offrir un sol favorable à son essor. Il faut donc chercher la cause de sa dissémination dans une question climatérique.
- Il serait sans doute prématuré de s’appuyer à ce point de vue sur les rares observations météorologiques faites dans ces contrées ; mais, si l’on rapproche de mes données personnelles, celles acquises par les explorateurs qui m’ont précédé notamment par MM. de Foucauld et de Segonzac, on peut facilement se rendre compte que la température et l’etat hygrométrique de l’air doivent, en quelque sorte, se compenser dans toute l’étendue du pays de l’arganier. Cet fy^^fX arbre ne peut vivre qu’au-des-sus d’une température déterminée et à la faveur de l’humidité du littoral atlantique. Quelques remarques le feront mieux comprendre.
- A l'est de Mo-gador l’arganier ne dépasse pas le 11° 40' de longitude ouest (à 45 km environ du littoral), et il ne s’élève de ce côté qu’à des altitudes d’environ 400 m., dans les Chiadma et de moins de 500 m. dans le Kou-rimat. A une faible distance de là, au sud, il s’étend plus à l’est et jusqu’à la cote 700 ; or, tandis que l'influencé de l’Atlantique est, dans le premier cas, contrariée par les collines d’El llanchen et de Ta-merzakt, ici l’humidité de l’Océan peut se faire sentir plus loin grâce au couloir continu de la vallée de l’Ouad Kseb. Tout le long de la côte, dans les Haha et les Ida ou Tanan, la limite de l’extension de cet arbre est une question d’altitude.
- En descendant le cours de l’Ouad Ait Moussi, on le voit apparaître à partir de 950 mètres environ, et s’élever vers le col des Bibaoun jusqu’à plus de 1000 mètres. Il semble qu’il y ait là un fait en contradiction avec les précédents parce que nous sommes ici à environ 80 kilomètres du littoral ; mais la vallée de l’Ouad Ait Moussi est dirigée vers le sud et subit l’influence du climat de la plaine du Sous.
- La haute chaîne de l’Atlas délimite nettement deux zones climatériques différentes, parce qu’elle offre:
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- une barrière presque infranchissable aux vents chauds du désert et j’ai constaté, à la lin de décembre, jusqu’à 20° au thermomètre fronde, à El Boura, non loin de Taroudant. Le Sous, contrairement au Haouz, doit participer du climat saharien.
- Ainsi s’explique la dissémination de l’arganier jusqu’à des altitudes élevées, dépassant 1500 mètres au-dessous du col des Bibaoun, sur le liane méridional du Haut-Atlas.
- C’est encore à ce climat de la vallée du Sous qu’il faut attribuer son extension vers l’est; il se retrouve jusqu’au voisinage de Laoulouz par 10° 50' environ de longitude ouest, soit à plus de 150 km de la côte. Et l’une des conséquences climatériques de la puissante barrière du Haut-Atlas, sur les régions septentrionales, a été de refouler à plus de 100 km vers l’ouest la limite de l’arganier.
- L’arganier, si intéressant au point de vue botanique, offre une véritable ressource au Marocain qui tire parti de son bois, de sa feuille et de son fruit.
- Le bois d’arganier est dur, lourd, compact, rivalisant avec les meilleurs du même genre ; il est très résistant, de couleur jaune. Les indigènes ne l’emploient guère que comme chauffage; ils en font parfois un charbon excellent. Les branches sont trop noueuses pour être couramment employées pour la construction ; ils lui préfèrent des bois blancs comme le thuya, dont les troncs droits forment des perches facilement utilisables pour les charpentes ou les boiseries grossières des maisons.
- Les feuilles servent de nourriture aux animaux ruminants, notamment à la chèvre et au chameau. Seuls le cheval, le mulet et l’âne se refusent à en manger.
- Il est assez curieux de voir le chameau, habitué à brouter les herbes des pâturages africains, faire usage de son long cou pour atteindre les feuilles de l’arbre à sa portée, et rien n’est plus pittoresque qu’un troupeau de chèvres dans une forêt d’arga-niers ; les unes se dressent pour manger les feuilles les plus basses, tandis que d’autres grimpent et se tiennent même sur des branches assez minces pour y prendre leur aliment préféré.
- Si l’on tient compte de l’énorme quantité de peaux de chèvres utilisées dans l’Empire chérifien et fournies par lui à l’exportation— preuve irréfutable d’une agriculture encore des plus sommaires — on se fait une idée de la ressource appréciable offerte aux indigènes par l’essence forestière qui nous occupe.
- Mais là ne se bornent pas les vertus de Y arbre du Sous. Le fruit est utilisé par le Marocain à deux effets : pour l’alimentation des ruminants et pour la fabrication d’une huile très estimée, Y huile d'argan. La récolte en est très facile; à partir du mois de mai le fruit mûrit, il se dessèche et il tombe seul ou sous l’action de la moindre agitation ; il suffirait donc de le recueillir sur le sol après les plus faibles coups de vent.
- Mais le Marocain possède, au même titre que tous les Musulmans du Nord de l’Afrique, l’art de réduire au minimum l’activité indispensable à son existence.
- 11 se contente de pousser ses troupeaux dans la forêt, et chameaux, bœufs, vaches, moutons, chèvres vont deux fois par jour manger les argans dont ils sont très friands. Seuls, les Berbères les plus actifs et les plus prévoyants font ramasser, par leurs bergers, des provisions de ces fruits qui serviront aux mêmes usages durant l’hiver.
- Les animaux ne mangent que l’enveloppe desséchée du fruit de l’arganier. Tandis que la chèvre et le mouton laissent tomber de leur bouche tout ou partie des noyaux, les chameaux et les bovidés avalent ces derniers et les rejettent intacts à l’étable, en ruminant. C’est surtout là que les femmes et les enfants recueillent avec soin les noix qui vont servir à la fabrication de l’huile si estimée.
- Ainsi la Nature, déjà si prodigue à bien des égards envers ce beau pays, l’a non seulement doté d’un arbre précieux pour la nourriture des bestiaux ; mais elle a, en quelque sorte, voulu que ces derniers épargnent à leur maître la peine de récolter lui-même l’un des éléments importants de son alimentation. L’huile d’argan, en effet, constitue la nourriture exclusive des indigènes pauvres.
- La fabrication de cette huile est des plus simples et des plus primitives. Les noyaux sont cassés entre deux pierres, le plus souvent par des femmes qui en retirent les amandes. Celles-ci sont torréfiées dans des plats en terre cuite, abords relevés ou dans des plats de fer, quelquefois aussi sur une pierre plate que l’on chauffe sur un feu doux. On les amène à une couleur brune et l’on évite leur carbonisation en les remuant constamment avec une palette de bois. Les amandes grillées sont de suite, après refroidissement complet, écrasées dans une meule à bras ; puis on triture à la main la pâte ainsi produite en l’arrosant d’un peu d’eau tiède dans une terrine posée sur des cendres chaudes. On pétrit jusqu’à ce qu’elle devienne très dure. L’huile surnageante est séparée par décantation et recueillie dans des vases.
- A l’état brut, elle est d’une couleur brun foncé et d'une saveur âcre désagréable; en déposant elle s’éclaircit, mais garde toujours une certaine teinte et un goût fort. Les gens pauvres la consomment ainsi, tandis que les autres la clarifient en la lavant. Ils font, à cet effet, une émulsion dans de l’eau qui garde, après repos, une partie des impuretés de l’huile ; ou bien ils y font macérer un morceau de pain.
- Le tourteau d'argan contribue encore à la nourriture des chameaux et des bêtes à cornes. Cette fois encore, les équidés se refusent à en manger.
- Ainsi, à bien des points de vue l’arganier est digne d’intérêt et, ne serait-ce que par l’huile qu’il est susceptible de donner et qui constitue la presque unique nourriture des Berbères pauvres de son pays d’habitat, il semble qu’il y ait œuvre utile à faire en améliorant la fabrication et les qualités nutritives de ce produit naturel. Louis Gentil,
- Maître de conférences à la Sorbonne,
- .Membre de la Mission de SegonzaC.
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- CHRONIQUE
- Sur l’origine du naphte. — Un certain nombre de théories ont été émises sur l’origine du pétrole, reposant les unes sur la décomposition de matières organiques au sein de la terre, les autres sur l’action de l’eau sur les carbures métalliques, etc. M. Charilchkof a préconisé récemment une nouvelle théorie qui considère les carbures naturels comme résultant de l’action réciproque des carbonates, de l’acide sulfureux et de l’hydrogène sulfuré; la production de ces carbures est en relation avec les phénomènes sismiques et volcaniques. Les gaz émis par les volcans boueux sont de composition très variée, mais ils contiennent généralement, outre l’hydrogène sulfuré et quelquefois l’hydrogène phosphoré, des carbures non saturés aptes à se polymériser. Ce dernier fait expliquerait d’une façon suffisante, d’après l’auteur, la formation des composés pétrolifères.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 février 1906.
- Présidence de MM. Troost et Poincaré.
- Géologie du Mont-Blanc. — M. Michel Lévy présente une Note de MM. Kilian et Pelory sur une région située à l’est du Mont-Blanc. Cette région comprend un grand nombre de brèches, qui constituent les racines de nappes de charriage notées en Suisse.
- L’eau de la Méditerranée et celle de l’Océan. — M. Schlœsing expose qu’il a opéré, il y a plusieurs années, des recherches sur la composition de l’eau de la Méditerranée devant les côtes de Tunisie et devant Celle. Il vient de profiter d’une traversée récente de cette mer pour y puiser des eaux et les examiner comparativement avec des échantillons d’eau de l’Océan Atlantique. La Méditerranée, qui est presque close, reçoit des terres, au milieu desquelles elle pénètre, un apport de matériaux terrestres six fois plus considérable que l’Océan; elle paraissait donc devoir présenter une différence de constitution. Il n’en est rien, il n’y a qu’une différence de concentration. Les matières en dissolution dans l’eau de l’Océan ont un poids qui n’atteint que les 8/10e environ du poids du résidu des eaux méditerranéennes.
- Les carbonates alcalins et le sol. — M. Maquenne présente une Note de M. Dumont, professeur à l’École nationale d’agriculture de Grignon, sur l’absorption des carbonates alcalins par les composants minéraux du sol. L’auteur montre que la fixation de ces carbonates a lieu en produisant un dégagement appréciable d’acide carbonique avec l’argile, l’alumine, l’hydrate ferrique et la silice précipitée. Le sable fin ne réagit pas; l’action du kaolin est très faible. Il suit de là que le pouvoir absorbant est avant tout un phénomène d’ordre chimique, que les éléments colloïdaux le possèdent à un haut degré, que les matières argileuses du sol ne sont pas comparables au kaolin au point de vue de la constitution ni au point de vue de leurs propriétés.
- La forme des carènes. — M. Bertin fait hommage d’une brochure dans laquelle il expose la nécessité de donner aux navires une hauteur suffisante au-dessus de la flottaison si l’on veut pouvoir compter sur leur stabilité. Cil. DE VlLLEDEUIL.
- LA VOITURE=ARROSOIR ÉLECTRIQUE
- de Cologne
- L’administration des tramways de Cologne a mis l’année dernière en service une intéressante voiture-arrosoir automotrice électrique, que représente la ligure ci-jointe (p. 176).
- Le poids de celle voilure est de 15 000 kg environ, à vide, et de près de 23 000 kg en charge. L’appareil d’irrigation comporte deux crépines latérales et une crépine sous chacune des plates-formes d’avant et d’arrière. Les crépines des plates-formes ont été placées autant que possible aux extrémités de la voiture, afin que la poussière soit déjà fixée au moment du passage du corps du véhicule, et ne puisse, par conséquent, pas former de tourbillons. Les appareils d’irrigation sont disposés de façon à pouvoir régler la quantité d’eau et la longueur du jet. La portée totale de l’arrosage varie entre 15 et 16 mètres. La commande des crépines des plates-formes s’effectue par une pédale manœuvrée par le conducteur: les crépines latérales sont commandées des plates-formes au moyen d’un levier.
- Les crépines des plates-formes comportent chacune une boîte de distribution renfermant deux soupapes réglées par un ressort. La crépine proprement dite est divisée, par un diaphragme, en deux chambres correspondant aux soupapes, et percées de trous de calibres différents. Suivant que l’on utilise l’une ou l’autre des chambres séparément, ou bien toutes deux simultanément, on obtient donc trois degrés d’amplitude d’irrigation. Une membrane directrice, située dans chacune des deux chambres, répartit les jets d’une façon uniforme sur la surface à arroser. La portée d’arrosage, des crépines des plates-formes est de 2,5 mètres. Ces crépines peuvent être facilement enlevées en vue de leur nettoyage; en outre, pour éviter le bouchage de leurs ouvertures, un crible a été placé à l’entrée de chacune des conduites amenant l’eau du réservoir.
- Le dispositif latéral d’irrigation, situé entre les trains de roue de la voilure, est conçu de telle façon que l’amplitude de l’irrigation est indépendante de la hauteur de la colonne d’eau se trouvant dans le réservoir, et cette amplitude peut être maintenue constante jusqu’à évacuation complète du réservoir.
- Dans ce but, l’eau est amenée aux crépines par une machine hydraulique commandée par un élec-tromoteur spécial de 4 chevaux, en dérivation, se trouvant sous le réservoir et constituée par une enveloppe cylindrique abritant un corps * rotatif, à la périphérie duquel sont fixés des clapets sollicités vers l’extérieur par des ressorts. L’eau est amenée du réservoir dans les chambres de l’enveloppe formées par les clapets, et est ensuite foulée par ceux-ci dans les crépines par l'action subséquente du corps rotatif.
- Un régulateur de pression fixé sur la paroi du réservoir, relié à la conduite de la crépine, et com-
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- LA NATURE.
- mandé do la plate-forme du conducteur, permet de modifier à volonté la pression de l’eau puisée, parle lait que l’excédent d’eau est refoulé dans le réservoir.
- On peut, par conséquent, arroser à volonté, avec ou sans pression, suivant (pie la machiné hydraulique est eu activité ou non; dans le premier cas, on obtient une amplitude d’irrigation constante et très grande; dans l’autre cas, l’eau peut s'écouler librement du réservoir au travers de la machine hydraulique immobile, et la pression correspond alors simplement à la colonne d’eau du réservoir.
- Les crépines, communiquant avec la machine hydraulique par un tuyau, permettent aussi de régler la quantité d’eau à débiter et l’amplitude de
- suffit pour une distance à parcourir de 5 kilomètres, k raison d’une vitesse moyenne de 12 kilomètres à l’heure et une amplitude d’irrigation de 8 h 14 mètres.
- La voiture-arrosoir a été construite par la firme Valider Zypen et Charlier, à Cologne-Dculz, et la machine hydraulique ainsi que les dispositifs irriga-teurs brevetés ont été fournis par M. J. Helmers, h Hambourg. Pendant le courant de l’élé dernier., celle voiture a fourni un arrosage de 500000 h 600000 m2, alors que le rendement d’une voiture ordinaire de 2 m3, à traction animale, ne dépasse généralement pas 100000 à 120000 m2.
- Pour éviter des interruptions dans le trafic des lignes, la voilure-arrosoir est insérée immédiale-
- La voiture-arrosoir électrique de Cologne.
- l’irrigation, indépendamment de la machine hydraulique. L’appareil irrigateur est constitué par un cylindre percé de rangées d’ouvertures, à l’intérieur duquel se meut un piston. Sur la périphérie extérieure de ce piston se déplace circulairement un tiroir aveuglant les ouvertures de la crépine proprement dite. Le piston empêche l’arrivée de l’eau et masque les ouvertures de la crépine; au fur et à mesure qu’on le retire, il découvre un plus ou moins grand nombre d’ouvertures, et de là une plus ou moins forte irrigation.
- Pour le remplissage du réservoir, on se sert des bornes-fontaines desservant les voies de garage des stations d’alimentation, et de deux manches de 45 millimètres de diamètre; l’opération s’effectue en 10 minutes environ. Une provision de 10 m3
- ment après une voiture de voyageurs, et elle circule à une vitesse telle, qu’elle n’est rejointe par la voiture suivante qu’à la prochaine station d’alimentation ou à l’extrémité de la ligne.
- Si l’on considère que les voitures-arrosoirs à traction animale doivent très souvent se garer des voitures de tramways qui les rejoignent, surtout sur les lignes à trafic intense, d’où arrosage incomplet et irrégulier, on comprendra l’avantage de la voiture automotrice qui ne présente pas cet inconvénient et qui, en outre, permet d’arroser une très grande superficie d’artères dans un laps de temps relativement court. L. Ramakers.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Laiiürk, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1708. — 17 FÉVRIER 1906. LA NATURE. ^^v177
- LA CONDAMNATION D’UN VILLAGE &. l£/
- \G
- (Glissement de la montagne de La Sagne) X. •
- A quelques kilomètres de Briançonnet, dans les Alpes-Maritimes, sur la limite extrême de ce département et de celui des Basses-Alpes, au milieu des replis montagneux qui de tous les côtés l’enveloppent, s’élève, au-dessus d’un ravin aux larges déchirures érosives, profond de près de 200 m., le hameau de La Sagne, proche de la station d’altitude de Thorenc et des splendides gorges ou dues de Saint-Auban. Le pays, longtemps occupé par les Romains, d’aspect sauvage, à peu près sans cultures, conjple actuellement une centaine à peine d’habitants, la plupartà leur aise et vivant de leurs troupeaux. C’est ce hameau qu’une perturbation géologique menace du plus grave danger.
- Construites sur le roc vif, au pied d’une puissante et haute chaîne, dont la crête calcaire se profile lumineusement dans l’espace, les maisons sont surplombées par un massif énorme, constitué par un amoncellement d’argile, de débris marneux et schisteux, de sédiments alluviaires, de pierres, de galets et de blocs erratiques, certains cubant plus de 2 m.; conglomérat compact, mais sans consistance suffi-’ santé pour résister à l’action des forces, des phénomènes naturels et du temps. Sous l’influence des perturbations atmosphériques, des infiltrations et des pluies, de la gelée et du dégel, sous la pression très certainement aussi — comme les Ingénieurs ont été d’accord pour en admettre l’hypothèse — d’une nappe d’eau souterraine, parallèle ou supérieure, la masse lentement se désagrège, se morcèle, s’effrite, se dilue et, entraînée par le poids des pierres et des blocs qui lui sont incorporés, elle se
- 34e année. — 1er semestre.
- détache, glisse, roule en torrent de houe, s’abat en avalanche formidable, s’accumule contre les murs, obstrue l’abord du hameau, élargit ses remous, envahit et coupe le chemin, rebondit par-dessus l’obstacle et va s’étendre et se coaguler sur les croupes
- gazonnées, en arrachant arbres et murs et broyant tout sur son passage.
- Une m ai s o n contiguë à la cure a l’un de ses côtés et le seuil de sa bergerie bloqués parlacoulée d’argile et de pierres accumulées ; la cure est très gravement exposée; la voie, sur ce point, le ruisseau qui la borde et un petit pont sont complètement envahis et comblés. Manifesté, une première fois, au mois de décembre 1904, le mouvement de dissociation des éléments constitutifs ‘du mamelon se reproduisit et s’accentua terriblement au mois de mars de l’année dernière, la nuit, aggravant le ravage, affolant la population surprise dans l’obscurité, terrorisant, consternant ces braves gens incapables de se rendre compte de l’importance et de l’étendue du cataclysme. De 7 heures du soir à 10 heures, les éboulis ne discontinuèrent pas de crouler et d’assiéger les habitations désertées. L’alerte avait été chaude. Le hameau fut sur le point d’être abandonné. Un oratoire, sur le grand chemin de Pri-gnolet, est encore entièrement plein de hardes, de linge, de paquets, de malles, de sacs de pommes de terre et de blé, qui y avaient été entreposés au moment de la panique. Très longtemps, la plupart des habitants se refusèrent à coucher dans leurs demeures et campèrent sous des tentes envoyées de Nice par l’autorité militaire.
- La montagne de La Sagne. Vue des éboulis, une maison el le pont obstrué.
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- LA NATURE.
- Cependant, aucun effondrement nouveau ne s’étant produit, la sécurité revenait, lorsque, le 26 septembre dernier, dans la journée, la chute fragmentaire du massif recommença, sans accidents de personnes à déplorer, mais causant de grands dégâts et plongeant l’humble hameau dans la désolation et dans les transes. On vit désormais sur le qui-vive et en pleine panique, à La Sagne. Et il faut bien dire que ces alarmes ne sont que trop justifiées. Car si les éboulis ont jusqu’à présent trouvé dans l’orientation opposée aux habitations une pente sur laquelle ils ont été en partie entraînés, rejetés plus loin, il semble que cette protection soit bien précaire : en effet, le samedi 10 février, une nouvelle masse de pierre et d’argile s’est abattue sur une maison et l’a écrasée. La fuite des habitants a recommencé : sans doute il va être trop tard pour exécuter des travaux de préservation. La Sagne paraît vouée à la destruction et à un malheur inévitables. Octave Justice.
- ENTRETIEN ÉLECTRIQUE DU PENDULE
- M. Lippmann a fait, à la séance du 5 janvier 1906 de la Société française de physique, une communication très intéressante sur l’entretien électrique du pendule. Il s’est proposé de construire une horloge électrique sans perturbations. Il ne s’agissait pas de la transmission de l’heure, ni de la synchronisation; il fallait réaliser une horloge indépendante, automotrice, et sans rouage mécanique.
- Les irrégularités des horloges ordinaires proviennent du rouage qu’elles contiennent. M. Lippmann a montré que la réaction de l’échappement sur le balancier produisait des perturbations notables, telles que changement de phase et variation de la période ; il était donc nécessaire de remplacer le rouage par un système d’entretien électrique.
- Le dispositif adopté est le suivant : le pendule oscille librement sans entraîner d’ancre; à chaque passage par la verticale il détermine, par l’intermédiaire d’un contact léger, le passage d’un courant. Celui-ci traverse une série de bobines qui attirent un petit aimant fixé au pendule. Ce dernier reçoit une brève impulsion à chaque demi-oscillation, et chaque fois dans le sens de son mouvement. Chaque courant, en même temps qu’il agit sur le pendule, s’enregistre en faisant avancer d’un cran l’aiguille des secondes d’une minuterie ; les mouvements de la minuterie sont sans action sur le pendule.
- Dans un premier dispositif, les courants déclenchés par le pendule sont les courants de charge et de décharge d’un condensateur mis périodiquement dans le circuit d’une pile. Dans un second dispositif, dû à M. A. Guillet, les courants sont les courants induits d’un petit transformateur dont le primaire est alternativement ouvert et fermé par le pendule.
- Le Bulletin de la Société de physique ajoute que M. Guillet a vérifié, par la méthode des inscriptions, que l’entretien électrique n’agit ni sur la période, ni sur la phase de l’oscillation. M. Claude a fait également la même constatation sur trois horloges semblables mises en expérience à l’Observatoire du Bureau des Longitudes.
- J. L.
- LES PROJETS DE CHEMINS DE FER
- T ranspyrénéens
- Peu de choses sont aussi intéressantes, au point de vue géographique, historique ou technique, que le vaste plan que l’on vient de dresser et qui recevra avant peu sa consécration définitive, pour assurer des communications par voie ferrée à travers l’énorme massif des Pyrénées. Nous verrons même tout à l’heure qu’un commencement d’exécution du plan de pénétration de ce massif est en train de se poursuivre à l’heure actuelle.
- En dépit de l’affinité de races et d’intérêts qui devrait réunir les deux côtés de l’énorme chaîne, les communications sont demeurées des plus difficiles d’un versant à l’autre, et c’est tout juste si deux lignes ferrées, longeant la mer, permettent aux Français de se rendre en Espagne ou assurent le mouvement inverse : cette situation impose un détour énorme aux habitants de Pau, de Tarbes et de toute la région, ou à peux de Toulouse, de Foix, pour gagner Saragosse, lluesca, par exemple.
- Il ne faut pas croire, du reste, que les communications par routes de terre soient bien faciles ni multipliées; on pourrait déjà s’en convaincre en lisant les intéressants articles publiés ici par M. L. Briet, où l’on voit les relations s’établir le plus souvent par de mauvais sentiers muletiers, par lesquels les transports sont aussi lents que coûteux : c’est à peine si depuis quelques années il existe une route carrossable entre Laruns notamment et le Ilaut-Aragon, route dite de Panticosa, et qui est admirable à parcourir en voiture. Et il serait presque encore temps de citer cette phrase d’un économiste célèbre, qui comprenait le rôle commercial des chemins de fer, Bas-Liat, et qui disait : « L’Espagne a besoin qu’on invente le moyen de faire franchir les montagnes aux locomotives ».
- Ce n’est pourtant pas que des projets de toute sorte n’aient été agités depuis bon nombre d’années : et, dès 1855, avant même que fussent établies les lignes côtières, on avait étudié en France de multiples tracés par Saint-Girons, par la vallée du Salat, par celle d’Aure, par celle de Gavarnie, par celle d’Aspe.
- Une commission d’ingénieurs espagnols vint en France en 186-4, et l’on chercha un terrain d’entente; en 1867, on était arrivé à conclure en faveur d’une ligne unique par la vallée d’Aure et du Cinca. 11 faut dire qu’à ce moment on n’avait pas encore la pratique des lignes ferrées en plein massif montagneux, des tunnels énormes ; et on cherchait surtout, dans les divers projets, à éviter la plupart des difficultés techniques. Nous n’avons pas, du reste, l’intention d’indiquer tous les tracés qui ont été étudiés successivement jusque vers 1885, d’autant que ces tracés ne furent pas au nombre de moins de 10.
- On peut s’expliquer aisément la variété des solutions proposées en songeant aux difficultés que présente le passage du massif pyrénéen, où les cols sont tous élevés, et où l’on se heurte presque partout à la nécessité d’établir un tunnel assez considérable, si l’on veut pouvoir poursuivre l’exploitation durant l’hiver. Et l’Espagne, en particulier, désire voir construire une ligne entre la vallée de la Garonne et le Haut-Aragon, précisément là où le passage est fort malaisé.
- On veut également raccourcir, de façon aussi sensible que possible, le voyage de Paris à Madrid et de Paris à Carthagène, voyage dont la durée s’explique, au moins
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- en partie, par les détours que font les voies suivies.
- Si d’ailleurs on jelte un coup d'œil sur une carte des chemins de fer français, on-comprendra que beaucoup d j projets se fassent jour : sur le versant nord, les ramifications montagneuses ont peu de longueur, et la grande ligne Bayonne-Toulouse passe assez près de la crête principale en lançant des embranchements dans une série de vallées perpendiculaires à sa direction : ces embranchements, dont l’un se prolonge à l’heure actuelle sur Be-dous etAccous en partant d’Ûloron, sont autant d’amorces possibles pour des voies transpyrénéennes. Au sud, au contraire, la voie espagnole parallèle à la crête doit s’en tenir fort éloignée, et les embranchements de pénétration ont été bien difficiles à établir, dans des vallées tortueuses qui ne sont fréquemment que des gorges. C’est à peine si nous pouvons citer, à l’ouest, la ligne de Jaca, et, très à l’est, celles de Berga et de Ripoll, assez près de la ligne côtière.
- Celte ligne de Jaca, que nous venons de nommer, n’a été exécutée qu’à la suite d’une convention de 1885, qui n’a pas eu de consécration complète : on devait créer tout à la fois une ligne de Pau, c’est-à-dire d’Oloron à Jaca, par le col ou plus exactement par le tunnel de Somport, et, d’autre part, une ligne de Saint-Girons à Lérida, plan double qui imposait, rien qu’à la If rance, une dépense de plus de 120 millions de francs. Si les lignes internationales ne furent pas effectivement acceptées, du moins on construisit en Espagne l’embranchement de Lérida, et on décida l’établissement des lignes - d’Oloron à Bedous et de Saint-Girons à Oust, en France, ce qui constituait déjà des amorces.
- Aujourd’hui, on semble enfin arrivé à une solution, et le parlement français, en particulier, se trouve en présence de trois lignes transpyrénéennes à approuver et à faire construire. Une première doit partir d’Oloron, gagner Bedous, puis s’élever à 1055 ni. à la gare internationale, pour s’engager ensuite dans un tunnel de 7800 m. qui débouchera en Espagne à 1195 m.; on y trouvera des rampes maxima de -45 nnn., et seulement 30 à 34 mm dans le grand tunnel; il y aura aussi un tunnel hélicoïdal sur territoire français, qui se développera sur 1 km et demi la traction sera assurée électriquement, et l’abondance des chutes d’eau et des lacs dans la région permettra de recourir au courant électrique pour l’exécution même des travaux. L’établissement de cette voie coûtera au moins 34 millions à la France; elle assurera un gain de 25 à 70 km. pour les relations entre Paris et Madrid ou Saragosse, et Toulouse sera à 212 km plus près de Saragosse.
- La seconde voie est celle de Saint-Girons à Lérida, franchissant le port de Salau par un tunnel international de 8800 m.; les altitudes extrêmes de ce dernier ouvrage seront sensiblement les mêmes que pour le tunnel précédent, le coût de la voie dans son ensemble sera de quelque 28 millions, et l’intérêt en sera surtout dans les relations de Paris à Carthagène, pour lesquelles on gagnera une diminution de parcours de 88 km, compensée, il est vrai, en partie par les conditions d’exploitation de cette voie de montagne.
- Enfin le troisième projet est celui d’Ax à Ripoll, comme liaison avec cette ligne de pénétration espagnole dont nous avons parlé. Le tracé suit la vallée de la Haute Àriège, avec des rampes de 34 à 40 nnn, entre dans le souterrain de faite (d’une longueur de 5 km) à une altitude de 1480 m., s’y élève à 1507 m., redescend à 1230 m. et atteint la frontière à la hauteur respectable de 1190 mètres.
- Ici la dépense est évaluée à 28 millions; comme sur les autres lignes, la fraction électrique permet d’aborder des rampes fortes et fournil les mêmes avantages que nous avons déjà énumérés pour la construction et les divers travaux et aussi pour l’exploitation ; cependant on peut se demander si l’exploitation sera très facile en hiver. La distance de Paris à Barcelone se trouvera réduite de 70 km environ, de plus de 100 en partant de Tou-
- Carte des voies transpyréuéeimes nouvelles.
- louse, mais il est bien évident que la marche des trains ne pourra être qu’assez lente.
- Ces trois lignes devront se construire très probablement à voie normale, pour qu’elles puissent se relier directement au réseau principal français; de toutes façons, il faudra un transbordement à la frontière, puisque les voies espagnoles sont plus larges que les voies françaises. Quant à la petite ligne à voie étroite, audacieusement lancée en pleine montagne entre Villefranche et Bourg-Madame, et pouvant passer la ligne de faîte sans collaboration de nos voisins, parce que la géographie et la diplomatie ont donné à la France une partie du ver.-ant sud, si elle ne se confond pas avec les trois projets dont nous venons de parler, néanmoins elle a été faite en grande partie pour desservir les relations franco-espagnoles dans celle portion du inassil montagneux, puisqu’elle était destinée à se relier à une voie venant de Ripoll : en fait, elle formera embranchement sur la ligne internationale parlant de Foix ou plus exactement d’Ax.
- 11 s’exécutera là un ensemble de travaux qui présenteront le plus grand intérêt ; et sous peu nos lecteurs verront que c’est déjà le cas pour la ligne de Ville-franche à Bourg-Madame, à laquelle nous consacrerons une élude particulière. Daniel Bellet.
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- OBJETS ET DÉCORS EN PAPIER ET EN CARTON
- Vous connaissez ces mille objets en carton et en papier dont les confiseurs et les pâtissiers se servent pour envelopper leurs produits. Ce sont des caisses à fruits et à primeurs : rondes, dentelées, ovales, de toutes dimensions, dans lesquelles on met une cerise, un abricot, une mirabelle, un marron, ou bien encore des entrées, des entremets, des glaces. On fait aussi des assiettes, des plateaux, bref, tout un lot d’objets qui, depuis une vingtaine d’années, se sont mis à remplacer, très avantageusement il faut en convenir, l’antique cornet de papier.
- L’industrie qui façonne ces choses ajoute, chaque jour presque, un nouvel article à sa collection.Rien n’est plus curieux et plus intéressant que d’assister à la confection de ces bibelots utiles et décoratifs. Dans l’établissement de MM. Pépin fils et Brouand, que nous avons visité et où ont été prises les photographies que nous reproduisons, il ne sort par jour pas moins de 11 000 objets en papier et en carton, gaufrés et perforés. On y voit s’entasser des papillotes pour manches à gigots, des ronds de dentelles pour fruits, des plateaux, des serviettes japonaises pour lunchs, thés, des menus, des dentelles pour fromages, des bordures pour œufs de Pâques, toutes les variétés de cornets, d’écrans, de poignées, de manchettes, etc., utilisées par les horticulteurs et fleuristes, des bandes aux dessins innombrables pour cartonniers et jouets, des bordures pleines, des vignettes estampées, des coins et cadres découpés et estampés, des attributs et sujets religieux, des papiers à lettres pour enfants et militaires, des découpages en papier pour obtenir, par l’intermédiaire du soleil, des fruits décolorés; et tout cela sans préjudice de l’énorme production de bandes pour étagères, de cachepots en carton simili-cuir, etc.
- On se demande comment un seul établissement peut produire tant d’articles divers. Toutes ces choses, il est vrai, ne sont pas fabriquées en même temps et en nombre égal, car les besoins ne sont
- pas les mêmes pendant toute l’année. Chaque série vient à son heure et dès que le stock d’un objet est suffisant on passe à un autre et ainsi de suite. Quelques-uns, cependant, comme les assiettes et plats en carton et les dentelles ordinaires, sont de vente courante et se confectionnent en tout temps.
- 11 serait presque impossible de parler en détail de ces fabrications; aussi passerons-nous très rapidement devant les ateliers en nous arrêtant parmi les plus intéressants, dans ceux qui se signalent par un progrès mécanique.
- L’idée de fabriquer des décors en papier perforé
- date de 1840 seulement. Quelques ouvriers avisés imaginèrent de confectionner des dentelles de papier en se servant de matrices portant en reliefs tranchants les contours des dessins. Ils créèrent ainsi des modèles autrement intéressants que ceux que l’on obtenait en déchiquetant à la main, avec des ciseaux, les bandes de papier pliées en plusieurs épaisseurs. Mais ces ouvriers produisaient peu, leur outillage étant, en somme, trop primitif (fig. 1), et les dentelles atteignaient un prix assez élevé, nuisible à leur diffusion. Vers 1885 quelques-uns de ces industriels en chambre pensèrent à utiliser les presses pour effectuer un découpage rapide. Du coup la production augmenta fortement et les variétés de dessins se multiplièrent pendant que diminuait le prix de revient.
- A cette époque l’Allemagne fit un effort sérieux en vue d’accaparer les marchés et, en peu d’années,elle était maîtresse absolue de cette industrie, qui eût été perdue pour la France si nos fabricants s’étaient laissés aller au découragement. Leur confiance au succès final doit être signalée pour servir d’exemple, car le terrain perdu fut presque aussitôt reconquis et actuellement la France, et surtout Paris, subvient non seulement à ses besoins, mais aussi à ceux de tous les pays étrangers, y compris l’Allemagne elle-même. Cette branche industrielle représente annuellement un chiffre d’affaires de 1500000 francs.
- Fig-. 1. — L'ancienne fabrication du papier-dentelle, au marteau.
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- Si l’on veut se laisser dire que certains articles se vendent 75 centimes le mille, on jugera aisément de l’intensité de la production.
- Chaque catégorie d’objets ne nécessite pas l’emploi d’un matériel considérable ; les mêmes presses peuvent servir à différents usages, seuls les emporte-pièce et les matrices changent. Les papiers sont découpés au massicot et les cartons à l’emporte-pièce ; ce premier travail ne présente donc rien de particulier. Comme autrefois, certaines catégories de dentelles se font encore à la main. La matrice est fixée sur un bloc de bois ; l’ouvrière la recouvre des papiers à perforer, puis, armée de deux marteaux de
- plomb, un dans chaque main, elle frappe de l’un et de l’autre sans arrêt sur la matrice. La dentelle se
- façonne sous les marteaux et les déchets s’envolent. Ce procédé est remplacé avantageusement par les machines qui sont des presses semblables à celles que l’on emploie à l’hôtel des Monnaies pour la frappe des médailles. Le volant supérieur est actionné par deux disques verticaux diamétralement opposés et tournant en sens inverse (fig. 2). A l’aide d'un levier à portée de sa main, l’ouvrier met en contact l'un ou 'l’autre des disques avec le volant qui est entraîné alternativement dans les deux sens. La vis, solidaire du volant, monte et des-
- Fig. 2. — La presse à faire le papier dentelle. L’ouvrier pose le carton sur le papier déjà mis en place.
- Fig. 3. — 1. Caisse à fruit. — 2. Papillote pour gigots. — 3. Plateau. — 4. Cornet pour bouquets. — 5. Bandes découpées.— 6. Rond de dentelle. 7. Bandes découpées. — 8 et 9. Bandes estampées. —10. Coin découpé. — 11. Caehe-pot. — 12,13,14. Découpages pour fruits.
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- cend sans cesse. La matrice est fixée sur la base du bâti; pendant le mouvement ascensionnel de la presse, l’ouvrier met en place le papier à découper, le recouvre d’un carton afin de rendre l’action du choc moins brutale, et le retire ensuite nettement déchiqueté.
- Les objets en papier plissé, comme les coiffes pour bouteilles sont également faits mécaniquement. On se sert de petits appareils, nouvellement imaginés et excessivement rapides. Chacun d’eux comprend un bâti supportant une tige verticale mobile commandée par un levier à main. Cette tige porte à sa base un moule en relief de l’objet â façonner; sous l’action du levier cette lige s’abaisse et vient s’emboîter exactement dans la contre-partie du moule placé dans une cuvette chauffée au gaz sur la table de travail. Les rondelles de papier enserrées entré les deux formes se plissent instantanément et tombent sous la table. On élargit ensuite les bords avec un petit mandrin en bois et la coiffe est terminée.
- C’est encore à un genre de presse que l’on a recours pour faire les assiettes en carton gaufré. On se servait jusqu’en ces derniers temps d’une machine d’origine allemande qui donne d’exeedents résultats, mais elle est peu productive parce que l’ouvrier, ou l’ouvrière, est obligé d’amener à lui le bâti porteur du moule en creux pour retirer l’objet et y placer le carton et enfin de le repousser sous la presse. On économise un temps considérable avec le nouveau dispositifimaginé par M. Pépin, dans lequel le porte-moule est fixe. L’ouvrier est uniquement occupé à mettre les cartons et à retirer les assietles sans qu’un autre travail vienne le distraire.
- Signalons encore la fabrication toute spéciale des papillotes pour manches à gigots. La bande de papier qui sert à celte fabrication est préparée à la machine. On la glisse sous un disque pourvu, sur toute sa périphérie, de dents tranchantes rapprochées de 1 millimètre environ les unes des autres. La bande, qui est plus large que le disque, est engagée de telle sorte que les bords restent intacts ; la partie centrale seule se trouve donc découpée en fines lamelles qui se tiennent toutes par leurs deux extrémités. La papillote se fait ensuite à la main. L’ouvrière plie cette bande en deux dans le sens de la longueur de manière que les deux marges coïncident, puis elle l’enroule sur un mandrin. Les lamelles s’arrondissent d’elles-mêmes, s’écartent légèrement pour constituer le gracieux objet que l’on connaît.
- Dans cette fabrication les articles destinés à être vendus très bon marché, comme les bandes de cuisine par exemple, se laçonnent par blocs de dix, vingt, et même trente feuilles. Ce sont de simples perforations, des découpures très ordinaires, qui ne rappellent en rien la dentelle ; mais ceux de luxe sont traités avec beaucoup plus de soins. La qualité du papier est d’abord supérieure et ensuite le nombre de feuilles dépasse rarement sept. Quelquefois même on découpe une feuille à la fois ; on obtient
- alors non seulement un découpage bien net, mais encore un léger estampage qui donne au motif de papier tout â fait l’aspect d’une dentelle véritable. Aussi ces produits sont-ils fort à la mode pour toutes les décorations éphémères.
- Lucien Fournier.
- LA HOUILLE PRODUITE EN 1905
- La production du charbon dans le monde a dépassé, en 1905, 800 millions de tonnes; en 1904, elle a été exactement de 790 millions. Les Etats-Unis, qui tiennent la tète depuis 1899, ont atteint 318 millions en 1903, et 314 en 1904, soit 39,75 pour 100 du total. Puis vient l’Angleterre, qui contribue pour environ 30 pour 100. La France ne dépasse guère le dixième des Etats-Unis. Voici, d’ailleurs, un tableau comparatif par ordre d’importance
- actuelle : 1902 _ 1903 1904
- Tonnes. Tonnes. Tonnes.
- Etats-Unis. . . . 269 277 000 318 068 000 514 563 000
- Royaume-Uni. . 227 095 000 230 334 000 232 428 000
- Allemagne . . . 107 474 000 116 638 000 120 816 600
- France . . . . 29 365 000 34 218 000 53 838 000
- Belgique. . . . 23 877 000 23 797 000 25 507 000
- Russie. . . . . 16 420 000 17 818 000 19 318 000
- Aulr.-Hongrie. . 13 105 000 12 208 000 12 731 000
- L’Angleterre reprend le dessus, si l’on compare la production au chiffre de la population, avec 5 1/2 tonnes par habitant contre 4 tonnes. Elle a surtout la supériorité pour l’exportation. En 1904, ses exportations se sont élevées à 05 822 000 tonnes, alors que celles de l’Allemagne n’ont, été, pendant la même année, que de 21 631 000 tonnes et celles des Etats-Unis de 8 574 000 tonnes.
- Celle production énorme des Etats-Unis tient à des facilités incomparables d’exploitation, en raison desquelles chaque ouvrier peut extraire par an 563 tonnes contre 279 en Angleterre, 248 en Allemagne, 209 en France et 170 en Belgique. C’est ce qui explique comment les Américains peuvent obtenir des résultats aussi avantageux avec une main-d’œuvre aussi coûteuse,. atteignant près de 10 francs par jour. A première vue, il semblerait que ces chiffres de production par ouvrier fussent, en quelque sorte, un moyen d’apprécier leur valeur professionnelle relative suivant les pays; ce serait une grave erreur, et il serait plus exact de dire l’inverse, si paradoxal que cela semble d’abord; en effet, plus les conditions naturelles étaient difficiles et entraînaient une production restreinte comme en Belgique ou en France, plus on a témoigné d’une ingéniosité raffinée pour réaliser des économies.
- Au tableau précédent on peut comparer celui de la consommation dans la même période.
- _1902 1903 1904
- Tonnes. Tonnes.. Tonnes.
- Etats-Unis.. . . 265 694 000 514 114 000 307 610 000
- Royaume-Uni. . 166 698 000 166 532 000 166 606 000
- Allemagne ... 95 363 000 103 114 000 107 160 000
- France .... 41 989 000 46 442 000 45 559 000
- Russie............. 19 732 000 21 223 000 22 953 000
- Belgique. ... 20 799 000 21 317 000 21 106 000
- Autr.-Hongrie . 19 595 000 18 123 000 pas connue.
- La consommation de charbon des Etats-Unis est donc presque le double de celle de l’Angleterre, le triple de celle de l’Allemagne et égale environ sept fois celle de la France. La consommation par tête d’habitant est de 3,76 tonnes aux États-Unis, de 3,89 tonnes en Angleterre, de 2,98 tonnes en Belgique. G. Latour.
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- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE1
- M. Hillairet, nouveau président de la Société des Ingénieurs civils de France-, en prenant possession du poste auquel il a été appelé, a tracé un tableau très intéressant de l’état actuel de l’industrie électrique ; nous en mentionnerons les principales parties.
- 11 a d’abord fait remarquer que les lignes télégraphiques et les lignes téléphoniques ont pu, dès l’origine, franchir plusieurs centaines de kilomètres. Les transmissions d’énergie électrique pour usages industriels n’ont pu aller de quelques dizaines de mètres à quelques dizaines de kilomètres que dans l’espace de vingt-cinq ans. L’ordre de grandeur de l’énergie, mise en jeu dans les deux cas, est la cause de cette différence. Avec les appareils télégraphiques, l’intensité du courant employée est de l’ordre des milliampères; la tension nécessaire varie de 15 à 100 volts suivant la longueur de la ligne. Pour les signaux d’une gare, 15 volts suffisent; il n’est pas besoin de plus de 100 volts pour transmettre un télégramme à Marseille, Turin ou Berlin. Les lignes sous-marines sont encore moins exigeantes; un signal est transmis par ‘20 volts à travers les 5000 milles de câble de Brest au cap Cod.
- Les courants téléphoniques ont une intensité de l’ordre des millionièmes d’ampère ou de microampères; la tension utile entre le fil et la terre atteint des millivolts.
- Les tensions et les intensités sont bien différentes dans les distributions industrielles d’énergie électrique. Avec une tension de 120 ou de 240 volts on ne peut économiquement aller au delà d’un rayon de quelques centaines de mètres. La tension doit être d’autant plus élevée que la distance augmente. Pour atteindre économiquement un rayon de 100 kilomètres, il faut employer 25 000 volts. Quelques installations ont utilisé jusqu’à 40 000 volts.
- La puissance et les applications du matériel se sont développées parallèlement. Les distributions électriques peuvent maintenant couvrir, autour d’une usine centrale, hydraulique ou thermique, plusieurs milliers de kilomètres carrés. Les industries auront avantage à acheter l’énergie électrique obtenue à bon compte dans des usines spéciales.
- M. Hillairet examine ensuite en détail les divers appareils qui sont utilisés dans une installation électrique, et n’oublie pas de rappeler les nombreux travaux des ingénieurs qui ont fourni les résultats connus aujourd’hui.
- En 1873, M. Fontaine, collaborateur de Gramme, montra que l’on pouvait faire tourner un moteur magnéto-électrique en l’alimentant par une machine du même genre. Ce mode de transport de la puissance mécanique ne fut appliqué que pour de faibles puissances et à des distances de quelques dizaines de mètres; en 1880-81, les travaux de MM. Marcel üeprez et Cabanellas élucidèrent la question. M. Marcel Deprez présenta à l’Académie des sciences le 16 mai 1881, puis au Congrès d’électricité de 1881, une représentation de la marche des machines dynamo-électriques; il en tirait la détermination des enroulements, ainsi que les principes du réglage de la tension pourries distributions en dérivation et du réglage de l’intensité pour les distributions en série. Au même Congrès de 1881, M. Cabanellas donna un mémoire important sur le transport et la distribution de l’énergie électrique. MM. Deprez et Carpentier, en 1881, brevetèrent un dispositif de réglage de la tension aux bornes des dynamos; en 1882, M. Desroziers, après
- 1 Bulletin de la Société des Ingénieurs civils de France. Séance du 5 ’anvier 1906.
- plusieurs essais, établit l’excitation mixte en dérivation et en série pour une même machine. De 1882 à 1886, M. Marcel Deprez étudia le transport de l’énergie par dynamos à courant continu de Miesbach à Munich à 1300 volts, de La Chapelle au Bourget, et de Yizille à Grenoble avec 2500 volts, puis de Creil à Paris avec 6000 volts. M. Fontaine reproduisit, en circuit local, en 1886, les conditions de ce dernier essai avec 4 dynamos montées en série et donnant 6000 volts aux bornes.
- Les alternateurs, ou machines magnéto-électriques de Meritens, furent adoptées, en 1877, par l’Administration des Phares. En 1877, Gramme construisit des alternateurs à induit lisse et à plusieurs circuits pour l’alimentation des bougies Jablochkoff. En 1881, M. Joubert publia un mémoire important sur les machines magnéto-électriques. Depuis 1892, ont paru les études sur l’accouplement des alternateurs en parallèle et sur le compoun-dage, dues à MM. Maurice Leblanc, Blondel et Boucherot.
- Les moteurs synchrones pouvaient être alimentés seulement par un courant alternatif simple. C’est en étudiant cette question que l’on découvrit bientôt les moteurs à courants polyphasés, dits à champs tournants.
- M. Hillairet rappelle ensuite que les distributions d’énergie par courant alternatif doivent leur succès au transformateur qui permet d’obtenir des tensions ti'ès différentes avec un rendement voisin de l’unité à 2 ou 3 pour 100 près. Puis il mentionne l’origine du transformateur, la bobine d’induction, les recherches de Masson et Bréguet en 1841, et en arrive aux expériences de Gaulard et Gibbs, le 25 septembre 1884, de Lanzo à l’Exposition de Turin. M. Hillairet parle après du régulateur de M. Foucault (1849), du régulateur de M. V. Serrin (1853), des charbons de M. F. Carré (1868), des recherches récentes de M. Blondel. Puis il cite les résultats obtenus en électro-lyse et en électrométallurgie (accumulateurs Planté, Faure, travaux de M. Minet et de M. Héroult en 1887, travaux de Girard, Street, et Jules Garnier en 1895 et 1894). Il traite des applications mécaniques, des essais de ljabour à Sermaize en 1879, par MM. Félix et Chrétien, de la première voiture de tramway à accumulateurs établie avant l’Exposition de 1881 par MM. Raffard et Favre, des chantiers électriques de Bilbao en 1890, des tourelles électriques de M. Canet en 1891, et de la ligne à traction électrique près de Saint-Etienne de M. Baudry en 1895. En terminant, M. Hillairet démontre que l’enseignement électrotechnique est actuellement très répandu en France et il mentionne le cours d’électricité industrielle de M. Monnier à l’École centrale, fondé depuis 1886, le cours de M. Maurice Leblanc, à l’École nationale supérieure des Mines, le cours de M. de Nerville et de M. Picou, à l’École nationale des Ponts et Chaussées, les cours des Écoles nationales des Arts et Métiers, les cours de l’École supérieure d’électricité, fondée en 1894 par la Société internationale des électriciens, sous l’inspiration de M. Mascart, et dont la direction et le cours d'électrotechnique générale sont confiés à M. Janet, les cours d’électricité professés depuis 1882 par M. E. Hospitalier à l’Ecole de Physique et de Chimie, les cours des Universités de Grenoble, Lille, Nancy, Lyon, Dijon, etc.
- M. Hillairet a terminé en disant que l’industrie électrique a pris naissance en France, et que le progrès est venu de toutes parts, issu d’une activité scientifique et industrielle sans précédent. La France possède des ingénieurs et des établissements de construction à la hauteur des plus grandes entreprises ; nous pouvons donc compter sur nos propres ressources. J. Laffargue.
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- NOVOROSSIISK ET L’EXPORTATION DES CÉRÉALES
- Le port de Novorossiisk, qui se trouve sur la rive russe de la mer Noire entre Batoum et la mer d’Azof, est actuellement un des ports de Russie qui exportent le plus de céréales. Cela tient en grande partie aux efforts de la Compagnie du chemin de fer de Vladicaucase dont les lignes aboutissent à Novorossiisk et qui y a installé un élévateur et des dispositifs d’embarquement tout à fait perfectionnés.
- Cette compagnie de Vladicaucase exploite un réseau d’environ 2500 km de voies ferrées dans un triangle limité par le Caucase, le Don et la Volga ; elle draine les transports d’une des régions du monde les plus fertiles en déréales et une grande partie des produits d’autres districts, comme ceux du Donetz, empruntent très souvent ses lignes, à cause des grandes facilités qu’elle donne aux exportateurs. |
- lèlement aux voies du chemin de fer ; au bout de cette toile, se trouve une fosse réceptrice d’où une noria élève le produit au niveau du 9e étage du batiment (42 m. au-dessus du sol). Le blé est alors déversé à ce niveau dans des trémies dites de pesée où se fait la vérification du poids ; de là une suite de toiles ou de couloirs amènent le blé dans une série de silos, chambres hexagonales de 50 m. de hauteur, pouvant contenir 1500 à 2000 tonnes de blé ou autre céréale.
- La conservation des céréales est assez délicate ; en effet, la fermentation se développe au bout d’un temps plus ou moins long dans la masse d’un silo et à cause de la non-possibilité de refroidissement notable par les parois de cette chambre noyée au milieu d’autres, la température "s’y élève rapide-
- Estacade couverte pour le chargement par wagons.
- Fig. 1. -
- Malgré les difficultés de construction, il a fallu déjà doubler la voie entre Novorossiisk et Ekateri-nodar et si, à partir de ce dernier point, la ligne redevient à voie unique, il faut remarquer que deux ironçons vont rejoindre la grande transversale Rostov-sur-le-Don à Bakou, l’une àTikhorietzkaïa continuant ensuite jusqu’à Tzaritzine sur la Volga, l’autre à Kavkaskaïa sé poursuivant jusqu’à Stavropol, capitale de la province de même nom.
- Des wagons de type spécial pouvant contenir en vrac de 10 à 15 tonnes de blé, avoine, seigle, etc., circulent sur ce réseau et trouvent à Novorossiisk des entrepôts ou élévateurs qui assurent la conservation en attendant le chargement sur navire. L’installation de Novorossiisk comprend un grand élévateur pouvant contenir 50 000 tonnes et huit petits de 15 000, soit en tout 170000 tonnes.
- Des trappes, placées sous les wagons et manœu-vrées sur le côté, permettent, avec l’aide de couloirs en tôle distants de 6 mètres d’axe en axe, l’arrivée du blé sur une toile transporteuse se mouvant paral-
- ment, provoquant ainsi une altération plus grande. Aussi faut-il surveiller attentivement la température des chambres et des visites régulières sont faites dans ce but. Dès que l’on a constaté une élévation anormale, même de 1 ou 2°, on procède au refroidissement du contenu et, pour cela, on vide le silo par la manœuvre d’une trappe inférieure, le blé tombe sur une toile transporteuse et, par une succession de toiles, de norias et de couloirs, on l’amène à un autre silo. Ce simple transfert suffit pour abaisser la température et arrête les progrès de la fermentation.
- Des élévateurs, le blé sera ensuite envoyé aux navires; pour cela, les différents élévateurs sont réunis entre eux par toiles, couloirs ou norias de façon à concentrer la sortie dans deux directions seulement. Suivons successivement ces deux chemins possibles du blé : par le premier, il est déversé directement dans des wagons à fond mobile d’une contenance de 7500 kg environ qui sont soigneusement pesés, formés en trains et amenés à une
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- longue estacade le long de laquelle se rangent les navires ; des couloirs dirigent le blé depuis les wagons jusqu’à fond de cale. Il faut remarquer, à ce propos, que jadis on chargeait simplement le blé en vrac, sans assujettir d’aucune façon le chargement par un compartimentage du navire; le tout était, par suite, assez mal fixé et pouvait se déplacer lors de gros coups de mer. Des pertes de navires ont été attribuées à ce mauvais arrimage de la cargaison et on y remédie aujourd’hui par le sectionnement du navire en une série de compartiments de petit volume que l’on remplit complètement de matière et où, par suite, la céréale ne peut changer de position.
- Le second moyen de transport du blé depuis l’élévateur est plus perfectionné ; une première série de transporteurs en caoutchouc du type figuré dans la figure 3 amène les produits à des trémies équilibrées où l’on peut faire des mélanges
- transporteurs dans une même construction dans l’axe du quai; de petits transporteurs perpendiculaires amènent aux couloirs des navires. Par contre, celte seconde installation est plus coûteuse à cause de la nécessité de cette série de transporteurs auxiliaires. On a d’ailleurs beaucoup multiplié leur nombre de façon à pouvoir faire le chargement du navire sans le changer de place, comme il aurait été nécessaire de le faire dans le cas contraire. Le débit d’un trans-
- Fig. 2. — Vue générale de Novorossiisk.
- porteur est de 100 à 150 tonnes à l’heure ; dans la disposition à deux transporteurs, on pourra donc arriver à 300 tonnes en bonne marche, soit possibilité de remplir un navire à 300Q tonnes en 12 heures, manœu-
- Fig. 3. — Chargement (les navires.
- de qualités différentes, pour satisfaire aux demandes de toute nature.
- De ces trémies partent de courtes toiles transporteuses qui aboutissent dans l’axe du grand élévateur à l’extrémité du grand transporteur de 2 km de longueur qui va aux quais du port.
- Ce transporteur général se compose en réalité de 4 transporteurs secondaires, deux à deux superposés dans un même plan vertical (ce qui permet de faire 4 changements de navires à la fois), du type caoutchouté. À son extrémité, il se bifurque dans deux directions.
- Dans l’une, deux transporteurs, d’abord réunis dans une même construction, se séparent ensuite pour suivre les deux bords du quai; des couloirs amènent alors la céréale dans le navire; ceci a le défaut de ne pas permettre le chargement d’un même navire en deux produits différents, maïs et blé, par exemple, simultanément, Dans l’autre direction, cet écueil a été évité : on a laissé les deux
- Fig. 4. — Grand élévateur.
- vres à quai comprises. Dans des cas urgents, on a pu aller plus vite et pousser chaque transporteur à 200 tonnes à l’heure.
- Toute l’installation a été faite très robuste : les transporteurs installés dans des constructions en tôle ondulée, complètement fermées à cause de la pluie et surtout du vent du Nord-Ouest auquel est exposée la baie de Novorossiisk, sont fixés tantôt sur poutrelles métalliques à 10 ou 12 mètres au-dessus de terre, ce qui est le cas au départ du grand élévateur ou sur les quais, tantôt s’abaissant jusqu’à reposer
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- TURQUIE D'ASIE t
- Erzeroum
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- Fis. 5.
- directement sur le sol. Tous les appareils de commande des norias, des transporteurs, etc., sont actionnés électriquement ; on a besoin de 1500 chevaux de force en temps normal. La station centrale peut d’ailleurs donner 2000 chevaux et la vapeur nécessaire aux machines y est obtenue dans 10 chaudières chauffées au mazout dont le service est assuré par deux chauffeurs seulement en tout. Notons à ce propos que la Compagnie de Yladicaucase qui a créé toutes ces installations de Novorossiisk possède, dans le district pétrolifère de Grosnyi, des gisements de pétrole et des usines de raffinage, dont les sous-produits constituent le mazout, employé aussi pour le chauffage de ses locomotives.
- 4 transporteurs
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- 2 transporteurs
- - 8o
- Fig. 7. — Plan du port.
- Le travail du personnel employé à Novorossiisk est de 12 heures en été, de 6 heures du matin à 6 heures du soir, avec repos de midi à une heure ; en hiver, où les exportations de céréales battent leur plein, il y a nécessité de deux postes, un de jour de 6 heures du matin à 5 heures du soir, avec toujours repos de midi à 1 heure et un de nuit de 5 heures du soir à minuit.
- Le développement considérable pris depuis quelques années par les exportations de céréales par Novorossiisk rend déjà insuffisantes les installations précédentes; en 1901, l’exportation était de 650 000 tonnes, passait en 1902 à 910 000, atteignait en 1905 1 100 000 et se maintenait à ce chiffre, malgré la guerre d’Orient et les troubles intérieurs, en 1904 et 1905. Tout ceci engage dès maintenant à prévoir, dans un avenir rapproché,
- une extension des élévateurs et des transporteurs. Mais il faudra-attendre que le calme soit revenu dans la région transcaucasique actuellement si troublée H. Annett.
- DISSOLUTION DU PLATINE
- par l’acide sulfurique
- Nos lecteurs savent qu’en sortant des chambres de plomb, l’acide sulfurique est concentré et amené à 66° Baumé par distillation dans des alambics en platine qui possèdent une très grande valeur marchande et constituent ainsi un fort capital immobilisé. Cette grande valeur a conduit naturellement à suivre de très près l’action de l’acide sulfurique sur le platine de façon à en constater l’usure et à y parer dans la limite du possible. Scheurer-Kestner a publié sur cette question, il y a une trentaine d’années, un mémoire qui est resté classique et où il a établi que la dissolution du platine était liée à la présence de produits nitreux. Récemment Conroy a effectué de nouvelles expériences en opérant à 250°-2S0° et a complètement infirmé les conclusions de Scheurer-Kestner, constatant que le platine est toujours attaqué par l’acide, mais que cette attaque subit des influences retardatrices en présence des acides azoteux ou arsénieux et parfois des influences faiblement accélératrices ou nulles de la, part des traces de sulfates de plomb, de fer ou d’ammo-
- ^7o//e transporteuse
- Rouleau
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- Fig. 6. — Coupe du transporteur.
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- niaque. M. Delépine vient de reprendre la question à des températures supérieures à 538°, point d’ébullition de l’acide sulfurique pur. L’influence de la température s’est montrée considérable, la dissolution du platine passant de 40 ou 50 milligrammes à 350°, à 120 ou 130 milligrammes à 370°; la présence de produits nitreux n’a guère changé de vitesse d’attaque, mais le sulfate d’ammoniaque exerce bien sur celle-ci un rôle retardateur. D’après M. Delépine, la réaction d’attaque peut être traduite sensiblement par la formule :
- 4 S 0II2 + Pt = (S O4)2 Pt + 2 S O2 + 4 II2 0.
- Acide lMatine Sulfate Acide Eau
- Sulfurique lMatinique Sulfureux
- Cette élude constitue un intéressant appoint de nos connaissances sur l’action de l’acide sulfurique sur le platine et l’industrie aura tout intérêt à en tenir compte à l’avenir dans la mesure du possible. A. II.
- MICROSCOPE ET HYPERMICROSCOPE
- Il est évidemment inutile de rappeler ici les progrès dus dans toutes les sciences à la découverte du microscope. Us s’expliquent par ce simple fait que cet instrument a rendu accessible aux observateurs tout un ordre de grandeurs qu’avant son emploi l’esprit pouvait bien concevoir, mais où l’œil désespérait de jamais atteindre. Aujourd’hui les objets qui appartiennent à cette série de dimensions n’ont virtuellement plus de secrets. La vision naturelle trouve sa limite dans les objets qui ont au minimum de 0""",1 à 0mm,05; au delà du dixième ou du vingtième de millimètre, l’œil a perdu tout pouvoir. Avec le microscope, cette limite se trouve reporléc à des objets mesurant environ 5 dixièmes de micron, unité spéciale, désignée par le symbole (a, et valant 1 millième de millimètre (0mm,001). L’ordre des grandeurs microscopiques est donc environ à l’ordre des grandeurs macroscopiques comme 1000 est à 1.
- L’homme probablement n’a jamais cru que le fait de ne pas voir à l’œil nu d’objets plus petits qu’un vingtième de millimètre signifiât qu’il n’existe pas de tels objets. On Démocrite, un Pascal, et mille autres, comprenant l’infinie divisibilité de la matière et, dans l’impossibilité de constater ces parties toujours moindres, n’accusaient que la faiblesse de leurs organes. Comme eux, si nous ne voyons pas d’objets plus petits qu’une fraction de micron, nous devons attribuer le fait à la puissance limitée de nos instruments, les microscopes, et concevoir au delà de ce que nous voyons. A côté du domaine macroscopique, existe le domaine microscopique et, à côté de celui-ci, l’esprit déduit la possibilité d’un domaine hvpermicrosco-pique, monde d’objets plus petits encore, mille fois plus petits et peut-être davantage, que ceux qui sont visibles au microscope.
- Cette idée n’est pas seulement le résultat d’une déduction appliquée au principe de divisibilité de la matière. C’est une induction basée sur de nombreux faits d’observation : il existe, par exemple, un très grand nombre de maladies à type franchement infectieux et dont cependant le microbe n’est pas connu, ainsi la fièvre aphteuse des vaches, la clavelée des moutons, la rage peut-être, là peste des oiseaux. On ne peut douter de leur existence, puisqu’on les manie aussi aisément que les microbes ordinaires, c’est-à-dire qu’on les cultive de façon à atténuer leur virulence et à faire des vaccins, qu’on les ensemence sur un bouillon d’abord indemne, etc., ni d’ail-
- leurs admettre qu’ils soient solubles, puisque certains filtres assez fins les retiennent et laissent passer un liquide désormais pur.
- Plusieurs savants, MM. Siedentopf et Zsigmondy en Allemagne, MM. Cotton et Mouton en France ont pu, au cours des années 1905 à 1905, prouver la justesse de ces raisonnements et montrer que, dans la série des objets observables, il existe, en effet, des types d’une dimension bien au-dessous des moindres jusqu’ici connues. A vrai dire, ce n’est pas le problème des microbes invisibles qu’ils sont parvenus à résoudre, on comprendra pourquoi tout à l’heure. La méthode qui leur permet d’observer le monde hypermicroscopiquc a pris pour objet les solutions colloïdales.
- L’eau de savon est un excellent type de ces solutions : c’est un liquide trouble, opalescent, et dans lequel l’addition d’un sel provoque une coagulation caractéristique. On attribue l’opalescence de ce milieu à sa structure particulière ; celle-ci serait caractérisée par la présence de granules en suspension dans un liquide intragranulaire ou solvant, à la façon de poussières dans un liquide quelconque, mais avec celte différence que ces granules sont extrêmement petits, invisibles au microscope, hyper-microscopiques. Ce sont eux que les savants cités sont parvenus à mettre en évidence et d’une façon très simple au moins en principe.
- L’hypermicroscope est un microscope ordinaire; mais tandis que, dans tous les microscopes, l’objet à examiner est éclairé par en dessous et par des rayons parallèles au microscope, ici la lumière arrive de par-dessus et perpendiculairement à l’axe du tube. Supposons une solution colloïdale ayant la structure indiquée plus haut : en lumière parallèle à l’axe du tube, les granules interceptent les rayons lumineux, et présentent à l’observateur une partie dans l’ombre ; seulement celle-ci est trop petite pour les plus forts grossissements et l’observateur ne voit rien; en lumière perpendiculaire au contraire, chaque granule réfléchit un rayon dans l’axe du tube et la préparation apparaît comme un ciel étoilé; en effet, dans ce cas, la dimension du granule n’importe pas ; ce qui le rend visible, c’est l’intensité de la lumière qu’il émet.
- Des calculs ont permis d’attribuer aux granules ainsi observés une dimension d’environ 3 millièmes de micron (0 p., 005), soit en millimètre 0mm,000 003.
- Le domaine hypermicroscopique, tel que nous y avons accès dès à présent, est donc au domaine microscopique ce que celui-ci est au domaine macroscopique : c’est un ordre de grandeurs mille fois moindres. Jean Lafitte.
- NOUVEAUTÉS CYCLISTES
- Motocyclette légère à allumage par magnéto
- Les premières voitures automobiles étaient munies de moteurs à allumage par brûleurs; on n’avait pas osé adopter l’allumage électrique, qui était cependant celui employé dans les premiers moteurs à gaz de Lenoire, probablement parce que les sources d’électricité dont on disposait, piles ou accumulateurs, ne paraissaient pas devoir résister aux trépidations de la voiture. On en est vite revenu de cette appréhension grâce aux progrès accomplis dans la
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- LA NATURE.
- construction des accumulateurs. De même que pour la voiture, l’allumage par brûleur lut le premier employé sur la motocyclette et celle-ci ne put prendre une réelle extension que lorsqu’on eut adopté d’une façon générale l’allumage électrique pour les petits moteurs. Depuis plusieurs années on construit dans ce but de nombreux types de petits accumulateurs dont chaque constructeur vante les qualités : en réalité, la plupart d’entre eux résistent parfaitement aux trépidations et conservent la charge pendant fort longtemps. Malgré cela ils sont appelés à disparaître, car ils ont bien des inconvénients : il y a toujours aux bornes une oxydation lente, mais sûre, qui finit par les mettre hors de service si on ne les surveille pas; en outre, il faut bien, à un moment donné, les faire recharger et, bien qu’il y ait des stations productrices d’électricité un peu partout aujourd’hui, on n’est pas toujours sûr d’y trouver les dispositifs nécessaires pour pouvoir charger de petits accumulateurs ; enfin il faut compter environ 2 4 heures pour mener à bien cette opération. Nous ne parlerons de la bobine que pour mémoire, elle est généralement bonne mais son emploi, concurremment avec l’accumulateur et le trembleur, nécessite une assez grande longueur de fils et de nombreuses connexions qui sont autant de causes de pannes.
- On passe là-dessus faute de mieux, mais l’avenir est à l’allumage par machine magnéto; c’est déjà celui adopté pour bon nombre de voitures et aussi pour quelques motocyclettes; il suffit pour s’en convaincre de voir la place de plus en plus importante que les constructeurs de magnéto occupent chaque année au Salon de l’Automobile.
- MM. Herdtlé et Bruneau sont les premiers qui aient adopté ce mode d’allumage à la motocyclette légère. Nous avons déjà signalé ici le merveilleux petit moteur qu’ils construisent et appliquent à la bicyclette : ils ont cette année, sans dépasser le poids de 50 kg, trouvé moyen d’ajouter deux perfectionnements importants : le refroidissement par eau et l’allumage par magnéto.
- Jusqu’à présent on n’avait pas jugé nécessaire d’employer l'eau pour le refroidissement de ces petits moteurs; bien qu’ils tournent à près de
- 5000 tours à la minute, ils ont fait leur preuve sur de nombreuses bicyclettes mises en service depuis deux ans; mais cependant il est certain qu’ils ont une tendance à s’échauffer de façon exagérée s’ils ne sont pas bien conduits et c’est une sécurité de plus d’avoir le refroidissement par eau. Le réservoir contenant 5 litres est à la partie supérieure du cadre dans l’emplacement laissé libre par la suppression de la bobine et les accumulateurs.
- Un tube À amène l’eau froide à la partie inférieure de la chemise qui entoure le cylindre et la culasse du moteur, elle remonte chaude par le tube D qui débouche de la partie supérieure : c’est le principe du thermo-siphon. Celte circulation se fait assez rapidement et, malgré la quantité d’eau relativement faible, la température n’atteint pas 50°.
- L’allumage est obtenu au moyen d’une magnéto M, construite spécialement par MM. llerdtlé et Bruneau ; elle ne pèse que 1600 grammes; elle est à haute tension et, sans l’intermédiaire d’une bobine, donne directement à la bougie B, dont elle est très voisine, une étincelle assez chaude pour assurer l’allumage. Placée à la partie inférieure du cadre elle est reliée au moteur par une transmission à engrenages, contenue dans un carter T ; le déplacement d’une tige, qui agit sur la came de contact, détermine l’avance ou le retard à l’allumage. La manette qui aboutit à cette tige est la seule qui existe; le levier qui commande la soupape de décompression, permettant le départ à la pédale, et aussi l’arrêt du moteur, se trouve, comme ceux des freins, près des poignées. Il n’est pas nécessaire de s’occuper de couper l’allumage lorsqu’on s’arrête puisque la source d’électricité est à peu près gratuite et qu’elle ne peut pas être tarie subitement par suite d’un court-circuit. Ainsi qu’on le voit sur la gravure ci-dessus un seul fil allant de la magnéto à la bougie suffit à tout; on évite ainsi la complication des connexions nombreuses et des circonvolutions plus ou moins compliquées qui sont souvent des causes de pannes dans l’allumage.
- Ce nouveau type de moto légère est très séduisant à beaucoup de points de vue et semble réaliser la vraie machine du touriste. G. Chalmarès.
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- L’APPAREIL A PROJECTIONS ÉRIC GÉRARD
- On peut être au premier abord étonné de voir un savant d’une pareille valeur donner ses soins à une combinaison qui ne semble présenter qu’un intérêt secondaire ; mais l’illustre professeur à l’Institut Montefiore, connaissant l’enseignement, sait combien les projections rendent de services : pour iaire passer une conférence un peu sérieuse auprès de gens qui ne le sont peut-être pas assez, et pour appuyer d’exemples, pour ainsi dire vivants, un ensei-
- mesure que se développe la conférence, en les intercalant dans le texte, on se trouve en présence de cette nécessité fort ennuyeuse, qui fait perdre du reste beaucoup de temps, de baisser les lumières chaque fois qu’une projection va être montrée, et de procéder en sens inverse tout de suite après.
- L’appareil Gérard nous semble résoudre parfaitement la double difficulté.
- Et d’abord, comme le montre la photographie que
- Nouvel appareil à projections.
- gnement où les figures explicatives sont une nécessité. La projection n’est pas faite seulement pour montrer des vues pittoresques, elle peut tout aussi bien servir à mettre simultanément sous les yeux de tout un auditoire des photomicrographies, des dessins schématiques ou techniques. Or, l’emploi des projections présente deux inconvénients bien marqués. Tout d’abord, il faut s’entendre minutieusement avec l’assistant, l’opérateur qui fait passer les vues dans l’appareil, afin qu’il n’y ait pas de confusion, d’interversion dans l’ordre des clichés, ce qui prête à rire à l’assistance, et peut démonter un conférencier un peu impressionnable. De plus, lorsqu’on veut montrer les projections au fur et à
- M. Gérard a bien voulu mettre à notre disposition, les clichés sont montés à la périphérie d’une roue métallique légère* de telle façon que chacun peut venir se présenter au point, devant la lanterne, pour être projeté dans les conditions que nous allons indiquer. Et il n’est même pas besoin d’un assistant pour faire tourner la roue porte-cliché : une simple transmission par manivelle, placée sous la main du conférencier, lui permet de faire tourner la roue à sa volonté, et de l’amener au besoin à ce que nous appellerons le point mort, là où elle ne porte aucun cliché, pour que rien ne se projette, et aussi que les clichés ne soient pas échauffés en demeurant en face des rayons lumineux. Le conférencier peut même
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- aisément faire revenir un cliché s’il le juge utile.
- Enfin, il n’est pas non plus besoin de faire l’obscurité dans la salle où l’on suivra les projections. Qu’on remarque en effet, dans la photographie ci-jointe, que l’appareil est placé dans une petite pièce isolée, et que les rayons lumineux qui partent de la lentille sont lancés dans une boite trapézoïdale, dont la grande base vient s’ouvrir dans le mur de la salle d’enseignement ou de conférence. En réalité, les images ne vont plus être projetées sur la classique surface blanche de la toile ; le fond de la boîte, disposé dans la cloison séparative, entre la salle de conférence et la pièce où est montée la lanterne, est formé d'une plaque de verre qui peut avoir de grandes dimensions, et qui est dépolie au jet de sable. Les rayons lumineux pénètrent par la lentille postérieure de la boite trapézoïdale (qui est faite de métal) et ils viennent rencontrer la surface de verre dépoli, qui constitue un excellent écran sur lequel les spectateurs aperçoivent admirablement la projection de l’image. L’éclairement est suffisamment intense, dans cette boite fermée, pour que l’image soit parfaitement visible dans une salle dont on n’éteindra pas les lumières. Dans l’appareil construit pour répondre aux desiderata de M. Eric Gérard, la lumière de projection est fournie par une lampe à arc et à courant continu, munie d’un régulateur, prévue pour 15 ampères; elle se trouve à un peu plus de 2 mètres de l’écran.
- 11 y a là, encore une fois, une amélioration fort utile à ce qu’on peut appeler le matériel du professeur, du conférencier. Et nous saisissons cette occasion de citer un dispositif ingénieux également, qui vient d’être imaginé par la maison Williams lfrowne and Earle, de Philadelphie. La lanterne d’un genre tout particulier à laquelle nous faisons allusion permet de projeter, sur un écran (du reste suivant les errements habituels au point de vue de l’écran même), un objet quelconque dont il n’a pas été besoin, auparavant, de faire un négatif photographique. L’image colorée et directe est lancée par un jeu de miroirs et de lentilles, et vient s’accuser avec toutes ses colorations et en bonne grandeur sur la surface blanche de l’écran. Dans ces conditions, les dépenses de projection sont fort réduites, et, de plus, on a cet avantage de ne pas avoir des images en blanc et noir uniquement, et de pouvoir instantanément montrer au public les choses les plus diverses. D. Lebois
- CHRONIQUE
- L’abaissement de la mortalité à Munich. — Il
- y a une trentaine d’années Munich n’était pas une ville bien saine, et en 1871 le taux de la mortalité s’élevait à 41,6 pour mille. En présence de celle situation les divers corps municipaux qui se sont succédé depuis trente ans dans la capitale de la Bavière n’ont pas hésité à entreprendre de grands travaux d’assainissement, inspection des égouts, abondante distribution d’eau, reconstruction
- des hôpitaux et des abattoirs, etc. De 1871 à 1904 les dépenses afférentes à la salubrité se sont élevées à pas moins de 68 millions, mais on peut dire que c’est de l’argent bien placé. En effet, depuis 35 ans, b mesure que se poursuivaient ces travaux, le taux de la mortalité diminuait progressivement pour descendre finalement en 1904 à la moitié de ce qu’il était en 1871 comme le met en évidence le tableau suivant :
- Année. rôtir initie habitants.
- 1871............................ 41,6
- 1881............................ 32,4
- 1891 ........................... 27,6
- 1901........................... 22,2
- 1904 ... ....................... 20,5
- El le progrès est d’autant plus remarquable que pendant le même laps de temps la population a plus que doublé.
- Ces renseignements sont extraits d’un rapport consulaire anglais (n° 3526) concernant la Bavière. On ne saurait trop attirer l’attention du public français sur les renseignements que ces documents donnent au sujet de l’état sanitaire des pays et des villes fréquentées par les touristes. Les Anglais voyageant beaucoup, leurs représentants à l’étranger tiennent à les documenter sur le degré de salubrité des pays de leur résidence. Et ces renseignements méritent d’autant plus la confiance qu’ils sont impartiaux.
- Horloges urbaines et télégraphie sans fil. —
- Pour faire concurrence aux horloges pneumatiques, qui ne sont certainement plus une nouveauté, Vienne va posséder une distribution de l’heure à des horloges publiques ou privées au moyen d’une étincelle de déclenchement envoyée suivant le principe de la télégraphie sans fil. 11 y aura une station centrale avec un puissant appareil Ruhmkorff, dont l’une des extrémités sera à la terre et l’autre reliée à une antenne de 25 mètres, et, bien entendu, aussi, un pendule électrique du système spécial Morawetz, qui interrompra et établira le courant à des intervalles d’une minute. L’onde envoyée en conséquence sera reçue dans 80 sous-stations avec antenne et relais dont on comprend la nécessité, relais communiquant par fil conducteur avec les horloges commandées.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 février 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Les glandes salivaires de l’escargot. — M. J. Chalin présente une Note de MM. Pacaut et Yigier sur les glandes salivaires de l’escargot. 11 rappelle qu’elles méritent une mention dans l’histoire de la science, car c’est au sujet d’une discussion sur leur contexture que Dutrochet fut conduit à étendre aux tissus animaux la théorie cellulaire admise à cette époque seulement pour les tissus végétaux. Bien que leur contexture, ait été l’objet de plusieurs travaux, les auteurs révèlent un détail qui avait échappé. En outre des deux glandes seules mentionnées dans les traités d’anatomie comparée, le microscope fait découvrir des agrégats très développés de cellules, de structure spéciale. Elles se rapprochent des glandules unicellulaires concourant à l’élaboration de la salive, car elles produisent du ferment et du mucus. Leur fonctionnement est des plus actifs.
- L’œuvre de Bernard Renault. — M.Gaudry, en offrant le 18e volume du Bulletin de la Société d’histoire nalu-
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- LA NATURE.
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- relie d’Autun, fait observer qu’il contient un important travail de M. Hoche sur la vie et l’œuvre de Bernard Renault.
- La yenèse des maladies. — M.Charrin établit, par une série d’observations ou d’expériences, qu’au cours d’une maladie générale, chaque organe lait la maladie à sa façon. Assurément il y a des agents pathogènes diffus, présents partout, tels que microbes et poisons qui agissent dans chaque viscère, dans les plasmas, dans les cellules que les lésions disloquent. Dans chaque organe agissent des produits spéciaux à cet organe. L’auteur cite l’exemple d’un certain champignon qui, suivant qu’il envahit le foie ou le rein, produit des maladies différentes.
- Un procédé de multiplication des tuniciers. —M. De-lage résume une Note de M. Pizon sur l’évolution de certains tuniciers bourgeonnants, les diplosoma. Tous les cinq ou six jours ils perdent leur appareil respiratoire et leur rectum et en bourgeonnent d’autres dont la durée sera aussi courte. C’est la deuxième espèce chez laquelle M. Pizon découvre ce singulier phénomène biologique, il croit à une intoxication régulière des organes qui disparaissent. De temps à autre certains individus de la colonie bourgeonnent sur leur flanc et l’on voit apparaître toutes les parties d’un autre individu, branchies, cœur, tube digestif qui restent momentanément en Connexion avec le premier individu. Au bout de 48 heures, les êtres bithoraciques se séparent, le plus ancien prend le nouvel estomac et le nouveau cœur et abandonne les siens au plus jeune. M. Delage explique que ce mode de division, en "apparence bizarre, est conforme au cours des aliments pendant la vie bithoracique.
- Les propriétés des eaux minérales. — M. A. Gautier présente une Note de MM. Maillard et Lucien Graux, sur les propriétés des eaux minérales. Ces propriétés ont paru longtemps entourées de mystère ; on s’est même demandé si leur chaleur n’avait point quelque caractère particulier. Les auteurs, portant leurs recherches sur les eaux de Chalel-Guyon, ont déterminé le degré cryoscopique de ces eaux et l’ont comparé à celui que l’on devrait noter si tous les éléments du sel étaient transformés en ions. L’accord des deux nombres est très satisfaisant ; les sels sont à l’état d’ionisation presque totale. Donc de ce côté point d’exception aux lois connues.
- Élection. — 11 est procédé à l’élection d’un correspondant do* la section de physique en remplacement de M. Bicbat, décédé. Sir William Crookes est élu par 44 voix Sur 45. Cil. DE VlLLEDElIIL.
- BOUTEILLES A POISONS
- Il y a quelques semaines un journal anglais, The Daily Mail, a ouvert un concours entre les fabricants et les inventeurs de la Grande-Bretagne pour la création de types spéciaux de bouteilles à poisons. Notre confrère britannique considère que, si les toxiques étaient mis dans des récipients ayant une forme spéciale, les accidents qui surviennent, dans les laboratoires et les pharmacies, auraient moins de chances de se produire. Cela est fort exact; car l’emploi de bouteilles semblables pour tous les liquides, quels qu’ils soient, constitue un danger aussi réel que permanent, en Angleterre surtout, où la pharmacie n’est pas entourée des garanties scientifiques exigées en France. Dans un laboratoire de
- chimie ou de pharmacie, la confusion est facile; une seconde d’inattention ou un instant de distraction peut avoir de très graves conséquences, particulièrement en ce qui concerne la confection des médicaments.
- Si, au contraire, les toxiques étaient enfermés dans des bouteilles ayant un aspect spécial, l’attention de l’opérateur serait tout de suite éveillée. L’erreur alors ne pourrait pas se produire et il serait, en quelque sorte, impossible à l’opérateur de se tromper de récipient.
- Plusieurs inventeurs ont répondu à l’appel du journal anglais, qui a reçu des modèles de toutes sortes : les uns pratiques, les autres très originaux.
- M. Woodland, de Harrow, a envoyé une bouteille (n° 4) dont les dispositions très simples ont plu beaucoup au jury; car ce récipient en verre, conçu dans un esprit très pratique, semble réduire à leur minimum les risques d’accidents. C’est une bouteille munie de deux goulots avec cols allongés, l’un plus haut que l’autre, surmontant le récipient cylindrique où se loge le liquide. Il est impossible d’extraire le poison contenu dans cette bouteille en verre, sans retirer les deux bouchons, parce que le liquide, retenu prisonnier par la pression atmosphérique, ne se verra libéré et ne pourra sortir qu’à la condition que les deux goulots soient ouverts.
- M. Greenway, de Warwick, est l’inventeur d’un modèle fort intéressant aussi, mais qui semble néanmoins présenter moins d’avantages que le précédent. Il s’agit du type que représente notre figure n° 2. Toute l’originalité n’est pas seule dans la forme particulière de l’objet. Get œuf en verre, ou plutôt cet obus, qui ne ressemble guère à une bouteille et qui en est une cependant, porte son orifice à la partie inférieure, ce qui renverse — cela soit dit sans jeu de mot — les traditions et l’usage. L’opérateur a tout le temps de la réilexion ; il faudrait qu’il fût bien étourdi pour, d’abord, ne pas être frappé par la forme bizarre de l’objet et, ensuite, pendant les manipulations successives qu’entraîne l’emploi de cette bouteille, ne pas s’apercevoir, avant de verser le liquide, que c’est un poison qu’il tient entre les mains.
- Avec ce récipient, le liège ne peut être employé; pour assurer l’étanchéité de la fermeture, il faut un bouchon en verre à l’émeri ou un tampon avec pas de vis. Cela est encore une garantie de plus, pense l’inventeur, parce que l’opération d’ouverture du récipient se trouve, de ce fait, encore retardée.
- Cette bouteille à poisons est très originale ; quoique très étudiée, elle ne nous paraît pas pratique cependant, en raison de la perle de temps qu’elle occasionne. Si distraits que puissent être certains chimistes et pharmaciens, il semble que seuls l’aspect et la forme de l’objet suffisent pour leur crier : gare! et éviter toute méprise dans les manipulations.
- Notre figure 5 représente une bouteille envoyée par M. Fred West, de Birmingham. Le col recourbé et formant un coude au quart sur le sommet du
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- LA NATURE.
- vase, la forme même de ce dernier dont les quatre cotés se retournent à angles droits, les dispositifs du bouchon sont autant de particularités qui donnent à cette bouteille à poisons un aspect bien spécial. Pour en extraire le liquide, il faut, en outre, donner au récipient une position particulière; car le goulot, on le comprend, ne permettra la sortie du contenu qu’à la seule condition qu’on renverse le contenant dans une certaine direction.
- Notre ligure 4 montre un objet envoyé par un inventeur anonyme; il s’agit d’une bouteille à piquants qui a été tout de suite baptisée, le flacon porc-épic. C’est une simple bouteille de forme ordinaire, munie de pointes en verre formant saillie tout autour du cylindre et du goulot.
- Nous avons tenu à signaler ces diverses inventions,
- l’un et l’autre, souvent reçu qu’une simple instruction primaire, peuvent livrer à la consommation, sans restriction aucune, des poisons dont ils ignorent le plus souvent les propriétés dangereuses.
- Les pharmaciens, en France, sont forcés, de par un règlement très sévère, de tenir les toxiques groupés et renfermés dans un coffre ou meuble spécial dit : armoire à poisons. Les employés et élèves ne peuvent faire usage des bouteilles et bocaux qui y sont contenus qu’en présence du pharmacien lui-même; car le règlement en question oblige ce dernier à garder dans sa poche la clef de l’armoire à poisons, et même à l’emporter avec lui lorsqu’il est obligé de s’absenter.
- Les bouteilles, ingénieuses ou originales, primées au concours du Daily Mail, ne serviront certaine-
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- Bouteilles à poisons.
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- à cause de leurs originalités respectives. Sont-elles pratiques? S’imposeront-elles comme répondant à un besoin bien réel? Nous pouvons en douter, en ce qui concerne les laboratoires de chimie et les pharmacies françaises, où les toxiques sont plutôt des solides quedes liquides. L’emploi de ces bouteilles, en tout cas,pourrait trouver une application plus utile et certainement nécessaire chez les marchands de couleurs, qui débitent les poisons en plus grande quantité que les pharmaciens et qui ignorent souvent les propriétés nocives de ces produits.
- Il y a même à ce sujet une situation anormale à signaler; car elle constitue une anomalie réelle. Le pharmacien, qui a fait des éludes spéciales, qui est un chimiste, ne peut débiter les toxiques que sur ordonnances du docteur ou, en dehors de celles-ci, ne les vendre qu’en pelites quantités, et à ses risques et périls, alors que le marchand de couleurs ou le débitant de produits photographiques, qui n’ont,
- ment pas aux pharmaciens français. Elles pourront être cependant d’un usage très pratique pour les chemists anglais; car la pharmacie, dans les Iles Britanniques, est un commerce libre qui n’est pas entouré des précautions et garanties de toutes sortes, imposées en France.
- En ce qui concerne les commerçants de catégories diverses qui vendent, chez nous, des produits chimiques ou des poisons quelconques, souvent très dangereux, les bouteilles du Daily Mail ou des bouteilles spéciales, inventées par des fabricants français, pourraient être employées, d’une manière très utile, pour que les commis puissent être avertis par la forme même ou l’aspect spécial de ces récipients, que le liquide y contenu est un toxique dangereux. Will Darvillé.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1709. — 24 FÉVRIER 1906.
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- LE PLUS GRAND CUIRASSÉ DU MONDE
- Le lancement du « Dreadnought » (L'Audacieux)
- Le lancement du Dreadnought a eu lieu, le 10 février, dans les chantiers de construction de Portsmouth, le grand port militaire anglais. Cet événement fera époque dans les annales de la marine de guerre ; car, non seulement le Dreadnought est le plus grand cuirassé qui ait été construit jusqu’à
- Ce nouveau navire de guerre, qui pourra, lorsqu’il sera achevé, tenir facilement en respect trois des derniers cuirassés construits, est établi d’après des plans arrêtés par l’amirauté britannique il y a seulement six mois. Ces plans et les études préalables ont bénéficié de toutes les leçons données par la
- Lancement du Dreadnought à Portsmouth.
- présent, mais on a appliqué à sa construction des dispositions particulières tout à fait spéciales.
- Il faut d’abord noter la rapidité avec laquelle a été établie la carcasse métallique de cette formidable forteresse flottante. Le fait mérite d’être cité ; car il marque un progrès sérieux. Nous sommes en présence du géant des navires de guerre, et le travail de montage a été mené plus vite que pour tous les autres. La première pièce de la quille avait été descendue et posée le 2 octobre 1905 ; le lancement a eu lieu exactement 4 mois et 8 jours après. C’est un tour de force, puisque 7000 tonnes de plaques métalliques, de fers et d’aciers de toutes formes ont été manutentionnées, montées, mises en place et rivées, pendant cette courte période.
- L’amirauté britannique a entouré cette construction navale du plus grand des mystères ; les bureaux de Whitehall ont été muets devant toutes les demandes à eux adressées. Un journal allemand et une revue américaine ont pu, néanmoins, savoir quels sont les points caractéristiques de ce nouveau navire de guerre ; ils ont dévoilé ce qui avait été très soigneusement caché, et nous savons maintenant très nettement quelles sont les innovations apportées dans la construction du Dreadnought.
- 34® année. — 1er scmeslre.
- guerre russo-japonaise, et en particulier par le fameux combat naval de Tsushima. La marine militaire anglaise, qui jouit déjà d’une si formidable avance sur celles des autres nations, va se trouver en plus belle posture et dans un état de supériorité encore plus grand avec le Dreadnought. Il ne faut pas oublier, en effet, que la construction de ce géant maritime est le résultat des études approfondies, faites dans le bureau de Whitehall, de tous les rapports envoyés aux Anglais par les marins japonais. Dans le traité de 1902, passé entre l’Angleterre et le Japon, il existe une clause secrète, qui obligeait le gouvernement du Mikado à communiquer à Londres les documents et rapports des amiraux japonais, à la suite de chacune des batailles.
- Le Dreadnought sera totalement achevé dans un an. 11 aura donc fallu 16 mois pour l’entier parachèvement de cette œuvre. Ce peu de temps indique l’importance du matériel qui aura été mis en mouvement; il marque aussi quels sont, à l’heure actuelle, les moyens d’action dont disposent les chantiers de constructions navales en Angleterre, puisque le temps normal, pour l’établissement d’un cuirassé beaucoup moins grand que celui-ci, varie, suivant les cas, entre 30 et 36 mois.
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- LA NATURE.
- Le nouveau mastodonte aura un déplacement de 18 000 tonnes, dont 11 000 tonnes pour la cuirasse seulement. Les plus grands cuirassés anglais, ceux du type Iling Edward VII, lancés depuis 1905, ne jaugent que 16 500 tonnes. Leur cuirasse est beaucoup moins importante que celle du Dreadnought, sur laquelle nous avons des indications de détails plutôt vagues, si ce n’est que nous savons que l’armature, vers la ligne de iloltaison, sera en acier Krupp de 550 millimètres d’épaisseur.
- L’éperon a été supprimé; mais l’avant du navire a été calculé de telle manière qu’il pourra être utilisé et tiendra lieu d’éperon chaque fois que cela sera nécessaire. Cette suppression est curieuse à noter ; elle est moins intéressante cependant que la transformation apportée dans les dispositions de l’arrière. On a, en effet, prolongé l’arrière de 15 mètres environ au-dessus du gouvernail; cette modification très remarquable, tout à fait nouvelle, et qu’on distingue bien sur notre photographie, laisse beaucoup plus d’espace aux hélices et assure leur protection.
- Les machines sont divisées en quatre groupes, donnant ensemble une puissance de 25000 chevaux; elles sont à turbines, ce qui est encore à indiquer comme une innovation, puisque c’est la première fois que cette application est faite à un cuirassé. Ces machines actionnent quatre propulseurs à hélices, qui donneront une vitesse normale de 20 à 21 nœuds à l’heure.
- L’artillerie du Dreadnought fera de ce fort llottant une redoutable puissance, qui jouera un rôle offensif énorme. Ses canons tiendront facilement en respect les autres cuirassés ; leur portée sera telle que les autres navires ne pourront arriver à une distance suffisante pour utiliser leurs propres armes.
- La grosse artillerie du nouveau cuirassé se composera de : 10 canons de 12 pouces ou 505 millimètres et 10 canons de 254 millimètres. Quatre canons de 505 seront montés, par paires, dans deux tourelles cuirassées, qui seront disposées, l’une à l’avant et l’autre à l’arrière. Les 6 autres canons de 505 seront placés en casemates, aux angles de la batterie. Quant aux 10 canons de 254 millimètres, ils seront disposés par 5 de chaque bord, en batterie. 11 y aura, en outre, 18 canons de petit calibre à tir rapide, pour répondre aux attaques des torpilleurs.
- La presse anglaise avait promis à l’amirauté de ne parler que de la cérémonie du lancement du Dreadnought, et de ne rien dire des questions techniques. La promesse n’a pas été tenue et nous avons appris que les canons de 12 pouces — 505 millimètres — dont sera armé le nouveau navire de guerre, sont fort redoutables. Ils lancent, dit-on, des projectiles de 850 livres anglaises — 585 kilogrammes — avec une vitesse de 2500 pieds à la seconde, soit 820 mètres.
- A une distance de 5 kilomètres et demi, ces obus peuvent transpercer un blindage de la plus forte épaisseur. Quant aux cîmôns, ils ne pèsent pas moins dè
- 50 tonnes et coûtent 252 000 francs chacun ; leur fabrication demande environ 15 mois. Le coup de canon tiré par ces pièces coûtera 2000 francs chaque fois, et, comme deux coups pourront cire tirés à la minute par chacune des pièces, on peut calculer quel sera le prix formidable d’un combat naval, lorsque des facteurs de cette puissance entreront en présence.
- Et, puisque nous parlons de dépenses, n’oublions pas de dire, en terminant, que le gigantesque cuirassé qui vient d’être lancé, à Portsmouth, ne coûtera pas moins de 45 millions de francs, sans compter les imprévus. Wnm Darvillé.
- LE CAOUTCHOUC EN INDOCHINE
- La question du caoutchouc a une importance si considérable à deux égards, qu’on ne saurait passer sous silence les faits intéressants qui la concernent : d’une part insuffisance et épuisement de cette matière première par rapport aux besoins de l’industrie moderne; d’autre part, éventualité de son développement dans les colonies françaises comme source de notables revenus : tels sont les éléments d’un problème, sur lequel nous revenons encore aujourd’hui1 à propos du rapport, récemment publié, dans la Feuille de renseignements de l’Office colonial, par M. Capus, directeur de l’agriculture et du commerce de l’Indo-Chine : ce rapport lui-mème résume une élude de M. G. Vernet, chimiste à l’Institut Pasteur de INlia-trang, sur 1 ’Hevea Brasiliensis, sa culture et son exploitation dans le Sud-Annam. Les données suivantes y sont particulièrement à retenir.
- La variabilité du type Hevea Brasiliensis, cultivé au nouveau laboratoire de Suoi-Giao, ne permet pas encore d’admettre une variété asiatique, mais seulement la probabilité de l’existence de variétés physiologiques à rendements différents en latex et en caoutcbouc.
- L’adaptation tellurique de Y Hevea parait plus aisée que la climatérique.
- La latitude faisant intervenir la température a une grosse influence. Hué, à 16°50' de latitude nord, ne permet plus à Y Hevea de se développer, parce qu’il y fait trop froid eu hiver (expériences de M. Jacquet, directeur de l’agriculture en Annam).
- M. Yernet, en choisissant judicieusement ses graines d’Hevea pour semences, a obtenu des levées de 90 à 95 pour 100, résultat très satisfaisant pour l’extension possible de cette culture en Indo-Chine. Déjà le planteur, en quête de graines, n’aura plus besoin de s’adresser à des sources d’approvisionnement éloignées, avantage d’autant plus essentiel que la faculté germinative de la graine d'Hevea ne se conserve pas au delà de cinq à six semaines.
- Les jeunes plants A'Hevea ayant pour ennemis les animaux de grande taille, domestiques ou fauves, plus à craindre que les maladies parasitaires, il faut s'en défendre au moyen d’une clôture appropriée.
- La répétition des saignées provoque, dans l’écoulement du latex, trois phases : 1° une première d’hésitation ; 2° un maximum de rendement ; 5° une période de diminution.
- On ne doit pas saigner les arbres de moins de six ans ; à sept ans, on peut exploiter, sans distinction de taille ou de circonférence.
- 1 Yoy. n° 1705, du 27 janvier 1906, p. 139, et n° 1697, du 2 décembre 1905, p. 10.
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- LA NATUPE.
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- La meilleure saison est de juillet au mois de février.
- L’acide acétique, employé pour coaguler le latex, a donné les meilleurs résultats. Le rendement des arbres de six à sept ans est évalué, en moyenne, à 512 grammes de caoutchouc sec, chiffre faible qui doit augmenter avec l’àge des sujets.
- On n’est pas encore d’accord sur la question de savoir si la montée du latex est oui ou non un phénomène de capillarité.
- En Malaisie, le rendement à l'hectare d’une plantation d’Heveas est calculé à raison d’un bénéfice net de 250Ü francs.
- C’est là une base pour l’exploitation du domaine de Suoi-Giao où les conditions de main-d’œuvre sont assez précaires, bien que les prix des salaires ne soient pas très élevés.
- Peut-être y aurait-il lieu d’y (enter aussi la culture d’une autre espèce, telle que le Ficus claslica. En tout cas il se nble bien que l’avenir du caoutchouc en Indo-Chiné se présente assez plein de fructueuses promesses.
- On sait quel développement cette culture a atteint dans la presqu’île de Malacca (15500 hectares) et de Ceylan (18200 hectares).
- Rappelons en terminant, et selon le mouvement géographique de janvier 1900, que la production annuelle du caoutchouc dans le monde entier peut être évaluée à 75000 tonnes (d’autres estimations ne donnent que 57 000 tonnes) : en 1904-1905 le port de Para (Brésil) en a exporté 55 050 tonnes à lui seul; en 1904 il en a été importé 26 555 tonnes aux États-Unis, 15 974 tonnes à Liverpool, 8000 tonnes à Hambourg, 5765 tonnes à Anvers (dont 4725 tonnes venant duCongo), 5615 tonnes au Havre, 2965 tonnes à Lisbonne, 2079 tonnes à Londres et 1185 tonnes à Bordeaux. A. Stkuvai,.
- ^sSS»
- LA DENSITÉ DE LA GLACE
- Quelle est la densité de la glace? Tout le monde sait qu’elle est plus légère que l’eau, mais il n’y a pas toujours accord sur sa densité exacte. Voici les principaux chiffres auxquels s’étaient arrêtés les derniers physiciens qui ont étudié la question : Brunnen : 0,918; Thomson, Plücker et Geissler : 0,920; Dufour : 0,914 à 0,922; Bunsen : 0,91674. Ce dernier résultat vient d’être confirmé par de nouvelles expériences de M. Leduc qui, pour la masse spécifique de la glace à 0°, a trouvé la valeur 0,9176.
- MICROMÉTALLOGRAPHIE DE L’OR
- Nous n’avons pas à rappeler ici le principe ni Futilité de la méthode micrographique appliquée à l’étude des métaux. 11 nous suffira de renvoyer le lecteur, à ce sujet, à l’intéressant article de M. Lon-. coche paru ici même et relatif à la Micrographie des aciers au vanadium1 et dont la lecture dispensera d’une longue introduction. Nous voudrions simplement montrer ici que celte méthode, réservée tout d’abord à l’usage des me'taux communs comme les aciers, les bronzes, les laitons, peut s’étendre à
- 1 Yoy. n° 1077, du 15 juillet 1905, p. 109.
- l’élude des métaux précieux et de leurs alliages.
- Les alliages, en effet, peuvent être assimilés à des solutions solidifiées renfermant à la fois une substance servant de solvant, et des composés plus ou moins définis disséminés dans la masse générale. Ces différents composés ont la propriété de cristalliser en se refroidissant, le mélange ne s’effectuant qu’à l’état fondu ; l’alliage refroidi renfermera donc des cristaux juxtaposés. Un métal ajouté à un autre métal, même en proportions très minimes, constitue cependant un alliage; les dispositions moléculaires sont altérées elles phénomènes nouveaux observés peuvent être très apparents. Le point de fusion est abaissé, et Iloberts-Àusten avait déduit des lois intéressantes d’une étude qu’il avait faite sur les alliages d’or au point de vue de l’influence de divers métaux sur le point de fusion de l’or et sur ses propriétés mécaniques.
- L’or, qui nous intéresse en ce moment, est le plus malléable et le plus ductile des métaux ; il perd ces propriétés précieuses sous l’influence de très minimes proportions de matières étrangères, qui lui enlèvent de sa ténacité, au point que cet or se brise avec la plus grande facilité sous une faible action mécanique, comme celle qui consiste à le plier ; on observe que la cassure, au lieu d’avoir une texture homogène, est devenue cristalline. Cet or cassant allié au cuivre pur, et c’est toujours sous cette forme qu’il est employé, conserve ces fâcheuses propriétés, qui s’exaltent même, et l’alliage est impropre à la fabrication des bijoux, à la frappe des monnaies ou à tout autre de ses usages industriels.
- En 1868, Peligot avait reconnu que des traces de plomb rendaient l’or fragile. Plus tard, en 1902, M. Kirke Rose, essayeur des monnaies a Londres, a cité que des accidents analogues étaient attribués, pendant la frappe, à des traces de tellure, de plomb ou de bismuth, qui enlevaient toute souplesse a For monétaire, et qui étaient introduites par les lingots d’or mis en œuvre. Ces quantités très faibles d’impuretés, qui peuvent ne pas excéder la proportion de 1/4 ou de 1/2 millième, n’affectent que très peu la malléabilité de For à haut titre ; mais, si on allie cet or impur au cuivre, le métal obtenu est cassant et impropre à toute fabrication.
- Les méthodes d’essais ordinaires employées pour l’or ne sont pas suffisantes pour déceler d’aussi faibles proportions de matières étrangères ; la prise d’essai est trop faible, et il faut opérer sur 50 ou 100 grammes de métal pour arriver à isoler la petite quantité de plomb ou d’autres métaux qui altèrent sa pureté.
- Nous avons eu à examiner différents échantillons d’or reconnus de mauvaise qualité, et nous avons pu y doser des traces de plomb dans des proportions variant de 0,25 à 1 millième. Outre le plomb, on constatait la présence, en faibles proportions, de cuivre, d’argent et de fer. Nous n’y avons pas rencontré de tellure, qui se trouve surtout dans les ors australiens. Ces traces de plomb suffisent pour don-
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- LA NATURE.
- ner à l’or cette structure cristalline, car en alliant un demi-millième de plomb à de l’or pur et ductile, nous avons pu reformer de l’or cristallisé qui ne se laissait plus marteler ou laminer sans se gercer.
- La micrométallographie permet de dilïérencier nettement les structures de ces alliages si peu dissemblables à l’analyse : c’est ainsi que de l’or natif provenant de Madagascar, or très cristallin et très cassant, qui, essayé par les méthodes ordinaires des essayeurs, n’avait rien donné d’anormal, fût examiné au microscope après attaque à l’eau régale. 11 donnait le phologramme (fig. 1), sur lequel on aperçoit des cristaux polygonaux très caractérisés séparés par un trait plein de chlorure d’argent. Soumis à une analyse chimique complète, cet or contenait près de un millième de plomb, et un peu d’argent; des ors plombeux synthétiques donnaient des résultats identiques. L’or tellureux à un demi-millième est cristallisé également, mais l’aspect est différent.
- De l’or tout à fait pur, purifié chimiquement (et
- 11 est très difficile, industriellement, de purifier de l’or renfermant d’aussi faibles proportions de matières étrangères. On a essayé en Angleterre et en France d’atténuer la fragilité de l’or par des traitements thermiques; c’est ainsique, dans certains cas, on a pu, par des recuits à diverses températures, diminuer celte fragilité, mais il est arrivé quelquefois qu’elle était exaltée, au contraire, au lieu d’être amoindrie sans que l’on puisse expliquer ces anomalies.
- Ces actions thermiques modifient la structure interne de l’or allié à d’aussi petites quantités de métaux étrangers, comme elles modifient les propriétés des aciers qui ne renferment également que des traces de carbone ou d’autres métaux unis au fer. Elles ont reçu des applications industrielles, et les photogrammes 2 et 5 montrent la différence qu’il y a entre un alliage d’or et de cuivre qui, de cassant qu’il était avant un traitement thermique approprié consistant en une trempe spéciale, redevient souple
- nous avions pris l’or pur, provenant du traitement de cet or plombeux débarrassé des métaux étrangers qui le souillaient), donne une épreuve très différente (fig. 2). On aperçoit un semis de points fins et réguliers, analogues à ceux que l’on voit en photographiant d’autres échantillons d’or pur. Cet or ainsi purifié, allié à du cuivre, donne un alliage très malléable, très ductile et tout à fait différent de l’alliage obtenu avec le métal primitif, qui était inutilisable. 11 est évident que la présence du plomb, même en aussi petite quantité, a modifié les propriétés physiques de l’or. Si l’on examine au microscope, après le même traitement à l’eau régale, de l’or allié au cuivre, dans la proportion de 900 millièmes par exemple, on aperçoit un système de petits cristaux assez fins et assez serrés formés par une combinaison spéciale d’or et de cuivre. Si, à cet alliage, on ajoute un demi-millième de plomb, on transforme ses propriétés physiques, et le métal obtenu ne peut plus être laminé, sans se fendre ou se gercer; en l’examinant au microscope, on voit que les cristaux se sont développés de façon à atteindre de grandes dimensions : les figures obtenues alors permettent de se rendre compte de ces différences.
- et malléable comme un alliage ordinaire de bonne qualité. Un photogramme montre, en effet, que cet or renfermant 10 pour 100 de cuivre est comparable à l’or à 900 pur. Si l’on détruit le groupement des molécules par un recuit suffisant, en laissant refroidir lentement un tel alliage, les petits cristaux se transforment en un réseau de cristaux polygonaux que l’on distingue très nettement sur une autre figure et qui sont identiques aux cristaux de l’or plombeux. L’or qui avait servi à faire ces alliages renfermait, en effet, moins de un demi-millième de plomb. Le rapprochement que l’on peut faire, entre ces ors ne renfermant que des traces de métal étranger, et dont la constitution varie avec le traitement supporté par le métal, et les aciers, dont les propriétés changent totalement dans des conditions analogues, est assez curieux à signaler, et, seule, la métallographie, en fixant sur la plaque photographique les arrangements intérieurs des molécules des métaux, permettra d’étudier, d’une façon plus complète, ces phénomènes, qui peuvent recevoir des applications pratiques et utiles.
- Maxime Forest.
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- NOUVEL EXTRACTEUR CONTINU
- L'appareil dont nous donnons à nos lecteurs la description et le mode de fonctionnement est un extracteur continu déjà employé dans les laboratoires et pouvant servir dans certaines industries spéciales, telles que celles s’occupant de l’extraction des parfums ou des alcaloïdes.
- Les parties essentielles de cet appareil sont (fig. 1) : le lixiviateur A, dans lequel se mettent les substances à épuiser : graines écrasées, fruits, fleurs, feuilles, racines, écorces pilées, etc.
- Le lixiviateur porte en 2 un robinet de vapeur, et en 5 un robinet de vidange, le mettant en communication avec l’alambic C. En 19 est le retour de vapeur. Le réservoir B, contenant le dissolvant : alcool, benzine, éther de pétrole, chloroforme, sulfure de carbone, etc., communique avec le lixiviateur A par le tube 4 et avec l’alambic C
- cygne 8 et est muni d’un robinet de vidange 9 et d’un tampon de décharge 10.
- Le réfrigérant D communiquant, par le robinet à trois voies 11, soit avec le lixiviateur
- A, par les tubes 12 et, 4 ; soit avec le réservoir
- B, par le tube 15 ; — il est, de plus, muni d’un tube.de sûreté 14.
- Fonctionnement. — Malgré la complication apparente de l’appareil, son fonctionnement est des plus simples; poulie faire comprendre encore plus clairement, nous le diviserons en trois phases : 1° Epuisement du contenu du lixiviateur A par le dissolvant fourni par B ; 2° Extraction du dissolvant retenu dans A par la substance à épuiser; 5° Distillation du dissolvant contenu dans l’alambic G; récupération de ce dissolvant et obtention de la substance dissoute.
- 1° Épuisement du contenu du lixiviateur A par
- Fig. 1. — Vue d'ensemble de l'appareil.
- Substance a - épuiser
- Fig. 2. — Épuisement du contenu de A par le dissolvant lourni par B.
- Réservoir de dissolvant
- Fig. 5. — Extraction du dissolvant retenu par la substance contenue dans A.
- par le tube 5; il porte, en outre, un robinet de vidange 6 et un niveau 7.
- Valambic C est chauffé par le tuyau de vapeur 1, avec retour par le tuyau 20. Cet alambic est en communication avec le réfrigérant par le col de
- le dissolvant fourni par B (fig. 2). — Après avoir chargé le lixiviateur A de la matière à épuiser, on fait arriver par le tuyau 4 le liquide du réservoir B, sur cette matière. Le liquide, arrivant sur une grille placée à la partie supérieure du lixiviateur, s’étale,
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- et, passant à travers son contenu, descend, par 5, dans l’alambic C. On peut charger directement l’alambic avec le dissolvant au moyen du tuyau 5.
- Lorsqu’au tube de niveau 7 on constate qu’une quantité suffisante de liquide a été introduite dans l’alambic, on arrête l’arrivée du dissolvant et on chauffe progressivement par le tuyau de vapeur 1.
- On comprend aisément que le dissolvant, vaporisé dans C, se dégagé par le col de cygne 8, se condense dans le réfrigérant 1) et retourne, par les tuyaux 12 et 4, dans le lixiviateur où il entraîne une nouvelle
- Fig. A. - Di filiation du dissolvant contenu dans C. Récupération de ce dissolvant et obtention de la substance dissoute.
- portion de substances solubles, puis revient à l’alambic par 5.
- 2Ü Extraction du dissolvant retenu dans A par la substance à épuiser. — Le passage continu du liquide sur la substance renfermée dans le lixiviateur À finit par épuiser complètement cette substance en principes solubles. Il est facile de s’assurer de la fin de l’opération en effectuant un prélèvement dans le dissolvant au moyen du robinet 15 (fîg. 2). Lorsqu’il n’y a plus rien à dissoudre, on récupère le dissolvant retenu par la substance contenue dans A, de la manière suivante (fig. 3).
- On arrête l’arrivée de vapeur dans l’alambic C, puis on ferme les robinets 5 et 16, afin de l’isoler; ensuite par 2 on chauffe, au moyen d’un courant de vapeur, le contenu de A.
- Le dissolvant vaporisé s’échappe par le tuyau 18, dont le robinet 17 a été ouvert, gagne le sommet du col de cygne, se condense dans le réfrigérant D et retourne par le robinet à trois voies 11 et le tuyau 13 dans le réservoir B. De cette façon, la perte en dissolvant provenant de ce qui peut être retenu par la substance à épuiser est insignifiante. On vide le lixiviateur A et on le charge à nouveau pour une autre opération.
- 3° Distillation du dissolvant contenu dans Valambic C; récupération de ce dissolvant et obtention
- de la suislance disscu'e. — Lorsque l’on juge qu’il y a assez d’extrait dans le liquide de l’alambic, on distille ce liquide après avoir tourné les robinets de manière à séparer l’alambic du lixiviateur et à rétablir sa communication avec le réfrigérant; la figure 4 indique clairement les parties de l’appareil qui servent dans celle troisième opération.
- Le liquide de l’alambic, chauffé par la vapeur entrant par le tuyau 1, s’échappe par le col de cygne 8, se condense dans le réfrigérant l)et retourne par 11 et 15 au réservoir IL Lorsque la pins grande partie du dissolvant est chassée, on recueille l’extrait par le robinet de vidange 9 ou par le trou de décharge 10, selon sa lluidilé.
- Cet appareil est d’un bon rendement et d’une manipulation facile. L’agencement de ses différentes parties met à l’abri des perles par évaporation et permet le maximum d’épuisement avec le minimum de dissolvant. G. Louciœi'x.
- LE STOCK D’OR MONDIAL
- Sait-on combien il a pu être extrait d’or approximativement, depuis l’origine, des diverses mines du monde? Le chiffre inléi esse les économistes au moins autant que les mineurs et l’on s’est efforcé, à bien des reprises, d’arriver à un total qui, pour les périodes modernes, peut être relativement exact, mais qui devient de plus en plus arbitraire à mesure que l’on recule dans le passé. Cependant ces incertitudes, concernant les anciens temps, influent moins qu’on ne le croirait sur le total, en raison de la prodigieuse rapidité avec laquel.c l’industrie de l’or a progressé depuis un demi-siècle. Tandis qu’au moyen âge on estime à peine à 3 ou 400 millions ce qu’il pouvait exister d’or en Europe et que, de 1500 à 1848 (avant la découverte de la Californie) on avait, en trois siècles et demi, extrait tout au plus 15 milliards et demi, actuellement, la production mondiale touche par an à 2 milliards. Chaque année qui s’écoule a donc h elle seule plus d'influence qu’un demi-siècle avant 1848.
- En combinant les données les plus accréditées, nous arrivons, pour le total de l'or extrait dans le monde, à 60 milliards, ou, approximativement, 17 600 tonnes. 11 peut être amusant de comparer à une autre substance précieuse qui, moins encore que l’or, est d’habitude comptée par tonnes : le diamant. Pour le diamant, on évalue la valeur totale extraite de la terre jusqu’à aujourd’hui (indépendamment de la plus-value considérable, introduite par la taille, puis par le travail de bijouterie) à 3,5 milliards, correspondant h une vingtaine de tonnes ou à 5,7 mètres cubes.
- La production actuelle de 2 milliards est fournie, pour environ les trois quarts, par les trois grands pays producteurs : le Transvaal, qui donne à lui seul 520 millions, l’Australie et les Etats-Unis ; tous les autres n’interviennent que pour un quart et, parmi ceux-ci, avant tout, la Sibérie, le Mexique et le Canada.
- Si l’on cherche d’où vient ce stock d’or de 60 milliards, on trouve une répartition entre les grands continents, plus équitable qu’on ne l’aurait supposé d’abord; environ 17 milliards pour l’Amérique du Nord (États-Unis, Mexique et Canada); 13,2 pour l’Australasie; 11 à 12 mil-
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- liante pour l’Amérique du Sud; Il à 12 pour l’Asie et l’Europe, qui, géographiquement, ne font qu’un et 6 pour l’Afrique, dont l’exploitation industrielle est beaucoup moins avancée, mais paraît devoir rejoindre rapidement les autres parties du monde.
- Par pays, les chiffres comptés en milliards sont les suivants, dans l’ordre hiérarchique, pour les régions principales (jusqu’au 1er janvier 1906).
- Etats-Unis 14,325 Autriche-Hongrie . . 1,765
- Australasie 13,130 Mexique 1.47
- Russie (Sibérie et Ou- Canada 1,3
- ral) 6,300 Chili 1
- Colombie 4,59 Chine et Corée . . . 1
- Brésil 3,80 Pérou 0,62
- Afrique du Sud . . 3,57 Guvaues 0,60
- Ouest africain . . . 2 Venezuela ... 0,30
- Parmi les districts célèbres, la part contributive de la Californie est jusqu’ici de 7 milliards, de la province de Victoria 6,5 milliards, du Transvaal 5,5 milliards, de l’Australie occidentale 1,-4.
- Enfin, le plus gros tas d’or que l’on ait encore rencontré dans le monde est celui du Witwatersrand au Transvaal, qui peut représenter 15 à 20 milliards rassemblés dans une centaine de kilomètres carrés. Dans des proportions beaucoup moindres, on peut citer le district de Calgoorlie en Australie occidentale, qui doit représenter au minimum 2 milliards, Cripple Creek, au Colorado, dont la valeur totale peut être de 1,5 à 2 milliards, le Yukon un moment si fameux qui peut valoir 8 à 900 millions.
- La plus grande mine d’or du monde est aujourd’hui celle de Homestake au South Dakota, qui broie, avec 900 pilons, 1 400 000 tonnes de minerais par an.
- Enfin, si nous comparons en poids la production de l’or à celle du fer, nous voyons que, toutes les heures, le monde livre en produits ferrugineux (fer, fonte et acier) à peu près autant de fer qu’il est sorti d’or depuis l’origine de l’humanité.
- L’écorce terrestre superficielle contient, en moyenne, 4,70 pour 100 de fer. Si l’on admettait (simplement pour fixer les ordres de grandeur) que les teneurs en or et en fer fussent proportionnelles à leur extraction annuelle, on arriverait, en comparant pour 1900 les 75,5 millions de tonnes de produits ferrugineux à la production d’or, aune teneur en or-d§ 0,0000 25 pour 100 ou 1 pour 4 000 000.
- Ÿ P. SaLLIOR.
- LA MINÉRALISATION EXACTE
- des Eaux Minérales
- On connaît les nombreuses conséquences scientifiques ou pratiques des lois établies vers 1880, par M. Raoult, relativement au point de congélation des dissolutions salines. Une nouvelle application des méthodes cryoscopiques1 vient d’être établie par le Dr Lucien Graux, qui a présenté dernièrement à la Société d’hydrologie médicale de Paris un Mémoire important sur l’influence de l’acide carbonique sur le point cryoscopique des eaux minérales.
- Le point cryoscopique d’une eau minérale pourrait, d’après M. Lucien Graux, servir d’élément caractéristique au même titre que sa minéralisation totale ; mais là intervient la considération de sa valeur en acide carbonique. Si le point cryoscopique dépend de la proportion dissoute
- 1 On sait que la cryoscopie est une des lois de la congélation des dissolutions salinesfaites dans un dissolvant quelconque.
- de ce gaz, les résultats ne seraient aucunement comparables puisqu’ils s’obtiendraient à l’aide d’eaux minérales soit prises à la source, soit plus ou moins fraîches.
- En opérant sur des eaux saturées de gaz carbonique sous pression et sur les mêmes eaux privées de leurs gaz aprèsun battage énergique, l’expérimentateur établit que la différence de points cryoscopiques n’élait que de 60 centièmes. Une autre expérience démontra nettement que l’acide carbonique libre, saturant une eau sous pression n’influait pas sur son point cryoscopique.
- L’établissement de l’indifférence de l’acide carbonique sur le point de congélation des eaux minérales présente pratiquement une importance considérable ; on devrait en effet, dans le calcul de la minéralisation des eaux, représenter les sels à l’état de monocarbonate et non de bicarbonate étant donnée la proportionnalité nettement établie par M. Lucien Graux entre le point cryoscopique et la composition de l’eau exprimée en sels anhydres et en monocarbunates. Le chiffre de la minéralisation ainsi obtenu est parfois la moitié du chiffre actuellement adopté. Ainsi l’analyse de l’eau de Chatel-Guyon devrait être corrigée de la façon suivante :
- Eau de Chatel-Guyon.
- ANALYSE ACTUELLEMENT ADOPTÉE
- Gaz acide carbonique libre..........1B',1120
- Chlorure de magnésium.............1er,5630
- Chlorure de sodium................1er,6350
- Bicarbonate de chaux.............. . . 2gr,1796
- Bicarbonate de soude...............0gr,9550
- Bicarbonate de fer.................0gr,0685
- Bicarbonate de lithine................0gr,0194
- Bicarbonate de potasse.............0e’ ,2585
- Sulfate de chaux....................06' ,4990
- Silice..............................0e*', 1108
- Arsenic. Acide phosphorique. Acide ) i
- , n • > traces,
- borique. Alumine.................)
- Total.... 8gr,5986
- ANALYSE RECALCULÉE DE l’eau DE CHATEL-GUYON
- Sulfate de chaux....................ûgr,4990
- Chlorure de magnésium................lgr,5630
- Chlorure de sodium...................lgr,6350
- Silice.............................. 0gr,1108
- Carbonate de chaux...........lgr,1951
- — dépotasse. .................0gr,1751
- — de soude..........0gr,6021
- — de fer............0gr,0446
- — de lithine........0gr.0095
- Total.... 5gr,8322
- La différence des minéralisations serait donc de (8gr,3986 — 5gr,8522) 2gr,5664, et ceci expliquerait la disproportion souvent signalée entre la forte minéralisation et le point cryoscopique relativement bas de l’eau de Chatel-Guyon. En adoptant comme minéralisation les sels monocarbonates, l’eau de Royat considérée comme riche de 5gr,623 de sels, n’en contiendrait que 5gr,8471, l’eau de Vichy au lieu de renfenner 8gr,244 de sels (source des Célestins) n’en contiendrait que 4gr,8639.
- Ces résultats nouveaux sont de nature à modifier sensiblement les usages thérapeutiques des eaux minérales.
- Paul Diffloth.
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- LES VOLCANS DE BOUE
- La Macalube de Girgenti
- Les volcans de boue de la Sicile n’ont très probablement aucune relation avec le volcanisme, et, en dehors du massif de l’Etna, les terrains de ce pays sont sédi-mentaires. La vaste étei 1 due des soufrières, notamment, n’a aucun caractère éruptif; son origine est essentiellement calme. En effet, avant le soufre, il y avait le gypse; le gypse, ou sulfate de chaux, existe encore en plusieurs points, dans la région de Racalmuto, par exemple. 11 y apparaît à la surface du sol avec une structure entièrement cristallisée et, durant les nuits
- le gaz doit la possibilité de traverser l’argile, et ce sont ces deux éléments qu’il apporte à la surface du sol. Une visite à la Macalube est toujours des plus intéressantes.
- De Girgenti, le chemin de fer conduit en peu de temps à la petite station d’Aragona-Caldare isolée dans une contrée infiniment triste et à quelques kilomètres de la petite ville d’Àragona. A une assez courte distance de la minuscule gare, on s’engage dans une campagne nue et stérile; c’est une série
- Fig. 1. — Cône dont les flancs sont craquelés et recouverts d’efflorescences de sel.
- de lune, les innombrables clivages de ses cristaux sont autant de petits miroirs qui produisent dans cette campagne déserte un effet absolument féerique. Or, c’est de la décomposition lente et sur place des masses gypseuses du sous-sol que résulte le soufre, et l’on retrouve la chaux dans sa gangue qui est calcari-fère. Les gisements de gypse et de soufre étant voisins de Girgenti, c’est à la décomposition du gypse et à sa transformation en soufre, qu’il paraît raisonnable d’attribuer l’existence de la Macalube. Cette décomposition, due à la présence de matières organiques, donne naissance à du gaz hydrogène carboné, lequel tend à s’échapper par les fissures du sol ; ce fait se produit dans une foule de pays; mais ici, il rencontre sur son passage des eaux séléniteuses et une couche d’argile. C’est à la collaboration de l’eau que
- de collines arrondies et de vallons peu profonds qui s’alternent, de plus en plus desséchés, de plus en plus brûlés à mesure que l’on avance, et qu’il faut franchir transversalement en suivant une direction O.-S.-O. Le gazon, qui y verdit comme à regret au cours de l’hiver, offre durant l’été une sorte de paillasson ras, à demi pelé, qu’un sol argileux et fissuré retient à peine. Au bout d’une heure on atteint une colline plus élevée et grisâtre qui est la Maca-liiba, et à la partie supérieure de laquelle s’ouvrent une cinquantaine de petits cratères dont beaucoup sont étonnants de perfection (fig. 3).
- Leurs dimensions augmentent à l’approche du sommet; le diamètre des cratères varie ainsi de 10 à 60 centimètres, mais les plus jolis mesurent de 15 à 25 centimètres. Les cônes, édifiés par les cou-
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- Fig. 2. — Partie centrale de la Macalube.
- lées successives de boue, sont très surbaissés et à rondie, est emplie d’argile plus ou moins claire et base large. Leur bouche, généralement bieirar- qui de temps en temps s’agite sous l’effort des gaz
- Fig. 3. — Cratères jumeaux à la partie supérieure d’un cône.
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- internes; ces gaz arrivent, brusquement, en bulles, et provoquent le débordement de l’argile. Celle-ci s’épanche alors en une ou plusieurs coulées grises, qui se maintiennent pendant un certain temps, puis diminuent et s’arrêtent jusqu’au prochain bouillonnement des gaz.
- Lors de notre passage en août 1902, tous les cônes étaient actifs et presque tous étaient intermittents, avec une fréquence qui variait d’un cratère h l’autre. Sous l’influence d’un soleil torride, ces coulées se sèchent rapidement, puis s’écaillent et se recouvrent d'une efflorescence blanche due à la présence du sel ; une grande partie de la Macalube paraît ainsi givrée (fig. 1).
- Il est fort intéressant de constater, sur les pentes des principaux cônes, des petits cratères adventifs également ouverts et dans lesquels l’argile s’agite pour s’épancher en ruisselets; il est de ces cônes qui semblent ainsi de délicates réductions de l’Etna. D’ailleurs, toute la partie active de la Macalube offre aux regards un relief infiniment joli, sur lequel nous circulions avec mille précautions de peur de laisser, sous forme d’empreintes, la profanation de nos pas. Nous pûmes constater la variété de densité des déjections, car certaines bouches ne rejettent que de l’eau trouble; la salure légère est constante et la température à peine tiède.
- Au centre de celte curieuse manifestation géologique, le sol est à peu près plan, les orifices d’émission sont plus larges, les bords des cratères moins proéminents et les déjections plus abondantes ; aussi y a-t-il ici plus de confusion, l’argile s’y étale, les différentes coulées s’y confondent; c’est là un point qu’il est préférable d’éviter, car on pourrait s’y enliser (fig. 2). Le terrain, en effet, manque de solidité et il suffit quelquefois de marcher sur les flancs d’un petit cône pour y provoquer, par pression, l’élévation de l’argile dans le cratère.
- Vers la fin de l’été, quand la boue desséchée par la température élevée de la belle saison obstrue depuis un certain temps les orifices d’émission, la pression des gaz accumulés provoque parfois l’explosion du bouchon argileux; un jet violent s’élance alors dans l’espace, des cratères plus larges s’ouvrent et des coulées plus abondantes s’épanchent.
- La Macalube deGirgenti appartient au groupe des volcans boueux froids. Il en est de même de la Salse de Paterno (Sicile) et de celles de Sassuno et de Sassuolo en Italie continentale. Aug. Robin.
- LES DICTONS AGRICOLES
- Les proverbes populaires relatifs aux saisons et aux récoltes sont innombrables et ont fait, dans divers pays, l’objet de monographies intéressantes. M. Alexis Yermoloff, membre du Conseil de l’Empire russe, ancien ministre de l’agriculture de Russie, et correspondant de l’Institut de France, vient de publier sous ce titre : Le Calendrier
- agricole du Peuple1, le premier travail d’ensemble sur la matière. C’est un recueil aussi complet que possible des prédictions météorologiques, des dictons et formules concernant la vie des champs, en usage chez les principaux peuples de l’Europe. Bien que l’auteur se soit borné, dans cet ouvrage purement documentaire, à un classement méthodique et aux quelques développements indispensables, les conclusions s’en dégagent d’elles-mêmes et valent d’ètre indiquées dans ces colonnes.
- Tout d’abord, rien de plus fécond que la littérature sentencieuse du calendrier paysan. Chaque saison amène respectivement son cortège de prédictions et de dictons traditionnels, — les plus généraux et, sans doute, en vertu de cette généralité môme, les moins arbitraires. — Mais on en peut constater autant de chaque mois et, pour ainsi dire, de chaque jour. 11 est bien peu de saints qui, à en croire un ou plusieurs proverbes, ne, marquent quelque étape importante dans la marche des temps et n’assignent aux produits du sol, par la manière dont ils se comportent, une destinée contraire ou propice. Février, par exemple, n’a que six de ces jours oubliés, et juillet n’en connaît que cinq. Certaines dates, — en dehors des grandes fêtes comme le Mardi gras, Pâques, Noël, etc., — sont, au contraire, privilégiées; la Chandeleur notamment (2 février) a inspiré à elle seule plus de cent trente formules en plusieurs langues.
- Quel est le contenu de ces formules, souvent heureuses dans leur pittoresque concision? Elles portent sur les objets les plus divers : les astres, le vent, la. lune, la pluie et les orages, la vie animale et végétale; principalement sur la température et les récoltes. Elles se bornent parfois à une simple constatation :
- A la fête de la Chandeleur,
- Les jours croissent de plus d’une heure,
- El le Iroid pique avec douleur.
- Ici le bon sens populaire se contente d’enregistrer purement et simplement le résultat de ses observations. De même à la Saint-Pierre (lô janvier), date à laquelle les réserves de l’hiver sont à moitié épuisées, nos paysans constatent cette vérité en quatre mots
- Mi-janvier, mi-pailler,
- que nous retrouvons en Allemagne sous une forme aussi brève et non moins expressive :
- Peter Halbfutter
- (c’est-à-dire, à peu près, Pierre mi-fourrage), et en Italie, où l’on dit couramment :
- A mezzo Cennaro, mezza paglia,
- proverbe de sens identique.
- Mais les plus intéressants des dictons agricoles sont les dictons prophétiques, ceux qui renferment, à un degré quelconque, une prédiction ou, —pour nous conformer au vocabulaire philosophique, — une inférence. Telles données météorologiques à telle date étant posées, le peuple des campagnes se croit en mesure d’annoncer l’état de la température, de l’atmosphère, du sol et de ses produits à telle autre date postérieure : il y a là une sorte de raisonnement par induction.
- Soit, par exemple, le 8 juin, jour auquel préside Saint-Médard, grand-maître, traditionnel de la pluie. Le dicton
- 1 Der landwirtschaftliche Volhskalender. Leipzig, 1905.
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- très connu relatif à celte date est, en même temps, fort typique :
- S’il pleut à la Saint-Médard Il pleut quarante jours plus tard....
- et la version intégrale :
- ...A moins que la Saint-Barnabe (11 juin)
- Ne raccommode ce qui est gâté,
- formule un raisonnement d’une certaine complexité.
- Remarquons en passant que les proverbes prophétiques sur les récoltes se réduiraient facilement à ce type de proverbes purement météorologiques. Annoncer que la moisson se comportera d’une manière ou d’une autre revient, en effet, à prévoir que la saison se comportera elle-même de telle ou telle façon. Les laboureurs allemands prononcent à ce propos, sous une forme saisissante :
- Bas Jalir bringt Getreide, nicbl dor Aeker, dicton que nous traduirons ainsi :
- Ce n’est pas le champ, mais bien l’année, qui porte les épis.
- Il serait intéressant d’établir une classification complète des proverbes ruraux au point de vue des types de raisonnement scientifique auxquels ils ressortissent. Nous ne tenterons ici rien de semblable. Contentons-nous de mentionner les formules concernant les jours qui, dans la pensée populaire, sont des dates climatériques, ce qu’on pourrait appeler des « dates-carrefours » :
- A la Saint-Vincent (22 janvier)
- L’hiver monte ou descend.
- A la Saint-Vincent
- Les glaçons perdent leurs dents
- Ou les recouvrent pour longtemps.
- Kl maintenant, quelle valeur convient-il d’attribuer aux prédictions de cette météorologie spontanée?
- « Le pouvoir de pénétrer les secrets de la nature, — nous dit M. Yermololf,— d’observer ses manifestations et, jusqu’à un certain point, de les prévoir, n’est pas l’apanage des seuls hommes de science.... Si le peuple, dans la majorité des cas, est impuissant à faire la lumière sur les phénomènes qu’il lui est donné de constater, s’il leur attribue une signification souvent controuvée, et parfois même tout à fait fantastique, il n’en retire pas moins, de sa continuelle fréquentation de la nature, une sympathie attentive pour elle qui; ne peut que l’aider à la connaître et à la deviner. » D’après l'éminent savant et homme d’État que nous écoutons ainsi, les prophéties naïves des dictons sont donc, beaucoup plus fréquemment qu’on ne le croit, en concordance avec les conclusions que la science tire de ses observations raisonnées, et se vérifient dans une large mesure. « Tout le monde, — continue M. Yermololf,— a eu l’occasion de remarquer à quel point est fondée mainte prédiction condensée en formule par les agriculteurs. » Il invoque en exemple ces proverbes français :
- Mars aride,
- Avril humide,
- Mai froid et pluvieux Présagent l’an fructueux;
- Avril et mai de l’année font la destinée,
- proverbes dont on retrouve sans peine les équivalents en russe et en allemand.
- C’est d’ailleurs dans cette concordance des dictons dans
- les pa\s les plus divers que l’auteur veut voir la preuve de leur validité. «Lepaysan russe sait quand la tiédeur du printempscommence à régner définitivement, et prononce :
- Avant la Pentecôte, ne quitte point ton manteau;
- or, l’Allemand dit :
- Der Bauer nach der alten Art Triigt den Pelz bis Himmelfahrt,
- (le paysan, selon l’antique usage, reste couvert jusqu’à l’Ascension); et, de fait, la température est plus élevée en Allemagne qu’en Russie, ce qui fait qu’on y peut arborer plus tôt ses vêtements légers. » M. Yermololf pourrait ajouter, à l’appui de sa thèse, que l’on dit chez nous :
- Au mois d’Avril Ne quitte pas un fit;
- Au mois de Mai Ouille ce qu’il le plaît.
- Mais citons, d’après lui, un exemple tout à fait saisissant. Au dicton russe : Prêtres, avant la Saint-Jean, priez Dieu pour avoir la pluie; après ce jour, nos prières de pêcheurs suffiront à l’obtenir, correspond trait pour trait le dicton westphalien : Vor lolianni miissen die Priester uni Regen bit le n ; nach lolianni kann man's selber thun. « En l’espèce,— se demande M. Yermololf, — quel est le pays qui a emprunté à l’autre non seulement le sens du dicton, mais encore jusqu’aux expressions!... Seraient-ce là des mots vides de contenu, et non le résultat d’observations portant sur le cours des siècles dans les différents pays? Serait-ce sans fondement que l’on attend dans les lieux les plus divers un résultat identique de la pluie, de la neige, du froid et du chaud, et qu’on prie les mêmes saints aux mêmes jours dans un seul et même but? »
- Sans aller tout à fait aussi loin que l’auteur du Calendrier agricole du peuple, nous estimons qu’il serait téméraire de refuser toute créance aux sentences prophétiques des habitants des campagnes. Elles résument les observations de générations innombrables et ne se sont transmises d’àge en âge que parce qu’elles se sont vérifiées, au moins approximativement, dans des cas assez fréquents, en sorte que leur antiquité même fait toute leur valeur. Si la tradition nous dit :
- Hiver trop beau,
- Été sans eau,
- c’est que la tradition a enregistré, après les hivers cléments, plus d’étés secs que d’étés pluvieux.
- Le trésor actuel des prédictions météorologiques doit d’autant moins être rejeté a priori, que sa formation dans la suite des temps répond, pour les populations rurales, à une nécessité pratique et fondamentale, aux exigences de la lutte pour la récolte, — c’est écrire de la lutte pour la vie.
- Sans doute, il ne s’agit pas ici de vérifications scientifiques ni de certitude expérimentale. Nous sommes, avec les dictons agricoles, dans le domaine de l’empirisme, et le moindre travail de laboratoire tant soit peu correct a plus de portée, au point de vue de la méthode, que la masse des formules populaires dont on a pu faire un gros et curieux livre. Mais l’ensemble des documents rassemblés dans ce volume (qui n’est que le premier de la traduction allemande de -4 tomes déjà parus en russe) n’en est pas moins des plus utiles à consulter. Maurice Reclus.
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- LA NATURE.
- LES ASCENSEURS ELECTRIQUES1
- Nous avons déjà parlé ici même de celle question importante des ascenseurs électriques ; nous avons exposé les divers systèmes alors connus, et nous avons fait ressortir tous les avantages qu’ils pouvaient présenter dans les constructions nouvelles. Nous avons eu l’occasion dernièrement d’examiner le fonctionnement d’un nouvel ascenseur qui n’a rien laissé à désirer et qui, au contraire, a présenté une très grande économie dans la dépense d’énergie électrique; nous croyons utile de faire connaître cet appareil à nos lecteurs.
- Le nouvel ascenseur électrique est à treuil à chevrons ; il est construit par MM. C. Wüst et Cie, à Paris. La figure 1 nous donne une vue d’ensemble de l’installation totale, et la figure 2 représente en détail le treuil lui-même. Le courant électrique est fourni à l’installation, que nous avons examinée dans Paris, par le secteur de la place Clichy ; il est continu et à 220 volts. Il arrive d’abord au tableau de distribution intérieure A, se rend au moteur B qu’il met en marche. Sur l’arbre du moteur électrique, nous trouvons en D un frein électrique, dont le fonctionnement dépend de l’interrupteur de sûreté G, et que nous examinerons plus loin en détail ; après le frein électrique est le carter qui renferme le réducteur à chevrons, puis le tambour F sur lequel s’enroulent les câbles qui maintiennent la cabine en suspension. On remarquera en
- 1 Voy. n° 1535, du 25 octobre 1902, p. 326.
- R un régulateur à lorce centrifuge, dont nous verrons le rôle. La cabine de l’ascenseur est établie dans la cage de l’escalier; la porte est munie d’un contact
- électrique, de sorte que l’ascenseur ne peut être mis en mouvement avant que la porte ne soit fermée. On aperçoit en E le contrepoids qui équilibre le poids de la cabine et environ la moitié du poids utile. En G est le lambourde manœuvre auquel sont reliés tous les câhles qui aboutissent à la cabine; sa position est en relation constante avec celle de la cabine. Il détermine le sens du mouvement en donnant le courant sur l’un ou l'autre fil du moteur, suivant que la cabine est au-dessus ou au-dessous de l’étage où l’on veut se rendre. La pression sur un bouton met l’ascenseur en marche, et la cabine ne s’arrête qu’après avoir atteint l’étage que le bouton désigne.
- Ajoutons que la cabine se meut sans secousse et sans bruit et d’une façon régulière. La manœuvre est très simple et peut être confiée à toute personne. L’ascenseur ne peut être mis en marche que lorsque toutes les portes sont fermées; on ne peut ouvrir une porte que lorsque la cabine est arrêtée en face de cette porte. Une fois l’ascenseur en mouvement, aucune manipulation n’est nécessaire pour que l’arrêt se produise à l’étage choisi d’avance ; mais dn peut, de l’intérieur de la cabine, arrêter l’ascenseur à volonté et changer en même temps, si on le désire, le sens de la marche.
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de l'installation totale d’un ascenseur électrique à treuil à chevrons, système Wüst et C'% à Paris. •
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- Tous les appareils de sécurité ont été prévus pour assurer la marche de l’ascenseur dans les meilleures conditions. Nous allons parler de ces différents appareils en examinant les détails du treuil électrique que représente la ligure 2. Le treuil est composé, comme on le voit, d’un bâti en fonte sur lequel reposent tous les organes. Nous trouvons d’abord en bout le moteur électrique, dont la puissance est naturellement appropriée à l’installation. Sur l’arbre du moteur se trouve aussitôt un frein électrique, qui peut agir par l’intermédiaire de leviers en bois coudés et de sabots en bois sur un manchon d’accouplement de grand diamètre calé sur l’arbre ; il est mis en action dès que le courant vient à manquer. On voit dans la ligure 2 le levier relié d’une part à l’arbre du moteur et, d’autre part, maintenant une tige de fer plongeant à l’intérieur d’un solénoïde, placé dans le circuit électrique. Sur l’arbre du moteur est placé après, dans un carter hermétique rempli d’huile, le réducteur de vitesse à chevrons hélicoïdaux, par lequel la maison Wüst et Ci0 a remplacé la vis sans lin ordinairement employée. Ce réducteur, dont les dents forment un angle aigu, a un rendement industriel qui atteint près de 90 pour 100; il se prête aux plus grandes puissances, a une marche silencieuse, et une très grande durée. Vient ensuite un frein à ruban qui agit directement sur le tambour des cables et qui peut être déclenché par le régulateur de vitesse. Pendant le service de l’ascenseur, ce frein est maintenu ouvert par un crochet
- qui est relié au régulateur à force centrifuge au moyen d’un câble flexible. Si la vitesse maxima fixée pour l’ascenseur est atteinte, le régulateur se soulève et déclenche le frein qui arrête l’ascenseur et coupe en même temps le circuit électrique.
- Cet ascenseur présente donc, on peut le dire, les plus grandes mesures de sécurité dans son installation même ; il est muni de deux freins qui agissent, l’un lorsque le courant manque, et l’autre lorsque la vitesse dépasse le maximum.
- Nous avons pu assister au fonctionnement et à la mise en marche de l’ascenseur dont il est question, et les résultats que nous avons observés ont été les suivants. L’ascenseur a parfaitement fonctionné; il est monté, descendu, s’est arrêté en route, a obéi très exactement à toutes les manœuvres. Il était établi pour 5 personnes, le poids de la cabine et la moitié du poids utile étant équilibrés. Nous avons pu observer, dans diverses expériences successives, les résultats suivants. Avec un poids net de 220 kg, une vitesse de 50 centimètres par seconde, pour une course de 15 mètres, l’énergie électrique tolale consommée pour la montée, la descente, la manœuvre des des boulons a été de 24 watts-heures. La consommation d’énergie a été marquée par un compteur spécial pour l’ascenseur, se prêtant aux observations les plus faibles. La chute de tension aux bornes du compteur au moment du démarrage a été entre 5 et 4 volts. Au prix actuel de 0,06 fr. l’hec-lowatts-heure pour la force motrice dans Paris, nous pouvons donc déduire que la manœuvre de l’ascenseur est revenue au prix de 0,0144 fr. C’est un chiffre que nous sommes
- heureux de pouvoir enre-
- gistrer.
- J. Laffahgüe.
- Fig. 2. — Détails du treuil électrique à chevrons employé dans la commande de l’ascenseur..En cartouche, roues à chevrons.
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- LA NATURE.
- LA DÉFENSE ALLEMANDE
- contre le Choléra en 1905
- A la séance du 0 janvier de l’Académie de médecine, MM. les D''“ Chantemesse et Borel ont rendu hommage aux efficaces moyens de lutte, mis en œuvre en 1905 par l’Allemagne, contre l’épidémie de choléra, qui s’est manifestée alors entre la frontière russe et Berlin, en contre-coup logique de l’épidémie des Indes en 1-900, et de la Mecque en 1902. Très favorisée par les circonstances climatériques d’un été plutôt frais en fin de saison, la défense sanitaire de l’Allemagne a été on ne peut mieux conçue et mérite de servir de leçon et d’exemple.
- Depuis longtemps l’Allemagne avait prévu l’attaque éventuelle du choléra. Jugeant insuffisante la loi d’hygiène intérieure analogue à notre loi de février 1902, elle avait, dès 1900, institué une loi spéciale relative au choléra, à la peste, à la lièvre jaune, au typhus, à la lèpre, à la variole. Très rigoureuse, cette loi fut renforcée par celle de février 1904, et toutes deux constituèrent un ensemble de mesures dont l’efficacité n’est assurée, il est vrai, que par la violation du principe de la liberté individuelle telle qu’on la cultive souvent trop en France.
- Nous aurions certes de la peine à faire plier nos concitoyens aux deux prescriptions suivantes :
- Isolement de tout malade, observation de cinq jours ; isolement éventuel de tout suspect;
- Isolement de tout détenteur de bacilles paraissant bien portant, mais supposé suspect.
- Ces prescriptions cependant ont formé la hase de la lutte allemande contre la dissémination du choléra.
- En ce qui touche la propagation on promulgua un règlement rigoureux pour la surveillance sanitaire de la navigation intérieure. Les bateliers reçurent le précis et formel commandement qu’il est curieux de rapporter :
- « Tu peux te protéger, toi et ta famille contre le choléra.
- « Le poison cholérique est contenu dans l’eau avec laquelle ta profession te met en contact.
- « Ne bois pas l’eau des rivières; ne t’en sers pas pour te nettoyer, ni toi ni les objets dont tu fais usage.
- « Ne puise de l’eau qu’aux fontaines munies d’un écriteau favorable.
- « Avant de prendre tes repas lave-toi les mains avec de l’eau et du savon. *
- « Ne mange que des aliments cuits.
- « Ne souille pas l’eau des rivières avec des déjections et fais cette défense à ceux qui dépendent de toi.
- « Emploie pour tes besoins des vases spéciaux qui te seront remis et qui contiennent du lait de chaux.
- « En cas d’indisposition va trouver le médecin le plus proche. »
- 11 va sans dire que la surveillance médicale la plus consciencieuse était exercée le long des cours d’eau atteints : visite par un médecin porté dans un canot signalé par un pavillon blanc ; locaux spéciaux et distincts pour l’isolement des malades et celui des suspects ; inspection médicale de l’eau absorbée par les bateliers; emploi d’appareils pour que les déjections fussent désinfectées avant d’ètre jetées à l’eau; drapeau jaune pour signaler les cas de choléra, drapeau noir pour le décès cholérique; analyse bactériologique des selles; remise en liberté des suspects après deux examens négatifs, etc.
- Quant au transport du choléra par des détenteurs de bacilles, danger si grand eu égard aux milliers d’émigrants
- russes, roumains, hongrois s’embarquant à Hambourg ou à Brême pour les Etats-Unis, il a été conjuré par l’application stricte du règlement sanitaire maritime et de la loi sur l’émigration. On a réussi à faire franchir à ces émigrants le territoire allemand, pour ainsi dire sans contact avec le pays, et par des dispositions de visites médicales, bains, désinfection de linge, division des baraquements en propres et infectés, surveillance de la police, quarantaine préventive de cinq jours, etc. Le tout disciplinairement pratiqué tant aux stations-frontières d’arrivée que dans les ports d’embarquement.
- Malgré ces précautions draconiennes, toutes les voies navigables allemandes de la Yistule à l’Elbe ont été envahies par le choléra ; mais on a réussi à sauvegarder les réseaux de la Wéser, du llbin, de la Moselle, du Mein, par lesquels la contamination eût certainement atteint le Danube et la France. Et MM. Chantemesse et Borel concluent nettement que notre loi de 1902, malgré les sauvegardes qu’elle prescrit et autorise, reste bien frêle au l’egard de la législation germanique si salutaire de 190-4 : celle-ci, certes, sacrifie les commodités de l’individu (suspect ou malade), mais c’est pour le salut de la collectivité ; il est permis de dire et équitable de reconnaître que les admirables règlements allemands ont, en 1905, arrêté la marche du choléra vers l’Europe occidentale. D' OuAiui.
- CHRONIQUE
- Le caoutchouc d’Afrique. — Sans souci de la monotonie et de la répétition, nous revenons encore a la question du caoutchouc, à cause de l’importance industrielle et scientifique du sujet. Dans une récente conférence à la Société de géographie, M. Auguste Chevalier a exposé ses vues personnelles sur le caoutchouc de l’ouest africain. Selon le distingué naturaliste explorateur, la production décroît par suite de 1 exploitation brutale et irraisonnée des indigènes, excepté dans le Congo français, le Cameroun et la Côte d’ivoire. Le caoutchouc d’Afrique est fourni par trois sortes .d’essences : 1° petites plantes aux fortes racines vivant dans les savanes incendiées annuellement (caoutchouc des herbes) ; 2° lianes des genres Landolphia, Clitandra et Carpodinus habitant la savane et la forêt; 5° arbres (Funtumia elastica) dans les forêts. Contre la disparition du caoutchouc des herbes, il n’y a rien à faire. Pour garder celui des lianes il faut refréner les feux de brousse. Quant aux arbres il faut les planter et les cultiver avec sagacité ; les plantations d’Hevea brésilien et de Ceara américain réussissent fort bien, à condition d’ètre protégées contre la dent des animaux brouleurs et de recevoir 1 mètre de pluie par an. Aussi ne doit-on pas hésiter à remplacer le régime de l’exploitation irraisonnée par celui de la plantation rationnelle dans chaque village.
- Alliages d’aluminium. — 11 s’agit du zisium et du ziskon, qui. ne sont pas encore très connus de nos lecteurs, croyons-nous, ils sont tous les deux blanc argent, et donnent de bonnes fontes, employées surtout pour le matériel scientifique ; le premier est plus léger, mais le second est plus résistant et plus dui. Lé ziskon est un alliage zinc-aluminium contenant un tiers à un quart de son poids de zinc; il ressemble assez comme apparence à l’acier à outils.
- Les vertèbres cervicales des cétacés. — On sait que, par adaptation au milieu aquatique, les vertè-
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- b res cervicales des cétacés sont très courtes, et, dans la plupart des cas, plus ou moins complètement fusionnées entre elles. Le D1' 0. Keche, dans une note sur la forme et la fonction de ces vertèbres parue dans le Genaische Zeitschrift, fait observer que le raccourcissement et la soudure sont surtout prononcés chez les espèces qui, comme les vraies baleines, vivent uniquement d’organismes de petite taille, dont la capture ne nécessite, en effet, aucun mouvement de tète. Chez les espèces surtout iehtyophages une certaine mobilité de la tète et du cou est nécessaire, et les vertèbres sont plus importantes et plus indépendantes. Dans le groupe des dauphins, le narval et la baleine blanche [béluga) se distinguent des autres cétacés par la plus grande longueur relative des vertèbres cervicales, toutes isolées. Dans le cas du narval, celte structure est indispensable pour permettre au mâle de mouvoir aisément le long éperon dont il est pourvu. Quant à la béluga, on croit qu’elle se nourrit de poissons agiles et volumineux, droù aussi nécessité d’un cou mobile.
- La chaleur du soleil. — L’autre jour, le professeur américain Langley faisait une comparaison assez saisissante, et dont nous lui laissons du reste la responsabilité, pour donner une idée de la puissance calorifique de ce qui nous arrive de la chaleur solaire. En une minute, le soleil nous envoie, ou du moins nous recevons de lui, assez de calorique pour élever à la température d’ébullition 57 ÜOO millions de tonnes d’eau; et tous les gisements de houille de Pensvlvanie, qui auront, à la lin de leur exploitation, suffi aux besoins des Etats-Unis durant un siècle, ne pourraient pas assurer, durant un millième de seconde, le résultat qu’on pourrait demander à la chaleur solaire.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du >9 février 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- La nitrification intensive. — M. Müntz expose qu’il continue avec M. Lainé l’étude de la nitrification intensive. Les recherches des deux savants ont porté cette fois sur l’influence des matières organiques, résidus de la vie animale et végétale qui se présentent sous la forme habituelle de l’humus. Autrefois on croyait que ces débris étaient indispensables à la fermentation nitrique; des théories récentes les ont fait regarder non seulement comme inutiles, mais encore comme nuisibles. La détermination exacte de leur rôle est de grande importance pour l’établissement des nitrificateurs. MM. Müntz et Lainé montrent que loin d’ètre nuisibles l’abondance de matière organique favorise à un haut degré la production du nitre, que plus un sol en est pourvu, plus il renferme d’organismes nitrificateurs vivaces, prêts à entrer en fonction s’ils reçoivent des substances nitrifiables. Les sols pauvres en humus ne peuvent être menés que lentement et graduellement en bonne nitrification ; il faut leur préférer le terreau qui est chargé de colonies microbiennes d’une extraordinaire activité.
- Application de la photographie. — M. Laussedat rappelle qu’il a déjà signalé les applications de la photographie à la géographie et à la géologie; il indique aujourd’hui celles que peuvent en faire les architectes en montrant les résultats obtenus depuis 20 ans en Allemagne, résultats fondés sur les principes de la perspective.
- Nos artistes français, à qui incombe le soin de continuer a série incomparable des archives de nos monuments historiques créée par leurs devanciers, se servent plus ou moins de la photographie. Mais ce sont là des efforts isolés et qui ne permettent pas d’obtenir de la photographie tout ce qu’on peut en tirer. En Allemagne, depuis 1885, fonctionne un Institut spécial des archives des monuments (Das Denkmaler Archiv) composé d’un directeur, le savant architecte D'' Meydenbauer et de six opérateurs. En 20 ans cet Institut a relevé les plans, coupes et élévations de 835 monuments dans 185 localités différentes, en Allemagne et même dans les pays étrangers (Athènes, Constantinople, Damas, Jéricho). M. Laussedat mentionne des travaux méthodiques analogues effectués par un jeune architecte français, M. Le Journeau, en Thessalie, en Macédoine, en Epire, qui ont déjà figuré au Salon de 1904 ou qui figureront au Salon de 1900.
- Ebullition du fer et des métaux voisins. — M. Mois-san résume ses nouvelles recherches sur l’ébullition et la distillation des métaux de la famille du fer. Ces corps ont des points d’ébullition bien différents ; le manganèse est le plus volatil. Après lui, vient le nickel, dont l’ébullition est très régulière. Le chrome distille avec facilité sous l’action d’un courant de 500 ampères et 110 volts. L’ébullition du fer est plus difficile à obtenir et elle est précédée d’un dégagement tumultueux des gaz que ce métal liquide dissout avec tant de facilité. Avec un courant de même intensité que précédemment, un ne distille que 14 grammes de fer en 5 minutes. Mais avec un courant de 100 ampères et 110 volts pendant 20 minutes, on volatilise 400 grammes de métal. Le point d’ébullition de l’uranium est plus élevé que celui du fer. La distillation ne se produit qu’avec des courants de 700 ampères à 110 volts après 5 minutes de chauffe. Le molybdène et le tungstène sont beaucoup plus difficiles à porter à l’ébullition, et l’on n’obtient une ébullition régulière du tungstène avec le même courant qu’au bout de k200 minutes. Tous ces métaux peuvent être amenés à l’état gazeux et distillés régulièrement.
- La durée de certaines décharges électriques. — M. Becquerel dépose une Note de MM. André Broca et ’lurchini dans laquelle les auteurs font connaître qu’ils ont étudié, au moyen d’un miroir tournant, la durée de la décharge dans un tube à rayons X. Pour cela, ils ont photographié une petite étincelle traversée par la même décharge. Ces pelites étincelles sont fort peu lumineuses. Les auteurs ont pu avoir les pho ographics étalées au moyen d’un miroir, grâce à une série de précautions appropriées et à l’emploi de plaques lumière S plus sensibles que les plaques ordinaires. La décharge dure environ 1/1500 de seconde.
- Les substances caramélisées. — M. Roux rappelle que M. Trillat a signalé, dans les produits de la combustion du soufl e, l’existence de l’aldéhyde formique. L’auteur a continué ses recherches en les portant sur les matières caramélisées; il y constate encore la présence de cet aldéhyde. Le fait a non seulement une importance au point de vue de la constitution de ces matières, mais il explique pourquoi des mélasses surchauffées ne peuvent plus fermenter.
- Danger du lait des vaches tuberculeuses. — M. A. Calmette donne communication d’un travail qu’il a effectué avec M. Breton sur les effets de la consommation du lait des vaches tuberculeuses. Les auteurs concluent que chez les cobayes infectés de tuberculose, soit par voie digestive, soit par voie intrapéritonéale, l’ingestion répétée de
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- petites quantités de bacilles tués par l’ébullition hâte la mort comme le feraient de petites doses de tuberculine. En outre, chez les cobayes sains, l’ingestion de bacilles tués par l’ébullition ri’est pas inoffensive. L’ingestion de produits tuberculeux, stérilisés par la chaleur, peut être très dangereuse pour les sujets déjà infectés et même pour les sujets indemnes. 11 suit de là qu’il faut proscrire de l’alimentation des enfants le lait, même stérilisé, provenant de vaches tuberculeuses, la stérilisation ne suffisant pas pour détruire la nocivité. Ch. du Villudeuil.
- TATOUAGE LAOTIEN
- Le laboratoire d’anthropologie du Muséum a reçu dernièrement de M. le I)1' Roul'fiandis, par l’aimable entremise de M. l’Inspecteur général Kermorgant, membre de l’Académie de médecine, un curieux spécimen de tatouage, provenant d’un Laotien de Pak-lIui-Boun.
- Ce tatouage, dont le dessin fort compliqué est en partie reproduit dans la figure ci-contre , s’étendait, comme un caleçon brodé,de l’ombilic à la région poplitée.
- 11 représente le type le plus ordinaire de ce genre d’ornementation dans le Moyen Laos.
- On ne le rencontre guère, assure M. Roul'fiandis, que parmi les Laotiens des bords du Mékong; il est très rare dans l’intérieur, et toujours bien moins complet que chez les riverains du lleuve. Les figures dessinées sont d’une teinte bleue-noirâtre. On les obtient en introduisant dans le derme une matière grasse composée de fiel de porc ou d’ours mélangé de noir de fumée. Les instruments sont un poinçon à rainure et une lame pectinée; l’artiste tatoueur trace d’abord au trait, avec son poinçon, l’esquisse des figures qu’il veut faire, et avec son peigne il en pointillé les intérieurs.
- Le voyageur norvégien, Cari Bock, a publié naguère, dans ses Notes sur les populations du Laos occidental, imprimées au tome III, 2e série, des Mémoires de la Société d'anthropologie, une sorte de gabari que lui avait tracé, sur une feuille de papier, un maître tatoueur de La-Kon. On y voit représentés avec une certaine verve barbare, des animaux en mouvement : éléphants, singes, tigres, civettes, chauves-souris, vautours, hérons, etc., et aussi plusieurs de ces fabuleux rackshasas, qui
- jouent un rôle si important dans l’iconographie indochinoise .
- Toutes ces figures sont jetées un peu au hasard par l’artiste et chacune d’elles est séparée des voisines par de fins persillages. Le bord supérieur du dessin forme une courtine à créneaux arrondis, dont chacun loge une sorte de paon, faisant la roue, tandis que le bas-venlre est orné de deux rackshasas affrontés et menaçants.
- L’original de M. Roufliandis s’écarte sensiblement de ce schéma de Cari Bock. La ceinture est plutôt formée de plaques ovales que de créneaux et les oiseaux que l’on y a tatoués ressembleraient volontiers à des poules. Chacune des figures d’animaux dispersées sans ordre, sur le ventre et sur les cuisses, est encadrée d’un cercle irrégulier de gros points ovalaires. Les animaux représentés sont seulement
- de deux sortes : quelques oiseaux seulement où l’on croit reconnaître un canard, assez voisin du mandarin, et des mammifères à longue queue qui sont peut-être des félins, mais auxquels il serait bien téméraire d’assigner un nom quelconque. Les intervalles irréguliers, compris entre les cadres, dont il vient d’ètre question, ont été simplement noircis au pointillé et découpent, entre les figures animales, des polyèdres, irréguliers. Une grande plaque foncée, où se détachent en clair des dessins en forme de S, orne la face externe des cuisses et limite de ce côté la décoration animale.
- Les hommes seuls ont le droit de se décorer ainsi, quel que soit le rang qu’ils occupent. Il est nécessaire d’être tatoué pour pouvoir prendre femme et l’opération se fait, dit M. Rouffiandis, vers l’âge de vingt ans.
- Cette pratique, fort douloureuse, n’est pas sans . produire des accidents, assez graves quelquefois, pour entraîner la mort. Aussi beaucoup de jeunes gens se font-ils tatouer peu à peu, et en se mettant au préalable sous l’influence de l’opium. Toutefois Cari Bock a rencontré des indigènes qui, en deux séances seulement, avaient subi le tatouage au grand complet. E.-T. Hamy.
- Le Gérant .• P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laihjre, rue de Fleurus, 9.
- Tatouage Laotien.
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- N° 1710. — 3 MARS 1906.
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- LE NOUVEAU BASSIN DE RADOUB DE SOUTHAMPTON
- La Compagnie des chemins de fer anglais, The London and South-Western Railway Company, vient d’inaugurer, à Soulhamplon, un nouveau bassin de radoub, qui doit être considéré, en raison de ses dimensions, comme la plus importante construction de ce genre laite jusqu’à ce jour.
- Cet immense ouvrage mesure 290 mètres dans le
- donner asile aux plus grands vapeurs de la marine marchande et permettre leur réparation. En ces derniers temps cependant, les nouveaux paquebots construits, et même les cargo-boals, ont atteint de telles dimensions que la Compagnie du South Western Railway a jugé qu’il était indispensable de créer un bassin plus grand que le précédent, et con-
- Vuc du bassin de radoub, après sa mise à sec.
- sens de la longueur ; sa largeur est de 50 mètres au fond et de 42 mètres entre les bords supérieurs des deux quais. Quant à la profondeur totale du bassin, elle est de 14 mètres, avec une hauteur d'eau variant de 9 à 11 mètres.
- Southampton possédait déjà 5 bassins de radoub ou cales sèches de grandes dimensions. Un de ces ouvrages, Prince of Wales Dock, fut inauguré en août 1895; il mesurait près de 250 mètres de longueur, et 28 mètres de largeur au radier. Le formidable paquebot Amerika, de la Compagnie de navigation Hamburg-America, qui est, pour le moment, le plus grand transatlantique en service, put pénétrer, sans la moindre difficulté, tout dernièrement, dans ce dock, et en sortir très facilement, en dépit des grandes dimensions de ce steamer — 225 mètres de longueur — et de son tonnage qui atteint 22280 tonnes.
- Il y a dix ans, lorsque le bassin du Prince de Galles fut livré à l’exploitation, les armateurs anglais et tous ceux qui, aux Iles Britanniques, s’intéressent aux questions maritimes, pouvaient croire que cette immense cale-sèche aurait, pendant de nombreuses années du moins, des dimensions suffisantes pour 34° aimée. — 1er semestre.
- slruit pour répondre aux dimensions qu’ai teindront les nouveaux transatlantiques avant peu. Cela a semblé nécessaire pour conserver à Soulhamplon sa suprématie réelle de grand port de transit, admirablement placé sur la route de l’Amérique du Nord, et de port d’attache pour les services postaux de l’Inde, des Antilles et des colonies britanniques.
- Les travaux du nouveau bassin ont duré plus de cinq années; ils ont été exécutés sous la direction et d’après les plans de M. W. R. Galbraith, un ingénieur anglais, qui a choisi pour cetle cale sèche un emplacement particulièrement favorable, au milieu des « Mudlands », dans l’estuaire du Test. Cette situation à l’entrée de la baie, à peu de distance du large, permettra aux navires marchands de pénétrer et de sortir facilement, et, avantage considérable pour un bassin de radoub, les vapeurs du plus fort tonnage y seront introduits directement, avec un seul éclusage, sans passer successivement par dès canaux ou des bassins de ports. Il s’agit, en un mot, d’un bassin permettant, par ses grandes dimensions, la réparation à sec des gigantesques transatlantiques de demain, à peu de distance de la pleine mer.
- La construction du volumineux ouvrage en ques-
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- LA NATURE.
- tion a nécessité l'approfondissement d’une partie de la baie; des dragues ont, à cet emplacement, augmenté de 10 mètres la profondeur des eaux. Des terrassements très importants ont également été exécutés; car il a fallu déplacer et manutentionner environ *266 000 mètres cubes de terres.
- Les travaux de maçonnerie représentent un volume total de 150 000 mètres cubes; ils ont tous été exécutés avec un mortier composé de ciment de Portland à prise rapide et de sable de rivière dragué, dans la baie, à peu de distance de Marchwood.
- Les murs latéraux ont 7,20 m. à leur base; cette épaisseur se réduit graduellement en montant et n’atteint plus que 1 mètre à la partie supérieure. Les gradins ménagés dans ces murs sont au nombre de 7; ils ont 70 centimètres de largeur et 75 de hauteur. Leur disposition met les ouvriers en situation de travailler à l’aise à la réparation des navires.
- A chaque extrémité des gradins, de chaque côté, sont disposés des paliers d’accès avec huit séries de marches en pierre, grâce auxquelles on passe facilement d’un étage à l’autre.
- Sur le dessus du radier, dont la surface supérieure est recouverte d’une épaisse chape en ciment, il a été installé une forte cale en bois destinée à recevoir la quille des navires. Cet ouvrage s’étend dans toute la longueur du bassin ; il est fait d’orme et de chêne et placé dans l’axe de la cuvelle.
- Pour assurer le lavage rapide du bassin, pendant les réparations ou après la sortie du navire réparé et radoubé, des bouches de prise d’eau ont été installées à distance égale ; des conduites à haute pression d’un fort diamèLre alimentent ces appareils et leur permettent de cracher des jets, puissants à la fois parleur force et le déhit.
- Lesdeux vantaux delà ported’écluse, qui commande l’entrée et la sortie du bassin, sont entièrement en acier. Chacune de ces pièces pèse environ 250 tonnes. Elles sont manœuvrées par la force hydraulique,, et leur ajustage est tellement parfait que l’étanchéité la plus complète a été obtenue.
- Le bassin, lorsqu’il est plein, contient environ 85 000 mètres cubes d’eau. Deux pompes centrifuges, actionnées par des machines à vapeur, peuvent épuiser cette eau et mettre le dock à sec en. deux heures et demie environ. Une troisième pompe centrifuge est destinée à aspirer l’eau qui pourrait s’introduire par la porte métallique, si l’étanchéité de celle-ci venait à manquer.
- Une station électrique avec six séries de dynamos fournit la lumière et alimente les divers services électriques du dock, y compris une puissante grue. Les installations mécaniques, les générateurs, les pompes et les dynamos sont abrités dans une usine située sur le côté ouest du bassin Quant à la grue roulante, ellecircule sur Je quai opposé. Cepuissantappareilde levage peut soulever 50 000 kilogrammes à une hauteur de 26 mètres ; il pèse 500 tonnes et roule sur 20 roues. Cette grue pourra maintenir les lourds et puissants appareils des navires marchands mo- [
- dernes; elle servira, le cas échéant, à mettre en place ou à débarquer les pesants canons des vaisseaux de guerre britanniques qui viendraient demander asile à ce dock commercial.
- Le bassin de radoub est disposé de telle sorte que sa longueur peut être facilement augmentée et rapidement portée à 540 mètres.
- La Compagnie du South Western Hailway, qui a [tris à sa charge toutes les dépenses, a profité de ces travaux pour faire exécuter, en même temps, des [terrés et des quais qui endiguent la rivière Test et permettent à un certain nombre de navires de très fort tonnage d’accoster. Environ 180 mètres de quais ont été, de ce fait, ajoutés aux docks de Sou-thampton, et les travaux de dragage, faits à cet endroit, donnent une profondeur de 18 mètres largement suffisante pour les bâtiments qui fréquentent le port. Les navires de très fort tonnage iront demander l’hospitalité aux bassins des docks.
- Ces travaux ont coûté plusieurs millions. L’initiative privée les a pris à sa charge ; car cela se passe en Angleterre.
- La puissante Compagnie du London and South Western Raihvay lire de Soulhampton une grande partie de sa richesse. Le chemin de fer a doté le port d’un outillage superbe, et toujours en progrès. Aussi le tonnage qui, en 1902, était de 1 690 000 tonnes en chiffres ronds, dépasse aujourd’hui 2 200 000 tonnes. Celle augmentation montre quels résultats peuvent être obtenus lorsque des sacrifices sont faits en temps opportun. Will Darvillé.
- La genèse de la
- NOUVELLE CARTE FRANÇAISE
- au 50000"
- Le Service géographique de l’armée va mettre en vente incessamment une carte des environs de Paris en huit couleurs avec courbes de niveau, à l’échelle du 50 000e. Cette carte, établie en projection polyédrique, est limitée auxméridiensi 0°,60 et aux parallèles 54u,00et 54i:, 00, ce qui lui donne une hauteur de 1,20 m. et une largeur moyenne de 1,58 m.
- Sa publication présente un intérêt tout spécial, parce que c’est le premier échantillon d’une carte générale de la France, qui, dans différentes revues, a déjà été l’objet d’articles dont La Nature a donné un résumé dans son numéro du 22 juillet 1905 (Informations, p. 29), ce qui nous dispensera de revenir sur- certains points relatifs aux péripéties que ce projet a déjà traversées.
- La carte au 80 000e, dite de l’État-Major, a été établie par la réduction, et la traduction en hachures pour le modelé du terrain, de minutes levées au 40 000e, où le figuré était exprimé en courbes. Comme ce travail avait pour objet final un dessin à une échelle en somme assez petite pour une carte topographique, l’officier topographe le traitait d’une façon assez large. Il devait chercher à éviter que, loin du terrain, le dessinateur commît des maladresses au cours de la réduction, ce qui aurait pu arriver si, en présence d’une étude trop minutieuse dès formes, il avait supprimé ce qu’il fallait conserver et
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- inversement. Cet erremenl critiquable à première vue était donc très justifié.
- 11 résultait évidemment de là que la tentative, faite en 1881 et années suivantes, de rédiger une carte polychrome en courbes, non plus au 80 000° mais au 50 000% avec les mêmes minutés au 40 000“ ne pouvait être qu’une solution provisoire. En fait, elle fut arrêtée au bout de quelques années, et la carte retirée de la vente.
- Le colonel Perrier, directeur du dépôt de la guerre, le prévoyait, lorsque, dans la séance du 25 mars 1885, il présentait à l’Académie des sciences le programme d’exécution d’une nouvelle carte, dont les minutes auraient été établies au 10 000“ ou au 20 000°, suivant les régions, en courbes levées directement sur le terrain, par des procédés appropriés à ces échelles. Ces minutes auraient été reproduites pour donner satisfaction à des besoins spéciaux publics et privés, la réduction au 50 000“ étant livrée au commerce. Comme échantillon de ce que l’on pouvait faire, il montrait une feuille représentant les environs de Toul, d’après les levés de la Brigade topographique du génie.
- Par décret du IG mai 1885, la Brigade topographique du génie était rattachée au Service géographique dont elle devenait la 2° section. C’était là que le colonel Perrier comptait trouver un noyau de personnel exercé, qui lui était nécessaire, et une longue suite de traditions soigneusement conservées et perfectionnées avec prudence, en particulier pendant les vingt dernières années.
- La Brigade topographique, créée par un décret impérial du 21 mars 1815, après avoir été organisée officieusement par le capitaine Clerc son fondateur, était composée de gardes du génie, depuis adjoints, aujourd’hui officiers d’administration, sous la direction d’un capitaine ou d’un officier supérieur du même corps, auquel à partir de 18G2, à cause du développement et de la dispersion de son personnel, on dut adjoindre jusqu’à quatre capitaines, commandant les différentes sections. Après une expériuicc faite en 1800 par le capitaine Haxo, elle avait montré comment on pouvait exécuter, sans difficulté, un levé d’une grande étendue, aux échelles du 1000°, du 2000°, du 5000°, en figurant le terrain, même accidenté, par des courbes horizontales levées géométriquement, ce qui n’avait pas été fait jusque-là. C’est ce qui explique pourquoi les officiers du génie ont été les plus ardents défenseurs de ce système de représentation. Ces levés répondaient exactement à leurs besoins, qui étaient la préparation de la défense des places fortes, mais, renfermés dans des archives spéciales, pour être utilisés au moment du besoin, ils étaient ignorés du public et de la plus grande partie de l’armée, comme la Brigade elle-même.
- A la suite des progrès de l’artillerie, une modification notable se produisit vers 1865 dans la forme de ces levés, mais non dans leur exécution, basée sur une méthode et des procédés très souples. La limite du plan directeur de la défense des places fortes, éloignée jusque-là de quelques centaines de mètres du chemin couvert, fut portée à 10 kilomètres.
- Cette extension entraîna une diminution de l’échelle, qui fut désormais 1/10 000 dans les pays même de moyenne montagne, et 1/20 000, à partir de 1884, poulies pays de haute montagne : Dauphiné, Savoie, etc. Ces échelles étaient justement celles qui convenaient aux services publics et à l’industrie, les levés qui leur étaient nécessaires étaient justement ceux des plans directeurs. Voyons comment ils sont exécutés.
- « Procéder de l’ensemble aux détails, pour empêcher
- l’accumulation des inexactitudes. Décomposer l’opération complexe en une série d’opérations très simples et d’ailleurs fréquemment contrôlées. » Tels sont, d’après Gou-lier, les principes de la méthode en topographie, très simples comme tous les principes de méthode, et pour cela même, trop fréquemment oubliés.
- La triangulation du dépôt de la guerre donne les coordonnées d’un certain nombre de points, en planimétric. Pour l’altimétrie, les repères et leurs cotes sont fournis par le nivellement général de la France, et les nivellements secondaires des routes, chemins de fer et canaux qui s’y rattachent. Avec ces données, un topographe armé d’un tachéomètre, modèle de Goulier dit du Génie, accompagné de trois aides, porte-mires et chaîneurs, parcourt les principales voies de communication, en exécutant des cheminements qu’il rattache aux repères, et en marquant sur le terrain ses stations qu'il accompagne de numéros.
- Les insliumenls sont du maniement le plus facile, et parfaitement adaptés à leur destination. A l’aide de calculs d’une très grande simplicité, le topographe détermine les trois coordonnées de chaque point, et procède à h répartition des écarts de fermeture.
- Sur une planchette légère, il tiace les méridiens et les parallèles de la projection et place, à l’aide de leurs coordonnées, les sommets de cheminement qui sont distants entre eux de 150 à 200 mètres; chacun de ces points est accompagné de sa cote. Les cheminements partagent ainsi la surface du carré en polygones dont l’étendue est de G00 à 1200 hectares. Chaque planchette reçoit un de ces polygones, dont le raccord avec les voisins est assuré par la superposition des cheminements limites.
- La planchette, ainsi préparée et munie d’un déclinatoire, est livrée à d’autres opérateurs, officiers détachés de divers corps, officiers d’administration du Génie, ou enfin, depuis 1899, sous-ofliciers d’infanterie réengagés. Avec la règle à éclimèlre de Goulier, le topographe accompagné d’un porte-mire, chemine, détermine des points par intersection, enfin toutes les fois qu’il le peut, surtout dans les terrains peu acccidentés, il lève la courbe directement, sur le terrain même, par le procédé très simple dit filage, imaginé par le commandant Clerc.
- Dans la montagne, les mailles du réseau sont beaucoup plus grandes que dans les régions plus accessibles. Le canevas étant plus lâche, on complète la préparation dè la planchette par des opérations supplémentaires, l’exécution du levé lui-même subit aussi quelques variantes ; mais, dans tous les cas, tout cela est à la portée de ceux des opérateurs dont le degré d’instruction est le moins élevé, la qualité essentielle qu’on exige d’eux étant d’être consciencieux. « Avant tout, disait le commandant Clerc, pour être bon topographe, il faut être honnête homme. »
- Les discussions auxquelles on se livre sur le degré de précision obtenu sont souvent trop théoriques, nous préférons à ce propos citer un souvenir personnel.
- Le plan directeur de Paris, origine de la carte actuelle, a été exécuté en deux fois. D’ahord de 1872 à 1875 sur une surface de 2500 kil. carrés, avec un périmètre très irrégulier. Les cheminements préparatoires étant exécutés par les adjoints du Génie du cadre, les levés avaient été faits sous la direction du commandant Wagner par des officiers du Génie de l’armée de Versailles, puis par des lieutenants détachés de différents corps. Plus lard le Service géographique reçut l’ordre d’étendre ce plan jusqu’aux limites actuelles, ce qui entraînait la mise à jour de la première partie constituant à peu près la moitié du nouveau travail.
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- A la même époque, la section de géodésie plaçait dans la région de nouveaux signaux dont elle déterminait les coordonnées. Quatre de ces signaux lurent déterminés par les reviseurs avant que leurs coordonnées nous fussent communiquées, et naturellement avec utie précision moins grande que colle du levé primitif. Or, vérification faite depuis, nous avons constaté que la différence entre les résultats obtenus des deux façons était, pour chacun de ces poiids, d’environ 1/2 millimètre. Tous les topographes savent que les écarts de fermeture que Ton peut tolérer sur les cheminements du levé sont notablement supérieurs à cette différence. Au 50 000° elle aurait disparu par la réduction du dessin.
- A qui sont dus ces résultats ? Nous ne citerons que quelques noms, ceux des auteurs, trop modestes, des plus grands progrès réalisés ou utilisés à la brigade, ce sont le commandant Clerc (1815-1838), le général de la Noë (18Ü8-1891), enfin et surtout le colonel Goulier (1844-1891), dont la longue carrière, si utile à la science, même en dehors de la topographie, a contribué presque exclusivement à doter nos opérateurs d’une méthode sûre et d’un outillage à la fois très perfectionné et très simple à manier. Grâce à cette méthode et à cet outillage, il est facile à un topographe, même d’instruction modeste, pourvu qu’il soit consciencieux, d’atteindre celte précision suffisante qui e4 l’exactitude de la pratique.
- Pour mener à bonne fin l’exécution d’une carte de la France, qui nous remettra en apparence au même rang que nos voisins les mieux dotés sous ce'rapport, nous avons donc en réalité, depuis longtemps, presque tout ce qu’il faut. Presque, car, comme le disait La Nature, dans son numéro du 22 juillet, il faut en plus un million par an pendant trente ans. Colonel E. Ckouzet.
- FREIN AUTOMATIQUE DE DÉRIVE
- (système Chapsal)
- La rupture d’attelage d’un train, sans être un accident bien fréquent, se produit de temps en temps et peut, lorsqu’elle survient à la montée d’une rampe, occasionner une dérive dangereuse. On dit qu’il y a dérive quand l’arrière du train, entraîné par la pesanteur, rebrousse chemin, et l’on conçoit sans peine à quelles catastrophes expose ce
- mouvement à contresens. Pour les trains de voyageurs, les dérives ne sont plus guère à craindre, car ils sont munis actuellement de freins automatiques à air comprimé, dits freins continus, qui bloquent toutes les roues par le seul fait de la rupture d’attelage. Plusieurs raisons, entre autres la ques-
- tion de dépense, ont empêché jusqu’ici l’adoption des mêmes freins pour les trains de marchandises, et l’on continue à se contenter, pour ceux-ci, de freins à main gardés par les conducteurs. Seuls, la machine, le tender et le fourgon d’avant peuvent être pourvus du frein à air. (
- Il y a un intérêt évident A concentrer les moyens d’arrêt dans les mains du mécanicien ; car plusieurs secondes s'écoulent entre l’instant où cet agent, à la vue d’un signal, fait appel, à coups de sifflet, aux freins des conducteurs, et l’instant où tous les freins se trouvent serrés. La multiplicité des gardes-frein exagère d’ailleurs les dépenses de personnel. Mais, d’autre part, le mécanicien, dans le cas d’un train dépourvu de freins continus, ne peut agir que sur l’avant, et il n’a aucun moyen d’empêcher les dérives, qui exigent impérieusement le freinage à l’arrière. On se trouve donc, en ce qui concerne les trains de marchandises, en présence de deux conditions contradictoires : d’une part, utilité de réunir à l’avant les moyens de freinage ; d’autre part, nécessité de conserver à l’arrière un nombre de freins suffisant pour s’opposer aux dérives.
- La difficulté se trouverait résolue, sans dépense de personnel, si le freinage à l’arrière, en cas de rupture d’altelagè, se produisait automatiquement et subitement. On y trouverait d’ailleurs un autre avantage. L’expérience prouve, en effet, qu’il est beaucoup plus facile d’empêcher le commencement de dérive que d’arrêter les véhicules après qu’ils ont commencé à prendre, dans leur mouvement de recul, une vitesse notable; or le conducteur d’arrière peut, surtout la nuit, ne pas s’apercevoir de la rupture d’attelage aussitôt qu’elle se produit, et l’on doit toujours craindre, par suite, que son intervention ne soit tardive. Ces considérations ont conduit M. Chapsal, ingénieur de la Compagnie de l’Ouest, à imaginer un système fort ingénieux pour provoquer le fonctionnement des freins à main dès que les véhicules se mettent à reculer. Le principe de l’appareil est le suivant : l’un des essieux de chaque véhicule à frein porte un tambour T (fig. 5, en cartouche). Sur ce tambour sont articulées des cames a disposées de telle manière que si la rotation a lieu dans un sens, elles font saillie hors du tambour, tandis que, si elle a lieu en sens contraire, elles s’effacent à l’intérieur. Dans le premier cas, elles viennent, l’une après l’aulre, frapper un levier b et celui-ci, obligé ainsi de tourner, manœuvre une timonnerie qui déclenche le frein (frein à contrepoids, système Bricognc). Dans le second ca*, les cames ne rencontrent pas le levier, et le frein demeure immobile.
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- Le déclenchement du lrein par la rotation du levier b est facile à concevoir. Un renvoi d’équerre d (fig. 5) abaisse l’encliquetage e et par suite le verrou v jusqu’à ce que la queue / de l’encliquetage vienne s’appuyer sur une butée g ; à partir de ce moment, l’encliquetage bascule, et, le verrou v étant dégagé, la glissière lih, reliée au levier /?, devient libre et est alors attirée par le ressort ss qui est attaché à l’extrémité k de ce levier. En même temps, l’autre extrémité l marche en sens contraire, entraînant la bielle hn et la tringlerie verticale nopg de déclenchement du frein, jusqu’à ce que la coulisse m'n' bute contre l’axe r fixé sur le levier si qui
- temps que le levier d se remet en prise avec l’encliquetage e.
- Ce mécanisme ne présente rien de bien particulier, et nous l’indiquons seulement pour fournir une description complète de l’appareil. C'est plutôt dans la disposition des cames que se révèle l’esprit d’invention de M. Chapsal.
- La difficulté était d’obtenir que la force centrifuge, qui tend constamment à écarter de l’axe de l’essieu le centre de gravité de chaque came, produisît, suivant le sens de la rotation, tantôt la sortie, tantôt l’effacement des cames. M. Chapsal y est parvenu en donnant à la came une forme spéciale, re-
- Fig. 5. — Dclails du frein automatique, de dérive, système Chapsal.
- est calé sur le même arbre que le levier s's” à l’extrémité duquel agit le contrepoids pp du frein Bri-cogne. La rotation du levier st, entraîné par la chute du contrepoids, actionne la timonnerie qui presse les sabots sur les roues. Le mouvement de rotation du levier st est en outre utilisé pour écarter le levier b des cames a, de façon à éviter de nouveaux chocs, et pour ramener la glissière hh à sa première position en bandant à nouveau le ressort de rappel jj et cela de façon que la glissière dépasse sa position de verrouillage afin d’être sûr qu’un mouvement en sens contraire amènera bien ensuite la pénétration du verrou. Pour remettre les choses en état le conducteur n’a qu’à remonter le contrepoids du frein, au moyen du volant à main. Cette opération ramène le levier si à sa position initiale ainsi que la glissière hh qui se trouve reverrouillée en même
- présentée à plus grande échelle sur la figure 1. La came a porte un talon t. Ce talon peut venir buter contre un obstacle o fixé au tambour et disposé de façon à ne pouvoir rencontrer la came elle-même. Suivant la façon dont le talon s’applique contre l’obstacle, la came fait saillie hors du tambour (fig. 1 ) ou se rapproche au contraire de l’axe du tambour (fig. 2). Au début du mouvement, alors que la force centrifuge n’existe pas encore, la came pend verticalement, sous l’action de la pesanteur, jusqu’à ce que la rotation amène l’obstacle o en contact avec son talon. La rencontre se fait dans la position (1) ou dans la position (2) suivant le sens de la rotation de l’essieu. Une fois le contact établi, le mouvement relatif de la came se trouve entravé, et, pourvu que la force centrifuge ait déjà acquis une valeur sensible, elle maintient le talon collé contre l’obstacle.
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- C’est donc, en définitive, le sens de la rotation de l’essieu qui détermine la position finale de la came.
- Si le wagon devait, en marche normale, avancer toujours dans le même sens, le problème serait entièrement résolu. Mais, en fait, un wagon n’a ni avant, ni arrière, tout dépend de la façon dont il est orienté dans le train. Aussi a-t-il fallu munir le tambour d’une double couronne de cames, disposées de façon que, quel que soit le sens de la marche, les cames de l’une des couronnes soient en saillie tandis que celles de l’autre couronne sont effacées.
- Le levier b est susceptible d’un déplacement latéral qui permet de l'amener à volonté en présence de l’une ou l’autre des deux couronnes. Ce déplacement est commandé par une poignée w (fig. 5) placée dans la vigie du conducteur.
- Dans les manœuvres de gare, le véhicule doit pouvoir circuler indifféremment en avant ou en arrière, sans que le frein entre en action. A cet effet, la poignée w est susceptible de prendre une troisième position, intermédiaire entre les deux premières. Dans cette position neutre, le levier b n’est en regard d’aucune des deux couronnes de cames, de sorte que le frein se trouve paralysé. Mais on pourrait craindre que le conducteur, après avoir mis la poignée w à la position neutre, n’oubliât de la replacer convenablement au moment où le train se met en marche. Afin de rendre impossible une pareillê négligence, M. Chapsal établit la poignée de telle façon que, dans la position neutre, elle obstrue le siège de la vigie. Le conducteur est donc obligé, pour s’asseoir, de donner à la poignée l’une des deux positions actives. Si, par erreur, il choisissait la position contraire à celle qu’exige la marche du train, les cames, dès les premiers tours de roues, actionneraient le frein, et avertiraient, par suite, le conducteur en entravant la marche.
- Le frein automatique de dérive a déjà été essayé pendant un certain temps en Bretagne, sur deux wagons de la Compagnie de l’Ouest, et a donné toute satisfaction. La Compagnie vient de décider l’extension de l’essai à vingt véhicules. La dépense d’installation est évaluée à 500 francs par véhicule.
- L. Lecornu,
- Professeur à l’École polytechnique.
- LES RUBIS DE SYNTHÈSE
- La fabrication industrielle des rubis de synthèse, qui a commencé depuis plusieurs années, mais qui n’est apparue au jour qu’assez récemment, a jeté quelque émoi dans l’esprit des bijoutiers et du public. Des rubis de synthèse, des rubis fabriqués dans un laboratoire, des rubis artificiels, ce sont donc des rubis faux, de même que les diamants en strass ou les perles en verre?
- Il faut s’entendre et, comme disait le Normand, un rubis artificiel n’est pas un rubis vrai, puisque ce n’est pas la gemme naturelle qui a seule jusqu’ici porté dans le commerce le nom de rubis, et puisque ses qualités pour là joaillerie sont encore inférieures : mais ce
- n’est pas non plus tout à fait un rubis faux, puisque, chimiquement, physiquement, minéralogiquement, optiquement, par tous ses caraclères théoriques, le rubis synthétique est semblable au rubis naturel. La synthèse (à la condition de ne pas se dissimuler) n’est pas une falsification : elle est la reproduction par l’homme du travail de la nature.
- Indépendamment de toute idée commerciale, les opérations de synthèse sont, pour les chimistes, un champ de recherches très attirant et, spécialement, les synthèses minéralogiques ont fait la gloire de toute une brillante école française, qui comprend les noms d’Ebelmcn, Daubrée, Friedel, Frémy, Michel Lévy, Moissan. C’est par la synthèse que, reproduisant une substance naturelle avec toutes ses particularités, le chimiste arrive à nous faire deviner comment a opéré la nature et nous décèle les mystérieuses élaborations de ce grand laboratoire, où les forces les plus simples obtiennent sans cesse et parfois sous nos yeux des résultats qui nous semblent si compliqués. Pour nous borner au monde minéral, on cherche, par la synthèse des minéraux, à reconstituer les opérations de métallurgie interne qui ont constitué la croâfe terrestre. En fait, si certains groupements nous échappent encore, les minéraux individuels ont été à peu près tous reproduits.
- Mais, si le savant cherche uniquement la solution d’un problème, il est assez naturel que l’industriel vienne ensuite appliquer une invention, grâce à laquelle les matières les plus vulgaires sont, par une petite opération chimique, transformées en substances précieuses. Pour les gemmes, l’opération est particulièrement tentante puisque le rubis, le saphir et le corindon ne sont autre chose que de l’alumine, la matière banale de nos argiles et puisque le diamant est du carbone. La synthèse du diamant ne donne encore que des cristaux microscopiques, celle du saphir n’est pas encore pratique ; mais on fait aujourd’hui couramment des rubis et des émeraudes et la méthode employée peut être intéressante à connaître.
- La cristallisation de l’alumine, qui donne, suivant les cas, du corindon, du rubis et du saphir, est une de celles qui ont été les plus anciennement réalisées et par les méthodes les plus diverses : en 1837 par Gaudin, en 1850 par Sénarmont, en 1851 par Ebelmen, en 1858 par Henri Sainte-Claire Deville et Caron, en 1865 par Debray et par Hautefeuille, enfin, de 1877 à 1890, par Frémy avec la collaboration de Feil et de Verneuil. C’est seulement avec ces derniers travaux que l'opération a commencé à sortir du domaine purement scientifique pour prendre une tournure industrielle et être vulgarisée dans le public.
- Le procédé employé au début par Frémy et Feil consistait à former d’abord un aluminate fusible (en pratique Faluminate de plomb), qu’on décomposait ensuite, dans un second temps de l’opération, par une substance siliceuse pour mettre l’alumine en liberté et la faire cristalliser. La coloration rouge, qui caractérise le rubis, était obtenue en ajoutant du chrome sous forme de 2 à 3 pour 100 de bichromate de potasse (plus de chrome pouvant faire passer au violet), la coloration bleue du saphir en employant concurremment un peu d’oxyde de cobalt. Par ce procédé on obtenait des rubis souvent volumineux et d’une belle couleur rose ; mais les pierres restaient toujours lamelleuses et friables et, par conséquent, inutilisables pour la bijouterie.
- Une seconde série d’expériences, avec la collaboration de Verneuil, utilisèrent alors, pour la cristallisation de l’alumine à température très élevée, l’action du fluor sous forme de fluorure de baryum, en présence de la potasse;
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- on obtint ainsi, par un tour de main opératoire et à la condition de maintenir la circulation de l’air dans le creuset, de beaux rubis transparents, épais et brillants, cristallisés en rhomboèdres et purs comme des rubis naturels, qu’il devint possible de tailler en roses.
- Mais ces cristaux étaient encore de très petite dimension et il restait à franchir une dernière étape pour obtenir des pierres de valeur : les petits rubis d’horlogerie n’ayant qu’un prix infime, tandis que la valeur du rubis augmente très rapidement avee le nombre de-carats. C’est le résultat auquel on a fini par arriver pratiquement en nourrissant les petits cristaux par une méthode analogue à celle de Leblanc, qui permet de grossir les cristaux des substances solubles en les maintenant dans une eau mère dont les éléments viennent successivement se grouper sur eux et les accroître, mais ici en opérant par fusion et non par dissolution, par voie sèche, et n n plus par voie aqueuse, aux températures d’environ 1500 à 1800 degrés qu’il est aujourd'hui devenu facile de réaliser.
- Là encore l’opération, très simple en théorie, n’a pas été réalisée du premier coup en pratique. Dans les premiers essais faits vers 1890 en Suisse, les grosses pierres, obtenues en agglomérant par fusion des débris de rubis, avaient bonne mine, mais s’effritaient dès qu’on voulait les tailler. Puis le chimiste Maiche obtint des blocs de rubis gros comme le poing, mais louches, nuageux et inutilisables. Aujourd’hui on a fini par réussir de la manière suivante.
- On dépose un premier rubis, qu’il s’agit de nourrir, sur un plateau tournant, où, par un chalumeau oxhydrique, on le porte à environ 1800 degrés; puis, avec une pince, on apporte successivement au contact de tout petits grains de rubis, du déchet à 0fr,50 le carat; à la condition de travailler sans interruption, sans perdre de vue
- le cristal étincelant, avec un tour de main que les femmes attrapent assez aisément, on peut obtenir de beaux cristaux, dont toutes les parties, d’origine si inhomogène, se sont fondues et ont recristallisé en un cristal unique, susceptible d’être taillé comme un cristal naturel. L’une des difficultés du travail est que les cristaux éclatent très souvent pendant le refroidissement.
- Les rubis artificiels ainsi obtenus reviennent, paraît-il, à environ 10 francs le carat et peuvent se vendre 15 à 20 francs. À Paris on en écoule quotidiennement un millier de carats, qui partent surtout en Allemagne, en Amérique et même aux Indes, d’où ils reviennent parfois mélangés avec des rubis naturels.
- La qualité de ces rubis est très analogue à celle des rubis naturels; on ne les distingue guère qu’à la loupe par la présence de bulles d’air; mais, quand on les reconnaît, comme l’achat d’une pierre précieuse est, avant tout, une question de mode et une affaire d’amour-propre, leur valeur est au moins dix fois inférieure à celle des rubis naturels, dont le prix s’est trouvé d’autre part influencé par celte vulgarisation d’une substance, autrefois recherchée en grande partie pour sa rareté, plus encore que pour ses mérites.
- Une méthode analogue (mais d’un caractère encore plus nettement frauduleux) a permis d’obtenir des émeraudes doublées en soudant l’une contre l’autre par un émail spécial deux émeraudes naturelles, dont on avait primitivement poli une face. On fabrique ainsi de superbes pierres, dont la soudure se distingue souvent moins que les clivages naturels si habituels dans l’émeraude. La méthode de fusion, qui réussit pour le rubis, échoue pour l’émeraude, dont la coloration disparait à ces hautes températures. P. Sajjjor.
- CHEMIN DE FER DE MOREZ A SAINT* CLAUDE
- 'yiJlars-/a-/î/Voûse:
- sR . -J -
- nneua (
- \Tancua-
- La Mouille
- NORD
- Fig-, l. — Carie du chemin de fer de Morez à Sainl-Claude.
- La très pittoresque ligne de montagne de Morbier à Morez va bientôt être complétée et la gare de Morez sera reliée à celle de Saint-Claude,déjà tête de ligne d’un embranchement venant de la Cluse (Ain)1.
- Le nouveau tronçon aura une longueur de 25 kilomètres et demi. La différence de niveau des deux stations extrêmes sera presque de 500 mètres, Morez
- 1 Voy. n° 1440, du 29 décembre 1900, p. 71.
- à 754 mètres et Saint-Claude à 459. Cela représente une pente moyenne de 12 et demi pour 1000, mais pas énorme à la vérité. Entre les trois dernières stations, sur un parcours de 10 kilomètres, on atteint 19 pour 1000 sans autre interruption que le palier de la station du Valfin.
- Les travaux d’art sont considérables. On n’y relève pas moins de 20 souterrains et de 12 viaducs ou ponts.
- Les souterrains représentent ensemble une Ion-
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- gueur de 4807 mètres. Le principal est celui de la Gouille-au-Cerf, entreTancuaet Le/at (1750 mètres). Viennent ensuite celui de Vallin, de 518 mètres qui lait suite au viaduc de même nom, campé à 28 mètres de hauteur et qui débouche directement sur la station de Vallin, celui de Lézat (545m.) entre Morez et Tancua et celui de Saint-Claude (286 m.), au sortir duquel la voie se trouve en pleine gare de Saint-Claude. De Morez à Tancua, éloignés de 6 kilomètres, on peut relever 8 tunnels, mesurant une longueur tolalede 1270 mètres,
- 5 viaducs et 2 ponls. Parmi ces viaducs, celui de Saillard surplombe le torrent de ce nom de 47 mètres et demi, et celui de Morez domine la Bienne de 40 mètres et demi.
- De Tancua à Lezat, distants de 5 kilomètres et demi environ, la moitié du parcours est occupée par les 1750 mètres du tunnel de la Gouille-au-Cerf.
- Comme on peut le voir sur le plan, la ligne commence par un rebroussement à Morez, qui reste ainsi terminus tout en n’étant que station intermédiaire. Le tracé suit de cette façon avec fidélité la rive droite de la Bienne, voisinant avec le chemin de grande communication de Morez à Saint-Claude, qui surplombe la voie et vient la recouper à l’entrée du tunnel de Saint-Claude.
- Les trains viendront par suite repasser en dessous de Morbier, que domine une station de la section de Saint-Laurent-Morez. La nouvelle ligne se trouvera à 150 mètres en contre-bas de l’ancienne, à une distance en plan de 400 mètres seulement.
- Rappelons à ce sujet que c’est à Val fin que l’on compte faire aboutir le second des grands tunnels de la ligne de la Faucille si lé Parlement donne son
- autorisation à la construction de cette voie internationale, si discutée depuis cinq ou six ans et qui semble en ce moment bénéficier de la laveur des pouvoirs publics. C’est par 518 mètres d’altitude que ce tunnel déboucherait sur le versant de la Bienne, h 20 mètres en dessous de la station de Vallin.
- Les deux lignes voisineraient donc jusqu’à Saint-Claude, tout en conservant leur indépendance, car la ligne de la Faucille ne pourrait s'accommoder de la
- rampe de 18 pour 1000 qui caractérisera la descente de Vallin à Saint-Claude. Elle ne doit en aucun cas dépasser 10 pour 1000.
- Saint-Claude, en attendant de devenir station d’une très importante voie internationale, installée entre deux immenses tunnels de 12 et 14 kilomètres, se trouvera donc proch ainement faire partie d’un réseau complet, reliant la vieille cité des moines de Saint-Oyent avec la grande ligne de Pontarlier par Andelot, avec Lons-le-Saunier par son tramway et avec Lyon par l’embranchement de la Cluse.
- Ces 4 artères — les deux existantes, celle qu’on construit et celle qu’on espère — se recommandent toutes par leur caractère extraordinairement pittoresque, bien digne de la ruche industrieuse qu’est Saint-Claude, accrochée aux flancs des rochers qui surplombent la Brienne.
- L’embranchement de la Cluse nous amène à la ville par cette splendide crevasse au fond de laquelle court la Bienne. Le tramway de Lons à Saint-Claude, avec ses escarpements et ses innombrables lacets aux rampes quasiment extravagantes, aux courbes invraisemblables, et d’où l’on perd dix fois de suite de vue la gare voisine de Saint-Lupicin, avant d’avoir gagné le plateau, est pour le voyageur une source
- Fig. 2. — Cascade de la Roche-Blanche, près la Rixouse. (Photographie Gambey.)
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- Fi". 5. — Saint-Claude. Le pont de piorro près do la gare. (Photographie fiambcy.)
- Fig. 4. — Le pont suspendu à Saint-Claude. (Photographie Gambey.)
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- d’émotions, qui ne perdent rien de leur acuité pour avoir été déjà maintes fois ressenties. Lorsqu’on dévale le long de la gorge de Revigny, en revenant de Saint-Claude, par le train du soir, on a l’impression, violemment ballotté par le roulis des voitures, de sauter follement dans un abîme.
- Les premières sections de la ligne que l’on construit en ce moment et qui mènent d’Andelot à Morez ne le cèdent en rien au tramway par l’audace de la construction et lorsqu’on a accompli ce trajet, particulièrement celui de Morbier à Morez, on accepte
- bile objeclil ne recule devant aucune difficulté, est bien de nature à montrer que le qualificatif de merveilleux que nous venons d’emp’oyer n’est point ici déplacé.
- Saint-Claude d’ailleurs, depuis longtemps connu dans tout l’univers où scs produits pénètrent, malgré les droits de douane, est un centre d’excursions incomparables. Grottes, cascades, escalades de montagnes, panoramas grandioses, rien ne lui manque. La Faucille est tout près. Et de la Faucille, la fameuse route nationale n° 5 de Paris à Genève offre au tou-
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- Valfin
- Distances entre les maisons de garde à occuper par les paseunr de lanowoelle, ligne.
- Plan de comparcàsi
- la cotes 38o he.
- Kilomètres
- 5. — Profil de la ligne de Morez à Saint-Glande.
- l’opinion de Morton Fullerlon qu’il n’y a rien de pareil ni en Auvergne ni en Dauphiné.
- Quant à la ligne de la Faucille, les quotidiens en ont tellement parlé qu’il serait puéril d’insister sur scs 40 kilomètres de souterrains.
- A ce croisement de voies qu’on pourra qualifier d’héroïques, Saint-Claude étage ses maisons et ses usines, scs fabriques de pipes, de tabletterie, d’objets tournés de toutes sortes dans un des plus merveilleux décors de montagnes qu’il soit possible de rêver.
- Les vues que nous reproduisons ici d’après des photographies de M. le pasteur Gambey, dont l’ha-
- riste un chemin commode pour aller aux pieds de la Dole, « le plus beau point de vue de l’Europe », d’où l’on embrasse d’un côté les gradins du Jura et la vallée de la Saône, tandis que de l’autre les Alpes, depuis les Bernoises jusqu’à celles du Dauphiné, semblent étalées pour faire cortège au Mont-Blanc, le Jupiter majestueux de cet Olympe de sommets aux fronts de neige.
- Les ingénieurs auront ici droit à la reconnaissance des amants de la Nature. L. Rf.verchon.
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- UNE NOUVELLE ESPÈCE
- de pomme de terre
- Dans le groupe des Dicotylédones gamopétales, la lamille desSolanées se présente comme un ensemble de formes à la fois très riche et très caractérisé. Plantes herbacées ou arbrisseaux h feuilles alternes, à Heurs hermaphrodites régulières, comptant 5 sépales, 5 pétales, 5 étamines et 2 carpelles généralement soudés en un ovaire biloculaire et mulliovulé, surmonté d’un style unique à stigmate entier ou bilobé, le type, très net, permet de réunir dans un môme groupe des plantes aussi éloignées comme utilité pour l’homme que la tomate, la pomme de terre, le piment d’une part, et de l’autre la belladone, le datura, la jusquiame, et le tabac. Elles présentent un ovule anatrope, un fruit constitué par une baie ou une capsule, une graine à albumen charnu entourant l’embryon généralement courbé en cercle ou en spirale.
- Toutes ces plantes sont remarquables par la propriété de donner naissance à des alcaloïdes plus ou moins dangereux ; ainsi la belladone contient de l'atropine et de l’hyoscyamine, le datura de la daturine qui lui vaut son odeur désagréable, la jusquiame de l’hyoscyamine qui lui donne ses propriétés narcotiques, le tabac de la nicotine et de la nicotianine, extrêmement redoutables toutes deux. Enfin, dans le genre Solarium, la pomme de terre elle-même renferme dans ses parties vertes (liges, feuilles et fruits) un alcaloïde vomitif et narcotique, la Solanine qui se forme aussi dans les tubercules lorsqu’on les laisse verdir et qui rend leur consommation impossible, à cause du réel danger qu’elle présenterait et de la saveur amère du produit. C’est à l’habileté humaine de. savoir tirer parti de ce que lui fournit la nature et de mener à bonne tin la production d’une plante domestiquée agréable et inoffensive.
- Un viticulteur de la Vienne, M. Labergerie, a précisément entrepris, au cours de ces dernières années, de très beaux travaux afin de doter les marchés européens d’une nouvelle espèce de pomme de terre. Un des intérêts de ses recherches qui en présentent d’autres est qu’au lieu de sélectionner des variations, parmi des types déjà domestiqués de Solanum, il a pris pour point de départ une plante sauvage et qu’il a entrepris de l’acclimater et de la perfectionner directement.
- Le principe d’une telle culture est simple : il consiste à placer la plante sauvage dans des conditions connues, et dont on soit maître; puis, dans les types obtenus, on sélectionne les plus remarquables, soit sous le rapport de la richesse en fécule, de la grosseur ou de la non-amertume des tubercules. Tout d’abord, les tubercules obtenus possédaient une saveur légèrement amère qui ne permettait pas leur utilisation autrement que pour l’alimentation du bétail. Dans ces deux dernières années, l’améliora-
- tion croissante a produit des véritables pommes de terre utilisables pour la nutrition humaine et possédant une agréable saveur. Ainsi la culture est en train de faire disparaître l’amertume originelle. C’est un ordre de faits parallèles à ceux qui marquèrent l'acclimatation en France de nos pommes de terre par Parmentier : lés paysans du Poitou ne voulaient pas la cultiver, la prétendant amère et cause de troubles dans la digestion.
- C’est à M. de Saint-Quentin que l’on doit l’introduction en France du Solanum Commersoni, la nouvelle espèce de pomme de terre, dont les pieds sauvages furent d’abord confiés à M. Heckel, le savant directeur de l’Institut colonial de Marseille, qui livra en 1901 à M. Labergerie de jeunes tubercules pour faire des essais de culture.
- A l’état naturel, tel qu'il fut ramené des rives de la Mercédès (Uruguay), le Solanum Commersoni présente un appareil végétatif aérien grêle, analogue à celui d’une pomme de terre ordinaire (Solanum tuberosum), des fleurs très abondantes, d’un violet pâle un peu jaunissant et répandant un fort parfum jasminé. La plante est très traçante toute l’année et, après une première plantation, elle se perpétue par les débris de ses racines. Les tubercules primitifs sont blancs, à peau jaunâtre, rugueux, couverts de lenticelles, à chair jaune verdâtre possédant une saveur amère très prononcée, et pesant de 10 à 80 grammes. Depuis que la plante se civilise, ces caractères changent : la peau s’affine et perd les lenticelles; en trois ans d’essai,, la plupart devinrent mangeables par les bestiaux et le poids atteignit rapidement de 400 à 600 grammes.
- Le Solanum Commersoni semble doué d’une grande résistance aux maladies cryptogamiques et aux variations de température, même à de fortes gelées.
- La culture est très simple : plantation vers la fin de mars, à plat et rapprochée, à 7 ou 8 centimètres de profondeur. Une seule plantation suffit : un terrain ensemencé l’est indéfiniment. La récolte, qui se fait quand la végétation est terminée, présente un arrachage un peu plus difficile qu’avec les autres pommes de terre à cause de la grande dispersion des tubercules dans toutes les directions. Jusqu’ici, on n’a pas eu besoin de recourir à aucun engrais, mais naturellement il ne s’agit encore que de cultures d’essai.
- Ce sont les terrains humides, frais, marécageux même qui conviennent au Solanum Commersoni. La sécheresse donne de moins bons résultats, cependant il semble bien qu’elle n’ait sur la plante aucune action destructive.
- La richesse en fécule est très grande (20,90 pour 100,1e rendement excellent (jusqu’à 16 000 kg à l’hectare dans de mauvaises conditions, jusqu’à 27 000 dans un terrain très fertile), la conservation des tubercules satisfaisante, à l’abri de la lumière dans un local ni trop chaud ni trop sec. On peut dès maintenant attribuer la plus grande valeur à
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- Fig. 1. — Les premiers tubercules cultivés du Solarium Commerçant. .V 16 et n° 17 : type primitif cultive; — »• 18 : variété jaune terne; n° 19 : variété jaune brillant.
- cette nouvelle création : c’est une plante alimentaire d’avenir, peut-être utilisable industriellement par les leculeries.
- A côté du type primitif domestique que nous
- de couleur,-par celle des Heurs qui changent de couleur et de lorme, par celle des feuilles qui s’éclaircissent, et deviennent plus épaisses, plus charnues en même temps que l’aspect général prend une plus grande robustesse et que les tubercules varient de poids, de couleur et de saveur.
- Parmi ces variétés très nombreuses, et sur lesquelles il nous est malheureusement impossible d’insister ici, la plus remarquable de beaucoup est
- Fig. 3. — Doux variétés du Solarium Commersoni. N° 20 : variété iaune 1903; — n“ 21 ; variété blanche 1904.
- venons de décrire, le Solarium Commersoni est encore plus intéressant par ses variations dont certaines semblent appelées à un plus brillant avenir que le type initial. Disons tout d’abord que la variabilité de cette plante est très grande. Elle se manifeste et très rapidement par la transformation des tiges qui changent de rigidité, de grosseur et
- Fig. 2. — Types divers de variétés de petite (aille du Solarium Commersoni. i\’° 14 : variété jaune; — n° 15 : variété rose pâle; — n°16 : variété rouge; — n° 17 : variété jaune; — »• 18 : variété rose rouge; — n° 19 : variété violette différente de la pomme de terre de l’Uruguay.
- celle que l’on désigne ad libitum sous le nom de variété, violette ou de pomme de terre de l'Uru-yuay. Elle est issue d’un des pieds de Solarium
- Fig. 4. — Les tubercules souterrains de la pomme de terre de l’Uruguay (Solarium Commersoni, variété violette). Très-réduite. Poids ; 850 et 1400 grammes,
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- Conunersoni nés en 1901 des semences livrées à M. Labergerie par M. Heckel et qui présenta six tubercules d'un poids total de 650 grammes d’un aspect tout spécial. Ces 6 tubercules donnèrent naissance à 12 petites plantes dont 5 seulement échappèrent aux rats et aux courtillières et, après diverses péripéties, produisirent une abondante descendance. L’aspect de la variété violette rappelle celui des variétés européennes. Les tiges, très ramifiées, sont d’un beau vert foncé avec des maculatures violettes allongées surtout aux aisselles des feuilles. Elles sont grosses, se lignifient rapidement à la base et présentent une grande résistance à la pourriture.
- Les feuilles analogues à celles des types ordinaires sont cependant plus charnues et
- poids des tubercules par pied varie suivant l’humidité du sol de 500 gr. en sol sec à 6,750 kg, ayant atteint quelquefois le chiffre énorme de 5600 gr. Le rendement semble, d’après les essais, pouvoir atteindre en terrain très fertile et frais jusqu’à 90000 kg à l’hectare. Ainsi on peut admettre qu’en terrains secs les rendements avoisinent sensiblement ceux des pommes de terre européennes. Ils vont d’ailleurs en augmentant pour atteindre des chiffres considérables en proportion du degré d’humidité du sol. D’autre part, la pomme de terre de l’Uruguay semble jouir de la propriété de
- Fig. 5. — Lu pomme de lerre de l’Uruguay (Solanum Conunersoni, variété violette). Tubercules aériens, à demi-grandeur. Poids : 450 et 1050 grammes.
- d’un vert foncé. Les fleurs, peu abondantes, sont fertiles, mais rarement violettes et sans parfum. Le fruit, très gros, cordiforme ou sphérique, est remarquable par une dépression et un sillon et par la présence de larges traînées violettes.
- Les tubercules se forment autour de la tige, en contact immédiat avec elle, et 'a la partie supérieure du terrain où iis émergent en forme de butte. Jeunes, ils sont blancs avec des yeux roses et violacés, puis ils deviennent graduellement roses et enfin violets, tandis que la chair varie du blanc au jaune. Le
- former continuellement des tubercules au piêd des tiges, et ce malgré l’enlèvement de ceux déjà formés et môme pendant l’hiver, ce qui présage un avenir de premier ordre à cette variété. En outre elle forme fréquemment sur les tiges aériennes des tubercules qui parfois atteignent des poids considérables allant jusqu’à 400, 800 et 1100 gr. et sur un même pied on a trouvé jusqu’à 2,150 kg de ces tubercules aériens. L’immunité aux affections cryptogamiques sur les deux sortes de tubercules est aussi parfaite que chez l’espèce souche. La richesse en fécule n’a pas encore atteint son maximum ; inférieure à celle du Solanum Conunersoni sauvage, elle augmente tous les ans, et, rapprochée du rendement en poids de tubercule, elle donne encore un rendement, à l’heclare, beaucoup supérieur à celui des espèces
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- européennes qui oscille autour de 9000 kg; tandis que celui de la variété violette irait de 10 500 à 13 000 kg.
- Sans doute, il serait prématuré de considérer dès maintenant le Solanum Commersoni comme un produit arrivé; c’est au contraire une création toute nouvelle encore en pleine voie d’évolution et l’on ne saurait accepter sans réserve toutes les promesses qu’elle annonce. Toutefois les chiffres et les données ci-dessus semblent assez éloquents pour qu’on soit en droit de croire qu’il n’y a pas lieu de lui faire un long crédit avant de lui voir prendre une place de tout premier rang parmi les productions de notre culture maraîchère et agricole.
- Il resterait à rechercher quels peuvent être les rapports de parenté qui unissent le Solanum Commersoni avec le Solanum luberosum ou pomme de terre d’Europe. C’est là une grave question qui a été beaucoup agitée ces temps derniers par les botanistes et sur laquelle il semble que l’accord ne soit pas près de se faire. Quelques-uns d’ailleurs, comme M. lleckel, pensent que les diverses variétés de pommes de terre cultivées, attribuées toutes au Solanum luberosum, n’ont pas en réalité cette unique origine et que divers Solariums tubérileres américains ont concouru à leur formation. Il y a lieu de s’abstenir de toute conclusion sur ce sujet en attendant le résultat des recherches entreprises à ce propos par le savant botaniste marseillais.
- André Dumks.ml.
- ESSAIS D’EN CÂBLE ÉLECTRIQUE
- souterrain
- MM. Geoffroy et Delore ont réalisé à Toulon, pendant six mois, sous le contrôle de la Compagnie Thomson-Houston et de la Société « l’Énergie électrique du Littoral », la première expérience d’emploi industriel de câble souterrain isolé et arme, placé dans le sol, et fonctionnant sous une tension qui s’est élevée jusqu’à 30000 volts, dépassant de beaucoup les tensions usitées jusque-là dans de semblables conditions. Cette expérience s’est poursuivie dans des conditions absolument industrielles, sur le réseau de transmission de force motrice d’Entraygues à Toulon, réseau en activité. Le câble n’était pas protégé; il a eu à subir de nombreux à-coups, provenant des incidents du service, qui ont certainement donné lieu à de fortes surélévations de tension. 11 n’était revêtu que d’une épaisseur de diélectrique réduite au strict minimum afin de rendre l’expérience plus instructive en établissant, d’une part, l’excellente résistance du diélectrique, et démontrant, en outre, la possibilité d’obtenir un prix de revient très pratique. Le câble a toujours bien fonctionné et n’a donné lieu à aucun accident. MH. Geoffroy et Delore concluent à juste raison de leur essai, qu’il est permis d’utiliser les câbles isolés enfouis directement dans le sol pour la transmission de l’énergie électrique, même aux tensions les plus élevées employées jusqu’à ce jour; il sera toujours indispensable de se servir de câbles fabriqués avec le plus grand soin, et très soigneusement essayés.
- L’usine génératrice, située à Entraygues, comportait trois groupes électrogènes formés de trois turbines Francis de 1000 chevaux qui étaient accouplées directement avec des alternateurs à courants triphasés donnant à 300 loui s par minute 700 kilowatts à 25 périodes par seconde et à 5500 volts. Des transformateurs élevaient la tension à 28 000 volts pour le transport de l’énergie par ligne aérienne jusqu’à Toulon à 58 kilomètres. C’est à l’arrivée à Toulon que le câble souterrain armé de MM. Geoffroy et Delore fut mis en série avec la ligne aérienne. Ces câbles à trois conducteurs, d’une fabrication soignée, furent essayés à l’usine pour l’un des câbles, par bobines de 200 mètres, à 00000 volts pendant quinze minutes entre conducteurs et plomb et à 92 500 volts pendant quinze minutes entre conducteurs; un deuxième câble fut essayé dans les mêmes conditions à 50 000 et à 90 000 volts. Ces essais furent répétés plusieurs fois sur les mêmes bobines et jamais sans accident pour les câbles. Des échantillons de chaque catégorie de câble ont été soumis aux plus hautes tensions. De grandes précautions ont été prises pour les essais de claquage; la plus haute tension obtenue fut 97 000 volts. Pendant ces essais, renouvelés plusieurs fois, on n’a pu obtenir aucune décharge disruptive à travers le diélectrique.
- La pose des câbles a été effectuée avec soin; ils ont été placés dans une tranchée de 0,90 m. de profondeur et de 1,15 m. de largeur. Le fond de la tranchée a été recouvert d’une couche uniforme de 0,10 m. d’épaisseur de sable de carrière sur laquelle les câbles ont été déroulés.
- Des essais après pose eurent lieu avant la mise en service régulière du câble. Une première expérience consista à brancher simplement le câble sur les barres à haute tension; cette expérience ne donna lieu à aucun incident. La tension fut poussée graduellement jusqu’à 30 000 volts et maintenue pendant une demi-heure.
- La deuxième épreuve consista à mettre une des phases du transformateur à la terre, c’est-à-dire à la réunir à l’enveloppe en plomb du câble armé, et à pousser dans ces conditions au maximum de tension que l’on pouvait atteindre. Les appareils indiquèrent aussitôt 20 000 volts, toutes les masses métalliques du poste prirent une charge statique et de tous côtés apparurent de fortes effluves nettement visibles dans l’obscurité ; l’expérience dura une demi-heure.
- Les câbles furent enfin mis en service et y sont restés pendant 130 jours; ils furent alors soumis à divers incidents : orages violents, courts-cii'cuils sur la ligne aérienne, déclenchement de l’interrupteur automatique de l’usine génératrice, etc. Pendant tout ce temps les câbles sont restés en service et n’ont donné lieu à aucun accident; l’expérience a été jugée suffisamment concluante.
- J. L.
- CHRONIQUE
- Une hémogrégarine des gerboises. — M. A. La-
- veran a décrit récemment, sous le nom de Hæmogrcga-rina Balfouri, un parasite des globules sanguins de la gerboise (genre Dipus), rencontré au Soudan égyptien et en Tunisie. Cette découverte est particulièrement intéressante, parce qu’elle montre que les hématozoaires du genre Hæmogregarina, si répandus chez les arthropodes et les vers, ne sont cependant pas particuliers aux animaux à sang froid.
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- Sur la limite de visibilité de la fluorescence et sur la limite supérieure du poids des atomes.
- — On sait que les physiciens admettent que les corps sont composés de particules infiniment petites suspendues dans un milieu spécial nommé éther et maintenues entre elles par la force de l’attraction. Un savant hollandais, Lobry de Bruyn, avait émis l’opinion que la fluorescence des solutions se rattache à une réflexion de la lumière sur les molécules ou sur leur enveloppe d’éther, dès que leurs dimensions dépassent une certaine limite. Cette propriété de la fluorescence est présentée à un très haut point par les solutions de fluorescéine, substance, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs1. Or, M. Spring, partant de l’idée émise par Lobry de Bruyn, a recherché pour quelle dilution minima la fluorescence de la fluorescéine était visible. En tenant compte de la plus petite surface fluorescente observable et en supposant la fluorescence produite alors par une seule molécule, il en a déduit la valeur maxima du poids de celle molécule.
- L’indicateur de vent du viaduc de Leven. —
- U y a un peu plus de deux années, un train fut renversé par le vent sur le viaduc de Leven, qui donne passage à la ligne de Furness, en Angleterre. Four prévenir le renouvellement d’un semblable accident, particulièrement à redouter sur un viaduc, on vient d’installer, aux deux extrémités du pont, des appareils enregistreurs indiquant aux employés, chargés de la manœuvre des signaux, si la circulation est dangereuse par suite de l’état atmosphérique. Le dispositif comprend une planchette pouvant tourner autour de son axe et munie de ressorts tarés; ces ressorts subissent une flexion d’autant plus grande que le vent est plus fort, et cette flexion est enregistrée sur un papier, enroulé sur un tambour, avec déplacement régulier du tambour grâce à un mouvement d’horlogerie. Un circuit électrique avec sonneries dans les postes de signaux se trouve fermé dès que la pression du vent atteint 155 kilogrammes par mètre carré, ce qui est considéré comme dangereux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 février 1906.
- Présidence de M. Poincaré. -
- Larve d’ëchinoderme non décrite. — M. Giard .présente une Note de M. Kochler donnant la description d’une larve d’échinoderme d’apparence tout à fait spéciale. Elle est de forme sphérique avec une bouche transversale aux coins de laquelle se trouve une tentacule. Autour du corps on voit six plaques. Cette larve a été pêchée à une profondeur de ‘2000 mètres au cours d’une exploration marine du prince de Monaco, elle provient d’une ascérie à laquelle l’auteur donne le nom de Slellasceria mirabilis.
- Les volcans d’Auvergne. — M. Michel Lévy résume une Note de M. Glangeaud dans laquelle l’auteur relève le caractère miocène d’une série de volcans bordant le plateau des puys du côté est. 11 existerait donc de grandes fissures marginales à l’est et à l’ouest qui s’ouvrent dans le miocène de telle sorte que seul le centre appartiendrait au quaternaire.
- Tectonique des Alpes du Piémont. — M. de Lappa-
- 1 Yoy. n° 1684, du 2 septembre 1905, p. 214.
- rent expose que M. Argand a étudié en grand détail la tectonique des Alpes cristallines du Piémont. L’analyse du massif de la Dent Blanche lui a permis d’y reconnaître le pli frontal de la nappe de recouvrement de cette montagne, ainsi qu’une série de replis très puissants postérieurs à la mise en place de celle nappe et produisant une structure en éventail. 11 a constaté de plus que les roches basiques de la Valpelline sont les restes d’un synclinal couché dont la queue n’est autre chose que la zone des amphiboliles d’ivrée.
- La dose de l'oxyde de carbone. — M. A. Gautier expose que la méthode de dosage de l’oxyde de carbone au moyen de l’acide iodique fournit les résultats les plus précis lorsqu’il s’agit de doser des quantités très faibles de ce gaz mélangées à l’air, telles que 1/500 000, ainsi qu’il arrive pour l’air des appartements. Dans les mines où il s’agit de doser des quantités beaucoup plus considérables correspondant à une proportion de quelques millièmes, on peut se servir du grisoumètre. La totalité du gaz est brûlée par le fil de platine incandescent. Mais lorsque l’oxyde de carbone se trouve mélangé avec d’autres gaz combustibles tels que le formène et l’éthylène, le résultat de l’expérience est inexact. 11 en est de même pour des doses de quelques centièmes d’oxyde de carbone dans des gaz combustibles. On se sert alors, pour séparer l’oxyde de carbone, du chlorure cuivreux qui laisse 1/100 environ de résidu d’oxyde non brûlé. On a recours encore à des explosions dans l’eudiomètre en présence d’un excès d’oxygène, explosions qui ne transforment pas la totalité de l’oxyde de carbone, et l’on peut craindre des erreurs de 4 à 5 millièmes. MM. A. Gautier et Clausmann ont reconnu que l’on peut transformer l’oxyde de carbone non brûlé ou non enlevé par le chlorure cuivreux en faisant circuler le résidu de l’opération sur de l’anhydride iodique poité à la température de 70° qui, dansccs conditions, ne brûle que l’oxyde de carbone pourvu qu’il soit suffisamment étendu d’air.
- Influence de la vieillesse sur la pression artérielle. — M. d’Arsonval présente une Note de M. le Dr Moulier relative à l’influence de la vieillesse sur la pression artérielle. 11 montre que la pression reste la même chez le vieillard que chez l’adulte, contrairement à ce que l’on admettait jusqu’ici. Lorsque l’on constate chez le vieillard de l’hypertension artérielle, celle-ci n’est pas la conséquence de l’évolution normale de l’organisme, mais elle est d’ordre pathologique. Elle est la conséquence d’une arfério-sclérose plus ou moins avancée et il y a par conséquent lieu de la faire disparaître par la d’Arsonvalisation suivant la technique qu’il a établie.
- L’origine des levures. — M. le professeur Guignard complète les données réunies par MM. Yiala et Pacottet sur l’origine des levures. Des corps très spéciaux non encore signalés pour les champignons ont été observés dans les cultures du parasite de l’anthracnose, de la vigne ou du platane et ont été ensuite retrouvés dans la nature. Ces kystes, à membrane épaisse et commune, renferment des spores internes qui, dans les milieux sucrés, évoluent en levure. Ces kystes sont probablement l’organe de transition du champignon à la levure.
- Élection. — M. lleim, de Zurich, est élu correspondant de la section de minéralogie en remplacement de M. de Richtofen.
- Décès. — L’Académie reçoit la nouvelle de la mort de M. Arthur Bienaymé, correspondant de la section de géographie et navigation. Cu. de Yilledeuil.
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- LA NATURE.
- L’ÉCLIPSE DE LUNE DU 9 FÉVRIER
- Les conditions dans lesquelles se présentait l’éclipse totale de Lune du 9 février n’étaient pas absolument favorables, le phénomène devant se produire vers l’heure du coucher de notre satellite.
- Ainsi la totalité devait commencer pour Paris très peu de minutes avant la disparition de la Lune à l’horizon, et naturellement au moment du lever du soleil. Pour mon observatoire de üonville (dans le département de la Manche) sa situation à l’ouest du méridien de Paris me permettant de gagner plus d’un quart d’heure sur le coucher de la Lune, avec un retard presque égal sur le lever du soleil, il devait être possible de bien voir la phase totale. Et même il m’a paru spécialement intéressant de rechercher jusqu’à quel point le disque éclipsé de notre satellite resterait visible dans la clarté du jour naissant; à condition toutefois que la partie éclipsée demeurât apparente ainsi que cela a lieu généralement. On sait que cette visibilité est due alors aux rayons solaires tangents aux bords de notre globe, et qui, ayant traversé les couches atmosphériques sous la plus grande épaisseur possible, sont réfractés à l’intérieur du cône d’ombre. Cependant ce phénomène n’est pas constant, du moins comme intensité, et l’on a noté parfois la non-illumination du disque lunaire dans de telles conditions. Le cas s’est présenté récemment lors de l’éclipse du 11 avril 1903, comme si l’atmosphère avait été très opaque. Parla suite les éclipses des 19 février et 15 août 1904 ont montré un retour vers les apparences ordinaires précitées : il était donc très intéressant de savoir ce que serait l’éclipse du 9 février.
- Sans insister davantage sur les causes capables d’amener ces particularités je présenterai maintenant un court résumé de mes observations qui ont été contrariées par la forte tempête régnant sur nos côtes à cette époque. Cependant, malgré ce mauvais
- temps, des éclaircies dans le ciel charriant d'énormes nuages m’ont permis de suivre un peu l'ensemble de l’éclipse et d’en noter les phases principales.
- La pénombre m’a paru moins accentuée que d’habitude, et je n’ai pu la distinguer nettement que peu de temps avant l’entrée dans l’ombre; mais je dois ajouter que les nuages ont gêné beaucoup la constatation de ce phénomène plutôt délicat.
- A 6*120m du matin, l’ombre entamait déjà notablement le disque lunaire; elle était très claire,
- avec une couleur brune,cuivrée, et tous les détails dans la partie éclipsée se voyaient aisément (entre autres, le cratère Aristarque, à la blancheur éclatante, et qui gardait toujours un vif éclat). La bordure de l’ombre paraissait plutôt noirâtre, enfumée, avec reflets bleuâtres, mais, par suite,je crois, d’un effet de contraste avec le reste du disque illuminé. Plus l’éclipse gagnait en importance, plus la magnifique couleur de cuivre orangé devenait évidente. Au moment de la totalité,à 7h7m, cette lueur occupait toute la région occidentale du disque, tandis que le bord oriental, atteignant la partie centrale du cône d’ombre, s’assombrissait beaucoup, coloré en rouge sombre.
- Ainsi la Lune est restée bien visible avec tousses détails, et il a fallu que cette illumination fût vraiment très forte pour que j’aie pu la suivre jusqu’à 7h 20m (après des nuages blancs l’ont masquée). Alors il faisait réellement jour et dans ce ciel de tempête, au milieu des nuées éclairées par le reflet blafard de l’aurore, la Lune, totalement éclipsée, ne se distinguait guère sur le fond du ciel que par la différence de ses colorations. C’est ce que j’ai essayé de reproduire par le dessin ci-dessus. Lucien Rudaux.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiibre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1711. — 10 MARS 1906.
- LA NATURE.
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- LES CRISTAUX LIQUIDES
- On sait que les corps solides révèlent leur structure cristalline non seulement par leur lorme extérieure, mais encore par leur constitution interne. Cette dernière se montre surtout quand on l’examine à la lumière polarisée, laquelle fait apparaître des croix noires en diverses teintes, variant avec la position réciproque du nicol analyseur et du nicol pola-riseur. Si l’on soumet à la même analyse un liquide quelconque, on n’observe rien de semblable, ce qui se comprend aisément, parce que la « structure » en est — presque par définition — homogène dans toutes ses parties. Ceci était vrai jusque dans ces derniers temps, mais ne va sans doute plus l’être depuis les remarquables travaux que vient de publier M. 0.
- Lehmann, de Karlsruhe. Des constatations de ce physicien, il résulte, en effet, que certaines substances peuvent, quoique liquides, avoir une structure cristalline : ce sont particulièrement le p-azoxyanisol, le p-azoxyanisolphé-nétol, le p-azo-xyphénétol, l’ani-saldazine, le propionate de cholestéryle, l’o-léatc de potassium, eLc. Pour
- constater les propriétés de ces liquides, on les examine au microscope polarisant en les plaçant sur une platine chauffante qui les maintient, pendant un certain temps, au degré de fluidité voulue. Il est bon d’y ajouter une matière étrangère, non miscible à eux, qui a l'avantage de provoquer l’isolement des bulles liquides ou tout au moins de les empêcher de se fusionner. Pour l’examen du p-azoxyphénétol, on emploie, par exemple, le thymol, la colophane, la glycérine. Les gouttes ainsi obtenues montrent d’admirables teintes de polarisation qui s’élèvent de la périphérie au centre comme si la goutte était formée par une substance solide lenticulaire anisotrope : ce sont, comme le dit M. Lehmann, de véritables « cristaux liquides ».
- Ces gouttes ne se présentent d’ailleurs pas à l’observateur toujours dans la même position. Dans 34° année, — 1er semeslre.
- Cristaux liquides observés eu lumière polarisée.
- celle que M. Lehmann appellera '« première position principale », et qui correspond à un axe de symétrie placé verticalement, on observe, avec un seul nicol, deux secteurs clairs et deux secteurs colorés en jaune. Entre les niçois croisés, ces mêmes gouttes montrent un polychroïsmc analogue et une croix noire dont les branches coïncident avec les sections des niçois. Toutefois, les bras de la croix ne sont noirs que dans les préparations minces ; dans les gouttes épaisses, ils sont colorés en rouge ou en vert dans toute leur longueur; parfois même, ils sont verts au centre et rouges à l’autre extrémité,
- ou inversement. Ceci prouve que les gouttes en question sont plutôt comparables à des « sphéro-cristaux ». Elles ne sont d’ailleurs pas immobiles et tournent sur elles-mêmes, habituellement en sens inverse des aiguilles d’une montre. Quand deux gouttes viennent à se fusionner, elles conservent, pendant quelque temps, leurs caractères particuliers : ce qui fait que, dans une préparation, on voit, dans chaque goutte, un grand nombre de croix noires provenant de gouttelettes primitives et formant une véritable mosaïque. Puis, ces différences s’atténuent, les croix se fusionnent et, finalement, on n’a plus que de grosses gouttes représentant chacune un seul cristal. Les gouttes en se divisant se conduisent de même. Si Ton chauffé la préparation, chaque cristal sphérique se transforme en un anneau qui se résout lui-même en de petits cristaux sphériques.
- Ces faits sont très, intéressants, mais non aussi isolés qu’on pourrait le croire a priori. On sait en effet, depuis longtemps, qu’il existe des cristaux « mous », qui se déforment, par exemple, quand on appuie sur la lamelle mince qui les recouvre, et qui se fusionnent entre eux avec une extrême facilité. Qu’on suppose ces cristaux encore plus fluides et on passe sans peine aux cristaux « liquides » de M. Lehmann. IIemu Courus.
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- LA NATURE.
- LES CARBURATEURS
- Emploi du pétrole lampant et des huiles lourdes
- Les moteurs à explosion ont actuellement une importance dont on ne se fait qu’une idée approximative en se rappelant la manifestation industrielle pourtant imposante à laquelle le Salon de l’Automobile nous a récemment conviés.
- Dans ces machines un des organes les plus intéressants et un de ceux qui ont suscité le plus de recherches est sans contredit le carburateur.
- En ces temps où les fervents de l’Auto deviennent chaque jour plus nombreux, tout le monde a entendu prononcer ce nom de carburateur, et les chauffeurs qui ont conduit les premières machines doivent retrouver encore dans leur mémoire le souvenir de toutes les pannes qu’il leur a causées, alors que les récents perfectionnements ne lui avaient pas encore été apportés.
- Bien que chacun sache à peu près ce dont il s’agit, nous allons rappeler brièvement ce que c’est qu’un carburateur. Si l’on se borne à l’organe essentiel, un moteur à explosion est constitué par un piston mobile dans un cylindre ; quand on admet sur une de ses faces un mélange détonant qu’on enflamme par un procédé quelconque, la dilatation des gaz de la combustion, consécutive de la chaleur considérable dégagée par cette dernière, pousse le piston en avant ; par des mécanismes appropriés, celui-ci transmet son mouvement aux pièces dont on -veut obtenir le déplacement. Ce mouvement discontinu peut, comme chacun lésait, être transformé par divers artifices en un mouvement à peu près continu, mais ce n’est pas de ce sujet que nous nous occuperons, et nous traiterons seulement de la confection du mélange détonant, dont nous venons d’indiquer le rôle fondamental.
- On voit bien a priori, sans qu’il soit besoin d’y insister, qu’il est nécessaire d’étudier la composition de ce mélange avec le plus grand soin, sous peine de construire des moteurs qui seraient incapables de rendre de bons services. Au point de vue du bon fonctionnement, il faut que ce mélange soit toujours identique à lui-même afin de ne pas introduire d’irrégularités dans la marche. 11 doit être susceptible de fournir une combustion à peu près complète, sans quoi il encrasserait les appareils et dégagerait des gaz irrespirables ou d’odeur fort désagréable; une combustion incomplète correspond, en outre, à une perte, puisqu’on n’utilise pas la totalité du mélange. La combustion complète n’est possible que si le mélange est entièrement gazeux, et ne contient en suspension aucune gouttelette liquide. Enfin, il faut trouver un moyen simple de le fabriquer et ne pas compliquer le moteur par des organes accessoires trop volumineux. C’est dans un appareil spécial appelé carburateur qu’on fabrique ce mélange, et comme, ainsi qu’on vient de le voir, les con-
- ditions à réaliser sont assez complexes, cet organe n’est pas facile à construire.
- Dans les moteurs à explosion, le mélange détonant est constitué par un gaz ou une vapeur combustibles additionnés de la quantité d'oxygène nécessaire à les brûler. 11 va sans dire que cet oxygène est introduit à 1 état d’air, de sorte que, si la combustion est à peu près complète, ce qui est à rechercher, les gaz que l’on trouve à l’échappement sont, en majeure partie, de l’azote et du gaz carbonique. Nous ne nous occuperons ici que des moteurs qui brûlent un mélange d’air et d’une vapeur.
- Les produits les plus employés sont : ceux qu’on retire de la distillation fractionnée des pétroles, et les alcools.
- Puisqu’il s’agit d'effectuer un mélange de vapeur et d’air on voit immédiatement que la tension maxi-ma de la vapeur de la substance employée, prise pour la température à laquelle on effectue le mélange, jouera un rôle très important. Plus le liquide sera volatil, plus il sera facile de l’entraîner à l’état de vapeur au moyen d’un courant d’air convenablement disposé. Cette donnée n’est pas d’ailleurs la seule qui intervienne. M. Sorel, le savant distingué qui a étudié avec grand soin toutes ces questions, a montré « que des combustibles ayant presque exactement les mêmes courbes de tension de vapeur se comportent différemment dans un carburateur au point de vue de la vitesse d'évaporation ». La chaleur latente de vaporisation, la densité, la viscosité du liquide qu’on fait écouler par des orifices étroits, jouent également un rôle important, et le phénomène ne pourrait être étudié théoriquement qu’au prix de complications peut-être inextricables.
- Nous ne voulons dégager de tout ceci qu’un principe essentiel : c’est qu’un carburateur est appelé à fonctionner de façon toute différente suivant qu’on emploiera un combustible ou un autre. En ce qui concerne les pétroles, on peut même ajouter que le fonctionnement du carburateur sera d’autant plus simple qu’on emploiera un produit de densité plus faible.
- Nous donnons ici quelques chiffres empruntés à M. Périssé qui donneront une idée des diverses constantes des produits les plus employés :
- Densités : Automobiline Slelline Pétrole lampant
- à 15° G. 0,699 0,699 0,810
- Tension maxima de la vapeur à 15° C. (en '“/ra de mercure).
- Hexane Huile de
- (essence de pétrole) Automobiline Benzo-Moteur Stelline Schiste
- 95 154 228 255 22
- On voit, d’après ce qui précède, qu’on pourra distinguer deux espèces de carburateurs, qui correspondront aux liquides faciles à vaporiser, et à ceux qui, moins volatils, doivent être vaporisés dans une opération précédant le mélange ; on aura ainsi : 1° Les carburateurs proprement dits, dans lesquels le
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- LA NATURE.
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- liquide et le courant d’air, brassés ensemble par divers procédés, seront transformés en un mélange de gaz et de vapeur;
- 2° Les carburateurs-vaporisateurs, où le liquide sera d’abord transformé en vapeur et mélangé ensuite à l’air.
- Ces derniers, très employés actuellement, surtout pour les moteurs fixes, sont forcément plus compliqués et plus encombrants que les premiers. Ils permettent plus facilement l’emploi des liquides plus denses et moins volatils, qui coûtent évidemment moins cher puisqu’on les emploie moins et plus difficilement. Nous allons nous occuper des premiers et nous montrerons que, lorsqu’ils sont bien compris, on peut les employer pour des liquides d’une densité allant jusqu’à 0,900 qui correspond aux builes lourdes.
- Si l’on se reporte à ce que nous avons dit dans le paragraphe précédent, on voit que, moins le liquide sera volatil, plus il sera difficile de saturer le courant d’air; on est donc conduit à élever la température à laquelle est effectué le mélange, et à augmenter la surface de contact du liquide et de l’air par un brassage énergique. Le procédé, qui consiste en une élévation de température (ce qui augmente la tension de la vapeur), a le grave inconvénient de diminuer la puissance du moteur; il faut, au contraire, éviter une trop forte élévation et chercher à produire le mélange par d’autres procédés.
- On devra, en tout cas, pour un fonctionnement régulier, opérer à température aussi constante que possible, et introduire le liquide toujours sous la même charge. Si l’on veut un appareil universel, il faut que tous ces éléments soient réglables suivant le combustible qu’on emploiera.
- Ces diverses conditions sont réalisées dans un nouveau carburateur, qui a été construit par M. llennebutte sous le nom d’aulo-saturateur1. Cet appareil peut utiliser des combustibles très variés, et nous allons montrer, en le décrivant sommairement, comment il réalise les conditions dont nous avons parlé dans les paragraphes précédents.
- Nous ne voulons pas indiquer ici les dispositions de détail de cet appareil, mais simplement en dire assez pour faire ressortir les principes de son fonctionnement.
- 11 comprend essentiellement un réservoir à niveau constant pour le liquide, un tube d’amenée d’air et des appareils en chicane dans lesquels se parfait le mélange de vapeur et d’air. L’air, arrive par la tubulure F, il a été préalablement réchauffé en passant dans un manchon, qui reçoit une partie de la chaleur disponible des gaz d’échappement. Pour pénétrer dans la chambre de carburation, l’air doit soulever une soupape K, dont la tension est réglable au moyen d’un ressort M ; il rencontre
- 1 II ne l'aut pas confondre cet appareil avec le « carburateur llennebutte » qui donne également de très bons résultats mais qui n’est utilisable que pour l’essence proprement dite.
- ensuite le jet d’essence provenant du pulvérisateur C. Chargé de vapeurs encore mélangées de parcelles liquides, il traverse les appareils en chicane G, où ces gouttelettes passent définitivement à l’état de vapeur, il est ensuite conduit au piston.
- Nous avons dit que le liquide était débité par le pulvérisateur C; une came 1), qui appuie plus ou moins sur le pointeau E, permet de régler son écoulement. L’essence arrive d’un réservoir À dont le niveau est maintenu constant par le llotteur B. En effet, si le niveau tendait à baisser, le flotteur descendrait, appuierait sur un système de leviers et découvrirait l’orifice V, qui, en communication constante avec le réservoir d’essence, laisserait écouler la quantité de liquide nécessaire à rétablir le niveau priiniLil.
- Un poussoir U passant à l’extérieur permet de dégager artificiellement l’ouverture, lorsqu’on veut faire rapidement le plein du réservoir, par exemple au moment de la mise en marche.
- On voit que le liquide s’écoule en C sous l’influence d’une petite dénivellation, et de la différence des pressions à la surface du réservoir À et aux orifices G. La pression en C varie suivant les appels du piston, mais dès que la pression dans l’intérieur du carburateur devient inférieure à 11 -Il (Il étant la pression qui règne dans les tubulures qui amènent l’air chaud, et h la différence des pressions qu’il faut exercer sur la face externe et la face interne de la soupape 11 pour lui faire vaincre la tension réglable de son ressort et se soulever vers l’intérieur), un appel d’air se produit et la pression initiale tend à se rétablir.
- L’instrument comporte un régulateur très ingénieux qui procède par appel automatique d’air froid. Le mélange de vapeurs et d’air circule dans le tronc de cône G, et dans le cylindre qui lui fait suite, ceux-ci sont entourés par un espace normalement clos H qui contient de l’air.
- Supposons que le moteur fonctionne régulièrement, et que pour une raison quelconque la température du mélange vienne à s’élever, l’air contenu dans l’espace li va se dilater, par l'intermédiaire d’une tubulure N, et d’une pastille élastique n‘, cette dilatation va soulever une cloche B, vide à sa partie inférieure et qui communique ainsi avec l’atmosphère extérieure ; la cloche, lorsqu’elle se soulève, découvre un orifice et produit ainsi une entrée automatique d’air froid. Lorsque la température s’est rétablie en H, la cloche retombe et l’air froid n’est plus admis. Il va sans dire que la cloche H est équilibrée par un ressort réglable.
- Lorsqu’on, voudra produire la mise en marche du carburateur on procédera donc de la façon suivante :
- On mettra l’espace II en communication avec l’atmosphère au moyen d’un robinet spécial, l’air qui arrive par la tubulure F étant toujours plus chaud qu’il ne convient la température s’élèvera graduellement, et il arrivera un moment où le carburateur fonctionnera normalement, ce dont on s’aper-
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- LA NATURE.
- Fig'. 1.
- cevru rien que par l’examen des gaz d’échappement, ceci suppose bien entendu que la lame D et le ressort M ont été réglés précisément pour le liquide employé, c’est une opération à faire une fois pour toutes. Aussitôt qu’on aura obtenu le parfait fonctionnement de l’appareil, on fermera le robinet qui mettait l’espace 11 en communication avec l’atmosphère ; l’air ne pouvant plus s’y dilater sans produire, ainsi (}ue nous l’avons expliqué, un appel automatique d’air froid, la température du mélange sera désormais constante ainsi que sa composition, et le fonctionnement continuera dans des conditions parfaitement régulières. Lorsque le moteur est froid on peut le mettre en marche soit en chauffant deux à trois minutes à la lampe le corps du saturateur, soit en marchant à l’essence pendant cinq minutes environ.
- Une fois la mise au point dont nous venons de parler effectuée, l’appareil est devenu automatique, on n'a plus qu’à agir sur le papillon d’étranglement quand on veut ralentir ou accélérer la marche du moteur.
- Cet appareil a un fonctionnement régulier, et marche également bien avec les combustibles qui vont de l’essence de pétrole aux huiles lourdes. En particulier, il donne d’excellents résultats avec le pétrole lampant qu’on ne peut utiliser avec les carburateurs ordinaires, et qu’on est obligé de brûler dans les carburateurs vaporisateurs dont nous avons parlé plus haut et qui sont des appareils beaucoup plus compliqués et plus encombrants. La température de l’air admis, et la
- disposition du pulvérisateur et des appareils en chicane suffisent à réduire complètement le liquide à l’état de vapeur, et aucune gouttelette n’est entraînée à la sortie du carburateur. C’est comme nous l’avons déjà dit une des conditions nécessaires si l’on veut réaliser une combustion complète.
- Les produits légers provenant de la distillation des pétroles étant beaucoup plus chers que les produits lourds, l’emploi de cet appareil permettrait une économie sérieuse. Le pétrole lampant coûte, en effet, environ 10 francs l’hectolitre, et les huiles solaires se vendent couramment 60 francs la tonne en Angleterre.
- 11 y a encore un avantage sérieux dans l’emploi de ces produits moins volatils, c’est qu’ils sont d’un usage infiniment moins dangereux et délicat. Pour l’utilisation industrielle de l’aulo-saturaleur, c’est un point très important.
- En ce qui concerne l’automobilisme, le jour ne semble pas loin où l’on n’attachera plus à la vitesse une importance prépondérante, et où l’on s’inquiétera sérieusement de réduire les frais d’entretien. C’est à ce moment-là surtout qu’on cherchera à réaliser des économies sur le prix de l’essence, et à utiliser des matières moins coûteuses connue l’huile de schiste, qu’on a presque cessé d’extraire parce qu’on n’en trouvait pas le débouché.
- L’aulo-saturaleur que nous venons de décrire nous
- paraît être un progrès sérieux dans ce sens, et c’est
- pourquoi nous avons voulu le signaler à nos lecteurs alors qu’il n’était encore qu’à ses débuts.
- Pierre VilliIire.
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- LA DESTRUCTION DES PAYSAGES FRANÇAIS (LES GRÈS DE L’ESSONNE)
- Une des régions, sans conteste, les plus pittoresques des environs de Paris, est la vallée de l’Essonne, de la Ferté-Alais à Angerville et plus spécialement la rive droite (presque inconnue du reste) de cette rivière entre Buno (S.-et-O.) et Buthiers (S.-et-M.). Là se succèdent des masses colossales de rochers fantastiques. Les unes, paresseusement couchées
- Fig. 2.
- Crûs écroulés sur une pente.
- Fig. 1.
- Amas de grès de l’Essonne.
- en assises horizontales, émergent de crêtes verdoyantes; les autres se soulèvent déchiquetées à flanc de coteaux ; certaines, culbutées en avalanches chaotiques, se précipitent de 80 mètres de hauteur pour se mirer dans les eaux de l’Essonne, pendant que des traînées d’aspect mégalithique s’épar-
- pillent loin des centres du cataclysme.
- C’est qu’entre la Beauce et le Gâti-nais s’est produit l’effondrement d’un immense plafond de grès qui, s’affaissant et se disloquant brutalement dans le vide, a donné naissance à une vallée.
- Les points les plus réputés de Fontainebleau n’atteignent pas la beauté
- Fig. 4.
- Coe carrière abandonnée.
- Fig. 3.
- L’Essonne vue dans une crevasse des grès.
- de ces sites exceptionnels, embellis qu’ils sont, et par la proximité de l’eau qui fait défaut dans la célèbre forêt, et par une végétation luxuriante; aulnes, peupliers suisses et d’Italie, grisards, bouleaux, érables, frênes, ormes, chênes, contrastent avec les massifs persistants des épicéas, pins noirs, pins d’Ecosse, de Bordeaux de tous âges, et la couleur si verte au printemps et si rousse en hiver des
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- LA NATURE.
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- plantes aquatiques -et des roseaux. Pourquoi ce pays est-il situé si près de la capitale! C’est, son seul tort ! S’il était à 800 kilomètres de Paris, tout le monde lui rendrait visite. Au contraire, tout l’ensemble de ces paysages de toute beauté est menacé dans son existence. Que dis-je? il est entamé et saccagé depuis déjà des années par le pic des carriers et les explosifs des entrepreneurs.
- De Corbeil à Malesherbes la vue des voyageurs et des touristes est blessée et attristée par une série de longues et profondes déchirures, qui percent et dégradent les pentes et les sommets des montagnes; voilà un type ultra-artistique de notre patrimoine français qui s’émiette en pavés, en cailloux, en pierres et en poussière ! D’immenses amas de débris incohérents s’amoncellent autour d’excavations aussi laides que dangereuses, et tous ces terrains dépouillés de verdure sont transformés en repaires insondables, bons pour les renards et les fauves qui foisonnent, maintenant dans la contrée.
- Si encore, l’exploitation terminée, on nivelait le sol, si on replantait! mais on enfouit la terre végétale au fond des trous, on la recouvre de déchets, et quand on a extrait les couches superficielles, faciles et avantageuses, des matériaux, on abandonne le reste sans souci de l’avenir, pour commettre un nouvel attentat un peu plus loin.
- En vue d’une piètre économie — appelée pourtant à disparaître en un clin d’œil — les entrepreneurs ouvrent des carrières sur le parcours de la voie ferrée et aux abords des roules y accédant.
- Loin de moi la pensée de demander la suppression absolue des fameuses occupations temporaires, mais l’autorité peut et doit les surveiller, les empêcher de nuire en les soumettant à des règlements rationnels, de façon à faire obstacle à des actes de vandalisme irréparables.
- Un conseil spécial d’hommes de goût devrait être chargé d’étudier chaque demande d’occupation temporaire et d’éclairer l’autorité préfectorale. De son côté, le service des Ponts et Chaussées devrait empêcher le gaspillage des carrières et obliger les occupants à conduire leurs travaux d’extraction avec méthode. Il est des contrées presque désertes, plates et uniformes, où abondent des quantités considérables de matériaux inutiles.
- Un des joyaux de la vallée de l’Essonne a été attaqué ; heureusement le grain du grès s’est trouvé trop friable. On y a renoncé... au moins pour l’instant. Il s’agit d’un point culminant se dressant en saillie sur la rivière, en face d’un cirque naturel formé par les collines de la rive opposée. L’acoustique y est merveilleuse sans le %ioindre écho. Les plus lines demi-teintes vocales s’| propagent miraculeusement jusque dans les recoins les plus éloignés. Dans ce décor admirable, taillé de toutes pièces par la nature, on créerait sans frais un Bayreuth français de plein air avec lequel aq$un autre centre artistique ne pourait rivaliser.JLes spectateurs y jouiraient à l’aise d’un régal uni£jue.pour la vue et l’ouïe.
- J’ai souvent parlé de celle idée à nos grands compositeurs, au regretté Gounod, à mon ami Massenel. Je souhaite que ce projet se réalise un jour, il n’a rien d’utopique.
- L’été dernier, le Touring Club et la Société des Amis des arbres ont visité ces parages. La surprise de tous a été portée à son comble. La Société de protection des paysages de France doit à son tour explorer ces lieux pour se rendre compte des abus signalés.
- Puissent ces sociétés, intéressées à la préservation de nos sites les plus pittoresques, pousser avec nous un cri d’alarme retentissant, qui, répercuté par la presse, mettra un frein à la rapacité et au cynisme de certains entrepreneurs L Ai.biîkt Duvai..
- LE TRIOMPHE DE LA TUBERCULOSE
- La tuberculose est en progrès! c’est elle qui gagne de vitesse dans la lutte que lui livre la science.
- Nous avons résumé, à son heure2, le Congrès tenu à Paris le 7 octobre 1905 et mentionné les efforts du professeur Behring, remplis d’espoir et concentrés sur le Bovovaccin (symboles TC et TX). Il est grand temps que l’annonce, renouvelée en janvier dernier, de sa découverte de la tuberculose, véritable vaccin antituberculeux, devienne une pratique réalité!
- Car de tout récents documents montrent une fois de plus quelle guerre sans trêve, sans répit, sans faiblesse il faut soutenir opiniâtrement contre le terrible fléau !
- Le ministère de l’intérieur vient de publier, pour l’année 1904, la statistique sanitaire de 010 villes de France peuplées de plus de 5000 habitants et de 97 chefs-lieux d’arrondissement au-dessous de 5000 habitants (en tout 715 villes). On y voit des chiffres réconfortants et d’autres tout à fait lamentables : ceux-là se rapportent à la fièvre typhoïde, considérablement enrayée par le progrès et les données des études hydrologiques et dont le bilan (pour les 616 villes à 5000 hab. seulement) est le suivant :
- Pour la période
- 1891-1895, 4285 décès annuels, soit 0,54 pour 1000 hab.
- 1899 (Travaux en 4501 _ _ 0,54 _
- «00 4210 - - 0,51
- (chiffres les)
- 1904 hdus faibles! 2650 — — 0,19 —
- ( de tous. )
- La diphtérie et le croup, grâce à ce bienfaiteur humain qu’est le docteur Emile Roux, a décru, en progression presque régulière dans les proportions que voici :
- Pour la période
- 1891-1895, 5132 décès annuels, soit 0,41 pour 1000 hab.
- (Chiffres les)
- 1904 jplus faibles! 1264 — — 0,09 —
- ( de tous. 1
- Ici le succès est à peu près complet avec réduction de
- 1 Un rapport récent du service des Ponts et Chaussées rend compte, dans les termes suivants, de l’état actuel d’un terrain occupé temporairement pour 4 ans et abandonné : « Cet état est déplorable, et, à ce sujet, le tableau qui en est fait n’a rien d’exagéré. Le terrain a été fouillé un peu partout par des ouvriers travaillant isolément, au hasard de leurs préférences, si bien qu’une exploitation rationnelle du terrain deviendrait extrêmement difficile maintenant. En outre les déblais ont été rehaussés en cavalier sur les bords des excavations et laissés là. »
- 2 Yoy. n° 1690, du 14 Octobre 1905, p. 318.
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- LA NATURE.
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- plus des trois quarts! Mais la tuberculose des poumons (celle des méninges et les autres tuberculoses font moins de victimes et montrent une certaine décroissance) a, au contraire, conquis du terrain dans les villes françaises :
- Pour la période
- 1891-1895, 51 754 décès annuels, soi! 2,55ponr lOOObab.
- (Chiffre. le)
- 1904 <plus l'oriv 57 615 — — 2,75 —,
- ( de tous. )
- La tuberculose des poumons est le mal qui fait le plus de victimes dans nos cités, plus même que les pneumonies et affections respiratoires réunies, la diarrhée et l’entérite infantiles, les maladies du cœur, la congestion cérébrale, et la débilité sénile!
- Aussi l’Académie de médecine s’est-elle émue une fois de plus de la défense victorieuse que le mal oppose à ceux qui l’attaquent; dans plusieurs séances de janvier et février 1906 des vues et propositions diverses ont été formulées par MM. les Drs Albert Robin, Rrouardel, Kelsch, Landouzy, Corn il, Chauffard, Vallin, Fernet, Chauvel, Lereboullet, Henri Monod, Laveran, Pinard.
- Tout d’abord l’Académie, sur la proposition de M. Albert Robin, a émis le vœu que M. le Ministre de l’intérieur prît les mesures nécessaires pour que la statistique des causes de décès, qui ne porte actuellement que sur 616 communes, soit étendue à toutes les communes de France, et immédiatement M. Mirman, directeur de l’Assistance et de l’hygiène publiques, a informé l’Académie que « cet important desideratum serait effectivement réalisé à dater du 1er janvier 1906 ».
- M. Chauffard a proposé qu’après tout décès par tuberculose ouverte la désinfection fût obligatoire; M. Henri Monod (qui considère avec raison la tuberculose comme une maladie évitable1) a demandé qu’on rouvrît la question de savoir s’il n’y a pas lieu d’inscrire la tuberculose sur la liste des maladies dont la déclaration est obligatoire et entraîne par conséquent la désinfection.-Aux termes de la loi, c’est à l’Académie de médecine et au Comité consultatif d’hygiène publique de décider cette mesure qu’ils ont repoussée en 1905. Sur leur avis favorable un simple décret la rendra exécutoire, si ces deux hautes assemblées veulent bien revenir sur leur avis négatif, émis au moment de la discussion de la loi de 1902.
- Pour la sauvegarde du principe de la liberté individuelle, — dont l’application exagérée fait, dans les plus diverses matières, subir tant de préjudices à l’intérêt public, — il y a eu opposition de la part de plusieurs académiciens encore réfractaires à la déclaration obligatoire et à la désinfection! MM. Laveran et Pinard entre autres continuent à proclamer ces mesures non seulement vexatoires, mais encore inutiles comme impraticables.
- Ils préféreraient laisser le médecin juge d’ordonner la désinfection selon les cas et fournir au maire les moyens légaux de la faire exécuter.
- A ce sujet M. Pinard a cité un pays où, dans certaine maison, cinq personnes sont mortes de tuberculose vers 1875. Depuis lors, quiconque y habite est frappé de tuberculose. Au dernier départ des locataires, le propriétaire a été invité à désinfecter. Il ne l’a pas fait. Les nouveaux occupants seront atteints. Ailleurs, une maison infectée est demeurée vide après dix décès par cette maladie. Puis on y a mis l’école. Actuellement Quatre écoliers sont morts tuberculeux, et sept ou huit autres sont infectés2..
- Faut-il multiplier ces citations pour justifier l’intervention de l’Etat, et défendre contre l’incurie des particu-
- 1 Revice municipale, 28 février 1906.
- 2 Journal officiel, du 25 février 1906.
- liers, et ces particuliers eux-mêmes et leurs concitoyens.
- Par essence comme par définition, la liberté a ses limites que nul ne saurait transgresser, même sous le plus libéral des régimes. C’est ce qui constitue le délicat problème politique de mettre d’accord l’indépendance, la volonté, les intérêts de l’individu avec les droits, les besoins, les nécessités de la société. « La liberté n’est que la faculté de faire ce qui ne doit pas nuire à autrui. » — « La liberté de chacun commence où cesse celle d’autrui. » — « La liberté consiste à ne dépendre que des lois. » — Voilà trois des formules consacrées qui autorisent et même obligent l’État à assurer l’observation réciproque des libertés individuelles; aussi nulle considération ne saurait-elle limiter son intervention quand l’intérêt général la rend nécessaire. C’est ce qu’on a fini par comprendre en édifiant, non sans peine, la loi du 15 février 1902; mais ce qui précède montre que, pour la tuberculose (comme d’ailleurs pour les mesures de protection des eaux potables), l’application des bienfaits de cette loi demeure trop entravée par des considérations d’ordre particulier, souvent indignes d’un grand pays.
- Elle se heurte aux ménagements douteux qu’inspire une fâcheuse solidarité entre des intérêts ou des appétits purement privés et des personnalités ou catégories limitées d’individus. Le pur et sincère souci du bien public a toujours exigé des sacrifices : il nous semble que la déclaration obligatoire et la désinfection, en cas de tuberculose, sont de ceux-là, car la maladie s’étend comme la plus ravageuse et la plus progressante de toutes ! a L’intérêt social doit prévaloir sur l’intérêt privé » (1)" H. Monod, Thoinot, L. Rénon).
- Quant à la prophylaxie de la tuberculose, ses éléments, multiples, comprennent au premier chef des mesures d’ordre exclusivement social au profit des classes pauvres qui fournissent l’immense majorité des victimes, : suppression des logements insalubres, profusion de l’air et de la lumière bactéricides, abolition du surmenage des ateliers, élargissement des logis habités, amélioration du bien-être des ouvriers, surveillance des vacheries et dit lait destiné à l’enfance, guerre à l’alcoolisme et à l’absinthe.
- Tout cela ne relève plus ni de la médecine, ni même de la science. Tout cela doit être entrepris et doit aboutir pour enrayer la tuberculose, car les sanatoria, si développés en Angleterre et en Allemagne, semblent avoir fourni des mécomptes.
- Dernier écho de l’horrible fléau : à la séance du 19 février 1906 de l’Académie des sciences, M. le Dr Galmette et M. Breton ont révélé comme dangereuse l’ingestion des bacilles tuberculeux simplement tués par la chaleur. Chez les cobayes tuberculeux, cette ingestion réitérée, même en petites quantités, précipite la mort ; chez les cobayes sains, elle produit des désordres graves. 11 en résulte qu’il faudrait proscrire le lait de vaches tuberculeuses stérilisé par ébullition. Il ne suffit plus de faire bouillir le mauvais lait pour le rendre inoffensif!
- Et il importe de répéter la formelle conclusion de l’éminent directeur de l'Institut Pasteur, de Lille :
- Il est éminemment désirable que la connaissance de ces faits nouveaux décide les pouvoirs publics à édicter des mesures tendant à astreindre les producteurs à une surveillance rigoureuse de leurs étables. »
- Et si l’on ne prend pas ces mesures, de même que toutes celles, — si vexatoires qu’elles puissent paraître (par exemple l’interdiction légale de cracher, comme en Amérique) — qui peuvent renforcer les moyens de lutte, on encourra l’immense responsabilité d’assurer de plus
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- LA NATURE.
- en plus le triomphe de la tuberculose ! On estime (faute de statistique pour les villes de moins de 5000 habitants et pour les campagnes) à 150 000 par an le nombre des décès par tuberculose en France pour 59 millions d’habitants; l’Allemagne, plus soucieuse que nous de la santé publique (Voy. n° 1709, du 21 février 1900, p. 200), n’en compte, paraît-il, que 100000 pour 59 millions d’habitants! E.-A. Martel,
- Aiulilein' au Comité consultatif d'iiygiéno publique de Franco.
- NOUVEAUX FIACRES AUTOMOBILES
- L’année 1906 aura vu naître et meLtre en pratique deux nouveautés automobiles intéressantes : les omnibus et les fiacres à traction mécanique.
- On sait que la Société Eugène Brillié est sortie victorieuse du concours pratique d’omnibus imposé aux véhicules concurrents pendant le dernier Salon entre la Bourse et les serres du Cours-la-Beine. Elle a reçu la commande de 22 châssis qui seront mis en service, assure-t-on, veps le mois de juin. Le transport en commun dans Paris peut donc être considéré comme chose faite.
- La seconde
- institution, celle des fiacres automobiles à essence, s’est définitivement organisée et ces jours derniers, vingt fiacres, que l’on distingue seulement des automobiles privées par leur taximètre, sont à la disposition du public qui leur a fait un accueil tout à lait sympathique.
- Il faut bien avouer que la Société des Fiacres Automobiles a tenu à mettre en circulation des voitures absolument parfaites à tous les points de vue. Les essais des différentes marques présentées ont duré pendant une année, et on a confié à la maison Renault Frères la construction de ces confortables et élégantes autos qui ne tarderont pas à reléguer au second plan nos antiques « sapins » en attendant qu’elles les aient fait complètement disparaître.
- Le fiacre automobile doit posséder certaines qualités qui ne sont pas absolument indispensables dans
- Fiy. 1. — Vue de l’avant des nouveaux fiacres, capot enlevé.
- toutes les voitures, car il est appelé h satisfaire à toutes les exigences du public, et, en même temps, à celles non moins impérieuses des aclionnaires qui l’exploitent. On lui demande d’être’ confortable, élégant, propre, et surtout d’occasionner le moins de pannes possible. Pas de bruit, pas de lumée surtout. Le public se fût laissé écraser assez bénévolement par les premiers automobilistes s’il n’eût été abasourdi au préalable et empoisonné ensuite! Enfin un fiacre doit être d’un prix modéré, et dépenser peu d’essence et d’huile. Que de conditions h remplir pour un mode de transport qui, en somme, a été créé de toutes pièces en quelques années seulement !
- Tout s’est bien passé : actionnaires et public paraissent satisfaits de leur nouveau serviteur dont
- nous allons étudier, le plus brièvement possible, la cons ti tut ion interne.
- Le châssis est en tôle d’acier; on l’a équipé suivant les règles universellement admises en automobilisme. Il supporte, h l’avant, un moteur vertical à deux cylindres, de 7 à 8 chevaux, derrière lequel se trouve le radiateur (particularité des voitures Renault Frères). L’ensemble de la partie mécanique : moteur, embrayage, elian-gement de vitesse, est protégé contre la bouc et la poussière par une tôle inférieure qui favorise en même temps le refroidissement (thermo-siphon), le ventilateur étant rapporté sur le volant du moteur. Les soupapes d’admission sont commandées mécaniquement par le même arbre à cames que celles d’échappement. L’allumage se fait par magnéto à induit tournant à la vitesse du moteur. Le distributeur d’allumage est séparé de la magnéto et envoie le courant à des bougies.
- Le carburateur est automatique. Il présente celle originalité que le méjange carburé s’effectue, non pas dans le carburateur proprement dit, mais dans un boisseau placé à l’extrémité des tubulures d’admission, à l’entrée même du moteur. Le gicleur, communiquant avec la chambre du niveau constant du carburateur, est entouré d’un petit tube d’aspira-
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- LA NATURE.
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- tion qui vient aboutir à l’entrée du boisseau. De son côté l'air suit une canalisation absolument indépendante de la tubulure d’aspiration et qui vient également aboutir au boisseau. L’admission du gaz carburé est réglée par une soupape qu’actionne la pédale d’accélérateur, lin disque mobile, se déplaçant verticalement dans une chambre conique et commandé par la dépression du moteur permet une admission d’air supplémentaire automatiquement proportionnelle à la vitesse du moteur.
- L’embrayage s’elïéctue par deux cônes et d’une manière bien progressive; la transmission a lieu par cardan. La voiture peut prendre trois vitesses, la troisième s’obtenant en prise directe. On estime à 10 kilomètres à l’heure la vitesse moyenne à obtenir
- sage des fortifications coûte 0fr,50; l’indemnité de retour pour une voilure laissée dans « le bois » est de 1 franc et de 0fl',50 par kilomètre pour celle laissée hors de l’octroi — une carte, visée par la Préfecture de la Seine, a été établie spécialement pour le calcul de celte dernière taxe. — Enfin toute prise en charge après minuit et demi est sujette à un supplément de 0“ ,50. Le taximètre enregistre ces différentes taxes.
- Ce dernier appareil n’a pas été sans subir l’in-lluence de la locomotion nouvelle, qui présente encore, malgré sa perfection, quelques aléas. 11 règle, en effet, la question des « pannes ». En cas de panne, dit le règlement, notamment du fait des pneus, le voyageur n’en paie pas la durée; il peut soit quitter la voiture en payant la somme enregistrée jusqu’au moment de la panne, soit la garder et il doit alors exiger que le conducteur fasse apparaître le mot Panne dans le voyant Tarif, ce qui arrête le taximètre pendant la durée de la répara-
- FiS'. 2. — La nouvoau
- avec ces fiacres qui, avec 55 litres d’essence, sont capables de parcourir journellement 550 kilomètres. Ajoutons encore que les constructeurs se sont attachés à faciliter la conduite de ces voitures ; dans ce but, ils ont supprimé complètement toute commande sous le volant.
- Les nouveaux fiacres marchent-ils aux mêmes tarifs que leurs congénères à chevaux? Voilà ce que nous avons demandé au directeur de la Compagnie. Il existe deux tarifs de jour, nous a-t-il répondu. Un ou deux voyageurs paient, s’ils ne quittent pas Paris, 0fl',75 pour les premiers 900 mètres et 0fr, 10 par 500 mètres supplémentaires. S’ils sortent de l’enceinte fortifiée, le chauffeur appliquera la taxe de 0fr,75 pour les premiers 750 mètres et 0fl',10 par 250 mètres supplémentaires. Cette dernière taxe est également applicable dans le cas où, sans quitter Paris, le chauffeur aura plus de deux voyageurs. Il faut aussi.compter avec les suppléments. Le pas-
- fiarre aulomobiln ouvert,
- tion. Les autres articles du règlement sont semblables à ceux qui régissent les fiacres ordinaires.
- Comment se recrutent les chauffeurs? On les accepte entre 18 et 50 ans*à la condition qu’ils sachent lire et écrire, qu’ils aient satisfait à l’examen des médecins de la Compagnie, qu’ils produisent un diplôme de cocher à Paris, un permis de conduire les voitures automobiles et leur casier judiciaire. Ils font ensuite un stage de perfectionnement sur les fiacres. Enfin ils versent un cautionnement de 500 fr, paient leur essence et reçoivent une remise de 15 p. 100 sur la recette indiquée au taximètre, plus une seconde remise qui varie de 15 à 50 p. 100 pour l’huile et l’essence et une prime d’économie sur les pneumatiques. Les cochers de fiacres ont acquis une réputation détestable à Paris; souhaitons que les chauffeurs soient des Automédons, le nom leur appartient, bien qu’Achille n’ait jamais eu d’auto, moins désagréables. Lucien Fournier.
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- LA NATURE.
- TÉMOIGNAGE HISTORIQUE
- des sciences naturelles
- Dans quelles conciliions des constatations empruntées aux sciences naturelles peuvent-elles confirmer des données historiques ?
- C’est ce que nous allons expliquer par deux exemples empruntés, l’un à la botanique, l’autre au magnétisme terrestre.
- Derrière le cordon des dunes littorales qui avoisinent la petite ville de Berck, s’étendent les prairies des Mo-lières, sans flore bien spéciale. Çà et là se présentent quelques mares d’eau douce paraissant creusées de main d’homme et contenant des plantes aquatiques très communes. Mais dans ces Molières, entre Berck-ville et Grof-fliers, vers la borne 52, on trouve des mares bien différentes : leur contour est très irrégulier et elles communiquent entre elles. Elles rappellent beaucoup celles qui existent dans la même région à l’embouchure de l’Authie.
- L’attention de M. Molliard, professeur en Sorbonne, fut atttirée surtout par la flore bien spéciale qu’il y rencontrait. Bien qu’on fût à 3 kilomètres de la mer, la végétation était nettement halopbile, c’est-à-dire celle de terrains salés : la salicorne ou passe-pierre, le triglochin maritime, etc....
- « Nul doute, dit l’auteur1, que je me trouvais en présence de mares d’eau saumâtre. » L’analyse chimique vient confirmer cette opinion. Au mois d’avril quand les mares étaient pleines d’eau l’analyse donnait 0er,18 de sel marin. Au mois de juillet, la même eau recélait 3,20 pour 100 de sel, soit presque autant que l’eau de mer.
- Quelle pouvait être l’origine de sel, étant donné que l’hypothèse d’une infiltration était impossible ? La configuration des mares a donné à penser qu’on devait se trouver en présence des restes d’un ancien estuaire.
- Sur la carte du Cassini, 1750-1760, on trouve figuré entre Berck et Groffliers un grand étang « le coin du Cuc » dont l’emplacement coïncide avec celui de la région étudiée, et les mares saumâtres sont un reste de cet étang.
- M. Molliard a pu consulter un plan de 1735 sur lequel on voit figurer, au niveau de Berck l’ancienne rivière d’Airon formant le « Val ou port de Berck où la mer n’entre plus ».Cet ancien port à cette époque est isolé de la mer par une « Hay morte qui a formé une digue ». Le port s’était ensablé petit à petit et la mer avait abandonné l’estuaire. Ainsi donc l’examen des cartes confirme les inductions que l’étude de la flore avait amené M. Molliard à faire.
- N’est-ce pas une idée des plus originales que de se servir de l’aiguille aimantée pour chercher à donner une date à de vieilles poteries, et à des couches de lave de volcans éteints. C’est pourtant ce qui vient d’être fait avec beaucoup d’ingéniosité.
- M1. Folghraiter a déjà reconnu ainsi que les vases de l’époque l'omaine et ceux de l’époque étrusque correspondent à des inclinaisons de l’aiguille nettement différentes, ce qui est déjà très significatif et tout en faveur de la nouvelle méthode.
- MM. B. Brunhes, directeur de l’Observatoire du Puy de Dôme, et P. David ont eu l’idée d’appliquer la méthode aux époques géologiques. Ils ont expérimenté sur des couches d’argile sur lesquelles s’était répandu un fleuyede lave parfaitement régulier. Ils ont trouvé la déclinaison en quelque sorte marquée sur les échantillons ; elle est de 7 de-
- 1 Revue générale de botanique, 15 novembre 1905.
- grés plus forte qu’aujourd’hui. Mais, dans d’autres échantillons, la différence s’est élevée jusqu’à 60 degrés. En outre, dans les expériences relatives à l’inclinaison, on a constaté que c’était toujours le même pôle de l’aiguille qui se dirigeait vers le bas, et ce pôle était comme aujourd’hui le pôle austral. D’autres carrières de briques naturelles dues à des coulées de lave, d’autres volcans ont donné des résultats très différents. D’ailleurs M. Brunhes lui-même a fourni ici ses explications auxquelles nous renvoyons1.
- Les faits que nous venons de rappeler sont des exemples de l’appui mutuel que peuvent se prêter des sciences très diverses. Y. Brandicourt,
- Vico-lVésidPiil de la Société Linnéenne du nord de la France.
- UN NOUVEAU CATALYSEUR
- dans la préparation de l’anhydride sulfurique
- Il a été signalé aux lecteurs de La Nature en temps et lieu un nouveau procédé de fabrication de l’acide sulfurique, consistant à mettre un mélange de gaz acide sulfureux et oxygène, ou mieux d’air, en contact avec une substance catalysante, comme de la mousse de platine, qui, à une certaine température, détermine la combinaison des gaz avec formation d’anhydride sulfurique, d’après la réaction : S02-f-0 = S03.
- Plusieurs inconvénients existent dans ce procédé. Tout d’abord, à une température voisine de celle à laquelle a lieu la combinaison, il peut se produire la réaction inverse, décomposition de l’acide sulfurique anhydre en gaz sulfureux et oxygène. De plus, les gaz employés pour la combinaison doivent être purs et exempts de poussières qui interviennent fâcheusement dans l’activité de la substance catalysante; enfin cette substance elle-même ne possède pas une durée indéfinie et doit être régénérée assez fréquemment.
- En outre, la mousse de platine qu’on employait généralement avait une grande valeur et constituait un capital immobilisé assez important. Aussi les efforts des chercheurs se sont-ils portés, d’une part sur la purification des gaz employés à laquelle on est arrivé assez bien ; d’autre part, sur le remplacement du platine catalytique par une autre matière susceptible de déterminer la même combinaison. On a préconisé, à ce sujet, quelques substances nouvelles et notamment l’oxyde de fer et tout récemment l’acide arsénique. Pour ce dernier corps, la puissance catalysante diminue au début, mais prend bientôt une valeur constante ; la dessiccation des gaz à combiner doit être effectuée simplement au moyen d’acide sulfurique concentré. L’anhydride sulfurique formé exerce une action paralysante sur la marche de la réaction ; en opérant, en présence d’un excès d’un des deux gaz constituants, oxygène ou acide sulfureux, on augmente au contraire le pourcentage d’anhydride sulfurique formé.
- La découverte d’une matière catalysante active et bon marché donnera certainement un grand essor à cette nouvelle industrie de la fabrication de l’acide sulfurique par contact, en raison, d’une part, de la suppression des chambres de plomb si encombrantes et si onéreuses; d’autre part, de la facilité de conservation et de transport de l’anhydride sulfurique solide qu’on peut recueillir et garder en boîtes métalliques soudées jusqu’au moment de son emploi. A. H.
- 1 Voy. n° 1695, du 18 novembre 1905, p. 390.
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- LA NATURE.
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- LES USINES MÉTALLURGIQUES
- de Pile d’Elbe
- Les riches gisements de fer de l’ile d’Elbe sont connus depuis l’antiquité. Ces gisements, dont le minerai composé principalement de fer oligisle et d’hématite avec de faibles quantités de magnétite, et qui contient une quantité de fer atteignant la proportion de 60 pour 100 environ, sont tous situés sur la côte Est de l’ile. Ils sont au nombre de quatre (lig. 1); llio, Rio Marina, Terra Nera, et enfin, tout à lait au Sud, celui de Calamita, le plus important de tous. Les points d’extraction étant tous situés à une certaine hauteur au-dessus du niveau de la mer, le minerai doit, d’abord, être descendu au bord de la mer pour être, ensuite, embarqué, soit sur des barques qui, par suite de la faible profondeur d’eau, ne peuvent avoir qu’un tonnage limité de 45 à 80 tonneaux, soit sur de grands cargo-boats qi i emportent le minerai en Angleterre et en Aliéna; -gne. Jusqu’à ces dernières années, c’était le loi -nage emporté par ces navires qui représentait la partie la plus importante du minerai extrait des gisements. Quant à celui transporté par les barques, il était amené, soit à Portoferrajo, la capitale de l’ile d’Elbe, soit, surtout, à Folonica, sur le littoral italien, où la Compagnie exploitante des mines avait anciennement installé des hauts fourneaux et une fonderie. Malheureusement cette installation n’avait qu'une faible importance et, de plus, se trouvait située dans un endroit où la malaria règne, pour ainsi dire, à l’état permanent. A certaines époques de l’année, presque tous les ouvriers tombaient malades et la Compagnie se trouvait dans l’obligation d’éteindre les hauts fourneaux. Cet établissement ne permettait donc pas, ni par son importance, ni par sa situation, d’assurer le développement que nécessitait l’extraction du minerai qui ne cessait de croître.
- Afin de faire face aux nouveaux besoins résultant de cet accroissement constant de l’extraction du minerai, il s’est créé, en 1899, avec le concours de la Société de Terni, une nouvelle Société qui porte le nom de « Compagnie Elba », dont le siège social est à Rome et dont le capital actions est de 15 millions de francs. Cette Société a repris non seulement l’exploitation de tous les .gisements de l’ile d’Elbe et de la vieille usine de Folonica, mais elle a fait construire à Portoferrajo une usine métallurgique importante avec des hauts fourneaux au coke permettant le traitement du minerai extrait dans l’ile. L’emplacement de Portoferrajo a été choisi, d’abord à cause de son excellent climat, ensuite à cause de sa baie profonde et bien abritée contre les vents de tempête, où les navires de fort tonnage peuvent trouver un abri sûr et une profondeur d’eau suffisante pour être chargés ou déchargés à quai.
- Les minerais de l’ile d’Elbe ont été affermés par le gouvernement italien, pour une durée de vingt-cinq ans, à la Société Elba qui a acquis ainsi le droit de
- traiter ou d’exporter par an 250000 tonnes de minerai. D’après le contrat qui a été fait dans le but de provoquer la création d’une usine nationale, le droit à payer est de 0lr,50 par tonne de minerai traitée sur place, tandis que ce même droit est de 7"',50 par tonne de minerai exporté. Il est bon d’ajouter que le droit d’entrée de 8 à 10 francs pour les fontes étrangères constitue, pour l’usine, un tarif protecteur.
- En concédant ces 250 000 tonnes de minerai par an, et pour une durée de vingt-cinq ans, à la Société Elba, on avait pensé épuiser les gisements ; mais des découvertes nouvelles, résultant d’une exploitation plus rationnelle, ont montré qu’on serait loin d’arriver à cet épuisement au terme de la concession.
- Cette production annuelle de 250000 tonnes de minerai est réalisée en 220 ou 250 jours de travail par 1400 mineurs (plus les ouvriers servant à Rembarquement et les marins) payés de 4 à 5 francs par jour.
- Une flottille de bateaux à voile avec trois remor-
- •V. Gisements- de fer
- ihC. Pero
- irtoferraio
- Marina
- métail!
- C. Calamita
- Plan de l’île d’Elbe.
- queurs fait le transport des divers points d’embarquement à Portoferrajo. Quant au charbon il vient d’Angleterre ou d’Allemagne.
- Les études nécessitées par cette nouvelle installation ont été faites par notre compatriote, M. Chan-delon, ingénieur, administrateur délégué de la Société Elba, et les travaux ont été exécutés, sous sa direction, par M. Fritz W. Lürman, ingénieur des mines.
- Nous ne nous étendrons pas longuement sur cette usine métallurgique, cependant fort intéressante, notre but étant de nous attacher plus spécialement aux appontements qui servent au débarquement du charbon et du minerai amené par bateaux des divers gisements et traité ensuite dans l’usine.
- L’usine métallurgique se compose d’abord de 52 fours à coke divisés en deux batteries dont le but est de transformer, avec utilisation des sous-produits, la houille, provenant soit d’Angleterre, soit d’Allemagne, en coke destiné aux hauts fourneaux. La production de ces fours est d’environ 510 tonnes de coke par vingt-quatre heures.
- A côté se trouvent deux hauts fourneaux pouvant produire journellement 150 tonnes de fonte chacun.
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- LA NATURE.
- Elévalion tic rappontoment et du viaduc.
- Des appareils à air chaud, du système Cowper, situés en avant de ces hauts fourneaux, échaullent l’air envoyé, à la température de 0 à 700°, dans les tuyères au moyen de deux machines soufflantes. Ces machines très puissantes sont actionnées par des moteurs à gaz de hauts fourneaux du système Delamare-Cockerill. Elles peuvent chacune aspirer 500 mètres cubes d’air à la minute, à la pression atmosphérique et les refouler à la pression de 40 centimètres de mercure. Une troisième machine soufflante, mais à vapeur et compound, sert de réserve.
- En arrière de ces hauts fourneaux sont installées les halles de fonderie très spacieuses où la fonte est amenée directement des hauts fourneaux au moyen d’aires de coulées disposés à cet effet.
- Nous aurions encore à parler de divers autres appareils fort intéressants, tels que les chaudières, ceux destinés à la force motrice et à l’éclairage, etc..., mais étant donnée la place limitée dont nous disposons, il nous faut arriver hâtivement aux apponte-ments qui nous occupent plus spécialement.
- L’appontement (fig. 2, o et 4) de 105 mètres de longueur et de 16 mètres de largeur, placé à une certaine distance du rivage afin d’obtenir la profondeur d’eau suffisante pour l’accostage des cargo-boats, est formé d’une plate-forme métallique reposant sur des piles, également métalliques, foncées à
- l’air comprimé dans le sol qui forme le fond de la baie. Un des cotés sert à l’accostage des cargo-baols qui apportent le charbon, et l’autre côté à l’accostage des petites barques qui amènent le minerai des divers points d’extraction de l’ile et que nous avons signalés précédemment.
- Cet apponlement est relié au rivage par un viaduc métallique supporté par des piles également foncées à l’air comprimé. Au delà, cette travée métallique est prolongée par une estacade en bois, représentée sur la figure, ayant deux branchements perpendiculaires à l’estacade, l’un, le plus rapproché du rivage, servant pour le déchargement du charbon qui doit être transformé en coke, dans les fours ; l’autre, le plus éloigné, servant au déchargement du minerai qui, de là, sera conduit aux élévateurs des hauts fourneaux. C’est sur ce même branchement qu’est déchargée la castine qui sert de fondant dans les liants fourneaux.
- Sur l’appontement le déchargement du charbon s’opère au moyen de quatre grandes grues pivotantes ayant une portée de 16m,50, largement suffisante pour atteindre les écoutilles des plus grands cargos qui amènent le charbon soit d’Angleterre, soit d’Allemagne. Ces quatre grues sont actionnées électriquement par un moteur d’une puissance de 50 chevaux installé dans une cabine placée sur la plate-forme,
- 'B'I'QTa
- Plan schématique de l’appontement et du viaduc,
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- Fig. 4. — Vue de l’u|q>oulcuienl el du viaduc.
- vers son milieu. La capacité horaire de déchargement de ces quatre grues est de 150 tonnes.
- Quatre autres grues pivotantes, mais de plus faible dimension et placées sur le côté opposé de l’apponte-ment, servent au déchargement du minerai et de la castine. Elles sont également mues électriquement par un moteur de même puissance que les précédentes et placé dans la même cabine. La capacité horaire de déchargement de ces grues est de 110 tonnes de minerai.
- Chacune de ces grues décharge automatiquement soit le charbon, soit le minerai, dans des bennes qui
- devront le conduire, soit aux estacades des fours à coke, soit à celles des hauts fourneaux.
- Le transport s’opère au moyen d’un transporteur dont les bennes sont suspendues à un petit chariot muni de galets qui roulent sur un rail installé sur toute la longueur du viaduc et de l’estacade qui le prolonge vers les points de déchargement.
- Quatre systèmes de rails semblables sont disposés parallèlement sur le viaduc et sur l’estacade. Deux servent à la circulation des bennes pleines et des bennes vides pour le transport du charbon et les deux autres à la circulation des bennes pleines et
- Fig. 5. — Vue d’ensemble de l’usine métallurgique.
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- vides pour le transport du minerai et de la castine. Les bennes, également réparties sur toute la longueur du parcours, sont mises en mouvement par un cable de traction continue actionné par un moteur électrique installé dans la cabine de rappontement.
- Le déchargement des bennes se fait automatiquement au lieu de dépôt, soit du charbon, soit du minerai, au moyen d’un dispositif spécial étudié par la maison Bleichert, de Leipzig, chargée de l’installation de l’appontement, ainsi que des divers appareils de transport et de chargement. Avec ce dispositif un seul homme suffît pour le déchargement des bennes. La capacité du transport en charbon est de 100 tonnes à l’heure ; celle du transport de minerai est un peu plus faible.
- Cette installation, très bien étudiée dans son ensemble et dans ses détails et qui a donné toute satisfaction depuis bientôt deux ans qu’elle fonctionne, a nécessité une dépense d’environ 1 250000 francs. D’un autre côté, les hauts fourneaux sont revenus à 5 millions et les fours à coke à 1 200000 francs, de sorte que la dépense totale de premier établissement de l’usine métallurgique de Portolerrajo, qui est actuellement une des plus importantes du bassin méditerranéen, peut être évaluée à 7 450 000 francs.
- IL Bonnin.
- PRÉPARATION BIOLOGIQUE
- du méthane
- Nos lecteurs savent que le méthane ou formène fait partie des gaz qui se dégagent des marais quand on remue la vase qui s’y est déposée. Nous ne reviendrons pas sur ce procédé d’obtention du méthane qui est classique ; mais nous voudrions signaler ici un mode de formation raisonné du même gaz, également par voie biologique.
- Le méthane constitue partiellement les produits gazeux qui prennent naissance dans les tas de fumier bien formés et bien entretenus; il s’y forme sous l’influence d’une fermentation spéciale de la cellulose de la paille du fumier, fermentation provoquée par des microbes provenant du tube digestif des animaux et qui dédouble la cellulose en volumes égaux d’acide carbonique et de méthane, en vertu do la réaction :
- C«Hi°Os + H20 = 3C02 + 5CH*.
- On peut réaliser artificiellement celte fermentation forménique du fumier de la façon suivante :
- Dans un ballon de verre de 100 centimètres cubes environ, on introduit une certaine quantité de papier à filtrer, déchiqueté en petits morceaux, une cinquantaine de centimètres cubes d’eau et — qu’on excuse ce détail inconvenant, mais indispensable — une petite quantité de délayure de bouse de vache ou de crottin de cheval, destinée à apporter les microbes qui déterminent la fermentation forménique de la cellulose, c’est-à-dire du papier à filtrer. Le ballon est placé dans un petit vase renfermant de l’eau et destiné à servir de bain-marie; il e.-t fermé par un bouchon percé d’un trou dans lequel passe un tube abducteur se rendant sous une cuve à eau.
- On maintient par un procédé quelconque l’eau du bain-marie à 50° environ, ce qui constitue la température
- optima de la fermentation forménique. Au bout de vingt-quatre heures, si l’ensemencement a été bien fait, la fermentation est établie et le gaz commence à se dégager régulièrement. On n’a qu’à le recueillir à l’extrémité du tube abducteur dans une éprouvette, suivant les procédés habituels.
- Ce gaz, avons-nous dit, est constitué par un mélange d’acide carbonique et de méthane. Pour le démontrer, on introduira dans l’éprouvette, placée sous la cuve à eau, quelques pastilles de potasse avec lesquelles on agitera le gaz ; l’acide carbonique sera ainsi absorbé et le volume du gaz diminuera de moitié environ ; le gaz restant pourra être alors approché d’une lunàière quelconque et s’enflammera de suite en brûlant avec la flamme pâle, caractéristique de la combustion du méthane.
- Le dégagement du gaz continue jusqu’à disparition à peu près complète du papier introduit dans le ballon. On voit qu’il y a là un mode instructif et peu dispendieux de préparation d’un des gaz les plus répandus de la nature. À. II.
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- CHRONIQUE
- L’industrie électrique. —Dans notre récent article résumant le discours du nouveau Président de la Société des Ingénieurs civils, nous avons, par mégarde, omis la partie qui se rapporte à une invention intéressante entre toutes. M. Ilillairet a rappelé qu’en 1880 M. Clerc avait imaginé une lampe à arc qu’il nomma lampe-soleil en raison de sa lumière chaude et agréable. Des baguettes de charbon appuyaient sur un bloc de chaux, et Parc éclatant dans une cavité la portait à l’incandescence. La difficulté de trouver une matière qui résistât à l’arc, amena M. Clerc à utiliser cette disposition pour un four électrique. Le 9 juillet 1881, M. Clerc breveta ce système de four où il disposa les électrodes aussi bien verticalement qu’horizontalement. Comme l’a dit M. Ilillairet, ce modèle de four, sans enceinte de charbon, constitue un véritable four à réverbère disposé pour atteindre les plus hautes températures. celles qu’on évalue à 3500 degrés environ. En 1881, les dynamos les plus puissantes ne permettaient d’avoir que 150 volts et 20 ampères, et les essais ne portèrent que sur deux échantillons. Néanmoins M. Clerc put obtenir du graphite et de la chaux fondue. De ce modèle dérivent les dispositions qui permettent d’utiliser les puissantes dynamos actuelles, mais seules les dimensions ont été modifiées. Nous terminerons avec M. ilillairet, en signalant la part prépondérante prise par M. Clerc dans la fondation des stations centrales d’électricité de Paris. Nous avons décrit, à l’époque1, la station de la Cité Bergère qui a été l’embryon des secteurs actuels.
- La galvanisation à sec. — Elle est encore peu connue, quoiqu’elle semble donner d’excellents résultats. Elle a été inventée par un ingénieur et savant anglais bien connu, M. Sherard Cowper Coles, qui lui a donné le nom assez particulier et personnel de « shérardisation ». On sait du reste l’emploi courant que l’on fait du zinc pour protéger les surfaces de fer ou d’acier, de l’oxydation due principalement aux agents atmosphériques; et le zinc s’applique sur ces surfaces, soit par trempée des objets à protéger dans un bain de zinc à bonne température, soit au moyen de la galvanisation électrique, que tout le monde connaît. Dans la méthode Sherard Cowper
- 1 Voy. nu 757, du 16 juillet 1887, p. 101.
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- Coles, on obtient la couche de zinc métallique sur les objets de 1er ou d’acier, simplement en les plongeant dans un tambour plein de zinc en poudre ; on met le tambour dans un four, et l’on élève la température de façon qu’elle reste à plusieurs centaines de degrés au-dessous du point de fusion du zinc. Et l’opération réussit parfaitement, ce qui ne l'empêche pourtant pas de n’être que fort peu coûteuse.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 mars 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- M. Alexandre Agassiz, associé étranger, assiste à la séance.
- Danger de Vingestion du phaseolus lunalus. — M. Guignard expose qu’il est arrivé des Indes en Europe des quantités considérables de graines fournies par une espèce spéciale de haricots, le phaseolus lunatus, destinées à être utilisées pour la nourriture du bétail. Le phaseolus lunatus est originaire de l’Amérique du Sud d’où il s’est répandu dans la plupart des contrées tropicales. Il a donné naissance à une série de variétés souvent prises pour des espèces distinctes, sous les noms de pli. Ina-meenus, amazoniens, capensis, tunhinensis, etc. Ces plantes sont les unes sauvages, d’autres demi-sauvages, d’autres cultivées. Parmi les dernières figurent le haricot de Lima et celui de Sœva, abondamment récoltés pour l’alimentation de l’homme dans les deux Amériques, au Cap et à Madagascar. A l’état sauvage le phaseolus lunatus est très dangereux à cause de l’acide cyanhydrique qu’il introduit dans l’organisme. M. Guignard en a examiné 26 échantillons qui lui sont parvenus sous les noms ci-dessus et sous ceux de fève de Birmanie et haricots des Indes. D'une manière générale on peut dire qu’ils sont d’autant plus toxiques qu’ils sont plus colorés quoique le principe colorant ne soit pour rien dans le phénomène. Sur un échantillon de Java on remarque 12 à 15 couleurs différentes provenant du môme pied. Certaines graines ont donné 52, 102 et 250 milligrammes d’acide cyanhydrique pour 100 grammes, les haricots de Birmanie 15, ceux du Cap 8, de Lima 4. Une espèce naine n’en contient pas du tout. La cuisson atténue le danger. On voit néanmoins que ces graines sont particulièrement impropres à l’alimentation des animaux qui les consomment crues. Aussi M. Guignard s’est-il préoccupé de mettre à la disposition du public un papier chimique qui permette de déceler aisément la présence de vapeurs cyanhydriques. Ce papier est obtenu par des immersions successives dans une solution d’acide picrique et dans une autre de carbonate de soude. 11 suffit de mettre la poudre de haricots dans un tube et d’ajouter de l’eau chaude ; on suspend ensuite au-dessus du liquide le papier chimique qui ne tarde pas à changer de couleur s’il y a des vapeurs d’acide cyanhydrique.
- Détermination des nombres premiers. —M. E.Rouché présente au nom de M. Ernest Lebon, correspondant à l’Académie Royale de Lisbonne, une table permettant de trouver rapidement les diviseurs premiers d’un nombre inférieur à 30 030. Cette table, dont la construction repose sur des propriétés non encore signalées de certaines progressions arithmétiques, peut rendre dans l’enseigne-mént plus de services qu’une simple table de nombres
- premiers. La nouvelle méthode qui est applicable à de grands nombres mérite d’attirer l’attention des mathématiciens.
- Le grand canon du Verdon (Basses-Alpes). — M. Albert Gaudry, en présentant une Note de M. E.-A. Martel sur le grand canon du Verdon, insiste tout particulièrement sur l’importance considérable de ce sujet qui était un mystère des Basses-Alpes. Au cours de la mission dont il a été chargé par le Ministre de l’agriculture pour l’étude de Fontaine-l’Évêque (en vue du captage destiné à l’alimentation de Marseille et de Toulon) et grâce aux ressources officielles ainsi mises à sa disposition, M. Martel a pu, du 11 au 14 août 1905, exécuter avec MM. A. Janet, Le-couppey de la Forest elL. Armand, la première descente, en canots démontables, du grand canon du Verdon, qui était en somme inconnu. La gorge a 21 km de long, 300 à 700 mètres de profondeur, par places 10 mètres à peine de profondeur, et le courant très rapide, encombré de barrages naturels et d’éboulements colossaux, a 7m,33 de pente pour 1000. Les difficultés et périls de cette descente de trois jours et demi ont été considérables, mais ont permis de révéler une incomparable merveille, beaucoup plus grandiose et plus extraordinaire que les gorges du Tarn. En Europe ou n’a nulle part observé un canon pareil ; on ne peut le comparer qu’aux canons des Etats-Unis. Ouvert dans le terrain jurassique, ainsi que l’avait établi M. Zürcher, il s’est pratiqué dans de grandes dia-clases, à partir surtout de l’époque quaternaire. L’approfondissement continue encore très activement sous le choc de» rocs et troncs d’arbres qu’entraînent des crues énormes allant parfois jusqu’à 1400 m3 par seconde; le fond et les rives du canon forment un vrai musée des actions mécaniques, confirmant la théorie des tourbillons de M. J. Brunhes. Les écroulements de passages souterrains ont concouru aussi et concourent encore au creusement. « Malheureusement, ajoute M. Albert Gaudry, on ne pourra pas visiter le canon du Verdon comme 011 fait de celui du Tarn ; il faudrait des dépenses énormes pour le rendre accessible ; parmi les plus braves explorateurs, il s’en trouvera peu sans doute qui oseront refaire une excursion où la moindre crue ferait disparaître les visiteurs. On peut dire que le grand canon du Verdon est au premier rang parmi tant de merveilles naturelles et souterraines que M. Martel a fait connaître. »
- Formules relatives au magnétisme terrestre. — M. Baillaud, directeur de l’Observatoire de Toulouse, expose que M. Mathias a entrepris la recherche de formules qui permettent de trouver la valeur numérique des trois éléments magnétiques terrestres en 882 points du sol de l’Angleterre, de l’Ecosse et d’Irlande où ils ont été mesurés. Un travail du même ordre avait déjà été fait par sir William Rucker et Thorpe qui avaient divisé l’Angleterre en 9 districts et avaient traité séparément la représentation des éléments magnétiques dans chaque district, .puis avaient accordé les résultats par des procédés empiriques; De là des formules compliquées et sans signification analytique. M. Mathias, appliquant à l’Angleterre un procédé déjà employé par lui pour la France, donne des formules beaucoup plus simples qui offrent une représentation numérique des plus satisfaisantes qui permettent d’affirmer, là où il y a écart entre l’observation et le calcul, que l’on est en présence d’une anomalie magnétique. Cu. DE VlLLEDEUIL.
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- CHEMINÉES RADKMNCANDESCENTES
- Le manchon incandescent n’a été appliqué jusqu’ici qu’à l’éclairage. M. Delage, ingénieur chimiste, vient de préparer un nouveau manchon à corps radio incandescents qui a des propriétés calorifiques très développées et qui ne peut manquer d’ètre très utilisé dans le chaufidge domestique; il est l’application des dernières découvertes sur les propriétés des terres rares et des corps radiants. Le manchon chauffant, dont il est question, est composé d’un mélange nouveau de terres rares, mélange dans lequel domine comme produit actif le • cérium, don t le pouvoir r a y on-nant est très élevé. On peut estimer qu’un tel manchon rayonne 100 pour 100 de plus de chaleur qu’un manchon Auer de même l’orme et de même poids sur un même brûleur. Un manchon Auer l r a n s l'o r m e la chaleur obscure d’un brûleur à tlamme bleue en radiations lumineuses dont le spectre est riche surtout en rayons jaunes et verts avec quelques radiations bleues et peu de rayons rouges. Le manchon chaufi’ant donne un spectre composé de rayons rouges, et surtout infrarouges , empiétant beaucoup sur la partie invisible, mais riche en rayons calorifiques du spectre. Le rendement de l’appareil peut être considéré comme de 40 pour 100 supérieur au rendement des appareils déjà connus.
- Cet appareil ne donne pas plus de produits toxiques que les becs Auer ulilisés pour l’éclairage ; ce sont du reste les mêmes brûleurs.
- Un appareil chaufi'ant se compose, comme le montre la figure 1, d’un certain nombre de brûleurs intensifs à gaz A disposés les uns à côté des autres. Au-dessus de chacun des brûleurs est placé un manchon B dénommé corps radio-incandescent. Les
- manchons sont chauffés par la Humilie des brûleurs; ils ne sont presque pas lumineux, mais ils émettent horizontalement une chaleur très intense.
- Les brûleurs sont réunis en un certain nombre sur un appareil ; mais chacun est indépendant, muni de son robinet. On peut ainsi assurer un réglage satisfaisant.
- On n’observe jamais ni retour de fiamme à l’injecleur, ni clapotement, ni sifllement, ni fiamme manquant d’air et noircissant l’appareil, ni surtout dissymétrie dans les ilammes et déréglage. 11 est possible d’éteindre 1, 2, o, 4 brûleurs sur 5, si l’on veut diminuer la production de chaleur, et cette disposition est de beaucoup préférable à celle qui consiste à baisser les ilammes au moyen d’un robinet commun. Le mode de montage des manchons sur les brûleurs en rend le maniement très aisé. Une plaque porte les douilles coilïànL les têtes des brûleurs ; les manchons sont maintenus par des crochets sur une tringle supérieure qui repose elle-même sur des supports fixés sur les côtés de la plaque. L’ensemble des douilles et des manchons forme donc un tout rigide que l’on peut transporter à volonté. D’après les principes précédents, de nombreuses cheminées ont été établies, parmi lesquelles nous mentionnerons les deux modèles (voy. fig. 2). On voit les dispositions des manchons incandescents. On a pris toutes les dispositions nécessaires pour l’évacuation des gaz brûlés. La cheminée radio-incandescente est un nouveau système de chauffage, très simple,d’un emploi très commode et qui sera certainement très apprécié. J. Laffaiigue.
- Le Gérant : P. Massc.v.
- Paris. — Imprimerie Lauuke, rue de Fleurus, 9.
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- Fig. i. — Appareil chauffant portant o brûleur: avec leurs manchons.
- Fig. 2. — Nouvelles cheminées radio-incandescentcs. A gauche. La Rayonnante ; à droite, L’éclatante.
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- N1 1712. — 17 MARS 1906.
- LA NATURE.
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- LA FRANCE INCONNUE (LE GRAND CANON DU VERDON)
- jamais on n’aura lini de révéler la France inconnue : après la découverte moderne (sans remon-
- Mulerse, Roland, etc.; du Jura par Renauld, Ma-gnin, Fournier, etc. ; des sous-sols, encore si pleins de mystères, des Causses, des Cévennes, du Jura, des Alpes Françaises, etc., voici que la Provence vient de nous livrer un secret de plus ; certes on le soupçonnait depuis longtemps, mais pas aussi fantastique qu’il s’est réellement dévoilé, dans la splendeur d’une des plus grandes curiosités du monde!
- Il n’y a pas deux ans qu’ici même1 j’exposais sommairement comment le deuxième des quatre canons du Yerdon, séparant les départements du Var et des Alpes-Maritimes (entre Draguignan et Caslel-lane) du village de Rougon à celui des Salles, n’avait jamais été parcouru d’un bout à l’autre, et que je rappelais la tentative de descente en bateau démontable eifectuée là par M. A. Janet. Fn même temps, j’émettais le vœu qu’une telle lacune fût comblée et que l’on fit connaître toutes ces admirables dues provençales, « dignes rivales des canons du Tarn, des cluses du Jura, des gorges de l’Aude ».
- C’est chose accomplie maintenant et son exécution a éclipsé toutes les beautés des trois sites que je viens de nommer. Avant de l’expliquer brièvement, il importe d’éclaircir un point d'bistoire, en quelque sorte, et de corriger une erreur : l’essai de M. Janet en 1895 consista à suivre au fil de l’eau, en canot Rertbon, le premier canon du Yerdon, celui qui
- 1 Yoy.fn0 10"20, du 11 juin 1904, p. 24 (article rempli de noms erronés, l’épreuve n’ayant pu être corrigée à temps).
- Fig. 1. — Pas de l’Imbul.
- ter au delà de 1850, ni aux de Saussure, ni aux Ramond) des glaciers du Dauphiné par les alpinistes anglais et leurs émules français les Puiseux, Duhamel, Cordier, Guille-min, Ferrand, etc. ; des Pyrénées par Russell, Lequeutre, Wallon, Schrader, deSaint-Saud, Briet, etc. ; des canons et cités rocheuses des Cévennes par deMalafosse, Lequeutre, moi-même, etc. ; de l’Estérel par 34° aimée. — Ie1' semestre.
- Fig. 2. — A l'entrée d'un
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- côtoie la route de Castellane à la Palud, entre le Pont de Carejuan et l’embouchure du torrent du Baus sous Rougon; à l’entrée même du grand canon, le bateau creva sur un roc pointu et un tronc d’arbre, et l’entreprise dut être abandonnée. Mais elle était déjà si hardie, qu’en voyant les naufragés remonter des profondeurs de cette première gorge les gens de Rougon imaginèrent, paraît-il, que toute la rivière avait été parcourue et son grand canon dès lors exploré; du moins c’est ce que raconte la Revue du Touring-Club de France (octobre 1905, p. 466), rééditant et amplifiant une toute méridionale inexactitude ! Déjà le dictionnaire Joanne (voc. Yerdon) avait dit que « ce tour de force a été cependant accompli une fois par un ingénieur de la marine avec un canot démontable en toile ». La rectification s’impose, car la vérité est toute différente. Plus sérieusement renseigné, Ardouin Dumazet (Voy. en France, t. XII, p. 211) avait cependant très exactement énoncé que dans ces « gorges sublimes et tragiques... certaines parties, les plus profondes, sont d’accès impossible. Le courant est trop violent, les seuils trop nombreux, l’eau trop rapide pour que l’on puisse pénétrer en bateau dans ce canon comparable aux gorges du Tarn ». En fait, après M. Janet, un autre essai de pénétration à l’amont du grand canon fut tenté par des ingénieurs suisses, à l’aide d’un solide bateau de bois, qui ne put franchir les premiers gros blocs et dont les débris gisent encore sur place; — par l’aval, en venant des Salles et en remontant le courant depuis la sortie du canon, diverses personnes, notamment M. Evelin, s’étaient avancées plus ou moins loin, à des distances et à des dates que nous n’avons pu connaître encore exactement, en tout cas pas au delà du Pas de l’Imbut; seuls les coupeurs de buis de la Palud, du Plan de Canjuers, etc., qui descendaient par de vertigineuses sentes de chèvres, voire même par des cordes le long des falaises, pour récolter les racines et souches dont on fait les jeux de houles en Provence, pouvaient se vanter de connaître les profondeurs de la gorge, mais pas intégralement, car deux points au moins n’avaient pu être forcés. Bref, c’était seulement de l’entrée et de la sortie, ou au-dessus du confluent (très pénible à atteindre) de l’Artuby1 à la Mescle, ou encore des crêtes qui en dominent les bords, de 500 à 700 m. de hauteur, que l’on parvenait très incomplètement à vérifier la déclaration de E. Beclus en 1877 « qu’il n’est guère d’exemple plus remarquable, sur la terre, d'entaille pratiquée parles eaux dans l’épaisseur des roches ». (Géographie, t. II, la France, p. 185.)
- Depuis quatre ou cinq ans, une entreprise commencée par la Société des grands travaux de LMarseille pour le percement d’un tunnel, qui doit mener les eaux du Yerdon à une future usine électrique au Galetas (à la sortie même du grand canon), avait quelque peu multiplié les points d’accès dans les
- 1 Voy. A. Janet, Annuaire du CAub alpin français pour 1891, p. 89, etc.
- gouffres de la grande crevasse; une passerelle notamment traverse maintenant le torrent, à deux kilomètres aval de l’entrée du grand canon, pour desservir, par les mauvais sentiers des deux rives (hautes ici de plus de 600 m.), une baraque-abri pour les ouvriers du canal. Mais la visite intégrale du canon d'un bout à l’autre et sa description précise continuaient à faire défaut.
- C’est alors qu’au printemps de 1905 je fus chargé, par le Ministre de l’Agriculture, M. Buau, de cette étude géologique et hygiénique de Fontaine-1’Evêque dont mon collaborateur, M. Le Couppey delà Forest, a dernièrement rendu compte aux lecteurs de La Nature1 en ce qui touche l'exploration des avens des Plans de Canjuers. Pour beaucoup de raisons, trop longues à rapporter, cette étude impliquait forcément la reconnaissance nécessaire et complète du Grand Canon du Yerdon, si risquée qu’elle s’annonçât.
- Sachant l’expérience que mon ami M. A. Janet avait faite, à ce sujet, lui étant redevable des seuls renseignements qu’il eût été possible de recueillir sur le problème, et pensant bien qu’il lui serait pénible de rester étranger à sa solution (si par hasard elle se montrait réalisable), je demandai et j’eus le plaisir d’obtenir qu’il fût adjoint à mes investigations, en raison de sa connaissance'approfondie de la région.
- Et c’est ainsi que du 11 au 14 août 1905 j’ai réussi à effectuer la descente eh bateaux démontables et la première visite complète du célèbre et énigmatique Grand Canon du Verdon, avec MM. A. Janet, Le Couppey de la Forest, L. Armand et dix auxiliaires des village de Rougon et La Palud (MM. Blanc, instituteur, Audibert, Carbonnel, etc.).
- Cette expédition n’a pu être menée à bien que grâce aux ressources misés à notre disposition par le caractère officiel de nos recherches, — grâce aux réquisitions de toutes sortes qui nous étaient ainsi permises, — et aussi grâce au précieux concours de M. Teissier, ingénieur, à la Palud, de la Société des Grands Travaux de Marseille, et de son personnel.
- Géographiquement je dirai tout de suite que le Grand Canon du Verdon, du confluent du torrent du Baus au Galetas, a 21 kilomètres de longueur ; cette portion de son cours, dessinée sur les cartes2 uniquement d’après ce qu’on pouvait en apercevoir d’en haut, est, plus qu’aucune autre vallée française du Jura, des Causses et même de toute l’Europe, un véritable canon, semblable à ceux de l’Amérique du Nord. La hauteur des escarpements qui l’encaissent n’est jamais inférieure à 300 m. ; elle atteint par place 600 à 700 m., et les cimes montagneuses qui forment J es gradins supérieurs de la vallée la dominent même de 900 à 1100 m. La largeur au fond est parfois inférieure à 10 m. La dénivellation totale du courant (que le dict. Joanne dit être de 200 m.
- 1 Voy. n° 1706, du 3 février 1906, p. 147.
- " Feuille de Castellane au 80 000e; feuilles de Castellane, Draguignan, Valensole, Salernes au 100000e.
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- 1. « En panne »
- Fig. ô
- devanl un éboules. — 2. G. Coude du Verdon
- « Filage » d’un à lu Mesole, vu
- eanol dans un de 300 mètres
- lapide. de haut,
- 3, -i, b. 7. Portages.
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- pour 20 km., soit 1 pour 100) n’atteint en réalité que 153 m. (de 603 à 450 m. d’altitude), soit une pente de 7,33 pour 1000 (supérieure à celle du Rhône entre sa source et le lac de Genève, 6,40 m. pour 1000 et à celle du Tarn en Lozère, 2,71 m. pour 1000).
- La vitesse de l’eau n’est jamais inférieure à 2 m. par seconde (aux très basses eaux que nous avons eu la chance de rencontrer).
- C’était donc un vrai torrent de montagnes qu’il s’agissait de suivre! Ce qu’a été cette formidable descente, je le raconterai ailleurs en détail avec la collaboration de M. Janet. Les deux passages qui, authentiquement, n’avaient pu encore être franchis (celui de l’entrée même et le Pas de lTinhut, vers le milieu du caùon) ont requis une somme d’énergie terrible. 11 a fallu toute l’endurance de nos courageux auxiliaires et l’habileté incomparable de mon contremaître habituel, Louis Armand, pour nous faire triompher des obstacles semés sur la route. Une bonne moitié du temps a été employée au portage des barques. Il sera bien difficile de décrire les péripéties et les splendeurs de cette inoubliable équipée ; elle mérite la comparaison, toutes proportions de longueur gardées, avec celle du fameux grand canon du Colorado. Je me bornerai à en énumérer ici les principales données : la course a demandé trois jours et demi de labeur pour 21 km de parcours (2 le premier, 10 le second, 5 le troisième et 4 dans la dernière matinée). Dès le premier rapide et contre le premier rocher un de nos trois bateaux démontables en toile fut mis hors de service (comme celui des ingénieurs suisses) ; il s’ensuivit que moi et Armand pûmes seuls continuer la descente en barque (aux points où l’on pouvait flotter), — que M. Janet et nos aides durent faire le voyage à pied (c’est-à-dire presque tout le temps dans l’eau jusqu’au ventre), — qu’en cinq endroits, de longues manœuvres de va-et-vient avec les deux bateaux épargnés furent nécessaires, pour faire franchir à l’équipe entière des passages d’eau trop profonde ou trop rapide pour être guéables ou traversés à la nage, — et surtout que M. Le Couppey eut le regret de renoncer dès le matin du deuxième jour à continuer l’entreprise et de remonter à la Palud par les précaires sentiers des ouvriers du canal. La première nuit, la cabane de l’Escalès nous recueillit au soir tombant, émerveillés du passage inédit de l’entrée du grand canon, mais fort embarrassés de la longueur et de la difficulté des opérations de portage, et assez soucieux de ce que la suite nous réservait. Sans la perfection prolongée du temps et le faible volume du torrent (au minimum d’étiage, environ 8 à 10 mètres cubes sec.) nous n’aurions pu réussir. Le moindre orage, gonflant subitement le Verdon, nous eût mis en position ultra-critique.
- La seconde nuit fut passée dehors, sous un auvent de roches, désigné par les coupeurs de buis comme étape du premier soir; là une escouade de ravitaillement, descendue de la Palud par des rochers garni
- de cordes et crampons, nous avait vainement attendus toute la nuit précédente, nous recherchant de son mieux, dès l’aube, dans les profondeurs de la gorge.
- Après de multiples incidents de chavirement, de chutes périlleuses dans les cascatelles, de portages terribles, parfois à plus de 100 mètres au-dessus du torrent, la troisième nuit nous surprit, avec nos deux derniers bateaux crevés à leur tour, encore à trois heures de la sortie du canon; il fallut la passer à la belle étoile, sans couvertures ni provisions, autour d’un feu de broussailles, séchant nos vêtements et membres trempés. Mais la nuit parut courte, tant la scène fut sublime, au bord du Verdon rageur, en bas des falaises si baules et si rapprochées, que pas un rayon de la pleine lune ne put nous atteindre, par-dessus leur rempart et malgré l’impeccable pureté du ciel. Sensation de magni-licencc sans égale, qui ne permettait point de percevoir la lassitude.
- Les photos et gravures ci-contre, quoique impuissantes à traduire la réalité, montrent mieux que ne pourra le faire aucun texte ce qu’est cette stupéfiante gorge du Verdon, qui fait bien pâlir celle du Tarn dans la Lozère. Notre torrent des Lasses-Alpes a dix Étroits comme ceux de la Malène et vingt Pas de Souci où l’eau s'engouffre écornante sous les blocs rocheux !
- Je ne comprends pas encore comment nos porteurs ont pu franchir sans accidents, bateaux sur l'épaule, toutes ces digues. Mais Janet, Armand et moi nous voulions accomplir la chose et ils nous ont mis à même de le faire. 11 y a des places, je le répète, où la cluse n’a pas 10 mètres de largeur entre parois à pic de 300 mètres, pareille alors aux Klarnme du Fier, du Trient, de l’Aar; à chaque tournant, des voûtes surplombent en baumes creusées par les remous, avec des reflets verts étincelants (Baume-aux-Pigeons, grotte d'émeraude, etc.); le courant s’y brise en tourbillons dangereux, difficiles à éviter. Deux d’entre eux furent bien près de nous être funestes ; d’abord à Le Couppey et Blanc, lors de la rupture du premier bateau où ils se trouvaient ensemble, et que put seule retenir l’adresse d’Armand à jeter la corde propice, puis à moi-même exactement au même endroit; et enfin, beaucoup plus bas, à Armand à son tour qui, sous mes yeux, fut retourné dans l’eau avec sa barque, qu’il sut cependant tirer conjointement avec lui-même hors du courant furieux.
- Le Grand Canon du Verdon est une incomparable merveille, ce que je connais de plus admirable en France, beaucoup plus grandiose et plus extraordinaire que les canons des Causses et de l’Ardèche. Pratiquement inaccessible en l’état actuel, il sera malheureusement (ou plutôt heureusement pour la préservation de ses beautés) impossible à aménager : ou bien les chemins et routes devraient être établis trop haut pour voir, ou bien ils seraient emportés par les crues ; il en coûterait des millions
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- Fig. 4
- Le grand Étroit de la Baume-aux-Pigeons (profondeur, 800 mètres). (D’après deux photographies.)
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- pour rendre ce grand canon bien visitable1 sans l'abîmer.
- Si techniques- que soient les considérations ci-après, je ne saurais les omettre dans la revue scientifique qu’est et que doit rester La Nature.
- Géologiquement, c’est l’abondance des diaclases verticales dans les calcaires du jurassique supérieur (tithonique ou à faciès dolomitique), qui a permis l’ouverture et l’approfondissement du canon en aval de Rougon, bien plus que l’utilisation des joints de stratification, puisque la plupart du temps le torrent coule à contre-strates. La carte géologique (feuille de Castellane) établie par M. Ziircher (1887-1894) a parfaitement bien figuré les trois premiers quarts environ du canon dans le jurassique supérieur, et limité l’élément marneux (oxfordien) aux cinq derniers kilomètres. On peut ajouter seulement que les calcaires gris (j1), très régulièrement stratifiés (et que des anticlinaux ont relevés sporadiquement jusqu’à plus de 1000 mètres d’altitude sur les plateaux encaissant la gorgé), affleurent en diverses parties du canon : ces parties sont les moins étroites, parce que ces calcaires se sont prêtés, par suite de leur morcellement fissurai, et bien mieux que les falaises compactes qui les surmontent, aux effets destructeurs de l’érosion; aussi forment-ils des talus à pentes raides, au lieu de murs verticaux; c’est pourquoi le canon se montre alternativement rétréci (àT’entrée, aux Baumes-Fères, a la Mescle, de Guè-gues à Cabrielle, etc.) ou dilaté (à l’Escalès, sous Guègues, après Mayreste, etc.) conformément aux récurrences successives des deux sortes de calcaires; comme pour les gorges du Tarn et de la Jonte (Lozère, dolomies alternant avec des calcaires marneux) la morphologie est subordonnée à la lithologie.
- L’observation la plus importante à retenir est relative au mode de creusement de ces sortes de vallées. En deux points au moins ce n’est pas seulement sous des amoncellements de blocs disjoints et éboulés (comme au Pas du Souci du Tarn) que le Verdon disparaît : au Pas de l’Imbut et au Grand Cavalet il passe complètement sous la roche en place, sur plusieurs décamètres de longueur ; il y a là perte absolue à travers les assises fissurées du calcaire, qui n’ont pas encore été emportées, et plusieurs des écroulements constatés au fond de la gorge paraissent ne pas remonter à une époque reculée. Il en résulte qu’il faut, de ce chef, reprendre en considération (sans trop le généraliser cependant) le rôle des affaissements de passages souterrains, des véritables effondrements de cavernes, que j’ai jadis invoqués (Comptes rendus, Acad, des sciences, 5 décembre 1888), comme l’un des facteurs du creusement des canons.
- D’ailleurs nous avons reconnu, au confluent de l’Artuby, au point dit la Mescle (la mêlée des eaux), où les dislocations préexistantes font tourner brusque-
- 1 Les barrages dont on a souvent parlé pour faire refluer le Verdon et le rendre navigable sont une utopie : ils ne tiendraient pas l’eau à cause de'la perméabilité des roches qui l’encaissent et la dénivellation est trop grande !!
- ment la rivière à angle droit, une perle actuelle qui capture une partie de l’eau du Verdon ; l’approfondissement par voie d’afl'ouillement souterrain se continue donc activement de nos jours. Car il y a certainement, dans le lit, d’autres pertes que nous n’avons pu que pressentir. D’ailleurs le travail de creusement mécanique doit s’opérer encore sur une puissante échelle lors des crues terribles (G m. c. à 1429 m. e. par seconde), qui entraitient après les orages d’énormes troncs d'arbres et des quartiers de rocs animés d’une colossale force de percussion. Les blocs roulés ou sculptés par le courant, les chapelets de marmites, les rainures, les saillies, les perforations, les baumes découpées à même le lit et les rives du torrent constituent la plus abondante et démonstrative collection de 'preuves du travail effectif des eaux courantes, et de la justesse de la théorie des tourbillonnements émise par M. J. Brunhes1. C’est un vrai musée des actions hydrauliques, mécaniques et chimiques. La digue naturelle creusée par en dessous, la cloison transversale, encore en place, du Pas de l’Imbut doit certainement relever de 20 à 50 mètres (comme le prouvent les amoncellements de vases à l’amont du Pas) le niveau des eaux qui s’y heurtent lors des crues, jusqu’à ce qu’elles puissent se déverser en cascade par-dessus le barrage. Cette cloison, fissurée de'diaclases qui en font une sorte de grille et que chaque crue élargit, finira par céder un jour sous l’assaut 'et les coups de bélier des roches et des rochers entraînés. Tout l’aspect du lit et de ses rives démontre la grande jeunesse relative de ce canon, cluse inachevée dont l’approfondissement se poursuit rapidement vers le niveau de base du bassin des Salles (400 à 450 m. d’altitude). 11 se pourrait que le creusement du canon n’eût commencé qu’au début du quaternaire ou à la fin du pliocène. Selon la remarque déjà faite par MM. le général àela Noë et de Margerie, les poudinguës miocènes de Riez ont repoussé le cours du Verdon tertiaire vers le sud ; or ces dépôls s’avancent jusqu’à près de 900 m. d’altitude à l’entrée Nord du grand Plan de Canjuers. Plus récënts certes sont les amas d’allu-vions anciennes, qui ont laissé de nombreux témoins sur les plateaux encaissants jusqu’à 900 et même 1000 mètres d’altitude; enfin le figuré topographique achève d’établir que de grandes masses d’eau courantes (celles-là même qu’ont peu à peu soutirées, comme nous l’avons précédemment indiqué, les avens de Canjuers) ont circulé sur les hauts fonds de la Palud, du Petit Canjuers, du Grand Canjuers, jusqu’à une époque bien voisine du pléistocène. Depuis cette époque, le creusement, facilité par les grandes cassures, qui en même temps changeaient la direction des courants, a atteint ou dépassé 500 et même 400 mètres (aux points extrêmes 200 et 500 m.) ; le grand canon actuel et celui de l’Artuby se sont inscrits (avec notables déplacements de détail) dans une portion de leurs anciens lits, affectés au surplus d’une considérable réduction de puissance. Cette évolution est analogue à celle que M. G. Fabre a constatée (sans 1 Voy. n° 1305, du 4 juin 1898, p. 3.
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- noter cependant toute l’importariée du cavernement) pour les anciens thalwegs tertiaires et très élevés de la Jonte et du Tarn (sur les Causses Noir et Méjean), mais elle est ici bien plus nettement visible sur le terrain.
- C’est la confirmation absolue et définitive de la déchéance hydrologique des terrains calcaires, de leur dessèchement progressif, par l'elfet surtout des captures ou dérivations souterraines que nous y avons trouvées encore à l’œuvre !
- Ainsi pour le spectateur comme pour le savant, le grand canon de Verdon est un des plus importants phénomènes naturels connus. C’est un joyau de plus ajouté à l’écrin déjà si riche des curiosités de notre belle patrie. Et je ne puis imposer silence à ma gratitude envers M. le Ministre de l’Agriculture, qui a bien voulu me confier le soin et me fournir les moyens de révéler définitivement ce splendide et instructif fragment de France inconnue.
- E.-A. M AUTEL.
- LA NOUVELLE BALLE
- du fusil allemand
- L’infanterie allemande vient d’être dotée d’une nouvelle balle de fusil, et la publication Kriegstechnische Zeitschrift, en même temps que le Militar Wochcnblatl et la Militar Zeitung, a donné à son sujet quelques détails qui nous semblent présenter de l’intérêt pour nos lecteurs.
- La balle nouvelle porte le nom caractéristique de Spitzgeschossess, projectile à pointe, à cause de sa forme 1 : en abrégé on la désigne sous le nom de balle S. Nous n’avons pas besoin de dire que l’accentuation de la pointe a été adoptée pour mettre le projectile à même de vaincre plus aisément la résistance de l’air, qui est d’autant plus notable que la vitesse est plus élevée. Pour obtenir l’accélération, on n’a pas eu recours principalement à une augmentation très sensible de la pression des gaz, mais on a renforcé surtout la portion de la balle sur laquelle mordent les rayures. De plus, le poids de ce projectile est très inférieur à celui du modèle 1888 : le chiffre n’en est que de 10 grammes au lieu de 14,7 gr. On sait que c’est une tendance moderne bien nette de la balistique, de réduire le poids des projectiles en les animant d’une vitesse plus élevée. Les flèches de la trajectoire de la balle S, aux distances respectives de 500, 600, 700 et 1000 mètres,sont de 0,70m., 1,15 m., 1,85 m. et 5,90 m. alors qu’avec la balle ancienne les flèches atteignaient 1,50 m., 2,50 m., 5,80 m. et. 10,80 m. Nos lecteurs savent certainement l’intérêt qu’il y a à une tra • jecloire aussi rasante, grâce à laquelle tout objet ayant une hauteur de 1,70 m. est battu jusqu’à une distance de 600 m., tandis que la distance correspondante ne dépassait point auparavant 500 m. Pour un objectif de 0,50 m. de haut, les zones battues ont à 700 m. 250 m. (au lieu de 70 seulement avec l’autre balle), 40 m., au lieu de 20, à 1200 mètres. Les angles de chute sont, à 600 m., de 1/2 degré au lieu de 1 degré, à 1000 de 2 au lieu de 5, et enfin à 5000 de 12 au lieu de 14. Il va de soi que, aux grandes distances, les propriétés balistiques de cette balle S sont inférieures à celles de la balle 1888,
- 1 La France possède également une balle nouvelle à pointes.
- tout simplement à cause de sa plus grande légèreté et de sa plus faible longueur; par contre chaque homme peut porter dans son sac un plus grand nombre de projectiles, puisqu’ils sont moins lourds.
- Nous pouvons ajouter encore quelques autres indications complémentaires sur celte question si importante de l’armement nouveau de l’infanterie allemande. Avec la balle S, à 25 m. de la bouche du canon, le fusil modèle 98 donne une vitesse initiale de 860 m. en moyenne. Au point de vue de la pénétration, elle est de 80 cm. de bois de pin sec à une distance de 400 m.; elle reste encore de 55 cm à 800 m., et de 10 cm. à 1800 m. Des plaques de fer de 7 mm. d’épaisseur sont traversées jusqu’à 500 m., et, jusqu’à 100 m., des plaques d’acier de première qualité et de 9 mm. sont marquées d’une empreinte. D. B.
- ÉPIDÉMIE D’ANGINES
- par un lait infesté
- J’ai relaté, il y a pas mal d’années, l’histoire d’une épidémie de scarlatine survenue par l’apport en ville d’un lait infesté. Dans la ferme d’où provenait le lait, un enfant était atteint de scarlatine et la personne qui lui donnait des soins s’occupait en même temps de la traite des vaches et du lavage des vases destinés à recevoir et à expédier le lait. Toutes les maisons qui recevaient du lait de cette ferme furent tour à tour le siège de petits foyers de scarlatine.
- Le même accident vient de se produire en grandàCol-chester au cours du printemps dernier. Vers le milieu du mois d’avril, tout un quartier à l’ouest de la ville fut frappé par une épidémie de maladie infectieuse avec manifestations gutturales, angineuses. Près de six cents personnes furent atteintes, les unes assez légèrement, les autres plus gravement ; aucun cas heureusement ne fut suivi de mort. 11 s’agissait, dans la majorité des cas, d’une sorte d’angine à apparence diphtéroïde, accompagnée de symptômes généraux, fièvre, élévation de température, prostration, abattement, à des degrés variables.
- L’épidémie apparut le 16 avril et, quinze jours plus tard, avait absolument disparu. Tous les habitants du quartier avaient repris leur santé habituelle. Le médecin sanitaire, chargé de l’enquête sur cette bizarre éclosion d’angines, examina un très grand nombre de malades et confirma, par des examens bactériologiques, qu’il ne s’agissait pas de diphtérie, mais d’une angine septique à streptocoques. En recherchant l’origine de cette contagion aussi brusque et aussi étendue, le Dr Savage put déterminer qu’il s’agissait d’une infection propagée par le lait. Dans cinquante-sept maisons qui recevaient le lait d’un fournisseur, il y eut cinquante-trois cas d’angine. Le lait venait de plusieurs fermes et était mélangé avant l’arrivée à la ville. Mais dans une des fermes on reconnut qu’une vache était atteinte de mammite grave, et c’était là, sans nul doute, l’origine et la cause de la contagion. Le lait infecté d’un seul animal rendait tous les autres impurs, nocifs et portait, dans tous les ménages où il était distribué, les germes de la maladie septique. Dès qu’on suspendit l’envoi du lait de la ferme incriminée, l’épidémie s’arrêta net. On ne pouvait demander une démonstration plus convaincante de la propagation de la contagion par un lait malsain, venant d’une vache malade.
- Dr A. Cartaz.
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- L’USINE DE PRODUITS CHIMIQUES D’ABONO (ASTURIES)
- La province espagnole des Asturies est, depuis quelques années, une des régions de la péninsule I bérique où F industrie se développe avec la plus grande rapidité. Le bassin houiller de Langreo-Miérès produit maintenant 1 500 000 tonnes par an ; les usines métallurgiques de la I)uro-Felguera, de Gijon, de Miérès, de Trubia se modifient, accroissent leur capacité de production, trouvant dans la province meme le combustible et le minerai nécessaires ; des verreries, des usines de produits chimiques, des fonderies de cuivre, des sucreries, des fabriques de toute sorte se créent à Gijon, à Oviédo, à Abono, etc. On décide la construction d’un nouveau port au Musel, qui doit remplacer ceux de Gijon et d’Avilès, trop peu sûrs ou dont la situation rend difficile le développement; de nouvelles voies ferre'es ouvrent des communications plus faciles à l’intérieur de la province ou la relient aux districts voisins de San-tander et de Galice. Et tout se fait avec grande rapidité, nous donnant le spectacle d’une vraie fièvre industrielle.
- Dans toutes les affaires montées en ces derniers temps dans les Asturies, on note d’ailleurs une tendance très marquée à se servir des découvertes les plus récentes et même à appliquer, à l’exclusion de tout autre, des procédés ou des dispositifs encore discutés, comme si cette région, il y a si peu de temps fortement en arrière, voulait s’élever d’un seul bond au progrès le plus moderne.
- Dans cet ordre d’idées, l’usine, de produits chimiques d’Abono, qui vient d’être mise en marche en novembre 1905, nous donnera un exemple de ce qui semble pouvoir être fait de mieux actuellement
- Fig. 2. — Purification des gaz des gazogènes.
- pour la fabrication des produits chimiques auxquels elle est destinée : soude, chlorures décolorants et sulfate d’ammoniaque.
- Les idées qui ont présidé à la création de cette usine sont les suivantes : utiliser la propriété des houilles asturiennes de donner de grandes quantités d’ammoniaque à la distillation pour obtenir le sulfate d’ammoniaque, dont les provinces du Sud de l’Espagne consomment des tonnages importants, demandés jusqu’ici à l’importation; se servir des
- gaz produits avec la houille et épurés, dans des moteurs à gaz, de façon à avoir ainsi la force motrice nécessaire, ou les brûler sous des chaudières ou autres appareils si l’on a besoin de sources de chaleur; décomposer électrolytiquement une solu-
- Avilès
- -----T. T sj n /> o ctll JVoTte- ,
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- Le chemin, de, fer dto Langveo et celui' du Norte desservent Le bassin, houiller des Asturies
- fillabona’i.
- l£rj' Oviedo
- 1. — Silnntion de t'usine.
- tion de chlorure de sodium pour soude d’un côté, chlore de l’autre, et envoyer en dernier lieu ce chlore sur de la chaux pour chlorure décolorant;. — Voyons maintenant comment on a réalisé cela.
- I. Fabrication du sulfate d'ammoniaque. — Sept gazogènes du type Mondt, dont six doivent toujours être en marche, le septième étant en réparation ou en réserve, peuvent passer chacun 20 à 25 tonnes de houille par 24 heures. Au-dessus de chaque appareil, une trémie de 20 tonnes est alimentée par une toile transporteuse aboutissant à une noria centrale; cette noria élève, depuis le sol de l’usine, le charbon déchargé dans une fosse, à partir des wagons de chemins de fer (voir figure 5). Les gazogènes marchent en allure froide, 500 degrés environ, ce qui est favorable à la production de l’ammoniaque et, de plus, évite toute agglomération des cendres; le décrassage de la grille inférieure se fait alors sans difficulté.
- Chaque tonne de houille produit environ 4000 mètres cubes de gaz qui, au sortir du gueulard, sont refroidis dans une série de tuyaux (a de la figure 2) autour desquels circule l’air qui sera ensuite envoyé au gazogène pour y brûler le charbon. Ils traversent ensuite un refroidisseur à eau, a, dont l’eau, agitée constamment par des palettes et refroidie ensuite par circulation dans des tuyaux à l’air libre, n’est
- Filtre
- Gazomètre
- ventilateur
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- Chlore
- ElectrolyseI .
- Solution de soude
- Four de
- décarbonatation
- Cuve à
- Soude
- commerciale •<-
- Cuves de concentration
- Chaux
- Cylindre
- éteigneur
- Chaux eteinte
- l'’;ibrk'ation de la soude
- renouvelée que pour la partie emportée par les gaz humidifiés; ceci ayant pour but d’éviter les pertes d’ammoniaque par dissolution. Enfin, les gaz arrivent à l’appareil d’absorption constitué par une tour c remplie de petits tubes en grès disposés en chicane, où circulent, en sens inverse, les gaz et une solution à 10 pour 100 d’acide sulfurique dans l’eau.
- Après la tour c, les gaz qui ont été réchauffés, par suite de la chaleur dégagée par la combinaison de l’acide sulfurique et de l’ammoniaque, sont refroidis dans une tour <1 où ils traversent un jet d’eau réduite en fines gouttelettes ; cette eau, échauffée à son tour, cédera sa chaleur à un courant d’air soufflé par ventilateur, air qui se rendra à l’appareil a, puis au gazogène. La figure 2 montre la série des opérations effectuées et les circuits respectifs du gaz,
- de l’air et des eaux. La solution d’acide sulfurique, après plusieurs passages dans la tour c (elle est re-
- montée au niveau supérieur par une pompe centrifuge en bronze), est envoyée dans un récipient conique, où se trouve un serpentin de vapeur ; on y pousse la concentration jusqu’à une teneur de 25 pour 100 en acide sulfurique. Les cristaux de sulfate d’ammoniaque déposés au fond du récipient sont recueillis, égouttés dans des caisses en bois et essorés. — On obtient ainsi par tonne de houille 45 kilogrammes de sulfate commercial, dont le prix de vente, aux cours actuels, correspond à 17 ou 18 pesetas; la houille rendue à Abofio pouvant revenir aux environs de 19 à 21, on voit que le prix en est presque entièrement récu-
- Chaux^ éteinte
- Chlore
- Circuit d(*' leu cluuuc ,, chu chlore/
- Vis d/ArchvmèdSr
- Chlorure
- décolorant
- Fig. i. — Fabrication du chlorure décolorant.
- péré par le sulfate d’ammoniaque.
- A 500 jours de travail par an (6 gazogènes en marche de 20 tonnes) l’usine d’Abono produirait annuellement seize cents tonnes de sulfate.
- II. Utilisation des gaz. — Les gaz purifiés de leur ammoniaque et refroidis sont recueillis dans un gazogène de 4000 mètres cubes, après un dernier passage dans un filtre à sciure de bois, qui enlève les dernières traces d’eau ou d’acide sulfurique entraînées. Ils servent alors à trois usages; nous ne nous occuperons actuellement que de leur utilisation dans des moteurs à gaz ou sous des chaudières, nous réservant de revenir plus tard sur leur emploi pour la décarbonatation de la chaux. Une salle de moteurs de H 4 sur 20 mètres, pourra contenir 2 moteurs à gaz de 500 chevaux et 7 de 4 à 500; tous sont du type
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- LA. NATURE.
- h deux temps d’Œchelhausen. Us sont accouplés à des dynamos construites par la Société Kolben, de Prague (aujourd’hui A. G. Ë. von Prag), donnant du courant continu h 250 volts qui, après transformations diverses, servira pour l’éclairage, le service des differents moteurs répartis dans l’usine et pour l’électrolyse. On dispose ainsi de 5500 chevaux.
- Deux chaudières du type Climax vaporisent 8000 kilogrammes à l’heure sous 8 à 10 atmosphères; elles sont également chauffées au gaz. Elles peuvent d’ailleurs, ce qui est nécessaire pour la mise en marche de l’usine, être chauffées avec du charbon. L’eau d’alimentation de la chaudière, avant la circulation dans les tubes vaporisateurs, est réchauffée dans la cheminée d’e'vacuation des gaz brûlés, puis dans un réservoir supérieur où arrivent les dernières flammes de la combustion. Un seul ouvrier assure, en temps normal, le service de ces deux chaudières; il n’a, en effet, qu’à manœuvrer deux sortes de robinets, ceux du gaz et ceux de l’eau d’alimentation.
- La vapeur produite sert à actionner les appareils de mise en marche des moteurs à gaz, à la concentration des solutions de sulfate d’ammoniaque, comme nous l’avons déjà vu et de celles de soude, comme nous le verrons plus loin. La place est prévue pour une troisième chaudière.
- III. Fabrication de la soude caustique. — Le procédé Heargrave dont la Societad anonyma de productos quimicos de Abono est seule concessionnaire pour l’Espagne, consiste, comme on le sait, à effectuer l’électrolyse d’une solution de sel marin. Le sel. consommé à Abono vient par mer du Portugal ; le courant nécessaire est de 60 volts pour 4 cuves en tension. Un courant d’acide carbonique, obtenu par décarbonatation de chaux, transforme immédiatement dans les cuves la soude produite en carbonate de soude, ce qui facilite beaucoup les réactions. Mais il faudra alors, pour avoir la soude, décarbo-nater à nouveau et ceci se fera au moyen de chaux éteinte plongée dans une cuve où on fera arriver la solution de carbonate de soude; on aidera cette dernière réaction en chauffant la cuve où elle se produit au moyen d’un serpentin de vapeur. La liqueur de soude reproduite est débarrassée par filtration du carbonate de chaux insoluble formé dans la réaction et entraîné en partie. Après filtration, une concentration est faite dans une serre de tubes verticaux, où circulent en sens inverse la solution de soude et un courant de vapeur (cette dernière dans un tuyau intérieur), et on a par une cristallisation finale un produit à 60-65 pour 100 de soude chimiquement pure, le reste étant constitué par de l’eau et 1 pour 100 d’impuretés mécaniquement interposées
- ((>g- 3)-
- IV. Fabrication du chlorure décolorant. — Le chlore, qui est produit dans l’électrolyse précédente en même temps que la soude, est envoyé directement sur de la chaux qui l’absorbe; l’appareil où se fait cette absorption est constitué par une série de
- 6 tuyaux horizontaux, en fonte émaillée intérieurement et disposés horizontalement dans un même plan vertical; la chaux y circule de liaul en bas, au moyen de vis d’Archimède et le courant de chlore, au contraire, va en remontant ; il y a là encore circula-lion inverse de la chaux et du gaz, en ce sens que dans le tube 6 où arrive en premier lieu le chlore produit circule de la chaux ayant déjà passé dans les tubes 1,2,3, 4 et 5, et, par suite, presque complète -ment chlorurée, tandis que dans le tube 1 où arrivera en dernier lieu le gaz, après les tuyaux 6, 5, 4, 5, 2, on amène de la chaux éteinte pure qui absorbera les dernières traces de chlore et s’enrichira successivement ensuite dans les tubes 2, 5... 6 (fig. 4). .
- La chaux nécessaire à cette fabrication, comme d’ailleurs celle qui tout à l’heure nous a servi lors de l’électrolyse de la solution de sel marin, est obtenue par la calcination de calcaires (trouvés aux environs immédiats de l’usine) dans un grand four à cuve chauffé au gaz de gazogène. Ce gaz est amené à 5 mètres au-dessus de la base du four par une série de tuyères, tandis que l’air nécessaire à la combustion arrive tout à la base par les ouvreaux servant à sortir la chaux calcinée, ce qui produit une récupération sur l’air. L’acide carbonique obtenu par la décarbonatation du calcaire n’est pas, comme cela se pratique dans les fours à chaux ordinaire, évacué directement dans l’atmosphère ; il sert pour la carbonatation dans les cuves à électrolyse. 11 faut d’ailleurs remarquer que cette carbonatation n’exige pas tout l’acide carbonique du four à cuve et qu’une grande partie est finalement perdue comme dans les fabriques de chaux.
- Une fois refroidie et sortie du four, la chaux avant de servir doit être éteinte; cette opération se fait dans un grand cylindre rotatif horizontal au moyen de la quantité d’eau strictement nécessaire ; on crible ensuite et on pulvérise s’il y a lieu.
- Telle est, décrite dans sa ligne principale, l’usine de produits chimiques d’Abono. Elle frappe donc principalement par le fait qu’on a cherché à utiliser aussi complètement que possible toutes les matières premières qui y entrent, puisqu’il n’y a finalement qu’un peu d’acide carbonique perdu dans les fours à chaux. Cherchons maintenant à nous rendre compte, par une étude très rapide du marché espagnol, des conditions dans lesquelles elle va se trouver placée.
- Comme matières premières, elle a besoin de houille, d’acide sulfurique, de sel marin, de calcaire, choses qu’elle trouve sur place ou à proximité comme nous l’avons vu. .Des produits obtenus, un, le chlorure de chaux, est destiné à la vente en Angleterre. Les deux autres, sulfate d’ammoniaque et soude, seront consommés en Espagne.
- La soude est encore peu fabriquée en Espagne soit par le procédé Leblanc, soit par le procédé Solvay (ce dernier en particulier à Torrelavega près de Santander) ; l’importation est encore trop forte
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- pour qu'il y ait, à craindre d’ici longtemps une concurrence entre producteurs espagnols.
- En sera-t-il de même pour le sulfate d’ammoniaque? Les gros consommateurs de ce produit sont les provinces agricoles du Sud, principalement la région de Valence et l’importation, qui est aujourd’hui de 48000 tonnes, s’accroît de plus en plus au fur et à mesure que des procédés d’exploitation agricole plus perfectionnés continuent à se répandre dans la péninsule Ibérique.
- Il y avait donc là de quoi tenter rétablissement de fabriques de sulfate d’ammoniaque indigènes cl, en fait, c’est ce qui a eu lieu. La richesse grande en azote de beaucoup de houilles espagnoles, en particulier celles des Asturies qui en tiennent en moyenne 1,70 pour 100, et celles du bassin de Puertollano au sud de Madrid, en même temps que les procédés de plus en plus perfectionnés de la récupération des sous-produits dans la fabrication du coke métallurgique et le développement de l’e,mploi des moteurs à gaz dans les usines, ont conduit tout naturellement à des installations où l’on obtient du sulfate d’ammoniaque.
- C’est ainsi qu’à Madrid la Société de Gazéification, qui consommera au minimum par an 50 000 tonnes de houille de Puertollano et qui est prévue dès à présent pour le double, pratiquera la récupération de l’ammoniaque; à Bilbao, les hauts fourneaux, qui carbonisent des houilles anglaises, feront de même; enfin dans les Asturies, indépendamment de la Société d’Abono, il nous faudrait citer toute la série d’usines métallurgiques possédant des fours à coke (usine de la Duro-Felguera près deLangreo, Fabrica de Miérès à Miérôs-Ablana) et également certaines mines qui vont se mettre à produire simultanément du coke et du sulfate.
- 11 va donc y «avoir prochainement un accroissement très notable de la production de ce sulfate d’ammoniaque en Espagne et en estimant que dès à présent 1 000 000 de tonnes seront traitées ainsi, c’est 45000 tonnes de sulfate que l’on obtiendra annuellement. L’Espagne peut facilement absorber cette quantité, mais n’y aura-t-il pas concurrence (les producteurs étrangers. C’est pour l’éviter que l'on demande, dès à présent, une élévation des droits d’entrée sur le sulfate d’ammoniaque, droits qui étaient encore faibles, puisque le pays devait complètement s’adresser à l’étranger. Les tendances fortement protectionnistes des Chambres Espagnoles font prévoir un accueil favorable aux desiderata des industriels de la péninsule.
- Il a d’ailleurs déjà été assez fait pour les industriels espagnols, producteurs de houille, fabricants de produits métallurgiques, constructeurs de machines, etc., pour qu’il ne soit pas également accordé d’encouragements à une industrie aussi neuve pour l’Espagne que celle des , produits chimiques. II. Annett.
- BARRAGE ÉTABLI
- par le renversement d’une colonne de béton
- A environ 200 mètres en amont des chutes du Niagara, sur la rive Canadienne, se trouve la prise d’eau appartenant à Y International Railway C°, qui fournit la force motrice à deux usines importantes, ainsi que celle nécessaire pour l’alimentation en eau de la ville de Niagara Falls.
- Sous l’influence des différentes autres prises d’eau établies dans le voisinage, la direction du courant du fleuve s’est trouvée sensiblement modifiée près de cette dernière et son débit n’a pas correspondu à celui sur lequel on avait préalablement compté.
- L’épaisseur de la lame d'eau sur le seuil de cette prise était insuffisante. Il y avait donc lieu, pour augmenter le débit, d’obtenir le gonflement des eaux et, pour cela, d’établir en aval, un barrage de faible longueur destiné à relever le niveau des eaux à cet endroit. On- avait estimé que ce barrage devrait avoir une longueur de 15 mètres, mais qu’un espace de 4,50 m. devrait rester libre vers la rive, afin de permettre le passage des blocs de glace qui, au moment de la débâcle, à la suite de la saison d’hiver, pourraient obstruer la prise d’eau. De plus, ce barrage devait faire un angle de 70° avec la rive.
- D’un autre côté, étant données la connaissance imparfaite du sol. qui constitue le lit du fleuve et l’intensité très grande du courant, l’établissement d’un barrage construit dans les conditions ordinaires parut, sinon impossible, tout au moins très coûteux. M. J. Randolph, l’ingénieur chargé des travaux, eut alors recours à un procédé nouveau et qui montre bien l’esprit hardi et innovateur des ingénieurs Américains. Voici en quoi consiste ce procédé.
- Sur la rive, comme l’indique la fig. 1, on a construit une sorte de piédestal en charpente de 4,50 m. de hauteur, hauteur correspondant à l’espace libre à ménager entre la rive et le barrage. Sur ce piédestal on a établi une colonne en béton de 15 mètres de hauteur, hauteur correspondant à la longueur du barrage à construire. Cette colonne est formée de six blocs de section rectangulaire de 2,20 m. de côté, celui inférieur, reposant sur le piédestal, ayant une longueur de 5 mètres et les 5 autres une longueur de 2,40 m. Les blocs superposés ont été séparés l’un de l’autre, au moment de leur construction, par un cadre en bois, en forme de coin, formant ainsi, entre ces blocs, des joints de facile rupture dont nous verrons tout à l’heure l’utilité. De plus, au centre de la colonne, était noyée une chaîne continue, destinée à maintenir la liaison entre les divers blocs. Le poids de cette colonne était d’environ 200 tonnes.
- La construction de la colonne terminée, on souleva, au moyen de vérins hydrauliques, le piédestal sur un des côtés de sa base (fig. 1). Au bout de
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- trente minutes, le soulèvement de la base étant de 0,15 m. le sommet de la colonne se trouva déplacé horizontalement de 0,90 m. et celle-ci, perdant son équilibre, bascula et vint s’effondrer dans le lit du fleuve à l’emplacement désigné pour le barrage, comme le représente la fig. 2. Dans sa chute, la colonne se sépara aux joints dont nous avons parlé plus haut, en formant barrage au moyen de la série des six blocs de béton séparés, mais, toutefois, restant reliés ensemble par la chaîne qu’on avait eu soin de noyer dans son axe. Le piédestal en bois a suivi le mouvement de la colonne et est venu s’abattre sur le lit du fleuve en maintenant,
- Le résultat atteint a été conforme aux prévisions et le plan d’eau, en face de la prise d’eau de l’International Railway C°, s’est trouvé relevé de 0,26 m. Du reste, M. Ran-dolph avait prévu le cas où une seule colonne eût été insuffisante pour relever suffisamment le plan d’eau.
- Une deuxième, puis une troisième, si besoin était, eût été construite et lancée dans le fleuve par le même procédé.
- Reste à savoir si, sous l’influence du courant très violent du fleuve à cet endroit, il n’y aura pas déplacement des blocs et s’il ne sera pas nécessaire d’avoir recours à des ancrages.
- Quoi qu’il en soit ce procédé nouveau est inté-
- Fig-, 2. — Vue de la colonne après sa chute dans le fleuve.
- Fig. 1. — Vue de la colonne pendant sa clnile.
- entre le barrage formé par la colonne et la rive, l’espace de 4,50 m. qu’on voulait réserver pour le passage des blocs de glace dans la saison d’hiver.
- ressant tà faire connaître et peut trouver son application dans certains cas spéciaux.
- R. Bonntx.
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- LES PATTES QUI REPOUSSENT
- Les Phasmides sont des insectes orthoptères à formes bizarres ; des insectes très remarquables au point de vue du mimétisme et de l’homochromie. En outre, les phénomènes d’autotomie et de régénération sont admirablement nets chez ces Arthropodes, récemment étudiés à ce point de vue par
- M. Edmond Bordage, directeur du Muséum Sa:' . d’histoire naturelle de
- l’île de la Réunion.
- Nous résumerons rapidement les principaux résultats auxquels est arrivé ce biologiste en ce qui a trait à la régénération.
- Pour que cette dernière puisse avoir lieu, il faut que l’insecte mutilé n’ait pas encore effectué tou Les ses mues; ce qui revient
- ; 4 ;
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- à dire qu’il doit être encore à l’état de larve ou de nymphe.
- La faculté régénératrice est localisée en certaines régions des pattes. En premier lieu, au point où s’opère l’autotomie, puis en une zone ayant comme limite supérieure la ligne idéale séparant les deux tiers supérieurs du tibia du tiers inférieur, et, comme limite inférieure, la ligne idéale qui sépare le troisième et le quatrième article du tarse (fig. Î2, A).
- C’est sous la couche cicatricielle résistante et inextensible, produite par la coagulation du sang à la surface de la plaie, que le membre de remplacement se développera, restant ainsi caché jusqu’à la plus prochaine mue, au lieu de croître librement. C’est donc seulement au moment où cette mue s’opère qu’on est à même de constater s’il y a eu régénération.
- Le membre de remplacement s’enroule sur lui-même en spirale ou en peloton, et c’est ce qui lui permet de se loger à l’intérieur de l’étui formé par les parois chitineuses du moignon demeuré en place et fermé par le disque cicatriciel.
- Il existe certaines différences caractéristiques entre un membre régénéré et un membre normal toujours demeuré en place.
- La différence qui frappe avant tout est celle qui concerne la longueur. Elle est surtout très marquée lorsque la régénération s’est opérée à une époque très rapprochée delà dernière des mues. Mais, si la larve a été mutilée trèsjeune, celte différence s’atténue graduellement. On peut voir alors la
- ti1
- A.L.Clément
- Divers orthoptères dont les pattes repoussent après avoir été cassées. — Fig. 1. Manandroplera inuncans; r, r, membres régénérés (3/4 grandeur naturelle). — Fig, 2. A, membre normal d’uuPhasmide (Manandroplera inuncans). Le tarse possède S articles et le fémur est orné de dessins en chevrons (f). — Bt membre régénéré après autotomie. Le tarse (t1) ne possède que 4 articles et le fémur (f1) est dépourvu d’oi nements en chevrons. — N. B. La région où les résections sont suivies de régénération est indiquée en A au moyen d’une flèche. Celte î égion et celle où s’opère l’autotomie sont les deux seules zones de régénération. — Fig. 3. Phasmide (Raphidcrus scabro-sus). Les 3 membres désignés par r ont subi la régénération. Iis ne présentent pas les marbrures noires des membres normaux et leurs tarses sont létramères. — Fig. 4. Partie antérieure du corps d’une larve de Pliyllie [PhyIlium crurifolium), r, membre régénéré avec tarse tétramère.
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- longueur du membre régénéré arriver — à 1 ou 2 millimètres près — à égaler celle du membre opposé constamment demeuré en place.
- 11 existe ensuite des différences d’ornementation. Chez les exemplaires femelles de Monandroptera inuncans, le tibia d’un membre postérieur régénéré est muni de 5 épines (11g. 1, tï), au lieu de 4 seulement, comme c’est le cas pour le tibia d’un membre postérieur normal (fig. 1, til). De plus, chez les Phasmides étudiés par M. Edmond Bordage, le fémur d'un membre régénéré est entièrement dépourvu des dessins en relief figurant une série de chevrons qui ornent la face externe d’un fémur demeuré en place (fig. 12, A).
- 11 existe aussi des différences au point de vue de la coloration. Le membre de remplacement offre une teinte plus claire que celle du membre opposé demeuré en place. Ce ne sera guère qu’après une deuxième mue que sa coloration se montrera absolument pareille à celle des autres appendices. Ajoutons que des différences de coloration toutes spéciales distinguent les membres régénérés des membres demeurés en place chez les Phasmes dont la teinte générale varie du gris clair au gris foncé avec bandes ou marbrures noires. Ces dernières sont complètement absentes sur les membres régénérés, qui présentent une couleur uniforme grise, tandis que les membres normaux les montrent de la façon la plus nette (fig. 3).
- 11 est enfin une différence qui porte sur le nombre d’articles du tarse. Les Phasmides sont des orthoptères pentamères, ce qui signifie que, normalement, leur tarse se compose constamment de 5 articles. 11 n’en est plus de même du tarse d’un membre régénéré, qui ne comptera plus que 4 articles et sera par suite tétramère1. Cette différence dans le nombre des articles tarsiens est très nette, sur toutes les figurés qui ornent cet article, notamment sur la figure 2 (A et B). Détail important, les dimensions des articles d’un tarse régénéré tétramère présentent entre elles des rapports numériques aussi constants que ceux offerts par les dimensions des articles du tarse pentamère normal.
- Il semble logique de considérer cette variation dans le nombre d’articles tarsiens comme le retour d’un type morphologique ancestral. A ce .point de vue, M. Bordage se range complètement à l’avis du professeur Giard. Ce dernier estime que ce fait doit être rapproché d’autres phénomènes consécutifs à la régénération et qui tendent à faire apparaître dans la partie régénérée une disposition correspondant non pas à l’état d’équilibre stable réalisé dans l’espèce considérée, mais à un état d’équilibre précédent, généralement au maximum de stabilité immédiatement antérieur à celui de l’époque actuelle [régénérations hypotypiques). Weismann partage
- 1 La télraniérie tarsienne est aussi la règle après régénération chez les deux autres familles d’orthoptères pentamères, les Mantides et les Blattides, ainsi que l’a constaté M. E. Bordage.
- également cette opinion. M. E. Bordage a, de plus, étudié le côté histologique du processus de la régénération. Il a enfin constaté qu’il existe, chez les Arthropodes étudiés par lui, une relation évidente entre la fréquence des mutilations et le développement de la puissance régénératrice.
- Henhi Courus.
- CHRONIQUE
- Le gaz naturel en Hongrie. — On a trouvé du gaz naturel en 5 points differents de la Hongrie et notamment en 1887 pour la première fois près de Karczug, à une profondeur de plus de 260 mètres; le forage fournit 1,80 m5 de gaz par heure, avec une grande quantité d’eau. A Arad deux forages donnent plus de 6 mètres à l'heure, et ce gaz est utilisé pour l’éclairage! Un autre forage à Mezahegyes donne à peu près autant que celui de Karczag.
- Les tramways aux États-Unis. — Au commencement de 1905 (car les statistiques de 1906 ne peuvent pas encore être publiées, comme de juste) la Confédération américaine possédait un réseau de 48 600 km. de tramways; on peut comparer cela au réseau de chemins de fer de grands pays européens. Dans cet ensemble, la traction électrique s’appliquait sut une longueur énorme de 47 600 km., c’est-à-dire que la traction électrique a remplacé presque tous les autres procédés, et cela se comprend. Pour faire le service sur ce réseau électrique, il n’y a pas moins de 59 650 automotrices, sans parler de 6900 voitures de remorque et de 5500 voitures diverses. Le capital d’établissement de cet énorme réseau se monte à plus de 16 milliards et demi!
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 mars 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- La graisse des vins. — M. Muntz présente un travail de MM. Kayser et Manceau sur l’altération des vins connue sous le nom de graisse. Cette altération est due à un microorganisme déjà signalé par Pasteur. Le microorganisme en question affecte la forme bacillaire à l’état jeune et se présente sous celle de chapelets dans les vieilles cultures. Le lévulose est son aliment préféré; il produit de la man-nite, de l’alcool, de l’acide lactique et de l’acide a étique. Le vin devient huileux. Le microbe est très sensible au chauffage à 55°; certains vins de Champagne sont particulièrement exposés à son atteinte.
- Exploration océanienne. — S: A. le prince de Monaco résume les résultats de sa campagne d’exploration océanienne accomplie à bord dî son yacht Princesse-Alice, de juin à août 1905. Ses collaborateurs ont été MM. Bouvier, Pettit, J. Richard et Sirven, du musée océanographique de Monaco, Tinayre, artiste peintre. Comme d’habitude, il a procédé à des nombreux sondages, au cours desquels on a recueilli des échantillons d’eau puisés à diverses profondeurs, et des échantillons du sol sous-marin. Ces sondages ont apporté une contribution importante pour le perfectionnement de la carte bathymétrique déjà publiée par le musée ethnographique. Les recherches zoologiques ont été opérées au moyen d’un fdet carré que l’on descôn-
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- dait à des profondeurs déterminées et que l’on remontait ensuite très vile. Le niveau des animaux ainsi ramenés était indéterminé, mais on arrivait très vite à observer des limites inférieures et supérieures, au delà desquelles certains ne se rencontraient plus. Par suite il a été possible d’établir une distribution biithymétrique. Les appareils ont été descendus jusqu’à la profondeur de 5400 mètres. Beaucoup d’espèces nouvelles ont été remontées des profondeurs de la mer et même des organismes classés. On a recueilli des poulpes et des calmars très remarquables à 5400 mètres; des nasses ont ramené de ce niveau un céphalopode qui, depuis 20 années, échappait à tous les procédés de capture. Son existence élail révélée par un bras d’un caractère spécial qu’il nouait et abandonnait le long des câbles. La faune de la mer des Sargasses a été l’objet d’une étude spéciale; les échantillons tirés des profondeurs n’ont point offert de caractères spéciaux. Mais les êtres de la surface révèlent de curieux exemples de mimétisme.
- L’antennarius marmoratus notamment, placé dans un bocal au milieu d’une touffe de sargasses, est invisible par la similitude de sa couleur et de sa forme avec la forme et la couleur des fragments de sargasse. On ne connaît sa présence que par ses mouvements, lorsque, se servant de ses nageoires digilées qui saisissent les branches, il circule au milieu de celles-ci comme un oiseau. 26 bal-lons-sondes,qui sont montés à une altitude de 16000 mètres, fournissent des données précieuses pour la météorologie de la haute atmosphère. Des pèches de plankton ont été effectuées régulièrement deux fois en 24 heures. Le prince de Monaco signale le faible peuplement animal do la zone des alizés, pas d’oiseaux mais beaucoup de poissons volants, voilà ce qui la caractérise. Des hirondelles d’une espèce américaine ont été rencontrées à 1400 kilomètres de la côte d’Afrique, mais on n’a pu faire aucune observation permettant de deviner comment elles peuvent se soutenir pendant un aussi long trajet. Un arc-en-ciel lunaire complet a été observé entre les Açores et Madère ; M. Tinayre l’a reproduit à l’heure même en un tableau aussi intéressant comme document que comme œuvre d’art.
- Les effets de la tuberculine sur Vorganisme. — M. Cahnette et M. Breton exposent que les effets de la tuberculine ingérée produit les mêmes effets que lorsqu’on l’inocule sous la peau chez des animaux tuberculeux. Absorbée par la voie digestive elle peut être toxique pour les'animaux sains, surtout dans le premier âge. Il en résulte qu’en faisant ingérer seulement une très petite quantité de cette substance aux sujets suspects on peut obtenir sûrement la réaction de la tuberculine. Les médecins et les vétérinaires trouveront sans doute avantageux d’adoptpr celte méthode dans beaucoup de cas pour établir le diagnostic des différentes formes de tuberculose. Ch. de Vjlledeuil.
- LES FRANÇAIS...
- MANGEURS DE GRENOUILLES?
- Notes iconographiques
- Les Annales politiques et littéraires se sont longuement occupées, il y a quelques semaines, de ce blason, si populaire encore maintenant de l’autre côté du Détroit, et dont cette Revue, fort répandue,
- demandait l'explication à ses abonnés. De nombreuses réponses parvinrent à la Rédaction qui publia les plus curieuses. Celle-ci rappelait une vieille légende du Cumberland, inconnue des Anglais eux-mêmes ; cette autre évoquait des souvenirs, vieux à peine d’un demi-siècle. Pas un seul de ces correspondants improvisés n’apportait, en somme, un commentaire absolument satisfaisant. Toutefois M. Philibert Lalande mentionnait une caricature du commencement du dernier ‘siècle, où l’on voyait d’un côté l’Angleterre, symbolisée par une cuisinière en présence d’un morceau de bœuf, avec ces mots : Méat's Part (part de viande), et de l’autre, Bonaparte, toujours appelé Bone dans le répertoire comique d’outre-Manche, dévorant une grenouille, avec cette inscription : Bone's part (part de Bone, ou part d’os). Cette image, que j’ai vainement cherchée dans l’iconographie napoléonienne, m’en a rappelé une autre, tout aussi expressive, dont je reproduis ci-conlre pour les lecteurs de La Nature une photographie empruntée à la collection si curieuse des souvenirs de la flottille, que le Dr Sauvage a rassemblée au musée de Boulogne-sur-Mer.
- C’est une pièce en couleur de 3 4 centimètres sur 24 centimètres, publiée, à Londres en février 1804, par W. Holland, et intitulée : Viclualling lhe French Fleet (Ravitaillement de la flotte française).
- Nous sommes au bord du détroit. Dans une petile barque, armée d’un gros canon tourné vers l’Angleterre qu’on aperçoit en face, trois hommes affamés, vêtus de guenilles trouées au coude, au genou et ailleurs, se précipitent vers la herge, où trois commissaires, habit bleu, manchettes et collet rouge, tricorne à cocarde, perruque à houdin et grandes boLles, vident sur l’arrière du canot des sacs de grenouilles vivantes.
- De Great Consul, dit la légende, in Considération of your Patience lias sent us de grande commis-sioners, ivith some Saches of lire Frogs, and de rich Car lie h from Saint-Cloud — lo make you merry, — for he be afraid it will be a long Unie before you touch dat dam Roost Beef, on de oder side of de Water.
- De l’autre côté de l’eau, en effet, sur la falaise anglaise, inaccessible, un personnage est fort occupé à tourner la broche où rôtit un énorme quartier de bœuf. Et au-dessus se lisent ces deux vers :
- O lhe Roasl Beef of Obi England.
- And o lhe Old Englisli Roast Beef !
- La plaisanterie des mangeurs de grenouilles était donc tout à lait courante, il y a un siècle, comme l’assurait M. Lalande, et ce ne sont, on le voit, ni les Anglais, ni les Roumains, ni les Turcs de 1854 qui l’ont inventée au début de la guerre de Crimée, ainsi que le voulait un autre des correspondants cités plus haut.
- Mais ce n’est pas seulement à 1804 que remonte ce persiflage international. La réputation spéciale que
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- LA NATURE.
- nous l'ont nos amis d’Angleterre est sensiblement plus ancienne. Le célèbre Hogarth s’en faisait déjà l’écho quarante-cinq ans avant les projets d’invasion arrêtés net par la campagne d’Austerlitz. C’était au
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- moment où Machault avait conçu le dessein, adopté par Belle Isle et Choiseul, d’une descente en Angleterre. On sait que, dès le début de 1759, de grands préparatifs se firent dans nos ports de la Manche et de l’Océan, On construisit à Dunkerque, au Havre, à Brest, à Rochefort même, des bateaux de transport, et deux fortes escadres s’armaient pour leur faire escorte.
- C’est alors que W. Hogarth dessina et que T. Cook a gravé la planche, aujourd’hui très rare, que j’emprunte à la même collection (fig. 2).
- L’invasion française s’y trouve représentée sous les traits d’un moine et d’une bande de soldats. Le moine a chargé sur une sorte de bac carré-long, orné d’une croix latine à son arrière et qu’un cheval traîne vers le port, des instruments de torture, une statue de saint Antoine, un plan de monastère à bâtir dans Black-Friars à Londres! Les soldats, fort échauffés, sortent d’une Taverne où, sur l’enseigne pendue à côté d’un sabot, se lisent les mots : Soup Meagre a la Sabot Royal.
- A gauche du tableau, un étendard flotte où se lit cette phrase : Ven-gence et le Bon Bier et Bon Beuf de Angletere. Plus bas, un des soldats, genou en terre, fait griller quatre grenouilles enfilées dans la lame de son sabre.
- Je ne reproduis ici des douze lignes inscrites au-dessous de la planche de W. Hogarth que ce
- qui a trait à la légende des batraciens alimentaires.
- ...BetT and Boer give licaviers blows Tlian Soups and Koasled Frogs.
- Cette gravure oubliée de Hogarth a sans doute inspiré, un demi-siècle plus tard, les deux autres pièces dont je viens de parler plus haut. C’est encore à la même source que semble avoir puisé l’auteur d’une brutale vignette qui courait en Angleterre à la date néfaste de décembre 1812 {Grand-Car ter et, p. 128). On y voit Napoléon embroché devant un grand feu sur lequel, dans une poêle, grésille une friture de grenouilles. Un ours vveslphalien tourne la broche, tandis qu’un soldai russe arrose le rôti avec une grande cuiller !...
- Si nous connaissons maintenant le rôle de Hogarth dans cette iconographie batraeienne, nous ignorons encore où ce grand caricaturiste a été chercher le sujet de cette plaisanterie internationale. Pour avoir quelque peu reculé l’origine du problème, je n’en ai guère avancé la solution. Et c’est maintenant aux folkloristes d’outre-Manche que revient la tâche de découvrir les précurseurs de W. Hogarth, les véritables
- Fig. 2. — « L’invasion », par W. Hogarth (1759).
- créateurs de la légende des Français mangeurs de grenouilles! E.-T.-Hamy,
- Membre de l’Institut.
- Le Gérant .-P. Masson.
- Fig. i. — « Ravitaillement de la flotte française », caricature anglaise de 1801.
- Paris. — imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1713. — 24 MARS 1906.
- LA NATURE.
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- UNE MACHINE A PASSER AU PAPIER DE VERRE
- Aux. États-Unis, plus que partout ailleurs, on s’est préoccupé, et l’on se préoccupe tous les jours de recourir aux machines-outils, aux labour saving-aiipliances, comme on les appelle, aux dispositifs mécaniques économisant sur la main-d’œuvre : celle-ci coûte cher dans la Confédération, et, au lieu d’astreindre l’homme à des besognes purement matérielles, on préfère lui en demander de plus intelligentes, et lui confier la direction des machines. Les salaires s’élèvent en conséquence, en môme temps que le coût de la production diminue pour chaque objet fabriqué. Aussi l’appareil que nous voulons présenter au lecteur est-il d’invention américaine; les machines-outils sont toujours intéressantes pour l’ingéniosité dont elles sont la preuve, et celle-ci est particulièrement curieuse par la nature du travail qffon lui confie. On doit savoir que, dans le travail du bois, le passage au papier de verre est une nécessité constante, parce que, seul, il donne au bois une surface absolument finie, sur laquelle s’appliquent ensuite fort bien cire et vernis, ou même peinture; l’opération est fastidieuse, longue, par suite coûteuse, et elle est assez malsaine pour qui l’effectue à la main, parce qu’il se détache des poussières de bois ou même de verre, qui peuvent pénétrer dans les voies respiratoires.
- Dans la machine Moore, que représente la gravure ci-dessus, le polissage est opéré par deux courroies garnies de la matière rodante, qui passent sur deux poulies et courent parallèlement, mais d’un mouvement inverse. On comprend que, grâce à la largeur couverte par les deux courroies, et grâce à leur déplacement continu, elles peuvent traiter à fond
- 34e année. — 1er semeslre.
- une surface considérable en fort peu de temps. La table sur laquelle on monte la pièce de bois, l’objet à polir, se déplace d’avant en arrière, horizontalement, sur des rouleaux ad hoc, en glissant dans les deux chemins de roulement horizontaux qu’on aperçoit fort bien, se projetant en avant; des arrêts quadruples, commandés par une seule poignée, et qu’on voit à droite, permettent de fixer solidement le bois sur la table. Ce qui est fort curieux, et ce qui rend l'emploi d’un appareil de ce genre, possible pour presque tous les genres de travaux, c’est que, sous l’action d’un levier qu’on remarquera à droite, derrière les poulies, on a la possibilité d’abaisser graduellement, et, si l’on veut, presque au niveau du sol, le plateau qui supporte la pièce à passer au papier de verre ; dans ces conditions, on pourra parfaitement travailler une table ordinaire toute montée sur ses pieds. On comprend, d’autre part, que l’objet à polir pourra se déplacer d’avant en arrière, sous les courroies, de façon à présenter à celles-ci ses différentes parties, si l'on fait déplacer convenablement le plateau porte-objet sur les chemins de roulement.
- Nous avons expliqué qu'il y a deux courroies polisseuses; mais, en général, on ne les fait pas fonctionner simultanément, parce qu’il y en a une garnie de papier de verre gros pour le polissage dégrossissant, et l’autre garnie de poudre plus fine pour le finissage; on peut les mettre successivement en action, suivant les besoins, au moyen d’un tendeur spécial. Mais, pour que chaque courroie joue bien effectivement son rôle, il ne suffit pas qu’elle soit animée de la vitesse convenable : il faut encore que sa surface garnie de substance rodante
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- vienne appuyer à la surlace du bois placé sur la tablette. Et, dans ce but, on a prévu un dispositif à ressort, que la photographie montre, au moins pour la courroie de devant, et qui est semblable pour la seconde courroie. Ce dispositif est essentiellement constitué par une série de plateaux dont normalement le mouvement d’abaissement est simultané, et qui viennent presser sur la co*urroie, de manière par conséquent à ce que son endroit appuie fortement sur la surface à polir. De plus, des manettes permettent d’abaisser davantage et isolément un des plateaux, afin d’accentuer la morsure du verre sur le bois en tel ou tel point spécial. Nous pourrions ajouter encore que les dispositifs de pression sont partiellement équilibrés par un contrepoids qu’on aperçoit derrière la machine, que les poulies peuvent être réglées dans leur alignement ; qu’enfin, grâce aux différences de pression qu’il est facile de donner, on peut traiter à la machine les bois les plus fins comme les plus grossiers. P. de M.
- LA FAUNE ET LA FLORE GLACIAIRES
- de la Baraque-Michel
- Les expéditions scientifiques marines, comme celles du Challenger, du Talisman, etc., ont accoutumé à cette notion d’apparence paradoxale que beaucoup d’animaux de mers froides, polaires ou circumpolaires, se trouvent fréquemment et normalement dans les mers tempérées ou chaudes ; tandis que les observations sublittorales avaient assigné a cet ensemble d’espèces une extension géographique restreinte, et justifié la conception de faunes polaires, les dragages au large et en eaux profondes apportèrent à cette conception une sorte de démenti en montrant que la faune polaire possède une distribution universelle. Cependant les premières observations n’étaient pas moins justes que les dernières. En effet, si l’extension géographique delà faune polaire est beaucoup plus grande qu’on ne l’avait tout d’abord supposé, la distribution ba-thymétrique des êtres qui la constituent, c’est-à-dire la profondeur à laquelle ils sont recueillis par les dragues, est très différente suivant les points de dragage et caractéristique pour chacun d’eux. Au fur et à mesure que l’on s’éloigne des pôles vers l’équateur, la faune polaire devient de plus en plus profonde ; ainsi des genres ou des espèces qui, à une certaine latitude, habitent près de la surface des eaux, à une autre sont confinés aux régions profondes ou même abyssales de la mer.
- Or, dans cet ordre d’idées, ce qui est vrai de la mer et de sa faune l’est aussi de la terre et de sa flore. Ainsi les mêmes plantes aux grandes et belles fleurs, éclatantes de couleurs, qui épanouissent leurs corolles dans les régions froides du globe, se retrouvent identiques à des centaines de lieues plus au sud; seulement, alors que dans les pays du nord elles se rencontrent dans la plaine et sur le rivage des mers, dans les régions tempérées elles se confinent sur les hautes montagnes, dans les pâturages alpestres, au voisinage des neiges éternelles. Une commune action, celle du froid, contribue à donner un même aspect dans les manifestations de la vie aux sites élevés de nos régions et aux paysages boréaux. La même loi s’applique aux animaux et nombreuses sont les espèces d’insectes,
- par exemple, que l’on rencontre à la fois dans les montagnes de l’Europe tempérée et dans les plaines du nord.
- La connaissance de ce fait n’est pas nouvelle. Déjà, au xvme siècle, Eabricius s’était basé sur la relation qui existe entre les êtres organisés vivant sur les sommets des hautes montagnes et sur les terres basses et glaciales du nord de l’Europe et d’Amérique, pour justifier l’établissement de ce qu’il nommait le climat alpin ; puis Gmelin avait supposé, en 1747, que les espèces animales et végétales avaient été créées simultanément en plusieurs points du globe. Différents élèves de Linné se consacrèrent ensuite à préciser le parallèle des végétations du nord et des Alpes. Leurs calculs divergent dans le détail, mais sont concordants dans l’ensemble. Us montrent que, à peu près la moitié des plantes nivales, c’est-à-dire que l’on rencontre en Suisse b une altitude supérieure à 2500 mèt., est commune aux Alpes et aux régions arctiques. Sur ce nombre, il est vrai, environ un quart vivent aussi dans la plaine et dans les régions intermédiaires; il reste ainsi les 5/4 de ce nombre, c’est-à-dire les 3/8 de la végétation élevée des Alpes, qui constituent une flore arclique-alpine, commune aux régions circumpolaires et aux hautes montagnes de la zone tempérée et manquant dans l’intervalle.
- Parallèlement la distribution des lépidoptères fournit le même enseignement. Supposons figurée sur une carte, au moyen d’un sablé dont la densité indiquera la proportion des individus suivant les lieux, la répartition géographique du Colias polœno ou Solitaire. C’est un joli papillon diurne, de la famille des Piérides (papillons du chou, etc.), caractérisé par sa couleur d’un jaune de soufre un peu verdâtre, avec l’extrémité des ailes largement bordée de noir. La figure obtenue forme tout autour du pôle une large ceinture s’étendant à travers les plaines du nord de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique. Ce cercle toutefois n’est pas parfait et notamment en Europe il ne concorde pas avec les lignes isothermes d’été, qui coïncident à peu près avec les parallèles, mais avec les isothermes d’hiver (isoth. de — 2° de janvier), c’est-à-dire que cette espèce s’étend surtout à travers la Russie moyenne, de Moscou à la Baltique, dans l’Allemagne du Nord, dans la partie nord de la Scandinavie; au sud et à l’ouest de cet emplacement elle devient de plus en plus rare et elle fait totalement défaut dans l’Allemagne occidentale, en Belgique, en Hollande, dans les îles Britanniques et le reste de l’Europe.
- Cependant, tout au sud de la France, on la retrouve dans les montagnes des Pyrénées, à Saint-Béat, Mont-Cagire, Bagnères-de-Luchon, Port-de-Yénasque, etc., puis dans le Massif central, au Morvan, au Mont-Dore, dans le Jura, au lac d’Etalières, à Pontarlier, dans les Vosges, dans toutes les Alpes, et dans divers petits systèmes montagneux rattachés au grand ensemble de l’Europe centrale. Dans chacune de ces régions elle apparaît comme parfaitement .isolée, sans rapports avec les stations analogues qui sont souvent très éloignées. Ainsi en plus de son habitat qui semble normal, à une distance presque constante autour du pôle, et en dehors de cet habitat, une espèce nettement circumpolaire possède en terres chaudes des résidences disséminées sur les hautes régions. C’est le type môme de l’animal arctique alpin.
- L’imagination aurait beau jeu pour expliquer cette répartition à se figurer des migrations en masse de papillons s’envolant vers lé midi pour y chercher des stations d’hiver et se fixant sur ces villégiatures lointaines. Toutefois ce n’est p is en posant ainsi le problème qu’il est possible de le résoudre. On ne se trouve pas, ni pour les plantes ni pour les bêtes, en présence d’etrès échappés à la patrie
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- boréale pour gagner les régions alpestres. 11 est plus simple d'expliquer le phénomène par la considération des changements, qui, au cours des âges, se sont produits dans le climat de nos l égions. Et, à ce point de vue, le plus important de beaucoup est le considérable abaissement de température qui, aux débuts de l’époque quaternaire, a résulté en Europe de l’extrême extension des glaciers, débordant sur la Suisse, le Jura, les Vosges, la Scandinavie entière, la Finlande, le nord de l’Allemagne et l’Ecosse. Il en résulta naturellement une profonde altération dans les conditions de la vie et c’est à elle que nous devons, dans nos régions où ils semblent n’avoir eu que faire, la présence de ces débris de mammifères et d’oiseaux de pays froids, de ces os de renne entre autres sur qui s’exerça l’instinct esthétique de nos lointains ancêtres. Quand, après plus d’une oscillation, la glace recula définitivement vers le nord, certains des animaux et des plantes qui s’étaient installés à sa faveur, périrent, faute de pouvoir s’adapter à de nouvelles conditions d’existence ; les autres, le plus grand nombre peut-être, suivirent le mouvement, qui vers les régions froides du nord, qui vers les hauteurs plus rapprochées des montagnes. Ainsi se réalisa lentement un procédé de séparation en deux de tout ensemble d’êtres qui avaient prospéré grâce à des conditions favorables et qui se tiraient d’alfaire comme ils pouvaient, au moment où disparaissaient ces conditions.
- Quelques espèces comme le renne, le bœuf musqué se portèrent entièrement vers le nord : l’espace que leur laissaient les montagnes était peut-être trop restreint pour leur grande taille, et le voisinage hasardeux pour leur lourdeur relative ; quelques autres, plus petites, plus agiles comme le chamois, le bouquetin, la marmotte se réfugièrent uniquement dans les montagnes; certaines enfin, qui n’avaient pas de raisons vitales pour choisir, se partagèrent entre les deux directions. 11 se forma de la sorte une distribution particulière, de nature à donner à l’observateur qui ne tiendrait compte que de l’état actuel des choses, l’idée d’une mère patrie et de colonies lointaines. Un voit combien cette conception est fausse : ces apparentes colonies ne sont autre chose que les témoins que le régime glaciaire a laissés de son passage ou de son voisinage, après qu’il eut reculé, ainsi que les ouvriers le font après qu’ils viennent d’accomplir un travail.
- Dans un récent et beau mémoire1, M. Léon Frédéricq, directeur de la classe des Sciences de l’Académie royale de Belgique, vient de montrer qu’il faut considérer comme un excellent type de témoin de ce genre, cette partie de l’Ardenne que l’on appelle le plateau de la Ba-raque-Micliel et qui à quelques kilomètres à l’est de Spa, tout contre la frontière allemande, constitue la région culminante de la Belgique. Là subsiste, à une altitude de 500 à 691 mètres, une colonie animale et végétale qui a continué d’y vivre depuis les temps quaternaires. Le sol est formé de schistes épais et de quartzites de l’époque cambrienne qui constituent une masse imperméable, à la surface de laquelle l’eau de pluie, très abondante, séjourne en donnant naissance à des bruyères tourbeuses qui ont valu à la contrée le nom de Hautes-Fagnes ou Hautes-Fanges.
- Aussi le climat est-il beaucoup plus rude que ne l’impliquent la latitude et l’altitude. La température moyenne annuelle est trop froide d’un demi-degré environ et, pendant l’hiver, notamment, le froid tombe à 3 degrés trop bas : il atteint celui qui règne dans la région
- 1 Bull, de VAcad. roy. de Belgique (classe des sciences), n° 12, p. 1263-1326,1904.
- des lacs de la Suède, située à dix degrés plus au nord. On comprend dès lors que le plateau de la Baraque-Michel ait conservé dans sa faune comme dans sa flore un cachet franchement alpin ou subalpin. Mais, au couivs de l’été, la température se relève sensiblement et ce caractère s’efface : c’est donc surtout au printemps qu’il faut chercher à y trouver des représentants de la vie boréale ou glaciaire. M. Frédéricq signale que vers le mois de juin, on y rencontre fleuries diverses plantes communes soit aux Pyrénées, soit aux Alpes et à la Scandinavie. Parmi les animaux, il ne saurait être question de mammifères même les plus petits, que la présence de l’homme aurait rapidement éliminés ; mais déjà les oiseaux sont représentés par quelques coqs de bruyère et par des Grouses (VÉcosse, ou perdrix de neige, type franc de faune glaciaire et très voisin du Lagopède qui existait en Belgique" à l’époque quaternaire ; toutefois, les grouses de la Baraque-Michel ne sont pas les descendants des lagopèdes qui y vivaient alors : elles ont été introduites par l’homme il y a quelques années et ont prospéré parce qu’elles trouvaient d’excellentes conditions d’existence.
- La couleuvre à collier, le lézard vivipare, le triton alpestre sont des reptiles ou des batraciens de régions froides, tenant la place du crapaud, de la rainette, du lézard de murailles qüi manquent complètement ou n’apparaissent que dans le bas du plateau. Les mollusques sont d’une extrême rareté et les quelques types que l’on puisse rencontrer sont précisément les limitées qui montent le plus haut dans les Alpes. On trouve assez fréquemment dans les ruisseaux la mulelte perlière (unio margarlifer) assez activement exploitée et dont les perles s’écoulent aisément chez les bijoutiers liégeois; on sait que l’absence relative de mollusques est un trait de la faune de montagne. Ce sont les insectes qui sont les plus caractéristiques : sur une cinquantaine d’espèces de papillons, une quinzaine sont ai’ctiques-alpins et au premier rang se trouve le Colias palœno dont nous parlions plus haut. Coléoptères, diptères, hémiptères, etc., donnent des proportions semblables. Le fait le plus curieux peut-être est la répartition des planaires (vers plats d’eau douce) dans les ruisseaux qui descendent vers les vallées voisines : au-dessus de 300 mèt., on ne trouve sur les pierres de ces cours d’eaux que la Polycelis cornuta, espèce essentiellement glaciaire, qui remonte très haut dans les Alpes et dont la reproduction ne peut avoir lieu qu’en hiver. En dessous, elle fait place à la Planaria gonocephala qui se trouve jusqu’à Liège. Les deux espèces ne se trouvent jamais mélangées, de sorte que sur une carte la limite exacte de la zone subalpine de la Baraque-Michel peut être indiquée par une ligne séparant les gîtes respectifs de ces deux types. Ce n’est pas seulement, comme témoignage d’une époque, aujourd’hui disparue, que la faune et la flore du plateau de la Baraque-Michel présentent un intérêt de premier ordre. Par son peu de superficie, ce petit massif constitue une sorte de thermomètre sensible, indiquant ce qu’ont été les changements de climat de l’époque quaternaire à la nôtre. Nous avons dit que la température du plateau présentait un écart maximum de 3 degrés en hiver par rapport à la moyenne hivernale de la région avoisinante et cette différence a seule permis la survie d’êtres de régions froides. 11 suffirait donc d’une élévation de quelques degrés pour faire disparaître à jamais cette colonie isolée. On est en droit de conclure que jamais, depuis i’époque quaternaire, le climat n’a été dans l’Europe occidentale plus chaud qu’à l’époque actuelle.
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- INDICATEUR VIBRATOIRE
- Cet article pourrait porter, à plus juste raison, le titre : appareil démontrant la transformation des vibrations acoustiques en travail mécanique. L’appareil permet, en effet, de commander à distance un certain nombre de récepteurs avec un nombre correspondant de boutons transmetteurs au moyen d’un seul circuit formé de deux fils et d’une bat-
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- lerie de piles. Dans la figure ci-dessus, le n° 1 représente le récepteur formé d’un électro-aimant recevant le courant envoyé par les transmetteurs et pouvant attirer légèrement un châssis en fer qui porte un certain nombre de lames d’acier; chacune de ces lames est réglée de façon à avoir une amplitude de vibrations égale à celle d’un ressort correspondant du transmetteur et porte à la partie inférieure un petit marteau qui peut faire déclencher une armature en fer portant un voyant. Le nu 2 nous montre le détail d’un transmetteur; chacun se compose d’une lame d’acier formant ressort. Tous les ressorts sont réglés à une amplitude différente les uns des autres. Comme on peut le voir sur le côté, deux fils formant également ressort sont disposés de telle sorte que chaque
- boulon, lorsqu’on appuie dessus, peut mettre en vibrations un ressort d’acier. En meme temps qu’il vibre ce ressort établit à chaque vibration un contact commun à tous les boutons de commande qui ferme le courant sur l’éleclro-aimanl du récepteur au moyen de deux fils reliant ce dernier au transmetteur. Le n° 5 de la figure fait voir le schéma de la liaison du transmetteur au récepteur; l’extrémité inférieure des fils communique à la batterie de piles.
- Lorsque l’on appuie sur l’un des boutons, on fait vibrer le ressort du transmetteur. Ces vibrations sont transmises au récepteur électriquement par les deux fils de la batterie de piles. L’électro-aimant reproduit ce même nombre de vibrations, et tous les marteaux vibrent à la fois; mais seul celui dont les vibrations sont synchrones avec les vibrations du ressort mis en mouvement au transmetteur vibre avec beaucoup plus de force et avec des amplitudes suffisantes pour faire déclencher son voyant. La même opération peut se faire sur plusieurs boutons en même temps ; toutes les vibrations se communiquent au récepteur; Jes marteaux vibrent tous, mais seuls les ressorts à l’unisson avec ceux qui ont été mis en mouvement ont des amplitudes beaucoup plus for les et font déclencher chacun leur voyant. On peut être averti aussitôt qu’un appel est demandé, en disposant une sonnerie à cet effet. Un des fils de la sonnerie est branché à une pièce métallique placée en dessous de l’appareil et l’autre fil est relié à l’armature portant les marteaux ; chaque voyant en déclenchant tombe sur la pièce métallique et ferme le circuit de la sonnerie qui reste en fonction tant que l’armature n’aura pas été relevée.
- Cet ingénieux appareil, qui est construit par la Société de l’Appareillage électrique Grivolas, peut rendre de grands services dans de nombreuses applications; il permet de supprimer les nombreux fils que l’on emploie aujourd’hui dans des installations de ce genre. Il peut être utilisé dans toute une série d’appareils d’indicateurs à distance, de signaux de chemins de fer.
- On ne saurait trop féliciter l’inventeur de cet appareil d’avoir mis en pratique un principe, déjà connu, sans doute, mais à la fois très élégant et très original. J. Laffargoe.
- Indicateur vibratoire.
- Récepteur. — 2. Transmetteur. 5. Liaison du transmetteur au récepteur.
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- UN CAPTAGE HYDROTHERMAL A CESTONA (ESPAGNE)
- La.source thermale de Cestona en Guipuzcoa, située dans le très pittoresque pays basque entre la plage de Zarauz et le couvent de Loyola, est peu connue en France, mais très fameuse en Espagne, où on l’utilise dans des cas analogues à ceux que l’on traite à Carlsbad, Hombourg ou Kissingen. Sa température est de 51°. Sa minéralisation est surtout formée de chlorures (5sr,59 de chlorure de sodium et 2e1',06 de chlorure de calcium) avec des sulfates de chaux, soude et magnésie, des bicarbonates et un peu d’acide carbonique libre. Son gisement et son captage récemment exécuté, d’après mes conseils, sous l’habile direction de M. Adam y Yarza, donnent lieu à quelques observations d’un intérêt pratique et théorique général. Comme gisement tout d’abord, c’est un cas particulièremen t net de venue hy-drothermale souterraine concentrée dans les fissures d’un calcaire au contact d’un schiste imperméable et sous le couvercle de ce schiste : conditions reproduites aux époques anciennes par tant de gisements métallifères filoniens (galène, blende, etc...). Les eaux profondes, alimentées par un grand plateau calcaire, où les effondrements analogues à ceux du Karst, les bassins sans écoulement et les abîmes les recueillent avec abondance, doivent descendre à un millier de mètres de profondeur pour acquérir leur température de 51°; elles se minéra-lisent au contact de. quelque dyke d’ophite, accompagné, comme toujours dans les Pyrénées, de terrains gypso-salins et s’accumulent, dans des conditions tout à fait théoriques, sur le contact des calcaires fissurés, au milieu desquels elles ont circulé, avec des schistes qui les arrêtent.
- Avant les captages exécutés en 1902, ces conditions n’apparaissaient pas directement, les griffons thermaux se trouvant dispersés dans les fissures du calcaire, où l’eau froide venait se mêler à eux en les refroidissant ; mais il était facile de les soupçonner ; les travaux de recherche, exécutés d’après ces prévisions, les ont absolument confirmées.
- Aujourd’hui Cestona utilise deux sources principales : l’une à 27° moins minéralisée, l’autre h 51°
- plus chargée de sels. Le captage de cette dernière a permis une application très instructive de la méthode connue sous le nom de méthode des pressions hydrostatiques réciproques1 : méthode appliquée autrefois par François à Ussat et à Bagnères-de-Luchon et que j’ai signalée avec insistance et à diverses reprises comme fournissant un mode de captage aussi parfait qu’ingénieux dans un certain nombre de cas très difficiles, où il serait à peu près impossible de réussir autrement.
- Le cas de cette source de Cestona est un de ceux-là. Cette source a été trouvée au fond d’un puits de 8 mètres, dans un calcaire extrêmement fissuré, à quelques mètres d’une rivière torrentielle, le rio
- Urola. Dans ces conditions, il eût été illusoire de vouloir l’isoler des eaux froides de la rivière par des massifs de béton, qui, si profondément qu’on les eût enfoncés, n’auraient pu empêcher le contact souterrain des eaux froides avec les eaux chaudes. Ne pouvant éviter ce contact, on en a tiré parti en utilisant précisément la pression, la charge de l’eau froide dans ce système de vases communicants, pour refouler et concentrer toute l’eau thermale dans la fissure qui formait son émergence naturelle.
- Toute la méthode est fondée sur ce fait expérimental que, dans un tel vase communicant, si l’on règle convenablement l’équilibre des deux liquides en contact (eau froide et eau chaude) et leurs pressions réciproques résultant des deux niveaux d’eaux, il ne se produit entre elles aucun mélange. L’expérience, déjà faite autrefois ailleurs par François, a pu être répétée par moi à Cestona dans des conditions qui la rendaient particulièrement nette et parlante, même pour des personnes tout à fait ignorantes de l’hydraulique. Le tube de captage de l’eau thermale, enfoncé de 2 mètres dans une fissure du calcaire et montant de là jusqu’au jour dans un puits de 8 mètres de profondeur, était entouré, dans ce
- 1. Voir la description de celle méthode dans L. De Launay, Recherches et captage des sources thermo-minérales. Paris Béranger, 1899, p. 321.
- La source thermale de Cestona (Espagne).
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- LA NATURE.
- puits, par une masse d’eau froide permanente agissant directement sur ce calcaire : eau froide, qui pouvait par suite pénétrer dans toutes ses cassures. 15n meme temps, on pompait l’eau thermale dans un tube de captage enveloppé par l’eau froide, comme on le fait ordinairement pour le service de l’établissement. 11 aurait donc pu sembler à première vue que ce travail de la pompe devait attirer l’eau froide voisine avec l’eau chaude et il en eut été, en effet, ainsi si l’on avait voulu augmenter démesurément le débit en forçant la pompe; mais, dans les conditions effectives de l’installation, l’équilibre des pressions était tel que ce mélange devenait impossible : l’eau thermale conservant, au contraire, un excès de charge qui en faisait perdre une partie dans l’eau, froide voisine.
- La démonstration a pu être faite d’abord par des mesures thermométriques. La source thermale, observée dans les conditions que je viens de décrire, avait, à divers niveaux, exactement la même température que lorsqu’on l’observait dans la fissure originelle du calcaire après avoir complètement épuisé l’eau froide par des pompes et cela quoique cette température fut de 31°, les infiltrations froides voisines étant à 10°; en outre, les pertes inverses d’eau thermale dans l’eau du puits étaient démontrées par un écbauffement sensible de celte eau froide dans le
- Une ligne télégraphique autour du continent, australien
- puits de captage, échauffement qui les portait à 25°.
- Mais la preuve la plus frappante a été fournie par la fluorescéine. En colorant d’une façon intense toute l’eau du puits, et observant l’eau thermale pendant plusieurs jours, on n’a vu apparaître dans celle-ci aucune trace de couleur, quoiqu’elle fût pompée dans un tube enveloppé par celte eau si fortement teintée de vert et que le tube fût seulement enfoncé de 2 mètres au-dessous de l’eau dans ce calcaire fissure
- en tous sens et librement parcouru par les eaux.
- Quand on emploie ce système des pressions, il est seulement indispensable de se régler sur l’emploi des deux instruments très sensibles que je viens de signaler, le thermomètre et la fluorescéine, pour déterminer les niveaux réciproques de l'eau froide et de l’eau chaude; car, si l’on relevait trop l’eau froide ou, ce qui revient au même, si l’on abaissait trop le niveau d’aspiration de l’eau chaude par la tentation très naturelle d’augmenter le débit, on provoquerait aussitôt une rupture d’équilibre entraînant une invasion d’eaux froides dans les eaux chaudes : ce qui, en dehors de l’examen bactériologique, se traduirait et se manifesterait, au premier examen, par un abaissement de température et par la teinte verte de la fluorescéine. Avec ces précautions on peut, au contraire, réaliser ainsi des captages excellents dans des cas où aucune autre méthode n’aurait abouti. L. De Launay.
- UNE INTÉRESSANTE EXPÉRIENCE
- de télégraphie à longue distance
- Elle a été récemment menée à bien dans une île anglaise qui constitue à elle seule un véritable continent, et où par conséquent on peut trouver aisément un énorme développement de lignes télégraphiques sans sortir de limites du pays. Ajoutons qu’il y avait même un côté un peu particulier dans cette expérience, en ce sens qu’on n’était pas fâché de montrer la facilité de relations entre les diverses provinces qui forment aujourd’hui la Confédération australienne, et qui sont réunies par des liens constitutionnels, tout en étant souvent séparées les unes des autres par de vastes étendues de terres désertes.
- Le projet avait été caressé un certain temps à l’avance, car il fallait bien rendre libres, au moment voulu, les diverses lignes successives qu’on prétendait employer à la transmission. Celle-ci devait se faire de Broome, localité située sur la côte ouest de la province d’Australie occidentale, se continuer par Perlh et Coolgardie, dans la région des mines d’or, puis traverser le bas de l’Australie méridionale en dépassant Adélaïde, enfin gagner Melbourne, Sydney, Brisbane, pour se terminer à Cape York, à la pointe extrême nord du Queensland. C’était un parcours total de plus de 6601 milles anglais, 10 630 kilomètres à peu près. On conviendra que c’est une assez jolie distance.
- Les expériences commencèrent à 11 heures du matin, temps local de Melbourne, Sydney et Brisbane, ce qui correspondait à 9 heures, temps des fuseaux qu’on emploie à Perth.
- Tout d’abord des signaux s’échangèrent dans les meilleures conditions entre Adélaïde et Cape York; une avarie se produisit à Eucla, une station répétitrice, mais
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- enfin, à midi, les communications complètes purent être établies, et une correspondance se maintint de la façon la plus satisfaisante entre les extrémités du parcours, durant 15 minutes, à raison de 20 mots à la minute. On opérait du reste un dimanche, où les transmissions com-ùierciales sont extrêmement rares.
- Sur la carte que nous donnons ici, les distances entre stations sont indiquées en milles; il y avait, sur le parcours total, 15 stations répétitrices, que nous avons fait marquer d’un point sur la ligne figurant ce parcours.
- Lesappareilstélégraphiques employésétaientpour moitié des duplex, et pour l’autre moitié des quadruplex. A noter d’ailleurs que les fils de la ligne ainsi constituée manquaient absolument d’homogénéité, fils de fer, fils de cuivre, cable sous l’eau, câble aérien, et tous ces conducteurs de section assez variable.
- Cette expérience est assez exceptionnelle pour ne point passer inaperçue. D. L.
- NOUVEAU PROCÉDÉ
- pour la fabrication de la céruse
- Un nouveau procédé pour la fabrication rapide et économique du blanc de céruse est en usage depuis quelque temps aux usines Mac Dougall à Buffalo (États-Unis).
- La céruse est un carbonate basique de plomb. Dans le procédé de Clichy, elle est obtenue par double décomposition en précipitant une solution claire d’acétate basique de plomb par le gaz carbonique. Dans le procédé hollandais, on fait agir simultanément sur le plomb métallique l’acide acétique et le gaz carbonique ; celui-ci est dégagé par la fermentation du fumier, dans lequel sont placés les pots qui renferment à la fois le plomb et l’acide acétique.
- Quoique ne se retrouvant pas dans le produit final, l’acide acétique paraît être l’intermédiaire nécessaire entre le plomb et la céruse. On y a également recours dans le nouveau procédé, lequel, en principe, ressemble assez au procédé hollandais.
- Le plomb préalablement fondu est amené sous pression dans des conduites étroites placées dans une chambre close en maçonnerie ; ces conduites sont percées d’orifices très fins par lesquels sortent des jets de plomb très ténus. Un violent courant de vapeur vient frapper ces jets à 45° et pulvériser le métal à l’état de fines gouttelettes sphériques, qui retombent solidifiées au fond de la chambre. Cette fine grenaille est tamisée; le refus retourne à la fusion, tandis que la portion qui a traversé le tamis est placée dans un tambour clos tournant autour de son axe horizontal à raison de 1500 à 2000 kg avec 80 kg d’une solution à 50 pour 100 d’acide acétique cristallisable.
- On maintient les tambours en mouvement de rotation continu pendant 7 jours en même temps qu’on y introduit un mélange en proportions convenables d’air, de vapeur et de gaz filtrés provenant de la combustion d’un foyer industriel quelconque ; ces derniers sont destinés à fournir le gaz carbonique nécessaire.
- Si la vapeur est trop sèche, les réactions se produisent trop lentement; si elle est trop humide, la masse devient pâteuse, ce qu’il faut éviter : elle doit rester granuleuse si on veut que les réactions se poursuivent La charge d’acide acétique est introduite en 3 fois : au début, le 5e jour et le 5e jour. Les gaz d’échappement sont évacués par une cheminée.
- Le produit extrait, après avoir été additionné d’eau pour former une pâte, est broyé sous cette forme dans des malaxeurs. Comme la totalité du plomb ne s’est pas convertie en céruse, on sépare les particules métalliques restantes par lévigation dans des cuves à courant d’eau, munies de cloisons disposées en chicane. Ces grains, plus denses que la céruse, tombent plus rapidement qu’elle, restent en arrière et s’accumulent dans les compartiments de queue d’où ils sont retirés et envoyés à la fusion.
- La céruse est, comme à l’ordinaire, ou desséchée et mise en poudre, ou mélangée et malaxée avec de l’huile pour être livrée au commerce sous forme de pâte.
- A. GirciiPiiSï.
- 50 ans dans la construction
- DES LOCOMOTIVES
- Les machines de la Compagnie d’Orléans
- La Nature a déjà eu l’occasion de parler1 des nouvelles et puissantes machines compound que la Compagnie d’Orléans a étudiées et fait construire pour le service de ses trains rapides ; mais tout un ensemble de laits viennent donner un intérêt particulier à ce type de locomotive, tout à la fois par sa généralisation sur tout le réseau de l’Orléans, et aussi, on pourrait presque dire surtout, par suite du succès qu’il est en train de rencontrer à l’étranger. Un légitime amour-propre national peut trouver une certaine satisfaction à cela; et, d’autre part, c'est une occasion précieuse de suivre l’évolution caractéristique qui s’est produite depuis une vingtaine d’années dans la construction des locomotives.
- On se rappelle peut-être que la lameuse Compagnie américaine Pennsylvania Railroad avait fait construire, sur les plans de la machine des rapides de la Compagnie d’Orléans, avec son autorisation, et par les soins des aleliers de la Société Alsacienne de Belfort, une machine destinée à traîner également des rapides de l’autre côté de l’Atlantique, et à se comparer aux machines de fabrication américaine. Presque en même temps, la Compagnie anglaise Great Western a fait construire, dans les mêmes conditions, trois machines analogues, qui sont actuellement en service.
- Nous pourrions ajouter que les Chemins de fer de l’État Belge sont sur le point de posséder 30 machines type Orléans, qu’ils avaient pu juger à l’Exposition de Liège ; l’État français suit le même exemple. Étant donné le succès de ces machines, ce qui leur suppose des qualités toutes particulières, et bien que le progrès ne s’arrête jamais en aucune matière, on avouera qu’elles sont tout indiquées pour faire la base d’une comparaison avec celles qui étaient mises en service, précisément sur le réseau de l’Orléans, il y a à peu près vingt ans. Nous prendrons comme points de comparaison la machine de
- 1 Yoy. n° 1629, du 15 août 1904, p. 161.
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- Fig. 1. — Locomotive à 4 roues accouplées de 1850. Fig. 2. — Locomotive à 6 roues accouplées de 1803.
- rapides construite en 1885, celle d’express datant de J phies de machines remontant bien plus haut que 1885. 1886, et enfin la machine à marchandises datant de j Nous envisageons à la fois, et volontairement* les
- 1882 et améliorée encore vers 1887. Tout en donnant, du reste, pour accentuer le progrès, des photogra-
- trois sortes de services, parce que c’est une des particularités et un des avantages du type nouveau créé
- Fig. fi. — Locomotive compouud à 6 roues accouplées <1899-1900).
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- Fig. 7 — l.ocomolivc compound ;i i roues accouplées (1899-1900).
- par la Compagnie d’Orléans, d’être en réalité un type triple, dont les trois variétés diffèrent aussi peu que possible, et simplement pour répondre aux exigences deservices différents : suivant qu’il s’agit de remorquer des trains relativement légers à très grande vitesse,
- dans un autre, au point de vue du fonctionnement général de l'engin.
- 11 avait été question ici uniquement de la machine pour rapides : nous rappelons qu’elle a deux essieux couplés et quatre cylindres; elle est du type dit
- Fig. 8. — En liant, locomotive compound à G roues accouplées (1905). — En bas, locomotive compound à 4 roues accouplées^(1905).
- ou au contraire des convois beaucoup plus lourds à une vitesse encore très respectable, ou enfin des trains très lourds et assez lents. On comprend si celte uniformité est précieuse, donnant notamment à l’un des services tous les avantages que l’on a constatés
- Atlantic, avec roues de deux mètres, et se distingue de ce qui a été fait sur les autres réseaux par sa puissance considérable, permettant la remorque des trains rapides de plus en plus chargés que l’on fait circuler. Ces machines vont sans relais de Paris à
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- Saint-Pierre-des-Corps, simplement avec un arrêt aux Aubrais, et elles assurent des vitesses nominales de 90 à 95 km. La surface de leur grille, grâce à un allongement de cette grille, est de 5,10 m2, ce qui est énorme, et sans que celte longueur soit préjudiciable au chargement, par suite de la pente offerte. La surface totale de chauffe atteint 259,40 m2, dont 16,17 m2 pour le foyer, et on vaporise 8 kg d’eau par kilogramme de charbon, à raison de 500 kg de combustible par mètre carré de grille-heure. Les cylindres ont 560 et 600 millimètres de diamètre pour une course de 640 mm. Nous n’avons pas à faire remarquer que la machine comporte un bogie avant à quatre roues et une paire de roues porteuses arrière, avec des diamètres respectifs de 0,92 et 1,50 m. L’empâtement rigide est de 4,65 m. pour 8,70 m. d’écartement extrême des essieux. Le poids total de cet engin est de 72,9 tonnes, pour un poids adhérent de 55,6 tonnes. Nous noterons, au point de vue du tender, qu’il porte 20 mètres cubes d’eau, et pèse 45,2 tonnes en charge.
- Les figures que nous reproduisons, et quelques chiffres rapides, vont faire comprendre la supériorité d’un engin de cette sorte sur la machine cornpound à 4 cylindres que la Compagnie d’Orléans même avait mise en service en 1900; à plus forte raison, sur celle qui date de 1885, et qui nous semble maintenant quelque peu antédiluvienne ! Le fait est que cette dernière, avec des roues de 2 mètres de diamètre il est vrai, mais sans bogie avant, ne pesait en ordre de marche que 46,69 tonnes, avait une surface de grille de 1,705 m2 seulement, une surface de chauffe totale de 149,24, et une force à la jante des roues motrices de 627 chevaux. La machine de 1900, qui affecte un autre aspect, dont le poids relativement considérable réclame le secours d’un bogie, n’a comme puissance correspondante que 1048 chevaux, 2,46 m2 de grille, et 192,95 de surface de chauffe totale ; son poids était de 55 tonnes Nous pourrions rappeler, de plus, que ses cylindres avaient 550 et 550 millimètres de diamètre.
- Le mécanisme moteur et la chaudière de la nouvelle machine se sont accusés comme tout à fait remarquables, notamment en ce que, à l’introduction de 55 pour 100 aux cylindres haute pression, et à grande vitesse, l’appareil consomme toute la vapeur produite par la chaudière, et les résultats les plus concluants ont été obtenus aux divers essais effectués avec wagon dynamomètre. Avec des trains de 550 tonnes environ, que l’on faisait marcher à plus de 92 kilomètres en moyenne, la consommation de charbon ressort à 4,18 kg par 100 tonnes-kilomètres. Le poids énorme de 18 tonnes à peu près par essieu n’influe pas de façon regrettable sur la voie.
- Quant aux machines pour trains express, omnibus et même mixtes, qui donnent des allures nominales de 75 à 80‘kilomètres, avec des convois pesants, et en dépit d’arrêts et par suite de démarrages fréquents, elles ont pu être dotées de trois essieux couplés, disposition fort avantageuse, comme on sait;
- pour ce qui est de la chaudière et du mécanisme moteur, ils ne diffèrent aucunement des machines de rapides. C’est là cette uniformité précieuse à laquelle nous avons fait allusion plus haut. Disons tout de suite que, dans les essais, elles ont donné près de 77 kilomètres de vitesse moyenne, avec des convois de près de 500 tonnes, et en ne consommant que 5,64 kg de charbon par 100 tonnes-kilomètres. Alors que les machines à six roues couplées de 1886 ne pesaient que 40,70 tonnes en ordre de marche, et avaient 1,4749 m2 de surface de grille et 147,78 de surface de chauffe, ce qui leur assurait une force de 519 chevaux à la jante; alors que les locomotives de 1900, qui étaient pourtant considérablement perfectionnées, ne donnaient que 1000 chevaux, pour un poids de 59 tonnes, une surface de grille de 2,58 m2 et une surface de chauffe de 187,97 m2; la machine nouvelle1 du type général Orléans, mais combinée plus spécialement pour, le service des express, pèse 75,80 tonnes, a des surfaces respectives de grille et de chauffé de 5,10 et 259,40 m2 (c’est identiquement ce que nous avons trouvé pour la machine de rapides), et sa puissance égale celle que nous avons indiquée pour l’autre variété du type.
- U nous reste à parler de la locomotive destinée à la traction des trains de .marchandises ou même mixtes lourdement chargés.'Nous ne pourrons du reste la comparer qu’avec une machine analogue construite en 1882, car aucune création pour ce genre de service n’avait été faite depuis cette époque, sous bénéfice d’améliorations secondaires apportées en 1887 au type de 1882. Sans insister sur ce que le diamètre des cylindres haute pression est ici de 590 millimètres et la course de 650, en même temps que la longueur de celte machine est un peu moindre par rapport aux deux autres, nous noterons qu’elle est susceptible de Remorquer jusqu’à 1400 tonnes en palier, 850 à 900 tonnes sur une rampe de 10 millimètres longue de quelques kilomètres, et enfin 750 tonnes en rampe continue de 10 millimètres. On voit que c’est un engin à huit roues couplées, ce qui est aisément compatible avec les vitesses modérées qu’on lui demande ; la machine de 1882 était aussi à 8 roues couplées, comme do juste, mais elle ne pesait que 50,18 t., ce qui ne nécessitait pas une paire de roues porteuses à l’avant, sa surface de grille atteignait seulement 1,674 m2, sa surface de chauffe 205,79 m2, et sa puissance à la jante 675 chevaux.
- Le progrès accompli dans ce court espace de vingt années a été immense, et l’excellence de ce type général d’engin de traction, créé par une de nos compagnies françaises, l’a fait adopter, comme nous le disions, par nombre de compagnies même étrangères. Daniel Bellet.
- 1 Les dimensions des roues des trois types successifs sont de 1,60 m. 1,71 m. et 1,80 m.
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- LA NATURE.
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- L’HOMME=LIÈGE
- Tous les baigneurs prétendent et non sans raison, qu’on nage avec plus d’aisance et moins de fatigue en mer que dans les fleuves et rivières, à condition, bien entendu, que les vagues ne dépassent pas les limites raisonnables. Quand on est bon nageur, on ne s’en aperçoit guère, mais il est incontestable que la différence de densité de l’eau, due à la proportion plus considérable de sels, donne une stabilité plus grande au corps. Au fur et à mesure que s’accroîtra le degré de salure, la quantité de sels en dissolution, l’eau vous portera mieux et dans certaines stations d’eaux salines, où la minéralisation du liquide atteint des' proportions fantastiques, on flotte dans le bain et on a besoin de ceintures ou de poids pour maintenir le corps immergé dans la baignoire. Les gens gras éprouvent plus que les autres cet inconvénient, puisque de tous nos tissus, la graisse est le seul qui n’aille pas au fond de l’eau.
- Eli bien, il existe une catégorie d’humains qui, dépourvue de graisse, plutôt maigres, amincis, ne peuvent entrer dans l’eau la plus ordinaire, eau de nos sources ou de nos rivières, sans flotter comme un bouchon. Impossible d’immerger le coi'ps sans addition de poids ou sans risque de boire un coup, par suite de la bascule d’une partie du sujet. Un jeune docteur, M. Ferrier, vient de publier, sur celte maladie singulière — car c’est une maladie — des observations des plus curieuses cl des plus intéressantes.
- Une jeune fille, nerveuse, mais d’apparence bien por tante, ne peut rester assise dans une baignoire; au moindre mouvement, il se produit un déplacement du corps, comme si elle avait tendance à remonter à la surface. Une autre malade peut se tenir debout ou accroupie dans l’eau; mais dès qu’elle veut s’asseoir, la tète, comme elle le dit, emporte le reste et elle tombe à la renverse. C’est simplement que l’équilibre statique est rompu et que toute la partie inférieure du corps, y compris le reste, plus légère que l’eau, a tendance à flotter, comme le ferait un morceau de bois, un fragment de liège.
- Chose curieuse, la mère d’une des malades qui, dans sa jeunesse, n’éprouvait aucune de ces bizarres sensations, devint, comme sa fille, dépourvue d’un lest suffisant, et il semble bien dans ce cas que les conditions d’habitat et, probablement aussi, des conditions analogues de régime, aient présidé chez les deux à l’évolution de la maladie.
- Cette légèreté qui fait d’un corps humain une masse analogue à du liège ou du bois, est bien une maladie ; il n’y a, dans ces phénomènes de flottaison anormale, ni effet nerveux, ni troubles suggestifs. 11 s’agit d’une lésion du squelette, d’une lésion des os, la partie la plus lourde de notre individu. Sous l’influence de causes que l’on peut déterminer assez nettement, l’os a subi une déminéralisation notable, il manque de calcaires, de sels de chaux, et subit de ce fait un allègement, une diminution de densité et en même temps une diminution de résistance qui peut amener des déformations. L’ostéocie, comme l’appelle M. Ferrier, n’est en effet qu’une sorte d’intermédiaire entre l’état normal et une maladie des plus graves et fort heureusement des plus rares, l’ostéomalacie; peut-être bien n’en est-ce qu’une première étape.
- Dans l’ostéomalacie, dont l’histoire remonte bien loin dans l’antiquité, il se produit une résorption presque complète des éléments calcaires qui fait ressembler l’os à un bâton de gélatine plus ou moins résistant; les travées
- du tissu osseux résorbées en partie forment des cavités remplies de tissu médullaire mou; bref l’os n’est plus une lige solide, résistante; c’est un tissu ramolli qui subit des altérations telles, fractures, déformations, que le squelette est parfois tordu, retourné dans toutes ses parties. Le musée Dupuytren conserve une préparation de ce genre, qui est bien la plus triste chose qu’on puisse imaginer. Chez la femme Suppiot, dont l’observation rapportée par Morand, en 1750, est légendaire à ce point de vue, les os étaient si ramollis et si flexibles qu’on pouvait en quelque sorte plier les jambes en deux.
- L’ostéocie n’atteint pas ce degré de décalcification : aussi observe-t-on peu de déformation ; mais quelques malades se plaignent de ne pouvoir se tenir longtemps sur les jambes sans les sentir se dérober sous le poids du corps. La nature de la maladie consiste tout simplement dans la diminution du degré de minéralisation de l’os; cette perte des substances calcaires peut être constitutionnelle ou acquise. Certaines régions où l’on consomme presque exclusivement l’eau de pluie, recueillie dans les citernes, sont plus favorables au développement de la maladie ; ce n’est pas en réalité la seule cause, car le défaut d’apport de sels calcaires n’existe pas dans le bassin parisien où les eaux sont même trop riches en principes calcaires, et on y trouve cependant des sujets atteints d’ostéo-cie. Il y a une part à faire à la question du régime, nourriture trop substantielle et trop peu minéralisée entraînant des troubles de nutrition. Les principes minéraux, apportés en quantités.moindres, se trouvent, de par des conditions multiples difficiles à analyser ici, mal assimilés; le résultat au fond se trouve caractérisé par une lésion des os qui réclament surtout pour leur accroissement et leur nutrition ces éléments insuffisants ou absents.
- L’ostéocie peut être révélée par d’autres troubles que cette légèreté dans l’eau ou celte faiblesse du système osseux. Chez la plupart des malades les dents, qui sont une variété de tissu osseux, sont atteintes; elles sont plus légères, moins compactes et sont plus facilement le siège de caries difficiles à guérir. Cet état des dents se trouve en rapport avec l’apport insuffisant de principes calcaires : on l’observe, en effet, rarement dans les régions à terrains calcaires. Surveillez l’état des dents, voyez si elles ne sont pas atteintes d’une faiblesse de densité, d’une légèreté anormale; l’odontocie, si l’on veut bien accepter ce terme, la légèreté des dents est un signe d’ostéocie.
- Mais si l’ostéocie n’est qu’une étape d’une maladie plus grave comme l’ostéomalacie, peut-on prévenir la marche graduelle, et prévenir ce ramollissement des os? Rien de plus simple et rien de plus sûr, comme thérapeutique. 11 faut donner au tissu osseux ce qui lui manque ; faire comme pour lôs poules qui pondent des œufs à coquilles trop légères, fournir des substances calcaires facilement assimilables. Les sels de chaux, phosphate, biphosphate, carbonate sont très faciles à donner sous les formes les plus diverses, sirops, cachets; administrés au moment des repas, ils s’assimilent très bien. Les eaux bicarbonatées calciques (Saint-Galmier, Vais, Vichy) aideront à cet apport de sels de chaux ; enfin on peut recommander de manger souvent de petits poissons frits où l’on avale chair et cartilages, de ne boire que des eaux reconnues suffisamment calcaires. Le traitement est des plus simples et modifiera rapidement les troubles de nutrition s’ils ne sont pas trop avancés. Quelques mois de cure permettront de prendre des bains, dans une eau quelconque, sans flotter à la surface, comme un bouchon. Dr A. Cartaz.
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- Bien que l’appareil connu sous le nom de scaphandre, surtout avec la forme presque parfaite qu’il a atteinte aujourd’hui, mette les plongeurs à l’abri de la plupart des dangers qu’ils devaient affronter jadis dans les travaux sous l’eau, il s’en faut que l’usage de cet instrument ne nécessite point certaines précautions, et ne suppose une éducation technique particulière. Notre collègue,
- M. Dibos, un des ingénieurs spécialistes qui connaissent le mieux cette question pour avoir pratiqué le scaphandre dans nombre des opérations de sauvetage qu’il a dirigées, a donné à ce sujet un ensemble d’indications précises qui montrent bien les dangers auxquels l’imprudent peut s’exposer, et qui ne sont pas malheureusement toujours respectées.
- Nous ne rappellerons pas la constitution et le fonctionnement spécial du scaphandre, où le plongeur, à l’abri d’une enveloppe imperméable et d’un casque métallique à vitre intérieure, qui fut, croyons-nous, inventé par M. Siebe de Londres, reçoit de l’air comprimé assurant sa respiration à peu près normale. Mais du fait que le plongeur va s’exposer à une forte pression au milieu de l’eau, il y a, malgré tout, des précautions qui s’imposent, et que souvent il ignore ou viole. 11 faut éviter notamment de descendre, pendant la digestion ou quand on est en transpiration ; on doit proscrire l’habitude fréquente dé prendre un verre de vin ou même d’eau-de-vie avant la fermeture finale du casque, car cela prédispose à la congestion. Une imprudence que le scaphandrier commet à chaque plongée pour ainsi dire, c’est de s’engager sur l’échelle de descente sans le casque vissé : si l’échelle se rompait ou qu’il fît un faux pas, il serait précipité dans l’eau, qui envahirait la partie supérieure du vêtement, et risquerait fort de noyer l’homme, maintenu sous l’eau, tout au moins extrêmement difficile à ramener à la surface par suite du poids énorme de sa carapace. Nous devrions ajouter qu’il ne faut pénétrer dans l’eau que peu à peu, même par des profondeurs relativement faibles, sans cela on s’expose à des maux d’oreille et de tête : en avalant sa
- salive, on fait disparaître assez vite ces malaises, mais le sentiment d’oppression persiste longtemps. Le plongeur doit garder toute sa présence d’esprit en face de cette sensation, ne pas oublier qu’il a la faculté d’ouvrir plus ou moins grande la soupape d’évacuation de l’air, l’excès d’air dans le costume ayant le grand inconvénient de gonfler cette chambre h air et de tirer l’homme par en haut. Souvent, par contre, aux grandes profondeurs, l’eau comprime fortement le vêlement, surtout le pantalon, et le plongeur doit savoir remuer les jambes de façon à laisser l’air comprimé pénétrer dans les jambes du pantalon, et venir faire matelas entre son corps et la pression de l’eau.
- 11 importe enfin que le scaphandrier sache remonter d’un seul coup à la surface, au cas de danger, et cela en s’étendant sur le dos, après avoir fermé l’arrivée d’air, et presque complètement l’issue de l’air. 11 y a également toutes sortes de précautions à observer au moment de la sortie de l’eau, notamment ne point s’exposer subitement à l’action de l’air extérieur.
- Pour la fin comme pour le commencement de l’opération de plongée, le plongeur a cet avantage de ne point être isolé, mais il n’en est pas de même durant la plongée proprement dite : c’estlà qu’il doit faire son apprentissage dans des conditions de sécurité à peu près absolues. Aussi, diverses marines de guerre ont-elles créé des sortes d’écoles pratiques pour les scaphandriers, qui ont à rendre des services constants à bord des navires de guerre, autant pour nettoyer les coques, visiter les propulseurs, que pour exécuter des réparations, aveugler des voies d’eau. On les emploie encore à la pose de mines sous-marines, ou pour pénétrer dans les cales en cas d’incendie.
- Si nous visitions, par exemple, l'école de matelotage que possède à Newport la marine de guerre américaine, nous verrions que les élèves qui, après avoir fait leurs classes ordinaires, désirent entrer dans la spécialité des plongeurs, suivent durant quelque temps un enseignement particulier, embarquant sur un petit bateau où, matin et soir, ils se livrent
- LES ÉCOLES DE SCAPHANDRIERS
- Fig. 1. — Plongeur descendant dans la mer.
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- à des exercices de plongée sous la surveillance directe d’un scaphandrier expert dans le métier.
- Mais, dans ces conditions, il est assez hasardé de laisser le scaphandrier, encore apprenti, se « débrouiller » au fond de l’eau, d’autant que ses imprudences ne peuvent être constatées parfois que trop tard : et c’est pour cela que, dans la marine anglaise, on a eu une idée excellente, celle de créer un bassin pour l’enseignement de la pratique du scaphandre, bassin placé de telle manière que, au moyen de vitres latérales, on puisse suivre tous les mouvements du scaphandrier, au besoin lui communiquer des ordres ou lui faire des observations (par le téléphone qui l’accompagne toujours), en constatant la façon dont il exécute les ordres donnés. Nous croyons bien que la combinaison est due en partie à la laineuse maison anglaise Siebe Gorman, qui s’est fait une spécialité de tout ce qui concerne le matériel de plongée, la fabrication des scaphandres.
- La marine militaire anglaise comprend une section spéciale de scaphandriers qui est entièrement composée de volontaires, touchant comme de juste un salaire élevé, et devant faire preuve d’une robustesse à touteépreuve ; on refuse impitoyablement ceux qui ont le cou court, une complexion trop sanguine, un défaut quelconque de respiration ou de circulation. Le candidat, une fois admis, est envoyé à l’une des 5 écoles de Portsrnouth, Devonportou Chatham, la première étant la plus importante, et celle sur laquelle nous voulons jeter un coup d’œil. Dans la cour de l’arsenal de Portsrnouth, on a monté un vaste bassin métallique en tôle d’acier, de 4 mètres environ de hauteur pour un diamètre de 5,50 m. ; au pourtour du bord supérieur de ce bassin de plongée est une sorte de galerie circulaire, à laquelle un escalier métallique donne accès, et c’est par là que les plongeurs montent pour redescendre ensuite dans l’eau ; sur la galerie, se tiennent les hommes chargés d’assister à la plongée, munis du récepteur téléphonique qui
- met les plongeurs en communication avec l’extérieur, soutenant le tuyau qui leur amène l’air, ou le câble permettant de les remonter au cas d’accident. La machine de compression de l’air est installée au pied du réservoir, et, en somme, tout se passe comme dans une vraie plongée, à cela près pourtant que les parois du bassin sont percées à hauteur d'homme d’une série d’ouvertures garnies de glaces, qui donnent le moyen à l’officier ou au sous-officier dirigeant l’instruction d’exercer une surveillance minutieuse et directe, ainsique nous l’avions indiqué tout à l’heure d’un mot. On comprend que le néophyte peut descendre sans appréhension dans le bassin, se sentant surveillé et par conséquent protégé de façon immédiate par ceux qui' l’entourent : il se trouve au milieu de l’eau, comme dans une plongée réelle, mais il n’est pas sous cette nappe d’eau sans limite qui fait perdre beaucoup de leur sang-froid à ceux qui apprennent le métier en mer.
- Bien entendu, avant même de l’envoyer pour la première fois dans le bassin d’instruction, on a fait apprendre au futur scaphandrier l’usage et le fonctionnement de toutes les parties du scaphandre, le maniement de cet appareil malgré tout délicat. Sans doute, le bassin ne présente pas une de ces profondeurs considérables auxquelles descendent maintenant les plongeurs tout à fait experts, mais les travaux courants ne se font guère sous plus de 5 à 4 mètres d’eau, et, en tout cas, quand on a appris- à travailler sans gêne ni inquiétude à cette profondeur, rien n’est plus simple que de descendre pro-
- gre s si vemenl plus bas. Il n’y a plus de surprise, car l'homme a déjà senti, peut-être d’une façon moins intense, mais d’une manière bien caractéristique, les sensations physiques qui accompagnent cette plongée. D’ailleurs, si, dans les premières descentes, on constate chez le pion geur scaphandrier une certaine nervosité, c’est un principe pour l’Amirauté anglaise de ne point le conserver dans ce corps spécial. L’accoutumance vient peu à peu et même assez vite
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- chez ceux que l’on conser ve, parce qu’on peut leur faire suivre un véritable enseignement professionnel pratique; rapidement ils apprennent h marcher avec leurs épaisses semelles, d’autant que, pas h pas pour ainsi dire, l’instructeur les guide, leur signale par téléphone les maladresses qu’ils commettent, et que l’on observe à travers les glaces du bassin.
- Au bout de six semaines environ, l’homme peut être envoyé à l’école de plongée libre, établie en mer à bord d’un bateau spécial : sans doute il se trouve là dans des conditions un peu autres, en ce sens notamment qu’il a à tenir compte des courants; il descend peu à peu à une profondeur plus grande, et jusqu’à 55 et 56 mètres; mais il est si bien préparé qu’il termine son instruction sans difficulté, apprenant, pour finir, à manœuvrer dans le milieu liquide qui trompe tant sur le poids relatif, les divers outils qu’il aura pratiquement à utiliser dans ses travaux. H. Bougeois.
- LES APPLICATIONS ACTUELLES
- de l’électrolyse
- Le procédé chimique ordinaire pour la préparation de l’hydrogène (zinc, acide sulfurique) met à 2“ ,60 environ le prix de 1 mètre cuhe de ce gaz ; on estime au contraire à 0f‘,G0 le prix du même volume obtenu par l’électrolyse de l’eau, l’électricité étant fournie par une machine à vapeur, contre 0fr,10 seulement si l’électricité vient des forces naturelles : avec 52 chevaux on peut produire 10 mètres cuhes d’hydrogène en vingt heures.
- Nous revenons donc pour la grande industrie au procédé qui donna à Lavoisier 125 pintes (120 litres) d’hydrogène pour une chauffe de 4 à 5 heures.
- L’électrolyse sépare l’eau en ses constituants recueillis à part : l’hydrogène ainsi formé et l’oxygène dont la production est liée à la sienne ont des usages bien connus (gonflement des ballons-thérapeutique, etc.).
- Mais ce n’est qu’une partie des applications de l’électrolyse dont la principale est assurément le traitement des chlorures alcalins. Ces chlorures, décomposés en présence de l’eau en chlore et alcali, fournissent directement les hypochlorites (liquides de blanchiment et de désinfection). il est ensuite facile de faire passer ces hypochlorites à l’état de chlorates, soit par un courant prolongé, soit par des modifications dans la constitution ou la température de la solution, enfin les chlorates peroxydés passent à l’état de perchlorates.
- Toutes ces opérations dérivent les unes des autres : un produit une fois obtenu se dédouble et les résultats de ce dédoublement se séparent les uns des autres, soit pour se dégager chacun de leur côté, soit pour se recombiner de diverses façons- Exemple : électrolyser une solution alcaline revient à électrolyser, d’une part, de l’alcali, d’autre part, de l’eau; mais l’électrolyse de l’eau donne de l’oxygène et de l’hydrogène, d’autre .part, l’électrolyse d’un chlorure, donnant de l’hypochlorite, l’oxygène et l’hypo-chlorite donneront du chlorate, il y aura à considérer quelles sont les proportions optima de ces divers corps, proportions variant avec la concentration, la température, etc.
- Lorsque la solution est neutre, la question se présente différemment, les travaux faits à ce sujet semblent mon-
- trer que l’électrolyse de l’eau ne se fait pas : les quantités d’électricité dépensée et d’hypochlorile formé se correspondent exactement, mais l’hypochlorite ne se forme que jusqu’à une certaine limite à partir de laquelle il se dédouble : de l’oxygène se dégage et l’oxygène qui reste combiné sert à former le chlorate.
- Enfin, lorsque la solution est acide, l’hypochlorite est oxydé, mais moins rapidement ici le milieu acide produit son auto-oxydation.
- C’est dans cet ordre de phénomènes qu’on range l’action du bichromate de potasse, agent souvent employé pour améliorer le rendement : suivant les uns il favorise l’oxydation, suivant les autres il empêcherait la réduction, ce qui revient à peu près au même.
- Nous n’avons qu’à imaginer qu’on sépare un des produits de dédoublement pour le soustraire à l’action de l’autre; et nous obtenons toujours avec les produits alcalins, en présence de l’eau, du chlore et de l’alcali; c’est ce qu’on réalise par l’emploi des diaphragmes. Mais la séparation peut n'ètre que provisoire : une des premières méthodes, abandonnée aujourd’hui, de préparation du chlorate a consisté à envoyer, dans une cuve voisine, le chlore réagir sur l’alcali.
- Enfin on peut produire la décomposition en quelque sorte idéale du chlorure alcalin sans aucune réaction accessoire.
- Si l’on veut obtenir le métal pur au lieu d’éleclrolyser un liquide contenant le chlorure, on électrolyse un liquide formé par le chlorure lui-même fondu et on a le chlore et le métal. 11 est bien évident qu’en traitant les bromures et les iodures on a de même des hypobro-mites (etc.). Lorsque c’est du chlorate que l’on part on obtient le perchlorate par oxydation de l’acide chlorique.
- Le traitement électrolytique des chlorures soulève des questions multiples dont nous n’avons pas essayé de donner une solution, mais les résultats pratiques sont beaucoup moins contestés et la technique industrielle est fort avancée en ces matières, au moins à beaucoup de points de vue. Une considération importante est ici celle des électrodes : le platine est cher, le charbon est peu résistant et si le premier s’use relativement peu, il immobilise un capital considérable qui est un des facteurs essentiels du prix de revient. A. L.
- CHRONIQUE
- Le développement des téléphones en Danemark. — Le Danemark est un des pays les mieux partagés au point de vue de la facilité et de la multiplicité des relations téléphoniques. On compte, en effet, 17 postes téléphoniques par 1000 habitants, et la seule compagnie des Téléphones de Copenhague compte 21000 abonnés. Il y a surtout des compagnies privées de téléphones dans ce pays; et, à côté des 7000 km environ de lignes appartenant à l’Etat, ces compagnies en comptent plus de 172 000. Pendant la dernière année dont nous ayons les chiffres, le nombre des abonnés des compagnies particulières a augmenté de 6000.
- Une ligne ferrée mandchourienne. — Les Japonais se préparent à construire rapidement une importante ligne ferrée en Mandchourie : il s’agirait d’une voie parlant d’Anlung, gagnant Fenghwang et Molien, pour aboutir finalement à Moululen. Cette ligne présentera certainement des difficultés, à commencer par un pont sur rivière qui n’aura pas moins de 760 mètres. Mais il faut dire que,
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- LA NATURE,
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- dès maintenant, les Japonais ont à leur disposition un premier embryon de voie ferrée, sous la forme d'une voie militaire légère et de 0,60 m. seulement d’écartement, mais qui part de Wiju sur le Yalou, et qui, passant précisément par Fenglrwang et Motien, a été conduite jusqu’à 29 kilomètres seulement de Moukden. On se trouve donc déjà en face de terrassements considérables qui pourront être utilisés et faciliteront grandement la pose de la plate-forme définitive. Toutefois il reste à déterminer l'écartement que l’on donnera à la voie après achèvement complet, soit 1,06 m., soit J,44 m.
- Un tour de force dans la construction navale. — 11 a été exécuté dans ces chantiers des Grands Lacs Américains d’où sortent d’admirables bateaux; et le fait est que le navire pour lequel on a accompli ce tour de force n’a pas moins de 166 mèties de long pour une portée en lourd de 10 000 tonnes; cet énorme bateau a été complètement terminé, du moins autant qu’il le fallait pour permettre sa mise à l’eau, en 55 jours!
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 mars 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- M. Yolterra, correspondant de la Séction de Géométrie, assiste à la séance.
- La faune antarctique. — M. Bouvier présente un travail de M. Yayssière, de Marseille, sur les mollusques rapportés des mers antarctiques par l’expédition Charcot. Ces mollusques appartiennent à sept espèces différentes ; ils sont caractérisés par leur dimension que M. Bouvier qualifie de titanesque ; tel est le cas notamment d’un gastéropode Notaeolulia giyas.
- Les mollusques des profondeurs de VAtlantique. — M. Bouvier présente une Note sur certains animaux capturés par le prince de Monaco dans les profondeurs de l’Atlantique nord, au moyen du filet dit vertical imaginé par M. Richard. On a presque toujours ramené des crevettes rouges balhypélasgiques. Ces crevettes, appelées ycnnadas, sont différentes des benthesicumus déjà trouvés sur le fond. Mais on sait que des animaux de fond ont pu être le point de départ d’animaux flottants : on observe, en effet, tous les états marquant le passage d’un type à l’autre. Les appendices de la région thoracique des benthesicymus s’élargissent en forme de palettes, de manière à permettre à l’animal de se maintenir au milieu de l’eau. Ces palettes finissent par porter des franges et de longs poils plumeux. On savait, par des travaux antérieurs, que la gennada sè développe à la surface. M. Bouvier montre que, jusqu’à 1000 mètres de profondeur, les individus adultes ne sont jamais rencontrés. Il résulte de là que les gennadas ne remontent pas plusieurs milliers de mètres d’eau pour pondre leurs œufs, et que ceux-ci s’élevant seuls en vertu de leur faible densité viennent éclore dans les eaux superficielles. Les larves descendent peu à peu. Les individus adultes se rencontrent jusqu’à 5000 mètres, mais ne vivent pas sur le fond.
- La distillation du titane. — M. Moissan présente de nouvelles recherches sur la distillation du titane. Ce métalloïde que l’on peut préparer au four électrique ne fond qu’avec beaucoup de difficulté. En le chauffant pendant un temps suffisamment long avec un courant très intense on peut cependant le porter à l’ébullition et le
- distiller. On obtient ainsi, en condensant sa vapeur sur un tube froid, du titane pur qui possède des propriétés chimiques plus actives que la fonte de titane peu car-burée. De l’ensemble de ces recherches sur la distillation des métaux et des métalloïdes, regardés jusqu’à ce jour comme réfractaires, M. Moissan conclut que tous les corps qui ne se décomposent pas sont susceptibles de prendre l’état gazeux par une élévation suffisante de température. Dès lors, le soleil et la terre étant constitués par les mêmes éléments, il suit que la température de la masse du soleil ne saurait être plus élevée que celle du four électrique. Or M. Yiolle ayant démontré que la température du four électrique est voisine de 5500°, on conclut que la température du soleil doit être inférieure à ce chiffre.
- Clinique chirurgicale. — M. Lannelongue offre à l’Académie le premier volume de ses levons de clinique chirurgicale. Non seulement l’auteur s’est appliqué à poser les règles du diagnostic, mais il a cherché dans ce volume l'origine des maladies dites nouvelles et il est démontré que l’appendicite existait bien longtemps avant qu’on ait parlé d’elle et qu’elle a pris la place d’un très grand nombre d’autres maladies. — L’histoire tragique de la fin prématurée de Gambetta y est minutieusement décrite et on y voit combien a dû être poignante la situation du clinicien et de l’ami qui ne parvint pas à se faire écouter quand il voulut opérer Gambetta et que l’opération ne fut pas acceptée. On y lira aussi, avec un vif intérêt, l’histoire de la découverte du traitement de la rage par Pasteur. Signalons seulement quelques autres titres de chapitre: Transformation des maladies; — Les tuberculoses osseuses et articulaires ; — Leur diagnostic précoce et leur traitement; - Le traitement de l’appendicife ;—La syphilis héréditaire et ses types parmi lesquels se trouve la maladie de Paget; — Les maladies congénitales diverses, la guérison de l’ectopie du cœur ; — Le mariage et la tuberculose; — Le carnet sanitaire individuel, etc.
- La géologie dm Sahara. — M. de Lapparent présente une Note de M. Ilaug sur les fossiles, rapportés par MM. Ghudeau et Gautier, du Sahara central. L’auteur a reconnu, d’après ces fossiles, l’existence du dévonien inférieur et du dévonien moyen dans la région d’Ahenet. Ces terrains offrent par leur faune des affinités avec ceux de l’Europe et de l’Amérique.
- La géologie de l’Atlas marocain. — M. de Lapparent présente une Note de M. Louis Gentil sur l’Atlas marocain. L’auteur a rapporté d’une exploration de cette chaîne la conviction que la chaîne plissée ancienne s’étend bien jusqu’au' cap Ghir et que, de plus, il n’y a pas de différence d’âge entre la partie occidentale et la partie orientale du haut Atlas.
- La polysiomiase. — M. A. Giard résume une communication de M. P. Pelseneer de l’université de Gand sur la polvstomiase, c’est-à-dire sur l’existence de plusieurs ouvertures buccales chez certains animaux appartenant à des groupes divers parfois assez élevés dans la série animale. 11 en est ainsi pour certaines méduses, les rhyzoslomes, dont les tentacules péribuccaux se réunissent par leurs franges multiples laissant entre eux des pertuis nombreux constituant autant de bouches distinctes. Une planaire américaine, la phagocatci gracilis, possède une vingtaine de pharynx terminés chacun par une bouche aspirante. Enfin les recherches de M. Pelseneer révèlent chez les mollusques du genre lima une soudure des deux lèvres dans leur partie médiane, d’où la production de deux bouches latérales. Cu. de Yilleoeuil.
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- LA NATURE.
- L’EXPLOITATION DES BOIS DE CERCUEIL AU TONKIN
- Sait-on que sur le territoire français, au Tonkin, près d’un petit poste isolé à la frontière du Yunnan, une exploitation d’un intérêt considérable pour le peuple chinois est en pleine activité. À 10 km environ du blockhaus militaire de Lao-Chay, à 1500 m. d’altitude, existent en effet de nombreux gisements de bois précieux entre tous aux yeux des habitants du Céleste-Empire, puisqu’ils servent à confectionner leurs cercueils.
- Les Meos, tribus indigènes de la région, déclarent que les montagnes de Lao-Chay étaient, il y a quelque mille ans, couvertes de forêts épaisses qui furent, à la suite d’une effroyable convulsion terrestre, précipitées dans les ravins. D’autres prétendent que ces arbres furent jadis incendiés par les habitants pour la culture de leurs rizières, puis enfouis sous le sable par la désagrégation lente F; {
- des roches greseuses du Types de ieimnes Meos. système orographique yunnannais. Ces bois semblent appartenir à la famille des thuya ; ils ont une odeur caractéristique très forte, rappelant celle de la résine.
- Ils possèdent la propriété de conserver les cadavres qui leur sont confiés.
- On peut les diviser en deux espèces bien distinctes. Le Po-Mou est clair, léger, facile à travailler; son odeur est peu prononcée. Le Sa-Mou, de couleur foncée, rouge ou noirâtre, est dur et cassant. Il dégage une odeur très forte et est absolument imputrescible. C’est le véritable bois de cercueil. Les Yunnannais, Chinois ou Meos qui exploitent ces gisements, ne sont pas sous les ordres d’un patron; ils travaillent isolément ou par petits groupes venant du même village. Dès que l’un d’eux a découvert un bois, soit parce qu’il affleure ou dépasse la surface du sol, soit en se servant d’une sonde en acier, il l’entaille avec une hache pour connaître sa qualité. Il creuse ensuite une tranchée pour dégager complètement l’arbre qui est débité en planches grossières à l’aide d’une sorte d’erminette rustique. Cette façon toute primitive de procéder a d’ailleurs pour résultat d’abîmer une grande partie de ces bois si précieux. Les planches sont légèrement bombées; elles ont environ 2 m. de longueur et 5 à 10 cm d’épaisseur ; leur largeur varie de 50 à 80 cm. Leur forme générale peut être comparée à celle des douves d’une grande cuve à raisins.
- Ce premier travail terminé, elles sont transportées
- à dos d’homme au village de Lao-Chay. Le porteur adapte deux fortes bretelles en corde à chacune de ces planches dont le poids dépasse souvent 40 et même 50 kg. Il se met ainsi en roule par des sentiers épouvantables en s’appuyant dans les descentes rapides sur deux longs bambous. A Lao-Chay, les planches sont polies et souvent rapiécées par des ouvriers spéciaux afin qu’elles aient la forme voulue, puis elles sont expédiées en Chine pour y être vendues.
- line planche de Po-Mou vaut à Lao-Chay deux ou trois piastres ; celle de Sa-Mou est payée de quatre à quinze piastres; quelques-unes atteignent même un prix de vingt piastres. Ces bois sont transportés parfois à plus de trente journées de leur point de départ ; ils paient des droits de passage dans toutes les villes de l’intérieur et aux moindres mandarins chinois; ils sont maintes fois achetés et revendus par des marchands ou des commissionnaires. On peut donc se figurer aisément quel prix peut atteindre chacune de ces planches dans les centres éloignés, et l’on ne s’étonnera point qu'un cercueil revienne parfois à son propriétaire à plus de quatre cents piaslres ! Mais aussi quelle satisfaction pour l’orgueilleux Chinois lorsqu’il fait con-templer à ses amis et connaissances cette caisse précieuse, qui conservera longtemps après sa mort son auguste dépouille I Notre Céleste fait d’ailleurs sculpter, par d’habiles ouvriers, ce cercueil que des peintres enluminent de vives couleurs. Il le place bien en vue dans la pièce la plus importante de ses appariements ; mais, toujours pratique, il ne se gêne point pour en faire un meuble à tous usages en attendant la destination définitive. Et c’est pourquoi je crois n’être pas taxé d’exagération en déclarant que l’exploitation des bois de cercueil de Lao-Chay est peut-être une des plus intéressantes industries qui soient en pleine activité à la frontière du Tonkin. Louis de Cantilly.
- 1 La piastre est sujette à un cours de bourse qui varie de ‘2fr,10 à 2f-\80.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiube, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 2.
- Un porteur chargé, à une descente.
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- N° 1714. — 31 MARS 1906.
- LA NATURE.
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- LES APPAREILS RESPIRATOIRES DANS LES MINES
- La catastrophe de Courrières a violemment attiré l’attention publique sur la question des incendies dans les travaux souterrains. Le problème offre une
- L' ../. n;
- Cette question, qui ne s’était pas encore posée*0 dans nos mines du nord de la France en raison de ^ leurs conditions d’exploitation, est, au contraire, classique dans le Plateau Central, à Commentry, Blanzy, Saint-Etienne, etc., ou dans certains districts étrangers comme la Weslphalie et la Pologne, où les tassements, provoqués par l’épaisseur des couches exploitées, maintiennent le feu presque en permanence et où l’on a dû, dès lors, s’habituer à vivre en face de ce danger permanent et s’outiller, tant pour le combattre que pour sauver les ouvriers atteints.
- Quand on veut pénétrer au milieu des gaz délétères, on a besoin d’appareils respiratoires. Le problème peut être envisagé de deux manières. D’une part, la lutte contre l’incendie; de l’autre, le sauvetage des sinistrés. La lutte contre l’incendie est, de longue date, parfaitement organisée dans nos mines du Centre, où, notamment, la méthode de M. Fayol
- wjiS'ilè
- Fig. 1. — Masque respiratoire.
- gravité, que l’on est parfois tenté d’oublier, mais que des sinistres périodiques se chargent de rappeler. Indépendamment même de toute explosion et, par conséquent, de tout grisou, l’aérage de ces travaux tend, en effet, à les transformer, quand le feu y prend quelque part, en une longue cheminée d’appel, où tous ceux qui se trouvent présents sont carbonisés où surtout asphyxiés par l’oxyde de carbone. Le désastre est plus ou moins grand suivant le nombre des ouvriers présents, et celui de Courrières a dépassé de loin à ce titre tous les autres en intensité; mais il est déjà plus d’une fois arrivé que tous les ouvriers d’une mine aient péri, quel qu’en fût le nombre. Sans rappeler le cas du Métropolitain, présent à toutes les mémoires, il suffira de citer la mine de Przibram en Bohême, une mine de plomb aux belles et larges galeries, où l’incendie de quelques copeaux de bois a tué plus de 500 ouvriers.
- 34e année. — 1er semeslre.
- Fig. 2. — Accumulateur d’oxygène, avec ses bouteilles en acier.
- fonctionne avec succès depuis trente ans. Ce qu’on appelle le sauvetage des sinistrés n’est malheureusement à peu près toujours que la sortie des cadavres ;
- 18
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- LA NATURE.
- car, dans les sinistres, ceux qui n’arrivent pas à se sauver par leurs propres forces vers les puits sont toujours asphyxiés par l’oxyde de carbone. En géné-
- respiraloire (fig. 1); 4° le régénérateur du gaz expiré, DD', R (fig. 2).
- 1° Réservoir d'oxygène. — Le réservoir d’oxygène est constitué par deux récipients en acier d’un litre de capacité chacun. — Ces récipients sont disposés l’un au-dessus de l’autre, horizontalement ; ils contiennent à eux deux 220 litres d’oxygène comprimés à 110 atmosphères.
- L’approvisionnement se fait, soit au moyen de bouteilles de rechange que l’on remplit dans l’usine productrice d’oxygène, soit en remplissant les bou-
- Fig. 4. — Régulateur-détendeur. Soupape de sûreté.
- Regulaleur-détendeur.
- ral, les opérations relativement courtes utilisent des appareils à réservoir d’air ou des appareils à accumulation d’oxygène et régénération de l’air expiré; les travaux longs utilisent des appareils h tubes souples, alimentés avec de l’air comprimé, dont le type clasûqueest l’appareil français De-
- nayrouse - Rouquairol , adopté après 1867 dans la plupart des mines allemandes. Parmi les appareils à réservoir expérimentés à diverses reprises par notre commission du grisou, nous choisirons, pour le décrire, celui de Guglielminetti-Drager. D’autres combinaisons très analogues sont également recommandables, ainsi l’appareil de Neupert ou celui de M. Meyer, directeur de la Shamrock, le pneumato-phore, dont il a été beaucoup question ces temps derniers, mais qui a surtout rendu des services par la façon dont, à la mine llibernia, de Westphalie, on a habitué le personnel, dans des galeries d’essai spécialement appropriées, à s’en servir1. 11 faut également citer l’excellent appareil de Yan-ginot, dont nous dirons quelques mots.
- L’appareil Guglielminetti-Drâger est un appareil de sauvetage à oxygène. Les parties essentielles sont : 1° le réservoir d'oxygène, AA' (fig. 2) ; 2° le régulateur-détendeur, B (tig. 2) ; 3° le masque
- t Ceux que ces questions intéresseraient en trouveront l’élude détaillée clans le Manuel de la ventilation des mines, par J. Jicinsky (Ch. Béranger, 1905) ; clans la Note technique du comité des houillères de France, n° 48; dans les rapports de M. Lcbreton, insérés aux Annales des mines, en juillet 1905; enfin dans le tome VII de l’ouvrage allemand : Die Entwic-kelung des Nïederrheinisch-we*l/'âlischen Sleinkohlen-bergbaues (Berlin, G. Springer, 1904).
- Fig. 6.
- Schéma du masque respiratoire.
- Fig. 5.
- Régulateur-détendeur.
- teilles sur place, au moyen de réservoirs d'oxygène.
- 2° Régulateur-détendeur. — Cet appareil délicat (fig. 5, 4, 5) a un double but : abaisser la pression de l’oxygène provenant du réservoir et régler son débit. 11 se compose du détendeur proprement dit (fig. 3, 5) et de la soupape de sûreté (fig. 4).
- Detendeur proprement dit. — La valve de fermeture A, qui se visse sur l'orifice du réservoir â oxygène, est percée d’un canal z, par lequel s’échappe le gaz ; ce canal, fermé par la petite pièce de caoutchouc durci L, laquelle, est commandée par la vis E, aboutit à une chambre circulaire k.
- Par le jeu de la vis E, on obstrue plus ou moins l’entrée dé l’oxygène dans k et son départ dans v, autre canal faisant communiquer la chambre circulaire k avec la suivante plus vaste q. L’oxygène arrivant dans cette chambre en sort par le tuyau x, après avoir été obligé de passer par deux petits canaux ménagés dans la pièce t. En a, il
- llA
- Fig. 7.
- Régénérateur.
- rencontre un tampon de caoulchouc b fixé à l’extrémité du levier c. Ce levier est commandé par le ressort d. L’oxygène, se dégageant par a, se répand
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- I;A NATURE.
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- dans la chambre Y, où il fait pression sur la membrane g, contre laquelle presse le ressort /, antagoniste du ressort d par l’intermédiaire du levier f, et réglé par la vis h (fig. 5).
- Ce réglage correspond à une pression déterminée, pression que doit avoir dans la chambre Y l’oxygène provenant du réservoir. Si la pression du gaz diminue, le ressort i pousse vers la gauche la membrane g, laquelle fait reculer le levier f qui, à son tour, comprime le ressort d, en entraînant dans son mouvement de recul le levier c. La pièce de caoutchouc b s’éloigne alors, un peu, de l’orifice a, et l’oxygène envoyé par le réservoir s’échappant par un orifice plus grand, rétablit la pression dans la chambre Y. Le phénomène inverse se produit lorsque la pression dans cette chambre tend à augmenter.
- De cette façon, l’oxygène détendu, qui sort par les orifices ni, ni pour se rendre dans la soupape de sûreté, est à une pression sensiblement constante.
- Soupape de sûreté. — L’oxygène se dégageant par les orifices m, ni passe à travers la soupape de sûreté (fig. 4) en faisant pression sur la plaque d’ébonite o évidée sur son centre et maintenue par le ressort p. La vis creuse r règle la tension de ce ressort. En iv s’échappe l’oxygène pour se rendre dans le masque respiratoire.
- Un règle à l’avance les vis h et r. Au moment de l’emploi de l’appareil on agit sur la vis E qui commande l’entrée de l’oxygène dans le détendeur.
- On règle généralement le régulateur-détendeur pour un débit de 2 litres par minute; l’appareil peut donc fonctionner d’une façon continue, environ pendant deux heures. Le débit de 2 litres d’oxygène par minute est très suffisant.
- En Autriche, des expériences ont montré qu’un appareil réglé pour un débit de O1,5 à la minute a débité entre O1,80 et 0l, 60, et un deuxième réglé pour un débit de i litre a débité entre 11,50 et 1 *,04, ce qui tendrait à démontrer que les oscillations de débit ne dépassent pas 25 à 33 pour 1 00 lorsque la pression du réservoir d’oxygène tombe de 110 atmosphères à 1 atmosphère.
- 3° Masque respiratoire. — L’oxygène, quittant le régulateur-détendeur, se rend dans le masque respiratoire (fig. 1), maintenu en place au moyen d’un bourrelet pneumatique qui l’appuie sur le visage et que l’on gonfle au moment de l’emploi. A sa partie inférieure, il porte deux sacs dont l’un reçoit l’oxygène et l’autre l’air expiré, l’entrée de l’oxygène et la sortie de l’air expiré sont assurées par le jeu de deux soupapes fonctionnant en sens inverse (fig. 6). Dans les appareils nouveaux un dispositif spécial permet à l’air expiré, mais contenant encore de l’oxygène, de passer deux et trois fois par les poumons, ce qui, dans le cas de grande consommation, peut présenter un sérieux avantage.
- 4° Régénérateur. — Cet appareil (fig. 7) a pour but de fixer l’acide carbonique éliminé par les poumons et de rendre ainsi l’air expiré, de nouveau
- respirable. Cet air purifié se rend à la sortie du régénérateur dans le tuyau d’amenée d'oxygène pur.
- Le régénérateur se compose de deux cylindres en tôle ayant 19cm,5 de hauteur et 93 mm de diamètre. A l’intérieur se trouvent, disposées en chicane, des corbeilles métalliques contenant des fragments de potasse. L’air expiré pénètre en A, il circule au contact de la potasse, lui cède son acide carbonique et sort du régénérateur en IL Comme il s’est échauffé par suite de la combinaison de l’acide carbonique avec la potasse, on le refroidit, avant de le mélanger avec l’oxygène du réservoir, en le faisant circuler dans un réfrigérant constitué par un cylindre en tôle à double paroi (fig. 2, K).
- En résumé, cet appareil a un avantage qui a aussitôt attiré l’attention sur lui, c’est sa durée de fonctionnement; il a, par contre, un grand défaut, celui d’utiliser deux marchandises coûteuses, la potasse et l’oxygène, dont la seconde est exposée à une falsification trop simple. A ce titre, il convient de lui préférer Y appareil français de Vanginot, qui fonctionne un peu moins longtemps, mais en n’utilisant que de l’air comprimé, et dont un artifice bien simple permettrait de rendre la durée presque indéfinie en envoyant toutes les demi-heures un aide changer l’un des deux réservoirs à air comprimé, prêt à s’épuiser, contre un réservoir nouveau. Dans cet appareil, imaginé par M. Vanginot, lieutenant aux sapeurs-pompiers de Paris, il y a trois parties : un accumulateur d’air, un manomètre détendeur et un casque respiratoire. Le séjour dans le milieu irrespirable peut, avec les perfectionnements récents apportés à ce système, atteindre 55 minutes.
- L’accumulateur d’air est formé de deux bouteilles en acier analogues à celles qui servent à transporter l’acide carbonique liquide, pouvant contenir 31,660 et timbrées à 225 kg. La provision d’air emmagasinée correspond pratiquement à 1100 litres d’air mesurés à la pression atmosphérique. Les deux bouteilles sont reliées entre elles par un tuyau.
- Le manomètre détendeur est constitué par une boîte en laiton, dont une paroi est représentée par une membrane flexible, sur laquelle appuie le ressort régulateur de pression. Le régulateur peut débiter jusqu’à 120 litres à la minute, mais ce débit peut être réduit par une soupape régulatrice située à la base du masque respiratoire.
- Ce dernier est formé d’un casque de pompier prolongé à l’avant vers le bas, avec fenêtre en mica. Enfin un sifflet d’alarme prévient automatiquement le sauveteur que la provision d’air va s’épuiser.
- L’adoption d’un tel appareil et surtout la création d’une brigade de pompiers-mineurs commune à tout un bassin minier, et prêts à accourir au premier appel semblerait le moyen, sinon d’empêcher de tels accidents, du moins d’y remédier quand ils ont eu lieu. G. Loücheux.
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- LA NATURE.
- LES LAPIAZ DES SARRADETS ET DES AIGUILLONS (HAUTES=PYRÉNÉES)
- On sait que l’ascension de la Brèchc-de-Roland s'effectue par les parois occidentales du Cirque de Cavarnie et les corniches dites « Echelles des Sarra-dets ».
- Le vallon des Sarradets tire son nom de la crête qui le domine et s’incline du couchant au levant, faiblement d’abord, puis avec grande rapidité ; des banquettes le coupent à ce moment, et il finit par se confondre avec le premier étage du cirque. Sous le Casque du Marboré, les couches sont régulières et
- interstices une line couche de terreau, où végètent diverses plantes alpines, telles que le saxifrage à feuilles opposées, la gentiane printanière, la renoncule des régions glacées, etc.
- L’opinion émise par M. Martel sur la formation des lapiaz « à plusieurs époques et en plusieurs stades1 » se confirme ici d’autant plus clairement qu’elle se trouve pour ainsi dire prise sur le fait. La roche a été préparée par le glissement des glaces anciennes ; elle était, en outre, d’une nature plus
- Fig.
- 1. — Le vallon îles Sarradets ; à gauche et en haut,
- la Brèche-de-Roland ; à droite, le sommet du Taillou.
- bien horizontales, tandis que, dans cette combe singulière, elles courent obliquement de façon à se hérisser au sommet de la crête des Sarradets.
- Enneigé durant neuf mois de l’année, le vallon des Sarradets se découvre annuellement au mois d’août. Sa surface mérite l’attention de l’observa-leur. A même une roche jaunâtre, où les pluies s’absorbent rapidement, pétrie de coquillages, fossiles, émergent des boursouflures de calcaire qui, fendillées entons sens, sont sillonnées de rigoles ciselées et niellées; bref, il y a là un véritable lapiaz.
- Certaines de ces rainures, longitudinales, s’offrent assez larges pour que l’on puisse y introduire le pied ; les déchiquctures qui les séparent, polies par places, sont rugueuses ailleurs ; elles ont beaucoup de variété, et la poussière de l’air a déposé dans leurs
- apte à se fissurer et à se corroder très profondément.
- Outre leurs rigoles et leurs crevasses, les lapiaz possèdent ordinairement des entonnoirs d’absorption. Celui du vallon des Sarradets se garde bien de manquer à la règle. Un ruisseau s'y engloutit dans un aven ayant les dimensions d’une bouche d’égout. Ce ruisseau provient de la langue terminale du névé de la Hourquette située à l’ouest, passage praticable, dit col des Sarradets. Le col des Sarradets aboutit en plein glacier du Taillon. Là, existe le plus beau des points de vue que l’on puisse goûter sur la Fausse Brèche.
- Sur la photographie ci-dessus (fig. 1), on remarquera la discordance du fond même du vallon
- 1 Voy. n° 1653, du 28 janvier 1905, p. 135.
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- LA NATURE,
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- Fig. 2. — Lapiaz schisteux du col des Aiguillons. (Clichés Lucien Briet.)
- incliné vers la gauche et de la muraille du second taie. Dans quelle mesure celle dislocation est-elle plan, dont la stratification est demeurée horizon- l’efïét des mouvements tectoniques ou" de la sape
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- LA NAÎURÉ.
- des eaux souterraines, il est impossible de le dire ; mais elle témoigne du moins de la multiplicité et de la succession des causes qui ont formé les lapiaz. 11 va sans dire qu’aux Sarradets les neiges actuelles et leurs eaux de fusion continuent à creuser les ciselures de corrosion, nos contemporaines.
- A cet exemple j’en veux joindre un autre, situé dans le même département, mais plus au nord, dans un tout autre terrain.
- Près du massif du Néouvieille, le col de Campbieil est un passage muletier qui unit les villages de Gèdre et de Gavarnie avec les derniers points habités de la vallée d’Àure. Un peu au nord, le col des Aiguillons n’est praticable que pour les piétons, chasseurs ou alpinistes désireux de se rendre de lléas à Aragnouet par la montagne, et réciproquement.
- Le col des Aiguillons, nommé aussi Hourquette de lléas par les gens de la vallée d’Aure (on dit en patois AiguiHousses), a l’aspect; d’un trait régulier interminable, qui soude l’épaule orientale du pic des Aiguillons au pic de la Géla. A cause de cela, on croit pouvoir passer n’importe où : erreur complète. Vous tombez à loisir, par derrière, sur des à-pics peu ou point abordables. G’est, selon l’expression d’un guide, le col le plus perfide des Pyrénées,
- « parce qu’il n’est qu’en un endroit et qu’il semble être partout ». D’aucuns s’y sont égarés et n’ont pu parvenir à le franchir qu’en revenant' chercher des bergers. Selon Charles Packe, deux petits cairns, visibles seulement de lléas, marquent le passage. Il faut plutôt appuyer a gauche qu’à droite, et, pour y parvenir, on monte finalement de corniche en corniche, en s’aidant parfois, mais sans difficulté, delà main.
- L’altitude est de 2590 mètres.
- On dégringole dans le vallon de Badet, sur un toit d’ardoise bizarre qui mérite d’être tout particulièrement signalé. Le schiste, tout à fait en hon état et Irès sain, s’incline à peu près sur 45 degrés, dans le sens même de ses couches, qui se retraitent les unes sur les autres en se feuilletant (fig. 2). Transversalement, des diaclases interviennent, si bien que l’ensemble se découpe en dalles qui imitent à merveille les ardoises imbriquées d’une couverture grossière. 11 faut veiller à ne point glisser, car la surface de. ce glacis est très lisse et très raide, beaucoup plus que ne le montre la photographie que j’en ai prise, parce que, pour obtenir un peu de ciel, il m’a fallu braquer l’objectif obliquement.... Un pareil craque-, lage est incontestablement dû à l’action des neiges qui séjournent ici les deux tiers de l’année et qui, au printemps, deviennent d’autant plus dangereuses que rien ne les retient : elles dévalent sans crier gare, absolument comme celles qui couvrent nos toits l’hiver et qui tombent d’un seul bloc aussitôt après avoir été amollies par le soleil. La première fois que Packe et Russell traversèrent le col des Aiguillons, il se produisit derrière eux une avalanche qui ensevelit leurs traces sous une masse prodigieuse de pierres et de glaçons, ce qui n’empêcha pas leur, guide, qui était le vieux Chapelle, de regagner un
- instant après en chantant la croupe fatale pour rejoindre sa demeure.
- 11 importe de remarquer la très curieuse similitude qui existe ici encore entre cet accident morphologique des schistes des Aiguillons et les calcaires des lapiaz de l’Oucanc de Chabrières et des Sarradets. II est évident que le rapprochement et la ressemblance des rainures et stries rencontrées dans les deux roches plaident singulièrement en faveur de l’action érosive et corrosive des neiges actuelles et même des anciens glaciers. Plus frappante encore est l’analogie, que m’indique également M. Martel, avec les surfaces calcaires lapiazées des Burrens, du comté de Clare, dans l’ouest de l’Irlande (fig. 5) : ici, l’on est presque au niveau de la mer, les neiges de nos jours ne sauraient être en question; mais on sait que de grands glaciers ont couvert jadis le sol de la verte Erin. La juxtaposition des trois photographies ci-contre est suffisamment démonstrative pour épargner tout commentaire plus détaillé ; nous les donnons surtout comme des éléments d’information pour l’étude encore si incomplète des lapiaz. Luciex Briet.
- L’ACTION DU CHAUFFAGE
- sur la digestibilité du lait
- Celte question si discutée et par les savants et par le vulgaire, vient encore d’être étudiée par le Dp Jensen, chef de l’Étal:lissement fédéral suisse d’essais pour l’industrie iaitière. Ce qui, d’après lui, trouble le plus la digestibilité du lait, c’est la décomposition de la caséine, substance protéique la plus importante : et le lait ne pouvant pas être stérilisé sans qu’il brunisse un peu, le lait stérilisé devrait être rejeté comme aliment de l’enfance. Pour débarrasser le lait des bactéries pathogènes spécifiques, sans arriver à l’état à éviter, il suffirait d’un court chauffage dans l’appareil de Soxhlet. Mais même le lait traité de cette manière subit de notables altérations : toute son albumine, notamment, est coagulée, et cette modification ne saurait être indifférente, car l’albumine, qui se trouve en particulier en grande abondance dans le lait humain, doit avoir une importance physiologique. On pourrait ajouter encore (sans parler des légères altérations que subit sans doute la caséine même dans ces conditions particulières) que la lécithine est d’autant plus décomposée que le lait a été porté à une température plus haute. De toute façon il faut donc,, dans le chauffage, s’en tenir uniquement à la température voulue pour tuer les germes pathogènes.
- M. le D‘ Jensen insiste de plus sur l’erreur, que l’on commet généralement, de croire que du lait chauffé pendant un certain temps à 80 degrés, vaut mieux pour l’alimentation qu’un lait soumis à l’ébullition durant un court instant : quand le chauffage est prolongé, les altérations du lait commencent à se manifester dès 60 degrés; tandis que, si le chauffage est de peu de durée, les altérations ne peuvent être constatées, et encore faiblement, qu’à partir de 70 degrés. Les bacilles de la tuberculose, notamment, peuvent être tués par un chauffage à 65 degrés durant 5 minutes, et un tel chauffage n’altérerait pas les propriétés de ce précieux aliment, tout en le débarrassant des germes les plus redoutables. La
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- mesure de précaution à prendre consiste à empêcher la production de toute pellicule ou écume. Enfin,pour notre auteur, le lait pasteurisé et vendu tel présente des dangers, parce que, en détruisant les bacilles de la tuberculose, on détruit aussi les ferments lactiques, qui, dans les conditions normales, protègent ce lait contre des fermentations nuisibles; et l’on n’a plus la ressource, comme avec le lait cru, d’interroger le degré d’acidité pour se renseigner sur le degré de fraîcheur. La conséquence est donc qu’il ne faudrait recourir à la pasteurisation qu’à la maison même, peu avant consommation. 1). B.
- SUR L’ACIDE AZOTIQUE ABSOLU
- Jusqu’ici, on ne connaissait l’acide nitrique qu’à 98,5 °/0 d’acide absolu. L’acide absolu, c’est-à-dire exempt d’eau, a été préparé par MM. Kuster etMiinch dans un étal presque complet de pureté et titrant 99,4 pour 100 d’acide. Pour la concentration, on procède par congélations successives dans un appareil spécial. L’acide absolu n’existe qu’au-dessous de —41° et se présente sous forme de cristaux semblables à de la neige. Ces cristaux fondent en un liquide jaune qui représente une dissolution d’anhydride azotique et d’eau dans l’acide azotique. Celte solution perd à l’air de l’anhydride jusqu'au moment où elle renferme 98,67 pour 100 d’acide azotique AzO511 ; en même temps elle se décolore.
- LA PRATIQUE DE L’IRRIGATION
- en Australie
- I. — Le continent australien, partagé entre les cinq colonies de New South Wales, Victoria, South Australia, Queensland et West Australia, doit à la nature, et à l’activité de ses habitants, de grandes richesses agricoles et industrielles. La valeur totale de l’industrie est estimée à 1224 millions de francs, tandis que les 5 400 000 hectares de cultures rapportent annuellement 600 millions. L’élevage donne des résultats encore plus remarquables. En 1901, l’intérieur australien nourrissait 72 millions de moutons, 8 500 000 têtes de gros bétail, 1 625 000 chevaux. Le produit de l’élevage (laine, peaux, cornes, suif, viande congelée, lait, beurre, fromage) donnait 930 millions, dont 572 pour la laine seule. Le commerce extérieur répond à cette intense production : le' tonnage des grands ports de Melbourne, Sydney, Adélaïde, Newcastle, etc., s’élève à 26 millions de tonneaux et l’ensemble du commerce n’est pas moindre de 5 milliards 600 millions. Ces chiffres paraîtront particulièrement éloquents, si on les met en regard de la faible population du pays, qui ne dépasse pas 3 600 000 habitants. Le commerce représente ainsi 910 francs par tête, chiffre sans égal dans le monde.
- Malheureusément l’Australie, avec son énorme territoire de 7 632 113 kilomètres carrés, égal aux trois quarts de l’Europe, est en grande partie peu utilisable, parfois même tout à fait inutilisable, par suite de la sécheresse. Située, en effet, entre 11° et
- 39° lat.*S. et coupée par le Tropique du Capricorne, l’Australie, en dehors d’une étroite bande tropicale, est soumise aux conditions désertiques des contrées subtropicales. La chaîne de montagnes, qui, sur plus de 3000 kilomètres, borde la côte orientale, arrête les vents pluvieux du Pacifique. Si la côte de l’Est reçoit de 50 cm à 3,73 m. d’eau, les précipitations dans le bassin de Murray ne dépassent guère 30 cm et, dans le centre du continent, c’est à peine si quelques rares pluies d’orage donnent en douze mois 2 à 6 cm. Il y a même des années sans pluies. Peu et irrégulièrement alimentées, les rivières de l’intérieur, les creeks, comme les appellent les Australiens, ne rendent pas les services que semblerait promettre la longueur imposante de leur cours. Le Murray et ses grands affluents, Murrumbidgee, Lach-lan et Darling, constituent, il est vrai, avec leurs 9188 km, un des plus grands réseaux hydrographiques du monde ; leurs crues sont fonuidables et le Darling roule alors quatre fois plus d’eau que la Loire en temps d’inondation. Mais, pendant la plus grande partie de l’année, les rivières traînent des eaux paresseuses, sur 1 ou 2 mètres de profondeur, entre des rives de 15 à 20 mètres de haut. En plein été même, le courant s’arrête et l’on ne voit plus que des mares discontinues, croupissant, à l’ombre des gommiers, le long d’immenses plages d’argile craquelée. La durée de l’arrêt des rivières peut déconcerter des Européens : en 1902, le Lachlan cessa de couler pendant neuf mois ; le Darling, malgré ses 3124 km, s’est arrêté de février 1902 à janvier 1903, c’est-à-dire pendant près de onze mois. .
- La sécheresse est le grand fléau, la malédiction, disent les Anglais, de l’Australie et particulièrement de l’Australie intérieure. Ces périodes sèches, qui se reproduisent chaque été, durent parfois pendant plusieurs années. C’est ainsi qu’une effroyable sécheresse a désolé l’Australie durant sept ans, de 1897 à 1903. Nous avons visité le bassin de Murray pendant cette lamentable période. Le spectacle de centaines de kilomètres carrés absolument dépourvus d’herbe, d’immenses forêts dont les troncs blancs, défeuillés et décortiqués, évoquaient l’image de squelettes convulsés, de plaines dénudées, lisses, jaunes, satinées et couvertes à perte de vue de carcasses desséchées de moutons, a laissé dans notre esprit un souvenir inoubliable. Quelques chiffres traduiront, mieux que toute description, les conséquences de ces. sécheresses périodiques, dont l’effet a été d’arrêter l’essor de l’Australie. En 1905, le troupeau du Queensland avait perdu, depuis un an, 4 107 658 têtes sur 14 341 438 et se trouvait ainsi réduit de près de 29 pour 100. La Nouvelle-Galles, en sept ans (1897-1903), a perdu la moitié de son bétail. Dans T ensemble, entre 1891 et 1903, le nombre des moutons australiens a passé de 115 millions à 72. L’agriculture n’a d’ailleurs pas été plus épargnée que l’art pastoral ; même dans la riche contrée qui s’étend, le long du Murrumbidgee, de Narran-dera à Balranald, les moissons ont presque complè-
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- tement manqué de 1898 à 1902. De pareilles pertes se chiffrent par des milliards.
- Dans ces conditions, pour l’Australie, à la fois si
- Fig. 1.-— Ponipejràpmanègfi.
- riche et si éprouvée par la sécheresse, le premier problème à résoudre est le problème de l’eau.
- II. — La solution de ce problème comporte deux aspects successifs : il faut d’abord se procurer l’eau nécessaire; il faut ensuite l’utiliser de la manière la plus profitable.
- Pour se procurer l’eau on a eu recours à l’aménagement des rivières et au forage des puits artésiens. L’usage des barrages est déjà ancien; mais la nécessité d’aboutir rapidement et économiquement a poussé à l’emploi des procédés les plus simples. Quelques troncs plantés dans le lit de la rivière, des branchages entremêlés, un mélange de cailloux et d’argile pilée constituent le modèle ordinaire des digues australiennes. C’est seulement dans les ouvrages récents entrepris par l’autorité publique qu’on trouve des murs semi-circulaires construits en blocs de grès. Quelles qu’elles soient, les digues rendent des services en temps normal; mais, lors des sécheresses caractérisées, elles perdent toute utilité, faute d’eau, et précisément au moment où l’eau serait le plus nécessaire.
- Il a fallu chercher d’autres systèmes. Le mode le plus rationnel et le plus pratique d’utilisation de l’eau a été indiqué par le colonel F.-J. Home,
- R. E., C. S. I., ancien inspecteur général de l’irrigation de l’Inde, chargé en 1896 d’une mission d’études par le gouvernement de Nouvelle-Galles. Les principes nouveaux consistent dans la transformation en bassins d’emmagasinement des lacs marécageux, qu’on rencontre en grand nombre le long du cours inférieur des rivières, et aussi dans la construction de
- réservoirs en montagne. L’Australie n’est pas à cet égard dans de mauvaises conditions. Les hautes vallées sont très encaissées et leur pente est forte ; c’est ainsi que le Murray jusqu’à Albury descend de 1525 mètres à 149,45 m. sur une longueur de 451 km, ce qui donne une pente kilométrique de 5,05 m. Ces réservoirs présenteront le grand avantage de retenir et de conserver les eaux de crue (flood waters), fort abondantes, et de les distribuer en temps de sécheresse. Les réservoirs de Barren Jack sur le Murrumbidgee et de Cowra sur le Lacli-lan contiendront 767 millions de mètres cubes d’eau. D’autres, dont l’importance ne saurait encore être précisée, sont prévus à Talmalmo sur le Murray et à Wotton sur le Macquarie. L’eau emmagasinée dépassera un milliard de mètres cubes.
- Le bassin déprimé de l’intérieur australien renferme tout naturellement une nappe artésienne et, depuis 1880, de nombreux puits ont été forés. Dans toutes les colonies un service spécial pour l’eau a été créé (Water conservation branch, Water snpply départaient, Hydraulic board, etc.). C’est lui qui fixe l’emplacement des puits et surveille les travaux confiés à des entrepreneurs-soumissionnaires. L’entrepreneur (tenderer, arlesian wells and minerai bo-ring contractor) fournit les outils et la main-d’œuvre; le gouvernement, de son côté, fournit et transporte le revêtement des puits, ce qui revient très
- cher à cause des distances et du manque de moyens de transport; dans le Far West des colonies orientales il a fallu employer des chameaux importés d’Afghanistan. De nombreux puits artésiens ont éga-
- MER D'ARAFOURA
- OCEAN
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- Vigne,, blé, fruits, forets, cultures
- Canne, à. sucres.
- d. 'irrigations.
- Fig. 2. — Carte agricole et pastorale de l’Australie. -
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- Fig. 3. — Crrek australien.
- lcment été forés pour le compte des particuliers.
- Le bassin artésien du centre australien s’étend au moins sur un million de kilomètres carrés, ce qui représente à peu près le double de la superficie de la France. 11 en existe un second, moins important, dans l’Australie occidentale. Déjà deux colonies, Nouvelle-Galles et Queensland, ont obtenu des résultats remarquables. Fin juin 1901, la Nouvelle-Galles comptait 528 puits artésiens (55 au gouvernement et 495 aux particuliers) ; fm juin 1905 il y en avait dans le Queensland 900, représentant une profondeur totale de 557 km. L’ensemble fournissait un débit journalier (dai-ly flow) de-2581 955057 litres, ce qui représente pour l’année la quantité énorme de 869 405 545 mètres cubes.
- III. — L’eau, fournie par les rivières et par les puits artésiens, sert à l’alimentation des villes et des stations de chemins de fer ainsi qu’aux besoins de l’industrie; mais la plus grande partie est réservée à l’irrigation. L’exemple a été donné pour la première fois par les setllen du Loddon, affluent victorien du Murray, et leur succès a déterminé l’initiative du gouvernement de Victoria, puis de toutes les colonies. La Nouvelle-Galles est aujourd’hui au premier rang pour l’utilisation de l’eau.
- Le caractère des rivières impose à l’Australie l’emploi de méthodes spéciales. Les pentes faibles s’opposent à l’irrigation en grand, suivant le procédé californien.
- D’autre part les rives sont fort élevées (15 à 20 mètres en général, 40 à 47 mètres sur le bas Murray dans l’Australie méridionale). Les rivières sont ainsi le plus souvent encaissées entre deux tranchées argileuses, d’où pendent les racines déchaussées des grands gommiers. Les crues successives ont d’ailleurs surélevé les rives; parfois même le niveau de la rivière est au-dessus des plaines avoisinantes.
- — Machiner d’un puits
- Les ingénieurs australiens distinguent deux modes pour se procurer l’eau des rivières : le mode by gravitation et le mode by pumping. Le premier correspond à l’écoulement naturel de l’eau sous l’effet de la pente et de son propre poids ; le second est l’élévation de l’eau au moyen de pompes.
- Dans le système by gravitation, il suffit d’une digue et d’un canal de dérivation. Malheureusement il est rarement possible, en raison de la hauteur des berges et, quand il est possible, il reste sans effet pendant plusieurs mois chaque année, à cause de l’extrême baisse des eaux en été.
- En général, il faut recourir au pompage, opération coûteuse, dont le prix de revient a paralysé plus d’une tentative d’irrigation. Les grandes exploitations possèdent des pompes à vapeur. Nous citerons, à titre d’exemple, la station de Jemalong, située sur le Lacblan, à 52 km en aval de Forbes et appartenant à M. N.-A. Gatenby. La propriété, qui borde la rivière sur 8 km, comprend 17 600 hectares et nourrit 50 à 55 000 moutons. Une digue de pierre, de bois et d’argile a été construite, sur une longueur de 22,87 m. et une largeur de 5 mètres, pour le prix modique de 4055 francs. La pompe à vapeur, d’une force de 25 chevaux, fournit régulièrement 11 550 litres par minute et peut en donner jusqu’à 15 890.
- Les petites stations usent du procédé plus économique des pompes à vent et à chevaux. La pompe à veut, très peu coûteuse mais souvent inutilisable en raison des longues périodes de calmes de l’intérieur, est constituée par une roue à ailettes, mobile dans deux plans perpendiculaires ; elle s'oriente ainsi suivant le vent, dont l’action sur les ailettes bien orientées produit le mouvement de rotation. Afin de dominer les arbres qui arrêtent les courants d’air, elle èst toujours placée en haut d’un échafaudage de bois ou
- ie pour le forage artésien.
- Fig. 3. — Canal principal d’irrigation.
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- de 1er. Dans plusieurs île nos campagnes françaises, comme le Val-de-Loire, on peul en voir de semblables, quoique d’un modèle moins grand en général.
- La pompe à chevaux se compose essentiellement d’un manège activant un seau. La corde passe sur une poulie placée en haut d’un échafaudage ou d’un simple amas de madriers ; guidé par une double glissière en fil de fer, le seau monte et descend et, grâce à un dispositif toujours très simple, bascule au moment convenable, à l’orifice d’un réservoir de tôle placé, toujours à une certaine hauteur, soit sur la rive, soit dans le lit même de la rivière.
- L’eau est conduite au lieu où elle doit être utilisée par un canal principal (main channel). Parfois c’est un simple fossé irrégulier, grossièrement creusé; on laisse à l’eau le soin de le régulariser. Mais, dans les grandes stations, on trouve de véritables canaux, bordés de levées de terre, et souvent un peu surélevés, afin de faciliter l’écoulement dans les canaux secondaires ; dans ce cas ils sont accompagnés sur toute leur longueur de deux rigoles, destinées à recevoir les eaux d’infiltration. Les grands canaux ont de 5 mètres à 5,60 m. en haut, de 60 cm à 90 cm en bas, avec une profondeur de 57 cm à 40 cm au-dessous du niveau des terres. Jamais ils ne sont bétonnés. Leur construction est estimée à l.fr,25 la chaîne, mesure agraire anglaise valant 19,85 m. Ils reviennent ainsi à environ 62fr,50 le kilomètre. La communication avec les canaux secondaires se fait par des portes de bois, qui se lèvent et s’abaissent entre deux glissières ; elles sont d’ailleurs souvent remplacées par de simples levées de terre; on bouche et on débouche à la bêche.
- Arrivée à destination, l’eau est utilisée pour l’irrigation. Deux systèmes sont employés : l’irrigation proprement dite et l’inondation.
- Dans le premier, un canal transversal, placé en haut du champ, alimente des canaux longitudinaux, distants de 1,50 m. à 2 mètres; en bas, un second canal transversal sert de collecteur. Ces canaux sont creusés, d’une manière très économique, soit avec la charrue ordinaire, soit avec une charrue spéciale, appelée delver.
- Dans le second système, les champs sont divisés par des levées de terre en cases d’échiquier de 2 à 5 chaînes de large (40 à 60 mètres). L’eau passe successivement d’une case à l’autre. Ce procédé est très simple, mais il gaspille beaucoup d’eau.
- Certaines stations possèdent une canalisation remarquable. Telle est Norlh Yanco, propriété de M. Samuel Mc Caughey, située sur le Murrumbid-gee; elle n’a pas moins de 97 km de canaux.
- IV. — Toutes les colonies australiennes ont réglementé l’irrigation. D’après l'Irrigation Act de 1891 du Queensland, les propriétaires ou tenanciers du district à irriguer élisent un Comité (hoard), chargé de trancher toutes les questions relatives à l’eau, sous réserve d’appel à la Cour agraire (Land Court), qui siège dans la capitale, Brisbane. Le district est alors, par un ordre en conseil du gouver-
- neur, proclamé territoire d’irrigation (proclaimed for irrigation) et, à partir de ce moment, le Comité peut percevoir sur toutes les propriétés des taxes spéciales.'
- En Nouvelle-Galles la presque totalité des terres irrigables appartient à la Couronne. En règle générale on les divise en biocks de 20 acres (8 hectares), vendus à raison de ê 1 l’acre (621'1',50 l’hectare) ou loués sur le pied de L1 l’acre (0lv,25 l’hectare). L’Etat réserve toujours un terrain pour y établir une ferme expérimentale. Nombre de fermes, notamment le verger d’essai de Fera Bore et la station expérimentale de Moree, ont rendu de grands services en convertissant les agriculteurs aux méthodes de culture par l’eau, et en essayant toutes les plantes propres au sol et au climat.
- En Victoria, la loi de 1885 a créé des trusts d’irrigation. Ce sont des conseils élus assez analogues aux boards du Queensland; ils peuvent recevoir, posséder, emprunter, lever des taxes spéciales. Au 50 juin 1900, 50 trusts pourvoyaient h l’irrigation de 1 097 579 hectares et avaient reçu du gouvernement, sous forme d’avances remboursables à long-terme, une somme de 26 555 581 francs. L’État a lui-même, depuis l’origine, dépensé en travaux hydrauliques 210 494 848 francs.
- Les plus intéressants de ces trusts et les plus prospères sont ceux des affluents victoriens du Murray, le Goulburn, le Campaspe et le Loddon. Sur le Goulburn, 5 trusts (Rodney irrigation trust, Echuca et Waranga waterworks trust, Ardmona estate) irriguent 509 400 hectares de céréales, de fourrages et d’arbres fruitiers.
- Y. — Le but de l'irrigation est à la fois agricole et pastoral.
- Quelle que soit sa richesse, l’Australie peut encore beaucoup développer ses cultures. Mais, comme toutes les terres fertiles et bien arrosées sont aujourd’hui occupées, le progrès n’est possible que par la colonisation de l’intérieur, où l’irrigation est indispensable. C’est ainsi que l’Australie pourra sortir de l’état stationnaire qui a été la conséquence de la grande crise financière de 1895.
- Par sa latitude et par son climat, l’Australie est, suivant les régions, propre aux céréales, aux légumes, aux arbres fruitiers, à la vigne, à la canne à sucre.
- Les sécheresses de l’intérieur ont été jusqu’ici funestes aux céréales; les années non productives viennent diminuer le rendement moyen, qui n’est pour le blé que de 7 hectolitres à l’hectare. Avec l’irrigation, les récoltes sont à la fois plus assurées et plus abondantes. Tous les essais tentés, expériences ou exploitations régulières, ont donné au-dessus de 51 hectolitres par hectare. A vrai dire, la production des céréales par l’irrigation revient cher. On ne s’en aperçoit guère aujourd’hui parce que les gouvernements et les trusts subventionnés font tous les frais. Mais que l’Australie se trouve en proie à une nouvelle crise financière, que les gouvernements soient obligés de restreindre leurs dépenses et le
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- développement agricole de l’intérieur s’arrêtera net. Les Australiens feront bien, sans abandonner la grande œuvre de transformation qu’ils ont entreprise, de ne développer leurs cultures de céréales qu’avec prudence, au fur et à mesure de l’extension du marché, intérieur ou extérieur. Ajoutons que toutes les céréales se sont montrées propres à la culture par l’eau : blé, avoine, orge, seigle, maïs, sorgho. Cette dernière se développe beaucoup, parce qu’elle sert à l’entretien du bétail destiné à donner du lait (dairy caille).
- Les légumes sont surtout produits aux environs des grandes villes par des maraîchers presque tous Chinois. Le marché intérieur sert d’écoulement normal à la production, fort abondante.
- Les arbres fruitiers, orangers, citronniers, poiriers, pommiers, abricotiers, pêchers, sont cultivés partout. D’admirables vergers d’orangers existent en particulier à Parramatta, dans la banlieue de Sydney. Les arbres sont plantés, comme en Californie, en lignes régulières; de nombreuses rigoles assurent l’irrigation. Déjà l’Australie produit d’énormes quantités de fruits, assez analogues aux fruits californiens, fruits à l’aspect magnifique, mais à la faible saveur. Jusqu’ici l’Australie a été tributaire de San Francisco ; elle commence à suffire à ses besoins et elle ne tardera pas à venir concurrencer les fruits américains sur les marchés européens. Le verger irrigué est le triomphe de la culture par l’eau en Australie. Aussi bien le prix de revient en est-il extrêmement faible.
- Voici longtemps déjà que les Australiens ont essayé tous nos plants et tous nos cépages et se sont efforcés, avec plus de ténacité que de succès, de produire nos divers crûs français. Vous pouvez tous les trouver dans les hôtels australiens; mais, si les noms sont les mêmes, le bouquet est fort inférieur, désavantage insuffisamment compensé par l'extrême élévation des prix. L’irrigation a naturellement été appliquée à la viticulture; mais, si la production a augmenté, la valeur des produits a plutôt diminué ‘.
- La canne à sucre, par contre, s’est trouvée fort bien de l’emploi de l’eau. Jusqu’ici elle ne pouvait être cultivée que sur la côte, dans le Queensland et dans le nord de la Nouvelle-Galles. L’irrigation permettra son extension à l’intérieur du continent, où un brillant avenir l’attend, d’autant plus que le travail noir ou jaune, si impopulaire aux antipodes, ne sera plus absolument nécessaire dans ces régions relativement sèches2.
- On voit que, malgré quelques déboires, l’agriculture australienne gagnera beaucoup à l’utilisation régulière de l’eau; l’art pastoral, la principale richesse du pays, en tirera encore plus d’avantages. Jusqu’à ces dernières années, en effet, une bonne partie des moutons périssait pendant la saison sèche
- 1 La production australienne du vin est de i million d’hectolitres. 1
- 2 L’Australie produit actuellement 132 000 tonnes de sucre brut.
- faute de fourrages. C’est pourquoi en Australie on compte qu’il faut 2 hectares pour nourrir 5 moutons. Les petits éleveurs, en particulier, étaient incapables de résister, comme les riches squatters et les grandes sociétés d’élevage, aux sécheresses prolongées. Cet état lamentable et qui arrête périodiquement le développement normal du continent australien est en voie dè modification, grâce à l’irrigation. L’eau sert maintenant à cultiver la luzerne en été, au moment où les prairies naturelles sont inutilisables. En calculant soigneusement la coupe des divers champs de luzerne, on s’assure une provision de fourrage suffisante pour le troupeau. Ce système est plus profitable aux animaux et revient moins cher que le hand feedhig, c’est-à-dire l’entretien du bétail au moyen de fourrages secs importés du dehors.
- De nombreuses expériences, toujours heureuses, ont déjà été faites dans cet ordre d’idées. La plus concluante est celle deM. N. A. Gatenby, à la station de Jemalong, expérience dont nous avons été témoin. Pendant la terrible sécheresse de 1903, M. Gatenby a pu entretenir, sur 80 hectares de luzerne irriguée, 15 000 moutons, soit 187 moutons par hectare.
- La démonstration de la valeur agricole et pasLorale de l’irrigation est donc faite en Australie et au moyen de procédés simples et économiques, à la portée même des petits cultivateurs et éleveurs. 11 y a là un exemple instructif et dont notre colonie algérienne pourrait tirer parti.
- Paul Privat-Deschanel,
- Professeur au Lycée Condorcet Chargé de mission du Ministère du Commerce en Australie.
- LE VOLCAN POAS
- dans l’État de Costa-Rica
- Le volcan Poas, situé au Nord-Ouest de San José, capitale de Costa-Rica, est l’une des nombreuses montagnes volcaniques de la chaîne et l’une des plus intéressantes parla présence de lacs volcaniques, qui rappellent un peu l’aspect des fameux maare de la région eifélienne, ou des cratères-lacs que l’on observe en Auvergne. Toutefois, dans ces derniers cas, on se trouve pour ainsi dire en présence de cratères manqués, n’ayant jamais servi réellement à un épanchement de matières ignées, et dont on a voulu expliquer la formation, tantôt par la pénétration de gaz sous haute pression, métamorphisant lentement et ameublissant le sol jusqu’à déterminer un effondrement, tantôt par une seule explosion, d’une extrême violence. Il semble, d’ailleurs, que ces deux hypothèses soient insuffisantes : 1° on n’observe pas au voisinage des maare les traces de métamorphisme qui justifieraient la première théorie; 2° on est en droit de s’étonner qu’une explosion, assez forte pour produire d’un coup un vaste effondrement, ait été, en même temps, assez délicate pour respecter des obstacles naturels très fragiles, comme on en trouve auprès de certains maare. Aussi ceux-ci apparaissent plutôt,
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- LA NATURE.
- selon quelques auteurs, comme le résultat d’une série de petites explosions. Elles peuvent avoir commencé par la formation de fissures, agrandies par la pression des gaz intérieurs, par des explosions, surtout par des éboulis, mais sans épanchement de laves. On observe de même partout, au bord de la mer, dans des falaises calcaires, des fissures d’où l’air, comprimé par marée montante, sort avec grandes orgues; 1 fissure s’élargit de jour en jour et l’on peut arriver à avoir un entonnoir de 100 mètres de diamètre.
- Au contraire, le volcan Poaseslbien un volcan,et toute la région qui conduit jusqu’au lac, se pré-
- jaunâtre. Pas la moindre trace de vie, animale ou végétale, ni dans les eaux, ni sur le sol, ni dans l’air. Le vaste silence est seulement troublé de temps à autre par des détonations souterraines très violentes, rapidement suivies de la projection, jusqu’à 80 ou 150 mètres, d'une énorme colonne de iquide noirâtre, qui semble surgir point voisin du centre de la nappe d’eau, et qui s’accompagne d’une épaisse nuée de fumée. Outre ce phénomène très fréquent, de temps à autre, de petites colonnes de vapeurs s’élèvent en diverses régions de la surface, et sont parfois si nombreuses qu’elles lui
- Le cratère-lac du volcan Poas.
- En haut : formation de la colonne de liquide sur la surface du lac. — En bas, à gauche, formation d’un nuage de vapeurs autour de la colonne liquide; à droite, vapeurs couvrant la presque totalité delà surface du lac.
- sente avec les caractères d’un ancien cratère, parfaitement réussi, mais ne fonctionnant plus, l’activité volcanique se trouvant encore représentée par des phénomènes que nous indiquerons plus loin. Tandis que les maare représentent des volcans morts avant terme, le lac du volcan Poas manifeste la vieillesse d’un organisme qui a fait son temps.
- Au milieu de champs cultivés où elle fait une boutonnière de terrain volcanique et aride; la montagne dresse son socle à une 'altitude d’environ 2500 mètres ; cette première zone est couronnée par des forêts qui entretiennent une excessive humidité et qui abritent un grand nombre de mares de boues d’où s’élève un fort dégagement d’hydrogène sulfuré; à 2550 mètres, une nouvelle partie absolument nue sur laquelle se trouve le cratère (altitude supérieure 2590 mètres), formé par une muraille presque à pic entourant une vaste étendue d’eau
- donnent l’aspect d’un liquide en ébullition. Sur le lac lui-même s’étend en général un nuage épais de vapeurs) très chargées d’anhydride sulfureux. L’eau est très riche elle-même en acide sulfurique et sulfureux, sulfate de chaux et diverses autres substances.
- Elle contient, en outre, un dépôt considérable de cendres volcaniques qui se trouvent souvent entraî-ne'es hors du lac par les explosions et retombent sur les rives à l’entour.
- Il nous a semblé intéressant de signaler ce phénomène, dont nous n’avons pas l’occasion de voir d’exemples autour de nous, et qu’il est curieux de comparer aux cratères-lacs d’Auvergne et de l’Allemagne rhénane, en dépit des différences qui les séparent. André Dumesnil.
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- UN NOUVEAU TRICYCLE MÉCANIQUE
- Fig. 1. — Vue d'ensemble du tricycle mololri Coulai.
- Lorsque noire collaborateur M. Robida a rendu compte du concours des véhicules industriels, il avait signalé d’un mot le tri-porteur Contai, comme se nomme le véhicule dont nous voulons parler. Mais il nous a semblé que ce véhicule méritait mieux qu’une mention sommaire, étant données certaines particularités que l’on ne rencontre point à l’ordinaire dans les tricycles automobiles, qui ne diffèrent guère d’une motocyclette à laquelle on aurait naturellement ajouté une roue, sans se préoccuper des conditions spéciales que doit présenter une machine à laquelle on demande un autre service. Notons, du reste, tout de suite que le motolri Contai peut porter sur ses deux roues avant une caisse qui en fait un véhicule de livraison, un véhicule industriel, ou, au contraire, un siège pour une personne. Ce type de machine a maintenu une allure moyenne de 60 kilomètres à l’heure sur un parcours de 100 kilomètres, avec des côtes, et a subi victorieusement une épreuve de 1200 kilomètres en An-
- gleterre (en portant deux personnes), dans une région très mouvementée, où se rencontrait notamment une côte de 16 pour 100. Normalement, avec un moteur de 4 chevaux, on compte sur une allure de 55 à 50 kilomètres.
- L’examen seul du châssis montre que le constructeur (dont nous avons déjà parlé ici) a voulu faire une œuvre bien raisonnée. Ce châssis, tout en tubes, est disposé suivant des lignes géométriques; il est, du reste, d’une seule pièce; il n’y a pas de pédalier,
- tout simplement parce qu’on n’a pas voulu prévoir de pédalage. C’est la pièce d’attache arrière du moteur qui porte les raccords des tubes allant à la selle et au moyeu arrière. La douille de direction, qui est verticale, se prolonge jusqu’à l’attache avant du moteur, qui est elle-même reliée à la portion avant du châssis par un raccord très robuste. Qu’on remarque dans la photographie (qui a été prise intentionnellement sans caisse ni siège de devant) que l’avant du châssis forme un rectangle recevant
- La roue arrière du iricyelc.
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- les mains antérieures des ressorts, sur lesquels on a tenu, avec raison, à monter la machine; pour rapprocher le châssis du sol et augmenter la stabilité, on a surbaissé l’essieu. Le moteur se met en place au moyen de 4 boulons. Notons que la rectitude de la direction contribue à réduire la longueur du véhicule, ce qui est tout avantage; la commande des roues avant se fait comme dans une voiture.
- Jetons maintenant un coup d’œil sur le moteur, qui peut avoir une puissance de 2 5/4 ou de 4 chevaux. il est, comme on le voit, à un seul cylindre, avec soupape d’aspiration automatique, et refroidissement par circulation d’eau sur le principe du thermo-s i p h o n. Si on ouvre le carter du moteur, on y voit, ' dans la partie supérieure, une grande roue à dents engrenant avec un petit pignon que l’on distingue en bas, et qui est calée sur l’arbre du moteur ; sur l’axe de cette grande roue, et de l’autre côté du moteur, on aperçoit un pignon de chaîne, qui est naturellement destiné, par l’intermédiaire d’une chaîne, à donner le mouvement au
- moyeu arrière et à la roue motrice. On se trouve donc en présence d’une démultiplication qui diminue la vitesse de translation de la chaîne. L’arhre de la grande roue et du pignon de chaîne est graissé par l’huile du carter. La chaîne est graissée automatiquement, grâce à un éjecteur qui, à chaque coup de piston, lance sur elle l’excès d’huile du carter. Elle est prolégéepar un couvre-chaîne ; le carter, en aluminium, est hermétiquement fermé.
- Le carburateur est du système Yaurs à niveau constant. À l’intérieur du cadre, sont disposés les réservoirs à essence et à huile. Quant à la petite caisse plate, elle joue un rôle multiple et Lien compris. Dans sa partie supérieure, elle comporte le réservoir à eau, qui a une contenance de 6 à 8 litres, et qui est doté latéralement de deux expansions, deux sortes de hlocs parallélipipédiques faits de radiateurs ; les canalisations d’eau passent par le bas de la caisse pour gagner le moteur. Mais cette caisse forme aussi une sorte d’armoire : elle dissimule les acGu-
- 10"'. 3. — Moteur du tricvcle.
- mulateurs, la bobine et aussi les fils électriques.
- La roue arrière, comporte un moyeu contenant le cône d’embrayage, et deux vitesses obtenues au moyen d’un train épicycloïdal très robuste : c’est le système Rivierre. Tout fonctionne dans un mélange d’huile et dégraissé. Les engrenages, toujours en prise, ne fonctionnent qu’à la petite vitesse, en immobilisant la couronne qui enveloppe les pignons satellites par un freinage auquel on donne une tension progressive pour rendre le démarrage très doux. En grande vitesse, aucun engrenage ne travaille; il y a prise directe, et la chaîne attaque par l’intermédiaire du cône d’embrayage. 11 se produit, en cas d’ù-coup, un glissement entre les parties mâle et femelle du cône : cela forme amortisseur et évite les ruptures de chaîne.
- La conduite du mototri est simple, et fort intéressante à ce point de vue. Tout se fait au moyen de deux petits leviers, un pour l’avance à l’allumage, l’autre pour embrayer la grande vitesse, et de deux petites pédales qui se trouvent en avant des appuis-pieds : celle de gauche sert à freiner la couronne qui entoure les pignons satellites et donne la petite vitesse; celle de droite sert à débrayer et à freiner. Supposons le tricycle arrêté et débrayé. On commence par mettre en marche le moteur : cela se fait, comme pour les voitures, avec une manivelle. On monte alors en selle et l’on appuie progressivement sur la pédale gauche, de manière à démarrer doucement, même en forte rampe. Quand on est en vitesse, on lâche la pédale et on pousse le levier d’embrayage de la grande vitesse. Yeut-on ensuite ralentir ? on presse sur la pédale droite, afin de repousser le cône dans le moyeu : il y a débrayage, et le véhicule ne continuera plus à rouler qu’en vertu de sa vitesse acquise ; s’il est nécessaire de s’arrêter complètement, on poussera la pédale à fond, de manière à freiner. Pour repartir, on laissera remonter la pédale, le cône reviendra en prise.
- Dans tous ses détails, comme dans son ensemble, ce mototri est bien compris et ingénieusement construit, et il a donné ses preuves de robustesse et de bon fonctionnement. D. B.
- NÉCROLOGIE
- M. A. C. Phisalix. — Nous avons le regret d’apprendre à nos lecteurs la mort de M. Auguste Césaire Phisalix dont ils ont encore présents à la mémoire les beaux articles récemment publiés ici même au sujet des animaux venimeux. Né à Mouthiers (Doubs), le 8 octobre 1852, successivement médecin-major de l’armée territoriale, professeur suppléant à l’École de Médecine de Besançon, préparateur de zoologie, docteur en médecine et docteur ès sciences naturelles, A. C. Phisalix était en dernier lieu assistant au Muséum d’histoire naturelle. Membre de la Société de biologie et de la Société d’entomologie, lauréat de l’Institut et chevalier de la Légion d’honneur depuis 1900, il avait surtout dirigé ses travaux scientifiques sur les questions de zoologie, de physiologie et pathologie générales et de microbiologie;
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- ses recherches nombreuses sur les venins lui avaient notamment mérité d’ètre une autorité en matière de pathologie comparée. On ne saurait trop regretter la brusque interruption de sa carrière au moment même où il pouvait espérer récolter le fruit bien gagné de tant d’années de labeur. A. C. Phisalix est mort à Paris, le IG mars 1906. P. L.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 mars 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Action d'un champ magnétique sur certains cristaux. — M. Jean becquerel a observé que les spectres d’absorption de certains cristaux biréfringents subissent des modifications dans un champ magnétique. Le déplacement de certaines bandes est plus intense que ceux découverts par Zeeman pour les raies des spectres des vapeurs. Ile plus, les particularités des modifications des bandes d’absorption donnent des indications sur les mouvements vibratoires susceptibles de se produire dans les molécules des cristaux.
- Physique solaire. — M. Dcslandres indique une méthode pour la recherche des particules lumineuses des gaz de la chromosphère et des protubérances solaires. On 11e sait pas exactement comment est constituée la chromosphère parce qu’on a toujours étudié les parties gazeuses. Il a utilisé l’inégalité d’intensité de la lumière des particules en question et de la lumière des protubérances. En éteignant, par des écrans, la lumière des gaz, il a pu observer ce qu’ils recouvraient. En examinant une protubérance au cours de la dernière éclipse, il a pu apercevoir une sorte de noyau central de celle-ci à spectre continu.
- L’émission des Rayons X. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Nogier de Lyon relative au mode d’émission des rayons X par l’ampoule. Le maximum de rendement ne correspond pas à la normale à la cathode. Il a lieu au voisinage du cercle qui déterminerait sur l’ampoule le plan de la cathode. Au surplus, dans cette région, il y a des zones de maxima et de minima.
- Analyse du lait. — M. Roux présente une Noie de MM. Trillat et Sauton sur le dosage des matières albuminoïdes du lait. Cette méthode est basée sur la propriété que possède l’aldéhyde formique de rendre insoluble la totalité des matières albuminoïdes du lait. La totalité de la caséine peut être ainsi séparée; elle présente la composition élémentaire de la caséine préparée d’après la méthode de llannnarsten.
- La cause de la production des perles. — M. E. Pèr-rier résume les recherches de M. Seurat sur la cause,do la production des concrétions qui constituent les perles chez les huîtres perlières.
- Une fonction nouvelle du foie. — M. Daslre présente une Note de MM. Itoyon Gautier et Morel sur une propriété du foie qui avait échappé jusqu’à ce jour : la propriété fibrinogénique. Le foie qui fabrique le glycogène fabrique aussi le fibrinogène du sang; les recherches nouvelles tendent à restituer au foie le rôle prépondérant dans 1 organisme que lui attribuaient les médecins anciens. Le fibrinogène se manifeste dans la coagulation. Un animal qui pourrait survivre à ''enlèvement du foie n’aurait plus qu’un sang incoagulable. La grenouille qui peut supporter celte mutilation présente ensuite cette particularité. Si on saigne à blanc une grenouille et si on lui injecte du sang défibriné ce sang devient coagulable. Ch, de Villedïîoïl.
- LIQUÉFACTION DE L’AIR
- Applications à la fabrication industrielle de l’oxygène et de l’azote
- Par ses intéressantes communications à la Société des ingénieurs civils de France, et à la Société française de physique, M. Georges Claude a montré que l’air était une des sources d’oxygène les plus importantes parce que, étant un simple mélange de deux gaz, on pouvait en séparer les éléments, théoriquement du moins, sans aucune dépense d’énergie; on était ainsi amené à liquéfier l’air atmosphérique.
- La liquéfaction de l’air est basée sur l'accumulation, à l’aide d’un échangeur de température, du froid produit par la détente de l’air comprimé. La mesure de ce froid est fournie par la quantité de travail effectuée par l’air pendant sa détente. M. G. Claude a montré la supériorité théorique de la détente avec travail extérieur sur la détente sans travail extérieur. C’est ce dernier procédé qui était employé exclusivement jusqu’ici, tandis qu’il a réalisé la détente avec travail extérieur, ayant pu, grâce aux propriétés d’incongélabiiité de l’éther de pétrole, résoudre le problème de la lubrification de la machine de détente aux basses températures. L’air liquide s’est chargé ensuite de graisser la machine dès que la température de liquéfaction y est atteinte. 11 a pu obtenir alors la marche indéfinie des machines de détente à air liquide, dans des conditions de facilité et de régularité absolument comparables à celles des machines à vapeur, et avec des pressions de 50 à 40 atmosphères. Mais l’air liquide n’est pas un très bon lubrifiant, et l’autolubrili-cation comporte un certain relèvement des frottements et, par suite, la destruction d’une partie du liquide formé. De plus, l’air comprimé arrive à la machine au voisinage de sa liquéfaction; il en résulte que le travail d’expansion est notablement réduit. M. G. Claude a expliqué qu’il avait pu éviter ces inconvénients en envoyant l’air détendu sortant de la machine dans un liquéf'acteur, c’est-à-dire un faisceau tubulaire alimenté par une partie de l’air comprimé et froid du circuit d’alimentation de la machine. L’air détendu provoque la liquéfaction de cet air comprimé, se réchauffé jusque vers —140°, et en pénétrant à cette température, au lieu de —190°, dans l’échangeur, refroidit beaucoup moins l’air comprimé. Toute la liquéfaction s’accomplira dès lors dans le liquéfacteur ; c’est ce perfectionnement de la liquéfaction sous pression qui a rendu pratique la détente avec travail extérieur, et qui a triplé le rendement en air liquide.
- M. G. Claude expose que l’extraction de l’oxygène est basée sur la très grande différence des volatilités de l’oxygène et de l’azote. Dans l’évaporation de l’air liquide, l’azote part surtout au début, et l’oxygène à la fin. Mais ce procédé n’est pas économique si l’on n’obtient pas la récupération du froid de l’air liquide. Pour récupérer ce dernier, on provoque
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- l’évaporation de l’air liquide à l’aide d’air comprimé à 5 ou 4 atmosphères, déjà refroidi par sa circulation dans un échangeur en sens inverse des gaz vaporisés, dont il retient le froid. L’air comprimé se liquéfie alors en cédant sa chaleur latente de liquéfaction au liquide extérieur qui se vaporise; la quantité d’air liquide reconstituée est équivalente à peu de chose près à celle évaporée.
- Tous les procédés déjà connus nécessitaient la liquéfaction totale de l’air traité. Contrairement aux expériences de Dewar, M. G.
- Claude a montré que, comme pour tous les mélanges gazeux, la condensation de l’air est l’inverse de sa vaporisation et que si l’on fait liquéfier progressivement de l’air, les premières parties du liquide formé sont riches en oxygène. M. G.
- Claude a appliqué ce fait à la liquéfaction partielle avec retour en arrière : l’air froid sous pression, lors de son ascension dans un faisceau immergé dans le liquide à évaporer , se liquéfie partiellement, les parties liquides relluant, dès leur formation, en sens inverse des gaz ascendants, et les épuisant en oxygène. L’air à traiter abandonne alors un liquide qui détient la totalité de l’oxygène, et pouvant titrer jusqu’à 48 pour 100, tandis qu’il s’échappe un résidu gazeux constitué par de l’azote pur.
- Les procédés de vaporisation fractionnée fournissent de l’air suroxygéné; on obtient de l’oxygène pur en ayant recours aux procédés de rectification.
- Dans un système imaginé par M. R. Lévy, l’oxygène liquide pur se vaporise en provoquant la liquéfaction totale d’air froid sous pression; une partie de cet oxygène est envoyée directement aux appareils d’utilisation, le reste monte dans une colonne de rectification ordinaire en sens inverse, où s’écoule
- de plateau en plateau l’air liquide récupéré à 91 pour 100.
- Dans ce procédé, les deux tiers de l’oxygène de l’air traité sont recueillis à l’état pur; on lui reproche de laisser échapper en haut de la colonne de l’azote souillé de 7 pour 100 d’oxygène.
- M. G. Claude a pu arriver à retenir ces 7 pour 100 en combinant avec la rectification son procédé de retour en arrière.
- L’air à traiter arrive à la partie inférieure d’un
- faisceau immergé dans de l’oxygène liquide pur à évaporer. Cet oxygène, en montant dans le faisceau, se liquéfie partiellement et donne un liquide titrant 48 pour 100 et un résidu gazeux formé d’azote pratiquement pur. Ce dernier, pénétrant de haut en bas dans un second faisceau concentrique au premier, s’y liquéfie et donne de l’azote liquide.
- Le liquide formé dans le premier faisceau va se déverser à la partie médiane de la colonne de rectification.
- L’azote liquide est déversé au sommet de la colonne.
- Ainsi, M. G. Claude est arrivé, par des moyens très simples, à réaliser la séparation totale de l’air en oxygène pur et en azote pur. Deux appareils fonctionnent sur ces hases à l’usine de la Société l’Air Liquide à Boulogne-sur-Seine ; l’un produit par jour 700 m5 et l’autre 1000 m3 d’oxygène pur. La figure qui accompagne cet article nous fait voir ces appareils. L’usine, que nous venons de mentionner, aélé visitée, il y a quelques semaines, par les membres de l’Académie des Sciences, de la Société des ingénieurs civils de France et de la Société française de physique. J. Laffargce.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiüre, rue de Fleurus, 9.
- Appareils employés à l’usine de la Société l’Air liquide à Boulogne-sur-Seine pour la séparation de l’air en oxygène pur et azote pur.
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- Nc 1715. — 7 AVRIL 1906.
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- LES PISTOLETS AUTOMATIQUES
- On entend par pistolets automatiques des armes à répétition qui exécutent mécaniquement les diverses opérations du tir : ouverture et fermeture de la culasse, expulsion de l’étui tiré et chargement, ne laissant au tireur que le soin de viser et appuyer sur la détente pour faire partir le coup.
- Exempts des défauts présentés par les revolvers, les pistolets automatiques, dont les premiers modèles ne datent guère que d’une dizaine d’années, ont déjà supplanté les premiers dans plusieurs armées étrangères. Le principal reproche que l’on fait aux revolvers est de présenter une solution de continuité entre le barillet et le canon; au départ du coup, la fuite des gaz par cet intervalle est des plus préjudiciables à la portée et à la précision du tir. Si, par
- part du coup, le barillet se porte en avant pour emboîter le canon et supprimer le joint : la Russie et l’Autriche ont adopté des armes de ce système.
- En dépit de ce perfectionnement, le revolver avait encore un inconvénient : si le tireur, dans le tir intermittent, n’a qu’un léger effort à exercer sur la détente (4 kg environ), il lui faut employer, dans le tir continu, une pression beaucoup plus forte (7 kg), augmentation due à la rotation du chien et du barillet. Dans ces conditions, il est impossible d’ob-
- Fig. 2.
- Pislolel Browning' prêt ù tirer.
- Pistolet Browning modèle 1900. Vue d’ensemble.
- exemple, on supprimait le joint du revolver modèle 1892 de l’armée française, cejoint étant d’environ un quart de millimètre, la vitesse initiale de la balle augmenterait de 26 mètres. Déplus, en sortant dü barillet, la balle vient généralement buter contre la tranche postérieure du canon ; ce fait peut facilement se vérifier après un tir avec le revolver modèle 1892 : des bavures rougeâtres, qui sont des parcelles de cuivre arrachées à l’enveloppe des balles, se remarquent sur la tranche du canon.
- Toutes ces fuites de gaz et ces chocs répétés aboutissent, à la longue, au désassemblage des pièces du revolver et à sa mise hors de service. Divers inventeurs ont essayé de corriger ces défauts en construisant des revolvers dans lesquels, au moment du dé-31 aimée. — le‘ semestre.
- l'ig. 1.
- Pistolet Browning à la fin du recul.
- tenir un pointage bien lixe, surtout que les écarts sont encore augmentés par les déviations dues au recul. Cette défectuosité, qui tient à l’organisation même du revolver, ne pouvant être évitée, il a fallu chercher dans une autre voie la solution de la question.
- Ce problème a été résolu par la création d’une nouvelle espèce d’armes, obtenue en adaptant au pistolet ordinaire des mécanismes de répétition analogues à ceux des fusils et en employant la pression des gaz de la poudre pour en mouvoir les organes. Dans ces nouveaux pistolets, le canon fait Corps avec le logement de la cartouche sans solution de continuité; l’action du doigt sur la détente, pour faire partir le coup, n’exige qu’un effort léger, insuffisant pour déranger le pointage et le recul est nul ou à peu près. Au départ du coup, la pression des gaz sur le culot de l’étui fait reculer une culasse mobile ; celle-ci, en reculant, comprime un ressort récupérateur, lequel ramène ensuite la culasse en avant pour la refermer.
- La plupart des pistolets automatiques fonctionnent d’après ce principe : toutefois, tantôt le canon et la culasse sont mobiles et reculent ensemble,
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- tantôt le canon est fixe et la culasse seule recule. Dans le premier système, au moment où le pistolet est prêt à faire feu, le canon À et la culasse mobile B sont solidement réunis (fig. 4, a) ; au départ du coup, la pression des gaz sur le culot de l'étui chasse la culasse vers l’arrière et celle-ci entraîne avec elle le canon. Ce dernier est arrêté après un parcours de quelques millimètres (fig. 4, b), la culasse mobile s’en sépare et continue à reculer en vertu de la vitesse acquise, éjectant l’étui vide, armant le système de percussion et comprimant un ressort récupérateur R (fig. 4, b). Le recul de la culasse terminé, le ressort R se détend et la ramène en avant : alors, elle pousse dans la chambre la cartouche supérieure du magasin, puis fait avancer le canon à la position de tir en se réunissant à lui. Le tireur n’a plus qu’à appuyer sur la détente pour faire partir le coup et la série des opérations précédentes se répète jusqu’à épuisement du magasin.
- Fonctionnent de cette façon les pistolets Mausor, Browning grand modèle, Bergmann 1897, Borchardt,
- Le magasin étant approvisionné, pour commencer à tirer, il faut d’abord introduire une cartouche dans la chambre; il suffit de ramener la culasse mobile en arrière en la saisissant par ses cannelures extérieures (fig. 5) et de la lâcher ensuite; elle se referme en poussant dans la chambre la cartouche supérieure du magasin.
- Si, maintenant, le tireur presse sur la détente G, celle-ci pousse vers l’arrière une bride annulaire y (fig. 2) qui entoure la poignée, la dent postérieure de cette bride vient alors appuyer sur le bec de la gâchette S en faisant tourner cette dernière autour de son axe. Celte rotation abaisse la tête de gâchette qui se dégage du cran du percuteur; celui-ci, étant libéré, est entraîné en avant par le levier L et vient frapper l’amorce de la cartouche. Le levier L est actionné par la tringle r sur laquelle agit le ressort récupérateur qui, dans cette phase, fait office de ressort de percuteur. Au départ du coup, la culasse mobile est violemment chassée en arrière (fig. 1) en éjectant l’étui et comprimant le ressort récupéra-
- is- 5.
- G.
- Mannlicher, Schwarzlose, Kromar, Parabellum, etc.
- Dans le second système (fig. 5, a et b), le canon, qui est fixé sur la carcasse du pistolet, ne bouge pas au moment du tir et la culasse seule recule, fonctionnant comme dans les armes du premier système.
- A cette catégorie appartiennent les pistolets Bergmann 1896, Mannlicher 1900, et particulièrement Browning petit modèle. Ce dernier, adopté par l’armée belge, est des plus répandus : on peut en voir aux vitrines de presque tous les armuriers et plus de 100 000 exemplaires en ont été vendus; à ce titre, le pistolet Browning (fig. 3) mérite d’être décrit avec quelques détails.
- Dans la coupe longitudinale de la figure 1, on distingue : la poignée, qui sert de magasin et contient un chargeur de 7 cartouches, introduit par-dessous, et maintenu par le crochet u ; le canon B, vissé sur la carcasse ; la culasse mobile, présentant à l’avant un manchon composé de deux tubes : un tube inférieur qui enveloppe le canon et un tube supérieur C qui porte le guidon et contient le ressort récupérateur ; le tube supérieur forme fourche en arrière, le verrou V est fixé entre ses branches et peut glisser dans la boite de culasse, guidé par des nervures. A l’intérieur du verrou, se meut le percuteur P.
- leur ; celui-ci se détend, quand le tube inférieur qui enveloppe le canon vient buter contre la carcasse et arrêter le recul, et ramène la culasse en avant : la cartouche supérieure du magasin est poussée dans la chambre par le verrou V qui se referme. Le percuteur P est arrêté au passage par la tête de gâchette et l’arme se retrouve dans la position de la figure 2. Il suffit de laisser la détente revenir en avant et de la presser ensuite pour faire partir le second coup, et ainsi de suite jusqu’à épuisement des sept cartouches du magasin.
- L’arme chargée peut être transportée sans danger de départ accidentel en utilisant un dispositif de sécurité représenté à l’extérieur par un levier (fig. 3) qui sert à manœuvrer une tige cylindrique à deux méplats v, placée dans une échancrure de la gâchette S (fig. 2 et 1). Placée comme le montrent ces deux figures, la tige de sûreté v permet au verrou de glisser au-dessus d’elle et ne gêne pas le mouvement de rotation de la gâchette ; il n’en est plus de même quand on déplace le levier vers le haut : l’arrondi de la tige se place dans une encoche du verrou, rendant impossible l’ouverture de la chambre et vient en même temps en contact avec le bec de gâchette, l’empêchant de tourner et, par
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- suite, à la tête de gâchette de s’échapper du cran du percuteur.
- Le pistolet Browning a un calibre de 7,65 mm; il pèse vide 615 grammes et la vitesse de la balle est de 212 mètres à 10 mètres de la bouche. Les sept cartouches du magasin peuvent être tirées en une seconde et demie.
- C’est une arme de construction simple et robuste, légère et fafcile à loger en raison de sa forme aplatie : ce sont ces qualités qui en ont lait le succès.
- Il y a lieu de remarquer que, dans le Browning, la culasse n’est pas calée : l’inertie du bloc de culasse et la résistance du ressort récupérateur laissent à la balle le temps de sortir du canon avant tout recul du verrou.
- La fermeture sans calage est plus spécialement le propre des pistolets destinés à la défense rapprochée qui ne tirent pas avec une grande vitesse initiale. Il n’en est pas de même pour les pistolets à grande puissance dont les vitesses atteignent jusqu’à 500 mètres; on doit y ajouter une pièce de calage qui ne permet au verrou de se séparer du canon qu’après la sortie de la balle. Ainsi, dans le pistolet Mauser, modèle 1902, la balle parcourt l’âme en quatre dix-millièmes de seconde, temps pendant lequel le canon et la culasse reculent de 1,12 mm et la séparation de ces deux pièces ne se produit qu’après un recul de 5 millimètres ; la sécurité est ainsi complète.
- En dehors des systèmes indiqués cï-dessus, il y a encore des pistolets automatiques qui fonctionnent d’après deux autres principes.
- D’abord la catégorie des pistolets à canon avançant (fig. 6) : l’obturateur B est fixe; au départ du coup, le canon est entraîné en avant par la balle qui force dans les rayures (fig. 6, b). Ce système est peu employé et n’est guère représenté que par le Mannlicher 1894. Enfin, les pistolets à emprunt de gaz, comme le pistolet Clair; mais cette utilisation de la force des gaz, pratique pour des fusils, ne l’est pas du tout dans des pistolets.
- 1 Les pistolets automatiques, actuellement adoptés par les armées étrangères, sont généralement destinés à l’armement des officiers et des troupes spéciales. Nous citerons : en Belgique, le Browning petit modèle, décrit ci-dessus; en Bulgarie, Suisse, Allemagne, États-Unis et Argentine, le Borchard-Lueger; en Allemagne, Italie et Angleterre, le Mauser 1896; en Espagne, le Bergmann 1905. L. G.
- Comment on conserve
- LES FRESQUES DE POMPÉI
- Depuis cent cinquante-huit ans qu’on fouille Pom-péi, on n’en a encore déterré qu’environ la moitié. On suppute que soixante-dix ans encore sont nécessaires, au taux de la vitesse du travail depuis 1875 *,
- 1 Sur les fouilles effectuées de 1861 à 1900, Y. Fiorelij, Gli Scavidi Pompei dal 1861 al 1872 et Sogliano gli Scavi
- pour déblayer le surplus. Chaque année n’apporte point un contingent égal d’heureuses trouvailles. Et, parmi les dernières campagnes, on a signalé surtout les admirables maisonsdes noces d’argent (avril 1895), fouillées à l’occasion du 25e anniversaire du mariage du roi Humbert et de la reine Marguerite, des Yettii (août 1894 à juin 1895), et les 700 peintures trouvées de 1875 à 1890. Pour ceux qui n’ont pas vu Pompéi ou qui l’ont visité il y a plus de douze ans, il est bon de signaler la luxueuse publication dont les premiers fascicules viennent de voir le jour à Naples, sous le nom de Monumenla Pompeiana et sous la forme de grandes livraisons in-folio, avec de magnifiques planches en couleurs et un texte explicatif en quatre langues. Editée par le Conun. N. Lecaldano, cette description de Pompéi s’arrêtera à la maison des Vettii incluse (par laquelle débute justement le premier fascicule), les fouilles postérieures à 1895 devront être plus tard l’objet d’un deuxième ouvrage semblable. Pour le moment, et pour quiconque n’a pas eu la jouissance artistique et historique de contempler sur place la merveille de cette antique demeure romaine, les Monumenla Pompeiana démontrent à souhait l’énorme avantage des actuels procédés de fouille et de conservation, spécialement en ce qui touché les délicates fresques ou peintures murales qui ornaient toutes les maisons de Pompéi, mais nulle part avec autant de variété et de profusion qu’à celle des Yettii. Jadis, quand on mettait au jour une de ces fresques, on découpait en entier le panneau de muraille qui la supportait et on la transportait au musée Bourbon de Naples pour en assurer la conservation; maintenant on n’éventre plus les murs par ces grands trous remplis ensuite avec de l’affreux ciment blanc. On laisse les peintures sur place, quitte à clore l’immeuble ou à le pourvoir d’un gardien contre les dépradations des visiteurs. Ce point n’était pas d’une exécution difficile. Plus complexe était la protection contre les intempéries. Nous avons eu la curiosité de demander au comm. N. Lecaldano quels moyens on mettait techniquement en œuvre pour assurer cette protection et voici les renseignements qu’il a bien voulu nous adresser.
- Les procédés matériels de conservation des fresques pompéiennes varient selon les cas. Si la peinture se trouve sur une paroi sèche, il suffit, pour la garantir, de couvrir la pièce et de passer dessus, surtout dans la saison d’été, une solution de cire et de benzine purifiée, très efficace, comme l’expérience l’a démontré, pour conserver et raviver les couleurs.
- Mais malheureusement la plupart des parois pompéiennes sont exposées à être détériorées par l’humidité. Pour en combattre les effets, la couverture de la pièce ne suffit plus ; il faut en outre isoler du sol la paroi peinte, et substituer à l’ancienne ma-
- di Pompei dal 1872 al 1900 (direction. Ruggiero et de Petra) dans les actes du Congrès international des sciences historiques de 1905 à Rome, t. V, Archéologie, p. 295-349.
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- i’iy. 1. — l'ompéi; la maison des Yellii; le péristyle.
- çonnerie, où adhère la .peinture, une maçonnerie en avec des lames de plomb, soit avec des briques briques modernes. L’isolement du sol s’obtient soit creuses, soit par tout autre système analogue. Quand
- Fig. 2. — Le taureau de Phalaris.
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- l’état de la paroi ou même du batiment entier ne d’abord la peinture avec un châssis adhérent, capa-saurait autoriser le maintien de la fresque sur place, ble de retenir l’ouvrage'en place. Ensuite, au revers
- Fig. 3. — Agamcmnon et la biche sacrée.
- Fig. 4. — Iphigénie en Tauride. (D'après les Monurnenta Pompeuina.)
- Fig. 5. — Salle à manger de la maison des Vetlii.
- et s’il s’agit d’une peinture importante pour l’art ou l’archéologie, on a recours au décroûtement moyennant un procédé aussi simple que sûr. On renforce
- de la fresque, on démolit avec de grandes précautions la vieille maçonnerie jusqu’à mettre à découvert l’enduit extérieur, puis l’on y substitue du plâ-
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- tre à prise rapide. L’enduit adhère promptement au plâtre durci, et par là la peinture se détache de la paroi et peut être, au besoin, transportée dans un musée quand il est tout à fait impossible de la laisser en place. Un cas qui se présente assez fréquemment à Pompéi, sous l’influence de l’humidité, c’est que l’enduit se détache de la maçonnerie et entraîne la chute de la peinture; pour l’éviter, on est parvenu à introduire délicatement dans l’interstice, entre la vieille muraille et la couche d’enduit, une coulée de ciment, qui empêche cette sorte de dégradation.
- Il va sans dire que ces manipulations, non moins délicates que les rentoilages de tableaux, ne s’exécutent pas aussi sommairement que nous venons de les résumer.
- C’est surtout leurs résultats matériels que nous tenions à signaler, la conservation et le maintien en place de ces curieuses et fines décorations dont nos gravures donnent une idée.
- Deux reproduisent une planche des Monumenta Pompeiana et les trois autres sont des photographies que nous avons prises sur place en 1903, avec une autorisation spéciale du ministère de l’instruction publique d’Italie. On y voit quelle illusion de vie actuelle, quoique d’un autre âge, y est procurée par l’étonnante et prestigieuse maison des Vettii.
- La série des frises qui représentent des bandes d’amours voués à diverses occupations : vendangeurs, foulons, forgerons, médecins, fleuristes, etc., est spécialement charmante. Rien de plus gracieux que ces fines décorations sur fond noir.
- Notre figure 1 (péristyle) montre comment on rétablit maintenant, à l’emplacement même qu’ils occupaient jadis, tous les objets retrouvés, tables, consoles, bassins, statuettes; on replante même les jardins et on ranime les fontaines et les jets d’eau, bien souvent en utilisant les anciennes conduites de plomb! Ainsi ressuscite toute la vie luxueuse des Romains !
- Sur la figure 2, le principal sujet est le taureau d’airain où Phalaris, tyran d’Àgrigente, faisait brûler ses ennemis.
- La figure 5 déroule au pourtour d’une pièce qui a pu être une salle à manger : Hercule enfant étouffant les serpents envoyés par Junon pour le tuer, Penthée déchiré par les Racchantes, le supplice de Dircé, fille du Soleil, attachée au taureau furieux par ses beaux-fils Amphion et Zéthus. Parmi les détails, dans la grande salle aux amours, nous reproduisons (d’après les Monumenta Pompeiana) deux sujets particulièrement jolis : Agamemnon voulant tuer la biche sacrée du temple de Diane (fig. 3) ; Iphigénie en Tauride, sauvant Oreste et Pylade condamnés 'a mort par le roi Thoas (fig. 4) ! On distingue dans la partie de la fresque qui manque, l’enduit de restauration dont nous avons parlé plus haut. On juge du soin et de la patience nécessaires pour revivifier ainsi ces fragiles œuvres dé plus de 1800 ans.
- E.-A. Martel.
- L’HÉROINOMANIE
- La morphine et les dérivés de l’opium sont des agents merveilleux; la souffrance, grâce à ce suc du pavot, est calmée pour de longues heures et les pires douleurs trouvent dans leur emploi un certain degré d’accalmie. Mais si la morphine est un de ces agents bienfaisants de la thérapeutique, quels ravages n’a-t-elle pas produits depuis l’invention de la petite seringue de Pravaz et depuis l’introduction en thérapeutique de l’usage des injections sous-cutanées. Les morphinomanes sont devenus légion et je ne connais pas de maladie ou de manie plus difficile à faire disparaître. Pour guérir les morphinomanes on imagina, lorsque la cocaïne fut découverte, de la substituer à la morphine. C’était tomber de Charybde en Scylla; le résultat ne se fit pas attendre. Les morphinomanes furent bientôt ou des cocaïnomanes- ou à la fois les deux.
- Revenus de cette erreur, quelques médecins conseillèrent, et ils le faisaient en toute sincérité, de recourir à une autre substance que la chimie venait de retirer des produits de l’opium. En donnant la cocaïne, on avait espéré, et l’erreur était jusqu’à un certain point légitime, supprimer net et en peu de temps la morphinomanie, car si les deux corps étaient toxiques, ils étaient de constitution chimique absolument différente. L’héroïne, qui fait parler d’elle depuis quelque temps, diffère peu de la morphine, en ce sens que c’est un produit de la même série au point de vue chimique; c’est un éther diacé-tique de morphine. L’héroïne est beaucoup plus active que la morphine; il faut des doses moitié moindres pour amener l’analgésie. C’est un médicament à manier avec grande prudence. Aussi s’est-on trouvé aux prises avec des accidents bien plus rapides quand on a cherché à substituer l’héroïne à la morphine pour la cure de la morphinomanie ; on n’a fait que créer une autre variété d’intoxication, l’héroïnomanie.
- Cette manie, sur laquelle le Dr Sollier appelle l’attention, est plus grave que l’abus de la morphine. L’héroïne semble bien plus toxique pour les malades non seulement à doses similaires, mais à doses moindres : on voit des morphinomanes résister cinq, six ans à des doses colossales de 2 à 3 grammes de morphine; les héroïnomanes résistent beaucoup moins longtemps et avec moitié de ce chiffre. On croit diminuer le degré de l’intoxication par la diminution de la dose du toxique, en prenant, je suppose, 50 centigrammes d’héroïne au lieu de 1 gramme de morphine. Mais le bien-être procuré par l’héroïne, l’euphorie, comme on dit en terme médical, est bien inférieure à celle de la morphine, alors les doses croissent aves plus de rapidité, les injections se font de plus en plus nombreuses et de plus en plus fortes et le mal qu’on croyait guérir n’a fait qu’empirer en changeant de nom. Ajoutons, d’après les observations de notre confrère qui a l’expérience de ces tristes sujets, que l’accoutumance se fait de même que pour la morphine, que le besoin devient chaque jour tout aussi impérieux, mais que la guérison en est bien plus difficile. La méthode de traitement par le sevrage rapide, diminution brusque des hautes doses présente, avec l’héroïne, des inconvénients plus graves qu'avec la morphine ; cela tient à ce que l’héroïne agit sur la circulation et la respiration tandis que la morphine agit sur les centres nerveux et l’appareil digestif.
- Cocaïne, héroïne, et les autres composés similaires ne valent pas mieux que la morphine; que dis-je, ils valent moins. Inutile donc de tâcher de guérir les malades par cette pratique. Dr À. Cartaz.
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- LE MUSÉE OCÉANOGRAPHIQUE DE MONACO
- Il nous a paru intéressant de donner aux lecteurs de La Nature quelques renseignements sur le Musée océanographique de Monaco, au moment où vont se tenir, dans ce monument grandiose, les séances du XIIIe Congrès international d’Ànlhropologie et d’Ar-chéologie préhistoriques (du 16 au 21 avril).
- Le Musée occupe l’extrémité Est des jardins Saint-Martin, sur le rocher de Monaco, h l’ancien emplacement de la poudrière et d’un petit musée disparu. Il est établi sur une forte déclivité du rocher au moyen de solides fondations qui descendent presque jusqu’à la mer et sur des terrains jusqu’ici inutilisables ; de celte façon le Prince de Monaco a réussi à maintenir l’intégrité des jardins magnifiques situés près du Musée.
- La construction, élevée sur les plans de M. Dèle-fortrie, l’architecte distingué dont cette œuvre va exalter le mérite, est entièrement en pierre de la Turbie, calcaire secondaire extrêmement résistant et dont le grain se rapproche beaucoup de celui de la pierre lithographique; seules quelques pièces, telles que les colonnes monolithes de la façade, viennent de Brescia, mais elles, sont encore de même nature.
- Le Musée est une construction allongée, orientée suivant une direction à peu près nord-est-sud-ouest. Il mesure 100 m. de longueur; la partie centrale, de 20 m. de long sur 20 m. de large, est continuée de chaque côté par une aile de 40 m. de long sur 15 m. de large. Cette disposition et ces dimensions sont les mêmes pour tout l’édifice, seule la largeur est différente pour les deux sous-sols. L’entrée se trouve sur l’avenue Saint-Martin et donne accès dans un vestibule situé dans l’avant-corps, partie saillante de la portion centrale du Musée, et qui contient les escaliers conduisant à l’étage supérieur ou premier étage. Du vestibule, où s’ouvre l’entrée du Musée, on passe dans la grande salle centrale du rez-de-chaussée, salle de réception, de chaque côté de laquelle se trouve une salle d’exposition pour les collections. C’est dans la salle du côté Est que se tiendra le Congrès, tandis que la salle du côté Ouest sert actuellement d’atelier pour la construction de l’hélicoptère de M. Léger. Ce rez-de-chaussée, situé à 55 m. à pic au-dessus du niveau de la mer, a 7 m. de hauteur. Le premier étage, de 11 m., est pourvu d’une galerie intermédiaire entre le plancher et le plafond et courant autour des différentes pièces dont la disposition est la même qu’au rez-de-chaussée. Ces deux étages sont destinés à l’exposition des collections et des engins ainsi que nous le verrons plus loin. A chaque étage les portes des deux salles latérales seront disposées de telle sorte que les trois salles d’un même étage pourront à volonté n’en faire qu’une seule, de 100 m. de long par exemple à l’occasion d’un Congrès ou dans des circonstances spéciales.
- Les deux étages inférieurs, ou soi-disant sous-sols,
- donnant directement sur la mer, sont parfaitement éclairés. La figure 2 montre l’extrémité Ouest du Musée : on peut y reconnaître les quatre étages que nous venons d’énumérer, depuis le sous-sol inférieur jusqu’au premier étage qui est surmonté d’une immense terrasse de 1500 m. carrés, terrasse dont l’attiquesera à 75 m. à pic au-dessus de la mer.
- L’ailé Ouest du sous-sol inférieur constitue un grand atelier haut de 5,40 m. représenté par la figure 4 et destiné à divers travaux plus ou moins grossiers, mais surtout au montage des grands animaux : poissons de grande taille, cétacés, phoques, etc. La photographie ci-jointe montre au premier plan une série de vertèbres d’un grand balénoptère de la Méditerranée, et, plus loin, le squelette d’un orque de 6 m. de longueur capturé par le Prince aux environs de Monaco. L’atelier possède un moteur à gaz qui commande divers outils nécessaires au montage des pièces; au-déssous se trouve une pièce annexe largement aérée contenant des bassins de macération où l’on peut recevoir le squelette entier d’un grand cétacé.
- L’aile Est de ce sous-sol inférieur forme une grande salle destinée aux aquariums. Ceux-ci, de dimensions variées, forment d'abord une rangée de 9 bassins de 1 m. à 5 m. de longueur et 0,75 m. de hauteur. La figure 1 représente le contenu d’un de ces aquariums : congres, anguilles, murènes, d’après une photographie au magnésium. A l’extrémité de celte première rangée d’aquariums s’en trouve un de 6 m. de long sur 1,25 m. de hauteur et 2 m. de profondeur, capable de contenir des poissons de grande taille; à côté est un bac de 6 m. sur 5 m. et 0,60 m. de profondeur où s’ébattent deux tortues de mer (Thalassochelys caretta) rapportées des Açores en 1896 par le Prince et dont l’une a passé dans cet intervalle de temps de 5 à 40 kg.
- Une grande table en ciment armé, portée par une armature de fer et mesurant 21,40 m. de longueur sur 0,87 m. de largeur, court parallèlement à la première rangée d’aquariums entre cette rangée et les fenêtres. Elle constitue une table-évier destinée à porter un grand nombre d’aquariums mobiles de dimensions variées dont les trop-pleins se déversent directement sur la table ; grâce à une pente convenable toutes les eaux sont amenées à un déversoir central. Ces aquariums d’étude, bien éclairés, permettront une foule de recherches physiologiques et biologiques intéressant l’océanographie. Enfin une série de bacs en ciment armé, de 2,10 m. sur 1,10 m . de large et 0,60 m. de profondeur, est disposée parallèlement à la table, près des fenêtres. L’eau de mer est envoyée à 64 m. de hauteur par deux pompes installées au pied du musée dans une chambre spéciale, et qui sont actionnées par l’électricité du tramway; du bassin où elle est reçue l’eau va aux aquariums avec une chute de plusieurs mètres qui permet l’aération automatique des bassins, par le
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- Fin'. 1. — Murènes, congres dans un des aquariums.
- mécanisme de la trompe à eau, sous forme d’une injection constante d’air pulvérisé.
- Un grand nombre d’animaux, dont la liste serait trop longue, vivent dans les aquariums ou dans les bacs. Le sous-sol supérieur a 3,90 m. de hauteur. 11 a comme le précédent 100 m. de longueur et contient des salles destinées à la préparation des collections, à leur magasinage, divers laboratoires, en particulier le laboratoire de chimie représenté par la figure 3. En outre plusieurs cabinets de travail sont à la disposition des personnes qui veulent consulter les collections ou qui désirent entreprendre des études se rapportant à l’océanographie. Une bibliothèque spéciale occupe la salle centrale de cet étage qui contient aussi un grand laboratoire de photographie.
- Les sous-sols sont complètement aménagés ; les deux étages supérieurs destinés au public ne pourront être installés que lorsque la construction sera entièrement terminée. C’est là que seront exposés les objets qui se rattachent de plus ou moins près à l’océanographie : les appareils qui servent aux recherches, les résultats obtenus, etc.
- Tels sont : les différents modèles de flotteurs et d’appareils employés pour étudier les courants de surface et de profondeur, les diverses espèces de machines à sonder et des sondeurs avec les échantillons rapportés du fond : vases, sables, roches, jusqu’à des fragments de tuyau de pipe habités par des vers; les bouteilles à eau destinées à prendre des échantillons
- d’eau à une profondeur déterminée en même temps que leur température, les thermomètres, les densimètres, etc., de façon à permettre l’étude de la densité et la composition chimique des diverses couches d’eau ; les instruments au moyen desquels on étudie la pénétration de la lumière dans la profondeur, etc.
- Viennent ensuite les appareils destinés à la capture des animaux et dont plusieurs ont été imaginés ou modifiés par le Prince ou ses collaborateurs : filets pélagiques ordinaires, filets llensen, filets verticaux à large ouverture, chaluts de surface, filets fins pour recueillir le plankton pendant la marche du navire; dragues, chaluts, nasses, etc. ; treuils, bobines, cables. Tout cet outillage figurera dans le musée soit en nature, soit sous forme de modèles réduits.
- Mais la partie la plus considérable comprendra les collections zoologiques recueillies au fond de la mer, à sa surface, ou entre deux eaux pendant les
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- Fig. 5. — Laboratoire de chimie du Musée.
- Fig. 4. — Atelier de montage du Musée océanographique.
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- campagnes scientifiques du Prince, particulièrement les animaux des grands fonds, carie Prince de Monaco en a recueilli jusqu’à plus de 6000 mètres de profondeur. D’ailleurs le Musée ne renfermera pas seulement les matériaux recueillis depuis 1885 par Y Hirondelle et par la Princesse-Alice, mais une foule d’autres obtenus par voie d’échanges ou autrement et provenant de toutes les mers du globe. Un grand nombre de cartes, de graphiques, de photographies, etc., compléteront la série des documents océanographiques, à côté des aquarelles faites d’après les animaux vivants.
- Reportons-nous à la figure 2, le mot Albatross est inscrit au-dessous du couronnement : c’est le nom d’un navire américain célèbre en océanographie : de même les noms de divers navires appartenant aux nations qui ont fait exécuter des recherches océanographiques figurent en haut de la façade principale du Musée, tels le Talisman, le Challenger, la Val-divia, etc. h'Hirondelle et la Princesse-Alice auront leur nom inscrit de chaque côté du fronton de l’avant-corps, au-dessus de chacun des groupes allégoriques dus au ciseau du statuaire M. Dussart. Ces groupes, qui ont 8 mètres de hauteur, représentent La Vérité dévoilant à la Science les forces du monde et le Progrès venant au secours de l’Humanité. Autant par le caractère grandiose et hardi de sa construction que par sa destination spéciale, le Musée océanographique de Monaco constitue un monument unique. C’est là une œuvre durable personnelle et caractéristique du Prince Albert Ier pour qui tous les hommes de science éprouveront un profond sentiment de reconnaissance.
- D1' Jules Richard.
- La Répartition Géologique
- DES ÉLÉMENTS CHIMIQUES
- Un ensemble d’études sur les roches éruptives et sur les gîtes métallifères m’a amené à une loi simple, dont les conséquences physiques et chimiques sortent du domaine technique et qu’il peut y avoir, dès lors, intérêt 'a exposer ici sous une forme succincte, en insistant sur quelques considérations nouvelles.
- L’énoncé de cette loi est le suivant : « Tout se passe comme si, dans la Terre incandescente, avant sa solidification, les éléments chimiques s’étaient trouvés écartés du centre en raison inverse de leur poids atomique, c’est-à-dire comme si les atomes, dissociés et libres de toute combinaison chimique à de très hautes températures, avaient été uniquement et individuellement soumis à l’attraction universelle et à la force centrifuge. »
- La démonstration de cette loi, dont je ne puis donner ici que le principe général1, a consisté à établir d’abord, en dehors de toute considération chimique, par la seule géologie, Tordre de superposition initial qui paraît avoir existé pour les éléments chimiques de la Terre et à com-
- 1 Voy. pour la discussion détaillée de celte théorie, L. De Launay, la Science géologique, ch. XV (Armand Colin, 1905).
- parer la liste ainsi obtenue avec celle des poids atomiques que Ton trouve dans les traités de chimie.
- La géologie détermine, pour les éléments chimiques, quelques groupements très nets et connus avec une grande certitude, qui sbnt les suivants :
- 1° éléments de l’atmosphère et des eaux : hydrogène, azote et oxygène ;
- 2° écorce silicalée (roches et terrains sédimentaires) ; silicium, aluminium, sodium, potassium, magnésium, calcium ;
- 5° minéralisateurs : chlore, soufre, phosphore, etc. ;
- 4° gîtes métallifères de ségrégation ignée 1 : fer, manganèse, nickel, cobalt, chrome, titane, vanadium;
- 5° gîtes (iloniens reliés aux ségrégations basiques : cuivre;
- 6° gîtes métallifères filoniens : zinc, plomb, antimoine, argent, mercure, bismuth, tungstène, or, uranium et radium.
- On est en droit de discuter sur la position relative des trois groupes intermédiaires 5, 4, 5 et Tordre, dans lequel je viens de les énumérer, n’a pu être établi que par un examen approfondi des faits relatifs aux gîtes métallifères, pour lesquels j’ai proposé le nom général de métallogénie; mais la répartition des éléments entre les divers groupes est fondée sur un si grand nombre d’observations qu’elle n’est guère contestable.
- Il est, par exemple, absolument certain que toute l’écorce terrestre est un silicate d’alumine, de fer, de chaux, de magnésie et d’alcalis, où interviennent seulement pour environ 1 pour 400 de substances étrangères. Après l’oxygène, qui en forme à peu près la moitié, le silicium y entre pour 28 pour 400, l’aluminium pour 8 et le fer, dont la très grande abondance profonde entraîne la diffusion universelle, pour 4,70. C’est une scorie métallurgique, produite par l’oxydation d’un bain métallique très simple, par la combinaison de ses métaux avec l’oxygène de l’atmosphère superficielle et des eaux.
- De même le rôle des métalloïdes, que Ton appelle les minéralisateurs (chlore, soufre, phosphore) est très bien connu. On retrouve ces métalloïdes associés à toutes les phases des cycles nombreux que les éléments chimiques peuvent accomplir sans cesse par suite des actions de tous genres auxquelles notre globe est constamment soumis : aussi bien dans l’eau de la mer ou dans les fumerolles volcaniques que dans la cristallisation des roches et des filons.
- Les gîtes métallifères de ségrégation ignée constituent, eux aussi, un groupe parfaitement caractérisé, dans lequel les métaux, tels que le fer, le nickel et le chrome, arrivent à se concentrer assez pour devenir exploitables et cette concentration est toujours accompagnée par une abondance relative d’éléments, qui semblent d’ordinaire plus exceptionnels, tels que le titane et le vanadium, placés plus haut dans le même groupe.
- Enfin les filons métallifères, où les métaux ont été déposés dans les fissures des terrains par la circulation d’eaux chaudes métallisées en profondeur, forment, comme chacun le sait, le gisement ordinaire des métaux constituant le sixième groupe.
- Sans insister davantage, on peut maintenant comparer avec une liste des poids atomiques, qui donne (simplement par ordre numérique) :
- 4° hydrogène (4), azote (44) et oxygène (46);
- 1 On entend, par gîtes de ségrégation, les concentrations métallifères qui ont pu se produire sur certains points des roches éruptives pendant leur cristallisation.
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- 2° sodium (23), magnésium (24), aluminium (27) et silicium (28) ;
- 3° phosphore (31), soufre (32), chlore (34);
- 4° titane (48), vanadium (51), chrome (52), manganèse (54), fer (56), nickel et cobalt (59);
- 5° cuivre (64);
- 6° zinc (64), argent (108), antimoine (120), tungstène (184), or (197), mercure (200), plomb (207), bismuth (208), radium (225), uranium (239).
- Les six groupes, on le voit, coïncident exactement et l’ordre de superposition théorique annoncé au début semble donc en résulter. On peut alors tirer de notre loi diverses conséquences, dont je vais seulement indique les principales. Par exemple, les métaux rares des filons (groupe n° 6), que toutes les éludes de métallogénie conduisent à rattacher aux roches éruptives, nous apparaissent ainsi comme des indices, exceptionnels à la surface, d’un état de choses sans doute beaucoup plus général à quelques kilomètres de profondeur. Il est logique de supposer que la complexité de notre écorce superficielle, résultat de toute la suite des mouvements reconnus par l'histoire géologique, doit cesser à une assez faible distance de la surface et qu’à cette profondeur un milieu métallique, avec lequel nos communications sont tout à fait accidentelles, doit présenter un équilibre plus simple et plus permanent. Les éléments de ce milieu métallique, soustraits au trouble introduit par les bouleversements violents de la superficie, peuvent y exister liquatés d’une façon plus théorique par l’effet des forces diverses, telles que l’attraction universelle et la force centrifuge auxquelles ils demeurent soumis. Ces métaux profonds, nous ne les connaissons donc que par hasard lorsqu’une bouffée de gaz, un départ de fumerolles, amenés par l’intervention des éléments désignés plus haut sous le nom de mi-néralisateurs, produit leur montée vers la superficie et leur cristallisation dans les filons. On s’explique alors comment il existe, entre la rareté d’un métal et sa densité, une si curieuse coïncidence : les métaux filoniens étant, à affinités chimiques égales, d’autant plus rares qu’ils sont plus denses.
- Les derniers métaux de cette série seraient alors les plus profonds et, quand on est arrivé à une telle idée par une voie purement géologique, il devient bien curieux de trouver tout au bout de la liste, parmi les éléments qui seraient donc les plus profonds de tous, et qui nous apporteraient dès lors un témoignage des états singuliers pris par la matière dans les profondeurs de la Terre, cet énigmatique uranium avec son dérivé fidèle le radium : cette famille d’éléments chimiques, à vie particulièrement courte, à évolution particulièrement rapide, où l’énergie, résultant de la compression interne, semble s’être emmagasinée d’une façon instable à l’état de potentiel pour se dépenser plus tard spontanément en chaleur et en lumière.
- Est-ce là le seul cas d’une évolution accomplie dans la nature des éléments chimiques, depuis l’instant où ils se sont fixes en un point de l’écorce? J’ai déjà indiqué autrefois, ici mêmei, la possibilité que certaines associations minéralogiques constantes, certains groupements de métaux, dans lesquels la proportion de l’un ne dépasse jamais un maximum donné, certaines séries chimiques où les poids atomiques des éléments semblent liés par une loi numérique, aient une origine semblable. On peut songer à invoquer de telles considérations pour expliquer
- 1 La géologie du radium et l'évolution de la matière (n° 1667, 6 mai 1905).
- la présence anormale de te) mêlai secondaire dans un de nos six groupes géologiques, auquel son poids atomique n’aurait pas paru devoir le faire attribuer, mais où il suit un métal principal comme son chef de file. Il ne paraît pas cependant qu’il y ait lieu de pousser cette idée encore plus loin et de supposer tous nos éléments chimiques dérivés d’une matière primitivement unique, dont les caractères actuels proviendraient précisément de la place qu’elle aurait prise par rapport au centre de la Terre et de la forme d’énergie interne qui en serait résultée. S’il est permis d'aventurer une hypothèse dans une matière aussi terriblement obscure, l’existence individuelle de nos principaux éléments chimiques paraît être plutôt antérieure à la consolidation de la Terre et, par conséquent, leur durée de vie (si tant est que F évolution se poursuive de l’un à l’autre) supérieure aux périodes sur lesquelles nous pouvons raisonner. Car ce sont ces mêmes éléments que l’analyse spectrale retrouve à la périphérie de tous les astres dans l’univers et il ne semble pas qu’une loi préside à leur proportion. L. De Launay.
- SUR QUELQUES EAUX MINÉRALES
- des Pumades
- La station minérale des Fumades, dans le département du Gard, comprend actuellement une dizaine de sources ; parmi celles qui sont exploitées, les plus employées sont la source Romaine et la source Zoé.
- La première est située vers le milieu du jardin d’agrément de l’établissement thermal. On arrive au puits par un orifice pratiqué au-dessus ou par une canalisation voûtée où passent trois conduits en plomb amenant l’eau aux cabines pour bains. L’eau, qui dégage une forte odeur sulfureuse, se trouve à plus de 2 mètres au-dessous du niveau du sol; on la puise à volonté au moyen d’une pompe à bras.
- La source Zoé est jaillissante et est recouverte par une construction en pierre servant d’abri aux buveurs.
- Depuis longtemps, il est d’usage d’employer la source Romaine à la véritable médication des Fumades, externe et interne, tandis que la source Zoé sert comme boisson de table, servant d’adjuvant au traitement.
- Ces applications ne reposaient jusqu’ici sur aucune donnée scientifique précise; aussi MM. Astruc et Delorme ont-ils, avec raison, trouvé intéressant d’examiner si la constitution minérale de ces deux sources justifiait bien leur manière d’emploi.
- Les analyses, effectuées avec soin, ont montré que ces eaux sont sulfatées, calciques et magnésiennes, faiblement chlorurées, ne renfermant pas de sulfure, mais bien de l’hydrogène sulfuré libre dissous et un peu d’hy-posulfite ; mais il existe une différence considérable entre les deux sources étudiées quoique leurs points d’émergence soient distants seulement de 200 mètres environ. Tandis que la source Romaine possède une minéralisation très élevée de 3gr,3949 par litre, la source Zoé est presque quatre fois moins riche avec un résidu sec de O8',9786 par litre. Ces deux sources sont aussi sulfureuses à des degrés très divers, le puits Romain renfermant 21 milligrammes et la source Zoé 1 milligramme d’hydrogène sulfuré libre par litre.
- Ces résultats s’accordent bien avec l’expérience clinique; et justifient l’emploi différent de l’eau de chaque source. A. Hébert.
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- LA NATURE.
- ÉCLAIRAGE DES WAGONS PAR LE SYSTÈME STONE
- Parmi les nombreux systèmes proposés pour l’éclairage des wagons de chemin de fer, on a vu figurer depuis longtemps celui qui consiste à utiliser l’essieu du wagon comme moteur pour actionner une dynamo génératrice ; de celte façon chaque voiture est autonome. On comprend tout de suite qu’un tel système présente comme principal inconvénient la variation de tension aux bornes de la dynamo, résultant de la vitesse variable à laquelle tourne l’essieu moteur. Il y a plusieurs solutions qui permettent, malgré cela, d’avoir un éclair âge régul i cr, même pendan t les arrêts ; mais nous ne croyons pas qu’il y en ait de moins compliquée, et en même temps de plus ingénieuse, que celle du système Slone, qui est basée simplement sur le glissement de la courroie se produisant automatiquement à un moment donné. A cet effet, on a muni l’un des essieux d’une poulie à gorge B sur laquelle passe une courroie; la dynamo est suspendue à un solide cadre métallique, en fer forgé, amovible autour d’un axe horizontal fixé au châssis de la voiture. —
- Le point de suspension A de la dynamo (fig. 1) est choisi de façon que celle-ci soit légèrement inclinée, et exerce par son poids sur la courroie un effort constant, qui suffit, pour une vitesse déterminée, à transmettre, sans glissement, à la dynamo la puissance voulue. Un système de réglage à la main (non représenté sur la gravure) permet de faire varier, au moment de l’installation, soit le point de suspension, soit l’inclinaison de la dynamo, en raison de la vitesse moyenne à laquelle le wagon est destiné à rouler en marche normale. On conçoit que, dans ces conditions d’installation, si la vitesse de l’essieu moteur augmente il en résulte que le voltage tend à croître proportionnellement; le courant en ampères augmente dans le même rapport et, par suite, la puissance en kilowatts débitée par la machine tend à croître comme le carré de la vitesse ; mais comme la tension de la courroie a été réglée pour une puissance moins considérable, elle glisse jusqu’à ce que le voltage, et par suite la puissance, soit redevenu normal. En pratique on obtient une
- très grande régularité dans la tension aux bornes de la dynamo et aucun autre organe de .réglage n’est nécessaire. — Dans tout système empruntant la force motrice aux essieux des wagons l’emploi des accumulateurs s’impose pour assurer l’éclairage pendant les arrêts. Dans le système Stone chaque voiture comporte deux batteries d’accumulateurs,' le plus souvent de 8 éléments chacune dont l’une, pour un sens de marche donné, est chargée par la dynamo, la fonction de l’autre étant de, compenser les petites irrégularités possibles : elle sert de volant. Un commutateur automatique est monté à l’extrémité de l’arbre de la dynamo du côté opposé
- à celui où se trouve la poulie. 11 (fig. 2) est basé sur l’action de la force centrifuge : deux masses G, en s’écartant à mesure que la vitesse augmente, font mouvoir, au moyen des Jeune série de commutateurs Mqui établissent les connexions nécessaires pour que les accumulateurs alimentent les lampes des wagons, quand la vitesse du train est insuffisante pour donner à la dynamo le voltage indispensable ; et, ensuite, pour que la dynamo fasse la charge des accumulateurs quand,par suite de l’augmentation de vitesse, son voltage est supérieur à celui de la batterie.
- Lorsque le sens de la marche de la voiture change, le commutateur modifie automatiquement les connexions et intervertit les rôles des deux batteries d’accumulateurs. Les machines sont construites généralement pour 16, 21 ou 32 volts; c’est-à-dire qu’elles sont à basse tension, ce qui rend les courts circuits peu probables par suite de la facilité d’isolement des conducteurs et donne ainsi une grande sécurité dans le fonctionnement de l’éclairage.
- En fait, les résultats obtenus jusqu'à présent sont excellents et des installations existent déjà, sur les lignes anglaises et belges. En France la construction est faite par la Société Alsacienne de constructions mécaniques de Belfort, et il existe déjà, notamment sur les voitures de la Compagnie d’Orléans et sur celles delà Compagnie des wagons-lits, des installations importantes. G. CllALMARÈS.
- viers L,
- Installation du système Stone pour l’éclairage électrique des wagons. 1. Montage sous la voiture.
- 2. Détails du commutateur automatique de la dynamo.
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- L’EXTINCTION DES ESPÈCES EN BOTANIQUE
- Le lait de la diminution progressive du nombre des individus d’une espèce, puis sa disparition lente sont aujourd’hui des notions connues de tous. Tout au moins en ce qui concerne le règne animal, nombreux sont les exemples qui viennent à l’esprit de chacun. C’est ainsi par exemple que le bison, presque disparu de la terre dans la dernière décade, formait, il y a un tiers de siècle encore, aux Etats-Unis, des troupeaux innombrables qui arrêtaient les trains. Le castor n’en a plus pour bien longtemps si l’on en juge d’après les statistiques de ces dernières années et le fameux làmmergeyer ou Gypaële barbu de nos Alpes est devenu une telle rareté qu’on se demande s’il existe encore quelque part.
- Le Bouquetin des Alpes (Capra Ibex L. ou Capra alpina Brehm),si abondant autrefois sur toute la chaîne alpine, est cantonné dans trois vallées des Alpes Grées où il est devenu le gibier du roi d’Italie et où nul n’a le droit de chasse que Sa Majesté. J’ai assisté à ces royales hécatombes et vu tomber jusqu’à 50 bouquetins d’un seul jour ! Heureusement que cela dure à peine une semaine et que ces chasses ne se renouvellent pas chaque année.
- Bien que moins apparent au premier abord, dans le domaine des plantes, le danger d’extinction de certaines espèces faibles, anciennes, passagères, est plus réel encore. Arrivée à son déclin l’espèce ne peut plus lutter contre les envahissantes nouvelles venues, jeunes et pleines de force, et il est nécessaire que l’homme, ce grand destructeur si souvent imbécile et borné, les protège. Au Brésil on a, en défrichant des pays entiers — qu’il a fallu reboiser ensuite — amené la destruction de plusieurs espèces d’orchidées qui s’étaient suspendues aux branches des arbres de certaines régions seulement.
- On connaît peu cet exemple frappant d’un arbre, dernier de sa race, qui a été conservé à l’histoire naturelle grâce au fait que Napoléon Ier s’est assis à son ombre. 11 s’agit d’un petit arbre de l’île de Sainte-Hélène, Psiadia rotundifolia llooker, qui n’est beau ni par son port ni par ses fleurs, mais qui est la seule espèce vraiment arborescente appartenant à la très vaste famille des Composées. Il est seul de son espèce et le Bulletin de l’Association pour
- la protection des plantes en a publié la figure1. Les autorités du Hoyal Kew Gardens ont cherché en vain à le faire fructifier pour le multiplier; on a essayé d’en faire des boutures mais tout a été inutile, l’espèce n’a plus la force de se reproduire. Elle est caduque et ce vieillard que protège le gouvernement anglais est digne de toute sa sollicitude.
- Les îles de l’Atlantique renferment d’ailleurs beaucoup d’espèces qui sont sur leur déclin. On connaît l’histoire de ce remarquable conifère, Juniperus2 Cedrus Webb, des îles Canaries, qui en habite les plus hautes montagnes et dont il ne reste plus que quelques échantillons qui s’en vont mourir. Bans les hautes régions de Ténérifle, à 2000 m. de hauteur et dans la Caldera de l’île de Palma, on en voit encore
- quelques exemplaires qui se sont réfugiés dans les parois inaccessibles où ils sont encore persécutés par les paysans qui en font des meubles d’une grande valeur. Leur malheur, c’est que le bois renferme une essence aromatique qui lui communique un parfum délicieux, beaucoup plus agréable que celui du genévrier de Virginie dont on fait le bois de crayon.
- Cette espèce est certainement d’antique race, car le D1' Ferez, qui, à Puerto Orotava (Ténérifle) cherche à la protéger et à la propager, n’arrive pas à faire germer ses graines. Cet arbre si précieux et si rare aurait besoin d’être parqué et protégé contre les paysans du lieu. En existe-t-il des exemplaires dans
- 1 Bulletin de lAssociation pour la protection des plantes, 1888, p. 28.
- 2 J’ai reçu de Ténérifle un sachet de graines de ce Juniperus ; il se trouve que toutes sont infertiles parce que pas fécondées. C’est donc une espèce qui meurt.
- Staliccs arborescentes de l’ile de Ténériil'e (cultures du Dr Porez).
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- les jardins botaniques de l’Europe? J’en doute fort et il serait intéressant de le savoir.
- 11 est, dans ces mêmes Canaries, tout un groupe de plantes qui excitent le plus vif intérêt du botaniste. Ce sont les fameuses Statices, genre bien connu et dispersé le long de la Méditerranée et dans l’Asie centrale mais dont ce groupe d’iles renferme des types arborescents extrêmement curieux et qui leur appartiennent en propre. Ces Statices arborescentes (Statice arborescent}, St. fruticans, etc.), sont également des types anciens qui vont à la mort. M. le D1 Ferez1 affirme que plusieurs d’entre eux sont sur le point de disparaître et qu’il n’en existe plus que quelques pieds qui se sont réfugiés sur des rochers inaccessibles du cap de Ténérilfe où les chèvres leur font encore une guerre à mort. II cherche à les protéger et à les cultiver chez lui à Puerto Orotava, mais éprouve de grandes difficultés à les reproduire, car ces types vieillis donnent très peu de graines fertiles. Le jardin botanique d’Üro-lava, qui en cultive aussi quelques rares exemplaires, éprouve les mêmes difficultés.
- Il est donc bien certain que les types anciens de plantes et d’animaux s’en vont, disparaissant sans que l’homme puisse rien faire pour empêcher leur mort. Ce qu’il nous appartient de tenter, c’est de conserver les échantillons vivants le plus longtemps possible et de les protéger contre les causes qui en activent la mort. Ce sont des vieillards et les vieillards, comme tous les êtres faibles, méritent notre sympathie et notre sollicitude. Henry Correvon.
- LE TRUST DE LA TÉLÉGRAPHIE
- et de la téléphonie
- Les États-Unis sont le pays des trusts. La télégraphie et la téléphonie n’ont point échappé à la contagion. M. John Moody a publié récemment un ouvrage intitulé : La vérité sur les trusts, dans lequel l’auteur a consacré quelques pages fort intéressantes, aux grandes Compagnies télégraphiques "et téléphoniques américaines. Nous extrayons de ces pages les lignes qui suivent :
- Au nombre des trusts formés pour la mise à profit de droits publics, mentionnons celui des Sociétés de télégraphe et de téléphone, qui présente, au point de vue politico-économique, un intérêt particulier. 11 s’agit spécialement desdeux Sociétés dirigeantes, la Western Union Telegraph Company et VAmerican Bell Téléphoné Company.
- La première fut fondée en 1852 sous la dénomination de « New-York and Missisipi Printing Telegraph Company » et porte son nom actuel depuis 1856. En 1881, elle engloba presque toutes les Sociétés les plus importantes des télégraphes qui existaient encore dans le pays : sa dernière concurrente, la Baltimore and Ohio Telegraph Company, fut, à son tour, absorbée par elle en 1887. Les diverses Sociétés réunies sous la forme de trusts possèdent un capital action de 100 millions de dollars dont 97 millions environ sont en circulation. Les dividendes se montèrent, depuis 1888, à 5 pour 100; en 1892, il fut distribué un dividende supplémentaire de 10 pour 100. La Société a contracté deux emprunts : un de 8 millions
- 1 Gardenefs Chronicle, 1904, vol. XXXVI, p. 419.
- et demi de dollars à 5 pour 100, et l’autre de 16 millions de dollars à 4 1/2 pour 100.
- Les chiffres suivants donnent un aperçu de l’ensemble du trafic pendant les années 1867 et 1905 :
- 18(37 1903
- Nombre des bureaux. 2 565 23120
- Longueur des ligues et
- des câbles .... 40 270 milles. 196517 milles.
- Longueur des lils conducteurs............ 85 291 — 1 089 212 —
- Nombre des télégrammes................. 5 879 282 — 69 790 866 —
- Recettes brutes . . . 6 568 925 dollars. 29 167 687 dollars.
- Recettes nettes . . . 2 624 920 — 8 214 472 —
- U American Bell Téléphoné Company fut fondée en 1880 pour succéder à la National Bell Téléphoné Company qui, elle-même, avait remplacé la Bell Téléphoné Company. Cette dernière fut la première Société fondée pour l’exploitation du brevet primitif de Grahain Bell, en 1876. En outre, un grand nombre de Sociétés distinctes, cependant plus ou moins subordonnées à la Société principale, se fondèrent pour l’établissement du téléphone dans les grandes villes. La Société principale s’était réservée le droit d’établissement des grandes lignes entre les centres principaux ; toutefois, comme les autres Sociétés doivent nécessairement utiliser ces lignes de raccordement, elles tombent par le fait même sous la dépendance de la Société principale qui possède, en outre, la part la plus considérable de leur capital actions. Ce capital actions de Y American Téléphoné and Telegraph Cy, comme elle s’intitule depuis 1900, s’élève à 250 millions de dollars, dont 159 millions restent à verser. La dette d’emprunt est de 58 millions de dollars. Le nombre des Sociétés anonymes appartenant au trust est de 56 avec un capital (actions et obligations) de 400 millions de dollars en chiffre rond. Le nombre des appareils en service s’élevait, en 1904, à 5665 582. En dehors du trust, il existe environ 2000 autres Sociétés d’importance secondaire possédant ensemble 2 millions d’appareils. 11 résulte de cet exposé que le trust possède 65 pour 100 des installations et du trafic téléphonique aux États-Unis. L. F.
- «ai»
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 avril 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Conservation d’un cœur humain. — M. Berthelot annonce, d’après une communication figurant dans la correspondance, que l’on vient de mettre à jour un vase ayant renfermé le cœur du roi d'Égypte Ramsès IL Cet organe a subi de profondes altérations, néanmoins son état actuel est tel qu’il peut encore être l’objet d’une étude.
- Un cas de production de franges d’interférences. — M. Lippmann présente un travail sur les franges produites par les réseaux de diffraction. Ces réseaux, formés de stries parallèles égales et très fines, produisent une série de spectres. C’est là un phénomène bien connu et utilisé des physiciens dans les expériences d’analyse spectrale. M. Lippmann montre que la lumière qui a traversé un tel réseau est sillonnée de franges d’interférences. L’expérience réussit mieux avec un réseau à intervalles larges. Il suffit alors de mettre un écran blanc ou une plaque photographique dans le faisceau qui a traversé l’écran. Avec de la lumière parallèle les intervalles des franges sont égaux. La théorie démontre que les franges sont achromatiques.
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- L’expérience réussit encore avec un réseau de 572 traits dans un millimètre, on obtient alors une épreuve où les traces des franges donnent un réseau qui est comme la copie du premier.
- Le régime alimentaire et la désassimilation. — M. Bouchard présente une Note de MM. Uesgrez et Ayri-gnac relative à l’influence de la composition du régime alimentaire sur les coefficients urologiques et la molécule élaborée moyenne. Les auteurs ont trouvé que la qualité de la destruction de l’albuminé alimentaire atteint son maximum avec le lait et tombe au minimum avec les végétaux. D’une façon générale les divers coefficients urologiques présentent des valeurs très différentes suivant la prédominance de tel ou tel élément organique dans le régime alimentaire. La moyenne de toutes les molécules élaborées est de 75, la molécule idéale d’urée pesant 60. C’est encore dans ce cas le régime lacté qui donne le meilleur résultat, avec une molécule de 65. Puis vient la viande avec une molécule de 67. L’introduction progressive du pain et des végétaux dans le régime élève le poids moléculaire jusqu’à 80 et 93. Ce résultat s’explique par le passage dans les urines de composés aromatiques azotés de poids moléculaire élevé, puis par l’influence de l’augmentation des matières minérales qui accroît parallèlement le poids de la molécule moyenne élaborée.
- Expériences de pollinisation. — M. Gaston Bonnier expose les résultats des expériences de M. Henri Goupin relatives à la pollinisation des Heurs, c’est-à-dire la ger mination des grains de pollen sur les stigmates du pistil des fleurs. Le vent ou les insectes peuvent transporter le pollen, non seulement d’une fleur à une autre fleur de la môme espèce, mais aussi à la fleur d’une plante toute différente. Pour quelle raison les grains de pollen de toute provenance ne germent-ils pas également bien sur un même stigmate où ils trouvent toutes les substances nécessaires? Il résulte des expériences de l’auteur concernant la germination d’une même espèce de pollen sur des solutions graduées de divers alcaloïdes végétaux, qu’on peut admettre l’hypothèse suivante. Chaque fleur produirait une toxine spéciale nuisible aux pollens étrangers et inollensive pour le pollen de l’espèce — ou d’espèce très voisine en cas d’hybridation.
- Persistance du pouvoir germinatif. — M. G. Bonnier présente une Note de M. P. Becquerel qui a observé que les graines complètement desséchées peuvent être maintenues pendant 2 ans dans l’acide carbonique sans perdre leur pouvoir germinatif.
- Larves de crevettes pélagiques. — M. Bouvier résume une Note de M. Coulière relative aux larves de crevettes rapportées du sein des eaux de l’Océan lors de la dernière campagne de la .Princesse-Alice. Ces larves appartiennent à plusieurs espèces, et sont remarquables par la lenteur de leur évolution et par leur dimension.
- Cloportes géants. — M. Bouvier rappelle qu’il a fait remarquer dernièrement le caractère gigantesque de la faune des régions antarctiques. Il dépose aujourd’hui une Note de Mlle Richardson sur les crustacés isopodes, rapportés par l’expédition Charcot. Le caractère précité s’observe chez ces animaux. Le nombre d’espèces d’iso-podes s’est beaucoup accru. dans ces dernières années. Après le balhynomus giganteus qui vit à 2000 mètres de profondeur, voici le glyptonotus acutus qui vit dans les eaux de la surface. Ch. de Vuledeuil.
- UN MONTE=CHARGE
- à déchargement automatique
- L’appareil que nous voulons signaler est un ascenseur a marchandises qui se décharge automatiquement aux différents étages du bâtiment qu’il dessert. 11 suffit de disposer à l’avance l’appareil récepteur de tel étage, pour que les objets chargés sur les plateaux de l’ascenseur, soient pris au passage exactement à l’étage voulu, et sans qu’on ait à s’en préoccuper aux étages intermédiaires. En outre, on a la faculté de modifier immédiatement les choses, et de faire que les objets transportés qui s’arrêtaient d’abord au cinquième étage, par exemple, viennent ensuite se décharger au premier étage. On comprend que c’est Là une particularité fort intéressante, quand il s’agit de mettre en magasin des articles qui seront emmagasinés à tel ou tel élage, suivant que tel ou tel dépôt sera plein.
- Cet appareil automatique a été imaginé et construit par la Maison J.-S. Hall and Co, de Newark-ouïrent, en Angleterre, et la photographie que nous en donnons a été prise dans un vaste entrepôt frigorifique, où un de ces monte-! charge est en service depuis quelque temps et rend de signalés services : cet entrepôt, situé à Newcastle--on-Tyne, appartient à la Société dite Northern Coun-
- ties lce Making and Cold
- £_Mbçjzcr,
- Fig. 1.
- Disposition générale de l'ascenseur continu.
- Stores Co. Ici, l’ascenseur dessert six étages, et il peut élever tout aussi bien des carcasses de moutons congelées , des quartiers de bœuf frigorifiés, que des
- caisses, des barils, des paniers contenant les matières alimentaires ou autres qui sont déposées dans l’entrepôt. C’est un mouton qui est transporté dans le plateau chargé que montre la photographie ci-jointe.
- Comme tous les dispositifs du genre à mouvement continu, ce monte-charge est formé d’une paire de chaînes sans fin verticales, composées de maillons en fer malléable qui courent parallèlement (et même solidairement, ainsi que nous allons le voir), et vont passer en haut comme en bas sur deux larges roues de chaînes ; les roues d’en haut n’ont pas besoin d’être montées sur un axe commun, elles ont chacune leur axe propre, qui est monté dans le châssis latéral de l’appareil. Au contraire, les roues d’en bas sont calées sur un même axe, et celui-ci
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- est actionné par un moteur électrique, qui lait par conséquent tourner les deux roues simultanément, entraîne les deux chaînes et assure le fonctionnement du monte-charge.
- Répartis à intervalles réguliers sur toute la longueur des deux brins de la chaîne sans lin, nous apercevons des sortes de berceaux métalliques qui sont destinés à recevoir les objets à transporter, et que nous avons appelés les plateaux de l’ascenseur. Chaque berceau comporte naturellement une pièce principale et transversale, une lige de 1er ronde qui s’étend dans l’espace libre entre les deux chaînes parallèles, et sur laquelle sont montées d’autres pièces métalliques affectant la forme grossière d’un Y extrêmement ouvert et à tige sont les éléments essentiels du berceau, qui laissent entre eux un espace libre assez large. Naturellement il faut que ce berceau, avec sa charge, d e m e u r e constamment dans la verticale, son plateau étant par suite horizontal; et, dans ce but, il n’est point rattaché directement aux chaînes d’entraînement. Il est suspendu par deux plaques extrêmes où se lixent les bouts de la tige de fer transversale, et par le moyen d’un tourillon à deux maillons spéciaux qui se trouvent insérés vis-à-vis l’un de l’autre dans les deux chaînes. Le berceau peut donc osciller par rapport à ces maillons et aux chaînes, et demeurer dans la verticale, en dépit de la courbure que prendront les chaînes au moment où elles passeront sur les tambours, au point le plus haut ou au point le plus bas de leur course. On comprend comment les charges sont élevées aux différents étages.
- Mais comment sont-elles déchargées, et, pouvons-nous ajouter, chargées automatiquement?
- À chaque étage sont disposés, sur une des faces de l’ascénseur, des bras de chargement, et, sur l’autre, des bras de déchargement; d’une manière générale ils se ressemblent. Les uns comme les autres sont en réalité constitués de deux séries de sortes de longs doigts métalliques droits, qui se trouvent sous l’action d’un levier commun ; ils sont assez courts, une fois abaissés en travers de l’espace libre où se déplacent les berceaux du monte-charge, pour ne point toucher la tige transversale de ces berceaux, et, de plus, ils sont disposés en quinconce
- par rapport aux barres en Y. Si bien que les berceaux pourront monter ou descendre en dépit des doigts abaissés sur leur passage, en glissant à travers l’espèce de grille interrompue que forment ces doigts. Mais supposons qu’un objet vienne à être déposé sur les doigts de chargement d’un étage, du rez-de-chaussée, si l’on veut, entre deux passages de berceaux. Le premier qui va arriver, dans son déplacement de bas en haut, rencontrera forcément l’objet déposé, qui bouche l’espace, auparavant libre, donnant passage aux barres en Y entre les doigts ; ces barres soulèveront cet objet, qui se trouvera ainsi chargé automatiquement. Il va donc monter sur son plateau, sans rencontrer d’obstacle, car, d’une layon normale, on maintient relevés perpendiculairement les doigts de chargement à tous les étages, ou tout au moins on les relève immédiatement après qu’ils ont servi à un chargement, comme nous venons de le voir. Le déchargement va s’opérer sur l’autre face, grâce aux doigts de déchar gement, a b a i s s é s par exemple au 5e étage ; dans son mouvement de descente, le berceau en lui-même traversera les espaces libres ménagés pour lui entre les doigts, mais sa charge ne pourra passer et se déposera sur les doigts.
- Ajoutons qu’elle se déchargera au sens exact du mot, grâce à une inclinaison convenable donnée ici aux doigts, et ceux-ci seront instantané-ments prêts à recevoir un autre objet apporté par le plateau suivant, si l’ascension des charges se fait de façon continue.
- La combinaison est tout à fait ingénieuse, elle permet d’envoyer un courant continu de marchandises d’un étage à un autre, avec une main-d’œuvre réduite au minimum; elle donne la possibilité, si on abaisse et relève au moment opportun les doigts de déchargement, de répartir tout un stock de marchandises entre les divers étages d’un bâtiment, à condition que les hommes qui sont aux différents étages sachent l’ordre dans lequel se succèdent les envois. Enfin nous n’avons pas besoin de dire que le débit d’une semblable installation est énorme.
- Daniel Bellet-
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus , 9.
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- N° 1716.
- 14 AVRIL 1906.
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- TÉLÉGRAPHIE, TÉLÉPHONIE ET TÉLÉGRAPHIE SANS FIL EN 1905
- Il est indispensable, pour juger des progrès accomplis par une institution, de jeter de temps à autre un coup d’œil d’ensemble, même rapide, sur une époque déterminée de son histoire.
- C’est ce que nous allons faire pour la télégraphie, la téléphonie et la télégraphie sans fil, qui représentent trois solutions différentes et heureuses du problème de la télé-
- plupart merveilleux, sont à l’essai dans tous les pays; mais aucun d’eux n’est encore parvenu à s’imposer. Les systèmes Pollak-Vorag, Siemens et Halske,
- communication. Disons de suite que peu d'innova-lions techniques récentes sont à signaler dans l’une ou l’autre catégorie. La télégraphie avec fil ne s’est enrichie d’aucune découverte sérieuse; il est vrai qu’un grand nombre d’appareils nouveaux, et pour la 34e année. — der semestre.
- Fig. 1. — Drakeu-ballcn porte-antennes. Fig. 2. — Voiture-treuil et voiture-poste. Fig. 5. — Expérience de Verdun.
- Rowland, Murray, les télautogra-plies, etc., qui, actuellement, se disputent le privilège de l’exploitation des lignes, constituent seulement un ensemble intéressant d’où sortira vraisemblablement l’appareil télégraphique de l’avenir.
- Cela ne veut pas dire que les réseaux télégraphiques aient subi, dans leur développement, le moindre temps d’arrêt. Ils s’étendent, au contraire, toujours davantage, parce qu’ils symbolisent la civilisation dont ils sont les vrais pionniers. La France a posé le câble de Brest à Dakar qui constitue une voie directe, la première entre la métropole et nos possessions de la côte occidentale
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- (l’Afrique. Le câble de Tanger à Cadix a prolongé celui de Marseille-Oran-Tangcr et le rattache à l’Amérique du Sud par Ténériffe et San Fernando de No-ronha. La compagnie Germano-Hollandaise a relié les Carolines à Shanghaï ; celle de l’Est-Européenne a établi une ligne de Constantinople à Bucarest. Ces deux compagnies sont allemandes et de création récente. Rappelons encore la pose, par la Commercial Câble Company, d’un cinquième câble transatlantique; la réunion des Célèbes à Bornéo, l’établissement d’une ligne aérienne de Brazzaville à Kinchana qui rattache l’Etat Indépendant du Congo au réseau général, sont encore des entreprises réalisées au cours de l’année dernière.
- Cette meme année aura vu ensuite éclore de nombreux projets. Le Gouvernement des Etats-Unis a décidé la pose d’un câble entre l’isthme de Panama et les Etats-Unis; une compagnie mexicaine jettera un conducteur dans le golfe du Mexique, entre Gal-veslon et Coatzacoalcos; la Central and South American telegraph company projette de relier Cho-rillos, Iquique et Valparaiso; la Grande-Bretagne songe à l’établissement de nouvelles communications entre l’Angleterre et Vancouver, entre le Cap et l’Australie; la North Eastern Sïberia s’est constituée pour construire une ligne terrestre entre l’Europe, la Sibérie, la Chine et les Etats-Unis. N’oublions pas qu’en 1906 l’Algérie doit être réunie à l’Afrique occidentale par une ligne transsaharienne. Quel beau programme pour l’activité humaine !
- Dans le domaine de la téléphonie nous n’avons â signaler que des expériences diverses relatives à l'étude de microphones à grand rendement applicables à la transmission à longue portée et à la téléphonie sous-marine. Que deviendront les appareils présentés dans le courant de l’année dernière par Adams Bandai, Angelini, Majorama ? Permettront-ils l’établissement de circuits comme celui de New-York à San Francisco? Autoriseront-ils la traversée de l’Atlantique par la parole? Quel avenir nous réserve l'étonnant télégraphone que nous vîmes à l’Exposition de 1900 et qui va faire sa rentrée en France?
- Parlons maintenant de la télégraphie sans fil. Nous sommes bien obligés de constater que, depuis 1901, les améliorations apportées au nouveau mode de télécommunication ne portent que sur les appareils eux-mêmes et les inconvénients que présentent ces appareils n’ont été que faiblement atténués. M. Arco a reconnu cette année, que, pour l’excitation indirecte de l’antenne il y avait intérêt à employer dans certains cas un accouplement lâche de l’antenne et du circuit d’excitation. On dit que l’accouplement est serré quand le nombre des spires des circuits primaire et secondaire du transformateur Tesla est élevé par rapport à la longueur d’onde, l’accouplement est lâche quand ce nombre est faible. Quel que soit l’accouplement, l’excitation indirecte donne naissance à deux ondes différentes et superposées dans l’antenne et la différence des ondes est fonction de F accouplement. En revanche, l’énergie utilisée pour
- la mise en vibration de l'antenne pourra être d’autant moins puissante que l’accouplement est plus faible. Suivant les cas on aura avantagea employer un accouplement faible ou serré; mais il y a généralement intérêt à se tenir dans un juste milieu.
- L’emploi des grandes énergies à la production d’ondes herlziennes n’entraîne encore qu’un rendement qui demeure toujours faible proportionnellement à la puissance mise en action. D’autre part les tentatives de direction des ondes faites par Artone en Italie, n’ont donné aucun résultat pratique. De ce coté le progrès peut donc être considéré comme tout à fait nul.
- L’emploi des détecteurs permettant la lecture au son à l’arrivée s’est généralisé sans, toutefois, proscrire l’usage du cohéreur qui autorise l’impression des signaux sur une bande de papier. Le détecteur le plus employé est le détecteur éleclrolytique dont le principe a été donné en 1900 par le capiLaine Ferrié et que je rappelle en deux mots. Si on plonge dans de l’eau acidulée une pointe de platine de dimensions extrêmement réduites (1/100 de millimètre de diamètre et autant de longueur) on constitue un contact imparfait d’une très grande sensibilité à l’action des ondes herlziennes. La théorie de cet appareil, qui est employé en France, en Allemagne, en Amérique, etc., est basée sur les phénomènes de polarisation.
- La compagnie Marconi emploie toujours le détecteur magnétique imaginé par Marconi en 1902 et qui donne d’excellents résultats. G’est grâce à ce détecteur que tous les navires peuvent recevoir chaque jour des télégrammes de presse transmis par les stations de Poldhu et du cap Lizard à des distances de 2000 kilomètres.
- Les applications de la télégraphie sans fil s’étendent de plus en plus. Tous les navires de guerre et tous les transatlantiques sont actuellement pourvus d’appareils et le nombre des stations côtières augmente chaque année. En Allemagne les postes de Berlin et de Dresde ont été installés cette année; en France, ceux de Porquerolles et d’Oucssant ont été ouverts à la télégraphie privée à la fin de 1904, et en 190h le poste danois de Gjedser et celui de Patara en Asie Mineure. Aux Etats-Unis on a même expérimenté avec succès, sur un train express de Chicago à Saint-Louis, un système de télégraphie sans fil pour le service des voyageurs.
- En France, les applications privées de la télégraphie sans fil sont peu nombreuses; mais la Marine et la Guerre ont suivi le mouvement général et sont dotées d’un matériel qui ne le cède en rien à celui des puissances étrangères. En 1905 des expériences très concluantes ont été faites à nouveau entre la tour Eiffel et les grandes places de l’Est. Les antennes de ces places consistaient en un fil de 300 mètres de longueur soutenu par un ballonnet ; l’énergie nécessaire à la communication était fournie par un moteur de 2 chevaux. Nos navires de guerre peuvent communiquer entre eux à une distance de 400 kilo-
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- raèlres, distance maximum permise par l’emploi du courant continu.
- Les principales stations de télégraphie sans lil projetées et peut-être déjà en partie installées se disséminent sur tout le globe. Des postes réuniront prochainement l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les îles environnantes : la Nouvelle-Orléans, Cherbourg, Toulon, Bizerte, Guayaquii, Pana, ainsi qu’un certain nombre de forteresses allemandes — ces
- dernières n’étant pas appelées à effectuer un service public, bien entendu — deviendront également des stations de grande puissance. A Borkum, l’Allemagne procède en ce moment à l’établissement d’une station de premier ordre semblable à celle de Poldhu ; quatre tours en fer de 65 mètres de hauteur serviront de support d'antenne ; on mettra au service des appareils une énergie de 100 chevaux qui assurera la transmission sur une distance de 1500 kilomètres. Enfin le Gouvernement des Etats-Unis projette de distribuer des postes de télégraphie sans fil le long de la Cote de l’Atlantique entre Portland (Maine) et Galveston (Texas). Ces stations serviront, en même temps qu’aux navigateurs, à recueillir les observations météorologiques des navires en mer ; ces observations seront transmises à Washington et les navires recevront eux-mêmes les prévisons du temps par la même voie.
- La nécessité d’une réglementation internationale pour la télégraphie sans fil se fait sentir de plus en plus; mais la conférence réunie pour la première fois à Berlin en 1905 n’a pu avoir lieu depuis par suite de l’opposition de l’Angleterre et de l’Italie qui voudraient créer un monopole en faveur de la compagnie Marconi.
- Pendant la guerre russo-japonaise, les ondes hertziennes n’ont joué aucun rôle sérieux entre les armées de terre ; mais c’est grâce à elles que l’amiral Togo pat opérer la concentration.de sa Hotte, l’amiral Bodjestvensky ayant craint, paraît-il, de signaler sa présence aux ennemis en essayant de communiquer avec Wladivostock. Le navire Oural possédait une installation capable de communiquer à 1000 kilomètres, et une station aussi puissante était établie à Wladivostock. L’une et l’autre ne furent donc d’aucune utilité pour les Busses.
- La télégraphie sans fil serait-elle destinée à demeurer éternellement enchaînée par des imperfections qui limiteraient considérablement les services que l’on attend d’elle? Nous ne voulons pas le croire. Trois grands problèmes restent à résoudre pour la libérer, pour lui donner tout le développement qu’elle est susceptible de comporter ; la direction des ondes, la syntonisation et la réforme des appareils transmetteur et récepteur. Tant que l’on ne parviendra pas à réunir en un faisceau les ondes hertziennes qui se dispersent encore dans toutes les directions, tant
- qu’une poste intermédiaire pourra recevoir des signaux qui ne lui sont pas destinés, et enfin tant qu’un appareillage spécial n’aura pas été imaginé pour recevoir et transmettre ces signaux, la télégra-
- phie sans lil demeurera une institution caduque.
- Que la télécommunication demande de choses à Tannée 1906! Lucien Fournier.
- LA TAILLE DES NAVIRES DE GUERRE
- Le succès récent et retentissant des Japonais sur mer est venu donner un poids particulier à tout ce qu’ils font ou décident en matière d’armement naval; et l’on a beaucoup commenté ces temps derniers, dans les milieux spéciaux, la décision qu’ils ont prise de faire construire, du reste dans leurs chantiers nationaux, deux nouveaux cuirassés d’un déplacement de 18 000 tonnes, et 5 croiseurs cuirassés déplaçant le poids également respectable de 14 000 tonnes. Ce sont là des chiffres qui accusent bien la tendance de plus en plus marquée que l’on a de donner aux unités navales des dimensions énormes.
- Mais il est bon de dire, à un certain point de vue, que les Japonais ne font en cela que suivre la voie qui a déjà été indiquée par d’autres nations. Non seulement l’Allemagne a décidé que les nouveaux monstres dont elle augmenterait sa flotte auraient ce même déplacement de 18 000 tonnes et les croiseurs 15 000 tonnes, mais encore voici déjà un certain temps que la Grande-Bretagne a dressé des plans aussi gigantesques pour son nouveau Dreadnought1.
- Nous disons nouveau, parce que la flotte britannique a possédé antérieurement un cuirassé portant ce même nom, qui fut achevé en 1875; et il est curieux, à titre de comparaison, de donner quelques indications sur ce vaisseau de guerre, qui était considéré à ce moment comme une merveille, tant pour sa puissance motrice que pour ses dimensions. 11 n’avait pourtant (proportions modestes par rapport à ce qu’on fait aujourd’hui et à ce qu’on va faire demain) que 99,50 m. de long et un déplacement de 10 820 tonnes (de 1010 kg)1 avec une puissance de machines de 8210 chevaux indiqués. Il était établi pour marcher à une allure de 14 nœuds, et l’on estimait que la construction militaire s’en tiendrait longtemps à ce type, comme on l’avait fait jadis pour le vieux vaisseau à trois ponts. De plus ce Dreadnought ne coûtait même pas 15 millions de francs, et c’était vraiment pour rien. Le nouveau Dreadnought, lui, coûtera à peu près trois fois le prix de son homonyme et prédécesseur, autant qu’on a encore arrêté ses plans de construction; il sera susceptible de prendre une allure de 21 nœuds, et, dans ce but, son poids de 18 000 000 kg sera mû par une machinerie, à turbines du reste, correspondant à une puissance indiquée de 25 000 chevaux. Tout naturellement ce qu’on recherche, avec ces dimensions énormes, ce n’est pas seulement l’allure rapide, c’est aussi un armement aussi redoutable que possible installé à bord de cette forteresse flottante : et le Dreadnought du xxe siècle portera à son bord 10 grosses pièces de 505 millimètres, sans parler du reste.
- Mais il ne faudrait pas croire qu’on va s’arrêter là, dans cette course au clocher à laquelle se livrent les diverses nations pour faire mieux que leurs voisines, dans l’armement maritime tout comme dans l’armement terrestre. Si bien qu’à l’heure présente les journaux japonais annoncent, sans donner de détails, que la Marine de leur pays a décidé la construction de cuirassés déplaçant 22 000 tonnes, et armés de 14 énormes pièces de 505 millimètres. P. de M.
- 1 Yoy. n° 1709, du 24 février 1900, p. 193.
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- LA CULTURE DU HENEQUEN AU YUCATAN
- La péninsule du Yucalan, connue seulement jusqu'à présent par les ruines admirables qui y foisonnent, est devenue depuis quelques années une des plus riches provinces du Mexique. Elle a, pour ainsi dire, tiré sa richesse de l’aridité môme de son sol. En etlét, une plante grasse de la famille des cactus, le henequen, pousse à merveille dans ce terrain sec et rocailleux. Nulle part ailleurs, dans aucune partie du monde, il ne se développe aussi bien. En outre, le courant d’eau douce souterrain qui traverse toute la péninsule a suppléé au manque de rivières et permis de construire de tous les côtés des fermes, d’établir de vastes exploitations. Partout, sur chaque point du territoire, il suffit de creuser à une profondeur plus ou moins grande,va-rianl de 10 à 100 mètres, pour trouver de l’eau fraîche et potable.
- Les Indiens Mayas (juai eut mais en petit, la culture du henequen, dont ils liraient des libres pour faire des cordages. d’ailleurs simple. Après avoir défriché le terrain, on plante les jeunes plants sur des rangées parallèles à un intervalle variant de lm,50 à 2 mètres. Chaque mecate (404,50 mètres carrés) contient 8 ou 10 rangées avec un total de 100 plants. 11 faut ensuite attendre sept et parfois huit ans avant de mettre ces champs en exploitation, c’est-à-dire de couper les feuilles. Pendant ce temps il faut faire un nettoyage complet du terrain chaque année. Après, on fait une coupe régulièrement tous les ans pendant au moins dix-huit ans. On coupe généralement de 24 à 50 feuilles à chaque plante, d’une seule fois ou à plusieurs reprises dans le courant de l’année. Ce sont les Indiens qui se livrent à cette besogne à l’aide de leur machette, ce sabre court, à lame épaisse, dont ils ne se séparent jamais. Ils arrivent à couper 2000 feuilles par jour et reçoivent de 50 centavos à une piastre (de lfl',25 à 2fl’,50) par 1000 feuilles.
- Les Américains du Nord ont essayé, à plusieurs reprises et à différents endroits, d’obtenir des plantes dont les libres auraient les mêmes qualités de résistance que celles du henequen. Ils n’y ont pas
- réussi; aussi les demandes continuelles du marché de New-York ont porté très haut le prix du henequen et le maintiennent à un taux relativement élevé. Ce débouché sûr et important a donné un développement considérable à cette culture et créé de grandes fortunes dans le pays. La plupart des haciendas sont montées sur un pied très large avec peu de luxe, mais beaucoup de confort. Autour de l’habitation se trouvent les différents bâtiments, la. machine à défibrer, la presse, les bureaux, la boutique, des maisons {tour les familles d’ouvriers employés à l’haeienda et de vastes « corrals » pour les mules. Un chemin de fer Decauville relie l’habitation à la ligne de chemin de fer et des rails sillonnent les champs dans tous les sens pour faciliter le transport des feuilles. Dans certaines exploitations on compte 70 et 80 kilomètres de rails.
- Les haciendas les plus considérables, au nombre de quatre, ont une superficie de 60 000 mecales, c’est-à-dire 24 270 hectares. Naturellement toute cette étendue de terrain n’est pas en exploitation. Cinq ou six autres haciendas ont une superficie de 40 000 mecales); une vingtaine mesurent 20 à 50 000 mecates, vingt-cinq 10 à 20 000 et les autres beaucoup moins. Or, on récolte trois arobas (un aroba pèse llks,50) de fibres par an et par mecate, et l’aroba revient à une piastre et demie (5fl',75) et se vend trois piastres (7fl',50).
- La partie industrielle est aussi simple que la culture elle-même.
- C’est en 1785 que l’on fit un premier envoi de fibres en Espagne. A ce moment-là, le henequen n’était cultivé que par petites étendues, principalement sur la côte, et le défibrage se faisait d’une façon très imparfaite et surtout très lente. On plaçait la feuille sur une planche et on la grattait avec une lame d’acier pour la dépouiller des matières grasses. Ce n’est que vers 1850-1855 que l’on commença l’exploitation en grand. On remplaça la lame d’acier par la roue Solis, une roue en bois avec plusieurs lames d’acier à intervalles égaux. Un Indien tenait une feuille à la main et la présentait aux
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- lames de la roue qui était actionnée à la main. Cette méthode était fort dangereuse; de plus on ne nettoyait qu’une moitié de la feuille et le nombre de feuilles défibrées n’était que de 10 000 par jour avec deux ouvriers travaillant pendant dix heures en se relayant toutes les demi-heures. La roue Solis fut peu à peu perfectionnée en machine.
- Le principe est toujours le même : une roue avec des lames, en bronze h cause du jus très corrosif que contiennent les feuilles. Les feuilles, amenées sur une pente douce, sont prises une h une par une chaîne sans lin en bronze, broyées et pliées en deux parties retombant de chaque côté.
- Deux roues semblables, une à droite, l'autre à gauche, tournent constamment et défibrent ainsi complètement chaque feuille. De celte façon on arrive à défibrer 10 000 feuilles, parfois 15 000 par heure. On porte ensuite les fibres au séchoir où on les étale sur des fils de fer. Une fois sèches, on les presse en ballots généralement de seize arobas. La plupart de ces ballots sont envoyés aux Etats-Unis, certains sont achetés à Mérida par « La Industrial », une compagnie yucatèque qui fabrique des cordages de toutes dimensions.
- On a reproché souvent aux baciendados du Yuca-tan, aux propriétaires de ces exploitations de hene-quen, d’être des esclavistes, parce qu’ils gardent alta-
- Fig. 3. — Un champ d'henequou en exploitation.
- chées à l’hacienda un certain nombre de familles d’indiens. Ce reproche n’est absolument pas mérité.
- La main-d’œuvre est très difficile à se procurer; aussi quand ils ont obtenu des ouvriers, les propriétaires tâchent naturellement de les retenir chez eux, mais sans jamais attenter à leur liberté. Chaque ha-
- cienda est entourée d’un certain nombre de petites maisons construites en pierre et en chaume où habitent ces ouvriers avec leurs familles. Chaque famille a sa maison avec un bout de terre annexe; de plus on lui donne trente mecates pour cultiver son maïs. Dans les grandes haciendas on Compte environ cin-
- quante familles, dans les autres une trentaine. On fournit à chacun gratis les soins d’un médecin ainsi que les médicaments. On tue une ou deux vaches par semaine dont on leur distribue la viande et à la boutique de l’hacienda ils trouvent tout ce dont ils ont besoin à moitié prix.
- Naturellement ces avantages sont faits pour les retenir, mais tous sont libres de partir à moins qu’ils ne soient liés par des dettes contractées vis-à-vis de l’hacienda. Dans ce cas généralement on ne leur fait pas payer ces dettes, mais on les oblige à rester, avec la faculté toutefois de se libérer. D’ailleurs, à moins de tomber sur un maître ou un « administrador » exceptionnellement dur, une fois installés dans une hacienda, ils ne désirent guère partir; ils se marient, ils s’enracinent.
- Pour parer à la difficulté de la main-d’œuvre on avait fait venir des Chinois : mais les fils du Ciel n’ont pas réussi, ils se fatiguaient trop vite à couper les feuilles. Quand je suis parti de Mérida au mois de janvier on attendait un convoi de Coréens.
- Au Yucatan on travaille bien, mais on n’aime pas à se presser. Les Coréens grands, forts, mais apathiques et insouciants se feront sans doute à ce pays. Quand il leur arrivera de ne pas couper leurs
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- 2000 feuilles par jour ils se consoleront vite en répétant le mot cher aux Mexicains, manana, demain.
- Comte Maurice re Périgny.
- Le deuxième Congrès international
- DE LAITERIE
- Le deuxième Congrès international de Laiterie, organisé par le Comité français de la Fédération internationale de Laiterie (fédération créée, il y a deux ans, à la suite du premier Congrès tenu à Bruxelles), a eu lieu à Paris, du 16 au 19 octobre dernier.
- Dans la séance d’ouverture, M. Bérard, sous-secrétaire d’Etat des Postes et des Télégraphes, remplaçant M. Ruau, ministre de l’Agriculture, a rendu hommage aux délégués des dix-sept nations ayant adhéré officiellement au Congrès, aux associations laitières et agricoles françaises et étrangères, aux Conseils généraux et aux villes qui s’étaient fait représenter dans cette manifestation.
- Le Congrès de Paris, placé sous le haut patronage de M. le ministre de l’Agriculture, qui comptait plus de 600 députés et sénateurs parmi les membres de son Comité d’honneur, et qui était placé sous les auspices de la Société française d’encouragement à l’industrie laitière, a eu, en effet, un succès considérable : 1500 adhérents avaient répondu à l’invitation du Comité d’organisation, présidé par M. le l)r Ricard, sénateur de la Côte-d’Or. Près de 150 rapports ont été imprimés et distribués avant le Congrès. Le programme embrassait toutes les questions d’ordre technique, hygiénique, législatif et économique de l’industrie laitière.
- 48 séances de sections ont été tenues, en dehors des deux séances plénières d’ouverture et de clôture et de la réunion générale, présidée par M. le professeur Brouar-del. Dans cette réunion générale le Congrès s’est spécialement occupé des procédés physiques et mécaniques de conservation du lait et des sous-produits de la laiterie.
- 140 résolutions ou vœux, résultats des travaux des sections, ont été ratifiés par l’Assemblée plénière de clôture. Nous retenons, parmi ces décisions, les plus importantes et celles qui présentent un caractère d’intérêt général.
- A la section de Production du lait, des vœux relatifs au contrôle individuel de la production, à l’organisation du contrôle vétérinaire des étables ont été adoptés.
- Un vœu capital a été soumis au vote de l’Assemblée générale et a soulevé une vive discussion. Ce vœu a pour but de faire éliminer de l’industrie laitière toute femelle qui, même sans 'présenter de signes clmiques appréciables, aura donné une réaction nette et positive à la tuberculine, ou de n’admettre le lait produit par ces femelles qu’après un chauffage en garantissant l’innocuité.
- La section Sciences du Lait a fait admettre, entre autres, les vœux suivants : vœux relatifs à l’unification internationale des méthodes d’analyse ; vœu pour le développement des institutions de contrôle pour la pureté des beurres, analogues aux stations néerlandaises; vœu pour que, si l’addition de substances révélatrices à la margarine est rendue obligatoire, la même mesure soit appliquée aux autres graisses susceptibles d’être incorporées au beurre.
- Le vœu capital, au point de vue international, a été émis par la section de Législation. Après une lutte acharnée, à laquelle ont participé brillamment les Hollandais, très nombreux au Congrès en raison de l’intérêt que présentait pour eux cette question, le texte suivant a été adopté :
- 1° Nulle prohibition n’est mise à l’importation des beurres provenant de nations ayant adopté l’obligation d’additionner de substances révélatrices toutes graisses ayant subi une manipulation qui rende difficile la constatation de leur présence dans le beurre.
- 2° Prohibition complète à l’égard des nations n’ayant édicté aucune mesure de garantie contre la fraude.
- 5° Création de stations de contrôle.
- Le dernier paragraphe et le vœu émis à la section Sciences du Lait donnent en partie satisfaction aux Hollandais qui auraient voulu faire admettre que leur système de contrôle, simple et rigoureux, était suffisant pour réprimer la fraude. Le Congrès a reconnu la valeur de leur institution, mais demandé une deuxième garantie : l’addition de substances révélatrices aux graisses pouvant servir à frauder le beurre.
- Un vœu a été admis qui demande l’interdiction de la vente des laits écrémés et purs dans le même local. Un autre vœu pour la fixation d’un maximum de teneur en eau du beurre est adopté, ainsi qu’un vœu demandant que le lait soit payé un prix proportionnel à sa richesse.
- Enfin un autre vœu tend à ce que la vente du lait pauvre (écrémé), non revêtu d’un signe particulier, soit considérée et punie comme contravention ou délit contraventionnel.
- Le Congrès a décidé de tenir à La Haye, en 1907, ses prochaines assises, et il a adressé un télégramme d’hommages à la reine de Hollande, ainsi qu’aux gouvernements d’Allemagne et d’Autriche qui avaient invité également les congressistes à se réunir chez eux en 1907.
- Un brillant banquet a dignement terminé ces travaux.
- Les congressites ont visité ensuite la laiterie de M. le baron IL de Rothschild à la Loupe, et les régions laitières les plus célèbres de France : les Charenles et la Normandie. Le magnifique essor des coopératives de l’Ouest a émerveillé les membres étrangers. En Normandie, la création de ce même mouvement d’association à Isigny, dans le centre de production de beurre, universellement renommé, a été, par l’intérêt qu’y ont pris les excursionnistes, le véritable couronnement de leur voyage. L’extension qu’a prise en quatre mois cette œuvre d’hommes d’élite a frappé les Congressistes au plus haut point et tous se sont rendu compte que l’impulsion, si difficile à faire sentir en ce milieu, était donnée, bien donnée, et qu’un succès éclatant ne se ferait pas attendre,
- J. Troude et P. Marsais,
- EMPOISONNEMENT
- par les sels de platine
- C’est une question que vient de traiter le British Journal of photography. II estime que les sels dont il s’agit sont parfaitement susceptibles d’afïecter certaines gens de façon dangereuse. Et dans le Wilson’s Photographie Magazine, M. Jarman, de son côté, dit que les symptômes qu’il faut observer avec soin sont d’abord des petites crevasses de la peau du dos des doigts, et une légère douleur qui se manifesté quand on se sert de ces sels dans les préparations photographiques. Au bout d’un certain temps, il se forme des plaies aux doigts, puis des rougeurs au mains, aux poignets. Toutefois, ce que redoute surtout M. Jarman' et ce qu’il considère comme entraînant ces effets regret -tables, c’est le développaleur à l’oxalate de potasse, notamment quand il est employé chaud.
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- LA NATURE.
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- LA SOURCE DU
- Toutes les géographies sans exception considèrent la grande chute de 422 mètres, dont s’enorgueillit à juste titre le Cirque de Gavarnie, comme étant la source du Gave de Pau. Le torrent qui forme cette chute, sourd au pied d’un glacier triangulaire, reposant sur une vaste terrasse, tournée vers l’ouest, et délimitée par l’arôte de Marboré, les trois pics delà Cascade et la falaise de l’Epaule; on dirait un petit cirque excavé dans le liane oriental du grand et célèbre amphithéâtre. Il y avait là autrefois un unique et puissant glacier suspendu, qui recouvrait tout de sa blanche hermine, mais qui disparut aux trois quarts, quand les frimas des Pyrénées se réduisirent à leur plus simple expression; il n’est plus représenté actuellement que par deux glaciers fort modestes, distincts l’un de l’autre, et qui, pour ce motif, ont droit à des dénominations spéciales. Le plus important se recroqueville au fond même de la terrasse : c’est, le glacier de la Cascade, attendu que les eaux qui s’en épanchent, ou du moins paraissent s’en épancher, aboutissent à la grande chute ; l’autre représente le glacier de l’Epaule ; ce dernier glacier, coupé de crevasses transversales, qui empêchent de le remonter franchement le long de la falaise qui l'abrite, a été jadis appelé par le comte Russell, et improprement, « glacier de la Cascade », car son égout, se précipite au contraire à part, dans l’angle sud-est du Cirque. Ajoutons vite qu’à l'époque où ce cher et vaillant; Russell entassait toutes ses ascensions pour contribuer à la solidité des bases du pyré-néisme, il ne s’agissait guère de ces menus détails.
- Le glacier de la Cascade s’adosse à un couloir d’où il a l’air de dévaler. La partie supérieure de ce couloir est très abrupte, et ceux qui s’y sont aventurés, pour atteindre le sommet du pic du Marboré, ont dû se rejeter à mi-chemin vers l’arête. En bas, un rognon de glace bleue tranche sur la blancheur de la neige. Le glacier finit en pointe, mais au-dessous des séracs, ce n’est plus que du névé qui, certaines années, disparaît complètement ; une sorte de ravinement encombré d’énormes débris y succède; l’eau, invisible à sa sortie des crevasses du glacier, jaillit abondamment au milieu de ces gravats disparates, pour choir aussitôt du haut de deux gradins successifs de 20 à 50 mètres de hauteur environ, et s’abîmer finalement dans le gouffre du Cirque.
- Du point de vue de la fontaine des Sarradets, on remarque très bien que le torrent de la grande chute, avant d’exécuter son premier saut, reçoit à droite, et un peu plus bas que son émergence, une forte source, qui double, s’il ne le triple, le volume de son débit. A coup sûr, cet apport n émane pas, comme le premier, du glacier de la Cascade, dont les faibles dimensions ne pourraient offrir deux suints aussi puissants; il ne découle pas non plus du glacier de l’Épaule, ainsi que je l’ai expliqué plus haut; en outre, de l’autre côté de l'arête du Marboré, les eaux du petit glacier de la Brèche Pas-
- GAVE DE PAU
- set forment une cascade spéciale entre la grande-chute et le riou d’Astazou. On est donc réduit à supposer que la source, objet de notre dissertation, provient d’ailleurs, et peut-être alors serait-elle une dérivation souterraine du vaste plateau, très neigeux, situé derrière les pics de la Cascade, et qui ne verse aucun ruisselet vers le canon d’Arrasas. Le marbre des étages du Cirque de Gavarnie apparaît très fissuré; grottes et trous y abondent, notamment derrière la Brèche-de-Roland; puis, çà et là, les joints de stratification, tournés vers le ciel, ont toutes les facilités désirables pour absorber l’eau. On remarque sur notre figure 2 les extravagants contournements de couches qui résultent, du phénomène de torsion des assises.
- La caverne béante dans la muraille de l’Epaule est une glacière naturelle recevant par des avens les frimas qui l’emplissent. Enfin, sans que le doute soit possible, le torrent de la grande chute tire entièrement son origine de la fusion estivale des neiges marboréennes, puisque, pendant l’hiver, du mois d’octobre au mois de mai, la Cascade, qu’il occasionne, n’existe plus.
- Je dois rappeler ici que la Cascade de Gavarnie fut considérée autrefois comme l’émissaire d’un petit lac rond situé derrière les tours du Marboré, dans le fond d’un bassin et sur le versant espagnol. Ce lac a figuré sur toutes les cartes de l’époque, celles de l’Académie, de Roussel, de Ramond, etc., et il n’y a pas bien longtemps encore, on pouvait le voir sur une carte du génie militaire français, refondue en 18751. L’introduction de cette pièce d’eau, dans l’histoire des Pyrénées, était l’œuvre de l’ingénieur Moisset2. Chargé en 1777 de retrouver deux des sources de Barèges qui s’étaient perdues, Moisset avait fait entre temps l’ascension de la Brèche-de-Roland, et, après avoir poussé derrière-la Tour et l’Epaule, était parvenu jusqu’à un laquet dont la décharge, « passant au pied du Cylindre », lui parut choir dans le Cirque. Or, comme il n’existe par là pas d’autre lac que l’étang du Cylindre, situé entre ce dernier pic et le Mont-Perdu, nous sommes obligés de croire qu’il est celui aperçu par Moisset, à moins que notre ingénieur, ayant simplement gravi le plateau du Marboré, ait découvert le Lac Glacé que Ramond signala vingt ans plus tard : une erreur d’orientation, causée par la fatigue, peut être la cause d’observations aussi fantastiques.
- A son point de chute, le Gave se divise en plusieurs jets, qu’un surplomb envoie franchement dans le vide. L’eau, vaporisée par la résistance de Pair, finit par glisser le long de la roche et frapper, avant de toucher le sol, une saillie qui coupe en deux fragments inégaux ce sublime ruban de mousseline.
- 1 Schrader, Études géographiques dans le massif du Mont-Perdu, p. 11 et 12.
- 2 Voy. Lomet, Mémoire sur les eaux de Barèges, p. 56; et Ramond, Voyages au Mont-Perdu, p. 118 et 359.
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- La recondensation s’opère dans une vasque pierreuse ; puis, le torrent reprend sa course pour franchir, sous un tunnel, l’amas de neige que les avalanches créent au fond de la gigantesque enceinte, et pour s’échapper vers la Prade Saint-Jean par la petite gorge tortueuse du Caousillet, non sans avoir reçu les ruissellements de l’Epaule, de la Tour, du Casque et de la Brèche-de-Roland d’un côté, et ceux du Marboré et de l’Astazou de l’autre.
- Ce fut seulement après la découverte du chemin de la Brèche Passet que les touristes allèrent saluer de près la source de la Cascade de Gavarnie. On laissait à gauche le col d’Astazou, et, après s’être atla-
- niche, large de 20 à 25 centimètres, qui semble devoir se détacher sous votre poids et qui même, un instant, s’interrompt net; les prises pour les mains et pour les pieds s’espacent et l’abîme, au-dessous, éveille un délicieux frisson.
- On traverse ensuite le ruisseau delà Brèche Passet. L’arête du Marboré tombe perpendiculairement dans le Cirque. 11 faut la contourner, ayant à droite l’immense précipice, constamment. La grande chute, tout à fait extraordinaire, montre son profil. Les Sarradels se distinguent du haut en bas : à la courbure de leurs strates, on conçoit le pourquoi des fameuses Echelles. On atteint le niveau de la Cas-
- Fig. 1. — Le deuxième saut au-dessus de la grande chute. (Cliché Lucien Briet.)
- que à l’arête, dont une rimaye rendait parfois les approches assez délicates, on descendait abruptement sur le glacier de la Cascade. Cela fait, il ne restait plus qu’à remonter par de longues pentes de débris coupées de banquettes jusqu’au faîte du Cirque.
- Le guide Célestin Passet trouva, en 1887, une voie plus directe que le comte Roger de Monts, très friand de ce genre de nouveautés, inaugura. Cette voie donne un fort joli pendant à la grimpade des Sarra-dets. On se hisse, dans les parois orientales du Cirque, passé le riou d’Astazou, à l’aide d’une cheminée herbeuse, et on aboutit à une pente de gazon, très rapide, étoilée d’édelweiss; un mauvais pas conduit alors à une Seconde cheminée, puis à une terrasse, véritable pâturage dont les isards ont exclusivement la jouissance. Ce mauvais pas est une cor-
- cade. Une ravine s’interpose. Il y a lieu d’en remonter la lèvre assez haut et de s’abaisser ensuite par son autre bord. Cette dernière corniche conduit au pied d’un mur légèrement ventru. Le guide bondit alors comme un chat, saisit avec l’extrémité des doigls une petite saillie, s’enlève à la force des poignets et des genoux, et, une fois solidement installé, amène à lui ses compagnons, les uns après les autres. Corde indispensable, surtout à la descente. Heureusement, la corniche compte un mètre de largeur : une route nationale. Un dernier effort vous embarque sur une vaste plate-forme, d’où vous arrivez de plain-pied au point de chute de la Cascade. Il y a là une table de calcaire énorme, couverte d’une herbe touffue, et qui avance d’au moins 15 mètres au-dessus du vide, absolu comme on ne le verra jamais ailleurs. J’ai
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- dû m’installer tout ;i fait à son extrémité pour prendre une photographie de l’arc exécuté par les eaux tombantes : c’est la seule place. Le bruit du torrent empêche de s’entendre. Le sol semble vibrer sous le
- finalement parmi les gravats jusqu’au point d’émergence.
- La Cascade de Gavarnie augmente d’une façon très appréciable après une belle journée et diminue inva-
- Fi«\ 2. — Le glacier de la Cascade. Origine de la grande chute (422 mètres) de Gavarnie. (Cliché Lucien Briet.)
- choc de ses eaux comme un tremplin. Ce coin de paysage est l’endroit le plus poignant du Cirque de Gavarnie. Pour atteindre la source du Gave, on traverse celui-ci comme on peut, et on gravit les rudes parois qui lui font faire ses deux premiers sauts. On dévale
- riablement chaque nuit : elle résulte bien d’une fonte glaciaire. Nous avons expliqué, en outre, qu’elle disparaissait pendant la saison du froid. Peut-elle être dans ce cas regardée comme l’origine exacte d’un torrent qui ne cesse de couler d’un bout de l’année
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- à l'autre? Evidemment non. La source d’un fleuve doit être pérenne comme lui, et se trouver le plus près possible du fond du thalweg arrosé tout d’abord. Les deux « yeux » de la Garonne jaillissent à la base du Pla de Béret, bien que d’autres sources, beaucoup plus abondantes, se déversent sur les lianes du val d’Aran, le Goueil de Jouéou par exemple. Or, au seuil même du Cirque de Gavarnie sourd une grande fontaine. Allez à l’angle de la terrasse aménagée devant Y Hôtel du Cirque, là où le Gave commence à s’engager dans le Gaousillet, et vous remarquerez celle fontaine, si voisine du torrent qu’elle paraît à première vue en être une dérivation ; elle ne tarit jamais, même en hiver; quand les cascades ne fournissent plus leur écumant apport, le torrent débute dans le Cirque par son entremise, et c’est elle par conséquent qui doit être admise et consacrée comme la source authentique du Gave de Pau.
- Lucie.n Briet.
- L’INDUSTRIE DES RAISINS SECS
- L’industrie du séchage des fruits peut être pratiquée en France dans toutes les régions où l’arboriculture fruitière est facile à exploiter. En prenant un grand développement, elle peut donner lieu à un commerce d’exportation des fruits secs beaucoup plus important qu’il n’est actuellement.
- Cette industrie — fortement préconisée en ces dernières années, notamment en 1904, année de surproduction de fruits — rendrait d’énormes services aux producteurs ayant des fruits abondants et difficiles à écouler à l’état frais. L’Algérie et la Tunisie surtout pourraient tirer grand profit de la culture du raisin destiné à être séché.
- L’industrie des raisins secs fut longtemps l’apanage exclusif des provinces du sud de l’Espagne, particulièrement de la province de Malaga, qui doit sa renommée à son raisin sec, plus encore qu’à son vin.
- De 1875 à 1880, on a préparé en Espagne — année moyenne — 2 500 000 caisses de 10 kilogrammes de raisins secs. Mais, aujourd’hui, cette production a diminué, par suite de la concurrence que font aux raisins secs d’Espagne ceux que l’on prépare en Italie, en Grèce, en Turquie, en Californie et dans d’autres pays qui, grâce à leur climat chaud et sec, peuvent pratiquer avantageusement la dessiccation des raisins au soleil.
- Dans la province de Malaga, on apporte à cette préparation par le séchage au soleil les soins les plus minutieux et de grandes précautions.
- C’est vers le 1er août que le raisin commence à mûrir, et c’est ordinairement vers le 15 août que commence la cueillette.
- Toutes les grappes ne sont pas cueillies en même temps, mais au fur et à mesure de leur maturité complète, car les raisins bien mûrs font seuls de bons raisins secs; on a la précaution de saisir la grappe par le pédoncule, afin de ne pas déflorer le fruit, de n’en pas enlever la substance pruinée bleuâtre qui en constitue le coloris et le cachet. Les raisins sont placés sur des claies d’osier, pour être portés au séchoir ou toldo.
- Le toldo est une aire plus ou moins étendue, mais ayant généralement 12 mètres de long sur 4 mètres de large, orientée au sud et inclinée de 45 degrés environ.
- Chaque toldo est entouré de murettes, le sol est recouvert de gravier ou de petits cailloux. En général, il y a un grand nombre de toldos disposés côte à côte, en longues lignes étagées et, entre eux, est ménagé un passage de 1 mètre de largeur environ.
- Les raisins sont placés directement sur le sol ; on entretient ces aires bien nettes, propres et exemptes de végétation. Les raisins couvrent complètement faire sans se toucher. Au bout de huit jours, si le temps a été favorable, on visite une première fois les toldos, on coupe avec des ciseaux et on enlève les grains arrivés à la dessiccation complète. Si on les laissait séjourner plus longtemps, ils deviendraient durs et sans saveur.
- Tous les jours, la même inspection est faite jusqu’à ce que la grappe entière soit arrivée à la dessiccation.
- Du toldo, les raisins secs sont portés à l’atelier d’emballage, où ils sont classés. Le classement est une opération délicate et minutieuse. Les raisins sont déposés sur une table. Un ouvrier prend chaque grappe et la classe suivant sa grosseur et sa qualité. Il arrive parfois qu’une même grappe est composée de raisins de deux ou plusieurs classes, on la divise alors et chaque partie est placée dans la classe correspondante.
- L’emballage des raisins secs se fait dans des boîtes ou caissettes très légères, en bois blanc, ornées de papier, de festons et plus ou moins enjolivées suivant la finesse du produit qu’elles contiennent.
- En Californie, la préparation des raisins secs se fait d’après les mêmes principes, mais elle est moins soignée qu’en Espagne. Le toldo est établi dans la vigne même et il consiste en un simple talus incliné de 50 à 40 centimètres, orienté vers le sud.
- Contrairement à ce qui se passe en Espagne, les grappes sont retournées tous les quatre ou cinq jours. Au bout d’une quinzaine de jours, les raisins sont à peu près secs, et comme on ne fractionne pas les grappes (on considère les grappes comme d’autant plus belles qu’elles sont plus grosses), il arrive qu’au moment où l’opération de la dessiccation est considérée comme terminée, il reste des grains qui n’ont pas atteint le degré de siccilé voulu.
- Pour égaliser et parachever le produit, on fait intervenir l’opération du reisuage, qui consiste à entasser dans de grandes boîtes tous les raisins. Ces boîtes restent fermées pendant deux à trois semaines ; dans ce milieu clos, il s’établit un équilibre d’humidité; les raisins trop verts abandonnent leur excès d’eau aux rafles et aux raisins trop secs.
- Lorsque le moment de l’empaquetage est arrivé, les boîtes étant ouvertes, on s’aperçoit que les raisins qui étaient trop verts sont arrivés à la dessiccation.
- La dessiccation au soleil, surtout lorsqu’elle n’est pas pratiquée avec des soins méticuleux, comme en Espagne, a quelques inconvénients graves.
- Sous l’influence du brouillard ou des rosées abondantes, la terre et la poussière se collent au raisin et, si des pluies surviennent, la récolte peut être entièrement perdue.
- Pour se soustraire à ces aléas, les producteurs californiens ont recours à la dessiccation à l’aide de la chaleur artificielle. Ils emploient alors d’immenses séchoirs ou évaporateurs, qui sont de véritables édifices.
- Ces séchoirs ont 25 à 30 mètres de longueur et 2,50 m. à 3 mètres de largeur et de hauteur. Ils sont formés de deux chambres adossées dans le sens de la longueur. Dans l’une est placé un puissant calorifère, et, dans les cloisons, deux ventilateurs appelant l’air chaud et le refoulant
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- dans les chambres de séchage où les raisins arrivent sur des claies portées par des wagonnets.
- Ces installations peuvent dessécher à la fois 100 000 à 250 000 kg de raisins en quatre à cinq jours. Mais avec des évaporateurs perfectionnés et en opérant sur des quantités plus restreintes, on peut dessécher les raisins en deux à trois jours ; le rendement est de 20 à 25 pour 100. La préparation des raisins secs est encore plus rapide si on prend la précaution d’éclaircir les grappes trop denses en enlevant quelques grapillonset en faisant sécher ensuite ces derniers avec les grappes. Les raisins secs d’Espagne et de Californie sont expédiés dans le monde entier. Le chiffre des exportations s’élève à plus de 50 millions de francs annuellement. Hrnri Hun.
- LES PIERRES LUMINEUSES
- de Bologne
- Les « pierres lumineuses de Bologne » ont été découvertes par un alchimiste de cette ville, Vincent Casoiorolus, en chauffant un mélange de spath lourd avec du charbon et du blanc d’œuf. A ce propos, il y a quelque temps, deux chimistes, MM. Yanino et Gaus ont été amenés à étudier l’action de l’urane et du bismuth sur l’augmentation de phosphorescence des sels de baryum ou de strontium; ils sont partis pour cela des thiosulfates correspondants. Le thiosulfate de baryum, chauffé seul pendant 45 minutes dans un four de Rôssler, fournit une pierre peu lumineuse, même quand on la porte à 1500 degrés. La phosphorescence est vive, au contraire, et d’un vert jaunâtre si l’on mélange le thiosulfate de baryum avec des traces de nitrate d’urane, de bismuth ou de thorium. Mais les résultats sont encore meilleurs avec le thiosulfate de strontium; ce dernier, mélangé avec une petite quantité de nitrate de thorium et de plomb, donne une pierre lumineuse de couleur bleuâtre.
- PETITS PAQUEBOTS
- de 23 et 24 nœuds
- Pour quiconque est un peu au courant des questions de navigation maritime, ce titre semblera fort surprenant : l’allure de 25 nœuds, pour un bateau qui ne doit pas être qu’en machine, qui est obligé de porter une cargaison utile, un poids assez élevé de marchandises ou de voyageurs, est une vitesse qu’on n’atteint que péniblement, même sur les plus grands transatlantiques. Les vitesses accélérées sont en effet d’autant plus difficiles à réaliser que les navires sont de plus petites dimensions : aussi les paquebots dont nous voulons parler (nous donnons une photographie de l’un d’eux) n’ont pu fournir semblable résultat que grâce à ce fait qu’ils sont mus par des turbines à vapeur.
- Il a été question ici, à bien des reprises, de ce nouveau moteur à vapeur, qui apporte une véritable révolution dans les errements suivis jusqu’à présent ; mais on ne saurait trop attacher d’importance à son introduction à bord des navires et en suivre
- les progrès dans ce domaine particulier. Nous avons vu que la Cie Cunard, qui a décidé de doter de moteurs de ce genre les deux paquebots de 240 mètres de-long dont sa flotte s’enrichira avant peu, vient, pour permettre une comparaison absolument probante entre la machine à mouvements alternatifs et cet engin rotatif, de faire construire et lancer pour ainsi dire simultanément, les deux paquebots C arma nia et Caronia.
- Au fur et à mesure, du reste, que se multiplient, les navires dotés de turbines, on constate de façon plus nette les résultats heureux donnés par cette sorte d’engin. Voici, par exemple, un steamer de charge,' le Loonç/ana, qui vient d’effectuer l’énorme traversée de Glasgow en Australie, et cela à une époque où la mer est. particulièrement, dure, sans que ses turbines aient donné lieu à la plus légère avarie, au plus léger désagrément. Ci* bateau, qui n’est pourtant pas un navire de vitesse, a pu atteindre facilement une marche de 18 nœuds, et les observa-
- tions qui ont été laites sur ses consommations ont montré que, comme cela avait été prévu, la turbine assure une économie sur les machines à cylindre dès qu’on atteint une allure de 16 nœuds. De plus, jamais on n’a pu constater d’emportement du propulseur, comme cela se produit si souvent avec les machines classiques quand la mer est forte; enfin on ne ressentait point de vibrations dans la coque, sauf aux vitesses maxima, et encore, dans ces circonstances, étaient-elles bien faibles. On peut dire qu’il y a là une démonstration typique des avantages considérables de la turbine pour les voyages au long cours ; et nous ne pouvons manquer de faire remarquer que, à l’heure actuelle même, M. Parsons affirme avoir trouvé une solution qui permettra d’appliquer la turbine, avec toutes ses qualités, à la navigation des cargo-boats lents, ne dépassant pas une allure d’une dizaine de nœuds.
- Quoi qu’il en soit de cette affirmation, qui nous annonce peut-être une transformation toute prochaine de la navigation marchande à allure lente, il n’est pas moins remarquable de constater que c’est la turbin^ qui permet cette vitesse de 25 nœuds dont nous avons parlé tout à l’heure à un paquebot qu’on peut considérer comme étant de proportions infimes si on le compare au Caronia ou au Carmania : il s’agit du Manxman, qui vient d’être construit sur les chantiers Vickers Sons and Maxim, à Barrow-in-Furness.
- Ce Manxman appartient à la Compagnie de chemin de fer dite Midland Railway, qui, comme beaucoup d’autres compagnies anglaises, possède une série de vapeurs d’excursions formant des correspondances aux lignes de chemins de fer ; et celui-ci a pour point de départ le port deHeysham, qui a été aménagé par la compagnie même. Il va de soi que les excursionnistes, qui prennent passage à bord de ces paquebots spéciaux, désirent toujours être transportés à très grande vitesse ; et il est bien manifeste également que les dépenses d’exploitation d’un sem-
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- LA NATURE.
- blablc service doivent être réduites au minimum, alîn que les prix de passage soient à la portée du plus grand nombre possible de bourses. On y est arrivé en dotant le Mcinxman de turbines à vapeur. On retrouve naturellement ici la disposition qui semble devenir classique en la matière : trois séries de turbines, turbine à haute pression commandant l’arbre de couche central, turbine h basse pression pour chacun des arbres latéraux, avec turbines de marche arrière montées sur ces mêmes arbres ; ces dernières reçoivent directement la vapeur des chaudières, quand besoin est. Dans toute la machinerie, on a adopté une pression de régime assez élevée, qui est bien caractéristique, et cela précisément dans le but d’arriver à une économie de fonctionnement encore plus grande, que dans les autres bateaux à
- marchent à cette allure, doivent avoir une longueur è peu près douille.
- Mais la Belgique possède de son côté, entre Ostende et Douvres, un petit paquebot à turbines encore plus remarquable : c’est le Princesse-Élisabeth. Long de 104,85 ni., large de 12,19 in., avec un creux de 7,08 m., en dépit de son faible tirant de 2,92 m., seulement; il a donné une allure de 24 noeuds sur un très long parcours d’essai. Cela permet de réduire d’une demi-heure la traversée de Douvres à Ostende, tout en brûlant sensiblement moins de combustible qu’avec les machines alternatives. Et en moins d’une minute et demie, le bateau peut s’arrêter et reculer à raison de 16 nœuds.
- Le second navire dont nous voulons parler n’est pas de dimensions bien supérieures, puisqu’il est
- Le paquebot rapide Manxman.
- turbines. On estime que ces dispositions diverses assurent au Manxman une économie de 10 pour 100 sur les navires analogues propulsés par des machines à mouvements alternatifs ; l’augmention de pression a eu pour résultat de diminuer de façon très nette la consommation d’eau par unité de puissance. Et encore n’a-t-on pas eu recours au surchauffage de la vapeur, qui aurait sans doute donné des résultats sensiblement supérieurs. La pression dans les générateurs est de 13,89 kg, elle s’élève à 12,65 kg dans la turbine haute pression, et n’est plus que de 1,40 kg dans les moteurs basse pression ; le nombre des révolutions par minute est respectivement de 533 et de 609. Et c’est dans ces conditions et grâce à ces engins, qu’un paquebot qui a seulement 100,5 m., de long et 13,72 m., de large, a pu donner facilement une allure de 23 nœuds. Ce sont là. des dimensions relativement faibles, puisque, encore une fois, les transatlantiques dotés de machines ordinaires qui
- long seulement de 104,85 m. ; et pourtant il donne une allure encore plus rapide que le Manxman : il s’agit du Princesse-Élisabeth, construit par les chantiers Cockerill pour la ligne Ostende Douvres. Ce navire n’a qu’une profondeur très faible de 7,59 m., et son tirant d’eau a dû être limité à 2,91 m., pour pouvoir partir ou arriver à tout état de mer. Grâce aux turbines des résultats surpenants ont été réalisés avec cette petite coque : dans des essais qui ont été effectués sur la Clyde, et sur-une base représentant un grand développement de plus de 55 milles, on a relevé une vitesse moyenne de plus de 24 nœuds. Cette accélération permet de réduire d’une demi-heure la durée normale de traversée en brûlant moins de charbon pourtant.
- 11 est certain qu’il y a là un nouveau pas fait dans la voie de l’application de la turbine à la navigation maritime. Pierre de Muriel.
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- Détails du mécanisme d’une automobile.
- L’Animal, être auquel la nature avait accordé comme privilège inappréciable la faculté de se mouvoir à sa volonté, subit depuis quelques années une terrible concurrence. Après l’invention de Stephen-son, machine encore esclave d’une ligne lêrrée, voici l’automobile qui, elle, peut prendre ses ébats sur toutes les routes, gravir toutes les rampes, docile et souple comme les animaux domestiques dressés par nos pères au môme service.
- Aussi la comparaison, un peu osée peut-être, que je vais suivre durant un exposé rapide du nouvel engin, me paraît justifiée. Dans l’automobile nous trouverons un squelette, des membres, un estomac, des poumons, des muscles, des nerfs, le tout enfermé dans des tissus protecteurs des parties vitales; l’automobile a des mouvements voulus, des réllexes, une sensibilité des maladies, etc.
- J’appelle squelette d’une voilure son châssis qui forme charpente et comprend quatre roues qui sont ses membres porteurs, directeurs et moteurs; par muscles, j’entends tous les liens mécaniques contribuant à imprimer à ces roues des mouvements déterminés ; les nerfs sont les organes qui transmettent cà la machine la volonté du conducteur par des canaux qui paraissent, comme dans letre animé, bien grêles eu égard aux efforts qu’ils peuvent déchaîner.
- Les systèmes respiratoire, nutritif et moteur de l’automobile possèdent toutefois une organisation spéciale ; ce sont les pulsations du cœur, au cas présent du moteur, qui vont porter la vie et le mouvement aux extrémités de ce corps merveilleux; on pourrait supposer dans le règne animal l’existence d’un être constitué de façon que le coeur soit un organe utilisant-directement-l'énergie contenue dans les aliments que lui fournirait l’estomac et se ser-
- vant des muscles pour le transport de cette énergie aux membres, telle est en tout cas la loi qui préside aux manifestations extérieures de la vitalité de notre sujet.
- Suivons en détail l’ordre des phénomènes en nous référant au dessin. L’essence est canalisée depuis le réservoir (49) placé à l’arrière jusqu’au carburateur (13), véritable estomac où s’opère dans une proportion convenable son mélange avec l’air atmosphérique. Le courant d’air produit par l’appel des pistons au moment de leur course descendante entraîne une partie de ces gaz devenus assimilables ; dans la chambre de combustion (9) se produit alors une pulsation sous l’influence déterminante d’une étincelle électrique qui allume le mélange au moment où le piston est en haut de sa course.
- Dans chacun des cylindres, on peut décomposer une pulsation complète en quatre périodes, ce qui vaut au moteur à explosion la dénomination de moteur à quatre temps. Supposons en premier lieu le piston en bas .de course venant d’aspirer une cylindrée; une soupape d’aspiration (10) ouverte au moment voulu se ferme; quand le piston remonte, tous les orifices étant clos, les gaz sont comprimés et brassés énergiquement, puis l’étincelle jaillit, l’explosion chasse le piston, c’est la période motrice. A la remontée du piston, la soupape d’échappement commandée par l’arbre à cames (32) s’ouvre, les gaz détendus sont expulsés dans une longue boite (45) nommée silencieux qui a pour mission d’étouffer le bruit qui accompagnerait l’éjection des produits résiduels.
- Lorsque le piston a été chassé par l’explosion, il a imprimé à un coude (55) de l’arbre moteur, et par le moyen d’une bielle, un mouvement de rotation; mais on voit que sur quatre courses du piston une
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- LA NATURE.
- seule esl motrice; il laut donc h tout moteur à explosion un volant très lourd (55) pour régulariser la transmission de l'effort, sans quoi la voiture avancerait par bonds successifs. On peut atténuer ce défaut du moteur à quatre temps en multipliant le nombre des cylindres ; si l’on en place quatre côte à côte, on obtient une pulsation deux fois par tour de l’arbre (54) dit vilebrequin, au lieu d’une seule chaque deux tours.
- Grâce à cette complication très grande, mais à peu près nécessaire pour les puissances élevées, on jouit actuellement dans les voitures automobiles d’un confortable auquel on n’espérait pas pouvoir prétendre au moment où l’on a adopté cette solution ; ce résultat a contribué plus que tout autre à la diffusion de l’automobile de luxe; il existe néanmoins des moteurs monocylindres et des deux-cylindres comme il existe des six nu huit-cylindres.
- Malheureusement, on n’a pu jusqu’ici débarrasser le moteur à explosion d’un appareillage fort encombrant : la chaleur développée par l’inllannnation du mélange est telle que les huiles de graissage ne sauraient garder leurs propriétés ni même subsister si l’on ne refroidissait sans cesse les parois des cylindres. Ceux-ci sont donc munis de deux enveloppes, l’une formant la chambre des gaz, l’autre extérieure (7) ; entre les deux circule un courant d’eau qui maintient constamment la température aux environs de 80° et entraîne les calories en excès.
- Comme on ne peut emporter sur une voiture une provision d’eau très importante, il faut éviter de la laisser partir en vapeur ; à cet effet, on lui fait traverser, en l’y refoulant généralement par une pompe centrifuge (‘25), un appareil nommé radiateur (‘22) présentant au vent, créé par le déplacement du véhicule, une très grande surface de refroidissement.
- Pour caser dans un espace restreint ces éléments de surlace, tantôt on replie plusieurs fois sur lui-même le tuyau de conduite préalablement garni d’ailettes en métal bon conducteur qu’on a serties sur lui, tantôt on établit à l’avant de la voiture un réservoir tubulaire au travers duquel passe l’air par de nombreux orifices, c’est une application inverse du principe utilisé pour la construction des chaudières tubulaires ; au lieu d’une flamme chaude qui chauffe l’eau, c’est un courant d’air froid qui passe dans les tubes pour abaisser sa température.
- La nécessité du refroidissement entraîne donc à la fois l’adjonction d’une pompe, d’une enveloppe double, d’une tuyauterie (17, 18) sujette à se disjoindre et en plus celle d’un radiateur et souvent d’un ventilateur (25) destiné à produire un courant d’appel d’air quand la voiture est arrêtée ou se déplace lentement.
- Nous espérons bien que le premier grand progrès que nous réserve l’avenir sera la suppression de tous ces accessoires coûteux et lourds qui nuisent très souvent à l’accessibilité des autres organes, en attendant, ce que nous verrons peut-être, la suppression des appareils d’électricité servant à l’allu-
- mage et leur remplacement par un dispositif dérivé de près ou de loin de l’antique briquet à air.
- L’allumage actuel comporte une source d’électricité (5) qu’il faut recharger ou une magnéto, qu’il faut faire tourner, graisser, surveiller, et un transformateur (5) qui élève la tension du courant de la source au voltage voulu pour qu’il soit susceptible de produire une étincelle; parfois cependant on utilise le courant tel que le fournit la magnéto et on effectue mécaniquement la séparation de deux pièces intérieures à la culasse et traversées par le courant; la rupture provoque une étincelle, c’est ce qu’on nomme l’allumage à basse tension. Dans tous les cas il y a là une série d’organes dont on peut espérer ou pour le moins souhaiter le remplacement par quelque système plus rudimentaire.
- Partout où il peut y avoir glissement, et par conséquent frottement de parties métalliques l’une sur l’autre, on lubrifie les surfaces de contact avec de l’huile minérale ou de la graisse; nos articulations ne sont-elles pas lubrifiées par la synovie. Le moteur utilise une huile résistant aux températures élevées; le plus souvent une pompe (19), dont le système est quelconque, puise dans un réservoir d’huile (placé sur la ligure dans le prolongement de la lïèche 14) une quantité lixe à chaque tour; l’abondance du graissage est ainsi proportionnée à la vitesse du moteur.
- If n’est pas de voiture à pétrole qui ne comporte en un point de la transmission un dispositif de débrayage (50) : c’est une solution de continuité entre le moteur et les roues ou c’est l'appareil susceptible de la réaliser; car le mot désigne tout aussi bien la fonction que l’objet. Sa nécessité provient du fait qu’on a tantôt besoin de faire tourner le moteur indépendamment des roues, tantôt d’entraîner la voiture en rétablissant la continuité.
- L’entraînement ne s’obtient pas par verrouillage brutal, mais par friction continue de surfaces serrées de plus en plus l’une contre l’autre, jusqu’à adhérence complète.
- Entre l’embrayage et les roues on interpose en outre un appareil ramenant à une valeur convenable le nombre de tours par minute ; si des roues, de 80 centimètres par exemple, tournaient à la vitesse d’un moteur à pétrole des plus lents, à 800 tours par exemple, la voiture roulerait à 420 kilomètres à l’heure, ce qui n’est pas une allure classique.
- Pour réduire la vitesse de rotation des roues, tout en augmentant le couple moteur, on emploie des engrenages combinés soit avec un arbre brisé (42), soit avec des chaînes; nous ne parlerons que du premier dispositif.
- Tout d’abord considérons l’arbre des roues : celui-ci est transversal à celui du moteur ; on profite donc d’un renvoi par pignons cônes (46) nécessaire, pour réduire une fois pour toutes la vitesse de rotation de l’essieu.
- En réalité, une voiture ainsi bâtie peut rouler : l’arbre du pignon cône (46) est entraîné par 1 arbre
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- (42) articulé à « cardan » à ses deux extrémités et rejoignant l’embrayage.
- Une articulation à « cardan » (59-44), du nom de son inventeur Jérôme Cardan, est une liaison telle entre deux arbres que ceux-ci peuvent prendre une inclinaison relative quelconque, mais l’un ne peut tourner sans entraîner l’autre.
- Pratiquement il faut dans la transmission un second démultiplicateur, ce qui se conçoit aisément. Si toute la puissance du moteur est absorbée pour faire rouler la voilure en terrain plat, on ne peut gravir une côte à la même vitesse; il faudrait pour cela avoir un excédent de puissance disponible, ce qui est contraire à l’hypothèse que nous avons faite. Un montera parfaitement les côtes, mais-à condition d’aller moins vite qu’en palier, de démultiplier encore la transmission.
- On a créé entre l’embrayage et le différentiel un second point de rupture : au lieu d’entraîner directement l’arbre portant un pignon cône, on passe par l’intermédiaire d’engrenages renfermés dans une boîte(57) dite boite des vitesses; le tronçon qui sort à gauche est libéré du tronçon d’arbre qui entre à droite et prend une vitesse réduite ; le mouvement passe alors par un arbre parallèle à ceux-ci.
- Les changements de vitesse peuvent varier presque à l’infini, celui de la ligure a l’avantage de donner l’entrainement pour chaque vitesse sans déplacement des trains d’engrenages ; c’est ce qu’on nomme un changement de vitesse à friction par opposition aux appareils à train baladeur, nous ne pouvons pénétrer plus avant dans son intimité.
- lîemarquons la situation de l’arbre (42) : s’il est articulé à « cardan » ce n’est pas uniquement pour remédier à un défaut possible d’alignement, mais pour laisser à l’essieu la faculté de se mouvoir, se rapprocher ou de s’éloigner du châssis quand les roues franchissent de petits obstacles; ce sont ces mouvements que je comparais à des réflexes.
- Dans l’axe des roues, on aperçoit un ensemble mécanique appelë différentiel (47). Au moment où la voilure décrit sur la route une courbe, dans un tournant, il est évident qu’une roue, celle de l’extérieur, tourne plus vite que l’autre ; elle reçoit quand même à tout moment l’eflbrt moteur grâce au différentiel; c’est un organe relativement simple qui pourrait se réduire à trois roues d’engrenages ; il est utile d’en préciser la fonction : égaliser l’effort moteur sur chaque roue tout en laissant chacune prendre la vitesse que lui impose son contact avec le sol.
- Dans un corps animé, les nerfs sont les messagers de la volonté; ce’sont ici les organes de direction et de conduite de la voiture : volant de direction (2) au moyen duquel le conducteur fait obliquer les roues et toutes les pièces lui faisant suite mécaniquement, manettes (1) commandant l’avance à l’allumage et l’admission plus ou moins grande des gaz par des tringles et renvois, système de leviers permettant de se placer sur telle ou telle combinaison d’engrenages suivant la résistance du terrain,
- pédales (4) et accessoires aboutissant aux freins pour enrayer le mouvement, etc. L’une des poulies de frein (58) est généralement placée avant le différentiel, les autres (48) sur les roues.
- Chacun des groupes mécaniques, moteur, changement de vitesse, différentiel, est soigneusement protégé des injures de la route par des carters renfermant l’huile deslinée à leur graissage, c’est le derme; on place sous la voiture et au-dessus du moteur (16) des capots en tôle jouant, vis-à-vis des petits mécanismes extérieurs, le même rôle de protection, c’est l’épiderme. Enfin, pour nous permettre de transformer notre animal automobile en outil de transport, il faut le harnacher; les carrosseries dont on le pare sont des plus variées.
- Nous avons détaillé l’anatomie de l’automobile, il ne manque à la plus noble conquête que l’homme ail faite sur la matière que le souffle de vie pour l’individualiser ; mais l’âme d’une voilure, c’esL celle du conducteur, union psychique qui nous explique le dévouement qu’il a pour sa compagne. Quand il lui prodigue ses soins aux heures de lassitude, il semble qu’il lui rende la vie en lui infusant quelque chose de lui-même. Pol Havigneaux.
- CHRONIQUE
- La résistance des meules à émeri. — 11 n’y a
- pas que les volants qui, en éclatant, donnent lieu à des accidents, et les meules à émeri, ou plus exactement en émeri, sont dans le même cas. On vient de faire à ce sujet une enquête dans la région de Sheffîeld, où l’industrie fait usage courant de ces appareils. On a constaté d’ailleurs (ce qui pouvait un peu se prévoir) que les accidents se produisent avec des vitesses périphériques lies variables, suivant la nature de la meule : on a vu des éclatements se produire alors que cette vitesse ne dépassait point 760 mètres à la minute, tandis que parfois on pu dépasser 1570 mètres sans qu’il y eût d’accident. En tout cas, on est arrivé à constater de la manière la plus effective qu’une meule qui a trempé toute la nuit dans l’eau a perdu 40 à 50 pour 100 de sa résistance.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance du 9 avril 1906 paraîtra dans le prochain numéro.
- LA MORT DES CHAMPIGNONS
- Tout champignon se compose de deux parties : l’une végétative, ou mycélium, chargée d’assurer la conservation de l’individu, et qui envoie dans ce but de nombreux filaments à travers la substance, nourricière ; l’autre, préposée à la perpétuation de l’espèce,
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- et représentée par des réceptacles des formes les plus diverses, dits hyménophores. Dans le champignon de couche, par exemple, le mycélium est cet amas lilamenteux blanc qui serpente dans le fumier, les chapeaux sont autant d’hyménophorës.
- 11 est assez difficile de savoir quelle est la durée du mycélium; mais on peut penser que cette portion du champignon persiste pendant un temps assez long. On voit, par exemple, au bord des routes, les loulï'es de certains agarics se succéder plusieurs fois aux mêmes places durant une saison; d’autres réapparaissent d’année en année, à leur date d’épanouissement, au meme endroit du même tronc d’arbre.
- 11 est donc permis de supposer que leur mycélium, caché et rampant dans le support, conserve sa vitalité bien plus longtemps que les hyménophores, souvent éphémères, qui en émanent, et qu’il est apte à fournir plusieurs
- peaux. Quant à ceux-ci, leur durée est plus facilement appréciable, puisqu’ils accomplissent au dehors toute leur évolution, et on peut reconnaître aussi la diversité des destinées qui les attendent après qu’ils ont rempli la fonction qui est leur but normal, c’est-à-dire l’émission des spores.
- Chez les myxomycètes, champignons inférieurs dont le protoplasma est dépourvu de membrane enveloppante, le développement et la disparition des réceptacles se font avec une très grande rapidité. Sehweinitz a vu apparaître un Reticularia sur un morceau de fer qui avait été chauffé au rouge peu d’heures auparavant. Plusieurs espèces de Di-clerrna naissent et meurent dans la même journée.
- Parmi les champignons supérieurs, nous voyons les espèces charnues aboutir en général à la putréfaction, qui se produit d’ordinaire dans un délai assez court. Cette putréfaction est analogue à celle de la viande, par suite des rapports de composition qui rapprochent la substance des champignons de celle des animaux. De là l’odeur nauséabonde qui souvent emplit les forêts à l’automne, et qui provient de la décomposition des chapeaux d’agarics épars dans les taillis. Certaines espèces sont, par leur consistance subéreuse ou presque ligneuse, à peu près imputrescibles : aussi voit-on leurs représentants persister en apparence intacts, sur les souches, les troncs, les vieilles poutres qui les supportent. Tels sont beaucoup de polypores.
- D’autres, moins consistantes et même charnues dans leur état fertile, se dessèchent après l’émission des spores, prennent un aspect parcheminé, et deviennent comme des momies de champignons, que la pluie réduira en lambeaux qui seront disséminés par le vent. C’est sur ce caractère que les genres Panus, Marasmius, etc., ont été détachés des véritables agarics.
- Enfin, il est un certain nombre d’espèces dont les chapeaux, d’une croissance exceptionnellement rapide, disparaissent presque aussitôt formés par un mode particulier de destruction, la déliquescence.
- On peut observer ce curieux phénomène chez les coprins, champignons à spores noires, très fugaces, qui, ainsi que leur nom l’indique, naissent de préférence sur les fumiers, les détritus, les matières en décom-position. Un type fréquent a l’automne parmi le gazon, le Coprinus coma tus, permet d’étudier facilement la marche de la déliquescence sur ses grands * chapeaux pelucheux, presque cylindriques, qui coexistent dans une même touffe à tous les âges : les uns très jeunes, semblables à un œuf et encore reliés à leur pied par une membrane, les autres près de disparaître, réduits à un long pied tout maculé au haut duquel se balance un reste de chapeau d’où tombent des gouttes d’encre.
- Il est difficile d’imaginer un procédé plus prompt pour remettre en circulation les éléments empruntés à son hôte par un organisme vivant.
- Cependant, la déliquescence n’est pas une putréfaction, c’est un effacement spontané et sur place, une résolution en eau de la substance qui constitue l’hyménophore. On pense qu’elle a pour but de faciliter la reproduction de l’espèce en permettant l’infiltration des spores dans la substance nourricière.
- Quelques polypores sont vivaces, et peuvent avoir par là une longue durée. Leur chapeau produit chaque année, pendant toute son existence, une couche de tissu stérile doublée d’une assise de tubes fertiles; le tout s’ajoutant aux couches des années précédentes. On conçoit que les individus âgés de ces espèces atteignent, grâce à ce mode de végétation, un volume considérable. A. àcloqüe.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1717. — 21 AVRIL 1906.
- LA NATURE.
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- UNE MONTAGNE DE PIERRE PONCE
- Quand on approche de l’ile Lipari en venant de Stromboli, c’est une montagne toute blanche qui frappe d’abord
- les
- Y1
- eux
- montagne
- cette brille
- d’un vif éclat sur la masse sombre d e celte terre volcanique, sur le bleu intense du ciel et sur le verl-émeraudedel’ad-mirable Mer Eolienne ; c’est le Monte Pelato,bloc énorme de pierre ponce, qui d’un côté descend en pente douce sur le petit village de Canneto, et de l’autre en pente raide sur celui
- d’Acqua-Calda. A la base, on observe une magnifique coulée d’obsidienne. Dès que le bateau à va-
- fîk. 1.
- va être embarquée pour Messine; c’est une opération qui peut durer plusieurs heures, aussi les rares
- passagers préfèrent-ils prendre ici une barque pour atteindre plus rapidement la petite ville de Lipari ; l’excursion en est d’ailleurs fort' jolie, sur une eau si transparente, si limpide, et laissant voir ses fonds de roches et d’algues avec une telle netteté, (jue l’on croirait planer sur un fluide. La ville et son vieux castello apparaissent dès
- que l’on a doublé le gros promontoire duMonte-ltosa. Comme sa voisine Yulcano, dont les cratères sont
- Lu montagne de pierre ponce de Lipuri, versant d’Acqua Caldu (D’après une photographie de M. le Dr llambaud.)
- Fig. 2. — Vue panoramique prise de Yulcano.
- Au premier plan : les bords du grand cratère de Vulcano ; au second plan : la presqu’île et les trois cratères de Yulcanello ; au troisième plan : la grande Lipari ; au fond : la montagne de pierre ponce, avec une tache blanche qui en représente la partie exploitée. k (D’après une photographie de M. Aug. Robin.)
- peur s’approche de Canneto, il est entouré et abordé par de nombreuses embarcations chargées de tonneaux de construction légère et de sacs que l’on croirait remplis de farine ; c’est la chair de la montagne de ponce, qui, soit en morceaux, soit en poudre, 34e année. — 1er semestre.
- si remarquables, Lipari est entièrement volcanique et les sources chaudes y sont nombreuses ; il en est d’ailleurs de même des autres îles : Salina, Panaria, Filicudi, Alicudi et Stromboli. L’archipel compte, en effet, deux volcans actifs : Stromboli, dont les explo-
- 21 •
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- LA NATURE.
- siens se renouvellent à des espaees de 10 à 15 minutes, et Vulcano, qui se manifesta en 1888 par une violente éruption et en 1890 par des projections de lapillis.
- L’exploitation de la ponce du Moule Pelato est des plus rudimentaires ; il n’y a pas à proprement parler de galeries de mines etla sécurité à l’intérieur des excavations n’est assuréepar aucun boisage ni par aucun remblai.
- Les hommes qui entreprennent l’abatage, s’inquiètent principalement de la qualité de la pierre, car leur salaire varie avec la finesse de la roche qu’ils apportent aux usines de Canneto ; lorsqu’ils sont sur une bonne veine, ils la suivent sans souci des effondrements et leur travail devient ainsi des plus dangereux. La ponce, descendue des lianes de la montagne, est apportée à dos d'hommes et d’enfants aux usines; elle y est immédiatement triée. La plus légère et la plus fine est dite écume, c’est la première qualité ; la seconde est dite premier blanc, la troisième second blanc, etc., chaque fragment extrait est emballé sans être divisé, mais il subit une opération qui en diminue la fragilité. En effet, les aspérités résultant de l’abatage facilitent extraordinairement le bris des morceaux, ce qui abaisserait leur valeur marchande ; aussi, passent-ils entre les mains de femmes qui, à l’aide d’une grosse lime, émoussent leurs angles; d’autres femmes enveloppent chaque fragment limé dans du papier et d’autres enfin en remplissent des tonneaux légers. La ponce est parfois emballée simplement avec de la paille de bois et ainsi expédiée dans les mêmes tonneaux. La salle dans laquelle s’opère le limage est toute remplie de ponce pulvérisée, impalpable; c’est un brouillard épais, très blanc, qui reste ainsi dans l’air et que les femmes respirent du malin au soir; nous avons pu constater que ce silicate d’alumine se précipite sur les muqueuses en produisant une sensation de dessiccation bien désagréable; mais on prétend là-bas qu’il n’y a là rien de nuisible. Les limeuses qui travaillent avec activité arrivent à gagner 0,75 cent, par jour.
- Les débris de ponce sont utilisés pour obtenir la poudre courammentemployéedansle polissage. Les meules sont disposées horizontalement, l’une au-dessus de l’autre ; la meule supérieure est seule mise en mouvement, comme dans la mouture des céréales. La poudre de ponce qui, naturellement, possède encore son eau de carrière, est séchée au four et c’est alors qu’elle passe aux blutoirs, qui la divisent par grosseurs de grains, depuis les variétés les plus grossières, jusqu’aux plus impalpables.
- Les hommes qui travaillent dans les différents ateliers sont, pour la plupart,des coatli, ou condamnés aux travaux forcés qui sont ainsi prêtés aux compagnies, lesquelles en sont responsables. Plusieurs, en effet, doivent regagner chaque soir les hautes et sombres murailles du Castello de Lipari ; les autres n’y rentrent que du samedi soir au lundi matin.
- Les débris de ponce qui s’éboulent des pentes du
- Monte Pelato tombent à la mer et les variétés les plus lines llollenl comme de simples bouchons. Une certaine quantité de ces fragments est emportée par les courants ou par lèvent; c’est ainsi que durant notre visite en l’île Vulcano, nous nous trouvâmes en présence d’une petite grève éclatante de blancheur et contrastant avec la teinte sombre de la côte; elle était entièrement formée par la ponce venuelentement de Lipari. Au retour, nous pûmes la suivre dans son trajet et recueillir ainsi les échantillons llotlants.
- La ponce de Lipari est exploitée par des maisons françaises de Lyon. La pierre arrive dans cette dernière ville en passant par Marseille. Libre ou agglomérée, la poudre de poneey est vendue pour le polissage des corps durs.
- La coulée d’obsidienne citée plus haut est visible du côté de Canneto ; c’est une des plus belles masses de verre volcanique connues; elle est remarquable par son étendue et par son épaisseur : sa teinte est d’un noir intense et les chocs y produisent de beaux conchoïdes. En certains points, elle est compacte, en d’autres elle est criblée de bulles blanchâtres et plus ou moins pleines, ce qui parait résulter de l'abondance des cendres en suspension dans l’air et dans les gaz au moment de l’émission de l’obsidienne : les détails de la structure de la coulée sont fort intéressants, car certaines parties sont formées de petits courants tordus à la façon des laves cordées, et les sections de ces courbes constituent, grâce à la présence des bulles et des veinules de cendre, des échantillons d’un fort joli dessin. Àuo. Uobin.
- POINT D’ÉBULLITION
- des métaux alcalins
- Jusqu’ici, on croyait que la vapeur des métaux alcalins attaquait le fer et l’on éprouvait ainsi une certaine difficulté à fabriquer des récipients convenables pour une détermination exacte des points d’ébullition de ces métaux alcalins. MM. ftuff et Johannsen ont reconnu qu’en réalité, la vapeur de ces métaux n’attaque aucunement le fer, en sorte qu’il leur a été possible de les distiller dans une sorte de cornue en fer forgé, sans soudure, et de prendre la température de la vapeur à l’aide d’un couple platine pur-platine rhodié, convenablement protégé. On a trouvé ainsi les points d’ébullition suivants, sous la pression normale :
- Césium................. 670°,0.
- Rubidium............... 696°,0.
- Potassium..............757°,5.
- Sodium................. 877°,5.
- Quant au lithium, il n’a pas été possible de déterminer son point d’ébullition; celui-ci est supérieur à 1400°, point auquel la cornue commence à se ramollir. Il semble y avoir là une ligne de démarcation assez nette entre le lithium et les autres métaux alcalins, dont il diffère encore d’ailleurs sous d’autres rapports. A. 11.
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- UN SOUS=MARIN SANS ÉQUIPAGE
- Nouvelle application des ondes hertziennes
- Dès l’apparition de la merveille mécanique inventée par Whileheud et qui, transformée, améliorée, est devenue la torpille automobile actuellement employée par toutes les marines du monde, les ingénieurs se préoccupèrent de trouver un système qui permît de remédier au principal inconvénient que présente son emploi et qui réside dans les caprices de sa trajectoire. Avec les grandes vitesses qu’elle atteint, le moindre dérèglement de l’un de ses nombreux et délicats organes provoque des embardées, grâce auxquelles le but est assez rarement atteint.
- La guerre russo-japonaise fournit à ce sujet de précieux enseignements. Le nombre des torpilles lancées par les torpilleurs japonais paraît avoir été très considérable, alors que les coups touchant le but ont été fort peu nombreux.
- On chercha à remédier au manque de rectitude de la trajectoire en provoquant, de terre, des mouvements du gouvernail dont est munie la torpille, dans le sens convenable pour contrarier ses embardées. 11 fallut pour cela relier la torpille au poste des observateurs par des fils qu’elle déroulait dans sa marche et par lesquels parvenait jusqu’aux appareils électriques de commande du gouvernail un courant qui provoquait à volonté les mouvements nécessaires.
- Les principaux types de torpilles auxquelles ce système a été appliqué portent les noms de leurs inventeurs Brennan, Sim-Edison, etc.
- Nous n’insisterons pas sur les inconvénients qu’entraîne fatalement la présence des fils conducteurs qui alourdissent la torpille, lui font perdre sa vitesse, se coupent ou s’accrochent aux moindres obstacles rencontrés en route.
- 11 a bien été fait en 1898, à Stockholm et à Portsmouth1, des tentatives pour employer les ondes hertziennes dans la direction des torpilles automobiles, mais ces essais ne donnèrent aucun résultat.
- Ils viennent d’être repris par une Société d’études formée pour tirer parti de l’invention d’un jeune ingénieur français, M. Lalande, aidé de l’ingénieur électricien M. Devaux.
- L’invention de M. Lalande consiste dans l’emploi des ondes hertziennes pour asservir, à la volonté d’un opérateur restant à terre, un corps flottant placé au large et qui, recevant les ondes, les utilise, suivant qu’en a décidé l’opérateur, pour la mise en action de tel ou tel des mécanismes dont il est porteur. Cette nouvelle utilisation des ondes hertziennes est appelée, semble-t-il, à de nombreuses applications dans le domaine général de la science et de l’industrie. Pour commencer, les inventeurs l’ont essayée sur un appareil essentiellement militaire.
- Cet engin, qui a été nommé un porte-torpilles sous-marin, se compose essentiellement de deux corps cylindriques en acier aux extrémités desquels
- 1 La navigation sous-marine. Pesce.
- se raccordent des cônes destinés à fendre l’eau. Le corps supérieur est un simple flotteur, dont le rôle est de soutenir à une immersion de 1,50 m., le corps inférieur de diamètre plus considérable (1 m.). La longueur des deux cylindres est la même (11 m.). Le flotteur porte deux mâtereaux, simples tiges d’acier, à l’extrémité desquels est accrochée l’antenne réceptrice des ondes hertziennes.
- Le cylindre inférieur, relié au flotteur par de fortes entretoises, renferme tous les organes destinés à donner la propulsion, la direction, ainsi qu’une torpille automobile du système Whitehead contenue dans un tube du modèle ordinaire. La propulsion est donnée par une seule hélice. Le moteur est électrique. L’électricité est fournie par une batterie d’accumulateurs. Le poids général de l’engin, torpille non comprise, est de 6 tonneaux 70. La direction est assurée par un gouvernail unique composé de deux palettes verticales fixées sur le même axe.
- Dans l’appareil qui vient de servir aux intéressantes expériences d’Antibes et qui est expressément un appareil d'études, le poste-récepteur des ondes a été installé dans le flotteur pour permettre de vérifier plus aisément le fonctionnement des divers organes.
- Ce poste comprend, outre le récepteur ordinaire de télégraphie sans fil, cohéreur et relais, un distributeur d’un type spécial qui constitue proprement l’invention de MM. Lalande et Devaux.
- Ce distributeur peut fermer ou couper les circuits d’un certain nombre de relais, dits relais de travail, lesquels agissent directement sur les organes à commander.
- A une position donnée du distributeur correspond la fermeture d’un relais de travail, et par conséquent l’exécution d’une manœuvre déterminée. On saura donc, de façon sure, la manœuvre que l’on exécute, si on connaît la position du distributeur.
- Or ce distributeur est, toujours, en marche parallèle avec un organe spécial du poste transmetteur établi à terre. Cette marche parallèle est obtenue par un procédé très simple et en même temps d’une sûreté infaillible. 11 en résulte que la position du distributeur étant, à chaque instant, repérée et connue d’une] façon certaine, il est facile de commander à volonté telle ou telle manœuvre.
- Le distributeur est étudié de telle sorte qu’il permet de sauter des commandes.
- Ainsi, par exemple, il peut être nécessaire de passer de la manœuvre 1 à la manœuvre 5 sans effectuer les manœuvres intermédiaires 2, 3, 4.
- A cet effet, toutes les fois que le distributeur est actionné par les ondes hertziennes qui lui arrivent, il se produit.entre deux de ses organes, superposés au repos, un décalage d’une grandeur variable, décalage qui redevient nul après un temps très court, mais suffisant néanmoins pour que la superposition
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- LA NATURE.
- de ces organes, condition essentielle de l’excitation des relais de travail, n’ait pas lieu au moment du passage du distributeur devant les plots de manœuvres 2, 5, 4.
- Le distributeur s’arrêtant devant le plot de la manœuvre 5, le décalage diminue progressivement puis s’annule et le relais de travail n° 5 qui s’excite, lait exécuter la manœuvre correspondante.
- Chacun des relais de travail maintient la com-
- poste installé sur la terre-plein du quai d’Antibes, a exécuté pendant plus de 2 heures toutes les évolutions qui lui ont été demandées, marchant cil avant, en arrière, évoluant sur la droite et sur la gauche. L’opérateur ayant sous la main la manette des commandes, suivait dans une jumelle l’appareil dont l’orientation lui était indiquée par la position relative des deux mats. De nuit cette orientation serait donnée par deux lampes électriques portées par cha-
- Photo Gilclia, Nice.
- 2. — Le jioslc transmetteur d’ondes hertziennes, d où s’est commandée la manœuvre du torpilleur sous-marin.
- mande jusqu’à ce qu’une nouvelle excitation la lui lasse annuler. Et comme, par le dispositif de décalage, on peut passer un nombre quelconque de commandes, il est facile d’exécuter d’autres manœuvres pendant que la commande précédemment lancée s’effectue. En définitive, le distributeur permet de choisir instantanément, à un moment quelconque, entre plusieurs manœuvres, celle qui est nécessaire pour les besoins du moment.
- Les essais exécutés à Antibes avec l’appareil que nous avons décrit plus haut ont permis, dit-on, de vérifier l’exactitude des théories que nous venons d’exposer sommairement. L’appareil, sous la commande des ondes hertziennes que lui envoyait un
- l'ig. 1. — Le torpilleur sous-muriii évoluant au large d’Antibes,
- en présence du cuirassé français Si-Louis.
- cun des mâts et installées de façon à être visibles seulement de l’arrière. D’ailleurs l’allumage et l’extinction de ces lampes s’exécute à la volonté de l’opérateur par l’envoi d’ondes en nombre et en cadence réglés dans ce but.
- Une des préoccupations des inventeurs a été de protéger par un dispositif spécial leur appareil contre les ondes étrangères au moyen desquelles un navire ennemi, qui s’enverrait menacé, pourrait contrecarrer ses mouvements et en fait le rendre inoffensif. 11 a été constaté, en effet, que les communications échangées entre les divers bâtiments de l’escadre de la Méditerranée mouillée au golfe Juan, à moins de 3 kilomètres et le cuirassé St-Louis qui assistait aux expériences n’ont produit aucun trouble dans le fonctionnement des organes du torpilleur sous-marin.
- 11 est facile de prévoir l’importance que peut prendre, au point de vue militaire, l’engin inventé par MM. Lalande et Devaux. 11 sera le sous-marin idéal qui ira sans équipages, guidé par la volonté d’un opérateur, à qui la sécurité absolue dont il jouira assurera le sang-froid et le calme le plus complet, porter une ou plusieurs torpilles sous la
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- LA NATURE
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- coque des divers bâtiments ennemis qui menace- qui l’utiliseront au large, il est permis de penser ront une cote ou qui essayeront le blocus d’un port. que la mise en service d’une pareille arme jettera
- Photo Giletta, à Nice
- Fi»'. 5 — Le torpilleur sous-marin à l’eau.
- Photo Giletta,, a Nice.
- Fig. 4. — Un torpilleur sous-marin qui vient d’être expérimenté â Antibes.
- Si ori envisage également que son poids de 6 à 7 tonneaux lé rend assez maniable et permettra peut-être de l’embarquer sur de grands bâtiments
- n trouble profond dans les règles de la guerre
- naritime.
- Sauvaire Jouïuun, Officier de marine en retraite.
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- LA NATURE.
- FONDATIONS PAR CONGÉLATION DES TERRAINS
- Les fondations d’un ouvrage quelconque doivent être descendues à une assez grande profondeur, afin de s’appuyer sur un sol dont la résistance soit en rapport avec les pressions qu’il aura à supporter. Mais cette opération quelquefois délicate devient très difficile quand le terrain est de consistance insuffisante.
- A travers des terres ébouleuses, on suit les règles adoptées par le génie militaire dans la construction de ses travaux d’approche; on creuse un certain nombre de puits blindés d’une profondeur suffisante et on donne aux fondations une assiette solide, en s’élargissant successivement au moyen de galeries solidement blindées. Ce procédé est d’une application courante dans la construction de souterrains (les galeries précédentes) situés sous les voies de communication : on peut voir actuellement sur le boulevard Saint-Germain différents puits servant à rétablissement du Métropolitain.
- Mais quand il s’agit d’atteindre de grandes profondeurs, au sein de terrains aquifères, ce procédé est insuffisant; le procédé Pœtsch, employé jusqu’ici à peu près exclusivement dans la recherche et l’exploitation des mines, est le seul pratique.
- Principe de la méthode. — Le principe de la méthode Pœtsch, ingénieur allemand, est théoriquement des plus simples.
- Il consiste à solidifier par la congélation les masses fluides à travers lesquelles on doit pratiquer les fouilles; le terrain à traverser se trouve alors entouré, sur toute sa hauteur, par un bloc de glace d’une épaisseur suffisante pour qu’on puisse procéder, sans danger, à la construction de la fouille, à l’abri de ce batardeau annulaire.
- Pour atteindre ce but, on fait passer dans le terrain aquifère, à l’aide d’une tuyauterie convenablement disposée, un courant continu de liquide incongelable maintenu à une très basse température par une machine à glace.
- Sur la périphérie de la fouille à creuser sont pratiqués un certain nombre de trous de sondages verticaux. Après en avoir vérifié la verticalité, on y descend une série de tubes métalliques d’environ 15 centimètres de diamètre, fermés à la partie inférieure et coiffés à la partie supérieure d’une calotte en fonte. A l’intérieur de ces premiers tubes, on en introduit d’autres d’un diamètre plus petit, ouverts à la partie inférieure ; ces tubes se raccordent tous avec un tuyau collecteur après avoir traversé les calottes réunies elle-mêmes par une tubulure à un autre collecteur.
- Le liquide incongelable, généralement du chlorure de calcium à — 20°, est envoyé de la bâche où il se refroidit dans le collecteur, au moyen d’une pompe. Il parcourt les tubes intérieurs, remonte les espaces annulaires et retourne au congélateur par le second collecteur. <
- Des soupapes, placées sur chacun des circuits, permettent de régler la répartition du froid, dont on suit la marche à l’aide de thermomètres enfoncés dans des tubes en contre-bas du sol et à une certaine distance des tubes verticaux.
- Au bout d’un certain temps le terrain est congelé à une certaine distance de l’axe du puits; on arrête alors l’opération, car on trouve un grand avantage, pour la facilité du déblai, à ce que le terrain ne soit pas durci au centre de la fouille.
- D’après les renseignements tirés de la théorie et fournis
- par M. Potier, le solide congelé devait présenter une forme ellipsoïdale. Il ressort effectivement des expériences exécutées sur ce sujet que la masse inférieure exerce une influence prépondérante : le bloc solidifié est appointé, vers le bas, d’une manière très sensible, sans que l’on puisse attribuer cette pointe à l’inégalité de conductibilité du sol dans les diverses directions, pour la bonne raison que le phénomène de dégel se passe tout diversement. En effet, le réchauffement, à l’encontre du refroidissement, est très rapide h la partie inferieure où il devient sensible 24 heures après l’arrêt de la machine à glace, alors qu’à la partie supérieure l’épaisseur de la couche de glace a encore augmenté.
- En définitive, on se trouve en présence d’une surface cylindrique, terminée à la base et au sommet par des troncs de cône, surface dont il paraît très intéressant et surtout très utile de connaître la résistance. Aussi, des expériences récentes ont-elles montré que les mélanges d’eau et de sable possèdent une dureté bien supérieure à celle de la glace et comparable à celle du calcaire. On comprend donc facilement la sécurité fournie par la couche annulaire de terrain congelé, pour la mise en place, par les procédés ordinaires, du cuvelage du puits au fur et à mesure de l’enfoncement du déblai.
- Travail dans les masses congelées. — Un autre point qui a toujours préoccupé beaucoup ceux qui se sont intéressés à la méthode de congélation a été la possibilité de travailler au milieu de la glace et d’y construire des maçonneries. L’expérience a encore fait voir que les ouvriers ne sont nullement incommodés dans les puits gelés; la température de l’air s’y maintient à 2 degrés au-dessous de 0 pendant le travail et il suffit que les ouvriers aient la précaution de se munir de sabots pour ne pas être exposés à avoir les pieds dans une humidité froide.
- D’autre part, on relie le cuvelage aux parois de l’excavation en utilisant la propriété que possède la maçonnerie de ciment de faire prise, même après avoir été gelée.
- Rien ne s’oppose donc à la mise en œuvre de ce procédé très ingénieux, malheureusement fort coûteux et d’une application bien difficile. La congélation ne peut être régulière et durable que si les tuyaux ne présentent aucune fuite laissant le liquide incongelable s’insinuer dans le terrain ; de plus, on détermine une dilatation générale de la masse qui donne lieu à des mouvements dangereux qu’il serait peut-être possible de prévenir en opérant avec une grande lenteur. Enfin, on constate qu’au démontage, certains tuyaux de congélation, en acier, sont sectionnés horizontalement, d’aucuns même, écrasés.
- Malgré ces difficultés nombreuses, il faut reconnaître que cette façon d’opérer a permis de réaliser heureusement des conceptions qu’il eût été certainement très difficile de faire aboutir par les autres procédés connus.
- Uréé pour l’exploitation des mines, le procédé Pœtsch est donc appelé à une grande extension. Grâce à lui, on a pu remettre en état l’ascenseur des Fontinettes, cet ouvrage exceptionnel qui se trouve sur le canal de Neufossé, près Saint-Omer et dont la réparation paraissait impossible quand M. Charguéraud, ingénieur des Ponts et Chaussées, eut l’heureuse idée de recourir à la congélation. C’est d’ailleurs la solution hardie et élégante qu’a cru devoir proposer M. Chagnaud, entrepreneur du Métropolitain*
- ’ pour la construction de la fraction de ligne dont il est l’ad-' judicataire.
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- Il aura à vaincre les difficultés précédemment signalées; en outre, les perforatrices les plus perfectionnées donnent déjà, dès que la profondeur à atteindre dépasse une vingtaine de mètres, des lignes paraboliques, même dans le sens vertical. 11 faudra donc surmonter des obstacles considérables pour obtenir, dans le sens horizontal, des lignes droites de soixante mètres.
- Enfin, M. Chagnaud emploiera-t-il la congélation ordinaire au chlorure de calcium ou jugera-t-il préférable de recourir à une variante du procédé, suivant en cela l’exemple du capitaine Lindmark qui utilisa l’air froid pour la construction d’un souterrain dans Stockholm ? C’est ce que nous ne tarderons pas à savoir.
- E. Mugniot.
- LES BRÛLURES MORTELLES
- Les brûlures sont généralement produites par contact avec un corps solide, liquide ou gazeux, porté à une haute température, mais elles peuvent aussi succéder à une longue ( xposition au rayonnement d’une source de chaleur. On englobe encore sous ce nom, mais à tort, les plaies succédant à l’action d’un corps corrosif, l’acide sulfurique par exemple.
- Suivant la source de chaleur, la nature et la gravité de la brûlure varie : liquides en ébullition, métaux en fusion, llammes d’une explosion, vapeurs sous pression, corps solides en ignition, — autant de modalités de brûlure. Mais souvent aussi les causes sont associées.
- C’est ainsi que dans la récente et lamentable catastrophe de Courrières, mille raisons de mort se sont combinées pour ces malheureux brûlés. Dans un cas semblable on peut presque dire que chacun meurt à sa façon.
- Il faut naturellement défalquer tous ceux qui ont été tués par le choc lui-mème. A distance souvent considérable, l’air refoulé peut agir avec une violence mécanique incroyable. Des corps sont broyés, des membres arrachés, des projectiles de hasard, morceaux de bois, pierres, vissés dans les cadavres. Généralement, on constate aussi des brûlures, au moins superficielles. Elles peuvent même dater d’après la mort.
- Parfois des ouvriers, protégés contre le choc et contre le passage des gaz enflammés, ont néanmoins respiré les gaz produits par l’explosion. Il y en a qui sont asphyxiés. Mais chez certains, la mort est bien due à une brûlure du larynx et des bronches. Ce n’est pas la nature du gaz respiré, c’est sa température qui est redoutable. Remontés en bon état apparent, ils meurent bientôt de leurs lésions pulmonaires.
- On conçoit que, plus on approche du foyer de l’explosion, plus les brûlures sont généralisées et graves. Les parties nues, visage et mains, sont le plus profondément atteintes par la flamme. Souvent les vêtements ont pris feu et le cadavre se carbonise lentement. Si cette incinération n’est pas trop complète, le corps peut garder quelque apparence humaine. Il prend souvent des attitudes étranges, les bras et les jambes rétractés, tordus. Il diminue considérablement de volume, et la reconnaissance des individus est souvent impossible.
- Pour la facilité des descriptions, les chirurgiens ont pris l’habitude de diviser les brûlures en six degrés suivant la profondeur des lésions. Dans le 1er degré, il y a de la rougeur de la peau avec légère douleur. Dans le 2% décollement de l’épiderme avec formation de phlyctènes remplis de liquide transparent. Au 3e, destruction de la
- première partie du derme. Au 4e, le derme entier est détruit. Dans le 5° et le 0°, il y a formation d’escarres profondes et carbonisation totale. C’est à partir du 3e degré que les brûlures laissent après elles des cicatrices indélébiles.
- Cette classification est de peu de valeur pour le pronostic. Ce qui fait la gravité (Vune brûlure, ce n'est pas sa profondeur, c'est son étendue. La carbonisation d’un doigt ne menace guère la vie. Mais une brûlure, même légère, qui touche un quart du corps est inquiétante.
- De nombreuses théories ont essayé d’expliquer le mécanisme de la mort dans les cas de grandes brûlures. Disons tout de suite qu’on peut mourir par complications consécutives banales. Une brûlure est une plaie. Elle peut suppurer, produire une septicémie qui emporte le malade.
- Mais c’est à des accidents primitifs, rapides et très spéciaux que succombent généralement les brûlés.
- Une première cause serait le choc nerveux. La douleur est telle, qu’il y aurait une sorte d’anémie nerveuse suraiguë. La dépense de sensibilité nerveuse dépasserait les forces de résistance du patient. En tout cas, on peut souvent constater, dès les premiers instants, une hypotension périphérique réflexe, qui entraîne une faiblesse du cœur, des troubles respiratoires et un refroidissement du malade.
- Une autre explication est donnée par les altérations du sang. Le sang a sa densité augmentée. L’équilibre chimique de son plasma est rompu. Il y a transformation d’une partie de son hémoglobine en metbémoglobine. 11 peut y avoir obstruction des tubes du rein, dégénérescence de nombreux organes. De plus, au niveau même des plaies, se forment, par agglomération des globules rouges qui se sont déformés, de minuscules caillots sanguins que le courant circulatoire entraîne et dépose dans tout l’organisme. Us sont l’origine de ramollissements et d’ulcérations dans le rein, le poumon, l’estomac, l’intestin, etc.
- Enfin une dernière hypothèse explique la gravité des brûlures par l’intoxication qui en résulte. Il y a toute une région où le sang, les tissus ont été « cuits ». Ces matières albuminoïdes, décomposées et résorbées en masse, amènent un empoisonnement. On constate, en effet, une augmentation de la toxicité urinaire. C’est une véiûtable auto-intoxication suraiguë. Le blessé mourrait donc comme meurt un albuminurique ou un diabétique arrivé au dernier jour de sa maladie.
- Il est possible aussi que, dans les brûlures très étendues, la diminution des surfaces vivantes modifie l’excrétion cutanée et contribue à empoisonner le malade.
- Il est infiniment probable que plusieurs de ces causes interviennent ensemble ou successivement et expliquent la gravité toute particulière des brûlures.
- Contre ces multiples dangers le médecin est assez désarmé. Son premier souci doit être de nettoyer soigneusement la brûlure et les régions voisines, de bien la mettre à l’abri de l’air par un pansement épais. Ce pansement doit être renouvelé le plus rarement possible; on utilise souvent l’acide picrique, qui, employé en badigeonnages au 1 /100, paraît avoir un excellent résultat dans la réparation des tissus superficiels de la peau. On ne peut ensuite que surveiller l’état général, soutenir le cœur par l’éther, l’alcool, la caféine, « laver » l'organisme avec de grandes injections sous-cutanées de sérum artificiel, faciliter la respiration avec de l’oxygène. Dans les cas désespérés on demandera à l’opium d’endormir les souffrances.
- Dr Poncetton.
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- FORÊTS DE KHROUMIRIE
- Liège et Tanin
- Le pays de Khroumirie est un coin privilégié de la Tunisie. Il y pleut abondamment, il y neige en hiver. L’été, dans les sous-bois des forêts qui recouvrent les pentes de ses massifs montagneux dont l'altitude dépasse souvent 1000 mètres, on trouve une température douce, un air respirable, pur, frais et salin, car la mer est toute voisine. A chaque pas, les sites y sont plus pittoresques et plus enchanteurs. La route de Tabarka a Àïn-l)raham,Tes chemins forestiers qui sillonnent les bois, les sentiers qui conduisent aux innombrables sources ou aux ruis-selets chutant de rochers en rochers, enfin, le ciel bleu, les éclaircies d’où l’on découvre la grande mer barrant l’horizon, sont autant de merveilles auxquelles une lumière claire, transparente dans les ombres ajoute un coloris d’un charme indéfinis sable.
- Les forêts des Ouchteta, des M’rassen, des Ouled-Ali, d’Àïn-])raham,desCliia-hia,d’Oued-Zéen, de Fernana, de Tabarka, des Ilouamdia, des Meknaetdes Am-doum ont une superficie totale supérieure à 100000 hectares, elles sont formées par des chênes-liège et des chênes-zéens.
- Les chênes-liège occupent les régions les plus élevées, ils deviennent moins nombreux à mesure que l’on s’abaisse, cependant dans les régions inférieures on trouve encore de jeunes peuplements.
- La Mission de 1882 avait estimé à 13 millions le nombre de chênes-liège qui pourraient être exploités dès l’année 1902. Les incendies, qui ont ravagé ces forêts à maintes reprises, en ont détruit les peuplements et réduit à la moitié environ ce nombre ; on ne peut guère, en effet, compter plus de 6 millions
- 500 000 chênes-liège actuellement exploitables.
- Le liège est une partie de l’écorce du chêne. Cette écorce est formée par deux couches : une couche profonde située contre le bois et riche en tanin, et par une couche superficielle plus épaisse que la première; c’est le liège.
- On laisse le chêne-liège se développer pendant une quinzaine d’années avant de l’exploiter. Pendant cette période il acquiert une écorce épaisse dont le
- liège est grossier, dur sans homogénéité et par suite presque inutilisable : c’est le liège mâle. On l’enlève : c'est l’opération du démasclage ; on la fait habituellement en juin et juillet. Les lié-geurs khroumi-riens,sous la conduite de gardes forestiers, parcourent alors la forêt et procèdent avec une adresse remarquable au démasclage des chênes déjà marqués.
- Armés d’un couteau particulier, iis font à travers l’écorce, sur le tronc, deux incisions diamétralement opposées d’environ 1,40 m. de longueur, puis, à l’aide d’une hachette, ils pratiquent à la partie supérieure et à la partie inférieure une entaille circulaire qui sépare du reste de l’écorce le liège à enlever. Quelques coups frappés avec le dos non tranchant de la hachette permettent de détacher facilement et d’une seule pièce chaque partie du liège mâle ainsi délimitée.
- Cette opération exige beaucoup d’attention, car il importe de ne pas blesser la couche intérieure— couche à tan — de l’écorce, car cette couche est la seule vivante; elle assure le développement du chêne, et extérieurement elle. produit le liège qui doit être considéré comme une couche destinée à
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- Fi" 2. — Parc à liège à Tabarka.
- protéger la couche génératrice à laquelle on donne souvent le nom de mère.
- Le tronc fraîchement démasclé est rouge, sa couleur brunit et noircit avec le temps. Le liège femelle
- se forme à sa surface, augmente peu à peu d’épaisseur, et, lorsque la sonde montrera qu’il a atteint au moins 2,5 cm, on procédera à une nouvelle décortication qui donnera alors le liège femelle possé-
- Fig. 3. — Forêt do chênes-liège en Khrounurie.
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- dant les qualités requises pour l’industrie. Cette opération se fait généralement tous les dix ans, et chacune d’elles produit un résultat toujours supérieur en quantité au résultat de la précédente.
- On peut admettre, en moyenne, qu’un chêne donne :
- 20 ans 50 — 5 k 6 ilogrannnes de liège
- 40 — 10 — —
- 50 — 15 — - —
- 60 — 21 —. —
- 70 — 28 — —
- 80 — 56 — —
- 90 — 44 — _
- 100 - 54 — —
- Ce qui ferait un total de 217 kg de liège. Au prix moyen de 45 francs les 100 kg on voit qu’un chêne-liège peut rapporter en moyenne 107tv,65.
- A l’àge de 110 ou 120 ans,- un chêne-liège est arrivé au terme de son existence. On l’abat et on dépouille son cadavre de l’écorce à tanin qui le recouvre. On sait que cette substance est recherchée pour le tannage des cuirs.
- Aux mois de juin et de juillet, le voyageur rencontre sur le bord des routes forestières de Khrou-mirie des amoncellements de liège que les mulets transporteront jusqu’au parc voisin. Là le liège sera choisi, pesé, mis en tas pour être vendu à l’acheteur.
- A une clairière, au croisement de plusieurs sentiers, il pourra voir de nombreux sacs gisant sur le sol et remplis d’écorce à tan. C’est un carrefour où les porteurs de tan viennent déposer les sacs remplis aux chantiers éloignés, épars dans la forêt. Ces porteurs sont de paisibles Khroumirs, ils conduisent leur cheval chargé de deux sacs moyennant un salaire parfois élevé. L’exploitation forestière leur assure un travail rémunérateur.
- Les sacs ainsi réunis sont transportés par arahats — charrettes indigènes — soit au parc voisin, soit au port de Tabarka.
- En 1904, il a été exporté de Tunisie :
- France, 546 540 kg de liège estimé à : 86 655 fr.
- Algérie, 2 214 659 — — — 555 660 —
- Autriche, 224 000 — — — 56 000 —
- Belgique, 10 622 — — — 2 655 —
- Italie, 78 300 — — — 19 575 —
- Grèce, 4 — — — 1 —
- Hollande, 139 800 — — — 34 950 —
- Portugal, 346 084 — — — 86 521 —
- Soit un total de 5 359 989 kilogrammes évalués à 839 997 francs.
- Cette même année, il a été exporté :
- Algérie, Italie, Égypte, Portugal, Autres pays,
- 546 680 kg d’écorce à tan évalués à 104 004 fr. 2 716 450 — — — 814935 —
- 209 001 — — — 62 700 —
- 310 000 — — — 93 000 —
- 2195 — — — 659 —
- Donnant un total de 3 584 326 kilogrammes représentant 1 075 298 francs.
- Ces nombres qui sont extraits des documents statistiques publiés par la Direction des douanes tunisiennes, montrent éloquemment l’importante valeur économique des forêts de chênes-liège de Khrou-mirie. G. Chertous.
- L’USINE MÉTALLURGIQUE
- de l’Université de Sheffield
- C’est le seul mot, « usine », qui puisse donner une idée convenable de l’admirable installation que possède celte Université, pour l’étude et l’enseignement de la métallurgie : ce laboratoire, qui est dirigé par le professeur John Oliver Arnold, présente une importance et une organisation qui méritent d’être connues.
- Tout d’abord les étudiants peuvent comprendre au mieux les procédés de fabrication de l’acier, grâce à un convertisseur Bessemer et à un four à réverbère, qui fonctionnent devant leurs yeux. On a, en réalité, installé dans le laboratoire une véritable petite usine, pour employer le mot dont nous nous servions tout à l’heure, et où l’on est à même de produire l’acier d’après les trois méthodes classiques, au creuset, suivant le procédé Bessemer, ou suivant la méthode Siemens. Le four Siemens a une capacité de 2 1/2 tonnes, ce qui montre bien qu’il ne s’agit point d’un jouet, mais qu’on est à même de couler une quantité de métal suffisante pour donner une idée exacte de ce qui se passe sur une plus grande échelle, dans les établissements métallurgiques. Le gazogène est, du reste, relié directement au four, si bien que les gaz arrivent sans avoir la possibilité de se refroidir. Le convertisseur Bessemer est d’une capacité d’une tonne, et il est disposé pour s’accommoder soit au soufflage de fond, soit au soufflage latéral, suivant le système Robert, soit au soufflage en surface suivant le procédé Tropenas. Naturellement, une machine soufflante à trois cylindres a été prévue, qui fournit un volume de 60 mètres cubes d’air par minute sous une pression de 35 kilogrammes par centimètre carré; la commande de cette machine soufflante est assurée électriquement. Nous avons encore à mentionner un cubilot pour la fusion, et un pont transbordeur de 4 tonnes desservant toute la fonderie.
- L’installation pour la fabrication de l’acier au creuset est, elle aussi, faite sur une échelle qui lui donne la valeur d’un véritable instrument d’enseignement pratique : elle permet de fournir près de 180 kg d’acier en une seule opération ; et les creusets que l’on emploie sont faits dans le laboratoire, devant les yeux mêmes des élèves, qui peuvent saisir à fond ce côté important de la technique métallurgique.
- Dans une autre partie du laboratoire, voici un four à réchauffer et un marteau à air comprimé, mais à commande électrique, d’une puissance de 350 kg, qui peut traiter des lingots relativement assez volumineux. Et nous passons sous silence toutes les installations secondaires, dispositifs pour le séchage des moules, pyromètres, appareils d’essais, etc. Pour montrer l’importance des travaux métallurgiques qui sont menés à bien dans ce laboratoire, nous dirons que, dans le courant d’une période d’instruction, on y coule quelque 40 tonnes de lingots. D. B.
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- LE PROJET DE TUNNEL SOUS LE PAS DE CALAIS
- Les relations toujours plus amicales entre l’Angleterre et la France, la visite que se sont rendus les chefs politiques des deux pays, l’excursion des parlementaires, le voyage de la municipalité parisienne et les compliments apportés par le County Council de Londres à son passage à Paris, tous ces témoignages de sympathie n’ont fait que resserrer les mille liens qui unissent les deux grandes nations libérales de l’Ouest de l’Europe et ont conduit à examiner h nouveau la question d’une communication de plus en plus rapide entre Pile anglaise et le continent. Lé développement du confortable, la multiplicité des échanges commerciaux, l’économie en toutes choses, ont fait renaître l’idée d’un tunnel sous-marin entre les deux pays.
- Les conditions sont, il faut le reconnaître, infiniment meilleures actuellement qu’il y a trente ans, le travail matériel se présente, avec l’aide de l’électricité, sous une forme qui peut en assurer le succès, et le moment nous paraît venu d’en examiner les détails au point de vue historique, géologique et technique, n’abordant, que par quelques mots en conclusion le côté économique qui demanderait à lui seul une Aude approfondie.
- L’étude de la connexion des terrains entre la France et l’Angleterre est déjà ancienne, elle a toujours intéressé les géologues, elle remonte à cent ans environ, car la première idée d’une communication souterraine date de la paix d’Amiens, en 1802. L’ingénieur Mathieu y présenta au général Bonaparte et au célèbre ministre anglais Fox un projet de passage sous le détroit par une route de poste constamment éclairée. L’enthousiasme était alors considérable et Fox s’écriait que « l’Union de l’Angleterre et de la France devait régir le monde ». Nous ne savons pas les conditions d’exécution, mais le géologue Cardier, professeur au Muséum, en avait connu les détails. La guerre revient bientôt troubler cette œuvre de paix, et ce n’est que cinquante ans plus tard que l’ingénieur Thomé de Gamond, frappé de l’énorme circu-lation entre les pays voisins au moment de la grande exposition de 1855, prépara un nouveau projet très mûrement étudié, qui fut présenté à Napoléon III en 1856 et encouragé par le ministre Boulier en 1857. Le tracé de Thomé était fort simple : il consistait à partir en ligne droite du cap Gris-Nez pour aboutir à la falaise de Eastware entre Douvres et FoJkestone, dans la région la plus étroite du détroit. Le tunnel devait s’enfoncer dans l’oolite jurassique près de Marquise et couper toutes les formations du Jurassique et du Crétacé, sans s’occuper de la nature des terrains rencontrés et sous un plafond de 22 mètres seulement de roche sous la mer. Une série de puits en pleine mer, distants de 1500 mètres en moyenne, devait aider à la perforation du tunnel et conduire à une gare centrale édifiée sur le banc du Varne aux deux tiers de la distance, vers la côte anglaise, et
- qui laisse à marée basse une profondeur d’eau de 5 mètres à peine, devant servir de point de jonction générale. Thomé reconnaît qu’il y aura à traverser de nombreuses couches aquifères, mais il s'attache surtout à démontrer que les infiltrations à craindre donneront de l’eau douce et non point de l’eau marine, conclusion spéciale à laquelle nous agréons d’ailleurs parfaitement. 11 préconise l’emploi de soupapes d’inondation en cas de défense du territoire, il calcule la dépense à 170 millions; ses plans et coupes sont accompagnés d’un écrin où sont représentées en nature les 74 espèces de roches qui, d’après lui, composent les terrains de la région. La guerre d’Italie et bien d’autres préoccupations politiques détournèrent l'Empire de ce vaste dessin.
- l/idée fut reprise en 1869 par des Anglais, par Sir John Hawkshaw et l’ingénieur Brunlees; ils commencèrent des études géologiques détaillées et firent même les premiers sondages à Saint-Margaret et à Sangatte. Les événements de 1870-1871 arrêtèrent les études qui furent entamées à nouveau èn 1872 par le géologue Topley. Enfin Sir J. Prestwich vient examiner toutes les côtes à nouveau. En 1875 il explique à la Société des ingénieurs civils de Londres que les terrains primaires sont trop profondément situés, que les terrains jurassiques n’offrent pas une imperméabilité et une continuité suffisante. Il hésite à recommander les couches crétacées qu’il croit trop minces et déclare que l’argile de Londres et des Flandres serait la couche étanche la plus favorable, mais que la longueur du tracé serait très considérable et que les rampes d’accès sont d’un abord très difficile.
- Toute cette région du Boulonnais est fort bien connue, elle a été longuement étudiée par les géologues, non seulement pour son grand intérêt scientifique, mais par suite de la question industrielle de première importance du prolongement du bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais jusqu’à la mer. De nombreux forages ont éclairci la nature de son sol et, depuis Godwin-Austen, les d’Archiac, Hébert, Chelonneix, M. Bertrand, Gosselet, Barrois, Rigaux, Gardner, Price, Olry, Douvillé, Potier, Breton, etc., ont minutieusement décrit la composition de chaque couche et l’agencement des assises entre elles.
- La question du tunnel prit en France sa forme définitive par la constitution, en 1875, d’une société de recherche sous la présidence de Michel Chevalier. Les premières explorations sur le terrain furent faites, en 1874 et 1875, sous la direction de M. A. Lavalley, mais bientôt la compagnie reconnut la nécessité d’un examen géologique plus approfondi et forma une commission dont faisaient partie MM. Delesse et de Lapparent, qui s’adjoignirent bientôt Alf. Potier, ingénieur des mines et Larousse, ingénieur hydrographe de la marine. Ces derniers, en 1875 et 1876, ont exploré le détroit scienti-
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- fiquement. En 1875, un petit bâtiment, organisé à cet elï’et, opérait dans le détroit; 1525 coups de sonde étaient donnés et il rapportait 755 échantillons. En 1876, une campagne, qui dura du 21 juin au 15 septembre, portait 6148 coups de sonde et recueillait 2500 échantillons déterminables. Ces renseignements permettaient de tracer avec une très grande exactitude la carte géologique du terrain constituant le sous-sol marin entre les deux pays et précisait les zones d’aflleurement sur toute l’étendue nécessaire.
- Aucune faille, aucune rupture, aucune difficulté spéciale ne fut constatée : au contraire, une continuité opportune d’une rive à l’autre semblait devoir conduire l’entreprise à un succès complet.
- Le parlement français accordait sa concession à la compagnie le 2 août 1875, et les travaux étaient commencés des deux cotés du détroit. Un grand puits à Sangatle (France) devait conduire une galerie d’exploration jusqu’à 800 mètres dans la direction de la mer; du coté anglais, les travaux sous la haute direction de Sir John llawkshaw et de M. Brun-
- d’autre avec une identité qui descend dans tous les détails, dans les zones de fossiles, dans les lignes de silex. Toutes ces couches sont relevées vers le Sud où elles reposent sur les terrains Wealdien et Jurassique, et elles plongent régulièrement au Nord où elles disparaissent sous les assises tertiaires et quaternaires plus récentes.
- Gomment tout ce bel ordre, que les sondages ont permis de poursuivre sous la mer, s’est-il trouvé interrompu par l’envahissement des eaux? Comment expliquer la brèche marine du Pas de Calais, qui fait communiquer la mer de la Manche avec la mer du Nord entre deux lignes de falaises?
- Toutes les recherches géologiques tendent à démontrer qu’il s’agit d’un phénomène de lente dénudation, d’un ravinement intense, mais purement local, produit en partie par la dénudation atmosphérique, en partie par l’action agressive de la mer. Ces ravinements par les eaux atmosphériques, nous les voyons s’opérer sous nos yeux, mais ils sont si lents et paraissent si bornés que nous avons peine à croire à l’intensité de leur action; cependant le creusement
- Shakespeare-Cliff
- Sangatle
- JVioeoiu r/e leu mer
- fhouiUer)
- i. — Coupc on longueur.
- lees, menés au moyen de la machine circulaire rotative du colonel Beaumont, spéciale pour couper la craie, se poursuivaient normalement. Cependant le Bill d’autorisation demandé au parlement anglais échouait aux diverses sessions de 1876 et 1879 et, bien qu’ayant obtenu un nombre de voix croissant et soutenu par Gladstone, le célèbre homme d’Etat anglais, il dut être abandonné et les travaux furent suspendus en 1878.
- Une nouvelle convention prolongeait en France l’autorisation en 1882, laissant à la société formée toute liberté dans l’avenir.
- Situation géologique. — La constitution crayeuse des falaises du Nord du Boulonnais et du Sud du lvent en Angleterre est bien connue de tous les voyageurs ; ces hautes murailles blanches sont visibles de loin, et, par beau temps, du sommet des unes on distingue tous les détails de la paroi des autres. La constitution géologique est identique, « le Gault » est une argile plastique qui affleure à Wissant dans le Boulonnais, c’est la même qui forme, avec une épaisseur un peu plus considérable, la falaise basse de Folkestone; les diverses assises de craie glauco-nieuse (Cénomanien), craie marneuse (Turonien), craie blanche (Sénonien) se succèdent de part et
- de nos vallées est là pour nous apprendre qu’avec l’aide du temps, d’énormes masses peuvent- être démolies et entraînées. Nous sommes plus familiers avec l’érosion marine, l’éboulement des falaises et la dispersion de leurs débris sont de grandes modifications tangibles, d’autant plus que ce travail paraît avoir été autrefois dans la Manche bien plus actil qu’aujourd’hui; lorsque cette mer se terminait en cul-de-sac, la marée et le ressac s’exerçaient sur le fond du golfe avec une terrible puissance. Enfin divers documents nous donnent à croire que ce grand déblai fut favorisé par un affaissement général du pays s’étendant à tout le sud de l’Angleterre, le Nord de la France et le bassin de Paris.-
- Il faut songer que l’Angleterre n’est séparée du continent que depuis une époque relativement récente; elle était reliée à la France par l’isthme fort vaste du Boulonnais qui a donné passage à toute la faune et toute la flore des Iles-Britanniques. Tous les animaux et toutes les plantes d’Angleterre sont identiques aux espèces de France et à la faune pléis-tocène européenne.
- Mais toute la masse crayeuse" n’est pas uniformément favorable à l’exécution des grands travaux, car elle se comporte, dans ses diverses assises, très difïe-
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- remmcnt au point de vue de la perméabilité, ce qui est une question capitale dans le projet spécial qui nous intéresse. La craie en général est imperméable par elle-même, mais elle est fissurée, elle est coupée d’une infinité de petits joints et de canaux qui finissent par nous obliger à la considérer comme perméable en grand et fort dangereuse au-dessous de son niveau hydrostatique général d’imprégnation. Surtout le Sénonien est aquifère, le Turonien diffère peu ; mais dans le Cénomanien, vers la base de la craie glauconieuse, on connaît des couches imperméables, argileuses, bien compactes sans être très dures, qui offrent les meilleures garanties contre les invasions des eaux. Au puits de Sangatte, très bien étudié par M. Breton, on a mesuré les venues d’eau à diverses hauteurs et les quantités d’eau obtenues au niveau du Cénomanien inférieur tombent à presque rien ; les mêmes couches ont été cent fois traversées par les mineurs dans le bassin houiller du Pas-de-Calais et du Nord, et les études spéciales de M. Gosselet sur la ma-
- Les couches cénomaniennes contournent ce petit dôme en une courhe convexe du côté du Nord, pour reprendre ensuite leur marche directe vers la cote Anglaise. D’autre part à l’approche de Douvres un relèvement sous-marin analogue, qui prend sa racine devant Folkestone, obligera à rejeter légèrement le tracé vers le Nord en une grande courbe pour rester dans la même couche du Cénomanien, de telle sorte qu’on ira s’élever sous la pointe de Shakespeare au sud de Douvres, sans modification minéralogique appréciable.
- Ainsi en résumé, d’après les recherches géologiques les plus modernes, il semble qu’on pourra ne pas sortir de la couche imperméable, et profiter de son inclinaison même, en acceptant pour le tunnel des déclivités que permet désormais la traction électrique. On aborderait la pente descendante un peu au nord de Wissant, vers Saint-Pot, dans la bonne couche. Au cran d’Escalle on serait déjà au-dessous de la ligne de sources bien visibles dans le
- Kilomètres
- *• , 7 5? NORD |
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- Folkestone
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- l’ig. 2. — Plan du ddlroil.
- tière ont bien démontré que les eaux étaient arrêtées, et au minimum, dans les couches désignées localement sous le nom de dièves et situées à la hase du Cénomanien et sur une épaisseur de 25 mètres environ. C’est dans cette zone que le tunnel est projeté. 11 ne faudrait pas descendre au-dessous : on trouverait dans l’Albien des sables aquifères, des argiles éboulantes qui paralyseraient tout travail.
- Afin d’abréger notre description et pour résumer brièvement l’ordre des couches dans la région qui nous intéresse en France, nous donnerons la coupe transversale du détroit basée sur les documents les plus récents.
- II convient de donner un mot d’explication au sujet de deux ondulations des couches crétacées que les sondages maritimes ont révélées, dont l’une près de la côte française a déterminé l’emplacement d’un relèvement sous-marin dénommé « les Quénocs », que le géologue Chelonneix, en 1872, signalait déjà d’après l’allure des assises dans la falaise du Blanc-Nez et sur la plage à sa hase, qui découvre à marée basse par l’affleurement des grès Albiens en ce point.
- Turonien de la falaise, on profiterait de l’ondulation des Quénocs pour entrer sous la mer par une grande courbe en se maintenant dans les dièves du Cénomanien. C’est ce qu’indique exactement le profil géologique du détroit. Bien entendu, on conserverait au plafond du tunnel une épaisseur de couche assez considérable pour arrêter les infiltrations marines et pour négliger les pressions latérales : une couverture de 70 mètres serait très suffisante, et comme la profondeur du détroit, dans la région du tracé, atteint au maximum 60 mètres, c’est donc à 130 mètres de profondeur au-dessous du zéro qu’il faudrait passer dans la région centrale.
- En comptant à 50 kilomètres la longueur du passage souterrain et une vitesse électrique très modérée de 80 kilomètres à l’heure, c’est un trajet de 40 minutes, qui peut être employé à un repas, à la visite de la douane, au contrôle des billets, ce sont deux heures de gagnées sur le trajet ordinaire par les bateaux à vapeur. Ceux qui ont traversé la Manche savent combien il paraît long et fastidieux ce temps perdu à l’embarquement par l’entassement de cen-
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- laines de colis dans la cale, par la manutention de centaines de sacs de lettres jetés pêle-mêle à la hâte; ils savent le temps plus grand encore employé, à l’arrivée, pour extraire du bateau tous ces fardeaux et les charger dans d’autres wagons.
- Ils savent aussi tous les malades, les soutirants que la traversée atteint ; plias de deux cents jours par an sont mauvais dans la Manche, les traversées calmes sont l’exception, sans parler des jours d’hiver où la traversée est impossible et de ceux, où elle n’est pas sans aléa. Beaucoup de personnes délicates n’ont jamais fait ce voyage, retenues par l’éventualité du mal de mer.
- Bar contre se figure-t-on nos primeurs, nos fruits et nos lïeurs transportés, ainsi que nos colis postaux, sans manipulations brutales, du Midi de la France jusqu’au marché de Covent-f.arden à Londres'/ quel avantage! Tous ces colis, tous ces sacs, examinés à l’avance, sauvegardés, ménagés, distribués un jour plus vite, quelle augmentation d’aifaires et de trafic! Le mouvement des voyageurs entre l’Angleterre et le continent ne dépasse pas actuellement 1 200 000 personnes par an, quand on songe qu’il atteint o 500 000 voyageurs entre la France et la Belgique, on voit quelle augmentation de trafic est possible, on peut prévoir qu’il triplerait en peu d’années, après l’ouverture du tunnel.
- Fartant de Paris à 8 heures du matin on arrivera à Londres vers 1 heure de l’après-midi « after lunch », et on aura toutes les meilleures heures devant soi ; reprenant le train à 7 heures du soir on pourra rentrer coucher à Paris avant minuit, quel temps gagné, quel merveilleux résultat!
- Gustave Dollfus.
- CHRONIQUE
- Les avantages hygiéniques des habitations primitives. — On a bien souvent tort de mépriser les traditions en matière de logement, car,* le plus souvent, les populations primitives ifcnt on méprise les maisons grossières, sont arrivées à adopter un type de demeure répondant de façon^étonnante aux conditions locales. En voici un exemple bien curieux, noté par certains membres de l'Association anglaise pour l’avancement des Sciences, durant la récente session qui s’est tenue dans l’Afrique du Sud. On constate avec un certain étonnement la mortalité intense qui frappe les travailleurs indigènes à Johannesburg et ailleurs; et pourtant on s’imagine volontiers que la civilisation européenne leur a apporté un confort et une hygiène de l’habitation qu’ils ignoraient complètement, et l’on lient en piètre estime les kraals où ils vivaient, dans un entassement sous des toits de paille et à l’abri de murailles de boue qui nous répugnent. Or il se trouve qu’on les fait vivre, en ville, dans des maisons à toiture métallique de tôle ondulée qui ne protège nullement de la chaleur du jour ni du froid de la nuit. Tout au contraire le kraal hémisphérique, avec ses murailles épaisses et son toit de paille, préserve parfaitement de l’élévation de température au milieu des ardeurs du jour, et assure une bonne tiédeur durant la nuit. Et la mortalité de 44 pour 1000, qui frappe la popu-
- lation des villes, est due pour beaucoup aux variations de température auxquelles sont exposés les travailleurs indigènes.
- L’origine des gommes végétales. — Voici un petit fait qui pourrait prêter à de longs développements pour les lecteurs du récent ouvrage de Le Dantec, la huile universelle. 11 s’agit de l’origine des gommes. Tout le monde sait que l’on désigne sous le nom de gomme des exsudats qui se forment très fréquemment à la surface du tronc ou des branches des arbres, et chacun a pu les observer facilement sur les cerisiers, pruniers, etc. D’après les recherches récentes de M. 11. Greig Smith, il semble que ce soit à la présence de bactéries spéciales que l’on doive la formation de ces curieux épanchements. En effet, le savant expérimentateur, ayant découvert diverses bactéries habituellement fixées sur l’écorce des acacias, et ayant imaginé de les ensemencer sur des arbres fruitiers de la famille des rosacées, des pêchers notamment, a pu constater la formation de gommes au milieu desquelles se trouvaient enrobés les organismes qui semblent bien l’avoir déterminée. D’autre part les mêmes bactéries, placées en laboratoires sur des milieux appropriés, produisent des gommes qui présentent d’étroites analogies avec les sécrétions végétales. Il ne parait donc plus y avoir de doute sur l’origine bactérienne de celles-ci et c’est là une constatation doublement intéressante; d’une part elle vient accroître nos connaissances sur l’étendue du rôle joué par les organismes parasitaires dans toutes les manifestations de la vie; d’autre part, elle ajoute un paragraphe nouveau au chapitre si curieux des moyens de défense employée par les végétaux contre les attaques ou contre les dangers résultant de la présence d’hôtes gênants; dans d’autres cas, par exemple, lors de la pénétration d’un œuf d’insecte, il y a différenciation spéciale des tissus pour enfermer le parasite dans un séquestre, ce qui constitue le phénomène des galles. Ici, au contraire, les tissus ne se transforment pas, mais ils donnent naissance à un produit qui englue l’hôte infestant. D’un côté comme de l’autre, par des moyens différents, l’affection se trouve ainsi limitée et localisée.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 avril 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Influence du champ magnétique sur les crislaux. — M. Poincaré présente une Note de M. J. Becquerel sur les modifications subies par les bandes d’absorption dans un cristal placé dans un champ magnétique, c’est-à-dire dans les conditions où se produit le phénomène de Zeemann. Ces expériences ont conduit à des résultats nouveaux relativement à l’inlluence du magnétisme sur l’absorption de la lumière. L’auteur a établi que les vibrations circulaires ont leur période modifiée tantôt dans un sens, tantôt dans un autre suivant les différentes bandes d’absorption. Ce fait est contraire aux phénomènes observés dans les manifestations de l’action du magnétisme sur l’émission ou l’absorption de la lumière.
- Une nouvelle espèce d’arbres. — M. G. Bonnier décrit une nouvelle espèce d’arbres dénommée Kaya par MM. Jumelle et de la Bathie. C’est un de ceux qui fournissent en abondance les Hazonema ou bois rouge des Sakalaves. Ce bois exporté jusqu’au Havre avait été confondu avec celui d’autres essences. Chose curieuse ce
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- LA NATURE.
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- bel arbre de 20 à 30 mètres n’avait jamais été décrit ni déterminé d’une façon précise. On peut en extraire une gomme sans tanin analogue à la gomme d’acacia du Sénégal.
- Qualité acoustique des salles. —M. d’Arsonval résume un travail de M. Marage sur les propriétés acoustiques des salles. On sait combien sont incertaines les notions sur ce point. Le problème est complexe parce que dans une salle où se produit un son continu, un auditeur peut entendre trois sortes de vibrations : 1° L’onde primaire émise par la source ; 2Ü les ondes diffusées en nombre infini qui sont renvoyées par les parois et qui produisent le son de résonance; 5° les ondes réfléchies régulièrement par les parois qui donnent naissance à des échos distincts. Une double condition doit être réalisée : pas d’écho et brièveté du son de résonance aiin qu’il renforce le son générateur sans empiéter sur lui. M. Marage a opéré dans des salles différentes et a constaté que les meilleures sont les amphithéâtres de la Sorbonne. Celui de l’Académie de Médecine a été très amélioré par des tentures; quant à celui du Trocadéro l’orateur peut s’y faire entendre des 4500 auditeurs en parlant lentement et sans jamais forcer la voix, sans plus d’effort que s’il se trouvait dans un des amphithéâtres de la Sorbonne en présence de 250 auditeurs.
- Climat du Maroc à l’époque du tertiaire. — M. Zeiller expose que M. Bonnet a étudié deux séries d’empreintes végétales récoltées par M. Bûchât dans la région septentrionale du Maroc. La première série, constituée par des échantillons de calcaire marneux des environs de Tanger et de Tétouan, comprend des algues du groupe des chon-drites appartenant à divers types spécifiques caractéristiques du flysch, ensemble de schistes ou grès schisteux paraissant appartenir à l’éocène supérieur. La seconde série se compose de tufs calcaires pliocènes recueillis près de Tétouan et dans lesquels M. Bonnet a reconnu Yapollonias canariensis de la flore canarienne actuelle, le cinnamomum scheulzeri et salia cingusla. Ces deux dernières espèces appartiennent à la flore miocène de l’Europe moyenne et du Sud-Est de la France, mais elles avaient déjà été trouvées dans le pliocène des environs de Barcelone. Elles trouvaient sans doute à cette époque, en Espagne et au Maroc, les conditions climatériques qui avaient à l’époque miocène, favorisé leur développement à des latitudes plus élevées.
- Opérations géodésiques au Simplon. — M. Mascart expose que la Commission géodésique Suisse a utilisé le tunnel du Simplon au moment où il allait être livré à l’exploitation, pour y mesurer une base géodésique, c’est-à-dire la distance rectiligne de deux repères scellés dans le sol, l’un à l’entrée du tunnel, l’autre à la sortie. De son côté, M. Brillouin s’est rendu au tunnel avec un appareil destiné à mesurer les attractions du massif montagneux. Cet appareil est une sorte de balance de Caven-dish extrêmement sensible. L’auteur a opéré des mesures en 12 stations le long du tunnel, et constaté des variations certaines.
- La réalité du conlralisé. — M. Mascart présente ensuite une Note de MM. Teisserenc de Bort et Koch, relative à des expériences de lancers de ballons-sondes qu’ils viennent de faire exécuter en plein Océan à l’occasion de l’assertion du professeur Ilergesell touchant la non-existence du centralisé. Ils ont équipé à leurs frais un bâtiment à bord duquel les lancers ont été faits et qui a permis de suivre les ballons dans l’atmosphère. Us ont trouvé que près du sol la direction du vent est sujette à des variations à cause
- des déplacements du centre de basse pression. Mais à partir de 5000, il ont constaté l’existence d’une zone où régnent les vents de sud et sud-ouest.
- Cil. DE VlLLEUEüll,.
- LES PROCÉDÉS DE RÉCLAME
- aux Etats-Unis
- Nous ne prétendons pas que les Etats-Unis lassent tout mieux que le Vieux Monde ; mais il est certain qu’ils entendent beaucoup de choses d’une manière plus pratique, et h coup sûr plus originale, qui excite souvent notre surprise et pourrait parlois être utilement imitée.
- Les procédés de publicité et de réclame, en particulier, attirent toute l’attention des chefs de maisons, des directeurs d’usines, des « managers » des compagnies de chemins de fer ou de tramways ; on considère qu’il y a là une des branches les plus importantes du commerce et de l’industrie, et que, pour conduire avec des résultats effectifs le « département » de publicité d’une entreprise importante, il faut tout à la fois employer des méthodes minutieuses, connaître la psychologie du public, recourir à la suggestion, à mille petites Batteries, pour surexciter les désirs du public et le pousser à ce qu’on peut appeler un peu familièrement la consommation. On ne se figure pas le soin que les maisons américaines mettent à dresser des cartes du champ dans lequel elles comptent travailler, de la clientèle à satisfaire ou déjà satisfaite; ce sont d’immenses casiers contenant des jeux de fiches continuellement tenus à jour et qui renseignent également, autant que possible, sur les concurrents et sur les résultats qu’ils atteignent de leur côté, - -
- C’est aux Etats-Unis qu’on a inventé les distributions de papier buvard portant le nom d’unémaison de commerce, les cartonnages divers eqjggfmés, offrant quelque form<^J*ien caract^|É^|ûe et susceptible de frapper l’attention ; nj^rpublicité se fait constamment au moyen de petits livres contenant, en même temps que la réclame et les annonces que l’on veut faire pénétrer dans le public, des historiettes, des articles qui ne dépareraient pas une revue de vulgarisation ou un magazine, et qui font que celui qui reçoit le « booklet » ne le jette jamais sans le parcourir tout au moins. Il existe aux Etats-Unis un véritable enseignement pour les agents de publicité, les « advertising managers » ; et on leur recommande instamment de tâcher de se mettre par la pensée à la place de ceux sur lesquels ils veulent agir par la réclame, de chercher à saisir le moment psychologique où le client possible est le plus susceptible de se laisser convaincre; on leur apprend, en se basant sur des observations absolument justes, qu’il y a certains jours de la semaine, variables bien entendu suivant la nature de ventes dont il s’agit, où l’on sera plus disposé à lire et au besoin à mettre de côté une publication annonçant tel ou tel
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- genre d’appareil, de fourniture, de marchandise. Et chaque « manager » arrive, en respectant les grands principes qu’on lui a appris, à trouver ce qu’il nomme un mode d’attaque particulièrement convenable pour les affaires de sa maison et pour la clientèle qu’il doit attirer.
- Nous prendrons un exemple dans une des grandes compagnies de New-York, la Compagnie Edison, dont l’industrie, la vente du courant électrique pour tous usages, est par nature trop locale pour qu’on nous puisse soupçonner de lui faire nous-mème une réclame. En dehors de tous .les procédés courants d’annonce qu’elle emploie, elle a imaginé une méthode dont elle assure retirer un avantage sérieux. Au lieu de recourir, comme papier de correspondance, à ce qu’on pourrai l appeler le papier passe-partout, portant en tête non seulement le nom, mais encore les spécialités variées de son entreprise, elle a trouvé bon de créer tout un jeu de papiers à lettre différents, spécialisés par nature d’aiïaires et de clientèle. Si elle reçoit, par exemple, une demande de renseignements d’un client possible au sujet des applications de l’électricité à la cuisine dans un hôtel ou un restaurant, elle lui répondra spr le papier ad hoc, dont l’en-tête suggestif est reproduit ici : deux marmitons y donnent à entendre par leurs mines l’excellence de la cuisine que l’on fait sur un fourneau électrique! Voici, au contraire, un particulier qui demande des indications du même genre pour son usage particulier : un autre en-tête humoristique lui révélera par avance les agréments que la maîtresse de maison ou le valet de chambre trouveront à faire emploi du précieux courant. Ou bien ce sera un industriel qui voudrait recourir à l’électricité dans une installation mécanique, pour lui demander de la force motrice, un imprimeur qui désirerait commander ses presses de la sorte : la correspondance se fera sur un papier à lettre tout aussi caractéristique dans son genre, et où l’humour du dessinateur n’a pas fait disparaître l’exactitude de la combinaison mécanique. Le manager de la Com-
- pagnie Edison affirme que l’arrivée seule d'une lettre sur papier ainsi spécialisé fait bon effet sur le client, qui voit tout de suite qu’on s’est rendu compte des besoins particuliers qu’il a le désir de satisfaire.
- Nous prendrons un dernier exemple, et des-plus typiques, dans le « département » de la publicité d’une compagnie assez modeste, celle du chemin de fer électrique et de la station centrale de Birmingham, une ville de l’Àlabama dont la réputation n’est sans doute pas venue jusqu’à nos lecteurs, ville manufacturière et populeuse assurément, mais dont la population ne dépasse pourtant guère 55000 habitants. Or cette compagnie, qui vend à la fois du coke, de
- l’électricité, du gaz et de la vapeur, tout en se livrant aux trans-ports, estime qu’elle peut développer puissamment sa clientèle si elle sait s’y prendre : elle a donc fait dresser par ses agents une carte de la région, maison par maison, avec un système de fiches tenues à jour, et la superficie totale est partagée en secteurs dont chacun est confié à ce q u ’ o n pourrait appeler un placeur, en relations avec les clients acquis comme avec les clients possibles. Et non seulement elle publie constamment des articles illustrés dans les journaux de la région, mais encore elle distribue des manuels bien compris et tire par elle-même, chaque semaine, une sorte de petit journal appelé du titre suggestif de Illumina-lor, qui contient à la fois les nouvelles relatives à la Compagnie même, puis des articles de vulgarisation sur les applications du gaz, de l’électricité, du coke, des nouvelles à la main, des historiettes amusantes, des articulels plus ou moins littéraires et même des vers, à côté, il est vrai, de pures réclames, qui bénéficient du voisinage.
- Et ce petit journal distribué à profusion dans les voitures et wagons de la Compagnie augmente constamment le nombre de ses clients. D. B.
- Le Gérant : P. M/.ssos.
- Paris. — Imprimerie Laiiüriî, rue de Fieurus, 9.
- Les papiers de correspondance d’une Compagnie d’électricité.
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- Une convention franco-espagnole du 18 août 1904, complétée par un protocole additionnel du 8 marsl 905, prévoit, on le sait déjà1, l’exécution de trois voies ferrées à travers les Pyrénées, l’une d’Ax-les-Thermes à Ripoll, l’autre d’OIoron à Jaca et Zuéra, la troisième de Saint-Girons à Lérida. La Chambre des députés a ratifié déjà ces accords internationaux, à la suite du dépôt d’un rapport rédigé par M. Léon Janet, député, et le Sénat sera appelé bientôt à se prononcer à son tour. On peut se demander s’il n’est pas excessif de songer à ouvrir en même temps trois percées centrales à travers les Pyrénées, alors qu’on ne sait même pas si une ligne unique pourrait être rémunératrice des dépenses énormes qui seront faites. Mais, si au lieu de trois lignes on se décidait à n’en faire qu’une, au moins pour le moment, à laquelle faudrait-il donner la priorité? La question mérite d’être examinée, le Sénat ayant toute latitude pour repousser la convention ou ne l’accepter que modifiée. Il est tout d’abord une des trois lignes qui nous paraîtrait devoir être écartée, c’est la première, celle d’Ax-les-Thermes à Ripoll. Elle ne figurait pas dans la précédente convention, signée en 1885, qui ne prévoyait que les deux autres. Très rapprochée de la ligne des Pyrénées Orientales, elle ne ferait guère que la doubler et ne desservirait pas le centre de la péninsule.
- Barcelone, où la ligne aboutirait, est, il est vrai, l’un des grands centres industriels de l’Espagne; néanmoins, comme elle viendrait finir à la côte après un faible parcours, on ne pourrait compter sur un grand trafic nouveau.
- 1 Yoy. n° 1708. du 17 février 1906, p. 178.
- 34° année. — Ie1' semestre.
- De plus cette ligne, devant atteindre, à son point le plus élevé, l’altitude de 1567 mètres, serait d’une exploitation très difficile en hiver et il y aurait à craindre qu’elle ne fut intermittente. Ce serait, comme on l’a fait observer, une ligne d’été, utile surtout aux touristes. Elle exigerait des tunnels et des travaux d’art importants. En 1881, M. Croizette-Desnoyers, inspecteur général des ponts et chaussées, déclarait que cette direction était complètement inadmissible.
- Les deux autres lignes auraient sur celle-ci la très grande supériorité de desservir le centre de l’Espagne et si elles ne peuvent vraisemblablement pas davantage devenir des lignes mondiales, elles paraissent placées dans des conditions meilleures pour faire naître entre les deux pays un important courant d’affaires, ce qui est d’ailleurs le résultat le plus évident que l’on peut attendre de la construction de Transpyrénéens. L’une et l’autre ligne exigeront aussi des travaux difficiles et coûteux, mais elles franchiront la chaîne à une altitude moindre, approchant de 1200 mètres ou dépassant de peu cette cote. II resterait donc à choisir entre ces deux lignes.
- Celle d’OIoron à Jaca se présente dans des conditions économiques qui ne paraissent pas très favorables. En raison de ses fortes pentes, elle ne sera pas empruntée par les trains express. Elle rapprochera Toulouse de Saragosse, mais entre les deux villes les relations ne sont pas très suivies. Le principal motif pour lequel cette ligne n’a pas été déjà abandonnée, c’est que l’Espagne y tient pour des raisons politiques. Quant à la ligne de Saint-Girons à Lérida, la Chambre de Commerce de Toulouse
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- n’a pas cessé d’en réclamer la construction depuis qu’il est question de faire un Transpyrénéen central. Les avantages économiques considérables que Toulouse peut attendre de cette ligne doivent la mettre au premier rang, tant au point de vue des intérêts généraux du pays qu’au point de vue local.
- Néanmoins, la convention de 1904 avait placé cette ligne dans une situation tout à fait secondaire, non qu’elle présentât de moindres chances d’avenir, mais parce qu’il existait, de ce côté, une lacune plus grande que partout ailleurs entre les lignes française et espagnole. Aussi le délai de dix années prévu pour l’exécution de ce Transpyrénéen ne devait-il courir que du .jour où serait exécutée la ligne espagnole de Lérida à Sort (160 kil.). À la suite des démarches faites par un Comité qui s’est constitué à Saint-Girons et dont l’un des plus actifs représentants a été son secrétaire général, M. le comte Bégouën, de nouvelles négociations aboutirent au protocole additionnel du 8 mars 1905, par lequel l’Espagne s’engage à construire, dans un délai maximum de dix ans, la section Lérida à Sort, de la future ligne Saint-Girons à Lérida, dont l’achèvement se trouve ainsi reporté à un délai maximum de vingt ans, au lieu du délai indéfini qui résultait de la convention de 1904.
- De Saint-Girons une ligne déjà concédée gagnera bientôt Oust. Là commence vraiment le Transpyrénéen projeté. Continuant à remonter la vallée du Salat, affluent de la Garonne, le tracé passe par Seix, Couflens, Salau. Le tunnel international, long de 8800 mètres, qui doit franchir la chaîne des Pyrénées, par le port de Salau, aurait son entrée à environ 1035 mètres d’altitude et viendrait déboucher en Espagne aux environs de la cote 1188 mètres.
- Sur le versant espagnol, le tracé suit aussitôt la vallée du Noguera-Pallaresa. Les premiers villages que l’on rencontre sont Isil et Esterri de Aneu. Entre Llaborsi et Riàlp, on suit un important défilé, qui peut offrir quelques difficultés pour l’établissement de la voie sur des pentes couvertes en grande partie de détritus arrachés à la montagne par les eaux des ravins. Les terrains sont meilleurs jusqu’à Sort. Entre Sort et Tremp, on passe la Sierra de Bou-Mort par l’imposant et pittoresque défilé de Collégats au confluent du Flamisell et du Noguéra. Au delà de Tremp, la ligne rencontrera encore des difficultés pour franchir la Sierra de Montsech. Traversant ensuite le Noguera-Pallaresa près de son confluent avec le Segre, elle suivra désormais cette rivière et une plaine la conduira à Lérida.
- Tous les ingénieurs qui ont étudié les passages pyrénéens, dans la partie dite centrale, s’accordent généralement à déclarer que le port de Salau est le plus facile et celui qui, au point de vue technique, doit être préféré. De plus, des deux côtés de la chaîne, on trouve des vallées qu’il n’y a qu’à suivre, sans rencontrer de sérieuses difficultés. Ce sont des conditions qui ne s’offrent en aucun autre point sur le versant espagnol dans les Pyrénées centrales.
- Il se peut que, pour le moment, Lérida ne donne
- lieu qu’à un courant d’alfaircs restreint, mais toute la région est riche et le commerce ne peut que s’y développer. La vallée du Noguera-Pallaresa est un pays d’avenir où l’agriculture est florissante, où les forêts fournissent d’importantes réserves et dont le sous-sol renferme de nombreux produits miniers, toutes richesses qui n’attendent que la voie ferrée pour être exploitées ou mises en valeur.
- La vigne apparaît dans la vallée de Lérida dès la Pobla de Ségur, à 75 kilomètres de la frontière de France, et l’on peut être assuré que les vignobles des bassins du Noguera-Pallaresa et du Segre atteindraient un grand développement si on leur procurait un débouché par cette ligne.
- 11 existe des forêts de sapin considérables à proximité de la vallée du Noguera-Pallaresa, mais elles ne sont ni aménagées, ni facilement accessibles. L’exploitation ne s’en fait jusqu’ici que d’une façon insignifiante par la voie fluviale du Segre. Si la voie ferrée était construite, on pourrait multiplier des exploitations forestières, comme celle établie sur la frontière, à Salau-Bonabé, par MM. Matussière et Forest, qui, à l’aide d’un câble aérien de près de 10 kilomètres de longueur, font passer, par-dessus les cimes des Pyrénées, les arbres abattus à plus de 2100 mètres d’altitude sur le versant espagnol.
- Les mines et sources thermales du versant espagnol sont plus abondantes et plus riches que celles du versant français. Les minerais de fer du Noguera-Pallaresa ont été regardés, au double point de vue de la qualité et du bon marché, comme particulièrement favorables aux grandes forges du midi de la France. Les gisements d’Alins et de Sort-Baro peuvent atteindre une production annuelle importante. Des gîtes de cuivre considérables existent à proximité de la ligne de Saint-Girons à Lérida : cuivre gris de Yalencia de Aneu, cuivre pyriteux de la vallée de Cardos, pyrite arsenicale, argentifère et aurifère à Alos, Isil et au port de la Bonaïgua.
- On trouve des gisements d’excellent charbon dans tout le rayon d’action de la ligne du Noguera, notamment dans le voisinage des mines de fer dites d’Ager ou Montsech, situées non loin de Sort et d’Eril-Castell. Les autres minéraux que l’on rencontre dans la région sont le plomb, le zinc, le manganèse, l’amiante, le sel, le plâtre, abondants et de bonne qualité. Aboutissant à Toulouse, qui occupe le centre de l’une des régions les plus riches et les plus industrielles du midi de la France, la ligne de Saint-Girons à Lérida sera suivie aussi par toutes les marchandises que l’Espagne tirera de cette partie de la France. Il est à noter que le 4e Congrès du Sud-Ouest navigable, réuni à Béziers les 24, 25 et 26 novembre 1905, a, sur la proposition de M. Juppont, voté un vœu demandant que le Sénat repousse la ratification de la convention du 18 août 1904 et s’en tienne, comme voies principales, aux lignes de Saint-Girons à Lérida et d’Oloron à Huesca par Canfranc, et que l’exécution de ces travaux soit entreprise dans le plus bref délai. Gustave Regelsperger.
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- LA MALADIE
- Depuis trois ans, la mystérieuse maladie du sommeil, qui menace tout simplement de dépeupler l’Afrique tropicale, a enfin livré aux sciences naturelles une bonne partie de ses secrets. Et il est temps de résumer ici tout ce qui la concerne1, d’exposer ce que nous savons maintenant de sa localisation, — de ses symptômes, -— de ses causes, — et des moyens de lutter contre elle.
- I. Distribution géographique. — La maladie du sommeil a été signalée en Afrique, depuis Dakar au nord, jusqu’à Benguella au sud. Beaucoup de grandes villes de la côte telles que Dakar, Konakry, Freetown, Monrovia, Grand Lahou, Grand Bassam, Lagos, Libreville ne sont pas contaminées, tandis que l’on observe la maladie dans l’hinterland de ces colonies, en particulier le long des rivières. Les environs de Loango sont fortement contaminés, il en est de même du Congo portugais et de l’Angola.
- Dans l’intérieur du continent noir, la maladie du sommeil est sporadiquement endémique dans le Mayombe français, le Bas Congo, ainsi que sur les rives du grand fleuve depuis le Stanley pool jusqu’au poste de Nouvel Anvers, où elle a fait son apparition il y a quelques années seulement. On la rencontre également, d’une façon plus ou moins régulière, sur les rives du Kassaï et de ses principaux affluents. Un foyer de maladie du sommeil tout à fait isolé existe dans le Manyéma dans le pays des Bango-Bangos. Elle a remonté l’Oubangui jusqu’à Bangui, la Likoula jusqu’au 2e degré de latitude nord et la Sanga jusqu’aux environs de Ouesso.
- Des cas isolés ont été observés à peu près dans tous les postes belges parmi les soldats et les travailleurs. Les exodes de populations ont été pour beaucoup dans l’acclimatement de la maladie dans des régions autrefois indemnes et où les communications entre peuples sauvages et anthropophages étaient, avant l’occupation européenne, impossibles ou tout au moins très limitées.
- L’Ouganda, contaminé en 1896 seulement, s’est signalé par les terribles ravages de la maladie du sommeil en 1901. Cette dernière s’est rapidement étendue le long des rives nord du lac et les îles adjacentes, depuis un an ou deux elle semble avoir envahi le lac Albert Édouard et le lac Albert Nyanza ; le haut Nil est fortement menacé. Nous pensons que l’épidémie de l’Ouganda a été occasionnée par les porteurs ougandas ayant été se contaminer dans le Manyéma ou dans le Haut Kassaï.
- II. Étiologie. — Depuis la découverte de Castel-lani et les recherches de la mission anglaise de l’Ouganda et les nôtres, on sait que la maladie du sommeil est due à l’introduction, dans le sang, d’un petit animal parasite connu sous le nom de Trypanosome. Ces animaux, qui sont des protozoaires flagellés, sont faciles à voir à l’état frais dans le sang :
- 1 Voy. n° 1694, du 11 novembre 1905, p. 374.
- DU SOMMEIL
- leurs mouvements agiles les iont vite reconnaître. Leur longueur est d’environ 25 à 30 millièmes de millimètre. En fixant ces parasites sur des lames de verre on peut les colorer à l’aide de diverses méthodes et mettre en évidence la structure représentée dans la figure 5. Ces Trypanosomes sont inoculables à tous les mammifères, à l’exception de quelques singes. Avec Wurlz nous n’avons pas pu l’inoculer au porc.
- III. Mode de transmission. — La maladie du sommeil n’est ni contagieuse, ni héréditaire. Elle est non pas spéciale aux Africains, mais particulière à certaines localités africaines où se trouvent les agents qui peuvent la transmettre; c’est donc une maladie transmissible. Au cours de la mission du Bourg de Bozas nous avions recueilli, de la part des pères de Skeute, un document des plus importants. Auprès d’une mission des pères trappistes à Bana-mia, près de Coquilhaville, existait, il y a quelques années, un village de pêcheurs Lolo d'environ 3000 habitants, en 1902 on pouvait à peine en compter 500; tous les autres avaient été décimés par la maladie du sommeil. Tout à côté de ces pêcheurs se trouve, à quelques minutes du fleuve, un village de cultivateurs dont les indigènes ne vont que rarement au lleuve, et chez lesquels la maladie est presque totalement inconnue. Il serait aisé de multiplier de semblables exemples ; aux environs de Brazzaville par exemple, seuls sont atteints, dans les villages éloignés du fleuve, les indigènes dont la fonction est d’aller préparer pour l’hivernage la provision de poisson sec.
- L’agent qui transmet la maladie du sommeil devait donc se trouver au bord des fleuves et des sources ombragées. Aussi dès que Castellani publia la découverte de son Trypanosome, j’émettais, en juin 1903, l’hypothèse que ce parasite était transporté de l’individu malade à l’individu sain par l’intermédiaire d’un insecte piqueur spécial à l’Afrique et que cet insecte ne pouvait être que la mouche tsé-tsé du Congo (Glossina palpalis). De plus, cette hypothèse donnait à ce moment un certain poids à la découverte de Castellani en montrant que le Trypanosome, qui ne pouvait être transmis que dans des conditions bien spéciales, était bien l’agent de la maladie et non pas un simple parasite accidentel comme les microbes qui avaient été décrits par plusieurs auteurs et par Castellani lui-même. Avant de passer à l’étude des tsé-tsé, je puis dire que mon hypothèse a été démontrée exacte par les travaux de Bruce et Nabarro, de Dutton et de Best.
- IV. Les mouches tsé-tsés. — Les tsé-tsés ou Glossines sont des insectes diptères dont la taille varie entre celle de la mouche domestique à celle de l’abeille suivant les espèces que l’on examine. On en connaît actuellement sept espèces bien caractérisées qui sont : les Glossina fusca, G.longipennis,G. mor-
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- sitnns, G. pallidipes, G. palpalis, G. longipalpis, et G. tachinoïdes, et deux espèces douteuses, les G. pallicera et G. Bocagei. Toutes ces mouches ont pour caractère commun d’avoir leurs ailes repliées
- Fig. 1. — Glossina longipennis au repos, d’après Austen
- sur le dos dans un plan horizontal comme les lames d’une paire de ciseaux (fig. 1). La trompe très grêle est accompagnée de deux longs palpes maxillaires, l’ensemble a l’aspect d’une petite langue d’où le nom latin de Glossina.
- Il est actuellement un fait parfaitement acquis c’est que la Glossina palpalis transmet le Trypano-
- GEsophage.
- Proventricule.
- Intestin thoracique. Canal salivaire.
- - Estomac suceur.
- U——1 _ - Glande salivaire.
- Intestin abdominal. H- Glande salivaire.
- - -• Rectum.
- Fig. 2. — Anatomie de Glossina palpalis, d’après Mincliin.
- sonie de la maladie du sommeil. Mais est-elle seule à jouir de cette redoutable propriété? Des documents reçus par moi de la mission de Mayoumba au Congo français, où la maladie du sommeil existe, et où la
- G. palpalis lait défaut alors que la G. fuse a abonde, m'ont fait soupçonner cette dernière dès 1904. Tout récemment en juillet 1905, le D1' Greig, en faisant piquer deux singes par des lots de mouches appartenant aux espèces G. pallidipes, G. longipennis et G. fusca, a réussi à leur transmettre la maladie du sommeil. Des études ultérieures, faites avec chacune de ces espèces isolément, nous apprendra quelles sont celles que l’on doit incriminer.
- Ces recherches, dont nous avons signalé l’urgence dans un rapport que le professeur Blanchard a bien voulu présenter pour nous à l’Académie de médecine en 1904, ont besoin detre faites, car de leurs résultats dépendront les mesures de prophylaxie générale sur l’importance desquelles il est inutile d’insister.
- La Glossina palpalis, dont le rôle est bien établi, est, de beaucoup, la tsé-tsé la plus commune en Afrique occidentale et centrale. Actuellement, grâce aux travaux d’E. Austen et aux nôtres, la distribution géographique de ce dangereux insecte en Afrique
- Fig. 3. — Trypanosomes île la maladie du sommeil (grossis 2400 lois environ).
- est à peu près établie. Dans une carte publiée dans les Archives de Parasitologie, j’ai essayé d’indiquer pour la première fois la répartition aussi exacte que possible de chaque espèce de tsé-tsé. Depuis cette époque, de nouveaux envois de tsé-tsé m’ont permis d’étendre beaucoup les territoires envahis par la Gl. palpalis, et on est effrayé en pensant que les riches et paisibles provinces où la mouche existe pourront être un jour envahies et dévastées par la maladie du sommeil. L’Ouganda, qui ignorait la maladie, il y a quelques années, a perdu entièrement la riche population riveraine du lac Victoria, et les ravages de cette épidémie sont loin d’être finis.
- La Glossina palpalis se trouve sur le fleuve Omo, sur le Nil depuis Gondokoro jusqu’aux lacs Victoria et Albert, depuis les sources de l’Ouellé juqu’à l’embouchure du Congo. Des documents récents reçus du Dr de Goyon m’ont montré l’abondance de cette mouche sur le M’bomou, et les récoltes de M. Charles Labarre, employé à la Société du Haut Oubangui, m’ont montré que cette tsé-tsé existe depuis le confluent de l’Oubangui et du Congo jusqu’au poste de Bangassou, sur le M’bomou. Elle se ren-
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- Fig. 4. — A gauche, Glossina fusca. — A droite, Glossina palpalis. (D’après Auslen.)
- contre également sur presque tous les aflluents du Congo, et dans toute l’Afrique occidentale depuis Dakar jusqu’au sud de l’Angola.
- La Glossina palpalis est une mouche de couleur sombre, de grosseur intermédiaire entre la mouche et l’abeille ; les ailes sont repliées sur le dos comme les deux lames d’une paire de ciseaux, ce qui la distingue facilement des autres mouches piqueuses, du bord des rivières (taons, stomoxes, aux ailes écartées sur le dos). La Glossina palpalis, particulièrement désagréable par sa piqûre, est connue sous les noms de mouche de pirogue, mouche à éléphants, petit taon de rivière, etc.
- Tandis qu’il est difficile d’en récolter 8 à 10 dans une matinée à Brazzaville, il est aisé d’en faire récolter de 100 à 500 sur l’Ouellé, l’Omo, dans l’Ouganda. Sa fréquence plus ou moins grande explique la rapidité de ses ravages.
- Dans des régions où la maladie est endémique depuis des siècles (entre Ma-tadi et Léopoldville par exemple), la mortalité est grandement compensée par la natalité ; dans d’autres régions, l’Ouganda par exemple, elle menace de faire disparaître toute la population riveraine du lac, si l’on ne prend, dès maintenant, contre elle, les mesures les plus sévères. Dans nos riches provinces congolaises du Haut Oubangui, des désastres semblables à ceux de l’Ouganda pourront être un jour
- enregistrés. Au lieu de suivre les animaux sauvages des steppes comme la tsé-tsé de l’Afrique australe (Glossina morsiians), la Glossina palpalis aime le bord des rivières et pullule sur ses rives. C’est ainsi que des villages, placés à 2 ou 5 kilomètres dans l’intérieur, ignorent à peu près totalement la maladie du sommeil.
- Que deviennent les trypanosomes avalés par la Glossina palpalis?
- Dans une première série d’expériences sur des singes, Gray et Tulloch ont montré qu’ils peuvent se multiplier dans l’estomac des mouches.
- Dans certains cas, il se produit dans l’estomac des tsé-tsés une multiplication extraordinaire des parasites. Fait curieux, cette active prolilération, au lieu de se rencontrer dans toutes les mouches, se rencontre dans une proportion de 10 pour 100 seulement. Passant le détail de ces expériences, nous dirons seulement que toutes les mouches ne sont pas aptes à la multiplication des parasites, ce qui est peut-être dû à des différences sexuelles, les mâles ne semblant pas pouvoir assurer la multiplication.
- En examinant des mouches récoltées au hasard, 2 seulement sur 200 furent trouvées infectées de trypanosomes.
- Les dimensions des flagellés, trouvés dans le tube digestif de la mouche, varient de 20 à 100 mil-
- Fig. 5. — Évolution du trypanosome de la maladie du sommeil dans le tube digestif de la Glossina palpalis (D’après Gray et Tulloch.)
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- lièmes de millimètre de longueur. Ces llagellés vivent dans l’intestin quand la mouche est à jeun et viennent pulluler dans l’estomac dès que l’animal se gorge de sang.
- On les a également trouvés dans les glandes salivaires de la mouche, ce qui explique très facilement le mode d’inoculation.
- 1\. Koch, expérimentant àDaresSalam, est arrivé à inoculer des rats en leur injectant les petits Trypanosomes sortis de la trompe de la Glossina fusca, par compression du bulbe qui est situé à la base de la trompe. Cette expérience est du plus haut intérêt.
- La Glossina f usca que l’on peut suspecter de transmettre également la maladie du sommeil est un insecte beaucoup plus rare. Durant nos recherches en Afrique au cours de la mission du Bourg de Bozas nous avons récolté depuis l’Omo au sud de l’Abyssinie jusqu’à l’embouchure du Congo des centaines de Glossina palpalis et aucune Glossina fusca. Cette dernière mouche se rencontre néanmoins dans toute l’Afrique; mais, à quelques exceptions près, elle est partout fort rare, ce qui est heureux; car elle est très pathogène pour le bétail. Au lieu de vivre exclusivement au bord des rivières, comme la Glossina pal-palis, elle vit un peu partout, dans les régions boisées, les savanes, même dans les régions marécageuses. C’est probablement par cette mouche que sont produits les cas, très rares d’ailleurs, de maladie du sommeil qui se montrent dans des villages éloignés de toute rivière.
- La ligure 2 donne l’anatomie générale de la Glossina palpalis, la situation des glandes salivaires dans la région abdominale est tout à fait curieuse.
- VI. Symplômes. — En décembre 1901, Dutton décrivait le Trypanosoma gambiense, découvert en Gambie, par le D1 Fordes. En l’espace de quelques mois de nouveaux cas de cette maladie, que j’ai nommée « trypanosomose fébrile de l’homme », étaient signalés. Or, le trypanosome découvert par Castellani, chez les malades du sommeil, est identique à celui découvert par Fordes et Dutton.
- Dès que les trypanosomes de la maladie du sommeil ont fait irruption dans le sang, le malade, après une incubation d’environ un mois (Dutton), est atteint, à intervalles plus ou moins éloignés, d’accès de fièvres irréguliers accompagnés d’une certaine faiblesse, mais avec conservation habituelle de l’appétit, la quinine est sans action sur leur évolution. Cet état de fièvre à trypanosomes peut durer plusieurs années, au maximum pendant 6 ou 7 ans, au minimum pendant un an. Durant les périodes d’accalmie, on ne trouve pas de trypanosomes dans la circulation périphérique et les inoculations du sang du malade à des animaux réceptifs ne les infecte pas. Néanmoins la maladie suit toujours son cours, le pouls reste toujours élevé entre 100 et 120 pulsations à la minute, etc.
- A une certaine époque de l’infection, l’irritation
- due au trypanosome ou à ses toxines provoque une infiltration de la gaine de vaisseaux du système nerveux central ainsi que dans les méninges. Une lepto-méningite très nette se produit.
- Dès que cet état cérébral est constitué, les symptômes cliniques présentés par le malade prennent une allure particulière, et c’est à cette phase de la maladie que convient le nom d’hypnose ou de maladie du sommeil. Chez les tout jeunes enfants, les symptômes sont ceux d’une méningite aiguë, l’enfant est contracturé en chien de fusil, la tôte renversée en arrière ; ils ne répondent pas aux questions qu’on leur pose et poussent de temps en temps des cris inarticulés.,Mais cette forme aiguë se voit rarement.
- Dans les cas chroniques, que l’on a d’habitude l’occasion d’observer, les sujets accusent au début des maux de tête assez violents et une hypéresthésie cutanée. Beaucoup de sujets atteints de maladie du sommeil ont du ptosis, la pesanteur des paupières s’accentue peu à peu, elle peut faire entièrement défaut dans certains cas, le malade ayant les yeux constamment ouverts. Ce ptosis accompagnant l’affaiblissement musculaire considérable des malades leur donne l’apparence d’individus endormis. Mais leur sommeil est un sommeil léger, tout au moins au début de la maladie, car il suffit d’appeler doucement le malade par son nom pour qu’il fasse immédiatement des efforts pour ouvrir ses yeux.
- Celte somnolence du jour contraste d’ailleurs souvent avec une agitation nocturne, accompagnée fréquemment de délire. Ces symptômes varient beaucoup suivant les sujets.
- Dans certains cas, l’hypnose se déclare, chez un individu en apparence sain, par un accès de manie aiguë avec impulsions homicides, l’individu conduit en prison ou enchaîné tombe dans un état comateux qui nécessite son transfert à l’hôpital. On observe alors peu à peu l’établissement de tous les symptômes caractéristiques de la maladie du sommeil.
- J’ai pu observer uh cas de ce genre très net avec diagnostic microscopique à Matadi, au Congo belge.
- VIL La lutte contre la maladie du sommeil. — La thérapeutique et la sérothérapie n’ayant donné jusqu’à présent aucun résultat positif et leur application étant d’ailleurs impossible en Afrique en des points où la maladie est endémique, il faut pour lutter contre le fléau africain faire de la prophylaxie et cela est beaucoup moins facile qu’on ne pourrait le croire au premier abord. Puisque pratiquement il est aussi difficile de détruire les tsé-tsés en Afrique que de détruire les mouches domestiques en Europe, le meilleur est de les fuir ou de les empêcher de devenir dangereuses, en évitant d’introduire, là où elles existent, des individus malades.
- Pour empêcher la maladie de se propager, il faut d’abord entraver les exodes de population des centres infectés vers les centres sains ; les expéditions militaires et les exploitations agricoles et industrielles
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- sont malheureusement en conflit avec cette précaution. Les Sénégalais et les Loangos, qui sont des serviteurs de premier ordre, ont certainement contribué pour beaucoup à la dissémination de la maladie du sommeil dans le centre de l’Afrique. Ce sont les soldats belges du Bas-Congo, qui ont dû la répandre dans le Kassaï et les régions du moyen Congo.
- D’autre part, il ne faudra pas introduire dans les zones infectées des gens provenant de régions saines. En retournant chez eux, au moment de leur libération, ils pourront y transporter la maladie, qui s’acclimatera puisque les conditions de sa transmission y existent.
- On devrait faire des échanges de soldats ou de travailleurs uniquement entre régions saines ou uniquement entre régions contaminées. Mais il faut également essayer d’atteindre le fléau dans des régions où il sévit en maître. Ici le travail devient plus difficile.
- 11 faudra pour cela étudier la distribution géographique exacte des Glossines pathogènes dans un pays déterminé. On sait, en effet, que ces mouches se rencontrent par zones et manquent en beaucoup d’endroits. Quand des localités indemnes seront trouvées, on devra y faire établir des villages, en ayant soin de faire couper les arbres dans les environs des sources où vont s’approvisionner les indigènes et aux bords des fleuves où ils vont pêcher.
- Réellement les découvertes récentes nous mettent à même de lutter contre la maladie. Les gouvernements ont le devoir de protéger les Européens qui sont très sensibles à la maladie et de protéger également les Noirs que leur ignorance rend encore plus accessibles.
- Nous sommes heureux de pouvoir dire que ces mesures, présentées au Congrès colonial de juin 1904, ne sont pas restées lettre morte. La Société antiesclavagiste de France, qui poursuivit en Afrique l’œuvre humanitaire de créer des villages de liberté, s’est émue des terribles ravages de la maladie du sommeil dans l’Ouganda. Cette société me fit le grand honneur de me charger d’étudier ce projet. Nous lui avons donc conseillé de faire rechercher, autour de Loango, un village très éprouvé par la maladie et de le faire déplacer en un point exempt de mouches, ce qui est bien facile à trouver. Les indigènes de ce village seront avertis que pendant deux, trois ou quatre ans, il y aura encore des morts parmi eux, car la maladie a une longue durée ; mais ils sauront en même temps que la maladie n’est pas héréditaire et que tous les enfants qui naîtront, même de parents malades, dans le nouveau village seront à l’abri du fléau. C’est ce dernier point surtout qui les frappera et qui encouragera les chefs de villages atteints à imiter l’exemple donné par la Société antiesclavagiste.
- Ce projet est actuellement en exécution à Loango. Souhaitons que cette expérience soit prise en considération par les gouvernements et que l’on généralise ces mesures aussi simples qu’efficaces. Pour
- nos colonies françaises en particulier la question est d’une importance considérable et positivement vitale !
- E. Buumpt,
- Docleur es sciences,
- Chef des travaux pratiques à l’Institut de médecine coloniale.
- PONTS TOURNANTS
- et ponts basculants
- La question des ponts est toujours de très grande importance, parce que ces ouvrages sont nécessaires pour assurer la continuité des voies de communication par-dessus d’autres voies, sans que le trafic des unes soit gêné par celui des autres ; et c’est pour cela que le perfectionnement des ouvrages dont il s’agit a été poursuivi avec tant d’ardeur depuis surtout trente à quarante ans, grâce du reste aux progrès de la métallurgie. Parmi ces ponts, un certain nombre doivent être établis par-dessus des voies d’eau, de manière à pouvoir s’ouvrir et se fermer, parce qu’ils se trouvent à une trop faible hauteur au-dessus de la voie qu’ils franchissent pour que la circulation puisse s’y faire librement : ce sont les ponts mobiles, dont le type primitif a été le classique pont-levis, imaginé d’ailleurs dans un but tout spécial de défense.
- Pendant bien longtemps on est demeuré fidèle, en matière de pont mobile, au pont tournant, qui repose sur une pile et sur un pivot plus ou moins compliqué au milieu de la passe, chenal, rivière, etc., traversée par le pont, ou qui se divise en deux volées tournant chacune dans un plan horizontal autour d’un pivot disposé sur la rive. Mais on s’est aperçu peu à peu que ce pont, qui a rendu des services qu’on ne saurait méconnaître, a des défauts sérieux. S’il a deux volées de rive, chacune vient occuper une place considérable qui est complètement sacrifiée et qui, dans une ville, dans un port de commerce, a pourtant une réelle valeur ; si le pivot se trouve au milieu du chenal, cela constitue une obstruction pour le libre passage des navires, et cette pile centrale peut donner lieu à de nombreux accidents. Nous devons ajouter que le tablier ne saurait être placé tout près du niveau de l’eau, parce qu’il faut bien que les galets de rotation et la table et les chemins de roulement soient au-dessus de ce niveau. Il est de plus impossible d’élargir un pont tournant après coup, sans rejaire toute la construction. Les organes de rotation sont assez délicats à établir, si l’on veut éviter des frottements considérables ; il y a des précautions minutieuses à prendre pour empêcher une usure irrégulière des galets. Le pont basculant, et en particulier celui du système que nous allons étudier d’un peu plus près, a tous les avantages inverses ; il se manœuvre très vite, et par suite l’utilisation de la voie supérieure de circulation ou de la voie d’eau est bien meilleure, les bateaux de faibles dimensions pouvant passer sans que les deux volées verticales soient complètement
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- ouvertes. On peut accoler une travée nouvelle à côté d’une première, en les solidarisant, pour augmenter le débit de la voie supérieure ; et chaque moitié du pont, une fois relevée, vient former un arrêt de sécurité empêchant absolument les véhicules, qui se seraient témérairement engagés sur la voie supérieure, de venir tomber dans le chenal ou la rivière par le hiatus béant de l’ouverture du pont.
- Nous rappellerons d’un mot que l’invention des
- ponts basculants verticaux 11e date pas d’aujourd’hui ; et, sans parler du pont construit au Havre en 1825, et qui est pourtant un peu le prototype des ponts Scherzer qui font fortune aux États-Unis et dont nous allons indiquer quelques succès en Europe, sans parler . non plus de quelques ouvrages anciens de Rotterdam ou de Copenhague, nous signalerons le pont à vapeur construit à Chicago pour le passage de l’avenue Michigan, et surtout le pont-levant double de la Tour à Londres, dont une description détaillée a été donnée dans ce journal.
- Chaque travée mobile est montée sur un axe de rotation naturellement horizontal; d’un côté est une longue branche, de l’autre une branche courte, la première seule ayant à fermer la passe, tandis que l’autre sert à supporter le contrepoids et à permettre la manœuvre de la volée : .dans ce but, sont disposés deux secteurs dentés, un de chaque côté du tablier, et engrenant avec un pignon actionné hydrauliquement.
- Des améliorations ont été apportées à ce dispositif par M. Strauss, le bras de levier du contrepoids a été très réduit pour ne pas dépasser la hauteur des poutres supportant le tablier, mais le contrepoids
- doit alors être beaucoup plus lourd. On trouve des exemples de ce système à Chicago, qui est par excellence la ville des ponts mobiles, et où l’on a dépensé plus de 25 millions de francs, pour les genres les plus divers de ces ouvrages.
- On en est arrivé maintenant aux ponts roulants (ne rappelant en rien les ponts d’usines qui portent le même nom), et dont un des types les plus réussis est certainement ce pont Scherzer que nous citions tout à l’heure. Nous en donnons, d’après Scientific American, une vue prise sur la rivière à Chicago, à l’aplomb de State Street, et aussi une autre installation analogue faite tout récemment à Stettin, sur l’Oder ; nous pourrions signaler des ponts semblables montés à Barking en Angleterre, ou encore sur la ligne électrique nouvelle d’Amsterdam à Harlem. On ne doit pas oublier du reste, car ce serait de l’ingratitude, que l’idée même avait été imaginée primitivement par Lamblardie, en 1825, pour ce pont du Havre auquel nous avons fait allusion. Dans le pont Scherzer, puisque le nom est maintenant acquis, le centre de gravité de chaque volée n’est plus fixe ; il se déplace horizontalement dans le mouvement de cette travée; chacune des poutres principales se continue vers la rive par un secteur qui vient porter et rouler sur un chemin en acier, si bien que le travail n’a à vaincre que les résistances de frottement. On comprend donc que la
- volée se relève jusqu’à se tenir droite sur ce secteur, le mouvement de relèvement ou d’abaissement, c’est-à-dire de rotation sur la surface plane comme une espèce d’articulation, étant assuré par une commande mécanique.
- Si nous considérons plus spécialement le pont de Stettin, construit tout récemment, nous voyons que chaque travée oscillante, chaque vantail, comme on dit souvent, à cause de l’aspect que prend l’ensemble, est constitué par 4 longerons principaux,
- Fig. 2. — Un pont Scherzer à Chicago.
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- dont la hauteur va de 0m,50 à la clef à lm,50 au maximum, et qui sont entretoisés par des poutrelles transversales et des barres à treillis. La largeur de la travée basculante du pont sur l’Oder (qui comporte de part et d’autre une travée fixe) est de 25 mètres ; les vantaux pèsent ensemble 550 tonnes, avec les contrepoids qui sont disposés pour faciliter le relèvement et surtout l’équilibre dans toutes les positions, et qui sont formés de 155 tonnes de fonte et de 52 de plomb ; il a naturellement été possible de disposer ce lest de manière à obtenir un équilibrage très avantageux. Notons qu’au pont de l’Oder on a prolongé les poutres d’une certaine longueur en arrière des secteurs de roulement, de façon à
- A Stellin, la commande de chaque vantail se fait au moyen de deux moteurs électriques de 50 chevaux, qui peuvent effectuer l’ouverture en trente secondes, môme dans les plus mauvaises conditions : chaque électromoteur actionne une roue dentée attaquant, par des engrenages réducteurs de vitesse, la crémaillère horizontale qui est articulée au centre du secteur denté destiné à osciller avec le pont et à lui servir de pivot, ou plus exactement de support de roulement. Nous devons ajouter que les crémaillères sont reliées à des cylindres pleins de liquide, dont le but est de régulariser les efforts ; il y a communication entre les deux cylindres des deux crémaillères d’un même vantail, et par suite les pis-
- Fig. 5. — Le pont-levant de Barking.
- f ormer une culasse, qui ne se rencontrait guère jusqu’ici dans les ponts roulants Scherzer ; et nous donnons, pour la comparaison, la vue caractéristique du pont de Barking, où le secteur de roulement s’accuse tout à fait autrement, en laissant deviner le mouvement de recul que subit la travée levante, du reste unique, par suite de son roulement sur le pourtour de ce secteur. A Barking, le contrepoids est indépendant de la travée mobile, du moins il ne lui est relié que par câble, et il descend derrière la cabine où se trouve le mécanisme de manœuvre, en roulant lui-même sur une voie métallique, dont la courbe a été minutieusement établie ; quant au mécanisme de soulèvement ou d’abaissement, il est constitué d’un treuil sur lequel s’enroule le câble double qui va passer au pourtour du secteur de la volée.
- tons marchent toujours ensemble dans le même sens. Les cylindres forment frein dans les mouvements de fermeture. Sans prolonger cette description, qui est suffisante pour faire saisir l’essence de la disposition mécanique, nous dirons seulement que tout fonctionne parfaitement à Stettin, et.que la dépense de courant pour une ouverture ne dépasse point lfr,25 environ. A Chicago, on a été si satisfait du pont de State Street, qui est sans culasse, comme celui de Barking, et dont l’ouverture est de 49 mètres, qu’on doit être actuellement en train d’en construire trois autres du même système. On voit donc que ce dispositif s’accuse comme beaucoup mieux compris que les autres types de ponts mobiles. Pierre de Mériel.
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- LA NATURE.
- LES POUDRES
- de notre artillerie navale
- L’introduction des poudres dites sans fumée dans le matériel de l’artillerie navale constitue un des épisodes importants de la vieille lutte ouverte entre la cuirasse et le canon, lutte dans laquelle il n’y a pas encore de vainqueur déclaré.
- Pour arriver à percer les armures de plus en plus épaisses ou de plus en plus dures que les ingénieurs des constructions navales plaçaient sur les flancs des bâtiments, les artilleurs ont cherché et un savant français, M. Vieille, a trouvé pour eux des poudres capables de donner au projectile une vitesse très supérieure à celle fournie par la poudre noire jusqu’alors seule employée.
- On sait, en effet, la part importante affectée à la vitesse dans la formule qui exprime la force vive d’une masse en mouvement.
- Les poudres nouvelles, adoptées dans tous les pays pour l’artillerie de terre aussi bien que pour les pièces de marine, sont basées sur le même principe chimique. Elles sont le produit de la dissolution dans l’éther d’une quantité plus ou moins grande de nitro-cellulose soluble ou fulmi-coton.
- Le fulmi-coton lui-même est obtenu en traitant le colon par l’acide azotique.
- L’antique mot de poudre qui évoque l'idée de poussière, ne devrait, en vérité, plus être appliqué aux produits de ces triturations chimiques lesquels se présentent le plus ordinairement sous la forme de lamelles brunâtres ayant l’aspect et la couleur de petites bandes de carton commun. On réunit ces bandes en faisceaux ou en fagots pour former la charge. L’inflammation, plus difficile qu’avec les anciennes poudres, s’obtient en plaçant en arrière de la charge une pastille de pulvérin comprimé à laquelle le feu est mis par une amorce au fulminate de mercure que frappe le percuteur de la pièce.
- Les avantages des poudres nouvelles sont considérables.
- Le nom générique de poudres sans fumée qui leur a été donné dénote le plus important. L’absence de fumée après le départ du coup permet, en effet, de ne pas perdre de vue le but sur lequel on tire, et on peut affirmer que le progrès énorme réalisé dans l’artillerie navale, par l’introduction à bord des bâtiments des pièces à tir rapide, n’a été rendu possible que par l’adoption des poudres sans fumée.
- En second lieu, comme nous l’avons dit plus haut, leur combustion qui s’opère plus lentement que celle des poudres noires permet au projectile, soumis plus longtemps à la poussée des gaz, de prendre une vitesse beaucoup plus grande dans l’âme de canons qui ont été allongés en conséquence.
- De plus, les nouvelles poudres comparées à la poudre noire encrassent moins et usent moins l’âme des pièces. Elles prennent également moins l’humidité et ne détonnent pas au choc d’un projectile. Allumées à l’air libre elfes fusent lentement et sans danger d’explosion.
- Mais, à côté de ces avantages indiscutables, quels fâcheux inconvénients !
- En dépit des soins les plus minutieux apportés à leur fabrication, au dosage des éléments qui entrent dans leur composition, on n’est pas arrivé à donner aux poudres sans fumée une stabilité qui assure leur conservation et la sécurité de leur emploi.
- Les études les plus sérieuses entreprises à ce sujet
- n’ont pas encore donné de résultats qui permettent d’écarter toute préoccupation.
- Les éléments chimiques que l’on a associés gardent la plus fâcheuse tendance à se séparer, leur dissociation se produit avec échauflement de la masse, ce qui amène l’inflammation et l’explosion si les poudres ainsi attaquées sont en vase clos. C’est alors la destruction pour le bâtiment qui porte les explosifs.
- Les deux facteurs principaux de ces décompositions sont l’âge des poudres et les hautes températures.
- Le rôle de l’âge est secondaire. On peut d’ailleurs l’annuler en remplaçant les poudres après un temps que l’expérience permet assez facilement de fixer.
- Le cas est plus difficile pour les excès de température. 11 est reconnu que les poudres sans fumée conservent leurs qualités et leur cohésion tant qu’elles ne sont pas soumises à une chaleur excédant 30° centigrades.
- Si ce chiffre est dépassé, les différents matériaux employés dans leur confection montrent des traces d’émotion, sous la forme de taches couleur vert-de-gris qui paraissent sur les lamelles. C’est le commencement de l’oxydation, et si ce x'égime de chaleur atteint plus de 55° et se prolonge, l’inflammation spontanée peut se produire d’un moment à l’autre. Tous les désastres sont alors à craindre.
- On a naturellement cherché à loger les poudres à bord de nos bâtiments dans des locaux où elles soient soustraites à ces températures dangereuses aussi bien qu’aux coups de l’ennemi, mais c’est un problème dont la solution n’est pas facile. Des considérations interviennent qu’on ne peut négliger. La position des soutes â poudres est obligatoirement indiquée par la situation des pièces qu’elles doivent desservir, c’est-à-dire à l’aplomb de ces pièces. Or, sur les navires modernes, les canons sont placés sur tout le pourtour de la coque, le plus souvent ils sont isolés dans des tourelles fort éloignées les unes des autres, et à chaque tourelle doit correspondre une soute à munitions.'
- Par ailleurs, les machines, d’une énorme puissance, et les nombreuses chaudières où se produit la vapeur qu’elles consomment, occupent la majeure partie des fonds du bâtiment, et elles constituent, pour des locaux qu’on voudrait garder frais, le plus fâcheux des voisinages.
- Les ingénieurs cherchent, bien entendu, à éloigner le plus possible les soutes à munitions de ces foyers de chaleur, tout en restant dans les conditions que nous avons énoncées; mais ils ne peuvent alors échapper au voisinage des tuyaux qui amènent la vapeur aux machines auxiliaires et qui sont légions.
- Aussi en sont-ils réduits à employer des moyens de fortune qui consistent à protéger les soutes par des matières isolantes, à les refroidir par des circulations d’eau, par la ventilation ou par l’installation, fort coûteuse, d’appareils réfrigérants.
- Et malgré tout, on n’arrive pas toujours à un résultat satisfaisant et il y a tel ou tel de nos bâtiments où la température des soutes à poudre reste trop élevée et fournit aux commandants un sujet de constantes préoccupations. La surveillance des poudres est d’ailleurs strictement organisée et officiellement réglementée. Un thermomètre enregistreur est placé dans chaque soute, à l’endroit le plus chaud. Les températures qu’il indique sont soigneusement notées par l’officier chargé du service de l’artillerie à bord. Deux fois par jour un gradé visite la soute pour s’assurer qu’il ne s’y passe rien d’anormal.
- Si les températures dépassent les limites que nous
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- avons indiquées et, en tout cas, à des périodes assez rapprochées, les services de l’artillerie navale, à qui incombe ce soin, visitent des échantillons de poudres prélevés dans chacune des soutes et vérifient leur état. Si des traces d’oxydation apparaissent, les poudres sont débarquées, envoyées aux établissements de pyrotechnie où elles sont vérifiées à fond et condamnées si besoin est.
- Pour simplifier ces opérations de visites périodiques et pour éviter l’obligation de défaire les cartouches de combat,.on place dans chaque soute une petite caisse, appelée caisse-témoin, qui contient des lamelles de poudre identique à celle des munitions de la soute. La poudre de la caisse est évidemment soumise à toutes les inlluences qui agissent sur l’ensemble des munitions et de l’inspection de la poudre qu’elle contient on peut tirer une certitude sur l’état du reste.
- Une longue série d’accidents marque déjà l’existence des poudres sans fumée. Les uns sont leur œuvre sans doute possibles. Un certain nombre d’autres peuvent leur être attribués, qui ont amené la perte complète du navire et, par conséquent, supprimé la possibilité d’une enquête.
- Parmi ces derniers, et pour ne citer que les principaux, il faut noter l’explosion en 1898, dans la rade de la Havane, du cuirassé américain Maine, dont la perle fut, bien à tort, mise sur le compte d’une torpille que les Cubains auraient placée sous la coque du bâtiment. Ce qui provoqua d’ailleurs aux Etats-Unis une terrible levée de boucliers contre le Gouvernement espagnol et finalement amena la guerre.
- Les Japonais ont vu périr dans des conditions aussi mystérieuses leur glorieux cuirassé Mikasa à bord duquel avait flotté le pavillon du sauveur du Japon, l’amiral logo pendant toutes les opérations de la dernière guerre.
- Enfin tout récemment, le cuirassé brésilien Aquida-ban sautait au mouillage entraînant dans son désastre 212 personnes.
- La marine française, grâce sans doute aux minutieuses précautions qu’elle prend pour assurer la conservation de ses poudres ou constater la présence du danger qu’elles peuvent faire courir, n’a pas eu jusqu’ici à déplorer d’accidents graves à bord de ses navires.
- Les avertissements ne lui ont cependant pas manqué et, à deux reprises, à bord du cuirassé Y Amiral Duperré et du croiseur Forbin, il s’est produit des combustions spontanées de poudres qui eussent pu provoquer un désastre si l’on ne s’en était aperçu à temps.
- Dans les deux cas, grâce au courage, à la présence d’esprit des officiers et des matelots qui se trouvaient auprès des soutes où des cartouches avaient commencé à fuser, on put jeter à la mer les cartouches en question, au nombre de deux, avant que l’incendie se lut propagé.
- A bord du Forbin, le danger fut extrême. En effet, lorsque la fumée se dissipa et que les cartouches en feu eurent été jetées à la mer, on s’aperçut que les projectiles de 158 millimètres qui les terminaient avaient été projetés hors de la douille par les gaz produits par la combustion et avaient été frapper le plafond de la soute, avec heureusement trop peu de force pour éclater.
- L’explosion d'un de ces obus n’eût pas manqué de faire éclater tout le stock de munitions.
- On voit quel danger accompagne l’emploi des poudres sans fumée et de quel prix il faut payer les avantages que nous avons signalés au début de cet article. Les marins qui vivent sur les volcans qu’elles constituent seraient assurément excusables de regretter le vieux temps, celui de la bonne poudre noire. Sauvaire Jourdan,
- Ol'licior de marine en retraite.
- LES FRAISIERS REMONTANTS
- à gros fruits
- Les premières fraises remontantes, mises au commerce depuis seulement une douzaine d’années, se rencontrent dans nombre de jardins bien tenus, mais l’on peut regretter qu’elles ne soient pas encore suffisamment répandues. Elles jouirent cependant, dès le début, d’une vogue que l’on conçoit, la fraise étant un des fruits les plus recherchés que les variétés remontantes donnaient désormais la faculté de consommer pendant une grande partie de l’année.
- Parmi les variétés connues il en est quelques-unes qui donnent principalement deux fructifications, l’une en juin, l’autre en septembre; d’autres chez qui on observe plus de continuité dans la floraison et enfin une autre série dont le type est la variété Louis-Gauthier, présentant la particularité de remonter sur les filets de l’année.
- Mais la fructification de la majeure partie des variétés se fait simultanément, pour les secondes récoltes, sur la touffe même, portant à la fois des fruits à différents états d’avancement et de maturité des fleurs et des boutons non encore épanouis, et sur les filets, qui, dès leur enracinement, fleurissent et fructifient.
- Toutes les variétés de fraises remontantes, dont on a pu lire les noms, sont loin de présenter les mêmes qualités et aptitudes à donner plusieurs récoltes successives. C’est pour cette raison que nous avons établi une sélection parmi celles-ci basée sur les observations qu’un fraisiériste de valeur, obtenteur d’un certain nombre de bonnes variétés, M. Louis Gauthier, a bien voulu faire à notre intention dans ses vastes cultures des environs de Caen.
- La variété St-Joseph fut obtenue, en 1891, par l’abbé Thivolet, à qui l’on est redevable de créations d’autres variétés de la même série, sans doute d’un croisement entre un fraisier de quatre saisons et un fraisier à gros fruit, héritant ainsi du premier la faculté de remonter et du second la propriété d’être plus volumineuse ; mais cette variété ne fut connue qu’un peu plus tard.
- C’est la première variété réellement intéressante non seulement par son caractère, mais comme l’un des parents d’une descendance nombreuse, dont la majorité devait le dépasser comme beauté des fruits et fertilité.
- Le fraisier St-Joseph est vigoureux et rustique, les fruits sont de moyenne grosseur, rouges, fermes, et juteux, mais tandis que dans un sol humeux il est fertile, dans les sols maigres il l’est beaucoup moins. Aussi est-il surpassé par la variété Jeanne d’Arc qui en est issue, comme vigueur et fertilité et par la variété St-Antoine-de-Padoue provenant d’un croisement entre lui et Royal Sovereing, au feuillage vigoureux, aux hampes florales plus robustes et plus dégagées et aux fruits fermes, excellents et plus gros, certains approchant du volume de la fraise
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- Docteur Morère. Mais elle offre cette défectuosité de ne pas se plaire dans tous les sols et dans toutes les régions; dans ces conditions, de n’émettre que quelques hampes florales, et un autre grief de « fondre », disent les jardiniers, c’est-à-dire de dépérir en hiver dans les sols lorts et humides. Par contre dans une bonne terre sablonneuse, en supprimant les filets, en l’arrosanfabondamment pendant les mois de juillet et août, elle donne d’excellents résultats. La fraise Constante-Féconde, que l’on disait identique à la Saint-Joseph, en diffère suffisamment. Elle remonte d’abord continuellement donnant de très beaux fruits à peu près de la même grosseur que Saint-Joseph, plus arrondis, plus lisses et de toute première qualité. Elle est plus remontante en ce sens que sans supprimer la première récolte du mois de juin, la seconde commence en août avant que la première soit épuisée, ce que l’on n’observe pas sur la Saint-Joseph qui ne donne pas une absolue succession de fructi fication.
- On observe encore moins de continuité de fructification dans les fraises Rubiconda et Léon XIII, qui donnent surtout deux récoltes bien déterminées avec cette particularité que la production de septembre est très abondante pour cette dernière ; ses fruits sont plus beaux, plus gros que celle de la Saint-Joseph, ce, qui la rend tout particulièrement recommandable aux personnes qui habitent la campagne en septembre.
- On a beaucoup prôné la fraise Orégon, d’obtention américaine, mais que la végétation capricieuse, la fructification irrégulière, font classer au deuxième plan. -. -
- Avant d’examiner les dernières.nouveautés, démérité généralement supérieur aux précédentes, nous devons signaler la fraise Louis-Gauthier, dont les
- qualités sont reconnues, aussi bien comme variété à cultiver dans les propriétés privées que pour le commerce. Dans plusieurs centres elle est cultivée pour l’approvisionnement des marchés et les grands négociants en primeurs de Paris la tiennent en estime. 11 est vrai que certains fruits de la première récolte mesurent jusqu’à 50 centimètres de circonférence en dépassant le poids de 100 grammes.
- Celte variété fut obtenue en 1891 d’un croisement entre une fraise à gros fruits voisine de la variété
- Marguerite Le-hreton et de la fraise des quatre saisons, Belle-de-Meaux.
- Ce fraisier, qui n’est pas absolument remontant au sens complet du mot est remar-quable par sa vigueur, son grand rendement, la grosseur et la qualité de ses fruits, d’un blanc rosé. 11 offre cette parti c u 1 a r i t é qu’après la fructification normale des pieds principaux, les stolons, qu’émettent ceux-ci, se couvrent de fleurs, même avant d’être enracinés, puis de fruits qui mûrissent pendant les mois d’août à octobre.
- 11 apparaît jusqu’à présent que les variétés dont la fraise Louis Gauthier est l’un des parents, sont autrement productives'' et vigoureuses que les autres. Cela n’est pas pour nous surprendre et corrobore les appréciations émises dès l’apparition de ce fraisier relatives à l’intérêt qu’il présente pour les croisements.
- La fraise Louis-Gauthier, croisée avec la fraise St-Joseph, a donné naissance à la variété Pie X, apparue avec le nouveau Pontificat. Aussi vigoureuse que cette première, elle donne au printemps et en août de gros fruits blanc rosé atteignant jusqu à 8 centimètres de diamètre dont les plus gros dépassent comme dimension les plus belles fraises St-Antoine, dont le goût rappelle la saveur de la pêche et d’une qualité tout à fait unique.
- Fig.
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- Fig. 2. — Fraise « Cyrano-de-Bergerac
- La plante, qui donne des fruits sur les plus petits coulants au printemps, forme dès le mois de juin de très fortes touffes huit à dix fois ramifiées, et remontant sans interruption. Nous avons pu voir celte variété le 8 août dernier dans les cultures de M. Louis Gauthier couvertes de fleurs et constellées de boutons et de fleurs au point que dans la première huitaine de septembre chacune de ces touffes, plantées en mars, portait plus de cent fruits, et, pour certaines d’entre elles, ce nombre s’élevait à près de deux cents.
- C’est encore le résultat d’une hybridation entre les fraises Louis-Gauthier et St-Antoine-de-Padoue qui donna naissance à la variété Cyrano-de-Bergerac. Cette variété, excessivement remontante aux fortes touffes, au feuillage robuste et luisant, présente sur toutes celles cultivées jusqu’à ce jour l’avantage de donner, avec les mêmes soins, aussi bien au printemps qu’en été, même sur les vieux pieds, une récolte presque le double delà fraiseSt-Joseph.
- fraisiers.
- C’est ainsi que, le 20 juillet’ dernier, alors que 10 pieds de St-Joseph avaient donné 58 hampes florales depuis le 1er juin (2,! saison), 10pieds de celle-ci en portaient déjà 62 et ces hampes étaient couvertes de fruits plus nombreux et plus gros. Souvent jumelles ces inflorescences apparaissent toutes les quatre feuilles. Excessivement remontante, elle donne une seconde saison avant les fortes chaleurs d’août, tandis que St-Joseph ne fait que commencer, et elle continue ainsi à produire jusqu’aux gelées.
- Les fruits, souvent en crête en été, atteignent facilement 6 centimètres de diamètre, d’un beau rouge brillant, de même saveur que St-Joseph, mais à la chair beaucoup plus ferme.
- Nous terminerons cet examen par la dernière venue, une obtention de 1905, la Perle, également issue de la variété Louis-Gauthier croisée avec Constante-féconde et qui est intermédiaire entre ces deux variétés d’élite, par la grosseur et la rusticité de celle-là, par la fécondité et la belle cou-
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- Fig. 4. — Fraise « Pie X ».
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- leur carminée des traits de celle-ci. On peut faire un reproche à cette variété, c’est qu’en raison de leur chair délicate, les fruits sont fragiles pour le transport. C’est une variété à recommander pour les cultures privées. Les fruits sont gros régulièrement, coniques, carmin brillant, parfumés, portés hors du feuillage, d’un beau vert lisse, par des pédoncules érigés, rigides et robustes. Sa qualité est excellente, d’un goût délicat. Son rendement est très appréciable sa fertilité au-dessus de la moyenne : une plante portait au 6 octobre dernier de 10 à 15 rameaux fructifères chargés chacun de 15 à 20 fruits bien noués sur des plantes de l’année. La plante très rustique réussit dans tous les sols, ài.uekt Maumenk.
- LE VÉSUVE ET SAN=FRANCISCO
- Notre confiance très injustifiée dans la solidité de la croûte terrestre est démentie par les événements et tout nous prouve, au contraire, que l’histoire géologique n’est pas finie, mais se continue sous nos yeux par des événements analogues à ceux qui ont marqué les périodes plus anciennes et dont nous retrouvons la trace dans-les dislocations de nos terrains. Il subsiste, dans les profondeurs de la terre, des zones faibles, dont les mouvements internes viennent de temps en temps s’accuser par des désastres à la surface, et le seul vrai changement rassurant pour nous, que l’on puisse constater avec les phénomènes des temps plus anciens, est la localisation de plus en plus grande du phénomène, qui a commencé par s’étendre à la totalité de la terre aux époques primitives et n’en atteint plus aujourd’hui qu’une fraction assez minime. Quand on parcourt l’histoire de la terre, on voit, comme j’ai essayé de le montrer ici même antérieurement1, la croûte terrestre se consolider et, en quelque sorte, se prendre progressivement à la façon d’une banquise, concentrant ses efforts de plissement et d’eflondrement sur des zones rétrécies entre les voussoirs solides accrus peu à peu. C’est ce qui peut rassurer dans une certaine mesure ceux qui ont la chance d’habiter, comme nous, des pays dont l’assiette profonde est maintenant à peu près solide, bien qu’il puisse toujours se produire, au milieu des massifs les plus stables, une rupture analogue à celles dont l’histoire géologique nous offre plus d’un exemple.
- Les régions faibles du globe sont de plusieurs sortes. En premier lieu, il semble qu’il faille citer les zones de dislocation et d’effondrement suivies par certains rivages et, en même temps, par un phénomène connexe, souvent accompagnées, à une distance assez faible, par des lignes d’évents volcaniques. Ces volcans sont déjà un premier indice superficiel très net de l’activité interne. Les zones sismiques, aujourd’hui bien connues et bien étudiées, sont peut-être aussi caractéristiques. Parmi celles-ci, il faut citer les grandes chaînes montagneuses produites par des plissements récents, le long desquelles les tremblements de terre accusent souvent, pour une cause semblable, une désastreuse fréquence.
- Deux grandes catastrophes successives, d’autant plus remarquées qu’elles ont affecté des régions très fameuses et très habitées, viennent de se produire coup sur coup, peut-être sans aucun rapport mutuel, mais pourtant avec une presque coïncidence de temps, qui appelle aussitôt
- 1 Yoy. n° 1652, 2l janvier 1905, p. 115.
- l’attention : toutes deux dans les conditions que fait prévoir cette théorie. La première est l’éruption d’une intensité anormale qui, depuis le 4 avril, a couvert Naples de ses cendres, emportées par le vent jusque dans notre atmosphère parisienne, détruit les villages vésuvieus, Torre-del-Greco, Somma-Vesuviana, San-Gennaro, etc., et menacé de ses laves Pompéi, que l’on a pu croire un instant destinée à redisparaître de nouveau, et probablement pour toujours, sous les déjections volcaniques, qui nous l’avaient rendue momentanément. La seconde est le tremblement de terre, qui, en quelques heures ou même en quelques minutes, a détruit le 18 avril la plus grande partie de San-Francisco. Et l’idée est venue à plus d’une personne d’établir un autre rapprochement entre ces deux cataclysmes et celui de nature toute différente qui, le 10 mars, a fait tant de victimes dans la mine de Courrières.
- Il est impossible jusqu’ici de raisonner sérieusement sur ce dernier cataclysme, dont la cause réelle n’a pas encore été déterminée; cette cause a toutes les chances pour être absolument locale, bien que la thèse qui l’attribuait à l’incendie tende, je crois, en ce moment à être abandonnée. Je me contenterai donc de dire que si, par hasard, on venait à reconnaître là l’indice d’un violent coup de grisou ayant pu provoquer l’inflammation des poussières charbonneuses, l’idée d’une connexion entre les coups de grisou exceptionnels et les séismes n’a rien d’absurde. En tout cas, il faut encore noter, comme coïncidences approximatives, les tremblements de terre de Calabre qui ont précédé l’éruption du Vésuve, et ceux qui ont été ressentis depuis le 10 février dans les Antilles, dans la Colombie, l’Equateur, etc. Il est évident que nous traversons une phase de perturbation, dont je ne me charge, pas de rechercher l’origine première, les hypothèses que l’on a émises à diverses reprises, sur des causes externes et astronomiques, telles que l’influence de l’attraction lunaire sur les matières fluides en ignition dans l’intérieur de la terre ou le rôle des taches solaires, étant fort sujettes à caution ; mais, avant de passer à l’examen des phénomènes particuliers, il est du moins utile de dire un mot sur cette presque coïncidence de date entre les deux grands cataclysmes d’origine interne, qui a frappé tout le monde.
- Leur relation ne paraît pas être directe. Comme je l’expliquerai ici dans un article prochain, la théorie moderne des tremblements de terre les suppose indépendants de l’éruptivité et produits par des dislocations tectoniques ; dans une région à la fois volcanique et sismique comme le Japon, ce ne sont pas, en effet, les mêmes points qui sont ébranlés par les deux phénomènes. Mais il n’en résulte pas nécessairement la réciproque : c’est-à-dire que, s’il y a sans cesse tremblement de terre sans volcanisme, les zones volcaniques ne se conçoivent guère sans possibilité de tremblements de terre. En fait, les zones sismiques du globe reportées sur un planisphère englobent toutes les zones volcaniques, quoique s’étendant bien davantage. Qui peut dire jusqu’à quel point une de ces grandes dislocations, de ces secousses profondes, à la suite desquelles on voit vibrer des continents entiers sous la propagation des ondes sismiques, transmises diamétralement aux antipodes avec une rapidité extraordinaire et se produire des raz de marée comme celui de San-Francisco, n’a pas aussi son contrecoup dans le jeu des magmas ignés et n’en provoque pas au loin l’éruption, comme, à des centaines de kilomètres de distance, elle agit sur les sources thermales? Les lignes volcaniques sont, pour la plupart, localisées sur les con-
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- tours des grandes zones affaissées, le long desquelles les dislocations entraînent également les séismes. En fait, la répercussion du tremblement de terre de San-Francisco, qui s’est fait sentir du 18 au 20 avril un peu dans toutes les parties de notre globe, n’a pas comporté seulement des tremblements de terre (violents à Honolulu (Havaï), faibles à Clevcland (Ohio), à Laibach, à Agram, à Fünf-
- Diagramuie du ircinblcmenl de terre de San-Francisco enregistré à l'Observatoire de Laibach (Autriche) par le pendule enregistreur. Début (D) à 14" 25”' 33'. Maximum (M) à 14"59”'52\ — Courbe de gauche : période 7 sec., pendule NE-SW. — Courbe de droite : période 4 sec., pendule E-W.
- kirchen, à Sienne, à Tarente), comme le montre par exemple le diagramme ci-joint enregistré à l’Institut I. R. sismologique de Laibach, d’après le directeur A. Balar; mais, il paraît en être résulté aussi l’ouverture, très intéressante à noter, de nouvelles fissures volcaniques.
- Ainsi, à Santa-Cruz de TénérifFe, le sommet du mont Andenas, qui fait face à la Calderade et qui n’était pas réputé volcanique, s’est mis à dégager une épaisse colonne de fumée noire. On a signalé également sur un volcan éteint de Californie, le mont Caynalin près de Folsom, l’ouverture d’une fissure dégageant de la fumée. 11 s’est produit une éruption de l’Hécla, etc...1.
- Quoi qu’il en soit, les deux régions dont il s’agit en ce moment, San-Francisco et le Vésuve, sont toutes deux à compter parmi les plus fréquemment ébranlées par les tremblements de terre, et, par conséquent, parmi les zones les plus fragiles du globe. Il suffit de consulter une carte générale des régions séismiques dans l’ouvrage si intéressant de M. Montessus de Ballore2 pour voir comment les zones séismiques, conformes dans leurs grandes lignes avec les zones faibles, qualifiées en géologie de géosynclinaux, suivent notamment : l’une, la région méditerranéenne du détroit de Gibraltar à l’Arménie, à la Birmanie et à Sumatra en passant bien entendu par le Vésuve, tandis que l’autre épouse toute la côte américaine du Pacifique avec un branchement sur les Antilles ; la troisième, qui n’a pas encore fait parler d’elle pour le moment, est celle des îles japonaises et de la rive ouest du Pacifique. Le reste de la terre, sauf quelques foyers
- 1 Voir aux Informations un relevé plus détaillé.
- 2 Les Tremblements de terre, Armand Colin, 1906.
- de trouble, par exemple dans l’intérieur de l’Asie et en Abyssinie, est relativement tranquille. Inutile d’insister sur les mouvements bien connus de la région vésuvienne, dont on a retrouvé récemment l’historique reproduit dans tous les journaux quotidiens ; mais on connaît peut-être moins la zone californienne, qui n’a pourtant pas moins de désastres à son actif.
- Tandis que, plus à l’Est, le grand bassin de TUtah est en moyenne fort stable, sauf le long d’une fracture qui suit les monts Wasatch, les séismes deviennent fréquents et sérieux sur le flanc Est de la sierra Nevada, sans relation apparente avec les volcans éteints des mêmes régions que l’on a parfois voulu mettre en cause. Notamment le 17 mars 1872, une secousse terrible s'est manifestée, le long de la sierra Nevada, vers le lac Owen et vers Virginia city; mais les mouvements sont incomparablement plus graves et plus fréquents encore plus à l’Ouest et plus près de la mer dans les Coast Ranges ; et San-Francisco, en particulier, est signalé sur les cartes séismiques par une grosse tâche noire, qui accuse la proportion remarquable des accidents. De même, plus au sud, en suivant la côte, Monterev, San-Simeon, Alamos, Santa-Barbara, et surtout Los Angeles, au voisinage de laquelle une vallée porte le nom très caractéristique de Los Tremblores. On est là sur une. région de plissements post-miocènes, suivis de montées volcaniques pliocènes encore inachevées; les couches de terrains sont fortement disloquées et plissées par ces mouvements récents. Enfin on a pu considérer comme une aire d’effondrement la baie de San-Francisco et ses diverses branches, Suisun Bay, etc., ce qui pourrait expliquer la gravité spéciale des séismes en ce point, si elle n’est pas simplement due à la présence d’une grande agglomération urbaine, qui la met plus en évidence en en rendant les effets plus désastreux. Les aires des principaux tremblements de terre de la baie de San-Francisco sont, tantôt parallèles et tantôt perpendiculaires (d’après Deckerl) à la direction de la côte : ce qui a paru à M. de Ballore mettre en évidence deux causes tectoniques différentes. Il en est de même à Los Angeles.
- D’après les plus récentes théories sur la formation des chaînes montagneuses, on sait que l’on suppose d’abord l’affaissement d’une zone faible géosynclinale, analogue à celle qui suit la Méditerranée ou à celle qui longe la côte américaine du Pacifique; ce géosynclinal s’enfonce d’abord, puis se plisse et, à la fin, ses plissements, avec l’aide de l’érosion qui les met à nu, se traduisent au dehors par une saillie. Avec le temps, on admet en outre que ces saillies se déplacent, ou plutôt se localisent et se resserrent en devenant peut-être d’autant plus hautes qu’elles sont plus étroites. Les Alpes, avec leur branchement sur l’Apennin, en Europe, et, en Amérique, les Coast Ranges de San-Francisco, sont deux exemples de chaînes particulièrement récentes, à la suite desquelles, si l’histoire géologique se continue comme on doit le supposer, pourraient un jour surgir des chaînes nouvelles sur les emplacements actuels, soit de la Méditerranée, soit des dépressions littorales qui suivent la côte Pacifique. Cela ne veut pas dire que les habitants de Naples ou de San-Francisco soient destinés à voir prochainement leur horizon du côté de la mer obstrué par une nouvelle chaîne alpine; mais cela indique pourtant la loi générale des phénomènes, dont les secousses actuelles sont des épisodes, en réalité secondaires, que leur contre-coup humain rend capitales à nos yeux. L. I)e Launav.
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- LA NATURE.
- PIERRE CURIE
- Le 19 avril, dans la soirée, à l’Exposition annuelle de la Société Française de Physique, une grave nouvelle circulait parmi les membres présents. Tout le monde était atterré, personne ne pouvait y 'croire. La nouvelle n’était malheureusement que trop vraie : M. P. Curie avait été écrasé dans l’après-midi par un lourd camion de manutention.
- Nos lecteurs connaissent M. Curie, cet illustre savant que sa dernière découverte du radium a mis en vedette, et qui avait déjà fait des travaux intéressants sur la chaleur dans le spectre, la piézo-électricité, la dilatation électrique des cristaux, etc. Nous avons
- Pierre Curie.
- eu l’occasion de mentionner tout particulièrement et d’analyser ses derniers travaux, il y a peu de temps, et nous ne pouvons que renvoyer à ces différents extraits.
- Dans un premier article1, M. Paul Bary, chef des travaux pratiques à l’Ecole de Physique et de Chimie, a expliqué la genèse des travaux de M. et Mme Curie sur le radium et la radio-activité. Il nous a appris que le radium était véritablement un métal nouveau, d’un poids atomique bien déterminé et donnant à l’analyse spectrale une série de raies absolument caractéristiques. A cette époque, Mme Curie venait d'obtenir, après un traitement très long, environ 1 décigramme de chlorure de radium pur, débarrassé du baryum avec lequel on le trouve toujours. On sait que le traitement d’une tonne de pechblende ne donne que 2 décigramme s de radium. Le produit pur servit à déterminer le poids atomique qui fut trouvé égal à 225.
- Pendant l’année 1903, M. Curie ne cessa d’étudier le radium et de lui découvrir une série de propriétés curieuses. Il trouva notamment2, avec M. Laborde, qu’un atome-gramme de radium
- 1 Yoy. n° 1528 du 6 septembre 1902, p. 209.
- 2 Yoy. n° 1557 du 28 mars 1903, p. 259.
- (225 gr.) dégageait pendant chaque heure 22500 calories, nombre comparable à celui de la chaleur dégagée par la combustion dans l’oxygène de l’atome-gramme d’hydrogène. On trouva également de tous côtés des faits curieux qui furent enregistrés : inlluences physiologiques, radium engendrant de l’hélium par désagrégation atomique, radium source de la chaleur solaire, etc.
- On apprit enfin en décembre1 1905 que le prix de physique Nobel était décerné par l’Académie Royale de Stockholm à la fois à M. Henri Becquerel, de l’Académie des sciences, pour ses recherches sur l’uranium et ses radiations, et à M. et Mme Curie pour la découverte du radium. Nous avons aussitôt publié une notice complète sur le radium2, notice due à M. P. Besson et qui faisait connaître nettement tous les points alors bien établis sur ce métal. M. Jacques Danne, préparateur de M. Curie à l’Ecole de physique et de chimie, fit une étude sur les sels de radium3, il décrivit la mesure de l’activité des substances radioactives par l’électroscope, il montra le dégagement de chaleur des sels de radium, l’ébullition de l’hydrogène et l’action du champ magnétique sur les sels de radium.
- •En 1903, la Société Royale de Londres décerna à M. Curie la médaille Davy, une de ses plus hautes récompenses.
- En 1904, une chaire de physique générale fut créée pour M. Curie à la Sorbonne, chaire à laquelle on adjoignit un laboratoire, dont Mme Curie fut nommée chef des travaux quelques mois plus tard. Le premier cours de M. Curie porta dans le premier semestre de l’année scolaire 1904-1905 sur la Radioactivité, dans le second semestre sur la Symétrie et la Théorie des vecteurs. Dans le premier semestre de la présente année scolaire, il avait entrepris un cours très remarqué sur « Y Ionisation » et la Radioactivité. »
- Tout le monde a connu ces magnifiques travaux que nous venons de rappeler sommairement. Aussi, pour consacrer définitivement - la gloire de cet illustre savant, l’Académie des sciences l’élut membre dans la section de physique, en remplacement de M. Potier, dans sa séance4 du 3 juillet 1905.
- Qu’il nous soit permis en terminant de déposer devant cette tombe si prématurément ouverte un hommage ému et reconnaissant. La science perd un de ses plus illustres représentants; nous perdons un maître bien aimé qui a guidé, dans le laboratoire, nos premiers pas chancelants et dont les conseils bienveillants ne nous ont jamais manqué.
- J. Laffargue,
- Ancien élève de l’École de Physique et de Chimie industrielles.
- 1 Yoy-. n° 1595 du 19 décembre 1903, p, 46.
- 2 Yoy. n° 1597 du 2 janvier 1904, p. 70.
- 5 Yoy. n° 1606 du 5 mars 1904, p. 214 et n° 1608 du 19 mars 1904, p. 243.
- 4 Yoy. n° 1676 du 8 juillet 1905, p. 95.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, S-
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- Il s’agit d’une gare nouvelle et à construire sur le territoire de New-York, pour servir de terminus aux lignes de banlieue ou aux grandes lignes de province dont l’accès est assuré dans Manhattan même, et depuis longtemps, par un passage relativement facile à travers la rivière Harlem, le bras de mer très étroit qui sépare l’ile de Manhattan des régions qui se trouvent au nord. Le travail qu’on est en train d'effectuer à cette « Grand Central Station » est gigantesque, et surtout il aura cet intérêt particulier de créer une gare à deux étages, dont l’étage inférieur sera consacré au trafic de banlieue. Il y a là une disposition qui a déjà été mise en pratique dans une des gares de Boston, et qui pourra susciter une imitation dans les importantes modifications qu’on espère pouvoir apporter quelque jour à la gare Saint-Lazare, à Paris.
- Ce qui fait qu’on s’est décidé à transformer complètement la gare existante du New-York Central, dont le nom exact est du reste New-York Central and Hudson Railroad, c’est qu’on va adopter la traction électrique sur une grande partie du réseau, tout au moins dans la région suburbaine; nous ne dirons rien aujourd’hui de cette électrification, et nous nous contenterons de donner des indications sur les installations fort intéressantes auxquelles on va procéder pour répondre dans les meilleures conditions au trafic intense, qui va croître dans des proportions considérables.
- La gare déjà existante, et dont l’emplacement sera englobé dans la gare nouvelle, se trouve à l’est du Central Park, et le relief du sol de cette partie de New-York a obligé de recourir à un tunnel pour y donner accès aux trains : tunnel à quatre voies, de 5,500 km. de long, qui constituait une gêne d’autant plus sensible que les parcs à matériel et la gare de formation des trains devant partir de la station terminus, se trouvaient au delà de ce tunnel et même de la rivière Harlem, à une distance relativement très grande; le tunnel servait au passage de ces trains vides, tout comme cela se passe à Paris pour la gare Saint-Lazare, et il en résultait un encombrement constant. Dans la transformation, on ne va point élargir le tunnel ni y multiplier le nombre des voies, mais les trains en formation, en nettoyage, en attente, se gareront en deçà du tunnel, tout à côté de la gare de départ, de sorte que les quatre voies souterraines ne serviront plus uniquement qu’au passage des trains réguliers. Cependant, sur une certaine longueur avant d’arriver à l’entrée de la gare, on procède actuellement à un élargissement latéral, du tunnel, pour former épanouissement des voies en éventail, et permettre la répartition graduelle des convois sur les diverses voies où ils doivent venir finalement s’arrêter. Cet élargissement est fait au moyen de poutres métalliques supportant le plafond et reposant sur des piliers également métalliques ; ceux-ci sont du reste noyés par leur partie
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- 34e année. — 1er semestre.
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- inférieure dans un massif de bélon, pour les préserver, au cas d’un déraillement, de tout choc dangereux susceptible de les voiler. Cet élargissement commence à la 57e rue, et il se termine à la 50°, à l’entrée même de la gare, qui ne constitue en ce point que la gare de triage, et aussi de répartition des convois sur les différentes voies comprises entre les quais d’embarquement au fond de la station, ainsi qu’on peut s’en rendre compte en examinant le plan que nous donnons. Nous avons indiqué d’un mot qu’il s’agissait là d’une gare à deux étages, et le fait est que, tandis que les voies de la gare principale et des trains de grandes lignes ne descendent que faiblement à partir de la 57° rue, pour atteindre le niveau que l’on a choisi pour la gare supérieure (qui
- triangle, qui permettent les mouvements faciles des trains ; les voies du triangle se relèvent de manière à remonter au niveau des voies supérieures, et ces conditions assurent une évacuation facile d’un train quelconque, au cas où les voies seraient encombrées.
- Naturellement, ce n'est pas sans difficulté qu’on réussit à maintenir l’ancienne gare ouverte à tout le trafic pendant ces énormes travaux; on a dû, en particulier, établir des stations temporaires pour les trains de banlieue et pour les trains de grande ligne, de part et d’autre de l’espace qu’on livrait aux terrassiers, et, au fur et à mesure de l’avancement des constructions, on les déplacera; le fait que les deux ailes de la gare ne comporteront pas de station inférieure facilite un peu l’opération. On va ajouter
- =i1li----il li il 1T==^1 11 illi lin ~T1lr- ~ilII—...................jUrü
- Fig. 2. — Élévation générale et plan d’ensemble de la nouvelle gare.
- se trouvera 4,50 m. au-dessous de la gare actuelle), les deux voies extérieures qu’on dispose de chaque côté des 4 voies primitives, pour le service de banlieue, descendent beaucoup plus rapidement et arrivent à 10,50 m. au-dessous du niveau des rues. Nous pouvons dire tout de suite que la gare où elles aboutissent en se ramifiant de façon multiple, ne tient pas la même largeur que la station supérieure : nous renvoyons, pour qu’on s’en rende bien compte, au plan, où l’on a représenté en partie ombrée letendue de la gare supérieure de part et d’autre de la station et des voies inférieures. Notons que l’excavation à exécuter, et dont les travaux sont menés activement, comporte une longueur de plus de 500 mètres, et un volume de déblais de 1 1/2 million de mètres cubes : tout cela s’évacue par le tunnel à 4 voies dont nous avons parlé, et sans qu’on puisse arrêter le trafic normal du chemin de fer. A l’extrémité, de la gare souterraine, on forme une boucle et un
- quelque 8 à 9 hectares à la surlàce de l’ancienne gare, et il a fallu exproprier et démolir plus de 200 maisons et constructions de toutes sortes pour se ménager la place voulue.
- Nous n’osons pas dire que la nouvelle gare sera un chef-d’œuvre d’archilecture, et le lecteur peut juger de son apparence générale, une fois achevée; mais on s’astreint volontairement à tout subordonner aux nécessités de l’exploitation. L’enlrée principale se fera, sur la 42e rue, par 5 arches massives de 18 mètres environ de haut et de 10 mètres à peu près de large, l’ensemble formant une façade de 90 mètres, tandis que la façade ouest aura 205 mètres sur Yanderbilt Avenue; sans insister davantage, nous dirons que le développement sera de 120 mètres sur Lexington Avenue, qui est parallèle au grand axe de la gare. Toute la partie sud des bâtiments, jusqu’à l’aplomb extrême de la grande toiture en demi-cercle, est consacrée aux services. d§
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- la gare proprement dite, tandis que les batiments au delà servent aux bureaux delà Compagnie. En franchissant les grandes baies dont nous avons parlé, le voyageur pénétrera dans une sorte de salle des pas-perdus, renfermant une construction ovale où s’ouvriront les guichets de distribution des billets, tandis qu’une des extrémités de cette vaste salle de 90 mètres de long sera consacrée à l’expédition des bagages. Des baies donnant en face des portes d’entrée conduiront à une sorte de promenoir entourant une salle en contre-bas, qui sera comme la salle d’attente des voyageurs de grandes lignes, et qui n’aura pas moins de 140 mètres de long; celte salle sera complétée par un vaste salon situé sous la salle des pas-perdus, et au pourtour duquel on trouvera des cabines téléphoniques, un bureau de télégraphe, etc. C’est sur la salle d’attente que donneront les extrémités des quais, des plates-formes, comme on dit en pays de langue anglaise, et comme on commence même à dire en français, entre lesquelles seront disposées 3 4 voies, dont une dizaine consacrées à l’arrivée des convois. Cette nouvelle gare sera tout à fait remarquable par ses dispositions de détail comme par son plan d’ensemble, et elle assurera dans les meilleures conditions l’énorme mouvement de voyageurs que l’adoption de la traction électrique va lui valoir. JIknhy Bougeois.
- GIGANTESQUE CUIRASSÉ AMÉRICAIN
- Le bruit fait autour du lancement du Dreadnoughl, l’immense cuirassé anglais, le plus grand du monde1, a fort troublé les Américains.
- 11 y a quelques semaines encore, M. Bonaparte; secrétaire de la Marine, déposait, devant le « llouse Naval Committee » — comité maritime du Parlement — un rapport dans lequel il demandait un grand cuirassé de 20 500 tonnes, à défaut de deux cuirassés de 10 000 tonneaux chacun. Dans le môme rapport, le chef de la marine des Etats-Unis réclamait comme étant d’une nécessité urgente, les crédits indispensables à la construction de quatre navires de guerre dits « destroyers », deux sous-marins, une canonnière de haute mer, deux canonnières de rivière et plusieurs chaloupes à vapeur.
- Le Comité de la Chambre chargé des affaires navales a retenu les diverses demandes de M. Bonaparte, pour les examiner et voir quelle suite il conviendrait de leur donner; mais la construction du cuirassé de 20 500 tonnes a été adoptée d’emblée. Les bureaux du ministère de la Marine avaient des projets tout prêts; il faudra simplement mettre au point les plans qui sont étudiés, paraît-il, depuis déjà plusieurs mois.
- Le New-York Sun d’une part, et le Daily Graphie, d’autre part, donnent sur la construction navale projetée des renseignements très précis. Le Dreadnoughl anglais, dans deux ou (rois années, cessera d’être le plus grand cuirassé du monde; le record sera battu par le navire américain projeté, qui aura 2000 tonnes de déplacement de plus, une artillerie encore plus forte et des machines plus puissantes.
- En effet, la grosse artillerie du nouveau cuirassé se
- 1 Yoy. n° 1709, du 24 février 1900, p. 195.
- composera, en première ligne, de 12 canons de 12 pouces — 505 millimètres — alors que Dreadnoughl ne possède que 10 canons de ce calibre. En ce qui concerne les autres pièces, tout le monde est muet; malgré le mystère dont on entoure l’armement du navire projeté, on sait cependant que son artillerie, en plus de 12 pièces géantes de 12 pouces, sera très complète et que son ensemble fera, de cette forteresse maritime, un formidable instrument de combat. Pour la disposition des gros canons et leur distribution sur le futur cuirassé, il sera procédé comme pour les navires du type South Carolina, avec cependant deux tourelles en plus.
- Dans cette disposition, il existe quatre tourelles blindées placées sur l’axe central, deux à l’avant et deux à l’arrière. Sur ces quatre tourelles, deux sont plus élevées que les deux autres, de telle manière que, dans chaque bordée, il y a une tourelle qui domine l’autre, les feux de celle-ci passant par-dessus la tourelle qui est devant elle. La disposition des canons dans les tourelles, l’architecture de ces dernières, et enfin la position qu’elles occupent les unes par rapport aux autres, tout cela est calculé pour que — avantage très sérieux — l’artillerie des quatre tourelles puisse faire feu en même temps, sans se gêner, et pour qu’il soit possible aussi aux pièces des deux tourelles supérieures de tirer dans tous les sens indistinctement.
- Dans le cuirassé américain projeté, il y aura six tourelles blindées, disposées en superposition les unes des autres, trois à l’avant et trois à l’arrière, les trois tourelles de chaque groupe occupant des niveaux échelonnés.
- Les machines sont très puissantes, on parle de 25 500 à 20 000 chevaux. Elles seront à turbine; car ce système, si en faveur dans les marines étrangères, est très apprécié aux Etats-Unis. Les propulseurs, grâce aux machines les actionnant, donneront une vitesse de 21 nœuds.
- Nous avons voulu donner une idée générale de ce que sera le futur cuirassé de la marine américaine qui ne coûtera pas loin d’une cinquantaine de millions. Les sacrifices considérables que les États-Unis s’imposent pour leur marine militaire, indiquent très nettement le rôle que cette nation tient à jouer. L’impérialisme de la grande république américaine ne recule devant rien, lorsqu’il s’agit d’une suprématie désirée par les Etats-Unis. Les crédits réclamés par la marine de guerre ne sont jamais refusés par les députés.
- Le Parlement et la Maison Blanche, d’accord sur les crédits, ne le sont pas au sujet du nom à-donner an Dreadnoughl américain. Le Congrès voudrait qu’on l’appelât « Constitution », alors que le gouvernement insiste pour « Delaware ». Le Président Roosevelt base son choix sur une.vicille coutume américaine, qui veut que les grands navires île guerre portent le nom des divers états de l’Union.
- L’argent,demandé pour les travaux de défense des côtes, fortifications et autres, est accordé sans compter. Au mois de mars dernier, par exemple, le président Roosevelt demandait au Congrès 51 millions de dollars — soit environ 265 millions' de francs — pour augmenter les moyens de défense territoriale de la baie de Chesnpeakc et des diverses colonies des États-Unis. Il paraîtrait que certains de ces ouvrages sont déjà commencés.
- L’activité avec laquelle les États-Unis fortifient leurs côtes et leurs, colonies, l’empressement mis par eux à s’assurer la construction d’un Dreadnought américain, le désir qu’ils ont de faire voir à Portsmouth leurs beaux navires de guerre, sont autant de signes caractéristiques de l’impérialisme américain. Wii.l Daiivij.i.k.
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- LA NATURE.
- VOIES ANTIQUES DANS LES ROCHERS1
- Parmi les nombreuses curiosités qui environnent la délicieuse petite ville de Pinant, située sur les rives de la Meuse en Belgique, il en est une qui se signale tout particulièrement à l'attention des touristes par la légende dont elle est entourée; elle est connue sous le nom de « Chérau de Charlemagne »2 *.
- Ce chérau est situé dans un fort pittoresque vallon aux lianes abrupts, dit fonds de Leffe, qui débouche dans la vallée de la Meuse, à Binant môme. Chose curieuse, tandis que le versant gauche de ce
- dont elle est coupée, afin de permettre à son armée de poursuivre les quatre liîs Aymon montés sur le laineux cheval Bayard.
- Laissons la légende et examinons ce que peut être ce travail, évidemment attribuable à l'homme. Tout d’abord, nous pouvons dire qu’une simple inspection de celte rainure ou ornière permet de se rendre immédiatement compte qu’elle n’a pas été creusée (du moins on n’en voit pas les traces) par le passage des chariots, c’est-à-dire usée par le
- Fig. 1. — Le cliérau (les Tonds de Leffe (vue d’ensemble). — A. Ravin livrant passage à la partie supérieure du chérau. — R. L’ornière.
- vallon est entièrement boisé sur toute sa longueur, le versant droit, au contraire, est complètement dénudé et rocheux. A deux kilomètres en amont de son débouché, on remarque un plan rocheux régulier, incliné à 35° sur l’horizon, et qui s’est naturellement établi suivant un joint de stratification; sur ce plan existe une longue rainure creusée artificiellement dans le roc, visible sur environ 70 mètres, et dont la pente varie entre 12 et 15 pour 100
- (fig-,4)-
- D’après une légende très répandue dans le pays, ce serait le puissant empereur Charlemagne qui aurait fait pratiquer cette rainure, avec les entailles
- 1 Résume d’une étude qui sera publiée prochainement par MM. le baron A. de Loë et Ë. Rahir.
- 2 En patois, chérau veut dire chemin par lequel peut pas-
- ser un char.
- froLtemcnt répété des roues, comme certains le pensent. On constate, sans doute possible, que l’ornière a été coupée par l’homme, comme, du reste, les entailles que l’on y remarque.
- Ces entailles, creusées dans l’ornière môme et qui, en moyenne, sont distantes l’une de l’autre d’environ un mètre, étaient destinées à recevoir des pièces de bois disposées horizontalement et transversalement à l’ornière. Ces pièces devaient très certainement être reliées entre elles par des traverses, également en bois, posées longitudinalement sur l’ornière même, comme sur les extrémités libres des poutres. Ce qui donne de la vraisemblance à ce dispositif, c’est que nombre des pièces transversales devaient incontestablement dépasser, en hauteur, le fond de l’ornière; par conséquent, si les tôles des pièces reposant dans les entailles n’avaient
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- LA NATURE
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- pas été reliées parties traverses, les entailles auraient eertes été toutes plus profondes, de manière à éviter d’inutiles obstacles, aux roues des chariots (fig. o). À noter encore ici que l’ornière n’existe pas là où le rocher est en creux, c’est-à-dire là où elle n’était pas nécessaire pour l'établissement des traverses.
- Ce travail n’est donc pas identique à celui qui se remarque à la porte romaine de Bons (Isère) et en son voisinage1. Là, existent deux ornières parallèles (sans entailles), coupées dans le rocher et distantes l’une de l’autre de 1,44 m., qui servaient évidemment de rails aux roues des véhicules.
- Aux portes même d’Athènes8, on remarque également ces sortes de rails coupés dans le rocher et dans lesquels s’engageaient les roues des chars.
- Revenons maintenant au Chérau des fonds de Lefle. L’extrémité libre, c’est-à-dire opposée à l’ornière, de ce bâtis en bois dont nous venons de parler, était soutenue par des poutres verticales, ou à peu près, venant s’appuyer, en contre-bas, dans des entailles, ou, plus souvent encore, dans des creux naturels du roc. Le tablier de celte voie carrossable étant ainsi solidement établi, il n’y avait plus alors qu’à le couvrir de pièces de bois, pour y laisser passer les véhicules.
- Un fragment d’ornière avec entailles (plusieurs mètres de longueur) représentant un travail absolument identique à celui dont nous venons de parler, se remarque également sur un autre point de la vallée de la Meuse, à quelques kilomètres en aval de Dinant, dans les rochers de Profondeville, endroit précis par où devait passer jadis une voie romaine.
- Selon toute prohabilité, et comme à Profondeville, si l’on s’en rapporte à d’assez sérieux indices, les fonds de Lefle devaient aussi livrer passage à une voie romaine. On peut donc être porté à croire que ces deux ornières avec entailles (des fonds de Lcffe et de Profondeville) seraient les vestiges d'un plan incliné construit par les Romains, afin de permettre
- Fig. 2. — Chérau (1rs fonds de Lefle.
- Ornière et rayures transversales coupées dans le rocher.
- Celle ligure représente la partie supérieure du chérau, là où les entailles cl les poutres en hois n’étaient pas nécessaires à l'établissement de la voie.
- à leurs véhicules de gagner les plateaux ou de descendre dans les vallées, lorsqu’ils ne pouvaient suivre les gorges peu accessibles, comme l’étaient précisément celles des fonds de Lcffe et de Profondeville. Ajoutons encore ici que ces deux plans inclinés ont été établis aux endroits les plus favorables à ce genre de travail.
- Il est possible, et même probable (surtout aux fonds de Lefle), que ces voies dans les rochers ont continué à être utilisées au moyen âge, et qu’à cette époque elles ont été quelque peu remaniées, comme c’est généralement le cas pour tous les travaux anciens.
- Afin de bien élucider la véritable origine de ces voies, il serait intéressant de savoir si, dans d’autres pays, existent également des vestiges semblables à ceux que nous venons de décrire sommairement, et s’ils se rencontrent aussi sur le passage ou à proximité des chemins romains.
- Espérons que cette courte note aura pour résultat d’attirer l’attention des chercheurs sur cet intéressant mode de construction des voies antiques dans les rochers.
- E. Rahir.
- Fig. 5. — Chérau]dcs fonds deLeffe (partie de l’ornière). — A. Ornière; D. C. Entailles.
- 1 Voyez n° 1667, du 6 mai 1905, p. 364.
- 2 Voyez n° 1683, du 26 août 1905, p. 207.
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- LA NATURE.
- CORDONNERIE ANGLO=AMÉRICAINE
- LE COMMERCE DES AUTOMOBILES
- Nous savons beaucoup de choses sur la puissance industrielle des Américains du Nord. Depuis quelques années, le pays des trusts nous a ménagé les plus inattendues surprises, et il nous est donné, chaque jour, de faire quelque nouvelle découverte en ce qui concerne la production de cette contrée, qui entreprend si facilement.toutes les besognes et finit par livrer au vieux continent, à des conditions particulièrement avantageuses, des produits qui semblaient devoir rester le monopole exclusif de l’ancien monde.
- C’est ainsi que le rapport du Service de Statistique du Bureau du commerce et du travail de Washington nous apprend que les Etats-Unis sont de très grands cordonniers et qu’ils exportent les chaussures de leur fabrication sur tous les points de l’univers.
- En 1904, les cordonneries mécaniques nord-américaines, dont l’ensemble constitue une très importante industrie, ont chaussé les habitants de plus de 00 nations ou colonies, auxquels ils ont vendu 5 200 000 paires de chaussures de toutes espèces, depuis le gros et lourd brodequin du travailleur jusqu’à la fine et élégante chaussure de la femme coquette. Les citoyens de toutes les parties du monde trouvent aux Etats-Unis chaussures à leurs pieds.
- Pendant que les marchands de la vieille Europe inscrivent avec orgueil, au fronton de leurs boutiques, qu’ils fournissent la cour et la noblesse, leurs confrères de l’autre côté de l’Atlantique trouvent trop restreinte pour eux la clientèle des rois, des ambassadeurs et des nobles. Les Américains éprouvent une certaine fierté à se dire les fournisseurs du monde entier.
- Les produits de la cordonnerie américaine, exportés par les Etats-Unis en 1904, représentent une valeur marchande de 40 millions de francs. Le Canada, le Mexique et Cuba les achètent très volontiers. La Chine et le Japon se fournissent beaucoup chez les bottiers yankees, et les Chinoises n’hésitent pas à livrer leurs mignons petits pieds aux étreintes des cuirs américains.
- Mais les lles-llritanniques sont les meilleurs clients des cordonniers des Etats-Unis. John Bull achète ses hottes chez son cousin Jonathan et consomme à lui seul 12 pour 100 de la fabrication totale; plus de la moitié — 50 pour 100 — de l’exportation totale vient dans les ports de la Grande-Bretagne. Les Anglais d’Europe achètent annuellement près d’un million de paires de chaussures de toutes sortes aux Américains. L’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Indes et les colonies britanniques sont des débouchés sérieux pour les cordonneries américaines.
- En Europe, les Allemands demandent 200 000 paires aux Etats-Unis, tandis que nous, Français, nous sommes pour eux de très mauvais clients, pour cette industrie du moins. Nous ne leur achetons que 45 300 paires par an, ce qui, à raison de 3 paires par an, montre que 15 000 de nos compatriotes se chaussent en Amérique.
- Les descendants de saint Crépin n’ont donc rien à craindre des Américains en France. C’est d’un autre côté qu’ils doivent se garder. C’est l’Angleterre qu’ils doivent craindre; car, si les Anglais achètent beaucoup de chaussures en Amérique, ils en fabriquent encore davantage et exportent, tous les ans, 9 300 000 paires dans les divers pays du monde, c’est-à-dire le double de l’exportation des Etats-Unis. Ce sont donc les Anglais, les vrais cordonniers du monde, et nous.autres, en France, qui nous faisions blanchir à Londres, parce que cela était bon genre, nous nous chaussons en Angleterre, souvent sans meme le'savoir. AV. IIolt.
- en Angleterre
- L’Exposition de locomotion automobile qui vient d’avoir lieu, à Londres, à Agricultural Hall, a été fort brillante et beaucoup plus importante que les exhibitions précédentes. C’est le moment d’indiquer que le commerce de la France avec l’Angleterre, en ce qui concerne l’industrie automobile, est particulièrement florissant. D’année en année, les produits de nos grandes carrosseries qui traversent la Manche, deviennent de plus en plus nombreux; nos fabricants jouissent, sur le marché anglais, d’une prépondérance réelle. Les importations des maisons françaises ont donné, en 1905, une augmentation de 24 millions de francs sur l’année précédente; elles se sont accrues dans la proportion de CO pour 100.
- L’Angleterre fabrique un grand nombre d’automobiles; mais elle en consomme encore davantage, e.t c’est à la France surtout qu’elle achète les voilures, les camions, les molocyclos et les motocyclettes, dont elle a besoin. Les statistiques ont établi que l’Angleterre achète pour 75 millions d’autos dans une année, c’est-à-dire que ce client sérieux se fait livrer, chaque jour, environ 18 voitures automobiles représentant une valeur de 200 000 francs
- Un mouvement très sérieux en faveur de l’automobi-lisfine s’est produit, depuis quelques années, aux Iles-Britanniques. 11 s’accentue tous les jours, en dépit d’une législation très sévère; l’an dernier, le nombre de chauffeurs a augmenté de 40 000.
- Il y a quelque temps, un journal spécial, Autocar, publiait des statistiques fort instructives sur le développement de l’automobilisme aux Iles-Britanniques. Nos voisins d’outre-Manchc, qui, en 1904, avaient « consommé » 39 861 voitures de plaisance, camions du commerce et motocyclettes, en ont acheté, en 1905, C0 705, soit une augmentation de 20 812 d’une année sur l’autre.
- L’industrie automobile anglaise est de plus en plus prospère; notre confrère, Georges Brade, a estimé que les 18 000 voitures et les 21 300 motocycles et motocyclettes que fabriqua, l’an dernier, la carrosserie automobile britannique représentent 200 millions de francs.
- C’est donc à tort que nous considérons en France l’industrie automobile anglaise comme négligeable; elle est en voie de devenir très importante, aidée par l’Automobile-Club de Grande-Bretagne et d’Irlande et les 24 associations qui gravitent autour du Club central. 270C personnes ont adhéré au Club central et 6575 sociétaires se répartissent entre les 24 clubs régionaux d’ordre secondaire.
- Les importations faites aux Iles-Britanniques, en 1905, se décomptent comme suit, d’après les statistiques officielles des douanes anglaises, publiées en janvier dernier :
- 1° 5010 voitures automobiles . . 2° Accessoires et pièces détachées. 3° Motocyclettes....................
- Total. . . .
- 55 511 875 francs. 21 880 350 —
- 378 520 —
- 75 570 745 francs.
- La France entre dans ce chiffre, pour les trois quarts environ, soit près de 57 millions de francs. L’Angleterre qui est notre meilleur client au point de vue du commerce général extérieur, constitue pour nos fabricants d’aulomobiles un débouché de la plus haute importance, un marché plus précieux pour nos constructeurs que le marché français lui-même. W. D.
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- LE NOUVEAU PORT DE DOUVRES
- Douvres, situé sur la côte Sud-Est de l’Angleterre, à quelques kilomètres à l’ouest de South Foreland, au point le plus resserré du Pas de Calais, occupe une position exceptionnelle au point de vue commercial et stratégique. Il n’est donc pas surprenant que l’Angleterre ait clierché, depuis longtemps, à faire de ce point important un port d’escale pour tous les grands transatlantiques se dirigeant de la mer du Nord vers l’Atlantique et, en même temps, un port destiné, en cas de guerre, à abriter une flotte.
- 11 y a peu de temps que M. Ch. Rabot a donné à La Nature' un excellent article sur ce sujet. Mais les profondes modifications apportées depuis lors au projet, et les événements historiques actuels nous imposent de dire à nouveau ce que Douvres va en réalité devenir.
- Dès 1844, époque à laquelle une commission royale était chargée d’étudier l’établissement de ports de refuge sur divers points des côtes anglaises, différents projets furent dressés pour la construction d’un port militaire à Douvres. Mais, par suite de divergences d’opinion et des dépenses considérables que nécessitait la construction de ce port, aucun de ces projets ne reçut d’exécution. Toutefois, comme il était de toute urgence de construire une jetée permettant, à toute heure de marée, l’accostage des navires faisant le service international entre les côtes françaises et anglaises, ce que le port de Douvres ne permettait pas, l’amirauté prit le parti, en 1847, de construire la jetée qui porte le nom de Jetée de l'Amirauté et qui faisait partie de la branche Ouest du port de refuge projeté.
- Celte jetée (fig. 5) qui, à son musoir, est fondée à une profondeur de l2 mètres au-dessous des basses mers de vive eau et dont la longueur est de 640 mètres, a été achevée en 1871. Elle est construite, comme, du reste, toutes les autres jetées actuellement en cours d’exécution au port de Douvres, suivant le type anglais dit à parements verticaux, et formée de blocs de pierre naturelle ou de béton disposés par assises régulières superposées et reposant, à la base, sur la craie qui forme le sol de la rade.
- Cette jetée, dont la durée d’exécution a élé de 24 ans et qui a coûté près de 17 millions de francs, soit 27 000 francs par mètre courant, a servi, depuis sa construction, à l’accostage des paquebots faisant le service entre le continent et les côtes anglaises.
- Exposée aux vents du Sud-Ouest qui sont les plus violents dans ces parages, il arrive souvent dans les tempêtes malgré et, peut-être, à cause du parapet formant abri du côté du large que les lames qui viennent se briser contre la jetée déferlent au-dessus de celle-ci et rejaillissent dans la rade en rendant presque impossible l’accostage des navires. Par les coups de vent d’Est et de Nord-Est, moins
- 1 Yoy. n° 1497, du Ie1' février 1902, p. 151.
- violents, cependant, que les premiers, l’accostage devenait, à son tour, impossible du côté Est de la jetée et on avait dû installer, sur le côté Ouest, un appontemcnt permettant le débarquement et l’emy barquement des voyageurs pendant les coups de vents d’Est.
- En présence de circonstances aussi défavorables et aussi nuisibles k la régularité du service des pa-r quebols, le Harbour Board chargea les éminents ingénieurs anglais Goode Son and Matthews d’étudier un projet complet permettant de parer à ces graves inconvénients. Ce projet fut approuvé en 1891 et les travaux commencèrent en 1892. Entre temps, le gouvernement anglais ayant décidé de mettre à exé-
- Fig. 1. — Coupe transversale de la digue.
- cution le projet complet du port de refuge de Douvres, en formant, à l’est du port de commerce, un grand port militaire fermé, on dut modifier une partie du projet du port de commerce adopté en 1891 par le Harbour Board.
- Le port de commerce, dont les travaux sont aujourd’hui presque complètement achevés, est (fig. 5) abrité à l’Ouest par l’ancienne jetée de l’Amirauté et au Sud-Ouest par le prolongement dans la direction Sud-Est de cette même jetée sur une longueur de 610 mètres. Son musoir est fondé à une profondeur de 15 mètres au-dessous des basses mers. Elle est également construite suivant le type à parements verticaux.
- À l’Est, le port de commerce est abrité par une jetée à laquelle on a donné le nom de Jetée du Prince-de-Galles qui, partant de l’angle Nord-Est du port actuel de Douvres, se dirige vers le large, pour se terminer par une partie curviligne dans des fonds de 11 mètres au-dessous des basses mersdevivè eau, par un musoir laissant une ouverture de 145 mètres entre lui et celui qui termine l’épi partant du milieu de la jetée de l’Amirauté prolongée (fig. 5). Cet épi a été établi dans le but de donner au port de commerce un abri plus complet. La jetée du Prince-dê-Galles, à partir de son enracinement sur le rivage et
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- sur une longueur de 385 mètres, est formée d’un via-duc métallique d’une largeur de 9,14 m., permettant la circulation du courant de marée et évitant les envasements du port. Quant à la partie jusqu’au musoir, d’une longueur de 502 mètres, elle est formée,
- Brême et New-York. Une station a été installée près de cet appontement et une voie de chemin de 1er posée sur la jetée pleine et sur le viaduc métallique permet la circulation des trains entre la station de la jetée du Prince-dc-Galles et les voies principales du réseau de South Eas-tern and Chatliam Ray.
- Un projet, comme le montre la ligure 5, est actuellement à l’étude pour l’élargissement du côté Ouest de cette jetée du Prince-de-Galles, élar-
- posés par assises et dont la première rangée repose, après dragages, sur la craie du sol de la rade. Cette digue pleine a une largeur de 10,66 m. à sa partie supérieure et de 14,62 m. à sa base.
- Sur le côté Est de la jetée pleine du Prince-de-Galles a été installé un appontement servant au débarquement et à l’embarquement des voyageurs et des marchandises transportés par les Transatlantiques allemands qui, depuis quelque temps, ont fait de Douvres un port d’escale entre Hambourg,
- 3. Chantier de fabrication des blocs. — 4. Drague à mâchoires.
- gissement qui, en facilitant l’installation d’une station plus importante, ainsi que l’augmentation du nombre des voies sur cette jetée, permettrait de faire face au trafic toujours croissant des Transatlantiques
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- faisant escale à Douvres. Cet élargissement permettrait également l’accostage sur le côté Ouest de la jetée des paquebots faisant le service entre le conti-
- trois digues : 1° par le prolongement dont nous avons parlé plus haut, sur une longueur de 610 mètres, delà jetée de l’Amirauté; 2° par une digue
- Fig. 3. — Vue du pont de service montrant les dragues à mâchoires et les cloches à plongeur.
- nent et les côtes anglaises, quoiqu’il soit question, pour ce dernier service, d’élargir sur une partie de sa longueur la jetée de l’Amirauté du côté Est, c’est-à-dire du côté du port de commerce.
- La superficie du port de commerce est de 30 hectares avec une profondeur d’eau, à marée basse, comme nous l’avons dit plus haut, largement suffisante pour les navires même de grand tonnage.
- Le port militaire, situé à l’Est du port de Commerce, a une superficie de 247 hectares à basse mer dont 130 hectares ont une profondeur dépassant 9,14m. Cet espace doit être abrité au moyen de
- détachée vers le Sud, d’une longueur de 1280 mètres, ayant une direction à peu près parallèle au
- rivage; 3°par une digue Est se dirigeant presque directement au Sud, à partir du rivage et d’une longueur de 1012 mètres.
- Deux passes sont ménagées entre les musoirs des branches Est et Ouest et les extrémités de la branche Sud détachée. La profondeur d’eau dans ces passes est de 12,80 m. à basse mer ; celle de l’Est a une largeur de 244 mètres et celle de l’Ouest 183 mètres. La passe da l’Ouest a été établie dans la direction Est pour la mettre en dehors du parcours du courant de Ilot
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- qui, au droit de la jetée de l’Amirauté, atteint,une vitesse de A 1 /2 nœuds en vive eail.
- Enfin, à l’intérieur du port militaire et au-dessus du niveau des basses mers (fig. 2, n° 5) entre l’extrémité de l’Esplanade de Douvres et l’enracinement de la digue Est, on a conquis sur la mer, au moyen d’un mur en blocs de béton d’une longueur de 1175 mètres, une surface d’environ B hectares destinés à servir plus tard de magasins et, pendant les travaux, de chantier pour la confection des blocs de béton qui doivent former les digues.
- Tel est l’ensemble des travaux entrepris à Douvres, depuis 1891, et dont l’achèvement est prochain. Ils sont, comme on le voit, extrêmement importants non seulement au point de vue commercial, mais, surtout, au point de vue stratégique.
- Avant de terminer, nous croyons intéressant de donner quelques renseignements techniques sur les
- types de digues employés et sur leur mode de construction.
- Comme nous l’avons déjà dit, ces digues sont du type dit à parements verticaux, type très en faveur auprès des ingénieurs anglais. Elles sont, comme le montre la figure 1, composées de blocs de béton posés par assises superposées, reposant à la base, après dragages, sur la craie qui forme le sol de la rade. Ces blocs ont un poids variant entre 40 et 50 tonnes et ceux formant parement sont reliés entre eux au moyen de vides ménagés d’avance dans les parois latérales en contact et remplis ensuite de béton de ciment. On fait ainsi de la digue un véritable monolithe. Au-dessus du niveau des basses mers, les blocs de parement sont revêtus sur leur face extérieure de petits blocs de granit enchâssés d’avance dans le béton pendant la fabrication. Tous les joints au-dessus de basse mer sont faits au ciment. Sauf à la jetée Sud, les deux autres jetées sont munies, du côté du large, d’un parapet formant abri contre les lames.
- Comme le montre la figure 3, les jetées ont été
- construites au moyen d’un pont de service qu’on avançait progressivement au fur et à mesure de l’avancement des travaux, et sur lequel circulaient les grues destinées aux différents travaux de cette digue. Celles plus avancées vers le large servent à la manœuvre des dragues à mâchoires qu’on voit sur la droite de la figure et qui ont pour but d’en-laver la couche non résistante qui recouvre la craie sur laquelle doit reposer la digue. Dans ce but, on fait descendre celte drague sur le sol en maintenant les mâchoires ouvertes; puis, les dents de celles-ci pénétrant, par leur poids, dans le sol, on ferme ces mâchoires en enfermant ainsi dans la drague un euhe de matières dépassant le poids de 3 tonnes qu’on remonte, ensuite, au moyen de ces grues pour le déverser dans des chalands qui le transportent au large. Le poids de ces dragues à mâchoires dépasse 11 tonnes à vide (fig. 2, n° 4) ; ce sont les plus puissantes construites jusqu’ici.
- Cette opération de dragage terminée, on procède au nivellement du sol ainsi dragué, au moyen de cloches à plongeurs qui sont suspendues aux grues placées en arrière de celles des dragues à mâchoires, ainsi qu’on le voit sur la figure 5.
- Puis, sur le sol crayeux ainsi nivelé, on fait descendre, au moyen des grues, les blocs de béton que des scaphandriers mettent à leur place définitive. Toutes les assises au-dessous du niveau des basses mers sont posées par le même procédé. Quant à celles formant la superstructure, elles sont posées par les méthodes ordinaires, comme le montre la figure 4 qui représente le musoir de la jetée de l’Amirauté prolongée, pendant sa construction.
- Les blocs de béton devant servir à la construction des digues ont été fabriqués, en grande partie, dans un chantier installé sur la partie du rivage conquise au fond Nord-Est du port de refuge et dont nous avons parlé plus haut. La fig. 2, n° 3, montre la vue de ce chantier. Comme il était impossible de se procurer à Douvres le sable et le caillou nécessaire pour la confection de ces blocs, on dut aller chercher à Sandwich ces matériaux qui furent amenés, par rails, au sommet de la falaise qui domine le chantier des blocs. Un transporteur à câble descendait ensuite ces matériaux au niveau de la plage, au moyen de bennes, sur une plate-forme installée vers le milieu du chantier des blocs. Ces bennes déchargeaient leur contenu dans un distributeur dans lequel était également amené, au moyen de vis sans fin, le ciment de Portland, emmagasiné par avance dans un réservoir placé sur cette plate-forme. De ce distributeur, le sable, le caillou et le ciment étaient déversés, dans les proportions déterminées d’avance, dans un malaxeur du système Messent, placé au-
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- dessous de la plate-forme et amenés ensuite au chantier de fabrication des blocs.
- Au moment où nous écrivons cet arlicle, les travaux du port de commerce, sauf l’élargissement projeté de la jetée du Prince-de-GalIes et de celle de l’Amirauté, sont complètement achevés. Le prolongement de la digue de l’Amirauté, ainsi que la digue Estdu port militaire sont également terminés jusqu’au niveau dés hautes mers.
- Les dépenses du port militaire de Douvres sont évaluées à 00 millions de francs, ce qui fait ressortir à 50000 francs le prix moyen du mètre courant de digue. Ce chiffre est élevé si on le compare à celui de la jetée du Prince-de-Galles qui abrite à l’Est le port de commerce et dont le prix est d’environ 12 000 francs et à celui d’autres digues construites dans des conditions de profondeur et d’exposition semblables, pour des ports commerciaux. Mais il s’agit ici de travaux de l’Etat où les dépenses entrant moins en ligne de compte que dans les entreprises privées, on a cru devoir donner aux digues une résistance exceptionnelle.
- Les travaux du port de commerce ont été entrepris par M. John Jackson, et ceux du port militaire par MM. Pierson and Son, sous la haute direction de MM. Coode Son and Matthews. R. Bonnin.
- L’ÉCRITURE ET LA MÉDECINE
- Plus que Loute autre science, la médecine a bénéficié des découvertes modernes et des progrès scientifiques. Sans remonter bien loin en arrière on ne disposait pour l’étude des maladies d’aucun appareil spécial : la vue, le toucher devaient suffire à tout.
- L’auscultation avait déjà apporté une véritable révolution dans l’examen des affections de la poitrine : la chimie aidait timidement à l’examen du sang, des urines. Et tout d’un coup ce sont les investigations profondes à l’aide de l’ophtahnoscope, du laryngoscope ; le sphygmographe renseigne sur l’état précis de la circulation; puis à côté du microscope qui transforme l’anatomie pathologique, voici la photographie, l’éclairage électrique, les mille applications de cet agent merveilleux, et enfin révolution complète de toutes les conceptions d’étiologie des maladies par les découvertes bactériologiques, révolution encore plus radicale des procédés chirurgicaux et du pansement des plaies. Toutes les découvertes trouvent aujourd’hui un côté qui peut s’appliquer au progrès des sciences médicales. Il serait oiseux d’en énumérer les détails.
- Depuis quelques années on s’applique à tirer parti de l’étude de l’écriture. Que la Graphologie soit une science pour les uns, une simple curiosité pour les autres, peu importe, mais on s’efforce de coordonner les données fournies par l’examen de l’écriture pour en tirer des déductions pratiques au point de vue de la pathologie. Un médecin distingué d’Angers, le
- D1 Quinlard, trouve dans la graphologie une source de renseignements qui peuvent faciliter le diagnostic de quelques maladies. Vous interrogez, dit-il, un malade et ses réponses doivent, d’après leur exactitude, apporter une confirmation de votre diagnostic. Mais supposez (pie voire malade soit un dissimulé qui met des réticences à révéler certains détails, ou un névrosé qui prend tout en exagération et donne à chaque chose une importance qu’elle n’a pas ou inversement un indifférent qui ne s’émeut de rien. Leurs réponses vous induiront fatalement en erreur. Faites-leur rédiger, comme le dit M. Quintard, une petite note, que vous dicterez, examinez l’écriture et suivant ses caractères, vous serez fixé sur celui de votre sujet. L’écriture est-elle inclinée, avec hampes élevées finales, exagérées, vous vous trouvez en présence d’un imaginatif. L’écriture est-elle inachevée, lettres mal tracées, il s’agit d’un apathique.
- J’avoue que j’aurais grand’peine à me faire une idée approximative du caractère d’un sujet d’après quelques lignes d’écriture. Laubardemont n’en demandait que cinq pour faire pendre son homme : M. Quintard a des instincts moins sanguinaires, mais je confesse qu’il faut une réelle habileté graphologique pour arriver à celle sûreté de diagnostic médical. Et combien d’erreurs cet examen ne peut-il provoquer ! Les premières lignes que j’écris de cet article sont assurément plus nettes et plus lisibles que les dernières ; je ne pense pas que mon caractère se soit modifié du premier au dernier feuillet, mais mon poignet s’est fatigué, d’autant plus que j’ai eu la maladresse de me le casser cet été et mon écriture s’en ressent. Tout en admirant les résultats énoncés par M. Quintard, je crois qu’il faut faire des réserves; je ne saurais pour ma part avoir une conception nette du caractère d’un quelconque à la vue d’une lettre écrite par lui.
- Plus précises et plus nettes se trouvent les déductions que le D1’ Bogues de Fursac cherche à établir sur les écritures et les dessins dans les maladies nerveuses1. 11 fait une étude médicale des écrits; la graphologie se contente d’étudier l’exécution matérielle de l’écriture et d’en tirer des conclusions plus ou moins précises. M. deFursacétudie non seulement la calligraphie, mais le style, l’orthographe, les idées exprimées. L’écriture devient à la fois, dans ces conditions, une manifestation physique et intellectuelle ; physique en vous l’enseignant sur les manifestations de la motilité; intellectuelle, parce que c’est une expression du langage et qu’elle nous traduit les troubles ou les anomalies de l’esprit.
- Il ne vient pas à l’idée de M. de Fursac de faire de cet examen une base absolue d’interprétation des troubles pathologiques. C’est un élément de diagnostic à ajouter à ceux fournis par l’étude de la marche, de la parole, de la vision, etc., etc. Il ne faut lui donner que la place qui lui convient, sans vouloir lui attribuer une valeur exagérée.
- 1 Dr Rognes de Fursac. Les écrits et les dessins dans les maladies nerveuses et mentales (Masson et Cio, éditeurs).
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- Quand on parcourt la série admirable des modèles d’écriture, des dessins recueillis par notre confrère dans les différents services hospitaliers, on comprend toute l’importance que peut prendre non seulement au début de la maladie, mais pendant son évolution l’examen attentif des écrits spontanés ou dictés. Un médecin légiste peut avoir à donner son avis sur un testament et la forme sous laquelle celui-ci a été rédigé, ou a été calligraphié, les notes ajoutées, les paragraphes, une foule de détails peuvent éclairer sur l’état pathologique, sans être, cela se comprend, d’une précision absolue. 11 me semble que, avec le
- Fig. 1. — Dessin d’un sujet atteint de délire à forme mystique.
- Collection du D' Tliivct. (Dogues de Fursac.)
- temps, les auteurs qui se seront adonnés à l’examen de ces spécimens pourront trouver à réformer nos jugements sur bien des points de l’histoire; mais nous retournons ici un peu à la graphologie.
- Pour tirer parti des écrits dans les maladies mentales ou nerveuses, il est nécessaire d’examiner les écrits spontanés, mais d’avoir aussi des écrits de copie, des écrits dictés, enfin essayer une épreuve décisive, l’écriture appliquée. L’exécution matérielle de l’écrit : aspect de l’ensemble, direction, forme des lignes, des lettres; en un mot la calligraphie donne déjà dans bien des cas des renseignements précis ; il n’y a qu’à prendre à ce point de vue l’écriture d’une paralysie agitante. Mais pour d’autres cas, il faut les éléments d’appréciation psychographique;
- ils sont donnés par le contenu de la lettre, les idées exprimées et quelques lignes d’un dément suffiront pour révéler la nature du mal.
- 11 est difficile de donner une idée des modifications qui se produisent à ces deux points de vue dans les variétés de ces tristes maladies ; suivant la lésion, l’écriture varie du tout au tout. Les nombreux spécimens rassemblés par notre distingué collègue dans son ouvrage en disent plus long qu’une étude détaillée. Voyez par exemple les figures que
- Fig. 2. — Écriture fin copiant paisiblement après crise convulsive (lloguos de Fursac.)
- j’emprunte à sa collection : la première (fig. 2) représente l’écriture d’une jeune femme copiant un texte, au sortir d’une crise convulsive ; l’impulsion graphique se traduit par une forme monotone et stéréotypée. Dans la figure 5, les idées de grandeur chez un malheureux paralytique général se traduisent sous la forme d’une proclamation. Le dessiti(fig. 1 )est di'i à un homme intelligent atteint de délire mystique ; il a dessiné ce qu’il aperçoit dans la fumée
- Fig. 3. — Écriture spontanée, début de paralysie générale. (Dogues de Fursac.)
- de sa cigarette, rêve, illusions perdues. On le voit, l’écriture, reflet de notre esprit et de nos idées, devient pour le savant un miroir où il sait lire les troubles prémonitoires qui viennent détraquer le cerveau et faire de l’homme une épave misérable.
- Dr À. Cadtaz.
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- L’INDUSTRIE DES GROSSES PIERRES ENTERRÉES
- du Buckinghamshire (Angleterre)
- Le voyageur qui parcourt à pied la région des collines Chilterns, situées dans le comté de Buckingham, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de
- Fig. 1. — l’a bloc erratique en place, avant le débitage.
- Londres, est fort intrigué parles nombreux trous du sol qu’il rencontre à chaque instant. Quelques-uns de ces trous sont vastes et très profonds : ils semblent avoir été creusés d’hier ; d’autres, formant à peine une légère dépression du sol, sont le plus souvent envahis par une végétation luxuriante, et, comme le mélèze y domine en hiver, son feuillage les signale au loin dans les champs dénudés. Le voyageur rencontre ces trous aussi bien dans les bois et dans les prés que dans les champs, sur les pentes et dans les vallées que sur les plateaux ; il apprend bientôt avec étonnement, car il est en plein dans le pays de la terre à briques, que ce sont là d’anciennes carrières et que, actuellement, des carrières semblables sont encore en pleine exploitation. Cette exploitation est d’ailleurs une industrie assez florissante, car la pierre à bâtir est rare, et par conséquent chère,dans cette région de l’Angleterre; aussi, pour peu que la chance le favorise, le touriste verra-t-il bientôt les carriers eux-mêmes à l’œuvre.
- La pierre se trouve sous forme de gros blocs' arrondis enfouis dans le sol, à une profondeur qui varie de 30 centimètres à 12 mètres. Ces blocs sont le plus souvent isolés; quelquefois cependant, ils forment un groupement de trois ou quatre, placés très près l’un de l’autre ; leurs dimensions sont généralement considérables : le plus gros qui ait été découvert pesait près de 125 tonnes, et aucun autre n’a été trouvé dans un rayon de 800 mètres autour de lui. La pierre est un grès qui devient très dur quand il a été exposé à l’air et qui sert surtout à faire les pavés et les bordures de trottoir, en raison de sa dureté et de la rugosité que conserve sa surface. On l’a aussi fort employé autrefois comme pierre de taille, à cause de la teinte passée qu’il prend rapidement; la plupart des châteaux hislo
- riques de la région ont été construits avec ce grès. Tel est le cas, par exemple, du château royal de Windsor.
- Ces énormes pierres ne sont point autre chose que des blocs erratiques; ces blocs proviennent des bancs de grès qui recouvraient autrefois les formations calcaires du sud et de l’ouest de l’Angleterre, et que l’érosion a détachés et entraînés jusque-là. Ils reposent le plus souvent sur le sous-sol calcaire même et sont toujours noyés dans le terrain argileux qui recouvre cette formation. Sans aucun doute, autrefois, quelques-uns de ces blocs faisaient saillie au-dessus du sol, et ont du être utilisés par l’homme primitif pour construire ses premières habitations et ces curieux monuments mégalithiques, dénommés pendant longtemps druidiques, et à tort car on les rencontre partout dans le monde habi-
- Fig. 2. — Montage des blocs débités.
- table, là même où il n’y a jamais eu de druides.
- Ces blocs se retrouvent, d’ailleurs, dans la région des collines Marlborough, mais dans des conditions d’exploitation moins facile que dans les Chilterns, et aussi dans le Surrey où on les rencontre sous forme de petits amas isolés qui sont sans valeur en raison de leur rareté et de leurs trop petites dimensions. Dans les Chilterns, on donne à ce grès le nom de Dernier llill slone, pierre de la colline terrier?
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- LA NATURE.
- Le mode d’exploitation est des plus simples ; mais, avant d’exploiter, encore faut-il trouver la pierre et ne pas s’exposer à creuser un grand trou et h ne rien trouver au fond. Extérieurement, rien ne révèle la présence d’un bloc, et pour la deviner il faut un certain flair. On sonde donc le terrain : tout d’abord, avec une pince ordinaire de tailleur de pierre, puis ensuite avec une sorte de barre à mine ayant de 5 à 5 mètres de longueur. La pierre ayant été rencontrée, on procède à la détermination de scs dimensions probables en plan, en explorant les parties avoisinant immédiatement le premier sondage heureux. Si le bloc paraît trop exigu et situé trop profondément, s’il ne paye pas, il est laissé enfoui. Des blocs du genre de celui qui est représenté sur la figure 1 sont aujourd’hui très rares, car ceux qui étaient à la fois très gros et très rapprochés de la surface, et c'est le cas de celui-ci, ont été déterrés les premiers.
- L’extraction du bloc paraissant rémunératrice, on procède à son extraction. Pour cela, on le dégage en enlevant, à la pioche et à la pelle, la terre assez meuble qui l’entoure. A la base du bloc, on trouve généralement de menus débris de forme arrondie et un sable grossier de meme nature et de môme origine que le maître-bloc. Cette coïncidence a fait naître dans l’esprit de nombreux carriers la croyance que le gros bloc s’est formé, et continue encore à se former, dans la terre par condensation et aux dépens des menus graviers qui l’entourent.
- Comme les carriers, du fait môme de la mobilité de leurs chantiers, ne peuvent employer qu’un matériel simple et léger, il leur est impossible avec les chèvres dont ils disposent (fig. 2) de hisser ces blocs en entier jusqu’à la surface; ils procèdent donc à leur débitage. Pour cela point n’est besoin d’explosifs, d’ailleurs trop coûteux. Tout imprégné de son eau de carrière, le grès est encore assez tendre : il est donc entaillé simplement au ciseau et à la masse; des coins en bois sont placés tout le long de l’entaille, et il suffit alors de les mouiller en même temps pour les faire gonller et pour couper le bloc suivant une surface très sensiblement plane. Le même procédé est employé à la surface pour le débitage en pavés ou en bordures ; une retouche à la massette en deux ou trois points, et les faces qui feront parements sont parfaitement dressées. La pierre ayant été extraite, le trou est partiellement comblé avec les terres voisines et abandonné.
- Une dés régions les plus riches est celle qui avoisine le bourg de Prince’s Risborougli ; c’est là qu’on peut voir le plus grand trou du genre; il occupe en plan presque un demi-hectare ; c’est une véritable carrière; fait curieux, à moins de 50 mètres d’une de ses extrémités, se trouve la plus belle argile à poterie de tout le comté.
- Cette exploitation des grosses pierres est faite le plus souvent par des tâcherons travaillant avec deux ou trois aides; ce sont très fréquemment aussi de petits propriétaires cultivateurs à qui les travaux de la
- terre laissent quelques loisirs : tantôt ils achètent le terrain qu’ils se proposent d’explorer, tantôt ils explorent celui de leurs voisins ; ils leurs payent alors une redevance déterminée pour chaque mètre euhe de pierre extraite. A. Gilchiust.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- Exposition annuelle
- L'Exposition annuelle de la Société Française de Physique vient d’avoir lieu les lü, 20 et 21 avril dans les locaux de la Société d’Encourageinent.
- Dans le vestibule d’entrée, nous avons vu tout d’abord la Société (( l’Oxbydrique française » elïectuant des soudures autogènes de l’acier, du cuivre, de la fonte et de l’aluminium, ainsi que des découpages rapides de ces métaux en diverses épaisseurs. Non loin de là se trouvait un groupe transformateur de la Société Gramme, formé de deux machines électriques montées sur le mèn e arbre. Dans une salle voisine au î ez-de-cliaussée, la Société de l’air liquide exposait un appareil à faire le vide par l’air liquide, ainsi qu’un chalumeau à gaz d’éclairage et oxygène pour la soudure autogène des métaux. Le laboratoire de l’Usine municipale des Halles faisait fonctionner l’appareil pour effectuer les mesures électriques et photométriques sur des lampes à courants alternatits.
- A l’entresol, dans une salle séparée, se trouvaient les appareils de mesure. La maison J. Carpentier a installé un galvanomètre de M. Abraham pour les courants alternatifs, des appareils Ferrié pour la mesure de la résistance des électrolytes, une bobine d’induction de 50 centimètres d’étincelles construite d’après la méthode de M. Klingelfuss, de Bàle, une série de voltmètres et d’ampèremètres de précision, un milliampèrcmèlre à cadre mobile de grande sensibilité, et toute une série d’appareils de tableaux pour courants continus et courants alternatifs. MM. Chauvin et Arnoux faisaient fonctionner un pyromètre thermo-électrique industriel, modèle de 1000°, et montraient un appareil pour la mesure des résistances de joints de rails, un wallmèlre calorique à sensibilités variables et des transformateurs à couplages variables, un obmmètre à cadran à magnéto et un mé-gohmmètre.
- En suivant l’escalier pour arriver dans les salles du premier étage, nous avons remarqué l’exposition de la Société du bec Bullier, à jets conjugués et à mélange d’air, dont l’emploi est 1 rès répandu pour l’éclairage au gaz acétylène.
- Au premier étage, dans la première salle à gauche, nous avons vu la soupape électrique à vibreur, due à M. Soulier, et qui permet la recharge des accumulateurs par le courant alternatif. M. Richard Relier avait disposé divers appareils de démonstration, notamment un potentiomètre simple, un pont pour la recherche des défauts de câble, systèmé Hartmann et Braun, un millivollmèlre apériodique, un insufflateur à air chaud, divers appareils électro-médicaux et de chauffage électrique..
- ’ Dans 4 grande salle voisine, les exposants étaient nombreux. M. DuCrelet faisait voir des appareils à inscriptions graphiques, des appareils de télégraphie sans fil, un condensateur industriel avec liquide isolant, un électromêtre-balance de MM. Abraham et Lemoine. M. Ph. Peilin avait exposé le spectroréfractomètre' de
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- LA NATURE.
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- M. Ch. Féry, une trousse de mélatiographie de M. L. Guil-let et un galvanomètre pyromélrique enregistreur à ins-eriplions automatiques sur papier continu. La maison Radiguet etMassiot présentait un nouveau modèle d’indicateur de vitesse pour automobiles très intéressant, ainsi que des diapositives tirées de la maison Molleni, un gros projecteur de 50 ampères et un ozoneur du 1)' Guitleminot.
- M. Jules Richard était au milieu des appareils météorologiques, électriques et photographiques que nous connaissons bien.
- La Compagnie des Compteurs a construit de nouveaux appareils, ampèremètres, voltmètres et vvallmèlres que tous les électriciens ont appréciés.
- La maison Grivolas a fabriqué avec du bois durci tout un appareillage électrique intérieur intéressant. La Compagnie Française des Compteurs, système Aron, exposait un compteur d’énergie électrique à double tarif et à remontage automatique, un compteur étalon portatif et un compteur à induction pour courants alternatifs diphasés ou triphasés à 3 ou 4 fils.
- Le courant fourni était produit par un groupe transformateur de la Société Gramme et distribué par des accumulateurs Dinin.
- Dans la salle du premier étage se trouvaient, dans les lustres, des lampes à filament de tantale, fournies par MM. ltousselle et Tournaire. La Société Westinghouse avait également installé une lampe Cooper Hevvitl à vapeur de mercure pour courant alternatif.
- En résumé, l’Exposition de la Société Française de Physique a présenté, connue tous les ans, un grand intérêt. J. L.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 avril 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Décès. — M. le Président annonce à l’Académie la mort de M. Samuel Picrpont Langley, de Washington, correspondant de la section d’astronomie. 11 rappelle les célèbres recherches de ce savant sur le spectre solaire et en particulier sur le spectre infra-rouge qu’il a exploré à l’aide du bolomètre. 11 ajoute que M. Langley a aussi étudié les conditions de l’aviation et qu’il s’est occupé de perfectionner l’aéroplane.
- Transport de cendre du Vésuve. — M. Stanislas Meunier adresse une Note relative au brouillard intense qui a obscurci le ciel, à Paris, dans la matinée du U avril. Pendant cette matinée, il a exposé sur le toit de la maison qu’il habite, quai Voltaire, des plaques enduites de glycérine. Ces plaques ont fixé les matériaux en suspension dans l’atmosphère ; l’examen de ceux-ci a permis de constater qu’ils présentaient la même composition que la cendre du Vésuve provenant de l’éruption de 1822.
- Propriété chimique de l’amidon. — M. Maquenne résume une Note de M. Demoussy dans laquelle l’auteur montre que l’amidon se combine aux hases minérales à la façon d’acides faibles et peut même déplacer partiellement l’acide carbonique. Cette propriété joue un rôle important dans l’assimilation des matières minérales par les organes végétaux riches en matière amylacée.
- Séance du î3 avril 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- L'éruption du Vésuve. — M. Michel Lévy dépose une Note de M. Lacroix, sur l’éruption' actuelle du Vésuve. M. Lacroix s’efet rendu à Naples en vertu d’une mission du ministre de l’instruction publique et a donc pu procéder sur lès lieux à une séide d’observations. 11 rappelle que l’activité du Vésuve s’est réveillée dès le mois de mai 1905; elle a pris seulement plus d’intensité dans ces derniers temps. Cette fois les coulées de lave ont précédé les projections; elles avaient commencé au nord-ouest du faîte du volcan, sur le flanc du cône, à une altitude de 1800 mètres, puis des nouvelles bouches se sont ouvertes a 1200 mètres, et enfin plus bas. En octobre dernier, la bouche principale se trouvait à l’altitude de 1200 mètres et la lave coulait avec une vitesse de 6 mètres à la minute. Les bouches de niveau bas ont donné de fortes projections se rattachant à deux types qui se sont succédé. Le premier est le type strombolien correspondant à des projections en gouttelettes de lave très chaude ; le second est le type vulcanien correspondant à des projections de fragments de roches déjà consolidées. La dernière émission notamment a été la plus grave; elle a lancé dans l’atmosphère les matériaux qui constituaient le sommet du cône actuel, celui-ci a perdu 100 mètres d’altitude. A ce type se rattache le type péléen désigné par le nom du volcan de la Martinique. Au Vésuve il y a dans l’émission actuelle plus de vapeur et de gaz que de matériaux solides; par suite le flux peut s’élever dans l’almosplière. Au contraire, au mont Pelée, les projections étaient surchargées de matériaux solides, par suite elles retombaient sur les flancs de la montagne où elles roulaient comme une masse liquide en constituant les nuées ardentes.
- Géologie de la Sicile. — M. Michel Lévy présente ensuite un travail de MM. Lugeon, professeur à l’Université de Lausanne, et Argand sur la géologie de la Sicile. Les auteurs y ont relevé les traces d’une nappe de recouvrement. Le point intéressant de cette découverte, c’est que c’est la première fois qu’on trouve une nappe, de recouvrement dans les plis des Dinarides. Celte nappe, qui intéresse la Calabre, est poussée vers le Sud, à l’inverse des plis alpins qui sont poussés vers le Nord et s’enracine au pied des monts péloritains. Elle comprend des terrains secondaires et éocènes, et l’Etna, qui est pliocène et pléistocène, est couché dessus.
- Décès. — M. le Président prend ensuite la parole pour notifier officiellement à l’Académie la mort de M. Curie. Après avoir déploré le (( hasard brutal » qui a coûté la vie à M. Curie, il loue ses qualités d’esprit. 11 rappelle qu’avant d’avoir découvert le radium M. Curie s’était distingué par des travaux sur les cristaux et sur le diamagnétisme. Quant au radium, qui contient une incroyable quantité d’énergie, quel problème il a soulevé! Est-il le premier exemple de la transmutation rêvée par les alchimistes? Dans le deuil que cause cette mort, la pensée va à cette femme qui a été sa collaboratrice; la reconnaissance aussi doit aller vers elle. L’enterrement ayant eu lieu sans aucune cérémonie, l’Académie n’a pu rendre à M. Curie l’hommage public qui lui était dû; aussi le Président croit-il être aujourd’hui l’interprète des sentiments de l’Assemblée en levant la séance pour suppléer à cet hommage par un signe de deuil. ;
- Cil. DE Vll.LEDEL’IL. ;
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- LA NATURE.
- Dans les mines et dans les carrières où l’exploitation présente une certaine importance, le transport des matériaux d’extraction, dans les galeries souterraines ou à ciel ouvert, se fait généralement par des wagonnets tirés par des câbles. Ce système exige une double voie sensiblement droite ; il faut, pour le justifier, que la quantité de matériaux à transporter soit importante et il ne fonctionne convenablement qu’avec des charges aussi uniformes que possible. La traction électrique présente par comparaison des avantages précieux et, au point de vue économique, l’installation d’une ligne pour la distribution de l’énergie électrique est moins coûteuse que celle nécessitée par un câble de traction, qui exige l’emploi de galets de roulement absorbant une bonne part de l’énergie.
- A égalité de trafic l’emploi de l’électricité sera moins onéreux. La locomotive électrique peut passer partout, sans consommer plus à un endroit qu’à l’autre, en suivant toutes les sinuosités que peut présenter le réseau à desservir et elle peut approcher très près des chantiers d’abatage. La Société Alsacienne de constructions mécaniques, qui a fait depuis quinze ans de nombreuses installations de distribution d’énergie et de lignes de tramways, a été tout naturellement amenée à étudier cette question de façon spéciale et elle est arrivée à construire des types de locomotives qui commencent à être très employés et donnent de très bons résullats (fig. ci-dessus).
- Une locomotive de cette nature se compose essentiellement d’un châssis qui supporte tous les dispositifs nécessaires pour les couplages et le freinage ainsi que les divers organes intermédiaires chargés de transmettre le mouvement des moteurs aux essieux. Le châssis est formé de quatre solides plateaux de fonte assemblés par des boulons. La fonte a été choisie pour obtenir l’adhérence nécessaire aux machines qui sont destinées à fournir un effort de traction considérable ; la division du châssis en quatre parties a pour but de permettre de descendre facilement par fractions la machine au fond du puits, où se fait ensuite son montage.
- façon que le châssis ne présente à la surface extérieure aucune partie saillante, afin d’éviter les accidents de personnes et les détériorations de matériel.
- Les organes de manœuvre, aussi peu nombreux que possible, sont bien rassemblés sous la main du conducteur, qui occupe une place unique à laquelle il reste toujours, quel que soit le sens de la marche.
- Les moteurs sont construits avec le plus grand soin et leur forme définitive est le résultat d’études qu’une longue expérience a permis de considérer comme étant la meilleure; ils sont calculés de manière à pouvoir fournir largement, au moment du démarrage, un effort de traction considérable et supporter au besoin une surcharge sans se brûler. La prise de courant se fait au moyen de trolleys appropriés aux circonstances de l’exploitation; dans certains cas où l’étroitesse des galeries ne permettrait pas de retourner la perche, au moment du changement de sens de la marche, on a mis deux perches inclinées en sens contraire. Si la faible hauteur de la galerie oblige à placer les fils conducteurs sur les parois latérales, on adopte une prise de courant spéciale composée de galets, frotteurs qui sont remorqués par la locomotive. Enfin pour les cas où le conducteur aérien serait reconnu impossible, ou peu économique à installer, on utilise des accumulateurs logés dans un tender que la locomotive entraîne avec elle. Les locomotives destinées à circuler sur des voies extérieures sont munies d’un parafoudre qui les protège contre les décharges atmosphériques.
- Aujourd’hui que l’électricité est répandue à profusion partout, qu’elle est employée pour l’éclairage des galeries d’exploitation et pour bien d’autres usages il était tout indiqué de l’utiliser aussi pour la traction des wagonnets, et c’est ce que permettront de faire très facilement ces nouvelles locomotives. G. Chalmarès.
- Le Gérant : P. Masson.
- TRACTION ELECTRIQUE DANS LES MINES
- On s’est arrangé de
- Locomotive électrique pour mines.
- Paris. — Imprimerie Laihjkf., cug de Fleurus, 9.
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- LA NATURE.
- N° 1720. — 12 MAI 1906.
- LE MARAIS POITEVIN
- Dans un article sur le peuplier dans le Marais poitevin, publié dans La Nature du 27 mai 1899 (n° 1357), je ne me suis attaché qu’à la question peuplier, en cherchant à démontrer que cet arbre si utile avait été jusqu’ici une source de revenus pour les propriétaires et fermiers.
- Dans un autre, du 8 décembre 1900 (n° 1457), je signalais son dépérissement, par suite de dégénérescence et d’attaques d’insectes, dans le seul but de provoquer la plantation de peupliers, régénérés, autant que possible dans des sols non épuisés par deux ou trois générations d'arbres de même essence.
- Mes renseignements sur le Marais poitevin étaient bien succincts, ‘ et cependant, cette contrée si riche et si fertile depuis ses dessèchements, et qui, par ses plantations dans le voisinage de la Sèvre, ressemble de loin à une vaste forêt, demandait des notes plus complètes, tout en ne dépassant pas un cadre relativement restreint.
- En 1900, un érudit, M. Gelin, a fait paraître une brochure sur le marais de la Sèvre et tout dernière-
- Chartes, dans un volume de plus de 300 pages, avec cartes et plans, ayant pour titre : le Marais de la Sèvre et du Lay du xe à la fin duxviesiècle1, s’est
- 1 Ouvrage qui a obtenu une médaille d’or de la Société de géographie et un prix de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. (II. Champion, éditeur, Paris. L. Clauzot, éditeur, Niort.)
- 34e année. — Ier semestre.
- étendu, d’une façon aussi complète que possible, sur cette contrée, que Henri IV avait baptisée de petite Hollande.
- Ces deux ouvrages comblent une véritable lacune,
- puisque, jusqu’ici, aucun travail de ce genre n’avait été entrepris.
- A l’origine le golfe poitevin ou plutôt des Santons (Sinus Santonum), aujourd’hui à l’état de baie dite : Baie de l’Aiguillon, s’étendait sur de grandes surfaces et avait, pour ainsi dire, comme point extrême Coulon, localité distante de Niort à peine de 12 kilomètres.
- Par suite de changement des courants du large, les Ilots, perdant leur force destructive, se chargèrent de sédiments de toutes sortes, des vases se déposèrent autour de l’estuaire et le golfe se combla peu à peu. Là presque horizontalité du sol indique suffisamment qu’il n’y a eu aucun soulèvement, et que c’est la mer seule, qui, dans son travail incessant, recule devant ses limites au point que deux ou trois siècles, peut-être, suffiront pour combler la baie actuelle et redresser le rivage.
- Avant de parler des dessèchements, par suite de la création de canaux, digues et fossés, pour en arriver à la fertilité du sol, il est bon d’étudier la composition des limons et vases qui, à l’état de glaise, forment tout le sous-sol de la contrée, et dont la moindre apparition sur les terrains tourbeux change leur nature et les rend des plus fertiles, en leur servant d’amendements.
- 24
- ment, M. Étienne Clouzot;, ancien élève de l’école des
- Fig. 2. — Le dragage de lu Sèvre à Irleau.
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- Les propriétaires du marais, appelés maraîchins, ont donné à cette glaise le nom de b ri. Sans nul doute, étant donnée sa composition, le bri, amené là, par les courants, tire son origine des côtes granitiques de Bretagne, car il renferme peu ou point . de calcaire.
- Comme le dit M. Gelin dans son ouvrage, ce bri est donc un témoignage certain du passage de la mer, d’autant plus qu’il recèle une quantité parfois considérable de coquilles marines très bien conservées. Or, vers Coulon, à environ 50 kilomètres du rivage actuel, on rencontre le bri marin, suivi aussitôt, en remontant, de dépôts iluviatiles, qui, eux, ne contiennent d’autres coquilles que celles provenant de la Sèvre elle-même.
- Ce point est donc la vraie démarcation entre la mer et Niort, point que M. de Quatrefages lui-même a reconnu au moment des discussions qui eurent dieu entre le P. de la Croix, MM. Breuillac et autres1, 'lors de la découverte de quelques bancs d’huîtres, jlaite à peu de distance de la Sèvre, dans un nouveau ! quartier de la ville, et qui faisait dire à certains auteurs que la mer au commencement de notre ère jvenait jusqu’à Niort et s’était retirée brusquement.
- ; Ce n’est guère qu’aux xe et xme siècles que les premiers travaux de dessèchements furent entrepris; puis, plus tard, Henri IV reconnaissant les avantages que l’on pouvait retirer d’une semblable contrée, ayant tant d’analogie avec les polders, fit faire des études et confia, d’après de vieux auteurs, à des Hollandais sous la direction du brabançon Bradeley, ce gigantesque travail consistant en canaux et digues, appelés •dans le marais, bots et contre-bots.
- • La plupart des grands canaux ont conservé leur nom d’origine, tels que le canal des Cinq Abbés qui •avait été entrepris au xme siècle par des moines, et le canal des Hollandais, près Saint-Michel-en-l’Herm (Vendée), construit à proximité de dunes composées -uniquement d’huîtres anciennes disposées par bancs, dunes, également étudiées par M.. de Quatrefages2.
- Les digues, généralement élevées, furent construites dans le but de mettre une partie du marais à l’abri des inondations, et, par ce moyen, le marais s’est trouvé divisé en deux vastes parts, le marais desséché et le marais mouillé.
- Napoléon Ie1' lui-même, après avoir traversé la contrée, s’est occupé aussi de cette importante question de dessèchements et le 29 mai 1808, quoique étant à Bayonne, il signait un décret visant non seulement le dessèchement, mais aussi la navigation, voulant faire de notre modeste fleuve un lien entre Niort et la mer.
- Depuis cette époque, les départements de la Vendée, j de la Charente-Inférieure et des Deux-Sèvres ont formé des syndicats, qui, sous le contrôle de l’administration des Ponts et Chaussées, font les travaux
- 1 Niort et la Mer, par M. Émile Breuillac. Éditeur, L. Clou-
- zel. Niort, 1883. .
- 2 Association française pour l'avancement des sciences. Congrès de La Rochelle, 1882.
- nécessaires pour continuer l’assainissement et atténuer les inondations de printemps, travaux dont la dépense payée par eux, depuis 1855, en dehors des subventions de l’État, a été de plus de 4 millions de francs. Actuellement encore, de nombreux travaux de curage, commencés depuis 1902, se continuent sur différentes parties de la Sèvre, d’après les éludes de MM. Martin, ingénieur, et Denizeau, conducteur principal des Ponts et Chaussées1.
- Le résultat de toutes ces améliorations a été que plus de 55 000 hectares de marais desséchés et 15 000 de marais mouillés, où ne poussaient tout d’ahord que les salicornes et graminées marines, puis ensuite les roseaux (Phragmites comniunis), carex, polygonées, populages et autres plantes de marécages, ont été convertis en une contrée des plus riches de l’Ouest.
- De nombreuses habitations, remplaçant de misérables huttes, ont été construites sur les berges de la Sèvre et des canaux, conches cl fossés, véritables routes d’eau constamment sillonnées par des bateaux, seuls véhicules que l’on puisse rencontrer, et qui donnent au marais une physionomie tout à fait à part.
- Nous sommes loin du temps où M. Boëtél, professeur d’agriculture à l’Institut agronomique, disait dans son rapport en 1850 à M. le ministre de l’agriculture et du commerce, que les marais de la Sèvre étaient d’une notable insalubrité par suite de l’in-diflérence des propriétaires, et qu’il y régnait souvent des Tièvres intermittentes qui décimaient les rares familles forcées par la misère à respirer l’air vicié de cette terre insalubre.
- Aujourd’hui tout y pousse et, en dehors des riches pâturages et prés plantés de peupliers et de frênes, on y cultive les céréales, les prairies artificielles et loutes plantes maraîchères. Le houblon même, après essais, a donné d’excellents résultats non seulement comme rendement, mais aussi comme qualité, l’analyse des cônes ayant démontré qu’elle était égale aux meilleurs produits de l’Alsace. A. Aimé,
- Syndic suppléant des marais mouillés de la Sèvre Mortaise.
- CONTRE L’ABSINTHE
- La Ligue nationale contre l’Alcoolisme recueille des signatures en faveur d’une pétition tendant à défendre la fabrication et la vente de la liqueur d’absirilhe.
- On entend scientifiquement par ces mots un produit composé d’une série d’essences dont la principale est l’absinthe et qui comprend accessoirement l’anis, l’hysope, la mélisse, l’angélique, le fenouil, la badiane, la coriandre. Toutes ces essences sont diluées dans dp l’alcool. La première est épileptogène, toutes les autres sont stupéfiantes.
- Les effets de la consommation de cette liqueur ont été étudiés récemment avec soin en des conditions qui ren-
- 1 Etudes sur le marais de la Sèvre et ses curages, publiées par M. l’ingénieur Martin, 1902.
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- dent le résultat particulièrement intéressant. C’est une grande maison de distillation d’huiles essentielles, la maison Pillet et d’Enfert de Paris, qui a pris l’initiative de celle nouvelle élude et en a fourni les matériaux.
- Les recherches ont été exécutées au laboratoire de M. Daslrc, professeur de physiologie à la Sorbonne, par son élève, le docteur Lalou, qui les a relatées dans son excellente thèse inaugurale. En voici le résumé :
- Le 1)'' Lalou a expérimenté surtout sur le chien : il a fait absorber l’essence d’absinthe de Paris rectifiée à ces animaux par voie gastrique, échappant ainsi aux objections que l’on a adressées à l’emploi de la voie sous-cutanée, et il a conslalé que l’on obtient constamment, pour ainsi dire, des hallucinations, d’effrayantes crises épileptiques, la stupeur et enfin le coma, avec des doses de 0,1 cm3 à 0,3 cm3 par kilogramme d’animal.
- 11 a constaté aussi qu’en prolongeant les expériences sur un même animal, il y avait diminution de la résistance organique et augmentation des crises et il a vu certains chiens arriver à l’attaque d’épilepsie sous l’influence de 0,5 cm3 cl même 0,3 cm3 pour un animal de 11,100 kg.
- Ces résultats s'ont saisissants et en parfaite harmonie avec l’élude clinique qui, depuis si longtemps, a montré l’influence épileplogène de l’absinthe.
- Des résultats obtenus par M. Lalou, et portant surtout sur l’intoxication aigue, il est intéressant de rapprocher ceux qu’ont publiés MM. G. Ballet et Faure, à la suite d’expériences poursuivies pendant plusieurs années à l’hôpital Saint-Antoine.
- Ces auteurs ont fait absorber aux chiens l'absinthe ordinaire, mélangée à leurs aliments (5 cm3 environ d’absinthe par kilogramme d’animal et par jour), et ont observé les effets effrayants produits par ce poison sur la descendance des animaux : 5 couples de chiens mis en expérience pendant quatre années n’ont mis bas que 83 petits, chiffre inférieur certainement à la normale. Aucun des petits nés pendant que l’intoxication était régulière n’a survécu plus de quelques semaines,. En outre les portées étaient rares et faibles. Lorsque l’intoxication devint irrégulière, les portées se rapprochèrent de la normale, mais la mortalité des individus qui les composaient resta très élevée. Enfin, lorsque l’intoxication fut supprimée, on observa encore des morts fréquentes et des arrêts de développement.
- Les petits chiens que MM. G. Ballet et Faure ont vus succomber ont été pris de convulsions. Dans certaines portées, tous lès in iividus succombaient, en quelques jours, avec des convulsions. Par conséquent, les convulsions, l’arrêt de développement, la mortalité exagérée, sont trois faits connexes, constamment observés dans la descendance des chiens intoxiqués par l’absinthe; comme d’ailleurs aussi par l’alcool.
- L’observation quotidienne et la lecture des faits-divers viennent confirmer les résultats déjà si concluants par eux-mêmes de ces expériences. Le simple coup d’œil jeté sur la troisième page des journaux nous renseigne suffisamment sur les colères folles des absinthiques, sur les crimes qu’elles entraînent, sur le martyre qu’elles imposent à leurs femmes et à leurs enfants.
- Aussi un mouvement universel de répulsion et de dégoût soulève-t-il en ce moment les peuples atteints ou simplement menacés par la terrible boisson.
- La vaillante petite nation belge a donné le signal. Son Parlement vient de voter unç.loi prohibitive de toute fabrication et de toute vente d’absinthe. Les Belges bu-
- vaient peu d'absinthe, mais ils se sentaient menacés par leur situation de voisins immédiats de la France, et ils ont su prendre à temps une intelligente mesure de prévention.
- En Suisse, l’opinion a été saisie par un crime particulièrement atroce. Un honnête cultivateur de Commugnv, sous l’influence évidente de la « Fée verte », a tué à coups de fusil sa femme et ses deux fillettes, puis a tenté de se suicider. Revenu à lui, le lendemain, il ne se souvint plus de rien, et, le soir même de sa condamnation à la détention perpétuelle, il se pendit dans sa cellule.
- Ce crime fut la cause déterminante d’un véritable soulèvement populaire et le pétitionnement contre l’absinthe prit chez nos voisins un développement tel que l’interdiction législative, dans un avenir prochain, n’est pas douteuse. Elle est réalisée par Yaud et Zug.
- La France a d’excellentes raisons de ne pas rester en dehors de ce mouvement universel. Là où d’autres sont menacés, elle est atteinte, et il faut agir avant qu’elle le soit mortellement.
- Voici le résumé des statistiques de la consommation :
- En 1884, nous consommions 49 335 hectolitres.
- En 1894, — 125 078 —
- En 1904, — 207 929 —
- Celte consommation énorme de 207 929 hectolitres est supérieure à la consommation du reste du monde.
- C’est un triste record que nous détenons, là. La Ligue nationale contre l’alcoolisme cherche bravement à lutter contre cette intoxication abominable. Elle demande à l’initiative individuelle un grand effort pour arracher notre pays au mal qui l’étreint et qui menace son existence.
- Elle n’a pas trop de tous les concours; elle espère que celui des lecteurs de La Nature ne lui fera pas défaut.
- F. Riémain.
- UN NOUVEL ISOLANT
- pour fils électriques
- L’Allgemeine-Elektrizilàts-Gesellsuhaft fait usagé depuis peu d’un nouvel isolant pour fils électriques, constitué par une gaine sans joint, formée de cellulose acétique appliquée en couches nombreuses autour du fil par une machine spéciale.
- Celte enveloppe a une épaisseur de 2 centièmes de millimètre seulement; elle est très souple, solide et très élastique, et peut résister à des efforts mécaniques considérables. De plus elle présente cet immense avantage d’être à peu près complètement insensible à. l’humidité et aux températures atteignant jusqu’à 150 degrés. Sa résistance aux tensions électriques est telle, malgré sa faible épaisseur, qu’elle peut résister jusqu’à une tension de 1500 volts.
- Zeitschrift fur Elcktrotechnik, à qui nous empruntons ces renseignements, assure que l’efficacité de ce nouvel isolant est à peu près le double de celle que l’on obtient avec une simple couche de soie, et, en moyenne, de 25 pour 100 supérieure à celle des fils isolés avec une double épaisseur de soie. Le fil à l’acétate serait donc supérieur au fil entouré de soie, quant aux propriétés électriques et mécaniques. Il semble tout à fait recommandable dans la construction des appareils de mesure et dans tout l’appareillage électrique en général.
- L. Fournier.
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- LA MOTOCYCLETTE EN 1906
- Nous avions tout spécialement examiné le dernier Salon de l’Automobile au point de vue des motocyclettes légères, et nous avions constaté avec plaisir que le nombre en avait notablement augmenté comparativement à l’année précédente. Nous avons déjà décrit ici dans des articles antérieurs celle de la maison Terrot, et, plus récemment, celle à allumage par magnéto de MM. Herdllé et Bruneau ; nous signalerons aujourd’hui quelques autres machines dont le poids ne dépasse pas 30 kg, et qui nous paraissent établies dans de bonnes conditions. En premier lieu, nous voulons réparer une omission à propos de la motosacoche, que nous n’avions fait qu’indiquer les années précédentes, parce qu’elle ne nous paraissait pas avoir fait suffisamment ses preuves, et qu’en général nous ne sommes pas très partisan de la transformation d’une bicyclette en motocyclette.
- Mais depuis quatre ans la machine de MM. l)u-faux a montré assez de qualités, et l’innocuité de son amovibilité a été assez démontrée, pour que nous insistions un peu à son sujet aujourd’hui.
- En exprimant des craintes sur la transformation de la bicyclette ordinaire, nous avions surtout en vue le cadre, qui ne présente pas toujours assez de solidité pour subir impunément l’adaptation d’un moteur; mais ici la question change complètement d’aspect, car tous les organes de la motosacoche sont eux-mêmes renfermés dans un châssis qui se soude, pour ainsi dire, au cadre de la bicyclette par 14 tirants à écrous, et 7 brides à sièges garnis de cuir. Ainsi qu’on le voit sur notre gravure (fig. 1), on obtient ainsi un véritable renforcement du cadre; c’est le châssis spécial renfermant tout le mécanisme qui reçoit les trépidations et les amortit. L’ensemble de ce mécanisme pèse 16 kg. Le moteur a une puissance de 1,25 cheval ; l’expérience a démontré, comme nous l’avons déjà dit maintes fois, que cela suffit amplement pour le touriste qui ne remorque pas un poids de 80 kg en plus du sien. La transmission se fait par courroie ronde avec tendeur T, ce
- qui permet d’avoir sur la poulie motrice A plus d’enveloppement et par suite un rendement supérieur. En outre le galet tendeur peut se manœuvrer sans descendre de machine, ce qui réalise le débrayage qui nous est cher, et que nous prétendons très utile pour se mettre en roule dans une côte. Tous les organes sont bien étudiés : nous signalerons en particulier la disposition des ailettes facilitant le refroidissement, la soupape d’aspiration et la bougie fixées sur une culasse indépendante, une soupape de décompression du carter qui empêche toute projection d’huile au dehors.
- En somme pour ceux qui désirent utiliser leur bicyclette pour devenir motocycliste, le travail d’adaptation se réduit à fort peu de chose et ne nécessite pas l’intervention d’un spécialiste.
- Parmi les autres machines à transformation, nous avons remarqué latracto-cyclette (fig. 2, n° 1) qui semble être un retour au passé, car, comme dans la première Werner, le moteur de 1,25 cheval est placé sur le guidon; mais on a profité des perfectionnements intervenus depuis celte époque, tel que l’allumage par l’électricité bien entendu. La transmission se fait sur la roue d’avant par courroie ronde qu’on peut tendre plus ou moins et même débrayer sans descendre de machine. Cette solution pour l’adaptation du moteur à la bicyclette n’est pas aussi mauvaise que certains l’ont prétendu et, à condition de bien renforcer le cadre et la fourche d’avant, elle peut rendre des services à ceux qui recherchent avant tout la légèreté; le tout ne pèse que 12 kg, c’est à considérer.
- La motocyclette K D (fig. 2, n° 2) comporte un moteur de 1,75 cheval qui se fixe au-dessus du pédalier, contre le tube arrière du cadre (celui-ci renforcé, bien entendu), le volant est extérieur et porte la poulie motrice ; la transmission se fait par courroie passant sur un galet tendeur pour se rendre à une gorge fixée sur la roue arrière ; l’ensemble des accessoires à ajouter à la bicyclette pèse 15 kg. La motobécane (fig. 2, n° 3) a un moteur
- Fig1. 1. — La motosacoche.
- E, réservoir à essence ; P, piston ; B, bobine ; A, accumulateurs ; V, volant ; S, échappement des gaz; II, soupape de décompression du carter;
- G, pompe à huile ; T, galet tendeur.
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- de 1,25 clieval qui, après renforcement du cadre, se place au pédalier en s’accrochant au tube incline formant l’avant du cadre; on a ainsi cherché à reporter le centre de gravité aussi bas que possible; la transmission se fait comme pour la précédente sur la roue arrière par courroie ; le poids avec un réservoir contenant 5,500 litres d’essence est d’environ 16 kg en sus de celui de la bicyclette.
- Nous ne parlerons que pour mémoire des grosses motos; il y en a encore un assez grand nombre,
- à terre, on donne une impulsion et la béquille.se relève automatiquement ; il n’y a alors qu’à embrayer en tournant la poignée lentement, et on part très doucement ; puis on augmente la vitesse à volonté en tournant plus ou moins la poignée ; on est très bien assis, c’est la moto confortable. Mais elle le serait encore davantage si elle avait un siège plus large, pour un compagnon, et une ou deux roues de plus. C’est en effet ce qu’a pensé le constructeur, car il a établi un modèle, forme tricar, qui s’approche fort
- mais à peu près les mêmes que.l’an dernier. On augmente la puissance du moteur, on ajoute tous les perfectionnements jugés utiles pour les voitures, il ne reste qu’à y ajouter deux roues..,, cela viendra et la voiturette sera la fin de la grosse moto. Nous tenons cependant à signaler l’auto-fauteuil (fig. 2, n° 4), qui a son originalité, et nous paraît un acheminement vers la voie que nous venons d’indiquer. A l’état de repos, il est calé par une béquille à ressort, et on met en ' marche avec une manivelle comme, dans les voitures, le moteur, qui a 5,50 chevaux, étant débrayé; il ne tourne pas très vite et a un refroidissement d’eau : on peut prendre tout son temps pour s’installer. Une fois bien assis, les pieds
- de la voiturette, et pourrait bien détrôner la moto lourde; c’est ce que nous souhaitons voir au Salon de 4906. G. Cualmarès.
- LES DÉBÂCLES GLACIAIRES
- Les glaciers sont de temps à autre le siège de violentes éruptions torrentielles connues sous . le nom de débâcles. L’émotion suscitée par les catastrophes de Saint-Gervais (42 juillet 1892) et de l’Altels (41 septembre 189.5) a déjà attiré bien des fois sur ces phénomènes l’attention du monde savant. 11 en a été question ici même à plusieurs
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- reprises. M. Ch. Rabot, le glaciologue biejn connu, leur consacre, dans un récent fascicule du Géçgra-fical journal, une étude très claire et très complète qui vaut d'être condensée pour les lecteurs de La Nature.
- Loin d’ctre accidentelles comme on le croit généralement, les débâcles sont relativement lréquentes. Leur genèse suppose d’abord : 1° la formation d’un réservoir d’eau; 2° une évacuation soudaine du contenu de ce réservoir.
- La formation d’un réservoir d’eau peut être duc à trois causes principales : 1° à l’action d’une crue ou d’une décrue temporaires du glacier dans les canaux de sortie du torrent, extérieurement au glacier ; 2° à une action permanente et prolongée des variations du glacier dans ces mêmes canaux de sortie ; enfin 3° le réservoir peut être situé dans le glacier lui-même ; sa création aussi bien que son alimentation sont alors dues aux propriétés physiques de la glace : c’est une poche d'eau ou lac de glacier.
- Dans le premier cas, l’accident peut se produire de trois façons différentes : a) Le glacier en progressant ou en augmentant coupe un ravin, une vallée, obliquement ou à angle droit : il arrête forcément le cours d’eau et donne naissance à ce qu’on appelle un lac de barrage; un exemple bien connu nous en a été donné par le glacier de Vernagt en Tÿrol-. A) Le glacier en crue, arrivé dans sa descente sur le sommet d’une falaise dominant une vallée, tombe en fragments qui sç soudent au pied du précipice et finissent par y former un glacier remanié, lequel peut barrer la vallée et y constituer un lac de barrage temporaire ; exemple le glacier de (iiétroz dans le val de Bagnes, c) Deux glaciers sont unis par leurs extrémités inférieures, et l’un recule plus lentement que l’autre; le torrent qui en sort se heurtera alors contre le glacier qui a le moins reculé ; d’où formation d’un lac. Les glaciers de Otemma et de Crète-Sèche dans le val de Bagnes, de 1892 à 1898, nous fournissent un type classique de ce processus.
- Dans le second cas, la genèse du réservoir est due, non plus à une progression ou à un recul du glacier, mais à des particularités topographiques jointes à l’état général de la glaciation. Soit un glacier barrant d’une façon relativement permanente une ravine latérale ou encore une moraine arrêtant un torrent venant des pnontagnes voisines : il se produira un lac de bordure, ce que les. Allemands appellent Randsee, lac qui durera aussi longtemps que durera la barrière. Le meilleur exemple connu de lac de bordure est le lac Margelen près de l’Éggischhorn.
- En cas de poche d’eau ou lac de glacier, lorsque le réservoir est contenu dans la masse glaciaire elle-même, il y a lieu de distinguer trois sous-variétés. (a) La fonte superficielle d’un glacier remplit une dépression ; c’est le lac de surface, b) Le réservoir se forme dans une caverne, sous le glacier : c’est le lac sub-glaciaire. c) Il se forme au cœur même
- de la glace : c’est la poche d’eau proprement dite.
- Quelles sont maintenant les causes de la débâcle subite du réservoir? Comme l’a démontré B. Siéger dès 4895, l’action de l’eau sur la glace ressemble à l’action de l’eau sur le calcaire. Les conditions dans lesquelles l’eau creuse des cavernes dans la .roche sont les mêmes que celles qui président à la formation des cavités dans un glacier : existence préalable de fissures, érosion, corrosion, pression hydrostatique, plus l’action de l’atmosphère dès que sa température dépasse le point de congélation. En règle universelle, le contenu d’un lac de barrage ou de bordure, sub-glaciaire ou de poche, tend à forcer un passage à travers la masse qui l’environne. Si l’ouverture du passage est soudaine, c’est la débâcle; si elle est graduelle, l’évacuation du réservoir accroît simplement le torrent normalement issu du glacier.
- La force de la débâcle est, bien entendu, proportionnelle au cube d’eau soudainement libéré. Le volume de la débâcle de Giétroz a été estimé à 5 millions de mètres cubes ; celui de la débâcle de Crète-Sèche en 1894 et 1898 à 1 million de mètres cubes. En 1878, dans l’espace de neuf heures, le lac Margelen a évacué 7 millions 770 000 mètres cubes.
- Après ces considérations générales, qui n’ajoutent rien d’essentiel aux travaux antérieurs des glaciéristes, M. Ch. Rabot donne un essai de statistique raisonnée des débâcles observées, qui montre bien l’importance et la fréquence du phénomène.
- Pour les Alpes d’abord. Débâcles du premier type : 1° glacier de Butor (val d’Aoste) et lac des Osselettes. Nombreux phénomènes à la fin du xvie siècle, jusqu’au milieu du xvme; 2Ü glacier de Triolet (1717) ; 3° glacier de Miage (1867); 4° Gouille de Valsorey (1778) ; 5° glacier de Giétroz (val de Bagnes, 1595 et 1818); 6° glaciers de Otemma et Crète-Sèche (1894-1898); 7° glacier d’Allalin (xvne et xvme siècles) ; 8° glacier du district de l’Ortler (Zufallferner, 1887-1891); 9° glacier de l’Œtzthal, 9 millions de mètres cubes en 1845; 10° Uebelthalferner (1847).
- Débâcle du deuxième type : 1° lac du Tacul (1819) ; 2° lac de Gorner (1900); 3° glacier de Ilochbalmen (1755) ; 4° lac Margelen (1873-1878) ; 5° glacier de Gurgl (Tyrol), 1717.
- Débâcles du troisième type, par rupture de poches d’eau. Ce sont les plus caractéristiques sinon les. plus intéressantes : 1° glacier delà Bêchasse (Savoie); dans la nuit du 5 au 6 septembre 1899, brusque évacuation d’un lac sous-glaciaire ; 2Ü glacier de la Tête-Rousse (catastrophe de Saint-Gervais) ; dans la nuit du 11 au 12 juillet 1892, ce glacier livre passage à 200000 mètres cubes d’eau, entraînant 1 million de mètres cubes de roches ; 3° glacier des Bossons; débâcle plus ou moins considérable tous les quatre ou cinq ans, par suite de l’évacuation d’un lac sous-glaciaire ; 4° glacier des Pèlerins, 1898 ; 5° glacier de la Neuvaz; débâcle du 22 juin 1898, par suite de la rupture d’une poche d’eau proprement dite; 6° glacier de Festi; débâcle du 1er août 1899
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- rupture d’une poche d’eau ; 7° glacier de Zmutt (1899) ; 8° glacier de llohberg; débâcle considérable du 21 août 1899 ; rupture d’une poche d’eau ; 9° glacier de Pont-Aiglas ; chaque année, crue subite du torrent qu’il alimente ; 10° Schwenseriérner (district d’(Etzthal) ; débâcle du 9 juillet 1891, par évacuation de cavités superficielles de 55 à 40 mètres de long sur 20 mètres de large.
- On peut citer encore, dans les Alpes, les débâcles de Tré-la-Téte (1850), de Macugnaga (1866), etc.
- En Norvège,, les phénomènes de ce genre ont dû être très fréquents dans la première moitié du xixe siècle, période de remarquable croissance des glaciers de ce pays. Le 11 juillet 1894, M. E.-A. Martel a été témoin, au glacier de-Jostedal, d’une avalanche glaciaire suivie de chute d’eau, reproduction en petit de la catastrophe de Saint-Gervais. En 1900 et 1905, on a observé au glacier de Tunsbergdal des débâcles dues à l’évacuation d’un lac sous-glaciaire.
- L’Islande, qui a les plus vastes glaciers de l’Europe, est certainement le théâtre de débâcles glaciaires. Une des plus célèbres est celle du glacier de Skeidarar (1892) qui s’étendit sur une surface de 600 à 700 kilomètres carrés. Les glaciers du Spitz-berg, du Groenland, de l’Alaska, sont soumis pendant les quelques semaines de l'été arctique à une intense fusion et sont riches également en lacs et poches intra, sur et sous-glaciaires. Dans l’Himalaya, on a constaté des réservoirs aux glaciers de l’Ilispar, de Punmah, de Baltoro, etc. D’une manière générale, on peut dire que la fréquence des débâcles dues à l’évacuation subite de réservoirs est proportionnelle à l’étendue des glaciers.
- La connaissance désormais acquise de ces phénomènes autorise d’intéressantes inductions sur leur rôle dans le passé. 11 est certain en particulier que les formations quaternaires doivent beaucoup à ce qu’on pourrait appeler l’action fluvio-glaciaire, soit que la débâcle, chargée de particules minérales, ait été un agent d’érosion (roches moutonnées) ou de percement, soit que, charriant des masses plus importantes, elle ait comblé avec elles les dépressions qu’elle rencontrait sur sa route.
- Maurice Reclus.
- LA « FÊTE DE L’ARBRE »
- Parmi les moyens que l’on peut, d’une façon efficace, employer, pour la conservation des arbres, on peut mettre au premier rang, les « Fêtes de l’Arbre », dans lesquelles on s’adresse à la jeunesse des écoles et qui peuvent devenir, par là même, un puissant moyen d’éducation. On se préoccupe actuellement d’en organiser en France et c’est là un mouvement qu’on ne saurait trop encourager.
- La plantation d’arbres a été souvent associée aux fêtes commémoratives. Jadis on plantait des « Arbres de la Liberté » ; de nos jours on voit planter des « Arbres de la Mutualité » et, en écrivant dernièrement une curieuse histoire de ces arbres symboliques, M. Th. Janvrais expri-
- mait avec raison le vœu que les pères de famille prennent l’habitude de commémorer les principaux actes de la vie familiale par des plantations d’arbres. Ce sont là, en effet, autant d’occasions de répandre le goût des arbres, le culte de l’arbre peut-on dire.
- Dans les « Fêles de l’Arbre », la plantation est le motif môme de la fête; tout leur intérêt consiste en ce que la jeunesse y est associée et y joue un rôle actif. Elles ont, par suite, une véritable utilité sociale.
- C’est aux Etats-Unis qu’on vit, pour la première fois, célébrer des « fêtes de l’arbre ». Un certain Sterling Morton avait proposé, en 1872, dans l’État de Nebraska, de consacrer un jour à la plantation d’arbres et de prendre les mesures nécessaires pour en faire planter le plus possible; ce jour fut appelé Arbor day. Les autres Etats de l’Union suivirent promptement cet exemple. Dans la pensée de ses fondateurs, Y.Arbor day, quoique constituant un appel à tous, était surtout destiné à répandre parmi la jeunesse le respect des arbres.
- En Italie, la « Fête annuelle scolaire de l’Arbre » est devenue en 1902 une institution d’État. En Espagne, 1’ « Association des amis de la Fête de l’Arbre » constituée à Barcelone, aussi en 1902, célèbre tous les ans des fêtes qui ont un grand succès, et un décret de 1904 a institué la fête de l’Arbre dans tout le rovaume. La Belgique a fait, dernièrement, sa première fête de l’Arbre. En Russie, en Suède, en Autriche-Hongrie, en Suisse, au Portugal, au Japon, partout'où l’on a reconnu la nécessité du reboisement, on intéresse de même l’enfance aux arbres par des institutions analogues.
- La France ne pouvait rester en arrière et, en même temps que des efforts considérables étaient faits par l’État en vue du reboisement, on tentait de divers cotés d’associer la jeunesse à ce mouvement par la création de fêles de l’arbre. Au printemps, sous la conduite et la direction de maîtres et de praticiens', les., enfants des écoles vont dans les terrains nus planter des arbres qui seront le noyau de forêts à venir ; ils y gagnent un jour de congé, une journée d’amusement passée au grand air et un enseignement pour toute la vie. Ces fêtes motivent la création d’Associations foreslières, scolaires et postscolaires, dont le nombre va toujours croissant et dont quelques-unes sont très actives.
- Le département du Jura a, l’un des premiers, donné l’exemple et, dès 1899, une fêle de l’Arbre était célébrée à Cuttura, près de Saint-Claude. Avignon-lès-Saint-CIaude, dans le même département, a été le berceau de nos sociétés scolaires foreslières ; le Jura compte actuellement une soixantaine de sociétés de ce genre. Elles se sont multipliées, ainsi que les fêtes de l’Arbre, dans d’autres départements : l’Ain, les Vosges, la Meurthe-et-Moselle, le Doubs, l’Ardèche, la Loire, etc.
- La Société forestière française des Amis des Arbres que préside M. Calvet, sénateur, a donné une vive impulsion au reboisement et à toutes les institutions qui peuvent le favoriser et il a vivement encouragé la création de sociétés forestières scolaires.
- Nous sommes heureux de signaler que des fêtes de l’Arbre seront, à partir de cette année même, organisées en France avec une ampleur toute nouvelle. La Société des Amis des Arbres procédera à de grandes démonstrations officielles organisées dans des centres importants avec le concours des recteurs, des préfets et.de l’administration forestière; des fêtes de ce genre sont prévues à Toulouse, Nice, Clermont-Ferrand et Bordeaux.
- Gustave Regelsi>ergeu.
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- LES DEUX STATIONS ZOOLOGIQUES MÉDITERRANÉENNES
- de Cette et de Banyuls
- Fig. 1. — Le Laboratoire Ara go vu delà roule qui conduit à Banyuls.
- - C’est le 7 mai 1879 que M. A. Sabatier, doyen de la Faculté des Sciences de l’Université de Montpellier, inaugura, sur une simple table de bois blanc, dans une chambre de pêcheur, ce qui devait être la ' station zoologique de Cette. Depuis cette origine si htimble jusqu’en 1886, date du décret ministériel consacrant officiellement son existence et le rattachant à l’École pratique des Hautes Études, le Laboratoire en camp volant ne cessa pas de s’imposer par
- l’évidence de scs avantages. Ses services devenaient plus notoires; du 9 février 188-4 au 26 novembre 1896, on comptait plus de 500 excursions effectuées de Montpellier à Celte, avec un nombre variant de 8 à 20 étudiants; une parcelle de 35 ares de terrain était obtenue, sur le littoral de l’étang de Thau, à l’entrée du canal de la Bordigue ; des crédits étaient ouverts; et enfin en 1903, le créateur de l’établissement avait la joie de voir ses infali-
- Fig. 2. — Laboratoire de Cette. Vue d’une salle de travaux anatomiques.
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- gables démarches couronnées d’un plein succès. La station existait. ;
- Le bâtiment principal, composé d’un corps central à deux étages et de deux ailes latérales à trois étages, formant légèrement saillie, comprend, au rez-de-chaussée, les appariements du maître-pêcheur, la salle à manger commune, le Musée zoologique et le Musée des pêches et d’Océanographie, où se trouvent collectionnés tous les engins utilisés pour les dragages, pour les recherches océanographiques, pour les pèches pélagiques ou les études du plankton, chaluts, dragues en filet et en toile, faubcrts, son-
- Le premier étage du bâtiment central est occupé par les appartements, plus que modestes, du directeur et du sous-directeur ; par le laboratoire commun de recherches ou laboratoire d’enseignement, vaste pièce, munie de nombreux bacs peuplés d’animaux et de l’outillage complet indispensable aux études d’observation microscopique et aux manipulations; six laboratoires particuliers, bien installés, mis à la disposition des travailleurs, pour des recherches originales; enfin la bibliothèque, qui compte 4360 volumes ou brochures, en outre des 123 journaux périodiques auxquels on est abonné.
- Fig. 5. — Le Laboratoire de lîanyuls. Le grand aquarium. En cartouches, en haut, des Sabellcs (Annélidcs lubiçoics) ; eu has, le Lophobelemnon ou jacinthe de mer (Cœlentérés de la famille des Primatnlides).
- deurs, thermomètres à renversement, bouteilles à puiser l’eau, filets bathypélagiques, pompes, tré-mails, etc. ; — au sous-sol, le grand aquarium, divisé en deux salles, la première, avec six bacs, chacun d’une capacité de plus de 1000 litres ; l’autre, plus vaste, avec dix hacs de 1116 litres, et deux bassins à base hexagonale, de 2500 litres. Un des bassins < st réservé à l’ostréiculture et à la mytiliculture. Au sous-sol également se trouvent deux réservoirs d’une capacité de 34000 et de 40000 litres, dont l’un affecté à la réfrigération, pendant les chaleurs, de l’eau de mer, pour la maintenir à une moyenne constante de température ; l’appareil à filtrage; les cuves de verre où l’on fait vivre les organismes pour les éludes embryologiques ; l’atelier de photographie et le magasin à charbon.
- Au second étage, se trouvent un certain nombre de chambres à coucher ; différentes pièces de réserve et d’entrepôt ; une cuve d’une contenance de plus de 1200 litres, en tôle doublée de ciment'armé, pour alimenter les laboratoires de l’étage au-dessous.
- Un pavillon-annexe, d’un seul étage en rez-de-chaussée, est divisé en un atelier ; une salle, affectée à la verrerie, au moteur électrique et à la pompe qu’il actionne ; l’aquarium d’études, avec douze petits bacs et un grand bassin ovale d’une contenance de plus de 3000 litres; une salle de conservation, de dépouillement et de lavage des matériaux recueillis dans les dragages, de dissection des ani- ? maux d’un certain volume, des gros cétacés ou squa-lidés, et de préparation en vue des collections.
- Cet ensemble est complété par un aéro-moteur et
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- une pompe d’aspiration et de refoulement de l’eau, prise dans l’étang de Thau, à 50 centimètres au-dessous du niveau des plus bas étiages, et amenée par un aqueduc horizontal; et un grand réservoir en ciment armé, d’une capacité de 59450 litres.
- Telle est la Station zoologique de Cette, dont le vingt-cinquième anniversaire de fondation, célébré le 25 mai 1904, fut l’occasion, en une fêle intime et touchante, d’une manifestation d’hommage mérité à son fondateur, M. Sabatier.
- Fondé par Lacaze-Ruthiers, à qui la France était redevable déjà de la Station de Roscolf, le Laboratoire de Banyuls, auquel a été donné le nom illustre d’Àrago, fut ouvert aux travailleurs, à la fin de 1882. C’était un batiment d’une trentaine de mètres en façade, renfermant au rez-de-chaussée l’aquarium, et au premier étage quelques cabinets de travail cénobitiques ; ilanqué de deux petits pavillons, l’un pour le logement du gardien, l’autre où un mulet actionnait le manège élévatoire de l’eau de mer indispensable. Pour tout moyen d’investigation à la mer, une barque de pêche, offerte par souscription par les habitants de Banyuls.
- Mais quelle heureuse et favorable situation et quel choix judicieux de l’emplacement! à la pointe d’une des petites baies qui festonnent la chaîne des Àlbères, à la jonction de deux régions marines naturelles, dont les fonds et la faune diffèrent complètement : au N., la plaine sous-marine du golfe du Lion, unie et régulière, sable et vase, séjour des soles, raies, mulets, rougets, etc. ; au S., les reliefs rocheux, déchiquetés, tapissés d’algues, ravinés de brusques ressauts, qui longent les côtes sauvages du cap Creus et de la Catalogne espagnole, habitat des langoustes, des crustacés, des rascasses et de tous les poissons de roche ; au seuil enfin du plan ou plateau continental des Océanographes, qui étend vers le large la continuation du profil des terres et au delà duquel on tombe dans les grands fonds, creusé de failles et de véritables fjords sous-marins, de rechs, selon le terme catalan pittoresquement adopté par M. Pruvost, et procurant, à quelques milles à peine de distance, les profondeurs abyssales de 1000 mètres et plus.
- Grâce à la persévérance et aux sacrifices de M. de Lacaze-Duthiers, du directeur actuel, M. Pruvost, et du sous-directeur, M. Racovitza, le Laboratoire, devenu le mieux outillé des établissements français du même genre, comprend maintenant, dans le bâtiment principal, le grand aquarium, aux bacs nombreux, modèles de cette sorte d’installation, dont l’un, de 4 mètres de longueur sur 2 mètres de largeur, permet de conserver vivants les sujets d’une certaine taille, esturgeons, mérous, grandes tortues marines, etc., — la consommation journalière des bacs en eau courante est d’environ 50000 litres; un aquarium de travail, adjacent au précédent, comportant bacs spéciaux, appareils d’élevage et de conservation des animaux délicats, canalisations d’eau douce, d’eau de mer, de gaz; les ateliers de
- construction et de mécanique. Au premier étage du même bâtiment, se trouvent une dizaine de cabinets de travail particuliers ainsi (pie le magasin des instruments de précision et la bibliothèque.
- Un deuxième bâtiment comprend les celliers, divers magasins et les appartements bien modestes du Directeur et du mécanicien en chef.
- L’eau, provenant du large, aspirée en dehors de la baie, de l’autre côté du petit Cap où s’élève le Laboratoire, est distribuée aux aquariums sous une foçte pression qui l’aère et avec une moyenne de température à peu près constante. Ces deux conditions, d’une si grande importance, sont de même réalisées pour l’eau douce, dont les cuves, d’une capacité de 720 m3, alimentent notamment un petit bassin à eau courante et qui permettent, en variant par des dosages la composition du liquide dans les viviers d’élevage, d'instituer des expériences sur la biologie et la reproduction des animaux.
- Une dernière construction, dont on termine les aménagements, sur le point culminant du petit domaine, et dont la terrasse est destinée à l’installation des instruments de météorologie, sera réservée spécialement à la photographie scientifique des formes vivantes. Nombre d’animaux, la plupart des invertébrés marins, coraux, actinies, vers, sont très délicats, très instables; sensibles à la moindre influence, ils s’épanouissent difficilement à la lumière du jour et n’ont pu, ou quasiment point, être jusqu’à présent photographiés d’après nature, à l’état normal. Grâce aux dispositifs combinés dans la nouvelle annexe, on comblera, à Banyuls, cette lacune, le pavillon étant isolé au-dessus d’une cuve dans laquelle seront immergés et parqués les animaux, qui pourront à l’aise s’épanouir et s’étaler, dans le repos et dans l’obscurité. Au moment favorable, mais sans secousse, un monte-charge ad hoc les amènera, par une trappe ménagée dans le plancher, devant l’appareil, installé à demeure sur des rails et toujours prêt à fonctionner. Il sera loisible ainsi à l’opérateur d’en prendre aisément des instantanés, soit à l’éclat du gaz ou d’une puissante lampe électrique, soit à la lumière du jour réglée, à son gré, par un jeu de stores fermant hermétiquement les grandes baies vitrées.
- Le long de la jetée qui relie le Laboratoire à l’île Grosse, un grand vivier, d’une centaine de mètres de front, sert aux expériences d’ostréiculture, de mytiliculture, etc. Il abrite aussi les bateaux de la Station et aboutit à la cale de radoub. La petite flottille se compose du primitif Lacaze-Dulhiers, la barque de pêche initiale; du Roland actuel, qui a remplacé l’ancien petit vapeur, don du Prince Roland Bonaparte, mis hors de service en moins de six ans ; d’un canot à pétrole, la Sépiole, construit au Laboratoire, dont le rôle est de pratiquer régulièrement les pêches pélagiques, recherche d’œufs flottants de poissons, etc., etc., à l’entrée de la baie, et de placer le long de la côte voisine les trémails, casiers, nasses, etc., pour le service ordinaire des travailleurs; et quelques canots pour les usages courants.
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- Construit à Banyuls même, aux frais personnels de M. de Lacaze-Duthiers et de M. Pruvost, le Roland constitue un véritable laboratoire flottant. Tout a été subordonné à sa destination scientifique, ce qui ne l’empêche pas de bien tenir la mer et se comporter à la lame, pourtant mauvaise dans ces parages. 11 porte une machine à sonder et une petite machine auxiliaire pour manœuvrer les instruments d’océanographie, thermomètres plongeurs, filets fins, bouteilles h eau, etc. A bord sont disposés un scaphandre ; tout un arsenal de harpons, havernaux et engins de pêche; des éviers, des réservoirs de formol et d’alcool, balances, éprouvettes, instruments de dissection, llacons de réactifs, tout autour de la grande cabine qui forme roulle sur le pont et qui est organisée pour servir également de salle de travail en commun, en cas de mauvais temps, de bibliothèque, de salle à manger et de bcd-room. Une autre cabine forme chambre noire et est outillée pour les manipulations photographiques. Dans l’épaisseur des bastingages ont été ménagés une suite de petits placards à verrerie, où s’emmagasinent avec ordre les produits des pêches pendant les longues croisières, qui parfois durent plus d’un mois sans atterrir.
- La Station de Banyuls est ouverte, toute l’année, soit aux savants, soit aux jeunes gens qui préparent la licence ou le doctorat. De grandes excursions collectives sont organisées annuellement, pendant la quinzaine de Pâques. Elles sont très suivies et surtout très profitables, partagées entre des conférences pratiques dans l’aquarium et à bord des bateaux et des promenades à rayon étendu. Ainsi l’on a visité, en 1905, toute la cote de la Catalogne espagnole jusqu’à Barcelone; en 1904, la Cerdagne et la région volcanique d’Olet; en 1905, Majorque et les Baléares ; pour 1906, on organise l’exploration de l’Èbre et des contrées de Valence et d’Alicante. La caravane est de plus en plus nombreuse; elle ne comptait pas moins de 125 voyageurs, en 1905, l’an dernier.
- A la Station est poursuivi, en outre, sans relâche un ensemble permanent de travaux qui lui sont particuliers et qui répondent à un programme déterminé, à une synthèse scientifique et à un objectif dont les résultats sont à longue échéance. Ainsi, tous les jours, à deux reprises, sont relevées toutes les données météorologiques et océanographiques ; et il est tenu une statistique régulière des bateaux du port de Banyuls sortis pour pêcher, de la nature de la pêche et de la quantité de poisson capturé.
- Tous les ans, régulièrement, une croisière d’environ un mois, à bord du Roland, est consacrée à l’exploration méthodique et progressive de toute celte parlie du bassin méditerranéen, de manière à compléter et à rectifier peu à peu la carte des fonds sous-marins, établie d’abord pour les environs de Banyuls, étendue à la région adjacente du golfe du Lion, puis, au Sud, jusqu’au niveau de Barcelone, et, depuis trois ans, autour des îles Baléares.
- Simultanément, dans ces croisières, on étudie la répartition des organismes selon les différents fonds
- et l’on constitue, en conservant les spécimens ainsi colligés, une collection de formes animales de la mer, souvent rares et précieuses, pour les études des spécialistes. On y expérimente aussi les innovations ou les perfectionnements d’engins conçus et construits au Laboratoire.
- Concurremment avec les études d’ostréiculture et de mytiliculture, des essais d’acclimatation et d’élevage, destinés à augmenter les ressources du pays, sont poursuivis à Banyuls. On s’est attaché à repeupler les eaux, sur cette partie de la cote, où il était pêché autrefois, mais d’où il a disparu, d’un beau et bon poisson, le mérou brun, qui abonde aux Baléares. Une vingtaine de mérous ont été ramenés vivants, à bord du Roland, et acclimatés dans les bassins de la Station. La rigueur exceptionnelle du dernier hiver les a tués. C’est un accident, non un échec. Le saumon n’existe plus dans la Méditerranée, quoique les salmonidés y aient vécu aux époques géologiques antérieures. De jeunes saumons seront élevés et se développeront dans l’eau douce ; puis, au moment voulu, on les lâchera dans la mer, où ils seront mieux préparés à vivre, surtout après une transition dans les bassins, qu’on pourra rendre progressive par des dosages successifs d’eau salée. 11 est à croire qu’à l’époque du frai, ils sauront d’eux-mêmes gagner les embouchures fluviales, trouver leur voie, remonter les cours d’eau. La nature fera le reste.
- C’est également à Banyuls que M. L. Boutan a institué les premiers essais de photographie sous-marine. Les appareils avaient tous été étudiés et construits au Laboratoire. Enfin, l’atelier de mécanique, avec la diversité des travaux qui y sont effectués continuellement, est une école professionnelle très appréciée dans le pays et où — la Direction n’en admettant pas un plus grand nombre — assidûment un ou deux apprentis s’initient au métier de mécanicien. C’est avec regret et non sans quelque confusion que l’on compare la médiocrité du budget des Laboratoires français et l’nnporlance des ressources dont disposent les Stations de l’Étranger : Naples, avec 125000 francs et 60 employés; Trieste, 15000 marks et 2 préparateurs; Villefranche-sur-Mer, qui reçoit du Gouvernement russe 40000 francs et qui a un directeur, un sous-directeur et 4 assi&-tants ou préparateurs.
- A Banyuls, le personnel normal, reconnu et inscrit sur la liste des fonctionnaires, se réduit à un directeur, un sous-directeur, un mécanicien et un gardien. Pas même un préparateur!... D’ailleurs, qu’on n’aille pas croire que Banyuls fasse sous ce rapport exception parmi nos établissements scientifiques du même ordre. Tous ceux qui ont visité les stations biologiques des côtes du Pas de Calais par exemple Le Portel, fondé par M. P. Ilalley, Wime-reux, dirigé par M. Giard, ont été frappés et afiligés d’observer le même dénuement, qui semble un trait caractéristique de la science française.
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- SUR L’EMPLOI DES DIFFÉRENTS TYPES DE LOCOMOTIVES
- aux États-Unis
- L’augmentation continue du tonnage des trains et de leur vitesse conduit non seulement à construire des locomotives de plus en plus puissaptes, mais impose également l'adoption de nouveaux types et une nouvelle répartition des anciens. Nous nous
- proposons d’étudier ici l’emploi des différents types de locomotives aux États-Unis en insistant sur les modifications introduites de 1900 à 1906, notamment dans l’utilisation des machines a trois essieux couplés.
- 1° Pour les trains de grande vitesse, depuis 1900, les Compagnies américaines emploient à peu près exclusivement les locomotives du type Atlantic (4-4-2) ; pour accroître leur puissance, on s’est borné à augmenter progressivement leurs dimensions, sans se laisser arrêter par l’élévation des charges par essieu : on admet actuellement des charges de 25 à 28 tonnes sur chacun des essieux moteurs. Par suite, avec deux essieux couplés seulement, ces machines ont le même poids adhérent, que les plus puissantes locomotives européennes à trois essieux couplés du type 4-6-0, et remorquent (sur les lignes à profil facile) des express dont le tonnage atteint 500 à 700 tonnes1. Les locomotives Atlantic construites dernièrement ont un poids adhérent de 50 à 55 tonnes, un poids total de 85 tonnes environ, une surface de grille de 5 m2 et une surface de chauffe totale de 250 m2 (fig. 1).
- 1 II convient de noter toutefois que les grands express américains à vitesse commerciale supérieure à 80 km à l’heure, comme le Pennsylvania Spécial du.Pennsylvania Railroad et le 20,h Cenhiry Limited du New-York Central Railroad, sont des trains beaucoup plus légers, composés seulement de 5 à 8 voitures à bogies : leur tonnage est donc analogue à celui des grands rapides européens.
- 2° C’est dans l’emploi des locomotives à trois essieux couplés que se manifeste l’évolution la plus intéressante : Tous les types de locomotives à o essieux couplés, précédemment employés en Amérique, tendent à faire place à un modèle unique, le type Pacific (4-6-2) à roues couplées c(e 1,90 m. à 2 mètres de diamètre. Cette fusion résulte surtout de l’abandon progressif, et déjà presque complet, des machines à 3 essieux couplés pour la traction des trains des marchandises. On employait pour ce service des machines type Mogul (2-6-0) qui disparaissent actuellement : pour permettre l’emploi de grilles larges, on ajouta un essieu porteur à l’arrière, en créant le type Prairie (2-6-2) -que certaines compagnies emploient actuellement à la traction des trains de marchandises sur profil facile et des trains de voyageurs sur profil accidenté. Quant au type Tlien wlieel (4-6-0), si répandu en Europe, il est également appelé à disparaître sur la plupart des lignes américaines, parce qu’il ne comporte pas l’emploi de grilles larges : la surface de grille des locomotives américaines de ce type ne dépasse pas 3 m2, chiffre également atteint en Europe sur les
- dernières machines du type 4-6-0 h Par suite, pour augmenter la puissance de ces locomotives, on a été conduit, en Amérique, à les munir d’un essieu porteur à l’arrière en créant ainsi le type Pacific (4-6-2), qui a eu subitement un succès considérable. Il y a quelques années, l’Union Pacific Railroad et le Southern Pacific Railway adoptèrent des loco-
- 1 Le type 4-6-0 à roues de grand diamètre doit donc disparaître en Amérique, mais ce type pourra persister avec des roues de diamètre suffisamment faiblc'pour que la grille puisse être placée au-dessus.
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- motives de ce type pour la traction des express de la grande ligne de San Francisco entre le Missouri et la montée de la Sierra Nevada: de celte époque date la rapide extension du type Pacific qui, actuellement adopté sur plus de dix réseaux, paraît devoir être à bref délai le seul type employé aux États-Unis pour la traction des trains de voyageurs sur les lignes accidentées; il remplacera non seulement le type 4-0-0, mais encore le type Prairie. Il semble, d’ailleurs, que son domaine doive s’étendre au delà de ces
- plus tard un rôle important: il faut sans doute voir en lui le type destiné à se substituer à la fois aux locomotives Ailantic et aux machines 4-6-0 entre lesquelles se partagent actuellement, pour la traction des grands express, les préférences des ingénieurs européens1. Les locomotives américaines du type Pacific ont un poids adhérent de 65 à 70 tonnes sur un poids total voisin de 400 tonnes; la surface de chaude varie de 280 m8 à 550 m2 (fig. 2).
- 5U Pour la traction des trains de marchandises, iL
- Fiy. I . — Locomotive Mallet du lîallimore and Ohio 11 II.
- limites : déjà certains rés ;aux ont adopté ce type, sur des lignes à profil facile, pour la traction des trains lourds de voyageurs à arrêts fréquents à cause des grandes facilités de démarrage qu’il présente en raison de l’élévation de son poids adhérent; on peut même aller plus loin et prévoir que le type Pacific remplacera, sur les lignes faciles, les locomotives Atlantic lorsque celles-ci, même surchargées comme elles le sont en Amérique, deviendront insuffisantes, pour la remorque des grands express. En Europe, quoique l’utilité du type Pacific soit moins immédiate, il est probable qu’il jouera
- y a unanimité à peu près absolue en faveur des machines à quatre essieux couplés et à bissel à l’avant, du type Consolidation (2-8-0). Ainsi que nous l’avons dit, les machines à 5 essieux couplés sont généralement devenues insuffisantes pour ce service.
- D’autre part certains réseaux qui employaient le type Mastodon (4-8-0) sont revenus au type Consolidation qui permet d’utiliser une plus grande fraction du poids total sous forme de poids adhérent (fig. 5).
- Seul P Aie frison Topeka andSan-ta-Fe Cy, qui possède des sections des lignes très accidentées
- 1 Yoy. n» 1659, du 11 mars 1905, p. 225.
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- (traversées de plusieurs chaînons des Montagnes Rocheuses), a généralisé l’emploi de locomotives à cinq essieux couplés des types Decapod (2-10-0) et Sanla-Fe (2-10-2); ces dernières ont un poids adhérent de 106 tonnes sur un poids total de 150 tonnes. Elles détenaient le record du poids jusqu’en 19tl5 où le Baltimore and Ohio Bailroad a fait construire, comme locomotive de renfort, une machine articulée système Mallet, à 0 essieux, pesant 152 tonnes (soit avec le tender chargé 217 tonnes) (fig. 4).
- En dehors de ces exceptions, les trains de marchandises américains, dont la charge normale est de 1800 à 2000 tonnes sur les grandes lignes, sont toujours remorqués par des machines Consolidation dont le poids adhérent varie de 80 à 90 tonnes (poids total de 90 à 100 tonnes) (lig. 5).
- En résumé, la répartition actuelle des types de locomotives aux Etats-Unis se caractérise ainsi : 1° pour les trains express sur lignes faciles, emploi exclusif du type Atlantic-, 2° sur les lignes accidentées, extension rapide du type Pacific dans lequel viennent se fondre tous les autres types de locomotives à 5 essieux couplés; 5° pour les trains de marchandises, abandon des machines à 5 essieux couplés et adoption unanime du type Consolidation, sauf dans quelques cas spéciaux où il est nécessaire de recourir à l’emploi de locomotives d’une puissance exceptionnelle. M. J.
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- CHRONIQUE
- Les incendies de puits de pétrole. — Il a été
- question récemment des incendies allumés dans la région de Bakou lors des émeutes qui ont ensanglanté le pays : ce n’est pas de ces incendies que nous voulons parler, mais de ceux qui se produisent couramment, par suite d'imprudences ou autrement, dans les exploitations pétrolifères. Une commission officielle a été nommée en Russie pour indiquer les mesures de précaution qu’on devrait prendre afin de prévenir ces sinistres, et nous extrayons de son rapport quelques données curieuses. En 1897, le chiffre même des incendies avait été de 13, et 60 derricks, chevalements, tours de forage et d’extraction avaient été.détruits; les pertes s’étaient chiffrées par 300 000 roubles. C’était fort peu : en effet, en 1901, le nombre des incendies a été de 22 ; il y a eu 555 derricks brûlés, et les pertes ont atteint 2 650 000 roubles. Enfin, durant les 8 premiers mois de 1903, il s’est produit 25 sinistres, brûlant 272 derricks et entraînant pour 5 336 000 roubles de pertes. On conviendra qu’on a raison de songer à prendre des mesures pour diminuer le nombre et les ravages de ces sinistres.
- La prise du ciment. — Le professeur Carpenler, de l’Université Cornell, aux États-Unis, a poursuivi des expériences assez intéressantes au sujet de i’inlluence du sulfate de chaux ou du chlorure de calcium sur les conditions de prise du ciment. Il a constaté que la simple addition de 1 pour 100 de sulfate de chaux retardait au maximum la prise, et qu’on n’accentuait aucunement ce retard en augmentant la dose. Alors que, sans sulfate de chaux ajouté, la prise du ciment commençait au bout de deux minutes et était terminée en cinquante-deux minutes, le pourcentage d’eau dans le ciment étant d’ailleurs de
- 22,1, avec la proportion de 1 pour 100 de sulfate de chaux la prise ne commençait qu’au bout de 80 minutes, et elle était complète après 157 minutes seulement. On a constaté, d’autre part, que l'addition de 2 à 4 pour 100 de chaux éteinte à un ciment contenant une faible proportion de sulfate de chaux retardait, dans des proportions surprenantes, la prise, en ne la laissant débuter, par exemple, qu’au bout de 6 heures et se terminer au bout de 10.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3o avril 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Constitution de Vatmosphère solaire. -- M. Deslandres expose scs recherches relatives aux particules lumineuses mélangées aux gaz et aux vapeurs de l’atmosphère solaire. Toutes les couches de cette atmosphère ont une constitution analogue : elles contiennent des particules solides en suspension. O11 relève depuis quarante ans l’image du spectre des vapeurs. Cela lient à ce que ces spectres formés de raies fines sont beaucoup plus faciles à observer que les spectres des particules lumineuses qui sont continus et affaiblis. Certes les éclipses fournissent les meilleures conditions d’observation; mais les éclipses sont rares et de courte durée. Aussi M. Deslandres a-t-il imaginé une méthode qui permet d’observer, en tout temps, le spectre des particules avec des instruments appropriés.
- Mélanges de phosphore et de sesquisulfure de phosphore. — M. Lemoine résume un travail de M. Boulouch sur la solidification des mélanges de phosphore et de sesquisulfure de phosphore. On connaît la propriété du phosphore de se liquéfier à froid en présence du sesquisulfure de phosphore. L’auteur, reprenant les expériences de M. Girou, signale la forme singulière de la courbe des températures de solidification des mélanges comportant un excès de sesquisulfure. On voit que la courbe construite, d’après la teneur des mélanges, présente d’abord une ligne légèrement inclinée sur l’axe des abscisses partant de 165° pour descendre à 44°; puis à ce point l’inclinaison change et l’on observe une sorte de V. Au-dessus de 44°, il se dépose des cristaux de sesquisulfure et au-dessous des cristaux mixtes.
- Séance du 7 mai 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Détermination des mouvements d’étoiles. — M. Lœvvy annonce que M. Max Wolf de Heidelberg a réussi à appliquer la photographie stellaire à la détermination des mouvements propres de certaines étoiles. L’auteur a comparé des photographies de la même région du cieU effectuées à plusieurs années d’intervalle; il a pu, de la mesure des déplacements relatifs des étoiles, déduire avec précision les mouvements propres dont certaines paraissent animées.
- Les roches du Vésuve. — M. Michel-Lévy donne connaissance d’une Note de M. Lacroix sur les roches provenant de la démolition de la cheminée centrale du Vésuve. Ces roches ont tombé par blocs énormes le long des, flancs du cône, comme une sorte d’avalanche, et sont venues se noyer dans la cendre, produisant ainsi des amas analogues aux brèches que l’on observe en d’autres lieux. On y
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- trouve l’amphibole, la hornblende, lepyroxène, l’orlhose. 11 y a des cristaux métamorphiques qui permettent de pousser plus loin la comparaison avec les brèches décrites. M. Lacroix a opéré une ascension très pénible du volcan; il a noté des traces importantes de sublimation de réalgar, mais peu de soufre.
- Le Congrès de Monaco. — M. À. Gaudry annonce que le Congrès d’anfhropologie et d’archéologie préhistorique s’est tenu à Monaco du 15 au 20 avril dernier. Les membres du Congrès ont pu admirer le nouveau musée d'océanographie qui est sur le point d’ètre achevé et le nouveau musée d’anthropologie absolument remarquable par l’intérêt des collections et l’heureux aménagement qui en a été fait.
- Nidification des abeilles en plein air. — M. Rouvier remarque que les abeilles nidifient en ruches mais pas en plein air; c’est par accident que l’on trouve sur un arbre un rayon commencé puis abandonné. Il y a deux ans, on lui signalait sur un sophora du Jardin des Plantes, placé à quelques mètres de la ruche, une grappe d’abeilles attachée à une grosse branche. Elles construisirent un nid et passèrent l’hiver presque entièrement, sortant par les jours de soleil. Mais en février des froids très âpres survinrent, et l’on ramassait peu à peu les cadavres d’abeilles autour de la ruche. 11 recueillit le nid et constata des modifications architecturales appropriées à la situation. Un lui signala cet hiver un autre nid construit sur un marronnier proche du Jardin des Plantes, entre des branches qui n’avaient pas plus de 5 à G centimètres de diamètre. Le nid ainsi installé se détacha deux fois et fut recommencé. Une grande partie des abeilles passa l’hiver, car l’on trouvait récemment collés sur les bourgeons des marronniers des cadavres d’abeilles qui, attirées parla matière agglutinante n’avaient pas eu la force de se détacher. Ici encore, dans celte situation anormale du nid, ou relève des dispositions architecturales très spéciales, entre autres la clôture hermétique du nid par une muraille du côté du nord-ouest.
- Exploration de cavernes. — M. A. Gaudry expose ensuite que MM. Martel et Yan den Broeck ont procédé à l'exploration d’abîmes sis à Nismes (Belgique). Ces abîmes sont des avens; ils sont appelés abannels dans le pays. Ils remontent à une très haute ancienneté. On connaissait déjà comme exemple de ce genre les cavités à phospho-rites du Quercy ; les abannels de Nisines sont plus anciens encore, car ils paraissent devoir être rattachés à la fin des temps secondaires.
- Le blanchissement des cheveux. — M. Metchnikoff rappelle qu’il existe une théorie du blanchissement du cheveu, d’après laquelle, lorsque le sujet prend de l’àge, le cheveu se dessèche et laisse pénétrer de l’air qui, altérant le pigment, cause le blanchissement. 11 observe que l’on trouve de l’air dans la partie centrale, mais jamais dans la partie eorticale; l’explication ne vaut donc rien. D’autre part, une substance pénétrant dans Te cheveu pourrait-elle altérer le pigment? Des expériences de chimie permettent de répondre non, car le pigment est une substance très stable; le blanchissement n’est donc point non plus d’origine chimique. C’est un phénomène vital. Le cheveu peut renfermer des cellules'.vivantes à prolongements aniiboïdes qui mangent le pigment-; une partie va dans la racine, l’autre est rejetée sous forme de poussière impalpable. On peut, dès lors, se demander s’il existe un moyen d’influencer ces cellules chromophages.; la réponse est affirmative. Une température de 00° suffit
- pour les tuer. Aussi de bons résultats paraissent-ils avoir été obtenus sur des femmes, en repassant leurs cheveux avec des fers chauds. M. Metchnikolf a recherché si le blanchissement hivernal des plumes ou des poils de certains oiseaux et mammifères s’opérait par le même mécanisme. Il a constaté sur le lagopède et sur une espèce de lièvre que le procédé est général. Cn. de Vjllkdeuil.
- FORMES DES GRAINS DE POLLEN
- Le pollen — personne ne l’ignore — est l'élément fécondateur de la fleur; il se développe dans les loges des étamines, ou anthères, et se répand au dehors, pour gagner le stigmate par l’intermédiaire du vent ou des insectes, le plus souvent sous la forme d’une fine poussière. Examinée au microscope, cette poussière apparaît composée de grains très menus, larges au plus de quelques millièmes de millimètre.
- Exceptionnellement, tout Je pollen d’une meme loge reste uni en une masse cohérente, comme chez les Orchidées, les Asclépiadées, ou se partage seulement en tétrades ou groupe de quatre grains, comme chez les bruyères, certains acacias. Le plus souvent les grains sont parfaitement distincts les uns des autres *
- Ces grains, qui sont des cellules complètes ayant un contenu protoplasmique protégé par deux membranes, Yinthie et 1 ’exine, revêtent une forme déterminée, toujours constante dans une même espèce et. parfois pour un même genre ou une même famille. Aussi leur étude est-elle importante et peut-elle fournir quelques éléments utiles à la classification.
- Toutefois, il faut faire remarquer que la constance de la forme des grains de pollen ne persiste qu’au-tunt que l’espèce se maintient dans toute sa pureté : chez les hybrides et les variétés résultant d’une longue culture, elle offre une grande tendance à varier.
- Pour bien reconnaître la forme réelle du pollen, il faut examiner des grains parfaitement frais et secs, tels qu’ils se présentent au moment où ils viennent de tomber naturellement de l’anthère. Si on les immerge, pour l’étude microscopique, dans l’eau ou la glycérine, leur profil change, et pâr l’absorption du liquide passe ordinairement à la forme sphérique. Quelquefois, en redevenant sec, le grain reprend ses contours primitifs, mais le plus souvent la déformation persiste.
- A. W. Bennett a fait remarquer que, au point de vue de la. fécondation, lès plantes phanérogames peuvent être .partagées, en deux grandes séries, le pollen étant chez les unes porté au stigmate par les inséctes,, tandis que chez les autres c’est le ven.t simplement qui. accomplit cet office. Celles-ci ont en général, des’fleurs sans éclat ou sans parfum; les premières, au contraire, ont leurs corolles revêtues d:e brillantes couleurs, ou distillent des odeurs suaves de nature à attirer les petits hôtes qui leur sont si nécessaires.
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- LA NATURE.
- Or, la forme du pollen serait en relation avec le mode de fécondation. Chez les plantes, où l’air est pour cet acte Tunique intermédiaire, dominent les grains de pollen arrondis et lisses, se prêtant bien par suite au transport par le vent; chez les autres, ces mêmes grains sont anguleux ou munis d’épines, d’ornements, de protubérances de toutes sortes, de
- Fig. 1. — Un des plus gros pollens connus, Onothcra macrocarpa. Grossissement : 300 diamètres.
- manière à leur permettre de s’attacher facilement au corps et aux ailes des insectes.
- Mais toute généralisation est dangereuse. En l’espèce, la conception de M. Bennett s’appuie sur un assez grand nombre de faits qui lui donnent raison, mais elle admet de criantes exceptions.
- Il faut se garder de déduire la forme du pollen d’une espèce de l’examen de quelques grains pris au hasard et sans précaution dans une corolle : on s’exposerait en effet, par ce moyen, à apporter sous l’objectif des grains d’autres espèces. Ce mélange, assez fréquent, est le fait des insectes, qui transportent de fleur en fleur les pollens variés dont ils sont couverts. Il en résulte, d’ailleurs, la production de nombreux hybrides spontanés, et une grande difficulté pour conserver dans leur intégrité certaines variétés obtenues par l’horticulture.
- Plusieurs auteurs ont abordé l’étude de la forme des grains de pollen. Worthinglon G. Smith, en particulier, a publié une centaine de figures et types intéressants et caractéristiques ; nous en avons choisi quelques-uns, pour montrer l’étonnante variété qui diversifie ces corpuscules.
- Un des plus gros pollens connus est celui de VOnolhera macrocarpa, qui mesure plus d’un dixième de millimètre; il est donc bien visible à l’œil nu. Le lis, l’iris, le cobaea ont aussi des pollens assez volumineux, dont les grains peuvent être distingués à la vue simple. En revanche, les pollens des Rosacées, des Myrtacées, des Ericinées sont com-
- posés de grains très petits, et semblent une poussière impalpable.
- 11 faudrait aligner côte à côte environ 150 grains du pollen du Figuier pour faire une longueur de 1 mm ; ces grains ont donc à peine les dimensions des globules du sang de l’homme.
- La forme la plus générale des grains de pollen est celle d’une sphère ou d’un ellipsoïde; quelquefois ils revêtent l’aspect de solides géométriques à plusieurs faces.
- Tantôt leur surface est lisse; mais souvent aussi elle est chargée d’ornements plus ou moins symétriquement disposés, et consistant soit en espaces clairs dessinés par un amincissement de la membrane externe, soit en protubérances dues à des épaississements de cette même membrane.
- La connaissance de la forme du pollen peut corroborer ou au contraire rendre douteux les assemblages de types admis par les botanistes sur d’autres considérations. C’est ainsi que, dans la famille assez hétérogène des Caprifoliacées, le pollen de YAdoxa, du Sambucus, est semblable, et se rapproche par sa forme ovoïde de celui du Lierre et des Saxifrages, tandis qu’il est sphérique chez le Symphoricarpos et triangulaire chez le chèvrefeuille. De même le pollen des Cuscutes, aujourd’hui détachées des Convolvulacées, est très analogue h celui du Convolvulus
- Fig. %. — Quelques pollens, à leelielle de la fig. i. — 1. Lonicera periclymenum. — 2. Dahlia ceroanlesn. — 5! Thunbergia harrisii. — 4. Rhododendron caiàwbiense. — 5. Vumaria offi-cinalis. — 6. Anthuriumscherseriünutn. — 7. Dolygalavulgaris. — 8. Passi/lora coelestina. — 9. Liliiun longiflorum.
- arvensis, tandis que le pollen de ce dernier, de forme ellipsoïde, n’a aucune ressemblance avec le pollen sphérique du Convolvulus soldanella, pourtant rangé dans le même genre. À. Acloque.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fieùrus, 9.
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- N° 1721. - 10 MAI 1006. LA NATUfcÈ
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- UN POISSON VOLANT DES EAUX DOUCES AFRICAINES
- Tout le monde sait qu’un certain nombre de poissons dits volants comme les Exocets, les Daetylo-ptères, peuvent sortir de leur élément naturel, l’eau, et, grâce surtout au grand développement de leurs nageoires pectorales, se soutenir plus ou moins longtemps dans l’air, et se soustraire de cette façon aux atteintes des ennemis qui les pourchassent.
- Les espèces marines de poissons volants sont relativement assez nombreuses. C’est ainsi que môme sur nos côtes, principalement sur celles de la Médi-34e aimée. — l1-'1 semestre.
- terranée, on peut capturer, bien qu’assez rarement à la vérité, des représentants de quatre à cinq espèces d’Exocets et d'une espèce de Dactyloptère. Par contre, dans les eaux douces, il en est tout autrement en ce qui concerne les poissons volants qui sont absolument exceptionnels.
- 11 existe cependant, dans les grands cours d’eau de l’Afrique tropicale, un poisson minuscule qui mérite de fixer l’attention et dont les mœurs singulières commencent à être bien connues grâce aux observations de quelques-uns de nos explorateurs. Ce poisson, décrit en 1876, par Peters, porte le nom de Pantodon de Buchholz. C’est, jusqu’ici, l’unique représentant d’une famille spéciale, assez voisine de celle des Ostéoglossidés.
- Le Pantodon doit son nom générique, qu’on peut traduire par Tout en dents, à sa dentition extraordinairement développée. Les dents, en effet, de forme conique, quoique petites, sont répandues partout dans la bouche, non seulement sur les mâchoires, mais sur les principaux os de la cavité buccale, vomers, palatins, ptérygoïdes, parasphénoïde, etc. 11 y en a meme jusque sur la langue! Comme on le voit cette dentition luxuriante peut suppléer dans une certaine mesure à la faiblesse de ce poisson dont la taille est généralement comprise entre 5 à 8 centimètres.
- Mais ce n’est pas là la seule particularité qu’il présente, il possède un autre moyen bien plus efficace de se soustraire à la rapacité toujours si grande de la gent aquatique. L’examen anatomique de ses organes locomoteurs peut, dans une certaine mesure, nous expliquer leur physiologie. Les nageoires du
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- LA NATURE.
- Pantodon sont fort remarquables, la dorsale est très courte et située très en arrière, mais les pectorales à rayons peu nombreux sont par contre extrêmement grandes, leur longueur égale la moitié environ de la longueur totale du corps. Elles se replient horizontalement comme les ventrales qui sont aussi fort développées et prolongées en longs filaments. La caudale est pointue, très grande, ses rayons médians sont deux fois aussi longs que la tête.
- Quant à la livrée de ce curieux petit poisson elle est des plus chatoyantes. C’est un véritable papillon aquatique si l’on peut s’exprimer ainsi. Les parties supérieures du corps sont olivâtres, le ventre est jaune argenté, rehaussé de carmin. Il existe, parfois, des bandes transversales foncées sur le dos. Les nageoires sont rose vif avec de petites taches rondes d’un brun violacé qui forment des bandes transversales sur les pectorales ; celles-ci sont en outre teintées de violet à la face interne et à l’extrémité.
- Le Pantodon a été découvert dans la rivière Victoria au Cameroun, mais depuis on l’a rencontré à l’embouchure du Niger, au vieux Calabar et en divers points du bassin du Congo. C’est M. Jacques Savorgnan de brazza, le frère du fondateur de la colonie, qui l’a le premier, en 1886, rapporté de ce dernier fleuve. Il en avait capturé un petit spécimen à Nganchou, à l’aide d’un filet à papillon en puisant de l’eau pour boire, et, dès cette époque, ce poisson était indiqué comme volant1. Toutefois les observations ultérieures manquaient et la chose demandait à être confirmée.
- Parmi les nombreux documents scientifiques recueillis par la mission Foureau-Lamy, consignés dans le magnifique ouvrage que vient de publier le chef de la mission, M. Foureau, il est un fait qui mérite d’attirer l’attention. M. Foureau, en effet, signale parmi les animaux du bas et moyen Chari, dans les environs du lac Tchad, une sorte de poisson volant. « Ce dernier, écrit-il2, très petit, s’élance hors du liquide et parcourt à fleur d’eau, en battant l’eau de ses nageoires pectorales et en y traçant un petit sillon rectiligne, une distance qui d’ordinaire est de T à 5 mètres, mais que j’ai vue parfois atteindre une quinzaine et même une vingtaine de mètres. »
- C’est là une constatation des plus précises et des plus intéressantes; l’espace parcouru par ce poisson minuscule, en rasant la surface de l’eau, est relativement considérable.
- Pour moi je n’hésite pas à rapporter ce petit poisson volant au genre Pantodon. 11 est même très probable que c’est l’espèce même décrite par Peters, dont Faire géographique est des plus étendues3, ce qui s’explique peut-être, dans une certaine mesure, par son mode de locomotion si particulier.
- 1 E. Rivière. Exposition de la mission Brazza au Muséum. Revue scientifique, XXIII, II, 1886, p. 18.
- 2 Foureau. Documents scienlifitjucs de lu mission saharienne, II, p. 1048.
- 5 Un spécimen de Puntodou de Buehhok a été rapporté par'la mission du Bourg1 de llozas, de l'Ouelle, al'llnenl, dp l'Oubauglii.
- Quoi qu’il en soit, il est utile d’insister sur la présence d’un petit poisson volant dans les eaux douces africaines, nos connaissances étant, à l’heure actuelle, bien imparfaites en ce qui concerne la biologie des espèces exotiques.
- C’est un animal qui doit être signalé à l’attention des voyageurs. 11 serait tout à fait désirable qu’on puisse rapporter quelques Pantodons vivants en Europe où ils seraient des plus curieux à observer en aquarium, sans compter que sous le rapport des qualités esthétiques, ces poissons ne le cèdent en rien aux Macropodes de Chine et aux Centrarchidés ou Perches américaines acclimatés chez nous en ces derniers temps. I)1' Jacques Pellegiun.
- LE TRANSPORTEUR
- de la Place Saint-Michel
- Dans un précédent article de La Nature on a indiqué le mode de construction adopté pour le passage au-dessous des deux bras de la Seine de la ligne métropolitaine n° 5, ainsi que les installations prévues pour l’établissement de la station souterraine qui doit être établie sur la place Saint-Michel. Celle installation nécessite l’enlèvement d’un cube de déblai considérable. On ne pouvait songter à opérer cet enlèvement des terres au moyen de tombereaux, moyen, du reste, lent et peu économique, l’emplacement dont on disposait autour de la fouille étant par trop exigu et le travail de ces derniers ayant, de plus, le grave inconvénient d’empêcher celle des voilures et des piétons. On prit donc le parti, d’ailleurs logique, d’enlever ces terres au moyen de chalands amarrés au quai voisin de la Seine. 11 paraissait tout indiqué de relier la fouille avec la berge au moyen d’une voie souterraine sur laquelle auraient circulé des wagonnets venant se décharger dans le chaland ; malheureusement la ligne d’Orléans qui suit les quais et passe au-dessous d’eux mettait obstacle à cette installation. D’un autre côté, il était également impossible d’obstruer la circulation des tramways et des voilures qui circulent le long de ces mêmes quais. Il fallait donc trouver un moyen sûr, rapide et économique, de transporter les déblais de la fouille aux chalands, en passant au-dessus des quais et, par conséquent, sans gêner aucunement la circulation sur ceux-ci. M. Cha-gnaud, l’entrepreneur des travaux, eut alors recours à un transporteur du type Temperley représenté par la figure 7.
- Ce transporteur se composte de deux parties distinctes : 1° la charpente métallique qui franchit le quai; 2° le transporteur Temperley, supporté par cette charpente, et qui sert au transport des déblais de la fouille au chaland. Nous décrirons brièvement ces deux parties de l’appareil.
- Charpente métallique, — La charpente métallique (fig. 1) se compose d’une poutre de 26,60 m. de
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- longueur totale prenant appui, à ses deux extrémités, sur des pylônes. Elle est formée de deux fermes en treillis de 4 mètres de hauteur, espacées de 4 mètres et dont les semelles inférieures se trouvent à une hauteur de 5,50 m. au-dessus du quai, de manière à laisser libre la circulation des véhicules. Ces deux fermes sont enlretoisées à leur partie inférieure par un plancher formé de pièces de pont et de croix de St-André sur lequel repose un tablier de madriers, afin d’empêcher les matériaux transportés par les bennes de tomber sur le quai. Des poutres transversales relient également les semelles supérieures des fermes et servent de support à la poutre de roulement du Temperlcy dont nous parlerons tout à l’heure.
- Comme il était indispensable de faire varier en plan la position du point de chargement de la benne, suivant les emplacements variables de la fouille, il était également indispensable d’adopter un dispositif permettant d’orienter le transporteur suivant un certain angle et de l’amener, à volonté, en un point quelconque de cette fouille.
- Dans oc but, le pylône qui, du côté Seine, supporte la poutre principale, repose, en son centre, sur un pivot et ses deux côtés sur deux galets circulant sur des rails disposés suivant une courbe ayant le pivot comme centre.
- Le second pylône, côté de la fouille, repose sur quatre galets de roulement circulant sur des rails disposés également suivant un cercle, mais ayant pour centre le pivot du pylône, côté Seine. Il résulte de cette disposition la possibilité de faire pivoter la charpente métallique autour du pivot, côté Seine, et, par suite, d’amener la benne en un point voulu de la fouille et ne dépendant que de l’arc que le pylône, côté fouille, peut décrire sur les rails de roulement.
- La charpente métallique a été établie par M. Dubois, constructeur à Paris.
- Tansporleur Temperley. — Le plus généralement, dans le transporteur Temperley, la poutre de roulement, sur laquelle circule le chariot supportant la benne, est en pente vers le point de chargement. Pour amener cette benne à la décharge et lui faire, par conséquent, remonter la rampe de la poutre de roulement, on se sert d’un câble unique actionné par un treuil. Après la décharge de la benne, le retour vers le point de charge se fait sous l’action seule de la gravité due à l’inclinaison de la poutre de roulement.
- A la place Saint-Michel cette disposition ne pouvait être adoptée, par suite de l’impossibilité de donner à la poutre de roulement une inclinaison quelconque; elle devait rester horizontale et, par conséquent, il. fallait trouver un dispositif remplaçant l’action due à la pesanteur pour ramener la
- benne de la décharge à la charge. Pour cela, on a eu recours à un second câble attaché, d’un côté, au chariot et, de l’autre, à un contrepoids. C’est l’emploi de ce contrepoids de rappel qui seul différencie le Temperley de la place Saint-Michel du Temperley ordinaire.
- La poutre de roulement (fig. 1), en forme de double lé, sur les ailes inférieures de laquelle circulent les galets du chariot de support de la benne et qui repose, comme nous l’avons dit, sur la partie supérieure de la charpente métallique, a une longueur totale de 53,50 m. Du côté Seine, elle se trouve en porte à faux de 10,20 m. et, du côté fouille, de 40,70 m. Ce porte à faux est équilibré au moyen de haubans fixés à la partie supérieure des- pylônes.
- Le chariot A dont nous parlerons tout à l’heure et qui roule, au moyen de galets, sur la poutre de roulement , est relié, d’un côté, par le câble BCDEEG, au treuil électrique placé dans une petite cabine isolée installée sur le bord du quai. De l’autre côté,
- ce chariot est relie par un second câble 1KLMNOP au contrepoids P placé dans le pylône côté fouille. Ce contrepoids pèse 1700 kilogrammes.
- Si donc, nous supposons le chariot au point de charge A, en actionnant, au moyen du treuil électrique, le câble BCDEFG, le chariot se transportera de A en A' ; mais, en même temps, par l’intermédiaire du second câble, 1KLMN0P qui lui est fixé, il soulèvera le contrepoids P. Après la décharge de la benne en A' et après avoir cessé l’action du treuil, le contrepoids, à son tour, agira sur le câble qui le relie au chariot et ramènera ce dernier au point A de charge d’où il était parti.
- Nous venons d’indiquer le mouvement du chariot entre le point de charge et le point de décharge, ainsi que son mouvement de retour, d’une part, sous l'influence du câble actionné par le treuil électrique et, de l’autre, sous l’action du contrepoids. Reste maintenant à expliquer, ce qui est la caractéristique principale du Temperley, comment s’opère automatiquement la fixation du chariot sur le rail de roulement, au moment de la descente ou de la montée de la benne, soit à la charge, soit à la décharge et comment cette fixation est annulée ensuite pour permettre îa circulation du chariot sur la poutre de roulement entre les points déchargé et de décharge.
- Côté Fouille Charge*
- Treuil
- Portée* - Ô2, oo-----
- Fig. 1. — Schéma du Iransjiorteur.
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- LÀ NATÜRË.
- Nous dirons tout d’abord que le point d’arrêt de la benne sur la poutre de roulement, soit pour la charge, soit pour la décharge, doit pouvoir être modifié à volonté, suivant la position la plus avantageuse pour le chargement de la benne dans la fouille, ou suivant la position de déchargement de celte benne dans le chaland. Dans ce but, la semelle inférieure de la poutre de roulement est munie d’encoches représentées lîg. 2 à 6 et espacées l’une de l’autre de 2 mètres. 11 y en a cinq du côté charge et du côté décharge (fig. 1). Nous verrons l’utilité de ces encoches.
- La figure 2 représente le système d’accrochage de la benne relié au chariot qui circule, au moyen de galets, sur la poutre de roulement AIL Au-dessous de celte poutre on voit la came a, mobile autour de son axe b. On remarque également le linguet p
- benne. Dans ce mouvement d’ascension le verrou K de cette poulie viendra frapper la partie inférieure Y du crochet de suspension. Les deux branches de ce crochet se rapprocheront et maintiendront par leurs grilles le verrou K et, par suite, la poulie mouflée. Par ce même mouvement d’ascension la bielle g et les leviers ede f changeront de position en faisant tourner la came a autour de son centre de rotation. La came sortira de son encoche et le verrouillage du chariot sur la poutre de roulement n’existera plus. Le chariot sera donc libre de circuler sur la poutre de roulement dans un sens ou dans l’autre. C’est la disposition indiquée sur la ligure 2.
- Donc, en résumé, lorsque la benne est libre de monter ou de descendre (position de la fig. 0), le chariot est verrouillé sur la poutre de roulement au moyen de la came a qui a pénétré dans l’encoche.
- Lùup
- !-. Cloche cb>. t/tudcuje de leu poulie, de nCouflcu/e
- - Poulie de moufitaxje
- mobile autour d’un axe et muni d’un ressort de rappel. C’est l’organe principal de l’appareil dont nous expliquerons tout à l'heure le fonctionnement. La came a est reliée, au moyen des leviers c d e f et de la bielle g, au double crochet L qui, suivant la position de la came a, soutient la poulie mou-tlée M, à laquelle est attaché le crochet O qui soutient la benne, ou laisse libre celte poulie et permet alors la montée ou la descente de la benne, au moyen du câble T fixé, d’un côté, au treuil électrique, et, de l’autre, en R, au chariot. En S est fixé le second câble reliant le chariot au contrepoids.
- La figure fi représente le chariot dans la position où la poulie mouflée est libérée du crochet L, et, par conséquent, où la benne est libre de descendre ou de monter. La came a pénètre dans l’encoche au-dessous de la poutre de roulement et le chariot, ainsi verrouillé, reste immobile sur cette poutre.
- Supposons maintenant qu’en actionnant, au moyen du treuil électrique, le câble T, on fasse remonter la poulie mouflée M, à laquelle est suspendue la
- S ibnüx'pouC
- Crochet de suspension de |(_ ly !j
- poutre de niou./ï<_uje. |\
- E^Mo.yi:u.
- Fig. 2 ù 6. — Système d’accrochage de la hernie avec le chariot dans les deux positions de charge et de décharge.
- Lorsque, au contraire, le chariot est libre de circuler sur la poutre (position de la fig. 2) c’est la poulie de mouilage qui, à son tour, est verrouillée sur le crochet K et la came a est sortie de l’encoche.
- Ces deux opérations se font automatiquement comme nous allons l’expliquer en suivant la marche du chariot sur la poutre de roulement. Supposons que, dans la position de la figure 2, le chariot soit entraîné par le contrepoids de gauche à droite suivant la flèche et qu’à ce moment il soit arrivé près de l’encoche où le chargement de la benne doit avoir lieu dans la fouille. La came et le linguet occuperont, dans ce cas, la position indiquée sur la figure 2. Laissons le chariot poursuivre sa course vers la droite d’une certaine quantité, le linguet pénétrera alors dans le creux de l’encoche et prendra la position indiquée fig. 5. Si, à ce moment, en agissant au moyen du treuil, sur le câble T, nous ramenons en arrière le chariot, le linguet, venant buter contre le côté gauche de l’encoche, prendra la position indiquée fig. 4. Il se sera donc incliné vers la droite. En continuant à ramener vers la gauche d’une petite quantité le chariot, ce linguet conservera la même inclinaison. Si, enfin, cessant toute traction sur le câble T, nous laissons le chariot sous
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- l'influence du cable tiré par le contrepoids, le lin-guet viendra buter contre la petite saillie à gauche de l’encoche (fîg. 5). Le chariot sera alors arrêté et la came a tournera autour de son centre en pénétrant dans l’encoche. Tout l’ensemble prendra la position de la figure G. Le chariot sera donc verrouillé sur la poutre de roulement et la poulie moullée, dégagée du crochet L, sera libre de descendre ou de monter la benne. Lorsque la benne aura été remplie au fond delà fouille, le mécanicien, en agissant au moyen du treuil sur le câble T, fera remonter la poulie mouflée; celle-ci, par le contact du verrou K avec le crochet, fermera les griffes de
- chariot sera parvenu à l’encoche qui correspond au point de déchargement, le mécanicien laissera le chariot dépasser quelque peu cette encoche. Pendant cette marche le linguet aura conservé l’inclinaison primitive prise au point de charge et qui est celle indiquée fîg. 4. Si, donc, à ce moment, le mécanicien, cessant toute traction sur le câble T, au moyen du treuil, laisse le chariot sous l’influence du second câble actionné par le contrepoids, le chariot reviendra de gauche à droite et le linguet viendra buter contre la petite saillie qui précède l’encoche (position de la fîg. 5). La came pivotera autour de son axe et pénétrera dans l’encoche en verrouillant
- Fig. 7. — Vue d’ensemble du transporteur de la Place Saint-Michel, à Paris.
- ce crochet, verrouillera la poulie mouflée et, en même temps, ramènera la came a dans la position de la figure 2, en la faisant sortir de l’encoche. Mais, au moment où le chariot est verrouillé sur la poutre par l’entrée de la came a dans l’encoche, ce chariot reste sous l’influence du contrepoids qui, par le câlde, le tire vers la droite, c’est-à-dire du côté de la charge. La came porte donc, dans ce cas, contre la partie droite m de l’encoche. Dans son mouvement de bascule produisant le déverrouillage du chariot, le linguet pénétrera dans cette encoche et, pendant la marche de ce dernier de droite à gauche, c’est-à-dire vers la décharge, le linguet, par son contact avec le côté gauche de l’encoche, s’inclinera pour reprendre la position de la figure 4 et ne s’opposera pas à la marche du chariot.
- Lorsque, sous l’action du treuil de manœuvre, le
- le chariot sur la poutre de roulement. Les griffes du crochet se seront ouvertes et la benne pourra descendre dans le chaland pour y être déchargée.
- Le mécanicien agissant alors à nouveau sur le treuil fera remonter la benne vide qui, par le contact du verrou lv avec le crochet L, remettra la came dans la position de la figure 2, en laissant le chariot * libre de circuler sur la poutre.
- Mais, pour les mêmes raisons que nous avons indiquées à l’encoche de charge, le linguet pénétrera dans cette encoche et, sous l’influence de la traction produite par le câble du contrepoids, le chariot continuera à se diriger vers la droite en inclinant le linguet vers la gauche par sa butée contre le côté droit de l’encoche et en lui donnant la position qu’il avait lorsque nous l’avons pris au point de charge et représentée par la figure 2.
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- On voit donc que c’est le linguet qui est l’organe essentiel du transporteur Temperley et que c’est grâce aux diverses inclinaisons, qu’il peut prendre automatiquement pendant la marche du chariot sur la poutre de roulement, que la montée ou la descente de la benne aux points de charge ou de décharge, ou la circulation de ce chariot sur cette poutre, peuvent se faire automatiquement. Tout se réduit pour le me'canicien, à chacun des points de charge ou de décharge, à laisser le chariot dépasser quelque peu son encoche d’arrêt prévue, puis à le ramener ensuite en arrière et permettre au linguet de prendre l’inclinaison voulue pour produire le mouvement de bascule de la came.
- Le Temperley a été construit par la maison Gaillard et Ci0 du Havre, concessionnaires en France du brevet. Le treuil de manœuvre est actionné par une dynamo à courant continu de 60 ampères sous MO volts, soit une puissance de 26,4 kw. La vitesse de montée de la benne en charge est de 0,80 m. par seconde et celle de descente de 1,50 m. A vide cette vitesse à la montée est de 2 mètres et à la descente de 2,50 m. Quant à la vitesse de translation en charge elle est de 2,90 m. et à vide de 5,50 m. La capacité delà benne est de 775 litres. On peut transporter 20 mètres cubes de déblai à l’heure, ce qui représente environ 30 tonnes.
- La puissance absorbée par le transporteur est, au maximum, de 28 chevaux, pendant la montée de la charge. La puissance moyenne dépensée pour le fonctionnement ne dépasse pas 22 chevaux.
- R. BonlMN.
- L’ÉPURATION
- DES EAUX RÉSIDUAIRES
- et les expériences du Dr Calmette
- Depuis l’introduction de la lamentable pratique du tout à Végout, la majorité des grandes villes contaminent d’effroyable manière les cours d’eau qui les traversent : surtout quand, comme à Paris, un unique réseau d’égouts, selon le système unitaire, véhicule aussi bien les eaux vannes que les eaux d’arrosage (qui les doublent) et même que les eaux pluviales (qui les décuplent) ! Aussi les recherches les plus complexes sont-elles en cours depuis longtemps pour pallier la pollution des rivières.
- Le système épuralif ou d’un double réseau d’égouts, qui n’envoie au cours d’eau que les écoulements les moins contaminés, et conduit les autres (moins abondants) aux usines d’épuration, est très prisé, mais fort coûteux, et impossible en somme à installer dans les cités déjà pourvues d’égout.
- Le fameux épandage, objet de si passionnées controverses pour la ville de Paris, n’est, il faut absolument l’avouer, applicable que d’une trop restreinte manière : il est dangereux dans tous les terrains calcaires (même tertiaires), dont les fissures risquent de provoquer la contamination permanente
- des nappes phréatiques et des réseaux d’eaux souterraines alimentant les émergences.
- Restent en présence les procédés biologiques (essayés par Dibdin dès 1895) et chimiques. De ceux-ci nous avons déjà dit un mot (La Nature, n° 1668, 15 mai 1905, Inform., p. 93), à propos des expériences confiées à M. le 1)' Galmctle, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, par la Caisse des recherches scientifiques. Ces expériences ont donné de tels résultats qu’en mai 1905, le Conseil général de la Seine a décidé de les poursuivre à Ivry près Paris (V. La Nature, n° 1672,10 juin 1905, Inform., p. 5). En décembre 1905, l’Académie des sciences morales et politiques décernait à M. le D‘ Calmette le prix Audiffred (15 000 francs). Aussi bien le Dr Calmette a-t-il publié il y a peu de temps un travail capital sur ce sujet, si important que nous regrettons de n’avoir pas pu, faute de place, en donner plus tôt au moins une sommaire analyse : voici à grands traits, en suivant le Dr Calmette dans les principales lignes de son magistral exposé1, et en négligeant les détails de la pratique, comment se présente la question et quels résultats son élude a produits. Le traitement mécanique des eaux d’égout par la décantation, ou le traitement chimique par des réactifs tels que la chaux, les sulfates d’alumine, ferrique, les chlorures ou hypochlorites alcalins, réalise la précipitation chimique, qui enlève à l’eau ses matières albuminoïdes coagulables et ses corps flottants, mais qui ne Y épure qu’ incomplètement.
- La réelle épuration exige que les matières organiques soient totalement dissociées et réduites en matières minérales, c’est-à-dire en nitrates libres, acide carbonique, hydrocarbures gazeux et eau.
- Seuls les microbes ou la combustion directe par le feu peuvent effectuer cette décomposition moléculaire. La combustion est impraticable, à cause de la dépense énorme de combustible qu’elle exigerait. Restent donc les microbes, agents naturels par excellence de toutes les décompositions végétales ou animales. C’est la connaissance de leur rôle qui a conduit à la récente découverte des procédés dits à’épurationbiologique. Comment peut-on les appliquer au traitement des eaux d’égout?
- En règle absolument générale ces eaux renferment :
- 1° Des substances ternaires (carbone, oxygène et hydrogène).
- 2° Des substances quaternaires (carbone, oxygène, hydrogène combinés à Y azote).
- Les substances ternaires sont désintégrées surtout par des microbes anaérobies, c’est-à-dire qui peuvent vivre à l’abri de l’oxygène de l’air.
- Les substances quaternaires (foisonnant dans les résidus d’abattoirs, tanneries, vacheries), sont désintégrées aussi bien par les espèces anaérobies que par les aérobies (mises en présence de l’air).
- 1 Recherches sur l’épuration biologique et chimique des eaux d’égout, par le Dr A. Calmette, avec la collaboration de E. Rolandts, P. Constant. E. Boullanger, L. Massol. A. Bui-sine, in-8°, 194 p., 41 lig. Paris, Masson, 1906.
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- - Les eaux d’égout renferment encore des substances minérales (sable, charbon, argile, sels).
- Avant d’opter pour un procédé d’épuration, il faut au préalable, par dés analyses chimiques et des mensurations exactes, préciser la composition moyenne et les quantités d'eau à épurer.
- L’énorme avantage de l’épuration exclusivement biologique est double : d’abord la suppression des boues si encombrantes1 et celle des réactifs ; ensuite une purification bien plus parfaite, grâce à la désintégration totale des matières organiques, qui est substituée à la simple précipitation des matières.
- Pour M. le I)1' Calmette, l'épandage avec ou sans utilisation agricole est, théoriquement, le plus simple et le plus naturel des procédés d’épuration biologique. Mais pour l’immense ville de Paris, il se heurt g, pratiquement, à la difficulté des espaces et de la nature des terrains nécessaires. Dans l’épandage, ce sont les microbes de la terre végétale qui désintègrent et minéralisent la matière organique contenue aux eaux d’égout; c’est le sol qui fixe celle matière organique dissoute, comme une teinture dans un tissu. Mais il faut que l’eau ne le traverse pas trop rapidement. Gomme les plus favorables terrains d’épandage (avec culture), ne peuvent absorber et épurer par jour et par mètre carré plus de 10 à 11 litres d’eau d’égout, ce système (sans parler des frais d’établissement,* de réseau souterrain, de drainage et d’irrigation) est extrêmement coûteux : en fait, il n’est permis qu’aux grandes villes entourées de vastes terrains sablonneux-, très absorbants et peu coûteux.
- D’autre part, on ne doit pas exagérer le rôle épurateur de la culture ; et c’est une erreur que de développer l’utilisation des eaux d’égout dans la culture maraîchère. L’hygiène se refuse à admettre le déversement, à proximité de légumes consommables crus, d’eaux contenant encore des matières fécales non dissoutes.
- Depuis 1888, les essais de filtration intermittente ont bien réussi aux États-Unis; mais ce procédé requiert aussi des surfa’ces considérables et il accumule, sur les lits de sable, des boues qu’il faut fréquemment racler. On estime que l’épandage avec utilisation agricole peut coûter annuellement environ 2 francs par an et par habitant. Quant à l’épuration chimique elle revient à 2IV,25 et ses résultats sont moins bons. En vérité la solution la plus économique et la plus pratique, parce qu’elle est applicable partout, c’est l’épuration artificielle par les
- 1 A Leeds (Angleterre) on commence par .mélanger les eaux d’égout avec du lait de chaux par un brassage énergique. On retire l’écume, qui constitue une véritable boue, dont 1/5 seulement est employé par les paysans des alentours non pas comme engrais, mais simplement pour couvrir le sol. Les irais de transport empêchent de s’en servir au loin. Le surplus de Ce qu’on retire des septictanks est accumulé sous forme de lagunes qui finissent par former un encombrement impraticable. L’épuration n’arrive qu’à 50 pour 100.
- 2 Je ne puis pas l’admettre, dans les terrains calcaires, à Cause de leurs fissures, trop larges en général pour réaliser la fixation de la matière organique.
- procédés exclusivement biologiques, qui ramènent toutes les matières organiques à l’état d’éléments minéraux.
- L’épuration biologique artificielle, en effet, permet d’accélérer, de régler à volonté le travail des microbes, tandis que l’épandage, ou la filtration intermittente, laissent les phénomènes s’accomplir selon les caprices locaux de l’atmosphère et de la géologie; et surtout elle procure, dans un temps très court, et avec des surfaces très réduites, le traitement de quantités d’eaux considérables. Sans entrer dans de trop techniques détails, on peut dire que l’épuration biologique artificielle des eaux d’égout se partage en quatre phases :
- 1° Séparation des résidus solides non putrescibles (sable, gravier, scories, charbon, débris de fer, de pierres, etc.).
- 2° Dissolution des matières organiques par fermentation anaérobie, avec gazéification partielle.
- 3° Fixation de ces matières organiques dissoutes sur des substances capables de constituer le support des microbes oxydants aérobies.
- 4° Transformation, par les microbes, des matières azotées dissoutes et fixées, en nitrites puis en nitrates solubles, et des matières ternaires en produits gazeux et en eau.
- Dans la première phase, uniquement mécanique, le rôle des microbes est nul.
- La réelle épuration ne débute qu'avec la seconde phase, où l’on reçoit l’eau, débarrassée des minéraux non putrescibles, dans des bassins installés pour la production rapide et abondante des ferments anaérobies (fosses septiques).
- Eu sortant de ces bassins, l’eau gagne les lits d’oxydation ou lits bactériens, couche plus ou moins épaisse soit de scories ou mâchefer, soit de coke, soit de briques concassées; toute la masse de ces lits doit être alternativement immergée ou aérée.
- Les recherches de M. Calmette visaient l’application aux grandes villes, c’est pourquoi l’on a choisi l’égout collecteur de la Madeleine, près Lille, qui se déverse, dans la Basse-Deule, avec un débit moyen de 500 et 700 mètres cubes par vingt-quatre heures en temps de sécheresse.
- Les plans de cette station, désormais fameuse, d’expériences comprennent :
- 1° Deux fosses septiques de 250 mètres cubes de capacité chacune, l’une ouverte à l’air libre, l’autre couverte ;
- 2° Quatre lits bactériens de contact, pouvant recevoir chacun 68 mètres cubes d’eau à chaque remplissage ;
- 3° Plusieurs petits lits bactériens pourvus de dispositifs mécaniques pour la distribution automatique de l’eau à épurer ;
- 4° Une usine pour les essais d’épuration chimique, avec bassins de décantation et force motrice pour élever l’eau ;
- 5° Enfin, les bassins de jauge, un laboratoire et des appareils enregistreurs de débit et de température.
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- LA NATURE.
- Fig. 1. — Lit bactérien et distributeur automatique Fiddian. à Liverpool.
- d’autre dépense que la manœuvre des vannes assurant les périodes d’immersion ou d’aération alternative.
- Les microbes nilrilica-teurs, en somme, achèvent, au sein des lits bactériens, la décomposition des matières azotées, par la transformation en nitrates des sels ammoniacaux qu’ont produits les autres espèces microbiennes.
- Les lits baclériens de contact sont très simples à construire, peu coûteux à établir et durent presque indéfiniment avec un entretien quasi nul. Cependant, leur capacité d’épuration se bornant à environ 50t) litres
- Les quantités totales de matières en suspension et de matières dissoutes minérales ou organiques, entrant journellement dans les bassins sont d’environ :
- Matières minérales
- Total.
- hn suspension. En solution . .
- 555 kg 575 ki>
- 710 k£
- Or, les deux fosses septiques, mises en service le 4 juillet 1904, n’ont jamais été vidées ni nettoyées; au bout d’une année entière de fonctionnement, les boues étaient si insignifiantes qu’on a jugé inutile tle les enlever.
- Les fosses septiques ont reçu et dissous en un an, par les seules actions microbiennes, 102 tonnes de matières organiques en suspension, soit 280 kilogrammes par jour.
- La fosse septique est l’organe destructeur des matières hydrocarbonées, tandis que les lits bactériens réalisen t sur tou t l’épuration définitive des eaux en ce qui touche les matières azotées.
- Le tassement des lits de scories a été trouvé presque nul; le colmatage des rigoles de distribution était également négligeable.
- Donc les mêmes scories fourniront pendant des années une nitrification très suffisante, ce qui est le point capital du problème. Il sera sans doute inutile de labourer ou de renouveler leurs couches superficielles avant cinq ou six ans.
- Par conséquent, l’entretien des lits n’entraîne plus
- par mètre carré de surface et par vingt-quatre heures (avec trois remplissages), ils requièrent encore d’assez vasles espaces de terrain. Aussi a-t-on recherché, surtout en Angleterre, des dispositifs mécaniques pour augmenter leur capacité épuratoire sur une même surface, et même pour supprimer les alternances d’immersion et d’aération. C’est ce qu’on nomme les lits bactériens à percolation, subdivisés en cinq groupes, selon leur mode de distribution.
- 1° Les pulvérisateurs à pression; 2° les tourniquets hydrauliques, ou sprinklers; 5° les mâchoires à renversement; 4° l’égouttage direct; 5" les siphons à décharges intermittentes.
- 1° Dans les systèmes pulvérisateurs on place sur la surface d’un spuI lit bactérien, épais de 2 à 5 mètres, des tuyaux métalliques (tous les 1,50 m. environ), pourvus d’un ajustage pulvérisateur spécia1.
- Ce réseau de becs pulvérisateurs projette l’eau
- Fig. 2. — Lits bactériens à Sprinhlers d’Adam’s.
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- LA NATURE
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- Fig. 3. — Vue générale des lits bactériens de premier et de second contact à la slalion expérimentale de la Madeleine.
- Fig. 4. — Fosses septiques de Ja station expérimentale de la Madeleine.
- A gauche, fosse ouverte ; à droite, sous la plantation d’arbustes, fosse couverte. Sur le premier plan au bas de la figure : chambres à sable.
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- LA NATURE.
- d’égout en pluie fine sur les scories, avec une hauteur de chute d’environ 1 mètre. L’eau traverse tout le lit sans y séjourner et s’écoule aussitôt par le drainage sous-jacent. Ce dispositif est extrêmement coûteux à cause de la multiplicité des canalisations métalliques.
- 2° Tourniquets hydrauliques ou sprinklers. — A Leeds, par exemple, l’eau arrive au centre d’un lit bactérien circulaire, dans l’axe d’un distributeur à deux ou quaire bras; ces bras sont constitués par des tuyaux métalliques percés de petits trous et animés d’un mouvement rotatoire autour de l’axe. Très coûteux aussi, les sprinklers sont souvent contrariés par les vents, qui empêchent la distribution uniforme de l’eau sur les diverses portions des lits.
- 5° Gouttières à renversement. — Le colonel Ducat, à Londres, a essayé, également à Leeds, un fibre pour les eaux d’égout brutes, sans passage préalable par fosse septique; avec 45 mètres carrés de surlace, ce filtre avait une hauteur de 5 mètres, l’eau s’y déversait alternativement sur chacune des sections du lit, au moyen de gouttières à renversement automatique. D’abord satisfaisants, avec une marche de six heures sur vingt-quatre, et un débit de 1200 litres par mètre carré et par jour, les résultats, au bout d’un mois, révélèrent un colmatage de scories qui fit interrompre le fonctionnement.
- Le distributeur rotatif de Fiddian (à Walsall, à Birmingham, à Liverpool, et aussi à la Madeleine-Lille), est meilleur. C’est une roue cylindrique, de 25 à 38 centimètres de diamètre, qui recouvre une série d’augets. Le remplissage successif de ceux-ci produit un mouvement circulaire de rapidité proportionnelle à la quantité d’eau introduite. Leur vidange s’effectue à la surface des scories au fur et à mesure de la rotation de l’appareil. L’épuration est parfaite après.
- La nitrification est très rapide et très active dans le lit bactérien par le distributeur Fiddian, solide et insensible à l’effet des vents.
- 4° Égouttage direct. — A Bristol, M. Stoddart distribue l’eau par égouttage direct, en plaçant sur des lits bactériens, tout près des scories, une espèce de couvercle en tôle ou en zinc, creusé de gouttières parallèles, les arêtes de ces gouttières portant de petites fenêtres losangiques. Mais ce système, très simple, offre l’inconvénient de gêner la circulation de l’air à la surface des lits; de plus, les gouttières sont souvent envahies par des moisissures qui finissent par intercepter la circulation de l’eau.
- 5° Siphons à décharge intermittente. — M. Cal-mettc a adopté de simples siphons à amorçage lent et à déversement rapide, qui réalisent une véritable percolation intermittente des lits bactériens.
- L’eau ainsi évacuée s’infiltre à travers des scories sur toute la hauteur du lit bactérien; elle en sort au bout de quelques minutes complètement débarrassée des matières organiques qui adhèrent aux scories. Le lit bactérien doit avoir une épaisseur d’au moins 1,75 m. ; alternativement on le mouille et
- on l’aère de haut en bas par périodes dont l’intermittence est exactement fixée.
- Quant à l'épuration des eaux d'égout, par les procédés chimiques, M. Buisine l’a expérimentée aussi à la Madeleine, par comparaison avec les procédés biologiques. Le principe de l’épuration chimique est l’addition de certains réactifs chimiques à l’eau contaminée; il en résulte unedouble décomposition entre le réactif et les sels renfermés dans l’eau, un précipité qui, à la fois, englobe toutes les matières en suspension, et retire à l’eau une portion plus ou moins notable des matières organiques en dissolution. On obtient ainsi une clarification et une épuration au moins partielle (sulfate ferrique, chlorure ferrique, sels ferriques de chlorure de chaux ou permanganate de chaux, etc.).
- Il faut reproduire au moins les conclusions finales suivantes du mémoire du D1' Calmette. « Lorsqu’on aura à épurer de très grands volumes d’eau et qu’on n’éprouvera pas trop de difficultés à se procurer les surfaces nécessaires, on adoptera avantageusement la méthode de distribution intermittente sur lit! bactériens à double contact.
- « Lorsque l’épuration devra porter sur un volume inférieur à 10000 mètres cubes par jour, il sera la plupart du temps avantageux de recourir aux filtres bactériens à percolation avec distributeurs automatiques (Fiddian, Sprinklers, ou, plus simplement, siphons à chasses intermittentes).
- « Dans tous les cas, on ne devra jamais considérer comme potables les eaux épurées par Tun quelconque des systèmes biologiques, pas plus d'ailleurs que celles épurées par les procédés chimiques ou T épandage. Ces eaux renferment Toujours des microbes en plus ou moins grand nombre et quelques-uns de ceux-ci peuvent accidentellement appartenir à des espèces pathogènes1.
- « S’il arrivait qu’on fût obligé de s’en servir immédiatement, ou de les déverser dans un cours d’eau à faible débit servant à l’alimentation d’une ville ou d’un village, ou dans la mer au voisinage de parcs à huîtres, il faudrait réaliser leur purification bactériologique complète, soit par des filtres à sable fin (dont un type très recommandable est le filtre américain à grand débit Jewel), soit par les appareils beaucoup plus efficaces de stérilisation par l’ozone.
- « La seule chose qu’on soit en droit d’exiger légitimement des villes est qu’elles rendent, aux rivières ou aux fleuves, des eaux dont le degré de pollution ne soit pas"sensiblement plus élevé que celles qu'elles leur ont elles-mêmes empruntées. »
- J’ajouterai que les partisans, encore trop nombreux, du tout à l’égout et de sa funeste. conséquence directe, l'épandage, ont objecté à M. le Dr Calmette que ces essais étaient plutôt des expériences de laboratoire que des procédés en grand, applicables aux villes importantes. li a suffi de rap-
- 1 A Leeds, à travers lmit pieds de coke l'épuration n’est évaluée qu’à 95 pour 100.
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- LA NATURE.
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- peler que la station scientifique de la Madeleine épurait 500 mètres cubes d’eau d’égout par jour, pour réduire cette observation à néant. D’ailleurs en Angleterre, la grande ville de Birmingham (plus de 510000 habitants) traite ses caqx d’égouts par l’épuration biologique. 11 faut souhaiter que les progrès et perfectionnements de celle-ci ne tardent pas à donner le coup de grâce aux regrettables errements de.l’épandage agricole! E.-A. Mmutx.
- COMMANDE A DISTANCE
- nouvel appareil, quelques mots sur les manœuvres dans une gare et les signaux qui les commandent sont nécessaires.
- Les aiguilles et signaux sont généralement manœuvres à bras d’homme par l’intermédiaire de transmissions rigides ou funiculaires.
- Si la manœuvre des leviers actionnant ces transmissions était laissée à la discrétion des aiguilleurs,
- DES AIGUILLES ET SIGNAUX
- DE CHEMINS DE FER Distributeur P. Chaillaux
- Comme on le sait, la sécurité, dans le mouvement intensif sur les voies ferrées, est surtout assurée par une relation invariablement conforme aux données prévues, de ces deux appareils principaux de la voie : le signal et l’aiguille.
- Ainsi est constitué l'élément qui, joint à d’autres éléments semblables et groupés suivant une infinité de combinaisons, donne lieu au mouvement compliqué et assuré comme par des intermédiaires rigides, de la circulation des trains.
- Bien des systèmes ont été imaginés pour assurer ces relations indispensables et sans lesquelles il ne peut y avoir que chaos et accidents.
- Les plus ingénieuses de ces dispositions demandaient, malgré tout, une initiation supérieure et toujours un travail mental d’assimilation des données schématiques aux réalités du mouvement. Or l’appareil, dont nous donnons aujourd’hui l’analyse, réalise, sous les yeux de l’agent chargé de la manœuvre à distance des signaux et des aiguilles, les mouvements véritables qu’il doit permettre. En un mot, avec une simplicité remarquable 1 inventeur a créé et mis sous les yeux et la main de 1 aiguilleur
- r+Æ1
- CJü'iy-ïir. Gii-
- III
- IV
- Fig. 1. — Voies d’une gare.
- la réduction du résultat à obtenir, et cela dans de telles conditions, que, le voulût-il, cet agent ne pourrait commettre une faute dans la manœuvre. Caractéristique du système, l’erreur dans laquelle il allait s'engager, heurte sa main par Vimpossibilité de la commettre. Inutile à lui de chercher où il a pu être mis en défaut, sa main arrêtée, matériellement mise dans l’impossibilité de mal faire, marque sur le lacis des voies constituées en petit le point où la manœuvre n’eût plus été correcte.
- Pour bien faire comprendre toute la valeur de ce
- Fig. 2. — Obturation des rainures par les câbles.
- ceux-ci pourraient, dans un moment d’inattention, commettre des erreurs de nature à amener des accidents.
- C’est pour parer à celte éventualité qu’ont été créés les « enclenchements » qui sont des organes plus ou moins compliqués établissant entre des leviers certaines liaisons mécaniques temporaires destinées a empêcher les erreurs en question de se produire.
- L’importance de l’effort à développer pour manœuvrer les aiguilles croît très vite avec leur éloignement de sorte qu’on renonce généralement h faire actionner plus de deux à quatre aiguilles par un seul levier.
- Dans ces conditions, les postes de commande des gares importantes sont très encombrants et nécessitent un nombreux personnel d’aiguilleurs. Aussi, depuis quelques années, a-t-on commencé à remplacer la force humaine par des moteurs de diverses natures (à eau, sous pression, à air comprimé ou électriques) placés à proximité des aiguilles. Les postes de commande ne renferment plus alors que des leviers minuscules commandant des robinets, valves ou commutateurs, la production des fluides ayant lieu dans de petites usines spéciales. Dans les premières applications qui ont été faites de ces moteurs, on a conservé des leviers individuels pour actionner chaque aiguille ou un groupe restreint d’aiguilles et on a continué à enclencher ces leviers entre eux comme on le faisait pour les appareils mécaniques. Puis, considérant que, par suite de l’emploi des moteurs, aucune limite n’était imposée au nombre des appareils pouvant être manœuvres simultanément, on s’est trouvé conduit à faire actionner d’un seul coup, et par un même levier, toutes les aiguilles intéressant un parcours à effectuer. On a créé ainsi les appareils à leviers dits « de parcours ou d’itinéraires ».
- Mais, dans tous les systèmes à itinéraires que nous connaissons, il a été nécessaire de maintenir, entre les différents leviers, des enclenchements tels qu’on ne puisse pas autoriser simultanément plusieurs parcours ayant entre eux des points communs. Le nombre de ces leviers s’accroît, naturellement.
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- LA NATURE.
- Fig. 5. — Coupe longitudinale du distributeur. — I), curseurs à poignée produisant la manœuvre des aiguilles et l’ouverture des signaux. C, commutateur lançant le courant dans les moteurs d’aiguilles et recevant, le courant de contrôle. E, E', butoirs ne s’ella-çant que si toutes les aiguilles occupent -la position convenable. 11, butoir ne s’ellaçant que si le, train a parcouru l’itinéraire complet.
- en raison du nombre des parcours que la disposition des voies d’une gare permet d’emprunter entre deux points déterminés. Prenons comme exemple la gare llctive dont le schéma est représenté par la figure 1 :
- Cette gare comporte, à gauche, une voie d’arrivée I et une voie de départ 11; à droite, quatre voies banales, I, II, III, IV. Ces dispositions permettent dix-neuf parcours distincts sans compter les manœuvres intérieures et on se rendra facilement compte de la complication des enclenchements qui seraient nécessaires pour assurer dans tous les cas la sécurité de la circulation.
- Le distributeur représenté par notre figure 6
- être effacé que si toutes les aiguilles intéressées par ce parcours occupent effectivement la position qu’elles doivent avoir ;
- 3° Le signal peut être refermé derrière un train.
- Le distributeur est formé de deux tables horizontales entre lesquelles sont montés des commutateurs de manœuvre des aiguilles et divers organes décrits plus loin. La table supérieure est formée de panneaux pleins séparés par des rainures reproduisant schématiquement toutes les voies de la gare. À chaque extrémité de rainure est disposé mCcurseur 1), qui peut glisser, depuis son point de départ jusque vers l’extrémité opposée de toutes les rai-
- Fig. A. — Plan do la table supérieure du distributeur, curseur dans les positions successives : aiguilles laites, signaux fermés, signaux effacés.
- J, .1, liainures d’arrêt d
- est un appareil de démonstration actionnant un petit modèle de gare avec aiguilles et signaux manœuvrés électriquement et qu’on aperçoit au second plan. La construction en est très simple, car il ne comporte aucun enclenchement, ce qui permet de donner aux manœuvres toute l’élasticité compatible avec la disposition des voies.
- Ce résultat est obtenu en matérialisant sur l’appareil même les différents mouvements qui peuvent se produire dans la gare. L’appareil satisfait aux conditions générales suivantes ;
- 1° Plusieurs parcours convergents ne peuvent pas être autorisés simultanément;
- 2° Le signal commandant un parcours ne peut
- nures. Chaque curseur entraîne un câble souple qui le suit dans tous ses mouvements, obstruant ainsi les rainures, par lesquelles il vient de passer.
- Le curseur actionne au passage les commutateurs C (fig. 3 et 5), puis, si toutes les aiguilles intéressées ont bien obéi à la commande, il peut achever sa course, et provoquer l’ouverture du signal commandant le parcours.
- Il s’en suit que si un curseur M a été amené de 1 en 6, par exemple (fig. 2), donnant le parcours complet 1-6, le curseur N ne pourra pas être amené de 3 jusqu’en 2, car il sera arrêté au passage parle câble qui remplit la rainure 1-6. Par conséquent, le signal commandé par le curseur N ne pourra
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- Plan de la table inférieure du distributeur.
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- LA NATURE.
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- pas être effacé. 11 en serait de même des signaux commandés par les curseurs U, P et 11.
- La première condition (impossibilité de donner simultanément plusieurs parcours convergents) se trouve ainsi remplie sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à des relations d’enclenchements.
- On peut assimiler les curseurs, munis de leur câble souple, aux trains qui doivent parcourir les voies ou parties de voies ligurées par les rainures.
- La simple inspection du distributeur permet de se rendre compte, à chaque instant, des parcours qui sont donnés, et de ceux qu’il serait impossible de réaliser simultanément.
- Nous avons dit qu’un curseur ne peut achever sa course que si toutes les aiguilles actionnées ont réellement obéi aux commutateurs. S’il n’en est pas
- tion du programme. Il reste à montrer comment l’appareil répond à la 5e condition. C’est à ce rôle que sont destinés les butoirs à bascule qu’on aperçoit en II (lîg. T) et 5) aux deux bouts de l’appareil sur le croquis. 11 y a en réalité un de ces organes vers chaque extrémité de rainure.
- D’autre part, sur la voie, on installe aux points correspondants une pédale électrique qu’on met en communication avec l’électro-aimant II de butoir. Lorsqu’un curseur est amené à l’extrémité de sa course pour donner un parcours, il fait basculer le butoir II qui ne lui permet plus de revenir en arrière parce qu’il se trouve maintenu lui-même par la palette de son électro-aimant.
- Lorsque le train arrive sur la pédale correspondante, un courant est lancé dans cet électro-aimant,
- Fi;;. 0. — Distributeur Cliuilhmx pour la coinmamli! à distance des aiguilles et signaux de chemins de 1er.
- 1. Vue perspective de l'appareil. — 2. Coupe longitudinale d’une extrémité. — 5. Vue perspective d’une gare.
- ainsi, en effet, le curseur se trouve arrêté en E ou E' (fig. 5) par un butoir qui ne s'efface que si un courant de contrôle, qui est permanent, parcourt l’électro-aimant de ce butoir. Dans ce circuit de contrôle sont intercalés, d’une part, sur la voie, des commutateurs ne donnant le contact que si les aiguilles sont convenablement disposées, et, d’autre part, dans l’appareil des commutateurs fixés sur le même axe que ceux C dont il a été question plus haut.
- Les combinaisons de circuits qu’il serait trop long de détailler ici sont telles que le courant ne peut passer dans l’électro-aimant de contrôle E que s’il y a concordance parfaite à chaque instant entre la position de toutes les aiguilles sur la voie et celle de tous les commutateurs C. Une sonnerie trem-bleuse ordinaire, en rapport avec le circuit du contrôle, avertirait d’ailleurs immédiatement l’aiguilleur si un dérangement inopiné venait à se produire.
- Ces dispositions réalisent donc bien la 2e condi-
- le butoir bascule et le curseur se trouve libéré. L’appareil comporte nombre d’autres détails intéressants mais dont la description dépasserait le cadre de cette revue.
- Nous ajouterons seulement qu’il se prête à beaucoup d’applications variées. On peut, par exemple, s’en servir comme appareil central permettant de commander à distance les manœuvres de plusieurs postes disséminés dans une gare, ce qui permet de supprimer partiellement ou totalement les enclenchements de ces postes. On peut encore, dans les petites gares, au lieu de faire manœuvrer directement les aiguilles, les faire seulement verrouiller à distance et se dispenser ainsi de l'installation des moteurs.
- Cet intéressant distributeur a été imaginé par M. Chaillaux, ingénieur principal adjoint du Matériel fixe à la Compagnie de l’Est ; il a été construit par la Société d’Electricilé et d’Aulomobiles Mors, à Paris. D. Ledlokd.
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- LA NATURE.
- CHRONIQUE
- L’industrie de la laque. — Nous ne parlons pas de la laque de Chine ou du Japon, mais du colorant, ou plus exactement de la matière première de tant de vernis, qu’on nomme la gomme-laque. On sait qu’elle est produite par les sécrétions de certains insectes sur les jeunes branches d’arbres qu'affectionnent ces insectes ; l’Inde est un des principaux pays de production et de commerce de cette substance, qui est précieuse dans les arts industriels. C’est surtout à Mirzapour qu’on se livre à la récolte des branches couvertes de ces dépôts; les indigènes séparent eux-mêmes la laque de la branchette, et la transforment en laque en bâtons, comme on la nomme, en laque en grains, qui donnera à son tour, par des traitements successifs, la laque en écailles ou la laque en boutons, suivant l’aspect sous lequel elle se présente. Presque toute l’industrie se fait encore d’après des méthodes fort primitives. Et cependant la demande de ce produit augmente constamment, d’autant qu’il joue un rôle de plus en plus important en électricité. Aussi commence-t-on de le frauder couramment avec de la résine ordinaire.
- L’étirage des fils fins. — Un de nos confrères de la presse anglaise donnait récemment des indications curieuses sur la finesse à laquelle on arrive à réduire des fils métalliques, principalement de cuivre, d’argent et de platine. Bien entendu, si c’est toujours au passage à la filière que l’on a recours pour cela, ce ne sont plus des filières d’acier qu’on emploie : elle s’usent relativement vite, et, par suite, un fil ne serait pas d’un diamètre suffisamment uniforme d’un bout à l’autre de sa longueur. On se sert donc de filières en saphir, mais surtout en diamant. Il est pour ainsi dire courant, avec un outillage de celte sorte, de produire des fils de cuivre dont le diamètre ne dépasse point 8/10 de millimètre; et un fil de ce genre est tellement fin qu’il en faut plus de 21 kilomètres pour représenter un poids de 1 kg. Ajoutons qu’avec le platine, on arrive à une finesse de 12/100 de millimètre.
- L’inversion du sucre de cannes provoquée par les métaux de la mine de platine. — On sait que, sous certaines influences, le sucre de cannes est susceptible de fixer les éléments de l’eau en se transformant en un mélange de glucose et de lévulose, d’après l’équation suivante :
- G*2 1122 O11 + 1I20 — Cslll20fi -f C° IIl20G
- Sucre de cannes Eau Glucose Lévulose
- On avait déjà constaté que, à l’exception de l’iridium, les métaux de la mine de platine (osmium, rhodium, ruthénium, etc.) accélèrent l’inversion du sucre de cannes. Cependant le palladium, en présence d’acides minéraux très dilués, exerce sur cette réaction une influence retardatrice. On vient de trouver qu’à l’état tout à fait pur le palladium exerce une action nettement accélératrice, et que sa calcination à l’air seule lui donne une inactivité temporaire qui cesse après quelques heures. Le platine donne d’ailleurs lieu aux memes phénomènes.
- La vente d’une montagne de fer. — La montagne en question est celle qui est diteCcrro del Mercado, et qui se trouve dans le voisinage de Durango, au Mexique ; on peut dire qu’elle est uniquement composée de minerai de fer. Et la fameuse société métallurgique américaine United States Steel Corporation vient de l’acquérir, afin de s’assurer une réserve énorme de minerai pour scs immenses usines.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 mai 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- M. Goldstein, savant étranger bien connu par ses travaux sur les rayons cathodiques, assiste à la séance.
- Effets de la rotation. — M. Guvou fait connaître une curieuse expérience de répartition des matériaux en suspension dans une masse d’eau de forme sphérique animée d’un mouvement de rotation rapide. L’auteur, M. Saintignon, prend une sphère de verre à laquelle on imprime un mouvement de rotation de 800 tours à la. minute. Les résultats sont différents selon que les matériaux en suspension ont une densité plus faible ou plus grande que l’eau. Dans le premier cas, ils se réunissent en colonne le long de l’axe; dans le second cas, il se forme, dans chaque hémisphère, deux plans parallèles à l’équateur, et symétriquement placés dans lesquels se concentre la matière des calottes. Les particules de la portion comprise entre les deux plans viennent s’appliquer sur la zone sphérique qu’ils délimitent. Ces résultats s’expliquent très bien par la théorie.
- Saccharification de la matière. — M. Maquenne expose qu’il a continué avec M. Roux ses expériences sur la saccharification de l’amidon. Celle-ci peut, dans un temps suffisant, atteindre presque toute la matière. La réaction donnant le plus fort rendement est celle qui correspond à la plus grande vitesse d’action au début. Le liquide doit ctre toujours légèrement alcalin; toute introduction d’acide dans un empois en voie de saccharification a pour effet d’activer d’abord, puis d’arrêter la production du sucre. Les choses se passent donc comme si l’amylase se trouvait combinée dans le malt à quelque substance basique qui la rend plus stable et que l’acide ajouté lui enlève. La diastase est d’ailleurs capable de changer elle-même sa réaction par le jeu des protéases qui modifient sans cesse les albuminoïdes des solutions de malt.
- La transmission de la tuberculose. — M. Roux présente une Note relative à la transmission de la tuberculose par le lait. Les recherches sur la pathogénie de la tuberculose ont montré qu’elle se produisait par l’ingestion d’un bacille qui se concentre dans les ganglions mésentériques d’où ils se répandent dans le sang lorsque ces ganglions sont affectés de lésions. MM. Calmette et Guérin ont confirmé ces résultats. M. Vallé a observé que chez les veaux nourris du lait d’une vache tuberculeuse il n’était pas nécessaire qu’il y eût une lésion apparente des ganglions mésentériques pour que les bacilles se répandissent dans l’organisme. Les veaux ainsi nourris deviennent tuberculeux et meurent.
- Nouveau compas de relèvement. — M. Lippmann présente un appareil à l’usage des navigateurs, imaginé par M. Berget, qui donne par une simple visée l’azimut magnétique d’un point. Cet appareil se compose d’une jumelle surmontée d’une boussole, l’un des tubes sert à viser le point éloigné, l’autre permet d’apercevoir l’image du limbe grâce à un appareil à réflexion. On a l’azimut, car l’aiguille aimantée emporte dans son mouvement le limbe, de telle sorte que la lecture, correspondant à l’axe de la lunette, donne l’aziiuut.
- Spectroscopie des corps phosphorescents. — M. Lippmann présente ensuite une Note de M. de Watteville relative au spectre de la fluorine. L’auteur a imaginé un appareil qui permet d’exciter la phosphorescence au moyen
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- de l’étincelle électrique. Pendant ce temps le corps est caché et n’est découvert qu’après l’extinction de l’étincelle, de telle sorte que les rayons émis sont des rayons de phosphorescence. Ils donnent, dans l’ultra-violet, des l’aies fines qui sont indépendantes de l’étincelle excitatrice, c’est-à-dire des armatures entre lesquelles elle éclate. Cn. de Viu.edeuil.
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- Le
- TIR DANS LA FLOTTE BRITANNIQUE
- Les diverses escadres de la Hotte britannique se sont livrées, pendant l’année 1905, à des exercices de tir en mer, sur le résultat desquels les Lords de l’Amirauté ont, il y a quelque temps, attiré l’attention du Parlement. Les grands chefs de la marine anglaise tirent une certaine vanité du but qu’ils ont atteint, et ils éprouvent une satisfaction, aussi visible que sincère, à la comparaison des résultats de l’année écoulée avec ceux des périodes antérieures.
- La distance pour les tirs au canon a été plus grande que pour les excercices similaires des années précédentes; les dimensions des cibles par contre ont été diminuées dans d’assez fortes proportions. Les conditions étaient, en conséquence, moins favorables, puisque les difficultés se trouvaient augmentées, ce qui n’a pas empêché les résultats d’être supérieurs.
- L’artillerie des douze escadres représentait, dans son ensemble, une force totale de 1171 canons. La moyenne des points obtenus par canon a été un peu supérieure à -45 points. Quant au nombre de navires qui prirent part à la lutte, il est d’une centaine environ, avec exactement 1096 pointeurs. La moyenne des points par homme a été 68,26.
- Les expériences faites par l’amirauté anglaise avaient pour objet principal de calculer la valeur réelle des canonniers, officiers et marins. On a voulu savoir quel était le degré d’entrainement des hommes et voir si l’éducation qui leur est donnée pour le chargement des pièces et la manœuvre des canons répond bien à l’attente. On a tenu également à se rendre un compte exact de l’habileté des pointeurs.
- La valeur des canonniers a une grande importance. Elle repose, en même temps, sur l'entraînement méthodique des hommes, le coup d’œil des pointeurs et l’habileté technique des officiers; elle repose, aussi et surtout, sur le sang-froid et le calme de tous, indispensables pour assurer, sans chaos mais avec discipline, la pratique méthodique et rapide du tir.
- L’amirauté britannique ne s’est pas contenté de raisonner toutes ces choses dans ses bureaux de Whitehall; elle a nommé un de ses artilleurs les plus compétents, l’amiral Percy Scott, directeur des exercices du tir — director of target practice — et lui a confié la délicate mission d’augmenter la valeur militaire des artilleurs maritimes. Cet éminent marin a accepté cette lourde lâche, et il a promis à « l’Ad-
- miralty Board » de mettre tout son zèle et toute son activité pour arriver à un bon résultat. La guerre russo-japonaise a montré que, à côté de la supériorité des engins, l’habileté des canonniers est, dans les guerres navales actuelles, un facteur d’une très haute importance.
- La marine anglaise a institué, à Dartmoulh et à Osborne, dans ses écoles navales, des cours spéciaux pour l’instruction des artilleurs de mer. La spécialisation des officiers s’y pratique d’une manière très complète et donne d’excellents résultats. Les « Osborne boys » sont déjà très appréciés, et ceux de Dart-mouth cherchent à leur ravir la palme du mérite. Une très vive émulation a été créée, comme un stimulant précieux, entre les deux écoles, qui, l’une et l’autre, considèrent que les canonniers qu’ils forment doivent être de savants mécaniciens, en même temps que d’excellents tireurs. 11 faut que les futurs officiers apprennent à tenir en parfait état le matériel qui leur sera confié et dont il faudra, pointeurs habiles, qu’ils sachent tirer le meilleur parti possible.
- Les marins sont également entraînés d’une manière toute spéciale pour que les manœuvres se fassent avec rapidité mais sans précipitation. En ce qui concerne, par exemple, le chargement du canon, on emploie, dans les arsenaux, pour exercer les matelots, une méthode très pratique, avec laquelle on forme des hommes particulièrement habiles.
- Une vraie culasse de canon est montée sur une plaque d’acier carrée, qui, elle-même, est fixée à une hauteur normale sur un bâti en bois. Les hommes à exercer au chargement du canon se placent derrière cet appareil, dans la position qu’ils occuperaient s’il s’agissait d’une vraie pièce. La manœuvre s’exécute comme avec un canon réel ; on la renouvelle souvent, on la répète autant de fois que cela est nécessaire, parce qu’elle n’entraîne aucune dépense. Les projectiles ont le même poids et les mêmes dimensions que s’ils étaient chargés ; le coup est même tiré, mais l’obus, qui ne part pas, passe simplement dans une gouttière métallique, au bout de laquelle on le prend pour le faire servir à nouveau.
- Notre gravure représente le cuirassé « Exmouth » sortant de la rade de Portsmouth pour se rendre à des exercices de tir en mer. C’est ce navire qui, l’année dernière, avec 575 points, a obtenu le maximum pour le tir du canon, le navire marchant « full speed » à toute vitesse. Le cuirassé « Queen » vient ensuite avec 522 points ; « Leviathan », avec 269; « King-Edward », dont nous parlons plus loin, avec 261 points. Sept cuirassés ont été notés pour des points variant entre 228 et 146; six autres ont obtenu de 129 à 110 points; huit, parmi lesquels figurent les fameux « Albion » et « Majeslic », ont eu des notes moindres, variant entre 88 et 41. Enfin — ironie du sort ! — les derniers de la liste sont' « Glory » et « Victorious » avec chacun 12 points, venant tout de suite après « New-Zealaud », qui cn obtint 26.
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- LA. NATURE.
- « Exmoulh », qui porte le pavillon amiral de Sir H. K. Wilson, a reçu comme récompense la coupe accordée au navire ayant obtenu le plus grand nombre de points. Les tireurs se sont surtout fait remarquer par le résultat obtenu avec les grosses pièces.
- En ce qui concerne le tir à grande distance, c’est le cuirassé « King Edward VU » qui détient le record. Lors des dernières épreuves auxquelles ce navire se livra dans la baie de Tetuan, marchant avec une vitesse de 15 nœuds, la cible étant à 6000 yards,
- à lait supérieur ; dix coups furent tirés en lmit minutes et les 10 projectiles traversèrent la cible.
- Ces chiffres donnent très clairement la mesure de l’habileté des canonniers anglais; ils montrent que l’éducation qu'ils reçoivent est excellente. Tous les artilleurs de marine qui sortent des écoles de canonnage, sont des marins instruits à la lois et adroits. Le niveau moyen de tous les élèves est très élevé tant en pratique qu’en théorie. Certains même, en ce qui concerne la précision du tir, sont arrivés à un degré de perfection tout à fait surprenant. C’est
- Le cuirassé Exmoulh allant au tir eu mer.
- c’est-à-dire 5520 mètres, les résultats suivants furent constatés :
- 1” canons île 12 pouces sur 11 coups, 10 projectiles mis dans la cible. 2° — 9 p.,2 —51—15 — • —
- 5° — 0 pouces — 71 — 26 —• — —
- Soit un total de 51 projectiles dans la cible pour. 115 coups tirés. Dix coups ont été mis en plein dans le centre de la cible.
- Ces résultats de précision sont très satisfaisants ; il en a été obtenu de meilleurs encore au point de vue vitesse, puisque, en mars dernier, le croiseur « Crescent » a établi ce qui peut être considéré comme un record mondial. Avec ses canons de 0 pouces 2, l’artillerie de ce navire a logé 7 projectiles dans la cible sur 9 coups tirés en six minutes. Les pièces de 6 pouces ont donné un tir tout
- un pointeur de l’Ecole de Portsmouth, qui, il y a quelques mois, sur le « Narcissus », mit sept projectiles sur dix, dans une cible de 2 mètres sur 2,50 m. placée à 1600 mètres de distance. Le navire marchait à toute vapeur. Le tir se faisait avec un canon de 152 millimètres; il dura moins de onze minutes. Nous avons tenu à citer ces différents exemples pour donner une idée du degré de perfection et de vitesse obtenu, sur les navires de guerre anglais, pour le tir du canon en mer. Les résultats très appréciables que nous avons cités, entre plusieurs autres, sont le résultat d’un entrainement de tous les jours et d’une éducation méthodique. Wiil Dauvii.lé.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuke, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1722. - 26 MAI 1906.
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- L’ORYCTÉROPE AU JARDIN
- Depuis le 23 janvier 1900 la Ménagerie du Muséum possède un édenté d’une extrême rareté, un Oryclérope.
- Rappelons d'abord en quelques mois que les édentés forment, au milieu des mammifères actuels, un groupe tout à fait curieux. Ils sont représentés aujourd’hui principalement par des animaux tels que les tatous et les paresseux : êtres lourds de formes, lents, fouisseurs ou grimpeurs, ils présentent des membres armés de fortes grilles courbes, qui peuvent atteindre quelquefois de très grandes dimensions. Leur cerveau est petit et presque lisse; on peut dire sans exagération qu’ils sont parmi les moins intelligents des mammifères; et c’est évidemment pour cela que les anciens naturalistes les désignaient du nom de brutes (hrutæ).
- Toutefois, ce n’est pas en quelque sorte par eux-mêmes que les édentés actuels présentent leur meilleur intérêt. Àinéi que nos Marsupiaux, qui restent attardés dans le monde actuel, comme pour rappeler à l’homme ce que furent les premiers types de mammifères apparus à la surface de la terre, de même les édentés que nous connaissons sont de semblables anachronismes vivants, témoignant d’une ère de pleine expansion pour des types aujourd’hui en voie de disparition. Pendant les temps tertiaires et quaternaires, des édentés de grande taille et d’aspect étrange donnaient une physionomie particulière au monde de l’Amérique du Sud. Nos lecteurs trouveront de curieux et savants détails à leur sujet, dans un bel article de M. Ficbeur, publié autrefois ici même (n° 681, du 19 juin 1886, p. 33); d’autre part, ils pourront de visu admirer les très remarquables squelettes de ces types éteints qui sont une des beautés de notre galerie de
- PLANTES
- paléontologie du Muséum.
- Fig. 2. — L’oryeléropo vu de face. 34e aimée. — 1er semestre.
- Fig. 1. — L'oryclérope vu de profil.
- L’animal capturé au mois d’août 1905 dans la région de Goundam (Sénégal) par le caporal télégraphiste Girard, est nommé « Timba » par les indigènes, mais il est en général peu connu à cause de ses habitudes nocturnes.
- Comme le montre la photographie, notre nouveau pensionnaire est très familier avec son maître qui a été son père nourricier pendant plusieurs semaines, il joue même volontiers avec les personnse ayant l’habitude de le visiter et témoigne une certaine préférence à celles qui lui apportent, comme supplément à son ordinaire de riz cuit au lait sucré* des vers de farine qu’il gobe avec un plaisir évident.
- Cet Oryclérope si rare porte vulgairement le nom de cochon de terre. En liberté il se nourrit, comme les fourmiliers, principalement de termites* de fourmis et différents insectes, qu’il prend d’une façon assez curieuse; il introduit sa langue gluante dans la retraite de ces petits animaux, lesquels s’y collent aussitôt et deviennent ainsi la proie de leur bourreau.
- La queue de l’animal est longue et grosse, elle lui sert de point d’appui quand il se dresse, les pattes antérieures ont 4 doigts et les postérieures 5, tous sont armés d’ongles plats, tranchants, arrondis à leur extrémité, leur permettant ainsi de creuser des galeries souterraines qui atteignent parfois 3 mètres de profondeur, sur une longueur de 5, et dans lesquelles ils vivent par paire et reproduisent. Ils n’ont généralement qu’un petit par portée.
- Les indigènes se servent de la peau des adultes pour faire des amulettes ; la chair, à part sa forte odeur d’acide formique, est assez estimée.
- Malgré la curiosité impatiente de nos anatomistes* nous espérons une longue vie à notre nouvel hôte, car jusqu’à présent l’exil et la captivité ne semblent pas nuire à son bon état de santé.
- E. Sauvinet,
- Assistant de zoologie au Muséum.
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- LE VIe CONGRÈS INTERNATIONAL
- de Chimie appliquée à Rome
- Le Yi° Congrès de.Chimie appliquée s’est tenu à Home du 26' avril au 5 mai 1906. lia réuni, comme les précédents Congrès de Paris en 1900 et de Berlin en 1903, un grand nombre d’adhérents et on peut estimer à environ 1800 congressistes, dont 500 Italiens et 400 Français, le nombre de personnes venues à Rome.
- Inauguré le 26 avril par le roi et la reine d’Italie, il a tenu ses assises dans le nouveau palais de Justice, vaste construction moderne encore inachevée, située sur la rive droite du Tibre non loin du château Saint-Ange. De nombreuses fêtes ont été offertes par les autorités ou les Sociétés scientifiques italiennes, à son occasion. Nous citerons parmi les plus brillantes la soirée au Capitole donnée par la municipalité de Rome, une garden-party au Palatin par le Comité du Congrès, une excursion à Tivoli par le Ministre de l’Instruction publique et un grand banquet qui a terminé le mercredi 3 mai la série des réceptions.
- Les travaux du Congrès ont été de deux sortes : d’abord quatre grandes conférences de M. Ramsay sur l’utilisation et l’épuration des eaux d’égout comme elles sont pratiquées en Angleterre, de M. Moissan sur les dernières applications du four électrique à la distillation des métaux, de M. Frank sur l’utilisation directe de l’azote atmosphérique pour la production d’engrais artificiels ou d’autres produits chimiques, enfin de M. AVitt sur les applications actuelles de la Chimie et sur le rôle des Congrès internationaux. Toutes ces conférences ont été suivies assidûment.
- Les travaux des dilférentes sections ont été aussi importants : 15 sections se répartissaient, en effet, les différentes applications de la chimie, c’étaient les sections de Chimie analytique, de Chimie inorganique, de Mines et Métallurgie, d’Explosifs, de Chimie organique, de Substances colorantes, du Sucre, de la Fécule et de ses dérivés, d’Œnologie, de Chimie agricole, de Chimie médicale et pharmaceutique, de Bromatologie, de Photographie, d’ÉlecLrochimie et enfin celle du Droit et de l’Economie politique relatifs à l’Industrie chimique.
- Il serait trop long de donner ici un aperçu même sommaire de ce qui s’est fait dans toutes ces sections dont certaines ont r*eçu jusqu’à 80 communications: nous nous bornerons simplement à noter certains résultats importants qui ont été indiqués au cours du Congrès et en particulier ceux relatifs à l’électro-métallurgie du fer qui a été l’objet de nombreuses discussions.
- Application de la micrographie chimique à l’étude des laitons. — Depuis de nombreuses années, des travaux Jxès sérieux ont été poursuivis en France sur la micrographie du fer et de ses différents alliages binaires ou secondaires avec des métaux usuels, nickel, cobalt, chrome, vanadium, etc. M. Guillet a poursuivi ces études par l’examen des alliages cuivre et zinc, autrement dit des laitons avec d’autres éléments, silicium, aluminium, etc.
- Il a constaté par l’étude micrographique des produits obtenus dans différentes conditions que l’addition d’éléments étrangers à un laiton pouvait sans doute modifier sa structure cristalline, mais la rendait néanmoins absolument identique à celle d’un autre laiton pur de composition centésimale en zinc et cuivre différente. Il a pu alors déterminer pour chaque élément étranger un coefficient numérique qui permet de savoir à quel laiton correspond l’alliage ternaire ou quaternaire envisagé.
- L’étude micrographique des laitons complexes est donc
- très simplifiée puisqu’il suffit de connaître les coefficients caractéristiques des éléments étrangers et les allures micrographiques des laitons de teneurs variables en zinc de 0 à 100 pour 100. Aux procédés empiriques des fonderies de cuivre et de laiton, se substitueraient des méthodes scientifiques pour l’obtention des alliages spéciaux.
- 11 faut d’ailleurs remarquer qu’un alliage ternaire, cuivre, zinc, aluminium par exemple, n’est pas complètement identique au point de vue mécanique à l’alliage micrographique cuivre-zinc correspondant. La résistance à la rupture reste la môme, mais rallongement avant rupture est considérablement modifié.
- Électro-métallurgie. — L’étude de l’application de l’électricité à la métallurgie du fer ou d’autres métaux comme le cuivre ou le zinc a été poussée fort avant par les ingénieurs italiens. Nous citerons parmi eux M. Ferra-ris, directeur des mines de zinc de Monteponi en Sardaigne et le major d’artillerie Slassano dont le four électrique tournant a obtenu une belle consécration par son emploi dans les arsenaux militaires italiens, en particulier dans celui de Turin. Aussi les discussions sur l’électro-métallurgie ont-elles été très suivies ; il n’a pas été donné malheureusement d’entendre, en concurrence avec le procédé Slassano, toutes les autres méthodes employées couramment aujourd’hui en électro-sidérurgie, puisque seul le procédé Iléroult appliqué en France à l’usine de la Praz près de Modane a été l’objet de communication.
- Le four circulaire Slassano, tel qu’il est employé à Turin, produit normalement 2500 kilogrammes par jour, en opération de 500 à 600 kilogrammes; on y traite des riblons ou résidus d’usines avec de la fonte dont la proportion ne dépasse pas le quart du total; la consommation d’électricité est d’environ 800 kilowatts-heure. Le courant employé est du triphasé ; la rotation du four dont l’axe est incliné de 8° sur l’axe de rotation permet le brassage continuel de la masse et par suite rend les réactions plus rapides. Le chauffage se fait par arc.
- Les aciers obtenus sont tout à fait remarquables au point de vue des propriétés mécaniques : la capacité complètement fermée du four Slassano et l’atmosphère réductrice qui y règne, l’absence complète d’arrivée de gaz extérieurs et l’absence de tous produits gazeux autres que ceux de la réaction qui sont évacués au dehors au fur et à mesure de leur production, rend au minimum possible l’absorption par l’acier final de gaz, azote ou autres dont l’influence néfaste sur les propriétés de l’acier a été récemment étudiée au Collège de France, dans le laboratoire de M. Le Ghatelier. De plus, comme tous les aciers électriques d’ailleurs, les aciers Slassano sont plus faciles à travailler que les aciers au creuset ou autres, sans que l’on sache à quoi tient cette propriété particulière. Enfin, les hautes températures des fours électriques permettent d’arriver à des produits très fins même à partir de matières premières très impures, l’élimination du soufre et du phosphore pouvant se faire plus complètement.
- Il faut aussi remarquer que les fours électriques réalisent la production directe d’un acier de type déterminé sans qu’on ait besoin de traiter le minerai pour fonte dans une opération préliminaire. Des fers très purs ont été obtenus à Darfo en Italie avec des minerais souvent médiocres ; si la méthode ne semble pas encore très économique, rien ne prouve qu’elle ne le devienne un jour.
- Quant au procédé Iléroult, il en a été surtout question au point de vue de son importance industrielle actuelle : utilisé en France par l’usine mère de la Praz, il a passé de là en Allemagne, en Suède, aux Etats-Unis et enfin au
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- Canada; dans ce dernier pays, il est employé aux usines de Sault-Sainle-Marie, à la suite du rapport fait par une commission d’enquête, envoyée dans les divers pays d’Europe pour étudier les procédés actuels de la sidéro-mélallur-gie. Depuis le peu de temps que ces usines canadiennes fonctionnent, début de 1900, on y aurait obtenu de très beaux résultats au point de vue prix de revient et on aurait même réalisé récemment la production de fonte au four électrique en se servant comme réducteur de la tourbe-si abondante dans certains districts canadiens.
- De nombreuses usines se préoccupent, maintenant que des résultats très nets ont été obtenus en électro-sidérurgie, d’appliquer ces nouveaux procédés et il semble que la formule à laquelle s'arrêteront beaucoup d’industriels sera la formule mixte : on prendrait un acier demi affiné, c’est-à-dire ayant perdu au Dessemer ou au four Martin la plus grande partie de ses impuretés et on en poursuivrait la purification par un traitement au four électrique, dont la durée d’emploi serait ainsi beaucoup réduite. La question du prix de revient de l’électricité aurait par suite une moins grande importance; on ne verrait plus les usines électro-métallurgiques se fixer exclusivement dans les régions où abonde la houille blanche, et la production de l’électricité avec des moteurs à gaz pauvre, à gaz de liant fourneau, voire même à vapeur, pourrait ne pas être antiéconomique. Les aciers purs se substitueraient alors aux aciers demi-fins si fréquemment et si couramment employés aujourd’hui dans toutes les applications.
- Chimie analytique. — Le Congrès de Berlin de 1905 avait élu une Commission internationale d’analyse, chargée d’étudier un certain nombre de questions délicates dans les méthodes actuellement employées. Présidée par le célèbre professeur Lunge, de Zurich, avec comme vice-présidents MM. Lindet, de Paris, et Thoipe de Londres, cette Commission comprenait 44 membres. Elle se divisa en plusieurs sous-commissions dont les rapports réunis en un volume de plus de 400 pages furent présentés au Congrès de Rome. Ces rapports résolvaient de nombreuses questions, parmi lesquelles nous citerons le dosage du soufre dans les minerais sulfurés de cuivre ou de fer,- les dosages chronométriques, c’est-à-dire les procédés fondés sur le temps qu’une réaction met à se produire, etc., etc.
- Explosifs. — Le Comité de la section des explosifs avait émis le vœu de voir déposer au Congrès de Rome des rapports aussi complets que possible sur l’état de la fabrication et de la réglementation des explosifs dans les différents pays. Cette étude ne put être faite complètement, malgré l’intérêt qu’il y aurait eu de réunir de pareils documents, et les seuls rapports complets furent faits sur l’Italie par M. Yillanis, secrétaire de la Commission des explosifs auprès du ministère de l’intérieur d’Italie, sur la France, la Grande-Bretagne, la Suisse, la Norvège, le Portugal, les Pays-Bas et les États-Unis.
- L’Italie possède actuellement 104 fabriques de poudre de chasse ou de mine, 2 fabriques nationales de poudre de guerre ou sans fumée, 4 de dynamite, une en Sardaigne, une près de Gênes à Cengis, une près de Carrare et une dernière près de Turin, enfin 10 usines pour fulminate, poudres spéciales (cheddite, etc.), mèches, etc. Le personnel total employé atteint 2000 ouvriers, dont 2000 hommes et 600 femmes. La production s’élève à 1800 tonnes par an de poudre de chasse et de mine, à 1200 de dynamite, à 000 d’autres composés, plus 550 tonnes obtenues dans les poudreries nationales. Les exportations d’explosifs sont insignifiantes; les importations ne dépassent guère 20 tonnes en tout.
- D’autres communications ont été faites par MM. Wat-leyne et S lassa rl sur les expériences poursuivies à Fra-meries en Belgique sur les explosifs à employer dans les mines de houille. El on a fait remarquer à ce propos le défaut qu’il y avait à appeler explosifs de sûreté des explosifs dont l’on peut se servir dans certaines conditions dans les mines grisouteuses, alors que ce terme devrait être exclusivement consacré aux explosifs dont le transport ne présenterait aucun inconvénient et n’aurait pas besoin d’être réglementé. Des confusions fâcheuses peuvent se produire, en effet, par suite de ce nom commun, à ces deux catégories d’explosifs et des accidents sont toujours à redouter de ce fait. 11 serait à désirer qu’une entente se fit pour réserver le mot de sûreté aux corps ne nécessitant pas de précautions spéciales.
- On a également continué dans cette section les discussions sur les produits de la combustion des puudres de diverse nature utilisées dans les armes de guerre ou de chasse, en particulier de ceux de la poudre sans fumée et sur les mesures à prendre pour éviter l’attaque des canons de fusil par ces produits. J1 semble résulter des communications faites qu’aucune substance produite par la déflagration ou la détonation des poudres ne présente pas d’inconvénients par elle-même, mais qu’elles deviennent nuidblesau fusil quelque temps après avoir at tiré l’eau. Four préserver le fusil de la rouille, il faudra donc éloigner le résidu par des lavages à l’eau aussitôt que possible après le tir et si cela n’était pas possible, comme dans les champs de tir, passer la baguette de graissage pour empêcher les sels hygroscopiques d’attirer l’eau.
- Sections diverses. — Dans les autres sections, nous ne signalerons que les communications relatives aux industries chimiques italiennes. Les minerais de cuivre italiens, exploités soit en Ligurie, soit en Toscane, ont atteint, en 1905, 155 000 tonnes, mais ils ne suffisent pas aux consommations locales et une importation importante de 50 à 00 000 tonnes est faite ; ils servent à fabriquer du cuivre métallique, mais aussi et surtout du sulfate de cuivre nécessaire à l’agriculture.
- L’acide borique et les succédanés de cet acide s’exploitent ou se fabriquent aux environs des soffioni de Toscane, sans que depuis longtemps déjà des modifications notables aient été apportées au traitement. Les minerais de soufre de Sicile, jadis laissés comme résidus à cause de leur faible teneur en soufre, seront aujourd’hui traités par le sulfure de carbone qui en permettra l’épuisement économique, les procédés des chaudières ou celui qui consistait à brûler le minerai en tas et à recueillir le soufre fondu ne donnant pas de bons résultats.
- Enfin, les minerais de mercure italiens fournissent aujourd’hui, grâce aux procédés plus perfectionnés apportés dans leur traitement, une partie très notable de la consommation mondiale : il résulte, en effet, de documents tout récents fournis, qu’en l’année 1905, les usines italiennes ont livré 570 tonnes, tandis qu’Almaden, eu Espagne, en fournissait 800; Idria, en Autriche, 520; Nikitofka, en Russie, 520 ; les Etats-Unis, 1050 ; le Mexique 200 sur une production totale de 3400. L’Italie devient donc un producteur sérieux de mercure puisqu’il donne plus de 10 pour 100 de la production du monde. Les minerais italiens de Monte-Amiata en Élrurie ne tiennent en moyenne que 2 à 4 pour 100 de mercure.
- Le prochain Congrès international de chimie appliquée se tiendra à Londres en 1909; un Comité d’organisation a été constitué sous la présidence de M. Ilamsay.
- P. N.
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- LA GALERIE DES MINES DE GARDANNE A LA MER
- Il existe au Nord de Marseille une région charbonnière très importante dont Gardanne, Fuveau et Trets sont les principaux centres. Ce n’est pas le
- entourées de montagnes. La puissante flore de l’époque, entraînée par des torrents vers ces lagunes, forma des deltas riches en matière végétale qui se
- Chaîne de S*? Victoire
- NORD
- t ///
- deCuçues
- RSEILLE
- Kilomètres
- Fig. 1. — Carlo géologique du bassin de Fuveau.
- 1 et 2. Société Nouvelle do Charbonnages des Bouches-du-Rhône. — 3. Mines de la Grand-Combe à Trets. — 4. Société des Mines de Valdonne Michel Armand et C‘°. — 5. Concession de l’Arc. — 6. Concession de Mcvreuil. - 7, 8, 9, 10, 11, 12. Concessions diverses.
- terrain carbonifère qui est exploité dans cette région, transforma en lignite, et c’est ce combustible que mais bien des couches beaucoup plus récentes qui l’on exploite actuellement.
- .Dolormes Jurcissiqiccy Supén
- Fi^. 2. — Coupe géologique.
- sont contemporaines des dépôts de craie du Nord de la France, si caractéristiques notamment en Champagne.
- Tandis que celte craie se déposait au fond de mers relativement profondes dans le bassin de Paris il existait dans les Bouches-du-Rhône des lagunes
- Gardanne, Fuveau et Trets sont situés dans une dépression comprise entre les hauteurs dominées par la belle montagne de Sainte-Victoire qui s’élève au Nord, et, aü Sud, les massifs un peu moins élevés, mais fort importants cependant, d’Allauch et de l’Étoile.
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- LA NATURE.
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- Le terrain qui contient le lignite est composé en majeure partie de calcaires dans lesquels les mouvements de l’écorce terrestre ont créé soit de simples cassures que l’on appelle dans la région partons ou moulières suivant leurs dimensions, soit des failles, c’est-à-dire des cassures dans lesquelles les parties séparées ont ensuite joué l’une par rapport à l’autre.
- 11 résulte de cette circonstance, ainsi que de la disposition topographique décrite plus haut et qui a pour effet de concentrer dans la région minière les eaux tombant dans le bassin au fond duquel elle se trouve, que la question de défense des puits et galeries destinés à l’exploitation contre les eaux a été jusqu’à une époque récente la cause de dépenses énormes, de préoccupations constantes, de menaces d’accidents dangereux pour la Société des charbonnages des Bouches-du-Ilhône.
- Pour donner une idée de la situation résultant de la nécessité d’épuiser les eaux qui auraient rendu autrement toute exploitation impossible, il suffit de citer des chiffres empruntés à une Notice1 de M. Do-mage, directeur de la Société des charbonnages des Bouches-du-Rhône : pour la seule section dite G réasque-Fuveau, de 1880 à 1888, les dépenses d’épuisement ont été de 5 849 444 francs, en y comprenant le premier établissement et les frais courants; la quantité d’eau enlevée par an a varié de 800 000 m5 en 1888, à 9 900 000 m5 en 1887; la tonne de char-
- Fig. 4. — Plan de l’usine de la Madrague.
- bon extraite a été ainsi grevée de frais s’élevant en moyenne à 2 francs par tonne, et atteignant un
- 1 Notice sur la construction d’une galerie souterraine destinée à relier la concession des mines de Gardanne à la mer
- maximum de 4 francs. Une autre comparaison tirée de la même Notice est encore très frappante : en 1878 il fallut, pour extraire une tonne de charbon,
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- NATIONAL
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- Fig. 3. — Arrivée do la galerie à Marseille.
- épuiser 6,501 m3 d’eau, et ce chiffre s’éleva à 76,434 m3 en 1887.
- Ce qui vient d’être dit a trait à l’exploitation du combustible gisant à des profondeurs relativement minimes, de telle sorte qu’on pouvait considérer comme inaccessibles des milliers de tonnes de lignite situé au-dessous du niveau où l’enlèvement de l’eau aurait motivé des dépenses hors de proportion avec le résultat à obtenir.
- C’est en présence de ces difficultés que le directeur des charbonnages, qui à l'époque était M. Biver, eut l’idée grandiose de profiler de ce que la zone minière souterraine, bien qu’à une profondeur considérable au-dessous du sol, se trouve au-dessus du niveau de la mer et n’en est éloignée que d’une quinzaine de kilomètres en ligne directe, pour projeter de creuser une galerie partant de la mer et aboutissant aux mines. Cette galerie drainerait les calcaires à lignite, assurerait l’enlèvement des eaux dont le pompage était si coûteux, et créerait du même coup, entre les mines et Marseille, une voie courte et économique permettant de transporter le combustible dans des conditions de bon marché
- près Marseille, par M. Domage, directeur de la Société nouvelle de charbonnages des Bouclies-du-Rhône. (Annales des Mines, septembre-octohre-novembre 1899.)
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- maximum jusqu’aux quais du grand porl méditerranéen.
- Plusieurs tracés furent étudiés et l’on s’arrêta à celui qui, partant de l’Anse de la Madrague à Marseille allait aboutir, apres un parcours de près de 15 km, au fond des mines de lignite à 18 mètres seulement au-dessus de la mer.
- Les travaux furent commencés en 1889 en continuant une galerie de 225 mètres qui avait été creusée dès 1886, et ils donnèrent lieu à de grandes difficultés dont les ingénieurs qui les dirigeaient surent triompher dans des conditions qui méritent les plus vives louanges.
- Après une première longueur de percement de 2810,50 m. obtenue au moyen de l’avancement normal de l’attaque venant de la mer, combinée avec une attaque avancée partant du fond d’un puits creusé au km 2557 et profond de 88 mètres, on quitta le terrain tertiaire d’âge oligocène traversé jusque-là pour entrer dans les calcaires du Crétacé (étage urgonicn) et on trouva là des venues d’eau considérables.
- Il fallut établir dans ce passage un cuvelage étanche en fonte, qui eut pour résultat d’aveugler les sources dont les écoulements avaient atteint 50 016 litres par minute, et ce travail extrêmement délicat et difficile entraîna un ralentissement considérable des travaux : on mit en effet juste deux ans, de juin 1892 àjuin 1894, pour avancer de 150 mètres.
- Mais une fois ce résultat obtenu on utilisa avec la plus grande habileté les eaux souterraines dont le cuvelage empêchait l’écoulement libre et qui étaient ainsi maintenues sous une pression énorme variant, suivant la saison, de 11 kg à 7, et représentant ainsi une colonne d’eau de 110 à 70 mètres. Une turbine à action directe (type Pelton) mit en mouvement une dynamo produisant un courant triphasé absorbant 50 chevaux, et on put actionner ainsi des perforatrices rotatives Bornet, des ventilateurs, des tracteurs, qui permirent de donner aux travaux une grande activité. On obtint, en effet, ainsi jusqu’à 5,70 m. d’avancement journalier dans les parties où la roche traversée, qui était de la dolomie appartenant au terrain jurassique supérieur, n’offrait pas de difficultés autres que son assez grande dureté.
- Afin de hâter la marche des travaux un puits avait été creusé au-dessus du kilomètre 6635 et, une fois qu’il eut atteint la profondeur de 388 mètres, et rencontré ainsi le tracé de la galerie, deux attaques, l’une vers Marseille, l’autre vers Gardanne, furent mises en œuvre; on fut obligé de les arrêter à cause de venues d’eau trop intenses, et les travaux d’avancement direct vinrent atteindre ce tronçon après avoir traversé, aux kilomètres 5964, 4551 et 4625, de nouvelles régions aquifères qui furent franchies avec des cuvelages étanches en fonte, ou en fonte et béton de ciment. 11 fallut encore faire un cuvelage analogue entre les kilomètres 6400 et 6545, puis aussi capter une source importante au point 6700.
- Dans la deuxième partie du parcours des eaux
- abondantes chargées de sable et d’argile, des cavernes remplies de blocs éboulés occasionnèrent des difficultés exceptionnelles que l’on surmonta en déblayant les matériaux déposés par les sources, en injectant de ciment liquide les cavités et perçant ensuite comme des roches les monolithes ainsi créés.
- Enfin le 19 mai 1905 on atteignait une galerie commencée en parlant du fond d’un des puits des mines de Gardanne, le puits E. Biver.
- La partie importante de l’œuvre ainsi terminée, on put suspendre les épuisements de Gardanne et pousser activement les travaux nécessaires pour le drainage de l’ensemble des mines. A l’heure où paraîtront ces lignes, la région de Trets aura sans doute été atteinte, eL on aura pu y arrêter les pompages. Avec ce prolongement, la galerie de la mer aura ainsi un développement total de 20100 mètres.
- 11 restera à aménager les transports, qui auront lieu par traction électrique, entre les mines et la Madrague où seront établis un criblage et des raccordements avec les voies de la Compagnie P.-L.-M. et avec les quais permettant les transports par terre et par mer. Une partie des charbons ne sera d’ailleurs pas transportée, car déjà une usine électrique est projetée tout près du débouché de la galerie de façon à recevoir son combustible à un prix aussi réduit que possible.
- On voit donc que la conception hardie de M. Biver est actuellement réalisée ou tout près de l'être grâce aux efforts de cet éminent ingénieur, grâce aussi à la persévérance éclairée de son digne successeur, M. Bornage, à l’énergie et au savoir faire de M. l’ingénieur Long qui dirigea spécialement les travaux de la galerie.
- En même temps que son utilité pratique si considérable le percement de la galerie de la mer a été tout spécialement intéressant au point de vue de la géologie théorique.
- Le massif de l’Étoile, sous lequel passe le tunnel, appartient en effet, avec la chaîne de la Nerthe, à l’Ouest; le massif d’Allauch, puis celui de la Sainte-Beaume, à l’Est, à une région dont la structure des plus compliquées a donné lieu à de nombreux travaux de MM. M. Bertrand, Collot, Dieulafait, E. Fournier, Bepelin, pour ne citer que les plus importants.
- Dieulafait avait, dans sa coupe de 1880, admis que les discontinuités que l'on observait à la surface du sol correspondaient à des failles verticales suivant lesquelles les diverses portions continues auraient joué lors des dislocations géologiques de la région.
- M. M. Bertrand, après ses mémorables travaux sur la chaîne de la Sainte-Beaume et sur les environs du Beausset, fut d’avis qu’il n’en était pas ainsi et que, dans la chaîne de l’Étoile comme au Beausset et à la Sainte-Beaume, il y avait eu formation de plis qui s’étaient accentués jusqu’au déversement, amenant le recouvrement de terrains récents et créant ainsi une masse déjà complexe dans laquelle de nouveaux plissements avaient eu pour effet d’en-
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- serrer un noyau de terrain ancien (Trias) dans un pli formé par des couches plus récentes (Crétacé).
- A l’inverse de cette théorie M. Ë. Fournier admettait que des mouvements différents avaient pu permettre aux terrains anciens de former les. affleurements observés en conservant leur continuité avec leur masse principale.
- En un mot, M. M. Bertrand pensait que les terrains, anciens qui affleuraient au-dessus du tracé projeté pour la galerie n’avaient pas de racines et ne seraient pas rencontrés, tandis que M. F. Fournier estimait qu’on les recouperait, qu’ils avaient des ra'cines, et que leur coupe pourrait être comparée à celle d’un champignon.
- Or la galerie de la mer n’a pas rencontré les terrains anciens dont il s’agit, donnant ainsi raison à M. M. Bertrand en montrant qu’ils n’avaient pas de racines, ne rencontrant pas le pédoncule du champignon hypothétique de M. E. Fournier.
- C’est là un fait qui a pu ne pas paraître définitivement probant à tout le monde, mais l’importance considérable d’une vérification de celte nature ne saurait être contestée.
- 11 aurait fallu que la galerie fut percée un peu plus à l’Ouest pour que la preuve fût encore plus complète, mais la question n’était même pas posée lors du commencement des travaux. Pu. Zürchkr.
- LE TREMBLEMENT DE TERRE
- de San-Francisco
- C’est à 5h16m du matin, le vendredi 18 avril 1906, que s’est produit en Californie le plus désastreux des tremblements de terre que l’on ait encore observé aux Etats-Unis; des milliers de maisons ont été détruites, des centaines d’hommes mis à mort et J’incendie est venu ensuite compléter l’œuvre du sol. Pendant trois jours, il a régné en maître sur San-Francisco, toutes les conduites d’eau ayant été détruites par le tremblement de terre; si bien qu’à la fin les deux tiers des habitants de cette cité de 400000 âmes ont été complètement ruinés! On n’estime pas à moins de 400 millions de dollars (‘2 milliards de francs!) la valeur financière du désastre. Le feu à lui seul a dévasté une superficie de 8 milles carrés (20 kilomètres carrés).
- Ue tous temps la Californie a été connue comme sujette aux tremblements de terre. Dans un catalogue des secousses sismiques observées en Californie, le professeur E.-S. Holden n’en relève pas moink de 514 pour toute l’étendue de l’Etat et de 254 sur le seul territoire de San-Francisco ; ces chiffres s’appliquent à la période 1850 à 1886. Pendant le xixe siècle, il y eut dix secousses sérieuses, et en 1868 une partie de la ville avait déjà été détruite; à cette époque on éleva de sérieux<doutes ; sur l’opportunité de continuer à habiter un site si redoutable; mais, ces craintes bientôt oubliées, la cité se
- releva rapidement, on construisit de lourds monuments dont la beauté classa San-Francisco parmi les premières villes du Nouveau Monde. On commit l’imprudence de bâtir en pierre et en brique des édifices de six ou sept étages; on dressa même jusqu’à dix ou douze étages de vastes carcasses d’acier et de briques creuses, aux murs extérieurs de pierre ; une construction même comportait dix-neuf étages (maison Spreckels) !
- Superficiellement, la Californie est formée par les alignements de la Sierra Nevada et par ceux du système montagneux du littoral, situés les uns à l’Est, les autres à l’Ouest d’une énorme dépression à fond plat, longue de 450 milles (725 km) du: Nord-Ouest au Sud-Est, large de 50 à 100 milles (80 à 160 km), et connue sous le nom de Grande Vallée (Great Valley). Au Nord de celte dépression se trouve un vaste plateau au travers duquel se poursuivent les alignements montagneux. Au Sud, au contraire, les deux grands massifs parallèles se rapprochent et sont réunis par des alignements transversaux. Le système de l’Est (Sierra Nevada) est constitué par des roches primitives et des granités archéens et algonkiens (précambriens), des gneiss et des schistes forment le noyau des montagnes contre lesquelles des lits plus récents ont été poussés de la direction Ouest. Au contraire, la série des montagnes littorales est constituée par des strates mésozoïques et cénozoïques (secondaire et tertiaire) associées d’un côté au granité et de l’autre supportant des couches marines pléistocènes récentes, à des hauLeurs de plusieurs centaines de pieds au-dessus du niveau de la mer.
- Dans la Sierra Nevada, les tremblements de terre sont fréquents, et en 1872 notamment il s’en produisit un important, qui détermina dans les couches stratifiées des dislocations assez forles pour se maiv quer par une faille de 10 à 20 pieds de rejet (5 à 6 mètres) à la surface du sol. Il s’écoula à peine un mois avant que des troubles sismiques plus ou moins importants fussent constatés dans la région montagneuse de la côte; toutefois, on ne signala aucun désordre superficiel à mettre en parallèle avec la faille qui s’était produite dans le premier système. Le système littoral, cependant, est un ensemble montagneux beaucoup plus jeune géologiquement que la Sierra Nevada.
- Bien que les roches d’origine ignée soient abondantes en Californie, et qu’elles aient été décrites, en de nombreux points du système montagneux littoral aussi bien que de la Sierra Nevada, il n’existe pas de volcans récents ni au Sud ni dans le centre de. cet État. Le Net Sharta, à 240 milles au Nord de San-Francisco (386 km) est un des évents volcaniques les plus rapprochés de la cité, mais il est éteint depuis l’époque tertiaire. A l’angle Nord-Est de l’Etat, par delà la Sierra Nevada, il existe des volcans qui, à ce que l’on croit, auraient été encore-;en activité il y a un ou deux siècles ; mais, à présent, ils ne présentent plus de signes d’activité et d’ailleurs
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- Fig. 1. — Premier effet du tremblement de terre. (Photographie Ossen et Atehison, communiquée par M. Ch. Hitler.)
- ils sont à 200 ou 500 milles de San-Francisco (520 à 500 kilomètres) ! Le Pic deLassen (Lassen’s Peak), un cane de cendre qui semble assez récent, est à la même distance. Les éruptions volcaniques n’ont rien
- à démêler avec les secousses sismiques de Californie, puisque, en dépit de centaines de tremblements et de secousses qui se sont produits dans cet Etat, il ne s'est manifesté aucun réveil de l'activité volcanique
- Fig. 2. — L’iucfindie. (Photographie Ossen et Atehison, communiquée par }1. Ch. Rider.)
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- depuis que l’on relève les observations sismiques. 11 semble évident d’ailleurs que la môme indépendance a dù exister dans les temps géologiques passés.
- Les tremblements de terre californiens sont plus probablement en relation avec l’action des forces tectoniques qui s’appliquent encore à l’édification des montagnes ; ce sont les manifestations superficielles du mouvement de frottement des roches stratifiées les unes sur les autres. En surface, les aires le plus sérieusement affectées ont une forme elliptique, avec le grand axe parallèle à la côte, ou mieux, parallèle à la direction générale des axes de chaînes montagneuses qui bordent celle-ci. Dans la catastrophe du 18 avril, la plus forte secousse fut enregistrée au long d'une ligne d’au moins 500 milles (900 kilomètres) de longueur au milieu de laquelle était situé San-Francisco ; elle était dans l’ensemble parallèle à la côte.
- Sur le trajet de celte ligne la secousse a surtout été désastreuse à Salinas (à 192 km au Sud de San-Francisco) et à Santa Rosa (à 90 km au N.); à Sacramento, qui se trouve à 125 km au N.-E., la secousse fut rude, mais ne causa aucun dommage.
- Fig. 3. — 1. Ruines du City Itall — 2. Quartier de Nobill détruit sauf les cheminées de briques. — 3. Après le désastre.
- (Pnotographies Branger.)
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- Le professeur A.-G. Lawson a décrit la géologie de la Péninsule de San-Francisco dans le XVe rapport annuel du U. S. Geological Survey (Service géologique des Etats-Unis). Il montre que la péninsule est essentiellement formée de deux grands massifs séparés par une faille, celui de San-Bruno et celui de Montana. Le premier renferme Paire sur laquelle était construite la cité et il est séparé du second, au Sud-Ouest, par une différence de niveau d’environ 7000 pieds (‘215 mètres) le long d’une profonde ligne de fracture qui s’étend du Nord-Ouest au Sud-Est. Dans chacun des deux grands massifs ainsi séparés, il y a un grand nombre de failles plus petites et il est évident que toute la péninsule a souffert à plusieurs reprises de violentes ruptures et de dislocations de l’écorce terrestre ; le volcanisme aussi a joué un rôle important dans la préparation du sol où se trouve établie la cité. Mais, aussi bien pour ces failles que pour ces phénomènes éruptifs, c’est il y a des centaines de milliers d’années — pour ne pas dire des millions ! — que ces phénomènes se sont produits et, bien que cette pensée vienne naturellement à l’esprit, il est impossible de constater par des témoignages humains la moindre connexion entre les récents tremblements de terre et une accentuation nouvelle du glissement suivant le plan de fracture des deux grands massifs ou suivant les failles plus petites ! Jusqu’ici, d’ailleurs, il n’a pas encore été publié de rapport indiquant que l’on ait noté une dislocation superficielle ou une faille causée par le séisme d’avril.
- Les plus violentes secousses du 18 avril semblent avoir été ressenties à San-Francisco même. Les observations varient de 3 à 4 minutes sur l’instant précis où le premier clioc traversa la cité, mais l’horloge de la tour des bâtiments du ferryboat est arrêtée à 5M6. Cette donnée fournie par une horloge publique et qu’on peut accepter pour bonne, indique l'heure du Pacifique, ou celle du 120e méridien à l’Ouest de celui de Greenwich. Ce premier choc a duré huit secondes ; il a été suivi, après un intervalle très court, d’un second de cinq secondes puis d’un troisième de quarante-huit secondes. Le sens de propagation des ondes sismiques semble avoir été du N.-E. vers le S.-O. ou vice, versa; cependant quelques rapports télégraphiques leur assignent une direction E.-O. La région de la ville détruite par les chocs s’étendait du littoral delà baie et près des ferryboats vers le Sud sur environ deux milles (3,300 km); cela formait une zone étroite le long de la rue du Marché et des rues voisines, surtout vers le Sud. Après ce début, les secousses se continuèrent par intervalle pendant quarante-huit heures; leur intensité était moindre. M. F.-G. Plum-mer, ingénieur civil du gouvernement de l’Union, se trouvait alors à San-Francisco; on raconte qu’il aurait compté 70 chocs distincts entre 5h 15 et 8h 30 du matin; il estimait à deux pouces l’amplitude des vibrations à la surface de la terre. D’ailleurs il faut bien dire qu’au point de vue scientifique, ce trem-
- blement de terre n’apparaît pas comme de première grandeur.
- De profondes fissures se sont ouvertes dans le sol plat et en partie artificiel qui se trouve à proximité du littoral de la baie. Les bâtiments de la Compagnie des ferryboats ont été endommagés et leur grande tour secouée de telle sorte qu’il faudra la jeter bas. Le fameux Palace Hôtel était fortement bâti de bois et de fer; ébranlé mais non détruit par les secousses, il fut ensuite complètement brûlé. La maison Spreckels, dont nous parlions plus haut et qui a dix-neuf étages, n’a pas sérieusement souffert du séisme; sa carcasse d’acier se balançait souplement comme un roseau dans le vent. Auprès du Palace Ilotel, l’établissement Monadnoch que l’on était en train de construire de la même façon n’a pas résisté et a été complètement démoli. L’hôtel Francis, qui présente aussi une carcasse d’acier, est resté complètement intact. L’hôtel de Ville (City Hall), massive construction de pierre et de 1er avec une tour élevée, dont la charpente d’acier porte un dôme de métal, ont été en partie démolies; seule la charpente a subsisté et, après la chute des murs et des planchers, elle continue à porter le dôme sur son squelette de métal. Il est intéressant de signaler la bonne tenue générale de ces bâtisses, construites suivant les idées modernes — et il serait facile d’étendre longuement cette liste par de nombreux exemples.
- Quant aux simples maisons de pierre, de brique et de fer, elles ont été complètement détruites. Les unes sont tombées en monceaux informes, d’autres se sont écroulées en travers des rues. San-Francisco était surtout bâti en maisons de bois, en sapin ou en séquoia et ce fait explique le petit nombre relatif des victimes directes du tremblement de terre. Avec la pierre et la brique, il aurait fallu compter les morts par milliers; on des compte par centaines seulement! On a observé d’étranges phénomènes sur ces maisons de bois. Les unes étaient tordues; les autres avaient simplement supporté une poussée latérale. Ici, la partie supérieure était la plus endommagée; ailleurs, c’était au contraire la partie basse ; des meubles étaient renversés, un piano la tête en bas.
- Les villes et villages situés sur la zone du maximum d’intensité ont été cruellement affectés aussi par le séisme, sur une longueur de 180 milles (290 kilomètres), c’est-à-dire de Santa llosa à Salinas. L’Université de Californie à Berkeley n’a pas été sérieusement atteinte. Des nouveaux et beaux bâtiments de la Stanford University, construits de grès fin, jaune-brun, rien n’a été préservé; la magnifique chapelle, l’une des plus belles et des plus riches du monde, la bibliothèque, le musée, la plupart des salles de lecture, le gymnase et l’arc commémoratif ont été jetés à terre, rendant inutile une dépense de 4 millions de dollars ( 20 millions de francs).
- On rebâtira San-Francisco. Des plans étaient déjà élaborés à cette fin avant que l’incendie eût été vaincu. Le port, est un des meilleurs d’Amérique
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- sur la cote du Pacifique et c’est un des [dus beaux du monde; c’est aussi le débouché naturel d'un vaste territoire merveilleusement riche. D’ailleurs parmi la complexité de causes qui ont amené la deslruclion de la cité, sans doute on pourra empêcher quelques-unes de se renouveler. On ne peut prévoir ni h date ni l’intensité d’un phénomène sismique; mais on peut modifier les méthodes vicieuses de construction et le mauvais état des conduites d’eau et ce sont les deux facteurs principaux qui ont donné au désastre son caractère tragique. On pourrait notamment adopter des tuyaux plus résistants et plus élastiques, de nature à ne pas souffrir des ondulations sismiques. Bien qu’il n’y ait pas lieu de prévoir la cessation de secousses de ce genre dans la péninsule, les San-Franciscains espèrent qu’un tel phénomène ne se produira pas d’ici longtemps, car le site de leur cité n’est pas de ceux que l’on se résolve facilement à abandonner.
- Edmond Ons Hovby,
- Curateur du déparl.ouieul de géologie. Muséum ûinéricaiu d’ilistoire naturelle.
- WAGONS EN MÉTAL, A VOYAGEURS
- Nous avons eu l’occasion de montrer, par quelques exemples caractéristiques, que le métal s’introduisait de plus en plus dans la construction des wagons à marchandises ; et nous avons indiqué les avantages réellement précieux qui en résultent : un des principaux est la diminution du poids mort par rapport au poids utile : il n’a pas à être poursuivi aussi vivement pour les voitures à voyageurs, tout simplement parce que, dans celles-ci, le confort se développant constamment, le poids du voyageur n’est presque rien par rapport à celui du véhicule et des aménagements. Mais la diminution du poids mort n’en est pas moins désirable, quand cela peut se faire sans qu’il en résulte aucune diminution dans la solidité du véhicule, ni dans la bonne disposition des diverses parties du matériel roulant.
- Les ingénieurs qui se sont préoccupés ces temps derniers des wagons à marchandises tout en métal, n’en ont pas moins touché le côté général de la question. Les assemblages des charpentes en bois sont sujets à prendre du jeu au bout d’un certain temps, sous l’influence des secousses constantes ; et • c’est une des raisons pour lesquelles, depuis bien longtemps, un peu dans toutes les compagnies de chemins de fer, on s’est décidé à doter le nouveau matériel d’un châssis métallique. De plus les pièces entrant dans la construction d'un wagon, quand elles sont métalliques, peuvent être faites avec la plus grande facilité en série, et leur interchangeabilité rend les réparations aisées et rapides. Nous n’insisterons pas trop sur les avantages des pièces embouties, notamment en acier; sans doute elles assurent un montage très simple, puisque l’emboutissage permet
- d’obtenir des formes assez compliquées; mais on reproche aux emboutis, lorsqu’ils sont déformés par un choc, de ne pouvoir supporter de réparations et de devoir passer tout de suite à la vieille ferraille. On nous semble du reste attacher beaucoup trop d’importance à ce côté de la question, car les chocs susceptibles d’entraîner déformation sont des cas excessivement rares, et la règle, c’est alors la mise à profit de la légèreté, de la solidité, du bon marché des emboutis.
- Quoi qu’il en soit de ces discussions un peu académiques, et de la partialité avec laquelle bien des gens ne veulent envisager que les inconvénients de la transformation que l’on propose aux voitures à voyageurs, sa réalisation est déjà commencée, au moins dans les milieux américains, et un peu dans les milieux anglais ; et quelques pas sont faits dans cette même voie par certaines compagnies françaises, qui d’ailleurs, depuis longtemps, emploient des tôles pour les panneaux extérieurs de leurs voilures. Il y a deux raisons majeures pour pousser dans celte direction. C’est que d’abord les wagons en bois peuvent assez facilement être le théâtre d’incendies particulièrement redoutables pour les personnes qui y ont pris place : des exemples trop nombreux légitiment celte crainte. El aujourd’hui ce n’est pas seulement l’éclairage, acétylène, gaz, etc., qui peut entraîner un accident de ce genre ; c’est aussi le mode nouveau de propulsion par le courant électrique : un court-circuit a bientôt fait de se produire, et certaines catastrophes sur des chemins de fer Métropolitains sont là pour en montrer les conséquences. Si bien que la Compagnie d’Orléans, pour l’exploitation de son réseau électrique de la banlieue, a tout récemment construit des véhicules automoteurs où les cabines de manœuvres, du moins, sont entièrement métalliques. Comme le faisait remarquer un ingénieur américain, M. Gibbs, celui-là même qui a construit les nouveaux wagons métalliques dont nous donnons des photographies, c’est alors que disparaît de la composition des trains celle source de conflagration qu’on appelle le loyer de la locomotive, qu’on craint le plus un incendie. On sait aujourd’hui quelles précautions il faut prendre avec l’électricité en la matière ; et l’on doit se prémunir non seulement contre les détériorations ou mauvaises installations, mais encore contre les dangers spéciaux qui se présentent au cas d’un accident d’exploitation ordinaire, déraillement, collision : c’est alors que des arcs électriques peuvent se faire facilement, qui allumeront un foyer s’ils viennent en contact avec des pièces de bois brisées surtout.
- Le déraillement et la collision, toujours possibles, militent encore en faveur de l’adoption de la construction métallique ; et voici des mois qu’une campagne dans ce sens se fait aux États-Unis. Nos lecteurs savent si les accidents de chemins de fer sont fréquents dans ce pays ; et l’on s’est dit avec raison qu’un véhicule tout en acier ne sera pas susceptible de se briser sous un choc comme ceux qui sont en
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- bois ; ceux-ci, en dépit de leur châssis métallique, et sous l’influence d’une collision, par exemple, et de l’arrêt brusque qui en résulte, rompent leurs attaches sur ce châssis, continuent leur mouvement en avant, et vont se briser sur les voitures précédentes, qu’ils contribuent à écraser. Sans doute, dans un train entièrement métallique, les premiers wagons n’absorberont pas la puissance vive et ne formeront pas tampon au profit des voitures d’arrière, et le choc se transmettra de bout en bout ; mais, si tous les voyageurs sont lancés sur les cloisons, si beaucoup d’entre
- 500 kg de bois dans toute la voiture, et encore on compte en remplacer la plus grande partie à l’avenir par des pièces fondues en aluminium. On a substitué sur plusieurs points l’aluminium au cuivre habituellement employé.
- Le plancher proprement dit est fait de tôles ondulées sur lesquelles on a étendu une composition incombustible faite de ciment et de sciure de bois dur, et enfin des lames minces de parquet qui ne constituent point un danger de feu. Le toit, métallique, est recouvert d’une composition également ininflammable à base de pulpe de bois. Pour une longueur de caisse de 12,50 m., ce type de wagon ne pèse pas plus de 22 tonnes, dont 8 environ pour les trucks h bogies et les moteurs.
- Avant de finir, nous ferons remarquer que l’Exposition de Liège renferme un nouveau type de wagon construit par la Société Dyle et Baca-lan pour les chemins de fer de l’Etat, et où le métal joué précisément un
- Les wagons métalliques pour voyageurs.
- 1. Vue extérieure du wagon en achèvement. — 2. La charpente métallique.
- eux ont des fractures, du moins aucun ne souffrira de ces horribles blessures coutumières aujourd'hui, et dues aux éclats de bois pénétrant dans les chairs. Et l’exemple d’accidents survenus à des wagons à marchandises laisse supposer que les véhicules métalliques bien établis se déformeront même fort peu. Nous pourrions citer spécialement un accident survenu en 1905, aux environs de Pitlsburg, à des wagons en emboutis, et où les véhicules ne furent guère détériorés.
- C’est pour toutes ces raisons que M. Gibbs vient de construire une série de voitures tout en acier poulie New York Rapid Transit subway, ce Métropolitain dont on a parlé ici ; à la suite d’un premier essai, 200 sont sorties des chantiers. Elles ont déjà fait leurs preuves et on va en construire d’autres semblables, et pour le subway, et aussi pour le Long Island Railway.
- Nous n’entrerons pas dans tous les détails de la construction, que font comprendre les gravures qui accompagnent ces lignes.
- Les pièces de plancher ne sont pas hautes, mais l’ensemble est renforcé par de fortes membrures latérales, en acier comme le reste; des diagonales viennent consolider leurs attaches avec le plancher, et bien entendu une pièce longitudinale solidarise par en haut les membrures. En acier aussi sont les châssis des fenêtres; des garnitures sont faites forcément en bois, mais en bois ignifugé; il n’y a pa
- rôle prédominant. On y a fait un large usage des emboutis, le châssis consistant en deux longerons principaux placés dans l’axe du véhicule, et sur lesquels les différentes parties de la caisse prennent appui par des consoles ou des traverses également en emboutis.
- On a pu supprimer les tirants d’armature, et, tout en donnant aux voyageurs un confortable absolu, on arrive à réduire à 650 kg environ par place offerte le poids mort transporté, qui atteint 860 kg dans les voitures classiques du réseau belge.
- Henri Bougeois.
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- L’ELGÉPHONE
- Cet appareil dont le nom scientifique serait plutôt « mégaphone » est destiné à amplifier les sons. Imaginé par M. Georges Laudet en 1902, il est aujourd’hui construit par M. M. Gaumont et G'° qui l’ont combiné avec un phonographe à disque. Ainsi que le représente la gravure ci-contre la partie relative au disque n’a rien de particulier, mais la membrane vibrante est remplacée par un dispositif spécial M, représenté schématiquement à plus grande échelle; en R se trouve un réservoir d’eau destiné au refroidissement des parties susceptibles de s’échauffer, car le principe du système repose sur l’emploi d’un mélange détonnant, brûlant dans une sorte de bec Bunsen.
- L’explication du phénomène qui se produit ici a été donnée par M. G. G. Porter dans une conférence faite le 11 décembre 1903, à la Société de physique de Londres et reproduite de la Vhilosophical Magazine de mars 1904. Son attention, dit-il, avait été attirée, environ dix ans auparavant, par M. A. J. Jex-Blakc sur ce fait que, si on frappe un diapason et qu’on le porte dans la llamme d’un bec Bunsen, l’intensité du son est considérablement augmentée. 11 ne trouva pas tout d’abord d’explication satisfaisante, mais il fit depuis une série d’expériences pour déterminer la cause de ce renforcement du son. 11 remarqua d’abord que, si le diapason est au-dessus ou à côté de la llamme, l’intensité du son ne change pas; pour qu’elle soit renforcée il faut qu’il se trouve dans la flamme. Mais encore fallait-il savoir à quel endroit l’effet est maximum. Si la llamme est rendue lumineuse en fermant l’arrivée d’air, il n’y a qu’une très faible augmentation du son.
- En plaçant une toile métallique à environ 2 centimètres de l’extrémité du bec Bunsen, réglé pour une flamme fixe et entièrement bleue, si on enflamme le mélange de gaz au-dessus de cette toile et qu’on y porte le diapason, l’intensité du son s’accroît considérablement ; mais si on le place entre le bec et la toile métallique elle n’augmente pas. Enfin si on explore les différentes parties de la flamme, en y plaçant successivement le diapason, on constate que le maximum d’intensité du son correspond au point où la flamme est la plus chaude, c’est-à-dire dans la partie où se produit l’action chimique la plus rapide. De ces expériences, et de beaucoup d’autres, très variées et très intéressantes, qu’il serait trop long de rappeler ici, M. T. C. Porter conclut que « l’effet des vibrations sonores est probablement de changer la flamme continue du bec en une flamme plus ou moins discontinue ; chaque condensation et chaque raréfraction correspondant à l’augmentation ou à la diminution des quantités de gaz et d’air en combustion ».
- L’inventeur du mégaphone, M. G. Landet, avait pressenti que c’est ainsi que les choses devaient se passer puisque, dans le système qu’il fit breveter
- en 4902, les dispositions étaient prises pour que les vibrations, qui pouvaient provenir d’une source quelconque, modifient à chaque instant le mélange gazeux du brûleur. Tel que le construit aujourd’hui M. Gaumont, l’appareil est spécialement appliqué aux disques de phonographes sur lesquels les vibrations sont enregistrées, non pas en profondeur comme sur les cylindres de cire, mais longitudinalement : le stylet qui correspond à la membrane se déplace donc, non pas de bas en haut, mais horizon-
- L Elgéphoue ou mégaphone.
- talement, comme un pendule. Ici le stylet 0, au lieu d’ètre relié à une membrane, est prolongé par une lame verticale, ou palettes qui le suit dans ses déplacements. Elle divise en deux parties égales une chambre PD, dans laquelle on fait arriver, par l’ajutage II, du gaz sous pression, et en face de son extrémité supérieure se trouvent des ajutages qui, par les tubes R et B, permettent au gaz de passer dans les brûleurs A; le système est double et les mêmes dispositions existent à droite et à gauche. Les brûleurs sont composés d’une série de lamelles entre lesquelles circule le mélange gazeux; l’air arrive par la partie inférieure et l’allumage, ou plutôt les explosions successives se font en F à la base d’un cornet
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- LA NATURE.
- C. Le stylet est monté sur un joint étanche et élastique placé à la base de la chambre PD; on comprend que les vibrations, enregistrées sur le disque, ont pour effet de le faire osciller et par suite la palette qui le prolonge s’approchera ou s’éloignera des ajutages et laissera passer plus ou moins de gaz ; sa course est réglée par deux vis de butée placées en regard de son bord supérieur.
- Le résultat obtenu est tout à fait extraordinaire et on obtient une intensité de son qui permettrait de faire entendre, à plusieurs kilomètres de distance, un morceau de musique enregistré sur un disque par les procédés ordinaires. Mais on peut régler l’intensité à de moins fortes proportions en agissant sur le brûleur : la puissance des sons obtenus est toujours fonction des quantités de mélange employées et de l’énergie déployée pendant leur combustion.
- Les applications pratiques d’un tel appareil seront nombreuses, elles surgiront petit à petit à mesure qu’il sera plus connu. Déjà il a permis à M. Gaumont de mettre en exploitation le chronophonc (alliance du phonographe et du cinématographe), ce qu’il n’avait pu faire jusqu’à présent qu’imparfai-tement à cause du manque d’intensité des sons dans le phonographe ordinaire. L’elgéphone pourra aussi remplacer avantageusement l’orgue de barbarie dans les baraques foraines en donnant un répertoire plus intéressant et plus varié ; on peut encore prévoir le jour où, dans la période électorale, il viendra en aide au candidat en lui permettant de dominer les interrupteurs. D’une façon générale il remplacera, ou plutôt complétera, le phonographe dans toutes ses applications quand il s’agit de grands locaux ou de plein air. G. Cuauiauùs.
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- CHRONIQUE
- La graphologie au Japon. — Notre collaborateur, le Dr Cartaz, exposait dernièrement à nos lecteurs quelques-unes des remarquables données graphologiques que M. Rogues de Fursac a su grouper dans son ouvrage Les écrits et les dessins dans les maladies nerveuses et mentales. 11 est intéressant de noler que dans cette science toute nouvelle, on rencontre des précurseurs très anciens et notamment parmi les Orientaux, ainsi que cela a déjà été noté maintes fois à propos de questions de physique. La Revue graphologique indiquait dernièrement les principes d’une graphologie rudimentaire pratiquée depuis un temps immémorial par les Japonais. Toute leur méthode repose sur l’examen attentif d’un simple trait effectué au pinceau sur une feuille de papier et voici les merveilleux enseignements que l’on peut tirer d’un tel examen : la barre mince, rigide et courte, marque un esprit net et décidé; mince et rapide, plus ou moins rigide, ayant l’allure d’un trait de plume, elle indique une volonté faible, de la gaieté et de la vivacité; fine et lentement tracée, elle prouve tantôt un goût et des sentiments délicats, tantôt de la manière et de l’affectation, mais un caractère égal; rapide, recourbée, faisant pont, elle traduit un esprit despotique, violent et vif; la volonté forte se décèle par une barre appuyée et
- qui, lorsqu’elle est droite, annonce en même temps de la franchise. Et il y a encore la barre lente, massive (sensualisme, vulgarité), la barre informe, des gens veules, faux, inégaux et toujours peu élégants, la barre terminée par un petit crochet (c’est celle des tenaces — et si le crochet est grand, des accapareurs), celle en massue, qui appartient aux gens violents, prompts, d’ailleurs francs, celle en pointe qui n’est jamais bonne, car si elle commence épaisse, elle dénonce la ruse et la dissimulation, et si elle commence mince, la colère et la méchanceté. La Revue graphologique affirme que ces quelques formules permettent aux savants asiatiques les plus profondes remarques sur le cœur humain; c’est qu’il n’y a rien d’impossible à un bon graphologue ! Au fond, la méthode japonaise, moins complexe et moins rebutante pour les non initiés, est, comme nos méthodes européennes, une arme qui ne prend sa valeur que suivant les mains où on la place; en Orient comme en Occident, faire de la graphologie est sans doute le plus souvent un petit jeu d’appréciations morales assez vagues, fort inoffensif, et très peu scientifique, car on mettrait aussi bien en science de deviner le caractère d’un homme en le regardant monter un escalier 1
- Sur la formaldéhyde. — Nos lecteurs connaissent ce corps qui, sous le nom de formol ou d’aldéhyde formique, possède aujourd’hui diverses applications intéressantes. Sa préparation et ses propriétés ont fait l’objet de plusieurs articles de ce journal. Quelques savants anglais se sont de nouveau occupés de cette substance à divers points de vue. Tout d’abord la synthèse de la formaldéhyde a été réalisée en maintenant un fil de platine à une haute température au sein des mélanges gazeux suivants : 1° oxyde de carbone et hydrogène; 2° oxyde de carbone, hydrogène et vapeur d’eau; 5° oxyde de carbone et vapeur d’eau; 4° acide carbonique et hydrogène. Par contre, on ne réussissait pas la synthèse si, au lieu d’opérer comme nous venons de dire, on faisait passer les mêmes mélanges gazeux à travers des tubes chauffés à des températures inférieures à 500 degrés. D’un autre côté, il a été constaté qu’à toutes les températures comprises entre 400 degrés et 1125 degrés, la formaldéhyde se décomposait rapidement en oxyde de carbone et hydrogène ; en opérant sous de hautes pressions, il se fait des transformations plus complexes qui masquent la décomposition simple dont nous venons de parler.
- La grande lentille de l’Université de Washington. — Elle est duc au Révérend John Peale, qui l’a construite ou du moins l’a achevée en 1898 : depuis cette époque elle attendait d’être montée, et c’est à quoi l’on travaille à l’heure actuelle. Son diamètre est de 62 pouces, ce qui fait à peu près 1,57 m.; et son épaisseur est de 156 millimètres. On a du s’y reprendre à cinq fois pour la coulée de la lentille brute : elle pesait bien près d’une tonne. Le polissage a demandé trois mois et a réduit ce poids à 680 kg.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 mai 1906.
- Présidence de M. Poincaré.
- Congrès océanographique. — L’Académie est informée que l’intention du prince de Monaco est de réunir l’année prochaine à Monaco un Congrès d’océanographie et de
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- LA NATURE.
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- météorologie marines dont la session coïnciderait avec l’époque de l’inauguration du musée d’océanographie. Cet avis est donné longtemps à l’avance alin que les savants qui auraient à présenter des travaux aient lti temps de se préparer.
- Étiologie de la tuberculose. — M. Calmette adresse une Note de MM. Guérin et Deléandre sur l’origine intestinale des adénopathies trachéobronchiques tuberculeuses. Il conclut d’expériences pratiquées sur des animaux et d’observations tirées de la clinique pour l’enfant, que l’infection ganglionnaire mésentérique précède l’apparition des lésions d’adénopathies trachéo-bronchiques et que ces dernières, de même que; la tuberculose pulmonaire chez l’enfant et chez l’adulte, doivent être considérées comme résultant d’une infection tuberculeuse intestinale. 11 apparaît donc de plus en plus que l’enfant et l’adulte ne contractent pas la tuberculose en respirant des poussières, mais bien en ingérant du lait de vaches tuberculeuses ou des aliments souillés de bacilles ou de parcelles de crachats d’origine tuberculeuse.
- Les gaz des sources thermales. — M. Deslandres dépose une Note de M. Moureu, relative aux gaz rares des sources thermales. Les recherches de l’auteur ont porté sur les eaux de 45 sources situées tant en France qu’à l’étranger ; elles ont conduit l’auteur à doser une masse résiduelle de gaz rares après l’absorption des gaz ordinaires par des réactifs appropriés. Ce résidu est assez exactement en rapport avec la quantité d’azote dosée dans l’eau thermale et en représente 1 à 1,5 pour 100 en volume. M. Moureu y a constamment noté la présence de l’argon; il a observé celle de l’hélium dans 59 cas sur 45. Ces recherches sont en relation avec le phénomène de la radioactivité des sources thermales. »
- Variation du spectre d’absorption dans un champ magnétique. — M. J. Becquerel adresse une Note sur la polarisation rotatoire magnétique dans certains cristaux et montre la relation qui existe entre ce phénomène et les variations du spectre d’absorption dans un champ magnétique.
- Décès. —M. le secrétaire perpétuel Darboux donne lecture d’un télégramme annonçant la mort de M. Bischoffs-heim et la date de ses obsèques. M. le Président prend la parole pour exprimer les regrets de l’Académie. Après avoir déploré le nouveau deuil qui la frappe, il rappelle que « M. Bischoffsheim fut le fondateur d’un observatoire aux environs de Nice, qui est en France ce qu’est l’observatoire llamilton aux États-Unis. Ce n’est pas seulement à sa générosité, c’est à sa compétence spéciale, à son esprit pratique que nous le devons. Nous lui sommes tous reconnaissants d’avoir doté la France d’un établissement de cette valeur ». M. le Président lève ensuite la séance en signe de deuil. Cm de Yilledeuil.
- TYPE NOUVEAU DE CARGOT-BOAT
- Il y avait ces jours derniers en chargement dans le port de Glasgow, un cargo-boat, le Teucer, appartenant à la Compagnie anglaise de navigation « The blue funnel line », qui mérite qu’on s’occupe de lui à cause de certaines particularités qui le caractérisent et le différencient de ses semblables.
- Ce steamer, qui fit ses essais en lévrier dernier, a
- été construit sur les chantiers llawthorn-Leslie, à Hebburn, sur la Tyne. 11 est complètement dépourvu de mâts; c’est le premier vapeur marchand qui renonce, d’une manière aussi complète et radicale, à ces accessoires.
- La vapeur n’a pas tué totalement la voile ; il y a encore quantité de navires mixtes qui sillonnent les mers en tous sens. Les steamers, qui naviguent tantôt avec le vent, tantôt avec leurs machines, tantôt avec les deux, ont naturellement des mâts; mais ils ne sont pas les seuls à en avoir. Jusqu’à présent, en effet, les cargo-boats conservaient cet équipement pour des motifs divers, même lorsqu’il leur était inutile.
- Aux bateaux à vapeur marchands qui ne font que des voyages accélérés, ceux qui transportent des marchandises qui demandent à marcher vile, l’usage de la voile est interdit; leurs constructeurs leur laissent cependant des mâts. Nous n’avons pas à en examiner ici les raisons ; il nous faut simplement constater que cette tradition a été abandonnée avec le Teucer, le premier cargo-boat d’une série de cinq, appelés à faire un service de marchandises, régulier et rapide, entre Glasgow et les ports de l’Extrême-Orient.
- Nous avons tenu à parler de ce nouveau type de navire, à cause de ses particularités d’abord, mais aussi et surtout parce que, par les dispositions spéciales de son aménagement et de son outillage, il serait appelé à jouer un grand rôle dans une guerre entre le Japon et une puissance quelconque. L'Angleterre pourrait, grâce aux cinq steamers de la « blue funnel line », porter rapidement, comme on va le voir, à des alliés lointains des subsides importants, en hommes et en matériel.
- Les mâts sur le Teucer sont donc supprimés; mais leurs emplacements ne restent pas inoccupés. A leurs places se dressent deux paires de robustes piliers métalliques. Ces quatre colonnes s’élèvent, deux à l’avant et deux à l’arrière; elles ont pour but de compléter l’ensemble, très puissant, des appareils de levage dont ce cargo-boat est armé. Elles donnent des points d’appui sérieux, puisque, leur construction a été calculée de manière à permettre à chacun des piliers de supporter une charge de 36 000 kilogrammes.
- A l’avant et à l’arrière, tout autour des deux groupes de piliers, sont disposées, au-dessus des ouvertures des cales, de robustes chèvres et de puissantes grues. Notre dessin montre les bras de levier inclinés dans tous les sens, ainsi que les chaînes et les câbles qui permettent d’utiliser les quatre colonnes verticales et de s’en servir comme autant d’appareils de levage.
- L’outillage de ce cargo-boat, composé de 56 grues et chèvres et de 26 treuils à vapeur, est fort remarquable. Grâce à lui, le Teucer peut se passer des machines des ports ; il lui est même possible de charger dans un port complètement dépourvu d’ou-tillagë, car, grâce à la puissance et au nombre de ses
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- LA NATURE.
- propres appareils, ce steamer ne dépend de personne, il n’est tributaire d’aucune autre entreprise.il porte avec lui tout ce qui lui est nécessaire pour charger et décharger, n’importe où, avec ses propres moyens, sans aucun autre concours que le sien, les 13 000 tonnes de marchandises qu’il peut porter. L’importance de son outillage lui permet même de liquider la manutention de ces 13 millions de kilogrammes de fret avec une très grande rapidité.
- Les cales — très vastes -— ont été disposées pour recevoir des marchandises de grandes dimensions, lourdes et particulièrement encombrantes, des chaudières, des wagons de chemin de fer, des charpentes métalliques, des pièces de fonderie, de pesantes machines, des canons de forteresse ou de marine, etc.
- Ce puissant cargo-hoat mesure environ 160 mètres de longueur sur près de 18 mètres de largeur: sa hauteur totale, de la quille au hordage, est de
- avantage, en temps de guerre, de rendre possible une surveillance efficace, à une grande distance, sur une vaste étendue.
- On pourra, de la sorte, éviter la rencontre désagréable des navires de guerre à la recherche des contrebandiers, ou, si cela est rendu nécessaire, fuir devant eux à toute vapeur, « l’ull speed-i», comme disent les marins anglais.
- Autre détail, très intéressant aussi et qui montre, comme les autres, le double objet — commercial et militaire — auquel Teucer et ses quatre semblables doivent répondre. Toute la partie arrière peut être, si besoin est, rapidement aménagée, pour former un entrepont avec salles et couloirs. Cette disposition peut donner un abri confortable à 350 émigrants ou soldats.
- Nous avons tenu à expliquer les particularités qui caractérisent le Teucer, parce que ce cargo-hoat
- Type nouveau
- 14 mètres environ. Cet immense magasin flottant est mis en marche par deux fortes hélices, actionnées par deux groupes de machines à triple expansion. La vapeur est fournie par trois immenses chaudières.
- Au milieu du pont du Teucer s’élève une élégante construction blanche, sorte de pavillon-rotonde, c’est l’habitation des officiers et des mécaniciens. Sur le dessus se trouve une terrasse-jardin, ce qui prouve qu’en toutes circonstances les Anglais savent joindre l’agréable à l’utile.
- La dunette forme balcon sur le devant de la rotonde. Malgré sa hauteur, on a jugé utile d’établir un pont reliant les deux piliers d’avant, à plus de 26 mètres au-dessus de la ligne de flottaison du navire. Ce détail a une très grande importance, il prouve que ce cargo-hoat peut avoir besoin d’exercer une grande surveillance autour de lui, et, comme il n’a pas de mâts, le pont horizontal servira de poste à la vigie. La hauteur de ce pont sera fort appréciée par les mauvaises mers ; elle aura surtout le grand
- (le cargo-boat.
- d’un type particulier sera certainement appelé, le cas échéant, à jouer un rôle sérieux dans l’alliance anglo-japonaise. Un navire du même modèle, Anti-lochus, est actuellement en chantier sur la Tyne ; les trois autres seront successivement entrepris au fur et à mesure des lancements.
- La construction de ces cargo-boats spéciaux montre une fois de plus le sens pratique des Anglais. A peine le traité est-il signé avec le Japon que, tout de suite, sans perdre un instant, ils construisent des navires qui leur permettent de tirer profit des avantages qui leur sont faits. Les Compagnies de navigation anglaises ne demandent pas de subventions, elles ne réclament aucune prime; elles se contentent d’agir toutes seules et de faire les sacrifices nécessaires pour, en temps de paix, attirer la clientèle commerciale, èt en temps de guerre, celle de l’Etat.
- WlLL DàRVILLÉ.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauuhe, rue de Fleurus, S.
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- LA NATURE
- TRENTE-QUATRIÈME ANNÉE - 1906
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABETIQUE
- A
- Abeilles (La préférence des couleurs pur les), 4.
- Abeilles eu plein air (Nidification des), 583.
- Abîmes (La désobslruclion des), 25.
- Abofio (L’usine de produits chimiques d’), 248.
- Absinthe (Contre 1’), 370.
- Acajou sur la côte d’ivoire (L’j, 20.
- Acide azotique absolu (Sur 1’), 270.
- Acide sulfurique (Industrie de 1’). Procédé de contact, 100.
- Acoustique des salles (Qualité de P), 335.
- Aéro-moteur (Nouvel), 12.
- Aéroplanes (Stabilité des), 111.
- Aéroslatsdu siège de Paris (Les), 151.
- Aiguilles et signaux de chemins de fer (Distributeur P. Chaillaux. Commande à distance des), 505.
- Air (Liquéfaction de P), 287.
- Allumettes en Suède (La fabrication des), 05.
- Alpes du Piémont (Tectonique des), 225.
- Aluminium (Alliages d’), 200.
- Amidon (La saccharification de P), 127.
- Amidon (Propriété chimique de P), 507.
- Amidons (Propriétés des divers), 111.
- Anesthésie (L’absorption du chloroforme pendant P), 145.
- Angines par un lait infesté (Épidémie d'), 247.
- Animal non décrit, 159.
- Animaux venimeux (Les), 70.
- Antimoine explosif (Sur P), 75.
- Arbre (La fête de P), 375.
- Arbres (Une nouvelle espece d’), 531.
- Arganicr ou l’arbre du Sous (Maroc), 171.
- Arum (Composition des tubercules d’), 155.
- Ascenseurs électriques (Les), 204.,
- Allas marocain (La géologie de P), 271.
- Atmosphère solaire (Constitution de P), 582.
- Automobiles en Angleterre (Le commerce des), 358.
- Automobile. La bêle à quatre roues, 517.
- Automobile (Le coefficient de mérite d’un véhicule), 114.
- Automobile (Le salon de P), 102.
- Automobile militaire (IP), 123.
- Automobile pour voyages dans le désert, 47.
- Azotate d’ammonium cristallisé (L’), 143.
- Azote (Liquéfaction de Pair. Application
- Supplément au n° 1722 do La Nature
- à la fabrication de l’oxygène et de P), 287.
- B
- baraque-Michel (La faune et la llore glaciaires de la), 258.
- Barrage établi par le renversement d’une colonne de béton, 251.
- Bassin de radoub de SouthampLon (Le nouveau), 209.
- Bateaux de pêche automobiles, 145.
- Bête à quatre roues (La), 517.
- Bicyclette à moteur (Lévocyclctle cl), 29.
- Bois de cercueil, au Tonkin (L’exploitation des), 272.
- Bonnettes de Sailly (Les), 112.
- Brouillards dans la région parisienne (Les), 78.
- Brûlures mortelles (Les), 527.
- c
- Câble électrique souterrain (Essais d’un),
- 222.
- Câbles électriques pour 00 000 volts, 142.
- Cachalot sur la côte de Bretagne (Capture d’un), 159.
- Caféier (Un parasite du), 15.
- Calcium métallique (Le), 120.
- Californie (Les fruits de), 1.
- Canjuers (Les avens des plans de), 147.
- Canon en fil d’acier (Nouveau), 05.
- Canon français de 75 (Le), 151.
- Caoutchouc aux îles Sandwich (L’acclimatation du), 139.
- Caoutchouc d’Afrique (Le), 200.
- Caoutchouc dans la région de l’Amazone (Le), 10.
- Caoutchouc en Indo-Chine (Le), 194.
- Captage hydrolhermal à Cestona (Un),
- 201.
- Carbonates alcalins et le sol (Les), 175.
- Carburateurs (Les), 226.
- Carènes (La forme des), 175.
- Cargot boat (Type nouveau de), 415.
- Garmania (Un grand transatlantique à turbine le), 103.
- Carte française au 50 000° (La genèse de la nouvelle), 210.
- Carte géologique de France, 79.
- Carte géologique de France (Le service de la), 101.
- Cartes à jouer (Les), 159.
- Cartouches (Une machine à fabriquer les), 75.
- Catalyseur dans la préparation de l’anhydride sulfurique (Un nouveau), 234.
- du 20 mai 1900.
- Cavernes (Exploration de), 383.
- Cavernes des Mendip-Hills (Les), 23.
- Cellules nerveuses (Les canalicules dos), 79.
- Céruse (Nouveau procédé pour la fabrication de la), 203.
- Cétacés (Les vertèbres cervicales des), 200.
- Chaleur centrale (Théorie solaire de la), 43.
- Chambres de plomb (Sur l’élude physico-chimique du procédé des), 158.
- Champignons (La mort des), 519.
- Champignons du Muséum (L’exposition de), 66.
- Chemin de fer de Morez à Saint-Claude, 215.
- Chemins de fer transpyrénéens (Les projets de), 178.
- Chemins de fer transpyrénéens (Les), 537.
- Chemins de fer (Un tour de force en matière de construction de), 46.
- Cheminées radio-incandescentes, 240.
- Cheveux (Le blanchissement des), 383.
- Chloroforme (Dosage du), 127.
- Choléra en 1905 (La défense allemande contre le), 206.
- Chrysalides (Respiration des), 79.
- Chutes d’eau (L’exhaussement artificiel des), 91.
- Ciment (La prise du), 582.
- Clevcland (Le port de), 100.
- Clinique chirurgicale, 271.
- Cloportes géants, 303.
- Cœur humain (Conservation d’un), 502.
- Colophane (Décoloration de la), 89.
- Compas de relèvement (Nouveau), 398.
- Congrès de Monaco (Le), 383.
- Congrès international de chimie appliquée à Rome (Le VI0), 402.
- Congrès océanographique, 415.
- Construction navale (Un tour de force dans la), 271.
- Conlrc-alisé (La réalité du), 335.
- Contre-torpilleur à 53 nœuds, 46.
- Coolgardie (La conduite d’eau de), 125.
- Cordonnerie anglo-américaine, 358.
- Coupage des tôles par l’oxygène (Le), 155.
- Cranieclonie (La), 159.
- Crevettes pélagiques (Larves de), 303.
- Cristallisation (Phénomènes de), 127.
- Cristallographie, 111.
- Cristaux (Action d’un champ magnétique sur certains), 287.
- Cristaux (Influence du champ magnétique sur les), 334.
- Cristaux liquides (Les), 225.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Crookes (Décharge dans le tube de), 159. Cuirassé américain (Gigantesque), 555. Cuirassé du monde (Le plus grand), Le Dreadnouç/ht, 195.
- Cuisine électrique à l’Exposition d’Olympia à Londres (Les appareils de), 11. Cuivre dans le monde (Production du), 14.
- Cuivre (Distillation du), 15.
- Culture à vapeur en Algérie (La), 51. Curie (Pierre), 552.
- D
- Décharges électriques (La durée de certaines), 207.
- Démalérialisalion de la matière connue origine de la chaleur solaire et de l’électricité (La), 55.
- Diatomées (La locomotion des), 94.
- Diamant (Nouveau procédé de production du), 14.
- Dictons agricoles (Les), 202.
- Digue de mer des mines de llodbanow, 5.
- Dirigeable Italie (Le), 117.
- Distributeur Chaillaux (Commande à distance des aiguilles et signaux de chemins de 1er), 595.
- Dock de carénage sur le lac Victoria (Un), 111.
- Douvres (Le nouveau port de), 559.
- Vreadnoughl (Le lancement du), 195.
- E
- Eaux minérales des Fumades (Sur quelques), 299.
- Eaux minérales (Là minéralisation exacte des), 199.
- Eaux résiduaires et les expériences du D1' Calmette (L’épuration des), 590.
- Eaux minérales (Les propriétés des), 191.
- Ebullition des métaux alcalins (Point d’), 522.
- Ebullition du i'er et des métaux voisins, 207.
- Echinoderme non décrite (Larve d’), 225.
- Eclairage des wagons par le système Stone, 500.
- Eclipse de lune du 9 février (L’), 224.
- Eclipse totale du soleil du 50 août 1905 à Alcosèbre (L’), 165.
- Écriture et la médecine (L’), 565.
- Elbe (Les usines métallurgiques de l’île d’), 255,
- Electro-aimants porteurs (Les), 67.
- Electrolyse (Les applications actuelles de
- _ F), 270.
- Eléments chimiques (La répartition géologique des),. 298.
- Elgéphone (L’1, 415.
- Empoisonnement par les sels de platine, 510.
- Envahissement des voies ferrées par la végétation, 110.
- Escargot (Les glandes salivaires de F), 190.
- Espèces en botanique (L’extinction des), 501.
- Essonne (Les grès de F), 229.
- Étalon lumineux (Un nouvel), 79.
- États-Unis (L’esprit inventif aux), 111.
- Étoiles (Détermination des mouvements ^ d’), 582.
- Expérience de cours (Sur une), 45. Exploration océanienne, 254.
- Extracteur continu (Nouvel), 197.
- F
- Faune antarctique (La), 271.
- Faune des régions auslralçs, 95.
- Fer en Espagne (Le), 154.
- Fer de Suède (Les minerais de), 95.
- Fer (La vente d’une montagne de), 598.
- Fiacres automobiles (Nouveaux), 252.
- Fils fins (Etirage des), 598.
- Fluorescence et sur la limite supérieure au poids des atomes (Sur la limite de visibilité de la), 225.
- Foie (Une fonction nouvelle du), 287.
- Fondations par congélation des terrains, 520.
- Fonlaine-l’Evêque et les abîmes de Can-juers (Var), 47.
- Formaldéhyde (Sur la), 414.
- Fossiles (Découverte de), 79.
- Fossiles [Exploitation d’un gisement de), 15.
- Foureau-Lamy ([.es régions volcaniques traversées par la mission saharienne), 67.
- Fraisiers remontants à gros fruits (Les), 547.
- Frein automatique de dérive (système Chapsal), 212.
- Frein dynamométrique de M. A. Krebs (Le), 97.
- Frottements à rouleaux, 94.
- Fusil allemand (La nouvelle balle du), 247.
- G
- Galerie des mines de Gardanne à la mer (La), 404.
- Galvanisation à sec (La), 258.
- Gare du New-York Central (La grande), 555.
- Gave de Pau (La source du), 511.
- Gaz Benoit (Le). 155.
- Gaz naturel en Hongrie (Le), 254.
- Géologie du pôle Sud, 47.
- Gerboises (Une hémogrégarine des), 222.
- Girgenti (La macalabe de), 200.
- Glace (La densité de la), 195.
- Glaciaires (Les débâcles), 575.
- Glycérine (Sur la solubilité des oxydes métalliques hydratés dans la), 94.
- Gommes végétales (L’origine des), 554.
- Graphologie au Japon (La), 414.
- Grèce (Géologie de la), 127, 145.
- Grenouilles? (Les Français mangeurs de), 255.
- Gruvel (Mission), 129.
- II
- Habitations primitives (Les avantages hygiéniques des), 554.
- Haricots (Danger de l’ingestion des), 259. Hélium dans les eaux de source (If), 95.
- Hcnequen au Yucalan (La culture du), 508.
- Hertziennes (Emploi des arbres comme antennes réceptrices pour les ondes), 125.
- Héroïnomanie (L’), 294.
- llodbarrow (Diguedcmerdesminesde), 5.
- Homme-liège (If), 267.
- Horloge géante (Une), 145.
- Horloges turbines à télégraphie sans fil, 46.
- Horloges urbaines et télégraphie sans fil, 190.
- Hôtel de 49 étages (Un), 14.
- Houille blanche comestible (L’exploitation de la), 21.
- Houille produite en 1905) (La), 182.
- Houillères et les tassements du sol (L’exploitation des), 111.
- Hydrolyse des produits ligneux, 47.
- I
- Indicateur de vent du viaduc de Leven (lf), 225..
- Indicateur vibratoire, 260.
- Industrie électrique (If), 185, 258.
- Ingénieur au Japon (L’art de F), 86.
- Interférences (Un cas de production de franges d’), 502.
- Irrigation en Australie (La pratique de F), 279.
- Isolant pour fils électriques (Un nouvel), 571.
- J
- Japon (L’éducation médicale au), 158.
- Jarrah (La résistance du bois de), 150.
- K
- Kapok (Le), 151.
- Khroumirie (Les forêts de), 528. Kœllikcr (A. Von). Nécrologie, 46. Krupp (Les établissements), 95.
- L
- Lac oligocène (Un), 145.
- La Ilève (Éboulement des falaises- de), 115.
- Lait (Analyse du), 287.
- Lait des vaches tuberculeuses (Danger du), 207.
- Lait (L’action du chauffage sur la digestibilité du), 278.
- Laiterie (Le deuxième congrès international de), 508.
- Lapiaz des Sarradels et des Aiguillons (Hautes-Pyrénées) (Les), 276.
- Laponie industrielle (La), 115.
- Laque (L’industrie de la), 598.
- Laurier-cerise (Principe des feuilles du), 51.
- Lentille de l’Université de 'Washington (La grande), 414.
- Lèpre en Islande (La), 15.
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-
-
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- Levures (L’origine des), 223.
- Liège el tanin. Les forêts de Kliroumirie, 328.
- Locomotives à crémaillère africaines, 46. Locomotive à douze roues couplées, 17. Locomotives aux Etats-Unis (Sur l’emploi des différents types de), 380. Locomotives (30 ans dans la construction des), 203.
- M
- Machine à écrire (Une nouvelle), 130.
- Machine à laver la vaisselle, 70.
- Machine à passer au papier de verre, 237.
- Madagascar (Les animaux disparus de),
- 154.
- Magnétisme terrestre (Formules relatives au), 239.
- Magnéto Breguet, 20.
- Maladie du sommeil (La), 339.
- Maladies (La genèse des maladies), 191.
- Mammifères carnassiers et insectivores de Madagascar (Les), 100.
- Mandchourienne (Une ligne ferrée), 270.
- Maragha (Les vertébrés fossiles de), 10.
- Marais poitevin (Le), 309.
- Maroc à l’époque tertiaire (Climat du), 555.
- Méditerranée et celle de l’Océan (L’eau de la), 175.
- Mendip-hills (Les cavernes des), 23.
- Métaux (Distillation de), 142.
- Méthane (Préparation biologique du), 258.
- Métropolitain (Procédés de construction en souterrain), 0.
- Meules à émeri (La résistance des), 319.
- Micromètre électrique (Un nouveau), 14.
- Microscope et hypermicroscope, 187.
- Mines (Appareils respiratoires dans les), 275.
- Mines (Traction électrique dans les), 368.
- Mollusques des profondeurs de l’Atlantique (Les), 271.
- Mont Blanc (Géologie du),"175.
- Monte-charge à déchargement automatique, 503.
- Mortalité à Munich (La), 190.
- Motocyclette en 1906 (La), 372.
- Motocyclette légère à allumage par magnéto, 187.
- Mouettes du Léman (Les), 158.
- Musée de prévention des accidents du travail (Le), 43.
- Musée océanographique de Monaco (Le), 295.
- Musées royaux des Arts décoratifs et industriels de Bruxelles (Les), 87.
- Mylilène et ses sources thermales, 140.
- N
- Naplile (Sur l’origine du), 175.
- Navires de guerre (La taille des), 507. Nécrologie, M. Megnin, M. Daymard, 110. — M. A.-C. Phisalix, 286. — Radiguet, A. Von Kœlliker, 46.
- Nitrates artificiels (L’exploitation de l’air et les), 34.
- Nitrates de soude et de potasse (Disette des), 15.
- Nitrification intensive (La), 207.
- Niveau de pente à graphomètre Bruyère (Le), 127.
- Nombres premiers (Détermination des), 239.
- Novorossiisk et l’exportation des céréales, 184.
- Nummulites réticulés (Caractères des), 142.
- O
- Observatoire du pic du Midi (L’), 177.
- Odorat chez les Insectes (L’), 59.
- (Eufs (La toxicité des), 15.
- Or (Distillation de F), 47.
- Or mondial (Le stock d’), 198.
- Or (Micrométallographic de F), 195.
- Or (Un appareil original pour la concentration de la poudre d’), 158.
- Orge germée (l’Alcaloïde de F), 111.
- Oryclérope au Jardin des plantes (L’), 401.
- Oscillations des véhicules (Amortissement des), 111.
- Oxyde de carbone (La dose de F), 225.
- Oxygène et de l’Azote (Liquéfaction de l’air. Applicalionsà lafabrication de F), 287.
- P
- Paléogéographie, d’après M. de Lappa-renl (La), 98.
- Palladium (Les récents travaux sur le), 79.
- Papier et en carton (Objets et décors en), 180.
- Paquebots de 23 et 24 nœuds (Petits), 315.
- Passage du Nord-Ouest (La première traversée du), 123.
- Passage du Nord-Ouest (Une expédition norvégienne à la recherche du), 18.
- Pattes qui repoussent (Les), 253.
- Paysages français (La destruction des),229.
- Pêcheries du littoral saharien français (Les), 129.
- Pendule (Entretien électrique du), 178.
- Perles (La cause de la production des), 287.
- Pétrole de l’Asie centrale (Les champs de), 14.
- Pétrole (Les incendies des puits de), 582,
- Phisalix (A.-C.), 286.
- Phosphore (Un nouveau mode de fabrication du), 110.
- Phosphore et de scsquisulfure de phosphore (Mélanges de), 582.
- Photographie (Application de la), 207.
- Photographie des couleurs. Procédé de MM. Lumière, 122.
- Photométric (Expériences de), 112.
- Physique solaire, 287.
- Physique (Société française de), 566.
- Pierres enterrées du Buckinghamshirc (L’industrie des grosses), 365.
- Pierres lumineuses de Bologne (Les), 515.
- Pierre ponce (Une montagne de), 321.
- Pistolets automatiques (Les), 289.
- Platine par l’acide sulfurique (Dissolution du), 186.
- Pluies estivales (Du rôle des), 30.
- Poids et la taille des garçons et des filles
- * (Le), 159.
- Poils végétaux (Utilisation des). Le Kapok, 151.
- Poisons (Bouteilles à), 191.
- Poisson volant des eaux douces africaines (Un), 385.
- Poissons de rivière (Les époques de la ponte des), 119.
- Polaires australes (Géologie des régions), 142.
- Pollen (Forme des grains de), 583.
- Pollinisation (Expériences de), 305.
- Polyslomiase (La), 271.
- Pomme de terre (Une nouvelle espèce de), 219.
- I’ompéi (Comment on conserve les fresques de), 291.
- Ponts tournants et ponts basculants, 343.
- Port de Douvres (Le nouveau), 359.
- Poudres de notre artillerie navale (Les), 346.
- Pouvoir germinatif (Persistance du), 303.
- Pression artérielle, (Inilucnee de la vieillesse sur la), 225.
- Projections Eric Gérard (L’appareil à), 189.
- Propulseur réversible Gcger, 74.
- Publication palcontologiquc, 127.
- Puits artésiens américains, 126.
- Q
- Quenarl et Framerics (Les stations sismiques de), 91.
- R
- Itadiguet (Nécrologie), 46.,
- Radium (Sur Faction oxydante des radiations du), 158.
- Raisins secs (L’industrie des), 314.
- Rayons N (La réalité des), 127.
- Rayons X (L’émission des), 287.
- Réactions chimiques à températures très élevées, 90.
- Réclame aux Etats-Unis (Les procédés de), 535.
- Rein (Le fonctionnement du), 127.
- Régime alimentaire cl la désassimilation (Le), 303.
- Renault (L’œuvre de Bernard), 190.
- Résistance des bois et leur grain (La), 94.
- Respiration dans un milieu méphitique (La), 79.
- Roches remarquables, 47.
- Rotation (Effets de la), 598.
- Rubis de synthèse (Les), 214.
- S
- Saccharification de la matière, 398. Sagnc (Glissement de la montagne de la), 177.
- Sahara (Géologie du), 30.
- Sahara (La géologie du), 271. San-Franeisco (Le Vésuve el), 550. San-Francisco (Le tremblement de terre de), 407.
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- 420
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Sang.(Influence de l’aUiiude sur le), 93.
- Scaphandriers (Les écoles de), 268.
- Sciences naturelles (Témoignage historique des), 234.
- Sheflield (L’usine métallurgique de l’Université de), 530.
- Sicile (Géologie de la), 367.
- Sierra Leone (Le chemin de fer de), 78.
- Simplon (L’alignement du Tunnel du),
- 120.
- Simplon (Opérations géodésiques au), 555.
- Société d’histoire naturelle d’Aulun (L’œuvre de la), 42.
- Solaires (Observation des protubérances), 51.
- Soleil (La chaleur du), 207.
- Soleil (La forme du), 98.
- Sommeil (La maladie du), 559.
- Soufre au Japon (Le), 78.
- Sous-marin sans équipage (Un), 525.
- Soulhampton (Le nouveau bassin de radoub de), 209.
- Spectre d’absorption dans un champ magnétique (Variation du), 415.
- Spectroscopie des corps phosphorescents, 598.
- Stations zoologiqucs méditerranéennes de Cette et de lianyuls (Les deux), 376.
- Substances caramélisées (Les), 207.
- Sucre de canne provoquée par les métaux de la mine de platine (Inversion du), 598.
- T
- Tanin et liège. Les forêts de Khroumirie, 528.
- Tatouage laotien, 208.
- Télégraphie à longue distance (Une intéressante expérience de), 262.
- Télégraphie et de la téléphonie (Le trust de la), 302.
- Télégraphie sans (il (Un appareil de dé-monstralion pour la), 92.
- Tclégraph ie, téléphonie et télégraphie sans lil en 1905, 305.
- Téléphones en Danemark (Les), 270.
- Thé de Uau-Xung (Haut Tonkin), 158.
- Tir dans la Hotte britannique (Le), 599.
- Tilhane (La distillation du), 271.
- Tilieaca (La Hotte du lac), 110.
- Traction électrique dans les mines, 568.
- Tramways aux États-Unis (Les), 254.
- Tramway électrique de pénétration à Paris en réduction, 48.
- Transatlantique allemand (Nouveau), 47.
- Transatlantique à turbines Le Carrnania (Un grand), 163.
- Transporteur de la place Saint-Michel (Le), 386.
- Transpyrénéens (Les chemins de 1er), 557.
- Triangulation géodésique des hautes régions des Alpes (La), 138.
- Tricots thcrmophilcs (La sudation par), 159.
- Tricycle mécanique (Un nouveau), 285.
- Tube Mill au Transvaal (Le), 81.
- Tuberculine sur l’organisme (Les elfels de la), 255.
- Tuberculose (Le triomphe de la), 230.
- Tuberculose (Transmission de la), 598.
- Tuberculose (Étiologie de la), 415.
- Tuniciers (Un procédé de multiplication chez les), 191.
- Tunnel sous le Pas de Calais (Le projet de), 531.
- U
- Usine hydroélectrique sur le lac Tilieaca (Une), 142.
- Y
- Vent (Mesure de la direction du), 109. Yerdon (Le grand Canon du), 259, 241. Verglas el les voies ferrées électriques (Le), 33.
- Vertébrés fossiles de Maragha (Les), 10. Vestige d’animal (Inexplicable), 47. Vésuve el San Francisco (Le), 550. Vésuve (L’éruption du), 367.
- Vésuve (Les roches du), 382.
- Vésuve (Transport de cendre du), 567. Vins (La graine des), 254.
- Voies antiques dans les rochers, 556. Voies ferrées d’Asie Mineure (Les), 84. Voiture arrosoir électrique de Cologne (La), 175.
- Volcans d’Auvergne (Les), 225.
- Volcans de boue (Les). La macalube de Girgenti, 200.
- Volcan Poas dans l’Etat de Costa Rica (Le), 283.
- w
- Wagons en métal, 411
- Y
- Yeux des Chinois paraissent-ils obliques? (Pourquoi les), 96.
- Z
- Zambèze (La puissance des chutes du), 111.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Aci.oi.uik (A ). — La lèpre en Islande, 15. — La morl des charn-p'gnons, 519. — Formes des grains de pollen, 585.
- Aimiî (A.). —Le marais poitevin, 5(19.
- Annett (IL). — Le 1er en Espagne, 154. —Novorossiisk et l'exportation des céréales, 184. — L'usine de produits chimiques d’Aboiio, 248.
- Bki.lkt (Daniel). —Locomotive à douze roues couplées, 17.
- — Le verglas et les voies ferrées électriques, 35. — Une machine à fabriquer les cartouches, 75. — Les voies ferrées d’Asie Mineure, 84. — L’exhaussement artificiel des chutes d’eau, 91. — Le niveau de pente à graphomètre lïruyère, 127. —Bateaux de pêche automobiles, 145.— Un grand transatlantique à turbine, le Carmania, 163. — Les projets de chemins de fer transpyrénéens, 178. — La nouvelle balle du fusil allemand, 217. — 50 ans dans la construction des locomotives. Les machines de la compagnie d'Orléans, 263. — L’action du chauffage sur la digestibilité du lait, 278. — Un nouveau tricycle mécanique, 285.— Un monte-charge à déchargement automatique, 507. — L’usine métallurgique de l’Université de Shcflield, 330. —Les procédés de réclame aux Etats-Unis, 535.
- Bi.in (Uunhi). — L’industrie des raisins secs, 314.
- Ronnin (IL). —Digue de mer des mines de Hodbarrow, 3. — Les mines métallurgiques de l’île d’Elbe, 235. — Barrage établi par le renversement d’une colonne de béton, 251.
- — Le nouveau port de Douvres, 559. — Le transporteur de la place Saint-Michel-, 386.
- Bougeois (IL). — Les écoles de scaphandrier, 268. — La grande gare du New-York central, 353. — Wagons en métal, 411.
- Biuniiicoukt (V.). —Témoignage historique des Sciences naturelles, 234.
- Breydkl (A.). — Les électroaimants porteurs, 67.
- Biuet (Lucien). — Les lapiaz des Sarradets et des Aiguillons, 276. — La source du gave de Pau, 311.
- BliuiMct (E.). — La maladie du sommeil, 359.
- Brunswick (E.). — Magnéto Bréguct, 26.
- Cantilly (Louis de). — L’exploitation des bois de cercueil au Tonkin, 271.
- Cartaz (Dr A.). —Épidémie d’angines par un lait infecté, 247.
- — L’homme-liègc, 267. — L’hèroïnomanie, 294. — L’écriture et la médecine, 365.
- Ciialmarès (G.). — Levocyelette et bicyclette à moteur (Nouveautés cyclistes), 29. — Motocyclette légère à allumage par magnéto, 187. —Éclairage des wagons par le système Slone, 300. — Traction électrique dans les mines, 508. — La motocyclette en 1906, 372. —L’elgéphone, 415.
- Cheivtous (G.). — Les forêts de Khroumirie. Liège et tanins, 328.
- Coriusvon (Henry). — L’extinction des espèces en botanique,
- 301.
- Cottreau (Jean). — L’odorat chez les Insectes, 39.
- Coupin (Henri). — La locomotion des diatomées, 94. — Les animaux disparus de Madagascar, 154. — Les cristaux liquides, 225. — Les pattes qui repoussent, 255.
- Crouzkt (Colonel E.). —La genèse de la nouvelle carte française au 50 000e, 210.
- Darvillé (Will). — Les fruits de Californie, 1. — Nouveau canon en 111 d’acier, 65. — Les aérostats du siège de Paris,
- loi. — Bouleilles à poison, 191. —Le plus grand cuirassé du monde. Le lancement du « Drcadnought », 195. — Le nouveau bassin de radoub de Soulhamplon, 209. — Gigantesque cuirassé américain, 555. — Le commerce des automobiles en Angleterre, 558. — Le tir dans la flolte britannique, 599. — Type nouveau de cargot-boat, 415.
- Dii't'LOTii (Paul). — La minéralisation exacte des eaux minérales, 199.
- Dolleus (Gustave). — Le projet de tunnel sous le Pas de Calais, 531.
- Duuaiuj (M.). — L’utilisation des poils végétaux, le Kapok, 151.
- Dumksnil (Aniiiuï). — Une nouvelle espèce de pomme de terre, 219. — Le volcan Poar dans l’Etat de Cosla-Rica, 285.
- Duval (A.). — La destruction des paysages français. Les grés de l’Essonne, 229.
- lïstuTALUER (LiEUT.-Colonel G.). — Le dirigeable « Italie », 117. — Une nouvelle machine à écrire, 136.
- Fkri (Capitaine .1.). — Emploi des arbres comme antennes réceptrices pour les ondes hertziennes, 123.
- Forest (Maxime). — Micrométallograpbie de l’or, 193.
- Fournier (Lucien). — Un appareil de démonstration pour la télégraphie sans fil, 92. — Objets et décors en papier et en carton, 189. •— Nouveaux fiacres automobiles, 232. — Le trust de la télégraphie et de la téléphonie, 502. — Télégraphie, téléphonie et télégraphie sans fil en 1905, 505.
- — Un nouvel isolant pour fils électriques, 571.
- G. (L.). — Les pistolets automatiques, 289.
- Gauiiry (Albert). — Le service de la carte géologique de France, 161.
- Gentil (Louis). — Les régions volcaniques traversées par la mission saharienne Foureau-Lamy, 67. — L’arganier ou l’arbre du Sons (Maroc), 171.
- Gilciirist (A.). — Nouveau procédé pour la fabrication de la cérusc, 263. — L’industrie des grosses pierres enterrées du Buckingbamshire, 565.
- Graniumer (G.). — Les mammifères carnassiers et insectivores à Madagascar, 166.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — L’alignement du tunnel du Simplon,
- 120.
- Hamy (E.-T.). — Les français mangeurs de grenouilles? — Tatouage laotien, 208.
- Hariot (P.). — L’exposilion de champignons du Muséum, 66.
- Hébert (A.). — Sur une expérience de cours, 43. — Réactions chimiques à températures très élevées, 90. — Sur la composition des tubercules d’Arum, 155. — Destruction du platine par l’acide sulfurique, 186. — Un nouveau catalyseur dans la préparation de l’anhydride sulfurique, 234.
- — Préparation biologique du méthane, 258. — Sur quelques eaux minérales des Fumades, 299. — Point d'ébullition des métaux alcalins, 522.
- IIeniuot (E.). — Les Permutes de Sailly, 112.
- Holt (AY.) — Cordonnerie anglo-américaine, 358.
- IIovey (Ed. Otis). — Le tremblement de terre de San Francisco, 407.
- Huet (P.).— Les époques de la ponte des poissons de rivière, 119.
- J. (M.). — La Laponie industrielle, 115. — Sur l’emploi des différents types de locomotives aux États-Unis, 580.
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- 422
- LISTE DES AUTEURS.
- Jaubert (Joseph). — Les brouillards dans la région parisienne,
- 78.
- Jourdan (Sauvaire). — Un sous-marin sans équipage, 323. — Les poudres de noire artillerie navale, 346.
- Justice (Octave). — Glissement de la montagne de la Sagne, 477. — Les deux stations zoologiques méditerranéennes de Cette et de Banyuls, 577.
- L. (A.). — Les applications actuelles de l’électrolyse, 270.
- L. (P.). — Les appareils de cuisine électrique à l’exposition d’Olympia à Londres, 11.
- Laffargue (J.). — Tramway électrique de pénétration à Paris, 48. — Machine à laver la vaisselle, 79. — Le frein dynamométrique de M. A. Krebs, 97. — Le coefficient de mérite d’une voilure automobile, 114. — La sudation par tricots thcrmophiles, 459. — Entretien électrique du pendule, 478.— L’industrie électrique, 483. —Les ascenseurs électriques, 204. — Essais d’un câble électrique souterrain, 222. — Cheminées radio-incandescentes, 240. — Indicateur vibratoire, 260. — Liquéfaction de l’air. Application à la fabrication de l’oxygène et de l’azote, 287. — Pierre Curie, 552. — Société française de physique. Exposition annuelle, 566.
- Lafitte (Jean). — L’œuvre de la Société d’histoire, naturelle d’Aulun, 42. — Les stations sismiques de Quenesl et de Frameries, 91. — Les mouettes du Léman, 158. — Microscope et hypcrmieroscope, 487. — La faune et la llore, glaciaires de la Baraque-Michel, 258.
- Latour (A.). — La triangulation géodésique des liantes régions des Alpes, 458.
- IjAtour (G.). — La houille produite en 4905, 482.
- L. (E. de). — Le métropolitain, procédé de construction en souterrain, 6.
- Launay (L. de). — Mytilènc et ses sources thermales, 40. — Le tubc-mill au Transvaal, 81. — La paléogéographie de
- M. de Lapparent, 98. —Un captage hydrolhcrmal à Cestona, 261. — La répartition géologique des éléments chimiques, 298. — Le Vésuve et San Francisco, 350.
- Leblond (D.). — Commande à distance des aiguilles et signaux de chemins de fer. Distributeur P. Chaillaux, 395.
- Lebois (D.). — L’appareil à projections Eric Gérard, 489. — Une intéressante expérience de télégraphie à longue distance, 262.
- Le Bon (Dr Gustave). — La démalérialisalion de la matière comme origine de la chaleur solaire et de l’électricité, 55.
- Lecomte-Denis (M.). — Le gaz Benoît, 455.
- Le Couppey de la Fokest (M.). — Les avens des Plans de Canjucrs, 447.
- Lecornu (L.). — Frein automatique de dérive (Système Chap-sal), 242.
- Lemaire (E.) — L’art de l’ingénieur au Japon, 86. — Pourquoi les yeux des Chinois paraissent-ils obliques? 96.— Le coupage des tôles par l’oxygène, 135.
- Libert (Lucien). — Éboulement des falaises de la llève, 443.
- Loncociie (P.). —Le caoutchouc dans la région de l'Amazone, 40. — L’acajou sur la Côte d’ivoire, 26. — L’acclimatation du caoutchouc aux îles Sandwich, 439.
- L. (P). — A.-C. Phisalix, 286.
- Louciieux (G.). — Industrie de l’acide sulfurique. Procédé de contact, 406. — Nouvel extracteur continu, 497. — Appareils respiratoires dans les mines, 275.
- Maresciial (G.). — La photographie en couleurs. Procédé de MM. Lumière, 422.
- Marsais (P.) et Troude (J.). — Le deuxième congrès international de laiterie, 508.
- Marre (Francis). — Décoloration de la colophane, 85.
- Martel (E.-A.).—La désobstruclion des abîmes. Les cavernes des Mendip-IIills (Angleterre), 23. — Le triomphe de la tuberculose, 230. — La France inconnue. Le grand canon du Verdon, 244. — Comment on conserve les fresques de Pompéi, 291. — L’épuration des eaux résiduaires et les expériences du Dr Calmette, 404.
- Maumeniî (Albert). — Les fraisiers remontants à gros fruits, 347.
- Mgcquiînkm (B. de). — Les vertébrés fossiles do Maragha, 10.
- Mkriul (P. de). — Propulseur réversible Geyer, 74. — La conduite d’eau de Coolgardie, 425. — Machine à passer au papier de verre, 257. — La taille des navires de guerre, 307. — Petits paquebots de 23 et 24 nœuds, 315. — Ponts tournants et ponts basculants, 545.
- Millociieau (G). — L’éclipse totale du soleil du 30 août 4905 à Aleosèbre, 465.
- Muu.niot (E.). —Fondations par congélation des terrains, 326.
- N. (P.). — Le Yl“ congrès international de chimie appliquée à Rome, 402.
- Nansouty (Max de). — L’exploitation de la houille blanche comestible, 21.
- Ouadé (D‘j. — Le musée de prévention des accidents du travail, 43. — La défense allemande contre le choléra en 4905, 206.
- Pellegrin (J.). — Un poisson volant des eaux douces africaines, 585.
- PiiiuuxY (Comte Maurice de). — La culture du henequen au Yucalan, 308.
- Phisalix (C.). — Les animaux venimeux, batraciens et serpents, 70.
- Plessis (Marcel). — Le port de Clcveland, 400.
- Poxcetton (D'j. — Les brûlures mortelles, 327.
- Privat-Desciianel (Paul). — La pratique de l’irrigation en Australie, 279.
- R. (L.). —Théorie, solaire de la chaleur centrale, 43.
- Rabot (Charles). — Une expédition norwégienne à la recherche du passage tlu Nord-Ouest, 48. — La première traversée du passage du Nord-Ouest, 423.
- Raiiiii (E.). —Les musées royaux des Arts décoratifs et industriels de Bruxelles, 87. — Voies antiques dans les rochers, 556.
- Ramakers (L.). — Nouvel aéromoteur, 12. — La voiture arrosoir électrique de Cologne, 175.
- Ravigneaux (Pol). — Le salon de l’Automobile, 402. — La bêle à quatre roues, 517.
- Reclus (Maurice). — Les dictons agricoles, 202. — Les débâcles glaciaires, 373.
- Regf.lsi>erger (G.). — Les pêcheries du littoral saharien français, Mission Gruvel, 129. — Les chemins de fer transpyrénéens, 337. — La fête de l’arbre, 575.
- Reverciion (L.). — Une horloge géante, 143. — Chemin de fer de Morez à Saint-Claude, 215.
- Richard (Dr Jules). — Le musée océanographique de Monaco, 295.
- Riemain (F.). — Contre l’absinthe, 570.
- Robin (Aug.). — Les volcans de boue. La macalube de Gir-genti, 200. — Une montagne de pierre ponce, 321.
- Rudaux (Lucien). — I/observatoire du Pic du Midi, 77. — Mesure de la direction du vent, 409. — L’éclipse de lune du 9 février, 224.
- Sallior (P.). —L’exploitation de l’air et les nitrates artificiels, 34. — Le stock d’or mondial, 498. — Les rubis de synthèse, 214.
- Sauvinet (E.).— L’oryctérope au Jardin des Plantes, 401.
- Scotte (J.). — La culture à vapeur en Algérie, 31.
- Steryal (A.). — Le caoutchouc en Indo-Chine, 194.
- Tissandier (A.). — Les cartes à jouer, 159.
- Troude (.1.) et Maiisais (P.). — Le deuxième congrès international de laiterie, 308.
- Villedeuil (Cu. de.). — Comptes rendus des Séances de l’Académie des Sciences, 15, 30, 47, 79, 94,114, 127, 442, 459, 175, 190, 207, 223, 239, 254, 271, 287, 302, 334, 367, 385, 398, 414.
- Villère (Pierre). — Les carburateurs, 226.
- X. — Le canon français de 75, 451.
- ZuRciiER. —La galerie des mines de Gardanne à la mer, 404.
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. - ACTES OFFICIELS.
- Sociétés savantes. — Expositions. Musées.
- Comptes rendus des Séances de l’Académie des Sciences (Cn. de Viu.ehuhii,), 15, 50, 47, 79, 94, 111, 127,
- 142, 159, 175, 190, 207, 225, 239, 254, 271, 287,
- 502, 534, 567, 582, 598.................................. 414
- Présidence de l’Académie..................................... 95
- Société française de physique (J. L ).....................366
- Le Congrès de Monaco..........................................385
- Le YI° Congrès international de»chimie appliquée à Rome (P. N.)................................................402
- II. — SCIENCES EXACTES.
- 1. — Astronomie.
- Théorie solaire de la chaleur (L. R.)................. 43
- L’Observatoire du Pic du Midi (Lucien Rudaux)......... 77
- La forme du soleil....................................... 98
- L’éclipse totale du soleil du 50 août 1905, à Alcosèbre
- (G. Mili.ocheau)......................................165
- L’éclipse de lune du 9 février (L. Rudaux)...............224
- Observation des protubérances solaires................... 31
- La chaleur du soleil.....................................207
- Physique solaire.........................................287
- Constitution de L atmosphère solaire.....................382
- Détermination des mouvements d’étoiles...................382
- La, grande lentille de l’Université de Washington. . 414
- 2. — Sciences mathématiques.
- La triangulation géodésique des hautes régions des Alpes
- (A. Latour)......................................... 138
- La genèse de la nouvelle carte française au 50 000e
- (Colonel E. Crouzet)............................... 210
- Détermination des nombres premiers......................239
- Opérations gêodésiques au Simplon.......................535
- Nouveau compas de relèvement............................598
- III. — SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. — Physique.
- La dématérialisation de la matière comme origine de la chaleur solaire et de l’électricité (D1' Gustave Le Bon). 95
- Microscope et hypermicroscope (,1kan Lafitte)......187
- Un nouvel étalon lumineux.......................... 79
- Amortissement des oscillations des véhicules. . . . 111
- La réalité des rayons N........................ . . 127
- Sur la limite de la visibilité de la fluorescence cl sur la limite supérieure du poids dés atomes. . . 223
- L’émission des rayons X............................287
- Un cas de production de franges d'interférence. . . 302
- Qualité acoustique des salles..........................355
- Effets de la rotation..................................398
- Spcctroscopie des corps phosphorescents................598
- 2. — Électricité.
- La cuisine électrique à l’exposition de Londres (P. L.). 11
- Magnéto Bréguet (E. Brunswick)............................. 20
- Les électro-aimants porteurs (A. Brevdei.)................ 67
- Un appareil de démonstration pour la télégraphie sans lil
- (L. Fournier)........................................... 92
- La voiture arrosoir électrique de Cologne (L. Ramakeks). 175
- Entretien électrique du pendule (J. L.)....................178
- L’industrie électrique (.1. Laffargue).....................183
- Les ascenseurs électriques (J. Laffargue)..................204
- Essais d’un câble électrique souterrain (J. L.) . . . . 222
- Indicateur vibratoire (J. Laffargue).......................260
- Une intéressante expérience de télégraphie à longue
- distance (D. L.)........................................262
- Les applications actuelles de l’électrolyse (A. L.). . . . 270
- Le trust de la télégraphie et de la téléphonie (L. F.). . 502
- Télégraphie, téléphonie et télégraphie sans lil en 1905
- (Lucien Fournier).......................................505
- Traction électrique dans les mines (G. Chal.marès) . . . 368
- Un nouvel isolant pour fils électriques (L. Fournier). . 571
- Un nouveau micromètre électrique........................... 14
- Une usine hydroélectrique sur le lac Titicaca . . . 142
- Câbles électriques pour 60 000 volts.......................142
- La décharge dans le tube de Crookes........................159
- La durée de certaines décharges électriques .... 207
- La galvanisation à sec.....................................258
- L’industrie électrique....................................238
- Le développement des téléphones cn Danemark. . . 270
- Action d’an champ magnétique sur certains cristaux. 287
- 3. — Chimie.
- Sur une expérience de cours (A. II.).................... 43
- Décoloration de la colophane (F. Marre)................. 83
- Réactions chimiques à températures très élevées (A. IL). 90
- Industrie de l’acide sulfurique. Procédés de contact (G.
- Louciieux)..............................................106
- Le gaz Benoît (M. Lucoans Denis)........................155
- Dissolution du platine par l’acide sulfurique (A. IL). . 186
- Nouvel extracteur continu (G. Louciieux)...................197
- Les rubis de synthèse (P. Saui.ior).....................214
- Préparation biologique du méthane (A. II.)..............258
- Un nouveau catalyseur dans la préparation de l’anhydride sulfurique (A. II.)..................................234
- L’usine de produits chimiques d’Abono (IL Annett) . . 248
- Nouveau procédé pour la fabrication de cérnse (A. Gn,-
- ciihist)................................................263
- Liquéfaction de l’air. Applications à la fabrication de
- l’oxygène et de l’azole (J. Laffargue)..................287
- Point d’ébullition des métaux alcalins (A. H.).............322
- La production du cuivre dans le monde...................... 14
- Nouveau procédé de production du diamant .... 14
- La disette des nitrates de soude et de potasse. ... 15
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- 424
- TABLE DES MATIÈRES.
- Distillation du cuivre................................ 15
- Distilla lion de l’or................................. 47
- Sur l'antimoine explosif.............................. 75
- Le soufre au Japon.................................... 78
- Les récents travaux sur le palladium.................. 70
- Sur la solubilité des oxydes, métalliques hydratés
- dans la glycérine.................................. 05
- L'hélium dans les eaux de source...................... 05
- Un nouveau mode de fabrication du phosphore. . . 110
- L’alcaloïde de l’orge yermée..........................111
- Propiiélés de divers amidons..........................111
- Le calcium métallique................................ 120
- Dosage du chloroforme.................................127
- La saccharification de l’amidon...................... 127
- Distillation de métaux................................142
- L’azotate d'ammonium cristallisé..................... 143
- Sur l'étude physico-chimique du procédé des cham- ,
- bres de plomb..................................... 158
- Sur l'action oxydante des radia lions du radium. . 158
- Un appareil original pour la concentration de la
- poudre d'or........................................150
- Les carbonates alcalins et le sol................... . 175
- La densité de la glace................................105
- Alliages d’aluminium..................................205
- Les substances caramélisées...........................207
- La nitrification intensive............................207
- Ebullition du fer et des métaux voisins...............207
- La distillation du titane. ...........................211
- L’origine des levures. ...............................223
- La graisse des vins...................................254
- Le gaz naturel en Hongrie.............................254
- Sur l’acide azotique absolu...........................270
- Propriété chimique de l’amidon........................307
- Mélanges de phosphore et. de sesquisulfure de phos-
- plmre..............................................582
- L’inversion du sucre de canne provoquée par les métaux de la mine de platine............................508
- Saccharification de la matière........................508
- Sur la formaldéhyde...................................414
- 4. — Photographie.
- La photographie des couleurs. Procédé de MM. Lumière
- (G. Maresciial).......................................112
- Expériences de pholométrie............................112
- Application de la photographie........................207
- IV. — SCIENCES NATURELLES.
- 1. — Météorologie. — Physique du globe.
- Les brouillards dans la région parisienne (Jos. Jaubeiit). 78
- Mesure de la direction du vent (L. Rudaux)...........100
- Râle des pluies estivales............................ 30
- L’indicateur du vent du viaduc de Leven..............223
- Formules relatives au magnétisme terrestre .... 230
- La réalité du conlre-alisé...........................335
- 2. — Géologie. — Minéralogie.
- L’exploitation de la houille blanche comestible (M. de
- Nansouty) ......................................... 21
- Les régions volcaniques traversées par la mission saharienne Foureau-Lamy (Louis Gentil).................... 67
- Les stations sismiques de Quenart et de Frameries
- (Jean Lafitte)...........,....................... . 91
- La paléogéographie de M. de Lapparent (L. de Launay). 98 Le service de la carte géologique de France (Albert
- Gaudry)............................................161
- La condamnation d’un village. Glissement de la montagne
- de la Sagne (Octave Justice).......................177
- Les volcans de boue. La macalube de Girgenti (Aug. Robin) ........................................ ... 200
- Les cristaux liquides (11. Courix)...................
- Témoignage historique des sciences naturelles (V. Bran-
- dico: ut).........................................
- Le volcan Pour dans l’F'at de Cosla-Bira (André I)u-
- nesnil)...........................................
- La répartition géologique des éléments chimiques (L. de
- Launay)...........................................
- Le Vésuve et San-Francisco (L. de Launay)............
- Les débâcles glaciaires (M. Reclus)..................
- Le tremblement de terre de San-Francisco (F. O. IIovey).
- Les champs de pétrole de l’Asie centrale.............
- Géologie du Sahara...................................
- Roches remarquables..................................
- Géologie du pôle Sud.................................
- Carte géologique de Fiance...........................
- Cristallographie.....................................
- Phénomènes de cristallisation........................
- Géologie de la Grèce.................................
- Géologie des régions polaires australes..............
- Un lac oligocène.....................................
- Géologie de ta Grèce.................................
- Sur l’origine du naphle..............................
- Géologie du mont: Diane..............................
- Les volcans d’Auvergne...............................
- Tectonique des Alpes du Piémont......................
- La géologie du Sahara................................
- Lai géologie de l’Atlas marocain.....................
- Les pierres lumineuses de Pologne....................
- Influence du champ magnétique sur les cristaux . .
- Climat du Maroc à. l’époque tertiaire................
- Transport de cendre du Vésuve........................
- L’éruption du Vésuve.................................
- Géologie de la Sicile. ..............................
- Les roches du Vésuve.................................
- 225
- 254
- 285
- 208 550 573 407 H 50 47 47 70 111 127 127 142 145 145 175 175 225 -223 271 271 315 554 355 567 367 567 382
- 3. — Zoologie. — Élevage, Acclimatation, Paléontologie.
- Les vertébrés fossiles de Maragha (R. de Mecquknem). . 10
- L’odorat chez les insectes (G. Cottreau).............. 59
- Les animaux venimeux, batraciens et serpents (G. Piu-
- salix)............................................. 70
- Les époques de la ponte des poissons de rivières
- (P. Huet)..........................................110
- Les pêcheries du littoral saharien français (G. Regels-
- berger) ...........................................120
- Les animaux disparus de Madagascar (Henri Coui’in). . 154
- Les mouettes du Léman (Jean Lafitte)..................158
- Les pattes qui repoussent (11. Coupin)................253
- La faune et la ilore glaciaires de la Baraque-Michel
- (Jean Lafitte).....................................258
- Les deux stations zoologiques méditerranéennes de Cette
- et de Banyuls (0. Justice).........................370
- Un poisson volant dans les eaux douces africaines (J. Piîl-
- legrin)............................................385
- L’oryclérope au Jardin des Plantes (E. Sauvinet) . . . 401
- Exploitation d’un gisement de fossiles............... 15
- La préférence des couleurs par les abeilles........... 47
- Inexplicable vertige d’animal......................... 47
- Découverte de fossiles............................... 79
- Les canalicules des cellules nerveuses................ 79
- Respiration des chrysalides........................... 79
- Faune des régions australes.......................... 95
- Publication paléontologique...........................127
- Caractères des nummulites réticulés...................142
- Animal non décrit.....................................159
- Capture d’un cachalot sur la côte de Bretagne . . . 159
- Un procédé de multiplication chez les tuniciers. . . 191
- Les vertèbres cervicales des cétacés..................206
- Une hémogrégarine des gerboises.......................222
- Larve d’échinoderrne non décrite......................225
- La faune antarctique..................................271
- Les mollusques des profondeurs de T Atlantique . . 271
- Lacausedelaproduciiondesperl.es.......................287
- Conservation d’un cœur humain.........................502
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- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- Larves de crevettes pélagiques...........................503
- Cloportes géants.........................................303
- Nidification des abeilles en plein air................383
- 4. — Botanique. — Agriculture.
- Les IVuils de Californie (\V. Darvillé)............... 1
- Le caoutchouc dans la région de l’Amazone (P. Lox-
- cociie)............................................... 10
- L’acajou sur la Cote d’ivoire (P. Loncocjie)............. 2G
- La culture à vapeur en Algérie (J. Scotch)............ 31
- L’exposition de champignons du muséum (P. Haiuot) . 00
- Emploi des arbres comme antennes réceptrices pour les
- ondes hertziennes (Capitaine J. Feiu).................123
- Utilisation des poils végétaux. Le kapok (M. Düiuud) . . 131
- L’acclimatation du caoutchouc aux îles Sandwich (P. Lox-
- cocui;)...............................................139
- Sur la composition des tubercules d’arum (A. Hébert). 155
- L’arganier ou l’arbre du Sous (Louis Gentil)..........171
- La locomotion des diatomées (II. Coupin)................. 91
- Le caoutchouc en lndo-Cbine (A. Steryal)..............194
- Une nouvelle espèce* de pomme de terre (André Uu-
- MESNIl)...............................................219
- L’extinction des espèces en botanique (11. Correvon). . 501
- La culture du henequen au Yucalan (Comte M. de
- Periuny)..............................................508
- L’industrie des raisins secs (Henri Bus)..............314
- La mort des champignons (À. Acloque).....................319
- Les lorcts de Khroumiric. Liège et tanin (G. Cuerlous) . 528
- Les fraisiers remontants à gros fruits (A. Maumené) . . 547
- La fêle de l’arbre (G. I^egei.speruer)...................575
- Formes des grains de pollen (A. Acloque)..............383
- Un parasite du caféier................................... 15
- La résistance du bois de jarrah.......................... 50
- Principe des feuilles du laurier-cerise.................. 51
- llydrolgse des produits ligneux. . ...................... 47
- La résistance des bois et leur grain..................... 94
- L'envahissement des voies ferrées par la végétation. 110
- Le thé de Bau-Yang (llaul-Tonkin)........................159
- Le caoutchouc d'Afrique..................................200
- Persistance du pouvoir germinatif \ . 503
- Expériences de pollinisation........................... 303
- L’origine des gommes végétales...........................334
- Une nouvelle espèce d’arbres.............................534
- L’industrie de la laque................................ 598
- V. — SCIENCES GÉOGRAPHIQUES.
- 1. — Géographie. — Exploration.
- Une expédition norwégicnne à la recherche du passage
- du Nord-Ouest (Cn. Rabot)............................. 18
- Eboulemenl des Falaises de la liève (L. Libhrt). . . . 113
- La Laponie industrielle (M.-J )......................... 115
- La première traversée du passage du Nord-Ouest (Cu.
- Radot)................................................125
- Novorossiisk et l’exportation des céréales (H. Annett) . 184
- Les dictons agricoles (M. Reclus) . .....................202
- La destruction des paysages français. Les grès de l’Essonne (A. Ruval)........................................229
- L’exploitation des bois de cercueil au Tonkin (L. de
- Cantili.y).......................................... 271
- Leslapiaz des Sarradets et des Aiguillons (Lucien Briet). 270 La pratique de l’irrigation en Australie (P. Piuvat-
- Deschanel)............................................279
- Le marais poitevin (À. Aimé).............................509
- L’esprit inventif aux États-Unis. .......................111
- Exploration de cavernes................................. 383
- 2. — Hydrologie. — Spéléologie.
- Océanographie.
- La désobstruction des abîmes. Les cavernes des Mendip-Hills (E.-A. Martel).................................. 25
- Mytilène et ses sources thermales (L. de Launay). ... 40
- Les avens des Plans de Canjuers (M. Le Couppey de la
- Foiucst)............................................147
- La France inconnue. Le grand canon du Ycrdon (E.-A.
- Martel'.............................................241
- Le musée océanographique de Monaco (l)r Jules Richard) . 295
- La source du Gave de Pau (Lucien Briet)................511
- Vontainc-l’Evêque et les abîmes de Canjuers (Far) . 47
- La jouissance des chutes du Zambèze....................111
- L’eau de la Méditerranée et celle de l'Océan .... 175
- Le grand canon du Verdon...............................239
- Exploration océanienne.................................254
- 3. — Anthropologie et Ethnographie. Préhistoire et archéologie.
- Pourquoi les yeux des Chinois paraissent-ils obliques?
- (E. Lemaire).............................................. 90
- Les Bonnettes de Sailly (E. Henriot)...................112
- Tatouage laotien (E.-T. Hamy).............................208
- Les Français mangeurs de grenouilles? (E.-T. Hamy) . . 255
- Voies antiques dans les rochers (E. Rahir)...............550
- VI. — SCIENCES MÉDICALES.
- Médecine. — Physiologie. — Hygiène.
- La lèpre en Islande (A. Acloque)...................... 15
- La sudation par tricots tbermopliiles (J. Laffakuue) . . 159
- Bouteilles à poisons (Wii.l Darvillé).................191
- La minéralisation exacte des eaux minérales (P. Dif-
- floth)...............................................199
- La défense allemande contre le choléra cn 1905
- (l)r Ouadé)..........................................200
- Le triomphe de la tuberculose (E.-A. Martel) .... 250
- Epidémie d’angines par un lait infecté (Dr A. Cartaz) . 247
- L’homme-liège (Dr A. Cartaz)............................267
- Appareils respiratoires dans les mines (G. Louciieux) . . 273
- L’action du chauifagc sur la digestibilité du lait (D. B). 278
- L’héroïnomanie (I)1' A. Cartaz).........................294
- Sur quelques eaux minérales des Fumades (A. Hébert). 299 Le deuxième Congrès international de laiterie (J. Trouue
- et P. Marsais).......................................308
- Les brûlures mortelles (I)r Poncetton)..................527
- La maladie du sommeil (E. Brumpt).......................359
- L’écriture et la médecine (IP A. Cartaz)................305
- Contre l’absinthe (F. Riemain) .........................570
- L’épuration des eaux résiduaires et les expériences du
- 1)‘ Calmelte (E.-A. Martel)........................ 590
- La toxicité des œufs.................................... 15
- La respiration dans un milieu méphitique................ 79
- Influence de l'altitude sur le sang..................... 95
- Le fonctionnement du rein...............................127
- L’absorption du chloroforme pendant l'anesthésie. . 143
- L’éducation médicale au Japon...........................159
- Le jooids et la taille des garçons et des filles .... 159
- La craniectomie . ......................................159
- La mortalité à Munich...................................190
- La genèse des maladies..................................191
- Les propriétés des eaux minérales.......................191
- Danger du lait des vaches tuberculeuses.................207
- Influence de la vieillesse sur la pression artérielle . 223
- La dose de l’oxyde de carbone...........................223
- DUnger de l'ingestion du phaseolus lunatus..............259
- Les effets de la tuberculine sur l’organisme .... 255
- Clinique chirurgicale. .................................271
- La polyslomiase.........................................271
- Analyse du lait.........................................287
- Une fonction nouvelle du foie...........................287
- Le régime alimentaire et la désassimilation .... 503
- Empoisonnement par les sels de platine..................310
- Les avantages hygiéniques des habitations primitives ..................................................354
- Le blanchissement des cheveux...........................383
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- TABLE DES MATIÈRES.
- La transmission de la tuberculose. Im graphologie au Japon . . . .
- VII. — SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. — Mécanique. — Industrie.
- Arts industriels.
- Nouvel aéromoteur (L. Ramakers).....................
- Le musée de prévention des accidents du travail
- (D1' OuADli)......................................
- Propulseur réversible Geyer (P. un H.)...............
- Une machine à fabriquer les cartouches (1). Bellet) . .
- Machine à laver la vaisselle (J. L.).................
- Le tubc-mill au Transvaal (L. de Launay). ......
- Les musées royaux des Arts décoratifs et industriels de
- Bruxelles (E. lUnnt)..............................
- Le frein dynamomètrique de M. A. Krebs (J. Lafeargue) . Le niveau de pente à graphomèlrc Bruyère (U. Bei.let). Le coupage des tôles par l’oxygène (E. Lemaire). . . . Une nouvelle machine à écrire (L'-coloncl G. Espitallier) .
- Une horloge géante (L. Revercuon)...................
- Objets et décors en papier et en carton (Lucien Four-
- nieu).............................................
- L’appareil à projections Eric Gérard (1). Lebois) . . Frein automatique de dérive (système Cliapsal) (L. Le-
- coknu)..........................................
- Les carburateurs (P. Yillère).......................
- Cheminées radio-incandescentes (J. Lafeargue) .... Machine à passer au papier de verre (P. de M.). . . . Un monte-charge à déchargement automatique (1). Berlet)................................................
- L’industrie des grosses pierres enterrées au Bucking-
- hamshire (A. Gilcuiust)...........................
- L’Égcphono (G. Ciialma&ès)..........................
- Horloges turbines à 'télégraphie sans fil...........
- Frottements à rouleaux Jr...........................
- La fabrication des allumettes en Suède..............
- Horloges urbaines et télégraphie sans fil...........
- La résistance des meules à émeri....................
- 2. — Mines et métallurgie.
- Le fer en Espagne (11. Annett)......................
- La houille produite en 1905 (G. Latour).............
- Micrométallographic de l’or (Maxime Forest).........
- Le stock d’or mondial (P. Sallior)..................
- Les usines métallurgiques de l’île d’Elbe (R. Bonnes). . L’usine métallurgique de l’Université de Sheftield (D. B.). La galerie des mines de Gardanne à la mer (Zurcher).
- Les minerais de fer de Suède........................
- Les établissements Krupp............................
- U exploitation des houillères et les tassements du sol.
- Les incendies des puits de pétrole..................
- L’étirage des fils fins.............................
- La vente d’une montagne de fer. . ..................
- 3. — Art militaire. — Marine.
- Nouveau canon en fil d’acier (Will Darvillé)........
- Le canon français de 75 (X.)................ . . . .
- Le plus grand cuirassé du monde. Le lancement du
- Dreadnought (W. Darvillé).........................
- Le nouveau bassin de radoub de Soufhampton (W. Darvillé) .............................................
- La nouvelle balle du fusil allemand (D. B.).........
- Les écoles de Scaphandriers (H. Bougeois)............
- Les pistolets automatiques (Cii. G.)................
- La taille des navires de guerre (P. de M.)..........
- Un sous-marin sans équipage (Sauvaire Jourdan) . . . Les poudres de notre artillerie navale (Sauvaire Jourdan).................................................
- Gigantesque cuirassé américain (Will Darvillé). . . . 355
- Le tir dans la flotte britannique (W. Darvillé) .... 399
- Type nouveau de cargot-boat (W. Darvillé)..............415
- La flotte du lac Titicaca..............................110
- Un dock de carénage sur le lac Victoria................111
- La forme des carènes...................................175
- Un tour de force dans la construction navale. . . . 271
- VIII. - ART DE L’INGÉNIEUR. — CONSTRUCTION. TRAVAUX PUBLICS.
- Digue de mer des mines de Hodbarrow (R. Bonnin) . . 3
- Le métropolitain, procédés de construction en souterrain (E. de L.)........................................ 10
- L’art de l’ingénieur au Japon (E. Lemaire)............. 86
- L'exhaussement artificiel des chutes d’eau (D. B.). . . 91
- Le port de Clevcland (Marcel Plessix)..................100
- L’alignement du tunnel du Simplon (Ch.-Ed. Guillaume). 120 La conduite d’eau de Coolgardie (P. de Mériel) . . . . 125
- Barrage établi par le renversement d’une colonne de
- béton (R. Bonnin).................................. 251
- Un captage hydrothermal à Ceslona (L. de Launay) . . 201
- Fondations par congélation des terrains (E. Mugniot). . 520
- Le projet de tunnel sous le Pas de Calais (Gustave
- Dollfus).............................................531
- Ponts tournants et ponts basculants (P. de Mériel) . . 345
- La grande gare du New-York Central (Henry Bougeois). 555 Le nouveau port de Douvres (R. Bonnin). ...... 359
- Le transporteur de la place Saint-Michel (R. Bonnin) . . 536
- Un hôtel de 49 étages.................x................ 14
- Puits artésiens américains..............................120
- La prise du ciment .....................................582
- IX. - TRANSPORTS. — MOYENS DE COMMUNICATION.
- 1. — Chemins de fer. — Navigation.
- Locomotive à douze roues couplées (D. Bellet). ... 17
- Le verglas et les voies ferrées électriques (D. Beilet). 53 Les voies ferrées d’Asie Mineure (Daniel Bellet) . ... 84
- Un grand transatlantique à turbines le. Carmania (D.
- Bellet).............................................103
- Les projets de chemins de fer transpyrcnccns (D. Bellet)..................................................178
- Chemin de fer de Morez à Saint-Claude (L. Rever-
- ciiox)..............................................215
- 50 ans dans la construction des locomotives (D:Bellet). 205 Eclairage des wagons par le système Stonc (G. Ciial-
- marès)............................................ 500
- Petits paquebots de 23 et 24 nœuds (P. de Mériel). . 315
- Les chemins de fer transpyrénéens (G. Regelsferger) . 557
- Sur l’emploi des différents types de locomotives aux
- États-Unis (M. J.)..................................580
- Commande à distance des aiguilles et signaux de chemins de fer (D. Leblond)..............................395
- Wagons en métal (II. Bougeois)...................... 411
- Un tour de force en matière de construction de chemin de fer............................................ 40
- Contrelorpilleur à 33 nœuds.......................... 40
- Locomotives à crémaillère africaine................ . 40
- Nouveau transatlantique allemand 47
- Le chemin de fer de Sierra Leone...................... 78
- Les tramways aux État-Unis............................254
- Une ligne ferrée mandchourienne.......................270
- 2. — Automobilisme. — Cyclisme.
- Aéronautique.
- Nouveautés cyclistes. Levocyclelle et bicyclette à moteur (G. CUALMARÈS)........................................ 29
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- 414
- 12
- 43
- 74
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- 79
- 81
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- TABLE DES MATIÈRES.
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- Tramway électrique-de pénétration à Paris, en réduc-
- tion (J. Laffargue)....................................... 48
- l.e salon de l'automobile (P. IUvigneaux).................102
- Le coefficient de mérite d’un véhicule automobile (J.
- Laffargue).............................................114
- Le dirigeable Italie (lé-Colonel G. Esiutai.i.ier) .... 117
- bateaux de pêche automobiles (D. Ueeeet)..................145
- Les aérostats du siège de Paris (Wii.l Darvii.i.é) . . . . 151
- Motocyclette légère à allumage par magnéto (G. Ciiai-
- MARÈS)................................................ 187
- Nouveaux fiacres automobiles (Lucien Fournier) . . . 232
- Un nouveau tricycle mécanique (I). IL). . ................285
- La bêle à quatre roues (Poi. b a vigne aux)............317
- Le commerce des automobiles en Angleterre (W. 1).). . 358
- La motocyclette en 1900 (G. Cuai-hakès'...................572
- Automobiles pour voyager dans le désert................... 47
- Stabilité des aéroplanes..................................112
- U automobile militaire....................................123
- X. - DIVERS.
- Nécrologie. — Histoire de la Science. Variétés.
- L’œuvre de la Société d’histoire naturelle d’Âulun (Jean
- Lafitte)................................................. 42
- Nécrologie. A. Iiadiguet ; A. von Kœlliker............... 40
- Les cartes à jouer (A. Tissaniiier)......................159
- A.-C. Phisaiix (P.. L.)................................. 280
- Comment on conserve les fresques de Pompéi (E.-A.
- Martel)...............................................291
- Les procédés de réclame aux Etats-Unis (I). IL). . . . 355
- Pierre Curie (J. Laffaugue)..............................552
- Cordonnerie anglo-américaine (AV. lloi.r................358
- Meynin...................................................111
- Baymard..................................................111
- L'œuvre de Bernard Renault.............................. 190
- PIN DES TABLES
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- ERRATA
- Page 88, lig. 2. Page 88, lig. 4.
- Au lieu de : Druides. Il faut : Orimde.
- Au lieu de : III.
- Il faut : IV.
- El au lieu de : IV.
- Il faut : III.
- Page 113, à la légende de la lig. Ajouter : cliché de M. An-
- tony Schoux.
- Page 112, col. 1 (sous-litre «le la Au lieu de : 00000 volts.
- première chronique). Il faut : 6000 volls.
- Page 509, col. 1, lro ligne du bas. Au lieu de : permis.
- Il faut : promis.
- Paris. — Imprimerie Laiiuue, rue de Fleuras, 9.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A- MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- s 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Clù, éditeurs de La Nature, >20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1697 (2 DÉCEMBRE 1905) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Le roi de Portugal au Muséum. — A l’occasion de la visite du roi de Portugal au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, une originale revue scientifique a été donnée dans le grand amphithéâtre de cet établissement : en une demi-heure, M. H. Becquerel a expliqué ses découvertes sur les propriétés de Puranium, — Mme Curie a décrit ce qui concerne le radium, — M. Lipp-mann a fait connaître l’état d’avancement de la photographie des couleurs, -— M. Lacroix a raconté la catastrophe de la Martinique et ses nuées ardentes, — et M. Moissan a fabriqué du pur diamant. La nature de ces exposés et les noms de leurs auteurs se passent d’autres commentaireso
- Comité consultatif des arts et manufactures. —
- M. Haller, membre de l’Institut, et M. Harlé, de la maison Sautter, Harlé et C,e ont.été nommés membres du Comité consultatif des arts et manufactures, en remplacement de M. Moron, décédé, et de M. Ponnier, nommé membre honoraire.
- Bibliothèques, archives et musées. —M. L. Cour-tin, président de chambre à la Cour des Comptes, a été nommé membre de la Commission instituée en vue d’étudier l’organisation des services des bibliothèques et des Archives. M.Charles Formentin a été nommé membre de la Commission chargée d’étudier l’organisation des musées de province.
- Exposition de Liège. — Le Journal officiel a publié dernièrement le tableau des récompenses décernées aux Français qui ont pris part à l’Exposition de Liège. Sur i3 475 exposants, la France avait réuni 6293 adhérents, soit 7950, en comptant le détail des exposants compris dans les collectivités. En qualité de membres du Jury ou de membres de la section des beaux-arts, g55 exposants ont été placés hors concours. Il en résulte que sur 11697 récompensés, nos nationaux en ont remporté 526x, soit près de 5o pour 100, et sur 1662 grands prix, ils en ont remporté 864. La Belgique a obtenu 3127 récompenses, dont 466 grands^prix ; T Allemagne 466 récompenses, dont 60 grands-prix; l’Angleterre, 116 récompenses, dont 24 grands-prix ; les Etats-Unis, 178 récompenses, dont 20 grands-prix, et l’Italie, 1x7 récompenses, dont 16 gi’ands-prix. .
- Musée de l’Indo-Chine. — Un musée ai'chéologique, musée de l’Indo-Chine, section des antiquités Khmères, a été récemment créé à Pnom-Penh, par le gouvernement français. Ce musée, placé sous de' contrôle scientifique de l’Ecole fi'ançaise d’Extrême-Orient, a pour objet de centraliser les sculptures détachées, ou les objets
- trouvés au cours de fouilles et présentant un intéi’êt artistique, ethnographique et historique. La fonction de conservateur du musée appartient de droit au chef du service archéologique de l’Ecole française d’Extrême-Orient.
- Centenaire de la Société médico-chirurgicale de Paris. — Le 21 novembre, à 4 heures, la Société médico-chirurgicale de Paris a célébré le septième anni-versaire de sa fondation, dans la salle des conférences de l’Union des femmes de France, sous la présidence de M. le professeur Debove, doyen de la Faculté de médecine, assisté du docteur Huchard, président d’honneur, et du docteur Desnos, président de la Société. MM. Liard, vice-recteur de l’Académie de Paris, le docteur Gxiéniaut, président de l’Académie de Médecine, Schwartz, Motet, Blanchard assistaient à la séance. MM. Desnos etHuchai'd ont successivement pris la parole pour étudier le rôle social et célébrer les mérites du médecin praticien.
- Etoile nouvelle. — Les étoiles nouvelles, dont l’étude est fort importante, et qui au temps de la simple observation visuelle étaient fort rares, apparaissent plutôt nombreuses dans l’ordre des faibles grandeurs, depuis que la photogi'aphie, qui 11e laisse rien échapper, est venue apporter son aide puissante ! .
- Mme Fleeming, de l’obseiwatoire de Harvard-College, spécialiste renommée de ces recherches, vient encore de signaler une Nova qu’elle a découverte sur un cliché de la constellation de l’Aigle du 12 août.
- Les coordonnées de l’astre sont 4R = i8h 57“,— D — 4° 34', c’est-à-dire qu’il se trouve près de X Aigle, et dans la voie Lactée comme l’immense majorité de ces astres. Son éclat était 9,3, avec une couleur jaune, et il diminue maintenant très rapidement.
- Tremblements de terre. — Un tremblement de terre a été ressexxti aux environs de Nantes, le lundi 9 novembre, à 7h 53 du soir. M. le Dr Rappin, dii'ectexvr du labo-x'atoii'e dé bactéiûologie à l’institut Pasteur de Nantes, qui nous communique ces détails, en a nettement constaté les effets. A Sautei'on (6 km à l’oxiest de Nantes) il a entendu un roulement sourd, un bruit assez fort pour dominer celui d’un piano jouant dans la pièce où il se trouvait; en même temps les murs du pi’cmier étage de la maison ont craqué assez fortement. Le phénomène a eu une durée de 10 secondes environ, et les secousses semblaient se propager, dei 1 Ouèsf à, l-Est. Ce séisme a été l'essenti également à Macheeoul et quelques autres localités des environs! ^
- — Le 25 novembre, à 11 heures du matin, une secousse violente de tremblement de tei're, mais de peu de durée,
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- INFORMATIONS
- a été ressentie à Roeliefort; le même jour, à nh3, une légère secousse a eu lieu à Niort.
- Le. matin, de bonne heure, on a ressenti une très forte secousse en Angleterre, à Manchester, et à Salford. Il u’y a pas eu d’autres dégâts que quelques cheminées écroulées. Le 26 novembre, à 711 5o du matin des secousses de tremblement de terre ont été également ressenties à Loggia, à Avellino et à Najxles, en Italie.
- Photographie météorologique. — Nous apprenons avec plaisir que notre collaborateur M. L. Rudaux vient de remporter, au 101'concours international de photographie aérienne, organisé par Y Aéronautique-Club de France, le ier prix pour la section de photographie des phénomènes météorologiques. Ce prix consistait en un vase de Sèvres offert par le Ministre de l’Instruction publique.
- Accumulateur électrique au sesquioxyde de nickel. — Le Dr Grefenberg a présenté dernièrement à la Société allemande Bunsen, à Karlsruhe, un nouvel accumulateur sans plomb. L’électrode positive, rapporte L'Electricien, est formée de sesquioxyde noir'hydraté de nickel et l’électrode négative est constituée par une poudre de fer que l’on prépare en réduisant par l’hydrogène à 38o° C. les battitures d’oxyde de fer obtenues en forgeant. On mélange â l’oxyde de nickel /\o pour 100 de graphite, et au fer pulvérisé 10 pour 100 de ce même graphite; avant d’utiliser ce dernier on a soin de le recouvrir par électrolyse d’une couche de nickel. Les matières actives sont soumises à la presse, amenées à l’état de briquettes, insérées dans des petites capsules composées d’une feuille de nickel, et soumises de nouveau à une forte pression. L’électrolyte est une solution de potasse à 20 pour ïoo, ne contenant pas d’impuretés. La force électromotrice moyenne est de i,23 volt. Dans une décharge normale en 4 heures, la capacité est de 35 à 40 ampères-heures ; la capacité atteint donc 16 à 18 watts-heures par kilogramme de poids total. Pour 100 watts-heures, le volume de l’élément est de 2,9 litres. La force électromotrice pendant la charge s’élève rapidement à 1,6 volt, et ensuite lentement jusqu’à 1,8 volt. Cet accumulateur a de grandes limites de régime. Si une décharge vient aussitôt après la charge, le rendement en quantité est de g5 pour 100 et le rendement en énergie de 65 pour 100; si la décharge ne vient que 24 heures après la charge, les rendements sont respectivement de 63 et 4'2 pour 100. La capacité ne diminue que de 12 pour 100 après 100 décharges, et de 17 pour 100 après 200 décharges.
- Prix de revient du cheval aménagé dans diverses installations électriques. — Le Journal de Vélectrolyse mentionne divers prix de revient du cheval aménagé dans quelques installations électriques; nous en citerons quelques-uns. A l’usine de La Praz, à la Société de FrogeS; sur le torrent de l’Arc, pour une puissance de i3 ,ooo chevaux, le prix par cheval a été de 212 francs. A la chute de Saint-Michel-en-Maurienne, sur le torrent de la Yalloirelte, pour une puissance de 4000 chevaux, le prix a été de 220 francs. A l’usine d’Hauterive, en Suisse, sur le Torrent de la Sarine, pour une puissance aménagée de 5ooo chevaux, avec un canal d’amenée de q4oo mètres, le prix par cheval s’est élevé à 600 francs. En Suède, à Mansboe, la Société de fabrication de chlorate de potasse a installé 5ooo chevaux et a dépensé 760 francs par cheval. A la chute du Rhin, la Société Rheinfelden Ivraftübertragung a une puissance de 17000 chevaux et a dépensé 235 francs par cheval installé ; elle vend 1’ .ergie électrique à raison de olr,o86 le kilowatts-heure pour la force motrice. En Ecosse, 011 a installé une chute de 38 000 chevaux sur la rivière Ericht; la dépense a été de 800 francs par cheval.
- Stations hydro-électriques. —• Une compagnie importante vientde se former à Halmstad, en Suède, pour fournir le courant électrique aux villes et centres industriels de la partie méridionale de la province de Halland et de l’ouest de la Scaine.
- Animaux sauvages peints par eux-mêmes. - H y
- a quelques années un naturaliste, dont le nom nous échappe, voulut étudier de près les mœurs des animaux sauvages et alla s’établir dans une forêt où ils étaient fort nombreux; mais, pour éviter tout accident fâcheux, car il y en avait de fort peu sociables, il habitait une grande cage aux barreaux solides. Un autre naturaliste, M. Schillings, qui a déjà fait d’importantes explorations
- en Afrique, aïpensé que la photographie pourrait, elle-, aussi, donner des renseignements intéressants sur les mœurs des animaux féroces, et, pour éviter à l’opérateur de s’exposer à de désagréables plaisanteries de la part de ses modèles, il a fait construire un dispositif qui les oblige à se photographier eux-mêmes. La Revue générale des sciences nous donne une minutieuse description de l’appareil construit dans ce but par la maison Gœrtz de Berlin; mais, en somme, il est facile d’imaginer difïé-rents systèmes de déclenchement d’obturateur au moyeu d’une ficelle. En principe, l’objectif est braqué sur l’endroit où doit passer la bête, et où elle est du reste attirée par un appât approprié : chèvre ou mouton quand c’est le roi des animaux qui est prié de venir fixer son image sur la plaque sensible. Une ficelle est tendue sur le passage et, au contact de l’animal, elle détermine la chute d’un sac de sable; celui-ci rencontre un premier cordon ouvrant l’obturateur, puis un second faisant partir un éclair de magnésium, car c’est souvent la nuit, ou le soir, ou dans des endroits très couverts qu’il faut opérer. M. Schillings a, paraît-il,-publié, dans un livre récemment paru, des documents fort intéressants obtenus par ce procédé.
- Bouteilles en papier pour le lait. — Les hygiénistes américains viennent de trouver au papier un emploi nouveau : ils s’en servent pour fabriquer des bouteilles à lait, supérieures aux bouteilles de verra1 sous le double rapport de la propreté et de la fermeture. Elles sont de forme conique, pourvues d’un système de bouchage parfait, stérilisées et en même temps imperméabilisées par un passage dans un bain de paraffine maintenu à ioo°. Ces bouteilles sont d’emploi courant à Philadelphie et les analyses bactériologiques démontrent la grande supériorité, au point de vue de l’absence de microbes, du lait embouteillé dans le papier sur celui contenu dans des fioles de verre.
- Le bacille de la poliomyélite. — Au cours de la séance de la Société médicale de Christiania, tenue dans cette ville le n octobre, le Dr Geirsvold a annoncé la découverte d’un bacille jusqu’ici inconnu, auquel il attribue la poliomyélite ou maladie de la moelle épinière.
- La rapidité de l’asphyxie par submersion. — D’après M. Nestor Gréhant, au bout , d’une minute d’immersion dans l’eau, la proportion d’oxygène est considérablement diminuée dans le sang artériel, réduite entre le tiers et le quart de la proportion contenue dans le sang normal. Ces données résultent "d’expériences faites sur un chien dont la tête était maintenue sous l’eaxi. L’asphyxie a été mortelle par arrêt de la respiration et de la circulation.
- La Ville de Paris et les eaux de source. — M. Moreau, président de la sixième commission du Conseil municipal de Paris, a fait paraître récemment un rapport sur les eaux de source qui alimentent la Ville de Paris. Depuis i85g, la Ville de Paris a acheté 98 sources, qui donnent un débit total de 6251-litres d’eaxi par seconde ; mais sur ce total, elle 11’utilise que 2875 litres, il reste 3376 litres inutilisés ou qui ont dû être rejetés. La Ville a acheté et dérivé les eaux des vallées de la Dhuis, de la Vanne, de l’Avre, du Loing et du Lunain. Elle a acheté également et n’a pas utilisé les eaux des vallées du Surmelin, de Hondevilliers, de la Somme-Soude, du Durteint et de la Voulzie, de l’Eure, de Cailly et de la Haute-Seine.
- Métallurgie. — La Cheniiker Zeitung signale une application curieuse de cette méthode aluminothermique qui a été décrite ici. MM. Wedekind et Fetzer ont obtenu des phosphures, siliciures, carbures, antimoniures, arsé-niures, sulfures, etc., de manganèse, de chrome. Ils peuvent préparer des alliages de manganèse avec du chrome, de l’aluminium, de l’étain. Les phosphures, antimoniures, etc., de manganèse sont magnétiques.
- Traversée de la Manche. — Le 24 novembre, M. Jacques Faure, aéronaute, accompagné de M. Von-willer.a traversé la Manche pour la quatrième fois, dans le ballon Y Elfe, d’un volume de i85o mètres cubes. Le dépaxû a eu lieu à Londres, et la traversée s’est effectuée de Hythe à Boulogne-sur-Mer. Mais un vent violent a emporté le ballon dans la direction de l’Est, et les aéronautes, grâce à la corde de déchirure qui permet d’arrêter instantanément, ont pu descendre sans incident aux environs de Saint-Quentin.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- >o
- fttccCtïlityUC ‘t'O'gfc
- Indicateur Néhou pour voitures des chemins de fer. —Depuis l’installation des premières voies ferrées, le transport des voyageurs par chemin de fer n’a cessé d’être l’objet de perfectionnements importants. Tandis que la vitesse devenait plus considérable, la sécurité augmentait par l’application aux trains des freins continus et à action rapide et 'par l’emploi général du block-system.
- La généralisation des longs parcours sans arrêts intermédiaires amenait, d’autre part, les compagnies à s’occuper du confort des voyageurs jusqu’alors un peu négligé. En France et dans la plupart des pays étrangers les trains ordinaires comportent trois classes de voitures ; mais, de pins, il est réservé un certain nombre
- Indicateur Néhou pour voitures de chemins de fer.
- de compartiments de chaque classe à des catégories spéciales de voyageurs, telles que : fumeurs, dames seules, poste, service, chasseurs avec chiens, loué, sans oublier la mention « Réservé » pure et simple. Il arrive même, parfois, qu’une voiture de seconde, par exemple, soit temporairement déclassée ; elle porte alors l’indication « 3e en surcharge ».
- Cés exceptions sont indiquées de façons différentes d’une compagnie à une autre et, souvent, plusieurs modes d’indication sont en usage dans une seule compagnie. Le plus simple et le plus propre est l’inscription d’une des mentions ci-dessus peinte en blanc ou jaune clair sur la caisse à peu de distance de la poignée ; c’est ainsi que la mention « fumeurs » se trouve indiquée sur beaucoup de voitures.
- Toutefois ce système ne laisse pas que de présenter des inconvénients, même en ce qui concerne la catégorie « Fumeurs », dé beaucoup la plus importante des exceptions, du moins en France. En effet le nombre de compartiments affectés aux voyageurs « d’exception » est essentiellement variable et la simplicité du service exige que le premier compartiment venu puisse recevoir, au besoin, une affectation particulière ; de là l’emploi d’indicateurs amovibles : bandes de papier collées sur la vitre, cartons minuscules attachés à la poignée, plaques de cuivre accrochées aux compartiments. A l’exception
- des bandes de papier d’aspect malpropre et souvent déchirées, ces indicateurs ont le grave défaut de n’être guère visibles. Le meilleur moyen d’attirer l’attention du public sur ces indicateurs est de les faire trancher par leur couleur sur la tonalité habituelle des voitures : noir sur blanc, blanc sur noir ou rouge sur blanc donnent des inscriptions bien visibles se remarquant de loin.
- Une de ces combinaisons de colorés, noir sur blanc (tôle peinte ou émaillée), a été choisie pour l’établissement d’un appareil assez ingénieux destiné à remplacer les moyens primitifs que nous venons d’énumérer. Outre sa grande visibilité, l’indicateur Néhou—telle est la dénomination de cet appareil — résout d’une façon simple la question du changement rapide des inscriptions. En un instant et sans le secours d’aucun outil ou clé, l’indication « Fumeurs », par exemple, remplace à la portière d’un compartiment le « Dames seules » qui s’y trouvait précédemment.
- Ainsi que le montre le n° i de la figure, l’indicateur est composé d’une barre méplate repliée en forme de fer à cheval et s’élargissant en forme de T à chaque extrémité. Ces dernières sont réunies par une traverse métallique ou en bois sur laquelle chevauchent au moyen d’un cadre ad hoc, en fils d’acier, les plaques en tôles peintes portant les différentes inscriptions. Chaque plaque peut recevoir un mouvement de rotation autour de l’évidement du fer à cheval montrant ainsi l’une ou l’autre de ses laces et démarquant la plaque suivante. Un simple déplacement de haut en bas des plaques pince solidement la partie rétrécie du cadre entre les deux extrémités en T du fer achevai et empêche tout mouvement des plaques.
- Un crochet de forme appropriée sert à fixer l’indicateur au wagon (n° 2).
- La simplicité de cet appareil et l’instantanéité de ses transformations possibles nous paraissent intéressantes et mériter l’attention. R. B.
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- Ct§TN& 'Electricité
- Montage provisoire d’une lampe à incandescence.
- — On a souvent besoin de faire des montages provisoires de lampes à incandescence, pour des éclairages, des travaux qui ne durent que peu de temps. Généralement pour ces montages on oublie les pi’écautions les plus élémentaires, et c’est ainsi qu’il arrive souvent des accidents. Quand il s’agit de monter une lampe rapidement, on prend deux fils souples isolés, et on branche aux extré-
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- Montage provisoire d’une lampe à incandescence.
- mités une douille métallique dans laquelle on place la lampe. Le fil est ensuite tiré de tous côtés et il est bien rare qu’il n’arrive pas à se couper en faisant naturellement un court-circuit, car les deux fils se trouvent réunis par la partie métallique de la douille. MM. Dawsôn à Londres ont employé un nouveau modèle de douille qui nous paraît à l’abri des reproches que nous adressons au modèle en usage. Le culot de là lampe forme lui-même la douille ; il est en porcelaine et se trouve placé au bas de la lampe. Comme on peut le voir dans les sections longitudinale et transversale A et B, il est cylin-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- drique, présente deux rainures sur les côtés et au milieu une petite cloison également en porcelaine. Dans les rainures sont deux petits ressorts en cuivre nu m et n, en communication avec le lilament de la lampe. Les fils conducteurs, décapés à l’endroit voulu, sont placés dans les rainures, la partie cuivre sur les ressorts et la partie isolée des câbles au-dessus. Les câbles ainsi placés sont maintenus par une plaque C, présentant au centre une ouverture, et que l’on pose sur la cloison dont nous avons parlé. Enfin, on fixe le tout à l’aide d’une clavette en bois D que l’on place dans un trou de la cloison. On voit en E le détail complet du montage ; en a est la cloison, en c la plaque du dessus, en d la clavette. Le dessin F nous donne une vue de l’ensemble de la lampe. Ce montage a le grand avantage de donner une lampe solidement montée sur les conducteurs qui l’alimentent, et dont toutes les parties métalliques se trouvent isolées les unes des autres. — Ces nouvelles douilles sont fabriquées par MM. Roger Dawson C°, 8 Berners Street, Londres W. J. L.
- Physique générale
- Le chauffage d’appartement, — Il n’est peut-être pas sans intérêt, au moment où l’hiver s’annonce rigoureux, d’examiner s’il existe quelques nouveautés en matière de chauffage pour les appartements. On parle beaucoup de gaz de tous côtés, et partout ce sont de nouveaux appareils qui apparaissent. Ils affectent en
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- Fig. i. Appareil de chauffage à gaz. Fig. 2. Cheminée à gaz.
- donnent des résultats économiques remarquables ; mais il est bien évident qu’ils doivent être maniés avec grande prudence, et réserve. Enfin, pour terminer cette petite note sur le chauffage d’appartement, il nous faudrait examiner les divers modèles de cheminées roulantes à
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- Fig. 3. Radiateur à tuyaux. — Fig. 4- Radiateur à surface.
- feu visible et continu à double effet avec et sans régulateur; nous aurons l’occasion d’y revenir ultérieurement. Les poêles à gaz et les cheminées se trouvent en général chez tous les marchands d’appareils à gaz et notamment
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- Fig. 5. Poêles à pétrole.
- Fig. G- Radiateur à gaz à condensateur Wilson Brighton.
- général la forme de petites cheminées dans lesquelles se dressent verticalement des tubes en matières réfractaires que le gaz porte à l’incandescence (fig. x). Nous avons précédemment donné la description d’un appareil de ce genre dans le n° i542 du i3 décembre 1902, p. 28.
- D’autres appareils ont la forme de cheminées (fig. 2), dans lesquelles se trouvent des matières réfractaires moulées sous forme de morceaux de coke que le gaz porte également à l’incandescence. Le nombre de ces appareils à gaz est variable à l’infini. Nous signalerons spécialement de nouveaux appareils dits radiateurs, à gaz également, dans lesquels le gaz, en traversant des tuyaux, échauffe une certaine quantité d’air qui se répand ensuite dans la salle. La figure 3 représente un modèle à tuyaux, et la figure 4 un autre modèle en tôle noire, avec réflecteur en verre de couleur. Il existe même un radiateur à gaz, à condensateur, appelé Brighton, dans lequel les produits de la combustion sont condensés et tombent dans un plateau placé sous le poêle. Le gaz porte à l’incandescence des matières réfractaires ; la chaleur se répand de toxxs côtés, et les produits de combustion circulent dans les tuyaux et se condensent (fig. 6). On rencontre également des poêles portatifs à pétrole et à alcool (fig. 5, 7 et 8), qui donnent, paraît-il, des résultats économiques et satisfaisants. Les premiers, on le voit, sont formés par de simples lampes à pétrole avec mèche d’un diamètre élevé. De petits dispositifs sont arrangés à crémaillères pour faciliter le déplacement de celte mèche. On voit également que divers modes de suspension sont pris pour rendre l’appareil poi'-tatif. Dans la figure 8 est représenté uix poêle à alcool ordinaire. Ces appareils fonctionnent parfaitement et
- à la Société française de chaleur et de lumière, 22, raie Drouot, à Pai'is. Le radiateur à gaz à condensateur Wilson Brighton est en dépôt chez M. C. G. Tebbitt, 23, rue d’Hauteville, à Paris. Pour les poêles à pétrole,
- Fig. 7. Autres modèles de poêles à pétrole. Fig. 8. Poêle à alcool.
- s’adresser aux Établissements Allez frères, 1, rue Saint-Martin, aux magasins de « La Ménagère », boulevard Bonne-Nouvelle, et à la Manufacture d’armes et cycles de Saint-Etienne, 42, rue du Louvi'e, à Paris. Les poêles à alcool se trouvent 92, rue de Richelieu et à la Compagnie générale de l’alcool 9, rue du Louvre, à Pains. Ji L.
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- HYGIENE ET SANTE
- Corps étranger dans une dent. —Voici un exemple qui n’est pas ordinaire de corps étranger et le petit dessin ci-dessous en donne la caractéristique presque aussi bien qu’une description. L’histoire est amusante.
- Un enfant de 6 ans et demi entre à l’hôpital de Morley pour une scarlatine. Pendant son séjour et sa convalescence il se plaignait de mal de dents ; mais lorsque la nurse lui proposait de faire examiner scs dents il se récusait et ne voulait pas entendre parler de dentiste. Un de ses frères venant le visiter, raconta alors comme une chose presque naturelle que l’enfant devait avoir un clou dans la dent. Sept mois auparavant il se plaignait à l’école d’une rage de dents et un de ses jeunes camarades, chirurgien précoce, lui proposa de le guérir et imagina pour cela de lui planter un clou dans la dent cariée. A sa rentrée à la maison, pleurs, gémissements ; les parents essaient, mais en vain, de retirer le clou et, depuis, le corps étranger était resté en place.
- Le Dr Trotter, qui a publié cette curieuse observation, n’eut qu’à extraire la dent, une canine, pour remédier à tout le mal. Le clou était solidement implanté dans la dent et le jeune praticien, qui avait inventé ce traitement spécial de la rage dentaire, n’y était pas allé de main morte pour assurer la fixité de son pansement métallique.
- Corps étranger dans une deut. (D’après une photographi e agrandie trois fois.)
- Le coup de froid. — Voici l’hiver qui s’avance, plus précoce que d’ordinaire; voici la saison des rhumes, des refroidissements de tous genres amenant toute cette série d’inflammations des voies respiratoires qu’on a pris un peu trop l’habitude de classer sous une seule rubrique, la grippe. Quand le froid est vif, sec, qu’il souffle une de ces bises du nord qui vous coupent, suivant l’énergique expression populaire, la figure en quatre, on peut observer, et les statistiques municipales l’enregistrent tous les ans, de véritables coups de froid, de tous points analogues aux coups de chaleur produits l’été par le soleil torride et une température surélevée.
- Le coup de froid frappe plus facilement les faibles,
- donc les tout jeunes, les vieux et les miséreux. D’où la recommandation de ne jamais sortir les nouveau-nés ou les tout jeunes enfants, lorsque le thermomètre s’abaisse au-dessous de zéro. Si bien enveloppé qu’il soit dans de douillettes pelisses, l’enfant perd peu à peu son calorique au sein d’un air ambiant glacial ; inerte dans les bras de la nourrice, il ne peut lutter comme l’adulte, par la marche, l’exercice, le mouvement.
- Le froid frappe les malheureux inanitiés, mal vêtus, les fatigués ; il frappe, au sortir du cabaret, l’alcoolique qui tombe comme une masse par brusque congestion ou s’assoupit sous l’étreinte de la bise glacée, et est pris d’un sommeil comateux qui aboutit à la mort si l’on n’y porte remède.
- Une autre catégorie de gens est exposée, plus que le commun des mortels, aux accidents de congestion par le froid : ce sont les obèses, les emphysémateux, plus ou moins atteints d’arlério-sclérose ; la circulation est difficile, sous l’influence du froid, elle se ralentit, la respiration devient plus difficile, le poumon s’engoue et la congestion survient.
- Que faire, comme premiers soins, contre le coup de froid? S’efforcer tout d’abord sur place de ranimer la respiration, en usant de la méthode la plus sûre à cet égard : les tractions rythmées de la langue; mettre le malade à l’abri du froid, mais dans une pièce peu chauffée. Il faut stimuler les fonctions par des frictions énergiques, puis, quand le malade reprendra un peu ses sens, lui faire ingurgiter une boisson stimulante, chaude, de préférence, si on peut l’avoir; infusion de thé, de café, grog léger; au besoin faire avaler quelques gouttes de rhum ou d’eau-de-vie.
- Ce n’est que lorsque le malade reviendra à la vie extérieure qu’il faudra songer à le mettre dans un lit et à relever la température par des frictions continues. Il importe de ne pas laisser le malade s’engourdir et retomber dans la somnolence, il faut le tenir éveillé. Au bout de quelques instants les malaises sont suffisamment dissipés pour qu’on puisse l’abandonner dans un lit chaud et le laisser reposer.
- Je ne parle pas des coups de froid avec congestion ou tout autre accident grave ; il faut l’avis d’un médecin pour faire le nécessaire. Je n’indique que les soins immédiats à donner au moment de l’accident.
- Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- "Photographie
- L’acétol. — Développement lent ou rapide. —
- L’acétol est une nouvelle combinaison de divers révélateurs, obtenue par M. Reeb de façon à rester acide. On a en effet, depuis quelque temps, préconisé le bain acide, surtout pour le développement lent. On pourrait croire que, par ce mode de développer, on doit perdre beaucoup de temps ; bien au contraire on en gagne lorsqu’on a beaucoup de clichés à traiter, parce que, au lieu de passer 5 à xo minutes pour chacun d’eux, on ne passe que le temps nécessame qu’il faut pour les mettre tous dans le bain et les en retii'er ; tout le l’este du temps (io à 12 heurps) on ne s’en occupe pas. Le développement lent a, en effet, la propriété de donner de bons clichés avec des temps de pose très différents et il est pratiqué aujourd’hui par beaucoup d’amateurs ; on utilise généralement des cuves verticales pour éviter d’avoir un dépôt sur les plaqxxes ; mais il faut alors beaucoup de bain poxxr les remplir. L’acétol deM. Reeb ne produisant aucun dépôt peut très bien s’employer avec des cuvettes ordinaires, pourvu que les clichés, placés horizontale-
- ment les uns à côté des autres, soient bien couverts. Un autre avantage du développement lent est de per-mettre de se passer de laboratoire. Il suffit, en effet, d’une pièce bien obscure quelconque, où l’on ne séjour-nei'a que quelques minutes, juste le temps nécessaire pour décharger les châssis et glisser les plaques dans la cuvette ; une fois celle-ci bien couverte on peut la laisser n’importe où pendant que s’effectue la réaction. Pour l’examen final des clichés et le fixage qui ne se feront qu’au bout de xo à 12 heures, il suffix-a d’un endroit sombre où on pouima même s’éclairer avec une bougie ; car on comprend que le bain agissant avec une extrême lenteur, il n’aura pas le temps de voiler pendant le court passage du révélateur au fixage. La formule recommandée est la suivante :
- Acétol.................... 1 gr.
- Eau...................... . 100 cm5
- On peut, pour plus de précaution, avec des plaques ti'ès rapides ayant tendance au voile, ajouter quelques gouttes d’uixe solution de bromure de potassium à 10 pour 100.
- Pour ceux qui préfèrent développer les clichés un à un
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- et assez vite, l’acétol donnera également de très bons résultats; il suffira d’y ajouter un alcalin. On a alors un révélateur qui agit en quelques minutes et qu’on peut accélérer, ou modérer, en modiliant la proportion d’alcalin ; le maximum d’énergie est obtenu par la formule ci-dessous :
- Eau...................................loo cm3
- Acétol................................ 4 grammes.
- Solution de carbonate de potasse à 20 °/0. ao cm3
- Les bains utilisés se conservent bien en flacons pleins et bouchés et peuvent être employés ultérieurement.
- L’acétol se trouve chez M. H. Reeb, 2.4, rue Jouffroy, à Paris. G. M.
- Positifs sur verre. — 11 est assez difficile d’obtenir en positif sur verre soit pour stéréoscopes, soit pour projections, un ton qui donne bien satisfaction; il est vrai que c’est affaire de goût : les uns aiment le jaune et les autres le vert; mais cependant d’une façon générale on préfère les tons chauds, le noir tirant sur le brun convient particulièrement aux projections, ainsi qu’aux stéréoscopes.
- M. G. Briand a indiqué dernièrement, dans Photo-Gazette, un procédé qui permet d’arriver à peu près sûrement à ce ton, quand on a des teintes verdâtres et un sujet empâté. On fait la solution de réserve suivante :
- Eau......................200 cm3
- lodure de potassium. ... ri grammes.
- Iode pur en paillettes ... i gr.
- Pour composer le bain destiné à traiter le cliché, on
- prend de cette solution i5 cm3 dans 200 cm3 d’eau. Le cliché reste plongé dans ce bain jusqu’à ce que la couche de gélatine soit devenue blanche. On lave alors le cliché quelques instants et on le fixe dans le bain suivant :
- Eau...............................500 cm3
- liyposullite......................... 5o grammes.
- Bisulfite de soude liquide acide. 5 cm3
- On laisse séjourner une minute et on lave 4 ou 5 minutes à l’eau courante.
- Si le ton ainsi obtenu 11e convient pas on passe le cliché dans le virage suivant :
- Eau.......................... 1000 grammes.
- Hyposulfile................ 1.40 —
- Alun en poudre................. 10 —
- O11 fait la solution à chaud et, après refroidissement, on ajoute 1 gr. d’acétate de plomb, qu’on aura préalablement dissous dans un peu d’eau prélevée sur les 1000 grammes indiqués précédemment.
- Enfin, après filtrage, on ajoute 5o cm3 d’une solution de chlorure d’or à 1 pour xoo.
- Il faut attendre 6 heures avant d’utiliser le bain ; mais il peut servir un grand nombre de fois.
- On obtient de beaux tons chauds. G. M.
- Réducteur pour épreuves sur papier. — Divers procédés ont été indiqués pour sauver des épreuves positives au bromure trop développées, ou des épreuves au citrate oubliées au jour et trop noires.
- L'Amateur photographe anglais préconise la formule ci-dessous due à M. Graves :
- Solution de sulfocyanurc d’ammonium à 10 %, 10 cm3 Solution de ferricyanure de potassium à 11 %. 1 cm3 Eau..........................................3o cm3
- Il est bon d’agir avec prudence et de laisser séjourner très peu l’épreuve dans le bain pour commencer et de la surveiller attentivement. U peut être utile aussi de consolider la gélatine en la passant un instant au formol à 10 pour 100 avant de faire la réduction. G. M.
- *>> Divers <-*
- Procédé pour rendre incombustibles les éthers et benzines. — Les éthers et les benzines rendent de grands et utiles services dans diverses industries. Mais, en raison de leur grande inflammabilité, ils ne peuvent être maniés qu’avec les plus sévères précautions. Le Journal de pétrole nous indique que pour les rendre incombustibles, il suffit de les mélanger à du tétrachlorure de carbone en proportions convenables. Ce produit est un corps volatil qui se dissout parfaitement à froid dans les benzines, les éthers, les alcools. Jd est seulement nécessaire de prendre exactement les proportions qui sont variables; mais il est facile de déterminer ces proportions par de simples expériences. O11 trouve par exemple que l’incombustibilité absolue de la benzine a lieu, lorsqu’on arrive à dissoudre de a5 à 3o pour 100 de tétrachlorure de carbone.
- Vernis pour objets en bronze. — Ce vernis est en réalité composé de deux vernis de nuance différente, qu’on mélange diversement suivant la teinte qu’on veut donner, entre le rouge foncé et le doré. Le premier liquide se fait avec 40 gr. de gomme-laque pâle en écailles de très bonne qualité, 12 gr. de laque de Florence en poudre, 3o gr. de gomme-gutte et 6 gr. de sang-dragon en poudre, qu’on met dans une bouteille avec 400 gr. d’esprit-de-vin. On fait dissoudre et on active la dissolution par chauffage au bain-marie et agitation fréquente. Il faut décanter ensuite soigneusement. Le second liquide se compose de 24 gr. de gomme-gutte dans 400 d’esprit-de-vin.
- Alliage d’étain pour laminer en feuilles. — Cet
- alliage est d’une belle couleur blanche, et, une fois coulé déjà sur faible épaisseur, il se laminera facilement par passage entre rouleaux. On le compose de 35 parties d’étain, de 25 de plomb, de 2,5 de'cuivre et de o,5 de zinc, ces deux derniers métaux devant être préparés pour la fonte sous forme de fines rognures.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- L'art de Vessayeur, par A. Riche, directeur des essais à la Monnaie de Paris et M. Forest, essayeur des monnaies. Paris, igo5. J.-B. Baillière et fils. 1 vol. in-16. Prix : 5 francs.
- Cultes, Mythes et Religions, par Salomon Reinach, membre de l’Institut. Paris. Ernest Leroux, 1905. T. I, 1 vol. in-8°.
- Traité théorique et pratique de métallurgie générale, par L. Babu, ingénieur en chef des mines, professeur à l’Ecole nationale supérieure des mines. T. Il, Paris et Liège. Ch. Béranger, 1905. i vol. in-8°. Prix relié : 25 fr.
- Le golfe de Poitou à travers les âges d'après la géologie, la cartographie et l’histoire, par Auguste Pawlowski. Paris, imprimerie nationale, 1901. 1 vol. in-8°.
- Les transformations du littoral français. Le pays d’Arvert et de Vaux, d’après la géologie, la cartographie et l'histoire, par le même, même librairie, 1902. 1 vol. in-8°.
- Carthage romaine (146 av. J.-C. à 698 ap. J.-C.), par A. Audollent. Paris, Fontemoing, 1901. 1 vol. in-8°.
- Mémoires pour servir à l’explication de la carte géologique détaillée de la France. La géologie des Pyrénées françaises, par L. Carez. Paris. Imprimerie Nationale, 1903-1904. 1 vol. in-4°.
- JLes cartes à jouer du xiv6 au xx° siècle, par Henry René d’Allemagne. Paris, Hachette, 1906.. 2 vol. in-4°; 3200 grav. dont 956 en couleurs, 37 pl. hors texte.
- Notre érudit collaborateur encadre dans le plus documenté des textes une illustration d’une curiosité sans pareille : bien rarement la librairie a produit des livres aussi accomplis quant à la substance et à l’exécution à la fois.
- Tebessa. Histoire et description d’un territoire algérien, par Pierre Castel. Paris, Paulin. 2 vol. in-8°.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres La Rédaction publie les 11 faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appreils décrits. — Le
- palan nain allemand décrit; dans le n° 1688 du 3o septembre 190!) se trouve chez MM. Wesscls et Wilhelm, Ingénieur-Bureau, Hambourg. Pour le palan électrique, il faut s’adresser à MM. Lacy Hulbcrl, Boreasworks Beddinglon, Sùrrey (Grande-Bretagne).
- Communications. — M. Francisco Andréa, à Mahon, sous le titre La conquête du Pôle Nord, nous envoie une noie dont voici le résumé ;
- « La conquête du Pôle est un événement plus ou moins prochain, faisons de notre mieux pour l’activer. On a parlé tout récemment à Mons de placer l’exploration Polaire sous une direction internationale. C’est là une idée excellente. Nous voudrions aujourd’hui soumettre à la considération de tous les explorateurs l’idée d’une association générale internationale pour la découverte des Pôles dont le principal moyen d’action serait la création d’un capital international, apporté par tous les associés du monde, par toutes les nations et par toutes les villes. »
- M. Touchel, notre collaborateur, nous écrit à propos de la note parue dans le n° 1693 du 4 novembre 1905, p. 367, ire col., au sujet de la tache du soleil, que la phrase suivante ; « C’est à l’apparition de cette nouvelle tache solaire qu’est dû le brusque relèvement de la température qui a été observé » lui semble présenter un caractère anti-scientifique. « Les taches solaires, dit-il, ont évidemment une action sur la terre. Plus exactement, là cause des taches solaires agit sur notre globe. Mais cette action est générale et non locale. » C’est d’ailleurs bien en tant que phénomène général que nous avions signalé cet accroissement de température.
- M. Cousin, à Domfront (Orne), nous signale qu’il a observé un beau bolide le 20 novembre, à 8 h. 62 du soir. Le météore, dont l’éclat était inférieur à celui de Jupiter, se mouvait suivant une direction perpendiculaire à l’alignement des Pléiades à Aldebaran.
- M. Chabert, à Paris, nous écrit : « A propos de la nouvelle balayeuse arroseuse automobile de M. Muller de Cardevar, publiée dans le n° 1695 du 18 novembre, si c’est une nouveauté en France, ce n’en est point une en Allemagne; le 3o juin dernier, j’ai passé une journée à Cologne; j’y ai vu fonctionner une balayeuse-arroseuse qui m’a paru très satisfaisante, bien qu’elle fût, il est vrai, à traction chevaline. D’autre part, j’ai vu circuler dans cette même ville, sur la voie d’un tramway, une citerne automobile qui prenait le courant sur le trolley et qui arrosait abondamment la voie plus im,5o à peu près de chaque côté, nous n’avons pas encore cela à Paris. »
- Renseignements. — M. Pietro^Spica, à Padoue. — Nous ne connaissons pas de fabricants de ce que vous demandez. Tous nos regrets.
- M. L. P., à Montluçon. —- i° Le polariscope est un instrument destiné à vérifier si une lumière est naturelle ou polarisée. — 20 Nous ne savons pas de quel appareil vous voulez parler et ne croyons pas que le polariscope ait l’application que vous dites. Vous.Npouvez vous adresser aux fabricants d’instruments d’optique : Morin,
- 3, rue Boursault, à Paris; Nachet, 17, rue Saint-Séverin, Paris ; Radiguet, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris; Secrétan, 41, quai de l’Horloge; Pellin, 21, rue de l’Odéon, à. Paris.
- M. E. W. L., à Londres. — i° Il y a, én effet, de sensibles différences de prononciation entre les diverses syllabes que vous croyez équivalentes. Il nous est d’ailleurs impossible de vous indiquer en quoi elle consiste, ces sonorités n’ayant pas d’équivalents en langue anglaise.
- — 2? Vous pouvez consulter : Les organes de la parole, |
- par H. de Meyer, librairie F. Alcan, 108, boulevard Saint-Germain, à Paris. '
- M. A. A., à Abbeville. — Il n’existe pas à notre con-: naissance d’autre procédé que la distillation pour épurer! la benzine ayant déjà servi. j
- M. le comte de Èouy, à la Jonchère. — M. Lambert,; président du tribunal civil de Gray (Haute-Saône), nous informe qu’il a à vendre un tachéomètre de la maison! Gracel, une bousole d’arpenteur et une équerre d’arpen-) leur à boussole.
- M. lt. Z., à Belfort. —• Pour l’éclairage au lusol,! adressez-vous à M. Denayrouze, 24, rue Bayen, à Paris.
- M. T. S., à Paris. — Nous ne savons pas exactement! à quel article vous faites allusion. Nous vous prions de vouloir bien préciser, en nous indiquant, si possible, à, quelle date il remonte. ’
- M. L. Morel Fredel, à Bonneville. —La peinture dite la Majolique est fabriquée par M. Baugeois aîné, 18, rue Croix-des-Petits-Champs, à Paris.
- M. Panel, à Courbatore. — i° et 20 L’utilisation .comme engrais du bisulfate de potasse, résidu de la préparation de l’acide azotique, ne nous semble pas possible, parce que l’acide serait très difficile à enlever complètement. —- 3° et 4° H est impossible de prévoir le résultat des préparations que vous indiquez et qui semblent devoir ne mener à rien.
- M. le iy Bribosia, à Namur. — Des procédés pour la soudure de l'aluminium sont indiqués dans le recueil des Recettes et Procédés utiles, p série, à la librairie Masson et C‘°, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. le vicomte R. de Jjouvencourt, à C. — Nous ne voyons pas d’autres moyens que ceux que nous vous avons indiqués. Vous pourriez ainsi vous servir de pinces pour ne pas toucher aux clichés ni aux épreuves.
- M, R. Nozi'ere, à Meudon. — Des blocs-notes-agendas, répondant à ce que vous cherchez, sont fabriqués et vendus par MM. Kirby, Beard et C'0, 5, rue Auber, à Paris.
- Cercle Sextius, à Aix. — i° Les couleurs d’aniline rouge et jaune ne sont pas toxiques lorsqu’elles sont parfaitement pures ; toutefois il s’y trouve souvent de l’acide arsénieux qui en fait des toxiques très violents, que l’empoisonnement ait lieu par la voie stomacale ou par la voie cutanée; en pratique, il faut donc être très prudent avec ces produits. — 20 et 3° Il existe de nombreux colorants, d’origine minérale ou chimique, et dont le choix résulte de l’emploi que vous désirez faire, teinturerie, peinture, photographie, hydrologie, etc. Vous les trouverez, suivant le cas, chez les marchands de couleurs ou de produits chimiques et photographiques.
- M. C. V., à X.— i° Journaux scientifiques, notamment ayant trait aux sciences de l’ingénieur et à la physique : Annales de Physique et de Chimie; Annales des conducteurs des Ponts et Chaussées ; Ann. du Conservatoire des Arts et Métiers; Ann. des Mines; Ann. des Ponts et Chaussées ; Bulletin des ingénieurs civils; Bull, de VEcole de Physique et de Chimie; Ze Génie civil; F ingénieur ; Journal de physique, de chimie et d’hist. natur.; Journ. de physique théorique et appliquée ; etc. — 20 Consultez les catalogues des maisons Cîi. Béranger, i5, rue des Saints-Pères; Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins ; J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille ; L. Mulo (Manuels Roret), 12, rue Haute-feuille, à Paris. — 3° Adressez-vous à M. Denayrouze, 24, rue Bayen, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Z.
- Corchepot, à Saint-Maurice. Les céramiques dont vous parlez sont probablement d’origine danoise. Nous ne pouvons vous renseigner au sujet des procédés qui sont tenus secrets. —' M. L. Delatour, à Ambleteuse. Il serait préférable de faire analyser les eaux en question par un chimiste. — M. R. Valentin, à Iloqueflaurç. Voyez dans Recettes et procédés utiles, 3e série, plusieurs indications à ce sujet (Librairie Masson et G*0, 120, boulevard Saint-Germain, Paris). -— M. Touchel, à Paris, M. Francisco Andreu, à Mahon. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DK 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 novembre . 0°,2 N. 1. Neige. 7,3 Presque couv. ; pluie jusqu’à 5 h. 45; ensuite neige
- Mardi 21 . ' 0°,3 N. N. E. 1. Couvert. )) jusqu à 15 h. Gelée bl. ; couvert.
- Mercredi 22 0°,5 S. S. w. 1. Couvert. » Gelée bl. ; couv. jusqu’à 10 b. ; beau ensuite.
- Jeudi 25 1°,1 S. S. W. 3. Gouttes. 17,0 Gdée bl. ; couv. ; pluie de 7 b. à 22 b.
- Vendredi 24 . 4°,4 S. W. 2. Nuageux. 0,4 Gelée bl. ; nuag. le matin ; puis couv. ; beau après 19 b. un peu de pluie à 13 h. et à 15 li. 30.
- Samedi 25 2°,7 S. S. W. 2. Brouillard. 0,0 Couv. ; brouillard jusqu’à 7 b. ; gouttes à 21 h.
- Dimanche 26 ' 10°,2 S. S. W. 4. Pluie. 2,6 Couvert; pluie à diverses reprises.
- NOVEMBRE 1905. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 NOVEMBRE 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Les crues. — Les chutes de neige et les pluies ont provoqué des crues d’un grand nombre de fleuves et de rivières de France. La Creuse, la Dordogne, la Corrèze et leurs affluents ont débordé et causent de graves dégâts. Des inondations ont lieu dans la Haute-Garonne, l’Ariège, l’Aveyron, le Tarn. Dans la vallée du Rhône, la crue était particulièrement inquiétante ; à Tournon, à la Youlte, au Pouzin, les quais étaient submergés. La Saône a atteint 5m,90 au-dessus de son étiage normal. La Loire a également considérablement grossi et a débordé en de nombreux endroits. La rivière souterraine de la fameuse grotte de Padirac (Lot) a également atteint un niveau qu’on ne lui avait pas encore vu.
- Le temps. — Pendant la semaine du 20 au 26 novembre, le froid a sévi avec assez de rigueur en France. Le 20 novembre, on signalait une situation atmosphérique troublée ; une grande dépression barométrique s’étendait du golfe de Gascogne à l’extrême Nord. Il est tombé mm d’eau à Besançon, 35 mm à Clermont, 24 mm à Lyon, 11 mm à Marseille, 9 à Paris. Il y a eu des neiges dans le Nord et l’Est de la France, et de fortes averses dans le Sud. La neige est tombée à Paris dans la matinée; à 9 heures, elle formait une couche d’iine épaisseur de 2 à 3 centimètres. La température étitit le matin o° à Paris, 4° à Belfort, 6° à Brest, 10Q à Marseille, — 4° au Puy de Dôme, — 4° au mont Aigoual, — i3° au Pic du Midi; la température moyenne à Paris a été o°,5, le maximum à Montsouris dépassait à peine i°. La pression barométrique à midi était 758mni?6. Le 21 novembre, la pression barométrique
- s’est relevée rapidement sur la moitié Sud de l’Europe ; dans la région parisienne elle atteignait 766““,9. Un vent faible d’entre Est et Sud soufflait sur les côtes delà Manche, d’entre Est et Nord sur les côtes de l’Océan. Le thermomètre marquait o° à Paris, 20 à Lyon, 5° à Cherbourg, 90 à Marseille,— 70 au mont Mounicr. Ona recueilli 14mm d’eau à Charleville, 6 mm au Mans. Le 22 novembre, on a signalé en France quelques averses sur le littoral de la Manche et en Provence. La température était — 3° à Belfort, — i° à Paris, — 8° à Perpignan, — 20 au Puy de Dôme, — 12° au Pic du Midi. Le 23 novembre, il est tombé 12 mm d’eau à Lorient, 7 mm à Cherbourg, 14 mm à Boulogne. A Paris, il a plu de 7 heures du matin à 8 heures du soir; la hauteur d’eau a été de 16 mm sur la ville, et de 23 mm au Raincy, dans la banlieue. La température était le matin—-2° à Limoges, -J- i° àParis, 8° à Nantes," — 6° au mont Aigoual, — 8° au mont Mounier. Le 24 novembre, les pluies ont été abondantes à Nantes (22 mm), à Charleville (22 mm), à Brest (20 mm), au Havre (19 mm).' Le 25 novembre, la pression barométrique n était supérieure à 760 mm que sur nos régions. Il a plu à Biarritz (22 mm), à Toulouse (10 mm). La température s’est abaissée ; 011 notait le matin i° à Belfort, 3° à Paris, 5° à Bordeaux, — 8° au Pic du Midi ; dans la banlieue de Paris, on constatait quelques minima voisins de o°, et un peu de gelée blanche. Le 26 novembre, des pluies sont tombées dans l’Ouest et le Nord de l’Europe. La température s’est relevée enFrance; le thermomètre indnpiait le matin io° k Paris, 120 à Nantes, 160 à Biarritz.
- PHASES DE LA LUNE
- ( D. Q. le 20 à 1 b. 4-3 m. du matin. ( N. !.. le 2‘> à 4 li. :"6 m. du soir.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *> Photographie
- Téléobjectif Busch. — Sous le nom de « Bis-Telar » M. Busch vient de réaliser un téléobjectif qui a l’avantage de nécessiter un tirage de la chambre beaucoup moins long que celui qui est exigé par l’emploi d’un objectif de foyer égal. Le but de cette combinaison optique est surtout de permettre l’emploi du téléobjectif sur les chambres à main. Avec les objectifs à court foyer, dont elles sont munies, on a en effet des inconvénients qui, s’ils 11e sont pas gênants, dans certains cas, deviennent presque prohibitifs dans d’autres, à cause de l’exagération de la perspective obtenue au moyen d’une lentille divergente, qui rejette le point principal en avant des lentilles, ce qui permet à la combinaison d’être très ramassée sur elle-même ; de sorte que le « Bis-Télar » 11’est pas plus encombrant qu’un objectif ordinaire. Il a une assez grande rapidité puisqu’il donne xine image nette avec une ouverture de Fj9. Il est bien connu que cette combinaison donne un peu de distorsion, mais dans les vues de paysage elle n’est pas sensible. Du reste l’instrument n’est pas destiné à détrôner les objectifs ordinairement employés, mais à les compléter pour permettre à l’oc-” casion d’obtenir, d’objets trop éloignés, une image assez
- Téléobjectif Busch.
- 1. Objectif double ordinaire. — 2. Téléobjectif.
- grande avec la chambre à main. En outre on peut, en dévissant la lentille arrière (lentille divergente), et en se servant seulement de la combinaison d’avant, avoir un objectif à grand angle. On devra, il est vrai, diaphragmer k Fj25 pour couvrir la plaque, mais dans une vue d’intérieur où la pose est possible cela ne présente pas d’inconvénient. Ce téléobjectif se construit pour les formats'6 1/2X91 9X12 et i3Xi8 et peut être muni de la monture hélicoïdale pour la mise au point. — Le téléobjectif Busch se trouve chez M. Alexandre, 42> rue de Trévise, à Paris.
- Multifocal Clégit. — Dans le même ordre d’idées MM. Clément et Gilmer ont construit pour la projection un téléobjectif qui permet d’obtenir des grandeurs différentes pour l’iiqage projetée, sans changer l’appareil de place ; — ou une dimension fixe de l’image à des distances différentes de l’écran. L’instrument est composé d’un élément positif (objectif à portrait du genre Petzval) accouplé à un élément négatif (lentille divergente achromatique) et il suffit de faire varier la distance entre les deux éléments pour faire varier le foyer. Une crémaillère permet ce déplacement : le plus court foyer répond au plus grand écartement, et, par suite, au plus fort grossissement. Le type le plus courant donne, à 5 mètres de l’écran, une image de 0,72 m. de côté, ou de 1,40 m. à volonté en employant des clichés 7X7- Un autre type, plus spécialement fait pour le cinématographe, correspond aux images de 24 nim de côté. — Le multifocal Glégit se trouve chez MM. Clément et Gilmer, 140, Faubourg-Saint-Martin, à Paris.
- Châssis à pellicules séparées « Agfa ». — La pellicule sensible est, le plus souvent, employée en rouleau
- parce que c’est la forme qui.permet le plus facilement de faire la substitution d’une partie non impressionnée à la partie sur laquelle on vient de prendre un cliché ; mais il y a cependant quelques inconvénients, dont le principal, à notre avis, est qu’il faut attendre qu’on ait impressionné tout le rouleau pour pouvoir procéder au développement de tel ou tel cliché, qu’on voudrait avoir
- l'ig. 1. Le châssis « Agfa ».
- avant les autres. Il 11’y a pas assez d’indépendance et c’est pourquoi on préfère souvent la pellicule coupée en morceaux qui constituent des plaques souples. Mais l’un des grands avantages du rouleau est qu’il permet le chargement en plein jour; aussi a-t-011 cherché le moyen de conserver cet avantage à la pellicule coupée. On y est arrivé de différents côtés et dernièrement encore la maison « Agfa » vient de réaliser un ensemble de dispositions dans ce but. C’est d’abord un châssis, en ébène et aluminium, qu’on fait adapter à sa chambre, et qui est destiné à recevoir les pellicules, au fur et à mesuré du besoin, et les emmagasine une fois qu’elles sont impressionnées. L’introduction de chaque pellicule dans le châssis peut se faire en plein soleil. La feuille sensible est en effet contenue dans deux enveloppes de papier noir, formant comme un étui à cigares. Quand l’ensemble a été glissé dans le châssis, on tire la première enveloppe de sûreté, ce qui ne découvre pas encore la pellicule ; on met le châssis en place et on retire alors, quand on est prêt à opérer, la seconde enveloppe dont l’extrémité dépasse un peu. La pellicule se trouve maintenue en posi-
- Fig. 2. La pellicule emballée.
- tion par deux crochets qui font partie du châssis et entrent dans les deux trous qu’elle porte à son extrémité inférieure. Pour escamoter la pellicule impressionnée, et la faire passer dans le magasin du châssis, il suffit de tirer un volet et de le repousser ; le fonctionnement est très sûr, car il n’y a pour ainsi dire pas de mécanisme ; c’est un simple cadre à ressort qui fait passer la pellicule d’un côté du volet à l’autre.
- Cette disposition permet de prendre en rentrant de voyage une plaque déterminée, d’après son numéro d’ordre dans le magasin, et de la développer avant les autres ; soit parce qu’elle présente un intérêt particulier, soit parce que le temps de pose nécessite des précautions spéciales.
- Le seul inconvénient est que le prix est plus élevé que celui des rouleaux.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Petit outillage
- Nouveau calibre à coulisse de précision. — Ce
- nouveau calibre ou pied à coulisse, établi par M. Maurice Picard, se compose d’une règle divisée avec une barre servant d’arrêt d’un côté, et une autre barre mobile pouvant se déplacer sur la règle de l’autre côté. Entre les deux barres est disposée une petile réglette verticale, que l’on peut faire mouvoir à volonté. Ce petit appareil a été spécialement construit en vue de mesurer à la lois le diamètre et la hauteur d’une même pièce. Il est surtout pratique pour toutes les mesures à prendre où les deux dimensions doivent être exactement semblables, tels que dans les appareils stéréoscopiques, jumelles, etc.
- Nouveau calibre à coulisse de précision.
- Ce calibre sert en particulier à établir la corrélation entre la hauteur des aiguilles d’une montre et la partie inférieure du verre. On ne pose le verre sur une montre qu’une fois le réglage fait, et il arrive très souvent qu’il y a frottement des aiguilles sur le verre ; il en résulte du retard dans la marche du mouvement et même l’arrêt complet. Avec le nouveau calibre, on évite cet inconvénient. On pose les deux becs du calibre sur la battue de la carrure; la coulisse, mise au milieu, appuie sur l’aiguille des minutes et glisse jusqu’à ce que les trois becs soient bien à plat. Le verre est posé dans sa lunette et on tourne le calibre de façon que les deux becs opposés reposent sur les bords de la lunette ; il doit y avoir un certain espace entre la coulisse et la partie inférieure du verre. Ce calibre possède également l’avantage de pouvoir être utilisé comme pied à coulisse habituel ; on enlève la coulisse intermédiaire, et une porte-coulisse vient se loger dans la pointure ménagée à cet effet dans les becs, et ceux-ci se ferment. Deux verniers en longueur et en profondeur permettent de mesurer au dixième et au vingtième de millimètre. — Le nouveau calibre à coulisse a été mis en vente par la maison Henri Picard et frère, i3i, boulevard de Sébastopol, à Paris.
- Tournevis multiple. — Ce tournevis est un appareil de grande solidité, renfermant, sous un volume relativement très restreint, quatre lames en acier trempé dont les dimensions aux extrémités sont respectivement 3,5 mm., 6 mm., 8,5 mm. et iimm. Ces quatre lames sont disposées dans quatre entailles ménagées à la périphérie d’un manche en bois de n centimètres de longueur et de 3o mm. de diamètre. A la partie supérieure du manche est une virole moletée, en acier trempé de
- Tournevis multiple.
- 3 mm. d’épaisseur, sectionnée verticalement et pivotant librement autour de l’extrémité du manche, auquel elle est retenue par une rainure circulaire intérieure, roulant sur deux goujons. On peut ainsi, en tournant la virole, présenter de suite la section verticale en face de l’une quelconque des lames. Il suffit ensuite de donner un mouvement de bascule à la lame à employer, et de donner un déplacement circulaire à la virole; la lame est aussitôt placée dans la position verticale et dans l’axe du manche. Une rampe à la partie supérieure de la virole fait serrage par le seul déplacement circulaire de la virole et maintient la lame dans la plus grande rigidité. Cet appareil est un outil de longue durée, indispensable dans toutes les industries, et appelé à rendre de grands services. — Le tournevis multiple à lames concentriques se trouve chez Mme Franc, 20, rue de la Tille, à Saint-Etienne (Loire).
- *»> Petites inventions
- Épuisette pliante. — Un pêcheur à la ligne 11e serait pas digne de ce nom s’il n’emportait une épuisette, car il est rempli d’espérances et voit toujours au bout de sa ligne un gros poisson qu’il ne pourra tirer de l’eau sans le secours de cet engin. Mais c’est toujours encom-
- Epuisette pliante.
- brant et, puisqu’on a des gaules qui se démontent pour servir de canne, M. A. Janson a pensé qu’il fallait aussi pouvoir dissimuler l’épuisette dans sa poche, ou tout au moins la rendre très facilement transportable. A cet effet il a articulé le cadre qui porte le filet (n° 1), de telle sorte qu’il peut se plier sur deux de ses côtés (n° 2) et on obtient ainsi un très petit volume qu’on peut mettre dans une poche en dévissant la canne qui sert de manche à l’épuisette. — S’adresser à M. A. Janson, i5, rue Emile-Lepcu, à Paris.
- Le coupe-œufs scie. — On a déjà imaginé bien des dispositifs pour couper proprement un œuf à la coque, opération que certains trouvent probablement trop compliquée pour être effectuée avec une simple fourchette. Ordinairement l’appareil employé est une sorte de guillotine, plus ou moins compliquée; mais l’inventeur de
- Le coupe-œuf scie.
- celui qui est représenté ci-contre, a pensé avec raison qu’une coquille n’est pas faite pour être coupée, mais plutôt sciée : aussi a-t-il disposé sur un mandrin qui glisse dans un manchon (n° 1) trois petites lames de scie. On place le manchon sur l’œuf (n° 3) et on tourne dans les deux sens pendant un moment en appuyant légèrement ; on conserve ainsi une rainure assez profonde pour que la calotte s’enlève facilement avec la pointe d’un couteau et présente (n° 2) une section parfaite.
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- HYGIENE ET SANTE
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- La stérilisation des mains. — Ou ne saurait croire à quel degré de saleté, j’entends au point de vue bactériologique, la main peut atteindre. En contact permanent avec des meubles, des objets de toute nature, la peau est véritablement infestée de microbes. Wigara, examinant les mains des infirmiers d’un hôpital, y constatait de 12 à 24000 bactéries par centimètre carré. La proportion est respectable, mais il est juste d’ajouter que la plupart de ces microbes n’ont rien de pathogène. Sur des sujets ne fréquentant, pas les salles d’hôpital, étudiants, élèves et domestiques d’une école, Winslow a trouvé, à plusieurs reprises, le coli-bacille.
- Dans les conditions ordinaires, la main conserve des bactéries en quantité notable ; sous les fragments d’épiderme soulevé, dans la rainure des ongles il y a de véritables colonies microbiennes qui peuvent porter la contagion au moment que l’on soupçonne le moins. Et la ténacité de ces microbes est si grande qu’après des lavages minutieux, après des immersions dans des désinfectants, la main n’est pas complètement purifiée.
- Dcmandez-le aux chirurgiens ; ils vous diront avec quel soin ils président à cette toilette de la main et comment, désorientés par la persistance d’éléments pathogènes, plusieurs d’entre eux en sont venus, pour les opérations, à l’usage du gant de caoutchouc. C’est là un aveu de leur impuissance à réaliser l’asepsie ; il y a, à mon avis, une certaine exagération, et si tous les antiseptiques ne donnent pas, pour le nettoyage parfait des mains, une sécurité absolue, il en est un certain nombre qui méritent toute confiance.
- Dans une série d’expériences communiquées au congrès de l’Association britannique, le Dr Leedham-Green a montré que de tous les antiseptiques, celui qui assure la stérilité la plus complète est le mercure en solution alcoolique (sublimé, biiodure, cyanure de mercure ou toute autre préparation). Je regrette de ne pouvoir reproduire les figures de ses plaques de culture sur l’agar Pétri; elles sont fort instructives, car l’influence du produit saute aux yeux. Dans les plaques ensemencées avec les produits de râclage d’une main lavée seulement au savon et à l’eau chaude, le champ est tapissé de colonies microbiennes, comme un visage grêlé de petite vérole; sur la plaque de la main lavée à l’eau et au savon et passée ensuite à une solution alcoolique de bichlorure d’hydrargyre (sublimé) on constate à peine deux ou trois colonies et dans toute une série intermédiaire, comprenant les lavages au permanganate de potasse, à l’alcoolat de savon, à l’alcool méthylique, à la solution aqueuse de sublimé, on voit une échelle décroissante du nombre des colonies développées sur l’agar.
- La conclusion s’impose et, dans toute circonstance, sans être chirurgien ou opérateur, où vous aurez à panser une plaie, à soigner un blessé, une accouchée, un malade atteint de maladie contagieuse ou même pour les mille petits soins à donner aux enfants, si vous voulez avoir la main stérile et propre, dans toute l’acception du mot, lavez-la à l’eau chaude, puis avec l’alcool au sublimé. Vous serez sûr ainsi de détruire tout miasme, tout microbe pathogène et de n’être pas, à votre insu, vecteur de contagion. Dr A. C.
- Les dartres du visage.'—Il n’est pas rare d’observer chez les jeunes enfants et les adolescents des petites plaques furfuracées sur le visage, ce que l’on dénomme vulgairement des dartres. A la commissure des lèvres, sur la joue on constate, sans que l’enfant soit en rien malade, une petite plaque arrondie, couverte d’un enduit blanchâtre farineux ; si on la frotte on détache quelques petites squames d’épiderme. Grosse comme un pois, une lentille, la dartre peut atteindre la dimension d’une pièce de cinq francs ; on en trouve du reste parfois plusieurs empiétant les unes sur les autres.
- C’est une affection tenace et qui donne au visage un aspect sale ; on dirait, disent les mamans, que mon enfant est mal lavé. Si la dartre survient chez une jeune fille, vous voyez d’ici le trouble causé, au point de vue esthétique, par la tache malencontreuse. Rien de grave, assurément, que ces dartres qui ne sont en somme que du pityriasis simple et liées à un étatlégèrementlymphatique.
- En dehors de cas spéciaux, pour lesquels il est bon de prendre l’avis d’un dermatologiste, on aura recours avec avantage aux petits moyens suivants. Ne jamais se servir d’eau pure pour la toilette du visage, prendre de l’eau bouillie ; l’additionner d’une très petite quantité de borate de soude. Chez les jeunes enfants les lotions avec l’eau salée bouillie sont souvent très efficaces. Je crois qu’on peut prescrire avec avantage, quand la dartre n’est pas très étendue, une lotion avec l’eau bouillie additionnée d’un cinquième de liqueur de Yan Swieten (solution de sublimé au millième). Avoir soin de ne se servir pour la toilette que de savons fins à la glycérine et pas de savons ordinaires.
- Ces moyens hygiéniques doivent êtres aidés, car ils ne suffisent pas toujours à guérir la dartre, de quelques moyens médicamenteux, pommades au borax, à l’oxyde de zinc, glycérolés au tanin. L’eau distillée de roses qui est exempte, puisque distillée, de sels calcaires, qui est légèrement astringente et a en même temps un parfum agréable, convient très bien pour les lavages, au liçu de l’eau bouillie simple. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- cf§^ 'Electricité
- Utilisation des bouts de charbon des lampes à arc. — On sait combien il a été difficile jusqu’ici d’utiliser les bouts de charbon des lampes à arc que l’on retire chaque jour pour les remplacer par de nouveaux. M. Louis Bernard, chef de l’usine électrique de Brixen, dans le Tyrol, a indiqué dans l’Elektrotechnische Zeitschrift le moyen de réunir plusieurs bouts ensemble et de former ainsi un nouveau charbon qui peut être employé. On coupe d’abord les deux bouts de charbon de façon à les adapter l’un sur l’autre, on les enduit d’un mélange de verre soluble et de poudre de charbon, et on les presse légèrement l’un contre l’autre. Cette opération est des plus simples et rendra de grands services dans les usines électriques où les bouts restants des charbons de lampes à arc sont nombreux.
- Allumage automatique des lampes à vapeur de mercure. — On sait que pour allumer les lampes à vapeur de mercure, il est nécessaire chaque fois de faire basculer la lampe pour amorcer l’arc. M. H. Leroy, électricien à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, a imaginé un dispositif d’allumage automatique dont Y Electricien donne la description. Ce disposif consiste en l’adjonction à la lampe d’un électro-aimant, alimenté par une dérivation prise sur le circuit. Pour mettre une lampe en fonctionnement, on ferme l'interrupteur ; l’électro-aimant attire son noyau mobile qui est relié par une petite bielle à l’un des côtés du support oscillant de la lampe. Le mercure établit alors le contact nécessaire dans la lampe et l’arc est amorcé. A ce moment la bobine de self attire une palette qui interrompt le circuit dérivé, dès que l’arc est établi. La lampe, reprend sa position normale et entre en fonctionnement.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Celluloïd incombustible. — Le celluloïd, formé de cellulose et de camphre, est un très bon isolant électrique. Mais il a le très grave défaut d’être très facilement inflammable. La Revue pratique de Vélectricité indique que MM. Mabille et Leclerc ont trouvé un moyen de le rendre incombustible. On dissout le celluloïd dans un mélange d’éther et d’alcool, et on incorpore à la solution une certaine quantité d’un sel de fer, chlorure ferrique ou autre. On évapore ensuite le dissolvant et le celluloïd obtenu est parfaitement incombustible.
- Divers
- Composition métallique plastique. — Elle est signalée par la publication I)er Metalarbeiter, et elle peut rendre bien des services, car, au bout de io heures seulement, elle devient dure comme de l’argent ou du laiton et peut se laisser admirablement polir, alors que fraîchement préparée elle se prête à toutes les fantaisies et peut même jouer le rôle de ciment. On commence par réduire tyi oxyde de cuivre par l’hydrogène ou du sulfate de cuivre par ébullition d’une solution dans de l’eau en présence de limures de zinc, et pour obtenir du cuivre pur. On prend du cuivre pulvérulent ainsi produit, 20, 3o ou 36 parties en poids, suivant le degré de durelérqu’on veut donner à la composition finale, et on mouille complètement cëtte poudre, dans un mortier de porcelaine, avec de l’acide sulfurique à i,85 de gravité spécifique; on ajoute ensuite à la pâte 70 parties en poids de mercure en remuant continuellement. Quand tout le cuivre est amalgamé, on enlève l’acide sulfurique par lavage à l’eau bouillante. On n’a plus qu’à laisser refroidir. On peut du reste rendre sa plasticité pour un temps à cette composition en la chauffant à 3oo°, puis en la triturant plus ou moins longuement dans un mortier chauffé à ioo°.
- Pour empêcher la fracture des verres de lampes.
- — On a recommandé souvent de les faire bouillir ; mais il semble que le vrai procédé consiste à les mettre dans de l’eau froide contenant une bonne proportion de gros sel, pour faire bouillir et ensuite laisser refroidir lentement.
- La bonne conservation des glaces. — Les glaces à main qui sont faciles à déplacer, et qu’on est exposé à laisser un peu partout, ne doivent point être suspendues
- ou déposées là où le soleil peut venir les frapper directement : cela les détériore assez rapidement en y faisant apparaître comme un brouillai’d.
- Entretien du cuir vernis. — Cette recette s’applique aux souliers vernis. On commence par les débarrasser complètement de toute poussière, de toute maculature, puis on y passe du lait frais, qu’on y laisse une minute. On frotte ensuite avec un linge bien souple et sec.
- Pour enlever les taches de peinture des planchers.
- — Prendre 45o gr. de perlasse (potasse) et 3 fois plus de chaux vive ; éteindre celle-ci à l’eau, et ajouter la potasse, la préparation devant avoir la consistance de peinture ordinaire. On étend sur la tache, on laisse 12 heures, puis on n’a plus qu’à gratter et à enlever aisément.
- Un succédané de la gomme à effacer. — On se trouve souvent bien, quand il s’agit d’effacer de légères taches sur les marges d’un livre ou d’une aquarelle, de se servir d’un morceau de papier buvard, bien propre naturellement, mou mais épais.
- Pour donner du brillant aux meubles. — Tout simplement composer un mélange de 1 partie d’essence de térébenthine et de 2 d’huile d’olive; on étend avec un chiffon doux.
- Colorants pour les œufs durs. — On peut être désireux de les colorer, non pas seulement en rouge (suivant 1 habitude classique), mais encore en d autres teintes : on emploie les mélanges suivants, où la couleur est toujours complétée par un agent de fixation, la dextrine, et aussi un mordant superficiel. Pour le bleu, 3,5 gr. de bleu marin avec 35 d’acide citrique et 60 de dextrine; pour le violet, 18 et 76 gr. respectivement de ces deux substances avec 3,6 gr. de violet de méthyle ; pour le jaune 135 gr. de jaune de naphtol, 36 d’acide et 67,5 de dextrine; pour le vert, même poids de vert brillant et de dextrine, mais moitié moins d’acide citrique.
- Pour enlever les taches sur l’argenterie. — Le procédé peut être employé pour donner un brillant tout particulier à l’argenterie, même quand elle n’est point tachée ; mais il réussit tout particulièrement pour les taches violet gris. On plonge les pièces d’argenterie durant quatre heures dans la lessive des savonniers, puis on retire et l’on saupoudre de plâtre de Paris finement pulvérisé, qu’on a mouillé d’un peu de vinaigre pour le rendre pâteux. On fait ensuite sécher devant le feu et enfin on essuie. Il ne reste plus qu’à frotter l’argenterie, et spécialement l’endroit de la tache, avec du son bien sec.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Traité de Biologie, par F. Le Dantec, chargé du cours d’embryologie générale à la Sorbonne. Paris, 1903. F. Alcan. 1 fort volume grand in-8°, illustré. Prix : i5 francs.
- Introduction à la pathologie générale, par F. Le Dantec. Paris, igo5. F. Alcan. 1 fort volume grand in-8°, illustré. Prix : i5 francs.
- Le Traité de biologie de M. Le Dantec est aujourd’hui classique. Son introduction à la pathologie générale vient compléter son précédent ouvrage et lui constitue une suite non moins brillante que solide. On peut dire que c’est le premier ouvrage synthétique de pathologie, tous les autres n’ayant été que des études remarquables de cas particuliers. M. Le Dantec, employant presque uniquement le langage de l’équilibre a ramené à quelques grandes lois tous les phénomènes qui résultent de l’introduction d’un élément étranger dans l’organisme et de ces lois il déduit les théories générales de la vaccination et de l’immunité, en s’appuyant constamment sur le beau livre que M. Met-chnikoff a publié naguère à ce sujet à la librairie Masson.
- Les sources inédites de T histoire du Maroc, de i53o à i845, ire série : Dynastie Saadienne (i53o-i66o), par
- H. de Castries. T. I, i10 partie. Paris, Leroux. 1 vol. in-8°. Prix : 25 francs.
- L’Ombrie, par René Schneider. Paris, Hachette. igo5. 1 vol. in-16. Prix : 3 fr. 5o.
- La terre et la race roumaine depuis leurs origines jusqu’à nos jours, par Alexandre A.-C. Sturdza. Paris, Laveur, 1904. 1 vol. in-8°. Prix : 20 francs.
- Dans le Levant. En Grèce et en Turquie, par Van Over-berghn. Bruxelles, Schepens, 1899. 1 vol. in-8°.
- Te réservoir d’Assouan et le lac Moeris, par William Willocks. Londres, Spon, 1904. 1 vol. in-8°.
- Recherches anthropologiques dans l’Afrique orientale. Egypte. Lyon, Rey,-1904. 1 vol. in-4°-
- Ze Mozambique, par Negreiros Almada. Paris, Chal-lamel, 1904. 1 vol. in-8°.
- Madagascar. Histoire. Organisation. Colonisation, par André You. Préface de M. A. Decrais. Introduction de M. le général Gallieni. Paris, Berger-Levrault, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 12 francs.
- Le Solarium commersoni et ses variations, par J. Laber-gerie, Paris, igo5. Librairie agricole de la maison rustique. 1 vol. in-8°. Prix : 2 fr. 5o.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL j J. LAFFARGUE
- Ancien Vice-Président de la Commission centrale j Ingénieur électricien,
- de la Société de Géographie. | Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E.-A. MARTEL — J- LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, "Paris ("VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1699 (16 DÉCEMBRE 1905) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Le seconde Comète de 1905. — Les découvertes de comètes ont été rares cette année. Alors qu’en 1904 011 en avait trouvé cinq nouvelles, 011 ne connaissait encore que celle signalée le 26 mars 1905, à l’Observatoire de Nice, par M. Giacobini. Un télégramme de l’Observatoire de Kiel est venu récemment apprendre une découverte d’une petite comète fort intéressante par les particularités de son mouvement. C’est à M. Em. Schær, astronome à l’Observatoire de Genève, qu’on la doit. L’astre se trouvait, le 17 novembre, à peu de distance de l’Étoile polaire et présentait une nébulosité de l’éclat de la septième grandeur environ. Le lendemain, 18 novembre, à Bamberg, l’éclat était noté de septième et demie grandeur. Les observations des 17, 18, 19 et 20 novembre ont permis de calculer plusieurs orbites de la nouvelle comète. Les calculs s’accordent pour fixer le moment du passage au périhélie dans la seconde moitié du mois d’octobre dernier.
- Voici ces éléments :
- Éléments de M. Ebell de l’Observatoire de Berlin.
- Passage au périhélie 27 octobre igo5.
- Longitude du périhélie . 135^° 38',7 Nœud ascendant .... 223° 45',4
- Inclinaison............... i38°54,,6
- Logarithme de la distance. 0,02626
- Éléments de M. Morgan de l’Observatoire de Glasgow 19 octobre 190a.
- 1200 6'
- 2190 5o' i45°32' o»9994
- La comète s’éloigne rapidement du Soleil et son éclat diminue très vite. L’éphéméride suivante, due à M. Ebell, est particulièrement intéressante à examiner :
- Date.
- 20 novembre 24 —
- 28 —
- 2 décembre 6 —
- 10 ' —
- Ascension droite.
- 23h54ml2s 23h 36m 2os 23‘‘32m 4S 23h 3om 49s 23h 3om 4q£ 23h 3im 28“
- Déclinaison. Éclat.
- -j- 6i°46',5 1,08
- 3o° 5',4 0,72
- -j- II°2l',5 0,37
- -j- x°ii',8 0,20
- — 4°46',6 0,12
- — 8°36',i 0,08
- Sur le ciel, la comète se dirige presque du noûd au sud, avec une vitesse apparente très grande puisqu'on 24jours, du 17 novembre au 10 décembre, sa déclinaison a varié de + 86° à —8°. En outre, en désignant par 1 l’éclat du jour de la découverte, on voit que le 2 décembre cet éclat était réduit au cinquième, et à moins du dixième le 10 décembre. Rarement comète aura été plus éphémère que la comète igo5 b.
- Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences. —Le prochain Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences se tiendra à Lyon du 2 au 7 août 1906, sous la présidence de M. Lippmann, membre'de l’Institut, professeur à la Sorbonne. Le Comité local a lancé un très grand nombre d’invitations à des savants étrangers et met tout en œuvre pour donner le plus grand éclata cette réunion. Une excursion aura lieu le dimanche 5 août, dans la région lyonnaise (Charbonnières, Mont-d’Or, Mont-Cindre, Neuville et vallée de la Saône). L’excursion finale fera visiter les usines de la vallée de l’Albarine (Saint-Rambert-d’Albon), Annecy et le lac, le col des Aravis, le Fayet-Saint-Gervais, Chamonix.
- La télégraphie sans fil en Allemagne. — On vient d’installer une nouvelle station de télégraphie sans 111 en Allemagne, entre Oberschœneweide, près de Berlin, et Dresde, à une distance de 184 kilomètres de distance. Dans chaque ville une usine génératrice fournit du courant alternatif primaire, d’une puissance de i5 kilowatts, sous une tension de 5o 000 volts ; ce courant est destiné à être transformé en ondes de télégraphie. L’antenne, qui reçoit et expédie les messages, est constituée par une sorte de grand entonnoir quadrangulaire en lils métalliques ; des câbles placés à la partie supérieure relient entre elles les quatre cheminées de chaque usine électrique qui ont une hauteur de 70 mètres. Les télégrammes rayonnés par les ondes peuvent être perçus sur une surface de 63 000 kilomètres carrés autour de la ligne théorique joignant les deux usines. On doit rechercher le moyen d’y remédier et des essais doivent être faits sur la ligne de Berlin-Dresde. Cette installation a coûté 600 000 francs de première installation. L’Administration des télégraphes allemands procède depuis quelque temps à l’installation d’une station de téléphonie sans 111 à Norddeich, sur la côte de la Frise orientale, qui aima un rayon d’action de i5oo kilomètres. Les navires en mer pourront communiquer avec cette station à partir du 12e degré Greenwich; la France, l’Autriche, la Suisse, l’Angleterre, le Danemark et une partie de l’Italie se trouveront sous son influence.
- Détériorations électrolytiques des conduites d’eau et de gaz. —Nous avons déjà signalé les effets électrolytiques constatés en Allemagne sur les conduites d’eau et de gaz par suite des courants vagabonds des tramways (Yoy. Informations, n° 1686, du 16 septembre igo5). Une Commission d’études a été nommée par l’Association allemande des ingénieurs gaziers ; des expériences doivent être effectuées à Strasbourg, Dresde, Leipzig,
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- INFORMATIONS
- Hambourg, Erfurt et Fribourg. M. Lindley, de Francfort, qui est rapporteur de la Commission, dit que ces essais ont pour but de forcer les compagnies à assurer dans de meilleures conditions le retour du courant aux s tâtions génératrices.
- Poteaux télégraphiques. — M. Christiani a donné, dans Archiv fur Post und Télégraphié, des renseignements intéressants sur la durée de conservation des poteaux télégraphiques suivant la méthode d après laquelle on aura traité le bois. Les poteaux traités au sulfate de cuivre durent de io à i4 ans, ceux qui ont été soumis à l’action du chlorure de zinc B à 12 ans; avec la créosote, on atteint i5 à 20 ans; le sublimé corrosif 11e donne que 9 à 10 ans. Ajoutons que les poteaux laissés dans leur état naturel ne durent guère plus de 5 ans.
- Clavecin oculaire et orgue des saveurs. — On ne
- saurait guère imaginer d’idée baroque qui n ait déjà passé par un cerveau humain et n’ait même été réalisée. A la fin du xviii0 siècle 011 avait voulu taire, pour les deux sens de la vue et du goût, ce que le piano produit pour l’ouïe; on avait donc combiné des claviers, dont l’un faisait apparaître des rayons colorés et dont Vautre, agissant sur des tuyaux d’orgue, taisait jaillir la liqueur contenue dans une fiole correspondante qui représentait une saveur primitive au ton savoureux. Le premier de ces instruments était dû au père Castel. Dans sa gamme (très antérieure on le voit aux auditions colorées dont il a été souvent question depuis) l’ut représentait le bleu, mi le jaune et le sol le rouge. L orgue des saveurs de l’abbé Poncelet allait de 1 acide répondant à l'ut au fade (ré), au doux (mi), à rainer (fa), à l’aigre-doux (sol), à l’austère (la), au piquant (si).
- Tremblements de terre. — Une assez forte secousse de tremblement de terre a été ressentie le 6 décembre, pendant plusieurs secondes, vers miipiit et demi, a Bonneville (Haute-Savoie). Le mouvement constaté dans toute la région n’a pas causé de très grands dégâts. O11 a également ressenti une secousse de tremblement de terre le 3o novembre à Grimsby, en Angleterre, et deux secousses le 4 décembre, dans l’après-midi, à Bougie, en Algérie. La première secousse a duré 3 secondes et la deuxième 2 secondes ; les oscillations allaient du nord-est au sud-ouest. Le 8 décembre, dans la soirée, deux violentes secousses se sont encore fait sentir en Algérie près de Taher, dans l’arrondissement de Bougie. Plusieurs habitations se sont effondrées; il y a eu 4 morts et un grand nombre de blessés.
- Dégâts du diablot dans les pépinières. — A la séance de la Société nationale d’agriculture du i5 novembre, M. Paul Vincey a communiqué une note relative aux dégâts commis par le diablot dans les pépinières de Sceaux et de Uitry-sur-Seine. Parmi les moyens de^pié-servation des végétaux arborescents contre les atteintes de ce coléoptère, aux divers stades de sa vie, M. Vincey a indiqué : la pulvérisation des solutions arsenicales, à la façon de la bouillie bordelaise ; l’application d obstacles à la montée des insectes, comme les substances gluantes, avec ou sans papier ; le dépôt de petits tas de chaux à la base des tiges. De tous ces procédés, la pulvérisation de bouillies arsenicales sur les jeunes arbres paraît seule donner des résultats appréciables. Les pépiniéristes de l’arrondissement de Sceaux ont trouvé plus pratique le ramassage des insectes à l’aide d entonnoirs spéciaux du genre de ceux employés contre 1 alli.se des vignobles. Les pépiniéristes de Vitry ont également entrepris la destruction méthodique du diablot. La prime de ramassage a été fixée à 5 francs par kilogramme d’insectes. Le conseil général de la Seine a accordé, pour la destruction de cet insecte, une subvention de 200 francs.
- Protection des forêts américaines. — L’American furestry Association, fondée en 1882 et reconnue (incor-porated) en 1897, nous fait savoir que la nécessité de protéger les arbres aux États-Unis devient de plus en plus pressante. Depuis 23 ans cette institution n fait les plus grands efforts pour éviter la « famine du bois » qui sera prochainement désastreuse si on ne lutte pas de plus en plus vigoureusement contre les troupeaux, les exploitants, les incendiaires.. La Société compte 3ooo" membres (à 10 francs de cotisation annuelle), elle publie un fort intéressant recueil : Foreslry and irrigation); son secrétaire et représentant est M. H. Suter,
- 5io, Twelfth Street, N. W. Washington, D. G. Sanctionnant; son œuvre si utile, le président Roosewelt lui-même a publiquement déclaré « que les problèmes de la forêt et de l’eau sont peut-être les questions intérieures les plus vitales des Etats-Unis ».
- L’alimentation de Marseille et Toulon en eau potable. — Le 3o novembre, M. Ruau, ministre de l’agriculture, a réuni la section du Comité d’études scientifiques chargée d’étudier l’origine et le régime des grandes sources, sous la présidence de M. Michel Lévy, membre de l’Institut, directeur de la carte géologique' de France; les études de 190$ avaient eu pour objet la Fontaine-l’Evêque (département du Var), qui offre un intérêt tout particulier pour l’alimentation des villes de. Marseille et de Toulon, et pour l’irrigation des terres dans le département du Var. M. Martel avait été chargé par le ministre de déterminer le régime de Fontaine-l’Evêque. Au cours de cette mission, avec ses collaborateurs, MM. A. Janet et Le Couppey de la Forest, il a descendu sur une longueur de 21 kilomètres et pour la première fois le grand canon du Verdon, dangereux et presque inconnu; ils sont descendus aussi dans les gouffres ou avens (au nombre d’une trentaine) des plateaux de Majastre, Canjuers et Breis. Un rapport très documenté sur les résultats de cette étude géologique, hydrologique et hygiénique, de Fontaine-l’Evêque a été adopte par la commission.
- Médicaments du soldat japonais. — D’après le Journal de pharmacie et de chimie (Te octobre 1905), tout soldat japonais porte avec lui un coffret avec des médicaments et des objets de médication les plus nécessaires et, trois fois par jour, avale une pilule de 25 centigrammes de créosote pour se préserver de la dysenterie ; ces pilules, dites de l’expédition russe, étaient préparées par la pharmacie militaire, à Tokio, au nombre de 2 000 000 par jour.
- L’enseignement au Cambodge. — Pnom Penh/capitale du Cambodge, vient d’être pourvu d’un groupe de bâtiments scolaires, où doit être donné un enseignement ayant surtout un caractère pratique. Hygiène,- art vétérinaire, dessin, arpentage, agriculture et horticulture s’ajouteront à quelques notions littéraires et scientifiques et seront complétés par des conférences sur la mécanique élémentaire, la physique, la chimie, les sciences naturelles, le commerce, la comptabilité, le droit cambodgien. L’école professionnelle enseignera le dessin, le travail du fer et du bois, la technologie, une école primaire supérieure préparera à. l’administration. Ces écoles sont destinées aux élèves de la capitale et des établissements des provinces de l’intérieur. ’
- Chemins de fer africains. — Il existe bel et bien une compagnie de chemin de fer à Zanzibar, qui a commencé récemment de poser la superstructure d’une ligne dans la direction de Marahubi ; une première locomotive circule déjà sur la portion posée de la voie. Rappelons à ce propos que, il y a une trentaine d’années, une ligne ferrée avait été construite de Zanzibar à Chuk-wani ; les travaux en ont complètement disparu depuis lors, le climat et les indigènes, sans doute, aidant.
- Le commerce de la Nouvelle-Calédonie en 1904.
- — Depuis 1903, l’importation est tombée de 13670000 francs à 12 470000, soit une différence de 1 200000 francs. L’exportation est montée de 8 960 000 francs à 11 o4o 000, soit un excès de 2 070 000 francs environ. Au total, le commerce de la colonie s’est augmenté de 885 000 francs, dont 616000 avec la France.
- Deux prouesses. — A la fin de novembre, le gouverneur de Tunis, ÈL le général Larrivet, commandant la cavalerie en Tunisie, accompagné d’un officier d’ordonnance, a parcouru à cheval environ 325 kilomètres en 53 heures avec divers arrêts. Montant leurs chevaux d’armes, ils sont partis de Tunis, ont déjeuné à Zaghouan, dîné à l’Enfida, où ils ont couché, en sont repartis le lendemain et arrivaient à Sousse. Le soir, ils rentraient à l’Enfida. .et repartaient le lendemain matin pour arriver à Tunis dans la soirée.
- Le coureur à pied Ragueneau,.de la Société athlétique de Montrouge, a accompli le 3 décembre «ne belle performance. Sur la piste de Gentilly, au cours d’un match avec un camarade de club, il a couvert dans l’heure là distance de 18,067 kilomètres, ce qui constitue le record français pour la course à pied.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- c^ss. Physique générale
- Le chauffage de l’appartement. — Le chauffage général de l’appartement a été obtenu le plus souvent jusqu’ici par le charbon de terre et le coke, qui ont toujours donné, il faut le reconnaître, d’excellents résultats. On a essayé également des appareils à combustion lente à feu continu; comme modèle de ces appareils, il suffit de rappeler la « Salamandre ». Ces diverses cheminées roulantes ou mobiles sont très nombreuses ; elles ont donné satisfaction, à la condition de prendre de grandes
- Fig. i. Cheminée récupératrice,
- précautions et d’avoir un bon régulateur se prêtant bien au fonctionnement de la cheminée. Nous citerons le régulateur Pied-Selle à double effet, qui se compose d’une rosace placée devant la cheminée, et qui a pour objet d’ouvrir ou de fermer une entrée d’air située également sur le devant. A l’arrière se trouve une valve qui ouvre ou ferme un orifice de ralentissement. A la partie supérieure, également à l’arrière, est disposée la conduite pour recevoir les gaz et produits de la combustion et les évacuer au dehors. Au moyen d’une tige en fer qui relie rigidement la rosace et la valve, dont nous avons parlé, ces deux organes peuvent être commandés à la fois par une manette placée sur la rosace. Quand l’entrée d’air est ouverte en grand, l’orifice à l’arrière est fermé, il y a grand feu ; quand, au contraire, l’entrée d’air est fermé, l’orifice de ralentissement est ouvert, et le feu fonctionne à marche lente. On peut choisir entre ces deux positions extrêmes du régulateur et trouver une position intermédiaire convenant à la combustion que l’on désire. Ce régulateur fonctionne par appel d’air et le réglage est absolu sans aucune clef ni diaphragme sur
- - -- ------, — le tuyau.
- place de la reçu- La cheminée ordinaire sans appa-1 reil d aucune sorte possédé de gran-
- des qualités hygiéniques ; mais son rendement est trop faible, son chauffage est insuffisant et très coûteux. Elle ne chauffe que par rayonnement et par un quart de surface environ de sa masse en combustion. On a cherché depuis longtemps à diverses reprises des dispositifs permettant d’augmenter la quantité de chaleur rayonnée et la ramener dans la pièce que Ton veut chauffer. Nous avons eu l’occasion de voir dernièrement un système de cheminée récupératrice fort ingénieux et qui peut rendre des services réels. Cette cheminée, due à M. Güe'L. est construite par les établissements métallurgiques A. Durenne. Elle est formée, comme le montre la figure i, d’une simple grille à feu libre, munie d’un système de récupération à contact direct avec la masse ignée. Ce système se compose de deux joues amenant l’air froid pris à la partie inférieure de la pièce, d’une batterie de tubes d’une forme utilisant bien la chaleur rayonnante et ascendante, dans lesquels passe cet
- air froid qui, réchauffé, monte dans une sorte de boite sur laquelle sont placées des bouches envoyant l’air chaud dans la pièce. Il est à remarquer que ces bouches de chaleur peuvent très facilement pivoter pour baisser la trappe de la cheminée et allumer ou aviver le feu. La cheminée récupératrice se place comme une grille ordinaire dans toutes les cheminées et peut se déplacer facilement; la figure 2 donne un schéma représentant la mise en place. Elle emploie tous les combustibles et se conduit comme toutes les grilles. Il existe plusieurs modèles de grilles de largeurs égales à
- Fig. 3. Autre modèle de récupératrice à une seule houclie.
- 4.2, 47 d 53 centimètres; il y a également des modèles à une seule bouche (fig. 3). La récupératrice doit être enfoncée dans la cheminée pour que, les bouches étant baissées, le rideau puisse passer avec 2 à 5 centimètres de jeu devant l’appareil. Le rideau étant relevé, les bouches dépasseront de 8 à 12 centimètres. Si la cheminée tire mal, il faudra enfoncer l’appareil de 2 à 3 centimètres de plus.
- L’allumage se fait comme avec une grille ordinaire, si
- Le caloriplane.
- on emploie du charbon, de l’anthracite, des boulets, du coke, des briquettes; pour le bois, il faut enlever la grille, qui ne pose que sur des supports, ainsi que le cendrier et x'emplacer le tout par des chenets ; le bois employé devra être assez court pour tenir à l’intérieur. O11 baisse ensuite les bouches, on charge de combustible, et on baisse le rideau de la cheminée; quand le feu est bien pris, comme dans les feux libres ordinaires, on relève le rideau, et avec le crochet-tisonnier on relève les Bouches plus haut que l’horizontale. On rabaisse la trappe jusqu’à les toucher, l’air chaud entre ainsi dans la pièce.
- On peut obtenir un feu continu avec certains agglomérés, un anthracite de bonne qualité ou certains charbons. On remplit la grille le soir, on la tisonne et on met un peu de cendre sur le feu ; le lendemain matin, il suffit de tisonner et de recharger.
- L’entretien est très simple et facile; il suffit de passer
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- SCIENCE APPLIQUEE
- à lu mine de plomb. Si les bouches ne tiennent plus levées ou sont duces à lever, on se sert du crochet-tisonnier dont le manche fait clef pour serrer ou desserrer deux écrous placés sur le côté.
- Des expériences ont été faites, en présence de l’inventeur M. Giiet, et de l’Administrateur-délégué des Etablissements Durenne, dans une pièce d’un volume de 81 mètres cubes; le thermomètre se trouvait à 5 mètres du foyer et à i,5o m. d’une fenêtre, à l’abri du rayonnement. L’appareil était en marche, le feu pas très vif, les bouches levées ; en 20 minutes la température est devenue normale et a atteint 15°,5. Avec un feu plus vif, et les bouches baissées, il a fallu 5 fois plus de temps pour obtenir le même résultat qu’en levant les bouches.
- La Revue générale de la Construction faisait remarquer dernièrement que le feu brillait dans les cheminées, mais ne chaulfait pas, et que l’on avait déterminé par des expériences précises que 4 pour 100 seulement de la chaleur dégagée par le combustible étaient rayonnés dans la chambre. Un inventeur a imaginé un appareil désigné sous le nom de caloriplane, et qui peut remédier aux inconvénients signalés. L’appareil (fig. 4) est constitué par un gros tube aplati placé sous le foyer et se retournant pour former un colire derrière le feu ; il se divise ensuite en deux branches qui se terminent de chaque côté de la cheminée par une bouche de chaleur. L’air à la température de l’appartement est introduit sous le foyer, s’échauffe au contact du feu, s’accumule dans le coffre, et se répand dans l’appartement. D’après les expériences de M. l’abbé L. Laurens, architecte du Clergé, à Mende, la température atteint 6i° près des bouches et la chaleur utilisée atteint presque la chaleur totale produite par le combustible. — Le régulateur du Pied-Selle est fourni par les Usines du Pied-Selle, à Fumay (Ardennes) ; les cheminées récupératrices se trouvent aux Etablissements métallurgiques A. Durenne, 26, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- Appareillage électrique
- Réflecteurs pour lampes à incandescence. — On
- recherche le plus souvent des petits réflecteurs pour placer directement sur les lampes à incandescence afin de diriger la lumière soit sur un côté ou vers le bas. Les deux modèles que nous mentionnons, d’après Elec.trical Review, sont de nature à donner toute satisfaction. Le premier réflecteur, représenté à gauche dans notre dessin, est un modèle en cristal recouvert d’argent en forme de coquille avec ondulations. Il est simple et s’adapte fort bien sur une lampe à incandescence à l’aide d’un
- réflecteur particulier qui soit placé commodément à la partie supérieure du meuble et qui renvoie tous les rayons en les concentrant soit sur la musique, soit sur le papier où l’on écrit ou sur le livre que l’on lit. Un nouvel appareil a été combiné à cet effet ; il se compose d’un col de cygne qui porte à une de ses extrémités une
- Fig. 1. Vue du réflecteur droit.
- partie cylindrique dans laquelle se place une lampe électrique particulière à incandescence. L’autre extrémité du col de cygne glisse dans un anneau porté sur un pied que l’on fixe sur la table, ou sur le meuble dont nous avons parlé. On peut ensuite, à volonté, faire glisser le
- Fig. 2. Vue du réflecteur incliné.
- col de cygne et incliner le volet mobile, comme le montre la figure 2, de façon à concentrer les rayons lumineux à la partie inférieure. Il est à remarquer que, dans ces diverses positions, la lampe est entièrement cachée à la vue du pianiste ou de la personne qui se trouve au bureau. —L’ensemble du réflecteur et de la lampe, dite l’Américaine, se trouve chez M. Fournier, 22, rue Baudin, à Paris, ainsi que dans les bonnes maisons d’électricité.
- Réflecteurs pour lampes à incandescence.
- petit support que l’on monte sur la douille. Les effets qu’il donne sont très brillants dans les diverses positions que l’on peut lui faire occuper. Le deuxième modèle est la simplicité même, et l’idéal des réflecteurs. Il consiste en un anneau en aluminium légèrement courbé et présentant des circonférences ondulées et concentriques. Il suffit de le poser sur la lampe à incandescence, comme le montre notre figure.— Le réflecteur à coquille, dénommé Everbrite, est en vente chez M. J. Tiffin, 3 Great Winchester Street, Londres E. C; le réflecteur en aluminium se trouve chez M. G. R. Sanderson, 28, Station Road, Workington (Angleterre).
- Réflecteur pour lampes de pianos et bureaux. —
- Les lampes de pianos et de bureaux ont besoin d’un
- Automobilisme ,&>
- Appareil à réparer et vulcaniser les bandages. —
- Cet appareil a été combiné spécialement pour la vulcanisation et la réparation des bandages pneumatiques d’automobiles. Il a pour but de supprimer l’emploi des pastilles plus ou moins larges, des pièces de toute espèce ; on commence par nettoyer les lèvres de la blessure, on les pare, on les rapproche, et l’on fait pénétrer dans l’espace vide, fente ou trou, une certaine quantité d’une composition plastique, qui est faite de caoutchouc pur et vierge. On met ensuite sous tine certaine pression la partie du bandage endommagée, et on soumet à l’action de la vapeur engendrée dans le petit appareil que montre la gravure.
- Il se produit une véritable Appareil à vulcaniser vulcanisation, et le caout- es bandagcs-
- chouc rapporté se confond
- avec le corps du bandage. — Les constructeurs sont MM. Harvey, Trost and Co, 3g, Great Eastern Street, Londres (E.-C.).
- Henri»
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- «
- Contre la migraine. — Un de mes vieux maîtres me disait, en me parlant de celle pénible indisposition : chaque migraineux a son remède ; le tout est de le trouver. 11 y a quelque chose de vrai dans cette boutade d’un grand médecin qui se méfiait un peu des promesses de la thérapeutique. La migraine n’est d’abord pas une, en ce sens que, chez l’un, ce qui domine c’est l’angoisse et l’anxiété, chez l’autre, la tendance aux nausées, aux vomissements, chez un troisième l’algidité, etc. Chez vous par exemple s’accuse avec la dernière rigueur la constriction céphalique, le mal de tête paroxystique.
- Comme l’a montré notre ami Car'ron de la Carrière, la migraine est un syndrome clinique, expression d’un état constitutionnel. Le nervosisme et l’arthritisme sont les pierres fondamentales de cette manifestation ; c’est donc à la cause génératrice qu’il faut en premier lieu s’adresser si l’on veut diminuer d’abord et supprimer ensuite les accès.
- Le régime doit donc être, chez les migraineux, surveillé avec le plus grand soin; alimentation modérée, sans épices, sans excitants, plutôt végétarienne que carnée ; aux repas, boissons chaudes comme le thé, de l’eau à peine teintée de vin; bref un peu le régime de l’anachorète; avec cela de l’exercice régulier, de la marche, des ablutions froides ou tièdes quotidiennes et l’entraînement général qui permettent d’éviter la constipation et les auto-intoxications par les voies digestives.
- Pour combattre l’accès, on doit avoir recours au chanvre indien, cannabi? indica, suivant la méthode de Stephen Mackenzie qui est arrivé à guérir nombre de malades d’attaques répétées de violente migraine. Le chanvre indien agit comme analgésique contre toutes les formes de céphalalgie ; il arrive à couper la migraine et peut, avec un usage prolongé, diminuer la fréquence et l’intensité des accès. C’est surtout dans la forme de migraine à type continu que Mackenzie a trouvé ce médicament le plus avantageux : la céphalée débute au réveil et dure toute la journée, c’est une douleur diffuse, sourde, avec exacerbation par moments, paralysant tout effort, empêchant tout travail.
- Le chanvre indien se donne sous la forme d’extrait hydro-alcoolique à la dose de 5 à io milligrammes pour commencer. Il est bon, car le médicament est actif, de tâter, par de petites doses, la susceptibilité du sujet. Si le cannabis est bien supporté, on peut monter la dose à 2 et 3 centigrammes matin et soir. Carron a vu un de ses amis intimes, docteur comme lui, suivre ce traitement de Mackenzie avec le plus grand succès; pendant plusieurs mois il prenait tous les soirs une pilule de i5 milligr. et il a pu continuer cette dose sans le moindre inconvénient.. Dès les premiers jours du traitement il voyait disparaître la lourdeur de tête, la fatigue, l’état migraineux.
- On aidera beaucoup à l’action de ce médicament par le régime, cela va sans dire, mais aussi par l’usage quotidien de douches quotidiennes et chaudes à 38°. Enfin dans le cours de l’accès, les calmants habituels locaux, compresses chaudes sur le front, baumes analgésiques, à base de menthol ou de salicylale de méthyle seront utilement ajoutés à la prise des pilules de cannabis. Je conseille enfin pour ma part la suppression de 1 usage du tabac; c’est pénible pour un vrai fumeur, mais je crois que la nicolinisation même légère, contribue beaucoup à l’entretien des migraines.
- Cataracte par décharge électrique. — Les effets de la foudre sur le corps humain sont des plus bizarres ; ils se comptent chaque année par plusieurs centaines dont les trois quarts au moins sont mortels. Mais rien de plus curieux que ses manifestations : tantôt les vêtements sont enlevés comme si l’on avait déshabillé la victime, tantôt, seules les parties métalliques sont littéralement volatilisées, chaîne de montre, clous de souliers, pièces de monnaie, etc. Sur la peau, quelques-uns ont des plaies comme celles que produirait une cautérisation profonde; d’autres n’ont que des tatouages bizarres, apparences de feuilles d’arbre, de fougère, d’un dessin quelconque.
- Les accidents produits par les courants électriques industriels ne donnent, comme bien on pense, qu’une image atténuée de ceux du courant céleste ; il s’agit là d’une question de différence de potentiel ; mais ils peuvent être aussi graves, car il n’est pas besoin de millions de volts pour brûler et tuer un pauvre être humain. Un accident rare déjà par les coups de foudre, vient d’être signalé pour la première fois par les Drs Desbières et Bargy, à la suite d’une décharge électrique. C’est la production d’une cataracte.
- Voici dans quelles conditions cet accident s’est produit. Un jeune homme reçoit la décharge d’un courant alternatif de 3o périodes par seconde à 20000 volts ; il tombe foudroyé, c’est le cas de le dire, mais, par miracle, il n’est pas frappé à mort ; des tractions rythmées de la langue, la respiration artificielle le tirent de cet état syncopal. Il avait des brûlures profondes sur le corps et un œdème considérable du visage qui empêcha longtemps l’examen des yeux. Plus tard, on constata l’existence d’une cataracte de l’œil droit. Le malade, remis de sa secousse et guéri de ses brûlures, ne pouvait distinguer les objets qu’à travers un brouillard, et il présentait tous les signes d’une cataracte périphérique avec plaques inégales d’opacification. Un an après l’accident, la lésion était restée dans le même état, sans aggravation, et le malade, avec son bon œil, et la vision imparfaite de l’autre, n’éprouvait pas assez de gêne pour recourir à une intervention.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Un nouveau piège à puces. — On sait que dans certains pays les puces pullulent au point de couvrir complètement le sol, et l’on conçoit qu’alors il devient extrêmement difficile (quoique nécessaire) de s’en débarrasser.
- Les Chinois font usage pour cela de pièges formés d’un bambou englué de 2Ô centimètres de long, qu’on introduit à l’intérieur d’un autre bambou fendu longitudinalement et réduit à 7 lamelles soulevées en leur milieu par l’introduction d'un anneau de même bois. Ces pièges s'introduisent dans les manches ou tout autre partie du vêtement.
- Le piège que nous présentons aujourd’hui remplit le même but et est dû à l’esprit ingénieux du distingué chef du Bureau de zoologie appliquée au Ministère de l’Agriculture de la République Argentine, M. le DrLahille.
- Il consiste en une petite latte de bois de 6 centimètres de long sur 2 de large, enduite de glu (celle que l’on
- C/r,..**'-
- Nouveau piège à puces.
- emploie pour le papier tue-mouches convient très bien) glissant dans les rainures des deux cubes de liège dont l’écartement est maintenu par des fils de fer qui em-
- Higfirisfr
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- pêchent les vêtements d’être tachés par la glu. Les 4 fils de 1er des angles sont forts, les autres plus fins; une des faces en est dépourvue pour donner passage à la planchette engluée.
- Ce piège, très léger, est facile à construire soi-même. Introduit dans les vêtements, la matière collante se ramollit à la chaleur du corps, les puces ne tardent pas à venir s’y coller.
- L’auteur, qui l’a expérimenté, au cours d’un voyage, en a été parfaitement satisfait. Lucien Ichks.
- Pour administrer un médicament à un chat. —
- L’idée est originale et parfaitement pratique : on malaxe bien le médicament avec de la graisse, puis, de cette pommade, on enduit les pattes de devant du chat, vers la hauteur des épaules. La malheureuse bête ne peut se débarrasser de cet enduit qu’en le léchant, en faisant sa toilette, comme on dit, et il avale médicament et véhicule.
- Les taches de suie sur les tapis. — Elles peuvent se produire assez facilement quand on ramone les cheminées. On recommande d’y jeter aussitôt du sel.
- Contre la moisissure des livres.— On nous affirme qu’un peu d’essence de lavande pulvérisée dans les casiers de bibliothèques préserve les livres de l'envahissement des moisissures.
- Composé improvisé pour l’enlèvement de la rouille. — On le prépare de la façon la plus simple avec du sel de cuisine et du jus de citron.
- Contre les teignes. — Pour chasser les papillons de teignes gui ont envahi les meubles, on se trouve bien de pulvériser du borax dans tous les joints des meubles, les plis des tissus.
- Entretien des linoléums et toiles cirées. — Poulies laver et conserver le brillant de leurs couleurs, y passer une éponge bien imbibée de lait écrémé.
- Pour remettre à neuf le linoléum. — On commence par le laver, puis on y passe un linge trempé dans un mélange bien battu et fait de a œufs et d’un litre d’eau ; on laisse sécher à l’air, et cela forme comme un vernis sur le linoléum.
- Utilisation des vieux cadres dorés. — Il ne faut guère penser à les redorer, car il y a là toute une technique difficile; mais, habilement passés au noir, ils peuvent faire encore très bon effet. On les lave vigou-
- reusement à l’eau de savon forte, puis on y passe au pinceau a ou 3 couches successives de noir de Berlin, tel qu’on l’emploie pour les objets en fer forgé. Cela donne une jolie surface mate.
- Nettoyage des objets en peau de serpent, de crocodile, de lézard, etc. — Faire dissoudre à chaud, dans 60 grammes d’eau, 90 grammes de savon de Marseille blanc, et, quand le liquide est presque refroidi, ajouter 4 à 5 grammes d’ammoniaque : cela donne une pâte qu’on applique au moyen d’un chiffon de flanelle bien propre.
- Nettoyage des peintures. — Les marques de doigts sur les peintures sont du plus déplorable effet. On recommande de les frotter avec un chiffon enduit de paraffine, ce qui les enlève tout de suite sans nuire à la peinture.
- Le café comme engrais. — Nous entendons les restes de café que l’on jetterait, et que les plantes, les rosiers reçoivent avec profit, ou encore le marc de café, que l’on peut utilement enterrer à leur pied.
- Conservation des fruits. — Le moment est opportun de rappeler qu’il est possible de conserver presque tous les fruits pendant près d’une année dans du liège en poudre ; cela, bien entendu, pourvu que les fruits soient absolument sains et .que, pour le raisin par exemple, on ne laisse pas une grappe, un grain avarié. On met une couche de liège au fond de la boîte où l’on veut conserver les fruits, puis alternativement une couche de fruits et une couche de liège. On termine par une couche de liège. Il faut aussi que tous les interstices soient remplis de cette poudre isolante. On estime que 20 legs de cette matière suffisent pour 400 à 5oo kgs de fruits.
- Vernis doré pour étain. — Pour l’obtenir, on étend 5o grammes d’acétate de cuivre cristallisé et finement pulvérisé dans un endroit dont la température soit tiède, et on le laisse ainsi un certain temps. Alors on le broie avec de l’huile de térébenthine, et on ajoute, tout en remuant, i5 grammes de vernis copal gras, chauffé à 700 C. Au bout d’un quart d’heure environ, l’acétate est dissous; on met en bouteille et on laisse plusieurs jours dans une atmosphère chaude en secouant de temps à autre. Le vernis s’applique bien uniformément, et le séchage dans une étuve, plus ou moins prolongé et à des températures variables, donnera des colorations variées qu’apprendra la pratique.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Le Sud-Est de la France (du Jura à la Méditerranée, et la Corse), manuel du voyageur par Karl Bædeker. Leipzig, 1906, K.. Bædeker, 1 vol. in-16, 7 fr. 5o, 8° édition, entièrement refondue, avec 22 cartes, 21 plans et 1 panorama.
- Nouvelles orientations scien tifiques,par Fernando Alsina. Paris. Garnier frères, 1 vol. in-8°.
- La théorie moderne des phénomènes physiques (Radioactivité, Ions, Electrons), par Augusto Righi, professeur à l'Université de Bologne. Paris. Edition de de « l’Eclairage électrique ». 1906. 1 vol. in-8°. Prix: 3 francs.
- Le chauffage des habitations par calorifères, par R. Périsse. Paris, Gauthier-Villars, 1 vol. in-12. Prix : 2fr,5o.
- L’ouvrage de M. Périssé est essentiellement pratique, et pourra être lu par tous, bien qu’il s’adresse surtout aux architectes et aux ingénieurs. Les avantages et les inconvénients des différents systèmes sont exposés tour à tour, avec des indications précises sur leur application.
- Navires et ports marchands, par Marcel Plessi. Paris, Nancy, 1900. Bergcr-Levrault et Cie, 1 vol. in-12, broché. Prix : 3 francs.
- Le Maroc pittoresque, par Jean du Taillis. Paris. Ernest Flammarion. 1 vol. in-8°. Broché : 10 francs. Relié : i5 francs.
- Les phénomènes de la foudre, par Camille Flammarion. Paris, Ernest Flammarion, 1 vol. in-8°. Prix broché : 4fr,5o. Relié : 6f,,,oo.
- Le Baromètre - anéroïde, par Julien Loisel, météorologiste à l’observatoire de Juvisy, Paris. Gauthier-Villars, igo5, 1 vol. in-16. Prix : 1 franc.
- Lss armées et les flottes militaires de tous les Etats du monde. Composition et répartition en 1 qo5. Paris. Berger-Levrault et Ci0, igoÔ. 1 vol. in-8°. Prix : 1 franc.
- Construction des usines au point de vue de l'hygiène, par Maniguet. Paris et Liège. Ch. Béranger, 1906. 1 vol. in-8°. Prix, relié : i5 francs.
- Vorlesungen über Descendenztheorien mit besonderer Be-rücksichtigung der botanischen Seite der Fr âge, ge-halten an der Reichsuniversitat zu Leiden, von Dr J. P. Lotsy. Erster Theil. Iena. Verlag von Gustav Fischer, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 8 marks.
- The origin and influence of the thoroughbred horse, par William Ridgeway. Cambridge. At the University Press, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 12 sh. 6d.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du passible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abounement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum.. — Dans l’article sur le Téléobjectif Busch (supplément page n du n° 1698, du 9 déc. igo5, ligne xi), après exagération de la perspective, il faut ajouter : La combinaison est obtenue.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- tramway de pénétration se trouve chez M. L. Brianne, 1 ter, boulevard'Saint-Martin, à Paris.
- Communications. — M. julien Loise'l, météorologiste à l’Observatoire de Juvisy, nous adresse une brochure intitulée -.Le baromètre anéroïde, dans laquelle il résume très clairement toutes les données relatives à la description et à l’emploi de cet instrument, mesure de la pression et des altitudes, prévision du temps.
- M. A. Florence, à Unieux (Loire), nous fait l’intéressante communication que voici, au sujet « d’une nouvelle disposition de méridienne », très simple, exécutée avec des moyens fort primitifs et donnant cependant avec certitude l’heure du passage du soleil au méridien à une seconde près : « Jusqu’ici les appareils similaires tendant au même but ne l’atteignent qu’aux dépens de complications de construction généralement dispendieuses. Mon appareil est constitué des deux mêmes éléments que la méridienne classique : une règle de longueur suffisante portant en son milieu un trait représentant le méridien et un disque en tôle pereé d’un trou servant d’indicateur, mais avec les différences suivantes : le trait est excessivement fin et le plus régulier possible, le disque indicateur ordinaire est remplacé par un clinquant percé d’un trou d’aigxxille ou sténopé ; le tout est orienté normalement aux rayons solaires des équinoxes au moment du midi vrai et l’ensemble enfermé dans un local obscur ne recevant d’autre lumière solaire directe que celle qui traverse le sténopé. Ces transformations permettent d’annuler la lumière ambiante qui rend les indications vagues et confuses, l’image est reçue sur la règle avec le minimum d’obliquité et, étant produite par un sténopé, est presque aussi nette que par un objectif ; on peut augmenter la distance entre le sténopé et la règle sans autre limite que la grandeur du local dont on dispose et arriver ainsi au maximum de précision, celle-ci étant proportionnelle à la grandeur de l’appareil.
- « Le stéixopé donne une image du soleil d’un diamètre voisin de 1 centimètre par mètre de distance ; 011 vient facilement à bout de la difficulté qui pourrait en résulter pour estimer correctement le moment précis où le centre de celle image coïncide avec le trait'fin, en se servant de l’artifice suivant qui permet la lecture directe sans correction : Au Tieu d’un seul trou de sténopé sur le plan méridien, le clinquant est percé de 2 trous situés sur une même pei’pendiculaire au- plan du méridien et à égale distance de chaque côté de ce plan. Selon l’écartement adopté on produit, à volonté, des images séparées, tangentes, sécantes. Ces dernières donnent sur fond l'elati-vement sombre 2 disques lumineux déterminant dans leur partie commune un fuseau d’un éclaii'age double de celui des disques et qui se détache très nettement, permettant d’estimer très exactement le moment où ses pointes sont bien centrées sur le trait fin, moment qui correspond au passage du centre du soleil sur le plan méridien. L’appareil d’essai construit sur ces données a comme caractéristiques : Distance du double sténopé à la règle 2,10 m. ; longueur de. la. règle 1,96 m., largeur o,i5 m. ; les trous de sténopé ont été calculés avec la forme d. = \j /'X 0,0008 x, ils ont pour diamètre i,3.mm leur distance a été rendue variable entre 18 et 21 min; (un écarteinent fixe de 18 ou 18,5 conviendrait parfaitement pour cette grandeur d’appareil). »
- Un de nos abonnés nous écrit :*« Je crois intéressant de vous signaler xxnc installation de câble transbordeur qui fonctionne depuis quelque temps daixs les carrières
- du monte Altissimo, à Seravezza, Italie. Les deux câbles porteurs, de 1000 mètres chacun, partent de la carrière delà Facea Biarxca et, sans appui intermédiaire, arrivent 600 mètres plus bas au Bastion de Mortigliani. Le câble porteur est en acier fondu au creuset de 22 mm de diamètre avec une résistance à la rupture de 140 à i 5o kg par millimètre carré ; le câble de traction de 10 mm de diamètre ; les vagonnets avec x’oues d’acier, traverse en acier et axes en bronze phosphoreux. Le poids transportable est de 5oo kg chaque fois. Les dits câbles transportent sur carrière les câbles, bois chargés à la descente des gros blocs, le sable et l’eau destinés au fil héliçoïdal qui est sur carrière, et descend au point de chargement les blo-cains de statuaire. »
- Renseignements. — M. Francisco Andreu, à Mahou. — Veuillez consulter le Manuel Roret du Graveur par M. Villon, 2 vol. (6 francs), librairie Mulo, 12, rue Hau-lefeuille, à Paris.
- M. X., à Z. — Les travaux de MM. A. Müntz e( E. Lainé, Sur la nitrification intensive, ont été publiés dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, séance du 27 novembre igo5, librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris. Nous vous prions de vouloir bien vous y reporter pour la question que vous nous posez et qui, vous le verrez, n’a pas déraison d’êti'e.
- M. C. R., à Lyon. — Vous pourriez essayer de laveiv les coquilles avec de l’eau acidulée, en ayant soin de ne pas laisser attaquer la nacre : l’opération sera probablement assez longue.
- M. Jeanson, à Paris. — Veuillez consulter le Manuel de jardinage et d horticulture de MM. Mauinené et Tré-bignaud. 1 vol. ; et l’ouvrage le Pin, par Salvat. 1 vol., à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. Vous pourriez aussi prendre les conseils d’un horticulteur.
- Un abonné, à Gand. — Bulletin de la Société de Botanique de France et Bulletin de la Société zoologique de France.
- M. R., à Pëi*a. — i° Veuillez vous adresser à la Revue municipale, 25, rue du Monl-Thabor, à Paris. —- 20 Nous ne connaissons pas ce pi'océdé. Adi’essez-vous à la Société française d’hygiène, 3o, rue du Dragon, à Paris.
- M. J. Dormois, à Saint-Germain-en-Laye. — Nous examinei’ons l’appareil et, s’il y a lieu, nous ferons un article.
- M. Jos. Plessard-, à Paris. — Le procédé de désinfection exposé par M. le D’ A. Loir dans son article (n° 1694 du 11 novembi-e 1905, p. 36g) nous semble tout indiqué. L’adresse du fabricant de l’appareil Marot est en tête de la boîte aux letli’es du n° 1698. C’est à Paris, 60, luxe de la Chaussée-d’Antin.
- M. Batoir, à Haybes. — Veuillez vous adi-esser 4 des magasins d’articles de ménage comme Allez frères, 1, rue Saint-Martin, Paris; La Ménagèi'e, 20, boulevard Bonne-Nouvelle; Dufayel, 11, boulevard Barbés,Paris,etc.
- M. S. Andrajewsky, à Bendexy (Russie). — Machine à froid industi'iel : MM. Biétrix, Leflaive et Cie, à Saint-Étienne (Loii’e) ; Société française de constructions mécaniques, 21, nie de Londi,es, à Paris; Compagnie industi'ielle des pi*océdés Raoul Pictet, 16, rue de Gi'anx-mont ; Société des machines Linde, M. A. Desvignes, 99, avenue de La Boui'donnais, à Paris.
- M. II. L., à Nantes. — Nous ne pouvons que vous faire connaître la composition en pour 100 en volume du gaz d’éclairage qui est la suivante : hydrogène 49,6, oxyde de carbone 9,6, acide cai’bonique 1,6, azote 3,8, carbures 35,4-
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. V.
- Giraud, à Niort. Nous ne pensons pas que voti’e appareil puisse fonctionner; nous ne. décrivons-jamais d’ailleurs de simples pi’ojets. Tous nos l'egrets. — M. Os. Wilde, à llighglç. Vous trouverez ce renseignement dans Recettes et Procédés utiles, 3e séide, à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain. — MM. J. Loi-sel, à Juvisy; A. Florence, à Unieux. Reinercieixxents pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VLA T DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL l’LUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1 décembre . . C°,9 N. 2. Couvert. » Couvert.
- Mardi 5. . 0°,0 S. W. 1. Couvert. » Couvert.
- Mercredi G 5°, 5 S. W. 5. Couvert. 8,0 Couvert pluie à diverses reprises.
- Jeudi 7 9°, 7 S. VV. 3. • Pluie. 1,G Couvert averses de pluie line le matin.
- Vendredi 8 10°,9 S. W. 3. Couvert. 0,1 Couvert pluie commence à 23 b. 10.
- Samedi 9 9°,0 N. 3. Gouttes. 5,1 Couvert le matin: nuis nuag. ; beau après IG b.; uluie
- jusqu': i 7 I). „ ‘
- Dimanche 10 1°,7 N. 2. Très nuageux. )) Gelée 1)1. ; peu nuageux.
- DECEMBRE 1905. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 DECEMBRE 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Où 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: ;ourbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à Sonie sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- <$34, Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a encore été très variable dans la semaine du 4 au io décembre. Le 4 décembre, on observait un vent faible d’entre Est et Sud sur la Manche, de l’Est en Bretagne et en Gascogne, du Nord en Provence. Il est tombé 5 mm d’eau à Rocheforl, i mm à Brest, i mm à Perpignan. La température était le matin o° au Havre, o° à Clermont, i° à Paris, 2° au mont Aigoual, —6° au Pic du Midi. A Paris, dans la matinée, un brouillard de 4oo mètres a été observé dans le Sud de la ville. La température moyenne de la journée a été o°,4- Le 5 décembre, une baisse barométrique a atteint 20 mm en Ecosse, 9 mm à l’entrée de la Manche ; à Paris, la pression barométrique à midi était 766,7 mm. Le vent tournait au Sud-Ouest sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. On a recueilli 5 mm d’eau à Dunkerque, 1 mm à Boulogne. Le thermomètre marquait le matin — 20 à Belfort, o° à Paris, 4° à Marseille, 20 au Puy de 'Dôme,'—50 au mont Mounier; aux environs de Paris, à Trappes, on a observé —20. Le 6 décembre, la dépression des Iles Britanniques s’est étendue sur la mer du Nord et la Scandinavie, où la baisse barométrique a atteint 10 mm. Un vent assez fort du'Sud-Ouest a soufflé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan; le vent était faible du Nord en Provence. Il a plu à Dunkerque (6 mm), à Nantes (5 mm), à Brest (3 mm) ; à Paris la pluie est tombée de 2 h. i5 à 6 h. 5o du matin fournissant des hauteurs d’eau de 3 mm en moyenne. La température s’est relevée; elle était le matin 6° à Paris, ii° à Biarritz, 120 à Alger, —5° au Pic du Midi. Le 7 décembre, un régime de vents forts du Sud-Ouest avec
- pluies générales et pressions peu élevées a persisté sur le Nord-Ouest de l’Europe ; on notait un minimum barométrique de 739 mm au Nord de l’Ecosse. Sur nos côtes de la Manche et de l’Océan régnait un vent modéré ou assez fort de l’Ouest. On a recueilli en France 14 mm d’eau à Cherbourg, 9 mm à Belfort, 7 mm à Nantes; 5 mm à Brest, 5 mm à Paris, 5 mm à Boulogne. A Paris, la pluie a commencé le 6 décembre à 9 h. du soir et a continué jusqu’à 2 h. 3o du matin pour recommencer de 5 h. à 5 h. 5o. La température était le matin 8° à Clermont, io° à Paris, 110 à Nantes, 20 au Puy de Dôme,
- — 6° au Pic du Midi, —8° au mont Mounier; la température moyenne de la journée à Paris a été io°,6. Le 8 décembre, la pression est restée basse dans le Nord du continent, mais a atteint un maximum de 776 mm à Madrid, et de 770 mm à Paris. Il a plu à Belfort (5 mm), à Nantes (4 mm), à Boulogne (3 mm), à Brest (1 mm). La température est restée élevée sur nos régions; on a observé le matin 11° à Nantes, ii° à Paris, i5° à Alger. Le 9 décembre, il est tombé 9 mm d’eau à Nantes, 5 mm à Paris, 4 mm à Cherbourg, 3 mm à Dunkerque et 3 mm à Belfort; à Paris la pluie est tombée toute la nuit jusqu’à 6 heures du matin. La température était le matin 90 à Paris, io° à Toulouse, 110 à Clermont, 14° à Alger, 5° au mont Aigoual, 3° au Puy de Dôme. Le 10 décembre, le vent a été faible du Nord-Est, et la mer belle sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. On a recueilli 24 mm d’eau à Besançon, 16 mm à Limoges, 3 mm à Biarritz. La température était le matin de 20 à Paris, 5° à Toulouse,
- — 5° au mont Aigoual, —6° au mont Ventoux, — i3° au Pic du Midi. Le temps a été beau à Paris.
- PHASES DE LV LUNE : Néant
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
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- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
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- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1700 (23 DÉCEMBRE 1905) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Les prix.Nobel. — L’attribution des prix Nobel a eu lieu le io décembre à Stockholm en séance solennelle, en présence du roi de Suède. Le prix de physique a été accordé à M. Philippe Lenard, professeur à l’Université de Kiel; il a publié de nombreux travaux sur la capillarité, sur la phosphorescence, les elfets de là lumière violette, et sur les rayons cathodiques. Le prix pour la chimie a été attribué à M. von Bayeer, professeur à l’Université de Munich, pour ses recherches sur l’indigo. M. Karl Axel Mœrner, recteur de l’Institut Caroline, a fait son rapport sur l’attribution du prix Nobel pour la médecine au Dr Koch, et a fait un exposé des travaux du docteur en passant en revue l’enchaînement et le progrès de ces travaux d’une importance considérable. Le prix de littérature a été donné à M. Sienkiewicz, le célèbre auteur polonais. Le prix pour la paix a été décerné à la baronne de Suttner.
- Comètes de 1905. — À l’Observatoire de la Plata, on aurait retrouvé la comète Barnard, découverte en 1892, dont la période est de 6 ans, 5ai, à son second retour.
- Enfin, M. Giacôbini vient de découvrir, à l’Observatoire de Nice, une nouvelle comète. Le 6 décembre, c’était une nébulosité de la 8e grandeur, non loin de la belle étoile Ai’cturus, a du Bouvier. Cette comète étant la troisième de igo5 a été désignée par la notation igo5 c.
- Chemins de fer électriques. — Le gouvernement belge vient de présenter un projet de loi pour la construction d’une ligne ferrée directe entre Ostende et Aix-la-Chapelle par Bruxelles. Ce serait une voie à traction électrique, avec courbes d’au moins 2000 mètres de rayon et rampes de i/ooo au maximum. On aurait à creuser un tunnel de ^200mètres sous la forêt d’Aix-la-Chapelle, puis à établir un pont de près de 2 kilomètres de long sur la Meuse et les terres basses du voisinage, et enfin à construire au moins 200 ponts et 260 viaducs pour éviter tous croisements à niveau.
- C’est Cn Afrique, et dans un pays à peine fondé par la civilisation européenne, dans la ville de Zanzibar, qu’on parle d’établir un nouveau chemin de fer ; la station centrale, qui alimentera cette voie ferrée, éclairera également la ville.
- Minerais d’antimoine. — Le prix de l’antimoine a beaiicoup monté ces temps derniers : il est donc intéressant de signaler la découverte de gisements antimo-nieux dans la colonie australienne de Victoria.
- La production minérale de la Suède en 1904. —
- L’extraction des minerais de fer a dépassé 4 millions de tonnes, dont plus de moitié provenant de la Laponie
- suédoise, et l’ensemble représentant une valeur d’environ 3o millions de francs. La production en fer, acier et tôle est montée à i,3 million de tonnes valant 194 millions de francs. La consommation du charbon de bois atteint 44 millions d’hectolitres.
- Tantale. —La Maison allemande bien connue Siemens et Halske vient d’imaginer un procédé nouveau' de purification du tantale. Le tantale brut, obtenu par réduction avec du sodium, est toujours souillé d’oxyde. On l’en débarrasse par fusion dans un four électrique fermé et dans lequel un vide partiel est maintenu, afin de prévenir toute réaction entre le métal, l’hydrogène ou l’azote. Le produit brut, comprimé dans des creusets de thorium ou de magnésie, forme l’anode, la cathode étant faite d’une baguette mobile d’argent ou de tantale pur. Sous l’influence de l’arc électrique, la fusion se produit, et l’on obtient une masse homogène et compacte de métal purifié.
- Production du minerai de fer en 1903. — La production mondiale s’est élevée à 99 millions de tonnes métriques dont 33 millions aux Etats-Unis, puis Allemagne et Luxembourg (21 millions), Grande-Bretagne (14 millions), Espagne (8 millions), France (6 millions).
- La production du mercure en 1904. — Production mondiale : environ 3980 tonnes métriques. Les Etats-Unis viennent en tête avec 1480 tonnes, puis l’Espagne', l’Autriche, enfin l’Italie. ..
- Le froid dans les régions hautes de l’atmosphère.
- — M. R. Nimführ a publié récemment, dans la Meteorolo-gische Zeitschrift, a un très intéressant tableau des températures observées dans les divei'ses régions de l’atmosphère, au moyen de deux ballons sondes partis de Vienne le 2 mars et le 4 avril 1905. Voici un résumé des principaux résultats exposés dans ce travail. i° Températures minima, le 2 mars, — 85°,4, à une hauteur de 9717 mètres, le 4 avril —• 79°,6 à 11 010 mètres : ce sont les chiffres extrêmes notés jusqu’à ce jour au-dessus de l’Europe. 20 Dans les couches élevées de l’atmosphère, la marche de la température subit une variation annuelle marquée, mais, non .parallèle à celle des. niveaux inférieurs : il y a un véritable retard saisonnier, tel par exemple que la période des froids dans les régions hautes correspond au début du printemps, tandis que la période des chaleurs extrêmes tombe en octobre. Cette distribution a pour effet d’empêcher les écarts de tenu, pérature qui sans elle seraient sans doute beaucoup plus grands, et ainsi les couches hautes ont un rôle de régula» teur vis-à-vis des couches basses. Par là s’explique aussi
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- INFORMATIONS
- l’inconstance proverbiale du temps au printemps, résultant de ce que l’atmosphère se trouve alors en état d’équilibre instable, les couches supérieures trop froides et trop lourdes et les inférieures déjà chaudes et légères. A l’automne la disposition.est inverse : les couches froides sont en bas, les couches légères et chaudes eu haut, ce qui est précisément le meilleur état d’équilibre stable d'une masse d’air et ce qui explique la moins grande variabilité du temps en cette saison. 3° Les écarts de température qui se produisent en hauteur en de courts laps de temps sont beaucoup plus amples que ceux qui leur correspondent plus bas. On a observé que, pour une variation de a0 en 2 jours à 40 mètres, la variation à 4ooo mètres pouvait atteindre x6°, soit une amplitude 8 fois plus grande.
- Nouvelleclassificationdes Coccacées.— M. Winslow et Miss Rogers ont récemment proposé dans Science une nouvelle classification des bactéries de la famille des Coccacées. Celle-ci se divise, d’après eux, en deux sous-familles, Paracoccacées et Métacoccacées, la première comprenant les deux genres Diplococcus et Strepto-coccus, la dernière les trois genres Micrococcus, Sarcina et Ascococcus. On peut se demander si cette nouvelle classification a une utilité réelle : ainsi, les Pneumococcus sont, dans ce système, rangés parmi les Diplococcus et cependant ils présentent de grandes affinités avec les Streptococcus.
- Livres à consulter sur place dans les musées d’histoire naturelle. — Notre confrère anglais Nature signale qu’au Brooklyn Muséum (États-Unis) on a pris l'intéressante initiative de placer sur des tables auprès des vitrines et à la disposition des visiteurs des livres ayant trait aux spécimens exposés et que cet essai a été couronné d’un plein succès. Il serait curieux de voir si le public français apprécierait une semblable mesure : les textes très courts qui sont joints aux échantillons sont le plus souvent l’objet d’une parfaite indifférence; il est vrai que les rares personnes qui prennent la peine de les lire, et.qui sont certainement le meilleur du public, verraient avec plaisir une telle innovation. Toutefois l’insuffisance des budgets de nos musées d’histoire naturelle est déjà trop grande pour que nous émettions, même en simple vue théorique, l’idée de leur imposer aucune charge nouvelle.
- La flore antarctique de l’îleGough. — L’expédition écossaise antarctique a rapporté de celte île une belle collection, faite par les soins de M. R. W. Brown et récemment publiée dans le Journal of the Linné au Society. Cette collection n’est pas complète par suite des très mauvaises conditions au milieu desquelles s’est faite la récolte. Les plus remarquables plantes parmi les 26 phanérogames et ptéridophytes décrites sont la Phylica nitida, arbre caractéristique du groupe de Tristan da Cunha, Spartina arundinacea (graminée) et la fougère Lomaria Boryana. L’ensemble de la flore rappelle de près celle de Tristan da Cunha, mais avec deux espèces pleinement spécifiques, l’une de Cotula,l l’autre d’^ds-plénium.
- La production du blé en Algérie. — La production du blé en Algérie pendant , la campagne agricole 1904-1903 a été de 7 71025© quintaux,- au lieu de 9 262 679 en
- 1903- 1904.
- La récolte des vins en 1905. —- D’après le Moniteur vinicole, l’ensemble du vignoble français aurait produit en igo5, non compris la Corse et l’Algérie, 53 i5o 260 hectolitres, au lieu de 66 016 567 hectolitres en 1904; cette différence serait due en grande partie aux maladies cryptogamiques. Dans la Meurthe-et-Moselle, la récolte est de i5oooo hectolitres, contre 956744 en 1904; dans la Meuse, il y a eu 90000 hectolitres contre 3g5 040 en 1904; dans les Vosges, on a compté 95000 hectolitres au lieu de 256 470 hectolitres en 1904. D’autre part, dans la Côte-d’Or, la récolte a été de x 184520 hectolitres contre 894391 en 1904; dans la Saône-et-Lofre, on a recueilli 1995000 hectolitres contre 1 435 io5 en 1904. Dans le Rhône, la vigne a produit 1 670 000 hectolitres contre 1 335 000 en 1904; dans la Dordogne, le vin produit a été de 1 o5o 000 hectolifres contre 892914 en
- 1904- Le chiffre le plus élevé a été fourni par l’Hérault, ioo33ooo hectolitres, qui avait cependant donné r2 676 000 hectolitres en 1904. L’AIgéide a produit 7 000 oôo d’hcctolifres au lieu de 7 900 000 hectolitres
- en 1904; en Corse, la récolte-a été de x3o 000 hectolitres, en diminution de 3oooo hectolifres sur 1904.
- Récolte et commerce des vins en Turquie. —- La
- production vinicole de la Turquie d’Europe et d’Asie-est en moyenne d’un million d’hectolitres, mais les dernières récoltes ont été inférieures : 1 117006 hectolitres en 1896, 56oooo en 1898, 944000 en 1899, 896291 en 1900, 586 362 en 1901. Les exportations pendant la même période ont été en hectolitres, pour :
- 1896-1897 1899-1900 1900-1901 I9OI-I9O!*.
- L’Italie. . . . 75 676 34 99° 79 a46 119 600
- La France . . 78399 45 096 3i 106 3o 6o6-
- L’Egypte. . . i3 3go 9 535 10 217 11 2 5o
- L’Autriche . . 8795 10399 17 906 5 195
- L’Allemagne . 7 683 18 6o3 17 72a 3o 024
- Total . . . i83 943 118 6a3 156 200 196 676
- Les holothuries de l’océan Indien. — Le muséum indien, à Calcutta, vient de publier la liste des holothuries l'ecxieillies en mer profonde au coxirs d’une croisière de l’Investigator dans la région de l’océan Indien qui va du golfe Persique à la côte Est du golfe de Bengale. II n’y avait pas encoi'e eu d’exploi-ation dans cette pax’tie des mers profondes ; seul le Siboga avait parfois atteint la limite la plus austi’ale de 1ère d’investigation susdite. Aussi sur 76 espèces et vaxûétés déciâtes, 60 sont nouvelles pour la science. La plupai't appartiennent aux familles des Synallactides, des Molpadiides et des Synaptides. Les auteurs ont dû créer 10 noxxveaux genres et une famille, celle des Géphyothui-idées, basée sui* deux spécinieixs différant de tous les autres aspidochi-rotes par la présence d’appendices ambulacraires seulement sur le bivium, et doixt la forme rappelle celle des Molpadiides. Il y a seulement 6 espèces communes aux récoltes du Siboga et de Y Investigator, mais les genres sont communs.
- Statistiques allemandes. — L'Annuaire de statistique de l'Empire allemand a publié dernièrement des chiffi'es intéressaixts sur la mortalité des nourrissons daxxs les principaux pays d’Europe. Sur 100 décès, on compte en Saxe 42 enfants de moins d’un an, en Bavière 38, dans l’Empire allemaixd 34,5, en Prxxsse 33,9, en Autriche 31,8, en Hollande 27,4, en Italie 25,8, au Luxembourg 25,3, en Finlande 22,8, en Danemark 22,7, en Suisse 22, aux Etats-Unis 19,2, en Suède 17,4, eu France i5. Oix pexxt aussi compter sur 100 naissances le nombre des enfants qui atteignent leur jxremière année. On trouve en Bavière 75 enfants, en Saxe 75,3, en Wurtemberg 77,8, en Autriche 79,1, dans l’Empfre allemand 79,6, eix Prusse 80,6, en Italie 82,8, en Luxeinboui’g-84,8, eix Belgique 85,6, en Hollande 86,5, en France 86,5, en Suisse 86,8.
- Les automobiles. —- Le nombre des voitui-es automobiles imposées en xqoS, d’après les relevés de l’Administration des contributions indirectes, est de 21 5-23, d’une puissance totale de 179361 chevaux. On compte 4767 voitures à une ou deux places, et 16 756 à plus de deux places. Le département de la Seine possède 4627 automobiles, dont 3828 à plus de deux places et 799 à une ou deux places. Le département de Seine-et-Oise a 1154 automobiles, le Nord 676 et la Seine-Inférieui’e 664. La Lozère n’a que 8 automobiles, la Corse 4; ce sont les départements qui en possèdent le moins.
- Le centenaire du Code civil. — La Monnaie vient de frapper 1700 exemplaires de la médaille commémorative du centenaire du Code civil, gravée par Vernoix. Cette médaille porte à l’avers une reproduction du grand sceau de France, une tête de République vue de face, et au revers un groxipe allégorique, la Loi montrant à un jeune homme le droit chemin de la vie; à l’horizon, on aperçoit en silhouette la tour de l’horloge du Palais de Justice. -
- Pèlerinage à la Mecque en 1905. — 66 5oo pèlerins sont débarqués à Djeddah, venant : 12800 des Indés anglaises et de l’Afghanistan, 8 800 des Indes néerlandaises et du détroit de Malacca, 14000 d’Egypte, 14000 de Turquie, 19600 des autres pays.
- La puissance des vagues. — C’est leur pression qu’a mesurée récemment un officier du génie américain, M. Gaillard. II a constaté que cette pression, par mètre carré, ne dépassait point 8200 kg à 85oo kg.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *»> Appareils divers
- Appareil pour préparations microscopiques. — Il
- est tout particulièrement destiné à roder et polir les sections de métaux destinées à constituer des échantillons pour examens microscopiques métallographiques. Il a été imaginé par un spécialiste fort ingénieux, M. Campion, et construit par la maison Baird and Tatlock de Glasgow. La machine se présente sous l’aspect que fait suffisamment saisir la gravure : un axe vertical, qui peut prendre un mouvement de rotation rapide, et être coiffé, au moyen d’une sorte de dispositif à baïonnette muni d’un écrou de
- Appareil pour préparations microscopiques.
- sûreté, de l’un quelconque des 6 disques sur lesquels est collé du papier d’émeri d’un grain déterminé, ou même une toile d’émeri fine. Le bas de l’axe porte une poulie à plusieurs gorges, où vient passer une courroie ronde transmettant le mouvement d’un moteur quelconque, électrique ou autre, ou d’un arbre de transmission. Des trous de boulons sont percés dans l’embase de l’appareil pour le fixer sur un massif, une table, etc. Mais ces trous se présentent sous forme d’une fente allongée, permettant de faire glisser un peu l’appareil avant serrage des boulons, pour assurer la tension de la courroie.
- Baratte à pédales. — Nos pieds et nos jambes sont susceptibles de fournir une énergie motrice considérable, et c’est pour cela qu’un constructeur belge a eu l’idée assez ingénieuse de combiner la baratte dont nous donnons un dessin. L’ouvrier qui la fait mouvoir est un vrai cycliste, et l’on peut parfaitement adapter à l’appareil la selle, le pédalier et les pédales, lgs roues à dents
- Baratte à pédales.
- et la'chaîne d’un vieux cycle. La selle se monte, par une tige métallique courbée, au bout d’un levier en bois suffisamment résistant, et qu’on boulonne suivant une obliquité convenable sur le châssis delà baratté. Celle-ci est de forme hexagonale,. mais pourrait être un 'peu autre ; la chaîne vient agir sur l’extrémité de l’axe de l’agitateur à 4 palettes. — Le constructeur est M. Eug. Adam Forville, à Namur (Belgique).
- Grille à nettoyage automatique. — Elle est faite pour arrêter toutes les matières charriées par les eaux depuis de simples feuilles jusqu’aux détritus des eaux
- d’égout, par exemple, et disposée pour se nettoyer automatiquement, afin d’éviter tout feutrage qui empêcherait l’écoulement du liquide. Dans ce but, la grille affecte la disposition d’une toile métallique sans fin, venant s’enfoncer dans l’eau, dans un chenal ad hoc, et sous un
- Grille à nettoyage automatique.
- angle très aigu; la toile, sous l’action d’une transmission commandée par une roue hydraulique, se déroule continuellement de bas en haut, si l’on considère son brin amont, qui est chargé d’arrêter les matières charriées : ‘Celles-ci sont donc constamment élevées jusqu’à passer par-dessus le tambour supérieur d’entraînement de la toile. Et, lorsqu’elle redescend, la surface métallique, formant alors brin d’aval, est balayée par une brosse cylindrique qui en détache toutes les matières et les jette dans une auge d’où elles sont évacuées. La toile métallique continue son mouvement, et la surface nettoyée vient succéder à une partie de la surface de la toile chargée d’impuretés. — Constructeurs : MM. John Smith and Co, Carshalton, Surrey (Grande-Bretagne).
- Appareil à mesurer la vitesse des gaz. — L’appareil Threlfall relève la vitesse d’écoulement d’un gaz dans une conduite. Il comprend deux tubes qui pénètrent dans la conduite où se fait la circulation du gaz, un tout droit et débouchant perpendiculairement à l’axe de la conduite, tandis que l’autre se recourbe à angle droit, de manière que son extrémité ouverte se présente au gaz
- Appareil à mesurer la vitesse des gaz
- en déplacement. Chaque tube correspond avec un récipient particulier, mais le bas de Ces deux récipients, qui contient de l’eau, est mis en communication par un tuyau. Le gaz qui est dans le tube recourbé doit être au repos, et comme le gaz qui s’écoule pour venir frapper l’ouverture du tube à une vitesse, mettons v, la pression à l’intérieur de ce tube doit être celle qui engendrerait une vitesse égale à v, mai^de direction opposée. Il y a, par suite, une relation entre la vitesse d’écoulement et la différence de niveau du liquide des deux récipients, pour un liquide d’une densité connue. Les récipients sont munis chacun d’une vis micrométrique qu’on peut amener au contact du liquide, qui permet de mesurer la différence de niveau. — Les constructeurs sont : Cambridge Scientific Instrument Co, à Cambridge.
- Un détartreur à turbine. — Nommé du nom caractéristique de Turhinia, il est donné comme le meilleur appareil pour enlever le tartre dans les tubes de chaudières aquatubulaires ; nous ne garantissons pas son rendement, mais l’idée sur laquelle est basé son fonctionnement est fort ingénieuse, et susceptible de susciter des imitations pour des usages divers.
- On introduit dans le tube à nettoyer une pièce cirçu-
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- SCIENCE APPLIQUEE
- laire T qui se raccorde à sa partie arrière, par line culasse, avec un tube flexible lui amenant de l’eau sous pression ; celle-ci peut être fournie par une pompe alimentaire quelconque. L’eau, à l’intérieur de T, rencontre une véritable petite turbine, qu’elle met en rotation ;
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- Détartrcar à turbine.
- mais cellç-ci fait à son tour toui'ner toute une couronne C, sur laquelle sont montées des tiges à molettes détar-treuses qui tournent sur elles-mêmes, et sont lancées très fortement contre les parois du tube, où elles attaquent le tartre. Ajoutons que l’évacuation de l’eau de la turbine se fait par des orifices O, et que le courant vient balayer les parois sur lesquelles agissent les molettes, en entraînant le tartre détaché. — L’appareil se trouve chez M. Gustav Huhn, Zwinglistrasse, 21, Berlin, N. W.
- *>> Jlppareils contre l’incendie
- Avertisseur automatique d’incendie. — L’avertisseur automatique d’incendie de la maison Rousselle et Tournaire se compose, comme le montre la -figure, d’une cartouche en verre remplie d’alcool ou de mercure, semblable à un tube de thermomètre et qui se brise automatiquement dès que la température a atteint, à l’endroit où elle est placée, une valeur déterminée. La rupture de la cartouche a pour but d’ouvrir ou de fermer, selon les cas, un circuit électrique et de faire fonctionner une sonnerie d’alarme. L’avertisseur est formé d’un socle en bois ou en porcelaine sur lequel sont montés deux ressorts de contact, isolés l’un de l’autre.
- Avertisseur automatique d’incendie.
- Le socle est percé d’une ouverture, dans laquelle on engage la partie cylindrique de la cartouche en verre, dont la tête appuie sur le talon de l’un des deux ressorts et le soulève ; sur le socle se place un couvercle métallique de protection perforé. Dans une installation où se trouvent un certain nombre d’avertisseurs, on établit un tableau à voyants qui permet de reconnaître de suite le circuit dans lequel un avertisseur a fonctionné. Les avertisseurs sont établis pour courant de travail ou pour courant de repos. Dans le premier cas, la sonnerie ne fonctionne qu’au moment où, la capsule étant brisée par suite de l’augmentation de température, les deux ressorts se sont rapprochés et le circuit a été fermé. Dans le cas de courant de repos, la rupture de la capsule sépare les deux ressorts et interrompt le courant qui circule toujours dans la ligne; la sonnerie d’alarme fonctionne à ce moment. — ^L’avertisseur automatique d’incendie se trouve chez MM. Rousselle et Tournaire, 52, rue de Dunkerque, Paris (IXe).
- Pomme automatique d’incendie. — Ces appareils, d’invention américaine, sont plus connus sous leur nom anglais de sprinklers : ils ont tous pour principe, par fusion d’une pièce sous l’influence de l’élévation de température résultant d’un commencement d’incendie, de déboucher brusquement un tuyau d’eau, placé le plus généralement au plafond de la pièce menacée.
- En voici un fort ingénieusement disposé. L’appareil, qui peut se monter par raccord à vis sur la conduite d’eau, comporte des pièces coudées plus ou moins compliquées, soutenant, juste au-dessus de l’orifice par où jaillira l’eau en cas de danger, un dispositif rotatif sur lequel le liquide viendra se briser, et qui se mettra à
- tourner sous le choc, en projetant l’eau également de tous côtés. Normalement, l’orifice d’issue de l’eau est fermé par un chapeau en bronze qui est maintenu en place par les talons de deux leviers, montés un peu en porte-à-faux l’un par rapport à l’autre, mais fixés, au moins temporairement, dans cette position instable par un lien fusible. Celui-ci est fait, comme on le voit dans les diverses figures, de deux plaques de bronze, percées à une extrémité d’un trou servant à leur accrochage au bout du levier, venant en contact par des surfaces ondulées, et soudées l’une à l’autre au moyen d’une soudure
- l'omaie automatique d’incendie.
- d’une fusibilité déterminée. Quand la température est telle qu’il y ait fusion de celle-ci, les deux leviers tombent, aidés par la pression de l’eau, qui fait sauter le chapeau et vient se briser sur la pièce tournante, en inondant tout autour de l’appareil. — La pomme automatique d’incendie se trouve à l’International Sprinkler, 110 Cannon Street, à Londres E. C.
- *> Petites inventions
- Réveil chauffeur. — Se faire réveiller de bon matin et avoir son déjeuner prêt quand on se lève, tel est le problème qu’a résolu M. Fanthou. Un réveille-matin de forme ordinaire est muni, à la partie supérieure, d’un porte-gobelet qui peut se déplacer horizontalement et, à la partie inférieure, d’un bras de levier qui se déplace verticalement. Le mécanisme du réveil a été disposé de façon que, au moment où fonctionne le timbre, le porte-gobelet (n° 1) décrit un quart de cercle et vient se placer
- Réveil chauffeur.
- (n° 2) devant le cadran. Au même moment le levier qui est à la partie inférieure a levé la mèche d’une lampe à pétrole qui, la veille au soir, avait été mise en veilleuse. On réalise donc automatiquement la mise en place du pot au lait sur le réchaud. Ce dernier, qui est constitué par une lampe à essence, consomme, lorsqu’il est en veilleuse, une quantité infime d’essence et la dépense n’est pas appréciable; elle ne correspond même pas à la quantité d’allumettes de la régie qu’il faudrait sacrifier avant de pouvoir procéder à l’allumage. — Le réveil chauffeur se trouve chez M. E. Fanthou, 33, rue d’An-goulême, à Paris.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Chimie
- Préparation du chrome métallique. — Nous voudrions ici signaler à nos lecteurs une expérience de laboratoire intéressante, d’une exécution facile et brillante, ne présentant, pour ainsi dire, pas de danger et (ju’ils pourront reproduire sans préparation spéciale et à peu de frais. Elle est basée sur le principe de .l'aluminothermie de Goldschmidt : si on chauffé un mélange intime d’aluminium avec certains oxydes, comme l’oxyde de chrome, une vive réaction se déclare et le métal fondu tombe au fond du vase où se fait l’expérience.
- Pratiquement, on prendra 3 parties de sesquioxyde de chrome bien sec et* bien pulvérisé et i partie d’aluminium porpliyrisé qu’on mélangera bien soigneusement sur une feuille de papier. On disposera le tout dans un creuset de Paris, en terre réfractaire, d’une grandeur correspondante à la quantité de matière à y introduire. On amorcera alors la réaction en recouvrant le mélange d’une petite couche de magnésium en poudre, comme celui dont on se sert pour éclairer les endroits obscurs qu’on veut photographier, et en y mettant le feu avec une allumette enflammée. Si l’expérience est bien disposée, le contenu du creuset s’embrase instantanément, sans avoir besoin de chauffer -, le tout devient rouge vif par suite de la chaleur développée par la réaction et l’on n’a plus qu’à laisser refroidir tranquillement. Après quelque temps, on casse le creuset et l’on y trouve un culot métallique constitué par du chrome mélangé d’un peu de silicium provenant de l’attaque de la matière réfractaire. Bien entendu, le creuset où se fait cette réduction doit être posé sur une brique pour éviter l’incendie, le creuset se trouvant porté à une température très élevée. Les creusets de Paris coûtent moins de 5o centimes pour les grandeurs habituellement employées ; le sesquioxyde de chrome et l’aluminium por-phyrisé valent respectivement 6 francs et 20 francs le kg. C’est dire que l’expérience que nous signalons n’en-trainera les amateurs qui voudront la reproduire qu’à des dépenses très minimes. A. H.
- Purification des gaz arseniatés. — Ce mode de purification a été imaginé par la grande fabrique allemande Badische Anilin und Soda Fabrik. 11 est basé sur la faculté qu’ont certaines substances de retenir et les poussières et aussi les vapeurs d’arsenic contenues dans les gaz chauds. Il s’agit principalement de terre d’infusoires, de pierre ponce, de coke, de brique réfractaire pilée, de phosphates ou sulfates terreux alcalins, de phosphates ou sulfates de magnésium ou d’aluminium. Leur pouvoir filtrant est augmenté dans des proportions énormes par la haute température. On peut également employer les oxydes de fer, de cuivre, de chrome, de manganèse. Ils retiendront les impuretés bien au-dessous de la température du rouge sombre, c’est-à-dire à une température où les effets catalytiques ne se font point sentir.
- "Electricité
- Indicateurs de pôles. — Les indicateurs de pôles sont devenus aujourd’hui très utiles dans les applications de l’énergie électrique ; car on a souvent à reconnaître les pôles d’un circuit pour le branchement de tout appareil d’utilisation. M. Léon Versé a fait à ce sujet, dans le Bulletin de la Société belge des Electriciens, une étude très méthodique de ces divers appareils qui peuvent rendre des services ; nous emprunterons à cette étude les principaux renseignements suivants. Les indicateurs de pôles sont divisés en trois groupes suivant qu’ils utilisent des actions électrolytiques, physiologiques ou électromagnétiques; nous admettrons également cette classification.
- i° Procédés électrolytiques. — La manière la plus simple pour distinguer les pôles consiste à tremper les deux fils amenant le courant dans un verre contenant de l’eaii pure, et à y plonger très près l’un de l’autre les
- deux fils bien avivés. Il se forme de petits globules autour du fil correspondant au négatif. Avec de l’eau salée, il se produit un abondant dégagement de gaz, également au pôle négatif. On peut aussi tremper dans l’eau acidulée à l’acide sulfurique deux petites lames de plomb. Lorsqu’on y fait passer le courant, le pôle positif prend une coloration brune. Il suffit encore de plonger simplement les extrémités des fils de cuivre dénudés dans de l’eau acidulée. O11 voit le pôle positif noircir et de l’oxyde de cuivre, noir, se détacher. Si l’on a à sa disposition une cuve de galvanoplastie, c’est sur l’électrode négative que se produit le dépôt de métal. Un autre système consiste à utiliser Un bac renfermant une lame de plomb et une lame d’aluminium servant d’électrodes, et comme électrolyte une solution de borax et d’ammoniaque. Cet appareil doit être inséré dans le circuit de la même façon qu’un disjoncteur automatique, qu’il peut d’ailleurs remplacer parfaitement. Si la lame de plomb est reliée au pôle positif de la source de courant, et la lame d’aluminium à l’appareil d’utilisation, le courant circulera. Si, au contraire, la lame d’aluminium était reliée au pôle positif susdit, le courant ne passerait plus. Le passage, ou non, du courant peut donc servir d’indicateur de pôles.
- Un indicateur à liquide est ordinairement constitué par un tube dé verre fermé à ses extrémités par des bouchons métalliques munis de bornes. Le tube est rempli d’une solution composée de 5o gr de glycérine, 3 gr de salpêtre, 20 gr d’eau et o,5 gr de phtaléine du phénol. Cette dernière substance est préalablement dissoute dans 10 gr d’alcool. En reliant ces bornes aux deux conducteurs, on voit du côté du pôle négatif la solution se colorer en violet.
- On peut préparer du papier pôle d’après le même principe, en le trempant dans une solution de 5 gr à 6 gr de phtaléine du phénol dans l’alcool. Il suffit pour l’employer de mouiller un fragment de papier et d’y appliquer les deux conducteurs ; le pôle négatif produit une tache rouge violet. Le papier au ferro-prussiate, qui est du papier à photographie à traits blancs sur fond bleu, et connu dans l’industrie sous le nom de bleus, convient également très bien. Il suffit de mouiller un fragment de ce papier dans la région bleue et d’appliquer sur lui, à quelques millimètres l’un de l’autre, les fils amenant le courant; le pôle négatif laissera une trace blanche.
- 20 Procédés physiologiques. — Si l’on prend dans chaque main un des pôles du courant, on éprouve une sensation plus forte au pôle négatif qu’au pôle positif. Ce moyen n’est pas à conseiller pour des courants de plus de 110 volts; il est même difficile à employer dans beaucoup de cas, car nombre de personnes ne peuvent supporter les secousses électriques.
- 3° Procédés électromagnétiques. — L’indicateur de sens du courant à boussole, employé principalement sur les tableaux de distribution, lorsqu’il est fait usage d’accumulateurs, consiste en une barre de cuivre §ur laquelle oscille une aiguille aimantée, lestée dans le bas, qui tend à se mettre en croix avec la barre de cuivre, quand le courant traverse celle-ci. Le pôle positif de la dynamo étant raccordé à la borne inférieure de l’appareil, le pôle nord de l’aiguille aimantée dévie à gauche à la charge; l’aiguille dévie à droite, lorsque les accumulateurs sont en décharge. Dans le cas où le pôle négatif de la dynamo serait relié à la borne inférieure de l’appareil, l’aiguille aimantée dévierait à droite à la charge. L’indicateur Max pour la charge des accumulateurs d’automobiles est basé sur le même principe : trois spires de fil isolé entourent diamétralement une boussole. La moitié du verre recouvrant l’aiguille aimantée est teintée en rouge. Pour que le courant circule dans le sens voulu, il faut que la partie bleue de l’aiguille aimantée ou pôle nord se tourne vers la partie teintée en rouge du verre. Dans le cas contraire, il faut naturellement renverser les connexions. L’indicateur Fauvin et Amiot est un appareil du même genre, sauf que le disque de verre porte deux voyants marquant -f- ou — selon le sens du courant. Cet instrument indique les deux pôles ; certains fabricants se contentent d’indiquer un pôle sur leur appareil. L’in-
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- dicateur de pôles Ducrelet et Lejeune, que nous avons décrit autrefois, se compose d’un couple astatique formé de deux petits barreaux aimantés parallèles et à pôles alternés qui sont placés au-dessous d’un disque mobile. Dans le fond de la boîte est un circuit que l’on fait traverser par le courant à étudier; on voit aussitôt apparaître à la partie supérieure les désignations -j- et —. Cet appareil permet aussi de connaître le sens du courant dans un câble isolé, en approchant le chercheur de pôles de ce câble, et en le plaçant dans xme position indiquée par un trait tracé sur l’appareil. Les voltmètres, du type Deprez-d’Arsonval à aimant permanent et bobine mobile, constituent également des indicateurs de pôles; en effet, l’aiguille ne dévie dans le sens voulu que si les fils sont reliés convenablement aux bornes. Comme les bornes de l’appareil portent les indications + et —, il est facile dé reconnaître les pôles. Si l’on a à sa disposition une lampe à arc, il est aisé de retrouver la polarité des conducteurs, en intercalant pendant quelques minutes la lampe dans le circuit pour la faire fonctionner ; en interrompant ensuite le courant, le charbon positif reste un instant incandescent et ne s’éteint que le dernier. On pourrait, sans éteindre la lampe, observer si le cratère lumineux, qui est positif, se forme sur le charbon supérieur ou inférieur.
- Divers
- Contre les brûlures de potasse. — Si, pour une raison oxi pour une autre, il arrive qu’on se fasse tom-
- ber ou jaillir sur la peaxi de la lessive de potasse assez forte pour attaquer le tissu, immédiatement plonger les mains, si c’est des mains qu’il s’agit, dans de l’eau contenant un peu de vinaigre, ou lotionner la peau avec de cette eau, et abondamment, pour neutraliser la base.
- Teinture des rets en vert. — Pour la chasse, lu capture de certains animaux, on peut avoir à procéder â une teinture de cette sorte, afin de rendre les filets aussi peu visibles que possible au milieu de la verdure. On met tremper les rets toute une nuit dans une solution chaude de tannin obtenue par dissolution de 120 gr. environ de oachou dans 4 1/2 litres d’eau. Le lendemain matin, on tord le ret, puis on le plonge dans le vrai bain de teinture, fait de 60 gr. de vert de méthylène dans 4 1/2 litres d’eau, également.
- Colle liquide à la dextrine. — Faire dissoudre à chaud 60 parties de borax dans 420 parties d’eau ; 011 ajoute 480 parties de dextrine jaune pâle et 5o de glucose ; on chauffe en brassant constamment de manière à compléter la solution. On remplace l’eaxi enlevée par évaporation, et l’on verse à travers une flanelle. La colle obtenue, à condition qu’on chauffe lentement et sans dépasser go° G., demeure blanche et possède un grand pouvoir adhésif.
- Préparation de cire à mouler. — On met de la cire vierge dans un récipient en terre, et on place sur feu doux; quand c’est bien fondu, on ajoute un peu de céruse en lamelles, en remuant bien, la proportion étant de 35 grammes environ de céruse par 5oo grammes de cire. On fait bien de refondre plusieurs fois avant emploi.
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- RESUME METEOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, en novembre 1905, par M. Th. Moureaux
- La situation atmosphérique a été très troublée en novembre. Le i3, le baromètre est tombé à 729'""',4; on n’a constaté qu’un seul minimum un peu plus bas en novembre depuis 3a ans (18 novembre 1880); la moyenne du mois, 75iram,62, est également une des plus basses de la série. La température s’est tenue relativement élevée du ior au 7, du 11 au i3 et du 2.4 au 27; mais, dans les intervalles de ces trois périodes, le thermomètre est descendu presque chaque jour au-dessous de n0, en sorte que là moyenne du mois est encore inférieure à la normale, comme en septembre et en octobre. Vents dominants du Sud au Sud-Ouest; la vitesse a atteint 62 kilomètres à l’heure pendant la tempête du 26 au 27. La nébulosité, 8,14, est très élevée; elle est supérieure à 9 pendant 18 jours.
- La première neige de la saison est du 18, et il en est tombé encore les deux jours suivants; sur les 19““ d’eau recueillie du 18 au 20, les deux tiers proviennent de la fusion de la neige; la pluie du 23, qui a persisté pendant 12 heures consécutives, a fourni 17 mm d’eau; le total du mois, 92mm, représente plus du double de la hauteur normale et n’a été dépassé que 6 fois en novembre depuis un siècle. Le niveau de la Marne s’est élevé de plus de 3“ dans le mois; la cote maximum, 4m,86, observée le 26, est de om,io au-dessus de la cote de submersion au point le plus bas du quai du Parc.
- Pression barométrique, altitude 5om,3. Moyenne du mois, 7,5imm,62 ; minimum absolu, le i3 à i4h3om ;
- maximum absolu, 'j66mm,o le 22 à ioh20m; écart extrême, 36mm,6.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 1 °,84 ; des maxima, 70,92 ; du mois, 4°j88 ; des 2.4 heures, 4°,80; minimum absolu, —4°>3 le 17; maximum absolu, 14°,8 le 26. Sur le sol gazonné : moyenne des minkna, — o°,43 ; des maxima, ii°,i3; minimum absolu, — 8°,8 le 17; maximum absolu, 2.o°,9 le 12. Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur, om3o : à 9 heures, 6°,87; à 21 heures, 6°,90 ; profondeur, ora,65 : à 9 heures, 8°,26 ; à 2 r heures, 8°,20 ; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 90,16; à 21 heures, 9°,i2. De la Marne : moyenne le matin, 6°,75 ; le soir, 6°,93;, minimum, 4°,00 le 2.3; maximum, 8°,58 le i01'.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 5m“,87; minimum 2rara,9 le 16 à i3 heures; maximum, 9“'“,5 le 26 à g-10 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois 90,2; minimum, 49 le ifi à i3 heures; maximum, 100 en i5 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. ù, 21 h.), 8,14 ; moyenne diurne la plus faible, 2,2 le 16; jours entièrement couverts, 10.
- Insolation : durée possible, 274 heui'es ; durée effective, 37ho en i3 jours; rapport 0,14.
- Pluie : Total du mois, 92 millimètres en g5h3.
- Nombre de jours : de pluie 19 ; de pluie inappréciable, 4; de gelée, 10; de gelée blanche, i4; de neige, 3; de rosée, 4; de brouillard, 8; de halos, 3; verglas le 2,3.
- Fréquence des vents : calmes, 21.
- N...........56 S. E ... 27 W.........18
- N. N. E . . . 60 S. S. E . . 5i W. N. W . 14
- N. E........32 S.........113 N. W . . . 4
- E. N. E . . . 3o S. S. AV. . x63 N. N. AV. . 17
- E............6 S. AV. . . 90
- E. S. E. . . . i3 AV. S. AV. 5
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 3,n,8 ; moyenne diurne la plus grande, 9"',8 le 26 ; la plus faible, i“,o le 8 ; vitesse maximum en i5 minutes, 17™,2 le 26 de 2.3'“ 3om à 23h45, par vent S. AAL
- Electricité atmosphérique. Moyenne du mois (11 jours), i3g volts ; moyenne diurne la plus grande, 208 volts le 17; la plus faible, 97 volts le 3; amplitude diurne, o,5i; amplitudè nocturne, o,65.
- Hauteur de la Marne. Moyenne du mois, 3m, 1 a ; minimum, im,66 le 5; maximum, 4m,86 le 26 au soir.
- Comparaisons aux valeurs normales. Baromètre,
- —6mm,22.; température, — i°,34; tension de la vapeur, — o'nm,45; humidité relative, -j-3,4; nébulosité, -j- i,o4; pluie, 7)- 47™'",2.
- Taches solaires. On a suivi 19 taches ou groupes de taches en 11 jours ; le 12 au matin, on a constaté la présence simultanée de 9 groupes de taches, la plupart dans l’hémisphère nord, à de faibles latitudes.
- Perturbations magnétiques. Fortes les i2-i3, 15-16 ; modérées les 4-5, 7-8, i4-i5, 16-17.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres La Rédaction publie les faits <l’uu intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du passible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum — Dans le n° 1696, du 25 novembre 1905, ]). 416, col. Il,, ligne 12, au lieu de : tel qu’il fut et doit dre, il faut : tel qu’il était et où il était.
- Communications. — M. Veragen, à Paris, nous donne quelques renseignements intéressants au sujet de l'information Animaux sauvages peints par eux-mêmes, publiée dans le n° 1697 du 2 décembre igo5 : Le procédé employé par M. Shillings n’est pas nouveau. En elfet, en 1900, au Palais des Forets, section américaine, tout le inonde a pu admirer une admirable série de positifs sur verre représentant des cerfs de Virginie et exposée par M. Shiras. J’ai sous les yeux un article du Temps relatif à ces épreuves et voici le passage ayant trait au dispositif employé : « À l’endroit choisi, qui est l’un de ceux où les cerfs se rendent de nuit, M. Shiras a disposé des appareils photographiques solidement fixés au sol. Des (ils métalliques dissimulés dans l’herbe où les roseaux sont üxés par une extrémité à- un morceau de bois fiché dans le sol ; par l'autre ils aboutissent à la fois à l’appareil dont ils déclenchent l’obturateur et à une lampe au magnésium. Le cerf heurte le fil : aussitôt le courant d’un appareil électrique met le feu au magnésium ; l’obturateur fonctionne et l’instantané se fait. Naturellement, il est bon d’avoir plusieurs appareils et il faut encore les orienter de la bonne manière. Parmi les épreuves, qui étaientde véritables chefs-d’œuvre, on voyait, entre autres, une femelle passant sur un tronc abattu et dérangeant un porc-épic qui s’enfuit, et surtout un mâle vj.i de dos et profilant sa tète sur un fond de roseaux. »
- Renseignements. — M. Buarte Feirreira Tenta Baslo, à Àveiro. — Au sujet de la fabrication des objets en papier mâché, veuillez consulter : Manuel du mouleur (collection Roret), 1 vol., librairie Mulo, 12, rue Haute-feuille, à Paris.
- M. I). P., à Noeux-les-Boffles. — x° Tous les systèmes ont leurs avantages et nous ne saurions vous en recommander un plus spécialement. — i° Nous ne connaissons pas les adresses de ces appareils. Vous pourrez vous les procurer par l’intermédiaire d’une maison d’articles de bureau, comme MM. Fortin et Ci0, 5g, rue des Petits-Champs, à Paris.
- M. G. C., à Montpellier. — Vous trouverez la description que vous cherchez dans Les races de chiens, par P. Meguin, 3e partie, 1 vol. 4 fr- 5o, aux bureaux du journal VÉleveur, 12, boulevard Poissonnière, à Paris.
- M. lï. Caillaux, à Paris. — Nous ne connaissons pas de lorgnon répondant à votre désir. Veuillez vous l’enseigner chez un opticien.
- M. Broche, à Vernaison. —Veuillez vous reporter au Cours de Physique de J. Violle. T. II, ir0 partie, Acoustique, à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. G. L., à Mulhouse. — Compas : M. Baraban, 175, rue Saint-Honoré, Hachette et Cie, 79, boulevard Saint-Germain; Radiguet, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. II. Vitalis, à Lodève. — Les adresses que vous demandez ont été indiquées en tête de la boîte aux lettres des nos 1696 et 1697 du 25 novembre et du 2 décembre 1905. Veuillez vous y reporter.
- M. J. Schenk, à Neuveville. — La machine à piocher de la maison Galland, Gerandjon et Cie'se-trouve à Lyon, 32, cours Vitton.
- M. G. Despaigne, à X. — i° Le coefficient moyen de température du ferro-nickel vers 200 C., désigné par a, a pour valeur 0,00093. La résistivité en fonction de la température est représentée par la formule pa= p0(i -j- a0), dans laquelle p9 est la résistance à la température 0, p0 la résistance à o° et a le coefficient moyen de température. — 20 Adressez-vous à la
- Société du Ferro-Niclcel, 10, rue de Louvois, à Paris.
- — 3° Tubes de cuivre : fonderies et laminoirs de Biache-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), Société d’Electro-métal-lurgie de Dives, 11, place de la Madeleine, à Paris.
- — 4° Les fils qui relient le shunt aux bornes doivent compter avec la résistance du shunt. —- 5° Vous trouverez ces différents livres à la librairie Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, chez M. Tignol, 53, même quai et chez M. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. A. Peltier, à Orléans. — O11 peut passer une couche de peinture blanche sur le zinc, à la condition de recouvrir d’abord la surface avec une solution composée de 1 partie de chlorure de cuivre, 1 partie d’azotate de cuivre, 1 partie de chlorhydrate d’ammoniaque,
- I partie d’acide chlorhydrique et 64 parties d’eau. Cette solution agit comme un mordant sur le zinc, et il se forme un chlorure basique de zinc d’une coloration gris. La peinture à l’huile, peut être appliquée sur cette surface grise.
- M. G. Siraux, à Fontainc-FEveque. — On peut, comme vous l’indiquez, essayer l’ardoise perforée comme séparateur des plaques d’accumulateurs ; mais il faut faire des trous grands et nombreux pour laisser une grande quantité de liquide, afin de ne pas augmenter la résistance intérieure au delà d’une certaine limite. L’ardoise n’est pas attaquée par l’acide sulfurique étendu; il faut éviter la pyrite.
- M. L. Cabanis, à X. — Nous allons chercher des renseignements et nous ferons un article sur la question, s’il y a lieu.
- M. X., à Besançon. — Vous trouverez des procédés pour nettoyer, blanchir et désinfecter les éponges de toilette dans les recueils Recettes et procédés utiles, i‘°, 3e et 4e série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. J. Gavarret, à Zaragoza. —• Nous ne possédons pas l’adresse que vous demandez. Tous nos regrets.
- M. Collet, à Paris. — i° Les ouvrages consacrés à l’apiculture sont nombreux. Nous ne pouvons que vous en signaler quelques-uns : L’apiculture moderne par A.-L. Clément, librairie Larousse, 17, rue du Montparnasse ; Manuel d'Apiculture, par M. Girard ; Les Abeilles, du même auteur, librairie J.-B. Baillière, 19, rue Hau-tefeuille ; le Guide du propriétaire d'abeilles par l’abbé Collin, librairie Berger-Levrault, 5, rue des Beaux-Arts ; la Conduite du rucher, par Bertrand ; Le livre des abeilles par l’abbé Boissy ; L'abeille et la ruche, par Langsroth; Les Abeilles, par Sagot et Délépine; Théorie d'apiculture mobiliste par Sourbé, à la librairie agricole, 26, rue Jacob; Manuels. Roret : h’Apiculteur mobiliste, Manuel pour gouverner les abeilles, librairie Mulo, 12, rue Haute-feuille ; voyez aussi les catalogues des librairies Dela-grave, Bornemain, Hachette, Mendel, etc. — 20 Voyez, dans le Bottin, à Apiculteurs.
- M. J. Goulin, à Étain. —-Vous pourrez vous documenter sur les moulins à vent dans : Minoterie, par Armen-gaud, librairie Ch. Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris.
- M. le D' Dupaigne, au Cannet. — Cartons plissés imperméables : M. A. W. Andernach, fabricant, à Anvin, par Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais). (Adresse donnée en tête de la boîte aux lettres du n° 1694 du
- II novembre 1905).
- M. X., h Genève. — L’aritlnnographe Troncet est en vente à la librairie Larousse, 17, rue du Montparnasse, Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L.
- Benjamin, h Paris. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. V. Saportet, à Saint-Jean-au-Bois. La question est de la compétence d’un expert chimiste, r— Mme L. Vallières, à La Mézière. Vous trouverez cette indication dans Recettes et procédés utiles, 3° série, librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — MM. Veragon, à Paris; E. Eymar, à Paris; A. Ilenry, à Villerupt; Leriche, au Caire. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 heures nu matin tiuîrmomètiuï VENT DIRECTION 1ÎT FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 décembre . - 1°,0 N. K. 2. Beau. )) Gelée blanche ; beau.
- Mardi 12 - 2°,0 N. N. E. 2. Peu nuageux. » Gelée bl. : nuageux : halo de 10 b. à 12 h.
- Mercredi 15. . . . . . 2»,1 N. E. 3. Couvert. >> Couvert.
- Jeudi 14 5°,2 N. N. E. 1. Couvert. 0,0 Couvert ; bruine à 14 b. et 15 b.
- Vendredi 15 5°, 4 .N. N. E. 2. Couvert. » Couvert.
- Samedi IG •4»,6 Calme. Couvert. 0,0 Couvert ; bruine à 6 b.
- Dimanche 17 4M E. S. E. 2. Couvert. » Couvei'l jusqu’à 15 b. ; beau ensuite ; brouillard dans la soirée.
- DÉCEMBRE 1905. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 DÉCEMBRE 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- f^Le temps. —- Le temps a été très froid pendant la semaine du n au 17 décembre. Le 11 décembre, la pression barométrique a été élevée sur presque toute l’Europe. La température s’est abaissée; on observait le matin à 7 heures — i° à Paris, o° à Belfort, o° à Toulouse, —5° au Puy de Dôme, —6° au mont Yen-toux, — 90 au Pic du Midi. A Paris, le ciel a été beau, mais légèrement brumeux. On a observé dans la banlieue des minima de — 20 à Athis-Mons ; la gelée blanche a du reste été générale. Le 12 décembre, le baromètre marquait 785 mm dans le Nord de la France. La température s’est de nouveau abaissée ; on notait le matin — 4° ^ Clermont, — 20 à Paris, o° à Toulouse, i° au mont Aigoual, —4° au Puy de Dôme, —70 au Pic du Midi. A Paris, la pression barométrique était 782,6 mm à midi. Dans la nuit du 11 au 12 décembre, un orage accompagné d’une violente tempête s’est déchaîné sur Bizerte et les environs ; un violent ouragan a sévi également toute la nuit dans la région de Bône. Le i3 décembre, un vent assez fort d’entre Nord et Est a soufflé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. En France, le temps a été beau dans toutes les régions. La température a été —3° à Belfort, —i° à Toulouse, 20 à Paris, 11° à Alger, — 70 au Pic du Midi, i° au mont Ventoux, 3° au mont Aigoual. Le 14 décembre, à midi, la pression barométrique était i à Paris. Un vent soufflait du
- Nord sur la Manche, d’entre Nord et Est sur l’Océan, d’entre Nord et Ouest en Provence. Le thermomètre marquait le matin — 4° à Belfort, 3° à Paris, 3° à Nantes, 5° à Perpignan; à Paris, le ciel était couvert et brumeux.
- La mer a été houleuse à Marseille. Le i5 décembre, une aire de pressions barométriqxies supérieures à 770 mm couvrait l’Ouest et le Centre de l’Europe; le maximum, 77a mm, se trouvait en Bretagne. On n'a signalé aucune pluie en France. La température était —- i° à Clermont, 5° à Paris, — 20 au Puy de Dôme, — 5° au mont Mounier,
- — 5° au Pic du Midi. Une tempête a sévi pendant deux jours à Tunis ; on a signalé de graves accidents occasionnés par les pluies. Le 16 décembre, le temps a été froid dans le Sud de la France, où il y a eu d’assez fortes gelées; on notait le matin —70 à Gap, — 5° à Limoges,
- — 3° à Bordeaux, — 20 à Toulouse, 5° à Paris, 6° à Cherbourg, 20 au mont Aigoual, i° au Puy de Dôme, — 4° au Pic de Midi. La température moyenne à Paris, a été 4°,7• La pression barométrique a été très élevée ; c’est ce qui a maintenu le calme de l’atmosphère, et les vents ont été très faibles. A Paris, dans la matinée, une couche de brouillard très épaisse a recouvert la ville et a déterminé un obscurcissement complet; de 9 heures à midi on a dû allumer le gaz et l’électricité comme dans la soirée. La pression barométrique était 771"”",7. Le 17 décembre, la pression barométrique était de 772 mm dans le Nord de la France ; mais elle baissait lentement en Irlande et sur les régions de l’Ouest. Des pluies sont tombées en Belgique et en Allemagne, mais nulle part en France. La température était le matin — x° à Marseille, — i° à Toulouse, o° à Belfort, 4° à Paris, — 4° au Pic du Midi, 3° au mont Aigoual, 2^ au Puy de Dôme. A Paris, les minima étaient voisins de 4°; mais dans la banlieue, ils atteignaient à peine 2°,5. La température moyenne de la journée a été 3°,4-
- PHASES DE LA LUNE : . P. L. le 11 à 11 h. 35 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF ; E -A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 12 o, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne VAdministration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cio, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJe) ,
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1701 (30 DÉCEMBRE 1905) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- La Société d’histoire naturelle d’Autun. — Nous avons récemment publié un article sur l’œuvre de la Société d’histoire naturelle d’Autun, qui fait une loterie pour l’érection d’un musée d’histoire naturelle. Nous sommes heureux d’apprendre que le vaillant explorateur de l’Afrique Orientale, le baron Maurice de Rothschild, vient d’envoyer mille francs pour le futur musée.
- Nouveau poinçon. — Le ministre des finances vient de créer un poinçon pour la marque des ouvrages de fabrication française qui sont composés d’or et d’argent et dans lesquels le poids du métal accessoire dépasse, par rapport au poids total, la proportion de 3 pour 100.
- L’aurore boréale du 15 novembre. — Une aurore boréale très intense et très belle s’est produite le i5 novembre dernier sur la région nord-ouest de la France, la Manche et l’Angleterre. Le clair de lune n’a pas trop gêné son observation et, un peu partout, on a signalé sa couleur rouge sang. A Dieppe, à Caen, à Béthune, à Vannes, on a vu des rayons et des jets du plus curieux effet. Entre ces rayons, le ciel était d une pureté parfaite et les étoiles y brillaient de tout leur éclat. En Angleterre, l’intensité de l’aurore a effacé même les étoiles les plus lumineuses. On a cru un peu partout à un immense incendie. Entre 9'“ et g1130*“, le phénomène présentait son intensité maximum. Les magnétographes des observatoires du Parc Saint-Maur, du Val-Joyeux, de Nantes et de Perpignan ont été troublés dans l’après-midi du i5 novembre et pendant toute la journée du 16. Au parc Saint-Maur, d’après les observations de M. Mou-reaux, la perturbation à commencé à 3h a5m et son maximum a été atteint vers 9 heures, au moment même où l’aurore offrait toute sa splendeur.
- La déclinaison magnétique de 8h 5gm à 9h 9"’ a subi une diminution de 3T suivie d’un relèvement brusque de 42'. Les deux composantes horizontale' et verticale ont éprouvé une oscillation inverse de la déclinaison. Une telle aurore n’a rien qui puisse surprendre en raison de l’activité solaire extraordinaire de ces temps derniers. On a assisté récemment, vers la fin d’octobre, à ce fait extrêmement rare dans les annales de l’astronomie, de la visibilité simultanée à l’œil nu de deux taches énormes sur le soleil, dont l’une était la plus grande observée depuis que l’on se sert d’instruments grossissants.
- Le record des ascensions de montagne. — L’Alpine Journal de novembre revient encore une fois sur cette question pour rappeler queM. Hunter Workmann ne saurait revendiquer avec certitude le mérite d’avoir atteint la plus haute altitude à laquelle soit arrivé un alpiniste
- (7i3o m.). MM. Normann Collie et Edmond Garwood estiment que rien ne permet de révoquer en doute, jusqu’à présent, l’affirmation de M. Graham et dé ses guides -Boss et Kaufmann en ce qui touche leur escalade du pic Kabru au Sikkim (Himalaya), à concurrence de 73oo mètres, en 1883. M. Conway en 1894 a contesté le haut fait de M. Graham, mais depuis 1899 M. Freshfield, n’a cessé d’en proclamer l’authenticité. M. Boss est décédé, et on ignore où réside actuellement M. Graham.
- Cyclones au Tonkin. — Des nouvelles arrivées d’Hanoï nous apprennent que des cyclones et des inondations ont ravagé le Tonkin pendant les mois d’octobre et de novembre. Plusieurs provinces ont été complètement inondées ; plusieurs sont encore sous l’eau. La province d’Annam a été la plus maltraitée ; toute la récolte est perdue. D’autres provinces ont perdu leur bétail, d’autres une grande partie de leur récolte.
- Signaux de chemins de fer. — On a installé dans la gare londonienne de Mill-Hill Park, sur le Metropolitan District Railway, en même temps que des signaux électro-pneumatiques et automatiques, des tableaux lumineux indicateurs placés sous les yeux des signalistes, et qui sont fort ingénieux. Chaque tableau, peint sur verre dépoli, représente un diagramme de la ligne aux environs du poste, et sur l’étendue de 3 blocs successifs : tant qu’un bloc est libre, sans train qui y soit engagé, le bloc correspondant sur le diagramme demeure lumineux; mais dès qu’un train est engagé, et que par conséquent la voie n’est plus libre, le bloc cesse d’être éclairé.
- Mission de M. Gautier au Sahara. — Jusqu’à une époque assez récente, des agriculteurs nègres, munis d’armes et d’outils de pierre, se sont maintenus dans la plus grande partie du Sahaixi, le long des grands oueds quaternaires. C’est très tardivement, à l’époque romaine peut-être, que s’est produite l’invasion berbère qui a mené les ancêtres des Touaregs jusqu’aux bords du Niger. Au cours d’une mission, subventionnée par l’Académie des inscriptions et belles-lettres, M. E.-F. Gautier a découvert deux séries de monuments correspondant à ces deux civilisations : i°. des flèches en silex, des haches en granité poli, au centre et au sud du Sahara ; des armes analogues et des meules de granité d’un type particulier sont encore en usage au Soudan et témoignent d’une civilisation de mangeurs de farine et de cultivateurs ; 20 des tombeaux très nombreux, représentatifs de l’âge de fer et datés par des inscriptions et des gravures libyco-berbères ou tifinar. Cette transformation a sa clé
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- INFORMATIONS
- du Sahara tut autrefois un grand bassin fermé, dont le centre était le lac Taoudini alimenté par les eaux de l’Atlas et du Foxita-Djalon. Longtemps après l’établissement du climat désertique actuel, et jusqu’à une époque récente, les affluents de ce lac, entre autres le Niger, entretinrent la vie et la culture jusqu’au cœur du Sahara. Puis progressivement les chenaux s’ensablèrent, se desséchèrent et le Sahara actuel, impropre à l’agriculture, fut livré aux Berbères.
- Le régime glaciaire en 1904. — Le recul des glaciers demeure le phénomène caractéristique dans le monde entier. A quelques cas isolés près, explicables d’ailleurs pour la plupart par des considérations topographiques, ce mouvement se manifeste très nettement en Suisse, où dans certains points l’enneigement a été régressif, par exemple près du glacier de Tête-Rousse, — dans la Savoie cl le Dauphiné, — dans les Pyrénées et dans la Norvège méridionale, — au Caucase, où il y a cependant un ralentissement marqué, — dans l’Alaska, les montagnes Rocheuses et les Selkirks, — en Amérique du Sud, en Afrique et au Groenland, où en deux ans le glacier de Jakobshavn a reculé de 4oo mètres dans sa partie centrale. Allons-nous vers une déglaciation définitive ou approchons-nous d’une reci'udescence glaciaire ? Les mesures datent de trop peu de temps pour qu’il soit possible de rien conclure.
- Automobilisme en 1906. — L’Automobile-Club de France organisera en 1906 deux épreuves importantes : la Coupe des bandages et le Concours d’endurance ; elle a également admis. le principe d’une course de vitesse sur les routes françaises en 1906. Le Comité de F Automobile-Club d’Italie a également décidé d’ouvrir au printemps de 1906 un concours dit de la « Coupe d’or » avec un prix de 100000 francs.
- Le tour de France en mototri. — Le i5 décembre est arrivé à Paris, devant le Salon de l’Automobile au Grand Palais, M. Gaston Rivierre qui vient de faire un tour de France de 5ooo km environ, sur un mototri Contai. On sait que ce mototri est une forme spéciale de tricycle à laquelle on a adapté un moteur à explosions ; on a formé ainsi une petite automobile qui remplace très avantageusement le tricycle primitif porteur.
- Industrie frigorifique. — Un détail qui montre l’importance de plus en plus grande que prend la réfrigération ou la frigorification. En Angleterre, il s’est formé, depuis un certain temps, une « Cold storage and Jee Association », dont font partie un grand nombre d’ingénieurs s’occupant de ces questions. D’autre part, aux Etats-Unis, où existent une foule d’entreprises industrielles faisant appel aux diverses applications du froid, vient de se créer une « American Society of Refri-geratiug Engineers ».
- Alimentation d’eau des locomotives. — Les chemins de fer allemands recourent de plus en plus aux grues hydrauliques (comme on les appelle) à grand débit, pour le renouvellement de la provision d’eau des machines ; ils mettent en service des appareils pouvant vider 12 tonnes d’eau en moins de deux minutes.
- Traverses de chemins de fer — M. J. T. Richards, ingénieur en chef de la Voie sur le chemin de fer américain Pennsylvania Railroad, vient d’exprimer une opinion très peu favorable aux traverses métalliques; ses observations expliqueraient le peu d’empressement que l’on met à adopter ces traverses, en dépit de l’appauvrissement des forêts. Il estime qu’elles augmentent les mouvements d’expansion et de contraction dans toute la voie ; elles sont trop légères par elles-mêmes et ne contribuent pas à donner une inertie suffisante à la voie. La liaison du métal de la traverse au métal du rail ne se fait que de façon très imparfaite, ces traverses sont bruyantes, elles ne donnent pas tant d’élasticité que le bois, elles coûtent cher, ne pourraient pas être employées avec les signaux automatiques électriques, parce qu’elles formeraient des connexions imprévues pour le passage du courant, etç.
- Roues de wagons. — Il paraît qu’011 commence à fabriquer couramment, aux États-Unis, des roues de wagons fondues en acier ordinaire, et comportant cependant une jante et un bandage en acier au manganèse : ce qui peut sembler bizarre au premier abord. Elles sont, en effet, d’une seule pièce, y compris bandage et dans un fait géographique encore inconnu : Cette partie
- moyeu, et tirées d’un seul lingot. Mais, au fur et à mesure qu’on coule le métal; le moule est mis en rotation rapide, puis on verse dans le métal en fusion du manganèse finement pulvérisé ; la force centrifuge le chasse vers la périphérie, c’est-à-dire vers la jante. On achève la coulée de métal sans plus ajouter de manganèse.
- Les canaux en France. — M. Audiffred, sénateur de la Loire, a dernièrement fait à l’Union du commerce et de l’industrie pour la défense sociale une communication sur l’outillage national en ce qui concerne les moyens de transport. Il a montré que les canaux sont les voies de communication les plus négligées, et qu’ils sont cependant les auxiliaires les plus puissants des chemins de fer; car ils favorisent leur trafic et permettent de fournir à bon marché, à l’agriculture et à l’industrie, les matières premières qui sont ensuite transformées et transportées par voies ferrées. En 1871, le tonnage kilométrique de nos canaux était de 1600 millions détonnes; en 1902, il dépassait 55oo millions. L’orateur voudrait que les canaux fussent construits par des Sociétés privées ou des Chambres de commerce, autorisées à percevoir des droits de navigation, avec le bénéfice de la garantie d’intérêt ; les canaux ont été jusqu’ici construits directement par l’Etat.
- L’émigration allemande. — Le peuple allemand est celui qui émigre le plus ; M. F. Wright, consul des États-Unis à Munich, a donné à ce sujet quelques chiffres intéressants. Le nombre total de personnes allemandes de naissance vivant à l’étranger est de 3029512; on en compte 4^0392 non allemandes de naissance, mais qui auraient acquis les droits de citoyen allemand. Les Allemands sont au nombre de 2669 164 aux Etats-Unis ; ils sont 168238 en Suisse, i5i 102 en Russie, 106 364 en Autriche-Hongrie, 90746 en France, 53 402 en Angleterre, 4^671 en Australie, 53 408 en Belgique, 35 061 en Danemark, 31 654 en Hollande, 27302 au Canada, 17 143 dans la République Argentine, 10775 en Italie, 662 au Japon. Le chiffre des émigrants atteignait 220902 en 1881, 2o3 585 en 4882, n6o65 en 1885, 22309 eu ^go, et 32098 en 1902.
- Achat de docks commmerciaux à Singapour. —-
- Le gouvernement britannique a décidé en septembre l’achat de vastes docks commerciaux à Singapour. Cette acquisition, déjà projetée depuis longtemps, présente de nombreux avantages : les docks ne pourront pas passer entre les mains d’étrangers ; en cas dq guerre, la flotte anglaise et celle de son alliée seraient les premières qualifiées pour utiliser les docks et les wharfs à faire le charbon. Les lois de neutralité y seront appliquées contre des belligérants avec plus de succès et de promptitude que si les docks appartenaient à une compagnie particulière.
- Commerce de la Martinique en 1904. — D’après Y Office colonial le total de l’importation à la Martinique a diminué l’année dernière de 10064102 francs, passant de 20 38q 568 francs en igo3 à xo 325 466 francs. Le total de l’exportation a diminué de 2460000 francs environ,, passant de 15 000 000 à 12640000 francs. Au total, le commerce de noti'e colonie a diminué de 12 5ooooo francs environ, c’est-à-dire qu’il a faibli en 1904 d’un tiers de ce qu’il était en igo3. Dans cette somme, la diminution du commerce avec la métropole est repi’ésentée par le. chiffre de 9 283 820 francs.
- Ponts métalliques. — A la suite, il est vrai, de plusieurs autres, il est intéressant de signaler le grand pont en cantilever qui vient d’être construit sur l’Ohio, à Mingo, États-Unis. II n’a pas moins de 2i3,36 m. d’ouverture libre -au milieu : il est composé de deux bras d’ancrage de 90,90 m., de deux bras cantilever de 5g,36 m. et d’une poutre centrale suspendue de 94,65 m.
- Les moutons australiens. — En 1904, les troupeaux de moutons australiens se sont accrus de 8 millions de têtes au minimum. On estime de 8 à 10 millions l’augmentation probable pour 1905.
- Usines à gaz. — On vient de construire à Berlin des usines à gaz nouvelles qui sont de proportions tout à fait remarquables : elles ne couvrent pas moins d’une surface de 200 000 mètres carrés ; un chemin de fer surélevé en réunit et en dessert les différents bâtiments, et enfin elles comportent une sorte de port sur le Lac-Tegel, le long duquel elles sont installées.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>_> Téléphonie <*
- Nouvel appareil de téléphonie domestique
- -est devenu aujourd’hui bien difficile •dans le choix des appareils téléphoniques On veut d’abord un excellent récepteur qui, à peine appuyé sur l’oreille, vous permette d’entendre très nettement la parole ; sinon, on a vite fait de rejeter l’appareil et d’interrompre toute conversation. Il ne faut pas non plus que l’on soit obligé de s’avancer ou de se déplacer pour pai'ler; il est nécessaire que l’on puisse téléphoner sans se déranger.
- Nous avons eu l’occasion de voir récemment un des derniers modèles d’appareils téléphoniques de la maison Mildé et Ci0 qui semble répondre à ces desiderata. Comme le montre la figure ci-jointe, il est formé d’un récepteur monté sur une même tige que le transmetteur qui est légèrement incliné pour permettre d’être bien présenté devant la bouche en même temps que le récepteur se trouve devant l’oreille. Cet appareil nous semble très pratique,
- -d’une construction robuste et rationnelle, et en même temps d’un maniement facile. Du reste, nous l’avons
- Oi
- Appareil de téléphone domestique.
- essayé, et il nous a donné un fonctionnement très satisfaisant. — L’appareil de téléphonie domestique se trouve chez MM. Ch. Mildé fils et Cio, constructeurs-électri-ciens, 56-6o, rue Desrenaudes, avenue Niel, à Paris.
- Mécanique
- Roue à ressort. — Sans croire beaucoup à 1 avenir de ces roues,.signalons celle-ci. C’est la roue « Empire », •dont la jante est du reste munie d’un caoutchouc plat.
- houe à ressort.
- Montées sur le moyeu, de chaque côté, sont 2 étoiles à 5 branches, faites d’une plaque de métal; elles sont réunies l’une à l’autre à chacune de leurs pointes par une goupille. Chaque goupille porte une paire de pièces triangulaires compensatrices entre les plaques, et une
- paire de leviers triangulaires en dehors. Entre les pièces compensatrices sont une paire de rouleaux, les rouleaux disposés sur les triangles adjacents étant réunis par des ressorts à lames, dont les centres sont fixés aux plaques étoilées par le moyen de boulons qui passent librement dans des pièces d’écartement logées entre les plaques. Chaque boulon est d’ailleurs réuni par articulation à goupille aux deux angles coi'respondants de deux leviers triangulaires, se faisant face de pai't et d’autre de la roue. Le dernier angle libre de ces leviers est relié au centre d’une paire de segments métalliques portant par des rouleaux à l’intérieur de la jante de la roue. Toute pression sur cette jante est transmise du ressort à lames, qui se trouve au droit du point d’application, à l’ensemble des ressorts par les pièces compensatrices. Des sortes d’ergots, à l’intérieur de la jante, viennent s’opposer au mouvement exagéré des segments. Tout cela est compliqué, mais curieux à signaler au point de vue mécanique. — Le constructeur est la Metropolitan Engineering Association, 4 > Queen Victoria Street, Londres, E. C.
- *>> Physique générale <«*
- Métronome de précision à pendule normal. —Il
- n’existait jusqu'à ce jour comme métronome qu’une petite colonne en bois dans laquelle fonctionnait un mouvement à ressort. Ce dernier balançait une tige en métal à laquelle était suspendue une glissoire en plomb et qu’on réglait en remontant ou en descendant pour accélérer ou ralentir le mouvement ; il fallait arrêter chaque fois qu’on voulait faire une variation de mesure. Cet
- Métronome < ! e précision à pendule normal.
- I. Vue du détail de suspension. — 2. Vue d’ensemble de l’appareil.
- appareil n’était guère pratique et n’avait aucune précision ; il était tout à fait incomplet et ne rendait aucun service. Un professeur de musique, en collaboration avec un horloger mécanicien, a conçu il y a quelque temps l’idée d’un nouveau' métronome qui peut être de réelle utilité à tous ceux qui aiment à cultiver la musique.
- Ce métronome, basé sur les lois du pendule normal, donne des indications isochrones. Dans le pendule normal, les oscillations sont en raison de sa longueur; elles sont lentes lorsque le fîl s’allonge, et rapides lorsque la longueur diminue. Les dimensions réduites de l’instrument ont conduit à adopter le pendule donnant, au départ, la demi-seconde, soit 120 oscillations par minute, et au point final le quart de seconde, soit 240 oscillations par minute. L’appareil comporte à la partie inférieure un cadran, divisé en trois anneaux pé-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- riphériques portant les nos i, 2, 3. Les mesures de temps, indiquées sur l’anneau 1, de 120 à 240 oscillations par minute, se comptent par battement simple. Les mesures de temps, indiquées sur l’anneau 2, de 60 à 120 oscillations par minute, se comptent par battement double, ou à temps binaires. Les mesures de temps indiquées sur l’anneau 3, de 4oà 60 et jusqu’à 80 oscillations par minute, se comptent par battement triple, c’est-à-dire à temps ternaires. Le métronome permet d’indiquer très simplement toutes ces mesures. On peut l’employer de deux manières, sans bruit ou avec bruit. Pour éviter le bruit, il suffit de placer, sur un point désigné par S, l’aiguille du secteur que l’on aperçoit à la partie droite dans le n° 1 de la ligure. A l’aide d’un bouton fixé derrière le cadran, on place l’aiguille sur le nombre demandé, on met le pendule en mouvement. On compte ensuite les temps, comme nous l’avons dit plus haut, par simple, double, ou triple battement suivant la position occupée par les nombres indiqués, sur le premier, le deuxième ou le troisième anneau. La mise en place de l’aiguille sur le nombre demandé et sur le cadran règle à volonté la longueur du pendule. Si l’on désire faire fonctionner l’appareil avec bruit, on place l’aiguille du secteur sur le chiffre correspondant à l’anneau dans lequel se trouve la mesure choisie ; le bruit qui se produit en donne aussitôt le mouvement.
- Pour obtenir la division en temps ternaires des mesures non chiffrées dans l’anneau 3, de 60 à 80 oscillations par minute, on place l’aiguille du secteur sur le chiffre 3 et l’aiguille du cadran dans l’ordre suivant : pour la mesure 63, sur le nombre 189 du premier anneau, pour 66 sur le nombre 198, pour 69 sur 207, pour 72 sur 216, pour 76 sur 228, pour 80 sur 240. On trouve facilement ces nombres par les subdivisions inscrites, entre les principales mesures, à l’aide d’un point pour les nombres impairs, et à l’aide d’un trait pour les nombres pairs. Pour obtenir la division en quatre battements des mesures de 4o à 60 oscillations par minute, on place l’aiguille du secteur sur le chiffre 1, l’aiguille du cadran sur les nombi'es 120 à 240 et on compte 4 battements pour la mesure. Les changements de mesure sont très rapides et se font sans arrêt du mouvement oscillatoire du pendule ; on peut ainsi suivre toutes les nuances de l’œuvre interprétée et ralentir ou précipiter le mouvement. La manœuvre de cet appareil se fait très aisément d’une seule main ; la durée de sa marche est de 1 heure environ.
- L’instrument a été soumis au Conservatoire national de musique de Paris ; tous les maîtres et les professeurs en ont fait de grands éloges et l’ont hautement approuvé. — Le métronome de précision à pendule normal est construit par The Zéphyr C°, 24, rue des Petites-Ecuries, à Paris.
- Jouets animés
- Le gymnaste. — Chaque année, aux environs du jour de l’an, nous voyons apparaître ces petites merveilles d’ingéniosité qui font la joie des enfants, et qui fixent quand même l’attention des parents. Le gymnaste que montre la figure ci-jointe fait l’exercice des barres parallèles. Ces deux barres sont très simples et faciles à monter ou à
- démonter. Deux supports, formés de deux tiges verticales, sont réunies à leur base et à leur partie supérieure ; les barres parallèles sont fixées sur ces tiges. Le gymnaste se place sur ces deux barres et se main-tient sur ses mains. En réalité ce sont deux mas-Le gymnaste. ses métalliques
- d’une forme allongée qui se déplacent sur les barres. Ces masses sont portées sur un arbre mis en mouvement par un petit mécanisme d’horlogerie. L’effet obtenu est très curieux.
- On voit le gymnaste se déplacer très aisément le long des barres en exécutant fort bien tous les mouvements qui sont de convenance. — Le grand industriel, constructeur de ces jouets ingénieux, est M. Fernand Martin, 88, boulevard Ménilmoutant, à Paris.
- L’hercule populaire. — Nous connaissons tous, pour l’avoir vu, combien de fois, cet hercule, qui, sur une place publique, s’installe avec des poids de 20, 5o et 100 kg, des haltères de mêmes poids et qui, après les compliments de circonstance, annonce qu’il va soulever tels et tels poids et demande s’il est quelqu’un dans la société qui s’offre pour venir faire la même opération. Généralement, il ne se présente pas d’amateurs, ou s’il en est quelques-uns, ils sont bientôt obligés, après essais, de renoncer à l’expérience. Le petit hercule que
- L’hercule populaire.
- nous présentons 11’hésite pas à entreprendre le travail. Il porte sur sa main droite un poids de 20 kg quril maintient horizontalement, pendant qu’il élève et abaisse successivement avec sa main gauche une haltère du même poids. Il marche, se déplace à gauche et à droite et montre que chez lui ces mouvements sont obtenus tout naturellement par la force et la vigueur qu’il sait déployer. Il ne craint pas le concurrent qui pourrait se présenter, et montre à la société qui l’entoure qu’il peut remplir la promesse qu’il a faite, de porter les poids pendant un long moment. Il ne s’arrête, en effet, qu’après avoir fait plusieurs fois le tour de la réunion. Tout merveilleux aussi, ce petit hercule sait nous convaincre qu’il est des hommes forts, sachant manier habilement des poids lourds. — Ce petit jouet est construit par le fabricant désigné plus haut.
- L’avocat. — Il ne suffit pas à notre constructeur de pi-oduire des effets d’adresse ou d'habileté musculaire comme ceux que nous avons pu voir dans les jouets précédents. Mais il semble encore qu’il tienne à frapper notre imagination et notre esprit par des effets plus pénétrants. Aussi il ne craint pas d’aller chercher des personnages dont la mission consiste à produire la persuasion, à avoir recours à des arguments convaincants ou apitoyants. C’est un avocat qui nous apparaît. Revêtu de sa robe, il est à la barre et prononce devant le tribunal une chaude plaidoirie en faveur de son client. Il tient à la main un extrait du Code civil, et cherche par tous les moyens à convaincre le tribunal » que l’article dont il est question n’est pas applicable. Il cite des faits, joint le geste à la parole, agite la tête, la main et s’efforce de prouver qu’il est bien convaincu que l’accusé n’est pas coupable. Il cherche à faire partager cette conviction par le tribunal, et s’il pressent que le moindre doute subsiste encore , il fait appel à de nouveaux L’avocat,
- arguments plus puissants que
- les premiers, et n’hésite pas à poursuivre ainsi sa plaidoirie jusqu’à ce qu’il obtienne satisfaction. Notre petit avocat est réellement bien intéressant, et remplit complètement son rôle avec dignité et conviction. — Ce petit jouet est fabriqué par le même constructeur que les précédents. .
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- JANVIER-FEVRIER-MARS 1906
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- XXIIL
- xvn
- ,5 Cotiroi
- 'Hercule
- Petit Ren
- Daujhin
- • Flèche
- Serpent
- Petit Cheval
- ittaire
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- XVUI
- MARCHE DES PLANÈTES SUR LE
- CIEL PENDANT
- ANNÉE 1906
- I. — SOLEIL
- Le Soleil est en pleine activité depuis plusieurs mois. Récemment, en octobre, il a présenté en même temps deux taches immenses visibles à l’œil nu. On devra donc profiter de toutes les occasions pour observer l’astre qui nous éclaire et prendre des dessins et des photographies de sa surface.
- L’équinoxe de printemps arrivera le 21 mars, à i3 heures. A ce moment, le centre du Soleil traverse l’équateur céleste et les durées du jour et de la nuit sont les mêmes.
- IL — PLANÈTES
- Les deux cartes ci-dessus permettent de, suivre assez facilement le déplacement des principales planètes sur le ciel pendant tannée 1906. Pour le Soleil, Mercure, Vénus et Mars, dont le mouvement est très rapide, la position de ces astres est donnée de i5 en iS jours. Pour Jupiter, elle ne figure que le Ier de chaque mois et pour Saturne, Uranus et Neptune, pour l’année entière.
- Mercure, de janvier à mars, traverse les constellations du Sagittaire, du Capricorne, du Verseau et des Poissons. Le 5 janvier, il sera à sa plus grande élongation du matin à 220 56' à l’Ouest du Soleil et on pourra le rechercher 5 ou 6 jours avant et après cette date. Il
- passera ensuite derrière le Soleil et le 18 mars se trouvera à sa plus grande élongation orientale, à i8°23' à l’Est du Soleil. On le verra alors le soir, dans les feux du crépuscule. Les phases de Mercure sont analogues à celles de la Lune. De 6",5 le 5 janvier le diamètre de Mercure descend à 4",7 le 14 février pour atteindre 11" à la fin de mars.
- Vénus est dans de mauvaises conditions pour être observée étant en conjonction supérieure avec le Soleil le 14 février, c’est-à-dire à l’opposé du Soleil. Elle sera visible le matin jusqu’au 14 février et ensuite le soir, mais bien près du Soleil.
- Une. intéressante conjonction de Mercure et Vénus aura lieu le 23 février, à 7 heures, les deux planètes étant à o° 22' l’une de l’autre. Elle sera très difficile à observer à cause du rapprochement du Soleil.
- Mars, très près du Soleil, est pratiquement inobservable.
- Jupiter, dans le Taureau, d’abord sous les Pléiades, puis entre celles-ci et Aldébaran, est admirablement situé pour être étudié. Il passe au méridien vers 20 heures au début de janvier et sera en quadrature avec le Soleil le 17 février. Le diamètre équatorial de la planète sera de 45",3 le 5 janvier, de 4l">2 le 4 février et de 37",4 le 6 mars.
- -ersria-
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- L’emploi des plus petites lunettes permet l’étude de Jupiter et de la marche des satellites.
- PHÉNOMÈNES DU SYSTÈME ME JUPITER
- t" Janvier, I. F. c., 21 li. 51 ni.; 11. F. c., 21 I). 55 ni.; 1. 0. c., 22 h. 16 ni.; II. 0. c., 25 li. la ni.; 2, 1. F. 1'., 0 h. 4 ni.;. II. F. I'., 0 h. 29 ni.; 1. 0. I'., 0 h. 59 ni.; II. 0. 1'., 2 li. 22 ni.; 1. Im., 19 h. 6 ni.; 1. E. f.,
- 22 li. 12 ni. 10 s.; 3, 1. O. c., 17 li. 14 ni.; 111. lui., 17 li. 34 m.;
- 1. P. 1‘., 18 h. 50 ni.; III. Em., 19 h. 20 m.; I. 0. I'., 19 h. 27 ni.; II. E.
- f., 20 h. 52 ni. 4 s.; III. E. c., 21 li. 25 ni. 17 s.; III. E. f., 23 li. 7 ni. 49 s.;
- 4, 1. E. 1., 16 li. 41 ni. 1 s.; 8, I. Im., 2 li. 27 m.; 1. F. c.,
- 25 b. 39 m.; 9, II. F. c., 0 li. 18 ni.; I. 0. c., 0 li. 41 ni.; I. F. 1'.,
- I h. 52; II. 0. c., 2 h. 24 ni.; II. F. 1., 2 h. 53 ni.; I. 0. 1'., 2 h. 54 m.;
- I. Im., 20 b. 54 ni.; 10, I. E., I'., 0 b. 7 ni. 53 s.; I. P. c., 18 b. 6 ni.;
- II. Im., 18 b. 50 m.; I. O. c., 19 b. 9 m.; I. P. f., 20 b. 19 m.; III. Im.,
- 21 b. 6 ni.; 1. 0. f., 21 h. 22 ni.; III. Ein., 22 b. 56 m.; II. E. f.,
- 23 h. 27 m. 48 s.; 11, III, E. c., 1 b. 26 m. 1 s.; 1. E. f., 18 h, 36 m.
- 46 s.; 12, II, 0. I'., 18 h. 20 m.; 14, 111. O. f., 17 b. 26 ni.; 16, I. F. c., 1 b. 28 m.; I. 0. c., 2 b. 36 m.; I. Im., 20 b. 44 ni.; 17, I.
- E. f., 2 b. 3 m. 40 s.; I. F. c., 19 b. 56 ni.; 1. 0. e., 21 b. 5 m.; II.
- Im., 21 b. 14 ni.: 1. F. f., 22 b. 9 m.; 1. 0. I'., 23 b. 18 ni.; 18, III. Im., 0 b. 43 m.; II. E. f., 2 b. 3 m. 39 s.; I. Im. 17 b. 12 ni.; I. E. f 20 b. 32 ni. 53 s.; 19, I. 0. f., 17 b. 47 ni.; II. 0. c., 18 b.
- 22 m.; II. P. f., 18 h. 34 ni.; II. 0. f., 20 b. 59 in.; 21, III. 0. c.,
- 19 b. 29 m,: 111. 0. I\, 21 b. 28 ni.; 24, I. Im., 0 h. 35 m.; I. P.
- c., 21 b. 46 m.; I. 0. c., 23 b. 0 m.; II. Im., 23 b. 40 ni.; I. P.
- 1'., 23 b. 59 ni.; 25, I. 0. f., 1 b. 13 m.; I. Im., 19 b. 5 m.; I. E. f.,
- 22 b. 28 m. 22 s.; 26, I. 0. c., 17 b.-29 m.; I. F. I'., 18 b. 27 ni.; II. F.
- c., 18 b. 29 m.: I. 0. c., 19 b. 42 m.; II. O. c., 21 b. 0 ni.; II. F. I'.,
- 21 b. 5 m.; II. O. f. 23 h. 38 m.; 28, II. E. f., 10 b. 57 ni. 40 s.; 111.
- F. c., 18 b. 25 ni.; III. P. f., 20 b. 23 m.; III. O. e., 25 b. 29 ni.; 29III. 0.
- f., 1 h. 30 m. — 31, I. F. c., 25 b. 58 ni. — 1" Février, I. 0. c., O b. 55 m.; I. Im., 20 b. 56 ni.; 2, I. E. 1., 0 b. 24 m. 15 s.; I. F. c.,
- 18 b 6 ni.; I. 0. c., 19 b. 24 m.; I. F. f., 20 b. 20 m.; II. F. c.,
- ai b. 2 m,; I. 0. f., 21 b. 37 ni.; II. F. f‘. 23 b. 38 m.; II. 0.
- <-., 23 b. 39 m.; 3,1. E. IV, 18 If. 53 m. 13 s.; 4, II. E. f., 20 b. 33 ni. 49 s.;
- III. P. c., 22 b. 14 s.; 5, III. F. I'. 0 b. 15 m.; 8, III. E. c., 17 b. 50 ni. 56 s.;
- III. E. 1'., 19 b. 20 m. 8 s.; I. Im., 22 b. 50 ni.; 9, 1. F. c., 20 b. 0 ni.;
- I. 0. e., 21 b. 19 m.; 1. F. f., 22 b. 13 m.; I. O. F., 23 b. 52 m.; I. F. c.,
- 23 b. 36 ni.; 10, I. E. f., 20 b. 49 m. 5 s.: 11, II. Im., 17 b. 58 ni.; I. 0.
- f., 18 b. 1 m-; H- Em., 20 b. 35 m.; II. E. c., 20 b. 57 m. 18 s.; II. E. I'., 23 b. 10 m. 5 s.; 13, 11. 0. I'., 18 b. 14 ni.; 15, III. Em.. 18 b. 6 m.; III. E. c., 21 b. 31 ni. 44 s.; 111. E. f., 23 b. 22 m. 19 s.; 16, I. F. c,,
- 21 b. 55 m.; I. 0. c., 23 b. 14 m.; 17, I. F. 1'., 0 b. 8 m.; 17, I. Im.,
- 19 b. 14 m.; I. E. 1'., 22 b. 44 m. 53 s.; 18,1. 0. c., 17 b. 43 m.; I. F. f.,
- 18 b. 57 ni.; I. 0. f., 19 b. 57m.; II. Im., 20 b. 53 m.; II. Em., 23 h. 10 m.;
- II. E. c., 23 b. 13 m. 21 s.; 20, II. F. f., 18 b. 10 m.; II. 0. c., 181i. 14 m.; II. 0. 1'., 20 h. 52 m.; 22, III. lui., 20 b. 3 m.; III. Em.,
- 22 b. 9 m.; 23, I. F. c., 23 b. 50 ni.; 24, I. Im., 21 b. 10 m.; 25, I. F.
- c., 18 b. 19 ni.; 1. 0 c., 19 b. 39 m.; I. F. f., 20 b. 33 m.; I. 0. I'., 21 b. 52 m.; II. Im., 25 b. 10 m.; 26, I. E. f., 19 b. 9 m. 54 s.; 27, II. I*.
- c., 18 b. 13 s.; II. F. f., 20 b. 51 m.; li. O. e., 20 b. 52 ni.; II. 0. 1'.,
- 23 b. 31 m. — 5 mars, I. Im., 25 b. 7 m.; 4, I. F. e., 20 b. 16 ni.; I. 0.
- c., 21 b. 34 m.; I. P. f., 22 b. 50 ni.; 5, III. 0. c., 19 b. 53 m.; J. E. I'., 21 b. 5 m. 19 s.; III. 0. I'. 21 b. 40 m.; 6, I. 0. i'., 18 b. 16 m.; II. P. c.,
- 20 b. 54m.; II. 0. c., 23 b. 50 m.; II. P. f., 23 b. 53 m.; 8, 11. E. f.,
- 20 b. 18 in. 0 s.; 11, 1. F. e., 22 b. 14 m.; 12, III, F. c., 18 b. 29 m.;
- I Im., 19 b. 55 m.; 111. F. f., 20 b. 40 m.; I. E. f., 23 b. 0 m. 59 s.;
- 15, I. P. 1'., 18 b. 57 m.; I. 0. 1'., 20 b. 12 m.: 15, II. E. 4., 22 b. 54 m. 49 s.;
- 19 I. im., 21 b. 34 m.; III. P. c., 22 h. 43 m.; 20, 1. F. c., 18 b. 42 m.;
- 1. 0. e., 19 b. 53 m.; .. F. I'., 20 b. 56 m.; I. 0. 1'., 22 b. 7 m.; 21, I.
- E 4 19 b 25 m. 52 s.; 22, II. Im. 20 b. 55 m.; 23, III. E. f. 19 h.
- 33 in. 56 s.; 2-4, II. O. 1'., 20 b. 44 m.; 27, I. F. c., 20 b. 42 m.; I. 0. r., 21 b. 49 m.; 28, I. E. 1., 21 b. 21 m. 2 s.; 50, 111. Em., 19 b. 20 m.;
- III. E. c., 21 b. 36 m. 45 s.; 31, II, O. e., 20 b. 41 m.; II. F. 1'., 21 b. 12 m.
- , Saturne, dans le Verseau, pourra être recherché en janvier, au crépuscule. Il sera en conjonction avec le Soleil le 24 février.
- Uranus, dans le Sagittaire, est également mal situé actuellement pour être observé. En mars, il sera visible vers la lin de la nuit. Nous en parlerons au prochain Bulletin.
- Neptune, par contre, est en opposition. Celle-ci s’est produite le 21 décembre igoS. On pourra donc le suivre, dans les Gémeaux, en s’aidant d’une carte très détaillée, d’une lunette assez puissante pour montrer les étoiles de 8° et 9e grandeur et des positions ci-après. -
- BATES ASCENSION DROITE DECLINAISON DIAMETRE
- 5 janvier. • . 6 b. 38 îii. 22° 11' 2".3
- — ... 6 b. 31 m. a- 22° 14' 2", 3
- 14 lévrier. . . 6 b. 34 m. a- 22° 16' £'',3
- 6 mars. . . 6 b. 33 m. -h 22° 18' 2", 3
- 26 — • • 6 b. 33 m. a- 22° 19' 2", 3
- Petite planète. — La petite planète Junon, entre le Lion et l’Hydre, peut être trouvée, comme Neptune, avec une lunette de moyenne puissance, et surtout si
- celle-ci est montée équatorialemenl. La rechercher aux positions suivantes :
- DATES ASCENSION DROITE DECLINAISON GRANDEUR
- 2 janvier . . . . 9 11. 24 111. a- 0° 11' 8,1
- 10 — 9 b. 20 m. a - 0° 56' 8,1
- 18 — 9 b. 15 m. a- 1° 19' 8.1
- • 26 — 9 b. 8 ni. a- 2° 17' 8,1
- 5 février . . 9 b. 2 m. a- 3° 28' 8,1
- 11 — 8 II*. 55 m. -H- 4° 47' 8,1
- 19 — 8 b. 49 m. a- 6° 10' 8,2
- 27 — 8 b. 44 m. a- 7° 31' 8,3
- 7 mars . . . 8 b. 41 m. a- 8° 47' 8,4
- 15 — 8 b. 59 m. a- 9° 55' 8,6
- 23 — 8 b. 40 m. a- 10° 55' 8,7
- 31 — 8 b. 42 m. a- 11° 40' 8,9
- III. PHÉNOMÈNES DIVERS
- Conjonctions. — Le 17 janvier , Mercure en conjonc
- tion avec Uranus , à 3 heures, à o° 19' Nord.
- Le 26 janvier, Saturne en conjonction avec la Lune, à 20 b., 0° 31' sud. Le 28 janvier, Mars en conjonction avec la Lune, à 12 b., à 2° 28' nord. Le 2 lévrier, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 17 b., à 4° 39' nord Le 26 février, Mars en conjonction avec la Lune, à 14 b., à 4° 42' nord. Le 2 mars, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 6 b., à 4° 4 P nord.
- Le 29 mars, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 22 b., à 4° 32' nord.
- Eclipses. — Le 9 février, éclipse totale de Lune, en partie visible à Paris. Nous ne la verrons que bien peu; les observateurs d’Amérique pourront au contraire la voir entièrement. Voici les éléments de cette éclipse :
- Entrée dé la Lune dans la pénombre
- Entrée dans l’ombre..............
- Commencement de l’éclipse totale . . Coucher de la Lune à Faris ......
- Milieu de l’éclipse................
- Fin de l’éclipse totale...........
- Sortie de l’ombre.................
- Sortie de la pénombre. ......
- 5 b. 3 m
- 6 h. 6 m
- 7 b. 7 111 7 b. 21 111
- 7 b. 56 m
- 8 b. 46 m
- 9 b. 46 111 10 b. 49 tu
- Grandeur de l’éclipse : 1,780, le diamètre de la Lune étant un.
- Le 23 février, éclipse partielle de Soleil, invisible à Paris. Cette éclipse sera visible de l’Océan anstral et d’une petite partie de l’Australie.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6° grandeur.
- DATE ÉTOILE OCCl’LTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 4 janvier. . Baleine. 4-,5 16 b. 22 m. 17 b. 13 111.
- 6 f Taureau. 4,5 5 b. 5 m. 3 b. 23 m.
- 7 y Taureau. 3,8 3 h. 6 m. 3 b. 51 m.
- 7 1526 B. A. E. 5,7 19 b. 4 ni. 20 b. 08 m.
- 11 q Gémeaux. 5,0 0b. 8 111. 0 b. 56 m.
- 14-15 — a Lion. 4,1 25 b. 12 m. 0 b. 5 m.
- 5 février. . Aldêbaran. 1,0 17 b. 28 m. 18 b. 42 m.
- 4 ' — 115 Taureau. 5,7 17 b. 36 m. 18 b. 39 m.
- 4 120 Taureau. 5,9 21 b. 59 m. 22 h. 49 m.
- 7 - £1 Cancer. 4,8 19 b. 12 m. 20 b. 17 m.
- 8-9 - tx2 Cancer. 5,5 23 ii. 23 m. 0 b. 37 m.
- 9 Régulas. 1,5 22 b. 16 m. 22 b. 44 m.
- 10-11 X Lion. 4,8 23 h. 20 m. 0 b. 23 m
- 15 s1 Balance. 5,9 5 b. 29 m. 6 b. 27 m.
- 19 — 29 Sagittaire. 5,5 6 b. 45. m. 7 b. 58 m.
- 20 - /’ Sagittaire. 5,1 6 b. 3 m. 7 b. 0 m.
- 28 — ja Baleine. 4,4 19 b. 11 m. 20 b. 24 m.
- 1" mars. . . /’ Taureau. 18 b. 37 111. 19 b. 13 m.
- 2 - y Taureau. 5,8 19 b. 0 m. 19 b. 53 m.
- 3 0‘ Taureau. 4,0 0 b. 4m- 0 b. 51 m.
- 3 O2 Taureau. 3,8 0 b. 21 m. 0 h. 38 m.
- 6 ,q Gémeaux. 5,0 5 h. 42 m. 6 h. 25 ni.
- .8 — o2 Cancer. 5,9 2 h. 49 m. 3 b. 43 m.
- 8 o1 Cancer. 5,4 2 h. 55 m. 3 h. 36 m.
- 12 - y Vierge. - 2,9 4 h. 27 m. 5 b. 12 m.
- 15 - y Balance. 4,1 5 h. 36 m. 6 b. 39 m.
- 18 21 Sagittaire. 5,1 1 b. 50 m. 2 h. 30 m.
- 30 - Aldêbaran. 1,0 8 b. 58 m. 9 h. 43 ni.
- Etoiles filantes. — Les 2, 3, 4 janvier, averse des
- Quadrantides : Radiant (3 Bouvier.
- Le 3 mars, chute fréquente de bolides.
- Etoiles variables. — Le 23 janvier, maximum de Mira Ceti, variable de 3,3 à 8,5. Suivixfcette étoile pendant tout le mois de janvier et noter ses variations afin de déterminer le maximum de son éclat.
- Minimum de l’étoile variable Algol ([3 Persée) d’après les éphémérides de M. Enzo Mora, membre de la Société astronomique de France.
- Janvier 15 (22 b. 51 m.) ; 18 (19 b. 20 m.). — Février 5 (0 h. 15 m.) ; 7 (21 b. 5 m.) : 27 (22 b. 50 m.). — Mars 2 (19 b. 39 m.) ; 22 (21 b. 24 m.).
- Em. T0ÜCHET.
- -ggl 38 l§Br
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- nouvel aéromoteur, décrit par M. Ramaclcers dans le n° 1697, du 2 décembre 1905, p. 12, se trouve chez MM. Reuter et Schumann, à Kiel (Allemagne). — Pour la machine à cueillir le coton, décrite dans le n° 1700, du 23 décembre 1904, p. 64, s’adresser à MM. Lowry Cotton Picker C°, aux soins de M. R. H. Allen Engineer Memphis, Tennesslee (Etats-Unis.) — Pour les machines à fabriquer les cartouches, s’adresser à Vauxhall and West Hydraulic Engineering Co, 23 College Hill Londres, E. C. — La machine à laver la vaisselle se trouve chez MM. E. Brehier et Cie, constructeurs, 5o, rue de l’Ourcq, à Paris (190 arr.).
- Communications. — M. H. J. Maison, au Havre, nous adresse une brochure relative à un système breveté de radeau de sauvetage de son invention. Cet appai'eil, en tôle galvanisée, est très robuste : il est muni sur chacune de ses faces d’un plancher mobile et, quelle que soit la façon dont il tombe à l’eau, constitue, d’après l’auteur, un refuge toujours sûr et insubmersible. Un appareil de lancement en assure la rapide mise à flot.
- M. P. Ilelbronner, à Nancy, nous adresse un tirage à part de sa Note sur les triangulations géodésiques complémentaires des hautes régions des Alpes françaises (troisième campagne), parue aux Comptes rendus de l’Académie des Sciences, séance du i3 novembre, et qui constitue un excellent résumé des travaux effectués jusqu’à ce jour et en cours d’exécution.
- M le I)' Lahesse, à Angers, vient de publier et nous adresse une courte étude sur le Curare de V Orénoque d’après les notes orales et manuscrites d’Albert Gaillard de Tiremois, envoyé en mission botanique daus la région qui se trouve au confluent du Guaviare et de l’Atabapo, deux des plus grands cours d’eau qui se jettent dans l’Orénoque. Le curare est fabriqué suivant des procédés assez mystérieux, jalousement tenus secrets par quelques Indiens qui s’en transmettent l’indication de père en fils et qui monopolisent ainsi ce commerce au profit de leur famille. Son origine toute végétale se rapporte à trois plantes phanérogames : i° deux Strychnées, Strychnos Guhleri (= Strychnos Curare?) et Strychnos toxifera possédant toutes deux une écorce, des feuilles et des semences riches en strychnine et bru-cine et donnant la première le curare faible, l’autre le curare fort', — 20 une aroïdée du genre Anthurium (les Indiens l’appellent Picaion) qui entre dans les dei^x types de curare ; on mêle souvent à ces trois plantes fondamentales des aristoloches, des pipéracées, etc. Le curare est fabriqué avec des raclures fraîches de l’écorce des strychnos que l’on fait bouillir en y ajoutant des feuilles du picaton. Suivant le strychnos employé, on a le curare faible qui sert à la chasse des oiseaux et du petit quadrupède ou le curare fort (curare bravo), souvent possédé seulement par le chef de tribu et qui sert à la grande chasse ou à la guerre. Enfin, dans les marchés conclus entre Indiens, la valeur du curare est toujours préalablement établie en expérimentant son effet in vivo sur une petite grenouille commune, qui constitue un excellent réactif physiologique.
- MM. Sander et fils, à Bruges (Belgique) nous font part des beaux résultats qu’ils ont obtenus avec la culture d’une nouvelle plante annuelle de pleine-terre, la nico-tiana sanderæ. C’est une très belle espèce de tabac, présentant jusqu’à huit variétés : pourpre, blanc éclatant, rose, rouge foncé et rouge clair, cramoisi, violet, saumon.
- M. Leriche, au Caire, nous adresse une intéressante note sur une traverse de chemin de fer avec âme en bois et asphalte. Dans ce petit travail, l’auteur expose les recherches qu’il a entreprises depuis 1888 dans le but de trouver une bonne traverse de chemin de fer,, puis
- il décrit une traverse de son invention composée d’une âme en fascine et d’un revêtement de 0,015 mètre en asphalte.
- Renseignements. — M. Bally, à Paris. — Vous pourriez voir parmi les publications de la maison Vuibert et Nony, 63, boulevard Saint-Germain, ou vous servir du cours de mécanique de Combette (Alcan, éditeur). Peut-être les professeurs de l’Ecole pourraient-ils donner une indication utile et précise ?
- M. A. E., à Cannes. — Nous ne connaissons pas la machine dont vous parlez. Nous craignons que l’essai n’en soit très dangereux et probablement sans résultat : un allongement forcé de la colonne vertébrale peut occasionner des accidents et il y a lieu de montrer une grande prudence.
- M. L. L., à Rouen. — 1" Nous vous remercions de votre remarque. Nous avions toute raison de croire la nouvelle exacte, car elle était donnée par un journal scientifique et technique américain, le Scientific American. — 20 Pour le traitement des benzines, veuillez vous adresser à M. Neuburger, directeur du journal du pétrole aujourd’hui disparu, 26, rue Singer, à Paris.
- Un lecteur, à Paris. — Il nous arrive certainement quelquefois de ne pas avoir tous' les renseignements que nous désirerions.
- M. G. Aubry, à Paris. — Nous ne possédons pas l’adresse que vous nous demandez. Tous nos regrets.
- M"'a II. Lazzaro, à Salonique. — Jusqu’ici les charrues automobiles n’ont pas donné de grands résultats. Vous pouvez vous adresser àM. Renaud, 10, avenue Alphand, à Saint-Mandé (Seine).
- M. B. de M., à Saint-Joseph. —Appareils pour chauffe-bains, à pétrole et à alcool : MM. Allez, 1, rue Saint-Martin, Labbé frères, 5, rue de la Fidélité, Walter Lecuyer, 138, rue Montmartre, à Paris.
- M. P. L., à O.-Ste-M. — Fusils de chasse : Manufacture d’armes de Saint-Etienne; Fauré Le Page, 8, rue de Richelieu; Guinard et C‘e, 8, avenue de l’Opéra; Lefaucheux, 12, rue des Filles-Saint-Thomas.
- M. le Bv Girardeau, à Pau. — Pellicules séparées Afga : chez MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. Valancogne, à Saint-Etienne.—Vous trouverez un excellent moyen d’enlever les bulles d’air d’un tube barométrique dans le recueil Recettes et procédés utiles, i,e série, à la librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. V- Mares, à Cork-Mine (Canada). — Nous vous conseillons les traités classiques de M. de Lapparent : Traité de géologie (5° édition 1906), 3 vol., Cours de minéralogie, 1 vol., à la librairie Masson et Cio.
- M. Ilijo de Antonio Elôsegui, à Tolosa. — Vous trouverez ces procédés dans le recueil de Recettes et procédés utiles, 3° et 4e séries, à la librairie Masson et C“, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Chastel, à Lyon. —Acide sulfureux, chez MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Ch. Pujol, àMineiro. — i° Nous ne possédons pas ces renseignements; tous nos regrets. — 20 On nomme baume de menthol différents produits formés d’un corps gras et de menthol et que l’on emploie avec plus ou moins de succès dans le traitement des coryzas. — 3° Nous ne connaissons pas d’autre formulaire de ce genre, que celui que vous indiquez.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. O.
- Combemalle, à Avesnes. Yeuillez vous adresser à un médecin spécialiste. — M. Ch. Hirsch, à Saint-Raphaël. La question ne peut être résolue que sur place par un expert en marchandises. — M. L. Gandonnart, à Mont-mirail. Voyez dans Recettes et procédés utiles, 3° série, à la librairie Masson et Ci0, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Sansot, à Belleu. Vous trou-verez diverses recettes dans le même ouvrage, même librairie, 4e et 5e séries-. — MM. J. Matson, au Havre, P. Ilelbronner, à Nancy, Lahesse, à Angers. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 décembre . — 1°,9 E. N. E. 1. Beau. )) Gelée ht.'; brouill. Ic matin ; beau jusqu’à 7 b. ; couvert
- ensuite.
- Mardi 19 - 0°,1 . S. W. 3. Couvert. 0,2 Couvert ; gouttes entre 11 b.cl 14 b.
- Mercredi 20 3°,0 S. W. 2. Couvert. 0,7 Couvert ; averse à 23 b.
- Jeudi 21 3°,3 S. W. 2. Couvert. » Couvert.
- Vendredi 22 4°,1 S. S. W. 2. Couvert. » Couvert.
- Samedi 25 i°,l S. E. 5. Couvert. » Couvert.
- Dimanche 21 1°,2 S. 2. Couvert. » Couvert.
- DÉCEMBRE 1905. — SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 DÉCEMBRE 1905.
- 1 | v Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi t | Vendredi | Samedi | Dimanche | U
- tLa courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direct ion du vent. Les courbes du milieu iiidiquenl: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
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- Chronique météorologique
- Le temps. — Pendant la semaine du 18 au 24 décembre, le temps a été encore froid et brumeux. Le 18 décembre, une baisse barométrique avait lieu dans l’Ouest de l’Europe, et une dépression se rapprochait des Iles Britanniques. On signalait en France de la pluie à Belfort (1 mm.). La température le matin était —3° à Limoges, — 20 à Paris, 4° au Puy de Dôme, — 4° au Pic du Midi. A Paris, le temps est resté couvert et brumeux; au centre de la ville, on constatait un brouillard de 800 mètres environ ; dans la banlieue Ouest, ce brouillard avait une épaisseur de 100 mètres. On notait partout de la gelée blanche et du givre ; on a noté un minimum de — 3° au Raincy. La température moyenne de la journée à Paris a été de o°,3. Le 19 décembre, sous l’influence de la dépression barométrique qui s’est avancée sur les Iles Britanniques, le vent a tourné au Sud-Ouest sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. Il est tombé 3 mm d’eau à Brest, 1 mm à Nantes et 1 mm au Havre; une très faible pluie est tombée dans la journée sur Paris. Le thermomètre marquait —5° à Clermont, o° à Paris, o° à Toulouse, ii° à Alger, 20 au Puy de Dôme, — 4° au mont Yentoux. Le 20 décembre, un vent assez fort soufflait de l’Ouest sur la Manche. On a recueilli 5 mm d’eau à Boulogne, 3 mm à Cherbourg, 2 mm à Brest, à Nantes et à Bordeaux; à Paris, le matin, il est tombé quelques gouttes d’une pluie très faible. La température était— 20 à Clermont, 3° à Paris, 6° à Toulouse, io° à Alger, — 3° au Puy de Dôme, — 6° au mont Mounier, —8° au Pic du Midi. Le 21 décembre, la situation atmosphérique était peu modifiée
- en Europe; la pression atteignait à Paris 766,4 mm et à Clermont 778 mm. Il est tombé quelques faibles ondées dans le Nord; vers 1 heure du matin, il est tombé, dans la région parisienne, une pluie faible et intermittente, donnant un maximum de 1,2 mm d’eau à Trappes. Le thermomètre marquait 3° à Paris, 3° à Lyon, 5° à Toulouse, io° à Alger, — 4° au Puy de Dôme, — io° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris .a été 4°,2. Le 22 décembre, la pression barométrique s’est abaissée en Irlande et dans le Sud-Ouest du continent; elle est restée très élevée sur nos régions. On notait 775,1 mm sur Paris, et un maximum de 777 mm à Lyon. Un vent faible de l’Est a soufflé en Provence et en Gascogne; en Bretagne on a senti un vent du Sud, et sur la Manche il y a eu un vent d’entre Sud et Ouest. Des pluies sont tombées à Charleville (3 mm), à Lorient (2 mm), à Cherbourg (1 mm.). Le thermomètre marquait le matin
- — 4° à Clermont, 4° à Paris, —3° à Toulouse, ii° à Alger, —- 8° au Pic du Midi, 20 au Puy de Dôme, 20 au mont Aigoual. Le 23 décembre, la baisse barométrique atteignait 7 mm en Irlande. Un vent faible d’entre Est et Sud a soufflé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. Le thermomètre marquait 3° à Clermont, -— i° à Toulouse, 4° à Paris, i° au Puy de Dôme, i° au mont Aigoual, — 70 au Pic du Midi. Le 24 décembre, la pression barométrique était un peu inférieure à 760 mm en Ecosse et dans le centre de la Russie; dans l’Ouest du continent, elle dépassait 7.70 mm avec un maximum de 774 mm à Lyon. La température était — 6° à Clermont,
- — i° à Nantes, i° à Paris, — 6° au Pic du Midi, — 70 au mont Mounier.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 19 à 12 h. 18 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- RÉDACTEURS EN CHEF :
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiquéi
- E-A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
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- SUPPLÉMENT AU N» 1702 (6 JANVIER 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
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- Une station centrale électrique pour le Rand. —
- On étudie en ce moment un projet qui aurait pour but de créer une puissante slatifn centrale devant coûter quelque 25 millions de francs à établir, et distribuant l’énergie électrique aux mines du Rand.
- Lignes télégraphiques dans l’Alaska. — Les États-Unis sont en train de multiplier Les télégraphes militaires dans l’Alaska ; ils ont établi une ligne entre •Yaldes et T'ont Egbert qui fonctionne de façon excellente; et voici qu’ils en construisent une autre entre Rampart et Fort Gibbon, qui rendra également de grands services.
- Gaz des hauts fourneaux. — Si nous en croyons M. T. Westgarth, les puissantes machines à gaz qu’on emploie en les alimentant avec les gaz des hauts fourneaux, et principalement pour commander les souffle-ries, ne consomment pas plus de 2,80 mètres cubes de gaz par cheval-heure effectif.
- Grands hauts fourneaux. — La compagnie américaine Carnegie vient de donner les ordres de construction de nouveaux hauts fourneaux de 5o tonnes, qui permettront de fabriquer quotidiennement de 1000 à 1200 tonnes de bilettes par jour. C’est un assez joli chiffre !
- Les fouilles archéologiques de Délos. — Sous l’impulsion de M. Holleaux, directeur de l’Ecole d’Athènes et grâce à la générosité de M. le duc de Loubat, une nouvelle période de fouilles heureuses a pu recommencer à Délos en 1903. Le programme des travaux comportait l’achèvement de l’exploration du sanctuaire d’Apollon, le dégagement des quartiers de la ville qui sont au Sud et au Nord, de l’agora, du quartier du théâtre, etc. Les résultats ont été très satisfaisants et déjà la ville antique reparaît au jour, véritable Pompéi hellénique, avec ses quais, ses magasins, ses maisons enrichies d’œuvres d’art et de mosaïques. Une ample moisson de documents archéologiques et épigraphiques a été récoltée et révélée au public par le Bulletin de correspondance hellénique.
- Création d’un port de commerce anglais sur la mer Rouge. — L’Angleterre vient de décider la création d’un dépôt de charbon, destiné à faire par la suite un port de commerce et un point d’appui pour sa flotte. L’endroit choisi (Port-Soudan), se trouve à i35o kilomètres sud-est de Suez, un peu au nord de Souakim. L’accès en est facile et l’eau potable y existe en abondance. Port-Soudan semble destiné à devenir la véritable porte commerciale du Soudan égyptien et un débouché naturel pour la plus riche partie de l’Abyssinie en même temps qu’un poste militaire de première importance.
- Transport du choléra par les mouches. — Il y a
- trois modes de propagation du choléra : transport à longue distance par des passagers ou des matelots qui s’embarquent bien portants, hébergeant cependant les germes cholériques dans leur intestin; — transport de ville à ville où les individus d’apparence bien portants jouent encore le rôle principal; —- dissémination d’individu à individu, dans la limite d’une même ville : le linge et l’eau sont au premier rang parmi les agents de contagion. MM. Chantemesse et Borel ont montré récemment que les mouches y entrent aussi et jouent un grand rôle dans la propagation, en se chargeant sur les déjections de germes cholériques qu’elles déposent ensuite sur les aliments. Ainsi s’explique sans doute l’action rétardatrice de l’hiver sur le choléra, puisque cette époque est marquée par une grande destruction de ces insectes.
- Voies navigables et flottables de la France en
- 1903. — Les cours d’eau classés en igo3 par l’administration comme flottables et navigables formaient une longueur totale de 16687 kilomètres. Le total des longueurs réellement fréquentées n’était que de 12243 kilomètres. La différence, 4444 kilomètres, est formée par les lignes d’eau exclusivement suivies par la navigation maritime et par celles classées comme navigables et non utilisées.
- Commerce extérieur de la Belgique en 1904. —
- Importation totale : 21 460000 tonnes métriques, représentant 44^6 millions de francs, soit par rapport à 1903 une augmentation de quantité de 860000 tonnes environ et une diminution de valeur de 21 millions de francs. Exportation totale : 18997000 tonnes, représentant
- 385o millions de francs, soit une augmentation de *4o 5oo tonnes et une diminution de 41 millions de francs. Le transit a été de 3 285 000 tonnes, valeur : 1 665 000 fr., représentant une diminution de 3nooo tonnes et de 114 millions environ.
- Commerce extérieur de l’Allemagne en 1904. —
- Valeur générale : i5 milliards de francs, soit 746 millions d’augmentation sur igo3. Importations : 49 millions de tonnes métriques, 8486 millions de francs. Exportations : 39 millions de tonnes métriques, 6675 millioiis de francs. L’accroissement de l’exportation n’a été que de 161 millions, ce qui résulte de la baisse des commandes de fer faites par les Etats-Unis.
- Courrier pour Tristan d’Acunha. — En novembre, pour la première fois, un service postal a été organisé pour Tristan d’Acunha. Cette île dont il a été parlé naguère dans cette revue n’était pas encore régulière-
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- INFORMATIONS
- ment desservie. C’est le yacht à vapeur Valhalla parti de Cowes (île de Wight) qui fait en ce moment la route.
- Les saumons de la Weser. — L’année 1904 a été particulièrement mauvaise pour la pèche du saumon dans la Weser, entre Hameln et Elslleth ; tandis qu’en certaines années le produit de la pèche atteignait a5oooo francs, il s’est monté à peine à 63 000. D’autre part les saumons remontants sont plus petits qu’à l’ordinaire. O11 considère que la sécheresse de l’année dernière est la principale cause de ce mauvais état de choses : elle fut assez grande, en elïèt, pour déterminer le tarissement de nombreuses sources et le dessèchement du sol. Ajoutons à cette cause la contamination industrielle des eaux, la multiplicité des barrages et l’augmentation des délits de pèche.
- Les vendanges en Italie pour Tannée 1905. — Les
- prévisions sont moins bonnes que pour l'année dernière, à même époque, et cette année semble devoir être mauvaise. Celte intériorité résulte : i° du mauvais temps qui sévit pendant la période du bourgeonnement et rendit la fructification incomplète ; — 20 de l’extension du mildew, favorisée par la température chaude et humide du début de l’été. Elle s'accroît encore par la fréquence des chutes de gréions et l’abondance des maladies parasitaires. Toutefois, étant donnée la grande variété de ces facteurs sur les différents points de la Péninsule, la caractéristique des vendanges semble devoir être une inégalité considérable entre les régions considérées : dans le Nord et dans l’Apulie la production n’atteindra qu’avec peine les deux tiers, peut-être la moitié seulement de la récolte précédente. Dans l’Italie centrale et en Sicile le rendement s’annonce comme normal, peut-être supérieur à celui de l’année dernière. Au total, les vendanges italiennes de 1905 seront d’un cinquième en dessous de celles de 1904 et n’atteindront qu’environ 3a millions d’hectolitres. La qualité ne semble pas devoir racheter cette chute dans la quantité. D’autre part, le relèvement des cours qui résultera des faibles résultats de cette campagne, semble devoir en partie dédommager les producteurs de cette diminution de leur récolte.
- Une fabrique de fusils à pierre au xx° siècle. —
- M. llenriot nous adresse la communication suivante :
- « Au cours d un voyage à Liège, il m’a été permis de visiter une manufacture d’armes à feu. J’ai été stupéfait à la vue du nombre de fusils à pierre, de fusils arabes et de fusils à piston disséminés partout. Le fabricant devina sans doute ma pensée ; car il me conduisit aussitôt vers le magasin d’expédition. Il me montra de fort beaux fusils de chasse richement damasquinés ; un fusil de guerre, en usage il y a quelques années dans l’armée belge, inventé dans la maison et présentant quelque analogie avec notre fusil Gras. Les caisses de fusils à pierre étaient destinées à l’Afrique centrale et méridionale. Le fabricant en expédie environ 70000 chaque année !
- « Les fusils dorés, longs de 2 mètres, devaient être dirigés vers le-Maroc. Les fusils à -piston, à crosse sculptée, les très longs pistolets à deux coups, portant au bout de la crosse un magasin à capsules, avaient pour destination le Brésil et la République Argentine. Quant aux armes richement ornées de nacre et d’or, elles étaient fabriquées pour Constantinople, où il est défendu de les introduire ; mais où il est permis de les exposer aux devantures des bazars et de les vendre. »
- Machines à écrire. — Nous laissons la responsabilité de la chose à notre confrère américain Macliinery. Il paraîtrait qu’on aurait inventé un petit dispositif complémentaire de la machine à écrire, quand on emploie celle-ci pour écrire des tableaux de chiffres. Il totaliserait constamment les sommes écrites.
- Fumivorité. — M. J. S. Pearson, de Glasgow, vient d’imaginer une nouvelle combinaison pour arriver à la fumivorité dans les foyers de chaudières. Il introduit dans le foyer, par deux ajutages séparés, un mélange de vapeur, d’air et de gaz pauvre. Ces éléments divers viennent agir sur le combustible en avant du foyer, et-l’action chimique qui en résulte fait que l’hydrogène qui se trouve dans la vapeur est mis en liberté, tandis que l l’oxygène se combine avec le carbone du combustible. IL. se forme bien des gaz. qui donnent lieu à production de
- fumée, mais celle-ci est brûlée avant d’arriver dans les tubes, où l’on ne voit que des flammes.
- Extincteurs automatiques. — Le Chemical Trade Journal donne des renseignements sur un extincteur automatique Garrett, qui vient d’être essayé à Manchester. Il n’est point basé sur la fusion d’un alliage à basse température, mais sur la dilatation d’un tube métallique, qui ouvre la soupape de sortie de l’eau.
- Tourbe. — On s’occupe beaucoup en Suède d’utiliser la tourbe comme combustible métallurgique, et des expériences se poursuivent à ce sujet à Storfors : on arriverait assez bien à extraire l’eau de ce combustible en lui laissant son huile naturelle et à en faire de bonnes briquettes.
- Chemins de fer transcontinentaux. — On parle-sérieusement en Australie d’établir une voie ferrée de-première importance qui irait de Kalgoorlie, en Australie-occidentale, jusqu’à Port-Augusta, dans l’Australie méridionale. Cette ligne n’aurait pas moins de 1800 kilomètres de longueur, et elle entraînerait une dépense d’au moins 120 à i3o millions de francs.
- Nouvelles voies ferrées dans TOural. — On est
- sur le point de terminer une nouvelle ligue de chemin de fer dans l’Oural, qui réunit les grandes usines de Nadeshin, usines métallurgiques considérables, avec la station de Goroblagohatj, sur la ligne de Perm. Un embranchement met cette voie en communication avec Nijni-Novgorod.
- Canalisations d'eau. — Le professeur Alexander, de l’Institution of civil Engineers anglaise, a étudié la perte de charge que causent les coudes dans les conduites d’eau. IÎ affirme que la perte est la moindre quand le coude a un rayon de courbure qui est 2 et demie fois le diamètre du tuyau : avec ce rayon, la perte correspondrait à celle qui se ferait dans un tuyau droit représentant en développant 3,38 fois le coude.
- La nouvelle orthographe allemande. — En même-temps que l’on s’occupe en France, sans grand succès jusqu’ici, de simplifier l’orthographe, l’Allemagne a codifié la sienne et les règles nouvelles, définies dans les « Regeln für die deutsche Rechlschreibung » viennent d’être adoptées chez nous par arrêtés des ministères de la marine et de la guerre. On a notamment supprimé, dans certains cas assez rares, des lettres parasites comme le h ou des voyelles redoublées a, e, o, et fait un effort pour régulariser l’orthographe des mots étrangers. A cet égard, on ne peut s’empêcher pourtant de remarquer l’insuffisance de cette tentative, qui concorde mal avec le principe très justifié des Allemands de garder partout l’orthographe nationale, quand il s’agit de cartes de géographie ; et la germanisation désordonnée des mots français, restés malgré tout innombrables en allemand, donne un peu à sourire dans l’œuvre officielle d’un peuple aussi réglementaire : par exemple Cristall, Passade (façade), Schokolade (chocolat), Korrigieren (corriger), Pro-tokoll (protocole), Korps, Kompagnie, Karton, Kolpor-tage, Redakteur, alors qu’ailleurs on garde parfaitement notre c français avec le son k (Coiffeur, Canaille, Casta-gnette, Carrière, Directrice) ou notre ch dans Chef, Chaise, Chemisette, Chevalereslc, Chiffre, Chignon, Chirurgie (ce sont tous là mots allemands); notre i et non ie dans Satire, Saline, Maschine, etc.... A noter encore qu’il faut écrire Medizin, Offizier, Parzelle, Porzellan, Prozess (pour médecine, officier, porcelaine, etc....) et Konzert, Konzil, Kruziflx. Tantôt on écrit kkticn (actions) et tantôt Ingrédient feu (ingrédients), Patient et Grazie. Buffet devient à volonté Büfett, etc.... On doit orthographier um Gottes willen (pour l’amour de Dieu) avec un w minuscule et G ottes Willen (la volonté de Dieu) avec une majuscule, morgen (demain) et der Morgen (le matin), Schweizer Rase (fromage de Suisse) avec majuscule et deutscher Kaiser (empereur d’Allemagne) sans majuscule. Ces anomalies sont de toutes les langues et le français n’a rien à envier aux autres à cet égard. Nous les remarquons seulement quand on cherche à les justifier.
- Concours de natation. — Le 26 décembre igoS,' a eu lieu, comme tous lés ans, dans le lac- de la Serpentine, à Londres, le concours du Club de natation de la Serpentine ; cette épreuve a lieu depuis 1864; Les nageurs étaient cette année au nombre de 35. M. Carncel, le vainqueur, a effectué le parcours, d’une longueur de 100 mètres environ en i“ 558. 1
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- &>> 'Electricité
- Éclairage électrique d’une table. — Il est dé mode aujourd’hui, dans les maisons qui sont pourvues d’électricité, de dissimuler de petites lampes à incandescence sous les fleurs qui ornent la table mise pour un grand dîner. Ces fleurs forment non seulement un motif de milieu, mais courent <ÿi guirlande autour de la table et sont disposées plus ou moins artistiquement suivant la fantaisie et le goût de la maîtresse de la maison. Pour y placer des lampes on dispose généralement celles-ci sur un conducteur souple qu’on dissimule du mieux qu’on peut et qu’il faut faire passer sous la table à un endroit quelconque ; il faut, par conséquent, faire un trou, non seulement dans le bois, mais dans la nappe. Un de nos amis, M. Langlois, a eu l’idée, pour éviter cela, de prendre une disposition très ingénieuse qui permet de laisser
- Yaéle
- Eclairage électrique d’une table.
- les fils conducteurs en dessous de la table et de ne percer la lingerie que par d’imperceptibles trous d’épingles. Pour cela il prend des douilles de lampes, de forme quelconque et il soude aux deux prises de courant de cette douille deux longues aiguilles A. Aux endroits voulus il perce dans la table deux petits trous avec un foret fin, juste de quoi livrer passage aux aiguilles. Il suffit alors, lorsque le couvert est mis, de piquer les lampes aux places choisies. Les aiguilles sont assez longues pour dépasser en dessous de la table de 2 ou 3 centimètres et on chausse leur extrémité avec deux petits conducteurs souples B soudés à l’extrémité des fils qui vont se raccorder à la canalisation ; ces conducteurs B ne sont autres que de petits ressorts à boudin en laiton qu’on trouve chez les coiffeurs qui les utilisent pour monter les postiches ; ils ont le diamètre des aiguilles, sur lesquelles ils entrent à frottement et la conductibilité est parfaitement établie.
- &> Photographie
- Pocket focal stéréoscopique. — C’est dans le but de permettre l’emploi de l’appareil stéréoscopique dans le plus grand nombre de cas possible, que M. Hanau construit cet appareil. Il réunit, en effet, les differentes conditions essentielles, c’est-à-dire qu’il est très portatif et très rapide. Pour arriver au plus petit volume, quand l’appareil n’est pas employé, le constructeur a adopté pour les objectifs xine monture télescopique qui permet de les rentrer complètement dans la chambre ; au moment de l’emploi on les tire rapidement et un demi-tour les fixe dans leur nouvelle position (ûg. 1). Les clichés obtenus sont du format 4^ X 107 mm. Les plaques sont mises dans de petits châssis métalliques à volet qu’on loge dans différentes poches et qui peuvent être très nombreux vu leur faible épaisseur. La rapidité est due d’abord à l’emploi de bons objectifs à grande ouverture relative et ensuite à l’obturateur à rideau, qui fonc-
- tionne à l’arrière de l’appareil (fig. 2) à peu de distance de la plaque. On sait que celte sorte d’obturateur permet d’opérer par des temps relativement sombres puisque
- Fig. 1. Pocket focal stéréo.
- ce n’est pas [l’ensemble de la plaque qu’on fait poser, mais successivement chacune de ses parties.
- En général les viseurs employés sur les petits appareils sont constitués par des lentilles qtii donnent une
- Fig. 1. Obturateur à rideau.
- image très brillante ; mais il arrive souvent que pour bien la voir il faut tenir l’appareil à bout de bras afin de placer ladite lentille à la distance de la vision distincte; il en résulte qu’on 11’a pas une position bien stable et qu’on risque d’avoir des images peu nettes. Afin d’éviter cela M. Hanau a adopté le viseur focimétrique qui, comme on sait, est constitué par un cadre métallique et une tige munie d’un œilleton ; avec ce viseur on appuie l’appareil contre la figure et on ne risque pas de remuer au moment du déclenchement de l’obturateur. Ce viseur se replie le long de la chambre et ne gène pas pour la mettre en poche.
- Papier sans virage « Le Zigo ». — Ce n’est pas la première fois qu’on fabrique du papier destiné au tirage des épreuves positives, par noircissement direct au châssis-presse, ne nécessitant pas l’emploi d’un bain d’or pour donner, par virage, des tons agréables.
- On a déjà mis un certain nombre de ces papiers dans le commerce et nous ne savons pas s’ils ont eu le succès qu’on en attendait ; mais, n'ous avons remarqué qu’en général, si le virage à l’or est inutile, on est obligé de combiner un bain spécial et parfois de passer l’épreuve à plusieurs bains pour obtenir le ton définitif et , le fixage. Avec le « Zigo », rien de pareil; un seul bain suffit et il est fait avec un produit que tout photographe a toujours sous la main : l’hyposulfite de soude.
- Il suffit d’en faire une solution à 20 pour 100 dans l’eau.
- L’épreuve est tirée au châssis-presse, à l’ombre autant que possible; on a soin de pousser plus loin qu’on ne désire l’épreuve définitive, parce qu’il y a un peu de descente de teinte dans le bain.
- Les épreuves obtenues vont du brun au rouge et sont d’une bonne tonalité. On peut varier la gamme vers le rouge en diminuant la quantité d'hyposulfite, c’est-à-dire en ajoutant de l’eau au bain indiqué ci-dessus. Au sortir du châssis-presse on plonge l’épreuve dans le bain et on l’y laisse séjourner au minimum 6 minutes pour que le fixage soit complet ; on la retire quand le
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- SCIENCE APPLIQUEE
- ton désiré est obtenu et ou la lave pour éliminer l’hypo. Il faut renouveler l’eau 8 à xo fois en une demi-heure et il est bon, entre chaque lavage, de pi'esser les épreuves avec la main au fond de lu cuvette pour bien exprimer l’eau.
- Il suffit ensuite de mettre à sécher. C’est une méthode expéditive, très pratique quand on est pressé d’avoir rapidement un certain nombre d’épreuves. — Le papier « Zigo « se trouve chez Poulenc, 19, rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- Vêtit outillage <-*
- Lampe et fer à souder. — Voici une lampe et un fer x\ souder qu’il est intéressant de faire connaître aux praticiens. La lampe est à aiguille, à soupape de sûreté ; elle se débouche seule au moyeix d’une aiguille placée l’extrémité du robinet pointeau qui, le robinet fermé, traverse le papillon vissé. En ouvrant le robinet de deux ou trois tours, le passage de gaz se trouve complètement dégagé. Cette lampe, qui contient 20 centilitres, est
- Lampe et fer à sonder.
- à l’essence minérale. Poxir s’en servir, on verse un peu d’essence dans l’évasement B qui se trouve autour du tuyau du bec, on l’allume, et, après la consommation, on ouvre le robinet C, d’abord très peu. Après avoir allumé la flamme du tuyau brûleur, on ouvre le robinet davantage, suivant le travail à faire; la lampe est prête à fonctionner. Le fer à souder fonctionne également à l’essence. On peut se servir de ce fer soit en bout, soit sur le côté, suivant la position à prendre pour souder ; en enlevant la tête en fonte, on a un petit chalumeau. — La lampe et le fer à souder se troxxvent chez M. Tiersot et Cio, 15, rue des Gravilliers, Paris.
- Machine à décaper au jet de sable. — Les machines dont nous voulons pai’ler ici sont évidemment les petites machines sableuses ordinaires pour petites installations, machines qui sont utilisées pour le nettoyage, le décapage des pièces brutes de fonderies, de tôles, de pièces pour cycles et automobiles, de cadres de bicyclettes et
- de toutes pièces qui doivent être galvanisées, étamées, émaillées, peintes ou qui doivent recevoir un dépôt métallique par électrolyse. Ces sableuses sont portatives ; elles fonctionnent par l’air comprimé qui leur est
- Machine à décaper au jet de sable. fourni à une pression
- qui varie de 0,8 à 2 kg par centimètre carré suivant le travail à effectuer. Elles comportent un cylindre vertical en tôle, à plusieurs compartiments ; c’est dans un de ces derniers que le sable est introduit. L’air comprimé agit sur le sable, le pousse et l’entraîne dans le tuyau flexible en caoutchouc. Le jet de sable est alors dirigé par l’opérateur sur les différentes pièces à atteindre, comme le montre la figure. Il existe des sableuses à un ou deux jets, et, suivant la nature du travail, on peut employer un des deux modèles. Les appareils à deux jets conviennent surtout pour le
- travail des petites surfaces. — Les machines à décaper au sable se trouvent chez. MM. 11. Glaenzer et Perreaud, 1, avenue de la République, à Paris (XL).
- 8n> Petites inventions
- Nouveau coupe-cigares. — On cherche toujours de nouveaux coupe-cigares. Des fumeurs veulent des appareils ronds, en forme de crayons ; d’autres les veulent très courts. En voici un nouveau modèle très plat et d’une faible longueur. Il a de plus l’avantage de présenter un bon coupant qui est obtenu par l’argent comprimé. On voit dans notre figure le trou destiné’à rece-
- Nouveau coupc-cigares.
- voir le bout du cigare. Sur cette première plaque, glisse une deuxième plaque, dont les extrémités sont disposées en angle aigu, le sommet de l’angle se trouvant juste au milieu du trou dont nous avons parlé. Il suffit de pousser la deuxième plaque sur la première pour que le bout du cigare soit franchement et nettement coupé. L’appareil paraît être d’un maniement très commode. — Le nouveau coupe-cigares se trouve chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- Le « diable ». Allumage électrique du gaz. — Il y
- a déjà beaucoup de systèmes d’allumeurs employant l’étincelle électrique et la plupart d’entre eux ont été décrits dans ce journal. Celui que représente la gravure ci-contre, le diable, construit par MM. Radiguet et Massiot, a l’avantage d’être d’une grande simplicité et permet de produire l’étincelle au niveau même du bec brûleur quelle que soit la hauteur de celui-ci au-dessus du robinet. On sait que dans certains allumeurs analogues par la nature même du mécanisme, on est forcé de produire l’étincelle non loin du robinet ; celle-ci allume un pilote dont la flamme allume le bec. Mais si celui-ci est très haut, comme cela arrive dans les becs Auer, il faut que la flamme du pilote soit très longue et elle ne peut cependant dépasser certaines limites assez restreintes. .
- On voit que dans le diable le pilote . Ifj|jBltHlKjC,
- F peut être aussi long que cela .1 mllf HMfflflBu-fe est nécessaire pour arriver au niveau du bec ; il est formé d’un ^rfj petit tube métallique et sert lui- iTjHmf
- même de pôle ; l’autre pôle est ipHP1 f
- constitué par une lame de ressort Allumeur électrique recourbé isolée électriquement; ie « diable ».
- elle est reliée par une came B à
- une pièce en os, montée excentriquement sur le robinet et qui lui communique un mouvement de haut en bas, en l’amenant au contact de l’autre pôle, pour la laisser se relever brusquement sous l’action du ressort. L’étincelle se produit à l’endroit même par où sort le gaz et l’allumage est instantané. On continue à tourner le robinet pour régler la flamme du bec et éteindre en même temps le pilote. — L’appareil se trouve chez MM. Radiguet et Massiot, 44, rue du Château-d’Eau, Paris.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Intoxication par un dentier. — Pour moins fatiguer la gencive sur laquelle on les appuie, pour avoir une apparence plus réelle de la coloration rosée de l’intérieur de la bôuche, il a été de mode (on ne peut guère donner une autre raison) de fabriquer des dentiers en caoutchouc durci (vulcanite) mais en les colorant en rouge plus ou moins tendre. Or, cette coloration était jadis donnée par une poudre très fine, très belle, le vermillon. C’est un colorant merveilleux, d’un rouge vif et qui semble avoir été employé dans les arts dès la plus haute antiquité. Mais ce vermillon n’est autre que le cinnabre, c’est-à-dire un sel de mercure, sulfure rouge, dont la toxicité marche de pair avec celle de tous les produits de ce genre.
- Les dentistes avaient reconnu les inconvénients des appareils fabriqués avec la vulcanite colorée au vermillon; un d’eux s’était fait l’écho des plaintes en signalant les troubles causés par ce produit sous le nom de maladie du caoutchouc. On est resté longtemps à trouver la véritable cause des accidents locaux et généraux dus au port de dentiers de ce genre, car on ne croyait pas à la solubilité du produit colorant.
- Des expériences, dues à M. Bruhat, ont montré que sous l’inlluence des fermentations acides et microbiennes de la cavité buccale, le caoutchouc était à la longue attaqué et que le sulfure rouge d’hydrargyre insoluble linissait par être transformé en sels mercuriels solubles. La quantité de ces produits de dissolution est minime, mais comme la réaction est presque continue, à la longue il se fait une absorption importante de produits toxiques. Inutile d’ajouter que moins on a soin de sa bouche, moins on appoite de précautions de propreté dans l’entretien de l’appareil, plus aisément et plus vite se produisent des accidents. Ces accidents sont ceux du mercuralisme, gingivite avec toutes ses variétés, puis graduellement troubles généraux du côté de l’intestin, de l’appareil museulo-nerveux dus à l’absorption des sels de mercure solubles.
- Le remède est facile et il a été, je crois, appliqué dans la plupart des fabriques et par tous ceux qui préparent des pièces dentaires. La coloration se fait avec des produits qui n’offrent aucun danger, produits tirés du règne végétal ou des couleurs dérivées de la houille et exemptes de tout agent toxique. Dr A. C.
- Traitement des verrues. — Combien de remèdes préconisés contre cette petite excroissance si désagréable au point de vue esthétique, et si gênante par sa pullulation facile. Inutile de rappeler les procédés bizarres, les inventions saugrenues dont le succès, si tant est qu’il soit bien prouvé, dérive toujours de la suggestion. Les verrues sont constituées par de petites hypertrophies des éléments, du derme cutané et en particulier des papilles;, elles se développent surtout à'la face dorsale de la main, pullulent, grossissent, se fendillent et parfois disparaissent sans aucun traitement, ce qui amène le succès, si l’on tombe au moment opportun, de tous les remèdes possibles.
- On a attribué à certains médicaments la propriété de faire disparaître les verrues, tels la teinture de thuya, prise à la dose de vingt à trente gouttes par jour; la magnésie hydratée préconisée par un médecin lyonnais, Cobrat, à la dose de 20 à 3o centigrammes ; médicaments inoffensifs, mais qui n’ont pas donné à des’der-matologistes expérimentés les bons résultats annoncés. Plus récemment, un médecin anglais, dont le nom m’échappe, a recommandé un moyen des plus simples et que les porteurs de verrues pourront essayer à leur guise sans le moindre inconvénient. Ce sont des bains et lotions avec l’eau de mer chaude deux et trois fois par jour, pendant une dizaine de minutes. L’eau de mer n’est pas à la portée de tout le monde, il faut habiter les côtes ; mais rien de plus facile que d’y suppléer par de l’eau de mer artificielle, solution de sel marin additionnée d’une faible proportion d’un sel de magnésie. L’effet serait analogue à celui de l’eau de mer.
- Le vrai traitement des verrues vulgaires peut se réaliser de deux manières : l’exfoliation de ces productions
- hypertrophiques par des agents chimiques, ou la destruction rapide par des caustiques. Le dernier est radical et simple : ce sont les cautérisations avec un galva-nocautère ou avec un peu d’acide corrosif, tel que l’acide nitrique. Pour les timides des applications répétées de savon noir et d’acide salicylique amènent peu à peu l’exfoliation graduelle et la chute du petit papillome.
- Dr A. C.
- Le levain du pain en thérapeutique. — La levure de bière, fraîche ou préparée par des moyens spéciaux pour la conserver, est, depuis quelques années, d’un emploi courant pour le traitement des furoncles, des clous. Deux à trois cuillerées de levure prises chaque jour arrêtent parfois très rapidement l’évolution de ces inflammations. Encouragés par ces succès, des médecins ont essayé la levure dans d’autres affections suppuratives, liées à l’infection par les staphylocoques et streptocoques et, dans bien des cas, ils ont constaté que des amygdalites, des phlegmons étaient amendés ou enrayés par la levure.
- Le Dr Louvel, de la Ferté-Macé, a employé la levure dans les bronchites chroniques, avec sécrétions intarissables et il a obtenu des succès retentissants. Mais il manquait de levure, ne se trouvant pas dans un pays de brasseries çt les levures qu’il faisait venir, coûteuses pour le malade, étaient en outre plus ou moins agréables à prendre. Un beau jour, il est appelé auprès d’un boulanger atteint de pneumonie ; fort de ses résultats chez les calarrheux bonchiques, il veut donner de la levure; le produit manque. Il a alors l’idée de remplacer la levure de bière par le levain du pain, trois jours après chute de la fièvre, et guérison rapide. Ce premier succès fut suivi d’autres, dans des affections aussi sérieuses, pneumonie, érysipèle; dans toutes les maladies microbiennes, presque toujours la fièvre céda au ferment du levain.
- Le levain, délayé dans de l’eau sucrée, est facile à prendre sans aucun inconvénient; on le trouve partout, et considération qui n’est pas à dédaigner, il ne coûte pas cher. Le traitement du Dr Louvel mérite qu’on l’applique dans les affections microbiennes. D' A. C.
- Étiologie rare de la rage. — Il n’est pas nécessaire, pour la pénétration des agents microbiens ou de leurs toxines, dans l’organisme, d’une plaie de bien grandes dimensions. Une simple piqûre en disséquant, en faisant une autopsie, provoque, chez les étudiants, des accidents d’infection parfois redoutables. Un chirurgien, de mes amis, opérait, il y a quelque temps, une femme pour une péritonite suppurée : il portait à l’index (il ne s’en rendit compte que plus tard) une envie, c’est-à-dire un de ces soulèvements légers de l’épiderme à la racine de l’ongle. Cela suffit comme porte d’entrée à l’infection septique. Trois heures après l’opération, il avait un frisson et il ne dut qu’à une intervention énergique de voir le poison se Borner à produire un panaris de longue durée.
- A ce titre de contagion sans plaie, au moins importante, il convient de signaler l’observation publiée par MM. Leclère et Bardonnet. En décembre, le chien d’une maison est mordu par un chien errant ; au milieu de janvier la jeune fille de la maison qui jouait quotidiennement avec le chien, et qui avait à ce moment de petites crevasses aux mains, fut léchée par le chien. Quelques jours plus tard, disparition du chien dont on n’eut plus l’ombre de nouvelles. En avril, c’est-à-dire trois mois après, la jeune malade présente des malaises, puis éclatent les signes de la rage qui l’emporte en six jours.
- Ce mode d’inoculation est fort rare, il y en a eu déjà quelques cas. C’est une raison pour ne pas céder à cette habitude de se laisser lécher par les chiens et ce, alors même qu’ils ne sont pas malades. D‘ A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- 'Électricité
- Préparation électrolytique de la pâte d’étain. —
- On sait que la pâte d’étain est aujourd’hui très utilisée pour la fabrication des papiers argentés. Mais les procédés chimiques présentaient plusieurs inconvénients. M. F. Gelslharp a présenté, il y a peu de temps, à la « Faraday Society », un nouveau procédé qui permet d’éviter ces inconvénients. Voici, d’après la Revue électrique, en quoi consiste ce nouveau procédé. L’étain à transformer est coulé en plaques de 2,5 cm d’épaisseur et ces plaques sont disposées comme anodes dans un bain d’acide chlorhydrique étendu; les cathodes sont constituées par des plaques plus minces ou des feuilles de fer étamé. Pour une production de 1000 kg par semaine, il faut un courant d’une intensité de i5oo ampères sous 8 à 10 volts traversant cinq bacs d’électro-lyse en série. Ces bacs, construits en ardoise ou simplement en pitch-pin, ont une section carrée de 106 cm ‘de côté et une profondeur de 91,5 cm; chacun contient cinq cathodes et quatre anodes ayant respectivement 91,5 cm sur 76 cm; les anodes, reliées en parallèle, reposent sur les bords des bacs ; les cathodes sont soudées à des barres de cuivre de 3,2 cm de diamètre qui les soutiennent; la densité de courant est de 2,7 ampères par décimètre carré ; l’électrolyte est mis constamment en mouvement au moyen d’une pompe en plomb ou en étain commandée par un petit moteur électrique. L’étain se dépose sur les cathodes sous forme spongieuse; on l’en détache de temps en temps à l’aide de raclettes et,
- pour faciliter cette opération, les bords supérieurs des cathodes sont recouverts d’une couche de vernis ou peinture isolante descendant à 5 cm ou 6 cm au-dessous du niveau de l’électrolyte. L’étain détaché, imprégné de bulles d’hydrogène, est très léger et vient llotter à la surface du bain d’où on le retire avec des cuillers perforées ; on le lave et on le sèche. Le fait que l’étain est imprégné d’hydrogène indique qu’une partie assez importante de l’énergie électrique dépensée est employée à la décomposition de l’acide chlorhydrique; cette perte d’énergie, qui paraît atteindre 5o pour 100, est cependant indispensable, car si l’on cherche à l’éviter, ce qui est possible en prenant une densité de courant plus faible, le dépôt d’étain, au lieu d’être à l’état spongieux, se présente sous forme cristalline et ne peut dès lors servir à la préparation de la pâte.
- ctg^ Divers
- Vernis à chapeaux de paille. — On peut en fabriquer un très bon avec 5 parties en poids de sandaraque pâle, i5 de résine peu colorée, 3 de térébenthine épaisse, 10 de copal de Manille, le tout dissous dans 45 parties d’alcool.
- (» Email pour le bois. — On fait d’abord une dissolution de 87 kg de gomme kauri dans 109 kg d’alcool, et l’on prend 60 kg; puis on fait dissoudre 40 kg de gomme laque en écailles jaunes dans 60 kg d’alcool, et l’on en prend 40 kg. Il ne reste jilus qu’à mélanger soigneusement les deux solutions pour avoir l’émail désiré.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Leçons de mécanique céleste, professées à la Sorbonne, par H. Poincaré. T. I. Théorie générale des perturbations planétaires. Paris, Gauthier-Villars, igo5. 1 vol. in-8. Prix ; 12 francs.
- Le nouvel ouvrage de M. Poincaré, reproductions de leçons professées en Sorbonne, ne vient pas faire double emploi avec les Méthodes nouvelles de la méca-
- ' nique céleste,qu’il a publiées il y quelques années. Ici il prend le problème à son début, en supposant connus les principes de l’analyse et de la mécanique, les lois de Newton et de Képler.
- Hydraulique agricole et urbaine, par G. Bkchmann (cours de l’École des Ponts et Chaussées). Paris, Ch. Béranger. 1 vol. in-8°. Prix : 20 francs.
- Notions générales d’hydrologie, régime des eaux superficielles et souterraines, défense contre leurs effets, utilisation et recherche de l’eau, captage et élévation, principes d’hydraulique agricole, irrigations, colmatage, drainage, salubrité urbaine et distributions d’eau, égouts et évacuation, telles sont les principales subdivisions de cet important ouvrage.
- Étude générale des sels, par Alired Ditte, membre de l’Institut, professeur de chimie à l’Université. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1906. Première partie : Sels binaires. 1 vol. in-8°. Prix : 10 francs. Deuxième partie : Sels ternaires oxygénés. 2 vol. in-8°. Prix : 1 af,',5o.
- Les conditions microbiennes dp Vinfection et Vimmunité, par E. Bodin, professeur de bactériologie à l’Université de Rennes. Paris, Masson et C1*. 1 vol. petit in-8° (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire). Prix : broché, 2fl',5o; cartonné, 3 francs.
- Exposé clair et concis des questions concernant les maladies bactériennes ; l’auteur envisage les deux facteurs de l’infection, les bactéries et l’organisme
- qu’elles envahissent. Un aperçai sur la virulence des bactéries et les conditions microbiennes de l’infection précède l’étude des moyens de défense de l’organisme contre les microbes et contre leurs toxines.
- Théorie des turbines. Hydraulique pratique, par le Dr Gustave Zeuner. Traduit de l’allemand par E. Kreit-mann, ingénieur des Arts et Manufactures. 1 vol in-8°. H. Dunod et E. Pinat éditeurs, 49, quai des Grands-Augustins. Paris. Prix : broché, 14 francs; cartonné, i5fr,5o.
- Recherches expérimentales sur les clapets électrolytiques. Thèse présentée à la Faculté des Sciences de Toulouse pour l’obtention du grade dé docteur ès sciences physiques de l’Université, par M. Albert Nodon, ingénieur-chimiste. 1 vol. in-8° avec planches. IL Dunod et E. Pinat éditeurs. Paris. Prix : 4 francs.
- Etudes d’économie industrielle à l'usage des usines d'électricité, par A. Ponsel. Une brochure in-40. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris. Prix : ifr,5o.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1906, par Camille Flammarion. Paris. Ernest Flammarion. 1 vol. in-16. Prix : ifr,5o.
- Annuaire du Bureau des longitudes pour 1906. Paris.
- .Librairie Gauthier-Villars, 1 vol. in-16. Prix : ifr,5o.
- Approximation dans les mesures physiques et dans les calculs numériques qui s'y rattachent, par E. Colar-déau, professeur de physique au collège Rollin. Paris. Vuibert et Nony, 1906. 1 vol. in-8*.
- Agenda du Photographe pour 1906 (12e année). Suivi du Tout-Photo. Annuaire des Amateurs de Photographie. Paris. Ch. Mendel. 1 vol. Prix : 1 franc.
- La Provence, stations hivernales et plages de la Méditerranée, vallée du Yar et gorges du Yerdon, par A. de Baroncelli. Paris. Firmin Didot. 1 vol. Prix : 2tr,5o.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS- — Dans la boite aux lettres La Rédaction publie les faits d’uu intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du passible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le propulseur réversible Geyer, paru dans le n° 1701, du 3o décembre 1905, s’adresser à M. W. À. B ryce, I King Street, à Liverpool (Angleterre).
- Communications. — M. X., à Villefranche-de-Rouer-gue, nous adresse à propos.de l’article de M. Loncoche sur Y Exploitation de T acajou sur la Côte d'ivoire (n“ 1698 du 9 décembre 1906, p. 26) une lettre intéressante dont nous ne pouvons malheureusement donner qu’un résumé. Notre correspondant, en sa qualité d’administrateur de Société d’exportation coloniale, envisage la question d’une toute autre façon que notre collaborateur : « Est-il bien exact, dit-il, « que le commerce de l’acajou soit tout entier aux mains de traitants noirs, correspondants de maisons anglaises, qui exploitent ainsi la colonie française et en retirent tous les avantages? » Je connais plusieurs maisons françaises dont le mouvement commercial est incontestablement plus important dans cette colonie que leurs rivales anglaises et qui traitent des affaires d’acajou avec les noirs pour un chiffre assez considérable. En général, du reste, les noirs préfèrent traiter directement avec les agents de ces maisons françaises au lieu d’envoyer en consignation leurs bois à Liverpool où ils sont vendus à des conditions parfois si onéreuses pour eux qu’ils 11’en retirent pas toujours un bénéfice. Quant à « l’activité commerciale des capitaines de steamers allemands qui opèrent comme de véritables trafiquants », elle se produit certainement, mais le plus souvent par l’intermédiaire de maisons françaises qui, profitant pour leurs produits d’un courrier supplémentaire et d’un prêt de retour avantageux, expédient sur Hambourg par les steamers allemands.
- « La vérité est, en effet, que si la France vient bien loin après l’Angleterre et l’Allemagne dans ce commerce de l’acajou d’Afrique, la raison en est, malheureusement, dans ce fait brutal, que la consommation française ne suffit pas à absorber les exportations de la Côte d’ivoire auxquelles il faut joindre celles du Gabon et du Congo. L’acajou a, en Angleterre et en Allemagne, un débouché énorme dans la batellerie et la construction de la voiture de chemin de fer; il est en outre employé couramment dans l’ébénisterie et dans la menuiserie : en un mot, dans ces deux pays, l’acajou, sauf certaines billes d’une beauté exceptionnelle, n’est pas considéré comme un bois de luxe. En France, au contraire, à part quelques maisons qui construisent les voitures de chemin de fer, à part l’ébénisterie qui emploie surtout l’acajou dit « tabasco » et considère l’acajou d’Afrique avec un certain mépris qu’il ne mérite pas, en Finance, l’emploi de nos bois africains est assez limité. Le remède serait surtout dans un emploi plus vaste de ce produit dans notre patrie. »
- Renseignements. — M. Jules Polo, à Nantes. — A notre avis, M. Branly est bien le véritable inventeur de la télégraphie sans fil. C’est lui qui a construit le cohé-reur, l’appareil qui a permis d’observer la trace des ondes.
- Lapin-Club, à Thezan-les-Béziers (Hérault).— Lampe à arc de faible intensité : M. L. Bardon, 61, boulevard National, à Clichy (Seine) ; M. Bénard, 11, boulevard Montmartre, à Paris.
- M. A. Tlübaudeau, à Pons. — i° L’adresse des constructeurs de l’aéromoteur est donnée en tête de la dernière boîte aux lettres. —- 20 Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial relatif à la fabrication des superphosphates, mais vous trouverez un chapitre à ce sujet dans le tome I du Traité de chimie industrielle de Wagner, Fischer et Gautier à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. G. Merlin, à Malakoff. — i° Oui, le bioxyde de manganèse est mélangé avec son poids de charbon en poudre, dans les piles sèches pour motocyclettes. — 20 Le sel excitateur est du chlorhydrate d’ammoniaque. Pour l’immobiliser, après avoir préparé la solution, y verser de la gélatine jusqu’à ce que l’on obtienne une pâle consistante. — 3° La solution de chlorhydrate d’ammoniaque ne doit pas être saturée : il se produirait dans ce cas une cristallisation du sel en excès.
- M. A. Clavet, à Montreuil-sous-Bois. — i° Nickelage du fer et de l’acier : Il y a de nombreux procédés. i° faire une solution de chlorure de zinc dans l’eau, à 10 pour 100, ajouter 10 pour xoo de sulfate de nickel et plonger les objets dans ce bain pendant une demi-heure, après les avoir décapés ; — 20 recouvrir les pièces bien nettoyées d’une couche de protochlorure d’étain, puis d’une solution ammoniacale de sulfate de cuivre. Vous pouvez consulter à ce sujet le petit livre 5oo procédés modernes à l'usage des horlogers, etc., par M. Bourdais, à Lille, librairie C. Robbe, 209, rue Léon Gambetta, où vous trouverez de nombreux détails sur les procédés galvaniques. — 20 Ouvrages relatifs aux machines-outils : Album des machines-outils, par Armangaud, 20 francs, librairie E. Bernard et C10, 53 ter, quai des Grands-Augustins, à Paris ; Traité des machines-outils, par G. Richard, 2 vol. i5o francs, librairie Ch. Béranger, i5, rue des Saint-Pèi'es, à Paris.
- M. C. 1)., à Versailles. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages spéciaux relatifs à ce sujet. Tous nos regrets.
- M. E. Tordoir, à Bruxelles. — Nous publierons prochainement quelques nouveaux renseignements sur les horloges de Vienne. Mais nous n’avons pas d’indications sur la Société qui fait cette installation. Vous pourriez peut-être vous adresser à la municipalité de celle ville.
- M. J). Louis, à Buenos-Aires. — Pour le rubéroïd, veuillez vous adresser à la Société de l’industrie internationale, 20, rue Saint-Georges, à Paris.
- M.. le Dr Jean Salema, à Caslello de Paiva. — Vous pourriez employer le procédé qui sert dans les laboratoires pour reconnaître les animaux inoculés et qui consiste à fixer sur l’oreille un petit bouton métallique, ou bien, ce qui est plus simple encore, faire un tatouage en piquant légèrement l’endroit choisi avec une aiguille trempée dans une matière colorante (vermillon, encre de Chine, charbon, poudre), ce qui laisserait une marque indélébile.
- M. C. Periquet, à Boitouta. — Veuillez vous adresser à un ingénieur-conseil.
- M. Daigremont, à Poissy-sous-Monlmorency. — i° Chauffage de serres par le gaz : MM. O. André, 32, rue de Greffulhe, à Levallois (Seine) ; Boulay, 7, passage Pierre Amelot, à Paris. — 20 Nous croyons que le ciment ne peut pas présenter d’inconvénients et ne voyons pas quel enduit pourrait le remplacer.
- M. Henri ILurand, à Rouvres. — Pour le collage des procédés aux queues de billard, on s’est servi et on se sert encore beaucoup de rondelles spéciales en gélatine, mais c’est un travail difficile et pas toujours propre. Certaines maisons emploient actuellement une colle spéciale dont elles sont très satisfaites. Toutefois la pose du procédé est assez compliquée et ne saurait guère s’expliquer par écrit. Vous pourriez demander une leçon de pose à la Société Saint-Martin, fabrique de billards, 66, rue de Bondy, à Paris, où l’on donnera toutes les indications pratiques nécessaires.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch.
- Simonin, à Montoire. La question est de la compétence d’un tribunal de commerce. Nous ne saurions vous donner un avis. J— M. R. Baligand, à Saint-Gaudens. Vous trouverez ces renseignements dans les manuels de M. Hospitalier : Formulaire de l'électricien et Recettes de l'électricien, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. JL. Laurent, à Lavelanet. Consultez à Ce sujet le recueil'de '-Recettes et Procédés utiles, 20 et'4° séries, à la même librairie. — M. X., à Villefranche-de-Rouergue. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT UllUîCTIO.N ET FORCE 1)E 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 décembre . — 1 °,9 S. 2. Couvert. » Couvert ; Drouillard.
- Mardi 26 - 5°,5 S. S. E. 1. Couvert. » Gelée blanche; givre; couvert le malin et brouillard; beau le soir.
- Mercredi 27 — 1°,9 S. E. 0. Beau. » Gelée blanche ; givre ; beau. ' ” '
- Jeudi 28 7Ü,3 S. 3. Couvert. 0,5 Eclaircies à 16 b.; pluie de 19 h. 20 à 20 h. 30.
- Vendredi 29 9°,3 S. S. W. 5. Couvert. 4,2 Couvert ; pluie de 0 h. à 2 b. 45 et l’après-midi.
- Samedi 50 7°,9 W. 3. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 17 b. ; beau ensuite; gouttes à 14 li.
- Dimanche 31 — 3°,2 E. 5. . Beau. “ Gelée blanche; nuageux; halo.
- DÉCEMBRE 1905. — SEMAINE DU LUNDI 25 AU DIMANCHE 31 DÉCEMBRE 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps' a été froid et pluvieux dans la semaine du a5 au 3i décembre. Le u5 décembre, la situation atmosphérique était belle sur tout le centre et le sud de l’Europe ; la pression barométrique était supérieure à 77o mm, et on observait un maximum de 775 mm sur la Suisse. Un vent faible d’entre Est et Sud soufflait sur nos côtes de la Manche ; il était assez fort sur l’Océan. La mer était houleuse au Sud de la Bretagne. La température était le matin à 7 heures — 70 à Clermont, —-6° à Besançon, — a° à Paris, a0 à Bordeaux, 3° au Puy de Dôme, — 5° au Pic du Midi, — 70 au mont Mounier. A Tours, dans la nuit du y.5 au 26 décembre, la couche de givre produite par un intense brouillard a été si épaisse qu’un grand nombre de fils téléphoniques se sont rompus sous son poids. Le 26 décembre, la pression barométrique s’est abaissée lentement sur l’Ouest de l’Europe. La température a été très basse dans l’Est et le centre de la France; le thermomètre marquait le matin — 6° à Clermont, — 4° à Paris, i° au Puy de Dôme, — 20 au mont Aigoual, — 5° au Pic du Midi. A Paris, le ciel est resté couvert, brumeux pendant toute la journée; dans la banlieue on a relevé plusieurs minima égaux à •—5°. Le 27 décembre, une grande dépression a eu lieu en Bretagne, où le baromètre a marqué 749 mm, après une baisse de 16 mm. On a recueilli 8 mm d’eau à Nice, et 8 mm d’eau à Toulon. La température était le matin —2° à Paris, 6° à Nantes, x5° à Biarritz, o° au Puy de Dôme, —x° au mont Aigoual, — 70 au Pic du Midi. Le matin, le ciel était très beau à Paris, mais légèrement brxxmeixx. Le
- 28 décembre, les fortes pressions ont disparu du continent, et les basses pressions se sont étendues sur l’Europe occidentale et sur la Méditerranée. Un vent d’entre Est et Sud a soufflé sur toutes nos côtes. Il est tombé 34 mm d’eau à Cette, 10 mm à Toulon, 2 mm à Brest, 2 mm ii Nantes, 2 mm à Biarritz. La température s’est notablement élevée; le matin, à 7 heures, on notait^0 à Paris, 90 à Marseille, o° au Puy de Dôme, — 70, au mont Mounier et — 70 au Pic du Midi. La température : moyenne de la journée à Paris a été de 8°. Le 29 décembre, la pression barométrique n’atteignait que 740 mm à Dunkerque. Pendant toute la nuit du 28 aü 29 décembre une tempête d’entre Sud et Ouest a sévi sur nos côtes de l’Océan. La mer a été très houleuse à l’entrée de la Manche et sur l’Océan. La pression barométrique était 742,8 mm à 5 h. 3o du matin, et 744>9 mm à midi. On a recueilli 14 mm d’eau à Nantes, 11 mm à Gap, xo mm à Brest, 8 mm au Havre, 3 mm à Paris. Le thermomètre mai'quait le matin 70 à Lyon, 90 à Paris, 160 à Alger, o° au Puy de Dôme, i° au mont Aigoual, — g0 au Pic dxx Midi. Le 3o décembre, le baromètre est remonté rapidement à l’Ouest de l’Europe ; sur les côtes de la Manche et de l’Océan le vent a été faible et de directions variables. Il a plu à Cherbourg (11 mm), à Besançon (xo mm), à Nantes (6 mm), à Paris (2. mm), à Toulouse (11 mm). La température était 6° à Paris, ii° à Perpignan,— 20 au Puy de Dôme, — 5° au mont Ventoux, — 90 au Pic du Midi. Dans la région parisienne, le baromètre est remonté à 762,6 mm. Le 3i décembre, on a signalé une tempête à l’entrée de la Manche.
- PHASES DE LA LUNE s N* L. le 26 h 4 h* i3 m. du nv.it n.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Vice-Président de la Commission centrale , de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
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- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
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- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1703 (13 JANVIER 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
- La destruction des mouches. — La mouche porte avec elle certaines contagions; dans nos Informations du n° 1702 du 6 janvier, nous citions un cas de transport du choléra par les mouches ; il était donc intéressant de trouver un moyen pratique de les détruire. Le journal Le Matin avait institué un prix de 10000 francs qui, après l’examen d’une Commission composée de MM. Brouardel, Roux, Chantemesse et Bouvier, a été décerné à l’auteur d’une étude ayant pour devise Delenda musca. Cette méthode permet de détruire les œufs et les larves de la mouche rapidement et sûrement. Voici le résumé de la méthode préconisée : « Peu de gens savent, dit l’auteur du mémoire, que la mouche domestique va déposer ses œufs dans les fosses d’aisance, dans les puisards, fosses à purin, fumiers de toute nature. C’est, en effet, dans ces milieux que la musca domestica pond des œufs microscopiques qui présentent les caractères suivants : Ce sont des œufs oblongs, qui s’ouvrent par le détachement d’une bande étroite longitudinale qui se soulève comme la lame d’un couteau qu’on ouvre. La larve qui sort de l’œuf se développe rapidement et atteint sa taille en une huitaine de jours en été. Une mouche peut donner naissance à des milliards d’insectes. Pour arriver à la destruction des larves et des œufs, on mélange de l’huile de schiste (2 litres par mètre superficiel de fosse) avec de l’eau, en agitant avec un morceau de bois, et on verse le tout dans les water-closets. Il se formera très rapidement une couche d’huile dans la fosse qui tuera toutes les larves en oblitérant les stigmates et empêchant sinon l’entrée des mouches dans la fosse, du moins l’éclosion des œufs. » On attend que l’auteur de ce mémoire se fasse connaître pour entreprendre lui-même les expériences qui seront faites ce printemps.
- Défi universitaire. — IL Union de Cambridge, puissante Association formée par les professeurs, les étudiants et les anciens étudiants de la célèbre université, vient d’adresser à l’Association générale des étudiants de Paris un défi d’un genre tout nouveau. Elle a demandé à l’Association de désigner deux de ses membres qui se rendraient à Cambridge pour discuter avec deux membres de l’Union sur un sujet choisi ; un mois plus tard, deux Anglais viendront à Paris discuter en Sorbonne avec deux Français. L’Association générale des étudiants a accepté le défi ; M. Noguèrès, président du Comité, et M. Bokanowski, tous deux de la section de droit, accompagnés de plusieurs de leurs camarades de Paris, se rendront à Cambridge le 20 février. Le débat, que présidera le recteur de l’Université, portera sur la
- question de savoir si un gouvernement peut déclarer la guerre sans le consentement du peuple. Les orateurs parleront dans leur langue maternelle. Au mois de mars, les étudiants de Cambridge viendront à Paris discuter en Sorbonne.
- Concours international pour un appareil limiteur de courant. — Sur les réseaux de distribution électrique d’énergie, chacun des branchements dérivés est établi en vue de desservir une puissance dont le maximum est déterminé, soità forfait, soitpar contrat, entre la station centrale et le client preneur d’énergie. Il arrive que ce maximum peut se trouver dépassé, dans une proportion plus ou moins sensible, pendant un temps plus ou moins court, et que ces dépassements, surtout s’ils coïncident et se prolongent, troublent tout le réseau. Il y aurait intérêt à établir un appareil apte, non pas à mesurer et à tarifer ces dépassements selon leur intensité, mais à les signaler d’abord au client preneur, puis, s’il n’y met bon ordre, à l’obliger à revenir au respect du contrat qu’il a souscrit. L’appareil limiteur de courant, objet du Concours International ouvert par le Syndicat des forces hydrauliques, devra remplir les conditions suivantes : i° S’adapter à des puissances supérieures à 5000 watts et fonctionner sur les courants alternatifs simples ou triphasés pratiquement employés, primaires ou secondaires; 2“ avertir, par un signal efficace, aussi longtemps que possible avant d’entrer en fonction ; 3° Limiter automatiquement le courant du branchement au-dessous d’un maximum déterminé, en entrant en fonction toutes les fois que ce maximum aura été dépassé dans une certaine proportion plus ou moins grande, pendant un certain temps plus ou moins court (par exemple et seulement à titre d’indication : de 5 pour 100 pendant 5 minutes, ou de 25 pour 100 pendant 3o secondes, ou de 5o pour 100 instantanément) ; 4° pouvoir être ramené à sa position initiale par une intervention quelconque, mais en laissant une trace spéciale de chacune de -ces interventions ; 5° être facilement adaptable à différentes puissances; 6° être aussi simple, robuste, précis, indéréglable et inviolable que possible ; 7* son réglage ou son fonctionnement ne devront pas être influencés sensiblement par la température ou par l’humidité. — Les concurrents devront faire parvenir avant le xer avril 1906, au Siège Social du Syndicat, 63, boulevard Haussmann, à Paris, une notice descriptive très complète de la disposition qu’ils présentent au concours, avec dessins à l’appui. Les concurrents, dont les appareils, seront retenus par la Commission pour être soumis aux épreuves pratiques, devront fournir deux appareils. L’un sera monté, par leurs soins et à leurs frais,
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- INFORMATIONS
- sur le branchement qui leur sera désigné, pour fonctionner en service courant pendant i5 jours. - L’autre sera déposé à l’Institut Electroteclniique de Grenoble, pour être soumis à tels essais que la Commission jugera utiles. Les renseignements nécessaires à ces deux séries d’essais seront portés à la connaissance des concurrents avant le ier juin 1906, en même temps que l’avis de leur admission aux essais. Ces essais devront pouvoir commencer le ior août 1906, terme rigoureux. Les systèmes proposés restent la propriété des inventeurs qui devront prendre, en temps utile, les mesures nécessaires pour garantir cette propriété. Le Syndicat se réserve expressément le droit de publier dans la mesure qui lui conviendra la description, les dessins et les essais des appareils présentés au concours. La Commission chargée de l’examen et du classement des appareils pourra décerner un prix de 2000 francs au concurrent placé au i01' rang, ou diviser cette somme suivant le mérite des appareils. — Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétaire du Syndicat des Forces Hydrauliques, à la Chambre de Commerce, à Grenoble.
- Le Système métrique aux Etats-Unis.—-On annonce des Etats-Unis qu’une campagne active se poursuit actuellement en faveur de l’adoption du système métrique. Un membre de la Chambre des représentants, M. Littauer, a déposé sur le bureau de la Chambre un projet de loi demandant qu’à partir du ior juillet 1908 le système métrique soit l’unique système employé pour toutes les transactions que pourraient faire les différentes administrations dépendant du gouvernement des Etats-Unis. Ce projet de loi a été renvoyé à la Commission des monnaies, poids et mesures qui doit l’examiner pendant le mois de janvier; un rapport favorable sera certainement fait sur cette question.
- Concours de vedettes. — Le ministère de la marine vient d’ouvrir un concours de vedettes à moteur marchant au pétrole lampant, pour la surveillance de la pêche sur la côte ; ce concours est ouvert à tous les constructeurs français et étrangers. Le concours est divisé en trois parties : i° Moteurs (sur plans) d’une puissance de 200 chevaux à 600 tours et pesant 4 tonnes au maximum; 20 essai des moteurs dans des coques désignées par la commission chargée de fournir un rapport sur le concours ; 3° projecteurs. Les coques et les moteurs seront examinés à part, c’est-à-dire que le constructeur de la coque devra construire une coque destinée à donner une vitesse déterminée avec un moteur d’un poids et d’une puissance donnés et que le même moteur pourra être essayé dans divers types de coque. Les vedettes devront avoir une longueur de 17 à 20 m. Des prix importants seront affectés à ce concours : l’un d’eux sera de io 000 francs. Les trois types classés premiers seront acquis par la marine.
- Course de canots automobiles. — La course annuelle de canots automobiles, organisée par notre confrère l’Auto, a eu lieu sur la Seine le 3i décembre iqoÔ. Les départs et les arrivées se faisaient en amont de la passerelle Debilly, les virages au pont des Invalides et à la pointe de l’île Saint-Germain. Vingt racers et cruisers ont pris le départ. Aucun racer n’a terminé; dans les cruisers, c’est-à-dire les canots de promenade, le Forçès-Pas, piloté par son propriétaire M. Crucq, est arrivé premier de tous, couvrant 28 km en 56 minutes. Le Forcès-Pas est un canot de 18 m, à moteur Mors, construit par Pitre.
- Tremblement de terre. — Le 2 janvier, on a ressenti à Agram (Autriche-Hongrie), et dans les localités situées au Sud une secousse de tremblement de terre qui a djiré quelques secondes; il n’y a pas eu de dégâts importants.
- La répartition des langues en Finlande. — La
- population de la Finlande était en 1900 de 2 744 952 habitants, répartis en deux groupes ethniques principaux, d’une part les Finnois (2862990 hab. =86,75 pour 100), de l’autre les Suédois (349 733 hab. = 12,89 pour 100). M. K.-B. Wiklund a publié récemment à Stockholm de très remarquables cartes et un mémoire sur la répartition linguistique du finnois et du suédois dans le grand-duché. Les finlandais de langue suédoise forment deux grands îlots compacts. Le premier est localisé sur la côte Nord du golfe de Finlande; dans la capitale, à Hel-singfors, le suédois n’est parlé que par 41 000 habitants sur g3 676 : c’est le point de cette première région où il est surtout en minorité ; ailleurs le pourcentage des
- finlandais qui parlent suédois atteint 74, 89 et même 100 ; au total, il y a dans cette zone environ 167000 individus de cette langue. Le second îlot de suédois se trouve sur la côte du golfe de Botnie, à hauteur des îles de Qvarkcn, dans la région de Yasa (Nikolaïstad) ; la proportion des indigènes parlant cette langue varie suivant les paroisses entre 80 et 90 pour 100. En dehors de ces deux grands groupes le suédois est parlé dans les villes d’Abo, Biœne-borg, Yiborg, Tammerfors, Uleaborg, Tavastehus. Partout ailleurs l’usage du finnois prédomine oxi existe exclusivement. Toutefois, il existe encore i336 Lapons parlant leur propre langue et répartis eiffre les trois paroisses de l’extrême nord, Enontekis, Enara, Ustioki, et d’autre part environ 2000 Allemands, autant de Tziganes, 1000 Juifs, 102 Tartares et 6000 Russes disséminés surtout dans les villes.
- La végétation arborescente de l’Afrique du Sud.
- — L’Afrique du Sud ne passe point, et avec raison, pour un pays fort riche à ce point de vue. Aussi est-ce une raison de plus pour connaître les bois qu’on y rencontre. Il y a d’abord les bois « jaunes », pour employer l’expression locale, qui sont le podocarpus elori-gata et lep. tliunbergii; ils fournissent un excellent bois pour les traverses de chemins de fer ou les planchers. Il y a aussi le bois puant, ou stinkwood, de son nom savant ocotea bullata, qui est rare, mais donne de beau bois pour meubles. Le bois de fer noir ou olea lauri-folia, est très dur, mais pourrit aisément en terre ; c’est exactement le contraire pour le « bois à éternuer » ou pteroxylon utile, tout petit arbre dont le bois est impérissable pour ainsi dire. Nous aurions encore à citer un cèdre, le callitris arborea, qui a le tort de ne plus se rencontrer que sur une très faible surface. On a cherché à importer beaucoup d’espèces, mais on n’a guère réussi que pour certains acacias d’Australie.
- Nouveau gaz d’éclairage. — Notre confrère Work signale un nouveau gaz inventé par un chimiste de Augsburg, M. Blau. Il le fabrique avec des résidus de pétrole et d’huiles minérales lourdes,, et le gaz qu’il obtient donnerait une lumière très brillante, se transporterait aisément en cylindres, tout comme le gaz acide carbonique, et ne pourrait que très difficilement faire explosion.
- Fondations. — M. Mafeus a signalé, dans la Central-blatt der Bauverwaltung, un procédé ingénieux, et beaucoup plus exact que les méthodes jusqu’ici employées, pour mesurer la résistance d’un sol destiné à supporter des fondations. Normalement, on entasse des pierres, des pièces de fer de poids connu, mais les poids ne sont pas rigoureusement semblables, le chargement n’est pas progressif, les pressions sur les différentes parties du sol ne sont pas les mêmes. La méthode nouvelle, qui peut s’appliquer à des surfaces de très faibles dimensions , comporte l’emploi d’un cylindre métallique étanche, composé d’anneaux assemblés, et reposant sur le sol par un pied de forme appropriée. Le cylindre est l’empli progressivement d’eau, et un indicateur relié à un flotteur donne à chaque instant le niveau intérieur et par suite la charge. Un instrument de nivellement annonce quand le cylindre commence de s’enfoncer.
- Égouts. — M. Raffaele Somma, un ingénieur italien dont parle le Monitore tecnico, a inventé une fermeture étanche de bouche d’égout. Il dispose, sous la bouche d’égout ordinaire, un conduit vertical aboutissant à une cuvette basculante analogue à celle que l’on trouve dans certains water-closets. Pour en empêcher les engorgements, qui maintiendraient la cuvette ouverte en dépit de son contrepoids, on prévoit une prise d’eau à siphon qui peut venir former chasse sur le plateau de la cuvette.
- Déchargement automatique des wagons. — Nous avons signalé la tentative modeste qui-est faite, sur les chemins de fer du Midi en France, pour essayer, des wagons jk déchargement automatique ; on sait au contraire qu’ils cônstitu^t la pratique . courante aux Etats-Unis^ Voici que les chemins: de-fer de l’Etat, prussien s’engagent dans cette même voie, pour des véhicules à charbon dpqf.la capacité est d’ailleurs limitée à 20.tonnes.
- Matériel roulant des chemins de fer américains.
- — Un chiffre qui donnera, une idée1 de l'importance des. énormes réseaux ferrés américains. Le seul New-York Central and Hudson Railroad vient de commander, pour lui être livrés dans le courant de 1906, un, ensemble de 2 5 000 wagons à marchandises !
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Hygiène 'j-ï/gfc
- Une fontaine à eau rafraîchie. — Il existe, dans les ateliers de la Compagnie de l’Est à Epernay, des fontaines fournissant en été, au personnel ouvrier, de l’eau additionnée de café, qui est constamment maintenue à l’état frais de façon ingénieuse. Disons que le captage d’un niveau d’eau souterrain, où puise une pompe à commande mécanique a été fait très simplement t on a enfoncé à coups de mouton dans le sol, jusqu’à i5 m., en pleine craie et au-dessous des terrains d’alluvions, des tubes de chaudière en acier, montés bout à bout. Les fontaines sont disposées comme le montre le dessin; elles comprennent un bassin intérieur cylindrique, pouvant recevoir de la canalisation l’eau qu’on additionne ensuite de café. Ce premier réservoir est disposé dans une caisse concentrique que traversent le robinet permettant de tirer l’eau à boire, et aussi une bonde de vidange du bassin intérieur. Et l’intervalle annulaire sert à une circulation constante d’eau envoyée parQa pompe, et maintenant fraîche la boisson intérieure.
- Mécanique
- Accouplement Tenax. — Il est destiné aux accouplements d’arbres, et nous en donnons une coupe longitudinale parallèle à l’axe même de l’arbre sur lequel il est monté. En A est un disque concave sur la circonférence duquel est boulonné un anneau dont l’intérieur comporte deux surfaces de frottement inclinées en sens inverse, comme on le voit; l’ensemble peut tourner librement sur l’arbre. Yoici, d’autre part, deux autres disques, dont la forme est aisément saisissable, et qui
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- Accouplement Tenax.
- peuvent être amenés au contact ou isolés, par le moyen d’une vis à pas contrarié filetée à l’extrémité du manchon; ces deux disques viennent en prise avec les surfaces inclinées de l’anneau, et quatre goupilles assurent leur rotation simultanée. Quand le manchon est mis en rotation dans le sens rapprochant les disques, une puissante action d’embrayage se produit. Yoici enfin une poulie comportant une gorge plate, et clavetée sur le manchon; à l’intérieur, est un ressort spirale, qui assure une connexion élastique entre la poulie et le disque, son extrémité inférieure étant fixée. Tout mouvement imprimé se transmet par le disque à l’arbre car le disque peut bien glisser longitudinalement, mais est entraîné dans un mouvement de rotation par les deux nervures. Celles-ci et une autre nervure (que l’on voif bien en coupe) forment butées pour le manchon. De plus, sous l’action d’un ressort, un collier est main-
- tenu continuellement contre l’extrémité du manchon ; ce collier est évidé pour le passage de la nervure, mais des dents sont formées sur le collier et le manchon pour permettre de les solidariser l’un à l’autre.
- Supposons que l’arbre soit mis en rotation par l’action d’une courroie passant sur la poulie, clavetée au moyen de A, et par l’intermédiaire des pièces solidarisant l’anneau et les disques. Si maintenant, au moyen du frein à lame, qui entoure la poulie, nous diminuons la vitesse angulaire de la poulie, le ressort se tend, et l’on obtient une rotation du manchon sur l’arbre ; cela force le pas de vis contrarié à séparer les disques et à supprimer l’accouplement. D’ailleurs, les dents entre le manchon et le collier vont maintenir cette situation, le manchon ne pouvant pas retourner à sa position première, même si on lâche le frein. Pour remettre en marche l’arbre, il faudra mouvoir légèrement le collier vers la gauche, au moyen de la fourchette, pour désengager les dents. Le manchon peut alors tourner librement sur l’arbre, retourner à sa position originelle, sous l’action du ressort , et assurer le rembrayage. — Le constructeur est M. H.-D. Loria, à Orchamps (Jura).
- Silencieux pour moteur tonnant de bateaux. — 11
- est fait plutôt pour les bateaux, parce qu’il consomme un certain volume d’eau pour son fonctionnement. Ce silencieux, ou pot d’échappement si l’on veut employer un mot expliquant mieux son rôle, permet aux gaz de combustion de subir une expansion de deux fois leur volume primitif et d’être en même temps refroidis, grâce à un jet d’eau qui se mêle à eux.
- Il affecte la forme d’une sorte de bouteille en fonte, sur le cou de laquelle est disposé un ajutage pour l’entrée des gaz d’échappement, tandis qu’en bas est un orifice d’arrivée d’eau : celle-ci peut être prise dans le milieu où flotte l’embarcation, ou provenir de l’enveloppe du cylindre. Dans le premier cas, c’est l’échappement par l’ajutage qui l’appellera en formant trompe, tandis que dans l’autre, il faut l’action d’une pompe de circulation. Notons l’espace annulaire qui entoure l’ajutage et où passe l’eau de refroidissement. On comprend comment eau et gaz se mélangent, pour être ensuite évacués ensemble par un tuyau qui débouche un peu au-dessus du niveau de l’eau environnante. —' Fabricants : MM. Rankin Kennedy and sons, Balmoral Street, Scots-tow, Glasgow (Grande-Bretagne).
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- *»> 'Electricité <«*
- Appareil pour mesurer l’isolement des canalisations électriques. — Dans une installation électrique, il n’y a pas de nécessité plus impérieuse que de maintenir toujours les canalisations électriques en excellent état d’isolement, c’est-à-dire offrant toujours le plus grand obstacle, la plus grande résistance au courant électrique, qui cherche à s’échapper dans la terre à travers l’isolant des câbles. En réalisant cette condition, on peut toujours être certain d’avoir une installation électrique en bon état. U suffît d’effectuer souvent des mesures d’isolement et dans de bonnes conditions. L’appareil dont nous donnons la description nous semble de nature à permettre très facilement ces mesures. Cet appareil est formé d’un galvanomètre apériodique à cadre mobile, et d’une machine magnéto que l’on peut faire tourner à l’aide d’une manivelle. La machine est placée dans la même boite que le galvanomètre. Pour effectuer la mesure d’isolement sur un circuit, on fixe un câble de celui-ci sur le pôle positif (+) indiqué sur la boîte; on fait communiquer le pôle négatif (—) de la magnéto avec la terre, puis on fait tourner la machine à une vitesse angulaire normale. La machine produit du courant continu à une tension de uo à 120 volts. On lit les indi-
- TJne fontaine à eau rafraîchie.
- Silencieux pour moteur tonnant de bateau.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- eutions marquées par l’aiguille mobile du galvanomètre sur le cadran de l’appareil et qui notent les résistances d’isolement. On peut ainsi mesurer jusqu’à io mégohms. Cet appareil est très pratique pour un électricien. La mesure de l’isolement se fait très simplement, comme
- Appareil pour la mesure (le l’isolement électrique.
- nous venons de le dire. Le galvanomètre peut aussi être disposé pour servir de voltmètre à courants continus ; il est muni d’une graduation à part, et relié par une borne spéciale. — L’appareil pour mesurer l’isolement se trouve chez MM. Richard Heller et C‘e, 18, Cité Trévise, à Paris.
- Petites inventions
- Nécessaire dans un manche d’ombrelle. —, En
- disant nécessaire, c’est plutôt superflu qu’on doit penser; à moins cependant que, pour les dames auxquelles il est destiné, ce nouveau manche d’ombrelle ne devienne, en effet, une nécessité par la multiplicité des objets utiles qu’il contient. Lorsqu’il est fermé (n° i) il n’est pas trop gros et on ne soupçonne pas qu’en l’ouvrant (n° 2) on va y trouver : iu dans la portion qui supporte l’ombrelle, un éventail, et 20 dans la partie rabattue : une boîte à
- Nécessaire dans un manche d’ombrelle.
- poudre, une glace, deux flacons à odeur ou sels, des ciseaux, un canif, un crayon, un crochet à bottines, un autre à gants, un cure-dents, des épingles, un peigne, des aiguilles et une bobine de fil !... Nous croyons n’avoir rien oublié. Si on n’a pas besoin de tout cela, on peut le remplacer par un bougeoir (n° 3) ; mais celui-ci est plutôt destiné à une canne ou à un parapluie qu’à une ombrelle qui ne sert généralement pas le soir. — Ce nécessaire se trouve chez M. P. Collet, 14, vue Mercœur, à Paris.
- Eventail mécanique. — On a toujours besoin d’un petit éventail qui permet de prcndx’e un peu d’air et de dissiper souvent ces grandes chaleurs que l’on rencontre dans les bals et soirées. Nous avons déjà décrit plusieurs appareils de ce genre ; mais ils présentaient
- Éventail mécanique.
- tous des inconvénients de divers oi'dres. L’éventail mécanique dont il est question nous semble cependant de nature à satisfaire les plus difficiles. La partie mécanique en est de construction soignée; la figure ci-jointe en donne une vue d’ensemble, à droite et à gauche le mode d’emploi. Un mouvement d’horlogerie est dissimulé dans le manche ; il peut être remonté à l’aide du manche au moyen d’un long ressort à boudin. Le mouvement est transmis par cône à angle et par engrenages à un axe horizontal placé à la partie supérieure. C’est sur cet axe que viennent se fixer les ailettes du ventilateur, et qui sont entraînées par le mouvement. Sur le côté se trouve un petit bouton que l’on peut serrer à force et qui fait l’office de frein en permettant d’arrêter à volonté l’éventail. Cet appareil, comme on le voit, fonctionne très simplement au moyen d’un remontage par le manche. Les trois ailettes tournent aussitôt et tournent avec une grande vitesse, en procurant une grande fraîcheur. C’est là une nouveauté qui peut être appréciée au théâtre et dans les soirées. — L’éventail mécanique se trouve chez M. Mathieu, 131 -133, Galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- Allumoir électrique. — Ce nouvel allumoir semble la simplicité même réduite à sa première expression. Il consiste en une pile bouteille Grenet au bichromate de potasse. C’est sous la pression du doigt que le zinc est d’abord abaissé de quelques millimètres seulement, et alors un petit capuchon vient découvrir un spiral inflammateur, formé d’un alliage d’iridium et de platine. Dès que le zinc plonge dans le liquide, le courant traverse l’in-flanimateur qui est porté à l’incandescence, et enflamme la mèche de la petite lampe voisine. Mais le doigt cesse aussitôt d’appuyer sur le zinc, et celui-ci, sous l’action du ressort, remonte à sa place. On voit que dans cet appareil il suffit d’une légère plongée du zinc pour produire un allumage. On remarque de plus que le mécanisme d’allumage est entièrement indépendant. Allumoir électrique Ajoutons que l’allumage se fait Marquer,
- dans un globe, et, par conséquent,
- d’une façon toujours sûre, et que le remplacement du zinc et du charbon se fait dans les conditions les meilleures et les plus rapides. —L’allumoir électrique est fabriqué par M. A. Marquer, 31, rue Marcadet, à Paris (XVIIIe).
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- Les bains l’hiver. — Doit-on donner des bains pendant l’hiver? Si la question vous était posée de la sorte, elle vous paraîtrait, n’est-il pas vrai, aussi saugrenue que si l’on vous demandait si l’on doit se laver la ligure tous les jours. J’imagine qu’en posant cette question, notre aimable correspondant a voulu savoir non pas si l’on doit prendre des bains, mais comment on doit les prendre et comment on doit les donner, quand il s’agit de tout petits enfants.
- Remarquez cependant que si bizarre que puisse paraître une semblable question pour ceux qui chaque matin se tubenl au sortir du lit, qui se lavent et se frictionnent des pieds à la tête, elle peut se poser pour maints établissements publics, scolaires ou autres, où l’eau est parcimonieusement distribuée et où rien ne permet d’appliquer largement le vieux proverbe Mens sana in curpore sano. Dans nombre de collèges, on ne se demande pas si l’on doit se baigner l’hiver, mais en toute saison, la plus chaude comme la plus froide. Visitez les casernes, visitez des lycées de province et dites.-moi dans combien se trouve aménagée d’une façon convenable et apte à servir tous les jours, une salle de bains. A Paris, dans les grands centres, sous l’impulsion des maîtres de l’hygiène, on est arrivé à triompher de la vieille l'outine, mais on semble n’y venir qu’à regret, témoin cette mention tirée d’un prospectus de lycée Parisien : « Une installation d’appareils spéciaux permet de donner aux élèves, plusieurs fois par mois, des bains par aspersion. ». Plusieurs fois par mois, c’est déjà un progrès sur le vieux temps où on cassait la glace pour se débarbouiller le museau ; mais rien n’empêcherait, ce me semble, de prendre sur un moment d’étude ou de classe une heure pour une aspersion qui serait quotidienne et générale, sauf indisposition ou conditions spéciales.
- Un hygiéniste distingué, le professeur Arnould , disait autrefois qu’il y avait trois groupes démographiques qui prenaient peu ou pas de bains, les militaires, les ouvriers industriels et les paysans; et ce sont ceux qui par nécessités professionnelles ou conditions de vie, en auraient le plus besoin. A ces groupes définis, combien d’autres pourrait-on ajouter. Disons, pour être juste, que de notables progrès ont été apportés à l’insuffisance des établissements de bains ; j’ai signalé autrefois la création des bains-douches par l’ancien maire de Bordeaux, M. Bayssellance, celle des piscines et des bains publics à Paris et dans quelques villes. Le bain-douche si simple, si peu coûteux, commence à être répandu ; il en existe de nombreux établissements qui donnent pour un prix modique, savon, linge et eau chaude cl permettent un nettoyage complet du corps en quelques minutes. J’ai eu la curiosité de savoir quel chiffre un de ceux que l’œuvre parisienne des bains-douches a installés dans un quartier populeux, au marché du Temple, fournissait de bains par jour. Le prix du bain, savon compris, est de 0/26 francs, plus o,o5 francs par serviette. Le bain-douche, comme l’indique l’affiche, n’est ni un bain, ni une douche. C’est une aspersion d’eau chaude, mais qui permet le nettoyage le plus complet. L’établissement est ouvert tous les jours (mardi excepté pour le nettoyage et les l’éparations de 6 ou 7 heures du matin à 8 ou 9 heures du soir, suivant la saison). L’hiver, on donne environ 100 bains-douches ; l’été, le chiffre des baigneurs monte à 3oo. C’est bien, mais ce n’est pas encore une proportion bien élevée pour un quartier aussi populeux.
- Dans l’armée, les chefs de corps ont fait établir dans les casernes ces appareils si simples et si pratiques. Mais à combien de difficultés se heurte-t-on? ici l’insuffisance d’adduction d’eau ; là le manque de local et partout un peu l’insuffisance de crédits. Le soin du corps, disons-le, n’est pas encore devenu une règle d’hygiène fondamentale ; on l’admet en théorie, on le proclame partout, mais la mise en pratique laisse à désirer. A coup sûr nous sommes en grand progrès sur les âges passés, mais si nous en étions restés, comme hygiène, aux règles des derniers siècles, ce serait un peu humiliant pour le progrès scientifique.
- Pour en revenir à la question du bain l’hiver, il faut
- en prendre, c’est la règle, en toute saison, et le plus souvent qu’on peut. On ne doit s’arrêter que devant le chapitre des frais et encore combien de gens pourraient retenir sur leur budget, dont ils savent extraire, pour-leurs plaisirs ou leurs passions, des sommes bien plus importantes. L?adulte trouve dans les grandes villes, à faible compte, le moyen de tenir le corps en parfait état; piscines, bains-douches et bains à prix réduits. Pour l’enfant c’est tout autre chose et dans les écoles on n’en est pas encore à ce degré de perfectionnement hygiénique ; mais j’ai bon espoir que l’on y arrivera peu à peu.
- Le bain peut être pris l’hiver comme l’été, à la condition de le prendre dans une salle dont la température soit convenable, c’est-à-dire, à 170 ou 180, de façon qu’en sortant de l’eau on ne subisse pas l’impression désagréable et dangereuse d’un air froid. De même pour le tub : il faut qu’on puisse séjourner, nu, dans la pièce, sans avoir par avance le frisson du froid ; l’eau froide que vous jetterez sur le corps vous donnera ce frisson léger qu’on éprouve, même l’été, au premier contact de l’eau, mais vous ne serez pas niordu par le froid de l’atmosphère ambiante. Donc, pièce à température moyenne, t^b rapide ou bain court de i5 minutes et même moins s’il est répété tous les jours ; essuyage avec linge sec, légèrement chauffé si c’est possible. E11 un mot, les bains, le tub doivent se prendre comme en été, avec cette seule différence que la pièce où on le prend ne doit pas être à une température glaciale.
- Les bains, pour l’enfant, sont une nécessité de premier ordre, je n’oserais pas dire presque plus que pour l’adulte. Aussi voyez-vous les médecins recommander aux jeunes mères de famille de donner à leur enfant un bain quotidien, même l’hiver. Mais oui, même l’hiver; il n’y a qu’à donner le bain dans une pièce convenablement chauffée, et quel que soit le degré qu’atteigne la température extérieure. Vous n’avez absolument rien à craindre. Les enfants sont tenus, le cou glissé entre le pouce et les doigts d’une main, de façon à soutenir la tête hors de l’eau : le corps flottant à l’aise et l’enfant gigotant avec plaisir dans cette eau tiède. Prenez l’habitude de mesurer la température de l’eau avec le thermomètre ; la main trempée dans l’eau devient par l’habitude un bon guide et renseigne assez exactement ; mais cela n’a pas la précision de l’instrument et un jour on vous aura, sans que vous l’ayez remarqué, versé une dose d’eau bouillante, plus forte que d’habitude. Le bain ne doit pas dépasser 36 à 37° à moins de conditions spéciales indiquées par le médecin.
- J’ai souvent conseillé pour les mamans ou nurses qui ont un peu peur de tenir l’enfant suspendu par le cou, de poser dans la petite baignoire, une sorte de petit hamac formé par un filet à mailles très serrées pour que l’enfant ne s’y prenne pas les doigts de pied. On immerge le filet plus ou moins, suivant la taille et le poids de l’enfant, qui se trouve de la sorte plongé dans l’eau, suspendu sans danger. Ne l’y laissez pas plus que quelques minutes, que vous fassiez suivre ou non l’immersion d’un petit savonnage du corps; roulez l’enfant dans une serviette-éponge, séchez-le et faites aussitôt une bonne friction avec l’alcoolat de lavande ou l’eau de Cologne, avant de l’habiller complètement.
- En prenant ces précautions vous pourrez être assurée, chère maman, que votre bébé n’aura pas à souffrir d’une plongée quotidienne dans l’eau ; vous lui assurez, au contraire, meilleure santé par le bon fonctionnement de la peau. Tâchez, au fur et à mesure qu’il grandit, de lui inculquer ces préceptes de propreté et qu’il continue à les mettre en pratique, sa vie durant, sans toutes les minuties qu’y apporte une mère, mais avec l’énergie, la vigueur d’un garçon qui fera un homme solide, robuste et d’esprit sain, puisqu’il aura la santé. Dr A. Cartaz.
- La saponine'et les boissons gazeuses. -— La
- saponine C64H105O36 est un glucoside assez répandu dans le règne végétal, et qui s’obtient le plus souvent en traitant par l’alcool à 900 et bouillant la Saponaire d’Egypte ( Gypsophylla Soruihium). Certains industriels
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- anglais achètent, par wagons entiers à la meunerie belge, la semence de nielle extraite du blé, et la transforment en poudres saponines. Elle est blanche, pulvérulente, non cristalline, inodore, et se dissout en toutes proportions dans l’eau qu’elle rend savonneuse x millième en poids de saponine suffît pour rendre l’eau mousseuse d’une façon persistante. Sa dissolution, louche d’abord, finit par acquérir de la transparence à la faveur de quelques filtrations. Un grand nombre de substances solubles dans l’alcool et insolubles dans l’eau, acquièrent, quand on ajoute de la saponine à leur dissolution alcoolique, la propriété de se diviser facilement dans l’eau et de former des émulsions douées d’une remarquable stabilité. On a mis à profit cette propriété pour émxxlsionner les résines, le camphre, les huiles, etc. ; beaucoup de laits de toilette ne sont pas fabriqués autrement. C’est parce qu’elle produit avec l’eau des mousses abondantes que la saponine est entrée dans l’alimentation. On l’ajoute à certaines bières, aux cidres, aux vins dits de champagne de qualité très inférieure, et son usage est surtout répandu pour préparer et sophistiquer les limonades gazeuses, les citronnades, les orangeades, le ginger beer, etc. Le débitant corrige, à l’aide de solutions de saponine, l’aspect plat, peu agréable de bières et de cidres aigris, et relève à la vue celles qui n’ont pas par elles-mêmes suffisamment de consistance pour servir de support à la mousse normale. La saponine possède un goût douceâtre, puis âcre et amer; elle provoque des éternuements persistants. Pelikan, Eulenburg, Kohler, Malapert, JBonneau et Kabert en ont étudié l’action physiologique. Tous ont constaté son influence paralysante aussi bien sur les muscles lisses de l’estomac que sur les muscles striés des membres et sur le cœur. A la suite de l’introduction directe par les voies digestives, le tissu musculaire de
- l’intestin et de l’estomac perd très rapidement son excitabilité, et le cœur ne tarde pas à s’arrêter. Ces auteurs ne sont pas d’accord sur les quantités de saponine nécessaires pour produire ces efl'ets ; leurs divergences sur ce point pourraient bien avoir pour cause la différence d’activité des saponines suivant les plantes d’où elles proviennent. Il suffît, dans tous les cas, de quantités très faibles de saponine pour fournir la mousse recherchée, et ces quantités sont certainement incapables de produire chez l’homme les effets toxiques qui viennent d’être signalés. Malgré cela, il y a un intérêt social certain à en pi'oscrire l’emploi. En elfet, la saponine, en sa qualité de glucoside, se dédoxible facilement en glucose et en sapogénine (Cï8H4204), produit dont les réactions sont assez mal connues. Il serait par suite difficile d’en faire un dosage précis, c’est-à-dire de s’assurer par un contrôle analytique si les quantités licites ne sont pas dépassées. En outrg, s’il est pratiquement sans danger immédiat de consommer une bière ou une limonade saponinée, il n’est pas le moins du monde permis d’inférer de ce fait que l’absorption quotidiennement répétée des mêmes produits ne devienne pas nocive à la longue. Enfin, il est impossible de plaider utilement la cause de la saponine alimentaire, qui ne possède aucune propriété antiseptique ni antiputride et qui ne peut servir, en réalité, qu’à tromper sur la nature de la marchandise en communiquant aux boissons une propriété qu’elles ne possèdent pas, comme telles, ou qu’elles ont perdue en subissant certaines avaries. Cependant, et malgré tout, la saponine est employée en quantités considérables dans l’alimentation, et nombre de boissons mousseuses en contiennent. C’est une falsification qu’il est bon de signaler... et qu’il serait mieux encore de parvenir à proscrire.
- Erancis Marre.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Chimie
- Détermination du soufre dans le carbure de calcium. — La méthode est recommandée par le chimiste allemand Lindholm, dans la publication Zeitschrift für angewandte Chemie. On pulvérise le carbure et on le fait fondre avec 5 parties de carbonate de soude potassique et 2 parties de chlorure d’ammonium anhydre chimiquement pur; la fusion se fait vite, et le carbure se décompose en se séparant du carbone. Le soufre existant sous forme de sulfure n’est pas oxydé, et pour le cas même où une faible partie en serait oxydé par l’oxygène de l’air, le charbon, qui se présente à l’état finement divisé, le réduit de nouveau. Le pi’oduit de la fusion traité par les acides dégage le soufre contenu sous la forme de sulfure d’hydrogène | celui-ci est converti par oxydation, au moyen d’eau bromurée, ou d’eau oxygénée, en acide sulfurique, qui est évalué à l’état de sulfate de baryum, par précipitation du sulfure d’hydrogène comme sulfure de cadmium.
- cfg'îvs* Automobilisme <?«$,
- Liquide combustible à base d’huiles lourdes. •—
- M. Serpollet a indiqué récemment un liquide combustible à base d’huiles lourdes, qui a l’avantage d’assurer une bonne combustion dans les brûleurs légers, et sans produire d’encrassement. On prend des huiles lourdes dont on mesure la densité; on forme ensuite un mélange d’eau et d’alcool de- même densité. Il suffit ensuite de verser le mélange d’eau et d’alcool dans l’huile lourde et de brasser énergiquement ; on obtient facilement un mélange intime. Dans la combustion dans les brûleurs, l’eau est d’abord vaporisée avec les huiles, et la vapeur d’eau par son écoulement forme l’appel d’air nécessaire à la combustion. La vapeur d’eau s’écoule rapidement, produit un frottement énergique contre les
- parois internes des conduites et évite la formation de dépôts solides.
- Nettoyage des pièces nickelées. — On recherche souvent le moyen de nettoyer facilement des pièces nickelées, et généralement dans les bicyclettes. Nous avons essayé à de nombreuses reprises le procédé suivant qui nous a toujours donné de bons résultats. On prépare un bain d’alcool pur auquel on ajoute seulement quelques gouttes d’acide sulfurique ordinaire. On frotte les pièces avec ce liquide à plusieur-s reprises, en ayant soin de ne pas prolonger trop longtemps lë contact du liquide et du nickel pour éviter toute attaque. On rince ensuite à l’eau claire, on frotte à l’alcool pur et on essuie pour sécher.
- Divers
- Savon à polir. — Il s’agit d’un de ces savons analogues à celui qu’on nomme le savon minéral, et qui contiennent dans leur masse des substances rodantes convenablement enrobées. On peut en fabriquer un donnant de bons résultats pour des polissages fins en mélangeant intimement, à 2Ô parties en poids de savon marbré, 3o p. de craie Jineinent pulvérisée et une demi partie de rouge de Yenis'è". On peut aussi en fabriquer un autre avec 26 p. de savon d’huile de palme liquide, 12 p. de tripoli, et une partie respectivement de chacune des substances suivantes : alun, acide tai'trique, le tout en poudre naturellement, et céruse.
- Pour enlever les gaz dangereux d’un puits. — On
- recommande un moyen simple ët assez efficace pour arriver à ce résultat : cela consiste à jeter, le long des parois du puits, une quantité aussi considérable que possible d’eau bouillante. Cela donne lieu à un dégagement de vapeur intense, et la vapeur emporte avec elle une bonne partie des gaz nocifs.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les
- dynamomètres électriques pour essais de puissance des moteurs sont construits par MM. Hillairet Huguet, 22, rue Vic-d’Azir, Paris.
- Communication. — M. Ernest Milliau, directeur du laboratoire officiel d’essais techniques, à Marseille, nous adresse une courte notice sur un Procédé pour déterminer la pureté de Vhuile de coprah. On sait que l’huile de coprah ou de coco joue un rôle considérable dans l’industrie de la savonnerie, où elle représente à peu près la moitié des huiles employées ; le plus souvent mélangée à d’autres moins coûteuses (sésame, coton, arachide, etc.), ses propriétés peuvent se trouver ainsi altérées. Il y a donc le plus grand intérêt au point de vue technique à vérifier la pureté du produit employé.
- Renseignements. — M. Pierre Ané, au Port de la Nouvelle. — Voici les adresses des constructeurs qui ont exposé des appareils protecteurs pour couvre-scie circulaire, au musée de prévention des accidents du travail : Système Bruliard : MM. d’Espine et Achard, 52, quai de la Marne, Paris. Système Fleuret : MM. 01-livier et C‘“, 42, eue de Châlon, Paris. — Système Bou-têloup et Le Rozier et couvre-scie circulaire mobile à la main : Société des anciens Etablissements Panhard et Levassor, 19, avenue d’Ivry, Paris. — Modèle de couvre-scie circulaire système Froy, ingénieur civil des Mines, inspecteur du travail à Creil, Oise.
- ! M. L. M., à Bruxelles. — Il est fort probable que l’oiseau dont vous parlez est un merle. Vous pourrez le déterminer en consultant l’ouvrage suivant, abondamment illustré : Les Oiseaux, dans la collection d’Histoire naturelle de la France, chez MM. Deyrolle, 46, rue du Bac, à Paris.
- M. le comte Antoine Miltrowsky, à Nice. — Le travail de M. H. Pieron; Contribution à Vétude du problème de la reconnaissance chez les fourmis a été publié dans les Comptes rendus du 6e Congrès international de zoologie. Session de Berne, 1904.
- M. Ed. Magny, au cap Haïtien. — i° Ouvrage relatif à la tonnellerie : Manuel du Tonnelier (manuel Roret), à la librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. 1 vol. — 20 Veuillez consulter le Bottin où vous trouverez de nombreuses adresses.
- M. L. Granier, à Graissesac. — Veuillez vous adresser à la maison Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain. Vous trouverez, dans leur catalogue d’appareils de chauffage divers pyromètres répondant parfaitement à vos dèsiderata.
- M'. P. Ducoté, à Fleurville. — i° Vous trouverez du sélénium chez MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 20 Nous ne voyons pas de quel appareil vous voulez parler!
- M. IJerrgott, à Nancy. —Annuaire des médecins de France : Annuaire médical et pharmaceutique de la France du Dr Roubaud, Paris. Agence des Publications médicales et scientifiques, 62, rue Tiquétonne.
- Mme A. J., à Paris.—- Nous préparons un article sur l’intéressant sujet1 que .vous ‘nous signalez. Vous pourriez vous adresser direçteiùent à l’auteur de l’article,. M. le docteur Cartaz, 3g, boulevard Haùssinann. ;
- Bibliothèque de la ville d'Alger. —- Nous publierons prochainement !un article spécialement consacré :'au Mototri Contai où vous , trouverez toùs les renseignements désirables. ' ,
- M. G. Breynal, à Valparaiso. — Nous ne possédons pas d’autres renseignements sur la récupération de l’étain dés vieux fers blancs par le procédé Neil que ceux que nous avons publiés. Tqus nos regrets.
- M. P. Delair, à Paris. — Nous avons publié une notice sur la graduation et le réglage des baromètres au point de vue de la prévision du temps dans le livre des liecettes et Procédés utiles, 5° série, à la librairie Masson et Cie.
- M. G. Cornaud, à la Chaussée-lez-Lutti’e. — Pour la Dactyle électrique, adressez-vous à la maison Dactyle, 46, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. G. Brindejonc, à Pleurtuit. — Aéromoteurs décrits dans le n° 1697 : MM. Reuter-Schumann, à Kiel (Allemagne). Cette adresse a été donnée en tête de la boîte aux lettres du n° 1701 du 3o décembre 1905.
- M. P. Melen, à Lœuilly.—Adressez-vous à la maison Guénée et Cie, 14, rue du Bois, à Paris.
- M. E. Mahé, à Yguelon près Granville. — Sur la physiologie du cerveau, nous vous conseillons le Traité de physiologie de J.-P. Morat et Maurice Doyon où vous trouverez une étude complète de l’ensemble de la question et de nombreuses indications bibliographiques.
- M. H. Ingold, à Fraize. — Les adresses relatives aux pulseurs Rouquaud ont été, en eflêt, données en tête de la boîte aux lettres du n° 1653. Pour tout ce qui concerne ces appareils veuillez vous adresser à M. Rouquaud, 88, avenue Victor-Hugo, à Paris (16e arrond.), pour le chauffage aux concessionnaires : MM. Bohain, 21, rue des Roses, Paris; E. Bur, constructeur à Dijon; Sauver, à Marseille ; Société franco-italienne à Lausanne.
- M. L. Simon, à Perpignan. -— On appelle table de Se-cretan un tableau qui permet de résoudre tous les problèmes concernant la mise au point et les x'eproductions photographiques à échelle donnée, aussi bien les réductions que les agrandissements. Pour s’en servir il est nécessaire de connaître une fois pour toutes, dans l’objectif que l’on emploie, la position des points nodaux par rapport aux surfaces extrêmes. On peut y arriver aisément de la manière suivante : l’objectif étant monté sur une chambre noire, mettre au point sur l’infini et mesurer la distance de la glace dépolie au sommet postérieur de l’objectif (longueur focale) ; mettre au point sur un objet situé à distance telle que l’image soit égale à l’objet, mesurer le déplacement de la glace dépolie en passant de la première mise au point à la seconde (distance focale absolue). La différence entre la distance focale et la longueur focale mesure la distance du point nodal d’émergence au sommet postérieur de l’objectif. Vous trouverez cette table avec les explications nécessaires dans Y Annuaire de la Photographie, 1905, librairie Plon, 8, rue Garancière, Paris.
- M. E. Lheureux, à Courbevoie. — Dans toutes les applications, il y a toujours perte d’énergie ; on cherche par tous les moyens possibles à réduire cette perte. Dans les cas de perte d’énergie électrique, celle-ci peut être due au moteur électrique, à la canalisation ou à la disposition de retour. Tous ces faits sont étudiés et expliqués dans les traités spéciaux. Voyez par exemple le Manuel pratique du monteur électricien, à la librairie Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris et divers autres ouvragesà la librairie Pinat et Dunod, 4ff> même quai, à Paris.
- M. Clément, à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne). — Pour le caloriplane, s’adresser à la Société du caloriplane, 29, allées Saint-Étienne, à Toulouse.
- M. O: G., à Motril (Espagne). — O11 peut laisser une batterie d’accumulateurs inactive pendant quelque temps, en ayant soin de mettre à la surface extérieure des accumulateurs une couché de quelques millimètres d’huile de vaseline,et ayant soin de charger complètement la batterie.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Os.. Wilde, à Copenhague. — Veuillez vous adresser à une agence de brevets. - — M. Brandès, à Cologne. Nous ne décrivons jamais d’appareil sans avoir la certitude qu’il ait été essayé avec succès. Tous nos l'egrets. — M. Strin-ber 'g, à Parme. Vous trouverez plusieurs procédés dans le reciieil liecettes et Procédés utiles, 2% 3e et 4e séries, à la librairie Masson et C‘e, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. E. Milliau, à Marseille. Remerciements pour votre coinmüùication.
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- 1*50
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5o“,3o). Bureau central météorologique de France.
- VENT
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1er janvier. . . — 2°,6 E. S. E. 3. Couvert. 0,5 Couv. ; jduie à diverses reprises à pai tir de 11 h. ; verglas.
- Mardi 2 2°,0 S. E. 3. Couvert. » Très nuag. ; halo ; grand halo, et halo lunaire.
- Mercredi 5 5°,2 S. 5. Pluie. 3,6 • ’ouv. jusqu’à 15 h. ; nuag. ensuite ; pluie jusqu’à 8 h.
- Jeudi 4 9°,7 S. S. W. 5. Pluie. 3,4 Couv. jusqu’à 14 h.; nuag. ensuite ; pluie à div. reprises ; halo et couronne lunaires.
- Vendredi 5 10°,9 S. W. 4. Couvert. 0,0 Couv. le malin ; 1res nuag. le soir ; gouttes à 8 h. 45 ; halo.
- Samedi 6 11°,9 S. W. 5. Couvert. 6,9 Couv. le matin; 1res nuag. le soir; pluie à div. reprises :
- Dimanche 7 halo dans la soirée.
- 5° ,3 S. S. W. 2. Peu nuageux. 5,6 Nuag. jusqu’à 8 h. ; couv. ensuite'; pluie de 17 h. à 24 h.
- JANVIER 1906. — SEMAINE DU LUNDI 1" AU DIMANCHE 7 JANVIER 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le ier janvier, une pluie faible est tombée d’une façon à peu, près continue à Paris ; des pluies sont tombées dans le Nord-Ouest delà France. A Paris, la température moyenne a été — i°,3, avec un maximum de i° à 6 heures du soir et un minimum de —3° à 6 heures du matin. Dans la matinée, il y a eu du verglas à Paris et dans la banlieue. A Londres, à la suite d’une violente tempête, on a observé — 70. Le 2 janvier, la pression a été supérieure à 775 mm sur la mer Baltique et l’Allemagne. Des pluies sont tombées à Biarritz (17 mm), à Perpignan (11 mm), à Lyon (8 mm), à Cherbourg (6 mm), à Paris (3 mm). Le thermomètre marquait le matin — io° à Belfort, 20 à Paris, 6° à Toulouse, 120 à Brest, 160 à Alger, —3° au Puy de Dôme, —4° an mont Yentoux, —6° au mont Mounier. Le 3 janvier, il régnait sur l’Ouest de l’Europe un régime de vents du Sud avec pression basse, et temps pluvieux et doux. On a recueilli 3q mm d’eau à Lyon, i5 mm au Havre,
- 11 mm à Biarritz, 7 mm à Marseille, 3 mm à Paris. Le .thermomètre marquait le matin 5° à Paris, io° à Brest, io° à Nantes, o° au Puy de Dôme, — 5° au mont Yentoux, — 70 au Pic du Midi. On a signalé une violente bourrasque en mer à Toulon, et une chute considérable de neige à Mende. Le 4 janvier, les basses pressions ont envahi le Nord-Ouest du continent; on a noté des hauteurs de 777 mm en Galicie. Il est tombé 23 mm d’eau à Cette, 16 mm à Nantes, 4 mm au Havre, 2 mm à Dunkerque, 2 mm à Paris. Le thermomètre marquait le matin io° à Paris; icé’à Nantes, 140 à Alger, i5° à Biarritz. La température moyenne de la journée à Paris a été de |
- io°, 2. Des vents violents ont soufflé sur Paris du Sud-Sud-Ouest, atteignant parfois des vitesses de i3 mètres par seconde. Le 5 janvier, la pression barométrique a été supérieure à 770 mm dans le Sud et l’Est du continent. Un vent très fort du Sud-Ouest a soufflé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. On a recueilli 26 mm d’eau à Bordeaux, 17 mm à Dunkerque, 7 mm à Besançon,
- 5 mm à Cherbourg, 2 mm à Paris. La température était le matin n° à Paris, 120 à Nantes, i3° à Alger, 40 au Puy de Dôme, —20 au Pic du Midi, — 3° au mont Yentoux. La pression barométrique à Paris était 762,4 mm. La journée du 5 janvier à Paris a été caractérisée par un relèvement de température anormal ; dans l’après-midi on a observé des températures de i5°, et les chutes de pluies se succédaient, rappelant l’allure des giboulées de mars. On a expliqué le relèvement de la température par le passage de la terre en parhélie. Le
- 6 janvier, la baisse barométrique a atteint i5 mm dans le Norçj-Ouest de la France; une violente tempête de Sud-Ouest a sévi sur la Manche. Il est tombé 14 mm d’eau à Boulogne, 11 mm à Cherbourg, 9 mm à Nantes,
- 7 mm à Toulouse, 4 mm à Nancy. La température était le matin 70 à Clermont, ii° à Paris, n° à Nantes, i3° à Alger, 160 à Biarritz, 40 au mont Aigoual, — i° au mont Ventoux, 5° au Puy de Dôme. Une violente tempête, a eu lieu sur le littoral de la Manche, en France et en Angleterre. Le 7 janvier, des pluies sont tombées à Nantes (11 mm), à Nancy (10 mm), à Paris (7 mm). La température était le matin 3° à Paris, 70 à Toulouse, 160 à Alger, —ii° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : P Q. le 2 à 3 h. 1 m. du soir
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- RÉDACTEURS EN CHEF :
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- E -A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cio, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1704 (20 JANVIER 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Société de Géographie de Paris. — La Commission centrale de la Société de Géographie vient de renouveler son bureau pour 1906 : Président, M. le baron de Guerne ; i01' Vice-Président, M. E.-A. Martel ; 2e Vice-Président, M. Aug. Pavie ; Secrétaire général, M. le baron liulot ; Secrétaire adjoint, M.-Ch. Rabot.
- -* Création d’un Musée colonial d’échantillons à Genève. — La Chambre de commerce française de Genève vient de prendre l'heureuse initiative de la création à Genève d’un musée destiné à faire connaître en Suisse d’une manière plus spéciale les divers produits des colonies françaises pouvant intéresser le commerce et l’industrie suisses.
- Création d’un Comité d’études météorologiques à Paris. — L'Aéronautique-Club de France, 58, rue Jean-Jacques-Rousseau, à Paris, vient de fonder un Comité d’études météorologiques pour réunir le plus grand nombre possible d’observations journalières sur la température, la pression, l’état du ciel, les phénomènes atmosphériques, etc. Les membres ayant envoyé les meilleures observations recevront, chaque année, des diplômes et médailles en récompense de leurs travaux.
- Exposition des industries textiles à Tourcoing. —
- Cette Exposition, qui aura lieu du mois d’avril au mois de septembre 1906, a pour but de mettre en relief l’activité de nos centres textiles du Nord et les progrès qu’ils ont réalisés. Elle se complète par les industries annexes et tout ce qui contribue à développer leur puissance : la Mécanique, l’Électricité, la Décoration, l’Enseignement technique, l’Économie sociale et l’Hygiène sociale. La Direction générale de l’Exposition est à Tourcoing.
- L’électricité au huitième Salon de l’automobile.
- — Il a été possible de se procurer quelques renseignements sur la puissance électrique mise en jeu au huitième Salon de l’automobile. La puissance totale a été environ de 368o kilowatts, dont i85 fournis par les dynamos installées dans les sous-sols du Grand Palais pour assurer l’éclairage en temps ordinaire, 170 kilowatts fournis par le secteur des Champs-Élysées, 2000 kilowatts fournis par l’usine des Moulineaux, et i325 kilowatts fournis par la Compagnie du Métropolitain. L’éclairage total comprenait 90 000 lampes à incandescence de 5 à 7 bougies pour les stands des exposants et pour l’éclairage administratif, 5oooo lampes au plafond, 10000 lampes pour la coupole et le grand escalier, et i5ooo lampes pour l’extérieur. Il faut encore ajouter 60 lampes à vapeur de mercure Cooper Hewitt, i3o lampes à arc
- intensives, et 20000 becs de gas de 200 bougies. La dépense moyenne horaire d’énergie électrique était de 36oo francs, et la dépense de gaz de 200 francs ; ce qui donne pour 4 heures d’éclairage par jour une moyenne de i5 400 francs, soit pour la durée de l’Exposition, i5 jours, la somme de a3i 000 francs. L’éclairage des Serres exigeait également une puissance de 600 kilowatts et coûtait 800 francs par heure. La dépense totale s’est donc élevée, tous frais compris, à 279000 francs. L’installation a, dit-011, été faite en 17 jours avec i5o monteurs; la longueur de câbles posés a été de i5 km, non compris les bandes souples.
- La houille lorraine aux Allemands. —Nos lecteurs ont été tenus au courant des recherches de houille qui, depuis deux ans, passionnent l’opinion en Lorraine. La valeur financière des gisements rencontrés reste à prouver; mais,— quand même ils ne procureraient pas grand bénéfice à leurs actionnaires, — ils existent, ils fourniront de la houille, et leur intérêt national est suffisamment démontré par leur position sur la zone frontière, à proximité de nos minerais de fer les plus importants. Il est donc regrettable de voir les sociétés étrangères, qui s’étaient déjà infiltrées avec excès dans notre industrie du fer, prendre également possession d’avance de ces charbonnages. On annonce, en effet, que le Schaafhausenscher Bankverein vient de créer une société anonyme pour l’exploitation de plusieurs champs de houille en Lorraine, mis à jour par la Société internationale de forage. Cette nouvelle entreprise, qui aura son siège en Allemagne, sera régie par les lois allemandes, et le Schaafhausenscher Bankverein prendra la direction de l’affaire. On ne saurait oublier, devant de telles informations, le rôle que l’existence des minerais de fer lorrains, dont nous avions autrefois la suite en Alsace-Lorraine, a joué dans le découpage de notre frontière en 1871.
- Programme du Congrès géologique international de Mexico. — Nous venons de recevoir la seconde circulaire relative au prochain Congrès de géologie dont nous avons annoncé la réunion à Mexico pour septembre 1906. Yoici le résumé du programme des excursions et des travaux du Congrès. Avant le Congrès : une excursion dans l’Est, à travers le crétacique et le tertiaire marins fossilifères, de la région de Mexico à Jalapa et Vera-Cruz (4 jours, 260 personnes) ; une excursion au Sud dans le crétacique marin fossilifère et les schistes cristallins, de Tehuaean à Oaxaca (8 jours, 4o personnes) ; deux excursions à l’Ouest dans les régions néovolcaniques du Nevado de Toluca et du volcan de
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- INFORMATIONS
- Jorullo, et dans lu région geysérienne d’ixtlàn et de Colimu (7 ù 14 jours, 3o personnes) ; pendant le Congrès, quatre excursions d’uu jour à Pachuca (région minière argentifère), à San Angel, à Apapasco et à Cuernavaca ; après le Congrès, une excursion de 20 jours au Nord (limitée à a5o personnes) et comportant l’itinéraire suivant : Mexico, Salamanque, Santiago, Zacateeus, Mapimi, Ciudad Jxiai'ez, Para/., Concepcion del Oro, etc. (trias, jurassique, crétacique, roches éruptives, mines de plomb, argent, cuivre, charbon, pétrole) ; une excursion à l’isthme de Tehuantepec pour l’étude du tertiaire marin et des schistes cristallins. Pour tous renseignements sur les conditions du voyage, s’adresser à M. Ez. Ordonez, secrétaire général d’organisation du Congrès, à Mexico, ou à Paris, au siège de la Société géologique de France.
- Tremblements de terre. — Une secousse de tremblement de terre d’une durée de 3 à 4 secondes a été ressentie le 9 janvier dans la soirée à Grand-Serre et à Saint-Sorlin, dans le département de la Drôme. Quelques minutes après minuit, on a également ressenti à Vienne, eu Autriche, un léger tremblement ondulatoire qui a duré quelques secondes, et n’a causé aucun dégât. Le 11 janvier, entre 5 et 6 heures du soir, une très légère secousse de tremblement de terre a eu lieu dans la région d’Agde (Hérault) ; les oscillations allaient de l’est à l’ouest.
- Un monument au professeur von KoIIiker. — La
- Société anatomique allemande a décidé d’élever un monument à la mémoire de son président honoraire, le professeur Alb. von Kôlliker, l’éminent histologiste dont nous avons récemment annoncé la mort. Le monument sera placé à Würzbourg.
- Production du Transvaal en 1905. — L’industrie minière du Transvaal a pi’oduit, en 1905, environ 56o millions de francs (contre 388 millions en 1904), dont 5ao millions pour l’or, le reste pour les diamants de la région de Prétoria, le charbon et la petite proportion d’argent que contiennent toujours les minerais d’or à titre accessoire. On a obtenu exactement 151900 kg d’or fin contre 116900 en 1904. Les bénéfices industriels correspondants ont été d’à peu près xyS millions, dont il faut déduire les taxes, frais généraux et amortissements. Les dividendes déjà distribués en 1905 montent à 126 millions contre 100 millions en 1904. Le tonnage de marchandises importées à Johannesburg pour l’élément civil (non compris l’élément'militaire) a été, entre janvier et septembre, de 292 000 tonnes contre 269000 en 1904 et, dans la même période, on a importé au Transvaal 6i5ooo tonnes représentant 290 millions de droits de douane contre 604000 avec 25o millions de droits en 1904.
- Les dangers des rayons Rœntgen. — A la dernière séance de l’Académie de médecine, au nom d’une Commission composée de MM. Brouardel, Debove, Gariel, Gueniot, Hanriot, Motet, C. Perier et Pouchet, M. Chauffard a donné lecture du rapport qu’il a été chargé de dresser « sur les conditions légales de l’emploi médical des rayons Rœntgen ». Il a d’abord rappelé que, dans la séance du 23 mai dernier, le professeur Debove attirait l’attention de l’Académie sur les dangers de tous genres que pouvait présenter l’emploi des rayons Rœntgen chez l’homme par des personnes non autorisées légalement à exercer la médecine. Le savant doyen de la Faculté de Paris mentionnait en même temps que « le Congrès des rayons Rœntgen tenu à Berlin du 3o avril au 3 mai igo5 avait voté à l’unanimité la proposition suivante : « L’emploi des rayons Rœntgen chez l’homme est uniquement du ressort médical ». M. Chauffard s’est appliqué alors à faire une nomenclature détaillée des accidents imprévus et souvent très graves qui ont été constatés à maintes reprises. La Commission a proposé à l’Académie d’adopter les conclxisions suivantes : « Considérant : Que l’emploi des rayons Rœntgen peut déterminer des accidents graves ; que certaines pratiques peuvent créer un danger social ; que seuls les docteurs en médecine, officiers de santé ou dentistes diplômés (en ce qui concerne la pratique odontologique) sont capables d’interpréter les résultats obtenus au point de vue du diagnostic et du traitement des maladies, l’Académie est d’avis que : l’application médicale des rayons Rœntgen, par des personnes non pourvues des diplômes ci-dessus, constitue un acte d’exercice illégal de la médecine. » L’Académie a décidé de porter la discussion de ces conclusions à l’ordre du jour de la prochaine séance.
- Le commerce de Mayotte et dépendances en 1904.
- — L'Office colonial donne, au sujet du commerce de Mayotte et dépendances les résultats comparatifs de 190I et 1904. Le chiffre global du commerce de 4 °97 160 en iqo3 est tombé à 3 868 587 francs en 1904, soit une différence de 228 573 francs. L’importation de 1 715 272 francs en iqo3 donne en 1904 : 771 926 francs, soit une diminution de 9.43 346 francs. L’exportation est passée do 2 38x 888 francs en i<jo3 à 3096661 francs en 190.4, soit une augmentation de 714 778 francs.
- Le commerce des fruits et primeurs à Hambourg.
- — Hambourg est le plus important des ports allemands, surtout pour le dépôt des fruits. Par an, il est entré en moyenne, ces 5 ou 6 dernières années, 65oooo quintaux d’oranges, soit 8 millions 1/4 de marks, ou 10 millions 3i2 5oo francs; en comptant 4 oranges à la livi’e, c’est donc5oo millions détruits, dont les 3/5 viennent d’Espagne et le restant d’Italie, Syrie, Palestine et Levant. Les pommes, dont l’importation est de 1772080 quintaux, soit 3 658 000 marks ou 4^72000 francs, viennent d’Amérique et d’Austi’alie. La septième partie des fruits ainsi importés est réexportée dans les pays Scandinaves et en Russie. Il est hoi’s de doute que notre colonie algérienne trouverait à Hambourg un vaste débouché, notamment pour l’exportation de la caroube pour l’engraissage des axximaux. Il nous a paru intéressant de le signaler.
- Les naufrages en 1904. — La statistique des naufrages et autres accidents de mer survenus au cours de l’année 1904 a été de 271, ayant atteint 244 voiliers, 26 vapeurs de la marine marchande, et 1 navire de l’Etat. Ce chiffre est le plus faible qui ait été enregistré depxxis 10 ans. Les 271 naufrages se sont produits : 172 sur les côtes de France oxx d’Algérie, 5o sur les côtes des colonies françaises et des pays soumis à notre protectorat, 49 en mer ou sur les côtes des pays étraugei’s. Le nombre des victimes en 190.4 a été de 487, dont 289 hommes d’équipage, et 198 jxassagers.
- Les Européens adorateurs du Soleil. — On annonce la mort de M. August Engelhardt, fondateur et grand prêtre d’une secte d’adorateurs du Soleil, qui s’était établie, en 1902, au milieu d’une colonie allemande de la Nouvelle-Bretagne, en Australie. Cette secte 11e comprenait qu’un très petit nombre de personxies, toutes allemandes; les femmes en étaient exclues. Trois des membres — choisis parmi les quinze à vingt adeptes de cette religion —• recevaient le titre de « frères du soleil » et remplissaient les fonctions de maîtres des cérémonies ; ils étaient seuls adxxxis à assister, dans la célébration du culte, le grand prêtre, August Engelhardt. Il pai'aît que ces adoi'ateurs allemands du Soleil étaient convaincus, quoiqu’ils fussent des colons européens, d’avoir institué une noxxvelle religion appelée à prendre une grande importance ; ils ne doutaient pas que leur doctrine arrive-l'ait à faire le tour du monde et ils étaieixt pei’suadés que l’adoration du Soleil, suivant les rites institxxés par eux, sei’ait pi'opagée par delà les mers, et que la vieille Europe finirait par abandonner le christianisme pour le culte nouveau. Imbus de cette idée, M. August Engelhardt et ses disciples achetèrent l’île Kabakon, dans le groupe des îles du Duc d’York, afin d’y célébi’er les mystères de la religion îxaissante, dont l’île australienne en question devait être le berceau. Les adorateurs de l’astre dxx jour ne portent aucun costume. Ils font vœu de sobriété et ne se nourrissent que de fruits et de noix de coco ; le lait de ces dernières est leur unique boisson. Le jour, ils vivent sous les ardents l’ayons de leur dieu, et, la nuit, ils dorment à la belle étoile, étendus sur les sables du rivage de l’île. Le grand prêtre qui vient de mourir laisse la secte très divisée ; les disciples n’ont plus la foi, et plusieurs d’entre eux semblent vouloir renoncer à la propagation du nouveau dogme. Cette vie au soleil sans vêtements et sans abri a fortement débilité les Européens qui l’avaient acceptée. Certains d’entre eux n’ayant pu résister sont morts. M. A. Engelhardt vient de subir le sort malheureux de ses disciples, et la religion qu’il a créée ne va pas tarder à disparaître.
- Omnibus automobiles. —- On" a commencé à faire circuler à Berlin des omnibus automobiles, tout comme à Londres, et suivant l’idée qui dirige actuellement la Compagnie des omnibus de Pai’is. Il s’agit de véhicules à vapeur, dont la chaudière fournit de la vapeur pour le chauffage de l’intérieur.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Automobilisme
- Signaux lumineux pour voitures automobiles. —
- Il n’est pas toujours très commode dans une voiture automobile de transmettre les ordres au cocher pour lui lui dire d’aller plus vite, d’arrêter, de tourner, etc. La maison Ch. Mildé fils et Cie a imaginé deux signaux lumineux qui peuvent rendre de grands services et sont réellement très pratiques. La ligure i nous montre le premier modèle de ces signaux. On voit à gauche une petite boîte nickelée, en forme de montre,
- Transmetteur. Enregistreur.
- Fig. I. Signal lumineux.
- comportant huit touches autour desquelles se trouvent les indications que l’on peut avoir à transmettre au cocher : arrêtez, à droite, à gauche. C’est là le transmetteur. En appuyant sur une de ces touches, on ferme un circuit électrique qui est relié à un enregistreur, placé à droite dans notre figure. Cet enregisteur, placé sur le devant de la voiture, sous les yeux du conducteur, est une boîte circulaire renfermant 8 petites lampes
- Enregistreur. Transmetteur.
- Eigr. a. Autre signal lumineux.
- ces deux opérations et dont le fonctionnement nous a semblé suffisamment régulier et satisfaisant pour que nous le fassions connaître à nos lecteurs. Disons tout de suite que l’appareil est d’une grande précision, qu’il s’adapte indifféremment sur tous les types de voitures, sans nécessiter aucun changement. Il fonctionne par commande mécanique directe transmise du pignon moteur par un câble flexible à une tige tournant au centre d’une bague qui reçoit un mouvement proportionnel à la vitesse. Il n’y a pas de frottement, et tous les glissements ont été évités avec soin. L’indicateur-compteur se compose d’abord d’une couronne A dentée en bronze et se fixant sur la roue avant de la voiture ; cette couronne est munie de boulons à tête à 6 pans pour permettre l’ajustage exact sur les rais de la roue. L’appareil .comprend ensuite un coussinet à billes B avec pignon denté, qui se fixe sur la fusée de dii'ection par un collier ou une patte. Une extrémité du roulement porte un pignon en bronze qui vient engrener sur la couronne. Un manchon avec câble flexible, protégé par un tube flexible dans toute sa longueur, est fixé à l’autre extrémité, et le câble flexible transmet la rotation à l’appareil indicateur C. Ce dernier est formé par une boîte cylindrique métallique de 85 mm. de diamètre; il est placé sur un support à plan incliné que l’on visse sur le tablier de la voiture ou en toute autre partie. Un cadran indicateur, gradué jusqu’à 8okm, est muni d’une aiguille
- Indicateur-compteui -totalisa leur.
- centrale qui indique à chaque instant la vitesse à laquelle on marche. Une deuxième aiguille, indépendante de la première, indique la vitesse maxima atteinte, et ne peut retomber lorsque cette vitesse est diminuée. Enfin, par des combinaisons intérieures, un compteur-totalisateur enregistre la distance parcourue jusqu’à iooooo km; par des ouvertures sur le cadran, on lit à chaque instant le chemin parcouru. — L’indicateur-compteur-totalisa-teur se trouve chez M. Etienne Hirsch, ai, rue de Crussol, à Paris (XIe).
- logées dans des compartiments spéciaux. Ces lampes rendent lumineuses, lorsqu’elles sont allumées, des inscriptions gravées sur la paroi supérieure de la boîte, correspondantes aux indications du transmetteur. Une petite batterie d’accumulateurs, pouvant donner 8 à
- 10 volts, est montée dans le circuit qui peut alimenter chaque lampe. Il y a également une sonnerie électrique à côté du conducteur. La figure 2 nous montre la disposition du deuxième modèle qui ne diffère qu’en ce que la boîte du transmetteur et de l'indicateur sont en longueur au lieu d’être circulaires. Ces deux appareils seront très appréciés par les automobilistes. — Les signaux lumineux se trouvent chez MM. Ch. Mildé fils et Cie, 5i, 58, 60, rue Desrenaudes, avenue Niel, Paris (17e).
- Indicateur-compteur-totalisateur. — Dans les courses en automobiles, il importe d’abord de toujours savoir la vitesse à laquelle on marche. Il faut ensuite, ne serait-ce que pour sa propre satisfaction, connaître le chemin parcouru dans une course, dans une journée. Il faut donc à un automobiliste à la fois un indicateur de vitesse, lui donnant à chaque instant la vitesse à laquelle
- 11 se déplace. Il lui faut également un appareil compteur qui enregistre tout le chemin parcouru et le totalise au fur et à mesure qu’il est parcouru. Nous avons trouvé au Salon de P automobile, un petit appareil qui effectue
- Indicateur de vitesse Frahm. — L’inventeur est un ingénieur des fameux chantiers allemands Blohm und Voss,etson appareil est ingénieusement basé sur ce fait qu’un corps élastique subira des vibrations d’une amplitude considérable sous l’influence d’impulsions rythmiques de même fréquence que sa période de vibration propre. Au fond de la boîte de l’instrument est fixée de façon élastique une barre commune sur laquelle sont rivés par une de leurs extrémités toute une série de ressorts en acier, ces ressorts sont de longueurs différentes. Ils ont du reste chacun une raideur particulière, et leur bout libre est recourbé par en bas et chargé d’un poids calculé d’après leur période naturelle de vibration. On a ainsi une sorte de peigne enfermé dans une boîte, et les bouts libres des ressorts se présentent en rangée horizontale en avant et extérieurement. Supposez maintenant que le dos du peigne subisse une action qui lui imprime une légère vibration : le ressort qui a la même période naturelle sera mis en état d’oscillation violente, par suite du synchronisme, tandis que les autres ne seront nullement affectés. Qu’on place donc l’appareil sur une turbine, sur un ventilateur, et les vibrations qui lui sont transmises, agissant sur un ressort déterminé, permettront d’en déduire instantanément le nombre de tours faits par la machine. On peut du reste recourir à une came commandée par une autre
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- SCIENCE APPLIQUEE
- machine pour mettre le peigne en vibration, et même concevoir un électro-aimant alternatif qui, par un artifice mécanique très simple, révélera la fréquence du courant. Cette dernière disposition permet de recourir è un indicateur Frahm pour surveiller une machine à distance et compter ses nombres de tours, constater sa vitesse. — S’adresser à M. B. M. H. Frahm, ingénieur aux chantiers Blohm und Yoss (Hambourg).
- Compteur kilométrique indicateur de vitesse. —
- L’appareil dont nous voulons parler comporte d’abord un indicateur de vitesse. Celui-ci est formé d’un aimant permanent dont le champ magnétique est constant et invariable ; dans ce champ magnétique se déplace un disque en cuivre. Le véhicule transmet un mouvement de rotation à l’aimant. Il en résulte que toutes les variations de vitesse de la voiture feront déplacer le champ magnétique et, par suite de la variation produite, l’aiguille donnera instantanémentune indication. L’appareil comporte également un enregistreur de chemin parcouru qui est relié au moyen d’une transmission flexible à un des arbres de commande de la voiture. L’appareil se fixe sur le tablier de la voiture, devant les yeux du conducteur. Une poulie double, à gorge, se fixe sur l’arbre choisi, et un câble-ressort sans fin transmet le mouvement des roues à une autre poulie placée à l’extrémité de la transmission flexible ; le diamètre de cette poulie est à déterminer selon chaque voiture. — Le compteur kilométrique indicateur de vitesse se trouve chez M. Edouard Seignol, 19, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- Vêtit outillage
- inférieure, et la tige restante porte une tête de marteau à la partie supérieure et un tournevis au bas. La hauteur totale de la clef est de i3 centimètres.
- Pour avoir des dimensions tout aussi réduites, l’appareil représenté dans la figure de droite nous permet cependant de réunir en une clef six outils usuels. Nous trouvons en A le marteau, en B les tenailles et au-dessous le dispositif pour serrer des tiges métalliques, en C, G le serre-fil, en D la clef anglaise à molette, et en F le lonrne-vis. Tous ces outils sont fort bien disposés sur un support unique, et on peut parfaitement se servir de chacun d’eux; ils sont solidement établis. — La clef à serrage progressif et la clef multiple se trouvent chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris; les prix sont respectivement de 3 francs et 4 francs.
- Etaux Boley. — Les figures ci-dessous nous donnent les derniers modèles des nouveaux étaux Boley, qui sont destinés spécialement à l’automobile, d’après les renseignements que nous empruntons à L’Horloger. Ces étaux sont garnis de cuir à la partie qui doit s’ajuster sur la pièce où ils seront fixés ; il en résulte que cette
- F.niux Boley.
- pièce ne peut être abîmée. L’étau placé à gauche est spécialement destiné à être fixé sur des châssis d’automobiles ou autres pièces de fer ou d’acier; les parties fixantes sont entièrement garnies de cuir. L’étau placé à droite est aussi garni de cuir; mais d’une forme habituelle, il peut être employé partout. — Les étaux Boley se trouvent chez MM. Henri Picard et frère, 131, bou-
- ^ }ÔS)
- dompteur kilométrique indicateur de vitesse.
- Clef à serrage progressif et clef multiple. — Les
- petits outils de dimensions réduites et pouvant être utilisés très aisément rendent toujours les plus grands services. La figure ci-dessous à gauche représente une clef qui peut être employée comme pince à tubes, clef anglaise, clef à molettes ; elle est composée d’une première tige terminée à la partie supérieure par une masse formant arrêt. Au-dessous est placée une autre masse mé-
- levard Sébastopol, Paris (IIe).
- Appareils divers
- Cliquet dormant formant frein pour treuil. — Ce
- frein automatique d’arrêt a été employé pour des treuils par M. Desgeans, ingénieur de la Compagnie de l’Est. Si nous nous reportons aux figures, nous voyons que quand l’arbre du treuil tourne dans le sens indiqué par la flèche (mouvement de montée), la came du manchon-frein vient entraîner, par l’intermédiaire du plateau indiqué, le ressort à expansion R, garni de cuir, qui, dans cette position, adhère fortement à la boîte. Par suite, cette boîte tourne en même temps. D’ailleurs elle fait corps avec le plateau du cliquet dormant, qui tourne fou
- Cliquet donnant formant frein pour treuil.
- 1. Clef à serrage. — a. Clet multiple.
- tallique qui peut se déplacer sur la tige, et qui forme fa deuxième mâchoire de la clef ; entre les deux mâchoires se trouve placé un boulon. On remarquera que la tige porte sur le côté une petite crémaillère dans laquelle peut se placer une pointe métallique que maintient une autre tige fixée sur la mâchoire inférieure et mobile à volonté. Pour exercer un effort sur le boulon placé entre les deux mâchoires, il suffit de disposer la pointe métallique dans un cran de la crémaillère, et d’appuyer sur Li tige inclinée en la rapprochant de la tige verticale.
- On agit de même pour un deuxième et un troisième effort, et l’on arrive enfin à exercer sur le boulon un serrage progressif. On peut aussi retirer la mâchoire
- à l’intérieur d’une boîte fixe. Et comme le plateau tourne dans le sens de la flèche, ses dents aa tirent les taquets bb du ressort et décollent celui-ci, qui tourne librement à l’intérieur de la boîte fixe.
- Si l’effort moteur cesse, la charge tend à faire tourner l’arbre en sens inverse, mais cette rotation est immédiatement empêchée par le coincement des surfaces, formant cames, sur les plans inclinés bb ; le ressort est fortement appuyé sur la paroi de la boîte fixe et forme frein pour maintenir la charge. Quand on veut descendre celle-ci, on fait tourner l’arbre dans le sens inverse ; mais l’extrémité de la came agit sur le levier, qui tire l’ergot formant extrémité du ressort R, et cela provoque le glissement de celui-ci à l’intérieur du manchon, en supprimant l’action du cliquet.
- -Cfeôl»
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- HYGIENE ET SANTÉ
- Brancards improvisés avec roues de bicyclettes.
- — À mesure qu’on perfectionne les engins de guerre, et Dieu sait si les ingénieurs de toutes races et de tous pays s’y donnent avec ardeur, les médecins s’efforcent de leur côté d’assurer aux victimes les soins les meilleurs, les plus rapides et les plus empressés. Le fonctionnement du service d’ambulances est réglé de telle sorte que, autant que faire se peut, le soldat blessé est relevé presque aussitôt par les ambulanciers et, après un pansement des plus sommaires, porté à l’arrière, aux ambulances de deuxième ou troisième ligne à l’abri du feu, pour y subir un examen médical et être pansé d’une façon plus parfaite. Les Japonais ont appliqué avec un soin méticuleux ces règles et ont pu de la sorte sauver un très grand nombre de blessés gravement atteints.
- L’idéal, dit un savant médecin militaire, le Dr De-lomer, c’est de réduire, dans la limite du possible, le temps qui sépare le moment où l’homme est blessé de celui où il peut être pansé d’une façon plus méthodique. Aux postes de feu, les brancardiers peuvent seuls avoir
- Brancards improvises.
- accès ; mais aux relais d’ambulance on se trouve à proximité de routes carrossables et c’est là qu’il faut avoir les moyens de transport rapide.
- Le D' Bonnette, médecin-major, a eu l’idée d’utiliser dans ce but, les roues de bicylettes, fort répandues ; puisqu’on compte en France plus de 2 millions de cyclistes. Il utilise les roues pour faire un brancard roulant et charrie le blessé au lieu de le transporter à bras, d’où économie de temps, de fatigue pour le blessé et pour le brancardier. M. Mooy, médecin principal hollandais, a, en effet, vérifié expérimentalement qu’un pousseur de chariot léger, de brancard à roues, accomplit le même travail que trois porteurs.
- J’emprunte au travail du Dr Bonnette, publié dans la Presse médicale, la description de son appareil : il utilise les brancards réglementaires et, pour adapter à ce brancard les roues de bicyclettes, il a fait construire une armature métallique, en tube d’acier creux, qui se fixe en bas sur les moyeux des roues et en haut sur les hampes en bois. Cette armature se compose de deux tiges métalliques : l’une interne, verticale, présente à sa base un trou à l’emporte-pièce, permettant de la fixer, à l’aide d’un écrou, sur le moyeu de la roue. A la partie supérieure, cette tige se coude deux fois, à angle droit, pour former une cuvette et loger la hampe du brancard. L’autre tige, externe, se fixe également sur le moyeu, monte droit, s’arrondit en se coudant au-dessus de la roue, puis se relève verticalement et se coude à nouveau à sa partie terminale.
- J’ai eu l’occasion d’utiliser la bicyclette pour un transport de blessé ; mon appareil était moins ingénieux que celui de mon confrère, car c’était un appareil de fortune ; mais il m’a rendu ce jour-là grand service. Au cours d’une promenade, à bicyclette, avec un ami, mon compagnon se fait en descendant un fossé pour cueillir
- un brin de fleur, voilà bien les botanistes! une violente entorse du pied gauche. Massage immédiat, soulagement, mais impossibilité absolue de marcher et de manœuvrer la pédale. Nous étions loin de tout village, le plus proche avec la garé à 5 ou 6 kilomètres, pas une maison dans le voisinage. J’eus l’idée de faire de nos deux bicyclettes un chariot; nos machines étaient de la marque américaine New Horse, ayant un cran d’arrêt qui permettait d’immobiliser le guidon. Il eût été plus simple d’enfourcher une machine et d’aller chercher du secours, mais on ne pense jamais à ce qu’il y a de plus simple. Je coupe quatre fortes branches; je réunis tant bien que mal avec des cordes, de la ficelle et une ceinture de laine lés deux machines, une barre au guidon, une barre un peu plus bas, deux à l’arrière, à la selle et un peu au-dessous. Une cinquième branche réunit les deux cycles sur le milieu et ma voiture est à peu près solide; au prix de quels efforts, je vous le laisse à deviner. J’étends dans l’intervalle des deux ma pèlerine, formant cuvette, et le malade se hisse sur Fa bicyclette de droite, étend la jambe gauche sur la pèlerine. L’appareil résiste, on se met en route, le malade pédalant du pied droit, moi poussant la bicyclette de gauche et nous faisons, non sans maints incidents, une partie de la route. Je dis une partie, ce n’est pas que mon chariot improvisé n’eût pu résister jusqu’au bout, mais une voiture vint à passer, le propriétaire charitable recueillit mon camarade et je poussai doucement les deux machines, laissant sur la route mon invention dont mon ami ni moi n’avons songé à prendre de brevets.
- Si je cite cette aventure, c’est pour montrer quel parti secourable on peut tirer de la gentille machine, dans une aventure de ce genre, loin de tout secours. En guerre et même aux manœuvres, il vaudra mieux recourir à l’appareil du Dr Bonnette ; il sera plus pratique et plus solide que le mien. Je n’aurais, il est vrai, jamais songé, sans la lecture de son travail, à raconter cet épisode de ma vie de cycliste.
- Le sommeil des écoliers. — Il est un vieux proverbe qui dit :
- Coucher à dix
- Lever à six
- Font vivre dix fois dix.
- Il faut croire que bien peu de gens le mettent en pratique, sans cela nous verrions s’allonger de jolie manière la liste des centenaires. Or, on les compte; donc le proverbe est menteur. Du reste, voyez à Paris, combien de gens se donnent huit heures de repos nocturne ; affaires ou plaisirs mènent bien avant dans la nuit et, de bonne heure, il faut être sur pied pour reprendre la vie enfiévrée et folle. Et puis, en se mettant au lit, il en est peu qui aient ce don précieux de s’endormir, à peine la tête posée sur l’oreiller; aux uns, il faut un moment de rêverie qui leur fait repasser les événements saillants de la journée, et éloigne plutôt qu’elle 11’appelle le sommeil ; aux autres, il faut quelques instants de lecture; sur les huit heures, si on les prend, qu’on est censé consacrer au sommeil, il faut en déduire presque une pour les préparatifs du coucher et la venue du sommeil. Interrogez des ouvrières, des ouvriers, le nombre d’heures accordées au sommeil, ne dépasse pas, en général, sept heures; c’est trop peu. A plus forte raison le chiffre doit être augmenté pour les enfants, je parle des jeunes enfants allant à l’école entre 9 et i5 ans. A cet âge, il faut une moyenne de neuf à dix heures de sommeil; cela n’a rien d’exagéré, et il est regrettable que dans tous les établissements scolaires, je ne dis pas de France, mais du monde entier, cette donnée ne soit pas la règle. Songez que c’est l’âge où se fait une croissance active, et si la croissance se produit à toute minute, elle est surtout manifeste pendant la période du repos. Comme disait un éminent physiologiste, dans une boutade humoristique, on se lève plus grand qu’on 11e se couche. Après une longue journée d’activité, le corps est plus tassé, les disques vertébraux sont dépi’imés ; il y a, en réalité, un affaissement de la taille qui se regagne, et avec profit, par la station allongée dans le lit.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Il faut des mensurations précises et répétées pour apprécier ces modifications, mais elles sont réelles.
- Dans nombre de collèges, en prenant le mot dans le sens le plus étendu, on accorde un total de huit heures et demie à neuf heures ; jadis, en me reportant à mes années, hélas! lointaines, de scolarité, on avait bien ce chiffre-là à peu près, mais il'fallait se lever, même en hiver, à cinq heures et demie de matin. J’avoue que c’était féroce et je ne crois pas que cette heure matinale du lever soit encore de règle. En tout cas, le sommeil doit être encore plus long l’hiver que l’été. Il faut dire aussi que la dose de neuf heures, regardée comme nécessaire par les. principaux hygiénistes, n’est pas d’une application régulière, car il se produit, en ce moment, en Amérique et en Angleterre, une agitation en faveur d’une prolongation du temps du sommeil. Le D1' Àcland, au nom de l’Association des médecins scolaires, réclame pour les petits écoliers, au-dessous de seize ans, une moyenne de neuf à dix heures de sommeil ; l’enquête qu’il a faite dans une cinquantaine d’établissements scolaires montre qu’on n’obtiendra de bons efforts intellectuels et de bons résultats d’études qu’en donnant à ces petits corps ce temps de repos. À la réunion du Congrès de l’Institut royal de la santé publique, à Londres,
- en juillet dernier, un vœu a été proposé par le professeur Simpson, indiquant que le temps accordé au sommeil pour les enfants au-dessous de 16 ans est trop court pour permettre un développement physique et mental parfait. Les considérants du vœu seraient intéressants à développer ; ils ne font que reprendre les idées de tous les médecins sur la question d’éducation, c’est que lès enfants, à l’âge où ils font leurs études, ont aussi à parfaire leur développement physique, et qu’il est utile de donner à ces soins du corps, de la santé, une importance au moins aussi grande qu’au développement de l’esprit et de l’intelligence. Les deux doivent marcher de pair, mais en donnant le pas aux soins physiques qui assurent par la suite la régularité du travail et permettent le maximum d’efforts intellectuels sans danger.
- Bien des améliorations ont été apportées dans les établissements scolaires aux points de vue de l’hygiène générale, alimentation, exercices, mais combien de lacunes à combler.
- Les heures de sommeil doivent être réparatrices et suffisamment nombreuses ; ce ne sont pas les mamans, toujours apeurées sur le sort de leurs petits, qui les réclament, ce sont les médecins scolaires et tous les hygiénistes.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Photographie
- Développement des papiers au bromure, au diamido-phénol acide. — Dans une étude sur le développement au diamidophénol, M. G. Balagny a préconisé son emploi combiné avec le bisulfite de soude, de façon à avoir un bain acide. Cette méthode, recommandée d’abord pour les clichés, est maintenant étendue par son auteur aux épreuves sur papier au gélatino-bromure. Son but, ainsi qu’il l’a fait remarquer dans une communication très intéressante à l’Union des Sociétés de photographie, serait d’arriver à simplifier les opérations, en permettant au photographe de n’avoir pas, comme c’est le cas actuellement, recours à autant de formules et de produits qu’il y a de marques différentes de papier. Le procédé de M. G. Balagny s’applique à tous les papiers, soit qu’on les emploie pour le tirage au châssis-presse par contact avec le cliché, soit qu’on les impressionne par un agrandissement du cliché à la lanterne. On emploie généralement de préférence, pour ces genres de tirage, la lumière artificielle qui est constante, et permet d’obtenir toujours le même résultat, quand on a déterminé le temps de pose le meilleur, une fois pour toutes. Le développement acide a, entre autres avantages, celui de permettre des écarts assez sensibles dans le temps de pose, sans affecter très sensiblement le résultat final. Il va sans dire que, quand c’est possible, on
- aura toujours une meilleure épreuve quand le temps de pose sera exact.
- Le bain à employer est ainsi composé :
- Eau...........................................i5o c. c.
- Diamidophénol.................................. i gr.
- Sulfite anhydre................................ 2 gr.
- Bromure de potassium à 10 pour 100. ... 5 c. c.
- Bisulfite de soude du commerce................ 10 c. c.
- Il faut bien agiter avec une baguette de verre avant l’emploi.
- L’auteur recommande de n’employer que des ustensiles, verres, cuvettes, etc., qui ne contiennent aucune trace d’alcalin.
- On verse le bain sur l’épreuve, qui est placée dans la cuvette, couche en dessus, et on enlève les bulles d’air avec un blaireau s’il s’en produit.
- Le développement de l’image ne se fait pas très rapidement, on la voit monter lentement et les blancs restent purs jusqu’à la fin, si la pose n’a pas été par trop exar gérée'. Vers la fin de l’opération on passe deux ou trois fois l’épreuve dans le bain, couche en dessous, et on obtient rapidement l’intensité voulue, les noirs sont profonds et veloutés.
- On fixe dans l’hyposulfite, on lave et on sèche comme à l’ordinaire G. M.
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- BIBLIOGRAPHIE
- I.es télégraphes en Europe, leur état actuel en 190!), par Emile Guarini, professeur à l’Ecole d’Arts et Métiers de Lima. 1 vol. in-8° de 68 pages avec 23 figures. IL Dunod et E. Pinat, éditeurs-. Paris. Prix : 5 francs.
- L’éclairage à Vincandescence par le gaz. Ses applications à Véclairage des villes, des chemins de fer et des côtes, par Paul Lévy, ingénieur civil. 1 vol. in-8°. Prix : 10 francs. Publications scientifiques et économiques, 4-5, rue de Chabrol, Paris.
- Ce volume renferme les renseignements les plus complets sur l’éclairage à l’incandescence par le gaz. Dans une première partie, réservée à toutes les géné-
- ralités, l’auteur examine successivement l’éclairage au gaz avant la découverte de l’incandescence, puis la découverte et les premières applications, et enfin les perfectionnements apportés aux brûleurs et aux manchons. Dans une deuxième partie, il passe en, revue l’application à l’éclairage de,s villes, des chemins de fer et des côtes.
- Les rayons X, le radium, les rayons iV", par Henri Prou-men, ingénieur des Mines. Paris. H. Desforges. 1 vol. in-8°. Prix : ifr,5o.
- TJ électricité dans V automobile, par H. de Graefigny. Paris. H. Desforges, 1906. 1 vol. in-12. Prix : 3 francs.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux. lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Dans l’article sur les Musées royaux du Cinquantenaire (n° 1702, 6 janvier 1906) il faut lire : fig. 2, tombes de Grimde, au lieu de Druides et lig. 4> III Partie de casque et IV Œnochoé.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- niveau de pente à graphomètre se trouve citez M. J. Bruyère, 11, rue des Larges, Le Ptiy.
- Communications. — M. E. Mancini, à Rome, nous envoie une intéressante notice sur P industrie frigorifique en Italie. Ce travail, extrait des Annales [de Vindustrie et du commerce, est le résumé d’un rapport fait par l’auteur au Ministère de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce. Après un résumé historique de la question l’auteur aborde la description des principaux établissements frigorifiques qu’il a eu l’occasion de visiter, notamment la fabrique de glace et de froid de Turin, les magasins frigorifiques de Gênes; les établissements de Naples, de Rome, Milan, Modène, Alexandrie, Brescia, Bergame, Livourne, Venise, Bologne. Ce travail est très complet et très consciencieusement fait.
- Renseignements. —M. Cahis, à Barcelone. — L’éventail ventilateur décrit dans le n° 1678 du 22 juillet 1900, p. 128, est construit par les établissements Kratz-Bous-sac, 14, rue Martel, à Paris. Cette adresse a été donnée en tête de la boîte aux lettres du même numéro.
- M. E. V-, à Marcelcave. — Ce qu’en termes d’automobilisme on appelle une pile sèche (Leclanché, Etoile, Nilmelior, Delafon, liydra, etc.), n’est en réalité qu’une pile ordinaire à un liquide à un dépolarisant solide, dans laquelle le liquide est seulement absorbé et condensé sous forme d’une pâte épaisse et gélatineuse, imbibée de solution active. Cette pile est le plus souvent soit la pile Leclanché, soit une variante de ce type, où le liquide employé est le chlorhydrate d’ammoniaque. L’immobilisation est obtenue en faisant absorber le sel par une substance coagulable telle que la gélose ou l’agar-agar. Vous pouvez voir à ce sujet le livre L'électricité dans VAutomobile, par H. de Graffigny, et Les Piles sèches et leurs applications, par A. Berlhier, à la librairie Desforges, 3g, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. G. Camion, à Vivier-au-Court. — Pour tout ce qui concerne l’étude de M. Gustave Le Bon sur la dématérialisation de la matière, veuillez vous adresser directement à l’auteur, 29, rue Vignon, à Paris.
- M. L. Lambert, à Frapesle. — Comme cours d’ensemble d’histoire naturelle, nous vous conseillons le Cours élémentaire d'Histoire naturelle de MM. Boule, Lecomte, Bouvier, publié à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. Le cours comprend la zoologie, la biologie, l’anatomie, et la physiologie humaines, l’anatomie et la physiologie animales, par M. Bouvier, 3 vol. ; la géologie et la paléontologie par M. Boule, 3 vol. ; la botanique, la physiologie et P anatomie végétales, parM. Lecomte, 2 vol.
- M. Henri Clerc, à Brémondans. — i° Bibliographie sommaire des ouvrages d’Aviation : E . Soreau, brochure sur la théorie des appareils plus lourds que l'air (Société des ingénieurs civils, 19, rue Blanche, Paris); Em. Vallier, Note sur la dynamique de l'aéroplane, 1905, mémoire très savant (Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris) ; capitaine Ferber, plusieurs brochures à la Reçue d'artillerie, place Saint-Thomas-d’Aquin, à Paris ; Comptes rendus hebdomadaires de ! Académie des Sciences (24 mai, 6 juin 1904, communication du colonel Renard, i5 mai, communication de M. Léger sur l’hélicoptère de Monaco) ; capitaine Voyer, Revue du Génie, juin 1904; Lecornu, les Cerfs-volants (Vuibert et Nony, 63, boulevard Saint-Germain, Paris) ; collection de VAéropliile, passim (84, faubourg Saint-Honoré, Paris); la Vie Automobile, passim (Dunod et Pinat). —
- 2° Le Rapport de l’Exposition Universelle 1900 est paru-veuillez vous adresser à l’Imprimerie Nationale, 83, rue Vieille-du-Temple, à Paris.
- M. le D' Gourdet, à Nantes. — Ouvrages relatifs aux champignons : Acloque, Les Champignons (3r,',5o) ; Boyer, Les Champignons (en couleurs, 28 francs); Roumeguère, Cryptogamie illustrée (3o francs) ; Sicard, Histoire naturelle des Champignons (40 francs), librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris; Roques, Atlas des Champignons comestibles et vénéneux (i5 francs), librairie Masson et Cic, 120, boulevard Saint-Germain, Paris ; Costantin et Dufour, Nouvelle flore des Champignons (5f,,5o), librairie Deyrolle, 46, rue du Bac, à Paris.
- M. Fr. Leroy, à Lille. — La machine à laver la vaisselle se trouve chez MM. E. Brehier et Cie, constructeurs, 5o, rue de l’Ourcq, à Paris. Cette adresse a été donnée en tête de la boîte aux lettres du n° 1701, du 3o décembre igo5.
- M. G. Camion, à Vivier-au-Court. — Pour les machines électriques de Wimshurst et de Houdin, voyez les ouvrages de Fernet, Cours de physique, et Joubert, Traité élémentaire d’électricité, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. Petiau, à Lana. — Les pompes Greathead sont fabriquées par MM. Leroux et Gatinois, 21, rue de la Voûte, à Paris.
- M. L. G., à Reims. — i° Appareils d’éclairage à incandescence au pétrole : MM. Besnard, 28, rue Geoffroy-l’Asnier; Saint-Amant, 36, avenue de l’Opéra; Compagnie La Washington, 173, rue Saint-Honoré, à Paris. — 2° Pour employer le permanganate de potassium comme désinfectant, le faire dissoudre dans environ i5 parties d’eau.
- M. Jacquemart, h Québec. — Carions plissés imperméables : M. A.-W. Andernach, fabricant à Auvin, par Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais); adresse donnée en tête de la boîte aux lettres du n° 1694.
- M. G. G., à Paris. —1° Il faut comprendre 10 grammes de sulfate de nickel et non 1 gramme. — 20 C’est en effet sulfate de nickel et non de cuivre. — 3° La solution ammoniacale de sulfate de nickel doit être appliquée immédiatement sur la couche de prolochlorure d’étain. 4° Le procédé donne un résultat très solide. -— 5° Poulie nickelage d’objets en fer-blanc, voyez l’ouvrage indiqué dans la boîte aux lettres du n° 1702. —- 6° Ouvrages relatifs à la fabrication des parfums : Chimie des parfums et fabrication des essences, par Piesse, librairie J.-B. Baillière, 19, rue Hautefeuille; Le Parfumeur (Manuel Roret), librairie Mulo, 12, même rue.
- M. G. Collet, à Saint-Martin des Besaces. — Il suffit d’employer les procédés ordinaires, soit broyer la couleur dans l’huile, soit la délayer dans la colle de poisson.
- M. Labbé, à Armentières. —L’appareil de démonstration pour la télégraphie sans fil, décrit dans le n° 1702, du 6 janvier 1906, p. 92, est construit par la Société Gesellschaft fur drahtloss 'Télégraphié, système Tele-funken, à Berlin.
- M. Fr. Massillon, à Mexico. — i° Dans l’article que vous citez, il ne s’agit pas d’appareils à fabriquer les nitrates artificiels, mais d’une installation industrielle faite dans ce but. Nous ne pouvons donc pas vous indiquer d’adresses de constructeurs. Peut-être obtiendriez-vous des renseignements à l’usine de Notoden (Norvège), dont parle l’article. Vous pourriez en tout cas consulter avec fruit les divers travaux signalés dans les notes. — 20 Éclairage au lusol : M. Denayrouze, 24, rue Baycn, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L.
- Richard, à Brest. Nous suivons la question, mais nous estimons qu’elle n’est pas encore au point. —M. V. Bai-vière, à Belfort. Consultez un chimiste qui fera l’analyse des produits et donnera le titre exact. —M. L. Caroubier, à Barcelonnette. Voyez ce procédé dans Recette^ et procédés utiles, 4° série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. L. Corpiat, à Mon-plaisir. Vous trouverez ces formules dans le Formulaire de Vélectricien, par Hospitalier, même librairie.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 X 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 janvier . . . S\i W. 3. Couvert. 1,1 Pluie cesse à 1 h. 50: très nuag. jusqu’à 18 h.; beau après.
- Mardi 9 •2°, 9 S. S. W. 2. Beau. 7,2 Celée hl. ; couv. de 8 h. à 20 h. ; pluie l’après-midi et le
- Mercredi 10 7°,1 W. S. W. 3. Couvert. 3,3 soir. Couv. le malin ; très nuag. le soir; pl. de 10 h. à 12 )i. 50.
- Jeudi 11 — 1°,2 S. w. 0. Beau. » Gelée bl. ; givre ; brouillard ; peu nuageux.
- Vendredi 12 3°,8 S. S. W. i. Couvert. 3,5 Gelée hl. ; couvert ; pluie de 10 b. à 18 h.
- Samedi 15 7°,9 S. W. 5. Couvert. . 5,0 Couvert; pluie de 11 h. 50 à 17 h. 50.
- Dimanche 11 2\6 S. W. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- JANVIER 1906. — SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 JANVIER 1906.
- Lundi
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- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- BSBBBBI
- BBBBBSl
- BBBBBBBS
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent :
- ené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri a
- courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été encore pluvieux pendant toute la semaine du 8 au i4 janvier. Le 8 janvier, la situation atmosphérique était troublée dans le Nord-Ouest de l’Europe par une dépression qui a passé sur les Iles Britanniques. Un vent fort des régions Ouest a soufflé sur toutes nos côtes. Les pluies ont été générales en France; il est tombé 16 mm d’eau à Cherbourg, i5 mm à Dunkerque, i4 mm à Nancy, i3 mm à Toulouse, 8 mm à Paris. La température était le matin 8° à Paris, io° à Clermont, 120 à Toulouse, i5° à Alger, a0 au Puy de Dôme, —3° au Pic du Midi, — 70 au mont Mounier. A Paris, à midi, le baromètre accusait 747.3 mm. Le 9 janvier, la pression barométrique a remonté dans la région parisienne ; elle atteignait 767,3 mm. On a recueilli i3 mm d’eau à Clermont, 9 mm à Toulouse, 7 mm à Perpignan, 7 mm à Belfort, 5 mm à Nantes, 9 mm à Paris. Le temps s’est légèrement refroidi; à 7 heures du matin, le thermomètre marquait 3° à Paris, 8° à Nantes, 120 à Biarritz, —20 au Puy de Dôme, —8° au mont Ventoux, — 110 au Pic du Midi. Le 10 janvier, un fort vent du Sud-Ouest a soufflé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. Il a plu à Cherbourg (i5 mm), à Paris (7 mm), à Belfort (6 mm), à Lyon (3 mm), à Biarritz (2 mm.). La température était 70 à Paris, io° à Nantes, 13° à Perpignan, 14° à Alger, o° au montAigoual, — 20 au Puy de Dôme, — 5° au Pic du Midi. Le 11 janvier, la pression barométrique a monté rapidement sur l’Ouest de l’Europe; elle était égale à 769,9 mm sur la région parisienne. Le vent s’est calmé sur toutes nos côtes; mais la pluie n’a pas cessé. On a recueilli 18 mm
- d’eau à Biarritz, 8 mm à Nancy, 4 mm à Paris, 4 mm à Cherbourg, 3 mm à Nantes. La température s’est abaissée ; on notait —i° à Paris, et —20 dans la banlieue, 3° à Lyon, 70 à Toulouse, i3° à Alger, —3° au Puy de Dôme, —6° au Pic du Midi, —70 au mont Mounier. A la suite des pluies de ces jours derniers, la digue de Vime-ney, commune de Bruges (Gironde) s’est rompue sur une longueur de 40 mètres ; les prairies et jardins sont inondés. Une violente tempête, qui a soufflé pendant plusieurs jours sur Clermont-Ferrand et sur le Puy-de-Dôme, a causé des dégâts importants. Des pluies torrentielles sont tombées, les cours d’eau ont subi des crues, le lac Chambon a débordé. Le 12 janvier, une profonde dépression barométrique a amené des mauvais temps du Sud-Ouest sur nos côtes de la Manche et de la Bretagne. Il est tombé i3 mm d’eau à Cherbourg, 6 min à Boulogne, 3 mm à Brest, 2 mm au Havre, 2 mm à Perpignan. Le thermomètre marquait — 3° à Clermont, 4° à Paris, i5° à Alger, —i° au Puy de Dôme, —5° au mont Ventoux, — 70 au Pic du Midi. La pluie est tombée sans interruption toute la journée sur Paris, où on a recueilli 4 mm d’eau, et 8 mm dans la banlieue. Il en a encore été de même le i3 janvier, où il a plu toute la journée continuellement, avec quelques averses abondantes. Des mauvais temps ont sévi sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Il est tombé 25 mm d’eau à Cherbourg, 14 mm à la pointe Saint-Mathieu, 10 mm à Dunkerque, 4 mm à Paris. Le 14 janvier, le temps a été beau à Paris, et le soleil a paru pendant quelques heures.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 10 à 4 h. 46 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E.-A. MARTEL — J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- s 20, "Boulevard Saint-Germain, Paris (YP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cio, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1705 (27 JANVIER 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
- L’Exposition d’Hygiène urbaine, d’août 1906, à Lyon. — Pendant le Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences à Lyon en août 1906, le Dr Courmont compte organiser, avec le concours de la. ville, une exposition d’hygiène urbaine montrant tous lès procédés et appareils relatifs aux eaux, égouts, évacuation des matières usées, désinfection des locaux, fumées. Mais cette exposition n’aura lieu que si le nombre des exposants doit se montrer suffisant et représenter les diverses branches de l’hygiène urbaine. Chaque exposant prendra son installation à sa charge (sauf les frais d’arrivée et départ de l’eau fournie par la ville).
- La traction électrique dans la vallée de Birsig
- (Suisse). — VElectricien nous rapporte, d’après Zeitschrift fur Elektrotechnik, que la traction électrique qui a remplacé, il y a peu de temps, la traction à vapeur, a donné des résultats remarquables. Les recettes d’exploitation réalisées en 1904 avec la traction à vapeur ont été, pendant un mois, de 18 101 francs ; pendant le même mois, l’année dernière, avec la traction électrique, elles se sont élevées à 24^20 francs. Le parcours total a été en igo5 de 67 940 tonnes kilométriques; avec la traction à vapeur, il n’avait été que de 45 000 tonnes kilométriques. La consommation moyenne d’énergie électrique a été de 64 watts-heure par tonne kilométrique. Les voitures électriques ont une longueur de 13,5 mètres et sont portées par deux châssis à boggie ; elles sont actionnées chacune par 4 moteurs Allioth alimentés par du courant continu à 1000 volts. L’énergie électrique est produite par des alternateurs à courants triphasés a 65oo volts et à la fréquence de 5o périodes par minute. Cette énergie est transmise à la sous-station d’Oberwil, à la distance de 5 kilomètres. La sous-station renferme deux convertisseurs et une batteiûe d’accumulateurs. C’est de là que partent les feeders qui alimentent dii'ectement la traction.
- Gisements de thorium radioactif à Ceylan. — On
- a trouvé récemment des gisements de thorium (thoria-nite et thorite) à Ceylan, qui ne semblent pas pouvoir donner de produits commerciaux pour l’éclairage à l’incandescence, mais dont on achète cependant les minerais un prix très élevé, à peu'près le double du prix normal, pour les. laboratoires, anglais, en x-aison du radiumetde l’hélium que l’on y a reconnus. On a payé la thôriànité jusqu’à 43 francs le kg. Les minéraux, assez difficiles à recueillir, se trouvent par petites poches dans le lit de certaines rivières, où on ne peut les rechercher que pendant les péiüodes de sécheresse. D’après la
- Zeitschrift fur praktische Géologie, on n’eu aurait pas encore extrait plus de 2 tonnes.
- Gisements d’uranium radioactif en Espagne et en France. — On a trouvé en Espagne et l’on exploite pour le Laboralorio de . Radioactividad de Madrid des masses assez importantes de minerais d’uranium radioactifs. Les minerais se présentent dans des gisements de cuivre de l’Escorial Copper mines C° L, à Galapajar et Colmenar Yiejo, immédiatement au Nord de Madrid en se dirigeant vers Ségovie, suiv les premières pentes de la Sierra de Guadarrama. Dans le même ordre d’idées, on vient de demander une concession de radium et uraixo en France, en Saône-et-Loire.'
- Le Japon féministe. — Le pi*emier diplôme de doe^ tour conféré à une femme par l’Université allemande de Marburg a été conquis tout récemment par une Japonaise, Mlle lada-Mata, de Kummoto. La lauréate avait écrit une thèse d’une érudition remarquable, qui valut à son auteur féminin les éloges les plus chaleureux de la Faculté. Ce n’est pas la première fois, d’ailleurs, que l’intelligence et la supériointé des Japonaises sont constatées. L’Impératrice du Japon, la femme du Mikado, S. M. Haru-Kov, est une fervente adepte des idées féministes ; elle n’est pas étrangère à cet état de choses. L’Impératrice pense, en effet, que l’œuvre de civilisation et de régénération au Japon ne pourra être complète qu’à la condition que la femme puisse y contribuer. Cette opinion n’est pas, pour l’Impératrice, une idée nouvelle; Sa Majesté l’a toujours professée depuis qu’elle s’est assise sur le trône. C’est ainsi que, dès son mariage avec le Mikado, elle se lit tenir au courant' des mesures prises dans les différents pays d’Europe pour favoriser le développement de l’instruction des jeunes filles et l'émancipation de la femme. Ce fait est curieux à noter; il donne la mesure des réformes que cherche à idéaliser, depuis quelques années, ce peuple d’Exti’ême-Orient, si assoiffé de civilisation, si jaloux des progrès et des coiiquêtes de la vieille Europe ou de la jeune Amérique.'L'Impératrice Haru-Ka, dès 1871, envoya à ses propres frais plusieurs Japonaises aux Etats-Unis, afin qu’elles pussent s’y instruire et y faire une éducation aussi moderne que complète. Depuis cette époque, tous les ans. des jeunes filles quittent le Japon pour New-York, San Francisco ou Chicago.' L’Impératrice reçoit, avaxxt leur départ, celles de ces jeunes personnes qui appartiennent atxx familles nobles, à la riche bourgeoisie ou axx haxit commerce ; elle les engage à lui écrire xxne fois par trimestre et à lui faire connaître les notes de leurs professexxrs, le résultat de leurs études
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- INFORMATIONS
- et les impressions qu’elles ont ressenties au contact de la vie américaine.
- Nouveaux projets automobilistes vers les pôles Nord et Sud. — Les journaux américains prêtent à M. Walter Wellman l’intention d’essayer une fois encore d’atteindre le pôle Nord en ballon. Un fabricant d’automobiles américain aurait été chargé de lui construire plusieurs skis-automobiles conformément à la conception hardie de M. Arctowski, que nous avons déjà mentionnée. Les chiens seront remplacés par un moteur avec une seule roue à l’arrière, de dix-huit pouces de diamètre, et dentelée de points d’acier. Partant du Spitzberg, M. Wellman poussera vers le nord, aussi loin que possible aveç ses skis-automobiles, pourvus d’approvisionnements ; ceux-ci attendront son retour. Le gros écueil consiste à trouver un combustible qui ne gèle pas. Quant au pôle Sud, M. le Dr J. Charcot étudie sérieusement l’idée d’utiliser l’automobile pour atteindre un point d’hivernage. Il existe là, en elfet, comme dans l’Amérique du Sud, un grand plateau qui monte en pente douce vers une cordillère côtière opposée à l’océan Pacifique et sur ce plateau de glace nivelé par la neige, la circulation est si facile que, dans une précédente expédition, en 1901, Scott, qui jusqu’ici s’est avancé le plus loin par la terre Victoria du Sud, a pu faire à pied 18 km par jour (Voy. La Nature, n° i663, 8 avril igoÔ). Il semblerait donc facile d’en faire 100 en automobile avec une dépense insignifiante d’essence et de gagner ainsi, pendant l’été, un temps considérable. On sait combien le caoutchouc des pneus tient bien sur le verglas.
- Le district minier d’El Oro au Mexique. — Un
- district minier qui occupe en ce moment beaucoup l’attention anglaise par des découvertes sensationnelles est celui d’El Oro au Mexique. Ce camp minier est, depuis quelques années déjà, celui du Mexique qui produit le plus d’or; mais on y a rencontré, depuis deux ans, sur quelques mines, des poches exceptionnellement riches. Les filons exploités là se trouvent dans des schistes, sous une nappe d’andésite qui les cache presque totalement, en sorte que la rencontre du premier a été un heureux hasard ; de proche en proche on s’est engagé sous l’andésite et les gisements ont été ainsi bien reconnus. Une des plus belles trouvailles est celle d’un Français, nommé Fournier, simple mécanicien,qui,frappé par l’existence de quelques fragments de quartz rougeâtre sur le bord de la happe d’andésite, a eu l’idée de s’engager en galerie et a recoupé ainsi un filon de i5 mètres de large, aujourd’hui exploré sur 2,5 kil. de long. Les minerais très abondants sont là relativement pauvres et contiennent une quinzaine de grammes d’or à la tonne, avec 7 ou 8 grammes d’argent associé sous la forme de minerais nobles argentifères. Cette qualité de minerais auro-argentifères, à deux tiers d’or et un tiefos d’argent, a donné d’abord quelques difficultés pour le traitement par cyanuration et l’on était obligé au début de commencer par un grillage. Aujourd’hui, avec un broyage très fin et des lessivages fractionnés par les dissolutions cyanurées, on obtient de bons résultats.
- Tremblements de terre. — On a ressenti, le i5 janvier, des secousses de tremblement de terre à Reggio (Calabre) et à Messine (Italie).
- L’eau dans l’Afrique du Sud. — On vient de terminer quelques sondages heureux dans cette partie par-' ticulièrement aride de l’Afrique du Sud anglaise qu’on appelle le Karoo. Sur un point, on a obtenu un débit de 45o 000, litres par jour, et, sur un autre, à peu près Sooooo litres, ce qui permet de pratiquer l’irrigation pour une certaine surface.
- Le canal du Sault Sainte-Marie. — Nos lecteurs retrouveraient dans les collections de ce journal des articles ou des notes successives, qui l’ont renseigné sur les progx'ès de la navigation des Grands Lacs américains, et en particulier sur le trafic énorme qui se fait par ce canal. De jour en jour on y voit passer des navires plus grands, et tout dernièrement on y a éclusé un bateau dont le tonnage était en brut de 12 338 tonneaux. Et l’on est en train de construire, toujours pour cette même navigation, deux navires qui jaugeront davantage et auront une longueur de 173 mètres.
- Etanchement des batardeaux. — Un conducteur des Ponts et Chaussées, M. Magnard, a eu l’idée assu-
- rément ingénieuse de songer aux méthodes de coiigélâ* tion pour assurer l’étanchéité des batardeaux; oit procède de la même façon à peu près que pour le forage des puits, et tout le massif du batardeau, bientôt congelé, forme une masse imperméable.
- Croisements à niveau de chemins de fer. — Ces
- croisements constituent toujours une gêne et une source de danger, principalement quand il s’agit de voies ferrées à trains fréquents ou à convois très rapides. Aussi la Compagnie américaine New York Central and Hudson River Railroad, qui veut électrifier ses lignes de banlieue, se propose d’y faire disparaître 55 croisements à niveau.
- Pont transbordeur. — On va en établir un noüVëau,' suivant le système qui a. été décrit à plusieurs reprises ici, sur la rivière Tees, en Angleterre, entre Port Cla-rence et Middlesborough ; l’avantage de ce dispositif est qu’on va pouvoir créer, dans la région, un chemiti de fer d’intérêt local dont les convois emprunteront le pbht, alors que, jusqu’à présent, on avait été dans l’impossibilité d’installer cette voie d<* transport, parce qu’il he fallait pas songer à un ouvrage fixe pour la traversée du cours d’eau.
- Lutte contre la poussière des routes. — Selon les rapports officiels des ingénieurs des Ponts et Chaussées des départements de la Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise et de la Ville de Paris, les quatre années d’essais du goudronnage des routes ont donné des résultats excellents à tous les points de vue, surtout pour les dépenses, qui varient entre 12 et 17 centimes le mètre carré. Sur l’avenue Thiers, à Melun, entre autres, l’économie annuelle résultant du goudronnage a été évaluée à xo centimes par mètre carré sur la diminution de l’usure et 5 centimes par mètre carré sur l’arrosage et l’ébouage, de sorte que le goudixmnage dans les traversés d’agglomérations ne coûte rien, en procurant aux riverains le bénéfice d’une route sans boue ni poussière. Sur la demande de la Ligue contre la poussière, une Commission technique pour l’étude de la question a été nommée par le Ministre des Travaux Publics.
- Les sources thermales de Grèce, selon un récent ouvrage du D' Dambergis (Congrès inteimational de chimie appliquée) seraient Lutraxi, Andros, Epi-dauros,v alcalines ; Tsagesi, Cerigo, ferrugineuses ; Kyl-lini, Hypate, Methanna, sulfureuses; Aedipktos, Kyth-nos, Aegina, chlorurées sodiques.
- Les dangers de contagion dans les sanatoriums. — Les Drs Malibran et Janot ont dernièrement expliqué (Presse médicale, 24 sept. igo5) toutes les précautions à prendre dans les sanatoriums bien oi’ganisés pour éviter la contagion par les crachats : ceux-ci doivent être recueillis dans un liquide antiseptique qui les empêche de se dessécher et permet de les détruire avant qu’ils soient devenus dangereux. Les moului’es, les tentures et les tapis, réceptacles de poussières dangereuses, sont supprimés. Les murs sont peints ou couverts de produits faciles à nettoyer au moyen d’un linge mouillé qui colle en quelque sorte chaque particule de poussière pour en éviter la diffusion dans l’air. L’aéra-tion permanente, et surtout l’insolation suppriment les germes échappés au nettoyage quotidien. Une réelle éducation des malades doit réduire la toux au minimum; on peut arriver à la suppression des quintes de toux inutiles. On a constaté qu’au sanatorium de Gorbio deux cas de tuberculose observés dans le personnel avaient une origine à coup sûr ancienne, et qu’en somme, depuis trois ans, aucun cas de contagion d’origine intérieure n'a pu être décelé.
- Aéronautique. — M. Henry Deutseh, de la Meurthe, vient de fonder à F Aéro-Club, une nouvelle épreuve d’aéronautique consistant en une coupe Challenge internationale interclubs, qui se disputera toujours aux environs de Paris. La coupe Challenge, d’une valeur de 10 000 francs, sera distribuée à celui qui, par trois fois, dans un délai quelconque, aura effectué, avec un dirigeable ou un aéroplane à moteur, un circuit fermé d’un minimum de 200 km, avec obligation de doubler deux points fixes, désignés à l’avance et distants de 100 km. Le pilote du dirigeable ou de Taéroplane touchera en espèces 20000 francs pour chaque expérience réussie. La Commission sportive est chargée de l’établissement du règlement de l’épreuve.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Jfppareil électro-médical
- Appareil électro-médical de poche.— On connaît propriétés et effets physiologiques des courants électriques d’induction ; ils circulent à travers nos tissus pt sont utilisés avec avantages dans tous les cas de paresse musculaire ou organique. Il est donc intéressant de signaler un appareil qui permet de produire ces courants avec régularité et économie et qui en permet l’application avec commodité. C’est le but de l’appareil électro-médical de poche que nous décrivons ; le n° i de la ligure nous montre l’étui proprement dit et le n° 2 l’étui revêtu de son couvercle. Dans l’étui se trouvent les piles sèches, la bobine d’induction, le graduateur C, un commutateur, et en A et B les points où se placent les cordons conducteurs. L’appareil est d’abord placé verticalement; on enfonce les conducteurs en A et B
- Appareil électro-médical de poclic,
- 1. Étui. — 2. Étui avec le couvercle.
- dans les trous de prises de courant. On fixe les électrodes aux extrémités libres des conducteurs, et on sort le graduateur C. On prend une électrode dans chaque main, et on transporte la manette du commutateur sur le point à côté de celui où elle se trouve. Le trem-bleur de la bobine fonctionné, et le courant circule à travers l’appareil et à travers le corps de la personne qui tient les électrodes. On enfonce doucement le graduateur pour augmenter l’induction, jusqu’au moment où le courant ne pourra plus être supporté. La séance dure environ 5 minutes. On remet ensuite en place la manette du commutateur, on rentre le graduateur. On peut remettre le couvercle sur l’étui ; une petite lampe a été branchée sur lus piles sèches, et il suffît d’appuyer sur un petit bouton placé sur le côté pour allumer une petite lampe à incandescence de quelques bougies. — L’appareil électro-médical de poche se trouve chez M. Heller, j8, cité Trévise, à Paris.
- Electî texte <i)§
- Plaques pour piles à tête en charbon. — Les amateurs de piles, et ils sont encore nombreux, savent combien il est difficile d’avoir de bons contacts sur les charbons des piles; il faut prendre des bornes, les décaper soigneusement et les ajuster sur le charbon en ayant bien soin de serrer à fond une vis qui puisse tenir solidement. M. J.-A. Berne, fabricant de plaques en charbon, vient d’imaginer deux modes d’attache de bornes qui ont pour but d’empêcher l’oxydation des con-
- tacts. On voit dans notre figure à droite en A et B deux plaques munies chacune d’un des modes d’attache ; à gauche, sur le côté, se trouvent les coupes montrant en A le mode de fixation de la borne au moyen d’une douille
- Plaques pour piles à tête en charhon.
- filetée se vissant dans la tête du charbon, et en B, le mode de fixation de la borne au moyen d’une tige traversant la tête du charbon, et s’y accrochant par un mouvement de baïonnette combiné avec une rondelle de serrage. Dans la fabrication, 011 donne à la tête une grande compression ; il en résulte que l’on peut ainsi éviter l’ascension des liquides par capillarité. La lame du charbon est au contraire faiblement comprimée et reste très poreuse; la résistance intérieure de la pile est alors considérablement réduite. La lame des charbons se fait soit lisse, comme les modèles A et B, soit quadrillée, comme le modèle C; cette dernière disposition augmente la surface de contact et l’adhérence entre la lame et le dépolarisant. — Les plaques pour piles à tête en charbon se trouvent chez M. J.-A. Berne, 68, rue de Lagny, à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- Ampèremètre et voltmètre pour lampes à incandescence. — On se plaint le plus souvent que les lampes à incandescence n’éclairent pas ; mais on ne cherche pas toujours à se rendre compte si elles se trouvent dans de bonnes conditions pour pouvoir éclairer. La différence de potentiel aux bornes est-elle suffisamment élevée ? N’à-t-elle pas justement une valeur trop faible ? La lampe elle-même qui est faite pour consommer o,5 ampère n’est-elle pas usée? Son filament, qui tient encore, n’est-il pas réduit considérablement de section ? Il en résulte alors que la lampe offre une résistance trop grande au passage du courant et que le fonctionnement n’en peut être que défectueux. En Angleterre, il existé, depuis quelque temps déjà, un appareil composé d’un voltmètre, d’un ampèremètre, et muni des douilles nécessaires.
- Cet appareil est des plus facilement maniables. On les branche à la place d’une lampe, dans la douille même de celle-ci, et aussitôt le voltmètre qui est couplé aux bornes indique la tension, l’ampèremètre, qui est monté en circuit, fait connaître l’intensité consommée par la lampe. Par une simple manœuvre, on connaît la puissance dépensée. — Cet appareil est fabriqué par MM. Krupka et Jacoby, 61, Watling Street,
- London E. C.
- Forge portative à ventilateur électrique. — Sans être aucunement une découverte, la combinaison est bonne à signaler pour tous les chantiers, tous les ate-
- Voltmètre-ampèremètre pour lampes à incandescence.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- liers où l'on dispose du courant, et où d’importants travaux de forge rendent nécessaire un chauffage rapide des pièces.
- C’est aux ateliers installés parla Compagnie des chemins de fer de l’Est pour le montage de ses locomotives, à Epcrnay, que nous avons trouvé une application bien conçue de celte combinaison. Ces ateliers possèdent, en effet, deux forges portatives (pour les besoins du mon-
- (©( o )©
- l’orge portative à ventilateur électrique.
- lage) et dotées d’une réceptrice électrique de 196 watts. Le dessin que nous donnons fait aisément comprendre la disposition adoptée, le petit moteur et le ventilateur qui y, est directement accouplé se plaçant dans l’espace libre sous la table de la forge; cette partie inférieure est du reste entourée d’une enveloppe en faisant une chambre fermée, avec deux ouvertures de visite. On aperçoit nettement le chemin que suit l’air pour pénétrer dans le ventilateur et pour en être chassé dans la masse du combustible. Sur le devant de la forge est le rhéostat de conduite de la réceptrice, c’est-à-dire du ventilateur.
- *»> Vêtit outillage
- Petits tours. — Le petit tour est appelé à rendre de grands services à l’amateur pour le moindre petit travail qu’il veut réaliser lui-même ; nous donnerons aujourd’hui quelques renseignements sur des petits modèles de tours à pivoter. La ligure 1 représente un premier modèle ; la grosseur du pivot est donnée par l’ouver-ture plus ou moins grande de la seule entaille du tour. L’ouverture est du reste graduée au moyen d’une roue portant 20 divisions en général et fixée au-dessus du tour. Il existe aussi le tour à deux entailles, égalc-
- Fig. 2.
- Tour à rondelle.
- “_________I 'f’ÿ'v
- Fig. i.
- 1 Tour à ouverture graduée.
- ment mobiles, mais le pivotage ainsi obtenu est peu régulier et d’une exactitude laissant à désirer. On utilise alors des broches munies d’un certain nombre d’entailles fixes, graduées en divisions de la ligne. Le tour reprend alors la forme du tour à finir, du tour de l’horloger, avec une patte pour le fixer à l’étau. La figure 2 représente un tour portant une rondelle percée de trous de diverses grosseurs et munie d’entailles correspondant aux trous ; elle est fixée au moyen d’une tige d’arrêt assurant le serrage. La figure 3 donne la vue d’un tour à pivoter moderne. Les principaux perfectionnements sont un cuivrot, ou pince pour prendre les outils, muni d’une coulisse à queue d’aigle, dans la-
- quelle est ajustée à force et légèrement une fourche à deux branches formant ressort et portant les chevilles d’entraînement ; ce qui facilite le rapprochement et l’éloignement de ces goupilles. 11 y a également une vis de rappel pouvant se déplacer rapidement, sans avoir à agir toujours sur l’écrou molleté. Un petit levier, placé au-dessous de cet écrou, permet de dégager la vis et donne une course rapide à simple frottement. En lâchant le levier, un ressort ramène le mouvement à vis. La forme du tour à pivoter diffère sensiblement de celle du tour ordinaire. La patte n’existe que sur un tiers de la longueur de l’instrument. On peut par suite le serrer à
- cO La
- i. Tour à pivoter moderne.
- l’étau sans être gêné par l'archet ou la roue de renvoi. Par suite d’un double mouvement de rotation autour d’un axe horizontal et vertical, on peut placer la broche contre-pointe dans l’axe de celle à rouler, dansTaxe de celle à hausser ou baisser le point pour le mettre de hauteur de l’entaille correspondante. On peut donc régler les points d’après les entailles, soit de côté, soit en hauteur. Le cuivrot ou pince à prendre les outils à trois vitesses; l’avance et le recul s’opèrent suivant un mouvement rectiligne que l’on obtient à l’aide d’une targette placée à l’intérieur du tour et remplaçant la vis de rappel. — Ces différents tours se trouvent chez les marchands d’outils et fournitures et pour le gros chez MM. Henri Picard et frère, i3i, boulevard de Sébastopol, à Paris (IIe).
- Etau à prise instantanée. — C’est un étau à mâchoires parallèles ingénieusement combiné ; il ne comporte point de ressorts ni de cliquets, et toute la manœuvre s’en fait sans que l’ouvrier ait à toucher autre chose que la barre coulissante classique, pour l’ouverture‘comme pour la fermeture. Il comporte cinq pièces : A est Ja mâchoire fixe venue de fonte avec le corps de l’outil, B la mâchoire glissante, C la vis, D le demi-écrou, et E un manchon qui commande D, à la place du ressort auquel on recourt ordinairement en pareil cas. Dans la coupe que nous donnons, le demi-écrou est engagé sur le pas de vis. Si l’on tourne celui-ci en sens contraire des aiguilles d’une montre, immédiatement le
- Etau à prise instantanée.
- serrage des mâchoires cesse, l’écrou n’est plus en prise et la mâchoire B peut glisser librement. Quand on a placé entre les mâchoires l’objet à travailler, on pousse la mâchoire mobile au contact, et l’on peut tourner la manivelle. Durant le premier douzième de tour, l’écrou D est relevé et ramène en prise complète avec, la vis, par le moyen du manchon à ressort E, qui embrasse la vis et tourne avec elle jusqu’à ce qu’il en soit empêché par un arrêt, une lèvre formée sur le bord du manchon et engageant dans une plaque à rainure attachée à l’écrou. Celui-ci, dans sa montée et sa descente, est guidé par des tenons à queue d’aronde dépendant de la mâchoire fixe; sa poussée se fait sur une butée Iv. Un jeu suffisant est ménagé pour que l’écrou ne puisse pas venir se bloquer sur le sommet des filets de la vis. Nous passons sur les autres détails intéressants. — Le fabricant est M. Charles Taylor, Bartholomew Street, à Birmingham, Grande-Bretagne.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- cQ'i'-s* Chimie -$^§53
- La préparation de l’azote pur. — On sait que l’azote peut être extrait de l’air atmosphérique en absorbant 1 oxygène par divers procédés ; mais dans ce cas l’azote -est toujours souillé par les gaz découverts par Ramsay : argon, xénon, crypton, néon, dont on ne peut le débarrasser par les procédés courants. L’azote pur ne peut être obtenu que par des méthodes chimiques et est retiré soit de ses composés oxygénés, soit de ses composés hydrogénés comme l’ammoniaque.
- MM. Baxter et Hickey viennent de combiner ces deux derniers procédés et préparent l’azote pur en faisant passer du bioxyde ou du protoxyde d’azote dans une solution concentrée d’ammoniaque de densité 0,92 'et en dirigeant ensuite les gaz dans un tube chaude renfermant de l’amiante platinée, où se fait la combinaison :
- 3 Az2 O + aAzH3 = 4Az2 + 3 H2 O dans le cas où le protoxyde d’azote est employé ;
- 6 Az O -j- 4 A-z H3 = 5 Az2 -j- 6 H2 O dans le cas où l’on a employé le bioxyde d’azote. A la sortie du tube chauffé, on n’a plus qu’à recueillir le gaz azote pur suivant les procédés habituellement usités.
- Formation d’acides par les ferments solubles. —
- Un auteur américain, M. Ilinkins, a démontré que la plyaline, ferment soluble de la salive, dédouble les éthers du glucose, comme le triacétylglucose, en mettant en liberté l’acide correspondant, l’acide acétique dans l’exemple choisi. La présence de bactéries accélérerait cette décomposition. On pourrait expliquer ainsi l’attaque rapide du ciment dentaire ; cette altération, parfois extra- . ordinaire chez certaines personnes, serait due au dédoublement par les ferments solubles de certains principes contenus dans la salive et attaque du ciment dentaire par la dissolution acide ainsi produite.
- Succédané du lycopode. — Ce sont deux inventeurs allemands, MM. Ivalb et Helbig, qui l’ont imaginé et garantissent qu’il peut rendre les mêmes services. Dans un liquide minéral ou végétal essentiellement volatile, comme de la benzine, du chloroforme, de l’éther, de l’alcool, on fait dissoudre une huile minérale, animale ou végétale ; on secoue doucement pour bien rendre cette espèce d’émulsion laiteuse. Puis on introduit dans le mélange une substance comme de la craie, du kaolin, du gypse, de magnésie, qu’on a concassée auparavant, et on arrive à préparer de la sorte une pulpe. On la tamise pour isoler les particules demeurées d’un certain volume, on sèche, et l’on passe une seconde fois au tamis. On obtient une poudre qui aurait les mêmes propriétés que le lycopode.
- Photographie <?<&>
- L’ « Actinos », nouveau papier inaltérable de MM. Lumière. — Les papiers destinés au tirage des clichés photographiques, par noircissement direct, au châssis-presse, sont innombrables; mais tous ont un défaut commun : c’est qu’ils contiennent un excès d’argent soluble nécessaire pour que l’action de la lumière se manifeste d’une manière suffisante. La présence de.cet excès de sels solubles est une cause -d’altération au bout d’un temps plus ou moins long, suivant les précautions qu’on aura prises contre la chaleur et l’humidité, mais qui est provoquée même par l’action des matières organiques : gélatine, cellulose, qui entrent dans la fabrication. Tous les amateurs de photographie, qui n’utilisent souvent qu’.une partie de la pochette qu’ils, viennent d’acheter, ont pu constater le jaunissement et souvent les taches qui empêchent plus tard d’utiliser le reste. On a aussi parfois, quand on fait des tirages par temps humides, des taches brunes sur le cliché qui sont dues à la présence de ces sels solubles.
- MM. Lumière ont essayé un grand nombre de substances dans leur rapport avec le chlorure d’argent. Ils ont remarqué que les phénols et surtout les diphénols et les I
- triphénois sont les corps qui jouissent de l’activité la plus considérable comme réducteurs et parmi eux la résorcine paraît être la substance de choix pour ce genre d’application. D’autres corps réducteurs tels que les sels manga-neux, les nitrites, les arsénites peuvent aussi permettre de réaliser le noircissement direct du chlorure d’argent par la lumière. Partant de ce s études MM. Lumière ont mis dans le commerce sous le nom d’ « Actinos » un papier à noircissement direct dont la conservation paraît devoir être assurée, quelle que soit la date de sa fabrication, et même s’il n’est pas dans les meilleures conditions de sécheresse et de température, il conserve sa fraîcheur première. Il est plus sensible que les préparations qui contiennent un excès de sels solubles et les demi-teintes sont rendues plus fidèlement. Le traitement est du reste d’une façon générale le même pour le virage et le fixage, le collage, etc., que pour les autres papiers. G. M.
- Gomme bichromatée. — Les photographies artistiques sont dites telles, pour certains, parce qu’elles ne sont pas nettes. C’est une erreur complète et le flou 11’est nullement nécessaire pour arriver à l’art en photographie; ce qu’il faut, c’est savoir sacrifier certains détails, c’est interpréter, discrètement et avec goût, ce qu’a donné l’objectif.
- Aucun procédé ne s’y prête mieux que la gomme bichromatée déjà pratiquée depuis une douzaine d’années, pas assez répandue cependant chez les amateurs qui s’exagèrent ses difficultés. Voici, d’après les maîtres du genre, quelques notes sommaires qui guideront ceux qui voudraient essayer ce genre de tirage pour quelques-uns de leurs clichés. Disons, pour commencer, qu’il est préférable d’employer des clichés plutôt un peu faibles, pas trop poussés au développement bien que complets dans les détails.
- Les papiers qu’on peut employer sont très nombreux et on peut dire que tous, ou à peu près, peuvent servir ; on aura soin, bien entendu, de l’approprier au sujet à traiter : un papier à gros grain, par exemple, ne conviendra qu’à de grandes images, un papier lisse aux petits formats. Les papiers- Canson pour lavis, les Rives à grain moyen donnent de bons résultats. Les papiers Ingres, Alongé, et d’autres aussi; parfois il y a avantage à encoller ces derniers en y passant une solution de gélatine à 1 ou 2 pour loo.
- On fait une solution de gomme arabique du commerce, non pulvérisée, à 3o pour xoo dans l’eau; on la laissé vieillir 2 ou 3 mois, elle devient acide et plus fluide à mesure qu’elle vieillit. Si elle devient trop fluide on ajoute de la solution moins vieille.
- On fait, d’autre part, une solution de bichromate de potasse à 10 pour 100 dans l’eau.
- On se procure des couleurs d’aquarelle en tube, couleurs moites, marque Bourgeois ou Lefranc. Il faut choisir ses couleurs avec soin, selon ce qu’on veut obtenir ; on peut recommander notamment le noi>• de vigne et le noir de bougie ; le rouge de Venise, les garances.
- Enfin il faut, pour compléter le matériel du gommiste, quelques brosses et pinceaux dont voici l’énùméra-tion : i° une brosse en soie de porc assez souple extra fine, longueur de poils d’environ 4 centimètres; 20 un petit pinceau dur en soie de porc pour malaxer la coù-leur ; 3° une petite queue de morue d’environ 3 centimètres de large ; 4° quelques pinceaux d'aquarelliste de grandeurs différentes pour retouches locales.
- En possession de ce petit matériel très simple voici comment on devra procéder :
- On fait d’abord dans un pot, cuvette ou godet, le mélange des couleurs choisies et on les malaxe bien intimement entre elles ; puis on ajoute le bichromate et la gomme, dans la proportion de deux parties de gomme pour une de bichromate. On ne peut pas donner une formule exacte : il faut avec un piiïceau essayer l’éten-dage sur un bout de papier; si le pinceau fait des stries prononcées le mélange doit être éclairci par l’addition d’un peu de la solution de bichromate.
- Il faut que l’étendage se fasse aisément, sans trop couvrir le papier dont le grain doit rester visible au travers
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- de la couche. On étend et on égalise celle-ci le mieux possible avec la brosse large.
- On y parvient en deux ou trois coups. Il faut opérer 4 la lumière diffuse, bien entendu, ou bien le soir à la lumière du gaz ou du pétrole.
- On laisse sécher dans l’obscurité, sans employer de chaleur artilicielle. Il faut coriipter une demi-heure environ pour que la couche soit bien sèche, elle est alors assez sensible pour éviter toute lumière blanche.
- On peut conserver 3 ou 4 jours et même plus le papier ainsi préparé, mais il est préférable de ne pas attendre trop longtemps.
- L’exposition se fait au châssis-presse, mais on ne peut surveiller facilement la venue de l’image qui n’est pas visible. On devra faire quelques essais avant de bien savoir apprécier le temps de pose. Comme guide on peut dire qu’il faut que l’image apparaisse par transparence. Examiner à la lumière diffuse. Le dépouillement est la partie la plus intéressante du procédé. On plonge l’épreuve dans une cuvette contenant de l’eau tiède, on peut prendre de l’eau froide, c’est une question de temps plus ou moins long qu’il faudra employer au dépouillement. Certains auteurs recommandent de prendre de l’eau froide et de laisser l’épreuve, face sensible en dessous, dans la cuvette de façon que le dépouillement commence ainsi sans aucune intervention de pinceau. Quoi qu’il en soit, au bout d’un certain temps, on retire l’épreuve, on la place sur une surface plate et on aide le dépouillement en passant, très légèrement, la queue de morue, imbibée d’eau froide ou tiède, suivant que celui-ci se fait plus ou moins facilement selon le temps d’exposition; s’il va trop vite il y a manque de pose et s’il est long et exige l’eau chaude il y a surexposition. C’est pendant le dépouillement que l’opérateur pourra donner libre cours à l’interprétation en laissant dans le vague les détails inutiles, eii accentuant les parties qui doivent être mises en valeur. Il n’y a pas de fixage, il n’y a qu’à laisser sécher; on élimine
- ensuite le bichromate qui pourrait rester en passant l’épreuve pendant a ou 3 minutes dans une solution de bisulfite de soude liquide du commerce à 4 pour xoo. On lave ensuite très sommairement à l’eau froide. Nous espérons que ces quelques notes engageront les amateurs à essayer ce procédé très intéressant. G. M.
- ctgTlsS, Divers
- Monture d’une plaque de verre dans la pierre. —
- Le mieux est, quand on veut éviter que l’eau ne s’infiltre derrière la vitre, de creuser d’abord à la surface de la pierre un logement évidé, avec un petit rebord en gradin constituant une première dénivellation par rapport au massif de pierre. On encastre la vitre de manière qu’elle repose sur ce rebord, puis on applique tout autour en formant une sorte de plan incliné entre la pierre et la vitre au pourtour de celle-ci, un véritable mastiquage analogue à celui qui se fait pour les vitres des fenêtres, mais au moyen de ciment Portland.
- Enduit protecteur pour le zinc. — Pour toutes les surfaces de zinc oxydées, on se trouve bien de faire usage d’un enduit composé ,750 grammes d’oxyde de zinc et de 1 kg de verre soluble, c’est-à-dire de silicate de potasse, que l’on peut colorer avec une couleur minérale, ombre, ocre, terre de Sienne, rouge anglais, etc. Les couleurs ou la couleur à employer est broyée dans l’eau, de manière à former une pâte épaisse, et on ajoute à cette pâte le silicate. Il suffit que cet enduit sèche une journée à l’abri de la pluie pour qu’il soit indifférent à l’eau.
- Vernis à l’asphalte. — C’est ce vernis qui est employé couramment pour les seaux et bacs à charbon : on le prépare en faisant dissoudre de l’asphalte dans un vernis à l’huile de lin.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc Saint-
- La pression barométrique surpasse de près de 7““ la normale de décembre; elle s’est tenue au-dessus de 775mm depuis le 10 à 21 heures jusqu’au i3 à 11 heures, et n’est inférieure à la normale que du 27 au 3o. La fraction d’insolation est seulement de 0,12; par suite, la nébulosité est très grande; le ciel est resté couvert (nébulosité 9-10) pendant 21 jours dont 8 consécutifs du ier au 8, et 7 autres du 19 au 20; comme conséquence, l’écart diurne de la température se trouve diminué de 1/7 de sa valeur normale; les maxima ne sont supérieurs à 90 que du 6 au 9 et du 27 au 29. La température moyenne est un peu plus élevée que la normale; on a observé i5 jours de gelée, toutes faibles, le thermomètre ne s’étant pas abaissé une seule fois jusqu’à — 4°-La pluie dépasse à peine la moitié de la hauteur recueillie habituellement en décembre ; elle se répartit sur 10 jours, dont 5 ont fourni moins de imm d’eau; il n’est pas tombé de neige.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne du mois, 764""“)98 ; minimum absolu, 737'"'",9 le 29 à 5 heures; maximum absolu, 778mm, 1 le 12 à iohi5m; écart extrême, 40m“,2.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, i°,27; des maxima, 5°,57 ; du mois, 3°,42; des 24 heures, 3°,37; minimum absolu, —3°,8 le 3i; maximum absolu, i3°,3 le 7. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, — o°,45 ; des maxima, 7°,37 : minimum absolu, —8°,9 le 3i ; maximum absolu, i5°,o le 8. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur om,3o : à 9 heures, 4^,87 ; à 21 heures, 4°>9?-- Profondeur om,65 : à 9 heures, 6°, 14 ; à 21 heures, 6°,n. Profondeur 1 mètre : à 9 heures, 70,00; à 21 heures, 6°,99. De la Marne : moyenne le matin, 5°,20; le soir, 5°,33; minimum, 3°,94 le 18; maximum, 6°,70 le 9. ;
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 5mm,38; minimum, 2mra,2 le 3i de 22 heures à 24 heures; maximum, 9mm,7 le 7 à 1 2. heures.
- Maur, en décembre 1905, par M. Th. Moureaux
- Humidité relative : moyenne du mois 90,0; minimum, 55 le 3i à 14 heures; maximum, 100 en 11 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 8,14 ; moyenne diurne la plus faible, 0,1 le 11 et le 27; la plus grande, 10, en 17 jours.
- Insolation : durée possible, 256 heures; durée effective, 3oh,i en il jours; rapport 0,12.
- Pluie : Total du mois, 2.4mm,8 en 35h,7.
- Nombre de jours : de pluie 10; de pluie inappréciable, 3; de gelée, 15 ; de gelée blanche, 8; de neige, o; de givre, 2; de rosée, o; de bi'ouillard, 4; d’orage, o; de halos, 2.
- Fréquence des vents : calmes, 17.
- N........41 S. E ... 36 W.......i5
- N. N. E ... 99 S. S. E . . 4.7 W. N. W . 9
- N. E. .... 86 S. ... . 69 N. W. . . 6
- E. N. E . . . 48 . S. S. W. . 85 N. N. W.. . 8
- E.........19 S. W. . . ii5
- E. S. E. ... 38 W. S. W. 6
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne du mois, 3m,3 ; moyenne diurne la plus gi’ande, 7"’,7 le 29; la plus faible, om,7 le 16 ; vitesse maximum en i5 minutes, I im,4 le 29, de 3 heures à S'TS” par vent S. S. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne du mois (26 jours) i38 volts; moyenne diurne la plus grande, 225 volts le 25; la plus faible, 67 volts le 8; amplitude diurne, o;33; amplitude noctui’ne, 0,64.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3"’,28; minimum, 2m,72 le 28; maximum, 4m>*8 le ier.
- Comparaisons aux valeurs normales : Baromètre, + 6mm,82; température, .-j-o°,75 ; tension de la vapeur, + omm,26; humidité relative, -j- 1,4 ; nébulosité, -j- 0,91; pluie, —20mm,7.
- Taches solaires : l’état du ciel n’a permis l’observation du Soleil que 9 jours, pendant lesquels on a suivi 10 taches ou groupes de taches.
- Perturbations magnétiques : faibles les 4> 13, 20-21.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Dans le n° 1704, du 20 janvier 1906, page xx3, ajouter à la légende de la ligure : cliché de M. Antony Schoux.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- machine à écrire La Lambert, se trouve 42, rue Vivienne, Paris.
- Communications. — Le journal du pétrole, dirigé par M. Henry ÎSTeuburger, à Paris, nous écrit pour nous faire remarquer qu’il continue à paraître régulièrement, contrairement à ce que nous indiquions dans notre boîte aux lettres du n° 1701 du 3o décembre 1905, où nous annoncions sa disparition. Nous faisons bien volontiers cette rectification.
- M. J, Houzeau de I.ehaie, à l'Ermitage, près de Mons, nous adresse le premier numéro d’une nouvelle revue : Le Bambou, son étude, sa culture, son emploi, portant le sous-titre : Bulletin périodique vade-mecum et intermédiaire de tous les amis des Bambous et publiée chez M. Libert, à Mons. Ce numéro contient une étude sur le lJhyllostachyspubescens, un travail sur la méthode japonaise de plantations des touffes de Bambou, un autre sur la fructification des Bambusacées d’Europe, etc.
- M. le B' Laurent Viguier, à Montpellier, nous écrit une lettre qui précise et confirme certains points de l’article que nous avons publié dans le n° 1702, du 6 janvier 1906, sur Intoxication par un dentier (Hygiène et santé). M. Viguier signale qu’actuellement encore les 9/10“ des caoutchoucs rouges ou roses existant sur le marché n’ont pas d’autre colorant que le vermillon, même les marques les plus appréciées ; il affirme que d’ailleurs la plupart des praticiens se désintéressent absolument de la question, les uns par ignoi'ance, les autres : « parce qu’ils s’en l’apportent à ce fait que l’on n’a pu retrouver de mercure dissous dans les liquides alimentaires aux températures normales ». Ayant repris personnellement pour mon compte les recherches de M. Bruhat, qui ne me semblaient pas suffisamment probantes, j’ai reconnu que la preuve de la dissociation du sulfui’e de mercure était facile à faire, si l’on s’y prenait comme il faut; et cela sans électrolyse, ni outillage compliqué : Prenez de l’azotate d’argent dans de l’eau distillée, ajoutez de l’ammoniaque diluée jusqu’à dissolution du pi’écipite qui se forme d’abord, étendez le liquide ainsi obtenu sur du papier blanc non collé, ce sera votre réactif. D’autre pai’t, râpez dans de l’eau contenant du vinaigre et du sel de cuisine du caoutchouc rouge vulcanisé : laissez digérer une demi-journée à 37°. Plongéz dans ce miliçu un fil de cuivre très pur, bien décapé; enlevez-le, le lendemain; lavez-le, séchez-le, pliez-le dans du papier de soie, que vous enveloppez à son tour dans le papier à l’azotate d’argent ammoniacal prépai'é d’abord. Portez le tout à l'obscurité, et vérifiez quelq'ues heures après. Le mercure amalgamé au cuivre, se volatilise à froid, et vient teinter en brun, à travers le papier de soie, le papier réactif. Le procédé très sensible est imité de M. Merget, qui s’est spécialisé dans la recherche des très petites quantités de mercure. L’expérience ci-dessus est très concluante, et il semble impossible d’élever aucun argument contre elle. En effet, le vinaigre et le sel sont les condiments de la plupart de.nos aliments, et en contact fréquent avec les pièces dentaires ;' enfin la salive contient du chloi'ure de sodium, et donne une réaction souvent acide sous les appareils de prothèse, ou dans le sillon gingivo-labial par fermentation lactique des parcelles alimentaires. Ce sont donc réalisées in vivo les conditions de l’expérience précédente.
- Un de nos lecteurs nous communique un procédé pour détruire les verrues, qu’il dit lui avoir toujours réussi : « Déposer sur la verrue un peu de salive, laisser concentrer par évaporation, puis en remettre 4 ou 5 jours
- de suite, sans jamais essuyer. Recommencer le lendemain et les jours suivants. Je crois que les sels conteixus dans la salive surtout si on les laisse se concentrer par des additions successives agissent sur le derme. En moins de huit jours la vernie se fend et tombe. En tout cas le remède est à portée de chacun.
- Renseignements. — M. Maurice, à Melle. — x° Nous avons donné dans le dernier numéro l’adresse relative à l’appareil de démonstration pour la télégraphie sans fil : Gesellschaft fur drahtloss Télégraphie, système Telefunken, à Berlin. — 20 Vernis d’or pour instruments de physique : préparer séparément une dissolution de gomme-gutte et une de sang dragon et l’ajouter à un vernis composé de laque en grain (2 parties), sandaraque (4 parties), résine élémi (4 parties), alcool (40 parties).
- M. Goret, à Neuilly-sur-Seine. — Nous ne possédons aucun renseignement sur le concours dont vous parlez. Vous pourriez vous adresser au Journal des inventeurs, 10, avenue des Nerviens, à Bruxelles, ou directement à la Deutsche Seevarte, à Hambourg.
- M. Ant. Elosegui, à Tolosa. — L’unique moyen de faire disparaître la résonance dont vous parlez serait de disposer des tentures sur les murailles de la salle.
- M. E. F. S., à Paris. — Pour des ouvrages relatifs à la voiture à pétrole, veuillez vous adresser à M. Baudry de Saunier, 22, boulevard de Villiers, à Neuilly, qui a publié de nombreux travaux à ce sujet chez lui et chez divers éditeurs.
- M. de Wael, à Anvers. — L’analyse dont vous nous donnez le duplicata indique le seul moyen qui permette d’améliorer votre eau à froid : ajouter i5,5 gr. de soude caustique par hectolitre.
- M. Aug. Palun, à Avignon. — Le phénomène que vous nous indiquez est très connu des botanistes. Nous en avons parlé dans notre n° 1668 du i3 mai 1905, page 38o. Il ne s’agit pas d’un fruit (résultat de la fécondation de l’ovule par l’anthérozoïde), mais d’une galle ou cécidie. Ces excroissances qui se développent sur toutes les parties de la plante, très variées de forme, sont produites le plus souvent par des hyménoptères du genre Cynips, notamment sur les feuilles du chêne, et aussi par d’autres animaux comme certains nématodes. La galle que vous décrivez semble appartenir au chêne. Elle renferme un ou plusieurs œufs d’insectes qui se dévelop-, peront en larves et seront mis en liberté à l’état d’insectes parfaits. La forme des galles est toujours doublement spécifique étant fonction à la fois de l’animal parasite et de la plante hôtesse.
- M. IJ. Iioyer, à Port-Taufig. — Les châssis à pellicules séparées « Agfa », décrits dans le supplément du n° 1698 du 9 décembre igoÔ, p. 11, se trouvent chez MM. Poulenc frères,. 122, boulevard Saint-Germain, à Parus.
- M. C. B., h Tizi-Ouzou. —L’ouvrage de M. G. Le Bon, L'Evolution de la matière, est en vente à la librairie E. Flammarion, 26, rue Racine, Pai’is. Prix : 3fr,5o.
- M. Alexandre Boucalli, à Bergamo-Alto. — Nous ne possédons aucune donnée sur ces questions dont La Nature ne s’occupe pas. Tous nos regrets.
- M. L. Jouanaud, à Trois-Rivières (Guadeloupe). — Le procédé le plus simple semble d’employer des tubes métalliques d’aluminium ou de fer-blanc. C’est dans des boîtes en fer-blanc que le commerce parisien l’eçoit la vanille qu’il revend au détail.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G.
- Lantz, à Mulhouse. — Nous ire pouvons pas publier de description de cet appareil avant d’être assurés qu’il a été construit et essayé avec succès. — M. V. Collet, à Chartres. — Veuillez vous adresser à un expert en marchandises. — M. V. Léonté, à Gap. Voyez pour ce procédé le livre de Becettes et Procédés utiles, 3e et 4° séries, à la librairie Masson et C10, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. —M. Ch. Henry, à Pau. Veuillez consulter le même ouvrage, 5e série, même librairie. — M. Ilouzeau de Lehaie, à Mons, M. Henri Neuburger-, à Paris. Remei'ciements pour vos communications.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moüreaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL i ! ... I'LUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 janvier. . . — I°,0 S. 1. Beau. » Gelée bl. ; givre; halo; heau le malin ; couvert le soir.
- Mardi 16 3°,1 ' S. W. 1. Beau. 0,2 Gelée hl. ; très peu nuag. ; un peu de pluie à 2h. 15 el à 19 h. 45.
- Mercredi 17 9U,2 S. W. 5. Couvert. 3,1 Couvert; pluie à diverses reprises l'après-midi.
- Jeudil S 9°,9 S. s. w. 1. Couvert. 3,7 Couv. ; bruine une partie du temps ; pluie de 16 h. 20 à 18 h. 20.
- Vendredi 19 5°,2 W. 0. Eclaircies. 1,0 Presque couv. ; pluie à div. reprises ; grésil à 6 h. 59 et 13h.05.
- Samedi 20 3°,0 N. 4. Couvert. » Nuageux.
- Dimanche 21 ln,9 S. W. 2. Grains de neige. 5,0 Couvert; neige de 7 h. à 12 h.
- JANVIER 1206. — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 JANVIER 1906.
- péneure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direct ion du vent. Les courbes du milieu indiquent : , les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à
- prt nmr)tiïh> thfit'mntnfil^fi n Vnhi'i. n. hnnl.fi 'nuvnillpfi
- La courbe supé courbe épaisse, /
- boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du i5 au 21 janvier, le temps a élé toujours pluvieux, sans être trop froid. Le 15 janvier, une baisse barométrique de 11 mm se produit sur l’Irlande et une de 8 mm sur nos côles de l’Océan. La température s’est abaissée; dans la matinée la gelée blanche a été générale aux environs de Paris, ou l’on a observé — 20 en plusieurs points. Le thermomètre marquait —3° à Besançon et à Clermont, —i° à Paris, 3° à Toulouse, 1.40 à Alger. Le 16 janvier, les pluies ont été générales en France; on a recueilli 23 mm d’eau à Lyon, 12 mm à Cette, 4 ni ni à Brest, 4 mm à Cherbourg, 4 nim à Dunkerque. Le thermomètre marquait le matin 5° à Paris, 70 à Clermont, 70 à Toulouse, 140 à Alger, o° au Puy de Dôme, —.7° au mont Mounier, —-8° au Pic du Midi. Le 17 janvier, on observe un minimum barométrique de 740 mm au Nord de l’Ecosse. Il est tombé 23 mm d’eàu à Cherbourg, 12 mm à Dunkerque, 5 mm à Brest, S" mm à Nantes, 2 mm à Rochefort. La température était 90 à Paris, io° à Nantes, .12° h Alger, 20 au Puy de Dôme, •— 4° au-mont Yentoux, —6° au Pie du Midi. Le 18 janvier, le vent a souillé avec violence du Sud-Ouest sur lçs côtes de la Manche et de l’Océan. Dans l’après-midi, un fort ouragan du Nord-Ouest s’est abattu sur Le Havre; au milieu de l’ouragan, une trombe s’est formée dans les chantiers Normand et a causé les plus grands dégâts. Il a plu à Nantes (5 mm), à Paris (3 mm), à Belfort (3 mm), à Dunkerque (2 mm). La température était le matin xo° à Paris, io° à Nantes, n° à Alger, 4° au Puy de Dôme, — i° au mont Yentoux, — 3° au" Pic du Midi. A Paris,
- la température moyenne, qui était de 70,7 le 17 janvier, était de 8°,7 le 18 janvier. Pendant l’après-midi et toute la soirée,, le vent a souillé en bourrasque sur Paris, atteignant des vitesses moyennes de i5 mètres et au maximum de 2-4,4 mètres par seconde. Le 19 janvier, la pression barométrique atteint à midi à Paris 764,4 mm. Le vent a tourné au Nord-Ouest sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. Des neiges et des pluies sont tombées sur'le Nord et l’Ouest de l’Europe. Il est tombé en France 14 mm d’eau à Charleville, i3 mm à Cherbourg, 4 mm à Paris, 4 mm à Biarritz. La température s’est notablement abaissée sur nos régions; on notait 3° à Paris, 3°-à Clermont, 5° à Toulouse, —5° au Puy de Dôme, —6° au mont Aigoual, —160 au Pic du Midi. Dans la banlieue de Paris) on constate de nombreux points voisins de o°. Dans la soirée, vers 8 heures, des averses de grésil sont tombées sur Paris. Le 20 janvier, la pression barométrique s’élève; on note 779 .mm en Bretagne, et 776,1 mm à Paris. On a recueilli 8 mm d’eau â Belfort, 7 mm à Dunkerque, 4 mm à Clermont, 1 mm à Paris, 1 mm à Brest. La température était i° à Toulouse, 3° à Paris, — 8° au Puy de Dôme, — 120 au mont Mounier, —18°. au Pic du. Midi. Le 21 janvier, des chutes de neige et de pluie ont eu lieu dans les régions du Nord. A Paris, dans la matinée, il est tombé une pluie mêlée de neige et de grésil. On a signalé des chutes de neige à Constantiiie. Il est tombé i3 mm d’eau à Calais, 7 mm à Dunkerque, 3 mm à Paris, 2 mm au Havre, 2 mm à Cherbourg. La température était le matin— 3° à Clermont, 20 à Paris, 4° à Perpignan, 8° à Cherbourg, — 8° au Puy de Dôme et au mont Aigoual.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 17 à 8 h. 58 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, e'diteurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VTe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1706 (3 FÉVRIER 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
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- La protection des oiseaux utiles à l’agriculture.
- — Le président de la République française a récemment donné sa signature à un décret, approuvant la convention pour la protection des oiseaux utiles à l’agriculture, signée à Paris, le 19 mars 1902, entre les gouvernements de la France, de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Hongrie, de la Belgique, de l’Espagne, de la Grèce, dxx Luxembourg, de Monaco, du Portugal, de la Suède et de la Suisse. Voici les principaux articles de cette convention : protection absolue des oiseaux utiles à l'agriculture (insectivores) de façon qu’il soit interdit de les tuer en tout temps et de quelque manière que ce soit, d’en détruire les nids, œufs et couvées; interdiction d’importation, ti'ansit, transport, colportage, mise en vente, vente et achat des nids, œufs et couvées; prohibition de tous procédés de capture ou destruction en masse des oiseaux. A la convention sont jointes deux listes, l’une des oiseaux utiles, l’autre des oiseaux nuisibles.
- L’élevage des mulets en Sicile. — D’après les statistiques, c’est en Sicile que l’élevage des mulets aurait la production la plus active, dépassant de beaucoup celle du Piémont. Au dernier recensement, on comptait en Sicile 124 715 mulets, soit le tiers de la production muletière du royaume. Malheureusement la qualité ne répond pas à la quantité. Dans les campagnes de Sicile, l’état des routes, les accidents du sol et son prix de revient relativement minime font préférer le mulet au cheval ou au bœuf. Attelé, il peut soutenir une allure de 7 km à l’heure et, à la charrue, fournir un travail au moins égal à celui du bœuf; enfin dans les régions soufrières, il sert au transport des sacs de la mine, au chemin de fer. Malheureusement, les éleveurs de Sicile, ne songeant qu’à une vente rapide, n’ont aucun souci d’améliorer la race, par la sélection des reproducteurs. Aussi, lors de la guerre gréco-turque, les officiers grecs ont été déçus : ils attendaient beaucoup plus des mulets qu’ils avaient achetés en Sicile. La loi sur les remontes militâmes est également une entrave à l’amélioration de la race, car la Commission de remonte se contente de choisir parmi les mulets qu’on lui présente, sans s’occuper de la manière dont le mulet a été produit. Les éleveurs siciliens négligent aussi de réséi'ver de bons étalons, comme cela se fait dans l’île de Pantellaria, où la race, unique en Europe, est d’une taille qui dépasse i,55 m. Bref, la production'du mulet pourrait être, en Sicile, une importante source de revenus, mais à la condition!)--toutefois, qu’on y apporte le soin et la patience nécessaires.
- Les vendanges de 1905 en Autriche. — Parmi les
- pays vinicoles d’Europe, le quatrième rang revient à l’Autriche-Hongrie, à une certaine distance de la France, de l’Halie et de l’Espagne. Sa production annuelle, malgré .le phylloxéra, est actuellement de 6 millions d’hectolitres, dont un tiers fourni par la Hongrie. Une partie importante de la production de la seule Autriche, soit les deux tiers de la production totale, provient des coteaux du Karst, qui dominent Trieste et les plantations du littoral adrialique. Dans la région triestine, la Société d’agriculture de Trieste estime que 1600 hectares, plantés en vignes, ont produit 54x8 quintaxxx de îxxisin, un peu plus de 3 quintaux par hectare, résultat inféiüeur d’un tiers à celui de 1904; ces 54i8 quintaux de raisin ont pi'oduit 3426 hectol. de vin, soit en moyenne 2 heclol. par hectare. La qualité du raisin fait varier le degré alcoolique de 8 à 12. E11 Dalmatie, l’hectare a rendu en moyenne 2000 kg de raisin fournissant i5 hectol. de vin. Les prix de Trieste, droits compris, ont été pour le vin rouge, 5o à 60 couronnes l’hectol. et pour le blanc 60 à 70 (1 couronne = ifr,o5). Les vins de Lissa, Yallegi’ande, Cui'zola, Lésina, Brazza, titrant de 10 à 14 degrés, se vendent sur place comme vixxs de table de 18 à 36 couronxxes l’hectol. Ceux des environs de Spalato, Costella, Solta, Sebenico, riches en alcool, se vendent en Autriche-Hongrie de 20 à 3o couronnes l’hectol. Dans ces vignobles, la récolte de 1905, très satisfaisante, porte à 400000 hectolitres la quantité de vins, livrée au commerce.
- Le jardin botanique de l’Hort de Dieu. — Le professeur Flahault, directeur de l’Iixstitut de botanique de Montpellier, a récemment établi un jardin botanique de montagne sur les flancs de l’Aigoual, à l’altitude de r3oo mèti-es. Ce jardin est destiixé à l’étude des flores et de la végétation de montagne, ainsi que des questions économiques intéressant les régions élevées (déboisement, sylviculture, améliorations pastoi'ales). On ne saui’ait trop souhaiter une bonne l’éussite à cette œuvre très -intéressante : elle fait, d’après notre confrère la Montagne, non moins honneur à la généi’osité qu’à la science de l’éminent botaniste qui a dû en faire les fixais à lui seul.
- La récolte des blés russes. — A la séance du 10 janvier de la Société nationale d’Agriculture M. Sagnier a communiqué une note de M. Yermoloff, .ancien ministre de l’agriculture en Russie et membre du conseil de l’Empire, sur le régime des pluies et les récoltes en Russie ; les observations faites dans deux domaines des gouvernements de Riazanet de Voronège démontrent l'importance exceptionnelle des variations climatériques en Russie ; le rendement des x’écoltes dépend uniquement des condi-
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- INFORMATIONS
- lions pluviomélriques. Quand la pluie est normale au printemps la récolte est bonne ; au contraire, si elle est faible la récolte fait défaut. La sécheresse et la chaleur d’été font tomber la terre en poussière, et le blé ne donne que des produits insignifiants.
- Les récoltes et les sauterelles en République Argentine — La quantité de blé susceptible d’être exportée par la République Argentine, cette année, peut être évaluée à 3 200 000 tonnes. La récolte de la graine de lin sera probablement égale, sinon supérieure, à celle de 1904, où il en fut exporté 910000 tonnes. Le rendement de la récolte de maïs dépendra de la façon dont on protégera les jeunes plantes contre les sauterelles. L’invasion est sérieuse, mais trop tardive pour atteindre le blé et la graine de lin. Des régiments de soldats assistent les agriculteurs dans le travail de destruction. Cependant, d’après le Journal officiel, l’ennemi le plus redoutable des sauterelles n’est pas l’homme ; c’est une mouche, qui dépose un œuf dans le corps de la sauterelle et y produit un parasite.
- L’agriculture dans l’île de. Malte. — Il y a, dans 1 île de Malte, trois sortes de terrains : les bons terrains divisés en grands domaines, qui appartiennent au gouvernement, au clergé et à quelques anciennes familles ; les terres de seconde qualité, terres déjà artificielles, qui rendent 2 1/2 à 3 pour 100 ; les terres, réputées autrefois impropres à la culture, améliorées, aux mains des familles pauvres, à qui elles furent distribuées. Dans l’étendue des deux îles de Malte et de Gozo, l’importance des terrains cultivés est d’environ 17 000 hectares, qui occupent 14000 personnes. Les productions principales sont : des champs d’orge et de blé, dans la proportion des 2/3, des jardins et des vergers pour le reste. La culture des fleurs est devenue une industrie assez importante, non seulement pour la fleur même, mais pour ' le miel. Rappelons d’ailleurs que c’est cette industrie qui valut à l’île, dans l’antiquité, le nom de « Melita ». Le foin est remplacé à Malte par le sulla, qui en plus de qualités nutritives égales, possède un principe légèrement excitant ; semé en juillet et en août, on le récolte en avril et en mai; la production de l’île, que la consommation locale absorbe complètement, est de 25o 000 quintaux. Les mandarines et les oranges de Malte, surtout les sanguines, donnent lieu à un important commerce d’exportation; en 1904 : 240000 douzaines (la récolte moyenne est de : 3ooooo douzaines). Le cumin est un produit particulièrement maltais ; l’exportation, en 1904, atteignit 2i5 tonnes; il comprend deux espèces : le cumin doux pour la pharmacie (récolte moyenne 1800 quintaux) ; le cumin piquant pour la teinture (récolte moyenne : 1200 quintaux). La France achète de grandes quantités d’anis. Les pommes de terre (récolte moyeime : 17000 tonnes) constituent un des principaux articles d’exportation; leur culture tend à faire disparaître celle des cotons dont la récolte, consommée dans l’île, est de 2000 quintaux. Les fèves sont employées dans l’île à la nourriture des animaux, et exportées en Sicile pour la semence (récolte annuelle : 9000 hectolitres). Les oignons s’exportent également en quantités considérables.
- L’hippophagie antique. — A la séance du 5 janvier de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, M. S. Rei-nach a expliqué « pourquoi Vercingétorix renvoya sa cavalerie d’Alésia. » Le héros gaulois, pour ses 80000 assiégés, n’avait de vivres que pour un mois; s’il renvoya, dès l’origine du siège, toute sa cavalerie (plusieurs milliers de chevaux) au lieu de les garder pour nourrir ses troupes, c’est parce que les Gaulois, comme la plupart des peuples antiques, répugnaient à l’hippo-phagie, même dans le cas d’extrême besoin. Tous les cas où l’on cite le cheval mangé par les païens révèlent que c’est toujours à la suite d’un sacrifice et comme animal sacré. C’est la raison pour laquelle la papauté ordonne à saint Boniface, évangélisant l’Allemagne au viii° siècle, de proscrire rigoureusement l’hippophagie. Cette interdiction d’ordre religieux tendait à abolir les repas de sacrifices qui entretenaient les superstitions idolâtres du paganisme.
- Chemin de fer du Nil à la Mer Rouge. —Le 27 janvier on a ouvert la voie ferrée qui, de Berber (entre Ouadi Iialfa etKhartoum) à Cheikh elBargoud, au Nord de Souakim, doit mettre le Nil (et le futur chemin de fer du Cap au Caire) en communication avec la Mer Rouge,
- Chemin de fer de Tehuantepec. — Celte voie ferrée, qui est loin d’avoir rendu tous les services qu’on en attendait, et qui voit se lever une concurrence redoutable pour elle, sous la forme du canal de Panama, vient d’être complètement renouvelée, de manière à répondre bien mieux aux besoins du trafic. On vient notamment de l’armer entièrement de rails d’acier; 011 redresse •nombre de courbes, et l’on a complètement transformé et dragué les ports extrêmes de Salina Cruz et de Coat-zaeolcos. Quelques 100 millions de francs ont été dépensés de .ces divers chefs.
- Importation de pierres précieuses aux Etats-Unis.
- — L’importation des diamants et autres pierres précieuses aux Etats-Unis, qui atteignait 154 millions en 1904, a déjà dépassé 161 millions pour les dix premiers mois de iqoS, ce qui en représente 187 pour l’année totale. Il y a là une puissance d’absorption toujours croissante pour les objets de luxe, qui est un phénomène économique bien intéressant.
- Le district aurifère du Beforona à Madagascar.—
- Parmi les déceptions déjà nombreuses auxquelles l’industrie aurifère de Madagascar a donné lieu, l’une des plus marquées a été relative au district dont il s’agit ici, parce que la découverte avait passé un moment pour plus sensationnelle. Le district en question est situé à peu près à mi-chemin entre Tananarive et la mer vers Grigri et Maroventy (kil. 64). On l’avait décrit comme comprenant de vrais filons de quartz aurifères, auxquels on avait attribué des cubages et des teneurs énormes. La mission de M. Dégoutin a remis les choses au point. II s’agit, en effet, de simples lentilles et veines de quartz en relation avec des pegmatites encaissées dans les gneiss, masses pouvant atteindre localement de grandes dimensions mais discontinues par leur nature même et, en outre, là où onles a rencontrées, probablement pas en place, mais éboulées de plus haut, en sorte que l’énorme cube reconnu est descendu au-dessous de 2000 tonnes. Il en est de même pour la teneur, que des essais opérés sans expérience et sans méthode avaient estimée à 60 grammes par tonne. La vérité est que les quartz sont très irrégulièrement pyriteux et que la pyrite cristalline est ici, comme d’ordinaire, le gisement véritable de l’or, toutes les fois que celui-ci n’a pas été isolé à l’état natif par altération. Or, avec bien de la peine, 011 arrive à trier quelques minces pai’ties pyriteuses tenant xo grammes. Ce n’est d’ailleurs pas une raison, paraît-il, pourpasserd’un extrême à l’autre et jeter le manche après la cognée. Les alluvions aurifères du même point, qui l’apportent 3ooooo francs par an, payent les recherches et il est possible que l’on mette un jour la main sur quelques poches de quartz pyriteux aurifèi’e plus volumineuses, qui se présenteront dans d’excellentes conditions techniques par suite de l’abondance des forces motrices hydrauliques au voisinage.
- Torpilleur français. — On a mis à l’eau, le 24 janvier, dans la matinée, au Havre, le- torpilleur de première classe n° 295. Ce bâtiment, d’une longueur de 38 mètres, jauge 97 tonneaux et file 26 nœuds ; il est armé de 2 canons de 87, à tir l’apide, et de 3 tubes lance-torpilles.
- Croiseur anglais. — Le croiseur- anglais Warrior, qui vient d’être lancé, a une longueur de i52,47 m- pour une largeur de 22,40 m. ; son tirant d’eau est de 8,23 m. en moyenne. Son déplacement atteint i3 35o tonnes pour une puissance indiquée de 23 5oo chevaux, ce qui doit lui assurer une.allure de 22 i/3 nœuds. Un bateau semblable coûte 27 millions et demi.
- La traversée du Simplon. — Le premier train normal de voyageurs passant par le tunnel du Simplon est parti le 25 janvier de Briege (Suisse) à 8'1 56ra du matin, et est arrivé à Iselle à gh 33m.
- La traversée des Pyrénées en ballon. — M. Duro, aéronaute espagnol, vient de réussir la traversée des Pyrénées avec son ballon sphérique Cierzo de 800 mè-ti’ès cubes. Il a franchi 730 km à vol d’oiseau en 14 heures. Il a d’abord passé le pic du Midi d’Ossau (2885 mètres), les plus hautes cimes des Pyrénées et dét la Sierra de la Peîïa, les montagnes de la^Sâgi’a (238o mè-ti’es) et est descendu au pied de la Sierra Nevada à Guadix (province de Grenade). Au titi’e de membre de l’Aero-Club de Madrid, il est ainsi devenu détenteur de la coupe aéi’ostatique des Pyrénées, œuvre de Dueuing, et créée par l’Automobile Club béarnais.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- **> Projections <*
- Les projections avec le courant alternatif. —
- Tous ceux qui ont fait des projections avec une lanterné munie d’unè lampe à arc savent que le courant continu est indispensable pour avoir une bonne lumière : c’est en effet dans ce cas seulement que le charbon positif se creuse légèrement et forme un point stable très lumineux. Avec le courant alternatif les deux charbons restent identiques et l’arc manque de stabilité, on ne peut sur l’écran avoir dans ces conditions qu’une lumière tremblotante et très variable en intensité. MM. Radiguet et Massiot sont parvenus cependant à fixer l’arc du courant alternatif en disposant autour des charbons, et en arrière, un bloc de chaux. Ce bloc taillé dans un cylindre présente une échancrure suivant une génératrice pour laisser passage aux charbons ; il est fixé sur un support réglable facile à ajouter au bâti de la lampe.
- L’arc se fixe et la chaux portée à l’incandescence donne uneMumière plus éclatante. Cette disposition est intéressante à signalèr, car dans beaucoup de villes on ne dispose pas de courant continu et, à moins d’une transformation coûteuse, on est bien obligé de se contenter du courant alternatif.
- *l> Cyclisme
- L’électrophone. —Il est avantageux que les automobiles, en se déplaçant, ne fassent pas trop de bruit. Mais, d’autre part, il est de toute nécessité qu’elles aient
- à leur disposition des avertisseurs sonores qui leur permettent, même à une certaine distance, de prévenir le passant que dans quelques centièmes de seconde elles seront à la place qu’il occupe. Il faut que celui-ci soit nettement prévenu, et qu’il sache bien qu’il doit aussitôt laisser la place libre. Nous avons trouvé dernièrement une trompe, basée sur un principe électrique tout nouveau, d’une grande simplicité, et qui nous a paru ré7 pondre entièrement aux conditions de fonctionnement que nous venons d’énoncer. Cette trompe, dont la première de nos figures donne une vue d’ensemble, se fixe en un point quelconque de la voiture; elle est indéréglable, et ne craint par conséquent pas les intempéries. La pièce essentielle de l’élec-trophone, que montre la figure a, est un cylindre en cuivre contenant un électroaimant particulier, avec un trembleur et sa vis, et une membrane en acier qui reçoit les vibrations du trembleur. Au centre on voit un cylindre de fer B, présentant une ouverture pour le passage d’une tige A. Le fil du solénoïde C est enroulé par-dessus le noyau de fer; une extrémité est reliée à la masse, et l’autre extrémité est fixée à la borne G. Les pièces G, E, F sont isolées électriquement de la masse; la borne F est reliée à la vis platinée. On branche le circuit formé d’une pile et de l’interrupteur entre les points G et F. Dès que le con-
- i. Vue d’ensemble.
- 2. Détail de l’électro-aimant.
- tact est établi, le trembleur vibre, et entraîne avec lui la tige A, qui transmet le mouvement à l’armature en acier I, située à la partie supérieure de la bobine. Cette armature en oscillant émet un son qui est amplifié par le pavillon. On peut du reste régler le son en vissant ou en dévissant légèrement la vis E. L’électrophone fonctionne très bien avec une tension de 4 volts et une intensité de x ampèi’e ; on obtient un son plus puissant avec 6 et 8 volts. — L’électi'ophone se trouve à la Société de l’Electrophone, 5, rue Voltaii’e, à Levallois-Pei’ret (Seine).
- Leviers Deschamps et trousse. — S’il est une partie qui cause des ennuis, c’est bien le pneu-, il se décolle facilement, se démonte encore plus facilement et préoccupe toujours les cyclistes. Les établissements Dom-bret-Deschamps ont établi toute une série d’outils pour remédier aux inconvénients que pi'ocurent les pneus. La figure i nous montre les divers leviers employés à cet
- .... "" c
- Fig. i. — Leviers divers pour réparation des pneus.
- effet ; en A et B se trouvent deux leviers qui servent à décoller et à démonter le pneu. Les leviers C et D, quoique de formes difféi'entes, sont destinés également à remplir les mêmes opérations; nous allons voir leur rôle. Le levier E sert à remonter et à sortir la valve; le levier F est un petit tire-pneu pour vélos et motos. Rien n’est plus facile que le démontage d’un pneu, comme le
- Fig. 2. — Démontage d’un pneu.
- montre la figure 2. On glisse la pince du levier A sous le talon,-et on soulève le bandage afin d’introduire l’un des leviers B ou D, de façon que là molette soit soùs le talon; la roulette en bois se trouve sur la jante, et l’on retire le levier A. On glisse ensuite de nouveau ce même levier à environ 15 centimètres à gauche du levier I) ou B et on fait basculer les deux leviers pour sortir le bandage. On appuie enfin sur un des leviers B ou D, en faisant déplacer la roulette de bois le long de la jante pour fairb'sortir peu à peu le talon par petits coups répétés. Le remontage d’un pneu peut également se faire sans difficulté. On glisse la cuillère du levier A sous le bandage et on place l’un des leviers B ou E à 2S centimètres environ du levier A, en ayant soin que la molette soit sur l’intérieur de la jante et la roulette en bois sur
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- le talon. On soulève ensuite simultanément les deux leviers de bas en haut pour entrer le bandage. On continue le même mouvement de place en place avec le levier B ou le levier E, en le soulevant de bas en haut. Ensuite on continue avec le levier B en faisant rouler la
- molette sur la jante, en conservant la roulette de bois en contact avec le talon du bandage et en soulevant de bas en haut de place en place. Enfin, il est encore besoin de quelques outils qui sont portés dans des trousses spécialement montées à cet effet (fig. 3). — L’outillage spécial pour le démontage et le remontage des pneus se trouve aux établissements Dombret-Deschamps, 29, rue des Vinaigriers, à Paris (Xe).
- Réparation instantanée des chambres à air. — Il
- est des plus importants pour un bicycliste d’avoir sur lui un moyen qui lui permette de réparer instantanément
- la chambre à air de son pneumatique, dès qu’elle vient à crever. Le bouton-réparateur nous semble offrir à cet effet de grands avantages. Il se compose d’une cuvette qui peut s’enfoncer à l’intérieur de la chambre à air, et d’une capsule pour l’extérieur. Comme le montre la figure ci-jointe, il suffit d’abord d’introduire (n° 1) la cuvette du bouton dans la crevaison, d’appliquer la capsule sur la cuvette, et d’appuyer avec une certaine pression; la réparation est terminée (n° 2). Les boutons-réparateurs se vendent en boîtes de différentes grandeurs. — On les trouve chez MM. Fleming et Cie, 23, rue Yicq-d’Azir, Paris (Xe).
- .Réparation instantanée d’une chambre à air.
- Divers
- Avertisseur électrique d’incendie. — On peut le donner, d’une façon plus générale, comme un indicateur d’élévation de température : il est simple, robuste et réglable. Il nous semble intéressant à faire connaître, d’autant qu’il peut susciter des imitations personnelles pour quiconque a une certaine habileté mamuelle. Cet avertisseur, dit Pearson, consiste en une lame métallique, légèrement bombée, qui est fixée par chacune de ses extrémités sur une sorte de châssis métallique ; celui-ci peut se disposer un peu partout. Au-dessus du
- centre de la lame, se trouve, à une certaine distance, une pointe métallique dont, le corps est fileté ; cette pointe traverse une plaque métallique, qui est montée sur le châssis, mais qui en est soigneusement isolée électriquement, tandis que la plaque, et par suite la pointe, sont reliées à l’un des pôles d’une pile. Si une certaine élévation de température se fait sentir dans l’enceinte où est l’avertisseur, la lame ne pouvant s’allonger se bombera plus ou moins et viendra toucher la pointe par une pastille métallique soudée en son centre ; et comme celle-ci est reliée à l’autre pôle de la pile, le courant sera fermé, et une sonnerie retentira. L’appareil est parfaitement réglable, puisqu’on peut enfoncer plus ou moins la pointe, grâce à son pas de vis, et même un cadran est disposé qui, à la suite d’un réglage empirique, permet de limiter la course pour telle ou telle température. Bien entendu,
- Avertisseur électrique d'incendie.
- après enfoncement ou relèvement delà pointe et réglage, on ramène par-dessus un chapeau, qui protège de tout •contact involontaire pouvant entraîner un déréglage. — Pour l’avertisseur électrique d’incendie, s’adresser à Pearson firc alarm, 62, lving William-Street, Londres E. C.
- Canalisation d’extinction automatique d’incendie.
- — Le principe sur lequel est basé l’appareil est aussi intéressant que les résultats qu’il donne. Dans les pièces où l’on veut disposer d’un déversement d’eau automatique en cas d’élévation anormale de température, on dispose deux canalisations, l’une d’air comprimé, l’autre d’eau, mais séparée normalement des conduites d’ame-rxée du liquide, et par suite normalement aussi maintenue vide, par des soupapes tenues sur leur siège par l’air comprimé. La canalisation d’eau ou plutôt à eau est munie de place en place de tubes de verre verticaux qui sont reliés directement à cette canalisation ; et à côté de chacun est un petit marteau soulevé par un chien ; si une élévation de température se produit, le chien, sous la dépendance d’un fil de cuivre que cette élévation de température aura fait allonger, lâchera le bout du levier, qui tombera et cassera le tube de verre, en laissant issue à l’eau qui serait dans la canalisation. Mais il faut deux circonstances pour que l’eau y soit effectivement admise et puisse se répandre extérieurement. Il faut que l’élévation de température ait agi de même sur un dispositif analogue qui brisera un ou plusieurs tubes de la canalisation d’air comprimé. Il se produira une dépression dans celle-ci par échappement de l’air, et les soupapes agiront pour laisser pénétrer l’eau dans la conduite ad hoc. De cette manière, il est impossible qu’une fracture accidentelle d’un tuyau de verre de la conduite d’eau amène une inondation inutile et regrettable dans la pièce qui est destinée à être inondée seulement au cas de feu effectif. Cette combinaison de deux leviers agissant chacun de leur côté dans un but commun est fort ingénieusement imaginée. — S’adresser à Expansion Sprinkler Syndicale, 58, A Fountain Street, à Manchester.
- Mécanique
- Engrenages à chevrons taillés. — Les engrenages à chevrons présentent de grandes qualités qui les font rechercher dans les applications industrielles. Pour n’en citer que quelques-unes, nous rappellerons, d’après une étude de M. A. Citroen, dans JJ Horloger, que leur marche est absolument douce et silencieuse, qu’il y a absence de chocs et de trépidations, que l’engrènement est continu et sans saut, qu’il y a utilisation intégrale de la matière, accroissement considérable de la résistance mécanique de la denture, usure régulière et à peine appréciable. Il y a également absence de jeu entre les dents et possibilité de marcher à de très grandes vitesses péxùphériques sans perdre aucun de ces avantages. Mais ce n’est que dans ces dernières années que l’on a pu voir la réalisation d’une machine permettant la taille des roues à chevrons d’une seule passe formée d’une portion d’hélice à gauche suivie d’une portion d’hélice à droite.
- Ces machines préseixtent le caractère général des machines à tailler, mais avec la difféx’ence que le mouvement de l’outil est combiné pour former d’un seul trait les deux portions d’hélices gauche et droite qui constituent le chevron. On obtient ainsi des roues à chevrons taillés qui présentent, au sommet du chevron, un arrondi très favorable à leur fonctionnement, au lieu-d’une pointe aigxxë. Un mécanisme réalisant ce taillage d’un seul trait du chevron a permis d’appliquer ce même procédé â la taille des roues coniques. Le bâti de la machiixe a été agencé pour orienter une génératrice d’un cône le long du, chemin parcouru par l’outil, et pour opérer la taille comme pour une roùe droite. — Les engrenages à chevrons taillés se trouvent chez M. Georges Hinstin, ingénieur, 4, rué Théodule Ribot, à Paris (XVIIe).
- Engrenages à chevrons taillés.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Aliments et sel. — Il est beaucoup question, depuis quelque temps, des régimes déchlorurés pour combattre certaines alfections chroniques du rein, du cœur et même de l’appareil respiratoire. En diminuant la dose de chlorure de sodium (sel marin), introduite dans l’organisme, on favorise la disparition des œdèmes, des ascites, on transforme par une simple modification du taux de salure des aliments l’économie générale, alors qxie le régime lacté le plus sévère, les médications diurétiques, purgatives n’amenaient qu’une sédation passagère.
- M. le professeur Renon a étudié avec soin dans ses leçons, les modes d’application de ce régime déchloruré en indiquant les diverses formules culinaires les plus propices à assurer le bon résultat de la déchloruration. Voici, d’après ses recherches, la teneur en chlorure de sodium, des pinncipaux aliments :
- Œuf de poule 0/2.5 par œuf.
- Viande crue 1 gr. . pour 1000 gr
- Jambon 5o — —
- Hareng salé i45 — —
- Poisson de mer. . . . 4,3o —
- Poisson d’èau douce. . o,3o —
- Pomme de terre.... 0,80 —
- Haricots o,5o —
- Riz 0,07 —
- Farine de froment. . . o,o5 —
- Choux-fleurs 0,60 •—
- Epinards i,34 —
- Fraises, 0,24 —
- Cerises °,i 4 —
- Pommes o,o3 —
- Poires o,o3 —
- Pain de ménage. . . . 5 —
- Pain de luxe 8 —
- Croissants . . . . : . 12 —
- Brioches 8 à 10 —
- Lait de vache x à i,5o —
- Si vous voulez assurer un repas typique de ce genre, voici deux formules, l’une pour un travailleur ou un sujet ayant besoin d’une forte alimentation, l’autre pour des besoins moins prononcés, le tout calculé en calories.
- . Régime de 2000 calories :
- Pommes de terre..................100 grammes.
- Viande crue sans graisse. . . . 400 —
- Beurre.......................... 80 —
- Sucre.......................... 100 —
- Régime de x5oo calories :
- Pain sans sel....................200 grammes.
- Viande.......................... 200 —
- Légumes........................ 25o —
- Beurre .......................... 5o
- Sucre............................ 4o —
- A coup sûr, ce ne sont pas là des repas qui satisferont de gros appétits et à a fortiori des gourmets ; mais quand on a le désir de guérir des affections graves, on peut se prêter à l’observance stricte d’un régime qui, s'il n’a rien de succulent, est suffisant pour vous alimenter.
- Dr A. C.
- Les bouillies alimentaires. — J’ai insisté bien souvent sur lés effets nocifs des laits qui 11e sont pas absolument purs ; les adultes qui ne prennent cet aliment que d’une façon intermittente n’en éprouvent pas, à moins d’un degré prononcé de falsification ou d’altération, des inconvénients bien graves. Mais il n’en est pas de même pour l’enfant qui, pendant des mois, quelquefois des années, est nourri exclusivement ou à peu près de lait. Ce sont ces altérations si fréquentes qui ont conduit à l’emploi des laits stérilisés. Mais le lait, même parfait, est quelquefois mal toléré ; dans certains cas de gastroentérite, il agit comme un véritable poison, provoquant à l’excès les fermentations intestinales, irritant la
- muqueuse ; on est obligé de renoncer au lait et de mettre l’enfant à la diète hydrique.
- Ce régime de l’eau agit souvent d’une façon merveilleuse pour calmer les coliques, arrêter la diarrhée, mais c’est un aliment un peu sommaire et il faut, à bref délai, recourir à quelque chose de plus substantiel.
- Le Dr Méry a préconisé dans ce but de véritables bouillons de légumes qu’on donne pendant quelqjues jours, jusqu’à ce que le lait soit toléré, ou d’une façon constante si cet aliment provoque de nouvelles crises de gastro-entérite. Voici une formule qu’il recommande et que l’on peut modifier à son gré en mettant plus ou moins de substances féculentes, suivant les besoins.
- Carottes.......................4°° grammes.
- Pommes de terre................3oo —
- Navets........................ joo —
- Pois et haricots secs........... 80 —
- Sel marin....................... 35 —
- pour 7 litres d’eau. On laisse bouillir quatre heures, on passe et on recueille le bouillon réduit à environ 1 litre à 1 litre 1/2. Bien entendu, il faut que ce bouillon soit préparé journellement, sans cela il aigrit et n’a plus du tout les vertus qu’on lui attribue. A mon avis, la proportion de sel est un peu élevée et pourrait être réduite.
- Quelques médecins ont préconisé des bouillies préparées partie avec le lait, partie avec l’extrait de malt. C’est la soupe au malt recommandée par Relier. On prend 5o grammes de farine de froinçnt qu’on délaye à froid dans 400 grammes de lait de vache; on ajoute, une fois la farine bien délayée, deux litres d’eau tiède. Puis on délaie d’autre part par cent grammes d’extrait de malt dans une petite quantité d’eau, et l’on ajoute au fur et à mesure la première préparation, quand elle est en ébullition. Le mélange doit être remué constamment jusqu’à réduction à un litre de bouillon. Cette préparation a un pouvoir nutritif considérable, mais elle s’altère rapidement et l’extrait de malt frais n’est pas facile à se procurer. Dr A. C.
- Le pétrole comme pansement. — Jusqu’ici on n’avait songé à utiliser le pétrole, en dehors de l’éclairage, qu’au nettoyage des machines; chaînes, roues et billes de bicyclettes se trouvent au mieux d’un lavage avec ce liquide. Le pétrole mérite d’être honoré à la dignité d’un agent thérapeutique et le Dr Bonnal le recommande comme agent antiseptique dans le traitement des plaies par traumatisme. On nettoie la plaie avec l’eau bouillie, on la recouvre d’une couche de gaze stérilisée et par-dessus on applique une feuille d’ouate légèrement imbibée de pétrole ; le tout est recouvert, pour éviter l’évaporation trop rapide, d’une couche d’ouate plus épaisse. Autant que possible, à moins de traumatismes graves où il faut une désinfection énergique et rapide, il faut éviter de mettre le pétrole sur la plaie; on provoquerait, en dehors de la douleur, de l’érythème à distance. Autre recommandation : si le pansement est fait le soir, éviter de mettre trop près les appareils d’éclairage, lampe ou bec de gaz.
- Les huiles à base de pétrole : huiles grasses pour les autos, vaselines à bicyclettes ont également - des propriétés antiseptiques, mais elles sont moins propres et moins pures que le pétrole. Elles ont une action merveilleuse dans les contusions, les bosses sanguines, plus efficaces que l’huile d’olives. Je signalerai au Dr Bonnal le petit fait suivant des plus caractéristiques ; en nettoyant une machine, le conducteur se prend le doigt dans un engrenage ; d’où production de ce qu’on appelle vulgairement un pinçon avec large extravasation sanguine. La douleur est assez vive, puis au bout d’un moment, pressé de se remettre en route, mon ami, le conducteur, reprend ses outils, plonge la main dans les rouages gras, prend pendant ce travail de remontage un véritable bain d’huile lourde. A la fin du travail, plus de doulbur, le pinçon est ratatiné, durci et réduit à l’apparence d’une simple tache noire avec épidèrme épais. D1 A. Cartaz.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Divers <^§Î3
- Lait de chaux. — L’enduit méritera encore plus que de coutume son nom : on ne se contentera pas d’eau pour délayer la chaux, on y ajoutera du lait, et la peinture, l’enduit aura beaucoup plus de tenue.
- L’entretien des étangs en hiver. — Voici, d’après notre confrère le Chasseur et pêcheur français quelques indications précises que les pisciculteurs, et simplement les amateurs de pêche qui possèdent un vivier trouveront intérêt à suivre, en ces moments de grands froids où l’abaissement de la température est souvent un danger très sérieux pour ces installations. Une prolongation de température de — io° à — 120 est capable de détruire
- tout le poisson dans les étangs à fond plat et peu profonds, l’eau n’étant plus aérée et l’asphyxie ..survenant rapidement. On remédie aisément à ce danger en pratiquant, sui'tout sur les bords et au moyen d’une scie, des trous que l’on garnit de paille ou de fumier de cheval et de mouton (pour éviter leur fermeture par regel). Un autre moyen est de soutirer de l’eau par la vanne de l’étang de façon à établir, entre la glace et la surface de l’eau, un certain vide qui ne tarde pas à devenir un réservoir d’air. On peut encore, si les froids se prolongent, profiter des trous établis à la surface de la glace pour souffler de l’air dans l’eau au moyen d’un grand soufflet muni d’un tuyau de caoutchouc. Pour fournir aux poissons l’oxygène nécessaire et être de longtemps tranquille, il faut faire cet exercice pendant une demi-journée.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Topographie, appliquée à l’agriculture, par Charles Muret, professeur à l’Institut national agronomique, i vol. in-16 de 5oo pages, avec 186 figures et 9 planches (.Encyclopédie agricole). Broché, 5 francs; cartonné, 6 francs (librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris).
- Limitée au point de vue agricole et sans parler du bornage et de l'arpentage, la topographie intéresse les ingénieurs agronomes pour l’étude et les/tracés des irrigations et des drainages et pour l’examen des améliorations agricoles en général, ainsi que les forestiers pour l’aménagement et l’assainissement de leurs forêts.
- Planches d'histoire naturelle. Première série : Anatomie élémentaire, publiée sous la direction et avec la collaboration de J. Anglas, docteur ès sciences, préparateur de zoologie à la Sorbonne, par H. Saunier, dessin de C. Varé. Paris, Henry Paulin et Cie, 1906. La pochette de 67 planches, 6 francs; en couleurs, 9 francs.
- Essai sur un quatrième état de la matière, par le IL Cassaigneau. Paris, A. Maloine, 1906. 1. vol. in-18. Prix : 3fr,5o.
- Les raies de feu ou méthode pour appliquer les pointes de feu sans faire mal au malade, par M. le D‘ Coste de Lagrave. Paris, Maloine, 1905. 1 vol. in-18. Prix : ofr,5o.
- Tables et formules pour l'emploi pratique des instruments décimaux avec la connaissance des Temps, par J. de Rky-Pailhade, ingénieur civil des Mines, ancien président de la Société de géographie de Toulouse. Paris, Gauthier-Villars, igo5. 1 vol. in-8°. Prix : if,,5o.
- Le trésor du chauffeur. Recettes et procédés utiles aux chauffeurs d’automobiles, mécaniciens et amateurs, par René Çiiamply. Paris. H. Desforges, 1906. 1 vol. in-12. Prix : 2r,',5o.
- Phéniciens et Grecs en Italie d’après VOdyssée, par Philippe Champault, Paris. Ernest Leroux, 1906. 1 vol. in-16. Prix : 6 francs.
- Pour vaincre sur mer, par ***. Paris. Ernest Flammarion. 1 vol. in-12. Prix : 3fr,5o.
- Les Etats-Unis, par K. Bædeker, avec une excursion au Mexique. Leipzig-Paris. Ollendorf, 1904. 1 vol. in-16.
- L’âme et le corps, par Alfred Binet, directeur du laboratoire de psychologie à la Sorbonne. Paris. Ernest Flammarion, 1905. 1 vol. in-18. Prix : 3 fr. 5o.
- Histoire de la guerre russo-japonaise, par Gaston Donnet. Fascicules 1 à 60. Paris. Delagrave, .1904-igoS.
- Le Népal. Étude historique d’un royaume hindou [Annales du musée Guimet), par Sylvain Lévy. Paris. Leroux, 1905. 1 vol. in-8°.
- Guide pratique de Chimie, P partie. Chimie organique, par L. Boucherie et E. Coudray. Paris. Jules Roussel, 1906. 1 vol. in-18 de i5oo pages. Prix : i5 francs.
- Quelques résultats de l'examen des preuves historiques employées par les auteurs traitant de l'hérédité, par le D1' Nægeli-Akkrblom, 2e édition. Genève. W. Kündig et fils, igo5. 1 vol. in-16.
- TJ Éclipse totale de Soleil du 3o août igo5, à Tripoli d’Afrique, par Lucien Libert. Le Havre. FI. Michaux, 1906. 1 plaquette in-8°. Prix : 1 franc.
- Annuaire Marchai des chemins de fer et des tramways pour igo5. Paris. H. Dunod et Pinat, igo5. 1 vol. gr. in-8°. Prix : 7 francs.
- Les travaux photographiques d'hiver. Paris. H. Desforges. 1 vol. in-12. Prix : 1 franc.
- Pratique des projections lumineuses, par G.-IL Niewen-glowski. Paris. H. Desforges. 1 vol. in-12. Prix : 1 franc.
- La retouche. Théorie, et pratique, par H. Wurtz. Paris. H. Desforges. 1 vol. in-8°. Prix : 3 francs.
- Promenade scientifique au pays ,des frivolités, par Henri Coupin. Paris. Vuibert et Nony, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 4 francs; relié, genre amateur, 6 francs; relié amateur, 10 francs.
- Notice sur les instruments de précision appliqués à l’œnologie, par J, Dujardin, successeur de Salleron. Chez l’auteur, 24, rue Pavée. Paris, x vol. in-8°. Prix : 4 francs.
- Ur svenska hydrografisk biologiska kommissionnens-skrifter. Fascicules in-folioé—I. Ueherdie Wahrschein-. lichkeit von periodischen und unperiodischen Schwan-kungen in dem. atlantischen Strome und ihren Beziehungen zu meteorologischen und biologischen photnomenen, von O. Otto Petterson. — II. Der Bifitar-Strommesser, par le même. — III. On the influence of the ice melting upon oceanic circulation, par le même. 'On icemelting in Seawater and Currents raised by it, by J. W. Sandstrom. — IY. JVindstrome im Gullmarfjord, par le même.
- The Bontoc Igorot, by Albert-Ernest Jenks. Manila. Bureau of public printing, 1901. 1 vol. in-4°.
- Catalogue of the exhibit of économie entomology at the Louisiana purchase exposition, Saint-Louis, 1904, par E. S. G. Titus et F. C. Pratt. Washington. Government printing. office, igo4- 1 vol. in-8°.
- The mexicain cotton boll weevil, par W. D. Hunter et W. E. Hinds. Washington. Government printing office. 1904. 1 vol. in-8°.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. —Dans le n° iyo5 de La Nature du 27 janvier 1906, p. 142, ir0 colonne, dans le sous-titre de la première chronique, au lieu de 60 000volts, il faut 6000 volts.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La Société du gaz Benoit se trouve 207, rue Saint-Denis, à Courbevoie (Seine). — Pour les tissus et tricots thermo-philes pour sudations, s’adresser à M. Camille lierrgott, ingénieur au Valdoie, près Belfort.
- Communications. — M. Derosne, à Cendrey (Doubs) nous signale un singulier effet d’un coup de foudre. « Le samedi 6 janvier un fort orage, qui a causé de nombreux incendies, a renversé un pan de mur dans un bâtiment de ferme. Le fermier qui dans sa grange maniait de la baie de blé (résidu du vannage du froment après que l’on a ôté les grains) vit à sa grande terreur des étincelles sortir de toute cette baie. Il en avait une poignée dans les mains qui paraissaient pleines de poudre de diamant; chaque brin étincelait, sans dégager la moindre chaleur. Quand il revint de sa stupéfaction, le phénomène avait cessé. Il n’y eut pas d’incendie. »
- M. Antoine Sauve nous adresse de Rome la lettre suivante : « Dans le n° 1698 de La Nature (9 décembre igo5) j’ai lu le résumé d’une note de M. Nodon décrivant un appareil qui permet d’apercevoir en tout temps les protubérances solaires. Or, dès les premiers mois de 1904 j’ai publié dans les Memorie délia Società degli Spettrosco-pistiLtaliani(Spettroclioscopio— anno 1904 — dispensa 3“) la description d’un appareil dont le pi’incipe est identique. Une note en réclamation de priorité a été publiée dans les Comptes Rendus hebdomadaires des séances de VAcadémie des Sciences (26 déc. igo5). »
- Renseignements. — M. E. T.,_ à Paris. — Lorsque deux rivières se joignent pour en former une seule, ce ne sont pas des raisons d’ordre scientifique qui font que la rivière unique prend le nom de l’un des affluents aux dépens de l’autre. Il serait évidemment assez logique de se baser surtout sur l’abondance du débit, en conservant lè nom de celui des deux affluents qui présente le plus fort. On pourrait aussi tenir compte de la longueur, mais par exemple, à leur confluent. Le Missouri, qui a 2000 kilomètres de plus que le Mississipi, perd cependant son nom, probablement à cause de son débit beaucoup moindre. En réalité, ce sont des raisons historiques qui ont déterminé le choix de ces différents noms et il y a là un vaste ensemble de cas particuliers qu’il semble impossible de ramener à une seule règle.
- M. Aug. Palun, à Avignon. — Les objets que vous avez envoyés soiit des fruits et non des galles, contrairement à ce que nous avions pensé d’après vos explica-lions. Ces fruits sont ceux du Madura aurantiaca, vulgairement oranger des osages, arbre de la famille des Morées, originaire de l’Amérique du Nord et très employé notamment dans le midi de la France tantôt comme plante ornementale, tantôt pour la sériciculture. Vos fruits sont remarquables par leur belle taille.
- M. F. Lriac'a, à Saint-Moritz. — Il existe bien des appareils répondant à vos désirs. Veuillez vous adresser à la maison Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Ger-, main, à Paris. •
- M. F. M. de Carmago, à Aterradinho. — i° Les procédés de l’huile du coco et du beurre de coprah n’ont rien de secret et ces fabrications sont absolument libres. Nous ne saurions vous donner d’adresses relatives aux fabricants d’appareils destinés à ces industries. Vous pourriez peut-être vous renseigner auprès de M. J. Fritsch, ingénieur-chimiste, auteur d’un très complet ouvrage sur la fabrication et le raffinage des huiles végétales, librairie H. Desforges, 39, quai des Grands-Augustins, Paris. —; 20 Nous ne possédons pas de renseignements sur cette question. Tous nos regrets.
- M. A. S., à Versailles. — i° Reproduction de gravures : Voyez le recueil des Recettes et Procédés utiles (2e série), librairie Masson. (Expérimenter les procédés indiqués sur des documents sans valeur.) — 20 II n’y a pratiquement pas à tenir compte de l’inconvénient que vous signalez lorsque l’appareil est de bonne marque et bien construit. — 3° Sur la microphotographie et la photographie des couleurs, voyez le catalogue de la librairie Ch. Men-del, 118, rue d’Assas. — 4° Nous supposons qu’il s’agit de préparations histologiques. Veuillez consulter le tome I de la Zoologie descriptive, librairie Doin, 9, place de l’Odéon; les Manipulations de zoologie de E. Boutan, même librairie ; vous pouvez voir aussi les ouvrages suivants : Beauregard, Le microscope et ses applications ; Beaure-gard et Galippe, Guide pratique pour les travaux de micrographie (histologie végétale et animale, bactériologie).
- M. D. R., à Ollans. — Ouvrage relatif au moulage à la gélatine : Manuel du mouleur (Manuel Roret), librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille.
- Gr. de Azambuja, à Porto-Alegre. — Nous ne connaissons aucun ouvrage traitant du fromage de Gonda. Tous nos regrets.
- M. IL. Clarté, à Lutzelhausen. — Veuillez vous adresser à M. D. Bellet, rue des Canus, à Maisons-Laffitte ( Seine).
- M. L. Videcoq, à Paris. — Nous ne possédons par le renseignement demandé. Tous nos regrets. Veuillez vous adresser à l’Aéronautique Club de France, à Paris.
- M. IL. P., à Paris..— Nous ne possédons pas l’adresse que vous nous demandez. Tous nos regrets.
- M. IL. Weber, à Paris. — Comme ouvrage élémentaire permettant d etudier les principaux types de papillons, nous vous conseillons Lépidoptères (Papillons de Francej par Berce, 1 vol., librairie Deyrolle, 46, rue du Bac. Ouvrage plus complet du même auteur, à la même librairie : L'aune entomologique française (Lépidoptères) : 6 volumes.
- M. P. Dujardin, à Paris. —Pour conserver les fleurs pendant quelque temps, on emploie la formule suivante qui donne de bons résultats : Nitrate de soude, 5 grammes par litre d’eau; phosphate de soude 5 grammes; sultate ferreux o gr. 5; chlorure de potassium o gr. 5.
- M. A. Vely, à Chartres. — i° On appelle découpeuse, en terme technique de filature, une machine employée pour diviser les rubans de laine peignée en fragments propres à subir l’opération du tortillonnage ; il existe aussi des machines de ce nom employées pour faire le découpage des châles et autres tissus brochés et des machines à débiter la corne, le bois, la pierre, les métaux, etc. — 20 Le dégraissage des déchets de coton, de lin ou de chanvre qui ont déjà servi au nettoyage des" machines ou de leurs organes, a pour but de récupérer la majeure partie de l’huile qu’ils peuvent contenir. Pour cette opération, on emploie surtout le sulfure de carbone et souvent aussi on soumet les déchets à l’action de lessives alcalines.
- M. Mougin, à Nogent-sur-Seine. — Nous ne connaissons pas l’appareil dont vous parlez. Veuillez vous adresser directement au constructeur.
- M. Gervais, à Tours. — Nous ne connaissons pas le produit dont vous parlez. Vous pourriez vous adresser, pour obtenir ce renseignement, aux fabricants, ou à un chimiste qui ferait une analyse.
- M. C. de W., à Pont-à-Mousson. —-Nous avons transmis votre lettre aux anciens établissements Hermann-Lachapelle, 3i, rue Boinod, Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Ve-
- ber, à Paris. Veuillez vous adresser directement à un architecte qui établira un devis. — M. Z. Liambret, à Mantes. Nous ne croyons pas à la possibilité de faire fonctionner un tel appareil. — M. LL. Manguier, à Melun. Vous trouverez divers procédés à ce sujet dans le récueil'de. Recettes et Procédés utiles, 20. et 3e séries, à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris: — M. P. Chapart, à Villiers. Voyez le même recueil, même librairie, 4e série. — M. Derosne, à Cendrey. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN VENT
- THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU piEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 janvier. . . 2ü,9 N. E. 3. Couvert. 0,1 Pluie à 0 li. 30; nuageux.
- Mardi 23 - 3°,7 N. H. 5. Beau. ». Gelée blanche ; beau.
- Mercredi 21 — 6°,8 N. N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau. '
- Jeudi 25 - 7«,1 S. 2. Beau. 7,5 Gelée bl. ; beau à 6-7 h. ; couv. eus. ; neige de 11 h. 30à
- Vendredi 26 2\5 S. W. 2. Couvert. 0,9 12h. ; petite g)', de 12 li.àlb h.; eus. ni. j. 21 11.; verglas. Verglas; brouillard; couvert; bruine de 15 h. à 18 h.
- Samedi 27 3” ,5 S. S. W. 2. Couvert. » Petit brouillard ; couvert.
- Dimanche 28 4\0 S. S. W. 2. Couvert. » Couvert.
- JANVIER 1906. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 JANVIER 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Sg'îsi» Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été très froid dans la semaine du 22 au 28 janvier; et il a plu encore à de nombreuses reprises dans presque toutes les régions de France. Le 22 janvier, un vent fort d’entre Nord et Est souillait sur nos côtes de la Manche ; la mer était grosse à Cherbourg. Il est tombé 10 mm d’eau à Biarritz, 6 mm à Limoges, 5 mm à Paris, 4 mm à Nantes. La température était le matin —3° à Besançon, 3° à Paris, 4° à Perpignan, — 90 au Puy de Dôme, — 90 au mont Aigoual; dans la banlieue de Paris, on observait des minima de o°. Le 23 janvier, la pression barométrique a été très élevée ; on a observé 775 mm dans le Nord et 777,6 mm à Paris. Le temps a été beau et froid en France. Le thermomètre a marqué — 70 à Clermont,
- — 5° à Toulouse, —4° à Paris, — 160 au Puy de Dôme,
- — 20° au mont Mounier, — 22° au Pic’du Midi. La neige est tombée en abondance dans le Centre et dans les Pyrénées. Le 24 janvier, la pression barométrique est restée élevée; à Paris, elle accusait 775,9 mm. Le ciel est resté beau, mais légèrement brumeux; les vents ont continué à souiller du Nord-Est. Il n’est pas tombé de pluie en France. La température était le matin —8° à Limoges, —70 à Paris, —40 à Marseille, —io° au mont Aigoual, — i5° au Puy de Dôme, —-.20° au Pic du Midi. Le 25 janvier, une profonde dépression couvrait tout le Nord-Ouest du continent; le centre était à Christiania (734 mm). Un vent fort du Sud-Ouest soufflait sur les côtes de la Manche. O11 a recueilli 3 mm d’eau à Cherbourg, 1 mm à Brest. Le thermomètre marquait le matin— 140 à Clermont, —8° à Paris, —70 à Toulouse,
- 8° à Brest, 90 au Havre, —110 au mont Aigoual, — 180 au Pic du Midi. A Paris, le ciel s’est couvert dans la matinée, et, vers 11 heures, une neige faible a commencé à tomber, formant une couche de verglas sur le sol. On a signalé également des chutes abondantes de neige à Troyes, à Reims et à Chambéry. Dans l’après-midi, vers 2 heures, à Paris, la pluie est tombée, après la neige, et s’est prolongée jusqu’à 8 heures du soir environ. fournissant de 7 à 8 mm d’eau sur Paris et de 10 à 14 mm en divers points de la banlieue. Le 26 janvier, la pression barométrique était supérieure à 765 mm dans le Sud-Ouest et 1 Est du continent. Il a plu à Cherbourg (37 mm), à Najites (16 mm), à Clermont (8 mm), à Paris (7 mm). La température était—20 à Belfort, 3° à Paris, 3° à Perpignan, 90 à Cherbourg, 90 à Biarritz. La température moyeune à Paris a été 3°,5. Lé 27 janvier, des pluies sont tombées sur toute l’Europe ; en France, on a recueilli 3 mm d’eau à Biarritz, 3 mm à Charleville, r mm à Paris, 1 mm à Nantes, 1 mm à Limoges. Le thermomètre marquait 4° à Paris,'8° à Brest, 8° à Alger, i° au Puy de Dôme,.— 3° au mont Ventoux, —6° au Pic du Midi. On a signalé dans la Meuse une chute abondante de neige rendant toute circulation impossible. Le 28 janvier, un vent frais du Sud-Ouest a souillé sur les côtes de la Manche. La température a monté dans le centre et l’est du continent ; elle était 4° 5 Paris, 70 à Nantes, to° à Alger, —-: 20 à Toulouse, 3° au Puy de Dôme, —20 au mont Aigoual, — 4° au Pic du Midi. Des pluies sont tombées dans le Nord de l’Europe; on n’en a pas signalé en France, le temps est resté doux et couvert.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 24 à 5 h. 18 m, du soir.
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- NATURE
- Revue des
- Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E.-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJe)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM, Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (Vi°)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1707 (ÎO FEVRIER 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Exposition d’Automobiles à Londres. — Le 26 janvier a été inaugurée à Londres la seconde exposition d’automobiles, ou Crystal-Palace, à Sydenham. Il y a un grand nombre de fabricants et de constructeurs anglais; on y trouve également des constructeurs français. MM. Schrader and Co, agents directs en France de MM. Panhard et Levassor, y ont exposé les célèbres voitures. La section des accessoires complète l’exposition.
- Le travail des cuirs et des peaux. — M. A. Livache, ingénieur civil des Mines, a présenté, il y a quelque temps, à la Société d’encoui’agement pour l’industrie nationale, une communication importante sur l’industrie des cuirs et des peaux, dont les transactions s’élèvent en France à environ six cents millions de francs par an. Il a fait connaître les modes de tannage des peaux les plus récents. Il a préconisé les cadres, que l’on emploie partout, pour empêcher le « retrait » qui, survenant par la « sèche », diminue notablement le rendement. La grille-cadre de M. Tourneux est actuellement la plus perfectionnée; M. Livache en adonné la description. Les industries du cuir occupent en France 335 000 personnes et donnent lieu à 38o millions Je francs d’exportation. Le sol français fournit par an 36o millions de kilogrammes de bois de châtaignier; environ 33o millions sont transformés en extraits tanniques, et le reste est employé directement à la tannerie.
- Quartz aurifères dans l’Incle. — Si nous en croyons certaines publications minières anglaises, on aurait mis au jour, dans la région de Mysore, des quartz aurifères qui, aux essais, auraient donné une quantité de 2 onces, 9 penny-weight d’or, ce qui revient àpeu près à 75 grammes d’or à la tonne.
- Annales de Paléontologie.—Nous sommes heureux de signaler l’apparition d’une revue française spécialement consacrée à la paléontologie : Les Annales de Paléontologie, fondées et dirigées par M. Boule, professeur au Muséum,, viennent à propos souligner la très nette individualité de cette science. Il était d’autant plus regrettable de voir les travaux de cet ordre se publier dans des recueils dè Zoologie ou de Géologie que plusieurs publications spéciales existaient déjà à l’étranger; La paléontologie, fondée et développée en France, a maintenant chez nous un recueil périodique digne d’elle et faisant une suite toute naturelle aux grands travaux de d’Orbigny.
- Aération du Métropolitain de Paris. — Le Conseil d’hygiène du département de la Seine a émis plusieurs
- vœux concernant l’aération des wagons et des tunnels du Métropolitain de Paris. Ces vœux sont les suivants : i° Etablir des cheminées d’appel, munies de puissants ventilateurs échelonnés le long du tunnel; l'efficacité de ces machines pourrait être accrue par l’installation de machines soufflantes qui insuffleraient l’air du dehors; 20 Pendant la nuit, lorsque le Métropolitain ne marche plus, substituer aux portes existantes des grillages permettant l’arrivée de Pair extérieur qui refroidirait l’at-mosphèré du souterrain; 3° Agrandir les vasistas des wagons ou installer dans chacun de ceux-ci des petits ventilateurs électriques. Des résultats satisfaisants ont déjà été obtenus, paraît-il, par le remplacement, à plusieurs stations, des portes par des grilles, et, par la pose, dans les nouvelles voitures, de trémies d’aération. Une cheminée d’aération, placée entre le Châtelet et l’Hôtel de Ville a également donné de très bons résultats.
- Le pont transbordeur de Marseille. — Le pont transbordeur de Marseille, dont nous avons anoncé les travaux dans le n° 1671 du 3 juin igo5, p. 11, est terminé. Ce pont, du système Arnodin, doit relier les quais de la Joliette aux quartiers d’Endoume et des Catalans. La résistance des matériaux, et de l’ensemble a été soigneusement vérifiée. On a ajouté un poids de 245oo kilogrammes au poids propre de la nacelle qui est de 52000 kilogrammes et l’on a fait effectuer à la nacelle quatre traversées; à chacune d’elles on augmentait la charge de'24600 kilogrammes, de façon à obtenir une charge totale de i5oooo kilogrammes. Les câbles en acier qui supportent la nacelle sont accrochés à un chariot roulant sur un tablier métallique à 5o mètres de hauteur. La portée de l’ouvragé est de i65 mètres entre les deux pylônes métalliques de 82 mètres de hauteur.
- La résistance du bois d’érable.’ — L’érable a la réputation d’être extrêmement résistant aux efforts d’arrachement, et notre confrère Work affirme, sans que nous nous portions aucunement garant de cette assertion, que le moindre volant en érable, la moindre poulie, peut résister victorieusement jusqu’à une vitesse périphérique de .près'de 47 mètres à la seconde.
- Fabrication du matériel d’artillerie en Italie. — Il
- vient’de se fonder en Italie une puissante société comprenant à la fois des représentants dé la maison anglaise Vickers et dés puissants chantiers et usines de Terni, pour la fabrication du matériel d’artillerie. Elle va installer à La Spezzia des atelièrs qui couvriront une surface de plus de 12 hectares.
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- INFORMATIONS
- Moteurs Diesel. — On a parlé beaucoup de ces mole urs, qui sont certainement intéressants pour le principe sur lequel repose leur fonctionnement. La Société Carel, de Gand en a construit un, qui était du reste exposé à Gand, il a une puissance de 5oo chevaux, et qui tourne à i5o révolutions par minute avec 3 cylindres dont les manivelles sont calées à 1200. Il emploie du pétrole brut du Texas à densité spécifique de 0,925 à o,g3o.
- La vitesse sur les chemins de fer autrichiens. —
- Jusqu’à présent les lignes autrichiennes 11e font pas des débauches de vitesse, et le voyage de Vienne à Trieste, sur des lignes assez dilliciles, il est vrai, nécessite i2 heures. On est en train de faire des expériences pour ramener la durée du parcours à 8 heures ; et, ce qui est assez amusant à signaler, c’est que les essais ont été exécutés avec des trains composés comme les trains de voyageurs ordinaires, mais où le public n’était pas admis, et était remplacé par des sacs de sable formant lest.
- Véhicules de chemins de fer métalliques. — Le
- mouvement s’accentue de plus en plus en faveur des wagons entièrement métalliques; et il parait que la fameuse Compagnie Pullmann vient de décider la construction d’établissements destinés spécialement à la fabrication de voitures à voyageurs et de wagons à marchandises tout en acier.
- Les canots automobiles sur le Bosphore. — M. Clément Simon donne, dans la Revue générale de lu marine marchande, une intéressante communication sur les débouchés possibles pour l’industrie française des canots automobiles à Constantinople, Les résidences d’été de Constantinople ne sont reliées à la ville que par eau. Il existe pour le transport : deux grandes compagnies de navigation à vapeur, à service régulier et à prix réduit, et les mouches, qui sont le grand luxe des gens lâches, c’est à celles-ci que les canots automobiles pourraient faire une facile concurrence. La mouche est uu petit vapeur d’environ 20 mètres de long, d’un tirant d’eau de i,5o m., et mu par une machine de 200 à 3ôo chevaux, la vitesse est de 12 à 14 nœuds à l’heure; l’aspect en est élégant et l’intérieur confortable. Mais les mouches sont coûteuses : les prix varient de 3oooo à 100000 fr., et l’entretien dispendieux exige de i5 à 20000 fr. par an. Beaucoup sont prises en location et le prix varie par jour de 100 à n5 fr., et par mois, de i5oo à 23oo fr. Il faudrait que les canots automobiles, destinés à faire la concurrence aux mouches sur le Bosphore, fussent d’assez grandes dimensions (i5 mètres environ) pour tenir la mer par les temps de houle, et pour recevoir, en plus de l’équipage, de 6 à 10 personnes ; le moteur devrait être soigneusement abrité ; les rebords surélevés de 70 centimètres au moins, la vitesse, de 12 à i5 nœuds à l’heure, de façon à battre celle des bateaux publics et des mouches, exigerait un moteur d’au moins 18 chevaux ; le prix d’achat ne devrait pas dépasser i5ooo fr. et l’entretien serait annuellement de 4 à 5ooo.fr. En plus de la navigation de plaisance, les canots automobiles rendraient des services pour la transport des marchandises légères, le petit remorquage, et le sauvetage.
- Les .phénomènes de volitîon chez les protozoaires.
- — Ce sujet, encore bien inexploré et si délicat, vient de faire l’objet d’une Note de M. R. B. Mésen, publiée à San José (Costa-Rica) dans les Puhlicaciones nuovaspor Conlribucion de Amigos. L’auteur admet que l’activité de ces organismes est nettement automatique, déterminée par les stimulants externes, par tout un ordre de causes telles que celles exposées par M. Le Dantec dans son Traité de biologie-, mais en même temps, il montre que cet automatisme même constitue ce qu’il y a de plus fondamental dans la volonté humaine et qu’il y a une gradation ininterrompue tout au long de la série animale depuis cette forme obscure jusqu’aux plus conscientes manifestations de la volonté chez l’homme.
- Le coton aux Etats-Unis en 1904-1905. — La
- quantité de coton produite aux Etats-Unis pendant le cours de cette année est d’environ 14 millions de balles. Le fait est d’autant plus digne d’être noté que l’abondance de la dernière récolte avait fait craindre un extrême avilissement du produit, ce qui ne s’est pas produit. On estime que, sur ces 14 millions, 5 millions de balles seront achetées par les filatures de l’Union et du Canada, 4 millions par la Grande-Bretagne, 860000
- par la France, 3 3oo 000 par l’Allemagne et le reste de l’Europe; le reste par le Mexique et le Japon. En 1904, la production totale n’avait été que xo millions de balles. Fait à noter : en dépit de la gueiTC, le Japon a acheté cette année près de 9 fois plus de coton que l’année deimière. La valeur marchande de la production de cette année représente une somme de 1 g5o millions de francs encaissés par les planteurs américains et leurs intermédiaires.
- Les canaux à courant. — La chose peut sembler bizarre, car les canaux ont été imaginés et établis en partie pour que les bateaux ne rencontrent pas de courant gênant leur marche. D’après l’idée de M. Laurent, il s’agirait de créer temporairement sur un canal un courant artificiel, dans une direction voulue et alternée, afin d’assurer la propulsion, l’enti*aînement des bateaux dans cette direction. Bien entendu, il faudrait élever de l’eau où en amener par une dérivation dans le bief d’où l’on voudrait que partît le courant ; cela entraînerait des frais sans doute aussi élevés que le remorquage, et ce courant corroderait probablement les rives des canaux.
- Locomotives à turbines. — Un inventeur anglais vient de proposer un type de locomotive où la vapeur est utilisée dans des turbines successives, chaque turbine commandant une paire de roues motrices.
- La situation économique et commerciale du Sénégal en 1904. — D’après le bulletin de V Office Colonial, le mouvement commercial de la colonie a atteint en 1904 : 92 191 i3a francs. Il avait atteint en 1903 : 10255.7574; différence io366 44a- Cette diminution est due surtout à un fléchissement des valeurs à l’exportation qui porte uniquement sur les arachides dont la récolte fut inférieure à celle de l’année précédente et dont les cours ont subi une baisse occasionnée surtout par la concurrence faite par les sésames de l’Inde. Cet affaiblissement de la vente des arachides a retenti sur les achats faits par les indigènes et cause une mévente de certaines marchandises, entraînant une diminution dans les chiffres de l’importation. Le commerce d’importation en 1904 a atteint 49846739 francs, chiffre inférieur de 1816257 à celui de 1903. Les baisses principales ont porté sur : les colas (1487461 fr.) les. huiles de coton en barrique (166625 fr.), les alcools et esprits (74754 fr.), parfumeries et savons (218 655 fr.), bougies (75 699 fr.) vitrifications en grains (6670 fr.), les tissus (146244 fr.), le i'iz (719708 fr.), armes, poudx’es et munitions(38i 587 fr.). Quelques augmentations compensatrices ont contrebalancé l’effet des diminutions constatées : chevaux (21000 fr.), pierres ouvrées, matériaux divers (briques, tuiles, charpentes, etc.), produits chimiques, rails de'fer et d’acier, ferronneries et articles de construction métallique, bateaux et canots, ouvrages en bois. Le commerce d’exportation, en 1904, a atteint 29 920 8g3 fr.,soit 10709 119 fr. en moins sur igo3. Il comprend des marchandises de toute origine réexportées, et des produits de cru exportés. Le chiffre global des marchandises réexportées par le port de Dakar est de 2162735, presque le triple de celui de igo3. Les produits du cru exportés ont donné une diminution de 12027317 fr. sur l’exportation de 1903, qui atteignait 39785475 fr. Ce fléchissement est la conséquence de l’infériorité de la traite des arachides, qui'es.t toujours le régulateur commercial du Sénégal proprement dit, en étant le produit principal. Or la diminution de la récolte de igo3, a été, comparée à celle de 1902, de 11069027 kg. La plupart des autres produits sont en revanche en augmentation, animaux vivants, peaux d’oiseaux prépai'ées, amandes de palme et surtout le caoutchouc, qui a augmenté de 734 i33 fr. en igo3. En x-ésumé, la situation du commerce d’exportation de la colonie, et par là du commerce total, aurait été des plus satisfaisantes, si les arachides y avaient suivi la marche progressive.
- Nécrblogie. — On annonce la moi't à 83 ans de M, Jules Despecher, qui fut pendant de longues années l’organisateur des entreprises de câbles sous-marins entre le gouvernement français-et. Les compagnies anglaises, avant- que la France ne possédât des usines de fabrication et des navires de pose. Il organisa le réseau des premiers câbles, réunissant l’Europe avec l’Amérique, avec sir John Pender, Cyims W. Field, et sir George Elliot, et fut un des promoteurs pour le réseau-français du câble de Corse posé en 1861.
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- Automobilisme
- Éclairage électrique par la dynamo-phare. —
- M. Eyquem réalise l’éclairage électrique de la voilure directement par la dynamo-phare qui est actionnée par la voiture elle-même et il utilise en même temps les accumulateurs pour l’allumage du moteur. C’est certainement la combinaison la plus ingénieuse. La dynamo produit une intensité de io ampères sous une différence de potentiel de io volts, avec l’aide d’un régulateur qui a pour but de maintenir la tension constante, quelle que soit la vitesse de la voiture. Cette condition permet déjà d’assurer un bel éclairage au moyen de deux phares convenablement disposés. Dans la voiture se trouvent également des accumulateurs, 5 ou 6, d’une capacité de
- La dynamo-phare.
- 4o ampères-heures, qui ont pour objet d’assqrer l’allumage du moteur. L’éclairage de la voiture est donc fourni par la dynamo et l’allumage par les accumulateurs seulement. Ces derniers sont couplés en quantité avec la dynamo, mais par un réglage approprié, la dynamo seule débite ; la batterie est en volant, ne débitant pas, mais prête à fournir le débit nécessaire si, pour une raison ou pour une autre, la voiture est obligée d’arrêter ou de ralentir. Ajoutons que l’énergie électrique est utilisée daps des projecteurs électriques spéciaux qui fournissent une belle lumière. — La dynamo-phare se trouve chez M. Eyquem, 38, rue Chevallier, à Paris-Levallois (Seine).
- Electricité
- Indicateurs d’état de charge d’un conducteur électrique. — A la fin de l’année dernière, une importante question a été soumise à l’Association des industriels de France contre les accidents du travail. On sait que les électriciens ne peuvent facilement et rapidement se rendre compte de l’état de charge d’un conducteur électrique, au moment d’y faire un travail quelconque. Il en est résulté de nombreux accidents chaque année par suite de cette ignorance. M. le Ministre du commerce, de l’industrie, des postes et des télégraphes, d’accord avec le Comité d’électricité, a prié diverses Sociétés et associations de mettre à l’étude un appareil simple et portatif permettant de reconnaître rapidement l’état de charge d’un conducteur électrique. L’Association des industriels de France contre les accidents du travail a été désignée pour organiser dans ce but un concours public international. Ce concours a eu lieu, et un rapport a été présenté au Conseil de direction par M. Gaston Roux, directeur du bureau de contrôle des installations électriques. Parmi les différents appareils qui ont été examinés, nous en choisirons quelques-uns que nous ferons connaître à nos lecteurs. L’appareil que représente la figure i et qui est dû à M. M. Miet se compose d’un tube de verre épais A fermé à une extrémité, dans lequel se trouve un bouchon en caoutchouc B laissant passer une tige de laiton C terminée par une boule de cuivre D à l’extérieur et par deux feuilles minces d’aluminium à la partie inférieure. En tenant l’éprouvette à la main par le bas, et en approchant la boule D d’un conducteur en charge, les feuilles d’aluminium
- s’écartent. L’écart dépend de la tension ; l’appareil est une sorte d’électroscope. Les expériences effectuées avec cet appareil ont montré que la boule de cuivre étant placée à i ou 3 centimètres d’un conducteur chargé à u5oo volts, la répulsion des feuilles d’aluminium était presque totale. Pour un conducteur porté à io ooo volts, la séparation des feuilles d’aluminium était très notable en tenant la boule à io centimètres du conducteur. L’appareil Miel est un appareil très sensible et pouvant fonctionner de ioo à uo ooo volts. M. M. Miet a du reste obtenu un deuxième prix et une somme de 35 ooo francs. Pour les très hautes tensions on peut remplacer la boule par un morceau de bois dur; la sensibilité reste suffisante, et sans danger pour l’opérateur.
- Nous mentionnerons également les deux appareils de M. Taylor. La figure i représente l’appareil de M. Taylor pour hautes tensions ; il est constitué par un tourniquet électrique, fondé sur l’écoulement de l’électricité par les pointes. Il est formé d’un fil métallique léger en forme d’S, avec deux extrémités a et b effilées en pointe; le tourniquet est monté sur une chape qui repose sur une tige métallique T. L’ensemble est renfermé dans un ballon de verre de 8 centimètres de diamètre. La tige T est prolongée et terminée par une boule A ; si l’on met en contact cette dernière avec un conducteur C, le tourniquet tourne. L’appareil de M. Taylor pour basse tension se compose d’un tube en verre A de 8 centimètres de longueur et de i centimètre de diamètre. Fermé à une extrémité, le tube est rempli de gazoline tenant en suspension de l’or mussif (bisulfure d’étain), ou des poudres d’aluminium ou de bronze. Le tube est fermé par un bouchon B qui laisse passer une tige métallique
- Conducteur
- Indicateur de l’état déchargé d’un conducteur. — d. Appareil de M. Miet. — 2. Appai-eil de M. Taylor pour hautes tensions. — 3. Appareil de M. Taylor pour basses tensions.
- C, pénétrant dans le liquide et venant au contact d’un conducteur. Lorsque ce dernier contact est établi avec un conducteur chargé à des différences de potentiel de plusieurs centaines de volts, la précipitation de la poudre est presque instantanée.
- Ces appareils sont très intéressants et peuvent être utilisés en de nombreuses circonstances. La Commission a estimé cependant que les conditions du programme n’avaient reçu une satisfaction absolue, et a proposé : pas de premier prix, un deuxième prix et 35oo francs pour M. Maurice Miet, un troisième prix et iooo francs à M. J.-B. Taylor, et deux mentions honorables à M. le professeur Thornton et à la Minerallac C° avec 5oo francs à chacun d’eux.
- t£§^ Divers
- Un robinet ingénieux. — Il s’agit d’un robinet un peu spécial, destiné au remplissage des futailles, barriques et x’écipients analogues au moyen d’une canalisation, d’une conduite en caoutchouc ou en toile, comme cela se fait dans les chais bien organisés, dans les brasseries, etc. Ce robinet s’adapte à la futaille, ou plus exactement au trou débondé, de manière "étanche, afin d’empêcher la moindre projection de liquide au dehors, et cependant de telle façon que l’air chassé par l’entrée du liquide puisse s’échapper; de plus, on a voulu arriver à ce que, quand on retire de la bonde le robinet de remplissage et le bout de tuyau qui le continue inférieurement dans l’intérieur du fût, il ne reste pas de liquide
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- dans ce bout de tuyau, car cela entraîne une déperdition inutile et finalement coûteuse dans des usines importantes, sans parler même de la présence de ces mares de liquide qui empêchent de tenir chais ou magasins en parfait état de propreté.
- Extérieurement, ce robinet se présente sous la forme que donne la ligure i : il est massif et solide, avec un anneau à sa partie supérieure pour le retirer aisément du trou de bonde; par derrière, on voit un raccord coudé et à pas de vis, qui permet de le relier au tuyau amenant le liquide qu’il s’agit de mettre en barrique, tandis que sur le côté se montre un autre petit tube qui sert à l’évacuation de l’air, ainsi que nous allons l’expliquer. Le bas de l’appareil forme un manchon conique qui pénètre dans le trou de bonde et peut s’y enfoncer à frottement étanche. La partie essentielle du robinet, à l’intérieur de la monture, est le cône métallique qui tomme
- dans le boisseau et qu’on rencontre dans les robinets ordinaires ; mais, ici, il présente naturellement des particularités. Il n’est destiné qu’à prendre le mouvement circulaire classique, sous l’action du levier droit que montre la gravure; mais, dans ce quart de cercle, et par suites des trous divers, des voies dont il est percé, il entraîne des conséquences variées dans le fonctionnement de l’instrument. Une des voies dont il est percé est disposée suivant la coutume, et quand le robinet est dans la position d’ouverture qu’indique la ligure 2, cette voie se trouve continuer le passage offert au liquide par le tuyau principal extérieur d’ame-née, qui vient se fixer sur le raccord dont nous avons parlé. Dans cette position même, on aperçoit la deuxième voie dont est percé le robinet : elle est disposée suivant un angle droit dans sa plus petite extrémité, et en fait elle met l’intérieur du fût en communication avec l’air extérieur, par l’intermédiaire du petit tuyau d’air que nous avons signalé, et aussi de l’espace annulaire qui est ménagé à l’intérieur du manchon formant la base du robinet et pénétrant dans le trou de bonde. En effet, concentriquement à ce manchon, nous trouvons un tube métallique qui continue le passage offert au liquide par la voie principale du robinet; ce tube lui-même se prolonge ou peut se prolonger par un tuyau à raccord qui descendra dans la futaille et an besoin jusqu’au fond. La ligure 2 montre clairement qu’entre le tube métallique et le manchon solidaire du robinet, il existe un espace qui est en communication directe avec l’intérieur du fût et où remontera l’air chassé par l’arrivée du liquide, pour passer par la deuxième voie et gagner l’extérieur quand le robinet est précisément dans la position de remplissage.
- Lorsque la futaille est pleiné, ce qui s’accuse aussitôt par un commencement de bouillonnement à l’orilice qui sert normalement à l’échappement de l’air, on fait décrire au levier du robinet un simple quart de cercle, et il se trouve ainsi dans une autre position différente. C’est alors qu’on aperçoit la troisième voie dont est percée la tige du robinet, et qu’on va comprendre son rôle. Le tube et le tuyau de remplissage qui se trouvent dans la futaille sont instantanément mis en communication avec l’air extérieur, grâce à la petite voie percée dans le côté de la tige du robinet de manière à aboutir à la deuxième voie, et par conséquent à donner passage à l’air extérieur. Ce dernier pénètre donc tout de suite au-dessus du liquide qui se trouve emprisonné dans le tube et le tuyau; et quand on soulève ceux-ci, en même temps naturellement que le robinet auquel ils sont reliés, tous les deux se vident dans la barrique, ou, plus exactement, laissent le liquide qu’ils renfermaient à l’intérieur de cette barrique. On ne répand aucun liquide, il ne s’en perd plus au moment de l’enlèvement du dispositif de remplissage, et les avantages qui résultent de cette disposition sont précisément ceux que nous annoncions plus haut. — Le robinet se trouve chez M. Thomas Forsyth, 1, Eaton Square Terenure Parle, Dublin.
- Une machine à scier les métaux. — Elle est tout indiquée pour le sciage des tubes, tubes d’acier ou autres,
- et peut prendre utilement place dans les ateliers de toute sorte où l’on a affaire aux métaux, aussi bien que dans l’arsenal de l’amateur de forgeage, de serurrerie, etc.
- Comme 011 le voit dans le dessin que nous eu donnons, celte petite machine est robustement construite sans être
- Machine à scier les métaux.
- réellement massive, et le châssis rectangulaire qui la porte, ou plutôt lui sert de glissière dans le sens horizontal, et permet de la faire coulisser verticalement pour l’amener à hauteur convenable, par rapport au tube qu’on veut scier, assure une opération régulière, où toute la force du bras tenant la scie est consacrée au sciage proprement dit. Le fait est que l’ouvrier, l’opérateur n’a point à maintenir le morceau de métal à couper : celui-ci est pris dans un petit étau à mâchoires parallèles, qui se fixe solidement sur la base de l’appareil, et qui serre de façon absolue le morceau de métal ; cet étau peut du reste tourner et coulisser dans une glissière en quart de cercle sur laquelle on peut l’immobiliser dans une position quelconque. De la sorte on peut scier droit ou en biais, suivant les angles les plus variables, et cependant la lixation de la pièce à scier se fait en un tour de main. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que la lame de scie se fatigue et se détériore peu, étant conduite régulièrement, sans à-coups, et le trait de scie est tout à fait net. La machine donne une profondeur de coups atteignant jusqu’à 220 millimètres. Elle est de construction américaine, et nous l’avons vue fonctionner dans les magasins de M. Marlct, 107, avenue Parmentier, à Paris, où elle nous a frappé par sa valeur pratique.
- Un rochet élémentaire. — Une roue à rochet peut rendre des services multiples, et il est facile d’en fabriquer à la forge une assez rustique pour ne nécessiter que des procédés et des connaissances très élémentaires, et cependant pouvant parfaitement jouer le rôle qu’on lui confiera, par exemple, s’il s’agit, comme c’est le cas général, de permettre à un axe quelconque de ne tourner que dans un seul sens, de ne laisser une barrière s’ouvrir que suivant une direction unique : on commencera par monter sur l’axe, sur le pivot de la barrière, une roue en fer où l’on aura taillé une série de dents à la périphérie. La roue tournant de gauche à droite, dans le sens des aiguilles d’une montre, on montera, sur un support convenable, de manière à ce que son extrémité puisse venir juste buter à la partie arrière de chaque dent, un déclic, une dent-de-loup, le nom importe peu, ayant la forme donnée en D ; et naturellement ce déclic oscille autour d’un pivot, et si on le soulevait ou l’écartait à la main, il laisserait tourner le rochet R dans les deux sens. Mais le déclic est sous la dépendance d’un ressort antagoniste r, qu’on peut fabriquer avec un morceau de ressort de vieille sonnette, avec du gros fil fijacier ; ce ressort antagoniste aura approximativement la forme que nous avons fait dessiner, et son bout libre /• viendra porter dans une sorte de gorge ménagée en plan dans le déclic. Gomme il ne faut pas que le ressort puisse osciller, il est fixé en deux points, d’une part par son talon autour d’un pivot, d’un clou, et de l’autre par un autre clou cl qui lui sert de butée. A vous de donner une tension telle au ressort, en le plaçant convenablement, en modifiant sa courbure et> la place de sa butée, pour qu’il force constamment le déclic à entrer dans les dents du rochet, mais sans opposer une résistance trop marquée à la rotation de l’axe de celui-ci, c’est-à-dire à l’ouverture de la barrière, etc.
- Rochet élémentaire.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Chimie
- La fumée de tabac et les vésicules goudronneuses.
- — La fumée de tabac n’est rendue visible que parce qu’elle renferme en suspension des vésicules goudronneuses infiniment petites, sans quoi les gaz de la combustion et de la pyrogénation du tabac seraient parfaitement incolores. La présence de ces particules de goudron est facile à mettre en évidence par une expérience simple et élégante qui pourra être facilement reproduite par nos lecteurs.
- Pour cela on se procure un tube de verre de 5 millimètres environ de diamètre intérieur, étiré à un bout à la façon d’un compte-gouttes (ce dernier appareil ferait d’ailleurs parfaitement l’affaire). Si on n’en possède pas un, on peut étirer le tube de verre en le maintenant dans la flamme d’un bec de gaz papillon et en l’y tournant
- Ecriture avec la fumée de tabac
- constamment entre les mains jusqu’à ce que le verre soit bien ramolli ; à ce moment, on étire doucement le tube de verre qui s’amincit à l’endroit chauffé jusqu’à réduire le diamètre à une fraction de millimètre. On laisse alors refroidir ; on coupe le tube au point le plus étroit eh y faisant un léger trait de lime et en tirant les deux côtés du tube jusqu’à rupture, et on borde les deux extrémités du tube en les chauffant dans la flamme du gaz pendant quelques instants ; enfin après refroidissement on essuie le noir de fumée qui s’est déposé sur le tube pendant ces diverses opérations.
- On prend alors un tube de caoutchouc d’une trentaine de centimètres de longueur et pouvant s’adapter à l’extrémité la plus large du tube que nous avons préparé. On prend ce tube de la main droite à la façon d’un porte-plume ou d’un crayon, comme l’indique le croquis ci-dessus, et en même temps qu’on fait courir sur une feuille de papier la fine extrémité du tube, comme si l’on voulait écrire, on souffle avec la bouche dans le tube de caoutchouc de la fumée de tabac. Cette fumée se trouve projetée avec force par le petit ajutage en verre sur la feuille de papier blanc sur laquelle on fait le simulacre d’écrire, et le choc ainsi pr-oduit fait adhérer à ce papier les fines vésicules goudronneuses que renfermait la fumée de tabac, en sorte qu’en renouvelant suffisamment souvent les projections de fumée de tabac dans le tube en même temps qu’on continue à faire marcher le tube effilé, on peut écrire les mots qu’on désire et qui restent sur le papier sous forme de caractères plus ou moins brups.
- Cette expérience amusante possède de plus un enseignement utile ; elle nous montre la façon dont on peut purifier les gaz et en particulier le gaz d’éclairage qui l'enferme en suspension des particules goudronneuses à la sortie des appareils de production; on le fait passer pour l’en débarrasser à travers des séries de plaques percées de petits trous débouchant en face d’une paroi pleine contre laquelle viennent se condenser les vésicules de goudron, et'on réalise ainsi en grand l’expérience que nous venons de signaler. A. H.
- L’épuration des eaux argileuses. — Le Dr Gaudu-cheau, de service médical de l’Indo-Chine, a combiné un procédé très simple et très heureux pour le filtrage des eaux argileuses plus ou moins contaminées, procédé qui semble donner d’assez bons résultats pratiques. Dans toute l’Indo-Chine, les indigènes font couramment usage d’eaux argileuses jaunes ou rougeâtres des mares ou des fleuves, présentant un goût terreux que l’on peut prévoir et un aspect sale : cela répugne beaucoup aux Européens, qui leur préfèrent ordinairement des eaux de puits ayant une toute autre apparence, mais beaucoup plus contaminées effectivement. Pour précipiter les matières en suspension, les indigènes pratiquent depuis un temps immémorial l’alunage, qui consiste à additionner chaque litre d’eau d’environ i décigramme d’alun, en agitant bien ensuite pour répartir l’alun dans toute la masse. Un précipité grumeleux se forme, qui se dépose peu à peu au fond du vase où l’on opère, et, au bout de vingt-quatre heures surtout, l’eau ne présente plus qu’une apparence légèrement trouble et blanchâtre. Il ne faut pas perdre de vue du reste que l’alunage a une influence fort heureuse sur la teneur de l’eau en germes : il agglutine les microbes, ou du moins une bonne partie d’entre eux, et les enrobe dans l’argile précipitée. Et le trouble blanchâtre dont nous parlions à l’instant est constitué pour-une bonne part de grumeaux terreux encore en suspension et contenant des germes. Or, si l’on soumet ensuite cette eau alunée et trouble à un filtrage, on s’aperçoit que celui-ci aune efficacité extraordinairement marquée, due sans doute à l’arrêt sur la surface ou dans la masse du filtre, des grumeaux dont nous parlions, et qu’on doit éviter de rompre, en s’astreignant à manipuler assez doucement l’eau, et seulement après une certaine période de repos. M. Gauducheaua obtenu des résultats déjà fort intéressants avec le simple papier indigène, mis en dix épaisseurs, papier qu’il faut choisir non collé ; cette matière ne joue pour ainsi dire pas du tout le rôle de filtre quand elle sert à passer des eaux non traitées au préalable par l’alun; et il en est exactement l’opposé quand on s’adresse aux eaux les plus argileuses, mais soumises à l’alunage. Celles-ci, versées troubles sur le filtre, sortent absolument claires. A la vérité, l’intervention du papier indigène employé brut augmente la teneur en microbes de l’eau alunée : tout simplement parce que ce papier est fabriqué dans les conditions les plus déplorables au point de vue de la propreté : c’est un vrai « tissu de microbes ayant conservé leur vitalité ». Mais M. Gauducheau a eu alors l’idée excellente de faire passer l’eau alunée à travers un filtre au charbon improvisé de la façon la plus simple, au moyen d’un morceau de bambou dont on bouche l’un des bouts (pour en faire un fond et l’organe filtrant), au moyen de deux-épaisseurs d’étoffe renfermant entre elles deux une couche de charbon de bois grossièrement pulvérisé. Le liquide aluné et trouble qu’on verse dans ce filtre improvisé sort d’une limpidité parfaite. L’inventeur ne prétend naturellement pas que tous les microbes soient arrêtés par cette méthode ; mais à coup sûr on peut se procurer de la sorte, de façon quasi instantanée, une eau limpide et relativement pure.
- Couleurs bleues iridescentes sur les métaux. —
- Pour les pi'oduire, on prépare une solution faite de •200 grammes environ de crème de tartre dans 4 1/2 litres d’eau, et, d’autre part, une solution de 100 grammes à peu près de sel d’étain dans un litre d’eau. On mélange les deux solutions, on fait bouillir, et on laisse un précipité se faire; on décante le liquide clair, et on l’ajoute, en remuant constamment, à une solution de 190 à 200 grammes d’hyposulfite de soude dans un litre d’eau. On chauffe la préparation jusqu’à ébullition, on y plonge alors les objets de métal. On retire quand on a obtenu la teiûte désirée.
- Lessive pour blanchiment. — Elle peut servir fort bien au blanchiment du coton ou de la toile : elle se compose de 0,227 gr d’oxyde de sodium hydraté, 0,900 deperchlorureliquide de sodium, 0,002 de nitro-benzol, o,oox de colorant au canduranyle, et 0,370 d’eau.
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- j HYGIÈNE ET SANTÉ
- La graine de cotonnier comme galactogène. —
- Les mamans parisiennes, de toutes classes, ne font pas •en général des nourrices idéales; les unes, surmenées par le travail, ayant une nourriture insuffisante, les autres, délicates de santé, anémiques, n’ont pas la résistance •capable d’assurer la quantité et la qualité de lait nécessaire à l’enfant. Dans la plupart des cas, il faut ou recourir à une nourrice, ou suppléer à l’insuffisance de sécrétion lactée par du lait stérilisé. Quand ce lait est de bonne qualité, bien stérilisé, avec des vases parfaitement propres, des biberons nettoyés, comme on le fait pour la stérilisation des objets de pansement, cet apport de lait supplémentaire n’a pas le moindre inconvénient. Avant de recourir à ces moyens, si la maman a une dose à peu px'ès normale de lait, il est bon d’essayer de forcer la sécrétion lactée au moyen de produits galactogènes et d’une alimentation un peu plus copieuse.
- J’ai indiqué déjà un grand nombre de ces produits, lactose, anis, galléga, que sais-je, qui augmentent la production du lait et modifient en même temps ses qualités, en le rendant plus riche en sucre, en beurre. Le Dp Legrand recommande comme un des meilleurs à ce point de vue l’extrait de graines de cotonnier, qu’on emploie depur quelque temps déjà sous le nom de lactagol. Pendant longtemps la graine du cotonnier fut laissée de côté ; mais on reconnut qu’il y avait là une matière grasse abondante et l’huile de coton qu’on en retire aujourd’hui dans toutes les plantations vient faire concurrence sur nos marchés aux huiles d’olive, d’autant que sa densité, sa couleur, sa saveur et son odeur en diffèrent très peu.
- En Amérique les feuilles et les graines sont employées pour combattre la diarrhée, la dysenterie ; on reconnaît aux graines des vertus galactagogues et leur propriété vient d’être démontrée d’une façon péremptoire dans les nombreux essais qui ont été faits chez des femmes dont l’qllaitemeut était assez défectueux. C’est l’extrait de graines qu’emploie M. Legrand ; c’est une poudre légère, jaunâtre, sans odeur et sans goût prononcés qui n’a aucune propriété toxique ; elle est insoluble dans l’eau, mais se délaye facilement dans le lait ou l’eau légèrement gommeuse et peut être prise ainsi facilement à la dose de trois à quatre cuillerées à café par jour.
- Les effets sont assez rapides ; ils se caractérisent tout d’abord par une augmentation de la quantité de lait. La montée, comme on dit en style de nourrice, est plus facile, plus abondante : les seins se gonflent et en pesant l’enfant après chaque tetée on constate une prise bien supérieure à celle des tetées antérieures. Si la poudre est administrée pendant un certain temps, non seulement la quantité de lait augmente, mais la qualité s’améliore ; le lait devient plus épais, plus crémeux, donc plus nourrissant. La poudre de graines de cotonnier agit comme un stimulant général et un reconstituant, car chez presque toutes les nourrices, on a signalé avec l’accroissement de la quantité de lait, l’amélioration de sa qualité, une disparition de la fatigue, des douleurs de reins, un retour des forces ; sans modifier beaucoup la nature et la quotité de leurs aliments, les mères soumises à ce nouveau régime engraissaient et reprenaient des forces. Comme le produit n’offre aucun danger il semble qu’on puisse y recourir dans les cas, hélas ! trop nombreux, où le sein maternel est insuffisant pour le petit glouton.
- Dr A. C.
- Les vertus de l’anis. — La mode exige, depuis quelque temps, qu’une maîtresse de maison fasse servir, à la fui du dîner, avec le café, les liqueurs, une infusion de camomille. Les estomacs délabrés ont besoin de cet adjuvant pour parfaire leur digestion et trop de gens sont névrosés, neurasthéniques pour supporter une petite dose de café. L’usage d’une boisson chaude à la fin d’un repas, et surtout d’une infusion légère d’uneqdante aromatique est une habitude parfaite. Mais il me semble qu’on aurait pu choisir une infusion plus agréable et plus aromatique que la camomille, à moins qu’on ne prise l’amertume de cette fleur.
- L’anis vert serait, à ce point de vue, bien plus judicieusement employé ; il a un arôme agréable, une saveur
- légèrement épicée, piquante, et de toutes les plantes de la série dite carminative c’est la plus active. L’anis vert, qu’il ne faut pas confondre avec l’anis étoilé, non que la confusion soit dangereuse, car les propriétés sont à peu près similaires, l’anis vert est le fruit du Pimpinella anisum ou anisum officinale. La plante, une ombellifère, est originaire de l’Asie mineure, mais on l’a transportée un peu de tous les côtés où le climat permet sa plantation, et on en trouve aujourd’hui en Espagne, à Malte, en Touraine. Le fruit est la seule partie de la plante que l’on utilise : en pharmacie, sous les formes diverses de poudre, de teinture, d’essence ou d’extrait; dans la confiserie, sous la forme de dragées (les dragées de Verdun) ; en enrobant simplement le fruit dans un peu de sucre, formant ainsi un véritable bonbon, des plus agréables, et qui réunit toutes les propriétés de l’anis, puisqu’on croque ainsi le fruit lui-même.
- Il existe dans le commerce plusieurs variétés d’anis : l’anis de Russie, le moins estimé; l’anis de Touraine, l’anis d’Albi, l’anis d’Espagne et l’anis des Echelles du Levant; ces derniers sont les plus recherchés, en raison de leur teneur plus grande en essence. Les anciens connaissaient bien ce petit fruit parfumé; on le mettait dans une foule de condiments et en Orient l’usage s’en est perpétué. On lui attribuait du reste tant de vertus qu’on devait en faire la plus large consommation. Au dire de Pline, il donnait la jeunesse du visage, en supprimant les rides, il empêchait la fétidité de l’haleiiie et amenait un doux sommeil. Galien reconnut le premier les véritables propriétés de ce produit, d’être un stomachique, et, depuis des siècles, la médecine ne l’utilise guère qu’à ce titre de digestif, d’excitant des sécrétions stomacales. Avec une infusion légère d’anis, on réveille la contractilité de l’intestin, on augmente la sécrétion gastrique et on favorise l’expulsion des gaz, produits de la digestion.
- L’essence d’anis est l’agent efficace de cette stimulation des voies digestives, mais comme elle s’élimine, en grande partie, comme la plupart des balsamiques, par les reins, elle provoque une action diurétique qui n’est pas à dédaigner.
- Quelques auteurs lui ont reconnu des propriétés galactogènes; c’est un peu, je le croirais, sur la foi de dictons populaires. Cependant Trousseau et Pidoux, dans leur célèbre traité de thérapeutique, ne craignaient pas de mentionner ce fait; mais ils attribuaient ce pouvoir d’augmenter le lait chez les nourrices plutôt à la régularisation des digestions qu’à un effet direct sur le sein. Dernièrement un médecin italien, le Dr Burzagli, a publié deux observations de relèvement de la sécrétion lactée, qui paraissent assez probantes. Il avait été frappé de ce fait que quelques vétérinaires employaient avec succès l’anis, mélangé au fourrage, pour augmenter la sécrétion lactée chez des vaches ou des brebis. A la dose de 80 à ioo grammes par jour, ajoutée à un peu de son pour les animaux d’espèce bovine, à la dose de 20 à
- grammes pour les chèvres ou les brebis, ils voyaient se produire réellement, au bout de quatre à cinq jours, une très forte augmentation de lait. M. Burzagli avait justement, au moment où il était informé de ces détails, deux jeunes femmes désolées de ne pouvoir allaiter leur enfant. Il conseilla, sans y ajouter peut-être une confiance exagérée, l’usage de l’anis en infusion, 25 grammes pour un litre, dont elles devaient prendre dix à douze cuillerées par vingt-quatre heures. L’effet fut, paraît-il, miraculeux et les deux pauvres mères devinrent, après quelques jours, d’excellentes nourrices. Le remède est bien facile à essayer et l’on, ne risque, en tout cas, rien à le prendre. Jadis, 012 conseillait tout simplement, et l’usage en est encore en vogue chez les matrones de quelques coins du centre de la France, de faire envelopper les seins avec des compresses trempées dans une infusion d’anis ou des cataplasmes faits avec la poudre.
- Sans attacher trop d’importance à ces qualités spéciales, retenons que l’anis vert est, de tous les carmi-natifs, les stomachiques, un des meilleurs, et que l’infusion d’anis vert, pour ceux qui ne craignent pas cet arôme, devrait être substituée dans la plupart des cas aux autres infusions. Que les maîtresses de maison l’essayent à la première occasion. Dr A. C.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — JJans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un delai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. le baron de Chefdebien, à Perpignan, nous adresse l’intéressante lettre dont le texte suit : « Dans le numéro du 3o décembre dernier, vous avez publié uu article, « Brataciens et Serpents », sur les animaux venimeux, article rempli d’intérêt d’un bout à l’autre, mais susceptible peut-être d’être complété par quelques observations. Il est dit dans cet article que le crapaud est dédaigné comme proie par les carnassiers et les reptiles. Il est bon de faire des réserves à cet égard ; un vieux chasseur m’a affirmé que le renard ne dédaignait pas toujours cette proie et j’ai vu moi-même des couleuvres ayaler des grenouilles et même d’énormes crapauds. J’ai vu notamment non loin de Montpellier, un malheureux crapaud capturé par une grosse couleuvre probablement depuis de longues heures ; il poussait des cris déchirants qui accusaient une grande souffrance et n’indiquaient nullement qu’une paralysie quelconque l’eût privé de sensibilité. Il avait été saisi par le pied droit; la cuisse était engloutie dans le gosier de la couleuvre jusqu’au ventre,‘l’autre cuisse et le reste du corps ayant formé une barrière empêchant la déglutition complète. La couleuvre était plongée dans le sommeil de la digestion et ne pouvait fuir ; je pus la tuer à coups de canne et essayer de délivrer le malheureux crapaud. La cuisse était entièrement digérée jusqu’au ventre, il ne restait que les os. Les dents du reptile accrochées encore au corps du batracien, mais un peu au delà de l’action dissolvante des sucs gastriques, ne retenaient pas le corps de la victime qui fut aisément dégagée et essaya de se soustraire par la fuite aux tourments qu’elle subissait. Dans ce même article il est question de venin que sécrète l’épiderme des batraciens notamment la grenouille. Il est dit que ce dernier venin est très irritant, qu’il provoque dans les régions à peau fine des démangeaisons pénibles et qu’il n’existe pas de remède connu. Ce qu’on. appelle démangeaisons pénibles est un véritable supplice lorsque le venin pénètre directement dans l’œil. Je me hâte d’ajouter que le remède sur, complet, immédiat et gratuit est tout trouvé et immédiatement disponible. Je m’amusais autrefois en compagnie d’amis chasseurs et pêcheurs à faire la chass'e aux grenouilles aux heures chaudes de la journée. Un petit appareil très facile à manier me permettait de choisir et d’enlever sur les bords d’un cours d’eau ou endormies sur une grande couche de lentilles d’eau les plus belles grenouilles qui, suspendues au crochet, gigotaient de toute leur force, projetant autour d’elles le liquide venimeux sécrété par leur épiderme, liquide d’autant plus abondant et actif que les sujets étaient plus gros et plus âgés. Ge liquide tombait souvent dans les yeux et vous ne sauriez imaginer la douloureuse sensation qui résultait de ce contact. J’avais eu l’occasion de lire dans un ouvrage scientifique publié en Amérique par le Dr Iféring que le meilleur remède contre cet accident était l’emploi de la salive humaine, mais qu’il était indispensable que cette salive ne provînt pas de la bouche d’un fumeur. Ne fumant pas moi-même, je pus disposer pour mon compte du remède indiqué, toute sensation douloureuse disparaissait instantanément et définitivement; mais des amis fumeurs qui pratiquaient avec moi cette pêche ne pouvaient disposer du remède et étaient obligés de le demander à un enfant qui nous suivait. J’ai pendant des années constaté les mêmes faits. »
- Renseignements. — M. II. de L. V., à Lyon. — La potasse bu la soude caustiques peuvent parfaitement absorber l’acide carbonique même quand il s’agit de purifier des volumes d’air assez considérables ; il n’existe d’ailleurs guère d’autres moyens pratiques.. Il est bien difficile de dire quelle est Ma quantité dépotasse qu’il faudrait pour réaliser celte purification dans une chambre
- de 5o mètres cubes ; cela dépend de la quantité de gaz carbonique qui est susceptible d’y exister et de la disposition des locaux. En tout cas, on pourrait essayer avec une solution de potasse caustique de i kilogramme dans io litres d’eau, en la disposant sur une surface aussi mince que possible ou en l’agitant fréquemment dans le cas où on serait obligé de l’employer sous une trop grande épaisseur. Bien entendu, cette solution de potasse pourrait servir jusqu’à ce qu’elle soit saturée d’acide carbonique. L’ammoniaque ou alcali volatil ne peut aucunement remplacer la potasse ou la soude ; il n’absorbe pas bien le gaz carbonique. Dans les bateaux sous-marins, pour purifier l’atmosphère, on a préconisé le bioxyde de sodium qui possède le double avantage de dégager de l’oxygène et de laisser un résidu de soude caustique qui absorbe l’acide carbonique.
- Ar. P., à Paris. -— On nous demande quelle est la Société allemande qui veut exploiter de la houille en Lorraine. Celte Société vient, paraît-il, de se constituer à Cologne au capital de 20 millions. Elle a été, dit-on, souscrite pour moitié par la Berliner IMandelsgesellschaft, la Dresdner Bank et la Bank für llandel und Industrie. Pour attribuer à l'affaire un caractère international, l’autre moitié serait souscrite par l'intermédiaire d’une banque française.
- M. P. de Brandicourt, à Vauville. — Pour l’eau de Lubin et l’eau de Portugal, voyez Y Histoire des parfums et Hygiène de la toilette, par S. Piesse, librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. G. Despaigne, à Paris. — x° La pile-étalon Baille est formée d’un plomb entouré de chlorure de plomb en poudre comme pôle positif, et d’un zinc comme pôle négatif, avec une solution de chlorure de zinc de densité égale à 1,157. — 2° ^ faut des aciers pour aimants; adressez-vous à la Société électro-métallurgique française, 212, rue Lafayette, à la Société générale des hauts fourneaux, 45, rue Taitbout, à la Société des aciéries G. Fischer, 82, rue d’Hauteville, à Paris. — 3° Fil d’aluminium, M. J. Dreyfus, 3o, rue du Rocher, à Paris. — 4° Plaques formées d’accumulateurs, Société pour le travail électrique des métaux, 26, rue Laffitte, Société française de l’accumulateur Tudor, 81, rue Saint-Lazare, à Paris.
- M. Marion, à Genouilly. — Vous pourriez essayer de repasser le papier avec un fer chaud et propre avant l’emploi,. mais nous craignons bien qtie le mal ne soit irrémédiable.
- M. E. B., à Toulouse. —— Les renseignements que vous cherchez vous seront fournis au Bureau central météorologique, 176, rue de l’Université à Paris. Vous pourrez aussi consulter les publications 1 de ce bureau (.Bulletin international du Bureau centr. météorolog. de France; bulletin mensuel, Annales).
- M. F. Amarica, à Yitoria. — Veuillez vous adresser à MM. Vilmorin Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. de Sagey, à Besançon. —- i° Marchands de bouteilles à lait : MM. Yidus-Huet; 56, rue de Lyon, à Paris ; Grosse, 11, rue de Mogador, à Paris; Terrien, 7, rue Bolivar, à Paris. — 20 Petites voitures d’enfants : Allez frères, 1, rue Saint-Martin; Garnier, 29, passage de Ménilmontant, à Paris ; A. Jacolliot, à Troyes (Aube) et dans les grands magasins parisiens La Ménagère, le Louvx'e, le Bon Marché, etc.
- M. F. Andréa, à Zurich. — Nous 11e connaissons pas de maisons faisant spécialement les machines à faire les plumes métalliques. Veuillez vous adresser à un fabricant de machines-outils.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. H. Lan-glais, à Paris. — Veuillez vous reporter au tableau donné par Y Annuaire du Bureau des Longitudes.—M. M. Ma-nin, à Laon. Ce procédé egt déjà connu depuis très longtemps, nous l’avons indiqué dans le recueil de Recettes et Procédés utiles, 3° série, à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. L. Sénéchal, à Coucy. Veuillez consulter l’ouvrage ci-dessus mentionné, 4e série. — M. le baron de Chefdebien, à Perpignan. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5o“,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES I)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIIIKCTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 janvier. . . 5°,0 S. -2. Couvert. » Couvert.
- Mardi 50 6°,t N. 5. Nuageux. 1,0 Pluie de 0 h. à 2 h. ; peu nuageux.
- Mercredi 51 5Vi N. W. 0. Couvert. » Celée hl. ; couvert le malin ; Beau le soir.
- Jeudi f" fév ier . . . lü,i S. 2. Couvert. 5,0 Gelée hl. ; couv. ; pluie dans la soirée.
- Vendredi 2 5°,5 W. N. W. 2. Couvert. 1,8 Couv. : pluie à plusieurs reprises.
- Samedi 5 5°,7 W. 2. Couvert. 7,5 Couv. jusqu'à l(i li ; beau ensuite; lialo; pluie à diverses remises.
- Dimanche i 0\8 N. N. W. 1. Couvert. 5,8 Gelée hl. ; très nuag. ; pluie et neige à diverses reprises.
- JANVIER-FÉVRIER 1906. — SEMAINE DU LUNDI 29 JANVIER AU DI MA NCHE 4 F EVRIER 1906.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Vendredi
- Samedi
- iSSSS!
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à borde sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique v&§î>
- Le temps. — Le temps a été très variable dans la semaine du 29 janvier au 4 février. Le 29 janvier, un vent assez fort du Sud-Ouest a soufflé sur la Manche, ainsi qu’en Bretagne et en Gascogne. La température était le matin —3° à Lyon, 3° à Paris, ii° à Alger, o° au Puy de Dôme, o° au mont Ventoux, —70 au Pic du Midi. Dans la soirée, vers 11 heures, il est tombé une petite pluie sur Paris. Le 3o janvier, le baromètre marquait 774 mm en Irlande et en Bretagne, et 772,8 mm à Paris. On a recueilli 3 mm d’eau à Cherbourg, 3 mm à Boulogne, 2 mm à Brest, 2 mm à Paris, 1 mm à Nantes. Le thermomètre marquait 20 à Lyon, 6° à Paris, 70 à Toulouse, i2° à Alger, —20 au Puy de Dôme, —4° au mont Aigoual, —4° au Pic du Midi. A Paris, à la Tour Eiffel, la température minima a été 3°, 7 à 7 heures du matin, et la température maxima 6°,i à 2 heures .'de l’après-midi. Le 3i janvier, la pression barométrique est restée élevée à l’Ouest de l’Europe; à Brest, elle était de 775 mm, et à Paris de 773,4 mm. Il n’a pas plu en France; le temps a été nuageux toute la journée. La température était le matin 39 à Paris, 4° à Clermont, 4° à Toulouse, 120 à Alger, —-5° au Puy de Dôme, — 6° au mont Aigoual, —90 au Pic du Midi. Le 3i janvier, à 4h 4m du soir, le sismographe de la Faculté des sciences de Grenoble a enregistré une secousse sismique dans la direction du Sud-Sud-Est. Le ier février, un vent très fort a soufflé en Provence, un vent modéré de l’Ouest a soufflé sur la Manche et un vent faible a soufflé sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée. * La température s’est abaissée sur nos régions; le ther-
- momètre marquait le malin — 40 à Belfort, i° à Paris, 6° à Nantes, 6° à Perpignan, —69 au mont Aigoual,
- — 70 au Puy de Dôme, —90 au mont Mounier; dans la banlieue de Paris, à Vaucluse, le minimum est descendu à—3°,4- Le T!1 février, une violente bourrasque s’est abattue sur la région de Bône en Algérie. Dans la soirée, ii Paris, de 5 heures à 9 heures, il est tombé une petite pluie qui. a fourni une moyenne de 2 mm d’eau. Le 2 février, la pression barométrique reste élevée suç les côtes françaises, avec un maximum de 775 mm à Biarritz, malgré une profonde dépression sur la mer du Nord (Christiansund 735 mm). Il a plu à Charleville (4 mm d’eau), à Paris (3 mm), à Cherbourg (2 mm), à Dunkerque (2 m'm). La température était le matin 5° il Paris, 5° à Nantes, io° à Alger, — x° au mont Aigoual,
- — 3° au Puy de Dôme, —6° au Pic du Midi. De fréquentes averses sont tombées pendant la nuit. Le 3 février, la baisse barométrique a été de 11 mm sur le Pas de Calais ; les fortes pressions étaient dans le Sud-Ouest. On a recueilli 8 mm d’eau à Besançon, 3 mm à Limoges, 3 mm à Paris, 2 mm à Cherbourg, 1 mm à Brest. A Paris, il est tombé plusieurs averses très violentes ; vers 11 heures du matin, et le soir à 9 heures, quelques flocons de neige sont tombés. La température était 4° à Paris, 5° à Clermont, 6° à Toulouse, io° à Alger, —40 au Puy de Dôme et au mont Ventoux, — 11" au Pic du Midi. Le 4 février, une tempête du Nord a sévi sur toutes nos côtes. Des pluies et des neiges sont tombées sur tout le continent; il est tombé i3 mm d’eau à Biarritz, 10 mm à Paris, 6 mm à Clermont, 5 mm à Clermont, 5 mm à Bordeaux, 3 mm à Nantes.,
- PHASES DE ,LA LUNE : P. Q. le itr à o h. 40 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié <ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d'origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1708 (17 FÉVRIER 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Une nouvelle comète. — Les découvertes de comètes se succèdent rapidement depuis quelque temps. Après la comète. Giacobini qui a fait beaucoup parier d’elle, mais qu’on n’aura pas beaucoup observée sous nos latitudes à cause de sa position très australe au moment de son maximum d’éclat et de son voisinage du Soleil, voici qu’une dépêche de Kiel en date du 28 janvier est venue nous apprendre la découverte d’un nouvel astre faite en Amérique. L’auteur de cette trouvaille est M. Brooks, de Géneva (États-Unis) déjà célèbre par de nombreuses découvertes analogues. Cette comète serait brillante et son mouvement était dirigé vers le Nord-Ouest. Le 26 janvier, à xo heures, jour de sa découverte, sa position était la suivante : AR := 244° 52'; D = + 47° 10'. Étant la première de 1906, elle a été inscrite sous le nom de Comète Brooks (1906 a).\
- La lune et le froid. — M. A. B. Max Dowal, de 1889 à 1904, a étudié à Greenwich le l’apport qui peut exister entre les journées froides et les phases de la lune. La semaine de la plaine lune est la plus froide (23o jours de froid pour les quinze années), celle du dernier quartier la plus douce (i63 jours froids). La sémaine de la nouvelle lune a donné 189 jours froids et celle du premier quartier 221.
- Moteurs électriques à Berlin. — Au 3o juin 1905, il existait à Berlin i3 549 moteurs d’une puissance totale de 39921 chevaux, branches sur le réseau des usines électriques. Ils se répartissaient de la façon suivante : 1868 moteurs de 601 chevaux pour ventilateurs, 1780 de 5oo5 chevaux pour presses, 1775 de 7551 chevaux pour le travail des métaux, 1698 de 9704 chevaux pour ascenseurs, 1241 de 4751 chevaux pour travail du bois, 678 de 23g4 chevaux pour charcutiers, 376 de 1890 chevaux pour machinés à paeuler et à polir, 36g de ii43 chevaux pour la fabrication du papier, 252 de 906 chevaux pour pompes, 229 de 201 chevaux pour machines à coudre, 194 de x4o chevaux pour machines à couper les tissus, 23o de 673 chevaux pour machines à nettoyer et à laver,, 96 de 274 chevaux pour machines à bobiner, xix de 417 chevaux pour machines à travailler les cuirs, 75 de 289 chevaux pour galvanoplastie, 76 de 809 chevaux pour commandes de dynamos, 78 de i53 chevaux pour moulins à café, et machines à griller, 27 de 74 chevaux pour machines à repasser les chapeaux, 1446 dè 3491 chevaux pour applications divérses. Le journal Hélios, auquel nous empruntons ces chiffrés, ajoute que pour Berlin, pendant l’année 1904-1905, il y a eu une augmentation de 1937 moteurs d’une puissance totale de 6i32 chevaux.
- Autocommutateur téléphonique. — D’après le journal L'électricien, il existe un commutateur téléphonique, conçu sur des principes tout nouveaux, imaginé par MM. Lorimer, qui permet à l’un quelconque de ses postes d’abonnés de se mettre en communication avec l’un également quelconque de ses autres postes, saixs exiger la coopéi’ation des employés du bureau central. La connexion a lieu par l’action automatique de l’appareil commun aux divers postes et commandé électriquement par eux à l’aide de circuits de liaison appropriés.
- Les minéraux de lithine aux Etats-Unis. — La
- lithine, recherchée pour les produits pharmaceutiques, est extraite, soit de son phosphate, l’amblygonite, soit des micas lithiixifères ou lépidolites et d’un silicate analogue au feldspath, le spodumène ou triphane. Le premier minéral est exploité en France à Montebras (Creuse), le second dans la liaute»-Vienne. Aux Etats-Unis on a découvert en 1902 uixe mine d’amblygonite près Pala (San Diego County), en Californie; mais on exploite surtout les lépidolites de la même région et les spodumènes du Pennington County (South Dakota). En 1904, la production des minéraux lithinifères aux Etats-Unis est montée à environ 570 tonnes, valant 26 000 francs et l’on n’a importé, en outre, que 9 kg de sels de lithine valant 240 francs, ce qui donne uixe idée du peu d’importance de la consommation. On estime qu’il y avait eu sui’production.
- La production mondiale de For en 1905. — On
- possède, dès à présent, des chiffres approximatifs pour la production mondiale de l’or en igo5 et l’on peut ainsi la comparer à celle de 1904. Ces chiffres sont les suivants, eix millions de francs :
- ' i9°5 i9°4
- Transvaal . . . . . 523,97 394,5o
- Etats-Unis. '. . . . 436,oi 407,65
- Australasie... . . 431,87 439,85
- Russie. . . . . I2X,20 126,14
- Canada V 72,87 84,99
- Mexique .* T '.a'*.ï ? >\ 68,17 65,43
- Inde. . . ... . , 58,75 59,61
- Rhodesia ..... 37,52 24,34
- Divers'. / . . . . . 158,00 x55,6x
- .. V::;. ... 1908,36 1758,12
- Le Transvaal a donc repris, avec une forte avance, la première place* que la guerre anglo-boer lui avait fait perdre et le total de la production mondiale tend rapidement vers deux milliards, qu’elle atteindra très probablement cette année.
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- INFORMATIONS
- La disette du manganèse. — Une conséquence, assez imprévue au premier abord, des mouvements révolutionnaires russes et des troubles du Caucase, est la hausse considérable que vient de subir le manganèse, arrivé à près de 2 francs l’unité, soit xoo francs la tonpe de minerai à 5o pour 100. Le Caucase est, en effet, en temps ordinaire, le grand fournisseur de manganèse en Europe et même dans le monde. Les arrivages de ce pays étant suspendus, les métallurgistes, qui consomment des quantités croissantes de ce métal pour la fabrication des ferro-manganèses, spiegel, foutes Thomas, etc., voient avec quelque effarement la matière première leur manquer et, de tous côtés, on se hâte de rouvrir d’anciennes mines abandonnées : par exemple celles du Nassau.
- Houille blanche. — En aval de Moutiers (Savoie), au confluent du Doron et de l’Isère, on va exécuter un important captage par un tunnel de 2,6 kilomètres qui procurera une chute de 25 mètres de hauteur. Dans le Yalbonnais, d’autres grands travaux de captages sont en cours d’exécution et demanderont près de deux ans de travail.
- Les fouilles archéologiques de la Turbie (Alpes-Maritimes). — La Société française de fouilles archéologiques vient d’entreprendre des fouilles autour du célèbre monument d’Auguste à la Turbie; ces travaux-sont dirigés par M. Philippe Casimir, ancien maire de la Turbie, assisté d’archéologues de la région, et sous le contrôle de M. Formigé, architecte de la Commission des mouvements historiques. Rappelons que le gouvernement sarde, en 185g, allait commencer les fouilles, lorsque le-Comté de Nice fut réuni à la France. C’est alors que le gouvernement français classa le trophée d’Auguste parmi les monuments historiques. Les premières fouilles font présager les plus heureux résultats archéologiques.
- Câble sous-marin entre Maurice et la Réunion. —
- lin décret vient de ratifier la convention conclue à Paris, le 6 décembre 1905, entre la France et la Grande-Bretagne, concernant l’établissement d’un câble télégraphique sous-marin entre l’île de la Réunion et l’île Maurice. Le Gouvernement français établira et entretiendra le câble à ses frais. Le gouvernement colonial britannique assurera l’exploitation, à Maurice, du câble venant de la -Réunion. Le câble devra être posé et mis en exploitation dans un délai de deux ans. La convention est conclue pour une durée de vingt-cinq années à partir de la mise en exploitation du câble. .•/
- Flottilles de torpilleurs. — On sait que l’organisation des flottilles de torpilleurs était régie jusqu’à ce jour par un décret du icr avril 1902 et se trouvait basée sur l’autonomie, militaire des flottilles sous l’autorité des préfets maritimes, sur le groupement en divisions homogènes des torpilleurs, sur la participation des premiers maîtres patrons pilotes au commandement des torpilleurs en temps -de guerre et , sur l’uniformité des méthodes d’instruction. Il a paru utile aujourd’hui de réunir en une réglementation tous les divers actes concernant les flottilles de torpilleurs, en introduisant des dispositions pour en améliorer encore le fonctionnement et le rendement. Un décret et un arrêté viennent de paraître au Journal officiel pour consacrer cette réglementation. Le décret précise le rôle et la responsabilité des commandants de flottilles, des divisionnaires et des torpilleurs. Les torpilleurs ont été classés en trois catégories : A. Torpilleurs de haute mer et de i‘e classe appartenant aux types les plus récents et constituant les divisions de première ligne. — B. Torpilleurs de haute mer, de ire classe et de 2e classe constituant les divisions de deuxième ligne, l’une d’elles comprenant- les, torpilleurs armés de la division d'exercice. — C. Torpilleurs de toutes classes en refonte ou en réparations entraînant une indisponibilité absolue -.et.,, dé Jongue durée, torpilleurs des types les plus anciens n^piàœv^t, être utilisés pour un service de guerre en dehors des rades, et afféctés-rem. temps de paix, à des services spéciaux.
- Les théâtres de marionnettes gauloises. — M. F. Pérot a dernièrement fait connaître, dans la Revue du Mont-Dore, que les villes d’eaux gallo-romaines n’étaient pas moins dépourvues de distractions que nos casinos modernes. ' w.
- Il nous apprend que les fouilles d’objets antiques de Vichy, Clermont-Ferrand, et Royat ont fourni les restes de véritables « guignols » ambulants (trois figurines) en
- terre cuite blanche, moulés en deux parties et soudés. Ils étaient accompagnés de statuettes (plusieurs milliers), disséminées aujourd’hui partout (Musée de Saint-Ger-main-en-Laye, coll. particulières, Musée de Moulins), ainsi que de moules, d’instruments, de fours, de terres préparées, de rebuts, etc.
- Une des statuettes de Guignol mesure 157 millimètres de hauteur, dont 70 pour le socle ; « le personnage, dit M. Pérot, est coiffé du catogan relevé sur le derrière, sa chevelure est ramenée en une longue torsade qui lui pend dans le dos. Il est vêtu d’une blouse flottante échan-crée en rond vers le col et avec manches serrées aux poignets, elle est fermée sur le devant par des boutons ronds avec cercle concentrique qui paraissent être plutôt des ornements, car on en remarque deux autres dans le bas du dos; les jambes sont droites, emprisonnées dans une culotte rigide; les pieds n’ont point été figurés.
- « La figure ronde du pei'sonnage est expansive ; la bouche légèrement grimaçante est entr’ouverte comme celle d’un chanteur. De la main droite, il tient son inséparable latte dont l’extrémité repose sur le bras gauche ; il appuie sa main sur sa poitrine. »
- Ce curieux objet a été recueilli, en avril i856, rue d’Alsace, à Vichy, à environ xm,4° de pi'ofondeur et vendu 5 francs à un archéologue de Vichy qui le soumit à la sagacité des conservateurs de musée, mais ne voulut le céder à aucun d’enti*e eux et finit par le léguer à la Commission du Reposoir Arloing, à Cusset, asile de Vieillards, qui le possède encore aujourd’hui.
- « On pense que ces figuriixes, qui l’appelaient les scènes comiques entre Guignol et Gnafron, se vendaient comme souvenir de séjour dans les villes d’eaux aux malades, aux étrangers, et que cette statuette était la représentation textuelle en raccourci de véritables guignols en bois articulés et manœuvrés. par un compère, souvent un artiste en son genre, dans l’intéi’ieur d’un petit théâtre mobile r »
- Le commerce extérieur du Maroc. — D’un rapport officiel récent sur le commerce du Mai'oc, il résulte que la Gi’ande-Bretagne occupe la première place avec 45 millions d’importation en 1903, 3g en 1904, ce fléchissement étant dû aux troubles du pays qui ont fait descendre le mouvement des ports de 99 millions à 90. Ces chiffres correspondent à environ 40 pour ioô du total; pxiis vient la France avec environ 3o pour 100. L’Allemagne, malgré de grands efforts pour étendre ses relations commerciales daixs le pays, n’a atteint encore que 11 pour 100 en 1904 contx’e 9 pour 100 en 1903 (un peu moins de 11 millions). Enfin l’Espagne a baissé de 8,5 millions en 1902 à 8 en igo3 et 7 en 1904. Les importations françaises comprennent surtout fai'ines, sucres, produits chimiques, droguerie, épices, cotonnades, etc.
- Orthographe des noms de lieux. —Une récente cir-culaii’e ministérielle a prescrit aux archivistes départementaux une révision complète des noms_de communes, analogue au travail de révision générale exécuté pour le dépai'tement de l’Orne par l’archiviste M. Louis Duval, et inséré dans la Revue générale d'Administration. Une partie plus complète d’un labeur semblable a déjà été faite dans les importants Dictionnaires topographiques départementaux, dépouillant les archives, et dont la pxiblication a été mallieureusement suspendue. On pourrait aussi puiser à une autre source pour l’inventaire de la toponymie française, c’est-à-dii'e dans les patois locaux, qxxi dans la montagne surtout, foui’nissent l’explication de presque tous les 110ms de lieux et qui bien souvent conduisent à en préciser l’orthographe.
- Aéronautique. — Le Comité de l’Aéro-Club de France a distribué ses médailles de igo5; il a attribué la médaille pour la: plus grande durée d’ascension (22 h. 42) à» M.’le comte, de La Vaulx, la médaille pour la plus longue distance {1314 kilomètres) à M.-Jacques Faure, la médaillepoûeles meilleurs résultats sportifs à M-,Georges ' Bïàoehety lairtédaillei pour le-plus grand nQmbred’ob-servations météorologiques à ! M'. /RàwlbiTisSiJujdier .}: Une médaille a été également accordée à M. Duro,pour son voyage aérien par-dessus les Pyrénées. Le 4. février, deux aéi’onautes anglais, MM. Pollock et Dale, ont traversé la Manche en ballon; ils sont partis de Londres, et âpi’ès une traversée de trois heures et demie, ils ont atterri à Bermoville, entre Dieppe et le Havre. Le ballon g atteint une altitude de 3ooo mètres ; le froid était très intense et la grêle tombait en grande abondance.
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- 'Eclairage
- Lampe portative à acétylène. — La lampe portative à acétylène a déjà rendu de nombreux services aux
- Sersonnes qui sont obligées de sortir le soir, d’entraîner es petites voitures où l’éclairage est nécessaire. On vient encore d’apporter quelques perfectionnements au modèle bien connu consistant en deux récipients placés au-dessus l’un de l’autre. Comme le montre la figure de gauche, on a muni le bec d’une petite lanterne ; on a
- Lampe à acétylène perfectionnée.
- ajouté un deuxième bec sur le côté. On a muni la lampe d’un appareil qui permet de l’accrocher au mur, et d’un autre petit appareil qui permet de la suspendre en l’air. Le deuxième modèle placé à di'oite du premier dans notre figure est pourvu de tous les accessoires déjà mentionnés et il comporte en plus une rallonge mobile qui vient s’adapter sur le côté. Il peut être également pourvu à volonté d’un ou de plusieurs réflecteurs. — La lampe à acétylène perfectionnée est en vente chez MM. Liotard frères, 22, l’ue dé Lorraine, à Paris.
- Charge des accumulateurs ?<&>
- Charge des accumulateurs par le courant électrique alternatif. — On sait que le courant, continu est nécessaire pour charger les accumulateurs. M. A. Soulier, ingénieur électricien, a imaginé dernièrement un petit appareil qui permet d’utiliser également le courant alternatif pour cette même charge. La figure ci-dessons montre le dispositif employé par M. Soulier. En A est une prise de courant branchée sur le réseau de distribution électrique ; en B sont les deux fils entre lesquels est la tension de iiq volts. La boîte C renferme la sou-
- Appareil Soulier pour la charge des accumulateurs par le courant alternatif.
- pape électro-mécanique dont nous allons parler, et en D sont placés les accumulateurs qui sont en charge. La soupape électro-mécanique se présente extérieurement sous la forme d’une caisse plate fermée par un grillage. A l’intérieur, nous trouvons d’abord un transformateur qui a pour but d’abaisser la tension d’utilisation'et de ne prendre sur les 110 volts que la fension nécessaire pour charger un ou plusieurs accumulateurs. Vient en-' suite un redresseur mécanique ou vibreur, analogue à un mouvement de sonnerie, dont le trembleur, mis en marche par le courant alternatif, a pour effet de ne fer-
- mer le circuit qu’au moment précis où le courànt a une direction convenable pour la charge, et de le rompre dès que le sens tend à changer. L’appareil est entièrement monté sur métal ; il se construit pour des intensités choisies à l’avance 2-4 ou 5 ampères, et son fonctionnement est régulier pendant un temps illimité. Avec ces nouveaux appareils, l’heure de charge ne dépasse pas 5 centimes pour un accumulateur double. L’appareil a 4 bornes ; d’eux d’entre elles portent l’inscription alternatif et sont reliées par deux fils à la canalisation du courant alternatif à 110 volts; les deux autres bornes sont reliées aux accumulateurs à charger. Pour le montage, il faut d’abord attacher les fils amenant le courant alternatif, et lorsque l’appareil ronflera, relier l’accumulateur. Si l’appareil ne se met pas en marche ou si le ronflement cesse, il suffit de donner un léger choc à la caisse ; le bourdonnement reprend aussitôt et l’appareil fonctionne. Un coupe-circuit fusible est placé au-dessus de la boîte pour protéger l’appareil contre les fausses manoeuvres. — Pour les soupapes électriques, s’adresser à M. Alfred Soulier, ingénieur électricien, 2, rue Bou-lard, à Paris (14® arr.).
- Mécanique
- Machine à trancher le bois. — Bien entendu, il ne s’agit pas d’une machine à fabriquer les bois de placage, ce qui rentre dans le gros outillage, dont nous ne parlerons pas ici, mais d’un appareil qui présente cet avantage et cette particularité de pouvoir remplacer la scie, pour le sectionnement des planches ou des pièces de bois présentant un équarrissage relativement assez considérable. Comme on peut le voir dans les figures que nous donnons, quelle que soit la puissance de la machine (car elle se fait dans des dimensions assez variables et dans des puissances variables elles-mêmes), l’organe
- essentiel en est une pièce triangulaire ou plus exactement un secteur métallique, qui peut osciller sur un pivot traversant son sommet, et qui porte, fixées par des vis sur ses deux côtés rectilignes, deux lames coupantes qui se présentent par suite obliquement. Tantôt au moyen d’un levier métallique, de montage facile sur le pivot de cette sorte de guillotine oblique, tantôt par l’intermédiaire d’une roue à manettes et d’un secteur à denture intérieure engrenant sur le pivot (et donnant une grande force), on peut faire osciller le bloc et les lames à. droite ou à gauche, le coulissement se faisant dans des rainures courbes. Si donc on place une pièce de bois sur le passage d’un des couteaux, comme il va s’abaisser obliquement en entamant peu à peu le bois, celui-ci se trouvera tranché peu à peu également, comme lorsqu’on veut couper une branche d’un mouvement fauchant d’un couteau ou d’un ciseau à bois. Le sectionnement se fait suivant un mouvement à la fois horizontal et vertical, et il est impossible que le bois se fracture sous la pression du couteau. La coupe est d’une netteté stupéfiante, et deux coupes différentes s’appliquent l’une sur l’aütre avec une précision que n’obtiendrait pas le meilleur ajustement. A noter du reste que le tranchage se fait aussi bien dans le sens du fil du bois que trans-
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- versalement au fil. Pour maintenir la planche, la pièce de bois sur la table de la machine et sous le couteau, suivant l’angle qu’on désire donner à cette coupe, angle qui peut varier de 4^ à i35°, on dispose de deux guides, une pour chaque couteau; et ces guides sont pivotantes, pouvant se fixer pour ainsi dire instantanément dans la position choisie, par un quart de tour seulement d’un écrou à queue. D’un seul coup de levier ou de roue, on va donc dresser le bout d’une pièce, car ces sectionnements rapides sont destinés surtout aux bouts de planches ou de pièces de bois : sans ciseau, sans rabot, sans planne ni scie, on va donc pouvoir faire des joints et des assemblages, trancher des onglets sur des moulures, des baguettes, des lames,: et cela sans règle ni équerre. Ajoutons que la machine, qui se nomme machine Perlcins, tranche facilement, enlève les copeaux les plus minces, et sur une grande largeur. On la recommande particulièrement pour les modeleurs, les ébénistes ; mais elle peut rendre des services à bien d’autres corps de métiers, et elle donne un travail particulièrement parfait, même quand elle est manœuvrée par des mains inhabiles ; nous l’avons fait fonctionner, et elle nous a surpris. Les lames sont aisément ajustables, démontables et aiguisables.
- Cette machine, fabriquée à Grand Rapids, aux Etats-Unis, se trouve dans les magasins Mai'kt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Une curieuse machine à boucher. — Les machines à boucher sont innombrables ; mais elles réussissent plus ou moins effectivement à faire entrer les bouchons très gros dans les goulots très petits. Celle que nous voulons signaler a une telle puissance, qu’elle permet de faire entrer deux bouchons simultanément dans un goulot, cela simplement à tire démonstratif, et non pas à un point de vue pratique : c’est probablement pour cela qu’on lui a donné le nom de « unique ». Le fait est que le fonctionnement est fort intéressant au point de vue mécanique pur. Nous représentons cette machine fixée par
- Machine à boucher.
- une vis Im pression au bord d’une table, c’est dire qu’elle ne nécessite point un pied spécial, et que son coût et son encombrement en sont réduits d’autant. Quand on ramène le levier à poignée en avant, on fait ouvrir des mâchoires garnies de caoutchouc qui sont au bas de l’appareil, de façon qu’on y puisse engager le goulot de la bouteille ; et, d’autre part, une coulisse horizontale s’avance de manière à ouvrir largement un logement, où l’on vient placer sans aucune peine le plus gros bouchon. A ce moment on agit d’un mouvement continu sur le levier, en le ramenant de haut en bas, et aussitôt la glissière revient suivant une course inverse de son premier déplacement pour former les parois de la chambre où le bouchon va se trouver étroitement maintenu au-dessus du goulot. Et comme en même temps, par un. renvoi très simple, la tige que l’on aperçoit dans le haut de la machine subit un mouvement de plongée verticale, elle vient presser sur le milieu du bouchon; et elle le chasse ainsi dans le goulot, sans qu’il puisse résister, tout simplement parce qu’il est pris dans sa chambre et ne peut s’aplatir partiellement sous la poussée. Du reste le déplacement de la tige est réglable suivant la longueur des bouchons que l’on utilise : on peut en employer ayant jusqu’à 6 centimètres. Quand on relève le levier et qu’on le ramène à sa position première, la bouteille est délivrée des griffes et peut être retirée admirablement bouchée. Cet appareil intéressant à tous égards se vend chez M. Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Un volant de confection facile. — Le procédé a été indiqué par un lecteur de notre confrère Work, et il y a là un moyen de fortune qui ne pourrait certainement pas répondre à un travail couranUet important dans un atelier véritable, mais qui peut rendre des services, et en tout cas serait parfaitement utilisable pour un amateur, pour toutes soldes de petits appareils mécaniques nécessitant la régulation de leur mouvement au moyen d’un volant.
- On fait d’abord deux plateaux circulaires de même diamètre, et de dimensions convenables, en rapprochant des planches que l’on cloue côte à côte, en mettant au besoin quelques traverses maintenant le tout, et sur la face qui sera extérieure dans les deux disques de bois. Ceux-ci constitueront les deux joues du volant. Sur la face intérieure de l’un d’eux, l’on va inscrire un hexagone régulier, ce qui se fait en se rappelant que le côté de cet hexagone a exactement la longueur du rayon du cercle dans lequel il serait inscrit. On a du reste décrit au crayon ce cercle sur le disque de bois, dont le centre a dû être bien marqué une fois pour toutes. Du même centre on décrit une autre circonférence concentrique, qui se trouve ne laisser qu’un espace assez faible entre elle et le pourtour du plateau de bois. On a ainsi dessiné sur ce plateau, entre l’hexagone et la dernière circonférence tracée, une série de segments BBB, sur lesquels on va pouvoir tailler un patron qui servira effectivement à découper six segments semblables dans du bois présentant une assez forte épaisseur. C’est cette épaisseur qui déterminera l’épaisseur du volant et le poids du garnissage dont on le remplira. En effet, on cloue les pièces de bois BBBB ; puis, dans l’espace intérieur limité par les côtés rectilignes des segments, et dont le fond est formé par la paroi interne du disque de bois, on masse, on entasse soigneusemunt des déchets de métal de toute sorte, dont l’épaisseur ne dépasse point l’affleurement des segments BBB. Il ne reste plus qu’à placer et clouer soigneusement par-dessus le tout ce qui formera le couvercle, c’est-à-dire le second disque de bois, mais après avoir mis en place la tige courbée qui formera manivelle, et avoir coulé dans les interstices du remplissage, en AAA, un ciment liquide qui fera prise en solidarisant le tout. Il est absolument nécessaire que les trous de passage de la manivelle aient été percés à l’avarice et bien droits, et aussi que cette manivelle soit correctement montée, pour que ce volant primitif tourne convenablement. On peut donner quelques coups légers de ciseau sur le métal de la manivelle, là où le métal se trouve englobé dans le remplissage dû volant, afin que volant et manivelle soient bien solidarisés l’un avec l’autre.
- "Divers
- Volant de confection facile.
- Nouvelle clef à écrous. — Cette nouvelle clef à écrous se distingue des autres parce qu’il suffit d’un léger coup de pouce pour obtenir aussitôt le sérrage désiré. La manœuvre peut être faite d’une seule main ; il en résulte donc une certaine économie de temps et une
- Nouvelle ciel à écrou.
- certaine économie de main-d’œuvre. Les ouvertures' maxima varient de 20 à 70 millimètres pour des longueurs totales de 200 à 700 millimètres. Avec la série complète des clefs, on peut donc serrer tous les écrous de 9 à 70 millimètres. — La nouvelle clef à écrous se trouve, aux prix de 7 à 2-5 francs suivant les modèles chez MM. La Burthe et Sifferlen, 20, avenue Herbillon, à Saint-Mandé (Seine).
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- **> Photographie
- Nouvelles plaques pour positifs sur verre. — Les
- plaques au gélatino-chlorure qui sont destinées à faire des positifs sur verre pour la stéréoscopie ou les projections ne donnent pas toujours satisfaction ou point de vue de la teinte qu’on obtient ; celle-ci varie du gris au noir, du rouge au sépia et du bleu au violet, suivant les marques ; la même plaque passe par des tons différents suivant le temps de pose et le révélateur. Gela ne constitue pas un défaut, au contraire cela est recherché par certains opérateurs, mais pour obtenir à coup sûr un ton donné il faut une assez grande pratique.
- Un amateur distingué, dont les projections sont toujours très goûtées dans les différentes Sociétés de photographie, M. A. Gilibert, a eu l’idée d’employer pour le tirage sur verre l’émulsion qui se trouve sur les papiers dits aristotypes ou à la celloïdine, d’un emploi si courant chez un grand nombre d’amateurs parce qu’ils sont d’un traitement très facile. La maison Lumière s’est mise très obligeamment à la disposition de M. À. Gilibert pour faire des essais et les résultats que nous avons vus dernièrement sont excellents. Le grand avantage de ces nouvelles plaques, c’est qu’on peut opérer sans laboratoire ; on charge le châssis-presse comme on le ferait pour du papier. Pour suivre la venue de l’image on ne peut pas soulever le positif qui est en train de s’imprimer puisqu’il est rigide, mais en regardant le châssis du côté du verre on voit par transparence l’image se dessiner, car l’émulsion est très limpide. M. Gilibert n’a pas suivi en tous points le mode opératoire employé pour les papiers : c’est-à-dire le virage-fixage après un tirage complet. Cette méthode donnerait évidemment de bons résultats, mais il l’a remplacée, pour gagner du temps, par un développement physique suivant l’une des méthodes que nous avons déjà indiquées ici. L’image est très peu tirée; 5 à io minutes à la lumière diffuse suffisent pour la dessiner légèrement sur la plaque. On la plonge alors dans un des bains de révélateurs pour-papiers qu’on trouve dans le commerce, la maison Lumière en a préparé un spécial pour ces plaques nouvelles. Le météore de H. Reeb et le gallios de Mercier donnent aussi de très bons résultats ; le premier pour les tons sépia, chocolat, brun ; le second pour les tons bleutés. La teinte varie avec le temps d’exposition, mais elle reste telle qu’on l’obtient au développement; le fixage à l’hyposulfite et le séchage n’ont pas d’action sur elle.
- Les ombres restent d’une très grande transparence, ce qui permet de distinguer tous les détails et d’en conserver tout le modelé. G. M.
- Les sténodoses Lumière. — Les produits photographiques n’ont jamais besoin d’être achetés en grande quantité par l’amateur qui n’en fait pas une consommation bien considérable. Avoir un kilo de sulfite de soude, par exemple, c’est déjà beaucoup et on risque plutôt de le voir s’altérer quand on arrive au fond du bocal. Mieux vaut avoir une petite quantité de produits, mais en avoir une grande variété pour ne pas être pris au dépourvu et pouvoir à tout moment faire une opération quelconque. Une très bonne précaution pour bien conserver un produit chimique en sel, c’est de le diviser par petites doses qu’ôn enveloppe soigneusement pour les mettre à l’abri de l’air, de l’humidité et delà lumière.
- C’est en partant de ces principes, et pour éviter toute manipulation de dosage et d’empaquetage à l’amateur photographe, que la maison Lumière vient de créer les sténodoses. Ce sont des capsules d’étain hermétiquement closes, renfermant des produits purs en poudre : sulfite anhydre, carbonate, acide pyrogallique, hydroquinonè, diamidophénol, etc., etc. Tous ces produits sont dosés de façon à faire une solution de 5o à ioo cm3 selon le genre' de bain qu’on a à préparer ; il est clair que pour un bain qui ne doit servir qu’une fois, ne se conservant pas, on a intérêt à ne préparer que juste la quantité suffisante ; tandis que pour d’autres bains qui servent
- plusieurs fois, comme les développements au diamidophénol par exemple, il n’y aura pas d’inconvénient à avoir une solution un peu plus abondante. Toutes les capsules portent le nom du produit et le poids ; elles sont généralement réunies au nombre de io dans une petite boîte. Pour les bains composés usuels une même boîte renferme le nombre des différentes capsules nécessaires pour 10 bains : par exemple la boîte des révélateurs au diamidophénol contient io capsules de 3 grammes chaque de sulfite anhydre, et io de chacune 5o centigrammes de diamido.
- La capsule une fois déchirée la poudre se verse facilement dans le liquide et la dissolution se fait plus rapidement qu’avec les comprimés.
- Ces sténodoses sont à recommander non seulement pour le voyage, où elles s’imposent; mais aussi pour le laboratoire,- puisqu’elles évitent toutes les pesées et assurent la conservation des produits. G. M.
- La pinatypie. — Dans presque tous les journaux photographiques de France et de l’Etranger on a parlé de ce procédé d’impression, aussi devons-nous au moins indiquer à nos lecteurs de quoi il s’agit. Le procédé est un peu analogue à celui de la collographie qui permet l’impression aux encres grasses, avec cette différence qu’il emploie des teintures spéciales. C’est toujours la gélatine bichromatée qui joue le grand rôle. On commence par sensibiliser une plaque de verre recouverte de gélatine en la trempant dans une solution de bichromate de potasse ; quand elle est sèche on l’impressionne. Sous les parties claires du cliché, elle est durcie par l’action de la lumière proportionnellement à leur transparence ; sous les parties opaques, elle reste perméable aux liquides. C’est cette propriété qui est mise à contribution et il en résulte qu’il faut impressionner la plaque au moyen d’un positif et non d’un négatif, puisque ce sont les parties protégées de la lumière, c’est-à-dire celles qui sont sous les grands noirs, qui absorberont le plus de teinture. On trempe la plaque ainsi impressionnée dans un bain de teinture approprié au résultat que l’on veut obtenir ; on l’y laisse séjourner environ io minutes, puis on enlève l’excès de teinture sous un jet d’eau.
- On met ensuite en contact intime avec la plaque ainsi préparée une feuille de papier enduite d’une gélatine spéciale vendue en même temps que les teintures et autres produits. Au bout de peu de temps, 5 à io minutes, la couleur s’est déchargée sur cette feuille et on a un positif de la couleur choisie ; toutes les demi-teintes sont parfaitement reproduites.
- On peut recommencer autant de fois qu’on veut ce tirage par contact, il suffit entre chaque opération de tremper à nouveau la plaque dans la teinture, mais une ou deux minutes seulement. Une fois la première opération de sensibilisation et d’insolation terminées, c’est donc un procédé rapide qui est précieux si on a besoin d’un nombre d’images assez considérable.
- C’est surtout pour l’obtention de photographies en couleurs par le procédé trichrome que la pinatypie paraît intéressante. Il faut dans ce cas répéter le tirage trois fois sur la même feuille de papier gélatine, en faisant un bon repérage : une fois en bleu, puis en jaune et enfin en rouge. Suivant les principes de la trichromie, à la suite de ces trois tirages toutes les couleurs du modèle sont reproduites, pourvu naturellement que le tirage de chaque couleur ait été fait avec une plaque-impressionnée sous le cliché correspondant à la couleur choisie. Il faut donc commencer par faire du modèle, avec la chambre noire et l’objectif, trois négatifs différents au moyen d’écrans colorés interposés ; puis de ces trois négatifs on fait ensuite les positifs destinés à impressionner la plaque bichromatée.
- L’inventeur de la pinatypie est un Français, M. Didier ; mais jusqu’à présent son procédé n’a guère été pratiqué qu’en Allemagne.
- Tous les produits nécessaires se trouvent à Paris au siège de la Société des couleurs d’aniline, 3i, rue des Petites-Ecuries. G. M.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La citarine contre la goutte. — Nombreuses sont les victimes de cette ennuyeuse maladie nombreux les traitements depuis les alcalins jusqu’à la semence de colchique. Aux uns, le plus simple des remèdes produit un bon effet; aux autres il faut un médicament actif, énergique. La citarine ou citrarine est une de ces combinaisons chimiques modernes qui' paraît agir très favorablement dans la goutte et le îTxumatisme chronique. C’est une combinaison de formaldéhyde et d’acide citrique à laquelle on a donné le nom de citrarine pour rappeler l’élément acide citrique et qui est en somme un méthylène-citrate acide de sodium.
- On a vanté, et avec juste raison dans certains cas, la cure de citron dans le rhumatisme ; j’en ai parlé jadis et les résultats obtenus par l’ingestion du suc de quelques citrons sont parfois des plus étonnants. La citrarine se rapproche un peu de cette méthode thérapeutique. Le formaldéhyde forme dans l’économie avec l’acide uiûque des combinaisons infiniment plus solubles ; une de celle-ci, l’acide diformaldéhydurique, se dissout dans la proportion de i pour 3oo, dix fois plus que celle de l’acide urique. La citrarine produit ce dédoublement du formaldéhyde et ces combinaisons de la façon la plus simple pour l’économie et la moins désagréable.
- C’est une poudre blanche cristalline, très soluble dans l’eau et qui peut se prendre très aisément, dans un peu d’eau ou dans une infusion de queues de cerise. A la dose de 3o à 4o centigrammes, pris en trois ou quatre fois, on éprouve déjà des effets manifestes ; mais les doses peuvent être portées dans les formes aiguës ou rebelles jusqu’à 5 et 6 grammes sans le moindre danger.
- La dysidrose. — C’est une affection, heureusement assez rare, qui consiste dans une éruption vésiculaire de la paume des mains et de la plante des pieds. La maladie, qui se montre surtout à la période estivale, est due, d’après certains auteurs, à un obstacle à l’excrétion de la sueur : la théorie est peut-être contestable, mais il s’agit, en tout cas, certainement d’une affection des glandes sudoripares et d’un trouble de leurs fonctions.
- Les vésicules qui apparaissent au bout des doigts, à la paume des mains, à la plante des pieds, quelquefois sur le cou, sont au premier abord analogues à des vésicules eczémateuses; mais quand on les examine de près, on les trouve plus résistantes, plus fermes : elles ont l’apparence d’un grain de sagou cuit inséré dans la peau.
- La maladie n’est pas grave, mais elle s’accompagne de démangeaisons tenaces et fort pénibles, et d’une desquamation qui laisse parfois le derme à nu.
- Le meilleur traitement consiste, quand les vésicules ne sont pas trop nombreuses, à les ouvrir avec une pointe de bistouri aseptisé, c’est-à-dire flambé, à laver la plaie avec une solution alcaline et à les panser avec une poudre inerte, talc ou oxyde de zinc. Quand les vésicules sont extrêmement répandues ou que le sujet est pusillanime, conseillez-lui simplement les lavages avec une solution d’acide borique additionnée d’un peu de borate de soude, puis une application de poudre comme dans le cas précédent qui amènera la dessiccation des vésicules. Tout traitement interne est inutile : une simple surveillance de régime quand le sujet est manifestement arthritique, c’est-à-dire l’abstention, comme dans les dermatoses aiguës, de poisson de mer, charcuterie, épices, etc. Dr A. C.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, en janvier 1906, par M. Th. Moureaux
- La pression barométrique, extrêmement variable dans le cours du mois, a une moyenne sensiblement normale. La température est plus élevée de 2°,4 que la moyenne des 3o dernières années; le maximum, i5°,6, a été dépassé à peine, une seule fois, depuis 33 ans Q5°,7 le 8 janvier 1877), et il a gelé seulement 8 fois au lieu d’une moyenne de 16. Par suite des fortes pluies tombées en décembre et au commencement de janvier sur toute l’étendue du bassin, la Marne a débordé du 14 au 20. Le vent est resté du S. S. W., faible ou modéré, pendant 5o heures consécutives, du 26 à 9 heures au 28 à 10 heures, par un baromètre en hausse. La neige n’est tombée que le 21 et le 25.
- Au moment d’un grain survenu le 18 à i7h25m, le bai’omètre s’est relevé brusquement de imm, et cette hausse a coïncidé avec le début d’une forte averse, d’une baisse thermométrique de 4°> fit d’une saute de vent du S. W. au N. W.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne dxx mois, 76omm,3o; minimum absolu, 739mm,6 le 8 à ih4om; maximum absolu, 773mm,i le 23 à 23 heures; écart extrême, 33ram,5.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, i°,8o; des maxima, 70,77 ; du mois, 4°>79 ; des 24 heures, 4°,68 ; minimum absolu, — 8°,o le 25 ; maximum absolu, i5°,6 le 5. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, — i°,ii ; des maxima, ii°,49: minimum absolu, — i3°,o le 24 ; maximum absolu, 2o0,o le 5. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Pi'ofondexxr om,3o : à 9 heures, 4°,5i ; à 21 heures, 4°>62. Profondeur ora,65 ; à 9 heures, 5°,5o ; à 21 heures, 5°,48. Profondeur 1 mètre : à 9 heures, 6°, 19; à 21 heures, 6°, 17. De la Marne : moyenne le matin, 4°,53; le soir, 4°.79; minimum, i°,io lé 26; maxi-' mum, 6°,77 le 10.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 5mm,63 ; minimum, 2ram,o le 24 à i5 heures; maximum, 9Mm,5 le 6 à 10 heures.
- Humidité relative : moyenne âu mois 85,8; minimum, 44 le 2.4 à 15. heures ; maximum, 100 en 14 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,81 ; moyenne diurne la plus faible, 0,0 les 14> a3 et 24; ciel complètement couvert les ier, 12, 21, 26, 27 et 28.
- Insolation : durée possible, 270 heures; dui'ée effective, 7811,i en 20 jours; rapport 0,29.
- Pluie : Total du mois, 67mm,i en 6711,7.
- Nombre de jours : de pluie 19; de pluie inappréciable, 1; de gelée, 8; de gelée blanche, 10; de neige, 2; .de rosée, o; de broxxillard, 4; d’orage, o; de verglas, 3; de halos, 5.
- Fréquence des vents : calmes, 10.
- N ...... 49 S. E . . 3i W.......44
- N. N. E . . . 3o S. S. E . . 14 W. N. W . 20
- N. E......44 S. ... . 38 N. W . . . x5
- E. N. E . . . 6 S. S.W. . 177 N.-N. W. . 17
- E.........2 S. W. . . 194
- E. S.E. . . . 8 W. S. W. 45
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne du mois, 5“,o; moyenne diurne la plus grande, 8m,7 le 6; la plus faible, ira,8 le 3i ; vitesse maximum en i5 minutes, x3m,5 le 18, de 18 heures à i8hi5m par vent W. N. W. On a encore observé des vitesses de i3“,3 le 6 et le 18.
- Electricité atmosphérique : moyenne du mois (16 jours), 219 volts; moyenne diurne la plus gi'ande, 3go volts le 26; la plus faiblef n5 volts le 17; amplitude diui'ne, om,34; amplitude npcturne, 0,73.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 4m,n; minimum, 2m,68 le 2; maximum, 5“,22 le 17.
- Comparaisons axxx valeurs normales : Baromètre, — omm,o3; température, -j-20,42; teixsion de la vapeur, -j- omm,73; humidité relative, —1,4; nébulosité, —o,34; pluie, -f- 3 imm,5 ; jours de gelée —8; de pluie -f- 5.
- Taches solaires ; on a suivi 12 taches ou groupes de taches en 17 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : une seule, de courte durée, le 3i au soir.
- Floraisons : le 2, Rose de Noël; le 4> Chimonanthus fragrans; le 6, Nardosmia fragans ; le 20, Pei'ce-neigeJ j
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. —M.Filippo Territe, à Turin, nous adresse une petite brochure intitulée : Sur l’origine de ta Péninsule italienne. Sous la forme d’une conférence faite à Gènes, l’auteur a su en style très clair faire un résumé à grands traits de l’histoire géologique de la péninsule.
- Renseignements. — M. Et. Chapeau, à Villefagnan. — Formule générale pour encre à tampon : Glycérine, ro grammes; gomme arabique io grammes ; eau, 5 grammes; il suffit d’ajouter à ce mélange la couleur désirée : cinabre, bleu de Prusse, violet d’aniline, etc. (de 3 à 4 grammes). Voyez d’ailleurs à ce sujet et pour d’autres formules le recueil de Recettes et Procédés utiles, ie, 2e, 4“ et 5° séries, librairie Masson et C1'0, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. Gayard, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’autoclave qui réponde à votre désir ; les moins volumineux sont encore très encombrants. Vous trouverez, chez MM. Poulenc frères, 12b, boulevard Saint-Germain, un des plus petits modèles qui existent. Pratiquement, vous aurie.z de l’eau stérilisée en la faisant bouillir en vase clos sur une lampe à gaz ou à alcool et vous pourriez l’aérer facilement en y soufflant de l’air avec un tube en verre propre.
- M, E. P., à Clermont-l’Hérault. — i° Le papier à bleus s’obtient comme suif : mélanger à l’obscurité les deux solutions : A, citrate de fer ammoniacal vert, x5 gr. ; eau, 5o gr. ; — B, ferrocyanure de potassium 8. gr. ; eau, 5o gr. (Si besoin est, conserver le mélange en flacon jaune très foncé). Etaler le mélange (à l’éponge ou au pinceau, en croisant les couches) sur un papier bien encollé ; opérer et laisser sécher dans une chambre noire. A défaut de citrate vert, on peut employer le citrate brun courant, mais le papier est trois fois moins sensible ; on mélange alors les deux solutions : A, solution à 20 p. 100 de citrate de fer ammoniacal brun; B, solution à i5 p. xoo de ferrocyanure de potassium pur. Les produits doivent être d’une pureté rigoureuse (on les trouve chez Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris). —20 Contre les punaises, le remède radical est de fermer hermétiquement le local infesté et d’y faire brûler du soufre. Laisser la pièce close quarante-huit heures et, quelquefois, recommencer. Bien entendu, enlever tous les objets de valeur en les soumettant à un nettoyage l'igoui’eux.
- M. £., à Gand. — Pour coller cuir sur cuir, ayez Recours à la composition suivante : gomme laque, 10 gr. ; essence de thérébenthine, 10 gr. ; caoutchouc, i5 gr. ; sulfure de carbone, 100 gr. Faites chauffer au bain-marie ; 'chauffez légèrement les deux parties à coller, préalablement nettoyées et gi’attées avec soin. Serrer fortement la suture pendant dix minutes ou sous une presse.
- M. E. J., à N. — La seccotine convient parfaitement pour coller du drap sur du métal.
- Abonné 6908, — Nous vous remercions vivement de votre indication. Nous avons en effet mis cette question à l’étude, et bien que ce soit un gros travail, nous publierons probablement des tables de nos nouvelles scieiïtifiques.
- M. Paul Fourcat, à Villaines la Juhel. — x° Pour éviter la rupture des tubes de vei’re chauffés au chalumeau, il faut chauffer d’aboi’d très légèrement en faisant simplement passer le tube dans la flamme; la l’upture résulte dé la trop grande hâte apportée à l’opération. — 2° Le procédé que vous indiquez est le procédé classique et l’éussit toujours. — 3° Les moyens de percer le verre sont nombreux. Vous en trouverez plusieurs dans nos recueils de Recettes et Procédés utiles, iro, 3° et 5e séries, la libi’airie Masson et Cie, 120, boulevai’d Saint-
- Germain, Paris. — 4° Nous ne possédons pas ce renseignement. Tous nos regrets. — 5° Evidemment on atteindra un jour le pôle Nord, mais il est impossible de prévoir dans quel délai. Nous avons à diverses reprises signalé à ce propos des tentatives d’oi’ganisation internationale d’exploration ai’clique. — 6U L’aiguille aimantée de la boussole, au pôle Nord, resterait parfaitement horizoxxtale, celle de la boussole d’inclinaison ne sei-ait pas noix plus verticale et ferait un angle donné avec l’horizontale. Voyez à ce sujet Y Annuaire de l'Observatoire de Moutsouris.
- M. le colonel Le Bouvier, à Uzès. — Le ti'avail de MM. Maquenne et Roux est trop long et trop complexe pour qu’il soit possible de vous en donner un résumé ici. Vous le trouverez in extenso dans les Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, x5 janvier 1906, à la libraii'ie Gauthier-Villai’s, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Morelli, à Milan. — Ouvi*ages relatifs aux parfums de synthèse : Les parfums artificiels, par Charabot, libi’airie J.-B. Baillière, 19, rue Hautefeuille, Paris; Chimie des parfums par Jeancard et Satie, librairie Masson et Cio, 120,. boulevard Saint-Germain, à Paris; Manuel Roret du parfumeur, libi’airie Mulo, 12, nie Hautefeuille, à Paris.
- M. A. C. L., à Bernon. — Nous n’avons rien publié-sur cette question et vous l’emercions d’avoir bien voulu nous la signaler.
- M. X., à Pai’is. — C’est en effet de Schafflxouse en Suisse qu’il s’agit, mais la société dont nous avons signalé la formation est en réalité une société allemande.
- M. A. Laurent, à Versailles. — Le châssis Afga se trouve chez M. Mayer, 10, nie Paul-Lelong, à Paris.
- M. X., à R. Valeca. — Ouvrages relatifs : x° à l’exploitation du pétrole : Le pétrole, par A. Riche et G. Halphen, libi'aii’ie J.-B. Baillière, 1.9, nie Hautefeuille, Paris. —- 20 à l’exploitation du charbon : Exploitation des mines, par Demanet, et divers ouvrages à la librairie Ch. Béranger, 15, rue des Saint-Pères, à Pai’is. Cours d'exploitation des mines, par Haton de la Goupillière, libraii’ie Dunod et Pinat, 49» quai des Grands-Augus-tins, Paris. — 3° à l’exploitation du soufre : Extraction et traitement des minerais de soufre en Sicile, par Le-doux, même libi’airie.
- M. R. Joyeux, à Rio-de-Janeiro. — Veuillez vous adresser à M. Otto, directeur de la Compagnie de l’Ozone, j01, boulevai'd Murat, à Paris.
- M. Téraube, à Mines. — i° Nous 11e connaissons pas de moyen pour empêcher le mastic de viti'ier de durcir.
- — 20 Pour le ramener à l’état mou, il faudrait le rebroyer avec de l’huile. Cette opération donnei’a un mastic qui durcii’a comme pi’écédemment.
- M. M., à Sienne. —Nous ne connaissons pas le produit dont vous parlez et dont le nom semble une dénomination commerciale.
- M. G. Perdre, à Pai’is, — Ouvi’ages relatifs aux carburateurs de voitures automobiles : Les carburateurs, par Péx'issé (3 francs) ; Carburation et combustion dans les moteurs à alcool, par Sox’el (9fr,5o) ; Automobiles,par Rodier (12 francs), à la librairie li. Dunod et E. Pinat, 4g, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. X. S., à Prefargier. — La machine à laver la vaisselle décrite dans le n° 1701 du 3o décembi’e 1905, page 79, se trouve chez MM. E. Brehier et Cie, constructeurs, 5o, i'ue de l’Oui’cq, à Paris (XIXe) ; cette adresse a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du même numéro.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. II.
- Amberois, à Montigny-en-Fresnois. Nous ne pouvons vous donner celte indication qui est rigoureusement tenue secrète par les fabricants. — M. L.- Lévolliot, à Gai'ches. La plus simple est de consulter une agence de bi’evets. — M. A. Negronet, à Villiers. Voyez le recueil de Recettes et Procédés utiles, 3e et 4° séries, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Pai’is.
- — M. J. Gaillet, à Fives-Lille. Veuillez consulter le même ouvi’age, ire série, même libi’airie. — M. Pli. Ter-rite, à Turin. Remei’ciements pour votre communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 février . . , — 0°,i N. E. f. Peu nuageux. » Gelée blanche ; nuageux.
- Mardi 6 - 1°,7 N. E. 3. Couvert. » Gelée bl. ; très nuag. de 8 h. à 15 h. ; couv. avant et agrès.
- Mercredi 7 — lu,7 N. 1. Couvert. 0,0 Gelée bl. ; couv. ; grésil de 8 h. à 9 h. ; brouillard dans la
- Jeudi 8 — 0°,2 S. W. 2. Brouillard. 2,5 soirée. (louv. ; pluie de 20 à 21 h. ; ensuite neige.
- Vendredi 9 0°,0 N. W. 5. Peu nuageux. 1,0 Peu nuag. ; neige à diverses reprises.
- Samedi 10 0°,0 S. S. W. 5. Couvert. 1,3 Couv. ; neige le matin ; pluie à 23 b. 30.
- Dimanche 11 3°,0 S. W. 3. Couvert. 1,8 Couv. le malin ; nuag. le soir ; pluie do 0 h. 15 à 2 b.
- FÉVRIER 1906. — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11, FÉVRIER 1906,
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre^ à l’abri à boule mouillée.
- c^s. Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été froid et nuageux dans la semaine du 5 au n février. Le 5 février, une profonde dépression barométrique a eu lieu sur la mer Méditerranée ; le minimum se trouvait près de la Sardaigne où l’on observait 744 mm. Un vent fort d’entre Nord et Est a soufflé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. Il est tombé 7 mm d’eau à Limoges, 5 mm à Calais, 3 mm à Belfort, 2 mm à Paris, 1 mm à Brest. La température s’est abaissée notablement ; elle était
- — 4° à Belfort, o° à Paris, —jo° au Puy de Dôme,
- — 12° au mont Aigoual, — 190 au Pic du Midi. Le ciel, couvert pendant tout l’après-midi à Paris, s’est dégagé dans la soirée. Le 6 février, une aire de pressions voisines de 770 mm s’étendait dans la matinée de l’Ouest à l’Est de l’Europe et séparait deux dépressions dont l’une couvrait la Méditerranée et l’autre passait sur le Nord de la Scandinavie. Des pluies abondantes sont tombées sur l’Italie et l’Algérie ; en France on n’en a signalé qu’à Cherbourg, la llague et Clermont. La température était le matin —• 3° à Lyon, — 20 à Paris,
- — 20 à Toulouse, —ii° au Puy de Dôme, -—190 au mont Mounier. Le 7 février, à Paris, le ciel était, chargé de nuages ; dans la matinée un brouillard très: épais a couvert la ville. La température était—3° à Belfort,
- — 20 à Paris, 20 à Perpignan, 70 à Cherbourg, — 120 au Puy de Dôme, — 18° aftT’&e, du Midi. Quelques grains de neige sont tombés à Paris. D’abondantes chutes de neige ont été signalées dans laiLozère, dans le Cantal, dans les Hautes-Pyrénées et d;àj^ la Haute-Garonne. Dans les Pyrénées-Orientales,'-des amoncellements de
- neige ont dépassé 2 mètres de hauteur. Le temps a été très mauvais sur la Méditerranée, par suite d’un centre cyclonique près de la Sardaigne ; une violente tempête a eu lieu sur les côtes de Sardaigne, de Corse et d’Espagne. Une tempête a également eu lieu à la même date sur les côtes d’Algérie et a causé de grands dégâts aux ports de Bône et de Mostaganem. Le 8 février, la situation atmosphérique a subi des modifications dans le Nord-Ouest de l’Europe. La pression était 766,5 mm à Paris. Sa température était —3° à Belfort, —x° à Nantes, o° à Paris, o° à Toulouse, —i5° au Pic du Midi, —160 au mont Aigoual. Dans la banlieue de Paris, on a noté des minima de —20 et de —4°. Une violente tempête a èu lieu dans le département des Pyrénées-Orientales et a causé de nombreux accidents. Le
- 9 février, on a recueilli i5 mm d’eau à Gap, 10 mm à Besançon, 3 mm à Nantes, 3 mm à Brest. Un fort orage a éclaté à Dunkerque avec grêle, neige et coups de tonnerre ; iune pluie mêlée de grêle avec orage électrique s’est abattue sur Lille, la neige est tombée en abondance sur Dijon et la banlieue de Paris. On a signalé à cette date des tempêtes . à . Marseille et à Toulon. Le
- 10 février, des mauvais temps d’Ouest ont régné sur la Manche, les côtes de Bretagne, la Méditerranée. La neige est tombée à Paris, dans la matinée, en petite quantité, mais presque continuellement. Des vents du Sud ont soufflé avec forefe sur Paris. Lé 11 février, il a plu à Biarritz (18 mm), à Rochefort (10 mm), à Brest (5 mm) et à Dunkerque (5 mm). Le mauvais temps a persisté eu Algérie; des inondations ont eu lieu à Bône.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 9 à 7 h. 55 m. du. matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A- MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne ra Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- / 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1709 (24 FÉVRIER 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Conseil supérieur de l’enseignement des arts décoratifs. — 11 vient d’être institué au Ministère de l’Instruction publique un conseil supérieur de renseignement des arts décoratifs, qui a pour but d’étudier, avec les services du Ministère, la réforme de l’art décoratif et de son enseignement.
- Bureau national des poids et mesures. — M. Lipp-mann, membre de l’Institut et du Bureau des longitudes, a été nommé membre du Bureau national, scientifique et permanent des poids et mesures, en remplacement de M. Alfred Potier, membre de l’Institut, décédé.
- Omnibus automobiles. —Par arrêté, M. le Préfet de police a autorisé l’exploitation d’un service de transport en commun de voyageurs par omnibus automobiles (trains Renard), entre Paris (porte de Yincennes), et Saint-Maur (porte de Chennevières).
- Alliages de cuivre et d’arsenic. — Le professeur Friedrich, de l’Académie des Mines de Freiberg, a étudié récemment les alliages de cuivre et d’arsenic; et il a constaté que, pour ainsi dire, jamais l’arsenic n’y était à un état bien stable, qu’il suffisait le plus souvent d’une exposition prolongée à une température de 3oo° pour le chasser à peu près complètement.
- Production des terres à incandescence aux États-Unis.—On exploite aujourd’hui, pour les manufactures de lampes électriques et de becs à incandescence, la mo-nazite, le zircon, la gadolinite, la columbite et autres minéraux du tantale, principalement la monazile dont la demande va sans cesse croissant. Le gisement originel de ces minéraux est toujours dans des dykes de pegrna-tite; ,mais la monazite s’exploite d’habitude daus des alluvions, où elle a été concentrée par le remaniement de gneiss à semblables veines pegmatoïdes. La monazite varie du jaune clair au brun résineux et au vert, avec une densité de 4.64 à 5,3. Son prix tient surtout à la proportion d’oxyde de thorium, qui peut varier de 3 à 9 pour ioo dans ie produit commercial. On extrait, en outre, un peu dé cérium utilisé comme oxalatc de cérium en droguerie. Certains de ces minéraux sont radioactifs, mais uniquement en raison de d’uranium, la proportion de thorium n’ayant aucune influence. Le zircon et la gadolinite servent pour les lampës Nernsl (la gadolinite à cause de son yttria). La gadolinite du Texas arrive à 44 pour ioo d’oxydes d’yttrium et d’erbium, tandis que celle du Colorado ne dépasse pas 22 à 28 pour 100. Enfin l’on recherche, depuis 1904, les minéraux du tantale en raison surtout de la résistance qu’oppose ce métal aux très hautes températures des lampes à incandescence et
- de sa ductilité qui permet de l’étirer en lils très lins. Les recherches de la maison Siemens et llalskc ont, en effet, montré l’intérêt d’augmenter la température pour accroître l’éclat d’une substance incandescente. La monazite est extraite aux État-Unis daus la Caroline du Nord et, accessoirement, dans celle du Sud; le zircon vient également de la Caroline du Nord (llenderson-Countyj tandis que la gadolinite provient du Texas (Liano County) et la colombite du Dakota Sud. Voici quelques chiffres statistiques. En 1893, on ne dépassait pas 35 000 francs pour la monazite; en 1895, on a atteint 700000 ; puis il y a eu une chute brusque. Enfin, en 1904, on a extrait environ 337 tonnes de ces divers minéraux valant 426 000 francs. La même année 011 a importé aux Etats-Unis 26 tonnes de nitrate de thorium valant x 200000 francs.
- Traitements aurifères. — Il s’agit encore de la fameuse extraction de l’or contenu dans l’eau de mer, Un Belge, M. de Wilde, vient de faire breveter un procédé consistant à traiter une tonne d’eau de mer par 5 centimètres cubes de chlorure d’étain aqueux concentré; l’or est converti eh pourpre de cassius et précipité par l’addition subséquente de 5oo grammes de chaux éteinte, avec de l’hydrate de magnésium et un excès d’étain. On extrait l’or de ce précipité au moyen d’une solution diluée de cyanure de potassium, et l’on isole par l’une des méthodes courantes dans le pi'océdé au cyanure.
- Les jours d’hiver les plus froids. — Notre confrère Ciel et Terre publie un tableau très bien fait indiquant pour 16 hivers échelonnés de i833 à 1884 les températures les plus basses atteintes chaque mois. Contrairement à ce que l’on pourrait croire tout d’abord c’est au cours de février que la plus basse température de l’hiver est généralementatteinte. Ainsi sur les 16 hivers cités, le minimum de température est atteint 7 fois ou février, 4 fois en janvier, 2 fois en mars, 2 fois en novembre et 1 fois en décembre.
- Le mouvement des métaux précieux en France. —
- Les importations d’or en France ont atteint, depuis trois ans, des chiffres considérables. Si l’on s’en tient simplement aux chiffres accusés par les statistiques de la douane, qui ne tiennent naturellement pas compte du numéraire apporté par les voyageurs, notre stock d’or a, dans ces trois dernières années, augmenté de x milliard 364 millions, tandis que le stock d’argent a diminué de 4 millions.' En 1905, nous avons importé une valeur totale d’or et d’argent égale à 879 millions, tandis que nos exportations correspondantes n’ont pas dépassé
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- INFORMATIONS
- 243 millions. Pendant l’année 1904, les entrées avaient été de 755 millions et demi, contre 441 millions et demi seulement en 1903. Quant aux sorties, elles ne varient guère : elles ont monté à 234 millions et demi en 1904 et à 238 millions en igo3.
- Ce résultat concorde avec les progrès notables de notre commerce à l’étranger, nos échanges avec l’extérieur ont atteint en 1906, 9435 millions contre “8g53 en 1904. En igo5 nos exportations ont dépassé nos importations de 87 millions.
- Tremblements de terre. — Une secousse de tremblement de terre, d’une durée de 8 secondes, a eu lieu à Catauzaro, en Italie, le 11 février à 3h45'“ du malin; une seconde secousse plus forte que la première a été ressentie dans le même village le 14 février à 11 heures du soir. Des informations deTumaco et d’Esmeralda, sur la côte de Colombie et de l’Equateur, dans l’océan Pacifique, télégraphiées de Guayaquil, ont annoncé qu’un violent tremblement de terre a été ressenti dans ces localités. La mer a envahi les terres. Des maisons se sont écroulées ; il y a eu de nombreux morts et blessés. A Tuinaco, ont a constaté dix-huit secousses qui ont laissé de grandes crevasses dans le sol. Ces perturbations sismiques expliquent la récente interruption des câbles des Antilles et du Sud-Pacifique.
- Le 16 février, dans l’après-midi, une secousse de tremblement de terre s’est fait sentir à La Dominique (Antilles) ; il y a eu des dégâts à Port-Castries et à Sainte-Lucie.
- Un câblogramme de Fort-de-France au Ministère des colonies a appris qu’une violente secousse sismique a eu lieu dans toute La Martinique, vers ih35m du matin, dans la nuit du 17 au 18 février; une deuxième secousse a été ressentie vers 3 heures du matin. Il n’y a pas d’accidents de personnes.
- Le charbon au Spitzberg. — On sait depuis longtemps qu’il existe un certain nombre de gisements de lignite au Spitzberg. Dans ces deux ou trois dernières années les Norvégiens avaient procédé à la reconnaissance de ces gîtes de combustible minéral et à l’examen de leurs conditions d’exploitation. Ces études préliminaires terminées, une société norvégienne américaine vient de se constituer à Trondhjem pour l’exploitation de ces gisements. Le icrmai prochain commenceraient les installations, et dès l’été 1907 l’exploitation pourra, espère-t-on, être commencée. La richesse des gîtes reconnus est évaluée, d’après le Verdens Gang, de 23o à 460 millions détonnes. Ces houillères arctiques comptent trouver un débouché dans la Norvège septentrionale où le charbon anglais se maintient à des prix élevés.
- Importations européennes au Transvaal. — D’après un rapport récent de M. Chevalley, consul général de France à Prétoria, les importations de marchandises en Afrique australe sont déjà notablement supérieures à celles dans les deux autres grands dominions britanniques : j324 millions en 1903 pour l’Afrique australe contre 1140 au Canada et 945 en Australie. Pour l’Afrique australe, presque tout provient de l’Europe, qui a ainsi un client de premier ordre. Pour le Transvaal seul, les pays autres que l’Angleterre fournissent près d’un tiers; mais il est regrettable de constater que ces pays sont les Etats-Unis et l’Allemagne; la France n’intervient que pour un quinzième. L’Afrique australe se trouve encore dans cette situation particulière d’importer tout ce qu’elle consomme et d’exporter en échange à peu près uniquement de l’or et des diamants, qui pourraient tenir chaque semaine dans une seule caisse. Les prix des denrées alimentaires principales sont, en moyenne, à Prétoria le double et quelquefois le triple de ce qu’ils sont à Paris.
- Un pont sur le Nil. — C’est au Caire qu’on le construit. Il s’agit d’un ouvrage qui n’aura pas moins de 543 mètres de long et qui donnera passage au tramway électrique devant conduire auprès des pyramides ; la distance entre les piles successives sera de 42?67 mètres, mais, en réalité, une pile sur trois seulement supportera une poutre cantilever, qui formera porte-à-faux de chaque côté jusqu’à la pile voisine.
- La protection des arbres à l’école. — « Avec le dernier arbre disparaîtra le dernier homme », a prophétisé Michelet. Trop longtemps des forestiers professionnels, et en tête les deux Fabre (de Nîmes et de Dijon) ont, par
- l’exemple pratique et la publicité, proclamé presque dans le désert l’urgence du reboisement et de la lutte contre la déforestation, et l'insuffisance des mesures et crédits affectés à la conservation des arbres. Enfin, le gouvernement s’émeut, les ministres de l’Instruction publique, M. Bienvenu-Martin, et de l’Agriculture, M. Ruau, se sont mis d’accord pour faire pénétrer dès l’école, dans l’esprit des jeunes Français l’idée de péril national qui s’attache à la destruction des arbres.
- M. Bienvenu-Martin vient d’adresser aux préfets la circulaire suivante : « D’accord avec le ministre de l'Agriculture, j’ai décidé qu’il serait tenu compte à l’avenir, aux intiluteurs et institutrices publics, des notions de sylviculture et d’amélioi'alions pastorales qu’ils auraient données à leurs élèves. Le ministre de l’Agriculture a bien voulu me faire savoir qu’il a adressé des instructions aux agents des eaxix et forêts pour l’organisation de l’enseignement dont il' s’agit. J’estime, en outre, qu’il conviendrait de susciter la création de sociétés scolaires forestières. Je vous prie, en conséquence, de vous concerter avec Finspecteur d’académie pour que, après entente avec les agents des eaux et forêts, les instituteurs soient mis à même de donner ces notions nouvelles à leurs élèves et encouragés à fonder ces sociétés scolaires forestières, qui ne manqueront pas de rendre d’utiles services à l’agriculture. »
- La bibliothèque de Pompéi. — On vient d’établir qu’il faut considérer comme une bibliothèque un des édifices de Pompéi situé sur le forum et regardé comme un temple des dieux de la cité. La comparaison du plan avec ceux des bibliothèques de Timgad et d’Ephèse récemment publiés autorise celte interprétation.
- Canaux de navigation intérieure aux Etats-Unis.
- — On se propose, paraît-il, de transformer complètement le canal Erié, aux Etats-Unis, afin de faciliter les communications directes de New-York avec les Grands Lacs. O11 a l’intention de mettre cette voie d’eau à même de recevoir des chalands de 1000 tonnes de port en lourd.
- Un nouveau cuirassé autrichien. — Le nouveau cuirassé autrichien, Erzherzog Friedrich, vient d’accomplir avec succès ses derniers essais, dans l’Adriatique. Construit dans les Etablissements techniques de la Marine à Txûesle, ce navire répond parfaitement à son but, puisqu’il a atteint une vitesse de 20 nœuds 57, alors que le programme ne lui demandait que 19 nœuds 200. Cette nouvellé forteresse flottante a un déplacement de 10600 tonnes. Elle est mise en marche par deux groupes de machines ayant une puissance totale de 18 34o chevaux et actionnant deux hélices. La longueur est i3o mètres. La quantité du combustible emporté égale 1200 tonnes. Son artillerie se compose de 16 grosses pièces, de 32 canons légers et de 2 tubes lance-torpilles submergés. Quant à la cuirasse de protection, elle présente les épaisseurs suivantes : ceinture, 22 centimètres ; cuirasses latéi’ales, i3 centimètres; tourelles barbettes, 24 centimètres.
- L’activité maritime au Japon. — La guerre à peine terminée, les Japonais s’occupent déjà d’améliorer leurs ports. A Osaka les travaux d’extension sont commencés ; mais ce qui tient le plus au cœur des Japonais, est l’approfondissement de la baie de Tokio, qui deviendrait ainsi un des premiers ports du monde. De tous côtés les chantiers de construction ont augmenté dans de considérables proportions ; on en compte 200, dont g5 pour 100, il est vrai, pour la construction des jonques : les autres construisent des vapeurs (chantiers et ateliers de Kobé, de Yokohama, de Tokio et Oraga, d’Osaka, de Bingo). Les arsenaux de l’empire sont : Yokosuka, dont les trois grandes cales peuvent contenir les plus grands cuirassés existants, lvuré, Sasebo et Maizuru.
- Le prix d’un livre. :— Au cours de la vente des ouvrages de la célèbre collection Trau.à Vienne, le prix moyen des ouvrages allait de 2à3ooo francs. Un volume de Cicéron (Officia et.Paradoxa), édition Fust et Schœffer, Mayence, 1405, in-4°, ne fut acquis que pour 47 à5o francs, ce qui avec les frais de vente représente en réalité 51975 francs. Il y a dix ans on le vendait à Londres pour 3075 francs.
- Une centenaire. — Nous apprenons la mort à Bidache (Basses-Pyrénées) de Mme Marie Daraignes, qui était appelée dans le pays « la doyenne des femmes de France ». Elle était née en l’an VII (3 juillet 1799); elle était donc âgée de 107 ans.
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- C{§^ Automobilisme
- Dispositif pour le chauffage de la direction sur les automobiles. — M. Coan, de Londres, en a combiné un, mais nous pensons bien que, si l’invention a été brevetée, ce qui nous étonnerait un peu, du moins le principe peut donner lieu à de multiples applications diverses.
- On sait que les mains du mécanicien conducteur de voiture automobile, constamment obligées de demeurer sur la direction, se refroidissent assez aisément,
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- Dispositif pour le chauffage (le la direction sur les automobiles.
- en dépit des gros gants fourrés. Ici il s’agit d’utiliser l’eau de refroidissement du moteur à aller chauffer la roue de direction. Bien entendu cette roue C est creuse et dotée de rayons creux, qui ne 1’aflaibliront pas si elle est bien établie; on pique, sur le tuyau de circulation de l’eau un branchement muni d’un robinet en bronze A, qui arrête l’eau de circulation quand elle arrive du moteur, et la fait passer dans le tube de dérivation B, à condition naturellement que le robinet A soit ouvert. L’eau circule dans toute la roue de direction et s’en va ensuite, par le tuyau D, jusqu’au radiateur. Une tige G F à' mouvement de sonnette permet d’ouvrir .ou de fermer à volonté le robinet de dérivation, suivant que le besoin de chauffage se fait sentir ou non.
- Appareils électriques
- Appareils électriques de poche. — On recherche aujourd’hui de tous côtés des petits appareils électriques de poche, voltmètres, ampèremètres, etc., pour mesurer de faibles tensions et de faibles intensités. Nous avons eu l’occasion dernièrement d’examiner le petit modèle de voltmètre que représente la figure ci-jointe. Il appartient au système d’Arsonval à cadre mobile, qui a été modifié dans son montage par le chapeau qui contient le fer doux central. Ce chapeau, èmbouti sur les côtés, serre le fer doux, et l’oblige à se centrer mécaniquement de manière que le flux magnétique agisse symétriquement par rapport au cadre mobile. Ce dernier est plus ou moins bien centré, ce qui dépend du centrage de l’axe supportant le fer doux ; toutes ces actions dépèndent évidemment du montage premier. En tenant compte de toutes ces conditions dans une fabrication soignée, on obtient un petit appareil apériodique garanti de haute précision. --Les appareils électriques de mesure sont en vente à la compagnie F. A. C. Fau-vin et Amiot, 81, rue Saint-Maur, à Paris (11e).
- Signal lumineux électrique. —- Tout le monde connaît ces indicateurs de sonnerie dont l’emploi est partout répandu ; ils consistent en des petits voyants magnétiques, placés dans un tableau spécial, et portant chacun un numéro désignant l’endroit où l’appel a été fait sur la
- Voltmètre de précision.
- sonnerie. Dès que celle-ci fonctionne, le voyant apparaît sur le tableau. Malgré tous les soins d’entretien, le fonctionnement de ces appareils présente quelques difficultés. MM. Ch. Mildé fils et C‘“, constructeurs électriciens, viennent de modifier ces tableaux ; ils ont remplacé le voyant magnétique par une petite lampe à incandescence qui s.’allume lorsque l’on appuie sur le bouton d’appel. Tant que l’on presse sur le bouton, la sonnerie fonctionne; dès que la pression cesse, elle s’arrête, et au contraire la lampe à incandescence reste allumée, tant que l’on n’est pas venu au tableau fermer le circuit en appuyant sur un bouton spécial. Cette disposition supprime les piles et par suite leur entretien.L’énergie électrique peut alors être fournie par une petite batterie d’accumulateurs, disposée à cet effet, et montée avec une résistance dans le circuit du secteur de distribution; la batterie est ainsi rechargée continuellement sans qu’on ait à s’en préoccuper. Dans les distributions à courant alternatif, un petit transformateur est placé dans le circuit de la canalisation. Ces différentes dispositions assurent un fonctionnement plus régulier, permettent d’avoir des appareils de dimensions plus réduites que l’on peut placer même dans des endroits sombres. Enfin l’appareil est plus robuste et les contacts sont mieux assurés. On peut également établir un contrôle; une petite lampe fixée au-dessus du bouton d’appel s’allume quand on appelle; elle s’éteint quand on éteint la lampe du tableau. — Ce nouveau signal lumineux se trouve chez MM. Ch. Mildé fils et Cio, 56-6o, rue Desrenaudes (avenue Niel), Paris (17e arr.)
- Signal lumineux électrique. Indicateur de sonnerie.
- *5> Appareils divers
- Allumage et extinction du gaz à distance. — Nous avons signalé dernièrement un nouveau bec de gaz à allumage électrique par la manœuvre du robinet, voici maintenant le bec « Soleil » qui permet, par la simple pression sur un bouton, comme celui d’une sonnette, d’allumer ou d’éteindre un bec de gaz placé à une distance quelconque. Ce n’est pas le premier, ni le dernier qu’on invente, mais son fonctionnement est sûr ; c’ëst un perfectionnement de l’allumeur pôle, que nous avons décrit autrefois et dont nous nous sommes servi pendant plus de quatre ans avec pleine satisfaction ; pourquoi n’existe-t—il plus? nous l’ignorons, mais il méritait certes plus de succès. Comme lui, le bec « Soleil » ne nécessite qu’wzi seul fil pour l’installation ; le second fil est remplacé par la conduite de gaz elle-même. Il faut huit éléments, genre Lé-clanché à sac et à zinc cir-
- Allumeur-extiucteiir du gaz à distance.
- culaire, pour assurer le fonctionnement pendant plusieurs mois ; il suffit d’assurer 9 volts et x ampère au bec le plus éloigné. L’électro D (n° 1) attire une armature A, qui pivote en T, et porte deux talons a dont l’un vient buter contre l’une des extrémités d’une soi'te d’ancre CC. Suivant celle des extrémités atteinte par le choc; la pièce B, qui est une masse en cuivre plein pivotant par son exti’é-mité inférieure bascule et détermine' l’ouverture, ou la fermeture du robinet. A ce moment l’armature fait corps entièrement avec l’électro; une partie qui dépasse légè-
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- renient l'articulation T (n° a), devient, par suite, le prolongement des pôles de l’électro et attire à son tour une petite pièce de fer doux placée au-dessus d’elle. Cette armature commande un système de tremblcur, analogue à celui des sonneries. Le ressort de rappel est en R et l’interruption du courant est en E ; c’est là que se produit l’étincelle d’allumage, à l’extrémité d’un petit tube Y, qui amène du gaz, et constitue un brûleur auxiliaire chargé d’allumer le bec principal. Par une disposition spéciale du robinet et des pièces B et C, ce brûleur s’éteint dès qu’on cesse d’appuyer sur le bouton, c’est-à-dire aussitôt que l’allumage du bec est obtenu. Pour éteindre, il suffit d’appuyer une seconde fois sur le bouton; on comprend; d’après ce que nous avons dit plus haut, que dans ce cas la pièce B bascule en sens inverse et provoque la fermeture du robinet; dans cette seconde manœuvre le trembleur ne fonctionne pas. On est donc toujours averti quand il s’agit de l’ouverture ou de la* fermeture : dans le premier cas on entend le bruit particulier au trembleur, dans le second cas un coup sec. Cela a son importance pour le cas où, pour une raison quelconque, l’allumage ne se serait pas produit; on est toujours lixé sur la position du robinet qu’il faut avoir soin de ne pas laisser ouvert.
- Avec l’emploi des becs Auer on peut, au moyen de cet appareil, profiter des avantages de la lumière électrique tout en profitant de l’économie que le gaz permet de réaliser sur ce,lle-ci. —L’appareil se trouve chez M. Paul Drapy, 7, rue de Rougemont, à Paris.
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- Un appareil calorimétrique pour le gaz. — La
- question de la puissance calorifique du gaz est de première importance à l’heure présente, étant donné que, pour l’éclairage en particulier, et par suite de l’emploi des manchons à incandescence, ce- qu’on doit considérer, c’est cette valeur calorifique même. Aussi pensons-nous bien faire en signalant ici une disposition ingénieuse qui
- a été imaginée pour évaluer cette puissance, c’est-à-dire un calorimètre à gaz, dont nous donnons la disposition quelque peu schématisée. Il a du reste l’avantage d’être à fonctionnement continu et de lecture très facile.
- Comme on peut le voir dans le dessin ci-joint, le gaz passe d’abord et normalement par un régulateur et un compteur ; puis il vient brûler dans un bec allumé en bas d’une cheminée revêtue d’une couche isolante combattant les déperditions de calorique ; les gaz de la combustion montent à l’intérieur de la cheminée, et viennent chauffer de l’eau qui passe dans le tube en zig-zag indiqué dans la cheminée. L’écoulement de l’eau dans le tube est réglé de façon à être absolument constant, et la température de cette eau, avant qu’elle subisse l’influence de ces gaz de combustion et après, est enregistrée d’une manière, on peut dire continue, à l’aide de thermomètres à résistances en platine reliées à un enregistreur Callendar. On sait donc la quantité de chaleur donnée à l’earr dans un temps donné, et l’on en déduit la puissance calorifique du gaz, puisque toute la chaleur pour ainsi dire de la combustion du gaz est transmise à cette eau.
- Appareil de mesure des liquides. — Il n’est pas toujours possible de mesurer exactement le volume des liquides. M. Grimault a construit dernièrement un appareil très simple qui facilite notablement cette opération. Cet instrument est formé de deux vases superposés. Dans le vase supérieur formant entonnoir, on verse, à jet continu, ou par intermittence, le liquide qui s’écoule par l’orifice d’un clapet dans le vase inférieur. Ce dernier, dit vase mesureur est d’une capacité déterminée : un, cinq, dix litres, etc., et est muni d’un robinet pour effectuer la vidange. Une poignée, destinée à ouvrir et fermer
- ledit robinet, est reliée au clapet séparant les deux vases par un levier particulier qui actionne en même temps un numéroteur fixé sur l’instrument. Enfin, un tube de verre gradué est adapté au vase mesureur pour permettre de suivre le fonctionnement de l’appareil et de reconnaître le liquide qui reste quand il n’est pas entièrement vidé. La mise en fonctionnement consiste simplement à placer l’appareil comme un entonnoir ordinaire sur un fût on sur un récipient quelconque et à y conduire du liquide. Dès que le vase mesureur est rempli, on soulève la poignée pour l’introduire dans la rainure qui permet d’ouvrir le robinet ; cette simple manœuvre fait fermer au préalable le clapet d’alimentation, ouvre une prise d’air, actionne le numéroteur et l’écoulement du liquide mesuré s’efleclue alors ; puis l’opération recommence aussitôt que la poignée est retirée. Le liquide qui était accumulé dans le vase supérieur s’engouffre dans le mesureur.
- Lorsqu’un fût est plein, si par exemple on se sert d’un compteur de dix litres, on regarde le chiffre du numéroteur qui est vingt et un, on constate donc que le fût contient deux cent dix litres moins ce qui reste dans le mesureur en cas de fraction. Pour ramener le numéroteur à zéro, il suffit de tirer légèrement le bouton jaune placé sur le côté. Le robinet est toujours fermé quand le clapet peut être ouvert et vice versa. Il ne peut donc jamais y avoir de fausse manœuvre commise, et pas une opération ne peut être faite sans que le numéroteur l’enregistre. Le numéroteur est muni d’un dispositif qui permet de mettre un cadenas, et de contrôler ainsi toutes les quantités mesurées. Ces instruments peuvent être utilisés pour tous les liquides : vins, alcools, bières, pétroles, lait, huiles. Ils sont construits en fer-blanc étamé, en cuivre étamé et en nickel. — L’appareil de mesure des liquides se trouve chez M. Grimault, 14, rue du Soleil-d’Or, à Chartres.
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- Apparcil (le mesare des liquides.
- Divers
- Attaches flexibles pour emballages. — Elles portent le nom anglais, ou plus exactement américain, de Acme Clasp ; et le fait est quelles sont de fabrication américaine. Elles se présentent primitivement, avant emploi, sous l’aspect de la figure n° 1, c’est une sorte de lame d’un métal assez flexible, et pourtant fort résistant, lame qui se termine à ses deux extrémités par une pointe acérée pénétrant parfaitement dans le bois quand on y applique un vigoureux coup de marteau, donné bien verticalement. Si donc on pose l’attache avec ses deux pointes perpendiculairement à la surface de deux planches mises côte à côte, et qu’on enfonce, l’attache formera un lien très solide. On peut aussi la courber sur l’angle d’une caisse, au contact du couvercle en bois et des parois de ces seaux de bois qu’on emploie de plus en plus pour emballage.; et la lame, se repliant aisément, formera pourtant Attache flexible
- un lien des plus résistants qui pren- pour emballages,
- dra appui dans les deux parois de
- bois, grâce aux deux pointes enfoncées dans ce bois. Ce procédé assure une ferqxeture, une solidarisation très rapide, et qui résiste aux manipulations les plus violentes, comme nous avons pu le constater suc des seaux de bois pleins d’eau qui avaient fait le voyage d’Amérique en France. — Ces attaches se font en deux tailles, 55 et 74 millimètres, et se vendent chezM. Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- La gastro-entérite des enfants. — C’est, hélas! une des maladies les plus fréquentes du nourrisson, une de celles qui contribuent le plus à augmenter l'effroyable mortalité infantile et à décimer la population. Souvent elle est le résultat d’une alimentation vicieuse et insuffisante, vicieuse par la qualité du lait coupé, falsifié, et devenu, par les mille hasards de la route qui s’étend de l’étable au débitant de la rue, un véritable poison; insuffisante parce que lorsqu’il est bon ou pas trop adultéré, il est coûteux et que l’on a trop de hâte à suppléer à ce breuvage par l’addition de panades ou de soupes indigestes.
- D’autres fois, au contraire, •—- et ce n’est pas une des causes les moins fréquentes, — l’inflammation des voies digestives est due à la suralimentation lactée, tétées trop prolongées, trop abondantes. Les premiers temps, l’enfant rejette le trop-plein, mais peu à peu l’estomac se dilate, se révolte et ne digère plus ou digère mal.
- Contre la gastro-entérite un des meilleurs traitements est, comme je l’ai indiqué, la diète hydrique ou le remplacement du lait pendant quelque temps par le babeurre. Quand ces moyens ne suffisent pas à enrayer les troubles digestifs on aura recours avec avantage au régime sec préconisé par Gallois. S’il s’agit d’un enfant en sevrage, on lui donnera l’alimentation suivante : un jaune d’œuf, une cuillerée à soupe de fromage, dit Suisse ou.Gervais, étendu d’un peu de lait, une bouillie de i5o grammes, trois ou quatre petits gâteaux secs, et ioo à i5o grammes de boisson, eau bouillie ou lait. Ce régime appliqué deux ou trois jours de suite, aidé parfois d’une potion médicamenteuse à base astringente, sel de bismuth, amènera la cessation des vomissements et guérira presqu’à coup sûr la diarrhée.
- Chez les nourrissons, quand les vomissements et la diarrhée verte ont résisté au traitement hydrique, on peut obtenir de bons résultats d’un régime sec, mais proportionné aux conditions et à l’âge du bébé. On fait prendre sept petits repas composés d’une cuillerée à café de fromage suisse, bien frais, battu avec une cuillerée à soupe de lait et sucré. Dès qu’il y a amélioration on revient à l’alimentation normale habituelle, en supprimant graduellement les petits repas et les remplaçant par un biberon de 35 à qo grammes de lait stérilisé.
- Ce traitement n’est pas, cela est sûr, infaillible, mais il supplée avantageusement la diète hydrique ou les bouillons de céréales, quand ces moyens ont échoué. Le mieux est encore de prévenir les accidents en donnant un lait absolument parfait et en le donnant à des doses rationnelles, conditions qui ne sont, hélas! pas toujours faciles à remplir dans les grandes villes. D' A. C.
- La teinture d’iode. — Il n’est guère de produit pharmaceutique plus employé que la teinture d’iode, solution d’iode métalloïde dans l’alcool. Avez-vous une douleur rhumatismale sur un point quelconque du corps? vite, une couche d’iode et vous éprouvez rapidement un véritable soulagement : névralgies, douleurs musculaires sont justiciables de ce révulsif précieux. Mais, dans combien d’autres manifestations pathologiques ne l’emploie-t-on pas également avec profit? Sous l’influence de l’irritation causée par une mauvaise dent, par l’inflammation de la gorge, on voit apparaître ces chapelets ganglionnaires, symptôme de lymphatisme ; la teinture d’iode, en badigeonnages répétés, amène la rétrocession de ces adénites.
- Mais la teinture d’iode officinale, celle que vendent tous les pharmaciens de France et de Navarre, serait, au dire du professeur Chassevant, fort irritante et provoquerait chez certains sujets des démangeaisons intolérables et une irritation de l’épiderme presque plus douloureuse qu’une véritable cautérisation. Il faut, d’après son conseil, proscrire les teintures d’iode habituelles, et en prendre d’autres.
- L’iode, en solution dans l’alcool, l’éther, l’acétone, donne une liqueur brune ; si on prend comme dissolvants le chloroforme ou le sulfure de carbone, on obtient une teinture violette ou plutôt rouge violacé. Or ces dernières teintures, les violettes, n’auraient aucun des inconvénients des teintures brunes et garderaient l’action révul-. sive à un degré égal.
- Les expériences faites par- le D1' Lafl’ay, et publiées dans la Clinique, confirment les faits énoncés par
- M. Chassevant. Mais ne vous trompez pas; ne mélangez pas de la teinture d’iode alcoolique, ordinaire,'avec du chloroforme, vous obtiendrez un effet caustique de premier ordre. Je dois faire remai’quer en passant que la teinture d’iode, la brune, permet de réaliser au lieu d’application un vésicatoire rapide ; il suffit, dès le badigeonnage fait, de recouvrir d’une couche d’ouate ou d’un tissu imperméable, et, en quelques instants, l’épiderme se soulève comme sous l’action de l’emplâtre cantharidien.
- La teinture d’iode au chloroforme (i gr. d’iode pour i5 gr. de chloroforme) a, sur la teinture alcoolique, l’avantage d’être moins irritante, de ne pas coûter plus cher, et de n’être pas inflammable, tout au moins à un degré très inférieur; de plus cette solution chloroformique se conserve sans altération beaucoup plus longtemps. Quand vous aurez une application externe à faire, demandez la teinture chloroformique, et réservez pour l’usage interne la teinture classique à l’alcool.
- Dr A. C.
- L’eau d’Alibour. — Les vieilles pharmacopées renferment des formules thérapeutiques auxquelles les médecins modernes ne dédaignent pas de recourir dans bien des cas. Avant qu’on connût les antiseptiques couramment usités, nos aïeux usaient de sels corrosifs qui, dilués, mélangés à divers produits, perdaient une partie de leur pouvoir caustique et constituaient de très bons antiseptiques. Un de mes maîtres à Lyon usait couramment d’un produit encore en usage dans la médecine vétérinaire, la liqueur de Villatte. Il s’en servait pour modifier les vieux ulcères, les fistules interminables et, dans bien des cas, obtenait des succès décisifs. Cette liqueur que les vétérinaires emploient contre la maladie du pié-lin et contre les ulcères fongueux est une composition mixte de sulfate de cuivre, sulfate de fer, chlorure de sodium, chaux éteinte, vinaigre ; au fond c’est une solution caustique d’acétate de cuivre et de chaux.
- Un de nos plus distingués dermatologistes a recueilli de même une vieille formule due à un médecin de Henri 1Y, Alibour, et qui, de ce fait, porte, dans les pharmacopées anciennes, le nom d’eau d’Alibour. Cette préparation, connue aussi sous le nom de collyre de Saint-Jerneron, était un des vulnéraires les plus réputés de l’ancien temps. La composition est la suivante :
- Sulfate de cuivre.............. 2 grammes.
- Sulfate de zinc............... 7
- Camphre ....................... 1
- Safran.....................' 4 —
- Eau distillée. ....... 200 —
- Le Dr Saboureau, qui a remis à la mode celte vieille préparation, l’a modifiée un peu, pour les besoins de sa pratique, en diminuant la proportion de safran et augmentant d’un tiers la quantité d’eau.
- Il faut faire macérer le camphre et le safran pendant vingt-quatre heures, ajouter le sulfate de zinc et le sulfate de cuivre dissous séparément, puis laisser reposer pendant encore un jour et filtrer. Telle quelle, l’eau d’Alibour constitue une préparation caustique, une véritable solution mère qu’il faut étendre quand on s’en sert pour les affections de la peau.
- C’est en effet dans les dermatites suppuratives, impétigo, ecthyma, que l’emploi de cette solution donne les meilleurs résultats. Dans ces impétigos tenaces, connus vulgairement sous le nom de gourme, prenez une cuillère à soupe de cette eau, étendez-la de trois cuillerées d’eau bouillie, puis, avec de petits tampons d’ouate hydrophile, humectez, imbibez les croûtes. En très peu de temps, vous les verrez se détacher, etla surface exulcérée et enflammée se cicatriser, à la condition de répéter souvent ces lotions, ces imbibitions. Inutile de'recouvrir la plaie après ce pansement ; il est préférable qu’il sèche tr anquille m ent.
- Je me demande si les bouillies bordelaises et autres ne conviendraient pas merveilleusement dans certaines lésions; antiseptiques puissants contre les parasites de la vigne et des arbi’es fruitiers, caustiques énergiques, ils peuvent, en modifiant les doses ou en les diluant largement, constituer de très bons agents de pansement. C’est le cas de dire qu’on trouve tout dans les vieux livres. D1' A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Taches de produits chimiques. — Leur enlèvement •est en général fort difficile, surtout quand il y a un certain temps qu’elles sont faites ; et l’on risque souvent de détériorer les étoffes qu’il s’agit de détacher. Quoi qu’il en soit, on peut préparer une solution d’hypôchlorure de soude, en faisant dissoudre 60 grammes de chlorure de chaux dans 900 grammes d’eau, en dissolvant, d’autre part, 120 grammes de carbonate de soude dans 3oo grammes d’eau, et en mélangeant les deux solutions, pour les
- faire bouillir et les filtrer ensuite. On traite alors le ti,ssu taché par ébullition dans une certaine quantité de cette hypochlorure, après quoi il faut avoir soin de bien laver. Mais, encore une fois, le procédé est parfois héroïque.
- Graissage des câbles. — Pour les protéger et les faire durer plus longtemps, on se trouve bien de passer sur les câbles de chanvre un enduit composé comme suit : faire fondre ensemble 20 parties de suif et 3o d’huile de lin, ajouter 20 p. de paraffine, 3o de vaseline et 60 de résine; finalement mêler avec 10 p. de graphite qu’on aura au préalable malaxé avec 5o p. d’huile bouillie.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Annales de iObservatoire météorologique physique et glaciaire du Modt-Blanc, par J. Vai.lot. Tomes VI et VII, 216 p., figures et une carte. Paris. Steinheil, 1905.
- Le 6e volume de l’intéressante publication privée de M. Vallot renferme les notices suivantes : Expériences sur la respiration au Mont-Blanc dans les conditions habituelles de la vie, par J. Vallot. — Etudes exécutées au glacier de Tête-Rousse, par Mougin et Bernaud. — Notes sur quelques particularités de la détermination des stations topographiques par relèvement, par H. Vallot.— Appréciation documentaire sur quelques cartes modernes du massif du Mont-Blanc, par II. Vallot. — Etat d'avancement des opérations de la carte du Massif du Mont-Blanc, par H. Vallot.
- Quàrtarzeit in Màhren, par le D1' Martin Kriz. In-8°, 559 p. et 180 grav. Steinitz, chez l’auteur. 1903. Important et complet tableau des feuilles paléontologiques et préhistoriques de l’auteur dans les cavernes de Moravie, depuis 1883.
- Quatre mois de triangulations dans le jnassif Pelvoux-Ecrins, par P. Helbronner. 5 illustrations et 1 carte au 100000e [La montagne, n° du 20 janvier 1906).
- Récit de la troisième campagne géodésique de l’auteur (voir La Nature n° 1706, 27 janvier 1906, p. 138).
- Ze chlorure de sodium (sel marin, sel gemme). — Les potasses et les soudes commerciales, par H. Pécheux, professeur de physique et de chimie à l’Ecole nationale d’arts et métiers d’Aix. Paris. J. B. Baillière et fils, 1906. 1 vol. in-16. Prix : ifr,5o.
- La photoscopie positive par développement, par L. Tranchant. Paris. Charles Mendel. 1 vol. in-16, broché. Prix : 60 centimes.
- Traité complémentaire de photographie pratique, par G.-H. Niewenglowski, professeur de photographie à l’Association philotechnique. Paris. Garnier frères. 1906. 1 vol. in-18 jésus. Prix : 3 francs.
- Carte de VEstérel au 20000°, par E. A. Martel, avec le
- • concours de P. Boissaye, publiée par le Touring Club de France, en cinq couleurs. 20 édition. Paris. H. Bar-rère, 1906. Prix : 2fr,5o.
- Sur la transmissibilité des caractères acquis, hypothèse d’une centro-épigenèse, par Eugenio Rignano. Paris. Félix Alcan, 1906. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque de philosophie contemporaine. Prix : 5 francs.
- Le Jiu-Jitsu pratique, méthode de défense et d’attaque enseignant cent moyens d’arrêter, immobiliser, terrasser, conduire ou emporter un malfaiteur même armé, par Charles Péchard, commissaire de police de la Ville de Paris, ouvrage illustré de 142 photographies d’après nature. Jules Ruefï, éditeur, 6 et 8, rue du Louvre, Paris.
- Prairies et pâturages (Praticulture moderne), par II. Com-
- pain, chef de pratique agricole à 1 Ecole nationale d’agriculture de Rennes. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-8°. Prix : broché, 3 francs; relié, 4 francs.
- Herbier classique, par F. Faideau, 5o plantes caractéristiques des principales familles, analysées et décrites. Paris. Librairie Larousse. 1 vol. in-8°. Prix : afr,25.
- Principes et recettes, par P01. Ravigneaux et J. Izart, Paris. IL Dunod et Pinat, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 7fr,5o.
- Théorie et pratique de Vhorlogerie â l’usage des horlogers et des élèves des écoles d’horlogerie, par E. James, professeur à l’Ecole d’horlogerie de Genève. Paris. Gauthicr-Villars, 1906. 1 vol. in-16. Prix : 5 francs.
- Vannée électrique, électrothérapique et radiographique, revue annuelle des progrès électriques en igo5, par le D' Foveau de Courmeli.es. Sixième année. Paris, Liège, 1906. Ch. Béranger. 1 vol. in-12, broché. Prix : 3fr,5o.
- LJ année technique (igo5). Construction et architecture, technologie générale, locomotion et transports, chemins de fer, par À. Da Cunha, ingénieur des Arts et Manufactures, avec préface de A. Dastre, de l’Institut. Paris. Gauthier-Villars, 1905. 1 vol. in-8°. Prix : 3r‘,5o.
- Les inventions industrielles 11 réaliser, recueil de 5a5 questions à résoudre pour répondre aux besoins actuels de Vindustrie, par IIugo Michel, ingénieur de l'office allemand des brevets, traduit de l’allemand, par Louis Druinage, ingénieur civil. Paris. FI. Dunod et E. Pinat, 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 2 francs.
- Manuel d’électricité théorique et pratique, par II. Bouasse et L. Brizard. Paris. Ch. Delagrave. 1 vol. in-12.
- Ze monde et la guerre Russo-japonaise, par André Ciié-radame. Paris. Plon, Nourrit et Cie, 1906. 1 vol, in-8°. Prix : 9 francs.
- Manuel de la fabrication des accumulateurs, par F. Grunwald, ingétiieur, traduit par P. Grégoire, ingénieur. Paris. H. Desforges, 1906. 1 vol. in-12. Prix : broché, 5 francs ; relié percaline, 6 francs.
- Die Landwirtschaftliche Volksweisheit, par Alexis Yer-molofe.(iervol. Der Landwirtschaftliche Yolkskalender). Leipzig, igo5. Brockhaus. 1e1' volume de la traduction allemande du grand recueil de proverbes populaires (la Sagesse populaire agricole) déjà publiée en russe en 4 volumes. •
- A contribution to the oceanography .0/ the Pacific, by James.M. Flint. Washington. Government printing office, igo5. 1 vol. in-8° (Bulletin of the United States National Muséum).
- Monograph of the isopod of North America, bÿ II. Richardson. Washington. Government printing office, igo5. 1 vol. in-8° (Bulletin of the United States National Muséum).
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par scs abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Ascenseurs électriques G. Wüst et C“, 58, avenue de la République, à Paris.
- Communications. — M. le professeur Forel, de Genève, nous envoie un récent et très intéressant mémoire relatif kla.F'loraison des Bambous. C’est une étude documentaire venant faire suite à un précédent mémoire, relatif à la même question. L’auteur fait remarquer qu’il y a .une grande diversité dans les bambous au sujet de leur floraison, depuis la plante annuelle jusqu’à celle qui présente le maximum de complication. Celle-ci offre une génération alternante plus ou moins parfaite ; il y a alternance entre la génératiom asexuée, qui se reproduit par bourgeonnement de turions ou de rejets et la génération sexuée qui donne des fleurs et meurt après la floraison. La période entre deux floraisons varie de i an à io,3o,6oans etplus suivant les espèces. Enfin de la constatation de la simultanéité entre les floraisons de divers types de bambous, l’auteur arrive à la notion d’espèces physiologiques constituées par les bambous qui fleurissent en même temps.
- Renseignements. — M. de SainDGe^rge, à Genève. — Pour éviter l'étalement des couleurs et les taches sur le coton qui vous sert à peindre les cartes et ne pas être empêché de rouler l’étoffe, le,meilleur-jnoyen est de passer sur celle-ci, avec une brosse à tableaux courte, du fixatif de J.-C. Vibert, puis de le laisser bien sécher et ensuite de dessiner la carte et de la colorier avec des coule.urs à l’aquàrelle en tube ou en pastilles, comme celles que vous employez. Sur,notre demande, MM. Le-franc et Çio, fabricants de couleurs, x8, rue de Valois, ont fait un essai sur calicot, la toile de coton la plus défectueuse pour ce travail ; il a donné d’excellents résultats. Vous trouverez les produits indiqués à cette maison. Le fixatif peut d’ailleurs être passé sur le dessin sans crainte de l’altérer.
- M. Isid. Soûl, à Caen. — i° Préparations microscopiques, chez MM. Deyrolle frères, 46, eue du Bac, à Paris ; réactifs, colorants, ustensiles, chez MM. Krauss et Ci0, 21, rue d’Albouy, Paris. — 2° Manuels de technique microscopique : Beauregard : Le microscope et ses applications (2fr,5o); Beauregard et Galippe, Guide pratique pour les travaux de micrographie (15 francs), à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris; Couvreur, Précis de microscopie (4 francs); Duval, Technique microscopique et histologique (3fr,5o), librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris.
- Abonné n° 9867-6761. —Le sujet que vous nous signalez est en effet très intéressant et nous vous remercions de votre indication. Nous ne perdrons pas de vue la question.
- M. Lluguenin, à Genève. — Nous ne connaissons ni la Crysalide, ni aucun ouvrage qui s’y rapporte. Vous pourriez peut-être vous adresser à une fabrique de couleurs comme la maison Lefranc et Cio, 18, rue de Valois, Paris.
- M. A. P., à Grenoble. — i° Fabricants d’instruments de microphotographie : MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Geimain, Lumière et fils, -avenue de l’Opéra, Ivrauss et Cie, 21, rue d’Albouy, à Paris. — 20 Bibliographie de la microphotographie : nombreux ouvrages chez M. Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas, à Paris, et aussi : Choquet, La photomicrographie histologique et bactériologique, 6 francs, à la Société d’éducation scientifique, 4, rue Antoine-Dubois, Paris.
- M. V, Picard, à Dienay. — Nous avons donné l’adresse relative aux tissus thermophiles'dans la Boîte aux lettres de notre n° 1706. C’est M. Camille Hergott, ingénieur au Valdoie, près Belfort qui les fabrique.
- M. Guy, à Pons. — M. Francis Marré, i5, rue Saint-Hilaire, à Colombes (Seine).
- M. M. II., à X. — Voici un procédé qui vous permettra de donner au plus laid ciment la patine d’un Tana-gra : Sur une plaque de verre, disposez du blanc d’Espagne en poudre, de l’ocre jaune en poudre et du vert anglais n° 3. Avec un pinceau assez ferme, enduit de colle de peau fondue, appliquez sur la statue, préalablement enduite d’une couche épaisse de tripoli délayé dans de la colle, de la poudre blanche et de la jaune, en alternant et en tapotant. Saupoudrer çà et là de poudre verte pour imiter la moisissure. Puis blaireauter la statue et laisser sécher. Il faut opérer avec verve, et ne pas du tout s’efforcer d’avoir une facture régulière, qui serait lourde et désagréable.
- M. Breton, à Saint-Maurice. — Pour les procédés de trempe ou de durcissement de l’or, veuillez consulter le manuel Roret Bijoutier-Orfèvre, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- M. A. M., Paris. — Nous avons indiqué un procédé de récupérage par voie électrochimique de l’étain des rognures de fer-blanc dans nos Beceltes etJProcédés utiles, iro série, librairie Masson et C‘e, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Ch. Cartier, à C e 11 e s - s u r -Plaine. — Nous ne possédons pas l’adresse que vous demandez, mais vous l’obtiendrez facilement en écrivant au directeur de l’usine hydraulique de Chèvres, près Genève.
- M. J. 1J., à Paris. —- i° Livre de médecine à l’usage des familles : Dictionnaire illustré de médecine usuelle, par le Dr Galtier-Roissière, librairie «Larousse, 19, rue du Montparnasse, Paris. — 20 Consultez le manuel de VAceordeur de pianos, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- M. L. Chalas, à Neuilly. — i° -Sur le vernissage du bois avec le vernis à tampon, voyez des manuels Roret : -Ebéniste et tabletier-, fabricant de vernis, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille. — 20 Bains destinés à colorer l’or : ces bains varient avec les procédés de dorure. Vous en trouverez le détail complet ainsi que les procédés opératoires dans l’ouvrage Dorure, Argenture, Nickelage, Galvanoplastie, par E. Keignart, chez l’auteur, 120, rue Championnet, à Paris, ou dans le Manuel Roret de Galvanoplastie, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- M. H. W.,kG. — i° Nettoyage du cuir : nous vous conseillons des lavages avec de la potasse et de l’eau chaude. — 20 Pour nettoyer les objets en bronze, les laver avec une eau légèrement additionnée d’acide chlorhydrique.
- M. A. Varouhas, à Paros-Cyclades. — i° Le fait d’isoler un lit du sol en lé faisant reposer sur des pièces de verre ne constitue nullement un moyen de protection contre la foudre. — 20 Le seul moyen de se garer de la foudre est l’établissement d’un paratonnerre bien installé.
- M. Boucher, à Paris.— Vous trouverez des renseignements sur la fabrication et les applications du carton comprimé dans le manuel Roret du Mouleur, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. A. Cardot, à Alger. — Pour nettoyer une brosse à soies blanches et fines, la mettre tremper dans de l’eau additionnée légèrement d’eau sédative (après l’avoir savonnée s’il y a lieu).
- M. L. Zanipa, à Ponte San Giovanni. — i° Nous ne connaissons pas d’ouvrages spéciaux relatifs aux moulins à vent. Veuillez vous adresser à la librairie II. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins,.à Paris. — 20 Le blanc d’Espagne est de la craie pulvérisée, c’est du carbonate de chaux impur.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Aug. Falot, à Fameries. — Nous vous conseillons de consulter de préférence un architecte expert. — M. L. Vallet, à Pau. — Nous ne connaissons pas de produit possédant cette propi'iété. Tous nos regrets. — M. A. Veber, à Argelès. Voyez à ce sujet le recueil de Recettes et Procédés utiles, ire série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. H. Carnoge, à Montoire. Voyez le même recueil, 2e et 3e séries, même librairie. — M. A. Forel, à Genève, Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES UU MATIN THERMOMÈTRE VL.N T DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL l'LUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 lévrier. . .' — ü°,ü ('.aime. Nuageux. 0,0 Gelée bl ; trace de neige à T(> h.; nuageux.
- Mardi 13 - i°,8 S. 1. Dean. » Gelée Jd. ; givre ; nuageux; halo.
- Mercredi 1 i 0",Ü ' S. W. 1. Couvert. 0,1 Gelée bl. ; un peu de neige avant le jour ; rouvert.
- Jeudi 13 P,l S. S. E. 2. Couvert. 2,2 Ge'ée ht.; un peu de neige avant le jour; pluie de 11 h. à 18 h.; eouv. jusqua 18 h. ; beau ensuite.
- Vendredi lli — 01,2 S. S. W. 3. Couvert. 0,9 Gelée 1)1.; givre; halo; petite pluie de 12 h. à 18 h.; eouv.
- Samedi 17 O1,7 S. -S. W. 3. Couvert. 1,0 Averse à 0 h. 30; pluie de 1 h. à 5 h.; gouttes de 8 h. à 10 h. ; couvert.
- Dimanche 18 8\0 S. 2. Couvert. 0,3 Pluie de 0 h. 30 à 1 h. 30; gouttes à div. repr. ; eouv.
- FEVRIER 1906. — SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 FEVRIER 19G6.
- Mercredi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- 790;
- 780
- 770
- 760
- 750'ï-
- 6 MIDI 6 MiN 6 MIDI ' 6 : MIN .6 MIDI. 6 MIN ,6 MlCI 6 MIN 6 Tiijbi ë (ClIN. 6 MIDI : 6 MIN . 6 MIDI- 6
- .740
- 73 0 -
- 1
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- 35°
- 30°
- 25°
- 20°j 150 10°
- 10"
- 15e
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0à 10: les {lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Lo temps a été pluvieux, et neigeux dans toute la semaine du 12 au 18 février. Le 12 février, la pression barométrique était basse sur toute l’Europe, inférieure à 745 mm sur la mer du Nord et la Provence, elle était à Paris ySo mm. Les neiges et les pluies ont été abondantes dans le Sud; on a recueilli 3q mm d’eau à Marseille, 39 mm d’eau à Toulon, 26 mm à Biarritz. La neige est tombée à Toulon, et à Grenoble en grande quantité; à Paris, dans l’après-midi, il n’est tombé que peu de neige et quelques gouttes. Le thermomètre marquait le matin -— i° à Paris, —i° à Nantes, o° à Toulouse, — 7n au Puy de Dôme, — 190 au Pic du Midi. Un vent fort du Nord a soufflé sur les côtes de la Manche et de l’Océan; des mauvais temps d’Est sévissaient au large de la Provence et sur la Méditerranée. Le i3 février, la température s’est abaissée; on notait —5° à Paris, — 20 à Toulouse, —i° à Toulon, •— io° au mont Aigoual. Il a plu à Brest (iô mm), à Besançon (8 mm), à Marseille (5 mm), à Biarritz (5 mm). Le 14 février, une dépression barométrique qui s’étendait à l’Ouest de la Bretagne s’est déplacée vers l’Est, en amenant des chutes de neige, de pluie et de grêle sur nos régions. Il est tombé 4 mm d’eau à Brest, 3 mm à Nantes, 2 mm à Toulouse, 1 111m à Gris-Nez. La température était le matin —i° à Belfort, —• i° à Lyon, o° à Paris, 12° à Alger, —8° au Puy de Dôme, — i5° au Pic du Midi, et —i5° au mont Mounier. La pression à Paris était, à midi, 757,5 mm. Le i5 février, un vent assez fort soufflait des régions Ouest sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. On a recueilli i3 mm d’pau à Biarritz,
- 10 mm à Cherbourg, 7 mm à Brest, G mm à Toulouse, 3 mm à Nice; le matin, à 8h 3om, il est tombé à Paris une pluie mêlée de neige line. lui pression barométrique est restée basse dans le Nord-Ouest et le Sxd de l’Europe ; on observait au contraire de fortes pressions (773 mm) en Russie. A Paris, la pression était de 737 mm. Le 16 février, le thermomètre marquait le malin — 6° à Belfort, — 20 à Clermont, o° à Paris, 70 à Alger, —70 au Puy de Dôme, — 120 au Pic du Midi,
- — 20° au mont Mounier. Il est tombé 34 mm d’eau à Biarritz, 6 mm à Cherbourg, 5 mm à Brest, 4 mm à Nantes, 2 mm à Paris. Dans la banlieue de Paris, on a observé des minima de —3°,6. La pression atmosphérique accusait 759,2 mm. Le 17 février, la pluie est tombée dès minuit jusqu’à ih aS™ et a repris successivement de 4 heures à 51'3om et de 7h 4ora à 11 heures. On a du reste recueilli 22 mm d’eau à Biarritz, 17 mm à Cherbourg, i3 mm à Brest, 10 mm à Perpignan, 3 mm à Dunkerque, 2 mm à Paris. La température s’est relevée notablement; on observait 70 à Paris, 90 à Nantes, n° à Biarritz, o° au Puy de Dôme, —70 au mont Ventoux, —7° au Pic du Midi. Pour Paris, la température moyenne 2°,9 du 16 février était inférieure de o°,5 à la normale, qui était 3°,4- A la Tour Eiffel, le 17 février, à 7 heures du malin, le thermomètre marquait 5°,8. Le 18 février, il a plu à Cherbourg (22 mm), i3 mm à Boulogne, i3 mm à Dunkerque, 6 mm à Brest : . à Paris, il a plu par intermittences depuis minuit. La température était 20 à Clermont, 5° à Toulouse, 8° à Paris, io° à Biarritz, ii° à Alger, o° au Puy de Dôme,
- — 7n au mont Mounier, — 8° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q le 16 à 4 h. 32 m. du matin
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF: E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJe)
- Tout ce qui concerne VAdministration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1710 (3 MARS 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Congrès international d’Anthropologie et d’Ar-chéologie préhistoriques. —La XIIIe session du Congrès international d’Anthropologie et d’Àrchéologie préhistoriques se tiendra à Monaco, sous le haut patronage de S. A. S. le prince Albert Ier et sous la présidence du Dr E.-T. liamy, membre de l’Institut, du 16 au 32 avril inclusivement. Lès adhésions et les cotisations (i5 francs) sont reçues par M. Henri Hubert, trésorier, 74, rue Claude-Bernard, à Paris, avant le 14 mars. Outre les séances dans le nouveau Musée océanographique de Monaco, les excursions suivantes aurontlieule mardi 17 avril aux Grottes des Baoussé-Roussé ; le jeudi 19 avril aux enceintes préhistoriques des « Mules » et du « Mont-Bastide » ; le mardi 24 avril (après le Congrès), dans les environs de Grasse, visite de 7 dolmens, 5 tumulus, 2 enceintes pi’éhistoriques, etc. Une excursion additionnelle est projetée aux Palaffites du lac de Varèse (Italie). Adresser toutes les communications pour le congrès au Dr R. Verneau, 61, rue de Buffon, à Paris.
- La destruction des câbles télégraphiques sous-marins dans le détroit de Messine est due selon M. Pla-tania, à la force des courants sous-marins qu’on ne connaît pas encore bien. On a remarqué px’en déplaçant ces câbles vers le nord, les ruptures étaient moins fréquentes ; elles ont lieu surtout à l’époque des syzigies et en hiver. Les tremblements de terre et éruptions volcaniques n’ont pas une influence bien affirmée, mais on ne saurait la méconnaître complètement.
- Le dessèchement du grand lac Salé. — Selon M. A. Erbstein, et d’après les observations commencées en i863, le dessèchement du grand lac Salé se poursuit fatalement, on peut prévoir qu’il aura disparu dans 25 ans par suite des trois causes suivantes : forte évaporation, existence d’un émissaire souterrain et dérivations agricoles par les riverains, principalement dans les affluents.
- Une station biologique au Groenland. — Une donation d’environ 5o 000 francs vient d’être faite au gouvernement danois pour faciliter l’établissement d’une station biologique au Groenland. Le gouvernement de son côté se chargera de l’entretien de la station, ce qui représente un budget d’environ 3ooo francs par an. On ne saurait trop souhaiter la réussite de cette tentative, très encouragée par les voyageurs arctiques et surtout Groën-landais. -
- Restauration de types fossiles disparus. — Les
- musées d’histoire naturelle américains sont caractérisés par la.présence d’objets dont l’absence est au contraire presque caractéristique de nos institutions analogues :
- ce sont des collections de modèles restaurés des types éteints. Le professeur Osborn a mis à contribution un très grand nombre de ces modèles pour illustrer le discours sur les progrès de la paléontologie des Mammifères pendant la dernière décade, qu’il a prononcé en 190.4 devant le Congrès zoologique international de Berne. Les comptes rendus du Congrès contiennent beaucoup de photographies de ce genre et leur intérêt s’accroît par ce fait que'le travail de reconstitution porte, non seulement sur les proboscidiens relativement récents, mais sur les Titanolhérium et les Broniothérium tertiaires et même sur les reptiles gigantesques du crétacé et du jurassique.
- La culture du millet dans la vallée du Niger. —
- D’après le Bulletin mensuel du Jardin colonial et des Jardins d'essais des colonies (Ministère des colonies), le millet (Pennisetum Spicatum) est l’objet d’une culture importante dans la vallée du Niger, notamment dans la zone nord et dans la zone moyenne. Les indigènes en distinguent deux variétés principales ; l’une précoce, le sou-na, l’autre tardive, le sanio. Le souna est petit, sa tige atteint au plus deux mètres ; la panicule inflorescence constituée par un cylindre d’épillets serrés est tantôt pourvue de barbes, tantôt non : il faut au souna un sol fertile et beaucoup d’engrais ; la semence en a lieu, dès que les premières pluies d’hivernage ont détrempé le sol; dans Tes terres inondées, on le sème sitôt le retrait dés eaux ; la végétation se fait en trois mois ; le grain se conserve mal. Le sanio atteint jusqu’à 4 mètres ; la panicule, dépourvue de barbes, a une longueur de 3o à 4o centimètres ; la semence a lieu au plus tard en juin et la végétation se fait en cinq mois et demi. Le rendement du sanio en panicules est de 900 à i5oo kg par hectare, soit en grains, 600 à xioo kg. Le rendement du souna est presque équivalent, grâce aux qualités spéciales du terrain. Une préparation soigneuse donnée au champ, fait rendre au sanio de 1800 à 2000 kg par hectare. Le rendement en alcool du millet est de 34 pour xoo.
- Le viaduc de Florida Keys. — La ville de Miami, en Floride, ^va cesser d’être la station de chemin de fer la plus méiûdionale des Etats-Unis. O11 a conçu, en effet, le hardi projet de condùii'e les rails jusqu’à Keywest, à l’extrémité de la chaîne d’îlots connus sous le nom de Florida Keys ou Cayes. On utilisera comme piliers de ce gigantesque viaduc de a5o km de long les centaines d’îles basses arrondies en quart de cercle à la pointe de la Floride.
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- INFORMATIONS
- Nouvelles espèces végétales. — Le Bulletin du Jardin impérial botanique de Saint-Pétersbourg décrit un nouvel Aconit (Napellus) et un nouveau Delphinium. Ces deux plantes proviennent de semis faits au jardin impérial avec des graines recueillies au Thibet par M. W.T. Ladygin. Une liste des diverses espèces d’iris comme au Turlcestan en signale plusieurs nouvelles appartenant au type juno.
- Pain de poisson. — Il ne s’agit pas d’un pain pour poisson, d’un appât, mais véritablement de pain destiné à être mangé et fabriqué avec de la farine de poisson de rivière, séché et moulu. Cette farine, très bonne, paraît-il, aussi bien pour l’homme que pour le bétail, a été employée ces temps derniers en certaines régions de Russie, où règne la plus grande disette de blé.
- Tremblements de terre. — La station centrale météorologique de Vienne (Autriche) a signalé le 19 février un tremblement de terre dont le point central était à une distance de 12000 kilomètres; le phénomène avait commencé à 3h22m du matin et avait cessé à 5h3om. Une nouvelle secousse sismique s’est produite le 22 février à midi i3m à Fort-de-France. Le même jour, des secousses de tremblement de terre ont également eu lieu dans les environs de Rome, à Rocca-di-Papa et à Marino.
- Les recherches scientifiques agricoles en Norvège. — Il s'est tenu â Christiania, le 29 décembre 1905, sous la présidence de M. J. Sebelien, un congrès des principales personnes intéressées aux questions agricoles et scientifiques. Après avoir célébré l’acquisition récente de l’indépendance nationale, les assistants ont décidé l’établissement d’un capital destiné à alimenter l’étude des questions agricoles norvégiennes et rédigé à ce dessein un appel à toutes les classes du royaume. Quinze mille couronnes (20800 francs) furent rapidement souscrites et le congrès décida de favoriser les essais privés sur des questions parti mlières et d’attribuer des récompenses aux travaux scientifiques, notamment en ce qui concerne les recherches agricoles.
- La population de Johannesburg. — Johannesburg a été fondé le 20 septembre 1886. En 1887, il y avait 3ooo habitants; 26000 en 1890; 102 000 en 1896; au dernier recensement de 1904 on a atteint 156 000 dont 83 000 blancs.
- Chemins de fer métropolitains. — La Municipalité de Berlin vient de décider la consti’uction d’un nouveau chemin de fer métropolitain souterrain réunissant le nord au sud de la ville ; le développement de cette ligne sera de 8 kilomètres à peu près ; on veut la construire en quatre ans, et l’on estime que les dépenses d’établissement seront de 60 à 65 millions de francs.
- Grands wagons à marchandises. — Une des plus grandes compagnies de chemins de fer de l’Argentine, la Buenos-Ayres and Pacific, vient de commander toute une série de grands wagons, qui lui permettront de réaliser les avantages que nous avons indiqués comme étant caractéristiques de ces véhicules à dimensions et à capacité élevées. Les uns seront des wagons de 40 tonnes de portée en lourd, avec une tare de i3 1/4 tonnes seulement, et comportant des côtés très hauts. Les autres seront destinés au transport du blé en vrac et seront couverts ; leur toiture sera percée de trois ouvertures permettant le chargement facile des céréales, leur portée atteindra 42 à 45 tonnes pour une tare réduite de i3 3/4 tonnes.
- Matériaux de construction. — Knight recommande, dans Chemical News, une méthode pour évaluer la proportion de silice dans du calcaire. Il place un gramme du calcaire en poudre fine dans une petite coupe, qu’il recouvre d’un verre de montre; puis il ajoute de l’aeide chlorhydrique dilué et chauffe le tout jusqu’au point d’ébullition ; il laissé reposer un court instant, enlève par filtrage le résidu non dissous, et détermine le poids.
- L’industrie cotonnière au Japon. — Cette industrie prend un développement vraiment curieux, étant données ses origines récentes. Le fait est qu’en 1893 on ne comptait que 38oooo broches à peu près en fonctionnement dans l’Empire, tandis qu’on est arrivé au total relativement énorme de 1 290000 en 1903.
- Le coton à Saint-Vincent. — D’après le Journal officiel, l’usine d’égrenage ouverte le 4 janvier xgoô, avait égrené à la date du 3i mars 222262 livres de coton, qui ont produit 171 balles, contenant 61 ou livres en mèche. La qualité du coton a laissé un peu à désirer; j
- c’est le coton de Saint-Vincent qui a atteint les prix les plus élevés dans l’étendue de l’Empire britannique.
- Constructions navales britanniques. — Voici un chiffre qui parie éloquemment en faveur de l’importance des chantiers de constructions navales de la Grande-Bretagne. Au commencement de 1906, les divers chantiers avaient en construction un ensemble de navires représentant un tonnage total de 1 355 000 tonneaux, et l'on arriverait à 1620000 tonnes environ si l’on tenait compte des navires de guerre, aussi bien sur les chantiers privés que dans les arsenaux.
- Docks de carénage. — On va construire à Malmô, sur la côte de Suède, un dock de carénage qui aura cet intérêt d’être le plus grand dock de ce genre qu’on trouvera dans le nord de l’Europe. Il aura, en effet, une longueur de 161,60 m. pour une largeur de 27,70 m.
- Record d’ascension du cerf-volant. — La hauteur maxima à laquelle on avait pu faire parvenir un cerf-volant météorologique était de 6100 m. Ce record (Revue Das Wetter), a été battu le 25 novembre dernier, à l’Observatoire aéronautique prussien de Lindeberg. L’altitude atteinte a été de 643o m. Le thermographe y a enregistré •— 25°, tandis qu’à la surface du sol la température était de + 5°. Le vent y soufflait à raison de 25 m. par seconde; à terre, il avait une vitesse de 8 m. Le câble déroulé portait six cerfs-volants d’une surface totale de 27 m2, il avait une longueur de i4 5oo m.
- Villes nouvelles dans le désert et au pied des Pyramides. — C’est du Caire, en Egypte, dont il s’agit. Cette capitale prend une telle extension, qu’on va construire, à côté du quartier d’Abbasieh, un faubourg, qui sera une véritable ville moderne à la porte même du désert. Les maisons nouvelles seront construites avec tout le confort désirable et suivant les lois les plus récentes de l’hygiène. On s’efforcera, en outre, d’en rendre l’aspect extérieur et la décoration intérieure aussi artistiques que possible. L’air pur et sec et la salubrité de la région attireront certainement à ces constructions européennes beaucoup de locataires ; car, indigènes et résidents étrangers pourront aller facilement de la nouvelle ville au centre même de la Métropole, grâce à un service régulier de tramways électriques et à une route plantée d’arbres. Une société financière belge a été fondée pour l’exécution de cet important travail. Le gouvernement égyptien lui a vendu 2400 hectares, sur lesquels on bâtira cette nouvelle ville. Les concessionnaires pourront exploiter pendant 70 années. Une autre entreprise est également en instance auprès du Ministre égyptien des finances pour obtenir la vente de certains terrains à l’ouest des Pyramides pour y construire une ville européenne, qui sera comme une résidence de plaisance, où les habitants du Caire iront villégiaturer.
- Chiens égoutiers et furets électriciens. — A Nice, on construit, en ce moment, un réseau d’égouts, dans le système général duquel il entre toute une série de tuyauteries en grès vernissé qui auront un diamètre variant de 3o à 40 centimètres. La section de ces tuyaux est suffisante pour assurer l’évacuation régulière des eaux usées qui doivent y être écoulées ; mais le nettoyage en est très difficile.
- Le service de R voierie urbaine a décidé que des chiens, dressés ad hoc, seraient employés au nettoyage de ces tuyaux. Voici comment 011 procédera : les chiens-égoutiers porteront d’un regard à l’autre, en passant à l’intérieur du tuyau, une corde à l’aide de laquelle on assurera le va-et-vient d’une forte brosse formant hérisson, grâce à laquelle on opérera le nettoyage. Cette idée n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, les électriciens anglais emploient des furets pour installer d’un regard à l’autre à travers les fourreaux, les câbles qui doivent y être posés. Comme les furets ne pourraient pas traîner les eâbles électriques un peu lourds, on se contente de leur attacher un fil de fer autour de la taille. La bête est introduite dans le tube par une des extrémités de celui-ci, tandis qu’on l’attire à l’autre bout. Le fil de fer, qui servira à véhiculer le câble, est de la sorte entraîné d’une extrémité â l’autre du fourreau et servira à établir une communication entre les deux bouts du fourreau. Les seigneurs de jadis employaient chiens et faucons pour leurs plaisirs cynégétiques. Les industriels d’aujourd’hui utilisent chiens et furets pour assainir les villes et les éclairer.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- r> Outillage
- Equerre à centrer. — Le centrage en bout d’une pièce cylindrique, tournée ou non, donne souvent lieu à ' des tâtonnements plus ou moins longs, qui dépendent de plusieurs causes locales, et notamment de l’habileté de l’ouvrier, de la coupe ou du débitage de la pièce. Ces tâtonnements se traduisent, pour les pièces brutes faites en séries, par une perte de temps appréciable. Pour les pièces finies, on retrouve souvent des centres qui s’éloignent beaucoup, par leurs dimensions, de la définition géométrique du point et du centre. M. A. Vachon, dans le Bulletin technologique des Arts et Métiers, a fait connaître, il y a quelque temps, une équerre à centrer qui trouve son application dans le cas que nous venons de signaler; car elle permet de déterminer, par l’inter-sCction de deux traits, le centre d’une pièce cylindrique
- Elévation
- Profil
- Fig. i. — Détails. Fig. 2. — Mode d’emploi.
- Equerre à centrer.
- tournée ou non. La figure 1 ci-jointe donne le plan, l’élévation et le profil de l’appareil, qui se compose d’une platine en bois ou en métal, suivant l’emploi ; sur cette platine sont fixées deux tiges ou tourillons E ou F. La face AB de la platine doit être exactement perpendiculaire sur la ligne CD des tourillons; ces derniers sont d’équerre avec la plaque. La figure 1 montre le mode d’emploi de l’appareil. Si l’on fait buter les tiges EF sur le pourtour du bout à centrer, l’arête AB de l’équerre est une perpendiculaire sur le milieu d’une corde et par suite, passe au centre. On trouvera facilement ce dernier, en prenant deux positions d’équerre et en traçant chaque fois la ligne AB. Lorsqu’on a, au contraire, des barres ou rondins coupés, à chaud ou à froid, à la tranche ou à la cisaille, les déformations et bavures de la coupe sont à éviter par les tourillons E, F. On donne alors à ces derniers une forme contre-coudée, et l’on a soin d’établir le contact sur une partie non déformée. L’écartement des tiges dépend du diamètre de la partie à centrer. La ligne droite AB doit commencer en avant de la ligne des tiges pour que le trait parte de la circonférence, lorsqu’il s’agira d’un diamètre à tracer.
- Cette équerre est, on le voit, très simple, et peut être exécutée très facilement et à peu de frais ; elle permettra de supprimer souvent des travaux d’ébarbage ou de lime en vue du centrage.
- Machine pour l’affûtage des mèches hélicoïdales.
- — La machine que nous décrivons comprend une meule en corindon rose, étudiée et fabriquée spécialement. Cette meule, vraiment inusable, peut travailler à l’eau et les fabricants recommandent, pour l’affûtage, de mouiller fréquemment le foret afin d’éviter son échauffe-nient. La meule peut affûter des forets d’un diamètre de 1 à i5 millimètres. Comme le montre la figure ci-jointe, la machine se compose de la meule désignée plus haut, de 10 centimètres de diamètre, et que l’on fait tourner à la vitesse angulaire de 35oo tours par minute. Le fonctionnement de la machine est le suivant. On commence par placer le chariot porte-foret, que l’on voit à la partie gauche dans la figure, à la position correspondant au diamètre du foret que l’on va affûter. On fixe ensuite le chariot, et l’on place le foret dans la gouttière, l’arête coupante du foret sortant très peu en dehors de la gout-
- tière. Le curseur est alors ramené en contact avec la queue du foret pour assurer une butée. Le foret ainsi en place est maintenu de la main droite; on fait alors avancer la meule sur le foret à l’aide d’un des boutons fixés sur le même arbre. On a soin de faire alternativement tourner le foret autour de l’axe qui supporte le chariot et jusqu’aux butées qui limitent le mouvement de droite à gauche. Lorsque l’affûtage est suffisant, on retire la meule, et on retourne le foret d’un demi-tour ; on affûte ensuite cette autre moitié du foret. On ne laisse pas trop longtemps le foret en contact avec la meule pour 11e pas le détremper. Lorsque la meule ne mord plus sur le foret, l’affûtage est terminé. — La machine de haute précision pour l’affûtage des mèches hélicoïdales se trouve chez MM. H. Picard et frère, i3i, boulevard Sébastopol, à Paris (20 arr.).
- *»> Mécanique
- Fumifuge à hélice. — Sous ce titre, M. H. Cuinat, a décrit, il y a peu de temps, dans le Bulletin technologique des Arts et Métiers un appareil, système Crémoux, qui a pour but d’assurer le tirage des cheminées et tuyaux d’aération, malgré les défauts qui peuvent exister dans la construction des conduits. L’appareil Crémoùx peut donc être employé comme fumifuge, et être placé à l’extérieur à l’extrémité des tuyaux de chauffage, pour éviter le refoulement des fumées ou des gaz dans les locaux. Il peut aussi servir de ventilateur aspirateur att-tomatique ; il est alors placé à l’extérieur, relié aux locaux à ventiler par un conduit spécial, et il assure l’aération des salles et l’expulsion de toutes les fumées et poussières. La figure ci-jointe montre une vue intérieure de l’appareil, qui se compose de deux lanternes concentriques, séparées de 3 centimètres l’une de l’autre, et percées toutes deux d’ouvertures verticales. Les fenêtres ainsi formées sont ouvertes de droite à gauche dans le cylindre extérieur et ouvertes de gauche à droite dans le cylindre intérieur. Au bas est placée une hélice à six ailes, à recouvrement, montée sur pivot: elle tourne de gauche à droite, dans le sens d’ouverture des fenêtres de la lanterne inté-rieux'e. Au-dessus des lanternes, après uu petit espace, se trouve un chapiteau surélevé ; le tuyau pour le raccordement avec la cheminée ou le tuyau d’aération est placée à la partie inférieure. La double laxiterne empêche le vent, qui pénètre dans l’appareil par les fenêtres du cylindre extérieur, d’entrer dans le cylindre intérieur et de former un courant d’air entre ces deux cylindres. La fumée et les gaz chauds arrivant du tuyau pénètrent dans la lanterne intérieure et produisent un appel d’air extérieur vers le haut. Cet air agit sur les ailes de l’hélice et la fait tourner. L’hélice mélange alors l’air, la fumée et les gaz chauds, mélange qui sort par les ouvertures de la lanterne intérieure. Après un second brassage avec l’air extérieur dans l’espace annulaire, la fumée incolore s’échappe dans l’atmosphère. L’hélice, mise en mouvement par l’air extérieur, à la vitesse de i5oo tours par minute, tourne, dans tous les cas, dans le sens de l’aspiration. Ajoutons que si des flammèches s’échappent, elles sont brisées par l’hélice et les lames des lanternes, et retombent. Sur demande,' on assure des dispositions pour faire disparaître le tout dans des rigoles. — Pour le fumifuge à hélice, système Crémoux, s’adresser à la
- Machine pour l’affûtage des mèches hélicoïdales.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Société des anciens élèves des Écoles nationales d’arts et métiers, 6, rue Chauchat, à Paris.
- Réducteurs de pression. — 11 est toujours intéressant d’avoir des réducteurs de pression bien établis et présentant une entière sécurité, pour les distributions d’air, d’eau, ou de vapeur. Nous mentionnerons ici les
- réducteurs de MM. H. Glaen-zer et Perreaud, dont la ligure ci-jointe donne une vue d’ensemble. Dans ces appareils, la soupape repose sur deux sièges de même alésage ; ces sièges et la soupape sont construits en même métal, leur dilatation est uniforme. Le ressort supérieur et le diaphragme sont toujours visibles, comme le montre notre dessin. Le ressort supérieur ne doit être changé que si l’on veut employer le réducteur pour des pressions différentes de celles pour lesquelles il a été livré. Le réducteur ne comporte pas de piston, ni de presse-étoupe, ni de levier, qui créent toujours des frottements, ou sont susceptibles de se détériorer; l’appareil est entièrement métallique. La soupape équilibrée peut être facilement vérifiée en dévissant le bouchon inférieur. On peut établir des réducteurs pour des pressions de 35 kg par cm2, et de o,35o et même 0,200 kg par cm2 sur demande spéciale. — Les réducteurs de pression se trouvent chez MM. H. Glaenzer et Perreaud, 1, avenue de la République, à Paris.
- Un nouveau toc de monture de foret. — Cet appareil, qui porte le nom de Gronkvist, doit évidemment se faire dans des tailles variées, pour monter des forets divers, des mèches de perceuses, etc. ; et il est intéi-es-saut par la façon dont forets ou mèches sont tenus solidement en place, tout en pouvant se démonter instantanément par rotation inverse du toc et du porte-mèche.
- Le corps même, qui se présente en 1, et qui se monte sur l’axe chargé de transmettre le mouvement de rotation, en s’enfilant au moyen d’un trou percé à sa partie supérieure, est complété par un second organe 2, qui vient enchâsser le premier par en bas, et qui est réellement l’organe intéressant; comme l’indique la figure, et ainsi qu’on le voit mieux encore dans le* dessin 3, qui suppose une coupe menée en travers de la portion inférieure du toc, cette seconde partie présente intérieurement,
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- Réducteur de pression pour air, eau ou vapeur.
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- * Nouveau toc de monture de foret.
- ménagés dans ses parois, trois logements affectant en plan la forme d’une courbe excentrique, et qui tendent vers un centre commun. Dans ces logements sont placés trois solides petits cylindres en acier; s’ils étaient repoussés dans le fond de leur logement respectif, ils laisseraient entre eux un espace assez grand relativement ; mais un ressort est enroulé à l’intérieur du haut du toc, qui tend constamment à exercer sur l’organe inférieur une action dont le sens de rotation est indiqué par les dispositions de la figure 3. Et comme la paroi commune des trois logements dont nous parlions est elle-même entraînée dans ce sens, il en résulte que les 3 cylindres ont constamment tendance à se rapprocher, tout en étant maintenus à bonne distance les uns des autres par les organes. Si donc, on insère la tête d’un foret, d’une mèche, elle sera saisie et maintenue par la pression des 3 cylindres suivant une de leurs génératrices. Mais, dès que l’appareil va tourner, le mouvement de rotation donné au toc par l’axe supérieur, et la résistance opposée par l’effort de perforation, ne
- feront qu’agir dans le même sens et bien plus puissamment. Et le serrage autour du foret sera pour ainsi dire proportionné à l’intensité du travail à effectuer.
- Pour démonter le foret, il suffit de saisir la partie cylindrique 2, de l’empêcher de tourner, et immédiatement le foret tombe, 11’étant plus serré par les cylindres, qui reviennent en arrière suivant la paroi courbe de leur logement. Pas besoin de clef ni pour le montage ni pour le démontage de la mèche. — Les constructeurs sont MM. Buck et llickman, 2, Whitechapel Road, à Londres
- (K-)-
- cfgoNS. 'Eclairage
- Un appareil d’éclairement pour études microscopiques. — L’appareil que nous voulons signaler a été imaginé spécialement pour Pélude des métaux (en même temps que de beaucoup de corps opaques) sous le microscope. On le visse au tube du microscope, et comme le dispositif en question renferme un prisme à réflexion totale qui reçoit la lumière par devant, toute la lumière ainsi reçue est envoyée par le moyen de l’objectif sur la préparation. Il va de soi naturellement que ce prisme n’occupe que la moitié du champ visuel, ce qui laisse l’autre moitié libre pour l’examen de l’objet qu’on veut étudier. Ainsi qu’on peut le constater dans le dessin que nous donnons, un diaphragme iris est placé en avant du prisme, et sert à régler la quantité de lumière que l’on entend lais- Appareil dVclaircmeni ser arriver à celui-ci. En allon- pour microscope,
- géant extérieurement le bras
- qui porte ce prisme, on a la faculté de le retirer complètement du champ visuel pour laisser ce dernier entièrement libre, afin que la vision et l’examen microscopique se fassent sans éclairement particulier. — Cet appareil ingénieux est construit par la maison F. Koristka, de Milan.l
- **> Divers <*
- Polyorama. — Les cartes postales illustrées sont nombreuses aujourd’hui, et il est facile en peu de temps de réaliser une grande collection. Mais il ne suffît pas d’avoir une collection; il faut aussi la regarder de temps à autre et la montrer à ses amis. L’appareil, dont nous donnons une vue, permet de réunir les cartes sur un support de façon à les déplacer à volonté. Les cartes sont placées avec grande facilité dans les encoches d'un ruban de papier parcheminé de grande longueur, et
- Polyorama.
- perforé en hauteur et en largeur pour permettre le classement dans le sens désiré. Ces rubans sont montés suides tambours fixés dans des cartons mobiles que. l’on peut remplacer avec grande facilité. Ces cartons peuvent contenir chacun de 120 à i5o cartes. Cet appareil est construit en ébénisterie de luxe et mesure o'”,4o de hauteur; son poids est de 5 kilogrammes environ. — Le polyorama se trouve chez M. R. S. Williams, 33, rue Beaurepaire, à Paris.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Chimie
- Préparation du xylose ou sucre de bois. — Nous voudrions indiquer à nos lecteurs les préparations simples de quelques principes végétaux ou animaux, préparations faciles à répéter par les amateurs qui, avec un peu d’habitude, arriveront à obtenir des produits assez purs. Nous commencerons par le xylos ou sucre de bois.
- Ce sucre n’existe pas en réalité tout formé dans le bois, mais il est le produit d’hydratation d’une gomme qui se trouve dans le bois, la paille et dans toutes les substances ligneuses. Le xylose prend naissance par suite de la réaction suivante :
- (C8H804)" + n H2 O — nCBlIl0O5.
- Gomme de bois. Eau. Xylose.
- Pour l’obtenir pratiquement, on prendra de la sciure de bois, notamment de chêne ou de hêtre, qu’on peut se procurer partout à bon marché; on en mettra 25o ou 5oo grammes, par exemple, dans une terrine, à macérer pendant quelques heures avec de l’eau tiède qui enlèvera
- Fig. 2.
- diverses substances solubles. On versera le tout sur un lillre grossier formé d’un torchon ou d’un morceau de toile ou de calicot tendu sur un cadre en bois par quatre pointes placées aux angles comme l’indique la figure i et disposé au-dessus d’une autre terrine où s’écoulera le liquide filtré. On réunit les coins du linge où s’est opérée la filtration et on presse avec la main le résidu ligneux pour en faire écouler l’excès de liquide. On recommence encore deux ou trois fois ce traitement sur la même matière pour bien enlever toutes les substances solubles. Tous ces liquides de filtration ne servent pas dans notre préparation et peuvent être rejetés.
- On opère alors l’hydratation ou l’hydrolyse de la gomme renfermée dans le bois en mettant la sciure épuisée par l’eau et pressée dans un vase émaillé ou mieux dans une capsule de porcelaine de i ou 2 litres et en y versant 1 litre environ d’acide sulfurique à 2 pour 100 qu’on aura préparé préalablement en mettant dans une terrine en terre ou en porcelaine 1 litre d’eau froide dans laquelle on aura ajouté petit à petit et en agitant au moyen d’une palette en bois ou en porcelaine 20 grammes environ d’acide sulfurique commercial. Cette opération demande a être effectuée avec précaution et prudence, l’addition d’acide sulfurique échauffant considérablement l’eau à laquelle on l’incorpore.
- Quand l’acide étendu à 2 pour 100 a été versé sur le résidu ligneux dans la capsule, on fait bouillir à petit feu en maintenant l’ébullition 5 ou 6 heures et en ajoutant de temps en temps de l’eau à la masse pour remplacer celle qui s’évapore et maintenir le volume de liquide à peu près constant. On laisse ensuite refroidir et on filtre de nouveau sur le cadre de toile en pressurant encore le résidu pour bien recueillir tout le liquide qui le baigne. On obtient ainsi une liqueur acide jaune p:\le qui est reçue dans une terrine dans laquelle on opérora. la saturation de l’acide.
- Pour cela, on y ajoute petit 4 petit du blanc de Meudon (carbonate de chaux) qui neutralise la liqueur-sulfurique en formant du sulfate de chaux insoluble et en dégageant du gaz carbonique. On effectuera cette addition prudemment de façon à ne pas faire déborder le liquide de la terrine par suite de la mousse assez considérable qui se forme ; on agitera après chaque addition avec la palette et on arrêtera la saturation quand le blanc de Meudon ne fera plus aucun effet. On filtre encore une fois sur le cadre de toile pour éliminer le dépôt de sulfate de chaux formé que l’on presse finalement dans la toile.
- La liqueur obtenue est alors mise dans la capsule de porcelaine bien lavée, celle-ci est placée sur une marmite ou une casserole contenant de l’eau et placée sur un fourneau, et le liquide est amené à consistance sirupeuse par évaporation sur ce bain-marie improvisé. On veillera avec soin à ce qu’il y ait toujours de l’eau dans ce bain-marie, dont nous figurons la disposition dans la figure 2 ci-contre.
- Le sirop bien concentré ainsi obtenu est-délayé avec 2 ou 3 fois son volume d’alcool à go° en faisant bien attention aux chances d’incendie; le tout est mis à reposer jusqu’au lendemain ; il se forme deux couches dans le liquide : au fond est une masse épaisse de couleur brune surmontée d’une solution alcoolique limpide jaune paille qu’on décante soigneusement, qu’on filtre même au besoin sur un filtre en papier et qu’on laisse évaporer spontanément à l’air dans une capsule ou un plat en porcelaine. Si l’opération a été bien conduite et si le sirop n’a pas été trop surchauffé, on obtient au bout d’un temps plus ou moins long une cristallisation en masse dont on peut séparer les cristaux en faisant passer le tout sur une plaque de porcelaine poreuse qui absorbe le liquide englobant les cristaux et laissant ceux-ci à la surface de la plaque où l’on n’a plus qu’à les recueillir quand ils sont secs. Ces cristaux constituent du xylose ou sucre de bois, peut-être un peu coloré, mais relativement assez pur.
- Cette manipulation, comme on le voit, est peu dispendieuse et peut être réalisée presque entièrement avec des objets ou des appareils que chacun possède chez soi et avec des produits dont le prix de revient est singulièrement faible. A. H.
- Fabrication de la céruse. — La publication Zeitschrift für Angewandte Chemie signale un nouveau procédé américain en la matière. Il consiste à laisser couler le plomb fondu par un certain nombre de petits tubes dans une chambre où le métal vient en contact avec un puissant jet de vapeur. On obtient ainsi du métal à l’état finement pulvérulent; on le tamise, puis on le traite par l’acide acétique dilué dans des tambours tournant ; il faut mettre l’acide en trois fois ; l’opération se poursuit durant une période de 7 jours, pendant laquelle on introduit un mélange d’air, de gaz de combustion filtrés, et de vapeur. On triture ensuite avec de l’eau, on traite par du carbonate de soude, on lave, on sèche et on mélange avec de l’huile.
- Action de l’eati sur le fer. — Deux chimistes anglais, MM. Cribb et Arnaud, ont présenté récemment, devant la Society of public Analysts, des recherches d’où il résulte qu’il ne faut nullement croire que les eaux alcalines sont sans action sur le fer. Ces auteurs affirment qu’il se produit une action et qui est bien loin d’être négligeable : elle est souvent égale en intensité à celle qui se manifeste en l’absence d’une matière alcaline, mais cette action est variable suivant la nature de l’alcali et surtout d’après la quantité qu’en renferme l’eau.
- !E*lectï'iciî^e -^4^)
- Pile sèche constante. — M. C. Féry obtient une pile sèche constante, d’après la Rerue électrique, en faisant les opérations suivantes. Au fond d’un vase, dans lequel se trouve une électrode en zinc, on dispose une matière poreuse, telle que silice d’infusoires, coton,
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ponce, poudre d’amiante, imbibée d’un liquide neutre, sulfate de sodium, pouvant donner avec le sel de zinc produit un sel double soluble et n’attaquant pas le zinc à circuit ouvert. Le zinc est recouvert d’une substance également poreuse, feutre, papier buvard, formant mèche et renouvelant à sa surface par capillarité le liquide produit. Au-dessus de la couche de matière poreuse imbibée de sulfate de sodium, on dispose le dépolarisant à base de sels peu solubles de mercure, par exemple un mélange de graphite et de sulfate mer-cureux amené à l’état de pâte avec la solution de sulfate de sodium. Un charbon est introduit dans la masse et forme le pôle positif.
- Dépôts électrolytiques. — Dans le Journal oj the Chemical Society, M. Jacobs a décrit une méthode pour déposer électrolytiquement un alliage de nickel et de zinc, en partant d’une solution de sulfates de ces mêmes métaux. Le bain de dépôt contient une anode en zinc reliée à un générateur à basse tension ; le courant retourne aux générateurs par une cathode tournant lentement et faite d’un tube de cuivre. La composition du dépôt est réglée par la régulation des tensions des deux générateurs.
- Métaux
- Protection des plaques d’acier. — La méthode que nous voulons signaler est celle qui est pratiquée par l’Amirauté anglaise pour assurer la protection des plaques des coques de navires, c’est-à-dire de métaux qui sont particulièrement exposés aux corrosions. On immerge d’abord toutes les tôles, avant qu’elles soient soumises au travail, dans un bain composé d’une partie d’acide chlorhydrique pour 19 parties d’eau. Quand on les sort de ce bain, on les lave, puis on enlève toutes les paillettes susceptibles de se détacher. Au fur et à mesure que les plaques sont posées, on gratte et on nettoie bien la surface du métal, et l’on y passe une couche de bonne huile de lin et de minium.
- Production d’anneaux colorés Sur le métal. — On
- emploie dans ce but une solution de 200 grammes de potasse caustique dans 2 litres d’eau, à laquelle on ajoute 5o grammes de litharge, et que l’on fait ensuite bouillir durant une demi-heure, mais de façon qu’un peu de litharge demeure non dissoute. On laisse refroidir et
- l’on décante ; c’est dans le liquide clair qu’on plonge les surfaces métalliques où l’on veut obtenir les anneaux, en les remuant un peu dans tous les sens ; il se produit d’abord une coloration jaune brun, qui passe, ensuite au blanc, puis au jaune, puis au rouge, et l’on a finalement un mélange de bleu et de violet. Pour arrêter la coloration au point qu’on désire, on rince à l’eau pure, puis on sèche à la sciure de bois.
- Bronzage de l’aluminium. «— Il ne s’agit que d’un bronzage approché, plus exactement d’une sorte de vernissage ne supportant pas d’ailleurs un frottement un peu prononcé. On peut se servir pour cela d’un vernis à base de celluloïd, que l’on se procure assez facilement maintenant ; on l’applique au trempé ou au pinceau, en laissant sécher ensuite dans un endroit tiède; on sait que ces vernis sont imperméables à l’eau.
- Divers
- Réparation d’objets en poterie. — On oublie généralement que le Baume du Canada forme un excellent ciment pour les poteries, pouvant même supporter un certain poids, mais dont l’eau détruirait l’action adhésive. Ce baume, qui est du reste une résine de pin, se vend à l’état sirupeux. Pour l’employer dans le cas qui nous intéresse, on le place dans une boîte en fer blanc et on chauffe au four pour faire évaporer les matières volatiles, et jusqu’à ce qu’il prenne et devienne dur en refroidissant. On le casse alors en petits morceaux, qu’on met dans un flacon à large goulot, puis on recouvre de benzol, juste pour noyer les morceaux de résine, et l’on conserve dans un endroit tiède. Pour employer, on place le flacon dans une casserole pleine d’eau et l’on chauffe peu à peu. On applique sur les lèvres de-la cassure à réparer, au moyen d’une baguette en verre, on rapproche après avoir un peu chauffé, et on maintient jusqu’à prise complète. Avec un canif on fait disparaître i’excès de baume qui a jailli.
- Vernis coloré au soufre. — On fait assez souvent emploi d’un vernis obtenu par ébullition d’huile de lin brute avec du soufre ; pour colorer en rouge semblable vernis, on se trouve bien de l’additionner d’une solution de sang-dragon dans du benzol.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les méfaits du football. — Je ne veux pas m’inscrire comme un adversaire de ce jeu qui a pris rang dans tous les pays du monde; je serais mal venu à le décrier, étant fort amateur de sports de tous genres et n’étant pas malheureusement plus d’âge à me jeter dans la mêlée et à goûter les douceurs et à risquer les dangers de ce jeu. Dangers, j’ai bien dit et je passerais condamnation sur les risques, estimant qu’il vaut mieux cette lutte de plein air avec la crainte de horions plus ou moins sérieux que le séjour dans les estaminets et les cafés. Cependant, il y a une mesure en tout et la statistique publiée par les Drs Nichols et Smith dans le J ournal médical de Boston, montre que pour certaines équipes le football est moins un jeu qu’une bataille, avec ses blessés et même ses morts. Dans le cours de l’année dernière, il y aurait eu, paraît-il, en Amérique, 27 jeunes gens morts des blessures reçues dans ce nouveau genre de combat. Vous avouerez que les risques deviennent extrêmes et que méfaits, dangers, ne sont pas des mots trop stupéfiants en présence d’un pareil chiffre de victimes.
- Je prends les tableaux, dressés par ces deux médecins, ( des accidents éprouvés par une équipe de cent cinquante > jeunes gens pendant leurs campagnes de luttes ; le détail est curieux. On a eu à soigner 9 entorses du pouce ; une contusion du genou; 5 plaies de tête ; 3i contusions de l’épaule; une luxation du coude; 2 blessures du dos; 3q épanchements de genou; 42 entorses tibio-tarsiennes, l’entorse commune; 7 cas de commotion ; 2 fractures du
- poignet; une luxation du genou; 4 fractures de côtes;
- 3 luxations de l’épaule ; une contusion de la poitrine : 7 fractures de la clavicule ; 7 ruptures musculaires ;
- 4 fractures du bras ; une fracture de l’olécrâne ; une fracture du péroné; 3 fractures du carpe; 2 fractures du coude ; 3 entorses du poignet ; une luxation du pouce ; une luxation du pied ; une entorse des orteils ; 5 luxations de la clavicule; 16 fractures du nez; une blessure du rein; une blessure de l’oeil, etc. Au total, 216 blessures, les unes peu graves, simples contusions; les autres véritables accidents nécessitant des soins chirurgicaux.
- Cette équipe de 1S0 jeunes gens descendit au chiffre de 70, et dans la saison de 1905, ces 70 vaillants champions ont encore eu à enregistrer 145 blessures, dont le détail est plus ou moins analogue à celui que je viens de donner. Assurément, de tous les jeux, de tous les sports, le football semble tenir le premier rang au point de vue du nombre des accidents. Peut-être les Américains déploient-ils dans leurs luttes une ardeur plus que juvénile et font-ils dégénérer quelquefois une lutte courtoise et amusante en un véritable pugilat. Il serait curieux de savoir si en Angleterre ou en France on a relevé un chiffre aussi considérable de blessures. En tout cas. une conclusion s’impose : c’est que le football ne doit pas être une lutte brutale et que les joueurs peuvent certainement éviter un grand nombre de ces accidents regrettables en apportant au jeu moins d’âpreté, moins de violence. D* A. C.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les I faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent .nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le Solanum Commersoni et ses variétés, s’adresser à M. Labergerie, agriculteur, à Verrières (Vienne), et pour la vente à M. Forgeot, 33, rue Réaumur, à Paris.
- Communications. — M. Gabriel Moulin, élève à l’école de Saint-Etienne, nous écrit à propos de la description par M. Martel de l’oucane de Chabriès, dans notre numéro du 28 janvier 1905 : « Je vous signale un phénomène analogue que j’ai rencontré pendant le mois de septembre igo5. lise ti'ouve au sommet du mont Granier, au sud de Chambéry, sur le plateau herbeux qui couronne cette montagne dont l’écroulement partiel ensevelit la ville de Saint-Andi’é le 24 novembre 1248. À une cinquantaine de mètres plus bas existent des excavations, qui, même en été, sont remplies de neige. Sur les parois s’ouvrent des couloirs où règne un violent courant d’air. Les bergers qui passent l’été sur les pâturages vont y chercher de la neige pour abreuver les bestiaux. On y accède par un tronc de sapin. La légende veut qu’il y ait un lac dans les flancs de la montagne ; les Assures sont très nombreuses et toutes très arrondies sur les angles, elles ont absolument l’aspect de celles décrites par M. Martel, mais, peut-être, en général moins profondes. On peut accéder au sommet en 5 heures par la Palude et redescendre en 3 heures par des sentiers à bestiaux ^ travers la forêt qui garnit les contreforts. »
- ! Renseignements. —'M, J. Walter, à Paris. — Pour la fabrication des sulfures de calcium, zinc, strontium, etc., Veuillez consulter le Traité de chimie industrielle de Wagner, Fischer et Gautier, librairie Masson et C"3, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. A. S., à Soultures. — i° Il n’existe pas de traité spécial; mais vous trouverez des renseignements dans différents traités à la librairie Bérenger, i5, rue des Saints-Pères, à la librairie Dunod et Pinat, 49, quaides Grands-Augustins, et dans Le Manuel pratique de Vouvrier monteur électricien, à la librairie Bernard Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 20 Nous avons décrit dans la Science appliquée du 12° 1708 du 17 février 1906 un nouveau modèle de soupape électrique pour la charge d’un accumulateur avec courant alternatif; adressez-vous à M. Soulier, 2, rue Boulard, à Paris. —.3° et 4° Il faudrait connaître la self-induction de l’appareil pour pouvoir vous répondre; M. Soulier vous renseignera.
- M. J. Nez, à Naufles.— Ce sont les sondages qui constitue le seul moyen de vérifier la présence de l’eau en un point déterminé. La baguette de coudrier, dite baguette magique, alongtemps passé, en effet, pour avoir la vertu de déceler la présence de source. En réalité, c’était là une simple mise en scène, aux mains de personnages jouissant probablement d’une sensibilité très grande, impressionnable par la proximité de l’eau (sensibilité hydroscopique). Nous traiterons prochainement cette question dans le corps de la revue.
- M. M., à D. —Le lactagol du Dr Legrand se trouve dans toutes les pharmacies. •
- M. G. Camion, à Vivier au Court. — ï° Oxydation des boîtes de montre en acier : chauffer légèrement la pièce sur une flamme de lampe à alcool, en la frottant avec de la cire ordinaire. Après refroidissement, enlever la cire ; puis tenir le boîtier au-dessus d’un coton imbibé de benzine et enflammé, de façon à obtenir une couche de suie bien égale. Après refroidissement, nettoyer avec un linge doux. L’opération ne réussit pas toujours du premier coup. Prendre de grandes précautions avec la benzine et ne pas l’allumer avant d’avoir serré le récipient en lieu sûr. — 20 La corne se dissout lentement,
- dans l’eau bouillante. — 3° Nous ne connaissons pas d’huile qui réponde à votre désir, mais vous arrivez aisément à noircir le fer en trempant l’objet dans une solution concentrée de nitrate de cuivre, puis dans une solution de nitrate de manganèse dans l’alcool à 900. Laisser sécher et recommencer jusqu’à obtention de la coloration voulue.
- M. Alphand, à Pernes. — i° Le décret relatif à la convention internationale pour la protection des oiseaux utiles à l’agriculture a paru en janvier à Y Officiel. Voyez la collection du journal à la mairie de Pernes. — 20 Carte géologique de France : Le prix, emballage compris, est de 7fl,35 pour les feuilles non collées, et de 10 francs pour les feuilles collées sur toile et pliées. Pour la position de Pernes, veuillez demander à la librairie Béranger, qui se reportera au tableau d’assemblage et vous indiquera la carte convenable. — 3° Nous pensons qu’il s’agit de la pomme de terre de l’Uruguay, Solanum Commersoni, dont il était question, en effet, il y a deux ans, mais qui alors n’était qu’en essais intéressants, mais non définitifs. Nous lui consacrons une étude dans le présent numéro.
- M. Louis Vergniol, à Genrac. — Pour des renseignements sur l’emploi du microscope, voyez l’ouvrage de Beauregard : le Microscope et ses applications (2n',5o), librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. Vous pourriez aussi demander une notice au fabricant dont le nom est indiqué sur l’instrument.
- M. P. Caron, à Saint-Nazaire. — Le fil servant à relier le pai’afoudre à la terre est un fil de quelques dixièmes de millimètre.
- M. M. D, à Sens.— i° et 20 Veuillez vous adresser aux Aciéries et Forges de Firminy (Loire) ou bien à MM. Peugeot et Cie, à Valentigney (Doubs). — 3° Adressez-vous àM. Fouinât, ardoisières d’Angers, 170, quai Jemmapes, à Paris ou à MM. Stein, à Danjoutin-Belfort.
- M. Guerquin, à Czyzew. — Le plus simple serait de consulter un catalogue comme celui de la maison Decau-ville, à Petit-Bourg (Seine-et-Oise).
- M. //. T aille fer, à Châteauneuf. — i° C’est la gomme laque qui donne le meilleur résultat pour recoller des statuettes en terre. Pour tourner la difficulté qui résulte de ce qu’elle fait épaisseur entre les pièces, vous pourriez employer des petits bouts de fil métallique que vous scelleriez à la gomme laque dans les deux fragments à rapprocher. — 20 Nous ne voyons pas d’utilisation possible des poussières d’anthracite, sans un outillage spécial.
- M, J. L., à Toulouse. — Il faut en effet porter à-la température d’ébullition l’eau des chaufferettes à sel de baryte, de façon à permettre leur complète dissolution.
- M. A. Roncalli, à Bergame. — Le Journal de Physique, de Chimie et dlListoire naturelle est édité par la librairie Ch. Delagrave, i5, rue Soufflot, à Paris.
- M, Lucien Rousseaux, à X. — Enduit noir pour cuvettes photographiques : gutta-percha, 5oo gr. ; paraffine, 2S0 gr. ; le mélange, teinté au moyen de noir de fumée, doit être appliqué à chaud, puis égalisé au fer chaud. — 20 Ce mélange répond aussi à votre demande d’un corps rendant étanche un joint entre bois et verre : vous pourriez employer du mastic de vitrier recouvert de l’enduit ci-dessus.
- M. Z. Vasselin, à Paris. — Le docteur Tarnier est en effet l’auteur d’un ouvrage sur les couveuses artificielles intitulé : Couveuses et Gavage, librairie Maloine, 25, rue de l’Ecole-de-Médecine.
- Avis divers. —Accusés de réception. —M. Ch. Baudin, à Viroflay. Veuillez vous adresser à une agence de brevets. — M. L. Varicot, à Issoudun. Nous ne pouvons décrire cet appareil qui ne nous semble pas conçu de manière réalisable, à moins de l’avoir vu fontionner avec succès. Tous nos regrets. — M. Pourteyras, à Cahors. Vous trouverez des indications dans le Recueil de Recettes et Procédés utiles, 5° série, à la librairie Mas-• son et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — MM. L. Manlruchot, à Tulle; H. Pecqueux, à Brives. Voyez le même ouvrage, 4” et ,5e séries, même librairie.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL VLU1E EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 février. . . t°,3 S. S. W. 3. Couvert. 1,2 Rosée ; très nuag. ; pluie de li h. à 16 h.
- Mardi 20 0°,5 S. W. 3. Beau. » Gelée hl. ; nuag. de 10 à 18 h. ; beau avant et après.
- Mercredi 21 — l\i S. S. E. 0. Peu nuageux. 0,9 Pluie et neige le malin ; gelée hl. ; nuag. ; gouttes à 16 h.
- Jeudi 22 — 3°,9 S. s. w. 0. Brouillard. » Gelée hl.; givre; brouilard le malin; couvert.
- Vendredi 23 1°,0 S. E. 3. Couvert. 0,4 Couv.; grains de neige de 7 li. 40 à 9 h.; pluie de 21 h. à 22 h.
- Samedi 2t. . . . . . on,t N. 3. Couvert. 0,9 Pluie de 0 h. 13 à 2 h.; très nuageux ; halo le matin.
- Dimanche 23.... . 3°,9 S. W. 3. Pluie. 4,5' Couvert; pluie le matin.
- FÉVRIER 1906. — SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 FÉVRIER 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- ctgTss, Chronique météorologique ?«&>
- Le temps. —- Dans la semaine du 19 au a5 février, le temps a été très variable, plutôt froid, avec quelques périodes de beau temps. Le 19 février, un vent assez fort du Sud a souillé sur la Manche, et un vent d’entre Ouest et Nord sur les côtes de Bretagne. Il est tombé 8 mm d’eau à Cherbourg, 5 mm à Lorient, 4 mm à Toulouse, 3 mm à Brest, 3 mm à Paris, 1 mm à Nancy. La température s’est abaissée ; lé thermomètre marquait
- — i° à Clermont, 5° à Paris, 5° à Marseille, 110 à Biarritz, Le 20 février, la' pression atmosphérique était élevée (76$ mm) sur l’Ouest de l’Europe, avec un maximum de 770 mm en Bretagne. On signalait encore des pluies de tous côtés; on a recueilli 5 mm d’eau à Biarritz, 3 mm au Havre, 2 mm à Dunkerque, 2 mm à Belfort, 1 mm à Paris. La température était le matin
- — 20 à Limoges, o° à Paris, 20 à Brest, 70 à Perpignan, i2° à Alger, —-70 au Puy de Dôme, —70 au mont Yen-toux, — i3° au Pic du Midi. A Paris, la température moyenne a été de 3°, 4, inférieure de o°,3 à la température normale ; en plusieurs points de la banlieue,- la gelée blanche était générale. Le 21 février, il n’y a eu que quelques faibles averses dans le Nord-Est et sur le littoral dé la Bretagne. La température s’ést encore abaissée ; on notait — i° à Clpymônt, — i° à Paris, o° à Toulouse, 20 à Brest, 120 à Alger, — 6° au Puy de Dôme,
- — 8° au mont Aigoual, — i_4° au Pic du Midi. Le 22 février, le baromètre a baissé de i3 mm en Irlande et en Bretagne. En France, on n’a signalé que quelques ondées à Brest et à Besançon. La température était — 5° à Besançon, —-4° à Paris, —i° à Perpignan, 5° à Brest,
- — 70 au Pic du Midi, —90 au Puy de Dôme, —i5° au mont Mounier. A Paris, le ciel était obscurci par un brouillard de i5o mètres environ à 9 heures du matin; il tombait une neige très line. La pression a baissé rapidement; le baromètre ne marquait à midi que 749,8 mm. Le 23 février, des pluies sont tombées, dans; l’Ouest et le Nord de l’Europe. On a recueilli 12 mm d’eau à Brest, 12 mm à Limoges, 9 mm à Nantes, 9 mm à Toulouse, 8 mm au Mans, 2 mm à‘Clermont. La température s’est relevée suç nos régions ; on observait le matin—3° à Belfort, o° à Lyon, i° à Paris, 6° à Nantes,.
- — 2° au Puy de Dôme, — io° au Pic du Midi, —ii° au mont Mounier. Le 2.4 février, une pluie continue depuis la veille 7 heures du soir est tombée sur Paris jusqu’à 2 heures du matin. Il a plu dans presque toute l’Europe, surtout dans l’Ouest et le Sud. Il est tombé i3 mm d’eau à l’île d’Aix, 11 mm à Nice, 9 mm à Marseille, 8 mm à Belfort, 4 mm à Toulouse, 2 mm à Paris. Le temps est resté frais sur nos régions ; là température était o° à Paris, 4° à Nantes, 70 à Perpignan, —4° au Puy de Dôme, — 8° au mont Yentoux,. — 120 au Pic du Midi. Le a5 février, la pluie est tombée à Paris sans interruption de 5 à 10 heures du matin; elle a repris à U heures et a duré toute la journée. Il a également plu à Nantes (14 mm), à Biarritz (i3 mm), à Brest (11 min). Le thermomètre marquait —3° à Belfort, 4° à Paris, 70 à Toulouse, i4° à. Alger, — 4° nu Puy de Dôme, — 5® au mont Aigoual, —8° au Pic du Midi. Le vent a soufflé avec force sur les côtes de l’Océan et de la Manche. La pression barométrique était 754 mm à Paris et 725 min en Ecosse.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 23 à 8 h. 6 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFAROUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- J 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à Jftffî. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, s 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'Indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1711 (10 MARS 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Exposition des applications du moteur électrique de faible puissance. — La Société d’Agriculture, Sciences et Industrie de Lyon a décidé d’organiser pour juillet-août 1906 un concours et une Exposition des diverses applications du moteur électrique aux machines de l’atelier familial et aux usages domestiques. Dans ces applications sont compris : l’emploi des moteurs à la commande des machines à coudre, à broder, à tricoter; l’adaptation des petits moteurs aux ventilateurs d’appartement, aux transporteurs, aux nouvelles machines de nettoyage par le vide des tapis, tentures, boiseries; l’attelage des petits moteurs électriques aux tours d’horlogerie, aux scies à découper, aux hachoirs, tourne-broches, machines à cirer les parquets et les chaussures. Le concours est limité aux applications des petits moteurs électriques dont la puissance est inférieure à un cheval. Le moteur électrique appliqué aux métiers à tisser ne sera pas admis à ce concours ; cette question est d’une importance et d’un intérêt tels qu’elle pourra donner lieu ultérieurement à un concours spécial. Nous applaudissons sans réserve à l’initiative généreuse de la Société d’Agriculture, Sciences et Industrie, qui a été particulièrement bien inspirée en mettant au concours la question du moteur électrique industriel de faible puissance. Depuis de longues années, nous n’avons cessé de préconiser l’emploi du moteur électrique et de montrer les résultats merveilleux obtenus à l’étranger. Dernièrement encore, dans une Information (n° 1708 du 17 février 1906), nous citions les applications réalisées à Berlin en 1905. Mais à Paris et en France, en général, les applications ont été, sinon tout à fait nulles, du moins très restreintes. Il y a donc lieu d’espérer que le concours annoncé mettra en lumière les avantages du moteur électrique de faible puissance et le fera appliquer davantage. L’Exposition publique des machines et appareils soumis au concours s’ouvrira le ier juillet et sera close le i5 août. Les constructeurs et inventeurs qui désirent prendre part à ce concours doivent se faire inscrire au siège de la Société, 3o, quai Saint-Antoine, à Lyon, avant le ior mai 1906. Le concours n’aura lieu que sur des machines ou appareils en état de fonctionner sous les yeux du Jury. Les concurrents devront présenter des ensembles composés dé moteurs et de machines constituant l’application complète qui devra permettre d’en apprécier l’utilité et le bon fonctionnement. Dans le classement, le Jury tiendra compte de l’adaptation judicieuse du moteur à son application, des conditions économiques d’installation et de fonctionnement, de l’absence de bruit, de trépidation et de danger dans le fonctionnement. Les courants électriques employés à Lyon sont les courants
- continus à iio-i3o volts et à 22.o-25o volts, et les courants alternatifs simples et triphasés à 110-120 volts.
- Chemin de fer électrique à Salzburg. — Le chemin de fer de Salzburg à Berchtesgaden, qui existe déjà sur le territoire autrichien jusqu’à la station frontière de Drachenlooh, va être prolongé sur le territoire bavarois et la traction à la vapeur sera remplacée par la propulsion électrique. Tout le travail sera sans doute terminé pour l’été de 1907.
- Tremblement de terre. — Des nouvelles de Buena-ventura (Colombie) font connaître qu’un tremblement de terre a eu lieu dans celte ville le 21 février à ioh35“; il a duré 7 minutes, la direction étant du Nord au Sud. Il s’est ensuite produit un raz de marée qui n’a pas eu d’effet à Buenaventura, mais qui aurait causé de grands dégâts jusqu’à 5o lieues au Sud ; on parle de 2000 personnes qui auraient péri.
- Les crues en France. — Les pluies abondantes qui sont tombées continuellement ont provoqué des crues importantes. La Seine et ses affluents ont considérablement grossi. Le 4 mars, au matin, la cote au Pont-Royal à Paris était 5,21 m. ; la hauteur ordinaire des eaux était de 2,40 m. Les berges de la Seine étaient submergées dans presque toute la traversée de Paris ; dans la banlieue, les chemins des rives étaient sous l’eau. La crue qui vient de survenir aura été la plus importante de celles qui ont été signalées depuis 5 ou 6 ans. Les services des voyageurs et le service de la batellerie ont été interrompus entre Charenlon et l’Hôtel de Ville, ainsi qu’entre le Louvre et Suresnes. Le fleuve, roulant des eaux jaunes et rapides d’un quai à l’autre, présentait un aspect nouveau.
- On a également signalé des inondations sur les rives de la Saône, du Loing, de la Charente, de la Sambre à Dijon, à Nemours, à Angoulème, à Avesnes.
- Inondations en Belgique. — De grandes inondations viennent d’avoir lieu en Belgique, dans les bassins de la Meuse et de ses affluents. La province de Liège, le Hai-naut et Namur ont été entièrement dévastés par les débordements survenus dans la nuit du 27 au 28 février, à la suite de pluies continuelles. En certains endroits, la nappe d’eau s’élevait à plus d’un mètre de hauteur et entraînait tout sur son passage. L’avenue Saint-Pierre à Mons a été inondée ; le gaz manque à Charleroi. A la frontière française, près de Roisin et d’Angre, la Honnelle a débordé à minuit et a causé des dégâts terribles ; les maisons n’ont qu’un rez-de-chaussée et la principale industrie du village est la fabrication de la chicorée dont les provisions en cave ont été complètement détruites.
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- INFORMATIONS
- La Honnelle prend sa source en France, au village de Longueville, et traverse les communes de Gassignies et de Bellignies, avant d’entrer en Belgique. En ces communes, les dégâts ont été très grands également. A Gassignies, les marbreries situées le long de la Honnelle ont été inondées. La Haine, la Trouille, l’Ourthe, la Vesdre, le Hoyoren, l’Amblève, le Borg, l’eau d’Heure et la Sambre sont tous sortis de leur lit.
- Les ambulances automobiles de La Haye. — La
- Municipalité de La Haye a obtenu l’allocation du crédit nécessaire à la création d’un service d’ambulances urbaines automobiles. Cette nouvelle a été parfaitement accueillie ; car l’institution en question est appelée à rendre de très grands services. La population, en effet, n’est que de 190000 habitants, mais l’étendue de la ville est très grande et les hôpitaux sont fort éloignés des quartiers populeux.
- Distributeurs automatiques de billets. — Pour éviter l’encombrement de leurs guichets, à certaines heures de la journée, plusieurs compagnies de chemins de 1er anglais ont installé des distributeurs automatiques de billets. Il y en a un, par exemple, à la station de Far-ringdon Street, sur le Metropolitan Railway Co, qui donne des billets, contre remise d’un penny dans une petite fente, pour toutes les stations jusqu’à Aldjate ou King’s Cross. Le Lancaster et Yorkshire Railway va installer ces machines automatiques sur tous les parcours de dix centimes. La compagnie London and North Western les emploie depuis longtemps, sur une ligne très encombrée, entre Willesden et Uxbridge. Partout où les distributeurs automatiques de billets ont été employés, ils ont donné d’excellents résultats, ont procuré une sérieuse économie de temps, et ont évité les encombrements et les bousculades si désagréables. En France, ils fonctionnent aussi dans certaines grandes gares de Paris pour délivrer des billets qui permettent l’accès des quais.
- Le nivellement du temple de Sérapis. — Comme suite aux études de M. S. Gunther sur les mouvements oscillatoires des rivages du golfe de Naples,' le gouvernement italien vient d’incorporer les trois fameuses colonnes du temple de Sérapis à Pouzzoles dans le réseau du nivellement militaire italien. Un repère métallique a été fixé à chacune des trois colonnes et relié à trois points mathématiquement nivelés entre Naples et Pouzzoles. Ainsi l’on pourra de temps à autre vérifier si réellement et dans quelle mesure les célèbres marques de coquilles perforantes des colonnes, aujourd’hui à 4,40 m. au-dessus du niveau de la mer, continuent à subir un mouvement élévatoire. Par la même occasion on a constaté que le fond du cratère de Monte Nuovo était à 7 mètres au-dessous du niveau de la mer au lieu de 12 à i5 mètres comme on le croyait.
- Une étuve électrique à désinfection. — C’est à peu près Je nom que mérite cet appareil, qui était exposé assez récemment à l’Exposition d’Electricité de l’Olympia à Londres, et où la lumière et la chaleur ont mission de tuer les germes que l’on veut détruire. L’étuve est une sorte de chambre métallique de 2,10 m. de haut sur 2,70 m. de long et 1,80 m. de large, un système de chauffage Dowsing y est installé au moyen de puissantes lampes électriques; et, au centre de la chambre, est une cage tournante où l’on place par exemple les articles de literie à désinfecter. La chaleur développée à l’intérieur de l’enceinte ne dépasse certainement pas i5o° C., mais on compte surtout sur l’influence de la lumière, et l’on estime même quelle suffit à détruire les mites et papillons dits de vers qui envahissent les lainages.
- Transmission de force motrice à 20 000 volts. —
- Une transmission de force motrice à 20000 volts vient d’être installée.près de Clermont-Ferrand. L’énergie est empruntée à une chute d’eau à l’aide de turbines Francis, de 1200 chevaux chacune, à 33o tours par minute, construites par la Société française Westinghouse au-Havre. Le nombre actuel de turbines est de 2; mais il pourra être porté à 6. Les alternateurs à courants triphasés ont une puissance de 1000 kilowatts à 1000 volts et à la fréquence de 5o périodes par seconde. L’excitation est séparée et fournie par des machines spéciales. Après transformation, la tension est portée à 20000 volts sur la ligne de transmission. Celle-ci est installée avec isolateurs en porcelaine sur poteaux en bois. Des para-
- foudres ont été "prévus de distance en distance. Il existe actuellement cinq sous-stations où la transformation delà haute tension est effectuée de 20 000 à 3ooo volts. La puissance de chaque transformateur est de 376 kilowatts.
- Le cocotier en Indo-Chine. — Le cocotier est cultivé sur i5ooo hectares en Cochinchine, sur 100000 en Annam, et très peu au Tonkin et au Laos. D’après une étude parue dans le Bulletin économique de VIndo-Chine les conditions d’une bonne, culture sont les suivantes : température moyenne de 26° ; chute d’eau minimum de 1,70 m. ; terres alluviales, sablo-argileuses, fraîches, mais ni trop fréquemment ni trop longuement inondées et surtout perméables ; noix de semences rigoureusement sélectionnées. Des cocotiers bien soignés, en bonne terre, peuvent porter des fruits dès la 8° année, mais on ne peut compter normalement sur des récoltes régulières qu’à partir de la io° année. L’arbre reste productif environ 5o ans et exceptionnellement jusque pendant 100 ans. Le rendement très variable avec les facteurs climatériques, géologiques, etc., est en moyenne de 23 à 35 noix par arbre et par an.
- Les parties utiles du cocotier sont : le bourgeon terminal, qu’on mange en salade ; le spadice qui fournit jusqu’à 18 litres d’alcool par an; les feuilles, le stipe qui donne un bois de construction estimé et surtout le fruit. Consommé en vert, il fournit le lait de coco et donne origine à Ceylan à un grand commerce d’exportation, qui en 1902 s’est élevé à 12 5ooooo noix. L’albumen séché donne le coprah d’où l’on extrait de l’huile employée à la production du savon, des bougies et de la végétaline. La coque de la noix sert à fabriquer une quantité de menus ustensiles pour les usages domestiques. Enfin l’enveloppe fournit des fibres dont on fait des brosses, des tapis, des cordes. C’est l’industrie du coprah qui est la forme la plus importante de l’utilisation du cocotier et qui donne lieu à toute l’exportation indo-chinoise. Dans ces dernières années elle oscillait entre 45oo et 5yoo tonnes. Deux typhons l’ont fait considérablement baisser en 1904. Comme la France reçoit par an 100000 tonnes de coprah, il y a là pour l’Indo-Chine un commerce à développer, mais les prix doivent être assez bas pour concurrencer heureusement les Indes anglaises, Singapour, les Philippines, dont la production est beaucoup plus importante.
- Le commerce de la Guinée française en 1904. —
- D’après la Feuille de renseignements de l'Office Colonial, le commerce total s’est abaissé de 3 556 418 francs de 1903 à 1904, passant de 32033717 francs à 28477299. L’importation est tombée de 3 140911 francs et l’exportation de 4ï5 5o7. En 1904 l’importation a été de 14 802063 francs, dont 4 780793 francs de France, l’exportation de i3 675 236 (7 353 3x 1 en France). Les tableaux de détail permettent de se rendre compte que le mouvement de baisse s’est manifesté nettement sur tous les produits, sauf le sel, les verroteries, les chaussures, les bois, les bestiaux qui traduisentune légère augmentation.
- Le commerce du Congo français en 1904. — Au
- total, augmentation de 4 277 284 francs par rapport à 1903, l’ensemble des transactions passant de 16 916 3x9 fr. à 21193603 fr. L’importation passe de 6978077 fr. à go58i4o fr. (augmentation : 2080063); l’exportatioxi de 9938242 à i2i35 463 (augmentation : 2 197 221). Avec la métropole le commerce d’importation s’est acci’u de
- 1 488 i65 francs, celui d’exportation de 820091 francs.
- Le commerce de la Réunion en 1904. — D’api’ès l'Office Colonial en 1904 le total des importations est baissé de 21 5o5 288 francs à 19305870 francs, soit de
- 2 202718 francs. L’exportation est tombée, elle aussi, de 1910x900 à i3 582 683, soit 5609217 francs. Au total la diminution du mouvement commei'cial de 1903 à 1904 a été de 7 811 935 fi’ancs.
- Le commerce de la côte des Somalis en 1904. —
- !L'Office Colonial donne les l'ésultats comparés de 1903 et de 1904. Ils attestent une très forte augmentation du commerce total, qui, de 17981000 francs en 1908, est passé à 29168000 francs, ce qui fait une hausse de iii83 3oo francs environ. Pour l’importation l’accroissement est de 5 136 x 17 francs (èn 1903, 7 53o 221 francs ; 12 666338 en 1904) ; pour l’exportation il est de 6047 179 fr. (passant de 10450900 à 16 498079 francs).: Les l'apporls commerciaux avec la métropole sont doublés.
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- c#*s. Automobilisme
- Roues élastiques. — On sait tous les inconvénients -du pneu ; on sait aussi toutes les recherches qui ont été entreprises pour trouver un modèle afin de le remplacer.
- Nous mentionnerons aujourd’hui les l'oues élastiques qui offrent une certaine sécurité. Elles sont d’une grande solidité ; comme le montre la ligure ci-jointe, leurs rayons sont en lames d’acier, arc-boutés deux par deux. La jante flexible est formée de sections juxtaposées autour d’un cercle flexible en acier pla-Itoue élastique à jante flexible. cé dans ces sections ;
- sur ce cercle est enroulé un câble métallique, puis un deuxième cercle flexible en acier sur lequel repose le bandage en caoutchouc. On forme ainsi une jante souple et d’une grande solidité. —: Les roues élastiques à jante flexible se trouvent chez M. Marcel Cosset, ia et 14» rue Demarquay, à Paris (10e arr.).
- Refroidisseurs-réservoirs. — On sait que les refroidisseurs-réservoirs sont composés d’un cadre creux en cuivre jaune enveloppant des tuyaux à ailettes cloisonnés. Ces tuyaux sont horizontaux et brasés sur les deux faces intérieures en cuivre rouge du réservoir qu’ils font communiquer. La pression de la pompe est totalement utilisée avec les refroidisseurs-réservoirs. Les figures ci-dessous représentent divers modèles de refroidisseurs. On peut adjoindre à ce s refroidisseurs un ventilateur
- Modèles divers de refroidisseurs-réservoirs.
- monté sur le cadre-réservoir ou porté par le moteur Les, longueurs de tuyaux cloisonnés avec ailettes en fer sont établies pour moteurs à 2 cylindres de puissance moyenne. Les ailettes peuvent être en aluminium ou en cuivre rouge suivant le rendement à obtenir. Il faut prévoir la hauteur et la largeur des refroidisseurs aussi grandes que possible pour réduire au minimum les rangs en épaisseur. — Pour les refroidisseurs-réservoirs cloisonnés, s’adresser à MM. Grouvelle et Arquembourg, 71, rue du Moulin-Vert, Paris (14e).
- Ruptures des attaches des réservoirs dans les motocycles. — Nous n’avons pas en vue exclusivement les motocycles, mais les automobiles également, et aussi toutes les pièces qui sont montées par colliers par exemple sur des tubes, en subissant des vibrations et des ébranlements continus qui peuvent faire jouer les liaisons ou même entraîner la rupture du métal, par exemple du réservoir auquel le collier est fixé par un rivet. On se trouve très bien, en pareil cas, d’insérer une feuille, une lame, une bande de caoutchouc entre le collier et le tube, car cela empêche une bonne partie des secousses et vibrations de se transmettre.
- «tjj'î'S» Electricité ^mî§)
- Appareils de sécurité pour canalisations électriques à haute tension. — Il importe de prendre
- aujourd’hui les plus grandes précautions pour les canalisations électriques à haute tension; il faut surtout éviter une rupture pouvant amener les conducteurs en contact avec les passants. Ces ruptures ne sont à craindre que sur les dérivations de faibles sections. M. L. Neu, ingénieur, a fait connaître, il y a peu de temps, un système très simple qui, bien appliqué et bien entretenu, fait disparaître les chances d’accidents. Il consiste à munir la ligne, à son origine, d’un disjoncteur qui entre automatiquement en action si l’un des conducteurs vient à se rompre. Nous supposerons l’emploi du système pour une distribution à courants triphasés ; on peut, par de simples changements, utiliser le même système pour les courants alternatifs simples et continus. On peut désirer n’avoir qu’un seul disjoncteur à la station centrale ou un à l’origine de chaque branchement. Pour le cas où un seul disjoncteur se trouve à la station centrale, la figure r nous donne le schéma des connexions. Le disjoncteur C est actionné par un relais R, qui est alimenté par le circuit secondaire d’un transformateur T. Le circuit primaire de ce dernier est relié, d’une part, au point neutre B d’une
- Fig. 1. — Sécurité des canalisations à haute tension.
- Disjoncteur à la station centrale.
- distribution à courants triphasés, et, d'autre-part, à la terre par l’intermédiaire d’un parafoudre à faible distance d’éclatement. A l’extrémité de la ligne, on réunit également le point neutre B' de la distribution à la terre t directement ou par une résistance ou une self-induction S et un parafoudre à faible djstance d’éclatement. Les points neutres à l’origine ou à l’extrémité de la ligne sont au même potentiel tant que les trois fils sont intacts. Mais, si l’un des fils vient à se rompre, il se produit aussitôt une différence de potentiel élevée entre les deux points neutres d’origine et d’extrémité de la ligne. Le relais fonctionne et le disjoncteur s’ouvre, rompant toute communication. S’il se produit un contact accidentel entre un conducteur à haute tension et un fil téléphonique ou télégraphique D, muni d’un parafoudre
- Branchement
- Fig. 2. — Disjoncteur automatique en tète de chaque ligne au branchement.
- à faible distance d’éclatement p, le disjoncteur s’ouvre instantanément. Il en est encore de même si le contact a lieu entre la canalisation à haute tension et la canalisation à basse tension. Enfin, si l’isolement des lignes est faible, un courant passe entre le point de la ligne où se trouve le défaut et le point neutre d’origine de la ligne et le disjoncteur fonctionne.
- Si on place un disjoncteur automatique en tête de chaque branchement (fig. 2) , on le règle pour qu’il fonctionne à une intensité double de l’intensité maxima. A l’extrémité du branchement on installe un appareil de mise en court-circuit, qui peut fonctionner au moyen d’un électro-aimant B. L’excitation de cet électro-aimant est obtenue par l’in-
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- termédiaire des transformateurs tit Ç, f3 par les trois (ils de ligne. Tant que cette dernière ligne est intacte, rélectro-aimant demeure inactif; dès qu’un fil de ligne est rompu, rélectro-aimant s’excite, et l’appareil de mise en court-circuit fonctionne. Cet appareil relie entre eux les trois lils de ligne par trois résistances r. 11 se produit alors, dans les conducteurs à haute tension, un courant intense qui provoque le déclenchement du dis-joncteur à maximum A placé en tête du branchement.
- — Lés dispositifs de sécurité pour canalisations électriques à haute tension sont établis par la Société industrielle des téléphones, a5, rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- Poreuse électrique. — Les outils électriques portatifs, et en particulier les foreuses électriques, ont pris dans ces dernières années une grande extension dans la petite industrie. Les facilités de maniement et de déplacement rendent ces outils indispensables dans toutes les industries où il faut éviter le transport difficile et onéreux de lourdes pièces. Il existe des foreuses à vitesse
- directe ou à réducteur de vitesse pour courants continus et pour courants triphasés. Ces foreuses, d’un poids très faible, peuvent être portées à la main et directement appliquées sur les endroits où les trous doivent être percés. La ligure ci-jointe représente un ouvrier qui tient entre ses mains un modèle de petite foreuse, branchée à la place d’une lampe à incandescence, et avec laquelle il s’apprête à percer un trou dans une colonne. Pour les foreuses à vitesse directe, les diamètres de. forage varient de 4 à 18 millimètres ; les puissances électriques consommées sont comprises entre 80 et 3oo watts. Les vitesses angulaires correspondantes sont pour le Courant continu de 1800 à i3oo tours par minute, et pour le courant triphasé de 1400 tours par minute pour tous les modèles. Ces machines peuvent être employées avec des courants allant jusqu’à 2Ôo volts. Les foreuses à réducteur de vitesse permettent des diamètres de forage de i5 à 5o millimètres; les puissances électriques varient de 180 à n5o watts. Les vitesses normales angulaires sont comprises entre 260 et 80 tours par minutei II existe également des foreuses à 3 vitesses différentes, interchangeables instantanément par simple rotation du mandrin porte-outil. — Pour les foreuses électriques, s’adresser à la Société Electricité et Electromécanique, 16, rue Saulnier, à Paris.
- Système nouveau de bras de trolley. — L'appareil est naturellement destiné aux tramways électriques et . véhicules prenant le courant par le moyen d’un frotteur ;
- le but qu’on a poursuivi dans son établisse- ! ment, c’est-à-dire dans la combinaison de son embase et des ressorts qui assurent un contact 1 constant et effectif entre le frotteur et le fil con- ! ducteur du courant, est j que la pression exercée j sur le fil soit constamment la même, quelle que soit la hauteur du fil, quelle que soit par conséquent la position du bras, et si grand que puisse être son abaissement. Sans entrer dans des détails un peu minutieux, nous dirons du moins que, au fur et à mesure que la force du reèsort augmente par suite de la compression, les choses sont arrangées de telle manière' que l’action résultant du bras de levier sur la perche arti-r
- Nouveau bras de trolley.
- y M /
- Foreuse électrique
- culée diminue proportionnellement ; et l’inverse se produit au moment d’un relèvement du fil décomprimant les ressorts. Le moment de l’effort exercé sur le fil est donc pour ainsi dire constant. Ajoutons que l’axe vertical de ce bras est muni d’un double roulement à billes et est prévu avec un excellent graissage. — Le dispositif est fabriqué par la maison Harper, Phillips, Albion Foundry, à Grimsby, en Angleterre.
- Divers
- Pinces à serrage parallèle. — Le serrage parallèle est au moins aussi intéressant à obtenir dans des pinces que dans un étau : avec les pinces en particulier, sans cette condition, on ne maintient que fort imparfaitement, du bout des mâchoires, l’objet que l’on saisit; tandis qu’avec le parallélisme, le serrage se fait sur une grande surface4 et est par conséquent autrement efficace.- Ce qui assure cette condition dans les pinces que nous mettons sous les yeux du lecteur, et qui se font aussi bien en pinces plates qu’en pinces rondes, c’est la façon particulière dont les mâchoires sont articulées. Qu’011 remarque que ces mâchoires ne sont nullement solidaires de la poignée opposée, comme c’est le cas dans les outils ordinaires : chaque poignée p est en réalité faite par emboutissage dans une tôle d’acier, et vient s’articuler par un pivot avec l’autre poignée en p ; mais la poignée chausse, enveloppe la base, l’extrémité postérieure de la mâchoire m. Celle-ci est reliée à l’extrémité antérieure de la poignée par un pivot en a; et, quant à sa partie postérieure, qui pénètre dans le logement ménagé par l’emboutissage de la poignée opposée (puisqu’il Pinces a serrage parallèle. . y a croisement des poignées) elle est fendue suivant sa longueur, de manière à former coulisse pour le rivet b au fur et à mesure que les mâchoires s’ouvrent de la pointe sous l’influence de l'écartement des deux poignées pp. Grâce à cet artifice mécanique ingénieux, les pièces formant mâchoires s’écartent ou se rapprochènt en demeurant continuellement parallèles. Les fabricants de cet outil sont américains, c’est la Compagnie Seholhorn, mais nous avons trouvé et essayé ces pinces chez M. Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Monture pour meuler à la machine. — Ce dispositif a pour but de pouvoir mettre et maintenir en place, de la façon la plus solide, sans que l’objet bouge, et suivant l’angle exactement désiré, toutes les pièces quelconques que l’on désire dresser à la meule, en les soumettant aux machines à très grandes vitesses que l’on
- emploie maintenant avec tant d’avantages. La pièce à traiter de la sorte est d’abord placée sous la
- Fig. i. Fig. 2.
- barre transversale fixée par deux écrous dans des glissières ad hoc, mais la fixation définitive n’est assurée que par rabaissement d’un levier à excentrique, qui vient appuyer sur la pièce en la prenant entre le bloc abaissé par le levier et le plateau hémicirculaire. Ce plateau peut du reste être placé dans la position qu’on désire, et on a la possibilité de le faire avancer, au fur et à mesure du meulage, jusqu’à ce qu’on ait exactement enlevé la quantité de métal qu’on avait primitivement décidé de supprimer. —L’appareil est construit par MM, Burton, Griffiths, x, Ludgate Square, Ludgate Hill, Londres, E. C.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La ration alimentaire des Parisiens. — La lutte pour la tuberculose a fait surgir de nombreuses œuvres philanthropiques ; depuis le sanatorium jusqu’au plus j petit dispensaire on s’efforce de combattre les progrès croissants de cette lèpre affreuse qui s’étend sur l’univers entier en gagnant peu à peu tous les continents. Les sommes dépensées sont énormes et ne semblent pas cependant représentées par des résultats bien décisifs. C’est qu’il faut, en pareille lutte, faire surtout de la prophylaxie. En tout cas, les malades soignés, traités, ont été, s’ils n’arrivent pas à la guérison, soulagés, améliorés; c’est déjà quelque chose.
- Pour arriver à des résultats pratiques, il faut remédier aux causes premières : l’alcoolisme, la contagion et la prédisposition par la cohabitation dans des logis mal aérés, peu ou pas ensoleillés, questions dont la solution soulève des problèmes autant politiques qu’hygiéniques. Parmi ces causes il en est une presque aussi importante qu’une mauvaise habitation, mais sur laquelle les documents ne sont pas très précis : c’est l’alimentation; une nourriture insuffisante, une mauvaise hygiène alimentaire est une cause prédisposante à la propagation de la tuberculose. Mais c’est ici le cas de dire : Aide-toi, le èiél t’aidera. Bien des ouvriers, bien des employés gaspillent une partie de leur salaire pour une alimentation mal réglée et qui pourrait, avec une dépense égale et métiré moindre, leur donner des repas plus substantiels et-plus nutritifs. %
- Là preuve nous en est fournie par une enquête des plus iritéressantes publiée par le professeur Landouzy qui a pu, avec l’aide de ses chefs de laboratoire, les docteurs Henry et Marcel Labbé, rassembler tous les éléments d’une véritable réforme alimentaire. Cette enquête a porté sur un très grand nombre de sujets qui se présentaient, pour les causes les plus diverses, à la consultation hospitalière. Tous habitent Paris ou la banlieue immédiate et se trouvent, par conséquent, question de logement OU de travail à part, dans les mêmes conditions.
- Or, ce qu’il y a de curieux à relever tout d’abord, c’esff que toüs les examinés, depuis l’ouvrier travailleur de force, forgeron, mécanicien, manœuvre, jusqu’au trottin, à la midinette travaillant dans les ateliers de mode, de couture, en passant par les professions ordinaires, les employés de magasin, les employés de bureau, tous; dis-je, ont une alimentation absolument défectueuse et insuffisante, alors que pour un chiffre égal de dépense ils pourraient avoir une nourriture plus substantielle, plUsalibile. La dépense journalière pour la ration alimentaire du Parisien est assez élevée, puisque, dans la majorité des cas, elle équivaut à la moitié environ des salaires, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes ; mais, comme le salaire de celles-ci est moins élevé, il en résulte que la dépense absolue en nourriture est également moindre et, partant, souvent insuffisante.
- Avec une dépense de près de 5o pour ioo du salaire l’alimentation peut être assurée ; mais c’est là le côté intéressant de cette enquête. La dépense est conduite d’une façon irraisonnée pour ne rien dire de plus et la nourriture est insuffisante, non plus par défaut de dépense, mais parce que le sujet consomme des aliments qui ne nourrissent pas ou qui le nourrissent mal ou des aliments qui lui sont nuisibles. L’ouvrier qui a un travail de force, qui a une somme d’énergie musculaire considérable à donner, mange trop de viande, et boit trop d’alcool. Un des sujets interrogés, garçon de chantier, gagnant de 5 à 6 francs par jour, consacre à la boisson, vin, apéritifs, petits verres, la moitié de son salaire, exactement 47,8 pour 100. Inversement, la midinette, la petite ouvrière, ne donne qu’une faible part de sa dépense aux boissons alcooliques, à peine un peu de vin, mais elle consomme des aliments peu nourrissants, salades, crudités, condiments, fruits de mauvaise qualité. Des deux côtés, par un procédé différent, il y a nourriture insuffisante et nuisible.
- Un autre détail à relever de' cette enquête, c’est que plus de la moitié des ouvriers des deux sexes ne prend aucun repas le matin avant d’aller au travail. C’est là, sans parler pour beaucoup de la pratique du verre de
- vin blanc ou mieux encore de l’eau-de-vie à jeun, une habitude déplorable; avant de demander à la machine humaine un effort, il est bon de lui fournir les matériaux nécessaires à cet effort, les calories en nombre suffisant. Il ne viendra jamais à l’idée d’un voiturier de se mettre en l'oute sans avoir donné à ses chevaux le picotin d’avoine. Il pourrait, il devrait en être de même pour le travailleur quelconque en prenant un repas léger, lait, thé, café, avec un peu de pain et beaucoup de sucre. Parmi les mets dont se compose l’ordinaire, du Parisien mangeant chez lui ou au restaurant il en est qui sont trop délaissés et qui fourniraient à prix égal une somme de calories supérieure. Un litre de lait fournit 616 calories, 100 grammes de pain en donnent 235 ; un œuf donne 74, tandis que 100 grammes de viande produisent 117. La même proportion de légumes secs, 100 grammes coûtant moins que xoo grammes de viande, donne trois fois plus de calories, 3i5 grammes. Un kilogramme de pâtisseries (farine et sucre) fournit 4200 calories, soit quatre lois plus que la viande. Une dizaine de morceaux de sucre croqués dans la journée ou, plus judicieusement, fondus dans un peu de lait ou de café représentent une dépense de 5 centimes ; un demi-litre de vin qui ne vous donnera pas le quart de l’énergie fournie par le sucre coûtera de 5 à 6 sous.
- Ces données générales ont permis au professeur Landouzy d’esquisser tout un ensemble de mesures, très simples, très à la portée de tous, pour remédier à cette habitude de repas mal réglés, mal composés. A titre de spécimen, voici la composition d’un menu pour un ouvrier travaillant de force : un homme d’un poids moyen de 75 kg a besoin de fournir par jour à une dépense de 36oo calories environ, 48 calories par kilogramme. Il y arrivera avec une dépense très modérée en prenant comme nourriture et boissons pour la journée :
- Pain 520 grammes 0,18 centimes
- Lait 3oo — 0,09 —
- Sucre . . 80 — 0,06
- Beurre 4o — 0,12 —
- Fromage 4o — 0,10 —
- Viande. . 200 — o,5o —
- Pommes de terre. . , 5oo —
- ou légumes secs . . i5o — 0,08 —
- Riz 3o — 0,02 —
- Fruits 200 — 0,10
- Café I tasse 0,08 ... —
- Vin I litre 0,40 * —
- Total. i,73
- Ce chiffre est calculé pour la nourriture prise à domicile; même dans ces conditions, il me semble un peu faible et demanderait à être relevé de quelques centimes. Mais, en somme, on voit qu’en modifiant son mode alimentaire, le Parisien de toutes conditions, même celui qui fournit un gros travail musculaire, arriverait non seulement à bien équilibrer son budget, mais à faire des économies tout en soignant mieux sa santé.
- Le Dr Landouzy a dressé toute une série de tableaux, véritables indicateurs d’alimentation qu’on devrait mettre à la portée des consommateurs dans tous les restaurants populaires. Notre ami conseille même d’avoir dans chaque restaui'ant, comme on l’a dans les établissements de bains, une balance à la disposition des habitués ; au-dessus de la balance, se liraient lés tableaux indiquant pour les individus de 40 à 90 kilogrammes la somme de calories nécessaire pour leur ration physiologique journalière. Son poids connu, le consommateur n’aurait plus qu’à choisir dans les indicateurs d’alimentation lennels qui doit lui fournir les calories utiles. L’ouvrier et l’em ployé comprendront qu’il est aussi nécessaire de calculer son alimentation qu’il est utile et indispensable, quand on va acheter des chaussures et des vêtements, de connaître sa pointure et sa taille. Encore une réforme, et des plus simples, des plus pratiques : alimentation meilleure, mieux dirigée, plus profitable et diminution des candidats à la tuberculose; voilà les résultats; la réforme en vaut la peine. D1' A. Cartaz.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- ctgTNï* Divers
- Vernis pour cuirs. — Il est recommandé comme excellent par la publication Les Corps gras industriels. On fait chauffer jusqu’à ioo° G. 400 parties en poids d’huile bouillie, puis on y ajoute peu à peu 2 p. de bichromate de potasse, de manière que l’addition prenne un quart d’heure, et en maintenant la température constante. On élève alors à 1600, puis on additionne graduellement, en répartissant l’opération sur une heure, 40 p. (mettons 40 kg) de bleu de Prusse; on chauffe ensuite durant trois heures, en élevant graduellement la température, de manière à atteindre 25o à 3oo°, et cela en remuant constamment. D’autre part on a fait chauffer à 35o°, pendant une demi-heure, 26 parties d’huile de lin, 35 de copal, 75 de térébenthine et 7 de cérésine. On mélange les deux préparations, et, si cela est nécessaire, on dilue avec de la térébenthine. Pour appliquer le vernis au pinceau, il vaut mieux le faire chauffer.
- Nettoyage des oiseaux empaillés. — La recette est donnée par xxn correspondant de Work. On commence par humecter l’oiseau, et libéralement, de benzine ou de benzol, et on le place sur une feuille de papier ; on prend ensuite un gros tampon de ouate, qu’on trempe dans du plâtre de Paris, ou dans de l’amidon en poudre, de façon à bien l’en charger, et l’on en poudre l’oiseau, en bonne épaisseur, en laissant la poudre absorber l’hydrocarbure durant une ou deux heures. Puis on secoue l’oiseau, autant qu’il est possible sans le détériorer, ce qui fait déjà tomber une bonne partie du plâtre ; et enfin, avec un bout de fil métallique suffisamment rigide, on tape avec précaution sur les plumes. On se met à l’air naturellement pour cette opération qui soulève un nuage de poudre. On peut ensuite passer un autre tampon de ouate, pour achever le nettoyage et lisser la plume; on se trouve assez bien d’humecter le tampon de ouate d’un peu d’alcool. On renouvelle l’opération du battage et du lissage, si nécessaire.
- Composé à détacher. — Il s’agit en somme d’un savon pour enlever les graisses, quand le savon ordinaire ne réussit pas. On prépare d’abord 3o parties d’un extrait de bois de Panama : cela en faisant bouillir de l’écorce concassée dans de l’eau jusqu’à ce que celle-ci prenne une belle couleur sombre ; on fait ensuite évaporer l’eau par la chaleur, et l’on recueille le résidu formant l’extrait, désiré. On le pulvérise et on le mélange avec 3o parties de borax en poudre et 120 p. de fiel de bœuf frais. D’autre part, on fait fondre dans une petite quantité d’eau 45o p. de savon de Marseille, et l’on ajoute lès premiers ingrédients, en mêlant bien.
- Noir pour souliers. — Mélanger 900 grammes (ou proportionnellement moins) de noir d’os avec 675 grammes de mélasse et 1/8 de litre d’huile de lard, puis ajouter assez de vinaigre pour faire une pâte de bonne consistance.
- Encre indélébile pour verre ou métal. — On fait dissoudre 5 parties de silicate de soude dans une quantité suffisante d’eau bouillante, et l’on .ajoute ensuite 5 p. également d’encre de Chine liquide. Il faut que le liquide ait bonne consistance pour couler d’une plume ; on doit toujours le secouer avant de l’employer.
- Contre les insectes des chevaux et du bétail. —
- Mélanger 3 parties d’essence de clous de girofle, 5 p. d’essence de laurier, autant de teinture d’eucalyptus, et additionner de i5o p. d’alcool et de 200 d’eau : c’est un liquide pour pulvérisations qui réussit bien, mais a l’inconvénient de coûter un peu cher.
- Parfum à la lavande. — Dans un litre 3/4 d’alcool, on verse 45 grammes d’essence de lavande, autant d’essence de bergamote et d’essence de citron, puis i5 grammes de teinture de benjoin et enfin 180 grammes d-’eau de roses.
- , Enduit imperméabilisant pour surfaces humides.
- — Le procédé a pour but de traiter les murs, les plan-
- chers qui se trouvent dans des terrains particulièrement humides et froids, de façon à arrêter toute infiltration ou tout écoulement d’humidité. La substance qui a été inventée dans ce but, et dont on dit le plus grand bien, porte le nom de carboron : son inventeur est un ingénieur américain nommé Herbert Paschke. Pour traiter les surfaces, on recourt à la fois à un tissu bitumé et à une sorte d’enduit de peinture. Le tissu employé est généralement de la mousseline qui est saturée et recouverte extérieurement d’un composé à base d’asphalte et d’huile minérale, à volatilisation très facile. On recouvre la surface à traiter d’une couche de ce tissu, puis on passe une couche de l’enduit spécial ; on continue de même jusqu’à obtenir une épaisseur qu’on juge suffisante pour l’imperméabilisation. La solution s’évapore et fait corps en réalité avec les couches de tissu. Sans aucun chauffage, le revêtement prend, et il peut même s’appliquer directement sur une surface humide. (Sicilian Asphalt Paving C°, New-York.) ;
- Métaux 'S'C&>
- Nettoyage des objets de cuivre poli. — L’eau pure les ternit d’ordinaire; aussi recommaride-t-on, entre autres procédés de nettoyage, le suivant. Faire une mixture de charbon de bois pulvérisé très finement, dont on prend 4 parties, de 3 parties d’esprit-de-vin et de 2 d’essence de térébenthine. On ajoute à cela, en quantité convenable, de l’eau dans laquelle on a versé en brassant bien, et en prenant garde aux brûlures, un fiers en poids de sel d’oseille. On frotte les objets de cuivre avec ce mélange.
- Nettoyage des objets en bronze oxydé. — Le procédé, recommandé par notre confrère la Revue de l'Automobile, consiste à tremper d’abord ces objets dans une forte lessive de soude, puis dans un bain contenant une partie d’acide sulfurique pour 12 parties d’eau. On rince à l’eau pure, puis dans une autre eau contenant un peu d’ammoniaque, et finalement on sèche et frotte avec une pâte à polir assez douce d’action.
- Un métal à moulages et à empreintes. — Ce métal, cet alliage, qui est une variété d’alliage ou de métal de Lipowitz, présente cette particularité de fondre à basse température et de prendre avec la plus fidèle exactitude des empreintes très délicates ; on peut l’employer même à prendre directement les moulages de feuilles, de tiges ou de parties autres de plantes. Pour l’obtenir, on fait fondre dans un plat trois parties en poids de cadmium, puis 4 parties d’étain et i5 de bismuth, complétées par 8 de plomb. Quand l’alliage est à l’état de fusion, on y ajoute 2 parties de vif-argent chauffé au préalable à ioo° C. L’amalgamation se fait facilement et tranquillement; mais il faut immédiatement retirer du feu et brasser jusqu’à solidification. Le point de fusion est vers 62°, ce qui est évidemment précieux au point de vue qui nous occupe; le métal, ou l'amalgame en question, comme on voudra l’appeler, peut, servir à couler des statuettes, par exemple, dans des moules en plâtre.
- Alliages. — MM. Guertler et Tammann ont étudié, dans Zeitschrift anorganische Chemie, les alliages de cobalt et de nickel, et constatent qu’au polissage et à l’attaque par les acides ils accusent une’structure polygonale très nette, mais variable suivant la composition.
- Etamage du fer. —' On prépare un bon bain pour celte opération, en dissolvant à chaud 3oo grammes d’un composé de sulfate d’alumine et de sulfate d’ammoniaque et 10 grammes de chlorure d’étain fondu, dans 20 litres d’eau. Les objets à traiter ont été décapés et rincés à l’eau pure, puis ils sont plongés dans la solution quand elle bout ; ils sont immédiatement couverts d’une couche d’étain d’une belle couleur blanche mate, qu’on peut du reste aisément faire briller. Il faut, de temps à autre, rajouter de petites quantités de sel d’étain, parce qu’il s’épuise, comme de juste.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par se$ abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quime jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les
- nouveaux fiacres automobiles se trouvent chez MM. Renault frères, i3x, rue du Point-du-Jour à Billancourt (Seine), et à la Société des Fiacres automobiles, place Collongcs, Levallois-Perret. — Les cheminées radio-incandescentes, système Delage, se trouvent aux établissements Grunberg, Léon et C‘°, 49> rue de Tanger, à Paris (190).
- Communications. — M. Arctowsky, l’explorateur bien connu de nos lecteurs, nous adresse les quelques observations suivantes au sujet de l’information publiée ici même (n° 1706, du 27 janvier 1906) sous le titre : Nouveaux projets automobilistes vers les pôles Nord et Sud : a Le gros écueil,disions-nous, consiste à trouver un combustible qui ne gèle pas. » M. Arctowsky nous fait remarquer fort justement que la motogazaline couramment employée peut parfaitement servir dans les régions polaires et qu’il est inutile de chercher à la remplacer par l’alcool ou l’éther : « Dans une expérience,, faite le 29 janvier devant la Société belge d’Astronomie, il m’a été possible de constater que la motogazoline commerciale ne gèle pas par — 65° C. Cette température étant inférieure à celles ayant été notées jusque maintenant dans la région antarctique, il n’y a pas lieu de se préoccuper de la question du combustible. Il en est tout autrement des innombrables autres difficultés qui s’opposent à l’application d’automobiles ou simplement de moteurs tels que nous les connaissons. La plus grosse difficulté est que les constructeurs sont débordés de commandes; que, par cela même, ils ne désirent nullement sortir hors du travail de routine pour chercher à faire du nouveau pouvant servir au progrès des sciences géographiques. »M. Arctowsky a bien voulu joindre à sa lettre quelques tirages à part relatifs à des recherches sur la vitesse et la diréction du vent.
- M.. E, T., à Agen, nous écrit une lettre très intéressante dont nous extrayons les passages suivants : « Sous la signature de M. Paul Reclus, La Nature, n° 1709, publie un article sur les Dictons agricoles qui m’a vivement intéressé. Il est, dans cet ordre d’idées, une recherche qui serait intéressante, c’est celle,des dictons ou proverbes constatant l’état météorologique d’après l’aspect combiné des montagnes et du ciel. En pays de Gascogne, de tous les points où l’on peut apercevoir les Pyrénées, on entend prédire le temps de la façon suivante :
- Mountano claro, Bourdeou escut
- Auren pléjo cot ségut.
- En français : Montagne claire, c’est-à-dire visible à l’horizon (parfois près de 200 kilomètres), Bordeaux brumeux, nous avons la pluie à coup sûr. Il y a plus de vingt ans que je vis dans celle contrée, j’ai mille fois et plus constaté le phénomène et jamais la conclusion n’a varié, toujours la pluie s’est produite à des intervalles variant d’une à quarante-huit heures.
- M. E. Anadyr, à X., nous écrit, comme suite à l’article que nous avons publié sur l’emploi des bouteilles à poisons (n° 1708, du 17, février 1906, p. 191), qu’il existe, en Allemagne, des bouteilles destinées à cet usage qui ont un aspect tout particulier. L’attention est attirée sur les récipients de cette nature par une marque spéciale : des ossements en croix et une tête de mort en relief sur le devant de la bouteille.
- Renseignements. — M. G. Carlier, à Paris. — On peut compter que la consommation spécifique des lampes à incandescence électriques en watts par bougie, à 110 volts, est de 3,5 watts pour les lampes de 10 bougies, de 3 watts pour les lampes de 16 bougies, et de 2,5 pour les lampes de 3a bougies.
- M. J. Donneaud, à Lyon. — Dès que nous connaîtrons les détails de l’installation, nous en donnerons, la
- description. Il est probable que la Société utilisera au départ la production d’énergie à courants triphasés sous faible tension, avec transformation à 40 000 volts sur les lignes de transmission. A l’arrivée aura lieu une double transformation; la haute tension sera d’abord abaissée, puis le courant triphasé transformé en courant continu à 110 ou 220 volts.
- M. D. Ch., à Alger. — i° Machines à tricoter : MM. Cau-mont, 96, boulevard Sébastopol, à Paris ; liurtu, 33, même boulevard ; Singer, 29, rue de la Glacière, etc. — 20 Nous 11e possédons pas l’adresse que vous demandez. Tous nos regrets. — 3° Dans les phonographes, les disques et les cylindres présentent chacun des avantages qui 11e permettent pas d’affirmer la supériorité d’un des deux systèmes. Le point capital est d'avoir un appareil bien construit. — 4° Le sraies de feu, du Dr Coste de Lagrave, se trouve à la librairie Maloine, 22, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris.
- M. Audebert, à Bordeaux. — Veuillez consulter des traités de géographie, que vous trouverez dans toutes les bibliothèques.
- MM. Demblont et Verset, à Anvers. —Nous ne possédons pas d’autres renseignements sur la forge portative à ventilateur électrique que ceux donnés dans le n° 1705, du 27 janvier 1906. Veuillez vous adresser aux Ateliers de la Compagnie des chemins de fer de l’Est, à Epernay.
- M. II. Huguenin, à Genève. — Nous ne connaissons pas d’ouvi'age spécial à la Chrysalide. Peut-être trouveriez-vous quelques renseignements à ce sujet dans l’Ouvrage de M. Randau : La fabrication des émaux et Vémaillage, librairie Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Au-gustins, à Paris. Un de nos lecteurs, M. André Berger, à Moulins-Engilbert, nous signale d’autre part que ce produit se trouvait autrefois chez M. E. Fenoglio fils, ancienne maison Bajat, 2, rue Lafayette, à Grenoble.
- M. F. lioreUi, à Marseille. — Il est très facile de calquer au crayon sur un papier opaque que l’on rend transparent momentanément en l’imprégnant d’essence de térébenthine bien pure.
- M. J. Sclinetzler, à Lausanne. —Le lait doit être conservé de préférence dans un endroit frais, ayant une température de 8 à 10 degrés, et les vases couverts afin d’éviter la poussière. Il serait d’ailleurs très bon que le couvercle de fermeture du vase présentât une ouverture oblitérée par un bouchon d’ouate, qui permette au liquide, d’être en contact avec un air suffisamment renouvelé, mais filtré. En pratique, le mieux est de ne pas conserver le lait d’un jour à l’autre. Enfin, il est certain que dans une certaine mesure l’ébullition garantit le lait contre l’altération.
- M. de Mirbeck, à X. — i° Nous ne pouvons vous-répondre directement, n’ayant pas votre adresse. — 20 Pour les graines de cotonnier, veuillez vous adresser à la Pharmacie centrale de France, 7, rue de Joüy, à Paris.
- M. R. Daufrème, à Rouen. — Vous pourriez faire un bon enduit imperméable pour coton avec un mélange à chaud et par parties égales de gùtta-percha et de paraffine ou en appliquant les procédés d’imperméabilisation de tissus indiqués dans la ire série des Recettes et Procédés utiles, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. En ce qui concerne l'application de ces divers procédés à un canot démontable vous obtiendriez sans doute d’utiles indications de notre collaboraleûr M. Merel, capitaine instructeur au 39e d’artillerie, à Toul.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Simon, à Paris. Adressez-vous au Secrétariat de la faculté des Sciences, à la Sorbonne. — M. II. Monod, à Villeneuve. Veuillez consulter un chimiste qui vous donnera une analyse du produit. —M. Victor Haller, à Wimereux. Veuillez consulter le recueil de Recettes et Procédés utiles, 3e séxûe, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevai'd Saint-Germain, à Paris. —M-. N. Tritan, à Barcelonnette. Voyez le même ouvrage, même librairie, 4e série. ;— MM. A. Berger, à Moulins-Engilbert; E. Anadyr, à X.; E. T., à Agen. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Môureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 lévrier. . . 0«,2 S. S. W. 2. Bruine. 0,0 Couv. ; bruine ou gouttes une partie du temps.
- Mardi 27 9°,5 S. W. 4. Couvert. 3,0 Très nuag. ; pluie de 1 b. à 1 b. 45 et de 4 b. 50 à 0 b. 13.
- Mercredi 28 1“,3 W. S. W. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuag. ; gouttes à 9 b. ; halo lunaire.
- Jeudi 1" mars .... 5°,8 W. 2. Couvert. 7,9 Couv. ; pluie une grande partie du temps.
- Vendredi 2 9°,1 W. S. W. 2. • Couvert. 1,1 Couv. ; pluie de 14 b. 30 à 10 b. 50.
- Samedi 3 0°,0 N. E. 1. Très nuageux. » Gelée blanche ; peu nuageux.
- Dimanche 4 - 2\0 E. N. E. 1. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- FÉVRIER-MARS 1906. — SEMAINE DU LUNDI 26 FÉVRIER AU DIMANCHE 4 MARS 1906.
- I Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques lbaromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri, à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. -— Le temps a été pluvieux et légèrement froid dans la semaine du 26 février au 4 mars. Le 26 février, un vent assez fort ou fort d’entre Sud et Ouest a soufflé sur nos côtes de l’Océan et de la Manche; il a été modéré du Nord-Ouest en Provence. La pluie est tombée en abondance sur presque tout le continent; on a recueilli 25 mm d’eau à Nantes, 23 mm à Limoges, 20 mm à Belfort, 8 mm à Brest, 4 mm à Paris, 2 mm à Dunkerque. Le matin, le thermomètre marquait 6° à Belfort, 6° à Paris, io° à Nantes, io° à Clermont, 140 à Alger, —3° au mont Ventoux, —4° au Pic du Midi. Le 27 février, la température était le matin 90 à Belfort, 90 à Paris, 90 à Lyon, 140 à Alger, i° au Puy de Dôme,
- — 5° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 8°, supérieure de 3°,7 à la normale. Des pluies sont tombées dans le Nord et l’Ouest de l’Europe; il est tombé j 6 mm d’eau au Havre, 14 mm à Brest, 11 mm à Rochefort, 5 mm à Besançon, 3 mm à Paris. Le 28 février, les pluies ont été générales en France et assez abondantes dans l’Est. Un vent fort du Nord a eu lieu sur la Manche et sur l’Océan. La température était le matin i° au Mans, 20 à Paris, 20 à Belfort, 4° à Toulouse, i3° à Alger, — 5° au Puy de Dôme, — 5° au mont Aigoual, —-14° au Pic du Midi. Le if^mgrs, le thermomètre marquait 6° à Paris, 8° à Ayantes, ô° à Besançon,
- — 5° au Puy de . Dôme, —15° au n*ôhf'Mounier. On a recueilli 20 mm d’easL à Toulouse, 4 mm à Limoges, 3 mm à Besançon, 2 mm'?àLDunkerque, 1 mm à Paris. Une tempête de neige a sévi sur Belfort et là' région, ainsi que sur Remiremont. La température moyenne a
- Paris a été 7V2, supérieure de 2°,7 à la normale. Le 2 mars, les pluies ont été générales; il est tombé 25 mm d’eau à Brest, 22 mm à Nantes, 22 mm à Limoges, 17 mm à Besançon, 8 mm à Paris, 6 mm à Dunkerque. La température s’est relevée sur nos régions ; elle atteignait 4° à Belfort, 90 à Paris, io° à Alger, ii° à Nantes,
- — i° au Puy de Dôme, —5° au mont Mounier, —5° au Pic du Midi. La pression atmosphérique à Paris accusait à midi 759 mm. Un vent fort a soufflé des régions Ouest sur toutes nos côtes. Le 3 mars, la pression s’est relevée rapidement dans l’Ouest et le Nord-Ouest de l’Europe ; elle dépassait 770 mm sur l’Irlande, l’Angleterre et atteignait un maximum de 773 mm près de Cherbourg. Le vent a tourné au Nord et s’est calmé sur les côtes de la Manche et de l’Océan; mais un vent très fort du Nord a soufflé sur la Méditerranée. Il a encore plu à Limoges (17 mm), à Biarritz (i3 mm), à Belfort (9 mm), à Brest (5 mm). La température était o° à Belfort, 70 à Nantes, ii° à Alger, i3° à Perpignan, o° au Puy de Dôme,
- — 5° au Pic du Midi, —i° au mont Ventoux et o° à Paris; dans la banlieue, la gelée blanche a été générale. A Paris, la pression atmosphérique s’est rapidement élevée et a atteint à midi 774,6 mm. Le 4 mars, la pression a été élevée dans le Nord de la France; elle a dépassé 775 mm. La température a baissé principalement dans le centre; on a observé —3°. à Clermont, — 20 à Paris, i° à Nantes, 70 à Biarritz, i3° à Alger, i° au Puy de Dôme,. — r° aù mont Mounier, —i° au Pic du Midi. Le temps a été généralement beau. Le vent a été faible sur toutès les côtes; il a soufflé d’entre,Est et Sud sur la Manche, d’entre Nord et Est sur l’Océan.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 3 à 9 h. 37 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFAROUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (Y1e)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1712 (17 MARS 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Catastrophe aux mines de Courrières. —A 7 heures et demie du matin, le xo mars, une épouvantable explosion a dévasté la mine de Courrières, près Lens, à la limite Est du Pas-de-Calais, entre Dourges et Liévin, sur les fosses 2, 3 et 4, tué, carbonisé ou asphyxié n5o ouvriers sur un total de 1800, transfoi’mé les trois fosses en un brasier, dont les flammes sortaient par les puits, balayé Jes boisages des galeries, etc., projeté au dehors les toittu-es, les bennes, la cage même, jusqu’à tuer un homme à 15 mètres de l’ouverture d’un des puits. D’après les rènséignements actuels, la cause première pourrait être dans un incendie local, dont les gaz auraient traversé par des fissures ou fait éclater par la pression les barrages en maçonnerie et en argile qu’on leur opposait. L’incendie aussitôt généralisé a dû enflammer les poussières de charbon, amener d’autres éboulements, se propager peut être à des poches de grisou et finalement l'emplir la mine de gaz asphyxiants. Le sinistre du Métropolitain a pu montrer ce qui se produit en pareil cas dans un souterrain, sans même que le grisou intei'-vienne. Depuis quelques années, les catasti’ophes de ce genre, ordinairement dues au grisou ou aux poussières, semblaient supprimées en France; surtout dans les mines si admirablement outillées et surveillées du Nord et grâce à toutes les précautions prises, aux indicateurs de grisou perfectionnés, aux lampes, aux explosifs de sûreté, grâce surtout aux méthodes d’exploitation adoptées et à l’intensité de l’aérage, le nombre des accidents dus au grisou était tombé en France à un chiffre infime. Depuis 1892, sur une mortalité totale qui, dans les mines de combustibles, oscillait entre 9 et i5 pour 10 000 ouvriers employés, le nombre des hommes tués par le grisou ne dépassait pas 0,6 : au total 8 morts en 1900, 14 en 1901, 9 en 1902, 2 en 1903. L’accident actuel nous ramène aux années noires, qui jadis se reproduisaient à peu près périodiquement: 15,5 morts pour 10000 en 1867 : 10,9 en 1871; 17,2 en 1876 et enfin le maximum atteint jusqu’ici : 20,3 en 1889. Les 1 i5o ouvriers tués à Courrières représentent à eux seuls 68 pour 10 000 sur les 170000 ouvi'iers environ qui travaillent à nos mines de houille (dont 121 000 intéi'ieurement). Si nous remontons d’une vingtaine d’années en arrière, les grands accidents qui se sont" produits en France, tous par le grisou sont : le 2 novembre 1888, celui de Campagnac (Aveyron) dû au dégagement subit d’un soufflard extraordinaire, qui tua 49 hommes ; le 3 juillet 1889, celui du puits Yerpilleux, à la concession de Méons (Loire), dû à un aérage insuffisant, qui tüa 207 hommes ; le .29 juillet 1890, celui du puits Félissier, à la concession de Villeboeuf (Loire), dû également à un défaut d’aérage, qui
- tua n3 hommes; le 6 décembre 1891, celui du puits de la Manufacture, de la concession du Treuil (Loire) qui fit 62 victimes.
- On voit que le désasti'e de Couri’ières laisse singulièrement loin tous ceux-là derrière lui.
- Bibliothèque de l’Arsenal. — Par décret du 3 mars, rendu sur la proposition du ministre de l’instruction publique, M. Henri Martin, conservateur adjoint à la bibliothèque de l’Arsenal, est nommé administrateur de celte bibliothèque, en l'emplacement de M. José-Maria de Heredia, décédé. ,
- La crue de la Seine.— La crue de la Seine, que nous avons signalée dans les Informations du n° T71T, du 10 mars 1906, s’est arrêtée le 7 mars dans la matinée. Le 5 mars, la cote au Pont-Royal, à Paris, était de 5,27 m. ; le 6 mars, la Seine atteignait 5,38 m. au Pont Royal, à cause de la Marne. Elle est restée stationnaii'e pendant toute la journée du 6 mars, et elle a commencé à déci'oitrc dans la nuit du 6 au 7 mars. Au Pont Royal, la décrue était, le 7 mars au matin, de 3 cm.; le 8 mars, de i5 cm.; le 9, de 3 cm. Mais le mouvement de décroissance a cessé et ia crue a l'epris. La Seine a encore monté le 10 mars.
- Cyclones. — Nous ne pouvons qu’eni'egistrer une série de cyclones qui ont causé partout de grands ravages. Le ministère des colonies a été averti de San-Francisco que le 7 et le 8 février un cyclone a dévasté nos établissements d’Océanie. Les dégâts ont atteint un million à Tahiti, et, croit-on, autant aux îles Pomotou. A Papeete, les inondations ont détruit 75 maisons, dont les bâtiments du gouvernement et du consulat américain. Le 2 mars, un cyclone a bouleversé, à Madagascar, la côte de Maha-norô, jusqu’à Mananjary. Mahaixoï’o a été complètement détruit, sauf deux maisons. Le 3 mars, un cyclone, d’une vitesse de 77 milles à l’heui'e, et d’une durée de deux minutes, a ravagé la ville de Meridian (Etats-Unis). Trente maisons ont été renversées, 21 blancs ont été tués ainsi que plus de 100 nègres. Le 3 mars également, un ouragan d’une grande violence a sévi sur les côtes de Norvège et un grand nombre de bateaux de pêche ont sombré.
- Altitude des cimes culminantes de l’Ouest des Etats-Unis. —D’après un nivellement exécuté l’été dei'-nier par le Geological Survey des Etats-Unis, la valeur jusqu’ici admise pour l’altitude du mont Whitney (Sierra Nevada) est trop forte de 191 mètres. La cime de cette montagne se trouve ramenée à 4349,70 m. au-dessus de la mer au lieu de 454° m,, valeur jusqu’ici admise. Pour les monts Rainier et Shashta, des mesures angulaires ont donné respectivement les résultats suivants : 4308,90 m.
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- INFORMATIONS
- et 4314 m. au lieu de 4707 et de 4^74 précédemment adoptés.
- Les entonnoirs gypseux des Hautes-Alpes. —
- M. David Martin nous signale, à l’occasion d’un récent affaissement de terrain (a3 déc. 1905) à Rémollon près Gap (Hautes-Alpes), qu’il y a dans toute cette région quantités d’entonnoirs, analogues aux abîmes, dus à la dissolution du gypse sous-jacent par les eaux infiltrées : c’est par voie d’affaissement que ces entonnoirs s’ouvrent ; ils sont connus dans le lit même de la Durance près Rémollon, au col des Ourdéis (près Briançon), au col Fromager, etc. Ils sont souvent en relations directes avec des sources gypseuses voisines et impotables. Analogues aux cloches qui se forment parfois dans les plàtrières des environs de Paris, ils représentent surtout un phénomène qu’on a encore très peu étudié dans les Alpes françaises, mais auquel M. Olinto Marinelli(de Florence) a déjà consacré plusieurs travaux importants au sujet des cavités des gypses de Sicile,, des Apennins et des Alpes Orientales.
- Fouilles à Alésia. — La Société archéologique de Sernur a récemment pratiqué des sondages archéologiques au Mont Auxois, sur l’emplacement de l’Ale'sia de Vercingétorix ; on a exhumé ainsi des clous, des fragments de poterie et des monnaies gauloises et romaines allant jusqu’à Valentinien II. Il résulte de cet essai que les ruines d’Alésia existent encore à quelques centimètres du sol, et que des recherches étendues permettraient de reconstituer le plan de la ville antique. Il est désirable que l’on trouve les ressources nécessaires pour explorer méthodiquement l’oppidum jusqu’au roc sous-jacent.
- Le développement industriel de la Westphalie. —
- Le développement industriel de la Westphalie a suivi, depuis vingt ans, une marche extrêmement rapide, dont pourront aussitôt donner une idée les chiffres de production de la fonte : 820000 tonnes en 1880; 1 411000 en 1890; 2861000 en 1900; 8280000 en 1902 et 4000000 en 1904, dont 80 pour 100, soit 3 200000 tonnes en fontes Thomas et Bessemer. De 1880 à 1905, la production a donc presque quintuplé. Pendant cette même période, le tonnage de la fonte de puddlage est descendu de 352000 tonnes à 56 000, c’est-à-dire qu’il est devenu 7 fois moindre et la quantité de fonte traitée au convertisseur est, au contraire, passée de 396000 à 2 3oo 000 tonnes, soit sextuplée. Les neuf dixièmes de cette fonte passée au coavertisseur sont traités au procédé Thomas : ce qui met en évidence la transformation métallurgique de la région.
- Pour obtenir ainsi les deux cinquièmes de la production totale allemande, la région westphalienne trouve sur place le charbon nécessaire, mais doit importer la majeure partie du minerai consommé : soit, en 1902, 4190000 tonnes de minerai sur 5 85oooo passées aux hauts-fourneaux. L’organisation remarquable des moyens de transport et de manutention correspond à ce développement industriel. Le réseau des chemins de fer west-phaliens comprend 70 kilomètres de voie par 100 kilomètres carrés, alors que, pour l’Allemagne entière, la proportion est seulement de 10 kilomètres par 100 kilomètres carrés de surface. Mais la conséquence nécessaire d’un développement sidérurgique aussi intense est la rupture d’équilibre entre la production sans cesse croissante et les besoins nationaux et débouchés extérieurs limités. C’est un mal de croissance, dont souffre d’une façon générale l’Allemagne, et qui fait vivement désirer par les industriels des pays une longue période de paix.
- La décadence de Saint-Pierre et Miquelon. — Les
- établissements français de Saint-Pierre et Miquelon sont sur le chemin de la ruine ; la pêche de la morue n’a cessé de péricliter depuis 190* (21 g3o 370 kilogrammes de morues. En igo3, 9 791 575kilogrammes, 6804092 kilogrammes en .1904. La campagne de igo5, moins désastreuse, n’a donné que des. résultats très médiocres. Le nombre de goélettes armées est tombé de 208 bâtiments' montés par 3925 hommes en 1902, à 101 avec 1900 marins en 1905. Cette crise écononomique a entraîné une crise financière. Le gouvernement s’en émeut au point qu’il a résolu de supprimer toutes les dépenses qui ne présenteraient pas de nécessité absolue ; en effet, l’exercice 1904 s’est clôturé par un déficit de 70000 francs; les résultats de igo5 seront plus mauvais encore. La')
- présence d’un gouverneur a paru ne plus être indispensable. On vient de remplacer ce fonctionnaire par un administrateur qui ne coûtera plus que 12000 francs. C’est aussi dans ce but d’économie que, par décret du 4 février 1906, le commandement général et la haute administration aux îles Saint-Pierre et Miquelon sont confiés à un fonctionnaire qui prend le litre d’administrateur des îles Saint-Pierre et Miquelon et qui est assisté d’un conseil d’administration consultatif. ,
- Une manœuvre navale antique. — On vient de déchiffrer, sur un papyrus grec de la bibliothèque de Würzbourg, un curieux récit de l’historien grec Sosylos, professeur de grec d’Hannibal, qui raconte en grand détail une bataille navale livrée en 217 avant Jésus-Cbrist, à l’embouchure de l’Ebre, et dans laquelle une heureuse manœuvre de la flotte marseillaise assura lé'triomphe des Romains sur les Carthaginois. Ces derniers, par une feinte habile, avaient l'éussi à traverser la ligne des vaisseaux marseillais et se préparaient à virer de bord pour lés prendre de flanc et les couler avec leurs éperons. Mais les chefs marseillais avaient éventé ce projet et laissé en arrière dés unités de réserve ; au moment favorable, celles-ci intervinrent et purent faire subir aux vaisseaux carthaginois le sort même que ceux-ci réservaient à leurs adversaires. Divers autres documents montrent que cette manœuvre était classique et usitée aussi bien par les armées de terre que par les flottes.
- Les gros canons de marine aux Etats-Unis. — Les
- nouveanx vaisseaux de guerre des' Etats-Unis, « North Carolina » et « Michigan », qui sont de très forts cuirassés, seront armés de gros et puissants canons. Dans l’étude de l’armement de ces nouveaux navires, l’idée de l’amiral Dewey — de gros canons pour les grands cuirassés -— a été mise en pratique. « North Carolina » et « M ichigan » auront chacun une batterie de huit canons de 12 pouces —3o5 millimètres — montés par paires dans quatre tourelles, deux à l’avant et deux à l’arrière.. Il n’y aura pas de batterie secondaire, si ce n’est plusieurs séries de canons de 3 pouces anglais, en tout dix-huit, pour repousser les attaques des. torpilleurs.
- La production du charbon au Natal. — L’exploitation du charbon prend un énorme développement dans la colonie du Natal. En 1889, la production n’était que de 28000 tonnes. Déjà en 1901, elle était vingt fois plus considérable, se chiffrant à 56oooo tonnes. Depuis 1901, elle doit avoir encore doublé. En 1904, elle avait atteint 1 million 129407 tonnes, et l’augmentation a été très sensible en igo5. Cette production vient s’ajouter à celle du Transvaal, qui dépasse un million et demi détonnes et qui suffît elle seule à alimenter l’industrie aurifère. Les principales mines du Natal sont les suivantes (avec leur production mensuelle en décembre igo5): Natal Navigation ( 18 511 tonnes); Elandslaagte (13908); Dundee (11608); Saint-George (9001) ; Durban Navigation (8626); Clen-000(7824); South African (7213); Newcastle (5o2Q tonnes). La colonie du Natal exporte, parle port de Durban, près de la moitié de sa production. (En décembre 1905, 48496 tonnes.)
- Le thé du Paraguay. —Sous le nom local de Yerba-Maté, 011 fait dans l’état de Parana (Brésil) commerce d’un soi-disant « thé du Paraguay » dont la récolte, en 1905 (pour l’état de Pai’ana seul) est évaluée à 28 millions de kilogrammes contre 33 millions en 1904. L’exportation et la consommation sont exclusivement bornées à la République Argentine. L’arbuste n’est ni planté, ni cultivé, mais trouvé dans les endroits difficilement inaccessibles ; des colonies de Paraguayens et Polonais le cueillent et le préparent sous la direction surtout de M. Henri Gomm, consul d’Angleterre à Cuirityba, et concessionnaire du gouvernement de Parana. De son côté l’état de Matto-Grosso exporte environ 5. millions de kilogrammes, et ceux de Rio-Grande do Sul et de Santa Catha-rina environ 1 million et demi de kilogrammes chacun. Le produit, préparé pour le marché, coûte environ 8 pence le kilogramme ; l’offre est inférieure à la demande. Aussi, les essais d’introduction du yerba-maté en Europe ont-ils été infructueux. Ce thé n’a pas l’aromc délicat du thé chinois, mais il fait pourtant une boisson excellente, rafraîchissante et nutritive.
- Décès. ;— Nous apprenons la mort de M. Léon Pain-levé à l’àge de 74 ans. On doit à M. Painlevé plusieurs découvertes de chimie industrielle.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 1 maintient toujours stationnaire, tandis que la boîte, contenant tous les engrenages qui se fixent sur le chapeau de la roue, tourne autour de cet axe fixe qui transmet le mouvement, au moyen d’une vis sans fin, aux engrenages communs à. tout compteur de kilomètres. Ceux-ci sont calculés à n’avoir qu’une résistance très faible, de
- Photographie <*§
- Le Block-Note 6 1/2X9. — On a déjà vu ici la •description des petits appareils que M. Gaumont a construits sous le nom de block-notes, pour servir d’en cas au voyageur, au reporter, à l’amateur photographe. Le premier en date de ces appareils est du format 4 ij'2 X 6 et peut se loger dans le gousset lorsqu’il est replié. Le nouveau modèle qui vient d’être construit est basé sur le même principe que le précédent au point de vue du mécanisme qui permet de replier l’appareil quand il n’est pas utilisé, de mettre le viseur en place en armant l’obturateur, etc. Mais il convient d’appeler l’attention sur des perfectionnements que nécessitait l’agrandissement du format : le foyer de l’objectif étant forcément plus long, la misé au point devient indispensable pour les courtes distances ; ensuite il y a souvent intérêt à pouvoir décentrer l’objectif et cela est maintenant réclamé pour la plupart des appareils ; enfin l’usage du diaphragme est aussi fort important, pour ces formats, par suite de la mise au point et du décentrement que le changement
- de diaphragme faciliteront toujours enpermettant d’augmenter la profondeur de champ et la surface couverte. Ce sont ces trois perfectionnements qui ont été ajoutés au nouveau modèle.
- La variation de mise au point est obtenue au moyen d’une petite targette placée sur la face avant et permettant le déplacement de l’objectif pour obtenir la mise au point pour 5'“, 7"‘, iom et l’infini. Ces graduations sont suffisantes, car on sait qu’avec les objectifs employés, et surtout en faisant usage des diaphragmes, la profondeur de champ est suffisante pour que, en pratique, on puisse considérer la netteté comme s’étendant au delà •du plan pour lequel elle a été rigoureusement déterminée.
- Les diaphragmes comportent cinq ouvertures les plus
- F F F FF .
- usuelles, soit: — > —, —, —» —-• Ils sont indiqués non 6.1 J.2 IO 4 ÎO
- pas par cette notation, mais par celle qui donne le coefficient de temps de pose relatif entre chacune d’elles ;
- F
- c’est-à-dire que en prenant — comme unité on sait que F
- si l’on emploie— il faut multiplier le temps de pose par
- F
- 4, et si l’on emploie —- on devra multiplier par o,5. Ce
- sont donc les chiffres o,4; o,5; i; 2; 4 qui sont gravés sur la monture et l’on devra toujours se baser sur le
- ’ . . , . / .F
- temps de pose qui sei'ait necessaire pour le n° 1, soit— •
- f Pour obtenir le décentrement horizontal et vertical, on a monté la face avant sur deux plates-formes métalliques glissant l’une sur l’autre à frottement doux sur des velours. Il suffit d’appuyer le pouce sur la partie opposée à la lentille du viseur pour que tout le plateau se déplace suivi dans son mouvement par l’objectif et le viseur. En retournant l’appareil, sens dessus'dessous, on obtient le décentrement pour le sol ou pour le ciel suivant le's besoins. On a donc avec ce nouveau modèle de block-note, sous un volume 'trèsréduit, ùn appareil très complet. G. M.
- *>> Automobilisme
- Enregistreur de kilomètres. — Dans ce nouvel appareil, intéressant par sa simplicité, les inventeurs se sont efforcés de supprimer la commande ou système d’entraînements L’appareil se compose essentiellement d’un contrepoids qui pend de l’axe fixe central et le
- Enregistreur de kilomètres, système Gardy-Bntault.
- sorte que, même lorsque l’appareil tourne à des vitesses que la roue d’une voiture automobile n’atteindra jamais, le contrepoids maintient toujours l’axe central fixe, assurant ainsi un enregistrement exact des kilomètres parcourus. Chaque appareil est réglé pour le diamètre de la roue sur laquelle il sera monté. — L’enregistreur de kilomètres se trouve à la Société d’inventions nouvelles, i3, rue Caumartin, à Paris.
- Les indices d’usure dans les voitures automobiles.
- -— Nous ne prétendons pas fournir au lecteur un manuel lui permettant d’acheter une voiture automobile d’occasion, en se rendant compte par lui seul si elle est ou non en bon état; mais il y a du moins certains indices faciles à constater et qui pourront l’écarter de prime abord d’un marché qu’il voudrait entamer. Pour le changement de vitesse par exemple, on se fait dévisser et enlever le couvercle de la boîte du changement de vitesse, et l’on cherche à voir si les dents des roues de la grande vitesse, et spécialement celles du plus petit pignon, ont pris une forme très notablement différente des dents des engrenages intermédiaires et de la petite vitesse. Ce serait signe que la voiture a beaucoup roulé. Nous n’avons pas besoin de dire que des avaries marquées aux dents seraient encore bien plus mauvais signe. On peut aussi passer la main et saisir les arbres, pour s’assurer qu’ils sont solides ou jouent dans leurs portées, ce qui marquerait de l’usure, comme de juste. On a aussi la ressource de faire soulever l’arrière du véhicule sur des tréteaux et de placer la main au levier de -changement de vitesse après avoir fait mettre les roues en rotation ; les irrégularités de marche se feront sentir immédiatement. Pour la direction, on fera bien de mouvoir de côté et d’autre cette direction, afin de constater de combien on peut l’incliner dans un sens ou dans l’autre sans que les roues commencent à obéir.
- Désaimentation des montres ^
- Appareil à désaimanter les montres. — On connaît depuis longtemps l’accident qui peut arriver aux montres lorsque l’on s’approche trop près d’une machine électrique ou, plus exactement, lorsque pour une raison , ou pour une autre, on se trouve dans un champ magnétique. La montre est alors aimantée. On éprouve ensuite toute une série de difficultés pour remettre la montre en état normal. On replace d’abord celle-ci dans un champ magnétique, on la tourne et on la retourne dans tous les sens, de façon à changer successivement toutes les directions du flux de force. Et l’on a soin en même temps de s’éloigner peu à. peu du flux de force
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- produit, de façon à en diminuer successivement l’intensité et arriver à la fin avec une intensité presque nulle. Dans ces conditions, on réussit à désaimanter la montre; mais ces diverses opérations sont plus ou moins faciles à réaliser. MM. Henri Picard et frère ont construit le petit appareil que représente la figure ci-jointe. A l’in-1 térieur d’une boîte cylindrique se trouve verticalement un aimant en fer à cheval monté sur un axe qui est mis en mouvement à l’aide d’un ressort que l’on remonte à
- volonté. L’aimant tourne alors autour de l’axe en donnant par minute de 6 à 8000 changements de pôle ou de direction de flux de force: On commence par mettre la montre à désaimanter sur un petit grillage, juste au-dessus des pôles de l’aimant, on remonte le l’essort et on ne fait tourner l’aimant qu’ensuite. On a eu soin d’enlever un bai'-reau de fer qui se place sur les pôles de l’aimant afin d’éviter toute perte d’aimantation lors-Appaieil à désaimanter que l’aimant n’est pas employé, les montres. L’aimant tourne environ pen-
- dant 1 minute ; on enlève ensuite lentement et verticalement le petit grillage avec la montre. On peut alors approcher la montre de la boussole qui est sur le couvercle de l’appareil ; celle-ci ne donne aucune déviation. Toute trace d’aimantation a disparu; l’appareil fonctionne d’une façon rapide et sûre. — L’appareil à désaimanter les montres est construit par MM. Henri Picard et frère, i3i, boulevard Sébastopol, à Paris.
- *»> "Divers
- Un .intéressant dispositif collecteur de poussières.
- — L’installation en question est spécialement indiquée pour des usines, et donne de bons résultats sans nécessiter de complications réelles de fonctionnement ni de
- construction. L’air chargé de poussières est attiré, aspiré par un ventilateur, ainsi que le montrent les flèches tracées sur le dessin ; cet air arrive ainsi au fond d’un puits vertical où il va remonter, chassé du reste par l’action du ventilateur, en passant à travers des nappes d’eau qui ruissellent le long des parois du puits, ou plus exactement sur les plans inclinés disposés en chicane qui se trouvent alternativement de chaque côté du puits. Il va de soi que ce lavage répété de l’air lui enlève toutes les poussières qu’il pouvait tenir en suspension, et que, quand il atteint le sommet du puits et qu’il s’échappe par la cheminée, toujours suivant le sens des flèches, il est tout à fait purifié. L’eau de ruissellement s’écoule par un tuyau de décharge ménagé à la partie basse du puits, et des regards de visite permettent d’enlever les boues qui pourraient se former. — L’installation de ce genre que nous connaissons a été faite par la Maison Kit-son Green, 53, Bruce Street, Wellington Road, à Leeds. .
- Nouveau procédé de jonction des courroies. —
- Cette méthode est originale et donne de bons résultats, parce qu’elle ne peut entraîner pour la courroie aucune raideur au joint, tout au contraire, puisqu’on y trouve une véritable articulation. En réalité, les griffes qui solidarisent les deux bouts de courroie ne prennent qu’un des bouts par leurs extrémités recourbées dans le cuir, et elles viennent enserrer d’autre part une sorte de cheville, de goupille, les griffes qui mordent dans le bout de courroie de gauche alternant avec celles qui
- Collecteur de poussières.
- s’enfoncent dans le bout de droite. On emploie pour monter ces griffes un appareil spécial dont nous n’avons pas besoin de donner de figure, et disposé de telle sorte que les séides de grillés y sont placées par avance en alternance, puisqu’on fait glisser la goupille dans leurs talons successifs, pour les enfiler ; à ce moment les mâchoires des griffés sont suffisamment écartées pour qu’on y puisse insérer les extrémités respectives de la courroie. On ferme alors ce qu’on nomme l’enclume, c’est-à-dire qu’on place un couvercle par-dessus les griffes, et la compression rabat toutes les griffes, de manière qu’elles pénètrent dans le cuir comme c’est indiqué dans la figure. On constitue donc une véritable articulation entre les deux bouts de courroie, et du reste, à l’usage, quand les griffes ont été ainsi rabattues, on peut enlever la goupille métallique et la remplacer par une tige de cuir vert. On a la faculté Jonction des courroies, de démonter facilement la
- courroie sans nullement enlever les griffes, le joint se
- faisant ou se défaisant on peut dire instantanément.___
- L’appareil qui est à peu près indispensable pour mettre ces griffes en place est vendu par la Maison Stone, i35, Finsbury Pavement, Londres E. C.
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- Nouveau rond de serviette. — En général, les ronds de serviette ne portent aucune indication, ou si un nom est marqué, il n’est pas possible de le changer à volonté. Le nouveau rond que nous signalons est muni d’une glissière présentant une légère encoche dans laquelle on peut introduire à volonté un petit carton sur lequel on inscrit le nom que l’on désire. La figure ci-jointe montre le nom Jean placé dans l’encoche. Cette petite disposition, très simple en elle-même, présente de nombreux avantages que l’on peut apprécier en plusieurs circonstances. — Le nouveau rond de serviette se trouve chez MM. Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, à Paris.
- Jeux de roulette et des petits chevaux. — Les jeux de la roulette et des petits chevaux sont devenus des jeux de salon et les modèles réduits font partie des jeux classiques. Nous signalerons à ce sujet deux nouveaux modèles que l’on vient d’imaginer. Sous la forme d’une montre ordinaire à remontoir (fig. 1), l’inventeur a construit d’abord une montre roulette dont les heures sont remplacées par des marques rouge et noire et des chiffres de o à 36. L’aiguille fait fonction de boule ; en appuyant
- Nouveau rond de serviette.
- sur un petit bouton, cette aiguille se met à tourner follement et s’arrête net au hasard aussitôt qti’on lâche le bouton. La même combinaison a été réalisée avec six aiguilles se terminant chacune par un petit cheval numéroté s’arrêtant aü hasard sur le but indiqué. On a ainsi formé un jeu des petits chevaux très amusant. —- Ces jeux se trouvent chez M. Ivratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris (Xe).
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- HYGIENE JET SANTE
- Les méfaits du football. — Dans l’article que je publiais sur ce sujet, le 3 mars dernier, je demandais si en France et en Angleterre, où le football est joué par un nombre considérable de jeunes gens, on observait autant d’accidents qu’èn Amérique.
- TJn jeune et fervent adepte de ce jeu me donne à cet égard les renseignements les plus intéressants et les plus précis. Ce que je disais des dangers du football s’applique d’une façon très exacte au football américain, mais seulement à l’américain qui n’a de commun avec le football rugby qui se joue en Angleterre et en France que le nom. Le football américain, d’après mon aimable correspondant, est un jeu absolument barbare ou plutôt un combat. La mêlée devient un véritable massacre ; le joueur qui reçoit le ballon reçoit en même temps sur lui dix adversaires accourus à toute vitesse. Il arrive que les deux équipes s’effondrent ainsi sur un homme qui souvent ne peut se relever. En somme, ce jeu ne consiste pas à jouer au ballon, mais à essayer de mettre le camp adverse en état d’infériorité par tous les moyens physiques possibles. On a, paraît-il, le droit de jeter par terre tout adversaire, même s’il ne tient pas le ballon, de se précipiter à plusieurs sur un seul, etc.... Pour se livrer à ce pugilat, car c’en est un, les équipiers revêtent un véritable costume de protection, casaques en toile huilée, pantalons rembourrés, épaulières, protégerez, protège-oreilles, ce qui n’empêche pas les accidents, comme en témoigne la statistique que j’ai publiée.
- Rien de semblable dans le football que jouent les
- jeunes Anglais et Français. L’un, le football association, se joue simplement avec les pieds; nous appelions cela dans mon jeune temps, jouer au ballon; on ne songeait pas à user des mots anglais de sport; l’entente cordiale ne régnait pas encore. A ce jeu, c’est tout au plus si, quand on donnait le coup de pied à faux, on pouvait et on peut se le fouler un peu; mais jamais d’accidents. Le football rugby est un peu plus dur, mais ibn’est pas non plus bien dangereux puisqu’en France, la statistique la plus récente ne donne que 45 lésions légères pour six mois de jeu, sur 1275 joueurs. Le chiffre ne diffère pas beaucoup pour les équipes anglaises. C’est qu’ici les règles ne visent que le ballon et non le joueur. C’est du ballon que l’on doit s’emparer, sans pour cela mettre celui qui le tient hors de lutte. On n’a jamais le droit de jeter à terre ou même de bousculer un joueur qui n’a pas le ballon. Le jeu, dans ces conditions, n’a plus rien de dangereux et devient une école d’adresse, d’énergie, de souplesse, un sport véritablement digne de ce nom : c’est encore, comme le dit mon correspondant, une bonne école de mutualité, car une équipe ne peut espérer marquer que si les joueurs qui la composent s’astreignent à ne pas avoir un jeu personnel, mais à avoir un jeu d’ensemble.
- Papas et mamans peuvent donc être rassurés, si leurs jeunes lycéens se livrent avec ardeur au football. Il n’a rien de la lutte américaine et n’offre pas plus de dangers que nos jeux anciens des barres ou de la balle.
- Dr A. C.
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc Saint-Maur, en février 1906, par M. Th.'Moureaux
- La moyenne barométrique, 754mm»3, est très faible; le mouvement de baisse le plus prolongé a commencé à 2ll3om le Ier (769"'“,2), s’est continué le 2 en s’accentuant et n’a pris fin que le 3 vers i5h (74bmm,9) ; le minimum absolu du mois s’est produit au milieu de la nuit du 10 au 11, après une baisse de i8mm,8 dans la journée du 10.
- La température moyenne est de o°,46 au-dessous de la normale, et de i°,5 plus basse que celle de janvier 1906. La différence entre les extrêmes absolus est seulement de 170,4 ; cette particularité est due surtout à la persistance de maxima diurnes peu élevés ; le maximum absolu n’est que de i2°,4, alors qu’en janvier il avait atteint i5°,6. Le nombre des gelées est assez grand, mais aucune n’est importante, la plus forte correspondant à une température de — 5°, qui est très fréquemment dépassée en février; on n’a observé aucun jour sans dégel.
- Ce mois est remarquable par une excessive pluviosité, non que la quantité d’eau recueillie soit notablement supérieure à la normale, mais elle se répartit sur 20 jours, non compris 3 jours de pluie, neige ou grésil en quantité inappréciable ; on compte 14 jours à ciel couvert, en sorte que la nébulosité et l’humidité relative sont grandes, et l’insolation faible. La Marne s’est tenue
- un niveau élevé pendant tout le mois.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne du mois, 754“"’,3o; minimum absolu, le 10 à
- 24 heures ; maximum absolu, 769I,ira,2 le Ier à 2h3on> ; écart extrême, 3imm,5.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, o°,n; des maxima, 6°,61 ; du mois, 3°,36; des 24 heures, 3°,16; minimum absolu, —5°,o le 13 ; maximum absolu, 12°,4 les 26 et 27. —Sur le sol gazonné, moyenne des minima, — 2^87 ; des maxima, i2°,95 ; minimum absolu, — io°,1 le i3 ; maximum absolu, 26°,.4 le 27. — Dans le sol gazonné, moyenne dû mois. Profondeur om,3o : à 9 heures, 3°,49; à 21 heures, 3°,63. Profondeur om,65 : à 9 heures, 4°>32; à 21 heures, 4°>3i. Profondeur 1 mètre : à 9 heures, 4°>94; à 21 heures, 4°>94- De la Marne : moyenne le matin, 4°,37 ; le soir, 4°»6i ; minimum, 20,60 les 10 et 11 ; maximum, 6°,3o les 27 et 28.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 5m“,oo; mi-
- nimum, 2mm,4 le 9 à 16 heures; maximum, 9“”,2 le 26 à i5-i6 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois 85,7; minimum, 42 le 28 à 16 heures; maximum, 100 en 12 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 8,04 ; moyenne diurne la plus faible, 3,i le 20; ciel couvert 14 jours.
- Insolation : durée possible, 283 heures; durée effective, 64\i en 16 jours; rapport 0,23.
- Pluie : Total du mois, 38mm,5 en 6oh,i.
- Nombre de jours : de pluie, 20 ; de pluie inappréciable, 3; de gelée, 15 ; de gelée blanche, i3; de neige, 10; de rosée, 1; de brouillard, 5 ; d’orage, o; de grésil 3; de givre 3 ; de halos, 6.
- Fréquence des vents : calmes,
- N. . . . . . 5i S. E. . . 14 W. . . .
- N. N. E. . . 41 S. S. E. . 18 W. N. W
- N. E . . . . 3o S. . . . 5o N. W . .
- E. N. El . . I S. s. w.. 135 N. N. W.
- E. . . . 1 s. w. . . i34
- E. S. E . . . 3 w. s. w. 27
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne du mois, 4“>5; moyenne diurne la plus grande, 8m,o le 4; la plus faible, im,5 le 7 ; vitesse maximum en i5 minutes, i5m,4 le 4, de i2h45m à i3 heures par vent N.
- Electricité atmosphérique : moyenne du mois (12 jours), ig5 volts; moyenne diurne la plus grande., 298 volts le 12; la plus faible, 116 volts le 26; amplitude diurne, om,32; amplitude nocturne, o,53.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3m,62; minimum, 3“,20 le 23; maximum, 4“\i6 le 28.
- Comparaisons aux valeurs normales : Baromètre,
- — 4m“,59; température, — o°,46; tension de la vapeur,
- — omm,07; humidité relative, +3,0; nébulosité, + i,35;; pluie, + 5mra,i ; jours de pluie +7.
- Taches solaires : on a suivi 6 taches ou groupes de taches en 17 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : faibles, les 5-6, i5-i6, 17, 28; modérées, les 19 et 26, assez forte dans la nuit du 24 au 25.
- Floraisons : le 18, orme champêtre; le 28, primevère' acaule.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Exploration au Maroc, par Louis Gentil. Paris, Masson et C'°. 1906. Ouvrage publié, sous le patronage du Comité du Maroc. 1 vol. petit in-40, richement illustré de 29.3 ligures. Prix : 12 francs.
- « Il est inutile d’insister sur l’intérêt d’actualité qui s’attache au Maroc, et chacun sait également combien peu connu demeure en réalité ce pays qui nous intéresse si fort. L’ouvrage nouveau de M. Louis Gentil donne les résultats de quatre voyages accomplis avec la mission de Segonzac dans le Bled-es-Siba, la région insoumise, domaine du Prétendant, l’un dans le Nord du Maroc, les autres dans le Haut-Atlas. Ce livre, richement illustré d’après des photographies originales, est -à la fois un récit de voyage très pittoresque et un travail scientifique. M. Gentil, qui est depuis longtemps connu des géologues pour ses beaux mémoires sur la province d’Oran, sur le bassin de la Tafna, etc., était
- La Navigation soas-marine, par G. L. Pesce, ingénieur. 1 vol..3iX2i, illustré de 412 gravures. Paris. 1906. Yuibert et Nony, éditexirs, 63, boulevard Saint-Germain. Paris. Prix : broché, 10 fr.
- « C’est un historique complet, documenté avec la plus scrupuleuse précision, que M. G. L. Pesce donne de la navigation sous-marine dans ce beau volume. La conquête de la mer a, comme la conquête de l’air, suscité dès l’antiquité et à toutes les époques le génie •et la fantaisie des inventeurs. Les progrès de l’électricité et' l’invention des moteurs légers ont permis, clans ces derniers temps, de réaliser des espérances longtemps déçues. L’ouvrage de M. Pesce examine toutes ces intéressantes questions. Dans une première partie, M. Pesce parle des plongeurs de l’antiquité et du moyen âge ; dans une deuxième partie, il passe en revue les cloches à plongeur et les scaphandres depuis l’antiquité jusqu’au xix° siècle. Dans une troisième et une quatrième partie, il examine successivement les •observatoires, explorateurs et travailleurs sous-marins, ainsi que les bateaux plongeurs, bateaux à air et caissons à air comprimé. Enfin la cinquième partie de l’ouvrage est consacrée entièrement à l’étude détaillée des sous-marins et submersibles. Des récits sont donnés sur les èxpériences de Cornélius Drebbel, de Bus-nell, de Fulton, de Montgomery. Ce sont ensuite les essais effectués et les découvertes faites de 1854 à 1853, de 1858 à 1863, de 1866 à 1890, et de 1890 à 1900. Un chapitre spécial est réservé à l’étude de tous les progrès réalisés en navigations sous-marine de 1900 à 1906 en"France, aux Etats-Unis, en Angleterre, en Russie, en Allemagne, en Italie, au Japon, en Suède et én Norwège. Le dernier chapitre donne une revue intéressante des torpilles et torpilleurs. »
- L'Envers des Etats-Unis, par Gorge Moreau. Paris. Plon-Nourrit et C”. 1 vol. in-16. Prix : 3fr,5o.
- tout préparé à suivre au Maroc le prolongement lointain des zones géologiques qu’il avait si bien explorées en Algérie ; il a pu y faire des explorations de haute valeur sur le flanc Sud de l’Atlas et surtout dans le massif volcanique du Djebel Siroua, ce trait-d’union géographique entre le Haut Atlas et F Anti-Atlas complètement inconnu jusqu’alors, dont notre figure donne la lointaine silhouette. Avec les travaux récents de MM. Brives et Paul Lemoine, ces études éclairent d’un jour tout nouveau la constitution de celte région marocaine où, en dehors de la recherche scientifique, la recherche industrielle et minière a un si large champ et peut être un champ si infructueux à explorer. D’après M. Gentil, le volcan de Siroua, dont les déjections ignées couvrent plus de 20 kilomètres de diamètre, rappelle l’Etna par son importance et par ses crêtes neigeuses de 3ooo mètres; mais sa forme topographique et son soubassement granitique le rapprocheraient plutôt du
- Cantal. L’étude détaillée, qu’il était impossible de faire, en se dissimulant sous un costume musulman, serait évidemment des plus instructives. Signalons également, sur le retour direct du Djebel Siroua à Marrakech, la traversée de l’Atlas, dans la neige, en vue de- crêtes volcaniques qui peuvent atteindre 45oo mètres, sur les grandes coulées éruptives des Djebel Tamjoutt et Li-Icoumt. Il y a là des passages d’alpinisme, qui ne correspondent guère aux idées vulgaires sur l’Afrique. »
- Deuxième Congrès d’hygiène scolaire et de Pédagogie physiologique. 1 vol. in-8°. (Masson 'et Cie, éditeurs.) Prix : 5 fr.
- « Le deuxième Congrès français d’hygiène scolaire, tenu à l’Ecole de médecine de Paris, les 11, 12 et i3 juin 1905, a étudié l’éducation des familles en hygiène scolaire, la révision de l’horaire du travail, du repos et de l’éducation physique dans les établissements d’enseignement secondaire ; inspection médicale des écoles primaires, son fonctionnement, recrutement des médecins inspecteurs des écoles ; la tuberculose dans le corps enseignant ; la répartition des vacances et congés scolaires. >
- A l’heure où l’hygiène est définitivement reconnue' comme la meilleure gardienne de la société publique, ce volume, si utile pour le perfectionnement pédagogique de la France, ne saurait être trop hautement recommandé. »
- La Machine dynamo à courant continu. Théorie, construction, calcul essais et fonctionnement, par E. Arnold, professeur-directeur de l’Institut électrotechnique à l’Ecole technique supérieure grand-ducale de Karlsruhe. Traduction française par E. Boistel et E.-J. Brunswick. Tome second. 1 vol. in-8°. Librairie polytechnique, Ch. Béranger, éditeur. Paris. 1906. Prix : 25 fr.
- « Ouvrage très intéressant, essentiellement technique, consacré entièrement au calcul et à la construction d’une machine à courant continu.
- Agenda Dunodpour 1906 : Chimie, par E. Javet. Paiûs. II. Dunod et E. Pïnat. 1906. 1 vol. relié. Prix : 2fr,5o.
- Les limites de la biologie, par J. Grasset, professeur de clinique médicale à l’Université de Montpellier. Paris. Félix Alcan. 1906 (Bibliothèque de philosophie contem-p or aine), 1 vol. in-16. Prix : 2fr,5o.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix <i quinze jours.
- Communications. — M. Louis Godard, ingénieur aéronaute, à Paris, nous adresse une Note sur le dirigeable mixte « Wellman Chicago record herald, polar expédition ». C’est la description du dirigeable choisi par M. Wellman, chef de l’expédition polaire américaine, et dont l’exécution sera conliée à M. Godard, auteur du projet. Le ballon, de forme dissymétrique, avec le maître-couple au 2/5 de la longueur, cubera 63oo mètres; il aura 16 mètres de diamètre maximum et 5o de longueur totale. Sous l’action d’un moteur de 5o chevaux commandant l’hélice propulsive montée à l’avant de la nacelle, la vitesse atteindra 24 kilomètres à l’heure. Un second moteur de 25 chevaux actionnera une hélice située à l’arrière et qui sera employée comme secours ou pour fournir un complément de vitesse, qui pourra ainsi aller jusqu’à 32 kilomètres. Dans l’esprit de l’explorateur, il s’agit non pas d’une expédition à grande vitesse, mais d’une exploration à faible hauteur {400 à 5oo mètres), sur guide-rope lisse. Cette année, M . Wellmann tient tout d’aboi'd à faire une série d’expériences et d’essais avec son appareil aérostatique à sa base même d’opérations, au Spitzberg; ces essais dureront trois semaines environ, et s’ils sont satisfaisants, le départ aura lieu immédiatement, sinon les modifications nécessaires seraient apportées de suite à l’appareil et l’explox’ation remise à l’année 1907. Le poids total du ballon, à vide, est de 2800 kg. ; sa force ascensionnelle de plus de 7000 kg. Notons que le matériel de l’expédition comprendra quatre traîneaux automobiles.
- Renseignements. — MM. Jacquet frères, àYernon.— Vous pourriez essayer le mastic à la glycérine qui est indiqué dans les Recettes de l’Electricien et qui semble réunir les qualités que vous demandez. Ce livre se trouve à la librairie Masson et Cie.
- M. L. Benoist, à Paris. — Nous avons en préparation un article sur ce sujet où vous trouverez les indications que vous demandez.
- M. II. Porché, à Paris. — Pour empêcher la transmission aux appartements voisins des vibrations occasionnées par le fonctionnement des machines à coudre, il faudrait, croyons-nous, les isoler du plancher par des tapis et des feuilles de caoutchouc sous les pieds de la machine. Contre les vibrations transmises par l’air, le meilleur remède serait l’emploi de tentures sur les murs de la salle.
- M. II. Griset, à Paris. — Ce que vous nous signalez est une des applications courantes du cinématographe à . la représentation de scènes animées parfaitement irréelles. Les trucs employés dans ce cas sont très simples et vous les trouverez clairement exposés dans les ouvrages de la librairie photographique, Ch. Monde], 118, rued’Assas, à Paris ; veuillez vous reporter au catalogue de cet éditeur.
- M. X., à Louvain. —. Nous publierons prochainement quelques conseils à ce sujet dans Hygiène et Santé.
- M. G. Merlin, à Malakoff. •— i® On trouve dans le commerce des vases en celluloïd pour contenir le mélange dépolarisant. —; z° Le schéma indiqué est exact. L’intensité étant de 1 ampère, la capacité de l’accumulateur sera de 40 ampères-heures après 40 heures de charge. — 3° Le zinc est attaqué, et la différence de potentiel obtenue est plus faible ; il faut mettre également dés plaques de plomb au pôle négatif. — 4° Il n’y a aucun inconvénient à employer l’intensité faible pour la charge.
- M. R. P., h Amiens. — i° Les agglomérés pour piles Leelanché sont formés d’une pâle composée de 4o parties de bioxyde de manganèse., 52 parties de charbon, 5 parties de gomme laque, 3 parties de bisulfate de potasse; ils ont été comprimés à 3oo atmosphères à ioo°. — 20 La résistance à monter en tension avec la lampe doit être de 20 à 25 ohms. — 3° Pour fonctionner, une lampe à
- arc exige aux bornes une tension de 5o volts environ.
- Abonné n° 781-7574. — Vous trouverez de nombreux ouvrages relatifs aux contrats de vente, d’association, etc., chez tous les éditeurs et libraires de droit, par exemple A. Pédone, i3, rue Soufilot, Paris.
- Abonné n° 8060-7224. — Nous ne possédons pas le renseignement que vous nous demandez. Peut-être trouverez-vous des indications à ce sujet dans Le Lait, par E. Duclaux, à la librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Haulefeuille, à Paris, où la fabrication des fromages est complètement étudiée.
- M. P. Berner, à La Chaux-de-Fonds. — Pour l’exposé des procédés d’entretien électrique du pendule, système Lippmann, veuillez vous reporter au Bulletin de la Société française de physique, n° du 5 janvier 1906, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. Rivière, à La Roe. — Le Journal des machines à coudre existe toujours à Paris, 53, boulevard de Strasbourg.
- M. G. Chauveau, à Bordeaux. — L'ionone, substance atvec laquelle on obtient le parfum de la violette, se vend chez MM. Poulenc frères, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. Prix : ifr,75 le gramme.
- M. Motinot, à Givors. —L’adresse de MM. Pépin fils et Brouaud, fabricants d’objets en papier, est à Paris, 5, rue de la Perle.
- M. J. de S. Rochez, à Largo S. Francisco. — L’autoretoucheur Joux-Artigue se trouve chez MM. Poulenc frères, 120, boulevard Saint-Germain. Cet appareil a donné de bons résultats.
- M. Huguenin, à Genève. — M. P., à Neuilly, nous adresse de nouveaux renseignements au sujet de la Chrysalide L’adresse donnée en 1902 par Y Almanach Hachette, page III (Vie pratique) était 43, rue Saint-Augustin. Le même article indiquait la brochure : Les procédés modernes pour reproduire les œuvres des musées, par A. Wolf, que la Société la Chrysalide adresse franco contre mandat de 3(r,5o.
- M. R. D., à Lille. — L’intensité dans un circuit électrique est égale à la différence de potentiel aux bornes divisée par la résistance. L’intensité s’exprime en ampères, la résistance en ohms et la différence de potentiel en volts. La puissance est égale au produit de l’intensité par la différence de potentiel; elle s’exprime en watts.
- M. Ch. de la Chenelière, à Cierrey. — Pour la graine de cotonnier, veuillez vous adresser à la pharmacie centrale de France, 7, rue de Jouy, à Paris.
- M. Germain, à Nancy. — Il existe, en effet, des médailles relatives au début de l’aéroslation. Mais nous ne saurions vous donner d’indications précises au sujet des musées ou des collections qui peuvent en posséder ; c’est tout un travail d’érudition à faire et qui demanderait beaucoup de temps. Vous pourriez amorcer les recherches à la bibliothèque de Nancy en consultant les recueils iconographiques des musées français et les ouvrages relatifs à la navigation aérienne, et d’autre part vous adresser directement aux conservateurs des musées.
- M. Lefebvre, à Paris. — Pour coller caouchouc sur fer, faites dissoudre à froid une partie de gomme laque dans dix parties d’ammoniaque, ce qui exige un temps assez long. Puis employez cette dissolution en l’appliquant à la fois sur le caoutchouc et sur le métal.
- Accusés de réception. — Avis divers.—M.Lagarde, à Tarbes. Nous vous remercions de nous avoir signalé cette question, mais jusqu’ici les recherches effectuées n’ont donné aucun résultat positif. — M. II. Vauchelle, à Moussac. Nous ne pouvons pas vous donner ce renseignement qui nécessiterait une analyse du produit. Veuillez vous adresser à un chimiste. — M. II. Noirot, à Plombières. Vous trouverez plusieurs procédés dans le recueil des Recettes de VElectricien parM. Hospitalier, à la librairie Masson et Ciû, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. —M. J. Boussingault, à Vergy. Veuillez consulter le recueil des Recettes et Procédés utiles. 5e série, même librairie. —M. L. Godard, à Paris ; M. /’., à Neuilly. Remerciements pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Sa'mt-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 mars .... 1°,7 S. 2. Beau. » Gelée blanche ; quelques nuages.
- Mardi 6 l°,i S. 0. Beau. » Gelée blanche ; beau ; brouillard à*G b.
- Mercredi 7 2U,1 S. S. E. 2. Beau. » Gelée bl. ; brouillard ; beau.
- Jeudi 8 5U,9 S. S. W. 2. Nuageux. » Gelée bl. ; nuageux le matin ; très nuag. ensuite ; couvert à partir de 17 b.
- Vendredi 9 7°,1 W. 5. Très nuageux. 1,6 Pluie de 0 h. 15 à 2 h. 20, et de 11 h. 50 à 12 ii. ; très nuageux.
- Samedi 10 4°,0 S. S. W. 2. Couvert. 0,9 Gelée bl. ; très nuageux ; bruine le soir.
- Dimanche 11 8°,8 S. S. W. 3. Couvert. 0,0 Couv. ; gouttes à 9 b. 50.
- MARS 1906. — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 MARS 1906.
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10; les/lèches inférieures, ta direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. —- Enfin le beau temps est arrivé et nous pouvons l’enregistrer dans la semaine du 5 au n mars. Le 5 mars, une aire de pressions supérieures à 770 mm couvrait le matin le Sud-Ouest et le Centre de l’Europe; le maximum barométrique de 776 mm se trouvait près de Turin. On signalait un vent d’entre Sud et Ouest sur nos côtes de la Manche, un vent du Sud sur nos côtes de l’Océan. La température était le matin —- 20 à Paris, 3° à Lyon, 6° au Havre, 90 à Brest, i5° à Biarritz, 4° au Puy de Dôme, o° au mont Ventoux, —20 au Pic du Midi; dans la banlieue de Paris, la gelée blanche était générale. Le ciel est demeuré beau, mais légèrement brumeux. Le 6 mars, le ciel était très pur le matin, mais on observait par places un brouillard qui limitait la visibilité à xoo mètres environ sur le centre de Paris. On a signalé en France quelques ondées à la pointe de Bretagne. La température était i° à Paris, 4° à Lyon, 8° à Brest, 90 à Toulouse, 160 à Alger, 4° au Puy dé Dôme, — 20 au Pic du Midi, —70 au mont Yentoux. Les maxima, à Paris, ont atteint 20°; la moyenne n°,3 surpassait la normale de 5: et correspondait à la température du 18 avril. Le 7 mars le temps est mauvais dans le Nord, où la pression reste basse. Un vent faible des régions Sud souffle sur nos côtes de la Manche et de l’Océan; la mer était houleuse au Nord de la Bretagne. La température était le matin 20 à Paris, 3° à Lyon, i3° à Biarritz, 170 à Alger, 20 au Puy de Dôme, t—A0 au Pic du Midi, —:8° au mont Mounier. Le temps a été généralement beau en France. Le 8 mars, la baisse barométrique a atteint 7 mm sur la Manche où un vent a
- soufflé du Sud-Ouest. De fortes pressions ont couvert la Méditerranée, où le vent est resté faible et de direction variable. Le thermomètre marquait le matin i° à Clermont, 6° à Paris, 6° à Perpignan, 1 20 à Biarritz, 160 à Alger, 20 au Puy de Dôme, — i° au mont Yentoux, — 6° au Pic du Midi. Dans la soirée quelques averses sont tombées à Paris. La pression barométrique à Paris était 766,5 mm à midi. Le 9 mars, un vent d’entre Quest et Nord a soufflé sur toutes nos côtes ; mais il était surtout fort sur la Manche et sur l’Océan. Il est tombé 10 mm d’eau à Cherbourg, 8 mm à Nancy, 6 mm à Dunkerque, 4 mm à Nantes, 4 mm ù Besançon, 1 mm à Paris. Le ciel est resté très nuageux à Paris ; et la pression barométrique était 763,3 mm à midi. La température a baissé légèrement; elle était 70 à Paris, 70 à Toulouse, 8° à Lyon, x4° à Alger, 20 au mont Aigoual, i° au Puy de Dôme, —- 4° au Pic du Midi. Les maxima à Paris n’ont pas dépassé 120; la température moyenne a été 8°,i, supérieure de 2°,9 à la normale. Le 10 mars, la pression atmosphérique était basse sur toute l’Europe, excepté sur la France, où elle atteignait 765 mm. Le venta été faible de l’Ouest sur la Manche et l’Océan; mais il a soufflé avec force de l’Ouest-Nord-Ouest sur Paris. On a recueilli 5 mm d’eau à Limoges, 3 mm il Besançon, 2 mm ù Brest, x mm à Biarintz, 0,2 mm à Pai'is. La température était 20 à Charleville, 4° à Paris, 90 à Perpignan, — 3° au Pic du Midi, — 70 au mont Ventoux. Le 11 mars, il est tombé i3 mm d’eau à Dunkerque, 12 mm à Charleville, 1 mm à Paris, 1 mm à Nantes, Le thermomètre marquait o° à Clermont, 4° à Toulouse, 90 à Paris, x5° à Alger.
- PHASE DE LA LUNE : P. L. le 10 à 8 h. 26 ni. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A- MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d'origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1713 (24 MARS 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Le ministère des travaux publics, des postes et des télégraphes. — Par un rapport, en date du 14 mars 1906, M‘. le Président du Conseil a fait connaître à M. le Président de là République qu’il paraissait nécessaire de rattacher les services des postes, télégraphes et téléphones au ministère des travaux publics, avec lequel ils ont d’étroites et continuelles relations. Le transport du matériel, l’établissement des lignes télégraphiques et téléphonicjues le long des voies ferrées, la transmission de l’énergie électrique, dont la surveillance est étroitèment liée au bon fonctionnement des communications télégraphiques et téléphoniques, créent l’obligation entre les dêux administrations de relations quotidiennes et soulèvent de communs et graves problèmes.
- Par un décret en date du même jour, l’administration des postes et des télégraphes est distraite du ministère du commerce et de l’industrie et rattachée au ministère des travaux publics qui prend le titre de « Ministère des travaux publics, des postes et des télégraphes ».
- Taxe des lettres. — Par une loi en date du 6jmars 1906, dans le service intérieur et dans les relations franco-coloniales, la taxe des lettres affranchies est fixée à dix centimes (ofr,io) par i5 grammes ou fraction de x5 grammes. La date d’application de ’ces dispositions est fixée au 16 avril 1906.
- Congrès colonial à Marseille. — Un Congrès colonial aura lieu à Marseille, au début de septembre 1906, à l’occasion de l’exposition coloniale de cette ville. Le Comité d’organisation fait appel à toutes les compétences, pour rechercher les principes d’une politique coloniale répondant au double objet d’assurer le développement économique de nos colonies, et de concilier les droits et les intérêts de la nation colonisatrice et ceux des races de civilisation inférieure dont elle a assumé la tutelle. M. Pourrière, directeur de la Société Marseillaise de Crédit Industriel et Commercial, Trésorier du Comité d’organisation, 4, rue Auber, à Paris, recueille les adhésions et cotisations, xo francs. Les renseignements doivent être demandés et les communications adi’essées (avant le Ier juillet) au secrétariat général du Comité,.44» rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris.
- Société française de Navigation aérienne. — Cette société organise actuellement un concours de cerfs-volants qui aura-lieu au champ de manoeuvres de Vincennes. Les épreuves portei’ont sur l’altitude, le plus grand poids enlevé, la déviation, le transport d’amarres, la photographie aérienne. Le concours sera ouvert le ior avril prochain; les demandes d’admission doivent être adx’essées
- au Secrétaiûat général, 19, rue Blanche, Paris (Hôtel des Ingénieurs civils de France).
- Comité de bibliographie et d’astronomie en Belgique. — Un Comité de Bibliographie et d’études astronomiques a été constitué par quelques membres du Service astronomique de l’Observatoii-e royal de Belgique et se réunira deux fois par mois. Le but est de faire connaître les travaux astronomiques îécents, l’exposé de divers points d’astronomie physique ou mathématique, les procédés d’observation ou les méthodes de calcul. Ces communications, exclusivement scientifiques, n’auront nullement pour objet de vulgariser l’astronomie. Ce comité créé et dirigé par M. P. Stroobant continuera la bibliographie de l’astronomie sur le plan du tome II de la Bibliographie générale de VAstronomie de Houzeau et Lancaster. Il en paraîtra chaque année un fascicule. Le Comité préparera aussi une nouvelle liste, aussi complète que possible, des observatoires, des astronomes, etc. Toutes les communications doivent être adressées à M. le professeur Paul Stroobant, avenue du Haut-Pont, 13, à Bruxelles.
- Sixième congrès international de chimie appliquée à Rome. — Le VIe Congrès international de chimie appliquée aura lieu à Rome du 26 avril au 3 mai. Nous en rendrons compte ultérieui'ement. Le congrès est réparti en onze sections : i° Chimie analytique, appareils et instruments de chimie; 20 Chimie inorganique et industiües qui s’y rapportent; 3° Mines, métallurgie et explosifs ; 4° Chimie organique et industries qui s’y l’apportent; 5° Industrie et chimie du sucre; 6° Fermentations et amidon; 70 Chimie agricole; 8° Hygiène, chimie médicale et pharmaceutique, bromatologie ; 8° Photo-chimie, photographie; 10° Electro - chimie, physicochimie; 11° Droit, économie politique et législation dans leurs rapports avec l’industrie chimique. Le siège du comité français est 156, boulevard Magenta, à Paris. La cotisation pour les membres du Congrès est de 20 francs et de i5 francs pour les dames.
- Sur quelques résultats de la triangulation de massif Pelvoux-Écrins. — M. P. ;Helbronner énonce les rectifications provisoires suivantes : Pour le grand Sommet de l’Ailefroide, au lieu de 3g25 la valeur serait compi’ise entre 3948 m. et 3g5i m. Pour le grand sommet des Bans, au lieu de 365x m. les calculs provisoires indiquent un chiffre compris entre 3674 m. et 3676 m. Le Sirac évalué à 3438 m. aurait 345o m. Le refuge Tuckett, sur la rive gauche du glacier Blanc, à là cote 25o4 m., devrait être abaissé de plus de 40 m. et le Col
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- INFORMATIONS
- Emile Pic (35o2 m.), d’à peu près 20 m. Il se peut que les calculs définitifs donnent des écarts encore plus considérables, car les modifications que nous présentons ont pour base les cotes de plusieurs points géodésiques du Dépôt de la Guerre, tandis que les calculs définitifs se baseront sur les repères du Service de Nivellement général de la France, et, par suite, pourront amener dans leurs résultats des variations venant de l’écart entre ces deux bases.
- Les stations centrales d’énergie électrique allemandes. — D’après le journal Elektrotechnische Zeitschrift, l’Allemagne possédait, au iCr janvier 1906, 1175 stations centrales d’une puissance totale de 625870 kilo: watts, dont 517494 en machines et 108376 en accumulateurs. On en comptait 973 à courants continus, 43 à courants alternatifs simples ou diphasés, 75 à courants triphasés, et le reste à systèmes mixtes. Le plus grand nombre de ces usines empruntent leur force motrice à la vapeur; il y a 63o usines à vapeur d’une puissance totale de 411 716 kilowatts, ia5 usines hydrauliques d’une puissance de i5 582 kilowatts, 124 usines à gaz d’une puissance de 11 120 kilowatts, il n’y en a qu’une seule à vent. Les autres usines emploient à la fois soit l’eau et la vapeur, l’eau et le gaz, l’eau et les moteurs à pétrole. En ne comptant que la puissance des machines, on trouve 670 stations d’une puissance inférieure à 100 kilowatts, 35g d’une puissance de 101 à 5oo kilowatts, 63 de 5oi à 1000 kilowatts, 32 de 1001 à 2000 kilowatts, 27 de 2001 à 5oqo kilowatts et 24 d’une puissance supérieure à 5ooo kilowatts. Il y a donc au total en Allemagne 6 3oi 718 lampes à incandescence de 5o watts, 121912 lampes à arc de 10 ampères, et un nombre de moteurs correspondant à une puissance de 310 4^8 chevaux. Ajoutons qu’à la fin de 1888 il existait i5 usines.
- L’origine du salpêtre au Chili. — Selon une récente publication de Semper et Michels (Berlin, Ernst 1904) les diverses théories invoquées jusqu’à présent pour expliquer la formation du salpêtre (microbes, varech, guanos, etc.) devraient céder le pas à celles que professent les simples salitreros, c’est-à-dire les exploitants chiliens. Elles consistent à attribuer à l’électricité atmosphérique la formation du salpêtre. En fait, dans la Pampa où on l’exploite il y a une abondance spéciale de brumes surchargées d’électricité au point de nuire à l’emploi du téléphone. Il semblerait cjue l’air ozonisé dégagerait du nitrate d’ammoniaque, qui se combine avec le sel gemme pour faire du salpêtre; mais, comme la région est riche en guanos et autres dépôts organiques, il y aurait peut-être lieu de fondre cette théorie avec celle d’Ochsenius.
- Inondations en Belgique. — Le 12 mars, dans l’après-midi, vers quatre heures, une grande marée s’est produite sur la côte belge et a causé de grands ravages. La ville de Flessingue a été complètement envahie par la mer; à Ostende, la mer a passé la digue et l’eau s’est étendue jusqu’à la Grande Place. A Anvers, les quais ont été inondés ; les marchandises ont été entraînées de tous côtés. A Amsterdam, l’eau est sortie des canaux en causant beaucoup de dégâts ; une partie de la ville a été inondée.
- Le coton. —Le coton comprend : i° Dans les régions chaudes une variété à l’état sauvage, et 20 dans tout le pays de vrais champs plantés par les indigènes. La qualité est souvent très bonne. Filé et tissé parles indigènes, ce coton donne un tissu très joli et moelleux ; des essais de culture rationnelle, récemment entrepris par des Français, font prévoir le développement d’une certaine exportation.
- Bourses et prix. — Le conseil de l’Iron. and Steel Institute, la grande institution métallurgiqxrê anglaise, vient de fonder une bourse originale et bonne à connaître, grâce à la générosité de M. Andrew Carnegie. Il s’agit d’une bourse assez plantureuse à accorder, pour une année au moins, à un étudiant ayant passé par l’en-, seignementclassiqueoupar des occupations industrielles, dans n’importe quel pays, et voulant se consacrer à des recherches portant sur la métallurgie du fer et de l’acier, afin de réaliser des améliorations susceptibles d’être apportées à cette branche d’industrie.
- Les voyageurs à New-York. — Pendant l’année 1905, le nombre de voyageurs qui ont débarqué à New.-York
- a été de 961 262. Les lignes de navigation allemandes ont été les plus favorisées dans ce trafic. La ligne Nord-deutscher Lloyd a amené 177871 passagers ; la ligne de Hambourg en a amené x 40 000, et la ligne anglaise Cunard a transporté 90000 voyageurs. Les lignes allemandes comptent en moyenne environ 1400 passagers par traversée:
- Briques de carbone pour hauts fourneaux. — On
- tend à employer des briques de cai'bone pour les creusets, l’ouvrage et les étalages, jusqu’au ventre dn haut fourneau. En Westphalie, les briques employées sont fabi'iquées par la maison Birschel et Ritter d’Erkrath, pi'ès Düsseldorf. Le mélange se compose essentiellement de coke broyé peu cendreux et d’une certaine proportion de graphite, agglomérés par du brai à très haute pression au moyen de presses hydrauliques ; les briques sont grillées à température élevée dans des fours de construction particulière. Ges briques ont une grande sonorité et une résistance à l’écrasement de 270 à 3oo kg par cm2. Leurs dimensions sont de 65o><25o X120, leur densité est de 0,724. Ces briques, moins denses que les briques ordinaires, doivent s’appliquer directement sur l’enveloppe métallique en x'aison des conditions de refroidissement et de fixation.
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- Les eaux minérales curatives dans la Grèce antique. — M. K. Dambergis fait connaître (Gazette des Eaux) que, selon certaines inscriptions trouvées à Epi-daure en 1883, la guérison de la lithiase et de maladies de l’appai'eil digestif était provoquée par les eaux minérales bicarbonatées d’Epidaure. En 1900, une analyse chimique des puits du hiéron d’Esculape à Epidaure a, en effet, révélé des eaux bicarbonatées. Des recherches analogues à Amphiarée (Oropos) et Frikki (hiéron d’Esculape, Thessalie) ont montré que les eaux d’Am-phiarée étaient aussi bicarbonatées. Quant à celles de Frikki, taries depuis longtemps, elles avaient des qualités thérapeutiques puisqu’on y a trouvé des baignoix'es. L’analyse chimique des eaux du hiéron d’Esculape à Epidaure les assimile à celles d’Andros (Grèce) et d’E-vian. Ainsi les cures s’opéraient aux sanctuaires d’Esculape, non seulement par suggestion et par hypnotisme, mais aussi par les bains et par la boisson.
- La vitesse des ballons. —Un journal aéronautique belge, La Conquête de l’air, dit que bon nombre de personnes, peu ou pas initiées aux questions de l’aérosta-tion, ne se doutent pas de la distance que peut franchir un ballon, en un temps déterminé ; il publie ensuite un tableau qui permet de se rendre compte de la vitesse d’un aérostat et de la force du vent.
- Par seconde. Par heure.
- Mètres. Kilomètres.
- Vent faible .... . . . 0,5 1,800
- Brise calme. . . . . . . 1,0 3,6oo
- Vent modéré . . . . . . 2,0 7,200
- Vent moyen. . . . . . . 5,5 19,800
- Vent fort . . . 10,0 36,000
- Vent très fort . . . . . . 20,0 72,000
- Tempête . . . 22,5 81,000
- Grande tempête . . . . . 27,5 97,000
- Ouragan . . . 36,o 119,000
- Violent ouragan . . . . . 45,o *- 162,000
- Nouvel observatoire aéronautique. — Un nouvel observatoire aéronautique pour sondages aériens à l’aide de cerfs-volants remorqués par des bateaux va être établi prochainement à Friedrichshafen sur les bords du lac de Constance. Les frais d’installation (63 000 marks) et de fonctionnement (22000 marks par an) seront supportés par l’Allemagne, le Wurtemberg, la Bavière, le Duché de Bade et l’Alsace-Lorraine. Les observations ne débuteront qu’en janvier 1907.
- Prix d’éclairage au gaz et à l’électricité. — M. M.
- Robinson, directeur des usines à gaz de Manchester, a donné les prix comparatifs suivants pour l’éclairage au gaz et à l’électricité, à Manchester. Ils se rapportent à 1000 bougies-heure et. sont exprimés en centimes : Eclairage au gaz par manchon incandescent ordinaire 16, par bec renversé 10, par bec intensif io5, par bec à haute pression 104 ; Eclairage électrique par lampe à arc Gilbert 24, par lampe Nernst 754.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Machine à calcul <«*
- Machine à additionner. — Si l’addition est l’opération arithmétique la plus facile, elle est aussi, tout le monde en convient, la plus pénible et la plus fatigante ; elle captive l’attention et absorbe l’esprit. L’addition est de plus l’opération qui doit être le plus sévèrement contrôlée. Aussi depuis longtemps déjà a-t-on eu recours à des machines à additionner remarquables par leur construction, leur précision et leur fonctionnement. Ces machines sont loin d’être très pratiques ; elles sont volumineuses, compliquées et très chères. Il faut de plus étudier complètement la machine pour pouvoir apprendre à s’en servir. Nous présentons à nos lecteurs une petite machine à additionner d’une très grande simplicité et qui a l’avantage d’être à la fois d’une ingénieuse construction, d’un maniement très facile, d’une grande légèreté, et d’un prix peu élevé. La machine se compose,
- comme le montre la figure, d’une petite boîte, sur le côté droit de laquelle se trouve une petite manivelle. Sur le dessus, nous voyons d’abord trois ouvertures, laissant apparaître des o ; c’est dans ces ouvertures que îxous trouverons plus loin les résultats de l’addition. Enfin au-dessous sont neuf boutons à ressort portant chacun un chiffre de i à 9. Pour effectuer une opération, nous commençons; à mettre au 000 les chiffres dans les ouvertures dont il a été question plus haut et •qui constituent le totalisateur. A cet effet, nous donnons un ou deux tours de la manivelle ; mais il faut avoir soin, au début du premier tour, de pousser, à gauche vers la machine, la manivelle pour l’embrayage des organes affectés à la mise à zéro. Nous commençons ensuite l’addition. Il suffit successivement de prendre les chiffres à additionner, et de frapper sur les différentes touches. Mais il est absolument nécessaire d’appuyer sur chaque touche jusqu’au fond de sa course et de relever le doigt aussitôt le buté. On additionnera ainsi par colonne les unités, dizaines, centaines, etc. On pensera, lorsque l’on additionnera la colonne des dizaines, à porter d’abord le chiffre de retenue des unités et ainsi de suite. Cette machine, ainsi qu’on peut s’en rendre compte, permet d’effectuer lès'plus grandes additions que l’on rencontre ordinairement, en opérant par colonne. — La machine à additionner se trouve chez M. Gabriel Kaiser, 24, rue •des Petites-Écuries, à Paris (io°).
- Machine à additionner.
- Mécanique <*.
- Meules métalliques.— On sait tous les services que peuvent rendre les meules métalliques dans tout atelier
- Fig. 1. — Vue d’ensemble d’une meule métallique Roberts.
- de finissage et d’ajustage. Ces machines permettent d’exécuter les travaux sans montage; il suffit de tenir
- les pièces à la main ou de les poser sur les tables. Ces machines emploient du papier émeri, qui a une action plus efficace que les meules en émeri. Nous mentionnerons entre autres les meules métalliques Roberts qui ont pour but d’enlever la matière à l’aide de rondelles en papier émeri collées sur des disques en acier plans et tournant à une grande vitesse. On peut enlever depuis quelques centièmes de millimètre jusqu’à 2 et 3 millimètres, les pièces étant tenues à la main. La figure 1 donne une vue d’ensemble d’un modèle de meule des plus robustes, et la figure 2 la vue de côté de la même meule. Cette série correspond à des meules qui emploient des disques de 5io mm de diamètre. Les disques sont métalliques avec de grandes embases pour éviter toute flexion même sous les plus grands efforts.
- Les tables sont compound et ont des chariots montés sur deux arbres-supports afin
- d’assurer un réglage exact des tables par rapport aux disques et de permettre l’exécution des travaux de précision. Un volant gradué permet d’avancer les chariots vers les disques. Le déplacement des tables est vertical et se fait par manivelle, roue et vis sans fin. Le mouvement de va-et-vient des plateaux le long des disques se fait par levier. La table de gauche est inclinable sur secteur gradué ; la table de droite n’est pas inclinable. — Pour les meules métalliques, s’adresser à MM. H. Glaen-zer et Perreaud, 1, avenue de la République, à Paris (XIe arr.).
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- Vue de côté de la même meule.
- Etaux limeurs universels. — Les étaux limeurs universels rendent de grands services dans les usines actuelles ; ils effectuent rapidement et dans les meilleures conditions de grandes quantités de travail. Entre tous, nous citerons les étaux limeurs de 38o et 610 mm de: course de MM. Potter et Johnston; la figure ci-jointe représente un modèle. Dans ces appareils la table simple a trois encoches en forme de T sur les trois côtés où le travail peut être boulonné, et la table articulée tourne dans tous les sens dans un arc de 900 à o° au moyen d’un appareil rotatif de roue et de vis sans fin. Le chariot porte-outil est long et de construction robuste ; la glis-sièi'e d’une grande longueur est grattée pour donner un dressage parfait jusqu’à la fin de la course.
- A l’aide d’un disque gradué, on peut ré- Étau-limeur universel,
- gler le chariot à la
- longueur de course que l’on veut, et on peut le mettre en position pendant que la machine est en marche. Le chariot porte-outil a une forte avance verticale, et un arrêt automatique, à un angle quelconque dans un arc de 900, ainsi que 10 changements d’avance que l’on peut mettre instantanément. La table de la machine de 38o mm oscille dans les deux sens dans un arc de 900 à o° et est graduée avec précision; on peut ainsi raboter avec l’avance transversale des pièces d’un angle quelconque. La table ordinaire a deux côtés avec trois rainures en T de chaque côté ; elle est munie d’un appareil à roues et vis sans fin pour réglage circulaire. La table de la machine de 610 mm a trois côtés avec cinq rainures en T
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- SCIENCE APPLIQUEE
- de chaque côté et s’élève et s’abaisse automatiquement. L’étau est robuste et disposé de manière qu’en serrant on appuie le travail sur la semelle;'la pièce est ainsi tenue fermement, et assure un bon travail. — Pour les étaux limeurs de la Potter et Johnston Machine C°, s’adresser à M. J. Ryan, ingénieur, 54, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine (Seine).
- Machine à affûter universelle. — Les outils doivent toujours être bien affûtés, si I on veut obtenir d eux le travail qu’on est en droit de leur ré’clamer. Parmi toutes les machines à affûter, nous citerons la machine à affûter universelle Véanderer. Dans cette machine les outils sont affûtés avec la face plane des meules et non avec le
- champ. La broche est en acier trempé et rectifié tournant dans des coussinets à l’abri de la poussière. L’avant de la machine, représentée dans la figure ci-jointe, est disposé pour les affûtages de précision entre pointes et sur axes ; l’arrière convient aux affûtages d’outils maintenus à la main. On peut faire déplacer verticalement le support, déplacer transversalement le chariot pivotant et déplacer longitudinalement la table à l’aide de volants à manette. Ces appareils permettent d’affûter des pièces de 3o5 mm de longueur
- Machine à aftuter universelle.
- ou de 198 mm de diamètre. Les dimensions de la table sont de 6o5 sur 114 mm ; les dimensions des poulies fixe et folle sont i 5o et 5o mm. — La machine à affûter universelle se trouve chez MM. H. Glaenzer et Perreaud, 1, avenue de la République, à Paris (XI0 arr.).
- Volants résistant à la rupture. — On sait que, surtout avec le développement des transmissions de force motrice par l’électricité, on s’est trouvé amené à faire tourner machines et volants de plus en plus vite, afin d’augmenter de façon considérable l’énergie emmagasinée et de mieux parer aux variations de charge. Mais on est limité par la résistance du métal formant la jante du volant, car on est exposé à la faire éclater. C’est pour remédier à cet inconvénient que la maison Armstrong vient d’imaginer — et d’ailleurs de faire breveter — un type nouveau de volant fait d’un certain nombre de disques d’acier doux, de fer ou d’un autre métal, présentant une grande résistance à la traction : les plaques sont boulonnées les unes aux. autres et clavetées sur l’arbre, avec une plaque centrale de résistant a la rupture. sojitjarisatioïl. Un volant de cette
- sorte peut tourner aisément à tooo tours par minute, pour un diamètre de 3,60 m. Bien entendu, le transport et le montage d’un volant ainsi composé sont particulièrement faciles. — Fabricants : Sir W. G. Armstrong, Whitworth and C°, Newcastle on Tyne, Grande-Bretagne.
- *>> Jeux d’instruction
- Le jeu du candidat : Le proverbe : Instruire en amusant, n’aura jamais trouvé certainement d’application plus vraie que dans ce jeu dénommé jeu du candidat et qui constitue une véritable répétition d’un examen du certificat d’études primaires. On peut ainsi, tout en les amusant, faire apprendre aux enfants les diverses matières inscrites au programme. Ce sont les enfants eux-mêmes qui peuvent successivement jouer le rôle de candidat ou de professeur. Il en résulte de part et d’autre une certaine émulation qui fait que toutes les matières sont apprises et retenues par tous avec une grande facilité. Un petit tableau se présente tout d’abord devant le candidat; dans le tableau sont trois ouvertures. Au milieu apparaît la question à laquelle le candidat doit répondre. A gauche et à droite se trouvent deux ouvertures dans lesquelles apparaissent le résultat de l’examen, et la men-
- tion, s’il y a lieu. Le candidat s’avance devant le tableau, à l’appel de son nom. Il tourne une manivelle qui met en mouvement un disque et lui fait faire un certain nombre de tours. Ce disque porte d’un côté un certain nombre de questions qui viennent se présenter au candidat, telles que, en géographie : qu’est-ce qu'une île ? qu’est-ce qu’un lac? qu'est-ce qu’un cap?Les réponses sont inscrites au dos derrière chaque question mais tournées vers le professeur qui écoute les réponses des candidats, lorsqu’ils
- Tableau vu d’arrière.
- Tableau vu d’avant.
- Le jeu du candidat.
- ont amené les questions et qu’jls y répondent. Dès que le candidat a répondu, le professeur fait remarquer les inexactitudes et s’il y en a et fait paraître derrière l’ouverture Mention, la mention qui lui semble la plus appropriée à la réponse du candidat, soit un ticket blanc très bien, pour une bonne réponse, un ticket rouge passable, pour une réponse passable, un ticket zéro pour que mauvaise réponse. Le candidat a droit à trois questions. A la fin, le professeur place dans la case de gauche donnant le résultat, le ticket reçu ou refusé suivant les cas. Ce jeu est des plus amusants et des plus captivants. — Le jeu du candidat se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris (X° arr.).
- Objet utile
- Porte-vêtement automatique. — Le porte-vêtement ordinaire est un support rigide sur lequel on place le vêtement pour l’accrocher à la tringle de l’armoire ; mais il a l’inconvénient d’obliger le vêtement à épouser sa forme, ce qui est très mauvais) surtout si l’habit a été mouillé. Ces montures sont aussi très embarrassantes dans l’armoire et en voyage. Le nouveau porte-vêtement que montrent les figures ci-jointes présente de grands avantages. Son système à bascule s’adapte automatiquement à la conformation et la coupe de tous les vête-
- Ouvert.
- Porte-vêtement automatique.
- Plié.
- ments dont il conserve la forme, même] si le vêtement a été mouillé. Ce porte-vêtement ne tient aucune place, quand il estplié ; on voit dans la figure de droite l’ingénieux système de pliage- On remarquera enfin l’encolure spéciale qui garantit le col du vêtement et l’oblige à conser-' ver sa bonne façon et sa coupe. Les appareils sont en bois verni au tampon, et la monture est en métal nickelé. — Le porte-vêtement automatique se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris (Xe arr.).
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- HYGIENE ET SANTE
- Traumatismes et pétrole. — Un des lecteur de La Nature, M. Decorde, me signale, à propos de cet article (paru dans le n° du 3 février) que le pétrole était, il y a très longtemps, en usage dans l’art vétérinaire. Je n’aurais pu dire à quelle époque remontait l’emploi du pétrole, mais je savais que quelques praticiens l’employaient avec succès contre le piétin. Dans le Parfait maréchal, de Fr. A. de Garsoult, ci-devant capitaine en survivance des haras du roi, 6° édition, à Rouen, chez Racine, libi’aire, rue Gaulerie, 1782, p. 318, 376, 377, on trouve l’essence, appelée huile de pétrole, recommandée comme résolutif dans le cas de l’Ecart, ou effort de l’épaule et de l’entr’ouverture. Dans les enclouures et retraites, l’huile de pétrole, versée chaude dans le trou, après l’enlèvement du clou cassé accidentellement, ou maladroitement chassé par le maréchal, était un excellent remède. Le pétroleum était encore recommandé dans les cas analogues où le cheval avait pris dans le pied un clou de rue ou quelque cheville de bois.
- M. Decorde se souvient avoir vu préconisé le pétrole en art vétérinaire dans un autre ouvrage de maréchalerie du temps de la Restauration.
- Pour ma part je l’ai vu, il y a une quinzaine d’années, employer devant moi en Beauce, pour combattre la gale des moutons. Son usage, en thérapeutique humaine, est certainement moins ancien. C’est le cas de dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Dr A. G.
- Les dangers des rayons X et du radium. — Il y a
- tout juste dix ans que le professeur Rœntgen communiquait au monde savant la découverte dés rayons qui portent son nom et que par abréviation on appelle les rayons X et dans ce court espace de temps la radiothérapie a pris une des premières places parmi les méthodes d’exploration médicale et les méthodes curatives. Son extension est devenue telle que, peu à peu, du domaine scientifique, elle a passé dans la pratique banale des gens n’ayant aucun diplôme, qui guérissent tout sans se douter des dangers qu’ils font courir à leurs patients. Aussi ne faut-il pas s’étonner que l’Académie de médecine ait été saisie de la proposition, déjà formulée au Congrès de Berlin, de réserver aux seuls médecins l’emploi thérapeutique des rayons Rœntgen. Sur un rapport des mieux documentés comme fonds et des plus élégants comme forme du Dr Chauffard, cette proposition a été adoptée. Elle me paraît des plus raisonnables et des plus justifiées ; si l’on compte quelques personnes qui, non médecins, sont des plus au courant de toutes ces questions d’électricité et parfaitement capables d’utiliser avec sagesse, prudence, l’emploi de ces merveilleux agents, combien d’autres pourvues de notions à peine élémentaires, d’autres ignorantes absolument risqueront de provoquer les accidents les plus graves ! Si l’on songe que dans la liste des soi-disant électriciens s’occupant de radiographie, notre confrère a relevé les noms d’un élève de lycée, d’une somnambule et d’un marchand de vin! on conçoit que l’Académie se soit émue et ait décidé que la pratique thérapeutique des rayons X constituait un acte d’exercice illégal de la médecine.
- L’emploi intempestif, et je pourrais dire des plus judicieux, des rayons X 11’est pas sans danger. Ces rayons n’agissent pas simplement superficiellement, ils ont une action sur les tissus profonds qu’on ne soupçonnait pas au début, alors qu’on ne les employait que comme moyen diagnostique, comme radioscopie. L’action peu prolongée des rayons sur la partie exposée pour l’examen d’une fracture, d’un corps étranger n’entraîne pas, en général, de désordres locaux ou à distance, mais quand on a passé de la radioscopie à la radiothérapie, il fallut compter avec des accidents tout à fait anormaux. Les expérimentateurs en ont été souvent les premières victimes et, faute de précautions qu’on ne croyait pas nécessaires, plusieurs ont eu des troubles cutanés des plus graves ; un d’entre eux a même payé de la vie des recherches trop multipliées à l’aide de ces rayons.
- Parfois les accidents ont donné naissance à des applications thérapeutiques; d’un mal dérivait un bien : la
- dépilation, produite d’une façon fâcheuse par les rayons X, est devenue, entre les mains de Sabouraud, un moyen efficace et rapide de traiter et de guérir une maladie des plus rebelles, la teigne tondante. Les irritations cutanées, les dermites provoquées par les rayons ont été le point initial de l’application à la cure des tumeurs lupiques, épithéliales. L’action si spéciale sur les leucocytes, les globules blancs du sang, qui sont détruits en quelques minutes par les rayons X, a trouvé son application dans le traitement des tumeurs d’origine lymphoïde. Mais, comme le fait remarquer Chauffard, combien sont redoutables des méthodes aussi insidieusement destructrices, capables d’atteindre dans l’épaisseur des tissus, dans le sang circulant des éléments indispensables à la protection de l’organisme !
- Lésions cutanées, radio-dermites intenses, amenant secondairement des névrites graves ; lésions profondes des tissus, ulcérations, gangrène; atrophie de certains organes, tel est le bilan des troubles provoqués par les rayons X. Je me souviens d’un tuberculeux traité dans un service, sur sa demande, par les rayons X qu’on connaissait encore bien peu; au bout de quinze jours, il présentait au lieu d’application, dans la fosse sous-claviculaire, une ulcération énorme, profonde, qui fort heureusement n’alla pas jusqu’à perforer la plèvre et qui agit à la façon d’un gigantesque cautère.
- Ces dangers sont si connus que les expérimentateurs emploient les moyens de protection les plus complexes. Comme la lance d’Achille, les rayons blessent et guérissent : aussi, mieux avertis de la gravité de lésions en apparence les plus superficielles, les manipulateurs se garnissent de gants doublés d’une couche de sous-nitrate de bismuth, de lunettes de verre à base de plomb, de tabliers métalliques ; d’autres s’isolent dans de véritables tourelles blindées. Bergonié a conseillé un moyen de protection plus simple et plus pratique, c’est de placer l’entourage du malade au-dessus du plan horizontal prolongeant l’anticathode, tandis que le malade reste au-dessous de ce plan, seul exposé à l’action des rayons.
- L’Académie aurait pu comprendre dans le même ostracisme extra-médical l’emploi du radium ; elle a pensé que cet agent ne sera pas de longtemps à la portée de tous comme l’ampoule radiographique. Le radium est rarissime, d’un prix inabordable, par conséquent difficile à être autre chose qu’un produit de laboratoire. Mais son action, comparable à celle des rayons Rœntgen, semble encore plus redoutable. Pour àvoir porté quelques heures dans la poche un fragment minuscule de radium sans l’avoir isolé dans une chemise de plomb, Becquerel et d’autres physiciens ont eu des ulcérations graves et tenaces, qui n’apparaissaient qu’une, deux, trois semaines après. Un jeune et distingué médecin de l’Institut Pasteur eut, à la suite d’une ulcération de ce genre, des troubles graves pleuro-pulmonaires qui entraînèrent la mort. Pour donner une idée de la puissance d’action de ces radiations,un professeur de l’Institut de médecine expérimentale de Saint-Pétersbourg a relaté l’expérience suivante : dans une cage contenant trois lapins, on plaça une boîte contenant 25 centigrammes de bromure de radium pur. Pendant quinze jours, les animaux vécurent sans aucun trouble; mais au bout de ce temps, on vit survenir des lésions cutanées, des brûlures locales aux oreilles (la partie la plus sensible du lapin) ; ces brûlures s’étendirent, devinrent de véritables plaies profondes ; les oreilles tombèrent détruites parle processus ulcéreux. Le système nerveux subit des atteintes similaires ; les animaux étaient aux trois quarts paralysés et quand on en fit l’autopsie, on constata des lésions trophiques sur presque tous les organes. Il s’agissait d’une dose de 25 centigrammes, sans contact direct. Jugez du pouvoir réellement formidable de ces radiations. N’a-t-on pas raison de mettre quelques entraves à l’emploi d’agents aussi dangereux ? On ne laisse pas vendre — c’est au moins la loi — des médicaments toxiques sans une ordonnance ; il devra en être de même de l’application du radium ou des rayons X. Dr A. Cartaz.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- «#*$, Photographie
- Dosage de For dans les virages. — On trouve malheureusement dans le commerce (chez les mauvais commerçants) des bains de virage qui ne contiennent pas d’or; il est vrai qu’ils sont vendus tellement bon marché que la présence du précieux métal n’est guère possible. Voici un moyen donné par la Revue allemande Apollo de se rendre compte s’il y a de l’or. On prend un fil de soie qu’on immerge dans une solution d’acide pyrogallique à laquelle on a ajouté un peu de chlorure d’étain. On rince le fil rapidement et on le plonge dans le virage à essayer. S’il y a de l’or il prend bientôt une teinte rouge qui est la caractéristique de l’or colloïdal. La réaction est si sensible que pour des essais autres que ceux ayant trait à la photographie on peut déceler la présence d’un millionième de milligramme d’or en opérant sous le microscope avec une goutte du liquide à essayer.
- Tirage sur papier platine.— On sait que tous les clichés ne conviennent pas pour tous les genres de tirage ; les clichés très doux, par exemple, bons pour le procédé à la gomme bichromatée, ne valent rien pour le tirage par contact, au châssis-presse, sur papier au bromure, il faut dans ce cas des clichés un peu corsés; il en est de même pour le papier au platine qui donne de si jolis tons noirs imitant le crayon. Dans le cas où le cliché qu’on désire tirer par ce procédé ne répondrait pas aux conditions ci-dessus, on peut cependant remédier à l’inconvénient, sans renforcer le cliché, en développant le papier non pas comme d’habitude avec une simple solution d’oxalate de potasse, mais avec le bain suivant, indiqué par le journal anglais Photographie
- Monthly :
- Oxalate neutre de potasse ... 60 grammes.
- Phosphate de potassium .... 3o —
- Nitrite de potassium......... oer,io
- Eau..........................600 grammes.
- Pour augmenter l’énergie de l’action de ce bain on peut augmenter un peu la quantité de nitrite. C’est bien de nitrite de potassium qu’il s’agit et non pas de nitrate.
- Réduction des grands noirs d’un cliché. — Tous les photographes connaissent le réducteur de Farmes qui se compose de ferricyanure de potassium 1 gramme, hypo-sulfite 1 gramme par 100 cm3 d’eau. Ce réducteur enlève rapidement le voile superficiel d’un cliché ; mais il attaque en même temps les ombres et les parties claires ; on a recommandé, pour baisser les grands noirs seulement, l’emploi du persulfate d’ammoniaque qui réussit assez bien généralement. Mais le journal anglais Photography signale d’après M. Bartlett qu’on peut aussi bien employer le réducteur au ferx’icyanure à condition d’avoir de l’hy-posulfite en excès et c’est ce qui se produit si on procède à l’opération aussitôt après le fixage. On passe la plaque, sortant du bain d’hypo, dans une solution d’acide acétique ou citrique ; puis on la plonge dans une solution de ferricyanure à 5 pour 100 ;; il faut la retirer très vite pour.juger de l’effet, car on risquerait de dépasser le but. Ôn recommence l’immersion jusqu’à ce que celui-ci soit atteint, puis on lave à grande eau.
- cjq'ïns* Chimie
- Évaluation de l’acide sulfurique, — Il s’agit d’un procédé un peu compliqué, mais intéressant à connaître, qui est donné par la publication Zeitschrift fur Ange-wandte Chemie. On ajoute à la solution neutre ou acide à analyser, i5o centimètres cubes d’une solution de chlorhydrate de benzidine (faite à raison de 18,5 gr. de ben-zidine par litre) pour chaque décigramme d’acide sulfurique. On filtre après 5 minutes de repos et on lave avec un peu d’eau. On place alors le filtre dans un flacon d’Erlenmeyer avec 5o centimètres cubes d’eau, et on secoue suffisamment pour amener la désagrégation
- du papier filtre et de ce qu’il contient; si bien qu’on a finalement un mélange de papier et de sulfate de benzidine ; on titre celui-ci avec un dixième de soude normale à 5o°, après addition d’une goutte de phénolphtaléine. Vers la fin de l’opération, on doit élever le mélange jusqu’à la température d’ébullition. Le procédé est donné comme applicable aux acides libres tout aussi bien qu’aux sulfates, mais il ne faut la présence ni de sels ferriques ni d’amidon.
- Peinture phosphorescente verte. — Nous entendons ayant des reflets ou une nuance générale verdâtre. On la compose avec 60 grammes d’hyposulfite de strontium, 12 centimètres cubes d’une solution alcoolique acidifiée à o,5 pour 100 de nitrate de bismuth, et 6 centimètres cubes d’une solution alcoolique analogue de nitrate d’uranium. Pour préparer la peinture, on mélange bien tous ces ingrédients et on en élève graduellement la température jusque vers 12000, en maintenant le chauffage durant une heure.
- Gutta-percha artificielle. — A ajouter aux nombreuses tentatives déjà faites. Un chimiste de Vienne, M. Gentsch, composerait une gutta-percha artificielle qui donnerait de bons résultats, avec un mélange de caoutchouc et de résine de palmier ; sa résistance électrique serait supérieure à celle du produit naturel, mais elle se souderait moins aisément et serait plus gluante. Son prix.ne serait que les deux tiers du produit naturel.
- Pour éviter la rupture des creusets. — Il arrive trop souvent que, quand on veut sécher un creuset avant de l’employer à une fusion quelconque, on le fait craquer en le renversant sur le feu, pour évaporer l’humidité. Il faut s’astreindre à ne procéder qu’avec précaution et lenteur; et, dans ce but, on doit maintenir d’abord le creuset dans une pièce à température tiède durant au moins une semaine, et quand on le mettra chauffer, il ne faudra jamais que la flamme ou les charbons incandescents le touchent. On se trouve fort bien, comme le font les fondeurs, de laisser le creuset à employer toute la nuit sur le haut du fourneau, par conséquent à une chaleur assez modérée.
- Ciment résistant au bisulfure de carbone. — Ce
- ciment peut être utile dans certaines circonstances, notamment quand il s’agit de cimenter des objets en verre. Pour le préparer, on place un peu de gélatine dans un bocal à large goulot, puis on verse par-dessus assez d’acide acétique pour la recouvrir complètement. On laisse baigner une nuit, et l’on met sur feu doux pour faire fondre.
- Divers
- Préparation pour la métallisation des substances poreuses. — Nous avons en vue le bois, par exemple, le marbre, le gypse, dont la porosité gênerait considérablement la métallisation par dépôt de cuivre. Il est nécessaire, avant de se livrer à cette opération, de les couvrir d’une couche à peine perceptible de vernis, ou de les tremper dans de la cire, dans du suif, ou mieux dans de la stéarine. On attache l’objet à un long fil de laiton, puis on le plonge dans la stéarine fondue et maintenue à une température de 80 à ioo°C. Des bulles d’air montent immédiatement et crèvent à la surface, en entraînant air et humidité de la substance traitée. Quand cette montée de bulles a cessé, on retire l’objet, et on le saupoudre complètement de graphite, tandis qu’il est encore tiède. On laisse refroidir, on souffle pour enlever le graphite qui adhère mal, puis on brosse toute la surface de l’objet avec une brosse chargée de graphite, et jusqu’à ce que cette surface et les moindres dépressions soient d’un beau noir uniforme.
- Entretien des câbles métalliques. — On y passe un enduit qui se compose de 100 kilogrammes de suint que. l’on a fait fondre avec 20 kg de colophane noire, et auxquels on a ajouté, en remuant constamment, 3ô kg d’huile de résine et 10 kg de pétrole noir.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans ia boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne^ peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour l’autosaturateur Hennebutte (n° 1711 du 10 mars 1906, page 226), s’adresser à M. Hennebutte, 16, rue de Chartres, à Neuilly-sur-Seine. — Pour la machine à passer au papier de verre, s’adresser à M. Stone and Co. 135 Finsburg Pavement, Londres F. C. —L’indicateur vibratoire se trouve à la maison de l’appareillage électrique Grivolas, 16, rue Montgollier, à Paris (3°).
- Communications. — M. Isidore Maraune, de la Société botanique de France, à Paris, nous adresse la petite note suivante : « A propos d’une communication de M. Guignard à l’Académie des sciences sur les dangers de l’ingestion des phaseolus lunatus, et dont La Nature du 10 mars 1906 (n° 1711) a donné un compte rendu détaillé, je crois devoir faire observer que ce fait n’est pas nouveau et que la plupart des graines de Légumineuses comestibles seraient dans ce cas lorsqu’elles sont crues. Nous lisons, en effet, dans Bailloy, Histoire des Plantes, 2e vol. p. 377, et qui date de 1870 : « Souvent à ces principes alimentaires se trouve jointe dans la graine une substance âcre, délétère, parfois narcotique, dont les effets sont d’ordinaire détruits par l’action de la chaleur. La plupart des Pois, Haricots, Fèves, etc., possèdent en petite quantité cette matière nuisible dans leurs graines mûres, fraîches et crues. » Bien entendu, le principe toxique n’est pas déterminé, il se pourrait aussi que ce fût l’acide cyanhydrique connu dans les graines du Phaseolus lunatus. C’est surtout en cela que réside l’intérêt de la découverte de M. Guignard. »
- M. le capitaine Luigi Giannitrapani, à Rome, nous adresse une brochure intitulée : Note sulla corografia del teatro délia guerra russo giapponese (chorographie du théâtre de la guerre russo-japonaise) publiée par la Société de Géographie de Rome. Le vaste territoire sur lequel se déroulèrent les opérations de la guerre comprend, ainsi qu’on le sait, deux régions géographiques distinctes : d’une part la Mandchourie méridionale et son appendice, la péninsule de Liaotung, d’autre part la Corée septentrionale. L’auteur s’est efforcé de résumer clairement les principales données relatives à la géographie de ces régions et il y a très bien réussi. Il a joint à son texte des cartes très claires et suffisamment détaillées pour en souligner tout l’intérêt.
- Renseignements.— M. O. D. R. G.M., à Paris. — Le plus pratique serait d’employer un moteur à pétrole. Il existe à Paris de nombreuses maisons qui en fabriquent d’excellents et vous trouverez leur adresse au Bottin.
- M. Dromery, à Paris ; M. Léon Delebecque, à Gand.
- ,— Les cheminées radioincandescçntes, système Delage, se trouvent aux établissements Grunberg, Léon et Cie, 49, rue de Tanger, à Paris (XIXe). Cette adresse a été donnée en tête de la boîte aux lettres du n° 1711.
- M. Bailly, à Bourg. — Il faut d’abord enlever le vernis en faisant tremper le lustre dans un bain à parties égales d’ammoniaque et d’alcool à 95°, puis rendre le poli au cuivre avec de la ponce en poudre très line, et un peu de rouge à polir, délayés dans un peu d’huile de façon à former une pâte dont on frotte les objets.
- M. W. Loste, à Bordeaux. — Les procédés de nettoyage par le vide sont absolument inoffensifs pour la beauté et la solidité des tapis ou tentures. Ils dispensent d’ailleurs de tout battage postérieur et constituent un procédé de nettoyage très supérieur aussi bien'*au point de vue de l’hygiène qu’à celui de la propreté.
- M. E. Georges, à La Mouline. — Nous avons publié un article complet avec tous les détails sur les lampes à vapeur de mercure dans leH° 1689, du 7 octobre igoà, P- 299- ‘
- M. E. Galloo, à Bergues. — La désagréable odeur des gants de chamois provient d’un dégraissage insuffisant qui a laissé subsister dans la peau un excès de l’huile employée à sa préparation. Peut-être pourriez-vous essayer de détruire cet inconvénient soit par dégraissage en mettant tremper les gants pendant 1 heure dans une dissolution de potasse à 25° et en les tordant ensuite vigoureusement, soit en neutralisant l’or par lavage à chaud dans une eau de savon à la lanoline, que vous trouverez chez tous les parfumeurs. D’ailleurs nous ne saurions affirmer la réussite et peut-être vous en coûtera-t-il la vieille paire de gants sur laquelle vous ferez vos essais.
- M. Martin, à Rosario de Santa-Fé. — Le motogodille décrit dans le n° 1703, du i3 janvier 1906, se trouve chez MM. Tronche et C‘e, 206, boulevard Pereire, à Paris.
- M. Silvio Paoletti, à Spezia. — Nous avons bien reçu votre projet; le nombre de fils qui seraient nécessaires le rend absolument inapplicable.
- M. Ij. Robert,.à Paris. — Nous vous prions de vous reporter à un traité de médecine, ou de consulter un médecin.
- M. Pouïllard-Lecouppey, à Paris. — La farine de sarrasin présente la composition moyenne suivante : amidon, o; matières azotées, 6,84; matières grasses, x,51 ; matières minérales, 1,75; eau, 18,00.
- M. Ch. Wagner, à Paris. — Vous trouverez tous ces renseignements dans le manuel Roret Alimentation, seconde partie, conserves alimentaires, à la librairie Mulo, 12, rue llautefeuille, à Paris.
- M. P. Moreau, à Renaze. — i° Le mémoire de M. Ro-senmund relatif au détail des mesures qu’il a effectuées pour le percement du tunnel du Simplon a été publié en 1901, à Berne, chez Fritz Haller Bion, Haller’sche Buch-druckerei. — 20 Le procédé dit de filage de la courbe ou des courbes n’est point l’objet d’ouvrages spéciaux. Il est décrit dans : Essai sur les éléments de la pratique des levers topographiques par le commandant Clerc 1839-1843, Çhapelot et Cie, 3o, rue Dauphine, Paris, et surtout : Ecole de levers (des écoles du génie) 1894, Berger-Levrault, 5, rue des Beaux-Arts, Paris. Une excellente discussion sur le filage se trouve dans le mémoire Sur la tachéométrie, par le colonel Goulier, pages 255 à 279. Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris, 1892 (cette dernière étude dépasse de beaucoup le niveau d’un exposé élémentaire).
- M. II. D. X., à Guengnon. — Vous trouverez chez Çhapelot et Cie, éditeurs du Service géographique de l’armée, passage Dauphine, à Paris, les cartes suivantes en courbes de niveau pour la France : carte oro-hydrographique au 800000e en 6 feuilles; carte au 5oo 000e (du colonel Prudent) en i5 feuilles; carte au 200 ooo°, du Service géographique. Au 80 000e on a publié les feuilles de Paris, Melun, etc., en courbes; au 20000e, Paris et les environs de plusieurs places fortes. La nouvelle carte au 5oooo° va prochainement paraître pour les environs de Paris seuls. Quant à l’étranger les cartes en courbes sont toutes à grande échelle (100000e ou 20000e selon les pays).
- M. R. Coureau, à Toulouse. — Le détail des renseignements relatifs à la nouvelle réforme de l’orthographe allemande est donné tout au long dans une brochure officielle allemande que vous trouverez dans toutes les librairies étrangères, par exemple, chez Le Soudier, 174, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch.
- Saulnois, à La Palisse. Il faut soumettre le produit à l’analyse et vous adresser pour cela à un chimiste. — M. V. Boulignier, à Niort. Nous vous remercions de votre communication ; mais nous croyons pouvoir affirmer que l’on se trouve en présence de mystificateurs plus ou moins habiles. — M. H. Maignaud, à Corcy. Vous trouvei'ez ces indications tout au long dans Recettes et Procédés utiles, 3e et 4° séries, librairie Masson et Cie, 120 boulevard Saint-Germain, à Paris. —M. I. Maranne ; M. Luigi Giannitrapani, à Rome. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 k 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 mars ... CJ? c O W. 5. Très nuageux. 4,9 Très nuageux; pluie à plusieurs reprises.
- Mardi 13 — 0°,9 8. W. 2. Quelques nuages. 0 Gelée blanche ; couvert à partir de 9 h.
- Mercredi 11 2°,1 S. S. W. 3. Couvert. 2,1 Petite pluie de 4 h. à 9 h.; couvert jusqu’à 19 h. ; beau ensuite.
- Jeudi 15 i°,l S. S. W. 2. Couvert. 0,2 Pluie de 3 h. à 4 h. ; couvert ; halo.
- Vendredi IG 10°, 4 W. S. W. 3. Couvert. 0,0 Couvert; gouttes à 7 h.
- Samedi 17 5°,6 S. W. 3. Couvert. » Rosée ; couvert jusqu’à 9 h. ; beau ensuite.
- Dimanche 18 4°,9 S. S. W. 3. . Beau. 3,0 Gelée bl. ; peu nuag. ; halo à 12 h. ; pluie de 22 b. la à 24 h.
- MARS 1906. — SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 MARS 1906.
- Mercredi
- Vendredi
- Dimanche
- Samedi
- Lundi
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri < boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- France et sur les Pays-Bas. Le thermomètre marquait i° à Dunkerque, a0 à Paris, 3° à Toulouse, i4° à Alger, — 7° au Puy de Dôme, — 90 au Pic du Midi, — io° au mont Mounier. Le i5 mars, la pression barométrique atteignait 765 mm dans le Sud-Ouest du continent, avec un maximum de 773 mm à Biarritz. Il a plu à Dunkerque (8 mm), à Biarritz (5 mm), à Limoges (4 mm), à Paris (1 mm). Le thermomètre marquait 4° à Paris, 5° à Dunkerque, 5° à Toulouse, i3° à Alger, —3° au mont Aigoual, — 70 au Pic du Midi. Les vents, après variation, sont revenus au Sud et au Sud-Ouest. A Paris, la température moyenne a été 8°,5, supérieure de 20,7 à la normale. Le 16 mars, des pressions inférieures à 760 mm se sont étendues sur le Nord de l’Europe ; les fortes pressions étaient répandues vers l’Est. Il est tombé 7 mm d’eau à Cherbourg, 5 mm au Mans, 5 mm à Charleville, 4 mm à Limoges. La température s’est notablement élevée sur nos régions ; on notait le matin 5° à Lyon, io° à Paris, io° à Nantes, i5° à Alger. A Paris, la température moyenne a été de ii°,8, supérieure de 5°,9 à la normale. Le 17 mars, les fortes pressions ont persisté dans le Sud et le Sud-Ouest du continent; on a observé un maximum de 773 mm près de Clermont. Un vent de l’Ouest a soufflé sur le Pas de Calais, et un vent du Sud a soufflé sur la Manche et sur l’Océan. Il est tombé 7 mm d’eau à Dunkerque, 6 mm à Charle-ville, 1 mm à Cherbourg. La température s’est abaissée; le thermomètre marquait i° à Clermont, 6° à Paris, 6° à Lyon, 120 à Alger. Le 18 mars, le temps a été beau et chaud à Paris ; le matin, le thermomètre marquait 3° à Belfort, 5° à Paris, 6°,à Marseille.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 17 à 12 h. 6 m. du soir.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été mauvais dans la semaine du 12 au 18 mars. Le 12 mars, la situation atmosphérique était troublée sur l’Europe par une dépression dont le centre était au Sud de la Norvège. Le vent a soufflé en tempête du Sud-Ouest sur la mer Baltique, de l’Ouest sur la mer du Nord. Les pluies ont été générales ; on a recueilli 12 mm d’eau à Besançon, 6 mm à Limoges, 3 mm à Paris, et 3 mm à Biarritz. A Paris, il est tombé dans la journée des averses abondantes de grésil: le ciel était très nuageux. Le thermomètre marquait le matin 5° à Paris, io° à Lyon, io° à Toulouse, 170 à Alger, —20 au Puy de Dôme, —6° au Pic du Midi, — 8° au mont Ventoux. Le i3 mars, un vent fort a soufflé des régions Ouest sur nos côtes de l’Océan et de la Manche. Il est tombé 10 mm d’eau à Besançon, 8 mm à Clermont, 4 mm k Toulouse, 2 mm à Paris, 2 mm à Dunkerque. La température était 4° à Belfort, i° à Paris, i° à Nantes, 3° à' Toulouse, 160 à Alger, — io° au Puy de Dôme, —io° au mont Ventoux, —120 au Pic du Midi. Dans la banlieue de Paris, on a observé des ininima de — 20. La température moyenne à Paris a été 3°,3, inférieure de 2°,3 à la normale; la pression atmosphérique, après une hausse de i3 mm en i5 heures, est à midi de 763,2 mm. La crue de la Seine est terminée ; les eaux sont revenues au pont Royal à la cote de 4,86 m. Le 14 mars on signalait un vent faible sur la Manche, fort du Nord-Ouest en Bretagne, fort en Gascogne, faible en Provence. On a recueilli i3 mm d’eau à Cherbourg, 10 mm à Clermont* 6 mm à Brest, 5 mm à Dunkerque, 2 mm à Paris; il a neigé sur Je Nord de la
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- RÉDACTEURS EN CHEF
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- E -A. MARTEL - J. LAFFAROUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- ] 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (YP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1714 (31 MARS 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- L-
- Le Bureau météorologique central Européen. —
- A la dernière réunion de la Société helvétique des Sciences naturelles (Lucerne iiti3 septembre 1906) M. René de Saussure (Genève) a présenté un projet de bureau météorologique central européen. Ce bureau serait chargé : i° Au point de vue administratif, de préparer et imprimer les programmes, procès-verbaux et rapports des conférences météorologiques européennes et des séances annuelles du Comité européen ; 20 au point de vue technique, de faire une ou plusieurs fois par jour la carte du temps de l’Europe, d’après les rapports télégraphiques des différents Bureaux nationaux et, cette carte une fois faite, de la réexpédier télégraphiquement auxdits Bureaux nationaux.
- Attribution du prix Joest. — Le prix Joest vient d’être attribué à M. Piette, par l’Académie des inscriptions et belles-lettres On sait que cet archéologue bien connu a enrichi le musée de Saint-Germain d’une collection de gravures et de sculptures préhistoriques. On lui doit d’autre part de beaux travaux sur les cavernes du Mas d’Azil, d’Arudy, où il a fait des fouilles fructueuses, qui ont appris, en préhistoire, quantité de nouveaux faits.
- Un vœu du dernier congrès de l’Association française pour le progrès des sciences. — Au cours de son dernier congrès, à Cherbourg, en août 1905, la section de l’Association a émis le vœu que les termès septante, octante et nouante soient généralement adoptés et employés au lieu de soixante-dix, quatre-vingts et quatre-vingt-dix.
- L’heure à Paris. — M. le Préfet de la Seine vient de nommer une commission qui sera chargée d’étudier le régime de l’unification de l’heure dans Paris par l’électricité. Il s’agit d’obtenir qu’au même moment, toutes les horloges municipales marquent la même heure, et pour cela, de restaurer et de remplacer, si besoin est, les appareils de remise à l’heure installés sur les horloges des édifices communaux. La commission sera présidée par M. Autrand, secrétaire général de la Seine ; elle est composée de MM. Lœwy, directeur; Bigourdan •et Mascart, membres dé l’Observatoire ; de M. Guyon, directeur de l’Observatoire de Montsouris ; de MM. Menant, Lauriol, Millet et Bazille, ingénieurs ou fonctionnaires de la préfecture et des postes et télégraphes.
- Association internationale pour les études solaires. — Sur l’initiative de M. Haie, directeur de l’Observatoire de Yerkes,! aux Etats-Unis, une commission ayant pour but la création d’une association internationale pour les études solaires s’est réunie à Oxford
- dans les derniers jours de septembre igo5. Parmi les résolutions prises par le Comité, nous signalerons : un souhait de coopération entre les différentes branches des recherches solaires, — proposition de former des comités spéciaux chargés de résumer et de coordonner les travaux dont les conclusions n’auraient pas été données par les auteurs, — élaboration d’un programme de recherches. Un premier congrès international doit avoir lieu à Meudon en septembre 1907.
- Production des œufs au Canada. — Il y a eu en 1901, au Canada, 11 millions de poules couveuses, produisant 84 123 802 douzaines d’œufs, d’une valeur approximative de 10268 15g dollars, soit une moyenne de 91 œufs par poule. En admettant pour la période 1901-1911 une progression à même taux que pendant la période 1891-1901, il y aurait dans 5 ans i5 millions de poules coti-veuses, soit, à 91 par poule, no5ooooo douzaines d’œufs, environ 66 millions de francs. Si l’on tient compte des perfectionnements apportés aux méthodes d’élevage, il semble que l’on puisse compter sur un rendement bien supérieur, atteignant peut-être plus de 100 millions de francs.
- Découverte d’un sarcophage à Carthage. — Le
- P. Delattre a signalé dernièrement à l’Académie des inscriptions et belles-lettres la découverte à Carthage d’un superbe sarcophage en marbre blanc, plus grand que ceux mis au jour jusqu’ici, décoré de peintures et contenant un cercueil de bois peint et doré, avec quatre poignées de bronze. La cuve pèse à elle seule près de 5ooo kilogrammes.
- Les marais de la Sèvre Niortaise et du Lay. — On
- attribuait jusqu’ici à des ingénieurs hollandais, appelés par Henri IY, l’assèchement des marais qui formaient une sorte de lagune en face de l'île de Ré. Dans un mémoire récemment couronné par l’Académie des inscriptions et belles-lettres, M. Et. Clouzot a démontré que cette opinion est erronée. Les documents empruntés aux archives des abbayes poitevines ont permis d’établir que la conquête des terres fut commencée dès le x° siècle, par les bénédictins, les cisterciens et les templiers. Trente abbayes s’étaient, pour ainsi dire syndiquées pour entreprendre le travail, effectué par des équipes de paysans, dirigés par les frères lais. Au fur et à mesure de l’assèchement, les terrains étaient affermés à des cultivateurs qui y semèrent du blé, des fèves, de la vigne. Ces terrains ayant été abandonnés pendant la fin du xve et pendant le xvie siècle, les ingénieurs hollandais furent appelés au début du xvn' pour rétablir la belle œuvre des moines dont le temps avait effacé les traces.
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- INFORMATIONS
- La sériciculture à Java. — C’est une erreur répandue que de croire à un grand développement de la culture des vers à soie dans les Indes Néerlandaises. Il n’existe à Java que deux ou trois magnaneries, dont la plus importante est une exploitation chinoise à laquelle est annexée une vaste lilature. Le mûrier pousse partout à Java, mais le climat tend rapidement à frapper de dégénérescence les lépidoptères séricigènes : la production des mômes types se trouve réduite d’un bon tiers si on les importe du Japon à Java; de plus les cocons sont très grossièrement lilés. Toutefois des ci'oisements ont été essayés avec succès entre le Bombyx mori de Chine et un magnanier indigène provenant du Sud de Sumatra ; ces recherches n’ont pas encore donné de résultats pratiques. Dans ces conditions la production est très faible et restera telle probablement pour longtemps, j
- L’huile d’olive en Espagne. —L’extraction de l’huile se fait grâce à un matériel assez sommaire composé d’un moulin broyeur, mu par un cheval ou par un bœuf, et d’une presse à levier pour l’expression de l’olive broyée dans l’eau bouillante. Ces outils sont assez lents, ce qui cause chez les olives accumulées en magasin un début de fermentation qui déprécie l’huile. Il existe 3 ou 4oo° de ces presses en Espagne. On commence seulement à traiter la pulpe résiduelle pour en extraire l’huile et il n’existe encore que 63 moulins destinés à son traitement. Enlin le matériel et les procédés sont remarquablement peu perfectionnés et de faible rendement.
- Les melons d’Algérie. — Cette année, la région oranaise sera la première à ravitailler de melons primeurs les marchés de la métropole. Déjà en juillet dernier, les premiers melons ayant paru sur le marché de Marseille provenaient du port d’Oranet étaient en avance de quinze jours sur ceux d’Espagne. Oran expédia 4oooo kilogrammes. Le reproche fait aux melons de l’Oranie est de ne pas avoir toujours le même goût; cela tient à l’hybridation des plantes, qui donne à la chair des melons à la fois le goût des melons rouges et des melons blancs. En Algérie, le melon est acquis à la grande culture; vers Relizane et Perrégaux, il existe, tous les ans, des centaines d’hectares plantés de melons; aux environs immédiats d’Alger, à Birtouta, à Rivet, à Baba-Ali, etc., la culture réussit bien; mais pour obtenir la précocité des melons d’Oran, il y faudrait de bons abris en roseaux, du crottin de mouton ou des engrais composés.
- Association internationale pour l’étude des régions polaires. — C’est au cours des séances du Congrès de Mons que les explorateurs des régions polaires, réunis sous la présidence du roi Léopold II, ont émis la proposition de créer une association internationale pour l’étude des régions polaires, proposition votée à l’unanimité et par acclamation. Le but est quadruple : i° obtenir un accord international sur diverses questions discutées de géographie polaire ; 20 tenter un effort général pour atteindre les pôles terrestres ; 3° organiser des expéditions ayant pour objet d’étendre nos connaissances polaires dans tous les domaines ; 4° arrêter un programme scientifique de travaux à exécuter dans les divers pays pendant la durée des expéditions polaires internationales. Confoi'mément au vœu du Congrès, la Belgique prendra l’initiative de convoquer pour les premiers jours de mai 1906 les états-majors maritimes et scientifiques des principales expéditions arctiques et antarctiques entreprises jusqu’à ce jour. Cette première conférence aura pour but l’élaboration d’un projet général de travaux et d’expéditions coordonnés. Ensuite, et après l’élaboration d’un règlement organique, une seconde conférence internationale aura lieu en Belgique en septembre 1906 et l’on y arrêtera les bases d’une série d’explorations et un programme d’observations. On ne saurait trop souhaiter que les explorateurs, les Sociétés de géographie, etc., envoient à l’association (par la voie de M. Lecointe, directeur scientifique à l’Observatoire royal de Belgique, à Uccle) des notices analogues à celle que M. Arctowsky a récemment publiée sous le titre : Projet d'une exploration systématique des régions polaires. L’auteur de ce travail, surtout occupé des régions antarctiques, pense que l’exploration systématique et internationale du pôle Sud doit être précédée d’une expédition circumpolaire, surtout océanographique. Il croit que, pour l’investigation continentale
- on pourrait utiliser des automobiles et créer ainsi, loin des côtes, des stations d’hivernage devant servir de bases d’opérations ultérieures. Il donne enfin de nombreuses indications pratiques, permettant l’établissement d’une action d’ensemble.
- Le nouveau port de Manille. — On a commencé d’exécuter des travaux considérables pour la création d’un grand port à Manille : construction d’une jetée de 2600 m., puis d’un môle isolé de plus de 840 m., dragages, etc. On entourera de la sorte une surface d’eau de 154 hectares, comprenant notamment un bassin d’une profondeur de plus de 9 m. au-dessous des basses eaux, et un autre bassin intérieur de 5,5 m. de profondeur.
- Les chemins de fer du monde.— La longueur totale des chemins de fer du monde à la fin de 1903 était de 859 355 km, dont 43z 618 à l’Amérique (Etats-Unis : 334 634), 300429 à l’Europe, 74646 à l’Asie, 26726 à l’Australie, 25 069 à l’Afrique. L’empire allemand possède 54 4^6 km, la Russie d’Europe 53 258, la France 46226, l’Empire des ' des 43372, l’Autriche-Hongrie 38 818, la Grande-Bx yne et l’Irlande 36 148 et le Canada 3o 696 km. C’est en Belgique que proportionnellement le développement des voies ferrées est le plus con-sidéx*able : il y atteint 23,1 km par 100 km2. Viennent ensuite : la Saxe (19,8), le Grand duché de Bade (13,7), l’Alsace-Lorraine (i3,i). La Grande-Bretagne et l’Irlande (n,5) et au tout dernier rang la Russie et la Norvège (0,9 et 0,7 km par xoo km2).
- Voies sablées. — Les voies sablées qui ont été essayées avec succès, en Allemagne tout particulièrement, et qui ont montré tous les services qu'elles peuvent rendre, en immobilisant rapidement des trains encore lancés à une vitesse exagérée au moment où ils devx'aient s’arrêter, semblent exciter l’intérêt des exploitants de chemins de fer en Angleterre : il s’agit comme toujours de créer des voies d’évitement, où l’on poux'ra dévier les trains emportés, pour ainsi dii’e, de manière que les l’oues s’enfoncexxt peu à peu dans une couche de sable noyant de plus en plus les x’ails. Des essais ont été faits sur le Lancashire and Yorkshire Railway, qui ont pi'ouvé que des wagons de marchandises lancés à une allure de 60, 70, 75 kilomètres à l’heure, pouvaient être de la sorte arrêtés sur une très courte distance.
- Nouvel Observatoire aéronautique prussien. — Gel
- établissement a été inauguré en octobx'e 1905 par l’empereur Guillaume. Il est situé à Lindenberg, disli'ict de Beeskow-Storkow et dirigé par le Dr Assmann. Le prince de Monaco assistait à la cérémonie et l’empereur, après avoir fait l’éloge de ses travaux, lui a décerné la grande médaille d’or pour la science.
- Tremblement de terre. — Un tremblement de teiu-e a eu lieu le 19 mars dans l’île de Formose. A Kagi, 1400 maisons ont été déti'uites, plus de 1000 personnes tuées et 7000 blessées. La moitié de la ville de Kagi a été détruite.
- Un météore en Tunisie. — Un météore a été vu au-dessus des plaines du Ksour, du Kef et des Zouarines, en Tunisie, le i5 mars, vers 7 heures du soir. Le globe de feu, se dirigeant du sud au nox'd, a été. visible pendant huit ou neuf secondes ; il a dispaim ensuite à l’horizon, laissant dei’rière lui une traînée lumineuse d'un bleu très intense. Le phénomène a été constaté par plusieurs colons.
- Orages et tempêtes. — On a signalé, à la date du 19 mars, une série d’orages et de violentes tempêtes dans le Sud-Est de la France. A Grenoble, un cylone s’est abattu sur la ville et en quelques minutes a causé les plus grands dégâts. Les toitures ont été enlevées, et tous les fils électriques, qui sont en général aériens dans le pays, ont été arrachés. Du 18 au 19 mars, la tempéi'ature a baissé rapidement de 200; la neige est tombée en abondance sur la contrée. Le même jour, on a signalé aussi une chute très grande de neige sur Renxi-l'emont et les environs ; le sol des campagnes en était l’ecouvert d’une couche épaisse. De très grands coups de vent de Nord-Ouest ont sévi également à la même date à Mai’seille et à Toulon. Une violente tempête a régné sur tout le littoral et a immobilisé au mouillage des Salins l’escadi-e qui devait effectuer dés exercièes.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- **> Photographie <«*
- Agrandisseur Guidon pour cartes postales. --
- Nous avons déjà signalé ici les agrandisseurs à bon marché construits par M. Guillon. Ce sont des cônes en carton ou en bois, munis d’objectifs ou même sans objectif quand on veut utiliser celui de l’appareil qu’on possède. Ce constructeur, pour répondre à la grande
- vogue qu’ont maintenant acquise les cartes postales, vientde combiner un nouvel appareil pour ce format; c’est celui qui pour le tirage est le plus re-cherché des amateurs qui font des petits clichés 4 1/2X6 ou 6 1/2X9, et encore ceux qui faisant du stéréoscope 6 X i3 peuvent utiliser un de leur cliché pour un agrandissement. Avec ce système d’agrandisseur, il est aussi facile d’obtenir un positif sur carte postale au bromure que d’en tirer un au châssis-presse sur papier à noircissement direct et en général le tirage sur papier au bromure est préférable pour ce genre d’épreuve ; il se rapproche beaucoup plus des cartes postales imprimées par les procédés mécaniques qu’on trouve dans le commerce. Il suffit de placer la carte sensible dans le fond du cône, ou plutôt de la pyramide, et de placer le cliché à l’autre extrémité. La porte-cliché a été particulièrement étudié pour permettre le décentrement dans tous les sens de façon à choisir la partie qu’on veut reproduire. Un autre type d’appareil du même genre permet de faire le tirage, sur carte postale, d’un cliché stéréoscopique; il n’y a pas dans ce cas à s’occuper de faire l’inversion des images; il est inutile de couper le cliché, on l’utilise tel qu’il est : les objectifs dont est muni l’appareil se chargent de faire l’inversion. — Ces cônes d’agrandissement se trouvent chez M. Guillon, 8, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris. G. M.
- *»> Industrie <«*
- . Indicateur automatique de tirage. — On sait toute l’importance que présente le tirage dans les cheminées pour la vaporisation et surtout pour l’utilisation complète et rationnelle des combustibles. On a donc besoin à chaque instant d’un appareil qui permette de se rendre compte des conditions dans lesquelles s’effectue la combustion. L’indicateur, dont nous donnons la description, fournit au chauffeur un moyen très pratique de régler le tirage de son générateur et de réaliser ainsi une économie en combustible. La ligure ci-jointe donne une vue d’ensemble de l’indicateur de tirage Hudler, La boîte cylindri-
- ,. . que est serrée aumovend’un écrou
- Indicateur de tirage. 1 . 1 , . J , ,
- 0 sur un tube à jour avec taraudage
- de 26 mm de diamètre extérieur au pas des tubes en fer, afin d’être raccordée avec un tube d’un diamètre au moins égal passant dans le canal d’air ou de fumée, suivant les cas. La boîte renferme une séparation allant au milieu et portant un double clapet qui s’applique sur des supports. Le clapet est muni d’un poids qui correspond à la plus grande dépression à mesurer, et forme ainsi une séparation mobile entre l’air atmosphérique et l’air dans le canal. Le double clapet
- est mis en rotation par la surpression atmosphérique et tourne jusqu’à ce que'le moment de la surpression soit égal au moment de la pesanteur. L’espace entre la séparation et la partie supérieure du double clapet se modifie, l’air qui s’y trouve forme tampon, et l’appareil donne à ce moment une indication tranquille ; les déplacements du double clapet sont reproduits par une aiguille sur un cadran gradué. L’indicateur doit être placé devant les yeux du chauffeur. Il convient de le régler, suivant les cas, un jour où la pression atmosphérique est normale. On évitera ainsi bien souvent des combustions incomplètes et par suite des gaspillages de combustible.
- — L’indicateur de tirage Hudler se trouve chez M. W. Klepp, 54, boulevard Richard-Lenoir, à Paris (11e arr.).
- *> 'Électricité -
- Prise de courant pour lampe à arc. — On sait que les lampes à arc placées dehors sont presque toujours mobiles. Ce dispositif a le grand inconvénient de laisser ballants les conducteurs de la lampe. On les munit de gaines isolantes souples, qui finissent par se désagréger, par suite des manoeuvres quotidiennes pour la montée et la descente de la lampe. M. Ch. Auriol fabrique une prise de courant concentrique pour suspension de lampe à arc, qui permet de supprimer les conducteurs électriques ballants des lampes mobiles. Cette prise de courant, que représente la figure ci-jointe, se compose d’une partie centrale composée elle-même, d’une part, de deux anneaux concentriques montés sur matière isolante et se reliant aux bornes de la lampe, et, d’autre part, d’anneaux mis en contact avec les précédents au moyen de balais ; au centre passe le câble de suspension. Dans la figure, on voit à la partie inférieure un amortisseur de choc, puis au-dessus la prise de courant proprement dite, montée sur ivorine. Enfin au-dessus est un disque en porcelaine qui donne un isolement satisfaisant en mettant la prise de courant à l’abri de la pluie. Sur le disque est une boîte en fonte malléable qui forme chape pour le galet de la suspension de la lampe et sert à fixer aisément l’appareil soit au plafond, soit sur une console.
- — La prise de courant concentrique pour suspension de lampe à arc se trouve chez M. Ch. Auriol, 4, avenue des Chasseurs, à Paris (XVIIe arr.).
- Objet utile
- Le dé à coudre. — On sait que le dé à coudre remonte à la plus haute antiquité. Il a été démontré que les Egyptiens et les Babyloniens étaient experts en bro-"
- Fig. 1. — Dés romains provenant de la Tamise.
- derie ; pour arrjver à de tels résultats, ils avaient dû se servir de dés. On a trouvé à Herculanum des dés, vieux de 2000 ans; ils sont de forme conique comme les dés actuels. Des dés Romains de forme conique (fig. ï) ont
- Agrandisseur Guillon.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- aussi été trouvés en Angleterre et ont sensiblement la même forme que ceux dont on se sert de nos jours. Ce n’est qu’au xx° siècle que quelques transformations ont
- été faites pour améliorer cet objet utile entre tous. La forme actuelle des dés est la plus défectueuse et la plus nuisible. Comme le montre le pointillé dans la lig. 2, le dé comprime le doigt, resserre l’ongle et appuie d’une façon inégale sur la chair ; c’est bien souvent cette compression anormale qui cause des panaris, des engelures par suite de l’entrave à la circulation du sang. Les dés actuels ne se conforment pas au doigt et sont très incommodes à porter ; la figure 3 montre la coupe du dé actuel. On vient d’imaginer un nouveau modèle de dé qui épouse exactement la forme du doigt sur lequel on le place
- Fig. 3. — Coupe du dé actuel.
- Fig. 4. — Coupe du nouveau dé. du nouveau dé.
- sans exercer aucune pression. La figure 4 en donne la coupe et la figure 5 la vue d’eusemble. C’est un objet des plus intéressants qu’il est utile de signaler à nos le cteurs. -— Le nouveau dé se trouve chez MM. Kirby, Bcard et CJo, 5, rue Auber, à Paris.
- 1Jeux <o?
- Instructeur magnétique. — L’instructeur général magnétique est un jeu fort amusant et qui ne cesse d’exciter la plus vive curiosité ; mais il est important d’en comprendre le fonctionnement avec tous les détails nécessaires. Ce jeu se compose d’une série de disques en papier présentant 24 questions réparties sur la circonférence, et, sur la surface du cercle, 24 trous avec les réponses aux 24 questions. On prend un de ces
- Instructeur général magnétique.
- disques et on l’applique sur un carton perforé fixé, de manière que les trous soient bien concentriques. On se sert à cet effet de 2 boutons de repère qui s’engagent dans 2 trous préparés dans le papier. Sous le carton perforé est disposé un disque en tôle avec un index mobile qui peut se déplacer tout autour du disque en papier et venir se placer sur les diverses questions incrites sur le pourtour. Ajoutons que les 24 trous du carton sont munis de perles en acier magnétique qui correspondent chacune à^-une question. 'On pose une question en faisant déplacer l’index mobile et en l’amenant sur un point déterminé de la circonférence. On cherche ensuite la l'éponse en présentant un
- aimant à plat par une des deux extrémités devant toutes les perles placées dans les trous du disque de papier. Une seule d’entre elles est attirée et c'est précisément celle qui donne la réponse à la question posée. Le fait qui paraît extraordinaire s’explique cependant très aisément. Le disque en tôle, placé sous le carton fixe, et que l’on fait tourner à l’aide dé l’index mobile du pourtour, porte en 4 points des petites rondelles de fer doux fixées dans la tôle. Ces rondelles de fer doux sont placées de façon qu’en déplaçant successivement l’index mobile sur chacune des 24 questions du pourtour, l’une de ces rondelles apparaisse dans un des trous du carton. 11 a été alors facile d’inscrire dans ce trou la réponsç correspondant à la question posée suivant la position de l’index mobile. Lorsqu’une bille ou perle d’acier se trouve sur le fer doux, il suffit de présenter l’aimant pour que celle-ci soit aussitôt attirée par l’aimant, le fer doux ne s’aimantant pas. Au contraire, si la perle d’acier repose sur la tôle de fer, celle-ci s’aimànte et retient la perle. Le phénomène mis en jeu est, on le voit, très simple; mais il faut avouer que le jeu est vraiment bien combiné. Sur certains disques, les questions proprement dites sont remplacées par une phrase, une expression quelconque ou par deux chiffres à multiplier. Les réponses donnent la traduction de l’expression en plusieurs langues (français, anglais, allemand, espagnol), ou le produit de la multiplication. Ce jeu a déjà figuré au Concours des jouets en i()o5; mais depuis il a été bien perfectionné. — L’instructeur général se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris (10e).
- Le train russe. — Voici un jeu qui est de nature à captiver l’attention de nos jeunes lecteurs et à exercer leur imagination. On leur offre des jouets composés de toutes les pièces ajustées nécessaires pour qu’ils puissent monter eux-mêmes l’article demandé. Dans le cas actuel, il s’agit d’un chemin de fer complet en bois. Toutes les pièces pour monter entièrement la locomotive et un wagon se trouvent dans la boîte. Cette construction est des plus simples, car elle n’exige ni colle, ni clous ; les diverses pièces qui composent le train sont toutes en bois, et
- Le train russe.
- s’emboîtent les unes dans les autres. On ne saurait imaginer une construction plus facilement montable et démontable. Pour procéder au montage d’un wagon, on dispose devant soi les différentes pièces indiquées par le modèle, on les assemble ensuite sans forcer, on met les roues en place en dernier lieu, en retournant le wagon. Le montage d’une locomotive est particulièrement intéressant. Il faut d’abord prendre un corps cylindrique qui formera le cylindre de vapeur, le monter sur une plate-forme, placer celle-ci sur des roues, munir ensuite la locomotive de sa cheminée, du dôme de vapeur, etc. Il faut ensuite mettre en place les cylindres, ajuster aux roues les têtes de bielle. Il y a, en un mot, à suivre complètement la construction d’une locomotive et d’un wagon avec des pièces en bois qu’il suffit d’enfoncer légèrement. Et quand le train aura été ainsi construit, il est assez solide pour être traîné non seulement dans l’appartement, mais encore dans le jardin. On peut alors le charger de sable, cailloux ou autres matériaux. Ce nouveau modèle de construction aura le grand avantage de fixer nettement dans l’esprit la place que doivent occuper les organes essentiels d’une locomotive ou d’un wagon. — Le train russe se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris (10e arr.).
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- AVRIL-MAI-JUIN 1906
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- N
- N
- Occultation de lt égal us le 5 avril 1906. Immersion I, à 17** 5.'ïm Emersion1 E, à 18,l 571,1.
- Apjnilse d’AJdébaran, le 26 avril 1906, à 1711 56"’, à 6',2 du bord lunaire.
- Les images ci-dessus sont renversées, telles que les montrent les lunettes astronomiques munies d’un oculaire céleste, La flèche indique la marche apparente de l’Étoile par rapport à la Lune supposée fixe.
- I. — SOLEIL
- Le Soleil, pendant ces trois mois, parcourt les constellations des Poissons, du Bélier, du Taureau et une partie des Gémeaux et atteint, le 22 juin, à 9*“, sa plus grande déclinaison boréale. Ce sera le moment du solstice d’été.
- diamètre équatorial de Jupiter sera de 34",6 le 5 avril, de 32",9 le 5 mai et de 32", 1 le 6 juin. On pourra encore suivre quelques-uns des phénomènes suivants du système si curieux des satellites.
- ITIÉNOMÈNliS DO SV ST CM K DE JUPITER
- IL — PLANÈTES
- Les deux cartes publiées au précédent Bulletin (n° 1701,,du 3o décembre 1905) permettent de suivre le déplacement des planètes sur la sphère céleste.
- Mercure, d’abord dans les Poissons et le Bélier en avril, traverse ensuite la constellation du Taureau, puis les Gémeaux, en juin. Il atteindra, le 3 mai, sa plus grande élongation du matin, à 26° 37' à l’ouest du Soleil. On pourra donc rechercher la planète cinq ou six jours de part et d’autre de cette date, de préférence avec une jumelle. Cette élongation sera une des plus grandes de l’année.
- Mercure sera en conjonction avec l’étoile p. Poissons, le 9 mai, à 3h, à 0° 1' seulement de distance.
- Vénus va devenir facilement observable. Après être passée derrière le Soleil le 14 février, elle s’est dégagée peu à peu de ses rayons et brille le soir, de mille feux, dans le crépuscule. Son éclat suffira à la faire reconnaître dans la constellation du Bélier, en avril, du Taureau, en mai, des Gémeaux et du Cancer, en juin.
- Vénus, dans son déplacement sur le ciel, passera près de Mars et de Jupiter en donnant lieu aux conjonctions suivantes : .
- Le 6 mai, à 14 heures, avec Mars. Distance : 0°5'.
- Le 12 mai, à 5 heures, avec Jupiter. Distance : 1° 11' ‘
- Le premier de ces phénomènes sera observable en plein jour. Quant au deuxième, il est réservé à ceux de nos lecteurs de l’Amérique et de l’Asie.
- Mars, presque en conjonction avec le Soleil, est inobservable.
- Jupiter, dans le Taureau, devient difficilement observable dans le crépuscule. Il sera en conjonction avec le Soleil le 10 juin. Il faudra attendre la fin de l’année pour faire des observations utiles de celte planète. Le
- 4 avril. I. Im., 20 h. 3 m.; 3, I. P. f., 19 lu 26 m.; I. 0. L, 20 h. 27 m.; 6, 111. Im., 21 h. 26 ni.; 7, H, P. c., 21 h. 19 m.; 9, II. E. L, 20 h. 4 111. té s.; 12, I. P. c., 19 h. 12 m.; 1. 0. c., 20 h. 8 m.; I. P. L, 21 h. 26 m.;
- 41* 1 1? p m k m ïo , . -t-t m a j'1 •
- Saturne, dans le Verseau, passera très près de l’étoile 1 de cette constellation dans le courant du mois d’avril. La quadrature occidentale avec le Soleil arrivera le 6 juin. L’anneau mystérieux qui entoure la planète se referme peu à peu et l’année prochaine va se présenter par la tranche. Il sera alors réduit à Une simple ligne. Diamètre équatorial de Saturne le 5 avril, r5",6; le 5 mai. 16",2 ; le 6 juin, 17",!.
- Les observations ne pourront guère être commencées avant le mois de mai, la planète se levant tard dans la nuit, à 21' 46“ le 5 mai et à oh 44” le 6 juin.
- Uranus pourra être recherché dans le Sagittaire; à l’aide d’une jumelle ou d’une petite lunette, aux positions suivantes :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- 3 avril.......... 18 h. 57 111. —23° 28'
- S mai ..... 18 h. 3s m. — 23° 29'
- 5 juin........... 18 h. 32 m. — 23° 35'
- Uranus présente un petit disque bleuâtre de de diamètre. Il sera en opposition avec le Soleil le 29 juin.
- Neptune, dans les Gémeaux, sera encore observable en avril et au début de mai aux positions suivantes :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- 3 avril......... 6 h. 55 ni. -+- 22° 19'
- 5 mai........... é h. 35 m. h- 22° 18'
- Il sera presque en conjonction avec le Soleil à la fin de juin.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- III. PHÉNOMÈNES DIVERS
- Conjonctions. — Plusieurs de ces phénomènes seront très intéressants à suivre :
- Le 21 avril, Mercure en conjonction avec la Lune, à 15 h., à 2° 35' nord.
- Le 6 mai, Vénus eu conjonction avec Mars, à 14 h., à 0° 5' sud.
- Le 9 mai, Mercure en conjonction avec [x Poissons, à 3 h., à ü°l' sud.
- Le 12 mai, Vénus en conjonction avec Jupiter, à 3 h., à 1° 11' nord.
- Le 16 mai, Saturne en conjonction avec la Lune, à 21 h., à 0° 41' nord.
- Le 18 mai, Mars en conjonction avec Jupiter, à 15 h., à 1° 6' nord.
- Le 15 juin, Saturne en conjonction avec la Lune, à 6 h., à O156' nord.
- Le 16 juin, Mercure en conjonction avec Mars, à 4 h., à 0’’ 50' nord.]
- Occultations d’étoiles par la Lune. —*Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6° grandeur.
- DATE ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT [F1N
- 4 avril. . . Tt" Cancer. 5,5 18 h. 50 in. 20 11. 4 ni.
- 5 Ri (juins. 1,5 17 h. 55 ni. 18 11. 57 m.
- 6 X Uôn. 4,8 19 h. 18 ni. 20 11. ^5 ni.
- 7 — a Lion. 4,1 4 h. 2 ni. 4 11. 55 ni.
- 10 Balance. 5,9 20 h. 1 m. 20 11. 55 m.
- 11 19 Balance 5,6 25 h. S m. 23 11. 37 111.
- 14 15 Sagittaire. 5,8 5 li. 2 m. 6 11. 15 ni.
- 17 0 Capricorne 4,1 3 h. 59 ni. 4 11. 55 ni.
- 26 Mdébnrnn . 1,0 17 h. 56 ni. Appulse i à 1 3',2
- du bord.
- DATE ÉTOll.l 5 OCCULTÉE (ÏUANDKl H COMME N CEI il EXT 1 UN
- 27 iv ml . . . 119 Taureau. 4,6 21 h. 3 ni. 22 h. 1 ni.
- 27 120 Taureau. 5,9 21 h. 41 m. 22 h 35 ni.
- 30-1* * mai. . Ç‘ Cancer. 4.8 ï3 h. 46 m. 0 h. 40 m.
- 5 V Lion. 5,7 0 fi. 12 ni. 1 h. 9 m.
- 6 T Vierge. 2,9 1 h. 50 m. 2 b. 14 m.
- 5 juin. . . 49 Balance. 5,6 20 li 8 m. 21 h. 11 ni.
- 7-8 Sagillaire. 4,1 22 h. 56 m. 0 h. 2 ni.
- 7-8 ’ 15 Sagittaire. 5,8 23 b. 58 ni. 0 h. 17 in.
- 11 • 1 Capricorne. 4,4 1 h. 54 m. 2 h. 55 ni.
- 26 Régulus. 1,5 17 h. 17 ni. Appulse a ? du bord. M
- Etoiles filantes. — Le 12 avril, 1 chutes fréquentes
- de bolides. !
- Du 19 au 3o avril : chute des Lyrides, étoiles filantes ayant pour radiant 104 Hercule.
- Le 7 juin, chutes fréquentes de bolides.
- Etoiles variables. — Minimum de l’étoile variable Algol (P Persée); avril 14 ( 1911 57“).
- Suivre attentivement, à partir de la fin de juin, l’étoile Mira Ceti (0 de la Baleine), variable de 3,3 à 8,5, dont le minimum doit avoir lieu en août prochain. Le précédent maximum s’est produit en janvier dernier.
- Eu. TOUCHE!’.
- BIBLIOGRAPHIE
- Album géographique, par Mai;cia. Dubois et Camille Guy. Paris. Armand Colin (complet en 5 vol. in-40 à i5 fr.) : Aspects généraux de la nature (487 grav.); — Régions tropicales (433 grav.);— Régions tempérées (476 grav.); —-Colonies françaises (54a grav.)';,-— La France (65o grav.).
- « La France », qui vient de paraître (1906), termine la série et, grâce aux progrès de la photographie documentaire et de l’impression eu simili-gravure, avec une perfection typographique et iconographique accomplie. Géographies physique, économique, industrielle, y sont heureusement condensées dans le choix le plus judicieux d’images pariantes. Conseillons seulement à une future édition d’adjoindre une ou deux vues de Padirac et du grand canon du Verdon. »
- Les flottes de combat en 1906, avec schémas de bâtiments, par de Bai.incourt. Paris, Berger-Levrault, 1906. 1 vol. in-12. Prix : 6 francs.
- « Cinquième édition d’un manuel précieux pour tous ceux qu’intéressent les choses de marine. Pour chaque nation les navires sont classés par type avec un schéma (plan et coupe) de chaque type différent. La documentation technique est complète. Pour la Russie et le Japon l auteur a historiquement relaté tous les changements et toutes les pertes résultant de la guerre. Une première annexe résume la force marine de tous les pays avec une liste spéciale des bâtiments sans valeur militaire. La deuxième annexe fournit 1 'état des escadres au i"r octobre igo5. Dans la troisième est établie la distance séparant (en milles) les principaux points du globe. Enfin la quatrième est le répertoire alphabétique de tous les bâtiments avec renvois aux 926 pages du volume. »
- •La législation des accidents du travail, par Louis Gril-i.et, inspecteur du travail dans l’industrie. Paris. Masson, éditeur. 1 vol. petit in-8°, de F Encyclopédie des Aide-Mémoire. Prix : broché, 2fr,5o; cartonné, 3 fr.
- « Comme résumé de cette question si importante à l’heure actuelle, l’auteur montre aux patrons quels sont leurs charges et les meilleurs moyens de s’en garantir. ]ja jurisprudence a fourni de topiques exemples choisis parmi les plus importantes décisions de juges de paix, de tribunaux de première instance, de cours d’appel et de la cour de cassation.
- J,es tremblements de terre. Géographie séismologique, par F. de Montessus de Ballore. Préface par A. de Lapparent, de l’Institut. Paris, Colin. Un vol. in-8° de
- 5oo pages, avec 89 cartes et figures dans le texte et
- 3 cartes hors texte, broché, 12 francs. ___
- « Une mention spéciale est due à ce travail de haute science et de persévérance exceptionnelles dont nous aurons l’occasion de résumer les résultats scientifiques. »
- Les objectifs d'artiste, Pratique et Théorie des Objectifs Anachromatiques, par MM. L. de Pulligny et C. Puyo. Paris. Photo-Club. 1906. 1 vol. in-18 jésus, 6 planches hors texte et 48 figures. Prix : 5 francs.
- Tableau analytique de la Flore française ou Flore de poche de la France, par IL Lé veillé. Paris. Librairie des Sciences agricoles, 11, rue de Mézières. 1906. 1 vol. in-16, cartonné toile anglaise. Prix : 5 francs.
- Les machines à écrire. Première partie : Leur évolution, par Henri Dupont, sténographe, et Georges Sénéchal, professeur à l’Association philotechnique de Paris. Limoges-Paris. 1906. L.-F. Canet, 18, rue Oberkampf (Paris). 1 vol. in-8°. Prix : 2tr,5o.
- L'Affaire Marocaine, par Victor Bérard. Armand Colin. 1906. 1 vol. in-18 jésus. Prix : 4 francs.
- « Exposé complet et impartial de la question du jour. Le Maroc — la France et le Maroc— l’Accord franco-anglais — l’Accord franco-espagnol — le Désaccord franco-allemand (le Discours de Tanger, Livre Jaune et Livre Blanc) — les Réformes : telles sont les grandes divisions du livre. »
- Les accidents du travail, par Edouard Serre, conseiller à la cour de Cassation. Commentaires des lois des 9 avril 1898, 3o juin 1899, 22 mars 1902 et 31 mars 1905, et des règlements d’administration publique, décrets et arrêtés relatifs à leur exécution, avec une étude comparative de la législation étrangère. Paris. Berger-Levrault. 1906. 3e édition. 1 vol. in-8°. Prix ; 8 francs.
- L’Empire russe et le Tsarisme, par Victor Bérard. Paris. Armand Colin. 1906. 1 vol. in-18 jésus. Prix : 4 francs.
- « Suite à La Révolte de l'Asie où l’auteur exposait les efforts de la politique russe au dehors. La politique intérieure de l'empire, ses races et religions, les traditions et les ambitions de chacune de ces nationalités, le groupement autour de l’autorité tsarienne, la « rus-
- ' silicatiou » imposée à divers peuples : telles sont quelques-unes des questions clairement élucidées par M. Bérard.
- Agenda Dimod pour 1906 ‘. Usines et Manufactures, par P. Razous. Paris. H. Dunod et. E. Pinat. 1906. i voL relié. Prix : 2fr,5o»
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches suivent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. Leroux, agent voyer, à Lisieux, nous adresse une petite note relative à la circulation routière des automobiles. L’auteur a surtout pour but d’attirer l’attention sur les qualités que doit selon lui réunir un chemin destiné à ce mode de ti'action. On a, dit-il, une tendance marquée à perdre de vue la nécessité de considérer la voie, autant que le véhicule moteur. En matière de chemins de fer, les perfectionnements de la locomotive n’auraient servi à rien si on n’avait pas en même temps amélioré la voie de fer. Or, si l’automobile est venu rapidement à un degré de perfection élevé, on n’en saurait dire autant du chemin. Depuis l’application à leur construction et à leur entretien de la méthode de Mac-Adam (emploi des petits matériaux), on n’a fait de ce côté aucun progrès. Nous avons retrouvé une étude faite par un de nos collègues en 1878, à une époque où il n’était d’ailleurs pas question d’automobiles, et qui pourrait peut-être contenir le germe d’une solution au problème posé ci-dessus. L’auteur préparait l’établissement d’une voie ferrée, composée essentiellement de deux rails à fleur de terre, de 0,20 m. de largeur, légèrement concaves, et distants de la largeur nécessaire pour que les roues ordinaires puissent circuler sur la voie, soit i,5ovm. d’axe en axe. Les voitures pourraient prendre facilement la voie et en sortir, et on ne voit pas ce qui empêcherait aux bicyclettes de l’utiliser également. Si on considère que l’effort de traction sur une voie ferrée, est environ i/io° de celui exercé sur une chaussée, à charge égale, il n’est pas nécessaire d’insister sur les avantages qu’offrirait pour la circulation un chemin aménagé de cette façon. Quant au prix de revient, l’auteur de l’élude citée plus haut l’évaluait, en 1878,4 i3 3oo francs par kilomètre. L’application du système entraînerait la suppression à peu près complète de la fourniture des cailloux d’entretien, et il existe beaucoup de chemins où la dépense de ce fait est actuellement supérieure à celle qui résulterait de la construction et de l’entretien de la voie dont il s’agit.
- Renseignements.— M. Maillard, à Paris.—-i°Vous trouverez chez tous les cordonniers d’excellentes pâtes toutes préparées servant à l’entretien des chaussures de chevreau glacé. — 20 Les pastilles que l’on emploie avec les allumeurs à gaz à fil de platine sont variées suivant l’appareil. Veuillez vous adresser directement au dépositaire de celui que vous possédez. — 3° Pour oxyder l’acier, faire chauffer l’objet et le frotter avec de la cire ordinaire que l’on laisse refroidir et que l’on enlève ensuite, puis pendant une à deux minutes tenir l’objet au-dessus d’une poignée de fils de coton imbibés de benzine et enflammés de façon à l’enduire de noir de fumée ; nettoyer ensuite avec un linge doux. Prendre les plus grandes précautions dans le maniement de la benzine.
- M. Ch. Belot, à Caen. — Il est en effet possible d’utiliser les jeunes pousses de melon que les jardiniers coupent pour ne laisser sur pied qu’un melon; vous pouvez notamment les conserver dans le vinaigre et vous en servir au lieu et place de cornichons. On les épluche et les nettoie à sec, on les brosse et on les met dégorger pendant 24 heures en les recouvrant de gros sel dans une terrine; après les avoir essuyés et rangés dans un récipient, en mettant un petit lit d’estragon entre chaque couche de melons, on verse sur le tout le vinaigre et l’on bouche comme pour un bocal de cornichons. Il suffît de 7 à 8 jours pour que les melons ainsi traités soient aromatisés et mangeables. Comme ces melons ne se conservent pas très longtemps, on ne peut guère les employer ainsi que pendant les mois d’été.
- M. F. Courtois, à Paris. — Vous pourrez aisément enlever le dépôt calcaire qui s’est formé sur les pièces de fonte en lavant avec de l’acide sulfurique étendu d’eau.
- M. Varel, à Paris. — Pour enlever une tache d’encre
- sur un livre frotter la tache avec une solution de chlorure de chaux dans de l’eau, puis mouiller avec de l’ammoniaque, laver, essuyer et sécher; ou bien employer successivement le sel d’oseille et le chlorure de chaux, laver et sécher en repassant avec un fer. (D’après le Recueil de Recettes et Procédés utiles, iro série, à la librairie Masson et Cie.)
- Mme de Tewalle, à Paris. — Il n’y a pas de remède absolu contre les moustiques. On peut essayer de s’en préserver en garnissant les fenêtres et les lits de rideaux de gaze ou de mousseline ou en portant des moustiquaires. L’odeur des branches de lavande réussit aussi quelquefois à les éloigner. On peut enfin brûler dans l’appartement des poudres insecticides dont la fumée fait fuir les moustiques ; il faut alors fermer les fenêtres dès que la fumée est dissipée.
- M. J. Olivier Dean, à Mallorca. — Le procédé de chasse que nous avons indiqué dans notre n° 1699 du 16 décembre igo5, page 39, s’applique aux lépidoptères et il ne saurait nullement être applicable aux lapins. Pour empêcher ceux-ci de faire des ravages parmi les jeunes pousses de pin, le meilleur moyen serait d’entourer l’enclos ou de protéger les pousses isolément au moyen d’un treillage en fil de fer.
- M. M. Veiga Casall, à Ceia. — x° Vous trouverez à la librairie Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, d’excellents ouvrages relatifs à l’automobile. E11 ce qui concerne le moteur et l’allumage voyez notamment : Les moteurs à essence pour automobiles, par Marchis (i6fr,5o); L'automobile théorique et pratique, par Baudry de Saunier (24 francs). — 20 Les Recettes et Procédés utiles, publiés par la librairie Masson et Cic, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, se composent de 5 volumes à 2fr,25, chacun formant une série complète.
- M. Masson, à Paris. — Nous vous remercions de votre obligeante communication. La chrysalide est en effet un produit destiné à donner des patines décoratives et permettant la transformation des moulages de plâtre, en bois, ivoire, marbre, pierre, etc. Il se trouve chez M. A. Wolf, 43, rue Saint-Augustin, Paris.
- M. II. Bollinchx, à Bruxelles. — L’autosaturateur décrit dans le n° 17x1, du 10 mars, page 237, se trouve chez M. Hennebutte, 16; rue de Chartres, à Neuilly-sur-Seine.
- M. A. Beauséjour, à Cannes. — Le merle blanc n’est pas un oiseau très rare en France. Suivant la beauté de l’individu, le prix varie de i5o à 200 francs.
- M. Sajitini, à Ravenne. — Nous avons publié quelques articles sur les théâtres d’ombres chinoises. Veuillez vous reporter aux ri0’ 777, du 21 avril 1888, p. 23i (Ombres jranç.aises de M. Caran d’Ache), et 988 du 14 mai 1892, p. 363 (Thécitres d’ombres).
- M. N. Vautrin, à Rubempré. — L’ammonite dont vous mous envoyez un croquis est évidemment un individu dis genre Ceratites caractéristique du trias. Il nous est impossible sur un document un peu trop sommaii*e de vous indiquer le nom d’espèce-
- M. L. Mauperin, à Paris. — Il nous semble très difficile de faire disparaître les taches de diamidophénol faites; sur des vêtements. S’il s’agit de vêtements de laine, vous; pourriez essayer de l’acide chlorhydrique (étendu d’eau),, quitte à traiter ensuite l’étolfe avec de l’ammoniaque sï la couleur primitive passait. Nous vous conseillons de fiaire tout d’abord quelques essais sur des échantillons sans valeur.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Stahî,. à Capdenac. Tous nos regrets, mais il nous est impossible de revenir de longtemps sur cette question, où tout est dit. — M. Dulaurier, à Moncornet. Ce sujet n’est pas de notre compétence. Veuillez vous adresser à un oculiste. — M. Carpenterie, à Mende. Veuillez consulter le recueil de Recettes et Procédés utiles, 2e et 40 séries à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paid s. — M, Z. VQligny, à Stamboul. 1° Voyez le même ouvrage, 5° série, même librairie; 20 voyez le Formulaire de Vélectricien, par M. E. Hospitalier, même libxaiiie. M. Leroux, a Lisieux, Remerciements pour votre communication. 1
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Mouveaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMETRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 mars . . . 3°,7 N. N. li. G. Couvert. L4 Nuageux; pluie de 0 h. à 4 h. ; averse de grêle et grésil à diverses reprises l’après-midi; pluie le soir.
- Mardi 20 1°,7 'N. 5. Couvert. 2,G Gelée bl. ; très nuageux; grésil à 12 h. ; pluie de 17 h. 25 à 18 h. 15.
- Mercredi 21 1",6 M. E. 5. Très nuageux. 2,1 Pluie de 0 h. à 5 h. 40; pluie à 7 h. 55, ensuite neige jusqu’à 8 li. ; très nuageux.
- Jeudi 22 - 1°,0 N. E. 4. Quelques nuages. a Gelée blanche; nuageux.
- Vendredi 25 - 2°,4 N. E. 4. Quelques nuages. 0,0 Gelée bl. ; nuageux; grains de neige de temps en temps.
- Samedi 24 - 2°,5 N. N. W. 5. Nuageux. 0,8 Gelée bl. ; liés nuageux; grains de neige à intervalles; neige de 21 h. à 24 h. ; halo à 10 h.
- Dimanche 25 0°,4 W. i\. W. 2. * Couvert. L7 Très nuageux ; neige à 1 h. ; grains à 12 h. 50, et neige de 19 h. 50 à 20 h. 10.
- MARS 1906. — SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 MARS 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à courbe épaisse, les pressions barométriques (bar boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre
- 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: romètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été froid en général dans la semaine du 19 au 25 mars. Le 19 mars, des vents forts des régions Nord soufflaient au Pas de Calais et au Cotentin. Il est tombé i3 mm d’eau à Calais, 11 mm à Dunkerque, 9 mm à Charleville, 8 mm à Paris, 4 mm à Brest, 3 mm à Clermont. A Paris le ciel s’est rapidement couvert dans la soirée du 18 mars, et une pluie est tombée dans la nuit du 18 au 19 mars. De nombreuses averses sont tombées, mêlées de grésil, de petite grêle ou de neige. La température s’est notablement abaissée; elle était de 3° au Havre, 4° à Paris, 90 à Lyon, io° à Marseille, i5° à Alger, —4° au Puy de Dôme, o° au mont Aigoual, —70 au Pic du Midi. Dans la région parisienne, où l’on avait observé des maxima.de 200 la veille, on a eu le lendemain matin des minima voisins de o°^^Le 20 mars, une zone de basses pressions s’étendait de la Méditerranée au Nord de la Russie. Les fortes pressions étaient dans le Nord-Ouest de l’Europe. Un vent du Nord soufflait avec force sur nos côtes de la Manche et de la Provence. Les pluies ont été générales ; on a recueilli 8 mm d’eau à Besançon, 6 mm au Havre, 4 mm à Dunkerque, 3 mm à Clermont, 2 mm à Lyon, 2 mm à Paris. Le thermomètre marquait le matin — i° à Belfort, i° à Toulouse, 20 à Paris, 20 à Nantes, — 4° au mont Yentoux, — i3° au mont Mounier, — 17° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 3°, 2, inférieure de 3°,3 à la normale. Il y a encore eu à Paris dans l’après-midi des averses, souvent mêlées de grésil ou de neige. Le 21 mars, le vent était encore fort des régions Nord sur les côtes de la Manche et de
- la Bretagne. On a signalé des chutes de neige dans l’Europe ; vers 3 heures une très faible chute de neige s’observait à Paris. On a recueilli 5 mm d’eau à Dunkerque, 4 n1111 à Paris, 3 mm à Belfort, 1 mm à Clermont, 1 mm à Brest. Le temps a été très froid dans le Nord et le Centre du continent. Le thermomètre marquait le malin — 4° à Besançon, o° à Toulouse, 20 à Paris, — io° au mont Aigoual, — 11° au mont Mounier,
- — 160 au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 2°,8, inférieure de 3°,7 à la normale. Le 22 mars, on observait une dépression barométrique sur la mer Méditerranée; le minimum barométrique (748 mm) se tenait au Sud de la Provence. On signalait des vents d’entre Est et Nord sur toutes les côtes. Il est tombé 5 mm d’eau à Marseille, 3 mm à Perpignan, 1 mm à Paris; il a neigé à Calais, à Cherbourg, à Rodez, à Mende et à Clermont-Ferrand. La température s’est notablement abaissée; on notait le matin —20 à Lyon,
- — i° à Paris, t° à Brest, — 6° au mont Ventoux, — io° au Puy de Dôme, — 160 au Pic du Midi. ï)ans la banlieue de Paris, à Villepreux, les minimà descendent à
- — 3°. La pression barométrique à Paris marque 762,4 mm. Le 23 mars, la pluie a été abondante à Nice (35 mm d’eau), à Livourne (14 mm). Le thermomètre marquait —3° à Clermont, —20 à Paris, —120 au Pic du Midi. Le 24 mars, on a signalé partout de fortes chutes de neige et un froid très prononcé. Le 25 mars, le temps est resté froid, et la neige est tombée en de nombreux endroits, notamment sur la région de Lyon pendant près de deux heures. A Perpignan, le thermo-mètre est descendu à—• x i°.
- PHASES DE LA LDNE : N. L. le 25 à 0 h. 1 m. du .matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Toutes qui concerne la Rédaction de et La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- j 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (YP)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1715 (7 AVRIL 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- L’Exposition de Milan. — L’Exposition internationale de Milan sera inaugurée le iB avril par le roi et la reine d’Italie. Elle ne devait occuper au début que 600000 mètres carrés; les agrandissements successifs ont amené la superficie à 980000 mètres carrés, dont 3ooooo environ sont couverts par les constructions.
- Tremblement de terre à la Martinique. — Depuis le 15 février, de fortes secousses de tremblements de terre sont ressenties tous les jours dans les Antilles, notamment à la Martinique. On les suppose en relation avec l’éruption du volcan de Saint-Vincent. Le i5 février, à xh42, une secousse, faite d’ondulations longues d’abord, de trépidations ensuite, fit osciller les immeubles, renversa des murs, arracha les toits de presque toutes les maisons de Fort-de-France. A 6 heures, à 10 heures du soir, à 3 heures du matin, le phénomène recommença. Ce mouvement sismique s’étendit à toutes les petites Antilles; les câbles français et anglais reliant les diverses îles furent interrompus. Sainte-Lucie, Saiut-Vincent, la Grenade, la Dominique, la Guadeloupe furent éprouvées par ces divers tremblements de terre. Sur le continent, dans la Colombie et dans l’Equateur, comme nous l’avons déjà dit ici, les dégâts furent considérables et les victimes nombreuses. Depuis, il y a journellement à la Martinique de fortes secousses; le 2 mars les secousses ont re-doublé de violence à Sainte-Lucie et à Fort-de-France.
- Chemins de fer électriques. — On a décidé la création de plusieurs chemins de fer électriques en Danemark, et l’un de ceux que l’on est en train d’établir doit desservir toute l’île d’Amok, dans l’est de Copenhague : on a déjà l’assurance que, sur son parcours, de nombreuses usines s’installeront , ou, du moins, que des usines fonctionnant actuellement dans des agglomérations urbaines se transporteront dans la région que desservira cette ligne ferrée.
- L’azote dans le fer et l’acier. — M. H. Braune vient de se livrer à des analyses et études sur les fers et aciers obtenus par la méthode basique, où l’on a constaté une fragilité fort dangereuse pour les emplois que l’on fait de ces métaux. Et il est arrivé à penser que cette fragilité, qui naturellement ne se présente qu’acciden-tellement, est due à ce que le métal, durant sa fabrication, fixe de F azote, qui se combine avec le fer pur.
- Hygiène des Yfftes. — En 1882, la ville de Berlin ne possédait qü’une surface de 2 5oo ooo mètres carrés de rues à nettoyer; en 1904, le chiffre correspondant était de 10 millions et demi de mètres carrés. Lé nettoyage de cesv.oies, qui ont un développement linéaire de 487 kilo-
- mètres, nécessite l’emploi de i5oo hommes et environ 5oo enfants.
- Contagion de la rage par la peau fraîchement rasée. — M. P. Remlinger a récemment établi que le virus rubique est inoculable par la peau fraîchement rasée et qu’il y a prudence à ne pas laisser lécher, par des animaux suspects, des régions saines en apparence. Cela montre en même temps la possibilité théorique de la contagion pour différents microbes par cette même voie.
- Alimentation mécanique des chaudières. — On a
- discuté cette question devant l’Institution anglaise des Me-chanical Engineers, et l’on est arrivé à cette conclusion que, jusqu’à une puissance de station génératrice correspondant à 4 générateurs de 400 chevaux chacun, on a économie à s’en tenir à l’alimentation ordinaire à la main.
- Le matériel des chemins de fer américains. — Pour compléter ce que nous avons signalé des commandes de locomotives sur l’immense réseau ferré des Etats-Unis, disons que, dans le courant d’un mois, les diverses Compagnies exploitant des lignes ferrées dans la Confédération commandent en moyenne quelques 29000 wagons à marchandises, en période d’activité normale bien entendu.
- Ventilation des théâtres. — On vient d’installer, au théâtre anglais de Drùry Lane, tout un système de ventilation des plus perfectionnés. Il comprend notamment 4 grands ventilateurs électriques qui appellent continuel-lefnent l’air à travers 3 écrans de filtrage tournant dans l’eau, et le font passer ensuite sur dès tubes chauffés par une chaudière spéciale. Un ventilateur chasse au dehors l’air usé.
- Production de l’or dans l’Inde. — La production de l’or dans l’Inde atteint un chiffre beaucoup plus élevé qu’on ne le croit d’habitude, et surtout s’est très rapidement élevée depuis quelques années : 253a kg en 1889; 5840 en 1894;- 11 896 en 1897; 13807 en 19°°; 16 85g en igo3; ce qui représente, pour 1903, 58 millions et classe l’Inde, pour le moment, un peu au-dessus du Mexique parmi les grands pays aurifères. La répartition entre les diverses mines est aujourd’hui la suivantè (en onces de 3i gr. 10) : en février 1906 : Mysore, 16477; Champion Reef, 16846; Ooregum, 552g; Nundydroog, 5543; Mysore West, and Wynaad, 900; Balaghât Mysore, 3643. Total : 48 538 onces. La Mysore a produit, en 1905, plus de 40 millions d’or, dont la moitié environ forme le bénéfice net. Les dividendes déjà distribués par cette.mine représentent 1400 pour 100 du capital nominal.
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- INFORMATIONS
- Les nouveaux cuirassés. — On doit mettre en chantier cette année six cuirassés qui seront terminés en 4 ans et qui auront les caractéristiques suivantes : Déplacement 18 ooo tonneaux, longueur 145 mètres, largeur 24,65 m, tirant d’eau maximum H,44m- La puissance des machines sera de 22 5oo chevaux correspondant à une vitesse de 19 nœuds. L’approvisionnement normal de charbon de 966 tonnes pourra être porté à 2o5o tonnes avec 1085 tonnes de charbon en sui*charge dans les soutes. Le rayon d’action sera avec l’approvisionnement normal de 4000 milles à 10 nœuds et de 925 milles à la vitesse maximum et avec la surchage il atteindra respectivement 85oo et 1900 milles. L’artillerie se composera de quatre canons de 365 millimètres, douze de 240, seize de 75 et huit de 47- L’armement comprendra en outre deux tubes lance-torpilles sous-marins, L’elFectif sera de 3i officiers et 690 hommes d’équipage.
- La turbine sur les navires de guerre. — Les nouveaux vaisseaux de guerre américains, particulièrement ceux du type Michigan, seront munis de turbines. Les ingénieurs des constructions navales qui, aux Etats-Unis, s’étaient montrés plutôt rebelles à l’adoption de la turbine sur les navires de guerre, se montrent aujourd’hui fort enthousiastes au contraire. C’est ainsi qu’un des cuirassés en construction aura la turbine Curtis — un modèle américain — et l’autre la turbine Parsons. L’ingénieur en chef de la Marine des Etats-Unis fait ressortir, dans un long rapport, les avantages que la turbine donnera aux navires de guerre, en supprimant les vibrations lors des marches à grande vitesse. Cette suppression a une importance considérable, au double point de vue du tir et de la vitesse. Le Michigan, par exemple, arrivera à faire 19 nœuds au lieu de 18, vitesse pour laquelle ce navire est construit.
- Progrès de la navigation dans nos colonies. — Le
- mouvement des ports dans nos colonies s’est élevé en 1904 à 17 266 4o4 tonnes, en augmentation de 3 770 789 tonnes sur l’année précédente. Les marchandises embarquées îœprésentent un tonnage de 2 og3 23g tonnes et une valeur de 385 millions 784054 francs. La part de la France dans le mouvement de la navigation a été de 25 106 navires, d’un tonnage de 8147400 tonnes, tandis que la part de l’étranger a été de 20 i52 navires, d’un tonnage de 9 x 19 004 tonnes. Les échanges par mer de nos colonies grandissent, on le voit, avec rapidité et notre navigation nationale y prend de plus en plus de part.
- Un nouveau dirigeable allemand. — Un officier allemand, le commandant de Parseval, du régiment n° 3 d’infanterie, vient de terminer, dans ses ateliers d’Augs-bourg, un aérostat militaire dirigeable. Ce ballon sera présenté avant peu à la direction aérostatique de Berlin, Ce nouveau dirigeable est, paraît-il, fort bien compris ; il comporte certaines innovations techniques sur lesquelles on garde le plus grand secret. Grâce à ces perfectionnements, l’inventeur espère atteindre une vitesse moyenne de 5o kilomètres à l’heure. Le moteur qui donnera cette allure, est du type Mercedès à 4 cylindres ; il peut produire 90 chevaux de puissance et pèse 400 kilogrammes. La nacelle a des dispositifs spéciaux : cage à claire-voie formée de tubes creux en acier étiré; plancher en aluminium ; réservoir à benzine d’une contenance de 400 litres ; aménagements pour trois aéronautes. et emplacement spécial réservé pour le moteur. Le propulseur est une hélice placée sur la nacelle, au centre de gravité de l’aérostat. Le gouvernail est assez semblable à celui d’un navire ; son dispositif et sa forme constituent, dit-on, des progrès très sérieux, sur lesquels on ne veut rien dire. Quant au ballon enfin, il est de forme cylindrique, allongé et pointu aux deux extrémités, où s’amarrent deux ballons compensateurs, tandis que sur les génératrices latérales sont disposés des ' aviateurs. Ce nouveau aérostat militaire ainsi établi aurait des qualités séiûeuses de stabilité et de vitesse.
- Pêche à vapeur. —- Une maison anglaise, les chantiers Mackie and Thomson, de Govau, viennent de construire (d’ailleurs pour un armateur français) un chalutier â vapeur qui n’a pas moins de 48,i5 m. de long pour une iargeur de 7,32 m., et dont la machine propulsive a une puissance de 5oo chevaux. Il peut aller pêcher très au loin et prend dans ses cales un fort approvisionnement de houille et de glace.
- Le commerce des allumettes en Italie. — Cctte-industrie remonte à i83i en Italie; la première manufacture d’allumettes fut créée à cette époque à Empoli, où elle existe encore. La fabrication des allumettes est devenue très importante dans le Piémont et la Toscane, où elle prit une sérieuse importance de 1881 à 1890. Une loi qui établit un impôt élevé sur cette industrie, em x8g5, l'arrêta un instant dans sa marche croissante. Il y avait, avec la promulgation de cette loi, 189 fabriques-d’allumetles en bois et 4» manufactures d’allumettes-bougies; aujourd’hui, en dépit des mesures restrictives, on compte encore 220 fabriques d’allumettes de tous genres. Les statistiques nous enseignent que l’Italie livre à la consommation annuellement 43178 millions d’allumettes en bois et 29 523 millions d’allumettes-bougies.
- Le cinquième cinquantenaire d’un journal hollandais. — II sera procédé, en 1906, à la célébration du 25o6 anniversaire du plus vieux des journaux néerlandais ; Oprechte Ha’arlemsche courant — tel est son nom—paraît àHaarlem,où il fut fondéen i656. C’est la plus ancienne des publications des Pays-Bas. Il y a une cinquantaine d’années, ce joui-nal était encore le plus répandu et le mieux apprécié de tout le royaume. Aujourd’hui, cette publication, qu’011 ti-ouve cependant sur tous les points du pays, a moins de lecteurs que jadis. On lui reproche sa forme un peu vieillotte; ccfr le très vieux journal s’est modernisé avec peine et n’a pas subi, en tous points, les-transformations de la presse quotidienne contemporaine. En dépit de tout ceci et quoiqu’elle s’efforce de ne subir aucune influence politique, cette ancienne publication, est fort bien renseignée sur les questions de politique extérieure. C’est une feuille académique, très goûtée dans les centres littéraires et diplomatiques, à laquelle collaborent les esprits les plus fins, les littérateurs les plus sérieux, les littérateurs les plus appréciés.
- Le commerce des confitures allemandes. — La
- fabrication des confitures est devenue, depuis quelques années, une industrie florissante à Magdebourg et aux environs. L’importance prise, dans celte région et dans le voisinage des forêts de la Thuiùnge, par la culture des prunes, a été le point de départ de cette industrie. Fruits et confitures de ces contrées sont particulièrement renommés ; mais le succès de leur commerce n’a jamais atteint les proportions actuelles. Les confitures et les fruits conservés sont devenus des produits de consommation très appréciés par les paysans de l’Allemagxxe du Sud. Us s’en servent dans leur alimentation pour remplacer certains objets, le beurre par exemple, dont les pi'ix sont devenus inaccessibles à la bourse du pauvre. De grandes quantités de confitures sont également envoyées à l’étranger. La Suisse, l’Autriche, l’Italie, et même la France sont des clients tellement sérieux, que les fabriques de confitures de Magdebourg ne peuvent arriver à satisfaire aux commandes qui leur sont faites. Mais il est curieux de noter que, — l’une étant la conséquence directe de l’autre, —l’industrie de la fabrication des pots en faïence ou en terre cuite émaillée a pris, en même temps que celle des confitures, une importance aussi grande qu’inattendue.
- Le commerce du beurre en Hollande. — Pour éviter la fraude, le gouvernement hollandais a décidé de surveiller d’une manière spéciale le commerce de la laiterie et du beurre. Ce dernier sera vendu sous le contrôle de l’Etat et revêtu d’une bande portant un cachet spécial. Ce contrôle sera exercé par huit inspecteurs généraux, qui auront sous leurs ordres toute une pléiade d’agents répartis dans les diverses fermes et laiteries du royaume.
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- Cheminées en ciment armé. — Le ciment armé offre en l'espèce' un avantage considérable de légèreté. La Revue du Génie militaire cite une cheminée de 33 mètres de haut et de 1,41 mètre de diamètre intérieur à la base, que l’on a pu élever en ciment armé sans qu’elle dépassât un poids total de i3o tonnes, et imposât au sol une pression de plus de o,5 kg par centimètre carré, alors que le poids de l’ouvrage eût été de 2i5 tonnes s’il eût été construit en briques.
- Marine de guerre japonaise. — Les Japonais viennent de lancer en grande pompe à Kure le croiseur cuirassé Tsukuha, le premier qui ait été construit entièrement au Japon sans aucune aide de l’étranger.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mesure de la marche
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- Podomètre. — Ou sait que le podomètre est un instrument qui permet de mesurer la distance parcourue par un piéton pendant un temps donné. 11 est en forme de montre et renferme un mécanisme de la plus grande simplicité : un contrepoids massif est placé à l’extrémité d’un levier qui peut osciller autour d’un axe. Un dispositif permet de limiter l’amplitude des oscillations; un petit ressort maintient d’autre part le contrepoids à la partie supérieure de sa course. Enfin le mécanisme est complété par un mouvement de compteur qui enregistre les oscillations du levier. Pendant la marche, chaque pas produit des oscillations semblables que le compteur enregistre. Le nouveau podomètre que nous signalons aujourd’hui a quatre cadrans décimaux, dont la lecture est facile, simple et précise. La grande aiguille du centre (fig. >.) compte les distances depuis des
- lfigi 1. — Agrafe de sûreté. Fig. 2. — Cadrans du podomètre.
- dizaines de mètres jusqu’à xooo mètres. Le réglage a été fait pour convertir le nombre de pas en distance en mètres parcourue. La petite aiguille de droite compte jusqu’à io km, la petite aiguille de gauche jusqu’à ioo km, et le compteur totalisateur du bas compte les centaines de kilomètres jusqu’à iooo km. La grande aiguille du centre se met au zéro en appuyant sur le bouton du pendant. Le podomètre doit être maintenu dans la position verticale pour bien fonctionner; l’agrafe de sûreté (fig. i) assure cette bonne marche. Le réglage du podomètre se< fait sur une route kilométrée., en s’assurant des indications suivant le pas du porteur. — Le podomètre se trouve* chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- Photographie
- Collage à sec des épreuves. — Le montage et le collage des épreuves est une des parties les plus délicates de la photographie d’amateur et beaucoup d’entre eux y renoncent pour confier ce travail à des professionnels. Il y aurait cependant intérêt à pouvoir présenter ses épreuves avec un montage original bien personnel. En outre les colles employées peuvent être, et sont même souvent, une cause de détérioration de l’image; enfin celle-ci est toujours déformée quand le collage doit être fait par voie humide, ce qui est le cas le plus fréquent ; il est bien connu que le papier s’allonge dans un certain sens et ne reprend pas sa dimension primitive quand il est sec. Ce sont ces diverses raisons qui ont déterminé MM. Derepas frères à imaginer une presse et un adhésif, à base de gomme laque, qui remédient à tous les inconvénients. Les premiers modèles de cette presse décrits dans ce journal enaoûti()o3 (n° 1576) sont des machines
- assez coûteuses destinées surtout aux professionnels et à ceux qui ont à monter des épreuves de grands formats. Les inventeurs viennent de créer tout récemment deux nouveaux types simplifiés mais répondant bien malgré cela à toutes les nécessités d’un bon travail; ils sont plus spécialement destinés aux amateurs et peuvent servir pour des cartons de 3i et de 21 centimètres de large, sur une longueur quelconque, puisqu’on peut donner des coups de presse, successifs sans que ceux-ci marquent sur l’image.
- Cette nouvelle presse se compose de deux plateaux, bien dressés, dont l’un P, à la partie supérieure, est mobile et peut être pressé contre celui de la partie inférieure H en abaissant un levier M muni d’une excentrique. Le plateau inférieur est chauffé par une lampe à alcool et il supporte un thermomètre qui permet de maintenir la température entre 75 et 80 degrés, point important pour obtenir un bon résultat. L’épreuve est munie d’aboi'd d’une feuille d’adhésif à laquelle on la fait adhéi'er sommairement en la touchant avec un petit fer chaud (joint à l’appareil et i*epi*ésenté avec sa lampe, sur notre gravure, en dessous de la pi’esse). L’épi’euve est ensuite calibrée, puis placée sur le papier ou le carton où 011 veut la monter et maintenue pi’ovisoirement à l’emplacement choisi en touchant deux coins de l’adhésif avec le petit fer. Le tout est alors placé entre deux feuilles de zinc, puis on recouvre le tout d’un morceau de carton épais qui fait partie du matériel, et on passe sous la presse, qui a été chauffée au degré voulu. On laisse le ievier abaissé pendant 5 à 6 secondes, puis on le l’elève et on retii’e l’épreuve qui est termiixée. Cela va beaucoup plus vite que n’importe quel genre de collage.
- MM. Derepas livrent avec la presse tout le petit matériel nécessaire de lampe, feuilles de ziixc et de carton, petit fer, etc..., ils y joignent même des cartes de cor-x’espondance et des enveloppes en bois de placage d’essences diverses d’un fort joli effet où est ménagé un emplacement à fond doré, destiné à i*ecevoir la photo-gi'aphie qui se trouvera api'ès calibi*age et collage entourée d’un filet doré. Ce petit appai’eil, à la portée de tous par son prix modique et sa facilité d’emploi, complète fort heureusement le matéi’ielde l’amateur photographe. -— L’appareil se trouve chez MM. Derepas, 99-101, rue Saint-Honoré, à Pai’is. G. M.
- Automobilisme 5
- L’auto-carte. — Cet appax*eil imaginé par M. de Berghe est destiné à mettre constamment sous les yeux du conducteur d’une voiture automobile la carte de la partie de la route où il se trouve. Le principe de l’appareil est indiqué par la gravure ci-conti'e : sur l’une des roues du véhicule on fixe une coux’onne plate R et, en l'egard, un galet G qui, par une transmission flexdble, communique le mouvement à la boîte qui est fixée pi'ès du volant de direction. Cette boîte contient eni'oulée sur une bobine une bande de toile à calquer sur laquelle 011 a fait le relevé de la route à suivi'e ; on le fait passer sur la boîte, au-dessous d’un couvercle de vei’re,où environ 20 centimètres se trouvent étalés ; puis la bande va s’enrouler sur une autre bobine. On compi'end que d’après le diamèti'e de la couronne R on peut calculer les engrenages de la boîte de façon que la vitesse de déroulement de la bande soit fonction de celle de la voiture et .que par suite on ait toujours sous les yeux la partie de la carte qui correspond exactement à la partie de la route sur laquelle on se trouve. Le réglage exact est rendu facile en donnant une assez grande largeur à la coui’onne et en permettant le déplacement du galet do
- Presse pour collage à sec
- des épreuves.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- façon qu’on puisse le fixer soit vers le bord interne, soit vers le bord externe. Les cartes, dont l’inventeur a fait un relevé pour un très grand nombre d’itinéraires, sont redressées et mises à l’échelle de 2 kilomètres par
- mètre, ce qui les rend très lisibles et permet d’indiquer de façon très apparente les virages, descentes, passages à niveau, en' somme tous les accidents de terrain ou signaux qu’il est parfois impossible de voir à temps sur la route quand on ne sait pas à l’avance où ils sont. La carte sera un peu en avance sur la route de façon qu’on sache à temps quelles sont les mesures à prendre pour éviter tout accident. Du reste dans certains pays il n’existe pas de signaux jalonnant la route et c'est alors que les plus grands services. L idée nous paraît fort ingénieuse et mérite de réussir. — L’auto-carte se trouve chez M. de Berghe, 32, rue Labouret, à Colombes (Seine). G. M.
- Hygiène
- Filtres Saillant. — Par ces temps d’eau trouble il est de circonstance d’indiquer les moyens d’obtenir des liquides purs, ou plutôt limpides, avec facilité; les filtres ne manquent pas, mais ils présentent plus ou moins de garantie. Ceux qui permettent de renouveler souvent la surface filtrante présentent une grande sécurité au point
- de vue de l’antisepsie. Le filtre Saillant est de ce nombre : il se compose d’une sorte d’entonnoir en toile métallique pliée à la façon d’un filtre en papier de manière à offrir une assez grande surface. Pour le rendre filtrant on le garnit d’une poudre à base de charbon, vendue par l’inventeur, en mélangeant celle-ci avec une petite quantité du liquide à filtrer et en versant le tout dans l’entonnoir; on recommence l’opération deux ou trois fois jusqu’à ce que toute la surface intérieure soit bien garnie de la poudre qui s’attache du reste facilement aux mailles de la toile métallique. Une fois cela fait, l’appareil est prêt à être utilisé. On l’installe comme le montre notre gravure : des crochets A et B servent de support à la bouteille contenant le liquide à filtrer, un autre supporte le filtre lui-même au-dessus de la bouteille propre qui recueillera le résultat de l’opération, et une petite capsule c qui se place dans l’entonnoir et empêche la poudre de se détacher sous le jet du liquide.
- Quand on aura filtré un certain nombre de bouteilles et qu’on constatera que le débit du filtre se ralentit on le nettoiera et on le garnira à nouveau. — Les filtres Saillant se trouvent chez M. A. Leclerc, 21, quai de La Tournelle, Paris. G. M.
- Filtre de ménage « Sanitas ». — La masse filtrante des filtres « Sanitas » s’obtient en agglomérant la poudre d’infusoires; on sait que cette matière est absolument inerte, insoluble, inattaquable par les acides, formée uniquement de silice pure, et très ténue. On fabrique des disques de toutes dimensions qui fournissent un grand débit d’eau et une stérilisation complète ; ces résultats sont dus à l’extrême finesse des pores pour la
- stérilisation, et à leur multiplicité pour le débit. La figure ci-jointe fait voir à gauche le filtre de ménage; ses dimensions restreintes permettent de le fixer, à l’aide d’un petit i'ac-cord, à tous les robinets sans les déplacer.
- L’entretien de ce filtre est très facile; l’élément filtrant est inaltérable et d’une très longue durée. L’eau est débarrassée des matières organiques et des germes nuisibles qu’elle peut renfermer. On voit dans la figure à gauche en bas le détail du raccord et de l'intérieur du filtre,. Le nettoyage de ce dernier doit se répéter à certains in- Filtres de ménage,
- tervalles ; il suffit d’ouvrir le filtre, de retirer le fond, de laver et de brosser la face supérieure. On peut aussi stériliser les éléments une fois lavés, en les plongeant dans l’eau froide afin que leurs pores se remplissent, en portant le tout à l’ébullition, et en le maintenant à cette température pendant une demi-heure. Nous mentionnerons aussi un petit filtre de table, de voyage ou de laboratoire, représenté à droite dans la figure. La partie inférieure est le filtre; au-dessus est un petit volume fermé avec un bouchon de remplissage d’un côté et de l’autre un tube pour communiquer avec une pompe à air. On introduit le liquide par le bouchon, on ferme, on actionne la pompe à air. Il se produit au-dessus de l’eau une pression qui oblige le liquide à traverser le filtre et à sortir à la partie inférieure. — Les filtres « Sanitas » se trouvent chez MM. A. Langumier et G. Buchet, ingénieurs constructeurs, 11, villa Sainte-Foy, à Neuilly-sur-Seine (Seine).
- c£§^ Divers
- Voiture d’enfant pliante. — Dans beaucoup de maisons parisiennes on a prévu des remises pour les bicyclettes, mais il y en a peu où on ait fait la même prévision pour les voitures d’enfants ; ce serait cependant au moins aussi utile. Quoi qu’il en soit il faut souvent remonter cette petite voiture dans l’appartement où on ne peut la loger qu’a grand’peine, ou bien la laisser en garde au
- Voiture d’enfant pliante.
- concierge qui s’en trouve encombré. L’idée de rendré le véhicule pliant est donc assez pratique pour que nous la signalions ici. Il reste encore bien entendu un certain volume à loger et l’inventeur n’a pas eu la prétention de permettre qu’on puisse mettre la voiture dans sa poche; mais il est certain qu’une fois aplatie la voiture peut facilement se ranger le long d’un mur où elle ne présente qu’une saillie assez faible pour ne pas être gênante. Pour le transport c’est également un notable avantage et il n’est pas douteux que ce système rendra de grands services à bien des familles parisiennes. — S’adresser à M. É. Baumann, 3, rue Rondelet, à Paris. G. M.
- L’auto-carte pour voiture automobile.
- cartes de ce genre rendront les
- Filtres Saillant à poudre de charbon.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La consommation du lait à Paris. — Paris est un grand buveur de lait; petits et grands en font une consommation de près de huit cent mille litres par jour, deux cent quatre-vingt-dix millions par an, des chiffres respectables et dignes d’un Gargantua. .Les petits le prennent comme unique nourriture ; la cuisine, les petits déjeuners prennent la part des grands, sans compter que dans les cafés, on voit, depuis quelques années, nombre de gens se faire servir, au plus grand profit de leur santé, une tasse de lait en guise d’apéritif.
- C’est en 1833 que se créa à Paris la première laiterie en grand, recueillant le lait dans divers points de la banlieue et centralisant les apports des vacheries. Jusque-là chaque producteur apportait tous les matins le produit de sa ferme, et le total de la consommation, en y comprenant le lait fourni par les vacheries de Paris, ne dépassait guère i5oooo à 160000 litres par jour. L’installation de ces sortes d’usines centrales eut une influence considérable sur l’augmentation de l’approvisionnement, mais c’est surtout la création des chemins de fer qui donna le plein essor à la fourniture du lait par l’extérieur. Déjà en 1858 on estimait à 25oooo litres la quantité venue d’un rayon de 14 à i5o kilomètres; Beau-gency était alors le point extrême d’où provenait le lait. En 1896 les divers réseaux servent à la consommation un chiffre de 370000 litres de lait par jour; en 1903, le chiffre monte à 600000 et actuellement il atteint près de 700000 litres. Sur ce total la Compagnie de l’Ouest est le plus gros approvisionneur, 225 000 litres par jour; puis viennent les Compagnies du Paris-Lyon, 110 000; de l’Est, g3 000; du Nord, 85 000; de l’Orléans, 65 000; l’Etat ne figure dans ce relevé que pour 10000. Le périmètre de drainage s’est considérablement élargi ; les gares les plus éloignées où l’on expédie quotidiennement du lait sur Paris se trouvent à i3o, i5o kilomètres de la capitale; sur le réseau de l’Ouest, un fournisseur est à 4o5 kilomètres de la capitale ; c’est une exception.
- A mesure que s’accroissait l’approvisionnement par l’extérieur, on voyait diminuer le nombre des vacheries dans Paris. Il est encore respectable, et je recueille dans un rapport très intéressant de M. Martel, chef du service vétérinaire sanitaire de la Seine, des documents très probants à cet égard. Le nombre des vacheries monte de 3o5 en 1879 à 476 en 1887; mais, à partir de celte époque, il descend graduellement à 278 en 1905. Ce n’est pas à dire que la quantité de lait fournie par ces vacheries installées dans Paris soit insignifiante ; ces 278 étables représentaient plus de 4000 têtes de bétail, bonnes vaches laitières fournissant un appoint respectable de 5oooo litres de lait par jour. Comme ces animaux sont soumis à une inspection régulière, que ce sont tous des animaux de choix et qui ne sont exploités que pendant une durée de 9 à 12 mois, que la tuberculinisation a permis d’éliminer tous les produits suspects, ce serait presque le lait le plus sain à prendre. Je dis presque, car comme le fait remarquer M. Martel, il faudrait que le régime alimentaire des animaux fût l’objet d’une réglementation très stricte, pour le rendre à la fois hygiénique et rationnel ; les nourrisseurs y trouveraient leur compte par une augmentation de clientèle, une vente à un prix un peu plus élevé et les consommateurs seraient sûrs d’avoir un produit aussi pur que possible. Dr A. C.
- Le baume Duret. — Les électuaires et les baumes du vieux temps comprenaient un nombre prodigieux de substances dans leur composition ; il semble que plus la préparation était compliquée, plus elle devait avoir de vertus. La thériaque, de célèbre mémoire, comptait je ne sais combien d’extraits de plantes, de sucs, de semences, de résines ; la formule, modifiée au goût du jour et donnée dans les pharmacopées modernes, comprend encore soixante matières diverses.
- Le baume Duret semble un peu tenir de cette pratique de la pharmacie ancienne, car il est assez complexe ; mais cet assemblage, en apparence un peu disparate, constitue ses mérites et son efficacité. La meilleure preuve c’est que cette préparation est employée d’une façon jour-
- nalière, depuis un certain temps, dans tous les services dermatologiques de l’hôpital Saint-Louis. Elle réussit à merveille, grâce à ses trois éléments principaux, le soufre, le camphre et le goudron contre les séborréides, les eczémas chroniques, alors que les pommades au soufre seulement, au goudron sont souvent beaucoup plus irritantes.
- Cette action modificatrice, dépourvue de tout effet caustique, tient à son mode de préparation et à certains ingrédients qui entrent dans sa composition. L’inventeur de ce baume, M. Duret, interne en pharmacie, insiste beaucoup sur le mode de préparation qni est assez simple pour être à la portée de tous, mais qui demande un tour de main un peu délicat. Suivant son mode d’exécution, le baume est bon ou mauvais ; de sa bonne préparation dépendent en quelque sorte ses propriétés si remarquables :
- En voici la formule :
- Goudron ‘ . . . 18 grammes
- Huile de cade .... . . . îS
- Résorciire
- Menthol . . . 5
- Gaïacol . . . 5
- Camphre . . . 40 —
- Soufre dissous . . . . . . ï 5 —
- Borax . . . 56 —
- Glycérine . . . 5i
- Acétone . . . 80
- Huile de ricin. . . . . . . 40 —
- Lanoline . . xoo
- Il ne s’agit pas là d’un simple mélange ; il faut plusieurs temps pour la préparation, car il y a entre les diverses substances qui entrent dans la composition une véritable combinaison. C’est ainsi que le camphre et le gaïacol forment une véritable combinaison moléculaire douée d’un pouvoir analgésique marqué, le gaïacoloïd. De même pour le soufre, il n’est pas là en suspension, il est dissous au préalable en chauffant jusqu’à i3o° avec le mélange de goudron, d’huile de cade, d’huile de ricin et de lanoline. L’acétone, qui sert de véhicule, a été choisi à dessein parce qu’il se mélange aussi bien dans l’eau que dans les huiles.
- Le baume Duret présente donc réunies dans un seul médicament les propriétés spéciales du goudron, de l’huile de cade et du soufre. On s’en sert en l’étendant sur les parties malades avec la main ou mieux un tampon d’ouate, et dans aucun des nombreux cas où il a été employé, on n’a observé d’irritation consécutive.
- L’eau iodée comme antiseptique. — L’iode est un des meilleurs agents antiseptiques, et depuis presque le jour de sa découverte, il est employé en chirurgie. Mais en solution alcoolique, sous forme de teinture d’iode, son application est fort douloureuse, très irritante et on ne peut l’employer ainsi, contre une plaie, que dans des circonstances bien déterminées.
- Pour atténuer les effets irritants produits par l’alcool et par l’iode en dissolution dans ce liquide, on emploie l’iode en solution dans l’eau additionnée d’iodure de potassium. Sous cette forme, la solution peut s’employer sans déterminer de douleur et c’est ainsi qu’on formule les badigeonnages pour la gorge.
- Un chirurgien italien préconise l’eau iodée comme antiseptique en chirurgie, même pour les plaies récentes, ou au cours d’une opération. Mais il ne se sert que d’eau iodée pure sans aucune addition et il recommande de ne se servir que d’une solution préparée au moment même où l’on va s’en servir. En la portant à une température de 55 à 6o° l’eau iodée constitue un des meilleurs désinfectants connus et M. Sgambati le regarde comme bien supérieur à toute autre solution antiseptique.
- A cette température de 55° l’eau dissout environ 1/2 pour 100 (o,65) d’iode, proportion suffisante pour détruii’e tous les germes morbides et n’a pas, même sur les plaies fraîches, d’action trop irritante. Mais, je le répète, la solution doit être préparée à chaque pansement. Dr A. C.
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- APPLICATIONS DE LA GALVANOPLASTIE
- Papier doré. — Les papiers métallisés, et en particulier le papier doré, se préparent ordinairement en enduisant le papier d’une colle très adhésive sur laquelle le métal est disposé à l’état de poudre très line. Avant que la colle ne soit tout à fait sèche on passe la feuille plusieurs fois à la calandre, de façon que le laminage sous pression augmente le brillant de la couche métallique. Malgré ces nombreux calandrages la couche est peu adhérente et peu brillante.
- Depuis quelque temps, on emploie un procédé tout autre qui donne de bien meilleurs résultats. On opère par galvanoplastie. Le métal à appliquer sur le papier, î’orpar exemple, est déposé sur une cathode polie, faite d’un autre métal, et en employant une anode soluble en or. On obtient ainsi une couche d’or aussi mince et aussi upiforme qu’on le désire et à laquelle on peut donner un très beau poli sans la séparer de son support. On applique ensuite la feuille de papier à dorer sur l’or après l’avoir enduite d’une colle très adhésive, et on passe le tout à la calandre.
- Par la dessiccation, la mince pellicule d’or reste adhérente au papier et se sépare très facilement du support métallique qui avait servi de cathode et qui peut être employé à nouveau. Dans certains cas, quand cette séparation se fait mal, on emploie comme cathode un métal qui puisse se dissoudre facilement dans les acides •étendus qui, comme on le sait, sont sans action sur l’or et les métaux employés pour métalliser les papiers. On l’enlève alors en frottant avec un tampon imbibé d’acide. Dans ce cas, bien entendu, la cathode est elle-même une feuille très mince.
- Pour le papier doré, on emploie comme liquide électrolytique une solution composée de : 4 gr- de cyanure double d’or et de potassium, 9 gr. de cyanure de potassium et 900 gr. d’eau. Pour le papier argenté la solution contient 20 gr. de cyanure double d’argent et de potassium, i3 gr. de cyanure de potassium et 980 gr. d’eau; pour le papier cuivré elle est de 187 gr. de sulfate de cuivre anhydre, 6 gr. d’acide sulfurique à 66° Baumé pour 400 grammes d’eau.
- Ces papiers ainsi métallisés ont trouvé une application industrielle immédiate et importante : la fabrication des balais pour la prise de courant sur les machines dynamoélectriques. À cet effet, on emploie un papier fait avec de bonne pâte de bois, c’est-à-dire de la cellulose
- presque pure; on superpose plusieurs épaisseurs de papier métallisé, on presse le tout, on sèche et on calcine : le papier laisse alors, entre les pellicules métalliques, un résidu de charbon en couche très mince, de sorte que l’ensemble constitue une matière très résistante au frottement et très bonne conductrice de l’électricité.
- Galvanisation du fer au cadmium. — Le cadmium est un métal assez peu répandu; il n’est pas très rare cependant, car il accompagne souvent le zinc dans ses minerais. Quand on prépare le zinc, il distille avant lui à cause de sa plus grande volatilité (son point d’ébullition est 7700, celui du zinc gào0) ; aussi le retrouve-t-on en presque totalité dans le gris de zinc ou poudre de zinc qui se condense tout d’abord au commencement de la distillation. Jusqu’ici les applications de ce métal étaient assez limitées : on ne l’employait guère qu’à la fabrication du jaune de cadmium ou jaune brillant (sulfure de cadmium), utilisé par les peintres sous le nom de cadmium, et à la préparation d'un amalgame employé pour l’obturation des dents à cause de la rapidité de sa solidification et de sa grande dureté qu’il acquiert avec le temps. Des expériences récentes ont prouvé que le cadmium peut donner pour le fer des enduits protecteurs bien supérieurs à ceux que donne le zinc; jusqu’ici ce métal était considéré cependant comme donnant les meilleurs résultats. On opère par galvanoplastie et non par trempage dans le métal fondu comme on le fait encore le plus souvent pour le zinc. De cette façon on obtient d’ailleurs un enduit plus adhérent que par trempage, d’épaisseur uniforme et réduite, et par conséquent plus économique.
- On prépare l’électrolyte de la façon suivante : 32 gr. de chlorure de cadmium sont dissous dans 5oo gr. d’eau et précipités à l’état de carbonate de cadmium par une' solution de carbonate de soude. Le précipité est séparé, lavé et dissous dans l’eau à chaud avec 5o gr. de cyanure de potassium de façon à faire un litre. C’est cette liqueur qui est employée comme bain galvanoplastique. On emploie une anode soluble de cadmium et on chauffe le bain à 400 ; la chute de potentiel entre les électrodes doit être de 4 à 5 volts.
- L’enduit a le même aspect que celui du zinc, mais il est beaucoup plus adhérent et plus dur, comme lui il se ternit aussi à la longue, mais moins rapidement ; il résiste mieux aussi aux vapeurs acides. A. Gilchrist.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Coloration du fer en couleur argent. — C’est le Dr Langbein qui donne la recette dans son livre Iland-buch der Galv. Metallniederschlage. On dégraisse soigneusement la surface du fer, puis on la traite avec la solution suivante : 4° grammes de chlorure d’antimoine, 10 grammes d’acide arsénieux en poudre, et un peu moins de 6 grammes de fer hématite broyé finement, le tout dans un litre d’alcool à 900 ; pour préparer la solution, il a fallu chauffer doucement au bain-marie durant une demi-heure. On trempe un tampon de coton dans le liquide, et on applique doucement sur la surface du fer; il se précipite une mince pellicule d’arsenic et d’antimoine, si l’opération est faite sur une surface bien polie.
- Un anti-rouille. — On sait combien on a essayé jusqu’ici de substances pour préserver les métaux de la rouille. Nous avons eu dernièrement l’occasion d’expérimenter un liquide qui nous a donné de très bons résultats. lia pour nom anti-rouille, et a été obtenu en traitant le tanin d’abord par l’alcool camphré et ensuite par le térébène. Après distillation, on a un produit clair qui sèche rapidement et conserve le brillant des pièces polies sur lesquelles on le met. Il en faut une faible
- quantité pour une grande surface, et l’on peut peindre dessus. Le prix est de 1 franc le flacon, soit environ 3 francs le litre. Il est un liquide spécial plus concentré pour les charpentes en fer. — On trouve ces différents liquides chez M. Marcel Bourdais, 4u rue de Bretagne, à Paris.
- Dressage des meules d’émeri. —- On se sert beaucoup, et avec profit, en Angleterre, de roues en carbo-rundum pour dresser les meules d’émeri ordinaires.
- Alliage résistant à l’eau de mer. — C’est ce qu’on nomme ordinairement métal d'Aich ; il a une belle couleur jaune d’or et ne craint nullement l’exposition à l’eau de mer; il est dur et présente une grande ténacité. Sa composition comprend de 58 à 60 pour 100 de cuivre, 36 à 40 pour xoo de zinc, 0,75 à 1,75 de fer et parfois 1 d’étain.
- Alliage alfénide. — Tout le monde connaît les couverts qui portent ce nom, et qui conservent bien leur couleur argentine. Le métal dont on les fabrique est composé de 60 parties de cuivre, de 3o de zinc, de 10 de nickel; on y trouve aussi des traces de fer qui n’y sont pas sans doute apportées intentionnellement.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les II faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —" Le
- monte-charge à déchargement automatique est construit par MM. J.-S. Hall and Co, Limited, à Newark on Trent (Grande-Bretagne).
- Communication. — M. Jules César Buzzati, professeur de droit international à la faculté de Pavie, nous envoie une petite brochure contenant l’exposé du programme du /F° Congrès international d’assistance publique et privée qui doit avoir lieu à Milan du 23 au 27 mai 1906 après l’ouverture de l’Exposition internationale du Simplon et qui sera suivi par des visites aux principales œuvres d’assistance des villes italiennes. A l’ordre du jour figurent notamment.: Nécessité d’une entente internationale pour l’assistance aux étrangers ; Education professionnelle des auxiliaires bénévoles de l’assistance publique ; Protection et assistance des jeunes filles et des.femmes isolées; Mortalité infantile; Le rôle de l’assurance et de la prévoyance privées parallèlement à l’assistance publique.
- Renseignements. — M. Paroles, à Neuilly-sur-Marne. — Ignifuge pour bois : chlorhydrate d’ammoniaque, i5 kg; acide borique, 5 kg ; colle de peau, 5o kg; géla- | fine, i,5oo kg; eau, 100 litres, et craie pour arriver à une consistance suffisante. Chauffer à 5o-6o°et appliquer au pinceau une ou deux couches. Le kilogramme revient à 21 centimes et couvre 5 mètres carrés. Vous trouverez d'autres procédés très détaillés dans le recueil de Recettes et Procédés utiles, 4° série, librairie Masson et Ci0, 120 boulevard Saint-Germain, à Pa”is.
- M. Cartier-Bressonfk Celles-sur-Plaine. — Nous avons répondu à votre demande par la boîte aux lettres du n° 1709, du 24 février 1906, en vous conseillant de vous adresser directement au directeur de l’usine hydraulique de Chèvres, près Genève.
- M. JE. W-aulff, à Limferdpol. — Il suffirait probablement d’écrire directement au musée Lloyd, à Cincinnati. Nous ne possédons pas d’autre adresse. Nous ne saurions vous donner aucun renseignement au sujet d’un échange possible de la publication du musée contre des champignons. La direction du musée peut seule vous renseigner à cet égard.
- M. L. D., à Bruxelles. — Nous avons en effet parlé à plusieurs reprises du rôle de l’électricité dans la culture et dans la germination ; voyez notamment : R électricité végétale, par Coupin (n° 1420, 11 août 1900, p. 170). Vélectroculture, par Guarini (• 1556, 21 mars 1903, p. 245) et diverses petites notes dans les nos 1243, 27 mars 1897, p. 270; 1408, 19 mai 1900, p. 4°; io32, 11 mars i8g3, p. 238; 1253, 5 juin 1897, P- *4; i63o, 20 août 1904, p. 190.
- M. R. G., n° 754- — Pour le travail du verre au chalumeau, veuillez consulter l’ouvrage de J.-F. Bois, Expériences et manipulations, tome I (Chimie, Physique, Mécanique), librairie. Larousse, 17, rue du Montparnasse, Paris.
- M. Et. Lamy, à Fréjus. — i° Il existe, en effet, un ouvrage relatif à la transmission des tares héréditaires aux membres successifs d’une même lignée royale. C’est le livre du Dr Galippe Hérédité des stigmates de dégénérescence, publié par la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, et dont nous avons ici même résumé les principales conclusions (n° i6g3, du 4 novembre igoS, page 355). — 2° Sur les phénomènes de gigantisme, notamment en ce qui concerne leur signification pathologique ou héréditaire, consultez l’ouvrage de MM. Launois et Roy, La Biologie des géants (Masson et Cie), qui constitue actuellement le meilleur résumé.de la question et voyez aussi divers articles disséminés dans le recueil Nouvelle iconographie de la Salpêtrière,
- où vous trouverez de nombreux documents phototypiques, même librairie. — 3° Le mysticisme et la dégénérescence mystique ont fait en effet l’objet de diverses études. La malade dont vous parle'z a été décrite par M. G. Dumas sous le nom d’Alphonsine dans son cours à la Sorbonne de cette année, et vous pourriez consulter les ouvrages de cet auteur publiés, à la librairie Alcan, 108, boulevard Saint-Germain, ainsi que des articles dans la Revue de psychologie.
- M. A. Z., à N. — i° Colle pour épreuves photographiques : prenez 4 parties en poids de gélatine et faites dissoudre à chaud dans 16 p. d’eau, puis ajoutez x p. de glycérine et 5 d’alcool. — 20 Vernis à la gomme laque : mettre 5oo grammes de gomme laque blanche en feuille dans une bouteille de 2 ou 3 litres de capacité. Verser ensuite 1 litre d’alcool à 4o°B. Agiter fortement chaque jour deux ou trois fois en exposant la bouteille à une douce température, Après quinze jours, filtrer sur du coton et décanter. Voyez également à ce sujet le recueil de Recettes et Procédés utiles, iro série, librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Mm& Ch. Sisley, à Vosves. — On a déjà signalé depuis quelques années la propriété que l’aluminium possède d’effiler à merveille les instruments tranchants. C’est, croyons-nous, M. Bernhard Lilbech de Hambourg qui a montré le premier que ce métal possède ainsi toutes les propriétés de la pieri’e à aiguiser dont il a d’ailleurs la structure ; si l’on frotte une lame d’acier sur de l’aluminium, ce dernier donne en quelque sorte une masse onctueuse et à grain très fin qui adhère très fortement à l’acier. Le fil qu’on obtient par l’emploi de l’aluminium est absolument uni et sans aspérités, au lieu que les couteaux soigneusement repassés à la meilleure pierre à rasoirs présentent des inégalités très visibles avec un microscope grossissant mille fois.
- M. Ricardo Florès, à Terragone. — Nous ne connaissons pas l’appareil que vous nous décrivez ; vous pourriez peut-être obtenir des renseignements en vous adressant à VOffice de renseignements techniques, rue Saint-Lazare, Paris.
- L'Abonné 778-7661, à Lille. -— i° Purgeur automatique : MM. Grouvelle et Arquembourg, 71, rue du Moulin-Vert, à Paris; MM. Weyher et Richemond, 5o, route d’Aubervilliers, à Pantin (Seine). — 2° Adressez-vous à la Compagnie pour la fabrication des compteurs, 16 et 18, boulevard de Vaugirard, à Paris.
- M. Jacquet, à Etreaupont. — Pour les nouveaux fiacres automobiles, veuillez vous adresser à MM. Renault frères, i3i, rue du Point-du-Jour, à Billancourt (Seine), et à la Société des fiacres automobiles, place Collonges, Leval-lois-Peri'et. Cette adresse a été donnée en tête de la boîte aux lettres du n° 1711 du 10 mars 1906.
- M. Mmgnan, à Cadix. — Pour obtenir des dépôts de fer par électrolyse, on fait dissoudre 600 grammes de sulfate ferreux dans 5 litres d’eau, on ajoute 2 kg 400 de carbonate de soude dissous également dans 5 litres d’eau ; on laisse reposer, on décante et on dissout le précipité de carbonate de fer dans une quantité d’acide sulfurique juste suffisante pour dissoudre à nouveau lo précipité ; on étend ensuite à 20 litres avec de Peau distillée. La dissolution doit être très légèrement acide ; if faut employer une anode en fer pur.
- Accusés de réception. — Avis divers. —"M. Laurent, h Colombes. L’indication donnée est insuffisante ; il faudrait connaître le titre exact de l’alliage qui vous occupe. — M. Ch. Weiss, à Brest. Cette question ne peut être élucidée que par l’examen d’un architecte expert; nous 11e saurions vous donner aucun renseignement précis à ce sujet. —M. L. Mauclair, à Paris. Voyez ces recettes dans le recueil Recettes et Procédés utiles, 2°, 3° et 4e séries, librairie Masson et Cic, 120, boulevard Saint-Germain, à. Paris. —M. Ch. Mauduit,k Lille. Ces chiffres sont donnés dans Y Annuaire du bureau des Longitudes, libi’airie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-îAugustins, à Paris. Veuillez vous y reporter.—-M. J.-C. Buzzati, à Paris. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMETRES — ». OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 mars . . . — 0°,8 N. N. E. 2. Couvert. -> Couv. le matin ; nuag. le soir; petit lirouill. à 6 11. ; halo.
- Mardi 27 . 0\7 N. E 4, Couvert. » Gelée bl. ; nuageux le matin ; beau le soir.
- Mercredi 28 — 0\1 N. E 4. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Jeudi 29 . . . .... tM N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Gelée bl. ; un peu de neige à 7 b. 05 et à 9 b. ; couvert.
- Vendredi 30 1°,5 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Gelée bl. ; gouttes à 10 b. 50; grésil à 13 b. ; très nuag.
- Samedi 31 5°, 1 N. N. W. 0. Couvert. » Rosée; couvert.
- Dimanche 1" avril. . 3°,1 N. N. E. 2. Couvert. » Gelée bl, ; couv. jusqu’à 17 h. ; puis nuageux-; beau après 201). '
- MARS-AVRIL 1906. — SEMAINE DU LUNDI 26 MARS AU DIMANCHE 1" AVRIL 1906.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été très variable dans la semaine du 26 mars au ior avril. Le 26 mars, le baromètre marquait le matin mm à loulouse et à Alger, la pression, au contraire, était élevée sur la Scandinavie et les Iles Britanniques. Des pluies et des neiges sont tombées en Europe. On a recueilli 22 mm d’eau à Perpignan, 6 mm à Cherbourg, 6 mm à Boulogne, 2 mm à Paris. La température était le matin —4° à Clermont,
- __40 à Lyon, —i° à Paris, 4° à Toulouse, 180 à Alger,
- __uo au pic du Midi, —i5° au mont Mounier. Le
- 27 mars, la situation atmosphérique était la même que la veille ; à Paris, la pression barométrique était de 754,9 mm- Les venls tr®s f°rts d’entre Nord et Est ont souillé sur toutes nos côtes. Il est tombé 5o mm d’eau au Puy de Dôme, i3 mm à Clermont, 8 mm à Nice, 7 mm à Lyon, 4 mm à Biarritz, 1 mm à Brest, 1 mm à Cherbourg. Le thermomètre marquait — x° à Belfort,
- __iO à Clermont, i° à Paris, 6° à Toulouse, x4° à Alger.
- La température maxima observée à Paris a été 9°,5 et la température minima — i°,2. Dans la région parisienne ont souillé des vents de Nord à Nord-Est près du sol, et de l’Est à des altitudes élevées. Le 28 mars, la pression barométrique était basse sur la' Méditerranée et dans le Nord du continent où elle était de 787 mm. Des neiges et des pluies sont tombées en abondance : au mont Aigoual (6ô mm), à Toulouse (17 mm), à Biarritz (12 mm), à Perpignan (9 mm), à Marseille (5 mm). La température a été peu élevée sur nos régions ; on a noté
- __xo à Nancy, o° à Paris, 6° à Toulouse, 120 à Alger,
- — 20 au Puy de Dôme, — 70 au mont Mounier, — i3° au
- Pic du Midi. Le 29 mars, la pression était au minimum de 741 mm dans l’Est et le Sud du continent; elle était de 765 mm en Bretagne. Dès vents assez forts d’entre Est et Nord ont souillé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. Des neiges et des pluies sont encore tombées dans le Nord et le Sud de l’Europe. En France, il a plu à Cette (x5 mm), à Nice (ix mm), à Biarritz (6 mm), à Dunkerque (1 mm)'. La température était de —20 à Belfort, i° à Pains, 3° à Toulouse, 8° à Alger, — ii° au mont Mounier. Le 3o mars, la pression barométrique est de 768,5 mm à Pains ; les fortes pressions descendent sur la France, mais le maximum persiste en Irlande (771 mm). Il est tombé 24 mm d’eau à Cette, 10 mm à Cherbourg, 1 mm à Dunkerque. Le thermomètre marquait le matin —20 à Belfort, 20 à Pains, 20 à Toulouse'. i3° à Alger, —90 au Puy de Dôme, —90 au mont Aigoual, — i3° au Pic du Midi.
- Le 3i mars, on note le matin des pressions de 770 mm à Brest, et à midi de 769,9 mm à Paris. Lè vent était faible du Nord sur la Manche, et d’entre Nord et Est sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée. Le ciel était couvert ; on n’a signalé que quelques ondées dans l’Est de la France. Le thermomètre marquait le matin — 2° à'Belfort, —i° à Nantes, o° à Toulouse, 3° à Paris, ii° à. Alger, —8° au mont Yentoux, — n° au Pic du Midi. Le i°r avril, le maximum des pressions qui s’étendent sur l’Europe est de 773 min à Dunkerque; à Paris elle est de 772,5 mm. La température s’est élevée sur nos régions; on observait r° à Belfort, 3° à Paris, 3° à Limoges, —4° au mont Yentoux, -—90 au Pic du Midi. En France, le temps a été généralement beau.
- PHASES DE LA LUNE : Néan'.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « L,a Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris ("VP)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cla, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1716 (14 AVRIL 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
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- Nouveau gisement de mercure en Autriche. — Ou
- annonce la découverte d’un nouveau gisement de mercure à Wiederschwing en Carinthie, c’est-à-dire un peu au Nord de cette région de la Carniole où les gisements mercuriels connus sont déjà nombreux, depuis Idria jusqu’à Neumarkt. Le nouveau gisement est signalé comme important.
- Longueur du réseau ferré des Etats-Unis. — A
- la lin de 1904 le réseau atteignait une longueur de 34i 669 kilomètres. Le matériel roulant comprend 48 658 locomotives, 3 x o34 wagons de voyageurs, 1 o 947 wagons de bagages et 1728903 wagons de marchandises. (Bull. Sté Géog., n° x, 15 janvier 1906, p. 56.)
- Lexiques techniques. — La Société allemande des Ingénieurs s’est mise à la tête de la rédaction d’un lexique technique international, avec la collaboration des diverses sociétés étrangères et aussi des individus qui veulent bien lui apporter leur concours. Dès maintenant, elle a réuni plus de 2 700 000 mots ; et comme elle compte en recueillir encore plusieurs centaines de mille, on voit l’énormité de la tâche à laquelle elle s’est attaquée, et qui est susceptible de rendre les plus grands services.
- Ferry-BoatS. — On a mis en service entre Détroit (État de Michigan) et Windsor (Ontai'io), un ferry-boat qui mérite d’être cité pour sa puissance de transport. Le Détroit, ainsi qu’il se nomme, a bien près de 94 mètres de long et peut prendre à bord 12 des immenses wagons Pullman pour voyageurs, ou 24 grands wagons à marchandises ; et comme il est propulsé par quatre hélices, il fraye sans peine son chemin dans la glace. >
- La vitesse sur les chemins de fer américains. —
- Cette question fait couler constamment beaucoup d’encre, les diverses Compagnies étrangères voulant toujours enlever à nos Compagnies françaises les lauriers qu’elles "possèdent indiscutablement. La Compagnie Pennsylvania et la Compagnie New York Central and Hudson River ont tout récemment réduit à dix-huit heures le temps du parcours de New-York à Chicago. Par la route de la première Compagnie la distance est seulement de i44^ kilomètres, tandis quelle est de 1529 pour l’autre.
- La richesse des mortiers. — Un ingénieur belge, M. Camerman, a récemment étudié dans les Annales des travaux publics de Belgique, la composition des mortiers, notamment à base de trass, tels qu’on les emploie couramment dans ce pays ; et il insiste sur la nécessité de 'l’ecourir à des mortiers excellents et très bien travaillés pour toutes ies constructions. Il n’y aurait, suivant lui, jamais de mortiers trop riches et trop solides; c’est
- grâce au mortier, comme il le dit, que les édifices ro-mains ont bravé les siècles.
- Projecteurs électriques. — Notre confrère Work annonce que le Gouvernement russe s’est fait construire, par une maison de Berlin, un projecteur extraordinaii’e-ment puissant, dont l’éclairement serait de 315 millions de bougies décimales.
- Circulations des trains en courbe.—Il s’agit du passage des trains dans les courbes raides. Depuis l’accident survenu sur le chemin de fer Elevated de Manhattan, et à l’entrée d’une courbe, on a décidé que les trains devraient marquer l’arrêt effectif et complet avant de s’y engager. Des dispositions analogues, et aussi catégo-îûques, sont prises sur plusieurs lignes anglaises, parce qu’on est convaincu qu’autrement les mécaniciens arri-vent aisément à ne plus ralentir suffisamment.
- Conduites d’eau en bois. — Les Américains ont acquis une véritable maëstria dans ce genre de construction, qui rend de très grands services, en particulier du fait de son bon marché. On a eu recours à cette méthode pour la conduite de dérivation d’une usine électrique et hydraulique destinée à alimenter la ville dé Brigham City, dans l’Utah ; et du reste le barrage et la prise d’eau sont établis dans les mêmes conditions. Cette conduite a 0,76 m. de diamètre, et, sur certains points, elle supporte une pression d’eau de 3o m. ; elle est cerclée solidement de bandes de fer.
- Artillerie hollandaise. — Le nouvel armement de l’artillerie de campagne des Pays-Bas est constitué de canons Krupp avec frein hydraulique, récupérateur à ressort et boucliers ; la pièce est assez semblable à celle du Gouvernement suisse, mais avec une vitesse initiale un peu supérieure, pour un projectile un peu moins lourd, il est vrai.
- Cintrage des pièces métalliques. — Les chantiers Beardmore de Glasgow emploient actuellement une machine très puissante et fort ingénieuse, qui permet le cintrage et le façonnage rapide, donnant toutes les formes de courbures, de cambrage et de cintrage aux profilés, aux poutrelles même de fort échantillon. Cet appareil est actionné électriquement.
- Le commerce de l’ivoire. — Voici bien longtemps que la dureté proverbiale, l’homogénéité, la blancheur, et toutes sortes d’autres qualités ont fait employer l’ivoire à des usages variés ; mais on pourrait croire que la consommation en diminue ou n’en augmente plus, à notre époque où des substances ont été imaginées qui semblent lui faire une concurrence redoutable par leur bon
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- INFORMATIONS
- marché. C’est ainsi que l’on recourt constamment au celluloïd pour imiter l’ivoire; mais ce ne sont que des imitations grossières, où l’on ne retrouve pas les véritables avantages de l’ivoire, et la demande, la consommation, la vente de ce dernier a augmenté dans des proportions considérables, depuis notamment une vingtaine d’années. C’est même pour cela qu’on décime les éléphants et qu’on se préoccupe avec raison de la disparition possible de ce pachyderme. A l’heure présente, il y a trois grands marchés pour le commerce de l’ivoire : Anvers, Londres et Liverpool ; nous les citons par ordre d’importance, et il est bien caractéristique de voir que Londres a perdu la place prédominante qu’il tenait autrefois en la matière. Le fait est que, jadis, nous entendons seulement en 1886, il se vendait 340000 kg d’ivoire à Londres et quelque 76000 à Liverpool. Deux années plus tard, les chiffres correspondants étaient de 375000 et io5 000 kg (année d’abondance du reste), et les commerçants étaient un peu étonnés de voir apparaître un nouveau centre d’affaires, Anvers, qui débutait , modestement avec 6400 kg de la précieuse matière. C’était la conséquence de la fondation de l’État libx*e du Congo belge. Rapidement, ce nouveau centre allait croître, et tout d’abord, semblait-il, aux dépens de Liverpool. Si bien que, dès 1891, ce port ne vendait plus que 65 tonnes d’ivoire, alors que la part d’Anvers atteignait 5g tonnes 1/2, celle de Londres ayant continué de s’élever à 421 tonnes. Du reste, assez vite, la suprématie de Londres a été attaquée directement, et tandis que le chiffre des ventes d’ivoire y tombait successivement à 376 tonnes en 1894, à 3oo en 1898, à 288 en 1901, enfin à 245 1/2 en 1905, le commerce analogue portait à Anvers sur 186, 201, 3i2 et 339 1/2 tonnes. En 1903 même, Anvers a vendu 356 tonnes d’ivoire. Par contre, les ventes à Liverpool ne portent plus que sur 33 tonnes environ aimuellement. Nous compléterons ces rensei-1 gnements rapides, en indiquant ce que se vend en i moyenne l’ivoire brut à l’arrivée sur ces marchés. Cela dépend naturellement beaucoup de la qualité : c’est ainsi que les dents de petites dimensions ne valent que 22 francs le kilogramme, alors que les dents propres à faire des billes de billard se vendent au moins 40 francs et que les dents creuses ne valent que i3 à 16 francs au maximum. Ces prix sont sujets à de fortes variations, comme tous les cours de marchandises, et l’on a vu, en 1905 par .exemple, les dents à billes valoir un instant jusqu’à 70 francs le kilogramme. D’après ce que nous avons dit, il ressort que les, trois grands marchés du monde vendent actuellement quelque 620000 kilogrammes d’ivoire dans le courant d’une année : c’est peu en soi, mais il faut songer que l’ivoire est une matière qu’on n’ëmploie guère par grandes masses.
- Turbines à gaz-. — Comme suite à ce que nous avqns dit des turbines à gaz, signalons une nouvelle combinaison due à la Gasmotoren Fabrik Dentz de Cologne; il s’agit d’une turbine où l’on admet alternativement, dans la chambre de combustion, de la vapeur, puis un mélange explosif comprimé. Les valves d’admission respectives sont disposées aux bouts opposés de la chambre.
- Sous-marins. — On vient de lancer à Venise, poùr le gouvernement italien, un sous-marin appelé GÏauco : il est d’un nouveau type, le Delp.no et le Triton n’ayant point donné des résultats satisfaisants. Il aura une allure en surface de 14 noeuds et son rayon d’action sera de 2000 milles. Quatre autres sous-marins, : Squalo, Nar-valo, Oit aria, et Tricheco sont actuellement en construction. .
- Industries électrô-chïmiqUes. — Elles accusent un; développement bien curieux dans la région des chutes j du Niagara, et grâce aux immenses usines génératrices ! qui ont été construites sur les deux rives du fleuve. On: y fabrique silicium, carborundum, graphite artificiel; carbure de calcium, phosphore, alliages de fer divers, aluminium, sodium, soude caùstique, chlorure, chlorates, | acide chlorhydrique. On produit également de-l’ozone pour obtention finale de vaniline ; on va enfin installer, unemsine d’agglomération des concentrés de fer magné-; tique, etc. , t ; , ; , ;
- Métallurgie du zinc. — M. Juretzka discute, dans , Métallurgie, T'inconvénient qu’il y a à remplacer pour* moitié le coke en poudre par du poussier de charbon
- dans la distillation du zinc. Avec ce mélange, la chaleur-est grandement réduite, et finalement on arrive à avoir brûlé un poids beaucoup plus élevé de combustible ; de plus le charbon donne des gaz qui accroissent le volume des fumées de zinc et cause la production d’une quantité beaucoup plus considérable de poussières de zinc. La condensation se fait mal, il en résulte des pertes-iinportantes de métal.
- Hauts Fourneaux. — M. T. Lüdwig a étudié, dans Stahl und Eisen, l’action destructive de certains gaz sur le revêtement réfractaire des hauts fourneaux. La partie supérieure du revêtement fondrait en formant une sorte de verre jaune et coulerait ensuite le long des parois. On considère assez volontiers qu’il y aurait là l’action de sels alcalins sublimés. Cela pourrait provenir de silice se combinant à de l’azoture de carbone, le composé se sublimerait par suite de la haute température régnant à la base du haut fourneau, et se décomposerait en refroidissant, pour mettre en liberté de l’acide silicique entrant ensuite en combinaison avec le revêtement du four-neaù. 11.......
- Acétylène. — Au Congrès de l’acétylène tenu à Liège, on a discuté la question du danger pouvant résulter de la présence d’impuretés gazeuses (phôsphure d’hydrogène) dans l'acétylène ; et l’on a estimé que l’emploi de carbonate de chaux libre de phosphate, afin d’empêcher l’introduction de phosphore dans le carbure, majorerait beaucoup le coût de la production.
- Industrie de l’ozbne.— Le 'Times Engineering signale un appareil à produire l’ozone et à ozoniser l’air, qui est assez ingénieux : il est construit par l’Ozonair Co. Il consiste en une chambre rectangulaire divisée en une série de compartiments étroits par des écrans transversaux, servant eux-mêmes de surfaces de génération de l’ozone : l’air est obligé dépasser au contact de tous cës écrans, grâce à un ventilateur électrique créant aspiration à l’entrée de la chambre. Chaque écran est fait de deux feuilles de toile métallique d’un métal spécial, et isolées l’une de l’autre par une plaque de mica. A là fermeture du courant, qui est amené à une tension de 5ooo volts) d’innombrables décharges se produisent entre les fils des toiles métalliques, et il en résulte, une production intense d’ozône.
- Bateaux à gaz. — Nous entendons à gaz pauvre. La maison anglaise W. Beardmore, de Glasgow, prépare deux installations motrices, respectivement de 600 à 1000 chevaux, pour mettre à bord de deux navires-existants, et y remplacer la machinerie à vapeur en service.
- Stations hydro-électriques. — On va commencer avant peu la création d’une station de ce genre, destinée à alimenter électriquement la ville d’Osaka : la puissance utilisée dans ce but sur la rivière Riji atteindrait 40000 chevaux ; lé transport n’aurait à franchir qu’une distance de 3o km. •
- Gaz des fours à coke. — On tend de plus en plus à chercher à l’utilisèr pour l’alimentation de moteurs tonnants. Récemment M. Tom Westgarth a signalé, à l’Association « West of Scollahd Iron and steél Instîtute », l’importance qu’il y a de ne pas eihplbÿer ainsi ëe ‘gaz sâns purification à travers un scrubber, si l’on' ne veut pas voir du goudron se déposer sur les soupapes! Il suffirait du reste que la tëneùr en poussières fût maintenue entre o,o3 et o,o5 gr. par métré cùbe. " ^
- Tràvàil du granit. — Signalons comme intéressante une machiné à dresser les surfaces dé granit inventéés par la maison anglaise Waltfer Mac Gee, de Paislëy. Elle n’agit nullement par percussion, comme c’est l’or-dinaire vis-à-vis de fcétte matière si duré qu’est lé granit, mais pâi; frottement et planâge, peut-on dire, ce qui ne T’empëche’point de travailler très vite. -
- Métallurgie. — A la récente session de l’Iron and steel Institute, MM. Richards et Slead ont étudié les aciers surchauffés. Ils ont constaté que ces aciers, qui n’ont pas été soumis à une température aussi haute que ceux qui sont brûlés et oùt subi un commencement de désintégration, présentent mie structuré plus bu moins grossièrement cristalliné ; dès âôièrS, en àpparèhce de même composition) sont plus ou" moins susceptibles à ce point de vue. Quànt aüx aciers brûlés, ori1 ilë pëùt pas léur rendre' complètement leur état primitif ënTes réchauffant.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- J®!D
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- ost
- *»> Jtppareil électro-médical ^
- Massage électrique. — Nous sommes à la saison où les douleurs se l'éveillent et font souffrir le plus souvent les malades. Un des remèdes les plus recommandés est de soumettre la douleur à un massage l’égulier assez long; on arrive presque toujours à un bon l'ésultat. Le massage s’effectue ordinairement à la main avec un gant <le crin. Mais ce massage devient fatigant au bout de peu <le temps, et on sera souvent obligé de s’arrêter. Nous devons rappeler qu’il existe un petit appareil électi'ique
- Massage électrique.
- très simple qui peut 'être utilisé pour le massage. Il consiste, comme le montre la ligure ci-jointe, en un petit moteur électi'ique monté sur un pied. L’appareil se pose à terre ou sur une table ; branché sur un circuit électrique, il tourne à une vitesse angulaire très élevée et entraîne un flexible qui transmet le mouvemeixt à une boule en bois. Cette dernièi'e est appuyée sur le corps à l’en-di'oit des douleurs et déplacée continuellement. On obtient dans ces conditions des l'ésultats très satisfaisants. — L’appareil pour le massage électi'ique se trouve chez MM. Richard Heller et C°, 18, cité Trévise, à Paris (9°arr.).
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- Porte-foret à cliquet. — L’inconvénient des poi'te-forets, des vilebrequins et des dispositifs analogues permettant de mettre une mèche en rotation, est de nécessiter un certain espace disponible pour la rotation complète de la manivelle ; et souvent on travaille dans des encoignures, dans des espaces réduits qui empêchent plus ou moins complètement le passage de cette manivelle et de la main qui la tient. C’est à cet inconvénient qu’est destiné à répondre le porte-foret à cliquet qui est représenté ici. La manivelle qui entraîne la mèche agit sur elle par l’intermédiaire d’un cliquet ; et l’on com-
- Porte-foret à cliquet.
- prend dès loi's qu’on peut se contenter de ne faire dé-ci’ire, à chaque prise de manivelle, qu’une portion très réduite de tour, pour la faire revenir ensuite sur elle-même et recommencer plus ou moins longtemps, en faisant avancer par saccades le foret, mais en le faisant néanmoins tourner sur lui-même de manière à ce qu’il pénètre parfaitement dans le trou à creuser. Ajoutons, du reste, que la manivelle même peut coulisser dajas une gaine et se fixer en tel ou tel point de celle-ci, de façon à présenter la longueur la plus convenable pour le travail que l’on veut exécuter. C’est là un outil américain, croyons-nous, qui se trouve dans les magasins Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Porte-foret à changement de vitesse. — La possibilité du changement de vitesse est fort avantageuse dans les instruments de perçage, de forage : aussi tenons-nous à signaler ce porte-foret, que îxous avons eu en main et avons fait manœuvrer, et qui nous semble aussi simple que robuste. Comme on le voit dans la fîgui'e, la manivelle est solidaire d’un plateau qui porte deux dentures concentriques ; d’autre part, le prolongement du porte-foi'et pi'oprement dit porte sur son axe deux sortes de roues foi'mant. pignons d’angle, qui sont simultanément en prise avec les deux couronnes dentées auxquelles
- Porte-foret à changement de vitesse.
- elles coi'respondent respectivement. Par le simple mouvement donné à la petite molette A, qui se voit sur la monture et entre ces deux pignons, l’un ou l’autre de ceux-ci est rendu fou à volonté; ils engrènent toujours avec la roue dentée; mais, suivant le cas, c’est simplement celui de devant ou celui d’arrière qui ti’availle. Et quand c’est le pignon de la gi'ande roue qui n’est pas fou et qui transmet effectivement le mouvement de rotation de la manivelle au foret, il va sans dire que c’est à grande vitesse que l’on fait tourner ce foret ; tandis que, pour impinmer une vitesse réduite au foret, oix rend fou le premier pignon, et solidaire, au contraire, de l’arbre portant le foret, le pignon engrenant avec la couronne dentée intérieure et de plus petit'i'ayon. C’est une maison américaine de Greenfield qui fabrique cet outil, mais on le trouve en vente chez M. Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Divers <«*
- Baromètres altimètres. — Les baromètres permettent d’apprécier en même temps les hauteurs auxquelles on se trouve au-dessus du niveau de la mer, et les pressions atmosphériques. Le modèle que représente la figure ci-jointe a été spécialement combiné pour les cyclistes de façon à leur permettre de remarquer s’ils s’élèvent ou s’ils s’abaissent. On sait, en effet, que la ten-
- Baromètre altimètre,
- sion atmosphérique diminue à mesure que l’on s’élève au-dessus du niveau de la mer. Si l’on monte à une altitude plus élevée que celle de l’endi'oit pour lequel le baromètre a été réglé, la tension atmosphérique diminue, l’aiguille revient en arrière et d’autant plus que l’on montera plus haut. L’échelle des hauteurs annexée au baromètre a pour but d’enregistrer cette marche en arrière et d’en déduire la valeur de l’altitude atteinte.
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- SCIENCE APPLIQUÉE Ég
- Dans les baromètres à échelle fixe, c’est-à-dire ceux ou cette échelle des hauteurs est gravée sur le même cadran que l’échelle du baromètre ordinaire, le zéro de cette échelle étant placé au niveau de la tension moyenne, et chacune des divisions correspondant à une hauteur déterminée, il est facile de connaître la hauteur à laquelle on se sera élevé. L’aiguille au point de départ peut ne pas être juste à 76 centimètres, et par conséquent pas au zéro de l’échelle ; elle peut se trouver en avance ou en retard du zéro. Il faut noter la différence et en tenir compte à l’arrivée. Dans les baromètres à échelle mobile, il n’y a aucun calcul à faire. Au moment du départ, on ramène le zéro en face l’aiguille, et, au point d’arrivée, on a exactement la hauteur à laquelle on s’est élevé, en ajoutant l’altitude du lieu du départ. — Les baromètres altimètres se trouvent chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- Bonde sipho'ide automatique. — Cet appareil a principalement pour but de s’appliquer à des réservoirs d'eau d’égout ou même à d’autres bassins, comme des bassins d’irrigation devant fournir de l’eau de façon intermittente ; il peut assurer la vidange d’un réservoir à un instant donné, en obturant du reste complètement la conduite de vidange à laquelle il aboutit. L’alimentation de cette bonde réussit parfaitement avec des liquides très visqueux. Le fonctionnement en est basé sur la présence d’un double siphon contenant un volume d’air comprimé, qui joue précisément le rôle d’obturateur auquel nous avons fait allusion. La détente se produit par un tuyau qui débouche dans l’atmosphère, et soit automatiquement, soit sous l’action d’une chaîne de tirage si on le préfère. Mais, dans aucun cas, le détendeur n’a de communication avec le liquide ; on a du reste
- Bonde siphoïde automatique.
- pris des mesures pour que son mécanisme soit robuste et pratiquement indérangeable. Au début de l’installation, on verse une fois pour toutes du liquide dans le tube courbé J, jusqu’à ce qu’il s’en écoule une certaine quantité en G ; on peut être assuré dans ces conditions que les deux coudes F et I forment deux joints hydrauliques, comme on en trouve dans tous les siphons des plomberies aujourd’hui classiques. Supposons maintenant que, dans le fonctionnement normal de l’installation, le réservoir R se remplisse : le niveau du liquide qu’il contient va monter dans la branche AB, et bientôt il atteindra le coude B. Par suite de cette ascension, l’air confiné dans l’espace ABD se trouvera naturellement comprimé. Il diminuera évidemment de volume par suite de cette compression, mais aussi il refoulera l’eau enfermée dans l’espace DEFG, exactement comme le montre la figure que nous avons fait dessiner. Toutefois les branches de l’appareil sont calculées de telle manière que, quand le niveau B est atteint par le liquide du réservoir, l’air comprimé trouve passage en I, par suite de la dépression du liquide introduit au début et qui formait joint hydraulique. On comprend qu’alors le liquide du réservoir va se précipiter de B dans la branche descendante, en chassant l’air et en amorçant le siphon. Et la chasse, la vidange se continuera jusqu’à ce que de l’air puisse rentrer par l’orifice A de la branche montante, c’est-à-dire jusqu’à ce que le réservoir R soit
- vide. Alors le siphon est forcé de se désamorcer, mais les coudes DI et DFG conservent du liquide (provenant cette fois uniquement du réservoir), et les joints hydrau-liques sont rétablis exactement dans les mêmes conditions que la première fois, ce qui permet à une autre phase de recommencer; et ainsi de suite. Tout cela fonctionne parfaitement dans les cas les plus défavorables, par exemple si l’alimentation ne se fait que goutte à goutte. Cet appareil a été combiné par M. Bruyère; on peut le voir fonctionner et le trouver chez M. Four-bon, 93, quai de Valmy, à Paris.
- Brancards articulés. — L’organe le plus gêuant dans une voiture, dans une charrette, c’est le brancard. Le plus souvent, au moins dans les voitures à quatre roues, les brancards peuvent se relever en pivotant autoui-d’une cheville disposée ad hoc. Mais on peut obtenir le même résultat avec des brancards qui doivent demeurer pourtant rigides quand ils sont en usage :,cela, en recourant au dispositif à écrou que notre dessin fait comprendre. Le brancard est réellement à charnière au point
- Brancards articulés.
- où cela est le plus commode; mais il faut que le jeu de la charnière soit impossible en dehors des moments où l’on veut que le brancard se plie effectivement. Et, pour le maintenir rigide comme s’il était d’une seule pièce, on dispose à la partie inférieure de la section fixe une sorte de douille qui se prolonge en dessous de la partie mobile ; cette douille présente seulement un fond et deux côtés, pour ne pas gêner le mouvement de relèvement, et le brancard vient s’y rabattre et s’y loger. Pour se fixer dans cette position, le bout du brancard est percé par un écrou à oreilles, dont la queue, par suite du mouvement de rotation même du brancard, pénètre dans une glissière ménagée au bout et dans le plateau inférieur de la douille. Si ensuite on tourne l’écrou à oreilles pour le serrer, il vient prendre appui sur ce plateau, immobiliser le bout mobile du brancard et en solidariser très effectivement les deux parties.
- Tabouret pliant. — Le pliant à sangle est d’un usage universel, mais il ne présente pas toujours une solidité suffisante pour être mis à la disposition de tout le monde. Il ne manque pas de gens d’un poids respectable qui veulent pouvoir s’asseoir à volonté et emprunter dans ce but un siège présentant toute garantie contre une chute ridicule sinon dangereuse. Le système représenté
- Tabouret pliant.
- ci-dessus est tout différent de l’X ordinaire, il est renforce par des tirants et un système d’accrochage qui lui donnent une grande solidité ; en outre une fois plié il occupe un volume assez réduit et il devient facilement transportable, ce qui est appréciable pour un siège qui est surtout destiné à etre emporté en promenade. — Le tabouret pliant se trouve chez M, A. Dourdoiene, 17, rue Faidlierbe, à Paris (XIe).
- Il
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Contre la neurasthénie. — Le mot et la maladie sont || très à la mode. Une femme éprouve-t-elle quelques vapeurs, un peu de migraine, c’est la neurasthénie. Etes-vous fatigué, sous le coup d’une dépression passagère, encore la neurasthénie, tout comme si vous étiez un véritable détraqué. On a tendance, dans le public, à comprendre sous cette étiquette simple, tous les cas de nervosisme, tous les troubles du système nerveux. Qu’on applique le même mot à toutes sortes d’états pathologiques, qui n’ont de commun que le trouble apporté au fonctionnement normal de l’appareil nerveux, le mal n’est pas grand. Encore ne faudrait-il pas trop généraliser et il est bon de réserver à la neurasthénie ce qui lui appartient en propre. Ce n’est peut-être pas chose aussi facile qu’on le croit ; les limites de la maladie ne sont pas des plus précises et lorsque Beard, de New-York, créa le mot, il y a plus de quarante ans, la maladie était déjà ancienne, si elle était moins communément répandue ; nombre de cas que les médecins anciens rattachaient à l’hypocondrie seraient aujourd’hui qualifiés de neurasthénie. La vie intensive de nos jours, surtout dans les grandes villes, a naturellement augmenté le nombre des malades ou des prédisposés à la mélancolie, aux idées noires ; mais la maladie a été de toute époque. Il ne faut pas croire qu’elle soit l’apanage exclusif des gens du monde, des travailleurs de la pensée, des intellectuels, si l’on veut accepter le mot. On la rencontre, avec moins de fréquence peut-être, et encore serait-il utile d’avoir à cet égard une statistique précise, impossible je crois, à produire, on la rencontre, dis-je, dans la classe ouvrière, dans les corps de métier les plus dissemblables et même chez l’ouvrier des champs.
- Les facteurs qui président à la naissance de la maladie sont, en effet, l’hérédité neuro-arthritique, le surmenage cérébral, les dépressions morales. Or de ces trois causes principales l’hérédité se trouvera à un degré à peu près similaire dans les différentes classes de la société ; de même les dépressions morales, passions, peur, émotions de tout genre. Ajoutez une cause qui d’une façon indirecte vient aider puissamment, en haut comme en bas, au développement des troubles nerveux, l’abus de l’alcool, sous toutes formes de boissons.
- Ce "n’est pas ici le lieu de décrire la maladie ; signalons simplement comme caractéristiques : la céphalée, l’insomnie, les troubles dyspeptiques, la dépression cérébrale avec cet état mental spécial qui rend le sujet apathique, sans volonté. Suivant tel ou tel malade, on trouvera prédominant un symptôme ou un autre et le diagnostic précis demande souvent beaucoup d’attention.
- Quels moyens employer pour remédier aux troubles causés par la neurasthénie? C’est le cas de dire, suivant la formule d’un grand thérapeute, qu’il y a des malades et non pas des maladies. Aucune règle absolue à suivre; il faut choisir entre les divers moyens, suivant les cas, et les neuropathologistes vous diront qu’il faut, vis-à-vis de ces malades, une forte dose de patience et de persévérance. Le premier point est de supprimer la cause occasionnelle : êtes-vous surmené par un travail intensif, par des préoccupations d’affaires (gens de lettres, financiers, industriels, etc....) cessez net tous travaux, partez vous reposer dans un milieu salubre, au grand air, menez la vie de fainéant la plus complète, avec exercices modérés, alimentation régulière. Vous trouvez-vous au contraire en face de ces découragés, apathiques, sans volonté, qui sont las de tout, n’ont de goût à rien; imposez-leur une occupation, celle qui leur plaira, quelconque, mais une occupation. Qu’ils sortent du désœuvrement, qu’ils mettent volontiers en application la formule célèbre du traitement de la goutte chez un millionnaire : Vivez avec 3 francs par jour et gagnez-les. Plus de ces immobilisations du corps et de l’esprit, plus de ces extases dans la contemplation du néant, plus de ces rêves à la Schoppenhauer ; de l’activité bien réglée, une dépense journalière et méthodique de travail musculaire et cérébral. En un mot, chez les uns comme chez les autres, c’est l’hygiène générale qui doit être le grand, presque le seul agent thérapeutique : c’est là que s’exercera la sagacité du conseiller. A celui-ci, il faut de |
- l'exercice, à celui-là du repos ; au premier il faudra presque une activité physique exagérée; au second, au contraire, le séjour au lit. Plus de veillées, plus de soirées, plus de vie mondaine, l’assainissement du corps et de l’esprit s’en suivra. Notez qu’il faut de la part du malade un certain degré de volonté, beaucoup d’énergie pour vaincre son apathie ou renoncer à une vie trop mouvementée. Quand la cause initiale est d’ordre émotif, passionnel, le rôle du médecin devient encore plus dé- \ licat; ce n’est plus avec des agents pharmaceutiques, non plus aussi avec de simples règles d’hygiène qu’il pourra obtenir l’apaisement. Il faut une influence morale énergique qui vienne contre-balancer les troubles psychiques provoqués par la passion dépressive. Et parfois alors un des principaux obstacles à l’abolition de cette perversion morale tient à l’entourage même du malade : ce sont les cas où il faut recourir à l’isolement.
- Ce sont là les formes graves de neurasthénie ; dans les cas plus simples, plus légers, les prescriptions d’hygiène générale n’ont pas une utilité moindre et rendront autant et plus de services que les moyens thérapeutiques. Ceux-ci ont, dans ces formes légères ou qui ne s’accompagnent pas d’état mental trop accentué, une efficacité réelle. Un des meilleurs est l’hydrothérapie, mais j’entends par là aussi bien les bains que les douches : certains sujets bénéficieront en très peu de temps d’une douche froide quotidienne, suivie de massage et d’un exercice modéré. L’eau froide, chez d’autres, aggravera les troubles nerveux; les bains chauds, dans ces cas, pris surtout le soir, au moment du coucher, auront une action favorable sur le système nerveux et faciliteront le sommeil. L’hydrothérapie ne doit donc pas être employée sans discernement. De même pour l’électricité qui donne parfois de très bons résultats sous forme d’électricité statique, de franklinisation ou de courants à haute fréquence ; de même pour la gymnastique, les sports, les exercices, les séjours en montagnes. Il faut juger suivant l’état du malade et c’est en tenant compte de ces manifestations complexes que Weir Mitchell avait conseillé, avec de plus grand succès contre la neurasthénie féminine, une méthode mixte de traitement comprenant à la fois l’isolement, le repos, l’électricité, le massage et un régime avec alimentation un peu forcée. Un peu d’énergie, une vie calme, de l’hygiène, aucun excès et beaucoup de volonté pourraient résumer la formule thérapeutiqxie de cette maladie. Dr A. C.
- L’emploi du natron. — Le lupus est une variété de tuberculose cutanée, à marche lente, mais très rebelle, très tenace, et amenant parfois, par la destruction graduelle des tissus, des difformités pénibles. On utilise depuis quelque temps avec succès contre cette maladie l’emploi des rayons X, mais c’est une thérapeutique qui a ses dangers et qui n’est pas à la portée de tous. Le traitement préconisé par le Dr Lortet rentre dans cette catégorie. Dans ses nombreux voyages en Egypte et dans les fouilles si curieuses qu’il a faites, pour étudier la faune des tombeaux, le professeur lyonnais avait constaté que les animaux d’offrandes, oies, canards, ou simples pièces de viande, conservaient encore, après six ou sept mille ans, leur souplesse, leur aspect primitif; bien plus, des analyses chimiques montrèrent que ces pièces avaient gai’dé la plus grande partie de leurs substances albuminoïdes. C’est dire qu’après des siècles les altérations étaient réduites au minimum. Quel était l’agent de cette conservation ? C’est le natron naturel d’Egypte, sorte de bitume qui, mêlé à des résines et à des matières alcalines, forme un savon soluble dans l’eau; les pièces d’offrandes étaient enrobées en quelque sorte dans ce savon résineux, véritable baume de momies, qui a permis de les retrouvée après tant de siècles, à peu près intactes.
- M. Lortet pensa que ce produit, qui conservait si bien les papilles cutanées, gardait leur souplesse, empêchait toute putréfaction et n’altérait pas les tissus, pourrait être employé avec quelques chances de succès dans le lupus, au lieu et à la place d’antiseptiques qui sont souvent caustiques, lorsqu’on veut les employer à un degré
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- de solution suffisant pour être actifs. Les résultats furent conformes aux prévisions et des applications de gaze ou de coton imbibées de natron résineux ont obtenu la guérison de lupus traités sans succès par les médications usuelles.
- Voici, d’après M. Lortet, le moyen de fabriquer le natron résineux ou un produit de composition à peu près similaire à celle inventée par les Egyptiens.
- Chlorure de sodium. ... 4o grammes.
- Sulfate de soude..........5o —
- Carbonate de soude. . . . 60 —
- faire dissoudre dans 750 grammes d’eau, porter à l’ébullition et ajouter :
- Myrrhe pulvérisée .... 5o grammes.
- Oliban. .....................5o —
- Bdellium.....................5o —
- en agitant jusqu’à refroidissement. Au moment d’utiliser le produit, il faut agiter le liquide, car les résines ont une tendance à déposer au fond du vase. Il suffirait, pour remédier à ce petit inconvénient, de mettre un produit d’émulsion; mais, tel quel, le savon résineux est parfait. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Chimie
- Préparation du sucre de betteraves. — No,us voudrions indiquer ici aux lecteurs de La Nature un mode opératoire très simple qu’ils pourront expérimenter eux-mêmes à très peu de frais et qui leur permettra d’obtenir en petit du sucre, peut-être un peu-jaunâtre, mais, somme toute, d’une pureté assez grande et qui pourrait être employé aux usages alimentaires.
- Cette préparation, qui est au fond une réduction et une simplification des procédés industriels, aura de plus l’avantage de leur apprendre en principe comment se fabrique le sucre de betteraves.
- On se procurera quelques betteraves crues de la variété dite betterave à sucre, c’est-à-dire de taille assez petite et on les râpera en les frottant le long d’une râpe de cuisine ordinaire et en recueillant dans un large récipient quelconque, plat ou terrine, le produit du râpage. Celui-ci sera alors pressé dans un torchon ou dans un linge de façon à faire écouler le liquide sucré qui est contenu dans les cellules de la betterave. Cette expression pourra d’ailleurs être faite plus avantageusement avec une petite presse de ménage quand on disposera de cet appareil. Cette opération terminée, on humectera le résidu pressé avec un peu d’eau et on pressera de nouveau pour enlever autant que possible tout le sucre qui y est encore renfermé. Le jus recueilli, outre le sucre, contient principalement des matières azotées et des matières minérales qu’il faut enlever. Pour cela, on procédera à la défécation du jus au moyen de la chaux en ajoutant 8t à 10 grammes de chaux éteinte (délayés préalablement dans une petite quantité d’eau) par litre de jus sucré ; on agitera quelques instants le tout au moyen d’un agitateur ou d’une palette en bois et on filtrera sur un filtre en papier de grande dimension. Les substances azotées et la plus grande partie des matières minérales seront rendues insolubles et précipitées par la chaux, et elles resteront sur le filtre ; tandis que le liquide filtré, qu’on recueillera dans un récipient quelconque bien propre, ne renfermera sensiblement plus que le sucre qui était primitivement contenu dans la betterave. Le magma des impuretés qui reste sur le filtre est lavé à une ou deux reprises avec un peu d’eau et ces liquides de lavage sont joints à la liqueur sucrée.
- On concentre alors cette liqueur en la faisant chauffer dans un vase émaillé ou mieux dans une capsule de porcelaine, si on en possède une. Quand le liquide a été amené par concentration au tiers environ de son volume primitif, il présente une teinte jaune brun assez foncée et, pour obtenir un produit final d’apparence convenable, il faut procéder à sa décoloration ; dans ce but, on ajoute à la liqueur la valeur d’une cuillerée de noir animal en poudre; on agite avec la spatule de bois et on filtre de nouveau sur un filtre en papier. Le liquide filtré, qui doit être fortement décoloré, est remis dans le vase qui a déjà servi à sa concentration et chauffé à petit feu pour continuer son évaporation ; on l’amène alors à consistance sirupeuse, c’est-à-dire qu’il doit couler lentement quand on penche le vase dans lequel il est contenu. A ce moment, on le retire du feu et on le laisse cristalliser dans lé récipient dans lequel il est contenu. Si les opérations
- ont été bien conduites, le sirop doit se prendre en masse par refroidissement au bout de quelque temps. On obtient ainsi une masse cristalline de sucre, jaunâtre, il est vrai, mais de bon goût, et qu’on a la satisfaction d’avoir préparé soi-même.
- Cette opération, qui n’exige, comme on l’a vu, en dehors des appareils déménagé que tout le monde possède, que l’achat de quelques betteraves (une seule peut suffire), d’un peu de chaux éteinte et de noir animal qui sont aussi des produits qu’on trouve à très bon marché, est facilement réalisable par tous les amateurs et présente, en outre, l’avantage de donner aux jeunes gens une utile leçon de choses. A. Hébert.
- Divers
- Emploi de la chaux contre la rouille. — Comme on a remarqué souvent que, dans les canalisations domestiques, les tuyaux de fer étaient peu sujets à se rouiller quand il y passait des eaux dures, on en a conclu que la protection dont on constatait ainsi les effets devait être due à un dépôt de chaux sur le métal, du fait du carbonate de chaux en suspension dans l’eau. Et c’est pour cela .que beaucoup de techniciens recommandent d’enduire le fer d’une couche dure et bien homogène de chaux pour le préserver de la roiiille. Des expériences faites assez récemment par un collaborateur de Work, dans lesquelles des aiguilles avaient été enfermées dans des tubes pleins d’eaux diverses additionnées ou non de morceaux de chaux anciennement éteints, ont montré une préservation absolue de la rouille réalisée grâce à cet artifice. Sans doute la présence de la chaux arrive-t-elle à neutraliser l’acide carbonique qui peut être présent, et qui est certainement indispensable à la formation de la rouille.
- Enduit pour cuirs fauves. — Dissoudre 9 parties de cire jaune dans 20 p. d’essence de térébenthine, en procédant au bain-marie, puis faire dissoudre de même, et à part, x p. de savon dans 20 d’eau bouillante. On mêle les deux liquides en brassant jusqu’à refroidissement, et de façon que le tout soit bien homogène.
- Liquide pour enlever les taches de graisse. —
- Mêler 4 parties d’huile de térébenthine, 4'd’une solution forte d’ammoniaque, 2 p. d’une teinture alcoolique de savon, autant d’éther acétique et 2 également d’alcool de méthylène. Secouer avant d’employer.
- Vernis noir pour le cuir. — Il est bon d’avoir plusieurs recettes de cette nature, car les divers vernis peuvent être employés dans des circonstances différentes, après essai, suivant le but spécial que l’on poursuit. Dans 80 parties d’alcool, on fait dissoudre 5o de copal de Manille, 25 de gallipot et 3 de noir d’aniline.
- Vernis clair pour le cuir. — Faire dissoudre 25 parties de gomme laque en bâtons, 20 parties de laque eix écailles et 4 parties de gomme benjoin, le tout finement pulvérisé, dans un récipient tournant contenant 100 parties d’aleôol à 96°. On peut parfumer avec une partie d’essence de romaxûn. Il faut laisser reposer plusieurs jours avant de filtrer. .
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS — Dans la boite aux lettres La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés, Elle répond également, daps la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. J.-C. Pompéien Piraud nous adresse une plaquette d’aviation intitulée L] Aéroplane Pompéien n° 3, appareil de locomotion aérienne ^Lyon. P. Decléris, éditeur). C’est une note de polémique entre l’auteur et différents aviateurs, et nous pe saurions en donner le résumé ici. Quelques pages sont ensuite consacrées à,la description de l’appareil, — qui d’ailleurs, n’a jamais été expérimenté ni cbnsjrixit, bien qu’il semble combiné d’üué façon ingéiiieusô.
- Renseignements. — M. Ch. Simoneton, à Vosves. — Pour la fabrication de l’huile' d’olive, veuillez consulter’: l’excellent petit ouvragé de JADügâst,‘ L’industrie oléi-; cole, Gaulhier-Villars, 55, quai des Grands-Auguslins eL Massdn et Gio, 120/ boulevard Saint-Germain, à Paris. ;
- M. A. Viard, à Verrières. — Il existe plusieurs classi-; fications préhistoriques. M. Piette appelle l’âge du renne1 âge ou série glyptique et il y l'ecôiinaît les époques gourdanienne ou de la gravure, et papalienne ou de la) sculpture. P. Bi-oca distingue quatre âges embrassant le ! quaternaire et l’époque moderne : Mammouth (St-Acheul), Age intermédiaire (Moustier), Reunç (Solutré), Faune \ctuelle (Hache polie). Rutot. distinguait néolithique (ter-rain moderne), paleolilhique (quateniaire) et éolithique (début du quaternaire et tertiaire depuis la fin.de l’oligocène caractérisé par l’industrie de Thenay), mais les x’écents travaux de M. Boule sur les prétendues éolithes ont démontré le non fondé de ces divisions et des synchronismes qu’elles comportaient. La nomenclature la plus commode et la plus complète nous semble être jusqu’à présent celle de G. et A. de Morlillet. Elle com-, prend 18 époques allant de la fin du tertiaire (Thenay-sien, période éolithique) jusqu’aux temps historiques (wabenien, période mérovingienne). Vous en trouverez le tableau détaillé dans l’excellent Manuel de recherches préhistoriques, librairie Schleicher frères, i5, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. L. Doré, à Montbéliard. —Pour nettoyer un buste en marbre blanc, il faut le frotter légèrement avec un mélange de vinaigre et de pierre ponce à l’aide d’une éponge; on lave ensuite à plusieurs reprises. Nous avons également indiqué plusieurs autres procédés de nettoyage dans les petits livres des Recettes et Procédés utiles, 1° et a6 séries, à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. B. M., à Belfort. — i° Il n’existe aucun procédé pour le nettoyage des dalles en briques qui ont été. tachées par de l’huile et de la graisse. La briqué est poreuse, la graisse pénètre à l’intérieur et il n’y a aucun moyen pratique de l’en faire sortir. —- a0 Pour imperméabiliser dès semelles de soulier faire dissoudre 4 parties de suif dans. 16 d’huile d’olive, ajouter x partie de sper-maceti et x de cire.
- M. Armaignac, à Luzoir. — i° Pour la charge des accxxmulateurs. il faut envii’on 2,5 volts par élément, soit dans votre cas 155 volts. Quand cette différence de potentiel n’est pas atteinte, avec 125 volts, vous ne pouvez mettre en charge que 5o éléments. Le réducteur de charge est fait pour permettre de ne mettre en circuit que le nombre d’accumulateurs nécessaire. —- 20 A l’arrêt du moteur, ce sont les accumulateurs qui se soixt déchargés dans la dynamo et qui ont produit les étincelles aux balais.— 3° Le disjoncteur doit être en circuit et doit couper le courant dès que la différence de potentiel de la machine est inférieixre à celle des accumulateurs .
- M. X., à N. — Vous aurez cette distance exactement ' en vous adressant à la Compàgnie transatlantique ; consultez aussi dés cartes à l’échelle.
- Mme Chardonet, à Boissettef —- Poudre dentifrice •rose et parfumée : faire dissoudx'e 100 grammes de carmin n° 40 dans 3o gr. d’amixioniaqiie liquide et triturer
- avec de la ci'aie jusqu’à parfaite cokmatiou, étendre ensuite en couche mince sur une feuille de papier et lais-sei* évaporer complètemeiit l’ammoniaque et son odçur. Ensuite ajouter de la ci’aie finement broyée, soit environ 45o grammes, que l’on tamisei'a pour la réduire en poudre impalpable; ajouter 56 grammes d’ii'is de Flo-l’ence, 675 de sucre, 4^o de savon blanc de Marseille, 12 gouttes d'essence de rose et 12 d’essence de girofle, ces gouttes devant du reste être ajoutées séparément à la poudre d’iris.
- M'u Corniflot, à Monlgaillard. — x° Voici d’après L élevage en grand de la volaille, par Sir Walter Palmer, librairie Larousse, 17, rue du Montparnasse, à Paris, avec formule excellente pour la pâtée de la gaveuse des volailles destinées à la table : lait caillé, avoine broyée, farine de chènevis et 5 à 12 grammes de gras de viande par tête. Le lait doit être bouilli et sucré. On donne deux repas, l’un à huit heures du matin, l’autre à quatre heures et demie. Pour une soixantaine de poulets cette nourriture revient à environ o,r,9o par tête et par semaine. — 20 Vous trouverez dans l’ouvrage ci-dessus un chapitre x’ésumé relatif aux maladies de la volaille. Pour des l'enseignements complémentaires et notamment pour les aflêclioixs parasitaires, veuillez consulter le livre de Regnard et Portier Hygiène à la ferme ; librairie J.-B. Baillièi'e et fils, 19, rue Hautefeuilie, à Paris.
- M. Ph. de Rémusat, à Montargis. — On a essayé, en effet, de sübstituer aux roues à pneumatiques des roues élastiqués, dont les rayons sont constitués par des pièces d’acier formant ressort. Veuillez vous adresser pour les détails à la Société de roues élastiques de Cadignan,. 28, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine.
- M. Chevrel, à Sceaux. — On désigne sous le nom de clavelée une maladie contagieuse épizootique qui sévit uniquement sur le mouton. Elle se manifeste par la foiuna-lion de pustules qui la rapprochent de la variole humaine, du horse-pox du cheval, du cow-pox de la vache, dont elle est cependant tout à fait distincte puisque l’inoculation du virus claveleux reste sans résultat sur ces animaux. Elle semble l'ésulter de la présence d’un microbe invisible, c’est-à-dire trop petit pour l’observation microscopique, ou peut-être soluble. Il n’y a pas jusqu’ici de ti-aitement pour cette maladie ; il se borne à quelques pi'atiques d’iiygiène, pi’opi’eté des bergeries et large aéi’ation, et aussi à une inoculation spéciale dite clavelisation faite avec un pi'oduit nommé claveau, livré tout prépai’é par l’institut Pasteur d’Alger.
- M. Mauricet, à Noyon. — Pour les densités des mélanges d’eau et d’alcoôl vous pouvez consulter les tables toutes faites qui se ti’ouvent dans les traités de chimie et aussi dans Y Agenda Dunod {Chimie), librairie Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L. Charles, à Montoire. — Des foi'mules concer-xxant les pâtes et encres autographiques sont données dans le recueil de Recettes et Procédés utiles, ir0 série, à la librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Un abonné, à Newport. — Pour insolubiliser la gélatine, il faut plonger les clichés pendant cinq minutes dans une solution de formol du commerce à 10 pour 100 ; on rince ensuite à l’eau froide et on laisse sécher. —~ 2" Virus pour la destruction des rongeurs : à l’institut Pasteur, service des virus, 35, rue Dutot, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. —M. J. Mou-voisin, à Sains. Vous pourrez facilement vous l’endi’e compte de l’opération par une visite sur place dans une filature, tandis qu’une explication écrite serait très longue et peu claire. — M. N. Roubaud, à Château-Thierry. Il faut faire analyser l’eau par un chimiste de façon à connaître la teneur exacte en carbonate de chaux. — M. Croisset, à Cluses. Voyez le Formulaire de Vélectricien, par Hospitalier, à la libi'airie Masson et Cie, 120, boulevai'd Saint-Genuain. Paris. — M. Naujeoii, à Frameries. Pour ces recettes, consultez les divers volumes dès Recettes et Procédés utiles, même librairie.'-^- M. J.-C. Pompéien Piraud, à X. Remerciements pour votre communication.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les éléments de Vesthétique musicale, pai' Hugo Riemann, professeur extraordinaire à l’Université de Leipzig, traduit et précédé d’une introduction, par Georges Humbert, professeur au Conservatoire. de Genève et à l’Institut de musique de Lausanne. Paris. Félix Alcan. 1906. (Bibliothèque de philosophie contemporaine).
- 1 vol. in-8°. Prix : 5 francs.
- « Chose rare, le livre d’esthétique de M. Riemann commence par l’étude serrée,des éléments premiers de la musique et c’est en musicien et en savant qu’il élève le lecteur jusqu’à la musique pure, dégagée des éléments dramatiques et descriptifs qui l’ont si souvent encombrée au dernier siècle. »
- Le tunnel et le chemin de fer électrique de la Jungfrau, par G. de Fooz. Revue des questions scientifiques. Bruxelles et Paris. Dunod. In-8°, 61 p., 32 fig. (8 pl, hors texte), 1906. Prix : 3fr,5o.
- « Etude scientifique et technique du projet de M. Guyer-Zeller, actuellement à moitié réalisée. En igo5 la station Eismeer (3i6i m.) a été visitée par 36 583 touristes.
- Manuel de l'apprenti et de Vamateur électricien, par Humbert Zeda. Troisième partie : Les téléphones privés et publics, x vol. in-18. Paris, librairie Bernard Tignol. Prix : 2 francs.
- La Photographie en montagne : Lointains et sous-bois, par Ch. Bailly. Paris. Ch. Mendel. 1906. 1 vol. in-8°. Prix : ofr,6o (Collection de la Photo-Revue).
- Ze pelliculage des clichés, par F. Drouin. Paris. Ch. Men-del. 1906. 1 vol. in-8°. Prix : of,,6o (Collection de la Photo-Revue).
- Etude sur l’état actuel des mines au Transvaal. Les gîtes ; leur valeur ; étude industrielle et financière, par George Moreau. Paris et Liège. 1906. Ch. Béranger.
- 1 vol. in-8°. Prix relié : 7fr,5o.
- La distillation des résines et les produits qui en dérivent, par V. Schweizer, traduit de l’allemand, par H. Mu-raour. Paris. H. Dunod et E. Pinat. 1906. 1 vol in-8°. Prix : broché, 7fr,5o ; cartonné, 8fr,5o.
- La lutte universelle, par Félix de Dantec, chargé de Cours à la Sorbonne. Paris. Ernest Flammarion. 1906.
- 1 vol. in-18. Prix : 3tr,5o.
- Vappareillage mécanique des industries chimiques, adaptation française de l’ouvrage de A. Parnicice, par . Em. Campagne, ingénieur-chimiste. H. Dunod et E. Pinat. Paris. 1906. ivol.in-80. Prix : broché, i2fr,5o ; cartonné, 14 francs.
- Hygiène de la Ferme, par le Dr P. Regnard, de l’Académie de médecine et le D1 P. Portier. Paris, J.-B. Baillière et fils. 1906. 1 vol. in-18 (Encyclopédie agricole). Prix: broché, 5 francs ; cartonné, 6 francs.
- LJ élevage en grand de la volaille, par W. Palmer, traduit de l’anglais, par L. Jacot. Paris. Librairie Larousse.
- 1906 (Bibliothèque rurale). 1 vol. in-16. Prix : broché, ifr,5o; relié, 2fr,25.
- IJEntr aide, un Facteur de l’évolution, par Pierre Kro-potkine, traduit de l’anglais sur l’édition revue et corrigée par L. Bréal. Paris. Hachette etCi0. 1906. Prix : 3fr,5o.
- Agenda Dunod pour 1906 : Chemins de fer, par Pierre Blanc. Paris. H. Dunod et E. Pinat. 1906. 1 vol. relié. Prix : 2fr,5o
- Agenda Dunod pour 1906 : Mines et Métallurgies, par D. Levât. Paris. H. Dunod et E. Pinat. 1906. 1 vol. relié. Prix : 2,r,5o.
- Agenda Dunod pour 1906 : Mécanique, par G. Richard. Paris. H. Dunod et E. Pinat. 1906. 1 vol. relié. Prix : 2fr,5o.
- Agenda Dunod pour 1906 : Electricité, par J. A. Montpellier. Paris. H. Dunod et E. Pinat. 1906. 1 vol. relié. Prix : 2fr,5o.
- Agenda Dunod pour 1906 : Cotistruction, par A. Debauve et E. Aucanner. Paris. H. Dunod et E. Pinat. 1906. 1 vol. relié. Prix : 2fr,5o.
- Le langage. Essai sur la psychologie normale et pathologique de cette fonction, par Eugène-Bernard Leroy, docteur en médecine. Paris. Félix Alcan. igo5 (Bibliothèque de philosophie contemporaine). 1 vol. in-8°. Prix : 5 francs.
- Le caractère empirique de la personne. Du rôle de la volonté en psychologie et en morale, par Louis Prat, docieur ès lettres. Paris. Félix Alcan. 1906 (Bibliothèque de philosophie contemporaine). 1 vol. in-8°. Prix : 7fr,5o.
- L'évolution inorganique étudiée par l’analyse spectrale par Sir Normann Lockyer. Paris. Félix Alcan. 1902. 1 vol. in-8° (Bibliothèque Scientifique internationale). Prix : 6 francs.
- Bijoutier-orfèvre par Julia de Fontenelle etMALEPEYRE. Paris. L. Mulo. 2 vol. pn-18 (Manuels Roret). Prix : 6 francs.
- Bijoutier-joaillier et sertisseur, par les mêmes auteurs. Paris. L. Mulo. 1 vol. in-18 (Manuels Roret). Prix : 3 francs.
- Graveur en creux et en relief, par M. A. Villon. Paris.
- L. Mulo. 2 vol. in-18 (Manuels Roret). Prix : 6 francs. Alimentation : Première partie : Substances alimentaires ; seconde partie : conserves alimentaires, par W. Maigne. Paris. L. Mulo. 2 vol. in-18 (Manuels Roret). Prix du volume : 3 francs.
- Chamoiseur, maroquinier, mégissier, teinturier en peaux, fabricant de cuir vernis, parcheminier et gantier, par Julia Fontenelle, Vallet d’Artois et Maigne. Paris. C. Mulo. 1 vol. in-18. Prix : 3 francs.
- A practical manualof tides and wawes, by W. H. Whee-ler. Londres, New-York et Bombay. Longmans Green and C°. 1906. 1 vol in-8°. Prix: 7 shillings 6 d.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Cyclones aux États-Unis. —: Les cyclones sont fréquents aux Etats-Unis. On écrivait, à la date du 20 mars, de Iiattiesburg (Mississippi), qu’un violent cyclone s’était abattu la veille sur une ville voisine, la ville de Brooklyn. Les dégâts causés par ce cyclone ont été considérables ; toutes les communications ont été interrompues. Un grand nombre de maisons ont été détruites, ët un grand nombre de personnes ont péri.
- Des renseignements ont été donnés récemment sur la trombe effroyable déterminée par le cyclone terrible qui s’est abattu dans la nuit du 21 au 22 février sur la côte
- orientale de Madagascar. La ville de Mahanoro, qui est le chef-lieu du district de ce nom, a été entièrement détruite. Les dégâts matériels ont été considérables, et un grand nombre de personnes ont été frappées à mort. Sur une zone d’environ 5o kilomètres de largeur, toute la côte a été bouleversée, et toutes les récoltes complètement détruites. Il y a eu également une crue subite du fleuve ; les bâtiments publics ont été enlevés par les eaux. Toutes les récoltes autour de la ville de Manan-jary ont été détruites. Les pertes matérielles se sont élevées à plus de 5oo 000 francs.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Parie (VIe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Manon et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature > est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non Illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d'origine.
- •SUPPLÉMENT AU N® 1717 (21 AVRIL 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
- Un concours international à Milan. — Le roi
- d’Italie vient de décider que, cette année, à l’occasion de l’Exposition de Milan, il serait organisé, à ses frais personnels, un concours international. Les inventeurs, industriels, ingénieurs et architectes du monde entier peuvent y prendre part. Les prix suivants seront offerts : i° 5ooo francs, à un système d’attelage automatique de voitures de chemin de fer; 20 5ooo francs, à un dispositif ayant pour but de protéger le personnel des usines électriques contre les dangers que lui font courir les appareils, câbles, dynamos, etc. ; 3° 10000 francs, à une machine dont le système constituera sur les machines de sa catégorie la réalisation d’un progrès réel, amenant une amélioration effective de l’industrie qui l’emploie ; 4° 5ooo francs, à la meilleure installation établie et fonctionnant pour la fourniture et la distribution hygiénique du lait pur dans les centres industriels ou les faubourgs populeux; 5° xoooo francs, pour le meilleur projet de maisons ouvrières pouvant être construites avec avantages dans le Nord de l’Italie; 6° 5ooo francs pour des canots ou bateaux automobiles. En dehors de ces divers prix, le roi Victor-Emmanuel a institué toute une série de prix, représentant ensemble 5ooo francs pour les agriculteurs, les syndicats agricoles, sociétés ou administrations qui auront fait réaliser des progrès sérieux aux pâturages.
- Concours de moyens de protection contre le cambriolage. — Le Moniteur de la Bijouterie et de T Horlogerie, à Paris, organise un concours de moyens de protection contre le cambriolage. Ce concours comprend tous les moyens de protection, tous sans exception : avertisseurs et sonneries électriques, signaux de toutes sortes, fermetures spéciales, coffres-forts, etc. Il est demandé aux concurrents de prendre, pour types des locaux à protéger, les magasins des bijoutiers; ceux-ci, en effet, comme toutes les boutiques contenant des objets de luxe et d’une certaine valeur, ont besoin de fermetures ou d’avertisseurs spéciaux, ceux par exemple qui s’appliquent aux devantures et vitrines ; d’autre part, ils ont besoin d’être clos comme des appartements et hôtels particuliers, car, comme eux, ils ont des portes et des fenêtres. Les concurrents devront donc examiner tout ce qui peut avoir besoin d’un appareil spécial dans une telle boutique, et s’appliquer à trouver les systèmes de protection les plus pratiques et les plus sûrs, deux conditions nécessaires pour amener un bon résultat. Il faut distinguer, en règle générale, deux sortes de moyens de protection : ceux qui concernent les magasins eux-mêmes et ceux qui concernent les vitrines. Il faut aussi chercher un moyen
- pour empêcher les bris des glaces. La Chambre syndicale de la Bijouterie-Joaillerie (2 bis, rue delà Jussienne) a bien voulu prêter une de ses salles pour l’exposition de tous les projets. A côté de ces projets de défense,-on verra les procédés de l’attaque. Il sera installé, en .effet, un curieux musée de tous les objets utilisés par les cambrioleurs, et aussi une série de documents graphiques et photographiques montrant comment ont été accomplis les vols les plus typiques. Les concurrents pourront envoyer leurs projets du i5 au 3i mai, au Moniteur de la Bijouterie et de VHorlogerie, 16, rue de Grammont, Paris. La direction du journal se tient à leur disposition pour tous les renseignements qu’ils pourraient désirer. L’Exposition durera environ huit jours.
- La périodicité des taches solaires. — D’après des expériences de M. A. Schuster, la principale période de variation des taches solaires serait exactement de 33 années 375 avec trois périodes de n,i25; 8,38 et 4,81. On a, depuis longtemps, fait remarquer la coïncidence approximative de cette période avec le retour des maxima dans la courbe des pluies sur le monde entier, retour qui se produirait tous les 33 ans, mais qui n’est pas encore prouvé selon Brückner, Dr Meldrum, Blan-ford, Lockyer.
- Absorption de l’hydrogène par le tantale. — Von
- Pirani a constaté récemment, à ce que nous dit la Zeitschrift fur Elektrochemie, qu’un filament de tantale chauffé électriquement dans une atmosphère d’hydrogène, durant 4 à 6 heures, absorbe 740 fois son volume de gaz : comme conséquence, sa ductilité diminue grandement et il devient si cassant qu’on peut le pulvériser dans un mortier. D’autre part, sa résistance électrique augmente énormément, tandis que le coefficient de température de cette résistance diminue. L’hydrogène absorbé se présente presque entièrement à l’état d’occlusion, et on peut l’enlever par chauffage dans le vide à la chaleur du rouge.
- Installation des paratonnerres. — Le Comité anglais de recherches dit Lightning Research Comittee vient de publier une instruction générale sur la pose des paratonnerres. D’après lui, il doit y avoir deux tiges conductrices pour la foudre, s’étendant de chaque côté de tout clocher, tour, haute cheminée, etc., depuis le sommet jusqu’à terre, et suivant la ligne la plus directe possible. Des conducteurs horizontaux doivent relier toutes les tiges verticales, d’abord le long du faîte du toit, puis au niveau ou presque au niveau du sol. Le conducteur supérieur horizontal sera muni de pointes tous les 6 ou 8 mètres ; de courtes tiges verticales seront disposées le long des faîtes, des tourelles, des élévations
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- INFORMATIONS
- secondaires, et reliées au conducteur horizontal supérieur. Les parties métalliques des toitures, gouttièi'es, chêneaux, tuyaux de ventilation, etc., devront être reliées au conducteur horizontal. Les masses métalliques réellement importantes se trouvant dans la construction auront à être connectées à la terre, soit directement, soit par le conducteur horizontal inférieur. Là où les toits sont partiellement ou entièrement recouverts de métal, ils seront réunis à la terre par des tiges verticales en plusieurs points. Les tuyaux de gaz doivent être placés aussi loin que possible des conducteurs électiûques, et à titre de protection secondaire, les canalisations de service conduisant au compteur auront une connexion métallique avec les tuyaux analogues venant du compteur.
- Éruption du Vésuve. — Le 4 avril, à n’1 3o du soir, un nouveau cratère s’est ouvert au pied du Vésuve, en jetant une grande quantité de laves. Celles-ci se dirigeaient sur la côte à la vitesse de 100 mètres par heure. Le volcan a été très actif ; il a lancé continuellement des globes chargés de poussières qui retombaient en pluie jusqu’à Naples. L’éruption a continué les jours suivants, et notamment les 8 et 9 avril. Le 9 avril l’éruption a atteint une grande violence et la lave a cheminé vers Torre-Annunziata, à la vitesse de 35o mètres à l’heure. A Naples, qui était plongée dans l’obscurité, il a plu de la boue, et la hauteur s’est élevée à io centimètres. Dans la soirée du 9 avril, l’action dynamique du Vésuve a beaucoup diminué, et la situation s’est améliorée.
- L’origine oolithique des minerais de fer. — Plus on étudie les minerais de fer sédimentaires, plus on reconnaît fréquemment qu’ils ont une origine oolithique : soit précipitation directe du carbonate de fer oolithique, soit substitution postérieure du fer dans un calcaire oolithique. Tel paraît être le cas pour un minerai qui, d’après son aspect actuel, semblait faire exception à cette règle, la magnétite de Diélette (Manche). D’après un travail de M. Cayeux, récemment présenté à l’Institut par M. Michel Lévy, on y reconnaît au microscope la structure oolithique très typique avec octaèdres de magnétite remplaçant les éléments autrefois concentriques. C’est aussi l’opinion de M. Stanislas Meunier.
- La télégraphie sans fil en Afrique. — Les armées allemandes emploient, depuis 1904, dans le Sud-Ouest de l’Afrique, la télégraphie sans lîl pour faire communiquer entre eux les divers postes militaires d’occupation. Les résultats obtenus sont tellement complets et satisfaisants que des stations nouvelles sont créées, de jour en jour plus nombreuses, si bien que tout un réseau télégraphique est aujourd’hui organisé. Voici comment on procède. Des ballons captifs ou des cerfs-volants sont lancés jusqu’à une hauteur de 2Ôo à 3oo mètres ; ils portent avec eux les appareils récepteurs et transmetteurs et communiquent par un câble électrique vertical avec la station d’où ils s’élèvent. Chacune des stations se compose de trois voitures spéciales montées sur 4 roues, qui transportent un moteur à pétrole de 4 chevaux, les dynamos, les instruments et appareils, le matériel de campement et tous les accessoires nécessaires aux ballons et cerfs-volants.
- Freinage des tours à l’air comprimé. — On recommande dans Work l’emploi d’un petit frein à lame commandé par un piston à air comprimé, pour le freinage des tours. Il faut naturellement tout d’abord que l’on dispose d’une conduite d’air comprimé dans l’atelier où se trouve le tour; mais cela est fréquent maintenant. Rien n’est plus simple alors que de monter à une place convenable un petit cylindre qui pourra admettre de l’air sous l’action d’une tige commandant un robinet et placée sous la main de l’ouvrier; la tige du piston, de son côté, agira sur une lame qui viendra frotter sur le tour pour arrêter son mouvement de façon presque instantanée.
- Le formol et la conservation des fruits. — Avec le développement des moyens de transport, qui permettent d’envoyer les produits surabondants d’une région sur un point moins bien partagé, il est intéressant de rechercher des procédés de conservation à la fois simples et efficaces ; pour les fruits en particulier, on voudrait trouver un moyen de les empêcher de pourrir, de s’altérer, durant le transport et le magasinage, par suite des ravages, c’est-à-dire de la vie même et de la multiplication des champignons ou bactéries qui se
- trouvent normalèment à leur surface. Or, dans un des laboratoires officiels de Kew, on s’est livré récemment à des essais portant sur l’action du formol,, essais qui ont été signalés à la Société d’Agriculturc par M. Truelle, et qui nous semblent prouver les services effectifs que cette substance peut rendre en la matière. Le traitement consiste dans l’immersion des fruits dans de l’eau froide contenant 3 pour 100 de la solution industrielle de formol à 4o pour 100 de formaldéhyde; toutefois, quand on traite des fruits dont on mange généralement la peau en même temps que la pulpe intérieure, comme les cerises ou les fraises, ces fruits, trempés d’abord 5 minutes dans la solution au formol, sont ensuite baignés 5 minutes dans l’eau froide pure et séchés naturellement. Ce passage à l’eau pure est inutile pour les fruits qui sont débarrassés de leur peau avant que d’être consommés. Des cerises ainsi antiseptisées, si l’on peut employer ici cette expression, se conservent 7 jours après que des fruits de même espèce, laissés à l’état naturel, ont subi pleinement les atteintes de la moisissure ; la prolongation de la conservation est de 4 jours pour les raisins ou les fraises, de de 10 pour les poires. Sans doute, cette méthode ne permet pas une conservation prolongée, comme la frigorification ou la réfrigération, mais il faut, songer qu’elle est fort peu coûteuse. Et d’ailleurs, prolonger d’une semaine la conservation de tel ou tel fruit, c’est lui permettre le plus souvent d’effectuer ce qu’on peut appeler un vrai voyage. Nous savons bien, comme le faisait remarquer M. Truelle, qu’une solution de formol à 3 pour xoo est tenue pour malsaine dans les milieux français ; mais si véritablement les expérimentateurs ont constaté que, employée comme nous l’avons dit, elle jouit d’une innocuité absolue, on ne voit pas pourquoi on s’obstinerait chez nous dans cet ostracisme.
- Le chargement des soies. — Pour augmenter le volume de la soie et permettre de tisser une même surface d’étoffe avec un moins grand nombre de fils, on charge les fils, c’est-à-dire qu’on leur fait absorber des corps pour lesquels la soie a une grande affinité et avec lesquels elle se combine par simple immersion dans les solutions de ces corps. Ces corps sont des sels de fer et d’antimoine. On peut obtenir ainsi un textile qui ne renferme pas plus de son dixième de soie en poids et qui sert surtout à faire des étoffes bon marché. Dans le cas où la soie doit être teinte en noir, on procède d’abord à Vébouillantage dans une solution savonneuse afin d’enlever la matière gommeuse qui l’imprègne naturellement, puis on passe dans un bain de chlorure ferrique à 3o° Baume', on rince à l’eau chaude et on repasse au savon ; on trempe alors dans un bain tiède de ferrocyanure de potassium qui colore la fibre en bleu de Prusse ; on rince à nouveau et on fait passer le fil successivement et alternativement dans des bains de chlorure stannique à 22° Baumé et de phosphate de soude pour augmenter la charge en sel d’étain. C’est du phosphate d’étain qui se fixe sur la fibre. Celui-ci sert ensuite de mordant et agit pour fixer la couleur noire au bain final qui est le bain de teinture. Quand la soie doit être teinte en d’autres couleurs que le. noir, on supprime les bains de chlorure ferrique et de ferrocyanure. Généralement la durée d’immersion dans chaque bain de sel métallique est d’une heure.
- Inondations au Brésil. — De fortes inondations ont eu lieu, à la fin du mois de mars/ dans la province de Santa-Catharina, au Brésil. La ville de Joinville a été complètement inondée.
- Le charbon à New-York. — Daily Express nous informe que la grève des mineurs américains ne fait peur à personne à New-York, malgré l’importance qu’elle semble devoir prendre. Depuis deux ans, la grande ville craint le chômage des mineurs et fait des provisions en prévision de la grève. New-York est la ville qui consomme le plus de charbon dans le monde entier; avec ses faubourgs, ses industries et son port, elle compte 6 millions d’habitants. Sa réserve actuelle de houille est de 5o millions de tonnes, emmagasinées aux environs de la ville, en tas immenses, véritables montagnes de 20 à 5o 000 tonnes, au milieu desquelles circulent en tout sens des chemins de fer. Ces chemins de fer réunissent la ville avec ces gigantesques entrepôts de charbon, dont plusieurs mesurent plusieurs milles de superficie.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Eclairage <?«&>
- Bouée de sauvetage. — La Revue des éclairages signale un nouvel appareil de sauvetage qui a été adopté récemment sur les navires transatlantiques. Il s’agit -d’une bouée formée de deux sphères métalliques creuses, réunies par une barre de fer, pouvant supporter un homme adulte un peu fort. Entre les deux sphères est placé un tube qui plonge verticalement dans l’eau, et disposé pour que la partie supérieure se tienne toujours au-dessus des Ilots. Ce tube, que représente notre figure, est creux et rempli d’un composé de calcium et de phosphore qui prend feu au contact de l’eau, et permet de distinguer un objet au milieu de l’obscurité. Cette bouée remplace pendant la nuit la bouée ordinaire en liège. Dès qu’on signale un homme à la mer, on jette du navire plusieurs de ces bouées. L’eau pénètre par divers petits trous placés à la liase, et l’acétylène se produit presque instantanément. Le gaz s’échappe des brûleurs et s’allume à la flamme d’hydrogène phosphoré qui s’est formé au contact de l’eau. — S’adresser à l’office central de l’acétylène, 104, boulevard de Clichy, à Paris.
- Torche pour bouée de sauvetage.
- Boîtes à lumière. — L’un des grands avantages de l’éclairage à l’acétylène est la facilité avec laquelle on peut produire ce gaz. Parmi les différents systèmes imaginés jusqu’à présent le plus simple nous paraît être la boite à lumière qu’on trouve aujourd’hui facilement dans le commerce ; en fait d’appareil on n’a qu’à conserver un tube de cuivre A (flg. i) muni d’un pas de vis à l’extrémité inférieure et d’un bec en stéatite à l’autre extrémité. On achète alors, pour une somme minime, la boîte B qui est toute chargée de carbure de calcium et bien close. Au moment de l’utiliser on enlève une pastille qui garnit les orifices D et E, l’on destine à recevoir le tube porte-bec, l’autre destiné à l’introduction de l’eau. Après avoir vissé le tube A en D, on n’a plus qu’à immerger la boîte dans un vase plein d’eau de façon à ce que celle-ci dépasse le dessus de la boîte de quelques centimètres. L’eau pénètre par l’orifice E dans un
- tube qui se trouve à l’intérieur de la boîte et qui est fermé à son autre extrémité ; il porte quatre trous capillaires T par lesquels l’eau pourra arriver sur le carbure. La section de ces trous est telle que le premier par lequel l’eau s’écoule ne peut à lui seul donner un débit suffisant pour engendrer le volume de gaz que doitnormalement produire l’appareil. Il faut que le deuxième, ou ïe troisième trou ou plus entrent successivement en jeu pour que le régime convenable s’établisse ; si à un moment donné la pression augmente par suite d’une trop grande production de gaz, l’eau est refoulée au-dessus d'un ou plusieurs des orifices T et la quantité d’eau admise diminue. Il y a donc un réglage automatique très simple et le régime s’établit de lui-même.
- Pour éclairer une halle, un jardin, un atelier, un chantier, l’appareil peut s’employer tel que nous le représentons ci-contre (flg. 2) ; au bout de quelques instants d’immersion le gaz se dégage et on n’a qu’à allumer le bec ; pour éteindre on retire la boîte de l’eau et on laisse la flamme expirer d’elle-même quand il n’y a plus production de gaz. Les boîtes contiennent 200 ou 3oo gr. ou plus selon la durée d’éclairage qu’on désire avoir.
- fï9.2
- Boîte à lumière
- Les plus grosses peuvent servir à alimenter plusieurs becs ; dans ce cas on branche un tube de caoutchouc sur le générateur et on le relie à une canalisation.
- Comme les boîtes n’ont aucune valeur par elles-mêmes on les met au rebut quand tout le carbure qu’elles contiennent est épuisé et on les remplace par une nouvelle ; on évite ainsi toutes les opérations de nettoyage et de chargement.
- Outillage
- Porte-outil. — Le porte-outil que nous présentons à nos lecteurs possède de nombreux avantages. Le premier modèle (fig. 1) est à trois directions; il remplace trois outils ordinaires, puisque la lame peut occuper les trois positions indiquées dans le premier dessin de la figure. Le porte-outil est en acier forgé trempé, de première qualité ; on le livre avec deux lames en acier et la
- Fig. 1. — Porte-outil à trois directions.
- clé de serrage de l’écrou. Un dispositif particulier de serrage dans lé porte-outil maintient parfaitement l’outil, et il en résulte une rigidité exceptionnelle. Avec le porte-outil « Carr », on emploie facilement l’acier à grande vitesse, malgré le prix élevé de ce dernier; car on peut utiliser des barres de petite section, telles qu’elles sont laminées, et sans modification de profil. Le deuxième modèle est un porte-outil construit pour l’alésage et le filetage intérieur (fig. 2) ; il est à manchon multiple et est
- Fig. 2. — Porte-outil à manchon multiple.
- en acier fin trempé. L’outil en acier rond est maintenu par un serrage énergique dans le manchon en acier trempé. Ce manchon est percé de trous de différents diamètres, qui admettent chacun un outil du diamètre correspondant. On peut donc disposer instantanément de l’outil de la dimension désirée selon le genre de travail à exécuter. — Ces différents outils se trouvent chez M. G. Hor-laville, ingénieur de The Fairbanks Company, 55, quai de Yalmy, à Paris.
- ctg'îvs. Hygiène
- Stérilisateur Cartault. — On sait que pour qu’une eau soit pure et inoffensive, il faut y détruire tous les germes qui sont en suspension, et tous sans exception. On ne peut arriver à ce résultat qu’en chauffant l’eau
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- SCIENCE APPLIQUEE
- sous pression à une température de no à ix5°. De gros appareils fonctionnent déjà et rendent de grands services. Mais il était nécessaire de construire un petit appareil pouvant rendre les mêmes services et le mettre à la portée de tous par un prix abordable et par un maniement simple. Il fallait en un mot permettre à chacun de stériliser la quantité d’eau suffisant à son alimentation journalière. Le stérilisateur de M. Cartault permet de satisfaire à toutes ces conditions. L’eau sous pression peut être élevée à une température de no à n5° sans bouillir. Cette température élevée remplit la condition essentielle de donner une eau bactériologique-ment pure, et la pression empêche le dégagement de l’oxygène et de l’acide cai’bonique contenus dans l’eau.
- L’appareil, que représente la figure ci-jointe, se compose d’un corps cylindrique l’enfermant un serpentin et surmonté d’une chaudière qui peut être chauffée par un brûleur à gaz, à alcool, etc. Le réglage et la distribution de l'eau stérilisée sont obtenus automatiquement au moyen d’une membrane métallique souple qui actionne un clapet distributeur. L’eau impure arrive d’un réservoir ou d’une canalisation, enti’e dans l’appareil par le tuyau à droite en bas, monte en baignant extérieurement le serpentin, et par suite en empruntant la chaleur de l’eau qui s’écoule, après stérilisation, dans le serpentin. L’eau impure gagne peu à peu le haut de l’appareil et pénètre alors dans la chaudière chauffée par le brûleur; elle est portée à la température pour laquelle l’appareil a été réglé. Quand elle a été stérilisée, elle s’écoule à l’intérieur du serpentin, où elle se refroidit, passe par le petit tube que l’on voit à gauche pour gagner ensuite l’orifice de sortie en passant par le clapet régulateur. La chaudière renferme à sa partie supérieure une ampoule thermométrique qui communique avec une membrane métallique et celle-ci en se gonflant ouvre le clapet régulateur. La pression d’eau nécessaire à la bonne marche de l’appareil doit être la pression d’une colonne d’eau de io mètres. Un stérilisateur Cartault, mis en essai au Laboratoire municipal de la Ville de Paris, a donné une eau privée de tous germes. — S’adresser à l’Agence des stérilisateurs d’eau, système Cartault, Société nouvelle, /\i, quai des Orfèvres, à Paris (Ier arrondissement).
- Stérilisateur Cartault.
- Divers
- Presse à copier « Excentromobil ». — Ce système de presse à copier fonctionne au moyen de deux excentriques, mus par un bras de levier; le plateau mobile vient appuyer fortement contre la partie supérieui’e et le copie de lettres reçoit une pression uniforme. Le
- dispositif de réglage permet d’obtenir toujours, avec la même course du levier, la pression maximum, quelle que soit l’épaisseur du registre. La forme de cet appareil est assez commode en ce sens qu’il est possible de l’utiliser pour y poser quelque chose sans nuire en rien à son fonctionnement et que, par conséquent, on peut admettre que la place qu’il occupe n’est pas perdue. L’effort à produire pour faire une copie est minime et peut être exercé même par un enfant. Le levier de maixœuvre peut se retirer facilement, de sorte qu’on n’a qu’à laisser le registre en place, seri'é entre ses deux plateaux, pour mettre la corres-
- Piesse à copier « Excentromobil
- pondance copiée à l’abri des indiscrétions. Le mécanisme est simple et robuste, il îx’est par suite pas susceptible de se détraquer. — L’Excentromobil se trouve a3, nie de la Chaussée-d’Antin, Paris.
- Porte-couvert. — Il n’y a l'ien de plus agaçant que de voir la cuillère glisser dans la sauce pendant qu’on pique un morceau de filet avec la fourchette ; il faut se livrer à un repêchage plutôt désagréable et salir sa serviette d’une façon incongrue. Le petit appax-eil repi'ésenté ci-dessous montre, sans qu’il soit nécessaii'e de beaucoup
- Porte-couvert.
- d’explication, comment on peut éviter cet inconvénient. C’est, comme on voit, un suppoi't en métal, qu’on peut rendre aussi élégant qu’on veut, c’est une question de prix ; il est terminé par une pince qui permet de le fixer au bord de tous les plats usuels. La fourchette et la cuillère se trouvent là côte à côte fixées solidement et mises dans l’impossibilité de prendre un bain de sauce. — Le porte-couvert est en vente chez M. Borel, 210, rue de Rivoli, à Paris. G. M.
- Tire-bouchon complètement automatique. — Ce
- tire-bouchon vient faire pendant à la machine à boucher si ingénieuse que nous avons signalée ici : il a cet avantage d’enfoncer au milieu du bouchon, dans un premier mouvement, la tige en hélice classique, de x'etirer bouchon et tige dans un second, et finalement de chasser le bouchon de la tige en hélice, de manière qu’on puisse immédiatement se livrer à un nouveau débouchage, sans se préoccuper du bouchon enlevé de la première bouteille. L’appareil se fait dans deux types tout à fait analogues, mais disposés l’un pour se fixer par un écrou sur le bord d’une table, l’autre pour se visser à un mur, dans une cave, une office, etc. Les oi'ganes essentiels
- Tire-bouchons automatiques.
- sont toujours les mêmes. Supposons que nous relevions verticalement le levier qui se trouve en bas de l’appareil, grâce à la bielle latérale à laquelle il est articulé : cela va pousser de haut en bas, sur une petite glissière ad hoc, la mèche du tii’e-bouchon, montée dans un bloc de tête; elle peut tourner dans cette tête, et comme elle est forcée de passer dans un chemin en hélice qui est placé pour l’instant en bas de la glissière, au-dessus exactement du collier où l’on a enfoncé le goulot de la bouteille, la mèche se met à prendre le mouvement en hélice qui la force à s’enfoncer dans le corps du bouchon. Yoici le levier à fond de course supérieure, et à ce moment le tire-bouchon est enfoncé au maximum. Si nous rabattons le levier en sens inverse, un petit ergot soulèvera le bloc formant chemin en hélice, si bien que le bouchon sera enlevé puisque la mèche remontera sans tourner; à un moment donné, la hauteur acquise étant suffisante, le bouchon étant retiré du goulot, la mèche se mettra à tourner parce qu’elle recommencera de se déplacer par rapport au chemin en hélice, et elle sortira par suite du bouchon, qui tombera à terre. — Ce tire-bouchon se vend chez M. Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre les crampes. — Au cours d’une marche tranquille, sans effort, sans ascension; plus souvent la nuit, lorsque vous êtes dans la phase de demi-sommeil, le corps étendu, alangui et prêt à partir dans le royaume des songes, tout à coup, une douleur brusque vous prend au mollet. Le muscle se durcit en boule et pendant quelques minutes qui semblent un siècle, on a la sensation la plus désagréable qu’on puisse imaginer, c’est la crampe.
- Le terme de vieux latin, crampus, s’emploie encore à l’étranger et a été francisé pour désigner la contraction douloureuse, involontaire d’un faisceau musculaire ou muscle tout entier. La crampe du mollet en est le type le plus saisissant ; elle cesse au bout de quelques instants, mais en laissant persister une douleur sourde, une sorte de lassitude et une certaine impotence du membre. Quand la crampe est extrêmement violente, il se produit très vraisemblablement de petites déchirures musculaires, car la douleur persiste assez longtemps ; c’est ce qui arrive dans la lésion qu’on a qualifiée de coup de fouet. La douleur est si brusque et si intense qu’il semble qu’on ait réellement reçu un coup violent. La crampe est fréquente au mollet, mais elle peut surserver dans tous les muscles ; elle est un signe de plusieurs maladies graves et s’observe comme complica-cation des névrites. Mais d’une façon générale elle est causée par la fatigue du muscle, par l’exercice de ce muscle dans une fausse position : telle est la genèse des crampes professionnelles, crampe des écrivains, crampe des pianistes. Le bras, mal appuyé sur le bureau, porte à faux et la main qui écrit nécessite de la part des muscles du poignet et de l’avant-bras une contraction plus forte et qui dégénère en spasme ou contracture. La crampe du mollet est due à un trouble de la circulation comme chez les sujets porteurs de varices, ce qui est fréquent, car les varices ne sont pas toujours des plus apparentes. Le trouble de la circulation est souvent accru, exagéré par une fausse position des jambes : flexion continue, prolongée, jambes croisées, pendant qu’on travaille. Je connais un homme de lettres qui ne
- f>eut écrire un article qu’en ayant une jambe repliée sous ui, comme les tailleurs : singulière manie, mais elle est réelle ; et je ne crois pas qu’il soit, plus qu’un autre, sujet aux crampes. 11 est certaines personnes, et je parle de sujets dans des conditions de vie et de santé sensiblement analogues, qui n’ont jamais ressenti ce pénible malaise; d’autres, au contraire, y sont fréquemment exposées.
- Que faire contre cette maladie ? tout d’abord supprimer la cause occasionnelle si elle existe ; repos s’il y a fatigue exagérée du muscle, bonne position de la jambe; éviter les flexions prolongées qui entravent la régularité de la circulation. Chez les variqueux, si les veines sont très distendues et les varices un peu douloureuses, porter des bas élastiques ou maintenir les tissus au moyen d’une simple bande de crépon roulée comme la jambière des soldats alpins; favoriser la circulation par des massages méthodiques et très doux. Au moment où la crampe survient, mettre la jambe en extension forcée, masser vigoureusement la boule produite par la contracture musculaire, avec ou sans produit alcoolique, car on n’a pas le temps de courir chercher un médicament quelconque. Ce massage, qu’il faut un peu énergique, amène en général au bout de quelques minutes la cessation de la crampe ; il faut alors le continuer quelque temps, mais moins fort, puis bander la jambe et garder le repos. Si la crampe persiste, le meilleur agent pour la faire céder est un courant faradique. Pour les crampes qui dépendent de lésions du système nerveux, névrites, affections médullaires, il faut traiter la cause première; ce n’est pas notre affaire, je n’ai en vue que la crampe ordinaire, la crampe du mollet. Dr A. C.
- La névralgie faciale. — Tout le réseau nerveux qui s’insinue dans les plus intimes replis de nos tissus peut être le siège d’irritations, d’inflammation, qui se traduit par des douleurs sous la forme dite névralgies. Depuis les plus gros troncs nerveux comme le nerf sciatique, jusqu’aux plus ténus comme les filets des extrémités
- des doigts, partout peut s’établir la névrite et apparaître la douleur.
- Le nerf trijumeau qui commande la sensibilité de chaque moitié de la partie antérieure de la tête n’échappe pas à ces irritations et la névralgie faciale s’observe souvent, tantôt limitée à un des rameaux du nerf, tantôt s’étendant aux trois branches et se caractérisant alors par des crises douloureuses paroxystiques qui dépassent tout ce que l’imagination peut rêver comme douleur; on a donné à cette forme le nom de tic douloureux de la face. Contre ces crises angoissantes, survenant avec des intervalles de moins en moins espacés, amenant de véritables accès épileptiformes, on a tout essayé. Les doses élevées de narcotiques arrivent à peine à soulager le malheureux victime de cette affection et l’on comprend, dans ces cas, les abus de la morphine.
- Devant l’insuccès des médications on a tenté des opérations audacieuses et qui ont, dans quelques cas, amené la guérison, souvent fourni uix répit de quelques mois ; c’est la résection du nerf trijumeau qu’on est allé chercher jusque dans les profondeurs de la face, à la sortie du crâne. On est arrivé jusqu’au ganglion d’origine, et par des méthodes d’une précision admirable, des chirurgiens habiles ont pu enlever le ganglion de Gasser. Ces tentatives chirurgicales hardies n’ont malheureusement pas donné toujours le succès qu’on attendait; des récidives se sont produites et le malade a dû être abandonné à son malheureux sort. Pour remédier à ces crises on a préconisé dans ces derniers temps des injections profondes d’alcool ou de substances calmantes et modificatrices portées à l’origine des troncs nerveux, aux orifices de la base du crâne. Ces procédés ont donné dans quelques cas de bons résultats, alors même que la névralgie avait résisté à des traitements chirurgicaux. On devra donc essayer ces injections, mais je tiens à faire connaître des résultats non moins heureux obtenus par des procédés encore plus simples. C’est au professeur Leduc, de Nantes, qu’on doit cette application de traitement aux névralgies, la pénétration dans l’économie de substances médicamenteuses par les courants électriques. Plusieurs cas de névralgie traités par l’introduction de l’ion salicylique avaient été guéris en quelques séances ; un malade, atteint de tic douloureux de la face depuis plus de trente ans, a obtenu le même bénéfice de cette méthode.
- Voici comment opère M. Leduc. Une grande anode, formée de douze épaisseurs d’un tissu de coton hydrophile, imprégnée d’une solution chaude à i pour ioo de chlorure de sodium, est appliquée sur un point quelconque du corps, à la jambe par exemple; la plaque métallique de l’anode est reliée au pôle positif. Une cathode, formée également de feuilles de coton hydrophile et reliée au pôle négatif, est appliquée sur le point douloureux, c’est-à-dire la moitié de la tête ; elle est imprégnée d’une solution chaude à x pour ioo de sali-cylate de soude. Ce dispositif réglé, on fait passer le coui’ant, très faible d’abord, puis graduellement plus élevé, de façon que le malade arrive à toléi'er uxx courant d’un à deux milliampères par centimètre carré d’électrode. Le courant passe pendant vingt, trente ou quarante minutes, puis on l’interrompt en descendant graduellement et sans secousses ; il ne faut pas qu’il y ait de sensation de piqûre ou de brûlure. En trois séances, un malade qui souffrait depuis des années, avait une vie intolérable, a vu disparaître son mal.
- Est-ce le résultat du courant électinque seul? c’est possible, mais peu pi'obable, car il y a longtemps qu’on a employé les courants continus dans la névi'algie faciale et le succès n’a pas été bien décisif dans maintes observations. La pénétration de l’ion salicylique par la voie électi'olytique a cei'tainement aidé à la modification du tissu nerveux et à la guérison du malade. C’est une méthode thérapeutique qui aura certainement d’auti'es applications.
- On a essayé, et je crois, si je ne fais erreur, M. Ber-gonié le premier, les rayons X contre ce tic douloureux. Un médecin italien, Gramegeia, a x'écemment publié un cas de guérison par la l’adiothéi'apie d’une de ces
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- névralgies atroces qui avait résisté à des opérations graves et multiples, résection du ganglion sympathique, du ganglion de Gasser, etc. En six séances les rayons X tirent disparaître les douleurs et sept mois après, la guérison ne s’était pas démentie.
- Voilà des faits très démonstratifs qui rassureront les malheureux atteints d’une névralgie aussi pénible ; ils seront assurés d’être soulagés et guéris par un traitement relativement simple.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- c$>£, Chimie
- Désinfection au chlorure de chaux. — Le Dr Schu-nacher a étudié les effets donnés par cette substance, et les a analysés dans Gesundheits-Ingenieur. Il estime que le chlorure de calcium est particulièrement indiqué pour les fosses d’aisance et les égouts des hôpitaux; à son avis, la meilleure proportion de désinfectant à adopter est d’une partie de chlorure pour 2000 d’eau d’égout brute ; d’ailleurs, de très bons résultats sont obtenus même avec une proportion de 1 à 5ooo.
- Point d’inflammation des huiles. — M. Rakusin a publié, dans Chemiker Zeitung, les résultats d’expériences intéressantes faites sur le point d’inflammation d’une série d’huiles. On a trouvé 2000 C. pour l’huile de coco, 2o5 à 225 pour l’huile de lin, 215 pour l’huile de colza, 225 pour l’huile de moutarde, 240 pour l’huile d’olive, autant pour l’huile de sésame, 25o pour l’huile de pavot, de a5o à 265 pour l’huile de chènevis, et enfin 255 à 270 pour l’huile de ricin. Ce sont des éléments précieux (combinés avec la densité) pour la reconnaissance des fraudes; justement l’adultération au moyen d’huile minérale s’accuse immédiatement par un abaissement du point d’inflammation.
- Purification du suif par l’acide sulfurique. — Quand on veut opérer sur une grande masse de suif, et qu’on ne craint pas de recourir à toute une installation, on peut épurer et clarifier le suif par traitement au moyen de cet acide. Pour cela, il faut disposer de deux récipients de bois revêtus intérieurement de plomb, placés l’un au-dessus de l’autre, et tous deux pourvus d’un serpentin à vapeur, le premier comportant de plus un agitateur. On verse le suif en fusion dans le récipient supérieur, et l’on y ajoute, en brassant, 2 pour 100 de son poids d’acide sulfurique additionné d’autant d’eau. Au bout d’une demi-heure, on fait passer la vapeur jusqu’à amener l’ébullition. On laisse alors écouler dans le récipient inférieur, on ajoute de l’eau chaude, et l’on continue le chauffage au moyent de la vapeur. On laisse reposer, et un robinet ad hoc permet d’évacuer l’eau. Il faut additionner à plusieurs reprises d’eau chaude jusqu’à disparition complète de l’acide.
- Clarification du suif. — Notre confrère Work conseille de faire fondre d’abord le suif dans un récipient ouvert, autant que possible à la vapeur (ou au bain-marie) ; puis de l’additionner, en remuant bien, de 1 pour 100 de terre à foulon; on maintient alors à l’état de fusion jusqu’à ce que cette terre se précipite en se séparant complètement du suif. Elle enlève avec elle toutes les matières en suspension, toutes les impuretés. On n’a plus qu’à décanter.
- Cellulose soluble. — Noter immédiatement que ce produit est essentiellement inflammable, dangereux à manipuler au-dessus de 38° C. Donc nous donnons la recette sous les réserves qui s’imposent. On met du papier ou de la pulpe de bois dans un récipient en poterie perforé, que l’on place dans un autre récipient contenant un bain fait de 66 parties d’acide sulfurique pur •concentré, 17 d’acide nitrique fort, autant d’eau; on maintient la température aux environs de 25° C. On retire le vase perforé au bout d’une demi-heure au plus, on laisse égouter et l’on plonge dans l’eau froide. On remue la matière dans l’eau, puis on la lave une heure à l’eau courante, en empêchant cette eau d’emporter le contenu du récipient. Finalement on ajoute un peu d’ammoniaque à l’eau, on lave à nouveau; on égoutte, on presse et on laisse sécher à chaleur modérée la cellulose nitratéc.
- c^tns. Métaux «s'*#)
- Alliages de fer. — MM. Barrett, Brown et Hadfield ont communiqué à la Société Royale de Berlin des observations intéressantes faites par eux au sujet des elfets physiques produits sur le fer par mélange avec les éléments divers qu’on trouve généralement dans ses alliages. La conductivité thermique et électrique du fer est diminuée par l’addition de carbone ou de manganèse, de faibles proportions agissant relativement plus que des teneurs élevées. Au même point de vue, l’aluminium a l’influence la plus considérable et le tungstène la plus faible ; le nickel a aussi une action analogue, mais bien moindre que le carbone ou le manganèse. La conductivité minima a été obtenue avec un alliage contenant 6g,36 pour 100 de fer, 25 de nickel et 5,04 de manganèse. A noter que la conductivité est accrue parle réchauffage.
- Métallurgie du plomb. — La Chemisches Central-hlatt indique favorablement une méthode Huntington Heberlein, pour l’extraction du plomb de son minerai. On chauffe à 7000 C. un mélange de galène et de chaux, on refroidit vers 5oo°, et l’on fait passer un courant d’air à travers la masse, ce qui donne un bioxyde de soufre. Le procédé est continu, l’oxygène atmosphérique agissant sur le minerai tant qu’il subsiste du soufre.
- Moyen de distinguer le fer de l’acier. — Le procédé, qui suppose qu’on se trouve en présence de métaux nettement distincts, et non pas de ces aciers qui voisinent de si près avec le fer et que produit la métallurgie moderne, est fort simple. Il suffit de laver le morceau de métal à essayer, puis de le plonger dans une solution de bichromate de potasse, avec addition d’une quantité considérable d’acide sulfurique. Au bout d’un instant, variant d'une demi-minute à une minute entière, on peut retirer le métal, le laver et l’essuyer. A ce qu’affirme notre confrère Work, les aciers doux et les fers fondus prendront une teinte gris cendré régulière ; les aciers trempés deviendront presque noirs, sans reflet métallique ; les fers puddlés et raffinés demeureront à peu près blancs, avec des reflets métalliques sur les surfaces qui auront subi antérieurement le travail de la lime, les autres surfaces présentant des points noirs irréguliers.
- Alliage fusible à 100°. — Il est connu sous le nom de métal de Newton, et se compose de 5 parties de bismuth, 2 de plomb et 3 d’étain.
- Divers
- Vernis pour linoléum. —Un vernis bon marché peut se préparer avec 80 parties en poids de gomme kauri, qu’on fait fondre seule d’abord, puis 40 P- d’huile de lin additionnée d’un siccatif classique, et qu’on a chauffée jusqu’à ébullition pour la mélanger ensuite avec la gomme kauri; on éclaircit finalement avec 120 p. de térébenthine, ou même avec du naphte.
- Instruments de mesure. — La maison anglaise Cambridge Scientific Instrument Company vient de combiner, sur le principe du bolomètre, un pyromètre destiné à mesurer l’intensité des radiations émanant des fourneaux.
- Bains antiseptiques à la soude. — Leur efficacité résulte d’expériences poursuivies par Behring et d’autres; il s’agit de solutions chaudes, qui, avec une teneur de i/5oe et une température de 6o°, détruisent en une minute les bacilles diphtériques et en 5 les bacilles tuberculeux.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un Intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. Carlos Sanlos, à Lisbonne, nous adresse une intéressante petite brochure intitulée Perfectionnement et simplification de la technique Iloent-gologique contenant la description d'un nouvel appareil de roentgothérapie, nommé par l’auteur radiolimitateur et qu’il emploie avec succès depuis deux ans.
- Renseignements. — M. A. G., à Toulon. — i° Vous trouverez un ouvrage de ce genre à la librairie Bérenger, i5, rue des Saints-Pères, à Paris. — a0 Vous pourriez peut-être essayer du carton ou de la toile d’amiante ; vous en trouverez à la Compagnie de l’amiante du Cap, il, rue de la Cerisaie, à Paris. Vous semblez désirer une feuille métallique ; adressez-vous à M. L. Boudreaux, 8, rue Hautefeuille, à Paris. Il fabrique des balais pour dynamos avec des feuilles métalliques qui pourraient peut-être vous être utiles.
- M. J. P., à Paris. — i° Les machines à coudre demandent pour fonctionner des moteurs électriques de 5o à ioo watts en général. Votre batterie d’accumulateurs nous paraît avoir une tension trop faible et serait obligée de fournir un débit élevé; à 8 volts, il faudrait 6 ampères. — 2° Vous trouverez des moteurs électriques de toutes puissances à la Société « l’Eclairage Electrique », 27, rue de Rome, à la Maison Bréguet, 19, rue Didot, à la C’° Electro-Mécanique, xi, avenue Trudaine, à Paris.
- M. R. N., à Paris.—Veuillez vous adresser àM. Cha-meroy, 117, rue d’Allemagne ; à M. Klepp, 54, boulevard Richard-Lenoir, à Paris, et à M. C. Hugot, 56, route d’Aubervilliers, à Pantin (Seine).
- M. E. Duflos, à Vitry-en-Artois. — L’administration à certainement dû prendre toutes les dispositions nécessaires. Pour être fixé complètement à ce sujet, il vous suffit de lui soumetti’e la demande que vous nous avez adressée.
- M. C.-G. Zissu, à Galatz. —Il est nécessaire de monter en dérivation aux bornes de votre dynamo une batterie de 60 accumulateurs en tension. Pour faire de la galvanoplastie, il vous suffira ensuite de brancher vos appareils aux bornes d’un ou de deux accumulateurs, de façon à disposer de 2 ou 3 volts.
- M. Durocq, à Issoire. — i° Pour éviter les effets des émanations oxydantes du gaz sur les outils, il faut les tremper dans un mélange d’huile de pétrole et d’huile d’olive ; il est nécessaire de répéter cette opération environ deux fois par an. — 20 C’est un projet complet d’installation électrique que vous nous demandez. Il nous est impossible de vous donner satisfaction. — 3° Il n’existe pas d’enduit spécial ; il est préférable de nettoyer surtout le réservoir.
- Mmo Vasseur, à Plomion. — Les pommes de terre et les carottes se conservent très bien par dessiccation. A cet effet, on les débarrasse complètement de leur enveloppe ou peau extérieure à l’aide d’un couteau; on les coupe en fragments allongés. On les nettoie, on les lave puis les échaudé pendant 20 minutes dans de l’eau bouillante salée ; ou bien on les soumet 5 minutes à l’action de la vapeur d’eau en vase clos. Autre procédé pour les pommes de terre : Peler, couper en tranches, jeter dans un vase renfermant de l’eau avec 2 ou 3 pour 100 d’acide sulfurique ; laisser les tranches 24 heures ; puis laver à grande eau et exposer sur des claies au grand air jusqu’à dessiccation.
- M. Oscar Wells, à Jemmapes. —Vous pourriez voir un bel exemplaire du grand Pingouin au musée d’Amiens. Cet oiseau est en effet une espèce fossile (alca impennis), disparue comme les Dinornis de Nouvelle-Zélande par le fait de l’homme, ainsi que l’ŒpiornyS de Madagascar. C’est un proche parent du petit pingouin ou pingouin commun qui vient hiverner chaque anixée sur nos côtes du, Nord-Ouest ; il est remarquable par des ailes rudi-
- xnentaires, utiles seulement pour la vie aquatique", natation et plongeon. Ce trait le rapproche du manchot, qui n’a plus du tout d’ailes.
- M. Ch. Lopez, à Milan. — Il existe un ouvrage qui pourrait peut-être vous convenir : Manuel des huiles minérales, par Magnier, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Pai’is.
- Mmo Jolivet, à La Varenne-Saint-lIilaire. — i° Les roses thé sont très nombreuses ; nous ne saurions vous les énumérer ici ; on les distingue par leurs couleurs et auèsipar leur parfum en différents groupes (blanc, carné, beurre frais, jaune nuancé aurore et saumon, etc.) — 20 La variété dite Souvenir de Mme Sablayrolles fait partie des roses thé jaune nuancé auroi’e et saumon. — 3° Consultez l’ouvrage la Greffe et la taille des rosiers, par Ch. Baltet, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Virgile Florian, à Gentilly. — L’ouvrage de M. A. Binet dont vous parlez est sans doute IJAme et le Corps, publié par la librairie Flammarion, place de l’Odéon, à Pai’is.
- M. Pecqueux, à Etrœungt. — Le calendrier chinois est luni-solaire, c’est-à-dire réglé sur les mouvements vrais du soleil et de la lune l’apportés au méridien de Pékin : année de 12 lunaisons ou mois parmi lesquels 011 intercale de temps en temps une lunaison supplémentaire pour rétablir l’accord des mouvements lunaires et solaires, ce qui donne deux types d’années, l’un de 354 ou 355 jours, l’autre de 383 ou 384 jours. L’année commence entre le 20 janvier et le 19 février (début de la lunaison au cours de laquelle le soleil entre dans le signe zodiacal des Poissons). Les années se répartissent en cycles de 60 ans, formés chacun de deux cycles, l’un de dix ans, répété 6 fois, l’autre de douze, répété 5 fois, ce qui nécessite deux caractères pour chaque année où l’on se trouve. Les mois n’ont pas de nom propre, mais un numéro d’ordre et l’on distingue entre eux les petits (29 jours) et les grands (3o jours). Dans la vie courante les années se comptent depuis l’avénement au trône de l’empereur régnant.
- M. II. Wood, à Bognor. —1° Il existe, en effet, divers types de laitons. Les pincipaux sont : Laiton de Romilly, destiné au travail au marteau (cuivre : 70 ; zinc : 3o) ; laiton de Stolberg, pour les ustensiles de ménage, les chaudières (cuivre : 65,86; zinc : 3i,8o; étain : o,2oj; laiton anglais, pour le travail au marteau (cuivre : 70,29 ; zinc : 29,26; étain 10,17; plomb : 0,28); laiton de Jemmapes, pour les tourneurs (cuivre : 64,60; zinc : 33,70; étain : 0,20; plomb : i,5o); laiton des doreurs, pour les bronzes dorés (cuivre : 60 à 66 ; zinc : 37 à 3i; étain : i,3 à i,4; fer : 0,7 à 0,9); laiton des armuriers, pour les garnitures d’armes (cuivre : 90,40; zinc : 8,00; étain : 0,00; plomb : 1,60); laitons des horlogers, pour les roues de montre (cuivre : 80,00 ; zinc : 17,00; étain: 3,00). — 20 La chrysocale est un alliage de cuivre (86 à 88), de zinc (8 à 6) et d’étain (6) qui sert à la fabrication de faux bijoux.
- M. Norbert Mauduit, à Casteljaloux. — Fabrication des encres d’imprimerie : voyez l’ouvrage de Victor Schweizer La distillation des résines, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris.
- Ag. Leucothoé, à Salonique. — Pour la fabrication du baume du Canada vous pourriez consulter Fabrication des vernis, par Naudin, librairie Masson et Cia, 120, boulevard Saint-Germain, et une note de Tschirch et Bru-ning Sur la térébenthine du Picea vulgaris dans le Moniteur scientifique 1901, p. 703.
- Accusés de réception, — Avis divers. — M. L. Simon, à Paris. Ce produit a été longtemps en vente rue de Rivoli; il ne se fabrique plus depuis quatre ou cinq ans. — M. Ch. Grégoire, à Versailles. La question doit être examinée sur place par un jardinier. —M. II. Deharbes, à Meaux. Voyez pour ces renseignements les volumes 2 et 4 des Recettes et Procédés utiles, librairie Masson et Cie. — Mma F. Gillon, à Coutances. Voyez le même ouvrage, 4e série, même librairie. — M. Carlos Santos, à Lisbonne. Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 avril .... 0°,2 N. N. E. 2. Beau. » Gelée bl. ; peu nuag. de 8 h. à 15 h. ; beau av. cl après.
- Mardi 5 5°,1 E. N. E. 1. Beau. » Gelée blanche; beau.
- Mercredi 4 4U,1 E S. E. 2. Beau. » Gelée blanche; beau.
- Jeudi 5. 5,0 S. S. E. 2. Nuageux. 0,5 Gelée bl.; nuageux de 6 b. à 14 b. ; couv. ensuite ; halo à 12 h.; petite pluie à 21 b.
- Vendredi 6 10°, 2 S. S. VV. 2. Très nuageux. ” Très nuag. le m. ; nuag. le s. : halo à 18 b. et halo à 19 b. 40.
- Samedi 7 6°,1 N. 2. Beau. “ Rosée; peu nuageux.
- Dimanche 8 6°,5 N. 2. Beau. “ Gelée blanche ; beau.
- AVRIL 1906. — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 AVRIL 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri A boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. —- Le temps a été beau, mais un peu froid à Paris dans la semaine du 2 au 8 avril. La pression était très élevée le a avril dans le Nord de la France, où elle atteignait 775 mm. Mais des vents ont soufflé des régions Est sur la Manche et la Méditerranée. Le thermomètre marquait le matin o° à Paris, 20 à Nantes, 3° à Lyon, 70 à Toulouse, 120 à Alger, — 20 au Puy de Dôme, — 4° au Pic du Midi, —90 an mont Mounier. Dans la banlieue de Paris, la température minima est descendue à — 4° à Villepreux, et la gelée blanche était générale. Le 3 avril, le beau temps a persisté en France; à Paris, à midi, la pression barométrique était de 770,9 mm. La température a monté sur nos régions ; elle était 4° à Lyon, 5° à Paris, 6° à Toulouse, 8° à Perpignan, 140 à Alger, 3° au Puy de Dôme, — i° au mont Aigoual, — 4° au Pic du Midi. A Paris, la température moyenne a été 90,4, supérieure de i°,4 à la normale qui est de 8°. Le 4 avril, les fortes pressions qui couvraient l’Europe centrale se sont déplacées vers l’Est. Sur nos côtes de la Manche et de l’Océan, le vent est faible et souffle des régions Est. La température était le matin de 20 à Nancy, 4° à Paris, 8° à Bordeaux, i5° à Alger, x° au Puy de Dôme, —3° au Pic du Midi, —120 au mont Mounier. A Paris, le baromètre marquait 766,6 mm; on a signalé vu peu de gelée blanche dans la banlieue. Le 5 avril les basses pressions se portent à l’Ouest de l’Europe ; une zone inférieure à j55 mm s’étend de l’Ouest de la Bretagne jusqu’au Nord de l’Ecosse. Le vent souffle fort de l’Est sur la mer Méditerranée; il est faible d’entre Est et Sud sur la Manche et l’Océan. On a recueilli
- 47 mm d’eau à Perpignan, 10 mm à Belfort, 8 mm à Port-Vendres. A Paris, le ciel était nuageux le matin; il est même tombé quelques gouttes vers yh 3o. Un vent soufflait modérément du Sud. La température était le matin 20 à Belfort, 5° à Paris, 8° à Lyon, 120 à Biarritz, 160 à Alger, o° au Puy de Dôme, —6° au Pic du Midi, — io° au mont Mounier. Le 6 avril, la pression barométrique s’est relevée sur le continent, et notamment à l’Ouest. Un vent fort du Nord a passé sur la Bretagne. Des pluies sont tombées à Perpignan (39 mm d’eau), à Marseille (27 mm), à Limoges (i5 mm), à Cherbourg (5 mm), à Toulouse (4 mm). A Paris, de faibles ondées sont tombées dans la nuit du 5 au 6 avril, de 9 heures du soir à 5 heures du matin. La température a été élevée sur nos régions ; on observait le matin 70 à Clermont, 8° à Brest, io° à Paris, io° à Nancy, —20 au mont Aigoual, — 6° au Pic du Midi. Le 7 avril, la pression barométrique a été très élevée sur toute l’Europe ; elle dépassait 770 mm sur la Méditerranée et accusait 771,6 mm dans la région parisienne. La mer était belle dans la Manche, et houleuse à la pointe de Bretagne et à Port-Vendres. Il est tombé 6 mm d’eau à Perpignan, 4 mm à Biarritz, 2 mm à Marseille, 2 mm à Limoges, 1 mm à Clermont. La température n’a pas beaucoup varié. On observait le matin 5° à Brest, 6° à Paris, 6° à Toulouse, 90 à Besançon, i° au Puy de Dôme, — i° au mont Ventoux, — 5° au Pic du Midi. Le minimum le 7 avril était 7°,2 à la Tour Eiffel à 6 heures du matin. Le 8 avril, la pression barométrique est demeurée élevée. Un vent du Nord a soufflé sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée. La température est demeurée la même.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 2, à 4 h- n m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LÀUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J- LAFFARQUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- Tout ce qui concerne VAdministration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cic, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N“ 1718 (28 AVRIL 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
- École nationa'e d’arts et métiers à Paris. — Le
- Journal officiel vient de publier la loi qui crée à Paris une école nationale des arts et métiers.
- Éclairage. — Une Compagnie de Glasgow, dite Anglo-Swedish Lighting and Heating Syndicate, vient de lancer une lampe à huile de paraffine toute nouvelle pour l’éclairage des rues. L’huile est enfermée dans un réservoir disposé dans le pied de la lampe : en haut de ce réservoir est un cylindre contenant de l’acide carbonique comprimé ; à l’extrémité opposée se trouve une chambre pouvant contenir environ 8 à 9 litres de l’huile qu’elle reçoit automatiquement du réservoir ; le cylindre à gaz lui est relié par une soupape réductrice de pression. Un tube fin conduit au brûleur. L’huile est lancée par la pression du gaz dans ce tube, elle se vaporise, passe par un ajutage et se mélange à de l’air sous un manchon. La consommation d’huile serait seulement de 4,5 litres pour 4^ heures, pour une intensité lumineuse de ‘200 bougies.
- Gisements de tantale. — Si nous en croyons une élude spéciale publiée par la Revue allemande Zeitschrift für angewandte chemie, les gisements où l’on rencontre dès maintenant des minerais de tantale et de niobium sont assez nombreux pour qu’il n’y ait aucune inquiétude sur la facilité de se procurer ces nouvelles substances pour les applications qu’on leur trouve de jour en jour.
- Un nouveau tunnel sous rivière. — On va l’établir sous l’Elbe et à Hambourg, pour permettre des communications faciles entre les deux rives du fleuve : la ville proprement dite se trouve bien sur la rive droite à peu près dans son ensemble, mais les usines, les entrepôts, le port meme se rencontrent en réalité sur la rive sud. Les entrées de ce. tunnel auront un diamètre de. 21 m. environ, elles contiendront des escaliers et 6 ascenseurs, dont 4 pour les véhicules ordinaires ; il est probable que le tunnel sera partagé en deux galeries, chacune desservant un trafic dans un sens unique; -chaque galerie tubulaire aura un diamètre de 4>8o m. Piétons, comme voitures, payeront un péage pour traverser le tunnel.
- La houille blanche au Danemark. -7- Le Danemark est un pays plat; les chutes d’eau n’y sont pas nombreuses. Les Danois n’ont donc pas de houille blanche; mais, comme ils en ont besoin, ils vont aller la chercher en Suède. Des ingénieurs danois vont capter l’énergie hydraulique d’un fleuve suédois, le Laga, qui prend sa source sur le plateau de Smaaland, coule rapide, et se jette dans la Baltique. Cette rivière, qui a un parcours
- de 35 kilomètres, forme deux chutes. L’une de celles-ci, le Katefaes, qui a 10 mètres de haut, est située à 1,5 kilomètre de l’embouchure. Les Danois y installeront une usine, qui, par des câbles électriques sous-marins, transportera la puissance à Helsingborg et à tous les points de la côte danoise qui voudront l’utiliser.
- Chargement rapide du charbon. — Le croiseur Terrible, de la Marine britannique, vient de battre, à Bombay, le record de la rapidité pour le chargement du combustible nécessaire aux navires de guerre. Le mois dernier, ayant fait escale aux Indes pour faire du charbon, ce navire a pu prendre livraison de n5o tonnes de charbon, à raison de i53 tonnes par heure, c’est-à-dire que l’opération totale demanda environ sept heures et trente-cinq minutes. Le record précédent était 102 tonnes par heure.
- Industrie du lignite. — L’Allemagne possède de vastes gisements de lignite, et les utilise en grande partie en transformant ce combustible en briquettes. Cette industrie augmente constamment : en 1894, la production de ces briquettes ne dépassait pas 3i4ooo tonnes dans le Bassin du Rhin; elle atteint aujourd’hui 1 674 000 tonnes.
- Appareils d’extraction dans les mines. — Le professeur John Perry s’est préoccupé ces temps derniers des ruptures trop fréquentes qui se produisent avec les câbles d’extraction, quand une cage descend et que la machine vient à être arrêtée brusquement : il est évident que l’inertie devient redoutable, exerce une traction dangereuse, surtout si le câble est court. Comme l’accrochage par l’intermédiaire d’un ressort est impraticable, on propose de ne pas faire passer directement le câble du tambour d’enroulement au puits ; il irait tourner sur une poulie chargée par des ressorts : et si un accident se produisait, ce serait cette poulie qui viendrait arrêter le mouvement de la cage en exerçant sur elle un effort à peu près constant.
- Docks de carénage. — La Maison Blohm und Voss, de Hambourg, vient de traiter pour la construction d’un dock ‘flottant énorme : il aura une puissance de soulèvement de 355oo tonnes, et pourra recevoir les plus gros navires marchands actuels. On l’installera à Hambourg, mais il sera disposé pour pouvoir, en cas de guerre, descendre jusqu’à l’embouchure du fleuve par ses propres moyens, et servir aux réparations de la flotte de guerre sans aucune perte de temps.
- Nouvelles études hydrauliques officielles. — Le
- Comité d’études scientifiques près la direction de
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- INFORMATIONS
- l’hydraulique et des améliorations agricoles au Ministère de l’Agriculture (institué le Si mars igo5) a tenu le 4 avril 1906 sa réunion géuérale annuelle sous la présidence de M. Ruau, ministre de l’agriculture. M. Dabat, secrétaire général du Comité et directeur de 1 hydraulique agricole, a lu un compte rendu sommaire de la-première session, c’est-à-dire des travaux exécutés en kjo5 par les rapporteurs des onze sections constituées l’année dernière (V. La Nature, u° 1664, *5 avril ig°5> informations, p. 77 et n° 1669, informations, p. 98), travaux qui pour la plupart seront publiés in extenso dans les annales de l’hydraulique agricole. Puis le ministre a constitué six nouvelles sections pour 1 étude des questions suivantes : 120 Étude générale des eaux souterraines en France (président M. Michel Lévy); i3° Profil en long des. cours d’eau (président M. Pochel) ; 14 Étude des glaciers des Alpes et des Pyrénées (présidentM. Ch. Rabot) ; i5° Observations nivimétriques en France (président M. Angot) ; 160 Épandage des eaux d’égout de Paris (président M. Bordas); 17° Exploitation des marais pour la production des joncs et pailles des marais. Un 18° sujet de recherches, béliers hydrauliques actionnés, par de petites chutes d’eau, a été confié à la 11° section déjà existante, l’utilisation du vent pour les adductions d eau potable. Comme en 1905, des crédits importants seront obtenus pour ces recherches diverses, qui entrent ainsi définitivement dans le domaine des travaux officiellement conduits et exécutés par le gouvernement.
- L’éruption du Vésuve. — Après une accalmie, que nous avons signalée dans les Informations du n° 17 17 » l’éruption de la lave a recommencé le 10 avril, à 5 heures du matin. La pluie de cendres est tombée de nouveau sur les communes vésuviennes, notamment à iorre-del-Greco. Le directeur de l’Observatoire Vésuvien a fait connaître que dans la nuit quelques explosions assez fortes se sont produites, surtout vers 4 heures. Les instruments sismographiques de l’Observatoire ont indiqué une forte agitation intérieure. La couche de cendres tombée sur Naples est encore très élevée.
- Omnibus automobiles à Paris. — On annonce que c’est définitivement le i5 mai que feront leur apparition à Paris les omnibus automobiles, dont il a été tant de fois question. La première ligne sera la ligne Saint-Germain-des-Prés-Montmartre. Viendra ensuite la ligne Hôtel-de-Ville-Neuilly pour remplacer la ligne Hôtel-de-Ville-Porte-Maillot.
- Le plus grand cuirassé du monde. — Les Américains, au comité de la Chambre à Washington, ont présenté un rapport pour la construction d’un nouveau cuirassé de 20 5oo tonnes et qui pourrait atteindre la vitesse de 21 nœuds. Son armement comprendrait douze.canons de 3o centimètres et plusieurs canons de 7,5 centimètres à tir rapide.
- Nouveau procédé pour gonfler les ballons. —-
- M. Georges Jaubert vient d’inventer un nouveau procédé pour le gonflement des ballons, procédé qui a été présenté à la Société française aérienne. Le procédé consiste à capter l’hydrogène dans un métal tel que le calcium, en faisant passer un courant d’hydrogène sur du calcium chauffé par un courant électrique. Ce gaz s’emmagasine dans la proportion d’un mètre cube par kilogramme et forme le nouveau produit appelé hjdro-lithe. La dépense d’énergie électrique est environ de 1 kilowatts-heure et demi par mètre cube. L’hydrolithe présenté, compris les prix d’énergie électrique et de l’hydrogène, revient à 10 francs le kilogramme; ce prix n’est pas très élevé. Le poids à transporter serait réduit au vingtième de sa valeur actuelle. 11 faut aussi compter sur une plus grande sécurité dans le transport. L hydrogène n’est mis en liberté qu’au moment de l’emploi, sous l’action de l’eau. Des expériences de gonflement et. de lancement de ballons doivent être entreprises prochainement.
- Aérostation. — Le ier avril, MM. de La Vaulx et Charles Levée, aéronautes français, ont fait une première ascension à West-Point, dans l’Etat de New-York. Ils ont d’abord essuyé une rafale au point de départ, puis ils ont traversé l’Hudson, et ont atterri à distance de près de i3 kilomètres.
- Décès. — Ori annonce la mort, à l’âge de 70 ans, de M. Charles, Porgès, ancien banquier à Paris, cheva-
- lier de la Légion d’honneur. C’est M. Porgès qui en i883 fonda la Compagnie continentale Edison, pour entreprendre l’éclairage électrique à Paris.
- Nitrates du Chili. — Les grandes compagnies nitrièrcs du Chili ont renouvelé pour trois ans leur trust limitant le maximum de leurs expéditions à 45 millions de quintaux. En 1995, ces expéditions se sont élevées à 3g millions de quintaux.
- Café du Salvador. — La récolte de café du Salvador en igo5 a été de 33 millions de kilogrammes. Cette substance est la pi'incipale richesse de celte petite république et constitue les trois quarts de ses exportations.
- Pertes de l’industrie pétrolifère à Bakou. — Les
- ruines causées à Bakou par la révolution russe de igo5 viennent d’être évaluées séparément par les sociétés industrielles et par la commission officielle. Bien que cette dernière ait eu une tendance naturelle à atténuer les chiffres et ait, par exemple, laissé de côté systématiquement les simples détériorations des puits bouchés, etc., les destructions de matériel accessoire, etc., les chiffres sont, des deux parts, très considérables. Le nombre des puits détruits est évalué également à 60 pour 100 du total, et leur production par jour à 920000 pouds (de 16,38 kilogrammes). En ce qui concerne les pertes en argent immédiates, si nous adoptons les chiffres des industriels, nous trouvons 28700000 roubles (de 2fr,5o) pour la valeur des appareils détruits et i3 3oo 000 roubles pour l’accroissement de prix des matériaux viennois à la reconstruction (charpentes, fers, etc.).
- District pétrolifère de Qrosnyi. — Ce district, sur le flanc Nord du Caucase central, au N.-E. de Wladikau-kas, a produit, en 1904, 4° millions de pouds (16,38 kilogrammes) d’huile minérale contre 33 en 1903 et 35 en 1901. On pourra arriver prochainement à 5o millions.
- Un établissement de destruction des cadavres d’animaux. —• L’établissement d’équarrissage de Berlin disparaîtra le ier avril 1907. Un établissement de destruction des carcasses d’animaux à Blankenfeld, au Nord de Berlin, le remplacera et coûtera un million et demi de francs. L’abattoir central livre environ n5 quintaux de matière cadavérique à détruire quotidiennement. Les carcasses seront transportées à l’établissement dans des wagons plombés ; les carcasses seront coupées en quartiers, portées immédiatement dans les appareils d’extraction thermo-chimiques. Les eaux résiduaires seront mélangées aux eaux usées de Berlin avant d’être répandues sur les champs ; elles ne sauraient souiller les champs d’épandage. L’autorité a déjà, au cas où elle accorderait l’autorisation, signifié les prescriptions sanitaires rigoureuses qu’il y aurait lieu d’appliquer et les précautions hygiéniques à prendre, pour sauvegarder la santé des ouvriers équarisseurs.
- La nationalisation des forces motrices hydrauliques. — Tous les pays qui possèdent d’abondantes chutes d’eau prennent des mesures pour que ces sources d’énergie électrique ne soient pas aliénées au détriment des industries nationales. En Suisse le Conseil national a voté, à une très grande majorité, une loi réservant l’emploi des forces hydrauliques à l’exploitation des chemins de fer qui pour la plupart appartiennent à la confédération, ainsi qu’à l’industrie suisse. De minutieuses précautions sont prises pour empêcher les dérivations à l’étranger de l’énergie électrique produite par les forces hydrauliques situées sur le territoire de la confédération afin que ces dérivations ne puissent être .employées par les industries concurrentes de l’industrie nationale. En Suède, où les cascades sont encore plus nombreuses et plus puissantes qu’en Suisse, un projet est soumis aux Chambres afin d’autoriser le gouvernement à acquérir les forces hydrauliques appartenant aux particuliers et qui peuvent être utilisées pour la traction des chemins de fer de l’État. A cet effet un crédit de 7 millions est demandé. Le gouvernement suédois se propose d’employer les puissantes chutes de Trollhàltan à la création d’une station centrale qui distribuerait la force motrice dans un rayon très étendu. Enfin en Norvège le Parlement se préoccupe également d’empêcher l’accaparement des forces hydrauliques par les étrangers. Toute chute d’eau susceptible de produire une puissance de plus de 1000 chevaux ne serait concédée sans intervention du gouvernement.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- c®*s. Vînmes et crayons
- Plume stylographique. — Cette nouvelle plume est construite d’après un principe très juste, et très simple. Le porte-plume est traversé dans toute sa longueur d’une vis sans fin sur laquelle est un piston étanche. On peut faire déplacer la vis par une roue à molette placée à l’extréniité. En avançant, le piston.i*efoule l'encre vers la plume; en revenant en arrière, il aspire l’encre dans la plume. La roue molelée est d’abord tournée à gauche
- Plume stylographique.
- et à fond ; on trempe la plume dans l’encre et on tourne la roue moletée à droite. Ce mouvement a pour but d’amener le piston en arrière et de remplir d’encre le réservoir par aspiration. Il suffît ensuite de tourner légèrement à gauche la roue moletée pour refouler dans ia plume l’encre nécessaire pour écrire. Lorsqu on a fini, on tourne à droite la roue moletée. Un chapeau protège-plume se place à l’extrémité opposée pendant que l’on écrit; ce chapeau se dévisse au milieu et porte une petite brosse qui permet de nettoyer la plume. — Cette plume se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Bague porte-crayon. — U est difficile de garder longtemps à la main un crayon, lorsqu’on s’en sert d’une manière qui est presque continue, mais qui cependant ne l’est pas tout à fait. Ilfest également des cas où l’on doit avoir le doigt libre, comme lorsque l’on effectue divers essais ou expériences, et où cependant il faut
- Bague porte-crayon.
- presque en même temps avoir le crayon à la main pour noter les résultats des expériences. -Un fabricant, M. Bonnefils, vient d’imaginer un petit aj^pareil qui sera utile à cet effet. L’appareil consiste en un petit anneau que l’on passe dans le doigt, et qui porte au-dessus, comme le montre notre dessin, un système qui maintient le crayon. — La bague porte-crayon se trouve chez M. L. Bonnefis, à Valence d’Agen (Lot-et-Garonne).
- Divers
- Table à pieds démontables. — Le dispositif est indiqué plus spécialement pour une table, mais il peut rendre des services dans bien d’autres cas. Toujours est-il qu’il est heureusement combiné pour qu’une table tienne aussi peu de place que possible, ce qui est souvent utile. Le dispositif en question a été imaginé par un amateur anglais dont nous ne connaissons pas le nom. Nous supposons une table en forme de rectangle, et nous ne donnons que la vue de son plateau, vue prise par en dessous ; d’autre part, nous reproduisons à plus grande échelle un des coins du châssis disposé sous ce plateau, au point précisément où la partie supérieure d’un pied vient se monter. On a fixé sous le plateau l’espèce de cadre, de châssis dont nous venons de parler, et dont les quatre côtés, formés de planches normales au-dessous du plateau, comme de coutume, présentent cette particularité de 11e pas se rejoindre : entre chaque côté longitudinal et son voisin le côté transversal, il y a'tu*
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- espace libre correspondant exactement au logement nécessaire pour la partie supérieure d’un pied de la table, dont la forme quadrangulaire classique est respectée, sauf ce qui doit être l’angle intérieur, qui est abattu. Nous allons voir pourquoi cet angle est abattu. Pour donner toute solidité au châssis, bien que les quatre planches constitutives ne se joignent point, non seulement on colle ces planches sous le plateau, mais on les fixe par des vis convenables. De plus, on dispose entre elles, vers leurs extrémités, et comme le montre la figure de détail, des entretoises de bois qui sont reliées aux planches par les vis à bois indiquées dans le dessin. Chaque enlretoise va également donner appui à un pied de la table, en permettant à des vis de solidariser la portion supérieure des pieds avec les entretoises. Le dessin fait à peu près suffisamment comprendre comment les choses sont disposées. Un trou est percé dans l’entretoise oblique B, le pied vient se loger entre les planches A, et il est ajusté pour qu’il y porte bien d’équerre ; mais il est percé lui-même d’un trou correspondant au trou de l’entretoise ; et si l’on introduit dans
- Table à pieds démontables.
- les deux trous une vis à bois, portant à son autre bout un filetage pour tin écrou, que l’on enfonce d’abord la partie formant vis à bois dans le haut du pied, puis qu’on tourne l’écrou jusqu’à serrage complet, le pied sera solidarisé intimement avec l’entretoise, le châssis, et le plateau de la table par suite. Si un peu de jeu se produisait, on le supprimerait en resserrant l’écrou ou en enfonçant davantage la vis dans le bois du pied. D’ailleurs, quand on a démonté les quatre pieds, rien n’est plus simple que de les placer sous le plateau de la table, en les y maintenant au besoin au moyen de clavettes quelconques.
- Escabeau ou selle démontable. — On pourrait même dire table démontable : le but poursuivi consiste à réunir des pieds verticaux à un plateau, de façon pour ainsi dire instantanée, en permettant le démontage le plus facile, et en assurant pourtant une solidité complète à l’ensemble une fois monté. Les quatre pieds sont réunis par des sortes d’entretoises formées de lattes dont nous n’avons pas grand’chose à dire, sinon qu’elles oscillent par en haut autour d’une vis .fixée dans le pied et leur permettant de pivoter, et que, par en bas, elles présentent un trou où l’on peut faire pénétrer une petite tige de fer ronde entrant dans le pied à bonne hauteur.
- Ce qui est particulièrement ingénieux, et nous en ferons honneur à un Anglais M. Boxall, c’est la façon dont lé plateau vient se rattacher aux quatre pieds : c’est par l'intermédiaire de quatre charnières, comme nous en montrons isolément une dans la figure qui accompagne 1 pes lignes, Chacune dp ces charnières comporte dans
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- une de ses parties les trous de vis classiques qui permettent de la lixer sous le plateau ; mais l’autre partie présente un trou rond se continuant par une glissière.
- Et comme le haut de chaque pied porte un écrou à oreilles, ainsi que l’indique, un autre dessin de détail, on commence par faire entrer la queue de l’écrou par le trou rond, puis on glisse la tige le long de la glissière, et si l’on vient à serrer l’écrou en agissant sur les oreilles, la plaquette de la charnière est solidement pincée et maintenue en place sous le plateau, suivant l’angle convenable pour que le bout du pied vienne appuyer Escabeau ou selle démontable. SOUS le plateau. L’as-
- semblage est solide, et pourtant le démontage se fait en un tour de main par desserrage des écrous, glissement de la queue de l’écrou dans la glissière, puis séparation des pieds par repliement des entretoises, une fois leur bout inférieur dégagé de la petite tige de fer.
- cjg'jsS, Poules ^§î>
- Un nid pour les poules qui mangent leurs œufs.
- — C’est un petit appareil bien simple à construire en suivant les indications données par la figure ci-jointe. Le plancher de la boîte ouverte formant le nid, est constitué de deux planchettes, dont l’une est fixe et inclinée suivant une pente suffisante pour qu’un œuf placé en un point quelconque de cette planchette ait tendance à rouler jusqu’en bas du plan incliné, si rien ne vient l’arrêter. La seconde planchette est montée sur une tige transversale qui lui serf de pivot d’oscillation; mais
- comme on a disposé à sa partie arrière, et en dessous, un contrepoids, normalement elle est relevée à peu près horizontalement, tant qu’aucun poids ne vient peser sur sa portion antérieure. Mais supposons une poule entrant dans le nid pour pondre : elle pèsera forcément sur la partie antérieure de cette planchette, qui prendra Ja position inclinée, c’est-à-dire que si elle pond un œuf, celui-ci sera temporairement maintenu sur la pente par la partie tout à fait antérieure de la planchette. Par contre, dès que la poule va quitter le nid, ce qui se produit toujours, car si elle mange ses œufs elle ne le fait généralement pas tout de suite, la planchette va se relever, l’œuf glissera par l’ouverture et ira tomber et en rejoindre peut-être d’autres à l’intérieur de la boîte, là où l’on a disposé de la paille pour amortir le choc; quand la poule rentrera de nouveau, non seulement elle ne pourra atteindre la boîte, mais encore elle fermera l’ouverture communiquant avec cet intérieur par l’action seule de son propre poids.
- Nid pour poules.
- On se procure un tube de verre de quelques 17 à 18 centimètres de long pour un peu plus d’un centimètre de diamètre; on le ferme à la lampe à une de ses extrémités, puis 011 le courbe en forme de J, en ne donnant qu’une longueur de 5 cm. environ à la plus petite branche de ce J. On verse dans ce tube de l’éther, de façon qu’il occupe une hauteur de 1 cm. 1/2 à peu près dans la partie fermée du tube, si on ramène ce tube dans la position ad hoc, après avoir versé l’éther naturellement alors qu’il était dans une position inverse. On verse ensuite dans le tube assez de mercure pour que le plein se fasse jusqu’à 3 cm. 1/2 de l’ouverture ; le mercure, en vertu de sa densité, chasse l’éther, qui monte à la partie supérieure, le J se trouvant dans sa position normale. Il faut arriver à ce que cet éther retourne prendre place dans la portion scellée du tube, dans le bout de la petite branche, et, pour cela, il suffit de poser le doigt à l’ouverture du tube et de renverser ce dernier sens dessus dessous : la faible densité de l’éther le fera remonter dans l’extrémité de la branche scellée, tout simplement parce qu’il a tendance à monter par-dessus le mercure. Celte fois® il demeurera en place, quand on va remettre le tube dans la position du J. On pressent que c’est l’expansion de cet éther sous les variations de température qui va transmettre le mouvement que l’on désire obtenir du levier qu’il s’agit de commander. Rien de plus simple. On taille un bouchon de manière qu’il pénètre avec du jeu dans la partie supérieure du tube, au-dessus du mercure, et on fixe à ce bouchon un fil métallique que l’on rattache, d’autre part, au levier à commander. Lorsque l’éther se dilatera, il soulèvera le mercure, et par suite le bouchon, le fil métallique remontera, et le levier oscillera, si l’on a eu soin de l’équilibrer, car alors un mouvement de bascule se produira immédiatement; de même qu’il suffira que la poussée du mercure cesse, par suite de la contraction de l’éther, pour que le levier retombe de lui-même, en laissant le bouchon descendre à la suite du mercure.
- Commande d’un levier
- Préservation des tuyaux d’eau contre la gelée. —
- Il s’agit des tuyaux et des canalisations placés le long des murs, car il est rare que dans la terre la gelée soit à craindre. On peut se contenter de les abriter au moyen de planches disposées comme nous le montrons, deux perpendiculairement au mur qui porte le tuyau, et une autre normalement aux autres et formant couvercle. On
- Préservation des tuyaux d’eau.
- Appareils pour la température
- Pour commander un levier suivant les changements de température. — Le dispositif, simple et ingénieux, a été imaginé plus spécialement pour régler le chauffage d’une couveuse artificielle ; mais il peut s’appliquer à bien d’autres usages. Nous en indiquerons seulement le principe, en laissant au lecteur le soin d’en réaliser certaines applications.
- constitue de la sorte un matelas d’air excellent et isolant ; du reste, on fait bien de fixer par des vis la planche que nous avons appelée le couvercle, parce que cela donne le moyen de l’enlever aisément, si l’on a besoin de visiter la canalisation. Mais il peut arriver que le matelas d’air soit insuffisant, ou du moins qu’on redoute son insuffisance. Alors il faut entourer le tuyau d’une certaine épaisseur d’un feutrage grossier, qu’on serrera et maintiendra en place à l’aide de cordelette qu’on peut avantageusement employer goudronnée.
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- HYGIENE ET SANTE
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- L’hygiène des courettes. — L’idéal des constructions urbaines serait de ne pas dépasser deux étages, d’être entourées de larges cours ou de jardins, comme on le voit dans les campagnes, comme on le voit dans quelques quartiers de Londres. Autant, n’est-ce pas, demander la lune que de songer à cela pour Paris où le prix du terrain varie, suivant les quartiers, de 200 à 2 et 3ooo francs le mètre. Pour se rattraper, le propriétaire élève le plus grand nombre d’étages possible ; l’architecte réduit les espaces libres ail minimum ; de là ces cours qui, sous le nom de courettes, ne sont plus que des puits sans air, sans lumière où certaines pièces sont censées prendre jour. J’en connais qui n’ont pas a mètres carrés. Les règlements d’hygiène divisaient les courettes en deux catégories : celles qui n’avaient pas plus de 4 mètres de superficie ne devaient servir qu’aux escaliers, aux cabinets d’aisance ; celles qui dépassaient ce chiffre et sur lesquelles pouvaient s’ouvrir les cuisines. Depuis 190a les règlements n’admettent plus qu’une catégorie de courettes ayant au moins 8 mètres de superficie. Mais ces règlements ne font pas que les anciennes, petites, étroites, n’existent pas, et ne soient le réceptable de toutes les poussières, de toutes les odeurs échappées de cabinets d’aisances plus ou moins, toujours moins que plus, entretenus en état de propreté, des plombs, etc. Notez que ces courettes, véritables entonnoirs de i5 et 20 mètres de profondeur, sont dans la plupart des cas des plus mal ventilées et dès lors on voit s’y accumuler toutes les poussières qui voltigent dans l’air ou qu’y sèment, à grands coups de balais ou de cannes, les concierges en nettoyant les escaliers, les locataires en secouant les tapis, les descentes de lit.
- Le Dr Claisse s’est demandé, en attendant l’âge d’or où l’on pourra supprimer ces espaces trop réduits, si l’on ne pourrait pas les assainir d’une façon très simple et sans aucune dépense importante. Il faut faire disparaître ces poussières : tous les ventilateurs du monde n’y suffiraient pas ; ils iraient du reste à l’encontre de ce que l’on désire, en la projetant dans d’autres directions et la chassant méthodiquement comme on le fait avec religion dans nos appartements à l’aide du classique plumeau.
- Notre confrère conseille tout simplement d’imiter la nature : une pluie fine et continue abat la poussière des routes, nettoie les rues, les trottoirs, en un mot entraîne plus ou moins facilement, suivant l’abondance de sa chute, les poussières. Faites de la pluie dans les courettes; rien de plus facile. L’eau monte à tous les étages dans toutes les maisons de Paris. Que le concierge s’arme d’une lance terminée en pomme d’arrosoir et que du dernier étage il fasse, pendant quelques minutes, descendre dans la courette une pluie fine et continue ; toutes les poussières viendront s’abattre sur le sol. Qu’il termine la séance par un arrosage des murs et que l’opération soit renouvelée tous les jours; on aura réduit au minimum la dose de poussières voltigeant dans l’air et venant se répandre sur les garde-manger, dans les cuisines. Pour compléter l’assainissement des courettes, M. Claisse réclame aussi la suppression des odeurs; la méthode qu’il préconise n’a encore rien de dispendieux. Qu’une prise d’air soit établie au rez-de-chaussée et vous assurerez une ventilation énergique entraînant l’air vicié et supprimant toute odeur. Moyens bien simples, en vérité, et qui pourraient être adoptés sans hésiter par les propriétaires : c’est vraiment de l’hygiène à la portée de tous. Dr A. C.
- La croissance des enfants. — Rien assurément n’est plus variable que la taille, bien que, d’après les statistiques — mais que ne leur fait-on pas dire ? — la stature de l’homme aille en décroissant depuis les premiers âges. Les petits, les moyens deviennent plus nombreux que les grands et sans parler des géants, exception qui confine du reste à la pathologie, les hommes de haute stature se comptent. Si l’on examine cependant le poids et la croissance de un an jusqu’à l’adolescence, on ne trouve pas d’écarts bien prononcés, à moins de tares héréditaires ou d accidents. Mais on n’a pas jusqu’ici fait,
- un examen détaillé des enfants à ce point de vue et' il nous manque en France une table de croissance.
- Le Dr Variot, médecin de l’hôpital des enfants, bien connu par son apostolat pour la goutte de lait, a cherché à combler cette lacune. Ses mensurations ont porté sur 4400 enfants âgés de 1 à i5 ans, tous Parisiens, fréquentant les crèches, les dispensaires, les écoles; quand je dis tous Parisiens, c’est une façon de parler, les parents habitent tous Pjiris, mais la grande majorité est originaire de province, les vrais Parisiens pouvant se targuer d’ancêtres Parisiens sont la minorité.
- Pour obtenir une moyenne aussi précise qu’on peut lé désirer, les examens ont porté sur des enfants du IX° arrondissement (quartier de l’Opéra, quartier aisé, bien aéré), et les enfants du XXe arrondissement (quartier populeux de Belleville). Inutile de dire que les soins les plus minutieux ont présidé à ces opérations de mensuration de la taille, de pesée. Voici le résultat de ces recherches condensé en deux tableaux qui permettront de voir d’un coup d’œil, très exactement, l’accroissement annuel de la taille et du poids.
- Taille en centimètres.
- Agi SS. Garçons. Accroissement Filles. Accroissement
- CM. annuel. CM. CM. annuel. CM.
- 1 à 2 ans 74,2 » 73,6 »
- 1 à 3 82,7 8,5 8l,8 8, 2
- 3 à 4 89. 1 6,4 88,4 6,6
- 4 à 5 96,8 7,7 95,8 7,4
- 5 à 6 io3,3 6, 5 101,9 6,1
- 6 à 7 109,9 6,6 108,9 7 »
- 7 à 8 114,4 4,5 113,8 4,9
- 8 à 9 1 *9-. 7 5,3 119,5 5,7
- 9 à 10 1 2Ô » 5,3 124,7 4,8
- 10 à 11 i3o,3 5,3 129,5 5,2
- 11 à 12 133,6 3,3 134,4 4,9
- 12 à i3 137,6 4 « 141 ,5 7,1
- 13 à i4 145,1 7,5 148,6 7,1
- i4 à i5 153,8 8.7 5.8 15 2,9 4,3
- j 5 à 16 i5g,6 154, s i,3
- L’accroissement du poids est fourni par le tableau suivant :
- Ages. Garçons. Accroissement Filles. Accroissement
- — annuel. — annuel.
- KG. KG. KG. KG.
- 1 à 2 ans 9,5oo » 9, 3°° »
- •2 à 3 11,700 2,2 II,400 2,1
- 3 à 4 T3,000 i,3 I2,5oo .1,1
- 4 à 5 i4,3oo i,3 13,900 I ,7
- 5 à 6 15,900 1,6 15,200 1,3
- 6 à 7 17,5oo 1,6 17,400 2,2
- 7 à 8 19,000 i,5 19,000 1,6
- 8 à 9 21,100 2,1 2I,200 2,2
- 9 à 10 23,800 2,7 23,900 2>7
- 10 à 11 25,600 1,8 26,600 2 >7
- 11 à 12 27,700 2,1 29,000 2,4
- 12 à i3 3o,100 2,4 33,860 4,8
- i3 à i4 35,700 5,6 38,3oo 4,5
- 14 à i5 41,900 6,2 43,200 4,9
- i5 à 16 47,5oo 5,6 46,000 3,2
- Ces tableaux, qu’on rendrait plus frappants à l’aide d’un graphique, montrent qu’au point de vue de la taille, le développement est tout à fait parallèle dans les deux sexes de 1 à 11 ans; de cet âge à i5 ans la prédominance est en-faveur des filles.
- Pour le poids, les résultats sont à peu près identiques; de i à 8 ans, il y a une légère prédominance du côté des garçons, puis de 8 à i5 ans, elle passe en faveur des filles pour revenir après aux garçons.
- D1. A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage du cuivre ciselé. — Commencer par laver avec de l’eau chaude et du savon, puis on sèche complètement. On frotte ensuite avec un citron coupé en deux, on rince à l’eau tiède quand on pense que le nettoyage est suffisant, enfin on sèche et polit à la peau de chamois. On doit éviter l’emploi des poudres à nettoyer pour les cuivres ciselés, parce que la poudre pénètre dans les ciselures, et qu’il est ensuite fort difficile de l’enlever.
- Émeri artificiel. — C’est la publication allemande Berichte qui signale la méthode pour fabriquer une sorte d’émeri artificiel, qui n’est point du carborundum de four électrique, mais bien une matière rappelant de très près les émeris de Sinyrne ou de Naxos, et qui a cet avantage de revenir bon marché. On prend y5g kg de bauxite* 700 de coke et 96 d’un fondant qui peut être du carbonate de chaux, ou de potasse, ou encore de soude. On dispose ces matières premières en couches
- alternées dans un four présentant un bon tirage, et la fusion donne précisément la matière rodante cherchée.
- Vernis à carton. — Il s’agit d’un vernis tout spécial qui formera sur le carton (pour peu qu’on en étende deux ou trois couches) un revêtement brun et brillant rappelant un peu l’apparence de la laque, donnant une rigidité et une dureté curieuses au carton en le rendant absolument, imperméable. L’enduit en question se prépare avec 54 parties de chaux éteinte, 6 d’alun en poudre, et au moins une quarantaine de parties de sang frais bien battu; nous disons au moins, parce qu’il faut donner à la mixture une consistance suffisamment liquide pour qu’elle s’étende. D’ailleurs, avant emploi, il est nécessaire de bien brasser pour obtenir l’homogénéité voulue. Notons que cette composition, quand elle est suffisamment épaisse, constitue un excellent ciment pour réparer le marbre, la porcelaine, etc.
- Jtol
- RESUME METEOROLOGIQUE
- Observations faites à'l'Observatoire du Parc Saint-Maur, en mars 1906, par M. Th. Moureaux
- La température a subi de grandes variations en mars. Du 3 au 8, période de beau temps avec baromètre élevé; le 6, le thermomètre monte à i8°,9 avec un écart diurne de i7°,8, double de sa valeur normale; température très élevée encore du 16 au 18 avec baromètre en baisse, la moyenne de ce dernier jour étant de 5°,3 au-dessus de la normale. Le régime des vents du Nord s’établit le 19 et persiste presque sans interruption jusqu’à la fin du mois; pendant cette période, la température se tient presque constamment et notablement au-dessous de la normale (écart —y°,o le 23). La moyenne du mois (5°,63) est faible; de y0,y pendant la ire décade et de y°,i pendant la 2me, elle tombe à a°,4 pendant la 3m°. La persistance de basses températures à partir du 19, avec gelée ou gelée blanche chaque jour, a eu pour conséquence un arrêt brusque de la végétation, et, sauf une jacinthe de pleine terre, on 11’a noté aucune floraison de plantes ou d’arbustes entre le 21 et le 3i. Dans la nuit du 22 au u3, la température .est restée négative depuis 21'' jusqu’à 8h, l’air étant relativement sec et le vent soufflant du Nord-Est avec une vitesse moyenne de 8“ par seconde ; la gèlée a roussi les rameaux du rosier, du sureau, de la pivoine en arbre, et attaqué les fleurs du pêcher en plein vent.
- Grain dans la nuit du x 1 au 12, à minuit; le baromètre monte brusquement de imm, la température baisse de 4°> tandis que l’état hygrométrique se relève de 78 à 91, et que le vent saute de W. S. W. à N. W.
- La Marne, en crue dès le'2, a débordé du 5 au i3 ; le maximum (im au-dessus de la cote de submersion) s’est produit le 11.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 758mm,2i; minimum absolu, 74imm,7 le 11 à 2ihiom; maximum absolu, yyimmto le 4 à 9hio™; écart extrême, 29mm,3.
- Température. — Sous l’abri -. moyenne des minima, x°,26 ; des maxima, io°,95 ; du mois, 6®, 10 ; des 24 heures, 5°,63 ; minimum absolu, —3°,o le 24; maximum absolu, 20°,3 le 18.— Sur le sol gazonné, moyenne des minima, —- 20,52 ; des maxima, 24°,20; minimum absolu, —y0,6 le i3; maximum absolu, 33°,5 le 18. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Pi'ofondeur om,3o : à 9 heures, 5°,76 ; à 21 heures, 6°,n. Profondeur om,65 : à 9 heures, 6°,12; à 21 heures, 6°,10. Profondeur 1 mètre : à 9 heures, 6°,26; à 21 heures, 6°,28. De la Marne : moyenne le matin, 6°,96; le soir, 70,41 ; minimum, 5°,28 le 3i ; maximum, 9°,6o le 9.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 5|nm,ii; minimum, amm,4 le 28 à i5 heures; maximum, 9““,2 le l5 hexjrçs,
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 74,0 ; minimum, 16 le 28 à i5 heures; maximum, 100 en 7 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 5,96; minimum, 0,0 les 4^ G et 28 malgré quelques traces de nuages; complètement couvert le i01'.
- Insolation : dui*ée possible, 367 heures ; durée effective, i56h,2 en 28 jours; rapport o,43.
- Pluie : Total du mois, 36ram,3 en 4oh>7-Nombre de jours : de pluie ou neige, i3 ; de pluie inappréciable, 5; de gelée, x3; de gelée blanche, 17; de neige, 5; de rosée, 2; de brouillard, 3; d’oi'ages, o; de grésil 4; de grêle, 1 ; de halos, 4-Fréquence des vents : calmes, 12.
- N 66 S. E . . . 8 W .... 44
- N. N. E. . 95 S. S. E. . 19 W N. W. 20
- N. E . . . 116 S . . . . 42 N. W . . 17
- E. N. E. . 43 S. s. w.. 49 N. N. W . 32
- E 1 s. w. . . 116
- E. S.E . 0 w. s. w. 64
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des
- 24 heures, 5m,2; moyenne diurne la plus grande, 9m,2 le 27; la plus faible, iœ,o le 6 ; vitesse maximum en i5 minutes, x3ra,3 le 19, de 7h45m à 8 heures par vent N.; on a noté encore 12“,8 le 28 de i6il3om à 161* 45m, par vent N. E.
- Electricité atmosphérique : moyeixne des 24 heures (22 jours), 92 volts; moyenne diurne la plus grande, 121 volts le 6; la plus faible, 66 volts le 8; amplitude diurne, 0,41 ; amplitude nocturne, o,58.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 4m,27; minimum, 3m, 18 le 3i ; maximum, 5”,75 le 11.
- Comparaisons aux valeurs normales : Baromètre, + iram,4o; température, — o°,46; tension de la vapeur, — omm,i9; humidité relative, —0,8; nébulosité, —0,08; pluie, — 2mm,2.
- Taches solaires : on a suivi 19 taches ou groupes de taches en 23 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : faibles, les 4, 7, 8, 24-25.
- Floraisons : le 2, saxifrage à feuilles épaisses; le 3, pâquerette; le 5, crocus, hépatique bleue; le 6, amaii-dier, violette des bois; le 8, saule Marsault, tussilago farfara; le 9, jasminum nudiflorum; le 11, abricotier; le 12, arabis verna ; le i5, pêcher de plein vent; le 16, ficaire; le 17, pruxxellief commun; le 18, buxus pyrami-dalis, buxus Balearica; le 19, ribes sanguineum; le 21, merisier; le 2.4, jacinthe.
- Le 8, à 9 heures, bandes de canards sauvages se dirigeant aq Nord-Est, > 1
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS — Bans la boîte aux lettres La Rédaction publie les faits d’un intérêt généx-al qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Dans lç n° 1714, du 3i mars 1906, dans le Supplément, page 13g, colonne I, ligne 44, au lieu de M." Guillou, 8, rue de la Chaussée-d’Antin, il faut 48, rue Réaumur à Paris.
- Communications. — M. Jacquot, à Thonon, nous fait part de quelques intéressantes remarques sur Le tatouage des indigènes, en Algérie. « Le genre de tatouage le plus fréquent est une petite croix que les hommes et les femmes portent surtout au milieu du front. Puis vient la « mouche », qui n’est qu’une croix un peu déformée et qui se compose de 5 points dont un central. Après la croix et la mouche on trouve des points et des traits parallèles : les Flittas, dans le département d’Oran, se reconnaissent à un tatouage de ce genre dessiné sur le côté gauche du nez et qui les a fait surnommer les Onze. Hors de ces signes, tous les autres tatouages sont des dessins de pure fantaisie, incisés sur les indications du patient ou d’après le caprice de l’opérateur. L’opération s’effectue au moyen d’un faisceau d’aiguilles fines solidement réunies par une ligature cirée et d’une encre d’un bleu très foncé.
- Cette coutume du tatouage, qui existe surtout dans la région de la basse Kabylie et parmi les populations des premiers contreforts des Hauts-Plateaux, est réprouvée par les vrais musulmans et peu en faveur chez les Arabes proprement dits. Elle est donc plutôt berbère, selon nous. Et pourtant, voici deux explications que des indigènes lettrés nous ont fournies, et qui feraient du tatouage un signe chrétien : x° Capitaine Mohamed du 3e tirailleurs : « Un vaisseau chrétien ayant échoué sur les côtes voi-« sines de Collo, les femmes furent emmenées en capti-« vité dans l’intérieur du pays ainsi que l’équipage nau-« fragé. Les chrétiens contractèrent des unions avec les « indigènes et adoptèrent les mœurs et le costume du « pays ; mais afin de se distinguer de leurs nouveaux « frères musulmans, ils se gravèrent une croix sur le « front et agirent de même pour leurs enfants. Après « quelques générations, tous finirent par embrasser « l’islamisme ; mais ils conservèrent l’habitude de se taxe touer une croix sur le front et cette coutume passa « dans les habitudes locales ». — 20 X..., commerçant à Alger et acheteur-voyageur dans la mer Rouge : « Aux « premiers temps de l’islamisme, il y avait de nombreux « troubles parmi les différents éléments des populations « de l’Arabie. Chrétiens et Musulmans se massacraient « sous le premier prétexte venu, et il arrivait parfois — « les deux partis possédant le même costume, parlant la « même langue et ayant le même type physique -— que « des Arabes du même culte s’entr’égorgeaient par erreur.
- « Pour parer à ces accidents les chrétiens imaginèrent « de se tatouer une croix sur le front; grâce à quoi ils « purent désormais se reconnaître et s’épargner. Mais, « bientôt en minorité, ils durent s’expatrier; et, plus « tard, noyés dans le flot grossissant des musulmans, « embrassèrent la religion de leurs ennemis pour sauver « leur vie. Ils conservèrent l’usage du tatouage de la « croix peut-être par habitude, peut-être aussi avec « l’espoir secret de voir unjour le christianisme reprendre « le dessus. »
- M. Charles Duffart, à Paris, nous adresse une intéressante brochure sur la Déforestation, péril mondial. Nous ne saurions malheureusement donner ici une analyse de ce travail très consciencieux et très documenté. L’auteur montre clairement que la consommation énorme de bois que l’on fait aujourd’hui dans toutes les industries, entraîne à une véritable crise des produits ligneux. D’autre part, cette déforestation entraîne une diminution de l’hydrologie utile et cela au moment même où, plus que jamais, le rôle de l’eau devient prépondérant pour la production des forces industrielles et pour les transports. Il y va donc à la fois de l’avenir de nos produits
- forestiers et de la navigabilité de nos rivières. M. Duffart conclut en demandant l’organisation de lois répressives contre le déboisement et d’un plan de reboisement international à rapide évolution. Il propose enfin la réunion d’une conférence internationale de tous les peuples civilisés où seraient proposées, examinées et adoptées les mesures propres à arrêter la déforestation et à poursuivre l’afforestation de toutes les terres incultes disponibles. En tête de ces mesures, établissement d’une statistique internationale des terrains vagues, devant servir de base aux réglementations législatives ; puis soumission au régime forestier de tous les terrains intéressant le l’égime des eaux, modifications uniformes des codes forestiers, constitution des forêts en biens nationaux.
- M. Louis Franc, à Paris, nous adresse une petite étude sur l’origine des Fans ou Pahouins, habitant les régions voisines du Gabon. Selon lui, il existe de nombreuses et frappantes ressemblances entre ce peuple encore sauvage de l’Afrique et la race germanique à l’époque des grandes invasions, et il n’hésite pas à attribuer à ces peuplades une origine septentrionale. A l’appui de son hypothèse il invoque un texte de l’historien grec Zozime rapportant qu’en l’an 264 une bande de Francs traversa toute la Gaule, franchit les Pyrénées, quitta l’Espagne pendant douze ans, détruisit presque Terragone, puis alla se perdre en Afrique. Celle bande n’est autre que le peuple des Pahouins. L’auteur confirme cette idée par diverses observations philologiques, anthropologiques, etc., plus intéressantes selon nous que parfaitement probantes.
- Renseignements. — M. P. Bézançon, à Paris. — Veuillez vous adresser au siège de la Ligue nationale contre l’alcoolisme.
- M. Ch. Laurent, à Yilleneuve-Saint-Georges.—Veuillez consulter l’ouvrage de Joanny Pertus -. Guide pratique de l’acheteur de chevaux, librairie J.-B. Baillière, 19, rue Hautefeuille, à Paris. — A notre avis la servitude que vous nous signalez ne saurait être abolie complètement, mais nous croyons qu’elle pourrait être restreinte, c’est-à-dire que le droit de passage serait réservé aux seuls piétons. Il faudrait pour cela que vous établissiez que depuis trente ans l’usage a été partiel, c’est-à-dire que l’on n’est jamais passé qu’à pied dans le chemin. D’ailleurs, le fait qu’une seule des personnes possédant droit de passage en ait usé ne détruit pas la servitude contractée même vis-à-vis de ces autres personnes. Le droit acquis est conservé à tous même lorsque l’usage est restreint à un seul.
- M. Marchand, à Montluçon. — i° Pour écrire sur le celluloïd, on peut se servir d’une plume d’acier ou d’ébo-nite ou d’un roseau ou bout de bois taillés, que l’on imbibe d’acide acétique ainsi que l’on ferait d’une encre. Au bout de quelques minutes laver rapidement, essuyer et sécher. L’écriture apparaît en mate. On accentuerait sa visibilité en dissolvant au préalable dans l’acide une matière colorante soluble (violet d’aniline, bleu de méthylène, etc.). On obtiendrait des caractères argentés en employant de même de la poudre d’aluminium. — 20 Consultez Principes et Recettes (Bibliothèque du chauffeur) par Ravigneaux et Izard, librairie Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. Ch. Vachette, à Pau.—Nous avons donné l’adresse des fabricants de l’autosaturateur Hennebutte en tête de la boîte aux lettres du n° 1713 du 24 mars 1906 : M. Hennebutte, 16, rue de Chartres, à Neuilly-sur-Seine.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Laurent, à Antibes. Vous pourriez vous adresser directement à l’Observatoire météorologique de Montsouris. —-M. Ch. Chapuis, à Larouiller. Veuillez consulter une agence de brevet. — Mme X. Mandelot, à Paris. Voyez pour ces renseignements nos Recettes et Procédés utiles, 4e et 5° série, libi-airie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — MM. Duffart-, Louis Franc, à Paris; Jacquot, à Thonon. Remerciements pour vos communications.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Traité d’hygiène, publié en fascicules sous la direction de MM. Brouardel et Mosny. — Le Sol et l'Eau, par L. De Launay/E.-A. Martel, Ogier et Bonjean. i vol. gr. in-8° de 464 pages, avec 55 figures et 2 planches coloriées, 10 francs. Librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris.
- Monographie de l’eau potable en quatre parties : x° Au point de vue géologique (le sol et le sous-sol), 43 pages, par M. De Launay; 20 Etude chimique, bactériologique et hygiénique du sol (1 égression de la matière organique, épuration et nitrification, etc., affections telluriques), 4^ pages, par M. Bonjean; 3° L’eau (étude hydrologique, circulation et contamination des eaux souterraines), 114 pages, parM. Martel. — 4° Etude microbiologique et chimique de l’eau (analyses, caractères et propriétés des eaux potables, microbes, procédés d’amélioration et purification), •,*5o pages, par MM. Ogier et Bonjean. L’ensemble est la mise au point, conforme aux plus nouvelles notions scientifiques, de tout ce qui concerne les eaux potables.
- La navigation aérienne, par J. Lecornu. i vol. in-40 ill., 2e édit. Paris, Yuibert et Nony.
- Histoire anecdotique et documentée très sérieusement de la locomotion et navigation aérienne, depuis la légende de Dédale et Icare, et les croquis de Léonard de Vinci jusqu’aux derniers Santos-Dumont, en passant par Montgolfier, Godard, Giffard, Tissan-dier, etc., et les gi5o mètres atteints parle DrBerson. Le sujet, si captivant, est fort clairement exposé.
- Méthodes économiques de combustion dans les chaudières à vapeur, par J.Izart, ingénieur civil des mines. 1 vol. in-8. H. Dunod et E. Pinat, 1906. Prix : 7fr,5o.
- Cet ouvrage renferme beaucoup de renseignements précieux sur la combustion et les moyens de réaliser une bonne combustion dans des conditions économiques. Nous trouvons d’abord une étude économique de la combustion, température, volume d’air, produits, fumée, fumivorité. Le chapitre II examine les rendements et pertes dans la combustion. Dans les chapitres suivants, on étudie le choix d’un combustible économique, l’économie dans les méthodes de chauffe,
- les appareils pour le contrôle, de là chauffe. A la fin de l’ouvrage sont des tables numériques pour les données générales, la température, les combustibles, l’air et le tirage, les pertes thermiques, les consommations et les prix de revient.
- Toujours les éolilhes, Mise au point, par A. Rutot, Bulletin Soc. anthropologie de Bruxelles, 31'juillet igo5. T. XXIV, 1906. M. Rutot conteste les objections faites par M. Boule, à l’encontre des éôlithès., d’après les observations recueillies à la fabrique de ciment de Mantes, et il persiste dans sa croyance aux silex pré-quaternaires.
- Manuel de céramique industrielle : matières premières, préparation, fabrication, parD. Arnaud et G. Franche. 1 vol. in-8° de 674 pages, avec 3o6 figures. Prix : broché, 12 francs; cartonné, i3fr,5o. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs.
- Recueil de documents sur tout ce qui concerne les manipulations céramiques, les tours de main, les recettes du métier et les séries de compositions d’émaux et les procédés (machineries, fours, etc., etc.).
- Monumenta Pompeiana, publié par le commandant N. et l’ingénieur E. Lecaldano, Naples, Officina di arii grafiche, Vico Rosario di Palazzo. 5o livraisons in-folio, à i5 francs chaque avec 3 pl. coloriées et un texte en 4 langues. En cours de publication (V. Lm Nature, n° 1715, du 7 avril 1906).
- Initiation mathématique. Ouvrage étranger à tout programme, dédié aux Amis de l’Enfance, par C.-A. Lai-sant, docteur ès sciences, examinateur d’admission à l’Ecole polytechnique. Paris. Hachette et Cio, 1906. 1 vol. in-16. Prix broché : 2 francs.
- Petit livre destiné à servir de guide aux éducateurs de l’enfant dans la première période, et qui, sous forme de jeux plutôt que de leçons, prépare l’enfant à aborder utilement les études proprement dites.
- Manuel pratique de minéralogie, introduction à l’étude scientifique des ininéraux, par Henry A. Miers, traduite de l’anglais par O. Chemin. Paris et Liège. Ch. Béranger. 1906. 1 vol. in-8°. Prix : 20 francs.
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- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Le temps. — Le temps a été beau dans la semaine du 9 au i5 avril. Le 9 avril, la pression barométrique était très élevée sur les Iles-Britanniques ; on observait 776 mm sur la Manche et 781 mm à Shields. Un vent d’entre Est et Nord a soufflé sur toutes nos côtes, fort sur la Manche, modéré sur l’Océan, faible en Provence. Il est tombé 2 mm d’eau à Marseille, 1 mm à Perpignan. La température était le matin 6° à Paris, 70 à Clermont, 8° à Toulouse, 140 à Alger, —20 au Puy de Dôme, —20 au mont Aigoual, — 20 au mont Ventoux, — io° au Pic du Midi. A Paris, le ciel est resté sans nuages; les maxima dans la journée ont atteint 220, la pression barométrique était 767““,9. Le 10 avril, la pression est restée supérieure à 770 mm sur le centre et le Nord-Ouest de l’Europe; le maximum a été de 777 mm sur la mer du Nord. La température était le matin 70 à Nantes, 8° à Clermont, 90 à Paris, 160 à Nice, o° au mont Ventoux, — 70 au mont Mounier. La température moyenne à Paris a été de i2°,9, supérieure de 4°>2 à la normale. Le 11 avril, la pression reste supérieure à 770 mm sur le Centre et le Nord-Ouest de l’Europe. Les pluies ont été très rares sur le continent; il y en a eu à Perpignan et à Clermont, à la suite d’un orage. La température s’est élevée généralement; on a noté 6° à Paris, 8° à Clermont, ii° à Toulouse, 190 à Alger, 4° au Puy de Dôme.
- A Paris, des nuages élevés et rapides des régions Est ont été observées. L’atmosphère a été obscurcie par un brouillard sec, formé principalement de fumées et de poussières. On a remarqué que la température qui la veille avait atteint des maxima de 220 s’est abaissée le matin à i°,2 à Villepreux, dans la banlieue de Paris. Le
- 12 avril, une baisse barométrique a eu lieu à l’Ouest de l’Europe; elle est de 4 nim eu Bretagne, et 6 mm en Irlande. A Paris, on note une pression de 766,5 mm. Un vent faible de l’Est a soufflé sur nos côtes de. la Manche et de l’Océan; le vent était assez fort avec mer agitée sur les côtes de la Méditerranée. Il est tombé 2 mm d’eau à Cherbourg, 1 mm à Clermont, 1 mm à Perpignan ; à Paris on a signalé quelques gouttes vers 3_heures de l’après-midi, Le thermomètre marquait 3° à Clermont, ii° à Alger, 120 à Paris, 120 à Toulouse, i5° à Biarritz, i-° au Puy de Dôme, i° au mont Aigoual. Le
- 13 avril, il y a eu des dépressions sur la Méditerranée occidentale et le Nord-Ouest de l’Europe. Des orages ont éclaté à l’Ouest et au Sud de la France; il est tombé 5o mm d’eau à Perpignan, 6 mm à Toulouse, 1 mm à Nantes. Le ciel était couvert et très nuageux à Paris dans la matinée. La température était 8° à Belfort, io° à Toulouse, i3° à Paris, 180 à Alger.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à T Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
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- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (TTl*)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à JttJft. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- SUPPLÉMENT AU N» 1719 (5 MAI 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
- Commission d’hygiène agricole. — Par décret du 18 avril rendu sur la proposition de M. Ruau, ministre de l’agriculture, il a été institué, près de ce ministère, une commission d’hygiène agricole. Elle aura pour tâché d’élaborer pour les communes rurales les instructions de nature à permettre, au profit de l’hygiène générale, une meilleure application de la loi du i5 février 1902 sur la santé publique, loi dont la mise en pratique est si difficile dans les campagnes. Parmi les 20 membres de cette commission nous citerons MM. le Dr Brouardel, de l’Institut, président; Chauveau, de l’Institut, et Dr Bordas, du Collège de France, vice-présidents ; D1' Binot, Dr Borne, Dr G. Brouardel, E.-A. Martel, D1' Thoinot, Dr Thierry, etc.
- La nouvelle carte de France au 50 000e. — Le service géographique de l’Armée nous informe qu’il met en vente les feuilles désignées ci-après de la nouvelle carte de France au 5ooooe, en couleurs : Paris, Versailles, Pontoise, Lagny, Dammartin-en-Goële, l’Isle-Adam, Rambouillet, Brie-Comte-Robert, Corbeil. Le prix de la feuille est de ifr,6o; le tableau des signes conventionnels pour cette carte coûte 1 franc. Nous avons précédemment signalé à nos lecteurs tous les mérites de cette œuvre de premier ordre (Voir La Nature, n° 1710, du 3 mars 1906, p. 210).
- Exposition de Milan. — L’Exposition de Milan a été inaugurée les 28 et 3o avril par le roi et la reine d’Italie.
- Conseil de l’Observatoire de Paris. — Sont nommés pour trois ans membres du conseil de l’Observatoire de Paris : MM. le général Tartras et le général Berthaut, représentant le département de la guerre ; le vice-amiral Aubry de la Noe et le capitaine de frégate Guyon, représentant le départememt de la marine ; Dabat, directeur nu ministère de l’agriculture, représentant ce département ; le colonel Laussedat, représentant le département <lu commerce ; Maurice Lévy, membre de l’Institut et Bayet, directeur de l’enseignement supérieur, représentant le département de l’instruction publique ; Darboux, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences; J. Poincaré, LippmahnV Dàdëau, ’membres de l’Académie des sciences ; Maurice Loewy, membre de l’Institut, directeur de l’Observatoire.
- Le balata à Hambourg. — Le balata fournit une .gpmme intermédiaire entre le caoutchouc et la gutta-percha et tend à remplacer celte dernière dont la production est trop faible pour la demande aussi bien comme substance plastique et isolante dans les câbles électriques -que pour la fabrication des courroies de transmission.
- La production de gomme de balata est encore très faible, arrivant par an environ au total de 800 tonnes dont 3 ou 4oo importées à Hambourg. Ce sont surtout les Guyanes anglaises et hollandaises qui font l’exportation de ce produit, ainsi que le Venezuela. D’ailleurs il est assez difficile de donner des renseignements précis sur l’importance du transit de balata, ce produit n’étant pas distingué du caoutchouc dans les dénominations douanières.
- Nouveau type de minerai aurifère au Witwaters-rand. — Une découverte d’un réel intérêt théorique vient d’être faite dans plusieurs mines du Transvaal. Tandis que tous les minerais connus jusqu’ici dans le Rand étaient des conglomérats ou bankets à ciment aurifère, on a reconnu, au mur du Main Reef, une couche aurifère sans aucuns galets, tenant, paraît-il, sur om,6o à 2 mètres de large, fréquemment 10 à 20 grammes d’or. C’est un quartzile bleu foncé à bandes de pyrite aurifère très fines, parallèles à la stratification, qui semblerait indiquer une imprégnation filonienne postérieure de quartzites poreux, suivant la théorie la plus généralement adoptée sur le Rand pour expliquer la formation des conglomérats aurifères.
- Études sur le magnétisme terrestre. — A la séance générale du Conseil du bureau météorologique, le président M. Bouquet de la Grye, membre de Tinstitut, a fait connaître les dispositions qui ont été prises pour effectuer des études sur le magnétisme terrestre; Le développement rapide des réseaux électriques a soümis, en effet, les observatoires magnétiques à de rudes épreuves.' L’enregistreur du Parc Saint-Maur a été remplacé (par1 une installation analogue au Val-Joyeux, près de Saint- ' Cyr, en pleine campagne où l’on espère être à l’abri des perturbations causées par les tramways électriques. Au Parc Saint-Maur, l’ancien appareil est resté en fonction, pour servir surtout de modèle et d’instrument d’exercice à l’usage des Observatoires. On a également interrompu la marche des enregistreurs à Lyon, à Toulouse, à Perpignan et à Nice; l’appareil de Nantes a été remis en état et fonctionne d’une manière satisfaisante. A Toulouse, le directeur de l’Observatoire, M. Baillaud, doit réaliser une nouvelle installation. M. Brunhes,"directeur de l’observatoire du Puy de Dôme, doit faire effectuer des réparations au sommet de l’Observatoire et faire construire un pavillon magnétique spécial. L’enregistreur du Pic du Midi ne sera certainement pas encore troublé. M.1 Bouquet- termine en espérant que dans quelques années seront rétablis les enregistreurs magnétiques de Paris,'-Nantes,- Toulouse, Besançon, du Puy de Dôme,1
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- INFORMATIONS
- du Pic du Midi et de Nice; les études magnétiques en France seront alors suffisamment assurées.
- Armure pour chien. — On vient de découvrir à. l’Ameria Real de Madrid une armure bizarre qui eut pour but de défendre le levrier de Charles-Quint contre les sangliers et les cerfs. C’est, parait-il, la seule pièce de ce genre qui existe dans une collection.
- La ramie en Intlo-Chine. — La ramie pousse spontanément en Indo-Chine où elle est très peu cultivée et seulement exploitée en petit pour la confection de lilets et de hamacs. Il est certain que cette culture en germe pourrait être grandement développée et donner naissance à une industrie prospère. C’est, au lonkin, la vallee de la Rivière Noire qui semble pouvoir devenir le principal centre de production. D’autre part les provinces nord de l’Annam, le pays des Mois et une partie du Laos présentent ainsi des plantations naturelles de ce textile dont il serait aisé de tirer grand profit.
- L’acide cyanhydrique et l’alimentation du bétail.
- Dans un de ses comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences (n° 1711 du 10 mars 1906), M. de Villedeuil a résumé fort clairement la si importante communication de MM. Guignard et Schri-baux dénonçant la présence dangereuse d’acide cyanhyr drique dans certains haricots exotiques de 1 espèce Pha-seolus lunatus. M. Mallèvre a récemment attiré l’attention de la Société nationale d Agriculture sur un nouvel aspect de cette question. Il a montré que la présence de l’acide cyanhydrique ou des glucosides qui lui donnent naissance est un fait plus général qu’on ne le croyait autrefois. Ainsi beaucoup de graminées sont toxiques, telles que le sorgho cultivé souvent comme fourrage dans les régions chaudes du globe; en Égypte, cette toxicité est mise à profit pour former autour des champs une sorte de haie empoisonnée défendant la surface cultivée contre les incursions des animaux domestiques voisins. Le lin, consommé en vert, est souvent assez toxique pour causer des empoisonnements ainsi que les graines de vesces sauvages, parmi les papillonnacées.^ Rappelons qu’ici même, M. Y. Brandicourt a naguère attiré l’attention sur ce sujet dans un article intitulé : Graminées productrices d’acide cyanhydrique (n° 1694 du 11 novembre 1905, p. 384) où il signalait cette propriété chez des plantes du genre Stipa, poussant librement à l’état sauvage dans certaines régions des hauts plateaux andins.
- Les prairies de légumineuses et l’amélioration des espèces fourragères. — M. Schribaux a fait dernièrement sur ce sujet de tout premier intérêt pour l’agriculture une remarquable communication à l’assemblée générale de la Société des Agriculteurs de P rance. Voici les principaux points de ce beau travail. Les légumineuses représentent les plus précieuses de nos plantes fourragères; elles ont pour elles, en effet, des racines incomparablement plus fournies que celles des graminées et aussi riches en azote que celles de beaucoup de fumiers, de sorte qu’après la récolte, elles fournissent en se décomposant une fumure de premier ordre et donnent un sol excellent, enrichi pour les futures récoltes de blé, de betterave, etc.; d’autre part, leur fourrage est plus abondant et moins cher comme prix de revient que celui des graminées. Ainsi il y a intérêt à développer le plus possible les prairies artificielles de luzerne, etc., ou quand le sol ne permet pas davantage de recourir à des prairies mixtes à base de graminées et de légumineuses. Dans la pratique il faut répartir les légumineuses en deux groupes : celles des terres fertiles (luzerne, sainfoin, trèfle des prés, trèfle blanc, trèfle hybride, loties) ; celles des mauvaises terres (sainfoin, minette, anthyllide). Toutes ces plantes présentent, au point de vue de la culture, quelques particularités communes : ainsi à l’inverse des graminées fourragères qu’il est très recommandable de semer à l’automne, ce serait une imprudence de procéder de même avec les légumineuses qui seraient le plus souvent détruites par l’hiver ; d’autre part, à l’exception du lotier des marais et du trèfle hybride, elles peuvent s’accommoder très aisément des terrains même très secs; elles exigent d’ailleurs, pour la plupart, un sol calcaire et se trouvent très bien de la pratique du chaulage. Selon M. Schribaux, c’est à la luzerne qu’est réservé le plus bel avenir parmi les légumineuses; il recommande de la mélanger le moins pos-
- sible avec les graminées. En terminant, après avoir étudié une à une les diverses espèces de légumineuses et montré leurs défauts et leurs qualités particulières, l’auteur signale à juste titre tout ce qu’il y aurait à faire pour sortir de son état arriéré la culture des prairies à base de légumineuses et de graminées. L’œuvre la plus importante serait d’entreprendre méthodiquement tout un travail de sélection parmi les plantes employées et ce par la collaboration de tous les cultivateurs de bonne volonté avec l’Institut agronomique. Il suffirait d’adresser à la station d’essais de semences de 1 Institut agronomique (16, rue Claude-Bernard, à Paris), 200 à 3oo grammes de fleurs de foin avec indication de l’adresse de l’expéditeur et de la qualité des prairies. Ou pourrait, en possession de matériaux provenant ainsi de régions et de sols très divers, faire un choix des variétés les plus importantes et leur assurer les
- conditions du meilleur développement.
- Steamers transatlantiques. — La Compagnie allemande Norddeutscher Lloyd va se faire construire un paquebot en tout semblable au Puiser Wilhelm II, et devant marcher, lui aussi, à une allure de a3 1/2 nœuds.
- Nouvelle ligne du Métropolitain à Paris. — La
- section nouvelle du Métropolitain ligne n° 2 sud qui va de Passy à la place d’Italie a été ouverte au public le 24 avril. Le premier train, formé de 3 voitures, est parti de la station de l’Etoile à midi précis. Il s’est arrêté successivement aux nouvelles stations '. Grenelle, Du-pleix, La Motte-Picquet, Cambronne, avenue de Suffren, Pasteur, Montparnasse, Edgar-Quinet, boulevard Ras-pail, Denfert-Rochereau, place Saint-Jacques, La Glacière, place d’Italie. Le trajet a été effectué en 28. minutes. Après la station de Passy, la voie franchit la Seine, passe au-dessus de la ligne du chemin de fer électrique des Invalides, longe les boulevards de Grenelle, Garibaldi, Pasteur. A partir de la station Pasteur, la ligne est souterraine pour devenir à ciel ouvert à la place Saint-Jacques.
- Cyclisme. La course Paris-Roubaix. — La course Paris-Roubaix, organisée par VAuto, et qui est la première des grandes courses sur route de la saison, a eu lieu le i5 avril. Elle a réuni près de .200 engagés, et a emprunté cette année un nouvel itinéraire passant par Douai. Elle a été très dure pour les coureurs ; car un vent debout les a gênés pendant tout le parcours. Le premier coureur a accompli le trajet en 9 heures Sj minutes ; en 1905, cette même distance avait été franchie par le vainqueur en 8 heures 4 minutes.
- Les canots automobiles. — Le 12 avril a eu lieu à Monaco la grande course du meeting, le championnat de la mer, qui s’est couru sur 200 kilomètres et qui était ouvert à tous les cruisers et tous les racers jusqu’à "*18 mètres de longueur. Il y avait au total vingt-cinq canots partants ; parmi les racers se trouvaient Antoinette IV (moteur Levavasseur, coque Gustave Pitre), Dubonnet (moteur Lorraine-Dietrich), Delahaye (coque de la Brosse et Fouché). Parmi les cruisers, on signalait : Mendelssohn III (moteur Mutel), Alexandra I (moteur de Dion-Bouton), Nautilus-Turgan (moteur Turgan). Le départ a eu lieu le matin à 10 heures et demie; la mer était calme, la température douce. Au départ, un racer italien, Fiat XIII, prit d abord la tête; mais, après quelque temps, ce fut le Delahaye qui passa premier. Le Delahaye est un canot automobile, de i5 mètres de longueur, construit à Nantes par MM. de la Brosse et F'ouché, ayant un moteur de 3oo chevaux. Le trajet a été parcouru par Delahaye en par
- Antoinette en 4h 4^m 53% par FiatXIII en 4h 46m37“. Le premier cruiser classé est le Delahaye-Nautilus qui. a effectué le parcours en 5h 56m 4^3. Le canot automobile a remporté une grande victoire dans cette course et a fait preuve de grandes qualités.
- La statue de Benjamin Franklin, à Paris. — La
- cérémonie commémorative du deuxième centenaire de la naissance de Benjamin Franklin a eu lieu à Paris le 27 avril, dans la 'salle des fêtes du Trocadéro.. Elle a été suivie de l’inauguration de la statue de l’illustre homme d’Etat américain, offerte à la A ille de Paris pai. M. John H. Harjes et élevée à l’entrée de la rue qui porte le nom de Franklin, le premier ambassadeur des États-Unis à Paris.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- Appareil d’échappement libre pour automobiles.
- — 11 serait peut-être intéressant de pouvoir produire à volonté, sur les voitures automobiles, l’échappement à l’air libre des gaz brûlés. On pourrait ainsi soulager momentanément le moteur et mieux se rendre compte de son fonctionnement. L’échappement à Fair libre servirait aussi d’avertisseur-appel sur route en remplaçant la trompe. A la condition toutefois que les gaz ne viennent frapper aucun organe essentiel du moteur, qu’ils ne tombent pas directement sur la route pour soulever la poussière et qu’ils soient également obligés de respecter les voyageurs.
- L’endroit où doit être percé le tube d’échappement étant bien déterminé, on procédera à cette opération,
- Appareil (l'échappement pour automobiles.
- puis on mettra en place l’appareil, comme l’indique notre figure. Cet appareil comprend un champignon articulé qui ferme hermétiquement la blessure faite dans le tube. Le champignon est maintenu par une bride, et un ressort à boudin, également bridé sur le tube, l’oblige à obturer en permanence l’ouverture. On dispose ensuite, à portée de la main du conducteur, un levier qu’un câble léger et souple relie à la commande du champignon. Ce levier permettra donc l’échappement à l’air libre à tout instant du voyage. Il n’est pas nécessaire de tenir constamment le levier à la main si l’on veut supprimer l’échappement par le silencieux pendant un temps plus ou moins long ; il suffit de le tirer à fond pour que le champignon demeure soulevé. — L’appareil se trouve chez M. Paul Fuant, mécanicien, 38 bis, rue Brunei, à Paris.
- Le Stop. — Lorsque les voitures circulent dans les agglomérations un peu impoi'tantes, leurs conducteurs peuvent être obligés, pour une cause quelconque, de ralentir l’allure ou même de s’arrêter. Comme les autres
- voitures qui suivent doivent éviter la manœuvre, les con-
- ducteurs lèvent le bras, signal qui, dans toutes les langues, est interprété ainsi : attention! je vais ralentir. Et si la file des voitures est longue, chaque cocher transmet le signal à celui qui le suit de la même manière, ils se comprennent : c’est leur télégraphie sans fil.
- Cela, d’ailleurs, n’empêche pas les accidents. Et Fréquemment, par inattention, les brancards d’un véhicule s’enfoncent le mieux du monde dans la caisse de la voiture d’avant. Ces .mésaventures se renouvellent journel-
- lement, mais surtout pendant la nuit qui estompe le bras avertisseur.
- Afin'de préserver les caisses des voitures automobiles de ces fâcheux télescopages, M. J. Chanut a imaginé un appareil très simple et très ingénieux qui mérite d’être adopté. C’est une sorte d’annonce lumineuse qui s’éclaire dès que le conducteur appuie'sur la pédale de débrayage ou encore s’il manœuvre le levier de frein. Notre dessin montre clairement ce qu’est l’appareil : le volet qui recouvre habituellement le signal s’élève en même temps que s’opère le ralentissement de la voiture et il établit un contact électrique ; le courant passant par les lampes de cette sorte de lanterne, rend apparent le mot fatidique Stop. Ce signal s’éclairant dans l«i nuit attire forcément l’attention du conducteur qui suit et lui permet à son tour de ralentir son véhicule à temps. — L’appareil se trouve chez l’inventeur constructeur : M. J. Chanut, 3q, rue Rivay, à Levallois-Perret (Seine).
- «8^ Horlogerie d'amateur
- Le remontage d’une montre. — Les progrès incessants de l’industrie horlogère ont permis à tout le monde aujourd’hui d’avoir sa montre. Mais combien peu de personnes se rendent compte du fonctionnement et ont une idée nette de la marche des mouvements. Un ingénieur constructeur a établi une montre qui est livrée complètement démontée et qaii peut être remontée très
- 1 a . 6
- Pièces diverses qui composent une montre.
- facilement par un amateur. Toutes les pièces trop délicates ou trop difficiles sont placées. Les figures ci-jointes représentent toutes les pièces qui vont nous servir dans notre opération et que nous allons trouver successivement. Nous prenons d’abord la pièce a qxii est la platine de la montre, du côté où se trouvent le pont et la roue d’échappement qui sont en place. Nous posons ensuite la roue du centre i, en ayant soin de fixer le long pivot dans le trou percé au centre de la platine. On pose le barillet 3, qui renferme le ressort moteur; la denture est en bas pour engrener avec les ailes du pignon de la roue de centre. La petite roue 4 est placée le pignon en haut pour engrener avec la roue
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- d’échappement. La roue intermédiaire 5 est au contraire fixée le pignon en bas pour que ses dents engrènent avec les dents de la roue du centre 2. On place après la mince platine 6 sur la grande platine la et les pignons des roues ; on regarde si les pivots des roues sont dans leur trou, sinon on les fait entrer avec les pinces qui se trouvent dans le nécessaire. On visse ensuite 4 vis sur les piliers qui portent la mince platine ; et le mouvement est mis dans la boîte 7 de la montre qui n’est pas représentée dans nos figures. La mince platine est placée dans le fond de la boîte. Celte boîte porte une rainure qui indique l’endroit où on doit placer la goupille fixée sur le côté de la grande platine 1. On fixe ensuite, sur la face extérieure de la grande platine, le rocliet 8, pourvu d’un trou carré, sur l’arbre du barillet (roue motrice 3). On visse le pont 9 qui maintient en place le rocliet 8 et le ressort 10 du rocher. On place la chaussée x 1, que l’on pousse à fond sur le long pivot de la roue du centre 2. On met la roue de minuterie 12 en place dans son pivot en laiton fixé à la grande platine ; elle engrène avec la chaussée 11. On lixe ensuite la roue à canon i3 sur la chaussée ; elle engrène avec la roue de minuterie 12. On pose le cadran 14 en ayant soin de placer le midi en haut près du pendant de la boîte ; deux petites tiges fixées sur le cadi’an passent daixs deux ti’ous ménagés à cet effet dans la grande platine. On pose l’aiguille des heures 15, la plus courte, sur la roue à canon 13, et on la pousse à fond ; on place l’aiguille des minutes 16 sur la chaussée 11. L’aiguille des heures est posée sur 1 heure, et l’aiguille des minutes est posée sur midi. On met la petite plaque l'onde nickelée pour maintenir les aiguilles; on ferme la lunette qui porte la glace et on retouime la montre en mettant le cadran en bas. Deux longues vis 17 permettent de fixer le mouvement à la boîte ; elles se placent dans deux trous sur le bord de la mince platine 6. La clef 18, porteur d’une boucle, pour remonter la montre toutes les 24 heures, se visse sur l’arbre du barillet, roue motrice 3. Viennent ensuite le coq 19 ou appareil pour protéger le balancier, le balancier 20 avec son spiral muni de son piton. Ce dernier se place dans le trou au milieu du coq ; on le pousse à fond et l’on place le coq avec le balancier et son spiral dans la grande ouverture de la mince platine 6. On a soin de visser le tout en prenant garde que les pivots soient bien dans leurs trous. On tourne la clef du barillet, roue motrice 18, et la montre marche. En suivant exactement ces diverses instructions, en ayant soin d’exécuter chaque opération successivement et de s’assurer que tout est bien disposé comme il est dit, un amateur pourra aisément faire le remontage d’une montre; il appréciera alors les merveilles d’ingéniosité que nous offre cet appareil. — La montre à remonter, dite « Instructive », se trouve chez M. Ed. Mathieu, 29, rue de Valois, à Paris.
- Divers
- solution aussi heureuse que simple : elle ne demande aucune installation, car elle est mobile et se pose instantanément partout : à la porte d’entrée aussi bien qu’à celle de la chambre à coucher et de toutes petites dimensions, on l’emporte même dans la poche pour se proté-ger contre toutes infractions en voyage à l’hôtel où les serrures sont généralement mauvaises et s’ouvrent avec n’importe quel passe-partout. La sonnerie d’alarme représente un coin métallique dont le patin au moyen de deux pointes s’arc-boute. La partie inclinée est mobile, elle recule légèrement sous l’effort de la poussée de la porte pour déclencher la sonnerie à remontoir qui termine ce petit appareil. Le voleur qui cherche à pousser la porte ne réussit qu’à augmenter l’obstacle et à faire carillonner la sonnerie. Cette somxerie se remonte en tournant le timbre. Cet appareil est tout petit mais néanmoins très solide et résistaixt. — La sonnerie d’alarme se trouve chez M. Ivratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- L’autordloque pour lavage des planchers. — Laver un plancher avec un simple torchon c’est s’astreindre à se baisser, à se mouiller les mains pour tordre la loque et l’essorer ; c’est ce que fait à peu près tous les jours une ménagère soucieuse d’avoir une cuisine propre. L’inventeur de 1 ’autordloque, M. Thémar, a voulu faciliter celte opération, en permettant de promener le torchon tout en restant debout et de l’essorer sans se mouiller les mains. Pour cela il emploie un torchon sans fin, comme un essuie-main de cuisine ; il le fixe à une traverse qui est solidaire d’un manchon en fonte ; dans ce manchon passe librement un manche à balais qui porte à son extrémité une traverse semblable à la pi'emière. Dans la position du lavage (n° 1) le manchon est
- L’autordloque.
- tombé par son poids de façon que les deux traverses se touchent, le torchon est flottant et ramasse l’eau quand on le promène sur le plancher. Pour l’essorer on relève le manchon avec la main droite pendant que la gauche tient solidement le manche et tourne l’un en sens inverse de l’autre (n° 2), le torchon est alors tordu et l’eau s’écoule. Enfin quand on a fini d’utiliser l’appareil on le pose contre un mur (n° 3) le manche en bas, de façon que l’étoffe tendue sèche facilement. C’est un petit appareil ingénieux qui a sa place dans tous les ménages. — L’autordloque se trouve chez l’inventeur, M. Thémar, 115, rue Oberkampf, Paris.
- Sonnerie d’alarme. — Nous avons déjà signalé (n° 1660, du 18 mars 1905) un arrêt de sûreté pour porte ; nous décrirons aujourd’hui un nouvel appareil qui répond au même but. Le nombre toujours croissant des
- faits relatifs aux cambriolages engagent, d’une part, les inventeurs à imaginer de nouveaux appareils pour se protéger chez soi et, d’autre part, le public à rechercher de nouveaux moyens de protection. On a surtout cherché à compliquer les serrures, généralement très ordinaires des appartements, inventé de nombreux verrous, etc..., mais tous ces procédés n’ont pas donné le résultat désiré et avaient par surcroît l’inconvénient de détériorer les portes. La sonnerie d’alarme que nous présentons à nos lecteurs nous paraît en la circonstance une
- Fixateur pour suspendre le linge. — Pour suspendre le linge en général, et en particulier les torchons, les serviettes, les essuie-mains, on se sert d’un simple clou que l’on enfonce dans le mur à la hauteur voulue ; on a eu soin de munir le linge d'un anneau en ruban. Mais, malgré tous les soins, le ruban est bien vite arraché, déchiré et c’est le linge lui-même qui est le plus souvent fixé sur le clou lui-même.
- Le petit fixateur que nous présentons à nos lecteurs évite tous ces inconvénients. Il consiste en une pièce métallique qui peut se fixer sur le mur à l’aide de deux clous et qui présente une fente, plus large à la partie supérieure qu’à la partie inférieure. Dans cette fente peut glisser une tige terminée par une boule qui entre seulement par le haut. Il suffit de prendre un linge, de l’entortiller légèrement Pour '‘“g'V sur cette tige et de mettre celle-ci en place; le linge est maintenu convenablement et ne risque pas d’être déchiré. — Le* fixateur se trouve chez M. Charles Leménagé, 14, rue de Palikao, à Paris (XX0).
- Sonnerie d’alarme. Mode d’emploi.
- Fixateur
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- CONGRÈS DES SOCIÉTÉS SAVANTES (J906) A LA SORBONNE
- Le Congrès annuel des Sociétés Savantes de Paris et des Départements a eu lieu à Paris du 17 au 20 avril. Parmi les très nombreuses communications dont on trouvera le compte rendu au Journal officiel des 18, 19 et •21 avril, nous nous bornerons à signaler très sommairement les suivantes.
- Histoire. — M. Musset décrit la ville blanche d’Auais, petit village de l’arrondissement de La Rochelle (Charente-Inférieure); il fut jadis une localité très importante. Le sol en est couvert de briques et poteries romaines ou du moyen âge; le cimetière était rempli de cercueils en pierre.
- M. E cor cheville expose l’organisation de la musique du roi sous Louis XV. Elle comprenait trois parties : la chapelle, la chambre et la grande écurie.
- La chapelle, sous les ordres du maître de musique, comptait 120 personnes et coûtait jooooo francs.
- La musique-chambre relevait du premier gentilhomme et coûtait 3o 000 francs.
- La musique-écurie n’avait que cinquante instruments.
- Archéologie. — M. Cagnal, membre de l’Institut, a dressé la liste des inscriptions des tombes militaires qui se rapportent aux relations entre l’Afrique et la Gaule à l’époque romaine. Il en résulte que l’Afrique se bornait à envoyer en Gaule des artisans et des marchands, et que les poteries africaines trouvées en Gaule ne provenaient guère que d’Iiadrumète.
- M. le commandant Espérandieu, correspondant de l’Institut, donne les résultats de récents sondages pratiqués sur le plateau du mont Auxois (Alésia) par les soins de la Société des sciences historiques et naturelles de Semur. Quatre tranchées, de 100 mètres de long environ chacune, ont fait découvrir une cinquantaine de murs, deux puits, et une foule de menus objets des quatre premiers siècles ; des recherches bien conduites permettront de reconstituer le plan de la cité gallo-romaine qui succéda à l’oppidum de Vercingétorix, les sondages récents 11e laissent pas de doute à cet égard.
- M. l’abbé Arnaud d'Agnel décrit le très curieux et trop peu connu trésor de l’Eglise Notre-Dame à Embrun (Hautes-Alpes). On y voit notamment une admirable et complète série des vêlements liturgiques des anciens archevêques d’Embrun, déjà décrite par M. Roman.
- M. Mallart a fouillé le théâtre romain de Drevant (Cher) signalé par Caylus dès 1765, c’est un remarquable monument d’un type tout spécial et de 85 mètres de largeur.
- M. Adrien Blanchet donne de très intéressantes informations sur les remparts des villes gallo-romaines du icr au 111e siècle après J.-C.
- M. Charles Puech étudie les bourgades bâties en pierre sèche du Cantal. O11 y observe des voûtes qu dômes en encorbellement .et des tumulus au voisinage.
- Sciences économiques et sociales. — M. Barrey raconte la tentative avortée des premiers paquebots postes officiels institués entre le Havre et New-York, au nombre de 24, pour le transport de la correspondance des passagers et des marchandises, par arrêt du Conseil d’Élatdes 14 et 20 décembre 1786. Cet arrêt augmentait le prix du port des lettres de telle sorte qu’il dut être rapporté le 5 juillet 1788. En fait l’exploitation de cet essai fut désastreux : le ier départ du Havre pour New-York eut lieu le 17 février 1787 par un petit navire de 285 tonneaux seulement, Les 2 frères, affectés provisoirement au service. Six paquebots spéciaux seulement (sur les 24 projetés), construits moyennant i35 26o fr. chacun, ne purent lutter contre la concurrence privée des armateurs havrais ; ils furent revendus ensemble 172 025 francs lors de la liquidation de l’entreprise officielle.
- Médecine et hygiène. — M. le Dr Chatin expose que les moustiques se développent à Paris d’une façon qui commence à devenir inquiétante. On les avait cru apportés par des bambous du Tonkin livrés à une fabrique de parapluies, mais on a reconnu qu’ils provenaient d’une fosse d’aisance mal tenue. Les mesures publiques ont été prescrites pour leur destruction, mais il faut que le public s’y prêle pour l'assurer.
- M. le Dr Fauveau de Coiirmelles lit un travail sur la stérilisation des eaux par l’ozone qui s’affirme de plus en plus comme un moyen pratique et peu coûteux de la stérilisation. (Voir un prochain article de notre collaborateur M. Bonjean.)
- Physique et météorologie. — M. Deorum présente de nouveaux thermomètres industriels de deux sortes. Le premier renferme du pétrole, coloré en rouge par de l’orcanette ; il est divisé orthoclasliquement. Le second modèle est rempli d’acide sulfurique pur à 66° coloré par du bleu d’indigo. Ce dernier mode est beaucoup supérieur au premier, car l’acide sulfurique se dilate très régulièrement.
- M. Angot présente les résultats connus du régime pluviométrique de la Méditerranée ; valeurs moyennes de la pluie, de sa répartition saisonnière, de sa variabilité, etc. Quant aux relations entre la pluie et les taches du soleil, on ne remarque aucun parallélisme entre les deux phénomènes.
- Géographie. — M. Buffaut, inspecteur adjoint des forêts à Briançon, a étudié le tracé primitif du littoral de Gascogne et ses grands étangs littoraux. Les dunes ont formé des barrages, qui ont obstrué les estuaires des cours d’eau et provoqué la formation des étangs.
- M. Du fart explique à son tour que les différences de profondeurs observées dans les étangs des Landes de 1707 à i8q5 ne proviennent pas du tout d’un abaissement du niveau des lacs comme on l’avait supposé. Elles résultent simplement de la rapidité de l’alluvionnement et du colmatage, notamment pour les lacs de Hourtin et de Lacanau. Celte preuve résulte non seulement des comparaisons des sondages à deux siècles de distance, mais encore de l’examen physiologique et biologique de la vie de ces deux vastes nappes.
- Les lacs du Médoc achèvent de vivre ; leur fin est pour une époque indéterminable mais, malgré leur jeunesse relative, ils sont en pleine vieillesse géologique. Ils offrent le type des lacs à courte existence.
- M. Charles Rabot résume les travaux effectués depuis plusieurs années par la commission française des glaciers sur les glaciers du Dauphiné et de la Savoie.
- Nous publierons prochainement un article de M. Rabot sur ce sujet.
- Selon M. Belloc il y aurait eu dans les Pyrénées Centrales quatre périodes glaciaires distinctes.
- M. Léon Diguet a étudié dans l’ancien Mexique les peuplades Zapolecs et Mixtecs. Les tumulus érigés par ces peuplades se nomment des mogotes, les fouilles ont réveillé à l’intérieur des cryptes sépulcrales.
- M. Henri Cordier parle de l’émigration chinoise au Transvaal (et nous a remis un article sur ce sujet).
- Géologie. — M. Eugène Ferrasse décrit les cavernes du Minervois et la capture des eaux souterraines de la Cesse par l’Aude.
- M. Marie a étudié les souterrains de Saint-Marlin-le-Nœud (Oise), anciennes carrières des grandes églises du pays. Les fissures du massif crétacé y ont formé des dômes de décollement. Les infiltrations y alimentent plusieurs lacs souterrains, qui doivent communiquer avec une source voisine. On y a trouvé une faune aveugle.
- MM. Pérou et Paul Vincey signalent la récente augmentation de débit de certaines sources dans l’Yonne et la Brie, à la suite des grandes pluies de l’hiver 1905-1906.
- MM. de Sarran d’Allais et Charles Puech décrivent le projet de captage de source, pour la ville d’Aurillac et des expériences de coloration à la fluorescéine, les premières qui paraissent avoir été tentées dans des terrains volcaniques.
- Zoologie. — M. le professeur Vaillant résume les résultats zoologiques de l’expédition antarctique du Dr Charcot.
- M. Cozet parle des parasites des poissons, étude qui depuis 1896 a fait de grands progrès en Allemagne.
- M. Seurat étudie les huîtres perlières des îles Tua-motou. (Y. un prochain article de M. Regelsperger.)
- Botanique. — Parmi les nombreuses communications faites à cette session nous citerons seulement, faute de place : MM. Malinvau et Lamothe, décrivant les plantes de la vallée de la Dordogne dans le Lot. On y distingue cinq zones botaniques spéciales dépendant de la constitution géologique du sol et de son exposition.
- MM. le docteur F.-X. Gillot et E. Cliateau : Répartition topographique des espèces végétales au point de vue c alcimé trique.
- Enfin M. Jacques Maheu sur les principales déformations des muscinées dans les cavernes.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Chimie
- Phosphate artificiel. — Il est fabriqué industriellement par une usine Walters, qui fonctionne à Magde-bourg ; mais il est intéressant de savoir sur quels principes est basée sa fabrication. On fait fondre dans un four 100 parties de phosphorites grossièrement pulvérisées, 70 p. de sulfate de soude acide, 20 de carbonate de chaux, 22 de sable et 607 de charbon de bois. On coule ensuite la mixture en fusion dans un bassin plein d’eau, ce qui donne naturellement au refroidissement une substance granuleuse. On l’égoutte, on la fait sécher et on la broie en poudre line. Ce phosphate n’est ni hygrométrique ni caustique, et peut se conserver longtemps sans perdre ses qualités ; à l’emploi il semble se décomposer rapidement dans le sol et agir vite sur la végétation.
- Nettoyage de monuments en marbre. — Nous avons en vue surtout les monuments funéraires, car un nettoyage complet sur une vaste surface serait malaisé. On fait un mélange de lessive des savonniers avec du blanc d’Espagne, de manière à obtenir une sorte de pâte, que l’on étend bien sur le marbre, en la maintenant eu place pendant plusieurs jours. On lave alors à l’eau
- de pluie, de façon à enlever tout l’enduit. On peut répéter l’opération aussi souvent que cela est nécessaire pour nettoyer effectivement le marbre. La lessive peut être préparée directement en faisant dissoudre environ 3 kg de potasse d’Amérique dans un seau d’eau; il faut prendre garde de ne point faire tomber, sur la peau, de ce liquide, qui est assez corrosif. A la rigueur on peut au préalable, si l’on voit que cela est nécessaire, passer le marbre à la ponce, mais en employant des poudres fines et avec de l’eau.
- Savon liquide antiseptique. — Prendre 5oo grammes de soude caustique à 70 pour xoo (libre d’acide carbonique), 2000 gr. d’huile d’amandes douces, 1600 gr. de glycérine à 3o° B. et enfin assez d’eau distillée pour donner en tout 10000 gr. On dissout la soude dans le double de son poids d’eau, on ajoute huile et glycérine, et l’on remue bien le tout. On peut alors verser le reste de l’eau, et mettre au bain-marie, en maintenant vers 60 ou 700 C. durant 24 à 36 heures ; on enlève l’huile non saponifiée, et l’on recueille une masse gélatineuse. On en prend 900 gr. pour mélanger à 70 gr. d’alcool à 900; on additionne de 10 gr. d’essence de citron, d’autant d’huile de bergamote et d’essence de verveine. On chauffe quelques heures à 6o°, on laisse refroidir et on filtre ; ce qui doit donner un liquide clair.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre à Formose — Un tremblement de terre très violent a eu lieu à Formose, dans le Sud de Pile, le 14 avril dans la matinée. Les dégâts et accidents de personnes ont été considérables.
- Le temps. — Le 14 avril, la pression barométrique a monté rapidement sur les Iles-Britanniques. Le vent a tourné au Nord sur toutes nos côtes. La température a baissé rapidement, et il en est résulté un grand refroidissement. Le thermomètre marquait 8° à Clermont, ro° à Paris, ii° à Toulouse, —70 au Pic du Midi, —8° au mont Mounier. Il a plu à Perpignan (14 mm d’eau), à Clermont (7 mm). Le i5 avril, la pression barométrique dépassait 775 mm sur l’Angleterre et le Nord de la France. La température s’est encore abaissée sur nos régions ; on observait 5° à Brest, 70 à Paris, io° à Lyon, 140 à Perpignan, >6° à Alger, 5° au mont Aigoual, —5° au Pic du Midi. Le ciel a été beau toute la journée ; mais le temps a été frais. Le temps a été assez variable pendant la semaine du 16 au 22 avril. Le 16 avril, la pression barométrique restait supérieure à 770 mm dans l’Ouest et le Centre ; une dépression restait dans l’extrême Nord. Un vent faible soufflait sur la Manche et la Méditerranée. La température était le matin 6° au Havre, 7P à Paris, 8° à Nantes, 120 à Toulouse, 160 à Alger, 4° au Puy de Dôme, 3° au mont Ventoux, —4° au Pic du Midi; dans la banlieue de Paris, on a noté des minima de 2°, Le 17 avril, une dépression importante a lieu dans le Nord de la FTance. Le vent est faible sur toutes nos côtes; il souffle d’entre Nord et Est sur la Bretagne et en Provence. La température était 70 à Brest, 8° à Paris, ii° à Lyon, i3° à Toulouse, 3° au Puy de Dôme, — 3° au Pic du Midi, — 4° au mont Mounier. On a signalé quelques pluies orageuses dans le Centre et le Sud de la France. Le 18 avril, la pression barométrique avait encore baissé sur tout le continent ; une vaste zone de basses pressions s’étendait de la Scandinavie au Sud de la France où se trouvait un centre de dépression profond (Perpignan 745 mm). Un vent fort d’entre Est et Nord a soufflé sur les côtes de la Manche et de la Bretagne. Les pluies ont été générales en France; il est tombé 23 mm d’eau à Limoges, 14 mm à Toulouse, 8 mm à Paris, 7 mm à Biarritz, 7 mm à Lorient, 6 mm -à Marseille. La température a baissé légèrement; on a observé 6° au Havre, 70 à Paris, 70 à Nantes, xi° à
- Clermont, ii° à Toulouse, 5° au Puy de Dôme, x° au mont Ventoux, — 5° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 8°,7 avec un maximum de 70,5 à la tour Eiffel à 3 heures du soir. Le 19 avril, une profonde dépression s’est étendue de la mer Méditèr-ranée à la mer Baltique! le centre se trouvait à Francfort où la pression barométrique était 747 mm. Un vent violent d’entre Est et Nord régnait sur les côtes de la Manche, où la mer était grosse. Les pluies ont été abondantes en France ; on a recueilli 29 mm d’eau au Havre, 26 mm au Mans, 21 mm à Limoges, 18 mm à Paris, 16 mm à Toulouse, 9 mm à Bordeaux; dans la grande banlieue Oixest de Paris, à Ti'appes, il est tombé 23 mm d’eau. Le 20 avril, la pression s’est relevée sur nos régions ; la dépression de l’Europe centrale s’est dirigée vers le Nord-Est et son centre était sur la mer Baltique. Le thermomètre marquait le matin 3° au Mans, 4° à Limoges, 5° à Paris, 70 à Biarritz, — 20 au Puy de Dôme, —70 au Pic du Midi, —8° au mont Mounier. Des pluies sont tombées sur le Nord et l’Ouest de l’Exxrope. En France, il a plu à Paris (5 mm d’eau), à Dunkerque (5 mm), à Gap (5 mm), à Biarritz (4 mm) et au Havre (4 mm). En plusieurs endroits de la banlieue de Paris, la température s’est abaissée au voisinage de o°, et en quelques points on a signalé de la gelée blanche. Le
- 21 avril, la pression barométrique atteignait un maximum de 769 mm sur l’Est de la France, tandis qu’une dépression assez profonde avait lieu sur les Iles-Britanniques et la Scandinavie. Le vent était faible sur toutes nos côtes ; il squfïlait de l’Ouest sur la Manche et sxxr l’Océan et de direction variable sur la Méditeri'anée. La température était le matin 4° à Nancy, 7? à Lyon, 8° à Paris, io° à Brest, i° au mont Aigoual, —20 au Puy de Dôme, —8° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de xo°,5, supérieure de o°,3 àlanox-male. Le
- 22 avril, les basses pressions du Nord de l’Europe se sont étendues vers le Sud ; à Paris, la pi'essioh a décrxx lentement et a atteint à midi 762,6 mm. La pluie est tombée en plusieurs endroits de la France ; on a recueilli 9 mm d’eau à Besaixçon, 6 mm à Perpignan, 4 mm à Dunkerque, 3 mm à Nice, 2 mm à Brest. Le thermomètre marquait le matin xo° à Paris, io° à Nantes, io° à Nancy, i5° à Alger, o° au Puy de Dôme, — x° au mont Ventoux, — 70 au Pic du Midi.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesare du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Dans le Supplément du n° 1717 (Science appliquée, article : Boites à Lumière, ligne 12, au lieu de : l’on destine, il faut : l’un destiné.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les
- appareils respiratoires pour mines de MM. Guglielmi-nelti-Draeger, décrits dans le n° 1714. du 3i mars 1906, p. 273, se trouvent à la Société Y Oxhydrique française, 11, place de la Madeleine, à Paris.— Les pistolets automatiques Browning (n° 1715, du 7 avril 1906, p. 289) sont fabriqués en Belgique par la fabrique nationale d’armes de guerre à Herstal-Liége. On peut se les procurer au prix de 5o francs, à la manufacture française d’armes et de cycles de Saint-Etienne. — La boîte à lumière, décrite dans le Supplément du n° 1717 du 21 avril 1906, se trouve 27, rue Desrenaudes, à Paris.
- Communications. — M. le vicomte de Montravel, à Thueyts (Ardèche), nous écrit : « Je lis dans le n° 1702 du 6 janvier 1906, de La Nature, divers remèdes pour la guérison des verrues. En voici un que je crois devoir signaler, car il est infaillible et des plus faciles à faire. Mon père ayant remarqué que les plâtriers n’avaient jamais de verrues eut l’idée de me guérir de celles dont j’avais les mains couvertes. Il fit apporter sur la terrasse dés briques, du gros gravier et du plâtre et tous les matins, sans truelle avec mes mains seules je gâchais le plâtre et bâtissais des murs, ponts, etc., et cela pendant une demi-heure, pendant huit à dix jours, au bout de ce temps toutes ces verrues avaient disparu et je n’en ai plus eu depuis.
- M. Henry Leroy, pharmacien, à Douvres —3—^
- nous signale que le lundi 16 avril 1906, à 21“ a, u a vu un magnifique bolide jaune éclatant, qui lui a paru partir du milieu du carré de la petite Ourse et s’éteindre au gamma de Cassiopée.
- Renseignements.—M. G. Bernard, à Deauville-sur-Mer. — Nettoyage des bronzes souillés par les mouches : prenez : acide nitrique, 60 gr. ; sulfate d’anuline, 6 gr. ; eau, 200 gr. ; — ou bien : eau de Javel, 20 gr. ; blanc d'œuf, 20 gr. ; frotter légèrement pour essuyer avec un tampon d’ouate.
- M. Herburger, à Paris. — C’est une invention de toutes pièces que celle du marronnier du 20 mars. Les marronniers sont en effet assez précoces et ceux des Tuileries comme les autres. C’est un journaliste du second Empire qui a inventé que la floraison de cet arbre coïncidait avec l’anniversaire de la naissance du roi de Rome. Un confrère a renchéri en expliquant le fait, dû, selon lui, à ce que l’on avait enterré au pied de cet arbre les suisses massacrés dans la journée du io août.
- M. Guignet, à les Avenières. — Les tableaux, dressés par le Dr Landouzy, n’ont pas été publiés, mais vous trouverez à la librairië Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, des ouvrages du mênie auteur et sur le même sujet.
- M. IL. Durieux, à Deville-lès-Rouen. — Traités relatifs à la fabrication du cidre : Fabricant de cidre et de poiré (Manuel Roret), librairie Mulo, 12, rue Haute-feuille à Paris ; Industries agricoles de fermentation (c’idrerie, brasserie, hydromels, distillerie), par E. Boul-ldnger, 1 vol. 6 francs ; L'art de faire le cidre, par P. Hubert, 1 vol. 2 francs ; ces deux ouvrages à la librairie J.-B. Baillière, 19, rue Hautefeuille, Paris; Culture du pommier et fabrication du cidre, par Nanot, Uvol. 3fr;5o, libraire agricole, 26, rue Jacob, Paris.
- M. le Dr Palzelt, à Bucarest.— L’autosaturateur Hen-nebutte (n° 1711 du 10 mars 1906, p. 226) est fabriqué par M. Ilennebutte, 16, rue de Chartres, à Neuilly-sur-Seine (adresse donnée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1713, du 24 mars 1906).
- M. A. de Bussy, à Leuilly. — Nous ignorons si la Persicaire de Sahhaliue se trouve dans le commerce. Vous pourriez cependant vous adresser chez Yilmorii^, quai de la Mégisserie ou au laboratoire de Botanique du Muséum d’Histoire naturelle, à Paris, ou bien au Jardin colonial de Nogent.
- M. Esenlnaire, à Boussu-les-Mons. — Ouvrages relatifs à la savonnerie : Manuel du Savonnier, parE.Lormé (Manuel Roret), librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille; Savons et bougies, par J. Lefèvre, librairie J.-B. Baillière, 19, rue Hautefeuille, Paris; Traité de savonnerie, par Ed. Moride, librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères.
- M. G. Cordeuu, à Paris. — Pour la machine à passer au papier de verre, s’adresser à M. Stone and C°, i35, Finsburg Pavement, Londres E. C. Cette adresse a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du 11° 1713, du 24 mars 1906.
- M. D. F'., à Saint-Emilian. — Nous vous conseillons de préférence l’emploi des stéréo-jumelles Zeiss.
- Compania mica de Quispicanchi, à Cuzco. — La question n’est pas de notre compétence ; elle nécessite une étude sur place par un ingénieur des mines. Veuillez vous adresser soit à un ingénieur privé, soit au service des mines du gouvernement péruvien.
- M. X., à M. — i° Le vermout est un vin blanc alcoolisé et aromatisé par macération avec certaines plantes aromatiques. Le vermout français est à base de vin blanc du midi, le vermout de Turin est à base de Muscat et renferme de 60 à 100 grammes de sucre par litre. — 20 La viande congelée offre l’aspect de la viande fraîche, muscles et graisse ayant leur couleur normale ; mais elle est dure au toucher, sonore comme une masse de bois et donne la sensation d’un bloc de glace. En la coupant à la scie, on voit, si la congélation date déjà de plusieurs mois, que la surface extérieure des muscles présente une apparence plus foncée que celle de la coupe, celle-ci 1 )se très pâle à reflets blanchâtres ; le marbré ou le persillé,, quand il existe, se dessine nettement au milieu de la substance musculaire dont les fibre,s apparaissent bien distinctes.
- M. H. Nauchet, à Frapesle. — Notre collaborateur M. Mareschal a consacré ' autrefois un article à cette question. Veuillez vous y reporter ; n° i325 du 22 oç-tobre 1898, p. 325 : Développement des clichés en plein air.
- M. Martin Pioche, h Nantes. — Encaustique pour épreuves sur papier au gélatino-bromure : Essence de térébenthine, 5o cc ; essence de lavande 5o cc ; cire blanche) coupée en morceaux 100 gr. ; laisser reposer une journée,-puis chauffer légèrement au baiiv-marie ; bien remuer avec un morceau de bois pour effectuer le mélange. Mettre l’encaustique en pot. On l’emploie en l’étalant par très petite quantité avec un tampon de flanelle en frottant vivement, puis, après un moment,'on polit avec un second tampon.
- V. Loupiot, à Martigny. — Il y a divers procédés de coloration du curaçao; on peut employer la composition suivante : bois de Fernambouc 2 kilogrammes ; crème de tartre 3o grammes ; esprit de curaçao 5 litres; il faut laisser l’infusion se faire pendant dix jours et recharger d’alcool jusqu’à épuisement du colorant. On emploie aussi Y hématine, extraite du bois de campêche : 5o gr. par litre ; après dissolution, ajouter un peu d’acide citrique. La liqueur obtenue est jaune d’or à sec et d’un rose frais, coupée d’eau.
- M. J. Brignon, à El-Kantara. —: i° Le principal emploi des os de seiche et qui nécessite de préférence les os entiers est de servir aux oiseaux domestiques pour aiguiser leur bec ; c’est la source d’un commerce très important. — 20 Oui, la papeterie française utilise les pâtes d’alfa. On fait avec ce produit des papiers de diverses qualités rentrant sous la dénomination générale de papiers d'alfa-, on les emploie beaucoup comme papier support dans la fabrication du papier couché, çt l’on en fait aussi de beaux papiers d’impression, tirant malles figures en similigravure, mais d’une belle couleur, moelleux et très appréciés.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de
- M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 avril .... 6°,5 N. 'N. E. 4. l’eu nuageux. » Rosée ; halo ; très peu nuageux.
- Mardi 10 9\1 N. E. 2. Beau. » Rosée ; beau.
- Mercredi 11 6°,2 Calme. l’eu nuageux. 0,0 Gelée bl.; halo; très Brumeux; peu nuag. ; éclairs et tonnerre dans la soirée, avec gouttes.
- Jeudi 12 11°, 9 S. E. 2. Beau. 0,0 Rosée; halo; très nuag. ; gouttes dans la soirée.
- Vendredi 13 13°,0 S. S. E. 2. Couvert. )) Très nuageux.
- Samedi 14 10°,0 N. N. W. 2. Très nuageux. 0,2 Un peu de pluie à 1 h. 50; couvert.
- Dimanche 15 6°,8 N. E. 4. Couvert. D Nuageux. !
- Lundi 16 avril .... 6°,6 N. E. 2. Beau. )) Rosée ; beau.
- Mardi 17 8°,0 N. N. E. 2. Peu nuageux. » Rosée; peu nuageux le malin; nuageux le soir.
- Mercredi 18 7°,0 N. N. E. 2. Couvert. Pluie. 10,9 Couv. ; pluie par intervalles; orage 17 h. 45 à 18 h. 20.
- Jeudi 19 9°,0 S. 2. Couvert. Pluie. 5,7 Couvert; pluie à diverses reprises.
- Vendredi 20 5°,3 N. N. W. 3. Peu nuageux. » Gelée blanche; peu nuageux.
- Samedi 21 7°,6 S. 2. Couvert. 0,0 Gelée blanche; très nuag. ; gouttes à 12 h. et 18 h. 15.
- Dimanche 22 10°,1 S. W. 2. Couvert. 0,2 Rosée; gouttes ou bruine entre 9 h. et 15 h.; très nuag.
- AVRIL 1906
- SEMAINES DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 22 AVRIL 1906,
- Mercredi
- Mardi
- Vendredi
- Lundi
- Samedi
- Dimanche
- IESSBI
- 'SSSSSSSSSS!
- iiiiilili
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- | Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- I3ESSI
- IBESEI
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direct ion du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- PHASES DE LA LUNE : P. Jj. le 9, h 6 hi. 11 m. du matin; D. Q. le i5, à 8 h. 46 111. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l'Ecole supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF: E -A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VT:)
- Tout ce qui concerne l'Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N" 1720 (12 MAI 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
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- INFORMATIONS
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- Expositions d’horticulture. — La Société nationale d’horticulture de France organise pour cette année deux expositions qui auront lieu aux serres du Cours-la-Reine, à Paris : i° du 19 au ,27 mai, exposition de printemps, entièrement consacrée aux roses, azalées, orchidées, rhododendrons, etc. ; — a" du 3 au 11 novembre, exposition d’automne, pour les légumes, fruits, chrysanthèmes, etc. .
- Bibliothèque Sutro à San Francisco. — La bibliothèque de M. Adolph Sutro, le richissime américain, a disparu dans le désastre de San Francisco. C’est une perte sérieuse pour la science, les arts et la littérature; car c’était une des plus riches collections de vieux livres, peut'-être la plus importante dé l’Amérique du Nord. Cette bibliothèque ne contenait pas moins de 225 000 volumes. On y remarquait un très grand nombre de manuscrits très anciens trouvés dans lés monastères de la Bavière, dès quantités de documents relatifs à la Californie,1 une collection complète très remarquable des œuvres de Shakespeare, des œuvres imprimées par Gutenberg, des ouvrages hébreux fort curieux, et une collection unique de publications et journaux français et anglais ayant paru pendant la 2e partie du xii.i0 siècle et au commencement du xive. La disparition de cette bibliothèque représente une perte considérable.
- La Bibliothèque Nationale en 1905. —- M. Henry Marcel, administrateur général de la Bibliothèque Nationale, vient d’adresser à M. le Ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes, un intéressant rapport d’où nous extrayons les renseignements suivants. En 1905, le nombre des lecteurs a été de 163719 dans la sallë de travail, 448i2 dans la Salle publique de lecture et le nombre de volumes communiqués 534 169 et 63 849. Voici le bilan des acquisitions : volumes provenant du dépôt légal, 19 483 ; volumes achetés, 9800 ; donnés, 4152 périodiques déposés (France), 463000 numéros; périodiques achetés (étranger), 72 000 numéros ; acquisition de la section de géographie : 848 cartes en dépôt légal, 841 caries ou volumes en dons et achats. Parmi les 9800 volumes achetés, les publications étrangères figurent pour les neuf dixièmes; le choix en a été fait par une commission de bibliothécaires et de membres ^de l’Institut. Il faut mentionner la libéralité exceptionnelle de M. Léopold Delille qui, en quittant la Nationale, a voulu lui léguer sa bibliothèque, riche d’environ 3ooôo volumes ou brochures de divers ordres. Le bulletin mensuel des publications françaises, le bulletin mensuel des publications étrangères, paraissant régulièremént, •ont tenu le public au courant des nouvelles acquisitions.
- En même temps étaient publiés les tomes XXII, XXIII, XXIV et XXV du catalogue général des livres imprimés ; cèla représente environ 5oooo volumes. Rappelons ici que la Bibliothèque Nationale a été autorisée à. prêter le concours de ses collections et de ses nouveaux locaux disponibles sur la rue Vivienne à une exposition d’œuvres d’art du xvm0 siècle, organisée par l’ancien comité de l’exposition des Primitifs français, sous la présidence de M. G. Berger.
- La médaille du chirurgien P. Segond. — Le 5 mai, dans une fête intime, les élèves et les amis du professeur P. Segond se sont réunis pour offrir au grand chirurgien une plaquette, œuvre du graveur Charpentier. M. le professeur Guyon, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, a fait l’éloge de celui qui fut son élève et lui a remis l’artistique plaquette. M. le-professeur Pinard, MM. les Drs Nélaton, Potherat et Lenoir assistaient à celle fête. ' . . ..
- Une nouvelle nébuleuse. — Le professeur E. Bar-nard, l’éminent astronome américain, vient de signaler l’existence d’une nouvelle nébuleuse. Il Ta découverte sur les photographies prises par lui l’année dernière, au Mont-Wilson, avec un objectif de 10 pouces de Brasheax. Cette nébuleuse occupe une immense région, de 5° du nord au sud, voisine des étoiles % et ô du Scorpion, sa partie la plus brillante étant à environ 1/2 degré au sud de la première de ces étoiles. Mais le fait le plus spécialement intéressant de cette belle découverte est que cette nébuleuse, comparable comme dimensions à la grande nébuleuse d’Orion, présente aussi la même structure avec ses nombreuses branches ; et l’analogie devient plus frappante encore lorsqu’on constate que les plus brillantes étoiles, en connexion avec elle, sont également du typé de celles d’Orion. L’examen de la structure de cette nébuleuse et de ses pareilles tendrait à discréditer, dans la pensée du professeur Barnard, l’idée, généralement adoptée de la théorie nébuleuse de l’évolution stellaii'e, et le savant astronome estime que cette théorie n’aurait pas été édifiée, si, à l’époque où on l’a conçue, l’on avait connu la forme de ces objets célestes comme nous les révèle la photographie. ;
- Cyclones aux Etats-Unis. — Un cyclone s'est abattu dans la nuit du 26^au 27 avril sur le village de Bellévue, dans le Texas. Il a ravagé le village dans la soirée, détruisant tout et causant des dégâts considérables. Plusieurs personnes ont péri, et un grand nombre ont été blessées. Des villages voisins, Stoneburg et Hamilton, ont été également détruits.
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- INFORMATIONS
- La neige dans les Pyrénées. — Les chutes de neige ont été exceptionnellement abondantes dans les Pyrénées, cet hiver ; depuis x88x jamais pareille accumulation n’avait été observée. La maison d’habitation (voir la gravure dans le n° 1701, du 3o décembre 1906, p 77) a été totalement couverte au mois de février, et il fallut tenir les lampes allumées constamment à l’intérieur. Pendant ce mois l’épaisseur de là couche de neige tombée (correspondant à une hauteur de $21 mm) fut estimée de 7,5o m, dont i,ao m. fournie par la tempête du 3 au 5 février. Depuis le 39 janvier jusqu’au 6 mars, c’est-à-dire pendant 36 jours, aucune ascension ne fut possible : cette période est la plus longue que le personnel de l'Observatoire eût passée sans communication avec leurs semblables, et, partant, sans approvisionnement frais. Ces détails nous ont été rapportés par notre collaborateur L. Rudaux qui a pu effectuer l’ascension du Pic le •27 mars après une nouvelle période de mauvais temps. La neige était toujours en quantité énorme et à cette époque on ne voyait encore que les cheminées de l’habitation.
- Éruptions de volcans. — Le 3o avril, le mont Hécla a eu une éruption et a lancé des cendres sur une vaste superficie. A la date du 4 mai, le volcan Stromboli était en pleine activité et lançait des scories et des laves avec de fortes détonations.
- Tremblements de terre. — A la suite du tremblement de terre de San Francisco, et de l’éruption du Vésuve, on a signalé de tous côtés des secousses sismiques que nous croyons devoir enregistrer. Le 20 avril, à Honolulu (îles Hawaï), des secousses ont duré six minutes et ont démoli plusieurs édifices; le même jour, à Cleveland (Ohio), une légère secousse de tremblement de terre a eu lieu sur différents points de la ville. Dans la nuit du 20 au 21 avril, à Pecs-Fünfkirchen (Hongrie), on a ressenti des secousses qui onf duré 41 secondes. Le 21 avril, une légère secousse a été ressentie à Tarente; le même jour, on a observé quatre secousses à Schœnberg, à Brambach, et dans d’autres localités du Vogtland près de la frontière en Suisse. Le 21 avril également, de légères secousses de tremblement de terre ont été enregistrées à l’Observatoire de Ximeniano, près de Florence, et quelques secousses ont été ressenties à Sienne. Le 23 avril, à ih xora du matin, il y a eu une secousse de tremblement de terre à Grants-Pass (Orégon). Dans la nuit du a3 au 24 avril, à io11 39“, une nouvelle et vive secousse, d’une durée de 3 secondes, se dirigeant de l’Est à l’Ouest, a eu lieu. Le 26 avril, trois secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Salinas (Californie). Le 3o avril, deux légères secousses ont eu lieu de nouveau à San Francisco. Le 5 mai, un tremblement de terre a été ressenti à Osaka, au Japon, et a duré 4 minutes.
- Collision de trains. — Le train rapide transatlantique de Cherbourg a tamponné le 3o avril, vers 9 heures du soir, en gare d’Andrésy (Seine-et-Oise), un convoi de marchandises. Trois personnes ont été tuées, dont le mécanicien et le chauffeur, et plusieurs blessées. Le rapide portait 142 voyageurs venant d’Amérique ; il était parti de Cherbourg cinquante minutes après l’heure réglementaire, par suite de l’arrivée tardive du bateau.' Un train de marchandises, à Andrésy, évacuait la voie principale pour laisser le champ libre au train de Cherbourg quand celui-ci arriva à toute vitesse. Le choc fut terrible. La machine du rapide et la machine du train de marchandises furent projetées et renversées hors des rails, et deux wagons de voyageurs furent télescopés.
- Le chemin de fer du Puy à Vais. — Parmi les lignes de chemins de fer récemment déclarées d’utilité publique (ce qui ne promet nullement une construction prochaine) il en est une particulièrement intéressante; c’est celle qui doit relier la ville du Puy (Haute-Loire) à la station de Nieigles-Prades (desservant Vals-les-Bains) et par conséquent à la ligne d’Alais au Teil (du Gard au Rhône). Cette ligne franchira le faîte des Cévennes aux abords du Mézenc (1754 m.), leur point culminant; et elle simplifiera considérablement le tarif, ainsi que les excursions dans une des régions les plus pittoresques mais la moins facile a visiter de la1 France Centrale. Le Mézenc notamment est un admirable belvédère qui voit de face toutes les grandes Alpes du Dauphiné.
- La houille blanche en Suisse. — Les ressources
- hydrauliques de la Suisse sont considérables. On a calculé que 3ooooo chevaux sont actuellement en exploitation, et cela est peu de chose au prix de l’importance des puissances perdues qui pourraient être utilisées. Le gouvernement fédéral va faire un inventaire très sérieux, paraît-il, des lacs, torrents et cours d’eaux qu’il serait possible d’utiliser dans les montagnes helvétiques. Il sera ensuite procédé à un referendum, qui aura pour but de consulter la nation sur le mode d’exploitation à employer. Des concessions devront-elles être accordées à des industriels ou à des traités, ou bien l’Etat exploitera-t-il lui-même ? Telle est la question.. Il paraît que F opinion publique est fixée sur la réponse : elle désire que l’Etat, dans certains cas, et les administrations locales, dans d’autres, demeurent les propriétaires de la houille blanche, l’exploitation pouvant être faite tantôt par des Sociétés fermières, tantôt par l’Etat ou les Municipalités. Les 3ooooo chevaux actuellement en exploitation en Suisse se répartissent comme suit : 39000 chevaux — i3 pour 100 — sont employés pour la traction électrique des tramways et des chemins de fer; 69000 chevaux — 23 pour 100 — sont utilisés pour la fabrication élëctro-chimique ; 72000 chevaux — 24 pour xoo— sont pris par les moteurs de diverses catégoi’ies ; 120000 chevaux —- 40 pour 100 — servent à l’éclairage. C’est donc la lumière électrique qui consomme la plus gi’ande quantité de houille blanche suisse. Pour donixer une idée de ce qui reste à exploiter, il suffit de dire que, dans le canton de Berne, la houille blanche de l’Oberland représente à elle seule 5o 000 chevaux. Les ressources de la République helvétique, pays de lacs élevés et de torrents, sont colossales; le jour où elles seront exploitées, les 4x5 millions de francs de charbon, qui entrent actuellement en Suisse, tous les ans, seront fortement diminués.
- La destruction des corbeaux. — M. Noël, sénateur de l’Oise, a déposé autrefois un projet de loi relatif à la destimction dès corbeaux, entraînant l’obligation pour les pi'opriétaires, fermiers, etc., de détruire les nids de ces oiseaux nuisibles. Ce projet est insuffisant. En effet, parmi les cinq espèces de corbeaux qui font des dégâts sur le territoire français [Corvus corax, C. turrium, C. Co-rone, C.corvix, C. frugilosus), les deux premières seules sont sédentaires, tandis que les trois autres, qui passent simplement l’hiver dans nos pays où ils s’abattent en troupes nombreuses n’y font pas de nids et sont cependant les plus redoutables. De plus, le dénichage complet est impossible et parfois dangereux pour l’arbre, et pour celui qui en est chargé. C’est en se basant sur ces considérations très rationnelles que la Société française des agriculteurs a récemment émis le vœu que l’Administration veuille bien faire étudier par l’Institut Pasteur des moyens spéciaux de destruction des corbeaux, même par un poison inoffensif pour le gibier et les animaux domestiques.
- "Tes beurres français à Londres. — On répète volontiers que les beurres danois font aux beurres français une forte concurrence sur le marché de Londres et qu’ils y atteignent des prix beaucoup plus élevés. Il est bon de remarquer que d’après les chiffres fournis par les journaux anglais l’ordre le plus fréquent de cherté des beurres est au contraire le suivant : français en tête, * puis danois, irlandais, russes, néozélandais et australiens, argentins. Notre situation est donc bonne sur ce point et l’on pourrait développer notre exportation dans ce sens. Les principales provenances de nos beurres à Londres sont la Normandie et la Bretagne, et, depuis quelques années, les Charentes.
- ^"Nouvelle mitrailleuse. — Une mitrailleuse a été mise à Fessai au 3oe régiment de dragons à Saint-Etienne. On a fait des essais matériels de résistance sur route pour constater l’usure des essieux et des roues ainsi que l’état de la mitrailleuse et des caissons, après un trajet d’un certain nombre de kilomètres sur les voies ordinaires, ^ à travers champs ou sur des chemins pavés, La mitrailleuse a été ensuite essayée, et on a constaté un excellent état de justesse et de résistance. ;
- Nécrologie. — On a annoncé, à la date du 5 mai, la mort de M. le professeur Eugène Renevier, tombé par accident dans la cage d’xxn ascenseur. M. Renevier était président de la Société géologique suisse, président de la Commission géologique du Simplon.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Photographie
- Appareil Mackenstein à écartement variable. —
- Foui* obtenir un relief stéréoscopique réellement bon il faut qu’il y ait une certaine relation entre l’écartement des objectifs et la distance à laquelle se trouvent les premiers plans. L’écartement doit augmenter à mesure que ceux-ci sont plus éloignés. On adopte généralement une position moyenne dans laquelle les objectifs restent
- Appareil Mackenstein à écartement variable.
- lixés de façon immuable ; mais il arrive que dans certains cas l’épreuve stéréoscopique xuanque de relief.
- Pour perméttre d’opérer judicieusement/en raison de la nature du sujet photographié, M. Mackenstein a ajouté à ses jumelles un perfectionnement très utile. Les objectifs sont montés sur deux planchettes indépendantes qui sont reliées en A et B à deux petits chariots commandés par une vis V. En tournant celle-ci on peut éloigner ou rapprocher les objectifs l’un de l’autre dans des limites qui sont indiquées sur une échelle graduée gravée sur l’avant de la jumelle. La rapidité avec laquelle on peut faire cette manœuvre permet d’opérer toujours dans les conditions les plus favorables au meilleur effet stéréoscopique. G. M.
- **> Jlutomobiîisme
- Le Tréteau-Vérin pour voitures automobiles. —
- Cet appareil, d’une grande simplicité, est très utile aux propriétaires d’automobiles et plus encore aux hôteliers qui ne sont pas toujours convenablement outillés pour
- Le Tréteau-Vérin pour voitures automobiles.
- recevoir les véhicules qui ont fait de longs parcours. Il est destiné à permettre de soulever l’avant ou l’arrière d’une voiture jusqu’à iin mètre de hauteur pour effectuer toutes les réparations nécessaires.
- Le bâti, trèjs léger, supporte à la partie supérieure
- une traverse mobile actionnée par deux vis sur lesquelles on agit à l’aide de deux volants. Dès que la voiture est amenée sous le Tréteau-Vérin, on jette deux cordages au-dessus de la traverse mobile et on les fixe aux mains, ressorts du châssis. On peut alors soulever l’avant ou l’arrière en agissant sur les volants. Un seul ouvrier suffit. La réparation terminée, on descend la voiture par les volants dans les mêmes conditions que pour la soulever. Rien n’empêche d’employer deux appareils, un à l’avant, l’autre à l’arrière ; dans ce cas la voiture se trouve entièrement soulevée, et l’ouvrier travaille au grand jour au lieu d’être gêné dans une fosse trop exiguë. — Le Tréteau-Vérin se trouve chez M. Henri Edeline, 108 et no, rue de la Réunion, à Paris.
- Le Viavant, appareil aéro-refroidisseur pour moteurs à explosion. — Le procédé qui, jusqu’à présent, a été reconnu le plus efficace pour opérer le refroidissement, ou plus exactement l’abaissement de température des moteurs à explosions, est la circulation d’eau. Il n’est pas sans présenter divers inconvénients, comme par exemple l’emploi d’un radiateur, appareil lourd et encombrant, entraînant une tuyauterie souvent fragile et qu’accompagne un ventilateur et presque toujours une pompe. Comme les inventeurs cherchent sans cesse à abattre ce qui existe pour le remplacer par autre chose, — qui souvent ne vaut pas mieux, — il ne faut pas s’étonner si l’un d’eux a déclaré la guerre à la circulation d’eau. Voici ce que M. Delachaux a trouvé.
- Le cylindre du moteur est entouré extérieurement d’aspérités j qui sont destinées à agir un peu comme les
- Le Viavant, appareil aéro-refroidisseur.
- ailettes des cylindres des motocyclettes. Une gaine en tôle b enveloppe entièrement la culasse de façon à ménager un espace libre c qui sera utilisé pour la cumulation de l’air. Cette gaine est munie d’un tube d entourant celui d’échappement et formant par conséquent avec lui une conduite annulaire /. A l’opposé de ce tube, la chemise rapportée b a reçu une sorte de pavillon g dans l’intérieur duquel on a placé une hélice h. On remarque, d’autre part, que la tubulure d’échappement est percée d’un certain nombre de trous i. Ceci étant posé, voici ce qui se produit.
- Les gaiz brûlés du moteur s’échappent avec force par la tubulure e, mais ils provoquent aussi dans le tube d une dépression qui fait alors appel au volume d’air renfermé dans la chambre c, et l’équilibre sera rétabli par l’aspiration qui s’effectuera par le pavillon g. Il en résulte qu’après chaque explosion l’air contenu dans la chambre extérieure du cylindre sê trouvera renouvelé violemment, et, en rencontrant les aspérités j, cet air enlèvera un certain nombre de calories. Ce dispositif nous paraît très ingénieux, d’autant plus qu’il est toujours facile de régler l’entrée d’air par un obturateur mobile si le refroidissement est trop complet. Reste à savoir s’il le sera assez. L’inventeur nous l’affirme, et, jusqu’à preuve du contraire, nous sommes tout disposés à le croire. Les demandes de renseignements concernant l’aéro-refroidis-seur le Viavant doivent être adressées à M. Delachaux, 67, rue de Provence, Paris.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- «fci.
- *>> Mécanique
- La double pompe à eau et à huile. — Cette nouveauté est intéressante en ce sens que les deux pompes .font partie d'une monture unique que l’on peut placer facilement à côté d’un moteur. Elles sont toutes deux actionnées par le même axe et peuvent être construites pour tourner à une vitesse double de celle du moteur, à la même vitesse ou à une vitesse moindre.
- La pompe à eau occupe l’avant, les palettes étant placées dans leur logement au centre duquel aboutit la tubulure d’entrée du liquide, celle de sortie étant située à la périphérie. Le disque portant les palettes est fixé sur l’arbre central. Cet arbre se prolonge dans une sorte de manchon cylindrique sur lequel est montée la pompe à huile H. En réalité ce corps de pompe est vissé dans le manchon auquel il fait suite ainsi que l’indique, d’ailleurs, la photographie d’ensemble des pièces détachées. En regard de cette pompe l’arbre est pourvu d une fenêtre longitudinale dans laquelle est engagée la palette unique de la pompe à huile. Mais par un dispositif spécial, caractérisé par le logement excentré de l’arbre portant la palette, cette dernière se trouve obligée de se mouvoir dans son logement pendant sa rotation et de produire par suite l’aspiration d’huile. Le liquide pénètre dans la pompe par la droite et est aspiré au moment où La palette passe devant la tubulure verticale qui, par l’intermédiaire d’une chambre dont nous parlerons plus loin, est en relation avec l’arrivée d’huile. En continuant son mouvement de rotation la palette chasse cette huile dans la tubulure verticale de refoulement et de là, par la cheminée horizontale qui lui fait suite, dans le moteur. En somme ce corps de pompe est d’une très grande simplicité : les deux tubulures d’aspiration et de refoulement faisant partie d’un manchon cylindrique dans lequel deux canalisations permettent l’entrée et la sortie de l’huile dans le corps de pompe. Mais entre elles se trouve une petite chambre pourvue d’une soupape qui empêche l’huile de passer directement de l’aspiration au refoulement sans traverser le corps de pompe ; cette soupape remplit encore un autre office, sans quoi elle eût
- La double pompe à eau et à huile.
- été inutile, car il eût suffi d’obturer ce canal horizontal pour éviter à l’huile la traversée en ligne droite de l’appareil.
- Il peut se faire que, dans les graisseurs, il se produise une surpression ; dans ce cas l’huile fait retour à la pompe.'Mais la soupape est là pour en régulariser l’abondance ; elle s’ouvre lorsqu’il y a lieu, laisse passer une certaine quantité d’huile dans la chambre d’aspiration et l’oblige à faire retour aux graisseurs par l’intermédiaire de la pompe. Dans ce cas l’aspiration de l’huile provenant du réservoir est obturée et demeure dans cet état tant qu’il y a surpression. Cette disposition est d’autant plus utile que, pour assurer un bon graissage, le débit de la pompe est légèrement supérieur au débit nécessaire.
- - En dehors de l’avantage appréciable qui résulte de l’emploi d’un appareil unique de graissage et de circulation d’eau lorsqu’on en réalise l’application sur les moteurs à explosions, il y a lieu de remarquer que la combinaison de la pompe ài huile et de la pompe à eau empêche cette dernière de gripper, accident fréquent dans les pompes ordinaires. Le joint séparant les deux appareils est lubrifié en permanence. De plus l’eau étant constamment maintenue à une température assez élevée, l’huile bénéficie de ce réchauffement; elle devient plus fluide et circule avec plus de facilité dans la canalisation et à travers les organes de graissage. L’appareil est
- commandé par une courroie unique, ou une chaîne ou un engrenage qui entraîne l’axe. Enfin les tubes de verre ne se salissent pas et le débit reste toujours visible. — La pompe J. de Boine se trouveriez M. J. de Saint-Martin, 4^» avenue de Neuilly, Neuilly-sur-Seine.
- Une nouvelle hélice : la turbinite. — La nouvelle hélice de propulsion, construite par M. Pichou, est destinée par son inventeur à la navigation aérienne aussi bien qu’à la navigation maritime.
- Elle est constituée par deux segments établis de telle manière qu’ils présentent une surface concave pour la propulsion en avant et une surface convexe pour la marche en arrière. Cette disposition semble permettre d’obtenir une plus grande vitesse en exigeant moins de force, par la raison que la configuration des segments assure, avec un plus petit diamètre, le déplacement d’une même quantité d’eau que celle qui est ordinairement déplacée avec des hélices de plus grand diamètre.
- Aussi, par exemple, une hélice de 60 centimètres de diamètre, dontles ailes sont établies suivant l’une des dispositions connues, donne une propulsion sensiblement inférieure à celle fournie par Une nouvelle- hélice : lu turbinite.
- une hélice de 3o centimètres établie d’après les principes de la turbinite.
- Des expériences faites avec soin auraient démontré, paraît-il, qu’une hélice de om,6o, prise parmi les meilleurs dispositifs existants, fournit une propulsion de om,4o, tandis que l’hélice Pichou assure un déplacement de plus de ora,5o avec un diamètre de o“,3o. D’où il résulte une grande économie dans la puissance nécessaire, d’autant plus que la forme même des segments assure un mouvement progressif avec une résistance minimum.
- Les deux segments constituant 1 hélice sont établis de telle sorte qu’ils soient partout également inclinés aux diverses génératrices de la surface cylindrique. Il en résulte une action constante sur le fluide et une régularité absolue dans la marche. En effet, les deux segments ont une forme telle, que l’hélice, dans la face perpendiculaire à la direction en avant, présente une circonférence dont les lignes diamétrales constituant les arêtes des palettes chevauchent quelque peu l’une par rapport à l’autre. Il en résulte qu’aucune solution de continuité ne se produit dans l’action et que, sur un même plan, l’effet d’un segment commence au moment où celui de l’autre segment va se terminer. — Pour tous renseignements concernant la Turbinite de M. Pichou, s’adresser à M. Georges Laurent, 49» boulevard Sébastopol, Paris.
- *»> Divers <«*
- Enduit protecteur des plaques de chaudière contre le tartre. — Le composé a fait, croyons-nous, l’objet d’un brevet en Allemagne: il est préparé avec 4>5 kg d’huile de baleine, autant de graisse de cheval, même quantité de paraffine, et 10 kilogrammes de blanc de zinc finement pulvérisé. Au mélange on ajoute 18 kilogrammes de graphite et 4>5 kilogrammes de suie, les deux matières ayant été réduites auparavant à l’état de pâte avec 5 litres environ d’eau, et un peu moins de 5oo grammes d’acide phénique. On enduit les plaques de cette mixture, où graisse et oxyde de zinc forment une espèce de savon difficilement fusible, adhérant fortement au métal, et maintenant bien graphite et suie. En tout cas, on affirme que, sur cet enduit, le tartre qui se dépose en écailles peut être détaché aisément au maillet de bois.
- Alimentation d’eau. — La ville d’Edimbourg vient de se faire construire un immense réservoir sur la rivière Talla, qui lui assurera une consommation quotidienne de 112 millions de litres. Ce nouveau réservoir, créé par une digue barrage, a une longueur de 3 km. 1/2 pour une surface de 118 hectares..
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les bouillies farineuses pour les nourrissons. —
- A quel âge convient-il de donner au bébé une alimentation autre que le lait ou tout au moins à ajouter au lait de la nourrice ou du biberon une bouillie farineuse ? Question bien simple en apparence, et qui n’est pas tranchée, tant s’en faut, de la même façon par tous les médecins et les sages-femmes. Les uns sont intransigeants et ne veulent entendre parler d’aucune nourriture additionnelle au lait avant une année révolue au moins. Si la nourrice est insuffisante, donnez du lait bouilli ou stérilisé; mais des farines, des petites soupes, jamais avant un an. D’autres, plus accommodants, veulent bien ajouter à la ration lactée des petites bouillies à partir du huitième ou neuvième mois.
- Si on se place sur le terrain de la physiologie, les intransigeants ont raison. Jusqu’à l’âge d’un an environ, les glandes salivaires de l’enfant ont une fonction très restreinte; la salive n’a qu’une action transformatrice peu intense des substances amidonnées. Il est donc rationnel d’attendre le plus tard possible. Mais en réalité, en proportionnant la dose de farine à l’âge, à la résistance de l’enfant, il est permis, sans nuire à sa santé, d’introduire les farines dans son alimentation à partir du huitième ou neuvième mois. Le Dr Roux, de Cannes, a étudié avec soin cette question si importante pour la masse des petits ménages, et sa brochure mérite d’attirer l’attention.
- Si l’on prend comme point de départ l’équivalence nutritive de la farine et du lait, soit par exemple la fécule de pommes de terre, six grammes équivalant à une once de lait, et d’autre part la ration normale de iooà 120 grammes de lait étant établie par kilogramme de poids, on pourrait donner à un enfant de neuf mois six tétées de 100 à 120 grammes et une cuillerée de farine délayée dans 80 grammes de lait; à un an, cinq tétées de i5o grammes et deux bouillies avec chacune une cuillerée à café de farine, et ainsi de suite progressivement.
- Les farines sont des aliments très complets, très riches en amidon, beaucoup moins en sels et en albuminoïdes, mais produisant une somme de calories importante,
- 35o calories par 100 grammes, alors que la même dose de lait n’en fournit que 75 ; elles ont de plus une action digestive et aussi fermentescible en empêchant les intoxications intestinales par altération trop rapide de la caséine.
- Entre les divers produits farineux il faut faire un choix ; les unes, en elfet, sont presque des amidons purs (80 pour 100), sagou, arrow-root, pomme de terre. Leur teneur en albumines ne dépasse pas 1 à 2 pour 100; les autres sont très riches en substances amidonnées et contiennent déjà une forte proportion de substances albuminoïdes: tels le riz (7 pour xoo d’albuminoïdes) et surtout les céréales, froment, orge, seigle, maïs. La proportion d’amidon est de 70 à 72 pour 100 ; celle des albuminoïdes, de 12 à i5 avec une certaine quantité de graisses. Dans une troisième classe on peut ranger les farines qui contiennent à la fois de fortes proportions de substances amylacées et de substances albuminoïdes. Nous trouvons comme types les légumineuses, lentilles, haricots, fèves ; l’analyse de ces farines donne 5o pour 100 d’amidon, 25 pour 100 d’albuminoïdes.
- Ces diverses variétés ne peuvent, on le comprend, être choisies d’une façon indifférente. Avant un an, il faut se contenter de donner les premières, sagou, arrow-root; à l’époque du sevrage, on peut passer à la seconde classe, céréales, farine de riz, de froment, associées à de la farine d’avoine. Comme la teneur n’est pas absolument identique entre les diverses céréales, on peut combiner des associations de farines qui ne sont ni trop échauffantes ni trop difficiles à digérer. A deux ans, on passe aux légumineuses qu’on donne concurremment avec les oeufs.
- En se dirigeant d’après ces principes généraux, on pourra aider à l’alimentation lactée; c’est du reste une règle de diététique bien ancienne, mais on l’enfreint trop souvent en voulant être trop précoce dans l’alimentation mixte. Plus vous serez sévère dans l’observation des règles formulées par le Dr Roux, sauf, bien entendu, les cas spéciaux, mieux seront assurées la parfaite nutrition du bébé, sa croissance et sa bonne santé.
- Dr A. C.
- BIBLIOGRAPHIE
- Fabrication de la fécule et de l’amidon, d’après les procédés les plus récents, par J. Fritsch, ingénieur-chimiste. 2e édition, revue et augmentée. Paris. Jules Rousset. 1906. 1 vol. in-8°. Prix : jn',5o.
- Pratique du développement, par G.-H. Niewenglowski. Paris. H. Desforges. 1905. r vol. in-16. Prix : x fr.
- De la Mer bleue au Mont-Blanc, par P. Lancrenon, chef d’escadron d’artillerie breveté. Impressions et courses d’hiver dans les Alpes, avec une illustration particulièrement remarquable. TJn vol. in-8°, Prix: 10 francs. Librairie Plon-Nourrit et Cie, 8, rue Garancière. Paris (VIe arrond.).
- Dictionnaires techniques illustrés en six langues (français, allemand, anglais, russe, italien, espagnol), établis d’après une méthode nouvelle et pratique, par K. Deinhardt et A. Scixlomann, ingénieurs. Px'emier volume : Eléments des machines. Outils usuels, par P. Stulpnagel, ingénieur. In-16 (format portatif) de 4o4 pages, avec 8a3 fig. Cartonné, 6fl,5o. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris.
- « Il n’existait pas de dictionnaire complet des termes techniques employés dans les différentes langues. Les dictionnaires de Deinhardt et Schlomann, dont le premier volume vient de paraître, ont adopté, pour atteindre ce but, un classement absolument nouveau. C’est un classement méthodique des branches par groupes avec dessins. »
- Analyse des métaux par électrolyse, par A. Hollard, docteur ès sciences et L. Bertiaux, essayeur du commerce. Grand in-8°. Broché, 6 francs ; cartonné, 7 fr. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris.
- « Ce livre est le l'ésultat de douze années d’expériences synthétiques et analytiques : M. Hollard et son préparateur, M. Bertiaux, ont surtout dirigé leurs recherches là où l’analyse pondérable ou volumétrique laisse à désirer soit au point de vue du manque de précisioix, soit au point de vue de la lenteur ou des difficultés de la manipulation. Ils sont arrivés à pouvoir déposer sur les électrodes, dans un grand nombre de cas, de grandes quantités de métal. Ce qui fait encore l’intérêt de ce volume, c’est qu’on y trouve pour la première fois, exposée d’une façon complète, une théorie de l’analyse électrolytique, avec une interprétation des phénomènes si complexes de l’électro-lyse appliqués à l’analyse. »
- Minéralogie des départements du Rhône et de la Loire, par Ferdinand Gonnard, ingénieur des Arts et Manufactures. Lyon. A. Rey. Paris. J.-B. Baillière et fils. 1906. 1 vol. in-8° (Annales de l’Université de Lyon). Prix : 4 francs.
- Points de vue français, par Pierre Baudin. Paris. Ernest Flammarion. 1906. 1 yol. in-18. Prix : 3rr,5o.
- Les sérums immunisants, par M. Emm. Pozzi-Escot. Paris. Jules Rousset. 1906. 1 vol. in-16. Prix : ifr,5o. [Les
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- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- actualités chimiques et biologiques, publiées sous la direction de M. Pozzi-Escot.)
- Les toxines et les venins et leurs anti-corps, par le même auteur. Même librairie. Même collection, i vol. in-16. Prix ir‘,5o.
- Mécanique chimique, par le même auteur. Même librairie. Même collection, i vol. in-16. Prix : ifr,5o.
- Phénomènes de réduction dans les organismes, par le même auteur. Même librairie. Même collection, i vol. in-16. Prix : ifr,5o.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le temps. — Pendant la semaine du 23 au 29 avril, les pluies ont été générales en France. Le a3 avril, la pression barométrique était de 772 mm en Irlande, 769 mm en Bretagne et 763,8 mm à Paris. On a observé un vent assez fort du Nord sur la Manche et la Provence, modéré sur l’Océan; mais la mer était agitée dans la plupart des stations. Il est tombé 7 mm d’eau à Besançon, 6 mm à Biarritz, 5 mm à Nantes. Le thermomètre a marqué 5° à Paris, 5° à Lyon, 70 à Toulouse, 140 à Alger, — 20 au Puy de Dôme, —6° au mont Mou-nier, —90 au Pic du Midi; la température maxima à Paris a été 8° à midi à la Tour Eiffel. Le 24 avril, la pression barométrique était élevée dans l’Ouest de l’Europe; mais des dépressions ont eu lieu sur le Nord du continent et sur la mer Méditerranée. La température était le matin 20 à Limoges, 4° à Paris, 4° à Nantes, 4° & Clermont, 4° à Toulouse, 17°. à Alger, —5° au Puy de Dôme, — 5° au mont Aigoual, — 140 au Pic du Midi. La neige est tombée à Mende, à Clermont-Ferrand, et même à Londres. Les montagnes du massif du Jura et des Hautes-Vosges ont été couvertes de neige. Le 2Ô avril, une grande dépression est descendue de la mer du Nord sur l’Ouest de la France, le baromètre a marqué 753 mm en Bretagne. Un vent fort des régions Ouest a soufflé sur les côtes de l’Océan. Il a plu à Brest (16 mm), au Havre (8 mm), à Besançon (7 mm), à Biarritz (6 mm), à Paris (5 mm). La température était 5° à Nancy, 5° à Paris, 5° à Clermont, i4° à Alger, —3° au Puy de Dôme, —90 au mont Ventoux, — i3° au Pic du Midi. Le 26 avril, dans la matinée, une vaste zone de basses pressions s’étendait du Nord-Ouest des Iles-Britanniques au Sud-Est du continent. Un vent très fort du Nord-Ouest a soufflé sur la Gascogne. Des pluies sont tombées en France, notamment à Cette (32 mm), à Nantes (20 mm), au Mans (11 mm), à Besançon (8 mm), à Paris (4 mm), à Brest (3 mm). Le thermomètre a marqué 3° à Belfort, 4° à Toulon, 5° à Paris,' 5° à Clermont, 5° à Lyon. Le 27 avril, un vent fort du Nord soufflait encore sur la Manche. Le temps était froid le matin sur nos régions; on observait 4° à Belfort, 4° à. Clermont, 4° à Nantes, 6° à Paris, — 5° au Puy ‘de Dôme, — 5° au mont Aigoual, — i5° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été de 6°,4, inférieure de 4°>6 à la normale. Il est tombé vers 2 heures une faible averse de grêle à Montsouris. Le 28 avril, une baisse barométrique de 9 mm a- eu lieu sur la Manche ; les mauvais temps d’Ouest sont revenus sur nos côtes. On a recueilli 7 mm d’eau à Brest, 6 mm à Cherbourg, 2 mm à Dunkerque, 2 mm à Besançon. La pluie, faible et continue le matin, à Paris, est tombée en abondance vers 3 heures. La température était 4° à Belfort, 5° à Paris, 70 à Clermont, 70 à Toulouse, i6°à Alger, -r- 5° au mont Ventoux, — ii° au Pic du Midi. Le 29 avril, la pression barométrique est restée basse sur tout le continent, inférieure à 760 mm ; un minimum de 742 mm a persisté sur la mer du Nord. Un vent a soufflé des régions Ouest sur toutes nos côtes. La température était le matin 5° à Clermont, 6° à Paris, ii° à Marseille, 16° à Alger, —20 au Puy de Dôme, —70 au mont Mounier. Il est tombé 10 mm d’eau à Besançon, 7 mm à Limoges, 4 mm à Dunkerque, 3 mm à Brest. — Pendant la semaine du 3o avril au 6 mai, le temps a été beau à plusieurs reprises, mais il a été pluvieux. Le 3o avril, les basses pressions couvraient l’Ouest et le Centre de l’Europe; on signalait sur la Manche un centre où la pression n’atteignait que 745 mm. Le vent était faible et de direction variable sur nos côtes de la Manche. Les pluies ont été générales en France ; il est tombé 26 mm d’eau à Lyon, 20 mm à Gap, i5 mm à Biarritz, 7 mm à Brest, 3 mm à Belfort, 1 mm à Paris. Des averses, mêlées de grêle, sont tombées à
- Pai’is à divers intervalles. Le thermomètre marquait le matin 5° à Paris, 5° à Besançon, 6° à Nantes, 6° à Cherbourg, — 4° au Puy de Dôme, —70 au mont Mounier,
- — i2° au Pic du Midi. La pression barométrique à midi était seulement de 747,3 mm à Paris. Le Ier mai, des averses de grêle ou petite neige sont encore tombées jusqu’à 3 heures du soir sur Paris. La pression barométrique était 754,9 mm sur la région parisienne ; mais on signalait une situation atmosphérique troublée dans le Nord-Ouest et le Centre du continent. On a recueilli 16 mm d’eau à Dunkerque, i5 mm à Biarritz, 14 mm à Paris, 9 mm à Cherbourg, 8 mm à Clermont. La température a baissé dans les régions de l’Ouest et du Sud ; on observait le matin 4° à Belfort, 5° à Nantes, 6° à Paris, 6° à Toulouse, 160 à Alger, — 4° au mont Aigoual. La température moyenne à Paris a été 6°,6, inférieure de 4°,9 ù la normale. Le maximum observé à la Tour Eiffel a été 6°,8 à 2 heures du’soir. Le 2 mai, la pression barométrique s’est élevée dans le Sud de l’Europe, où elle a atteint 765 mm. Un vent assez fort d’entre Sud et Ouest a soufflé sur nos côtes de la Manche et de l’Océan; en Provence, le vent venait du Nord-Ouest. Il a plu sur tout le continent; il à plu à Biarritz (12 mm), à Toulouse (10 mm), à Lorient (5 mm), à Nantes (3 mm), à Dunkerque (2 mm), à Paris (1 mm). Le thermomètre marquait 5° à Belfort, 6° à Paris, io° à Brest, 170 à Alger,
- — 3° au Puy de Dôme, •—6° au mont Ventoux, —70 au Pic du Midi. La journée a été très nuageuse à Paris, et les averses très nombreuses, mais très faibles. La pression barométrique à Paris à midi était 760,1 mm. Le 3 mai, la pression barométrique s’èst maintenue supérieure à 765 mm dans le Sud et le Centre du continent ; des dépressions ont eu lieu sur les Iles-Britanniques et sur nos côtes de la Manche et de l’Océan. Il est tombé 6 mm d’eau à Cherbourg, 5 mm à Limoges, 5 mm au Havre, 4 mm à Dunkerque, 4 mm à Paris, 2 mm à Nantes. La température s’est élevée . rapidement sur nos régions ; elle était le matin io° à Belfort, ii° à Cherbourg, 120 à Paris, 12° à Clermont. Dans la soirée a eu lieu à Paris un grand orage avec éclairs, tonnerre et abondantes averses. On attribue cet orage au réchauffement rapide que nous avons subi. Le 4 mai, la situation atmosphérique était normale en France, plutôt en hausse; à Paris, on notait à midi 764,9 mm. En Provence le vent était faible et de direction variable ; il était au contraire assez fort d’entre Sud et Ouest sur les côtes de la Manche et de l’Océan. On a recueilli 18 mm d’eau à Dunkerque, 12 mm à Limoges, 10 mm à Boulogne, 3 mm à Rochefort, 2 mm à Paris. Le thermomètre marquait 90 au Havre, ii° à Paris, ii° à Brest, ii° à Toulouse, x6° à Alger, 40 au Puy de Dôme, 4° au mont Aigoual. Le 5 mai, une aire de forte pression s’étendait du Sud-Ouest au Nord-Est du continent; on observait un maximum de 773 mm en Espagne, et 769,3 mm à Paris. Un vent faible soufflait sur toutes les côtes, d’entre Sud et Ouest sur la Manche et l’Océan, d’entre Nord et Ouest sur la Méditerranée. Les pluies ont été abondantes à l’Est de la France ; on a noté 45 mm d’eau à Besançon, 2.3 mm à Belfort, 9 mm à Charleville, 5 mm à Lyon, 5 mm à Biarritz. La température était 70 au Havre, 90 à Clermont, io° à Paris, 140 à Perpignan, 20 au mont Ventoux, i° au Puy de Dôme. Le 6 mai, la pression barométrique était supérieure à 765 mm dans la région du Sud-Ouest au Nord-Est du continent. Il est tombé 8 mm d’eau à Brest, 6 mm à Besançon, 2 mm à Lyon. Le thermomètre marquait i i° à Paris, i2rt à Lyon, i5° à Nice, i5° à Alger. La mer était un peu agitée sur les côtes de la Manchè' et de la Méditerranée, et belle sur les côtes de l’Océan.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS — Dans la hoito aux lettres La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la cox-respondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze joui\s.
- Communications. — M. Jacquot, juge à Thonort, nous écrit : « J’ai lu dans La Nature du 3i mars, n° 1714, un article consacré aux irrigations dans le Sahara. Je me suis aussitôt rappelé les travaux d’irrigation effectués par les indigènes qui cultivent certaines étendues de terrain au pied de l’Àurès, dans le Sahara algérien, et j’ai pensé à vous en dire deux mots. Les Chaouïa (pasteurs) sont des montagnards habitant le djebel Aourès et vivant une double existence : celle d’été, dans leurs montagnes, et celle d’hiver dans la partie du Désert située au Sud de Biskra. Ces gens descendent dans le Sahara dès que les fortes chaleurs y ont cessé et là, avec leurs charrues primitives en bois, au soc terminé par un éperon en fer, labourent — grattent, serait plus juste —le sol au moins aussi sablonneux que terreux qui appartient à la collectivité et dont chaque famille de la tribu jouit en commun, les lotissements changeant chaque année. Depuis la lin de l’hiver jusqu’à son recommencement l’année suivante, pas une goutte d’eau ne tombe dans ces solitudes dénudées. Il en faut, cependant, pour faire germer l’orge et les fèves, qui sont la base de la nourriture indigène. Nos Chaouïa sont donc allés à la montagne •—distante de 10, i5 ou 20 kilomètres — ont creusé une seguia ou canal d’amenée de 1 mètre environ de section, ont construit (à l’instar des Romains) un barrage rudimeutaire au débouché d’une gorge propice et y ont fait entrer les eaux torrentueuses d’un oued. En aval ils pratiquent des éclusages qui permettent l’épandage sur une grande étendue et ils établissent, sur des surfaces de plusieurs lieues carrées, un réseau serré de petites levées de terre, hautes de 20 à 3o cm., dont l’ensemble apparaît comme un vaste lilet à mailles de 5 à 10 m. de côté et semblable à un marais salant dont l’eau remplit tour à tour les différents compartiments. Après quoi le chaouïa sème et attend patiemment qu’Allah envoie de la pluie à l’oued et l’oued de l’eau à ses communaux !
- M. 11. Blin, notre collaborateur, nous adresse une intéressante étude intitulée L’Ere de la potasse, présentée à la réunion mensuelle de décembre lç)o5 du Comice agricole de Varrondissement de Lille. Après avoir énoncé la nécessité de la potasse en quantité suffisante dans le sol pour une production intensive et rémunératrice, l’auteur montre que l’abandon dans lequel on a laissé jusqu’aujourd’hui cet élément aura pour résultat à brève échéance uné rupture d’équilibre entre les principaux facteurs chimiques de la fertilité, azote, acide phospho-rique, potasse ; cet état de choses conduii’ait à une baisse dans la qualité et la quantité des rendements. Il établit ensuite que la région du Nord, moins que toute autre, ne saurait impunément se désintéresser plus longtemps de la restitution de la potasse.
- Renseignements. — M.J. P., à ,Paris. — Le journal VIndustrie électrique, imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, publie tous les ans une statistique des villes de France qui sont éclairées à l’électricité et indique en même temps le prix du kilowatt-heure.
- M. J. N. Mackenzie, à W. — Les cheminées radio-incandescentes, système Delage, se trouvent aux établissements Granberg, Leon et Cie, 49> rue de Tanger, à Paris (XIX0).
- M. Cl. Lefebvre, à Eastbourne. — i° La décharge acci-dentèlle du courant induit d’une bobine de 10 centimètres d’étincelle ne présente pas un danger mortel, mais il vaut mieux ne pas se mettre en posture de la recevoir. — 20 C’est le plus souvent par brûlure que l’action d’une décharge électrique peut être assez grave pour amener la mort. — 3° Nous ne pouvons répondre précisément -à votre question; la différence de potentiel dépend, en effet,: du nombre de spires de l’induit. .. . .
- M. A. de B roux','k Noirhat. — Vous trouverez des tables relatives à l’acide sulfurique dans VAgenda Dunod Chimie, 1905, 2fr,5o; et dans Y Acide sulfurique, par Sorel. x vol. 25 francs, librairie Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augusti.ns, à Paiûs.
- M. J. Mouroux, à Paris. — Les encres employées pour l’encrage des rubans de machines à écrire sont généralement à base de couleurs d’aniline, violet de Paris ou bleu soluble à l’eau (on emploie aussi des colorants insolubles dans l’eau, en se servant de l’alcool comme dissolvant). On pèse une quantité de matière colorante, suffisante pour un grand nombre de bandes, 100 gr., par exemple, et, d’autre part, on étend 100 gr. de glycéi’ine pure avec 100 gr. d’eau. Puis mettre le co^ lorant dans une capsule de porcelaine, verser la moitié du mélange de glycérine et d’eau et chauffer légèrement en agitant. Après dissolution complète et refroidissement, chauffer à nouveau en ajoutant de la glycérine étendue jusqu’à ce que l’on ait une solution limpide. Pour de plus amples détails voyez l’excellent ouvrage Distillation des résines par Victor Schweizer, Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins.
- M. G. R., à La Mulatière; M. C. S. Munoz, à Logrono. — Le tricycle Comtal se trouve chez M. Comtal, 7, rue Voltaire, à Levallois-Peraet (Seine).
- M. J. Reynaud, à Marseille. — Étuves de laboratoire : Cogit et C10, 49, boulevard Saint-Michel, Paris; Ducat,' 25, rue des Sablonniers, Lyon; Poulenc frères, i22,bou-i levai'd Saint-Germain, Paris ; Tissier, 204, rue du Faubourg-Saint-Denis, Paris.
- M. V. Callebaut, à Termonde. — x° Veuillez vous adresser à la maison Lefranc et Cio, fabricants de couleurs, 18, rue de Valois, à Paris, où l’on vous indiquera les produits préférables. — 20 Pour la fabrication des fruits confits, voyez le manuel Roret du Confiseur, libi’airie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris, 1 vol. 4 fr.
- M. Serrin, à Paris. — Nous vous remercions de votre lettre, mais les termes en sont trop peu pi'écis pour qu’il soit possible d’y répondre.
- Mme A. H. (Indre-et-Loire). —Nous ne possédons pas les renseignements que vous nous demandez et qui appartiennent au domaine médical.
- MM. Struck, à Gijon. —Nous ne possédons pas l’adresse que vous demandez. Tous nos regrets.
- Mno Lea Z., à Mantes. — On fait en effet de très jolies épreuves photographiques sur papier du Japon. Il faut choisir de bon papier, de préférence les marques Usagù et Gaupi et le recouvrir avec la préparation suivante : Eau, 480 gr. ; gélatine, 24 gr. ; chlorure d’amnioixium, 5 gr. ; solution alcoolique à 10 pour 100 de Sandaraquey 120 centimèti'es cubes. Dissoudre- la gélatine dans l’eau; chaude, ajouter lentement'le chlorure d’amïnonium, et incoi'porer la solution de Sandaraque en agitant constamment. Ensuite sensibiliser le papier au sel d’argent avec un bain d’azotate d’argent : 20 gr. dans 100 gr. d’eau, auxquels on ajoute de l'ammoniaque jusqu’à solution du précipité formé. v '
- M. X., à Alençon.— Il y a certainement une idée intéressante dans le système d’exploitation de carrières que vous nous signalez; toutefois nous n’avons pas connaissance d’aucune tentative effectuée jusqu’ici daixs cette voie ; d’ailleurs l’emploi des explosifs est d’un prix de l’evient assez bas, que le procédé indiqué dépasserait vi'aisemblablement, et ne présente pas dans la pratique de sérieux dangei's lorsque sont pi’ises quelques précautions très faciles à observer.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Ch,. Victor, à Paris. Veuillez vous adresser à un expert-chimiste. — Mm'- 11. Lebon, à Caen. La question n’est pas de notre compétence; veuillez pi’endre l’avis d’xxn médecin. — M. J. Cardan, à Meaux; M. Z. Nouguès, à Mantes. Vous trouverez ces indications dans le recueil Recettes et Procédés utiles, 2e et 3° séries, à la libraii'ie; Masson et Cio, 120, boulevai'd Saint-Geimain, à Paris. —- M. Robert, à Ay. Voyez le même ouvrage, 2e et 4e séries, à la même librairie. —r- M. Jacquot, à Thonon. Remerciements.pour vos communications.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMETRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 avril. . . . 5»,1 \Y. S. VV. 2. Très nuageux. 0,1 Gelée hl. ; très nuag. ; gouttes dans la soirée.
- Mardi 24 4°,1 Calme. Très nuageux. 2,1 Gelée blanche: très nuag. ; pluie dans la soirée.
- Mercredi 25 . .... 5°,0 S. S. W. 3. Couvert. 6,3 Couv. ; pluie jusqu’à 6 h. et à partir de 10 h.
- Jeudi 26 5°,0 N. N. E. 2. Pluie. 4,2 Pluie jusqu’à la h. 30; couvert.
- Vendredi 27 6",3 [N. N. E. 3. Couvert. 0,8 Averse à 3 h. 15 ; couv. le malin ; nuag. le soir.
- Samedi 28 ...... . 4°,8 S. S. W. 3. Couvert. 8,6 Gelée bl. ; couvert; pluie une grande partie du temps.
- Dimanche 29 6\1 \V. N. W. 2. Beau. 0,7 Rosée ; nuag. ; pluie à diverses reprises ; grêle à 10 h. 30 cl à 13 h.
- Lundi 30 4°,6 S. S. E. 3. Couvert. 13,6 Gelée bl. ; couvert le malin:'très nuageux le soir; halo à 14 h. 30 ; pluie de 9 h. 15 à 11 h. 15et de 18 h. à 22 h. 10.
- Mardi 1" mai 5°, 9 3V. N. W. 3. Couvert. 0,9 Très nuag. ; gouttes à 6 h. ; pluie à 12 h. 10 et à 16 h.; un coup de tonnerre au N. à 15 h. 35.
- Mercredi 2 6",4 S. S. E. 2. Très nuageux. 0,5 Gelée 1)1. ; éclaircies'; petite pluie par intervalles.
- Jeudi 3 11°,6 S. S. VV. 3 Couvert. 2.4 Très nuag. ; orage du S. VV. au S. E. de 19 h. 30 à 20 h. 50: pluie à 21 h. 50.
- Vendredi 4 11°,2 S. W. 3. Couvert. 0.2 Très nuag. ; halo à 13 h. 15 ; pluie fine à 18 h.
- Samedi 5 . 9\9 N. 2. Couvert. » Rosée; nuageux; halo à 20 h. 15.
- Dimanche 6 10°, 9 S. S. W. 0. Beau. » Rosée; halo; beau; couronne lunaire.
- AVRIL-MAI 1906. — SEMAINES DU LUNDI 23 AVRIL AU DIMANCHE 6 MAI 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
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- N. L. le 2l avril, à 4 h. 16 m. du soir ; P. Q. le Ier mai, à 7 h. 16 m. du soir.
- TEMPERATURE I TEMPERATURE
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines,
- E.-A. MARTEL
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- J. LAFFARGUE
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E-A. MARTEL - J. LAFFAROUE
- Tout ce qui concerne la Rédaction de « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal :
- j20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJe)
- Tout ce qui concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cle, éditeurs de La Nature, 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N° 1721 (19 MAI 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- INFORMATIONS
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- Madame Curie. — A la suite d’un vole émis par le Conseil de la Faculté des Sciences de l’Université de Paris, décidant qu’il convenait de maintenir la chaire de physique générale de M. Curie, et proposant de confier cet enseignement à Mme Curie, M. Briand, Ministre de l'Instruction publique, a signé un arrêté ratifiant la décision du Conseil de la Faculté.
- Lé nouveau Vésuve. — Selon une récente communication faite à la Société géologique de France sur l’état actuel du Vésuve par M. J. Deprat (qui a pu le gravir, non sans peine, avec le professeur Matteucci, le 24 avril), le cratère du volcan, très agrandi, a maintenant 1 km de diamètre, 3 km à 3 km 1/2 de pourtour, et 400 mètres de profondeur environ. Toute la pointe de l’ancien cône s’y est effondrée et l’altitude précédente (i3o3 m.) est réduite de i5o mètres. Le Vésuve apparaît donc maintenant comme un cône tronqué, ce qui en change considérablement l’aspect.
- Congrès préhistorique de France. — Le Comité d’organisation du Congrès préhistorique de France, dont la première session a été tenue en igoô à Périgueux, a décidé,d’accord avec la Société préhistorique de France et avec la ville de Vannes, qu’une nouvelle session du Congrès aurait lieu cette année dans cette ville, du 21 au 26 août. Il y aura trois jours de séances pour les communications et discussions scientifiques, et trois jours pour les excursions scientifiques auprès des célèbres monuments mégalithiques du Morbihan. Principales questions à l’ordre du jour : paléolithique en Bretagne; signification des menhirs et des alignements ; étude générale des tumulus ; gravures et sculptures sur mégalithes ; céramique des dolmens. Pour toute communication ou demande de l'enseignements s’adresser à M. M. Baudoin, 21, rue Linné, à Paris.
- Congrès postal universel à Rome. — Un Congrès postal universel a eu lieu à Rome le 9 mai. La réduction des droits de transit territorial et maritime a été approuvée. Le poids unitaire des lettres a été élevé de i5 à 20 grammes, en conservant la Taxe de 16 centimes pour le premier port ; sur la proposition de la délégation anglaise, la taxe pour les droits successifs a été réduite de a5 à i5 centimes.
- Signes abréviatifs des unités du système métrique. — M. Briand, Ministre de l’Instruction publique, a décidé dernièrement que les signes abréviatifs des unités du système métrique, qui seront employés par les professeurs aux divers degrés de leur enseignement, seront les suivants : Mesures de longueur. — Myria-
- mèlre Mm, kilomètre Km, hectomètre 11m, décamètre dam, mètre m, décimètre dm, centimètre cm, millimètre mm. — Mesures agraires : Hectare ha, are a, centiare ca ou m-, — Mesures des bois : décastère das, stère s ou m5, décistère ds. — Mesures de masse et de poids : tonne t, quintal métrique q, kilogramme kg, hectogramme hg, décagramme dag, gramme g, décigramme dg, centigramme cg, milligramme mg. — Mesures de capacité. — Kilolitre kl, hectolitre A/, décalitre dal, litre l, décilitre dl, centilitre cl, millilitre ml.
- Changements sur Jupiter. — Un notable changement s’est produit récemment à la surface de la planète Jupiter. Depuis la dernière opposition, les bandes sombres de la zone tropicale boréale étaient devenues très faibles. Or M. W. F. Denning a observé, le 10 avril, qu’une apparition de matière sombre s’est formée dans cette région, à une longitude suivant d’assez près celle de la tache rouge. Cette formation, où se reconnaît l’existence d’une petite tache très foncée ayant presque l’apparence d’une ombre de satellite, semble devoir s’étendre pour constituer, peut-être assez rapidement, une nouvelle bande sur la planète. La période de rotation de cette zone paraît être la même que celle de la tache rouge, c’est-à-dire 9h55m 4os,6.
- Ce phénomène, qui serait fort intéressant à suivre, ne pourra être étudié comme il devrait l’être, du moins à son début, car Jupiter arrive en conjonction avec le Soleil, et sera inobservable pendant quelque temps ; il faut attendre maintenant son prochain retour matinal.
- La forme de la Lune. — Suivant mie hypothèse assez généralement admise, la Lune ne serait pas un globe absolument sphérique, mais bien au contraire aurait une forme ovoïde, avec son grand axe dirigé vers la terre. Newton et Laplace avaient été conduits, par, des considérations théoriques, à cette conclusion, qui fut confirmée par les travaux de Hausen, Kayer, Gussew, et combattue par ceux de Delaunay et Newcomb.
- M. Franz, le dii'ecteur de l’Observatoire de Breslau, vient d’essayer de vérifier cette hypothèse par des mesures directes effectuées sur des clichés lunaires obtenus à l’Observatoire Lick. Le résultat de ces recherches a été négatif; ou du moins, s’il y a allongement, on peut le considérer comme insignifiant.
- Électrolyse des chlorures alcalins. — M. A. Cop-padaro, dans Y Annuaire de la Société chimique de Milan, en novembre igo5, a signalé qu’en faisant agir un courant alternatif d’une densité supérieure à 5o ampères par décimètre carré sur une solution de chlorure de potassium ou de sodium, il se formait une certaine quan-
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- INFORMATIONS
- tité d’hypochlorite et il se dégageait de l’hydrogène ; les électrodes en platine étaient sensiblement attaquées.
- Température et profondeur dans les mines du Witwatersrand. — On sait que la température s’accroît toujours lorsqu’on s’enfonce dans la terre et le nombre de mètres dont il faut s’enfoncer pour obtenir un accroissement de température d’un degré est ce qu’on appelle le degré géothermique. Ce degré géothermique est tout à fait différent suivant qu’on le mesure dans un sondage ou dans une mine, quelles que soient les précautions prises dans ce dernier cas. La majorité des sondages a donné, en dehors des régions volcaniques, un degré par 3o à 35 mètres. Au contraire, dans une mine du .Lac Supérieur, le degré géothermique est monté à 124 mètres (jusqu’à 1400 mètres de profondeur) et même au Bootle Waterworks à Liverpool à i3o; et ailleurs (Przibram en Bohême, etc.) il a été souvent de 60 à 65 mètres. Une série de mesures récemment effectuées par M. Hugh F. Marriott dans les mines d’or du Witwatersrand confirment les observations faites dans les mines les plus profondes jusqu’ici, au Lac Supérieur, et nous fournissent de nouveaux chiffres. Quoiqu’il puisse y avoir eu un intérêt industriel à obtenir des résultats aussi faibles que possible pour démontrer l’exploitabilité des mines les plus profondes, ces chiffres peuvent néanmoins être admis comme approximatifs. Jusqu’à 800 mètres ils ont été mesurés dans des travaux de mines au fond des trous de perforatrices par des thermomètres ordinaires à colonne complètement graduée ; au delà, jusqu’à i3oo mètres (mine Jupiter) par des trous de sonde, ce qui est particulièrement intéressant. La température la plus élevée, atteinte à i3oo mètres, dans ce sondage, a été de 28°,3, impliquant un degré géothermique de 111 mètres. Le degi’é géothermique moyen résultant de toutes les mesures est un peu plus élevé : 118 mètres : ce qui donne les températures suivantes en degrés centigrades : à 3oo m., 20°,5 ; à 600 m., 230,o7 ; à i3oo m., 28°,3 ; à 2400 m. 3g°. Les expériences ont montré que le voisinage d’un dyke éruptif ou de terrains bouleversés augmentait sensiblement la température. En revanche, la ventilation naturelle des mines diminue facilement la température de la roche de 5°. On peut remarquer que les mines du Witwatersrand sont, en même temps, parmi les plus sèches du monde : ce qui a peut-être une influence accessoire ; mais la cause principale d’un degré géothermique aussi fort semble être ici, comme au Lac Supérieur, que l’on a affaire à un des vous-soirs les plus anciennement consolidés du globe, où, depuis des époques reculées (ici depuis l’époque jurassique), ne s’est produit aucun de ces mouvements internes ni de ces déplacements éruptifs, qui doivent avoir la plus grande part dans l’accroissement de la température interne et qui sont certainement, d’une façon ou d’une autre, (comme cause ou comme effet) en corrélation avec elle. Le travail de M. Marriott a été présenté à l’Institution of Mining and metallurgy de Londres.
- Tremblements de terre. — Un tremblement de terre a eu lieu le 7 mai au Chili, à Tacna et à Arica ; il a duré 3o secondes et n’a pas causé de dégâts. De légères secousses de tremblement de terre ont été réssenties le 14 mai à Guernesey.
- Les ballons sondes du service météorologique de Belgique. — Le service météorologique de Belgique a procédé le 5 avril à son premier lancer de ballons sondes ; c’est le début d’une série de sondages aériens destinés à se répéter mensuellement, le premier jeudi de chaque mois, parallèlement aux ascensions semblables qui se font le même jour dans la plupart des pays- de l’Europe. Les ballons sondes de l’Oservatoire d’Uccle sont des ballons accouplés, emportant des instruments enregistreurs de la pression atmosphérique, de la température et de l’humidité de l’air; arrivés à i5 ou 20 kilomètres d’altitude, l’un des deux ballons- éclate et l’autre servant de parachute, l’ensemble redescend doucement. Des instructions et un questionnaire en allemand, en français et en flamand sont adjoints à l’appareil et facilitent son retour à l’Observatoire pour les personnes qui le retrouvent après sa descente ; d’ailleurs une prime de i5 francs est allouée au réexpéditeur. Dans le premier lancer du 5 avril, la hauteur maxima a été de i5ooo mètres; les thermomètres ont indiqué — 57°,4 comme température minima.
- Le Vésuve fabricant de phosphates. — Il n’est
- guère de roche éruptive dans laquelle l’analyse chimique et l’examen microscopique ne décèlent la présence du phosphate de chaux, sous la forme d’apatite. Celte teneur en phosphore, qui n’est jamais inférieure à o,oo5, est, en moyenne, de o, 1 pour 100 et peut atteindre jusqu’à i5 et 20 pour xoo de phosphate de chaux dans certains trachytes exceptionnels comme ceux du cap de Gâte (en Espagne). D’après les analyses que vient de faire le Dr Piutti sur les cendres rejetées en si grande abondance par la dernière éruption du Vésuve, la teneur de celles-ci serait de i,25 pour 100 d’acide phosphorique ou 2,72 de phosphate : ce qui porterait à i25o kilogrammes par hectare la quantité d’acide phosphorique répandue de ce fait sur le sol napolitain ; à raison de of',4o le kilogramme, ce serait un enrichissement de 600 francs, qui compenserait dans une certaine mesure les ravages causés par l’éruption. On sait, d’ailleurs, depuis longtemps que les cendres du Vésuve sont très fertilisantes (ce qui tient également à leur teneur en alcalis). Dès que la pluie tombe après une éruption, les pentes dénudées se recouvrent aussitôt de verdure et l’on a attribué à cette influence un rôle dans la qualité des fameux vins vésuviens.
- Les béliers de Grignon. — La vente annuelle des béliers du troupeau dishlay-mérinos de l’établissement de Grignon a eu lieu récemment. Vingt-six béliers ont été vendus. Cette vente est toujours très pittoresque. Le premier animal, offert à 5oo francs, tombait à la moitié, mais pour se relever rapidement à plus de 600 francs. Le quatrième était acquis à 1110 francs, soit i25o francs, avec tous les frais.
- Nouveaux cuirassés. — M. le Ministre de la marine vient de signer les instructions définitives pour la mise en chantier des six cuirassés inscrits au budget de 1906. Les noms que porteront ces bâtiments sont les suivants : Voltaire, Diderot, Condorcet, Vergniaud, Mirabeau et Danton. Ces cuirassés doivent former une escadre homogène et seront identiques. Leur longueur sera de 146,60 m., leur déplacement de 18000 tonneaux, la puissance de leurs machines de 22 5oo chevaux, pour une vitesse de 19 nœuds. Ils porteront quatre canons de 3o5 mm dans deux tourelles axiales avant et arrière, douze canons de 240 mm dans six latérales, trois de chaque côté, et des canons de 75 mm à tir rapide. En dehors de la cuirasse, d’une épaisseur de 25o mm, il y aura une protection spéciale contre les torpilles. L’état-major sera de 3i officiers et l’équipage comprendra 65o hommes.
- Le Recensement de Paris en 1906. — La Préfecture de la Seine est en possession depuis quelques jours des résultats du recensement effectué à Paris le 4 mars 1906. La population présente à Paris était de 2 731 728 habitants. L’augmentation du nombre des habitants, de 1901 à 1906, a été de 71 169; de 1896 à 1901, elle avait été de 148930. De 1901 à 1906, la population a augmenté dans dix arrondissements, le Ve et dans le XIIe au XXe; elle a diminué dans les dix autres. Dans le recensement de 1896 à 1901, on n’avait observé de diminution que dans les Ier, IIe et VIe arrondissements. La population atteint 117 666 habitants dans le Ve arrondissement, 151697 dans le Xe, 23âo5o dans le XIe, et 258 174 dans le XVIIIe.
- Cyclisme. Course Bordeaux-Paris. — Le samedi 12 mai, à 6 heures du soir, a été donné à Bordeaux le départ de la course annuelle sur route de Bordeaux à Paris, d’une distance de 591 kilomètres. Cette course avait lieu pour la seizième fois. Dix-sept coureurs sont partis de Bordeaux. Le lendemain i3 mai, à ih 2'6m 35s, le coureur Cadolle est arrivé le premier à Ville-d’Avray, ayant effectué le trajet en i9h 26” 35s. Le second coureur, Cornet, est arrivé après et le troisième Trousse-
- lier à 19'“ 4im ïo5-
- G. Montefiore-Levi. — M. Georges Montefiore-Levi, industriel et philanthrope, est récemment mort à Bruxelles. Il était né en Angleterre en i832, et s’était fait naturaliser en Belgique. Il trouva une composition de bronze phosphoreux qui fut employée pour les fils électriques et il put ainsi, réaliser une grande fortune. Mais il se distingua surtout par ses bonnes œuvres, donnant un appui efficace aux dispensaires, maisons ouvrières, colonies scolaires, etc. Il a créé à l’Université de Liège un Institut électrique qui a été qualifié de modèle du genre et que l’on admire beaucoup.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Un changement de vitesse sans engrenages. —
- L’ingéniosité des inventeurs leur fait concevoir des organes mécaniques très bizarres, mais dont il faut se garder de faire la critique, car il est très difficile de prévoir ce que l’avenir leur réserve, surtout en ce qui concerne cet ensemble « antimécanique » qu’est le changement de vitesse. Pour cette raison je n’hésite pas à présenter cette nouveauté vraiment curieuse qu’est le changement de vitesse sans roues dentées ni pignons, de M. Georges Corail.
- L’appareil est enfermé dans un carter et est constitué essentiellement par un disque d’acier b calé à l’extrémité de l’arbre moteur a (11g. i). Sur ce disque sont disposées en couronnes concentriques un certain nombre de
- afin d’éviter les inconvénients qui pourraient en résulter, on a placé en h une petite bille sur laquelle il roule ; cette bille est réglable par un écrou i que l’on peut serrer ou desserrer à volonté.
- Ajoutons encore que les billes peuvent être remplacées par des galets traversant le plateau sur la surface duquel ils émergent en partie. Dans ce cas la partie extérieure des galets est hémisphérique tandis que celle qui traverse le plateau peut recevoir la forme la mieux appropriée au maintien de chaque galet.
- L’appareil qui a été imaginé spécialement en vue du remplacement éventuel des changements de vitesse actuels des automobiles pourrait encore être utilisé comme amplificateur de vitesses; il suffirait, dans ce cas, que l’arbre c devienne l’arbre moteur et l’arbre a l’arbre commandé. — Pour tous renseignements concernant ce changement de vitesse, s’adresser à M. Georges Corail, 98, rue de Paris, à Villeneuve-Saint-Georges (S.-et-O.).
- Appareil de changement de vitesse de M. Corn il. Plan et élévations.
- billes d’acier que l’on maintient au disque à l’aide d’un plateau f fixé à l’aide de vis. Devant ce disque ainsi armé se meut une variété de roue dentée, mais dentée de telle sorte que les creux se présentent sous la forme d’alvéoles destinées à recevoir les billes. Cette roue dentée se déplace à l’aide d’un système quelconque par une douille glissant sur l’arbre carré c à l’intérieur du carter. On peut ainsi la mettre successivement en présence de l’une ou de l’autre des couronnes de billes et obtenir ainsi toutes les variations de vitesses que l’on désire. La grande couronne communiquera la grande vitesse à l’arbre e, tandis que cette vitesse diminuera de plus en plus au fur et à mesure qu’on l’engrènera avec les couronnes les plus petites. Pour obtenir la marche arrière, il suffira de porter la roue g sur la droite (fig. a) du disque b ; elle actionnera la petite couronne de billes dans le sens opposé. C’est, on le voit, extrêmement simple.
- Le plateau b étant seulement maintenu par l’arbre a, c’est-à-dire par son centre, est sujet à un porte à faux dangereux surtout si l’on veut réaliser la grande vitesse ;
- Dessin
- Un nouveau compas. — Le nouveau compas imaginé par M. A. Ménard est appelé à rendre les mêmes services que le compas ordinaire ; de plus il peut se prêter au tracé de spires variables.
- La pointe sèche du compas est fixée à la branche principale A (fig. 1); elle peut être remplacée par quatre pointes dont une centrale, les trois pointes extérieures étant disposées en triangle et permettant à cette branche de se fixer sur le papier. Autour de cette barre tou-rillonne une barre glissière B sur laquelle se meut à
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- Fig- i- Fig. 2.
- volonté la pièce C qui est un portecrayon ou un tire-ligne suivant les besoins. Cette pièce C est immobilisée en un point quelconque de la glissière par une vis de pression P. Entre les deux branches de l’instrument et à la partie supérieure est disposé un fil rétracteur E ; on décroche ce fil lorsque l’on veut tracer une circonférence, par exemple. Mais s’il s’agit de tracer une spire on lé conserve tendu entre les deux branches qu’il réunit. La pièce F à laquelle il est attaché peut se déplacer de haut en bas sur le bras C ; on l’immobilise à l’aide de la vis de pression f. D’autre part la tige D est constituée (fig. 2) par quatre petites tiges mobiles que l’on écarte ou que l’on rapproche du centre en agissant sur les vis d d. Si donc 1 on veut opérer ùn changement quelconque dans la forme des spires, il suffira de serrer ou de desserrer une, deux ou trois des quatre tiges D. En se servant d’une tige unique et en l’excentrant on pourra obtenir d'autres figures. En dehors de cet avantage de pouvoir tracer des spires différentes à volonté grâce à l’écartement réglable et progressif des tiges D et du déplacement de la pièce F (dans ce cas il ne faut pas immobiliser le bras G sur sur la glissière B), le compas supprime le glissement de la pointe sèche sur la feuille de papiêr et évite par conséquent les déchirures. — Le nouveau compas se trouve chez M. Ménard, dessinateur, 9, rue du Général-Chanzy, à Puteaux (Seine).
- Hygiène
- Filtre Berkefeld. — Le filtre Berkefeld ést un des filtres actuellement les plus répandus. Il est constitué essentiellement par une bougie en terre d’infusoires so-
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- SCIENCE APPLIQUEE
- lidement construite et fermée d’un côté. L’eau ne pénètre à l’intérieur de la bougie qu’après l’avoir traversée ; elle dépose alors à la surface extérieure de la paroi poreuse toutes les impuretés quelle peut contenir. Il est facile, lorsque le débit tend à diminuer, de laver la bougie ; celle-ci est du reste munie d’une monture métallique,
- d’une vis en métal et d’une
- rondelle de caoutchouc qui rendent très simple le démontage de la bougie. Il existe plusieurs modèles de ce filtre : il y a d’abord les filtres de ménage que représente la figure de droite de notre dessin. La pose en est très facile ; on fixe l’appareil au mur et on le relie à la conduite de distribution d’eau par un petit tuyau de plomb. Suivant les pressions, les filtres donnent des débits de 0,2 à 2 litres d’eau par minute. Il existe également des filtres qui fonctionnent, sans pression, goutte à goutte, comme en représente un modèle la figuré de gauche de notre dessin. Les récipients sont en verre ou en grès; la bougie est placée à l’intérieur sur une rondelle en caoutchouc, et fixée à l’extérieur par une vis en métal. On remplit d’eau le récipient supérieur et le liquide filtré est recueilli par une carafe au-dessous. Mentionnons également qu’il existe des filtres à pompe, destinés à filtrer l’eau fraîche telle qu’elle sort du puits. — Le filtre Berkefeld se trouve à la Compagnie française du Filtre Berkefeld, 55, rue Vi-vienne, à Paris.
- Filtre Berkefeld.
- Filtre nouveau. — Les filtres sont aujourd’hui si nombreux qu’il devient difficile de faire un choix. En dehors des qualités fondamentales du filtre, il est bon également de considérer le volume, la simplicité d’installation, la grande facilité de nettoyage et le bon marché ; ce sont ces qualités que présente le nouveau filtre. Il se compose d’une bougie en matière filtrante à base de silicate qui se place à l’intérieur d’un vase métallique dont le fond se dévisse pour le nettoyage périodique. Dans ce fond se trouve un joint en caoutchouc pour donner l’adhérence hermétique du filtre et du vase. Ce nouveau filtre se visse simplement sur un raccord préalablement soudé après le robinet existant au-dessus de la pierre à évier, et donne un débit d’eau filtrée d’environ 5olitres par heure. Le nettoyage de l’appareil est très facile. Il suffit de dévisser le culot et de frotter la bougie avec une brosse demi-dure spécialement affectée à cet usage. Cette opération doit se faire tous les deux ou trois jours. De temps en temps, il est utile de plonger la partie filtrante dans l’eau froide que l’on fait ensuite chauffer jusqu’à ébullition. — Le filtre nouveau se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Nouveau filtre à silicate.
- Outillage
- dimensions. L’outil fixé se trouve toujours serré de quatre côtés à la fois, quelle que soit sa forme, et on obtient une grande fixité. Le montage et le démontage
- Porte-outil universel.
- se font très rapidement; un seul manche est donc nécessaire. Ce nouveau manche permet évidemment d’employer toutes sortes d’outils cassés. — Le porte-outil universel se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Divers
- La voiture à thé. — Pour servir le thé, le chocolat, dans un jardin ou dans un parc en se transportant auprès des différents groupes d’invités, le classique plateau porté par un domestique n’est pas toujours bien commode. M. J. Mac-Kain, le fabricant bien connu de voitures d’enfants et de malades, vient de faire breveter et de construire un dispositif très original. Sur un châssis de voiture d’enfant avec roues caoutchoutées et suspension très élastique, il a disposé une caisse qui renferme tou ; le matériel nécessaire. Au milieu une bouillotte est
- La voiture à thé.
- Porte-outil universel. — Les manches en bois des outils de toutes espèces sont très fragiles ; ils se démanchent ou se cassent facilement et empêchent de continuer le travail. Le porte-outil universel, dont il va être question, a été imaginé pour obvier à ce défaut. Il se compose d’une poignée en métal qui se termine par un angle droit dont la partie extérieure porte des rainures. Dans celles-ci glisse un coin sur lequel s’appuie un écrou qui serre une tige à angles dont les deux extrémités sont munies d’un pas de vis. L’autre extrémité est guidée par une ouverture de la poignée et est également serrée par un écrou à oreilles. En serrant ou en desserrant plus ou moins les écrous, le carré formé par les deux angles se trouve diminué ou augmenté. On peut ainsi maintenir très facilement des outils de toutes formes et de toutes
- suspendue au-dessus d’une lampe à alcool ; dans les coins, sur des étagères, on trouve la théière, le pot ail iàit, la chocolatière, les assiettes de gâteaux, le sucriëtÿ.’tetc., les tasses sont posées sur le fond, qui est inobiï'e et forme plateau pour les faire circuler dans un groupe. Des planchettes qui se tirent horizontalement facilïîeM le service. Dans le fond de la caisse deux coffrets reft>-ferment l’un, la lingerie, l’autre, fermant à clé, l’argenterie. Le tout est fermé parmi rideau en bois qui entoure toute la partie supérieure de la caisse et qui se relève de chaque côté au moment voulu.
- L’idée est ingénieuse et pratique et la voiture à thé facilitera la tâche de la maîtresse de maison dans les five o’ clock en plein air, — La voiture à thé se trouve chez M.' J. Mac-Kain, 5, rue de la Boétie, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTE
- Inconvénients de quelques produits dentifrices.
- — Les soins de la bouche sont; un des plus impérieux pour ceux qui ont le désir de garder intactes leurs trente-deux dents et d’assurer par une mastication soigneuse, la conservation de leur estomac et les meilleurs profits de l’alimentation. Dès le jeune âge, on doit laver la bouche, brosser les dents, faire matin et soir une toilette analogue à celle de la figure, des mains et de tout le corps. On se servait jadis de préparations assez simples plutôt destinées à parfumer l’eau qu’à assurer une désinfection de la muqueuse ou des dents. L’eau dentifrice ordinaire contenait dans un alcool légèrement coloré au carmin une macération de girofles, de cannelle avec de l’essence de menthe, de badiane ou d’anis.
- La quantité d’essences qui entre dans la composition de cette eau est insuffisante pour qu’on puisse compter sur une action antiseptique, et comme il est à la mode de désinfecter à outrance, on a adjoint à la classique eau dentifrice de nos jours, un agent énergique, phénol, thymol, salol, etc. A petites doses, j’en conviens, ces produits ne présentent pas de dangers, mais il en est cependant qui ont des inconvénients assez sérieux. Le salol en particulier expose à des irritations buccales qu’il est bon de signaler et c’est dommage de le supprimer, car le salol a un parfum aromatique des plus agréables, en même temps qu’il a une action désinfectante très marquée. C’est en effet un salicylate de phénol, qui forme une poudre blanche cristalline insoluble dans l’eau, mais très soluble dans l’alcoôl et surtout l’éther.
- Sous l’influence de conditions particulières, inhérentes en général au sujet, arthritisme, tendance facile à l’eczéma, aux dermatoses, on voit chez quelques personnes le salol provoquer de véritables éruptions de la peau ou des muqueuses. J’ai signalé des faits de ce genre il y a déjà longtemps ; comme lé salol est un parfait antiseptique et qué son odeur est de tous points préférable à celle de l’iodoforme, l’antiseptique en usage à cette époque, je prescrivais pour pansements de plaies d’inflammation du nez, des insufflations de poudre de salol ou des pommades à base de salol. Or il arriva que ces pansements eu apparence bien anodins provoquèrent chez deux ou trois malades des éruptions désagréables avec démangeaisons, tenant à la fois de l’érysipèle et de l’eczéma. Il suffit de changer le médicament pour faire disparaître immédiatement l’irritation provoquée.
- Sur un nombre assez élevé de malades qui emploieront le salol on n’en comptera que quelques-uns qui éprouveront ces méfaits; mais comme on n’est pas fixé à l’avance sur la susceptibilité du sujet, le mieux est de se passer de ce produit.
- Tout dernièrement deux médecins distingués de Lyon, MM. Carie et Pont, ont signalé quelques cas d’irritation buccale provoquée par des dentifrices au salol. Une famille de cinq personnes, ce qui indique un degré étroit de parenté àii point de vue- de la susceptibilité médica-meiit.énsèèt de Tlîërédité arthritiqué, fut atteinte d’eczéma des lèvres ; on ïès traita les unes et les autres par les moyens les plus divers et sans succès, jusqu’au jour où on soupçonna là poudre dentifrice qui contenait en effet du salol. La suppression radicale de cette poudre amena la guérison rapide et définitive de l’eczéma.
- Le Dr Besnier avait observé ces eczémas périlàbiaires et le D1' Thibierge lés a étudiés avec soin, ce, qui prouve que la susceptibilité des sujets à ce produit est encore assez fréquente. L’éruption a ceci de caractéristique,
- d’après Thibierge, qu’elle débute au niveau même de la commissure labiale par une fissure linéaire à bords réguliers, à fond pâle, et qui arrive jusqu’à la surface cutanée de la lèvre au niveau de laquelle elle se recouvre souvent d’une croûtelle jaunâtre. La lésion ne se borne pas à cette fissure; il se forme avec la continuation de l’usage du dentifrice, une plaque qui gagne les lèvres, les joues et offre alors tous les caractères d’un eczéma avec la cuisson, les démangeaisons, le gonflement et la rougeur des tissus ; le mouvement des lèvres peut même en être gêné. Cet état persiste tant que le malade se sert du dentifrice.
- Le salol n’est pas le seul agent susceptible d’entraîner de l’irritation de la bouche et des lèvres ; les sels de mercure sont à cet égard des plus dangereux et on doit les proscrire d’une façon absolue de tout élixir dentifrice, à moins d’indications particulières formulées par le médecin. L’acide phénique, quand il est à doses élevées, et surtout quand il est impur, détermine des inflammations gingivales. Je crois cependant qu’en additionnant un alcool d’une très faible dose de solution d’acide phénique neigeux dans la glycérine neutre, on n’aura jamais d’accidents. Voici les doses que je conseille :
- Acide phénique neigeux.
- Glycérine neutre.
- Solution à parties égales en poids.
- De cette solution comptez vingt gouttes pour cent vingt-cinq grammes d’alcool de menthe ou de l’eau dentifrice dont je parlais plus haut. Comme on ne doit mettre, pour se laver la bouche et les dents, qu’une cuillerée à café au plus du mélange dans un verre d’eau bouillie, la proportion d’acide phénique sera à peine d’une goûte par verrée. A cette dose vous n’avez à craindre ni irritation de la bouche, ni des lèvres, ni des dents, ni intoxication d’aucun genre.
- Pour amener la parfaite conservation de la denture, il ne faut pas du reste s’en rapporter à ces eaux alcoolisées et parfumées ; le vrai et on peut dire le seul moyen est de nettoyer les dents avec la brosse en se Servant non plus d’une poudre préparée et composée dans laquelle entrent généralement du menthol, du thymol et parfois du salol. Px*enez une brosse ferme, un peu dure, mouil-lez-la dans le verre d’eau coupée d’une cuillerée à café de l’eau dentifrice phéniquée dont je donne la formule plus haut ; passez la brosse mouillée sur un savon fin et savonnez un instant les dents ; puis imprégnez votre brosse savonneuse d’un peu de poudre de carbonate de chaux ou de carbonate de magnésie, frottez doucement puis rincez la bouche avec le reste du verre. Soyez sûr de n’avoir ainsi ni accidents, ni irritation; vos dents seront tenues propres par ces moyens, qui sont plus mécaniques que médicamenteux. Pour la perfection réclamée par l’hygiène, il faudrait renouveler ce brossage après chaque repas. Dans la pratique, c’est un peu difficile, mais si vous avez le soin de procéder à cette petite opération tous les matins et surtout tous les soirs, vous serez assuré d’enlever tout débris alimentaire, d’éviter pendant la durée de la nuit les fermentations qui sont en partie arrêtées dans le jour par le rejet de la salive ou la déglutition d’un liquide. En résumé, le brossage à l’eau bouillie, avec ou sans alcool à la menthe, avec un peu de savon et une poudre alcaline, impalpable, constitue le meilleur et le plus sûr des antiseptiques de la bouche. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Papiers métallisés. — Les papiers métalliques obtenais, non par dépôt d’un composé métallique liquide, inâis Men par une sorte de galvanoplastie de la surface du pàptêl*, présentent un brillant extraordinaire, et peuVettt être Utiles à connaître pour cette raison. Pour le papier argenté, èm recommande, dans la publication
- allemande Elektricitàt, une solution faite de 20 gr. d’argento-cyanüre de potassium, et de. i3 gr. de cyanure de potassium dans 980 gr. d’eau. Pour le papier d’or ou doré, comme on voudra, on emploiera 4 g1'- d’auro-cyanure de potassium et 9 de cyanure de potassium dans 900 gr. d’eau. Enfin, pour le cuivrage, on se sert
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- d’une solution faite de 18 parties en poids de vitriol bleu, de 40 d’eau et de 6 d’acide sulfurique. On verse la solution dans un récipient de terre, où l’on suspend deux plaques de métal, dont l’une faite du métal qu’il s agit de précipiter; on relie les plaques métalliques aux pôles d’une pile galvanique faible, et l’on fait passer le «wwauit. Au bout de quelques minutes seulement, une pellicule métallique dont l’épaisseur ne dépasse point o,«i millimètre se dépose sur la plaque reliée au pôle négatif, et qui est faite du métal qu’il ne s’agit point d’utiliser; alors on retire la plaque, et on presse vigoureusement à la surface du dépôt une feuille de papier qu'on ,a enduite d’un mucilage. Et quand tout est sec, la pellicule métallique vient avec le papier en y adhérant ; au besoin ©n recourt à des acides dilués pour l’aider à quitter le support métallique.
- Pour recouvrir d’amiante les conduites d’eau ou
- de vapeur. — On commence par mettre des débris d’amiante dans un récipient et on additionne d’eau, de
- manière que le tout prenne la consistance de mortier; pour appliquer la première couche de l’enduit, qui doit du reste être fort mince, il faut que les tuyaux aient été portés à une températui'e convenable, celle que peut supporter la main nue ; le mortier d’amiante s’étend en effet à la main, et en peu d’épaisseur, comme nous l’avons dit ; puis on laisse sécher. Il importe que la dessiccation ne se produise que graduellement. Quand elle est réalisée, on applique une deuxième couche, mais qui peut avoir une épaisseur de 6 à 7 centimètres, et dont on doit avoir soin de laisser la surface très rugueuse, pour faciliter l’adhérence de la couche suivante : on fait bien, dans ce but, d’imprimer la marque du bout des doigts. On étend la troisième couche en lui donnant une épaisseur moindre qu’à la deuxième, mais en polissant autant que possible la surface finale. Sur celle-ci on se trouve bien d’étendre (toujours après dessiccation complète), une couche mince de pâte de farine claire, et par-dessus le tout enfin on passe une couche de coaltar.
- RESUME METEOROLOGIQUE
- ot'"'*
- Observations faites à l'Observatoire du Parc Saint-Maur, en avril 1906, par M. Th. Moureaux
- Le mois d’avril présente deux périodes nettement opposées ; l’une s’étend du ier au 17, l’autre du 18 au 3o. La première est caractérisée par une moyenne barométrique élevée, 763mm,7 ; une température élevée également, il0,o, avec un écart diurne très grand, i3°,4 en moyenne, maximum, i8°,4 le 11; une nébulosité faible, 3,4; un état hygrométrique faible, 5y, avec trois minima diurnes inférieurs à 19; une pluie insignifiante, omm,5. La seconde, au contraire, a une moyenne barométrique faible, 75imm,6; une température faible, 7°,!, avec écart diurne moyen de 8°,6 seulement; une nébulosité élevée, 8,0; un état hygrométrique élevé, 79 ; pluie, 59mm,2 : il est tombé i6mm,9 d’eau le 18 et i3mm,6 le 3o.
- Le thermomètre est descendu au-dessous de o° deux fois seulement sous l’abri, et i3 fois sur un sol gazonné exposé au rayonnement nocturne. Vent dominant, N. E. Le 9, on a observé un cas d’électricité négative par beau temps, de iill3omà i4h3om : température élevée, ciel peu nuageux, vent N. E. fort, humidité relative faible, entre 21 et 3i. Le 11, brouillard sec depuis le matin jusque vers i,4 heures; température élevée, humidité relative faible, vent presque nul d’entre W. et S. W. ; le soir, premier orage de l’année : à 20 heures, un seul coup de tonnerre précédé d’un éclair vif dans la direction du S. E.
- Pression barométrique (ait. 5ora,3). — Moyenne des 24 heures, 758““,48; minimum absolu, 740“”',5 le 18 à i7h5o“; maximum absolu, 769™“, 2 le i5 à 7hiom; écart extrême, 28“”“, 7.
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, 3°,68 ; des maxima, 15°, 13 ; du mois, 9°,4o; des 24 heures, 90,28; minimum absolu, —x°,3 le 2; maximum absolu, 22°,2 le 17. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, o°,47.; des maxima 3o0,7O ; minimum absolu, — 7°,4 le 2 ; maximum absolu, 42°,o le 17. — Dans le sol gazonné, moyenne du mois. Profondeur ora,3o : à 9 heures, 8°,82; à 21 heures, 90,36. Profondeur om,65 : à 9 heures, 8°,39; à 21 heures, 8°,40. Profondeur 1 mètre : à 9 heures, 70,99; à 21 heures, 8°,04. De la Marne : moyenne le matin, io°,54; le soir, n°,oo; minimum, 6°,00 le Ier; maximum, i3°,5o les 17 et 18.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 5mm,59; minimum, imm,8 le 4 ù 16 heures; maximum, 9mm,i le 18 à i5 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 66,7 ; minimum, 12 le 8 à i2h 20m ; maximum, 100 en 4 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 5,4a; •jours sans nuages les 3 et 4 ; ciel complètement couvert les 1$, ü'9 et a5.
- Insolation : durée possible, 4°9 heures ; durée effective, i83h,4 en 24 jours; rapport, o,45.
- Pluie : Total du mois, 59““,7 en 72h,7.
- Nombre de jours : de pluie, i3; de pluie inappréciable, 3; de gelée, 2; de gelée blanche, i3; de rosée, 8; de grêle, 1; d’orages, 2 les n et 18; de halos, 7.
- Vent, direction calmes, i5. •
- N . . . . 47 S . E. . 1 2 W. . . . 2*2
- N. N. E . 91 S. S. E . 42 W. N. W. 20
- N. E. . . 125 S. . . . 57 N. W . . 20
- E. N. E. . 62 S. S. w. 45 N. N. W. 35
- E 18 s. w. . 62
- E . S. E . 35 w.s.w. I 2
- Vitesse : moyenne du mois, 4”, 2; moyenne diurne la
- plus grande, 8m,2 le 9 ; la plus faible, im,9 le 11 ; vitesse maximum en i5 minutes, 12“,8 le 9 de i5m à i2h3om par vent E. N. E.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (i3 jours), 79 volts; moyenne diurne la plus faible, 53 volts le 16; la plus grande, i54 volts le 21 ; amplitude diurne, 0,42; amplitude nocturne, o,65.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,77;.minimum, a”,59 le 16; maximum, 3“,i3 le ior.
- Comparaisons aux valeurs normales : Baromètre, -J- 3"lm, 18 ; température —o°,46; tension de la vapeur, — omm,52; humidité relative, — 2,4; nébulosité, —o,i4; pluie, 17“"’, 2.
- Taches solaires : on a suivi 10 taches ou groupes de taches en 22 jours.
- Perturbations magnétiques : faibles, les 10-11 et 28-29.
- Floraisons. —- Le ior, cerisier (anglaise hâtive); le 2, narcisse, anémone des bois; le 3, iberis sempervirens ; le 5, cydonia japonica, corcorus, renoncule bulbeuse; le 6, glechoma, érable plane, prunier (reine-claude) de plein vent ; le 7, groseillier à grappes, groseillier épineux; le 9, ortie blanche; le 10, pervenche bleue, linâire cym-balaire, poirier de plein vent; le 11, saule commun, lunaire, alliaire, mahonia à feuilles de houx, laurier-cerise; le 12, cerisier de Montmorency (courte queue); le i3, cassis, cerisier de Sainte-Lucie; le 14, corbeille d’or; le 17, bouton d’or, fraisier des bois, sureau à grappes; le 18, dielitra spectabilis, lilas commun, laurier noble; le 19, muscari à grappes, marronnier commun, réveille-matin; le ai, lilas blanc; le 22, daphné pontica; le a3, cognassier, chélidoine; le 25, érable sycomore; le 26, chamerisier; le 27, pommier (reinette de Canada) de plein vent ; le 28, géranium à feuilles rondes; le 29, saxifrage mignonnette; le 3o, lilas de Perse, germandrée.
- Premier chant du pic-vert le 4, de la fauvette le 10, du rossignol, le 12, du coucou le i5, de la huppe le 20. La première hirondelle a été vue le 14 ; malgré cette date tardive, on n’en a aperçu qu’un petit nombre dans toute la seconde quinzaine du mois. Les premiers martinets sont arrivés le 3o.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des récherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Le Commandant Allard, à Besançon, nous adresse une brochure publiée chez J. Mil-lot et Cio à Besançon et intitulée Voies d’accès au Simplon. Rappelons tout d’abord que dans un article consacré ici même (n° i658 du 4 mars 1905, p. 213) à cette importante question un de nos collaborateurs a déjà montré que l’on ne peut guère hésiter qu’entre deux solutions ; ce sont : ou bien l’établissement d’une ligne nouvelle de Lons-le-Saulnier à Genève (coût 100 millions), ou bien le raccourcissement de la ligne Dijon-Pontarlier-Lausanne par le percement du Mont-d’Or (coût 27 millions). C’est à un ensemble de conclusions de même nature et basées d’ailleurs sur les mêmes arguments que le commandant Allard aboutit au tenue de ses études. Cependant entre ces deux solutions, il se prononce résolument en faveur de la dernière ; outre le chiffre élevé de la dépense, son principal argument contre la ligne Lons-le-Saulnier-Genève, dite projet de la Faucille, est basé sur la constitution géologique du Jura. Il fait à ce propos appel au témoignage des divers géologues et spéléologues. Dans ce sol fissuré, les rivières souterraines ont beaucoup plus d’importance que celles de la surface, et les plateaux jurassiens forment de grands réservoirs éponges accumulant les eaux en abondance et les distribuant aux régions en contre-bas. Dans un tel milieu, creuser trois grands tunnels de 7, 12 et 15 kilomètres (qui seraient indispensables), ne serait-ce pas s’exposer à drainer les eaux dans leur canal ? Les travaux souterrains effectués dans les Alpes ont déjà montré que l’eau constitue un redoutable ennemi ; il serait plus à craindre encore ici, où l’alternance de calcaires et de marnes en assises redressées constituerait chaque jour une menace d’éboulement ou de glissements. M. Allard rappelle que M. Martela montré plusieurs fois que les travaux de ce genre avaient suffi à tarir les cours d’eau superficiels, lorsqu’ils étaient effectués en dessous de leur niveau. Ce serait justement le cas, et cette série de tunnels de base, faisant aux cours d’eaux superficiels une certaine concurrence, ne pourrait-elle pas amener le dessèchement des vallées de la Valserine et du Jura, au moins en partie? — Toutefois en terminant, M. Allard donne en appendice une lettre de M. Fournier, professeur de géologie et de minéralogie à Besançon, rappelant que ce savant géologue a été chargé par le service des Ponts d’étudier le percement de la Faucille au point de vue hydrologique et géologique ; il se déclare d’un avis diamétralement opposé au précédent. Selon lui les cours d’eau et les lacs reposent sur un substratum imperméable, et le tracé du tunnel éviterait aisément les courants souterrains capables de présenter un danger et dont le trajet exact est connu; l’étude détaillée des couches permet, dit M. Fournier, d’affirmer que l’on ne rencontrera nulle part pour la Faucille de difficultés comparables à celles du Simplon. Pour répondre aux arguments du commandant Allard, il cite aussi la vraie opinion de M. Martel qui a été également consulté sur le sujet : « L’hypothèse d’un vaste drainage du Jura par les tunnels est dénuée de tout fondement, et en contradiction avec tout ce que j’observe depuis vingt ans dans les massifs calcaires. » Enfin, ajoute M. Fournier, tandis que, sur la ligne de la Faucille, le débit d’eau rencontré par le tunnel qui en recoupera le plus sera au grand maximum de 5oo litres à la seconde, — alors qu’au Simplon un seul appoint donnait 1000 litres par un orifice de 8 centimètres ! — ce serait au contraire le tunnel du Mont-d’Or qui géologiquement et hydrologiquement présenterait le plus d’aléas.
- Renseignements. — Un lecteur, à Bourges. — Nous publierons prochainement un article où vous trouverez tous les renseignements voulus au sujet du périscope.
- M. E. D.,k Saint-Quentin. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages spécialement consacrés à la préparation
- industrielle des ocres. Mais vous trouveriez des chapitres sur cette question dans les ouvrages relatifs aux matières colorantes publiées par les librairies J.-B. Baillière, 19, rue liautefeuille ; Mulo, 12, rue Hautefeuille ; Bérenger, i5, rue des Saints-Pères; Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. S., à Saint-Amour. — La plaque neuve en plomb non formée que vous avez mise à la place d’une ancienne dans la batterie d’accumulateurs peut finir par se former ; cependant comme elle peut présenter des difficultés, il sera nécessaire de bien la surveiller.
- M. Cardot, à Alger.— Vous trouverez de l’or adhésif tout préparé ou des produits analogues chez MM, Lefranc et Cie, fabricants de couleurs, 18, rue de Valois, à Paris.
- M. Peynot, à Paris. — Nous vous donnerons satisfaction, dans la mesure du possible.
- M. C. IL, à Montpellier. — Nettoyage des statues en plâtre : faire une bouillie très épaisse avec de l’amidon et de l’eau, en enduire le plâtre à nettoyer, de façon à bien faire pénétrer l’amidon partout et laisser sécher; l’amidon se fendille et tombe de lui-même sans qu’on ait besoin d’y toucher, il emporte avec lui toute la poussière et les impuretés. II faut compter recommencer l’opération avant réussite complète, et, d’autre part, faire des essais préalables sur des objets sans valeur (Extrait des Recettes et procédés utiles, 20 série, librairie Masson et Cle, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.)
- M. de Bussy, à Lœuilly. — M. G. Boulenger-Daussy, 17, rue Carnot, à Albert (Somme) tient à votre disposition des pieds de Persicaires de Sahhaline, une trentaine et plus, à 10 centimes l’un. Ces pieds devront être mis en terre à leur arrivée, leur végétation étant commencée depuis la fin d’avril. Le même lecteur possède également des persicaires de Seeboldt.
- M. L., à Metz. — x° A notre connaissance, 011 n’a jamais essayé d’imprimer directement sur les caractères avec des presses rotatives. Les imprimeurs auprès de qui nous îxous sommes renseignés considèrent la chose comme impossible tant à cause de la disposition et de la forme des caractères que de l’usure rapide et du prix de revient élevé qu’entraînerait un tel procédé. — 20 Nous n’avons eu connaissance d’aucune tentative faite pour produire le moule du cliché par quelque appareil analogue à une machine à écrire en caractères typographiques.
- là baronne Ilainguerlot, à Charentilly. — La maison Masson et Cic a publié récemment un livre du Dr llendirdjy : Anesthésie chirurgicale par la stovaïne.
- MM. A. C. B. et C°, à Bordeaux. — Pour les bennes automatiques déchargeuses de charbon, veuillez vous adresser à l’un des constructeurs ci-dessous : MM. Delattre et Cle, à Ferrière-la-Grande (Nord); F'orges de Douai, 52, boulevard Haussmann, à Paris; Société de construction mécanique d’Alais (Gard).
- M. M. Dussauge, à Sens. — Vous trouverez de la rogue de bonne qualité chezM. G. Petit, 3, rue de Rome;. M110 Capitaine, quai de l’Hôtel-de-Ville, 70 ; M. Wyers, 3o, quai du Louvre, à Paris.
- Mm° M. Maurey, à Versailles. — i° La longueur du Simplon est de 20 kilomètres. — 20 Ce tunnel doit être livré à la circulation à la date du ier juin 1906. — 3° Oui, il sera délivré de Paris par le Simplon des billets directs pour Ancône, Bologne, Milan, Novare, Parme, etc. La Compagnie du P.-L.-M. annonce deux express quotidiens et un train de luxe tri-hebdomaire pour Milan.
- Accusés de réception — Avis divers. — Mma S.
- Sharpe, à Londres. Ce procédé nous est totalement inconnu et nous ne croyons pas à la possibilité de sa réussite. — M. L. Mouton, à Pau. Il faudrait procéder* sur place à des mesures contradictoires. —M. Ch. Malot, à Garches. Voyez à ce sujet Recettes et Procédés utiles, 20 et 5e séries, librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — M. G. Boulenger-Daussy, à Albert. Nous vous remercions de votre renseignement que nous transmettons directement à notre abonné. — M le C‘ Allard, à Besançon Remerciements pour votre communication.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 mai...... 12°,0 Calme. Beau. 0,0 Rosée ; gouttes à 16 h.; beau le matin ; nuag, le spir.
- Mardi 8 13°,9 N. 2. Quelques nuages. -M Rosée; beau le matin; très nuag. le soir; orage et iduie l'après-midi.
- Mercredi 9 13°,4 S. 0. Couvert. 1,3 Presque couv. ; orage et pluie de 11 b. 45 à 14 b. 55; halo.
- Jeudi 10 15°,0 S. s. w. 1. Couvert. 10,2 Presque couv.; halo; orage de 11 b. 15 à 14 b. 10 avec pluie.
- Vendredi 11 9'\ü E. S. E. 2. Couvert. » Rosée ; couvert jusqu’à 10 b. ; nuag. ensuite.
- Samedi 12 12°, 9 Calme. Couvert. » Rosée ; nuageux.
- Dimanche 15 15°,7 Calme. Peu nuageux. )) Rosée ; peu nuageux.
- MAI 1906. — SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 MAI 1906.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Dans la semaine du 7 au x3 mai, le temps a été généralement beau, à part quelques orages qui cependant ont été très violents. Le 7 mai, la pression barométrique était élevée sur presque tout le continent. Le vent était faible sur toutes nos côtes avec une mer belle et peu agitée. Un faible orage a été observé vers 5 heures du soir dans la région parisienne ; il est tombé une averse abondante à Saint-Clcmd, et quelques gouttes seulement sur Paris. Le temps était chaud ; à Paris, la température moyenne a été i6°,3, supérieure de 4°,x à la normale. Le 8 mai, la pression barométrique a baissé rapidement à l’ouest de l’Europe. La température au contraire est restée élevée ; on a noté x4° à Pains, 140 à Besançon, x6° à Alger. Dans l’après-midi, vers 1 heure, un violent orage avec tonnerre et chute de grêle s’est abattu sur Paris. L’averse de grêle a duré environ sept à huit minutes et dans certains quartiers, on a recueilli des grêlons qui avaient en moyenne 1 centimètre de diamètre. Le 9 mai, un nouvel orage a éclaté sur Paris vers midi; il y a eu d’abord quelques violents coups de tonnerre, puis l’eau est tombée en abondance dans certains quartiers. A 1 heure, on a entendu de' nouveaux coups de tonnerre et la foudre est tombée sur le Palais de Justice, sans occasionner de dégâts. On a recueilli 21 mm d’eau à la Tour Saint-Jacques, i3 mm à Villejuif, 11 mm d’eau à Nantes, 1 mm à Lorient. A Nancy, un violent orage a sévi pendant 40 minutes et a ravagé les récoltes. Au Mans, l’orage a encore causé des ravages considérables; au Lude, dans un village voisin, le pays a été dévasté sur une surface de plu-
- sieurs kilomètres carrés, et le tout a été couvert d’une couche de grêle qui a atteint en certains points une épaisseur de 5o centimètres. La température était 13° à Paris, i3° à Lyon, 17° à Alger, xo° au Puy de Dôme, x° au mont Ventoux, —3° au Pic du Midi. Le 10 mai, vers 7 heures du matin, une forte averse orageuse est tombée sur Paris. Une autre averse est tombée entre 1 heure et 3 heures. La pression barométrique est restée basse sur toute l’Europe ; à Paris, on ne notait à midi que 754,6 mm. Des pluies sont tombées à Boulogne (10 mm), à Nancy (6 mm), à Nantes (4 mm), à Paris (1 mm). Le thermomètre marquait le matin i3° à Paris, i5° à Clermont, 170 à Alger, 8° au Puy de Dôme, 4° au mont Aigoual, —3° au Pic du Midi. Le 11 mai, la situation atmosphérique était troublée ; la pression était basse sur presque tout le continent. U11 vent faible du Sud souillait sur nos côtes de l’Océan et de la Manche. Il est tombé 14 mm d’eau à Nancy, 10 mm à Paris, 8 mm à Dunkerque, 5 mm à Clermont, 4 mm à Rochefort. La température était 90 à Paris, 140 à Lyon, 140 à Toulouse, 170 à Alger, 5° au Puy de Dôme, 20 au mont Ventoux. Le 12 mai, un minimum barométi’ique de mm se trouvait sur le golfe de Gascogne. Il est tombé 4 mm d’eau à Biarritz, 3 mm à Rochefort, et 2 mm à Belfort. Le i3 mai, le ciel a été nuageux dans l’après-midi; mais il s’est éclairci le soir. On a recueilli 10 mm d’eau à Boulogne, 8 mm à Belfort, 7 mm à Rochefort; on a également signalé des orages à Dunkerque et à Nancy. La température était le matin 120 à Cherbourg, 160 à Paris, 16® à Toulouse, 170 à Alger, io° au Puy de Dôme, 4° au mont Ventoux.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 8 h 2 h. 19 111. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École supérieure des Mines.
- E.-A. MARTEL
- J. LAFFARGUE
- Vice-Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Ingénieur électricien, Licencié ès sciences physiques.
- RÉDACTEURS EN CHEF : E.-A. MARTEL - J. LAFFARGUE
- Tout ce qui concerne fa Rédaction de a La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- s 20, Boulevard Saint-Germain, "Paris (VP)
- Tout ce qui .concerne l’Administration (abonnements, changements d’adresse, réclamations, etc.) doit être adressé à MM. Masson et Cie, éditeurs de La Nature, >20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT AU N* 1722 (26 MAI 1906) DU JOURNAL « LA NATURE »
- J&O
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- INFORMATIONS
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- L’Exposition canine à Paris. — L’exposition canine*, qui a lieu tous les ans s’est ouverte le 18 mai sur la terrasse de l’Orangerie aux Tuileries. Cette exposition, là trente-sixième, est organisée par la Société centrale pour l’amélioration des races de chiens ; on compte 1276 chiens exposés. On remarque surtout les bouledogues et les chiens de montagne.
- Recherches scientifiques. — Le rapport annuel adressé à M. le Président de la République par M. Dis-lère, président de section au Conseil d’Etat, sur le fonctionnement de la caisse des recherches scientifiques en 1905, a été publié récemment par le Journal officiel. On sait que cette caisse est alimentée par des subventions diverses, de conseils généraux, et d’allocations sur les fonds du pari mutuel, et qu’elle est destinée à aider les savants dans leurs recherches et travaux. En . igo5, sur un total de dépenses de la caisse se montant à 175888 francs, il en a été accordé pour i58ooo francs aux corps savants et étrangers.
- Fours électriques en terres rares. — L’avantage de cette combinaison, due à M. le Dr Harker, est que le four sera pratiquement réfractaire au* si hautes températures que donne le courant électrique. Les terres employées sont celles qui servent à la préparation des filaments des lampes Nernst : mélange de 85 pour ioo de zircone avec de l’ytria et aussi de thorium. Le four se présente sous l’apparence d’un tube entouré lui-même d’un second tube en argile, et entre eux est une fourrure isolante de zircone ; autour du tube d’argile est enroulé un fil de nickel, protégé par un autre tube d’argile avec fourrure de quartz pulvérisé.
- Métallurgie. — Le Dr Djalmar Braune a fait toute une série d’expériences relativement à l’influence de l’azote sur les propriétés physiques de l’acier; il estime que la fragilité, que celui-ci présente si fréquemment, est due à la présence de cette substance qui, combinée avec du fer, forme un composé se dissolvant dans le reste du métal, dont il altère l’apparence sous le microscope et qu’il rend fragile. Il en suffit d’une quantité très faible pour entraîner ce résultat.
- Fabrication du ciment. — Les fours tournants se généralisent de plus en plus dans la fabrication du ciment, parce qu’ils diminuent la main-d’œuvre dans des proportions extraordinaires; mais, comme ils consomment beaucoup de combustible, il est nécessaire de les disposer de manière qu’ils utilisent au mieux le calorique fourni : et c’est pour cela qu’on leur donne une longueur de plus en plus grande. Edison, qui s’est
- occupé de cette question comme de tant d’autres, a recommandé des fours de 45 mètres de long et de 2,75 m. de diamètre. Il semble, d’après M. Soper, que l’on ne doive point dépasser 40 mètres si l’on veut se tenir dans des conditions vraiment économiques. D’autre part les fours droits produiraient de 20 à 3o pour 100 de plus que les fours étranglés ou tronconiques. (
- Les dangers du gaz à l’eau. — Le gaz à l’eau coûte beaucoup moins cher à fabriquer que le gaz ordinaire d’éclairage, et c’est pour cela qu’on l’utilise de plus en plus en Angleterre et aux Etats-Unis.-Mais en France on défend même l’addition de gaz à l’eau classique, sous prétexte des dangers considérables que ferait courir le premier à cause de sa forte teneur en oxyde de carbone. Cependant, M. Delahaye a étudié la question en relevant notamment les morts causées à Boston par le gaz à l’eau qui sert à l’éclairage, et il a constaté que la mortalité ne suit nullement l’augmentation de la consommation du gaz : ce qui laisserait supposer que cet éclairant n’est pas aussi redoutable qu’on veut bien le prétendre.
- Orages et inondations en Belgique. — Les i3 et
- 14 mai une série de violents orages se sont déchaînés sur une partie de la Belgique. De véritables trombes d’eau se sont abattues sur Namur et sur Louvain. Les sinistres les plus nombreux ont eu lieu dans les régions de Charleroi, de Namur et du Centre. A Louvain, à la suite d’un cyclone, la Dyle, sortie de son lit, a inondé quelques parties de la ville, a obstrué les voies et a coupé les communications du chemin de fer de Bruxelles et de Liège.
- La zone d’extension de la mouche tsé-tsé. — On
- connaît les ravages exercés par la redoutable mouche tsé-tsé sur le continent africain. Une carte, récemment publiée par la Royal Society de Londres, donne sa zone d’extension, qui va du Sénégal au Zambèse et aux grands lacs (voy. La Nature, p. 33g).
- Culture du caoutchouc. — Le consul général d’Autriche-Hongrie à Rio-de-Janeiro a signalé dans son rapport que, dans le but d’encourager la culture du caoutchouc au Brésil, le gouvernement de l'Etat de Rio-de-Janeiro avait institué un prix de 3oooo milreis qui* serait décerné à l’agriculteur ayant planté dans un délai de dix-huit mois 100000 maniçobas (arbres à caoutchouc).
- Une nouvelle ligne transversale est-ouest en Russie d’Europe.— Le iw mars a été ouvert au trafic
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- INFORMATIONS
- la ligne Saint-Pétersbourg-Vologda. Cette ligne achève la grande transversale est-ouest tracée à travers la Russie du Nord entre la capitale de l’empire et Tchelia-binsk, tête de ligne du Transsibérien. Par cet itinéraire la distance de Pétersbourg à Tcheliabinsk se trouve réduite de 2353 km, soit un gain de 36a km sur la route de Moscou. D’après le Koard of Trade Journal qui annonce l’achèvement de cette grande entreprise, la durée du trajet entre les deux points extrêmes se trouverait abrégé de 12 heures pour les trains de voyageurs et de 24 pour ceux de marchandises. Par suite Saint-Pétersbourg et Revel deviendront les ports d’exportation du beurre sibérien au lieu et place de Riga et de Libau.
- Traverses de chemins de fer. — Certaines compagnies de chemins de fer anglaises tendent à adopter, pour leurs traverses, le bois australien dit karri, dont le nom savant est eucalyptus diversicolor1 ; c’est un bois extrêmement dur et à grain serré, d’une résistance exceptionnelle. Grâce à ses qualités, le chemin de fer Great Western Railway a pu réduire les dimensions de ses traverses faites de ce bois à 2,74 m. de long et 241 mm sur 109 mm d’équarrissage, au lieu de s’en tenir aux dimensions courantes, qui sont de 3,o4 m- de long et 254 sur 127 m. d’équarrissage.
- Élévateurs à céréales. — La Compagnie de chemin de fer argentine Buenos Ayres Great Southern Railway a décidé la construction à Bahia-Blanca', port d’embarquement du sud de la République, d’un grenier élévateur à céréales monstre : il aura une capacité de 26000 tonnes. Cela est caractéristique du développement pris par la production et le commerce des grains dans l’Argentine.
- Le phylloxéra en Tunisie. —Les vignes tunisiennes étaient jusqu’à ce jour indemnes de phylloxéra; les mesures les plus sévères avaient été prises pour éviter que le terrible insecte ne pénétrât sur le territoire. Le syndicat des viticulteurs tunisiens annonce qu’une tache phylloxérique s’étendant sur 11 ares d’un vignoble a été découverte. *
- La guérison de la tuberculose au Japon. — On
- écrit de Tokio au Daily Telegraph que le D‘ Ichigami, un éminent bactériologiste, a fait, lors d’une récente réunion de la Société médicale du Japon, une très intéressante communication relative à la guérison de la tuberculose. Le savant docteur explique qu’il a expérimenté, depuis plusieurs années, avec Beaucoup de succès, une nouvelle antitoxine découverte par lui pour le traitement des tuberculeux. Il résulte des rapports, envoyés au D‘ Ichigami par sept hôpitaux, qui ont employé sa méthode et qui se sont servis de son antitoxine, que la constatation suivante peut être établie : sur 219 malades traités, 79 ont été entièrement guéris ; 80 ont éprouvé une grande amélioration ; 45 ont dû cesser le traitement pour un motif quelconque; i5 sont morts.
- Escadre du Nord. — L’escadre du Nord partie le 16 mai de la Pallice pour Brest a été attaquée en route parles sous-marins. Toüs les gros1 bâtiments ont été torpillés; il est même, arrivé que des sous-marins ont torpillé un bâtiment par son travers, ont paru à la surface et ont disparu pour recommencer aussitôt sur un autre bâtiment.
- Les constructions navales en Angleterre. — Engineering donne un tableau qui établit que, depuis seize années, c’est-à-dire de 1890 à fin 1905, les Anglais ont montré une grande activité en ce qui concerne l’entretien de leur flotte. Dans cette période, relativement courte, 407 navires nouveaux ont pris rang dans la flotte, donnant un tonnage total de 1 656 998 tonnes. Le tiers exactement de ces « battleships » a été construit dans les àrsenaux de l’Etat; les deux autres tiers — 3oa navires — ont été livrés par les chantiers des constructions navales de l’industrie privée.
- Industrie du sucre à Cuba. — Cette industrie représente environ un douzième de la production mondiale, soit un million de tonnes de sucre brut par an. Presque tout est envoyé aux États-Unis et y fournit les 40 pour 100 de l’alimentation.
- Production du blé en 1905. — La production totale du blé, pendant l’année dernière, s’est élevée à 1 milliard 172 millions d’hectolitres, donnant une augmentation de 28 400000 hectolitres,, en chiffres ronds, sur l’année précédente. En 1903, la production avait été supérieure à
- celle de 1905, puisqu’elle avait atteint près de 1 milliard-200 millions d’hectolitres. L’Europe a fourni au monde-621 millions et demi d’hectolitres de blé, l’an dernier, c’est-à-dire plus de la moitié — exactement 53 pour ioo-
- — de la production totale. Dans ce chiffre, la Russie marche en tête des Etats Européens avec plus de 181 millions d’hectolitres; la France suit immédiatement après, avec près de 119 millions d’hectolitres. Mais de tous les pays du monde, le plus grand producteur, c’est les Etats-Unis d’Amérique, qui avec ses puissants moyens d’action et un matériel agricole supérieur a mis sur le marché près de 247 millions d’hectolitres de blé.
- Emigrations temporaires en République Argentine. — On sait quelle préoccupation le chômage des ouvriers de campagne constitue dans beaucoup de régions françaises. M. Pavlowsky a dernièrement développé devant la Société'Nationale d’Agriculture de France un intéressant moyen d’y remédier au moins, en partie. Il s’agit de.profiter de.la. différence d.es saisons entre l’Europe et l’Amérique du Sud, notamment la République Argentine. Tandis qu’en France la morte-saison commence à partir d’octobre, les récoltes de blé et de lin commencent en Argentine dès les premiers jours de novembre, puis vient la récolte du maïs. Ces derniers travaux permettraient par la date où ils se terminent le retour des travailleurs au printemps. Signalons que déjà chaque année de 40 à 5o milliers d’ouvriers italiens passent en Argentine d’octobre à mars ou avril. Ces émigrations temporaires rapportent à l’Italie de i5 à 20 millions annuels et favorisent certainement son commerce et sa navigation. Toute une organisation à cet effet a été établie par le gouvernement italien, afin d’assurer aux émigrants des facilités de transport et du travail. Il serait sans doute très facile au gouvernement français de s’en inspirer. Pourquoi l’homme ne mettrait-il pas-à profit l’exemple donné par tant d’espèces animales de ces grandes migrations saisonnières qui ont pour but d’assurer des meilleures conditions d’existence?
- Immigration aux Etats-Unis. — L’immigration aux Etats-Unis prend en Ce moment des proportions très grandes. Depuis quelque temps les grands transatlantiques débarquent à New-York, chaque semaine, uüe moyenne de 23 à 24000 passagers des deux sexes. Le mois dernier, on a constaté, une semaine, l’arrivée de 3o 626 personnes, et, une autre semaine, 25 400, dont la plupart étaient des émigrants européens.
- La valeur de la terre à trente ans de distance et... le prix des côtelettes. — Le département de l’Eure est une des régions agricoles de France qui se dépeuplent depuis très longtemps. Ainsi, d’après M. Levasseur, le canton de Brionne, qui avait 14010 habitants en 1866, n’en comptait plus que 10 001 en 1901, ce qui représente un fléchissement de 3i pour 100. Il en est résulté une diminution dans le prix de la terre ; la valeur vénale des prairies baignantes a baissé d’un tiers ; celle des prairies non baignantes et non plantées est passée de 3ooo à 2000 francs l’hectare. La pâture plantée (verger normand) est restée stationnaire ; les terres de labour ont fléchi de 5o pour 100; les bois et futaies d’un tiers. Sans prendre lé canton de Brionne comme mesure commune de la dépréciation de la terre en France, il est trop certain que son cas est, au taux près, représentatif d’un état général. On sait que le phénomène contraire s’est produit dans les villes où l’augmentation du prix des terres s’est faite en sens inverse et beaucoup plus rapidement. Il en est résulté une cherté générale dans tous les objets de trafic; en voici un assez curieux exemple, dû au témoignage d’un homme de lettres. Nous lisons dans le tome II des Lettres à l'Étrangère, de Balzac, page 5 2 : « Nous payons une côtelette sept sous à Passy; elle vaut cinq sous à Paris. » Aujourd’hui elle vaudrait au minimum 5o centimes. Balzac écrivait en 1842. .
- Câble nouveau entre les États-Unis et la Chine.
- — La dernière section de la ligne télégraphique sous-marine reliant les Etats-Unis et la Chine vient d’être mise en service. On a inauguré, en effet, tout dernièrement le nouveau câble transpa,cifique, dans la dernière partie à ouvrir, entre Manille et Shanghaï. Les Etats-Unis pourront, de la sorte, communiquer directement avec la Chine par un câble électrique spécial.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *ü> Photographie
- Appareil combiné « Je fais tout ». :— Le but de
- M, L. Bloch, en construisant cet appareil, a été de mettre entre les mains de l’amateur cinq instruments •différents lui permettant de réduire autant que possible son bagage et d’aborder plusieurs genres d’opérations. Il peut faire des clichés stéréoscopiques ou panoramiques •et les examiner par transparence ou par réflexion dans les meilleures conditions, avec les objectifs mêmes qui ont servi à les obtenir. L’appareil est de forme carrée en noyer recouvert de maroquin ; il est muni d’une crémaillère pour la mise au point. Le stéréoscopique (n° i) donne des clichés 6Xi3; pour cela on emploie deux objectifs simples de ioo mm de foyer devant lesquels on place un petit châssis métallique qui porte les diaphragmes et les obturateurs ; ces derniers se manœuvrent au doigt ou à la poire et permettent de faire la pose ou l’instantané à plusieurs vitesses. Lorsqu’on enlève ce châssis les objectifs ne sont plus diapl.ragmés
- Appareil combiné -
- et on a un excellent stéréoscope pour vues sur verre ou bien, en relevant la planchette qui porte la lentille (n° 2) pour vues sur papier. Quand on veut faire du panorama on enlève la planchette qui porte les objectifs stéréoscopiques et on la remplace par une autre (n° 3) qui porte un objectif.de 145 mm de foyer, couvrant bien la plaque’ 6X 13, et sur lequel on peut placer l’obturateur. Pour l’examen des vues panoramiques ainsi obtenues et tirées sur papier on sera dans les meilleures conditions en utilisant l’objectif même qui a servi à les obtenir et, à cet effet, il suffit de relever la planchette au-dessus de l’appareil (n° 4)- On voit qu’on a réuni en un seul une série d’appareils très utiles. Les clichés obtenus sont très fins, surtout lorsqu’on fait usage d’un diaphragme moyen : on peut varier celui-ci de F : 10 à F : 3o pour le stéréoscope et de F : i5 à F : 40 pour le panorama. La. crémaillère permet la mise au point pour toutes les distances au moyen de deux échelles graduées, l’une correspondant aux objectifs stéréoscopiques, l’autre à l’objectif panoramique. — L’appareil combiné se trouve chez M. L. Bloch, boulevard Bonne-Nouvelle, 2, Paris.
- Le trompe-l’œil. — On sait qu’il est toujours préférable de saisir les scènes animées sans attirer l’atten-
- tion, sans quoi les personnages prennent tout de suite des poses qui leur enlèvent tout naturel, ou bien ils s'esquivent s’ils ne veulent pas être photographiés. Un truc, déjà imaginé depuis plusieurs années par M. Bloch, consiste à avoir sur l’appareil un viseur qui, au moyen d’un prisme, donne l’image des objets situés non pas en face, mais sur le côté. Pour ceux qui n’ont pas d’appareils munis de viseurs de ce genre, M. Bloch vient de créer un faux objectif qu’il nomme le « Trompe-l’œil », qu’ils pourront fixer eux-mêmes sur leur appareil, du côté bien entendu où ne se trouve pas le vrai objectif. L’aspect extérieur de ce viseur est celui d’un objectif ordinaire, avec son paraso-leil ; une rondelle reste à demeure sur l’appareil et le viseur vient s’y adapter à frottement au moment de l’utiliser.
- On voit ( fi g. 1) le prisme disposé derrière la pseudolentille ; sur le tube de la monture se trouvent deux couvertures (fig. 2) dont l’une B est tournée vers l’objet et l’autre A découvre la face du prisme où vient se peindre l’image. C’est dans le même ordre d’idée que ce constructeur a aussi imaginé le « physi-détective ». C’est un appareil de forme cubique donnant des images 6 1/2X9 ou 9 X 12, dans lequel, comme dans les appareils simi-
- f'ig. 2.
- Fig. 3.
- laires, les plaques basculent au fond à mesure qu’elles sont impressionnées et qui porte un viseur clair. Mais pour tromper le public on a fixé sur l’un des grandis côtés de la boîte (fig. 3) une planchette sur laquelle sont disposés deux faux objectifs qui donnent à l’ensemble l’aspect d’un appareil stéréoscopique; comme ce dispositif est très apparent, que d’autre part le véritable objectif est dissimulé derrière la paroi du petit côté de la boîte où est seulement percé un trou à peine visible, on pourra toujours laisser supposer qu’on photographie toute autre chose que ce qu’on veut avoir sur la plaque. — Ces appareils se trouvent chez M. L. Bloch, 2, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris. G. Mareschal.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- **> Appareil de levage
- Appareil de levage rustique. — C’est uue sorte de petite gi'ue pouvant rendre de grands services dans un atelier, sans naturellement avoir une puissance de levage énorme, puisqu’elle est construite avec quelques éléments bien simples, d’usage courant. L’idée en a été donnée par un praticien dans la publication Work, et nous simplifions encore les détails de construction, en laissant le soin au lecteur que cela intéressera de perfectionner certains points, de résoudre de petites améliorations, ou d’exécuter les parties sur lesquelles nous ne fournissons que des indications sommaires.
- Le corps et l’axe de rotation de cette grue un peu primitive sont formés de deux fers plats, maintenus parallèlement et à bonne distance par d’épaisses cales métalliques que traversent des boulons solidarisant les deux fers; en haut et en bas de ce corps, on a fixé de même un pivot obtenu de forge avec une partie parallélépipédique qui fait corps avec lui, et qui s’insère également entre les extrémités des fers plats. Rien n’est plus simple que de loger les deux pivots ainsi constitués dans deux colliers solidement boulonnés à un massif, à une muraille
- Appareil (le levage rustique.
- permettant à la volée horizontale de la grue de se déplacer suivant un demi-cercle (ou un cercle complet), pour transporter les charges qu’on lui confie d’un point à un autre. La volée en question est rigide et immuablement disposée.
- Elle se compose elle-même d’un fer plat de résistance convenable, qui va former par sa tranche supérieure chemin de roulement pour le galet supportant la charge: l’extrémité extérieure de cette volée est recourbée à la forge, de manière à empêcher le galet de sortir de son chemin de roulement. Du reste, comme le talon de cette volée est simplement boulonné aux fers plats du corps, entre les deux lames, il faut une disposition qui lui permette de supporter la charge en porte-à-faux, et, dans ce but, on dispose tout simplement un tirant fait d’un fer rond, présentant à chacune de ses extrémités un œil venu de forge, dans lequel passe un boulon rattachant le bout du tirant, d’une part au corps de la grue, et, de l’autre, au bout libre de la volée. Nous avons parlé du galet de déplacement de la charge : nous n’insisterons pas sur sa forme, c’est un galet à gorge, que l’on pourra souvent se procurer tout fait. Il est muni, inférieurement, d’une sorte de chappe, plus exactement d’un étrier dans lequel on passe soit un crochet servant à suspendre directement la charge, soit un palan, si l’on veut une installation plus complète. On se trouve même bien d’intercaler un dispositif à crémaillère entre le crochet et le palan, afin de diminuer le soulèvement qu’il faut imprimer à la charge : et cela tout simplement en plaçant par avance l’anneau qui solidarise la tige de la chappe du palan avec une dent de la crémaillère, à une hauteur convenable. Nous croyons que la figure que nous donnons est suffisamment claire par elle-même, chacun pouvant du reste modifier quelque peu les dispositions secondaires de ce petit engin, suivant les besoins auxquels il doit plus particulièrement répondre.
- Poinçonnage <-«*
- Dispositif régulateur de poinçonnage. — Il est souvent difficile de poinçonner «toute une série de trous en ligne bien droite, et à une distance constante les uns des autres, dans une barre métallique, dont la largeur peut du reste varier constamment suivant les besoins. Notre confrère Work a publié un dispositif ingénieux qui lui a été signalé par un de ses lecteurs, et qui assure une régularité parfaite au travail de poinçonnage, une fois que le premier trou a été percé.
- Sur le massif de la machine à poinçonner comportant le trou par lequel doit glisser le poinçon une fois qu’il a traversé la barre ou la tôle à percer, on monte deux équerres, désignées dans le dessin ci-joint par la lettre A ; elles sont boulonnées solidement au massif, et portent à leur plateau supérieur et horizontal une glissière dans laquelle peut glisser un écrou à oreille qu’on sera à même de serrer en tel ou tel point de la glissière, pour immobiliser en telle ou telle position le bout de cornière B, qui va jouer le rôle d’arrêt pour la barre ou la lame disposée sous le poinçon. On comprend, en effet, que cette pièce B, se déplaçant toujours carrément sur ses glissières, oblige l’ouvrier à déplacer la lame à poinçonner parallèlement à son axe ; et, d’autre part, si B a été fixée
- Régulateur de poinçonnage.
- de façon à ce que le poinçon tombe la première fois au centre, dans l’axe de la lame, au fur et à mesure qu’on fera glisser celle-ci de gauche à droite, le travail avançant, le poinçon ne pourra jamais tomber que dans le milieu, dans l’axe de la lame. La pièce B sera repoussée d’autant plus en arrière que la lame à percer sera plus large, ou encore que les trous devront être plus près de son bord externe. Mais il faut aussi que le dispositif assure l’écartement régulier des coups de poinçon : rien de plus simple. Dans ce but, la cornière B présente dans sa lame verticale une glissière où peut se déplacer un boulon qui porte une sorte de goupille verticale C, glissant librement dans un collier : par suite, le boulon et la goupille peuvent être immobilisés en un point quelconque de leur déplacement de gauche à droite ou de droite à gauche. Lorsqu’un premier coup de poinçon a été donné, on fait glisser la lame à percer vers la gauche jusqu’à ce que la goupille puisse venir entrer dans le trou poinçonné : elle forme arrêt, et le second coup de poinçon ne pourra tomber qu’au point exactement déterminé par la place où l’on a fixé boulon et goupille dans la glissière horizontale de la cornière, eu égard à l’écartement que l’on entend donner aux trous à percer. Après le deuxième coup, on relève la goupille, et l’on fait glisser encore la barre jusqu’à ce que cette goupille retombe dans le logement que lui offre le deuxième coup de poinçon : et il va de soi que le déplacement assuré de la sorte pour la barre à poinçonner correspond exactement à l’écartement qui existe entre les deux premiers trous : c’est-à-dire que tous les trous vont se trouver également écartés. On doit, du reste, avoir un jeu de goupilles dont l’extrémité soit exactement du format du trou de poinçonnage que l’on veut faire.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La sérothérapie de la dysenterie. — La dysenterie est une des maladies qui causent le plus de ravages chez les Européens qui vont séjourner dans les colonies tropicales. Chaque année, les troupes de tous les Etats fournissent un contingent de mortalité élevé dû à celte maladie ou aux troubles hépatiques qu’elle engendre. Longtemps on l’a regardée comme une lésion d’ordre paludique, aggravée par diverses conditions, revêtant des formes bizarres, attaques cholériformes, rhumatismales, jusqu’au jour où Lœsch eut démontré que la dysenterie des pays chauds était causée par l’introduction dans l’économie d’un protozoaire pathogène, YAmoeba dysenteria ou Eniamœba hïstolylica de Schau-dinn. La dysenterie n’est pas une maladie spéciale aux pays chauds, elle existe en Europe et revêt même la forme épidémique et contagieuse, mais si elle se rapproche'de la maladie tropicale par ses symptômes généraux, elle en diffère tout à fait comme cause. Dans les deux vous observez les diarrhées profuses, les selles sanguinolentes avec débris de muqueuse ulcérée que les malheureux atteints de cette maladie désignent sous le nom pittoresque, mais trop vrai, de raclures de boyaux; dans les deux vous notez les ulcérations intestinales, les coliques, les épreintes pénibles, le ténesme continu; la dépression, l’anémie, les phénomènes de collapsus, mais c’est dans la première qu’on trouve presque exclusivement ces altérations hépatiques qui conduisent aux abcès et à la suppuration du foie.
- La dysenterie, dite des régions tempérées, qui survient surtout à la période estivale, pendant les grosses chaleurs, se rencontre également dans les pays chauds ; elle y serait même, au dire des médecins coloniaux, plus fréquente que la première variété, celle causée par l’amibe ; c’est dire qu’elle est à peu près universelle. Cette dysenterie a pour origine un bacille dont la découverte est due à nos compatriotes, Chantemesse et Yidal, bacille qui a été étudié, depuis cette époque, par d’autres auteurs et dont la nature pathogène ne fait plus l’objet d’un doute ou d’une discussion. Si on inocule ce bacille spécifique à des lapins, à des chiens, par une injection sous-cutanée, on détermine une dysenterie type et qui peut être, suivant les doses d’inoculation, mortelle. Comme chez l’homme, l’infection se localise absolument dans l’intestin, y produisant les mêmes lésions, et dans les ganglions avoisinants. La dysenterie de nos pays, la dysenterie qu’on observe en France, est donc une infection et une intoxication à siège intestinal d’origine bacillaire.
- Cette origine devait conduire les expérimentateurs à rechercher un sérum spécifique contre cette maladie : c’est ce qui a été fait par Shiga le premier, puis tout récemment et dans des conditions de succès décisif absolu, par deux médecins militaires, professeurs au Val-de-Grâce, les Drs Vaillard et Dopter. La préparation du sérum spécifique se fait un peu comme celle de tous les sérums curatifs. Des chevaux sont immunisés par l’inoculation hebdomadaire de doses progressivement croissantes de cultures bacillaires ; les inoculations, d’abord sous-cutanées, se font ensuite directement dans le torrent circulatoire par injections veineuses. Le sérum ainsi obtenu a des propriétés immunisantes absolues qui, essayées d’abord sur ces animaux, ont permis de l’appliquer à l’homme en toute sécurité et avec un succès complet. Le sérum est à la fois préventif et curatif ; injecté à des animaux avant l’infection, il les préserve absolument contre les inoculations les plus intensives ; mais, il faut le dire, cette immunisation n’est pas de très longue durée.
- Gomme agent curatif, ce sérum dysentérique se présente comme le plus sûr moyen thérapeutique qu’on connaisse contre cette maladie. Sur 96 cas traités par MM. Vaillard et Dopter, il n’y a eu qu’un décès et parmi ces malades plus d’un tiers avait des formes exceptionnellement graves d’intoxication : hoquet, vomissements, crampes, hypothermie, selles profuses, etc. Quatre de ces malades avaient de i5o à 280 selles par 24 heures. C’est dire si la dysenterie se présentait dans des conditions peu avantageuses pour avoir quelques
- chances de guérison. Chose curieuse, c’est dans les dysenteries sévères ou graves, que l’action du sérum apparaît de la façon la plus saisissante. Une injection sous-cutanée de 20 à 3o centimètres cubes suffit, si elle a pu être faite à une période peu avancée de la maladie, pour enrayer les phénomènes d’intoxication et diminuer des trois quarts le nombre des évacuations. Les malades ressentent presque immédiatement une impression de bien-être. Les douleurs abdominales, le ténesme s’apaisent; la torture de cet appel incessant de l’intestin diminue et disparaît quelquefois dès le premier jour. Tous les symptômes généraux qui accompagnent les coliques sont modifiés simultanément : suppression du hoquet, des vomissements, le pouls se relève, l’algidité fait place à une température normale; très rapidement la face perd son teint plombé et les traits tirés ; c’est une résurrection en quelques heures.
- La dose de 20 à 3o cm5, qui convient aux formes moyennes, demande à être doublée pour les formes un peu graves et cette dose de 40 à 60 cm5 doit être injectée deux, parfois trois jours de suite. Dans les formes les plus graves, les auteurs de la méthode n’hésitent pas à injecter d’emblée 100 cm3 en deux injections faites à quelques heures d’intervalle et ils ont pu, en maintenant en quelque sorte le malade pendant quatre à cinq jours sous l’influence de hautes doses de sérum, obtenir des succès inespérés. Des malades moribonds ont été ramenés, on peut le dire, à la vie, et sur quatre cas de ce genre, avec des symptômes cholériformes, plus de 25o selles par jour, ils n’ont eu qu’un décès, le seul de toute cette série de 96 malades traités. Je ne connais pas de résultat plus beau et c’est, de toutes les pratiques sérothérapiques, le plus merveilleux et le plus complet. Le sérum guérit donc les cas les plus graves, mais il guérit encore mieux, plus vite que tout autre moyen. La guérison de la dysenterie, traitée par les méthodes usuelles de thérapeutique, opium, ipéca, lavements de tous genres, y compris les solutions de nitrate d’argent, réclame en général dix à quinze jours pour les formes moyennes, trente jours et plus pour les formes graves, avec une convalescence lente, difficile et semée de rechutes. Les malades soumis au sérum ont guéri, les formes moyennes, en deux ou trois jours; les cas sévères, en trois ou quatre; les cas graves en quatre à six. Les trois moribonds, dont je parlais, ont été remis sur pied après huit, onze et vingt jours. Je ne crois pas qu’on puisse demander mieux et c’est véritablement un spécifique, dans toute l’acception du mot, qu’un pareil sérum. Voilà une découverte qui ne dénote pas uncore la faillite delà science. Dr A. Cartaz.
- L’achyllodynie. — Il n’est pas besoin d’être anatomiste de carrière pour savoir ce que c’est que le tendon d’Achille, ce volumineux tendon, expansion terminale des muscles du mollet et qui vient s’attacher au talon, à l’extrémité du calcanéum. Le talon était, nous le savons par l’histoire ancienne, le seul point vulnérable d’Achille ; c’est à ce point qu’il fut blessé et le souvenir du héros grec a été consacré en anatomie en donnant son nom à cette masse tendineuse.
- Bien des maladies peuvent atteindre ce faisceau et on a désigné sous le nom d’achyllodynie une inflammation confinée à l’attache inférieure du tendon et produite, d’après Albert, qui l’a le premier décrite, par l’irritation de la bourse séreuse sous-jacente au tendon. Il est d’autres variétés d’achyllodynie, si l’on veut affecter ce nom aux nombreuses inflammations du tendon d’Achille, telles celles qu’on éprouve dans le rhumatisme, dans la goutte, dans certaines affections contagieuses spéciales qui peuvent se manifester par une localisation douloureuse sur ce point.
- Tout récemment un chirurgien de Dresde, le Dr Schanz, a appelé l’attention sur une forme un peu spéciale de ténosite achilléenne. C’est un gonflement douloureux qui se produit dans l’exercice forcé, marche prolongée en montagne, longues chevauchées à bicyclette, sauts de tremplin, tous exercices sportifs où les muscles de la jambe et leur tendon terminal sont en activité constante.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Le surmenage amène l’inflammation; le malade souffre quand il veut dérouler le pied, soulever le talon et la douleur et la gêne s’accusent par une boiterie sensible. Le tendçm présente tous les signes d’une inflammation évidente ; il est gonflé, sensible à la pression et ce dans toute son étendue. La douleur est soulagée quand le malade marche avec une chaussure à talon élevé, parce qu’il annihile.en partie l’action du tendon; mais elle s’accuse plus vive en marchant les pieds nus.
- La cause de cette inflammation serait, pour Schanz, les tiraillements excessifs provoqués par la marche, la course. Le Dr Sabrazés, qui a eu l’occasion d’observer sur lui-même une lésion de ce genre, pense qu’elle est le résultat d’un traumatisme produit par le rebord épais de la bottine, quand elle est trop serrée et surtout quand la bottine est élastique. Quand on s’élève sur les orteils, le genou fléchi, ce qui est le cas pour l’action sur la pédale de la bicyclette ou dans l’ascension en montagne,
- le frottement s’accuse, constant, incessant et de plus en plus pénible. On en a du reste une image en réduction quand on a rentré d’une façon irrégulière dans la bottine la tige de derrière et qu’on a une épaisseur inaccoutumée, un véritable corps étranger frottant sur le tendon.
- D’autres médecins font intervenir dans l’interprétation de cette douleur et de cette inflammation une cause générale, telle que l’arthritisme, le rhumatisme. J’avoue que j’incline à penser que cette assertion est fondée et que, si le frottement est la cause occasionnelle de la ténosite, le développement en sera plus facile et plus rapide chez les arthritiques et les goutteux. Conclusion : portez des chaussures larges, brodequins lacés, faciles à délacer, à la moindre gêne, à la moindre sensation désagréable.
- Le repos, quelques frictions ou* massages légers, quelques bains chauds feront rapidement disparaître celte maladie peu grave. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Chimie
- Préparation de l’inuline. — Un grand nombre de plantes constituent leurs matières de réserve avec l’amidon; cet amidon est contenu, soit dans les graines, comme dans le blé, l’avoine, le maïs, le riz; soit dans les tubercules, comme dans la pomme de terre.
- Mais divers végétaux, au lieu de renfermer de l’amidon, contiennent comme matière de réserve d’autres hydrates de carbone du même genre et qui sont, comme l’amidon, susceptibles de se solubiliser pour se transporter dans les différentes parties des végétaux et pour les alimenter. Parmi ces substances, l’une des plus intéressantes est l’inuline que l’on rencontre notamment dans les tubercules de dahlia et dans les topinambours, d’où on peut facilement l’isoler. C’est cette préparation que nous voudrions signaler ici.
- Pour cela, on prendra 5oo grammes ou i kilogramme de topinambours qu’on peut se procurer facilement sur tous les marchés et l’on réduira ces tubercules en pulpe en les râpant à la façon ordinaire, sur une râpe de cuisine. La pulpe ainsi obtenue sera mise avec un litre d’eau environ dans un vase émaillé, ou mieux dans une capsule de porcelaine si on en possède une, et le tout sera mis à Bouillir sur un feu doux. Quand l’ébullition sera atteinte, on filtrera bouillant sur une toile, en adoptant le dispositif que nous avons signalé dans une précédente préparation (préparation du xylose) ; la liqueur chaude qui s’écoule sera recueillie dans une terrine et le résidu sera pressé dans la toile pour en extraire, autant que possible, tout le liquide qui l’imprègne.
- Ces liquides chauds, qui renferment surtout de l’inu-line, sont remis dans le vase émaillé qui a servi primitivement et ils sont concentrés sur le feu aussi rapidement que possible jusqu’au quart de litre environ. A ce moment, on éloigne le vase du feu et, après refroidissement, on y ajoute un demi-litre environ d’alcool à 900; on précipite ainsi à un état relativement pur l’inuline qui était en dissolution dans l’eau. Si on voulait l’obtenir complètement pure, on devrait la redissoudre dans un peu d’eau bouillante et la reprécipiter ensuite par deux fois le même volume d’alcool à 900, en ayant soin de faire cette dernière opération loin du feu pour éviter les chances d’incendie.
- L’inuline, purifiée ou non, après sa précipitation par l’alcool, est filtrée sur un filtre en papier ordinaire disposé sur un entonnoir en verre ou sur un entonnoir de cuisine ; on la lave avec un peu d’eau froide et, après que la masse a bien égoutté, on enlève le filtre de l’entonnoir et on l’étale sur des doubles de papier à filtrer qui absorbe l’excès d’humidité retenu par l’inuline ; finalement on la laisse sécher à l’air ou on peut activer cette dessiccation en l’exposant à une douce température.
- L’inuline, ainsi obtenue, formera une poudre insipide, blanche et ténue, semblable à l’amidon, insoluble dans
- l’alcool, très peu soluble dans l’eau froide, mais très soluble dans l’eau bouillante avec laquelle elle ne forme pas d’empois, ce qui la distingue de l’amidon.
- Une autre particularité qui distingue l’inuline de l’amidon, mais qu’on ne pëut vérifier que dans les laboratoires bien montés, consiste dans la nature de leurs produits d’hydrolyse. Si l’on hydrolyse l’amidon, c’est-à-dire si on le fait bouillir quelque temps avec de l’eau renfermant 5 pour 100 d’acide sulfurique ou chlorhydrique, il se dissout peu à peu en se transformant en glucose, sucre dextrogyre ; c’est-à-dire qui dévie à droite le plan de la lumière polarisée, ce qu’on peut constater au polarimètre.
- Si on fait subir la même opération à l’inuline, ce n’est plus du glucose qui prend naissance, mais du lévulose, sucre lévogyre, qui dévie à gauche le plan de la lumière polarisée.
- Ce sont d’ailleurs des transformations analogues, des hydrolyses, que subissent l’amidon et l’inuline dans les plantes, et qui les rendent solubles en leur permettant ainsi d’aller alimenter les divers organes végétaux.
- A. H.
- Photographie
- Ponds pour atelier de photographie. — Le fond de paysage est souvent employé pour les portraits en pied ouïes groupes, le fond nuageux est surtout indiqué pour les bustes ; mais si l’on veut ne pas être obligé de placer constamment ses modèles dans le même paysage il faut pouvoir varier ses fonds et jusqu’à présent ceux-ci étaient d’un prix assez élevé pour faire reculer l’amateur devant l’achat d’un assortiment. M. d’Osmond vient de lui venir en aide en créant une série de quatre sujets variés de paysage et un fond nuageux qui peuvent être livrés à très bas prix en raison de leur mode économique de fabrication. Ils sont sur papier bisulfaté, bordé d’une toile forte indéchirable. Ils ont 1,60 m. de large et 2 m. de haut. Le procédé de peinture employé évite non seulement de gondoler le papier, mais il permet d’obtenir une matité parfaite qui ne donne aucun autre genre de peinture. La facture de ces décors est légèrement floue, ce qui donne des effets très artistiques. Le poids n’est que de 5oo grammes, ce qui rend le transport et l’installation faciles. — Ces fonds se trouvent chez M. d’Osmond, 39, rue Notre-Dame de Lorette, à Paris.
- G. M.
- CtgTN^ Divers <^§5j
- Ciment pour garnitures en zinc. — Pour faire un joint entre un entonnoir de zinc et un corps de toilette, par exemple, ou dans des cas analogues, et empêcher que l’eau ne pénètre entre le zinc et les parois entourantes, on se trouve bien de composer une sorte de mastic ên prenant des parties égales de céruse et de minium et en additionnant d’huile de lin brute et crue.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Daus la boite aux lettres La Rédaction publie les laits d’uu intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnes. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. Eu raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires il ne peut être répondu que daus un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Dans le n" 1721, du 19 mai 1906, p. 399, col. I, ir0 ligne du bas, au lieu de : permis, il faut : promis.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les fraisiers remontants à gros fruits (n° 1718, du 28 avril 1906, p. 347) s’adresser à M. Louis Gautier, rue de Mal-tot, à Caen (Calvados).
- Communications. — M. P. Helbronner nous adresse le texte d’une conférence qu’il a faite récemment à Nancy sûr l’histoire des cartes géographiques et les procédés actuels de leur établissement en haute montagne. Cette petite brochure est pleine de faits intéressants. L’auteur résume d’abord très clairement l’historique de la question et s’arrête surtout sur lès géographes anciens, Anaxi-mandre, les ingénieurs d’Alexandre, Dicéarque, Denys de Byzance, Eralosthène, bibliothécaire du muséum d’Alexandrie, qui créa tout un système de véritables coordonnées, Hipparque, le plus grand astronome de l’antiquité, qui substitua le premier les observations astronomiques aux évaluations incertaines de distance pour la détermination des lieux, puis qui imagina un système de projection pour tracer les méridiens et les parallèles sur un plan, —Ptolémée qui édita de nombreuses cartes, malheureusement perdues, et donna son nom à ces sortes de recueils jusqu’au xviie siècle où l’on commença à se servir du mot Atlas. Dans les temps plus modernes, le nombre des géographes et des cartographes devient rapidement considérable ; citons entre autres la Topogra-phia Galliae de Mérian (Amsterdam, 1660), le document le plus considérable sur l’Etat de la France au début du règne de Louis XIV. La géodésie-enfin prend naissance à la suite des grands travaux astronomiques et mathématiques des Galilée, Tycho Brahé et Képler, et provoque une suite ininterrompue de travaux où s’illustrent en collaborant des savants, des ingénieurs et des artistes, surtout français. Déjà, en 1617, une tentative assez malheureuse avait été tentée par Snellius pour mesurer un arc de méridien. C’est l’origine des essais dans cette voie, qui en 1790 aboutissent à la fameuse commission du mètre dont faisaient partie Borda, Lagrange, Laplace, Monge et Berlhollet. Entre ces deux dates, il faut mentionner les mesures effectuées en Laponie sous les auspices de l’Académie des Sciences (1735). Parallèlement à ces travaux, les cartes de Jaillot, des Cassini (carte de France à l’échelle du 86 400e en 181 feuilles), de Bourcet (carte du haut Dauphiné) et, en 1744» la création du corps des ingénieurs géographes, rattaché au ministère de la guerre, conduisent directement à l’époque où la cartographie devient enfin une science exacte. Les gouvernements de la République, puis Napoléon, impriment la dernière impulsion à ce mouvement. C’est à cette époque, dès 1802, que commence à se préparer la carte d’état-major au 80000e. Cette grande œuvre traversa bien des péripéties, mais enfin, après plus de soixante ans de travail, lorsque toutes les feuilles furent terminées, elle constitua un document unique dans l’art et dans la science cartographiques. Depuis d’autres cartes sont venues compléter celte œuvre et nos lecteurs ont pu lire récemment le bel article où le colonel Crouzet leur rappelait la Genèse de. la nouvelle carte française au 5o 000e (n° 1710 du 3 mars 1906, p. 210) conçue dès 1880 et qui vient de paraître.
- Après ce très bel exposé, dont nous avons dû malheureusement nous borner à rappeler seulement les grandes lignes, M. Helbronner nous entretient de ses travaux personnels. Les récents articles que nous avons con-. sacrés ici même aux importantes questions de téléphotographie ne nous permettent pas de nous étendre à nouveau sût ce sujet. Nos lecteurs trouveront l’essentiel des
- méthodes dans ces études [Le moût Argée et la métro-photographie, par le colonel Laussedat, n° 1675 du icr juillet, 1905, p. 71 . La triangulation géodésique des hautes régions des Alpes, par A. Latour, n° 1716 du 27 janvier 1906, p. i38. Ce dernier article contient un résumé , des travaux de M. Helbronner).
- Renseignements. — M. L. D'Evreux, à Menton. — Les ouvrages et travaux relatifs au Sahara sont nombreux et ; nous ne saurions vous donner ici une bibliographie comme celle que vous nous demandez. Mais vous la trouverez toute faite pour jusque 1903, dans le livre L'Afrique par Lanier, librairie E. Bélin, à Paris, 52, rue de Vaugirard. Pour les travaux parus depuis, dépouillez les collections de fiches bibliographiques publiées par la Géographie et les diverses publications géographiques pério- ; diques. La Géographie est publiée par la librairie Masson et C‘e, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. Ilanin, à Paris. — Nous vous remercions de votre communication. Il y a là, en effet, un petit problème d’aspect paradoxal qu’il serait intéressant de résoudre. Nous transmettons votre lettre à un de nos collaborateurs qui vous répondra directement.
- M. Léonce Vautier_, à Montoire. — On appelle jour sidéral le temps qui s’écoule entre deux passages supérieurs d’une étoile au méridien; c’est F unité de temps fondamentale en astronomie; le jour sidéral est d’environ 4 minutes inférieur au jour solaire, unité de temps pratique.
- M. L. Forgeot, à Mende. — Parme est surtout intéressant par son musée où se trouvent les principales œuvres du Corrège. On y peut voir aussi le Baptistère et l’église Madona délia Steccata, où se trouvent de belles fresques du Parmesan. Voyez d’ailleurs un guide d’Italie.
- M. Louis Simonin, à Mortefontaine. —La Barbastelle commune est un mammifère de la famille des chauves-souris, et proche voisin des oreillards; elle est beaucoup plus rare que ces derniers, dont elle diffère par un museau plus gros et obtus, des ailes plus longues, un vol rapide et élevé. Pour la détermination de ces types, consulter le livre de M. Trouessai’t, Mammifères (Histoire naturelle de la France), chez Deyrolle, 46, rue du Bac, Paris. 1 vol. 3fr,5o.
- Mm0 Louise C., à Enghien. — M. Ledieu, chef de culture au Jardin botanique de Dresde, conseille l’emploi de l’alun d’ammoniaque pour le bleuissement des fleurs d’hortensia. Mode d’emploi : rempoter les fleurs vers le mois d’août ; commencer les arrosages à l’alun six à dix semaines avant l’époque de la floraison ; la dose est de 1 pour 100, soit 10 grammes d’alun pour un litre d’eau, on arrose les plantes tous les deux ou trois jours avec cette solution.
- M. V. Chausson, à Saint-Mandé. — x° Les caractères typographiques se mesurent en points (1 point = 1/72 de pouce). Les plus usités sont le 10, le 9 (ce sont ceux qui composent les articles illustrés de La Nature), le 8 (qui composent nos articles sans figure), le 7, le 6 et le 5. — 2® Les noms que l’on donne aux papiers des divers formats sont dus le plus souvent aux marques de fabrique-qu’ils portaient autrefois en filigrane et qui servaient à distinguer les feuilles. — 3° Certaines de ces désignations ont subsisté ; ainsi la couronne (36 X 46) portait une couronne imprimée dans la pâte du papier; l’é'cu (40X^2), l’écu de France surmonté d’une couronne de fleurs de lis; le jésus (55X7o) les initiales IHS; le raisin (5oX65) une grappe.
- Accusés de réceptions. — Avis divers. — M. L. Simon, à Paris. Veuillez consulter une agence de brevets. — M. LL. Vachereau, à Mende. — Nous ne pouvons décrire cet appareil, qui n’a pas été expérimenté et que nous ne croyons pas de nature à donner un résultat pratique. — V. Mauduit, à Saint-Calais. Voyez ces indications dans Recettes et Procédés utiles, 3° série, à la librairie Masson etCie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — M. Courtonne, à Badalona Barcelone. M. LLelbronner, à Nancy. Remerciements pour vos communications. ,
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5o"',3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES. OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 14 mai 15°,6 N. N. E. 2. Nuageux. » Rosée ; peu nuageux; tonnerre à l’E. N. E. à 17 h. 45.
- Mardi 15 9°,4 N. N. E. 4. Très nuageux. » Rosée ; très nuageux.
- Mercredi 16 8°,2 S. W. 2. Couvert. 0,9 Rosée ; éclaircies ; pluie de 12 h. 25 à 13 h. 20.
- Jeudi 17 7°,5 S. S. W. 0. Très nuageux. 4,9 Rosée ; très nuag. ; forte pluie de 15 h. 20 à 16 h. avec un peu de gelée.
- Vendredi 18 8°, 2 N. N. E. 1. Très nuageux. 0,7 Rosée; très nuag. ; pluie à 18 li. 30.
- Samedi 19 7°,1 N. N. E. 2. Couvert. » Rosée; couv. le malin; nuag. le soir; brouill. à 6 li.,7 h.
- Dimanche 20 8°,8 W. 2. Peu nuageux. 8,9 Rosée ; halo ; très nuag. ; pluie à partir de 19 h. 40.
- MAI 1906. — SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 MAI 1905.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pomltllé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Chronique météorologique
- Le temps. — Le temps a été encore pluvieux dans la semaine du i4 au 20 mai. Le 14 mai, la pression était inférieure à 760 mm sur la moitié Sud de l’Europe. Il est tombé quelques ondées sur le Pas de Calais. La température était le matin io° à Dunkerque, i4° ài Paris, 160 à Toulouse, 160 à Perpignan. Le i5 mai, un vent de Nord-Est a soufflé avec force sur nos côtes de la Manche et de la Bretagne. Des pluies ont été accompagnées d’orages; on a recueilli 27 mm d’eau à l’île d’Aix, 7 mm à Perpignan, 5 mm à Marseille, 3 mm à Rochefort, 2 mm à Biarritz, 2 mm à Nancy. Le thermomètre marquait le matin 8° au Havre, 90 à Paris, 90 à Nantes, 160 à Belfort, xi° au Puy de Dôme, 8° au Pic du Midi. La température moyenne de la journée à Paris a été 9°,8, inférieure de 3°,3 à la normale. Le 16 mai, la pression barométrique était inférieure à 7Ôo mm sur la mer Méditerranée, sur l’Europe Centrale, et sur la mer du Nord. Un vent d’entre Nord et Ouest a soufflé assez fort sur la Manche, et d’une façon modérée sur l’Océan. Il a plu à Gap (20 mm d’eau), à Besançon (9 mm), à Dunkerque (8 mm), à Toulouse (8 mm), à Marseille (2 mm). De violents orages ont eu lieu sur plusieurs points du territoire, dans le Nord et dans les Vosges. Dans la région de Remiremont, on a signalé des chutes de gros grêlons qui ont beaucoup détérioré les récoltes. La température a baissé à l'EsTet au Nord; on notait 6° à Limoges, 8° à Paris, i3° à Perpignan, 180 à Alger, 3° au mont Aigoual, — 3° au Pic du Midi. La température moyenne à Paris a été 8°,6, inférieure de 4°>8 à la normale. Le 17 mai,
- la pression atmosphérique était encore inférieure à 75o mm sur le continent. Un vent d’entre Ouest et Nord était fort sur la Manche, et assez fort en Gascogne. En France, on a recueilli 7 mm d’eau à Calais, 5 mm à Besançon, 3 mm à Biarritz, 3 mm à Brest, 1 mm à Paris. La température était 6° au Havre, 70 à Belfort, 8° à Paris, io° à Toulouse, 200 à Alger, — i° au Puy de Dôme, — 4° au mont Mounier, — 8° au Pic du Midi. Le 18 mai, la pression atmosphérique est basse dans le centre de l’Europe ; on trouve 746 mm à Nice, et 753 mm à Toulouse. Des pluies sont tombées' sur tout le continent, à Biarritz (23 mm), à Dunkerque (8 mm), à Roche-fort (7 mm), à Brest (5 mm); à Paris il y a eu une très violente averse avec grêle en abondance. Le 19 mai, la pression barométrique est restée peu élevée. Un vent d’entre Ouest et Nord a soufflé sur toutes nos côtes. Il est tombé 12 mm d’eau à Biarritz, 7 mm à Brest, 4 mm à Limoges, 2 mm à Belfort, 2 mm à Gap, 1 mm à Paris. Le thermomètre marquait le matin à 7 heures 6° à Limoges, 70 à Paris, 70 à Lyon, 70 à Toulouse, 180 à Alger. Le 19 mai, la neige est tombée en grande abondance à Oyonnax, à Hauteville (Ain), et dans les cantons de Saillagousë et de Montlouis, près de Prades. Dans ces derniers, la température est descendue à —i° pendant la nuit du 19 au 20 mai; toutes les récoltes sont détruites. Le 20 mai, le baromètre est monté dans l’Ouest et le Sud-Ouest de l’Europe. Il â plu à Belfort et à Nancy. On a observé 6° à Belfort, 90 à Paris, 90 à Toulouse, — 20 au Puy de Dôme, —4° au mont Ventoux, — io° au Pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le i5 à 7 h. 12 m. du matin.
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- LA NATURE
- TRENTE-QUATRIÈME ANNÉE - 1906
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE DU SUPPLEMENT
- (SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES)
- I. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Accouplement Tenax.................................... 51
- Accumulateurs par le courant électrique alternatif (Charge
- des)................................................ 91
- Acétylène (Lampe portative à).......................... 91
- Affûtage des mèches hélicoïdales (Machine pour 1’). . . 107
- Agrandisseur Guillon pour caries postales..............139
- Allumage électrique du gaz (Le diable)................ 44
- Allumage et extinction du gaz à distance..............99
- Allumoir électrique................'.................. 52
- Ampèremètre et voltmètre pour lampes à incandescence. 67
- Appareil calorimétrique pour le gaz.................... 99
- Appareil combiné « je fais tout »......................203
- Appareil de levage rustique............................204
- Appareil de mesure des liquides...................... . 99
- Appareils électriques de poche......................... 99
- Appareil électro-médical de poche...................... 67
- Appareil Mackenstcin à écartement variable.............187
- Autocarte (L’)........................................147
- Automobiles (Appareil d’échappement libre pour) ... 179
- Automobiles (Dispositif pour le chauffage de la direction
- sur les)............................................ 99
- Automobiles (Le tréteau vérin pour voilures)...........187
- Automobiles (Les indices d’usure dans les voilures) . . 123
- Automobiles (Signaux lumineux pour).................... 59
- Autordloque pour le lavage des planchers (L’)..........180
- Avocat (L’)............................................ 36
- Bandages d’automobiles (Appareil à réparer et vulcaniser) ................................................ 20
- Baromètres altimètres................................ 155
- Block-notes 61/2x9................................... . 123
- Bois (Machine à trancher le)........................... 91
- Boîtes à lumière..............,.......................163
- Bonde siphoïde automatique........................... 156
- Boucher (Curieuse machine à)........................... 92
- Bouée de sauvetage.....................................163
- Brancards articulés....................................156
- Calibre à coulisse de précision (Nouveau).............. 12
- Canalisations électriques à haute tension (Appareils de
- sécurité pour) . ...................................115
- Chambres à air (Réparation instantanée des)............ 76
- Changement de vitesse sans engrenages (Un).............195
- Charge d’un conducteur électrique (Indicateurs d’état
- de). . . ........................................... 83
- Châssis à pellicules séparées Agfa.................... 11
- Chauffage d’appartement (Le). ...................• . 4
- Chauffage de l’appartement (Le)........................ 19
- Clef à serrage progressif et clef multiple. .......... 60
- Cliquet dormant formant frein pour treuil.............. 60
- Collage à sec des épreuves. ............ 147
- Compas (Un nouveau).................................. 195
- Supuiément au n° 1722 de La Nature du 26 mal 19Ü6.
- Compteur kilométrique indicateur de vitesse. .... 60
- Coupe-cigares (Nouveau).................................. 44
- Coupe-œufs scie........................................ 12
- Courroies (Nouveau procédé de jonction des)............124
- Dé à coudre (Le)....................................... 139
- Eau (Alimentation d’)....................................188
- Eclairage électrique d’une table......................... 43
- Eclairage électrique par la dynamophare.................. 83
- Ecrous (Nouvelle clef à)................................. 92
- Électrophone (L’)........................................ 75
- Emballages (Attaches flexibles pour)..................... 99
- Enduit protecteur des plaques de chaudière contre le
- tartre..............................................188
- Engrenages à chevrons taillés. ........................ 76
- Enregistreurs de kilomètres............................123
- Épuisette pliante........................................ 12
- Equerre à centrer...................................... 107
- Escabeau ou selle démontable. ...........................171
- Etau à prise instantanée............................... 68
- Étaux Boley.............................................. 60
- Étaux limeurs universels...............................131
- Éventail mécanique...................................... 52
- Filtre Berkefeld. . .....................................195
- Filtre de ménage « Sanitas »...........................147
- Filtre nouveau...........................................196
- Filtres Saillant....................... • :............148
- Fontaine à eau rafraîchie (Une)........................ 51
- Forêt (Un nouveau toc de monture de)................ . . 108
- Foreuse èlecti'ique .....................................116
- Forge portative à ventilateur électrique............... 67
- Fumifuge à hélice........................ . ...........107
- Galvanisation du fer au cadmium. ........................150
- Gelée (Préservation des tuyaux d’eau contre la). ... 172
- Gymnaste (Le) .... ...................................... 36
- Hélice (Une nouvelle)................................ 188
- Hercule populaire (L’)................................... 36
- Incendie (Avertisseur électrique d’)..................... 76
- Incendie (Canalisation d’extinction automatique d’). . . 76
- Indicateur automatique de tirage.........................139
- Indicateur compteur totalisateur......................... 59
- Indicateur de vitesse Frahm........................... 59
- Indicateur Néhou pour voitures des chemins de fer. . 3
- Instructeur magnétique...................................140
- Isolement des canalisations électriques (Appareil pour
- mesurer F).......................................... 51
- Jeu du candidat .........................................132
- Lampe à arc (Prise de courant pour)......................139
- Lampe à incandescence (Montage provisoire d’une). . . 3
- Lampe et fer à souder.................................... 44
- Lavage des planchers (L’autordloque pour le). .... 180
- Levier suivant les changements de température (Pour commander un).......................................... 172
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-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT.
- Leviers Deseliamps et trousse..........................
- Linge (Fixateur pour suspendre le).....................
- Machine à additionner.................................
- Machine à alïuler universelle.........................
- Machine à décaper au jet de sable......................
- Massage électrique.....................
- Métronome de précision à pendule normal................
- Meules à la machine (Montage pour). . . ..............
- Meules métalliques . . . . ................ . . ...
- Microscopiques (Un appareil d’éclairemènt pour études).
- Montres (Appareil à désaimanter les)..................
- Montre (Le remontage d’une)............................
- Moteurs à explosion (Le Yiavant, appareil aéro-refroidis-
- seur pour)..........................................
- Motocycles (Ruptures des attaches des réservoirs dans
- les)........._......................................
- Multifocal Clegit......................................
- Nécessaire dans un manche d’ombrelle...................
- Papier doré ...........................................
- Papier sans virage « le Zigo ».........................
- Piles à tête en charbon (Plaques pour).................
- Pinces à serrage parallèle.............................
- Pocket focal stéréoscopique............................
- Podomètre. .......................................
- Poinçonnage (Dispositif régulateur de).................
- Polyorama..............................................
- Pompe à eau et à huile (La double).....................
- Porte-couvert..........................................
- Porte-foret à changement de vitesse............... . .
- Porte-foret à cliquet..................................
- Porte-outil universel..................................
- Porte-outil............................................
- Porte-vêtement automatique...............
- Porte-Crayon'(Bague)...................................
- Poules qui mangent leurs œufs (Un nid pour les). . . Poussières (Un intéressant dispositif collecteur de). . .
- Presse à copier « Excentromobil ». ....................
- Pression (Réducteurs de)...............................
- Projections avec le courant alternatif (Les)...........
- Réllecteurs pour lampes à incandescence................
- Refroidisseurs réservoirs..............................
- Robinet ingénieux (Un).................................
- Rocliet élémentaire.............................
- Roue à ressort. ..................................
- Roues élastiques.......................................
- Roulette et des petits chevaux (Jeu de)............. .
- Serviette (Nouveau rond de)............................
- Silencieux pour moteur tonnant de bateaux. ..'...
- Sonnerie d’alarme......................................
- Stérilisateur Cartault ................................
- Stop (Le)..............................................
- Stylographique (Plume) ;...............................
- Table à pieds démontables .............................
- Tabouret pliant. .................. .. ................
- Téléobjectif Buch......................................
- Téléphonie domestique (Nouvel appareil de). ......
- Thé (Voiture à). ; . . . . ..............;;....
- Tirebouchon complètement automatique...................
- Tournevis multiple . . . ... . . . ... . . . .
- Tours (Petits). .......................................
- Train russe . .........................................
- Tréteau vérin pour voitures automobiles (Le). . . . .
- Trolley (Système nouveau de bras de)...................
- Trompe l’œil (Le) .... *.......................
- Turbinite (Une nouvelle héliee : La). .... . . . . Yiavant, appareilrefroidisseur pour moteurs à explosion.
- Voilure d’enfant pliante...............................
- Volants résistants; à la rupture ...........
- II. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Achyllodynie (L’). ...................................
- Aliments et sel. . . ........................... . . .
- Anis (Les vertus de 1’),. .............................
- Antiseptique (L’eau iodée comme).......................449
- Bains l’hiver (Les)....................................i 53
- Baume Duret (Le)................................... . . 449
- Boissons gazeuses (La saponine et les)................. 53
- Bouillies alimentaires (Les)........................... 77
- Bouillies farineuses pour les nourrissons (Les) .... 488
- Brancards improvisés avec roues de bicyclettes .... 01
- CaLaracte par décharge électrique...................... 21
- Courettes (L’Hygiène des) ................... . 473
- Crampes (Contre les).......................................165
- Croissance des enfants (La)............................... 173
- Dartres du visage.......................................... 43
- Dentier (Intoxication par un).............................. 45
- Dent (Corps étranger dans une).............................. 5
- Dentifrices (Inconvénients de quelques produits). . . . 197
- Dysenterie (La sérothérapie de la)...................... . 205
- Dysidrose (La)............................................ 93
- Eau d’Alibour. ........................................... 401
- Football (Les méfaits du).......................... 110, 125
- Froid (Le coup de) .•....................................... 5
- Galactogène (La graine du cotonnier comme) ..... 80
- Gastro-entérite des enfants (La)...........................101
- Goutte (La cilarine contre la). ....................... 93
- Lait à Paris (La consommation du)......................143
- Levain de pain en thérapeutique (Le)...................... 45
- Migraine (Contre la)....................................... 21
- Natron (L'emploi du).......................................157
- Neurasthénie (Contre la)...................................157
- Névralgie faciale (La)................................... 165
- Pansement (Le pétrole comme) . ............................ 77
- Rage (Étiologie rare de la)................................ 45
- Ration alimentaire des Parisiens......................... 117
- Rayons X et du radium (Les dangers des)....................133
- Sommeil des écoliers (Le).........................; • 61
- Stérilisation des mains.................................... 13
- Traumatismes et pétrole. .....'.......................... 133
- Verrues (Traitement des)............................... 45
- III. - RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Acélol (L’). Développement lent ou rapide............. 5
- Acide sulfurique (Evaluation de 1’)....................... 134
- Acides par les ferments solubles (Formation d’). . . . 69
- « Actinos » nouveau papier inaltérable de MM. Lumière
- (L’).............................................. • • 69
- Alliage........................... ;..................118
- Alliage alfénide...........................................150
- Alliages de fer.......................................... 166
- Alliage fusible à 100°................................... 166
- Alliage résistant à l’eau de mer. . . ............150
- Antiseptiques à la soude (Bains). ... :...............166
- Azote pur (Préparation de F).......................... 69
- Blanchiment (Lessive pour). .............................. 85
- Bronzage de l’aluminium. ................................ 110
- Câbles (Graissage des) 102
- Câbles métalliques (Entretien des).........................134
- Cadres dorés (Utilisation des vieux) . . . . . . . . . 22
- Café comme engrais (Le)...............................' 22
- Carbure de calciunî (Détermination du soufre dans le) . 54
- Celluloïd incombustible ................................... 13
- Cellulose soluble . . . . .................................166
- Céruse (Fabrication de la) ............ • 109
- Chat (Pour administrer un médicament à un). . . . . 22
- Chaux (Lait de). ...................................... • 78
- Ciment pour garnitures en zinc. . .........................206
- Ciment résistant au bisulfure de carbone. ... . . . 134
- Coloration du fer en couleur argent . . . . ^ . . . ." 150
- Composition métallique plastique . ........................ 14
- Conduites d’eau ou de vapeur (Pour recouvrir d’amiante
- les). ................................................ 198
- Couleurs bleues iridesccntes sur les métaux. ..... 85
- Creusets (Pour éviter la rupture des). . ...... .134
- Cuirs fauves (Enduits pour). . . . ........ • 158
- 75
- 180
- 131
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- 44
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- 35
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- 67
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-
- TABLE DU SUPPLÉMENT,
- Cuir verni (Entretien du). ........................... .
- Cuir (Vernis clair pour le)...........................
- Cuir (Vernis noir pour le).............................
- Cuivre ciselé (Nettoyage du) ............
- Dépôts électrolyliques................................
- Désinfection au chlorure de chaux. . . ...............
- Détacher (Composé à) ....... .........................
- Développement lent ou rapide. L'acétol . .............
- Eaux argileuses (Epuration). .........................
- Émail pour le bois....................................
- Émeri artificiel .....................................
- Ençre indélébile pour verre ou métal.................. .
- Enduit imperméabilisant pour surfaces humides ....
- Enduits pour cuirs fauves.............................
- Epreuves sur papier (Réducteur pour)..................
- Etain pour laminer en feuilles (Alliages d’)............
- Etain (Préparation électrolytique de la pâte d’). . . •
- Etamage du fer........................................
- Etangs en hiver (L’entretien des)...................
- Ethers et benzines (Procédés pour les rendre incombustibles)...................................... . .
- Fer (Action de l’eau sur le)..........................
- Fer de l’acier (Moyen de distinguer le). . ...........
- Fruits (Conservation des). ...........................
- Gaz dangereux d’un puits (Pour enlever les)...........
- Glaces (La bonne conservation des) . .................
- Gomme à effacer (Un succédané de la)..................
- Gomme bichromatée. ...................................
- Gutta-percba artificielle............. . . . ..... . .
- Huiles (Point d’inflammation des)................
- Insectes du cheval et des bestiaux (Contre les) ... :
- Instruments de mesure....................... . . .
- lnuline (Préparation de P)............................
- Lampes à arc (Utilisation des bouts de charbon des). . Lampes à vapeur de mercure. Allumage automatique. . Lampes (Pour empêcher la fracture des verres de) . .
- Linoléums et toiles cirées (Entretien des). ..........
- Linoléum (Pour remettre à neuf le)....................
- Linoléum (Vernis pour)..................................
- Liquide combustible à base d’huiles lourdes...........
- Livres (Contre la moisissure des) ....................
- Lycopode (Succédané du)...............................
- Marbre (Nettoyage des monuments en).................
- Métal (Production d’anneaux colorés sur le). . . . . .
- Métallisation des substances poreuses................. .
- Meubles (Pour donner du brillant aux).................
- Meules d’émeri (Dressage des).........................
- Moulages et à empreintes (Un métal à)................. .
- Nettoyage des objets de cuivre poli .........
- Nettoyage des objets en bronze oxydé ........
- Nettoyage des pièces nickelées........................
- Noirs d’un cliché (Réduction des grands)..............
- Œufs durs (Colorants pour les)........................
- Oiseaux empaillés (Nettoyage des)...................
- Papiers au bromure, au diamidophénol acide (Développement des) .................................
- Papiers métallisés. ..................................
- Papier platine (Tirage sur)........................ . . . 134
- Parfum à la lavande........................................118
- Peau de serpent, de crocodile, de lézard (Nettoyage des
- objets en)............................................. 22
- Peintures (Nettoyage des).................................. 22
- Peinture phosphorescente verte........................... 134
- Phosphate artificiel...................................... 182
- Photographie (Fonds pour atelier de) ....... . 206
- Pile sèche constante. .....................................109
- Pinatypie (La)............................................ 93
- Plaques d’acier (Protection des)...........................110
- Plomb (Métallurgie du).....................................166
- Positifs sur verre.................................... ' . . 6
- Positifs sur verre (Nouvelles plaques pour)................ 93
- Poterie (Réparation d’objets en)...........................110
- Puces (Nouveau piège à). . . ............................. 21
- Réducteur pour épreuves sur papier. ........................ 6
- Rouille (Composé improvisé pour l’enlèvement de la) . 22
- Rouille (Emploi de la chaux contre la). . , . . . .... 138
- Rouille (Un anti-).........................................150
- Savon à polir........................................... . 54
- Savon liquide antiseptique............................... 182
- Souliers (Noirs pour)..................................... 118
- Sténodoses Lumière (Les) . ............................... 93
- Sucre de betteraves (Préparation du).....................158
- Sucre de bois (Préparation du)............................ 109
- Suif (Clarification du)................. .................166
- Suif par l’acide sulfurique (Purification du)..............166
- Tabac et vésicules goudronneuses (La fumée de). . . ... 85
- Taches de graisse (Liquide pour enlever les). ..... 158
- Taches de. peinture des planchers (Pour enlever les). . 14
- Taches de produits chimiques ..............................102
- Taches sur l’argenterie (Pour enlever les)................. 14
- Tapis (Taches de suie sur les)............................. 22
- Teignes (Contre les)....................................... 22
- Vernis à carton...........................................114
- Vernis à chapeaux de paille............................ 46
- Vernis coloré au soufre . . ............................ • HO
- Vernis doré pour l’étain........................... 22
- Vernis pour cuirs......................................H8
- Vernis pour linoléum...................................166
- Vernis pour objets en bronze.......................... 6
- Virages (Dosage de l’or dans les) .
- IV. — DIVERS.
- Résumé météorologique. . 30, 70,94,125, 160,174, 198
- Bibliographie, 6, 14, 22, 46, 62, 78,102, 126,142, 160,
- 176...............................................189
- Bulletin astronomique, janvier, février, mars 1906. . 57
- Bulletin astronomique, avril-mai-juin 1906. ..... 141
- Bulletin météorologique, 8, 16, 24,, 32, 40, 48, 56, 64,
- 72, 80, 88, 96,104,112,120,128,136,144,152, 168,
- 176,184,190,192,200............................... 208
- Congrès des Sociétés savantes (1906) à la Sorbonne . . 181
- 14
- 158
- 158
- 174
- 110
- 166
- 118
- 5
- 85
- 46
- 174
- 118
- 118
- 158
- 6
- 6
- 46
- 118
- 78
- 6
- 109
- 166
- 22
- 54
- 14
- 14
- 69
- 154
- 166
- 118
- 166
- 206
- 13
- 13
- 14
- 22
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- 54
- 22
- 69
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- 110
- 134
- 14
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- Après : exagération de la perspective.
- Il faut ajouter : La combinaison est obtenue.
- Page 139, col. 1, ligne 44. Page 163, col. 1, fig. 12.
- Au lieu de : 8, rue de la Cbaussée-d’Antin.
- Il faut : 48, rue Réaumur. Au lieu de : l’on destine.
- Il faut : l’un destiné.
- Paris. — Imprimerie Lahlre, rue de Fleurus, 9.
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